Blogs avec images

Y-a-t-il des situations désespérées dans la vie conjugale ?

Le Père Bruno Bouvier, chanoine régulier de Saint Augustin,  prêchera une session “Marie qui guérit les couples” les 25 et 26 mars au sanctuaire ND de l’Epine (à 5km de Châlons en Champagne). Pour information et inscription : 24h pour soigner son couple à la Basilique Notre-Dame de l’Epine (51) (weezevent.com)

Il répond à quelques questions :

Qu’est-ce que vous avez envie de dire aux couples pour leur donner envie de venir à la session ” 24h pour soigner son couple ” ?

Lorsque Dieu a créé l’homme et la femme, il les a placés face à face pour se découvrir et grandir dans l’amour mutuel. Dieu, le Créateur, donne l’homme à la femme et réciproquement. Ce don est magnifique mais appelle un accueil au quotidien. Il s’agit donc de se laisser faire par Dieu tout en prenant sa part. Il y a là un appel lancé par Dieu. Cette vocation à “garder et cultiver” l’amour conjugal est une demande divine de prendre soin de cette belle réalité qu’est le couple uni par le lien de la charité. La vocation à la vie conjugale comporte cette exigence de se placer chaque jour sous le regard de Dieu pour un ressourcement nécessaire et bénéfique. Mais il est très bon de prendre un temps plus long, 24h, pour renouer avec ce qu’est la joie conjugale au milieu d’un monde et d’un rythme de vie qui ne favorisent pas toujours la joie. La faiblesse, le péché, le mal, la routine ne doivent pas gagner la partie ! Il s’agit de prendre les moyens d’avancer pour approfondir la beauté de l’amour conjugal.

Selon vous y-a-t-il des situations désespérées dans la vie conjugale ?

Sans aucun angélisme, rien ne peut être désespéré tant que nous sommes en vie !! Mais des tendances, des habitudes dans la vie de couple peuvent ruiner la confiance. Il est donc important de s’arrêter pour écouter ce que Dieu a à dire et ce que la conjoint a aussi à exprimer, à demander pour sortir d’une situation de lassitude, de routine, de monotonie… Se laisser accompagner est le gage de maturité.

La routine dans le mariage est-elle un signal à prendre en considération ?

La régularité dans la vie de couple est gage de croissance. Ce n’est pas la routine. Lorsque la vie quotidienne devient lourde, lorsque les enfants prennent la première place, lorsque la vie professionnelle occupe à plein temps, il faut en sortir par le haut ! Il ne s’agit pas de se contenter de répétitions ou de routine, il importe de s’arrêter pour revisiter sa vie de couple, pour vérifier, en vérité, la pertinence des choix posés et l’équilibre humain, affectif et spirituel des époux.

Un dernier mot ?

Dieu veut que les couples soient heureux ! Il veut les accompagner, les soigner, mais il invite avec délicatesse à prendre le temps pour celà !! Alors, décidez de vivre ces “24h pour soigner les couples” ! Surtout si votre emploi du temps ne vous parait pas, au premier abord, le permettre. Car la grâce est offerte à ceux qui ont soif !

La France sous pilule, origine et perspective du mal démographique 6/7

Un lecteur du SB nous partage l’analyse statistique suivante sur le nombre d’avortements induits par la pilule contraceptive. Diffusion en 7 parties.

6. Une génération de survivants

Le chercheur et psychiatre Philip G. Ney, fin analyste du syndrome des survivants16 dans les sociétés pratiquant l’avortement, écrivait dans un article publié en 1998, A Consideration of Abortion Survivors17 : « Depuis des temps immémoriaux, il était tabou de s’attaquer à une personne sans défense, blessée ou à celle qui porte la vie. Même en temps de terrible agression déchaînée ou de guerre, attaquer des enfants était une atrocité. Aujourd’hui, la société sanctionne légalement et paie pour la destruction, à grande échelle, de la vie sans défense. Ce tabou a été brisé par tant de personnes qu’elles ont une réaction réprimée pour protéger les enfants à naître et les nouveau-nés.

La rupture de ce tabou ne suscite plus de protestation sociale. Face à une menace qui peut mettre en danger l’espèce, la société est devenue de plus en plus passive et inefficacement permissive. Il est prouvé que dans les pays où les avortements sont libres depuis longtemps, la croissance négative de la population n’est pas arrêtée par une restriction des lois sur l’avortement. (…) Même lorsque des incitations financières ont été utilisées dans les pays communistes, le désir d’avoir des enfants diminue. La survie de notre espèce pourrait être menacée car l’avortement interrompt la mutualité parent-enfant et dévalorise les enfants. Avec la mise au point de prostaglandines, le souhait de certaines féministes s’est réalisé. Chaque femme peut désormais pratiquer son propre avortement à domicile et le tenter à n’importe quel stade de la grossesse. Il y aura de nombreuses complications médicales, mais plus encore de troubles psychiatriques découlant du conflit impossible d’une femme essayant de décider si elle doit jeter le nourrisson vivant qui se débat dans les toilettes ou se précipiter à l’hôpital pour le réanimer. Si environ 50% des femmes en âge de procréer se procurent des avortements, cela signifie probablement que 50% des hommes fertiles contraignent les femmes ou sont de connivence avec l’avortement. Lorsque les avortements sont pratiqués sous les draps chirurgicaux par un professionnel, la plupart des gens peuvent croire qu’il ne s’agit que d’un « tissu ». Lorsque les gens subiront des avortements à la prostaglandine chez eux, ils verront que ce qu’ils viennent d’achever a vraiment l’air humain. Les conflits intenses, l’ambivalence et le chagrin peuvent affecter la santé des parents et influencer la façon dont ils interagissent avec leurs enfants survivants. »

A suivre

16 https://www.heartbeatservices.org/pdf/Post-Abortion_Survivor_Syndrome.pdf
17 http://www.mattes.de/buecher/praenatale_psychologie/PP_PDF/PP_10_1_Ney.pdf

Le « Dhimmi » d’Or est décerné à Papy Guterres

Le CCIE (Collectif contre l’islamophobie en Europe, le grand frère du CCIF qui a été dissous en 2020 par le gouvernement français) lui-même n’a pas dû en croire ses oreilles.

Dans l’échelle de la servilité à l’égard de l’islam et des musulmans, le message de M. A. Guterres, secrétaire général des Nations Unies, à l’occasion du prochain ramadan est véritablement hors-catégorie. Voilà le verbatim :

« Nous sommes à quelques jours du début du Ramadan. Depuis plus d’un millénaire, le message de paix, de compassion et de grâce de l’islam inspire les gens du monde entier. Le mot même « islam » est dérivé de la même racine du mot « salam » ou paix. En tant que haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, j’ai vu la générosité des pays musulmans accueillant des personnes contraintes de fuir leurs foyers alors que tant d’autres pays fermaient leurs frontières. J’ai vu la manifestation moderne de ce qui se trouve dans la sourate al-Tawba du Saint-Coran [ sic] et je cite : « Si l’un d’eux [des associateurs] te demande asile, accorde-le lui, afin qu’il entende la parole d’Allah puis fais le parvenir à son lieu de sécurité ». »

Essayons de comprendre ce grand numéro de propagande.

Tout d’abord, une précision sur le terme d’associateurs. Il s’agit de ceux qui pratiquent le polythéisme (ou shirk). Pour l’islam, les chrétiens (avec la Sainte-Trinité) sont considérés comme des polythéistes. Mais le site L’Islam en questions-réponses (qui vaut ce qu’il vaut) indique même que « Les Juifs et les Chrétiens sont des mécréants polythéistes » (donc des associateurs).

Ensuite, et comme d’habitude (nous vous conseillons la chronique du Salon beige intitulée L’islam, religion de paix et d’amour ? Eléments de décryptage des citations coraniques à l’usage de ceux qui refusent la propagande) quand on vous cite un verset du Coran (ici, le verset cité par Papy Guterres est le verset 6 de la sourate 9, dite du Désaveu ou du Repentir), il faut aller immédiatement dans le Coran pour lire ce qu’il y a autour. A des fins de complétude pour ceux qui voudraient le détail, nous reproduisons en pièce jointe à la fin de l’article les deux premières pages de cette sourate (version Coran Assabile).

Qu’y trouvons-nous ?

Eh bien, le verset 6 est, comme de bien naturel, précédé du verset 5 qui, rempli de paix, de compassion et de grâce, indique :

« Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite, ils se repentent, accomplissent la Salât [NDLR : la Prière. L’associateur est donc devenu musulman] et acquittent la Zakât [NDLR : l’impôt spécifique acquitté par les non-musulmans soumis au pouvoir musulman ; non-musulman devenu ipso facto un dhimmi], alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux ».

On trouve aussi dans tous ces versets l’idée de pacte. Le musulman accepte –temporairement- un pacte avec des associateurs. Ces derniers étant, comme de juste, accusés ensuite de ne pas le respecter. Et c’est là que le titre de la sourate (qui a un total de 129 versets, nous n’en sommes qu’au début) qui est « Le Désaveu ou Le Repentir » est bien intéressant. Le Coran Assabile y aJoute même une petite note infra-paginale d’explication :

« Cette sourate est la seule qui ne commence pas par le nom d’Allah, étant considérée comme une continuation de la sourate 8, ou du fait qu’elle annonce la fin de la paix entre musulmans et associateurs ».

Et le « désaveu » signifie cette capacité donnée aux musulmans de dénoncer sans frais le pacte (« Allah couvre d’ignominie les mécréants »).

Et au surplus, dans le cadre d’une recherche sur Google de la notion de désaveu, nous sommes tombés (par hasard) sur un document un peu structuré intitulé « Alliance et Désaveu en Islam » (qui vaut ce qu’il vaut) écrit par Sheykh Sâlih ibn Fawzân El Fawzân (ce qui est certainement gage de qualité) et traduit par Abu Talha Said El Djazairi (autre gage évident de qualité). On y trouve ce moment de, comment il dit déjà Papy Guterres ?, « de paix, de compassion et de grâce » :

« Ainsi, parmi les fondements du credo islamique, on trouve le fait que le musulman y adhérant doit s’allier aux adeptes de cette croyance et prendre comme ennemis les adversaires de ce credo. Il aime donc les adeptes du Monothéisme (Tawhîd), du culte exclusif et sincère d’Allah, et s’allie à eux. Quant aux polythéistes, il les déteste et les considère comme ennemis. »

Maintenant un peu plus éclairés, reprenons le verset 6.

  • On remarquera que l’associateur qui demande asile est celui qui n’aura pas été au préalable tué au verset 5. Peut-être est-ce, encore une fois, parce qu’il s’est soumis (pas par la conversion car alors il ne serait plus associateur mais par le paiement de l’impôt adhoc).
  • On remarquera aussi que cette preuve éminente de paix, de compassion et de grâce est quand même soumise audésaveu toujours possible.
  • Et d’ailleurs, les versets suivants appellent à nouveau au combat, comme si souvent dans le Coran.

Papy Guterres est champion pour la soumission volontaire. Sans doute a-t-il besoin de quelque argent pour ses bonnes œuvres. Et il faut avouer que nous anticipons, quoique moins emblématiques, quelques déclarations bienveillantes de la part d’institutionnels catholiques quand viendra le temps de souhaiter aux musulmans un bon ramadan. Après tout, Auchan le fait bien : ah, ce temps de jeûne !

Pièce justificative : les versets 1 à 13 de la sourate 9.

Un culte laïc ?

Dans France catholique, Guillaume Bonnet évoque la constitutionnalisation de l’avortement. Extrait :

On sait depuis longtemps que le sacrifice de nouveaux-nés, voire d’enfants à naître est un culte satanique. Aux Etats-Unis, le Temple satanique, qui se bat farouchement pour l’avortement, a lancé une clinique dans ce sens. Le culte rendu à Satan, dans l’Antiquité (Moloch, Baal, etc.), consiste à effectuer des sacrifices humains (contrairement aux cultes juifs et païens sacrifiant des animaux), le culte “parfait” étant le sacrifice de nouveaux-nés…

Les attaques contre les églises au Chili se multiplient

Vers minuit le samedi 4 mars, huit inconnus armés et cagoulés se sont approchés de la chapelle Nuestra Señora de los Rayos, située dans la localité rurale de California, dans la région d’Araucanie, au centre du Chili, et y ont mis le feu.

Les assaillants ont laissé des tracts et une banderole revendiquant leur crime et annonçant des actions plus violentes. « Chaque balle qui sera tirée sera rendue. Temucuicui résiste. RMM ». L’acronyme RMM signifie « Résistance Mapuche Malleco », un groupe de guérilleros qui prétend défendre les droits du peuple autochtone mapuche et qui a déjà été responsable d’autres attaques dans le passé.

Les flammes ont consumé le bâtiment en quelques minutes. « Comme un petit miracle, une petite statue en plâtre de la Vierge Marie qui était restée longtemps dans une grotte voisine a été sauvée », ajoute la directrice de l’AED en Chili.

L’attaque de cette chapelle n’est qu’un exemple parmi d’autres. Des dizaines de lieux sacrés chrétiens ont été attaqués au Chili. Selon le Rapport mondial sur la liberté religieuse de 2021, rédigé par l’AED, rien qu’entre octobre 2019 et octobre 2020, des actes de vandalisme et des dommages ont été commis au Chili, dans 59 églises à travers le pays, dont 53 catholiques et 6 évangéliques. Bien qu’il n’y ait pas de décompte officiel actuel, il existe un consensus sur le fait que ce nombre a considérablement augmenté depuis lors.

Magdalena Lira, directrice nationale du bureau chilien de l’AED, explique :

« Pour certains de ces petits groupes, qui utilisent la violence comme un moyen d’exiger la restitution des terres, le christianisme est un symbole de colonisation, ce qui est inexact. Plusieurs études montrent que la grande majorité du peuple mapuche est et se sent chrétien. De nombreuses chapelles ont été construites au prix de grands efforts par l’ensemble de la communauté, comme celle qui vient d’être incendiée. Pouvez-vous imaginer la douleur et l’impuissance de la communauté quand elle a vu le feu consumer ce qu’elle avait construit et entretenu avec tant de soin ? L’église ne se résume pas à ses murs, elle renferme la mémoire de toute une communauté qui a développé sa vie de foi autour d’elle ».

Il y a des femmes qui souhaiteraient avoir davantage d’enfants et l’Etat devrait les soutenir

Soins palliatifs : une culture de vie face à la peur de la mort

Dans le contexte, la rédaction de KTO vous invite, dans cette émission de moins d’une heure, à découvrir l’engagement et le savoir-faire français des équipes en soins palliatifs, mis en péril par la légalisation programmée de l’euthanasie ou du suicide assisté. L’annonce de cette évolution législative par le gouvernement semble fixer l’issue des débats de la Convention citoyenne ou même ceux du Parlement. Pourquoi cette orientation apparaît-elle incompatible pour de nombreux soignants avec la démarche de soins palliatifs ? D’où viennent ces soins palliatifs ? En quoi consistent-ils ?

Et vous pouvez toujours organiser une séance pour voir le documentaire sur l’euthanasie. Il suffit de vous inscrire ici.

Je souhaite
(Indiquer le numéro - pour l'outre-mer: 97 - pour l'étranger: 99)

Le combat juridique dans la défense de la vie : l’exemple de Juristes pour l’Enfance

Le 8 mars, Aude Mirkovic est intervenue lors d’une des Soirées du Réseau Vie. Aude Mirkovic est maitre de conférence habilitée à diriger des recherches (HDR) en droit. Elle est porte-parole de l’association Juristes pour l’Enfance. Elle a quitté son poste universitaire afin de se consacrer à temps plein à la défense des plus faibles.

 

E comme Evêque

Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:

Le fil Twitter du Salon beige nous invite à prendre connaissance du message de l’évêque de Nantes, adressé aux musulmans de Loire-Atlantique à l’occasion de la fin du Ramadan…

… L’évêque rappelle un extrait du document malheureusement signé par le Pape « sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et le vivre ensemble »: l’islam y est encore décrit comme «enraciné dans les valeurs de la paix, défendant les valeurs de compréhension mutuelle, de fraternité humaine et de coexistence harmonieuse. » Essayons de mesurer ceci à l’aune de l’avancée du terrorisme musulman au Burkina Faso. Rien que du récent.

  • Le 12 mai 2019, attaque « terroriste » en pleine célébration eucharistique à Dablo. Le prêtre et cinq autres fidèles sont tués.
  • Le 13 mai, quatre catholiques sont tués par des « terroristes » au cours d’une procession religieuse à Zimtenga.
  • Le 14 mai, le prêtre de l’église de Dolbel (à la frontière avec le Mali et le Niger) est blessé par balles.
  • Enfin (jusqu’à présent), à Toulfé le 26 mai, une attaque « terroriste » au cours de la célébration de la messe dominicale fait quatre morts.

Edifiant! Et l’évêque impavide de conclure par cette salutation typiquement musulmane: « la bénédiction de Dieu, le Tout-Puissant et Miséricordieux »

(Extrait de “Face à l’islam, l’aveuglement épiscopal fait mal” – Le 30 mai 2019)

 

Islam et islamisation dans une France macronisée

 

Beaupréau-en-Mauges : l’église St Martin ne sera pas transformée en médiathèque

Nous avions évoqué cet sujet en mai 2021 puis en juillet 2022. Finalement, le maire de Beaupréau-en-Mauges estime que le projet de reconversion de l’église Saint-Martin s’avère compromis. En effet, l’évêché refuse de céder le transept de l’église pour la transformer en médiathèque.

Le conseil municipal de Beaupréau-en-Mauges actera, lors de sa prochaine réunion le 30 mars, la fin de cette hypothèse.

Etats-Unis : attaques contre le secret de la confession

Un représentant de l’Etat du Delaware (côte Est des Etats-Unis) a déposé un projet de loi visant à abroger le secret de confession dans les cas d’abus sexuels envers des mineurs.

Le diocèse de Wilmington a répondu que la confidentialité du sacrement n’était « pas négociable ».

« Le sacrement de confession et le secret de la confession sont un aspect fondamental de la théologie et de la pratique sacramentelle de l’Eglise »

« Aucun prêtre ou évêque catholique ne briserait jamais le sceau de la confession, quelles que soient les circonstances ». « Cela entraînerait une excommunication automatique que seul le pape lui-même pourrait lever ».

Le projet de loi HB 74 a été proposé par le démocrate dEric Morrison. S’il est adopté, il modifiera le titre 16 du code du Delaware relatif au signalement obligatoire des cas de maltraitance d’enfants.

Le 3 mars, Angela Romero, représentante démocrate de l’Etat de l’Utah, a présenté un projet de loi similaire.

D’autres exemples récents incluent le Wisconsin l’année dernière, le Montana et le Dakota du Nord en 2021, et l’Arizona en 2020. De nombreux Etats ont adopté des lois relatives au signalement des abus commis sur des enfants, mais elles prévoient souvent des exemptions pour les membres du clergé dans le domaine de la confession.

Enfin un “état des lieux exhaustif de la menace terroriste d’extrême droite” !

Le 15 mars, la Commission des lois de l’Assemblée nationale procèdera à la nomination d’un rapporteur sur la proposition de loi de M. Aurélien Taché (NUPES), M. Hubert Julien-Laferrière et plusieurs de leurs collègues pour dresser un état des lieux exhaustif de la menace terroriste d’extrême droite (n° 877).

Cette PPL sera examinée en commission le 29 mars.

Finira-t-on par savoir ce qu’est cette strème-droâte qui terrorise tout le monde ? Dans l’exposé des motifs, Aurélien Taché écrit :

Partout, la menace monte. Partout, il ne se passe un jour sans que l’extrême droite défile dans nos rues, agresse des militants politiques, ou même soupçonne certains de nos citoyens d’actes malveillants en raison de leur couleur de peau. Pourtant, il n’existe aujourd’hui pas d’état des lieux de la menace terroriste suprémaciste dans notre pays. Et à cela s’ajoute le phénomène de radicalisation sur Internet. En décembre 2022, Europol a averti que la menace des communautés d’extrême droite transnationale en ligne menant à des attaques augmente. Cet avertissement faisait suite à une opération qui a conduit à signaler plus de 800 exemples de contenu violent ou « terroriste ». La menace est réelle et il faut la mesurer afin de la combattre : nous ne pouvons attendre un attentat et les morts qu’il pourrait engendrer pour enfin réagir.

La menace des Black-blocs, ce sera pour une autre fois.

Idéologie du genre : Victoire des Juristes pour l’enfance face à la CAF

En janvier, la CAF publiait cet article :

Constatant que cet article manquait aux principes de neutralité, d’impartialité et d’indépendance du service public,

Juristes pour l’enfance a adressé, par la voix de son avocat, deux courriers à la CAF au mois de février et de mars 2023 lui demandant de retirer cet article.

En effet, sous couvert d’apporter une aide aux parents confrontés aux difficultés de leurs enfants, cet article se faisait le porte-parole d’associations militant pour banaliser et encourager la “transidentité” chez les enfants, sans faire référence au débat contradictoire qui existe sur ces questions.

Il donnait la parole à trois intervenantes appartenant toutes les 3 aux associations militantes GRANDIR TRANS et OUTRANS et renvoyait aux sites de ces associations militantes donnant ainsi aux parents une information partisane et biaisée, de nature à les induire en erreur et à priver les enfants des soins adéquats et appropriés auxquels ils ont droit.

La CAF vient de modifier la page de son site pour enfin :

  • Souligner que le traitement médical avait des impacts lourds,
  • Recommander d’assurer dans un premier temps un accompagnement psychologique des enfants et des parents,
  • Alerter sur le risque de surestimation diagnostique et le nombre croissant de jeunes adultes transgenres souhaitant “détransitionner”,
  • Renvoyer aux préconisations de l’Académie de médecine sur une prise en charge avant tout psychologique des enfants et des adolescents en questionnement de genre.

Nous saluons la forte mobilisation dans cette affaire et, en particulier, la Tribune de 80 signataires, professionnels de santé, intellectuels, universitaires publiée dans Le Figaro le 16 février, ainsi que les multiples courriers sans doute adressés à la CAF par des médecins, parents et autres citoyens soucieux de préserver les enfants du piège d’un prétendu changement de sexe.  

Juristes pour l’Enfance se réjouit de cette victoire et demande encore à la CAF de rappeler l’influence des réseaux sociaux sur ces questions, de renvoyer vers le site d’information de l’Observatoire de la petite Sirène qui diffuse des études scientifiques et des analyses comparées entre les pays, et vers le site Ypomoni de l’association de parents d’enfants qui s’identifient trans.

Les Apprentis sorciers – tout ce que l’on vous cache sur l’ARN Messager

Alexandra Henrion-Caude, généticienne, ancienne directrice de recherche à l’Inserm, directrice de l’Institut de recherche SimplissimA, auteur du livre Les Apprentis sorciers. Tout ce que l’on vous cache sur l’ARN Messager était invitée ce matin sur Radio courtoisie.

A écouter ici vers 1h36mn.

Les clivages de la politique contemporaine

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

On entend souvent dire dans le débat public que le clivage droite-gauche n’a plus aucune pertinence. Le Rassemblement national, en particulier, promeut régulièrement cette idée en proposant de remplacer ce clivage droite-gauche «périmé» par un clivage mondialistes-patriotes. Personnellement, je l’ai déjà dit souvent, je ne suis pas un grand enthousiaste du clivage droite-gauche – qui fut inventé par la Révolution pour faire des opposants des «ringards», comme s’il était évident que le renversement d’un ordre spirituel, politique et social ayant fait ses preuves constituât un progrès majeur. Il n’empêche que, bon gré, mal gré, nous sommes obligés d’admettre les règles du jeu.

Cela n’impose pas d’être dupes: il est évident que gauche et droite ne sont pas à égalité dans ce « jeu » de la politique moderne, la gauche prétendant avoir non seulement le monopole de la connaissance du «sens de l’histoire» (que celui-ci nous annonce le triomphe de la « raison », celui du « prolétariat », ou celui de la « race aryenne»!), mais encore celui de la légitimité morale.

Et, naturellement, il faut sans relâche contester ces règles du jeu. Mais, tant qu’elles sont en place, nous sommes condamnés à nous reconnaître de droite: de toute façon, que nous l’admettions ou non, la gauche – parce que nous n’applaudissons pas à ses dingueries – nous collera tôt ou tard cette étiquette supposée infamante.

Donc, oui, que nous le voulions ou non, le clivage gauche-droite existe.

Il apparaît évident dans les alliances «autorisées» ou non: personne ne voit d’objection à ce que le PS s’allie avec LFI, mais l’alliance RN-LR serait un scandale. C’est bien qu’il existe des différences, non?

Cependant, cela n’entraîne pas que d’autres clivages ne soient pas pertinents. Le clivage mondialistes-patriotes a, lui aussi, un sens réel.

Je voudrais ici suggérer un autre clivage de plus en plus évident: celui qui oppose ceux qui veulent transmettre la culture française et ceux qui s’en moquent ou s’y opposent.

Un Macron se moque comme d’une guigne de la transmission: il n’a pas d’enfant et croit que la culture française n’existe pas. Pourquoi diable irait-il s’embêter avec sa transmission? Certains écologistes radicaux (de plus en plus écoutés) s’opposent à la simple reproduction humaine, supposée mortelle pour la planète.

Certains intellectuels wokistes considèrent que la culture orale du Zimbabwe devrait être davantage enseignée dans les écoles que Racine ou Corneille, au motif de son « évidente » supériorité.

Quant à moi, je suis sans hésitation du côté de la transmission de la culture française et cela seul suffirait à faire de moi un anti-macronien déterminé!

« L’Eglise doit retrouver une proposition chrétienne » Pierre Manent

Alors que se multiplient les tentatives de faire disparaitre de l’espace public toutes traces visibles de notre héritage chrétien, Pierre Manent s’interroge sur le suicide de notre société au nom des droits individuels contre lequel l’intellectuel catholique appelle, comme l’auteur des Pensées l’a fait en son temps, à un renouveau chrétien.

Dans son dernier livre, Pascal et la proposition chrétienne, Pierre Manent s’émeut encore un peu plus de la place déclinante du christianisme dans notre société. « Nous content d’effacer toutes traces visibles de notre passé chrétien, nous tentons de balayer toutes institutions sociales (nation, famille, mariage…) qui semblent en découler » explique-t-il. Une tendance qui, selon lui, mènera à l’explosion de notre société si l’on ne reconstruit pas des institutions vouées à régir le bien commun plutôt qu’une somme de droits individuels. Un jeu dans laquelle l’Eglise à sa carte à jouer si tant est qu’elle retrouve une parole crédible. Et pour cela, le philosophe catholique en appelle à Blaise Pascal qui en son temps, sut renouveler la proposition chrétienne.

Entretien sur RCF Anjou :

La France sous pilule, origine et perspective du mal démographique 5/7

Un lecteur du SB nous partage l’analyse statistique suivante sur le nombre d’avortements induits par la pilule contraceptive. Diffusion en 7 parties.

5. Le regard de la démographie historique

L’étude de démographie historique The Decline of Fertility in Europe since the Eighteenth Century d’Ansley Coale (Princeton, 1986) s’intéresse à la fécondité des Françaises comparée à celle des autres populations d’Europe à partir des années 1750. Elle nous rappelle un enseignement bien connu des démographes et historiens des XVIIIème et XIXème siècles. La fécondité des Françaises chute dès la Révolution. Cette révolution démographique, qualifiée de « transition » démographique, se produit près d’un siècle avant les autres pays européens.

Cette comparaison met en évidence une mentalité et une pratique contraceptives qui se répandent massivement en France dès la fin du XVIIIème. Vers la fin de l’Ancien Régime, la fécondité des Françaises se rapproche encore de la fécondité des Huttérites, population de référence pour l’indice de fécondité naturelle maximale. Si les Anglais ont théorisé la mentalité et la pratique contraceptives avec le malthusianisme, c’est bien la France révolutionnaire qui a été la grande praticienne de la contraception14.

Vers 1750 les taux de fécondité des femmes françaises et allemandes15 sont voisins. Elles ont entre 5 et 6 enfants en moyenne. Mais dès la fin du XVIIIème, la limitation des naissances se répand en France et la fécondité recule de 5,4 enfants par femme dans la décennie 1750 à 4,4 dans la décennie 1800, avant de descendre à 3,4 dans la décennie 1850. L’Allemagne, elle, maintient son taux de natalité jusqu’à la fin du XIXème (Source INED, Population & Société, Mars 2012, France-Allemagne : histoire d’un chassé-croisé démographique).

On comprend mieux le lien entre le phénomène révolutionnaire et le développement de la mentalité contraceptive : « La révolution est l’application politique de l’incroyance » (Groen Van Prinsterer). Cette mentalité contraceptive trouvera une traduction politique lorsque la pilule sera mise au point. De Gaulle, pourtant réticent au départ, en sera le promulgateur. S’il déclarait en 1965 à Alain Peyrefitte : « La pilule ? Jamais ! (…) On ne peut pas réduire la femme à une machine à faire l’amour ! (…) Si on tolère la pilule, on ne tiendra plus rien ! Le sexe va tout envahir ! (…) C’est bien joli de favoriser l’émancipation des femmes, mais il ne faut pas pousser à leur dissipation (…) Introduire
la pilule, c’est préférer quelques satisfactions immédiates à des bienfaits à long terme ! Nous n’allons pas sacrifier la France à la bagatelle ! », il finira par l’autoriser en 1967 sous l’influence de sa femme et de Lucien Neuwirth.

Évelyne Sullerot, co-fondatrice du Planning familial en France, résume l’enjeu : « la véritable révolution de mai 68 est la dissociation de la sexualité et de la procréation » (La Croix, 3 mai 2008). Pierre Simon, ancien président de la Grande Loge de France, le disait à sa façon dans son maître ouvrage de 1979, De la vie avant toute chose : « Pour inverser une formule célèbre : nous avions gagné la guerre (sur la contraception), il ne nous restait qu’à livrer une bataille (sur l’avortement) ».

A suivre

13 New Estimates of Nuptiality and Marital Fertility in France, 1740-1911, David R. Weir, Population Studies, Vol. 48, No.2 (Jul., 1994), pp. 307-331 (25 pages).
14 https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/18719/pop_et_soc_francais_346.fr.pdf

15 https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/19155/487.fr.pdf

La dépression plus répandue chez ceux qui ont une sensibilité de gauche

Intéressant entretien dans Atlantico, qui vient confirmer que les gens de gauche sont des optimistes malheureux : rêvant du grand soir et des lendemains qui chantent, ils ne vivent pas l’instant présent et se lamentent des malheurs quotidiens… Au contraire, les gens de droite sont des pessimistes heureux : ils savent que la nature humaine est limitée, voire qu’elle est marquée par le péché originel, donc le paradis n’étant pas pour cette terre, ils se contentent du réel.

Des données américaines tendent à montrer que les jeunes de gauche sont plus déprimés que le reste de la société ? Avons-nous les mêmes données en Europe ? Ou la présomption de tendances similaires ?

Drieu Godefridi : Il existe un consensus académique assez général sur le fait qu’en moyenne les gens de droite tendent à être plus heureux que les gens de gauche ou, pour le dire à la façon de nos amis américains, ‘Conservatives Are Happier Than Liberals’. Écartons d’emblée la difficulté sémantique : par libéral, en anglais américain, on désigne aujourd’hui la gauche, et même la gauche radicale (le centre-gauche étant simplement désigné par le vocable politique partisan Democrat.) Ces ‘liberals’ moins heureux sont donc l’équivalent de notre gauche écologiste, France Insoumise. Plusieurs facteurs sont invoqués pour expliquer ce différentiel de bonheur, parmi lesquels le fait que les gens de droite vivent moins l’existence d’inégalités sur le mode de la souffrance. Tandis qu’aux gens de gauche, l’existence même d’inégalités réelles est synonyme de souffrance, une souffrance disons métaphysique, principielle et sans rémission. Il est également stipulé que les ‘conservateurs’ sont plus capables d’adaptation positive et que leur santé mentale est globalement meilleure.

La réponse habituelle à cette différence est d’expliquer que les adolescents libéraux, de gauche, sont plus déprimés parce qu’ils perçoivent correctement l’injustice dans le monde et s’en inquiètent davantage. Dans quelle mesure êtes-vous d’accord avec cette thèse ?

Drieu Godefridi : Je pense que cette explication est globalement exacte, mais qu’elle manque le facteur fondamental. Après tout, les inégalités réelles sont inhérentes à toute société humaine. Dès lors, comment expliquer que les jeunes de gauche soient plus malheureux que leurs aînés ? Il me semble que le facteur déterminant est ce que je nommerais l’inadéquation idéologique au réel. Tous, nous sommes animés par une vision du monde, une Weltanschauung. Des idées, idéaux. Des valeurs. Les gens de droite privilégient les liens familiaux, se réalisent par le travail, trouvent souvent une forme de satisfaction dans la foi. Ils aimeraient payer moins d’impôt, ou secouer le joug de régulations asphyxiantes. Mais ils sont capables de creuser leur voie vers une forme d’existence qui reste en rapport, fût-ce parfois lointain, avec leurs aspirations. À gauche, c’est différent. La dérive extrémiste de la gauche occidentale contemporaine est si forte, que leur idéal se trouve désormais hors de portée. Quand les contradictions dont cet idéal est hérissé ne le rendent pas tout simplement et littéralement inconcevable. Le grand soir des écologistes, par exemple, est une humanité réduite à quelques millions d’individus (Hans Jonas, Paul R. Ehrlich), pour préserver ‘Gaïa’. Que fait-on des 7 milliards d’humains excédentaires ? La décroissance, soit, mais qui fera-t-on mourir en premier ? Quand l’homme se fixe un objectif, il aime s’en approcher. L’objectif, l’horizon ultime de la gauche contemporaine, est si déréalisé, qu’il est impossible de ne serait-ce que s’engager rationnellement dans sa direction.

Matthew Yglesias : Les auteurs me semblent s’appuyer fortement sur cette explication. Je ne le trouve pas particulièrement satisfaisant d’abord parce que je ne suis pas sûr que ce soit une lecture précise des tendances politiques. Il y a quinze ans, les grands débats de la politique américaine étaient une proposition de privatisation de notre système de retraite, le mariage homosexuel, et la guerre en Irak et la gauche ont fini par gagner ces trois arguments. Il y a eu de nouveaux revers pour la gauche depuis lors, mais aussi quelques victoires majeures comme l’initiative de soins de santé d’Obama et le projet de loi sur le climat récemment adopté par Joe Biden. Les événements objectifs sont, au mieux, ambigus. Le fait que les libéraux aient tendance à regarder cette ambiguïté et à lui donner une interprétation pessimiste est intéressant, mais c’est justement ce qu’avoir un affect dépressif signifie que ce n’est pas une explication.

Si cette explication n’est pas satisfaisante, quelle pourrait en être une plus plausible, selon vous ? Qu’est-ce qui, dans le fait d’être liberal, de gauche, aujourd’hui, conduit à un sentiment plus dépressif ?

Drieu Godefridi : Je ne pense pas que le fait d’être de gauche ou de droite condamne, en soi, à être plus ou moins heureux. Que l’on soit de droite ou de gauche, selon les époques, il me semble que le facteur décisif est la dissociation idéologique. Lorsque l’on se fixe un idéal qui est inaccessible, dans ce monde ni aucun autre, aujourd’hui comme demain, ou qu’on ne peut s’approcher de cet idéal que par un grand carnage que par ailleurs on ne souhaite pas, il ne faut pas être grand clerc pour se figurer que cet être dolent au monde ne promet aucune félicité ni contentement. Sinon dans la punition, fût-elle symbolique, des plus heureux que soi.

Matthew Yglesias : Je pense que dans une certaine mesure, les progressistes contemporains ont commencé à valoriser l’expression dépressive comme signe d’engagement politique. La façon dont vous montrez que vous vous souciez beaucoup du changement climatique est de dire que vous êtes paralysé par un sentiment de malheur. Ou vous montrez que vous êtes engagé dans la lutte contre le racisme en niant que des progrès aient été réalisés.

Dans quelle mesure la culture de la victimisation est-elle responsable de cette situation ?

Drieu Godefridi : La culture de la victimisation me paraît un symptôme, parmi d’autres, de la radicalisation idéologique de la gauche contemporaine, et sa dissociation du réel. Nos lecteurs doivent comprendre que, selon la gauche contemporaine, on est victime du seul fait de son existence, quels que soient les actes que l’on pose ou qui sont posés à notre égard. Par exemple, l’Américain noir apparaît selon la Critical Race Theory comme victime d’un système de droit qui reste, en 2023, ‘white supremacist’ dans chacune de ses catégories et représentations. Cela, quel que soit son statut social, et peu importe ses réalisations. Même s’il est médecin, artiste, politique ou athlète au plus haut niveau. Ce retour en force de l’essentialisme, dans sa version la plus naïve et haineuse, enferme les individus dans leur épiderme.

Matthew Yglesias : “Culture de la victimisation” est un terme un peu péjoratif. Mais je pense qu’il y a une culture sur les campus universitaires américains qui met l’accent sur les sentiments subjectifs comme moyen de fermer les yeux sur les personnes avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord. Si vous prétendez que quelque chose que quelqu’un d’autre a dit vous a fait du mal, alors vous avez une chance que cette personne soit forcée de se taire. Je ne pense pas que ce soit une façon saine de s’engager dans le monde – encourager les gens à maximiser leur propre vulnérabilité et leur sentiment de blessure va les rendre malheureux. […]

Norvège : augmentation des avortements de 10%

Par rapport à 2021, le nombre d’avortements en Norvège a augmenté de 10% en 2022 pour atteindre 11 967 avortements contre 10 875, soit, en 2022, un taux de 9,8 avortements pour 1000 femmes âgées de 15 à 49 ans. La Norvège compte environ 5 millions d’habitants. La Norvège est passée sous le seuil de renouvellement de sa population (2,1 enfants par femme) en 1975. En 2018, le taux de fécondité s’élevait à 1,56 enfant par femme.

Le nombre d’avortements en 2022 est comparable à celui de 2019, avant la pandémie, qui était de 11 734.

Cultes : Vers une possibilité de subventionner les travaux des bâtiments construits après 1905

Le gouvernement a autorisé la possibilité pour les collectivités publiques de subventionner les travaux de rénovation énergétique des bâtiments propriétés des cultes, c’est-à-dire construits après la loi de 1905.

Après une rencontre avec la Conférence des évêques de France à Matignon, l’entourage d’Elisabeth Borne souligne :

« Le gouvernement a donné son accord de principe pour soutenir une évolution législative afin que les collectivités publiques puissent subventionner les travaux de rénovation énergétique menés dans des bâtiments propriétés des associations cultuelles, construits après 1905, ce pour tous les cultes ».

Actuellement, les communes peuvent subventionner ces travaux pour le patrimoine religieux antérieur à la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, car ce patrimoine appartient aux communes.

Pour les rénovations énergétiques, sont principalement concernés les bâtiments annexes, à savoir « les salles paroissiales, logements des ministres du culte », selon l’entourage d’Elisabeth Borne. Les bâtiments de l’enseignement privé catholique seront aussi concernés, a précisé Mgr Vincent Jordy, vice-président de la CEF.

Concernant le patrimoine religieux, le gouvernement s’est engagé à « poursuivre la dynamique de classement » de ce patrimoine, « et particulièrement celui d’après-guerre ». Le classement ouvre la voie à des financements publics.

Chaque nouveau-né porte aujourd’hui sur ses épaules plus de 45 000 euros de dette publique

Communiqué de Contribuables associés :

La Cour des comptes vient de publier son rapport annuel dans lequel elle insiste sur le délabrement des finances publiques et promeut une utilisation de l’argent public mieux ciblée.

La Cour tire à boulets rouges sur la politique budgétaire de l’exécutif.

Et pour cause : fin 2023, la dette publique française dépassera 111 % du PIB, soit 14 points au-dessus de son niveau d’avant Covid et le déficit public représentera 5 % du PIB.

À 58 % du PIB, la France a les dépenses publiques les plus élevées des pays la zone euro.

Les Sages de la rue Cambon exhortent une nouvelle fois l’exécutif à sortir « définitivement » du « quoi qu’il en coûte » présidentiel et à faire du redressement des finances publiques « une priorité nationale ».

Contribuables Associés partage les analyses de la Cour des comptes, le désendettement public est une ardente obligation.

Il s’agit d’ailleurs d’un combat que porte notre association depuis des années : les choix politiques de nos dirigeants ne doivent pas peser sur l’avenir de nos enfants et petits-enfants.

Chaque nouveau-né porte aujourd’hui sur ses épaules plus de 45 000 euros de dette publique.

Il s’agit d’une injustice à laquelle le gouvernement doit mettre un terme.

C’est pourquoi Contribuables Associés demande au gouvernement de présenter au Parlement dans les prochaines semaines un plan de désendettement quinquennal.

Pour Benoît Perrin, directeur de Contribuables Associés, « le gouvernement est désormais au pied du mur, alors que la dette publique devrait dépasser les 3 000 milliards d’euros cette année. »

Un cabaret au sein d’une chapelle désacralisée du XIe siècle

Cela se passe à Laàs, en Béarn :

La transformation de la chapelle romane Saint-Barthélémy, du XIe siècle, en cabaret ne passe pas auprès d’une partie des administrés de l’auto proclamée principauté. […]

Au fil d’une année de chantier, le match des plaintes interposées a été classé sans suite. […]

« C’est la transformation d’une chapelle en lieu de débauche » pour Caroline Willem. L’Alsacienne a fait partie des 2 365 jeunes Guides de France, venues successivement de tout l’Hexagone entre 1993 et 2000 pour rénover l’édifice, alors en ruines. « On nous aurait dit tout de suite ce qu’allait devenir cette chapelle, on ne serait jamais venus », assure l’ancienne petite main qui se dit « trahie » par le maire de Laàs.

Dans ce petit village de près de 130 habitants, bercé par le gave d’Oloron, la vie communale s’anime dans le sillage de l’audace du premier édile. Et « le prince », vice-président du Conseil départemental, quarante années de mandat municipal, n’est pas du genre à abdiquer.

[…] L’écrin fait de pierres, de poutres et de vitraux contient 150 places. Il s’illumine aux couleurs d’un show « sexy chic » prénommé « Gabrielle ». […]

8 personnes tuées chaque jour en Belgique. Légalement

En 2022, 2 966 euthanasies ont été enregistrées en Belgique (50,4 % d’hommes, 49,6 % de femmes). Elles représentent 2,5 % de la totalité des décès dans le pays (contre 2,4 % en 2021). Leur nombre a augmenté de près de 10 % par rapport à l’année précédente et de 26 % depuis 2018.

Les plus de 70 ans constituent 69,9 % des demandes et plus particulièrement la tranche d’âge entre 80 et 89 ans, la plus représentée (29,2 %). huit personnes de moins de 29 ans ont vu leur demande d’euthanasie aboutir l’année dernière.

Dans plus de 90 % des cas, les médecins ont eu recours à un produit anesthésique d’action rapide injecté en intraveineuse (thiopental, propofol) associé ou non à un paralysant neuromusculaire.

Dégradations à l’église du Sacré Coeur à Bordeaux

Des tags ont été inscrits sur la porte et certains murs de l’église du Sacré-Cœur, dans la nuit de dimanche à lundi. La préfecture de la Gironde confirme qu’une enquête a été ouverte dans cette affaire et que les auteurs des dégradations sont recherchés.

Communiqué du diocèse :

Dans la nuit du 12 au 13 mars, la porte et certains des murs de la façade de l’église du Sacré-Cœur ont été dégradés avec des tags. Un feu de détritus devant l’église a été éteint par les pompiers appelés sur place. Ce feu n’a pas endommagé l’église. Dès le dimanche 12 mars tard le soir, la paroisse a porté plainte contre X pour dégradation de bien. Le diocèse partage l’émotion des fidèles catholiques et des habitants choqués par cet acte.

Le style du pape François

De Thibaud Collin dans L’Homme Nouveau :

Voilà dix ans que le pape François a été élu à la Chaire de saint Pierre. Sans prétendre établir un bilan de cette décennie, il est possible de souligner quelques points saillants, caractéristiques du style du Pape qui contribuent à déterminer la situation ecclésiale actuelle.

Le pape François, comme tous les autres papes, est arrivé à Rome avec sa riche expérience humaine, spirituelle et ecclésiale antérieure. Ce qui signifie dans son cas que l’esprit actuel de la Compagnie de Jésus et la modalité sud-américaine de l’Église sont devenus des éléments du magistère et du gouvernement pontificaux. Cela se manifeste notamment par un souci du concret, un style direct et pratique, une attention aux situations singulières, une préoccupation pour les pauvres et les personnes fragiles.

Le style ignacien se retrouve dans la mise en œuvre du discernement, méthode appliquée dans les Exercices spirituels à la volonté de Dieu, mais qui peut aussi devenir plus généralement une manière d’interpréter les événements historiques pour mieux s’y engager. Tout cela a engendré un pontificat très politique et peu doctrinal.

Il faut entendre par là que le pape François est plus à l’aise quand il s’agit de décider concrètement que quand il s’agit d’exposer la foi et la morale chrétiennes ; d’où parfois une impression de confusion doctrinale, souvent soulignée, accompagnant une démarche qui se veut authentiquement pastorale. Les âpres débats suscités par les deux synodes sur la famille ont été l’acmé de cette caractéristique du « style François ». […]

Renaissance catholique évoque l’ouvrage de Jean-Pierre Moreau :

[…] Né en 1936, le pape François est, comme tout homme, le fruit d’une histoire incarnée dans une nation, en l’occurrence l’Argentine ; il a subi les influences intellectuelles des maîtres qui l’ont formé dans sa jeunesse et qui l’ont accompagné dans sa carrière dans la Compagnie de Jésus.

Spécialiste de l’Amérique latine, envoyé spécial du Figaro-Magazine sur ce continent à plusieurs reprises, Jean-Pierre Moreau a rencontré de nombreuses figures de la théologie de la libération qui ont marqué la pensée et la « praxis » du pape François.

Trois influences majeures se dessinent :

Tout d’abord la « théologie du peuple », variante argentine de la « théologie de la libération » qui promeut le « peuple de Dieu » comme « lieu théologique » et donc source de connaissance de la Révélation.

Puis le péronisme, mélange subtil de pragmatisme opportuniste et d’idéologie « populiste », le général Perón ayant joué un rôle majeur dans la vie politique argentine des années 1940 jusqu’à son décès en 1974.

Enfin les nouvelles orientations données à la Compagnie de Jésus par le P. Pedro Arrupe, le « pape noir », supérieur général de la Compagnie de 1965 à 1981. […]

La France sous pilule, origine et perspective du mal démographique 4/7

Un lecteur du SB nous partage l’analyse statistique suivante sur le nombre d’avortements induits par la pilule contraceptive. Diffusion en 7 parties.

4. Norme contraceptive, interceptive, contragestive

Il nous faut ici bien différencier la pilule contraceptive des autres pilules dites « du lendemain » ou « du surlendemain ».

Si elle se veut « une norme de fait », la contraception doit assumer « une solution de rattrapage face aux échecs de contraception » (rapport IGAS, p. 37) : « Oubli de pilule, rupture de préservatif, rapport imprévu non protégé… diverses circonstances exposent au risque d’une grossesse non désirée. Dans ces cas, où la prévention primaire que constitue la prise d’une contraception régulière a été mise en échec, la contraception dite d’urgence constitue une solution de rattrapage qui s’apparente à une forme de prévention secondaire, et permet d’éviter le recours éventuel à l’interruption volontaire de grossesse. La forme la plus connue de la contraception d’urgence est la « pilule du lendemain ». Actuellement seules deux spécialités contenant du lévonorgestrel dosé à 1,5 mg sont commercialisées (Le Norlevo et, depuis 2007, le Lévonorgestrel-Biogaran).

Conditionné et administré sous forme d’un comprimé en prise unique, le lévonorgestrel empêche la nidification de l’embryon dans la paroi utérine quand le rapport a été fécond. Il doit être pris dans les 72 heures qui suivent un rapport non ou mal protégé. Son efficacité est d’autant meilleure qu’il est pris précocement après le rapport. » Le laboratoire HRA Pharma7 (passé sous le contrôle du fond  d’investissement Astorg Partner en 2016 8) qui fabrique le Norlevo déclarait en commercialiser plus de 1 200 000 boîtes en 2006
(rapport IGAS, p. 43).

Le fonctionnement de la pilule du lendemain est différent de celui de la pilule. Le principe actif du lévonorgestrel est de créer une tempête chimique qui perturbe les communications chimiques entre l’embryon qui veut s’implanter et le tissu endométrial de la mère. Cette perturbation des intégrines, ces hormones de communication, brouille le dialogue chimique embryon-mère et provoque un avortement en phase pré-implantatoire. Elle perturbe les communications par les intégrines qui permettent à l’embryon de se nider dans la muqueuse de l’endomètre. La pilule du lendemain fait appel à une technique interceptive. On n’observe pas de modification de l’endomètre si la femme n’est pas déjà sous pilule. Le temps est trop court pour faire cette observation.

Dans une publication9 de juillet 2013, les docteurs Justo Aznar et Julio Tuleda de l’observatoire bioéthique de l’Université catholique de Valence font une synthèse des études s’intéressant à l’action du lévonorgestrel, plus communément appelé contraception d’urgence, contraception post-coïtale ou pilule du lendemain. Son nom commercial est le Norlevo ; son nom scientifique ou le principe actif est le lévonorgestrel, nom utilisé en mode générique.

En passant en revue une soixantaine de publications internationales sur le sujet, ils mettent en évidence le mécanisme abortif de l’action du lévonorgestrel dans un certain nombre de prises possibles. En fonction du jour de prise par rapport à l’ovulation, l’effet peut être anovulatoire ou interceptif, c’est-à-dire abortif d’un embryon en phase préimplantatoire. La Haute Autorité de Santé dans son rapport Contraception d’urgence : Prescription et délivrance à l’avance10 d’avril 2013 confirme (p. 25) que le nombre de pilules du lendemain vendues a plus que doublé en 10 ans, passant de 570 000 en 2000 à 1 200 000 en 2010. L’augmentation semble cependant avoir atteint un plateau depuis 2009.

En posant l’hypothèse d’un effet abortif dans 20% des prises de pilules du lendemain, on approche un nombre d’avortement en phase préimplantatoire de 240 000. La mentalité contraceptive et la contraception de masse provoquent des avortements de masse. Pour donner une autre échelle de grandeur, il est utile de souligner que le Norlevo11 (1500 μg de lévonorgestrel) contient 50 fois la dose de lévonorgestrel contenue dans la pilule Microval12 (30 μg). Pour terminer sur la misère contraceptive française, il nous faut parler du dernier filet/verrou de la norme contraceptive, les pilules du surlendemain EllaOne (Acétate d’ulipristal, 30 mg) et RU486 (mifépristone, 600 mg). L’effet abortif de ces pilules est mieux connu. Il s’agit d’anti-progestatifs qui bloquent les communications hormonales entre l’embryon déjà nidé et le tissu endométrial, provoquant la mort de l’embryon qui ne peut plus se développer.

A suivre

7 https://www.hra-pharma.com/about-us/leadership
8 https://capitalfinance.lesechos.fr/deals/lbo/hra-pharma-sallie-a-astorg-partners-et-a-goldman-sachs-111780

9https://www.researchgate.net/publication/256706596_Comment_on_the_decision_of_the_german_bishops_regarding_the_use_of_emergency_contraception_in_rape_victims/
10 https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2013-04/contraception_durgence_-_argumentaire_2013-04-30_14-24-25_321.pdf
11 https://www.vidal.fr/medicaments/gammes/norlevo-12745.html
12 https://www.vidal.fr/medicaments/gammes/microval-6137.html

Sans le socle du droit naturel, l’Etat de droit perd toute consistance

Philippe Pichot-Bravard, docteur en droit, Maître de conférences à l’université de Brest, chargé de cours à l’université d’Angers et à l’Institut catholique d’études supérieures (La Roche-sur-Yon), professeur au séminaire de l’Institut du Christ-Roi, vient de publier un petit ouvrage visant à définir Le droit naturel. Préfacé par le cardinal Burke, cet ouvrage dresse une brève histoire du droit naturel, au moment où il semble que le droit positiviste écrase tout sur son passage avec l’adoption de lois sociétales contre-natures. Cette notion de droit naturel, codifié notamment par le Décalogue biblique, mais présent au coeur de l’homme, capable de découvrir, sans la Révélation, les sources naturelles du droit, sans lequel l’État de droit perd toute consistance.

Le droit naturel s’oppose à la notion des droits de l’homme, telles que définis depuis la Révolution dite française. L’auteur souligne que ces droits reposent sur une conception nominaliste du monde et subjectiviste du droit.

Or le nominalisme a également engendré chez certains auteurs une anthropologie réductionniste négatrice de l’idée de nature humaine. […] Dès lors le genre humain n’existe pas ; l’homme n’existe pas. Il n’existe dans la nature que des êtres animés classés et hiérarchisés selon des critères artificiels d’apparence. Comme l’a montré Xavier Martin, les hommes du XVIIIe siècle, et leurs héritiers, butent sur une question majeure : Qu’est-ce que l’homme ? Dans leurs écrits, la frontière entre humanité et animalité s’estompe très fortement […]

L’auteur souligne notamment l’apport de Benoît XVI en faveur du droit naturel, avec la définition de trois principes non négociables : la défense de la vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme et la liberté d’éducation des enfants.

Ces principes sont le préalable incontournable de la réalisation du bien commun. Ils s’imposent à tous avec une autorité absolue. Dès lors, les hommes politiques ont le devoir de les défendre et les baptisés celui de déterminer par rapport à eux leurs choix, notamment électoraux.

Il y a 10 ans, l’opposition aux pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI prenait le pouvoir

Puisque tout le monde parle du 10e anniversaire de l’élection surprise du cardinal Bergoglio au Souverain Pontificat, voici ce qu’en écrit Jean-Marie Guénois dans Le Figaro :

[…] Pendant un tiers de siècle, les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI – 34 années cumulées – ont ainsi résisté aux assauts progressistes. Dans ce contexte, la renonciation de Benoît XVI a été un premier coup de théâtre, impensé. Et l’élection du cardinal Bergoglio a été encore plus inattendue, impensable. C’était en réalité l’opposition aux pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI qui prenait le pouvoir. Opposition non fondée sur la foi chrétienne mais sur la façon d’en parler au monde. François, il l’a dit à plusieurs reprises, s’est donné la mission d’achever l’application du concile Vatican II. Il la vit comme une responsabilité historique puisque son avènement comme pape ne se serait jamais produit sans la renonciation surprise de Benoît XVI. Renonciation que François, 86 ans, n’envisage d’ailleurs plus pour lui-même – il l’a confirmé trois fois en 2023 -, sauf impossibilité mentale ou psychique majeure.

Autre point saillant de cette décennie, le pape mène ces réformes en mode paradoxal. Il est très autoritaire sur certains dossiers, comme celui de la liturgie où, sans concession, il barre la route aux traditionalistes en déconstruisant systématiquement l’œuvre de Benoît XVI. Un autoritarisme qu’il exerce également sur la réforme de la curie, préparée avec quelques cardinaux seulement, où, sans prendre de gants, il a imposé une recentralisation du pouvoir dans ses seules mains. Au détriment de son premier ministre et de son administration.

En revanche, François se montre très conciliant sur l’ouverture à l’homosexualité. Ces dix années ont confirmé la fameuse phrase « Qui suis-je pour juger? », prononcée en juillet 2013. Dernier épisode en date: le 25 janvier, il déclare à l’agence Associated Press que l’homosexualité a beau ne pas être un «crime», elle n’en est pas moins un «péché». Ce qui provoque l’ire et les protestations du jésuite américain James Martin, sorte d’aumônier mondial de la communauté gay. François corrige aussitôt le tir, le 27 janvier, en lui écrivant: « Il faut tenir compte des circonstances, qui diminuent ou annulent la faute .»

Sur d’autres réformes majeures, l’ordination d’hommes mariés ou la communion pour les divorcés remariés, François a adopté une méthode collective, moins directive, celle de la «synodalité». De racine grecque, ce mot d’Église signifie «avancer ensemble en chemin». Un synode consiste à réunir au Vatican, pendant trois semaines environ, deux cents évêques et experts d’un sujet précis pour évaluer la question, en débattre et voter des propositions. Lesquelles sont transmises au pape, qui décide ensuite de leur application.

Deux synodes ont marqué la décennie. Le synode sur la famille, en 2014 et 2015, qui a ouvert la porte à la communion pour les divorcés remariés. Et le synode sur l’Amazonie, en 2019, qui a reporté la décision d’ordonner des hommes mariés dans l’Église catholique latine, mesure pourtant votée aux deux tiers par l’assemblée mais récusée par François. Provisoirement, semble-t-il, puisque le pape a confié, le 10 mars, à un site d’information argentin (Infobae), que le célibat est une «prescription temporaire», qui n’est pas «éternelle», et qu’ « il n’y a aucune contradiction à ce qu’un prêtre puisse se marier» .

Reste à présent la bataille des batailles du pontificat, la réforme des réformes. Convoqué pour l’automne 2023 et celui de 2024, un nouveau synode mondial sur… la «synodalité» a été lancé par François. En clair, à tous les étages de l’Église, il veut une autre gouvernance, moins centralisée à Rome, moins hiérarchique, plus démocratique. Une voie synodale que le pape voudrait appliquer dans chaque pays pour laisser aux conférences épiscopales une certaine liberté dans le gouvernement de «leur» Église.

Mais le rêve de François vient de se heurter à un inquiétant principe de réalité: une expérience synodale grandeur nature s’est conclue samedi dernier dans l’Église allemande, menée par la Conférence des évêques elle-même, sur laquelle Rome semble avoir perdu tout contrôle. Le résultat est éloquent. Neuf textes de propositions ont été votés à la majorité des voix d’évêques et de laïcs. Ils vont être transmis au pape. Parmi les propositions, les femmes doivent pouvoir prêcher et présider tous les sacrements, sauf l’eucharistie et la confession. Cela se ferait par le biais d’un diaconat féminin, voire d’un sacerdoce féminin. On y trouve également le feu vert pour la «célébration de bénédiction pour les couples qui s’aiment». Ce qui s’applique aux personnes homosexuelles, mais aussi aux personnes libres de choisir un genre sexuel dénommé «divers» dans les registres de baptême. Dans ces propositions, il y a enfin la demande de «réexaminer» la question du «célibat des prêtres». Pour mettre tout cela en œuvre, le «chemin synodal» allemand demande la création d’un «comité synodal» national et dans chaque diocèse,pour «décider ensemble», évêques et laïcs.

Dans un premier temps, à son lancement en mars 2019, ce synode allemand est encouragé par François. Mais, quatre mois plus tard, il envoie une première lettre pour lui demander de ne pas sortir des clous. Sans aucun effet. En septembre 2019, le Vatican envoie un nouvel avertissement: ce synode sera «non valide sur le plan ecclésiologique». Mais le cardinal Marx, alors président de la conférence épiscopale allemande, rejette l’avertissement papal. En février 2022, une session de ce synode a évoqué tous les points votés ce samedi, ainsi que le droit de regard des laïcs sur la nomination des évêques. En juin 2022, François est alors passé à un mode plus frontal, en affirmant qu’il n’y a «pas besoin de deux Églises protestantes» en Allemagne… Un mois plus tard, le Vatican enfonce le clou et publie une nouvelle note stipulant que le synode allemand n’avait pas le droit «d’adopter de nouvelles formes de gouvernance ou de nouvelles orientations de doctrine». En novembre, une visite des évêques allemands à Rome tourne à la confrontation. Tout récemment, début mars, le président des évêques allemands, Mgr Bätzing, est allé jusqu’à critiquer publiquement le nonce apostolique en Allemagne – le représentant du pape – en disant qu’il était «insupportable à écouter». Ce qui conduit le cardinal Kasper, un théologien allemand de renom et un proche de François, pourtant favorable à l’initiative, à sonner l’alerte rouge en évoquant un risque de «schisme».

Avec ce mouvement synodal, et les conclusions de l’Église allemande samedi, voilà le pape totalement dépassé par sa créature. Un cadeau très amer pour ses 10 ans de pontificat.

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services