“Tous mes confrères médecins qui ont été touchés par le Covid19 ont TOUS pris de la chloroquine”
Les confidences de Patrick Pelloux, médecin urgentiste ayant été souvent invité sur les plateaux de télévision et de radio. La vérité, la vérité, la vérité… pic.twitter.com/xKRb5GX8hB
— Dr Stéphane GAYET (@Dr_Steph_GAYET) January 2, 2023
La christianophobie en Océanie
Nos confrères de l’Observatoire de la christianophobie viennent de rendre public un rapport sur la christianophobie en Océanie entre novembre 2021 et novembre 2022.
Vous pouvez le consulter ou le télécharger en cliquant ici.
Chronique des cinglés : “Pantin s’appellera pendant un an Pantine”
Signe de l’engagement de cette ville de Seine-Saint-Denis pour “l’égalité entre les femmes et les hommes”, le maire socialiste Bertrand Kern a annoncé dans ses voeux :
“Cette année, j’ai décidé de placer les voeux de la municipalité sous l’égide de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les violences faites aux femmes”. “Nous rajouterons un E au nom de la ville parce qu’ainsi, nous voulons interpeller. Nous voulons qu’il y ait une prise de conscience sur cette égalité entre les femmes et les hommes, qui n’est pas encore parfaite même s’il y a eu des améliorations ces dernières années”.
[VOEUX DU MAIRE @BertrandKern]
Bertrand Kern présente ses vœux aux Pantinois pour cette nouvelle année.
Et en 2023, la ville de #Pantin s’engage résolument pour l’égalité femmes-hommes et devient Pantine.
La suite ci-dessous 👇 pic.twitter.com/ygpLKirftS— Ville de Pantin (@VilledePantin) January 2, 2023
Néanmoins, il n’y aura pas de nouveaux panneaux d’entrée de ville ni de modification dans les courriers officiels.
Le nom de la ville vient de Penthinum, datant au moins du XIe siècle.
Le maire ferait mieux de protéger réellement les femmes de sa commune :
🚨 La ville de Pantin rebaptisée "Pantine" en 2023 🔴💬🎙️ @TugdualDenis : "Il y a un petit sujet d'occupation de la femme dans l'espace public à Pantin. Allez vous balader en jupe après 18h. Je suis atterré par la manière dont on prend le problème." 👈 pic.twitter.com/jEIIwZUeMG
— RTL France (@RTLFrance) January 3, 2023
Refus du principe de réalité
Je confesse (mais sans contrition) ne pas avoir écouté le grand manitou parler le soir du 31 décembre. Jean Rouxel, qui a fait cet effort surhumain, en a rédigé une analyse, parue dans Les 4 Vérités :

Avec Benoît XVI, le Christ au centre de l’Eglise
TVL vous propose un “Zoom” exceptionnel en compagnie de Jean-Pierre Maugendre (président de Renaissance Catholique et animateur, avec Guillaume de Thieulloy, de l’émission “Terres de Mission”) consacré à l’immense vie du pape émérite Benoît XVI dont la mort est survenue le samedi 31 décembre à l’âge de 95 ans.
Il répond à toutes les questions afin de mieux saisir l’incroyable destin de Joseph Aloïsius Ratzinger. Il évoque le parcours et l’œuvre du brillant théologien et intellectuel majeur devenu gardien du dogme et pape qui va se définir lui-même comme “le simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur”. Grand pape, homme doux et discret, Benoit XVI aura marqué l’histoire.
Il s’est éteint non sans avoir laissé un dernier message en forme de testament spirituel : “Restez ferme dans la foi ! Ne vous laissez pas troubler !”.
Le difficile héritage de Benoît XVI
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
La mort de Benoît XVI ne nous a certainement pas surpris, notamment parce que l’actualité de ces derniers jours avait annoncé cet épilogue. Cependant, c’est une douleur pour tous ceux – dont moi – qui ont grandi avec ses écrits et ses enseignements.
Dans des moments comme ceux-ci, on se demande ce que ces grandes personnalités ont fait dans le passé mais, pour un pape, je pense qu’il est également important de parler de l’héritage qu’ils laissent, un héritage qui, dans le cas de Benoît XVI, est certainement complexe.
Après une jeunesse certainement orientée vers les thèmes promus par le progressisme catholique, dans les années 1970, il eut des remords qui le conduisirent hors de la revue Concilium et vers une autre revue, Communio. Concilium représentait l’avant-garde du progressisme théologique auquel Ratzinger ne se sentait plus appartenir. Il a commencé à contester certains sauts en avant et il a pu faire beaucoup dans ce sens lorsque Jean-Paul II l’a appelé à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il y a eu affaire à des théologiens très à gauche, comme Leonardo Boff, Hans Küng (son ancien collègue), Jacques Dupuis et bien d’autres. Par contre, il fait face à la situation créée par Monseigneur Marcel Lefebvre. Les positions du cardinal Ratzinger acquièrent encore plus de pertinence en 1984, lorsqu’il publie avec l’écrivain Vittorio “Entretien sur la foi”, un examen lucide des tendances progressistes de l’Église catholique.
En tant que pape, il a dû naviguer en eaux troubles, avec des scandales et des querelles qui ont ponctué son pontificat, mais aussi avec des gestes très importants, comme en 2007 lorsqu’il a adressé une Lettre aux catholiques chinois et émis le motu proprio Summorum Pontificum. L’héritage de ces deux gestes envers la Chine et envers le monde traditionaliste est extrêmement complexe, étant donné les actions menées dans le pontificat suivant qui vont dans des directions très différentes.
Ensuite, il y a la question de la renonciation qui a créé de nombreux problèmes, voire une certaine confusion et une certaine désorientation même chez les canonistes. La manière dont Benoît XVI a décidé de la traiter a donné lieu à des interprétations de toutes sortes, qui n’ont fait aucun bien au peuple de Dieu.
Certes, son enseignement demeure, lui aussi contesté par certains, mais qui, sous bien de ses aspects, a constitué une barrière dans l’une des époques les plus dramatiques, sinon la plus dramatique, de l’histoire de l’Église.
Traditionis custodes a brisé le cœur du pape Benoît
Dans un entretien à la Fondation Tagespost pour le journalisme catholique, Mgr Georg Gänswein répond à la question de savoir comment Benoît XVI a accueilli le motu proprio Traditionis custodes :
« Il en a été durement touché. Je crois que cela a brisé le cœur du pape Benoît de lire le nouveau motu proprio, parce que son intention avait été d’aider ceux qui voulaient simplement trouver un foyer dans l’ancienne messe pour trouver la paix intérieure, trouver la paix liturgique, afin de les écarter de Lefebvre. Et si vous pensez comment pendant tant de siècles l’ancienne messe a été la source de vie spirituelle et a nourri tant de gens, y compris beaucoup de saints, il est impossible d’imaginer qu’elle n’a plus rien à offrir. Et n’oublions pas que beaucoup de jeunes qui sont nés longtemps après Vatican II et qui n’ont pas compris toute cette émotion autour du concile, ces jeunes, connaissant la nouvelle messe, ont cependant trouvé un foyer spirituel, un trésor spirituel dans l’ancienne messe. Enlever ce trésor aux gens… eh bien, je peux dire que je ne suis pas à l’aise avec cela. »
Chronique des cinglés
Celle-ci est carrément diabolique.
Bingo Allison, un pasteur anglican de 36 ans, se définit comme gender-queer, et raconte avoir vécu une épiphanie (sic) il y a sept ans en lisant le début du livre de la Genèse :
“Il y a de la place dans la création de Dieu pour le changement et la transformation, ce n’est pas parce que vous êtes créé d’une certaine façon que vous ne pouvez pas en vivre une autre”.
Il a donc déclaré à sa femme et à ses 3 enfants qu’il serait désormais une femme.
Je vous fait grâce des photos de la transformation du bonhomme, bien qu’elles fassent passer l’envie d’être transgenre.
Réunion de propagande islamiste : l’AGRIF saisit madame le préfet de Vaucluse
Communiqué de Bernard Antony, Président de l’AGRIF :
Ce week-end, l’AGRIF a saisi madame le Préfet du Vaucluse afin qu’elle prenne des mesures urgentes pour empêcher la tenue à Avignon, le dimanche 8 janvier prochain, d’une réunion de propagande islamiste menée par 3 individus proche de la mouvance salafiste.
Ils font partie de ces influenceurs qui pullulent sur les réseaux sociaux et y appellent à l’application de la charia et à l’expansion de l’idéologie totalitaire islamique.
En 2019, l’un d’entre eux, Nader Abou Anas, faisait parler de lui au cours d’un prêche humiliant envers les femmes, martelant notamment que “même en étant indisposée, ça veut dire que la femme a ses règles, la femme n’a pas le droit de se refuser à son époux.”
Voilà pourquoi l’AGRIF a demandé à Madame le Préfet du Vaucluse de bien vouloir mettre en œuvre les procédures prévues par la loi « Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme » (SILT) de 2017, notamment en réunissant d’urgence le Groupe d’évaluation départementale avec les professionnels de la sécurité.
L’AGRIF demande à l’Etat l’’interdiction pure et simple de cette réunion de propagande islamiste.
La loi Veil et ses conséquences jusqu’à aujourd’hui
De Philippe Pellet, chercheur à l’Institut de Recherche sur la Religion et la Société (Budapest), pour le Salon beige:
La légalisation de l’avortement est l’une des toutes premières lois que l’on qualifierait aujourd’hui de « sociétale ». A l’heure où la France envisage d’inscrire le droit à l’avortement dans sa constitution et de légaliser l’euthanasie, il est fort utile de rappeler l’esprit d’origine de la loi Veil, et d’examiner le contenu des débats conduisant à la promulgation de la loi le 17 janvier 1975.
Depuis le Code pénal de 1810, avorter ou provoquer un avortement constituait un crime et délit passible de prison (article 317). La loi Veil n’abrogea pas l’article 317 du Code pénal, le fait d’avorter ou de faire avorter restait fondamentalement un délit. Ce n’est que plus tard, en 1994, que l’article 317 fut abrogé.
En cohérence avec la Déclaration Universelle des droits de l’homme et la Convention européenne des droits de l’homme, la loi Veil proclamait en son tout premier article que « la loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie », mais ajoutait immédiatement après que « il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu’en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi. ». L’avortement ne pouvait être demandé par une femme enceinte que lorsque celle-ci se trouvait dans une situation de détresse ou pour raison thérapeutique. Ce n’est que 40 ans plus tard, en 2014, que fut supprimée la référence à l’état de détresse pour la remplacer par la seule volonté de la femme : « la femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse » fut remplacé par « la femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse »[1].
Comme l’avait déclaré Simone Veil devant l’Assemblée nationale le 26 novembre 1974, le but de la loi était de mettre fin à une situation dramatique et de désordre, la réalité étant que plusieurs centaines de milliers de femmes avortaient chaque année clandestinement, souvent dans des conditions sanitaires déplorables et de grande détresse humaine. L’Etat se devait de mettre fin à ce désordre, en permettant qu’une femme en situation de détresse puisse rencontrer un médecin dans un cadre légal, qui devait tenter de la dissuader, notamment en l’informant sur les moyens existants lui permettant de garder son enfant.
« L’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue […]. Si le projet […] admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme »[2].
La loi fut adoptée par les deux chambres le 20 décembre 1974. Ce même jour, un groupe de 81 parlementaires saisit le Conseil constitutionnel. Le Conseil constitutionnel examina la saisine les 14 et 15 janvier 1975, et décida de déclarer la loi Veil conforme à la Constitution par sa Décision n°74-54 DC du 15 janvier 1975. A la suite de quoi la loi fut promulguée le 17 janvier 1975.
Il est très instructif d’examiner les arguments portés par le groupe des 81 parlementaires et la réponse du Conseil constitutionnel. Tout ceci reste d’une grande actualité.
Les débats
Messieurs Foyer (1921 – 2008) et Goguel (1909 – 1999) sont deux hommes qui ont joué un rôle clef mais antagoniste lors des différentes étapes conduisant à la promulgation de la loi Veil. Jean Foyer, en tant que député, a été l’adversaire le plus actif de la loi Veil. C’est sous son initiative qu’a été saisi le Conseil constitutionnel, où siégeait François Goguel depuis 1971, qui a joué au sein de cette institution le rôle principal conduisant le Conseil à déclarer la loi conforme à la Constitution. Deux rôles antagonistes, pourtant ces deux hommes avaient de nombreux points communs : tous deux étaient des chrétiens convaincus – Jean Foyer était catholique, François Goguel protestant. Tous deux étaient de grands juristes qui ont laissé leur empreinte dans la Ve République. Ils avaient tous deux une grande estime pour le Général de Gaulle : François Goguel fut le présentateur et annotateur du recueil des discours et messages de Charles de Gaulle paru en 1970, Jean Foyer présida l’Institut et la Fondation Charles de Gaulle de 1997 à 2001.
Leurs positions respectives méritent d’être analysées en détail car elles dévoilent les principes qui ont jeté les bases des bouleversements ultérieurs sur la conception des droits de l’homme, dont la légalisation de l’avortement fut le point de départ.
La position de Jean Foyer
Pourquoi Jean Foyer était-il contre la loi Veil ? Selon lui, malgré les bonnes intentions de la loi et ses apparences d’encadrement stricte, c’est en réalité « le droit d’avorter sans limite et sans cause que le texte reconnait durant les dix premières semaines de grossesse ». Car « les seules conditions posées sont de pures procédures. […] Avortement discrétionnaire sous réserve d’observer ces règles de formes, droit souverain de la mère, non pas de donner ou de ne pas donner la vie, […] mais de faire disparaitre la vie déjà commencée ! ». Et un peu plus loin : « N’ayant pu faire que ce qui est juste fût fort, vous voulez faire que ce qui est fort devienne juste ». Et il prévenait que « plus tard, […] on expliquera à nos successeurs qu’une vie diminuée ou ralentie n’est plus une véritable vie humaine. »[3]
Aujourd’hui, alors que le comité d’éthique vient d’ouvrir la voie à l’aide active à mourir et que la Convention citoyenne entame ses débats sur la fin de vie, on peut qualifier de prophétiques les propos de Jean Foyer.
Sur le plan juridique, lors de son intervention à l’Assemblée nationale et dans son mémoire accompagnant la saisine du Conseil constitutionnel, il chercha à démontrer que le projet de loi était non conforme à la Convention européenne des droits de l’homme fraichement ratifiée par la France, et à la Constitution française. Son raisonnement était le suivant :
Le droit à la vie est le premier et le plus solennellement affirmé par les législateurs internationaux et nationaux.
- Par la Déclaration Universelle des droits de l’homme de 1948, qui dispose dans son article 3 que « tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ».
- Par la Convention européenne des droits de l’homme, qui, dans son article 2, dispose que « le droit à la vie de toute personne est protégé par la loi ». Depuis sa ratification par la France le 3 mai 1974, la Convention s’impose au droit français puisque selon l’article 55 de la Constitution, elle a une autorité supérieure à celle des lois.
- Par le Constitution, qui, dans son Préambule, réaffirme des droits et principes fondamentaux, en particulier ceux figurant dans le Préambule de la Constitution de 1946, qui dispose que « [la Nation] garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère, et aux vieux travailleurs la protection de la santé ».
Mais la question fondamentale est : l’embryon est-il une personne, et de ce fait protégé par les textes juridiques suscités ? A cette question, Jean Foyer apporte une réponse argumentée en s’appuyant sur plusieurs textes nationaux et internationaux, qui disposent que c’est dès sa conception qu’un être humain est une personne disposant du droit à la vie. En particulier :
- La Résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies de novembre 1959 portant déclaration des droits de l’enfant, qui proclame que « l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après sa naissance.»[4].
- L’adage « infans conceptus pro nato habetur quoties de commodis ejus agitur» (« l’enfant conçu sera considéré comme né chaque fois qu’il pourra en tirer avantage ») reçu du droit romain, consacré en droit français par l’article 725 du Code Civil.
- Le Code Pénal français qui classe l’avortement comme une infraction contre une personne.
La réponse de François Goguel et du Conseil constitutionnel
Les 14 et 15 janvier 1975, le Conseil constitutionnel examina la saisine des 81 députés accompagnée du mémoire rédigé par Jean Foyer. Les raisons qui ont conduit le Conseil constitutionnel à déclarer la loi conforme à la Constitution sont exposées dans le compte rendu des séances du Conseil constitutionnel disponible sur le site internet du Conseil constitutionnel[5]. Monsieur Goguel était le rapporteur de l’examen de la saisine des 81 députés. Voici un résumé des débats.
Question préjudicielle
En dehors de l’examen de la question de fond, à savoir si la loi est conforme à la Constitution, une question préjudicielle a été débattue par les membres du Conseil. Cette question était la suivante : lorsqu’il est saisi en application de l’article 61 de la Constitution, le Conseil constitutionnel est-il aussi tenu, dans le cadre de son contrôle de constitutionalité, d’examiner la conformité d’une loi aux stipulations d’un traité ou d’un accord international ? L’examen préalable de cette question était nécessaire car la saisine et le mémoire qui l’accompagnait développaient des arguments essentiellement fondés sur la Convention européenne des droits de l’homme.
A cette question, Monsieur Goguel développe un argumentaire juridique extrêmement élaboré qui le conduit à conclure qu’il n’appartient pas au Conseil constitutionnel d’effectuer le contrôle de conventionnalité, c’est-à-dire de la conformité vis-à-vis des traités ratifiés par la France. C’est à l’unanimité que le Conseil se prononce en faveur des conclusions du rapporteur Goguel. Cette décision fit jurisprudence comme on le sait. Ce ne sera que plus tard, à partir de 1989, que l’évaluation de conventionnalité des dispositions législatives de droit publique français sera placée sous le contrôle du Conseil d’État. Entre temps, la loi Veil n’a pas fait l’objet d’un contrôle de conventionnalité, et la plupart des arguments développés par Jean Foyer n’ont ainsi pas été examinés par le Conseil constitutionnel, celui-ci ne s’étant tenu qu’à l’examen de la conformité de loi à la Constitution française.
Sur la question de fond
Lors de son rapport aux membres du Conseil, Monsieur Goguel expose une analyse approfondie de la constitutionnalité de la loi. Il examine successivement toutes les dispositions de la Constitution, en particulier de la Déclaration des droits de l’homme et du Préambule de la Constitution de 1946 faisant partie du bloc de constitutionnalité, et démontre que la loi n’est pas contraire à la Constitution. Sa conclusion est la suivante :
« La Déclaration des droits de l’homme de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946, le Préambule de la Constitution de 1958 et le texte de cette dernière Constitution ne comportent aucune disposition dont on puisse légitimement conclure que l’un quelconque de ces documents garantisse la protection de la vie d’un être humain avant la naissance de cet être. C’est peut-être dommage, mais c’est ainsi. »[6]
Il rejette un à un tous les arguments de Monsieur Foyer tendant à montrer que selon le droit français, l’enfant est considérée comme une personne dès sa conception. Selon François Goguel, aucun des textes à valeur constitutionnelle ne mentionne des droits humains avant la naissance. En particulier parce que la Déclaration de 1789 spécifie clairement que c’est au moment de sa naissance que l’être humain devient sujet de droit : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit »[7].
Mais en plus du passage du Préambule de la Constitution de 1946 invoqué par Monsieur Foyer, Monsieur Goguel estime qu’il convient aussi d’examiner un autre alinéa du Préambule de 1946, celui qui réaffirme les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (PFRLR) intégrés au bloc de constitutionnalité. Il se pose donc la question si l’interdiction par la loi pénale de toute interruption volontaire de la grossesse devrait être considérée comme un de ces principes fondamentaux. Dans son analyse, il souligne que cette interdiction était bien antérieure à l’établissement de la République – elle date du Code pénal de 1810 – mais reconnait qu’il n’est pas douteux que la République a conservé une telle interdiction dans les lois qu’elle appliquait. L’interdiction de l’avortement est-elle un PFRLR ? Sa réponse est non, son point de vue personnel étant que les principes reconnus par la République sont ceux des lois établies par la République. Ce point de vue personnel a été contesté par un autre membre du Conseil, Monsieur Brouillet, qui « confirme qu’à son sens la loi soumise au Conseil constitutionnel est contraire aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République », ce à quoi il ajoute : « Il ne faut pas trop s’attacher à la Déclaration de 1789 si l’on veut être fidèle à l’esprit de son temps et ne pas être prisonnier de la lettre mais aller au service de l’esprit ».
En d’autres circonstances, le Conseil constitutionnel n’a pas hésité à établir de nouveaux principes constitutionnels avec une large marge d’appréciation. Mais le 15 janvier 1975, le Conseil constitutionnel a choisi de ne pas ériger l’interdiction de l’avortement en principe constitutionnel. Pourquoi ? La réponse est dans le compte rendu des séances des 14 et 15 janvier. En effet, on peut y lire que c’est avec « mélancolie » et « résignation » que plusieurs des membres se sont résolus à accepter la décision proposée par Monsieur Goguel. Les membres du Conseil constitutionnel, malgré le titre de Sages qui leur est donné, sont des hommes et non des dieux. Ils ne pouvaient pas faire abstraction de l’impact qu’aurait eu une décision de non-conformité. Cela figure de façon à peine voilée dans les propos d’un des membres du Conseil, Monsieur Chatenet :
« Monsieur Chatenet déclare rejoindre avec beaucoup de mélancolie les conclusions du rapporteur. Il ne lui paraît pas indécent de dire que le Conseil peut faire entrer en ligne de compte le trouble profond que représenterait une déclaration de non-conformité qui, à coup sûr, ferait rebondir le débat. Ce n’est pas suffisant pour déterminer le Conseil, mais on ne peut pas ne pas y penser. »[8]
D’autres membres ont aussi exprimé leur réserve, mais finalement le Conseil a décidé de reconnaitre la loi conforme à la Constitution, décision qu’ils n’ont pas prise en toute liberté et indépendance.
Que peut-on donc conclure de la lecture des débats du Conseil ? Derrière la Décision ex cathedra du Conseil, il y a des hommes doutant de la justesse de leur décision mais qui la prennent par crainte du tumulte que génèrerait une décision contraire. On peut alors légitimement se poser la question si le Conseil constitutionnel a ici agi en conformité avec son rôle de préserver les droits fondamentaux face aux dérives de l’État, en vertu du principe de l’État de droit. La même question se pose aujourd’hui aussi pour la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), dont les décisions constituent la référence ultime en matière de conception des droits de l’homme en Europe. En particulier, lorsque dans l’une de ses décisions de 2004, celle-ci s’est abstenue de définir quand commence la vie d’une personne, et a donc refusé de déterminer qui, parmi les êtres humains, bénéficient du droit à la vie consacré par l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme.
« L’article 2 de la Convention est silencieux sur les limites temporelles du droit à la vie et, en particulier, il ne définit pas qui est la “personne” dont “la vie” est protégée par la Convention. […]. La Cour considère que faute de consensus européen sur la définition scientifique et juridique des débuts de la vie, le point de départ du droit à la vie relève de la marge d’appréciation qu’elle estime généralement devoir être reconnue aux États dans ce domaine. »[9]
Que cette institution européenne censée garantir la sauvegarde des droits de l’homme déclare ne pas être en mesure de définir qui est la personne protégée par l’un des plus importants de ces droits, à savoir le droit à la vie, pose un sérieux problème. D’autant plus que la Convention a été adoptée par le Conseil de l’Europe au lendemain de la deuxième guerre mondiale dans le but de consacrer et rendre contraignant les droits de l’homme pour les États afin d’éviter que des horreurs commises contre des individus ne puissent se reproduire en Europe.
Par ailleurs, comme en avait averti Jean Foyer, la légalisation de l’avortement a entrouvert la porte vers de nouveaux types de droits humains conduisant à un changement radical de la conception des droits de l’homme, transmutés en droit des individus d’assouvir leurs désirs.
« Alors que les droits de l’homme de 1948 reflétaient des droits naturels, l’affirmation de l’individualisme a généré de nouveaux droits antinaturels, tels que le droit à l’euthanasie ou à l’avortement, conduisant à leur tour à l’émergence de droits transhumains qui garantissent aujourd’hui le pouvoir de redéfinir la nature, tels que le droit à l’eugénisme, à l’enfant, ou au changement de sexe »[10].
Ces nouveaux types de droits entraînent la violation de droits de l’homme tels qu’ils étaient définis à l’origine : violation du droit à la vie de tout être humain, violation de la liberté d’opinion et d’expression, comme on l’a vu avec l’extension du délit d’entrave en 2017. Et si demain le droit à l’avortement est inscrit dans la Constitution française, que deviendra la liberté de conscience des médecins refusant de pratiquer un avortement ?
[1] article 2212-1 du Code de la Santé Public (souligné par nous)
[2] Déclaration de Simone Veil lors de la séance du 26 novembre 1974 – Assemblée Nationale – 1er séance du 26 novembre 1974, p. 6999- URL : https://www.assemblee-nationale.fr/histoire/interruption/1974-11-26-1.pdf
[3] Discours de Jean Foyer lors de la séance du 26 novembre 1974 – « Assemblée Nationale – 1ère séance du 26 novembre 1974 » pp. 7010 à 7012 – URL : https://www.assemblee-nationale.fr/histoire/interruption/1974-11-26-1.pdf
[4] Déclaration des Droits de l’Enfant adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1959 (c’est nous qui soulignons)
[5] Compte rendu des séances du Conseil constitutionnel des 14 et 15 janvier 1975, URL : https://www.conseil-constitutionnel.fr/sites/default/files/as/root/bank_mm/decisions/PV/pv1975-01-14-15.pdf
[6] ibid p. 16
[7] C’est nous qui soulignons
[8] Compte rendu des séances du Conseil constitutionnel des 14 et 15 janvier 1975, p. 31
[9] Guide sur l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme, publié par la Cour européenne des droits de l’homme, version du 31 août 2021, p. 19 – URL : https://www.echr.coe.int/Documents/Guide_Art_2_FRA.pdf
[10] PUPPINCK Grégor, Les droits de l’homme dénaturé, Éditions du Cerf, p. 11
Conseil d’Etat islamique
Le Conseil d’Etat a rejeté :
- Le recours contre mosquée de Montreuil du 22 décembre 2022 : la décision du maire communiste de préempter un terrain à la moitié de son prix pour agrandir une mosquée n’est pas une atteinte au principe de laïcité
- La fermeture de la mosquée radicale de Pessac le 26 avril 2022
- Le recours contre la mosquée de Bagneux le 25 juillet 2022.
À chaque fois le juge était Christine Maugüé (photo), ancienne directrice de cabinet de Christiane Taubira, aujourd’hui présidente adjointe de la section du contentieux du Conseil d’Etat.
Le soi-disant dialogue interreligieux toujours entre omission et mensonge
Dans son numéro du 22 décembre 2022, Valeurs Actuelles proposait un entretien avec le cardinal Robert Sarah en rapportant cette phrase :
« Il se présente en homme de paix mais précise qu’elle n’existe pas au détriment de la Vérité ».
Tension entre paix et vérité : c’est bien ce qui nous semble ressortir du soi-disant dialogue interreligieux auquel le Pape a encore sacrifié lors de son voyage à Bahrein à l’occasion du « Bahrain Forum for Dialogue: East and West for Human Coexistence » (3 au 6 novembre 2022) ; comme d’habitude oserions-nous dire au bénéfice supposé de la première et au détriment de la seconde.
Remarquons d’abord que si le titre du Forum n’est pas explicitement inter-religieux (Human coexistence), sa description sur le site officiel de l’événement insiste sur cet aspect. Le « dialogue » est organisé en coopération avec le Conseil islamique des anciens et le Conseil suprême pour les affaires islamiques. Et il est souligné que le royaume de Bahrein a toujours contribué à répandre une culture de paix et de coexistence entre les religions, devenant un exemple de coexistence pacifique entre religions et sectes [NDLR : terme surtout utilisé pour les courants musulmans] et peuples de différentes religions (the Kingdom has been keen to spread a culture of peace and coexistence between religions and become a global example in embracing religious and sectarian diversity and peaceful coexistence among all sects).
Ceci étant résumé sans ambiguïté par le Père Feroldi (longtemps grand ordonnateur du dialogue avec les musulmans pour le compte de la Conférence des évêques de France) dans un tweet :
« Le Pape François au Bahrein pour approfondir le dialogue interreligieux » :

Il y a deux manières, sous couvert de rencontre, de dialogue et de recherche de la paix, d’entraver la vérité : l’omission et le mensonge.
L’omission, comme toujours dans les textes papaux lors de rencontres en terrain islamique, est le fait du Pape (sur le site du Vatican figurent les textes de trois discours prononcés par le Pape : lors d’une rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique le 3 novembre ; lors d’une rencontre avec les membres du Conseil musulman des Anciens ou « Muslim council of Elders » le 4 novembre ; lors du discours de clôture du Forum le 4 novembre aussi).
Le Pape insiste sur cette notion de rencontre, voire de vivre-ensemble :
« Dieu est Source de paix. Qu’il nous accorde d’être, partout, des canaux de sa paix ! Devant vous, je voudrais répéter que le Dieu de la paix ne conduit jamais à la guerre, n’incite jamais à la haine, ne favorise jamais la violence. Et nous, qui croyons en Lui, sommes appelés à promouvoir la paix à travers des instruments de paix, comme la rencontre, les négociations patientes et le dialogue qui est l’oxygène du vivre ensemble » (devant le Conseil islamique des anciens).
Le terme de « paix » est cité 55 fois dans les trois discours du Pape ce qui est beaucoup.
Et comme d’habitude, les présupposés du Pape ne manquent pas de bonne volonté :
« Que la paix descende et demeure sur vous, qui souhaitez la répandre en inculquant dans les cœurs les valeurs de respect, de tolérance et de modération ; sur vous, qui cherchez à encourager les relations amicales, le respect mutuel et la confiance réciproque avec tous ceux qui, comme moi, adhèrent à une autre foi religieuse ; sur vous, frères et sœurs, qui voulez favoriser chez les jeunes une éducation morale et intellectuelle qui contrecarre toute forme de haine et d’intolérance. As-salamu alaikum ! » (devant le Conseil islamique des Anciens).
Enfin, lors du discours de clôture :
« L’homme religieux, l’homme de paix, s’oppose aussi à la course au réarmement, aux affaires de la guerre, au marché de la mort. … il suit une seule voie, celle de la fraternité, du dialogue, de la paix. Ce sont là ses “oui”. Parcourons, chers amis, cette voie : élargissons notre cœur au frère, avançons dans le parcours de connaissance réciproque. Nouons entre nous des liens plus forts, sans duplicité et sans peur, au nom du Créateur qui nous a placés ensemble dans le monde comme gardiens des frères et des sœurs. … la force, les armes et l’argent ne coloreront jamais l’avenir de paix. Rencontrons-nous donc pour le bien de l’homme, et au nom de Celui qui aime l’homme dont le Nom est Paix. [ ?] ».
Mais qu’en est-il de la Vérité ? La vérité, c’est que, comme d’habitude dans ce genre de situation, tout ce qui est « catholique » a été soigneusement omis par le Pape. Si le Dieu très-haut est cité 9 fois par le Pape, si le « Créateur » est cité 4 fois, le Pape ne cite jamais le Christ (alors qu’il cite 11 fois Jésus mais lors du discours prononcé le 6 novembre lors d’une rencontre avec les évêques, les prêtres, les consacrés, les séminaristes et les agents pastoraux). Le Pape cite la Genèse (la Création du monde, cela complaît à tout le monde) et des textes de Vatican II (on connaît l’inculture vis-à-vis de l’islam qui a présidé à la rédaction des textes consacrés à l’islam lors de ce Concile), il cite même « l’imam Ali » (« Laissons-nous guider par l’expression de l’Imam Ali : « Les personnes sont de deux sortes : ou bien elles sont tes frères dans la foi, ou bien elles sont tes semblables en humanité » », discours au Muslim Council of Elders), mais il ne cite aucun texte du Nouveau Testament (Evangile ou épître^). Par contre, Abraham est cité deux fois et à nouveau dans un autre tweet du Père Feroldi :

« Le Père Abraham » comme succédané de Dieu le Père, du Christ et du Saint-Esprit !
De son côté », le Docteur Ahmad Al-Tayyeb, Grand Imam d’Al-Azhar et considéré comme un « frère » par le Pape (qui a indiqué que l’imam avait même inspiré pour partie le contenu d’une de ses encycliques) a aussi pris la parole. Il est en effet également président du conseil islamique des Anciens. Lui ne s’embarrasse pas d’un vocabulaire de synthèse. Il commence à peu près par la profession de foi musulmane :
« Toutes les louanges sont dues à Allah. Que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur notre maître, le prophète Muhammad, ses compagnons et sa famille ».
Et d’ailleurs, nul ne saurait le lui reprocher.
Puis le Docteur Al-Tayyeb cite le Coran pour expliquer que
« l’homme a été créé libre et capable de choisir sa croyance, sa religion, son idéologie et sa doctrine…. Dieu dit : « Il n’y aura aucune contrainte dans [l’adoption de] la religion. La voie droite s’est distinguée clairement de la mauvaise. » (Coran, 2:256) Dieu dit également à son prophète : « Alors, [ô Muhammad], contraindrais-tu les gens pour qu’ils deviennent croyants ? » (Coran, 10:99) » …/… Il achève son propos de façon nette : « Mesdames et Messieurs, J’espère que vous ne vous lassez pas des affirmations constantes selon lesquelles l’Islam est une religion de paix et d’égalité. Ce qui est dit et promu de temps en temps à propos de l’institution dans l’islam de la guerre contre les infidèles est faux et constitue même un tissus de mensonges purs et simples à propos de l’Islam et de la vie de son Prophète, alors même que cela est tenu par certains adeptes de la même religion. [L’Islam] est une religion basée sur la démonstration et sur l’évidence, non pas sur l’ambiguïté et le mensonge ».
Formidable. On aimerait le croire. Mais la réalité est parfois cruelle et donne à penser que l’imam Al-Tayyeb présente l’islam comme le ministre Potemkine présentait la campagne russe à l’impératrice Catherine II.
Jugeons sur le réel (tout en admettant bien volontiers que les citations lénifiantes du Coran faites par M.Al-Tayyeb sont parfaitement réelles, de même que les décors potemkiniens étaient réels eux-aussi) :
- le réel, c’est que certains versets du Coran vont exactement à l’envers des versets cités plus haut et appellent au meurtre.
- Le réel, c’est que beaucoup de hadiths font de même et exaltent « l’inviolabilité du sang musulman» (hormis pour les meurtriers et les apostats, faut pas rigoler quand même) ;
- le réel, c’est qu’une multitude de prêches et de déclarations d’imams et autres institutionnels musulmans appellent à la discrimination en droit parfois pour le pire ;
- le réel, c’est enfin la pratique musulmane qui contredit quasi quotidiennement et totalement la version idyllique, à commencer par la situation des Coptes que l’imam Al-Tayyeb peut sans doute apercevoir depuis les fenêtres de son confortable bureau à l’université Al-Azhar. Et d’autant plus qu’on se souvient qu’en octobre 2020, le centre de recherches islamiques de l’Université Al Ahzar (celle dont Ahmad Al-Tayyeb est le recteur) a publié un communiqué faisant suite à un discours de M.Macron sur le séparatisme et expliquant que « de telles déclarations racistes sont de nature à enflammer les sentiments de 2 milliards de musulmans » ce qui sonnait plus comme une menace que comme une position paisiblement fraternelle.
N’y aurait-il pas une étude à mener sur une praxis du mensonge dans les discours musulmans (par « discours musulmans », nous entendons les discours officiels d’institutionnels musulmans divers) ? Et nous excluons la pratique déjà connue de la taqiyya : celle-ci signifiant littéralement la « prudence » ou la « crainte » pour se « protéger » et désignant le fait de devoir dissimuler sa pratique religieuse islamique par peur de représailles (Mohamed Sifaoui TAQIYYA ! Editions de l’Observatoire 2019). Notons pour être complet que d’une part l’imam Al-Tayyeb ne nous paraît guère empli de crainte, en particulier quand il est à Bahrein ; d’autre part la pratique de la taqiyya a été utilisée au début par les musulmans chiites qui craignaient les persécutions des musulmans sunnites (ce qui à la fois jette une ombre sur la fraternité intra-musulmane et donne à penser sur les capacités d’application de cette fraternité envers les mécréants…).
Mensonge parce que sinon, que faut-il invoquer ? Schizophrénie ? Structuration mentale insensible à l’incohérence ? On rappellera ici l’enregistrement tellement emblématique rapporté par le site Goldnadel TV consacré à des témoignages d’enfants et d’adolescents palestiniens à l’endroit des juifs et en particulier le suivant :
« Par Allah, si nous chassons les juifs de la Palestine et de Jérusalem, et s’ils ne se convertissent pas à l’islam, nous les poursuivrons jusqu’au bout de la terre et nous les tuerons. Ensuite, nous convertirons tous les chrétiens à l’islam. Pourquoi? Parce que l’islam est la seule religion de compassion ».
Au final, on aura aussi parlé de fraternité, mot cité 8 fois par le Pape sans compter ses références au document sur la Fraternité humaine co-signé entre lui et l’imam Al Tayyeb ; comme un vulgaire M.Macron dans son tweet obligé de Noël,

Mais, entre omission de la foi catholique et mensonges sur les pratiques musulmanes, qu’y a-t-il donc d’interreligieux (sans même parler d’approfondissement.. ) dans tout ça ? Et cela fait-il avancer la paix (laquelle d’ailleurs ?) d’un iota ?
Pire, et nous terminerons en citant un observateur souvent sagace (donc irritant) de nos soubassements civilisationnels :
«Les religions molles n’ont aucune chance de l’emporter dès lors qu’elles rentrent en rivalité avec les religions dures : elles achèvent de fondre, elles tournent au vinaigre, elles se dissolvent. Contre les religions crues les religions cuites partent vaincues ». (R.Camus La Dépossession Ou du remplacisme global. La Nouvelle Librairie, 2022 p. 353).
Peut-être des propos plus proches de la vérité que ceux des officiels du dialogue interreligieux…
Des hauts et des bas
En 6 ans, la chaîne CNews a plus que triplé son audience :

CNews reste derrière BFMTV (3,3%) et devant LCI (1,7%), toutes trois en hausse.Avec 0,9% de part d’audience, Franceinfo grappille elle aussi 0,2 point.
De son côté, TF1 a enregistré en 2022 sa plus faible part d’audience depuis sa création en 1975, à 18,7%, le succès du Mondial ne compensant pas les pertes.
Un débat ouvert avec les franc-maçons ?
C’est ce que propose Amande Pichegru, Grand Maître National de la Fédération française du Droit humain, le 4 février à Paris :

Alors que les franc-maçons ont empêché le vote des femmes, le 4 avril 1893, une loge maçonnique a rassemblé des hommes et des femmes, le DROIT HUMAIN.
Des éléments de réflexion seront présentés lors de cette conférence organisée à l’initiative d’un collectif de loges parisiennes du DROIT HUMAIN. « Ici tout est symbole. Demande et on te répondra » nous dit le rituel d’initiation du DROIT HUMAIN…Ce samedi 4 février 2023, le débat est donc ouvert avec Amande PICHEGRU ! Entrée libre – Un pot de convivialité clôturera cet évènement.
Pour rappel :
Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.
Benoît XVI a incarné l’adage traditionnel : lex orandi, lex credendi ; la prière liturgique est l’expression de la foi
Communiqué de Notre-Dame de Chrétienté :
Le 31 décembre 2022, le pape Benoît XVI a remis son âme à Dieu.
Notre Dame de Chrétienté s’associe à la prière de toute l’Église pour le repos de son âme, et reçoit précieusement le vœu que formulait le pape émérite dans son testament spirituel : « restez fermes dans la foi ! Ne vous laissez pas troubler ! ».
L’engagement de ce grand théologien pour la défense de la doctrine catholique et pour sa transmission fidèle allait de pair avec son grand respect et amour de la sainte Liturgie. Benoît XVI a ainsi incarné l’adage traditionnel : lex orandi, lex credendi ; la prière liturgique est l’expression de la foi.
Nous rendons grâces à Dieu pour les multiples fruits du pontificat de Benoît XVI, et spécialement pour l’œuvre de pacification liturgique qu’il a souhaitée en promulguant le Motu Proprio Summorum Pontificum, afin de libéraliser la célébration de la messe traditionnelle, jamais abrogée. Notre Dame de Chrétienté se souvient des paroles fortes que le futur pape prononçait en 2001 à ce sujet :
« Pour souligner qu’il n’y a pas de rupture essentielle, que la continuité et l’identité de l’Église existent, il me semble indispensable de maintenir la possibilité de célébrer selon l’ancien Missel comme signe de l’identité permanente de l’Église. C’est pour moi la raison fondamentale : ce qui était jusqu’en 1969 la liturgie de l’Église, la chose la plus sacrée pour nous tous, ne peut pas devenir après 1969 – avec un positivisme incroyable – la chose la plus inacceptable […]. Il n’y a pas de doute qu’un rite vénérable comme le rite romain en vigueur jusqu’en 69 est un rite de l’Église, un bien de l’Église, un trésor de l’Église, et donc à conserver dans l’Église. »
En ces temps difficiles, où il semble que plus que jamais, « la barque de Pierre prend l’eau de toute part », il nous appartient désormais de recueillir l’héritage spirituel, théologique et liturgique de Benoît XVI, de rester fermes dans la foi, de garder l’espérance par laquelle nous serons sauvés (Spe salvi), et d’œuvrer, dans la charité de la vérité (Caritas in veritate), pour que le Christ règne et que les hommes reconnaissent que Dieu est, et qu’il est amour (Deus caritas est).
Notre-Dame de Chrétienté
Hommage du cardinal Raymond Burke « à l’occasion de la mort du pape émérite » :
C’est avec les plus profonds sentiments de tristesse et de gratitude que j’ai appris la nouvelle du décès du Pape émérite Benoît XVI. Il est triste de perdre la compagnie terrestre d’un Successeur de Saint Pierre qui, même après son abdication de la charge pétrinienne, a continué à être une source de nombreuses grâces pour l’Église, en particulier par l’offrande de ses prières et de ses souffrances pour tant de besoins de l’Église de notre temps. En même temps, je suis profondément reconnaissant à Dieu tout-puissant pour la vie de Joseph Ratzinger. Celui-ci a répondu fidèlement à la vocation à la sainte prêtrise, jusqu’à accepter le poids inimaginable de servir comme évêque de l’Église universelle, et il a mis ses talents considérables entièrement au service du Christ Bon Pasteur comme prêtre et évêque agissant en sa personne pour l’enseignement, la sanctification et le gouvernement du troupeau du Père, et finalement comme Vicaire du Christ sur terre. Il était un enseignant particulièrement doué de la foi catholique, avec une appréciation particulière de l’expression la plus élevée et la plus parfaite de la foi : le Culte divin. Son enseignement sûr, notamment en ce qui concerne la sainte Liturgie, demeure un héritage durable et vivant.
J’ai eu l’honneur de le servir en tant que Préfet du Suprême Tribunal de la Signature Apostolique. Lors de mes rencontres avec lui, alors qu’il était encore Pontife Romain et après son abdication, j’ai toujours été impressionné par son intelligence et sa connaissance extraordinaires, associées à une douceur rappelant celle du Christ. Il a vraiment servi, selon les mots inspirés de sa devise épiscopale, comme l’un des « cooperatores veritatis » [« compagnons de travail dans la vérité »] de Notre-Seigneur (3 Jn 8).
Je vous invite à prier avec moi pour le repos éternel de son âme immortelle. Qu’il repose en paix.
Raymond Leo Cardinal BURKE
Communiqué de Paix Liturgique :
Nous ne prétendons certes pas réduire les huit ans de pontificat de Benoît XVI au motu proprio Summorum Pontificum. Mais nous estimons que ce texte est une sorte de loupe qui permet de mesurer l’action qu’ a eue ce pontife à un moment décisif de l’histoire du post-Concile.
En prononçant le 22 décembre 2005 devant la Curie romaine, peu après son élection, un discours solennel pour préciser quelle devait être la juste interprétation de Vatican II, et comment devait être promue une « herméneutique de progrès dans la continuité » éclairant les textes du dernier concile en tentant de les inscrire dans la grande Tradition de l’Église, Benoit XVI avait donné une sorte de programme de son pontificat. De fait, les textes pontificaux furent paradoxalement moins nombreux et moins incisifs sous son règne que n’avaient été les textes qu’il avait écrits ou dirigés sous celui de Jean-Paul II. Mais les textes peuvent cependant être aussi des actes, et même des actes forts.
Ainsi ce discours de 2005 à la Curie, au-delà ce qu’il voulait, a fait naître, notamment en Italie, un mouvement théologique tentant de faire sauter la chape idéologique « de gauche », qui pèse toujours sur l’interprétation de Vatican II. On a compris que cela annonçait que Vatican II devait cesser d’être considéré comme le début d’une ère nouvelle, comme un « super-dogme », selon la qualification critique du cardinal Ratzinger en 1988, qui aurait rendu obsolète tout l’enseignement antérieur.
Ainsi surtout du motu proprio Summorum Pontificum, du 7 juillet 2007, reconnaissant après trente ans d’interdiction de fait que la messe romaine traditionnelle (le rite de saint Pie V) n’avait jamais été légitimement interdite. Sa plus importante fécondité, selon le vœu de Benoît XVI, devrait être surtout une certaine resacralisation, par imitation de la liturgie ancienne, des formes nouvelles de la liturgie. Il n’a pas seulement permis la multiplication des célébrations de la messe traditionnelle : il a eu aussi un effet libérateur sur les prêtres (les jeunes surtout) qui voulaient pouvoir la dire en privé.
Dans le même sens, il y eut la levée des excommunications, le 21 janvier 2009, des quatre évêques ordonnés de manière autonome par Mgr Lefebvre en 1988, étaient un complément de Summorum Pontificum. Son souci pastoral envers ces « traditionalistes » avait la même visée que la libéralisation de la liturgie traditionnelle : rééquilibrer par leur réintégration officielle dans l’Église un catholicisme tiré « à gauche » depuis Vatican II en leur permettant de participer avec lui à la réévangélisation d’un monde déserté par la foi.
Il est donc incontestable qu’un esprit nouveau, et même l’ébauche d’un catholicisme propre au XXIe siècle s’est dessiné sous Benoît XVI, plus nettement encore que sous Jean-Paul II, harmonisant tradition et jeunesse, piété liturgique et esprit missionnaire. On pourrait dire en termes politiques qui ne conviennent pas, mais qui font comprendre : un catholicisme de droite décomplexée. Mais les pesanteurs de certaines aires de la Curie romaine et d’une bonne part du corps épiscopal, dues en partie à l’absence d’une nette politique de nomination du pape lui-même, ont freiné un véritable renouvellement doctrinal, catéchétique, religieux, missionnaire.
Aujourd’hui, dans ce qui est assurément la période finale du pontificat de François, en repensant à ce pontificat bénédictin de seulement huit ans, de 2005 à 2013, aux allures modestes, on constate qu’il n’aura pas conduit la transition complète vers d’autres rives, des rives non-conciliaires. Sans doute le catholicisme se dirige-t-il vers un âge néo-catacombal. Catholicisme marginal, il pourrait cependant, s’il se trouve des hommes pour le conduire, devenir un catholicisme vigoureux, au sein d’une société toujours plus hostile. Benoît XVI en a posé des bases précieuses, et ces bases sont liturgiques : celles du retour de la lex orandi très pure de la Rome éternelle.
Euthanasie : la dignité de l’individu ne découle plus de sa nature d’être humain mais de l’autonomie de sa volonté
Dans l’Homme nouveau, Philippe Pichot-Bravard dénonce le prétendu principe de laïcité : loin de garantir la séparation des pouvoirs spirituel et temporel, ce « principe » est celui d’un antichristianisme et d’une religion du « progrès humain » :
[…] les obédiences maçonniques s’emploient, depuis longtemps déjà, à légaliser l’euthanasie, voire même le suicide assisté, comme le rappelait François Hollande : « Vous êtes à la pointe des combats actuels […] pour le droit à mourir dans la dignité ». Elles « planchent » sur la question du transhumanisme, ce que soulignait là encore Hollande, montrant l’impor- tance de la franc-maçonnerie dans la réflexion normative :
« Vous avez voulu penser les mutations inouïes que les nouvelles technologies du vivant nous laissent deviner et c’est ce qu’on appelle le transhumanisme ou l’homme aug- menté. C’est une question redoutable. Jusqu’où permettre le progrès ? Car le progrès ne doit pas être suspecté, nous devons le favoriser. […] le regard de la franc-maçonnerie est une boussole ».
La franc-maçonnerie est donc « la boussole » de la République. Quelle direction indique cette « boussole » ? Celle de l’autonomie de la volonté, dogme fondamental de la modernité philosophique qui combine à la fois le volontarisme, l’individualisme et le relativisme. Chacun est maître de choisir sa voie, de déterminer ce qui, à ses yeux, est bon et juste, sans être tenu de respecter des règles qui viendraient ordonner sa volonté. Le maçon se revendique affranchi. Non serviam. Le dogme de l’autonomie de la volonté appelle la négation de toute transmission, la négation de l’autorité du droit naturel et la transgression systématique de tous les principes qui en découlent.
Dans cette perspective, la dignité de l’individu ne découle plus de sa nature d’être humain mais de l’autonomie de sa volonté propre, ce qui justifie l’élimination de ceux qui, diminués par l’âge, la maladie ou un accident, ont perdu l’autonomie de leur volonté. Il n’est qu’une limite permise à cette autonomie de la volonté : la soumission imposée aux valeurs sacro-saintes de la République. Lors de son audition, madame Kervella-Roux [Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France] s’inquiétait de l’existence de
« revendications régressives [qui] remettent en cause nos libertés individuelles, comme les actions d’opposition à l’interruption volontaire de grossesse, […] les obstacles au droit à mourir dans la dignité. […] Et le nombre d’écoles hors contrat continue de progresser sur notre territoire ».
En un mot, pas de liberté pour les ennemis de la Liberté. La Liberté abstraite, comme l’avait judicieusement relevé Edmund Burke en 1790, est dangereuse pour les libertés concrètes…
Changement dans la politique immigrationniste de l’Union européenne ?
La Suède a pris le 1er janvier la présidence tournante de l’Union européenne pour six mois.
Or, le pays est dirigé par une droite qui veut en finir avec l’immigration. Lors de la crise migratoire de 2015, le pays de 10 millions d’habitants avait pris en charge 160 000 immigrés. Sept ans plus tard, dans ce Royaume où un habitant sur cinq est né à l’étranger, l’atmosphère a changé. Les Démocrates de Suède (SD) se sont imposés en deuxième position aux législatives de septembre, avec 73 députés et 20 % des suffrages (5 % en 2010). Le parti anti-immigration a échoué à intégrer la coalition formée par le Premier ministre Ulf Kristersson, un conservateur allié aux chrétiens-démocrates et libéraux. Mais le SD jouit désormais d’une influence inédite. Son chef Jimmie Akesson, 43 ans, a influencé la feuille de route du gouvernement, cosignée par son parti : un tiers des soixante pages de l’accord traitent des questions migratoires :
- Le parti a ainsi réussi à imposer une réduction drastique des arrivées, avec un quota de 900 réfugiés par an, contre 6 400 en 2022.
- le revenu minimal exigé pour décrocher un permis de travail en Suède devrait augmenter.
- Le ministère de l’Immigration annonce un recensement de la population pour mieux déloger les immigrés clandestins,
- il promet de multiplier les contrôles d’identité dans les quartiers sensibles et envisage d’autoriser les policiers à photographier, prélever les empreintes, voire l’ADN de tout individu circulant sans ses papiers.
- Le gouvernement n’exclut pas d’imposer aux fonctionnaires de dénoncer toute personne en situation irrégulière.
Compost humain : le soin des morts, un marqueur de civilisation
L’État de New York est devenu samedi 31 décembre le sixième État américain à légaliser le compostage humain, après autorisation du gouverneur démocrate Kathy Hochul.
Le corps est placé dans un conteneur semi-ouvert. Il est entouré de copeaux de bois, de luzerne ou de paille, ce qui favorise l’action des microbes. La boîte dans lequel se situe le corps est reliée à un système de chauffage, de ventilation et de climatisation, permettant aux bactéries de «travailler» dans les meilleures conditions. Trente jours après, le contenu de la boîte est analysé et les os restant brisés. Encore trente jours plus tard, les restes se trouvant dans le conteneur sont rendus à la famille. Cela peut être utilisé pour planter des fleurs, des légumes ou des arbres.
En France, ce procédé reste interdit.
Marie d’Armagnac commente sur Boulevard Voltaire :
Ne reste à l’homme que sa dimension purement matérielle : la personne que l’on a chérie est ravalée et réduite à un matériau bon pour le compost. Le matérialisme est ici poussé à l’extrême : la dépouille n’a plus qu’une fonction purement utilitariste – Marx y verrait l’achèvement de son idéologie -, elle est démonétisée. Avec cette pratique disparait, évidemment, toute la grandeur d’une civilisation qui sait rendre hommage aux morts, qui connaît l’importance d’une sépulture digne et pour qui toute personne est unique, donc précieuse. Depuis les origines, la grandeur et le raffinement d’une civilisation se mesurent à l’aune du soin apporté aux petits, aux anciens, aux morts. Avec ce « compost humain », exit la piété filiale : où se recueillir, maintenant ? Devant son potager ? Exit, aussi, le fil qui relie les morts et les vivants, la mémoire vive des premiers entretenue par les seconds.
Incroyable : des Camerounais mentent sur leur âge
La Fédération camerounaise de football a fait le ménage dans son équipe U17, en écartant plus des deux tiers de son effectif, suite à des problèmes d’âge. Les Lions Indomptables ont décidé de surveiller l’âge des joueurs de leurs équipes nationales, dans les sélections de jeunes, à l’aide de tests scientifiques (détermination de l’âge osseux au niveau du poignet via IRM). Et le résultat est sans appel :
« La Fédération camerounaise de football informe l’opinion publique que dans le cadre des préparatifs du tournoi UNIFFAC Limbe 2023, qualificatif au prochain championnat d’Afrique des nations des U17, 21 joueurs sur les 30 actuellement en stage ont été recalés à l’issue des tests de l’IRM. Ils ont aussitôt été sortis du groupe. Des mesures ont immédiatement été prises pour leur remplacement numérique. »
La lutte contre la fraude sur l’âge des footballeurs est un combat que Samuel Eto’o, le président de la Fédération camerounaise, a décidé de mener.
« Cette action est la résultante des instructions rigoureuses données par le Président de la FECAFOOT agissant sous mandat du COMEX, aux fins de mettre un terme aux tripatouillages sur les états civils qui ont, par le passé, terni l’image de l’instance faîtière du football camerounais, ajoute le communiqué. La FECAFOOT exhorte tous les acteurs, en particulier les éducateurs, à veiller au respect des âges par catégorie. »
La police française devrait pouvoir faire ces tests pour déterminer l’âge des migrants mineurs isolés…
Rapport sur la christianophobie en France en décembre 2021
Nos confrères de l‘Observatoire de la christianophobie ont repris la publication des rapports mensuels qu’avait commencée notre regretté ami Daniel Hamiche et ils rattrapent peu à peu le retard: ils viennent de mettre en ligne le rapport sur la christianophobie en France en décembre 2021.
Vous pouvez le consulter ici.
Rappel à Dieu de Marie-Brigitte Lemaire, auteur de la pédagogie Jean Qui Rit
Vu sur le site de l’association :
L’association Jean Qui Rit vous fait part du rappel à Dieu de Marie-Brigitte Lemaire, auteur de la pédagogie, le vendredi 30 décembre 2022 à l’âge de 91 ans.
La cérémonie religieuse suivie de l’inhumation auront lieu à Solesmes le 2 janvier 2023 à 15h.
Une messe sera célébrée à Paris courant janvier suivie d’un temps convivial.
En attendant, nous nous associons à sa famille et sommes fiers de poursuivre la belle oeuvre éducative élaborée par Marie-Brigitte.
RIP
Retrouvez ici un entretien donné en 2015 dans lequel elle évoque cette pédagogie.
Toujours aucun lien avéré entre séparatisme et école à la maison : les contrôles d’académie sont très satisfaisants
Le ministère a communiqué fin novembre les rapports biannuels de la Dgesco sur l’instruction en famille (IEF) pour les années 2019/2020 et 2021/2022. Ils arrivent à la fin d’une procédure judiciaire en cours avec le ministère de l’Education nationale.
Dans un contexte où le gouvernement prétend que l’IEF représente une menace pour l’intégrité de la République, au point d’avoir mobilisé un temps, une énergie, et des moyens financiers considérables énormes sur le projet de loi, sur les différents recours, et sur la poursuite des familles, pour y porter la plus grande atteinte possible, l’association Les enfants d’abord se montre très étonnée que les rapports 2021/22 soient réduits à un document de 2 pages, ridiculement – et de plus en plus – pauvre en informations. La logique aurait voulu au contraire qu’il se donne les moyens d’une enquête approfondie. Mais le ministère sait pertinemment que ses allégations ne seraient pas confirmées par de telles enquêtes, comme elles ne l’ont jamais été par le passé. Cette réticence à la délivrance d’informations confirme une fois de plus son hypocrisie quant aux inquiétudes avancées.
Les rapports se suivent et se ressemblent depuis des années, voici les éléments que nous pouvons toutefois relever :
- la courbe suit, depuis plusieurs années maintenant, une augmentation constante. Pour 2021/22, on note une hausse de 50% du nombre d’enfants en IEF après le confinement.
- au niveau sociologique, pour 2019/20 et comme par le passé, il y a toujours plus de garçons que de filles instruits en famille.
- le nombre de jeunes hors CNED est toujours en croissance.
- des contrôles pédagogiques réalisés en très grande partie et toujours aussi satisfaisants.
- des mises en demeure et saisine du procureur à la marge et une administration qui a les moyens de faire le suivi de toutes les situations.
- des chiffres absents en 21/22 sur les raisons ou motivations de l’IEF et le sexe des jeunes.
- aucun chiffre ne vient étayer la thèse de séparatisme ou radicalisation en IEF.
En 2019/20, 48 008 jeunes étaient déclarés en IEF, on passe à 72 369 jeunes en 2021/22. En France, comme dans le monde, le nombre d’enfants instruits en famille est en croissance régulière chaque année mais reste toutefois très minoritaire (de l’ordre de 0,5% des jeunes en âge d’être scolarisés) et de courte durée (50% des enfants sont en IEF une année ou moins et 2/3 ne le sont plus au bout de deux ans.
Cette augmentation serait-elle le signe de la montée des “séparatismes”? Il est à noter que la crise sanitaire est la raison majoritaire de cette augmentation. Cependant, elle ne peut à elle seule l’expliquer totalement. Les enquêtes indiquent également que de plus en plus d’enfants (2/3) sont notamment victimes de harcèlement, phobie scolaire ou ont des difficultés d’apprentissage dans un système scolaire qui ne leur est pas adapté, et qui se dégrade, et de plus en plus de parents sont également soucieux de respecter le rythme de leur enfant et d’utiliser des pédagogies actives.
Les contrôles sont toujours aussi satisfaisants, rien ne justifiait donc les préoccupations quant au droit à l’instruction qui ont été émises par le Gouvernement afin de légitimer les importantes restrictions. Ainsi, en 2019/20 : 92% des 1ers contrôles sont satisfaisants et 90,4% en 2021/22. En cas d’insatisfaction au premier contrôle, un second contrôle doit être réalisé.
Le rapport de 2019/20 permet de constater le nombre d’enfants concernés par les motifs prévus dans le questionnaire de l’administration :
- Pour les familles inscrites au CNED réglementé :
- 60,5% des enfants sont itinérants
- 26,9% des enfants suivent des soins médicaux en famille
- 6,8% des enfants suivent des activités artistiques ou sportives
- le handicap ne représente que 1,9% et l’éloignement géographique d’un établissement scolaire 0,8%.
- Pour les familles hors CNED réglementé dont les raisons invoquées sont prévues par l’administration (20,8%) on trouve notamment :
- 5,9% : inadaptation au système scolaire
- 2,9% : des problèmes de santé
- 2,1% : itinérance des parents en France
- 1,8% la phobie scolaire.
- Le motif religieux ne représente que 0,6%.
Tout cela montre que les exigences apparues progressivement au fil de cette attaque législative, puis réglementaire, puis judiciaire contre l’IEF n’ont jamais eu la vocation de préserver cette liberté pour les familles mais bien au contraire de réduire toutes les possibilités leur permettant d’y recourir.
Les fins dernières, un sujet en souffrance
En ce début d’année civile, il est opportun d’évoquer les fins dernières. Dans Res Novae, l’abbé Barthe souligne que :
l’intégration des fins dernières dans la prédication au sens plus large du terme – enseignement parlé, prêché, écrit – est aussi importante du point de vue de la pastorale concrète, du fait de la théologie qui la sous-tend, qu’est le retournement de l’autel en liturgie. À cette inflexion de la pastorale sont liés entre autres le sens du péché, le respect de la morale du mariage, la perception de la nécessité d’appartenir à l’Église, de la nécessité des « œuvres » (messes pour les défunts, indulgences), du baptême des petits enfants. Ce qui sera une réhabilitation de la pastorale, au sens authentique du terme, d’une pastorale catholique.
Et Mgr Christophe J. Kruijen, auteur d’une thèse de doctorat à l’Université de l’Angelicum publiée sous le titre : Peut-on espérer un salut universel ?, écrit :
1. Un sujet négligé et mal transmis depuis longtemps
Depuis des décennies, l’enseignement des fins dernières est négligé dans l’Église. Ainsi, Paul VI constatait-il en 1971 : « On parle rarement et peu des fins dernières[1]. » S’appuyant sur une analyse de 280 homélies sur les fins dernières publiées entre 1860 et 1990, Michael Ebertz a mis en évidence l’érosion, puis la dissolution progressive du code eschatologique traditionnel, en sorte que de la tripartition ciel / purgatoire / enfer, il ne reste pratiquement que le ciel[2]. Ebertz relevait en particulier le lien entre cette mutilation des fins dernières et l’abandon d’une image de Dieu contrastée au profit d’une représentation d’un Dieu mou qui a pitié de tout, aimant et doux[3].
2. Typologie des déficits majeurs dans la présentation des fins dernières
Les graves négligences sur le plan de la présentation des fins dernières dans la catéchèse, la théologie et la prédication ont contribué à la diffusion de nombreuses opinions erronées parmi les fidèles. Le P. Philippe-Marie Margelidon, o.p., a relevé les quatre points problématiques suivants[4] : en premier lieu, les discours sur l’âme, son immortalité et sa distinction d’avec le corps sont évacués ou minorés. En second lieu, la disparition ou la négation de la crainte de Dieu, du jugement et des peines éternelles de l’enfer, conséquence de l’abandon ou de la relativisation de la notion de péché mortel. En troisième lieu, l’oubli de la relation entre le péché et la peine, de même que celui de la nécessité de la réparation et de la pénitence, ce qui rend incompréhensible l’idée de purgatoire. En quatrième lieu, l’universalisme eschatologique, sur lequel nous reviendrons : on pense qu’il n’y a pas d’enfer ou que l’enfer est vide ; les damnés et les démons, s’ils existent, seront sauvés à la fin (apocatastase).
Ajoutons deux autres erreurs. La première concerne la résurrection qui est parfois située immédiatement après la mort, faute d’une juste anthropologie chrétienne comprenant la permanence de l’âme au cours du temps intermédiaire entre la mort et la résurrection à la fin des temps (cf. CEC, no 1001). Ainsi le P. Gregory Gay, Supérieur général de la Congrégation de la mission, annonçait-il en 2009 la célébration de « l’anniversaire de la mort et de la résurrection de nos fondateurs saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac[5] ». Les corps de ces deux saints étant encore présents sur terre, ces propos aberrants présupposent qu’il n’existe aucun lien d’identité entre le corps historique et le corps ressuscité. Or, ceci est contraire à la définition dogmatique du concile de Latran IV (1215), selon laquelle « tous ressusciteront avec leur propre corps qu’ils ont maintenant, pour recevoir […], les uns un châtiment sans fin avec le diable, les autres une gloire éternelle avec le Christ » (chap. 1 : DzH, no 801).
La seconde erreur consiste à penser que l’homme pourrait encore opter pour ou contre Dieu après la mort. Contre cette option finale[6] qui relativise les choix posés ici-bas, il faut affirmer que « la mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce » (CEC, no 1021). De fait, chacun est jugé sur les œuvres accomplies « pendant qu’il était dans son corps » (2 Co 5, 10). Sachant qu’« avec la mort, le choix de vie fait par l’homme devient définitif[7] », « c’est […] pendant sa vie qu’il faut se repentir. Le faire après ne sert à rien[8] ». Cette doctrine implique que le purgatoire ne doit pas être conçu comme une sorte de seconde chance pour passer de la perdition au salut : « L’état de purification n’est pas un prolongement de la situation terrestre, comme si, après la mort, était donnée une autre possibilité de changer son propre destin[9]. »
3. Le problème de l’automatisme du salut
Toutefois, aujourd’hui le problème majeur menaçant la doctrine catholique des fins dernières est la présomption du salut. Par le passé, il était admis comme une évidence que tous les hommes ne seront pas sauvés, sans que soit ignoré ou nié pour cela que Dieu veut le salut de tous. Le Docteur commun écrivait ainsi lapidairement : « “Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.” [1 Tm 2, 4] Mais cela ne se passe pas ainsi[10]. » Les débats ne portaient donc pas sur le fait de la réprobation, mais sur le nombre qui en ferait l’objet, ou plutôt sur la proportion entre les élus et les réprouvés. Ainsi, ce n’est qu’au cours du XIXe siècle que la position du petit nombre (relatif) des élus, jusque-là prépondérante parmi les théologiens, vint à décliner[11].
Remarquons que la doctrine d’un salut seulement partiel se trouve également dans des textes du magistère. Le concile de Trente déclare ainsi : « Bien que lui [le Christ] soit “mort pour tous” [2 Co 5, 15], tous cependant ne reçoivent pas le bienfait de sa mort, mais ceux-là seulement auxquels le mérite de sa Passion est communiqué[12]. » De son côté, le Catéchisme romain de 1566 affirmait : « Si nous en considérons la vertu, nous sommes obligés d’avouer que le sang du Seigneur a été répandu pour le salut de tous. Mais si nous examinons le fruit que les hommes en retirent, nous comprenons facilement que beaucoup seulement, et non pas tous, en ont profité[13]. » Un catéchisme célèbre publié en 1905 enseignait à son tour : « Jésus-Christ est mort pour le salut de tous, mais tous ne sont pas sauvés parce que tous ne veulent pas le reconnaître, tous n’observent pas sa loi, tous ne se servent pas des moyens de sanctification qu’il nous a laissés[14]. »
Le consensus autour d’un salut partiel s’est effrité à partir du milieu du XXe siècle. Trois jésuites peuvent figurer ici comme précurseurs de la position qui réduit la damnation à une hypothèse : Teilhard de Chardin (vers 1926-1927), Otto Karrer (en 1934) et Henri Rondet qui demandait en 1943 : « Il y a des démons en enfer, mais y a-t-il des hommes[15] ? » Depuis lors, notamment Karl Rahner et Hans Urs von Balthasar – là encore des jésuites – ont diffusé l’opinion dite de « l’espérance pour tous », d’après laquelle il serait non seulement permis, mais il faudrait espérer le salut de tous les hommes, sans pouvoir l’affirmer. Cette position a été qualifiée de « largement dominante chez les plus grands théologiens d’aujourd’hui[16] », encore que des auteurs importants tels les cardinaux Charles Journet et Leo Scheffczyk, le dominicain Jean-Hervé Nicolas ou le jésuite Cándido Pozo ont maintenu que, de fait, des hommes se damnent.
En réalité, la position de « l’espérance pour tous », qui sert au moins tendanciellement à contourner la doctrine de l’enfer, même si elle maintient verbalement la possibilité de la damnation, est dépassée chez nombre de théologiens – sans parler des prêtres et des fidèles du rang – en direction d’une exclusion de la damnation (les groupes conservateurs ou traditionalistes, sans parler de l’islam, dérogent toutefois à cette tendance). Le théologien Bernhard Lang concluait ainsi : « Celui qui prend au sérieux le message du pardon ne peut croire à aucun enfer[17]. » Le salut devient par là un acquis pour tous, avec pour corollaire la négation théorique ou pratique de l’enfer comme, de fait, chez Yves Congar[18]. Pour le moins, l’hyper-accentuation contemporaine de la miséricorde divine au détriment de la justice réduit à l’extrême la probabilité de la perdition, comme chez Gustave Martelet écrivant : « Jamais l’Évangile ne nous présente un pareil refus [du salut] comme une virtualité plausible et dont Jésus pourrait se montrer satisfait. […] Celle-ci nous semble relever […] de ce qu’on peut appeler l’impensable ou l’absurde[19]. »
4. Conséquences de cette position
Il est évident que la présomption du salut a des conséquences désastreuses sur la totalité du christianisme, dégradé de ce fait en une religion sans enjeu, donc inutile. On songe, entre autres, à la suppression d’un frein puissant au péché grave, la ruine de la notion d’état de grâce, l’inutilité de la conversion et de la pénitence, le naufrage de la discipline sacramentelle, la diminution du zèle et des vocations pour la mission et la conversion des âmes, etc. Cette problématique a été reconnue depuis longtemps au plus haut niveau, sans que les pasteurs y apportent malheureusement de réponse adéquate. Ainsi, Paul VI observait-il déjà : « Aujourd’hui, la sécularisation nous fait perdre la conscience du terrible risque dont notre sort futur est l’enjeu[20] », tandis que Benoît XVI déplorait que « beaucoup de nos frères vivent comme s’il n’y avait pas d’au-delà, sans se préoccuper de leur salut éternel[21] ».
5. Brève esquisse de quelques remèdes
Contre l’automatisme du salut et du pardon divin, il convient tout d’abord de rappeler que ceux-ci sont liés à des conditions, notamment la fidélité aux commandements (cf. Mt 6, 14-15 ; 7, 21 ; 19, 16-17). Alors que l’idée d’un Dieu ‟automate du pardonˮ le fait ressembler à « un chat qui ronronne sur le radiateur[22] », il serait ensuite urgent de retrouver une image de Dieu plus équilibrée, alliant bonté et sévérité (cf. Rm 11, 22), comme le prônait déjà le concile de Trente : « Parce que “nous péchons tous en bien des choses” [Jc 3, 2 ; can. 23], chacun doit avoir devant les yeux non seulement la miséricorde et la bonté, mais aussi la sévérité et le jugement[23]. »
En outre, il faut faire savoir que la séparation entre sauvés et damnés, opérée par le jugement, est une vérité révélée. La thèse de l’espérance d’un salut universel peut et doit donc être réfutée, tandis qu’il est possible de répondre aux objections majeures contre l’existence de la damnation[24].
Pour terminer, il est indispensable de restaurer enfin l’orthodoxie doctrinale de la prédication à l’occasion des funérailles, aujourd’hui affligeante, en mettant notamment fin à la ‟canonisationˮ quasi systématique des défunts.
Mensuram bonam : pour les investisseurs catholiques
Rome a rendu public début décembre un texte de l’Académie pontificale des sciences sociales sur l’investissement dans une perspective de foi : Mensuram bonam (pdf 52 pages). Dans La Nef, Pierre de Lauzun analyse ce texte. Extrait :
[…] Visant plus particulièrement les institutions d’Église qui ont des fonds à gérer, afin de les aider dans la recherche de la stratégie la plus cohérente avec leur foi, il s’adresse aussi à tous les catholiques – et plus incidemment à toute personne. Mais on notera que ce nouveau texte, qui était prévu pour paraître sous l’égide du dicastère, sort finalement comme document de l’Académie Pontificale des sciences sociales, dont le cardinal [Turkson] est devenu chancelier. Ce n’est donc plus un texte magistériel, mais le lancement d’une réflexion et action collectives. Mais si plusieurs conférences épiscopales avaient abordé la question, c’est le premier document venant du Vatican à en traiter. Sans doute perfectible, c’est néanmoins une étape importante. […]
Plus précisément, le texte fait référence aux principes posés dans la Doctrine sociale de l’Église, selon le Compendium de la DSE : la personne et sa dignité (droits de l’homme compris), le bien commun, la subsidiarité et la participation, la destination universelle des biens de la terre, en y ajoutant la durabilité et le souci de la création, à la suite de Benoît XVI et de François. Le texte décrit ensuite la variété des voies qui peuvent être suivies: gestion directe des actifs, gestion collective (SICAV), investissement d’impact ou plus ciblés, etc. Il insiste en détail sur la nécessité d’un engagement actif dans le dialogue avec les entreprises comme avec les professionnels de la finance; ainsi que sur la coopération entre catholiques sur ces différents sujets. Quant au choix des méthodes de sélection, il admet plusieurs voies: l’investissement à impact (impact investing), ou le choix des meilleurs dans leur catégorie (best in class), évalués selon une série de critères et notamment les rapports de l’entreprise considérée avec ses parties prenantes. Le terme dominant dans la littérature profane sur le sujet, ESG (environnement, social, gouvernance), est évoqué plutôt positivement, mais sans être mis au rang de référence, la perspective de l’Église étant plus large et parfois différente.
Des développements appréciables sont alloués à l’approche par exclusion, favorite dans le monde anglo-saxon – tout en admettant la complexité de la question dans le cas des entreprises à activités multiples. Si dans certains cas l’exclusion demandée est totale comme pour l’avortement, dans d’autres la rédaction est moins nette et laisse une place appréciable à l’interprétation. Mais l’annexe qui les précise est quelque peu condensée et parfois expéditive. On peut comprendre par exemple que l’alcool (y compris le vin de la messe), l’armement et le nucléaire sont à éviter – ce qui est pour le moins contestable sous cette forme abrupte. […]
Que se cache-t-il derrière la méditation “New Age” ?
Extrait d’un article d’IFamNews :
La première chose à distinguer est que la prière et la méditation ne sont pas la même chose.
La méditation est une façon de penser à quelque chose, une situation, des événements ou notre vie en général. C’est un moyen de se trouver soi-même. C’est très nécessaire de nos jours, alors que nous sommes plongés dans un rythme accéléré et avec beaucoup de bruit autour de nous qui nous empêche de réfléchir. Mais parallèlement à la méditation, nous ne devons pas oublier la prière.
La prière est une rencontre avec l’Autre qui n’est pas moi, c’est une sortie de moi-même pour avoir une relation directe avec Dieu. Les chrétiens, sachant que Dieu est notre Père, se tournent vers lui par la prière, ce qui nous fait transcender ce monde matériel. De cette manière, nous pouvons non seulement faire l’expérience d’un grand calme et d’une paix intérieure, mais aussi discerner la volonté de Dieu dans nos vies.
La méditation de la Parole de Dieu est une autre façon pour les chrétiens de s’enrichir et d’accroître leur foi.
Cependant, la méditation New Age n’a rien à voir avec notre relation avec Dieu. Les différentes techniques vous introduisent dans le monde du bouddhisme ou de l’hindouisme, qui, loin de ce qui est apparemment montré avec un moine au visage comme s’il n’avait jamais cassé une assiette de sa vie, nous trouvons des pratiques spirituelles qui peuvent nous introduire dans le monde de l’occultisme, de l’ésotérisme et du satanisme. Ses racines sont liées aux pratiques obscures de la franc-maçonnerie à la fin du XIXe siècle. Cela peut sembler tiré par les cheveux, mais de plus en plus de témoignages et d’études montrent cette dure réalité. L’augmentation de l’anxiété et de la dépression chez ceux qui l’ont pratiquée assidûment en est la preuve.
Le but de la méditation New Age est d’atteindre le Nirvana, c’est-à-dire de lâcher notre moi, notre être, pour fusionner avec un autre être de l’au-delà, une sorte d’énergie. On nous apprend à mépriser notre corps, ce qui est totalement contraire à notre religion chrétienne, car nous sommes le temple du Saint-Esprit. Cette méditation vous éloigne de Dieu car elle vous fait vous concentrer sur vous-même, dans un individualisme égoïste, recherchant la détente et le bien-être loin de la paix que l’Esprit Saint nous donne. Mais cela vous éloigne aussi de l’acceptation de la souffrance, c’est-à-dire de la Croix. Et un chrétien ne peut exister sans la croix, elle est notre signe et ce qui nous ouvre la porte de la vie éternelle.
Un bouddhiste, en revanche, tentera toujours d’échapper à la souffrance en recherchant la vie terrestre agréable, ignorant ainsi le péché et, surtout, Jésus-Christ en tant que Fils de Dieu qui nous sauve et nous délivre de cet esclavage. Ce n’est pas nous, par nos propres forces, qui pouvons purifier ce mal. Nous ne sommes pas les seuls à pouvoir atteindre une relaxation totale. Seuls, nous ne pouvons pas, nous avons besoin de Dieu, notre Père, dans nos vies, et la méditation New Age nous empêche de l’atteindre.
Le corps de Benoît XVI exposé jusqu’à mercredi soir
Le pape émérite repose devant l’autel de la basilique Saint Pierre jusqu’à mercredi soir. L’accès des fidèles a été ouvert à 9h00 ce lundi matin. Les autorités estiment qu’environ 30 à 35000 personnes se rendront chaque jour à son chevet.

Jeudi matin, la messe des funérailles aura lieu à 9h30 place Saint-Pierre. Les Français qui souhaitent s’y rendre avec des drapeaux veilleront à ne pas emporter de hampe.
Voici le communiqué de l’Elysée :
Le pape émérite Benoît XVI nous a quittés, après avoir marqué l’Église du sceau de son érudition théologique et œuvré inlassablement pour un monde plus fraternel.
Né Joseph Ratzinger en 1927, il grandit au sein d’une famille bavaroise modeste qui lui apprit l’amour du piano, des lettres, de l’histoire, et le rejet farouche de toute forme de fascisme. Ses parents lui transmirent aussi leur piété profonde, si bien qu’à 7 ans, le petit Joseph demandait comme cadeau de Noël un missel et une chasuble de prêtre. Mais alors que son esprit se tournait vers le sacerdoce, celui de ses contemporains se laissait gangrener par le nazisme. Comme toute sa génération, il dut se plier à quatorze ans aux Jeunesses hitlériennes, puis à seize au service militaire. Ulcéré par le fanatisme ambiant, le jeune homme refusa d’intégrer la Waffen-SS, déserta son régiment à la faveur de la débâcle, mais fut repris, et passa six semaines en prison avant que la capitulation allemande ne le délivre.
L’effervescence intellectuelle de ses années de séminaire lui fit comprendre que sa vocation de prêtre était inséparable d’une destinée de théologien et d’universitaire. Car il ne dissocia jamais la religion de la raison. Il avait foi en Dieu, et foi en l’esprit humain, en sa capacité à défricher, inlassablement, les chemins de la transcendance.
La puissance de ses écrits lui valut d’être choisi pour participer au concile de Vatican II. Il y était alors considéré comme un réformiste, réputation paradoxale pour un pape si souvent qualifié plus tard de conservateur. Sans doute méritait-il les deux étiquettes à la fois : son réformisme avait une visée conservatrice, retourner aux sources passées pour revitaliser le présent. Peu lui importait de ne pas suivre le vent de libéralisation de mai 68, car l’Église avait à ses yeux une mission de contradiction prophétique qu’elle devait assumer avec courage. Nommé archevêque puis cardinal par Paul VI, il fut choisi cinq ans plus tard par Jean-Paul II pour diriger la Congrégation pour la doctrine de la foi, fer de lance de la réflexion doctrinale de l’Église. Durant les 24 ans qu’il passa à sa tête, puis pendant ses huit années de pontificat, il ne cessa d’approfondir le mystère de la foi chrétienne, bâtit des digues face aux courants progressistes et consolida la tradition de l’Église en matière de liturgie, de célibat des prêtres ou de bioéthique. Il œuvra aussi au rapprochement interreligieux et œcuménique en jetant des ponts fraternels entre les croyants, en particulier entre catholiques et orthodoxes.
Loin de rechercher la fusion de l’État et de l’Église, il rappela l’importance d’une distinction du religieux et du politique, dont l’indépendance mutuelle n’implique pas indifférence, mais dialogue. Aussi invitait-il les chrétiens à s’investir comme citoyens. Ses encycliques appellent à une mondialisation respectueuse qui redistribue les ressources entre riches et pauvres, à une économie humaine qui garde le sens du don et du partage, à une écologie intégrale qui respecte la planète comme la dignité de l’Homme.
Son affection pour la France lui valut d’être nommé membre étranger de notre Académie des Sciences morales et politiques. Les années de séminaire lui avaient permis d’imprégner sa pensée des écrits de Bergson, Sartre ou Camus, de se prendre de passion pour Claudel, Bernanos, Mauriac ou Maritain. Ces affinités intellectuelles s’étaient enrichies d’amitiés humaines, tissées au fil de ses échanges de ses voyages à Paris et de ses échanges avec les prélats et théologiens français qui exercèrent une forte influence sur le concile de Vatican II, notamment les futurs cardinaux Daniélou, de Lubac et Congar. Alors qu’il n’était encore que le cardinal Ratzinger, il fut le délégué du pape Jean-Paul II pour le soixantième anniversaire du débarquement de Normandie, et, devenu Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, il parcourut la France en septembre 2008, impressionnant ses auditeurs par la finesse de sa culture et l’élégance de son français.
Son exigence envers lui-même était aussi haute que son acception de sa mission. C’est pourquoi, face au déclin de ses forces physiques, il prit une décision inédite depuis des siècles, celle de renoncer à la chaire de Pierre. Devenu dès lors pape émérite, il mena dans l’ombre d’un monastère une vie de silence et de prière.
Le Président de la République salue un interlocuteur éclairé de la France dans sa construction d’une « laïcité positive », qui sut faire entrer l’Église meurtrie par les tempêtes du XXe siècle dans son troisième millénaire. Il adresse aux catholiques de France et du monde ses condoléances sincères.
L’idéologie des “droits reproductifs” crée un nouveau rapport avec la vie humaine
Le Dr Vladimir Dimitrijević, serbe orthodoxe, évoque les problèmes causés par les méthodes de reproduction assistée :
Toute la vision éthique des méthodes de procréation assistée part de quatre problèmes fondamentaux :
1 ) La conception humaine à l’aide de techniques modernes est asexuée, dans le sens où une telle conception n’a rien de la sainteté, de la sûreté et de la sécurité fournies par les rapports physiques intimes conjugaux. Une personne ne peut déjà pas naître physiologiquement, c’est-à-dire selon les lois de la physiologie qui lui sont innées, mais peut être “produite” artificiellement.
Le moment du début de la conception de l’homme physique et mental sans sexualité prive l’atmosphère de l’amour conjugal intense et la plénitude de leur union mentale et physique. La loi de Dieu détermine que tout être humain est né de l’éruption de l’amour, et non de l’union mécanique des cellules sexuelles (gamètes).
La technologie moderne nous amène déjà à accepter la logique des relations physiques conjugales sans reproduction et de la reproduction sans relations physiques.
La présence de la technologie prend le début de la vie hors de l’espace sacré du corps de la mère et le place dans le froid du laboratoire. Elle le prive du mystère de l’instant inconnu du commencement de la vie, remplaçant le mystère naturel par un instant de commencement précisément déterminé. Elle le prive de l’unicité de la présence du conjoint pour remplacer leur présence par la présence du personnel médical. Au moment sacré du commencement de l’homme, les deux parents ne sont pas ensemble, ni même présents. L’enfant est “produit” par des médecins et des techniciens médicaux. Il n’est pas “aguerri” par ses parents. De plus, le matériel génétique peut ne pas provenir de ses parents. Un tiers, le « donateur », peut intervenir parmi eux.
Créature extraordinaire, l’homme, en tant que sommet de la création de Dieu, n’a plus rien d’exceptionnel. L’homme peut se trouver dans une situation où il renonce à un… commencement auquel Dieu lui-même, dans le langage de sa nature, donne son consentement. Cependant, lorsque les époux s’unissent, ils peuvent se retirer ou s’efforcer de déclencher un événement unique, de créer un début qui n’a pas de fin : le début d’une nouvelle icône de Dieu qui ne se répète pas.
2 ) Contrairement aux embryons et aux spermatozoïdes, les ovules sont très difficiles à congeler. Par conséquent, la pratique courante recommande l’extraction d’un grand nombre d’ovules, et leur fécondation conduit à la création du problème d’embryons trop nombreux et congelés.
La conséquence immédiate de la FIV est la création “d’embryons surnuméraires”. L’Église rejette ce terme parce qu’elle ne peut même pas accepter la possibilité même de l’existence de personnes licenciées, dont le sort est déterminé par des tiers. Chaque être humain – et par conséquent aussi l’embryon – possède l’unicité de la personnalité, le caractère sacré de l’inimitabilité de l’icône de Dieu et la nécessité de la communion avec elle.
Les “embryons surnuméraires” malheureusement nommés sont conservés à l’état congelé, ou pour une utilisation future par les parents naturels, dans le but d’être donnés à d’autres “parents”, dans le but de mener des expériences, ou pour servir dans des laboratoires pour le développement de certains organes en cas de nécessité de transplantation ou, éventuellement, de destruction. L’Église, bien sûr, ne devrait pas bénir tout cela. Chaque embryon représente une icône de Dieu qui devrait avoir la possibilité de se conformer à Lui.
Cependant, la congélation d’embryons est également liée à d’autres problèmes insolubles. Par exemple, combien de temps est-il permis de conserver des embryons à l’état congelé et que se passera-t-il si, en raison d’un divorce, d’un décès ou d’une autre raison, les parents ne les réclament pas ? Vaut-il mieux les détruire ou les donner à un autre couple ? Et qui est compétent pour choisir le moindre de ces deux maux ?
3 ) Le fait que la fécondation ait lieu hors du corps de la mère et en l’absence des parents crée des possibilités illimitées de choisir des fécondations non naturelles et éthiquement discutables, ainsi que tous les problèmes qui y sont étroitement liés. Ainsi, pour la première fois, des idées sur le don de sperme et d’embryons, comme permettre la reproduction à une troisième femme, ce qui est pratiquement possible, apparaissent sur la scène. Une telle situation peut conduire à l’affaiblissement, voire à la remise en cause de la relation parent-enfant, ou à une relation inégale entre les parents et l’enfant, voire à l’ingérence de la mère, qui ne porte que le fœtus, dans la relation des parents génétiques avec l’enfant, conduisant à la création de frères et sœurs qui ne se connaissent pas, au danger d’inceste par ignorance, etc. Toute forme d’insémination avec un gamète donné provoque essentiellement la dégradation de l’essence de la maternité et de la paternité et représente l’insertion d’une tierce personne dans le processus sacré de la naissance humaine – et par conséquent dans le sacrement du mariage.
Dans les cas où, afin d’augmenter la probabilité de succès, l’introduction d’un plus grand nombre d’embryons est effectuée, des grossesses multiples se produisent souvent. Si dans de tels cas, pour réussir une grossesse, il est proposé de “réduire le nombre d’embryons en faisant une sélection”, il s’agit essentiellement de la destruction d’embryons vivants, ce qui est de toute façon éthiquement inacceptable.
La possibilité qu’une autre femme (empruntée, louée ou mère porteuse) porte la grossesse peut avoir un côté positif dans la mesure où la grossesse commence en amour, mais puisque le développement du lien avec l’embryon pendant la grossesse est essentiel et inséparable, non seulement de la maternité, mais aussi du développement embryonnaire, la poursuite de la grossesse dans le corps de la mère empruntée et le développement d’une nouvelle relation mère-enfant causent une injustice aux parents génétiques, la rupture de cette relation cause une injustice à la mère empruntée , mais tout cela cause surtout une injustice envers l’enfant. De telles situations ébranlent fondamentalement l’unité de la famille et représentent une déviation du chemin naturel.
Lorsqu’un seul des parents participe biologiquement à la naissance de l’enfant, il s’agit d’un cas similaire à l’adoption, qui diffère en ce que l’un des parents est le parent naturel, et l’autre assume le rôle de père ou de mère. Le cas du don d’embryon semble s’apparenter à l’adoption classique. Elle diffère en ce que l’adoption classique est quelque chose qui vient de l’amour et doit être considérée avec amour, tandis que la grossesse avec l’aide d’un embryon donné est quelque chose d’anormal que nous provoquons nous-mêmes pour des raisons égoïstes.
La fécondation in vitro donne la possibilité de donner naissance à des mères non mariées. Cela doit certainement être rejeté, d’une part, car cela conduit à encourager la naissance d’enfants hors mariage, et d’autre part, cela cause une injustice à l’enfant parce que son développement est déjà planifié sans père.
Dans la même catégorie, selon la même logique, on pourrait classer les cas de fécondation avec le sperme d’un conjoint mourant, ou de grossesse à l’aide d’un embryon congelé d’un mari décédé.
Il en va de même pour la procréation artificielle chez les femmes âgées. Les conceptions de ce type sont basées sur le désir amoureux de la mère d’avoir un enfant, bien que les conditions préalables pour être avec lui pendant le développement soient limitées par la nature elle-même. Cet enfant apportera de la joie à ses parents par sa naissance, mais il n’aura que des occasions très limitées de se réjouir de la présence physique, et aucune occasion de se réjouir de la pleine force de ses parents. Les lois naturelles déterminent les paramètres du développement humain. Donner naissance à des mères très âgées représente un désir égoïste à courte vue et est une injustice pour le nouveau-né.
L’insémination artificielle donne également aux couples homosexuels la possibilité d’avoir des enfants, ce qui représente non seulement une anomalie naturelle, mais aussi une perversion éthique avec des conséquences psychologiques désastreuses pour l’enfant et des conséquences imprévisibles pour la société.
La microinsémination est une méthode qui améliore le succès de l’insémination artificielle, mais limite encore le rôle de la sélection naturelle – qui a souvent un rôle protecteur – puisque la fécondation de l’ovule ne se fait pas dans le liquide séminal avec de nombreux spermatozoïdes, mais la fécondation est réalisée par un seul spermatozoïde présélectionné.
Le fait que l’on ne puisse pour l’instant pas déterminer à l’avance d’éventuelles anomalies génétiques sur les spermatozoïdes – dont la sélection se fait naturellement selon des critères biologiques – a pour effet de se substituer à la nature dans la responsabilité de créer des embryons génétiquement pathologiques, et c’est une raison de plus pour réserves éthiques sur la microfertilisation.
De même, le passage de l’idée de don à la pratique de l’achat et de la vente, si facile et essentiellement incontrôlable, crée le danger d’une dégradation complète du caractère sacré de l’accouchement. Cela deviendrait un échange économique, et l’amour deviendrait un contrat.
4 ) Réaliser l’union des gamètes, c’est-à-dire la conception, en dehors du corps de la mère, ouvre d’énormes possibilités d’interventions et de traitements avant l’implantation (embryons), qui peuvent modifier irrémédiablement la forme humaine tant au sens biologique que social, ce qui est dangereusement incontrôlable. L’impossibilité d’établir des mécanismes de contrôle, en conjonction avec les grandes possibilités d’interventions génétiques, peut s’avérer désastreuse pour l’humanité.
De tout cela, on peut conclure que les techniques modernes de fécondation in vitro ont des dimensions éthiques et spirituelles, et telles qu’elles demandent à l’Église d’être bien informée, sage et prudente.
Tout commence par un examen préimplantatoire. Lorsque cet examen implique une intervention à visée thérapeutique ou préventive, puis une implantation, alors il est conforme à l’approche médicale classique. Mais de tels cas sont, d’une part, très peu nombreux à ce jour, et d’autre part, ils n’excluent pas toutes les autres conséquences de la fécondation in vitro. De plus, lorsque les tests sont positifs (c’est-à-dire lorsque l’existence de malformations génétiques est déterminée), la décision des parents d’interrompre la grossesse est presque certaine.
De plus, un tel examen pourrait conduire à la possibilité d’une sélection (sexe, couleur des cheveux ou des yeux, etc.), voire à la destruction d’embryons aux caractéristiques indésirables, et servirait par conséquent des conceptions eugéniques de la vie.
La reproduction par clonage abolit le processus physiologique de conception. En substance, elle dégrade le sexe masculin (parce qu’elle abolit sa participation et son rôle dans la reproduction), nuit à la participation de la mère (parce qu’elle n’introduit pas son matériel génétique), perturbe l’équilibre entre les sexes, car elle accentue l’égoïsme dans la premier plan et représente le “blasphème” plutôt que l’accomplissement. .
Toutes ces techniques, si elles ne sont pas toujours clairement eugéniques dans leur expression, sont eugéniques dans leur compréhension. Ils ne parviennent pas à éliminer le danger d’invalidité, mais éloignent généralement la personne handicapée. Si la maladie n’est pas séparée du patient, la seule façon d’y faire face semble être la mort du patient dans la phase la plus impuissante et la plus sensible de sa vie. La destruction de l’embryon déformé apparaît comme la seule “thérapie” proposée.
5 ) Il y a un autre, cinquième, point focal du problème. Elle se cache dans le fait que les nouvelles techniques de procréation assistée, au bénéfice économique des médecins, des cliniques et des entreprises (par exemple le prix élevé de la gonadotrophine est probablement l’une des principales raisons pour lesquelles l’ovule, au lieu de pendant le cycle naturel, est pris après avoir été préalablement artificiellement, avec des préparations hormonales, causes de l’ovulation) confondent souvent le pur désir des parents d’avoir des enfants. Pour cette raison, il serait bon que ces techniques ne soient pas utilisées à la hâte, ou sous l’influence de la pression psychologique de personnes qui en tirent probablement des avantages matériels.
Aussi, ces techniques sont largement appliquées, sans que nous puissions, bien entendu, connaître à l’avance les éventuels problèmes psychologiques des embryons ainsi conçus. Les besoins psychologiques des parents sont pris en compte, mais pas les conséquences psychologiques négatives probables pour les enfants. Cela représente une sous-estimation de la valeur de la vie embryonnaire. Les orphelins, les enfants adoptés, les enfants de parents divorcés, ont généralement des problèmes d’adaptation et d’équilibre et d’harmonie psychologiques. Un autre facteur défavorable à l’acceptation négligente de la fécondation in vitro est la possibilité que diverses applications de la fécondation in vitro, en particulier lorsqu’elle implique la fécondation avec des gamètes étrangers ou donnés, créent chez les personnes des complications insurmontables dans la formation de la personnalité (au sens psychologique) et avec une instabilité psychologique congénitale ou acquise. .
Ceci est immédiatement suivi par la question de savoir quel effet psychologique le fait qu’avec l’avancement des technologies génétiques, pourrait avoir, les enfants pourraient déjà savoir comment ils ont été conçus, ou s’ils proviennent d’un don de sperme ou d’ovule.
Il est très probable qu’un tel enfant sera confronté à une grave crise d’identité, puis de socialisation, ce qui est très grave, surtout s’il apprend qu’il n’est pas porteur des caractéristiques génétiques de ses parents et ne connaît pas ses parents génétiques. , ou se rend compte que le degré de parenté avec ses deux parents est différent, ou qu’il a deux ou trois mères potentielles, etc. Les problèmes de ce type s’intensifient lorsque la paix et l’unité familiales sont rompues et que des enchevêtrements juridiques s’en mêlent. Des problèmes d’ordre psychologique peuvent également survenir chez les parents, notamment en cas de conception avec don de sperme, car les droits et relations de parenté ne sont pas définis, ou en raison d’un échec en cas de tentatives répétées d’insémination artificielle.
Des problèmes similaires se posent dans le domaine du droit. Il ne suffit pas d’édicter des lois ou des règlements appropriés, qui réglementeront dans les moindres détails les problèmes qui peuvent survenir au cas par cas, à la fois parce que la science et la technologie évoluent à un rythme beaucoup plus rapide que toute prédiction légale et parce que les diverses formes de problèmes de ce genre, ils ne peuvent pas être prédits à temps et résolus avec succès./…/
Parallèlement, l’impossibilité de déterminer légalement précisément quel est le droit héréditaire et la perspective biologique de l’embryon avant l’implantation en cas de décès de ses parents, ou la difficulté de déterminer la juridiction et les droits sur les embryons congelés en cas de un divorce, sont des indicateurs de la complexité et de la gravité des problèmes mentionnés, qui se terminent finalement par la destruction de l’embryon.
Puisque dans la procréation assistée la cause principale est le conflit d’intérêts entre les parents et les embryons, et que les embryons ne peuvent faire valoir leurs droits, ni exprimer leur volonté, la probabilité de légaliser l’injustice est si grande qu’elle nécessite une extrême prudence.”
C’est ce que dit le métropolite Nikolay. Il serait grand temps que l’Église orthodoxe serbe développe une position claire basée sur la Sainte Tradition sur ce sujet. Il obligerait, bien sûr, les Serbes qui croient en tant que chrétiens orthodoxes, mais il serait un avertissement et un guide en Christ pour tous.
Benoît XVI avait adressé une lettre privée d’encouragement au Supérieur de la Fraternité Saint-Pierre suite au Motu Proprio Traditiones Custodes
Communiqué de la Fraternité Saint-Pierre :
C’est avec peine que la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre a appris aujourd’hui, 31 décembre 2022, le décès du Pape émérite Benoît XVI, qui fut à plusieurs reprises un soutien providentiel pour notre communauté. Alors Cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il joua un rôle déterminant dans la fondation de la Fraternité et vint même visiter son séminaire de Wigratzbad pour la Semaine Sainte en 1990. Après son élection sur le trône de Pierre, les contacts se poursuivirent, notamment avec l’audience privée qu’il accorda à ses fondateurs ainsi qu’au Supérieur Général le 6 juillet 2009 : ce fut alors pour nous l’occasion de le remercier pour le Motu Proprio Summorum Pontificum. Il y a quelques mois encore, depuis sa retraite au monastère Mater Ecclesiæ du Vatican, il avait adressé une lettre privée d’encouragement au Supérieur de la Fraternité Saint-Pierre suite au Motu Proprio Traditiones Custodes.
Les prêtres de la Fraternité, unis aux fidèles qui lui sont proches, ont à cœur de prier pour le repos de son âme. Des messes de Requiem avec absoute seront ainsi célébrées dans les apostolats confiés à la Fraternité afin de « prier Dieu que par le Sacrifice offert pour l’âme de son serviteur, le Souverain Pontife Benoît XVI, et après l’avoir élevé en ce monde à la dignité pontificale, il ordonne qu’il soit admis dans le royaume céleste en compagnie de tous les saints. » (secrète de la messe de Requiem pour un Souverain Pontife)
Le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, M. l’abbé Pagliarani, a invité tous les membres de la Fraternité à prier pour le repos de l’âme de Benoît XVI, et à le confier à la miséricorde de Dieu.
Euthanasie : changer les mots pour orienter le “débat”
Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé, a demandé à Erik Orsenna de rédiger un lexique des mots de la fin de vie.
« Nous avions besoin de définitions de certains mots accessibles et compréhensibles de tous les Français »
Un peu comme “Interruption Volontaire de Grossesse”, IVG, en lieu et place d’Immolation d’une Vie Gênante ?
Le ministre a demandé de se pencher sur « le sens d’expressions telles que “suicide assisté”, “aide active à mourir”, “sédation profonde et continue” ».
L’académicien a accepté, tout en s’entourant de neuf autres personnalités :
- l’écrivain et sociologue Noëlle Châtelet, auteur de « La Dernière Leçon »,
- la psychologue et psychanalyste Françoise Ellien, spécialiste des soins palliatifs,
- le sociologue Philippe Bataille, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales,
- Elsa Walter, auteur du livre « A vous, je peux le dire. Ecouter les mots de la fin ».
Le groupe sera aussi constitué de scientifiques :
- Franck Chauvin, professeur de santé publique et président du Haut Conseil de la santé publique,
- Alexandra Fourcade, médecin, élue municipale et départementale des Hauts-de-Seine,
- Marc Magnet, ancien chef de service d’une unité de soins palliatifs.
Il comptera enfin deux juristes :
- François Stasse, conseiller d’Etat et spécialiste du sujet de la fin de vie,
- Martine Lombard, professeur émérite de droit public et auteur de « L’Ultime Demande. L’aide à mourir paisiblement, une liberté à notre portée ».
Elsa Walter, bénévole auprès de malades en fin de vie, sera porte-parole du groupe.
Martine Lombard et Noëlle Châtelet sont connues pour leur position en faveur de la légalisation de l’euthanasie.
Outre l’étude du sens des mots, le groupe va aussi réfléchir au poids de certains termes qui suscitent « la peur » ou « le rejet ».
« L’objectif affiché est d’abord et avant tout, de travailler sur la peur de la mort en apprivoisant les mots qui l’entourent ».
Fin octobre, Emmanuel Macron avait confié après son entretien avec le Pape ne pas aimer « le mot d’euthanasie ». De même, Olivier Véran avait, lui aussi, indiqué au cours d’une émission que « le mot “euthanasie” n’est pas un joli mot. C’est un mot qui est connoté dans la langue française ».
« Le livrable sera rendu en février », avant la fin de la convention citoyenne sur la fin de vie, précise Agnès Firmin Le Bodo.
Adolf Hitler avait redéfini l’euthanasie avec les termes “mort miséricordieuse”. Nos gouvernants trouveront-ils mieux ?
