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Beau succès militaire pour l’armée française au Mali

D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :

Plusieurs dizaines de djihadistes ont été mis « hors d’état de nuire », le 30 octobre dernier, a annoncé Florence Parly, ministre des Armées, au cours d’une conférence de presse. L’opération, qualifiée « d’opportunité » (autrement dit, non planifiée mais en réaction immédiate à un renseignement), a mobilisé d’importants moyens : avions de chasse, drones (enfin utilisés !), hélicoptères et commandos au sol.

Tous les détails ne sont pas connus, comme d’habitude, mais on sait tout de même que les combats ont duré plusieurs heures et se sont déroulés au Mali, non loin de la frontière avec le Burkina Faso. C’est le groupe djihadiste Ansar-ul-Islam qui a fait les frais de l’opération et perdu, ainsi, une cinquantaine d’hommes, dont quelques prisonniers. Ce groupe fait partie du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), nébuleuse affiliée à Al-Qaïda. Il est en concurrence violente avec d’autres mouvements regroupés au sein de l’État islamique sous le nom d’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Des combats sanglants ont opposé les deux entités, dont l’État islamique est sorti vaincu et très affaibli. En outre, plusieurs opérations menées par la France, au début de l’année, notamment par le 2e REP, ont également porté des coups très durs à l’EIGS. Des commandos français sont toujours présents sur place (dans la zone dite des « trois frontières »), a récemment déclaré le général Lecointre, et continuent la traque des quelques centaines d’hommes que compte encore l’EIGS.

C’est donc, aujourd’hui, Al-Qaïda qui opère sur le terrain de façon très active, et la destruction de ce groupe par l’armée française intervient alors qu’il se préparait à une attaque, a précisé le ministre, sans indiquer quelle était la cible des islamistes.

Florence Parly a annoncé tout cela depuis Bamako, où elle est actuellement en déplacement. Il est, en effet, nécessaire de s’assurer des intentions de la nouvelle équipe militaire au pouvoir depuis le putsch du mois d’août. C’est d’autant plus urgent que Bamako a récemment libéré plus de 200 islamistes emprisonnés en échange d’otages, dont la Française Sophie Pétronin. C’est à cette occasion que l’on a appris la conversion à l’islam de notre compatriote, ce qui a quelque peu cassé l’impact médiatique du retour triomphal à Paris de la néo-musulmane.

En tout état de cause, la remise en liberté de 200 combattants islamistes fut un dénouement pour le moins inattendu et cette prime donnée aux preneurs d’otages islamistes laisse rêveur.

Ce succès militaire, incontestable, vient à point nommé pour souligner la nécessité de cette opération Barkhane tant décriée qui coûterait beaucoup trop cher pour un résultat incertain. Cet argument financier est assez distrayant alors que l’État dilapide, quotidiennement, des milliards pour compenser d’absurdes et liberticides fermetures de commerces dans le cadre d’un confinement non moins absurde.

Certes, les résultats militaires sont, par nature, incertains sur un territoire aussi vaste. La France aimerait bien prendre un peu de champ et partager le fardeau avec d’autres forces européennes, mais elles ont dit non (à part l’Estonie, qui a envoyé quelques commandos). Voilà un bel exemple de solidarité européenne.

Quant à laisser la main aux forces africaines, chacun sait que ce serait la porte ouverte à une invasion rapide du Mali.

Il n’y a donc pas le choix, l’armée française doit rester si nous ne voulons pas, demain, nous réveiller avec Al-Qaïda au pouvoir au Mali ou au Burkina Faso.

En attendant les résultats de la présidentielle américaine, déjà une victoire pro-vie

Comme le soulignait Guillaume, outre l’élection des représentants (et à l’heure de rédaction de ce post, les résultats, s’ils ne sont pas encore connus, ne prévoient pas une large victoire de Joe Biden, qui a perdu plusieurs Etats que les sondages lui avaient pourtant donné gagnant…), les électeurs américains devaient se prononcer sur des référendums locaux.

Ainsi, en Louisiane, un référendum a adopté à près de 67% le fait que l’avortement n’est pas un droit constitutionnel. Voici le texte que les électeur ont ratifié, il s’agit d’un amendement à la Constitution de cet Etat :

« Pour protéger la vie humaine, rien dans cette Constitution ne peut être interprété comme assurant ou protégeant un droit à l’avortement ou imposant de financer l’avortement ».

Depuis plusieurs années, la Louisiane vote des lois qui restreignent la capacité de tuer les enfants à naître. Au point qu’il ne reste que 3 avortoirs dans tout l’Etat. Récemment, en juin dernier, la Cour suprême des Etats-Unis a invalidé une loi de Louisiane qui exigeait des avorteurs un « privilège d’admission » à l’hôpital le plus proche. Loi qui aboutissait de facto à la fermeture de deux des trois avortoirs de l’Etat.

Les victimes de l’attentat de Nice comptent-elles pour du beurre ?

Jean Messiha quitte le Rassemblement National et Marine le Pen

Après Aymeric Chauprade, Julien Rochedy, Paul-Marie Couteaux, Bruno Monot, Marion Maréchal…c’est au tour de Jean Messiha de quitter le Rassemblement National. Les derniers courtisans de Marine Le Pen diront qu’il ne représentait rien et qu’il était aigri de ne pas avoir été investi pour les européennes ou les régionales.

La vérité est probablement autre comme l’explique le Figaro :

Mais la cause réelle du divorce se veut, avant tout, idéologique. Contrairement à Marine Le Pen, Jean Messiha ne voit pas une différence de nature entre l’islam et l’islamisme. Mais une simple différence de degré. « Il est temps de dire que l’Islam est incompatible avec la République », a-t-il coutume de soutenir sur les réseaux sociaux comme sur les plateaux de télévision dont il est devenu un habitué malgré son absence de mandat électif.

Des sorties qui ont contraint Marine le Pen, aux lendemains des attentats de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice ces dernières semaines, à se justifier. « Je ne crois pas qu’il y ait une religion qui soit incompatible avec la République, a ainsi soutenu Marine Le Pen le 25 octobre dernier sur le plateau du Grand Jury. C’est son avis, ce n’est ni le mien ni celui du Rassemblement national. Jean est un Égyptien copte, peut-être a-t-il sur ce sujet une sensibilité exacerbée. »

Une sortie qui a eu le don de faire sortir Jean Messiha de ses gonds : «En tant “qu’Égyptien Copte”, je n’ai pas un avis “exacerbé” sur le sujet de l’Islam. Juste un avis réaliste basé sur un vécu», lâchera-t-il sur Twitter quelques jours plus tard. Un désaccord qui pousse certains cadres du RN à ajouter Jean Messiha dans la longue liste des sacrifiés sur l’autel de la « dédiabolisation » du parti.

Jean Messiha explique son départ dans une interview accordée à Valeurs actuelles :

“(…) Après les élections de 2017, je me suis lancé dans une grande tournée des fédérations départementales pour remonter le moral des troupes et remobiliser des militants complètement sonnés par les résultats de la présidentielle, mais aussi des législatives (…) j’ai perçu partout un mélange d’espoir et de scepticisme. Nous faisions tous le même constat : nous avons largement gagné la bataille des idées, mais nous n’arrivons pas à susciter un grand élan populaire qui se traduit par des victoires très franches dans les urnes, à l’exception peut-être des européennes. Pire, nous avons un mal de chien à susciter des vocations pour porter nos couleurs au niveau local (…)

C’est un peu comme une équipe de foot qui a beaucoup de supporters et un sélectionneur plein de bonne volonté mais qui ne gagne pas ou très rarement. On ne peut pas constamment dire que c’est la faute du terrain, de l’arbitre, du ballon ou des journalistes sportifs. Il y a sans doute d’autres explications et je me sens plus à l’aise et plus libre pour y réfléchir en dehors du RN (…)

[Marine Le Pen] m’a reproché d’avoir dit que Samuel Paty avait été décapité par un musulman en colère. Apparemment il eut fallu que je disse que c’était un islamiste. De fait, je ne veux plus utiliser ce terme car c’est une façon trop commode de dissocier l’islam de sa frange radicale. On ne le fait d’ailleurs pour aucune autre religion. A-t-on inventé un mot spécial pour décrire les catholiques intégristes, les Juifs ultras-orthodoxes ou les hindouistes extrémistes ? Non. Elle a également cru bon d’expliquer mes positions sur l’islam en France par mes origines à la fois égyptienne et copte alors que c’est en tant que Français républicain, inquiet de la place croissante que prend l’islam dans notre société, que je me suis exprimé ainsi (…)

Elle considère que l’islam en tant que religion n’est pas un problème pour la France. A l’inverse, moi je pense que l’islam en tant que religion pose un problème à la France. Elle dissocie la religion musulmane de l’idéologie islamique radicale. Moi je pense que cette dernière puise au cœur même du Coran (…). Je dis simplement que plus cette religion se développera en France par l’immigration moins la France sera la France.

Je pense que nous avons aussi une différence de sensibilité sur l’identité française. Malgré mes origines étrangères, je suis très intransigeant sur cette question : je défends mordicus l’européanité de la France métropolitaine. Marine Le Pen a des réserves sur ce concept et je respecte cela (…)

L’essentiel reste est de faire basculer la majorité du peuple français vers notre cause. Mais elle ne le fera que si le mouvement national et populaire est incarné par une personnalité qui inspire, par ses idéaux, sa détermination mais aussi par sa compétence, une réelle confiance.

Je pense intimement qu’une majorité de Français a envie de tenter l’expérience d’une présidence et d’un gouvernement qui portent nos idées. Mais sa préoccupation est également économique car, soyons honnêtes, l’économie dans un pays développé comme le nôtre conditionne presque tout le reste : l’emploi, le pouvoir d’achat, le financement de nos services publics et de notre modèle social.

Certes, un (ou une) président(e) de la République n’a pas besoin d’être économiste. Mais les Français attendent qu’il ou elle maîtrise bien les questions économiques et connaisse les rouages de l’Etat (…)

Marion a un talent remarquable et elle est très appréciée par la base. Elle a aussi cette intelligence de se construire patiemment en se confrontant au réel. Elle aurait pu bénéficier d’une promotion météorique en raison de ses liens familiaux. Elle a choisi d’être fidèle à ses convictions et de devenir une entrepreneure de l’enseignement supérieure avec l’ISSEP à Lyon. Respect.

Son avenir politique ne dépend que d’elle et il est, d’ores et déjà, aussi brillant qu’elle le souhaite. Marion incarne une droite des valeurs, fière de ce qu’elle est et débarrassée de ce syndrome de Stockholm qui a frappé une droite qui, pour se dire gaulliste, n’a eu de cesse de trahir l’esprit du gaullisme depuis les racines jusqu’à l’extrémité des branches.

Ces valeurs incluent la famille, telle que nous l’avons conçue depuis des siècles, avec une mère et un père sauf quand la destinée en décide autrement. Elles incluent également la défense de l’identité historique de notre peuple, la liberté d’entreprendre et de jouir du fruit de son talent et de ses efforts, la souveraineté de la France, etc.

Cette droite défend ses convictions avec beaucoup de justesse et de modération, dans un contexte d’évolutions sociétales récentes sur lesquelles une forte majorité de Français ne veut pas revenir.

Je pense qu’il faut aujourd’hui se concentrer sur la sauvegarde de notre identité profonde et accepter que cette identité intègre des éléments récents qui peuvent, certes heurter des sensibilités religieuses, philosophiques ou identitaires mais qui sont des acquis. Par contre, et je l’affirme solennellement, il y a des lignes infranchissables à tracer : pas de GPA, pas de PMA remboursée par la Sécu pour les femmes ou les couples qui ne souffrent pas de stérilité et pas d’extension de la durée légale de l’avortement de 12 à 14 semaines comme l’assemblée nationale vient de le voter et sur lequel nous devrons revenir (…)”

Le président du Guatemala met fin à un accord autorisant le Planning familial américain à s’installer

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

Le président du Guatemala, Alejandro Giammattei, a annoncé hier qu’il mettait fin à un accord autorisant le Planning familial américain à installer une succursale dans le pays.

Anne Coffinier : “Macron, ne touchez pas aux écoles hors contrat !”

Dans son discours sur le “séparatisme”, Emmanuel Macron a choqué des dizaines de milliers de Français en remettant en cause l’instruction à domicile et en évoquant un contrôle encore plus féroce des écoles hors contrat. Pour mener la riposte à ces décisions radicales, la Fondation Kairos animée par l’ancien ministre Xavier Darcos monte en première ligne. Anne Coffinier qui est par ailleurs présidente de l’association Créer son école – Educ France est l’invitée de TVLibertés. Elle fait aussi part de sa réflexion sur l’école face au séparatisme islamiste. Et sur la nécessité de recréer une école qui ne renonce pas au formidable héritage de civilisation européenne.

RN : “Il y a une volonté folle de purger tous ceux qui ont fait la bise à Marion Maréchal”

Comme nous l’annoncions début octobre, la purge estivale a joué les prolongations en automne au sein du RN. Après avoir été déchargé de sa fonction de délégué départemental du Rhône, Antoine Mellies, en plus d’un blâme, est désormais suspendu du RN pour une année, ce qui l’empêchera d’être candidat aux régionales. De son côté, la courageuse conseillère régionale Agnès Marion a reçu un avertissement.

Inutile de préciser qu’ils sont tous les deux proches de la sensibilité politique de Marion Maréchal et que la raison est futile :

L’ex-délégué départemental du Rassemblement national dans le Rhône, Antoine Mellies, a été suspendu du parti pour un an à l’issue d’une convocation disciplinaire la semaine dernière. « Je suis atterré », a déclaré l’élu régional mardi (…) Antoine Mellies a été entendu le 27 octobre par la commission des conflits du parti avec une autre élue régionale du RN, Agnès Marion. Cette dernière a reçu un avertissement dans cette affaire qui a servi de « prétexte » pour régler des comptes, selon des sources internes au parti à Lyon (…)

Le parti reprochait officiellement aux mis en cause d’avoir maintenu, comme tête de liste d’arrondissement aux municipales à Lyon, un avocat qui fut candidat aux législatives en 2017, dans le Rhône, sous l’étiquette des « comités Jeanne » lancés par Jean-Marie Le Pen. De quoi « déstabiliser le mouvement », selon leurs détracteurs.

Une source proche du RN estime qu’il y a “une volonté folle de purger tous ceux qui ont fait la bise à Marion Maréchal-Le Pen” :

Cela fait des mois qu’on essaie de lui mettre des bâtons dans les roues. Ce n’est plus le Rassemblement national, c’est un rétrécissement national

Au sein du RN, il semblerait que les critiques portées par la “droite hors les murs” (Robert Ménard, Jean-Frédéric Poisson, Eric Zemmour, Philippe de Villiers…) trouvent un écho malgré le dénigrement méprisant des fidèles de Marine Le Pen (Wallerand de Saint-Just, Bruno Bilde, Philippe Olivier…) :

Robert Ménard, le maire de Béziers, réélu en mars avec le soutien du RN, prêche désormais pour son retrait de la course pour 2022 (…) “Il faut la convaincre qu’il peut y avoir un candidat plus rassembleur qu’elle [Marine Le Pen], dit-il. C’est tout l’enjeu des prochains mois.” Outre son programme économique, qu’il juge “inaudible”, l’édile estime que la présidente du RN est dans “l’incapacité de réunir l’ensemble de la droite pour battre Macron“. “Sa candidature empêche toute alternative d’émerger mais, en même temps, on ne peut pas gagner sans elle“, poursuit-il.

Alors, pour sortir de l’impasse, Ménard propose une solution : que Marine Le Pen se range derrière un autre candidat, capable de dépasser le cadre “rabougri” des partis politiques et de rassembler plus largement. Pour le moment, personne ne semble en mesure d’incarner ce projet, mais le Biterrois consulte, comme récemment Eric Zemmour ou Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.

Au RN, on regarde ces manœuvres avec exaspération. “Soit M. Ménard n’a pas de cerveau, soit il ment, tance Wallerand de Saint-Just, le trésorier du parti. On a vu aux européennes que nous rassemblions en faisant venir des gens comme MM. Mariani, Garraud et Juvin.”(…) “Tous ces gens mis ensemble feront 2%, rétorque Philippe Olivier, l’un des conseillers de Marine Le Pen, au sujet de la droite hors les murs. Et au second tour, leurs électeurs voteront pour nous.”

Mais les critiques du turbulent édile s’ajoutent à celles d’autres figures de la droite “hors les murs”, ce courant informel réunissant médias et personnalités d’extrême droite en dehors du cadre des partis (…)

En interne, si personne n’ose se positionner publiquement, ce diagnostic trouve bien un écho. “On ne peut rien faire sans ou contre le RN, mais le RN seul, sous sa forme actuelle, n’a pas la capacité de faire gagner nos idées, estime ainsi un cadre régional. Il faut opérer une révolution culturelle, comme ce que Macron a fait, mais de l’autre côté de l’échiquier.” (…)

Surtout, certains élus s’inquiètent de son manque de dynamisme, à dix-huit mois de l’échéance présidentielle. “Il n’y a pas une appétence extraordinaire pour le duel Macron-Le Pen, constate l’un d’eux. Il n’y a pas eu de dynamique électorale aux municipales, on ne sent pas de ferveur militante…” (…)

Les soutiens de Marion Maréchal au sein du parti s’inquiètent, eux, que la purge se poursuive dans le cadre des investitures. “Des consignes ont été données, affirme un cadre régional. Les responsables départementaux testent les pré-candidats sur leur proximité idéologique avec Marion

Liberté de culte : le référé-liberté sera défendu le 5 novembre

Suite à la requête en référé-liberté devant le Conseil d’État contre le décret du 29 octobre confinant drastiquement et totalement le culte à compter du 3 novembre, déposée par plusieurs associations, instituts de vie religieuse et quelques évêques, le Conseil d’Etat a fixé l’audience au jeudi 5 novembre à 11h30. 13 requêtes ont été déposées !

Dans cette attente, nous vous invitons à poursuivre le triduum de prières, car les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire !

Addendum : annoncée d’abord à 9h30 l’audience a été décalée à 11h30. A 9h30 aura lieu l’audience des autres contestataires du décret (bistrots, restau, metro, boulot, dodo… et autres commerces prétendument non essentiels).

Nouvelle formation sur la doctrine du Règne Social du Christ

Nous avons interrogé Isabelle Piot, responsable de la formation d’une nouvelle association appelée Adveniat :

Vous venez de créer une association nommée Adveniat. De quoi s’agit-il ? A quel public vous adressez-vous ?

Bonjour, et avant tout, merci au Salon Beige de bien vouloir être un relai de la cause que nous servons.

Nous sommes une équipe de jeunes professionnels qui avons à cœur de faire régner le Christ dans les âmes, les familles, mais aussi les sociétés. Adveniat Regnum tuum, comme le Christ nous a appris à le demander tous les jours ! Remarquons que c’est du subjonctif présent, ce n’est pas à la fin du monde…

Les bonnes volontés sont nombreuses, parmi la jeunesse catholique, pour participer au Bien Commun, à la chose publique, mais, bien souvent, on oublie que l’on travaille au Règne du Christ, ou bien on n’emploie pas les moyens adéquats et efficaces.

C’est pourquoi nous lançons un cycle de formation à l’action catholique, ouvert à tous, étudiants et jeunes professionnels, tous ceux qui désirent rejoindre ce combat, dont l’urgence et la nécessité ne font qu’augmenter avec le temps… 

Cette formation sera centrée sur la doctrine du Règne Social du Christ, conformément à ce que l’Eglise nous enseigne depuis toujours (doctrine particulièrement explicitée dans l’encyclique Quas Primas de Pie XI en 1925, qui n’a rien perdu de son actualité).

Qu’est-ce que la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Une théocratie catholique ? 

L’objection est courante, et elle date même du jour où Notre Seigneur Jésus Christ a répondu à Pilate : « Tu le dis, je suis Roi. », et juste après Il précise « Ma royauté n’est pas de ce monde, mais sur ce monde. »

Roi, le Christ l’est de fait : par nature parce qu’Il est Dieu, par conquête parce qu’Il nous a rachetés. Et si toutes les créatures lui appartiennent, il est logique qu’il en soit de même pour les sociétés, puisqu’elles sont la réunion d’hommes qui sont à Dieu.

Ainsi, pour répondre à votre question, l’établissement du Règne Social du Christ consiste à travailler à rendre concret, effectif, ce qui est une vérité de fait. Que toutes les sociétés, de la plus petite à la plus grande, soient, le plus possible, gouvernées chrétiennement !

Et, loin d’être un gouvernement du monde par les clercs, par l’Eglise (ce qui serait une théocratie), c’est un travail qui doit être assumé par les laïcs, comme étant acteurs de leurs sociétés (distinction du spirituel et du temporel : ni séparation, ni union).

C’est la plus grande charité, vis à vis de Dieu, car cela est juste et bon, et vis à vis de tous nos prochains, car cela engendre la Paix, et donc les conditions optimales pour le salut des âmes : « Pax Christi in Regnum Christi ».

Que proposez-vous comme formations ? Sous quelles fréquences ? Où ?

La formation se fera par petits groupes d’une dizaine de personnes, les cellules, dans toute la France, qui se réuniront tous les quinze jours pour étudier, avec un support fourni par nos soins.

Nous nous fonderons principalement sur le travail de synthèse de la Doctrine Sociale de l’Eglise et de l’action catholique qu’a produit Jean Ousset en son temps, avec le livre Pour qu’Il Règne.

Dans un premier temps (janvier à juin 2021), nous formerons les chefs de cellule, afin de lancer la formation en septembre 2021.

Cette formation intellectuelle durera deux ans, puis elle débouchera sur une troisième année de formation durant laquelle les jeunes devront lancer un projet ou bien prendre un engagement dans un mouvement déjà existant.

Quelles autres activités proposez-vous ?

Pour le moment nous nous concentrons sur la formation.

Mais j’en profite pour demander ici à tous ceux qui me lisent, mais ne se sentent pas directement concernés par la formation, de nous soutenir par la prière ! Nous en avons grand besoin, car rien de bon ne pourra se faire si le Christ ne règne pas déjà entièrement sur nos cœurs.

Comment vous contacter ?

Via cette adresse mail : [email protected]

A croire qu’ils espèrent un attentat d’extrême-droite…

Alors que les attentats islamiques se multiplient en France et en Europe, certains attendent (espèrent?), visiblement avec impatience, une attentat d’extrême droite. Mais l’impatience étant mauvaise conseillère, ces gens racontent donc n’importa quoi. Voici les deux derniers exemples en Avignon et à Lyon.

L’homme abattu à Avignon a été présenté comme un militant d’extrême droite sous prétexte qu’il portait un blouson “Defend Europe”. Du coup, Eric Coquerel (LFI) a demandé officiellement la dissolution de génération identitaire. Patatra, l’intéressé est reconnu comme patient psychiatrique lourd et, surtout, il a milité plus de 10 ans au parti communiste [source].

Son lien avec l’extrême droite demeure incertain. Une responsable de Génération identitaire, Thaïs d’Escufon, a assuré sur Twitter et Telegram que l’assaillant « n’a jamais milité chez et personne ne le connaît », ce que doit vérifier l’enquête. Ces blousons bleus sont en vente libre sur leur boutique Internet (…)

L’individu était suivi depuis très longtemps pour ses troubles psychotiques, ainsi que le confirme le parquet à Marianne. Et le chargeur de son pistolet, ce jour-là, était vide (…)

Plus surprenant : par le passé, Fabien Badaroux était un militant communiste, comme a pu le vérifier Marianne. En décembre 2006, alors âgé de 19 ans, il rejoint les Jeunesses communistes (MJCF), après avoir été séduit lors d’un meeting par le discours de Marie-Georges Buffet, ancienne candidate à l’élection présidentielle, comme il le raconte au Dauphiné à l’époque. À cette période, il participe aux campagnes d’affichages du parti et distribue des tracts sur les marchés. Fabien Badaroux émarge ensuite au PCF du Vaucluse qu’il quitte en 2015 sans donner de raison. Dix ans dans le communisme.

Voici le tweet absolument ridicule d’Eric Coquerel :

Deuxième exemple à Lyon où Jean-Luc Mélenchon (LFI) a directement accusé Nicolas Dupont-Aignan et l’extrême droite d’être responsable de la tentative d’assassinat du prêtre orthodoxe. Un communiste défendant un prêtre orthodoxe, on aura tout vu…

Son tweet a été effacé…depuis que le suspect a été innocenté et relâché. Pire, le suspect, que Jean-Luc Mélenchon présentait comme un moine orthodoxe et ancien candidat DLF, ne s’est avéré n’être qu’un SdF [source] :

L’homme en garde à vue serait Jean-Michel Dhimoïla, ancien moine orthodoxe, et ex-candidat Debout La France aux élections législatives de 2017 (…)

Sitôt ces informations sorties, Jean-Luc Mélenchon et une partie de l’extrême gauche les diffusent. Dans un tweet supprimé depuis, le leader de la France Insoumise a ainsi dénoncé le « terrorisme d’extrême droite », en mentionnant explicitement Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France. Il a rapidement été imité par Anasse Kazib, militant Sud-Rail très porté sur la lutte contre l’islamophobie. Ce dernier a même accusé Dupont-Aignan d’être « un des extrémistes identitaires qui arme [sic] idéologiquement des milliers de gens par sa propagande xénophobe ». Là encore, le tweet a depuis été supprimé (…)

Innocenté, l’homme placé en garde de vue a donc été relâché en fin d’après-midi, blanchissant du même coup l’extrême droite et Debout La France. Et pour cause : un peu plus tard dans la soirée, on apprend qu’il ne s’agissait même pas de Monsieur Dhimoïla, mais d’un sans-domicile fixe.

En désespoir de cause, les médias essayent de faire le lien entre le terroriste de Conflans-Sainte-Honorine et…le Rassemblement national. Pas facile en première approche mais, avec nos “journalistes”, tout est possible :

Le Rassemblement national considère-t-il vraiment l’islamisme radical comme un ennemi? Deux proches de Marine Le Pen, Axel Loustau et Frédéric Chatillon, se sont affichés au côté d’Abdelhakim Sefrioui, l’islamiste mis en examen et écroué pour avoir lancé la campagne sur les réseaux sociaux qui a provoqué l’assassinat de Samuel Paty. Les trois hommes apparaissent sur une vidéo du 10 janvier 2009, mise en ligne sur le compte Dailymotion du collectif Cheikh Yassine, le groupuscule de Sefrioui, après une manifestation à Paris contre une opération menée par Israël dans la bande de Gaza (…)

Sollicités par le JDD, les deux proches de Marine LePen admettent avoir participé à la marche. Mais Loustau assure n’avoir “pas eu connaissance” de l’existence de Sefrioui et de son groupuscule – qui en étaient pourtant les animateurs – “jusqu’au monstrueux assassinat” du professeur de Conflans-Sainte-Honorine. “Toute ma vie politique a été consacrée à la France et à la lutte contre l’immigration de masse et l’islamisme radical, plaide l’élu RN. Il serait donc grotesque et malhonnête de tenter le moindre amalgame.” Chatillon, lui, explique avoir “remonté tout le cortège en compagnie de Dieudonné”, lequel se serait arrêté plusieurs fois, notamment à la hauteur du collectif de Sefrioui, dont il dit avoir “tout ignoré jusqu’à la semaine dernière”. “Tenter de me raccrocher à ces gens est malhonnête et totalement délirant.”

Vite, il faut demander la dissolution du RN !!!

Et on se souvient du même délire lors de l’attaque de la mosquée de Bayonne en 2019 par un octogénaire au discernement altéré

C’est la lettre de Jules Ferry aux instituteurs qu’il aurait fallu lire

Eric Zemmour a ressorti des archives avec beaucoup de pertinence la lettre de Jules Ferry adressée aux instituteurs le 27 novembre 1883. La France a-t-elle perdu à ce point la tête pour que l’on en arrive à aller chercher un des plus fervents partisans de la lutte contre l’Eglise catholique de la fin du XIXéme siècle pour tempérer les laïcards de 2020 ?

Voici quelques extraits :

“La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d’une part, elle met en dehors du programme obligatoire l’enseignement de tout dogme particulier, d’autre part elle y place au premier rang l’enseignement moral et civique. L’instruction religieuse appartient aux familles et à l’église, l’instruction morale à l’école (…)

J’ai dit que votre rôle en matière d’éducation morale est très limité. Vous n’avez à enseigner à proprement parler rien de nouveau, rien qui ne vous soit familier comme à tous les honnêtes gens (…) le législateur n’a voulu faire de vous ni un philosophe, ni un théologien improvisé. Il ne vous demande rien qu’on ne puisse demander à tout homme de cœur et de sens (…)

Vous êtes l’auxiliaire et, à certains égards, le suppléant du père de famille ; parlez donc à son enfant comme vous voudriez que l’on parlât au vôtre ; avec force et autorité, toutes les fois qu’il s’agit d’une vérité incontestée, d’un précepte de la morale commune ; avec la plus grande réserve, dès que vous risquez d’effleurer un sentiment religieux dont vous n’êtes pas juge.

Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu’où il vous est permis d’aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire (…)

que vous demande-t-on ? Des discours ? Des dissertations savantes ? De brillants exposés, un docte enseignement ? Non, la famille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants, à en faire des honnêtes gens. C’est dire qu’elles attendent de vous non des paroles, mais des actes, non pas un enseignement de plus à inscrire au programme, mais un service tout pratique que vous pourrez rendre au pays plutôt encore comme homme que comme professeur (…)”

Comme le chantait naïvement Michel Sardou à propos de Lénine, nous pourrions fredonner : “Jules Ferry, relève-toi, ils ils sont devenus fous…”

Déjà plus de 100 Maires soutiennent la réouverture des commerces locaux

Jean-Pierre Gorges, Maire de Chartres, Président de Chartres métropole, à l’initiative des Maires Indépendants :

Lancée samedi 31 octobre 2020 par Jean-Pierre GORGES, Maire de Chartres, Président de Chartres métropole, une pétition rassemble déjà plus de 100 Maires en faveur de la réouverture des commerces locaux.

Sans remettre en cause le reconfinement en cours, personne ne comprend la distinction entre les commerces prétendument essentiels et les autres.

Cette différenciation est vécue comme une discrimination.

Elle n’a pas de sens. Elle est donc arbitraire, définie et décidée sans concertation véritable avec les maires chargés de la mettre en œuvre.

Elle est injuste pour les commerçants et les communes qui ont investi et mis en place toutes les mesures sanitaires exigées par l’Etat, d’autant plus que nous disposons aujourd’hui des masques qui faisaient défaut au printemps.

Elle est inopportune, désastreuse, en cette fin d’année où nombre de commerces réalisent une part vitale de leur chiffre d’affaires.

Elle est inégalitaire. Elle favorise outrageusement la grande distribution. Et même quand ce gouvernement veut y parer, c’est pour fermer encore davantage, et des entreprises françaises par-dessus le marché, grande distribution et FNAC comprises. Nos technocrates ouvrent seulement un boulevard encore plus large à Amazon, dont on connaît la « légèreté » fiscale.

Ces Maires ont une question : à quoi sert de dépenser des milliards pour soi-disant nous aider à revitaliser nos centres-villes et nos centres-bourgs, quand on les tue aujourd’hui à coup sûr ?

Certains de leurs collègues montrent la voie, en prenant des arrêtés autorisant l’ouverture des commerces de leur commune. Mais le gouvernement et les préfets veulent les remettre au pas.

C’est pourquoi, soucieux d’avancer de façon coordonnée, et de parler d’une seule voix au Président de la République, ces 100 Maires signent et font signer cette pétition de bon sens et de justice : le gouvernement doit revenir à la raison.

Pour que les commerces et leurs communes reviennent à la vie.

Les évêques de Versailles déposent également un référé-liberté

Attentats islamistes : ça continue

On compte au moins 3 morts et une quinzaine de blessés à Vienne en Autriche, suite à une attaque terroriste.

Le maire de Vienne a indiqué que l’un des terroristes, qui a été abattu par la police, était équipé d’une arme longue, d’une autre arme à feu et d’une machette. Un assaillant est toujours en fuite et un a été arrêté.

L’attaque s’est déroulée en plein cœur de la ville, près d’une importante synagogue et de l’Opéra. «Six différents lieux» ont été visés, a précisé la police.

A Nîmes, en début de soirée, un homme a tenté de pénétrer de force dans la cathédrale de Nîmes. Repoussé par les militaires du dispositif Sentinelle, il s’est mis à prier sur le parvis en criant « Allah Akbar » à plusieurs reprises. Il a été placé en garde à vue pour apologie du terrorisme.

Un confinement pour favoriser la “destruction créatrice” ?

Ils sont amusants dans Le Monde : quand Boris Johnson reconfine, c’est un échec. Mais alors, quand Macron reconfine, qu’est-ce que c’est ?

Sur CNEWS, Eric Zemmour y voit la mise en oeuvre de la doctrine de Joseph Schumpeter, la « destruction créatrice », qui désigne le processus à l’œuvre dans les économies et qui voit se produire de façon simultanée la disparition de secteurs d’activité économique conjointement à la création de nouvelles activités économiques :

Pourquoi la victoire de Donald Trump serait une bonne nouvelle

Plusieurs amis, sachant que je m’intéresse de près à la politique américaine (je crois bien être un des rares chroniqueurs français à avoir assisté à un meeting de Trump, avant même qu’il ne soit désigné comme le candidat du parti républicain en 2016…), m’ont demandé ce que je pensais de l’élection présidentielle américaine. Je voudrais tenter de leur répondre par cet article à la veille de ce vote important.

Je ne suis pas un expert électoral et ma première réponse serait d’inviter les journalistes à l’humilité et à la prudence. Ne serait-ce que parce que la plupart des commentateurs français de cette folle campagne ne connaissent que New York ou San Francisco, qui sont loin de représenter tous les Etats-Unis. Il est, de façon générale, assez délicat de « sentir » les passions politiques d’un peuple. Et les sondages, qui peuvent aider à comprendre les tendances et les évolutions, ne nous renseignent pas précisément sur l’état d’esprit ni surtout sur les motivations d’une personne ou, a fortiori, d’un peuple : les questions déterminent le type de réponse et il est bien connu que les instituts de sondage faussent ainsi partiellement – parfois involontairement, parfois pour complaire à leurs clients – leurs propres résultats. Ainsi, de toute évidence, le vote Trump est sous-estimé par les sondeurs, pour la simple raison que la plupart des électeurs ont intégré l’idée que, selon la nomenklatura, voter Trump est « plouc », tandis que voter Biden est « chic ». C’est ce qu’on appelle là-bas l’effet Bradley.

Il faut ajouter qu’il n’y a pas une seule élection : la présidentielle américaine se fait au suffrage indirect par Etat et non au suffrage direct sur l’ensemble de la nation. Il est donc parfaitement possible de l’emporter en ayant moins de voix que son adversaire. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à Donald Trump en 2016 : il a perdu le vote populaire, mais gagné la présidentielle. Or, les règles électorales diffèrent d’un Etat à l’autre et il est donc très difficile d’extrapoler d’un sondage réalisé à l’échelle du pays le nombre de grands électeurs qu’obtiendront chacun des deux candidats.

Précisons encore que la fraude pourrait bien être massive : il y a eu de nombreux votes par correspondance et les démocrates ont la réputation (qu’ils ne contestent pas et dont ils se vantent, au contraire, volontiers) d’être bien meilleurs que les républicains pour aller chercher les votes par correspondance. Or, aux Etats-Unis, on sait assez précisément qui vote quoi. Il peut donc être tentant pour une organisation aux sympathies démocrates d’aller voir toutes les personnes âgées du voisinage en leur proposant de poster leur vote – et de mettre à la poubelle les courriers des sympathisants républicains.

Bref, l’élection de demain est probablement encore plus indécise que la précédente.

Mais il n’est pas sans intérêt de noter que, malgré la puissance du président américain, l’élection présidentielle n’a pas, aux Etats-Unis, l’importance centrale de notre propre élection présidentielle. Certes – et je vais naturellement y venir –, il n’est pas du tout indifférent que Trump ou Biden l’emporte, pour les Etats-Unis d’abord, mais aussi pour tout le monde occidental, et même pour la planète entière. Mais leur élection ne sera pas le seul résultat ni le seul enseignement du 3 novembre. La majorité au sénat et à la chambre ne sont pas moins importantes – et peuvent être largement « décorrélées » de la présidentielle (en 2016, Trump avait gagné dans des Etats qui n’avaient élu, le même jour, que des parlementaires démocrates et c’est loin d’être un cas unique). La récente nomination d’Amy Coney Barrett à la Cour suprême est, elle aussi, d’une importance cruciale – en particulier parce que cette dernière devrait pouvoir rester en poste pendant des décennies. Et je ne parle pas ici des innombrables référendums sur lesquels les Américains vont devoir se prononcer demain. Il n’est pas rare qu’un électeur ait, outre le président, à élire plusieurs parlementaires et à se prononcer sur une dizaine de sujets aussi variés que l’éclairage public ou la restriction de l’avortement.

Ce qui veut dire que, même si Biden l’emporte, ce ne sera pas nécessairement une défaite écrasante pour les républicains ni, moins encore – et cela m’importe plus – pour les conservateurs (qui sont électoralement liés au parti républicain, mais ont un “agenda politique” largement autonome). L’inverse est également vrai.

La principale nouveauté de cette campagne, selon ce que je peux en percevoir en lisant la presse américaine (mais sans avoir été, cette année, aux Etats-Unis comme je le fais habituellement quelques semaines par an), c’est que le pays est plus fracturé que jamais. Les Etats-Unis n’ont jamais été une nation au sens français du mot : ils seraient bien davantage un empire composé de myriades de nations plus ou moins étrangères les unes aux autres, et unies par une sorte de religion civique qui n’est pas sans rappeler celle de l’ancien empire romain. Mais il est frappant que les émeutes raciales, les attaques partisanes et les crises politiques à répétition des derniers mois ont conduit les différentes communautés à s’éloigner les unes des autres, au point parfois de ne même plus pouvoir trouver de point commun. Non seulement leur vie n’est plus la même (c’était déjà le cas avant : un immigré italien de première génération vivait très différemment d’un Anglais dont la famille était implantée avant l’indépendance des treize colonies), non seulement les médias qu’ils consultent ne sont plus les mêmes, mais leur langue n’est plus la même, leur imaginaire n’est plus le même, le pays qu’ils aiment n’est plus le même. Trump et Biden portent une part de responsabilité dans cet état de fait, mais ils n’y peuvent rien et le vainqueur ne règnera même pas sur une Amérique divisée : la moitié du pays le considérera comme illégitime et le méprisera.

Cela ne pourra pas manquer d’avoir des conséquences sur l’avenir du pays – et de l’Occident en général. Cela ne veut certes pas dire que les Etats-Unis vont cesser d’être une grande puissance – ni même la première puissance du monde. Mais ils vont clairement être fragilisés par leurs propres divisions – qui, à mon sens, sont profondes et durables.

Au plan idéologique, comme en 2016, il y a un véritable enjeu à cette élection. Cela n’a pas toujours été le cas. Pendant des décennies, démocrates et républicains ont partagé une grande partie de leurs convictions. Les démocrates étaient beaucoup moins collectivistes que leurs collègues des partis sociaux-démocrates européens et les républicains s’interdisaient de parler de sujets comme l’immigration. L’arrivée de Donald Trump et de Bernie Sanders a profondément bouleversé la donne. Au passage, c’est aussi l’un des aspects de l’effet Bradley dont je parlais plus haut : comme personne au parti républicain (à l’exception notable de Pat Buchanan) ne parlait d’immigration, ni des traités commerciaux multilatéraux, tout le monde en déduisait que l’immigration et la désindustrialisation n’étaient pas des sujets politiques aux Etats-Unis. Dès que Trump mit ces sujets sur la table, il devint évident que c’étaient des sujets majeurs et cette prise de conscience est irréversible : la plateforme politique du parti républicain a durablement changé, que Trump l’emporte demain ou non.

Si ces quelques lignes ont pu contribuer à nuancer un peu les propos à l’emporte-pièce de tant de commentateurs français, elles n’auront pas été inutiles.

Mais je voudrais saisir l’occasion pour aggraver mon cas et expliquer pourquoi je souhaite la victoire de Donald Trump. Je n’ignore pas combien cette position apparaît loufoque ou odieuse dans le paysage politico-médiatique français – mais j’ai une petite habitude de ne pas être exactement sur les mêmes positions que mes éminents confrères de la « presse dominante ». Par ailleurs, les intérêts des Etats-Unis et ceux de la France ne coïncident pas et, autant j’apprécierais mal que des Américains me donnent des leçons de patriotisme français, autant je ne me permettrais certainement de donner de leçons à ceux de mes amis américains qui liront cet article. Je voudrais simplement expliquer pourquoi, du point d’un catholique et d’un homme de droite français, la victoire de Trump – et, plus encore, la défaite du candidat démocrate – serait une bonne nouvelle.

Disant cela, je n’idéalise pas le personnage. Je continue à rester interloqué de le voir pratiquer la diplomatie du tweet, tantôt cajolant, tantôt insultant ses adversaires, toujours les affublant de surnoms farfelus. Je n’oublie pas non plus que beaucoup de mes amis conservateurs américains avaient été d’abord très réservés, sinon hostiles, devant cet étrange candidat. Mais je n’ai jamais compris comment les journalistes français parvenaient à le grimer en parfait abruti : un homme qui a mené trois carrières différentes au plus haut niveau, comme milliardaire du bâtiment d’abord, puis producteur de télévision, et enfin président des Etats-Unis d’Amérique, ne doit tout de même pas être totalement dépourvu de talent et de charisme ! En toute hypothèse, ce n’est pas tant la personne de Trump ou de Biden qui m’importe, comme Français, que ce que leur élection entraînera au plan politique.

La première raison qui me fait considérer la victoire de Trump comme une bonne chose tient aux sujets que l’on appelle là-bas « social conservatism », c’est-à-dire la défense de la vie humaine, de la famille, du mariage, etc. Donald Trump n’était certes pas des nôtres sur ces questions. Mais il a fait un « deal » avec les conservateurs et il a merveilleusement tenu sa parole. Jamais sous un mandat républicain, la cause de la défense de la vie n’avait davantage progressé. Non pas seulement aux Etats-Unis, mais dans le monde. Il est notamment désormais interdit d’utiliser de l’argent fédéral pour financer l’avortement en Afrique ou en Amérique du Sud. Cela n’empêche pas le très puissant lobby pro-mort du Planning familial de déverser des millions de dollars partout sur la planète, mais désormais sans l’aide de l’Etat fédéral américain. Surtout, Donald Trump a nommé un nombre inouï de juges fédéraux conservateurs et c’est décisif pour l’avenir. Il n’a pas seulement nommé 3 nouveaux juges à la Cour suprême, assurant une majorité conservatrice dans cette instance si importante de l’appareil constitutionnel américain, mais plus de 200 juges fédéraux. Pour nous, pro-vie français, c’est un fantastique signe d’espoir : il est possible de reconquérir le terrain perdu et de faire avancer concrètement et durablement la culture de vie. Inutile de dire que l’arrivée de Joe Biden, tout catholique que soit officiellement ce dernier, changerait tout, tant il est lié au lobby de la culture de mort.

La deuxième raison tient à la politique étrangère. La dénonciation des accords « globalistes » par Trump me semble aller dans le sens d’une restauration de relations diplomatiques saines. Il est en effet délirant que des technocrates sans aucune légitimité politique s’arrogent le droit de bouleverser la vie de milliards d’êtres humains au nom de leurs lubies du moment – de la dérégulation financière à la lutte contre le réchauffement climatique en passant par l’imposition de la démocratie à coups de bombes. J’ai également beaucoup apprécié le combat (pas toujours victorieux si j’en juge par plusieurs épisodes de la guerre en Syrie) de Donald Trump contre les néo-conservateurs au sein de son propre parti républicain et je crains, par ricochet, que sa défaite n’entraîne le retour des travers du messianisme holliwoodien qui croit pouvoir « pacifier » des peuples en les aplatissant sous des tapis de bombes !

Enfin, un troisième élément dans le bilan de Trump me donne envie de le voir à nouveau gagner : son combat pour les frontières et contre l’invasion migratoire. Certes, l’histoire démographique américaine n’a rien à avoir avec la nôtre (contrairement à la doxa médiatique, le peuple français est resté extraordinairement stable des Gaulois au XXe siècle); certes l’immigration aux Etats-Unis est majoritairement une immigration catholique et une immigration de travail (donc bien plus facilement assimilable que l’immigration musulmane de peuplement et d’assistanat qui constitue une large partie des quelque 500 000 personnes arrivant chaque année en France). Mais il me semble d’autant plus intéressant qu’un haut responsable politique américain mette en cause le dogme de l’interchangeabilité des êtres humains et de la nocivité des frontières. Les frontières sont nécessaires à notre identité – et sont donc la condition de notre dialogue avec d’autres civilisations.

A ce sujet, les drames récemment survenus en France sonnent comme un avertissement pour le reste de l’Occident, et les Etats-Unis en particulier : nous avons globalement, comme sphère civilisationnelle occidentale, structurée par le christianisme, un problème avec l’islam et l’immigration musulmane se trouve nécessairement d’une autre nature que d’autres immigrations qui soit sont également marquées par le christianisme (comme l’immigration sud-américaine aux Etats-Unis ou l’immigration polonaise chez nous), soit sont restées étrangères à l’Occident pendant des siècles (comme l’immigration asiatique). L’islam, au contraire, s’est doctrinalement défini contre le christianisme (la profession de foi coranique commence d’ailleurs par « la », non en arabe : non il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu, ce qui est une contestation explicite du dogme de la Sainte Trinité) et, depuis la fondation de l’islam, nous avons pratiquement toujours été en guerre. On ne peut rayer cela d’un trait de plume. Plusieurs amis conservateurs américains m’ont dit se réjouir du récent discours de fermeté contre l’islamisme d’Emmanuel Macron. Mais ce n’est manifestement qu’un discours – alors que Donald Trump, lui, est un homme d’action, “a doer” comme dirait l’excellent vice-président Mike Pence. Et, surtout, c’est un discours qui évite soigneusement les questions qui fâchent (et notamment la responsabilité de l’islam comme tel dans les assassinats odieux qui ont ensanglanté la France au cours des dernières semaines) et l’on peut reprocher bien des choses à Donald Trump mais certainement pas d’éviter les sujets qui fâchent !

Un dernier mot : le meilleur argument électoral de Donald Trump, plus encore que son bilan objectivement bon, ce sont ses adversaires. Non pas seulement Joe Biden, mais sa vice-présidente pressentie, Kamala Harris, incarnation du « gouvernement des juges » qui défit naguère, sans aucune légitimité politique, les résultats du référendum californien sur le mariage pour complaire aux idéologues libertaires, sans parler de tout l’appareil d’un parti démocrate profondément radicalisé et devenu violemment hostile à l’idée même de civilisation occidentale, soutien actif des émeutes raciales et partisan du « Great reset », cette transformation mondialisto-socialiste dont rêve l’oligarchie financière qui, sous couvert de lutte contre le terrorisme, contre la pandémie ou contre le réchauffement climatique, supprimerait volontiers toutes les libertés des peuples et des personnes.

Donc, oui, sans hésitation, et quoi qu’en puissent penser la caste jacassante française, je suis de ceux qui se réjouiraient demain si Donald Trump l’emportait !

Guillaume de Thieulloy

Directeur du Salon beige

Le président de la Conférence des évêques de France dépose un recours devant le Conseil d’Etat

Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et Président de la Conférence des évêques de France, va également déposer un référé liberté au Conseil d’État contre l’interdiction de célébrer les messes publiquement pendant le confinement.

Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Président de la Conférence des évêques de France va déposer un référé liberté au Conseil d’État, estimant que le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, porte atteinte à la liberté de culte qui est l’une des libertés fondamentales dans notre pays. En effet, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, après consultation de tous les évêques de France réunis en Assemblée plénière ce lundi 2 novembre, estime hors de proportion l’interdiction de célébrer la messe et d’autres sacrements en communauté. Pour les fidèles, ces célébrations sont vitales parce qu’elles sont une rencontre avec le Seigneur et avec leurs frères. Les fidèles catholiques restent totalement mobilisés contre l’épidémie et respectent l’ensemble des consignes sanitaires qui pèsent sur le pays depuis le début.

Cinq évêques et plusieurs laïcs déposent plusieurs recours en faveur de la liberté de culte

MMgrs Marc Aillet, évêque de Bayonne; Bernard Ginoux, évêque de Montauban; Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon; David Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France; et Dominique Rey évêque de Fréjus-Toulon, les Associations familiales catholiques (AFC); Charles Beigbeder, entrepreneur; Rémi Brague, philosophe; Chantal Delsol, philosophe; Fabrice Hadjadj, philosophe, Jean d’Orléans, comte de Paris; Pierre Manent, philosophe; Charles Millon, ancien ministre de la Défense; Jean Sévillia, historien et journaliste; Thibaud Collin, professeur de philosophie. Fabrice Habjadj, philosophe, signent une tribune dans Le Figarovox en faveur de la liberté de culte :

Au moment même où notre pays entrait dans une deuxième période de confinement, le triple assassinat de Nice est venu douloureusement nous rappeler que les chrétiens paient un lourd tribut dans les attentats terroristes. Trois personnes ont en effet été sauvagement massacrées dans une église pour le seul motif qu’elles étaient chrétiennes. Déjà, le 26 juillet 2016, le père Jacques Hamel avait été égorgé à Saint-Étienne-du- Rouvray, au cours de la messe qu’il était en train de célébrer.

Les hommages qui se multiplient partout en France, en ces jours où nous sommes encore sous le choc de la décapitation du professeur Samuel Paty, montrent à quel point notre pays reste attaché à ses libertés fondamentales, bafouées par ces crimes: liberté d’expression, liberté d’enseigner, liberté de culte.

Les chrétiens en général, les catholiques en particulier, sont sensibles aux marques de sympathie et de solidarité qui leur sont adressées. Ils sont conscients de leur devoir de participer à ce sursaut collectif, si nécessaire dans la lutte contre le terrorisme islamique.

Pourtant, alors qu’on réaffirme que la liberté de culte constitue un droit fondamental à protéger, on la restreint dans son exercice par une interdiction quasi totale de se réunir dans les édifices religieux. On considère par là qu’elle n’est pas une «activité essentielle».

Nous pensons au contraire que la liberté de culte ne peut se négocier et qu’on doit lui permettre de s’exprimer, particulièrement en ce temps où elle est contestée. Si «la République assure la liberté de conscience» (loi de 1905, 1er article), l’État se doit de rendre possible l’exercice et la pratique du culte.

De nombreux catholiques se refusent à déserter leurs églises, où les fidèles viennent trouver consolation et espérance, en ces temps qu’il est bien difficile de traverser seul. La célébration de la messe n’est pas pour eux une modalité de l’exercice de leur foi, mais en constitue la source et le sommet. L’eucharistie non seulement rassemble, mais construit l’Église; elle en est le cœur et le centre vital. Depuis les origines de l’Église, les chrétiens ont toujours affirmé: «Sans le dimanche, nous ne pouvons vivre.» Même les persécutions n’ont pas découragé les chrétiens de se réunir le jour du Seigneur.

Ce nouveau confinement, nécessaire pour se protéger du virus, est un temps particulièrement difficile et anxiogène pour beaucoup. Les messes constituent un des rares moments où les fidèles viennent reprendre force et courage pour le supporter. En interdire l’accès, c’est la double peine pour les catholiques, si éprouvés dans leur foi. Ne les privons pas de ces espaces de ressourcement!

Si les lieux de consommation et les grandes enseignes de distribution restent ouverts, ils ne combleront pas les aspirations les plus profondes du cœur et ne suffiront pas à apaiser les craintes.

Face à l’épidémie de coronavirus, nous sommes conscients des précautions sanitaires à prendre et du respect de toutes les normes à observer rigoureusement. Depuis le déconfinement, nous avons pris nos responsabilités et les mesures barrières ont été strictement respectées. On n’a pas recensé de foyers de contamination dans les églises. Nous partageons pleinement le souci de préserver la santé publique. Mais l’interdiction générale des messes nous paraît avoir un caractère disproportionné face au besoin de réaffirmer nos libertés les plus chères, parmi lesquelles celle de pratiquer notre religion. Aussi, nous voulons pouvoir célébrer publiquement la messe, notamment le dimanche. L’eucharistie est le cœur de notre vie.

Pour autant, il nous semble que cette question doit interpeller tous les hommes attachés à nos libertés publiques fondamentales. En effet, à travers cette interdiction de la pratique religieuse, c’est la liberté de culte que l’on ne respecte pas.

Devant cette situation d’une profonde gravité, nous avons déposé plusieurs recours devant le Conseil d’État puisque déjà lors du déconfinement de juin, ce dernier avait enjoint le premier ministre de prendre des mesures mieux proportionnées aux risques sanitaires encourus.

Les Associations Familiales Catholiques précisent dans un communiqué :

Lundi 2 novembre, les Associations Familiales Catholiques, conjointement avec d’autres associations confessionnelles et des évêques* ont déposé une requête en référé-liberté auprès du Conseil d’État.

Ils demandent ainsi au Premier Ministre de modifier deux articles du décret du 29 octobre 2020, portant une atteinte grave et illégale à la liberté fondamentale du culte et au droit de participer collectivement à des cérémonies cultuelles :

  • d’une part, pour permettre aux personnes de se rendre à un lieu de culte distant de plus d’un kilomètre de leur domicile, sans condition de durée, tout en prenant en compte la situation particulières des aumôniers appelés à se rendre au chevet de leurs fidèles ;
  • d’autre part, pour autoriser les rassemblements dans les établissements de culte en limitant leur durée à 90 minutes et en prescrivant toutes les mesures utiles à la prévention de la propagation du virus.

Car les AFC sont convaincues plus encore qu’au printemps, que le soutien spirituel et la nécessité de cérémonies communautaires pour tous les fidèles d’une religion sont essentiels.

La participation physique à la prière communautaire et l’assistance au culte sont des éléments majeurs de réconfort et de force morale, particulièrement dans cette période où la confrontation avec la maladie et la mort sont plus fortes et où la communauté catholique est victime d’actes de terrorisme.

La Confédération nationale des Associations Familiales Catholiques dont un des objets est ” d’assurer la défense des intérêts spirituels […] des familles et d’exercer devant toutes les juridictions toute action en justice […] relativement aux faits de nature à nuire aux intérêts spirituels […] des familles. ” (article 1 bis des statuts) se fait la porte-parole des familles qui aspirent à vivre leur foi. Cette liberté est fondamentale et ne peut s’exercer sans liberté de culte.

Respecter la liberté religieuse reconnaît l’apport unique et indispensable des religions dans la société. La dignité de l’homme passe par la liberté religieuse. Le Pape Jean Paul II affirmait même ” qu’elle est à la base de toutes les autres libertés “. La France, pays des Droits de l’Homme, se doit de respecter cette liberté.

* Les associations : Anuncio, Le Village de François, Journées Paysannes, IRCOM, Les Deux Rives et les évêques : Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon, Mgr David Macaire – archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France, Mgr Jean-Pierre Cattenoz – archevêque d’Avignon.

Addendum : il faut noter que les évêques ont déposé 3 recours. 3 évêques se sont joints au recours des AFC ci-dessus, Mgr Ginoux et Mgr Aillet ont déposé un autre recours, tandis que Mgr de Moulins-Beaufort, au nom de la CEF, a déposé un 3e recours. La multiplication des recours permet de multiplier les chances de modifier le décret.

A propos de la faillibilité pontificale

De Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique :

En ce 19 juillet 1870 la ville de Rome est en liesse. La foule a envahi la basilique Saint Pierre pour célébrer la promulgation, la veille, par le concile Vatican I, de la constitution Pastor Aeternus qui définit le dogme de l’infaillibilité pontificale. Le même jour la France déclare la guerre à la Prusse, mettant ainsi fin au concile. Le cent-cinquantième anniversaire de cette promulgation est passé quasiment inaperçu. Seules se sont intéressés à ce sujet quelques personnalités ou publications de la mouvance dite des catholiques « observants », « intransigeants », etc. Signalons un copieux dossier de la revue thomiste : Le sel de la terre : « Vatican I : concile fondamental » et une conférence, disponible en cd, de Philippe Roy-Lysencourt, de l’Institut d’Etude du Christianisme : « Histoire du premier concile du Vatican ». Manifestement le sujet met tout le monde un peu mal à l’aise.

Pastor Aeternus

L’enseignement de Pastor Aeternus est pourtant à la fois simple et clair. Le texte tient d’abord à rappeler que :

« Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils publiassent, d’après ses révélations, une nouvelle doctrine mais pour que, avec son assistance, ils gardassent saintement et exposassent fidèlement les révélations transmises par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi …ce siège de Pierre reste toujours exempt de toute erreur ».

En conséquence :

« le Pontife romain, lorsqu’il parle ex cathedra (…) définit qu’une doctrine touchant la foi et les mœurs doit être tenue par l’Eglise universelle, jouit pleinement, (…) de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que Son Eglise fut pourvue ( …) ; et par conséquent, ces définitions du Pontife romain, par elles-mêmes, et non en vertu du consentement de l’Eglise sont irréformables ».

L’infaillibilité pontificale s’exerce ainsi selon trois modalités :

  • un enseignement solennel du pape engageant son autorité. Une déclaration du pape dans l’avion à un journaliste ne rentre pas dans ce cadre.
  • un enseignement qui concerne la foi et les mœurs. Ainsi, les origines, supposées, du réchauffement climatique n’entrent pas dans le champ d’application de l’infaillibilité pontificale.
  • l’autorité du pape est personnelle et n’est soumise à aucune forme de collégialité, cela contre l’hérésie conciliariste qui soumettait l’autorité du pape à celle du concile.

Cette proclamation solennelle ne faisait, bien sûr, comme toujours, que formaliser une croyance largement répandue dans l’Eglise. Les catholiques français emmenés par Dom Guéranger, abbé de Solesmes, Mgr Pie, évêque de Poitiers et le journaliste Louis Veuillot adhérèrent avec enthousiasme à cette promulgation. On peut même penser que beaucoup, mêlant dans une même cause celle du roi et celle de Dieu, reportèrent sur la personne du pape la fidélité qu’ils auraient aimé témoigner au roi Henri V lorsque la renonciation du comte de Chambord au trône rendit les espoirs de restauration monarchique illusoires. Ces ultramontains en vinrent à psychologiquement vivre une forme de papolâtrie, combinée avec une hypertrophie du magistère pontifical réduisant quasiment à néant le munus docendi, pouvoir d’enseignement des évêques diocésains. Deux dérives dénoncées de manière argumentée par Mgr Schneider dans son précieux témoignage : Christus Vincit. Le triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps. Face aux erreurs du gallicanisme et du conciliarisme certains crurent répondre, en vérité, par l’erreur inverse d’une extension indue de l’autorité pontificale et une forme de sacralisation de tout acte et de toute parole du pape. Malheureusement, la vérité n’est pas le contraire de l’erreur…

Le pape est le vicaire du Christ

Lors de sa messe d’intronisation le 24 avril 2005 le pape Benoît XVI avait déclaré :

« En ce moment, je n’ai pas besoin de présenter un programme de gouvernement (…) Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute l’Église, de me mettre à l’écoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide l’Église en cette heure de notre histoire ».

Le pape François est clairement sur une autre ligne. Souvent ses interventions commencent par : « Personnellement je pense que… » ou se concluent par : « Voilà ce que je pense ». Une nouvelle étape a été franchie dans l’encyclique Fratelli tutti dans laquelle à plusieurs reprises le pape écrit : « Je rêve que… » et même « Comme c’est important de rêver ensemble » (§8). Nous sommes loin de la mise en lumière, du dépôt de la foi révélée, clos à la mort du dernier apôtre. Face à certaines déclarations un peu surprenantes du Souverain pontife, la dernière en date étant la reconnaissance de la licéité des unions civiles pour les couples homosexuels, les milieux ultramontains, conservateurs, se sentent, à juste titre, extrêmement mal à l’aise. D’explications alambiquées en dénonciations des manipulations médiatiques certains, animés des meilleures intentions, « vêtus de probité candide et de lin noir » en viennent à nier les notions élémentaires du principe de non contradiction. Comment concilier dans l’encyclique Fratelli tutti « Les peuples qui aliènent leur tradition, on leur arrache leur âme » ( §14) et « Chaque pays est également celui de l’étranger » ( §124). Quant à dénoncer les manipulations médiatiques, c’est un peu Oui-Oui au pays des bisounours, découvrant, abasourdi, qu’il y a des méchants. Il est mathématique que plus la parole est abondante, plus la probabilité que les propos soient déformés est également importante, sans occulter le fait que seule la parole rare est écoutée. Parler de tout et tout le temps c’est se condamner à n’être ni écouté ni, a fortiori, entendu. Dans Fratelli tutti le pape nous livre d’ailleurs une des clés de cette inflation de discours et de déclarations :

« Les différences sont créatrices, elles créent des tensions et dans la résolution d’une tension se trouve le progrès de l’humanité » (§203).

Dans cette optique, résolument hégélienne, la fonction du magistère n’est plus de se conformer, le plus parfaitement possible au magistère même du Christ, par nature fixe, mais de discerner les signes des temps, toujours évolutifs, constitutifs des nouveaux dogmes, fruits de ce progrès dialectique. Cette nouvelle conception du magistère exige, logiquement, beaucoup plus de discours et d’explications que la précédente.

De mauvais papes ?

Enfin est-il incongru d’oser penser que l’Eglise pourrait avoir à sa tête un mauvais pape, certes préservé par une grâce divine d’enseigner ex cathedra des erreurs contre la foi et la morale mais néanmoins au comportement et à l’enseignement ordinaires peu exemplaires ? Laissons l’histoire nous répondre. Selon saint Robert Bellarmin le pire des papes fut Jean XII (937-964) ainsi accusé par l’empereur Othon 1er au nom du synode :

« Sachez donc que vous avez été accusé – non par quelques-uns, mais par tous, laïcs et ecclésiastiques – de meurtre, de parjure, de vol d’objets sacrés, d’inceste avec vos proches et avec deux sœurs. L’on vous accuse également d’une autre de vos pratiques, effroyable rien qu’à l’entendre évoquer : que vous ayez trinqué à la santé du diable, et qu’au jeu de dés, vous ayez invoqué l’aide de Jupiter, de Vénus et des autres démons. Nous vous prions instamment, Père, de ne pas refuser de venir à Rome et de vous défendre contre toutes ces accusations »

Othon 1er, quoique laïc, fut qualifié de « pieux empereur » par Saint Robert Bellarmin. Il vécut entouré de saints : Adélaïde son épouse, Mathilde, sa sœur, Bruno, son frère, etc. Quant à Jean XII son nom est toujours à sa place parmi les médaillons peints, dans la nef centrale de la basilique de Saint Paul hors-les-murs, qui représentent les papes. Grand mystère de l’Eglise rehaussé par l’anecdote suivante : Un jour, tout en colère contre le secrétaire d’état du pape Pie VII, Napoléon Bonaparte lui dit, en tapant rageusement le pied par terre :

« Je détruirai votre Église ! »

– « Excellence, lui répondit le cardinal Consalvi, il y a des siècles que nous faisons nous-mêmes tout ce que nous pouvons pour cela et nous n’y sommes pas parvenus ! »

Interdire l’école à la maison ?

Emmanuel Macron a annoncé vouloir interdire l’école à la maison pour lutter contre le « séparatisme islamiste ». Est-ce une mesure pertinente pour lutter contre l’islamisme ? Est-ce possible et conforme à notre constitution et au droit international ?

Du sacre du voyou au sacre du criminel

De Marion Duvauchel, Professeur de philosophie- historienne des religions :

Le « sacre du voyou » auquel nous assistons aujourd’hui, n’a rien de récent. Il s’inaugure le samedi 11 février 1983, lors d’une émission de Michel Pollack dont les plus âgés se souviennent peut-être : Droit de réponse. On y hurlait, on y fulminait, on fumait comme des troupiers, c’était le journalisme d’alors. Il valait bien celui d’aujourd’hui. Ce jour-là, Michel Pollack avait pour guest star Maître Verges, qui était, cum grano salis, le Dupont-Moretti de l’époque. Cum grano salis, car on n’était pas encore assez fous ou assez égarés alors pour nommer Maître Verges ministre de la justice.

Chaque société choisit les héros qui correspondent à son éthique. On ne choisit pas sans une profonde raison de concélébrer le Sacre du voyou, quel que soit le visage qu’il prend. Au début du XIXe siècle, avec le romantisme, Paul Bénichou avait cru discerner ce qu’il appelle le sacre de l’écrivain. Personne ne touche plus les écrouelles et nous respectons (pour combien de temps encore, et pas toute la société) l’État-Providence qui étrangle toute initiative et rembourse l’avortement. Il faut bien que nos artistes, généralement de gauche, placent quelque part les bouffées de chaleur respectueuse qui les étouffent. En 82, la bouffée de chaleur respectueuse allait à ce vulgaire criminel du nom de Mesrine.

Il y eut au cours de cette émission du 11 février 1983 un quart d’heure de glose à la mémoire de ce truand très ordinaire qui tuait, raptait, torturait pour le plaisir, la jouissance et pour l’argent : Mesrine. C’était trois ans et demi après sa mort. Il avait alors obtenu 560 fois environ la place et le temps consacrés au dernier prix Nobel de la paix (français) de médecine d’alors.

Puisque Mesrine était présenté comme l’innocente victime des contradictions du capitalisme, on lui devait bien cette modeste compensation, écrit alors Pierre Chaunu, qui fut à l’histoire ce que Raymond Aron fut à la sociologie, (avec plus de force, d’énergie et de prophétique lucidité) dans le journal le Figaro, le 9 avril de la même année.

J’aimerais reprendre ce que nous apprend notre historien de la longue durée. Prophète de notre malheur d’aujourd’hui, Pierre Chaunu nous donne dans la foulée une petite leçon d’histoire.

Le sacre du voyou des années 80 ne s’inscrit pas dans la tradition du bandit au grand cœur. L’histoire du banditisme que notre historien appelait de ses vœux est toujours à écrire. De préférence par de bons historiens. Il conviendra alors d’y ajouter un chapitre spécial sur ce banditisme particulier, effroyable, des cinglés de l’islam. Là encore, il y a une faille dans cette histoire de la crapulerie.

En Gaule, la première manifestation du grand banditisme, au Vème siècle, est celle des Bagaudes. Les Bagaudes sont des barbares de l’intérieur. Expliquons pour ceux qui ont oublié : en s’alourdissant, le Bas-empire ne contrôle plus rien. Conséquence, entre les barbares du dehors et les cités recroquevillées dans les mailles d’un tissu social mité, une société élémentaire, brutale, vengeresse, violente, sadique, occupe les vides d’un Imperium asthénique et d’une civilisation aussi énervée que l’est aujourd’hui la nôtre. La justice bagaude est sommaire : les sentences sont rendues sous un chêne et inscrites sur le dos des coupables. Là, tout est permis. Dans la grande forêt de la Gallia, de l’Iberia et de la Britannia redevenues chevelues, les Bagaudes annoncent le mythe d’une société inversée, d’une Saturnale concrète où les premiers seront les derniers avec l’exercice illimité de la vengeance et la simplification des règles rendues plus accessibles à ceux que l’ignorance tient en position d’infériorité.

L’islam utilise la même combinaison. Il rend accessible à des femmes incultes et à des hommes  semi-illettrés, des règles simplifiées : le méchant est le mécréant, on peut le voler, le tuer aussi s’il le faut (s’il ne veut pas se convertir ou s’il bafoue Mahomet). Les vertus sociales qui représentaient deux volumes de la Somme de saint Thomas d’Aquin sont réduites à l’essentiel. Et dans ce domaine, cet essentiel est la mort de l’intelligence. Et ensuite, la mort tout court.

Après les Bagaudes, il y a eu Mandrin. Le bandit s’est individualisé. Il s’en prend à la Ferme générale, symbole en acte de la résistance à l’impôt et au plus lourd et au plus impopulaire de ces taxes iniques : les aides et gabelle.

Dans la mise en place de l’imaginaire des grands justiciers, le roman feuilleton, « sorte de complainte du crime redouté et exalté » et des grandes affaires criminelles a joué un rôle que notre critique littéraire n’a jamais daigné analyser. Stérilisée par deux décennies de nouveau roman suivi par l’écœurant narcissisme des autobiographies de l’infinie médiocrité qu’on ne cesse d’imprimer à des fins d’édification, elle bavarde ad nauseam sur l’insignifiance de destinées diverses qui s’offrent à notre vénération.

Or, de Mandrin et Bonnot à Mesrine, il y a une faille. Et Chaunu l’avait vue avec la précision de l’historien et l’inspiration prophétique.

À nous de poursuivre.

Mesrine torture et tue pour le gain. Il ne symbolise pas, comme les Bagaudes, une autre société, ou comme Mandrin, la résistance à l’État de finances. Encore moins l’ignorance comme le Surineur du roman d’Eugène Sue, les Mystères de Paris, ou l’inoubliable Jean Valjean, symbole de l’acharnement du malheur et du poids de l’anankè sociale.

Mesrine a été rendu célèbre parce qu’il est peu doué, qu’il aime l’argent, et que ne pouvant faire plus et mieux, il tue. Comme sont rendus célèbres tout les petits malfrats des banlieues, symbole de notre infinie culpabilité pour n’avoir pas su les comprendre et les intégrer, ces « sauvageons ».

Le lointain et approximatif archétype du Mesrine cinématographique des années 80 est fourni par Jacques Bonnot dont la bande tuait en voiture et dont on a tenté de couvrir les crimes d’une revendication anarchisante. La filmographie de Mesrine des années 80 ne faisait qu’inaugurer le sacre du voyou. Plus récemment, la presse a relayé avec fureur un diptyque, avec Vincent Cassel dans le rôle titre, sur ce voyou célèbre. Les critiques le soulignent avec  moult fautes d’orthographes comme un sommet : le film ne dénonce pas.

Déjà avec la Haine, Vincent Cassel et Matthieu Cassovitz avait inauguré le genre, avec les petits voyous des banlieues, sur fond « multi-ethnique », entendre multi religieux aussi. On est passé ce jour-là au sacre des petits voyous, de ces « sauvageons » dont les délits sont excusés, parce que n’est-ce pas, la France est responsable de leur état, de leur situation, de leur inculture crasse, de leur arrogance musulmane lorsqu’ils le sont. Ils tuent, violent, incendient en toute impunité.

Ne nous leurrons pas, nul doute que quelque cinéaste aura à cœur de placer la bouffée de chaleur respectueuse envers ces pauvres musulmans qui va l’étouffer. Nul doute que nous aurons un jour ou  l’autre sur nos écrans quelque chef-d’œuvre salué par la critique, et que l’on verra sur tous les plateaux télévisés les acteurs qui auront campé quelque chef de guerre dont la férocité sans nom porte l’euphémique nom de « terrorisme ».

Ce régime de terreur que l’islam (et non l’islamisme) prétend bien installer rappelle le régime des Bagaudes. La loi y est celle de l’islam, et ceux qu’on ne tue pas, on les revend au pays d’origine, pas tout à fait dans le même état : le syndrome de Stockholm dont a vu  récemment les tristes ravages pourrait s’appeler désormais le syndrome Pétronin.

Nous justifions et payons de nos cotisations sociales le meurtre de l’enfant à naître, qui nous manque aujourd’hui parce qu’il risquait de nous gêner hier et que nous remplaçons par la main d’œuvre bon marché, mais inapte, inculte, et donc dangereuse, qui arrive massivement dans un pays que le covid appauvrit chaque jour davantage. Un pays dont le retard de formation s’accélère grâce aux réformes successives menées par des idéologues sans entrailles ni bon sens. Un pays qui, depuis quarante ans, n’a plus assez d’enfants pour assimiler les enfants d’ailleurs.

Car ce sont les enfants qui assimilent les enfants.

Cet effroyable massacre depuis quarante ans des enfants à naître est en corrélation directe avec l’afflux massif de populations étrangères, issues pour la plupart de cultures traditionnelles, qui ne comprennent pas nos sociétés modernes et qui les voient à travers le glacis des richesses invraisemblables qui s’étalent devant leurs yeux ou sur les écrans de télévision. Richesses loin d’être partagées par les ressortissants de France. Le « collapsus » annoncé par un Pierre Chaunu prophétique a eu lieu. Pour la survie de nos sociétés, nos responsables ont bien compris qu’il fallait un afflux de population. Trop tard pour revenir en arrière, les lobbys LGBT et les semi-folles du féminisme sont là, presque aux commandes. C’est la course en avant. Elle ne cessera que lorsque nous serons parvenus au seuil, et il est imminent, de la mort de notre société française, décervelée depuis trois décennies au moins, paralysée par un État boulimique asservie à une classe politique européenne qui ne lâchera pas les prodigieux avantages dont elle jouit.

Et surtout par une société française que l’on s’est employée à priver du ressort le plus profond de son histoire, de sa culture, de ses terroirs : le formidable ressort chrétien.

Covid-19 : quand intox et hystérie sont les deux mamelles du reconfinement macronien

Tout d’abord, ce que ce texte n’est pas : il n’est pas une discussion sur le bienfondé de la décision de reconfiner (qui serait assimilable au concept de vie nue développé par Mme C.Delsol dans un beau texte du 23 octobre COVID-19 : on abolit l’existence à force de vouloir protéger la vie nue. Il n’est pas plus une discussion sur les modalités de ce reconfinement.

Il se veut une réflexion sur les intox et les présupposés toujours hystéricisés ayant amené la macronie à décider d’un nouveau confinement. Il ne sera donc pas question non plus de tous les autres mensonges, à commencer par ceux entourant l’usage de l’hydroxychloroquine, qui demanderaient à eux seuls déjà tous les tomes d’une Comédie humaine.

Mensonge et hystérie avant la décision de reconfinement : contentons-nous d’examiner successivement trois catégories :

  • Les mensonges sur l’impréparation de la France
  • Les mensonges sur les données chiffrées
  • L’hystérie constamment distillée par toutes les prévisions retenues pour la prise de décision

I- Mensonges sur l’état de préparation de la France qui aurait tirer profit de l’expérience de la première vague :

  • « Oui, nous serons prêts» répond M.Macron le 14 juillet à la question « S’il y a une deuxième vague qui arrive, est-ce que cette fois-ci, nous serons prêts ? »
  • « Si une pression sanitaire trop forte devait se faire sentir, nous avons en tout cas anticipé, sécurisé nos capacités de réponse» rassurait M. O .Véran en conférence de presse le  27 août (https://www.gouvernement.fr/point-de-situation-sur-l-epidemie-de-covid-19-du-27-aout-2020.
  • « Si la situation le nécessite, ce sont donc 12000 lits de réanimation qui pourraient être disponibles pour accueillir près de deux fois plus de patients en même temps que lors de la première vague » disait le même M.Véran lors de la même conférence (J.Castex a annoncé aux partis politiques le 27/10 qu’il y avait 6400 lits de réanimation).
  • «L’hôpital est prêt à faire face »  répétait encore M.Véran le 21 octobre, à la Une du journal Les Echos, juste une semaine avant l’annonce du reconfinement pour raisons d’engorgement hospitalier.

II- Mensonges sur les données chiffrées, toutes accentuées pour faire peur :

  • 200 lits occupés par les réanimations covid dans le département des Bouches du Rhône, annonce M.Castex le 24 septembre pour justifier l’annonce de la fermeture des bars et restaurants, courbe sur son compte Twitter à l’appui. Les chiffres gouvernementaux réels donnent le chiffre de 121 lits occupés.
  • « Hier, nous avons eu 527 décès» indique M.Macron dans sa dernière exhibition télévisée du 28/10 : Vérification immédiate avec les chiffres gouvernementaux : 288 décès à l’hôpital.

En réalité, les morts des EHPAD ne sont comptabilisés que tous les quatre jours de façon groupée. Ce qui a permis à M.Macron d’exhiber son beau score, gonflé et donc faux.

  • « Hier, nous avons dénombré près de 3000 personnes en réanimation, soit plus de la moitié des capacités nationales » déclare encore M.Macron le 28/10 à propos du nombre de malades covid en réanimation. Mais si, comme l’a dit M.Castex, le nombre réel de lits en réanimation est de 6400, près de 3000 personnes ne peuvent pas représenter plus de 50% de cette capacité. Ceci étant, M.Castex dans sa présentation du plan de reconfinement à l’Assemblée nationale le 29/10 disait aussi : « Aujourd’hui, 60 % des lits de réanimation sont occupés par des patients souffrant de la covid-19 ». 60% de 6400 lits, cela fait 3800 malades covid en réanimation. Le Président et le Premier ministre ne sont même pas capables d’être d’accord  à 24 heures d’intervalle. C’est vous dire la finesse de l’analyse gouvernementale. Ca suscite la confiance.
  • « A ce stade, nous savons que quoi que nous fassions, près de 9000 patients seront en réanimation à la mi-novembre, soit la quasi-totalité des capacités françaises» déclare toujours M.Macron le 28/10. Alors, capacité de 6000 ? de 6400 ? de 12000 ?, de 9000 ?

Le sujet du taux d’occupation réel des lits de réanimation a été passé en revue par un article de la cellule Checknews de Libération intitulé : L’indicateur du taux d’occupation des lits de réanimation est-il gonflé ?

La réponse est claire et nette : oui, les taux sont gonflés. Explications :

« Le taux d’occupation des places en réanimation est calculé en rapportant au nombre de lits initial en réanimation (un peu plus de 5000) tous les patients atteints du Covid-19 hospitalisés «en soins critiques»… une catégorie qui va au-delà des seuls patients en réanimation. En clair, les autorités présentent un taux d’occupation des services de réa… qui prend en compte des patients qui ne sont pas dans ces services.

En effet, depuis le début de la crise du Covid-19, les communications officielles utilisent le terme «patients en “réanimation”» pour désigner tous les patients atteints du Covid-19, placés en soins critiques. C’est-à-dire dans les services de réanimation à proprement parler, mais aussi en unités de soins intensifs (SI) ou en unités de surveillance continue (SC).

Selon des chiffres de 2019 diffusés par la Drees, on comptait alors en France environ 5 400 lits en réanimation, près de 6 000 en soins intensifs, et plus de 8 000 en surveillance continue. Comment les patients souffrant du Covid et admis en soins critiques sont-ils répartis dans ces différents services ? Mystère. On connaît, chaque jour, le nombre de patients Covid en soins critiques (plus de 3100 à ce jour). Mais pas la répartition. Et donc pas le nombre de patients Covid occupant des lits en réanimation ».

  • « Jamais depuis un siècle et les vagues épidémiques de la grippe espagnole, la France, l’Europe et le monde n’avaient été confrontés à une crise sanitaire aussi grave et aussi dévastatrice que celle que nous traversons depuis près de dix mois désormais» a encore affirmé avec un rien de grandiloquence M.Castex le 29/10 à l’Assemblée nationale.

Nous avons pourtant deux points de comparaison (en prenant comme bases 36 000 morts covid actuels en France dont le nombre, c’est vrai, va encore croître et 1,2 millions de morts dans le monde) :

  • La grippe asiatique de 1957 a provoqué  entre 1 et 4 millions de morts dans le monde et entre 12 et 100 000 morts en France ; soit un équivalent, ramené proportionnellement aux populations actuelles, d’environ 30 000 morts en France et 5,2 millions dans le monde.
  • La grippe de Hong-Kong en 1969 a provoqué environ 1 million de morts dans le monde et 31 000 morts en France ; soit un équivalent, ramené proportionnellement aux populations actuelles d’environ 41 000 morts en France et 2,1 millions dans le monde.

Donc, au total, des ordres de grandeur tout à fait comparables, rien de quoi s’extasier –pour le moment- sur le covid.

III- Enfin, des prévisions toujours catastrophiques.  

  • Revenons à J.Castex le 24 septembre à propos des mesures prises à Marseille. La courbe prévisionnelle qu’il a présentée pour les malades covid en réanimation dans le département des Bouches-du-Rhône préannonçait 940 malades au 27 octobre. La réalité ? 194 malades covid en réanimation dans ce département, une exagération de près de cinq fois.
  • Macron, dans son adresse du 28 octobre, à propos des lits de réanimation : « Du reste, quand bien même nous pourrions ouvrir beaucoup plus de lits et malgré l’effort de doublement que nous avons réussi qui peut sérieusement vouloir que des milliers de nos compatriotes passent des semaines en réanimation avec les séquelles que cela implique sur le plan médical ? ». Or, il a été fréquemment dit que de grands progrès avaient été faits pour soigner les malades en stade avancé, leur éviter souvent la réanimation, ou au moins l’intubation (« A la place, les médecins pratiquent l’oxygénothérapie, qui consiste à administrer de l’oxygène aux patients de manière nettement moins invasive : Deux petits embouts qu’on met dans le nez, c’est extrêmement léger”), et que au surplus, les durées d’hospitalisation avaient été sérieusement écourtées. Encore une dramatisation.
  • Et enfin, l’affirmation de M.Macron le 28 octobre : « Nous pourrions – certains le préconisent – ne rien faire, assumer de laisser le virus circuler. C’est ce qu’on appelle la recherche de « l’immunité collective » c’est-à-dire lorsque 50, 60% de la population a été contaminée. Le Conseil Scientifique a évalué les conséquences d’une telle option. Elles sont implacables : à très court terme cela signifie le tri entre les patients à l’hôpital. Et d’ici quelques mois c’est au moins 400 000 morts supplémentaires à déplorer ». 

M.Macron n’ayant pas explicité son raisonnement, nous allons devenir des scientifiques distingués à l’aide d’un article du Figaro qui s’attache à comprendre cette question importante : Ces modélisations qui ont convaincu Emmanuel Macron de reconfiner. On y apprend que ce chiffre de 400 000 est issu de modélisations produites par l’Institut Pasteur et publiées le 9 septembre.

Vous pensez que l’art de la modélisation est difficile ? Pensez donc : pour arriver à cette estimation de 400 000 morts, il suffit « de considérer qu’il a fallu dans le contexte français 30 000 morts pour obtenir 5 % d’immunité collective » et ensuite d’appliquer un prorata pour atteindre 65% d’immunité collective : 30000 *65 /5 = 390 000 pour être précis. Une bonne vieille règle de trois fait donc l’affaire. 

Or, de façon intéressante, l’article du Figaro rappelait aussi que des travaux de l’Imperial College de Londres avaient estimé en juin que le premier confinement en France avait permis de sauver 690 000 vies. Les bases de calcul étaient un taux de mortalité (1,26%) et un taux de pénétration du virus de 90%.

Remarquons qu’il y a une variable autre que le taux de pénétration du virus, c’est le taux de mortalité. On va en reparler.  Mais repartons des 690 000 vies de l’Imperial College. Si d’une part, on choisit  un taux de pénétration du virus de 65% (au lieu de 90%), cela conduit à un chiffre de 500 000 vies (690000 * 65 / 90). D’autre part, choisir un taux de mortalité un peu plus faible (comme l’a fait l’institut Pasteur selon ce qui est indiqué dans l’article), soit 1% comme hypothèse, cela conduit à 400 000(498000 / 1,26), soit le chiffre de M.Macron. La boucle est bouclée..

En faisant varier ces deux paramètres, on aboutit au chiffre qu’on veut. Retenons par exemple, un article de juin 2020 (c’est-à-dire au moment même où l’Imperial College utilisait le taux de 1,26) sur le site pourlascience.fr, et sans doute pas plus bête que d’autres, faisait état d’un taux de mortalité du virus compris entre 0,5 et 1%. Si on prend 0,75% : nous arrivons alors au chiffre de 300 000 vies. Et on pourrait continuer.

Mais ces projections sont purement hypothétiques. Alors essayons une autre méthode en faisant deux comparaisons plus concrètes :

La première comparaison avec la situation des Etats-Unis. On se rappelle qu’il n’y a pas eu de ricanement assez méprisant (et les airs de chattemite du professeur Salomon quand il commençait chaque soir par le chiffre des décès aux Etats-Unis) pour moquer la gestion du covid aux USA, considérée comme en-dehors de tout contrôle. On peut donc en conclure que la situation là-bas doit assez ressembler à la catastrophe annoncée pour la France hors décision de confinement. Or, quels sont les chiffres actuels de l’épidémie aux USA par rapport à la France ? Il y a actuellement 70 décès pour 100 000 habitants aux USA, plus qu’en France où il y a pour le moment 54 décès pour 100 000 habitants. Soit une différence de 29%.

Mais notons que l’hypothèse du chaos extrême et des 690 000 morts cités par l’Imperial College aurait correspondu pour la France à environ 1000 décès pour 100 000 habitants, soit quand même un écart de quatorze fois plus que le réel constaté aux USA (70). Autrement dit, soit la situation aux USA n’est pas aussi incontrôlée qu’on l’a répété, soit les estimations de l’Imperial College étaient belles mais inopérantes.

Deuxième comparaison : le cas de la Suède, étudié à partir d’un autre article produit par la cellule Checknews de Libération et intitulé Les prévisions de Ferguson, qui ont conduit de nombreux pays à se confiner, étaient-elles fantaisistes ? Un M.Ferguson qui, en passant, fait partie de l’Imperial College.  Extrayons la phrase clé de cet article :

« ce modèle voyait la Suède payer cher pour l’absence de confinement, avec 40 000 décès par Covid-19 au 1er mai et 100 000 au mois de juin ».

Or, la Suède n’a pas confiné et son taux de décès actuel pour 100 000 habitants est de 58, tout à fait comparable à celui de la France (soit 6000 décès à fin octobre en Suède à comparer à l’hypothèse des 100 000 dès juin).

Terminons cette revue par ces quelques remarques complémentaires tirées d’une Tribune signée par plus de 300 professionnels et scientifiques de diverses disciplines et de divers horizons qui se déclarent atterrés par les discours officiels dramatisant indûment la réalité afin de justifier des mesures de confinement :

«  Il est également faux de dire [qu’avec le reconfinement] nous ferions simplement comme tous nos voisins européens. À ce jour, seuls l’Irlande et le Pays de Galles ont reconfiné la totalité de leur population… Au final, moins de 1% de la population est donc « à risque » et c’est uniquement elle qu’il faut protéger… Toute personne entrant à l’hôpital porteuse d’une trace du Covid est comptée comme un « hospitalisé Covid » même si elle vient en réalité pour son cancer ou son hypertension. Et c’est la même chose si elle entre en réanimation ou si elle décède. Ensuite, si les chiffres de l’hospitalisation et de la réanimation augmentent bel et bien, cela n’a rien d’exceptionnel : c’est au contraire ce qui se produit chaque année à la même époque (automne-hiver) mais que l’on fait semblant d’avoir oublié. Un Alzheimer généralisé s’est-il emparé de nos politiques et des journalistes ? Faut-il rappeler qu’en janvier 2020, à la veille de la crise du Covid, 1000 médecins dont 600 chefs de service des hôpitaux avaient menacé de démissionner pour dénoncer « un hôpital public qui se meurt » ? « .

N’en jetons plus, la cour est pleine. Yvan Rioufol très en verve le 30 octobre sur CNews disait: « On a l’impression que l’Elysée est devenu un grand hôpital, pour ne pas dire un grand hôpital psychiatrique ». On pourrait peut-être y trouver quelques lits de réanimation supplémentaires ?

Le rôle néfaste de la Cour Européenne des Droits de l’Homme

Pierre-Marie Sève, Délégué général de l’Institut pour la Justice, explique pourquoi les politiques n’ont pas le pouvoir de réguler l’immigration :

En effet, en matière d’immigration, la volonté politique est complètement bloquée par la JUSTICE !

En principe, un tribunal suprême doit vérifier que les lois sont respectées dans un pays. Aux États-Unis par exemple, une cour suprême fait ce travail et vérifie que tous les tribunaux du pays respectent les lois américaines.

Mais en France, nous sommes soumis à 5 COURS SUPRÊMES DIFFÉRENTES.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ces cours suprêmes n’œuvrent pas au bien de la France et des Français.

En matière d’immigration, ces cours suprêmes ont clairement empêché l’État français de reprendre la main. Et aujourd’hui, nous en subissons les conséquences.

Depuis 40 ans, plusieurs de nos gouvernements ont voulu réguler les flux d’immigration, sans succès.

Remontons déjà à 1977. Le gouvernement de Giscard d’Estaing avait autorisé le regroupement familial un an plus tôt mais il voyait déjà venir la catastrophe. En 1977, il supprime le regroupement familial.

Mais patatras ! Une de nos cours suprêmes, le Conseil d’État, décide de bloquer cette suppression. Une décision de justice appelée « GISTI » tombe en 1978 et décide que l’État n’a pas le droit de supprimer le regroupement familial.

Dans l’ordre, le Conseil constitutionnel puis la Cour européenne des droits de l’Homme, puis enfin la Cour de Justice de l’Union européenne ont ensuite emboîté le pas au Conseil d’État et ont décidé toutes seules de ce que peut ou ne peut pas faire l’État.

Ces cours suprêmes empêchent la volonté populaire de s’exprimer car tout le monde sait qu’une écrasante majorité des français souhaite la diminution drastique de l’immigration !!!

Est-ce trop tard ? Non, il n’est pas trop tard. Regardez autour de vous, il y a encore tant de trésors à sauver en France, il y a des générations entières de jeunes gens qui veulent que la France reste un pays qui se tient debout. Non, il n’est pas trop tard.

Comment régler ce problème ? Ça, c’est une autre paire de manches. Il y a des procédures juridiques complexes qui permettraient de se sortir de ces traités, de réformer la Constitution, de diminuer le pouvoir de ces cours. Mais il faudrait pour cela une volonté politique en béton armé, il nous faudrait un leader surdéterminé. Il faut aussi que les milieux du droit, que les milieux supposés intellectuels changent de culture, changent cette culture de laxisme généralisé.

Et aujourd’hui, l’IPJ est la seule structure en France qui se démène contre ces problèmes. Parmi nos nombreuses actions, nous éditons la Revue Française de Criminologie et de Droit Pénal. Cette revue parle ENFIN, dans les milieux universitaires du droit, des questions qui gênent !

Dans le prochain numéro, nous publions un superbe article de Francis Casorla, ancien procureur à la Cour de Cassation et célébrité du monde juridique, dénonçant le rôle néfaste de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Erdogan ou l’islamo-nationalisme en marche

D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :

Du XVIe siècle au XXIe, la Turquie n’a cessé de décroître. Erdogan, conscient que son pays est un pivot entre l’Europe et l’Asie, veut lui redonner une place prépondérante. La faiblesse de l’Union européenne favorise ses desseins de nostalgique ottoman.

Le sultan Erdogan rêve souvent de l’Empire ottoman. Durant plusieurs siècles, cet empire régna sur d’immenses territoires comprenant le Proche-Orient, la péninsule arabique et une partie de l’Afrique du nord où il avait dominé les tribus arabes ou supplanté des califats déclinants. L’Europe fut aussi sa proie avec les Balkans et plus au nord jusqu’aux portes de Vienne. Rome fut un moment un objectif avoué. Après avoir transformé Sainte-Sophie en mosquée, pourquoi ne pas faire la même chose avec Saint-Pierre de Rome ? Le triomphe serait complet.

La Méditerranée n’échappait pas à la voracité ottomane et, soit directement soit par le biais des barbaresques, les galères d’Allah faisaient régner la terreur. C’est pourtant là que le déclin commença avec l’échec du siège de Malte en 1565 puis la destruction de la flotte turque à Lépante en 1571.

La défaite devant Vienne en 1683 amorça le reflux définitif et, jusqu’à la première guerre mondiale, l’Empire ottoman traîna sa misère d’« homme malade de l’Europe ». Les convoitises étaient multiples. Les Russes rêvaient de reconquérir Constantinople et de refaire de Sainte-Sophie la grande basilique du monde orthodoxe. La funeste guerre de Crimée les en empêcha.

Mais l’histoire s’accéléra au XXe siècle. Les Italiens conquirent la Libye en 1911, puis Rhodes et le Dodécanèse. Les guerres balkaniques de 1912-1913 entraînèrent le départ définitif de cette région. Enfin, le Traité de Sèvres en 1920 dépeça totalement la Turquie, cœur de l’Empire. Les Français reçurent la Cilicie ; les Grecs, Constantinople, la Thrace et l’Anatolie égéenne ; l’Italie, le sud-ouest de l’Anatolie. La création d’un État arménien à l’est compléta le tableau et la Turquie fut réduite à l’Anatolie centrale avec Ankara.

Un homme va inverser le cours de l’histoire : Mustapha Kemal. Depuis son réduit, il part à la reconquête des territoires perdus et profite de la mollesse des Occidentaux en traitant avec eux séparément. Les Français notamment abandonnent la Cilicie et les chrétiens qui la peuplaient. Seuls les Grecs se battent, mais ils sont vaincus et doivent quitter l’Anatolie égéenne après des millénaires de présence. Leur ville, Smyrne, est détruite et deviendra Izmir.

Parallèlement, Mustapha Kemal proclame la république et entreprend une politique de laïcisation à marche forcée : interdiction du voile et de tout costume religieux, abolition des tribunaux coraniques, occidentalisation généralisée. Malgré plusieurs révoltes religieuses menées notamment par les Kurdes et différentes confréries religieuses, Kemal tient bon et réprime durement. Il s’appuie sur son immense aura de sauveur du pays.

À sa mort, il laisse un État-nation laïque et une armée puissante, chargée de veiller à la laïcité du pays. Au fond, Kemal n’aimait pas l’islam, religion arabe dont les Turcs auraient dû selon lui rester à l’écart.

La révolution religieuse d’Erdogan

Ce rappel historique était nécessaire si l’on veut comprendre l’ampleur de la révolution religieuse voulue par Erdogan.

Ce militant islamiste de la première heure va patiemment tisser sa toile et enchaîner les mandats : maire d’Istanbul en 1994, premier ministre de 2003 à 2014, puis président de la République. Seul accroc : quelques mois de prison en 1998 pour propos islamistes (« Les minarets seront nos baïonnettes »). C’est l’armée turque qui avait organisé la procédure, comme la constitution le lui permettait, et Erdogan lui vouera une haine profonde.

Le coup d’État kémaliste de 2016 et son échec seront l’occasion pour Erdogan de se venger et d’épurer l’armée de ses éléments laïques. L’islamisation de la société turque s’accélère alors.

Parallèlement, Erdogan déploie une politique étrangère particulièrement hégémonique, ce qui est tout à fait nouveau depuis un siècle.

Certes, la Turquie avait été très active auprès des musulmans bosniaques qu’elle arma, finança et islamisa dans les années 90 mais c’était avec la bénédiction des États-Unis dont l’obsession était de détruire la puissance serbe. L’expansion n’était en rien le cœur de la diplomatie turque. Erdogan va s’y atteler, là aussi avec méthode.

La guerre en Syrie, qui éclate en 2011, va être le premier acte de cette omniprésence. Soutenant les milices islamistes turkmènes, et celles liées au Qatar, la Turquie ne ménagera pas ses efforts et son argent pour tenter de renverser Bachar el-Assad. Ce dernier, alaouite donc proche des chiites, sera l’objet d’une haine toute particulière. Au-delà des principes religieux, il y a l’enjeu du gaz. Le Qatar a joué un rôle actif en Syrie avec pour objectif d’y installer un régime sunnite permettant de faire un jour passer des gazoducs. C’est pour l’instant impossible car, alliée de la Russie, elle aussi exportatrice de gaz, la Syrie ne permettra jamais au Qatar de faire passer son gaz chez lui.

La Turquie et le Qatar ont des liens étroits car leur idéologie relève de la même obédience, celle des très politiques Frères musulmans. Cette confrérie, récente mais fort active dans le monde musulman, est en conflit ouvert avec les wahhabites saoudiens, et lorsque Mohamed ben Salman (MBS), prince héritier d’Arabie Saoudite, décrètera un blocus terrestre et maritime contre le Qatar en 2017, Erdogan volera au secours de son frère en islamisme. Aujourd’hui, un important contingent turc campe au Qatar, lui assurant une solide protection. En échange, le Qatar investit beaucoup en Turquie et a aménagé chez lui un port en eau profonde afin de permettre à la marine turque d’y mouiller.

Grâce à la Russie, l’opération syrienne va échouer malgré les efforts d’Erdogan qui laissera passer sur son sol des dizaines de milliers de volontaires de Daech en route pour le grand djihad syrien. Il finira, sous la pression des Occidentaux, par bloquer les accès, et Daech l’en punira par une série d’attentats sanglants perpétrés sur le sol turc.

Profitant des multiples rebondissements de cette guerre sans fin, la Turquie va envahir le sol syrien à plusieurs reprises : au nord-ouest, dans la province d’Idleb, pour protéger les milices turkmènes, et au nord sous prétexte de lutter contre Daech et d’empêcher les Kurdes, considérés comme terroristes, de créer un territoire autonome au nord de la Syrie.

Seuls les Russes aujourd’hui contrôlent l’invasion turque. Au nord, Poutine a clairement signifié à Erdogan de ne pas aller plus loin et à Idleb, la partie turque a été rognée à deux reprises en 2019 et 2020 par des attaques russo-syriennes qu’Erdogan n’a pu empêcher. Des dizaines de soldats turcs ont été tués et Erdogan a compris qu’il avait trouvé un adversaire supérieur.

Russie forte, Europe faible

Ce n’est pas le cas des Occidentaux bien sûr. La guerre en Syrie a provoqué l’afflux de plusieurs millions de réfugiés (on parle de 3 à 4 millions). Le désordre qui prévaut dans la région fait qu’à ces Syriens (bien souvent islamistes) se sont ajoutés des Irakiens, des Afghans, des Iraniens, des Kurdes, des Pakistanais et d’autres encore.

Cette Tour de Babel est, il est vrai, un poids très lourd pour la Turquie, mais elle est surtout une bombe à retardement pour l’Europe occidentale. Les négociations entre l’Europe et Erdogan se sont résumées à un chantage éhonté de la part de ce dernier qui a reçu quelques milliards d’euros (on parle de 6 ou 7, et ce n’est sûrement pas fini) en échange du contrôle de ses réfugiés. Et lorsque le chèque tarde, Erdogan envoie quelques milliers d’entre eux vers la Grèce. La dernière tentative s’est toutefois soldée par un échec grâce à l’énergie des Grecs (dont on ferait bien de s’inspirer chez nous) qui ont bloqué les réfugiés à leurs frontières. La violence avec laquelle ces derniers ont attaqué la police grecque en dit long sur leur état d’esprit…

Tous ces épisodes ont convaincu Erdogan de deux principes : la Russie est forte et l’Europe est faible. Ses initiatives suivantes prouveront qu’il sait très bien s’adapter.

Il a d’autant plus intérêt à soigner sa relation avec la Russie que la Turquie souffre d’un déficit énergétique très coûteux alors que ses besoins sont en croissance constante et les finances du pays médiocres. Les deux ennemis en Syrie se sont parfaitement entendus sur cette question et un gazoduc appelé Turkstream partant de Russie, traversant la Mer Noire et finissant son trajet près d’Istanbul a été solennellement inauguré début 2020.

Mais cela ne suffit pas. C’est pourquoi Erdogan s’intéresse de très près aux affaires gazières de Méditerranée.

Depuis quelques années, plusieurs gisements de gaz ont été découverts en Méditerranée orientale. Israël, l’Egypte, la Grèce et Chypre en sont les heureux bénéficiaires. Ils s’entendent si bien qu’ils ont créé en 2019 le Forum du gaz de la Méditerranée orientale (FGMO) en invitant en outre la Jordanie, l’Autorité palestinienne et l’Italie. L’idée est de construire un gazoduc appelé Eastmed qui partirait de Chypre, longerait la Crète puis la Grèce pour finir en Italie.

Tous ces pays ont décidé d’écarter la Turquie pour un bon motif : elle ne peut prétendre à aucun gisement faute d’eaux territoriales concernées par les gisements et surtout d’entente avec les autres pays. L’occupation illégale de la partie nord de Chypre ne saurait être créatrice de droits. L’affaire aurait tout de même pu s’arranger par le biais de négociations. En effet, au-delà des eaux territoriales, il y a les ZEE (Zones économiques exclusives), tracées à la suite de négociations entre États.

Erdogan ne peut accepter d’être ainsi mis à l’écart. Il faut donc bien comprendre que l’activité de la Turquie en Méditerranée n’est pas seulement liée à une volonté d’expansion mais aussi à la tentative de forcer les pays du FGMO à l’inclure dans le partage du gâteau. Ceux-ci n’étant guère décidés à faire des concessions à l’ombrageux ottoman, ils subissent régulièrement des coups de force de la marine turque qui procède à des forages illégaux ou à des agressions contre d’autres navires de forage.

De ce fait, l’implantation en Libye relève quant à elle de cette double ambition : redonner à la Turquie un statut de grande puissance et diminuer sa dépendance énergétique

En intervenant militairement en Libye, Erdogan a sauvé le premier ministre Sarraj qui, en échange, a accepté de parapher avec son sauveur une ZEE parfaitement illégale car elle ne tient compte que des droits maritimes de la Libye et de la Turquie. Toutes les îles grecques ont coulé, en quelque sorte !

La “diplomatie religieuse” turque

Le bras de fer maritime ne fait que commencer et il s’agrémente de livraisons d’armes massives à la Libye protégées par la marine de guerre turque. Cette violation d’un embargo d’ailleurs peu respecté a entraîné une réaction pour une fois courageuse de la France, qui dut cependant reculer devant la pression américaine. Le secrétaire d’État Pompéo a subtilement rappelé à cette occasion que le seul ennemi en Méditerranée était la Russie qui ne devait pas s’implanter en Libye.

C’est pourtant chose faite. Poutine soutient Haftar, vaincu en Tripolitaine par les Turcs et les islamistes syriens arrivés dans leurs bagages, mais tenant l’est de la Cyrénaïque. Les champs de pétrole libyens se trouvent entre les deux, près de Syrte et il est frappant de constater que les hommes d’Erdogan se sont arrêtés juste avant Syrte, alors que les hommes d’Haftar étaient en déroute.

Turcs et Russes se partagent donc aujourd’hui la Libye, excepté le sud (Fezzan) où, de ce fait, un retour de Daech est observé.

On mesure en passant l’invraisemblable stupidité de l’intervention franco-anglo-américaine de 2011 : avoir détruit l’État libyen pour laisser les Turcs et les Russes se le partager ensuite, cela laisse pantois. Vraiment cette guerre est « rationnellement inexplicable » selon le bon mot de Bernard Lugan.

Quoi qu’il en soit, les deux adversaires/partenaires se retrouvent à nouveau face à face. Il faut bien reconnaître que si en Syrie les succès turcs sont modestes, en Libye ce fut une réussite qui permet à la Turquie de posséder un solide point d’appui en Méditerranée.

Il faut enfin aborder un aspect moins connu de l’expansion turque que l’on pourrait baptiser (si l’on ose dire) « diplomatie religieuse ». Ce terme délicat recouvre habituellement la façon dont l’Arabie Saoudite a financé à travers le monde des mosquées, des imams et des écoles coraniques d’obédience wahhabite. Les Turcs font exactement la même chose dans les Balkans, en Afrique de l’Est, au Liban et en Europe, particulièrement en Allemagne et en France (dernier exemple, la grande mosquée de Strasbourg avec l’aide de la municipalité).

On en parle peu et on a tort. Un nombre inconnu d’imams turcs prêchent dans des mosquées financées par la Turquie ; ils sont souvent fonctionnaires turcs et leurs propos relèvent d’un islamo-nationaliste turc dont on ferait bien de se préoccuper. Parallèlement, le mouvement des « Loups gris », composé de nationalistes turcs, s’implante en France et certains de ses membres ont attaqué cet été un rassemblement arménien à Décines, près de Lyon.

C’est peut-être moins spectaculaire que les drones turcs en Libye ou en Syrie, mais peut-être plus dangereux à long terme. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’Erdogan se donne la peine de faire de nombreuses réunions publiques en France et en Allemagne dès qu’une élection a lieu en Turquie.

La politique hégémonique turque mise en place par Erdogan ne fait que commencer et son caractère islamo-nationaliste ne doit échapper à personne.

Charlie Hebdo, décidément si régulièrement décevant

Etrange pour un hebdomadaire capable d’une certaine forme d’audace, même (très) vulgaire, comme le démontre la couverture du numéro du 28 octobre consacrée à M.Erdogan (on se rappelle les expéditions et intimidations de citoyens turcs -également français ?- à propos d’une couverture du Point en mai 2018 consacrée au Dictateur) et une débilité (= faiblesse) aveugle dès qu’il s’agit de parler soit de la droite, soit de l’identité française.

Encore un nouvel exemple  avec le dernier Edito de Riss. Phrase typique à propos de l’assassinat de M.Paty :

« C’est seulement l’horreur des événements qui a contraint la classe politique à sortir de la torpeur dans laquelle elle s’était réfugiée depuis des années, pour éviter de prendre à bras-le-corps la question de l’islamisme. Et aussitôt ressurgissent les mêmes écueils. La droite xénophobe s’engouffre dans la brèche pour remettre l’immigration sur le devant de la scène ».

Et le journaliste d’exprimer son rejet tant des « xénophobes de droite et d’extrême droite » que « des démagogues de gauche », en concluant :

« Cette ambiance de règlement de comptes de sortie de boîte de nuit n’est pas rassurante. Sûrs de leur bon droit, on peut craindre que des citoyens exaltés recourent à la violence contre des lieux de culte et leurs fidèles. Des justiciers autoproclamés qui se rêveront héritiers de Charles Martel ou d’Action directe ».

Le recours à la violence présenté donc comme l’apanage des gens de droite, voire d’identitaires catholiques.

Et le lendemain, trois égorgements dans la basilique Notre-Dame de Nice par un tunisien apparemment arrivé clandestinement via Lampedusa…

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