L’enseignant catholique, menacé par un lycéen musulman, de nouveau en garde à vue
Accusé d’ « incitation à la discrimination religieuse » par un de ses élèves musulman, suspendu « à titre conservatoire » pour quatre mois par le directeur de l’établissement, le professeur d’un lycée catholique d’Angers, Frédéric Mortier, par ailleurs maire de Longué-Jumelles, encarté chez les Républicains, est convoqué pour une nouvelle garde-à-vue. Son procès a finalement été reporté au 10 février 2023. En décembre, il expliquait :
Il existe deux raisons. La première, je ne vous la donnerai pas parce qu’elle est interne à l’établissement et qu’il faudra la régler à un moment donné. La seconde, c’est bien évidemment mon engagement politique. J’ai entendu des journalistes de la presse écrite me dire que, pace que je suis un élu de la République, je deviens de facto coupable de la moindre malheureuse parole. Quand vous entendez cela, il n’y a plus de respect de la parole… plus de respect de la famille.
Et ce que je ne comprends pas à l’heure qu’il est, c’est que la presse soit au courant avant moi de ce qui va m’arriver. Donc moi, je viens bien tout entendre, mais il y a une présomption d’innocence qui existe jusqu’au jugement. Elle n’est absolument pas respectée. Il semblerait dans ce pays que certains soient intouchables. En revanche, l’élu local que je suis, lui, on peut tout lui faire. Jusqu’à sacrifier sa carrière, jusqu’à mettre en situation très compliquée sa famille.
Chronique des cinglés
Karine Jean-Pierre a été choisie par Joe Biden pour devenir la prochaine porte-parole de la Maison Blanche. Le président des Etats-Unis se dit « fier » de cette nomination car c’est la première fois qu’une femme noire et lesbienne accède à ce poste :
« Elle sera la première femme noire et ouvertement LGBTQ+ » « Elle donnera une voix à de nombreuses personnes et elle permettra à beaucoup d’avoir de grands rêves. »
Karine Jean-Pierre partage la vie d’une journaliste de CNN, avec laquelle elle a une fille. Sic. Il y a bien un père quelque part…
Le Puy du Fou en Amérique
L’ouverture est prévue en 2024 :
Les Etats-Unis d’Amérique choisissent le Puy du Fou pour créer un grand spectacle dans le Tennessee, inspiré de l’histoire du peuple Cherokee.
C’est la première fois que le Puy du Fou enracine son modèle artistique en Amérique.
Répondant à l’appel du peuple Cherokee, le Puy du Fou va mettre son savoir-faire au service de l’héritage historique et culturel de cette grande nation indienne qui a traversé les épreuves et les drames avec grandeur et sagesse. Elle porte avec fierté les couleurs de l’Amérique.
Cette nouvelle création immersive, inspirée d’une histoire authentique, plongera les visiteurs au cœur d’une épopée bouleversante, des Appalaches jusqu’aux plaines de Champagne. Elle sera bâtie aux pieds des « Great Smoky Mountains », premier parc national américain qui accueille chaque année plus de 12 millions de visiteurs.
Il est curieux de vouloir s’appeler « Renaissance » et de prôner l’avortement
À quelques semaines des législatives, La République en marche est rebaptisée Renaissance tandis que la « maison commune » bâtie avec le Modem et Horizons s’appelle désormais Ensemble.
Ce nom a déjà été utilisé lors de la campagne des élections européennes puisque la liste portée par Nathalie Loiseau, alors ministre des affaires étrangères, s’appelait justement Renaissance, ou Renew.
Fichage républicain
La police et la gendarmerie pourront ficher les opinions politiques, appartenances syndicales et données de santé au nom de la sûreté de l’État, a confirmé lundi le Conseil d’État, rejetant les requêtes de syndicats qui dénonçaient la « dangerosité » de ces fichiers. La plus haute juridiction administrative a considéré que les trois décrets contestés, qui élargissent les possibilités de fichage, ne portaient pas une atteinte disproportionnée à la liberté d’opinion, de conscience et de religion ou à la liberté syndicale.
Les décrets, publiés le 4 décembre après un avis favorable du Conseil d’État, autorisent policiers et gendarmes à faire mention des « opinions politiques », des « convictions philosophiques et religieuses », et de « l’appartenance syndicale » de leurs cibles, alors que les précédents textes se limitaient à recenser des « activités ». Identifiants, photos et commentaires postés sur les réseaux sociaux y seront aussi listés, tout comme les troubles psychologiques et psychiatriques « révélant une dangerosité particulière ». Outre les personnes physiques, les « personnes morales », telles que les associations, sont également visées.
Les catholiques savent déjà ce qu’est le fichage.
Vols bradés pour la canonisation de Charles de Foucauld
Odeia m’informe que des allers-retours sont bradés pour assister à la canonisation de Charles de Foucauld
- 13-16 mai au départ d’Orly
- 14-16 mai au départ d’Orly ou de Roissy
= 75 € seulement – vols secs uniquement !
Contacter avant lundi 9 mai [email protected]
Ecole à la maison : Ce qu’il n’a pu faire passer par la loi, le ministère le fait passer par les décrets
Compte-rendu de l’audience en référé au Conseil d’Etat :
Ce mardi 03 mai 2022, les associations, les familles et leurs avocats étaient en audience devant le juge des référés du conseil d’État pour démontrer l’urgence à suspendre ces décrets dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
C’est d’un énième revers de la main que le ministère a balayé l’intérêt supérieur de l’enfant déclenchant de fortes réactions de la part des associations, comme du juge, décidé à comprendre comment les décrets entendent défendre ce principe.
Les décrets et leur application révèlent la volonté, plus ou moins dissimulée, du ministère d’étouffer le 4e motif qui ne faisait pas partie de son projet initial, introduit après que le Conseil d’État ait retoqué le premier projet en l’état.
Or, si le Conseil d’État et le législateur ont reconnu la nécessité de ne pas oublier ce panel d’enfants susceptibles d’avoir recours à l’IEF, les associations n’apprécient pas le jeu du ministère de court-circuiter le processus législatif pour arriver à ses fins.
En résumé,
- Le ministère donne une interprétation de la loi contraire au premier avis du Conseil d’État sur le projet de loi.
- L’intérêt supérieur de l’enfant (ISE) : le juge s’est concentré sur ce principe et a scrupuleusement été attentif à ce que tous les arguments soient posés sous cet angle-là. Chose que les avocats ont très bien mis en avant, contrairement au ministère qui éprouvait plus de difficulté, réalisant parfois un grand écart entre l’ISE et l’intérêt de l’administration.
- Concernant la fenêtre de dépôt des demandes d’autorisation : le juge a tenu à recentrer le débat sur l’ISE et la pertinence de l’existence d’une fenêtre de dépôt. Il s’est longuement attardé sur les différentes situations pouvant amener à une déscolarisation.
- Concernant le Baccalauréat, le débat attendu pour savoir si oui ou non, ce critère est discriminatoire et donc non conforme à la stricte réserve émise par le Conseil constitutionnel. Les avocats ont posé la question de la discrimination que porte cette exigence entre les enfants, dont les parents ont ou pas le Bac, et les représentants d’associations ont communiqué des chiffres et des études démontrant notamment que les familles sans bac ont des taux de réussite aussi élevés que les autres (+ de 98%) et que ce diplôme n’est pas une preuve de capacité à instruire.
Concernant les incertitudes des textes :
- Phobie scolaire : le juge, bien conscient des enjeux a ainsi interpellé le ministère sur ce sujet, pour s’assurer de la prise en compte de ces situations de phobie scolaire, bien réelles. Le représentant semblait lui-même ne pas savoir, faisant un pas en avant, deux pas en arrière.
- Les familles non contrôlées fin mai : à l’interpellation des associations à ce sujet, le ministère a répondu de façon laconique, que le texte avait prévu une demande d’autorisation de plein droit pour les familles contrôlées, laissant entendre que les autres ne pourraient pas bénéficier de la dérogation prévue par la loi. Position qu’il a justifiée au regard du pourcentage de familles contrôlées fin mai donné sous forme d’auto-satisfecit.
- La situation des familles dont les aînés auront droit à une dérogation et le dernier, entrant en âge scolaire à la rentrée sera, lui, soumis à la demande d’autorisation, a retenu l’attention du juge qui a tenu à avoir une réponse claire du ministère sur la question de savoir s’il y aurait une différence de traitement entre les enfants d’une même fratrie. Ce à quoi le représentant a répondu par l’affirmative.
- Concernant le respect des choix pédagogiques et de la partialité de l’administration. Le juge ne s’est pas prononcé sur la pertinence de ces questions à ce stade, renvoyant l’administration à ses responsabilités et la possibilité aux familles de saisir la justice en cas de manquement manifeste.
- Concernant le CNED, la confusion lors des débats révèle l’imbroglio entre le ministère et le CNED qui n’avaient visiblement pas anticipé la question semant l’incompréhension chez les familles qui sont confrontées à des informations contradictoires de la part des deux parties. L’un dit A, l’autre B et ce n’est pas le ministère qui a clarifié la situation mardi !
- Concernant la commission de recours, le juge a relevé l’absence des représentants des familles en son sein et les différents délais de la procédure, il s’est également arrêté sur la question du médecin scolaire.
Les avocats de LED’A maîtres Spinosi et Sureau et les autres avocats présents ont ainsi eu à cœur de mettre en évidence tant chacun des différents points litigieux et discriminants des décrets au regard de l’intérêt supérieur de l’enfant, que le faisceau de ces différents éléments tendant globalement à compromettre celui-ci.
Le juge a clôturé l’instruction à l’issue d’une audience qui a duré plus de 2H30. Il rendra sa décision mardi ou mercredi prochain.
Dictature sanitaire
Guillaume Bigot sur la gestion de la Covid-19 à Shanghai : «Les animaux de compagnie des gens positifs sont tués sur le champ dans la rue, ceux qui bravent le confinement et sortent dans la rue sont tabassés. (…) On bascule dans l’inhumain» dans #Facealinfo pic.twitter.com/pn6gwf59mz
— CNEWS (@CNEWS) May 5, 2022
🇨🇳 Shanghai, Minhang district (center south)
a teen is arrested by a squad because he posted he wanted to get food supplies … https://t.co/vAglNiTWC5
— Bouche Bée (@bouche_bee) May 5, 2022
🇨🇳 Chine :
01:10 visite camp d isolement – avec moquette
durée 14 jours
pas de tele dans les containers https://t.co/ERClHY7utk— Bouche Bée (@bouche_bee) May 5, 2022
Le gender, une idéologie anti-chrétienne
Comme on peu le lire ici dans un dossier de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon :
En second lieu, le combat contre les concepts de complémentarité et de catégorisation liée au patriarcat : actuellement, deux mythes entremêlés s’affrontent, celui de l’égalité et celui de la complémentarité femme/homme. Mozziconacci (2017) décèle un dilemme dans la façon de concevoir l’égalité : soit il s’agit d’élever les filles comme des individus, selon le modèle masculin dominant, c’està-dire comme des garçons (et dans ce cas-là, qui fait le ménage à la maison et s’occupe des enfants?); soit il s’agit de les élever comme des meilleures femmes, selon un modèle différentialiste et complémentaire persistant. Sénac (2020) estime que pour neutraliser ces contradictions, il faut dénoncer l’existence de résistances structurelles à l’égalité et invoquer la responsabilité d’une République fondée sur un universalisme exclusif et excluant. Mozziconacci renforce cette idée en maintenant que «La transformation doit en effet viser l’éducation dans ses institutions elles-mêmes. En tant qu’elles participent du découpage de l’espace social qui distingue et hiérarchise travail productif et travail reproductif, ces dernières seraient à reconstruire. » (2017, p. 1) Mais ébranler les fondations des institutions n’est pas sans conséquence : Le Mat (2018) explique que complémentarité et différence sexuelle sont intrinsèquement liées à l’anthropologie chrétienne dans laquelle sexe, genre et sexualité concordent de façon «naturelle» – femme/féminin/hétérosexualité ou homme/masculin/hétérosexualité. Remettre en cause l’un de ces éléments revient à reconsidérer la validité de ces triades et donc la naturalité de l’hétérosexualité.
Raz (2021) corrobore ces propos : si la catégorisation par le sexe venait à disparaitre, la société dans son entièreté – la filiation, la sexualité, l’identité – serait, certes, déstabilisée, mais viendrait sans doute à bout d’un système binaire hiérarchisé qui soutient la structuration d’inégalités multiples.
S’attaquer à tout ce qui fonde les stéréotypes, à la croyance d’une différence fondamentale basée sur le sexe, à la rigidité des normes de genre, à la complémentarité des sexes qui sert à conforter la hiérarchie entre les femmes et les hommes, c’est ça éduquer à la sexualité.
Pour ceux qui en doutaient encore.
Satanisme
La nouvelle décision de la Cour Suprême rend hystériques les militants pro-mort :
I’m MADDER than hell. And I’m determined to fight like hell.https://t.co/H6hRTElUg1
— Elizabeth Warren (@ewarren) May 5, 2022
Je suis PLUS FOLLE que l’enfer. Et je suis déterminée à me battre comme un diable.
L’avortement, ce sacrifice humain.
Disney doit cesser son activisme woke!
Le géant du divertissement Disney évolue de plus en plus dans une direction anti-famille, promouvant une idéologie radicale. Notamment en luttant contre la loi floridienne visant à la protection des enfants et interdisant la propagande pour le changement de sexe à l’école.
Mais la résistance s’organise et le combat s’intensifie: le gouverneur de Floride menace de supprimer les abondants privilèges légaux et fiscaux du groupe dans cet Etat et de nombreux parents réclament un retour de Disney à la production de dessins animés pour enfants – et non pour détruire nos enfants!
Le pape a reçu La Voie romaine
Communiqué de La Voie romaine :
Quelques jours après leur arrivée à Rome, les mères de prêtres ont reçu une attention toute particulière du Pape François qui leur a accordé un baciamano à l’issue de son audience du 4 mai 2022.
L’une d’entre elles, Diane, a pu s’agenouiller devant le Saint-Père et lui adresser le message suivant :
« Nous sommes mères de prêtres.
Nous avons marché à pied de Paris à Rome jusqu’à vous pendant huit semaines.
Nous vous apportons les lettres de milliers de catholiques qui expriment leur souffrance suite au Motu Proprio Traditionis Custodes.
Saint-Père, nous vous supplions de laisser à nos fils prêtres la liberté de célébrer la messe traditionnelle, pour l’unité et l’amour de l’Église.
Accueillez-nous comme vous auriez accueilli votre propre mère. »
Le Saint-Père, qui a tout spécialement salué La Voie romaine au début de son audience, lui a répondu « je sais, je vous connais » à plusieurs reprises.
Diane a alors remis en main propre au Pape deux enveloppes, l’une contenant la lettre de supplique d’un prêtre dont la paroisse va être fermée dans quelques semaines suite à la publication du Motu Proprio, et l’autre contenant une sélection de huit lettres magnifiques de fidèles, traduites en espagnol.
Enfin, elle a montré au pape François son sac à dos contenant les 2.500 lettres de fidèles attachés au rite tridentin, qui a été emporté par l’un de ses secrétaires particuliers.

Nous remercions les catholiques qui nous ont confié ces milliers de lettres, les marcheuses qui ont réalisé cette longue marche avec un grand courage, et tous ceux – si nombreux – qui l’ont soutenue matériellement et financièrement.
Nous prions pour que le Saint-Père entende cette grande supplique, qu’il a bien reçue, de revenir sur le Motu Proprio Traditionis Custodes et rendre à la messe tridentine toute sa liberté dans l’Eglise.
Supplique pour un armistice
Notre ami Patrice Martineau, courageux et talentueux barde de la France catholique, nous envoie la vidéo du clip de sa magnifique « Supplique pour un armistice » :
Hors série de Présent sur la Tradition liturgique
Présent publie un hors-série:
Quoi de plus naturel pour le fidèle qui s’intéresse à l’histoire du rite auquel il est attaché que de désirer connaître les liturgies de ses « frères dans la foi » ? Les pages de cet Hors-série ont pour but d’aider à découvrir les divers rites catholiques des Eglises d’origine apostolique, en replaçant le rite latin traditionnel parmi les différents rites catholiques millénaires. Précisons que n’est pas proposée une étude théologique ou liturgique, mais bien un travail de journaliste : il s’est agi d’interroger des connaisseurs sur les divers rites latins et, pour la partie concernant les Eglises orientales, d’assister aux offices dans les églises parisiennes dédiées aux rites catholiques orientaux, d’y effectuer des reportages incluant le plus souvent entretiens et photos et, dans certains cas, d’enrichir ces enquêtes de témoignages se rapportant à ces Eglises.
Ces Eglises orientales d’origine apostolique, représentées dans la capitale et dans certaines villes de province, méritent d’être connues à divers titres. Elles apparaissent trop souvent aux catholiques latins comme ayant des rituels « bizarres », au mieux « exotiques » ; mais sait-on qu’elles remontent elles aussi « à la plus haute antiquité » du christianisme, puisant leur origine dans l’enseignement transmis directement par les apôtres du Christ, qui saint Pierre, qui saint Paul, qui saint Jean, qui saint Thomas, qui saint Marc ?
D’autre part, il est particulièrement important de leur accorder une place dans nos prières, en ces temps où nos frères catholiques souffrent beaucoup et sont souvent forcés à l’exil, fuyant d’incessantes persécutions.
A commander ici.
Retraite en ligne pour préparer la canonisation de Charles de Foucauld
A l’occasion de la prochaine canonisation de Charles de Foucauld, Hozana nous propose une retraite en ligne animée par l’abbé Mathieu Raffray du 6 au 15 mai.
Vous pouvez vous inscrire ici.
Voici la présentation de cette retraite:
Les 10 jours précédant la canonisation de Charles de Foucauld, recevez chaque jour une courte vidéo, un texte et une prière du saint pour vous guider, sur le chemin de la sainteté.
La jeunesse a besoin de radicalité, d’exemplarité et de générosité… tout ce qui a rempli la vie de saint Charles de Foucauld !
En guise de préparation à la canonisation de Charles de Foucauld, qui aura lieu au Vatican le 15 mai 2022, durant 10 jours, recevez chaque jour une courte vidéo, un texte et une prière du saint pour vous guider, à son école, sur le chemin de la sainteté.
Au programme
Jour 1 : Se détacher du monde
Jour 2 : Se convertir
Jour 3 : Partir au désert
Jour 4 : L’esprit de pauvreté
Jour 5 : Être missionnaire
Jour 6 : Le sacrifice de la Croix
Jour 7 : L’Eucharistie, salut du monde
Jour 8 : Le Sacré-Cœur comme emblème
Jour 9 : Tout confier à la Vierge Marie
Jour 10 : Donner sa vie
Un mot sur l’intervenant
L’abbé Matthieu Raffray est prêtre de l’Institut du Bon Pasteur, docteur en philosophie, et professeur à l’Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin (Angelicum) à Rome.
Charles de Foucauld
Charles de Foucauld est né à Strasbourg, en septembre 1858. Orphelin à six ans, il fut élevé, avec sa sœur Marie, par son grand-père, dont il suivit les déplacements dus à sa carrière militaire.
Adolescent, il s’éloigna de la foi. Connu pour son goût de la vie facile, il révéla cependant une volonté forte et constante dans les difficultés. Il entreprit une périlleuse exploration au Maroc (1883-1884). Le témoignage de la foi des musulmans réveilla en lui la question de Dieu: « Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse ».
De retour en France, touché par l’accueil affectueux et discret de sa famille profondément chrétienne, il se mit en quête. Guidé par un prêtre, l’abbé Huvelin, il retrouva Dieu en octobre 1886. Il avait 28 ans. « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui ».
Un pèlerinage en Terre Sainte lui révéla sa vocation: suivre Jésus dans sa vie de Nazareth. Il passa sept années à la Trappe, d’abord à Notre-Dame des Neiges, puis à Akbès, en Syrie. Il vécut ensuite seul dans la prière et l’adoration près des Clarisses de Nazareth.
Ordonné prêtre à 43 ans (1901), il partit au Sahara, d’abord à Beni-Abbès, puis à Tamanrasset parmi les Touaregs du Hoggar. Il voulait rejoindre ceux qui étaient le plus loin, « les plus délaissés, les plus abandonnés ». Il voulait que chacun de ceux qui l’approchaient le considère comme un frère, « le frère universel ». Il voulait « crier l’Évangile par toute sa vie » dans un grand respect de la culture et de la foi de ceux au milieu desquels il vivait. « Je voudrais être assez bon pour qu’on dise: Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître? ».
Le soir du 1 décembre 1916, il fut tué pas une bande qui avait encerclé sa maison.
Il avait toujours rêvé de partager sa vocation avec d’autres: après avoir écrit plusieurs règles religieuses, il pensa que cette « vie de Nazareth » pouvait être vécue partout et par tous. Aujourd’hui, la « famille spirituelle de Charles de Foucauld » comprend plusieurs associations de fidèles, des communautés religieuses et des instituts séculiers de laïcs ou de prêtres.
Prière de la retraite
Prière de Charles de Foucauld
Mon Père, Je m’abandonne à toi, Fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses de moi, je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures. Je ne désire rien d’autre, mon Dieu. Je remets mon âme entre tes mains. Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, Parce que je t’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, De me remettre entre tes mains, sans mesure, Avec une infinie confiance, car tu es mon Père.
Assemblée générale de l’AGRIF
L’Agrif communique :
Ce mardi 3 mai 2022, l’AGRIF sous la présidence de Bernard Antony a réuni à Paris ses instances statutaires, Conseil d’Administration et Assemblée générale annuels, avec la présence de ses deux avocats conseils Maître Jérôme Triomphe, du barreau de Paris, avocat à la Cour et Maître Bruno le Griel, avocat à la Cour de Cassation et au Conseil d’Etat.
Un certains nombre de jeunes militants nouveaux ont été élus à l’Assemblée Générale en remplacement de ceux rappelés à Dieu.
Deux sièges étaient à pourvoir au Conseil d’Administration (qui en compte 18).
Yann Baly, fonctionnaire territorial et par ailleurs responsable de l’Agrif en Provence et Michel Léon, journaliste, y ont été élus par l’Assemblée Générale.
Le président, qui a la charge de constituer le bureau national de l’association, a été heureux de pouvoir confirmer le bureau, proposant un deuxième délégué général plus spécialement chargé des régions du midi.
Le bureau est ainsi constitué :
Président : Bernard Antony
Vice-présidentes : Cécile Montmirail, Jeanne Smits
Secrétaire général : Pierre Soleil
Trésorier : Richard Haddad
Délégué général : Yann Baly
Délégué général : Guillaume de Thieulloy
Avocat coordinateur : Maître Jérôme Triomphe
Une journée d’information et de salon du livre de l’Agrif sera organisée à Paris au mois d’octobre.
« Nous vous remercions de nous accueillir comme vous auriez accueilli votre mère »
🔴 Une mère de prêtres représentant la trentaine de marcheuses a pu parler au Pape et lui remettre plus de 2000 lettres témoignant de votre attachement au rite tridentin!
« Nous vous remercions de nous accueillir comme vous auriez accueilli votre mère ».#TraditionisCustodes pic.twitter.com/OUHI3WVs3E
— La Voie Romaine (@la_voie_romaine) May 4, 2022
Remise du Grand prix catholique de littérature
La grande bataille de l’avortement ne fait que commencer
Grégor Puppinck, docteur en droit, directeur de l’European Center for Law and Justice (ECLJ), revient sur l’affaire qui secoue les partisans de la culture de mort : le renversement attendu par la Cour Suprême des États Unis de l’arrêt Roe vs Wade. L’ECLJ est intervenu en tant qu’“amicus curiae” dans l’affaire en cours auprès de la Cour suprême.
Est-ce que l’on peut dire que ce projet de jugement de la Cour suprême supprime le droit à l’avortement ?
Non. Ce projet d’arrêt ne déclare pas l’avortement contraire à la Constitution, comme le fit par exemple la Cour constitutionnelle polonaise en 2020 à propos de l’avortement eugénique : il rend au peuple et à ses représentants le pouvoir de trancher cette question, comme c’était le cas avant l’arrêt Roe v. Wade de 1973. Avec une telle décision, les États fédérés américains n’ont plus l’obligation de légaliser l’avortement, mais ils n’ont pas davantage l’obligation de l’abroger. En pratique, d’assez nombreux États devraient soumettre l’avortement à des conditions plus strictes, notamment de délai, car l’avortement est aujourd’hui un droit jusqu’au seuil de viabilité du fœtus, c’est-à-dire environ 24 semaines. 26 des 50 États fédérés sont intervenus dans l’affaire pour demander à la Cour de renverser les anciens arrêts Roe de 1973 et Planned parenthood v.Casey de 1992, qui avaient créé un droit constitutionnel à l’avortement, et de renvoyer cette question à leur niveau de compétence.
Comment les juges sont-ils arrivés à ce projet de décision ?
Le projet d’arrêt — d’une grande rigueur intellectuelle — analyse au scalpel les anciens arrêts Roe et Casey. C’est une analyse sans concession, de 99 pages, qui expose les erreurs factuelles et juridiques de ces jugements et qui, plus encore, dénonce « l’abus de l’autorité judiciaire » par lequel les juges ont « court-circuité le processus démocratique » en imposant à tous leurs propres idées.
Le texte rappelle que la Cour doit faire preuve de retenue judiciaire : son rôle est d’appliquer la Constitution et non de créer de nouveaux droits et obligations qu’elle ne contient pas. C’est une exigence élémentaire de la séparation des pouvoirs : le juge ne doit pas prendre la place du législateur.
Quant aux erreurs factuelles et juridiques des précédents Roe et Casey, le projet d’arrêt en expose toute une série, mais la plus importante vise la notion de vie privée (privacy) et d’autonomie personnelle qui, selon le texte, ne peuvent pas justifier l’avortement, car cette pratique met en cause la vie d’un être humain, d’un tiers.
Ce faisant, le projet d’arrêt porte un coup à un symbole de la révolution individualiste occidentale : l’affirmation dans l’affaire Casey selon laquelle « au cœur de la liberté se trouve le droit de définir sa propre conception de l’existence, du sens de la vie, de l’univers et du mystère de la vie humaine ». C’est cette affirmation — vague et générale — qui servit de justification pseudo-juridique à l’affirmation d’un droit à l’avortement, et d’autres « nouveaux droits ».
À cette affirmation, le projet d’arrêt répond par un rappel lucide de la réalité : « Si les individus sont certainement libres de penser et de dire ce qu’ils veulent sur “l’existence”, “le sens”, “l’univers” et “le mystère de la vie humaine”, ils ne sont pas toujours libres d’agir en fonction de ces pensées. La permission d’agir sur la base de telles croyances peut correspondre à l’une des nombreuses acceptions de la “liberté”, mais ce n’est certainement pas une “liberté ordonnée”. » En d’autres termes : les croyances et désirs individuels ne créent pas de droits. La référence fréquente à la notion constitutionnelle de « liberté ordonnée » exprime une position philosophique fondamentale selon laquelle ce n’est pas la liberté, ou la « licence » de faire n’importe quoi qui est protégée par la Constitution, mais seulement celle qui est ordonnée au bien.
Autre élément significatif : les juges ont estimé que l’Etat du Mississipi, à propos duquel il était saisi, peut se prévaloir de nombreux « intérêts légitimes » pour ramener le délai légal de l’avortement sur demande à 15 semaines. Parmi ces « intérêts légitimes », le texte cite « le respect et la préservation de la vie prénatale à tous les stades de développement ; la protection de la santé et de la sécurité de la mère ; l’élimination des procédures médicales particulièrement horribles ou barbares ; la préservation de l’intégrité de la profession médicale ; l’atténuation de la douleur fœtale ; et la prévention de la discrimination fondée sur la race, le sexe ou le handicap ». Les juges ont particulièrement insisté sur le caractère « barbare » de l’avortement tardif.
Au terme de cette analyse, les anciens arrêts Roe et Casey sont littéralement détruits.
Quelles seront les suites de ce projet d’arrêt, s’il est confirmé ?
Tout d’abord, la loi du Mississipi, à l’origine de cette affaire, serait déclarée conforme à la Constitution. Cela ne devrait choquer personne en France puisque le Parlement vient d’y étendre de 12 à 14 semaines le délai légal de l’avortement sur demande.
Cet arrêt devrait aussi provoquer la validation d’une série de lois réduisant l’accès à l’avortement et actuellement contestées en justice. Il s’agit par exemple de lois interdisant l’avortement sélectif selon le sexe, la race ou le handicap de l’enfant.
Ensuite, l’administration Biden va s’emparer de ce sujet pour remobiliser ses troupes, et essayer de contourner la Cour suprême en imposant l’avortement aux États fédérés, cette fois par un vote du Congrès. La publication frauduleuse de ce projet d’arrêt est probablement une initiative désespérée pour influencer les juges en causant un scandale mondial. Mais les juges ont déjà répondu par avance à ces pressions en déclarant qu’ils ne se prononcent pas en fonction des réactions de l’opinion publique, mais seulement du texte de la Constitution, de l’histoire constitutionnelle et des précédents juridiques.
Enfin, si la teneur de ce projet d’arrêt était effectivement confirmée, le débat politique sur l’avortement serait réouvert dans chacun des États américains ; le verrou des arrêts Roe et Casey ayant sauté, rendant le pouvoir aux législateurs, la grande bataille de l’avortement ne ferait alors que commencer.
Par ce projet de jugement, les États-Unis prennent-ils une direction complètement isolée en Occident ?
Non, au contraire, et cela démontre le caractère excessif des critiques qui lui sont portées. En effet, tout comme ce projet d’arrêt, la Cour européenne des droits de l’homme a constamment affirmé que le droit au respect de la vie privée et de l’autonomie personnelle ne confère pas un droit à l’avortement, et que les États peuvent réglementer l’avortement, dans un sens ou dans l’autre, en fonction notamment de leurs différences culturelles. La Cour Suprême et la CEDH se retrouveraient ainsi sur une position commune.
Soeur Maria Laura assassinée par des satanistes
Beniamina Mariani, membre de la congrégation des Filles de la Croix, publie une biographie de soeur Maria Laura, qui a été sauvagement assassinée par trois jeunes femmes dans la nuit du 6 au 7 juin 2000. Selon leurs propres aveux, elles ont voulu « immoler une victime innocente à Satan ». L’humble religieuse, dont la vie toute de douceur est racontée dans cet ouvrage, a opposé la force du pardon. Son martyre est l’aboutissement d’une vie donnée aux autres – les jeunes en particulier – et à Dieu.
Le soir du 6 juin 2000, vers 22 heures, sœur Maria Laura sortit du couvent pour venir en aide à une jeune fille qui l’avait appelée au téléphone, disant qu’elle avait été violée et qu’elle était enceinte, prête à avorter. Mais c’était un prétexte. Trois jeunes filles, âgées de seize à dix-sept ans, s’adonnaient à des pratiques sataniques. Après avoir attiré sœur Maria Laura dans un parc, les adolescentes la frappèrent de dix-neuf coups de couteau, voulant faire un sacrifice à Satan. Mortellement blessée, la religieuse demanda à Dieu de pardonner aux meurtrières.
Le 19 juin 2020, le pape François a reconnu le martyre de sœur Maria Laura Mainetti, et signe le décret de sa béatification.
Ce livre rassemble essentiellement des témoignages, des lettres et des notes de la religieuse, autant d’éléments qui dessinent le visage d’une femme simple et forte à la fois, extraordinaire dans l’ordinaire d’un quotidien transfiguré par l’Évangile.
Le phénomène « catho-centriste » relève de la psychologie libérale
De l’abbé Barthe dans Res Novae :
Les forces « de progrès » catholiques ont toujours eu une étonnante capacité à susciter au sein des forces « de réaction » qui s’opposent à elles, le développement de milieux intermédiaires, centristes, qui font tout leur possible pour amollir et stériliser la dangerosité de cette réaction en la contrant au nom de la modération, de la responsabilité, de la transaction dans un but d’efficacité.
A vrai dire, ce phénomène du centre mou relève de la psychologie catho-libérale, caractérisée par une mauvaise conscience vis-à-vis du progressisme : les catho-centristes veulent toujours se démarquer des « intégristes », dont les « excès » excusent et même expliquent selon eux ceux des progressistes ; et, par ailleurs, ils reprennent pour une part la pensée de ces derniers, en estimant qu’en se mettant de leur côté ils pourront les influencer.
Le conclave de 2013, ou le suicide des ratzinguériens
Le cardinal Marc Ouellet, Québécois, 77 ans, de la Compagnie de Saint-Sulpice, ancien archevêque de Québec et primat du Canada, fut appelé à Rome en 2010 aux postes de confiance de Préfet de la Congrégation pour les Évêques et de Président de la Commission pour l’Amérique latine (Marc Ouellet avait enseigné, comme sulpicien, dans un séminaire colombien), Benoît XVI ayant toujours fait de la lutte contre la théologie de la libération une priorité. Cela resserra ses liens avec le cardinal Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, dont il ne faut jamais oublier que la carrière fut portée par sa réputation de persécuté par le P. Arrupe, supérieur général très progressiste de la Compagnie de Jésus.
Marc Ouellet, défenseur courageux de la vie dans un Canada qui se sécularisait à l’extrême, tenant de nombreux discours sur la reconstruction de la catéchèse et le respect des traditions, était considéré comme un ratzinguérien pur jus. Il avait il est vrai – mais est-ce contradictoire ? – demandé pardon en quittant le Canada à ceux qu’il avait pu offenser par ses prises de positions.
Marc Ouellet supportait fort mal Angelo Scola, dauphin de Benoît XVI, qui avait successivement occupé les deux sièges les plus prestigieux d’Italie, Venise puis Milan, et qui était surtout la tête morale du mouvement démocrate-chrétien de tendance identitaire, Comunione e Liberazione, fondé par don Luigi Giussani. Le cardinal Ouellet crut, lors du conclave de 2013, incarner contre l’archevêque de Milan une continuité ratzinguérienne douce, pour ne pas dire molle. Rien ne prouve d’ailleurs que Scola eût incarné une continuité plus « dure », même si, le Pape Scola – Benoît XVII, prévoyait-on – eût mené, en revanche, une vraie réforme de rationalisation et de modernisation de la machine curiale pour lui donner une plus grande efficacité.
En fait, les manœuvres orchestrées pendant les Congrégations générales en faveur de Jorge Bergoglio s’avérèrent très payantes pour ceux qui voulaient tourner la page Ratzinger. À la sortie du conclave qui avait élu le cardinal Bergoglio, des rumeurs couraient sur le scénario qui s’y était déroulé. Les ratzinguériens se seraient auto-démolis au moyen du duel Scola/Ouellet : Scola, n’aurait eu que 33 voix au 1er tour, talonné par Ouellet, dont les voix furent invitées à se reporter sur Jorge Bergoglio et non sur Angelo Scola. En effet, le cardinal Ouellet – rumeur confirmée par quelques sibyllines déclarations de sa part – s’était vu annoncer la charge de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Promesse non tenue : sans être jamais en disgrâce, le cardinal Ouellet est toujours resté un personnage secondaire dans le pontificat bergoglien, y compris pour les nominations épiscopales importantes sur lesquelles le Secrétaire de la Congrégation, Mgr Ilson de Jesus Montanari, a assurément un poids plus considérable. Il est vrai que celles du Cardinal, et cela depuis son accession à la tête de la Congrégation, ont toujours été du genre : « surtout pas de bruit, surtout pas de vagues. »
Le balthasarien
Si Marc Ouellet, se qualifiait jadis de théologien favorable à une herméneutique « de réforme dans la continuité » et non « de rupture », il a toujours été tout le contraire d’un thomiste : c’est un disciple enthousiaste de Hans Urs Von Balthasar, dont l’évêque de Fribourg-Genève disait plaisamment : « Il était peut-être chrétien, mais sûrement pas catholique ». Il est ainsi très lié avec les prélats balthasariens français, au premier rang desquels est le cardinal Philippe Barbarin qui, lorsqu’il était curé de Boissy-Saint-Léger, animait un actif et discret laboratoire d’idées théologico-réformatrices. Du même profil, conservateur ma non troppo, Pascal Roland, qui succéda à son ami Philippe Barbarin sur le siège de Moulins, puis fut transféré au siège de Bellay-Ars, pour succéder à Mgr Guy Bagnard, fondateur d’un séminaire et d’une société de prêtres clergyman strict. Ou encore, le P. Georges Colomb, ancien supérieur général des Missions étrangères de Paris, qui avait redonné vie au séminaire des MEP avant de devenir évêque de La Rochelle. Et puis aussi, plus jeune d’une génération, Dom Jean-Charles Nault, abbé bénédictin de Saint-Wandrille, la plus « classique » des abbayes de la Congrégation de Solesmes, où le cardinal Ouellet est comme chez lui, qui abrite désormais le cercle théologique Barbarin vénérant Hans Urs von Balthasar.
En 2012, avant Amoris lætitia, sous Benoît XVI,le cardinal Ouellet avait, dans un livre d’entretiens globalement dans la ligne des réflexions du groupe Barbarin, ouvert la voie, de manière significative, à une recherche d’un compromis en matière d’accueil sacramentel des divorcés « remariés » : « Les personnes peuvent retrouver l’état de grâce devant Dieu, y expliquait-il, même dans le cas d’une limite objective d’un mariage qui fut un échec, lorsque se noue une nouvelle union qui est peut-être la bonne mais pour laquelle il n’est pas possible d’établir que le premier mariage est nul[1] ».
L’influence, en quelque sorte seconde, du Préfet de la Congrégation pour les Évêques, s’est notamment manifestée dans trois affaires récentes.
L’une, dont on ne saurait que se réjouir, est celle de la nomination, le 9 mars dernier, de Mgr Jean-Philippe Nault, frère de l’abbé de Saint-Wandrille, à l’évêché de Nice, fort bonne personne d’esprit classique, qui a su conduire une certaine reprise des vocations à Digne, dont il était précédemment l’évêque.
En revanche, ses interventions lors des réunions inter-dicastères au cours desquelles a été discuté ce qui est devenu le motu proprio Traditionis custodes ont été étonnamment hostiles à la liturgie traditionnelle.
Et puis, il faut évoquer son intervention dans la crise d’une congrégation enseignante traditionnelle, celles de dominicaines du Saint-Esprit, dont la maison mère se trouve à Pontcallec, dans le diocèse de Vannes, en Bretagne. Sans entrer dans le détail d’une affaire complexe[2], le cardinal Ouellet, lié à l’une des religieuses de la communauté, la Mère Marie de l’Assomption d’Arvieu, s’est fait désigner par le pape François comme visiteur canonique, assisté de Dom Jean-Charles Nault, et de la Mère Emmanuelle Desjobert, abbesse cistercienne de Sainte-Marie de Boulaur, couvent de même température que Saint-Wandrille (liturgie Paul VI en latin, et non liturgie traditionnelle comme à Pontcallec). La visite canonique a balayé les résultats d’une visite canonique précédente diligentée sous le pape Benoît XVI, et jugée par Marc Ouellet trop favorable à la part la plus traditionnelle de la communauté : concrètement, le cardinal a, de manière passablement violente banni définitivement de l’état religieux la Mère Marie-Ferréol, poussé d’autres au départ, réduit au silence leur compagnes de même tendance, et fait nommer comme assistant de la communauté, le P. Henry Donneaud dominicain de la province de Toulouse qui est, avec la Mère d’Arvieu, membre du comité de rédaction de La Revue thomiste.
Il faut ajouter que la Mère d’Arvieu, professeur de philosophie, a publié sa thèse de doctorat sur Nature et grâce chez Saint Thomas d’Aquin. L’homme capable de Dieu, avec une préface du Cardinal Ouellet[3], laquelle se propose de réhabiliter les thèses d’Henri de Lubac, contre la tendance à reprendre, sur les rapports nature/grâce, la position du commentateur majeur de saint Thomas, Cajetan, estimée par la Mère Marie de l’Assomption structurante de la pensée traditionaliste[4].
Un conservatisme thermostatique
En novembre 2020, le cardinal Ouellet a fondé le Centre de Recherche d’Anthropologie et des Vocations, avec entre autres dans le comité scientifique, la Mère d’Arvieu et l’abbé Vincent Siret, prêtre de la Société Jean-Marie Vianney, recteur du Séminaire Pontifical Français à Rome. Ce Centre de Recherche a organisé un symposium, dans la salle d’audience du Vatican, le 17 février dernier, sur le thème des vocations sacerdotales (« Pour une théologie fondamentale du sacerdoce »), et dont les railleurs prétendaient qu’il était surtout destiné à favoriser les vocations épiscopales des membres de la Société Jean-Marie Vianney. Le symposium a été ouvert par un discours fleuve du Pape François, dans lequel il disait, sans plus : « Le célibat est un don que l’Église latine conserve ».
Partisan d’une herméneutique « de réforme dans la continuité », disions-nous en commençant du cardinal Ouellet, ce qui peut s’étendre à tous ses réseaux. De réforme certes, mais sans exagération dans la continuité … C’est-à-dire en jouant systématiquement le rôle d’éteignoir vis-à-vis de tout et de tous ceux qui pourraient pousser à de sérieuses remises en question du cocon conciliaire. Ils sont réglés pour la critique du progressisme (nous empruntons sans vergogne la parabole à un théologien espagnol ultra-progressiste, aujourd’hui décédé, José María González Ruiz) comme des appareils de chauffage qui programmés à l’avance pour que leur température ne dépasse pas un certain échauffement. Ils peuvent ainsi donner l’illusion d’une volonté décidée d’involution. Mais on entend bien vite le « clic » du thermostat, qui montre qu’ils sont au bout du programme conservateur et n’iront pas au-delà.
Histoire du Mouvement de la Jeunesse Catholique de France
Les éditions Contretemps viennent de publier à l’occasion de leurs cinquante ans une histoire du MJCF, ce mouvement créé dans les années 70 par Christian Marquant, alors que le scoutisme catholique entrait en crise et que la jeunesse lançait des pavés dans les rues du quartier latin à Paris. Ce livre évoque les méthodes et principes adoptés, les difficultés rencontrées, les appuis providentiels obtenus qui ont permis à ce mouvement de se développer et de perdurer.
De nombreux témoignages, parmi lesquels celui de Mgr Lebrun, membre de 1972 à 1977, et photographies illustrent l’histoire de ce mouvement de jeunesse, créé malgré la hiérarchie de l’Eglise de France. Zèle doctrinal, vie de prière, soin apporté à la liturgie, etc., furent renouvelés et fécondés par des éléments profondément novateurs : mixité, camps à l’étranger, équipes très autonomes, etc. Le Mouvement de la Jeunesse Catholique de France se développe autour d’un même but : restaurer le règne du Christ Roi sur les sociétés par le biais de l’apostolat des jeunes par les jeunes. Composée de jeunes de 16 à 25 ans, l’association est divisée en provinces, elles-mêmes divisées en équipes. C’est au sein des équipes, cellules de base du mouvement que les membres agissent et que se déroule la plupart des activités.
Vers l’annulation de l’arrêt libéralisant l’avortement aux États-Unis
Les juges font remarquer que la constitution ne mentionne aucunement l'avortement et que celui-ci ne saurait être considéré comme un droit profondément enraciné dans la tradition juridique américaine puisqu'au contraire unanimement condamné jusqu'aux années 1970.
— 𝕷𝖊 𝕮𝖊𝖓𝖙𝖚𝖗𝖎𝖔𝖓 ن (@Mad___Centurion) May 3, 2022
La Fable du politichien
De Jean de Saint-Jouin sur l’Homme nouveau :
Recomposition géopolitique au Proche-Orient sur fond de guerre en Europe
D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :
Décidément, 2022 sera une année charnière sur le plan géopolitique. Tandis qu’en Europe l’OTAN, c’est-à-dire l’Amérique, a décidé de produire pour l’Ukraine un immense effort de guerre contre la Russie, le Proche-Orient se lance au contraire dans une vaste entreprise de réconciliation.
Déjà l’Arabie saoudite et le Qatar avaient mis fin à leur brouille née d’un conflit idéologique très ancien entre wahhabites et Frères musulmans. Parallèlement, les Émirats arabes unis se sont rapprochés d’Israël, qui a fourni d’importants renseignements militaires dans la guerre au Yémen contre les houthis soutenus par l’Iran.
C’est maintenant la Turquie qui vient de faire une spectaculaire volte-face dans ses relations avec l’Arabie saoudite. Depuis l’assassinat du journaliste d’opposition saoudien Khashoggi dans les locaux du consulat saoudien d’Istanbul, les deux pays étaient plus qu’en froid. Erdoğan, pour des raisons obscures, a fait de cette affaire une crise majeure, vitupérant contre les dirigeants saoudiens, en particulier le prince héritier Mohammed ben Salmane, traité d’assassin par le néo-sultan turc.
Certes, l’affaire était importante, mais la violence de la réaction d’Erdoğan avait surpris, même si cela se passait à l’époque du blocus imprudemment ordonné par Mohammed ben Salmane contre le Qatar, fidèle allié d’Ankara. Mais la très sévère crise économique que connaît la Turquie a poussé Erdoğan à changer de stratégie. L’inflation atteint 60 %, le mécontentement est grand et les élections législatives de 2023 ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices. Pour ne rien arranger, l’Arabie saoudite, client important de la Turquie, avait cessé pratiquement tous ses achats et la devise turque s’est effondrée, perdant la moitié de sa valeur face au dollar.
Acculé, l’orgueilleux néo-sultan a dû aller à Canossa, si l’on ose dire. L’affaire Khashoggi est enterrée, les poursuites annulées (les juges turcs sont très compréhensifs) et Erdoğan a pu se rendre à Riyad afin de sceller une réconciliation financièrement indispensable.
Ce basculement intervient au moment où l’ensemble du Proche-Orient se détourne ostensiblement de l’Amérique. Se sentant peu concernés par la guerre en Ukraine, les pays de la région ont condamné du bout des lèvres l’intervention russe en regardant ailleurs. Même Israël n’a pas suivi Washington et refuse d’aider militairement l’Ukraine. L’État hébreux a en effet besoin de la neutralité russe en Syrie pour continuer à bombarder les milices iraniennes.
Dans ce concert de réconciliation, l’Iran demeure isolé. C’est donc vers la Chine que l’État chiite se tourne maintenant, avec une décision lourde de sens : la Chine pourra payer le pétrole et le gaz iraniens en yuan. C’est une première et, après la Russie, l’Iran est le deuxième producteur majeur à vouloir mettre fin au monopole du dollar dans les transactions internationales d’hydrocarbures. L’Arabie saoudite n’en n’est pas encore là, mais elle n’a pas accédé à la demande de Washington d’augmenter sa production de pétrole afin de faire baisser les cours et d’embarrasser la Russie. Riyad n’a pas oublié les leçons de morale américaines et son absence de soutien quand l’Iran a détruit une bonne partie de ses installations pétrolières en septembre 2019.
Heureusement pour l’Amérique, l’Europe est là, fidèle au poste, pour lui faire un peu oublier ses déboires du continent asiatique. Le jour où celle-ci aura une politique étrangère autonome, les États-Unis se sentiront bien seuls, mais ce n’est pas pour demain.
Guide pour les chrétiens désorientés
L’abbé Ralph Weimann, docteur en théologie et en bioéthique, enseigne notamment à l’Université Saint Thomas d’Aquin (Angelicum) à Rome. Membre du « Nouveau Cercle des Elèves de Joseph Ratzinger », il participe à des séminaires de formation et des rencontres internationales en tant que professeur et conférencier, avec l’objectif de situer la théologie au centre de l’Eglise, ce qui permet à cette discipline d’acquérir cette ampleur qui caractérise l’Eglise catholique.
Ce prêtre allemand vient de publier un Guide pour les chrétiens désorientés, préfacé par le cardinal Sarah. Alors que le relativisme fait rage au sein de l’Eglise et que les mauvais guides pullulent, l’abbé Weimann propose une boussole destinée à nous indiquer dans quelle direction nous devons nous orienter, afin d’empêcher de nous perdre et de nous égarer. Cet ouvrage a pour objet d’apporter des réponses à certaines des interrogations les plus fréquentes dans le domaine de la foi. Il vise ainsi à indiquer la direction permettant au croyant d’atteindre le but de sa vie : la bienheureuse communion avec Dieu. Dans 18 chapitres de quelques pages chacun, il rappelle quelques vérités simples à croire, comme les sacrements, la vérité, la foi, le sacerdoce, les anges, les saints… Extrait du chapitre sur l’infaillibilité pontificale :
[…] ce serait une énorme erreur de qualifier d' »infaillible » toute déclaration du Pape, par exemple sur les questions des migrations, de l’écologie ou de la protection sanitaire procurée par un vaccin dans le cadre d’une pandémie, ou encore de considérer comme « infaillible » une remarque fortuite ou une déclaration spontanée du Pape dans le cadre d’un entretien personnel ou dans les médias. Un tel point de vue serait totalement contraire à ce qu’est par nature l’infaillibilité pontificale. D’autre part, si le détenteur de cette charge refusait de l’assumer pleinement, c’est-à-dire s’il négligeait volontairement de mettre en oeuvre l’autorité accordée par Dieu à l’autorité suprême de l’Eglise, ce serait de sa part une fausse humilité. […]
Eric Zemmour : « Marine Le Pen préfère essayer de tuer Reconquête qu’avoir une force avec 150 élus »
Dans un contexte où 70% des électeurs du RN et 93% de ceux d’Eric Zemmour souhaitent une alliance à droite, Eric Zemmour fait son retour médiatique avec une grande interview d’une heure sur BFM :
Le RN ne veut pas d’alliance mais propose (en vain) à Stanislas Rigault de devenir député RN
Sans doute par manque de militants ancrés localement ou par manque de bons profils, le RN tente de faire le match retour avec Reconquête! en débauchant ses talents. Ce que le RN ne semble pas comprendre, c’est que les cadres du RN qui ont rejoint Reconquête! avaient tout à perdre sauf leurs convictions. L’inverse n’est pas vrai.
A l’époque le RN accusait Reconquête! de proposer de l’argent… Stanislas Rigault a refusé ce débauchage :
Stanislas Rigault a la cote. Très apprécié au sein de Reconquête !, tant par les cadres que par les militants, le jeune responsable de Génération Z semble également populaire du côté du Rassemblement national (RN). En témoigne la main tendue de Jordan Bardella. Selon les informations de CNews, ce lundi 2 mai, le président par intérim du Rassemblement national (RN) aurait proposé à Stanislas Rigault de les rejoindre, en vue des élections législatives de juin prochain. Une offre qui vise à ce que le président de Génération Z se présente comme candidat sous l’étiquette RN. Mais comme le rapporte CNews, Stanislas Rigault aurait refusé la proposition de Jordan Bardella par « loyauté » envers Éric Zemmour et son parti Reconquête!.
La direction du RN confirme son sectarisme et présente un candidat RN contre Philippe Vardon (RN)
Aucune ligne différente de celle prônée par Marine Le Pen et ses proches de Hénin-Beaumont n’est tolérée. Le RN va donc présenter un candidat RN contre Philippe Vardon qui plaidait pour une alliance avec Reconquête! pour sauver le RN du Sud et avait même demandé à ce que la «question des alliances aux élections législatives» soit tranchée par le conseil national du RN (voir nos articles ici et ici):
C’est une décision qui ne devrait pas rester sans conséquence. Selon nos informations, la direction du Rassemblement national a arrêté son intention d’investir un candidat dans la 3ème circonscription des Alpes-Maritimes pour les législatives de juin. Contre celle, déclarée vendredi dernier dans Nice Matin, de Philippe Vardon, jusque-là président du groupe RN à la métropole de Nice et conseiller régional de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA).
Une prise de parole doublée, ce lundi, par un mail aux membres du bureau national du parti. Dans lequel Philippe Vardon réclamait que la «question des alliances aux élections législatives» soit tranchée par le conseil national du RN, sorte de parlement interne du mouvement. La fermeté à l’égard de l’élu, le refus de lui accorder l’investiture RN et la décision de présenter, en sus, un candidat contre lui aura fait office de réponse (…)
Si le refus de la direction du RN de nouer une alliance avec Reconquête ! pour les législatives n’est pas un véritable sujet dans le reste de la France, il en est autrement en PACA où Éric Zemmour a obtenu plus de 12% des voix, notamment dans les Alpes-Maritimes où il en a obtenu 14%. Soit le double de son score national. Les putatifs candidats RN locaux craignent ainsi de se voir ravir tout espoir de second tour en cas de candidature Reconquête ! dissidente face à eux.
Déterminé à maintenir sa candidature, Philippe Vardon risque selon les statuts du mouvement l’exclusion du Rassemblement national. Ce qui ne manquerait pas de provoquer une scission tant au sein du groupe municipal RN à la métropole de Nice. Qu’au sein du groupe RN de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le Sud devrait, une fois de plus, être fidèle à sa réputation de terre d’élections musclée.
Le mail envoyé par Philippe Vardon à la direction du RN (ouvrir l’image dans un nouvel onglet) :

Sainte Blandine
Aymeric Pourbaix reçoit le Père Jean-François Thomas, jésuite, et Véronique Jacquier, journaliste :
