Est-il permis de sortir de sa paroisse sans quitter l’Eglise ?
Oui, tant pour le tribunal fédéral suisse que pour Rome. Une femme voulait quitter la paroisse de Lucerne sans sortir de l’Eglise, afin de ne plus payer l’impôt religieux. La paroisse n’a pas accepté : pour elle, quitter une communauté paroissiale devait être la conséquence d’un renoncement à la foi catholique. La décision de la paroisse avait été confirmée par le Conseil synodal cantonal. Les juges ont décidé que pour une sortie, il ne pouvait pas être exigé que la personne délivre une déclaration dans laquelle elle ne veut plus faire partie de l’Eglise catholique romaine. Le reniement de sa confession implique une dimension spirituelle et une sortie de l’Eglise universelle, ce qui va au-delà de l’abandon d’une structure administrative mi-religieuse/mi-civile.
En 2006, le Saint-Siège avait remis en cause la position des évêques allemands, qui estimaient également que la procédure officielle de "sortie de l’Eglise", nécessaire pour cesser de payer l’impôt religieux, équivalait à une rupture avec l’Eglise. Le Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, dans une lettre datée du 13 mars 2006 et signée par le cardinal Julian Herranz (avec approbation de Benoît XVI), précisait qu’il ne suffit pas qu’un nom soit rayé de la liste des membres de communautés chrétiennes pour considérer qu’un fidèle est dorénavant placé "hors de l’Eglise". 3 conditions sont requises pour que la "défection de l’Eglise" soit effective : la décision personnelle intime de quitter l’Eglise ; l’affirmation publique de cette décision ; l’enregistrement et l’acception de cette décision par les autorités religieuses :
"L’acte juridique et administratif d’abandon de l’Eglise ne peut pas constituer à lui seul un acte formel de défection au sens du Code de Droit Canonique, puisque pourrait subsister la volonté de persévérer dans la communion de la foi."
Il faut savoir que bon nombre de catholiques suisses ou allemands ne veulent plus payer l’impôt ecclésiastique obligatoirement pris par les autorités civiles et reversé aux églises officielles, préférant aider l’Eglise autrement. Et de fait le Pape leur donne raison : être catholique est d’un autre ordre.
Municipales 2008 : du rififi à Nice
Le sénateur-maire UMP sortant, Jacques Peyrat, a privé de délégation 9 de ses adjoints, proches du secrétaire d’État à l’Outre-Mer, Christian Estrosi, adoubé contre lui par l’UMP pour la municipale de Nice. Même problème à gauche, le candidat investi par le PS, Patrick Allemand, se retrouve face au socialiste dissident, Patrick Mottard. Hervé Cael est le candidat du MoDem. Quant à Rémy François, il est l’éventuel représentant du FN. La tentative de Nicolas Sarkozy de persuader M. Peyrat de se retirer n’a pas fonctionné : à 76 ans, il persiste dans sa volonté de se présenter pour un troisième mandat :
"On m’a promis un plat de lentilles, de rester sénateur avec la présidence de la commission de la défense et des forces armées, mais je n’en ai rien à foutre d’être sénateur, c’est Nice que je veux et ce n’est pas Paris qui fait l’élection ici."
Le Front national propose de former une alliance avec M. Peyrat, ancien du Front National avant de rallier le RPR puis l’UMP. Jacques Peyrat a répondu pour le moment :
"Quand on a quitté un mouvement, ce n’est pas pour y revenir".
Réaction du FN :
"Nous n’avons jamais demandé à Jacques Peyrat de revenir au FN, mais nous avons des atomes crochus. On pourrait s’entendre et le FN ne présenterait pas de candidats à Nice".
Les problèmes financiers du Monde
Le groupe Le Monde (Le Monde, Courrier International, Télérama, La Vie….) doit faire face à un manque à gagner de 10 à 12 millions d’euros. Un comité d’audit laissant présager un plan de départ de 80 salariés s’est tenu la semaine dernière alors qu’en octobre un comité de salariés se penchait sur l’augmentation des rémunérations des principaux dirigeants. De quoi semer l’émoi…
Les résultats du quotidien seul pâtissent de la forte baisse des recettes publicitaires. L’équilibre espéré du journal a finalement laissé place à la prévision d’une perte d’exploitation supérieure à 5 millions d’euros cette année. Seraient concernés par un plan les éditions Fleurus, pôle de presse pour enfants (Abricot, Les P’tites filles à la vanille…), Le Monde Diplomatique, Les Cahiers du cinéma… et le quotidien Le Monde. Le chiffre d’un plan de départs de 80 salariés pour l’ensemble du groupe circule. Éric Fottorino, directeur du Monde (touche 135 000 à 210 000 euros par an), tandis que Pierre Jeantet, président du directoire, toucherait 400 000 euros.
Un film qui n’est pas pour les enfants
Le film Golden compass (A la croisée des mondes : la boussole d’or) sortira en France le 5 décembre. Il s’agit d’une superproduction qui s’adresse principalement aux enfants. Tiré d’une série de livres écrits par un auteur britannique dénommé Phillip Pullman, l’oeuvre évoque comme nuisance principale le Magistère de l’Eglise élaboré par les Cardinaux et le Pape. Le film représente l’héroïne sous les traits d’une fillette déterminée à tuer Dieu et ainsi libérer le monde de sa tyrannie. La Chrétienté et l’Église sont souvent critiquées. Par exemple, Ruta Skadi, appelant à la guerre contre l’Autorité et contre le Magisterium, dit que
"Pendant toute l’histoire [l’Église] a essayé de supprimer et contrôler les penchants naturels de l’humain. Et quand elle ne peut pas les contrôler, elle s’en débarrasse".
On y lit aussi :
"C’est ce que l’Église fait, et toutes les Églises sont les mêmes : contrôler, détruire et oblitérer tous les bons sentiments".
Dans un autre passage, Mary Malone, l’un des personnages principaux, ancienne nonne, affirme que
"La religion chrétienne n’est rien de plus qu’une très puissante et très convaincante erreur".
Pour mieux dissimuler ces attaques, on a retiré du scénario du film les thèmes du livre les plus clairement anti-chrétiens. Mais est-ce une raison pour aller le voir ?
Etat d’urgence au Liban, où le pouvoir est vacant
Le président libanais Emile Lahoud a déclaré l’état d’urgence vendredi soir, moins de quatre heures avant la fin de son mandat officiel à minuit.
L’élection de son successeur a été reportée à vendredi prochain, faute d’un accord entre la majorité parlementaire anti-syrienne et l’opposition emmenée par le Hezbollah.
MJ
Addendum 24/11 : La vacance suscite l’inquiétude des Libanais et de la communauté internationale sur l’avenir du pays et relance les craintes sur une possible dégradation de la sécurité. En quittant le palais présidentiel, M. Lahoud, un des présidents les plus controversés de l’histoire du Liban, a confié à l’armée la sécurité du pays. Cette initiative a immédiatement été rejetée par le gouvernement qui, conformément à la Constitution, est investi dès samedi de tous les pouvoirs exécutifs du fait du vide présidentiel. En raison de la tension politique, les mesures de sécurité ont été renforcées. L’armée, régulièrement chargée du maintien de l’ordre, a été déployée sur les principaux axes de la capitale.
Mgr Brincard et le Téléthon
Le 5 octobre 2007, l’Enseignement catholique et la Pastorale de la santé du diocèse du Puy-en-Velay rencontraient les responsables nationaux et locaux de l’Association Française contre les Myopathies (A.F.M.) organisatrice du Téléthon. Mgr Brincard a déclaré notamment :
"Le Téléthon bénéficie d’une couverture médiatique exceptionnelle. Il reçoit, par conséquent, des fonds considérables facilitant la mise en oeuvre de ses ambitions. Malheureusement, il n’en va pas de même d’associations non moins méritantes oeuvrant en des domaines où la souffrance est grande et les urgences évidentes, par exemple en ce qui concerne la trisomie 21 […].
En vue de faciliter des choix qu’il appartient à chacun de faire en conscience, il est demandé aux associations d’être parfaitement claires sur leurs objectifs ainsi que sur l’utilisation précise des fonds collectés. Dans le contexte actuel du fonctionnement du « Téléthon », et selon les dires de ses responsables, puisque les choix de l’association sont légaux, l’approche éthique relève seulement de l’appréciation individuelle. Cette identification du légal et de l’éthique est abusive. En effet, l’histoire du XXème nous rappelle, de manière tragique, à quoi a conduit, en certaines circonstances, une telle identification.
A mes yeux, il me paraît donc indispensable que les donateurs aient l’assurance que leur contribution ne servira jamais à des actions qu’ils jugent contraires à leurs convictions éthiques ou religieuses. Autrement dit, l’affectation des dons, doit – en toute justice, être conforme à des objectifs ouvertement affichés, et répondre aux choix mûrement pesés des donateurs. Par conséquent, il me paraît nécessaire que les donateurs, s’ils le désirent, puissent faire ce qu’on appelle « des dons fléchés ». […]
Je souhaite que le Téléthon concilie toujours mieux le respect de la dignité humaine et une recherche médicale qui ne peut, sous prétexte d’une fallacieuse efficacité, oublier cette dignité."
UE : la Pologne n’acceptera pas la Charte des droits fondamentaux
Le nouveau Premier ministre polonais Donald Tusk annonce qu’il renonce à supprimer du traité de Lisbonne la dérogation obtenue par le gouvernement Kaczynski concernant la Charte des droits fondamentaux :
"Je vais respecter les résultats des négociations de mes prédécesseurs".
Pour ratifier le traité constitutionnel, il faut une majorité des deux tiers à la Diète, le Parlement polonais. Donc il faut que le parti de Donald Tusk ait l’aval du parti des frères Kaczynski.
MJ
Coordination internationale catholique pour la vie
Le cardinal Tarcisio Bertone organise du 30 novembre au 2 décembre un «forum des ONG d’inspiration catholique» sur les droits de l’homme. L’objectif est de créer une coordination internationale et une force de pression sur les thèmes de la défense de la dignité humaine.
MJ
Projet de Pacs en Hongrie : l’Eglise réagit
L’Eglise catholique en Hongrie défend la famille contre le projet de légalisation des couples homosexuels :
"Le projet de loi approuvé par le gouvernement et déposé au parlement sur les relations de ‘concubins enregistrés’ représente, selon les préceptes de l’Eglise catholique, une attaque dangereuse contre l’institution fondamentale de la société qu’est la famille. A côté des lois de l’Eglise et celles de la nature, la Constitution hongroise atteste que l’union, utile pour la société, est celle exclusive entre un homme et une femme".
Le gouvernement a déposé devant le parlement un projet de loi qui donnera aux couples non mariés, de sexe différent ou de même sexe, des droits pratiquement identiques à ceux des couples mariés.
L’encyclique Spe salvi
…sauvés par l’Espérance, sera publiée le 30 novembre.
MJ
Vendre l’UE aux peuples, même s’ils n’en veulent plus
Yves Daoudal rapporte les propos hallucinants de Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, à propos de la prochaine présidence française à la tête de l’UE :
Il faut vendre l’Europe, faire sa promotion [car elle n’engendre plus] autant de sympathie. La France a rendu un grand service en votant non [car cela] a créé un électrochoc. Ce serait une erreur fatale de penser qu’après cette petite sortie de route on est reparti en cinquième vitesse sur l’autoroute européenne [Le nouveau traité] ne règle aucun des problèmes soulevés par le référendum. Je pense qu’un référendum passerait. Mais est-ce qu’il passerait au Royaume-Uni ? Nous avons une responsabilité européenne. »
Commentaire de Daoudal : la responsabilité européenne de la France, c’est de donner l’exemple en refusant l’organisation d’un référendum…
MJ
Jacques Chirac n’était pas le seul maire fautif
Gérard Gachet rebondit sur la mise en examen de Jacques Chirac en notant le "2 poids, 2 mesures" par rapport aux ex-maires communistes de la banlieue parisienne :
"Pendant des décennies, toutes ces municipalités communistes ont salarié par centaines de faux employés municipaux, qui étaient en réalité des permanents du PC ou de la CGT, et cela au vu et au su de tout le monde. Sur un demi-siècle environ, cette pratique représente sans aucun doute des sommes considérables, détournées des impôts locaux payés par les habitants modestes de ces communes. Chose étrange, aucune plainte n’a jamais été déposée, aucune information judiciaire n’a jamais été ouverte !"
MJ
Voter pour un candidat pro-mort est un acte immoral
A l’approche des élections présidentielles américaines, la conférence des évêques américains a publié un texte qui tranche singulièrement avec les publications passées, souvent floues car résultant d’un compromis. Pour la première fois, il expose clairement que toutes les questions politiques ne sont pas d’importances égales pour un catholique : il y a des points non-négociables. C’est une véritable contribution au discernement dont il n’est pas interdit de s’inspirer en France. Ce document (Former les consciences pour une citoyenneté fidèle : ici en v.o. pdf 44 pages, là le commentaire en anglais du Père Pavone) dit clairement que certaines questions sont plus importantes que d’autres :
"La destruction directe et intentionnelle de la vie humaine innocente, de l’instant de la conception jusqu’à la mort naturelle, est toujours un mal et n’est pas qu’une question parmi beaucoup d’autres".
La déclaration explique que les catholiques qui donnent leurs suffrages à des candidats qui veulent maintenir la légalisation de l’avortement, ou qui ignorent la position pro-avortement d’un candidat et le soutiennent par fidélité partisane, commettent un acte immoral.
Nouvelle conversion d’un épiscopalien
Daniel Hamiche rapporte qu’un quatrième "évêque" épiscopalien, de Floride, vient de rejoindre l’Eglise catholique.
MJ
Liban : la France impuissante
Terrible constat pour Le Figaro : la diplomatie française est incapable de conclilier les Libanais. Ce soir à minuit, le président Lahoud remet son mandat et son successeur reste improbable. En l’absence de, le pays s’apprête à basculer dans un vide constitutionnel ouvrant la voie à une confrontation entre la majorité et l’opposition avec à la clé des risques de violents dérapages. Bernard Kouchner s’est rendu à l’évidence :
«C’était aux Libanais de décider, ça n’a pas été possible».
Cela n’a pas été possible, car toute pression française sur le Hezbollah, Damas ou même l’Iran pourrait avoir de graves conséquences pour les soldats français présents au Liban…
L’annulation de l’élection présidentielle est interprétée à l’étranger comme un aveu d’impuissance d’une diplomatie française incapable malgré ses efforts de peser sur les événements au Liban, le seul pays du Proche-Orient où elle encore censée exercer une forte influence.
Objection de conscience au Téléthon
L’équipe de Libertépolitique.com vient de créer le blog Objection de Conscience au Téléthon, qui se définit comme un espace d’informations, d’analyses et de débat sur la démarche éthique du Téléthon, soutenue par l’AFM : lutter contre la maladie par le dépistage conduisant à l’élimination des embryons malades.
"En conscience, nous disons : "Oui à l’aide aux malades, non à la recherche sur les embryons.""
Sabotages à la SNCF : 3 interpellations
Deux agents de la société nationale, dont un syndicaliste de la CGT, ainsi qu’un chauffeur routier sont soupçonnés de blocages, de vols, d’insultes et de dégradations.
MJ
Le vrai visage de la culture de mort
Génétique.org nous apprend qu’à l’occasion de ses 17èmes Journées bisannuelles, la présidente l’ association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception (ANCIC), le "docteur" Marie-Laure Brival souhaite demander une revalorisation de 200 à 700 euros du forfait de l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
Selon elle, " un acte dévalorisé est un acte délaissé". Il suffirait donc de rémunérer davantage la pratique de l’avortement pour la rendre plus attirante chez les médecins.
Dans le "milieu", la méthode est la même : pour trouver des tueurs à gages sans état d’âme, on augmente les primes. Mais un crime reste un crime et ce n’est pas en payant plus le tueur que le crime devient acceptable.
Téléthon : le CPDH maintient ses réserves
Dans un communiqué, le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine (CPDH) maintient la position qu’il défend depuis 3 ans :
" Pour la 3ème année consécutive, le CPDH prend position sur le Téléthon. Les années précédentes, l’information avait été adressée uniquement à notre réseau. Nous avons voulu cette année faire entendre notre voix d’une manière plus large (…)
" Le CPDH (…) demande à l’AFM d’orienter les sommes qu’elle récolte vers des pratiques respectueuses de la vie et de la dignité humaine. Les risques de dérives eugénistes liées au DPI (diagnostic pré-implantatoire) et la mort des embryons due à l’expérimentation ternissent inutilement la portée de cette belle action de générosité que constitue le Téléthon. (…)"
" La dignité d’une société ne peut-elle pas aussi se mesurer dans sa capacité à accueillir plus qu’à éliminer celui qui est différent, qu’il soit handicapé ou plus fragile ?"
Recherche sur les embryons : pourquoi la France fait fausse route
Rebondissant sur l’actualité récente de la bioéthique, Pierre-Olivier Arduin vient d’écrire sur Liberté Politique un article intitulé : " Recherche embryonnaire : la France s’obstine dans l’absurdité scientifique". Extraits :
" De toute part, les découvertes biomédicales confirment le non-sens scientifique des recherches sur l’embryon humain (…) Le plus important laboratoire français d’expérimentation sur l’embryon a été créé par l’Association française contre les myopathies (AFM), l’Inserm et l’Université d’Evry (…). Son directeur, Marc Peschanski, a précisé que l’Institut a bénéficié d’un soutien de l’AFM « de 3,4 millions d’euros sur deux ans, ce qui a couvert la moitié de [ses] dépenses (…)« le conseil d’administration de l’AFM s’est engagé sur les prochaines années, sous réserve du succès du Téléthon annuel, à doubler le montant des financements publics décrochés par le projet »."
" Un partenariat a été noué avec un des trois centres français de DPI (diagnostic préimplantatoire) de manière à fournir certaines équipes d’I-Stem en embryons malades, ce qui confirme les liens troubles que peuvent entretenir entre elles les pratiques technoscientifiques, en l’occurrence le tri eugéniste des embryons et la recherche biomédicale."
"(…) l’impasse thérapeutique des cellules souches embryonnaires n’a plus besoin d’être démontrée. Concernant un hypothétique bienfait sur des malades, aucune publication de niveau international à se mettre sous la dent. Et pour cause, ces cellules sont caractérisées par une grande instabilité chromosomique au fil de leurs divisions, ce qui entraîne une possibilité accrue de développement de tumeurs."
" Si ces faits ne semblent pas avoir émus les ministres de la Santé et de la Recherche ou les membres de l’Agence de biomédecine qui délivrent généreusement les accréditations de recherche sur l’embryon aux équipes françaises (…) certains commencent à changer de fusil d’épaule. Parmi eux, de grands industriels (L’Oréal et LVMH Recherche, NDPC), lesquels ne peuvent se permettre de faire les mauvais choix en matière de thérapies régénératrices."
Inquiétante armée française…
Le Nouvel Observateur revient sur Abdelkader Arbi, "guide spirituel de la communauté musulmane" au sein des armées françaises et répond à la question que nous nous posions. Des soldats français l’ accompagneront bien à La Mecque :
" Il s’attaque à présent à l’organisation du prochain pèlerinage à La Mecque pour une quarantaine de soldats et une équipe d’aumôniers."
Mais cet article cherche visiblement à rassurer le lecteur :
"Ni barbe ni djellaba, mais une moustache rasée de près et un costume militaire tiré au cordeau (…) Abdelkader Arbi n’a pas non plus de tapis de prière (…) il refuse tout autant d’être récupéré par l’une ou l’autre des grandes fédérations musulmanes dont il a autrefois critiqué les jeux de pouvoir."
Toutefois, certains passages sont très inquiétants sur l’état de nos armées et sur les dangers que pourraient laisser présager à l’avenir cette "islamisation" en douceur :
" La ministre de la Défense venait de réparer une discrimination de plus d’un siècle (…) Une question relancée par l’arrivée massive de jeunes issus de l’immigration dans une armée professionnalisée depuis 1996 (…) En tout, Abdelkader Arbi a recruté douze aumôniers, parmi des civils et des militaires. Et prévoit de porter leurs effectifs à 40 à l’horizon 2010 (…) Il a aussi permis l’ouverture de salles de prière dans cinq unités militaires (…) "il y a une très forte attente chez les soldats musulmans, souvent frustrés d’avoir été si longtemps les seuls privés d’aumôniers. On en a même convaincu beaucoup de rester". Dans certains régiments, la tension n’était pas loin d’être à son comble. MAM lui conseillera même d’envoyer au plus vite un représentant sur le «Charles-de-Gaulle». "La marine est un milieu encore très catho traditionnel", explique-t-il (…)"
"Bien sûr, il recueille parfois le désarroi de soldats que leurs copains traitent de «traîtres». "Il faut leur fournir des réponses. Heureusement, la France n’est pas allée en Irak !" (…) Hervé Morin, "un Normand comme moi. Il m’a fait part de son souci de la visibilité des minorités dans l’armée", se réjouit-il, impatient de contribuer à l’effort de promotion des jeunes issus de milieux modestes aux grades supérieurs (…) L’objectif c’est de pouvoir appeler un jour le général Ben Babrouf ou le colonel Mohamed !"
" Il existe actuellement 168 aumôniers catholiques, 38 protestants, 19 israélites et 12 musulmans (40 à l’horizon 2010). La loi française interdit le décompte des populations sur le critère de la religion, mais on estime à 8 à 10% la part des musulmans pratiquants dans l’armée, soit environ 40 000 militaires sur les 440 555 des effectifs de la défense."
Nous savons donc désormais que les musulmans représentent environ 10% des militaires engagés (et en France ?) et qu’en 2010, au moins 15% des aumôniers seront musulmans (le nombre des aumôniers catholiques devant diminuer). Abdelkader Arbi semble se rassurer que la France ne se soit pas engagée en Irak mais que ce passera-t-il donc en cas d’engagement contre l’Iran ou plus probablement avec l’augmentation voulue par Sarkozy de nos forces combattantes en Afghanistan ?
A quand la séparation de l’Etat et des associations ?
Pierre-Patrick Kaltenbach, Président des Associations familiales protestantes, a publié dans Le Figaro une tribune, distinguant les associations sans but lucratif et les «associations lucratives sans but». Les associations, les vraies, sont au cœur de la société civile et elles expriment le principe de subsidiarité, qui est de décider au plus près des individus et de préférer la société civile librement organisée à la contrainte étatique.
Mais un certain nombre «d’associations» ne sont pas de vraies associations, car elles sont financées sur fonds publics et souvent créées par l’Etat lui-même ou par les collectivités décentralisées. 4% des associations regroupent 80% des salariés des associations et reçoivent 80% des fonds publics. Elles ne sont que des courroies de transmission de l’administration de l’Etat, des collectivités locales, quand ce n’est pas un moyen pratique de détourner de l’argent public. Kaltenbach vise aussi des associations comme celles de l’opération «Don Quichotte», lorsque le pouvoir politique cède à la pression médiatique. Ces fausses associations ne sont que le prolongement de la société politique sans aucune représentativité :
"Et comme leur existence dépend des administrations qui les ont constituées en courroies de transmission, elles sont devenues le bras séculier d’un secteur public déjà pléthorique".
Les associations relèvent de l’ordre communautaire, celui de la solidarité privée, celui des familles et de leurs regroupements volontaires. Le drame, c’est quand le politique envahit l’ordre communautaire (avec de fausses associations financées par l’Etat et en fait commandées par lui).
La nouvelle encyclique signée le 30 novembre
La publication de la deuxième encyclique du pape Benoît XVI, sur le thème de l’espérance chrétienne, est imminente, selon le cardinal Tarcisio Bertone, qui a indiqué que le pape la signera le 30 novembre. Selon certaines fuites, la rédaction du document est achevée et il serait en cours de traduction. D’autres informations ont fait état d’une troisième encyclique déjà en préparation sur une thématique sociale.
MJ
Une mosquée géante à Marseille
Le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a remis les clés d’une future grande mosquée à l’association chargée du projet qui doit maintenant trouver quelque 8 M€ nécessaires à son ouverture. M. Gaudin s’est dit certain de la générosité des Marseillais, "musulmans ou non" et a évoqué l’aide des pays d’origine de nombreux fidèles (Algérie, Tunisie, Maroc) ainsi que le soutien de la Fondation des oeuvres de l’islam.
La mosquée sera installée dans un bâtiment de 2400 m2, sur une parcelle de 8616 m2 dans le quartier Saint-Louis (15e arrondissement). En juillet, la mairie avait revu le bail à la hausse après une décision du tribunal administratif saisi par la droite nationale. Un recours a été déposé en septembre.
Référendum sur l’euro
… au Danemark. Le Premier ministre Rasmussen a annoncé l’organisation dans les 4 ans d’un nouveau référendum sur une éventuelle adoption de l’euro. Les électeurs danois avaient rejeté à 53% l’euro lors d’un référendum en 2000.
Il est étrange de refaire voter les électeurs : s’ils avaient accepté l’euro en 2000, les ferait-on revoter aujourd’hui pour voir s’ils n’ont pas changé d’avis ? Et encore, les Danois ont de la chance : en France, quand le peuple dit non au Chef de l’Etat, celui-ci s’adresse au Parlement…
Contre la faim, valoriser les ressources
Le Pape a reçu les participants à la XXXIV session de la Conférence générale de la FAO. Le Saint-Père a souligné le paradoxe existant entre
"une extension de la pauvreté dans le monde et une incroyable prospérité non seulement économique mais aussi scientifique et technologique. […] L’Eglise est convaincue que la recherche de solutions pratiques plus efficaces dans un contexte évolutif exige des programmes nouveaux intégrant des valeurs durables et enracinées dans la dignité et le droit des personnes. Les efforts de la communauté internationale en vue d’éliminer la faim ou la malnutrition et de favoriser un vrai développement réclament des moyens de gestion et de contrôle capables aussi de valoriser les ressources nécessaires face à un grand éventail de situations. Tous doivent agir ensemble, individus, organisations, volontariat, entreprises et gouvernements, mais dans le respect des principes éthiques et de la morale communs à tous les peuples et base de toute vie sociale.
[Toutefois] si le progrès est important, il n’est pas tout, car il doit entrer dans le contexte plus vaste du bien intégral de l’homme et constamment se nourrir des valeurs devant inspirer les initiatives en faveur d’une plus juste distribution des ressources matérielles et spirituelles. Ces principes doivent tout particulièrement s’appliquer au monde de l’agriculture, où ceux qu’on considère souvent comme les membres les plus humbles de la société doivent être valorisés et estimés".
Les spécialistes de la banlieue préfèrent Paris
Les chercheurs de l’EHESS, installés boulevard Raspail, à Paris, refusent de s’expatrier dans le «9-3». Ils travaillent sur la banlieue, dissèquent ses malaises, mais ils ne veulent surtout pas y aller : depuis plusieurs mois, une fronde s’organise chez les chercheurs de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) pour refuser la mutation à Aubervilliers, où l’État veut les envoyer dès septembre 2008, pour cause de désamiantage des locaux parisiens. Cyril Lemieux, l’un des sociologues, s’oppose à ce déménagement parce que
"Rien n’est prévu pour nous recevoir décemment".
Il préfère l’amiante… Les sociologues ont même créé un blog (en rouge et noir…), qui révèle ce qui attendra les chercheurs une fois en Seine-Saint-Denis : métro puis bus pour se rendre au bureau, sans parler de la désolation du quartier :
"aucun immeuble d’habitation. Aucun résident. Aucun espace vert. Pratiquement aucun arbre. Aucun commerce. Aucun café. Aucun restaurant. Un univers d’entrepôts et de friches entièrement dédié aux camions."
Au milieu de nulle part, le centre sera coupé du monde. Ce sont des spécialistes de la banlieue qui l’écrivent.
Michel Janva (merci à O.D.)
Nous sommes tous acteurs du pouvoir médiatique
Philippe Maxence revient sur l’ouvrage de la journaliste Elisabeth Lévy paru en mars dernier, Le Premier pouvoir. Inventaire après liquidation (en référence l’émission du même nom, supprimée par France Culture), pour s’interroger sur les liens entre pouvoir et médias :
"[La réponse] est suggérée par la journaliste quand elle écrit :
«le ‘pouvoir’ médiatique est un pouvoir sans visage. Et, c’est une première dans l’histoire de l’humanité, ce pouvoir à vocation planétaire, s’exerce non pas par la coercition, mais par la séduction. Nous sommes tous les acteurs consentants d’un étrange Truman show. Sauf qu’il n’y a personne derrière la caméra. Big brother is watching you – rien de nouveau. Sauf que, comme disait Flaubert, Big brother c’est moi ».
La remarque est importante. S’il y a un système politico-médiatico-idéologique, il n’est peut-être plus adéquat de le distinguer du reste de la société. Il y a eu une sorte de fusion, à force d’influence et d’imprégnation lente. La distinction chère aux maurrassiens – le pays réel et le pays légal ; le pays réel contre le pays légal – est facteur d’espérance, mais rend-t-elle compte de la réalité à l’heure des émissions de téléréalité ? Pour une minorité, certainement. Mais peut-on réduire le pays réel à cette minorité ? Rien n’est moins sûr. Si tous ceux qui dénonçaient les méfaits de la télévision, le mauvais travail des journalistes […] éteignaient leur poste de télévision, la nuit paradoxalement se verrait mieux. Le noir du soir retrouverait de sa consistance sans la petite lucarne lumineuse qui brille dans tous les foyers. Pourtant, personne n’a perçu cette révolte du pays réel. Ce dernier continue de lire la presse qu’il dénonce ou de regarder la télévision qui l’insupporte. Cette révolution silencieuse et pacifique n’a jamais vu le jour. Elle semble même impossible. On ne vit pas en dehors du monde. On ne s’exclut pas de la réalité. Nous estimons tous que ce que nous renvoie le monde médiatique est la réalité. Le pays réel a fusionné avec le pays légal."
C’est plutôt vrai. D’où l’intérêt de faire entendre la voix de la minorité restante, ce qui est l’une des ambitions de ce Salon. En faites-vous la promotion ?… A propos de salon, la même Elisabeth Lévy anime le site Causeur, qui se définit comme un "Salon de réflexions", "salon où l’on cause"…
Financement des écoles « privées » par les communes
"La majorité UMP de la commission des Lois de l’Assemblée nationale a décidé mercredi de ne pas discuter des articles d’une proposition de lois PS sur le financement des écoles privées, ce qui équivaut à un rejet du texte. Cette proposition de loi socialiste vise à abroger une récente législation qui oblige les communes à payer les frais de scolarité des élèves des écoles privées."
MJ
Ceci n’est pas un concours de légende
C’est la contribution du dessinateur Luc Tesson, exlusivement pour votre Salon préféré. Merci à lui.
MJ


