« On a décidé d’attendre que le délai légal d’avortement soit passé pour leur dire »
A une époque où le gouvernement défend la culture mort (euthanasie, avortement, …), on ne peut que saluer le parcours de cette jeune femme qui, courageusement, se bat contre la mucoviscidose et a choisi la vie pour son enfant à naître.
Julie Briant a inspiré le téléfilm « La vie, l’amour, tout de suite » diffusé mardi soir sur M6. L’histoire d’une adolescente atteinte de la mucoviscidose qui va cacher sa grossesse pour la mener à bien.
A 27 ans, Julie Briant vit avec ses deux enfants ainsi que son mari. Devenue maman à seulement 17 ans malgré une maladie qui risquait de l’en empêcher, son parcours de vie et son combat contre la mucoviscidose ont inspiré un téléfilm, « La vie, l’amour, tout de suite ». Extrait d’un entretien :
Vous vous engagez dans des études qui ne vous passionnent pas, mais vous rencontrez Ludovic, votre premier amour, et tombez enceinte quelques mois plus tard, à 16 ans…
Quelque part c’était voulu, même si je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite ! Quand je l’ai appris, je me suis tout de suite demandée comment on allait l’annoncer à nos parents. On savait que leur réaction allait être violente, c’est pour cela qu’on a décidé d’attendre que le délai légal d’avortement soit passé pour leur dire. A cette époque là, j’étais dans le déni de la maladie, pour moi j’étais comme un cobaye sur qui on testait des traitements. Avec du recul, cette grossesse, même si elle n’était pas recommandée, a été une revanche sur la maladie. Pour montrer que même si je suis malade, même si je suis fragile, je peux avoir la même vie que les autres, et accomplir plein de belles choses. […]
Quel message voulez-vous faire passer via ce compte Insta et ce film, qui est en fait l’adaptation de votre livre, sorti en 2020 ?
Qu’il faut avoir de l’espoir. Il y a le Kaftrio qui est arrivé, des solutions sont en train d’être trouvées, il y a des associations qui sont là. Je veux dire aux parents qu’il faut protéger leurs enfants bien sûr, mais qu’il ne faut pas leur mettre trop de barrières non plus. Il faut les laisser profiter. Souvent les médecins me disaient « mais non Julie, tu ne devrais pas faire ça, c’est pas bien… » Mais moi, je ne les ai jamais trop écoutés.
Face au business de la procréation médicalement assistée : Juristes pour l’enfance saisit le Conseil d’Etat
Juristes pour l’enfance demande au Gouvernement de respecter l’engagement pris par la loi de bioéthique de permettre à tous les enfants conçus par PMA avec tiers-donneur, d’accéder à l’identité de celui-ci.
Juristes pour l’enfance a demandé au Gouvernement de prendre le décret ordonnant la destruction des stocks de gamètes recueillis avant la loi de bioéthique de 2021, gamètes couverts par l’anonymat : ce décret est en effet nécessaire à l’application de la loi qui a créé un droit pour les personnes issues de PMA avec tiers donneur d’accéder à l’identité de leur donneur.
Devant l’inaction du Gouvernement, JPE a saisi le Conseil d’État afin qu’il soit enjoint au Gouvernement de prendre ce décret.
En effet, pour préserver le business de la procréation médicalement assistée avec tiers donneur, le Gouvernement ignore la loi et induit sciemment en erreur les futurs parents qui recourent à une PMA avec tiers donneur.
Depuis le 1er septembre 2022, les dispositions de la loi de bioéthique permettant l’accès à l’identité du donneur sont entrées en vigueur : ne peuvent faire un don de gamète que les personnes acceptant que les enfants issus de leur don accèdent, à leur majorité, à leur identité ainsi qu’à un certain nombre de données les concernant.
Le Ministère de la Santé et de la Prévention affirme sur son site que :
« La loi de bioéthique votée en 2021 permet d’apporter des réponses aux personnes nées d’un don de spermatozoïdes, d’ovocytes ou d’embryons et qui se posent des questions sur leurs origines » et que « pour les bénéficiaires d’une assistance médicale à la procréation avec tiers donneurs » : « S’il le souhaite, mon enfant pourra avoir accès à sa majorité à l’identité du tiers donneur et/ou aux données non identifiantes ou aux deux ».
Or, cette information est fausse : un décret du 25 août 2022 a donné l’ordre d’utiliser en priorité, à compter du 1er septembre 2022, les gamètes provenant du stock ancien c’est-à-dire de donneurs n’ayant pas consenti à la transmission de leur identité. A leur majorité, les enfants ainsi conçus se heurteront au même refus de levée de l’anonymat qu’avant l’adoption de la loi de bioéthique.
En outre, ils ne découvriront ce refus qu’à leur majorité puisque le Ministère de la Santé indique faussement à leurs parents que leur enfant aura accès à communication de l’identité du donneur.
Au mois d’octobre 2022, Juristes pour l’enfance a écrit à la Première Ministre et au Ministre de la Santé leur demandant d’adopter le décret prévu par la loi de destruction du stock ancien afin que ne soient plus utilisés que les gamètes collectés selon le nouveau protocole.
Les deux ministères n’ayant pas accédé à cette requête légitime, Juristes pour l’enfance a donc saisi le Conseil d’Etat le 31 janvier 2023 afin que soit respectée la loi.
C’est la clause de conscience des médecins qui est menacée aujourd’hui
Voici la chronique de Paul Sugy sur CNEWS ce matin :
« Ceux qui ont appris à faire éclore la vie entre leurs mains n’ont pas toujours envie d’être en même temps ceux qui l’anéantissent dans le sein maternel »
L’IVG dans la Constitution ? À deux reprises en 2018 et 2020 la clause de conscience a failli être supprimée par des députés et des sénateurs : s’il est un droit fondamental qui est menacé aujourd’hui, c’est plutôt celui-ci. https://t.co/8XqUHfOG5y
— Paul Sugy (@PaulSugy) February 1, 2023
Eglise et pouvoir politique
Ludovic Laloux, professeur des universités en histoire, et Gautier Filardo, chercheur associé au Centre de Recherche de l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale, viennent de diriger un ouvrage collectif sur le thème « Eglise et pouvoir politique » – dont voici la présentation:
Au IVe siècle, par-delà la reconnaissance du christianisme par l’édit de Milan (313), l’empereur Constantin incite vivement l’Église à s’organiser, en commençant par éclaircir les difficultés rencontrées avec Arius, prêtre d’Alexandrie niant la divinité de Jésus. La rédaction du Credo (concile de Nicée en 325) qui en découle illustre des liens qui se tissent entre Église et pouvoir politique. Si avec Clovis, Charlemagne, saint Louis ou encore Louis XIII, des relations étroites se nouent entre Église et pouvoir politique, en revanche, les spoliations, injonctions et interdictions de la République à l’égard de l’Église, jusqu’à l’interdiction de la célébration de messes publiques en mars 2020 en France montrent que les relations s’avèrent également marquées par de vives tensions. Par un ensemble de 20 contributions, cet ouvrage entend proposer mises au point scientifiques et réflexions pour éclairer un sujet qui demeure d’actualité à travers les siècles.
L’UE finance une confrérie nationaliste turque
Avec nos impôts, la Commission européenne, via Erasmus+, a financé un nouveau projet sur l’islamophobie. Cette fois-ci : l’islamophobie sur les réseaux sociaux après la pandémie de Covid-19. Le projet démarre le 6 février prochain à Istanbul. Le responsable du projet est l’association islamo-nationaliste turque Yavuz Sultan Selim, du nom du sultan ottoman Sélim Ier, mort en 1520.
Cette association et son responsable, Abdulhâlık Ustaosmanoğlu, le petit-fils du fondateur de la confrérie islamiste Ismailaga, ont multiplié les déclarations haineuses. Pour ces nostalgiques de l’Empire Ottoman, la civilisation européenne est un “monstre édenté”, composée “d’infidèles”, “ennemis de l’islam et du prophète”… Lorsque la France a été frappée par l’horreur du terrorisme islamiste le 13 novembre 2015 (130 morts, 413 blessés), ce groupuscule islamiste financé par l’UE n’a pas hésité à justifier les attentats en qualifiant la France d’Etat terroriste. Cette ONG n’a eu aucun scrupule à justifier la décapitation de Samuel Paty : la France et l’Europe seraient des “ennemis de l’islam et du prophète” que seule la Turquie pourra remettre à leur place…
Pour la confrérie islamiste Ismailaga, les femmes ne doivent ni étudier, ni travailler, ni sortir dans la rue et se satisfaire d’être “une épouse obéissante à son maître et donner naissance à des soldats pour la nation et le peuple” …ce qui est tout à fait conforme aux 4 devoirs majeurs assignés à la femme par cette communauté : tomber enceinte, accoucher, allaiter et éduquer. C’est donc en toute logique que la communauté Ismailaga a demandé et obtenu d’Erdogan le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes un traité en “guerre contre les valeurs islamiques”… que l’UE souhaite plus que tout ratifier ! Il est vrai que cette convention n’est pas vraiment compatible avec le dernier scandale ignoble qui a éclaboussé cette confrérie islamiste : un de ses membres influent a marié sa fille de 6 ans avec un imam de 29 ans qui a abusé sexuellement d’elle pendant de nombreuses années.
Réforme des retraites : l’âge du départ est un leurre
Le système français des retraites par répartition est plombé par l’évolution démographique du pays. Décaler l’âge de départ ne répondra pas au principal problème de notre système, à savoir qu’il y a de moins en moins d’actifs pour financer la retraite des seniors. Le gouvernement veut donc abaisser le nombre des retraités en décalant l’âge de départ à la retraite, ce qui ne fait que reporter le problème. Ajoutons que la prochaine légalisation de l’euthanasie est certainement vue par les cyniques qui nous gouvernent comme l’autre aspect de la solution (finale) au problème des retraites. Et puis il y a ceux qui s’imaginent que l’immigration viendra combler le déficit démographique et rétablir la balance entre actifs et retraités…
Il y a d’autres aspects du système des retraites qui ne sont pas ou peu abordés. D’une part, le fait que l’Etat en ait fait une mission régalienne, fidèle à l’idéologie jacobine qui veut que l’Etat se mêle de tout. Dans Valeurs Actuelles, Frédéric Paya rappelle que Pierre Mathieu-Bodet, ministre des Finances (1874 à 1875), avait dénoncé le hold-up réalisé par un de ses prédécesseurs qui, pour rétablir les comptes de l’État, avait eu la brillante idée de mettre la main sur les caisses de retraites, alors propres à chaque ministère. Depuis cette époque, les retraites des fonctionnaires n’ont jamais été provisionnées et sont directement servies par le budget de l’État qui leur garantit, aujourd’hui, le versement de 75 % du traitement indiciaire. Cette dette, considérée comme du hors bilan et qui n’apparaît donc pas dans les comptes de la France, s’élève actuellement à 2.770 milliards d’euros ; elle repose intégralement sur les épaules des contribuables. Après avoir volé les biens des nobles, ceux de l’Eglise, il fallait s’attaquer aux biens du contribuable. La République gouverne très mal mais elle sait profiter du bien d’autrui pour pallier ses déficiences…
Les retraites des fonctionnaires coutent annuellement 57 milliards d’euros. La Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) est déficitaire car gérée par un État exposé aux revendications politiques.
L’Agirc-Arrco est équilibrée grâce à la bonne entente des partenaires sociaux et n’a pas besoin de recourir à l’endettement pour servir des retraites.
Un autre sujet concerne le dogme de la répartition. Certains plaident pour y ajouter une pincée de capitalisation. De plus en plus de Français épargnent avec des dispositifs individuels (Préfon, PER…). Des entreprises ont mis en place des plans d’épargne (PER obligatoires ou collectifs). Même la fonction publique s’y est mise avec la Retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), introduite par le gouvernement Fillon en 2003 et opérationnelle depuis le 1er janvier 2005. Dans une de ses études, parue en 2020, Natixis a calculé que si les retraites avaient été gérées par capitalisation,
« un euro de 2019 de cotisation au système de retraite en 1982 en France, correspond aujourd’hui à une richesse de retraite, toujours en euro de 2019, de 1,93 par répartition, et de 21,90 euros par capitalisation, en supposant un investissement moitié en obligations, moitié en actions. » « Le coût d’avoir eu, depuis 40 ans, seulement de la retraite par répartition en France est donc considérable. »
Ce calcul est relativisé par Frédéric Paya :
Lorsqu’on capitalise pour la retraite seuls les premiers versements, ceux du début de carrière, sont placés aussi longtemps. Ceux faits quelques années avant la retraite génèrent moins de plus-values. Une chose semble, en revanche, certaine : la capitalisation serait au global deux à trois fois plus intéressante que la répartition.
Cette proposition de mixer répartition et capitalisation existe déjà, notamment chez les pharmaciens. Pourquoi ne pas l’étendre ?
Pas de sexe « neutre » à l’état-civil
La Cour européenne des droits de l’Homme a conforté la France dans son refus de faire figurer la mention « sexe neutre » sur l’état civil d’une personne biologiquement intersexuée.
Le requérant, un septuagénaire habitant à Strasbourg et parent d’un enfant adopté avec son épouse, se bat depuis plusieurs années pour que la mention « sexe neutre » ou « intersexe » remplace la mention « sexe masculin » sur son acte de naissance. Né en 1951 avec des organes sexuels atrophiés, dépourvu de « gonades » (organes reproducteurs), « testicules ou ovaires », le requérant avait expliqué vouloir simplement « que soit reconnu » ce qu’il est « depuis la naissance« .
Pourtant, malgré cette malformation, cette personne a bien une identité masculine en vertu de ses chromosomes… Le plaignant avait vu sa demande acceptée en août 2015 par un juge des affaires familiales de Tours, sa ville de naissance. Mais la cour d’appel d’Orléans l’avait rejetée en mars 2016, craignant de « reconnaître, sous couvert d’une simple rectification d’état civil, l’existence d’une autre catégorie sexuelle« . La Cour de cassation avait rejeté son pourvoi l’année suivante.
Dans son arrêt publié mardi 31 janvier, la CEDH estime que la France
« n’a pas méconnu son obligation positive de garantir au requérant le respect effectif de sa vie privée ».
« Il s’agit d’une question qui relève d’un choix de société »
La Cour laisse à la France
« le soin de déterminer à quel rythme et jusqu’à quel point il convient de répondre aux demandes des personnes intersexuées ».
L’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Inde ou le Népal ont reconnu un troisième sexe ou genre, encore appelé sexe neutre ou intersexe. L’Allemagne a légalisé en 2018 un « troisième genre » sur les certificats de naissance.
Jean-Frédéric Poisson demande que la France n’envoie pas de chars Leclerc à l’Ukraine
Entretien avec Jean-Frédéric Poisson, président de Via, La Voie du peuple :
Vous venez de lancer une pétition demandant que la France n’envoie pas de chars Leclerc à l’Ukraine. Pourquoi?
Nous avons lancé cette pétition pour deux raisons. D’abord, nous considérons que nos décideurs politiques devraient être entièrement tournés vers une solution de paix, seule condition d’une victoire pérenne. La situation actuelle qui voit se mettre en place une escalade du conflit sans que les peuples n’aient été consultés d’aucune manière est extrêmement préoccupante : le président Zelensky nous demandait hier des canons CAESAR, aujourd’hui des chars lourds et demain des missiles et des avions. Où cela s’arrêtera-t-il ? Ensuite, il est à craindre que cette nouvelle aide à l’Ukraine ne prive nos forces armées de leurs capacités d’action. La France possède à peine plus de 200 chars Leclerc avec un taux de disponibilité de 50%. En livrer une partie réduirait notre capacité à agir, et mettrait en péril notre propre défense déjà particulièrement affaiblie.
Ne pensez-vous que l’envoi d’armes lourdes serait la meilleure façon de terminer rapidement la guerre et donc de restaurer la paix en Europe?
Nous pensons au contraire que l’envoi d’armes lourdes alimente inutilement un conflit qui aurait pu se terminer à la table des négociations depuis plusieurs mois déjà. Plusieurs fois, le président Vladimir Poutine s’est dit prêt à négocier avec l’Ukraine et les forces coalisées qui nourrissent cette guerre. On sait également que les Ukrainiens étaient d’accord avec le principe d’une négociation. Mais la stratégie de Washington a prévalu, et la guerre continue dans l’intérêt des seuls décideurs de Washington. Je déplore que l’Union européenne, ainsi que les chefs d’États européens, se plient servilement à ces désidératas au lieu d’essayer de gagner les conditions de la paix. Quels seront les fruits de cette guerre ? L’installation d’une tension glaciale entre la Russie et l’Europe, et l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN : nous autres Français n’avons besoin ni de la première ni de la seconde.
De part et d’autre, beaucoup de commentateurs mobilisent les années trente et la dernière guerre. Comment appréciez-vous cette comparaison ?
Pour mémoire, cette « dernière guerre » n’est pas tout à fait la dernière, en tous cas pas en Europe. Il faut rappeler en effet que la Turquie occupe illégalement le nord de Chypre depuis près de 50 ans (où sont l’Europe et sa morale ?) et que nous avons bombardé la Serbie dans les années 1990 sous la bannière de l’OTAN et sans mandat de l’ONU ! Ce conflit russo-ukrainien (qui n’est pas une guerre faite au monde, ni même une guerre faite contre l’Europe) est d’abord la faillite de Bruxelles : incapacité à assurer la paix sur le continent, et alignement systématique sur les positions états-uniennes. Le contraire, en somme, de ce qu’a longtemps été la puissance française.
Alors, il est vrai que nous avons laissé dans les années trente Hitler remilitariser l’Allemagne sans réagir, de même que nous avons laissé l’Ukraine fouler aux pieds les accords de Minsk sans rien faire. C’est bien notre lâcheté qui est en cause dans les deux cas. Mais à part ça, les circonstances de 1938 et celles d’aujourd’hui sont infiniment différentes, et rendent caduque toute tentative de comparaison.
Pensez-vous que la France ait encore les moyens politiques et militaires d’une action autonome en faveur de la paix ?
En tout cas, si elle ne les a plus, elle doit impérativement se les donner. Il est vrai que les dernières décennies ont violemment raboté les moyens opérationnels de nos armées et décrédibilisé la France sur le plan diplomatique. Je pense, en revanche, qu’il nous reste un poids international indéniable : la France demeure une puissance moyenne d’influence mondiale. Elle a parfaitement les moyens, au nom de l’histoire, de notre propre culture, de faire entendre une voix différente – différente, mais probablement majoritaire aujourd’hui sur la planète. La France alors fidèle à sa propre tradition non seulement ne s’isole pas, mais parle au nom de ceux qui ont perdu la voix ou ne l’ont pas encore acquise. C’est précisément en étant non-alignée qu’elle regagnera son influence perdue.
« L’islam peut-il être tolérant ? ». Le courage de Me Malka n’est pas le gage d’une complète clairvoyance
Le FigaroVox a proposé le 20 janvier un entretien avec Maître Richard Malka (avocat, entre autres, de Charlie Hebdo) et M. Rémi Brague, philosophe et érudit en langues et religions moyen-orientales. Le sujet ? « L’islam peut-il être tolérant ? ».
On ne peut douter du courage de M.Malka. A la question du FigaroVox
« vous citez dans votre livre Voltaire qui qualifie le christianisme de “religion la plus ridicule, la plus absurde, la plus sanguinaire qui ait jamais infecté le monde”. Est-ce qu’on pourrait dire ça de l’islam aujourd’hui ? »,
M.Malka répond :
« Ce serait très difficile d’avoir de tels mots dans le débat public aujourd’hui, mais c’est parfaitement licite. Personnellement, je n’ai aucun problème à ce que l’on tienne ces propos. Encore une fois, la critique des croyances est libre ».
Mais il reste, de façon intéressante, que cet entretien met clairement à jour les présupposés (on pourrait dire aussi bien les préjugés ou les idées-reçues) de M.Malka quant à la nature de l’islam et qui tous concourent étrangement à présenter l’islam sous un jour naïvement aimable.
Premier présupposé : l’islamisme, cépaçalislam. Me Malka :
« L’islamisme est le cancer de l’islam. Il faut dire les choses telles qu’elles sont. Depuis les débuts de l’islam, il y a toujours eu deux visions qui se sont affrontées. Il y a une vision plaçant la liberté de l’homme et la raison au centre de la religion, c’est l’islam des premiers siècles, du savoir, de la connaissance, des grands philosophes, pendant que l’Occident était, lui, dans l’obscurantisme. Mais il y a aussi un islam littéraliste, qui refuse l’interprétation des textes et pense que le Coran est incréé, qu’il s’agit des paroles de Dieu lui-même et non de son Prophète et dans ce cas, c’est une parole figée à tout jamais. C’est un islam de la soumission, de l’obéissance, du refus de la raison ».
Deuxième présupposé : on trouve toujours une secte [mot utilisé par les musulmans eux-mêmes] pour justifier de la bonté potentielle de l’islam. Dans le cas de Me Malka, ce sont les mutazilites :
« Vous mettez le doigt sur une controverse fondamentale, entre ceux qui considèrent que le Coran est immuable et ceux qui se laissent une marge d’interprétation. Les hanbalites, qui ont enfanté des wahhabites et des salafistes, avaient une conception figée des écritures saintes, alors que la première école de l’islam, les mutazilites, refusait de considérer le Coran comme incréé, puisque passé par la médiation d’un homme, Mahomet. Nous ne sommes jamais sortis de cette discorde initiale ».
Troisième présupposé : « le texte du Coran ne pose pas de problème » [sic] :
« Une religion n’est que ce qu’en font les hommes. Je ne crois pas du tout que ce soit le texte du Coran qui pose problème plus qu’un autre. »
Quatrième présupposé : à tout prendre, le christianisme, c’est à peine mieux que l’islam :
« Si l’on prend le christianisme, c’est une religion beaucoup plus pacifique que les deux autres monothéismes ; la Bible est un texte de paix et d’amour. Sauf que ça a quand même donné l’Inquisition, les guerres de Religion, l’évangélisation forcée… en partant d’un texte pacifique ».
Cinquième présupposé : il y a toujours quelque chose de bon à trouver dans le Coran :
« Concernant le Jihad comme obligation, il faut bien rappeler que le Coran dit tout et son contraire, et assume ces contradictions. Certes, il y a le verset de l’épée, mais il est aussi écrit “Il n’y a nulle contrainte en religion” et “Si Dieu avait voulu que tout le monde croie, tout le monde aurait cru, qui es-tu, toi, pour contraindre les gens à croire?”. Il y a donc deux corans, un coran plus pacifique, celui de la Mecque, et un plus belliqueux, celui de Médine. Ce sont les hommes qui sont à l’origine de ces contradictions. Et les musulmans peuvent se référer à une partie comme à l’autre. »
Sixième présupposé : il y a une possibilité d’un islam des lumières (dans son Traité sur l’intolérance, Me Malka oppose un islam des lumières et un islam des ténèbres). Me Malka :
« C’est un espoir et il ne faut jamais abandonner l’espoir… Des millions de musulmans ne se sentent pas représentés dans cet islam littéraliste, rigoriste, des Frères musulmans ou des salafistes. On peut espérer, en France, pays universaliste et républicain, une petite étincelle qui réinventerait l’islam. Il suffit de choisir une autre lecture du Coran, comme beaucoup le font déjà ».
Reprenons chacun de ces présupposés à la lumière en particulier des précisions apportées par M.Brague :
- l’islamisme, cépaçalislam. M.Brague répond :
« Je dois avouer un certain agacement lorsque l’on me dit «il n’y a pas un quelque chose, mais des quelque chose», c’est une manière de botter en touche et de se permettre un choix là où les choses sont bien plus compliquées. Si l’on parle des philosophes, c’est quand même Averroès qui a écrit «il faut tuer les hérétiques», et pas dans une œuvre juridique mais philosophique. Ibn Arabi semble partager dans ses écrits la vision édulcorée de l’islam que Richard Malka décrit, mais lorsqu’il est consulté en tant que juriste, il insiste pour que l’on applique de manière très stricte des règles qui ont explicitement pour but de maintenir les communautés non musulmanes vivant en territoire musulman dans une sorte d’humiliation permanente. Il n’y a donc pas deux conceptions hétérogènes… La différence est assez difficile à tracer entre islam et islamisme, c’est une différence de degré plutôt que de nature. L’islamisme est un islam impatient, et l’islam un islamisme patient. Mais je me demande si le but dernier ne serait pas le même pour les deux».
- On trouve toujours une secte pour justifier de la bonté potentielle de l’islam. Il faut reconnaître qu’en général, ce rôle de « good cop» (le flic sympa) est joué par les soufis, [vision également recadrée par l’islamologue Mme Urvoy :
«la douceur du soufisme, souvent présenté comme « l’antidote à l’islamisme et comme le visage spirituel et tolérant de l’islam, où chacun peut se tailler un islam à sa mesure et qui pourtant tel qu’il a toujours été pratiqué, s’accorde parfaitement avec les préceptes coraniques qui prescrivent à la Umma, soufis y compris, de soumettre et d’inférioriser les non-croyants » (Marie-Thérèse Urvoy , Islam et islamisme. Frères ennemis ou frères siamois, Artège 2021 p.134)?]. Ici M.Brague pulvérise aussi la vision idyllique qu’a Me Malka des mutazilites : « Il faut préciser que les mutazilites n’étaient pas non plus des enfants de chœur, ils étaient partisans de la liberté métaphysique pour que l’homme puisse être récompensé et condamné justement. Mais ils n’hésitaient pas à envoyer leurs adversaires devant les CCS, les compagnies califales de sécurité. »
- « Le texte du Coran ne pose pas de problème». M.Brague répond à M. Malka :
« Vous dites que le Coran assume lui-même ses contradictions, pourtant on lit à la sourate 4 verset 84: «S’il y avait des contradictions dans le Coran, cela prouverait qu’il ne vient pas de Dieu» Deuxièmement, pour répondre aux contradictions du Coran, on peut appliquer la théorie de l’abrogation qui donne l’avantage au verset révélé le plus tard. Donc l’existence de ces ambivalences ne pose aucun problème aux musulmans, il suffit d’appliquer ce principe. Il y a un verset qui dit «ce n’est pas bien de boire, ne venez pas ivre à la prière», un deuxième affirme «vous devriez ne pas boire», et enfin un troisième proclame «il est interdit de boire». Et c’est le dernier verset qui fait force de loi, les musulmans ne boivent pas d’alcool. »
- A tout prendre, le christianisme, c’est à peine mieux que l’islam. M.Brague répond :
« On peut aisément montrer que l’inquisiteur Torquemada a trahi l’Évangile, mais bien moins facilement que Daechtrahit le Coran. Et il faut voir la difficulté qu’ont eue les gens d’al-Azhar [université au Caire, l’un des centres sunnites majeurs] à émettre une condamnation envers les djihadistes, parce que Daech leur disait «lisez la biographie du Prophète, c’est exactement ce que nous faisons». On peut citer l’exemple du malheureux pilote jordanien qui a été brûlé vif par Daech, et là il y a eu une discussion avec les gens d’al-Azhar qui ont dit «non, il fallait juste lui couper une main et un pied, seul Dieu brûle les pécheurs en enfer». Daech a donc répondu qu’un compagnon du Prophète avait brûlé vif ses adversaires, et que ça ne pouvait donc pas être entièrement mauvais. Au contraire, il est bien plus difficile de justifier les croisades par l’Évangile. De plus, les croisades sont un fait historique daté, alors que le djihad est une obligation permanente, qui n’est pas située dans le temps et peut prendre différentes formes, pacifiques ou non. C’est une obligation qui est censée venir de Dieu, car le Coran, pour les musulmans, a pour auteur Dieu. »
- Il y a toujours quelque chose de bon à trouver dans le Coran. Là, c’est vrai. Dans les plus de 6000 versets du Coran, il faut reconnaître que la très large majorité ne sont pas des appels à la violence ni au meurtre ; et que certains peuvent même, pour ceux qui y seraient sensibles, avoir une certaine poésie. Mais le problème vient bien des versets ceux qui sont des appels à la violence voire au meurtre. Et c’est un phénomène étrange de constater comme ceux-ci sont facilement escamotés, alors qu’ils viennent concrètement et directement contaminer tout le reste. Un peu comme si, quand vous achetez un plateau de fruits au marché et qu’on vous en propose un avec des fruits sains et des fruits pourris, non seulement vous ne vous préoccupiez pas des fruits pourris mais bien plus vous vous sentiez obligé de vous extasier devant la beauté des fruits sains. Ou bien comme, au moment de signer un contrat, vous ne regardiez que les clauses favorables en fermant obstinément les yeux sur la petite clause en bas de page qui, à coup sûr, vous expose au sort le plus grave. A-t-on jamais vu faire ça ?
- Il y a une possibilité d’un islam des lumières. Là, ce n’est même plus un préjugé, c’est un acte de foi total et irrationnel. Car, comme l’indique Me Malka lui-même :
« Mais l’évolution actuelle de l’islam est assez négative, du fait de l’influence du wahhabisme. L’Arabie saoudite et le Qatar financent beaucoup de mosquées et d’associations à travers le monde, avec une volonté d’interférer dans ces pays. On a, malgré tout, vu un basculement ces derniers mois en Iran, et on peut espérer que la première lueur d’espoir viendra de là. Cependant, on ne peut nier un raidissement de l’islam partout dans le monde depuis cinquante ans. »
Comme le remarque Me Malka, qui a l’argent ?
Reste une différence d’appréciation que nous avons avec M.Brague quant aux responsabilités des musulmans eux-mêmes face aux textes sacrés. M.Brague dit :
«On a tous les droits pour critiquer les religions et idéologies, mais pas les communautés à raison de leur religion… Quant à la situation actuelle, il y a effectivement quantité de musulmans qui regardent leur propre islam avec des yeux qui ne sont pas ceux de Chimène, et qui n’hésitent pas à critiquer les dérives radicales. Seulement, il faudrait que des non-musulmans les soutiennent au lieu de se taire par crainte d’être traité d’islamophobe. La balle est dans notre camp ».
C’est André Versaille qui, dans son livre Les Musulmans ne sont pas des bébés phoques remarquait :
« Edwy Plenel [ à l’occasion de la sortie en 2016 de son livre « Pour les musulmans »] parle des musulmans comme d’une masse compacte composée de victimes indistinctes qu’il est urgent de protéger comme une espèce zoologique menacée. On a le sentiment d’entendre Brigitte Bardot parler des bébés phoques… »
Et peut-être plus clairement encore, au moment du procès des complices des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher ainsi que de l’affaire Mila, Aurélien Marq osait (dans Causeur le 16 septembre 2020) poser la question de la responsabilité du musulman face au contenu de sa religion, en partant du principe qu’
« il y a dans cette volonté de déresponsabilisation des musulmans un terrible mépris. Comme s’ils étaient ontologiquement incapables d’exercer leur liberté de conscience, incapables de choisir une religion, seulement bons à se plier passivement à celle qu’ils ont héritée de leurs parents… Les musulmans ne seraient-ils pas responsables du choix de leur religion ?… Être musulman, choisir d’être musulman, c’est donc choisir consciemment d’adhérer à la seule religion au monde au nom de laquelle l’apostasie [et M.Marq aurait pu également parler du sort de tous les « corrupteurs », voir sourate 5 verset 33], l’athéisme, le blasphème et l’homosexualité soient légalement punis de mort. Être musulman en France, c’est choisir en toute connaissance de cause d’adhérer à la seule religion au nom de laquelle une de nos concitoyennes est soumise à des dizaines de milliers de menaces de viol et de mort. Interroger ce choix, critiquer ce choix et critiquer ceux qui le font ne doivent pas être des tabous. »
M.Marq en appelle donc aux musulmans :
« Faire aujourd’hui le choix de l’islam oblige au minimum à lutter contre tout ce qui dans cette religion en fait un danger pour le reste du monde: poison de la tentation théocratique et totalitaire, mais aussi poison plus insidieux de cette autre tentation que sont la fuite et le déni. Le “cépaçalislam” qui, mêlé à une forme de solidarité clanique, permet si facilement aux fanatiques de s’abriter au sein de l’Oumma. Dans la situation actuelle, le silence de la majorité silencieuse est un silence complice, et ce n’est plus acceptable. »
La balle semble bien être d’abord dans leur camp.
La théologie politique de Benoît XVI
La Nef consacre son numéro du mois de février au défunt pape Benoît XVI. Parmi les nombreux contributeurs, Mgr Matthieu Rougé, évêque du diocèse de Nanterre, évoque les réflexions de Joseph Ratzinger sur les fondements éthiques de la politique. Extrait :
[…] Joseph Ratzinger n’avait pas une conception maximaliste de la politique : « la politique n’instaure pas le Royaume de Dieu, mais elle doit sûrement se préoccuper d’assurer un règne de l’homme qui soit juste ». Il met en garde contre l’intrusion indiscrète du religieux dans le champ politique : « un messianisme eschatologico-révolutionnaire enthousiaste est absolument étranger au Nouveau Testament ». Il souligne surtout que « la politique est le lieu de la raison », une raison qui n’est pas seulement capacité technique mais aussi faculté éthique, d’autant plus ajustée qu’elle se laisse purifier et éclairer par la foi, en amont du champ de ses décisions.
On se rappelle que le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi publia en 2002 une « note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique » que beaucoup ont reçue comme particulièrement stimulante. Le futur pape y mentionnait des « exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer », et y soulignait la légitimité de l’implication des catholiques dans le débat et la responsabilité démocratiques : « La promotion en conscience du bien commun de la société politique n’a rien à voir avec le “confessionnalisme” ou l’intolérance religieuse. » Défendre des positions politiques que la foi a aidé la raison à discerner ne porte pas atteinte à une juste laïcité.
En janvier 2004, à peine plus d’un an avant son élection au Siège de Pierre, le « professeur » Ratzinger a mené un débat mémorable, devant l’Académie catholique de Bavière, avec le grand philosophe agnostique Jürgen Habermas. Celui-ci avait conclu son intervention par une forte déclaration que beaucoup pourraient méditer aujourd’hui:
« La neutralité du pouvoir d’État quant aux conceptions du monde, qui garantit des libertés éthiques pour chaque citoyen, est incompatible avec l’universalisation politique d’une vision du monde sécularisée. Des citoyens sécularisés, quand ils assument leur rôle de citoyens, n’ont le droit ni de dénier à des images religieuses du monde un potentiel de vérité présent en elles ni de contester à leurs concitoyens croyants le droit d’apporter, dans un langage religieux, leur contribution aux débats publics ».
La réponse du préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi au maître de « l’éthique de la discussion » porte un titre programmatique de l’ensemble de ses contributions dans le champ politique: « Ce qui tient le monde ensemble. Les fondements moraux pré politiques d’une société libérale ». Il conclut son intervention, en défendant, d’accord avec Jürgen Habermas, « une forme nécessaire de corrélation entre raison et foi, raison et religion, appelées à une purification et une régénération mutuelles ». Si cette complémentarité est prise au sérieux,
« pourra naître un processus où en fin de compte les valeurs et les normes, connues ou intuitionnés d’une manière ou d’une autre par tous les hommes, gagneront une nouvelle force de rayonnement; ce qui maintient ensemble le monde retrouvera de la sorte une vigueur nouvelle ».
Une fois devenu pape, Benoît XVI a poursuivi sa réflexion d’enseignant et de chercheur au gré des circonstances et des auditoires. À Westminster, le père de tous les parlements, il s’est inter- rogé sur les « fondements éthiques du discours civil »:
« Si les principes moraux qui sont sous-jacents au processus démocratique ne sont eux-mêmes déterminés par rien de plus solide qu’un consensus social, alors la fragilité du processus ne devient que trop évidente – là est le véritable défi pour la démocratie. »
Au Reichstag à Berlin, lieu emblématique du triomphe de la démocratie sur les totalitarismes nazi et communiste, le pape a repris ce questionnement avec gravité:
« Là où la domination exclusive de la raison positiviste est en vigueur, les sources classiques de connaissance de l’ethos et du droit sont mises hors-jeu. C’est une situation dramatique qui nous intéresse tous et sur laquelle une discussion publique est nécessaire. »
Dans son œuvre proprement magistérielle, le successeur de Jean-Paul II est revenu à plusieurs reprises sur la question politique. Vers la fin de son exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis, il insiste sur le thème de la « cohérence eucharistique » :
« Le culte agréable à Dieu n’est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales […]. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s’impose avec une exigence particulière pour ceux qui […] doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d’éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables » (Sacramentum Caritatis 83).
On a beaucoup glosé sur ces valeurs « non négociables », soit pour les déclarer illégitimes dans le champ de la pure négociation que constituerait l’espace politique, soit en les isolant du « bien commun sous toutes ses formes » mentionné par Benoît XVI après le respect de la vie, de la famille et de la liberté éducative. On en a parfois fait l’alpha et l’oméga de son Magistère social, en négligeant, par exemple, les insistances caritatives de l’encyclique Dieu est amour ou écologiques de L’amour dans la vérité. La juste dialectique de la raison et de la foi devrait pourtant dissuader de transformer un thème particulier, même décisif, en idéologie, tout en conduisant à expliciter les fondements nécessaires de la vie en société, d’autant mieux honorés qu’ils sont situés rationnellement dans l’ensemble des questions confiées au discernement politique. […]
Loi pro-mort au Minnesota
Les sénateurs du Minnesota ont adopté de justesse, par 34 voix contre 33, un texte de loi qui supprime toute restriction sur l’avortement : on peut tuer le fœtus jusqu’à la naissance, y compris par démembrement, pour n’importe quelle raison ou sans raison.
Le texte avait été voté par les députés par 69 voix contre 65. Il devrait être signé par le gouverneur Tim Walz, qui a un score de 100% dans le classement du Planning familial.
Bientôt une loi pour légaliser l’infanticide ?
Avortement : la proposition de révision constitutionnelle menace la liberté de conscience
Plusieurs juristes, dont Guillaume Drago et Gregor Puppinck, alertent dans Le Figaro sur les conséquences de l’éventuelle introduction du droit à l’avortement dans la Constitution. Extraits :
Le 1er février, le Sénat se prononcera sur la proposition d’introduire le «droit à l’IVG» dans la Constitution en ajoutant un nouvel article 66-2 ainsi rédigé : «La loi garantit l’effectivité et l’égal accès au droit à l’interruption volontaire de grossesse». Si cette proposition, en elle-même, ne va pas modifier les conditions d’accès à l’interruption volontaire de grossesse, elle a cependant pour effet direct de menacer la liberté de conscience du personnel médical et de restreindre la liberté d’expression. Les sénateurs doivent être avertis de cette menace bien réelle.
À deux reprises déjà, en 2018 et 2020, des députés et sénateurs écologistes et socialistes ont entrepris de supprimer la clause de conscience à l’IVG. D’après l’exposé des motifs de la proposition de loi de 2020, il s’agissait pour eux, en la faisant disparaître «de pallier la stigmatisation [des femmes] et les difficultés d’accès à l’IVG engendrées par cette […] clause de conscience». Ces tentatives se sont heurtées à l’opposition des syndicats de gynécologues et obstétriciens, ainsi que celle du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), qui a estimé, dans son avis du 8 décembre 2020, que «la clause de conscience spécifique souligne la singularité de l’acte médical que représente l’IVG» et devrait être maintenue, tant pour des raisons éthiques que pratiques. Ces deux tentatives furent ainsi repoussées par le législateur.
Cette fois, c’est d’une façon indirecte et beaucoup plus discrète, mais tout aussi dangereuse, que la proposition de révision constitutionnelle menace la liberté de conscience. En effet, en engageant l’État à garantir «l’effectivité» de l’accès à l’IVG, elle fait obligation au législateur et à l’administration de supprimer les obstacles faisant entrave à l’IVG. Or, l’objection de conscience est présentée, par les promoteurs de l’avortement, comme le principal de ces obstacles en France.
Une fois reconnu le droit constitutionnel à l’accès effectif à l’IVG, que deviendrait la clause de conscience qui n’a qu’une valeur légale ? Il deviendrait possible de justifier sa suppression au nom de l’objectif constitutionnel d’effectivité de l’accès à l’avortement. Cela pourrait être réalisé par le Parlement, par l’abrogation de la clause, ou par une question prioritaire de constitutionnalité adressée au Conseil constitutionnel à l’occasion d’une affaire introduite contre un médecin objecteur. […]
Catholique « pratiquant »
Quand on lit l’expression « catholique pratiquant » dans la presse, on ne sait jamais vraiment à quoi cela correspond. Déjà, un catholique non-pratiquant, à moins d’être un catholique enfermé dans une geôle chinoise, c’est certainement un oxymore (imaginez un nudiste non-pratiquant…). Bien souvent, le « catholique pratiquant » de notre presse nationale désigne le chrétien qui va de temps en temps à la messe, disons une fois par mois, voir moins.
Les chercheurs du Center for Applied Research in the Apostolate (CARA) – Centre de recherche appliquée sur l’apostolat – de l’université de Georgetown à Washington, ont récemment publié une étude sur la pratique dominicale au sein de l’Eglise catholique dans le monde. Les universitaires ont utilisé les données du World Values Survey (WVS), une étude internationale sur la croyance religieuse menée depuis des décennies, pour examiner 36 pays à forte population catholique. Ils ont classé ces pays selon le pourcentage de catholiques déclarant assister à la messe chaque semaine ou plus, à l’exclusion des mariages, des funérailles et des baptêmes. Voici les résultats :
Au-dessus de 50 %
- Nigeria : 94 % des catholiques du pays disent assister à la messe au moins une fois par semaine.
- Kenya : 73 %,
- Liban : 69 %
- Philippines : 56 %,
- Colombie : 54 %,
- Pologne : 52 %
- Equateur : 50 %
Entre 25 et 50 %
- Bosnie : 48 %
- Mexique : 47 %
- Nicaragua : 45 %
- Bolivie : 42 %
- Slovaquie : 40 %
- Italie : 34 %
- Pérou : 33 %
- Venezuela : 30 %
- Albanie : 29 %
- Espagne : 27 %
- Croatie : 27%
- Nouvelle-Zélande : 25%
- Royaume-Uni : 25 %
Au-dessous de 25 %
- Hongrie : 24%
- Slovénie : 24 %
- Uruguay : 23 %,
- Australie : 21%
- Argentine : 21 %
- Portugal : 20%
- Tchéquie : 20 %
- Autriche : 17 %
- Etats-Unis : 17%
- Lituanie : 16 %,
- Allemagne : 14%
- Canada : 14 %,
- Lettonie : 11%
- Suisse : 11 %,
- Brésil : 8%
- France : 8 %
- Pays-Bas : 7 %
En France, plus 70 % de catholiques se considèrent « religieux », pour 8% qui assistent effectivement à la messe dominicale. Les deux seuls pays où la corrélation est vraie sont le Nigéria et le Liban.
Tout augmente, même les crimes et délits
La quasi-totalité des crimes et délits ont augmenté en 2022, selon le bilan du service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI) :
- Les violences intrafamiliales (+17%)
- les violences sexuelles sexuelles (+11%)
- les coups et blessures volontaires hors du cadre familial (+14%)
- les escroqueries (+8%)
- Les homicides (948, soit 69 victimes de plus qu’en 2021)
- Les cambriolages de logements (+11%)
- les vols de véhicules (+9%)
- Le nombre de mis en cause pour usage de stupéfiants (+13%, après +38% en 2021)
- Le nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants est également en hausse (+4%, après +13% en 2021).
- seuls les vols violents sans arme sont en baisse (-4%)

La présidente de l’Assemblée nationale met la pression pour l’euthanasie
La présidente de l’Assemblée nationale Mme Braun-Pivet, qui avait voté en faveur de la proposition de loi sur l’euthanasie lors de la précédente mandature, a fait le vœu qu’une loi sur l’euthanasie voie le jour en 2023. Elle a fait sa déclaration devant la presse, alors que le sujet d’actualité concerne les retraites. Les retraités auront donc le choix entre travailler plus longtemps ou choisir le suicide…
La Convention citoyenne planche sur le sujet depuis le 9 décembre et jusqu’au 19 mars.
Une mission d’évaluation de la loi Claeys-Leonetti, autorisant la sédation profonde et continue jusqu’au décès, présidée par le député (Démocrate pro-euthanasie) de Charente-Maritime Olivier Falorni devait rendre ses travaux le 26 janvier.
Mme Braun-Pivet a déclaré :
« Nous regarderons très attentivement leurs travaux », et après, « ce sera au gouvernement de décider s’il souhaite présenter un projet de loi et quand ».
Dans le cas contraire, une proposition de loi pourrait être déposée.
« J’espère que nous pourrons aboutir ».
Face tu meurs, pile tu crèves.
Pour voir Louis de Funès, il fallait aller à la messe
A l’occasion des 40 ans du décès de Louis de Funès, Ouest-France lui rend hommage :

Lorsqu’il était au Cellier, entre deux tournages éprouvants, Louis de Funès recherchait calme, paix et repos dans sa vaste propriété du château de Clermont. « Il y avait toutefois un jour où les curieux étaient sûrs de l’apercevoir : le dimanche à l’heure de la messe. Comme de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises ! » Voici ce qu’écrivait l’un de nos confrères journaliste à Ouest-France au lendemain de la mort de l’acteur, il y a quarante ans.
« Louis de Funès avait une foi profonde et vivante, confirmait l’abbé Émile Maurice, curé du Cellier jusqu’en 1984 et interrogé le 28 janvier 1983. Jésus était pour lui la source de son enthousiasme et de sa jeunesse. Il participait aux processions du 15 août et de la Fête-Dieu. Si la France perd un grand artiste, moi je perds un paroissien fidèle et un ami. »
[…] Exemple avec ce témoignage d’Olivier de Funès dans le livre Ne parlez pas trop de moi les enfants ! paru en 2005 aux éditions Cherche midi : « En rentrant, nous passions par le côté ouest du parc (du château de Clermont, N.D.L.R.) pour nous arrêter devant la statue de la Vierge, qui veillait depuis un siècle au creux de son rocher. Mon père la regardait avec l’humilité d’un premier communiant… »
« Louis de Funès était croyant depuis son enfance, reprend Aloïs Robinard. Sa mère désirait même qu’il devienne curé ! Heureusement, il a fait un autre choix. Sinon, le comédien qu’il a été n’aurait pas existé. »
Visite du pape au Soudan du Sud : une clarification face à l’homosexualisme ?
Le pape François effectue un voyage apostolique en République Démocratique du Congo et au Soudan du Sud du 31 janvier au 5 février. Or, les propos qu’il a tenu le 24 janvier dans la presse ne passent pas au Soudan du Sud. Dans cet entretien, le Pape a déclaré que « l’homosexualité n’est pas un crime » et qu’il est donc « injuste » que « plus de 50 pays » la condamnent et la punissent, parmi lesquels « dix ou douze, plus ou moins », carrément par la peine de mort. Et donc, les évêques de ces pays doivent réagir contre ces lois et la culture qui les produit. Le fait que le pape déclare que les « actes homosexuels » sont un péché avait choqué le P. James Martin, qui a demandé à François de clarifier son propos. François a répondu par courrier, dans lequel il répète que « la criminalisation n’est ni bonne ni juste », et que lorsqu’il parle de péché il se « réfère simplement à l’enseignement moral catholique, qui dit que tout acte sexuel en dehors du mariage est un péché », étant entendu que l’on doit « toujours considérer les circonstances, qui peuvent diminuer ou éliminer une faute ». Et il insiste :
« J’aurais dû dire : »c’est un péché, comme tout acte sexuel en dehors du mariage ».»
C’est terriblement ambigu, car les actes sexuels contre nature ne sont pas « comme tout acte sexuel en dehors du mariage ». C’est très clair dans la Bible, très explicite dans saint Paul, et ce l’est pour quiconque n’a pas encore sombré dans l’idéologie de la perversion contemporaine.
Au Soudan du Sud, l’homosexualité constitue un délit punissable jusqu’à 14 ans de prison. Vendredi 27 janvier, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion de cabinet présidée par le président Salva Kiir, le ministre de l’information Michael Makuei Lueth a déclaré :
« Si lui, le Pape, vient ici nous dire que le mariage entre personnes de même sexe, l’homosexualité est légale, nous dirons non ».
« Dieu ne s’est pas trompé ». « Il a créé l’homme et la femme et leur a dit de se marier l’un à l’autre et de peupler la terre. Deux partenaires du même sexe peuvent-il faire naître quoi que ce soit ? Notre constitution est très claire et dit que le mariage est pour les personnes de sexes différents et que chaque mariage homosexuel est un crime, c’est un crime constitutionnel ».
Lors de la visite du président Salva Kiir et du vice-président Riek Lachar au Vatican en avril 2019, pour une retraite spirituelle, le Pape s’était incliné jusqu’à leur baiser les pieds à tous deux. Ces deux représentants, appartenant à des tribus rivales, étaient en guerre et la guerre s’était poursuivi les années suivantes.
Sur l’homosexualité, l’Église anglicane est fortement divisée : au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, ceux qui veulent faire tomber tous les tabous et bénir à l’église les mariages entre personnes de même sexe dominent. Cependant, en Afrique, où vivent trois quart des anglicans du monde entier, l’opposition est très forte et empêche qu’une décision partagée soit prise. Or le primat de l’Église anglicane Justin Welby et le modérateur de l’Église presbytérienne d’Écosse Iain Greeshields, seront du voyage. Le 5 février, lors de la conférence de presse prévue dans l’avion de retour à Rome, le Pape François aura à ses côtés Welby et Greenshields.
La dépénalisation de l’euthanasie rejetée par la Cour constitutionnelle
Au Portugal :
La Cour constitutionnelle portugaise a rejeté pour la deuxième fois lundi une loi autorisant l’euthanasie, pointant une « intolérable imprécision » dans sa rédaction et renvoyant le texte au Parlement. Les juges du tribunal ont estimé que le texte ne définit pas clairement la « souffrance de grande intensité » pouvant ouvrir la voie à une « mort médicalement assistée ».
La Cour constitutionnelle avait déjà rejeté cette loi en mars 2021, jugeant déjà à l’époque qu’elle employait des termes trop imprécis.
Le président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa, avait saisi la Cour constitutionnelle début janvier. Catholique et ancien professeur de droit, Rebelo de Sousa avait opposé son véto à une précédente version de la loi.
Une chapelle au coeur de La Part-Dieu à Lyon
Une chapelle vient d’ouvrir, avec également des espaces de travail. Le diocèse de Lyon souhaite marquer la présence de l’Église dans ce quartier en pleine mutation, avec l’ambition de proposer un centre spirituel à proximité du « hub » Part-Dieu. Il vise à créer un espace spirituel ouvert sur le monde du travail.
Lyon: une chapelle ouvre à la Part-Dieu pic.twitter.com/7qw8N3re0h
— BFM Lyon (@BFMLyon) January 29, 2023
« Une dérive totalitaire de notre démocratie libérale ? »
Bertrand Souchard, né en 1965, docteur en philosophie et maître en théologie, professeur de philosophie au lycée Ampère, et ancien professeur à l’Université catholique de Lyon, a donné une conférence à l’académie Saint Benoit, le 5 décembre 2022. La conférence (pdf 40 pages) est accessible sur ce lien.
Extrait :
[…] La crise sanitaire liée au covid a bouleversé les pays du monde entier, particulièrement ceux de l’Occident. L’Afrique, l’Inde et l’Asie (hors de la Chine) globalement, n’ont pas suivi la politique occidentale ou ont fait machine arrière. A cette occasion la question est de savoir si notre démocratie libérale n’a pas dérivé vers une tendance totalitaire. Michel Schooyans, professeur à l’université catholique de Louvain a publié en 1991 La dérive totalitaire du libéralisme. Son analyse est une critique du libéralisme économique. Le titre de notre propos Une dérive totalitaire de notre démocratie libérale ? emprunte sa formulation à cet auteur en se centrant sur une analyse politique. Après les deux ans de crise sanitaire, il s’agit de réfléchir politiquement à notre démocratie.
Pourquoi les démocraties occidentales peuvent-elles prendre un tournant totalitaire ? Certes, entre les deux nous avons une apparente opposition. Du point de vue de la terreur, des massacres et des camps de la mort, les deux totalitarismes du XXe siècle semblent encore à ce jour inégalés. La démocratie américaine a vaincu les totalitarismes communiste et nazi. Les cultes de la personnalité de Staline et d’Hitler n’ont pas eu d’équivalent parmi les nombreuses idoles de nos sociétés postmodernes. Pourtant, nous avons vu un rapprochement entre les deux eu égard à nos quatre critères : irascible, négations de la liberté, de la vérité et de Dieu. Avec la crise sanitaire, les caractéristiques du totalitarisme sont devenues plus explicites dans les « démocraties libérales ». Les tendances totalitaires de la crise sanitaire sont-elles une parenthèse ou la réinitialisation vers un monde nouveau ? « Beaucoup d’entre nous se demandent quand les choses reviendront à la normale. Pour faire court, la réponse est : jamais » nous dit Klaus Schwab. Penser qu’il n’y aura pas de retour en arrière, c’est s’inscrire dans le temps long et non penser vivre un épisode momentané, malgré l’idée d’une grande réinitialisation qui ferait table rase du passé. Si tout cela doit perdurer dans le futur, c’est que des prémices s’enracinent dans le passé. Le basculement ne vient pas de nulle part. Reprenons les quatre points en voyant leur enracinement.
L’irascible est une dimension humaine et politique à laquelle on ne peut pas échapper. Un état de nature qui serait pacifique est une chimère. Le libéralisme économique est bien une guerre, une lutte de tous contre tous selon la formule de Hobbes. Le tragique et la mort sont un élément de l’humanité, même si le progressisme voudrait refuser l’entropie du chaos, oublier la mort et préférer la néguentropie immanente du meilleur et de l’ordre. Chasser le naturel de la violence et il revient au galop par la peur, la crainte, la contrainte, l’oppression étatique.
La « démocratie libérale » progresse dans le contrôle de la population et régresse dans la liberté politique: gouvernement d’une élite, confusion des pouvoirs, souveraineté populaire entre parenthèses, refus des référendums et de la participation. Mais de quelle liberté parlons-nous ? N’est-ce pas une vision particulière de la liberté qui engendre cette dérive ? C’est ce qu’affirme Patrick Deen. La liberté du libéralisme est un désir infini, sans obstacles et sans limite. Elle serait naturelle et elle perçoit la nature et les autres hommes comme des obstacles. En fait la liberté dans le sens plus classique est une libération du vice et une nécessité de la vertu. Elle n’existe que par le déploiement et la discipline de la culture. Les bonnes habitudes s’enracinent avec autrui dans la famille, l’école, la religion. Ajoutons que l’individualisme du libéralisme est une atomisation de l’individu qui peut mieux se fondre dans les masses. Cette homogénéisation provoque le besoin d’une intervention de l’État, seul capable de protéger l’individu. Pourtant je suis moi-même, non par auto-construction solitaire, mais par un autre. La singularité de la personne est toujours relationnelle. Ainsi la liberté selon le libéralisme entraine l’esclavage des désirs et le renforcement de la contrainte de l’État.
L’idéologie et la propagande ne sont pas absentes. La raison instrumentale est primat de l’économie et de la technique, matérialiste, calcul, recherche de l’efficacité. Elle serait l’idéologie implicite de la démocratie libérale. Elle devient une servitude parce qu’elle confond les moyens et la fin. Elle devient l’esclave de l’outil et elle perd le sens et le but. La quête de la vérité disparait au profit de l’idéologie du progrès et de la transformation. Les conditions matérielles absorbent les forces de l’esprit. La raison calculante, les dispositifs annihilent la pensée gratuite et méditante. Et parce que les échanges économiques sont mondialisés et la techonologie universelle, la démocratie libérale est mondialiste accomplissant la dimension totalisante des régimes totalitaires.
Enfin les négations postchrétiennes de Dieu n’ont rien à envier, actuellement, à leurs aînées. L’absence d’obéissance à Dieu implique le renforcement d’une obéissance à l’État. Au fond le problème n’est pas de savoir si nous avons une démocratie (le peuple souverain), une aristocratie (une élite au pouvoir) ou une monarchie. En un sens la république française est un peu des trois : il y a quand même des élections ; Paris, les grands corps de l’État et les grandes écoles sont importants et le président est tout puissant. Mais la question est de savoir si est reconnue la place de Dieu. L’occident postchrétien est dans une forme d’apostasie. En France le laïcisme, à savoir la séparation de l’État et de la religion, a tendance à remplacer la laïcité, c’est-à-dire la distinction du pouvoir politique et de l’Église. Si le covidisme qui a imposé un « vaccin » ne revient pas, d’autres négations de la liberté et de la vérité comme religions immanentes pourront se développer. L’inclusion (le wokisme), une vision tronquée de l’écologie et une confiance dans la technologie sont mises en avant par Klaus Schwab pour réinitialiser le monde.
Si la démocratie d’aujourd’hui et le totalitarisme semblent des contraires, ils seraient en fait les opposés d’un même genre, prêt à se ressembler dans l’irascible, la négation de la liberté, de la vérité et de Dieu.
La baisse du nombre de mariages en France illustre parfaitement le Suicide français
France Info a interrogé le sociologue Jean Viard sur le fait qu’une majorité de Français ne veulent plus se marier. Ses réponses ont terrifiantes. Et, outre le problème moral, il aborde les sujets que les politiques n’osent plus aborder : augmentation du prix de l’immobilier, financement des retraites.
franceinfo : Comment vous expliquez ce paradoxe ? Moins de mariages, mais on cherche quand même à officialiser sa relation…
Jean Viard : Alors il y a une augmentation des Pacs, le pacte civil de solidarité, c’est vrai. Mais le mouvement de fond, c’est quand même effectivement, qu’on sépare la vie privée sous la couette, les bébés et les institutions, c’est ça qui se passe. Il y a en gros 60% des enfants qui naissent aujourd’hui hors mariage. Il y a, par exemple, en Île-de-France, à Paris, un mariage sur deux qui se défait avant cinq ans. Donc, on est sur un nouveau modèle de vie où en gros, le mariage n’est pas la première étape (…)
Ça veut dire que ça relève du fait qu’on sort du cadre institutionnel. On est une société de liberté individuelle. C’est vrai pour la vie privée, c’est vrai pour la vie démocratique. On ne va voter, que si on est intéressé. Et moi souvent, je compare le taux d’abstention et les bébés au mariage. On va dire, ça n’a rien à voir, mais ça nous dit quelque chose d’une société d’autonomie de l’individu, qui est donc une société qui s’est déconstruite avec ses grands groupes (…)
Est-ce que c’est aussi quelque part une remise en question du couple, si on voit plus large ?
La vérité, c’est qu’on va vers une société d’individus qui vivent seuls. On a une explosion du célibat. On le voit aussi partout à Paris, la moitié, à peu près des logements, sont occupés par des personnes seules (…)
D’abord, il y a 30% des jeunes filles qui disent qu’elles ne veulent plus faire d’enfant, 37% des jeunes filles diplômées, à cause de la crise climatique. Elles se disent, mais dans quel monde je vais mettre mon bébé ?
Ça, c’est un enjeu majeur parce qu’on peut toujours discuter des retraites. Mais si on ne fait pas de bébés, il n’y a pas de cotisations et dans le contexte actuel, il faut mettre tout ça sur la table.
Une enquête terrible
Une enquête de 730 pages, réalisée à la demande de l’Ordre dominicain, afin d’évaluer sa responsabilité dans l’affaire des frères Thomas et Marie-Dominique Philippe, condamnés par Rome en 1956 et 1957, et qui ont pourtant pu poursuivre leurs abus spirituels et sexuels pendant plus d’un demi-siècle, de fonder une véritable nébuleuse, dont le plus connu d’entre eux est Jean Vanier, sort en librairie.
Deux historiens, un psychiatre et une psychanalyste, une sociologue et une théologienne, membres de la commission d’étude mandatée par l’Arche pour enquêter sur Jean Vanier, viennent de publier de leur côté un rapport de près de 900 pages, accessible en ligne. Jusqu’à la mort du père Philippe en 1993, Jean Vanier conservera une fidélité et une soumission totales au dominicain, mais aussi à ses dérives érotico-mystiques au point d’en devenir le complice, le perpétuateur et le successeur. Ils démontrent les mécanismes que ces derniers ont employés pour abuser spirituellement et sexuellement de nombreuses femmes entre 1950 et le début des années 2000.
C’est un autre Philippe, qui n’a aucun lien de parenté avec les deux autres, dominicain et commissaire au Saint-Office, qui enquête en 1952 sur Thomas Philippe. Il permet la condamnation des frères Thomas et Marie-Dominique Philippe en 1956 et 1957, et s’est battu pour empêcher la réhabilitation du premier. Mais le deuxième l’a été grâce à la protection du Maître de l’Ordre.
Paul Philippe, alors visiteur religieux, découvre avec horreur l’envers de la dévotion inculquée par Thomas, qui est écarté de la direction de l’Eau vive, le centre spirituel qu’il a fondé. Il cherche à comprendre. Il parle avec des psychiatres. Bientôt, il penche pour la folie. Le témoignage du père Guérard des Lauriers, professeur de métaphysique et de philosophie des sciences au Saulchoir, atteste au commissaire du Saint-Office de faits gravissimes que lui a confiés une moniale, ancienne favorite de Thomas Philippe. Il évoque des attouchements, des baisers sur les parties sexuelles, que le dominicain qualifie de « secret pour les petits enfants de la T.S. Vierge ». Les « initiées » auraient juré le secret avec ordre de mentir « pour la T.S. Vierge » dans les visites canoniques. L’une d’elles aurait avorté d’un enfant conçu lors de ces séances et le mort-né aurait été vénéré par les « initiées ». Le commissaire reprend son enquête et les témoignages sont terribles. Après avoir fait condamner le père Thomas Philippe, qui perd tous les pouvoirs liés à son ministère, Paul Philippe organise dans la foulée le procès de Marie-Dominique Philippe, qui se voit sanctionné en 1957.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là car les deux frères tentent et réussissent plus ou moins à se faire réhabiliter. L’historien écrit :
« Ce qui amène à la situation de la fin des années 1970, où, dans un rapport circonstancié, [Paul Philippe] décrit ce qui se passe depuis des décennies entre Thomas Philippe, Jean Vanier et leurs disciples, mais plus personne ne l’écoute car il n’incarne plus que la répression d’avant le Concile. »
Le cardinal Paul Philippe parviendra à bloquer les demandes d’ordination de Jean Vanier puis décède en 1984 à Rome. À partir de ce moment, plus aucun garde-fou n’existera.
L’universitaire qui considère ses étudiants « ayant voté Zemmour comme des bêtes à abattre » est un maire LFI
Quand on vous dit qu’il existe un grand endoctrinement dans l’enseignement et un deux poids deux mesures. L’extrême gauche se croit tout permis car elle n’est pas combattue :
Rififi dans le Landernau universitaire parisien : un professeur d’histoire de Paris I aurait été pris la main dans le sac de son intolérance haineuse. Selon plusieurs témoignages, celui-ci aurait déclaré : « Si certains étudiants ont voté Macron, Ciotti, Le Pen ou même Roussel, je les respecte bien peu… mais si certains ont voté Zemmour, je les considère comme des bêtes à abattre. » Vous avez bien lu : « comme des bêtes à abattre » (…)
Mathis Gachon, le responsable du syndicat étudiant UNI à Paris I, raconte qu’à ces mots, quelques regards se sont tournés vers un étudiant dont le vote pour Reconquête est connu. Mais, précise Mathis Gachon, cette phrase ne semblait pas dirigée contre lui. Alerté par un étudiant du cours de ce professeur, l’UNI ne souhaite pas révéler le nom de ce dernier, professeur à la carrière très installée, très institutionnelle et militant de La France insoumise, pour des raisons de sécurité.
Lundi après-midi, Mathis Gachon alerte, via les réseaux sociaux, sur la gravité de ce qu’il considère ni plus ni moins comme un « appel au meurtre ». En parallèle, il envoie un courriel à la présidente d’université « pour lui signaler la situation et lui demander de mener une enquête et de sanctionner le professeur » : « On ne peut pas laisser passer une telle déclaration sans que le professeur ne soit sanctionné » s’indigne-t-il. Jeudi dans l’après-midi, le jeune homme n’avait toujours pas reçu de réponse de la présidente d’université.
La prise de parole de gauche est-elle donc si rare à l’université qu’elle doive être signalée ? « Des prises de position de gauche surviennent souvent, sourit-il, à Paris I, le corps enseignant est quand même globalement de gauche, mais une phrase violente comme celle-là, non, jamais. C’est pour cela que nous avons réagi, là, nous sommes devant un appel au meurtre, c’était impossible de laisser passer. »
On sait désormais que cet universitaire notoire, maître de conférences à l’université Paris-I- Panthéon-Sorbonne, s’appelle François Lafon, qu’il est maire d’une petite commune d’Ariège, Lercoul, et qu’il avait été désigné tête de liste de l’Ariège La France Insoumise aux élections régionales de 2021 en Occitanie.
Une partie des conseillers municipaux de Lercoul ont immédiatement demandé sa démission :

« L’IVG n’est pas menacé ; la natalité, si. »
Jean-Frédéric Poisson a écrit aux sénateurs :

Election du nouveau conseil de l’Ordre de Malte
Présidé par le Lieutenant de Grand Maître Fra’ John Dunlap et par le cardinal Silvano Maria Tomasi, délégué spécial du pape, le Chapitre Général extraordinaire a élu tous les membres du Souverain Conseil qui resteront en fonction pour six ans.
- le Grand Commandeur Fra’ Emmanuel Rousseau,
- le Grand Chancelier Riccardo Paternò di Montecupo,
- le Grand Hospitalier Fra’ Alessandro de Franciscis
- le Receveur du Commun Trésor Fabrizio Colonna
Ont été élus comme Conseillers du Souverain Conseil :
- Fra’ João Augusto Esquivel Freire de Andrade,
- Fra’ Roberto Viazzo,
- Fra’ John Eidinow,
- Fra’ Mathieu Dupont,
- Fra’ Richard J. Wolff,
- Francis Joseph McCarthy,
- Michael Grace,
- Clemente Riva Sanseverino,
- Josef Blotz.
À l’issue de l’élection, les membres du Souverain Conseil ont prêté serment, entrant ainsi dans la plénitude de leurs pouvoirs.
Le Lieutenant de Grand Maître, Fra’ John Dunlap, a exprimé sa satisfaction pour la conclusion des travaux :
« Je suis certain que le nouveau Souverain Conseil saura être stratégique face aux grands défis médicaux, sociaux, humanitaires et spirituels qui se présentent à nous dans les 120 pays où nous sommes présents. J’adresse aux nouveaux élus mes meilleurs vœux de succès pour leur importante charge au service de la mission de l’Ordre de Malte. »
Le sénateur LR Philippe Bas à la remorque de la culture de mort ?
Le sénateur (LR) de la Manche Philippe Bas propose une solution alternative pour graver l’avortement dans la Constitution. Il a déposé vendredi un amendement pour réécrire la proposition de loi constitutionnelle, qui sera examinée mercredi dans l’hémicycle du Sénat, dans le cadre de la « niche » réservée au groupe socialiste.
Au lieu d’ajouter un article 66-2 disposant que « la loi garantit l’effectivité et l’égal accès au droit à l’interruption volontaire de grossesse », l’ancien président de la commission des Lois, ancien secrétaire général de l’Elysée et ancien collaborateur de Simone Veil propose d’ajouter « après le dix-septième alinéa de l’article 34 de la Constitution » un alinéa prévoyant que
« la loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse ».
Son amendement « vise à consacrer la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse », liberté « déjà reconnue par la décision du Conseil constitutionnel du 27 juin 2001, qui lui a donné valeur constitutionnelle ». « L’inscription dans la Constitution de cette liberté viendrait parachever l’évolution ainsi engagée », résume le sénateur.
« L’amendement prend soin de préserver la possibilité pour le législateur de faire évoluer le régime de l’interruption volontaire de grossesse, comme il l’a fait à de nombreuses reprises depuis 1975 par des modifications qui ont notamment allongé le délai de recours à l’interruption volontaire de grossesse, supprimé la condition de détresse, facilité l’accès des femmes mineures à l’interruption volontaire de grossesse et organisé sa prise en charge par l’assurance maladie », tout en ayant « pour effet d’interdire toute possibilité de suppression par la loi de la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse ainsi que toute réforme législative qui aurait pour effet de porter gravement atteinte à cette liberté ».
Cela étant, cet amendement pourrait aussi bien être une méthode tordue pour planter la constitutionnalisation, puisqu’il faut que les deux chambres votent en termes conformes et ceci ne serait pas conforme au texte voté par l’Assemblée nationale.
Euthanasie : la France veut-elle s’inspirer de la Suisse ?
Vendredi, les deux ministres en charge du débat sur l’euthanasie, Agnès Firmin Le Bodo et Olivier Véran, se sont rendus à Genève pour un « voyage d’observation ». Un groupe de députés et de sénateurs était également avec eux.
Pour avoir recours à l’assistance au suicide, par l’intermédiaire d’une association, certaines conditions doivent être réunies :
- disposer de sa capacité de discernement,
- formuler librement sa demande,
- être atteinte « soit d’une maladie incurable, soit de souffrances intolérables, soit de polypathologies invalidantes liées à l’âge »,
- être à même de s’administrer soi-même la dose létale.
En 2019, environ 1 200 personnes ont eu recours au suicide assisté dans le canton de Genève, ce qui représente 2 % des décès.
Olivier Véran a indiqué :
« Toutes les options sont sur la table »
Après cette visite, Agnès Firmin Le Bodo a prévu de se rendre dans trois autres pays : la Belgique en février, puis sans doute l’Italie, où des débats sont en cours, et l’Espagne, qui a légalisé l’euthanasie en 2021.
Il faut des lois pour protéger les enfants des idéologues du genre
Des lois pour défendre le bon sens, face à la folie. Samedi 28 janvier, le gouverneur républicain de l’Utah, Spencer Cox, a signé une loi interdisant les chirurgies de changement de sexe ainsi que les traitements hormonaux pour les mineurs n’ayant pas reçu de « diagnostic de dysphorie de genre ». Une mesure approuvée par le Sénat la veille.
Cette loi, soutenue par le sénateur Mike Kennedy, ne concerne que les nouveaux patients. Elle ne s’applique pas aux jeunes auxquels on administre déjà des hormones.
En revanche, elle exige du ministère de la Santé et des Services sociaux de l’Etat qu’il procède à un
« examen systémique des preuves médicales concernant les traitements hormonaux des transsexuels et fournisse des recommandations à l’Assemblée législative ».
Cette décision intervient au moment où 18 autres Etats envisagent d’adopter des projets de loi similaires concernant les jeunes qui se déclarent transgenres
3 législatives partielles : le RN perd un député
La candidate Renaissance Laure Miller a été élue députée de la 2e circonscription de la Marne dimanche 29 janvier avec 51,8 %, devançant la candidate du Rassemblement national Anne-Sophie Frigout, en tête à l’issue du premier tour et dont l’élection avait été annulée.
René Pilato a été élu député sous les couleurs de la Nupes dans la première circonscription de Charente. En juin dernier, il avait échoué à 24 voix du député sortant de la majorité présidentielle, Thomas Mesnier, porte-parole d’Horizons, mais l’élection a été annulée en raison d’un grand nombre d’irrégularités dans le vote.
Dans la huitième circonscription du Pas-de-Calais, Bertrand Petit (divers gauche), dont l’élection avait été annulée, l’a emporté avec environ 66 % des voix face à Auguste Evrard (RN).
