La soumission au lobby LGBT d’une association catholique devant la Cour Suprême des Etats-Unis
La Cour suprême a entendu mercredi un différend qui oppose une association catholique de Philadelphie au lobby LGBT. Les neuf juges examinent la question de savoir si Philadelphie pouvait imposer une exigence de non-discrimination à une organisation religieuse qui s’oppose au mariage homosexuel.
Philadelphie a mis fin à son partenariat de placement familial avec une organisation catholique de services sociaux. La ville a rompu ses liens après avoir appris que le groupe catholique refusait de placer des enfants en famille d’accueil dans des foyers homosexuels. La ville considère que cela viole l’ordonnance de Philadelphie sur la non-discrimination.
Le groupe, Catholic Social Services, représenté par le Fonds à but non lucratif Becket pour la liberté religieuse, a intenté une action en justice devant un tribunal fédéral. L’organisation allègue que la ville a injustement ciblé les entrepreneurs religieux dont l’objection sincère à la dénaturation du mariage est protégée par le premier amendement.
Le juge Samuel Alito a accusé les responsables de la ville de cibler l’Eglise catholique pour ses opinions religieuses.
«Si nous sommes honnêtes sur ce qui se passe réellement ici, il ne s’agit pas de garantir que les couples de même sexe à Philadelphie aient la possibilité d’être des parents adoptifs». “C’est le fait que la ville ne peut pas supporter le message que les services sociaux catholiques et l’archidiocèse envoient en continuant à adhérer à la vision traditionnelle du mariage.”
L’affaire est le premier test sur la question sociale pour la nouvelle majorité conservatrice. On ne sait pas quand le tribunal se prononcera. Ce qui est certain c’est que quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, cela ne modifiera pas la décision de la Cour, où siège pour la première fois Amy Coney Barrett.
Etats-Unis : La seule chose dont on est sûr, c’est que les grands perdants sont la classe médiatique et tous les observateurs autoproclamés
En voyage aux États-Unis pour suivre la fin de campagne du président Donald Trump et l’annonce des résultats finaux, le sénateur RN Stéphane Ravier déclare dans l’Incorrect :
La seule chose dont on est sûr, c’est qu’il y a un grand perdant comme en 2016 et à chaque fois : c’est la classe médiatique et tous les observateurs autoproclamés. Ils ont perdu une fois de plus puisqu’ils nous avaient annoncé une victoire écrasante de Joe Biden. Il n’y a pas eu de vague du tout. Ou du moins, il y a une vague qui risque de tout emporter : la vague de la fraude. Il y a quand même plus que des soupçons ici et là de fraudes massives au bénéfice de Sleepy Joe. Ses équipes, elles, ne dorment pas, et tout porte à croire qu’elles sont bien à la manœuvre pour faire basculer le vote en sa faveur.
Vous avez assisté au meeting de Trump à Scranton [photo]. Quel y était le climat dans les rangs de ses militants ?
Climat d’enthousiasme ! Moi, je suis un Français sudiste et donc très sensible aux basses températures. Il faisait très froid, mais il y a avait pourtant sur le tarmac, un lundi à 14h, près de huit mille personnes ! Et Trump avait déjà fait quatre meetings en Pennsylvanie. C’était au peuple américain – il n’y avait certes pas Lady Gaga mais on s’en est passé – et ses travailleurs, à l’Amérique réelle que Donald Trump s’est adressé avec la personnalité très directe qui est la sienne. Il y avait un véritable enthousiasme populaire pour un candidat qui s’adresse au peuple, qui le comprend et lui parle de son quotidien. Il a rappelé le bilan et la ligne Trump : protéger les Américains sur le plan économique, social et sécuritaire. […]
Un cardinal camerounais kidnappé [Addendum : libéré]
Le cardinal Tumi, âgé de 90 ans, fut successivement évêque de Yagoua, archevêque coadjuteur puis archevêque de Garoua, archevêque de Douala. Il est archevêque émérite de Douala depuis 2009.
L’information de l’enlèvement du cardinal a été confirmée par le préfet du département. Le roi de Kumbo, le Fon of Nso, autorité morale traditionnelle, a été également enlevé. Il y a quelques jours un groupe armé avait également kidnappé des enseignants d’une école primaire de Kumbo qui ont été relâchés ce jeudi 5 octobre. Elie Smith, proche collaborateur du cardinal, a pu joindre les ravisseurs par téléphone.
Il a été relâché par ses ravisseurs avec son chauffeur mais pas une dizaine d’autres personnes kidnappées avec eux près de Kumbo, dans la région du Nord-Ouest.
Le Monde prend ses désirs pour des réalités
Les européistes rêvent que l’Europe suspendent les aides aux pays qui ne sont pas alignés sur leur idéologie libertaire :

Dans le collimateur : la Pologne et la Hongrie.
En réalité il s’agit d’un accord entre le Parlement européen et l’ambassadeur allemand Michael Clauss, censé représenter les 27 parce que l’Allemagne occupe la présidence tournante de l’UE. L’accord historique doit maintenant être adopté par les 27 gouvernements…
Judit Varga, ministre hongroise de la Justice, a aussitôt réagi :
« Le Parlement européen fait de nouveau partie du problème et non de la solution. S’il ne peut pas aider dans la lutte contre la Covid et le redémarrage de l’économie de l’UE, au moins il devrait arrêter son chantage politique et idéologique sur des Etats membres. »
Tout le monde meurt du COVID
Cela commence à se voir, comme une fraude électorale aux Etats-Unis… :
On ne pourra plus nous traiter de complotistes. Même le député du Loiret (@doorjean), médecin cardiologue, affirme avoir constaté des certificats de décès frauduleux où la cause officielle du décès est #COVID19 pour des gens qui n’avaient pas ce virus.pic.twitter.com/PAMneF0qIX
— Collectif Carton jaune (@collCartonJaune) November 5, 2020
Et plus personne ne décède de la grippe saisonnière :

Coronavirus et liberté de culte : la France est le pays qui a la règlementation la plus restrictive
La liberté de culte est une nouvelle fois réduite en France. Comme en mai, l’ECLJ a été partie prenante dans la rédaction des arguments de requérants, en matière de droit international et de liberté de religion. D’après Me Jean Paillot, le gouvernement pourrait devoir modifier le décret du 29 octobre afin au moins d’autoriser explicitement les déplacements dérogatoires pour se rendre à un lieu de culte, y compris à plus d’un kilomètre de chez soi. Une case sur l’attestation de déplacement dérogatoire sera probablement ajoutée et pourra être cochée dans ce cas. Retrouvez la réaction de Me Paillot à la sortie de l’audience au Conseil d’État :
Me Triomphe dénonce l’insécurité juridique dans laquelle le décret du gouvernement place les croyants, ainsi que sa méconnaissance de la religion. Il montre aussi l’incohérence et l’injustice consistant à interdire les mariages religieux tout en autorisant les mariages civils. Il critique encore le refus du Gouvernement de tenir compte de l’avis du Conseil scientifique du 22 septembre 2020, lorsque celui-ci déclare que « les églises n’étaient pas retrouvés parmi les lieux à risque d’infection » ! Voir la réaction de Me Triomphe à la sortie de l’audience au Conseil d’État :
En préparation de l’audience de ce matin au Conseil d’État, l’ECLJ a préparé un état des lieux de la liberté de culte dans quarante États européens. Il apparaît que la France est le pays qui a la règlementation la plus restrictive. Plusieurs pays ayant un confinement équivalent à celui de la France, comme l’Allemagne et l’Autriche, autorisent la célébration publique du culte avec des règles de distanciation sociale et une obligation du port du masque. Les rares pays interdisant le culte public en Europe sont le Royaume-Uni, l’Irlande et la Belgique, mais ils autorisent tout de même les mariages religieux, contrairement à la France.
Comme vous pouvez le voir sur cette carte, l’immense majorité des pays européens n’interdit pas la célébration publique du culte.

Le Conseil d’État pourrait rendre son ordonnance d’ici la fin de la semaine. Nous pouvons espérer qu’il demande au gouvernement de revenir sur l’interdiction générale et absolue du culte. La santé publique peut en effet être protégée par des limitations plus proportionnées, plus respectueuses de la liberté de culte. Les mesures actuelles nous rappellent que la liberté de culte, reconnue en France comme fondamentale, n’est pas respectée si elle n’est pas défendue et promue !
Comment fonctionnent les élections américaines ?
Alors que les résultats de la présidentielle aux Etats-Unis ne sont pas encore connus et que des cas de fraude semblent avérés (malgré les censures de Twitter), notamment en raison du vote par correspondance, massif en raison du COVID (vote par correspondance interdit en France depuis 1975 en raison… des fraudes avérées), VA propose de découvrir le fonctionnement des élections américaines, sachant que chaque Etat a ses propres règles électorales.

Liberté de culte : la décision du Conseil d’Etat sera rendue vendredi
M. F. Aladjidi a présidé l’audience de ce matin. C’est déjà lui qui avait donné raison aux requérants du mois de mai. De même, c’est de nouveau madame Leglise qui représente l’Etat.
Mgr Valentin, évêque auxiliaire de Versailles, est présent en son nom et pour le collège épiscopal. Il a rappelé les éléments contradictoires donnés par les représentants de l’Etat consultés sur les mariages catholiques.
L’argumentation de Madame Leglise tourne autour de la possibilité pour les prêtres de célébrer les messes et les diffuser en direct ou en retransmission !
Un avocat s’étonne que la limite soit de 6 personnes dans les églises ouvertes, 0 quand la messe est célébrée… alors qu’ils sont plus de 30 dans la salle du Conseil d’Etat !
La discussion s’est aussi penchée sur le motif de l’attestation pour se rendre à l’église : soit l’autorisation d’une heure de promenade dans le rayon d’un kilomètre si c’est possible ou en cochant le « motif familial impérieux ». Les préfets seraient prévenus. Il faut « une distance raisonnable du domicile ». De nombreux fidèles ont été verbalisés en se rendant dans des lieux de culte selon Mgr Valentin. L’instruction des préfets, rappelle Maitre Triomphe, n’est pas publique et visiblement des policiers n’en ont pas été avertis. Il y a un problème de sécurité juridique.
Me Périer a demandé des précisions sur les motifs de déplacement et le nombre de 6 personnes. Que faire s’il y a déjà 6 personnes ? Quelle différence entre 6 visiteurs et 6 fidèles qui assistent à la messe ? Plusieurs avocats soulèvent la difficulté des 6 personnes. Dans une église de la taille de Saint Sulpice 6 personnes c’est absurde. Les 6 doivent-ils sortir le temps de la messe pour revenir juste après ?! Ce seraient les regroupements de 6 personnes qui seraient interdits. Le nombre de personnes présentes (pour le culte et en dehors) serait sous la responsabilité des responsables du lieu de culte.
Me Triomphe demande de quel droit l’Etat juge les obsèques plus importantes que la messe. Il demande si cocher « motif familial impérieux » (suggéré par Mme Leglise) signifie que l’Etat considère le culte comme « impérieux » ?
Surtout, les avocats ont sorti la Note d’alerte du Conseil scientifique du mois septembre, signifiant que les lieux de culte ne sont pas recensés dans les vecteurs de l’épidémie. Le Conseil scientifique proposait de les maintenir ouverts avec les gestes barrières, etc. Il n’y a jamais eu de « cluster » dans les églises, aucune fermeture par un préfet n’a eu lieu ! S’il y a « contamination diffuse » c’est à l’administration d’en apporter la preuve. Me Triomphe cite l’avis du Conseil scientifique du 26 octobre qui rappelle le peu de danger que représente les lieux de culte (avec fidèle). L’avis est en page 28 ici.
Les lieux de culte pourraient rester ouverts, à condition qu’ils respectent les protocoles sanitaires stricts contractualisés.
Me Périer rappelle que, dans les quatre vidéos transmises par le ministère pour prouver le danger de l’exercice du culte, une des vidéos date d’octobre 2019 ! Sur les autres les fidèles respectent masques et distance. Quelle différence entre une messe d’obsèques et une messe de baptême/mariage/etc ? Me Périer rappelle d’ailleurs que l’Etat a décalé l’entrée en vigueur du décret pour le culte, afin de permettre la célébration de la Toussaint, preuve que le danger lors du culte n’est pas si élevé. Quelle est la nécessité sanitaire de la fermeture des lieux du culte ? insiste un autre requérant.
Pour Mme Leglise l’avis du Conseil scientifique est non contraignant pour le ministère, qui ne l’a pas suivi sur d’autres points. Me Triomphe proteste.
Le Conseil d’Etat rendra son ordonnance avant le week-end.
La gauche a répandu partout une atmosphère d’intimidation, qui n’est pas sans rappeler le totalitarisme
Rod Dreher, journaliste et écrivain américain, éditorialiste à The American Conservative, auteur de Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus: le pari bénédictin, est interrogé dans Le Figaro sur les élections aux Etats-Unis. Extraits :
[…] Il faut encore attendre des données complètes avant de tirer des conclusions définitives, mais ce que je peux au moins dire c’est que le logiciel intellectuel de la plupart des journalistes et des élites, qui prétendent dire quelles doivent être les convictions politiques des personnes de couleur, est complètement obsolète. Les élites américaines sont enfermées dans une bulle épistémologique. Ces gens ne comprennent pas leur pays, ils le craignent et le détestent à la fois. Il est intéressant de voir que pour la seconde élection consécutive, les sondages se sont sérieusement trompés. Pourquoi? Tout simplement parce que les citoyens américains n’osent pas avouer aux sondeurs qu’ils comptent voter pour Trump. Ils craignent de donner des informations compromettantes à des inconnus. Ils ont vu comment la gauche fonctionnait à l’Université, dans les médias et dans les entreprises, et ils savent que s’ils sortent des clous tracés par l’idéologie des «politiques identitaires» de la gauche, ils peuvent en pâtir, et même perdre leur emploi. La gauche a répandu partout dans le pays une atmosphère d’intimidation, qui n’est pas sans rappeler le totalitarisme – tout cela au nom de la pureté et de la «justice sociale». Ces dangereux Robespierre méritent la claque que représente, à bien des égards, cette élection qui est loin de confirmer la «vague bleue» qu’ils espéraient.
Dans quelle mesure le mouvement Black Lives Matter et ses conséquences sur la société américaine ont pesé sur l’élection?
Je crois que ce mouvement a beaucoup compté. D’abord parce qu’il est associé, dans l’esprit de nombreux Américains, aux pillages et aux émeutes qui ont ravagé le pays. Les gens n’osent pas le dire à voix haute, pour ne pas être pris pour des racistes, mais c’est ce que beaucoup pensent en leur for intérieur – et, je crois, ce qu’ils ont exprimé dans les urnes. Ensuite, Black Lives Matter a fait se lever une nouvelle terreur idéologique dans toutes les institutions contrôlées par la gauche, notamment les médias et les facultés. Si vous n’êtes pas d’accord avec leurs propositions, même les plus extrémistes, c’est donc que vous êtes raciste. C’est une sorte de chasse au bouc-émissaire, et les gens n’osent pas se dresser publiquement contre ce mouvement. Mais dans l’intimité de l’isoloir, ils peuvent enfin s’exprimer. Au lendemain de l’élection, j’ai vu sur Twitter certains des partisans les plus engagés de Black Lives Matter dénoncer cette élection comme étant la preuve selon eux que l’Amérique est bel et bien raciste. J’espère que nous serons de plus en plus nombreux à nous opposer à la terreur idéologique qu’ils répandent, et qui est en train de déchirer le pays. […]
Ensuite, et de façon plus inquiétante, comme Hannah Arendt nous en a avertis dans Les Origines du totalitarisme, on reconnaît une société pré-totalitaire à ce que les gens n’y croient plus en l’existence de vérités objectives – une société dans laquelle les gens tiennent des mensonges pour des vérités du moment que cela sert leurs objectifs. Nous vivons certainement dans une telle société aujourd’hui. Mais est-ce seulement vrai de l’Amérique, ou est-ce que cela ne concerne pas l’ensemble de l’Occident, plongé dans la décadence post-moderne?
Enfin, dans un sens plus limité, nous sommes dans une ère de «post-vérité» dans la mesure où nous devenons incapables de dire la vérité de peur de s’attirer les foudres et les châtiments de la classe dominante. En France par exemple, c’est la même chose vis-à-vis de l’islam. Vous savez très bien comment cela fonctionne. À la longue, les gens ordinaires sont las des mensonges officiels, et même si le courage de vivre publiquement dans la vérité leur fait défaut, au moins votent-ils en conscience dans l’isoloir.
Livre choc sur Marthe Robin ? Une analyse du Club des Hommes en Noir
Cette semaine, le Club des Hommes en Noir composé de l’abbé Guillaume de Tanouärn, du père Jean-François Thomas et de Jean Pierre-Maugendre, sous la direction de Philippe Maxence a mené une émission délicate sur le livre de Conrad De Meester : La fraude mystique de Marthe Robin, aux éditions du Cerf.
Sauvez-les tous !
De Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique :
Il avait été sublime. Ne ménageant pas sa peine. Consolant les uns. Encourageant les autres. Les exhortant tous. Et puis, il lui avait fallu se rendre à l’évidence : la défaite était consommée. Il n’eut plus alors qu’un objectif : les sauver tous ! Tous ces enfants dont il s’était senti le père pendant tant d’années. Le navire prévu pour son évacuation s’étant approché du rivage il ne put se résoudre à choisir parmi ses enfants, à abandonner à leur triste sort une partie de ses ouailles. Bientôt submergé de chrétiens fuyant la fureur des Mamelouks l’esquif sombra. Pour avoir voulu les sauver tous, il les condamna tous à la noyade ! Ainsi disparut, au large de Saint-Jean-d’Acre, le 18 mai 1291, le patriarche latin de Jérusalem, Nicolas de Hannapes. Par une compassion aussi vive que désordonnée le patriarche ne fit en réalité qu’ajouter du malheur au drame en cours.
Sommes-nous vraiment en guerre ?
Emmanuel Macron semble, inconsciemment, avoir mis ses pas dans ceux de Nicolas de Hannapes. Le ton fut martial : « Ne pas choisir entre les malades », « Rien n’est plus important que la vie humaine », etc. Qui ne souscrirait à de telles déclarations si nous n’étions, on nous l’a assez répété, en temps de guerre ? Période pendant laquelle le médecin sur le champ de bataille choisit parmi les blessés devant être opérés, ceux qui ont des chances de survivre, et ceux pour lesquels la seule aide utile est celle de l’aumônier. Il n’y a pas de guerre sans morts, ni sacrifices, voire sacrifiés. Ainsi Léonidas et ses trois cents Spartiates, au défilé des Thermopyles en 480 av JC, firent-ils le sacrifice de leur vie afin que la Grèce ait le temps de se ressaisir face aux assauts des armées perses de Xerxès 1er. M Macron voudrait mener une guerre sans mort ni choix, douloureux, à faire. Cela est impossible. Face à la guerre virale en cours une nouvelle dictature sanitaire de salut public a été instaurée. Malgré cela, l’expérience précédente, en l’occurrence le confinement du printemps, ne semble pas avoir obtenu des résultats particulièrement probants. Nonobstant ce bilan pour le moins mitigé on prend les mêmes et on recommence avec une nouvelle variante de l’épisode des masques, le Président de la République ayant rappelé : « Nous avons tout le matériel nécessaire ». En outre on ne peut négliger le fait, avec un peu de recul, qu’un certain nombre de mesures prises semblent grosses de dommages collatéraux importants. Ainsi, de diverses sources, commencent à apparaître des chiffres manifestant une augmentation sensible du nombre des suicides. En effet, de nombreuses personnes, n’ont souvent plus, comme vie sociale, que leurs relations avec leurs amis et les activités organisées par leurs communes. L’interdiction des unes et la suppression des autres entraînent une solitude, cette nouvelle pauvreté, aux conséquences parfois fatales. De plus, est-il bien raisonnable de condamner au chômage et à l’assistanat toute une génération pour préserver « quoi qu’il en coûte » toutes les vies ? Non pas que toutes les vies ne se valent pas dans l’absolu mais simplement parce que le bon sens l’a déjà formulé, en cas de catastrophe : sauver « les femmes et les enfants d’abord », car ils sont l’avenir.
Une guerre sur trois fronts
Contrairement à ce qu’ont pu écrire certains analystes, optimistes, Emmanuel Macron ne mène pas une guerre sur deux fronts, situation déjà délicate, mais sur trois. En effet si les fronts de la crise sanitaire et du terrorisme islamiste sont évidents un troisième front n’est pas moins réel. C’est celui ouvert, par les tenants d’une idéologie libérale-libertaire, contre les héritiers, à des degrés divers, d’une conception traditionnelle de la société. Ceux que révulsent la révision des lois de bioéthique, ceux que dégoûtent le mariage homosexuel, ceux que blessent la suspension du culte public, ceux qui voient dans le mariage autre chose que l’optimisation fiscale de deux frottements d’épidermes, ceux qui pensent que l’éducation des enfants et le choix des écoles sont de la responsabilité des parents et non de celle de l’État, ceux qui paient leurs impôts et leurs amendes de stationnement ou d’excès de vitesse, ceux qui sont, a priori pour l’ordre et la police, ceux que scandalisent les caricatures pornographiques et scatologiques de Charlie-Hebdo, etc. etc. Tous ces braves gens que, dans une belle formule, Gabrielle Cluzel a appelés « La France bien élevée » ! Signe qui ne trompe pas, de ce malaise et de cette dissidence en phase de maturation, plusieurs évêques de France dont le président de la Conférence des évêques de France, Mgr de Moulins-Beaufort ont déposé un recours devant le Conseil d’État pour s’opposer à ce qu’ils considèrent comme une grave atteinte à la liberté de culte, soit la suppression des cérémonies religieuses dans les églises. Pour qui connaît la prudence, pour ne pas dire la servilité, d’une grande partie des évêques de France vis-à-vis de la puissance publique, ce geste en dit long sur l’exaspération de leurs ouailles, qui sont, par nature, à la suite de l’enseignement de saint Paul, parmi les citoyens les plus respectueux des autorités publiques. Le drame est que beaucoup de Français n’ont plus confiance dans les dirigeants de leur pays pour prendre les bonnes décisions au service du bien commun. Trop de mensonges ont discrédité la parole publique. Trop d’affirmations péremptoires, immédiatement contredites, ont été proférées. Citons Olivier Véran le 9 mars sur BFM TV : « C’est le confinement qui provoque la circulation du virus ». Chacun appréciera la cohérence entre cette analyse et la situation présente…Trop de collusions avec l’industrie pharmaceutique et la haute finance ont jeté un doute sur le bien-fondé de certaines mesures. Trop de paroles, non suivies d’actions, suite à de précédents attentats islamistes, ont jeté la suspicion sur la volonté réelle de la puissance publique de lutter contre l’hydre islamiste. Trop de marques de mépris, à l’encontre de notre héritage national, de nos Anciens, de notre histoire ont été posées par ceux qui aujourd’hui en appellent à l’union autour d’eux pour que cet appel soit recevable.
Quelle autorité ?
Il est classique de distinguer dans l’autorité deux dimensions : l’auctoritas et la potestas. On peut se soumettre à l’autorité pour deux raisons, généralement conjuguées. Soit parce que l’on a le sentiment que cette autorité prend les bonnes décisions, au bon moment, au service du bien commun, c’est l’auctoritas. Soit par ce que cette autorité dispose des moyens coercitifs en mesure d’imposer sa volonté, c’est la potestas. Au vu de l’appareil policier aujourd’hui déployé, qui d’ailleurs ne sait plus très bien si sa mission est d’empêcher les décapitations ou de veiller au port du masque, chacun aura compris dans quel type de rapport à l’autorité se trouve notre pays. Il est à craindre que tout cela ne soit la marque du délitement accéléré d’un régime dont les ultimes soubresauts risquent d’être dramatiques. Bien plus dramatiques, en tout cas, qu’un naufrage au large de Saint-Jean-d’Acre.
L’utilisation d’Hitler dans la fabrication du politiquement correct
De Bernard Mitjavile :
Quand on se pose des questions sur la direction prise par notre société et les problèmes auxquels elle est confrontée aujourd’hui, on est parfois amené à remonter dans le temps jusqu’à la deuxième guerre mondiale et reconsidérer nos choix politiques et nos aprioris idéologiques.
Cela amène à se poser des questions sur notre conception du bien et du mal dans histoire ou pour reprendre une notion américaine, du camp du bien et de celui du mal.
Visite d’un ami
Ainsi, il y a quelque temps, parlant des responsabilités dans le déclenchement de la deuxième guerre mondiale avec un ami venu passer quelques jours chez moi, un lecteur quotidien du Monde et de La Croix, celui-ci déclara péremptoirement que c’était entièrement la responsabilité d’Adolf Hitler et que de toute façon, il n’y avait rien de bon dans Hitler et le nazisme (le socialisme national si l’on traduit bien l’allemand), et donc l’entière responsabilité de la deuxième guerre mondiale, de sa déclaration à sa conclusion, lui revenait, une opinion qui n’était pas surprenante venant d’un fonctionnaire de l’éducation nationale, le chancelier allemand ayant été présenté comme l’incarnation ultime du mal dans l’histoire à des générations d’élèves.
Or, le mal est plus subtil. Comme nous le dit A Soljenitsyne, la frontière entre le bien et le mal passe par le cœur de chaque homme et diaboliser un personnage historique de l’envergure d’Hitler amène à diminuer les responsabilités des autres leaders nationaux et peuples.
On peut se demander pourquoi Hitler seul a droit à cette image d’abominable chef du camp du mal aussi bien dans la culture populaire, les films d’Hollywood que dans les cours d’histoire. Staline et Mao ont des bilans de victimes civiles comparables ou même bien supérieurs (voir « Le livre noir du communisme »). Ainsi le seul Holdomor (extermination par la faim) en Ukraine ordonné par Staline a fait un nombre de victimes de même ordre que le génocide des juifs mais on n’a jamais entendu parler de l’organisation de voyages scolaires vers l’Ukraine ou vers les cimetières de Katyn ou des anciens camps du Goulag avec le slogan « Plus jamais ça » alors que des voyages ont lieu régulièrement vers Auschwitz, ce qui peut être une bonne chose si les connaissances des élèves en matière de culture générale ou d’histoire étaient suffisantes pour leur permettre d’en tirer le meilleur parti.
En fait, il y a une raison à ce deux poids deux mesures : la domination de l’idéologie communiste après guerre sur les milieux intellectuels et universitaires français comme on peut le voir lors du procès de V. Kravtchenko en 1946, un transfuge russe révélant la réalité du Goulag (voir « L’affaire Kravtchenko » de Nina Berberova), mais continuons le récit de la visite de mon ami retraité de l’éducation nationale.
Comme mon ami possédait une Volkswagen dont il m’avait vanté les mérites, je lui fis bêtement remarquer qu’Hitler avait été à l’origine de cette entreprise, qu’il a créée avec l’ingénieur Porsche, le Führer étant supposé avoir même participé au dessin de la coccinelle, le premier modèle de la firme, avec une vision sociale claire de permettre aux ouvriers allemands de s’acheter une voiture, un peu comme Henry Ford avait fait avec la Ford T aux Etats-Unis.
J’ajoutais qu’entre autres réalisations, forcément mauvaises car venant d’une incarnation du mal sur terre, il avait redressé les finances et l’économie allemande avant la guerre, fait passer l’Allemagne d’avant guerre de 6 millions de chômeurs au plein emploi avec un développement industriel spectaculaire, développé une politique sociale généreuse pour les ouvriers qui a fait que lors du référendum sous contrôle international de la Sarre en 1935, une région ouvrière, plus de 90% de la population avait voté pour être rattachée au Reich plutôt qu’à la France (0,40%), lancé un programme d’autoroutes et bien d’autres choses. Tout cela pour dire que l’aspect socialiste du socialisme national d’Hitler, n’était pas un vain mot.
Hitler et le projet de nouvelle Europe
Bien sûr, il était malséant de demander à un homme de gauche si Staline ou tout autre leader soviétique, représentant auto proclamé de la classe ouvrière par le biais de la dictature du prolétariat, aurait obtenu le même succès dans un référendum non truqué en Ukraine ou ailleurs dans l’empire soviétique. Je continuais avec d’autres initiatives, supposées forcément mauvaises du chancelier allemand : il était en partie à l’origine de la construction européenne avec le projet « Das neue Europa », un programme présenté à Hitler par le Dr Goebbels pour l’après guerre, prévoyant une union européenne fédérale ou une coopération entre nations avec une union douanière progressive et la réalisation d’une monnaie commune sous contrôle allemand (cela sonne de façon familière pour ceux qui ont étudié l’histoire de l’UE).
On peut dire que les grandes lignes de ce programme sans la domination allemande ont été mises en œuvre d’une certaine façon dans l’après guerre, entre autres par un « ancien » nazi, Walter Hallstein, haut diplomate qui, après avoir contribué au projet nazi de nouvelle Europe devint après-guerre, président de la première commission européenne, appelée alors Commission Hallstein et un des « pères fondateur de l’Europe » avec entre autres Monnet et Schuman.
Walter Hallstein fut nommé personnellement par Adolf Hitler comme son représentant pendant les négociations de l’Allemagne avec l’Italie fasciste entre le 21 et 25 juin 1938 afin de mettre en place un cadre juridique pour son projet de nouvelle Europe.
Philippe de Villiers nous a rappelé avec une certaine délectation europhobe dans son livre « J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu », ces origines de l’UE avec la coopération d’anciens nazis et de la CIA mais le fait que l’UE ait eu de tels parrains n’en fait pas pour autant une organisation foncièrement mauvaise.
On peut aussi attribuer sans exagération à Hitler un rôle significatif dans le lancement de la conquête de l’espace, ce qui n’en fait pas forcément une mauvaise chose pour l’humanité, avec le programme des V2, l’équipe d’ingénieurs à l’origine de ces fusées militaires, dirigée par Werner von Braun, ayant été envoyé plus ou moins de force aux Etats Unis à la fin de la guerre pour travailler au développement de fusées américaines, équipe qui a joué un rôle essentiel jusqu’à la conquête de la lune avec le programme Apollo. Même les Français ont bénéficié de ce savoir faire avec des groupes d’ingénieurs allemands installés avec leurs familles autour de Vernon en Normandie après la guerre pour le développement des premières fusées. Il y a eu aussi après-guerre une coopération dans le domaine nucléaire entre des ingénieurs français et des scientifiques allemands.
Les Français penchent vers un vote antisystème en 2022
Sans peur de choquer mon interlocuteur, je proposais une comparaison entre les réalisations du chancelier allemand avec celles de nos chefs d’Etat. Mais à ses yeux, on ne pouvait seulement oser, sans commettre un blasphème, comparer le bilan du Führer, ce criminel fauteur de guerre d’où venait tout le mal, à celui de nos grands démocrates présidents de la République comme N Sarkozy, l’homme qui allait nettoyer les banlieues de leur racaille au karcher, F Hollande, le grand ennemi de la finance (« Mon ennemi, c’est la finance » discours de campagne), J Chirac et F Mitterrand, ces présidents qui en quelques décennies ont fait explosé la dette de la France, l’insécurité au quotidien, présidé à la désindustrialisation de l’économie et à l’immigration de masse.
Toutefois, le bilan de nos présidents est de moins en moins jugé satisfaisant par l’opinion publique comme le reflète l’indicateur de protestation électorale Fondapol-«Le Figaro» selon lequel en ce mois d’octobre, 79% des électeurs envisagent un vote antisystème en 2022. D’autres études indiquent qu’une majorité de français seraient prêts à voter pour un homme fort ou appellent de leurs vœux un homme providentiel de l’envergure d’un de Gaulle pour faire bouger les lignes tout en restant dans un cadre démocratique.
Racines du racisme
Bien sûr les idéologues nazis ont développé des théories raciales condamnables imprégnées d’un certain darwinisme (la survie des mieux adaptées changée en survie des races supérieures). Mais il faut replacer ces idées dans le contexte de l’époque et noter que les théories sur la suprématie de certaines races n’étaient pas rares dans les années trente, y compris du côté des alliés.
Même dans « L’histoire des peuples anglophones » (A history of the English-Speaking people) de W Churchill, le grand ennemi d’Hitler, la destinée manifeste des peuples anglo-saxons se teinte d’un certain mépris pour ne pas dire racisme vis-à-vis des autres peuples y compris des Français, sans parler de divers penseurs américains à une époque où la ségrégation raciale était largement acceptée par la population blanche et était parfois teintée de religion (par exemple l’idée que Cham, le fils maudit de Noé était à l’origine de la race noire).
Il y a aussi la question du commencement et de la déclaration de la guerre qui dans les décennies d’après guerre et jusqu’à aujourd’hui a été plus ou moins attribuée unilatéralement à Hitler dans les manuels scolaires mais on trouve aujourd’hui bien d’autres études américaines, russes ou d’autres pays avec un jugement plus nuancé sur les origines de la guerre.
Il reste un sujet encore plus sensible, celui du massacre des juifs d’Europe centrale à partir de 1942 alors que la victoire espérée par les nazis de l’Allemagne sur l’Union soviétique semblait s’éloigner avec un nombre de victimes évalué à 6 millions.
Mais ces sujets sont bien trop complexes pour être abordés dans un simple article, aussi je les laisse ici de côté.
En tout cas, peut-être que ces quelques réflexions peuvent aider à comprendre la déclaration de Patrick Timsit le 20 juin 2013 « Hitler était un génie », déclaration qui a quelque peu surpris le plateau de « C à vous » mais, vu que l’on était entre gens de bonne compagnie, personne n’a trop osé réagir autrement que par quelques gloussements ou rires vite étouffés.
Suite à une telle déclaration, un autre que Timsit aurait été poursuivi pour antisémitisme mais venant d’un comique juif, elle est passée comme une lettre à la poste. Personnellement, je n’aurai pas déclaré qu’Hitler était un génie, réservant ce terme à des gens comme W A Mozart, I. Newton ou autres grands créateurs.
Conséquences actuelles de la diabolisation d’Hitler et naissance du politiquement correct
Bien sûr, il ne s’agit certainement pas de ressusciter une nostalgie pour le 3ème Reich ni de faire d’Hitler un modèle, le dictateur allemand ayant commis bien des crimes et erreurs et d’ailleurs fait preuve d’une hostilité ou méfiance systématique et largement injustifiée à l’égard de la France dans ses écrits et discours.
Ne serait-ce que sur le plan militaire, par exemple lors de la bataille de Stalingrad, il poussa les troupes allemandes à se battre sur place jusqu’au bout, ce qui aboutira à leur encerclement et à 91.000 soldats allemands faits prisonniers dont la plupart sont morts dans les camps du Goulag, n’écoutant pas von Paulus et les responsables militaires sur place qui proposaient d’organiser une retraite disciplinée pour éviter l’encerclement. Plus généralement, sa conduite de la guerre a été régulièrement critiquée par des responsables de la Wehrmacht ou de la marine de guerre malgré la censure. De plus en dehors de son antisémitisme, son idéologie raciste, en particulier à l’égard des slaves, ne pouvait pas en faire un unificateur de l’Europe.
Certains diront qu’il s’agit là de vieilles histoires ajoutant qu’il n’est pas besoin de raviver ces plaies douloureuses. Le problème est que si ces plaies douloureuses avaient été bien comprises et refermées, si le passé avait été évalué de façon plus équilibrée tout irait bien.
Or ce n’est pas le cas : la diabolisation d’Hitler, de tout ce qu’il a pu faire ou ne pas faire, a été exploitée par les communistes pour entre autres masquer leurs propres crimes jusqu’à la publication des livres de Soljenitsyne, puis par la gauche et les gauchistes pour lancer une bataille idéologique allant bien au-delà du nazisme mais s’attaquant aux valeurs de base de nos sociétés et leurs racines chrétiennes.
Cette formation d’un ensemble de tabous politiques a fait que pendant des décennies, les idées de JM Le Pen qui avait le tort de dénoncer avant tous les autres politiques, la menace que faisait peser une immigration de masse, venant en particulier de pays musulmans, ont été systématiquement soumises à une « reductio ad Hitlerum » et de ce fait discréditées. En dehors du FN, tout homme politique faisant une remarque de bon sens sur l’immigration ou l’insécurité était accusé de « faire le jeu du FN »
Cela allait de pair avec la diabolisation du maréchal Pétain dans les décennies d’après-guerre considéré comme un affreux collaborateur antisémite, dont il semble que l’on sort grâce aux efforts d’intellectuels comme Eric Zemmour qui a rappelé que Pétain, loin d’avoir persécuté les juifs français, les a protégés ce qui fait que nettement moins de 10% sont morts dans des camps, un taux inférieur à celui de tous les autres pays européens sous occupation allemande. Par la même occasion, la devise de Vichy « Travail, Famille, Patrie » a été particulièrement attaqué, aboutissant à un rejet des valeurs familiales ou patriotiques par des gens prônant révolution sexuelle et différentes formes de mondialisme.
Ainsi, il a suffi que la proposition de préférence nationale du FN soit considérée comme apparentée au racisme et finalement aux « heures les plus sombres de l’histoire » pour qu’elle soit condamnée sans plus de réflexions. Pourtant cette idée est somme toute assez banale et est aujourd’hui comme dans le passé plus ou moins appliquée par toutes les nations qui réservent certains avantages comme certains devoirs à leurs nationaux. Néanmoins, cette proposition allant avec une demande de lutter contre une immigration incontrôlée a été hâtivement jugée comme antichrétienne par des membres élevés du clergé.
On peut dire la même chose de sa critique du regroupement familial, sa demande d’un meilleur contrôle des frontières ou celle d’une expulsion beaucoup plus ferme des immigrés illégaux (près de 90% des personnes dont la demande d’asile a été rejetée restent en France).
La simple évocation d’une infiltration de terroristes dans les flux d’immigrés a été considérée comme raciste alors que l’actualité nous rappelle régulièrement que cette idée était loin d’être dénuée de fondements
Cette diabolisation a amené à faire défiler des centaines de milliers de Français, y compris les enfants des écoles, pour soi-disant sauver la République entre les deux tours de la présidentielle de 2002 quand Le Pen s’est retrouvé face à Chirac dans ce qui ne peut qu’être qualifié d’une opération de manipulation de l’opinion par les grands médias, les leaders politiques et des syndicats de gauche, Le Pen n’ayant jamais eu la volonté ni les moyens d’organiser un coup d’Etat.
Aujourd’hui, une majorité de Français semble comprendre selon différents sondages que l’immigration incontrôlée vers leur pays au cours des décennies passées et le manque de contrôle de nos frontières pose de sérieux problèmes mais le temps perdu dans ce domaine sera difficilement rattrapé.
Aussi, 75 ans après la 2ème guerre mondiale, il n’est pas inutile de reconsidérer le bilan d’Hitler et les diverses responsabilités politiques durant la période de guerre de façon plus nuancée, ce que font d’ailleurs divers historiens aux Etats Unis ou ailleurs pour sortir d’une vision au manichéisme réducteur de cette période du 20ème siècle.
Préparer l’avenir à Chavagnes
Un message du Chavagnes International College, établissement à l’identité fièrement catholique et britannique, situé en Vendée:
Au lendemain du premier confinement, particulièrement pénible pour un pensionnat dont les élèves viennent du monde entier, le Collège International de Chavagnes a décidé de préparer le long terme. Bien sûr, comme dans de nombreux établissements, les leçons seront également dispensées en ligne, pour tous les élèves qui souhaitent suivre les cours depuis chez eux, se retrouvant bloqués à l’étranger ou outre-mer. En outre, le Collège cherche à développer une nouvelle activité en proposant des leçons d’anglais à distance enseignées par des natifs, parfois diplômés d’Oxford et Cambridge, à dix euros de l’heure.
Mais d’entre les diverses nouveautés que prévoit ce site historique d’éducation, désormais dédié à l’éducation d´élite internationale et catholique, se distingue surtout la systématisation pour les élèves de Chavagnes du double bac franco-britannique. Pourquoi se contenter d’un diplôme secondaire, quand on peut en obtenir deux pour un travail équivalent ?
Jusqu’à présent, le Collège formait les élèves au baccalauréat français ou à l’examen équivalent Outre-Manche des A-levels, et parfois aux deux, pour les élèves les plus ambitieux, tel Arthur, qui a passé l’an dernier son baccalauréat scientifique avec la mention très bien.
Ce qui était jusqu’à maintenant l’exception deviendra dès 2021 la nouvelle norme du Collège International de Chavagnes, suite au succès de plusieurs élèves ayant suivi ce programme. Le double bac s’avère un réel défi, mais nécéssaire pour se renouveler et intéresser les familles.
Si notre collège vous intéresse, n’hésitez pas à contacter notre président et directeur Ferdi McDermott à [email protected] !
Défense de l’église Saint-Bernard à Lyon
De Nicole Hugon, présidente de l’association pour la sauvegarde de l’église Saint-Bernard à Lyon, que nous avons déjà évoquée :
En 2003, notre association a collaboré à empêcher l’église saint Bernard à LYON d’être démolie, pour la remplacer par un parking.
Cette église construite par l’ architecte de la ville de LYON Tony DESJARDIN, a pris forme de paroisse le 22 août 1852 par les ouvriers lyonnais les plus pauvres : les CANUTS.
Elle fut bénie par Monseigneur de BONALD, vers 1852 qui défendra inconditionnellement la vie de ces ouvriers en dénonçant les travaux inhumains qui leur étaient imposés.
Elle renferme de nombreux trésors artistiques, entre autres : des vitraux de Lucien BEGULE, (artiste qui confectionna les vitraux de la basilique de Fourvière), des orgues de Merklin, de très nombreuses chapelles latérales dédiées à différents saints.
Depuis quelques années, la mairie de LYON a décidé de transformer cette église en café restaurant avec bureaux d’affaire et garages.
Nous avons saisi le TGI, par le biais de notre avocat, pour non respect des volontés testamentaires du donateur qui avait offert le terrain à la ville de LYON pour y construire une église pour ces ouvriers, en contre partie de messes à perpétuité à faire dire pour lui et sa famille.
Malgré cette saisine le promoteur a déposé un permis de construire pour réaliser cette transformation. Nous avons à nouveau saisi le Tribunal pour non conformité du Code de l’Urbanisme au regard de nombreux éléments de construction non respectés.
Aussi nous faisons appel à vous pour faire face aux frais de justice.
Nous avons donc ouvert une cagnotte en ligne sur HelloAsso : bit.ly/donstbernard
Notre combat sera long, mais nous avons confiance en la Providence et ….. nous ne lâcherons rien !
La liberté de culte débattue à l’Assemblée nationale : l’absence d’argument du gouvernement
C’est ce matin que le Conseil d’Etat examine en audience les nombreuses requêtes en référé-liberté. Hier, le sujet s’est invité à l’Assemblée nationale, via le dépôt de plusieurs amendements (qui ont tous été rejetés). Voici un extrait des débats concernant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire. Chacun pourra constater l’absence d’argumentation du gouvernement :
Mme Emmanuelle Ménard soutenant l’amendement no 109 :
Il vise à préserver la liberté d’exercer son culte – une liberté fondamentale à valeur constitutionnelle.
Alors que les mesures sanitaires sont déjà en place dans les églises, les temples, les synagogues et les mosquées, le Gouvernement a interdit l’exercice des cultes sans chercher le moindre aménagement. Nous aurions pu espérer qu’il tire les leçons du premier confinement puisque le Conseil d’État, le 18 mai dernier, a rappelé que l’interdiction générale portait manifestement atteinte à la liberté d’exercer un culte. Un nouveau recours a d’ailleurs été déposé et le Conseil d’État devrait rendre sa décision vendredi ou samedi.
Autoriser les transports en commun, où les passagers sont agglutinés les uns contre les autres, mais interdire de manière généralisée les cultes, malgré le respect des précautions sanitaires, est vécu comme une nouvelle injustice par les croyants, quels qu’ils soient. C’est pourquoi je demande que lorsque les conditions sanitaires et les gestes barrière sont respectés strictement, les lieux de culte ne soient pas concernés par les mesures de fermeture.
M. le président. Chers collègues, j’appelle votre attention sur la nécessité d’observer, dans l’hémicycle, la distance d’au moins un siège entre chacun d’entre vous. Sur l’amendement no 130, je suis saisi par le groupe Les Républicains d’une demande de scrutin public.
M. Philippe Gosselin. Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, nous soulignons que l’état d’urgence sanitaire est un état d’exception qui porte atteinte à un certain nombre de droits fondamentaux comme la liberté d’aller et de venir, mais aussi la liberté de culte – une liberté fondamentale à valeur constitutionnelle. Une interdiction générale et absolue d’exercer un culte, ou des conditions si restrictives qu’elles reviendraient au même, ne peuvent être envisagées.
Le Gouvernement prend aujourd’hui les mêmes mesures qu’au printemps dernier. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette interdiction a un caractère illégal que nous dénonçons.
Le Conseil d’État lui-même ne s’y est pas trompé puisque, le 18 mai dernier, il a demandé au Gouvernement d’assouplir sa position concernant les cultes. Aussi serait-il prudent – sage – d’anticiper sur la nouvelle décision du Conseil d’État qui sera prise à la fin de la semaine puisqu’il a été à nouveau saisi de cette question sur la base du décret du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Il est important, dans le contexte de l’état d’urgence sanitaire, de respecter un certain nombre de grands principes et de grandes libertés, faute de quoi ce sera le début de la fin, si je puis m’exprimer ainsi.
Je souhaite aborder un autre aspect de la question, que j’ai traité dans certains amendements frappés d’irrecevabilité, et qui touche aux cérémonies funéraires. Qu’elles soient civiles, laïques ou religieuses, ces cérémonies ne peuvent réunir autour du défunt plus d’une vingtaine de personnes. Or l’inhumation est un rite de passage important, notamment pour faire son deuil. À cause des clauses si restrictives du décret du 29 octobre, les familles ne peuvent pas se réunir. Nous avons déjà été confrontés à la même difficulté au printemps dernier. Il faut vraiment bouger sur ce point. Une jauge proportionnée, adaptée est envisageable : dans les églises, dans les crématoriums, on peut très bien occuper une place sur deux, un rang sur deux. Une telle mesure améliorerait vraiment la situation.
Je vous demande instamment, par humanité (« Oh ! »sur quelques bancs du groupe LaREM), d’apporter la réponse attendue par nos concitoyens en la matière.
M. le président. Sur l’amendement no 90 , je suis saisi par le groupe Les Républicains d’une demande de scrutin public.
M. Olivier Marleix. Le Conseil d’État, le 18 mai dernier, a enjoint au Gouvernement de ne pas porter atteinte comme il le faisait à la liberté de culte qui est une liberté fondamentale, une liberté constitutionnelle. Elle est définie comme la liberté de conscience mais aussi comme celle de se réunir pour pratiquer son culte.
Je rappelle que vous étiez partis pour un état d’urgence d’une durée de trois mois – heureusement, nous vous avons donné un rendez-vous législatif plus tôt. À ces trois mois s’ajoutaient d’ailleurs six mois de pouvoirs exceptionnels, soit, au total, neuf mois pendant lesquels on ne saurait imaginer que vous portiez atteinte à une liberté aussi fondamentale.
Le Gouvernement a pris une étrange décision consistant à faire le tri dans les rayons des supermarchés – mais peut-être considère-t-il que c’est de son niveau et de sa responsabilité. En revanche, faire le tri entre les libertés publiques, madame la ministre déléguée, il est certain que cela ne relève pas de la compétence du Gouvernement, et établir ainsi une hiérarchie entre des libertés constitutionnelles ne relève pas davantage de la compétence du législateur. Il est ainsi extravagant de voir le Président de la République s’immiscer dans le calendrier liturgique : on nous a dit qu’il n’y aurait pas de rassemblements dans les églises puis, finalement, une dérogation a été accordée pour les messes de la Toussaint.
Nous vous demandons donc tout simplement de rétablir la liberté de culte avec toutes les précautions sanitaires qui s’imposent.
M. le président. La parole est à Mme Marine Le Pen, pour soutenir l’amendement no 89.
Mme Marine Le Pen. Je ne reprendrai pas les arguments développés à l’instant par nos collègues que je rejoins totalement. Il est vrai qu’on ne comprend pas, une nouvelle fois, les injonctions contradictoires qui sont lancées. Alors même que le Conseil d’État a rappelé, en référé, que la liberté de culte était une liberté fondamentale, laquelle « comporte également, parmi ses composantes essentielles, le droit de participer collectivement […] à des cérémonies », alors même que la laïcité et la liberté de culte sont des sujets qui animent le débat public, alors même que le confinement que vous avez décidé récemment est moins dur que celui du mois de mars dernier et alors que les églises ont respecté des protocoles sanitaires des plus stricts, fait respecter les gestes barrières au même titre que les autres établissements recevant du public, vous maintenez l’interdiction des cérémonies religieuses.
Nous proposons donc que la loi prévoie que le principe est l’autorisation de l’exercice du culte et que l’interdiction est l’exception. Et, si besoin, que les interdictions soient prises au niveau local en fonction de la situation sanitaire mais aussi des capacités d’accueil des établissement du culte – en effet, bien souvent, la distanciation physique est très facile à mettre en place.
M. le président. La parole est à M. Pascal Brindeau, pour soutenir l’amendement no 121.
M. Pascal Brindeau. Cet amendement de Mme Thill vise à permettre au représentant de l’État dans le département d’apprécier la situation sanitaire, les capacités d’accueil d’un établissement recevant du public comme les églises, les mosquées ou les synagogues. Il s’agit en effet de garantir le respect de la liberté fondamentale qu’est l’exercice du culte. Nous avons débattu déjà de l’ouverture des petits commerces et des incohérences de la stratégie gouvernementale – tantôt les ouvertures sont possibles, tantôt non. Nous souhaitons vraiment, madame la ministre déléguée, que vous nous répondiez et que vous fassiez montre de souplesse concernant la liberté du culte.
M. le président. La parole est à M. Jean-Pierre Pont, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission sur les amendements en discussion commune.
M. Jean-Pierre Pont, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République. Le 18 mai dernier, le Conseil d’État a rappelé que la liberté de culte, qui comporte, parmi ses composantes essentielles, le droit de participer collectivement à des cérémonies, devait être concilié avec l’objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé. L’interdiction de l’exercice des cultes n’a souffert d’aucune inconstitutionnalité lors du dernier confinement. J’observe par ailleurs que l’accès aux lieux de culte reste autorisé.
En effet, l’article 47 du décret du 29 octobre dernier organise l’accès aux établissements du culte qui demeurent ouverts. Les réunions sont également possibles pour les cérémonies funéraires. Par ailleurs, des rassemblements ont pu se tenir pour la Toussaint. Les restrictions qu’exige la situation sanitaire sont éprouvantes mais elles doivent être appliquées avec rigueur si on veut qu’elles soient de courte durée. Avis défavorable.
Mme Marine Le Pen. Grosse argumentation !
M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?
Mme Brigitte Bourguignon, ministre déléguée. Les lieux de culte peuvent continuer à accueillir du public. Une dérogation permet même l’organisation des cérémonies funéraires, et les mesures prises sont adaptées aux risques encourus. Il existe toujours une possibilité de recours. Avis défavorable.
M. le président. Plusieurs d’entre vous demandent la parole. Vous ne pourrez pas tous vous exprimer. Nous allons limiter les prises de parole à deux intervenants par groupe. Je pense que cela suffira. La parole est à M. Julien Aubert.
M. Julien Aubert. Je suis quelque peu surpris par la réponse du Gouvernement. Si vous tâchez de départager les activités essentielles et les activités non essentielles, vous mettrez le pied sur un terrain glissant. En effet, quand une attestation de déplacement prévoit, parmi les dérogations essentielles, la possibilité d’aller faire pisser son animal de compagnie dans la rue, alors qu’on considère qu’aller prier n’est pas essentiel pour le croyant, il s’agit d’une distinction dont je me garderais bien. Et je pense que vous ne pourrez pas prospérer en vous reposant sur ce type de discrimination. Ou alors rejoignez-nous sur un critère beaucoup plus concret qui est le risque sanitaire.
Mais comment voulez-vous, chers collègues, que les Français acceptent une telle règle ? Pourquoi les députés pourraient-ils se rassembler à plus de deux cents dans une salle pendant plusieurs heures en n’occupant qu’un siège sur deux ? Pourquoi ne pourrait-on pas être à cinquante sur des bancs d’église ou dans une synagogue pendant une heure et dans les même conditions d’espacement ? Remplacez le président de séance par un rabbin ou par un prêtre et vous aurez à peu près la même disposition. (Sourires sur plusieurs bancs du groupe LR.) Pourquoi pourrait-on réunir les enfants à l’école pendant toute une journée mais pas les rassembler, ensuite, dans une salle fermée pour une catéchèse ?
Si vous voulez que ce confinement provoque un esprit de civisme, il faut que les règles soient justes, équitables et justifiées par un risque sanitaire. Et si nous avons été capables d’organiser les fêtes de la Toussaint, eh bien, nous serons capables, en instaurant des protocoles dérogatoires, des protocoles de protection, d’assurer la liberté de culte. En outre, votre argument selon lequel cette interdiction vaudrait pour peu de temps est faux car sinon ne faites pas, pour l’état d’urgence sanitaire, des projections à plusieurs mois. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
M. le président. Je ne pensais pas, monsieur Aubert, que vous puissiez vous imaginer comme l’un de mes paroissiens, mais je vous accueille bien volontiers. (Sourires.)
M. Thibault Bazin. Le prêtre de la macronie…
M. Philippe Gosselin. Le grand prêtre !
M. Alexis Corbière. Et un drôle de paroissien !
M. le président. La parole est à M. Charles de Courson.
M. Charles de Courson. Est-ce que, pour chacun d’entre nous, la liberté de culte est moins importante que la liberté d’aller faire ses courses dans un supermarché ou un hypermarché ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) La règle des quatre mètres carrés par personne qui s’applique aux hypermarchés et aux supermarchés, pourquoi ne s’appliquerait-elle pas aux églises ? C’est que la liberté de culte est une liberté constitutionnelle, ce qui n’est pas le cas du fait d’aller dans les hyper et les super…
M. Raphaël Schellenberger. Il a raison !
M. Charles de Courson. La sagesse consisterait donc non pas à interdire mais à définir des protocoles aux termes desquels maires et préfets considéreraient comme possible, vu la configuration des lieux, de pratiquer un culte dans telles ou telles conditions. Mais, franchement, laisser libre l’accès aux supermarchés et aux hypermarchés et interdire les églises – sauf pour les obsèques et pour trente personnes au maximum, ce qui, avec la règle des quatre mètres carrés, voudraient dire que nos églises font toutes 120 mètres carrés… Nos concitoyens ne comprennent plus ! Il y a une disproportion entre la mesure gouvernementale et ce qu’il est possible de faire. Et ce n’est pas le Conseil d’État qui tranchera cette affaire, monsieur le rapporteur, c’est le Conseil constitutionnel.
M. le président. La parole est au président Lagarde.
M. Jean-Christophe Lagarde. Dans une période d’angoisse, le fait pour certains de nos concitoyens de pouvoir pratiquer leur culte constitue une forme de réconfort, celui de se sentir ensemble, de combattre le virus ensemble. Et si, monsieur le rapporteur, nous sommes capables d’organiser, d’un point de vue sanitaire, des cultes – ce qui s’est fait au moment du déconfinement –, nous n’avons pas plus de risques de contamination que quand on travaille dans une usine ou quand on se retrouve sur un chantier dans le secteur du bâtiment et travaux publics – BTP.
Un principe d’interdiction fixé par la loi, des dérogations éventuelles qui viennent d’en-haut et qui, en réalité, sont des consignes ministérielles, tout cela ne nous paraît pas relever de la bonne logique. Comme pour les commerces, nous avons le sentiment que la situation n’est pas la même dans toutes les communes de France et que c’est donc à partir du terrain qu’on devrait examiner dans quelles conditions la liberté du culte peut s’exercer. Les préfets et les maires – c’est l’objet de l’amendement d’Agnès Thill – sont les mieux placés pour prendre une décision car il y a de très grandes églises mais aussi, dans certains villages, de toutes petites chapelles où peu de gens peuvent se réunir.
Il nous semblerait donc utile – nous voterons chacun des amendements même si nous avons une préférence pour le no 121 – qu’on laisse les acteurs de terrain définir dans quelles conditions le culte peut être pratiqué selon les religions. L’Assemblée s’honorerait d’ouvrir cette possibilité.
M. Pierre Cordier. Très bien ! Un grand paroissien !
M. Frédéric Reiss. Mais un pécheur devant l’Éternel ! (Sourires.)
M. le président. La parole est au président Mélenchon.
M. Jean-Luc Mélenchon. Le groupe La France insoumise va voter les amendements en discussion commune en faveur de l’accès libre aux lieux de culte. Nous pensons comme leurs auteurs qu’il y a une certaine forme d’incohérence à autoriser ceci et à interdire cela ; mais je fais l’économie de cette démonstration et j’en viens à ce qui nous paraît le plus important.
Le plus douloureux du confinement est tous les liens humains et sociaux qu’il brise. C’est ce qui en fait la difficulté extrême et la difficulté pour tout gouvernement de l’administrer. Le lien par lequel d’aucuns, parmi nous, sous une forme ou sous une autre, dans une religion ou une autre, ou, en l’absence de religion, dans des rites laïques, veulent manifester leur commune humanité – ce peut être par leur participation à des rites funéraires –, est aussi ancien que l’humanité elle-même. Les rites funéraires ont 120 000 ans, ils sont donc antérieurs à l’apparition des homo-sapiens et contemporains des néandertaliens. De la même manière, les rites de culte sont aussi vieux que l’humanité. Je ne dénoncerai donc pas l’incohérence de la décision gouvernementale mais son caractère inhumain.
La liberté du culte est consubstantielle à la liberté de conscience. La liberté de conscience a fondé la liberté du culte parce que seule la reconnaissance de la liberté de conscience a permis de finir par reconnaître la liberté du culte. Il ne s’agit par conséquent pas de sujets annexes. Le droit pour chaque personne de croire en Dieu ou de ne pas croire en Dieu et d’avoir d’autres pratiques est consubstantiel à sa nature humaine. Il est donc absolument exclu que l’on puisse empêcher qui que ce soit de procéder comme il l’entend pour le manifester, pour peu que les conditions en soient claires. (Applaudissements sur les bancs du groupe FI et sur plusieurs bancs du groupe LR.)
M. le président. La parole est à M. Philippe Gosselin.
M. Philippe Gosselin. Honnêtement, le rapporteur nous a fait une réponse un peu indigente, du reste à la hauteur de celle de la ministre déléguée. Madame la ministre déléguée, vous ne pouvez pas renvoyer d’un revers de main le fait que les rites funéraires sont tolérés, que ces cérémonies soient civiles ou religieuses. L’article 3 du décret du 29 octobre prévoit que les cérémonies funéraires ne peuvent rassembler plus de trente personnes.
Si vous enlevez les desservants, les agents, les collaborateurs, le personnel, les porte-cercueil, c’est vingt personnes pour une famille. Et vous considérez qu’ainsi les rites de passage sont respectés, qu’ils soient d’ailleurs laïques ou religieux ? De tous temps, ces rites de passage ont marqué notre humanité, je rejoins ce qu’a dit le président Mélenchon. Oui, depuis des millénaires, c’est justement ce qui fait la différence entre l’homme et parfois l’animal, avec un sens qui a été reconnu.
Au moins un peu de dignité dans cette période où il y a tant de crainte et d’angoisse et le besoin de dire au revoir à ses proches. Au moins, laissez chacun s’exprimer, bien sûr avec les règles sanitaires qui conviennent, mais tout est possible. On pourrait prendre le train, le métro, le bus, aller dans les supermarchés, et on ne pourrait pas être vingt-cinq ou trente à entourer les siens lors d’une cérémonie au crématorium ou dans l’église ? Où en est-on ? Je refuse un État qui, même s’il y a état d’urgence sanitaire, nous empêche d’exprimer nos croyances, nos pratiques, et de saluer nos morts. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – M. Jean-Luc Mélenchon et M. Sébastien Jumel applaudissent également.)
M. le président. La parole est à M. Sébastien Jumel.
M. Sébastien Jumel. De manière pragmatique, je suis allé dimanche à la messe pour montrer ma compassion et ma fraternité à l’égard de la communauté catholique, frappée à Nice.(Murmures sur les bancs du groupe LaREM.) J’ai pu mesurer à quel point les choses, au plan sanitaire et quant à la sécurité, étaient organisées. La laïcité, c’est aussi ça : être capable d’aller à la messe même quand on est comme moi athée.
Sur le fond, le président Mélenchon l’a dit : on touche là des libertés fondamentales, à valeur constitutionnelle, qui sont consubstantielles à notre histoire et à notre humanité. Il ne faut pas qu’à la faveur de la crise sanitaire nous consentions la moindre entorse, la moindre égratignure, le moindre affaiblissement de ces libertés fondamentales. C’est la raison pour laquelle nous voterons ces amendements,…parce que l’un des vrais sujets de votre gestion de crise, au-delà des avis différents que l’on peut avoir sur sa mise en œuvre, c’est qu’elle manque profondément d’humanité. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI ainsi que sur de nombreux bancs du groupe LR.– Protestations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
M. le président. La parole est à M. Nicolas Turquois.
M. Nicolas Turquois. Par mon histoire familiale et personnelle, la liberté de culte a beaucoup d’importance pour moi et je ne vois pas en quoi elle est remise en cause par ce texte. Les édifices religieux sont ouverts, c’est seulement la participation à des cérémonies religieuses qui est interdite.
M. Jean-Luc Mélenchon. Un détail ! (Sourires.)
M. Philippe Gosselin. C’est scandaleux et c’est bien là l’essentiel !
M. Nicolas Turquois. Je rappellerai à M. Aubert…
M. le président. Ne vous interpellez pas, sinon il y aura des réponses et le débat va s’éterniser.
M. Nicolas Turquois. …une différence fondamentale entre ce qui se passe ici et une cérémonie religieuse. Je pense qu’il y a longtemps qu’il n’a pas participé à une cérémonie. Il y a en effet un temps qui s’appelle l’eucharistie. Comme M. Jumel, je me suis rendu à une cérémonie, c’était il y a huit jours. Au moment où l’on remet l’hostie, un certain nombre de pratiquants, parce qu’ils sont âgés ou ont toujours eu cette habitude, demandent qu’on leur remette l’eucharistie directement dans la bouche. (Exclamations sur de nombreux bancs du groupe LR.)
M. Philippe Gosselin et M. Frédéric Reiss. Mais non !
M. Nicolas Turquois. Donc, même si le prêtre était très attentif, on voit bien que le risque n’est pas le même. (Même mouvement.)
M. le président. Laissez M. Turquois s’exprimer !
M. Nicolas Turquois. Chez les croyants, le temps de réflexion personnelle est par ailleurs quelque chose de très important et ce n’est pas incompatible avec l’absence de cérémonie.
Mais la chose la plus importante, je crois, c’est que, malgré les messages contradictoires des extrémistes de tous poils, la principale mission donnée aux croyants de France, quelles que soient leurs convictions, est l’attention à l’autre, l’attention aux plus faibles. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et LaREM.)
M. Christian Jacob. Vous n’allez pas nous apprendre le catéchisme !
M. le président. La parole est à Mme George Pau-Langevin.
Mme George Pau-Langevin. Notre groupe votera ces amendements parce que, même si nous sommes tous très concernés par la lutte contre le virus, nous savons aussi qu’un certain nombre de situations et de gestes correspondent, cela a été dit, à l’humanité la plus élémentaire.
M. Philippe Gosselin. Eh oui ! Merci de le dire !
Mme George Pau-Langevin. Dans cette période où les gens sont souvent isolés, parce qu’ils télétravaillent ou parce que ce sont des personnes âgées qui ne peuvent plus voir leurs petits-enfants, ne pas leur permettre de partager un moment de recueillement dans un établissement religieux, c’est, me semble-t-il, ne pas respecter l’humanité.(Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et plusieurs bancs du groupe LR. – M. Sébastien Jumel applaudit également.) Par conséquent, même si on ne croit pas, il faut voter ces amendements. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – M. Jérôme Lambert applaudit également.)
M. le président. La parole est à Mme Annie Genevard.
Mme Annie Genevard. Mes chers collègues, vous avez peut-être lu ce récent plaidoyer dans la presse émanant d’évêques et d’intellectuels. J’en ai retenu quatre arguments qui me paraissent devoir être rappelés dans notre enceinte.
Tout d’abord, la liberté de culte ne peut se négocier, surtout en des temps où elle est menacée, comme nous l’avons vu avec l’attentat de Nice. Ensuite, la liberté de culte n’est pas moins importante que la liberté de consommer. Par ailleurs, l’interdiction générale des messes, parce que c’est bien aussi de cela que nous parlons, et pas seulement des rites funéraires, n’a pas un caractère proportionné. Enfin, l’exercice de la foi est essentiel pour ceux qui en ont besoin et y trouvent réconfort : en ces temps difficiles, il faut prendre en considération cet argument.
Lors du premier confinement, toutes les activités, quasiment, étaient interdites. L’interdiction générale des messes était donc vécue douloureusement, certes, mais c’était partagé avec une interdiction totale, tandis qu’aujourd’hui nous avons maintenu la liberté de consommer, de travailler, de se déplacer, et nous interdisons la liberté de culte. C’est dans cette hiérarchie des interdictions et des autorisations que se trouve le problème. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – M. Jérôme Lambert applaudit également.)
(L’amendement no 109 n’est pas adopté.)
Voici le résultat du scrutin :
Nombre de votants 384
Nombre de suffrages exprimés 380
Majorité absolue 191
Pour l’adoption 130
Contre 250
(L’amendement no 130 n’est pas adopté.)
M. le président. Je mets aux voix l’amendement no 90.
Nombre de votants 378
Nombre de suffrages exprimés 376
Majorité absolue 189
Pour l’adoption 132
Contre 244
(L’amendement no 90 n’est pas adopté.)
(Les amendements nos 89 et 121, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
Avortement : Le pape soutient les Polonais
Nous avons vu comment la violence des militants de l’avortement venait perturber la vie politique en Pologne.
Au terme de l’audience générale du 4 novembre, le pape François s’est adressé ainsi aux Polonais :
“Au cours de cette semaine, dans toute la Pologne, la prière commune “Rosaire jusqu’aux extrémités du ciel” unit vos familles et paroisses. Puisse ce plaidoyer élevé au ciel par l’intercession de la Sainte Vierge du Rosaire obtenir la guérison des blessures causées par la perte des enfants non-nés, le pardon des péchés, le don de la réconciliation et répandre dans vos cœurs l’espérance et la paix “
7 paroles de saints et citations bibliques pour mieux comprendre la prière, et pour mieux prier
- “La prière est comme la respiration de la vie chrétienne”, c’est “le secret d’un christianisme vraiment vital” (Jean-Paul II). Qui souhaite mettre Dieu à la première place dans sa vie ne peut se passer de la prière. Un chrétien qui ne prie pas se dessèche.
- “Prier ne consiste pas à beaucoup penser mais à beaucoup aimer” (Thérèse d’Avila). Il ne s’agit donc pas de penser à Dieu mais de reposer notre coeur en lui. Pour y parvenir, nous pouvons apprendre à faire oraison.
- “Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira.” (Charles de Foucauld). Prier permet de se remettre avec confiance entre les mains du Seigneur, et d’invoquer l’Esprit saint afin qu’il puisse nous guider.
- “Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits !” (Ps 102,2). Prier, c’est aussi prendre le temps de reconnaître l’infinie bonté de Dieu et lui rendre grâce et gloire pour cela. C’est, par la louange, lui exprimer notre reconnaissance.
- “Tout ce que vous demanderez dans votre prière avec foi, vous l’obtiendrez.” (Mt 21,22). Le Seigneur l’a promis, il écoute et répond à toutes les prières qui lui sont adressées. Dire une neuvaine peut par exemple être une belle manière de prendre le temps de confier une intention particulière à Dieu.
- “Accrochez-vous au chapelet comme la plante grimpante s’accroche à l’arbre. Sans Notre-Dame, nous ne pouvons pas tenir !” (Mère Teresa). Par sa nature humaine et son amour maternel, Marie se fait particulièrement proche de nous. N’hésitons pas lui confier nos intentions, par un Je vous salue Marie, un chapelet, une prière spontanée…
- “Ne pleurez pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie” (saint Dominique). Tous les saints peuvent intercéder pour nous auprès de Dieu. Saint Joseph, sainte Rita, saint Michel, saint Antoine… chaque saint, avec son charisme propre, peut nous être d’un grand soutien !
Les Indulgences plénières pour les fidèles défunts sont prorogées pendant tout le mois de novembre
Décret de la Pénitencerie apostolique :
Cette année, en raison des contingences actuelles dues à la pandémie de «covid-19», les Indulgences plénières pour les fidèles défunts seront prorogées pendant tout le mois de novembre, en adaptant les œuvres et les conditions pour garantir la sécurité des fidèles.
De nombreuses supplications de saints pasteurs sont parvenues à la Pénitencerie apostolique, qui demandaient que cette année, à cause de l’épidémie de «covid-19», les œuvres pieuses pour obtenir les Indulgences plénières applicables aux âmes du Purgatoire soient transformées, en conformité avec le Manuel des Indulgences (conc. 29, § 1). C’est pourquoi, la Pénitencerie apostolique, sur mandat spécial de Sa Sainteté le Pape François, établit et décide bien volontiers que cette année, pour éviter des rassemblements là où ils sont interdits:
- l’Indulgence plénière pour ceux qui visitent un cimetière et qui prient pour les défunts, ne serait-ce qu’en esprit, généralement établie uniquement dans les jours du 1er au 8 novembre, peut être transférée aux autres jours du même mois jusqu’à son terme. Ces jours, librement choisis par les fidèles individuels, pourront également ne pas se suivre entre eux;
- l’Indulgence plénière du 2 novembre, établie à l’occasion de la Commémoration de tous les fidèles défunts pour ceux qui visitent pieusement une église ou un oratoire et récitent en ce lieu le «Notre Père» et le «Credo», peut être transférée non seulement au dimanche précédent ou au jour de la solennité de la Toussaint, mais également à un autre jour du mois de novembre, au libre choix des fidèles individuels.
Les personnes âgées, les malades et toux ceux qui pour de graves motifs ne peuvent pas sortir de chez eux, par exemple à cause des restrictions imposées par les autorités compétentes pendant le temps de pandémie, pour éviter que les nombreux fidèles ne se rassemblent dans les lieux sacrés, pourront obtenir l’Indulgence plénière si, s’unissant spirituellement à tous les autres fidèles, entièrement détachés du péché et avec l’intention d’obtempérer dès que possible aux trois conditions habituelles (confession sacramentelle, communion eucharistique et prière selon les intentions du Saint-Père), devant une image de Jésus ou de la Bienheureuse Vierge Marie, ils récitent de pieuses oraisons pour les défunts, par exemple les Laudes et les Vêpres de l’Office des défunts, le Rosaire marial, le Chapelet à la Divine miséricorde, d’autres prières pour les défunts plus chères aux fidèles, ou s’ils se consacrent à la lecture méditée de l’un des passages évangéliques proposés par la liturgie des défunts, ou accomplissent une œuvre de miséricorde en offrant à Dieu les douleurs et les difficultés de leur propre vie.
Pour une obtention plus aisée de la grâce divine à travers la charité pastorale, la Pénitencerie prie vivement que tous les prêtres pourvus des facultés opportunes, s’offrent avec une générosité particulière à la célébration du sacrement de la pénitence et administrent la Sainte Communion aux malades.
Toutefois, en ce qui concerne les conditions spirituelles pour obtenir pleinement l’Indulgence, il est rappelé d’avoir recours aux indications déjà promulguées dans la note «A propos du Sacrement de la Pénitence dans la situation actuelle de pandémie», publiée par la Pénitencerie apostolique le 19 mars 2020.
Enfin, étant donné que les âmes du Purgatoire sont aidées par les prières d’intention des fidèles et en particulier par le sacrifice de l’Autel agréable à Dieu (cf. Conc. Tr. Sess. XXV, décr. De Purgatorio), tous les prêtres sont vivement invités à célébrer trois fois la Messe le jour de la Commémoration de tous les fidèles défunts, en conformité avec la Constitution apostolique «Incruentum Altaris», promulguée par le Pape Benoît XV, de vénérée mémoire, le 10 août 1915.
Le présent Décret est valable pendant tout le mois de novembre. Nonobstant toute disposition contraire.
Donné à Rome, au siège de la Pénitencerie apostolique, le 22 octobre 2020, mémoire de saint Jean-Paul II.
Mauro Card. Piacenza
Pénitencier majeur
7 abbayes bénédictines posent une requête pour la liberté de culte
Outre l’abbaye du Barroux, qui s’était jointe à la requête des instituts Ecclesia Dei et de l’Agrif, 6 nouvelles abbayes bénédictines viennent de déposer un requête en référé-liberté : le père abbé de Solesmes, les abbayes de Fontgombault, Randol, Triors, Wisques et Donezan (ces 4 dernières étant des fondations de Fontgombault).
Me Jérôme Triomphe, qui a été sollicité par ces abbayes, se félicite :
« Ça n’arrête plus ! Le Conseil d’Etat croule sous les recours et c’est une bonne nouvelle ».
« Je pense qu’il ne manque plus grand monde, la multiplicité des requérants est impressionnante ».
L’extrême gauche dans la rue après l’interdiction de l’avortement eugénique en Pologne
Une analyse de l’ECLJ à propos de la Pologne, très violemment attaquée depuis l’arrêt du Tribunal constitutionnel qui a simplement déclaré qu’il n’était pas conforme à la Constitution de tuer un fœtus sous prétexte qu’il est trisomique. Les manifestations blasphématoires et agressives se succèdent dans les villes, jusque dans les églises. On voit des jeunes filles qui hurlent des obscénités et clament qu’elles veulent coucher avec l’importe qui afin de devenir enceintes et de se faire avorter :
[…] Première cible des manifestants qui semble en effet s’inscrire dans le contexte de la guerre culturelle conduite par l’extrême gauche depuis déjà un certain temps : l’Église catholique est victime d’actes de vandalisme à répétition alors qu’elle n’est pas à l’origine du jugement du Tribunal constitutionnel même si ses positions sur l’avortement sont connues de tous. Le dimanche 25 octobre, des messes ont été interrompues à l’appel d’organisations féministes radicales comme Strajk Kobiet (Grève des femmes). Les catholiques se plaignent de ne pas être protégés par la police, alors qu’interrompre volontairement un culte religieux aux fins d’y faire obstacle est un délit passible de deux ans de prison en Pologne et alors que des églises avec statut de monument historique n’ont pas été épargnées par les tags pro-avortement ou insultants à l’égard des chrétiens. Des prêtres ont été couverts d’insultes et de gros mots, souvent à caractère sexuel, et les milieux nationalistes ont créé une garde nationale pour défendre les églises et ont appelé les citoyens outrés par ces attaques à les rejoindre. Des groupes de supporters de foot se sont également joints à la protection des églises par la force, mettant en fuite les agresseurs dans plusieurs villes, comme devant les cathédrales de Białystok et de Poznań ou, dans un incident séparé, des militants d’extrême gauche ont attaqué à la matraque et au couteau des personnes défendant une église, blessant une de ces personne à l’arme blanche. Des affrontements ont aussi eu lieu à Varsovie où les défenseurs de l’église Saint-Alexandre conduits par les organisateurs de la Marche de l’Indépendance, qui se déroule tous les 11 novembre à Varsovie, ont interdit l’accès à quelques milliers de manifestants pro-avortement. Dans l’ensemble, les affrontements physiques restent toutefois marginaux, la police polonaise s’efforçant de maintenir à distance manifestants et contre-manifestants.
Les commentateurs observent que de tels actes contre les églises et contre les croyants n’arrivaient pas même sous le régime communiste. Des députés de gauche se sont malgré tout solidarisés avec les manifestants, y compris au sein du groupe Lewica (La Gauche) dont la principale composante est le parti post-communiste SLD à l’origine de la Constitution en vigueur datant de 1997 et sur la base de laquelle le Tribunal constitutionnel a interdit l’avortement eugénique. Mardi, le mouvement Strajk Kobiet a publié sur son profil Twitter les adresses personnelles de juges du Tribunal constitutionnel et de militants pro-vie comme pour inciter les militants pro-avortement à s’en prendre physiquement à eux. Des manifestations ont également été organisées devant le siège du PiS et devant le siège de l’organisation pro-vie Institut Ordo Iuris à Varsovie.
La question de l’avortement n’est qu’un prétexte ?
Les revendications du mouvement Strajk Kobiet dépassent toutefois largement le jugement du 22 octobre dernier. Le mardi 27 octobre, la leader de cette organisation, Marta Lampert, juriste de profession, a indiqué vouloir, entre autres choses et outre la démission du gouvernement de Mateusz Morawiecki, « un vrai Tribunal constitutionnel », « une vraie Cour suprême », « un vrai Défenseur des droits », l’éducation sexuelle à l’école, la contraception, l’avortement légal (sur simple demande, ce que le Tribunal constitutionnel a déjà déclaré comme contraire à la Constitution dans un jugement de 1997) et, curieusement, « le respect des droits des personnes avec des handicaps ».
Pour cette juriste, il n’y a pas eu de jugement jeudi mais une simple déclaration puisque le Tribunal constitutionnel serait illégitime à ses yeux, ce qui est un argument avancé par une bonne partie de l’opposition libérale (Plateforme civique, PO) et de gauche (Lewica). Cet argument se réfère au conflit autour des premières nominations au Tribunal constitutionnel par le PiS en 2015. Il s’agit toutefois d’un argument fallacieux dans le cas présent, car même en supposant que le PiS serait dans son tort pour ces nominations, le conflit n’a porté que sur trois des quinze que compte le Tribunal constitutionnel. Or onze juges sur les treize ayant pris part à ce verdict ont jugé que la Constitution polonaise de 1997 n’était pas compatible avec la clause de la loi autorisant l’avortement eugénique. Par conséquent, même sans les trois juges dont la légitimité est contestée par une partie de l’opposition, il se trouverait toujours une majorité au Tribunal constitutionnel polonais pour invalider cette clause.
Continuité au Tribunal constitutionnel polonais
Dans une interview accordée en 2016 au journal Gazeta Wyborcza qui incite aujourd’hui aux manifestations et aux manifestations devant les églises, le précédent président du Tribunal constitutionnel, Andrzej Rzepliński, qui avait été au centre du conflit contre le PiS en 2015-16, avait lui-même déclaré : « Quelle que soit l’élégance avec laquelle on essaie de le nommer, l’avortement reste un meurtre ». Quant au professeur Andrzej Zoll qui présidait le Tribunal constitutionnel en 1997, lorsqu’une clause introduite par le SLD pour autoriser l’avortement au motif de problèmes socio-économiques de la femme enceinte avait été jugée inconstitutionnelle, il a lui-même reconnu à l’antenne de la radio Tok FM (qui appartient au même groupe médiatique que Gazeta Wyborcza) que le jugement du 22 octobre du Tribunal constitutionnel correspondait à ses convictions sur le plan moral même s’il estime qu’il aurait été préférable que la clause invalidée soit modifiée plus tôt par le parlement lui-même afin de limiter son application aux cas où l’enfant à naître est victime d’une anomalie létale. Pour Zoll, c’est le seul cas de figure où autoriser l’avortement pour cause de handicap ou maladie grave de l’enfant à naître pourrait être conforme à la Constitution polonaise, ce en quoi il joint sa voix à certains leaders de la coalition parlementaire Droite unie conduite par le PiS et aussi au sein de l’opposition. Ces voix, auxquelles s’est joint le président Andrzej Duda le 29 octobre, demandent que soit désormais autorisé l’avortement en cas d’anomalie létale confirmée mais pas en cas de handicap non létal (telle la trisomie 21 à l’origine de 445 des 1110 avortements réalisés en 2019 dans les hôpitaux polonais). Les avis divergent quant à savoir si le jugement du Tribunal constitutionnel laisse au parlement cette marge de manœuvre. Rappelons à toutes fins utiles qu’Andrzej Zoll avait été nommé au Tribunal constitutionnel par la majorité de gauche au pouvoir de 1993 à 1997 et qu’Andrzej Rzepliński l’avait été par la majorité PO-PSL au pouvoir de 2007 à 2015.
L’opposition ne veut plus respecter la Constitution
Dans ces conditions, le refus de reconnaître la légitimité du jugement du 22 octobre exprimé par les organisations féministes et une partie de l’opposition ressemble plus à un rejet du fonctionnement des institutions démocratiques et à une revendication du droit d’appliquer la constitution de manière sélective. Ceci a de quoi surprendre de la part de ceux qui accusaient depuis 2015 le PiS de violer la constitution avec ses réformes. Il en va de même pour les appels à ne pas publier le jugement du 22 octobre au Journal officiel provenant, par exemple, du leader du parti agraire PSL Władysław Kosiniak-Kamysz et de l’ancien leader de la PO Grzegorz Schetyna. En 2016, les deux hommes reprochaient au gouvernement de Beata Szydło son refus de publier certaines décisions du Tribunal constitutionnel présidé par le professeur Andrzej Rzepliński au motif que ces décisions avaient été adoptées en présence d’un nombre insuffisant de juges au regard de la loi réformant le Tribunal constitutionnel adoptée par la majorité PiS au parlement. Aujourd’hui, même ce motif (dont la validité était contestée à l’époque par l’opposition) est absent puisque 13 juges ont pris part au jugement du 22 octobre, ce qui n’empêche pas Kosiniak-Kamysz et Schetyna d’appeler le gouvernement de Mateusz Morawiecki à agir de même simplement pour empêcher l’entrée en vigueur du jugement sur l’avortement. C’est donc aujourd’hui une certaine partie de l’opposition qui exige du gouvernement qu’il viole ouvertement la constitution afin que l’avortement eugénique reste pratiqué en Pologne.
L’appel de Jarosław Kaczyński
Réagissant aux événements, le président du PiS Jarosław Kaczyński, qui est aussi vice-président du Conseil des ministres dans le gouvernement de Mateusz Morawiecki, a fait une déclaration le mardi 27 octobre. « À la lumière de la Constitution, ce jugement ne pouvait pas être différent », a reconnu Kaczyński en rappelant encore une fois qu’il s’agit là de la constitution approuvée en 1997 par un parlement dominé par la gauche. Kaczyński a reproché aux organisateurs des manifestations de favoriser la propagation de la pandémie de Covid-19 en violant les règles sanitaires, mais surtout de s’en prendre à l’Église et aux catholiques dans un rejet global des valeurs en vigueur en Pologne. Kaczyński a mis cette attitude sur le compte du « nihilisme » visible dans « l’expression de ceux qui manifeste », de « leur vulgarité hors du commun ». Kaczyński a ensuite appelé les Polonais à s’opposer à ce mouvement de protestation et à se joindre à la défense des églises polonaises. « Défendons la Pologne, défendons le patriotisme, et montrons de la décision et du courage », a déclaré le leader du PiS.
« C’est seulement alors que nous pourrons gagner cette guerre que nous ont expressément déclarée nos adversaires. Et souvenons-nous que nous avons entièrement raison sur le plan légal. Ce jugement ne peut pas être modifié tant que la Constitution actuelle est en vigueur. A fortiori, on ne peut pas voter une loi qui introduirait l’avortement sur simple demande. Or telle est la revendication de l’extrême gauche formulée aujourd’hui à la Diète aux cris de ‘Guerre ! Guerre !’. »
La majorité LREM veut les pleins pouvoirs avec la loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire
Rappel au règlement de Mme Emmanuelle Ménard, député de l’Hérault, dans le cadre de l’examen du projet de loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire lors de la seconde séance du 3 novembre :
Meurtris dans leur chair, les catholiques de Nice déposent un recours contre l’interdiction des messes
De Benoit de Belleroche, Président de l’AFC de Nice, qui a déposé une requête en référé liberté (en plus de celle déposée par la Confédération des Associations Familiales Catholiques) :
Aux côtés de diverses personnalités et associations catholiques, l’AFC de Nice, soutenue par les AFC de Vence, d’Antibes et la fédération des AFC du 06, s’est constitué en tant que partie dans la procédure d’un référé-liberté devant le Conseil d’Etat.
Maître Henri de Beauregard portera la voix de l’AFC de Nice devant le Conseil d’Etat demain 05 novembre, afin que soit rendue aux croyants leur liberté fondamentale de pouvoir assister à la messe.
Plus que jamais, et en écho aux derniers événements qui ont brutalement frappé les catholiques de la ville, ils réaffirment la nécessité de pouvoir assister librement à la messe, de pouvoir se rassembler dans leurs églises et de pouvoir vivre leur foi sans crainte d’être dans l’illégalité !
« Nous, membres de l’Association Familiale Catholique de Nice, nous associons aux catholiques du reste de la France pour rappeler que la messe n’est pas pour nous une activité ou un loisir mais un bien nécessaire. L’Eucharistie est la sève de notre existence de chrétien, et au même titre que nous devons nourrir nos corps, nous réclamons le droit de nourrir notre âme !
Qu’il ne soit pas dit que les catholiques préfèrent voir leurs églises fermées et leurs messes interdites par mesure de sécurité suite aux évènements dramatiques de la semaine passée à Nice ! Cet attentat a surtout renforcé notre besoin de prier pour nos victimes (et leur assaillant) et montré que notre foi et notre espérance sont plus fortes que tout. L’Eucharistie n’est pas une modalité de l’exercice de notre foi. Elle en constitue la source et le sommet.”
Le maire de Camaret au tribunal pour défendre les commerces non-alimentaires
Philippe de Beauregard, maire de Camaret, est convoqué devant le tribunal administratif de Nîmes pour avoir maintenu l’arrêté municipal portant autorisation d’ouverture des commerces non-alimentaires. Voici son communiqué :
« Je maintiens mon arrêté portant autorisation d’ouverture des commerces non-alimentaires malgré la mise en demeure du Préfet de Vaucluse me demandant de retirer ce dernier.
Par l’intermédiaire de son avocat, la Ville de Camaret défendra ses intérêts, la liberté et la survie du commerce local, devant le Tribunal administratif de Nîmes le mardi 10 novembre prochain. Nous soulignerons à cette occasion, l’incohérence de certaines injonctions de l’État.
Primo, qu’il est évident que le risque de contamination est bien moindre dans les petits commerces accueillant un nombre de personnes limité que dans les grandes enseignes et hypermarchés où le brassage est bien plus important.
Secundo, que l’accès à des commerces de proximité contribue à limiter les déplacements tel que l’impose le confinement actuel.
Enfin, nous rappelons que ce n’est pas en fermant certains rayons de supermarchés que l’on va assurer la survie de nos petits commerces. Si un homme meurt de faim, ce n’est pas en demandant à son voisin de manger moins que l’on va résoudre la situation de l’affamé.
Au-delà du débat juridique, tout le monde comprend aujourd’hui que si l’État nous impose des mesures d’une telle gravité, c’est parce que l’hôpital public et notre système de santé ont été progressivement démantelés ces dernières années. »

Entretien des Eveilleurs avec Thérèse Hargot
Entretien vidéo avec Thérèse Hargot, sexologue et thérapeute de couple, qui vient de publier » Qu’est-ce qui pourrait sauver l’amour ? « chez Albin Michel, sur un sujet très éloigné de l’actualité tragique de notre pays ces derniers jours mais tout aussi préoccupant.
Après une mise en garde des ravages de la pornographie sur les enfants et les couples, elle dénonce les graves dérives du féminisme radical et prône un respect du corps de la femme fondé sur une véritable écologie humaine. Contraception, avortement, procréation médicalement assistée, féminisme…
Liberté de culte : le Conseil d’État pourrait rendre sa décision vendredi ou samedi
Interrogé dans Famille chrétienne, Me Jérôme Triomphe, avocat de plusieurs requérants, notamment de la fraternité sacerdotale Saint-Pierre et de l’AGRIF, estime concernant le résultat de la requête :
« Le délai peut être un peu plus long, je pense que le Conseil d’État rendra sa décision vendredi ou samedi ».
« C’est très encourageant que les évêques prennent en main leur rôle de pasteurs et réclament le respect de la liberté fondamentale du culte pour l’ensemble de leurs brebis ».
« Nous aurions pu espérer que les leçons du premier confinement avaient été tirées ». « D’autant que cette fois, la majeure partie des activités restent déconfinées, y compris les écoles dont on nous avait expliqué qu’elles étaient des foyers privilégiés de contamination, mais aussi les transports et beaucoup d’entreprises. Pour les écoles et les transports, le décret demande le respect des mesures sanitaires « dans la mesure du possible », sachant très bien qu’elles sont quasi impossibles à appliquer. Alors qu’elles sont déjà mises en place dans les églises, le gouvernement interdit radicalement le culte sans chercher le moindre aménagement. Il s’agit d’une illégalité manifeste et d’un mépris inouï envers les libertés fondamentales et les croyants en particulier ».
Au coeur de l’épreuve, aimons et prions
Nos coeurs sont endeuillés après ces différents attentats qui frappent notre pays. Dans un contexte déjà si compliqué de pandémie et de confinement, dans lequel il est parfois difficile de garder espérance et foi, voilà que la haine vient encore frapper. Alphonse de Lamartine, dans son poème Aux Chrétiens dans les temps d’épreuves, nous rappelle que même – et surtout ! – au coeur de la tempête, le Christ ne nous a donné qu’un mot d’ordre :
“Chrétiens, souvenons-nous que le chrétien suprême
N’a légué qu’un seul mot pour prix d’un long blasphème
A cette arche vivante où dorment ses leçons ;
Et que l’homme, outrageant ce que notre âme adore,
Dans notre coeur brisé ne doit trouver encore
Que ce seul mot : Aimons !”
L’Amour est notre seul salut, notre cap. Et pour garder ce cap, même face aux vents contraires, nous avons un outil précieux : la prière ! En ces temps difficiles, nous pouvons :
- prier le Seigneur pour les victimes des attentats, leurs auteurs et tous les hommes en récitant un chapelet à la miséricorde divine,
- prier l’Esprit-Saint afin qu’il souffle sa paix sur notre temps – Veni Sancte Spiritus ! -,
- demander à saint Michel archange, à travers une neuvaine de protéger la France,
- réconforter le Sacré Coeur de Jésus qui souffre tant avec une prière de réparation au Sacré Coeur
- nous laisser guider sur le chemin de la confiance et de l’espérance par Notre Dame !
A noter : Avec le confinement, pour continuer à prier ensemble et collectivement, rejoignez une communauté de prière en ligne sur Hozana.org, ou déposez-y vos intentions de prière pour les partager avec les autres priants.
Photo : Dimitri Conejo Sanz
