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Les évêques de Versailles déposent également un référé-liberté

Attentats islamistes : ça continue

On compte au moins 3 morts et une quinzaine de blessés à Vienne en Autriche, suite à une attaque terroriste.

Le maire de Vienne a indiqué que l’un des terroristes, qui a été abattu par la police, était équipé d’une arme longue, d’une autre arme à feu et d’une machette. Un assaillant est toujours en fuite et un a été arrêté.

L’attaque s’est déroulée en plein cœur de la ville, près d’une importante synagogue et de l’Opéra. «Six différents lieux» ont été visés, a précisé la police.

A Nîmes, en début de soirée, un homme a tenté de pénétrer de force dans la cathédrale de Nîmes. Repoussé par les militaires du dispositif Sentinelle, il s’est mis à prier sur le parvis en criant « Allah Akbar » à plusieurs reprises. Il a été placé en garde à vue pour apologie du terrorisme.

Un confinement pour favoriser la “destruction créatrice” ?

Ils sont amusants dans Le Monde : quand Boris Johnson reconfine, c’est un échec. Mais alors, quand Macron reconfine, qu’est-ce que c’est ?

Sur CNEWS, Eric Zemmour y voit la mise en oeuvre de la doctrine de Joseph Schumpeter, la « destruction créatrice », qui désigne le processus à l’œuvre dans les économies et qui voit se produire de façon simultanée la disparition de secteurs d’activité économique conjointement à la création de nouvelles activités économiques :

Pourquoi la victoire de Donald Trump serait une bonne nouvelle

Plusieurs amis, sachant que je m’intéresse de près à la politique américaine (je crois bien être un des rares chroniqueurs français à avoir assisté à un meeting de Trump, avant même qu’il ne soit désigné comme le candidat du parti républicain en 2016…), m’ont demandé ce que je pensais de l’élection présidentielle américaine. Je voudrais tenter de leur répondre par cet article à la veille de ce vote important.

Je ne suis pas un expert électoral et ma première réponse serait d’inviter les journalistes à l’humilité et à la prudence. Ne serait-ce que parce que la plupart des commentateurs français de cette folle campagne ne connaissent que New York ou San Francisco, qui sont loin de représenter tous les Etats-Unis. Il est, de façon générale, assez délicat de « sentir » les passions politiques d’un peuple. Et les sondages, qui peuvent aider à comprendre les tendances et les évolutions, ne nous renseignent pas précisément sur l’état d’esprit ni surtout sur les motivations d’une personne ou, a fortiori, d’un peuple : les questions déterminent le type de réponse et il est bien connu que les instituts de sondage faussent ainsi partiellement – parfois involontairement, parfois pour complaire à leurs clients – leurs propres résultats. Ainsi, de toute évidence, le vote Trump est sous-estimé par les sondeurs, pour la simple raison que la plupart des électeurs ont intégré l’idée que, selon la nomenklatura, voter Trump est « plouc », tandis que voter Biden est « chic ». C’est ce qu’on appelle là-bas l’effet Bradley.

Il faut ajouter qu’il n’y a pas une seule élection : la présidentielle américaine se fait au suffrage indirect par Etat et non au suffrage direct sur l’ensemble de la nation. Il est donc parfaitement possible de l’emporter en ayant moins de voix que son adversaire. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à Donald Trump en 2016 : il a perdu le vote populaire, mais gagné la présidentielle. Or, les règles électorales diffèrent d’un Etat à l’autre et il est donc très difficile d’extrapoler d’un sondage réalisé à l’échelle du pays le nombre de grands électeurs qu’obtiendront chacun des deux candidats.

Précisons encore que la fraude pourrait bien être massive : il y a eu de nombreux votes par correspondance et les démocrates ont la réputation (qu’ils ne contestent pas et dont ils se vantent, au contraire, volontiers) d’être bien meilleurs que les républicains pour aller chercher les votes par correspondance. Or, aux Etats-Unis, on sait assez précisément qui vote quoi. Il peut donc être tentant pour une organisation aux sympathies démocrates d’aller voir toutes les personnes âgées du voisinage en leur proposant de poster leur vote – et de mettre à la poubelle les courriers des sympathisants républicains.

Bref, l’élection de demain est probablement encore plus indécise que la précédente.

Mais il n’est pas sans intérêt de noter que, malgré la puissance du président américain, l’élection présidentielle n’a pas, aux Etats-Unis, l’importance centrale de notre propre élection présidentielle. Certes – et je vais naturellement y venir –, il n’est pas du tout indifférent que Trump ou Biden l’emporte, pour les Etats-Unis d’abord, mais aussi pour tout le monde occidental, et même pour la planète entière. Mais leur élection ne sera pas le seul résultat ni le seul enseignement du 3 novembre. La majorité au sénat et à la chambre ne sont pas moins importantes – et peuvent être largement « décorrélées » de la présidentielle (en 2016, Trump avait gagné dans des Etats qui n’avaient élu, le même jour, que des parlementaires démocrates et c’est loin d’être un cas unique). La récente nomination d’Amy Coney Barrett à la Cour suprême est, elle aussi, d’une importance cruciale – en particulier parce que cette dernière devrait pouvoir rester en poste pendant des décennies. Et je ne parle pas ici des innombrables référendums sur lesquels les Américains vont devoir se prononcer demain. Il n’est pas rare qu’un électeur ait, outre le président, à élire plusieurs parlementaires et à se prononcer sur une dizaine de sujets aussi variés que l’éclairage public ou la restriction de l’avortement.

Ce qui veut dire que, même si Biden l’emporte, ce ne sera pas nécessairement une défaite écrasante pour les républicains ni, moins encore – et cela m’importe plus – pour les conservateurs (qui sont électoralement liés au parti républicain, mais ont un “agenda politique” largement autonome). L’inverse est également vrai.

La principale nouveauté de cette campagne, selon ce que je peux en percevoir en lisant la presse américaine (mais sans avoir été, cette année, aux Etats-Unis comme je le fais habituellement quelques semaines par an), c’est que le pays est plus fracturé que jamais. Les Etats-Unis n’ont jamais été une nation au sens français du mot : ils seraient bien davantage un empire composé de myriades de nations plus ou moins étrangères les unes aux autres, et unies par une sorte de religion civique qui n’est pas sans rappeler celle de l’ancien empire romain. Mais il est frappant que les émeutes raciales, les attaques partisanes et les crises politiques à répétition des derniers mois ont conduit les différentes communautés à s’éloigner les unes des autres, au point parfois de ne même plus pouvoir trouver de point commun. Non seulement leur vie n’est plus la même (c’était déjà le cas avant : un immigré italien de première génération vivait très différemment d’un Anglais dont la famille était implantée avant l’indépendance des treize colonies), non seulement les médias qu’ils consultent ne sont plus les mêmes, mais leur langue n’est plus la même, leur imaginaire n’est plus le même, le pays qu’ils aiment n’est plus le même. Trump et Biden portent une part de responsabilité dans cet état de fait, mais ils n’y peuvent rien et le vainqueur ne règnera même pas sur une Amérique divisée : la moitié du pays le considérera comme illégitime et le méprisera.

Cela ne pourra pas manquer d’avoir des conséquences sur l’avenir du pays – et de l’Occident en général. Cela ne veut certes pas dire que les Etats-Unis vont cesser d’être une grande puissance – ni même la première puissance du monde. Mais ils vont clairement être fragilisés par leurs propres divisions – qui, à mon sens, sont profondes et durables.

Au plan idéologique, comme en 2016, il y a un véritable enjeu à cette élection. Cela n’a pas toujours été le cas. Pendant des décennies, démocrates et républicains ont partagé une grande partie de leurs convictions. Les démocrates étaient beaucoup moins collectivistes que leurs collègues des partis sociaux-démocrates européens et les républicains s’interdisaient de parler de sujets comme l’immigration. L’arrivée de Donald Trump et de Bernie Sanders a profondément bouleversé la donne. Au passage, c’est aussi l’un des aspects de l’effet Bradley dont je parlais plus haut : comme personne au parti républicain (à l’exception notable de Pat Buchanan) ne parlait d’immigration, ni des traités commerciaux multilatéraux, tout le monde en déduisait que l’immigration et la désindustrialisation n’étaient pas des sujets politiques aux Etats-Unis. Dès que Trump mit ces sujets sur la table, il devint évident que c’étaient des sujets majeurs et cette prise de conscience est irréversible : la plateforme politique du parti républicain a durablement changé, que Trump l’emporte demain ou non.

Si ces quelques lignes ont pu contribuer à nuancer un peu les propos à l’emporte-pièce de tant de commentateurs français, elles n’auront pas été inutiles.

Mais je voudrais saisir l’occasion pour aggraver mon cas et expliquer pourquoi je souhaite la victoire de Donald Trump. Je n’ignore pas combien cette position apparaît loufoque ou odieuse dans le paysage politico-médiatique français – mais j’ai une petite habitude de ne pas être exactement sur les mêmes positions que mes éminents confrères de la « presse dominante ». Par ailleurs, les intérêts des Etats-Unis et ceux de la France ne coïncident pas et, autant j’apprécierais mal que des Américains me donnent des leçons de patriotisme français, autant je ne me permettrais certainement de donner de leçons à ceux de mes amis américains qui liront cet article. Je voudrais simplement expliquer pourquoi, du point d’un catholique et d’un homme de droite français, la victoire de Trump – et, plus encore, la défaite du candidat démocrate – serait une bonne nouvelle.

Disant cela, je n’idéalise pas le personnage. Je continue à rester interloqué de le voir pratiquer la diplomatie du tweet, tantôt cajolant, tantôt insultant ses adversaires, toujours les affublant de surnoms farfelus. Je n’oublie pas non plus que beaucoup de mes amis conservateurs américains avaient été d’abord très réservés, sinon hostiles, devant cet étrange candidat. Mais je n’ai jamais compris comment les journalistes français parvenaient à le grimer en parfait abruti : un homme qui a mené trois carrières différentes au plus haut niveau, comme milliardaire du bâtiment d’abord, puis producteur de télévision, et enfin président des Etats-Unis d’Amérique, ne doit tout de même pas être totalement dépourvu de talent et de charisme ! En toute hypothèse, ce n’est pas tant la personne de Trump ou de Biden qui m’importe, comme Français, que ce que leur élection entraînera au plan politique.

La première raison qui me fait considérer la victoire de Trump comme une bonne chose tient aux sujets que l’on appelle là-bas « social conservatism », c’est-à-dire la défense de la vie humaine, de la famille, du mariage, etc. Donald Trump n’était certes pas des nôtres sur ces questions. Mais il a fait un « deal » avec les conservateurs et il a merveilleusement tenu sa parole. Jamais sous un mandat républicain, la cause de la défense de la vie n’avait davantage progressé. Non pas seulement aux Etats-Unis, mais dans le monde. Il est notamment désormais interdit d’utiliser de l’argent fédéral pour financer l’avortement en Afrique ou en Amérique du Sud. Cela n’empêche pas le très puissant lobby pro-mort du Planning familial de déverser des millions de dollars partout sur la planète, mais désormais sans l’aide de l’Etat fédéral américain. Surtout, Donald Trump a nommé un nombre inouï de juges fédéraux conservateurs et c’est décisif pour l’avenir. Il n’a pas seulement nommé 3 nouveaux juges à la Cour suprême, assurant une majorité conservatrice dans cette instance si importante de l’appareil constitutionnel américain, mais plus de 200 juges fédéraux. Pour nous, pro-vie français, c’est un fantastique signe d’espoir : il est possible de reconquérir le terrain perdu et de faire avancer concrètement et durablement la culture de vie. Inutile de dire que l’arrivée de Joe Biden, tout catholique que soit officiellement ce dernier, changerait tout, tant il est lié au lobby de la culture de mort.

La deuxième raison tient à la politique étrangère. La dénonciation des accords « globalistes » par Trump me semble aller dans le sens d’une restauration de relations diplomatiques saines. Il est en effet délirant que des technocrates sans aucune légitimité politique s’arrogent le droit de bouleverser la vie de milliards d’êtres humains au nom de leurs lubies du moment – de la dérégulation financière à la lutte contre le réchauffement climatique en passant par l’imposition de la démocratie à coups de bombes. J’ai également beaucoup apprécié le combat (pas toujours victorieux si j’en juge par plusieurs épisodes de la guerre en Syrie) de Donald Trump contre les néo-conservateurs au sein de son propre parti républicain et je crains, par ricochet, que sa défaite n’entraîne le retour des travers du messianisme holliwoodien qui croit pouvoir « pacifier » des peuples en les aplatissant sous des tapis de bombes !

Enfin, un troisième élément dans le bilan de Trump me donne envie de le voir à nouveau gagner : son combat pour les frontières et contre l’invasion migratoire. Certes, l’histoire démographique américaine n’a rien à avoir avec la nôtre (contrairement à la doxa médiatique, le peuple français est resté extraordinairement stable des Gaulois au XXe siècle); certes l’immigration aux Etats-Unis est majoritairement une immigration catholique et une immigration de travail (donc bien plus facilement assimilable que l’immigration musulmane de peuplement et d’assistanat qui constitue une large partie des quelque 500 000 personnes arrivant chaque année en France). Mais il me semble d’autant plus intéressant qu’un haut responsable politique américain mette en cause le dogme de l’interchangeabilité des êtres humains et de la nocivité des frontières. Les frontières sont nécessaires à notre identité – et sont donc la condition de notre dialogue avec d’autres civilisations.

A ce sujet, les drames récemment survenus en France sonnent comme un avertissement pour le reste de l’Occident, et les Etats-Unis en particulier : nous avons globalement, comme sphère civilisationnelle occidentale, structurée par le christianisme, un problème avec l’islam et l’immigration musulmane se trouve nécessairement d’une autre nature que d’autres immigrations qui soit sont également marquées par le christianisme (comme l’immigration sud-américaine aux Etats-Unis ou l’immigration polonaise chez nous), soit sont restées étrangères à l’Occident pendant des siècles (comme l’immigration asiatique). L’islam, au contraire, s’est doctrinalement défini contre le christianisme (la profession de foi coranique commence d’ailleurs par « la », non en arabe : non il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu, ce qui est une contestation explicite du dogme de la Sainte Trinité) et, depuis la fondation de l’islam, nous avons pratiquement toujours été en guerre. On ne peut rayer cela d’un trait de plume. Plusieurs amis conservateurs américains m’ont dit se réjouir du récent discours de fermeté contre l’islamisme d’Emmanuel Macron. Mais ce n’est manifestement qu’un discours – alors que Donald Trump, lui, est un homme d’action, “a doer” comme dirait l’excellent vice-président Mike Pence. Et, surtout, c’est un discours qui évite soigneusement les questions qui fâchent (et notamment la responsabilité de l’islam comme tel dans les assassinats odieux qui ont ensanglanté la France au cours des dernières semaines) et l’on peut reprocher bien des choses à Donald Trump mais certainement pas d’éviter les sujets qui fâchent !

Un dernier mot : le meilleur argument électoral de Donald Trump, plus encore que son bilan objectivement bon, ce sont ses adversaires. Non pas seulement Joe Biden, mais sa vice-présidente pressentie, Kamala Harris, incarnation du « gouvernement des juges » qui défit naguère, sans aucune légitimité politique, les résultats du référendum californien sur le mariage pour complaire aux idéologues libertaires, sans parler de tout l’appareil d’un parti démocrate profondément radicalisé et devenu violemment hostile à l’idée même de civilisation occidentale, soutien actif des émeutes raciales et partisan du « Great reset », cette transformation mondialisto-socialiste dont rêve l’oligarchie financière qui, sous couvert de lutte contre le terrorisme, contre la pandémie ou contre le réchauffement climatique, supprimerait volontiers toutes les libertés des peuples et des personnes.

Donc, oui, sans hésitation, et quoi qu’en puissent penser la caste jacassante française, je suis de ceux qui se réjouiraient demain si Donald Trump l’emportait !

Guillaume de Thieulloy

Directeur du Salon beige

Le président de la Conférence des évêques de France dépose un recours devant le Conseil d’Etat

Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et Président de la Conférence des évêques de France, va également déposer un référé liberté au Conseil d’État contre l’interdiction de célébrer les messes publiquement pendant le confinement.

Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Président de la Conférence des évêques de France va déposer un référé liberté au Conseil d’État, estimant que le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, porte atteinte à la liberté de culte qui est l’une des libertés fondamentales dans notre pays. En effet, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, après consultation de tous les évêques de France réunis en Assemblée plénière ce lundi 2 novembre, estime hors de proportion l’interdiction de célébrer la messe et d’autres sacrements en communauté. Pour les fidèles, ces célébrations sont vitales parce qu’elles sont une rencontre avec le Seigneur et avec leurs frères. Les fidèles catholiques restent totalement mobilisés contre l’épidémie et respectent l’ensemble des consignes sanitaires qui pèsent sur le pays depuis le début.

Cinq évêques et plusieurs laïcs déposent plusieurs recours en faveur de la liberté de culte

MMgrs Marc Aillet, évêque de Bayonne; Bernard Ginoux, évêque de Montauban; Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon; David Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France; et Dominique Rey évêque de Fréjus-Toulon, les Associations familiales catholiques (AFC); Charles Beigbeder, entrepreneur; Rémi Brague, philosophe; Chantal Delsol, philosophe; Fabrice Hadjadj, philosophe, Jean d’Orléans, comte de Paris; Pierre Manent, philosophe; Charles Millon, ancien ministre de la Défense; Jean Sévillia, historien et journaliste; Thibaud Collin, professeur de philosophie. Fabrice Habjadj, philosophe, signent une tribune dans Le Figarovox en faveur de la liberté de culte :

Au moment même où notre pays entrait dans une deuxième période de confinement, le triple assassinat de Nice est venu douloureusement nous rappeler que les chrétiens paient un lourd tribut dans les attentats terroristes. Trois personnes ont en effet été sauvagement massacrées dans une église pour le seul motif qu’elles étaient chrétiennes. Déjà, le 26 juillet 2016, le père Jacques Hamel avait été égorgé à Saint-Étienne-du- Rouvray, au cours de la messe qu’il était en train de célébrer.

Les hommages qui se multiplient partout en France, en ces jours où nous sommes encore sous le choc de la décapitation du professeur Samuel Paty, montrent à quel point notre pays reste attaché à ses libertés fondamentales, bafouées par ces crimes: liberté d’expression, liberté d’enseigner, liberté de culte.

Les chrétiens en général, les catholiques en particulier, sont sensibles aux marques de sympathie et de solidarité qui leur sont adressées. Ils sont conscients de leur devoir de participer à ce sursaut collectif, si nécessaire dans la lutte contre le terrorisme islamique.

Pourtant, alors qu’on réaffirme que la liberté de culte constitue un droit fondamental à protéger, on la restreint dans son exercice par une interdiction quasi totale de se réunir dans les édifices religieux. On considère par là qu’elle n’est pas une «activité essentielle».

Nous pensons au contraire que la liberté de culte ne peut se négocier et qu’on doit lui permettre de s’exprimer, particulièrement en ce temps où elle est contestée. Si «la République assure la liberté de conscience» (loi de 1905, 1er article), l’État se doit de rendre possible l’exercice et la pratique du culte.

De nombreux catholiques se refusent à déserter leurs églises, où les fidèles viennent trouver consolation et espérance, en ces temps qu’il est bien difficile de traverser seul. La célébration de la messe n’est pas pour eux une modalité de l’exercice de leur foi, mais en constitue la source et le sommet. L’eucharistie non seulement rassemble, mais construit l’Église; elle en est le cœur et le centre vital. Depuis les origines de l’Église, les chrétiens ont toujours affirmé: «Sans le dimanche, nous ne pouvons vivre.» Même les persécutions n’ont pas découragé les chrétiens de se réunir le jour du Seigneur.

Ce nouveau confinement, nécessaire pour se protéger du virus, est un temps particulièrement difficile et anxiogène pour beaucoup. Les messes constituent un des rares moments où les fidèles viennent reprendre force et courage pour le supporter. En interdire l’accès, c’est la double peine pour les catholiques, si éprouvés dans leur foi. Ne les privons pas de ces espaces de ressourcement!

Si les lieux de consommation et les grandes enseignes de distribution restent ouverts, ils ne combleront pas les aspirations les plus profondes du cœur et ne suffiront pas à apaiser les craintes.

Face à l’épidémie de coronavirus, nous sommes conscients des précautions sanitaires à prendre et du respect de toutes les normes à observer rigoureusement. Depuis le déconfinement, nous avons pris nos responsabilités et les mesures barrières ont été strictement respectées. On n’a pas recensé de foyers de contamination dans les églises. Nous partageons pleinement le souci de préserver la santé publique. Mais l’interdiction générale des messes nous paraît avoir un caractère disproportionné face au besoin de réaffirmer nos libertés les plus chères, parmi lesquelles celle de pratiquer notre religion. Aussi, nous voulons pouvoir célébrer publiquement la messe, notamment le dimanche. L’eucharistie est le cœur de notre vie.

Pour autant, il nous semble que cette question doit interpeller tous les hommes attachés à nos libertés publiques fondamentales. En effet, à travers cette interdiction de la pratique religieuse, c’est la liberté de culte que l’on ne respecte pas.

Devant cette situation d’une profonde gravité, nous avons déposé plusieurs recours devant le Conseil d’État puisque déjà lors du déconfinement de juin, ce dernier avait enjoint le premier ministre de prendre des mesures mieux proportionnées aux risques sanitaires encourus.

Les Associations Familiales Catholiques précisent dans un communiqué :

Lundi 2 novembre, les Associations Familiales Catholiques, conjointement avec d’autres associations confessionnelles et des évêques* ont déposé une requête en référé-liberté auprès du Conseil d’État.

Ils demandent ainsi au Premier Ministre de modifier deux articles du décret du 29 octobre 2020, portant une atteinte grave et illégale à la liberté fondamentale du culte et au droit de participer collectivement à des cérémonies cultuelles :

  • d’une part, pour permettre aux personnes de se rendre à un lieu de culte distant de plus d’un kilomètre de leur domicile, sans condition de durée, tout en prenant en compte la situation particulières des aumôniers appelés à se rendre au chevet de leurs fidèles ;
  • d’autre part, pour autoriser les rassemblements dans les établissements de culte en limitant leur durée à 90 minutes et en prescrivant toutes les mesures utiles à la prévention de la propagation du virus.

Car les AFC sont convaincues plus encore qu’au printemps, que le soutien spirituel et la nécessité de cérémonies communautaires pour tous les fidèles d’une religion sont essentiels.

La participation physique à la prière communautaire et l’assistance au culte sont des éléments majeurs de réconfort et de force morale, particulièrement dans cette période où la confrontation avec la maladie et la mort sont plus fortes et où la communauté catholique est victime d’actes de terrorisme.

La Confédération nationale des Associations Familiales Catholiques dont un des objets est ” d’assurer la défense des intérêts spirituels […] des familles et d’exercer devant toutes les juridictions toute action en justice […] relativement aux faits de nature à nuire aux intérêts spirituels […] des familles. ” (article 1 bis des statuts) se fait la porte-parole des familles qui aspirent à vivre leur foi. Cette liberté est fondamentale et ne peut s’exercer sans liberté de culte.

Respecter la liberté religieuse reconnaît l’apport unique et indispensable des religions dans la société. La dignité de l’homme passe par la liberté religieuse. Le Pape Jean Paul II affirmait même ” qu’elle est à la base de toutes les autres libertés “. La France, pays des Droits de l’Homme, se doit de respecter cette liberté.

* Les associations : Anuncio, Le Village de François, Journées Paysannes, IRCOM, Les Deux Rives et les évêques : Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon, Mgr David Macaire – archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France, Mgr Jean-Pierre Cattenoz – archevêque d’Avignon.

Addendum : il faut noter que les évêques ont déposé 3 recours. 3 évêques se sont joints au recours des AFC ci-dessus, Mgr Ginoux et Mgr Aillet ont déposé un autre recours, tandis que Mgr de Moulins-Beaufort, au nom de la CEF, a déposé un 3e recours. La multiplication des recours permet de multiplier les chances de modifier le décret.

A propos de la faillibilité pontificale

De Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique :

En ce 19 juillet 1870 la ville de Rome est en liesse. La foule a envahi la basilique Saint Pierre pour célébrer la promulgation, la veille, par le concile Vatican I, de la constitution Pastor Aeternus qui définit le dogme de l’infaillibilité pontificale. Le même jour la France déclare la guerre à la Prusse, mettant ainsi fin au concile. Le cent-cinquantième anniversaire de cette promulgation est passé quasiment inaperçu. Seules se sont intéressés à ce sujet quelques personnalités ou publications de la mouvance dite des catholiques « observants », « intransigeants », etc. Signalons un copieux dossier de la revue thomiste : Le sel de la terre : « Vatican I : concile fondamental » et une conférence, disponible en cd, de Philippe Roy-Lysencourt, de l’Institut d’Etude du Christianisme : « Histoire du premier concile du Vatican ». Manifestement le sujet met tout le monde un peu mal à l’aise.

Pastor Aeternus

L’enseignement de Pastor Aeternus est pourtant à la fois simple et clair. Le texte tient d’abord à rappeler que :

« Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils publiassent, d’après ses révélations, une nouvelle doctrine mais pour que, avec son assistance, ils gardassent saintement et exposassent fidèlement les révélations transmises par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi …ce siège de Pierre reste toujours exempt de toute erreur ».

En conséquence :

« le Pontife romain, lorsqu’il parle ex cathedra (…) définit qu’une doctrine touchant la foi et les mœurs doit être tenue par l’Eglise universelle, jouit pleinement, (…) de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que Son Eglise fut pourvue ( …) ; et par conséquent, ces définitions du Pontife romain, par elles-mêmes, et non en vertu du consentement de l’Eglise sont irréformables ».

L’infaillibilité pontificale s’exerce ainsi selon trois modalités :

  • un enseignement solennel du pape engageant son autorité. Une déclaration du pape dans l’avion à un journaliste ne rentre pas dans ce cadre.
  • un enseignement qui concerne la foi et les mœurs. Ainsi, les origines, supposées, du réchauffement climatique n’entrent pas dans le champ d’application de l’infaillibilité pontificale.
  • l’autorité du pape est personnelle et n’est soumise à aucune forme de collégialité, cela contre l’hérésie conciliariste qui soumettait l’autorité du pape à celle du concile.

Cette proclamation solennelle ne faisait, bien sûr, comme toujours, que formaliser une croyance largement répandue dans l’Eglise. Les catholiques français emmenés par Dom Guéranger, abbé de Solesmes, Mgr Pie, évêque de Poitiers et le journaliste Louis Veuillot adhérèrent avec enthousiasme à cette promulgation. On peut même penser que beaucoup, mêlant dans une même cause celle du roi et celle de Dieu, reportèrent sur la personne du pape la fidélité qu’ils auraient aimé témoigner au roi Henri V lorsque la renonciation du comte de Chambord au trône rendit les espoirs de restauration monarchique illusoires. Ces ultramontains en vinrent à psychologiquement vivre une forme de papolâtrie, combinée avec une hypertrophie du magistère pontifical réduisant quasiment à néant le munus docendi, pouvoir d’enseignement des évêques diocésains. Deux dérives dénoncées de manière argumentée par Mgr Schneider dans son précieux témoignage : Christus Vincit. Le triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps. Face aux erreurs du gallicanisme et du conciliarisme certains crurent répondre, en vérité, par l’erreur inverse d’une extension indue de l’autorité pontificale et une forme de sacralisation de tout acte et de toute parole du pape. Malheureusement, la vérité n’est pas le contraire de l’erreur…

Le pape est le vicaire du Christ

Lors de sa messe d’intronisation le 24 avril 2005 le pape Benoît XVI avait déclaré :

« En ce moment, je n’ai pas besoin de présenter un programme de gouvernement (…) Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute l’Église, de me mettre à l’écoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide l’Église en cette heure de notre histoire ».

Le pape François est clairement sur une autre ligne. Souvent ses interventions commencent par : « Personnellement je pense que… » ou se concluent par : « Voilà ce que je pense ». Une nouvelle étape a été franchie dans l’encyclique Fratelli tutti dans laquelle à plusieurs reprises le pape écrit : « Je rêve que… » et même « Comme c’est important de rêver ensemble » (§8). Nous sommes loin de la mise en lumière, du dépôt de la foi révélée, clos à la mort du dernier apôtre. Face à certaines déclarations un peu surprenantes du Souverain pontife, la dernière en date étant la reconnaissance de la licéité des unions civiles pour les couples homosexuels, les milieux ultramontains, conservateurs, se sentent, à juste titre, extrêmement mal à l’aise. D’explications alambiquées en dénonciations des manipulations médiatiques certains, animés des meilleures intentions, « vêtus de probité candide et de lin noir » en viennent à nier les notions élémentaires du principe de non contradiction. Comment concilier dans l’encyclique Fratelli tutti « Les peuples qui aliènent leur tradition, on leur arrache leur âme » ( §14) et « Chaque pays est également celui de l’étranger » ( §124). Quant à dénoncer les manipulations médiatiques, c’est un peu Oui-Oui au pays des bisounours, découvrant, abasourdi, qu’il y a des méchants. Il est mathématique que plus la parole est abondante, plus la probabilité que les propos soient déformés est également importante, sans occulter le fait que seule la parole rare est écoutée. Parler de tout et tout le temps c’est se condamner à n’être ni écouté ni, a fortiori, entendu. Dans Fratelli tutti le pape nous livre d’ailleurs une des clés de cette inflation de discours et de déclarations :

« Les différences sont créatrices, elles créent des tensions et dans la résolution d’une tension se trouve le progrès de l’humanité » (§203).

Dans cette optique, résolument hégélienne, la fonction du magistère n’est plus de se conformer, le plus parfaitement possible au magistère même du Christ, par nature fixe, mais de discerner les signes des temps, toujours évolutifs, constitutifs des nouveaux dogmes, fruits de ce progrès dialectique. Cette nouvelle conception du magistère exige, logiquement, beaucoup plus de discours et d’explications que la précédente.

De mauvais papes ?

Enfin est-il incongru d’oser penser que l’Eglise pourrait avoir à sa tête un mauvais pape, certes préservé par une grâce divine d’enseigner ex cathedra des erreurs contre la foi et la morale mais néanmoins au comportement et à l’enseignement ordinaires peu exemplaires ? Laissons l’histoire nous répondre. Selon saint Robert Bellarmin le pire des papes fut Jean XII (937-964) ainsi accusé par l’empereur Othon 1er au nom du synode :

« Sachez donc que vous avez été accusé – non par quelques-uns, mais par tous, laïcs et ecclésiastiques – de meurtre, de parjure, de vol d’objets sacrés, d’inceste avec vos proches et avec deux sœurs. L’on vous accuse également d’une autre de vos pratiques, effroyable rien qu’à l’entendre évoquer : que vous ayez trinqué à la santé du diable, et qu’au jeu de dés, vous ayez invoqué l’aide de Jupiter, de Vénus et des autres démons. Nous vous prions instamment, Père, de ne pas refuser de venir à Rome et de vous défendre contre toutes ces accusations »

Othon 1er, quoique laïc, fut qualifié de « pieux empereur » par Saint Robert Bellarmin. Il vécut entouré de saints : Adélaïde son épouse, Mathilde, sa sœur, Bruno, son frère, etc. Quant à Jean XII son nom est toujours à sa place parmi les médaillons peints, dans la nef centrale de la basilique de Saint Paul hors-les-murs, qui représentent les papes. Grand mystère de l’Eglise rehaussé par l’anecdote suivante : Un jour, tout en colère contre le secrétaire d’état du pape Pie VII, Napoléon Bonaparte lui dit, en tapant rageusement le pied par terre :

« Je détruirai votre Église ! »

– « Excellence, lui répondit le cardinal Consalvi, il y a des siècles que nous faisons nous-mêmes tout ce que nous pouvons pour cela et nous n’y sommes pas parvenus ! »

Interdire l’école à la maison ?

Emmanuel Macron a annoncé vouloir interdire l’école à la maison pour lutter contre le « séparatisme islamiste ». Est-ce une mesure pertinente pour lutter contre l’islamisme ? Est-ce possible et conforme à notre constitution et au droit international ?

Du sacre du voyou au sacre du criminel

De Marion Duvauchel, Professeur de philosophie- historienne des religions :

Le « sacre du voyou » auquel nous assistons aujourd’hui, n’a rien de récent. Il s’inaugure le samedi 11 février 1983, lors d’une émission de Michel Pollack dont les plus âgés se souviennent peut-être : Droit de réponse. On y hurlait, on y fulminait, on fumait comme des troupiers, c’était le journalisme d’alors. Il valait bien celui d’aujourd’hui. Ce jour-là, Michel Pollack avait pour guest star Maître Verges, qui était, cum grano salis, le Dupont-Moretti de l’époque. Cum grano salis, car on n’était pas encore assez fous ou assez égarés alors pour nommer Maître Verges ministre de la justice.

Chaque société choisit les héros qui correspondent à son éthique. On ne choisit pas sans une profonde raison de concélébrer le Sacre du voyou, quel que soit le visage qu’il prend. Au début du XIXe siècle, avec le romantisme, Paul Bénichou avait cru discerner ce qu’il appelle le sacre de l’écrivain. Personne ne touche plus les écrouelles et nous respectons (pour combien de temps encore, et pas toute la société) l’État-Providence qui étrangle toute initiative et rembourse l’avortement. Il faut bien que nos artistes, généralement de gauche, placent quelque part les bouffées de chaleur respectueuse qui les étouffent. En 82, la bouffée de chaleur respectueuse allait à ce vulgaire criminel du nom de Mesrine.

Il y eut au cours de cette émission du 11 février 1983 un quart d’heure de glose à la mémoire de ce truand très ordinaire qui tuait, raptait, torturait pour le plaisir, la jouissance et pour l’argent : Mesrine. C’était trois ans et demi après sa mort. Il avait alors obtenu 560 fois environ la place et le temps consacrés au dernier prix Nobel de la paix (français) de médecine d’alors.

Puisque Mesrine était présenté comme l’innocente victime des contradictions du capitalisme, on lui devait bien cette modeste compensation, écrit alors Pierre Chaunu, qui fut à l’histoire ce que Raymond Aron fut à la sociologie, (avec plus de force, d’énergie et de prophétique lucidité) dans le journal le Figaro, le 9 avril de la même année.

J’aimerais reprendre ce que nous apprend notre historien de la longue durée. Prophète de notre malheur d’aujourd’hui, Pierre Chaunu nous donne dans la foulée une petite leçon d’histoire.

Le sacre du voyou des années 80 ne s’inscrit pas dans la tradition du bandit au grand cœur. L’histoire du banditisme que notre historien appelait de ses vœux est toujours à écrire. De préférence par de bons historiens. Il conviendra alors d’y ajouter un chapitre spécial sur ce banditisme particulier, effroyable, des cinglés de l’islam. Là encore, il y a une faille dans cette histoire de la crapulerie.

En Gaule, la première manifestation du grand banditisme, au Vème siècle, est celle des Bagaudes. Les Bagaudes sont des barbares de l’intérieur. Expliquons pour ceux qui ont oublié : en s’alourdissant, le Bas-empire ne contrôle plus rien. Conséquence, entre les barbares du dehors et les cités recroquevillées dans les mailles d’un tissu social mité, une société élémentaire, brutale, vengeresse, violente, sadique, occupe les vides d’un Imperium asthénique et d’une civilisation aussi énervée que l’est aujourd’hui la nôtre. La justice bagaude est sommaire : les sentences sont rendues sous un chêne et inscrites sur le dos des coupables. Là, tout est permis. Dans la grande forêt de la Gallia, de l’Iberia et de la Britannia redevenues chevelues, les Bagaudes annoncent le mythe d’une société inversée, d’une Saturnale concrète où les premiers seront les derniers avec l’exercice illimité de la vengeance et la simplification des règles rendues plus accessibles à ceux que l’ignorance tient en position d’infériorité.

L’islam utilise la même combinaison. Il rend accessible à des femmes incultes et à des hommes  semi-illettrés, des règles simplifiées : le méchant est le mécréant, on peut le voler, le tuer aussi s’il le faut (s’il ne veut pas se convertir ou s’il bafoue Mahomet). Les vertus sociales qui représentaient deux volumes de la Somme de saint Thomas d’Aquin sont réduites à l’essentiel. Et dans ce domaine, cet essentiel est la mort de l’intelligence. Et ensuite, la mort tout court.

Après les Bagaudes, il y a eu Mandrin. Le bandit s’est individualisé. Il s’en prend à la Ferme générale, symbole en acte de la résistance à l’impôt et au plus lourd et au plus impopulaire de ces taxes iniques : les aides et gabelle.

Dans la mise en place de l’imaginaire des grands justiciers, le roman feuilleton, « sorte de complainte du crime redouté et exalté » et des grandes affaires criminelles a joué un rôle que notre critique littéraire n’a jamais daigné analyser. Stérilisée par deux décennies de nouveau roman suivi par l’écœurant narcissisme des autobiographies de l’infinie médiocrité qu’on ne cesse d’imprimer à des fins d’édification, elle bavarde ad nauseam sur l’insignifiance de destinées diverses qui s’offrent à notre vénération.

Or, de Mandrin et Bonnot à Mesrine, il y a une faille. Et Chaunu l’avait vue avec la précision de l’historien et l’inspiration prophétique.

À nous de poursuivre.

Mesrine torture et tue pour le gain. Il ne symbolise pas, comme les Bagaudes, une autre société, ou comme Mandrin, la résistance à l’État de finances. Encore moins l’ignorance comme le Surineur du roman d’Eugène Sue, les Mystères de Paris, ou l’inoubliable Jean Valjean, symbole de l’acharnement du malheur et du poids de l’anankè sociale.

Mesrine a été rendu célèbre parce qu’il est peu doué, qu’il aime l’argent, et que ne pouvant faire plus et mieux, il tue. Comme sont rendus célèbres tout les petits malfrats des banlieues, symbole de notre infinie culpabilité pour n’avoir pas su les comprendre et les intégrer, ces « sauvageons ».

Le lointain et approximatif archétype du Mesrine cinématographique des années 80 est fourni par Jacques Bonnot dont la bande tuait en voiture et dont on a tenté de couvrir les crimes d’une revendication anarchisante. La filmographie de Mesrine des années 80 ne faisait qu’inaugurer le sacre du voyou. Plus récemment, la presse a relayé avec fureur un diptyque, avec Vincent Cassel dans le rôle titre, sur ce voyou célèbre. Les critiques le soulignent avec  moult fautes d’orthographes comme un sommet : le film ne dénonce pas.

Déjà avec la Haine, Vincent Cassel et Matthieu Cassovitz avait inauguré le genre, avec les petits voyous des banlieues, sur fond « multi-ethnique », entendre multi religieux aussi. On est passé ce jour-là au sacre des petits voyous, de ces « sauvageons » dont les délits sont excusés, parce que n’est-ce pas, la France est responsable de leur état, de leur situation, de leur inculture crasse, de leur arrogance musulmane lorsqu’ils le sont. Ils tuent, violent, incendient en toute impunité.

Ne nous leurrons pas, nul doute que quelque cinéaste aura à cœur de placer la bouffée de chaleur respectueuse envers ces pauvres musulmans qui va l’étouffer. Nul doute que nous aurons un jour ou  l’autre sur nos écrans quelque chef-d’œuvre salué par la critique, et que l’on verra sur tous les plateaux télévisés les acteurs qui auront campé quelque chef de guerre dont la férocité sans nom porte l’euphémique nom de « terrorisme ».

Ce régime de terreur que l’islam (et non l’islamisme) prétend bien installer rappelle le régime des Bagaudes. La loi y est celle de l’islam, et ceux qu’on ne tue pas, on les revend au pays d’origine, pas tout à fait dans le même état : le syndrome de Stockholm dont a vu  récemment les tristes ravages pourrait s’appeler désormais le syndrome Pétronin.

Nous justifions et payons de nos cotisations sociales le meurtre de l’enfant à naître, qui nous manque aujourd’hui parce qu’il risquait de nous gêner hier et que nous remplaçons par la main d’œuvre bon marché, mais inapte, inculte, et donc dangereuse, qui arrive massivement dans un pays que le covid appauvrit chaque jour davantage. Un pays dont le retard de formation s’accélère grâce aux réformes successives menées par des idéologues sans entrailles ni bon sens. Un pays qui, depuis quarante ans, n’a plus assez d’enfants pour assimiler les enfants d’ailleurs.

Car ce sont les enfants qui assimilent les enfants.

Cet effroyable massacre depuis quarante ans des enfants à naître est en corrélation directe avec l’afflux massif de populations étrangères, issues pour la plupart de cultures traditionnelles, qui ne comprennent pas nos sociétés modernes et qui les voient à travers le glacis des richesses invraisemblables qui s’étalent devant leurs yeux ou sur les écrans de télévision. Richesses loin d’être partagées par les ressortissants de France. Le « collapsus » annoncé par un Pierre Chaunu prophétique a eu lieu. Pour la survie de nos sociétés, nos responsables ont bien compris qu’il fallait un afflux de population. Trop tard pour revenir en arrière, les lobbys LGBT et les semi-folles du féminisme sont là, presque aux commandes. C’est la course en avant. Elle ne cessera que lorsque nous serons parvenus au seuil, et il est imminent, de la mort de notre société française, décervelée depuis trois décennies au moins, paralysée par un État boulimique asservie à une classe politique européenne qui ne lâchera pas les prodigieux avantages dont elle jouit.

Et surtout par une société française que l’on s’est employée à priver du ressort le plus profond de son histoire, de sa culture, de ses terroirs : le formidable ressort chrétien.

Covid-19 : quand intox et hystérie sont les deux mamelles du reconfinement macronien

Tout d’abord, ce que ce texte n’est pas : il n’est pas une discussion sur le bienfondé de la décision de reconfiner (qui serait assimilable au concept de vie nue développé par Mme C.Delsol dans un beau texte du 23 octobre COVID-19 : on abolit l’existence à force de vouloir protéger la vie nue. Il n’est pas plus une discussion sur les modalités de ce reconfinement.

Il se veut une réflexion sur les intox et les présupposés toujours hystéricisés ayant amené la macronie à décider d’un nouveau confinement. Il ne sera donc pas question non plus de tous les autres mensonges, à commencer par ceux entourant l’usage de l’hydroxychloroquine, qui demanderaient à eux seuls déjà tous les tomes d’une Comédie humaine.

Mensonge et hystérie avant la décision de reconfinement : contentons-nous d’examiner successivement trois catégories :

  • Les mensonges sur l’impréparation de la France
  • Les mensonges sur les données chiffrées
  • L’hystérie constamment distillée par toutes les prévisions retenues pour la prise de décision

I- Mensonges sur l’état de préparation de la France qui aurait tirer profit de l’expérience de la première vague :

  • « Oui, nous serons prêts» répond M.Macron le 14 juillet à la question « S’il y a une deuxième vague qui arrive, est-ce que cette fois-ci, nous serons prêts ? »
  • « Si une pression sanitaire trop forte devait se faire sentir, nous avons en tout cas anticipé, sécurisé nos capacités de réponse» rassurait M. O .Véran en conférence de presse le  27 août (https://www.gouvernement.fr/point-de-situation-sur-l-epidemie-de-covid-19-du-27-aout-2020.
  • « Si la situation le nécessite, ce sont donc 12000 lits de réanimation qui pourraient être disponibles pour accueillir près de deux fois plus de patients en même temps que lors de la première vague » disait le même M.Véran lors de la même conférence (J.Castex a annoncé aux partis politiques le 27/10 qu’il y avait 6400 lits de réanimation).
  • «L’hôpital est prêt à faire face »  répétait encore M.Véran le 21 octobre, à la Une du journal Les Echos, juste une semaine avant l’annonce du reconfinement pour raisons d’engorgement hospitalier.

II- Mensonges sur les données chiffrées, toutes accentuées pour faire peur :

  • 200 lits occupés par les réanimations covid dans le département des Bouches du Rhône, annonce M.Castex le 24 septembre pour justifier l’annonce de la fermeture des bars et restaurants, courbe sur son compte Twitter à l’appui. Les chiffres gouvernementaux réels donnent le chiffre de 121 lits occupés.
  • « Hier, nous avons eu 527 décès» indique M.Macron dans sa dernière exhibition télévisée du 28/10 : Vérification immédiate avec les chiffres gouvernementaux : 288 décès à l’hôpital.

En réalité, les morts des EHPAD ne sont comptabilisés que tous les quatre jours de façon groupée. Ce qui a permis à M.Macron d’exhiber son beau score, gonflé et donc faux.

  • « Hier, nous avons dénombré près de 3000 personnes en réanimation, soit plus de la moitié des capacités nationales » déclare encore M.Macron le 28/10 à propos du nombre de malades covid en réanimation. Mais si, comme l’a dit M.Castex, le nombre réel de lits en réanimation est de 6400, près de 3000 personnes ne peuvent pas représenter plus de 50% de cette capacité. Ceci étant, M.Castex dans sa présentation du plan de reconfinement à l’Assemblée nationale le 29/10 disait aussi : « Aujourd’hui, 60 % des lits de réanimation sont occupés par des patients souffrant de la covid-19 ». 60% de 6400 lits, cela fait 3800 malades covid en réanimation. Le Président et le Premier ministre ne sont même pas capables d’être d’accord  à 24 heures d’intervalle. C’est vous dire la finesse de l’analyse gouvernementale. Ca suscite la confiance.
  • « A ce stade, nous savons que quoi que nous fassions, près de 9000 patients seront en réanimation à la mi-novembre, soit la quasi-totalité des capacités françaises» déclare toujours M.Macron le 28/10. Alors, capacité de 6000 ? de 6400 ? de 12000 ?, de 9000 ?

Le sujet du taux d’occupation réel des lits de réanimation a été passé en revue par un article de la cellule Checknews de Libération intitulé : L’indicateur du taux d’occupation des lits de réanimation est-il gonflé ?

La réponse est claire et nette : oui, les taux sont gonflés. Explications :

« Le taux d’occupation des places en réanimation est calculé en rapportant au nombre de lits initial en réanimation (un peu plus de 5000) tous les patients atteints du Covid-19 hospitalisés «en soins critiques»… une catégorie qui va au-delà des seuls patients en réanimation. En clair, les autorités présentent un taux d’occupation des services de réa… qui prend en compte des patients qui ne sont pas dans ces services.

En effet, depuis le début de la crise du Covid-19, les communications officielles utilisent le terme «patients en “réanimation”» pour désigner tous les patients atteints du Covid-19, placés en soins critiques. C’est-à-dire dans les services de réanimation à proprement parler, mais aussi en unités de soins intensifs (SI) ou en unités de surveillance continue (SC).

Selon des chiffres de 2019 diffusés par la Drees, on comptait alors en France environ 5 400 lits en réanimation, près de 6 000 en soins intensifs, et plus de 8 000 en surveillance continue. Comment les patients souffrant du Covid et admis en soins critiques sont-ils répartis dans ces différents services ? Mystère. On connaît, chaque jour, le nombre de patients Covid en soins critiques (plus de 3100 à ce jour). Mais pas la répartition. Et donc pas le nombre de patients Covid occupant des lits en réanimation ».

  • « Jamais depuis un siècle et les vagues épidémiques de la grippe espagnole, la France, l’Europe et le monde n’avaient été confrontés à une crise sanitaire aussi grave et aussi dévastatrice que celle que nous traversons depuis près de dix mois désormais» a encore affirmé avec un rien de grandiloquence M.Castex le 29/10 à l’Assemblée nationale.

Nous avons pourtant deux points de comparaison (en prenant comme bases 36 000 morts covid actuels en France dont le nombre, c’est vrai, va encore croître et 1,2 millions de morts dans le monde) :

  • La grippe asiatique de 1957 a provoqué  entre 1 et 4 millions de morts dans le monde et entre 12 et 100 000 morts en France ; soit un équivalent, ramené proportionnellement aux populations actuelles, d’environ 30 000 morts en France et 5,2 millions dans le monde.
  • La grippe de Hong-Kong en 1969 a provoqué environ 1 million de morts dans le monde et 31 000 morts en France ; soit un équivalent, ramené proportionnellement aux populations actuelles d’environ 41 000 morts en France et 2,1 millions dans le monde.

Donc, au total, des ordres de grandeur tout à fait comparables, rien de quoi s’extasier –pour le moment- sur le covid.

III- Enfin, des prévisions toujours catastrophiques.  

  • Revenons à J.Castex le 24 septembre à propos des mesures prises à Marseille. La courbe prévisionnelle qu’il a présentée pour les malades covid en réanimation dans le département des Bouches-du-Rhône préannonçait 940 malades au 27 octobre. La réalité ? 194 malades covid en réanimation dans ce département, une exagération de près de cinq fois.
  • Macron, dans son adresse du 28 octobre, à propos des lits de réanimation : « Du reste, quand bien même nous pourrions ouvrir beaucoup plus de lits et malgré l’effort de doublement que nous avons réussi qui peut sérieusement vouloir que des milliers de nos compatriotes passent des semaines en réanimation avec les séquelles que cela implique sur le plan médical ? ». Or, il a été fréquemment dit que de grands progrès avaient été faits pour soigner les malades en stade avancé, leur éviter souvent la réanimation, ou au moins l’intubation (« A la place, les médecins pratiquent l’oxygénothérapie, qui consiste à administrer de l’oxygène aux patients de manière nettement moins invasive : Deux petits embouts qu’on met dans le nez, c’est extrêmement léger”), et que au surplus, les durées d’hospitalisation avaient été sérieusement écourtées. Encore une dramatisation.
  • Et enfin, l’affirmation de M.Macron le 28 octobre : « Nous pourrions – certains le préconisent – ne rien faire, assumer de laisser le virus circuler. C’est ce qu’on appelle la recherche de « l’immunité collective » c’est-à-dire lorsque 50, 60% de la population a été contaminée. Le Conseil Scientifique a évalué les conséquences d’une telle option. Elles sont implacables : à très court terme cela signifie le tri entre les patients à l’hôpital. Et d’ici quelques mois c’est au moins 400 000 morts supplémentaires à déplorer ». 

M.Macron n’ayant pas explicité son raisonnement, nous allons devenir des scientifiques distingués à l’aide d’un article du Figaro qui s’attache à comprendre cette question importante : Ces modélisations qui ont convaincu Emmanuel Macron de reconfiner. On y apprend que ce chiffre de 400 000 est issu de modélisations produites par l’Institut Pasteur et publiées le 9 septembre.

Vous pensez que l’art de la modélisation est difficile ? Pensez donc : pour arriver à cette estimation de 400 000 morts, il suffit « de considérer qu’il a fallu dans le contexte français 30 000 morts pour obtenir 5 % d’immunité collective » et ensuite d’appliquer un prorata pour atteindre 65% d’immunité collective : 30000 *65 /5 = 390 000 pour être précis. Une bonne vieille règle de trois fait donc l’affaire. 

Or, de façon intéressante, l’article du Figaro rappelait aussi que des travaux de l’Imperial College de Londres avaient estimé en juin que le premier confinement en France avait permis de sauver 690 000 vies. Les bases de calcul étaient un taux de mortalité (1,26%) et un taux de pénétration du virus de 90%.

Remarquons qu’il y a une variable autre que le taux de pénétration du virus, c’est le taux de mortalité. On va en reparler.  Mais repartons des 690 000 vies de l’Imperial College. Si d’une part, on choisit  un taux de pénétration du virus de 65% (au lieu de 90%), cela conduit à un chiffre de 500 000 vies (690000 * 65 / 90). D’autre part, choisir un taux de mortalité un peu plus faible (comme l’a fait l’institut Pasteur selon ce qui est indiqué dans l’article), soit 1% comme hypothèse, cela conduit à 400 000(498000 / 1,26), soit le chiffre de M.Macron. La boucle est bouclée..

En faisant varier ces deux paramètres, on aboutit au chiffre qu’on veut. Retenons par exemple, un article de juin 2020 (c’est-à-dire au moment même où l’Imperial College utilisait le taux de 1,26) sur le site pourlascience.fr, et sans doute pas plus bête que d’autres, faisait état d’un taux de mortalité du virus compris entre 0,5 et 1%. Si on prend 0,75% : nous arrivons alors au chiffre de 300 000 vies. Et on pourrait continuer.

Mais ces projections sont purement hypothétiques. Alors essayons une autre méthode en faisant deux comparaisons plus concrètes :

La première comparaison avec la situation des Etats-Unis. On se rappelle qu’il n’y a pas eu de ricanement assez méprisant (et les airs de chattemite du professeur Salomon quand il commençait chaque soir par le chiffre des décès aux Etats-Unis) pour moquer la gestion du covid aux USA, considérée comme en-dehors de tout contrôle. On peut donc en conclure que la situation là-bas doit assez ressembler à la catastrophe annoncée pour la France hors décision de confinement. Or, quels sont les chiffres actuels de l’épidémie aux USA par rapport à la France ? Il y a actuellement 70 décès pour 100 000 habitants aux USA, plus qu’en France où il y a pour le moment 54 décès pour 100 000 habitants. Soit une différence de 29%.

Mais notons que l’hypothèse du chaos extrême et des 690 000 morts cités par l’Imperial College aurait correspondu pour la France à environ 1000 décès pour 100 000 habitants, soit quand même un écart de quatorze fois plus que le réel constaté aux USA (70). Autrement dit, soit la situation aux USA n’est pas aussi incontrôlée qu’on l’a répété, soit les estimations de l’Imperial College étaient belles mais inopérantes.

Deuxième comparaison : le cas de la Suède, étudié à partir d’un autre article produit par la cellule Checknews de Libération et intitulé Les prévisions de Ferguson, qui ont conduit de nombreux pays à se confiner, étaient-elles fantaisistes ? Un M.Ferguson qui, en passant, fait partie de l’Imperial College.  Extrayons la phrase clé de cet article :

« ce modèle voyait la Suède payer cher pour l’absence de confinement, avec 40 000 décès par Covid-19 au 1er mai et 100 000 au mois de juin ».

Or, la Suède n’a pas confiné et son taux de décès actuel pour 100 000 habitants est de 58, tout à fait comparable à celui de la France (soit 6000 décès à fin octobre en Suède à comparer à l’hypothèse des 100 000 dès juin).

Terminons cette revue par ces quelques remarques complémentaires tirées d’une Tribune signée par plus de 300 professionnels et scientifiques de diverses disciplines et de divers horizons qui se déclarent atterrés par les discours officiels dramatisant indûment la réalité afin de justifier des mesures de confinement :

«  Il est également faux de dire [qu’avec le reconfinement] nous ferions simplement comme tous nos voisins européens. À ce jour, seuls l’Irlande et le Pays de Galles ont reconfiné la totalité de leur population… Au final, moins de 1% de la population est donc « à risque » et c’est uniquement elle qu’il faut protéger… Toute personne entrant à l’hôpital porteuse d’une trace du Covid est comptée comme un « hospitalisé Covid » même si elle vient en réalité pour son cancer ou son hypertension. Et c’est la même chose si elle entre en réanimation ou si elle décède. Ensuite, si les chiffres de l’hospitalisation et de la réanimation augmentent bel et bien, cela n’a rien d’exceptionnel : c’est au contraire ce qui se produit chaque année à la même époque (automne-hiver) mais que l’on fait semblant d’avoir oublié. Un Alzheimer généralisé s’est-il emparé de nos politiques et des journalistes ? Faut-il rappeler qu’en janvier 2020, à la veille de la crise du Covid, 1000 médecins dont 600 chefs de service des hôpitaux avaient menacé de démissionner pour dénoncer « un hôpital public qui se meurt » ? « .

N’en jetons plus, la cour est pleine. Yvan Rioufol très en verve le 30 octobre sur CNews disait: « On a l’impression que l’Elysée est devenu un grand hôpital, pour ne pas dire un grand hôpital psychiatrique ». On pourrait peut-être y trouver quelques lits de réanimation supplémentaires ?

Le rôle néfaste de la Cour Européenne des Droits de l’Homme

Pierre-Marie Sève, Délégué général de l’Institut pour la Justice, explique pourquoi les politiques n’ont pas le pouvoir de réguler l’immigration :

En effet, en matière d’immigration, la volonté politique est complètement bloquée par la JUSTICE !

En principe, un tribunal suprême doit vérifier que les lois sont respectées dans un pays. Aux États-Unis par exemple, une cour suprême fait ce travail et vérifie que tous les tribunaux du pays respectent les lois américaines.

Mais en France, nous sommes soumis à 5 COURS SUPRÊMES DIFFÉRENTES.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ces cours suprêmes n’œuvrent pas au bien de la France et des Français.

En matière d’immigration, ces cours suprêmes ont clairement empêché l’État français de reprendre la main. Et aujourd’hui, nous en subissons les conséquences.

Depuis 40 ans, plusieurs de nos gouvernements ont voulu réguler les flux d’immigration, sans succès.

Remontons déjà à 1977. Le gouvernement de Giscard d’Estaing avait autorisé le regroupement familial un an plus tôt mais il voyait déjà venir la catastrophe. En 1977, il supprime le regroupement familial.

Mais patatras ! Une de nos cours suprêmes, le Conseil d’État, décide de bloquer cette suppression. Une décision de justice appelée « GISTI » tombe en 1978 et décide que l’État n’a pas le droit de supprimer le regroupement familial.

Dans l’ordre, le Conseil constitutionnel puis la Cour européenne des droits de l’Homme, puis enfin la Cour de Justice de l’Union européenne ont ensuite emboîté le pas au Conseil d’État et ont décidé toutes seules de ce que peut ou ne peut pas faire l’État.

Ces cours suprêmes empêchent la volonté populaire de s’exprimer car tout le monde sait qu’une écrasante majorité des français souhaite la diminution drastique de l’immigration !!!

Est-ce trop tard ? Non, il n’est pas trop tard. Regardez autour de vous, il y a encore tant de trésors à sauver en France, il y a des générations entières de jeunes gens qui veulent que la France reste un pays qui se tient debout. Non, il n’est pas trop tard.

Comment régler ce problème ? Ça, c’est une autre paire de manches. Il y a des procédures juridiques complexes qui permettraient de se sortir de ces traités, de réformer la Constitution, de diminuer le pouvoir de ces cours. Mais il faudrait pour cela une volonté politique en béton armé, il nous faudrait un leader surdéterminé. Il faut aussi que les milieux du droit, que les milieux supposés intellectuels changent de culture, changent cette culture de laxisme généralisé.

Et aujourd’hui, l’IPJ est la seule structure en France qui se démène contre ces problèmes. Parmi nos nombreuses actions, nous éditons la Revue Française de Criminologie et de Droit Pénal. Cette revue parle ENFIN, dans les milieux universitaires du droit, des questions qui gênent !

Dans le prochain numéro, nous publions un superbe article de Francis Casorla, ancien procureur à la Cour de Cassation et célébrité du monde juridique, dénonçant le rôle néfaste de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Erdogan ou l’islamo-nationalisme en marche

D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :

Du XVIe siècle au XXIe, la Turquie n’a cessé de décroître. Erdogan, conscient que son pays est un pivot entre l’Europe et l’Asie, veut lui redonner une place prépondérante. La faiblesse de l’Union européenne favorise ses desseins de nostalgique ottoman.

Le sultan Erdogan rêve souvent de l’Empire ottoman. Durant plusieurs siècles, cet empire régna sur d’immenses territoires comprenant le Proche-Orient, la péninsule arabique et une partie de l’Afrique du nord où il avait dominé les tribus arabes ou supplanté des califats déclinants. L’Europe fut aussi sa proie avec les Balkans et plus au nord jusqu’aux portes de Vienne. Rome fut un moment un objectif avoué. Après avoir transformé Sainte-Sophie en mosquée, pourquoi ne pas faire la même chose avec Saint-Pierre de Rome ? Le triomphe serait complet.

La Méditerranée n’échappait pas à la voracité ottomane et, soit directement soit par le biais des barbaresques, les galères d’Allah faisaient régner la terreur. C’est pourtant là que le déclin commença avec l’échec du siège de Malte en 1565 puis la destruction de la flotte turque à Lépante en 1571.

La défaite devant Vienne en 1683 amorça le reflux définitif et, jusqu’à la première guerre mondiale, l’Empire ottoman traîna sa misère d’« homme malade de l’Europe ». Les convoitises étaient multiples. Les Russes rêvaient de reconquérir Constantinople et de refaire de Sainte-Sophie la grande basilique du monde orthodoxe. La funeste guerre de Crimée les en empêcha.

Mais l’histoire s’accéléra au XXe siècle. Les Italiens conquirent la Libye en 1911, puis Rhodes et le Dodécanèse. Les guerres balkaniques de 1912-1913 entraînèrent le départ définitif de cette région. Enfin, le Traité de Sèvres en 1920 dépeça totalement la Turquie, cœur de l’Empire. Les Français reçurent la Cilicie ; les Grecs, Constantinople, la Thrace et l’Anatolie égéenne ; l’Italie, le sud-ouest de l’Anatolie. La création d’un État arménien à l’est compléta le tableau et la Turquie fut réduite à l’Anatolie centrale avec Ankara.

Un homme va inverser le cours de l’histoire : Mustapha Kemal. Depuis son réduit, il part à la reconquête des territoires perdus et profite de la mollesse des Occidentaux en traitant avec eux séparément. Les Français notamment abandonnent la Cilicie et les chrétiens qui la peuplaient. Seuls les Grecs se battent, mais ils sont vaincus et doivent quitter l’Anatolie égéenne après des millénaires de présence. Leur ville, Smyrne, est détruite et deviendra Izmir.

Parallèlement, Mustapha Kemal proclame la république et entreprend une politique de laïcisation à marche forcée : interdiction du voile et de tout costume religieux, abolition des tribunaux coraniques, occidentalisation généralisée. Malgré plusieurs révoltes religieuses menées notamment par les Kurdes et différentes confréries religieuses, Kemal tient bon et réprime durement. Il s’appuie sur son immense aura de sauveur du pays.

À sa mort, il laisse un État-nation laïque et une armée puissante, chargée de veiller à la laïcité du pays. Au fond, Kemal n’aimait pas l’islam, religion arabe dont les Turcs auraient dû selon lui rester à l’écart.

La révolution religieuse d’Erdogan

Ce rappel historique était nécessaire si l’on veut comprendre l’ampleur de la révolution religieuse voulue par Erdogan.

Ce militant islamiste de la première heure va patiemment tisser sa toile et enchaîner les mandats : maire d’Istanbul en 1994, premier ministre de 2003 à 2014, puis président de la République. Seul accroc : quelques mois de prison en 1998 pour propos islamistes (« Les minarets seront nos baïonnettes »). C’est l’armée turque qui avait organisé la procédure, comme la constitution le lui permettait, et Erdogan lui vouera une haine profonde.

Le coup d’État kémaliste de 2016 et son échec seront l’occasion pour Erdogan de se venger et d’épurer l’armée de ses éléments laïques. L’islamisation de la société turque s’accélère alors.

Parallèlement, Erdogan déploie une politique étrangère particulièrement hégémonique, ce qui est tout à fait nouveau depuis un siècle.

Certes, la Turquie avait été très active auprès des musulmans bosniaques qu’elle arma, finança et islamisa dans les années 90 mais c’était avec la bénédiction des États-Unis dont l’obsession était de détruire la puissance serbe. L’expansion n’était en rien le cœur de la diplomatie turque. Erdogan va s’y atteler, là aussi avec méthode.

La guerre en Syrie, qui éclate en 2011, va être le premier acte de cette omniprésence. Soutenant les milices islamistes turkmènes, et celles liées au Qatar, la Turquie ne ménagera pas ses efforts et son argent pour tenter de renverser Bachar el-Assad. Ce dernier, alaouite donc proche des chiites, sera l’objet d’une haine toute particulière. Au-delà des principes religieux, il y a l’enjeu du gaz. Le Qatar a joué un rôle actif en Syrie avec pour objectif d’y installer un régime sunnite permettant de faire un jour passer des gazoducs. C’est pour l’instant impossible car, alliée de la Russie, elle aussi exportatrice de gaz, la Syrie ne permettra jamais au Qatar de faire passer son gaz chez lui.

La Turquie et le Qatar ont des liens étroits car leur idéologie relève de la même obédience, celle des très politiques Frères musulmans. Cette confrérie, récente mais fort active dans le monde musulman, est en conflit ouvert avec les wahhabites saoudiens, et lorsque Mohamed ben Salman (MBS), prince héritier d’Arabie Saoudite, décrètera un blocus terrestre et maritime contre le Qatar en 2017, Erdogan volera au secours de son frère en islamisme. Aujourd’hui, un important contingent turc campe au Qatar, lui assurant une solide protection. En échange, le Qatar investit beaucoup en Turquie et a aménagé chez lui un port en eau profonde afin de permettre à la marine turque d’y mouiller.

Grâce à la Russie, l’opération syrienne va échouer malgré les efforts d’Erdogan qui laissera passer sur son sol des dizaines de milliers de volontaires de Daech en route pour le grand djihad syrien. Il finira, sous la pression des Occidentaux, par bloquer les accès, et Daech l’en punira par une série d’attentats sanglants perpétrés sur le sol turc.

Profitant des multiples rebondissements de cette guerre sans fin, la Turquie va envahir le sol syrien à plusieurs reprises : au nord-ouest, dans la province d’Idleb, pour protéger les milices turkmènes, et au nord sous prétexte de lutter contre Daech et d’empêcher les Kurdes, considérés comme terroristes, de créer un territoire autonome au nord de la Syrie.

Seuls les Russes aujourd’hui contrôlent l’invasion turque. Au nord, Poutine a clairement signifié à Erdogan de ne pas aller plus loin et à Idleb, la partie turque a été rognée à deux reprises en 2019 et 2020 par des attaques russo-syriennes qu’Erdogan n’a pu empêcher. Des dizaines de soldats turcs ont été tués et Erdogan a compris qu’il avait trouvé un adversaire supérieur.

Russie forte, Europe faible

Ce n’est pas le cas des Occidentaux bien sûr. La guerre en Syrie a provoqué l’afflux de plusieurs millions de réfugiés (on parle de 3 à 4 millions). Le désordre qui prévaut dans la région fait qu’à ces Syriens (bien souvent islamistes) se sont ajoutés des Irakiens, des Afghans, des Iraniens, des Kurdes, des Pakistanais et d’autres encore.

Cette Tour de Babel est, il est vrai, un poids très lourd pour la Turquie, mais elle est surtout une bombe à retardement pour l’Europe occidentale. Les négociations entre l’Europe et Erdogan se sont résumées à un chantage éhonté de la part de ce dernier qui a reçu quelques milliards d’euros (on parle de 6 ou 7, et ce n’est sûrement pas fini) en échange du contrôle de ses réfugiés. Et lorsque le chèque tarde, Erdogan envoie quelques milliers d’entre eux vers la Grèce. La dernière tentative s’est toutefois soldée par un échec grâce à l’énergie des Grecs (dont on ferait bien de s’inspirer chez nous) qui ont bloqué les réfugiés à leurs frontières. La violence avec laquelle ces derniers ont attaqué la police grecque en dit long sur leur état d’esprit…

Tous ces épisodes ont convaincu Erdogan de deux principes : la Russie est forte et l’Europe est faible. Ses initiatives suivantes prouveront qu’il sait très bien s’adapter.

Il a d’autant plus intérêt à soigner sa relation avec la Russie que la Turquie souffre d’un déficit énergétique très coûteux alors que ses besoins sont en croissance constante et les finances du pays médiocres. Les deux ennemis en Syrie se sont parfaitement entendus sur cette question et un gazoduc appelé Turkstream partant de Russie, traversant la Mer Noire et finissant son trajet près d’Istanbul a été solennellement inauguré début 2020.

Mais cela ne suffit pas. C’est pourquoi Erdogan s’intéresse de très près aux affaires gazières de Méditerranée.

Depuis quelques années, plusieurs gisements de gaz ont été découverts en Méditerranée orientale. Israël, l’Egypte, la Grèce et Chypre en sont les heureux bénéficiaires. Ils s’entendent si bien qu’ils ont créé en 2019 le Forum du gaz de la Méditerranée orientale (FGMO) en invitant en outre la Jordanie, l’Autorité palestinienne et l’Italie. L’idée est de construire un gazoduc appelé Eastmed qui partirait de Chypre, longerait la Crète puis la Grèce pour finir en Italie.

Tous ces pays ont décidé d’écarter la Turquie pour un bon motif : elle ne peut prétendre à aucun gisement faute d’eaux territoriales concernées par les gisements et surtout d’entente avec les autres pays. L’occupation illégale de la partie nord de Chypre ne saurait être créatrice de droits. L’affaire aurait tout de même pu s’arranger par le biais de négociations. En effet, au-delà des eaux territoriales, il y a les ZEE (Zones économiques exclusives), tracées à la suite de négociations entre États.

Erdogan ne peut accepter d’être ainsi mis à l’écart. Il faut donc bien comprendre que l’activité de la Turquie en Méditerranée n’est pas seulement liée à une volonté d’expansion mais aussi à la tentative de forcer les pays du FGMO à l’inclure dans le partage du gâteau. Ceux-ci n’étant guère décidés à faire des concessions à l’ombrageux ottoman, ils subissent régulièrement des coups de force de la marine turque qui procède à des forages illégaux ou à des agressions contre d’autres navires de forage.

De ce fait, l’implantation en Libye relève quant à elle de cette double ambition : redonner à la Turquie un statut de grande puissance et diminuer sa dépendance énergétique

En intervenant militairement en Libye, Erdogan a sauvé le premier ministre Sarraj qui, en échange, a accepté de parapher avec son sauveur une ZEE parfaitement illégale car elle ne tient compte que des droits maritimes de la Libye et de la Turquie. Toutes les îles grecques ont coulé, en quelque sorte !

La “diplomatie religieuse” turque

Le bras de fer maritime ne fait que commencer et il s’agrémente de livraisons d’armes massives à la Libye protégées par la marine de guerre turque. Cette violation d’un embargo d’ailleurs peu respecté a entraîné une réaction pour une fois courageuse de la France, qui dut cependant reculer devant la pression américaine. Le secrétaire d’État Pompéo a subtilement rappelé à cette occasion que le seul ennemi en Méditerranée était la Russie qui ne devait pas s’implanter en Libye.

C’est pourtant chose faite. Poutine soutient Haftar, vaincu en Tripolitaine par les Turcs et les islamistes syriens arrivés dans leurs bagages, mais tenant l’est de la Cyrénaïque. Les champs de pétrole libyens se trouvent entre les deux, près de Syrte et il est frappant de constater que les hommes d’Erdogan se sont arrêtés juste avant Syrte, alors que les hommes d’Haftar étaient en déroute.

Turcs et Russes se partagent donc aujourd’hui la Libye, excepté le sud (Fezzan) où, de ce fait, un retour de Daech est observé.

On mesure en passant l’invraisemblable stupidité de l’intervention franco-anglo-américaine de 2011 : avoir détruit l’État libyen pour laisser les Turcs et les Russes se le partager ensuite, cela laisse pantois. Vraiment cette guerre est « rationnellement inexplicable » selon le bon mot de Bernard Lugan.

Quoi qu’il en soit, les deux adversaires/partenaires se retrouvent à nouveau face à face. Il faut bien reconnaître que si en Syrie les succès turcs sont modestes, en Libye ce fut une réussite qui permet à la Turquie de posséder un solide point d’appui en Méditerranée.

Il faut enfin aborder un aspect moins connu de l’expansion turque que l’on pourrait baptiser (si l’on ose dire) « diplomatie religieuse ». Ce terme délicat recouvre habituellement la façon dont l’Arabie Saoudite a financé à travers le monde des mosquées, des imams et des écoles coraniques d’obédience wahhabite. Les Turcs font exactement la même chose dans les Balkans, en Afrique de l’Est, au Liban et en Europe, particulièrement en Allemagne et en France (dernier exemple, la grande mosquée de Strasbourg avec l’aide de la municipalité).

On en parle peu et on a tort. Un nombre inconnu d’imams turcs prêchent dans des mosquées financées par la Turquie ; ils sont souvent fonctionnaires turcs et leurs propos relèvent d’un islamo-nationaliste turc dont on ferait bien de se préoccuper. Parallèlement, le mouvement des « Loups gris », composé de nationalistes turcs, s’implante en France et certains de ses membres ont attaqué cet été un rassemblement arménien à Décines, près de Lyon.

C’est peut-être moins spectaculaire que les drones turcs en Libye ou en Syrie, mais peut-être plus dangereux à long terme. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’Erdogan se donne la peine de faire de nombreuses réunions publiques en France et en Allemagne dès qu’une élection a lieu en Turquie.

La politique hégémonique turque mise en place par Erdogan ne fait que commencer et son caractère islamo-nationaliste ne doit échapper à personne.

Charlie Hebdo, décidément si régulièrement décevant

Etrange pour un hebdomadaire capable d’une certaine forme d’audace, même (très) vulgaire, comme le démontre la couverture du numéro du 28 octobre consacrée à M.Erdogan (on se rappelle les expéditions et intimidations de citoyens turcs -également français ?- à propos d’une couverture du Point en mai 2018 consacrée au Dictateur) et une débilité (= faiblesse) aveugle dès qu’il s’agit de parler soit de la droite, soit de l’identité française.

Encore un nouvel exemple  avec le dernier Edito de Riss. Phrase typique à propos de l’assassinat de M.Paty :

« C’est seulement l’horreur des événements qui a contraint la classe politique à sortir de la torpeur dans laquelle elle s’était réfugiée depuis des années, pour éviter de prendre à bras-le-corps la question de l’islamisme. Et aussitôt ressurgissent les mêmes écueils. La droite xénophobe s’engouffre dans la brèche pour remettre l’immigration sur le devant de la scène ».

Et le journaliste d’exprimer son rejet tant des « xénophobes de droite et d’extrême droite » que « des démagogues de gauche », en concluant :

« Cette ambiance de règlement de comptes de sortie de boîte de nuit n’est pas rassurante. Sûrs de leur bon droit, on peut craindre que des citoyens exaltés recourent à la violence contre des lieux de culte et leurs fidèles. Des justiciers autoproclamés qui se rêveront héritiers de Charles Martel ou d’Action directe ».

Le recours à la violence présenté donc comme l’apanage des gens de droite, voire d’identitaires catholiques.

Et le lendemain, trois égorgements dans la basilique Notre-Dame de Nice par un tunisien apparemment arrivé clandestinement via Lampedusa…

Allô, Riss ? Une réaction ?

Le dialogue difficile avec un imam

Le 30 octobre, au lendemain des assassinats dans la basilique de Nice par un musulman littéraliste, c’est l’Heure des Pros à 9h sur CNews. Est ce jour-là invité M. Abdelali Mamoun, imam et théologien.

L’animateur P.Praud pose une question quelque peu bizarre :

« Vous êtes au contact des Français musulmans. Le niveau de tension aujourd’hui de la société, comment vous l’évaluez ? Est-ce que les Français musulmans ont peur pour eux, car ils sont stigmatisés ? Quel est votre sentiment ? »

Ce qui amène à un dialogue un peu vif entre l’imam et Ivan Rioufol dont nous reproduisons les échanges essentiels.

M.Mamoun commence par répondre :

« Aujourd’hui, les musulmans ont véritablement peur que se déclenche une logique de vengeance réciproque et qu’eux-mêmes deviennent, en tant qu’innocents de cette communauté nationale, voulant vivre leur citoyenneté et leur spiritualité tranquillement et paisiblement, se retrouvent victimes de cet extrémisme identitaire, d’extrême-droite et caetera parce qu’ils avaient laissé apparaître un petit signe religieux au coin de leur vêtement. C’est cette inquiétude qui a motivé des fédérations départementales et mêmes nationales à fermer des mosquées : pas pour des raisons sanitaires, mais pour des raisons sécuritaires ».

Ivan Rioufol intervient alors en soulignant que, par décence, M.Mamoun aurait pu rappeler que ce ne sont pas des musulmans qui ont été victimes la veille, mais des catholiques.

Réponse de M.Mamoun :

« Nous pensons, nous musulmans, que ces chrétiens, ce sont les nôtres, ce sont nos frères. Ce discours séparatiste que j’entends parfois est inadmissible : les chrétiens, les musulmans, y en a marre aussi ».

Ivan Rioufol intervient à nouveau en soulignant que les Français ont eu tort de ne pas prêter attention aux avertissements des chrétiens d’Orient.

Nouvelle réponse de M.Mamoun :

 Ces chrétiens d’Orient, ces musulmans d’Orient sont tout autant victimes de la menace terroriste. Arrêtez de faire du sectarisme primaire. Pour moi, combattre le racisme, la xénophobie, l’intolérance, doit se faire contre tous ces barbares ensemble. Il n’y a pas à dire, les chrétiens d’Orient, les musulmans d’Orient, les juifs : on doit combattre toutes les formes de violence ».

Ivan Rioufol :

« Pour l’instant, ceux qui sont à protéger immédiatement, ce sont les chrétiens ».

Dernière réponse de M.Mamoun qui confine quand même au stade ultime de l’incohérence :

« et pas les musulmans ? Les juifs, on doit pas les protéger ? Pour moi, c’est du séparatisme… je ne suis pas dans la logique victimaire…  La promenade des Anglais : 84 morts. Sur les 84 morts, 36 musulmans. Vous n’avez pas à faire de la sélection ».

Il y avait pourtant une bonne nouvelle : M.Mamoun est considéré comme un imam représentatif de cet islam des Lumières fantasmé par certains. La preuve : il est l’auteur d’un livre récent : L’islam contre le radicalisme. Manuel de contre-offensive. Il représenterait donc une vision républicaine de l’islam en France. Vous imaginez dans le cas contraire ?

Et on repense avec quand même un certain effroi à la synthèse de M.R.Brague dans un article du Figaro ayant aussi suivi l’attentat de Nice et intitulé « Que cela plaise ou non, la France est attaquée en tant que nation chrétienne ». Il y dit à propos du radicalisme en islam :

« L’islamisme et l’islam sont en effet différents, mais j’y vois une différence de degré plus que de nature. L’islamisme est l’islam pressé, bruyant, brouillon ; l’islam est un islamisme patient, discret, méthodique ».

La sottise criminelle de l’Éducation nationale

De Marion Duvauchel, Professeur de lettres et de philosophie :

Le 30 octobre, sur la chaîne BFMTV, on pouvait lire dans les petites annonces écrites en « bas de page » et qui tournent en boucle pendant que le journaliste présente son affaire que l’Éducation Nationale impose aux enseignants une séquence sur la liberté d’expression. À qui et à quels niveaux, cela n’était pas précisé. Aux professeurs d’histoire, j’imagine…

Cette décision ne fait que refléter la criminelle sottise  des Diafoirus de l’Éducation qui laissent l’actualité gouverner nos programmes : sottise criminelle pour les intelligences et dévastatrice de la paix des esprits.

Il faut soutenir l’Évêque de Toulouse : le droit au blasphème n’est en aucun cas une forme de liberté. Car premier précepte, il n’est de liberté véritable que dans le bien ; et second précepte : le gouvernement de soi passe par le gouvernement de sa parole.

La position de Mgr Le Gall a déchaîné comme il se doit les réactions tellement prévisibles des laïcards qui se croient des voltairiens épris de libertés et qui ne sont que des sots.

Après le meurtre odieux du professeur d’histoire de Conflans-Sainte-Honorine, le recteur de la mosquée de Paris) en appelait aux musulmans, à leur réveil contre l’islamisme radical. Une autre personnalité musulmane, après avoir demandé à ne pas utiliser les caricatures de Mahomet dans les écoles, s’est rétractée et a répondu avec beaucoup d’intelligence que face au droit au blasphème, il fallait revendiquer le devoir du silence. Plus basique et sans grand intérêt, le traditionnel discours du recteur de la mosquée de Lyon : le vilain tchétchène n’est pas représentatif de l’islam, religion de paix et de tolérance, comme on peut le constater dans l’histoire de l’islamisation des peuples.

Ce torchon qu’est le journal Charlie hebdo, a l’habitude de caricatures tout aussi ignobles envers l’Église catholique. Si, bien sûr que cela offusquait les chrétiens, mais ils avaient adopté le devoir d’ignorer la bêtise, l’ignorance crasse en matière de culture religieuse, et l’absence de déontologie. Position que ce responsable musulman a invité à adopter.

Il y a caricature et caricature. Qu’est-ce qui peut définir une caricature acceptable d’une autre ? L’intention, ou si l’on préfère, l’intentionnalité. Les caricatures de Charlie Hebdo ont une seule et unique intention : provoquer, blesser. Elles blasphèment l’intelligence et le talent, elles blasphèment l’art du dessin, elles blasphèment la puissance d’expression donnée à l’homme, pour le bien.

En insistant sur le fait que la France continuerait de caricaturer, le président de la République, ce petit dictateur donné aux Français par la finance, a perdu une occasion de se taire. Il ne convenait pas de trouver la moindre circonstance atténuante à un crime ignoble. L’intention du professeur était, de manière éclatante, louable. Il n’empêche, le dispositif choisi était tragiquement inadéquat et l’idée de la liberté qu’il impliquait  terriblement insuffisante. Ce professeur d’histoire a été victime de la sottise idéologique qui martèle les esprits et les rends conformes à des idées mauvaises.

La défense des libertés est une chose : la notion de liberté en est une autre. L’enseignement sur ces questions difficiles requiert une formation, du temps, de la patience et un présupposé clair dans l’esprit de l’enseignant : il n’y a de liberté véritable que dans le bien, dans la justice et dans le respect.

La liberté est une des notions qui figurent au programme d’enseignement de philosophie en terminale, ou du moins qui y figurait avant la dévastatrice réforme de J.M. Blanquer. Tous les manuels, même les plus médiocres, même les plus marqués idéologiquement, et tous les enseignants de philosophie correctement formés commencent par déraciner de l’esprit de leurs élèves l’idée que la liberté consiste à faire ce qui me plaît quand il me plaît et que cette liberté sacro-sainte s’arrête là où commence celle de mon voisin. Cette phrase ridicule, sortie de Dieu sait quel mauvaise sagesse gnomique est à peine digne des discussions du café du Commerce, fermés pour cause de confinement. Même au café de l’Odéon ou chez Dédé on sait que ce qui commence avec la liberté de mon voisin de faire ce qui l’arrange, c’est la violence. La médiation que l’on a l’habitude d’introduire dans ces litiges, cela s’appelle la « Loi ». Le droit si l’on préfère.

La liberté ne se conçoit pas en dehors d’une relation de justice et de bonté. Dans le monde hébraïque, justice et fidélité ne se désolidarisent pas l’une de l’autre. Il n’y a de justice qu’en Dieu, dans la fidélité à Sa Parole. Car cela seul garantit la justice relationnelle, qui importe infiniment plus que la liberté entendue comme le droit de provoquer celui qu’on n’aime pas, et l’outrecuidance de prétendre que ce sera sans conséquence et en toute impunité. Chez ces Anciens qui sont la jeunesse du monde, la liberté ne se conçoit pas en dehors du Bien, du Bien en soi si l’on est platonicien, du Bien de la cité si l’on préfère Aristote et de l’acte bon, si l’on est thomiste.

Parce que la parole est aussi un agir, il y a une parole juste, une parole propre (celle qui vient de nous et qui n’est pas l’éternel ressassement du discours ambiant), et il y a la parole bonne, celle qui nourrit, console, interroge, éveille, taquine aussi, détend et fait rire.

Si les gens de Charlie Hebdo tiennent tant à faire progresser le monde musulman, qu’ils commencent par se former à l’histoire de l’islam. Qui oserait prétendre que ces caricatures ignobles ont la moindre puissance éducatrice ?

Le blasphème est un mésusage de la parole. Le fait qu’on l’ait autorisé dans la loi à compter de 1881 ne signifie rien d’autre que la sottise et l’égarement de législateurs à la formation philosophique insuffisante, et de surcroit apostats de la religion dans laquelle on apprenait encore ces choses basiques, qui sont au fondement de ce qu’on appelle la « morale », ou si l’on préfère, moins vintage « l’éthique ».

Notre société sans éthique prétend de surcroît imposer ce code déshonorant à ses enfants. Depuis trente ans, privés des ressorts que donnaient un catéchisme un peu raide mais efficace, une éducation fondée sur quelques solides vertus chrétiennes, et surtout une foi vive transmise par des parents nourris de cette justice et de cette fidélité, les enfants de France n’ont plus aucune capacité à rejeter ces idéologies pernicieuses.

Élevés dans une morale étroite mais intériorisée, dans une religion qui ne cesse de revendiquer son droit à la différence, et qui a imposé à la France ses lois, ses impératifs, ses exigences, les enfants de l’islam, eux, ce code déshonorant, ils le refusent. Ceux qui l’acceptent le font rarement pour des raisons autres que l’ambition sociale. Justice et fidélité ne sont pas les maîtres mots de l’islam. Les maîtres mots de l’islam, ce sont : Soumission de tous à la loi de Mahomet. Et si vous refusez, quand on sera en mesure de le faire, on vous mettra sous le régime de la Dhimma  et on tuera ceux qui refusent de se convertir.

J’invite les enseignants, contraints sans aucune consultation à construire une séquence sur la liberté d’expression, à ne pas utiliser les caricatures de Mahomet.

Non pas pour des raisons de sécurité, non pas par lâcheté, mais parce que cela ne servirait pas la liberté véritable, qui est un affranchissement. Il faut demander que soient abrogés ces cours de citoyenneté qui ont remplacé le catéchisme du temps que nous étions encore chrétiens. Ils sont de la vulgaire propagande des valeurs athées de la République.

Soljenitsyne plaidait de son vivant pour le droit que nous avons de ne pas voir polluer nos âmes immortelles de ragots et de nouvelles inutiles. Les caricatures de Mahomet contribuent à cette pollution.

Stupidité macronarde et fanatisme erdoganien

Bernard Antony, président de l’AGRIF, communique :

Erdogan a traité Macron de « malade mental », et ce dernier a très mal pris cette injure blasphématoire.

Ayant depuis des années, dans nos écrits et émissions, bien avant la venue au pouvoir d’Emmanuel Macron, dénoncé l’extrême danger du « grand retour ottoman » avec le néo-sultan turc, c’est avec quelque ironie que nous constatons la dégradation des relations entre les deux chefs d’État. Il n’y a pas si longtemps encore M. Macron dans le sillage de madame Merkel, défendait l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.

Les Turcs, par millions, n’avaient pas attendu cela pour s’installer en Allemagne ou en France et ailleurs en Europe. Au fil du temps, Erdogan a avancé ses pions : en Syrie, dans les Balkans, en Libye, à Chypre, en mer Égée et aujourd’hui, en soutenant la guerre de l’Azerbaïdjan contre l’Arménie.

Si atroce que soit une décapitation, Erdogan, qui exalte sans cesse le glorieux passé turc sans repentance aucune – bien au contraire – des exterminations perpétrées par les Janissaires et autres bachi-bouzouchs ou du génocide des Arméniens et autres chrétiens, n’est pas du genre à s’émouvoir d’une décapitation, monstrueuse à nos yeux, mais sans doute, pour le moins, insignifiante aux siens.

Comme ce sinistre frère musulman est tout sauf un imbécile, il a compris l’intérêt politique de s’ériger en plus grand ennemi international des offenses faites au « prophète » par Charlie-Hebdo et soutenues par la Ligue morale de défense et liberté du blasphème dont Macron s’est orgueilleusement campé en figure de proue.

La vérité, c’est que Erdogan a déjà recueilli non seulement l’appui d’États musulmans, et pas des moindres, comme le Pakistan, le Koweït et le Qatar, mais surtout de la plus grande partie de l‘oumma, du Nigeria à l’Indonésie, ce que l’on peut appeler le « pays réel islamique ».

Beau travail, M. Macron !

Vous qui, il y a moins de trois ans, assimiliez la colonisation française en Algérie à un crime contre l’humanité, dans l’ignorance crasse de l’histoire qui vous caractérise : dans la méconnaissance de ce que, en 1830, c’est la conquête française de l’Algérie qui libéra ce pays de la colonisation esclavagiste ottomano-barbaresque.

Il est vrai que lorsque vous choisissez le pseudo-historien mais vrai « algéro-collabo » Benjamin Stora pour faire la mémoire des relations entre l’Algérie et la France, et pour être votre précepteur sur le sujet, c’est bien le choix de la falsification antifrançaise de la réalité historique que vous avez décidé. Les gouvernements islamocrates d’Alger et Ankara ne pouvaient avoir à la tête de la République française meilleure référence que vous pour leur instrumentalisation de l’histoire.

L’an passé, la récupération islamiste par Erdogan de la vénérable basilique sainte Sophie de Constantinople ne vous avait pas scandalisé. Ce qui vous fait aujourd’hui réagir, c’est le crime de lèse-majesté perpétré par ce dernier quand il vous traite de « malade mental ». C’est en effet un soufflet de notoriété internationale dans toute « l’oumma » qu’il vous a envoyé.

Jadis, en 1827, la monarchie française n’accepta pas le coup d’éventail infligé à Alger à notre consul Pierre Deval par le Dey Hussein Pacha.

Cela fut un casus belli et se solda par la conquête du pays par notre armée, mettant fin au système esclavagiste turco-barbaresque et à son mode de colonisation. Mais vous, quel moyen de réagir avez-vous ? Aucun ! Seulement des mots, de la parlote creuse, tandis qu’en face s’organise le boycott des produits français. Mais vous avez eu beau cracher sur l’œuvre de la France en Algérie, cela, vous le voyez bien, ne vous vaut aucune reconnaissance lorsque vous dénoncez le pseudo-séparatisme islamiste (stupidement d’ailleurs puisqu’il est un projet d’islamisation de toute la France).

Cela ne vous en vaut bien sûr aucune lorsque vous érigez au Panthéon la liberté de blasphémer en valeur fondamentale de la République.

La vérité, c’est que vous avez concocté le misérable calcul politicien qu’en vous faisant, sans nuance aucune, sans modération, le chantre des caricatures de Charlie, vous alliez susciter autour de vous une quasi-unanimité nationale. Quelle stupidité !

Le malheureux professeur Samuel Paty a payé d’une mort atroce sa crédulité militante en une éducation civique « Charlie-centrée » même pour des enfants de quatrième : aux antipodes des instructions formulées jadis par un Jules Ferry, plus subtilement laïque que vous, adjurant les enseignants de faire preuve de délicatesse dans l’instruction de leurs élèves…

Votre rôle, essentiel, serait certes de combattre impitoyablement l’islamisme, de définir pour cela une politique ferme et cohérente. Mais vous vous êtes inintelligemment enfermé dans un rôle d’exaltation de la liberté du blasphème. Pour le moins, vous auriez pu laisser cela à vos ministruscules. Imagine-t-on le général De Gaulle,auquel vous vous référez tant, passant lui-même en première ligne pour défendre d’obscènes caricatures blasphématoires ?

On l’imagine volontiers, lui Charles, devant les caricatures de Charlie, confiant à tante Yvonne avec un soupir dédaigneux : « Et des charlots voudraient que De Gaulle s’abaisse à n’être pas indifférent à la publication de pareils dessins ! ».

« Du c…, Yvonne, du c… ! Dessinature bonne pour corps de garde ! Qu’ils circulent mais ce n’est pas l’affaire de De Gaulle. Laissons donc le ministre de l’Intérieur veiller sur cela ».

Mais de vous, Macron, aujourd’hui, on attend toujours en vain l’énoncé et les axes d’une politique de guerre, chez nous, en France, contre  l’islam de la charia et du jihâd. Autre que de faire enseigner l’arabe et Averroès à l’école. Ce qui fait pleurer de rire le sultan Erdogan et tous ses amis de l’État islamique et de la talibanerie.  

Bruno Retailleau, Damien Abad et François-Xavier Bellamy demandent la liberté de culte

Le président du groupe LR au Sénat, le président du groupe LR à l’Assemblée et le président de la délégation française du PPE ont écrit à Emmanuel Macron :

Le risque d’« euthanasie sociale » des personnes fragiles

Suite au nouveau confinement des Français, Alliance VITA alerte contre le risque d’un isolement croissant de nombreuses personnes fragiles :

On estime que 4 millions de nos concitoyens sont dans une situation d’extrême solitude. Pour de nombreuses personnes qui ne bénéficient pas d’une solidarité de proximité, en raison de leur isolement, l’épisode qui vient est à haut risque de désespérance.

Alliance VITA souhaite donc mettre en garde contre ce que l’on peut nommer une forme d’« euthanasie sociale » de personnes âgées. Il ne s’agit pas ici de contester les « gestes barrières » que les autorités sanitaires recommandent pour protéger ces personnes âgées, mais d’appeler nos concitoyens à maintenir, par tous moyens possibles, des liens avec leurs proches mais aussi des personnes âgées isolées et sans relation.

Alors que dans un moment où tant de familles sont déjà endeuillées par le covid-19, certains prétendent faire la journée de commémoration des défunts, une journée de revendication de l’euthanasie, nous demandons qu’au contraire la société s’engage plus que jamais contre toute forme d’« euthanasie sociale » des personnes fragiles. Alliance VITA conduira dans les semaines qui viennent, une campagne de sensibilisation et d’action visant à rétablir ou renforcer les liens entre les générations, dans ces moments difficiles que vit la communauté nationale :  aucune personne ne doit se sentir indigne d’être soignée ou d’être aimée.

Rénovation de la chapelle du Couvent St Paul en Dordogne

Il ne reste plus que quelques jours pour permettre au Couvent Saint Paul de financer la restauration de sa Chapelle. Abandonnés, squattés, le couvent et la chapelle ont été dégradés pendant des années. Le Chœur a été incendié et les statues saccagées. Situé sur le chemin de Compostelle en Dordogne, ce Couvent a été fondé en 1870 et a connu plusieurs vies après avoir appartenu à la Congrégation des Sœurs du Christ : hôpital pendant la première guerre mondiale, orphelinat, pensionnat puis centre-médico-social.

L’objectif aujourd’hui, entrepris par l’Abbé Aulagnier initiateur du rachat du lieu, est d’en refaire un lieu de prière, d’accueil, de recueillement et de rendre la Chapelle, tout à l’honneur du Sacré-Cœur, à sa vocation. Si votre route croise le village de Thiviers (24), vous pourrez demeurer au Couvent qui accueille régulièrement des pèlerins et ainsi profiter de cette belle chapelle. L’Abbé Aulagnier y organise également les Exercices spirituels de Saint Ignace.

Vous pouvez prêter jusqu’à 5 000 € par personne physique. Il s’agit d’un prêt solidaire (taux d’intérêt 0%) sur 5 ans aux remboursements mensuels. Un bon moyen de mettre de l’argent de côté en le rendant pleinement utile.

Pour prêter pour la rénovation de la chapelle, c’est ici.

Pour toute information, vous pouvez contacter Edouard Vieilfault : [email protected]

Marie qui défait les nœuds a son sanctuaire en France

D’Antoine Bordier pour Le Salon beige :

A Toulon, dans le Var, le diocèse accueille officiellement le premier sanctuaire de Marie qui défait les nœuds. Il a déjà reçu de nombreux témoignages de conversion et de guérison, bien avant sa bénédiction par Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, le 12 février 2018. Eclairage sur une dévotion qui nous vient d’Allemagne, et, dont le Pape François est l’un des plus grands fervents.

Situé dans l’Eglise paroissiale de l’Immaculée Conception, le sanctuaire est simple d’accès. En entrant dans l’église, il se trouve tout de suite à gauche. Le curé de la paroisse, à l’origine du sanctuaire, le père François-Régis de Joigny, s’est occupé lui-même des travaux. Avec quelques bénévoles, il a repeint une partie de l’église. « Il n’y avait pas d’autel, raconte-t-il. Nous en avons fait faire un sur-mesure. Je suis arrivé dans cette paroisse en 2015, et, deux ans après le sanctuaire prenait vie ». Au-dessus de l’autel, sur fond bleu, la statue de Marie qui défait les nœuds exprime une véritable douceur. Son sourire invite à la confiance. Dans ses mains, un ruban blanc, qui est parsemé de quelques nœuds, descend jusqu’à ses pieds. Elle est en train d’en défaire un. Elle est habillée d’une robe rouge, qu’un manteau bleu-nuit recouvre en partie. A ses pieds : le serpent et la lune. Plus loin, sur le mur de droite se trouve une copie du célèbre tableau de Johann Melchior Schmittner. Son tableau, à l’origine de cette dévotion, est vénéré dans l’église de Saint Peter am Perlack, à Augsburg, en Allemagne, depuis 1700. Il s’agirait d’une commande faite en action de grâces pour un couple sauvé, qui était au bord du divorce.

Saint Irénée et l’Apocalypse de saint Jean

Le père nous explique l’origine de cette dévotion.

« Le peintre s’est penché sur une méditation de saint Irénée, évêque de Lyon au début du 3è siècle. ‶Eve, dit-il, par sa désobéissance, fit le grand nœud du malheur de l’humanité ; alors que Marie, par son obéissance, le dénoua ″. »

En regardant les détails du tableau, on voit, au-dessus de la tête de Marie une colombe représentant le Saint Esprit, et, le soleil semble l’envelopper d’une douce et chaleureuse lumière. La Vierge représentée serait celle de l’Apocalypse : ‶Un signe grandiose apparut au ciel : c’est une Femme ! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds…″ Le père François-Régis « compare souvent Marie qui défait les nœuds à Notre-Dame de Lourdes ». Il a découvert Marie qui défait les nœuds grâce à Denis Bourgerie. A l’époque, cet ancien pilote d’aviation, vit au Brésil, à Campinas, avec Suzel, qui est médecin. Ils font partie, à la fin des années 90 de ces milliers de pèlerins qui se rendent à San Juan Bautista, une paroisse proche de Buenos Aires, dont le curé le père Celeiro est à l’origine de la neuvaine à Marie qui défait les nœuds. En rentrant au Brésil, le couple décide de fonder leur propre sanctuaire : celui de Campinas. C’est là que se rend le père François-Régis en 2013. Ses 3 semaines passées dans le sanctuaire de Campinas le décident à répandre la dévotion de Marie qui défait les nœuds.

« Les nœuds de nos vies »

Ordonné prêtre en 2009, dans le diocèse de Fréjus-Toulon, le père François-Régis se souvient, quand il était adolescent, avoir été marqué par le film Mission qui retrace avec brio la vie des conquistadores et des missionnaires jésuites en terre amazonienne.

« A la fin du film, lorsque les espagnols sont acculés le prêtre décide de sortir au-devant des indiens et de faire une procession du Saint Sacrement, en portant l’ostensoir. Alors que le jeune converti, qui veut devenir jésuite, décide de reprendre les armes. Moi, je suis le prêtre qui porte le Saint Sacrement. »

On ne peut pas parler du sanctuaire de Marie qui défait les nœuds, en omettant la vie sacramentelle qui a été renouvelée dans cette paroisse qui sert d’écrin à Marie.

« Les nœuds de nos vies y sont dénoués. Et, nous pouvons constater des conversions et des guérisons. Nous avons une vie de prière intense, qui démarre par l’adoration, dès 7h30. Puis, vous avez les laudes et la Messe. Tous les mardis soir, le groupe de prières invite à la louange, à l’adoration, au chapelet de Marie qui défait les nœuds, qui ressemble au chapelet de la Miséricorde Divine. »

Le père parle de la guérison d’un adulte qui a été guéri d’un cancer en Belgique. Il y a eu aussi la guérison d’un enfant, « un petit garçon de 5 ans qui ne marchait plus. Hémiplégique, il n’est pas totalement guéri, mais il marche de nouveau ».

Des guérisons de toute sorte

Marie qui défait les nœuds guérit aussi des addictions de toute sorte : de l’alcool, de la drogue, d’internet, de la pornographie, de la violence. Le père rappelle qu’ici

« Marie est mère de Miséricorde. Elle défait les nœuds de la méchanceté, de la division, de la cupidité, du reniement, de la trahison. Des personnes ont témoigné avoir reçu la grâce, en venant ici, de pardonner à leurs proches. ».

Les nœuds de la vie sont nombreux avec l’éclatement des familles, la perte de sens, le rejet de Dieu. Marie dénoue les disputes familiales, les séparations et les divorces entre époux, les incompréhensions entre les enfants et les parents. Marie guérit de la violence physique, psychologique et spirituelle. Marie guérit de la dépression, du chômage, de la solitude. Depuis sa rencontre avec Denis Bourgerie, le père François-Régis en est convaincu :

« ma vocation est de diffuser cette dévotion mariale. Les fruits y sont nombreux. Marie n’abandonne pas ses enfants. Marie qui défait les nœuds est une œuvre de Dieu. Cette dévotion est partie de la Bavière au 18è siècle, et, elle est en train de faire le tour du monde, après être passée en Argentine et au Brésil. Elle est arrivée en France. Le Pape François en est même le promoteur. A l’approche de la Toussaint, mon désir est que cette grâce touche le plus grand nombre. »

Le Pape François, un fervent défenseur de Marie qui défait les nœuds

En 1983, le père Jorge Mario Bergoglio, prêtre à Buenos Aires, effectue un voyage d’études en Bavières, et tombe nez à nez avec ce tableau, qui est resté dans l’ombre jusqu’à cette date. Bouleversé, il décide d’en rapporter plusieurs reproductions. Certaines de ces reproductions qu’il fait placer dans plusieurs endroits, comme à l’Université catholique El Salvador, sont miraculeuses. Peu de temps après son élection, le 12 octobre 2013, le Pape François rend publiquement hommage à Marie qui défait les nœuds, dans son allocution pour l’Année de la Foi : « Le premier élément de sa foi est celui-ci : la foi de Marie dénoue le nœud du péché. Qu’est-ce que cela signifie ? Les Pères conciliaires ont repris une expression de Saint Irénée qui dit : « Le nœud noué par la désobéissance d’Eve a été dénoué par l’obéissance de Marie ; ce que la vierge Eve avait lié par son incrédulité, la vierge Marie l’a délié par sa foi ». Depuis, il distribue des images de Marie qui défait les nœuds.

Texte et photos réalisés par Antoine BORDIER

Un journaliste de La Croix traite l’épiscopat de “lobby adolescent”

Lui-même a cessé d’aller à la messe et ne comprend pas que l’eucharistie fait l’Eglise :

Il a été gentiment recadré par l’abbé Grosjean :

Philippe de Villiers : “On refuse de répondre à la guerre par la guerre et on laisse la population se faire égorger”

Le Figaro publie une tribune de Philippe de Villiers. Extraits :

“Tout est hors de contrôle: le Covid, le terrorisme. Emmanuel Macron court derrière, il court après les mots, après les morts, martial, impuissant. Le champ lexical utilisé depuis le printemps – «Nous sommes en guerre» – apparaît aujourd’hui comme une outrance et un terme inapproprié: l’épidémie court toujours et les terroristes aussi. Affleure dans la tête des Français, désemparés, l’idée que le pays n’est pas gouverné et que l’État est aux mains d’une bande d’amateurs.

L’impéritie des autorités, censées mener deux guerres à la fois, affleure dans le traitement différentiel des deux virus. Il y en a un qui relève de la sécurité sanitaire. Pour protéger la population de cet ennemi viral, on a choisi de nous enfermer, de nous assigner à résidence. Faute de boucler les frontières nationales, on réinstaure la frontière domestique. On prend des mesures liberticides, on met à plat l’économie, on déchire les tissus conjonctifs de la France industrieuse parce qu’on considère que la protection sanitaire est plus importante encore que toutes les libertés ; puis on annonce, en quinze jours, en puisant dans la même panoplie belliqueuse, d’abord le couvre-feu – qui est un confinement de nuit – ensuite le confinement qui est un couvre-feu de jour, jamais pratiqué, même en 40.

Face à l’autre virus, le virus islamiste, qui, pour le coup, relève d’une vraie agression invasive, on refuse de prendre des mesures de guerre au motif qu’elles pourraient être liberticides, et donc, au sens des maniaques du juridisme, exposées à la censure juridictionnelle. Ainsi se retient-on de toucher au regroupement familial, aux cinq-cents mosquées islamistes. On récuse la chaîne fatale: l’immigration est le terreau de l’islam, qui est le terreau de l’islamisme, qui est le terreau du terrorisme. On refuse de répondre à la guerre par la guerre et on laisse la population se faire égorger. En d’autres termes, d’un côté, sans s’encombrer de scrupules, on nous confisque nos libertés, au nom de la sécurité sanitaire, de l’autre côté, on n’ose pas se donner les moyens de garantir la sécurité physique.

L’audace du gouvernement, quand il s’agit de nous bâillonner dans la rue et de nous infliger les gestes-frontières dans notre quotidien, contraste avec le laxisme pratiqué à l’égard des islamistes. On ne touche pas à nos frontières, on sanctuarise le droit d’asile: la France est devenue le carrefour planétaire des assassins de la civilisation (…)

On ne mènera pas deux guerres à la fois: une contre les Français et l’autre contre les ennemis de la France. Il faut réserver la guerre à ceux qui nous la font. Aujourd’hui, on enferme les Français au motif qu’ils sont virtuellement des porteurs de virus et on laisse circuler, à nos frontières, les étrangers qui ont déclaré la guerre à notre civilisation.

Tout est à l’envers, il faut tout remettre à l’endroit. En sortant de la confusion entre deux urgences: l’une relève d’une organisation de la santé publique et l’autre de la guerre. D’abord, il faut libérer les Français, les laisser vivre (…)

Quant à l’autre guerre – celle-là qui n’est pas allégorique -, il faut la mener comme peut le faire un pays en guerre – on nous a déclaré la guerre et, dans cette guerre, il y a chez nous une cinquième colonne. On ne répond pas à la guerre par des bougies, des exhortations, ou même des lois. On répond à la guerre par l’état de guerre. Notre Constitution a prévu cette situation, en son article 36: c’est «l’état de siège». Il peut être décrété en conseil des ministres, «en cas de péril imminent résultant d’une guerre étrangère ou d’une insurrection armée».

Alors l’autorité militaire a le droit de faire des perquisitions, d’éloigner les individus suspects, de procéder à la recherche des armes. Et on peut punir la haute-trahison.

On nous parle de «séparatisme». C’est nouveau. Mais ce n’est encore qu’un faux-semblant. L’ennemi n’est pas dans le séparatisme, il ne veut pas se séparer de nous, il veut nous conquérir. L’idée d’une «France décoloniale», c’est l’idée d’une France défrancisée par l’effort de nouveaux colonisateurs. Que veulent-ils? Nous soumettre.

Nous vivons peut-être les dernières heures de la paix. Pauvre start-up nation en fin de cycle, qui se débat, au rythme d’un horizon cauchemardesque décliné en une trilogie fatale: le bâillon, le couvre-feu, la décapitation. Cette sémantique du désastre signe l’échec d’une politique de bisounours qui, depuis cinquante ans, vivent dans leur petit monde d’inculture et de playmobil. Ils ont oublié tout simplement que l’Histoire est tragique.”

Non, toutes les religions ne se valent pas !

Homélie de l’abbé de Maistre, curé de la paroisse Saint-André de l’Europe à Paris, dimanche dernier 25 octobre :

Toussaint et jour des défunts : Tous pour Un et Un pour tous

Nous sommes du Ciel, de la Terre, de ce temps ou d’un autre, plus ou moins saints mais nous tendons nos bras vers la même tendresse, nous espérons le même Royaume.

Fratelli Tutti, nous dit le pape François, avec sa nouvelle encyclique… oui, et à cette époque de l’année, nous nous rappelons que notre fraternité universelle dépasse même les limites de notre monde sensible : elle se vit aussi dans la communion des saints !

Tous pour Un

Avec la fête de la Toussaint, nous fêtons tous les saints qui nous ont précédés. Ils ont ouvert de nombreux chemins à travers les siècles, tous dirigés vers une même lumière, un même but. Tous différents, tous inspirants – de saint Antoine de Padoue à saint Padre Pio, de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à sainte Rita, de saint Paul à saint Carlo Acutis – et, surtout, tous unis en Dieu.

Ces hommes et femmes, chacun à leur manière – amoureusement, courageusement, joyeusement, héroïquement, humblement… – se sont laissés toucher par Dieu. La Toussaint nous rappelle que nous sommes tous appelés à être saints, à être Un, à nous laisser sublimer dans notre singularité.

Un pour tous

Oui nous sommes tous appelés par Dieu, personne n’est oublié. Nos chers défunts non plus … Le lendemain de la Toussaint, pour le jour des morts, par nos prières aux défunts de nos familles, faisons un avec eux. Prions pour ceux qui sont déjà unis au Père mais aussi pour les âmes du purgatoire afin qu’elles continuent leur chemin vers la Lumière.

Chers frères et sœurs du Ciel – saints ou moins saints – connus ou inconnus –  nous prions pour vous, priez pour nous ! Un pour tous et tous pour Un pour les siècles des siècles !

Charlie Hebdo manque tout à la fois d’ « esprit Charlie » et de subtilité dans le domaine religieux

Charlie Hebdo est au coeur de l’actualité, par la poursuite du procès des attentats de 2015 et par le fait qu’un professeur français d’histoire-géographie vient d’être décapité par un musulman exalté pour avoir montré des caricatures de Mahomet parues dans l’hebdomadaire et afin d’illustrer la liberté d’expression.

Autant dire que les écrits du journal, tant sur son compte Twitter que dans son dernier numéro du 21 octobre sont, à cette aune, fortement décevants. Le courage n’exclut pas les préjugés, on le savait hélas déjà.

« Je suis Charlie ». Dans ce slogan né à Paris (et immédiatement repris dans le monde entier) après les attentats de janvier 2015 est contenue l’idée d’une solidarité essentielle face aux épreuves nées des attentats terroristes islamiques et pour soutenir la liberté d’expression. On peut raisonnablement penser que M.Samuel Paty était Charlie.

Ainsi, après l’assassinat de ce professeur, beaucoup ont voulu encore montrer leur solidarité en utilisant à nouveau des caricatures extraites de divers numéros de Charlie Hebdo. D’aucuns montraient d’anciens numéros lors de la manifestation Place de la République ; d’autres en ont très rapidement publié certaines sur leurs comptes Twitter : Robert Ménard, Damien Rieu, Gilbert Collard, le journal L’incorrect, Nader Allouche… Tiens, rien que des profils qui seront classés à droite (a minima). Et Robert Ménard a amplifié son mouvement de solidarité en organisant un affichage public dans sa ville de Béziers :

Très curieusement, cela a déplu à Charlie Hebdo qui a publié un tweet exprimant un fort mécontentement et mépris :

Donc n’est pas Charlie qui veut. Cela se mérite. Cela doit réclamer l’imprimatur du journal. Et au final Charlie Hebdo semble préférer le soutien de tous ceux qui, comme l’a exprimé M.Richard Malka avocat du journal, ont lu les cinquante rapports publiés depuis vingt ans sur le développement de l’islamisme et ont laissé faire.

On est encore déçu en lisant l’Edito du dernier numéro. Riss y écrit notamment :

« La semaine dernière, une jeune femme, témoin au procès des attentats de janvier 2015, était interrogée pour savoir si elle craignait des représailles. « Je ne crains que mon créateur », a-t-elle affirmé. La réponse, apparemment simpliste, est abyssale, car elle induit que rien de ce qui émane des hommes n’a de valeur. Ni la justice, ni l’enseignement. Seul Dieu est légitime. Un tel raisonnement suffit à renverser une société basée sur la raison et le consentement, et à jeter par-dessus bord toutes ses valeurs. « Je ne crains que mon créateur » : la violence d’une telle phrase est annonciatrice de toutes les autres violences et les exonère déjà… Au lendemain d’un tel crime, la question qui nous hante est de savoir quelles actions mener pour vaincre cette idéologie… Quelle que soit la réponse, elle émanera des hommes et certainement pas de Dieu ».

Notons d’abord que dans ce texte, à aucun moment Riss ne parle d’islam, de musulman ou d’islamiste. Bizarre, bizarre.

Notons aussi que la supériorité accordée au divin n’est pas que l’apanage des musulmans, même si chez ceux-ci cela semble s’exprimer d’abord par de la crainte, alors que dans le judaïsme comme dans le christianisme, cela devrait s’exprimer d’abord par de l’amour.

Après tout, le Chéma Israël, cette prière si importante pour le juif, commence par :

« Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur » (Deutéronome, 6, 64-66)

Et quand un docteur de la Loi pose au Christ la question :

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? », Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. » (Mt, 22, 36-40).

Quant à la supériorité de l’obligation de l’action pour Dieu, elle est bien illustrée (dans sa définition comme dans ses limites) par cette déclaration de l’apôtre Pierre quand il est arrêté et présenté « aux chefs du peuple, aux anciens et aux scribes de Jérusalem réunis autour du grand prêtre Anne » :  « Ce Jésus, la pierre que vous avez rejetée en bâtissant, est devenue la pierre angulaire. Il n’est de salut en aucun autre : car il n’est sous le ciel aucun autre nom donné aux hommes, en qui nous devions être sauvés ». Et comme ils lui intiment la défense formelle de parler ou d’enseigner au nom de Jésus, il répond :

« Jugez vous-mêmes s’il est juste devant Dieu de vous obéir plutôt qu’à Dieu. Pour nous, nous ne pouvons pas ne pas dire ce que nous avons vu et entendu » » (Actes, 4, 11-20)

Rien là vraiment pour justifier l’analyse de Riss d’une phrase violente annonciatrice de toutes les autres violences. Cela, Riss ne le comprend pas. Il ne comprend pas la foi. Rien d’étonnant, après tout on le dit à chaque messe : « le mystère de la Foi ». Riss n’est donc pas décevant sous cet angle.

Là où lui et Charlie Hebdo sont très décevants par contre, c’est dans un manque total de discernement entre les religions. Une confusion est soigneusement et régulièrement entretenue par le journal comme le démontrent plusieurs couvertures, qui présentent le catholicisme et l’islam (et parfois aussi le judaïsme) comme des dangers équivalents pour la société (c’est le « Seul Dieu est légitime. Un tel raisonnement suffit à renverser une société basée sur la raison et le consentement »).

Outre la dure confrontation au réel (quelle était la religion de tous les terroristes ayant tué en France ? Quels sont les pays non-communistes caractérisés par les pires violences à l’égard de ceux qui ne partagent pas la religion majoritaire ?), l’équipe de l’hebdomadaire se garde bien de relever une différence essentielle entre le judaïsme et le christianisme d’une part, l’islam d’autre part, à propos de la violence, de son usage et de ses répercussions sur notre vie.

Dans l’Ancien Testament (remarquons, au passage, que les livres de l’Ancien Testament ont été écrits à peu près un millénaire avant le Coran), c’est Dieu lui-même, in tuitu personae en quelque sorte, qui fait périr et parfois à foison :

« Alors l’Eternel fit pleuvoir du soufre et du feu sur Sodome et sur Gomorrhe. Cela venait du ciel, de la part de l’Eternel. Il détruisit ces villes, toute la plaine, tous les habitants des villes et les plantes du sol » (Gen, 19, 25).

Comme les rédacteurs de Charlie Hebdo ne croient pas en Dieu, ils sont donc heureusement tranquilles.

Dans le Coran, c’est l’exact opposé : l’exercice de la violence est défini comme une obligation faite par Dieu aux musulmans. Chaque musulman est donc un guerrier potentiel (« et sachez qu’Allah est avec les pieux »…) comme souligné ci-dessous dans divers versets extraits de trois sourates différentes (tout le suc d’une religion de tolérance et de paix) :

L’évaluation de Riss et de Charlie-Hebdo quant à la dangerosité civile comparée des fidèles de chacune des trois religions citées devrait, en toute bonne foi ( ?), être revue. Mais, après tout, quel mérite aurions-nous à soutenir l’existence de Charlie-Hebdo si ce journal était aimable ?

Louis de Bourbon : “l’exercice de la religion ne peut ni ne doit pas être limité.”

Fête de la Toussaint et jour des morts – Message Mgr le Duc d’Anjou :

Alors que la France est troublée par la crise sanitaire et celle des attentats islamistes, la fête de la Toussaint nous apporte le réconfort dont nos familles ont besoin.

Chacun peut prier les saints et saintes comme, demain, chacun pourra aussi honorer ses morts dans les cimetières.

Mais il faut aussi voir plus loin.

Ainsi je salue et je félicite les jeunes catholiques et les communautés qui demandent à ce que soit maintenu l’accès à la Sainte messe et aux célébrations. Dans les temps durs, l’exercice de la religion ne peut ni ne doit pas être limité.

Je me réjouis d’entendre plusieurs de nos évêques, successeurs des apôtres, prendre la défense de la Foi et de leur pays et s’opposer à des mesures sanitaires restrictives.

Puisse la France, née au baptême de Clovis, compter sur tous les Saints qu’elle a vu naître, à commencer par Saint Louis, mon ancêtre, le modèle des gouvernants.

Louis, Duc d’Anjou

En Quête d’esprit : Quelle réaction chrétienne à l’attentat de Nice ?

Quelle réaction chrétienne à l’attentat de Nice ? / La Toussaint, l’espérance du Ciel : c’est dans En Quête d’Esprit avec l’abbé Grosjean, Valérie Boyer, Don Bertrand Lesoing et Christian de Cacqueray et Véronique Jacquier.

 

Les studios Saint Louis sur TV Libertés

Le 1er novembre, jour de la grande fête de la Toussaint, Guillaume de Thieulloy reçoit, dans le cadre de “Terres de mission”, la jeune équipe des studios Saint Louis. Cette association est dédiée à la promotion du patrimoine français et catholique par la vidéo (courts et longs métrages). Elle s’est notamment fait connaître par la publication d’une série intitulée “Un dîner aux chandelles”. A la veille de la diffusion de la saison 2 de cette série, les animateurs de l’association reviennent sur le projet et sur leurs ambitions.

Après cela, Guillaume de Thieulloy propose quelques suggestions de lecture.

Face à la terreur islamiste, il ne s’agit pas de faire silence et encore moins dans une salle de classe

Thibaud Collin ne fera pas de minute de silence demain :

Face à la terreur islamiste, il s’agit non pas de faire silence mais de parler et d’agir. En effet, ce silence n’est-il pas équivoque ? S’agit-il de valider la tendance officielle à identifier la République française à la liberté d’expression et d’identifier la liberté d’expression à des caricatures ? Samuel Paty a été victime d’un crime abject perpétré au nom du fanatisme islamique. Mais n’a t-il pas aussi été victime d’une conception dévoyée de la liberté telle qu’elle apparaît dans le programme d’enseignement moral et civique (EMC) ? En effet, moquer n’est pas critiquer. En quoi, par exemple, montrer Mahomet les fesses à l’air est-il une manière intelligente de critiquer la religion musulmane, son contenu et ses préceptes ? La moquerie engendre l’indignation et la colère, mères de la violence. La critique est l’exercice de la raison qui s’informe et réfléchit.

Le Président de la République a validé, comme beaucoup avant lui, cette identification de la France au droit de se moquer de ce qui est considéré comme le plus sacré par certains. En entrant tête baissée dans cette dialectique, il a jeté de l’huile sur le feu. Il a ainsi sa part de responsabilité dans l’attentat de Nice, conséquence directe du regain de violence islamique à l’encontre de la France. La distribution dans toutes les écoles d’un livret contenant les caricatures de Mahomet faites par Charlie hebdo serait la confirmation que l’école de la République est le vecteur d’une idéologie, le laïcisme. Or il est clair que ce n’est pas la laïcité qui comme telle va résoudre les nombreux problèmes que pose l’islam à la France.

Comment peut-on croire sérieusement que l’on va rendre les musulmans fiers d’être français en leur adressant le message : France = laïcité = caricatures de Mahomet ? La nature humaine a horreur du vide. L’idéologie islamique est forte de nos propres renoncements civilisationnels. L’école doit offrir à tous les élèves une formation intellectuelle et morale dans laquelle les raisons d’admirer ce qui est grand sont nombreuses. La moquerie ne sait que rabattre tout à sa propre bassesse. Il est urgent que la civilisation française, riche de tant de grandeurs humaines, politiques et spirituelles, soit de nouveau transmise à l’école.

Lundi 2 novembre au matin, professeur de philosophie, je corrigerai en classe d’hypokhâgne le sujet de dissertation suivant : « Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ? » ; catholique, je prierai en silence pour le repos de l’âme des victimes du terrorisme et pour celle de leurs bourreaux islamistes, pendant la messe célébrée à la mémoire de tous les défunts.

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