Une hérésie aussi mortelle que banalisée
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Loué soit « Jésus, qui nous délivre de la Colère qui vient ! (1 Th 1.10) »
Je voudrais aujourd’hui vous présenter une hérésie qui se répand du haut en bas de l’Eglise à la vitesse grand V. Elle prétend rendre compte de la façon dont peuvent être sauvés ceux qui ne connaissent pas Jésus, mais finalement, elle concerne le salut des chrétiens eux-mêmes, car il n’y a pas de raison que les chrétiens soient privés d’une rencontre avec Jésus leur offrant dans la mort son salut éternel ! Je vais me servir pour cela de la prédication du père Daniel-Ange, donnée au Couvent Saint Antoine des Franciscains à BRUXELLES au mois de novembre 2022. Je commenterai ensuite, pas à pas, l’extrait que voici :
Le père Daniel-Ange reprend ici une hérésie enseignée par le père Edouard-Marie Gallez, selon laquelle les non-chrétiens trouvent le salut dans la mort en raison du fait que Jésus y serait encore pour le leur proposer, après y être descendu le samedi saint. Or, non seulement une fois mort, on ne peut plus se sauver, raison pour laquelle Jésus nous demande de vivre en état de grâce : « Veillez donc, dit-Il, car vous ne savez pas quand viendra le maître de la maison, le soir, à minuit, au chant du coq, ou le matin, de peur que, venant à l’improviste, il ne vous trouve endormis. Ce que Je vous dis là, Je le dis à tous : Veillez ! (Mc 13.35-37) » Ces paroles n’auraient évidemment aucun sens s’il était encore possible de faire son salut une fois mort ! Mais le Credo nous fait encore professer que le Christ est ressuscité des morts, c’est-à-dire que Son âme, unie à Son corps, est sortie du séjour des morts et ne s’y trouve donc plus pour soi-disant proposer le salut à qui en veut ! Qu’est donc allé faire Jésus au séjour des morts le Samedi Saint ? Le Catéchisme l’enseigne : Jésus est descendu au séjour des morts non pour y prêcher l’appel à la conversion, « non pour y délivrer les damnés » dit le Catéchisme (CEC n°633), mais pour y annoncer aux « justes qui L’y avaient précédé (ibid.) » la bonne nouvelle de leur Rédemption qu’Il venait de réaliser. Cette Bonne Nouvelle, les justes parmi eux l’avaient espérée durant leur vie terrestre, et cela avait précisément fait d’eux des justes. Et tandis donc que Jésus leur ouvrait le Paradis (cf. Lc 23.43), Il créait l’Enfer éternel pour les autres, ceux qui n’avaient pas aimé la vérité plus que le mensonge, la justice plus que l’injustice, Dieu plus qu’eux-mêmes. Mais encore, sanctifiant par Sa présence le séjour des morts, Jésus en a fait le lieu de purification ultime pour les âmes assurées de leur salut mais encore imparfaitement purifiées à l’heure de leur mort, lieu que l’on appelle « Purgatoire ». Jésus a donc vidé les enfers le samedi saint, en sorte que n’existant plus, ils ont laissé place au Paradis, au Purgatoire et à l’Enfer. Voilà ce que Jésus a fait le Samedi Saint. En aucun cas, la mort n’est un temps de possible conversion. La parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare le montre d’ailleurs fort bien.
Il faut comprendre que, de même que la mission terrestre de Jésus était limitée aux brebis perdues d’Israël (Mt 15.24), Sa mission aux enfers a eu des limites : celles imposées par Sa résurrection. Pas plus que Jésus ne continue à évangéliser les Juifs au Temple de Jérusalem, ou la Samaritaine au bord du puits de Jacob, Il ne continue Sa mission auprès des défunts ! Par Sa descente au séjour des morts, Jésus a fait parvenir Son salut aux âmes d’avant le temps de Sa venue. Il n’a oublié personne. Mais cette annonce est maintenant terminée, car désormais, enseigne le Catéchisme, chacun reçoit « dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification, soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du Ciel, soit pour se damner immédiatement et pour toujours (CEC n°1021-1022) ». Immédiatement et pour toujours. Dès sa mort. C’est clair ! L’Église n’a jamais enseigné un séjour illimité de Jésus dans la mort pour y offrir à tous le salut. C’est là une très dangereuse hérésie comme je vais le montrer.
Deuxième extrait
Cette parole de Jésus, tirée du chapitre 5 de l’Evangile selon saint Jean, annonce que tous les morts ressusciteront à la fin du monde, lorsque Jésus ouvrira les assises du Jugement dernier. Il ne s’agit donc pas du jugement particulier de chacun à l’heure de sa mort. Le père Daniel-Ange fait là preuve de confusion : le jugement dernier n’est pas le jugement particulier. Pourquoi tout n’est-il pas réglé avec le jugement particulier, vous demandez-vous peut-être ? Eh bien tout simplement parce que les conséquences de nos actes ne peuvent être toutes connues à l’heure de notre mort. Par exemple, le mal qu’a fait Hitler continue à se répandre, aussi faut-il attendre la fin du monde pour en établir la mesure complète.
Troisième extrait
Oui, à la mort tout homme vit une rencontre personnelle avec Jésus, mais avec Jésus juge, comme l’enseigne le Catéchisme : « La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine. » C’est donc bien clair : on ne peut plus choisir la grâce du salut. Le Catéchisme poursuit : « C’est alors la rétribution immédiate pour chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi. (…) Chacun reçoit alors dans son âme immortelle sa rétribution éternelle en un jugement particulier, soit pour entrer immédiatement au Purgatoire, soit pour entrer immédiatement au Paradis, soit pour se damner immédiatement pour toujours. (Cf. CEC 1021-1022) »
Quatrième extrait
Oui, Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, mais soient sauvés pendant la vie qu’Il leur donne ici-bas, car il n’y en a pas d’autre. Après cette vie, c’est la vie éternelle. Il n’y a pas une autre vie qui prolongerait celle-ci et pendant laquelle il serait encore possible de faire son salut. Comme le dit saint Paul : « Au temps favorable je t’ai exaucé, Au jour du salut je t’ai secouru. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. (2 Co 6.2) »C’est pourquoi il demande : « Faites votre salut avec crainte et tremblement. (Ph 2.12) »Mais qui fera son salut avec crainte et tremblement s’il peut encore le faire dans la mort ?
Sixième extrait
Bien sûr que le projet Dieu ne peut pas mentir, mais il est faux et mensonger d’en déduire que « la seule solution [extrait] » serait une rencontre dans la mort avec Jésus qui donnerait alors le choix d’aller au Paradis avec Lui. Le Catéchisme de l’Eglise et toute la foi de l’Eglise depuis deux mille ans enseigne le contraire. Remarquons déjà que la damnation de la multitude des âmes – que Jésus a par ailleurs annoncée (Lc 13.24) -, n’est pas en soi plus scandaleuse que celle d’une seule âme. C’est pourquoi aujourd’hui quasiment plus personne n’est capable de dire que Judas est en Enfer – ce que je prouve dans mon ouvrage « Judas est-il en Enfer ? ». En fait, ceux qui refusent de croire à la damnation probable de la multitude des âmes, imaginent que si la multitude est sauvée, alors ils auront plus de chances d’être eux-mêmes sauvés. Or, pensant que leur salut est une affaire de nombre, de quantité, de proportion, ils s’en rendent indignes, puisqu’ils ne fondent pas alors leur salut sur une relation personnelle avec Dieu (Jn 17.3), seule pourtant à même de fonder leur assurance pour ne pas craindre (2 Tm 4.8 ; 1 P 5.1). S’ils sont un jour perdus, que leur importera en effet le nombre des élus ?! Pourquoi les vierges folles ne purent-elles pas entrer dans la salle des noces ? Parce qu’elles n’avaient pas acquis cette connaissance amoureuse, personnelle, de Dieu, figurée par l’huile absente de leurs lampes. Si les vierges sages ne purent pas partager la leur avec elles, c’est bien parce que cette connaissance est précisément et éminemment personnelle. Le défaut de relation personnelle et amoureuse avec Dieu est précisément la raison pour laquelle, à l’heure de leur mort, les damnés entendent Jésus leur dire : « Je ne vous connais pas (Mt 25.1-12 ; Lc 17.34-35 ; Jn 17.3) ». Ceux donc qui désespèrent de leur salut parce que peu seront sauvés, me font penser à ces hypocrites et ces lâches qui se faufilent incognito dans les foules anonymes pour accéder là où ils n’oseraient aller seul et à découvert … Or, comme le dit la parabole, Dieu n’entretient pas de relation avec des êtres impersonnels.
Bref, le père Daniel-Ange devrait se dire qu’il n’est sûrement pas le premier dans l’Eglise à se poser la question du salut des païens, et se rappeler l’enseignement de l’Eglise à ce sujet, pour pouvoir l’enseigner à son tour, comme c’est son devoir. Et quel est cet enseignement, sinon celui du Christ, qui a proclamé salutaire l’observation de la loi naturelle ? C’est pourquoi Il dit au jeune homme riche : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements : Tu ne commettras point de meurtre ; Tu ne commettras point d’adultère ; Tu ne voleras point ; Tu ne mentiras point ; Honore ton père et ta mère. (Mt 19.17) » A sa suite le bienheureux pape Pie IX professe : « Ceux qui souffrent d’une ignorance invincible [« invincible », c’est-à-dire « non-coupable » … car il y a des ignorances coupables] Ceux [donc] qui souffrent d’une ignorance invincible concernant notre très sainte religion, mais observent avec soin la loi naturelle et ses préceptes, gravés par Dieu dans le cœur de tous [de tous…], et qui sont disposés à obéir à Dieu, et mènent ainsi une vie honnête et droite, peuvent, avec l’aide de la lumière et de la grâce divines, acquérir la vie éternelle ; car Dieu (…) ne permet pas que quelqu’un soit puni des supplices éternels sans être coupable de quelque faute volontaire. (Quanto conficiamur moerore, DZ 2866) » Le concile Vatican II ne dit pas autre chose : « Ceux qui, sans faute de leur part, [sans faute de leur part], ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et, sous l’influence de Sa grâce, s’efforcent d’agir de façon à accomplir Sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel. (LG 16) » En conséquence, l’observation de la loi naturelle, pour les païens comme pour les chrétiens, possède une valeur salvifique, et est un moyen obligatoire de salut. C’est ainsi qu’au dernier jour, bien que n’ayant pas connu Jésus-Christ, les païens seront jugés sur leur relation avec leur prochain, car le Christ considère comme fait à Lui-même ce que nous faisons à autrui, tant Il aime chacun d’entre nous. C’est ce qu’il enseigne par exemple au chapitre 25 de l’Évangile selon saint Matthieu (cf. Mt 25.31-46). Prétendre qu’il y aurait une nécessité pour qui n’a pas connu Jésus sur terre à Le rencontrer dans la mort, comme si sa vie n’avait servi à rien, est donc une imposture, une horrible hérésie ! « Du jugement dont vous jugez on vous jugera, dit le Christ, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. (Mt 7.2) » Ainsi, tout homme se juge lui-même durant sa vie terrestre, en fonction de son rapport à la vérité, qu’il est tenu de chercher (Humanae dignitatis n°1), et en fonction de son rapport au prochain, qu’il est tenu d’aimer, pour l’amour de Dieu, c’est-à-dire comme Jésus nous a aimés (Lc 18.9 ; 1 Jn 3.18-19).
Septième extrait
Le père Daniel-Ange tente maintenant de justifier le devoir missionnaire de l’Eglise à l’aune de l’hérésie du salut dans la mort. Pas facile ! Car, à quoi bon tout quitter pour aller évangéliser les terres lointaines – comme l’ont fait depuis deux mille ans les Apôtres et les missionnaires -, si les gens trouvent le salut dans leur mort ? A quoi bon les souffrances des martyrs ? A quoi bon faire pénitence, et finalement, même, cesser de pécher ? La réponse que donne le père Daniel-Ange est que la vie est plus heureuse ici-bas lorsque l’on connaît Jésus… Or, outre qu’il n’est pas sûr que nombre de martyrs auraient souffert ce qu’ils ont souffert s’ils avaient su qu’ils pouvaient s’en tirer à meilleurs frais, l’Evangile n’a jamais été une formule pour bien vivre ici-bas, mais il est l’appel à la conversion pour recevoir le pardon des péchés et le don du Saint-Esprit (Mc 3.29 ; Lc 24.47 ; Ac 2.38 ; 5.31-32 ; 10.43-44 ; 26.18). On est bien loin du sentimentalisme, et du confort psychologique ! Quant à dire que la connaissance du Christ permettrait de « préparer l’instant de notre passage », il faut reconnaître que d’autres le préparent sans être chrétiens, et d’ailleurs, à quoi bon cette préparation, si pour « tous, quelle que soit sa culture, sa nation, son époque, sa religion », il sera encore temps de faire le choix définitif dans la mort ?
Huitième extrait
Le père Daniel-Ange extrapole un événement de l’histoire humaine du Christ : sa descente au séjour des morts du vendredi saint au soir jusqu’au petit matin du dimanche, pour en faire un événement extratemporel, c’est-à-dire un mythe. Comme je l’ai expliqué, Jésus est ressuscité et n’est donc plus au séjour des morts, qui n’existe plus depuis que Jésus a ouvert les portes du Paradis, et celles de l’Enfer pour les rebelles qui meurent en état de péché mortel, et celles du Purgatoire pour ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés.
Neuvième extrait
Ce n’est pas beau ça ? Plus besoin de conversion en cette vie ! Même sans pénitence, les pécheurs vont au Paradis ! C’est sûr qu’un tel évangile ne peut que rencontrer du succès ! Continuez donc à pécher, braves gens, c’est le Diable qui régale, et s’occupe de tout ! Non, nous n’avons pas besoin d’un évangile extraordinaire. Celui que nous avons reçu nous suffit. Saint Paul nous a mis en garde contre les annonces extraordinaires : « Si nous-même, si même un ange venu du Ciel vous annonçait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit ! Nous vous l’avons déjà dit, et je le répète : si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit ! (Ga 1.8-9) »
Dixième extrait
Voilà la raison qui a motivé l’invention de ce nouvel évangile : la damnation des pécheurs … Comme si la perspective de la damnation d’une multitude d’âmes avait été ignorée par Jésus, qui l’a si souvent annoncée, comme par exemple en ces versets : « Beaucoup sont appelés mais peu sont élus. (Mt 22.14) » ; « Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s’y engouffrent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent. (Mt 7.13-14) » La Petite Thérèse voyait les âmes tomber en Enfer comme des flocons de neige en hiver ! (Lettre de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la sainte Face à sa sœur Céline, le 14 juillet 1889) Ce n’est pas sans raison que Jésus demande de renoncer à tout et à tous pour Le suivre…
Onzième extrait
Cette espérance n’est pas formidable, elle est démoniaque, car si les apostats, les renégats, les persécuteurs de l’Eglise, les blasphémateurs, sont dans la communauté des croyants, aussi bien sur terre qu’au Ciel, alors, pécher est sans conséquence, la liberté n’existe pas, la foi ne sert à rien, la sainteté est l’équivalent de la scélératesse, et le devoir d’excommunication donné par Jésus à Son Eglise (Mt 18.17 ; Jn 20.21-23) est sans objet ! Certes, que le pape enseigne cela est d’une grande tristesse, mais pour ne pas s’en scandaliser, il faut se rappeler que le Pape n’est pas nécessairement infaillible lorsqu’il ouvre la bouche. Croire que tout le monde ira au Paradis est contraire à la foi catholique, et l’enseigner mérite l’Enfer. Si, parce que Dieu est si bon, nous allions tous au Paradis, croyants et non-croyants, saints et pécheurs, quel salut apporterait l’Évangile ? Bien loin de nuire, par une vision dite pessimiste, à la qualité de la vie et de l’apostolat, annoncer que nous allons tous en Enfer si nous ne nous convertissons pas, fait bien plutôt jaillir une source de JOIE ABSOLUE (Jn 15.11 ; 16.22), celle que cherche désespérément l’humanité, et que Jésus lui a donnée par ces mots : « Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche ! (Mt 4.17) » Mais : « Repentez-vous ! ». Car sinon, vous ne pourrez pas entrer dans le Royaume des Cieux… et finirez donc en Enfer !
Bref, s’il est vrai que tout homme peut faire son salut dans la mort, alors :
L’arbre ne tombe plus du côté où il penche, et Jésus S’est ridiculisé en appelant à veiller pour ne pas être surpris par la mort (Mt 24.36 ; Mc 13.33,35,37). En effet, pour cette théorie, la mort n’arrive jamais de façon inopinée, inattendue, malheureuse.
Notre Seigneur est un sadique ayant envoyé pendant deux mille ans des missionnaires se faire massacrer pour rien, troubler la tranquillité de foules et de nations entières pour rien (Mt 28.18-19).
Si le salut s’acquiert dans la mort, alors la vie terrestre perd son sens et sa valeur.
Le saint et le pécheur se retrouvent au même point, et la justice est bafouée (Lc 13.1-5).
La liberté humaine, qui ne s’acquiert qu’à travers la répétition d’actes vertueux et méritoires, est ruinée.
L’âme fait son choix décisif dans la condition des anges, ce qu’elle n’est pas.
L’unité substantielle de l’être humain composé d’une âme et d’un corps est occultée.
La mort n’est plus, dans l’ordre naturel, le plus grand mal qui soit, mais est le seul bien véritable qui permet de choisir la vie éternelle !
Qui serait assez fou pour refuser le Paradis au moment où il n’a aucun autre bien à désirer, mais l’Enfer à éviter ? Quelle peut être la valeur d’un tel choix ?
Alors que les vivants doivent payer si cher leur salut, quels sacrifices les défunts peuvent-ils offrir ?
Si le péché ne damne pas, pourquoi préférer se couper la main ou s’arracher les yeux pour l’éviter (Mt 18.8-9) ?
Quelle est la valeur de la foi qui, à travers les ombres de ce monde, discerne la Présence de Dieu, Le reconnaît en Sa parole, et L’aime jusqu’au don de soi ?
Si la mort est le temps idéal pour choisir son éternité, quand ce choix sera-t-il réellement définitif ? Ne peut-on pas, là encore, se tromper, regretter et recommencer, ou, dans cette crainte, attendre … indéfiniment ? En vérité, on est soit mort, soit vivant. Il n’y a pas d’état intermédiaire.
La théorie du salut dans la mort rejette le dogme du jugement particulier, le ramenant au choix que l’âme fait elle-même de sa destinée …
Si le salut se joue dans la mort, alors il n’y a pas de nécessité à évangéliser, ni même de raison que Jésus Se soit incarné. L’Évangile qui proclame le contraire est donc faux, et l’Église pendant deux mille ans a trompé le monde.
Comment expliquer que l’Eglise ait enseigné pendant des siècles que mourir en état de péché mortel conduit en Enfer, si son enseignement dogmatique est infaillible ?
Je rappelle que rejeter un seul dogme, c’est ne plus avoir la foi du tout, car la foi est ce mouvement de confiance par lequel on croit ce que Dieu dit parce que Dieu ne peut ni se tromper ni nous tromper, en sorte que l’on croit tout ce que Dieu dit parce que c’est Dieu qui le dit. Croire à tout ce qu’il dit sauf ne serait-ce qu’à un seul dogme, c’est donc tenir pour vrai ce que Dieu dit non en raison de ce mouvement de confiance, mais parce que la raison humaine le juge crédible, se plaçant ainsi au-dessus de celle de Dieu …
Jésus ne Se manifestera pas à la fin de la vie en tant que Sauveur, mais en tant que Juge (Mt 25.31-46 ; Lc 12.58-59 ; Jn 5.22 ; 2 Tm 4.8 ; He 12.23 ; Jc 4.12 ; 5.9 ; 1 P 1.17 ; 2.23 ; Ap 19.11). « Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier … (CÉC n°1022) » On comprend que cette hérésie ait du succès, car en détruisant le sens véritable de la mort, elle minimise les atteintes au respect de la vie humaine promues par la culture de mort ; et en niant le jugement particulier, elle rend inutile la conversion, et conduit ainsi les âmes en Enfer où les attend le Diable …
Si les gens savaient qu’ils vont en Enfer, ils changeraient de vie !
Après Charette, un film sur Henri de La Rochejaquelein ?
Les éditions Chiré viennent de rééditer, avec une préface de Philippe de Villiers, une excellente biographie d’Henri de La Rochejaquelein, qui se lit comme un roman. Ce livre du baron de La Tousche d’Avrigny a été publié la première fois en 1948 sous le titre Monsieur Henri. Cet ouvrage, réédité plusieurs fois, est un véritable monument à la gloire du jeune généralissime (1772-1794).
Véritable épopée, ce livre de Jean de La Tousche, chartiste émérite et spécialiste du monde médiéval, retrace la première guerre de Vendée. C’est un récit incarné : l’auteur a connu les contrées où il a suivi le jeune chef héroïque et restitue la véritable figure de celui que les paysans de Vendée appelaient avec une affectueuse familiarité « Monsieur Henri ». Il rend hommage à son intelligence, à ses talents militaires, qui ne le cédaient point à sa bravoure chevaleresque.
Henri de La Rochejaquelein a fait ses études à l’école royale militaire de Sorèze de 1782 à 1785. À la sortie de l’école, il entre dans le régiment Royal-Pologne cavalerie, acheté par son père. La Révolution l’ayant surpris dès l’âge de seize ans, il ne suit pas son père dans l’émigration vers l’Allemagne. Il refuse en 1791 de prêter le serment que l’Assemblée constituante exige des officiers et démissionne. Il choisit de défendre le trône dans la Garde constitutionnelle de Louis XVI où il est appelé en 1791. Lors de l’assaut du palais des Tuileries par les révolutionnaires, il combat pour défendre le roi, en tant que deuxième lieutenant de la Garde. Cette journée du 10 août 1792 trompe ses espérances, alors que Louis XVI demande à sa Garde de pas combattre. Fuyant la capitale, il dit : « J’irai dans ma province, et bientôt l’on entendra parler de moi. »
Cette guerre de Vendée connut malheureusement la division des chefs et l’auteur ne l’élude pas. Après Thouars, Saumur ouvrit la porte à une marche sur Paris, qui aurait pu anéantir la Révolution dite française. Napoléon l’a reconnu « Rien n’eût arrêté la marche triomphale des armées royales ». Mais Henri de La Rochejaquelein et Stofflet ne furent pas suivis et les paysans vendéens étaient avant tout attachés à leur province, pour oser s’aventurer dans des régions inconnues. Après les morts de Bonchamps puis de Lescure, Monsieur Henri devient généralissime de la grande armée catholique et royale. Après la virée de Galerie, il est tué à bout portant le , à 21 ans près de Cholet.
L’instrumentalisation politique de l’Histoire
La commémoration du 80ème anniversaire de la « rafle du vel d’hiv » le 17 juillet 2022, a donné lieu à un exemple édifiant d’instrumentalisation politique de l’Histoire. En réaction, Jean-Marc Berlière, historien de la police en France, Emmanuel de Chambost, ingénieur, et René Fiévet, économiste et diplômé en Histoire, qui travaillent en particulier sur les années 1940 à 1945 au sein de l’association HSCO (Pour une Histoire scientifique et Critique de l’Occupation), viennent de publier une Histoire d’une falsification, Vichy et la shoah dans l’Histoire officielle et le discours commémoratif. La polémique sur l’attitude de Vichy face à l’occupant nazi a resurgi l’an dernier, lorsqu’Eric Zemmour est revenu dessus, rappelant à la suite du rabbin Alain Michel, que Vichy avait cherché à sauver les juifs français en livrant les juifs étrangers. Les auteurs retracent le matraquage médiatique contre le candidat et dénoncent l’instrumentalisation politique de cette histoire.
Après une remise en place des principaux éléments de l’Histoire, et notamment l’affaire de la rafle du vel d’hiv, ils décryptent le discours de certains historiens, devenus plus idéologues, pour terminer avec l’évolution du discours présidentiel, de Mitterrand à Macron visant à accuser la France. Devant le flot d’approximations, d’affirmations erronées jusqu’au plus haut niveau de l’État, et notamment à l’occasion du discours d’Emmanuel Macron en juillet 2022, mais aussi celui qu’avait prononcé benoîtement Jacques Chirac en 1995, les auteurs ont souhaité redonner sa complexité à une question qu’on ne saurait réduire à une initiative purement vichyste, au point d’effacer les circonstances -la défaite, l’armistice, l’occupation- et le rôle essentiel de l’occupant nazi quasiment absent des discours officiels. D’un côté nos dirigeants expliquent que Vichy ce n’est pas la France, tout en déclarant par ailleurs que Vichy a collaboré à l’extermination des juifs, pour aboutir au curieux syllogisme selon lequel la France porte une part de responsabilité dans la solution finale.
Et les auteurs écrivent :
Examinons cela avec un peu de recul, et posons-nous la question : qu’est-ce qu’un grand historien français dans la France d’aujourd’hui ? C’est un historien qui peut venir dans un studio de radio ou sur un plateau de télévision et raconter n’importe quoi sur un sujet qu’il ne connaît pas, étant absolument certain que personne n’osera le contredire. Quand vous atteint ce stade ultime dans l’exercice de cette profession, vous pouvez, avec beaucoup de chances de succès, présenter votre candidature à un fauteuil de l’Académie française.
Vaincre ou mourir, la fin de l’omerta
D’Henry Renoul pour Le Salon beige :
Il y a les cinéphiles techniques et avertis qui regardent autant les angles de prises de vues, la qualité du son et de la musique, la variété des images et des scènes, l’éclairage du visage des acteurs que l’histoire qui est racontée dans un film.
Il y a ceux qui connaissent mieux l’histoire du personnage mis en scène que le scénariste. Il y a ceux qui pensent que le contexte historique est manquant, sinon faiblement évoqué. Il y a ceux qui auraient préféré une romance d’amour éventuellement impossible entre le héros et une jeune et jolie fille pour faire vibrer les cœurs. Il y a ceux qui regrettent qu’on ne parle pas assez d’eux.
Et puis il y a les spectateurs qui se souviennent que cette histoire a été occultée pendant presque deux siècles, que les associations méritantes, quelquefois l’Église ont maintenu la mémoire de l’épopée des Géants de la Vendée et la répression génocidaire de toute une population insoumise au bonheur promis par la République en 1793. Ceux-là se réjouissent de la sortie de ce film puyfolais « Vaincre ou Mourir » qui, autour de Charette « Roi de la Vendée » raconte dans les détails historiquement incontestables le soulèvement vendéen « pour Dieu et pour le Roy ».
L’omerta est levée, à la fureur des robespierristes révolutionnaires qui avaient tout fait pour que cette tache originelle de la République, contraire aux valeurs républicaines âprement défendues, ne soit pas enseignée dans les écoles et universités françaises, et s’oublie. Aujourd’hui, à grand coup de Une de journaux et de prises de position de journalistes militants, le génocide vendéen est contesté alors qu’il est dorénavant juridiquement quasi reconnu.
Merci aux historiens qui ont risqué leur carrière, aux associations qui maintiennent tels des « Manants du Roy » et aux créateurs de spectacles et de films beaux, biens et vrais !
Résistance vendéenne : une guerre de Religion ?
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent
- Philippe de Villiers, ancien ministre, fondateur du Puy du Fou
- Philippe Pichot-Bravard, docteur en histoire, spécialiste de l’Ancien Régime
Philippe de Villiers a déclaré qu’
On trouve dans le soulèvement vendéen des valeurs fondatrices de notre civilisation : le pardon, le panache et l’esprit des traditions qui nous éloignent de la table rase de l’homme générique et de la fabrique de l’homme de sable.
« Les Vendéens n’ont pas été exterminés pour ce qu’ils ont fait mais pour ce qu’ils étaient. Je demande au Président de la République Emmanuel Macron, qui cherche à unir les mémoires, de reconnaître ce génocide. Il n’y a jamais eu de sépulture. »
« Sans la foi, la politique est très effrayante. Si vous n’avez pas la foi, vous voudrez créer le paradis sur terre ».
Rod Dreher a emmené quelques journalistes rencontrer Viktor Orban à Budapest. Extrait de son compte-rendu :
J’ai interrogé le premier ministre, calviniste, sur sa conviction que la régénération de la civilisation occidentale passe par le rétablissement de la foi chrétienne.
« Le christianisme ne peut pas être régénéré par la politique », a-t-il déclaré, ajoutant que la foi est toujours, en fin de compte, une question de conversion du cœur d’un individu. Pourtant, il a ajouté que si les chrétiens ne se réveillent pas et ne résistent pas aux tendances culturelles qui les emportent, la foi va disparaître.
« Le meilleur espoir aujourd’hui, ce sont les orthodoxes », a-t-il dit. « Ils ne discutent pas, mais ils croient. Nous [protestants et catholiques], nous disputons sans cesse. »
Orban a poursuivi en qualifiant les chrétiens orthodoxes de « réserve la plus importante » pour que les chrétiens de l’Ouest retrouvent leur assise religieuse.
À propos de l’état lamentable de la vie religieuse en Hongrie, où relativement peu de gens vont à l’église, le premier ministre a déclaré : « Nous ne nous faisons pas d’illusions sur ce à quoi nous ressemblons. » Pourtant, si l’Europe veut survivre, elle doit revenir à la foi qui a créé l’ordre sacré sur lequel s’est construite sa civilisation, estime Viktor Orban.
« Mon analyse est que cette structure sociale construite au cours des trente dernières années est totalement contraire à la nature humaine », a-t-il déclaré. « Elle est vouée à s’effondrer, mais, espérons-le, pas à la manière d’Armageddon ».
Si l’hégémonie de l’idéologie du genre et des autres manifestations de la folie progressiste peut être brisée rapidement, alors « le retour à la tradition sera beaucoup plus rapide que nous ne pouvons l’imaginer. Mais d’abord, nous devons les écraser politiquement ».
Poursuivant sur l’intersection de la religion et de la politique, M. Orban a déclaré qu’il ne comprenait pas comment on pouvait être un leader politique conservateur sans être une personne de foi réelle. Ce n’est pas une coïncidence, a-t-il dit, que la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne mènent le combat pour défendre les valeurs traditionnelles en Europe. Elles font partie d’une Europe qui a été moins touchée par la modernité corrosive.
Le principal conseiller politique du Premier ministre, Balazs Orban (aucun lien de parenté), est intervenu en disant : « Sans la foi, la politique est très effrayante. Si vous n’avez pas la foi, vous voudrez créer le paradis sur terre ».
Le Premier ministre a déclaré que les hommes politiques peuvent donner aux gens une meilleure vie matérielle, mais que ce n’est pas leur rôle de leur donner une vie heureuse.
Nous avons brièvement parlé de son voyage à Rome pour rendre hommage à Benoît XVI lors de la veillée funèbre de l’ancien pape. M. Orban a déclaré que les calvinistes hongrois reconnaissent que le catholicisme est absolument vital pour l’avenir du christianisme, et que si l’Église catholique est faible, c’est mauvais pour tous les chrétiens. Il est revenu sur l’importance du renouveau religieux pour le renouveau civilisationnel, et a déclaré que c’était la raison pour laquelle il aimait rendre visite aux chefs religieux partout où il voyageait.
Plus de 300 personnes pour défendre la statue de La Flotte-en-ré
Stop ça suffit hurle dans un haut parleur le vice-président de “Touche pas à ma statue”. “Arrêtez de toucher à nos statues, arrêtez de toucher à notre pays, arrêtez de toucher à nos racines, arrêtez de toucher à nos valeurs“.
Action du Collectif Némésis contre la journée internationale du hijab
Une cinquantaine de militantes se sont réunies devant le Sacré-Coeur de Montmartre, la moitié en robe et l’autre moitié en hijab, derrière la bannière « Quelle civilisation voulez-vous ? » :
«Nous ne nous rendons pas compte de la chance que nous avons de vivre dans la civilisation européenne, jusqu’au moment ou nous la perdrons.
N’attendons donc plus pour la défendre. » #NoHijabDay pic.twitter.com/UT3Oya4y94
— Collectif Némésis (@NemesisNemesi75) January 29, 2023
parce que c’est un choix entre :
– l’obscurantisme ou la liberté
– une civilisation qui cache les femmes ou une civilisation qui éduque les hommes
– l’islamisme ou l’OccidentQuelle civilisation voulez-vous ? pic.twitter.com/ZSzRnUuRB9
— Collectif Némésis (@NemesisNemesi75) January 29, 2023
Nous étions donc une cinquantaine de militantes réunies au pied du Sacré-Coeur pour dire non à l’islamisation et oui à la civilisation européenne. pic.twitter.com/9ouwnyyNaT
— Collectif Némésis (@NemesisNemesi75) January 29, 2023
Terres de Mission : Le Sacrifice de la messe
Terres de Mission reçoit l’abbé Jean de Massia, prêtre de la Fraternité Saint Pierre, et auteur d’une remarquable étude sur la Théologie du sacrifice (selon saint Thomas d’Aquin, commenté et approfondi par le P. Guérard des Lauriers).
Puis, Véronique Gay-Crosier, spécialiste de la spiritualité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, évoque par téléphone son récent livre sur le sujet paru à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de la sainte : « Thérèse de Lisieux… Sainte ».
Enfin, Guillaume de Thieulloy présente l’ouvrage de Jean-Pierre Moreau sur les sources politiques, philosophiques et théologiques de la pensée du Pape François : « François – La conquête du pouvoir ».
Quatrième dimanche après l’Épiphanie
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Nous sommes toujours ce dimanche, selon les livres liturgiques de 1962, pour le Cycle Temporal, au Temps après l’Épiphanie qui commence au lendemain de l’octave de cette fête et va jusqu’à la Septuagésime, mais ce Temps va jusqu’au 2 février, fête de la Purification pour le cycle sanctoral.
Alors que les fêtes de la Nativité et de l’Épiphanie, qui tombent toujours le 25 décembre et le 6 janvier, donnent au Cycle de Noël un caractère de grande fixité, le Cycle de Pâques, essentiellement tributaire de la lune pascale, est nécessairement mobile. Aussi, lorsque la fête de la Résurrection, qui peut tomber entre les dates du 22 mars et du 25 avril, est précoce, le 9e dimanche qui précède et qui est celui de la Septuagésime, empiète sur le Temps après l’Épiphanie qui, comptant normalement 6 dimanches, est ainsi parfois réduit à 1 ou 2 dimanches.
Pardonnez-moi, cher internaute, j’essaie d’être clair mais le sujet est complexe. Je vais l’exprimer autrement : nous avons dit que les deux dates extrêmes de Pâques sont le 22 mars et le 25 avril. Si la fête de Pâques tombe à la date la plus rapprochée, le 22 mars, il n’y aura qu’un dimanche après l’octave de l’Épiphanie jusqu’à la Septuagésime. Ce fut ainsi en 2008. Dans ce cas, les dimanches omis (oraisons, épîtres, évangiles) sont remis à la fin de l’année liturgique avant le 24e ou dernier dimanche après la Pentecôte. Au contraire si Pâques tombe le 25 avril, il y aura le maximum de six dimanches avant la Septuagésime. Il faut toujours, pour votre gouverne, consulter le calendrier liturgique.
Nous compterons cette année 2023 quatre dimanches après l’Épiphanie. Les chants du IIIe dimanche de la messe après l’Épiphanie Adoráte Deum seront donc répétés deux fois.
Notons enfin que ce jeudi 2 février, fête de la Présentation au Temple, marque la fin du Cycle Sanctoral.
► Introït : Adorate Deum
L’Introït est tiré du psaume 96 Dominus regnavit : Le Seigneur est Roi, dont nous retrouverons le début à l’Alléluia. Il chante la souveraineté du seul vrai Dieu sur toute la création et sur toutes les divinités et idoles païennes. Comme dans la messe de dimanche dernier, ce sont toutes les créatures de la terre qui sont invitées L’adorer.
Adorate Deum omnes Angeli ejus : audivit et lætata est Sion : et exsultaverunt filiæ Judæ.
Adorez Dieu tous ses anges ; Sion a entendu et s’est réjouie et les filles de Judas ont exulté.
Sion, c’est-à-dire Jérusalem, les filles de Juda, c’est-à-dire toutes les cités d’Israël, c’est le peuple élu, et c’est comme toujours la figure de l’Église. Qu’a-t-elle donc entendu qui la mette ainsi dans la joie ? C’est la proclamation de cette souveraineté universelle de Dieu : ici, dans la liturgie du temps après l’Épiphanie, c’est la manifestation de la divinité et de la royauté du Messie que nous acclamons.
La mélodie commence par un grand élan d’adoration et monte dans les hauteurs pour invoquer les Anges. Puis elle s’apaise et exprime une joie contenue mais bien affirmée. Cet Introït est accompagné bien entendu du premier verset du psaume 96, celui que nous retrouverons dans l’Alléluia.
Dominus regnavit, exsultet terra : lætentur insulæ multæ.
Le Seigneur est Roi, la terre exulte, les îles innombrables se réjouissent.
► Graduel : Timebunt gentes
Le chant du Graduel du troisième dimanche après l’Épiphanie est tiré du psaume 101, qui est, dans son ensemble, une grande supplication douloureuse du peuple d’Israël en butte aux persécutions des ses ennemis, emmené en captivité loin de la ville sainte de Jérusalem et du temple détruit ; mais il contient aussi une partie pleine d’espérance, prophétisant la victoire du Seigneur sur ses ennemis et la reconstruction du temple.
Timebunt gentes nomen tuum, Domine, et omnes reges terræ gloriam tuam. Quoniam ædificavit Dominus Sion, et videbitur in majestate sua.
Les nations craindront votre Nom, Seigneur, et tous les rois de la terre craindront votre gloire, car le Seigneur a rebâti Sion, et Il y paraîtra dans Sa majesté.
On retrouve ici Sion déjà mentionnée à l’Introït, la cité sainte de Jérusalem, une fois encore figure de l’Église dont Isaïe déjà, le jour de l’Épiphanie, avait annoncé le triomphe et la gloire quand tous les peuples et les rois de la terre, qu’ils le veuillent ou non, devront se soumettre au règne du Christ Roi. La mélodie reprend encore des formules connues que nous avons déjà entendues les deux précédents dimanches mais qui s’adaptent parfaitement bien au texte du jour dans une tonalité de joie très affirmée.
► Alléluia : Dominus regnavit, exsultet
Nous retrouvons à l’Alléluia du troisième dimanche après l’Épiphanie le début du psaume 96 qui figurait déjà comme verset de l’Introït.
Dominus regnavit, exsultet terra : lætentur insulæ multæ.
Le Seigneur est Roi, la terre exulte, les îles innombrables se réjouissent.
C’est donc encore la divinité et la royauté de notre Seigneur qui provoquent la joie de tous les hommes, ceux qui habitent le continent et ceux qui habitent dans les îles, c’est à dire tout l’univers connu.
La mélodie légère, fluide, aux grandes vocalises, exprime à merveille cette joie. C’est encore, comme les deux derniers dimanches, une mélodie type que nous avons déjà entendue, notamment celle-ci à la messe de minuit de Noël.
► Offertoire : Dextera Domini
L’Offertoire du troisième dimanche après l’Épiphanie est un magnifique chant d’action de grâce.
Dextera Domini fecit virtutem, dextera Domini exaltavit me : non moriar, sed vivam, et narrabo opera Domini.
La droite du Seigneur a exercé sa puissance, la droite du Seigneur m’a relevé, je ne mourrai pas, je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur.
On retrouvera ce chant pendant la Semaine sainte où il sera placé alors dans la bouche du Christ. D’ailleurs le psaume 117 d’où il est tiré est par excellence un psaume pascal qui est largement utilisé dans la liturgie de Pâques. C’est un des grands psaumes qui commencent par : ” Louez le Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde est éternelle “, comme celui que nous avons trouvé au Graduel de dimanche dernier. Et ici encore c’est l’œuvre de la Rédemption pour laquelle l’âme fidèle remercie et glorifie le Seigneur. Cette action de grâce se termine comme celle de l’Offertoire de dimanche dernier avec le même mot narrabo, je raconterai tout ce que le Seigneur a fait pour moi : mais la mélodie est très différente de celle de ce dernier qui était tout à fait exceptionnelle par son ampleur et son enthousiasme. Celle-ci est assez solennelle mais dans une ambiance contemplative. Elle exprime admirablement les sentiments du texte. Les mots dextera Domini, qui désignent la main droite du Seigneur symbole de sa puissance, reviennent deux fois, la première fois d’une façon très solennelle, la deuxième fois avec une insistance joyeuse et pleine d’assurance. L’affirmation non moriar je ne mourrai pas, est lancée avec une inébranlable certitude, tandis que la finale narrabo opera Domini je raconterai les œuvres du Seigneur, s’épanouit en un épanchement mystique et assez doux.
► Communion : Mirabantur
Le texte de la Communion du troisième dimanche après l’Épiphanie est un passage de l’Évangile, mais il ne s’agit pas de l’Évangile du jour. Il est pris ici en saint Luc au chapitre IV.
Mirabantur omnes de his quæ procedebant de ore Dei.
Tous étaient stupéfaits des paroles qui sortaient de la bouche de Dieu.
Bien entendu saint Luc n’a pas écrit ” de la bouche de Dieu ” mais simplement ” de sa bouche “, celle du fils de Joseph qui venait de prendre la parole pour la première fois dans la synagogue de Nazareth, laissant entendre nettement, après avoir lu un passage d’Isaïe, que le Messie annoncé par le prophète c’était lui. On comprend la stupéfaction des auditeurs. La liturgie a modifié le texte pour affirmer, en ce temps après l’Épiphanie, que nous croyons à la divinité de Jésus. Nous qui savons qu’Il est Dieu, nos sentiments ne sont plus de stupéfaction comme ceux des habitants de Nazareth, mais d’admiration, d’adoration et de louange. C’est ce qu’exprime la mélodie ce cette petite antienne, qui bien que courte, est très ornée et chargée de neumes.
Les belles figures de l’Histoire : saint Louis-Marie Grignion de Montfort
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent le père Jean-François Thomas pour évoquer saint Louis-Marie, missionnaire dans l’Ouest de la France au début du XVIIIe :
Les hérésies chrétiennes dans le Coran
Analyse passionnante d’Annie Laurent dans La Petite Feuille Verte :
On a longtemps voulu croire, y compris dans les milieux académiques, que l’islam serait apparu par la seule prédication de son prophète, à l’instar du récit traditionnel musulman. On expliquait alors sa similarité avec nombre d’hérésies et mouvements religieux du VIIe siècle comme résultant de leur influence sur Mahomet, qui aurait en quelque sorte composé sa religion comme un cocktail savant à partir d’elles. C’est dans cette pensée que s’inscrivait encore l’académicien Roger Arnaldez (1911-2006) :
« Persuadé de la vérité du monothéisme, le Prophète [Mahomet] se trouvait plongé dans un milieu d’une complexité extraordinaire. Il est peut-être vain de chercher à déterminer quelles sectes il a connu, comme s’il avait été à l’école de l’une d’elles. En réalité, il a dû entendre, et sans doute écouter, un ensemble hétéroclite de doctrines qui lui parvenaient pêle-mêle, au hasard des rencontres » (À la croisée des trois monothéismes, Albin Michel, 1993, p. 55).
Les études savantes montrent cependant la nouveauté et l’originalité de l’islam naissant à cette époque – dit aussi « proto-islam » –, comme un des premiers mouvements millénaristes de l’Histoire. Inscrit dans le contexte biblique juif et chrétien de son époque, il y empruntait certes diverses interprétations marquées par les hérésies, notamment gnostiques, mais il s’est d’abord développé comme un mouvement apocalyptique. Le texte coranique, en particulier, en est toujours témoin.
UNE MULTITUDE D’HÉRÉSIES GNOSTIQUES ET MESSIANISTES
Dès le Ier siècle de l’histoire de l’Église, des hérésies sont apparues au sein des peuples christianisés du Levant.
Certaines se référaient à la gnose (du grec gnosis = connaissance). Face à la nouveauté du salut personnel en Jésus-Christ (la « vie » que Jésus dit donner à ceux qui suivent sa « voie ») annoncé par l’Église, les mouvements gnostiques (gnosticisme) émergèrent en prétendant proposer une autre forme de salut personnel, sans le Christ mais par l’accession à un ensemble de connaissances, de sciences relatives aux mystères divins. Ils contestaient donc l’enseignement chrétien sur la personne de Jésus, son lien avec Dieu, sa mission salvifique et la destinée de l’homme.
L’apôtre saint Jean y fait allusion dans sa deuxième épître :
« C’est que beaucoup de séducteurs se sont répandus dans le monde, qui ne confessent pas Jésus-Christ venu dans la chair ; voilà bien le Séducteur, l’Antichrist » (2 Jn 7).
« Pour les gnostiques, l’incarnation du Fils de Dieu était impossible étant donné que la matière est destinée à être détruite ; la chair ne peut donc pas être susceptible de salut », écrivait saint Irénée (né à Smyrne en 140, il mourut en 202 à Lyon, dont il était l’évêque), le premier à donner l’alerte dans son œuvre Adversus haereses (Contre les hérésies). Ce passage est cité dans le Dictionnaire d’histoire de l’Église, réalisé sous la direction de Mgr Bernard Ardura (Cerf, 2022, p. 439).
Du gnosticisme ont émergé certains textes apocryphes (écrits cachés ou ésotériques) apparus dans l’Orient méditerranéen dès le second siècle du christianisme, tels ceux qui ont été retrouvés à Nag Hamadi (Égypte) : « évangile de Thomas », « évangile de la vérité » de Valentin, etc. Il s’agit d’écrits qui ne proviennent pas de la première communauté chrétienne, malgré leur crédibilité apparente ou les noms chrétiens de leurs auteurs présumés, et contre lesquels le Nouveau Testament met en garde (cf. Matthieu 7, 15 ; Actes 20, 29 ; Hébreux 13, 9 ; Galates 1, 6-8). Saint Irénée appelle aussi à la vigilance envers ces pseudos récits :
« La vraie tradition a été manifestée dans le monde entier. Elle peut être connue en toute Église par tous ceux qui veulent voir la vérité » (cité par France Quéré, Évangiles apocryphes, Seuil, 1983, p. 10).
Il revint cependant à saint Athanase d’Alexandrie (v. 296-373) de confirmer en 367 la liste des écrits orthodoxes (authentiques) qui constituaient le Canon définitif reconnu par l’Église.
Or, comme le montre Rémi Gounelle, historien du christianisme antique, certains contenus de ces documents se retrouvent dans le Coran (cf. « Les écrits apocryphes chrétiens et le Coran », dans Histoire du Coran, dirigé par Mohammad Ali Amir-Moezzi et Guillaume Dye, Cerf, 2022, chap. XII).
Le Livre sacré des musulmans s’inscrit par ailleurs, et même principalement, dans une perspective eschatologique imminente (annonce de la fin des temps), sans doute inspirée par les espérances apocalyptiques juives et chrétiennes qui foisonnaient à cette époque dans une grande partie de l’Orient (cf. David Hamidovic, « Les écrits apocryphes juifs et le Coran », Histoire du Coran, op. cit., chap. XI ; Muriel Debié, « Les apocalypses syriaques », ibid., chap. XIII ; Frantz Grenet, « L’apocalypse iranienne », ibid., chap. XIV ;).
Plus encore, on trouve dans le Coran la description d’un courant juif ancien, « nazaréen » (« judéonazaréen »), porteur de ces espérances, qui y sont canalisées dans un projet politico-religieux centré sur le relèvement du Temple de Jérusalem. Ceci afin de déclencher l’apocalypse en provoquant le retour de Jésus pour inaugurer les « temps messianiques » (non évoqué directement par le texte mais cependant induit par celui-ci, comme le montre Mohammad Ali Amir-Moezzi in « Le chiisme et le Coran », Histoire du Coran, op. cit., chap. XXII). En ce sens, on peut parler d’hérésie relevant du messianisme politique, le Coran, en son contexte biblique, pouvant être analysé plus précisément comme l’un des premiers textes millénaristes de l’Histoire.
Au fil du temps, les idées gnostiques et messianistes ont engendré diverses formes d’hérésies et de mouvements plus ou moins structurés. Certaines d’entre elles sont fondatrices de l’islam. Nous les présentons dans l’ordre chronologique de leur apparition, en réservant cependant des développements spécifiques à l’arianisme, au nestorianisme et au monophysisme dans les deux prochaines PFV (n° 96 et 97).
LE MILLÉNARISME
Le Catéchisme de l’Église catholique définit le millénarisme comme la prétention à
« […] accomplir dans l’histoire l’espérance messianique qui ne peut s’achever qu’au-delà d’elle à travers le jugement eschatologique : même sous sa forme mitigée, l’Église a rejeté cette falsification du Royaume à venir sous le nom de millénarisme […] » (CEC, p. 675-676).
Il peut être compris comme le projet d’établir sur terre une sorte de « royaume de Dieu », de monde parfait délivré de l’empire du Mal, sans la Parousie (venue de Jésus « dans lagloire ») et sans le jugement de l’humanité annoncés dans les Écritures. Au contraire de l’attente chrétienne du retour du Christ dont dérive cette doctrine, ceux qui la portent se considèrent alors comme élevés au-dessus des autres hommes, auxiliaires politiques du Messie – ou de Dieu Lui-même – pour la mise en œuvre du « jugement », attendant de jouir dans le monde futur de toutes sortes d’avantages (cf. Mt 25, 34 : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde »).
Cette croyance apparaît dans le Coran, portée en particulier par le courant judéonazaréen. Le Père Édouard-Marie Gallez en fait remonter l’origine au 1er siècle (cf. Le Messie et son Prophète, 2 tomes, Éditions de Paris, 2005-2010). Ce courant serait né
« dans l’entourage des premières communautés judéo-chrétiennes où certains ayant reconnu Jésus comme le Messie attendu par le peuple hébreu n’ont pas accepté qu’il puisse se faire serviteur et mourir crucifié. Au contraire, ils n’ont jamais voulu renoncer à leurs interprétations des prophéties bibliques, escomptant que le Messie se fasse roi, libère Israël de l’occupant chrétien et l’établisse au-dessus des nations » (Odon Lafontaine, Le grand secret de l’islam, Kindle, 2020, p. 52).
Ce courant aurait survécu au Proche-Orient, plus ou moins classé, par les auteurs de l’Antiquité, dans les mouvements pluriels dits de l’Ébionisme ou du Nazaréisme (termes génériques identifiant divers courants juifs attachés à la Loi de Moïse et ayant reconnu en Jésus le Messie d’Israël tout en refusant sa divinité). Ont ainsi émergé les Judéonazaréens, porteurs au VIIème siècle d’un projet politico-religieux de relèvement du Temple de Jérusalem, qui semble avoir été fondamental dans les événements du proto-islam (O. Lafontaine, ibid., p. 55-61 ; cf. aussi Stephen J. Shoemaker, The Apocalypse of Empire, University of Pennsylvania Press, 2018).
Le Coran porte la marque profonde de ces espérances millénaristes initiales, illustrées notamment dans ces versets emblématiques :
Vous formez la meilleure communauté suscitée pour les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable, vous croyez en Dieu. (3,110)
C’est Lui [Dieu] qui a fait de vous ses lieutenants [califes, « successeurs »] sur la terre. Il a élevé certains d’entre vous de plusieurs degrés au-dessus des autres pour vous éprouver en ce qu’il vous a donné. (6,165)
[…] La terre appartient à Dieu et Il en fait hériter qui Il veut parmi Ses serviteurs. (7,128)
Dieu a promis à ceux d’entre vous qui croient et qui accomplissent des œuvres bonnes d’en faire ses lieutenants [califes, « successeurs »] sur la terre, comme Il le fit pour ceux qui vécurent avant eux. (24,55)
Par le Mont ! Par un Livre écrit sur un parchemin déployé ! Par le Temple servi [servi par ses prêtres, cf. Régis Blachère, Le Coran, Maisonneuve & Larose, 1966, p.557] ! Par la voûte élevée ! Par la mer en ébullition [au Jour dernier] ! Le châtiment de ton Seigneur est inéluctable ; nul ne pourra le repousser, le Jour où le ciel sera agité d’un tourbillonnement, tandis que les montagnes se mettront en marche. Malheur, ce Jour-là, à ceux qui crient au mensonge et à ceux qui sont plongés dans les divertissements ! Ils seront poussés brutalement dans le Feu de la Géhenne […]. Oui, ceux qui craignent Dieu seront dans des Jardins, au sein de la félicité, jouissant de ce que leur Seigneur leur aura donné. (52,1-18)
LE DOCÉTISME
Provenant du grec dokein (« paraître »), le docétisme est une croyance attribuée à des gnostiques dualistes « qui associaient la matière au mal et qui pensaient donc que Dieu ne se serait pas incarné dans un corps matériel ». Autrement dit, en se faisant « chair », le Christ ne se faisait pas « homme » et ne possédait donc pas de corps physique. Il se contentait d’une simple apparence humaine. Car, être pleinement homme l’aurait rendu sensible à la souffrance (B. Ardura, op. cit., p. 339).
Or, l’islam considère cela comme impensable. C’est pourquoi la crucifixion, bien que réelle, ne concerne pas le Christ, affirme le Coran.
Nous les avons punis [les Juifs] parce qu’ils n’ont pas cru […] et parce qu’ils ont dit : “Oui, nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, le Prophète de Dieu”. Mais ils ne l’ont pas tué ; ils ne l’ont pas crucifié, cela leur est seulement apparu ainsi. (4,157)
Bien que le terme « docétisme » soit apparu à la fin du IIème siècle, l’idée qui le sous-tend s’était propagée au tout début du christianisme, comme le montre sa condamnation par l’apôtre saint Jean dans sa première épître où il met en garde contre les « faux prophètes » :
« A ceci vous reconnaissez l’esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu ; c’est là l’esprit de l’Antichrist. Vous avez entendu dire qu’il allait venir ; eh bien ! maintenant, il est déjà dans le monde » (1 Jn 4, 2-3).
Combattue par saint Ignace, évêque d’Antioche (35-107), et saint Irénée, cette hérésie fut condamnée en 381 lors du premier concile de Constantinople, convoqué par l’empereur Théodose 1er. Ce concile atteste pour la première fois l’historicité de l’incarnation et de la crucifixion : Jésus « a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate ».
LE MANICHÉISME
Cette doctrine doit son nom à un gnostique araméen, Mani (env. 216-274). Originaire de la Babylonie du sud (actuel Irak), alors province de l’Empire perse sassanide, « il appartenait par son milieu familial à une communauté judéo-chrétienne baptiste où circulaient toutes sortes de légendes orales et d’écrits profanes et religieux », inspirés d’influences diverses (païennes, bouddhiques et chrétiennes). Parmi ses nombreux livres, figure un Évangile vivant (cf. Michel Tardieu, « Le manichéisme : recherches actuelles », Histoire du Coran, op. cit., chap. X).
Obéissant à un ordre prétendument reçu d’un ange qui lui enjoignait de se séparer de sa communauté d’origine – les baptistaï (baptiseurs ou baptistes) -, « Mani se présente comme le dernier successeur d’une longue liste de Messagers célestes et dont, à partir d’Adam, Zoroastre, Bouddha et Jésus sont les principaux ». Mais, « alors que les enseignements de ses prédécesseurs n’étaient que partiels et voilés, la connaissance apportée par Mani est l’expression claire et totale de la vérité, la gnose plénière », souligne le Père Antoine Moussali, lazariste libanais (Musulmans, juifs et chrétiens au feu de la foi, Éditions de Paris, 2002, p. 181).
En prétendant être « l’Envoyé suprême », Mani revendiquait sa venue et sa mission comme ayant été annoncées par le Christ ; il s’identifiait ainsi au Paraclet décrit par saint Jean dans son Évangile (Jn 15, 26 ; 16, 7-9 ; saint Jean y décrivait cependant l’Esprit saint et non un homme).
Or, le Coran attribue cette annonce de Jésus à la venue du « prophète » de l’islam.
Jésus, fils de Marie, dit : “Ô fils d’Israël ! Je suis en vérité le Prophète de Dieu envoyé vers vous pour confirmer ce qui, de la Torah, existait avant moi ; pour vous annoncer la bonne nouvelle d’un Prophète qui viendra après moi et dont le nom sera Ahmad”. (61,6)
En arabe, la tradition islamique a donné au nom Ahmad le sens de « celui qui est loué », et prétendu que le mot « Paraclet » se traduirait ainsi dans cette langue pour faire annoncer la venue de Mahomet par Jésus, à la manière de Mani.
Le manichéisme aurait-il de plus inspiré la qualification de « Sceau des prophètes » que le Coran donnera trois siècles plus tard à Mahomet ?
Mahomet n’est le père d’aucun homme parmi vous, mais il est le prophète de Dieu ; le sceau des prophètes. Dieu connaît parfaitement toute chose. (33,40)
Selon A. Moussali, Mani aurait légué à l’islam d’autres éléments, en particulier le concept de « religion du Livre ». Lui-même a laissé plusieurs ouvrages dans lesquels il consignait par écrit ce qu’il affirmait lui être révélé par un ange. Or, la tradition islamique attribue aussi à un ange – Gabriel – la « dictée divine » du Coran. S’y ajoutent : l’accusation de falsification des Écritures par les juifs et les chrétiens, la négation de la divinité et de la crucifixion du Christ (sur ce point, cf. supra le passage sur le docétisme), les ablutions rituelles, le jeûne de 30 jours selon le calendrier lunaire (antécédent du Ramadan ?).
Mgr Pierre Claverie, l’évêque d’Oran assassiné en 1996 et béatifié en 2018, évoquait lui aussi ce rapport entre Mani et Mahomet (Le livre de la foi, Cerf, 1996, p. 81).
Michel Tardieu souligne enfin que « la présence matérielle du livre manichéen dans l’Iran en cours d’islamisation, tout comme antérieurement dans l’Arabie préislamique et chez les Qoreiche (tribu de Mahomet), est le fait fondamental à retenir ». Il ajoute que « les traits du manichéisme d’avant l’islam (prééminence du livre et recherche d’une protection politique) restent dominants au cours des deux premiers siècles islamiques (VIIè-VIIIè) » (op. cit., p. 473). De fait, le manichéisme connut une expansion foudroyante bien au-delà des limites du Levant. Avant sa conversion, saint Augustin d’Hippone (v. 354 – 430) en fut un adepte.
À suivre…
L’industrie médicale, cette nouvelle mafia
Le Dr Louis Fouché a été interrogé dans Valeurs Actuelles sur la crise du système de santé. Extraits :
En 2014, au Collège de France, Claude Le Pen, professeur d’économie, parlait de l’évaluation en santé. Une phrase m’est restée : « Nous sommes là pour liquider le modèle artisanal de la médecine. » Sous-entendu, il faut un modèle industrialisé, normatif et rentable de production et de consommation de biens et services de soins.
Les politiques sont là pour faire advenir un programme d’optimisation des sociétés décidé à l’avance par des financiers extrêmement organisés. Ils sont les marionnettes d’un système de corruption mafieux absolument éprouvé. Les multinationales du médicament et du numérique, épaulées par leurs opérateurs financiers, sont aux manettes.
Chaque année, à Chamonix, une réunion huppée réunit ceux qui décident du futur de notre système de santé. La fine fleur des ministères et quelques chefs de services ronflants rencontrent les investisseurs du médicament, du numérique et de la finance, pour recevoir leur feuille de route. Le programme est simple : mettre en place la santé digitale. Cela suppose la destruction préalable du système de santé. Le corps est une machine qu’il faut optimiser. Les soignants humains sont toujours imparfaits. C’est l’implacable algorithme qui va vous soigner. L’enjeu est idéologique mais surtout économique. Accaparer le marché juteux de la santé est un enjeu considérable. […]
Marcia Angel, rédactrice en chef du New England Journal of Medicine, écrivait :
« Il n’est tout simplement plus possible de croire une grande partie des recherches scientifiques qui sont publiées ; ni de se fier au jugement de médecins de confiance ou à des directives médicales faisant autorité. »
L’éditeur en chef du Lancet, Richard Horton, a écrit que la majorité de la publication scientifique médicale n’était désormais plus destinée à mieux comprendre les maladies et leurs traitements mais à justifier la vente des produits de l’industrie pharmaceutique.
Richard Smith, ancien rédacteur en chef du British Medical Journal, explique que les revues médicales sont le prolongement des départements marketing des industries du médicament. En 2013, il écrit :
« Il est en effet effrayant de voir combien de similitudes il existe entre cette industrie et la mafia. La mafia gagne des sommes d’argent obscènes, tout comme cette industrie. Les effets secondaires du crime organisé sont des meurtres et des morts, tout comme dans cette industrie. La mafia corrompt les politiques, tout comme cette industrie… »
Le livre de Peter Gotzsche, Remèdes mortels et crime organisé , qui a reçu en 2014 le premier prix de la British Medical Association, décrit que les pratiques frauduleuses, la corruption et les amendes qui en résultent pour les industries pharmaceutiques sont en fait intégrées à leur business model, au mépris manifeste et répugnant de la vie et de la santé humaine. […]
Péguy face à ceux qui veulent adapter le christianisme au monde moderne
A l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Charles Péguy, le père Laurent-Marie Pocquet du Haut-Jussé signe un article dans L’Homme Nouveau. Extrait :
[…] Il critique ceux qui veulent perfectionner le christianisme en l’adaptant au monde moderne :
« C’est un peu, c’est même tout à fait comme si l’on voulait perfectionner le nord, la direction du nord ».
Face à cette remise en question radicale, il est inutile de vouloir s’accommoder avec le nouveau régime intellectuel mis en place, qui est, pour Péguy, radicalement imperméable à la grâce du salut. Dès lors, il critique les chrétiens, spécialement les clercs, qui n’ont pas réalisé ce que représente l’avènement du monde moderne :
« Celui qui voudrait faire un procès du monde moderne, et qui ne pourrait pas résister à la tentation, il faudrait d’abord, pour trouver l’incurable sottise, percer, dénoncer tout ce parasitisme universel du monde moderne vivant uniquement, ne vivant que des héritages de tous ces mondes anciens dont il passe en même temps tout son temps à dire que tous ces mondes-là, que tous ces mondes précisément étaient des mondes stupides, des mondes foutues bêtes, et les derniers des mondes imbéciles ».
[…] Son œuvre, qu’il faut aborder dans sa cohérence et sa totalité, nous offre un remède intellectuel et spirituel contre les illusions d’une modernité qui s’effondre et surtout contre la tentation aujourd’hui apparemment triomphante chez les catholiques de se voir imposer une vision du monde qui n’a plus rien de chrétien, l’oubli des exigences du salut, le reniement pratique de la Rédemption. […]
Briser le dogme de l’avortement
De Gregor Puppinck dans Valeurs Actuelles :
De « mal toléré », les promoteurs de l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) sont parvenus à faire de l’avortement un symbole politique, un dogme, au point qu’il est impossible pour un responsable politique d’exprimer un doute ou un questionnement sans être aussitôt condamné. Même les initiatives visant à aider les femmes à éviter l’avortement sont dénoncées comme autant de remises en cause de ce « droit sacré ». C’est ce piège idéologique qui est en train de se refermer sur la France, avec le verrou de la Constitution. Si ce verrou est refermé, l’IVG deviendra officiellement une valeur de la République.
Il est possible et nécessaire de briser ce dogme, de sortir de ce piège idéologique en replaçant l’IVG sur le terrain qui devrait être le sien : celui, humain et concret, de la politique sociale. C’est sur ce seul terrain qu’un réel progrès peut être accompli pour la condition des femmes, le respect de la vie humaine et le bien du pays.
Ne nions pas les conséquences de l’avortement
L’avortement pose des problèmes à plusieurs niveaux. Il y a d’abord l’atteinte à la vie de l’enfant, ce qui est bien sûr le problème le plus grave. La société ne devrait pas s’habituer à ce flot incessant d’enfants sacrifiés. Il y a ensuite les atteintes causées par l’avortement à la santé des femmes et des couples. Selon un sondage de l’IFOP de 2020, 92 % des femmes déclarent que l’avortement laisse des traces difficiles à vivre, elles sont 96 % chez les 25-34 ans.
L’avortement est un acte traumatisant pour de nombreuses femmes, cela est largement prouvé par les études statistiques. Outre les troubles physiques pour la femme et les futures grossesses, l’avortement provoque aussi des troubles psychologiques : des dépressions et des idées suicidaires, notamment chez les jeunes. Ainsi, 42 % des femmes qui ont avorté avant l’âge de 25 ans souffrent de dépression. Le taux de suicides est multiplié par 6,5 chez les femmes ayant avorté par rapport à celles ayant accouché. La moitié des femmes mineures qui ont subi un avortement souffre de pensées suicidaires. Les femmes qui ont avorté ont aussi trois fois plus de risques de subir des violences physiques, mentales ou sexuelles que les femmes qui ont mené leur grossesse à terme. L’avortement affecte aussi les hommes : ils sont 40 % à vivre une détresse psychologique forte à cette occasion. Et 22 % des couples se séparent suite à un avortement.
L’avortement médicamenteux pose des problèmes supplémentaires car il est particulièrement éprouvant et douloureux pour les femmes, qui, de plus en plus, avortent chez elles sans assistance. Imaginer ces milliers de jeunes filles qui se tordent de douleur et perdent leur sang en cachette dans les toilettes est abominable. Les saignements peuvent durer une quinzaine de jours. En France, l’avortement médicamenteux peut être entièrement réalisé en téléconsultation. Au-delà, l’avortement a des conséquences pour toute la société, notamment démographiques.
Beaucoup plus d’avortements en France que chez nos voisins
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En moyenne, l’avortement prive la France d’environ 220 000 naissances par an depuis 47 ans, soit plus de 10 millions d’enfants.
La France a beaucoup plus d’avortements que ses voisins, tant en nombre absolu que relatif (c’est-à-dire indépendamment du vieillissement de la population). 223 300 IVG ont été réalisées en France en 2021 contre 99 948 en Allemagne, 88 269 en Espagne et 66 400 en Italie en 2020. En valeurs relatives, selon Eurostat et l’INED, 298 avortements ont été réalisés pour 1000 naissances en France en 2020, contre 129 en Allemagne et 125 en Suisse. C’est plus du double toutes proportions gardées.
En France, ces avortements sont moins compensés par les naissances, car celles-ci diminuent alors que l’IVG reste très élevée. En 2022, la France a connu le solde naturel le plus faible depuis 1946 (+ 56 000) en raison de la baisse des naissances à 723 000 (selon l’INSEE). L’une des conséquences est le vieillissement de la population : la part des plus de 65 ans augmente et atteint 21,3 % de la population en 2022. En 2022, l’indice de fécondité, c’est à dire le nombre moyen d’enfant par femme a encore baissé, pour atteindre de 1,8. Il est globalement inférieur à deux enfants par femme depuis 1975, année de légalisation de l’avortement. C’est l’immigration qui contribue à présent « pour près des trois quarts à la hausse de la population » selon l’INSEE.
Si l’IVG baissait de 50% en France — ce qui est faisable, comme nous allons le voir — l’indice de fécondité repasserait la barre des deux enfants par femme, et cela serait très bénéfique pour la société. Mais ce n’est pas la direction prise actuellement.
L’avortement, subi bien plus que choisi
Toute les mesures visant à aider les femmes et les couples à éviter l’avortement ont été supprimées depuis la loi Veil : le délai de réflexion, la consultation psycho-sociale obligatoire pour les majeures, l’indication systématique des aides disponibles aux femmes enceintes, et même le délit « d’incitation à l’avortement »a été abrogé alors qu’il protège les femmes contre les pressions, graves et fréquentes. Toutes les mesures visant à prévenir l’IVG ont été supprimées, au motif qu’elles constitueraient des obstacles à l’IVG, qu’elles stigmatiseraient les femmes. Pourtant, ce n’est pas le rejet social de l’IVG qui cause la souffrance des femmes, mais l’IVG elle-même : ce sera toujours un acte violent qui met fin à une vie. Il est impossible de « normaliser » l’IVG, même en l’inscrivant dans la constitution, cela ne change rien à la nature de l’acte.
La réalité sociale montre que l’avortement n’est pas une liberté, ni un véritable “droit”. Le plus souvent, l’avortement est subi, et non choisi. En effet, selon l’Institut Guttmacher, 75 % des femmes qui ont eu recours à l’avortement indiquent y avoir été poussées par des contraintes sociales ou économiques.
Il faut dire d’emblée que la principale cause de l’avortement n’est pas tant la grossesse elle-même, que le contexte dans lequel elle se produit. Car la même femme placée dans des circonstances plus favorables n’aurait pas recours à l’avortement. Ce sont ces circonstances, ces contraintes sociales ou économiques qui déterminent la décision d’avorter.
Déterminisme social de l’avortement
Les statistiques démontrent le déterminisme social de l’avortement : plus une femme est pauvre et isolée, plus elle a de risques de subir un avortement et d’en souffrir psychiquement. Les femmes seules ont un risque supérieur de 37 % à celui des femmes en couple de subir un avortement. De même, les femmes faisant partie des 10 % les plus pauvres ont un risque supérieur de 40 % de subir un avortement par rapport aux 10 % les plus riches, à groupe d’âge et situations conjugales identiques (selon la DRESS). La situation est similaire en Angleterre où les femmes qui vivent dans les zones les plus pauvres ont plus de deux fois plus de risque d’avorter que celles qui vivent dans les quartiers riches. Selon le sondage IFOP précité, la moitié des femmes françaises déclare que la « situation matérielle » constitue « l’influence principale qui pousse une femme à recourir à l’IVG ».
Pour ces femmes, pauvres et seules, l’avortement n’est pas une liberté ! D’ailleurs, les personnes les plus modestes sont moins favorables à l’avortement que les plus aisées. Le soutien à l’IVG est aussi plus faible parmi les plus jeunes : 30% des 18 à 24 ans sont contre l’avortement, contre seulement 8% parmi les plus de 65 ans (Fondation Jean Jaurès, 2022). La leçon de ces statistiques, c’est que plus on est exposé à subir un « avortement contraint », moins on y est favorable.
Il est possible de réduire le recours à l’IVG, sans même en restreindre les conditions d’accès
Pourquoi la France, contrairement aux autres pays européens, ne tente pas de réduire le recours à l’IVG ? En France, le recours à l’avortement est parmi les plus élevés d’Europe, et il ne diminue pas, à la différence des autres pays européens. Nous sommes passés de 202 180 en 2001 à 232 000 avortements en 2019 (DRESS). Nous sommes à un maximum jamais atteint. À l’inverse, le recours à l’avortement baisse considérablement chez nos voisins. Depuis 2000, il a été réduit de moitié en Italie (de 135 133 à 66 413), et il est passé de 134 609 à 99 948 en Allemagne (Eurostat). Cette baisse n’est pas due au seul vieillissement de la population car le taux d’avortements par naissance a baissé considérablement, en passant de 150 à 129 avortements pour 1000 naissances en Allemagne, et 195 à 162 avortements pour 1000 naissances en Italie, entre 2013 et 2020. En France, il reste autour de 300 avortements pour 1000 naissances (INED).
En Hongrie, le recours à l’avortement a été divisé par deux entre 2010 et 2021, passant de 40 450 à 21 900 avortements par an. Cela n’est pas dû au vieillissement de la population, car le taux d’avortement par femme en âge de procréer a baissé de plus de 42% sur cette période (passant de 16,9, à 9,8 avortements pour 1000 femmes).
Cette baisse est la preuve qu’une politique de prévention et d’aide aux femmes et aux couples permet, en quelques années, de faire chuter le recours à l’IVG sans même en restreindre ses conditions d’accès légales.
Une politique de prévention serait consensuelle
L’avortement est mauvais pour les femmes, pour les couples, pour les professionnels de santé et pour tout le pays, alors pourquoi le promouvoir quand il est possible de mener une politique de prévention ? D’ailleurs, c’est ce que veulent les Français. Selon le sondage Ifop précité, 73 % des Français estiment que la société devrait aider les femmes à éviter l’IVG. Ce chiffre est en augmentation. Toujours selon l’Ifop, 88 % des Français sont favorables au lancement « d’une campagne de prévention et d’une étude sur l’IVG par les pouvoirs publics ». 84% des sondés sont favorables, par exemple, à ce qu’on indique systématiquement aux femmes enceintes les aides qu’elles peuvent recevoir pour garder et élever leur enfant. Pourquoi est-il interdit en France à un médecin, lors de l’entretien d’information préalable à l’IVG, d’indiquer à une femme les aides qu’elle peut recevoir pour garder son enfant ? Pourquoi ? Aider n’est pas culpabiliser. Il y a beaucoup à faire, les idées ne manquent pas.
La France s’est d’ailleurs engagée à protéger la maternité, avant comme après la naissance. Ainsi, par exemple, en ratifiant le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la France a reconnu qu’une « protection spéciale doit être accordée aux mères pendant une période de temps raisonnable avant et après la naissance des enfants ». La France a aussi reconnu, en ratifiant la Convention sur les droits de l’enfant de 1989, que « l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance ». Plus encore, la France s’est engagée lors de la Conférence du Caire sur la Population et le Développement de 1994, à « réduire le recours à l’avortement » et à « prendre des mesures appropriées pour aider les femmes à éviter l’avortement ». Selon cette déclaration, « tout devrait être fait pour éliminer la nécessité de recourir à l’avortement ».
Un choix ontologique radical
Enfin, il faut souligner pour conclure que la constitutionnalisation de l’IVG revêt aussi une dimension symbolique essentielle, à mon sens, est presque aussi importante que le choix de la laïcité de l’Etat : ce choix marque l’âme du pays. C’est un choix ontologique radical, c’est l’affirmation d’une conception de l’être humain : une conception matérialiste et volontariste, qui affirme la domination de la volonté sur l’être, de la volonté individuelle sur la vie humaine. C’est un choix terrible qui déclare que la destruction de la vie humaine est une liberté humaine. C’est aussi un choix qui nous oblige à croire que l’homme n’a pas d’âme, mais seulement un corps doté d’intelligence.
Une constitution sert à conférer des institutions à un peuple afin qu’il puisse persévérer dans l’existence : le but ultime d’une constitution est de servir la vie du peuple. Placer la liberté avant la vie est un suicide. Certes, l’homme est libre, mais il est d’abord vivant. La vie est un préalable à la liberté. Plutôt que de promouvoir l’avortement tel un droit abstrait, ce qui ne ferait qu’empirer le problème, il serait plus sage et bénéfique pour chacun, et pour la société dans son ensemble, de considérer l’avortement pour ce qu’il est : un problème social grave, qu’il est possible de prévenir. Il suffit de le vouloir.
La Terreur, de l’antichristianisme au laïcisme
L’historien Claude Quétel a été interrogé dans France catholique. Extrait :

Pouvoir et synodalité : le « en même temps » du pape François ?
Que change la réforme du Pape à propos du diocèse de Rome ? Est-elle un modèle pour l’ensemble de l’Église ? Les réponses du Club des Hommes en noir avec cette semaine autour de Philippe Maxence, l’abbé Guelffuci, les pères Viot et Danziec et le docteur Philippe de Labriolle.
Décès de Benoît XVI : L’échec de l’herméneutique de la continuité
De Côme de Prévigny dans Renaissance catholique :
Beaucoup a été dit sur Benoît XVI au cours de ces dernières semaines. Les grands tirages, peu complaisants, ont rappelé qu’il était affublé du titre de « panzercardinal » lorsqu’il était le garant du dogme auprès du pape. Les médias plus conservateurs ont salué l’artisan de la pacification liturgique, celui qui a eu le mérite de publier le Motu Proprio Summorum Pontificum. On oublie peut-être qu’avec sa mort, c’est également une véritable page de l’histoire de l’Église qui se tourne puisqu’avec lui disparaît le dernier grand acteur de Vatican II. Même les six derniers pères conciliaires survivants (quasi-centenaires) sur les deux mille cinq cent ne jouèrent pas le grand rôle qu’il occupa en tant qu’expert. Assistant aux débats, il était le consultant théologique de l’archevêque de Cologne Joseph Frings et il prêta, en de nombreuses occasions, sa plume à ce prélat de premier plan. Avec Joseph Ratzinger meurt aussi le dernier cardinal nommé sous Paul VI, un personnage clef qui a participé aux grandes décisions pontificales au cours du dernier demi-siècle, l’une des éminentes figures de l’Église contemporaine, qui eut pour rôle d’appliquer les décisions des Pères, puis de les interpréter.
Une incontestable évolution
Or une certaine gêne, bien visible dans l’évolution de son habillement, émerge dans ce long parcours qui conduisit Benoît XVI de l’enthousiasme de la réception de l’aggiornamento dans les années 1960 à la maîtrise des excès post-conciliaires dans les années 1990 et 2000. À l’origine, celui qui sortit de l’ombre en devenant le bras droit du très réformiste cardinal Frings aspirait aux changements dans l’Église. Il rédigea notamment une lettre que son maître adressa au cardinal Ottaviani pour critiquer vertement le fonctionnement du Saint-Office ainsi qu’un projet de texte conciliaire sur les sources de la Révélation qu’il élabora avec le père Karl Rahner. Il collabora avec les pères Yves Congar ou Hans Kung au sein de la rédaction de Concilium avant de rejoindre le comité de Communio, deux revues avant-gardistes particulièrement critiques à l’égard de la Curie. Il fut même appelé par le dernier de ces théologiens pour devenir son collaborateur pendant quelques temps à l’Université de Tübingen.
À l’évidence, une rupture intervint dans la vie de Joseph Ratzinger au cours des années 1960 et 1970 et ce n’est pas un hasard si celui qui était présenté comme réformiste fut, par la suite, perçu comme un conservateur. Lui qui était désireux d’ouvrir l’Église au monde s’attacha à limiter les dégâts de cette orientation au point de condamner, au nom de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, certains de ses anciens confrères théologiens. Il confia lui-même dans ses différents ouvrages avoir été chamboulé par la crise de 1968 où bon nombre de ses compagnons de route s’égarèrent dans les méandres de l’hétérodoxie.
Tout le reste de la vie de Benoît XVI a consisté à réparer les dégâts du progressisme le plus radical. Évidemment sa charge de préfet du dicastère attaché à la doctrine, héritier du Saint-Office, l’invitait à mettre en garde contre les errements du temps présent et il n’hésita pas à dénoncer l’esprit du monde qui avait particulièrement investi les rangs catholiques au cours de la deuxième partie du XXe siècle. Ainsi publia-t-il en 1983 une déclaration condamnant la franc-maçonnerie puis, l’année suivante, une instruction mettant en garde contre les déviances dangereuses de la théologie de la libération. En 2000, par la déclaration Dominus Jesus, il rappela qu’il « n’existe qu’un seul Christ, il n’a qu’un seul Corps, une seule Épouse : une seule et unique Église catholique et apostolique », contrecarrant ainsi très directement les ouvertures de la déclaration conciliaire Nostra Aetate.
Un concile dévoyé ?
L’investissement passé de Joseph Ratzinger dans l’œuvre du Concile ainsi que l’autorité qu’avait revêtu Vatican II rendaient certainement impossible toute remise en cause en profondeur de cette assemblée, quelque honnête que fussent les constats du théologien allemand sur les fruits de l’Après-Concile. Aussi, pour concilier le passé et le présent, développa-t-il la thèse d’un concile trahi, dont les intentions auraient été dévoyées, qui n’aurait pas explicitement souhaité les dégâts qui s’en sont suivis et qui aurait été détourné par les médias. C’est la fameuse explication qu’il présenta maintes fois à Rome. Elle ne prenait sans doute pas suffisamment en compte le fait que les réformes de Vatican II ont été appliquées non pas par les journalistes mais, au sein des diocèses, par les évêques qui savaient pertinemment ce qu’ils avaient voté dans l’aula conciliaire.
D’une certaine manière, cette vision n’est pas sans rappeler la thèse libérale qui a prédominé dans l’historiographie de la Révolution française au XIXe siècle, sous la plume de François Auguste Mignet ou d’Adolphe Thiers. Leur idée consistait à dire que la Révolution, bonne à ses débuts, vertueuse dans ses intentions, avait finalement dérapé avec la Terreur, les masses populaires ayant trahi les nobles idéaux des élites bourgeoises. Les écoles républicaine et contre-révolutionnaire contrecarrèrent cette vision en rappelant que la Révolution constituait un bloc dont les conséquences sanguinaires étaient en germe dès l’été 1789. Certes, Vatican II n’a peut-être pas fait couler le sang comme la guillotine l’a versé, mais les larmes ont été assurément essuyées dans le monde entier, et ce n’est pas le cardinal Suenens, éminente figure du Concile, qui renierait l’analogie, lui dont la formule est devenue universellement célèbre : « Le Concile, c’est 1789 dans l’Église ». Aux essais équilibristes de Benoît XVI d’harmoniser les différentes écoles de pensée, il semble cependant que son successeur veuille désormais apporter une réponse assez nette.
Une œuvre de justice incomplète
Au sein de l’œuvre de conciliation, on retrouve par ailleurs, dans la personnalité du pape Ratzinger, un souhait de réparer la condamnation des traditionalistes. Participant lui-même aux pourparlers entre le Saint-Siège et Mgr Lefebvre, il s’attacha, dès le début du pontificat, à lever les condamnations qui pesaient et sur la messe tridentine et sur la Fraternité Saint Pie X, comme s’il avait désapprouvé la lourdeur avec laquelle les interdits étaient tombés, comme si un souci de justice requérait ces réparations. « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste » affirmait-il aux évêques du monde entier. Sur la question liturgique, on peut même dire que c’est le point sur lequel il initia le rétropédalage le plus avancé. Dans la lettre qu’il adressa en 2003 au docteur Barth, il expliquait que la juxtaposition de deux rites ne pouvait être que temporaire et devait, à terme, revenir à la tradition du rite ancien, comme s’il avait constaté, sans le manifester explicitement, les limites de la réforme : « Dans l’avenir, l’Église romaine ne devra avoir qu’un seul rite ; l’existence de deux rites est difficilement “gérable” pour les évêques et les prêtres. Le rite romain de l’avenir devrait être un seul rite, célébré en latin ou en langue populaire, mais basé entièrement dans la tradition du rite ancien ». Pour autant, il reste bien mystérieux que le pontife ne prît jamais la peine de célébrer la messe traditionnelle en tant que pape, ce qui aurait permis de confirmer de telles intentions.
Mais sur les autres sujets sur lesquels le Concile a innové, comme les fins du mariage, la collégialité, la liberté religieuse, l’œcuménisme, Benoît XVI a avalisé les réformes au point de poursuivre le dialogue interreligieux, n’hésitant pas à renouveler la fameuse réunion d’Assise, pourtant jugée comme l’une des expressions les plus contestables du pontificat de son prédécesseur. A propos des principes fondateurs de la catholicité, il a par ailleurs justifié l’abolition des États catholiques, tournant le dos au principe du règne social du Christ sur les sociétés, tel qu’il était entendu depuis quinze siècles. Or c’est pourtant ce même principe des États chrétiens qui a permis, aux origines, de sortir de l’ère des persécutions, d’évangéliser le monde, de bâtir des clochers dans tous les villages établis sous le doux joug de la Chrétienté. Et c’est son abolition qui fait germer un parfum de relativisme marqué par une déchristianisation généralisée des sociétés et une désaffection galopante des églises. En maintenant les principes du Concile, il y a donc fort à craindre que leurs conséquences les plus désastreuses, telles que nous les avons constatées depuis soixante ans, continuent à faire leur œuvre au sein de l’Église.
Quant aux efforts de conciliation, la réponse a été donnée par le pape François lui-même. En demandant à ce que le missel traditionnel soit entièrement abandonné à plus ou moins brève échéance, en convoquant un synode sur la synodalité pour rendre impossible tout retour en arrière, le pontife actuel veut définitivement détruire le principe de l’herméneutique de la continuité qui a échoué le jour où Benoît XVI a renoncé. À la place de rechercher une telle continuité, le pape actuel enracine le phénomène de la rupture, lequel devient perceptible dans tous les domaines de l’Église. Tout ce qui s’enracine dans la tradition est moqué, présenté comme sclérosé, accusé de cléricalisme ou d’immobilisme. Or, tous les changements, tous les bouleversements sont justifiés, non pas au nom de la Tradition de l’Église, synonyme de pérennité, mais au nom de Vatican II, symbole de créativité. C’est cette ère de la tabula rasa, initiée il y a soixante ans qu’il faut interrompre. Il faut désormais prier pour qu’un pape, définitivement affranchi du Concile et des enjeux qui lui sont liés, puisse écrire une nouvelle page de l’Église, en réaffirmant les principes éternels du catholicisme.
Plus de 30 millions d’euros remboursés aux candidats à la présidentielle
La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a publié les décisions relatives aux comptes de campagne de onze candidats à l’élection présidentielle des 10 et 24 avril 2022. Mme Marine LE PEN ayant formé un recours, la décision relative à son compte de campagne sera publiée par le Conseil constitutionnel dès lors qu’il aura statué.
Remboursements du contribuable français auprès des candidats (pour les détails des dépenses et recettes de chaque candidat, cliquez sur les liens) :
- Yannick Jadot : 651 661 euros
- Nicolas Dupont-Aignan : 728 884 euros
- Fabien Roussel : 754 886 euros
- Jean Lassalle : 770 991 euros
- Valérie Pécresse : 785 423 euros
- Nathalie Arthaud : 786 686 euros
- Philippe Poutou : 794 406 euros
- Anne Hidalgo : 800 423 euros
- Jean-Luc Mélenchon : 7 629 786 euros
- Eric Zemmour : 7 804 225 euros
- Emmanuel Macron : 10 463 959 euros
Charlotte Caubel
Vous ne savez pas qui est Charlotte Caubel ? Vous avez tort. Dans Politique Magazine, Philippe Mesnard nous vante l’action de la Secrétaire d’État auprès de la Première ministre, chargée de l’Enfance :
Par exemple, la secrétaire d’État à l’enfance, Charlotte Caubel, est ravie d’accueillir les enfants et les épouses des djihadistes partis guerroyer aux côtés de l’État islamique, c’est-à-dire asservir les populations et massacrer les chrétiens. La France vient ainsi de rapatrier « trente-deux enfants et quinze femmes françaises ». Nous aurons bientôt trois-cents rejetons de djihadistes sur notre sol, ce qui nous vaudra, du moins peut-on l’espérer, de ne plus être condamné par le Comité contre la torture des Nations Unies qui reproche à la France d’être complice des hypothétiques « traitements inhumains ou dégradants » que subiraient en Syrie nos ressortissants, leurs compagnes et leurs enfants, qui étaient partis en vomissant la France. Or donc, Charlotte jubile. Les protocoles sont au point, les familles d’accueil sont évaluées, tout baigne, « nous sommes extrêmement attentifs, mais il s’avère qu’au bout d’un an ou deux on peut obtenir des résultats spectaculaires grâce aux protocoles mis en place et aux centres de psychotrauma. Le dispositif est très riche et balisé. » (Le Monde). Puis, et comme Zemmour n’aurait pas osé espérer que ce soit dit, « quand tout va bien, l’enfant repart sur son territoire d’origine, qui est souvent celui des grands-parents. Nous avons beaucoup appris dans la Seine-Saint-Denis. » D’où étaient partis les djihadistes français, là où ils avaient appris à détester la France et à vénérer l’État islamique. Nous n’avons donc aucun motif de nous inquiéter – sinon de la stigmatisation de ces enfants, nous rappelle Charlotte. […]
Statue de la Sainte-Vierge à la Flotte-en-Ré : le maire prêt saisir le Conseil d’Etat
Le maire de la Flotte-en-Ré dispose d’un délai de six mois pour faire disparaître la statue, installée depuis l’après-guerre, suite à l’arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux. Le maire Jean-Paul Héraudeau souligne
« Le conseil municipal et la population dans son ensemble souhaitent que le maire, qui est le bras armé de la démocratie dans son village, fasse en sorte que cette statue reste ». « On examine s’il serait intéressant d’aller au Conseil d’État. Je considère qu’effectivement, il y a quelque chose qui mérite d’être étudié, c’est que cette statue soit à moitié sur le domaine public et à moitié sur le domaine privé, puisqu’il y a une indivision »
Pour le Vicaire général du diocèse de la Rochelle, le Père Bertrand Monnard, la décision du tribunal est difficile à comprendre :
« Cela suscite des tensions, des divisions… La société aujourd’hui n’a pas besoin de divisions supplémentaires, même si c’est local, mais ça prend aussi une dimension plus large ». « Il y a des enjeux bien plus importants que de s’attaquer à une statue de la vierge Marie sur l’île de Ré, qui avait toute sa place depuis des années. »
Crise démographique : le Japon commence à s’inquiéter
Le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, déclare que le déclin démographique en cours dans le pays constitue un risque urgent pour la société japonaise. Le taux de natalité du Japon – l’un des plus bas du monde – n’est pas viable.
« Le Japon est sur le point de se demander s’il peut continuer à fonctionner en tant que société ».
Kishida, qui a pris ses fonctions en 2021, a déclaré qu’il avait l’intention de lancer une nouvelle agence gouvernementale en avril pour soutenir les enfants et les familles. Il veut que le gouvernement double ses dépenses dans les programmes liés aux enfants.
« Concentrer l’attention sur les politiques concernant les enfants et leur éducation est une question qui ne peut pas attendre et ne peut pas être reportée ».
Le Japon, avec 125 millions d’habitants, a la deuxième plus grande proportion de personnes âgées de 65 ans et plus au monde. Le seul pays ayant une proportion plus élevée de personnes âgées est Monaco. Sans modification démographique à court terme, le Japon comptera environ 90 millions d’habitants en 2050.
M. Kishida s’est prononcé en faveur d’un soutien économique direct aux familles ayant des enfants à charge, du renforcement des services de garde d’enfants et de la réforme des habitudes de travail japonaises afin de permettre aux parents qui travaillent de mieux concilier vie professionnelle et vie privée.
Des propositions spécifiques pour faire face à la crise démographique sont élaborées par un groupe de travail dirigé par le ministre du gouvernement chargé de les mettre en œuvre. Les membres prévoient de présenter des mesures d’ici la fin du mois de mars afin qu’elles puissent être incluses dans le document de politique économique et fiscale qui est publié chaque année en juin.
L’archevêque de Tokyo, Isao Kikuchi, souligne que l’effondrement en cours de la population nationale a déjà affecté négativement tous les secteurs de la société japonaise.
« Le déclin de la population dû au faible taux de natalité et au vieillissement de la population n’est pas seulement un problème pour l’Église, mais un problème pour toute la société japonaise ».
Wokisme : Il n’existerait pas d’identité latine au sein de la civilisation occidentale
Lu ici :
La fille du célèbre Pierre Grimal affirme qu’il n’existe pas d’identité grecque et latine, tout en se félicitant que la culture romaine se soit répandue par la philosophie islamique
France-Inter donnait récemment la parole à Mme Florence Dupont, ENS – professeur à Diderot et agrégée de lettres classiques, au sujet d’un de ses nombreux ouvrages : ‘Rome, la ville sans origine’. Sa thèse est l’absence d’identité latine que représenterait Rome selon ceux qui affirment l’identité grecque et latine de notre civilisation. Je cite :
« Cet usage d’une identité gréco-romaine est intellectuellement faux. Il faut déconstruire les discours identitaires que l’on prête trop souvent à la littérature gréco-antique. »
Pour notre amie, « Enée ne fonde pas Rome », pas plus que Romulus et Rémus sur le mont Palatin. Aurait-elle limité sa visite de la ville éternelle au Trastevere, en omettant le Forum et les représentations de la Louve allaitant ?
Reprenant la thèse de Patrick Boucheron, elle conteste les apports de la civilisation grecque aux Romains. L’apport de l’étranger est sa seule présence et « le fait qu’il ne soit jamais venu à Rome jusqu’à lors », puisque notre auteur déclare tout de go que« l’image du Romain, c’est toujours celui qui vient d’ailleurs et non pas celui qui fait partie de ». On passera sous silence que le Sénat fut réservé aux chefs des plus puissantes familles …romaines (on ose à peine les qualifier ainsi).
Poursuivant sa déconstruction (sic – cf. la présentation de Gallimard, Madame Dupont se contredit dans sa négation de la culture latine puisqu’elle admet que :
« L’Empire romain s’est étendu absolument sur toute la Méditerranée et a servi de transmetteur en apportant toute une tradition des lettres latines (et grecques). »
Mais, poursuit-elle, l’Occident ferait de celle-ci « une exploitation et une réinterprétation à des fins idéologiques. »
Rome n’aurait jamais limité les apports de l’étranger puisqu’elle se voulait universelle, nous explique-t-elle. On cherchera en vain que la bigamie et bien d’autres mœurs moyen-orientales ou africaines aient eu cours dans la botte, mais cette barrière ne fut pas perçue par Mme Dupont. Peut-être vit-elle les soldats romains en Palestine comme de gentils étudiants de la Torah – exit la répression contre les Zélotes, exit Massada, etc. Exit la guerre des Gaules peut-être ? Le simple journal d’un général un peu vantard ? Flavius Joseph ? Idem. Ces gens n’ont pas su percevoir que la conquête des richesses sonantes et trébuchantes étaient à cent lieues de la visée des gouvernants romains.
Cerise sur le gâteau ? F. Dupont poursuit son propos sur l’expansion d’une culture dont on finit par se demander si elle en reconnaît l’existence (tout en niant que celle-ci soit source d’une identité) en exprimant que celle-ci
« s’est transmise au-delà de l’Europe, en Orient, à travers aussi la philosophie islamique. Il n’y a pas d’identité latine et Rome n’est pas une identité. »
On dira Merci France-Inter Et l’on félicitera l’écureuil d’avoir mit le chocolat dans le papier d’alu…
Nul doute que Pierre Grimal (le père de F.Dupont) se retourne dans sa tombe s’il lit les livres de sa fille ! On préférera se reporter aux ‘Textes fondateurs de la culture occidentale. 50 textes majeurs de l’antiquité à nos jours’, un ouvrage collectif dirigé par une autre normalienne agrégée (C.Choupin) qui nous aidera à démêler le vrai du faux, bien davantage que ceux de Mme Dupont.
Cocaïne : l’affaire Emmanuel Pellerin éclabousse l’Elysée
Il fallait s’y attendre… Le député Emmanuel Pellerin, visé en septembre dernier par une enquête en lien avec sa consommation de cocaïne, a été prévenu des investigations en cours, pourtant censées rester secrètes. L’information lui a été transmise par Thierry Solère qui lui aurait dit la tenir du ministère de la justice. Le conseiller politique du président de la République et Éric Dupond-Moretti démentent.
Les liens entre Emmanuel Pellerin et Thierry Solère ne sont pas que personnels. Ils sont également professionnels et politiques. Le premier a un temps été l’avocat du second, poursuivi dans le cadre d’une vaste enquête portant notamment sur des soupçons de détournements de fonds publics. Début 2022, Thierry Solère a ensuite adoubé Emmanuel Pellerin pour qu’il soit investi à sa place par la majorité présidentielle dans sa circonscription des Hauts- de-Seine et prenne ainsi sa succession à l’Assemblée nationale.
Thierry Solère a par ailleurs déjà été mis en cause dans le passé pour avoir été le destinataire, par la Chancellerie, d’informations confidentielles sur une enquête judiciaire en cours. En mai 2017, l’élu avait reçu une note confidentielle, transmise par le ministre de la justice de l’époque, le socialiste Jean-Jacques Urvoas, sur une enquête judiciaire le concernant personnellement. L’ex-ministre a depuis été condamné, en 2019, pour violation du secret professionnel, ce qui lui vaut le statut de premier garde des Sceaux condamné par la Cour de justice de la République (CJR). Thierry Solère, qui a toujours affirmé qu’il n’avait « rien demandé » à Jean-Jacques Urvoas, est, lui, mis en examen pour recel de cette violation.
Le parquet de Nanterre a annoncé avoir ouvert, jeudi 26 janvier, une nouvelle enquête pour usage de produits stupéfiants à l’encontre du député. Le parti Renaissance doit statuer sur le sort d’Emmanuel Pellerin, qui risque l’exclusion, lors du bureau exécutif qui se réunira lundi 30 janvier.
La Commission des lois du Sénat a rejeté la proposition de loi visant à inscrire un « droit à l’avortement » dans la Constitution
La Commission des lois du Sénat a rejeté la proposition de loi visant à inscrire un « droit à l’avortement » dans la Constitution. Le débat et le vote ont eu lieu deux jours après la conférence de l’ECLJ au Sénat, à l’invitation du sénateur Stéphane Ravier. Dans une salle aussi magnifique que pleine, les professeurs Le Pourhiet et Drago ont expliqué les problèmes techniques, juridiques et philosophiques que pose une telle insertion d’un droit de vie et de mort sur un être vivant dans notre Constitution. Mme Trochu et M. Puppinck ont abordé l’aspect politique et social de l’avortement qui est devenu un dogme intouchable dans la vie politique française, alors que c’est une question avant tout sociale et existentielle pour un peuple. L’ensemble des interventions sont à présent disponibles et vous pouvez les regarder en cliquant en allant sur la chaîne YouTube de l’ECLJ.
Il reste donc une dernière étape pour enterrer la proposition de loi : le rejet de cette proposition lors de la séance publique du mercredi 1er février 2023. Comme il s’agit d’une révision constitutionnelle, l’Assemblée nationale n’aura pas le dernier mot. Si le Sénat rejette ce texte, la procédure s’arrêtera là car les deux chambres sont à égalité en matière de révision constitutionnelle. Le texte ne reviendra pas une nouvelle fois à l’Assemblée nationale.
La mauvaise nouvelle est que Les Républicains ont peur d’être étiquetés comme « opposants à l’IVG ». Le consensus dans ce groupe pour rejeter ce texte s’effrite et certains voudraient amender cette proposition pour qu’elle soit « mieux rédigée », en y mettant des « garde-fous ». C’est une grave dérive car on sait comment finissent les garde-fous : ils sont progressivement mais inévitablement abrogés, comme le montrent nos lois bioéthiques. Il faut rejeter toute constitutionnalisation de l’IVG et s’attaquer au problème avec réalisme : l’avortement a principalement des causes sociales et la société se doit de protéger les plus faibles.
Pourquoi ce film dérange ?
VA+ revient sur la polémique autour du film Vaincre ou mourir, la toute première production du Puy du Fou. Pour en parler, le réalisateur Vincent Mottez ainsi que Charlotte d’Ornellas.
Chronique des cinglés
En Ecosse, un homme se faisant passer pour une femme, condamné pour viols, était dans une prison pour femmes. Adam Graham était devenu par la magie de l’idéologie du gender Isla Bryson. Le gouvernement écossais a décidé de ne pas envoyer Isla Bryson dans une prison pour femmes. Cette affaire intervient au moment où Londres bloque une loi votée en Écosse pour faciliter la reconnaissance du changement de genre…
Aux Etats-Unis, les autorités ont commencé à avoir un doute après qu’un homme condamné, se faisant passer pour une femme et donc incarcéré dans une prison pour femmes, ait mis enceinte deux femmes détenues.


