Ordinations et nouvelles missions pour la Communauté Saint Martin
Communiqué :
Les ordinations sacerdotales et diaconales les 23 et 24 juin prochains permettront à la Communauté Saint-Martin de répondre – dès le mois de septembre – à la demande de 3 évêques de France d’assurer de nouvelles missions dans leur diocèse.
- Dans le diocèse de Saint-Claude : le bassin de Dole accueillera trois de ses membres au service de la paroisse Notre-Dame et du sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland.
- Dans le diocèse de Soissons, la Communauté Saint Martin, déjà présente dans la ville même de Soissons , enverra deux prêtres et un diacre au service du secteur paroissial de Château-Thierry, qui comprend cinq paroisses.
- Dans le diocèse d’Ajaccio, la communauté Saint Martin enverra deux prêtres et un diacre au service du secteur paroissial de Porto-Vecchio.
Les ordinations auront lieu en la Basilique Notre-Dame de l’Epine, à Evron, où sont installées la maison mère et la maison de formation de la Communauté. Le 23 juin, Monseigneur Alain Castet, évêque émérite de Luçon ordonnera dix nouveaux diacres en vue du sacerdoce et le 24 juin, Monseigneur Jean-Pierre Batut, évêque de Blois, ordonnera sept nouveaux prêtres.
En s’appuyant sur son charisme propre, la Communauté Saint-Martin entend être un instrument de l’Esprit Saint en mettant ses prêtres et diacres permanents au service des diocèses.
« Nous sommes là pour vous servir, évangéliser le monde avec vous, dans le respect de tous les chrétiens » rappelle Don Paul Préaux, modérateur général aux fidèles qui accueilleront de nouveaux prêtres de la Communauté en septembre.
La France bat toujours tous les records en termes de dette, d’impôts et de dépenses publiques
Communiqué de Contribuables associés :
Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a annoncé ce lundi, lors des Assises des finances publiques, qu’« au moins 10 milliards d’euros d’économies » avaient été identifiés pour permettre le redressement des comptes publics de la France d’ici 2027.
Contribuables Associés salue l’initiative du gouvernement qui a engagé une revue des dépenses publiques de l’État, des collectivités et des administrations sociales.
Néanmoins, si les travaux de ces Assises vont dans la bonne direction, force est de constater que le compte n’y est pas.
Quelques jours après avoir annoncé une nouvelle série de dépenses – révision salariale des fonctionnaires à hauteur de 7,5 milliards d’euros, notamment – et au-delà d’économies limitées, rien dans les annonces du gouvernement n’annonce une réelle reprise en main systémique de la dépense publique tant souhaitée par les contribuables.
La France bat tous les records en termes de dette, d’impôts et de dépenses publiques.
Ce ne sont pas des sparadraps que les contribuables réclament mais une réelle cure d’amaigrissement de la sphère étatique.
L’adoption de règles efficaces et de bon sens aurait pourtant permis un assainissement des comptes publics. A titre d’exemples : inscrire dans la Constitution le vote du budget à l’équilibre, geler l’embauche des agents publics hors missions régaliennes et renforcer les pouvoirs de contrôle des parlementaires sur la dépense publique.
Le redressement des comptes publics est l’affaire de tous les Français.
Déçue par le manque d’ambition des mesures présentées ce matin, Contribuables Associés restera néanmoins vigilante quant leur à concrétisation.
LR : subventions à gogos pour la “fête de l’enfer”
La région des Pays de la Loire, présidée par Christelle Morançais a réactivé la subvention en faveur du Hellfest, dont la programmation inclu des groupes incitant à la haine anti-chrétienne. En 2016, la Région Pays de la Loire retirait avec fracas sa subvention au festival de musique métal. Six ans plus tard, elle est revenue sur cette décision. En toute discrétion, pour un montant de 19000€.
Par ailleurs, la “Gardienne des ténèbres”, une statue de dix mètres de haut, est en cours de fabrication à Nantes. Commandée par le festival Hellfest, celui-ci souhaite l’installer à Clisson et les collectivités locales sont invitées à participer au financement de celle qui “contrôlera le passage entre notre monde et celui de l’enfer”. La « Gardienne des Ténèbres », une femme-scorpion, haute de dix mètres et capable de cracher de l’eau et des flammes est un « cerbère à la peau brune et aux cornes de bouc, dont le corps sera orné de signes ésotériques, de tatouages et de bijoux », indiquent ses créateurs. L’idée, à terme, est de la faire déambuler sur la grande place piétonne que compte aménager le Hellfest à l’entrée du site, à Clisson. Le projet global est estimé à 12,5 millions d’euros. Si le Hellfest doit en financer une partie, les collectivités locales sont invitées à mettre la main à la poche, afin de « faire rayonner la ville ». Qu’en pensent les laïcards de la Libre pensée, si prompts à réagir contre la statue de saint Michel ? Présente ce samedi 17 juin au Hellfest, la présidente de la Région Pays de la Loire, Christelle Morançais (DVD), a posté sur Twitter et Instagram des photos où elle pose tout sourire en compagnie de Ben Barbaud, le patron du festival, et de Franck Louvrier, maire (LR) de La Baule et deuxième vice-président du conseil régional. La Région se serait engagée à financer à hauteur de 3 millions d’euros la « Gardienne des Ténèbres ».
Charlotte D’Ornellas va quitter Valeurs Actuelles
Elle l’a annoncé sur CNews :
Le licenciement de @GeoffroyLejeune est effectif : je ne pourrai pas rester à Valeurs actuelles, c'est impossible. pic.twitter.com/wfDdXopBCa
— Charlotte d'Ornellas (@ChdOrnellas) June 20, 2023
Très défavorablement connu des services de police, avec une vingtaine de mentions à son casier judiciaire
Cette vidéo d’une rare violence, sur une agression au coeur de Bordeaux, fait le tour des réseaux sociaux. Les images de vidéo surveillance de l’immeuble ont été relayées sur les réseaux sociaux par la famille :
Vidéo d'une nouvelle agression qui a eu lieu à Bordeaux le 19 juin, cours de la Martinique. L'agresseur africain a été interpellé par les forces de l'ordre. Il serait bien connu des services de policepic.twitter.com/rlKWU02sb7
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) June 19, 2023
De source policière, « le mis en cause est Français, né en France, à Bordeaux, en 1993 ».
« Il est très défavorablement connu des services de police, avec une vingtaine de mentions à son traitement d’antécédents judiciaires ».
L’agresseur a été interpellé. Sans domicile fixe, il est déjà connu pour de nombreuses affaires notamment liées aux stupéfiants. Il a récemment été interpellé avec 45g de résine de cannabis et s’était vu remettre une convocation en justice pour le 29 juin. Lors de l’agression, il aurait volé la chaîne de cou de la grand-mère.
De même que la presse avait relativisé l’agression des milices d’extrême-gauche lors d’une dédicace d’Eric Zemmour, osera-t-elle écrire « Tensions entre un jeune et une vieille dame et sa petite-fille dans le centre de Bordeaux » ?
De même, Bruce Toussaint, qui a demandé hier à Eric Zemmour si ce n’est pas lui le problème, osera-t-il affirmer que cette dame et cette petite fille ne l’ont pas un peu cherché ?
Le petit regard satisfait de Bruce Toussaint persuadé d'avoir fait preuve de fulgurances…
C'est insupportable. pic.twitter.com/Om6rEpuGkt— Pierre Sautarel (@FrDesouche) June 19, 2023
Toujours à Bordeaux, voici ce que déclarait une élue EELV à propos de l’insécurité :
Les réponses hallucinantes d'une élue EELV bordelaise à propos de l'insécurité pic.twitter.com/R5ZQCEo8An
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) June 19, 2023
Et pendant ce temps, tandis que le sinistre de la justice est sorti des écrans radars, on apprend qu’un forcené, condamné à 15 ans de prison pour meurtre, a été libéré sous contrôle judiciaire suite à une erreur administrative.
Les JMJ Lisbonne avec les Missionnaires de la Miséricorde divine… et l’anneau de sainte Jeanne d’Arc
Les Missionnaires de la Miséricorde seront à Lisbonne pour les JMJ. Ils seront accompagnés d’une très grande sainte qu’ils vous inviteront à redécouvrir pendant cette semaine avec des spectacles sur les parvis, des concerts de chants sacrés mais aussi la vénération de son insigne relique !
Christianophobie à Jérusalem
On s'en est pris au cimetière protestant, puis à la Chapelle de la flagellation, maintenant au Cénacle.
Quelle sera la prochaine cible des fanatiques ?
Les chrétiens de #Jerusalem subissent une double peine : les agressions et le silence des Occidentaux. pic.twitter.com/yRDDWGc98l
— Xavier Ternisien (@xternisien) June 19, 2023
Un juif israélien a jeté des pierres sur les fenêtres de la pièce qui serait le site de la Dernière Cène, brisant les vitraux. Ce site, également connu sous le nom de Cénacle, est sacré pour les chrétiens et fait partie du complexe du Tombeau de David. pic.twitter.com/1GYIAgfrDj
— CAPJPO – EuroPalestine (@Europalestine1) June 19, 2023
“Grandeur et misère de l’homme forment le paradoxe qui se trouve au cœur de la réflexion et du message de Blaise Pascal”
Le pape François a publié une lettre apostolique “Grandeur et miséricorde” pour le 400ème anniversaire de la naissance de Blaise Pascal (sa béatification sera-t-elle un jour opportune ?) :
La grandeur et la misère de l’humanité forment le paradoxe qui se trouve st au cœur de la réflexion et du message de Blaise Pascal, né il y a quatre siècles à Clermont, le 19 juin 1623. Dès son enfance et tout au long de sa vie, il a cherché la vérité. Par la raison, il en a tracé les signes, dans les domaines des mathématiques, de la géométrie, de la physique, de la philosophie. Il a rapidement fait des découvertes extraordinaires, atteignant une véritable renommée. Mais il ne s’est pas arrêté là. Dans un siècle de grands progrès dans tant de domaines scientifiques, accompagnés d’un esprit croissant de scepticisme philosophique et religieux, Blaise Pascal s’est montré un chercheur infatigable de vérité, qui, en tant que tel, est toujours resté “inquiet”, attiré par des horizons nouveaux et plus lointains.
C’est précisément sa raison, aiguisée tout en étant ouverte, qui n’a jamais fait taire en lui l’éternelle question de l’âme humaine : “Qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui, le fils de l’homme, que tu en prennes souci ?” (Ps 8, 5). Cette question est gravée dans le cœur de tout être humain, de tout temps et de tout lieu, de toute civilisation et de toute langue, de toute religion. “Qu’est-ce qu’un homme dans la nature ? – se demande-t-il — Un rien par rapport à l’infini, un tout par rapport à un rien”. Et la question qui est inscrite dans ce psaume, au cœur de l’histoire d’amour entre Dieu et son peuple, accomplie dans la chair du “Fils de l’homme,” Jésus Christ, que le Père a livré jusqu’à l’abandon pour le couronner de gloire et d’honneur au-dessus de toute créature (Ps 8, 6). Pascal ne s’est jamais fermé à cette question, bien que posée dans un langage aux antipodes des mathématiques et de la géométrie.
Je crois pouvoir au fondement reconnaître chez lui une attitude que j’appellerais “l’ouverture étonnée au réel,” à d’autres dimensions de la connaissance et de l’existence, aux autres, à la société. Il est ainsi à l’origine, à Paris en 1661, du premier réseau de transport public de l’histoire, les “carrosses à cinq sols.” J’insiste ainsi pour souligner que ni sa conversion au Christ, surtout depuis la “nuit de feu” du 23 novembre 1654, ni son extraordinaire effort apologétique n’ont fait de lui un être déconnecté de ses contemporains. Il était attentif aux problèmes les plus graves de l’époque, comme aux besoins matériels de toutes les composantes de la société dans laquelle il vivait.
Son ouverture à la réalité a permis qu’il ne s’est pas fermé aux autres, jusqu’en sa dernière maladie. De ces ses trente-neuf ans on retient les paroles qui expriment la dernière étape de son parcours évangélique : “Si les médecins disent vrai, et que Dieu me permette de guérir de cette maladie, je suis résolu à n’avoir pour le reste de ma vie d’autre emploi et d’autre occupation que le service des pauvres.” On est touché de voir que dans les derniers jours de sa vie, un penseur aussi brillant que Blaise Pascal ne voyait rien de plus urgent que de se consacrer aux œuvres de miséricorde : “Le seul objet de l’Écriture est la charité.”
Je me réjouis que la providence, en ce quatrième centenaire de sa naissance, me donne l’occasion de lui rendre hommage et de relever, dans sa pensée et sa vie, ce qui me semble propre à stimuler les chrétiens de notre temps et tous les hommes et femmes de bonne volonté dans la recherche du vrai bonheur : “Tous les hommes cherchent à être heureux. Il n’y a pas d’exception, quelle que soit la différence des moyens employés. Tous tendent à cette fin.” Quatre siècles après sa naissance, Pascal demeure un guide dans notre recherche du vrai bonheur et, à la lumière de la foi, dans notre reconnaissance humble et joyeuse du Seigneur mort et ressuscité.
Un amoureux du Christ qui parle à tous
Si Blaise Pascal touche tout le monde, c’est d’abord parce qu’il a admirablement parlé de la condition humaine. On aurait cependant tort de ne voir en lui qu’un spécialiste, si brillant soit-il, des mœurs humaines. Le monument des Pensées, dont quelques rares formules sont restées célèbres, ne peut être vraiment compris si l’on ignore que Jésus-Christ et l’Ecriture Sainte en sont à la fois le centre et la clé. Car si Pascal commence à parler de l’homme et de Dieu, c’est parce qu’il est parvenu à la certitude que “non seulement nous ne connaissons Dieu que par Jésus‑Christ, mais nous ne nous connaissons nous-mêmes que par Jésus‑Christ. Nous ne connaissons la vie, la mort que par Jésus‑Christ. Hors de Jésus‑Christ, nous ne savons ce que c’est ni que notre vie ni que notre mort, ni que Dieu, ni que nous‑mêmes. Ainsi sans l’Écriture, qui n’a que Jésus‑Christ pour objet, nous ne connaissons rien et ne voyons qu’obscurité.” Il faut clarifier cette affirmation radicale, pour qu’elle puisse être comprise par tous, sans être considérée comme une pure affirmation doctrinale, inaccessible à ceux qui ne partagent pas la foi de l’Église, ni comme une dévalorisation des compétences légitimes de l’intelligence naturelle.
Foi, amour et liberté
Comme chrétiens, nous devons nous garder de la tentation de brandir notre foi comme une certitude indiscutable qui s’imposerait à tous. Pascal était bien sûr soucieux de faire savoir à tous que “Dieu et le vrai sont inséparables.” Mais il savait que l’acte de croire est possible par la grâce de Dieu, reçue dans un cœur libre. Lui qui, par la foi, avait fait une rencontre personnelle avec le “Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, et non des philosophes et des sages,” avait reconnu en Jésus Christ “le chemin, la vérité et la vie” (Jn 14,6). C’est pourquoi je propose à tous ceux qui veulent poursuivre la recherche de la vérité – entreprise qui dure toute la vie – d’écouter Blaise Pascal, homme d’une intelligence prodigieuse qui a voulu rappeler qu’en dehors de la perspective de l’amour, il n’y a pas de vérité qui vaille : “On se fait une idole de la vérité même, car la vérité hors de la charité n’est pas Dieu, et est son image et une idole qu’il ne faut point aimer ni adorer.”
Pascal nous met ainsi en garde contre les fausses doctrines, les superstitions ou le libertinage, qui éloignent tant d’entre nous de la paix et de la joie durables de Celui qui veut que nous choisissions “la vie et le bien” et non “la mort et le mal” (Dt 30,15). Mais la tragédie de notre vie, c’est qu’il nous arrive de voir faux et, par conséquent, de choisir faux. En réalité, nous ne pouvons goûter au bonheur de l’Évangile que “si l’Esprit Saint nous pénètre de toute sa puissance et nous libère de la faiblesse de l’égoïsme, de la paresse et de l’orgueil.” De plus, “sans la sagesse du discernement, nous pouvons facilement nous transformer en marionnettes à la merci des tendances du moment.” C’est pourquoi l’intelligence et la foi vivante de Pascal, qui a voulu montrer que la religion chrétienne est “vénérable parce qu’elle a bien connu l’homme”, et “aimable parce qu’elle promet le vrai bien,” peuvent nous aider à avancer dans les ténèbres et les malheurs de ce monde.
Un esprit scientifique exceptionnel
Lorsque sa mère meurt en 1626, Blaise Pascal a trois ans. Étienne, son père, juriste réputé, est également connu pour ses remarquables talents scientifiques, notamment en mathématiques et en géométrie. Décidant de s’occuper seul de l’éducation de ses trois enfants Jacqueline, Blaise et Gilberte, il s’installe à Paris en 1632. Très tôt, Blaise fait preuve d’un esprit exceptionnel et d’un besoin marqué de recherche du vrai, comme le rapporte sa sœur Gilberte : “Dès son enfance, il ne pouvait faire confiance qu’à ce qui lui paraissait manifestement vrai ; de sorte que, lorsqu’on ne lui donnait pas de bonnes raisons, il les cherchait lui-même.” Un jour, son père surprend son fils dans des recherches de géométrie et s’aperçoit aussitôt que, sans savoir que ces théorèmes existaient dans des livres sous d’autres noms, Blaise, qui a douze ans, a démontré tout seul les trente-deux premières propositions d’Euclide, en traçant des figures sur le sol. Gilberte se souvient à ce propos que son père fut “effrayé de la grandeur et de la puissance de cette ingéniosité.”
Dans les années qui suivent, Blaise Pascal met à profit son immense talent. Dès l’âge de dix-sept ans, il fréquente les plus grands savants de son temps. Découvertes et publications ne tardent pas à suivre. En 1642, à l’âge de dix-neuf ans, il invente une machine arithmétique, ancêtre de nos calculatrices. Blaise Pascal nous livre là un témoignage extrêmement stimulant, nous rappelant la grandeur de la raison humaine et nous invitant à l’utiliser pour décrypter le monde qui nous entoure. L’esprit de géométrie, qui est cette aptitude à comprendre en détail le fonctionnement des choses, lui servira tout au long de sa vie, comme l’observe l’éminent théologien Hans Urs von Balthasar : “[il] se rend également capable, à partir de la précision propre aux plans de la géométrie et des sciences de la nature, d’atteindre la précision toute différente qui est propre au plan de l’existence en général et à la sphère chrétienne.” Cet exercice confiant de la raison naturelle, qui le rend sympathique à tous ses frères humains en quête de vérité, lui permettra de reconnaître les limites de l’intelligence elle-même et, en même temps, de s’ouvrir aux raisons surnaturelles de la Révélation, selon une logique du paradoxe qui constitue sa marque philosophique et la fascination littéraire de ses Pensieri : “Il fut aussi difficile à l’Église de montrer, contre ceux qui le niaient, que Jésus-Christ était homme, que de montrer qu’il était Dieu. Et les apparences étaient tout aussi grandes.”
Philosophe
De nombreux textes de Pascal s’inscrivent largement dans le discours philosophique. En particulier les Pensées, cet ensemble de fragments publiés à titre posthume qui sont les notes ou les brouillons d’un philosophe animé par un projet théologique, dont les chercheurs s’efforcent de reconstituer, non sans variations, la cohérence et l’ordre originels. L’amour passionné pour le Christ et le service des pauvres, que j’ai mentionnés au début, n’étaient pas tant le signe d’une rupture dans l’esprit de ce disciple courageux, que celui d’un approfondissement vers le radicalisme évangélique, d’une avancée vers la vérité vivante du Seigneur, avec l’aide de la grâce. Lui qui avait la certitude surnaturelle de la foi et qui la voyait conforme à la raison, même s’il la dépassait infiniment, voulait pousser la discussion le plus loin possible avec ceux qui ne partageaient pas sa foi, car à “ceux qui ne la possèdent pas, nous ne pouvons la donner que par le raisonnement, en attendant que Dieu la leur donne par le sentiment du cœur.” Une évangélisation pleine de respect et de patience, que notre génération aura intérêt à imiter.
Il est donc nécessaire, pour bien comprendre le discours de Pascal sur le christianisme, d’être attentif à sa philosophie. Il admire la sagesse des anciens philosophes grecs, capables de simplicité et de tranquillité dans leur art de bien vivre, en tant que membres d’une cité : “On imagine Platon et Aristote avec de grands atours pédants. Ils étaient des gentilshommes et étaient comme les autres, prêts à rire avec leurs amis. Et quand ils s’amusaient à écrire leurs Lois et leurs Politiques, ils le faisaient pour le plaisir. C’était la partie la moins philosophique et la moins sérieuse de leur vie, car le plus philosophique était de vivre simplement et tranquillement.” Malgré leur grandeur et leur utilité, Pascal reconnaît néanmoins les limites de ces philosophes : le stoïcisme conduit à l’orgueil, le scepticisme au désespoir. La raison humaine est sans doute une merveille de la création, qui distingue l’homme de toutes les créatures, car “l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais un roseau qui pense.” On comprend alors que les limites des philosophes ne sont que les limites de la raison créée. Démocrite, en effet, avait une belle formule : “Je parlerai de tout” ; la raison ne peut, à elle seule, résoudre les questions les plus hautes et les plus pressantes. Quelle est en effet, au temps de Pascal comme à notre époque, la question qui nous intéresse le plus ? C’est celle du sens intégral de notre destin, de notre vie et de notre espérance, à la recherche d’un bonheur qu’il n’est pas interdit de concevoir éternel, mais que seul Dieu est autorisé à accorder : “Rien n’est si important pour l’homme que son état. Rien n’est aussi redoutable pour lui que l’éternité.”
En méditant les Pensées de Pascal, on retrouve en quelque sorte ce principe fondamental : “la réalité est supérieure à l’idée”, car Pascal nous apprend à nous éloigner des “diverses formes d’occultation de la réalité”, des “purismes angéliques” aux “intellectualismes sans sagesse. » Rien n’est plus dangereux que la pensée désincarnée : “Qui veut faire l’ange fait la bête.” Et les idéologies mortifères dont nous continuons à souffrir dans les domaines économique, social, anthropologique et moral maintiennent ceux qui les suivent dans des bulles de croyance où l’idée a remplacé la réalité.
La condition humaine
La philosophie de Pascal, toute en paradoxes, procède d’un regard aussi humble que lucide, cherchant à atteindre “la réalité éclairée par le raisonnement.” Il part du constat que l’homme est comme étranger à lui-même, grand et misérable. Grand par sa raison, par sa capacité à dominer ses passions, grand aussi “dans la mesure où il se reconnaît misérable”. En particulier, il aspire à tout autre chose qu’à satisfaire ses instincts ou à leur résister, “car ce qui est nature chez l’animal, nous l’appelons misère chez l’homme.” Il y a une disproportion insupportable entre, d’une part, notre volonté infinie d’être heureux et de connaître la vérité et, d’autre part, notre raison limitée et notre faiblesse physique qui conduit à la mort. Car la force de Pascal est aussi dans son implacable réalisme : “Il ne faut pas avoir l’âme bien haute pour comprendre qu’il n’y a point en ce monde de satisfactions authentiques et stables, que tous nos plaisirs ne sont que vanité et nos maux infinis, et qu’enfin la mort, qui nous menace à chaque instant, doit invariablement nous mettre dans peu d’années dans l’horrible nécessité d’être éternellement ou anéantis ou malheureux. Rien n’est plus réel ni plus terrible que cela. Soyons aussi audacieux que nous le voulons : c’est la fin qui attend la plus belle vie du monde.” Dans cette condition tragique, on comprend que l’homme ne peut rester en lui-même, car sa misère et l’incertitude de son sort lui sont insupportables. Il a donc besoin de se distraire, ce que Pascal reconnaît volontiers : “D’où vient que les hommes aiment tant la clameur et le mouvement. Car si l’homme ne se distrait pas de sa condition – et nous savons tous combien nous nous distrayons par le travail, les plaisirs ou la famille ou les amitiés, mais hélas aussi par les vices auxquels nous entraînent certaines passions – son humanité éprouve “son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide”. Et du fond de son âme […] sortent l’ennui, l’humour noir, la tristesse, le déplaisir, l’avarice, le désespoir.” Et pourtant, l’amusement n’éteint ni ne comble notre grand désir de vie et de bonheur. Cela, nous le savons bien.
C’est alors que Pascal pose sa grande hypothèse : “Que nous crie donc cette avarice et cette impuissance, sinon qu’il y avait autrefois dans l’homme un bonheur authentique, dont il ne reste plus que le signe et l’empreinte tout à fait vide, qu’il cherche en vain à remplir avec tout ce qui l’entoure, demandant aux choses absentes le secours qu’il n’obtient pas des choses présentes ? Mais en vain, car cet abîme infini ne peut être comblé que par un objet infini et immuable, c’est-à-dire par Dieu lui-même”. Si l’homme est comme “un roi déchu” qui ne cherche qu’à retrouver sa grandeur perdue et s’en voit incapable, qui est-il alors ? Quelle chimère est donc l’homme ? Quelle bizarrerie, quelle monstruosité, quel chaos, quel sujet de contradictions, quel prodige ? Juge de toutes choses, faible ver de terre, dépositaire de la vérité, cloaque de l’incertitude et de l’erreur, gloire et refus de l’univers. Qui démêlera cet écheveau ?”. Pascal, en philosophe, voit bien que “plus on a de lumières, plus on découvre de grandeur et de bassesse dans l’homme,” mais que ces contraires sont inconciliables. Car la raison humaine ne peut les harmoniser, ni résoudre l’énigme.
C’est pourquoi Pascal constate que si Dieu existe et si l’homme a reçu une révélation divine – comme l’affirment diverses religions – et si cette révélation est vraie, là doit se trouver la réponse que l’homme attend pour résoudre les contradictions qui le tourmentent : “La grandeur et la misère de l’homme sont si évidentes qu’il faut nécessairement que la vraie religion nous apprenne qu’il y a dans l’homme quelque grand principe de grandeur, et qu’il y a un grand principe de misère. Il faut de plus qu’elle nous explique ces étonnants contrastes”. Or, après avoir étudié les grandes religions, Pascal conclut qu’”aucune pensée et aucun acte ascético-mystique ne peut offrir une voie de salut”, si ce n’est à partir du “critère supérieur de vérité de l’irradiation de la grâce dans l’âme.” En vain, ô hommes, écrit Pascal, imaginant ce que le vrai Dieu pourrait nous dire, cherchez en vous-mêmes le remède à vos misères. Toutes vos lumières ne peuvent aboutir qu’à comprendre que vous ne trouverez en vous ni vérité ni bonté. Les philosophes vous l’ont promis et n’ont pas réussi. Ils ne savent ni ce qu’est votre vrai bien, ni ce qu’est votre vraie condition.”
Arrivé là, Pascal, qui a scruté la condition humaine, l’Ecriture Sainte et la tradition de l’Eglise avec la force singulière de son intelligence, entend se proposer avec la simplicité d’un esprit d’enfance comme humble témoin de l’Evangile. Il est ce chrétien qui veut parler de Jésus-Christ à ceux qui concluent un peu vite qu’il n’y a pas de raisons cohérentes de croire aux vérités du christianisme. Pascal, au contraire, sait d’expérience que ce que l’on trouve dans la Révélation non seulement ne s’oppose pas aux exigences de la raison, mais apporte la réponse inédite à laquelle aucune philosophie n’aurait pu parvenir seule.
La conversion : visite du Seigneur
Le 23 novembre 1654, Pascal vit une expérience très forte, que l’on appelle encore aujourd’hui sa “Nuit de feu”. Cette expérience mystique, qui lui fait verser des larmes de joie, est si intense et si déterminante pour lui qu’il la consigne sur un papier précisément daté, le “Mémorial“, qu’il cache dans la doublure de son manteau et qui ne sera découvert qu’après sa mort. S’il est impossible de connaître exactement la nature de ce qui s’est passé dans l’âme de Pascal cette nuit-là, il semble qu’il s’agisse d’une rencontre dont il a lui-même reconnu l’analogie avec celle, fondamentale dans toute l’histoire de la révélation et du salut, vécue par Moïse devant le buisson ardent (cf. Ex 3). Le terme “feu,” que Pascal a voulu placer en tête du “Mémorial“, nous invite, avec une juste mesure, à proposer une telle juxtaposition. Le parallélisme semble être indiqué par Pascal lui-même qui, immédiatement après l’évocation du feu, reprend le titre que le Seigneur s’était donné devant Moïse : ” Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob ” (Ex 3, 6.15), en ajoutant : “pas des philosophes et des savants”. Certitude, certitude, sentiment, joie, paix. Dieu de Jésus-Christ ».
Oui, notre Dieu est joie, et Blaise Pascal en témoigne pour toute l’Église comme pour tous les chercheurs de Dieu : “Ce n’est pas le Dieu abstrait ou le Dieu cosmique, non. C’est le Dieu d’une personne, d’une vocation, le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, le Dieu qui est certitude, qui est sentiment, qui est joie.” Cette rencontre, qui confirme à Pascal la “grandeur de l’âme humaine”, le remplit de cette joie vivante et inépuisable : “Joie, joie, larmes de joie”. Et cette joie divine devient pour Pascal le lieu de la confession et de la prière : “Jésus-Christ. Je me suis séparé de lui, je l’ai fui, renié, crucifié. Que je ne sois jamais séparé de lui ! C’est l’expérience de l’amour de ce Dieu personnel, Jésus-Christ, qui a participé à notre histoire et participe sans cesse à notre vie, qui entraîne Pascal sur le chemin de la conversion profonde et donc du “renoncement total et doux,” parce que vécu dans la charité, au “vieil homme qui se corrompt en suivant des passions trompeuses” (Ep 4, 22).
Comme l’a rappelé saint Jean-Paul II dans son encyclique sur les rapports entre foi et raison, les philosophes comme Pascal se distinguent par leur refus de toute présomption et par le choix d’une attitude faite autant d’humilité que de courage. Ils ont fait l’expérience que la foi “libère la raison de la présomption.” Avant la nuit du 23 novembre 1654, c’est clair, Pascal “n’a aucun doute sur l’existence de Dieu. Il sait aussi que ce Dieu est le bien suprême. Ce qui lui manque, et ce qu’il attend, ce n’est pas un savoir mais un pouvoir, pas une vérité mais une force.” Or cette force lui est donnée par la grâce : il se sent attiré, avec certitude et joie, vers Jésus-Christ : “Nous ne connaissons Dieu que par Jésus-Christ. Sans ce médiateur, toute communication avec Dieu est exclue”. Découvrir Jésus-Christ, c’est découvrir le Sauveur et le Libérateur dont j’ai besoin : “Ce Dieu n’est autre que le réparateur de notre misère. C’est pourquoi nous ne pouvons bien connaître Dieu sans connaître nos iniquités.” Comme toute conversion authentique, celle de Blaise Pascal se fait dans l’humilité, qui nous libère “de notre conscience isolée et de l’auto-référence »
L’intelligence immense et inquiète de Blaise Pascal, remplie de paix et de joie devant la révélation de Jésus-Christ, nous invite, selon “l’ordre du cœur,” à marcher avec confiance, éclairés par “ces lumières célestes.” En effet, si notre Dieu est un “Dieu caché” (cf. Is 45, 15), c’est parce qu’il “a voulu se cacher,” afin que notre raison, éclairée par la grâce, n’ait jamais fini de le découvrir. C’est donc par l’illumination de la grâce que nous pouvons le connaître. Mais la liberté de l’homme doit s’ouvrir ; et Jésus nous console encore : ” Vous ne me chercheriez pas si vous ne me trouviez pas.”
Les raisons du coeur et les raisons de croire
Selon Benoît XVI, “la tradition catholique a rejeté dès le début ce qu’on appelle le fidéisme, qui est la volonté de croire contre la raison.” Dans cette ligne, Pascal est profondément attaché à la “vraisemblance de la foi en Dieu,” non seulement parce que “l’esprit ne peut être forcé de croire ce qu’il sait être faux,” mais parce que “si l’on attaque les principes de la raison, notre religion sera absurde et ridicule.” Mais si la foi est raisonnable, elle est aussi un don de Dieu et ne saurait s’imposer : “On ne prouve pas qu’il faut aimer en exposant proprement les causes de l’amour. Ce serait ridicule,” observe Pascal avec la finesse de son humour, en établissant un parallèle entre l’amour humain et la manière dont Dieu se manifeste à nous. Rien d’autre que l’amour, “qui se propose mais ne s’impose pas – l’amour de Dieu ne s’impose jamais.” Jésus a témoigné de la vérité (cf. Jn 18,37) mais “n’a pas voulu l’imposer par la force à ceux qui la rejetaient.” C’est pourquoi “il y a assez de lumière pour ceux qui veulent seulement voir, et assez de ténèbres pour ceux qui ont une disposition contraire.”
Il poursuit en affirmant que “la foi est différente de la preuve. L’une est humaine, l’autre est don de Dieu”. Il est donc impossible de croire “si Dieu n’incline pas le cœur.” Si la foi est d’un ordre supérieur à la raison, cela ne signifie nullement qu’elle s’y oppose, mais qu’elle la dépasse infiniment. Lire l’œuvre de Pascal, ce n’est donc pas d’abord découvrir la raison qui éclaire la foi, c’est se mettre à l’école d’un chrétien à l’intelligence exceptionnelle, qui a su rendre compte au mieux de l’ordre établi par le don de Dieu au-dessus de la raison : “La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité car elle est surnaturelle.” Scientifique expert en géométrie, c’est-à-dire en science des corps placés dans l’espace, et géomètre expert en philosophie, c’est-à-dire en science des esprits placés dans l’histoire, Blaise Pascal, éclairé par la grâce de la foi, pouvait transcrire ainsi la totalité de son expérience : “De tous les corps ensemble on ne saurait en faire réussir une petite pensée. Cela est impossible et d’un autre ordre. De tous les corps et esprits on n’en saurait tirer un mouvement de vraie charité. Cela est impossible et d’un autre ordre surnaturel.”
Ni l’intelligence géométrique, ni le raisonnement philosophique ne permettent à l’homme seul de parvenir à “une vue très nette” du monde et de lui-même. Celui qui est absorbé par les détails de ses calculs ne bénéficie pas de la vue d’ensemble qui lui permet de “discerner tous les principes”. Cela relève de l’”intelligence intuitive”, dont Pascal vante également les mérites, car pour saisir la réalité, “il faut voir la chose à l’instant, d’un seul coup d’œil”. Cette intelligence intuitive est liée à ce que Pascal appelle le “cœur” : “Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur, c’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes et c’est en vain que le raisonnement, qui n’y a point de part, essaie de les combattre.” Or, les vérités divines, comme le fait que le Dieu qui nous a faits est amour, qu’il est Père, Fils et Saint-Esprit, qu’il s’est incarné en Jésus-Christ, qu’il est mort et ressuscité pour notre salut, ne sont pas démontrables par la raison, mais peuvent être connues par la certitude de la foi, et passent alors du cœur spirituel à l’esprit rationnel, qui les reconnaît comme vraies et peut à son tour les exposer : “Et c’est pourquoi ceux à qui Dieu a donné la religion par sentiment du cœur sont bien heureux et bien légitimement persuadés.”
Pascal ne s’est jamais résigné à ce que certains de ses frères en humanité non seulement ne connaissent pas Jésus-Christ, mais dédaignent par paresse, ou à cause de leurs passions, de prendre l’Évangile au sérieux. Car c’est en Jésus-Christ que se joue leur vie. “L’immortalité de l’âme est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu’il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l’indifférence de savoir ce qui en est. Et c’est pourquoi, entre ceux qui n’en sont pas persuadés, je fais une extrême différence de ceux qui travaillent de toutes leurs forces à s’en instruire, à ceux qui vivent sans s’en mettre en peine et sans y penser. Nous savons bien nous-mêmes que nous essayons souvent de fuir la mort, ou de la dominer, en pensant que nous pouvons “bannir la pensée de notre finitude” ou “enlever à la mort son pouvoir et bannir la peur”. Mais la foi chrétienne n’est pas un moyen d’exorciser la peur de la mort, elle nous aide plutôt à l’affronter. Tôt ou tard, nous franchirons tous cette porte. La vraie lumière qui éclaire le mystère de la mort vient de la résurrection du Christ”. Seule la grâce de Dieu permet au cœur humain d’accéder à l’ordre de la connaissance divine, à la charité. C’est ce qui a fait écrire à un important commentateur contemporain de Pascal que “la pensée n’arrive pas à la pensée chrétienne si elle n’accède pas à ce que Jésus-Christ met en œuvre, la charité.”
Pascal : controverse et charité
Avant de conclure, il faut encore évoquer les rapports de Pascal avec le jansénisme. Une de ses sœurs, Jacqueline, était entrée dans la vie religieuse à Port-Royal, dans une congrégation dont la théologie était fortement influencée par Cornelius Jansen, qui avait composé un traité, l’Augustinus, publié en 1640. Après sa “Nuit de feu”, Pascal avait fait une retraite à l’abbaye de Port-Royal en janvier 1655. Or, dans les mois qui suivent, une importante et ancienne controverse, qui oppose les jésuites aux “jansénistes”, liés à l’Augustinus, se réveille à la Sorbonne, l’université de Paris. La querelle tourne principalement autour de la question de la grâce de Dieu et du rapport entre la grâce et la nature humaine, en particulier son libre arbitre. Pascal, bien que n’appartenant pas à la congrégation de Port-Royal, et bien que n’étant pas partisan – “je suis seul, écrit-il, […] je ne suis pas du tout de Port-Royal” – est chargé par les jansénistes de les défendre, d’autant plus que son art rhétorique est puissant. C’est ce qu’il fit en 1656 et 1657, en publiant une série de dix-huit lettres, appelées Provinciales.
Si de nombreuses propositions dites “jansénistes” sont effectivement contraires à la foi, ce que Pascal reconnaît, il conteste qu’elles soient présentes chez Augustinus et suivies par les membres de Port-Royal. Cependant, certaines de ses propres affirmations, concernant par exemple la prédestination, tirées de la théologie de feu saint Augustin, dont les formules avaient déjà été affinées par Jansénius, ne semblent pas justes. Mais il faut comprendre que, de même que saint Augustin avait voulu combattre au Ve siècle les pélagiens, qui soutenaient que l’homme peut faire le bien et être sauvé par ses propres forces et sans la grâce de Dieu, Pascal croyait sincèrement s’opposer au pélagianisme ou au semi-pélagianisme, qu’il croyait identifier aux doctrines suivies par les jésuites molinistes (du nom du théologien Luis de Molina, mort en 1600 mais dont l’influence était encore vivace au milieu du XVIIe siècle). Reconnaissons-lui le mérite de la franchise et de la sincérité de ses intentions.
Cette lettre n’est certainement pas le lieu pour rouvrir la question. Mais ce qu’il y a de juste dans les positions de Pascal vaut encore pour notre temps : le “néo-pélagianisme,” qui voudrait tout faire dépendre “de l’effort humain canalisé par les normes et les structures ecclésiales, » se reconnaît à ce qu’il “nous enivre de la présomption d’un salut acquis par nos propres efforts.” Il faut maintenant préciser que la position définitive de Pascal concernant la grâce, et en particulier le fait que Dieu “veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité” (1Tm 2,4), a été exprimée en termes parfaitement catholiques à la fin de sa vie.
Comme je l’ai dit au début, Blaise Pascal, à la fin de sa vie courte mais extraordinairement riche et féconde, avait mis l’amour de ses frères et sœurs au premier plan. Il se sentait et se savait membre d’un seul corps, car “Dieu, ayant créé le ciel et la terre, qui ne sentent pas du tout le bonheur d’être, a voulu créer des êtres capables de le connaître et de constituer un corps de membres pensants.” Pascal, dans sa position de laïc fidèle, a goûté la joie de l’Évangile, par lequel l’Esprit veut féconder et guérir “toutes les dimensions de l’homme” et rassembler “tous les hommes à la table du Royaume.” Lorsqu’il compose sa magnifique Prière pour demander à Dieu le bon usage de la maladie, en 1659, Pascal est un homme apaisé, qui ne se place plus dans la controverse, ni même dans l’apologétique. Très malade et à l’article de la mort, il demande la communion, mais celle-ci n’a pas lieu immédiatement. Il demande alors à sa sœur : “Ne pouvant communiquer à la tête [Jésus Christ], je voudrais communiquer aux membres.” Et “il avait un grand désir de mourir en compagnie des pauvres.” Il est mort avec la simplicité d’un enfant,” dit-on de lui peu avant son dernier souffle, le 19 août 1662. Après avoir reçu les sacrements, ses dernières paroles furent : “Que Dieu ne m’abandonne jamais.”
Que son œuvre lumineuse et les exemples de sa vie, si profondément baptisée en Jésus-Christ, nous aident à parcourir jusqu’au bout le chemin de la vérité, de la conversion et de la charité. Car la vie d’un homme est si courte : “Éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre.”
Un maillot d’Olivier Giroud vendu 35 000 euros au profit des chrétiens persécutés en Arménie
Olivier Giroud a mis aux enchères son maillot de la Coupe du Monde 2022 porté face à l’Angleterre afin de reverser le bénéfice aux Arméniens du Haut-Karabagh qui souffrent d’un blocus depuis 6 mois.
Cette vente a eu lieu lors de la troisième édition de la Nuit de la Mission, organisée le 15 juin à l’église Saint-Honoré d’Eylau à Paris. Les 35 000 euros ont été reversés aux associations Aide à l’Église en Détresse (AED) et Portes Ouvertes.
Action des Survivants sur les vélos : après Paris, au tour de Lyon
Nous continuerons notre combat pour la vie, pour tous ces frères, sœurs, amis qui devraient être à nos côtés #1sur5
Tous ces êtres humains que nos élus ne défendent même pas @EmmanuelMacron @Gregorydoucet #Lessurvivants #Velov #provie pic.twitter.com/DAbeGNhXGE— Les Survivants (@lessurvivantsfr) June 19, 2023
Aujourd'hui #lessurvivants nous posons cette question aux cyclistes qui pédaleront sur ce #vélov : et si vous l'aviez laissé vivre ?
A ce mari qui n'a pas soutenu sa femme enceinte, à cette mère qui n'a pas écouté sa fille, à ce médecin qui a proposé l'avortement. https://t.co/twj5bkJ95D
— Les Survivants (@lessurvivantsfr) June 19, 2023
🔴⚫️ Campagne anti-avortement sur les Vélo'v, la Métropole de Lyon porte plainte #actualite #metropoledelyon #velov
Plus d'infos 👇 https://t.co/cdoFhMBPKU
— Lyon Capitale (@lyoncap) June 19, 2023
Métropole de Lyon: des messages anti-avortement collés sur des Vélo'Vhttps://t.co/MTTRHTphKK pic.twitter.com/QyacEYPV2y
— BFM Lyon (@BFMLyon) June 19, 2023
🔴 #Lyon : Une campagne anti-IVG sur les Vélo’v ce lundi matin à Lyon
🔴 « Les Survivants », association anti-IVG, sont à l’origine de cette campagne d’affichage#lyon #antiIVG #Actu pic.twitter.com/UxGkD7RukN
— Lyon 1ère (@LyonPremiere) June 19, 2023

Tugdual Denis reprend la direction de Valeurs Actuelles
Dans un communiqué diffusé via Twitter, Geoffroy Lejeune écrit :

D’après nos informations, Tugdual Denis, qui devrait lui succéder, entend bien garder la même ligne éditoriale qu’actuellement.
A quand la séparation de l’Etat et de la franc-maçonnerie ?
Le Grand Oroent s’est engagé en faveur de l’euthanasie. Le président du CESE et son prédécesseur en sont membres. Le Cese a publié un favorable à l’euthanasie et a organisé et hébergé la Convention sur la fin de vie. Mais le CESE est neutre…
Comment le CESE peut-il avoir prétendu être l’arbitre neutre d’une convention citoyenne sur la fin de vie, tout en accueillant juste après un banquet d’une loge franc-maçonne notoirement engagée pour l’ouverture du droit à l’euthanasie ? https://t.co/HWVMb5IR6y
— Paul Sugy (@PaulSugy) June 18, 2023
Après une conférence riche en échange avec le public, le @GODFOfficiel organisait son banquet républicain dans les locaux du @lecese. Plus de 180 personnes présentes, un moment de convivialité partagé avec des élus de la République. pic.twitter.com/KAoFaLDoJb
— GODF (Officiel) (@GODFOfficiel) June 18, 2023
Puis à Hélène Conway-Mouret Sénatrice des Français établis hors de France et @HenrietPierre Député de Vendée pic.twitter.com/UCEaTTqJzs
— GODF (Officiel) (@GODFOfficiel) June 18, 2023
“Soyez fiers d’être catholiques. Il y a un pays à christianiser”
Extrait de l’entretien donné par le dominicain frère Paul-Adrien à l’Appel de Chartres :
[…] Vous étiez sur la route de Chartres le lundi de Pentecôte avec les nombreux pèlerins qui se rendaient à la cathédrale, est-ce la première fois que vous veniez ? Qu’avez-vous ressenti ?
J’avais déjà fait le pèlerinage de Chartres une fois, quand j’étais lycéen et scout. Et avec mes rangers, mes grosses chaussettes et mes barres vitaminées, j’avais passé mon temps à brailler des chants scouts. Ensuite, le seul souvenir que j’ai, c’est d’avoir dormi pendant la messe le lundi dans la cathédrale. Je pense que beaucoup de pèlerins se reconnaîtront dans cette description….
Je suis revenu cette année car l’abbé Raffray, pour qui j’ai beaucoup de sympathie, m’avait invité dans son chapitre. Je savais qu’il y avait du monde, mais je crois
qu’il faut y être pour le voir. Je ne suis pas de sensibilité “tradi”, donc il y a des choses qui me touchent, d’autres qui me touchent moins mais la motivation et la ferveur des participants a quelque chose de requinquant… On sort de là content et avec le sourire, avec le sentiment d’avoir été au bon endroit, au bon moment et d’avoir fait quelque chose de beau. Ce qui m’a frappé, c’est le degré d’organisation. C’est peut être une déformation professionnelle : maintenant que je dois organiser des choses, c’est principalement ce à quoi je fais attention. Les petites mains, la qualité de communication, la fluidité de l’organisation : j’imagine que, comme partout dans l’église, il y a un mélange de bricolage et de planification, mais le professionnalisme de Notre Dame de Chrétienté place cette organisation chrétienne parmi les plus expertes. J’ai remonté en moto la colonne : 15 minutes de moto… Tout est dit.
[…]
Pour conclure, un mot pour tous nos lecteurs et pèlerins ?
Soyez fiers d’être catholiques. Il y a un pays à christianiser et manifestement, les choses sont en train de changer. Hissez les voiles et partez au large. Et…. l’amour vaincra ;-) !
“Ecouter nos pèlerins reviendrait à reconnaître les erreurs passées”
Extrait du mot de Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté, dans le nouveau numéro de l’Appel de Chartres :
[…] Pourquoi cette jeunesse vient-elle dans un ‘pèlerinage-intégriste’ ?
Comme chaque année, j’ai pu avoir de nombreuses discussions avec nos pèlerins sur le pèlerinage. Les derniers catholiques pratiquants sont fervents, exigeants, missionnaires. Ils ne veulent pas rester enfermés chez eux à se lamenter sur la société anti-chrétienne dans laquelle nous vivons et sur une hiérarchie ecclésiastique paralysée par la peur. Nos pèlerins viennent chercher cette liturgie tridentine et l’aiment pour son exigence, sa sacralité, sa catholicité. Nos pèlerins veulent, exigent même, un enseignement doctrinal clair et pas un gloubi-boulga des ‘sixties’. Cela semble difficile à accepter par certains mais nos pèlerins veulent entendre parler de Dieu et pas du bilan carbone.
Comment être surpris que les pratiquants réguliers catholiques soient d’une tendance « conservatrice, très pratiquante et à rebours de la société » (comme le dit le sondage de La Croix du 26 mai 2023) ? La réponse est pourtant d’une simplicité évangélique, j’invite les sceptiques à venir à Chartres pour comprendre avec comme seule précaution : s’inscrire tôt.
A lire certains commentaires d’après pèlerinage, certains chroniqueurs, extrêmement bien informés et très intelligents comme il se doit, ne comprennent toujours pas les aspirations de nos pèlerins. Pourquoi un tel aveuglement ? Vous trouverez la réponse dans Charles Péguy « Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit » (Notre jeunesse, 1910). Ecouter nos pèlerins reviendrait à reconnaître les erreurs passées, la crise doctrinale qui ravage l’Eglise et ce constat fait très mal. Rassurez-vous chers pèlerins, nous savons bien quelle est notre place dans l’Eglise. La réforme de l’Eglise commencera par notre conversion individuelle, nous y travaillons sur les routes de Chartres !
Nous nous réjouissons que notre pèlerinage soit devenu avec les années un ‘centre de formation catéchétique accéléré pour chrétiens abandonnés’. Les barrières tradi-non tradi sont tombées ce week-end de Pentecôte ? J’y vois le souffle du Saint-Esprit.
Décivilisation ? « Un monde moins chrétien est d’abord un monde moins humain » selon saint Augustin
Du père Danziec dans L’Homme Nouveau :
[…] Devant la multiplication des actes barbares, relayés par les chaînes d’information en continu, le président de la République s’est vu contraint de réagir. En plein conseil des ministres, Emmanuel Macron appelait son gouvernement à « travailler en profondeur pour contrer ce processus de décivilisation ».
À l’heure de la cancel culture où contester à l’Occident sa filiation spirituelle avec Jérusalem et son héritage gréco-romain devient la règle – selon les wokistes, l’Europe ne serait à tout prendre qu’un ensemble de territoires mal définis aux origines cosmopolites – voici que le thème de la civilisation revient sur le devant de la scène. Et nous ? En tant que disciples du Christ, que pouvons-nous faire « pour contrer ce processus de décivilisation » ?
Tout d’abord, que faut-il entendre par « civilisation » ? Ce n’est qu’en 1835 que ce mot fit son entrée dans le dictionnaire de l’Académie. De son côté, le Littré en a longtemps offert une définition littérale peu éclairante, « La civilisation correspond à l’état de ce qui est civilisé, autrement dit ce qui rend civil, ce qui polit les mœurs. » Nous voici peu avancés.
Pour obtenir une définition philosophique plus aboutie, c’est chez le maître de Martigues que l’on finira par trouver matière à réflexion :
« La civilisation correspond à l’état social dans lequel l’individu qui vient au monde trouve incomparablement plus qu’il n’apporte. La civilisation est d’abord un capital. Elle est ensuite un capital transmis. »
Dans « L’avenir de la civilisation », article du 1er mars 1922 publié dans La Revue universelle, Jacques Bainville analysait, avec la profondeur de vue qu’on lui connaît et l’intense réflexion qui lui est caractéristique, les conditions de la transmission de ce capital civilisationnel.
« Ah ! Comme la civilisation est fragile ! On pourrait dire d’elle ce que disait de la santé un médecin célèbre : “La santé est un état provisoire et qui ne laisse rien présager de bon.” La civilisation tient comme la santé à un équilibre instable. C’est une fleur délicate. Elle dépend de tout un ensemble de conditions. Supprimez quelques-unes de ces conditions : elle dépérit, elle recule. »
En d’autres termes, explique l’académicien, la civilisation est une plante qui pousse avec des soins. C’est une plante de serre. « Elle exige qu’un grand nombre de conditions économiques, sociales et politiques soient remplies. » Outre un ordre politique stable, Bainville indique notamment comme condition essentielle à remplir pour que la civilisation se maintienne l’importance d’écoles dignes de ce nom. C’était il y a un siècle, et il avait déjà vu juste.
Si la lucidité oblige à admettre que l’Église fait face à un déclassement annoncé – ignorance catéchétique généralisée, assèchement des vocations, chute vertigineuse de la pratique, effondrement en termes de déclaration d’identité –, la foi et l’espérance nous pressent de rester debout dans la tempête.
L’Église, mère et maîtresse des âmes, des intelligences et des cœurs, possède les paroles de la vie éternelle. Ses enfants, en puisant dans les trésors de sa spiritualité, de son enseignement constant et de sa tradition, pourront « travailler en profondeur pour contrer ce processus de décivilisation ».
L’orgueil d’un progrès ambitionné sans repères évangéliques et sans Décalogue finit toujours par prendre en boomerang ses prétentions à vouloir vivre sans Dieu. Pour saint Augustin, « Un monde moins chrétien est d’abord un monde moins humain. » La « décivilisation » a l’avantage de nous le rappeler.
Mais comme tout rappel, elle invite chacun à se remobiliser. L’avenir est aux humbles vertus du travail, de la piété filiale, de la discipline ou encore de l’ascèse. Rien de romantique en soi, sinon de savoir que nos humbles fidélités contribuent à la joie du Divin Maître. Et qu’elles finissent toujours par porter pierre.
A quand le scandale financier autour de la famille Biden ?
Le président du comité de surveillance de la Chambre des représentants, James Comer, a révélé jeudi qu’il s’attendait à ce qu’il y ait des preuves de paiements illégaux d’au moins 20 à 30 millions de dollars effectués par des ressortissants étrangers à la famille Biden. Lors de son passage sur Fox Business, M. Comer a déclaré :
“Nous recevons davantage de relevés bancaires, mais nous allons dépasser les 10 millions de dollars cette semaine et je pense que nous atteindrons les 20 à 30 millions de dollars”.
Il a ajouté qu’il devenait évident que les Biden s’étaient potentiellement livrés à la corruption, au trafic d’influence et au blanchiment d’argent.
“Cela va être difficile à expliquer pour M. Biden, cela ne va pas disparaître, et je pense que les grands médias vont finir par poser les vraies questions”.
“Ils savent que quelque chose ne va pas. Ils savent que toutes les allégations sont fondées, parce que Joe Biden était là, parce que nous avons déjà vu des enregistrements où Joe Biden se vantait d’avoir renvoyé ce procureur”
“Ils savent que cette famille a créé ces sociétés écrans. Ils savent que cette famille blanchissait de l’argent, qu’elle profitait de l’influence de Joe Biden”. “Les médias le savent – ils ne le couvrent tout simplement pas”.
“Je peux vous assurer que nous serons en mesure d’identifier d’autres sommes d’argent qui ont été transférées entre des ressortissants étrangers dans d’autres pays et la famille Biden”. “Je pense que les grands médias finiront par se retourner contre Joe Biden et commenceront à poser les vraies questions : Qu’a fait votre famille pour recevoir tout cet argent ?”
Ostelsheim (Allemagne) : un immigré syrien arrivé en 2015 est élu maire
Il n’y a donc pas de grand remplacement… :
Il est presque minuit lorsque son bateau pneumatique prend la mer en direction de l’île grecque de Lesbos. Ryyan Alshebl est à bord de cette embarcation de fortune avec 49 autres migrants. «C’était en novembre 2015, je ne souviens plus du jour», raconte le Syrien, dont tous les journaux parlent depuis son élection en tant que maire d’une commune du Bade-Wurtemberg.
[…] Il suit une formation d’employé administratif qui lui permet de prendre des responsabilités dans une commune de la région : numériser les services et gérer les crèches. «C’est mon chef qui m’a poussé à candidater à la mairie d’Ostelsheim, une commune de 2 500 habitants.» Ryyan Alshebl n’hésite pas. Né d’une mère institutrice et d’un père ingénieur agricole, il a grandi dans une famille très politisée. C’est un poste pour lui. «Les maires ne sont pas des techniciens mais des médiateurs entre les citoyens et la politique.» […]
Sans étiquette politique (mais membre du parti écologiste), il est élu triomphalement le 2 avril au premier tour avec 55 % des voix contre deux autres candidats «du cru», Marco Strauss et Mathias Fey. […]
A partir de lundi, il devra s’occuper notamment des réfugiés arrivés après lui, dont beaucoup d’Ukrainiens. «Le problème, ce n’est pas de savoir s’il faut les aider, c’est d’avoir les moyens de le faire», dit-il pragmatiquement. […]
Karim Benzema vs Damien Rieu
Benzema attaque Damien Rieu en diffamation publique et réclame des dommages et intérêts exorbitants. Le procès se tiendra mardi 20 juin.
16 octobre 2020, le professeur Samuel Paty est décapité devant son collège de Conflans-Saint-Honorine par un “réfugié” tchétchène pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet. Quinze jours plus tard, le champion d’arts martiaux Khabib Nurmagomedov publie deux messages hallucinants sur Instagram. Il demande à Allah de “défigurer” Emmanuel Macron et de faire “descendre son châtiment” sur tous ceux qui “offensent les sentiments des musulmans” au nom de la liberté d’expression. Dans la foulée, plusieurs joueurs de foot “likent” cette publication dont…
Karim Benzema.
Trois jours après l’ignoble assassinat de Samuel Paty, la police perquisitionne le domicile de Nourdine Mamoune, l’imam de la mosquée Al-Badr de Meaux. Or Benzema fréquente Mamoune, au point de se prendre en selfie tout sourire avec ce barbu inquiétant. Damien Rieu a balancé l’information sur twitter, avec une petite publication satirique :

Voilà les deux tweets qui lui valent d’être traduit devant la justice.
Derrière le joueur richissime, porte-drapeau de la marque de luxe Jean Paul Gaultier, se cache une véritable islamo-racaille :
- Décembre 2006, Benzema déclare que son pays de cœur est l’Algérie et refuse de chanter la Marseillaise ;
- Novembre 2015, il aggrave son cas en crachant par terre à la fin de notre hymne national joué en hommage aux victimes des attentats djihadistes de Paris ;
- Mai 2016, il apparaît dans le clip Walabok du rappeur Booba qui fait l’apologie du trafic de drogue et des délinquants armés de Kalachnikov ;
- Octobre 2018, deux de ses proches sont mis en examen pour tentative d’enlèvement et d’extorsion ; novembre 2021, Benzema est définitivement condamné pour complicité de chantage à la sextape envers son coéquipier Mathieu Valbuena.
Que va devenir le diocèse de Fréjus-Toulon ?
Extrait de la dernière lettre de Paix Liturgique :
[…] Le 3 mai 2020, par courriel, un coup de poignard était donné à l’évêque, sous la forme d’une lettre publique de l’abbé Arnaud Adrien, ancien recteur du Séminaire de la Castille, tout le contraire d’un gauchiste mais auquel le traditionalisme donne de l’urticaire, adressée aux doyens, aux membres du conseil presbytéral, aux chanoines, à Mgr Aveline, métropolitain, à Mgr Beau, chargé des séminaires à la Conférence des Évêques, lettre autrement dit destinée à courir dans les évêchés de France et les dicastères de la Curie romaine. Elle porte une seule accusation : Mgr Rey est coupable de donner à son séminaire « une ligne de plus en plus traditionaliste » et ce sans concertation, notamment avec les vicaires généraux. La preuve : le renvoi de l’abbé Mallard, professeur très « ouvert » de théologie fondamentale, par l’abbé Dubrulle, des Missionnaires de la Miséricorde, nommé préfet des études à La Castille.
Les événements vont dès lors se précipiter, qui plus est dans l’ambiance Comité de Salut Public de la préparation puis de la parution de Traditionis custodes destiné à anéantir les partisans de la liturgie traditionnelle. Mgr Rey eût à s’expliquer devant une sorte de tribunal présidé par le cardinal Stella, Préfet alors tout puissant de la Congrégation pour le Clergé, et devant les principaux membres de sa Congrégation, notamment Mgr Mercier, Secrétaire de la Congrégation, et le très redoutable Louis Menvielle, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Il s’ensuivit, toujours en 2020, une « visite amicale » du futur cardinal Aveline, archevêque de Marseille, métropolitain de Fréjus-Toulon, diligentée par la Congrégation pour les Évêques, du cardinal Ouellet, Jean-Marc Aveline, vieil ami de Mgr Rey, essaya de jouer les médiateurs, inspirant une « charte » qui permettrait de mieux discerner les vocations qui se présentent.
Mais Rome, qui avait décidé la mort, s’étonnait de la résistance de l’évêque, qui ne démissionnait pas comme ses pairs d’Albenga, San Luis, parlait de « dialogue » avec la CEF et Rome, et lâchait quelques sacs de sable pour faire remonter son dirigeable.
C’est alors que tomba cette nouvelle stupéfiante : le cardinal Ouellet interdisait les ordinations auxquelles devait procéder Mgr Rey en juin 2022. Comme pour l’offensive de Traditionis custodes, le monde catholique conservateur s’émut : « La décision inédite, prise par Rome, de “suspendre” des ordinations sacerdotales qui devaient être célébrées le 26 juin par Mgr Rey, sème le trouble dans l’Église catholique », écrivait Jean-Marie Guénois dans le Figaro du 3 juin 2022. « De mémoire de théologiens et d’évêques, on n’a jamais vu dans l’Église catholique, une telle sanction. Car il faut bien appeler la suspension – ordonnée par Rome – des ordinations sacerdotales prévues le 26 juin dans le diocèse de Fréjus-Toulon, sanction. C’est-à-dire, un moyen brutal d’imposer à l’évêque local, Mgr Dominique Rey, 69 ans, en charge de ce lieu depuis vingt-deux ans, un message romain. » Les journaux conformes comme La Vie, manifestement mis au parfum par les bureaux de Ouellet, énuméraient pendant ce temps les « dysfonctionnements ». Le principal étant « la restructuration du séminaire et la politique d’accueil dans le diocèse ». Trop de place pour les tradis.
Et le 13 février 2023, débuta une visite canonique, une vraie cette fois, faite pour tuer, sous la conduite de la Congrégation pour les Évêques, avec deux visiteurs, les plus hostiles qui soient à l’évêque du lieu, Mgr Antoine Hérouard, ancien secrétaire général de la CEF, ancien recteur du séminaire français de Rome, ancien délégué apostolique pour le sanctuaire de Lourdes (dont il convenait d’écarter le « clérical » Mgr Brouwet), depuis peu archevêque de Dijon, et Mgr Joël Mercier, ancien Secrétaire du Dicastère pour le Clergé, connaissant admirablement bien le dossier Rey. Personne ne doutait du fait que le rapport qui conclurait permettrait au minimum de faire de Mgr Rey un évêque-potiche, sans pouvoir. Puisque décidément il ne voulait pas démissionner.
Un « scandale ecclésial »
« Le mot “scandale ecclésial” est fort, tonnait Jean-Marie Guénois dans l’article précité, mais il est justifié. Comment le Vatican et ceux qui ont avalisé cette décision qui vise a priori les options ecclésiales de l’évêque de Fréjus-Toulon peuvent-ils ainsi prendre en otages dix jeunes séminaristes [4 futurs prêtres, 6 futurs diacres] qui ne sont pas responsables du problème ? Il y a sans doute trop d’ordinations sacerdotales en France… » Et il poursuivait crescendo :
« S’il y a, parmi les dix ordonnés, des cas litigieux, l’Église a tous les moyens de retirer l’agrément aux ordinants en question. S’il y a un problème de management de l’évêque, cette question peut être repérée et traitée comme telle. Mais le genre punition collective sur mode autoritaire ne passe pas dans la communauté catholique française. Y compris à sa gauche qui ne porte pourtant pas Mgr Rey dans son cœur et qui se dit surprise par la «violence» du procédé. Il ne faudrait pas que l’autoritarisme déploré par beaucoup au Vatican en cette fin de pontificat de François installe une sorte de terreur cléricale dans l’Église catholique au moment où l’on ne parle plus que de synodalité ! »
Il faut dire que la pensée catholique « de gauche » est devenue complètement déphasée par rapport aux attentes de ce qui reste de peuple chrétien en France. Un questionnaire intitulé Synode sur la synodalité révélait que 92,9% des questionnés attendent prioritairement d’un prêtre qu’il dispense les sacrements, 87,6% sont favorables au célibat sacerdotal, 70% reprochent à l’Église de « ne pas assumer ses opinions et de taire la Vérité par peur de choquer », 74% attendent qu’elle promeuve « un modèle bioéthique assurant le respect intégral de la personne humaine, de sa conception à la mort naturelle », 70% qu’elle « défende la famille dans sa forme traditionnelle ». » Bref, les catholiques qui pratiquent encore considèrent que la pensée ecclésiastique dominante a tout faux. Ce qu’avait compris Dominique Rey. Dans Les espaces du catholicisme français contemporain (Presses Universitaires de Rennes, 2021) Vincent Herbinet consacrait un chapitre entier à l’analyse du cas Fréjus-Toulon et à son évêque différent. Il parlait de « quatrième voie », ni progressiste, ni intégriste, ni même « troisième voie » du type de celle du cardinal Lustiger dans les années 80-90. V. Herbinet, qui faisait « l’hypothèse qu’un militantisme catholique plus visible se profilerait dorénavant avec la problématique familiale, éthique et doctrinale », accordait à juste titre une importance décisive à l’articulation entre classiques et traditionalistes, et en faisait le point central de la tentative Rey.
C’était le point le plus subversif de l’ordre ecclésiastique établi et donc le principal chef d’accusation contre l’évêque de Fréjus-Toulon : en syntonie avec la réalité actuelle de ce qui reste de catholicisme français, Dominique Rey contribuait à effacer les frontières entre catholiques conservateurs et catholiques traditionnels. Pour Vincent Herbinet comme pour Jean-Marie Guénois, l’expérience Rey à Fréjus-Toulon, malgré ses faiblesses, était ainsi un laboratoire pour le futur.
Un évêque qui misait sur le futur de l’Église ? Les hommes du passé, à Rome et dans l’épiscopat français, ont voulu le lui faire payer.
Donc une dernière remarque: Quel pourrait-être le héros impeccable qui pourrait succéder à Dominique Rey ?
Les fidèles qui voient ce qu’ont été les nominations épiscopales depuis plusieurs décennies d’interrogent… et s’inquiètent !
Dans l’Ouest, on transforme une église en bar-restaurant et on construit une mosquée géante
La mairie de Granville en Normandie préfère investir 9 millions d’euros pour transformer une église fermée en 2003 pour des raisons de sécurité puis désacralisé, en site touristique. Café-Restaurant dans la nef, salle de concert à la croisée du transept, salle panoramique dans le dôme :
L’église abriterait dans sa nef un café-restaurant bistronomique ainsi qu’une scène pour accueillir des spectacles ou des concerts. Une cloison de bois et de verre permettrait de créer un espace pouvant accueillir des séminaires ou des conférences. Une mezzanine suspendue serait ajoutée. Dans sa présentation, Isatis dit vouloir “transformer l’église en lieu de croisement créatif et festif pour le public, les artistes et l’événementiel en Normandie.”
Mais le clou de cette rénovation est sans conteste le dôme de Saint-Paul. Il sera réaménagé et offrira une vue panoramique imprenable sur Granville et sur sa baie.
Et ceci est décidé par 80 % des 13% de la population qui s’est déplacée pour une consultation populaire :
A la suite du dépouillement des bulletins de vote, ce samedi à 18 h, une large majorité s’est dégagée en faveur du projet présenté par la municipalité avec 79,30 % de « oui ». La participation à la consultation est honorable avec 1 285 suffrages exprimés, soit environ 13 % des inscrits sur les listes électorales.:
Pendant ce temps, la ville de Rennes cède un terrain à la communauté musulmane pour qu’elle construise une mosquée géante de 4 000 places :
La ville de Rennes a mis à disposition un terrain de 3 000 m2, en bail emphytéotique, situé rue du Pâtis-Tatelin, en bordure de la base de loisirs et du parc des Gayeulles. L’équipement articulé autour de deux bâtiments (le premier pour le culte, le second pour les activités administratives et culturelles), sera conçu pour accueillir 4 000 personnes. Coût du projet : cinq millions d’euros. « Nous venons de lancer la campagne de financement. Nous avons déjà collecté un peu plus de 200 000 € de dons ».
Mais que font les écolo-gauchistes ? En Ardèche, ils veulent empêcher la construction d’une église de 3 500 places et, près de Grenoble, celle d’une église de 300 places…
Pilule et dépression
Lu sur Santé Magazine :
Les femmes qui ont commencé à utiliser des pilules contraceptives à l’adolescence présentaient une incidence de symptômes de dépression de 130 % plus élevée. La méthode de contraception étudiée était la pilule contraceptive combinée.
[…] Plus d’un quart de millions de femmes ont été suivies de la naissance à la ménopause. Dans le détail, les chercheurs ont collecté des données sur la prise de pilules contraceptives, l’apparition de la dépression et le moment où elles ont ressenti pour la première fois des symptômes de dépression sans recevoir de diagnostic. […]
« La puissante influence des pilules contraceptives sur les adolescents peut être attribuée aux changements hormonaux provoqués par la puberté. Comme les femmes de ce groupe d’âge ont déjà subi des changements hormonaux importants, elles peuvent être plus réceptives non seulement aux changements hormonaux, mais aussi à d’autres expériences de vie », souligne Therese Johansson. Selon les chercheurs, l’augmentation de l’incidence de la dépression diminuait lorsque les femmes continuaient à utiliser des pilules contraceptives après les deux premières années. De plus, les adolescentes utilisatrices de pilules contraceptives présentaient toujours une incidence augmentée de dépression même après avoir cessé d’utiliser la pilule. […]
A propos de l’évolution démocratique dans les Etats-Unis d’Amérique de M.Biden. Réflexion sur le paradigme ?
C’est ce que nous invite à faire l’éditorialiste maintenant hébergé par Twitter, Tucker Carlson dans son plus récent épisode « Wannabe Dictator » (Aspirant dictateur).
Ci-après, texte intégral de sa chronique (durée : 13 minutes), traduit sur le site Twitter de Péonia https://twitter.com/CalliFanciulla et enrichi d’extraits des vidéos utilisées par M. Carlson et répertoriées dans le texte.

« Fox News a titré que Joe Biden était un “dictateur en devenir“. Lorsque la presse sincère et pécheresse parle, il faut la mobilisation de toute une armée de propagande pour démentir la réalité.
Mardi après-midi, l’administration Biden a arrêté Donald Trump. Il s’agit d’une très grande nouvelle, dont vous avez peut-être entendu parler. Peu avant 21 heures ce soir-là, Fox News a diffusé (00:12) deux flux vidéo en direct côte à côte. À droite, Donald Trump s’adresse à ses partisans dans le New Jersey. À gauche, Joe Biden s’exprime lors d’un événement organisé à Washington à l’occasion de la visite du secrétaire général de l’OTAN.
Sous les deux émissions, le bureau de Fox indique (00:28) : “Le dictateur en puissance s’exprime à la Maison Blanche après l’arrestation de son rival politique“.

Ces mots sont restés à l’écran pendant près de 30 secondes. Mais l’effet a été instantané. Au sein de la Fox, les femmes qui dirigent la chaîne ont d’abord paniqué, puis ont réprimandé le producteur qui avait mis le texte à l’écran. Moins de 24 heures plus tard, il démissionnait. Il travaillait à la Fox depuis plus de dix ans. Il était considéré comme l’un des employés les plus compétents de l’institution. Il a proposé de rester en préavis pendant deux semaines, mais Fox lui a dit de quitter le bureau et de partir immédiatement. La société s’est ensuite excusée publiquement pour le titre de 27 secondes “Dictateur en devenir“. “Le papier peint a été retiré immédiatement“, a déclaré le service des relations publiques de la Fox, avant d’ajouter sur un ton inquiétant que le problème avait été “résolu“. Tout cela était vrai, mais n’a pas suffi à sauver Fox News du scandale qui s’en est suivi.
Pendant un certain temps, dans le reste des médias, la façon dont Fox News a traité l’arrestation de Donald Trump a éclipsé l’arrestation elle-même. “Traiter Biden de dictateur“, écrit le Washington Post, « c’est franchir une ligne rouge“. Alexander Vindman est tout à fait d’accord. Vindman est l’invité permanent de MSNBC [NLDR : chaîne d’information en continu, considérée comme libérale et proche du Parti Démocrate] et un grand fan de l’Ukraine, dont vous vous souvenez peut-être de l’époque du RussiaGate. Sur Twitter, il a appelé le Pentagone à retirer Fox News de toutes ses bases militaires. : “Il est absolument inacceptable que le réseau des forces américaines diffuse des programmes qui attaquent directement et faussement le commandant en chef des forces armées américaines ». En d’autres termes, M. Vindman a écrit que Joe Biden devrait interdire toute critique à son encontre, car c’est ce que font les non-dictateurs. John Cusack est allé encore plus loin : “Pour avoir qualifié Joe Biden de dictateur, Fox devrait être emprisonné“, a écrit la star des années 80 ; “le gouvernement devrait leur retirer leur licence de diffusion ». Et ainsi de suite, sur tout l’Internet. Les démocrates étaient très en colère. Mais pourquoi étaient-ils en colère ? Si les plaintes de Fox n’étaient pas vraies, pourquoi cette hystérie ? Pendant longtemps, les mensonges n’ont semblé gêner personne. Si un producteur avait qualifié Joe Biden de “génie” ou l’avait accusé d’avoir du sang soudanais, quelqu’un aurait-il crié ? La chaîne Fox se serait-elle excusée ? Probablement pas. Mais qualifier Joe Biden de “dictateur en devenir“, voilà qui fait mal. Si nous sommes honnêtes, nous devrions poser la question suivante : Joe Biden est-il un dictateur en devenir ?
Cette question a été posée hier lors du briefing de la Maison Blanche. La voici (02:57) :
- Reporter : Hier soir, Fox News a diffusé un reportage qui qualifie Joe Biden de “dictateur en devenir”. La Maison Blanche a-t-elle un commentaire à faire sur cette histoire ?
- Karine Jean-Pierre [NDLR : porte-parole de la Maison-Blanche] : Vous voyez, il y a probablement 787 millions de choses que je pourrais dire sur ce sujet… Ce que j’ai vu hier soir était mauvais, mais je ne pense pas que je vais le commenter.

- Journaliste : Il n’y a donc pas de commentaires de la Maison Blanche à ce sujet ?
- Karine Jean-Pierre : Je crois que je viens de faire un commentaire. Il n’y a pas de commentaire à faire…
Bien sûr que Joe Biden n’est pas un dictateur. Ce n’est pas parce qu’il essaie de mettre son rival en prison pour le reste de sa vie pour un crime qu’il a commis qu’il a des tendances totalitaires. Ne nous voilons pas la face ! C’est absurde ! Il faut bien plus que mettre son adversaire politique en prison pour mériter le titre de “dictateur en herbe“. C’est l’avis unanime à Washington ce soir. Et cette fois, l’opinion pourrait bien être correcte. Il n’est pas facile d’être un “dictateur en herbe“. C’est tout un processus, avec de nombreuses étapes.
D’abord, il y a l’argent. Tous les dictateurs ont en commun de s’enrichir, d’enrichir leur famille et leur tribu, alors même que les pays qu’ils gouvernent deviennent de plus en plus pauvres et désespérés. Ils s’enrichissent en recevant des pots-de-vin de la part d’hommes d’affaires et d’autres dictateurs. Ils utilisent les fonctions officielles du gouvernement pour siphonner de l’argent à leur profit. Ils ne prennent même pas la peine de le cacher. (04:17) Ils vivent dans de somptueuses demeures

avec d’immenses pelouses, loin des villes surpeuplées, alors même que leurs concitoyens luttent contre une pauvreté toujours plus grande. Parfois, ils vivent dans des tentes dans les rues. Ils ne se gênent donc pas – c’est tellement flagrant. Les gens ordinaires sont irrités. Et les “dictateurs en herbe” savent qu’ils sont irrités. Mais ils s’en moquent.
Dans une dictature, la population ne peut rien faire. Dans un tel système, il n’est plus possible de lutter contre l’injustice. Les gens ne peuvent pas se rassembler en masse pour protester contre le régime d’un dictateur. S’ils essaient, ils sont arrêtés par les services de sécurité de l’État des années après l’événement. Au petit-déjeuner, vous recevez la visite d’hommes armés jusqu’aux dents. Voilà ce qui se passe. Et si les citoyens persistent à penser qu’ils peuvent se réunir en groupes pour protester, ils peuvent être abattus d’une balle dans l’aine. Ensuite, pour que l’humiliation soit complète, pour que la leçon soit la plus claire possible pour tout le monde, leurs proches peuvent être arrêtés pour avoir osé se plaindre que leurs enfants ont été tués. Cela arrive parfois. Demandez à la mère d’Ashley Babbitt. La voici menottée (05:26).

Si vous ne voulez pas finir comme la mère d’Ashley Babbitt, ne le faites pas ! Ashley Babbitt est morte ! C’est le message qu’enverrait le “dictateur en herbe“.
D’ailleurs, dans une dictature, il n’y a pas que les manifestations publiques qui sont interdites. On n’a pas non plus le droit de se plaindre à la maison. Les opinions non autorisées exprimées sur Internet sont censurées. Si vous allez trop loin, si vous poussez trop loin, si vous dites trop de vérités, ils supprimeront vos opinions. Ils n’ont pas le choix. Comme on dit, c’est une question de confiance et de sécurité. Vous devez faire confiance au chef, sinon vous mettez en péril sa sécurité. Non pas que vous puissiez vraiment compromettre sa sécurité. Le Leader possède des armes nucléaires, et si vous l’oubliez, il vous le rappellera de temps en temps. Quoi qu’il en soit, vous êtes sur le point d’être désarmé. Comme tous ceux qui font preuve d’une loyauté douteuse envers le Chef. Ceux qui soutiennent le régime peuvent conserver leurs armes et les utiliser librement. Y compris dans les transports publics. Dans leur cas, il s’agit d’un droit fondamental. Mais pour ceux qui ne sont pas d’accord, la légitime défense est un privilège inadmissible. “Rendez vos armes, Monsieur ou Madame Opposition pacifique, vous êtes un danger pour la société. Nous savons que vous êtes un danger“.
Et en effet, le “dictateur en devenir” sait tout. La technologie l’a rendu omniscient. Un article paru cette semaine dans le magazine Wired révèle que l’administration Biden, très peu dictatoriale, est occupée à mettre sur écoute les téléphones de millions d’Américains à leur insu et sans prendre la peine d’obtenir un mandat. Dans le même temps, l’administration non dictatoriale stocke une énorme quantité d’informations compromettantes sur ces millions d’Américains, prêtes à être utilisées à tout moment. Nous sommes convaincus de la noblesse de nos objectifs. L’administration sait donc tout : où vous passez votre temps, à qui vous parlez, ce que vous pensez, vos habitudes pornographiques… Ce n’est pas grave. Le gouvernement sait déjà ce que vous achetez, puisqu’il s’appuie sur les grandes banques pour divulguer les données confidentielles de vos cartes de crédit. Non pas parce qu’il s’agit d’un “dictateur en puissance” – soyons clairs ! Mais simplement parce qu’il est bon d’avoir ces informations, au cas où… Comme le dit le service des relations publiques de Fox News, au cas où une situation se présenterait et devrait être “résolue“. C’est tout à fait normal, ce n’est en aucun cas de la dictature !
Mais surtout, la raison pour laquelle nous savons que Joe Biden n’est pas un “dictateur en devenir“, c’est qu’il ne correspond tout simplement pas à ce profil. En tant qu’homme. Les dictateurs ont ce regard caractéristique : on sait qu’ils sont des dictateurs quand on les voit. Les dictateurs construisent un culte de la personnalité autour d’eux. Et ils se servent de leur entourage pour nier l’évidence. Au cours des dernières années de sa vie, pour ne citer qu’un exemple (08:15), le dictateur nord-coréen Kim Ir Sen a développé une énorme tumeur de la taille d’une balle de baseball à l’arrière de son cou. C’était énorme, c’était grotesque, c’était juste là, on ne pouvait pas la rater.

Mais les médias nord-coréens ont fait semblant de ne pas la voir. Qu’elle n’existait pas. Et, d’une certaine manière, c’était vraiment le cas : si vous avez une énorme tumeur à l’arrière de la tête et que personne ne la remarque, c’est comme si elle n’existait pas.
Heureusement, rien de tel ne se produit dans notre pays. Et cela n’arrivera pas. Si Joe Biden avait un problème grave, physique ou médical, il est évident que la presse en parlerait. Nous ne sommes pas en Corée du Nord. Nous n’avons pas de presse d’État ici. Si Joe Biden était – disons – incapable de terminer une phrase, confondait sa sœur avec sa femme ou tombait soudainement en public, le New York Times en parlerait certainement, puis enquêterait pour en déterminer la cause. Ce serait leur devoir dans un pays libre comme le nôtre. Il est hors de question qu’ils étouffent l’affaire. Le mot même de “dissimuler” ressemble à une théorie du complot, dangereuse de surcroît, alors arrêtez s’il vous plaît !
Et si Joe Biden est vraiment un “dictateur en devenir“, alors il aura lui aussi une famille de “dictateur“. Saddam Hussein avait Uday et Kusay (09:26) :

c’étaient des princes dont la vie était au-dessus de la loi. Ils se sont livrés à leurs fantasmes les plus fous avec la certitude absolue qu’ils n’auraient jamais à rendre de comptes. Fils de dictateurs, ils savaient qu’ils pouvaient faire tout ce qu’ils voulaient. Il n’y a personne comme ça autour de Joe Biden (09:45).

Il n’y a pas d’étranges scandales sexuels au sein de sa famille dont personne ne parle dans la presse. Joe Biden n’a pas de parent, comme un frère ancien propriétaire de boîte de nuit, qui a vécu à ses crochets pendant 30 ans. Joe Biden ne donne pas à ses proches des titres ridicules et grandiloquents pour ensuite demander à la presse de les prendre au sérieux. Il n’appelle pas ses proches sans formation médicale “Docteur” et ne vous oblige pas à hocher la tête en signe d’approbation comme si c’était vrai – comme Nicolas Ceausescu l’a fait avec sa femme, Elena. Joe Biden ne ferait jamais cela.
Joe Biden ne s’habille même pas comme un dictateur. Il ne pose pas avec des lunettes de soleil à miroir au volant d’une voiture de sport pour nous convaincre qu’il n’est pas malade et sénile, mais fort, viril et sage. (10:20).

Non, ce n’est tout simplement pas son style. Si Joe Biden était un dictateur, il porterait des épaulettes et une cravate à pompon. Il n’est donc pas un dictateur, alors arrêtez ! S’il était un dictateur, ses discours ressembleraient aux rassemblements de Nuremberg : sur un fond rouge sanglant, avec des soldats armés à ses côtés, hurlant comment écraser ses éternels ennemis. Franchement, Biden s’en est approché une fois, en septembre dernier, lors d’un discours à Philadelphie. (10:50)

Mais il n’était en aucun cas un dictateur. C’était nécessaire. Comme MSNBC nous l’a assuré à l’époque, “Biden voulait démontrer sa confiance dans l’appareil militaire, dans sa capacité à faire respecter l’ordre démocratique“. Vous voyez ? Il s’agissait de démocratie, pas de dictature ! Pas de quoi s’inquiéter : ce n’est pas un dictateur !
Un dictateur rassemblerait des munitions pour ses bureaucrates, y compris l’IRS [NDLR Internal Review Service, agence fédérale qui fait respecter les lois fiscales]. Il redéfinirait le code pénal pour faire de la déloyauté envers le régime le pire des crimes possibles. Il voudrait contrôler la vie de ses citoyens jusque dans ses aspects les plus intimes. Il déterminerait leur attitude à l’égard du sexe et de la religion. Et comment élever leurs enfants. Au plus fort de sa dictature, il revendiquera même la propriété des enfants. Joe Biden ne ferait jamais cela. Pour prouver qu’il ne ferait jamais une telle chose, Joe Biden a publié cette vidéo l’autre jour (11:46) :
“Ce sont nos enfants, ce sont nos voisins. Ce ne sont pas les enfants des autres. Ce sont tous nos enfants. Ils sont l’espoir sur lequel reposent nos ambitions nationales. La façon dont nous traitons tout le monde dans ce pays est très importante. Chers Américains LGBTQ, en particulier les enfants : vous êtes aimés, vous êtes entendus, et mon administration vous soutient”.

Vous voyez ? Joe Biden ne dit pas que les enfants lui appartiennent, comme le ferait un dictateur ! Il dit quelque chose de tout à fait différent. Il dit : les enfants des Américains sont “NOS enfants“. Pas les siens ! “NOS“. Vous partagez vos enfants avec Joe Biden, à parts égales, un week-end sur deux. Vous avez la garde partagée avec Joe Biden et vous pouvez remercier le ciel pour cela. Une nation est comme une famille. Chaque famille a un chef, comme un père. Voici Joe Biden, le papa de la nation. Et voici, Mesdames et Messieurs, son pays. Arrêtez d’appeler ça une dictature ! Sinon, nous serons obligés de faire une déclaration de désapprobation ! »
Fin de la vidéo.
Nous ajouterons pour terminer ce rassurant extrait : M.Biden a terminé, ce 16 juin 2023, un discours officiel en disant : « God save the Queen ».

Immigration : les dangers du pacte de Marrakech sur les migrations
L’association des Maires pour le Bien Commun publie une synthèse sur le pacte de Marrakech, dont la signature est la meilleure preuve de la complicité du gouvernement dans l’immigration subie par notre pays. L’association propose de signer le manifeste des municipalités contre l’imposition d’étrangers dans les communes.
Le Pacte mondial sur les migrations, ou pacte de Marrakech, signé par la France en 2018, exprime une position officielle de la France sur l’immigration.
Ce pacte présente de bonnes intentions, comme l’encouragement des immigrants à rester dans leur pays d’origine, la lutte contre les passeurs, l’action pour l’intégration et la cohésion sociale.
Mais il faut constater que ces bonnes intentions restent lettre morte en France : les ONG favorisant le trafic des passeurs sont au contraire encouragées et subventionnées par des organismes publics, notre cohésion sociale s’effondre[1].
En outre ces bonnes intentions sont insuffisantes pour masquer le biais idéologique du pacte. Cette analyse en récapitule les trois dangers principaux :
- du point de vue légal, le pacte efface les privilèges et la protection garantis à la citoyenneté nationale dans chaque pays.
- du point de vue de la civilisation, il présente une analyse tronquée, fortement biaisée en faveur de l’immigration massive.
- du point de vue politique, il accélère la confiscation des souverainetés nationales au profit d’une institution mondiale, l’ONU.
- Le pacte dissout les lois protégeant la nationalité
A. Il efface la différence de traitement entre immigrants réguliers et irréguliers
Mises à part quelques nuances, comme l’étendue des prestations sociales, le texte n’établit pas de différence entre réguliers et irréguliers. Il reconnaît « l’obligation […] de protéger les droits de l’homme de tous les migrants, quel que soit leur statut migratoire » (n°11 ; n°15 f) ; n°27).
Le pacte demande que les « sans-papiers » bénéficient des « services de base » : « de sorte que les migrants qui ne disposent pas d’une preuve de nationalité ou d’une identité légale ne soient pas privés d’accès aux services de base ni de la jouissance des droits de l’homme » (objectif 4, n°18, f).
Le pacte réclame l’accès aux aides sociales des pays d’accueil, y compris pour les irréguliers : « Objectif 15 : Nous nous engageons à faire en sorte que tous les migrants, quel que soit leur statut migratoire, puissent exercer leurs droits de l’homme en leur assurant un accès sûr aux services de base[2]. »
Objectif 15, b) : « Veiller à ce que la coopération […] n’ait pas pour effet de placer les migrants irréguliers dans une situation de plus grande vulnérabilité en les privant d’un accès sûr aux services de base ».
B. Il privilégie la défense systématique des irréguliers au détriment des sanctions
Selon le pacte, la sanction peut être « inappropriée », la rétention n’est qu’un « dernier recours » et doit être « la plus courte possible » :
« Déterminer si la prise de sanctions est appropriée en cas d’entrée ou de séjour irrégulier […] et, dans l’affirmative, veiller à ce que celles-ci soient proportionnées, équitables, non discriminatoires » (objectif 11, n°27, f).
« Objectif 13 : Ne recourir au placement en rétention administrative des migrants qu’en dernier ressort et chercher des solutions de rechange. »
Le pacte estime qu’une sanction contre les irréguliers peut être « arbitraire » :
« 29. Nous nous engageons à ce que le placement en rétention administrative […] ne soit pas arbitraire, soit fondé sur le droit, dans le respect des principes de nécessité et de proportionnalité, et sur les conclusions d’évaluations individuelles, […] pour la période la plus courte possible […]. Nous nous engageons […] à donner la priorité aux solutions non privatives de liberté […], en ne recourant à [la rétention]qu’en dernier recours. »
Qualifier la rétention d’arbitraire nous semble un retournement du droit : ce qui est arbitraire c’est la pénétration illégale dans les frontières nationales, et non pas la rétention ! Cette inversion du droit était bien résumée et défendue par Georges Soros dès 2015 : « Notre plan traite la protection des réfugiés comme le but, et les frontières nationales comme l’obstacle »[3].
Le pacte demande « l’interdiction des expulsions collectives », et réclame « des évaluations individuelles » (objectif 8, n°24, a). Ceci rend en pratique impossible le refoulement immédiat d’une masse d’immigrants clandestins une fois qu’ils ont touché le sol national, vu la charge de l’étude de chaque cas individuel lors des arrivées massives.
C.Le pacte demande l’extension des services du pays d’accueil au profit des clandestins
Il réclame des gouvernements la mise en place d’une série de services d’accueil spécifiques pour les clandestins[4] :
- Conseils juridiques gratuits: « en facilitant leur accès, gratuit ou pour une somme modique, à des conseils juridiques et à l’assistance d’un avocat qualifié et indépendant, ainsi que le droit à l’information et à un réexamen régulier d’une ordonnance de mise en rétention » (Objectif 13 d).
- Interprètes : « que tous les migrants […] soient informés des motifs de leur rétention, dans une langue qu’ils comprennent,[…] faciliter l’exercice de leurs droits, notamment celui de communiquer sans délai avec leur mission consulaire ou diplomatique, un représentant légal et leur famille » (Obj. 13 e).
- Rétention accompagnée de tous les « services de base» : nourriture, santé, assistance juridique, moyens de communication, logement : « Réduire les conséquences négatives […] d’un placement en rétention administrative […], en veillant à ce que la rétention dure le moins longtemps possible,[…] qu’ils aient accès à des soins de santé de base, à des services d’orientation et d’assistance juridiques, à l’information et aux moyens de communication » (Objectif 13 f).
- Formation et contrôle des personnels des centres d’accueil : « que tous les fonctionnaires […] aient suivi des formations sur la non-discrimination et la prévention des arrestations et rétentions arbitraires, […] qu’ils répondent de toute violation des droits de l’homme » (Objectif 13 g).
- Extension des services de santé nationaux : « Tenir compte des besoins de santé des migrants dans les politiques et plans de santé nationaux et locaux, en renforçant […] les capacités […] de prestation de services, […] abordables et non discriminatoires, en réduisant les obstacles liés à la langue et en formant […] les prestataires de soins de santé pour qu’ils fassent cas des spécificités culturelles dans le cadre de leur pratique[5]» (Objectif 15, e).
- Extension des services d’éducation nationaux : « Assurer l’accès des migrants jeunes et en bas âge à une éducation, […] en renforçant les capacités des systèmes éducatifs et en assurant un accès non discriminatoire […] à l’éducation […], à la formation linguistique » (Objectif 13f).
Qui paie tous ces services gratuits à des populations illégalement entrées en France, sinon le contribuable français ? Ces cadeaux aux immigrants irréguliers font penser au propriétaire d’une maison squattée qui, voyant la pauvreté des squatteurs, s’engagerait à leur offrir à ses frais nourriture, services de santé, soutien juridique, interprètes, éducation…
Ce que le propriétaire donne aux squatteurs, il le prend sur ses biens et sur l’héritage de ses enfants. Propriétaire privé, il est libre de ses dons. Mais le gouvernement français n’est pas propriétaire des biens publics, il n’en est que le gérant pour le bien commun. Il n’est donc pas libre de retirer ces biens aux Français qui les ont gagnés, pour les offrir sans limite aux étrangers qui ne les ont pas gagnés. Une telle générosité est injuste : elle donne à ceux qui n’ont pas contribué (ce qui est normal, c’est le propre de la charité), mais elle prend à ceux qui ont contribué sans avoir sollicité ni obtenu leur accord. En dernière analyse, elle « nationalise la charité », transformant la bienfaisance privée et libre, en une charité collectivisée donc devenue obligatoire[6].
En outre, cet accueil est offert aux candidats du monde entier puisque le flux d’entrée est incontrôlé. L’Occident devra-t-il accueillir les milliards de personnes défavorisées sur la planète ? Le pourrait-il, même s’il le voulait ? Où est la limite de cette fuite en avant ?
2 . Le pacte révèle un parti-pris systématique en faveur de l’immigration
A. Le pacte passe sous silence la double nocivité de l’immigration massive
- Pour les pays d’origine, l’émigration ne résout pas les problèmes structurels
Le texte prête à penser que les flux migratoires seraient à double sens : « nous sommes tous des pays d’origine, de transit et de destination » (objectif 23, n°39). Il oublie que, dans leur immense majorité, les migrations vont vers l’Occident, qui en supporte les surcoûts. Le déficit économique énorme, qui n’est jamais mentionné (40 milliards d’euros annuels pour la France[7]), conduira inévitablement à la ruine de l’Occident sans que le gouffre de la misère des pays d’origine soit comblé. L’immigration massive, sans limite, est une impasse économique. Cette analyse capitale est absente du texte.
Le texte entretient d’ailleurs l’illusion que l’ONU peut résoudre les problèmes des pays d’origine, tout en mentionnant les causes structurelles dans l’objectif 23 b) : « en raison de la pauvreté, du chômage, des changements climatiques et des catastrophes, des inégalités, de la corruption et de la mauvaise gouvernance, entre autres facteurs structurels ».
Or l’expérience montre que l’ONU ne peut pas résoudre ces problèmes, lesquels ne font que croître avec le temps[8]. « Les migrations sûres, ordonnées et régulières » ne résolvent pas les problèmes des pays d’origine, mais détruisent progressivement l’économie, la civilisation, la paix sociale des pays d’accueil [9].
2. Pour les pays d’accueil, l’immigration massive détruit leur civilisation par l’hétérogénéité des civilisations importées et la quantité des immigrants.
Contre le bon sens des civilisations passées, le pacte n’émet pas de doute sur la nocivité d’une immigration hétérogène et massive. Il ne pose aucune limite numérique à l’obligation d’accueil. Il ne mentionne pas les problèmes d’insécurité, d’ensauvagement, de pratiques barbares que l’immigration hétérogène importe avec elle ou aggrave : terrorisme, mariage forcé, polygamie, excision[10], menace de mort contre les convertis quittant l’islam, exclusion des autochtones de certains quartiers, constitution de ghettos communautaristes.
Le pacte ne mentionne pas que l’intégration requiert la volonté d’intégration des immigrés : les moyens matériels sont gaspillés si la communauté immigrante, notamment la communauté islamique, ne veut pas s’intégrer à la civilisation occidentale[11].
B. Le texte caricature l’opposition à l’immigration illimitée
Le texte condamne implicitement toute opposition à l’immigration, par accusations répétées : racisme (7 fois), xénophobie (7), intolérance (6), discrimination (30), haine (2), stigmatisation (1).
Cette condamnation a deux caractéristiques frappantes :
- Elle frappe un absent : aucune citation des opinions condamnées n’est donnée. En justice, comment condamner un absent qui n’est jamais cité, dont les fautes ne sont pas caractérisées, exposées ?
- Elle est gratuite, irrationnelle : aucune réfutation des opinions incriminées n’est donnée, aucun argument rationnel n’appuie cette condamnation. Où sont les attendus du jugement ?[12]
Où sont le « respect, la tolérance, l’ouverture, l’inclusion » prônées dans le texte ? Cette caricature de condamnation ressemble à une technique subversive classique : elle consiste à inventer un ennemi commun pour unir tous les pays dans une lutte du « camp du bien » contre celui du « mal »[13]. En général, le « camp du bien » ainsi artificiellement réuni sert des intérêts autres que les motivations officielles. Il faudra se demander lesquels, c’est l’objet d’une autre étude[14].
C. Le pacte conclut qu’il faut augmenter encore l’immigration
« Nous nous engageons à ménager des options et des filières de migration régulière pour faciliter la mobilité de la main-d’œuvre et le travail décent compte tenu des réalités de la démographie et du marché du travail, optimiser l’accès à l’éducation, défendre le droit à la vie de famille et répondre aux besoins des migrants qui se trouvent en situation de vulnérabilité, l’objectif étant de développer et de diversifier les filières de migration sûre, ordonnée et régulière »(Objectif 5, n°21).
Face au prétexte invoqué de la démographie déprimée de l’Occident, l’ONU n’encourage pas la natalité des pays occidentaux, solution pourtant la plus naturelle. Elle promeut l’immigration, envisagée surtout du point de vue matérialiste du « marché » :
« Faciliter la mobilité […] de la main-d’œuvre au moyen d’accords […] de libre circulation, de libéralisation des régimes de visas […], en fonction des priorités nationales, des besoins des marchés locaux et de l’offre de compétences » (n°21, b et c).
Le pacte recommande en outre de faciliter le regroupement familial :
« Faciliter l’accès aux procédures de regroupement familial des migrants, quel que soit leur niveau de compétences » (n°21, i).
3. Le pacte est une étape supplémentaire vers la confiscation de notre souveraineté nationale
Certes le pacte déclare respecter la souveraineté des États : il annonce établir
« un cadre de coopération juridiquement non contraignant […]. Il […] respecte la souveraineté des États » (n°7 et n°15 c).
Pourtant les dispositions majeures du texte prétendent régenter notre vie politique nationale.
A. Le pacte entend contrôler notre débat public national
- Il prône le contrôle du débat public jusqu’à la censure des opposants à l’immigration
« Objectif 17 : Éliminer toutes les formes de discrimination et encourager un débat public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues.
Nous nous engageons à éliminer toutes les formes de discrimination et à condamner et combattre les expressions, les manifestations et les actes de racisme, de discrimination raciale, de violence et de xénophobie visant tous les migrants et l’intolérance qui y est associée. […]
Adopter, appliquer et maintenir en vigueur des textes de loi qui répriment les infractions inspirées par la haine visant les migrants […]
Favoriser les campagnes de sensibilisation […], le but étant d’amener le public à considérer les effets positifs qu’ont des migrations sûres, ordonnées et régulières […], et de mettre un terme au racisme, à la xénophobie et à la stigmatisation à l’égard de tous les migrants […].
Promouvoir une information indépendante, objective […], y compris sur Internet, […] en sensibilisant les professionnels des médias aux questions de migration et à la terminologie afférente, en instituant des normes déontologiques pour le journalisme et la publicité et en cessant d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse » (obj 17, c).
Ce « respect de la liberté de la presse » ne manque pas de sel, vu l’autoritarisme des préconisations.
2. Il prétend surveiller les campagnes électorales nationales
« Appuyer les activités menées à l’échelon local pour promouvoir le respect mutuel, notamment lors des campagnes électorales » (obj 17, g). Faudra-t-il censurer le contenu des programmes politiques et les débats nationaux ?
3. Il encourage la délation, puis la punition des réfractaires
« Permettre […] de dénoncer tout acte d’incitation à la violence contre les migrants […] et amener quiconque participant à la commission d’une infraction inspirée par la haine contre des migrants à répondre de ses actes » (objectif 17, b).
La délation institutionnalisée est propre aux régimes totalitaires, pour instaurer la peur dans la population surveillée.
B. Le pacte prétend contrôler et sanctionner les autorités politiques nationales
« Ménager aux migrants, […] des voies de recours […], le but étant d’asseoir le principe de responsabilité et d’amener les autorités à répondre des faits et actes de discrimination commis contre les migrants et leurs familles » (obj 17, e).
« Nous doter de mécanismes permettant de prévenir, de constater et d’éliminer les pratiques de profilage racial, ethnique et religieux des migrants de la part des autorités » (obj 17, d).
Les États eux-mêmes sont mis sous surveillance par des institutions « indépendantes » :
« Créer ou mandater des institutions indépendantes […], afin qu’elles […] suivent les plaintes concernant les situations dans lesquelles l’accès des migrants aux services de base est systématiquement refusé […], faciliter l’obtention de réparations et veiller à faire évoluer les pratiques » (obj 15 d).
Le vocabulaire autoritaire contraste avec l’intention officielle d’un texte « juridiquement non contraignant » :
« mécanismes permettant de prévenir, de constater et d’éliminer », « éliminer toutes les formes de discrimination », « condamner et combattre », « réprimer », « mettre un terme au racisme ». « Amener les autorités à répondre des faits et actes de discrimination »[15].
Angela Merkel, alors chancelière allemande, confirmait franchement cette intention autoritaire et supranationale: « le Pacte est valable pour tous les pays du monde, même pour les pays qui rejettent le pacte. Le facteur décisif étant de savoir si l’ONU vote pour ou contre »[16]. Cette opinion fait de l’ONU une sorte de parlement mondial qui obligerait même les pays opposés aux décisions majoritaires. Cette idéologie mondialiste veut établir les institutions d’un gouvernement mondial au détriment des souverainetés nationales[17].
En Belgique, la signature du pacte a provoqué une crise politique menant à la démission du Premier Ministre Charles Michel. Un haut fonctionnaire belge a publié une analyse lucide de l’idéologie qui sous-tend le pacte[18] :
« Ce qui suscite l’hostilité, c’est l’argument idéologique qui sous-tend le Pacte […]. Le Pacte prône un discours univoque sur l’immigration, “présentée comme un phénomène inéluctable et automatiquement bénéfique pour tous les pays du monde entier” (LLB 5/12/2018). Le Pacte déclare en effet dans son préambule : “Les migrations ont toujours fait partie de l’expérience humaine depuis les débuts de l’Histoire, et nous reconnaissons qu’à l’heure de la mondialisation, elles sont facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable.” En septembre dernier, sur Twitter, l’Agence des Nations Unies pour la migration reprenait le même argument, résumé en une triade de choc : “La migration est inévitable, la migration est nécessaire, la migration est désirable.”
Ce discours aux allures orwelliennes (la migration serait à la fois inévitable et bénéfique) est martelé aux peuples européens avec insistance par la quasi-totalité des élites, institutions européennes et internationales (Commission européenne, Nations Unies, FMI…), intellectuels et économistes, anciens hommes d’État, médias, universités, écoles […].
Pourquoi, malgré l’infernale pression, la diabolisation, les mises en garde, les éditoriaux sagaces et donneurs de leçons, les Européens continuent-ils, toujours plus nombreux, à rejeter le modèle de société “multiculturelle et ouverte” qu’on leur présente comme rigoureusement inévitable et absolument mirifique, le seul et unique possible aboutissement paradisiaque de toute l’Humanité ?
Parce qu’ils savent d’instinct que ce discours contient, en filigrane implicite, leur propre disparition.
En effet […] les partisans d’une Europe “ouverte” tiennent pour acquis que les Européens ne font plus d’enfants et n’en feront plus jamais : dans la vision libérale, l’immigration n’est désirable que parce qu’elle permet de remplacer une population vieillissante. […] L’Occident ayant organisé sa propre dénatalité, à coups de démantèlement de la solidarité et de la famille, d’individualisme à tout crin et de contrôle des naissances, il se cherche logiquement des peuples de substitution pour maintenir la croissance et la consommation, seules valeurs dignes d’intérêt aux yeux d’un système libéral. […]
L’immigration de masse extra-européenne “nécessaire, inévitable et désirable”, porteuse de “prospérité et d’innovation”, n’a donc de sens que dans le contexte de la dissolution des peuples européens. Dissolution graduelle, progressive, indolore et incolore, dans le vieillissement général et l’absence de destin, ultime étape dans un processus de désintégration culturelle et sociale. […]
L’opposition […] n’est pas tant dirigée contre le Pacte lui-même que contre ce qu’il représente : une déclaration de plus en faveur d’un monde globalisé, ouvert aux flux migratoires, dans lequel aucun destin n’est proposé aux Européens, si ce n’est celui de la maison de retraite. »
Le 19 décembre 2018 à l’ONU, 152 pays votent le pacte, contre 12 abstentions et 5 refus : États-Unis, Hongrie, République tchèque, Pologne, Israël.
En conclusion, un citoyen français est conduit à se poser trois questions :
- Pourquoi les gouvernements français encouragent-ils l’immigration massive, suicide économique et démographique de notre civilisation ?
- Si notre souveraineté, dans une matière aussi grave que la politique d’immigration, est ainsi abandonnée, ne s’agit-il pas d’une trahison de la France par ses autorités politiques ?
- Cette présentation à sens unique des bienfaits de l’immigration, sans mention des méfaits de l’immigration massive, sans condition préalable envers des pays pratiquant officiellement les discriminations condamnées, est une manipulation des Etats et des opinions publiques. Quelle est l’intention de l’ONU et des gouvernements qui en sont complices ?
Ces questions sont approfondies dans une autre étude de MBC, la politique française de l’immigration.
[1]– Voir l’étude de MBC : La politique française de l’immigration.
[2] Le contenu des « services de base » est flou : les obligations incombant aux pays d’accueil sont, à la lecture du pacte, bien supérieures à ce que nous nommons prestations sociales.
[3] – Selon Bloomberg, 30/10/2015, https://fr.sott.net/article/27880-George-Soros-utilise-lesrefugies-comme-une-arme-pour-diviser-l-Europe, www.spectator.co.uk/article/-europeanvalues-won-t-last-long-without-national-borders, www.projectsyndicate.org/commentary/rebuilding-refugee-asylum-system-by-george-soros-2015-09
[4] – Cette adaptation n’est pas nécessaire pour les immigrants réguliers puisque le nombre de ceux-ci est contrôlé pour ne pas déborder les capacités d’accueil.
[5] – Quelles sont ces spécificités culturelles : faudra-t-il fournir des médecins femmes pour les femmes, des hommes pour les hommes, et satisfaire aux exigences propres à l’islam, par exemple ?
[6] – C’est une des nombreuses dérives collectivistes de nos gouvernements.
[7] – Voir l’étude de MBC : L’accueil de l’étranger : un devoir d’humanité ?
[8] – Depuis des décennies l’ONU essaie de résoudre le retard des pays pauvres : leur situation n’a fait qu’empirer. En effet la solution est politique : des « institutions efficaces, transparentes et tenues de rendre des comptes » (n°18, b). Elle est donc du ressort exclusif de chaque pays souverain.
[9] – Voir l’étude de MBC : L’accueil de l’étranger : un devoir d’humanité ?
[10] – Le Pacte prétend pourtant défendre le droit des femmes : « Il […] promeut l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles, en insistant sur leur indépendance, leur capacité d’action et leur esprit d’initiative » (n°15, g).
[11] – Voir l’étude de MBC : L’accueil de l’étranger : un devoir d’humanité ?
[12] – Les attendus sont ainsi définis : « Selon l’article 455 du Code de procédure civile, le juge doit, dans les jugements des tribunaux […], exposer tout d’abord les prétentions des parties et leurs « moyens », c’est-à-dire les raisons, de fait ou de droit, invoquées par ces parties à l’appui de leurs prétentions. Cette partie du jugement est appelée « motivation », « motifs » ou « attendus ». Ce n’est qu’ensuite que le juge indique quelle est sa décision. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Motivation_des_d%C3%A9cisions_de_justice#:~:text=Cette%20partie%20du%20jugement%20est,indique%20quelle%20est%20sa%20d%C3%A9cision.
[13] – Cette technique a été utilisée avec succès par les États-Unis pour déclencher la guerre d’Irak en 2003 : les « armes de destruction massive » ayant justifié la guerre ont disparu sans laisser de trace.
[14] – Voir l’étude de MBC : La politique française de l’immigration
[15] – Objectif 17, e).
[16] – www.mmnews.de/politik/105283-merkel-migrationspakt-gilt-fuer-alle-auch-fuer-ablehner
[17] – J. Attali plaide pour le gouvernement mondial, décrit en détails toutes ses institutions et l’annonce comme inéluctable dans Demain qui gouvernera le monde ?, Fayard, oct. 2011.
[18]– Il écrit sous couvert d’un pseudonyme : www.lalibre.be/debats/opinions/2018/12/14/au-dela-du-pacte-migratoire-XHV534TMOVA35CXGS65ZDS7YJA/
Prêtres : Remettre l’église au centre du village ?
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :
- Anne Bernet, spécialiste de l’histoire de l’Église
- Abbe Dedieu, curé dans le diocèse de Nanterre
- Abbé Benoît de Roeck, curé de la cathédrale de Perpignan
Les présidents de LR et du RN condamnent l’agression violente contre les lecteurs d’Eric Zemmour [Add. Réaction de David Lisnard]
Le fait est suffisamment rare pour être souligné.
Face à l’agression unilatérale des milices d’extrême gauche contre les lecteurs d’Eric Zemmour venus pacifiquement se faire dédicacer son livre, Eric Ciotti, président de LR, et Jordan Bardella, président du RN, ont montré leur solidarité d’hommes de droite en condamnant ces faits de violence très graves et d’autant plus inacceptables que les victimes étaient plutôt des jeunes adolescents et des personnes d’âge mûr.
Intolérable !
Les personnes présentes à la dédicace d’Éric Zemmour à #Brest se sont fait attaquer par des nervis d’extrême gauche.
Cette intolérance démontre le caractère totalitaire de ces groupuscules.
S’attaquer à des personnes âgées et à des adolescents… quelle lâcheté ! pic.twitter.com/TE2mJXMI9P
— Eric Ciotti (@ECiotti) June 17, 2023
L'attaque par l’ultra-gauche d'une réunion d'Eric Zemmour à Brest devrait soulever l'indignation de tous.
Qu'ils aient pu approcher le lieu déjà cible de menaces en dit long sur la mansuétude dont bénéficient ces milices, ennemies de la démocratie et de la liberté d'expression.
— Jordan Bardella (@J_Bardella) June 17, 2023
Le président des jeunes LR a également montré sa solidarité :
L’attaque par l’extrême gauche d’une réunion d’Eric Zemmour est révélatrice de l’ultra-violence qui progresse en France et de l’impuissance de l’Etat pour faire régner l’ordre.
Des milices peuvent agir en totale impunité et on devrait se taire ?
— Guilhem Carayon 🇫🇷 (@GuilhemCarayon) June 18, 2023
La condamnation d’Eric Zemmour :
Une attaque est en cours et c’est un triple scandale :
1- des milices d’extrême gauche, soutenues par LFI, attaquent cet après-midi ma dédicace à Brest. Ils s’en prennent à des adolescents et à des personnes âgées sans défense, les tabassant jusqu’au sang. Le reste des… pic.twitter.com/83qpPu6jKH
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) June 17, 2023
Addendum : réaction de David Lisnard (LR), président des maires de France
Ces faits sont inadmissibles et devraient être condamnés par tous les démocrates. Ils soulignent la crise de notre démocratie et que l’état de droit est précieux et à préserver. Cette violence est un délitement civique, comme de juger autrui pour ce qu’il est et non ce qu’il fait
— David Lisnard (@davidlisnard) June 18, 2023
Terres de Mission : Jean Madiran, défenseur du bien commun
Terres de Mission reçoit Philippe Maxence, directeur de L’Homme nouveau, qui vient de rééditer trois opuscules de Jean Madiran sous le titre global : “Du bien commun”. L’occasion d’évoquer la grande figure de Jean Madiran, philosophe, écrivain et directeur emblématique du quotidien Présent. Et d’évoquer certains points importants de la doctrine sociale de l’Eglise.
Puis, Aymeric Pourbaix, directeur de France catholique, vient parler de cet hebdomadaire fondé par le général de Castelnau et qui s’apprête à fêter ses 100 ans d’existence.
Enfin, Philippe Arnon présente par Skype le roman qu’il vient de publier aux Presses de la Délivrance sur le mystère du mal : “Marie de Coulonges – Sa supplication à Jésus”.
Méditations pour l’été
Prêtre jésuite, Jean-François Thomas fut professeur de philosophie et missionnaire aux Philippines où il se consacra à la sauvegarde des enfants des rues. Il vient de publier chez Via Romana son quatrième tome de Méditations quotidiennes, découpées en 4 saisons (il est possible de commander les 4 saisons en un lot à tarif spécial). A se procurer pour méditer durant l’été, au fil du quotidien. Ce livret très accessible à tous n’a pas la prétention d’égaler les écrits des grands auteurs mystiques ou maîtres spirituels, mais de frayer au fil des jours une voie de conversion intérieure pour tous. À l’école de la direction spirituelle d’éminents représentants de la Compagnie de Jésus, saint Ignace, saint François-Xavier, de l’Écriture sainte et des Pères, des saints et des martyrs, ces méditations pour chaque jour ouvrent l’intelligence au sain discernement, délivrent l’âme des pièges de l’orgueil et du matérialisme, nourrissent l’amour de Dieu et du prochain dans les gestes de la vie ordinaire pour le bien de l’homme, la gloire du Christ, de son Église et le salut de la France et du monde.
Voici un extrait de la méditation du 24 juin, fête de saint Jean-Baptiste :
[…] Comme il ne transigea pas au sujet de la Loi divine, il fut haï par les pécheurs qui refusaient de se repentir, dont Hérode qui, après l’avoir craint, céda à ses attachements charnels et permit, pour plaire à une femme, le meurtre du saint. Ce défenseur de l’ordre naturel, du couple et de la famille, serait de nos jours cloué au pilori sans l’ombre d’une hésitation de la part des puissants. Rien ne change sous le ciel chargé de l’histoire humaine. La figure de ce prophète sans concession ne peut qu’éclairer nos propres combats contre l’iniquité. L’air du désert n’est pas l’air du temps, il ne cesse d’être purifié par le vent de Dieu. […]
Comme le prétexte de cette réforme était pastoral, les héritiers de cette idée de réforme pourraient se prêter à l’exercice du bilan
A la suite de la tribune de l’abbé Louis-Emmanuel Meyer, intitulée « Messe en latin : « La difficulté n’est pas le rite ancien, mais son instrumentalisation » », Cyril Farret d’Astiès, laïc et auteur de Un heureux anniversaire ? Essai sur les cinquante ans du missel de Paul VI (Presses de la Délivrance), propose une réponse sur le site de L’Homme Nouveau :
Cher Monsieur l’abbé,
Décidément, depuis cette édition 2023 du pèlerinage de Chartres, les plumes chauffent et les claviers crépitent. C’est une joie de constater que la question liturgique préoccupe à nouveau les catholiques. Que le pape François et son motu proprio Traditionis custodes en soient remerciés. Ce n’était probablement pas l’objectif poursuivi mais c’en est un résultat indéniable, le seul peut-être. Le Bon Dieu est plein d’humour !
Vous estimez en introduction que cette question est une tempête dans un verre d’eau, et bien poursuivons notre navigation en marins d’eau douce si vous le voulez bien.
Commençons par vous demander quelques éclaircissements sur l’idée que vous formulez dans votre premier paragraphe en affirmant que Summorum pontificum permettait d’user du nouveau lectionnaire en célébrant avec le missel traditionnel — je note que vous utilisez l’expression de « missel de Jean XXIII », reflet d’une incompréhension de ce qui oppose les deux liturgies, l’une attribuable et datée : les experts du Consilium, Paul VI, 1969 ; l’autre héritée et immémoriale : la liturgie traditionnelle qui par une lente et complexe maturation nous relie au Jeudi Saint par un chemin parfois sinueux et raboteux.
Revenons à votre idée de calendrier. Où avez-vous donc pêché que cette chimère était autorisée ? Pas étonnant que vous ayez été peu suivi dans cette interprétation fantasmée de l’enrichissement réciproque. Dans sa lettre aux évêques du 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI d’heureuse mémoire, précisait sa pensée sur ce point : « les deux Formes d’usage du Rite Romain peuvent s’enrichir réciproquement : dans l’ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces. (…) Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. »
Vous semblez meurtri de ne pas avoir été suivi dans votre idée. Réaction révélatrice de l’esprit de réforme qui souffle sur la liturgie depuis trop longtemps : des idées pastorales, personnelles, qu’il faudrait imposer, expérimenter, pour être plus ceci ou moins cela. Nous ne parlons pas de la même chose. Nous disons pour notre part que nous sommes héritiers de la longue prière cultuelle de l’Église, que nous en usons dans la louange que nous adressons à notre Père et que nous nous efforçons de la transmettre à nos enfants comme à nos voisins de palier.
Vous poursuivez votre argumentation en justifiant l’autodafé liturgique par le mauvais comportement de catholiques de tradition que vous auriez croisés. Vous écrivez que la liturgie traditionnelle est le « véhicule de doctrines erronées ». Pouvez-vous préciser à nouveau votre pensée ? Quel article du Credo, quel point du catéchisme remettons-nous en cause publiquement et collectivement, de l’abbaye de Lagrasse à l’Institut du Bon Pasteur, qui justifierait de supprimer la liturgie qui subsiste et perdure par notre modeste intermédiaire ?
Vous mettez à nouveau sur la table la question de la concélébration comme preuve de votre suspicion. Mais pourquoi ne pas répondre en détail au père de Blignières ou à l’abbé de Massia qui ont argumenté posément sur ce point d’achoppement. Il me semble que se confrontent sur ce sujet comme sur bien d’autres une approche plutôt sentimentale, participative et une approche plutôt dogmatique, théologique.
Un peu plus loin vous suggérez notre duplicité, nous « contesterions en creux » la capacité de l’Église de changer ses expressions rituelles. Ah non ! Monsieur l’abbé, pas en creux ! En plein air et au grand jour, oui ! Nous contestons. Non pas la validité mais la légitimité qu’avait le pape de chambouler, transformer, réécrire, modifier, bouleverser, réformer en l’espace de cinq ans l’ensemble de l’édifice rituel latin qui venait de si loin et qui ne lui appartenait pas. Oui, cela nous le contestons absolument !
Et comme le prétexte de ce grand chambardement était pastoral et que le résultat est celui que nous constatons partout, nous aimerions bien que les héritiers de cette brillante idée de réforme se prêtent un peu à l’exercice du bilan. Pour nous, nous en restons notamment au Bref examen critique que Renaissance Catholique réédite fort opportunément ces jours-ci avec une préface du cardinal Burke.
Dans votre dernier paragraphe vous tancez les évêques en leur faisant remarquer qu’il serait bon qu’en chaque diocèse soit célébrée « convenablement » dans le nouvel ordo au moins une messe avec toutes les formes requises. Que veut dire « toutes les formes requises » ? Par nature et construction, dans la lettre et l’esprit, la nouvelle liturgie est évolutive, laissée à interprétation, sujette à choix et adaptations… comment savoir ce qui est requis ? Personne, pas même le Bon Dieu n’a cette réponse.
Demandez à Flavigny, à Saint-Martin, à la communauté de Saint-Jean, au séminaire des Carmes ou à l’Emmanuel, vous aurez autant d’avis personnels. C’était l’idée des réformateurs pour répondre aux « hommes de ce temps » et les pousser à participer. Mais les inventeurs sont morts, et les hommes de ce temps-là aussi sont morts, quant à la nouvelle liturgie…
Puis vous précisez qu’une telle célébration devrait comporter orientation, langue sacrée, grégorien et « pourquoi pas », quelques « parements » ou « apparences » de l’ancienne liturgie. Depuis longtemps l’abbé Barthe propose précisément comme passerelle des points de convergence rituels : orientation vers le Seigneur, reprise progressive de l’usage de la langue liturgique latine, communion sur les lèvres, usage du canon romain, usage de l’offertoire traditionnel. Il y a fort à parier que cette démarche conduira à la redécouverte du reste du patrimoine liturgique traditionnel et facilitera la réforme de la réforme qu’appelait le cardinal Ratzinger.
En conclusion vous appelez à « sauver la doctrine » en « soignant la forme ». Je souscris bien volontiers à votre appel Monsieur l’abbé : la liturgie traditionnelle par sa profondeur théologique et sa poésie est non seulement un rempart fiable pour la doctrine mais un donjon inexpugnable dressé bien droit et planté profond en terre pour chanter la gloire de Dieu et nous approcher du Ciel.
Fête du Sacré-Cœur de Jésus
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Vendredi 16 juin 2023, vendredi après le 2e Dimanche après la Pentecôte et solennité le dimanche qui suit, le 18 juin. Rappelons toutefois que cette solennisation, selon l’édition typique des Livres liturgiques de 1962, n’est pas obligatoire.
Comme celles de la Sainte-Trinité et du Saint-Sacrement que nous avons célébrées les deux précédents dimanches, la fête du Sacré-Cœur n’a pas pour but de commémorer un événement, mais de méditer sur un des grands mystères de notre foi, et cette fois-ci sur l’amour infini de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour tous les hommes. On sait que cette fête a été demandée par Notre Seigneur lui-même à Sainte Marguerite Marie, religieuse visitandine de Paray-le-Monial qui vivait au XVIIe siècle. Elle est donc d’institution encore plus tardive que les deux précédentes, et ce n’est d’ailleurs qu’en 1856, donc au siècle dernier, qu’elle a été étendue à l’Église universelle. Elle a été fixée à la demande de Notre-Seigneur au vendredi qui suit l’octave de la fête du Saint- Sacrement, en souvenir du Vendredi saint, car c’est en mourant sur la croix que le Christ a donné la plus grande preuve de son amour pour nous. On en fait généralement la solennité le dimanche suivant, bien qu’elle ne soit pas obligatoire, et elle prend donc la place du troisième dimanche après la Pentecôte. La fête du Sacré-Cœur a comporté plusieurs messes. Celle qui est célébrée actuellement date de 1929, et a été composée à l’occasion de la publication par le pape Pie XI de l’encyclique Miserentissimus sur la dévotion au Sacré-Cœur, grande dévotion des temps modernes. Il s’agit donc dans les chants de cette messe de grégorien récent ; ils sont à peu près contemporains de ceux de la fête du Christ-Roi. Mais il faut reconnaître qu’ils sont moins bien réussis…
Introït : Cogitationes
Le texte de l’Introït de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est tiré du psaume 32 Exultate justi in Domino, que nous avons déjà trouvé à l’Introït du deuxième dimanche après Pâques, le dimanche du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis ; le rapprochement n’est pas fortuit. Nous avions vu alors que ce psaume est un chant de louange et d’actions de grâce à Dieu pour sa toute puissance et sa bonté, dont il énumère toutes les manifestations dans l’univers. Les deux versets qui ont été ici réunis ne se suivent pas dans le psaume. Ils ont été choisis pour l’application qui peut en être faite au Cœur de Jésus.
Cogitationes Cordis ejus in generatione et generationem, ut eruat a morte animas eorum et alat eos in fame.
Les pensées de son Cœur demeurent d’âge en âge ; ainsi il arrache leurs âmes à la mort et les nourrit pendant la famine.
Les pronoms de la deuxième phrase désignent dans le psaume (le contexte le montre) ceux qui craignent le Seigneur et se soumettent à sa volonté. Ils s’appliquent ici à tous les hommes rachetés par le sang du Christ et nourris par son Eucharistie. La mélodie nous ramène curieusement en plein Carême. L’intonation est exactement celle du Graduel Tribulationes cordis mei du deuxième dimanche de Carême, dont le texte est tiré du psaume 24 comme celui du Graduel de cette messe. Le reste de l’Introït emprunte surtout ses formules à l’Introït Lætare du quatrième dimanche de Carême, dont nous retrouvons ici le caractère joyeux et très affirmatif avec une nuance de douceur à la fin. Bien entendu le verset de cet Introït est le début du psaume 32 :
Exsultate justi in Domino, rectos decet collaudatio.
Justes exultez pour le Seigneur, la louange convient à ceux qui ont le cœur droit
Graduel : Dulcis et rectus
Le texte du Graduel de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est emprunté au psaume 24 qui est un des principaux psaumes de l’Avent et du Carême. C’est la prière du pécheur qui se repent et se confie à la miséricorde divine. Au milieu de sa prière il s’interrompt pour contempler cette bonté infinie du Seigneur qui se manifeste à ceux qui reviennent vers lui :
Dulcis et rectus Dominus ; propter hoc legem dabit delinquentibus in via. Diriget mansuetos in judicio, docebit mites vias suas.
Le Seigneur est doux et juste. C’est pourquoi il donne au pécheur égaré une règle de conduite. Il guide ceux qui sont dociles dans l’accomplissement de sa volonté ; il fait connaître ses voies à ceux qui sont doux.
Ce texte, on le voit, est plein de douceur, cette douceur qui est une qualité du Cœur de Jésus, il va nous le dire lui-même dans l’Alléluia. La mélodie est celle du Graduel Ecce quam bonum du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte, qui chante la douceur de se retrouver ensemble comme des frères dans le temple, avec de grandes courbes gracieuses et très expressives. Elle est très étendue dans la deuxième partie, s’élevant dans l’aigu jusqu’aux extrémités du mode, puis redescendant dans les profondeurs du grave pour une cadence solennelle.
Alléluia : Tollite jugum meum
Le texte de l’Alléluia de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est tiré de l’Évangile selon saint Matthieu. Ce sont les paroles que Notre Seigneur adresse à ses disciples, et à travers eux à tous les hommes, pour les inviter à se soumettre à sa loi :
Tollite jugum meum super vos et discite a me, quia mitis sum et humilis Corde, et invenietis requiem animabus vestris.
Prenez sur vous mon joug et suivez mes enseignements, car je suis doux et humble de Cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes.
Ces paroles célèbres nous rappellent les qualités du Cœur de Jésus que nous fêtons aujourd’hui et que nous devons imiter. La mélodie de cet Alléluia est originale, tout au moins n’a-t-elle pas d’équivalent dans le répertoire actuel. Elle est ample et très développée, surtout dans le verset où son étendue dépasse l’octave. Chose curieuse, c’est sur les mots humilis et requiem que ces grandes vocalises s’élèvent avec le plus d’éclat dans l’aigu, en contraste avec le texte qui parle d’humilité et de repos.
Offertoire : Improperium
L’Offertoire de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus reprend celui de la messe du dimanche des Rameaux, qui commémorait la passion et la mort de notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix, la plus grande preuve d’amour qu’il ait donné aux hommes. À vrai dire, dans le texte qui figure au missel, l’Offertoire du dimanche des rameaux est amputé de ses deux dernières phrases, ce qui nous paraît incompréhensible, ces phrases étant le sommet de la pièce et tout à fait accordées au mystère de cette fête, demandée par Notre Seigneur spécialement en réparation pour l’indifférence que les hommes opposent à son amour ; or c’est précisément la soif d’une réponse généreuse à cet amour qu’exprime la dernière phrase.
Le texte est extrait du psaume 68 qui est, comme le psaume 21, un des grands psaumes prophétiques de la passion, annonçant tout spécialement la solitude du Christ et l’abandon de tous ses amis :
Improperium exspectavit cor meum et miseriam, et sustinui qui simul contristaretur et non fuit ; consolantem me quæsivi et non inveni ; et dederunt in escam meam fel, et in siti mea potaverunt me aceto.
Mon cœur s’est attendu à l’outrage et au malheur ; j’ai espéré quelqu’un qui s’attristât avec moi, mais il n’y a eu personne ; j’ai cherché un consolateur et je n’en ai pas trouvé ; pour nourriture ils m’ont donné du fiel, et pour étancher ma soif ils m’ont abreuvé de vinaigre.
La mélodie exprime parfaitement cette souffrance. Tous les mots sont soulignés par des neumes longs et lourds ; de nombreuses cadences en demi-ton sonnent douloureusement. Cette mélodie culmine à l’aigu dans la dernière phrase sur le mot siti la soif, qui éclate comme un cri. Ce n’est pas seulement la soif physique dont il est question ici, mais la soif d’une réponse généreuse à l’amour infini dont notre Seigneur a fait preuve en mourant pour nous. *(cf ci-dessous)
Communion : Unus militus
L’antienne de Communion de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est très courte, et ressemble plus à une antienne de l’office qu’à un chant du propre de la messe. Le texte est tiré de l’Évangile du jour dans le récit de la passion selon saint Jean :
Unus militum lancea latus ejus aperuit, et continuo exivit sanguis et aqua.
L’un des soldats lui ouvrit le côté d’un coup de lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau.
L’Église voit dans l’eau et le sang coulant du Cœur de Jésus transpercé par la lance la figure du baptême et de l’Eucharistie, qui répandent sur nous les grâces acquises par son sacrifice. La mélodie de cette petite antienne est simple et légère, soulignant bien les articulations du texte.
* L’offertoire de la fête du Sacré-Cœur reprend celui de la messe des Rameaux, qui commémorait la passion et la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la croix, la plus grande preuve d’amour qu’il ait donné aux hommes. Dans le texte qui figure au missel, l’offertoire du dimanche des Rameaux est amputé de ses deux dernières phrases.
Les commentateurs de cette pièce sont unanimes pour regretter l’absence de ce verset 22 du psaume 68. « Pour nourriture, ils m’ont donné du fiel et pour étancher ma soif, ils m’ont abreuvé de vinaigre ».
Il semble manifeste qu’on a voulu, en 1929, occulter un peu la souffrance de la Passion pour insister sur ce Cœur divin qui est, selon une expression chère à Sainte Marguerite-Marie « Tout aimant et tout aimable ».
Le texte est tiré du psaume 68 qui est, comme le psaume 21, un des grands psaumes prophétiques de la passion, annonçant tout spécialement la solitude du Christ et l’abandon de tous ses amis.
La mélodie exprime parfaitement cette souffrance. Tous les mots sont soulignés par des neumes longs et lourds : de nombreuses cadences en demi-ton sonnent douloureusement ; Cette mélodie culmine à l’aigu dans la dernière phrase sur le mot síti, la soif, qui éclate comme un cri. Ce n’est pas seulement la soif physique dont il est question ici, mais la soif d’une réponse généreuse à l’amour infini dont Notre Seigneur a fait preuve en mourant pour nous.
Impropérium exspectávit cor meum et misériam,
Mon cœur s’est attendu à l’outrage et au malheur,Et sustínui qui simul contristarétur et non fuit ;
J’ai espéré quelqu’un qui s’attristât avec moi, mais il n’a eu personne ;Consolántem me quæsívi et non invéni ;
J’ai cherché un consolateur et je n’en ai pas trouvé ;
Tous les mots sont soulignés par des neumes longs et lourds, de nombreuses cadences en demi-ton sonnent douloureusement. C’est peut-être, comme l’affirmait le regretté Yves Gire, la pièce la plus douloureuse de tout le répertoire.
