Un drame constitutionnel ?
Communiqué de l’Association des Chrétiens Protestants et Evangéliques pour le Respect de la Vie :
« Nous Chrétiens Protestants et Evangéliques, citoyens de ce pays, refusons que l’avortement y devienne un droit constitutionnel. Notre motif est que « l’avortement est toujours et restera toujours un drame », selon les mots que celle qui fut, en son temps, employée au dessein de plusieurs d’introduire un droit à l’Interruption Volontaire de Grossesse dans la loi française. Cette loi se voulait prendre en compte les conditions impossibles rencontrées par des femmes au moment de transmettre la vie ; elle était restrictive vu la gravité de l’acte.
La malheureuse évolution des mentalités implique-t-elle le mépris envers ce « toujours un drame », qu’implique l’idée d’avortement comme droit fondamental ? Comment l’Etat français pourrait-il institutionnaliser le drame ?
En conséquence, nous demandons aux députés et sénateurs, députées et sénatrices de quelque bord politique qu’ils ou elles soient, de cesser de faire de cette affaire si douloureuse un marqueur de leur histoire personnelle ou politique.
Nous dirigeons aussi cet appel vers l’actuelle cheffe du gouvernement, Madame Elisabeth Borne et au président de la République, Emmanuel Macron. »
Le Président, Pasteur Jean Pira.
L’OQTF du jour
Un homme âgé de 31 ans, sans domicile fixe et visé par une OQTF (Obligation de quitter le territoire français) datée de février 2021, a agressé une femme de 27 ans samedi 29 octobre à Saint-Germain-en-Laye.
Interpellé, il a été jugé le 3 novembre en comparution immédiate, et condamné à dix mois de prison dont six mois avec maintien en détention, ainsi… qu’une interdiction de territoire pendant cinq ans. L’homme doit également 400 euros de dommages et intérêts à la victime.
« Exterminer une partie de la population contribuerait à l’atténuation du réchauffement climatique »
Non c’est un peu trop brutal comme formulation. On va proposer moins angoissant :

Maintenant vous comprenez pourquoi il faut promouvoir l’avortement ad nauseam. La déesse Gaïa réclame des sacrifices humains.
« Ad orientem »
La question de l’orientation du prêtre à l’autel est liée d’une part à celle plus générale du symbolisme liturgique ; et de l’autre à celle plus particulière de l’orientation de la prière.
Quant au symbolisme liturgique, comprenons tout d’abord que les gestes et attitudes dans la prière publique ne sont jamais indifférents ni laissés au libre choix du célébrant[1].
L’orientation du prêtre à l’autel fait partie de ces rites déterminés par l’Église et s’inscrit dans une orientation de la prière plus ancienne encore.
L’orientation dans la prière
Elle existait déjà dans l’Ancien Testament où les Juifs avaient l’habitude de prier en se tournant vers le temple de Jérusalem « où Dieu résidait » ; une trentaine de passages de l’Ancien Testament nous les montrent également priant vers l’Est[2].
Dans les premiers temps de l’Église où le symbolisme liturgique était très important, l’usage de se tourner vers l’Orient pour prier liturgiquement (d’où le mot « orientation ») va très vite s’imposer. Tant et si bien que pendant un grand nombre de siècles, à partir du Ve siècle, les églises seront quasi-systématiquement bâties le chevet tourné vers l’Est. Les témoignages anciens abondent pour attester et justifier cette orientation des lieux de culte[3].
Le grand liturgiste que fut le Cardinal Bona au XVIIe siècle pourra écrire :
Des monuments historiques, on peut conclure que les églises, dans l’Église Grecque comme dans l’Église Latine, étaient construites de manière qu’elles fussent dirigées vers le lever du soleil au temps de l’équinoxe. Cette coutume était autrefois si strictement suivie par les moines de l’Ordre de Cîteaux, que non seulement le maître-autel était tourné vers l’orient, mais encore tous les autres autels étaient tournés dans la même direction.[4]
Cet usage n’était pas cependant absolument universel ; les basiliques romaines par exemple, plus anciennes, étaient « occidentées » ; c’est pourquoi le prêtre et les fidèles (pour certaines parties de la messe en ce qui concerne ces derniers) se tournaient alors vers les portes pour que leur prière soit cependant toujours « orientée ».
« Orient est son nom »
Pourquoi se tourner vers l’Orient ? Parce qu’il représentait le Christ selon l’appellation que lui donna Zacharie (6,12) : « Voilà l’homme qui a pour nom Orient ». Il est encore l’oriens ex alto (Lc 1, 78). C’est également ainsi que le nomme une des antiennes de l’Avent :
« O Orient, splendeur de lumière éternelle et soleil de justice, venez et éclairez ceux qui… »
Se tourner vers l’Orient signifiait donc tout simplement se tourner vers Dieu. Certaines liturgies du baptême prescrivaient même au nouveau baptisé de cracher vers l’occident pour renoncer au démon, avant de se tourner vers l’Orient pour professer sa foi et adhérer à Dieu.[5]
Se tourner vers l’Orient, c’était aussi se tourner vers la direction du soleil levant ; or le Christ était appelé « soleil de justice » (sol justitiae) selon la prédiction de Malachie (4,2).[6]
Par ailleurs, le Christ étant, selon la prédiction du psaume 67[7], monté au ciel vers l’Orient lors de son Ascension, c’était du même endroit qu’on attendait son retour. La prière « orientée » possédait ainsi de plus une dimension eschatologique.[8]
Saint Thomas d’Aquin lui-même reprend dans sa somme de théologie ces différents motifs quant à l’orientation de la prière, y ajoutant l’idée commune également alors du paradis terrestre situé à l’Orient :
C’est pour des raisons de convenance que nous adorons tournés vers l’orient. C’est d’abord à cause de la majesté divine que symbolise l’orient, où le mouvement du ciel prend son origine. Ensuite c’est là qu’était établi le paradis terrestre selon le texte des Septante (Gn 2, 8) : nous semblons ainsi vouloir y retourner. C’est enfin à cause du Christ lumière du monde qui porte le nom d’Orient (Za 6, 12) et qui “ est monté au-dessus de tous les cieux à l’Orient ” (Ps 78, 34) d’où l’on attend sa venue suprême, selon saint Matthieu (24, 27) : “ Comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’Homme[9]. ”
Et aujourd’hui ?
Si avec les siècles, pour des raisons généralement pratiques, l’orientation physique des églises lors de leurs constructions tomba en désuétude, celle du ministre et des fidèles demeura : ensemble, ils étaient tournés dans la même direction : celle de la croix toujours présente au-dessus ou derrière l’autel. C’est-à-dire qu’ils étaient tournés encore vers Dieu. L’essentiel de l’orientation était sauf.
Célébrer la messe « dos au peuple » comme on le dit parfois aujourd’hui n’était jamais perçu comme une manière pour le prêtre de tourner le dos aux fidèles, mais d’abord et avant tout de se tourner, avec eux, vers le Seigneur. Puisque c’est à lui que s’adressent nos prières et nos chants. Et c’est à lui seul également qu’est offert le sacrifice.
Si la célébration de la messe aujourd’hui selon les nouveaux livres liturgiques se fait quasiment de manière universelle vers le peuple, remarquons que le missel dit de Paul VI n’exige pas cette célébration face au peuple. Plus encore, la Constitution conciliaire sur la liturgie du Concile Vatican II à la suite de laquelle fut réformée la messe n’a pas abordée une seule fois la question de la position du célébrant à l’autel. Ni demandé de changement en cette matière.
Censure
Pas en Russie, en France : Le Point ne publiera pas son palmarès des hôpitaux et des cliniques :
Il existe pourtant depuis plus de vingt ans, des centaines de milliers de lecteurs lui font confiance, des dizaines d’établissements hospitaliers prestigieux l’arborent fièrement sur leurs murs. Que s’est-il passé ? Un quarteron de bureaucrates, allergiques à l’évaluation indépendante de notre système de santé et visiblement atteints par l’ivresse de leur pouvoir, a décidé de l’interdire. Une censure : il n’y a pas d’autre mot pour décrire ce qui vient de se passer. Une censure d’État pour briser un thermomètre qui en dérange certains.
Le procédé est simple : nous empêcher d’accéder à la base de données appelée PMSI, qui mesure l’activité des établissements de santé. Or cette base constitue, depuis plus de vingt ans, le socle de notre évaluation. Tout le monde comprend aisément que la pose d’une prothèse de hanche, par exemple, a plus de chance d’être réussie, et dans de bonnes conditions, par un service qui en réalise plusieurs par jour que par un autre qui ne s’y essaie que quelques fois par an… Eh bien, c’est terminé !
La relation entre l’Ancien et le Nouveau testament et ses implications politiques
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Invité par un ami, un catholique engagé, ancien responsable de lycées de formation professionnelle salésien, mouvement éducatif et social fondé par l’italien Don Bosco et soutenant diverses activités charitables, en particulier des épiceries sociales, on se mit à parler du pape François. Mon ami était très inspiré par une de ses encycliques qu’il avait récemment lu « Fratelli tutti » me disant que cette encyclique était bien enracinée dans la Bible avec de nombreuses citations du Nouveau Testament. Je lui demandais « et pas de citations de l’Ancien Testament ? », à quoi il répondit comme si cela allait de soi que « le Nouveau Testament, c’est l’accomplissement », ceci allant de pair avec des réflexions comme quoi l’Ancien Testament n’était plus vraiment valable pour un chrétien, l’amour fraternel entre tous les hommes ayant remplacé la loi juive et les histoires de Josué passant par le fil de l’épée les populations des villes de Canaan jusqu’au dernier humain (entre autres Jéricho ou seuls la prostituée Rahab et sa famille de avaient été épargnées) témoignaient simplement de la barbarie d’une époque.
Cette approche est assez réductrice. En fait le pape François cite l’AT dans l’encyclique susnommée comme ailleurs et pour un chrétien, le NT comme l’AT témoignent de l’action de Dieu dans l’histoire. Cette providence se déroule à diverses époques et dans divers environnements culturels mais il s’agit toujours du même Dieu contrairement à ce qu’affirmaient certaines hérésies dans l’Empire Romain comme les Marcionites pour lesquelles Yahvé, le Dieu de l’AT, Dieu de vengeance et de jugement, n’était pas le même que le Dieu de Jésus, un Dieu d’amour et de pardon. En fait, le simple terme judéo-chrétien quand on parle de la culture judéo-chrétienne en Occident montre en lui-même ce lien profond entre les deux testaments.
Au lieu d’opposer l’AT et le NT, de réduire l’un à une simple préfiguration symbolique de l’autre (déjà, le terme Ancien Testament est mal perçu par certains milieux juifs ou des théologiens chrétiens), si l’on veut bien comprendre la Bible contribuant ainsi au rapprochement entre cultures juive et chrétienne, il est nécessaire d’engager un dialogue entre les deux.
Il ne s’agit pas là d’une question secondaire car, de cette compréhension de la Bible et du rapport entre les deux testaments, découlent différentes conceptions du monde, de « Weltanschauung ». Ainsi en particulier l’historien François-Georges Dreyfus, le décollage économique rapide des pays protestants au 18ème et 19ème siècle est lié entre autre à l’étude de l’AT qui était quelque peu négligé à cette période par les catholiques.
On retrouve chez les chrétiens comme chez les autres citoyens des différences politiques droite-gauche mais chez les chrétiens, elles sont influencées dans une certaine mesure par différentes interprétations de la Bible. Les chrétiens ou catholiques de gauche sont généralement partisans d’une politique généreuse d’accueil envers les migrants arrivant en France, que ce soit légalement ou pas, au nom d’un principe de fraternité universelle défendu par exemple dans l’encyclique Fratelli tutti et découlant de l’amour universel de Dieu pour tous les hommes. Ils pensent généralement que l’AT et son traitement à l’égard des étrangers ou immigrés relèvent d’une époque révolue et que seul le message d’amour du NT compte. Ils prônent aussi souvent une grande tolérance sur la question de l’avortement ou celle de l’euthanasie ou autres « avancées sociétales ». Ils se méfient d’organisations comme la Manif pour tous, considérée comme pas assez progressiste et considèrent les « points non négociables » définis par Benoît 16 en se basant sur sa compréhension de la tradition et des textes bibliques, pour guider l’engagement des catholiques en politique et leur vote comme relevant d’une autre époque.
Ces points comprennent entre autres le « respect de la vie de sa conception à sa fin » ce qui implique le refus de l’avortement et de l’euthanasie, le refus du mariage entre personnes de même sexe et du contrôle étatique sur les écoles chrétiennes.
Ceux de droite sont souvent en faveur d’un contrôle strict de l’immigration et prennent avec sérieux les points non négociables même si leur application pour choisir un candidat en politique n’est pas évidente et sont plus fondamentalistes dans leur interprétation de la Bible, donnant une place importante aux récits de l’AT. On retrouve cette opposition aux USA comme dans le reste du monde protestant. Ainsi aux USA, les chrétiens conservateurs ont tendance à soutenir Donald Trump qui a grandement œuvré pour limiter l’avortement en nommant des juges conservateurs à la Cour suprême et plus généralement le parti Républicain, à s’opposer aux réformes sociétales, à prendre leur distance vis-à-vis du mouvement « Black lives matter » et les chrétiens libéraux (au sens anglo-saxon du terme) défendent le droit à avortement derrière le démocrate Joe Biden qui s’affiche comme catholique et le mariage homosexuel. Tous se réfèrent à une même Bible pour leurs choix moraux dont découlent certains choix politiques.
Les débats sur la mention des racines chrétiennes de l’Europe dans la constitution européenne, débats qui ont abouti au rejet de cette mention par les autorités européennes suite à l’intervention en particulier de Jacques Chirac contre entre autres l’avis des polonais, montrent aussi l’importance du passé chrétien d’un peuple ou de son histoire quand il se projette dans l’avenir, ne se satisfaisant pas de la défense « des valeurs de la République », valeurs souvent mentionnées par nos dirigeants sans être pour autant clairement définies. On peut noter que cette Constitution amputée de ses racines chrétiennes fut rejetée par le peuple français lors d’un référendum puis imposée par un tour de passe-passe politicien (vote du texte très légèrement modifié un an plus tard par les députés et sénateurs assemblés en congrès bien que sous la 5ème République, un référendum sur une question ait la priorité sur des décisions parlementaires).
Pour différents représentants des partis de droite, chrétiens-démocrates allemands ou conservateurs, ce rejet des racines culturelles de l’Europe donnait à la construction européenne un air d’idée technocratique sans racines charnelles. Cela nous montre qu’il s’agit là d’une différence profonde avec des implications politiques importantes et actuelles.
De même, la question de l’accueil des migrants est comprise de façon très différente selon que l’on prend une optique AT ou NT. Pour la première, on mettra en avant la nécessité de défendre l’identité nationale et une tradition d’origine chrétienne ou judéo-chrétienne contre des influences étrangères, ce qui a des implications allant de l’éducation à la politique étrangère, on préférera parler d’assimilation que d’intégration alors que pour la deuxième, en simplifiant, on affirmera que la diversité des cultures nous enrichit et que nous sommes appelés au « vivre ensemble » dans la paix et l’harmonie, ce qui est loin d’être le cas dans nos villes et banlieues où les gens se retrouvent plutôt « face à face » pour reprendre les termes de Gérard Collomb lors de son départ du ministère de l’Intérieur.
Bien sûr, les oppositions entre le NT et l’AT considérés comme exclusifs l’un de l’autre sont grossièrement simplificatrices, ce qui n’empêche pas certains chrétiens ou juifs d’en faire usage.
Si nous revenons au personnage central du christianisme, Jésus-Christ, nous voyons qu’élevé dans les traditions juives et ayant une connaissance profonde de l’AT, il exprime à plusieurs reprises son attachement à Israël. Ainsi dans l’épisode de sa rencontre avec une femme cananéenne, il explique qu’il n’a été envoyé « qu’aux brebis perdues d’Israël » ajoutant même devant l’insistance de la femme pour qu’il guérisse sa fille : « il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens », une comparaison qui pouvait paraître choquante pour les cananéens. Finalement, devant l’humilité et l’insistance de la femme qui lui répond « les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leur maître », il lui répond « Femme, ta foi est grande. Soit traité conformément à ton désir » et sa fille fut guérie (Matt. 15 : 21-28).
Avant d’arriver à Jérusalem où il sera crucifié, Jésus pleure en s’exclamant
« Jérusalem, Jérusalem, toi qui lapides les prophètes et tue ceux qui te sont envoyé, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins mais tu n’as pas connu le temps de ta visitation » (Matthieu 23 :37).
Avant Jésus, on trouve aussi ce double aspect d’attachement à Israël et d’amour universel dans divers textes des prophètes de l’AT qui dans leurs visions parlent du jour où toutes les nations monteront à Jérusalem pour célébrer le vrai Dieu, dans une atmosphère de réconciliation universelle et non de domination des nations par Israël.
Malgré tout, force est de reconnaître qu’il y a une tension entre les deux testaments ou entre les interprétations de ces testaments.
Si l’on considère un autre thème comme celui de la loi mosaïque et de son application, de nombreux chrétiens se basant sur certains écrits de l’apôtre Paul ont tendance à dire que la foi en Jésus exprimée dans le NT est venue remplacer la loi, que la loi est morte remplacée par la grâce découlant du sacrifice de Jésus sur la croix citant entre autres ce passage de Paul « Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce » (Rom. 6 :14).
Pourtant ce n’est pas vraiment ce que Jésus dit quand il déclare « Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements (de la loi), et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux » (Matt. 5 :19) ou encore « je ne suis pas venu abolir la loi mais l’accomplir » (Matt. 5 :17). Loin de vouloir abolir la loi Jésus requérait une plus grande exigence, une intériorisation de cette Loi. Ainsi, reprenant les principaux commandements, il nous dit qu’il ne faut pas se contenter de ne pas commettre l’adultère comme le demande la loi mosaïque, mais ne pas commettre « l’adultère dans son cœur » (« Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur » Matt.5), point qui sera repris dans la Théologie du corps de Jean-Paul 2, qu’il ne faut pas simplement ne pas tuer, mais ne pas se mettre en colère et maudire son frère, qu’il ne faut pas jurer en vain mais ne pas jurer du tout » « Que votre oui soit un oui, votre non un non, tout le reste vient du malin » (Matt.5 :36).
Si on pousse le raisonnement jusqu’à l’extrême, on peut se demander pourquoi continuer à lire l’AT s’il est « accompli » par le NT, pourquoi par exemple chaque dimanche, on lit des passages de l’AT à la messe.
En fait, si l’on veut avoir une bonne approche des textes bibliques, une première chose à éviter, est de nier cette tension et complémentarité, ce dialogue entre ces deux textes, en prétendant comme certains catholiques que l’AT est une simple préfiguration ou ébauche du NT qui a perdu sa validité avec la venue de Jésus ou au contraire comme certains juifs en rejetant le NT comme un ajout inutile à la loi (les 5 premiers livres de la Bible supposés avoir été transmis par Moïse sur le Sinaï) et aux écrits prophétiques.
L’AT est l’histoire d’un peuple qui s’affirme au milieu des autres peuples et cultures du Moyen Orient. Aussi les questions d’enracinement, d’identité sont importantes. Les influences étrangères sont généralement vues comme idolâtres et menaçantes. Ainsi au retour d’exil, le prophète Néhémie demande aux juifs qui avaient épousé une épouse étrangère de soit la quitter, soit quitter Israël, parlant même de « purifier » les juifs de tout étranger. Bien sûr, en même temps on trouve des préceptes demandant de bien traiter l’étranger, les prophètes prévoient la venue d’un jour où les différents peuples seront réconciliés rendant un culte au même vrai Dieu et on trouve des histoires comme celle de Ruth ou la prostituée de Jéricho Rahab où des étrangères sont amenées à jouer un rôle clé dans l’histoire du Judaïsme jusqu’à faire partie de la lignée messianique conduisant à David puis pour les chrétiens à Jésus. Mais dans ce cas, il s’agit de personnes qui font le choix du Judaïsme contre leur culture d’origine, de personnes pleinement assimilées et non simplement intégrées au peuple. Ce n’est en tout cas pas l’histoire d’un peuple sans racines ouvert à tous les vents migratoires comme le prétendent certains chrétiens de gauche.
Le NT contient un message d’espoir qui se place souvent dans une perspective apocalyptique. Le Royaume ou les derniers jours « sont proches » ou “à portée de main”, le jour vient où tous les hommes seront frères et l’amour de Dieu régnera sur terre, aussi il est parfois interprété comme un appel au mélange des cultures. Mais ce mélange des cultures n’est pas un mélange du type de la Tour de Babel qui a été détruite par Dieu ou de Babylone, « la grande prostituée », un mélange dans l’idolâtrie et la corruption, mais d’une rencontre entre cultures qui ne peut avoir vraiment lieu qu’à travers des personnes qui ont accepté le Christ et œuvrent au Royaume de Dieu comme mentionné par St Paul dans l’épitre aux Galates : « ..en Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec (origine ethnique, culture, religions et rites), il n’y a plus ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme car vous ne faites plus qu’un en Christ Jésus. »
Bien sûr, il n’est pas question dans un article d’épuiser le débat sur la Bible, mais il faut considérer la tension entre l’AT et le NT avec respect pour ces grands textes et se garder des simplifications réduisant la Bible à un seul type d’interprétation en utilisant certaines citations sans tenir compte du contexte et de l’ensemble des livres qui forment la Bible, mot, faut-il le rappeler, venant du grec biblia et signifiant un ensemble de livres et non un seul livre.
Incitation à la débauche : c’est l’école de la raie publique
Je fais de l'éducation à la sexualité une de mes priorités. Je m'engage pour que l'on puisse en mesurer les progrès : c'est indispensable. #Quotidien pic.twitter.com/YxjkWVjgFX
— Pap Ndiaye (@PapNdiaye) November 9, 2022
Mort à la Chartreuse de Corée du Sud
D’un lecteur :
Selon la police locale et les pompiers, vers 22 h 34 le 26 octobre, une alarme incendie s’est déclenchée au monastère sud-coréen Notre-Dame. L’incendie s’est déclaré dans l’une des 12 maisons-cellules, dans chacune desquelles un moine prêtre vit dans la plus grande solitude possible. Chacune de ces habitations de moines se compose d’un salon et d’une chambre et de quelques autres pièces. On ne sait toujours pas où et pourquoi l’incendie s’est déclaré. La totalité des 50 mètres carrés de l’appartement du moine a été incendiée. Une fois les travaux d’extinction terminés à 1 h 14 du matin, un moine mort a été retrouvé. Il s’agit d’un prêtre venu d’Allemagne en 2004 et faisant partie du groupe fondateur. Le chartreux sud-coréen qui a remarqué l’incendie pour la première fois a témoigné: “Pendant l’étude, il y avait une odeur de brûlé, et quand je suis sorti, un incendie se propageait.” La cause de l’incendie et la cause de la mort du moine sont toujours inconnue. Une autopsie du défunt a été ordonnée par les autorités. (Dernier message de cause de décès : suffocation.) Les Chartreux qui regardent St. Bruno de Cologne (1030 – 6 octobre 1101) n’a commencé à être fondé hors d’Europe qu’au XXe siècle. Les chartreuses sont apparues pour la première fois aux États-Unis et en Amérique latine (Argentine, Brésil). En 1999, deux chartreux de la Grande Chartreuse, la maison mère française de l’Ordre, ont exploré la possibilité d’une fondation en Corée du Sud. Ils ont été soutenus par des capucins à Séoul. Grâce à ces efforts, un terrain de 120 hectares a été acquis en 2002. En 2004, dans une forêt de montagne isolée au sud de la ville d’Andong et à environ 270 kilomètres au sud-est de Séoul dans la province de Gyeongsangbuk-do, la chartreuse “Notre-Dame de Corée” a été construite avec initialement huit cellules. Les premiers moines sont venus d’Espagne et d’Allemagne. Entre-temps, le monastère, dans lequel vivent de nombreux chartreux locaux, a été agrandi à douze cellules.
Le prêtre chartreux allemand décédé était âgé de 55 ans. Il est venu en Corée du Sud en 2004 avec un confrère de Marienau Kartause dans l’Allgäu. Un autre moine de la Chartreuse allemande est venu plus tard.
La Corée est un pays divisé. Alors que le nord est sous le diktat du communisme, la société sud-coréenne est occidentalisée. Environ 8% seulement de la population est catholique, tandis que la majorité des plus de 50 millions d’habitants du pays n’appartiennent à aucune religion. Celui qui décide de vivre à la Chartreuse veut vivre entièrement pour Dieu. Et cette vie est dure et exigeante. Surtout, un changement intérieur profond (metanoia) est inévitable. Le chartreux n’a d’autre but que de se donner à Dieu du mieux qu’il peut, afin que l’œuvre autotransformatrice de la grâce s’accomplisse par lui et en lui. Le moine ose rechercher la communion avec Dieu par une vie de prière alliée à une sévérité modérée. De cette façon, il s’abandonne au fonctionnement de la grâce intérieure de Dieu, espérant devenir un serviteur de la grâce divine pour les autres également. Les chartreuses (chartreuses) sont construites dans les endroits les plus isolés et les plus calmes possibles, et leurs moines (mais aussi les moniales chartreuses dans leurs monastères) se consacrent entièrement à la vie contemplative. Le mode de vie solitaire ne permet aucun apostolat. Même les visites sont rarement autorisées aux membres proches de la famille et à ceux qui sont autorisés à examiner leur propre vocation. En Corée du Sud, il existe un monastère masculin et un monastère féminin de l’ordre des Chartreux. L’ordre compte environ 450 membres dans le monde. Les deux chartreuses coréennes de Sangju (province de Gyeongbuk) et de Boeun (province de Chungbuk) sont les seules en Asie.
L’Union européenne veut imposer la vente d’enfants
Loin des Français, loin des habitants des pays européens, dans sa tour de la Commission européenne à Bruxelles, Ursula van der Leyen, sa présidente, a fait avancer en catimini un projet de « Reconnaissance mutuelle ». Son objectif est de faire reconnaître par tous les Etats membres de l’Union européenne le mariage de personnes de même sexe, la PMA sans père et la GPA (gestation par autrui, ou pratique des mères porteuses) : dès lors qu’ils sont reconnus dans un pays, ils devront l’être dans tous les autres.
Or, d’après le Traité de fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), la famille ne fait pas partie des compétences de l’Europe : chaque pays est souverain dans ce domaine. C’est sous le prétexte de la libre circulation des personnes qu’Ursula van der Leyen a lancé ce projet. En réalité, il n’y a aucun besoin de ce texte pour que tous les Européens puissent s’établir là où ils le veulent en Europe.
Ainsi, l’Europe imposerait à la France la reconnaissance de la GPA ! Si ce projet est acté, le trafic d’êtres humains généré par la GPA serait facilité et démultiplié. Il y aura beaucoup plus de femmes victimes d’exploitation et d’enfants commandés, achetés et séparés de leur mère. Le comble, c’est qu’Emmanuel Macron, pourtant clamant son opposition à la GPA, a profité de la Présidence française de l’Union européenne au premier semestre 2022 pour accélérer les préparatifs de ce projet européen ! Mobilisons-nous pour dire non à ce trafic d’êtres humains !
Tournée de Patrice Martineau
- « Frères d’âmes » est le nouveau Récital de chansons riches d’un verbe poétique, libre et puissant sur notre monde, en duo avec Daniel Facérias. Au cœur de ce récital un regard croisé sur le Moyen Orient en particulier Le Liban et la Syrie qui fut le théâtre de leur première tournée ensemble en mars 2022. Nouveau répertoire dont bien sûr « Ô ma France », la chanson de l’année écrite avec Philippe de Villiers.
Plusieurs formules à disposition, adaptables selon les budgets.
- « Chanter pour embellir le monde » Vous rêvez d’une soirée privée en famille, avec des amis et des amis d’amis sur invitation autour d’un buffet convivial et d’un récital de chansons à peu de frais : Patrice seul en scène sur bande-son avec des chansons nouvelles ou extraites de ses albums solo ou du duo des Frères Martineau dans des granges, des hangars, des cours, des jardins, des salons, des podiums événementiels etc…) selon les circonstances.
- « A Marie, le chant des Poètes » Récital de Chansons Mariales de Patrice, déjà donné plus de 500 fois dans toute la France notamment dans de nombreuses paroisses.
1 seule formule : Patrice seul en scène sur bande-son.
Trois spectacles où toutes les générations se retrouvent autour d’un même répertoire, qui fait rêver, pleurer, prier, se révolter, sourire et s’interroger…Bref, tout un univers artistique qui ne cesse de s’enrichir et dans lequel vous retrouvez vos rêves, votre espérance et vos combats.

Mais qui a peur de Xavier Moreau ?
De Marion Duvauchel, Professeur de lettres et de philosophie :
Nous autres professeurs dans les matières littéraires (français et philosophie) nous apprenons à lire des textes, à les analyser techniquement, et avec une minutie terrifiante : il faut bien réussir le concours. Nous pouvons donc légitimement dire que nous avons une vraie compétence dans ce domaine. Et donc dans la lecture des textes de la presse, beaucoup plus facile qu’un passage de la Phénoménologie de l’Esprit.
L’article rédigé par Elisabeth Pierson, publié le 18/10 à 12h54, intitulé « Odyssée, Rumble, comment les pro-russes trouvent refuge sur des plates-formes alternatives » est un morceau d’anthologie que je tiens à signaler aux générations futures de techniciens qui écriront les manuels de français de l’avenir. Et je propose comme titre de chapitre :
« comment discréditer sobrement tout ce qui ne va pas dans le sens du vent ».
Il faudra mettre une note de bas de page pour dire qu’il s’agit du vent de la Macronie, celui qui nous pousse vers un naufrage sans précédent.
Il faut goûter tout le mépris écrasant contenu dans ce seul titre alléchant qui en dit surtout long sur la nature et la qualité du journalisme de la dame. Je ne parlerai pas de son style par pure charité mais il y a une certaine construction dans cette prose et même on peut le dire, une forme de progression.
Dame Pierson commence donc par évoquer la chaîne RT France, en citant Jean-Yves Camus, le co-directeur de l’observatoire des radicalités politiques à la fondation Jean Jaurès, qui décrit avec un humour inconscient la plate forme RT comme « un supermarché géant du complotisme ». On peut l’écouter sur Sud radio évoquer l’implantation de l’extrême-droite en Europe et les raisons de ce retour de balancier qui frappe des pays aussi différents que la Suède ou l’Italie. Il expose ce que tout un chacun un peu informé peut déduire, mais il le fait avec la clarté et la modération qui convient quand on touche à ces sujets brûlants qu’on a appris à manipuler sans se brûler. En commençant par éviter de prononcer le mot islam : on ne parle que du radicalisme islamique.
Oserais-je formuler qu’il me semble que ce qu’on appelle le complotisme est infiniment moins dangereux que le totalitarisme musulman.
Mais le coeur de cet article édifiant n’est pas les plates-formes du ou des complotismes, le noyau dur de ce texte, et de son attaque déguisé, c’est un homme. Il s’appelle Xavier Moreau. C’ est un homme d’affaire et un ancien militaire. Il ne s’en cache pas et je ne vois pas là de quoi s’alarmer : il n’a pas de casier judicaire, il s’est expatrié en Russie, c’est son droit le plus légitime, et il gagne sa vie en faisant des affaires. C’est légal.
On lit un petit passage délicieux dans lequel Mme Pierson cite Xavier Moreau qui invite « à lutter contre la censure du régime. Entendre le régime d’Emmanuel Macron ». Pourquoi, on en connaît un autre ?? Nous savons lire. Même ceux qui n’ont pas appris la technique de l’analyse littéraire savent bien qu’on parle du régime de Macron.
Moreau est un homme intelligent et courageux. Il a écrit Le livre noir de la gauche française, ce qu’elle n’est pas prête à lui pardonner. Et comme tous ceux qui ne sont pas ouvertement de gauche ou macronien, il est évidemment d’extrême droite ou flirte honteusement avec elle. Je ne lui connais pas d’accointance avec Marine Le Pen, il parle de tout avec une grande liberté, même d’elle. Il en a le droit. Pour Aujourd’hui tous ceux qui ne s’agenouillent pas devant le macronisme sont de l’extrême-droite. Laquelle, ça, on aimerait que les experts nous le précisent… Par exemple, M. Camus.
Xavier Moreau dirige et anime une chaîne d’information spécialisée : Stratpol. Elle a déplu aux censeurs de Youtube qui l’ont corrigé comme à l’école, enfin celle d’autrefois, quand on punissait encore les emmerdeurs, d’abord on exclut trois jours (deux semaines) ensuite on exclut définitivement. Il est donc allé sur Odyssée et Rumble où de nouveau la censure s’est exercée. J’allais dire acharnée. C’est vrai qu’on trouve de tout sur ces chaînes, mais de la même manière qu’on trouve de tout sur Youtube : même les gourous tibétains et pourtant on a eu une émission sur Arte qui en montrait les turpitudes. Et ce n’était pas beau…
Ce qui nous intéresse dans cet article d’une délicate objectivité, c’est donc le propos tenu sur Xavier Moreau, ce jeune garçon de 51 ans qui, avec une détermination sans faille, informe des questions militaires, avec une claire connaissance des questions techniques, (entendez armement, stratégie et cartographie) et raconte tout autre chose que le roman sur l’Ukraine des chaînes de grand chemin. Il connaît bien l’histoire de la Russie. François Asselineau a peut-être une plus grande amplitude, mais les sources compétentes se complètent.
Xavier Moreau n’a pas un auditorat selon Mme Pierson : il a des « adeptes » situés majoritairement en France, en Afrique du Nord et dans le Maghreb. Comment elle sait, ça, on ne le dit pas… Mais on peut le déduire : il s’exprime en français, un français tout à fait honorable, sans langue de bois ; il n’est pas très gentil envers les USA et l’Otan ; il n’aime pas la servitude programmée, ce qui fait de lui un complotiste. On voit mal comment il aurait des adeptes en Afghanistan et au Pakistan ou même dans les pays francophones en état de coma spirituel dépassé comme la Belgique, la Suisse ou le Canada. En Afrique, (du Nord, de l’Ouest ou d’ailleurs -la noire si on a encore le droit d’utiliser cette couleur) la Russie, on connaît un peu depuis que Poutine a décidé qu’il n’y a aucune raison à ne pas aller faire des affaires avec les Africains. On leur a laissé la place non ? Les projets de la Francophonie sont aujourd’hui nécessairement des projets bilingues, tout s’écrit en anglais. On promeut le sport pour les filles, (dans des pays où la différenciation sexuelle organise une différenciation sociale forte) mais pas l’habitat alors qu’un quart de l’humanité vit dans des taudis. Ça ne semble préoccuper personne dans les structures qui organisent les subventions aux ONG. On a laissé mourir le français, donc notre culture. La Russie arrive, de quoi on se plaint ? On a fait ce qu’il fallait pour qu’ils nous remplacent. Les Africains finiront par oublier la langue française, et il deviendront orthodoxes. Il y a pire comme destinée : l’islamisation par exemple.
Xavier Moreau fait donc partie des « parias des plates-formes mainstream » et donc, « maintenir sa visibilité n’est pas aisée ». La satisfaction dans cette petite phrase est à peine voilée.
Jean-Yves Camus à l’appui voici le jugement final, le bouquet après ce festival d’inintelligence : « ces plates-formes essaient d’exister en récupérant toutes les personnes ayant subi le couperet des conditions générales d’utilisation ». Nous, on appelle ça un peu platement la censure. « Aucune autorité ne filtre les contenus » : on sent là comme un immense regret.
Comme on sait « youtube « filtre mais ne censure pas.
Le plus beau se tient dans l’étourdissante conclusion :
« plus les politiques de modération (c’est moi qui souligne) vont se renforcer (autrement dit, plus la censure va se resserrer) plus ces plates-formes verront le jour avec une grande difficulté à les faire fermer ».
J’espère bien qu’il sera difficile de les fermer, je l’espère bien. Pour le salut de notre liberté. Et peut-être aussi pour notre salut historique et politique.
J’invite tous ceux qui ont encore soif de liberté à rejoindre la plate-forme de Xavier Moreau. On y est informés. On salue et on rend grâce.
“Dommage mental”
Quand il s’agit de dénoncer l’esclavage au Qatar, les médias français restent bien timides. Pourtant cela se sait depuis bien longtemps. Le Salon beige en parlait déjà en 2014. Les médias français ont commencé à s’en indigner réellement il y a quelques semaines.
En revanche, la réaction est immédiate quand les LGBT sont chagrinés. Interrogé par la chaine allemande ZDF, Khalid Salman, ambassadeur qatari de la Coupe du Monde, a qualifié l’homosexualité de “dommage mental”. En France, une tribune publiée mercredi demande aux joueurs de prendre position contre les discriminations. Le ministre allemand de l’intérieur, Nancy Faeser, a qualifié ces déclarations “d’horribles” mais elle souligne avoir obtenu des garanties de sécurité pour les spectateurs, de la part du Premier ministre qatari. Elle a d’ailleurs décidé d’assister au premier match de l’Allemagne au Mondial-2022, contre le Japon, le 23 novembre.
En même temps, quand on découvre ce type d’actualité récurrente, il est difficile de ne pas penser que l’idéologie LGBT, comme l’islamisme, produit réellement des déséquilibrés.
Une circulaire contre l’islamisme à l’école
A Montauban, un lycée subit des “tentatives de déstabilisation” islamistes répétées et coordonnées, selon les services de renseignement. Un professeur est menacé par une élève tchétchène. “Elle va voir ce qu’Allah va lui faire”…
Le bilan du mois de septembre confirmait une hausse des signalements pour des incidents liés au port de tenues religieuses.
Comment réagi le gouvernement ?
En 2013, Vincent Peillon affichait sa « charte de la laïcité » dans les écoles.
9 ans après, en 2022, Pap Ndiaye va émettre une nouvelle circulaire pour les chefs d’établissements. Cette circulaire est destinée à mieux accompagner les personnels de direction des établissements sur les questions de laïcité. Une réunion s’est tenue ce lundi 7 novembre rue de Grenelle en présence du ministre Pap Ndiaye et de plusieurs membres du gouvernement.
Nul doute que les personnels de l’Education nationale se verront rassurés et que les cette circulaire va faire trembler les militants islamistes…
Avortement dans la Constitution : la proposition de loi votée en commission
Les députés ont validé en commission, mercredi 9 novembre, une proposition de loi constitutionnelle pour « garantir le droit à l’interruption volontaire de grossesse ». Ils ont refusé d’inscrire dans la Constitution l’accès à la contraception. Le texte porté par le chef des députés Renaissance, Aurore Bergé, doit désormais être examiné dans l’hémicycle dans la semaine du 28 novembre.
Auparavant, un autre texte proposant d’inclure ce droit dans la Loi fondamentale, porté par son homologue de La France insoumise (LFI) Mathilde Panot, doit arriver dans l’hémicycle le 24 novembre, après un passage en commission des lois programmé le 16 novembre.
Des élus des Républicains (LR) et du Rassemblement national (RN) ont exprimé des réticences concernant le texte adopté mercredi. « Le droit à l’IVG n’est absolument pas menacé en France », a ainsi fait valoir la députée RN Pascale Bordes, critiquant une formulation qui « laisse à penser que l’accès serait inconditionnel et absolu ». Le député LR Virginie Duby-Muller a demandé que la constitutionnalisation du droit à l’IVG soit accompagnée de celle « du respect de tout être humain dès le commencement de la vie, par souci d’équilibre », un amendement rejeté. Aucun amendement de suppression n’a été déposé sur le texte.
Le Sénat a rejeté, le 19 octobre, en première lecture une proposition de loi similaire. Or, toute proposition de loi constitutionnelle doit être votée dans les mêmes termes par les deux assemblées, avant d’être soumise à un référendum.
Les évêques de France et l’application de Traditions Custodes
Communiqué de l’Union Lex Orandi:
Le 16 juillet 2021, le Pape François donnait le ton de l’application attendue de son Motu Proprio Traditionis Custodes en écrivant, dans sa « Lettre aux évêques » : « Répondant à vos demandes, je prends la ferme décision d’abroger toutes les normes, les instructions, les concessions et habitudes antérieures au Motu Proprio actuel, et de considérer les livres liturgiques promulgués par les Saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du Concile Vatican II, comme la seule expression de la lex orandi du Rite Romain. »
Un an et demi plus tard, la mise en œuvre de Traditionis Custodes était au programme de l’assemblée plénière de la Conférence des Evêques de France à Lourdes du 5 au 8 novembre 2022. Son président, Monseigneur de Moulin-Beaufort, a donné dans son discours d’ouverture les orientations de ces travaux : « Un dernier sujet nous occupera (…) : l’application du Motu Proprio Traditionis Custodes et, plus largement encore sa compréhension (…). Ce sujet n’est pas mince. Il touche à la compréhension de la Tradition vivante de l’Église, de la vérité de l’Eucharistie et des saintes Écritures qui sont la Parole vivante de Dieu, à la nature et la mission de l’Église. Nous ne cessons de nous interroger sur une partie de la jeunesse catholique qui cherche des sources vives dans la liturgie pré-conciliaire et qui ne perçoit pas l’enrichissement considérable apporté par le Concile, non pas une adaptation mais un enrichissement. Cette jeunesse est diverse, elle mérite notre attention, notre écoute, elle a besoin aussi que nous lui indiquions les sources les meilleures. »
Les Evêques avaient été auparavant encouragés par le Pape François à se préoccuper des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle par un message du Cardinal Parolin, Secrétaire d’Etat du Vatican, du 27 octobre 2022 : « Le pape François vous invite également à la plus grande sollicitude et paternité encore les personnes – en particulier les jeunes, prêtres ou laïcs – désorientées par le Motu Proprio Traditionis Custodes dont vous travaillerez à la mise en œuvre. Elles sont des brebis souvent blessées qui ont besoin d’accompagnement, d’écoute, de temps. ».
Selon les premières déclarations d’Evêques présents à Lourdes, cet attachement des jeunes catholiques à l’ancienne liturgie sonne comme un désaveu d’une certaine pastorale post-conciliaire, et plus encore de la manière dont ils sont traités dans l’Eglise. Mgr Crépy, Evêque de Versailles, a donné le 5 novembre à KTO une interview sur la réception de Traditionis Custodes dans laquelle il reconnait : « Certains ont reçu ce Motu Proprio comme quelque chose de dur, une parole du Pape dure envers ces communautés. » Il indique des voies d’apaisement : « Ces communautés sont constituées de mes fidèles, en tant qu’Evêque, je suis aussi l’évêque de toutes ces communautés (…). L’Eglise est une communion, il peut y avoir des différences et mon rôle d’Evêque est d’essayer de favoriser une connaissance mutuelle. On se parle, on discute, on a le droit de ne pas être d’accord (…), on essaye de travailler à une communion parce que c’est une même foi qui nous réunit, et c’est quand même ça qui est important… ».
Monseigneur Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oléron, est encore plus explicite. Dans une interview donnée à la chaine vidéo de l’Homme Nouveau le 6 novembre, il avoue : « On est bien obligé de reconnaitre que les communauté qui se rassemblent autour du vetus ordo sont surtout des jeunes (…) ». Pour lui, la présence de 15 Français cette année au séminaire de la Fraternité Saint Pierre à Wigrazbad « nous indique quelque chose ». Constater que « des jeunes familles qui ne sont pas tombées dans la marmites quand elles étaient petites [adhérent à l’ancienne liturgie] sans aucune contestation de la messe de Paul VI ni des évêques de leur diocèse, nous invite à une réflexion plus approfondie qu’à des mesures draconiennes ».
Comme Monseigneur Crépy, Monseigneur Aillet plaide pour le dialogue et la bienveillance : « Il y a une volonté de pacification chez les évêques, qui ne sont généralement pas partisans de positions trop abruptes ». Citant la lettre du Cardinal Parolin, il soutient que « le Pape nous appelle au discernement (…). Il faut une écoute paternelle de ces fidèles (…). On n’est pas acculé à un Motu Proprio qui devrait s’appliquer tout de suite de manière drastique (…). Il faut une attitude de dialogue pour ne pas briser la communion, prendre le temps de dialoguer » L’Evêque de Bayonne reconnait d’ailleurs explicitement que la méthode employée par les autorités n’était pas la bonne : « Le Pape avait limité le Motu Proprio à la question de la messe, et non pas des autres sacrements. A partir d’une question qui a été posée par des évêques, la Congrégation pour le Culte Divin a répondu d’une manière un peu plus large, et donc beaucoup plus restrictive. ». Pour lui, « il y a le Motu Proprio, c’est une chose, il y a les Responsa Dubia de la Congrégation pour le culte divin, c’est autre chose… ». Une façon polie de dire que quand les fonctionnaires du Vatican font du zèle, ils ne travaillent pas toujours correctement au bien de l’Eglise.
Si l’on comprend entre les lignes ce que veulent dire Monseigneur Aillet ou Monseigneur Crépy, la « méthode forte » employée à Grenoble ou au Mans, avec des décrets d’interdiction de la liturgie traditionnelle signés par des évêques juste avant leur promotion dans un autre diocèse, n’est pas la bonne approche : cette clarification est bienvenue !
Le nombre de vocations des instituts traditionnels, le nombre de jeunes qui participent au pèlerinage de Chartres à la Pentecôte, la vitalité de la foi des familles attachées à la liturgie traditionnelle, qui se traduit par la fréquentation des sacrements, du catéchisme, des mouvements de jeunesse, des œuvres de formation ou de charité, sont un signal enfin perçu par l’épiscopat. Souhaitons qu’il sache le comprendre. Par les temps qui courent, les brebis blessées qu’évoque le Cardinal Parolin sont peut-être plutôt les Evêques de France que les fidèles attachés à la tradition. C’est aux premiers qu’il faudra du temps pour redécouvrir, au contact des second, les « sources les meilleures » dont parle Mgr de Moulin Beaufort. Dans cette perspective, en effet, nous souhaitons un dialogue.
L’Union Lex Orandi rassemble les associations de fidèles attachés à la liturgie traditionnelle : www.lex-orandi.org ; contact@lex-orandi.org
Action Écologie dénonce les effets pervers sur l’environnement de “l’obsession de la décarbonation”
Communiqué d’Action écologie :
La 27ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques s’est ouverte en Egypte à Charm El-Cheikh.
A cette occasion, Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations Unis a déclaré : « l’humanité a le choix : coopérer ou périr. C’est soit un pacte de solidarité climatique, soit un pacte de suicide collectif ».
Pour Action Ecologie, ni la panique ni la grandiloquence ne doivent être de mise. L’attitude des acteurs de ce genre de grand-messe internationale est en tout point contre-productive et mène, paradoxalement, nos sociétés sur des voies dangereuses pour l’environnement.
Ainsi, Action Écologie rappelle que :
- Les sociétés humaines peuvent faire face aux évolutions climatiques car elles ont de forte capacité d’adaptation. De plus en plus d’écologistes peuvent aujourd’hui être qualifiés de « rassuristes » mais ne sont pas assez mis en valeur par les médias. Parmi eux, les spécialistes Michael Shellenberger, (auteur d’Apocalypse Zéro), Bjorn Lomborg (auteur de False Alarm) et Steven E. Koonin (auteur de « Climat, la part d’incertitude »). Ils rappellent tous à leur manière qu’il existe de fortes incertitudes sur les conséquences futures du réchauffement climatique et démontrent bien souvent l’absurdité des politiques « climatiques » qui n’ont en réalité aucun impact malgré les dépenses de sommes absolument considérables. Par ailleurs, le journaliste scientifique Olivier Postel-Vinay rappelle dans son dernier livre Sapiens et le Climat que l’espèce humaine a toujours su s’adapter aux modifications climatiques qui ont été légion dans l’histoire.
- Réduire le thème de l’écologie au thème de la lutte contre le CO2 est une grave erreur qui constitue un désastre pour l’environnement. Les émissions de CO2 sont devenues quasiment le seul « indicateur » aujourd’hui pour apprécier la « performance écologique ». Or, les politiques de « décarbonation à tout prix » peuvent être désastreuses pour l’environnement. Ainsi, la fuite en avant vers des énergies intermittentes que sont l’éolien ou le photovoltaïque, le développement forcené de la voiture électrique et de la filière hydrogène entraînent une exploitation déraisonnable de ressources naturelles, la destruction de nombreux espaces naturels, la dégradation des paysages et de la biodiversité. Par ailleurs, ils induisent un gaspillage éhonté (par nature anti-écologique) dans la mesure où ils provoquent la mise au rebut d’un nombre invraisemblable de biens manufacturés qui sont pourtant parfaitement fonctionnels (moteur thermique, usines, etc.). Le coût écologique de la lutte obsessionnelle contre le CO2 est en réalité très important et trop peu de médias s’en font l’écho.
- Il est dangereux de vouloir reproduire pour la biodiversité la panique qui a été engendrée pour le CO2. Or c’est devenu un objectif des grandes ONG environnementales qui déteint sur le gouvernement français. Emmanuel Macron a en effet déclaré lors de son allocution à la COP 27 que « la bataille pour le climat est indissociable du combat pour la biodiversité ». « Ce sont deux faces d’une même médaille », a-t-il ajouté. Pourtant, la biodiversité est bien davantage menacée par les politiques de décarbonation que par le changement climatique. Les espèces ont des capacités adaptatives redoutables et sur ce point précis, il n’y a aucune raison pour qu’advienne une catastrophe liée à l’évolution du climat. Par ailleurs, lorsqu’on regarde avec un peu d’objectivité d’état de la biodiversité en Europe, on s’aperçoit que beaucoup d’espèces se portent beaucoup mieux comme l’a révélé récemment le rapport « Wildlife Comeback in Europe”. La panique qui commence à être organisée sur ce sujet-là est tout à fait déraisonnable.
Action Écologie est très attachée au patrimoine naturel de la France, mais refuse que la « nature » soit utilisée pour alimenter le climat de terreur qui est à son paroxysme. Comme le rappelle notre porte-parole Bertrand Alliot dans une tribune publiée ce jour dans les colonnes du Figaro, il est malheureusement « beaucoup plus probable que l’effondrement soit provoqué par une peur panique de la catastrophe plutôt que par la catastrophe elle-même ». Action Ecologie en appelle donc au calme et à la raison.
Le camp des saints
De Nicolas Gauthier sur Boulevard Voltaire :
À bord de ce bateau battant pavillon norvégien et sponsorisé par l’association SOS Méditerranée, 234 immigrés clandestins. Mais il n’est pas seul de sa catégorie, sachant qu’un autre navire, Humanity 1, défendu par une autre ONG, SOS Humanity, a finalement été autorisé à accoster en Sicile, le dimanche 6 novembre. Quant au Geo Barents, celui de Médecins sans frontières, notons qu’il a pu débarquer ses passagers le même jour, toujours en Italie.
Un bateau, c’est beau. Mais trois bateaux, c’est manifestement trop, à en croire le nouveau gouvernement transalpin de Giorgia Meloni, qui refuse à l’Ocean Viking le droit de jeter l’ancre en port italien. Résultat : son homologue français affirme que cette décision est « contraire au droit de la mer et à l’esprit de solidarité européenne ». Mieux, affirme une source gouvernementale citée par l’AFP : « Nous attendons autre chose d’un pays qui est aujourd’hui le premier bénéficiaire du mécanisme de solidarité européen. » […]
L’Ocean Viking se dirigerait vers la France et pourrait débarquer 234 migrants à Marseille, avec l’accord de Darmanin. Et après ? Une étude rappelle que 48% des Jordaniens, 46% des Soudanais, 45% des Tunisiens, 34% des Marocains souhaitent quitter leur pays.
Pourquoi le taxi à migrants #OceanViking de @SOSMedFrance refuse de respecter le droit de la mer en débarquant ses passagers au port le plus proche, en Tunisie, plutôt qu’à Marseille ? pic.twitter.com/vu1tgQowIZ
— Damien Rieu (@DamienRieu) November 9, 2022
Il faut absolument accueillir les migrants de l’#OceanViking car il n’y en a pas assez Porte de La Chapelle ☺️ pic.twitter.com/Pir8Msw9Up
— Damien Rieu (@DamienRieu) November 9, 2022
Plus jamais la guerre aux enfants à naître
Les amis de Jean-Bernard Grenouilleau (1929-2011), fondateur de Laissez-Les-Vivre SOS Futures Mères et inventeur du nom, vous invitent à commémorer la 36ème cérémonie « Plus jamais la guerre aux enfants à naître », le vendredi 11 novembre 2022 à 11 heures, place du Trocadéro, Paris (16ème).
Ce n’est pas la fin de l’abondance pour la propagande
C’est gratuit c’est l’Etat qui paie :
Un rapport de la Commission des finances note en effet que 28,8 millions d’euros ont été dépensés auprès de six cabinets de conseil par le ministère de la Santé entre 2020 et 2022 pour la « gestion de la crise du Covid-19 ».
McKinsey s’est fait payer trois prestations environ 6,7 millions d’euros entre mars et août 2021 pour la mise en place de la « politique de vaccination ».
Accenture a reçu 5,3 millions pour 19 prestations. Notamment pour des missions d’accompagnement « dans la mise en place du “PASS SANITAIRE” ».
Dégénérés
Encore des déséquilibrés :
A l'université Toulouse 2, un atelier LGBTI "Vers une histoire raciale de la sexualité en Europe" propose de"bousculer une histoire blanchie des (homo)sexualités" et étudier "le problème des anus dégénérés", et "l'émergence d'un discours homosexuel colonial" #sciences #savoir pic.twitter.com/BYBNDvLL7F
— Eugénie Bastié (@EugenieBastie) November 8, 2022
Victoire en demi-teinte pour les Républicains aux Etats-Unis
Ces élections de mi-mandat sont cruciales pour Joe Biden et Donald Trump. Le président démocrate risque de perdre le contrôle du Congrès, ce qui limiterait grandement ses marges de manœuvre pour la fin de son mandat. Son rival républicain a adoubé de nombreux candidats, en prévision d’une nouvelle candidature à la Maison Blanche en 2024. Les électeurs étaient appelés à renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi qu’un tiers du Sénat, soit 35 sièges. Les Américains ont également élu certains de leurs gouverneurs ou de leurs procureurs.
Depuis 2020, la Chambre était acquise à Joe Biden, les démocrates y comptant 220 élus pour 212 républicains. Sans surprise, les Républicains remportent la Chambre. Avec 199 sièges déjà obtenus, selon les résultats connus, contre 168 pour les démocrates, le camp conservateur confirme sa longueur d’avance.
Les Américains étaient également appelés à élire 36 gouverneurs. Selon les premiers résultats, 16 candidats républicains et 14 démocrates ont été élus. Le républicain Ron DeSantis a été réélu gouverneur de Floride, tout comme Brian Kemp en Géorgie. DeSantis est l’un des plus sérieux futurs prétendants républicains à la présidence. Tout comme Greg Abbott qui a, lui aussi, gagné son élection au poste de gouverneur de Texas. Les démocrates conservent le siège disputé de gouverneur de l’Etat de New York, avec la victoire de la sortante Kathy Hochul. Les électeurs du Massachusetts ont aussi élu le premier gouverneur ouvertement lesbienne aux Etats-Unis, avec la victoire de Maura Healey.
Au Sénat, les résultats sont serrés, avec un léger avantage pour les démocrates, qui ont obtenu 48 sièges contre 47 sièges pour les républicains. Avant ces élections de mi-mandat, les démocrates disposaient d’une très fine majorité au Sénat, avec 50 sièges (dont deux indépendants) et la voix de la vice-présidente des Etats-Unis, Kamala Harris, pour faire pencher la balance du côté démocrate.
Le démocrate John Fetterman a arraché aux républicains l’un des sièges les plus disputés de ce scrutin, le poste de sénateur de Pennsylvanie, face à un candidat adoubé par Donald Trump. Dans l’Ohio, J.D. Vance, l’un des poulains de Donald Trump, a décroché le poste très convoité de sénateur.
Les résultats de quatre élections sénatoriales se font encore désirer.
- Dans l’Arizona, le sénateur démocrate Mark Kelly devance pour l’instant avec 52,1% des voix son rival républicain Blake Masters. Environ 67% des bulletins ont été dépouillés.
- En Géorgie, le sénateur sortant démocrate Raphael Warnock devance également son rival républicain Herschel Walker, avec 49,2% des voix contre 48,7%. 96% des bulletins ont été dépouillés.
- Dans le Nevada, c’est cette fois le sénateur républicain Adam Laxalt qui est donné gagnant face à la sénatrice démocrate sortante Catherine Cortez Masto. 80% des bulletins ont été dépouillés.
- Enfin, dans le Wisconsin, c’est également le candidat républicain qui l’emporte pour l’instant. Ron Johnson est donné vainqueur contre Mandela Barnes, avec 98% des bulletins dépouillés.
Les contre-performances du GOP portent les traces de Donald Trump, alors que, à côté, De Santis réalise un score historique, comme Kemp, cible récurrente de Trump. La leçon, ce n’est pas seulement que Trump pourrait ne pas être inévitable à une primaire GOP pour 2024, mais que les électeurs trumpiens sont prêts à voter pour des candidats dénigrés par Trump. Un GOP qui gagnerait contre Trump à la primaire pourrait donc n’être pas condamné d’avance à perdre.
Corollaire: la demi-victoire des Démocrates rend plus probable que Biden se représente, puisqu’elle affaiblit le mouvement contre sa réélection au sein des Démocrates. Ainsi les résultats d’hier ont rendu plus probable un duel Biden-De Santis en 2024.
Plusieurs États ont voté en faveur de l’avortement. C’est le cas en Californie, où le “oui” à un amendement de la Constitution californienne. Le Michigan a fait le même choix, en permettant d’inscrire le droit à l’avortement dans sa constitution, tout comme le Vermont.
Relativisme tranquille
Rappel du Catéchisme de l’Eglise catholique :
2357 L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que ” les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ” (CDF, décl. ” Persona humana ” 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.
2358 Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.
2359 Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne.
Cela ne semble pas gêner le diocèse d’Evry, qui, à l’occasion du synode sur la synodalité, a diffusé une vidéo dans laquelle (vers la 6e minute) un certain Bruno, “marié” à Nicolas, et père d’une jeune fille, explique tranquillement que, dans le cadre de ses fonctions dans l’enseignement catholique, il s’occupe des jeunes, et notamment des trans et autres LGBT…
Et dans la séquence suivante, une divorcée-remariée souligne que sa situation ne pose aucun souci.
Tout ce petit monde est sans doute “en communion” avec l’Eglise…
La Plus belle histoire
Les éditions Clovis viennent de rééditer la bande dessinée de 1947 des éditions Fleurus La Plus belle histoire. En 52 pages, avec 4 illustrations légendées par page, ce petit livre raconte La plus belle histoire de tous les temps, celle de Notre-Seigneur.
S’il y a dans l’Église de nombreux saints, à l’origine de ces exemples admirables, une vie, plus belle encore, mérite en effet d’être découverte : celle de Jésus, Dieu lui-même qui s’est fait homme, afin d’offrir sa vie en sacrifice et de mourir pour les pécheurs. Il a partagé notre vie sur la terre afin qu’un jour nous partagions son bonheur dans le Ciel. L’un de ses noms, d’ailleurs, annoncé par l’ange Gabriel avant sa naissance, Emmanuel, ne signifie-t-il pas, en hébreu, “Dieu parmi nous” ? Notre-Seigneur Jésus-Christ a transformé le monde. L’Histoire, désormais, se divise en deux parties : avant lui ; après lui.
Cette vie de Jésus, nous la connaissons par les Évangiles. Cet album est en quelque sorte un Évangile illustré.
La posture de l’indignation est le ressort de la vie démocratique
D’Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine :
Les 49-3 vont se succéder à vive allure au cours du mois de novembre comme ce fut le cas fin octobre. Il paraît que c’est un événement. Des démocrates sourcilleux font mine de s’indigner. La posture de l’indignation est le ressort de la vie démocratique : le discours vertueux fait exister le politicien. Animée d’un même souffle, Élisabeth Borne escaladera la tribune de l’Assemblée nationale d’une jambe alerte pour jouer la petite dame de fer, ce qui lui va comme un gant. Le ton sera toujours à la hauteur de la situation pour dénoncer l’obstruction et la collusion des extrêmes ! Chacun est dans son rôle. C’est le sublime de la rhétorique qui règne dans les enceintes sacrées de la République : quels échanges et pour quel débat !
Les motions de censure de la Nupes et du RN n’ont pas abouti, ce qui était prévu, même si le RN par la voix de Marine Le Pen a décidé d’apporter ses voix à la motion de la Nupes. Les éditorialistes n’en revenaient pas ! Mais il aurait fallu que LR s’y joignît pour emporter la majorité et renverser le gouvernement ; ce qu’elle s’est bien gardée de faire, Sarkozy œuvrant publiquement, depuis déjà longtemps, pour le rapprochement avec Macron, ce qui n’a rien d’étonnant tant il est facile d’en supputer les raisons, et les députés redoutant une dissolution qui risquerait de leur être fatale. Ces combinaisons témoignent d’un système qui ne travaille plus que pour lui-même. Le zèle démocratique a des raisons que la raison ne connaît pas.
l n’empêche qu’il faut bien que soient adoptées définitivement pour 2023, aussi bien sur les dépenses que sur les recettes, la loi de finances de l’État et la loi de financement de la sécurité sociale. Il faudrait plutôt s’indigner qu’il s’agisse encore de deux monstres. D’année en année – et depuis des décennies – de plus en plus monstrueux, malgré les annonces lénifiantes et rassurantes du ministre en exercice, en l’occurrence cette année encore d’un Bruno Le Maire, toujours content de lui-même et qui brigue en secret le FMI pour s’exfiltrer du bateau ivre. Sa suffisance, comme à chaque fois, se perd dans ses chiffres, assénés pourtant avec autorité, et se trompe dans ses calculs, imaginant des recettes inexistantes sur des points de croissance qui s’effondrent, et prédisant des améliorations de déficits et de niveau d’endettement qui vont au rebours des décisions prises par le gouvernement et donc par lui-même. De l’utilité d’un ministre de l’Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ! La vigie de la France.
Quelle souveraineté au juste quand Paris s’aligne sur Bruxelles pour toutes les décisions les plus stratégiques, et quand la dette frise les 3000 milliards ? Que signifie une croissance estimée à 1 %, une inflation à 4,3 %, un déficit à 135 milliards, qu’on prétend donc ramener à 5,5 % du PIB, avant de le réduire – promis, juré – dans les années suivantes à 3 %… selon les sacro-saints critères européens qui servent de mantras. […]
Donnez du sens à votre épargne en investissant au profit de La Dame de Pierre
Le 15 avril 2019, Notre-Dame en feu sidère le monde entier.
Sous le choc des images, la violence des flammes et la flèche qui s’écroule, chacun se sent impuissant. Que devient notre patrimoine ? Que faisons-nous pour le protéger ? Alors, devant ces images insoutenables, un jeune artiste se fait une promesse : rebâtir Notre-Dame dans le cœur de chacun.
Notre-Dame de Paris est un incroyable symbole d’unité. La Dame de Pierre veut incarner et mettre en scène tout ce qui en fait l’essence. Le spectacle porte une dimension spirituelle forte, car Notre-Dame de Paris n’est pas juste un monument de pierre. À travers la beauté de l’architecture et de l’histoire de la cathédrale, la Vierge touche les cœurs.
La Dame de Pierre est un spectacle historique grandiose, interprété par 120 artistes bénévoles. Pendant une heure et demie, grâce à vingt tableaux immersifs, les spectateurs traversent les siècles et découvrent les grandes heures de Notre-Dame de Paris : du chantier de la cathédrale au vœu de Louis XIII, de la conversion de Paul Claudel un soir de Noël, jusqu’au Te Deum de la Libération, toute notre histoire est là, sous la voûte.
La Dame de Pierre sera jouée dès juin 2023 au Palais des Congrès, à Paris, avant de partir en tournée dans toute la France.
Cette œuvre culturelle est réalisée et produite par l’Association Symphonia Productions. Depuis 2018, Symphonia a démontré sa capacité à créer de grands spectacles pour faire découvrir et aimer notre culture et notre histoire. L’auteur et le metteur en scène du spectacle, Corentin Stemler, est engagé bénévolement au Puy du Fou depuis 2008. Il y a découvert l’amour de la scène et la passion pour les créations artistiques au service de grandes causes.
Afin de financer la pré-production du spectacle (décors, costumes, répétitions, communication, logistique, …), la troupe bénévole doit réunir 500 000 euros. Déjà plus de 100 000 € a été levés auprès d’investisseurs privés dans le cadre d’une campagne en cours organisée par CredoLending.
Souhaitez-vous également contribuer au lancement de La Dame de Pierre en donnant du sens à votre épargne et participer à cette belle aventure pour Notre-Dame ?
Pour toute information et permettre la réalisation de cette œuvre culturelle, cliquez ici : https://www.credofunding.fr/fr/dame-de-pierre
Josip Broz Tito, un modèle pour les partisans de la constitutionnalisation de l’avortement ?
Une proposition de loi visent à insérer un droit à l’avortement dans la Constitution française est débattue le 9 novembre en commission des lois à l’Assemblée nationale. Nicolas Bauer, chercheur associé au European Centre for Law and Justice (ECLJ), revient dans Valeurs Actuelles sur ces tentatives de constitutionnaliser l’avortement.
La gauche réussira-t-elle à insérer l’IVG dans la Constitution ?
Le Sénat a rejeté en octobre la proposition de loi de Mélanie Vogel. Il est majoritairement de droite, et les sénateurs Les Républicains (LR) ont massivement voté contre ce texte. À l’Assemblée nationale, en revanche, le rapport de force est différent. Les groupes Renaissance et Nupes disposent ensemble de la majorité absolue. Les parlementaires LR sont beaucoup moins nombreux. Quant au Rassemblement national (RN), le “clan Hénin-Beaumont” a jeté en pâture quelques “cathos tradis”, puis le groupe a fini par interdire à ses députés de déposer des amendements.
À l’Assemblée nationale, deux propositions de loi constitutionnelle ont été déposées. Concernant la première, c’est Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance, qui en a été nommée rapporteur. Pour cette cause, elle a déjà montré son acharnement dans l’Hémicycle, jusqu’à témoigner personnellement sur l’IVG. Elle s’est dite prête à revenir défendre son texte moins d’un mois après avoir donné naissance à une petite fille. La deuxième proposition de loi sera portée par Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise-Nupes. Cette députée ne milite pas uniquement pour la constitutionnalisation de l’IVG mais aussi pour la suppression de la clause de conscience spécifique à l’avortement.
S’il est probable que l’Assemblée nationale adopte l’une de ces deux propositions de loi, cela ne suffira pas pour inscrire l’IVG dans la Constitution. Le texte devrait en effet être voté dans les mêmes termes par le Sénat, puis être approuvé par référendum. Du fait de l’opposition de la majorité des sénateurs en octobre, la Nupes et Renaissance ne devraient pas parvenir à ce résultat. Ils savent aussi qu’un référendum est risqué. Le seul référendum au monde incluant la constitutionnalisation de l’IVG a été rejeté en septembre au Chili, par 62 % de la population, malgré les sondages précédents très favorables. Gabriel Boric, président chilien adulé par la Nupes, ne s’attendait pas à un tel échec.
La consécration d’un “droit à l’IVG” n’est-elle pas uniquement symbolique ?
La visée symbolique de ces propositions de loi a été dénoncée par des juristes éminents. C’est une opération d’« agit-prop » pour Jean-Éric Schoettl, un « coup d’éclat symbolique » pour Anne Levade. En l’insérant dans la Constitution, la gauche veut sacraliser l’IVG, comme une valeur au cœur du “contrat social”. De crime, l’avortement est devenu un acte médical parmi d’autres, et la gauche veut maintenant l’ériger au-dessus de tout, comme droit fondamental. La formulation des propositions de lois place même l’IVG au-dessus des autres droits fondamentaux, en en faisant un droit absolu, auquel “nul ne peut porter atteinte” et dont “nul ne peut être privé”.
Quelle que soit l’intention de ses promoteurs, la constitutionnalisation de l’IVG entraînerait des conséquences juridiques désastreuses. Lorsqu’un droit fondamental est absolu, cela signifie qu’il ne peut pas être limité, ni par les droits ou besoins d’autrui ni par l’intérêt général. Les droits absolus sont très peu nombreux et sont en lien direct avec la dignité humaine. Ainsi, il existe un droit absolu de ne pas être soumis à la torture. Si un “droit à l’IVG” absolu est intégré à la Constitution, il écrasera tout sur son passage. Par exemple, le maintien d’un délai légal ainsi que la clause de conscience deviendraient inconstitutionnels.
D’après Aurore Bergé, une constitutionnalisation pallierait la « fragilité » de l’IVG, face à des « associations » qui s’y attaquent. En réalité, si l’IVG est “fragile”, ce n’est pas en raison des associations pro-vie, mais parce qu’elle repose sur la négation d’une réalité, celle de la vie d’un enfant à naître. L’IVG est “fragilisée” à chaque fois que cette réalité se rappelle à nous. En particulier, au moment des premières semaines d’une grossesse désirée, des parents voient leur enfant par échographie et se posent des questions sur leurs IVG passées. Même Mme Bergé a dû y songer. Il est fréquent que ce soit à une telle occasion que des femmes contactent des associations pro-vie, pour se reconstruire.
Le débat sur l’IVG dans la Constitution est-il importé des États-Unis ?
De fait, le déclencheur du débat actuel en France a été la décision Dobbs vs Jackson de la Cour suprême des États-Unis, en juin 2022. Cette décision a renversé la jurisprudence Roe vs Wade, qui avait en 1973 constitutionnalisé l’IVG aux États-Unis. Cela dit, la stratégie de la Nupes et de Renaissance pour constitutionnaliser l’IVG n’est pas calquée sur le modèle américain de Roe. Leur idée n’est pas d’interpréter la Constitution comme incluant un “droit à l’IVG”, mais d’insérer explicitement un tel droit dans la Constitution. Un seul pays l’a déjà fait : l’ex-Yougoslavie socialiste de Tito, en 1974. Il a influencé l’actuel président chilien Boric.
La méthode n’est pas libérale mais gauchiste : rallonger la Constitution pour y inclure toutes les “valeurs” de gauche. Alors que la Constitution française compte 89 articles, l’IVG était à l’article 191 sur 406 dans la Constitution yougoslave et à l’article 253.16 sur 499 dans le projet initial de Constitution chilienne. Pendant les débats sur la constitutionnalisation de l’IVG au Sénat, un article de la Voix du Nord a appelé la France à suivre le modèle socialiste yougoslave. Il a été retweeté notamment par la sénatrice Mélanie Vogel et “liké” par l’ex-ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes Élisabeth Moreno.
La reprise de cette référence socialiste pour défendre l’IVG est choquante. C’est par une même réforme constitutionnelle que l’ex-Yougoslavie avait ajouté un droit à l’IVG et proclamé Tito président à vie. Le régime de Tito s’était fondé sur des massacres et torturait ses prisonniers politiques. Ce dictateur assumait par ailleurs fièrement avoir dû “dompter” ses cinq (très) jeunes compagnes, dont la première avait 13-14 ans. La Nupes et Renaissance pourraient trouver des inspirations plus démocratiques et féministes.
Armées : Il faut stopper le règne de la technostructure. On doit partir du modèle d’armée que l’on veut
L’ancien chef d’état-major des armées françaises (CEMA), publie son quatrième livre en cinq ans, des « lettres à la jeunesse » intitulées « Paroles d’honneur ». Interrogé dans Le Parisien, il déclare :
[…] La mort revient au-dessus de nos têtes. Elle avait déjà fait son retour avec la pandémie. On peut en tirer un sursaut de cohésion nationale, un sursaut politique pour comprendre que ce monde est dangereux. Il faut tout faire pour que cette guerre, devenue une espèce de conflit entre la Russie et l’Occident, ne dégénère pas.
Vous croyez possible le recours de Poutine au nucléaire ?
Bien sûr. Parce qu’un dictateur ne recule jamais dans un tunnel. Poutine, qui est en situation d’échec militaire, d’échec stratégique, cherchera à utiliser de nouveaux moyens. La doctrine d’emploi du nucléaire tactique en Russie n’est pas la nôtre. Nous n’avons plus de composante nucléaire tactique en France. Chez eux, cela fait partie des moyens d’emploi classiques, conventionnels. Personne ne peut dire avec certitude qu’il ne l’utilisera pas dans les mois qui viennent.
En cas de telle attaque, comment devraient réagir l’Otan et la France ? Emmanuel Macron ne s’est-il pas trop avancé en laissant comprendre que la France ne riposterait pas sur le même plan en cas de bombardement nucléaire en Ukraine ?
Je ne commente pas les déclarations de nos responsables. Je dis simplement qu’une telle attaque est possible, je fais confiance aux responsables actuels pour travailler tous ces scénarios. Je souhaite qu’apparaisse clairement une vision pour l’effet final recherché, qui ne peut être que la paix.
L’armée française serait-elle capable de résister à une guerre de haute intensité ?
C’est une vraie question. L’Ukraine doit nous forcer à une réadaptation de notre modèle. Il faut l’adapter non pas à ce que nous faisons depuis des dizaines d’années, des opérations de guerre, mais à gagner une guerre. Il faut compter avec sa durabilité, donc être capable de tenir, et avec la dureté de la guerre. Comme l’a montré un rapport parlementaire en février dernier, les armées françaises n’ont pas aujourd’hui les moyens de cette haute intensité. Il faut accroître les crédits budgétaires. Je note avec satisfaction les + 1,7 milliard d’euros par an depuis 2017 – peut-être y ai-je modestement contribué – et même 3 milliards d’euros pour 2023.
Ce n’est pas suffisant ?
Non, il va falloir aller bien au-delà des 3 milliards. Il va y avoir le renouvellement de la composante océanique stratégique – les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins -. Il faut poursuivre la modernisation de nos forces, le remplacement des vieux matériels dans les trois armées (terre, air, marine), et il va y avoir la réadaptation. Sur les flux de munitions ou de pièces de rechange, où on est loin du compte. Tout l’aspect logistique est à revoir. Troisième point, l’accélération des calendriers, la montée en puissance de notre appareil industriel. Comment se fait-il que depuis le 24 février (date de l’invasion russe de l’Ukraine), on n’en soit toujours qu’aux travaux préparatoires de la prochaine Loi de programmation militaire ?
Qu’attendez-vous du discours sur la défense du chef de l’État mercredi à Toulon ?
J’attends la réponse à cet accroissement des crédits, à ce besoin de vision. Ça ne va pas assez vite. Il faut stopper le règne de la technostructure, changer la façon dont fonctionne la réévaluation de notre défense, avec la puissance de Bercy. On doit partir du modèle d’armée que l’on veut, et ensuite on chiffre. Et pas d’abord on chiffre, ensuite, on fait rentrer l’édredon du modèle dans la valise financière !
Peut-il vraiment y avoir des crédits supplémentaires ?
Le quoi qu’il en coûte (lié au Covid) représente plusieurs centaines de milliards d’euros, le bouclier carburant plusieurs dizaines de milliards d’euros. Là, on est à + 3 milliards, je dis qu’il faut beaucoup plus, et de manière urgente, il en va de la protection de la France et des Français. […]
Sans transition
Le ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher est lié à une société familiale créée par son père, en 2016, pour le compte de ses enfants mineurs. Baptisée Arjunem, elle a plus de 1 million d’€ dans des paradis fiscaux et partage des intérêts avec le n°2 du pétrole en France, Perenco.
Malgré le risque de conflit d’intérêts, le ministre de la transition énergétique n’a jamais rendu publique son existence. Elle a pourtant eu par deux fois l’occasion d’en informer la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), lors de son arrivée au ministère de l’économie en 2018, puis à celui de l’industrie en 2020. Or, ses déclarations d’intérêts et de patrimoine ne font aucune mention de cette affaire d’héritage.
La loi sur la transparence de la vie publique l’oblige seulement à déclarer ses participations directes dans des sociétés, ainsi que celles de son conjoint. Les biens des enfants mineurs n’ont pas à être communiqués. Une aubaine. Car, selon les statuts constitutifs de la société, ce sont ses trois enfants – âgés de 13 ans, 10 ans et 5 ans en 2016 – et un de leurs cousins qui sont actionnaires aux côtés de leur grand-père, Jean-Michel Runacher.
Béatrice Guillemont, directrice générale d’anticor, estime :
« Cela ne fait aucun doute que la ministre est dans une situation de conflit d’intérêts ». « Elle aurait dû déclarer la société préventivement dans la catégorie observations dès sa nomination en 2018 »
