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Faire des films en famille pour ne pas rendre les enfants passifs devant les écrans

A l’occasion de la sortie du deuxième épisode des aventures de Jean et Henri, nous avons interrogé le réalisateur, Grégory Soodts :

Vous diffusez un deuxième épisode des Aventures de Jean et Henri. Pourquoi vous être lancé dans cette aventure vidéo ?

En premier lieu, j’ai toujours eu le goût du cinéma, en particulier des techniques cinématographiques car ces dernières intensifient la rencontre avec le spectateur.

Ensuite mes enfants grandissant (j’ai 7 enfants de 4 mois à 10 ans et demi), je ne voulais pas les voir passifs face à cet écran, eux qui sont si plein de vie ! L’idée de faire des films en famille est venue grâce à mon aîné Louis qui raffole de la mise en scène : nous avions trouvé le moyen de les familiariser avec le cinéma tout en étant actifs !

Mais nous ne voulions pas pour autant que leur aventures conduisent les autres petits spectateurs à la passivité : c’est pour cela que nous avons choisi de donner la place principale aux enfants, afin que les héros soient accessibles et puissent devenir des exemples.

Enfin nous ne voulions pas regarder tristement un cinéma pour enfants être de plus en plus conduit par l’idéologie : les enfants méritent mieux que de rentrer dans des plans de transformation de la société. Ils méritent de grandes aventures, de grandes épopées. Ainsi ils réaliseront que leurs propres vies sont autant de magnifiques aventures à vivre pleinement.

Et c’est à ce moment là qu’on se retrousse les manches pour agir !

Ces aventures s’incarnent dans le Beaujolais. Pourquoi cette région particulièrement ?

Dans notre famille, nous avons une grande admiration et gratitude pour nos ancêtres sans lesquels nous ne serions pas là ! De mon côté, on les trouve essentiellement dans les environs de Lille, et du côté de mon épouse en Savoie et dans le Beaujolais.

Depuis longtemps nous voulions relater l’histoire de Louis de Monspey, un ancêtre de mon épouse, un héros de la guerre 14-18, vivant dans le Beaujolais debut XIXe. Il a eu deux fils Jean et Henri dont on connaît les caractéristiques enfants grâce aux écrits de leur grand-mère Alix.

Louis et Martin, nos aînés, ont voulu prendre les prénoms de leurs ancêtres lorsque l’idée d’un film s’est présentée. Alors tout est devenu simple : les personnages, l’époque, le lieu, on avait tout !

De plus le Beaujolais, comme beaucoup d’endroits en France, a une histoire très belle et très riche, qui s’incarne dans une multitude de lieux splendides très peu connus : nous avons une raison supplémentaire de valoriser ce magnifique territoire, terre de nos pères !

Jean et Henri sont deux enfants du XXe siècle qui se retrouvent, en rêve, au Moyen-Age. Que trouvez-vous à cette période, souvent décrite comme obscurantiste, sombre et angoissante ?

Sans entrer dans les détails (que je ne maîtrise pas) du travail politique de sape du Moyen-Age allant d’écrits de Plutarque au « roman national » très orienté de Jules Michelet, il est intéressant de voir l’attrait des enfants pour cette période mais également plus largement son attrait populaire (par exemple les évènements locaux de type « fêtes médiévales » sont toujours des succès). On a l’impression qu’un inconscient populaire recherche un âge d’or refoulé institutionnellement mais que le réel met en permanence face à nos yeux à travers les vestiges médiévaux et la magnificence des cathédrales.

Nos enfants ne dérogent pas à la règle : le désir de « naviguer » au Moyen-Age était très présent ! D’ailleurs, nos aventures nous ont déjà amené à rencontrer des médiévistes et très clairement, avec des argumentaires construits et très sourcés, ils sont très loin de définir cette période comme obscure, bien au contraire !

Comment peut-on vous aider ?

Cette aventure peut sembler aussi folle que ses perspectives : un cycle petit à petit s’écrit, où l’intrigue s’affine et se complexifie et où la technique se professionalise. Nous projetons par exemple encore 1 ou 2 court-métrages cette année et travaillons à un long métrage. Puisque le projet semble fou aux yeux du monde, nous savons que la première et plus précieuse aide nécessaire est la prière !

Ensuite, nous avons besoin de relais : si cela plaît, partagez, partagez, partagez ! Ce sera pour en faire profiter à d’autres, mais également car il faut que notre monde réalise que lorsqu’on propose de belles choses à la jeunesse cela marche.

Ensuite, concrètement nous aimerions pouvoir projeter dans les cinémas locaux, donc il nous faudrait du matériel professionnel. Pour cela nous sommes prêts à accueillir des dons de matériel (caméra et micros) qui pourrait dormir dans un coin, et nous avons également créé un compte tipeee pour récolter des dons dans cette perspective.

Et en fonction des moyens que nous aurons grâce à tipeee, nous prendrons un meilleur logiciel de montage et investirons dans quelques équipements pour faire des effets spéciaux. En effet, comme nous souhaitons faire du grand spectacle, nous voulons créer grâce à des effets spéciaux des personnages… impressionnants ! (j’essaye de ne pas vous en dire trop !).

Mais soyez rassurés, dans tous les cas, on ira jusqu’au bout car, pour reprendre les mots de Socrate « rien n’est trop difficile pour la jeunesse »!

Voeux officiels

C’est tout ce que j’ai trouvé en cette fête de Pâques

 

 

Le mystère de Pâques

Avec Véronique Lévy et Frère Renaud Silly, dominicain :

L’annonce du salut par la petite minorité créative des catholiques pratiquants

« Terres de mission » reçoit Stanislas de Larminat, agronome et voix « dissidente » sur les questions écologiques : il remet en cause l’origine exclusivement anthropique du réchauffement. Il explique sa démarche de pèlerinage : depuis 3 ans, il a parcouru 3 000 km pour aller visiter de nombreux sanctuaires mariaux et évêchés et inviter ses interlocuteurs à ne pas relayer la « propagande de la peur », mais au contraire annoncer le salut.

Puis, Samuel Pruvost, rédacteur en chef de la revue « Mission », parle en ce jour de Pâques de l’annonce du salut par la petite minorité créative des catholiques pratiquants.

Aujourd’hui s’avance le Roi de gloire

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault (Fontgombault, le 17 avril 2022)

Concede nobis… cælestibus desideriis inflammari. Accordez-nous… d’être enflammés de célestes désirs. (Oraison d’ouverture de la Vigile pascale)

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

De façon inaccoutumée et abrupte, alors que le célébrant en chape violette porte encore les vêtements aux couleurs de la pénitence, la grande et sainte Vigile pascale s’ouvre par une oraison prononcée sur le feu nouveau :

Dieu, qui, par votre Fils qui est la pierre d’angle, avez apporté à vos fidèles le feu de votre splendeur ; sanctifiez ce feu nouveau tiré de la pierre pour notre usage ; et accordez-nous durant ces fêtes pascales d’être enflammés d’un si grand désir du ciel, que nous puissions parvenir l’âme pure aux fêtes de l’éternelle lumière.

Vivre en vérité le mystère pascal, c’est vivre un « passage » ; le passage de la mort à une vie en cohérence avec la foi que nous professons ; le passage d’une vie de foi toujours trop superficielle à une vie plus profonde de communion avec le Seigneur. 

Mais pour vivre en vérité, il faut désirer. Celui qui ne désire pas, au mieux campe sur place, au pire, il recule. L’Église est donc fort lucide quand elle nous fait implorer de Dieu un cœur brûlant de désir. Déjà saint Benoît, au début du carême, avait invité ses frères « à attendre la sainte Pâque avec l’allégresse
d’un désir tout spirituel. » (Règle de saint Benoît, c.49, De l’observance du Carême).

Il serait d’ailleurs bien pusillanime de n’espérer ce feu intérieur que durant les fêtes pascales. S’il est un lieu où il faut voir grand et ne pas ménager sa peine, s’il est un défi qu’il ne faut pas manquer, c’est bien celui de la rencontre face à face avec le Seigneur au jour de notre ultime passage, et qui sera pour tous, comme nous l’espérons, l’aube de la vraie vie, la vie qui n’aura pas de fin, la vie éternelle. Cette vie éternelle, saint Benoît recommande aussi à ses moines de la désirer de toute l’ardeur de leur âme (Cf. ibid., c.4, 46e instrument des bonnes œuvres).

Par la célébration du mystère pascal, nous communions à la mort et la résurrection du Christ. Le Christ, obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la Croix, répand sur tout homme de bonne volonté l’eau qui lave et qui purifie, comme saint Paul l’enseigne aux Romains :

Si, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute- puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Car, si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne (Rm 6,4-5).

Durant le temps de la Passion, nous avons cheminé aux accents du Vexilla Regis :

Aujourd’hui du grand Roi l’ étendard va marchant, Où l’Auteur de la chair vient sa chair attachant. Aujourd’hui de la Croix resplendit le mystère,
Où Dieu souffre la mort aux mortels salutaire.

Je te salue, ô Croix, seul espoir des vivants ! En ces jours douloureux de larmes s’ abreuvant, Augmente aux cœurs des bons l’immortelle justice, Et pardonne aux pécheurs leur mortelle malice…

L’étendard du Roi vainqueur s’avance encore. Qu’adviendrait- il s’il n’était pas suivi ? La Croix se dresse au sommet du Calvaire, le Christ Ressuscité s’élève triomphant du tombeau… Qui se prosternera devant lui et devant sa croix ?

Pour beaucoup d’hommes et de femmes, Dieu est devenu l’étranger. Seuls quelques souvenirs d’un passé lointain occupent les recoins d’un cœur qui demeure assoiffé. Le pressentiment de le rencontrer un jour face à face ne les effleure pourtant plus. Dieu est absent de leur présent, et ce présent qui reçoit sa noblesse de sa présence est devenu profondément désespérant. Sans lui, la vie n’a plus de sens.

L’Église en cette sainte nuit nous rappelle à l’urgence de préparer notre propre rencontre. L’histoire de l’humanité, l’histoire aussi de chacune de nos vies, sont appelées à rencontrer le
Christ vainqueur de la mort et du tombeau. Nous le chanterons demain : « La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux.

Le Maître de la vie mourut : vivant, il règne. » (Séquence de Pâques : Victimae paschali).

Le Christ est vivant. Il règne. Telle est la clameur de victoire qui retentit. Elle ne se taira plus désormais. Les temps les plus sombres de l’histoire de l’humanité, de l’histoire aussi de nos vies, vibrent de son écho. Le présent du Dieu vainqueur vient à notre rencontre. Il est vivant. Il règne.
Au cœur du chaos primordial, la parole de Dieu a été prononcée : « Que la lumière soit. Et la lumière fut » (Gn 1,3). A nouveau, le jour de notre baptême, Dieu a prononcé sur notre vie une parole. Enfants d’une nature rebelle, nous portions le nom de fils de colère. Dieu nous a offert la réconciliation.

Aujourd’hui encore, Dieu veut faire briller sa lumière, lui donner une intensité plus vive et nous renouveler dans la foi. Ce que Dieu a créé sans nous, il veut le recréer avec nous. Si la parole de nos parents auprès des fonts baptismaux a demandé pour nous la grâce de la foi, il nous revient de demeurer fidèle à la parole de nos aïeux. Aujourd’hui en renouvelant les promesses de notre baptême, nous nous sommes placés derrière l’étendard du Christ pour rajeunir en chacun de nos cœurs un dialogue d’amour.

La parole de Dieu ne s’est pas épuisée. Dieu a encore beaucoup à nous dire, beaucoup à nous apprendre, pourvu que nous lui laissions la parole. L’élan si petit, si ténu, d’un être si faible, si pauvre, un murmure né au plus secret du cœur humain déchaînera des flots d’amour divin qui bousculeront, renverseront, purifieront. La sécheresse des cœurs rabougris s’évanouira au torrent du mystère.
Aujourd’hui s’avance le Roi de gloire, le Vainqueur du tombeau. Il s’avance vers son Père. Il s’avance vers les hommes, posant son regard sur chacune de nos vies. Auprès du tombeau de Lazare, le Seigneur s’est écrié : « Lazare, viens dehors. » En cette nuit, le Christ nous invite à quitter nos propres tombeaux ; ceux que nous nous sommes construits et où nous avons l’illusion d’être bien, ceux qui nous oppriment et dont nous voudrions être débarrassés. Quels qu’ils soient, ils sont notre prison. Mourons à nos tombeaux pour ressusciter au Christ.

Aujourd’hui s’avance le Roi de Gloire vers sa Mère. Cette Mère qui, au soir du cruel vendredi, était toute douloureuse ; cette Mère à qui l’espérance n’a jamais manqué ; cette Mère qui se réjouit et qui prie pour nous. Qu’elle nous obtienne des cœurs enflammés de célestes désirs.
Regina cæli, laetare. Amen, Alléluia.

La Seigneurie de Bailly

 

Je suis ressuscité, et je suis encore avec vous, Alléluia

Introït de la messe de Pâques, chantée par les moines de l’abbaye de Triors :

Resurréxi, et adhuc tecum sum, allelúia : posuísti super me manum tuam, allelúia : mirábilis facta est sciéntia tua, allelúia, allelúia.

Je suis ressuscité, et je suis encore avec Vous, Alléluia : Vous avez posé votre main sur moi, alléluia ; Votre sagesse a fait des merveilles, alléluia, alléluia.

Commentaire sur Una Voce :

C’est par la parole du Ressuscité même que s’ouvre la messe. Resurréxi. Je suis ressuscité. L’introït modifie légèrement le texte de ce verset pour rendre plus évidente la portée prophétique de ce psaume 138 et son accomplissement par le Christ. Là où les Pères de l’Église lisaient exurréxi au v. 18 et lisaient dans ce réveil la résurrection du Christ, l’introït chante plus explicitement resurréxi et on connaît ces manuscrits musicaux qui ouvrent le dimanche de Pâques par de grands R solennellement enluminés.

Mais la phrase ne s’arrête pas là ; la mélodie nous porte jusqu’à la fin du verset 18, ponctué par un premier allelúia. C’est le début de ces pièces ponctuées d’allelúia que nous retrouverons tout au long du temps de Pâques. Pendant quarante jours nous n’avons pas prononcé d’allelúia. À la vigile pascale nous l’avons retrouvé comme l’acclamation par excellence de l’évangile, puis comme antienne de communion[1]. Mais là il valait pour lui-même. Ici il est une ponctuation, il est la louange qui devient notre respiration, notre souffle, tout au long du temps pascal.

Mais revenons à notre introït. Sa première phrase se clôt de manière forte pour ce mode, par une cadence fa mi. Elle reste dans un ambitus modeste, ré-sol, là où dans la suite de la pièce il s’étend du do au la. Cela permet de la lire comme le premier volet de ce que les allelúia ponctuent comme un triptyque. Cette première phrase s’amorce avec l’affirmation resurréxi dans l’intimité de la tierce ré–fa, puis s’ouvre à la quarte sur sol en s’adressant à quelqu’un : et adhuc tecum sum. Qui connaît le psaume 138 sait que c’est une parole adressée par le croyant à Dieu. Celui qui a vécu la nuit de Pâques sait que c’est la parole que le Christ adresse au Père, dans l’intimité filiale dont le jeu caractéristique du 4e mode sur le demi-ton mi-fa rend si bien compte. Car le Verbe est venu parmi nous sans quitter la droite du Père, comme nous le chantons dans l’hymne de la fête du Corpus Christi : Verbum supérnum pródiens / nec Patris linquens déxteram…

La deuxième phrase reprend sur le fa et étend l’ambitus d’un ton en s’élevant au la[2] sur le mot posuísti qu’il accentue de ce fait : posuísti super me manum tuam. Cette main est celle qui crée, qui donne, qui venge, aussi[3]. Ici, manifestement, elle ne punit pas, mais est celle qui a libéré de la geôle de la mort, bienfaisante, comme elle s’est posée sur Moïse et les prophètes. La phrase se clôt par un allelúia qui nous laisse suspendus au fa et ouvre au dernier volet du triptyque.

Cette troisième phrase étend d’un ton supplémentaire l’ambitus, vers le bas cette fois, vers le do qui souligne la première partie de cette phrase, d’autant plus que la cadence intermédiaire en ré-do de cette phrase est appuyée par une clivis épisémée. Mirábilis facta est est la partie la plus basse de la pièce, alors que le sujet de cette phrase (postposé comme le permet le latin), sciéntia tua en est la partie la plus haute, dont les deux mots sont accentués par le la. Plus basse, plus haute : aucune descente ou montée extraordinaire, mais un dépassement de l’intimité si serrée dans laquelle cette pièce nous maintenait jusque là. Car c’est pour nous qu’il est mort et ressuscité. C’est pour nous que d’abord il s’est incarné. De la crèche à la croix il n’y a qu’un pas. C’est parce que d’abord le Fils homo factus est, qu’aujourd’hui nous pouvons chanter mirabilis facta est avec lui. Cette fraction de phrase descend, comme il est venu parmi nous, comme il est descendu aux enfers. Et comme le chant s’élevait sur posuísti, il s’élève encore sur sciéntia tua : c’est le Père qui a posé sa main sur son Fils, c’est le Père dont la science est merveilleuse. Cette élévation de sa science n’est pas une gnose mais une éducation (ex-dúcere comme ex-súrgere > exurréxi), celle du Père qui pose sa main sur moi, m’élève et me fait reposer dans la paix ; paix que chante le double allelúia final dans la tierce modale mi-sol.

« Voici le jour que le Seigneur a fait, passons-le dans l’allégresse et dans la joie » (Ps 117)

De Dom Guéranger :

La nuit du Samedi au Dimanche voit enfin s’épuiser ses longues heures ; et le lever du jour est proche. Marie, le cœur oppressé, attend avec une courageuse patience le moment fortuné qui doit lui rendre son fils. Madeleine et ses compagnes ont veillé toute la nuit, et ne tarderont pas à se mettre en marche vers le saint tombeau. Au fond des limbes, l’âme du divin Rédempteur s’apprête à donner le signal du départ à ces myriades d’âmes justes si longtemps captives, qui l’entourent de leur respect et de leur amour. La mort plane en silence sur le sépulcre où elle retient sa victime. Depuis le jour où elle dévora Abel, elle a englouti d’innombrables générations ; mais jamais elle n’a tenu dans ses liens une si noble proie. Jamais la sentence terrible du jardin n’a reçu un si effrayant accomplissement ; mais aussi jamais la tombe n’aura vu ses espérances déjouées par un si cruel démenti. Plus d’une fois, la puissance divine lui a dérobé ses victimes : le fils de la veuve de Naïm, la fille du chef de la synagogue, le frère de Marthe et de Madeleine lui ont été ravis ; mais elle les attend à la seconde  mort. Il en  est  un autre cependant, au sujet duquel il est écrit : « O mort, je sciai ta mort ; tombeau, je serai ta ruine. » (OSÉE. XIII, 14.). Encore quelques instants : les deux adversaires vont se livrer combat.

De même que l’honneur de la divine Majesté ne pouvait permettre que le corps uni à un Dieu attendit dans la poussière, comme celui des pécheurs, le moment où la trompette de l’Ange nous doit tous appeler au jugement suprême ; de même il convenait que les heures durant lesquelles la mort devait prévaloir fussent abrégées. « Cette génération perverse demande un prodige, avait dit le Rédempteur; il ne lui en sera accorde1 qu’un seul : celui du prophète Jonas. » (MATTH. XII, 39.) Trois jours de sépulture : la fin de la journée du Vendredi, la nuit suivante, le Samedi tout entier avec sa nuit, et les premières heures du Dimanche ; c’est assez : assez pour la justice divine désormais satisfaite : assez pour certifier la mort de l’auguste victime. et pour assurer le plus éclatant des triomphes : assez pour le cœur désolé de la plus aimante des mères.

« Personne ne m’ôte la vie ; c’est moi-même qui la dépose ; j’ai le pouvoir de la quitter, et j’ai aussi celui de la reprendre. » (JOHAN. X, 18.) Ainsi parlait aux Juifs le Rédempteur avant sa Passion : la mort sentira tout à l’heure la force de cette parole de maître. Le Dimanche, jour de la Lumière, commence à poindre ; les premières lueurs de l’aurore combattent déjà les ténèbres. Aussitôt l’âme divine du Rédempteur s’élance de la prison des limbes, suivie de toute la foule des âmes saintes qui l’environnaient. Elle traverse en un clin d’œil l’espace, et pénétrant dans le sépulcre, elle rentre dans ce corps qu’elle avait quitté trois jours auparavant au  milieu des angoisses de l’agonie. Le corps sacré se ranime, se relève, et se dégage des linceuls, des aromates et des bandelettes dont il était entouré. Les meurtrissures ont disparu, le sang est revenu dans les veines ; et de ces membres lacérés par les fouets, de cette tète déchirée parles épines, de ces pieds et de ces mains perces par les clous, s’échappe une lumière éclatante qui remplit la caverne. Les saints Anges, qui adorèrent avec attendrissement l’enfant de Bethléhem, adorent avec tremblement le vainqueur du tombeau. Ils plient avec respect et déposent sur la pierre où le corps immobile reposait tout à l’heure, les linceuls dont la piété des deux disciples et des saintes femmes l’avait enveloppé.

Mais le Roi des siècles ne doit pas s’arrêter davantage sous cette voûte funèbre ; plus prompt que la lumière qui pénètre le cristal, il franchit l’obstacle que lui opposait la pierre qui fermait l’entrée de la caverne, et que la puissance publique avait scellée et entourée de soldats armés qui faisaient la garde. Tout est resté intact ; et il est libre, le triomphateur du trépas ; ainsi, nous disent unanimement les saints Docteurs, parut-il aux yeux de Marie dans l’étable, sans avoir fait ressentir aucune violence au sein maternel. Ces deux mystères de notre foi s’unissent, et proclament le premier et le dernier terme de la mission du Fils de Dieu : au début, une Vierge-Mère ; au dénoûment, un tombeau scellé rendant son captif.

Le silence le plus profond règne encore, à ce moment où l’Homme-Dieu vient de briser le sceptre de la mort. Son affranchissement et le nôtre ne lui ont coûté aucun effort. O Mort ! que reste-t-il maintenant de ton empire ? Le péché nous avait livrés à toi ; tu te reposais sur ta conquête ; et voici que ta défaite est au comble. Jésus, que tu étais si fière de tenir sous ta cruelle loi, t’a échappé ;et nous tous, après que tu nous auras possédés, nous t’échapperons aussi. Le tombeau que tu nous creuses deviendra notre berceau pour une vie nouvelle ; carton vainqueur est le premier-né entre les morts (Apoc. I, 5) ; et c’est aujourd’hui la Pâque, le Passage, la délivrance, pour Jésus et pour tous ses frères. La route qu’il a frayée, nous la suivrons tous ; et le jour viendra où toi qui détruis tout, toi l’ennemie, tu seras anéantie à ton tour par le règne de l’immortalité. (I Cor. XV, 26.) Mais dès ce moment nous contemplons ta défaite, et nous répétons, pour ta honte, ce cri du grand Apôtre: « O Mort, qu’est devenue ta victoire? Qu’as-tu fait de ton glaive ? Un moment tu as triomphé, et te voilà engloutie dans ton triomphe. » (Ibid. 55.)

Mais le sépulcre ne doit pas rester toujours scellé ; il faut qu’il s’ouvre, et qu’il témoigne au grand jour que celui dont le corps inanimé l’habita quelques heures l’a quitté pour jamais. Soudain la terre tremble, comme au moment où Jésus expirait sur la croix . mais ce tressaillement du globe n’indique plus l’horreur ; il exprime l’allégresse. L’Ange du Seigneur descend du ciel ; il arrache la pierre d’entrée, et s’assied dessus avec majesté; une robe éblouissante de blancheur est son vêtement, et ses regards lancent des éclairs. A son aspect, les gardes tombent par terre épouvantés; ils sont là comme morts, jusqu’à ce que la bonté divine apaisant leur terreur, ils se relèvent, et, quittant ce lieu redoutable, se dirigent vers la ville, pour rendre compte de ce qu’ils ont vu.

Cependant Jésus ressuscité, et dont nulle créature mortelle n’a encore contemplé la gloire, a franchi l’espace, et en  un moment il s’est réuni à sa très sainte Mère. Il est le Fils de Dieu, il est le vainqueur de la mort; mais il est aussi le fils de Marie. Marie a assisté près de lui jusqu’à la fin de son agonie; elle a uni le sacrifice de son cœur de mère à celui qu’il offrait lui-même sur la croix ; il est donc juste que les premières joies de la résurrection soient pour elle. Le saint Evangile ne raconte pas l’apparition du Sauveur à sa Mère, tandis qu’il s’étend sur toutes les autres ; la raison en est aisée à saisir. Les autres apparitions avaient pour but de promulguer le fait de la résurrection ; celle-ci était réclamée parle cœur d’un fils, et d’un fils tel que Jésus. La nature et la grâce exigeaient à la fois cette entrevue première, dont le touchant mystère fait les délices des âmes chrétiennes. Elle n’avait pas besoin d’être consignée dans le livre sacré; la tradition des Pères, à commencer par saint Ambroise, suffisait à nous la transmettre, quand bien même nos cœurs ne l’auraient pas pressentie ; et lorsque nous en venons à nous demander pour quelle raison le Sauveur, qui devait sortir du tombeau le jour du Dimanche, voulut le faire dès les premières heures de ce jour, avant même que le soleil eût éclairé l’univers, nous adhérons sans peine au sentiment des pieux et savants auteurs qui ont attribué cette hâte du Fils de Dieu à l’empressement qu’éprouvait son cœur, de mettre un terme à la douloureuse attente de la plus tendre et de la plus affligée des mères.

Quelle langue humaine oserait essayer de traduire les épanchements du Fils et de la Mère, à cette heure tant désirée ? Les yeux de Marie, épuisés de pleurs et d’insomnie, s’ouvrant tout à coup à la douce et vive lumière qui lui annonce l’approche de son bien-aimé ; la voix de Jésus retentissant à ses oreilles, non plus avec l’accent douloureux qui naguère descendait de la croix et transperçait comme d’un glaive son cœur maternel, mais joyeuse et tendre, comme il convient à un Bis qui vient raconter ses triomphes à celle qui lui adonne le jour; l’aspect de ce corps qu’elle recevait dans ses bras, il y a trois jours, sanglant et inanimé. maintenant radieux et plein de vie, lançant comme les reflets de la divinité à laquelle il est uni; les caresses d’un tel fils, ses paroles de tendresse, ses embrassements qui sont ceux d’un Dieu; pour rendre cette scène sublime, nous n’avons que le mot du pieux abbé Rupert, qui nous dépeint l’effusion de joie dont le cœur de Marie se trouve alors rempli, comme un torrent de bonheur qui l’enivre et lui enlève le sentiment des douleurs si poignantes qu’elle a ressenties (1).

Toutefois cette invasion des délices que le Fils divin avait préparées à sa mère ne fut pas aussi subite que les paroles de ce dévot auteur du XII° siècle nous donneraient à l’entendre . Notre Seigneur a bien voulu décrire lui-même cette ineffable scène dans une révélation qu’il fit à la séraphique vierge sainte Thérèse. Il daigna lui confier que l’accablement de la divine M ère était si profond, qu’elle n’eût pas tardé à succomber à son martyre, et que lorsqu’il se montra à elle au moment où il venait de sortir du tombeau, elle eut besoin de quelques moments pour revenir à elle-même avant d’être en état de goûter une telle joie; et le Seigneur ajoute qu’il resta longtemps auprès d’elle, parce que cette présence prolongée lui était nécessaire (2).

Nous, chrétiens, qui aimons notre Mère, qui l’avons vue sacrifier pour nous son propre fils sur le Calvaire, partageons d’un cœur filial la félicité dont Jésus se plaît à la combler en ce moment, et apprenons en même temps a compatir aux douleurs de son cœur maternel. C’est ici la première manifestation de Jésus ressuscité : récompense de la foi qui veilla toujours au cœur de Marie, pendant même la sombre éclipse qui avait duré trois jours. Mais il est temps que le Christ se montre à d’autres, et que la gloire de sa résurrection commence a briller sur le monde. Il s’est fait voir d’abord â celle de toutes les créatures qui lui était la plus chère, et qui seule était digne d’un tel bonheur; maintenant, dans sa bonté, il va récompenser, par sa vue pleine de consolation, les âmes dévouées qui sont demeurées fidèles à son amour, dans un deuil trop humain peut-être, mais inspiré par une reconnaissance que ni la mort, ni le tombeau n’avaient découragée.

Hier, Madeleine et ses compagnes, lorsque le coucher du soleil vint annoncer que, selon l’usage des Juifs, le grand Samedi faisait place au Dimanche, sont allées par la ville acheter des parfums, pour embaumer de nouveau le corps de leur cher maître, aussitôt que la lumière du jour leur permettra d’aller lui rendre ce pieux devoir. La nuit s’est passée sans sommeil ; et les ombres ne sont pas encore totalement dissipées, que Madeleine, avec Marie, mère de Jacques, et Salomé,est déjà sur le chemin qui conduit au Calvaire, près duquel est le sépulcre où repose Jésus. Dans leur préoccupation, elles ne s’étaient pas même demandé quels bras elles emploieraient pour déranger la pierre qui ferme l’entrée de la grotte ; moins encore ont-elles songé au sceau de la puissance publique qu’il faudrait auparavant briser, et aux gardes qu’elles vont rencontrer près du tombeau. Aux premiers rayons du jour, elles arrivent au terme de leur pieux voyage ; et la première chose qui frappe leurs regards, c’est la pierre qui fermait l’entrée, ôtée de sa place, et laissant pénétrer le regard dans les profondeurs de la chambre sépulcrale. L’Ange du Seigneur, qui avait eu mission de déranger cette pierre et qui s’était assis dessus comme sur un trône, ne les laisse pas longtemps dans la stupeur qui les a saisies : « Ne craignez pas, leur dit-il ; je sais que vous cherchez Jésus ; il n’est plus ici ; il est ressuscité, comme il l’avait dit ; pénétrez vous-mêmes dans le tombeau, et reconnaissez la place où il a reposé. »

C’était trop pour ces âmes que l’amour de leur maître transportait, mais qui ne le connaissaient pas encore par l’esprit. Elles demeurent «consternées », nous dit le saint Evangile. C’est un mort qu’elles cherchent, un mort chéri ; on leur dit qu’il est ressuscité; et cette parole ne réveille chez elles aucun souvenir. Deux autres Anges se présentent à elles dans la grotte tout illuminée de l’éclat qu’ils répandent. Éblouies de cette lumière inattendue, Madeleine et ses compagnes, nous dit saint Luc, abaissent vers la terre leurs regards mornes et étonnés. « Pourquoi cherchez-vous chez les morts, leur disent les Anges, celui qui est vivant ? Rappelez-vous donc ce qu’il vous disait en Galilée : qu’il serait crucifié, et que, le troisième jour, il ressusciterait. » Ces paroles font quelque impression sur les saintes femmes; et au milieu de leur émotion, un léger souvenir du passé semble renaître dans leur mémoire. « Allez donc, continuent les Anges ; dites aux disciples et à Pierre qu’il est ressuscité, et qu’il les devancera en Galilée. »

Elles sortent en hâte du tombeau et se dirigent vers la ville, partagées entre la terreur et un sentiment de joie intérieure qui les pénètre comme malgré elles. Cependant elles n’ont vu que les Anges, et un sépulcre ouvert et vide. A leur récit, les Apôtres, loin de se laisser aller à la confiance, attribuent, nous dit encore saint Luc, à l’exaltation d’un sexe faible tout ce merveilleux qu’elles s’accordent à raconter. La résurrection prédite si clairement, et à plusieurs reprises, par leur maître, ne leur revient pas non plus en mémoire. Madeleine s’adresse en particulier à Pierre et à Jean ; mais que sa foi à elle est faible encore ! Elle est partie pour embaumer le corps de son cher maître, et elle ne l’a pas trouvé; sa déception douloureuse s’épanche encore devant les deux Apôtres : « Ils ont enlevé, dit-elle, le Seigneur du tombeau ; et nous ne savons pas où ils l’ont mis. »

Pierre et Jean se déterminent à se rendre sur le lieu. Ils pénètrent dans la grotte ; ils voient les linceuls disposés en ordre sur la table de pierre qui a reçu le corps de leur maître; mais les Esprits célestes qui font la garde ne se montrent point à eux. Jean cependant, et c’est lui-même qui nous en rend témoignage, reçoit en ce moment la foi : désormais il croit à la résurrection de Jésus. Nous ne faisons que passer rapidement sur des récits que nous aurons occasion de méditer plus tard, lorsque la sainte Liturgie les ramènera sous nos yeux. En ce moment, il s’agit seulement de suivre dans leur ensemble les événements de ce jour, le plus grand  des jours.

Jusqu’à cette heure, Jésus n’a encore apparu qu’à sa Mère : les femmes n’ont vu que des Anges qui leur ont parlé. Ces bienheureux Esprits leur ont commandé d’aller annoncer la résurrection de leur maître aux disciples et à Pierre. Elles ne reçoivent pas cette commission pour Marie ; il est aise d’en saisir la raison : le fils s’est déjà réuni a sa mère ; et la mystérieuse et touchante entrevue se poursuit encore durant ces préludes. Mais déjà le soleil brille de tous ses feux, et les heures de la matinée avancent : c’est l’Homme-Dieu qui va proclamer lui-même le triomphe que le genre humain vient de remporter en lui sur la mort. Suivons avec un saint respect l’ordre de ces manifestations, et efforçons-nous respectueusement d’en découvrir les mystères.

Madeleine, après le retour des deux Apôtres, n’a pu résister au de:sir de visiter de nouveau la tombe de son maître. La pensée de ce corps qui a disparu, et qui, peut-être, devenu le jouet des ennemis de Jésus, git sans honneurs et sans sépulture, tourmente son âme ardente et bouleversée. Elle est repartie, et bientôt elle arrive à la porte du sépulcre. Là, dans son inconsolable douleur, elle se livre a ses sanglots; puis bientôt, se penchant vers l’intérieur de la grotte, elle aperçoit les deux Anges assis chacun à une des extrémités de la table de pierre sur laquelle le corps de Jésus fut étendu sous ses veux. Elle ne les interroge pas; ce sont eux qui lui parlent : « Femme, disent-ils, pourquoi pleures-tu ? » — « Ils ont enlevé mon maître, et je ne sais où ils l’ont mis. » Et après ces paroles, elle sort brusquement du sépulcre, sans attendre la réponse des Anges. Tout à coup, à l’entrée de la grotte, elle se voit en face d’un homme, et cet homme est Jésus. Madeleine ne le reconnaît pas ; elle est à la recherche du corps mort de son maître ; elle veut l’ensevelir de nouveau. L’amour la transporte, mais la foi n’éclaire pas cet amour ; elle ne sent pas que celui dont elle cherche la dépouille inanimée est là, vivant, près d’elle. Jésus, dans son ineffable condescendance, daigne lui faire entendre sa voix: «Femme, lui dit-il, pourquoi pleures-tu ? que cherches-tu ? » Madeleine n’a pas reconnu cette voix ; son cœur est comme engourdi par une excessive et aveugle sensibilité ; elle ne connaît pas encore Jésus par l’esprit. Ses veux se sont pourtant arrêtés sur lui ; mais son imagination qui l’entraîne lui fait voir dans cet homme le jardinier chargé de cultiver le jardin qui entoure le sépulcre. Peut-être, se dit-elle, est-ce lui qui a dérobé le trésor que je cherche ; et sans réfléchir plus longtemps, elle s’adresse à lui-même sous cette impression : « Seigneur, dit-elle humblement à l’inconnu, si c’est vous qui l’avez enlevé, dites-moi où vous l’avez mis, et je vais l’emporter. » C’était trop pour le cœur du Rédempteur des hommes, pour celui qui daigna louer hautement chez le Pharisien l’amour de la pauvre pécheresse ; il ne peut plus tarder à récompenser cette naïve tendresse ; il va l’éclairer. Alors, avec cet accent qui rappelle à Madeleine tant de souvenirs de divine familiarité, il parle ; mais il ne dit que ce seul mot : « Marie ! » — « Cher maître ! » répond avec effusion l’heureuse et humble femme, illuminée tout à coup des splendeurs du mystère.

Elle s’élance, et voudrait coller ses lèvres à ces pieds sacrés, dans l’embrassement desquels elle reçut autrefois son pardon. Jésus l’arrête ; le moment n’est pas venu de se livrer à de tels épanchements. Il faut que Madeleine, premier témoin de la résurrection de l’Homme-Dieu, soit élevée, pour prix de son amour, au plus haut degré de l’honneur. Il ne convient pas que Marie révèle à d’autres les secrets sublimes de son cœur maternel; c’est à Madeleine de témoigner de ce qu’elle a vu, de ce qu’elle a entendu dans le jardin. C’est elle qui sera, comme disent les saints Docteurs, l’Apôtre des Apôtres eux-mêmes. Jésus lui dit : «Va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et le leur, vers mon  Dieu et le leur. »

Telle est la seconde apparition de Jésus ressuscite, l’apparition à Marie-Madeleine, la première dans l’ordre du témoignage. Nous la méditerons de nouveau, le jour où la sainte Eglise nous donnera à lire le passage de saint Jean où elle est rapportée. Mais adorons dès ce moment l’infinie bonté du Seigneur, qui, avant de songer à établir la foi de sa résurrection dans ceux qui devaient la prêcher jusqu’aux extrémités du monde, daigne d’abord récompenser l’amour de cette femme qui l’a suivi jusqu’à la croix, jusqu’au-delà du tombeau, et qui , étant plus redevable que les autres, a su aussi aimer plus que les autres. En se montrant d »abord à Madeleine, Jésus a voulu satisfaire avant tout l’amour de son cœur divin pour la créature, et nous apprendre que le soin de sa gloire ne vient qu’après.

Madeleine, empressée de remplir l’ordre de son maître, se dirige vers la ville et ne tarde pas à se trouver en présence des disciples. « J’ai vu le Seigneur, leur dit-elle, et il m’a dit ceci. » Mais la foi n’est pas encore entrée dans leurs âmes ; le seul Jean a reçu ce don au sépulcre, bien que ses yeux n’aient vu que le tombeau désert. Souvenons-nous qu’après avoir fui comme les autres, il s’est retrouvé au Calvaire pour recevoir le dernier soupir de Jésus, et que là il est devenu le fils adoptif de Marie.

Cependant les compagnes de Madeleine, Marie mère de Jacques, et Salomé, qui l’ont suivie de loin sur la route du saint tombeau,  reviennent seules à Jérusalem. Soudain Jésus se présente à leurs regards, et arrête leur marche lente et silencieuse. « Je vous salue » , leur dit-il. A cette parole leur cœur se fond de tendresse et d’admiration elles se précipitent avec ardeur à ses pieds sacrés, elles les embrassent, et lui prodiguent leurs adorations. C’est la troisième apparition du Sauveur ressuscité, moins intime mais plus familière que celle dont Madeleine fut favorisée. Jésus n’achèvera pas la journée sans se manifester à ceux qui son appelés à devenir les hérauts de sa gloire : mais il veut, avant tout, honorer aux yeux de tous les siècles à venir ces généreuses femmes qui, bravant le péril et triomphant de la faiblesse de leur sexe, l’ont consolé sur la croix par une fidélité qu’il ne rencontra pas dans ceux qu’il avait choisis et comblés de ses faveurs. Autour de la crèche où il se montrait pour la première fois aux hommes, il convoqua de pauvres bergers par la voix des Anges, avant d’appeler les rois par le ministère d’un astre matériel ; aujourd’hui qu’il est arrivé au comble de sa gloire, qu’il a mis par sa résurrection le sceau à toutes ses œuvres et rendu certaine sa divine origine, en assurant notre foi par le plus irréfragable de tous les prodiges, il attend, avant d’instruire et d’éclairer ses Apôtre que d’humbles femmes aient été par lui instruites, consolées, comblées enfin des marques de son amour. Quelle grandeur dans cette conduite si suave et si forte du Seigneur notre Dieu, et qu’il a raison de nous dire par le Prophète: « Mes pensée ne sont pas vos pensées ! » (Isaie, LV, 8.)

S’il eût été à notre disposition d’ordonner les circonstances de sa venue en ce monde, quel bruit n’eussions-nous pas fait pour appeler le genre humain tout entier, rois et peuples, autour de son berceau?Avec quel fracas eussions-nous promulgue devant toutes les nations le miracle des miracles, la Résurrection du crucifie, la mort vaincue et l’immortalité1 reconquise ? Le Fils de Dieu, qui est « la Force et la Sagesse du Père » (I Cor. 1, 24), s’y est pris autrement. Au moment de sa naissance, il n’a voulu pour premiers adorateurs que des hommes simples et rustiques, dont les récits ne devaient pas retentir au-delà des confins de Bethléhem ; et voilà qu’aujourd’hui la date de cette naissance est l’ère de tous les peuples civilisée. Pour premiers témoins de sa Résurrection, il n’a voulu que de faibles femmes ; et voilà qu’en ce jour même, à l’heure où nous sommes, la terre entière célèbre l’anniversaire de cette Résurrection ; tout est remué, un élan inconnu le reste de l’année se fait sentir aux plus indifférents ; l’incrédule qui coudoie le croyant sait du moins que c’est aujourd’hui Pâques; et du sein même des nations infidèles, d’innombrables voix chrétiennes s’unissent aux nôtres, afin que s’élève de tous les points du globe vers notre divin ressuscite l’acclamation joyeuse qui nous réunit tous en un seul peuple, le divin Alleluia. « O Seigneur » , devons-nous nous écrier avec Moïse, quand le peuple élu célébra la première Pâque et traversa à pied sec la mer Rouge, « ô Seigneur, qui d’entre les forts est semblable à vous ? » (Exode, XV, 11.)

Suspendons le récit des événements de cette solennelle journée, et n’anticipons pas sur les heures. Il est temps de s’unir à la sainte Eglise qui, après avoir consacré la plus grande partie de la nuit à l’enfantement du nouveau peuple qui lui est né, s’apprête à rendre au Seigneur le tribut accoutumé de sa louange.

Les belles figures de l’Histoire : sainte Marie-Madeleine

Aymeric Pourbaix, Véronique Jacquier et le père Jean-François Thomas évoque sainte Marie-Madeleine, l’apôtre des apôtres :

 

« La stratégie du front républicain est largement dépassée »

Stéphane Le Rudulier, sénateur LR des Bouches-du-Rhône, ne votera pas Macron :

On a déconstruit l’idée qu’Emmanuel Macron et Valérie Pécresse c’était la même chose pendant des semaines et des semaines. Je ne vais pas à titre personnel me jeter dans les bras d’Emmanuel Macron au lendemain du premier tour.

La stratégie du front républicain est largement dépassée. Les électeurs sont assez grands pour choisir eux-mêmes la personne qu’ils considèrent la plus à même pour diriger les destinées de notre beau pays sur cinq ans.

A propos du passeport sanitaire

Voilà ce que déclare Marine Le Pen à propos du passeport sanitaire :

Transcription de la réponse de Marine Le Pen par un lecteur :

Question.
Que pensez-vous faire contre le pass vaccinal et le pass sanitaire ?
Est-ce-que vous les abrogez ou est-ce-que vous les maintenez ?

Réponse de Marine Le Pen

Alors clairement, je les abroge!
j’ai toujours été contre le pass sanitaire. J’ai voté contre, à l’assemblée.
À fortiori j’étais contre le pass vaccinal. J’ai voté contre à l’assemblée.
Ces pass en réalité ont été décidés pour des raisons politiques et pas pour des raisons sanitaires.
Cela a mis en place une vraie différence d’accès au Droit entre les Français alors même que sur le plan sanitaire cela n’était pas justifié.
Non seulement je suis pour l’abrogation du pass, mais je suis, je le dis, je le redis, pour la réintégration des personnels soignants, mais aussi des pompiers, mais aussi des militaires, qui ont été suspendus parce qu’ils avaient refusé de se faire vacciner, et qui sont aujourd’hui encore sans salaire, malgré un certain nombre de décisions judiciaires.

Donc je suis, évidement, pour leur ré-intégration immédiate.

Au moment où nous manquons de soignants, et où Emmanuel Macron vient nous dire qu’il va embaucher 50 000 soignants, la première des choses, c’est évidemment de commencer par rétablir dans leurs droits et dans leur emploi, les 17 000 soignants qui ont été suspendus.

La fin de la France, dissoute dans l’UE

L’UE est sur le point d’adopter un embargo sur le gaz et le pétrole russe. Mais

« pas avant la fin de la présidentielle française, afin que la hausse du prix à la pompe qui s’ensuivrait ne favorise pas la populiste Marine Le Pen au détriment d’Emmanuel Macron ».

Que faites-vous à la Pentecôte ?

Avant le 15 mai, les tarifs sont réduits. Ne tardez pas. Inscriptions et tarifs en ligne ici. Pour s’inscrire dans les équipes Soutiens, choisir « pèlerins marcheurs » chapitre « Soutiens ».

Crucifixion : méditations du père Louis-Marie de Blignières

Dans le cadre de « Carême 40 », méditations de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier proposées pour chaque jour de carême, voici 3 méditations du prieur de la communauté sur la crucifixion de Notre-Seigneur. La dernière méditation sera disponible Samedi Saint.

Bossuet :

Toute la science du chrétien est renfermée dans la croix… En effet, il est véritable que la sagesse divine ne s’est jamais montrée plus à découvert, à ceux à qui la foi a donné des yeux, que dans le mystère de la croix. C’est là que Jésus-Christ étendant les bras nous ouvre le livre sanglant dans lequel nous pouvons apprendre tout l’ordre des conseils de Dieu, toute l’économie du salut des hommes, la règle fixe et invariable pour former tous nos jugements, la direction sûre et infaillible pour conduire droitement nos mœurs, enfin un mystérieux abrégé de toute la doctrine de l’évangile et de toute la théologie chrétienne.

P.  Réginald Garrigou-Lagrange, o. p. :

Sans doute, n’ayant pas reçu le caractère sacerdotal, elle ne pourrait pas consacrer comme le fait le prêtre à l’autel, mais la dignité éminente de Mère de Dieu est pourtant supérieure au sacerdoce et à l’épiscopat, car elle est d’ordre hypostatique ; c’est ainsi que Marie nous a donné la sainte Victime offerte sur la croix et sur l’autel ; elle nous a donné aussi le Prêtre principal du sacrifice de la messe, et elle lui a été associée plus intimement que personne, plus que les stigmatisés et les martyrs, au pied de la croix. De ce point de vue, l’ordination sacerdotale, si elle la recevait (ce qui ne conviendrait pas à sa mission), lui donnerait quelque chose d’inférieur à ce qu’exprime le titre de Mère de Dieu.

Obsèques de Jean-Marie Molitor le 19 avril

Les obsèques de Jean-Marie Molitor, décédé le 12 avril, auront lieu mardi de Pâques 19 avril à 15h en l’église Notre-Dame de Montreuil-en-Bellay (49260).

Lettre ouverte à Emmanuel Macron

Plusieurs personnes ont signé cette lettre ouverte au président de la république, que vous pouvez signer et faire signer à votre tour, grâce au formulaire ci-dessous:

Monsieur le Président,

Si grande est la force de séduction du pouvoir qu’elle entraîne même les plus imparfaits à avoir l’audace et l’outrecuidance de le convoiter et de s’en emparer, s’ils le peuvent. Enivrés de leur succès inespéré lorsqu’ils y sont parvenus, ceux-ci usent alors de tous les moyens pour le conserver. Mais plus d’un ce faisant a été entraîné vers l’abîme et s’en est repenti par la suite. On ne se moque pas indéfiniment des peuples, et l’on ne saurait jouer sans fin un rôle qui n’est pas le sien.

Monsieur le Président, voici déjà longtemps que la France souffre. Elle le doit avant tout à son manque de sagesse, incapable qu’elle a été au sortir de la guerre de continuer à tracer sa propre voie dans un monde alors dominé chaque jour davantage par les Anglo-Saxons, qu’elle avait si longtemps combattus et dont elle s’était toujours défiée. Le peuple français, c’est indéniable, s’est laissé entraîner par les charmes du matérialisme sans frein qu’a alors permis la technique. Mais il a surtout été trahi par ses élites, politiques comme, dans beaucoup de cas hélas, religieuses. Des « générations de vauriens » successives se sont levées, qui ont séduit beaucoup de monde en disant qu’il fallait renoncer à nos modes de vie et à nos mœurs et adopter les nouvelles coutumes dominantes, figures alors du progrès. Le reste a progressivement suivi, au fil des générations. A commencé alors cette longue culture du mépris qui signe irrémédiablement la mort des peuples si l’on n’y met pas fin, car elle signifie que nous avons perdu le sens de l’honneur, notre honneur lui-même et le désir de nous battre pour le restaurer et le défendre aux yeux des autres nations.

Oui, voici longtemps, Monsieur le Président, que la France souffre du fait avant tout de ses dirigeants. Mais elle ne l’a jamais fait autant que depuis cinq ans, sous votre férule.

Jamais en effet, à travers toute son histoire, elle n’a été autant humiliée sur la scène internationale sans avoir été défaite militairement, et cela elle ne le doit qu’à vous, qui n’avez eu de cesse de la rabaisser par votre veulerie intéressée comme par votre incompétence. Dès la précédente élection, encore simple prétendant à l’exercice du pouvoir suprême, vous avez osé nier qu’il y eût une culture française, et ce devant les dirigeants d’un pays qui se considère comme notre ennemi – et tout dernièrement, quelle surprise !, des médias se sont interrogés sur une possible contrepartie financière à ces déclarations. Mais avec quelle promesse de votre part ? Vous avez ensuite, tout au long de votre mandat, été méprisé comme aucun de vos prédécesseurs par les dirigeants étrangers, depuis Mme Merkel jusqu’à tout dernièrement M. Poutine. Personne ne vous a pris au sérieux. Vous étiez et vous restez, et vous resterez, comme un gamin dans la cour des grands.

Jamais, par ailleurs, depuis les révolutions des siècles passés et les dictatures de Louis Eugène Cavaignac et d’Adolphe Thiers, n’avait été utilisée contre le peuple la violence dont vous avez fait usage envers les « gilets jaunes » qui protestaient bien légitimement contre votre politique sociale et contre votre morgue à leur égard. Ce furent, chose inédite en temps de paix, des dizaines de mutilés par vos forces de l’ordre, rendues dociles par un savant dosage de flatterie et de menace de votre part.

Profitant ensuite de l’état d’hébétude morale et de faiblesse psychologique de la majorité des Français, vous avez cyniquement exploité comme jamais leur crédulité lors de la crise du coronavirus, en maniant sans vergogne le mensonge et en attisant et entretenant la peur, afin de mieux les diviser pour mieux les soumettre. Vous avez interdit de travailler à des milliers de personnes que vous aviez fait encenser quelques mois plus tôt, révélant votre mépris sans borne. Vous avez pour ce faire piétiné allègrement toutes les règles de droit en gouvernant par un cabinet secret, et en inscrivant toujours plus dans la législation ordinaire ce qui relève de l’état d’urgence. Vous avez transformé le régime en régime d’exception.

Vous avez encore livré l’Etat aux officines étrangères, comme il apparaît chaque jour plus clairement, et vous avez ainsi trahi votre mandat, dont la mission première est de garantir l’indépendance du pays.

A vrai dire, Monsieur le Président, la liste de vos forfaitures est trop longue pour être rappelée en intégralité. Aussi bien est-ce inutile. Portée par une notoriété fabriquée, votre accession au pouvoir fut une imposture ; votre maintien une anomalie. Et vous avez l’arrogance de prétendre y être reconduit ! Il y a dans les actes de votre mandat plus de dix raisons qui auraient dû vous amener à démissionner, ou à être chassé honteusement du pouvoir. Seules la répression et la perte de sens politique de beaucoup de Français vous ont permis d’y échapper. Plus que tout, vous bénéficiez de la mansuétude corrompue du véritable pouvoir dans un système fondé sur la captation de l’opinion, des médias aux mains des puissances d’argent dont vous n’êtes que l’agent en France, la marionnette sans âme. Ces médias vous lâcheraient-ils ne serait-ce qu’un jour et vous retourneriez aussitôt au néant politique dont vous n’auriez jamais dû sortir. Vous n’êtes qu’un artefact politique, un ectoplasme sans consistance. Tout est faux, et jusque dans les moindres détails, dans votre personnage public. Il est vrai qu’à ce titre vous constituez une curiosité, de celles qui font les mauvaises fictions, et qui laissent songeurs lorsqu’elles se rencontrent dans la vraie vie.

Mais ne vous y trompez pas, Monsieur le Président : vous n’abuserez pas toujours votre monde. Vous avez profité de l’abattement du peuple français, produit par des décennies de démoralisation systématique. Il n’en sera pas toujours ainsi. Vous n’abuserez pas toujours de sa patience. Comptez sur lui pour se réveiller, et surgir formidablement comme il a su le faire à travers sa longue histoire. Ce jour-là, peut-être aurez-vous le courage de comprendre.

Franck Bouscau, professeur de droit

Guilhem Golfin, docteur en philosophie

Frédéric Lozère, Alliance pour la France

Sébastien Meurant, sénateur

Guillaume de Thieulloy, éditeur de presse

Ludovic Trolle, expert en éthique politique

 

« Est-ce qu’on peut voter pour un parti d’extrême-droite ? »

Question posée dans Famille chrétienne :

« Est-ce qu’on peut voter pour un parti d’extrême-droite, raciste, sachant que la Conférence des Evêques de France nous demande d’éviter des votes extrémistes ? »

Le dominicain et youtubeur frère Paul-Adrien répond :

« Voter pour un parti qui serait explicitement raciste, c’est non, c’est archi non, et c’est même archi non pour un catholique. »

« Les évêques ne nous donnent pas de consigne de vote, ils ne disent pas ‘‘ne votez pas pour Marine Le Pen car elle est raciste’’, car ils n’en sont pas certains ! Donc si vous êtes certains en votre âme et conscience que Marine Le Pen est raciste, à ce moment-là je pense qu’il ne faut pas voter pour elle. En revanche en qualité de journaliste et d’informateur, je n’ai pas le droit de vous dire que Marine Le Pen est raciste, car la chose est un peu plus subtile et plus compliquée. »

« C’est à vous de regarder exactement ce que dit Marine Le Pen et de juger sur pièce. […] Être raciste, c’est quelque chose de grave. Donc si vous dites que quelqu’un est raciste sans le justifier, ce n’est plus une accusation, c’est une insulte ».

Est-ce que cette réponse rassure Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef de La Croix ?

2e tour : pas de prise de position de Valeurs Actuelles ?

Selon La Lettre A, Valeurs Actuelles n’appellera pas à voter Marine Le Pen pour faire barrage à Emmanuel Macron au second tour. La rédaction a décidé dès le début de la campagne de ne pas donner de consigne de vote à ses lecteurs, sans que cette position n’ait suscité de débat en interne.

Le numéro de cette semaine s’en prend au bilan d’Emmanuel Macron, pour lequel « L’heure des comptes a sonné ».

Marine Le Pen devrait être à l’affiche du numéro du 21 avril, juste avant le second tour.

Le coût de l’immigration est passé de 17,4 milliards d’euros en 2012 à 40,3 milliards

Le coût de l’immigration est passé de 17,4 milliards d’euros en 2012 à 40,3 milliards d’euros aujourd’hui, selon une étude publiée par l’association Contribuables Associés, en collaboration avec le chercheur Jean-Paul Gourévitch :

  • L’étude porte sur 13,8 millions d’immigrés et de descendants directs, soit 20% de la population résidant en France.
  • Le coût de l’immigration pour l’État passe de 17,4 milliards d’euros en 2012 à 40,3 milliards d’euros aujourd’hui.
  • Par rapport à 2012, les recettes ont augmenté de 23% mais les dépenses ont crû de 64%.
  • Le surcoût de l’immigration irrégulière est de 3,77 milliards d’euros.
  • La rentabilité de l’aide publique au développement destinée à freiner les flux migratoires est quasi nulle.

Au 1er janvier 2022, la France, qui compte en réalité 69 millions d’habitants, abrite 9 millions d’immigrés. Les descendants directs d’immigrés issus de deux parents étrangers sont au nombre de 3,6 millions. Ceux issus d’un couple mixte de 4,4 millions ne seront donc pris en compte que pour la moitié. Ceux de la seconde génération ne sont pas comptabilisés. Au total l’étude porte donc sur 13,8 millions d’immigrés et de descendants directs, soit 20% de la population résidant en France et sur le surcoût dû à l’immigration irrégulière. Parmi eux, 28% ont moins de 18 ans. Les taux de chômage et d’inactivité sont 2 à 3 fois supérieurs chez les immigrés de pays tiers que chez ceux nés en France ou dans un autre pays de l’Union européenne

Il y a trois ans, Emmanuel Macron promettait à Valeurs actuelles d’exécuter la totalité des obligations de quitter le territoire français (OQTF) prononcées à l’endroit des clandestins présents sur le sol français. Aujourd’hui, la France exécute 14 % des OQTF. Or, le Maghreb représente 30 % de l’immigration illégale. Sur 7 731 OQTF délivrées à des Algériens sur les six premiers mois de l’année 2021, 23 ont été exécutées, soit 0,3 %. S’agissant du Maroc et de la Tunisie, les résultats sont respectivement 2,4 et 4 %. Le bilan d’Emmanuel Macron en matière d’immigration, c’est le pacte de Marrakech.

La Floride interdit l’avortement à partir de 15 semaines de grossesse

Le gouverneur de Floride a promulgué ce jeudi le texte, voté par le Parlement, abaissant le délai légal de l’avortement de 24 à 15 semaines de grossesse à partir du 1er juillet. Le gouverneur Ron DeSantis a déclaré :

« Nous sommes ici aujourd’hui pour défendre ceux qui ne peuvent se défendre seuls ». « Cela représente la plus grande mesure de protection de la vie promulguée dans cet Etat depuis une génération ».

I-Média – Marine Le Pen : la re-diabolisation en marche

L’image de la semaine 

La campagne présidentielle semble remuer violemment le président sortant Emmanuel Macron. Son déplacement à Denain nous a donné une image très drôle ! 

Marine Le Pen re-diabolisée par les médias ? 

Eric Zemmour semble avoir servi de paratonnerre à Marine le Pen pendant la campagne du premier tour, attirant sur lui les ires et les foudres du système médiatique. La candidate du Rassemblement national est-elle en passe d’être à nouveau diabolisée par le cartel des médias ? 

Revue de presse 

Marine Le Pen épinglée par la presse sur ses chiffres de l’immigration, un tireur pro-Black Lives Matter à Brooklyn, 3 filles excisées dans la Sarthe, une production théâtrale pédophile à Londres, l’envoi douteux de mails de campagne au corps enseignant par Macron. 

Médias et politique, relations tendues

Depuis que Marine le Pen a refusé d’accréditer « Quotidien » à ses meetings, la polémique bat son plein. Les journalistes se sentent menacés par les candidats et vice-versa. Analyse d’une relation tendue entre médias et politiques.  

« Partout, en France, des gens font des arrêts cardiaques dans les couloirs »

Lu dans un journal complotiste nommé La Croix, du 14 avril :

Partout en France, des services d’urgences hospitaliers sont contraints de réduire leur activité en raison du manque de soignants. De nombreux plans blancs ont été relancés, sans pourtant devoir faire face à la nouvelle vague de Covid, dont les hospitalisations restent limitées. Au centre hospitalier régional d’Orléans notamment, « sur les 120 paramédicaux que compte le service, 96% sont en arrêt maladie », s’inquiète Grégory Quinet, secrétaire départemental du syndicat Sud santé-sociaux. Les médecins, eux, s’apprêtent à entamer leur deuxième semaine de grève. À Strasbourg également, la situation est critique depuis le décès, le 17 mars, d’un jeune homme, après son admission aux urgences pour une hémorragie digestive. « Hélas, ce n’est pas une exception. Partout, en France, il y a des gens qui font des arrêts cardiaques dans les couloirs », affirme Sébastien Harscoat, médecin aux urgences. À Laval (Mayenne), Draguignan (Var) ou Bayeux (Calvados), les urgences n’accueillent plus de patients la nuit. En Seine-Maritime, aux urgences de Rouen, du Havre et de Dieppe, le délai d’attente peut dépasser huit heures. Dans la presse régionale, les urgences de La Rochelle se disent dans « un état d’urgence absolue », celles de Grenoble « au bord de l’explosion », liste La Croix. « Combien de tribunes, de mobilisations, de grèves, d’appels au secours faudra-t-il pour que nos responsables politiques prennent la mesure de la situation et agissent enfin ? », s’alarme le collectif inter-hôpitaux.

Mais d’où vient cette explosion d’arrêts cardiaques ?

Dans un autre journal complotiste, Le Midi Libre du 13 avril, on lit que

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a établi un rapport en mars 2022 indiquant que le rôle du vaccin n’était pas à exclure dans l’apparition du syndrome de Parsonage-Turner chez certaines personnes ayant reçu une ou plusieurs doses de Pfizer.

Paralysie, décharges électriques… des symptômes peu agréables voire handicapants recensés chez certains patients ayant reçu le vaccin Pfizer, autrement appelé « Comirnaty ». Les experts de l’ANSM ont en effet effectué une nouvelle analyse en mars 2022 des cas déclarés depuis le début de la vaccination suite à l’évaluation réalisée dans le rapport publié le 24 septembre 2021. Au total, 43 cas de syndrome de Parsonage-Turner ont été déclarés, dont 27 sur la période. En septembre 2021, l’ANSM évoquait six cas.

Une malade témoigne :

« Depuis le mois de septembre dernier, je souffre de douleurs atroces dans l’épaule droite. Dans un premier temps, je n’ai pas fait le lien et j’ai pensé que j’avais fait un faux mouvement. Mon rhumatologue m’a ensuite indiqué que je souffrais sans doute du syndrome de Parsonage-Turner et m’a recommandé de porter une attelle. Depuis, je me couche sur un seul côté et j’ai du mal à m’habiller. Je ne sais plus quoi faire ».

Laurine a reçu sa seconde dose de Pfizer en mai 2021. Elle explique ressentir des « douleurs lancinantes la nuit » et déplore que ses séances de kinésithérapie ne soient pas efficaces.

« Je n’ai jamais été opposée au vaccin. Pourtant là, il y a de quoi se poser des questions… »

Nathalie, Montpelliéraine de 45 ans, a reçu ses trois doses de vaccin. En très bonne santé et sportive, elle s’étonne d’être « très faible » depuis. L’inflammation à son épaule lui « bousille la vie » depuis bientôt un an. Pour elle comme pour d’autres, « la coïncidence est grosse« . Elle ne peut croire que le vaccin n’a pas joué un rôle dans sa mésaventure.

En attendant les 4e et 5e doses…

Qui sont les ténors de l’économie qui entourent Macron ?

De Gilbert Tchivitdji, chef d’entreprise président d’honneur du comité mécanique ile de France président honoraire de la cci du Val d’Oise président honoraire de la CGPME val d’Oise :

Il y a trop peu de saints prêtres

En ce Jeudi Saint, à l’heure où l’actualité met devant nos yeux les déviances passées de prêtres, évoquons la figure du Bienheureux Edouard Poppe, à propos duquel les éditions Life ont réédité une biographie.

Béatifié en 1999, Edouard Poppe (1890-1924) eut une vie sacerdotale courte mais ô combien féconde. Il était tout au Christ et mettait la célébration de la messe au centre de son apostolat. Les épreuves n’ont pas manqué, de toutes sortes, mais il tirait force et joie de sa consécration à Notre-Dame et de sa grande vie intérieure. On retient de lui ce mot d’ordre : « Sans oraison, je me vide ».

Apôtre de la jeunesse, il fut aussi le conseiller spirituel averti de nombreux prêtres qu’il exhortait ainsi : « Ne vous donnez pas à demi à Jésus ». Cloué par la maladie, il écrivait : « Je brûle du désir de la venue du règne de Dieu dans les âmes sacerdotales ».

L’abbé Edouard Poppe est mort à 33 ans, comme son maître. Tout un programme.

Un jour l’abbé Poppe disait à un de ses fils spirituels :

On dit : il y a trop peu de prêtres. Ce n’est pas exact. La vérité est qu’il y a trop peu de saints prêtres. S’il y avait plus de saints prêtres, il y aurait plus d’hommes saints. Si, par nos sacrifices, nous obtenions ne fut-ce qu’un saint prêtre chaque année, en peu de temple monde serait sanctifié.

Le célibat sacerdotal à l’image du Christ Epoux

Le P. Frédéric Dumas, initiateur d’une association au service d’une meilleure compréhension du charisme du célibat sacerdotal dans son lien avec l’apostolat des laïcs, est l’auteur de “Prêtre et époux, lettre ouverte à mon frère prêtre”. Edition Mame.

Cet ouvrage a été cité par Benoît XVI et le Cardinal Sarah dans leur livre-événement “Des profondeurs de nos cœurs” paru en janvier 2020. Actuellement, le P. Dumas termine la rédaction d’un ouvrage sur la théologie du célibat sacerdotal. Ce sujet, s’il intéresse les prêtres, concerne aussi les fidèles du Christ qui sont un visage éminent de l’Épouse, l’Eglise.

A l’invitation de l’Œuvre de « Marie qui garde les prêtres », le Père Frédéric Dumas propose à tous, avec une mention spéciale pour les prêtres, une réflexion sur le thème : “Le célibat sacerdotal à l’image du Christ Epoux”.

Pour ceux qui souhaitent découvrir ce trésor, le texte est accessible ci-dessous.

A noter, le P. Dumas prêchera une retraite pour les prêtres sur le thème “Le célibat sacerdotal à l’image du Christ Epoux” à l’abbaye ND de Triors, du lundi 16 janvier au samedi 21 janvier 2023. (infos : [email protected])

I – la question du célibat aujourd’hui ?

–       Plus aigue à cause d’une pénurie de prêtres dans un certain nombre d’Eglises régionales

–       Liée à une accession des laïcs aux responsabilités depuis Vatican II

–       Le diaconat est un exemple d’ordination avec mariage

–       L’exemple des Eglises orientales avec un double clergé

Tout cela aboutit à une remise en doute liée à l’expression théologique de l’obligation du célibat : mesure disciplinaire, dans l’Eglise latine, basée sur une convenance du célibat avec le sacerdoce ministériel. Ceci n’est pas nouveau, de même que la difficulté parfois de vivre ce célibat. C’est toujours un combat ; il y a des tentations ; il y faut une ferme résolution, et même un choix, une adhésion personnelle.

J’ai entendu plusieurs fois des paroles comme : « j’ai été appelé à être prêtre, pas célibataire ». Cela montre la possible disjonction intérieure dans le cœur d’un prêtre, entre ministère et célibat.

A cela, je rajoute mon expérience de trente années de ministère de curé, d’aumônier, de vicaire épiscopal, dont une quinzaine au service de la pastorale familiale. Au fur et à mesure, des changements dans les paroisses, et de l’augmentation de la sécularisation dans la société, j’ai pris conscience que parfois le ministère paroissial abime le prêtre. Un grand isolement dans des paroisses très étendues et vieillissantes, difficiles à renouveler ou à « épouser » ; beaucoup d’administration qui éloigne de la proximité avec les gens ; etc.

Voici ce qu’écrivait Mgr Didier BERTHET, évêque de St Dié, dans la Croix le 21 février dernier, il y a juste un mois, sous le titre : « il faut ramener les prêtres de leur exil » :

« les prêtres ne vont pas si bien : ils se trouvent à bien des égards en situation d’exil….Dans le champ de la souffrance psycho-morale, on se situe à un niveau assez élevé, et cela est préoccupant…..ils se sentent souvent laissés à eux-mêmes et il n’est pas rare qu’ils s’engagent dans des formes de compensation… un voile d’opprobre et de soupçon est tombé sur l’ensemble du corps clérical. Un prêtre peut-il encore être digne de confiance, respecté, voire considéré comme exemplaire ? »

C’est le diagnostic. C’est donc bien de la vie intérieure du prêtre dont il est question. Quelque chose est en train de se briser par la force des événements. Beaucoup quittent le sacerdoce, certains choisissent hélas une solution plus radicale, un vrai drame !

Mgr BERTHET continue en disant que dans toutes les réformes pastorales, nous fonctionnons comme une variable d’ajustement. Autrement dit, nous sommes utilisés. Inutile, je pense, de vous rappeler ce que le Cardinal WOJTYLA de Cracovie écrivait en 1960 dans son livre « Amour et Responsabilité » : « le principe de l’utilitarisme et le commandement de l’amour sont opposés ». Pour lui, aucun doute, aimer s’oppose à utiliser. Il expose cette norme personnaliste : « la personne est un bien à l’égard duquel seul l’amour constitue l’attitude appropriée et valable. » pp.32-33 dans l’édition STOCK – 1978

Loin de moi de penser que les évêques ne feraient que nous utiliser sans nous aimer. Ayant participé pendant 7 ans à des conseils épiscopaux, j’en ai eu le témoignage concret. Néanmoins, tous nous subissons une situation de déclin de nos communautés, dont nous ne trouvons pas la solution pastorale réellement efficace ; et lorsque le pasteur en nous ne réussit pas, c’est la personne du prêtre, pauvre vase d’argile que nous sommes, qui se fragilise intérieurement, jusqu’à se briser.

En trente ans de ministère, plusieurs fois des sessions de formation permanente sont proposées sur l’équilibre de vie, l’amitié avec des familles, comment sortir d’addictions, ou de compensations, que sais-je encore !

Ce que j’ai cru discerner en entrant dans la Théologie du Corps, c’est un chemin  plus profond lié au caractère sacramentel de l’ordination. Je vais y revenir dans un prochain paragraphe, mais j’aimerai auparavant redire quelques aspects de la théologie du corps qui m’ont marqué.

II – La théologie du corps comme possibilité de renouvellement d’une pensée sur les sacrements.

Quand j’étais vicaire épiscopal pour la famille, je suis un jour tombé sur un écrit (je ne me souviens plus lequel) dans lequel apparaissait une formule : le mariage est le prototype de tous les sacrements de l’Alliance. Ingénieur moi-même, je sais ce qu’est un prototype ; un exemplaire premier à partir duquel on décline une gamme de produits divers, mais liés à cette sorte d’origine.

Depuis, j’ai effectué la certification et le Mastère en Théologie du corps, et j’ai écrit un premier livre : Prêtre et Epoux ? Mame 2018 où je tâche de dire ma découverte de la condition d’Epoux du prêtre. Je prends conscience que cette condition, personne ne m’a jamais aidé à la contempler, à l’approfondir et à l’aimer. Or, il y a dans l’ordination une configuration au Christ-Epoux.

Présentant une vision intégrale et intégrante de l’homme, de la femme et du couple, ce que St Jean-Paul II appelle une « anthropologie adéquate », les catéchèses de la TDC montrent le mariage à l’origine, dans l’acte créateur d’Adam et d’Eve (Gn.2), qu’il appelle « sacrement primordial », les effets du péché originel et de la triple concupiscence (1Jn.2,), le salut opéré par le Christ dans son alliance d’amour indissoluble avec l’Eglise qu’il aime et qu’il rend sainte et immaculée (Ep.5), instituant par cette grande analogie le sacrement du mariage, et enfin, la destinée finale de tout cela dans la communion trinitaire à laquelle nous sommes promis, rassemblés, où tout est récapitulé par le Christ dans l’Esprit.

En tout cela, il fait apparaître que tous les sacrements, originés dans le mariage sacrement primordial et prototype, ont un caractère de nuptialité, J-P II dirait de « sponsalité ». D’ailleurs la figure des noces de Dieu avec l’humanité parcourt la Bible, les prophètes, l’Evangile de St Jean, les lettres des apôtres, les Pères de l’Eglise etc.… Bref.

III – la Configuration au Christ-Epoux.

C’est l’exhortation apostolique de 1991 Pastores Dabo Vobis, de St Jean-Paul II qui éclaire le mieux ce qu’elle est. Le Concile Vatican II, Presbyterorum Ordinis, cite d’abord les configurations au Christ-Tête et Prêtre comme ce qui nous marque d’un sceau indélébile : « Le sacerdoce des prêtres, s’il suppose les sacrements de l’initiation chrétienne, est cependant conféré au moyen d’un sacrement particulier qui, par l’onction du Saint-Esprit, les marque d’un caractère spécial, et les configure ainsi au Christ Prêtre pour les rendre capables d’agir au nom du Christ Tête en personne(in persona Christi Capitis) » P.O. 2

Dans PDV, JP II va développer une triple configuration au Christ, Tête, Pasteur et Epoux.

Mais en distinguant d’un côté la dimension Pasteur et Tête, intimement liées dans l’agir du prêtre, pastorale et gouvernement, et de l’autre côté, la dimension de l’Epoux, liée à sa vie spirituelle.

Il y a un paragraphe magnifique a ce niveau, que je ne résiste pas de vous lire – PDV n°22 :

«Jésus est l’époux véritable, qui offre le vin du salut à l’Église (cf. Jn 2, 11). Lui, qui est «la Tête de l’Église, lui le Sauveur du Corps» (Ep 5, 23), «a aimé l’Église et s’est livré pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d’eau qu’une parole accompagne ; car il voulait se la présenter à lui-même toute resplendissante, sans tache ni ride ni rien de tel, mais sainte et immaculée» (Ep 5,25-27). L’Église est certes le corps dans lequel le Christ Tête est présent et opérant, mais elle est aussi l’Épouse, qui sort comme une nouvelle Ève du côté ouvert du Rédempteur sur la Croix : c’est pourquoi le Christ se tient «devant» l’Église, «la nourrit et en prend soin» (cf. Ep 5,29) par le don de sa vie pour elle. Le prêtre est appelé à être l’image vivante de Jésus Christ, Époux de l’Église : assurément, il reste toujours dans la communauté dont il fait partie, comme croyant, uni à tous ses frères et ses sœurs rassemblés par l’Esprit ; mais, en vertu de sa configuration au Christ Tête et Pasteur, il se trouve en cette situation sponsale, qui le place en face de la communauté. «En tant qu’il représente le Christ Tête, Pasteur et Époux de l’Église, le prêtre a sa place non seulement dans l’Église, mais aussi en face de l’Église». C’est pourquoi il est appelé, dans sa vie spirituelle, à revivre l’amour du Christ époux envers l’Église épouse. Sa vie doit donc être illuminée et orientée par ce caractère sponsal qui lui demande d’être témoin de l’amour sponsal du Christ ; ainsi sera-t-il capable d’aimer les gens avec un cœur nouveau, grand et pur, avec un authentique détachement de lui-même, dans un don de soi total, continu et fidèle. Et il en éprouvera comme une « jalousie » divine (cf. 2 Co 11, 2), avec une tendresse qui se pare même des nuances de l’affection maternelle, capable de supporter les « douleurs de l’enfantement » jusqu’à ce que « le Christ soit formé » dans les fidèles (cf. Ga 4, 19).»

On peut faire largement une retraite d’une semaine  partir de ce texte ! D’ailleurs, je crois que je vais en proposer une prochainement.

Et c’est de cette situation sponsale que le prêtre va tirer sa paternité, qui ne pourra pas être domination puisqu’entièrement animée par la charité pastorale, mais donation jusqu’à la croix. Par contre, être pasteur, ou tête, d’une communauté paroissiale, sans vouloir -ou pouvoir- en être l’époux, expose le prêtre à bien des avanies ; et croyez bien qu’il m’est arrivé plusieurs fois d’en faire les frais !

Un jour, racontant à un couple ami l’histoire d’un prêtre encore jeune ayant quitté le ministère à cause d’une solitude pastorale dans une grande paroisse rurale, et d’une communauté vieillissante, la jeune femme amie me dit : «En fait, sa communauté n’était pas épousable ! » Elle avait raison et tort à la fois. L’Alliance sponsale ne s’est pas réalisée entre ce prêtre et cette communauté ; il n’a pas pu en être la figure de l’Epoux qui engendre à la vie nouvelle. Pourtant, le Christ-Epoux, lui, était bien avec et en faveur de cette communauté. C’est donc bien dans ce lien entre le prêtre et le Christ qu’était le souci, sans juger qui que ce soit. Mais parfois aussi, la situation des paroisses ne le permet plus. Comme le dit le prophète Isaïe : elles ressemblent parfois davantage à la «Délaissée» qu’à «l’Epousée» ! Cela est dur à entendre, je l’avoue, mais qui peut nier qu’il y a parfois en notre cœur ce genre de débat, voire dans nos repas ecclésiastiques.

L’amour sponsal qui est au cœur de la Théologie du Corps, cet amour-don qu’une personne ne peut donner qu’à une personne, prend la forme d’un amour conjugal dans le mariage. Mais il n’est pas  réservé aux gens mariés. Le prêtre lui aussi, parce que cet amour trouve sa source dans le don reçu au baptême et à la confirmation, en bénéficie pour sa vie et son ministère. Elle prend alors la forme de la charité pastorale. C’est ce qu’explique Jean-Paul II dans PDV :

«Le don de soi à l’Église la concerne en tant qu’elle est le corps et l’épouse de Jésus Christ. C’est pourquoi la charité du prêtre se relie d’abord à celle de Jésus Christ. C’est seulement si elle aime et sert le Christ Tête et Époux que la charité devient source, critère, mesure, impulsion de l’amour et du service du prêtre envers l’Église, corps et épouse du Christ.» PDV n°23

La charité est donc source, mesure, critère et impulsion du service du prêtre. En elle est toute la motivation de l’exercice du ministère sacerdotal.

Dans l’exhortation apostolique, la charité pastorale est un «don total de soi-même à l’Eglise, l’image du don du Christ et en partage avec lui» ; elle est une «vertu par laquelle nous imitons le Christ dans son don de soi et dans son service» ; elle est un «office d’amour» ; elle «trouve son expression plénière et son aliment principal dans l’Eucharistie» ; elle «constitue le principe intérieur et dynamique capable d’unifier les diverses et multiples activités du prêtre.»

Nous pourrions rajouter que la charité pastorale porte en elle-même le don désintéressé avec lequel le prêtre doit exercer son ministère, ce que l’on appelle son dévouement, sa disponibilité, sa proximité. Se donnant ainsi, il se trouve lui-même, comme le dit magnifiquement GS.24§3 : «l’homme, seul créature sur terre que Dieu a voulu pour elle-même, ne peut se trouver lui-même que dans le don désintéressé de lui-même.»

IV – Et le célibat ?

Il est facile de comprendre que la situation d’Epoux dans l’Epoux fonde notre célibat. Cela fait entrer le célibat non plus uniquement dans le régime de la convenance, mais dans celui de l’adéquation à notre représentation sacramentelle. Et cette adéquation n’est pas de l’ordre de l’évidence. C’est un travail, une œuvre de salut pour notre ministère. Car le célibat est à la fois un don qui nous fait ressembler au Christ, une grâce, et une œuvre à réaliser. C’est tout le dynamisme de la chasteté et de la continence parfaite qui sont en jeu.

Il faut donc mettre en œuvre ce que Jean-Paul II appelle une «subjectivation adéquate», pour rendre notre vie de pasteur adéquate au don qui nous est fait dans cette configuration au Christ-Epoux.

Concernant la continence parfaite que nous devons vivre, il n’y a pas de gradualité de cette loi : soit nous la vivons, soit nous faiblissons. Il ya juste trois modalités pour la vivre :

comme impossible à vivre, alors, la souffrance du célibat est insupportable ;

comme difficile à tenir, alors il y faut la force pour ce combat ;

comme un don et un vrai bien pour notre personne, alors il faut en rendre grâces sans cesse.

Et nous vivons selon les moments, ces trois modalités ! parfois, c’est impossible, toujours c’est difficile, et souvent nous le recevons comme un don.

Cette subjectivation nécessite trois étapes :

-connaître cette vérité : le célibat est un don et un vrai bien pour nous

– intérioriser, c’est-à-dire aimer cette vérité, la faire nôtre intérieurement par la prière, la contemplation de l’Epoux et de l’Epouse. Ainsi, la signification profonde du célibat continent se transfère dans notre conscience ministérielle et dans les décisions prudentielles que nous avons à prendre.

– se transformer, se convertir, un peu à l’image de S Augustin, dans le Confessions : «Dans cette forêt d’une telle immensité pleine d’embûches et de périls, j’ai éclairci mon cœur et l’ai dégagé autant que j’ai pu » (Confessions, livre X, chapitre 35)

Aujourd’hui, il y a des difficultés particulières auxquelles être attentif :

–       Dans une société très érotisée, notre cœur peut être fortement partagé sur le plan affectif

–       Le ministère paroissial nous isole plus qu’auparavant. Le premier confrère est parfois à des dizaines de kilomètres, et les moyens numériques ne remplacent pas tout. Il nous faut entrer dans une compréhension juste de la solitude ministérielle (cf. JP II dans la TDC sur la solitude originelle)

–       Echec pastoral et Acédie : la difficulté pastorale du moment, l’indifférence grandissante, etc.… tout cela produit des découragements qui peuvent nous tenir en situation d’acédie. Nous cherchons alors toutes sortes de compensations ; nous voulons sans cesse quitter notre lieu, notre paroisse, etc.….

Il y a un remède, l’Eucharistie :

«Deux sacrements représentent d’une manière particulière la relation sponsale entre Jésus et l’Eglise : le mariage et l’Eucharistie. Le mariage la représente en tant que l’Église est faite d’en-bas, c’est-à-dire en tant que l’amour et la fécondité humains participent à la venue et à l’existence de nouvelles personnes humaines, voulues par Dieu et destinées à s’intégrer à l’Eglise de par l’amour rédempteur de Jésus pour elle. L’Eucharistie, elle, représente cette relation en tant que l’Eglise est faite d’en-haut. Comme il a été dit précédemment, l’Eglise-Epouse est faite d’en-haut en ce sens qu’elle ne vient pas vers le Christ de sa propre initiative pour l’épouser : sa relation sponsale avec lui est tout entière le fruit de sa mort rédemptrice sur la Croix. Or, l’Eucharistie est le sacrement qui contient toute cette réalité d’un salut venant d’en-haut de par l’initiative gratuite du Christ-Époux et Rédempteur » P. Frost, acte du colloque à Ars en 2000

L’Eucharistie reste LE LIEU, comme notre cellule spirituelle, que nous ne devons jamais quitter parce que là est Celui qui est avec nous tous les jours, lieu qui doit fixer toute notre attitude, nos paroles et nos actes dans le ministère. C’est pourquoi la célébration de l’eucharistie est appelée à devenir quotidienne dans notre vie sacerdotale, même si cela ne nous est pas une obligation morale. L’eucharistie est la plus grande source d’actualisation des dons qui ont été faits à l’ordination, et qui maintiennent le prêtre dans la profondeur du sacrement de l’ordre. En ce sens, nous nous  devons d’être un mystique si nous voulons supporter l’ascèse du célibat, et le recevoir chaque jour comme un don.

Certes, nos mains, ointes du Saint Chrême, que l’on impose sur le pain et le vin, avec lesquelles nous élevons le pain de vie et la coupe du salut, ont servi parfois à des impuretés pouvant aller jusqu’au crime. Et c’est pourquoi le sacrement de réconciliation, la confession auriculaire est absolument indispensable dans notre vie. Dans l’Offertoire de la messe, prêtons davantage attention à ces paroles que nous disons à voix basse : « lave-moi de mes fautes, Seigneur, et purifie-moi de mon péché ». Il s’agit de s’approcher de  l’Eglise-Epouse avec un corps et un cœur aussi pur que possible. Car lorsque nous disons «ceci est mon corps», nous ne sommes pas seulement la voix du Christ qui dit cela, mais c’est aussi notre propre voix qui le dit à propos de notre propre corps, que nous voulons encore livrer dans le Christ qui s’est livré, par Lui, avec Lui et en Lui.

L’Eucharistie fait de nous un prêtre selon le cœur du Christ, et exige de nous que nous nous présentions  en face de l’Eglise en représentant l’Epoux à tous ceux qui en sont les amis, heureux de Le savoir avec eux, comblés de la même joie que celle de Jean-Baptiste, afin qu’Il grandisse et se fortifie dans les cœurs et soit annoncé au monde.

Conclusion

Peu importe de savoir si le célibat est juste une convenance ; il nous faut reconnaître comment ce don agit dans notre ministère pour notre sanctification et pour que l’Eglise devienne davantage ce que le Christ fait d’Elle : son épouse bien-aimée.

Les lois Leonetti et Claeys-Leonetti nous mènent inexorablement vers la légalisation du suicide assisté

Jean-Marie Le Méné explique, dans une tribune publiée dans La Croix, pourquoi les lois Leonetti et Claeys-Leonetti nous mènent inexorablement vers la légalisation du suicide assisté :

[…] En France, les lois Leonetti et Claeys-Leonetti de 2005 et 2016, relatives aux droits des malades et des personnes en fin de vie, ont créé un contexte juridique nouveau. Présentée comme « un progrès » pour les malades et les professions de santé, la loi Leonetti a explicitement autorisé l’arrêt des traitements qui n’ont pour seul effet que le maintien artificiel de la vie du patient. Largement sujette à interprétation, cette disposition a permis au Conseil d’État de juger légale la décision médicale de provoquer la mort par arrêt de l’hydratation et de l’alimentation artificielles d’un homme placé dans l’impossibilité d’exprimer ses volontés, et qui n’était pas en fin de vie.

Au regard des souffrances provoquées par l’arrêt de la nutrition et l’hydratation, la loi Claeys-Leonetti a associé systématiquement le protocole à une sédation profonde et continue jusqu’au décès. Une pratique qui vise à accélérer, voire à provoquer la survenance de la mort du patient. Devant cette situation, les partisans de l’euthanasie ont beau jeu de dénoncer l’hypocrisie d’un système qui conduit à faire mourir une personne consentante dans un délai qui peut aller jusqu’à trois semaines, alors que quelques heures suffisent. Quel est l’intérêt d’un protocole de prolongation d’agonie qui passe manifestement pour inhumain ? […]

Pourquoi le suicide assisté continuerait-il à être pénalisé alors que l’arrêt des traitements (dont l’hydratation, l’alimentation et la respiration artificielles) suivi d’une sédation profonde et continue jusqu’à la mort ne l’est pas ? Ne s’agit-il pas de deux actes médicaux au profit des mêmes patients « autodéterminés » et dont les effets sont identiques ? C’est ainsi que la disposition contestée du code pénal italien réprimant le suicide assisté a été jugée contraire à la Constitution. Le Parlement italien a donc été conduit à envisager une proposition de loi relative au suicide assisté qui reprend les conditions permettant l’arrêt des soins aux patients présentant une pathologie irréversible, une souffrance intolérable, bénéficiant d’un traitement de maintien en vie et capables de prendre une décision libre. On le voit, le glissement d’un arrêt des soins avec sédation – type loi Claeys-Leonetti – vers l’euthanasie dite « active » est en marche parce que le continuum est inéluctable.

Malheureusement, ceux qui refusent, en France, la légalisation de l’euthanasie utilisent, souvent avec la plus grande sincérité, les pires arguments. La plupart d’entre eux proposent en effet un développement des soins palliatifs accompagné d’une meilleure application de la loi Claeys-Leonetti. On ne saurait rendre meilleur service aux promoteurs de l’euthanasie qui savent qu’il n’y a pas de différence de nature, mais seulement un décalage de temporalité, entre arrêt des soins (incluant nutrition, hydratation et respiration artificielles) sur personne consentante et suicide médicalement assisté. En effet, la mort reste l’objectif à atteindre.

Par ailleurs, dans l’opinion publique, les soins palliatifs comprennent une fin de vie hâtée par la médecine, ce qui ne devrait naturellement pas être le but des soins. La seule manière efficace de combattre la légalisation de l’euthanasie est effectivement le développement des soins palliatifs, mais en excluant clairement de son contenu tout arrêt des soins, et ceci afin de rompre un continuum inexorable, comme le montre l’exemple italien. Anticiper la fin de vie par l’arrêt des soins ou précipiter la mort par l’euthanasie ne sont pas des actes médicaux. Les disciples d’Hippocrate le savent. Les politiques n’ont pas à leur imposer la mise en œuvre de lois sociétales qui n’ont rien à voir avec l’exercice de leur art.

Japon : les travailleuses étrangères enceintes incitées à avorter ou à démissionner

Le Japon, où la population est vieillissante, fait venir des travailleurs des Philippines, du Vietnam, voire de Chine. Vanessa, Philippine de 25 ans, travaillait dans un établissement de soins à Fukuoka (sud-ouest) quand elle a appris qu’elle était enceinte. Elle était au Japon depuis plus d’un an et espérait poursuivre son stage après l’accouchement. On l’a poussée à avorter.

« Je me suis dit : comment osent-ils ? L’avortement est le choix d’une mère ».

Finalement, ses employeurs l’ont obligée à démissionner, affirmant que sa situation « allait diminuer la valeur des stagiaires philippines ».

Selon le ministère japonais de la Santé, 637 stagiaires techniques ont démissionné en raison d’une grossesse ou d’un accouchement entre 2017 et 2020. Mais selon des défenseurs des migrantes, il s’agit de la « partie émergée de l’iceberg ».

Un avocat affirme :

« pour certains employeurs, il est plus facile de les renvoyer chez elles et de les faire remplacer par de nouveaux stagiaires, plutôt que d’engager des frais supplémentaires ».

Vanessa a donné naissance à son fils aux Philippines, mais espère toujours retourner au Japon.

« Je veux prouver qu’il est possible pour une stagiaire enceinte d’accoucher dans son pays et de retourner au Japon pour terminer son contrat ».

Le grand remplacement dans les étalages

Exemple dans le magasin Auchan à Poitiers.