C’est arrivé un 6 juillet…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.”Léon XIII, Rerum Novarum
Alors rappelons-nous :
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le 6 juillet : saints du jour français ou en France.
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Ste Nolwenn, fille d’un prince de Cornwall, vierge et martyre
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Dans le Morbihan, le nom s’écrit Noluenn ; et il y a été déformé en Maluen ; la chapelle Sainte-Maluen a fini par devenir elle-même chapelle Sainte-Noyale, en Noyal-Pontivy. Il semble qu’il n’y ait jamais eu de sainte à porter ce nom tel quel. Mais, il y a eu une sainte, légitimement vénérée, dont le nom originel a été mal compris et déformé. “Gwenn“, en breton et en gallois, revêt le sens de bienheureux ou saint ; Noal est la forme bretonne de “Noyal“. Ainsi, la “Sainte de Noal” (Gwenn-Noal, ou renversé en Noal-Gwenn) serait devenue un nom propre. Que l’on n’ait pu retrouver son nom authentique n’empêche pas qu’elle ait existé.
Nolwenn était fille d’un prince de Cornwall (comté d’Angleterre situé à l’extrémité sud-ouest du pays) ; elle avait résolu de se vouer à Dieu. Et, pour être plus sûre qu’on ne vienne plus la demander en mariage, à vingt ans, accompagnée de sa nourrice, elle quitte l’île de Bretagne et débarque sur la côte de Vannes.
Toutes deux montent vers l’intérieur du pays, à la recherche d’une solitude où elles se livreraient à la pénitence. Elles arrivent à Bignan (Morbihan), au village de Bézo, quand survient un tyran, nommé Nizan, qui s’éprend de la beauté de Nolwenn et prétend lui imposer le mariage. Elle lui répond que, si elle avait voulu se marier, elle aurait tout aussi bien pu le faire dans son pays. Furieux, Nizan la fait décapiter. Mais Nolwenn était partie à la recherche d’une solitude, et elle doit continuer sa route.
Dieu permet qu’elle prenne donc sa tête dans les mains ; et, avec sa nourrice, elle repart. À Herboth, elles entendent une femme blasphémer : ce ne peut être là, cette solitude. À Noyal, elles entendent une fille qui injurie sa mère : pas encore là. Elles arrivent enfin dans un vallon solitaire et se reposent.
Trois gouttes de sang tombent du cou de Nolwenn ; et trois fontaines jaillissent. Elle plante en terre son bâton : il devient aubépine, cependant que la quenouille de sa nourrice se change en hêtre. Elles ont prié et dormi, et le lendemain prennent le chemin creux qui les conduit au désert prévu par Dieu. Nolwenn s’arrête : « C’est ici le lieu de ma sépulture ».
Alors,”Guelet oé er spern é krenein
Get er huerhiéz é tremenein.”
(« L’on vit trembler l’aubépine, pendant que la vierge trépassait. »)
Ainsi l’histoire de cette jeune fille sympathique, martyre de la virginité. Elle est encore populaire dans le pays de Pontivy et a même été embellie, par la suite, avec la légende du sinistre seigneur Renorche, qui voulut détruire la chapelle de Ste Maluen, en la noyant au fond d’un étang artificiel ; mais c’est Renorche qui périt par la rupture de la digue.
Dans ses Contes et Légendes, l’abbé Cadic a donné un savoureux récit et de l’histoire et de la légende.
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St Juste, moine dans le Condat († siècle inc.)
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St Goar, prêtre et ermite en Rhénanie († 575)
Goar naît peu après la mort du Roi Clovis. Ses parents étaient de nobles seigneurs de l’Aquitaine, au foyer desquels il puisa, pendant ses premières années, l’amour de la vertu. Tout petit encore, il avait une charité extraordinaire pour les pauvres ; son zèle pour la gloire de Dieu lui faisait prêcher déjà la pénitence aux pécheurs et la sainteté aux justes, et la parole de cet enfant, jointe à ses actions merveilleuses, produisait de grands fruits autour de lui.
Le sacerdoce, quand il eut l’âge de le recevoir, fut un nouvel aiguillon à son ardeur apostolique. Avec l’autorité que lui donnait sa haute vertu, il combattit, dans ses prédications, tous les vices, le luxe, la discorde, la vengeance, l’homicide et les diverses passions grossières d’une époque encore barbare. Cependant l’apôtre avait, avant tout, des goûts de moine ; aussi quitta-t-il bientôt ses parents et sa patrie pour chercher Dieu dans la solitude. Mais Dieu, qui ne voulait pas que tant de vertus demeurassent stériles, souffla au cœur du solitaire un nouveau feu de zèle, et Goar, riche de ses progrès nouveaux et des lumières surnaturelles qu’il avait recueillies dans sa retraite, parcourut toutes les campagnes voisines, encore païennes, y prêcha l’Évangile et vit avec joie de nombreux convertis recevoir le baptême.
Peu de Saints furent plus hospitaliers que lui, et c’est par ses bons procédés, ses aumônes, ses réceptions cordiales et généreuses, qu’il sut rendre populaire la doctrine qu’il pratiquait si bien. Accusé devant son évêque de divers crimes imaginaires inventés par le démon de la jalousie, il parut humblement au palais épiscopal et déposa son manteau, par respect, en présence du prélat ; mais, en croyant le suspendre à une tige de métal, il le suspendit à un rayon de soleil. L’évêque ne fut point touché de ce prodige ; cependant il dut bientôt reconnaître l’innocence du Saint, manifestée, à sa confusion, par un nouveau miracle.
Le roi Sigebert voulut bientôt le faire évêque ; mais Goar obtint un délai de vingt jours, pendant lequel il pria Dieu avec tant de larmes, qu’il obtint une grave maladie qui se prolongea pendant sept ans et mit le roi dans l’impossibilité de réaliser ses desseins. Goar offrit à Dieu ses longues et horribles souffrances pour l’extension et le triomphe de l’Église.
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Bse Suzanne Deloye, moniale et martyre († 1794)
Durant les troubles de la Révolution, 29 religieuses chassées de leurs couvents avaient trouvé refuge dans une maison de Bollène. Là, depuis dix-huit mois, elles partageaient une vie de prière et de totale pauvreté. Elles furent arrêtées en avril 1794 pour avoir refusé de prêter le serment de liberté-égalité exigé par la municipalité et que leur conscience réprouvait. Elles furent incarcérées le 2 mai à Orange, dans la prison de la Cure, près de la cathédrale, où étaient déjà détenues 13 autres consœurs.
Les religieuses s’organisèrent en communauté et passaient leur temps à prier. Elles furent condamnées à mort par la Commission populaire qui siégeait dans l’actuelle chapelle Saint-Louis, et transférées au Théâtre antique en attendant d’aller à la guillotine dressée sur le cours Saint-Martin. Trente-deux d’entre elles furent exécutées (16 ursulines, 13 sacramentines, 2 cisterciennes et 1 bénédictine).
Le 6 juillet : Sœur Marie-Rose, bénédictine de Caderousse (Suzanne Deloye, née à Sérignan en 1741) ;
le 7 juillet : Sœur Iphigénie, sacramentine de Bollène (Suzanne de Gaillard, née à Bollène en 1761) ;
le 9 juillet : Sœur Sainte-Mélanie, ursuline de Bollène (Madeleine de Guilhermier, née à Bollène en 1733) et Sœur Marie-des-Anges, ursuline de Bollène (Marie-Anne de Rocher, née à Bollène en 1755) ;
le 10 juillet : Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Bollène (Gertrude d’Alauzier, née à Bollène en 1757) et Sœur Agnés, ursuline de Bollène (Sylvie de Romillon, née à Bollène en 1750) ;
le 11 juillet : Sœur Sainte-Pélagie, sacramentine de Bollène (Rosalie Bès, née à Beaume-du-Transit en 1753), Sœur Saint Théotiste, sacramentine de Bollène (Elisabeth Pélissier, née à Bollène en 1741), Sœur Saint-Martin, sacramentine de Bollène (Claire Blanc, née à Bollène en 1742) et Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marguerite d’Albarède, née à Saint-Laurent-de-Carnols en 1740) ;
le 12 juillet : Sœur Rose, sacramentine de Bollène (Thérèse Talieu, née à Bollène en 1746), Sœur du Bon-Ange, converse sacramentine de Bollène (Marie Cluse, née à Bouvantes en 1761), Sœur Marie de Saint-Henri, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Marguerite de Justamond, née à Bollène en 1746) et Sœur Saint-Bernard, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Jeanne de Romillon, née à Bollène en 1753).
le 13 juillet : Sœur Madeleine, sacramentine de Bollène (Elisabeth Verchières, née à Bollène en 1769), Sœur Marie-de-l’Annonciation, sacramentine de Bollène (Thérèse Faurie, née à Sérignan en 1770), Sœur Saint-Alexis, sacramentine de Bollène (Andrée Minutte, née à Sérignan en 1740), Sœur Saint-François, ursuline de Bollène (Marie-Anne Lambert, née à Pierrelatte en 1742) et Sœur Sainte-Françoise, converse ursuline de Carpentras (Marie-Anne Depeyre, née à Tulette en 1756), Sœur Saint-Gervais, supérieure des ursulines de Bollène (Anastasie de Roquard, née à Bollène en 1749) ;
le 16 juillet : Sœur Aimée, sacramentine de Bollène (Rose de Gordon, née à Mondragon en 1733), Sœur Marie-de-Jésus, sacramentine de Bollène (Thérèse Charrensol, née à Richerenches en 1758), Sœur Saint-Joachim, converse sacramentine de Bollène (Marie Anne Béguin-Royal, née à Bouvantes en 1736), Sœur Saint-Michel, converse ursuline de Bollène (Marie-Anne Doux, née à Bollène en 1738), Sœur Saint-André, converse ursuline de Bollène (Marie-Rose Laye, née à Bollène en 1728), Sœur Madeleine, ursuline de Pernes (Dorothée de Justamond, née à Bollène en 1743) et Sœur du Coeur-de-Marie, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1754) ;
le 20 juillet : Sœur Saint-Basile, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Anne Cartier, née à Livron en 1733) ;
le 26 juillet : Sœur Saint-Augustin, sacramentine de Bollène (Marguerite Bonnet, née à Sérignan en 1719), Sœur Catherine, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marie-Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1724), Sœur Claire, ursuline de Bollène (Claire Dubas, née à Laudun en 1727) et Sœur du Cœur-de-Jésus, supérieure des ursulines de Sisteron (Elisabeth de Consolin, née à Courthézon en 1736).
Elles montèrent toutes joyeusement à l’échafaud, chantant et priant pour leurs persécuteurs qui admiraient leur courage : « Ces bougresses-là meurent toutes en riant ». Les dix autres religieuses détenues furent sauvées par la chute de Robespierre, le 28 juillet, et libérées en I795. Les corps des martyres furent jetés dans des fosses communes, dans le champ Laplane (à Gabet), situé à 4 kilomètres de la ville, au bord de l’Aygues, et une chapelle y fut bâtie en 1832. Les 32 religieuses ont été béatifiées par le pape Pie XI le 10 mai 1925.
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le 6 juillet : saints catholiques du jour, sainte Maria Goretti, vierge et martyre.
Extrait du Message du pape Jean-Paul II à l’évêque d’Albano à l’occasion du centenaire de la mort de Sainte Maria Goretti :
« A mon Vénéré frère Mgr Agostino VALLINI, Evêque d’Albano
Il y a cent ans, le 6 juillet 1902, à l’hôpital de Nettuno, mourait Maria Goretti, sauvagement poignardée le jour précédent dans le petit village de Le Ferriere, dans l’Agro Pontino. En raison de son histoire spirituelle, de la force de sa foi, de sa capacité à pardonner son bourreau, elle figure parmi les saintes les plus aimées du XXème siècle. […]
Sainte Maria Goretti fut une jeune fille à laquelle l’Esprit de Dieu accorda le courage de rester fidèle à la vocation chrétienne, jusqu’au sacrifice suprême de la vie. Son jeune âge, le manque d’instruction scolaire et la pauvreté du milieu dans lequel elle vivait n’empêchèrent pas à la grâce de manifester ses prodiges en elle. […]
Maria Goretti, née à Corinaldo, dans les Marches, le 16 octobre 1890, dut très tôt prendre la route de l’émigration avec sa famille, arrivant, après plusieurs étapes, à Le Ferriere di Conca, dans l’Agro Pontino. Malgré les problèmes liés à la pauvreté, qui ne lui permirent pas d’aller à l’école, la petite Marie vivait dans un milieu familial serein et uni, animé par la foi chrétienne, où les enfants se sentaient accueillis comme un don et étaient éduqués par leurs parents au respect d’eux-mêmes et des autres, ainsi qu’au sens du devoir accompli par amour de Dieu. Cela permit à la petite fille de grandir de façon sereine en nourrissant en elle une foi simple, mais profonde. L’Eglise a toujours reconnu à la famille le rôle primordial et fondamental de lieu de sanctification pour ceux qui en font partie, à commencer par les enfants.
Dans l’homélie pour sa canonisation, le Pape Pie XII, de vénérée mémoire, indiqua Maria Goretti comme “la petite et douce martyre de la pureté” (cf. Discours et radio-messages, XII [1950-1951], 121), car malgré la menace de mort, elle ne manqua pas au commandement de Dieu.
Quel exemple lumineux pour la jeunesse! La mentalité privée d’engagements, qui envahit une grande partie de la société et de la culture de notre temps, a parfois du mal à comprendre la beauté et la valeur de la chasteté. Il ressort du comportement de cette jeune sainte une perception élevée et noble de sa propre dignité et de celle d’autrui, qui se reflétait dans les choix quotidiens, en leur conférant pleinement leur sens humain. N’y a-t-il pas en tout cela une leçon d’une grande actualité? Face à une culture qui accorde trop d’importance à l’aspect physique de la relation entre homme et femme, l’Eglise continue à défendre et à promouvoir la valeur de la sexualité comme un élément qui touche chaque aspect de la personne et qui doit donc être vécu selon une attitude intérieure de liberté et de respect réciproque, à la lumière du dessein originel de Dieu. Dans cette perspective, la personne se découvre être à la fois la destinataire d’un don et appelée à devenir, à son tour, un don pour l’autre. […]
Il est indéniable que l’unité et la stabilité de la famille humaine doivent aujourd’hui faire face à de nombreuses menaces. Mais, heureusement, à côté de celles-ci, on constate une conscience renouvelée des droits des enfants à être élevés dans l’amour, protégés de tous les types de dangers et formés de façon à pouvoir, à leur tour, affronter la vie avec force et confiance.
Dans le témoignage héroïque de la sainte de Le Ferriere, le pardon offert à l’assassin et le désir de pouvoir le retrouver, un jour, au paradis est également digne d’une attention particulière. Il s’agit d’un message spirituel et social d’une importance extraordinaire pour notre temps.
[…] Puisse l’humanité avancer de façon décidée sur la voie de la miséricorde et du pardon! L’assassin de Maria Goretti reconnut la faute commise, il demanda pardon à Dieu et à la famille de la martyre, il expia avec conviction son crime et garda pendant toute sa vie cette disposition d’esprit. La mère de la sainte, pour sa part, lui offrit sans réticence le pardon de la famille, dans la salle du tribunal où se tint le procès. Nous ne savons pas si ce fut la mère qui enseigna le pardon à sa fille ou le pardon offert par la martyre sur son lit de mort qui détermina le comportement de sa mère. Il est toutefois certain que l’esprit de pardon animait les relations au sein de toute la famille Goretti, et c’est pourquoi il put s’exprimer avec tant de spontanéité chez la martyre et sa mère.
Ceux qui connaissaient la petite Maria, dirent le jour de ses funérailles: “Une sainte est morte!”. Son culte s’est diffusé sur tous les continents, suscitant partout l’admiration et la soif de Dieu. […]
Je montre l’exemple de cette sainte en particulier aux jeunes, qui sont l’espérance de l’Eglise et de l’humanité. A la veille, désormais, de la XVIIème Journée mondiale de la Jeunesse, je désire leur rappeler ce que j’ai écrit dans le Message qui leur était adressé en préparation à cet événement ecclésial tant attendu: « Au plus fort de la nuit, on peut se sentir apeuré et peu sûr, et l’on attend alors avec impatience l’arrivée de la lumière de l’aurore. Chers jeunes, il vous appartient d’être les sentinelles du matin (cf. Is 21, 11-12) qui annoncent l’arrivée du soleil qui est le Christ ressuscité!” (n. 3).[…]
Du Vatican, le 6 juillet 2002
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le 6 juillet 1203 : prise de la tour de Galata par les croisés lors du siège de Constantinople.
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le 6 juillet 1274 : session du IIe concile de Lyon.
Ouvert le 7 mai 1274,il compte cinq sessions additionnelles les 18 mai, 7 juin, 6 juillet, 16 juillet et 17 juillet. Ce concile traite de:
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la conquête de la terre sainte,
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l’union des églises d’Orient et d’Occident,
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l’élection pontificale.
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le 6 juillet 1495 : bataille de Fornoue.
Le Roi de France Charles VIII défait la Ligue de Venise à Fornoue. C’est à l’issue de cette bataille que naît l’expression « Furia Francese ».
Alors que ses armées partent vers le nord pour revenir en France, Charles VIII se voit attendu et pris au piège par la Ligue de Venise commandée par le condottiere Francesco II da Gonzaga, lors du passage de la rivière Taro. Heureusement, le Roi de France mène lui-même la charge qui va libérer ses troupes et écraser les Italiens en moins d’une heure. Bilan, les 8 000 français déchaînés mirent en fuite leurs 26 000 ennemis.
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le 6 juillet 1535 : exécution de Thomas More.
Hostile au schisme entre l’Église catholique et l’Église anglicane, Thomas More est décapité à la Tour de Londres sur ordre du roi Henry VIII. Il est jugé coupable de trahison pour avoir désavoué le divorce du roi. Thomas More a été béatifié en 1886, et canonisé en 1935. En 2000, il est fait patron des responsables de gouvernement et d’hommes politiques par Jean-Paul II.
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le 6 juillet 1632 : Pacte de Turin, la France conserve Pignerol.
Cette place-forte hautement stratégique, lui ouvre la porte vers la plaine du Pô; elle a été conquise le 29 mars 1630.
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le 6 juillet 1641 : bataille de la Marfée
Alors que les armées de Louis XIII sont pleinement engagées dans les combats de la Guerre de Trente Ans entre le Roussillon, le Pays Basque, les Alpes, la Lorraine, l’Alsace et le nord du Royaume, une armée de conjurés hostiles auRoi et au Cardinal de Richelieu, menée par Frédéric de la Tour d’Auvergne repoussent sans ménagement l’armée de Gaspard de Coligny. La Tour d’Auvergne dirige en 1640 la principauté de Sedan et reçoit les protestants qui fuient la France ainsi que Richelieu. De toutes les révoltes qui troublent le ministère du cardinal de Richelieu, celle du comte de Soissons est la plus dangereuse car elle bénéficie de l’appui du duc de Bouillon, de l’argent du roi d’Espagne, et des troupes des Pays-Bas. Les grands féodaux se soumettront malgré ce premier succès.
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le 6 juillet 1686 : naissance du botaniste Antoine de Jussieu.
Antoine de Jussieu, botaniste et médecin d’origine française, est né le 6 juillet 1686. Après avoir étudié la théologie, il se découvre une passion pour la botanique et se lance dans des études de médecine. Ses recherches en botanique lui permettent de se faire remarquer par Guy Fagon, surintendant du Jardin du Roi. En 1711, il est accepté à l’Académie des sciences, Fagon lui attribue une mission en Espagne et au Portugal pour y recueillir des plantes. Dès son retour, il publie «les Mémoires de l’Académie des sciences».C’est lui qui introduit le caféier dans les Antilles.
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le 6 juillet 1746 : victoire navale de Mahé de la Bourdonnais à Negapatam (Inde).
Cette victoire française, par duel au canon, sur la Navy s’inscrit dans le contexte de la Guerre de Succession d’Autriche. Elle va permettre aux Français de contrôler des eaux de la côte de Coromandel, lieu stratégique, où se situent les comptoirs de Pondichéry et de Madras et donc de s’emparer de Madras quelques mois plus tard. Madras servira de monnaie d’échange lors du traité d’Aix-la-Chapelle de 1748.
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le 6 juillet 1758 : élection de Clément XIII.
Carlo della Torre Rezzonico, né à Venise le 7 mars 1693 et décédé à Rome le 2 février 1769, est élu pape sous le nom de Clément XIII. Malgré l’humilité et l’affabilité de son caractère droit et modéré, et généreux avec sa vaste fortune personnelle, le pontificat de Clément XIII est troublé par les pressions continuelles que tentent de faire sur lui les milieux français, pour qu’il supprime les Jésuites. Choiseul, Ministre de Louis XV, à la botte des philosophes maçonniques alliés pour l’occasion aux jansénistes français, va tout faire pour obtenir du pape, la dissolution de la Compagnie de Jésus, considérée par les frères ***, comme le rempart le plus sûr de la foi catholique.
Le pape va résister aux assauts des cours européennes infestées par « l’esprit des lumières ». Malgré les pressions de la France et de ses idées libertaires, il fait mettre à l’index « l’Encyclopédie » de d’Alembert et de Diderot,n’approuvant pas les opinions des philosophes des Lumières. Il suit par là les sages conseils du premier ministre qui servit Louis XV, le cardinal de Fleury, dont le Roi oublia trop vite les sages conseils… La France en paie encore aujourd’hui les conséquences.
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le 6 juillet 1779 : bataille de la Grenade.
Seconde victoire navale française, de l’amiral français Charles Henri d’Estaing à la bataille de la Grenade contre l’amiral britannique John Byron, pendant la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique.Les français humilient Byron qui croyait la victoire facile compte-tenu de sa supériorité matérielle. Les canonniers français font merveille en expédiant aux Anglais 21 000 boulets de canons. Cependant Suffren, qui lui a apporté un appui décisif, commente ainsi le résultat :
«Le général [d’Estaing] s’est conduit, par terre et par mer, avec beaucoup de valeur. La victoire ne peut lui être disputée ; mais s’il avait été aussi marin que brave, nous n’aurions pas laissé échapper 4 vaisseaux anglais démâtés».
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le 6 juillet 1782 : bataille navale de Négapatam.
C’est la seconde bataille navale de Négapatam, encore entre les flottes française et britannique au large de Madras en Inde, mais cette fois dans le cadre de la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique. Suffren embarque la 3e légion de volontaires étrangers de la Marine, la poignée de volontaires de l’île Bourbon et un détachement du régiment d’Austrasie. M. de l’Espinassy dirige l’artillerie. Ces troupes et cette artillerie contribuent à la victoire de Suffren sur mer.
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le 6 juillet 1809 : bataille de Wagram.
Cette victoire de la France sur l’Autriche met fin à la guerre de la cinquième coalition des Guerres napoléoniennes, avec plus de 70 000 morts et blessésaprès deux jours de combats.
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le 6 juillet 1815 : Davout évacue la capitale et démissionne de son poste de ministre de la Guerre.
Le Maréchal Louis Nicolas Davout, ministre de la Guerre durant les Cent-Jours, commandant général de l’armée de Paris après la bataille de Waterloo a signé un armistice avec les coalisés le 3 juillet. Il évacue la capitale et démissionne de son poste de ministre de la Guerre 3 jours plus tard.
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le 6 juillet 1833 : mort de Pierre-Narcisse Guérin, peintre français.
Pierre-Narcisse Guérin est un peintre français né en 1774. Il fréquente l’Académie royale de peinture et de sculpture, il obtient le prix de Rome à 23 ans. Il peint de nombreux tableaux aux thèmes principalement historiques dans un style néo-classique. Il meurt en 1833.
Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein par Pierre-Narcisse Guérin
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le 6 juillet 1885 : Louis Pasteur pratique la première vaccination contre la rage sur le jeune Joseph Meister.
Louis Pasteur vaccine pour la première fois contre la rage un petit berger alsacien de 9 ans prénommé Joseph Meister. L’enfant est sauvé. Fort de son succès, le biologiste réalise plus de 350 inoculations dans l’année. Il profite de sa renommée pour lancée une souscription qui permet de créer l’institut qui porte son nom
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le 6 juillet 1962 : le général Weygand lance un appel en faveur des harkis.
« Depuis la proclamation officielle du cessez le feu en Algérie des milliers de Français musulmans ont péris de la façon la plus horrible pour avoir voulu demeurer jusqu’au bout fidèles à la France. […] Si nous abandonnons sans dire un mot à leur sort affreux les Musulmans d’Algérie qui ont fait foi à la parole donnée au nom de la France, l’honneur de notre pays sera perdu. »
Cité par l’ouvrage collectif Weygand témoignages et documents inédits, éditions Résiac, page 188.
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le 6 juillet 1974 : le diocèse du Havre est fondé, sur décision du pape Paul VI.
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le 6 juillet 1985 : le pape Pie IX est déclaré Vénérable.
En 1956, son corps est exhumé et trouvé intact. A cette époque 134 miracles sont déjà reconnus pour ce grand saint pape.
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le 6 juillet 2003 : les Corses rejettent par référendum un projet pour l’autonomie accrue de l’île par rapport à la France.
Eric Zemmour : « Amazon, c’est comme les grandes surfaces… On voit les emplois qu’ils créent et moins ceux qui disparaissent…»
A propos de la rencontre aujourd’hui entre les chefs d’Etat français et italien, Eric Zemmour a fait cette déclaration napoléonesque… :
«Moi je considère que l’Italie du nord aurait dû être française. Il n’y a pas de différence entre Milan et Nice. Tout ça c’est le même peuple, la même ville, la même architecture, le même état d’esprit»
Poutine pas vraiment très pétillant [Addendum]
Bernard Antony réagit à la décision russe de réserver aux seuls producteurs russes le droit d’afficher l’appellation « champagne » sur leurs bouteilles. Les vins importés devront, eux, signifier une appellation « vin à bulles » :
Il m’est souvent arrivé de dire que si j’étais russe, je serais partisan de Vladimir Poutine. Mais même si j’étais russe, je tiendrais à ce qu’il n’offense pas une certaine élégance morale.
Or ne voilà t-il pas que le camarade vient de décider dans une prodigieuse inversion-subversion des valeurs les plus hautes de la civilisation que l’appellation de champagne ne pourra en Russie être attribuée qu’aux mousseux produits en Russie !
Les champagnes français, les champagnes de notre Champagne, le champagne crée par le génial moine Dom Pérignon, ne peuvent donc plus désormais être étiquetés que « vin pétillants » au pays des tsars qui aimaient le vrai champagne.
C’est là un diktat de malappris de dictateur ! C’est une offense à l’identité française ! D’un homme capable d’une telle bassesse, on ne saurait attendre vraiment quelque chose de bon !
On lit dans « Le rouge et le noir » de Stendhal : « contre tous les maux, un seul remède : le vin de Champagne ! ».
On ne se soignera pas avec les maux de Poutine.
Il n’y a plus qu’à réserver, sur le sol français, l’appellation “vodka” à nos eaux de vie du terroir…
Addendum : Un lecteur nous précise que Poutine n’interdit pas l’appellation Champagne à nos vins français, mais s’aligne sur les directives internationales et oblige nos vins français à ajouter la mention “vin pétillant”. Plus d’informations :
Donc, ce que les producteurs de champagne français doivent faire, mais ils doivent en réalité le faire depuis la fin juin 2020, c’est indiquer sur la contre-étiquette rédigée en russe au dos de la bouteille que ce vin entre dans la catégorie des « vins pétillants ». En revanche, par question de modifier l’étiquette principale en français.
Bioéthique : un projet de loi qui menace l’espèce humaine puisque l’animal et l’environnement seront mieux protégés
Intervention du député LR Patrick Hetzel, lors de l’explication de vote sur le projet de loi ni bio ni éthique, le 29 juin :
Au terme de ce débat sur le projet de loi relatif à la bioéthique, je tiens à rappeler une nouvelle fois que, sur le plan éthique, ce texte conduira à franchir de nombreuses lignes rouges, pour aboutir à un moins-disant évident, cela au moins sous trois angles différents et complémentaires.
Ce projet de loi ne remplira pas le rôle de régulation et de garantie de la bioéthique qui lui est assigné. En outre, il est d’inspiration scientiste (Mme Coralie Dubost, rapporteure, rit) car il vise à légaliser quasiment tout ce que permettra la technologie. Enfin, il menace l’espèce humaine, puisque l’animal et l’environnement seront mieux protégés que l’homme.
L’enjeu de la bioéthique est pourtant la protection de l’être humain face aux avancées médicales et scientifiques qui pourraient lui porter atteinte. La France a été pionnière en la matière, puisqu’elle a été le premier pays au monde à ancrer officiellement les principes de bioéthiques, qui fondent la protection de l’homme, dans un corpus de règles. L’apparition des lois de bioéthiques a ainsi été un moment extrêmement fort, qui a permis à la France de s’illustrer. Encadrer les progrès de la science et de la médecine pour en éviter les dérives : tel est normalement l’objectif des lois de bioéthique. Celles-ci visent aussi à trouver un point d’équilibre entre la protection des droits fondamentaux de la personne et l’absence d’entrave aux progrès de la recherche.
Or, avec ce texte, les droits fondamentaux de la personne et la protection de l’être humain régresseront. De révision en révision, le principe de l’ordre public formulé à l’article 16 du code civil, aux termes duquel « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie » perd de sa consistance.
La compétitivité internationale, la sécurité juridique des chercheurs, le besoin de développer les connaissances sont les premiers arguments à avoir été avancés et repris, tandis que la question de la protection de l’être humain est, hélas, devenue de plus en plus secondaire – nous l’avons d’ailleurs vu au cours de ce débat.
Ce projet de loi contribue à ce renversement inédit des priorités, et c’est une rupture très forte par rapport à d’autres textes de bioéthique. L’absence de régulation modifie la nature même de ce texte. Ce projet de loi n’est plus bioéthique, il est, hélas, d’inspiration scientiste. Sans prendre en compte la réalité anthropologique de l’embryon humain, la loi valide toutes les nouveautés de la science. Parce que l’on sait faire, il faut légaliser – c’était l’argument des rapporteurs. Cette priorité donnée à la nouveauté scientifique est prégnante, dans le maintien de l’embryon humain jusqu’à quatorze jours à des fins de recherche, dans la création d’embryons chimériques d’une part, et d’embryons transgéniques d’autre part.
Depuis plusieurs années émergent le souci de la protection animale dans la recherche scientifique et médicale et la prise de conscience de l’urgence de la protection de l’environnement. Tout cela est de plus de plus fort. Ces soucis sont nobles et relèvent de notre responsabilité collective, mais force est de constater que, dans le domaine pharmacologique par exemple, l’animal est désormais mieux protégé que l’embryon humain et les cellules souches embryonnaires humaines. Là encore, cela devrait nous conduire à nous interroger sur ce que doivent être nos lignes rouges en matière d’éthique.
Parmi les déceptions à relever, la majorité porte la responsabilité de n’avoir pas voulu explicitement inscrire certains interdits dans le texte. Nous pouvons d’ailleurs nous interroger sur les raisons de ce refus. Il en va ainsi, par exemple, pour l’interdit de la GPA. Pourquoi ne pas l’avoir explicitement inscrit dans le texte de loi ?
Il en va de même pour l’interdit strict de toute forme d’eugénisme. Ce sont des valeurs humaines fondamentales ! Vous avez pourtant refusé que cela soit inscrit dans le texte de loi. Nous pouvons véritablement nous demander pourquoi. (Mêmes mouvements.)Pour toutes ces raisons, parce que vous défendez – contrairement à ce que vous dites – le moins-disant éthique, la majorité de notre groupe votera contre ce texte, avec lequel vous franchissez allègrement des lignes rouges que jamais, ici, nous n’avions franchies.
Mgr Ginoux érige une paroisse personnelle confiée à l’Institut du Christ-Roi
Suite à l’érection d’une paroisse personnelle en Italie, je me demandais quel prochain évêque français érigera prochainement une paroisse personnelle dans son diocèse. La réponse ne s’est pas faite attendre puisque l’on m’informe que Mgr Ginoux, évêque de Montauban, vient d’annoncer que l’église de Gasseras est érigée en paroisse personnelle pour la forme extraordinaire du rite romain. Elle est à ce jour confiée à un prêtre de l’Institut du Christ Roi.
Le chanoine Cyprien Parant, de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (Société de vie Apostolique de droit pontifical) est nommé, avec l’accord du prieur général, pour trois ans renouvelables, curé de la paroisse personnelle de Gasseras pour les fidèles du diocèse de Montauban attachés à la forme extraordinaire du rite romain.
Recours auprès du Conseil Constitutionnel contre la loi ni bio ni éthique
La saisine du Conseil constitutionnel a été déposée le 2 juillet par 80 députés LR, UDI et Libertés et Territoires. En voici le début :
Les députés signataires ont l’honneur de soumettre à votre examen, conformément au deuxième alinéa de la Constitution, les dispositions suivantes de la loi relative à la bioéthique. Ils souhaitent également pouvoir bénéficier d’une audition par le Conseil Constitutionnel.
Sans méconnaître l’état actuel de la position du Conseil constitutionnel, ils doivent insister sur les éléments suivants : alors que la Cour de cassation définit le parlementaire comme « personne chargée d’une mission de service public [ qualité ] reconnue à toute personne chargée, directement ou indirectement d’accomplir des actes ayant pour but de satisfaire à l’intérêt général, peu important qu’elle ne disposât d’aucun pouvoir de décision au nom de la puissance publique, que la mission reconnue aux parlementaires est par essence même une mission d’intérêt général » (Cass. Crim. 27 juin 2017 n° 18-80069), l’intérêt général ne peut s’arrêter à la porte des juridictions, constitutionnelle ou administratives (CE Ass. 9 juillet 2010, Fédération nationale de la libre pensée, req. n°327663).
A la différence des Questions priorité de constitutionnalité (QPC) (commentaire de la décision n° 2017-632 du 2 juin 2017, qui retrace la séance du 6 avril 2017), où une partie serait confrontée à un parlementaire identifié si celui-ci pouvait intervenir, les décisions de conformité n’opposent pas des parties : « l’effet de cette saisine est de mettre en œuvre, avant la clôture de la procédure législative, la vérification par le Conseil constitutionnel de toutes les dispositions de la loi déférée y compris de celles qui n’ont fait l’objet d’aucune critique de la part des auteurs de la saisine ; qu’aucune disposition de la Constitution non plus que de la loi organique relative au Conseil constitutionnel ne permet aux autorités ou parlementaires habilités à déférer une loi au Conseil constitutionnel de le dessaisir en faisant obstacle à la mise en œuvre du contrôle de constitutionnalité engagé » ( CCT 30 décembre 1996 n° 96-386 DC).
Il est donc logique que les saisissants puissent se faire entendre. Enfin il est paradoxal que le conseil d’un justiciable puisse, dans le cadre de la procédure de QPC, contestant la loi, être auditionné et que des parlementaires contestant la conformité d’une loi ne puissent disposer de la même faculté. Ce refus serait attentatoire aux droits de l’opposition.
[…]
Ainsi les limites éthiques ne résultent-elles que de la loi, et sont systématiquement contournées ou abandonnées. Tel est le cas du principe posé par l’article 16 du code civil, « La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie. », dès lors que l’embryon utilisé à des fins de recherche n’est pas considéré par le législateur juridiquement comme le commencement de la vie. La recherche sur l’embryon humain pour la seule « connaissance biologique », la décorrélation entre l’embryon humain et ses cellules souches, qui pour être obtenues nécessitent la destruction de l’embryon humain, le maintien de l’embryon en éprouvette jusqu’à ses 14 jours (article 20), ou encore la création d’embryons chimériques et transgéniques (articles 20 et 23), sont autant de modifications législatives d’ampleur sans que le respect de la dignité de l’être humain ne s’oppose en rien aux intérêts de la recherche. Le « point d’équilibre » entre ce que « la science propose[…] et les valeurs fondamentales qui soutiennent l’identité bioéthique de la France »5, n’existe plus dans cette loi : toutes les limites posées en 1994 ont disparu. La « compétitivité internationale », notion purement économique, la « sécurité juridique » des chercheurs, qui excède la simple liberté de la recherche, le besoin de développer « les connaissances » sont les arguments premiers, tandis que la protection de l’être humain est devenue secondaire. Parce que l’on sait faire, il faudrait légaliser. Cette absence de régularisation des nouveautés scientifiques atteint l’essence même de ce qui a constitué par le passé les lois de bioéthique à la française. C’est un changement complet de paradigme. En effet, le rôle d’une loi de bioéthique est de protéger la société, de poser des interdits, des limites, au nom de principes éthiques, anthropologiques et constitutionnels fondamentaux. En somme, il s’agit de trouver un équilibre entre des chercheurs qui souhaitent toujours chercher sans entraves et la loi qui doit leur fixer un cadre.
[…]
L’humain est-il encore l’objet des lois de bioéthique ?
Dès lors que l’embryon humain à des fins de recherche ne connaît aucune définition ou protection juridique, que la notion d’enfant à naître ne présenterait aucune incidence quant aux droits de l’enfant à naître, que la notion de l’intérêt supérieur de l’enfant à naître est juridiquement inexistante, que la prohibition de l’eugénisme ne serait pas une norme constitutionnelle, que la protection de la biodiversité et le principe de précaution n’entretiendraient aucune relation avec la bioéthique, alors il n’y aurait plus aucune limite constitutionnelle à la recherche, puis à son « application ». La protection de la santé dont on voit mal en quoi elle justifie par exemple la création de chimères animal – hommes, est pour le moment mise en avant, mais rien ne garantit qu’elle soit la finalité exclusive de la recherche. Ce texte aboutit à faire de la science le seul déterminant de l’éthique. En vain serait-il répondu que cette matière relève du pouvoir d’appréciation du législateur, dès lors que notre Constitution ne mettrait aucun point d’arrêt d’aucune sorte, aucune limite, à la liberté de la recherche.
A Ferrare, à l’inverse de Dijon, un signe positif : érection d’une paroisse personnelle pour la forme extraordinaire
Vient d’être porté à la connaissance du public que le 9 juin dernier, 15 jours après l’annonce par le pape aux évêques d’Italie que Summorum Pontificum allait être en quelque sorte châtré, l’archevêque de Ferrare en Italie, Mgr Gian Carlo Perego, avait mis en œuvre la disposition maximale du motu proprio de Benoît XVI : l’érection d’une paroisse personnelle dans l’église Sainte-Claire.
L’archevêque, prenant acte de l’existence d’un coetus fidelium existens, d’un groupe de fidèles existant, a décidé de leur offrir les services d’une paroisse personnelle confiée à un curé, avec éventuellement à un vicaire. A ces fidèles seront dispensés la messe (quotidienne et dominicale), le Triduum pascal et tous les sacrements et sacramentaux en la forme extraordinaire. Le décret consolide ainsi une situation existante : il précise en effet que ces services existaient déjà, y compris con la relativa catechesi, avec le catéchisme correspondant.

En clair, on est dans une situation exactement contraire à celle de Dijon : non seulement l’évêque ne craint pas une « paroisse parallèle », mais il l’institue lui-même…
Mgr Perego, pour prendre son décret d’érection, vise le motu proprio Summorum Pontificum, l’instruction d’application Universae Ecclesiae, et aussi la Lettre de la Commission Ecclesia Dei du 27 mars 2017 autorisant la célébration de mariages pour les fidèles de la FSSPX, en donnant au curé la délégation générale pour recevoir les mariages de ce type (et vraisemblablement pour subdéléguer à des prêtres de la FSSPX).
La paroisse en question sera la troisième érigée en Italie.
Cette bonne nouvelle accrédite la rumeur selon laquelle un certain nombre de prélats italiens, n’ayant a priori aucune inclination pour les choses traditionnelles, verraient d’un œil défavorable le torpillage de Summorum Pontificum qu’un groupe de pression de la CEI pousse le pape à réaliser.
Qui sera le prochain évêque français à ériger une paroisse personnelle pour la forme extraordinaire ?
La girouette a encore tourné
Le député LR Guillaume Peltier a déclaré dans les colonnes du Parisien :
« J’ai décidé de montrer l’exemple, de renoncer moi-même à toute participation à une primaire en soutenant avec force, dès aujourd’hui, le mieux placé d’entre nous, le seul capable de battre Emmanuel Macron et de faire gagner la droite : j’apporte mon soutien à Xavier Bertrand »
La girouette tourne de plus en plus vite :
- fin mai, Guillaume Peltier s’insurgeait contre le “front républicain”, qu’a pourtant largement exploité Xavier Bertrand aux régionales
- fin juin, Guillaume Peltier proposait ses services à Eric Zemmour
Le retour de l’esclavage en France
Je tombe quasiment en même temps sur ces deux actualités :
- Sept plaintes pour esclavage moderne ont été déposées par des domestiques d’un membre de la famille royale d’Arabie Saoudite. Ces femmes, pour la plupart philippines, vivaient une situation d’esclavage, entre Neuilly-sur-Seine et Paris XVIe. « La première fois qu’on les rencontre, ce qui est frappant, c’est qu’elles ont faim. Elles pleurent parce qu’elles ont faim. » Dès l’âge de 4 ans, l’enfant du prince a le droit de cracher au visage des domestiques.
- Jeanne Emmanuelle Hutin écrit dans un éditorial de Ouest-France “Mais comment pourrait-il exister de « GPA éthique » quand l’enfant devient un objet de contrat et quand le corps de la femme – souvent celui des plus pauvres —, est utilisé comme un moyen de production ? Aller vers une telle exploitation, serait restaurer le principe de l’esclavage. Ce serait une régression et non un progrès.“
Chute de la natalité, crise démographique, dépopulation
Pour Darrell Bricker, PDG d’Ipsos Public Affairs, et John Ibbitson, journaliste au Globe and Mail, la chute de la natalité et celle à venir de la population mondiale représenteront le phénomène majeur du XXIe siècle. Ils estiment que la chute de la natalité est un phénomène inéluctable et que la seule solution est de recourir à l’immigration, ce qui est hautement contestable. Mais leur analyse sur la chute de la natalité et l’importance de la démographie est intéressante. Ils ont été interrogés dans L’Express :
Dans un monde moderne et technologique, n’avons-nous pas tendance à sous-estimer l’importance de la démographie ?
Darrell Bricker : Comme l’a dit Auguste Comte, “la démographie, c’est le destin”. Plus jeune dans ma carrière, en tant que sondeur, j’ai sous-estimé son influence, en pensant que le plus important étaient les comportements et les opinions des personnes. Mais si vous changez la structure de la population, cela bouleverse tout. J’ai ainsi réalisé que Comte était en avance sur son temps. Un grand nombre d’événements historiques peuvent s’expliquer à travers la démographie. Pourquoi les pays font-ils la guerre ? Eh bien, il y a une forte corrélation entre le bellicisme d’une nation et le fait d’avoir une population jeune, à l’image de la France de Napoléon. Pourquoi y a-t-il aujourd’hui moins de conflits sur la planète ? Parce que nous n’avons plus autant de jeunes hommes pour combattre…
Vous rappelez par exemple que le conflit israélo-palestinien est aussi une bataille démographique, les deux populations ayant des taux de fécondité identiques et élevés de 3,1…
D.B. En plus, le ratio naturel fait qu’il y a en moyenne près de 105 garçons qui naissent pour 100 filles. Quand une population a une moyenne d’âge peu élevée, cela renforce la frustration des jeunes hommes, comme on peut le voir en Palestine. Ce n’est bien sûr pas le seul facteur, mais c’est une des explications. Quant à Israël, il a le taux de fécondité le plus élevé des pays du monde développé, le double de la majorité des nations occidentales. C’est même le seul pays à ma connaissance qui a réussi à remonter ses taux de fécondité, passant de 2,70 enfants par femme au début des années 1990 à plus de 3 aujourd’hui. La population juive, un îlot au milieu de populations arabes qui lui sont hostiles, semble donc ressentir un impératif de conserver un niveau élevé de naissances pour ne pas être submergée, alors même que les taux de fécondité des arabes israéliens sont eux en baisse.
Depuis Malthus, nous ne cessons de craindre la surpopulation. Mais la thèse de votre livre est que l’événement marquant du XXIe siècle sera au contraire le déclin inévitable de la population mondiale…
D.B. Selon les projections des Nations Unies, la population mondiale devrait culminer à la fin du XXIe siècle à environ 11 milliards. Mais nous expliquions dans notre livre que ce modèle n’est pas réaliste. La population devrait plutôt atteindre un maximum de 8 à 9 milliards d’humains au milieu de ce siècle, avant de connaître un déclin important. Personne ne sait jusqu’où ira cette baisse. Tout simplement parce que nous, humains, avons fait le choix de ne plus avoir autant d’enfants que par le passé.
Autre élément clé : ce n’est pas seulement la taille de la population mondiale qui va connaître des bouleversements spectaculaires, mais aussi sa structure. Nous allons ainsi connaître un rapide vieillissement. La disparition des baby-boomers, nés avant le milieu des années 1960, représentera une extinction de masse (rires). Ce ne sera donc pas un déclin progressif, mais une chute dramatique. Il faut vraiment reconsidérer notre avenir, car nos perceptions actuelles sont totalement fausses.
Depuis, une étude publiée l’année dernière dans The Lancet a confirmé que le pic de la population mondiale pourrait être atteint dès 2064. Selon vous, le Covid-19 va-t-il encore renforcer ces tendances ?
D.B. C’est amusant, car tous les journalistes qui nous ont interviewés étaient initialement sceptiques. Mais aujourd’hui, cette idée d’une planète qui va se vider de sa population s’impose de plus en plus. Même les Nations Unies ont en 2019 révisé leurs projections à la baisse, en tablant sur 300 millions de personnes en moins à la fin du siècle. Quant au Covid-19, les chiffres en Chine, en Grande-Bretagne ou en France ont tous illustré une chute importante des naissances durant la pandémie. Quand les personnes se sentent en situation d’insécurité face à l’avenir, ils ne font pas d’enfants. Aux Etats-Unis, le Brooking Institution a même estimé à 300 000 le nombre de bébés qui ne sont pas nés du fait du Covid-19. Depuis, on observe une petite remontée de la natalité, mais il est fort probable que le Covid-19 n’a fait qu’accentuer une tendance durable, celle de la baisse des taux de fécondité. Il faut bien avoir conscience que si la population mondiale continue aujourd’hui à croître, ce n’est pas du fait des naissances, mais parce que les humains ne meurent plus aussi vite qu’avant.
Comment expliquez qu’il y ait encore tant de préjugés et idées fausses sur les niveaux de natalité dans le monde? Les personnes imaginent par exemple souvent le Bangladesh avec de nombreux enfants, alors que taux de fécondité y est de 2. En Iran, c’est 2,1, ce qui inquiète d’ailleurs le régime des mollahs. Le Brésil, c’est 1,8…
John Ibbitson : Il suffit de regarder les pays qui ne sont pas loin de la France. La Tunisie a un taux de fécondité de 2,2. Pareil en Libye. L’Algérie, c’est 3, mais en était encore à 7 en 1960 ! Votre pays est entouré de pays qui ont une natalité déclinante, et cela ne concerne pas que l’Europe, mais également l’Afrique du Nord. […]
Les Etats-Unis devraient être la seule superpuissance dont la population va croître à la fin du siècle du fait de l’immigration. Est-ce un avantage important ?
J.I. La Chine va connaître un rapide déclin. Si le taux de fécondité de 1,3 annoncé dans le recensement de 2020 est correct, ce pays peut perdre la moitié de sa population au cours de ce siècle, passant de 1,4 milliards d’habitants à 700 000. La Russie, qui a une faible natalité et une faible espérance de vie, a déjà moins d’habitants qu’à la fin de l’URSS. L’Union européenne a elle aussi un taux de fécondité faible, de l’ordre de 1,5. Les Etats-Unis est historiquement la superpuissance la plus ouverte à l’immigration. Si cette tendance continue – ce qui n’est pas une certitude au vu de l’opposition grandissante à l’immigration -, leur population pourrait croître de quelques millions d’habitants en 2100. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est l’inverse de ses rivaux. Cela aura un impact géopolitique évident. […]
En Europe de l’Est, la Bulgarie pourrait perdre plus de 20% de sa population en 2050. La Hongrie devrait elle connaître une baisse de plus de 10% sur la même période. Ce qui explique l’obsession de son dirigeant Viktor Orban pour la démographie et une politique nataliste activiste. Pensez-vous que cela puisse fonctionner ?
D.B. C’est Orban qui a l’approche la plus agressive en matière de politique nataliste. Mais les données dans les autres pays montrent que vous pouvez ralentir la baisse des naissances, mais qu’il est très difficile d’inverser la tendance. C’est ce qu’on appelle le “piège de la fécondité basse”. Une fois que la famille à un ou deux enfants devient la norme, cela le reste. Quand une société arrive à un taux de fécondité en-dessous de 1,5, il est presque impossible de remonter ce chiffre. Outre une natalité faible, la Hongrie doit faire face à un autre problème : l’émigration de sa jeunesse. Il y a une forte diaspora hongroise dans toute l’Europe. Résultat, ce pays fait face à une diminution de sa population depuis les années 1980. Je ne pense pas que les aides natalistes changent grande chose à cela. […]
(Re)découvrir et s’émerveiller
C’est l’été ! Peut-être est-ce aussi les vacances, peut-être pas, mais dans tous les cas, cette période donne envie de vivre l’imprévu, de partir à l’aventure ! On a envie de s’échapper un peu du quotidien, de nos habitudes et de nous laisser transporter vers d’autres paysages.
Alors, cet été, ouvrons grand notre cœur pour laisser la Vie y entrer à grandes vagues et tant pis (tant mieux ?) si elle vient bousculer quelques-uns de nos châteaux de sable.
Vivons des aventures, traversons déluges et déserts, tombons sous le charme de belles femmes et d’hommes valeureux, chantons avec les rois et découvrons des territoires nouveaux en nous (re)plongeant dans la Bible. Avec ces 73 livres, nous avons trouvé notre lecture de l’été !
Partons à la rencontre de l’Autre, comme nous partons à la découverte d’une terre inconnue ! Cela peut être notre femme, notre mari, notre enfant, notre voisin ou collègue. Regardons-le avec un œil neuf et découvrons-le comme la merveille aimée de Dieu. Quels sont ses rêves ? Quelle chanson l’émeut aux larmes ? Quelle odeur le ramène en enfance ?
Plongeons dans la nature en plein foisonnement à cette période et, comme saint François d’Assise, dans le cantique des créatures, émerveillons-nous ! Offrons-nous des moments de contemplation et admirons la beauté, la générosité, la diversité, la fragilité et la force de la Création.
A travers la Parole de Dieu, à travers les autres, à travers la nature, explorons les profondeurs de notre cœur. Ressentons, vibrons, soyons touchés et offrons ces bouquets d’émotions à Dieu. Et pourquoi pas sous forme de poèmes, comme sainte Thérèse ? Après tout, c’est l’été : c’est le moment d’essayer !
C’est arrivé un 5 juillet…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Alors rappelons-nous :
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le 5 juillet : saints du jour français ou en France.
Bx Joseph Boissel, prêtre OMI et martyr (Laos, 1969)
Joseph Boissel naît le 20 décembre 1909 dans une famille de petits fermiers bretons, au Loroux dans l’archidiocèse de Rennes (France). C’était un solide paysan, dur à la besogne. À 14 ans, orphelin de père, il entre au juniorat des Oblats de Marie Immaculée à Jersey, et poursuit avec eux sa vocation missionnaire.
Ordonné prêtre le 4 juillet 1937, il reçoit, l’année suivante, sa feuille de route pour la jeune Mission du Laos. Le P. Boissel appartient à la génération des pionniers oblats de cette mission, qui ont connu toutes les secousses des guerres successives. Il débute auprès des Hmong de la province de Xieng Khouang où l’évangélisation n’avait pas encore commencé. En mars 1945, il est prisonnier des Japonais à Vinh au Vietnam. Au retour, il retrouve la mission entièrement ruinée et se remet courageusement à l’œuvre, malgré une santé désormais ébranlée par les privations. En 1949 il est à Paksane dans la vallée du Mékong : il aide à construire et à gérer le petit séminaire, n’hésitant pas à cultiver lui-même la rizière.
En 1952, il obtient de repartir dans les montagnes de Xieng Khouang. Il y poursuit l’évangélisation des Thaï Dam de Ban Na et entreprend celle des Khmhmu‘ des villages environnants. En novembre 1957, il est de retour pour de bon dans le district missionnaire de Paksane, curé de Nong Veng puis de Lak Si. Mais il aura de plus en plus la charge des villages des réfugiés, qui ont fui la guerre et le communisme de Xieng Khouang. Dans ces années-là, prendre la route est toujours risqué ; à partir de mars 1969, la pression de la guérilla s’accentue.
Le samedi 5 juillet 1969, le P. Boissel s’en va assurer le service à Hat I-Êt, à une vingtaine de kilomètres de Paksane, en compagnie de deux jeunes Oblates Missionnaires de Marie Immaculée qui l’aident pour les visites, les soins aux malades et la catéchèse. A la sortie d’un virage, le Viêt Minh le guette : il est tué net par deux rafales de mitrailleuse, et les Oblates grièvement blessées.
Joseph Boissel fait partie des 17 martyrs béatifiés, en un seul groupe, à Vientiane, capitale du Laos, le 11 décembre 2016.
LISTE DES 17 MARTYRS DU LAOS
1. Joseph Thao Tiên, né le 5.12.1918 à Muang Sôi (Houa Phanh, Laos), prêtre diocésain taï-deng du vicariat de Thanh Hóa (Vietnam), mort le 2.6.1954 à Ban Talang (Houa Phanh), vicariat de Vientiane.
2. Jean-Baptiste Malo, MEP, né le 2.6.1899 à La Grigonnais (44), missionnaire en Chine puis au Laos, mort le 28.3.1954 à Yên Hội (Hà Tĩnh), diocèse de Vinh (Vietnam).
3. René Dubroux, MEP, né le 28.11.1914 à Haroué (54), prêtre diocésain de Saint-Dié puis missionnaire au Laos ; mort le 19.12.1959 à Palay, vicariat de Paksé.
4. Paul Thoj Xyooj, né en 1941 à Kiukatiam (Louang Prabang), catéchiste hmong, mort le 1.5.1960 à Muang Kasy, vicariat de Louang Prabang.
5. Mario Borzaga, OMI, né le 27.8.1932 à Trente (Italie), mort le 1.5.1960 à Muang Kasy, vicariat de Louang Prabang.
6. Louis Leroy, OMI, né le 8.10.1923 à Ducey (50), mort le 18.4.1961 à Ban Pha (Xieng Khouang), vicariat de Vientiane.
7. Michel Coquelet, OMI, né le 18.8.1931 à Wignehies (59) et éduqué à Puiseaux (45), mort le 20.4.1961 à Sop Xieng (Xieng Khouang), vicariat de Vientiane.
8. Joseph Outhay Phongphoumi, catéchiste veuf, né en 1933 à Khamkoem, diocèse de Tha-rè-Nongsèng (Thaïlande), mort le 27.4.1961 à Phalane, vicariat de Savannakhet.
9. Noël Tenaud, MEP, né le 11.11.1904 à Rocheservière (85), missionnaire en Thaïlande puis au Laos, mort le 27.4.1961 à Phalane, vicariat de Savannakhet.
10. Vincent L’Hénoret, OMI, né le 12.3.1921 à Pont l’Abbé (29), mort le 11.5.1961 à Ban Ban / Muang Kham (Xieng Khouang), vicariat de Vientiane.
11. Marcel Denis, MEP, né le 7.8.1919 à Alençon (60), mort le 31.7.1961 à Kham Hè (Khammouane), vicariat de Savannakhet.
12. Jean Wauthier, OMI, né le 22.3.1926 à Fourmies (59), mort le 16.12.1967 à Ban Na (Xieng Khouang), vicariat de Vientiane.
13. Thomas Khampheuane Inthirath, né en mai 1952 à Nong Sim (Champassak), élève catéchiste Lavên, mort le 12.5.1968 à Paksong (Champassak), vicariat de Paksé.
14. Lucien Galan, MEP, né le 9.12.1921 à Golinhac (12), missionnaire en Chine puis au Laos, mort le 12.5.1968 à Paksong (Champassak), vicariat de Paksé.
15. Joseph Boissel, OMI, né le 20.12.1909 au Loroux (35), mort le 5.7.1969 à Hat I-Et (Bo-likhamsay), vicariat de Vientiane.
16. Luc Sy, catéchiste kmhmu’ père de famille, né en 1938 à Ban Pa Hôk (Xieng Khouang), mort le 7.3.1970 à Dène Din (Province de Vientiane), vicariat de Vientiane.
17. Maisam Pho Inpèng, laïc kmhmu’ père de famille, né vers 1934 près de Sam Neua (Houaphan), mort le 7.3.1970 à Dène Din (Province de Vientiane), vicariat de Vientiane.
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le 5 juillet 1194 : bataille de Frèteval.
Après une bataille perdue contre les Anglais, Philippe Auguste abandonne ses archives royales. Le Roi les fait en partie reconstituer en double et en laisse désormais une copie en permanence à Paris. En 1201, il crée aussi la fonction de Garde des Sceaux de France, car ces derniers étaient dans les archives perdues.
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le 5 juillet 1294 : élection du pape saint Célestin V.
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le 5 juillet 1439 : concile de Florence et l’union des Églises latine et grecque.
La bulle Laetenturcoeli, est signée par les représentants latins et byzantins. Le texte grec comporte 33 signataires dont l’empereur Jean VIII Paléologue, le futur patriarche de Constantinople Georges Scholarios, Bessarion, Isidore de Kiev. Ils acceptent la doctrine romaine du Filioque ainsi que la primauté du pape. La plupart des théologiens byzantins présents se montrent soucieux de restaurer l’unité avec l’Eglise latine. Une fois rentrés à Constantinople, l’empereur, le patriarche et les autres membres de la délégation n’arrivent pas à faire accepter les concessions de l’Union au peuple et au clergé byzantin. Et les Eglises orthodoxes non byzantines refusent cet accord. De leur côté, les Occidentaux ne respecteront pas les termes de l’Union car Ils n’interviendront pas lors de la chute de Constantinople en 1453.
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le 5 juillet 1793 : les Vendéens reprennent la ville de Châtillon.
Suite à l’échec de l’armée Catholique et Royale devant Luçon (cf. la chronique du 30 juin), la colonne Westermann est rattrapée et défaite le 5 juillet au mont Gaillard à l’ouest de Châtillon. Seuls 300 Bleus parviennent à regagner Parthenay. Santerre s’enfuit criant à la trahison, imité par ses troupes jetant armes et bagages, jusqu’à Saumur et Chinon. A l’issue de cette victoire vendéenne, le conseil de guerre, réuni à Châtillon, élit d’Elbée au poste de généralissime. Voir la chronique du 19 juillet.
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le 5 juillet 1809 : le pape est prisonnier des Français.
Le pape Pie VII réagit à l’annexion des Etats pontificaux par Napoléon par l’excommunication, sans toutefois nommer l’empereur. En réaction, Napoléon fait arrêter le pape. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, le général Étienne Radet, avec un millier d’hommes, pénètre dans le palais du Quirinal, où le pape s’est enfermé. Les fenêtres et les portes intérieures ayant été forcées, il arrive jusqu’à l’antichambre du pape. Ce dernier est emmené en France, prisonnier. Cf. chronique du 17 mai et du 11 juin.
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le 5 juillet 1809 : début de la bataille de Wagram.
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le 5 juillet 1830 : prise d’Alger par l’armée française, début de la colonisation en Algérie.
Alger capitule trois semaines après l’invasion française. Le Dey Hussein abdique sachant qu’il garde sa liberté et ses richesses personnelles. Le général Bourmont, à la tête des 37 000 soldats français, entre dans la ville. La Méditerranée est enfin sécurisée car cette conquête permet de mettre fin à la piraterie des barbaresques qui sévit depuis le XVIe siècle.
L’attaque de l’amiral Duperré lors de la prise d’Alger en 1830
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le 5 juillet 1833 : décès de Joseph Nicéphore Niépce, physicien français, inventeur de la photographie
Né le 7 mars 1765 et mort le 5 juillet 1833, Joseph Nicéphore Niépce, pionnier et inventeur de la photographie, est l’auteur du tout premier cliché. A partir de 1816, il réalise des recherches sur la photographie et collabore avec Louis Daguerre en 1826. En 1829, Niépce réalise le premier cliché de l’histoire de la photographie, avant de mourir subitement en 1833.
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le 5 juillet 1974 : la majorité civique passe de 21 à 18 ans, en France.
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le 5 juillet 1911 : naissance de Georges Pompidou, président français.
Parmi l’héritage que nous a légué ce président il y a cette loi du 3 janvier 1973, réformant les statuts de la banque de France, se trouve en particulier cet article 25 très court, qui bloque toute possibilité d’avance au trésor :
« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France. »
Cela signifie que l’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 interdit à la Banque de France de faire crédit à l’État, condamnant la France à se tourner vers des banques privées et à payer des intérêts ; alors qu’avant cette loi, quand l’État empruntait de l’argent, il le faisait auprès de la banque de France qui, lui appartenant, lui prêtait sans intérêt. Autrement dit : auparavant, l’État français avait le droit de battre monnaie, et avec cette nouvelle loi, il perd ce droit qui est du même coup légué aux banques privées. Elles en profitent pour s’enrichir aux dépens de l’État en lui prêtant avec intérêt l’argent dont il a besoin. Cette décision correspond à une privatisation de l’argent et ramène la nation au même rang que n’importe lequel de ses citoyens. L’accroissement sans fond de la dette publique trouve son origine précisément là.
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le 5 juillet 1925 : naissance de Jean Raspail, écrivain français.
Auteur entre autres du fameux et prophétique Camp des Saints, il est aussi depuis 1988, « Consul Général de Patagonie », et fait flotter les couleurs du royaume sur les Minquiers, un archipel de la Manche appartenant à la couronne britannique, le rebaptisant pour l’occasion Patagonie Septentrionale.
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le 5 juillet 1948 : décès de Georges Bernanos, écrivain français.
Voir la chronique du 20 février.
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le 5 juillet 1962 : le président français Charles De Gaulle reconnaît officiellement l’indépendance de l’Algérie.
Cela fait suite aux référendums des 8 avril et du 1er juillet. L’indépendance est proclamée.
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le 5 juillet 1962 : le massacre d’Oran.
Ce 5 juillet à Oran, deux jours après la déclaration officielle de l’indépendance, se déroule une chasse aux Blancs visant les malheureux qui n’ont pas encore eu le temps de quitter les lieux.
«On égorgea, on tua au revolver ou à la mitraillette, on prit des rues en enfilade, tuant tout ce qui bougeait.On pénétra dans les restaurants, les magasins, les appartements, assassinant les pauvres gens avec des raffinements de cruauté, arrachant des yeux, coupant des membres. On vit même des femmes musulmanes dépecer des vivants avec les dents.»
Le pire, dans cette histoire, est que 18 000 soldats français sont stationnés à Oran. Ils reçoivent l’ordre du général Katz de rester cantonnés dans leurs casernes, sans intervenir. Katz téléphone à De Gaulle pour l’informer de l’ampleur du massacre. Le chef de l’Etat répond « ne bougez pas ».
La tuerie dure près de six heures. Lorsqu’à 17 heures les gendarmes français sortent de leur cantonnement, le calme revient aussitôt.
Les cadavres jonchent la ville, on en trouve pendus aux crochets des bouchers, dans des poubelles…
Les soldats français et algériens déversent par camions les cadavres dans le Petit Lac et les couvrent de chaux vive. Nul ne sait le bilan exact de cette nouvelle Saint-Barthélemy.On parle dans les semaines qui suivirent de 3.000 morts et disparus ; chiffre que donne De Broglie et que reprend le ministre André Santini.
Ce qui est sûr, c’est que le massacre était prémédité car les tueries commencèrent à la même heure aux quatre coins de la ville qui était vaste. Cela suppose la mobilisation d’une immense logistique ; tout montre que l’action a été programmée, organisée et coordonnée à un très haut niveau, même si la participation à la curée d’une foule hystérique a pu faire croire à des événements « spontanés ».
Ce jour le journal Le Monde titre : « LA CELEBRATION DE L’INDEPENDANCE DE L’ALGERIE »
Voir les chroniques des 19 et 26 mars, des 11, 17, 25 septembre, du 30 octobre.
Congrès du Rassemblement National : Jordan Bardella devient le n°2 du parti
A l’occasion de son congrès à Perpignan, le Rassemblement National a renouvelé ses instances.
Les nominations au Bureau National traduisent une forte influence du clan Hénin-Beaumont-Fréjus (Steeve Briois, Bruno Bilde, David Rachline) : Philippe Vardon n’est pas renouvelé au BN ni Sophie Robert (proche de l’Issep de Marion Maréchal), ni Paul-Henry Hansen-Catta (pro-chasse). Julien Odoul est promu porte-parole.
Jordan Bardella, 25 ans, a été désigné premier vice-président du Rassemblement national, ce qui le portera à remplacer Marine Le Pen à la tête du parti pendant la campagne présidentielle. Pour la petite histoire, Jordan Bardella vit avec Nolwenn Olivier, fille de Marine-Caroline Le Pen (sœur de Marine, et donc petite-fille de Jean-Marie Le Pen) et de Philippe Olivier (conseiller spécial de Marine).
Marine Le Pen a été réélue présidente du parti à 98,35 % des voix des adhérents (1,22 % d’entre eux ont voté blanc, et il y a eu 0,43 % de bulletins nuls). Marine Le Pen était seule candidate à sa succession. Ce résultat nord-coréen ne sert qu’à affaiblir sa crédibilité dans l’opinion. Le préfet Christophe Bay, passés par les cabinets de Chevènement et Hortefeux, devrait être son directeur de campagne présidentielle.
Voici les 10 premiers élus du Conseil National par les adhérents :

Le conseil national ne dirige pas le parti, c’est le rôle du bureau politique, où Marine Le Pen dispose d’un quota discrétionnaire de nominations.
Dans Le Monde, le politologue Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques (Fondation Jean Jaurès), estime :
Je continue à croire qu’il existe un capital de sympathie pour Marine Le Pen supérieur à celui des têtes de listes aux élections régionales. C’est bien elle que les électeurs RN veulent voir élue à la présidence de la République, et elle a plus d’impact que les candidats de juin. De plus, eux avaient l’inconvénient majeur de se présenter à une élection qui n’est pas très bien identifiée. Ce n’est pas parce que le RN a objectivement échoué aux régionales qu’il en sera de même en 2022.
Il faut se méfier des annonces du déclin du RN. La chercheuse en sciences politiques Nonna Mayer avait montré qu’après la profanation de Carpentras, en 1990, imputée à tort au Front national (FN), il y avait eu une baisse extrêmement importante des intentions de vote pour le parti. Jean-Marie Le Pen a reconquis ses électeurs dans les six mois. Avec l’affaire des chambres à gaz, « point de détail de l’histoire », en 1987, chacun jugeait le propos si odieux qu’il allait tuer le FN. L’enterrement n’a pas eu lieu et Jean-Marie Le Pen a recommencé en 1997. En 1998, il y a eu la scission mégrétiste, puis, en 2002, au second tour de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen n’a obtenu que 17,8 %. Enfin, en 2007, Nicolas Sarkozy l’a relégué à 10,4 %; il était alors évident que c’était la fin du parti d’extrême droite. Il faut se méfier des prophéties concernant le RN.
[…] Il y a de la grogne contre l’entourage rapproché de Marine Le Pen, mais peu d’alternatives. Beaucoup de militants souhaiteraient que les choses soient exprimées plus fortement, voire plus crûment, sur l’immigration et l’identité, qui sont, pour eux, la question centrale. Mais comment ? En refaisant du Jean-Marie Le Pen ? Ce n’est pas envisageable. Marine Le Pen ne parle jamais de « grand remplacement », un concept assez populaire à la base, mais difficile à assumer, car cela voudrait dire aller plus loin, pas seulement fermer la porte à toute nouvelle immigration. Et cela ferait douter de sa « dédiabolisation».
Concernant l’hypothèse Eric Zemmour, Jean-Yves Camus déclare sur France culture :
Pour faire une présidentielle, et pour faire la course on va dire dans le trio de tête d’une présidentielle, il faut une organisation. Il faut une organisation à toute épreuve avec des financements, avec un maillage territorial, car il y a une étape avant d’être candidat : il faut recueillir les 500 parrainages d’élus requis. Et même pour Marine Le Pen, la quête des parrainages n’a pas toujours été une partie de plaisir.
Bref, il faut être adossé à autre chose qu’à un succès médiatique et des livres. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’espace pour Éric Zemmour, mais il y a des questions qui se posent sur la séquence médiatique Zemmour que nous connaissons actuellement. Qui, par exemple prend en charge le coût de ce que nous voyons ces jours-ci comme teasing ? Et puis, venir de la société civile, cela a ses limites. Il vaut mieux à un moment donné être adossé à un parti politique. D’autant qu’Éric Zemmour, et là aussi les enquêtes le montrent, prend des voix d’abord à LR (le parti Les Républicains). Or, s’il y a bien un parti à droite qui sort renforcé des élections régionales, c’est LR avec plusieurs candidats possibles à la présidentielle.
On va examiner deux possibilités.
La première c’est Xavier Bertrand. Xavier Bertrand est un conservateur modéré, classique. Mais dans son discours de dimanche soir, il a nettement entonné le couplet de Nicolas Sarkozy en 2007 : la France des oubliés, la France qui se lève tôt, la valeur travail, le patriotisme, la sécurité. C’est un appel au flanc droit de LR pour que certains le rejoignent, ce qui lui permettra de marcher sur ses deux jambes, le centre droit et la droite dure.
Deuxième possibilité, c’est Laurent Wauquiez. Et là, on a eu aussi dimanche soir un discours qui était “à droite toute” et qui peut faire concurrence à celui d’Éric Zemmour.
Je suis persuadé que le candidat de LR, quel qu’il soit, aura intérêt à axer sa campagne sur, d’une part le centre droit, d’’autre part, la droite de son propre camp. Et à ce moment-là, je ne vois pas pourquoi LR ferait des cadeaux à Éric Zemmour, et son espace se réduira.
60 000 fidèles traditionalistes en France (hors FSSPX) ?
La Nef a consacré son dossier d’été aux “Tradis”. L’un des articles, réalisé par Pierre Louis, tente de compter le nombre de fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain.
On compte en France environ 250 lieux de culte, d’inégale importance, offrant régulièrement la liturgie selon la forme extraordinaire. La moitié sont tenus par des prêtres diocésains (dont un certain nombre issus de communautés traditionnelles) et l’autre par des prêtres appartenant à des communautés traditionnelles (principalement la Fraternité Saint-Pierre et l’Institut du Christ Roi), qui s’occupent ainsi de plus de deux-tiers des fidèles.
Chaque diocèse a été interrogé sur le nombre de pratiquants et seuls 4 n’ont pas répondu : Viviers (où aucune messe n’est célébrée), Châlons-en-Champagne (aucune messe), Langres (aucune messe) et Amiens. Par conséquent, les chiffres qui sont présentés ne mentionnent pas le nombre de catholiques qui souhaiteraient assister à la forme extraordinaire mais qui ne le peuvent pas en raison de l’éloignement géographique (il y a parfois une seule messe pour tout un diocèse). La Nef estime ces fidèles invisibles à environ 10 000 et souligne qu’il manque environ une centaine de lieux de messe. Dans ses nombreux sondages, Paix Liturgique (qui n’a pas été interrogé dans ce numéro, ce qui aurait permis de confronter ces chiffres) avait constaté que ce sont environ 30% des pratiquants qui souhaiteraient assister à cette forme. Enfin, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X n’a pas répondu à l’enquête de La Nef. Une étude estimait le nombre des fidèles de la FSSPX à 35 000 en France, ce qui serait toujours d’actualité.
Voici la synthèse de La Nef :
Représentant environ 4 % des pratiquants (7 % en y ajoutant les fidèles de la Fraternité Saint-Pie X), les traditionalistes sont une petite minorité de l’Église qui est en France. En outre, ils se répartissent dans les diocèses selon une grande diversité: s’ils sont bien présents en quelques endroits (15 % dans le diocèse de Ver- sailles, 12 % dans le diocèse de Carcassonne, 11 % dans les diocèses d’Avignon ou de Laval, 10 % dans celui de Toulon), ils sont quasi-inexistants ou tout du moins invisibles dans d’autres (Viviers, Châlons-en-Champagne, Langres, Amiens, etc.). Avec les chiffres donnés ci-contre, chaque diocèse pourra en calculer l’exacte proportion.
Cette grande disparité repose non seulement sur l’importance de la demande (on le voit par exemple avec le diocèse de Versailles), mais aussi sur le nombre de lieux dédiés à cette liturgie (celui de Toulon avec une quinzaine d’offres est atypique). Mais inversement, cela signifie aussi, spécialement dans les diocèses peu pourvus en lieux de messe traditionnelle, qu’une proportion non négligeable de fidèles tradis ne sont pas comptabilisés dans notre étude car n’ayant pas de lieu à proximité. Ils se rabattent alors soit vers les paroisses soit, dans une moindre proportion, vers la Fraternité Saint-Pie X. À combien peut-on estimer ces fidèles? Il est difficile de le dire. Aujourd’hui, il manque probablement une centaine de lieux (à peu près un par diocèse) pour environ 10000 personnes qui pourraient être intéressés (2). Ainsi, compte tenu de cette frange non répertoriée, il ne semble pas déraisonnable d’estimer l’ensemble des fidèles tradis en France à environ 60000.
Dans un article sur l’accueil des traditionalistes dans les diocèses, Christophe Geffroy revient sur la synthèse de la Conférence des évêques de France et souligne :
La conclusion de la synthèse de la CEF est contestable lorsqu’elle estime que le motu proprio Summorum Pontificum « ne porte pas les fruits attendus »: cette conclusion est d’autant plus surprenante que ce texte reconnaît qu’il a conduit à une « situation apaisée ». Sans doute est-ce insuffisant et beaucoup de progrès sont encore à faire, mais n’est-ce pas un fruit déjà très appréciable ? D’autant plus que nous espérons avoir montré ici que plusieurs autres conclusions négatives de cette synthèse étaient à relativiser. La seule voie constructive nous semble donc de continuer sur le chemin tracé par Benoît XVI dans Summorum Pontificum et dans l’esprit de la lettre aux évêques qui l’accompagnait. C’est pourquoi la réforme annoncée de ce motu proprio pour en restreindre la portée apparaît incompréhensible. Attendons de voir ce qu’il en sera…
En Quête d’esprit : La force de l’amour de Jésus
Aymeric Pourbaix reçoit Soeur Laure, religieuse des Augustines de Malestroit, Jean-Christian Petitfils, historien, Constantin de Vergennes, journaliste, ainsi que Véronique Jacquier, pour évoquer notamment Mère Yvonne-Aimée de Malestroit. En fin d’émission, Aymeric Pourbaix s’entretient avec Mgr Schneider :
Défense de Summorum Pontificum : déclaration dans la presse de la Fédération Internationale Una Voce
La FIUV (Fédération Internationale Una Voce) a publié aujourd’hui une déclaration sous forme de publicité à la page 2 du quotidien italien largement lu, La Repubblica, deuxième journal le plus vendu en Italie après le Corriere della Sera :

« Vivre la foi, vivre l’avenir »
La forme extraordinaire du rit romain
Déclaration de la Fédération Internationale Una Voce
La Fédération Internationale Una Voce (FIUV), fondée en 1965, regroupe des associations de fidèles laïcs attachés à la Forme extraordinaire du rit romain (la Messe traditionnelle latine).
En 2007, la Lettre apostolique Summorum Pontificum reconnaissait la vitalité de la liturgie traditionnelle, la liberté des prêtres de la célébrer et des fidèles de la demander. Cela a conduit à une augmentation continue du nombre de célébrations de l’ancienne messe latine et de ses fruits spirituels.
En 2020, la FIUV a mené une enquête mondiale auprès des fidèles sur la mise en œuvre de Summorum Pontificum. Cette enquête, qui comprenait les résultats de 364 diocèses dans 52 pays, nous a appris que :
- L’ancienne messe latine est profondément appréciée par les groupes de fidèles de tous âges, en particulier les familles avec enfants, jeunes et convertis, présents dans tous les milieux sociaux et culturels, sur tous les continents et dans un nombre toujours croissant de pays.
- Dans de nombreux domaines, l’offre accrue de cette messe a favorisé la normalisation des relations entre les fidèles qui y sont attachés et leurs évêques, relations de plus en plus caractérisées par la compréhension et le respect mutuels.
Néanmoins, nous avons remarqué que, contrairement à la position précédente du Saint-Siège, il y a encore des personnes au sein de l’Église, y compris certains évêques, qui aimeraient voir la Forme extraordinaire du rit romain clairement supprimée, ou à tout le moins soumise à des restrictions. Pour cette raison, la FIUV, face aux fidèles qui vivent leur foi grâce à la messe latine, se sent le devoir d’exprimer son opinion, encouragée par les exhortations du pape François aux membres de l’Église à utiliser la « parrêsia », selon le terme qu’il a choisi, la franchise, le « parler » juste et vrai, avec humilité.
L’intérêt croissant pour la liturgie traditionnelle n’est nullement dû à la nostalgie d’un temps passé, ou à un quelconque désir de rigueur, de rigidité : il s’agit plutôt de s’ouvrir à un univers spirituel qui, pour la plupart d’entre nous, est nouveau et suscite en nous beaucoup d’espérance. Le pape François a reconnu et rappelé lui-même que la liturgie traditionnelle inspirait le « sens de l’adoration » (Conférence de presse du 28 juillet 2013). Nous pourrions appliquer à notre mission ce que le Saint-Père avait précisé dans l’Exhortation apostolique « Evangelii Gaudi » (13), ne pas la voir « comme un déracinement, comme un oubli de l’histoire vivante qui nous accueille et nous pousse en avant ».
Aujourd’hui, nous souhaitons seulement faire partie de ce « grand orchestre dans lequel il existe une grande variété » dont parlait le Pape François dans son Audience générale du 9 octobre 2013. Cela reflète la vraie catholicité de l’Église ! Le Motu Proprio Summorum Pontificum a pacifié harmonieusement les conflits du passé : souhaitons que se prolonge encore longtemps son action bénéfique !
Felipe Alanís Suárez, président
Les Belles figures de l’histoire. À la découverte de saint Paul
Après saint Pierre la semaine dernière, Aymeric Pourbaix aborde, avec Véronique Jacquier et la père Jean-François Thomas, la figure de saint Paul :
Retour sur l’agression de la procession des martyrs de la Commune
Guillaume de Thieulloy reçoit le traducteur du père jésuite argentin Leonardo Castellani et nous fait découvrir la plume de feu d’un prêtre écrivain de génie.
Guillaume de Thieulloy donne aussi la parole à l’abbé Michel Viot qui revient sur l’incroyable et violente agression antifa contre la procession de fidèles catholiques se remémorant les martyrs de la Commune. Une attaque restée totalement impunie.
Mgr Schneider témoigne de la crise de l’Eglise et de la civilisation
Mgr Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, a publié “Christus Vincit – Le triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps”. Dans cet ouvrage, comme dans cet entretien, il revient sur son histoire et la persécution des catholiques en Union soviétique.
Analysant les origines de la crise que vivent l’Eglise et la civilisation occidentale, il propose des pistes de redressement et trace un véritable programme de restauration de l’Eglise.
Mgr. Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, présidera le prochain pèlerinage Summorum Pontificum à Rome
Mgr. Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, célèbrera toutes les actions liturgiques du pèlerinage 2021 :
- vendredi 29 octobre, les vêpres solennelles à Sainte-Marie des Martyrs (Panthéon) ;
- samedi 30 octobre, adoration à San Lorenzo in Damaso puis procession vers Saint-Pierre et enfin célébration à l’autel de la Chaire dans la Basilique ;
- dimanche 31 octobre, messe pontificale du Christ-Roi dans l’église de la Trinité des Pèlerins.
Ce programme sera précédé, comme de tradition, par la Rencontre Summorum Pontificum à l’Augustinianum, laquelle débutera le vendredi matin par une intervention de Mgr Cordileone.
Heureux les artisans de paix
“Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu !” (Matthieu 5 ; 9). Jésus, à travers les béatitudes, nous enseigne des voies de sainteté. Pour être appelé fils de Dieu, comme lui, il nous invite à être des artisans de paix.
Avec cette expression, nous comprenons que la paix n’est pas une chose que l’on a ou que l’on n’a pas. Elle est comme une œuvre à travailler, à façonner, à polir avec patience et amour. Comme l’artisan sur son ouvrage, cela demande d’y consacrer son talent, son énergie, son temps. Que nous faut-il pour nous mettre à l’ouvrage ?
- Comme tout bon artisan, il faut être formé, outillé. Être un artisan de paix ne s’improvise pas, nous avons besoin d’être prêt pour cela. Cela demande d’accueillir déjà en nous, la paix de Dieu. « Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix » (Jean 14.27). Savoir nous même accueillir le don de Dieu, sa miséricorde, demander pardon, à Dieu et à ceux que nous avons offensés, est un premier pas important. Le sacrement de la réconciliation nous offre cette paix.
- Comme tout bon artisan, il faut savoir trouver la bonne matière et toujours la renouveler. Pour cela, nous pouvons demander l’aide de l’Esprit-Saint pour qu’il nous insuffle chaque jour son souffle de paix comme dans la prière du Veni Creator : “Hâte-toi de nous donner la paix”. Nous pouvons aussi réciter régulièrement la belle prière de saint François : “Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix”
- Enfin, comme tout bon artisan, il faut mettre tout son cœur à l’ouvrage ; ne compter ni son temps, ni sa peine. “S’il est possible, pour autant que cela dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes” (Romains 12:18). Il faut travailler nos paroles, nos actes, nos pensées afin qu’elles rayonnent de cette paix à chaque fois que se trouvent la division ou le conflit – dans nos familles, nos lieux de travail, de vie – et qu’elles deviennent bénédictions.
Alors, nous serons appelés enfants de Dieu !
En cette année dédiée à saint Joseph, le patron des artisans, demandons lui d’être notre maître artisan.
C’est arrivé un 4 juillet…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Alors rappelons-nous :
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le 4 juillet : saints du jour français ou en France.
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St Laurian, diacre et martyr à Vatan dans le Berry († 544)
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St Florent, évêque à Cahors († début Ve s.)
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À Cahors, au début du Ve siècle, saint Florent, évêque. Saint Paulin de Nole loue son humilité de cœur, sa force dans la grâce reçue de Dieu et la douceur de ses paroles.
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St Valentin, prêtre et ermite († v. VIe s.)
À Langres, vers le VIe siècle, saint Valentin, prêtre et ermite.
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Ste Berthe, fondatrice de Monastère et abbesse en Artois († v. 725)
Berthe eut pour père un comte du palais, sous Clovis II, roi de France. Le sang des princes et des héros coulait dans ses veines ; mais sa gloire est d’avoir eu deux saintes pour filles. La mère de Berthe ne voulut point confier à des mains étrangères le précieux trésor commis par Dieu à sa garde, et elle fit sucer à l’enfant, avec le lait de son sein, le lait de la piété et de la vertu de son cœur ; aussi cette tendre plante, cultivée par des mains si pures, donna-t-elle, dès les premiers printemps, les fleurs et les fruits les plus suaves de sainteté, au point qu’elle eut bientôt la réputation d’être la fille la plus belle, la plus aimable et la plus vertueuse de son siècle.
À l’âge de vingt ans, elle fut mariée au noble seigneur Sigefroy, et, ayant été le modèle des jeunes filles, elle devint le modèle des épouses et des mères. Après vingt ans d’une union que ne troublèrent jamais les nuages des passions, Berthe, devenue veuve, libre de toute entrave terrestre, résolut de se consacrer entièrement à Dieu dans la vie monastique.
Le démon sans doute voulut décourager la Sainte : elle eut révélation, pendant son absence, que son premier monastère, bâti dans ses domaines, s’était écroulé entièrement. Sa soumission à la Volonté de Dieu fut parfaite, sa résolution resta inébranlable, et, après trois jours de jeûne et de prière, un ange vint montrer à Berthe le lieu où son monastère devait être reconstruit et le plan qu’elle devait adopter. Deux ans après, l’un des plus beaux couvents de l’époque s’élevait et recevait la bénédiction de l’Église ; ce même jour, Berthe et ses filles, Gertrude et Déotile, recevaient le voile et se consacraient à Dieu, et bientôt le monastère se remplissait d’âmes d’élite éprises de la vie religieuse.
Quelques années plus tard, Berthe renonçait à son titre d’abbesse pour le transférer à sa fille Déotile, pendant qu’elle-même, retirée dans un lieu solitaire voisin de la communauté, menait une vie tout angélique et ne conversait plus qu’avec Dieu. Quand elle sentit l’approche de la mort, elle fit appeler sa fille Gertrude (car Déotile avait quitté ce monde) et toutes les religieuses, leur adressa les plus touchantes exhortations, et leur donna rendez-vous, après les épreuves de la vie, dans la Patrie éternelle. Avant de mourir, elle aperçut un Ange gardien qui lui présentait une Croix lumineuse, et entendit un concert céleste, prélude des harmonies célestes.
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Bx Boniface, évêque en Savoie († 1270)
Martyrologe Romain : À Sainte-Hélène du Lac, en Savoie, l’an 1270, le trépas du bienheureux Boniface, évêque. De la famille ducale de Savoie, il se fit d’abord moine à la Grande Chartreuse, puis fut élevé au siège épiscopal de Belley, enfin à celui de Cantorbéry, où il rencontra des difficultés dans l’exercice de sa charge, mais montra toujours un grand zèle pour son troupeau.
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St Antoine Daniel, prêtre au Canada et martyr († 1648)
Chez les Hurons, au Canada, en 1648, saint Antoine Daniel, prêtre de la Compagnie de Jésus et martyr. Après avoir achevé la messe, il se tint à la porte de l’oratoire pour protéger les néophytes des ennemis païens qui faisaient irruption. Transpercé de flèches, il fut à la fin jeté dans le feu.
Antoine Daniel prêtre, jésuite, missionnaire chez les Hurons, né à Dieppe le 27 mai 1601, tué en Huronie le 4 juillet 1648.
Antoine Daniel et 7 sept autres missionnaires jésuites, ont été béatifiés le 21 juin 1925 et canonisés le 29 juin 1930, par Pie XI. Le Vénérable Pie XII a déclaré les saints martyrs canadiens, Patrons secondaires du Canada.
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Bse Catherine Jarrige, tertiaire de Saint-Dominique († 1836)
À Mauriac en Auvergne, l’an 1836, la bienheureuse Catherine Jarrige, vierge. Tertiaire de Saint-Dominique, elle s’employa remarquablement à soulager les pauvres et les malades et, pendant la Révolution française, elle défendit de toutes ses forces les prêtres contre ceux qui les recherchaient et visita ceux qui étaient emprisonnés.
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le 4 juillet 371 : Saint Martin est élu évêque de Tours, un peu malgré lui.
S’étant fait connaître du peuple comme un saint homme par ses premiers miracles, alors qu’il vit retiré dans un ermitage, saint Martin, à la mort de l’évêque de Tour, Lidoire, est choisi, malgré lui, comme successeur. Les habitants l’enlèvent donc et le proclament évêque sans son consentement. (Cf. la chronique du 11 novembre.).
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le 4 juillet 1187 : bataille de Hattin.
Près du lac de Tibériade, en Galilée, se rencontrent l’armée croisée du royaume chrétien de Jérusalem, dirigée par Guy de Lusignan, et celle de Saladin. Ce dernier remporte une victoire écrasante, qui lui ouvre les portes de la Palestine. Après la grandeur et la sainteté du roi Baudouin IV, qui malgré un rapport de forces très défavorable, a toujours réussi à préserver le royaume Franc, les tensions et bassesses de son successeur Guy de Lusignan et de chevaliers comme Renaud de Châtillon ou Gérard de Ridefort, ont raison de l’unité des Francs. Saladin, qui n’a jamais vaincu le roi lépreux, écrase la dernière armée du royaume de Jérusalem. Le nom persiste mais la capitale devient St Jean d’Acre.
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le 4 juillet 1190 : départ de Vézelay de Philippe Auguste, et de Richard Cœur de Lion pour la troisième croisade.
Saladin a conquit Jérusalem, le 2 octobre 1187 et le pape Grégoire VIII souhaite reconquérir des territoires Saints. Il demande aux rois d’Angleterre, de France et à l’empereur d’Allemagne de partir en croisade. Les deux premiers, s’étant donné rendez-vous à Vézelay, quittent le sanctuaire pour Gênes et Marseille. L’empereur Frédéric Barberousse a déjà pris la route.
Philippe Auguste Richard Cœur de Lion
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le 4 juillet 1406 : renonciation du pape Grégoire XII.
Grégoire XII est déposé par le Concile de Pise, mais il refuse de se soumettre. Toutefois, il finit par reconnaître le Concile de Constance et à renoncer au trône afin de mettre fin au Grand Schisme d’Occident.
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le 4 juillet 1429 : lettre de Jeanne d’Arc aux habitants de Troyes.
« Jhesus † Maria.
Très chiers et bons amis, s’il ne tient à vous, seigneurs, bourgeois et habitans de la ville de Troies, Jehanne la Pucelle vous mande et fait sçavoir de par le roy du ciel, son droitturier et souverain seigneur, duquel elle est chascun jour en son service roial, que vous fassiésvraye obéissance et recongnoissance au gentil roy de France quy sera bien brief à Reins et à Paris, quy que vienne contre, et en ses bonnes villes du sainct royaume, à l’aide du roy Jhesus. Loiaulx François, venésau devant du roy Charles et qu’il n’y ait point de faulte ; et ne vous doubtés de voz corps ne de voz biens, se ainsi le faictes. Et se ainsi ne le faictes, je vous promectz et certiffie sur voz vies que nous entrerons à l’ayde de Dieu en toultes les villes qui doibvent estre du sainct royaulme, et y ferons bonne paix fermes, quy que vienne contre. A Dieu vous commant, Dieu soit garde de vous, s’il luy plaist. Responce brief. Devant la cité de Troyes, escrit à Saint-Fale, le mardy quatriesme jour de juillet. »
Au dos desquelles lectres estoit escrit : « Aux seigneurs bourgeois de la cité de Troyes.»
(Procès, t. IV, p. 287- 288.)
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le 4 juillet 1776 : déclaration d’indépendance des États-Unis.
Elle n’est vraiment reconnue qu’après le traité de Versailles de 1783. Les révolutionnaires français s’inspirent fortement des idées maçonniques qui s’y trouvent.
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le 4 juillet 1848 : mort de François René de Chateaubriand.
Né en 1768 à Saint-Malo, François-René de Chateaubriand, est l’un des inspirateurs du courant romantique, auteur des Mémoires d’Outre-Tombe, d’Atala et du Génie du Christianisme, il a aussi une carrière politique qui l’amène à servir Napoléon comme ambassadeur à Rome, avant de se rallier aux Bourbons en 1814-1815, et à voter la mort du Maréchal Ney. Il finit par appartenir aux Ultraroyalistes à la Chambre.
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le 4 juillet 1940 : l’Humanité journal clandestin depuis septembre 1939 publie :
On y lit ce jour :
« Il est particulièrement réconfortant en ces temps de malheurs, de voir de nombreux travailleurs parisiens s’entretenir amicalement avec les soldats allemands soit dans la rue, soit au bistrot du coin. Bravo camarades, continuez, même si cela ne plait pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants.»
Cité par François Maris Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l’intelligence et des mœurs, Editions de Chiré, pages 208 et 209)
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le 4 juillet 1995 : acquittement de 9 sauveteurs anti avortement à Paris.
Pour la première fois en France, un ensemble de personnes accusées de « délit d’entrave à l’IVG », selon les termes de la loi Neiertz sont acquittées par la 16ème Chambre correctionnelle de Paris. Elles avaient occupé, le 14 novembre 1994, l’avortoir de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.
Les 3 juges estiment que la loi Neiertz entre en contradiction avec l’impunité qu’offre la loi, lorsque nous agissons pour faire face à un danger imminent qui nous menace ou qui menace autrui ou un bien. Ils estiment que les militants sauveteurs ont agi pour protéger une personne, l’enfant-à-naître, d’un danger immédiat avec des moyens non disproportionnés.
Jacques Toubon, ministre de la Justice, annonce aussitôt que le Parquet fera appel.
Lus dans les journaux Le Monde , l’Evénement du Jeudi , France-Soir, Libération, le Figaro, L’Humanité des 5 ou 6 juillet 1995 et cité par François Maris Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l’intelligence et des mœurs, Editions de Chiré, pages 437). Voir les chroniques du 10 juin, du 24 octobre, du 10 novembre, et du 6 décembre.
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le 4 juillet 2015 : est le premier samedi du mois de juillet, mois du Précieux sang.
Au cours de l’apparition du 13 juillet 1917, Notre-Dame à Fatima parle pour la première fois de la dévotion des premiers samedis du mois. (Voir la chronique du 13 juin). Ce n’est que le 10 décembre 1925 à Pontevedra qu’elle précise ce qu’elle attend de nous :
« Vois, ma fille, mon Cœur entouré des épines que les hommes m’enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui,
– pendant cinq mois, le premier samedi,
– se confesseront,
– recevront la sainte Communion,
– réciteront un chapelet
– et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire
– en esprit de réparation,
je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme. »
Mais pourquoi 5 samedis ?
Le père Gonçalves interrogeant sœur Lucie reçoit cette réponse dans la lettre qu’elle lui écrit le 12 juin 1930.
Pourquoi cinq samedis et non neuf, ou sept en l’honneur des douleurs de Notre-Dame ?
« Me trouvant dans la chapelle avec Notre-Seigneur une partie de la nuit du 29 au 30 de ce mois de mai 1930, et parlant à Notre-Seigneur des questions quatre et cinq, je me sentis soudain possédée plus intimement par la divine présence et, si je ne me trompe, voici ce qui m’a été révélé : « Ma fille, le motif en est simple. Il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie :
1) les blasphèmes contre l’Immaculée Conception,
2) les blasphèmes contre sa virginité,
3) les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes,
4) les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée,
5) les offenses de ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images.
Voilà, ma fille, le motif pour lequel le Cœur Immaculé de Marie m’a inspiré de demander cette petite réparation, et, en considération de celle-ci, d’émouvoir ma miséricorde pour pardonner aux âmes qui ont eu le malheur de l’offenser. Quant à toi, cherche sans cesse, par tes prières et tes sacrifices, à émouvoir ma miséricorde à l’égard de ces pauvres âmes ».
Pour approfondir l’importance de cette dévotion et lire la totalité de cette lettre, suivre le lien
“Je mesure le traumatisme que c’est d’avorter” : Macron poursuivi pour délit d’entrave à l’IVG ?
Interrogé dans Elle, Emmanuel Macron a déclaré :
“L’IVG est une conquête immense pour les femmes et pour les hommes, pour la dignité et l’humanité de tous. Mais je mesure le traumatisme que c’est d’avorter…”
Ce ‘mais’ a traumatisé les partisans de la culture de mort… Ce serait en effet l’un des arguments majeurs de la rhétorique pro-vie…
Laurence Rossignol et le Planning Familial ont réagi :
“Le terme traumatisant est un terme d’anti-choix”.
Le syndrome post-avortement est pourtant une réalité :
le risque de dépression augmente de 65 % : Une étude américaine de grande ampleur montre que les femmes qui avait fait une IVG risquaient à terme d’être touchées par la dépression et cela quel que soit l’âge, l’origine ethnique, l’éducation, le statut matrimonial, le revenu et les antécédents psychiatriques. ( JR Cougle, DC Reardon & PK Coleman, “Depression Associated With Abortion and Childbirth: A Long-Term Analysis of the NLSY Cohort,” Medical Science Monitor 9(4):CR105-112, 2003.)
Le risque de dépression est élevé même en cas d’ivg motivée par une grossesse “non désirée”. Le nombre de dépressions résultant d’une première grossesse non-désirée et interrompue est significativement plus élevé par rapport aux femmes qui ont mené leur grossesse à terme. ( DC Reardon, JR Cougle, “Depression and unintended pregnancy in the National Longitudinal Study of Youth: a cohort study,” British Medical Journal 324:151-2, 2002 ) […]
Une étude auprès de patientes sur les troubles après l’IVG révèle que seulement 8 semaines après leur IVG :
44 % des femmes ont signalé des troubles nerveux,
36 % des troubles du sommeil,
31 % des regrets quant à leur décision
et 11% ont dû recevoir des psychotropes.
( Ashton,”The Psychosocial Outcome of Induced Abortion”, British Journal of Ob & Gyn. 87:1115-1122, 1980)Parmi les femmes qui ne présentaient pas d’antécédents de troubles de l’anxiété avant IVG , 30% risquent de déclarer des signes de troubles de l’anxiété généralisée après leur avortement ou IVG par rapport à celles qui mènent leur grossesse à terme. (JR Cougle, DC Reardon, PK Coleman, “Generalized Anxiety Following Unintended Pregnancies Resolved Through Childbirth and Abortion: A Cohort Study of the 1995 National Survey of Family Growth,” Journal of Anxiety Disorders 19:137-142 (2005).
Autres séquelles liées à l’IVG
Troubles du sommeil : Dans une étude sur des femmes qui ne présentaient pas de perturbation du sommeil, il est apparu que les femmes qui avaient fait une IVG étaient plus susceptibles d’être traitées pour des troubles du sommeil que celles qui avaient mené leur grossesse à terme et cela jusqu’à deux fois plus dans les 180 jours qui suivaient l’IVG. De nombreuses études ont montré que les victimes d’un traumatisme éprouvent souvent des troubles du sommeil. ( DC Reardon and PK Coleman, “Relative Treatment Rates for Sleep Disorders and Sleep Disturbances Following Abortion and Childbirth: A Prospective Record Based-Study,” Sleep 29(1):105-106, 2006.
Apparition de troubles chez des femmes équilibrées
Dans une étude en Nouvelle-Zélande les femmes qui avaient avorté montraient des taux plus élevés de comportement suicidaire, de dépression, d’anxiété et d’abus de substances (DM Fergusson et. al., “Abortion in young women and subsequent mental health,” Journal of Child Psychology and Psychiatry 47(1): 16-24,2006.)
Troubles de l’alimentation après IVG
39 % souffrent de troubles alimentaires. Dans une enquête menée auprès de femmes souffrant de problèmes liés à leur avortement, 39% ont déclaré avoir connu des problèmes de boulimie et/ou d’anorexie (T. Burke with D. Reardon, Forbidden Grief: The Unspoken Pain of Abortion (Springfield, IL: Acorn Books, 2002) 189, 293)
Le risque de toxicomanie et d’alcoolisme est multiplié par 5
C’est le résultat d’ une enquête excluant les femmes ayant eu des antécédents de toxicomanie et d’alcoolisme (DC Reardon, PG Ney, “Abortion and Subsequent Substance Abuse,” American Journal of Drug and Alcohol Abuse 26(1):61-75, 2000.)
L’abus de substances au cours de grossesses ultérieures
Parmi les femmes qui accouchent pour la première fois , les femmes qui ont subi une IVG sont 5 fois plus susceptibles de consommer des drogues dures , 2 fois plus susceptibles de consommer de l’alcool et 10 fois plus susceptibles d’utiliser de la marijuana pendant leur grossesse si on les compare à celles qui n ‘ont pas avorté.
François Bert : les Français attendent de la clarté et de l’épaisseur
Invité de l’émission de LCI PerriScope, François Bert a abordé les thèmes suivants :
“Que dit l’abstention record aux régionales du rapport et des attentes des Français vis à vis de leur personnel politique?”
“Qu’est-ce que gouverner?”
Concélébrer pour se sentir moins seul ?
De Cyril Farret d’Astiès, auteur d’un ouvrage sur la réforme liturgique :
La bien indigente et insultante synthèse de la conférence des évêques de France au sujet de l’application du motu proprio Summorum Pontificum avait attiré mon attention sur un point précis qui me paraissait un indice d’un possible coup fourré : celui de la concélébration. L’affaire dijonnaise d’expulsion de la Fraternité Saint-Pierre pourrait en être la concrétisation.
Le reproche essentiel fait à la Fraternité Saint-Pierre est de ne pas concélébrer (« Le blocage vient de l’attitude de la FSSP qui a exclu que ses prêtres célèbrent dans le rite ordinaire. » communiqué du diocèse de mi-juin). Voilà la faute ! Il existerait donc sous le pontificat miséricordieux du pape François des péchés sans pardon ni rémission.
Mais posons-nous la question de fond : pourquoi imposer cette concélébration (rappelons que le droit à ne pas concélébrer a été rappelé dans plusieurs textes romains toujours en vigueur) ? la concélébration est-elle le signe supérieur de l’unité dans l’Église catholique ?
Il n’en est rien.
L’unité se manifeste à la messe bien davantage par la récitation du credo, proclamation commune, précise, solennelle de ce à quoi et à qui nous croyons et qui fait des fidèles des frères. Elle se manifeste évidemment dans la prière du Canon par la nomination du pape régnant et de l’évêque du lieu (una cum famulo tuo Papa nostro N (…) et Antistite nostro N). Et surtout, elle se réalise par la communion au corps de notre Seigneur réellement présent sous les apparences de l’hostie qui nous unit de manière surnaturelle et incomparable. Saint Thomas d’Aquin affirmait que l’Eucharistie est bien le sacrement de l’unité ecclésiastique et qu’elle consiste en ce que beaucoup sont un dans le Christ.
La concélébration avant le concile de Vatican II était, dans les faits, bien éloignée de ce que nous connaissons aujourd’hui (cf. Un heureux anniversaire ? essai sur les cinquante ans du missel de Paul VI). Il s’agissait souvent d’une survivance de ce qui s’était pratiqué dans de nombreux diocèses et à Rome, constituant davantage une « concélébration cérémonielle » que « sacramentelle », les prières consécratoires n’étant pas systématiquement prononcées par les concélébrants. Dans la forme extraordinaire du rit romain, la concélébration des prêtres avec l’évêque le jour de leur ordination est davantage un apprentissage de la célébration, les ordonnés ne font pas les gestes de la consécration et lisent l’ensemble des prières depuis leur place. Quant à la messe du Jeudi Saint dans le rit lyonnais, il s’agissait d’un déploiement liturgique particulièrement solennel, hiérarchique et majestueux (chapiers, clergé revêtu des ornements de son ordre, six prêtres concélébrant sacramentellement avec l’archevêque…).
Au moment du concile de Vatican II, la concélébration était espérée de longue date par tous ceux qui attendaient des réformes liturgiques une plus grande participation et une participation visible, démonstrative. La concélébration est une marotte des tenants de la nouvelle messe. On constate une fois encore cette priorité maniaque donnée à la participation, à l’action, à ce qui se voit. Depuis cinquante ans lors des grands rassemblements catholiques, on assiste à des concélébrations monstres au cours desquelles participent des centaines de prêtres apercevant vaguement le « présidant » sur les écrans géants, suivant confusément la cérémonie sur leur smartphone, ne pouvant voir les oblats et a fortiori toucher l’autel à quelque moment que ce soit. Le signe de l’unité matérielle du clergé est privilégié à toute autre considération, en particulier celle du respect de l’Eucharistie et du signe de la Présence réelle. Aujourd’hui de nombreux prêtres refusent de célébrer des messes d’enterrement mais se précipitent pour concélébrer, vaguement vêtus d’aube avachie et d’étole de guingois, le petit livret jetable de Prions en Église pendant au bout du bras. On ne peut que rester songeur devant l’adoption systématique de cette pratique en particulier dans les couvents et abbayes. L’abandon total des messes privées étant le corollaire de cet usage. Rappelons cette anecdote au sujet du cardinal Ratzinger rapportée par Nicolas Diat :
Avant son départ, dom Forgeot lui (le cardinal Ratzinger) propose d’entrer dans l’abbatiale au moment si exceptionnel des messes basses. Le cardinal est saisi, presque interdit. Il reste un long moment en méditation, à genoux sur le sol, au fond de l’édifice. En sortant, sur le parvis, il dit tout bas au père abbé, qui se remémore encore l’inflexion précise de sa voix : « Ça, c’est l’Église catholique ! »

Le cardinal Ratzinger s’était d’ailleurs interrogé à plusieurs reprises sur la concélébration à l’occasion de ces grands rassemblements, il invitait les prêtres à redécouvrir la vertu d’assister à la messe. Plus tard, devenu pape, il aura cette réflexion :
« J’ai fait poser une autre question sur la concélébration en masse : parce que si, par exemple, mille prêtres concélèbrent, on ne sait pas si subsiste encore la structure voulue par le Seigneur ». (Benoît XVI évoquant le synode de 2007 à l’occasion d’une rencontre avec les curés et le clergé du diocèse de Rome en février 2008.)
Dans un ouvrage, l’abbé Gouyaud (Abbé Christian Gouyaud, L’Église, instrument du salut, éditions Téqui, 2005) émettait une réflexion intéressante en estimant que
« la signification de cette unité par la revalorisation de la concélébration constituait […] l’objectif des pères conciliaires, abstraction faite, pouvons-nous dire, de toute autre considération […]. On peut le regretter mais c’est ainsi. »
Il me semble ainsi patent que la justification de la concélébration développée depuis Vatican II réside uniquement dans l’apparence (et non dans la réalité qui se trouve ailleurs, nous l’avons dit) de l’unité autour de l’évêque et entre confrères sans aucune considération théologique dont l’époque se soucie d’ailleurs comme d’une guigne. Ainsi, c’est bien à un souci pastoral et sentimental que l’on a cédé, ouvrant la porte à une multiplication illimitée de cette pratique jusqu’à l’absurde et, dans quelques cas, au sacrilège.
Cyril Farret d’Astiès
A publié chez Presse de la Délivrance : Un heureux anniversaire ? essai sur les 50 ans du missel de Paul VI
Pourquoi voter puisqu’on n’est ni représenté ni écouté ?
De Philippe Mesnard dans Politique Magazine :
Les Français sont dégoûtés : pourquoi voter puisqu’on n’est pas représenté ? On n’est pas représenté parce que son parti, LFI ou RN, est bloqué, mais surtout parce que ses idées ne sont pas défendues : pourquoi réclamer à cor et à cri que l’immigration soit stoppée, que la sécurité soit assurée, quand des patrons réclament, eux, et sont écoutés, eux, qu’on augmente l’immigration, et que le ministre de la Justice explique que tout va bien ? Pourquoi, même, descendre dans la rue quand la police se déchaîne contre des citoyens présentés comme des fascistes émeutiers ? Dans certaines villes pauvres, 95 % de la population ne votent plus ! Les “jeunes” (18-24 ans) non seulement ne votent pas mais ne s’inscrivent plus sur les listes électorales. Les Français vivent dans un pays où le président a été élu par une poignée du corps électoral potentiel, où le parti présidentiel recueille continument des scores minables, encore plus minabilisés quand on regarde le nombre d’électeurs réels, où les exécutifs régionaux sont élus par 10% de la population, où les partis d’opposition ne servent plus à rien ; où le Premier ministre s’est fait voter des pouvoirs exceptionnels (Art. 1 de la loi n° 2021-689 du 31 mai 2021), dernier accroc en date aux libertés et au fonctionnement démocratique des institutions ; où tout le monde a compris que les formes démocratiques étaient vides. Les institutions ont perdu toute légitimité et, donc, l’exercice de leur autorité est insupportable.
Car cette autorité suppose qu’il est bon d’abandonner nos frontières, ne parle de souveraineté que pour désigner l’Europe (qui vilipende la Hongrie mais va se rapprocher de la Turquie), prononce en permanence de grands mots vides d’effets mais, en revanche, s’applique à réduire toutes nos libertés essentielles tout en reconnaissant que des communautés précises, des territoires identifiés, peuvent, eux, jouir des libertés qu’ils s’accordent sans pour autant renoncer aux subventions de toutes sortes. Il y a simultanément une frénésie de contrôle, de punition et d’asservissement, et un abandon complet des laissés pour compte du progrès. La République aura réussi à dresser contre elle les pauvres, les humiliés, les obscurs, les sans-grades, tous ceux qu’elle prétend écouter mais à qui elle dit qu’ils ne comprennent pas et jugent mal. Les Gilets jaunes ne sont pas matés, ils muent. Ils ont compris que le pouvoir n’était pas dans les urnes. Ils les méprisent, désormais. Ils scrutent ceux qui ont l’oreille du pouvoir, ce composé médiatique, financier et partisan. Bientôt ils rentreront en désobéissance pour constituer un contre-pouvoir dissolvant.
Jehanne, un court-métrage d’animation sur Jeanne d’Arc
Ce film de 18 minutes est réalisé par le dernier lauréat du prix de dessin de l’Académie des beaux-arts. Atam Rasho, né en 1985 et d’origine franco-arménienne, est dessinateur et réalisateur de films d’animation. Son dernier court-métrage, Voix des Soupirs, a été distribué en 2020 et sélectionné dans différents festivals internationaux. Son travail de réalisation le pousse constamment à la recherche du lien entre réel et spirituel.
Le film est réalisé en animation 2D selon la méthode traditionnelle : chaque image est dessinée et animée à la plume sur papier, à l’encre de Chine et à l’aquarelle, cherchant à se rapprocher au maximum du graphisme des miniatures médiévales.
La musique du film est composée et harmonisée par Pierre Hamon, musicien, compositeur, instrumentiste et spécialiste de la musique médiévale, cofondateur de l’ensemble Alla Francesca. Pour JEHANNE, Pierre Hamon s’est inspiré des mélodies et des compositeurs de l’époque médiévale tels que Guillaume Dufay, pour les réadapter aux besoins du film. Les musiques sont interprétées avec les instruments d’époque pour récréer cette ambiance enchanteresse.
Pour accompagner l’image, Atam Rasho utilise en narration un chef d’œuvre de la poésie médiévale, Le Ditié de Jehanne d’Arc, de Christine de Pizan. C’est la seule œuvre littéraire qui relate la Geste de la Pucelle du vivant de cette dernière. Son auteur est considéré comme la première femme poète ayant vécu de sa plume. Elle a par ailleurs beaucoup œuvré pour l’éducation des jeunes filles de son époque.
Certains passages sont récités en français ancien pour garder toute la musicalité de la langue, avant d’être dits en français contemporain. Marc Mauillon, chanteur lyrique au répertoire aussi étendu que singulier, interprète les passages en ancien françois, tandis que les traductions en français contemporain, selon la version de la traductrice Nathalie Desgrugillers, sont interprétées par la conteuse Armance Merle, étudiante au conservatoire de musique de Lyon en musique ancienne.
Le film laisse de côté l’aspect purement historique de l’épopée pour mettre en avant la vision spirituelle et le merveilleux qui se dégagent de la geste de Jeanne d’Arc, à la manière des enluminures du Moyen-Âge où le spirituel avait davantage d’importance que le temporel. Cette production se veut également un hymne à la France des paysans et des villages qui vivaient au rythme de la nature et des saisons, en cherchant le lien charnel et spirituel qui les rattache au destin de sainte Jeanne d’Arc.
JEHANNE – Film d’animation d’Atam Rasho from Prod La Simandre on Vimeo.
Centenaire du scoutisme catholique : une « affaire » révélatrice
Le Libre journal de Lumière de l’Espérance du 8 août sur Radio courtoisie, animé par Rémi Fontaine, aura pour thème :
“Histoire et métahistoire du scoutisme catholique en France”
Avec pour invités le P. Combeau, Charles-Edouard Harang et Philippe Maxence.
Rémi Fontaine revient pour Le Salon beige sur l’affaire Combeau (voir notre article du mois d’avril) :
Outre un livre essentiel sur la spiritualité scoute publié par les religieux de la Sainte-Croix de Riaumont, dont il faudra reparler (1), le centenaire du scoutisme catholique aura vu la parution simultanée (différée en 2021 pour cause de Covid) de deux gros livres importants commis par deux historiens autorisés :
- Toujours prêts, histoire du scoutisme catholique en France, par Yves Combeau, op, aux éditions du Cerf.
- L’aventure par nature, 100 ans des Scouts et Guides de France, par Charles-Edouard Harang, aux Presses d’Ile de France.
Notre propos n’est pas tant d’analyser ces deux ouvrages, très fouillés sur le plan historique mais discutables sur le fond (2), que de revenir sur ce qu’on a pu appeler « l’affaire Combeau », révélatrice de l’approche cléricale et épiscopale actuelle sur le scoutisme.
Seul, en effet, le livre du P. Combeau a suscité une levée de boucliers dans le milieu catholique en ce qu’il tentait une histoire comparée des trois grands mouvements scouts : Scouts et Guides de France (SGDF), Guides et Scouts d’Europe (AGSE) et Scouts unitaires de France (SUF). Alors que l’autre, sans reproche apparent, se contentait de justifier l’histoire à géométrie très variable des Scouts et Guides de France.
Disons, pour faire court, que le livre de Harang relève d’un historicisme militant en gants blancs (3), dans la ligne de Philippe Laneyrie et de Christian Guérin (4), justifiant le néoscoutisme de la réforme par la nécessité de s’adapter à l’air du temps sécularisé. Alors que le livre du dominicain, en dépit d’un tropisme flagrant pour le scoutisme traditionnel ou authentique, pèche plutôt par un léger relativisme immanent. Nous en avions critiqué la thèse lors d’une première version de cet ouvrage, parue inaperçue il y a dix ans chez un éditeur confidentiel. Voici, pour rappel, la teneur de notre « disputatio » :
La vérité du scoutisme
Saluons d’emblée l’honnêteté intellectuelle de ce livre – Nouvelle histoire du scoutisme catholique par le P. Yves Combeau o.p. aux éditions Monceau – qui décrit les composantes actuelles du scoutisme catholique avec une compréhension et une intelligence rares du sujet, une capacité de synthèse et une vertu d’empathie qui sont l’apanage du bon historien.
Il y a un peu chez le P. Y Combeau (étudiant la question scoute) de l’Emile Poulat (étudiant la question religieuse contemporaine dans ses tenants et aboutissants, du modernisme à l’intégrisme) : il ne dit pas qu’en penser, il donne seulement à penser, sans parti-pris apparent. Car, explique-t-il, si l’histoire est servante (comme la pédagogie, la sociologie et toutes les sciences, surtout humaines), il n’est pas de bonne méthode de maltraiter une servante : « La question historique n’est pas et ne sera jamais : qui a raison ? Elle est : comment en est-on arrivé à plusieurs raisons ? »
Cela étant dit, bien traiter la servante ne doit pas être prétexte à négliger son maître, voire le maltraiter. Si la philosophie est la servante de la théologie, la science (historique) est la servante de la philosophie. S’il existe une véritable histoire du scoutisme, il existe aussi une philosophie (vraie) du scoutisme en termes précisément d’anthropologie, une raison du scoutisme qui implique bien quelque part une vérité et une erreur : qui a raison ! Dans son fameux discours de Ratisbonne, Benoît XVI nous a rappelé précisément le danger moderne et idéaliste qu’il y a de trop cloisonner les sciences entre elles et les sciences avec la philosophie, puis la philosophie avec la théologie, nonobstant leur autonomie et leur souveraineté propres. Pour prendre une figure hylémorphique (matière/forme) qu’approuvera sans doute notre dominicain (qu’on suppose thomiste et donc aristotélicien par vocation), la vérité matérielle de l’histoire ne peut se passer de la vérité formelle de la philosophie : distinguer pour unir !
C’est la raison pour laquelle nous n’adhérons pas à la thèse (plus philosophique que sa prétention historique) qu’il donne :
« Depuis ses tout premiers pas, le scoutisme catholique français portait en germe des débats irrésolus et probablement insolubles, débats qui se sont fait jour avant même que les Scouts de France fussent fondés, qui ont ressurgi vint ans après leur fondation, ont agité les décennies suivantes, ont finalement engendré une explosion dans les années 1960 (…). S’il y trois grands mouvements catholiques aujourd’hui (Scouts de France, d’Europe et unitaires), c’est qu’il y avait trois frères dans le même berceau. Ces frères ont grandi. Ils ont tous trois quitté le foyer commun et fondé des foyers propres. »
Si nous concédons volontiers avec l’auteur qu’il ne faut certes pas confondre unité avec unanimité et unicité, nous ne pensons pas que la division actuelle du scoutisme catholique a permis l’épanouissement des potentialités diverses de l’intuition originelle. Nous n’allons pas redévelopper ce que nous avons déjà écrit (cf. notamment L’âme du scoutisme aux éditions de Paris), mais si les intuitions de Baden-Powell, son empirisme organisateur en matière d’éducation (y compris dans « le système des patrouilles ») fut assimilé et assumé par un P. Sevin avec l’intelligence et le succès que l’on sait, c’est parce qu’il était homogène avec l’anthropologie et le réalisme de la philosophie dite chrétienne. Macedo (cofondateur des SdF et tertiaire dominicain) y voyait lui-même « une vivante application du thomisme ». Au-delà du clivage clairement politique et religieux, la révolution culturelle et copernicienne opérée par la réforme obligatoire (très kantienne) des années 1960 a rompu objectivement, anthropologiquement, avec cette correspondance féconde (soulignée par de nombreux aumôniers comme le P. Forestier).
Le P. Combeau parle justement de cette réforme pédagogique comme le cardinal Ratzinger parlait déjà de la réforme liturgique : « Dès lors qu’il y a révolution, on est en présence d’un autre scoutisme, et la question n’est pas de savoir s’il est légitime – il ne fait aucun doute qu’il l’est pleinement… -, mais de savoir si sa légitimité est exclusive. Bref, s’il fallait l’imposer. » Allons plus loin : la contrainte et « l’herméneutique » de rupture ont disqualifié cette réforme-révolution en en faisant une arme par destination contre le scoutisme initial, rendant ainsi suspecte cette légitimité, au nom du simple droit naturel et chrétien. Avec toutes ses interrogations pertinentes, la matière très dense et riche de ce livre important le donne paradoxalement à penser, au moins implicitement, en dépit de la « thèse » consensuelle exprimée, trop « scoutement correcte ». Il faudrait sortir de cette contradiction interne, passer dûment de l’implicite à l’explicite, en cessant de se retrancher par méthode ou présupposé derrière la prétention exclusivement historique qui est aussi, à sa manière, une mauvaise rupture… épistémologique. L’objectivité en histoire n’empêche pas, au contraire, l’objectivité en matière méta-historique, c’est-à-dire philosophique : celle capable, au-delà des raisons des uns et des autres, d’induire où est la vérité et l’erreur sur les choses essentielles, par delà les choses discutables, sujettes à options prudentielles diverses. Cela ne devrait pas empêcher non plus la charité fraternelle (scoute) en toutes choses, même avec les frères séparés…
Quand nous parlons de vérité ou d’intelligence du scoutisme (a fortiori catholique), nous parlons donc de son fondement réaliste et non évidemment de ses accidents contingents, plusieurs modes ou formules de scoutisme étant toujours possibles, sans atteindre forcément ce fondement ni l’unité du scoutisme. Mais, comme en liturgie, on ne peut véritablement concevoir une voie générique de réconciliation entre les trois espèces actuelles de scoutisme catholique sans envisager (pour l’une de ces espèces) une « réforme de la réforme » qui suppose en filigrane une rupture de la rupture… Au-dessus de l’histoire et de ses catégories (psycho-sociologiques) nécessaires mais insuffisantes, le débat est ouvert à ce niveau fondamentalement philosophique, anthropologique, voire métaphysique ou théologique… (Présent du 13 octobre 2010)
« La trahison des clercs »
Toujours aussi implicite ou édulcorée dans son évaluation des scoutismes, la nouvelle version de l’enquête du P. Combeau (plus approfondie) n’en a pas moins suscité les foudres des néo-Scouts de France à cause de quelques interrogations légitimes, notamment – outre des questions d’anthropologie, de méthode et d’effectifs – sur « l’identité chrétienne des SGDF ». D’où un communiqué comminatoire desdits SGDF pour influencer la « bonne presse » et les médias qui avaient d’abord plutôt bien reçu la thèse du dominicain. A tel point que KTO retirera même (pendant un temps) l’émission qu’elle avait eue avec lui (en compagnie de l’historien Christophe Carichon) et en programmera une autre avec des représentants des trois mouvements concernés, comme pour se dédouaner…
Mais surtout, le 3 mars 2020, les trois « aumôneries générales » des trois mouvements, SGDF (Xavier de Verchère, sdb, depuis septembre 2020), SUF (Fr. Nicolas Burle, op, depuis 2019), AGSE (Guy-Emmanuel Cariot, depuis septembre 2018), prennent position en signant une lettre commune adressée à Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges depuis 2017, accompagnateur des mouvements de scoutisme, et « aux Provinciaux des instituts religieux » :
« Le frère Yves Combeau, op, vient de publier un ouvrage de 360 pages aux éditions du Cerf… En tant qu’aumôniers nationaux des trois mouvements catholiques de scoutisme… reconnus par la Conférence des évêque de France, nous tenons à affirmer qu’un certain nombre de passages de ce livre ne peuvent être considérés comme une référence historique valable au sujet du scoutisme catholique en France.
En effet, cet ouvrage est marqué par des erreurs factuelles et des analyses non documentées. Nous en voulons pour preuve que les archives de nos mouvements scouts n’ont pas été consultées… Nous sommes également attristés de voir combien l’ouvrage distille le doute dans les esprits sur le caractère scout et catholique de certains mouvements. Ceci va à l’encontre de notre volonté de promouvoir et mettre en œuvre une véritable fraternité scoute entre nos trois mouvements reconnus par la CEF. Les centaines de milliers de scouts et guides français, actuels ou anciens, ne pourront ainsi retrouver dans cet ouvrage l’enthousiasme et la générosité qui animent l’idéal scout !
Nous souhaitons par ailleurs rappeler que nos associations demeurent disponibles pour permettre l’accès aux documents et aux archives pour toute étude historique. Cela permet aux historiens de découvrir la richesse et la diversité de nos mouvements sur la façon de vivre le scoutisme et le guidisme dans l’Eglise. Cette richesse et cette diversité répondent à la richesse et à la diversité des expériences de foi et de vie catholique vécues par les jeunes français. Elles sont une véritable chance pour l’Eglise en France.
Nous tenons enfin à réaffirmer notre attachement commun à l’Eglise catholique et notre engagement partagé pour la jeunesse.
Soyez assurés de notre entière disponibilité. »
On mesure l’incongruité de cette délation commune de clercs, gardiens auto-désignés de la mémoire du scoutisme, sur un essai à prétention historique au sujet des choix de mouvements laïcs dirigés par des laïcs. Bonjour le cléricalisme ! Un tel « œcuménisme » scout dans la stigmatisation dissimule assez mal la poutre dans l’œil de leur triple et unique regard trop « religieusement correct », ainsi focalisé sur la paille de l’œil historique de leur confrère. Sans doute imparfait et voilé assurément, cet œil avisé a surtout osé manifester très pudiquement (sous forme d’interrogations) une dilection. Rappelons tout de même qu’Yves Combeau, outre qu’il est dominicain (ordonné prêtre en 2002) et aumônier d’une unité SUF à Paris, collaborateur régulier de l’émission Le jour du Seigneur et principal animateur de la web-chronique Question à un prêtre, est diplômé de l’Ecole des Chartes, auteur d’une biographie de Louis XV (pris Hugues-Capet 2012) mais aussi d’autres ouvrages d’histoire et de spiritualité ainsi que de romans. Il n’est pas né de la dernière pluie…
Le couplet du trio indigné sur « la richesse et la diversité de nos mouvements… reconnus par la CEF » – après combien de temps pour deux d’entre eux ! – et répondant à « la diversité des expériences de foi et de vie catholique vécues par les jeunes français »comme « chance pour l’Eglise en France » relève singulièrement de la langue de buis cléricale. Il appuie paradoxalement la thèse du P. Combeau des « trois frères dans le même berceau » que je conteste pour les raisons indiquées ci-dessus et qui s’appliquent parfaitement à ce « jus pieux » relativiste un peu dictatorial. Le mirage de l’unité passe pour eux avant le travail de la vérité.
Quand l’ouverture précède l’identité
On reconnaît là cependant la soumission au paradigme épiscopal, qui après un soutien inconditionnel à la réforme des néo-SDF dans un rejet total et totalitaire des « traditionalistes » (GSE et SUF), s’en tient maintenant à une dictature plus molle mais plus sournoise du relativisme, reconnaissant non plus un seul mouvement (transgressif) mais, par la force d’une certaine résilience, trois grands mouvements scouts à égalité (depuis 2001). Le pauvre P. Combeau, qui avait lui-même quelque peu sacrifié à ce mythe du pluralisme, s’en prend plein les dents. Il a dit, sinon la vérité du scoutisme, du moins sa préférence argumentée entre les diverses sortes de scoutisme : il doit être exécuté ! Les voix trop discordantes doivent se taire sans même pouvoir débattre, poser des questions (5). C’est la « cancel culture » appliqué par ses propres frères aumôniers, bien conditionnés par ce nouveau paradigme idéologique, désormais soutenu par les évêques de France. Dans une sorte de masochisme affligeant, aumôniers Scouts unitaires et Scouts d’Europe viennent donc en renfort du néoscoutisme (qui les a pourtant si malmenés dans le passé) pour condamner le frère prêcheur ! Quand le sage montre l’éclipse (de la réforme), les idiots (utiles) ne regardent que son doigt tremblant !
L’affaire Combeau est révélatrice d’un esprit, d’une praxis, d’une logique révolutionnaire qui gagne et ronge jusqu’à ses opposants les plus naturels et finit par manger les plus vulnérables. Il importe de rompre radicalement avec cette logique nominaliste par un retour à la philosophie réaliste qui fonde l’anthropologie chrétienne et empêche ce que Jean Madiran appelait l’hérésie du XXème siècle (le mépris de la loi naturelle). Du point de vue chrétien, sans même parler de sa funeste réforme pédagogique, ce n’est pas nous, ni le P. Combeau, mais l’historien (historiciste) Christian Guérin qui déclarait à propos du mouvement réformé des Scouts de France :
« (Il) est proche de la pratique des Eclaireurs de France d’autrefois ; le fait religieux existe ; cependant il ne gouverne plus mais, à la rigueur, éclaire la représentation qu’on se fait de l’homme, de la société, etc. Au fond, aujourd’hui les Scouts de France sont plus un mouvement d’éducation civique par la pédagogie active, d’inspiration chrétienne, qu’un mouvement confessionnel. Il est plus près des vœux de Georges Berthier [fondateur des Eclaireurs neutres] que du Père Sevin de l’époque. » (Golias, mai-juin 2002).
On reconnaît aussi, dans la proposition du néoscoutisme « catholique », le paradoxe contradictoire de l’Enseignement (dit) catholique (sous contrat d’association avec l’Etat) : ouvert à tous sans distinction de croyance, dans l’esprit laïciste, sans obligation confessionnelle. Mais qu’est-ce qu’une école catholique, qu’est-ce qu’un scoutisme catholique qui ne sont plus confessionnels sinon des ronds carrés, une contradiction dans les termes ? On en a vu les fruits. L’agir suit l’être : l’ouverture est subordonnée à l’identité, la pastorale à la doctrine, et non pas l’inverse, à moins de tomber dans la croyance laïciste avec sa praxis révolutionnaire qui s’oppose précisément à la doctrine catholique.
Nous tenons là, dans cette révolution copernicienne qui a suivi Vatican II, l’une des causes qui a abouti à ce que Benoît XVI a nommé l’« autosécularisation » de l’Eglise, « dénaturant de l’intérieur et en profondeur la foi chrétienne et, par conséquent, le style de vie et le comportement des chrétiens » (8 mars 2008) :
« Certains ont interprété l’ouverture au monde non pas comme une exigence de l’ardeur missionnaire du Cœur de Jésus mais une transition vers la sécularisation, voyant en elle des valeurs d’une grande profondeur chrétienne, comme l’égalité, la liberté et la solidarité, et en se montrant disposés à faire des concessions et à explorer des domaines de coopération. On a donc assisté à des actions de la part des responsables de l’Eglise dans les débats éthiques qui voulaient répondre aux attentes de l’opinion publique, mais qui cessaient de parler de certaines vérités fondamentales de la foi, comme le péché, la grâce, la vie théologale et les fins dernières. Inconsciemment, on est tombé dans une autosécularisation de nombreuses communautés d’Eglise. Celles-ci, dans l’espoir de satisfaire ceux qui s’étaient éloignés, ont vu se distancier, frustrés et désabusés, ceux qui en faisaient déjà partie. Nos contemporains, quand ils nous rencontrent, veulent voir ce qu’ils ne voient nulle part ailleurs, c’est-à-dire la joie et l’espérance qui découlent du fait de demeurer avec Notre Seigneur ressuscité. » (7 septembre 2009).
On ne saurait mieux résumer la crise de l’Eglise et la crise corollaire du scoutisme catholique. Puissent les Scouts d’Europe et les Scouts unitaires comprendre (avec leurs aumôniers) qu’il y a une vérité à défendre, pédagogique (6), philosophique et catholique, et bien sûr scoute, avant une unité de façade avec leurs frères séparés, les néo-Scouts de France ! Et qu’il importe donc, certes à leur côté mais sans eux, de défendre un vrai scoutisme indépendant et catholique, au même titre qu’il importe de soutenir des écoles indépendantes vraiment catholiques (au côté des écoles sous-contrats), avec ou sans les évêques. C’est notre droit et notre devoir d’état de parents et de laïcs, responsables et militants du temporel chrétien dans l’Eglise militante.
Rémi Fontaine
(1) Seigneur et Chef… par la Sainte-Croix de Riaumont, éditions de la Porterie, 2020.
(2) Sur ces deux livres et sur la chronique détaillée de « l’affaire Combeau », on pourra notamment se reporter au blog d’un autre historien du scoutisme : https://christienlionel.wixsite.com. Les deux historiens en cause doivent débattre en compagnie de Philippe Maxence à notre émission du « Libre journal de Lumière de l’Espérance » du 8 août sur Radio Courtoisie.
(3) « L’historiciste soutient que ce qui était vrai à une époque peut ne plus l’être à une autre. En somme il considère l’histoire de la pensée comme pas grand chose de plus que des vestiges archéologiques auxquels on peut faire appel pour exposer des positions du passé désormais en grande partie révolues et sans portée dans le présent. » (Jean-Paul II, Fides et ratio).
(4) Philippe Laneyrie : Les Scouts de France, Cerf, 1985 ; Christian Guérin : L’Utopie Scout de France, Fayard, 1997.
(5) Pour en revenir à l’analogie avec la réforme liturgique, on voit combien la remise en cause actuelle du Motu Proprio Summorum Pontificum participe de cette même volonté d’empêcher une préférence légitime.
(6) Cf. La voie de l’éducation intégrale par François-Xavier Clément, Artège, 2021.
Dimanche : En quête d’Esprit spécial Mère Yvonne-Aimée de Malestroit
Ce dimanche à 13h et 21h, ne manquez pas sur CNews l’émission En quête d’Esprit sur Mère Yvonne-Aimée de Malestroit, animée par Aymeric Pourbaix avec
- Véronique Jacquier,
- Jean-Christian Petitfils,
- sœur Laure (Augustine de Malestroit)
- Constantin de Vergennes.
Avec également en fin d’émission un entretien exceptionnel avec Mgr Athanasius Schneider.
Mère Yvonne-Aimée de Jésus (1901-1951) fut tour à tour maîtresse des novices, Supérieure puis fondatrice et première Supérieure Générale de la Fédération des monastères des Augustines de Malestroit. Elle conjugua une ardente recherche de Dieu avec une attention humaine et apostolique efficace à tout et à tous. A peine entrée au monastère elle avait lancé le projet de construction d’une clinique médicale et chirurgicale à Malestroit. Elle en fut la cheville ouvrière. Des grâces et des épreuves exceptionnelles donnèrent à sa vie la forme d’une ligne brisée où tout converge en ligne droite. Elle fut menée par des voies étonnantes et difficiles. Sa vie hors-normes s’explique par l’inspiration profonde qu’elle eut, tout enfant, d’aimer le Christ plus que tout le monde. Cette histoire d’amour entre Dieu et Yvonne Aimée est l’axe unique de sa vie. C’est à ce niveau de l’amour que l’aventure de Mère Yvonne-Aimée est intelligible et extraordinaire.
Pendant la guerre, elle va étonner son entourage par son courage et son sang-froid. Elle prend de gros risques en accueillant clandestinement à la clinique, outre le général Audibert, chef de la Résistance de l’Ouest, des parachutistes de diverses nationalités et des résistants blessés qu’elle parvient à soustraire à la Gestapo. Un des bénéficiaires de son « hospitalité » dira : « Ce qui nous frappait le plus, c’était sa sereine assurance, foncièrement humaine. Elle savait organiser et tout diriger avec le sourire et une douce obstination ». La reconnaissance nationale et internationale lui vaudra 6 médailles, dont la Légion d’Honneur remise par le Général de Gaulle : elle les avait entrevues en 1929 dans un songe prémonitoire. La pire épreuve morale l’atteint en même temps, en 1943 : le Seigneur l’en avait également prévenue 20 ans plus tôt : « Tu seras accusée de mensonge par ceux qui auront cru en toi. Un de ceux-là, un religieux (…) te fera passer pour une fausse mystique, une créature de péché. Le temps de calamité pendant lequel cette épreuve t’arrivera aidera puissamment à sauver le monde. » (6 juillet 1923) Sa grandeur d’âme lui permet de pardonner à son accusateur, mais son sens de la vérité l’oblige à lui écrire :
« Sans trop tarder, nous entrerons dans notre éternité, le pays de la lumière et de la charité. Merci pour tout. Vous verrez là-haut et comprendrez bien des choses ».
Le dernier numéro spécial de France Catholique est également consacré à la figure exceptionnelle d’Yvonne-Aimée de Malestroit à l’occasion des 120 ans de sa naissance et des 70 ans de sa mort.
Les pourriticards devraient être dans le box en compagnie des terroristes islamistes
Patrick Jardin, entrepreneur, est le père de Nathalie, assassinée au Bataclan, le 13 novembre 2015, lors de l’attaque islamiste. Il a écrit un livre, qui est un cri de colère.
- Colère contre les barbares islamistes.
- Colère contre la lâcheté des politiciens qui n’ont rien fait pour s’opposer à l’islamisation de la France.
Il s’exprime sur le futur procès de l’attentat du Bataclan :
Vendredi matin, matinée de travail avec mon avocat : en effet, dès le 8 septembre, je dois subir le procès des auteurs du massacre du Bataclan, presque six ans après cette tuerie.
J’ai choisi, pour plusieurs raisons, un avocat qui n’est pas ce que l’on appelle un « ténor du barreau » : je tenais impérativement à ce qu’il défende mes seuls intérêts et ceux de mon fils. Je ne voulais à aucun prix d’un avocat célèbre, qui aurait eu, immanquablement, plusieurs victimes à défendre, et aurait surtout été préoccupé par son image, et la publicité qu’il aurait pu tirer de cette affaire.
Mais mon avocat est un professionnel qui connaît bien le droit, et qui, chaque fois qu’il m’a défendu, m’a donné entière satisfaction. De toutes façons, le temps de parole de sa plaidoirie sera limité : si chaque avocat (ils sont six cents) devait plaider une heure, il faudrait presque deux ans de procès. Or, m’a-t-il expliqué, tout doit être terminé le 25 avril 2022, sinon la justice serait contrainte de rendre certains de ces étrons aux autorités belges, tandis que d’autres seraient remis en liberté, tout simplement, à cause d’une préventive trop longue.
Il attire aussi mon attention sur le caractère absolument « exceptionnel » de ce procès. Exceptionnel, il l’est en effet par le nombre d’accusés (dix-huit), celui des parties civiles (plus de trois mille), et celui de leurs avocats (six cents, donc). En conséquence, les dispositions pratiques (salle, autorisations, accréditations, audiences en vidéo, etc.) seront également exceptionnelles.
Il a plusieurs questions à me poser.
La première : que voulez-vous demander aux témoins cités ?
Pour toute réponse, je lui donne la liste des témoins que j’exige de voir cités. Ici, premier accrochage. Dans ma liste figurent les noms de plusieurs personnalités politiques connues. Il est d’accord sur la plupart de ces noms puisque ses confrères les ont aussi cités. Cependant, un de ma liste n’est pas cité par les autres, alors qu’il me paraît essentiel qu’il le soit (je ne donnerai pas son nom ici pour des raisons stratégiques). J’en fais une question de principe : je signifie à mon avocat que je ne céderai pas, c’est une exigence de ma part. « Le parquet ne va pas aimer », me dit-il. Mais je me fous du parquet, je les emmerde tous, le parquet, les magistrats et les hommes politiques : c’est moi qui ai perdu ma fille, pas eux. Il a fini par se ranger à mon avis.
Cette première bataille n’a pas été remportée sans mal. Il m’a mis en garde : ce n’est pas le procès des politiques, me dit-il, mais celui de Salah Abdeslam et de ses complices. Or c’est bien ça, le problème : j’estime que ces pourriticards devraient être dans le box en compagnie d’Abdeslam et des autres.
Il paraît que j’inquiète beaucoup le parquet : on a peur de mes éventuelles interventions. Mais je ne vois pas ce qui peut expliquer cette inquiétude : a-t-on peur que je dévoile publiquement certaines vérités très encombrantes ?
Deuxième question : voulez-vous intervenir personnellement ?
Bien sûr que je veux intervenir ! Je tiens à cracher ma haine à tous ces étrons, pourriticards compris. Bien sûr, cela ne me ramènera jamais Nathalie. Mais au moins je pourrais essayer d’ouvrir les yeux aux Français : toutes les caméras et les micros me sont fermés, je ne vais certainement pas me priver de dire ce que j’ai à dire aux nombreux journalistes présents. J’ai payé et je paie encore assez cher pour m’offrir un « plaisir » dont je me serais bien passé.
Troisième question : qu’attendez-vous de ce procès ?
RIEN.
Je ne peux pas faire plus court.
Je n’en attends rien parce qu’il y a fort à parier qu’Abdeslam continuera à se taire, à moins qu’on le « suicide ».
Je n’en attends rien parce qu’Abdeslam, qui dans un pays normal devrait être guillotiné ou assis sur une chaise électrique, sera libre dans vingt-cinq ou trente ans.
Je n’en attends rien parce que les autres sont des lampistes qui récolteront des peines qui iront de quinze ans à la perpétuité.
Je n’en attends rien parce que c’est moi qui ai récolté la perpétuité, une perpétuité sans libération anticipée ni remise de peine.
Dernière question : pensez-vous assister à toutes les audiences ?
Oui, j’assisterai au plus d’audiences possibles. Pas pour voir la sale gueule des assassins de ma fille, ni celles des pourriticards : on les voit bien assez comme ça à la télé. Mais par simple respect pour ma fille : malheureusement, c’est la seule chose que je puisse faire, désormais, pour elle.
Je sais que ce sera moralement une épreuve très rude. Pendant huit mois, je replongerai dans l’horreur. C’est de ma fille qu’il s’agit : j’aurai donc sûrement des moments de faiblesse. Il n’y a aucune honte à en parler : je ne suis pas un surhomme. Mais un homme averti en vaut deux. Il me reste d’ailleurs trois mois pour m’y préparer. Ce sera le combat de ma vie. Mais quoiqu’il advienne, je sais que j’en sortirai vaincu, et sans doute KO.
