La constitution : enjeu électoral
Suite à la conférence qui a réuni la semaine dernière les 18 pays ayant ratifié le Traité constitutionnel européen, le ministre français déléguée aux Affaires européennes Catherine Colonna a rappelé que "la priorité doit (…) être de forger un nouveau consensus, à 27", qui pourrait impliquer un "texte simplifié" sans pour autant "reprendre à zéro".
"D’une part, il faut partir de la base qui existe, celle du projet de Traité constitutionnel, qui est le fruit d’un long travail. D’autre part, il faut préserver les équilibres qui étaient ceux de ce texte".
Mme Colonna a préconisé de s’accorder "d’ici 2009 sur un texte simplifié, auquel certains sujets seraient ajoutés". S’agissant du mode de ratification d’un texte ainsi arrêté -référendaire ou parlementaire-, Mme Colonna a rappelé que "ce sera au président de la République en exercice d’en décider le moment venu".
L’avenir de la Constitution européenne est donc bien un enjeu électoral. C’est ce qu’a bien compris Nicolas Dupont-Aignan.
Donnedieu de Vabres souhaite l’expulsion de Vanneste
Le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, a estimé que les instances de l’UMP "peuvent" exclure le député du Nord Christian Vanneste, condamné en appel :
"Ses propos sont choquants, ils ont été condamnés par la justice (…) Le respect dû à l’homme, à la personne humaine, est absolument essentiel. Ces propos ne correspondent en rien à l’esprit de notre famille politique, strictement en rien".
[C]e sont des propos qui ne sont pas dignes de l’UMP. Si les instances de l’UMP prennent une décision pour l’exclure, je pense qu’elles peuvent le faire".
Québec : qui est choqué par ce crucifix ?
Le chef du Parti québécois, M. André Boisclair, vient d’affirmer que le crucifix, accroché au-dessus du siège du président de l’Assemblée nationale du Québec, «n’a plus sa place là», car il "pourrait" être choquant pour les membres des minorités religieuses comme les juifs et les musulmans. Prétexte fallacieux… Non seulement les minorités religieuses au Québec n’ont pas demandé le retrait de ce crucifix, mais la position tranchée du chef péquiste, dans ce dossier «très sensible», risque plutôt de choquer la «majorité religieuse québécoise». Plusieurs parlementaires se sont d’ailleurs publiquement opposés au retrait de ce symbole religieux. Honneur à eux.
La députée de La Pinière, Mme Fatima Houda-Pepin (musulmane d’origine marocaine) et le député de Louis-Hébert, M. Sam Hamad (d’origine syrienne) se sont publiquement portés à la défense de l’intégralité de l’héritage identitaire de la majorité des Québécois, incluant la dimension catholique.
Les excès de pouvoir de Bruxelles dénoncés
40 professeurs d’Université ont jeté un pavé dans la mare en publiant il y a un mois une lettre ouverte au Président de la République (ici, deuxième partie de la page). Ils mettent en garde contre une dérive normative communautaire "gravement attentatoire à la démocratie puisqu’elle retire aux législateurs nationaux tout pouvoir". Ces professeurs mettent en garde contre une "entreprise qui, par sa portée, dépasse en gravité tous les excès de pouvoirs auxquels, hélas, les autorités communautaires se sont désormais habituées." :
"Dans une démocratie organisée selon les principes de l’Etat de droit, une règle n’est légitime que si elle émane d’une autorité investie du pouvoir de l’édicter. [Or] comme on l’enseigne aux étudiants de première année des facultés de droit, sinon déjà aux collégiens dans leurs cours d’instruction civique, ce n’est qu’à cette condition qu’elle est une règle de droit et mérite donc obéissance".
Evoquant un "excès de pouvoir manifeste" de la Commission de Bruxelles, ils préviennent qu’
"ils ne pourront plus longtemps se résoudre à se déshonorer, dans leurs écrits comme dans leurs enseignements, en affectant de tenir pour du droit ce qui n’en est évidemment pas."
Ils demandent en conclusion au Président de la République de "rappeler aux institutions de l’Union européenne que le Traité CE ne lie la France que tel que le Conseil constitutionnel en a autorisé la ratification et non pas tel qu’elles veulent le comprendre".
Le mariage ne formalise pas seulement des liens affectifs
Le pape Benoît XVI a rappelé le caractère sacré et indissoluble du mariage, soulignant que son annulation devait rester une exception, lors d’une audience avec les membres du tribunal de la Rote romaine pour l’inauguration de l’année judiciaire. Benoît XVI a appelé les membres du tribunal à ne pas "nier l’existence d’un lien conjugal indissoluble" et ainsi à limiter au possible leurs jugements en nullité ; à ne pas se laisser "séduire par d’autres voies ou interprétations qui impliquent une rupture avec la tradition de l’Eglise", en allusion à la légalisation dans certains pays d’unions homosexuelles :
"Ces voies s’éloignent de la véritable essence du mariage [et] sous diverses appellations plus ou moins attrayantes cherchent à dissimuler une contrefaçon de la réalité conjugale".
Benoît XVI a dénoncé le fait que se soit installée dans "certains milieux ecclésiastiques" l’idée que "des personnes dans une situation matrimoniale irrégulière" puissent avoir besoin d’une "régularisation", "indépendamment de la validité de leur mariage". Il a déploré le fait que le mariage soit trop souvent vu comme "une simple formalisation sociale des liens affectifs" et qu’il soit présenté "comme une superstructure légale que la volonté humaine pourrait manipuler à volonté, allant même jusqu’à la priver de son caractère hétérosexuel".
Sarkozy le paradoxal
Le candidat de l’UMP a déclaré, en réponse à François Hollande qui l’accusait de "captation d’héritage" pour ses multiples citations de figures historiques de gauche :
Je veux dire à tous les Français que nous sommes les héritiers d’une seule et même histoire dont nous avons toutes les raisons d’être fiers. […]
Oui je me reconnais dans Jaurès et dans Blum, dans Jules Ferry, dans Clemenceau, comme je me reconnais dans Péguy, dans Bernard Lazare, dans Lyautey et dans le Général De Gaulle.
[…]Ce que je sais c’est qu’il n’y a qu’une histoire de France et non pas deux, parce qu’il n’y a qu’une seule France.
Ce que je sais c’est qu’il y a des gens pour lesquels le patriotisme de parti sera toujours plus grand que l’amour de la patrie, alors que pour moi rien n’est plus grand que l’amour de la France.
Ce que je sais c’est qu’il y a des gens qui ne comprendront jamais que l’on veuille rassembler les Français, qui ne comprendront jamais que l’on puisse dire que lorsqu’il s’agit de la France il n’y a pas de camp.
Ce que je sais c’est que la gauche qui proclame que l’Ancien régime ce n’est pas la France, que les Croisades ce n’est pas la France, que la chrétienté ce n’est pas la France, que la droite ce n’est pas la France.Cette gauche là je l’accuse de communautarisme historique.
Henri Védas (via Le Figaro, papier)
La Marche pour la Vie dans Valeurs Actuelles
Lu dans la version papier, illustré d’une sympathique photo de jeunes manifestantes :
La troisième édition de la Marche pour la vie, qui s’est déroulée le 21 janvier à Paris, a réuni près de 15 000 personnes. Dans le comité de soutien figuraient quatre évêques : Mgrs Bagnard, Cattenoz, Centène et Rey. Hostiles à la loi Veil, les manifestants réclamaient aussi la révision dela loi sur la bioéthique, qui autorise la recherche sur les embryons. "Nous demandons le remplacement des lois actuelles par des lois favorables à l’accueil de la vie", a déclaré Paul Ginoux Defermon, du collectif "30 ans ça suffit" qui organisait cette marche. Les associations qu’il réunit plaident aussi pour la mise en place d’une aide matérielle et morale aux futures mères en difficulté. […] Près de 220 000 IVG sont pratiquées chaque année : "On est très loin des seuls ‘cas de détresse’ prévus dans la loide 1975, constate Paul Ginoux Defermon. Si tant de monde s’intéresse encore au sort de l’enfant à naître, trente ans après, c’est bien parce que chacun sait que l’embryon humain n’est pas qu’un ‘amas de cellules.’ "
Nicolas Sarkozy pour “le métissage”
Lors de son discours d’investiture le 14 janvier, Nicolas Sarkozy a déclaré :
"Je veux être le président d’une France qui aura compris que la création demain sera dans le mélange, dans l’ouverture, dans la rencontre, je n’ai pas peur du mot, dans le métissage."
Ce passage en gras n’apparaît pas dans le discours en ligne (vers la fin) sur le site de l’UMP, mais on peut l’entendre très distinctement dans la vidéo (à 1h16mn45).
UE : la Constitution sans débat
On apprend que lors de la réunion à Madrid réunissant les représentants des 18 pays ayant ratifié la constitution, le ministre espagnol a déclaré (en italique) :
"que la Constitution européenne est un «magnifique document qui sert bien les besoins de l’Union et de ses citoyens», et que s’il faut le modifier, à cause des ces imbéciles de Français et de Néerlandais, il faudra «rechercher un consensus pour compléter le traité plutôt que pour le démembrer».
Ce matin, d’autre part, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, écrit dans le Financial Times à propos de la Constitution européenne :
«[…] Ce serait bien que dans les pays où des élections sont prévues la Constitution européenne ne devienne pas un thème central de discussions au cours desquelles des positions politiques fermes seraient prises.»
Autrement dit, M. Steinmeier veut imposer le silence sur la Constitution européenne dans les rangs des candidats à la présidentielle en France. […]
Dans un communiqué, Jean-Marie Le Pen condamne la réunion à Madrid, "contraire au texte même qu’ils défendent, puisque celui-ci ne parle pas de majorité mais souligne que l’unanimité est nécessaire" et estime que
"[L]a résurrection annoncée de la défunte Constitution européenne doit être un thème central de la campagne […] et les candidats doivent se prononcer clairement sur ce sujet, qui engage ce qui reste de la souveraineté de leur pays. L’ingérence de M. Steinmeier dans les affaires intérieures françaises est précisément un exemple de l’insupportable dérive supranationale de l’Union européenne qui devait trouver sa consécration dans la Constitution."
Avorter c’est tuer
Dans Présent, Jeanne Smits revient sur la Marche pour la vie et rappelle que si l’aide aux femmes enceintes est nécessaire dans l’accueil de la vie, la dénonciation de ce qu’est l’avortement ne l’est pas moins :
"Il y a un tabou, il est clair est net : on peut parler tant qu’on veut de créer des conditions favorables à l’accueil des enfants, mais dire qu’avorter est un crime, qu’avorter c’est tuer, est jugé politiquement suicidaire. Et si c’était cette absence de vérité qui plombait nos combats ? Ne mésestimons pas, à cet égard, la chape de plomb que font peser les médias sur cette information. Mais force est de constater que nombre de candidats, dont nous ne mettons pas en doute l’opposition à l’avortement à titre personnel, ne veulent parler publiquement que de «drame», de «tragédie» et de la souffrance des femmes ayant avorté. Certes, il faut souligner ces choses-là ; mais voyezvous, trente ans après, ce langage «compassionnel» n’a pas fait avancer les choses d’un iota sur le plan du droit. Oui, le combat juridique sera long et ne se fera, probablement, que par étapes. Mais même pour cela il faudra bien faire sauter le verrou du politiquement correct.
Le Portugal est appelé aux urnes le 11 février pour un référendum sur la libéralisation de l’avortement […] et l’Eglise a clairement pris position, multipliant les campagnes d’information où l’on parle certes de l’indispensable soutien aux mères mais où revient le 5e commandement : tu ne tueras pas. Parce qu’un Etat qui organise la suppression de ses propres enfants est l’auteur de sa propre déchéance : comment le croire capable d’oeuvrer pour la justice ?"
UE : la Constitution se transforme en “traité”
Pour remplacer la Constitution européenne, le président de la délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne, le député Pierre Lequiller (UMP, membre de la Convention qui a rédigé, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, le traité actuel), propose à la présidence allemande de l’UE un nouveau projet de "traité institutionnel". Pierre Lequiller estime qu’il faut renoncer à ce stade au terme de Constitution, qui "induit une ambiguïté en laissant penser que l’Union est un Etat".
Ce traité garde intégralement la première partie du traité constitutionnel, laquelle serait complétée par les dispositions des troisième et quatrième parties "nouvelles par rapport aux traités existants et qui apparaissent indispensables à la mise en oeuvre" de la première partie. Concernant la deuxième partie, la Charte des droits fondamentaux, le député des Yvelines propose de la maintenir, mais, si cela s’avère difficile, de prévoir "un article de renvoi" ou de l’inscrire "en annexe".
Un tour de passe-passe qui ne dit pas son nom.
Avortement : une loi qui crée le droit d’attenter à la vie
Au cours d’un entretien à la télévision, Mgr Policarpo, archévêque de Lisbonne, a alerté sur le danger que soit instituée "une loi qui crée le droit d’attenter à la vie" estimant "qu’oter la vie, de qui que ce soit, ne peut pas être transformé en droit".
"La légalisation ne met pas fin à l’avortement clandestin et augmente de façon exponentielle le nombre d’avortements".
Jeudi le vicaire épiscopal de Vila Real (nord de Lisbonne), Manuel Linda, comparait l’avortement à "l’homicide volontaire, le terrorisme, la peine de mort, l’infanticide, le génocide et l’euthanasie". L’évêque de cette ville, Mgr Joaquim Goncalves, considère que la dépénalisation de l’avortement équivaut "au droit de tuer pour résoudre les problèmes sociaux de quelques-uns".
Obsèques de l’abbé Pierre
En ligne, l’homélie du Cardinal Barbarin (ici en pdf, là le livret de messe).
Pas de relation entre souverainistes au Parlement européen
Interrogé dans Présent, Bruno Gollnisch évoque les rapports entre son nouveau groupe au Parlement européen et celui d’Indépendance et Démocratie, dans lequel siègent les 3 députés du MPF :
"Qu’en est-il de vos relations avec les députés originaires du MPF ?
Il faut bien dire que les deux autres groupes [ID & UEN] souverainistes défendent assez mal le souverainisme. Le groupe Indépendance et démocratie, présidé par un ancien socialiste danois, Jens Peter Bonde, accueille Philippe de Villiers, Paul-Marie Coûteaux et Patrick Louis. Je serais ouvert, au titre de l’Union patriotique voulue par Jean-Marie Le Pen et sous réserve de son accord, à une coopération entre nos groupes mais je ne crois pas qu’ils en prennent le chemin. Je pense que Philippe de Villiers ne pèse pas lourd dans ce groupe. Ainsi Bonde est-il favorable à la suppression des sessions à Strasbourg…"
Face au totalitarisme : la dissidence catholique (suite)
Suite au commentaire critique de Jacques de Guillebon sur son post, Philippe Maxence fait une mise au point et poursuit la réflexion sur ce sujet qui concerne tout catholique :
"Je pense qu’il y a un nœud commun entre toutes les formes de totalitarisme et que ce nœud justement ne repose pas sur ce que vous appelez «la violence martiale». Le nazisme lui-même, en dehors de ses adversaires désignés et premiers en quelque sorte, a exercé sur le peuple allemand une pression totalitaire d’un autre ordre. […] Le nœud du totalitarisme, qu’il soit larvé ou non, me semble plus se situer dans une sorte de nihilisme relayé à tous les échelons de la société depuis l’État jusqu’à la plus petite école de campagne. Aujourd’hui, le totalitarisme n’a plus besoin du bruit des bottes. Il n’est même plus étatique. Il n’a presque plus besoin de l’enfermement et de l’interdiction. Il agit en détruisant les défenses immunitaires à la manière du sida. Sur le totalitarisme de notre société, je renvoie à […] l’article de Fabrice Hadjadj […] Parlant des fondements du nazisme, il termine son article sur Heidegger par cette remarque : «Or ces fondements du nazisme sont toujours enseignés dans nos écoles. Pour quelles nouvelles barbaries ?»
Finissons sur le sujet en vous donnant raison : la situation n’est certes pas aussi noire que je le dis. Aussi, si vous avez bien lu, vous aurez noté que je parle aussi de société "pré-totalitaire" car un raisonnement n’épuise pas la réalité. […] Prenons un cas précis. Telle famille qui fait l’école à la maison. Intégralement. Sans cours par correspondance. En vivant de sa foi. On ne lui met pas l’étoile jaune. Non. Et vous continuez vous de vivre tranquillement en écrivant vos livres et vos articles. Moi aussi, d’ailleurs. Mais la menace qui pèse sur elle, c’est qu’on lui enlève ses enfants pour les confier aux structures publiques. Cette menace est permanente pour des familles. Elle s’est concrétisée pour certaines. Dénonciations et passage devant les tribunaux. Pendant ce temps, nous dormons, vous et moi, bien tranquilles."
Les Marcheurs de Dieu
Voici l’affiche du prochain pèlerinage de Pentecôte à Chartres, les 26, 27 et 28 mai, Chrétienté, tradition, Mission. Chaque journée comprend un sous-thème. Samedi : Foi et Tradition sous le patronage du patriarche Abraham. Dimanche : Espérance et Chrétienté sous le patronage des cristeros béatifiés ou canonisés. Lundi : Charité et Mission sous le patronage de la Bienheureuse Anne-Marie Javouhey.
Ségolène Royal souhaite l’indépendance de la Corse
… mais il ne faut surtout pas le dire ! C’est ce qui ressort de son entretien avec le pseudo-Premier ministre québécois.
L’imitateur Gérald Dahan a piégé Ségolène Royal en se faisant passer pour le Premier ministre du Québec Jean Charest. Le Parisien/Aujourd’hui en France précise que le canular a tellement bien fonctionné que, mercredi soir en arrivant à Domérat (Allier), la candidate a déclaré au millier de sympathisants : "Vous avez le bonjour du Premier ministre du Québec. J’étais avec lui à l’instant au téléphone ce qui explique mon retard".
Dissidence catholique
Sur son blog, Philippe Maxence propose une analyse critique du dernier numéro de Permanences (voir nos précédents posts sur ce sujet ici, ici). Extraits :
"La dissidence, si l’on comprend bien ce terme et que l’on fait effort pour saisir de quoi il s’agit, vise non pas à fuir la politique, mais à choisir d’autres formes d’action que celles envisagées jusqu’ici. […] De ce fait, une réflexion sur l’État qui prend pour référence des textes de Pie XII, Jean Daujat, Marcel de la Bigne de Villeneuve, Gaston Fessard ou Louis Dauménie, textes dont le plus récent remonte à 1962, si l’on met de côté le Catéchisme de l’Église catholique, laisse à penser que l’on ne prend pas suffisamment en compte l’évolution profonde du pouvoir et de l’État séculariste. Un seul exemple : peut-on parler de bien commun dans une «société» qui a les caractéristiques d’une «dissociété» ? C’est-à-dire dans une société qui n’en est plus une ? […] L’État moderne n’est pas seulement un État «déconfessionnalisé» qui pourrait continuer à rechercher, par ailleurs, à la manière des Hussards de la République, un bien naturel sans Dieu. Nous sommes passés à un autre stade qui fait de cet État un État totalitaire ou pré-totalitaire. […]
Le communautarisme est devenu le chiffon rouge que l’on agite aujourd’hui pour se convaincre que son adversaire a tort. Seulement, sous ce vocable, de quoi parle-t-on ? Le terme n’est jamais défini. Parle-t-on d’un communautarisme éthique qui reconnaît et institutionnalise toutes les déviances ? Parle-t-on d’un communautarisme qui vise à diviser la France en communautés ethniques ? Évoque-t-on, au contraire, les communautés intermédiaires nécessaires à une véritable vie sociale, entre la famille, qui n’est pas une communauté intermédiaire, mais la cellule de base, et l’État ? Rien n’est dit. […]
La comparaison avec la société romaine est révélatrice. Nicole Buron nous laisse entendre que les chrétiens ont participé à la vie sociale et politique romaine sous l’empire. La remarque est en partie vraie. Seulement, les chrétiens ont fondamentalement refusé d’adorer des faux Dieu et des idoles, ce qui dans la société païenne de l’époque est un acte de dissidence d’une portée sociale et politique. Autre remarque : l’État païen, aussi sanguinaire qu’il fut, n’a rien à voir avec l’État moderne. […] Il y a un appareil d’État, une prise en main des consciences, une utilisation de l’opinion publique, etc., dans l’État moderne que l’on ne retrouve pas dans l’État païen antique.
Il ne s’agit pas de vouloir imposer un point de vue. Dissidence contre utilisation du système. J’estime, au contraire, que nous avons besoin des deux démarches, parce qu’elles se complètent plutôt qu’elles ne s’excluent. On peut encourager des jeunes professeurs à tenter d’enseigner dans le Public ou l’école sous-contrat tout en faisant tout pour que se développent les écoles hors-contrat. […] La dissidence consiste donc, individuellement et socialement, a adopter des comportements qui récusent la modernité dans ses traductions les plus évidentes : refus de la vie, de la famille, consumérisme, système technicien, économisme, découplage du pouvoir et de la responsabilité. […] De ce fait, chaque acte que nous posons aujourd’hui nous engage et devient ou non un acte de dissidence. […] Soljenitsyne nous a également appris que le premier acte de dissidence est le refus du mensonge. Toujours et partout."
Gérard Gachet quitte Valeurs actuelles
Il l’annonce dans son "carnet" d’aujourd’hui :
Après plus de six années passées à la direction de sa rédaction, les circonstances m’amènent à quitter Valeurs actuelles. […]
Que ceux d’entre vous qui souhaiteraient continuer à me lire sachent qu’ils pourront encore le faire. Tout d’abord dans un livre, la France sans complexe, que publieront à la fin février les éditions du Rocher ; et sur Internet, à travers un blog qui verra très prochainement le jour.
Un blog qui pourrait bien prendre sa place dans notre colonne de liens !
Chronique du référendum au Portugal
Un foetus en plastique, bouche et yeux parfaitement dessinés, a été distribué lors d’une conférence de presse à Lisbonne du mouvement "Non merci", hostile à la dépénalisation de l’avortement. Le porte-parole du mouvement Joao Paula Malta explique :
"C’est sur lui que nous allons voter. Nous allons voter sur la vie d’un bébé qui est comme ça".
Nuno Teija Vieria, directeur de "Non merci", affirme :
"Nous voulons que les gens voient ce qui est en jeu dans l’avortement et qu’ils en discutent de façon concrète".
La Marche pour la Vie dans Famille chrétienne
Extraits :
Ce dimanche 21 janvier, près de 15 000 marcheurs – des jeunes en majeure partie, quelques ecclésiastiques en soutane et de courageux élus – battaient le pavé parisien, entre la République et l’Opéra, brandissant ballons et banderoles. […]
L’hebdomadaire rappelle le soutien apporté à la marche par quatre évêques :
Ainsi se sont élevées quatre voix épiscopales, pour le respect de la vie humaine, de sa conception à son terme naturel, dans un bel encouragement pour toutes ces petites associations qui tâchent de mobiliser leurs troupes, bon an, mal an, avec les moyens du bord, jamais négligeables. « Au-delà de cette journée symbolique il faut tout mettre en œuvre pour accompagner les personnes qui sont confrontées aux choix toujours dramatiques de l’avortement et ne rien négliger de ce qui peut les aider positivement à sauver la vie plutôt qu’à la perdre » [a déclaré Mgr Centène, évêque de Vannes]. […]
Vers 17 heures, la place de l’Opéra était envahie par une marée humaine, et le Docteur François Volff, médecin, évangélique, président de l’Acpervie-sos.maternité (association des chrétiens protestants et évangéliques pour le respect de la vie), prononçait le discours de clôture […]. Au cœur de la Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, cette heureuse concertation entre catholiques et évangéliques méritait d’être saluée.
Pologne : la conception en débat
Une commission extraordinaire du Parlement polonais évalue la demande de la Ligue des familles polonaises (LPR) qui consiste à inscrire dans l’article 38 de la Constitution polonaise la protection de la vie "dès la conception". L’avortement n’est autorisée en Pologne qu’en cas de viol, d’inceste, de danger pour la vie de la mère ou de malformation irréversible du foetus. Le projet de la LPR, présente au gouvernement depuis le printemps 2006, a été contrecarré par une autre proposition, émanant cette fois-ci de la droite au pouvoir (Droit et justice, PiS). Début janvier, le premier ministre, Jaroslaw Kaczynski, a suggéré d’inscrire dans la Constitution que "la République protège, à travers la loi et les efforts des pouvoirs publics, la vie des enfants conçus".
Certains prélats approuvent le projet de la LPR, quand d’autres, comme Mgr Tadeusz Pieronek à Cracovie, enjoignent de préserver la législation actuelle. Résultat d’un cadre législatif restrictif, moins de 200 femmes ont officiellement recours à un avortement, chaque année, en Pologne. La Fédération du planning familial à Varsovie estime de façon farfelue que 80 000 à 200 000 Polonaises avorteraient, chaque année, en toute clandestinité. On connaît la manipulation du planning familial, habituelle dans ce domaine.
Une réunion informelle pour relancer la Constitution
Les 18 pays qui ont ratifié la Constitution européenne se réunissent demain à Madrid pour tenter de relancer le traité. Un diplomate espagnol explique :
"Nous voulons que la voix des 18 soit entendue. Il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre, le but est de trouver une solution."
La réunion est coparrainée par l’Espagne et le Portugal. Angela Merkel, qui a promis de trouver une issue à l’impasse sur le projet constitutionnel avec une diplomatie apaisée, voit ce rendez-vous d’un oeil défavorable. Berlin n’enverra qu’un ambassadeur, comme observateur, à cette réunion, qui rassemblera des secrétaires d’Etat aux Affaires européennes. La rencontre est également mal perçue aux Pays-Bas. Les autorités néerlandaises estiment que le texte doit être remanié en profondeur pour que sa ratification puisse être à nouveau envisagée. Le Luxembourg a renoncé à la tenue d’une deuxième réunion, qui aurait rassemblé l’ensemble des 27 pays de l’UE fin février. En France, Marie-George Buffet appelle Paris à "dénoncer la réunion de Madrid", qui "s’apparente à un véritable coup de force" :
"Il s’agit de trouver les moyens d’imposer la Constitution libérale en signifiant aux Français et aux Néerlandais que leur vote est nul et non avenu".
Jean d’Orléans dans Valeurs Actuelles
Le fils aîné du Comte de Paris a été interviewé dans le numéro de vendredi dernier (version papier). Extrait :
Quel jugement portez-vous sur l’état de la France ?
Je trouve le débat politique assez pauvre. Tous les candidats à la présidentielle sont dans le circuit depuis de nombreuses années. Ils ont du mal à prendre de la hauteur. […] Ils prétendent tout régler dans le moindre détail : l’activité des entreprises, la vie des familles, la façon d’éduquer les enfants… Il devient alors très difficile de prendre une initiative sans qu’on vous oblige à rentrer dans le rang. Tout est corseté politiquement, intellectuellement, juridiquement. […]
Quelle est la mission du "prince chrétien" que vous êtes ?
Servir son pays. Je crois qu’il n’y a rien de plus important que le respect de l’homme, depuis sa conception jusqu’à la fin de sa vie. […]
Adoption par les homos : Blair mi-chèvre mi-chou
Dans la polémique qui l’oppose aux catholiques et anglicans concernant l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, Tony Blair a promis une décision dès la semaine prochaine. Dans un communiqué extrêmement prudent, le Premier ministre déclare qu’il
"avait toujours été, à titre personnel, pour le droit d’adopter par des couples homosexuels. Notre priorité sera toujours le bien-être de l’enfant".
Et insistant sur le "travail superbe" que font les agences d’adoption catholiques au Royaume-Uni, il a ajouté : "nous annoncerons une décision la semaine prochaine, et voterons, probablement le mois prochain".
"Les couples homosexuels, comme les agences catholiques ont eu beaucoup de succès quand il s’agit de l’adoption d’enfants difficiles à placer. Comment protéger le principe de mettre un terme aux discriminations contre les homosexuels, et protéger en même temps ces enfants vulnérables qui actuellement sont placés via les agences catholiques d’adoption ? Je suis déterminé à trouver une façon de régler cette question sensible et difficile".
Chronique libanaise
Des étudiants se sont affrontés sur le campus d’une université de Beyrouth, en se jetant des pierres et d’autres objets les uns sur les autres. Au moins 17 étudiants ont été blessés. Des étudiants membres de la milice chiite Amal, liée à l’opposition, ont eu des mots avec des membres du Mouvement du futur, qui soutient le gouvernement. Les étudiants des deux bords en sont ensuite venus aux mains.
En outre, des militants islamistes ont tiré des mortiers et des grenades sur des soldats libanais qui se déployaient près du camp de réfugiés palestiniens d’Ein el-Hilweh, dans le sud du Liban. Un soldat et deux civils ont été blessés, alors que plusieurs centaines de résidents ont dû prendre la fuite. Les soldats ont répliqué au cours d’une fusillade qui a duré une dizaine de minutes.
"Le montant de la collecte faite au profit du Liban s’élève" à "un peu plus de 7,6 milliards de dollars" (5,84 Md€), a annoncé Jacques Chirac, avant une suspension des travaux de la conférence internationale "Paris III" sur le Liban. Ce plan doit ramener l’endettement du pays, qui atteint le niveau record de 180% du PIB, soit 40 milliards de dollars, à 144% du PIB en 2011.
18h00 : L’armée libanaise impose un couvre-feu à Beyrouth pour faire cesser les violences. Il y a eu 2 morts et 35 blessés au cours d’une fusillade.
Instabilité intéressante aux Pays-Bas
Lu sur l’excellent Gènéthique.org :
"Depuis les élections législatives du 22 novembre, les partis hollandais négocient pour former une coalition gouvernementale et les discussions sont animées par des questions éthiques ou "de société". Sur les 150 sièges que compte la Chambre des députés, 41 sont détenus par le parti chrétien-démocrate (CDA) du premier ministre sortant Jan Peter Balkenende et 33 par le parti travailliste (PvdA).
Les petits partis peuvent donc peser sur les discussions en cours, à l’instar du ChristenUnie (CU), parti protestant qui a six élus. Le CU s’élève contre certaines lois adoptées dans les années 1990-2000 par des coalitions n’incluant aucun parti chrétien : légalisation de l’euthanasie, de la prostitution, de la consommation de drogues douces, du mariage homosexuel… Si le CU ne dispose pas d’une majorité pour obtenir l’abrogation de ces lois entrées dans les mœurs, il est vraisemblable qu’il obtiendra des conditions d’application plus strictes sur ces lois, notamment l’euthanasie. Il souhaite aussi lancer un grand débat pour réduire le délai légal d’avortement, de 24 semaines aujourd’hui."







