Des supporters roumains de football arborent une banderole « Défendons les chrétiens nigérians »
Les supporters de l’équipe nationale roumaine de football ont déployé une immense banderole sur laquelle on pouvait lire « DÉFENDEZ LES CHRÉTIENS NIGÉRIANS » lors d’un match de qualification pour la Coupe du monde à Bucarest.
‘Defend Nigerian Christians’
Fans of the Romanian national football team unfurled a banner before their Worlld Cup Qualifier pic.twitter.com/asTnmvuV1l
— Catholic Arena (@CatholicArena) October 15, 2025
Cette démonstration publique de solidarité intervient dans un contexte d’attaques brutales et souvent meurtrières perpétrées par des groupes terroristes islamistes contre les communautés chrétiennes de ce pays africain.
La persécution des chrétiens au Nigeria a commencé à s’intensifier après 1999, lorsque 12 États du nord ont adopté la charia. L’essor du groupe terroriste Boko Haram en 2009 a également marqué une escalade dramatique. Le groupe a notamment enlevé des centaines d’écolières en 2014 ; 87 d’entre elles sont toujours portées disparues. Les récentes attaques dans le pays ont entraîné l’enlèvement, voire le meurtre, de prêtres et de séminaristes catholiques. Dans un communiqué de presse publié en juillet , le diocèse d’Auchi, dans l’État d’Edo, a signalé que plusieurs hommes armés avaient attaqué le petit séminaire de l’Immaculée Conception, tuant un agent de sécurité et enlevant trois séminaristes.
La semaine dernière, le sénateur Ted Cruz (R-Texas) a déclaré que :
« Depuis 2009, plus de 50 000 chrétiens ont été massacrés au Nigeria, et plus de 18 000 églises et 2 000 écoles chrétiennes ont été détruites ». « C’est le résultat de décisions prises par des personnes spécifiques, dans des lieux précis et à des moments précis – et cela en dit long sur ceux qui s’en prennent à nous maintenant que ces problèmes sont mis en lumière. »
La situation au Nigéria s’est tellement détériorée que le rapport 2025 de la Liste rouge du Global Christian Relief (GCR) a classé le Nigéria parmi les pays les plus dangereux au monde pour les chrétiens. La Société internationale pour les libertés civiles et l’État de droit a rapporté au printemps 2023 que plus de 50 000 personnes ont été tuées dans le pays en raison de leur foi chrétienne depuis 2009.
Dans son rapport de 2025 , l’USCIRF a exhorté le gouvernement américain à désigner le Nigéria comme « pays particulièrement préoccupant ». Il a également constaté avec regret que « le gouvernement nigérian tarde à réagir à ces violences, voire semble parfois réticent à le faire, créant ainsi un climat d’impunité pour les agresseurs ».
Il faut prendre conscience d’une France à majorité africaine et musulmane, bien avant la fin de ce siècle
[…] Depuis les années 1980, s’était dessiné un paysage inédit : des émeutes ethniques, jamais vues, fusaient ponctuellement en zones urbaines, sur fond de délinquance, d’islamisation et de séparation. La vague d’octobre, en étendant l’incendie à plusieurs villes simultanément, a sonné un réveil en fanfare. Deux tiers de nos compatriotes en ont déduit qu’il fallait « arrêter l’immigration ». Ceux qui détenaient le pouvoir ne les ont pas écoutés. Résultat : rien n’a été fait. Ce qui nous amène directement aux angoisses d’aujourd’hui, que résume la prophétie de « guerre civile ». Je doute que celle-ci se réalise à court terme. En revanche, je tiens pour certaines les affirmations suivantes :
– Si nous restons bras croisés, nous irons vers le pire.
– Ce pire sera la régression de notre pays en tous domaines, à commencer par la sécurité de ses habitants et, plus généralement, leur bonheur de vivre.
– L’épicentre en sera la débâcle de la confiance sociale, clé de voûte des peuples heureux, dont la perte disloque non seulement les sociétés « multi » mais aussi les fondements de l’État-providence.
– Je ne vois pas d’autre ferment à ces ébranlements que l’irruption d’une immigration de masse, aux caractéristiques antagoniques des nôtres.
[…] Nos immigrés sont entrés avec de lourds bagages culturels, religieux, historiques, qu’ils n’ont pas abandonnés à la frontière. Ces bagages étaient même si pesants qu’une partie de leurs arrière-petits-enfants continuent à les porter.
Énumérons-les, une fois encore, puisque tout en découle : origine du tiers-monde, mœurs communautaires, majorité musulmane, culture de l’honneur, passé colonisé, démographie dynamique, endogamie élevée, faible niveau culturel, productivité et employabilité inférieures, coagulation en isolats géographiques et, surtout, donc, aggravation de ces dispositions au fil des générations dans un contexte global de vengeance du Sud sur le Nord. De ce point de vue, la distinction entre guerre « civile » et « étrangère » ressort brouillée.
Nous sommes, au minimum, dans un cas hybride, qui efface, dès le départ, la dimension fratricide des luttes entre Armagnacs et Bourguignons, catholiques et protestants, et où la géopolitique intervient au moins autant que la politique. C’est pourquoi je préfère parler de confrontation interne, vulnérable à des ingérences extérieures. Dans ce tableau, il faut toutefois réserver un sort particulier à l’outre-mer, héritier lui aussi de l’ère coloniale, et doté d’une géographie lointaine et insulaire : on peut y voir des « laboratoires », où des débuts d’insurrection ont déjà opposé des citoyens français, selon leur origine ethnique.
[…] Le raz-de-marée migratoire, s’il persiste, va produire un enchaînement de dégradations, à la fois sous-jacentes dans la durée et explosives dans l’instant. L’immigration actuelle est un fait social total dont les ondes de choc se font sentir partout. Pour les schématiser, elles raniment, d’abord, les clivages non négociables, c’est-à-dire non solubles en procédures, que nous pensions derrière nous : discorde religieuse, inimitié coloniale, fléau racial, gouffre culturel, allégeances nationales incompatibles, auxquels s’ajoute, pour faire bonne mesure, inadéquation économique. […]
À mon avis, il faut commencer par prendre conscience du point d’arrivée, lui, irrécusable : une France à majorité africaine et musulmane, bien avant la fin de ce siècle. Bouleversement que je défie quiconque d’espérer paisible et débonnaire. La logique conduit, donc, d’abord à identifier les acteurs de cette tragédie. Si l’on en croit la grille de lecture en vigueur, ils sont en nombre illimité, puisque tout n’est que cas particuliers. Ce n’est pas mon approche. Mon expérience professionnelle m’incite à commettre le péché d’amalgame. Les groupes restent des agents historiques déterminants, et le redeviennent encore plus quand refont surface les casus belli d’antan. Pour moi, ces groupes sont au nombre de quatre.
Le plus proactif est constitué de « ceux venus d’ailleurs ». Le critère pertinent, pour l’analyser, est celui de l’acculturation. Faute de statistiques, je m’en tiendrais à l’intuition. Sur un effectif qui atteint désormais 25 à 30% des résidents (sur trois générations), les « assimilés » ne sont plus, à mon sens, que 5 à 10%, les « intégrés » comptent pour 30 à 40% et le reste flotte de la non-adhésion à la haine sur fond d’assistanat.
La jeunesse masculine en représente le fer de lance. C’est à travers cette dernière strate que sont ravivés, dans l’espace public, les us et coutumes des pays de départ, avec lesquels nous n’avons jamais demandé à cohabiter. J’attire l’attention sur le fait que l’intégration, « espoir suprême et suprême pensée », n’est qu’un CDD (le respect de la loi contre l’emploi, chacun gardant son quant-à-soi) : en période de basculement, les intégrés pèseront naturellement dans ce sens.
Restent « ceux d’ici », les « déjà-là », rejoints par la frange des assimilés. Là aussi, en usant d’une sociologie de la hache, j’y distinguerai trois sous-groupes. « Ceux d’en haut » forment un noyau dur minoritaire, à l’abri des métropoles, à partir desquelles ils font rayonner l’idéologie du « laissez passer, laissez tomber », apothéose prétendue de la « civilisation ». Métropoles où se nouent, d’autre part, des relations pragmatiques de connivence, au moins matérielles, avec « ceux d’ailleurs », rassemblés alentour.
« Ceux d’en bas » (65 à 70% du grand total) n’ont pas la même vision : soumis en permanence à des chocs avec des « civilisations » (minuscules, plurielles) aux pratiques antithétiques des leurs, ils n’acceptent plus cette situation et cherchent à le faire savoir poliment, sans y parvenir. Néanmoins, le haut et le bas se retrouvent pour rejeter l’autodéfense et se blottir derrière un quatrième agent : les forces de l’ordre, seule formation armée autorisée sur le territoire français.
[…] L’accélérateur décisif est, bien sûr, la démographie, indicateur le plus fiable des temps futurs. On ne le répétera jamais assez : nous nous acheminons vers une inversion de majorité, ethnique et religieuse, dans notre pays. Ce n’est plus l’épaisseur du trait. De surcroît, ce chassé-croisé, hors de contrôle, tend à l’exponentialité : il se nourrit des droits opposables, dont se prévalent les immigrés, mais aussi de l’auto-engendrement des diasporas, qui génèrent un fort excédent naturel, disparu chez « ceux d’ici ».
En outre, l’immigration est une grandeur non scalable, dont la qualité mute avec la quantité. D’où la notion de masse critique, au-delà de laquelle ce qui était possible en deçà ne l’est plus. Les quartiers où tous ces seuils sont dépassés sont la vitrine de ce qui nous attend. On y retrouve les réminiscences des pays de départ, dont aucun n’est démocratique, développé et égalitaire : incivisme, xénophobie, intolérance, banditisme, omerta, consanguinité, corruption, clientélisme, etc. Ce chamboulement, annoncé par l’arithmétique, ne peut se dérouler sans convulsions. […]
Espagne : un prêtre, poursuivi pour islamophobie, a été acquitté
Le P. Custodio Ballester, prêtre catholique de 61 ans originaire de Barcelone, risquait trois ans de prison et une interdiction d’enseigner pendant huit ans pour des propos critiques à l’encontre de l’islam tenus en 2016 et 2017. Il vient d’être acquitté.
Le prêtre avait déjà fait l’objet de plaintes pour des homélies anti-avortement, toutes classées sans suite.
C’est une publication de décembre 2016 qui a mis le feu aux poudres : un article intitulé « Le Dialogue impossible avec l’islam », paru dans la revue catholique Germinans Germinabit. Ce texte répondait à une lettre pastorale de l’archevêque de Barcelone, le cardinal Juan José Omella : « Le Dialogue nécessaire avec l’islam », où l’auteur appelait les catholiques à favoriser la compréhension mutuelle face à l’augmentation des migrations : un écho religieux du pape François.
Dans son essai, le P. Ballester argue que le véritable dialogue interreligieux est impossible avec la doctrine islamique. Il cite des exemples historiques et contemporains de persécutions contre les non-musulmans dans les pays à majorité islamique, comme le Pakistan, le Nigeria et la Syrie.
« L’islam n’admet pas le dialogue. Ou l’on croit, ou l’on est un infidèle qui doit être soumis d’une manière ou d’une autre », écrit-il, en se référant aux versets du Coran légitimant la violence contre les non-croyants. Et de demander au cardinal Omella : « De quel dialogue parle-t-on quand il existe des pays où ceux qui ne professent pas l’islam sont assassinés ? »
En 2017, le P. Ballester réitère ses propos lors d’un entretien en ligne sur l’émission La Ratonera. Accompagné du P. Jesus Calvo, un prêtre âgé de 80 ans, la discussion évoque les menaces que le djihadisme fait peser sur l’Europe. Ces échanges, ainsi que l’article initial, sont incorporés au dossier par les procureurs de Malaga, où est domiciliée la plateforme d’hébergement du débat en ligne.
Une plainte est déposée en mars 2017 par l’association Musulmans contre l’islamophobie de Barcelone, liée aux milieux de gauche. Subventionnée par le gouvernement régional de Catalogne, l’organisation accuse Ballester de promouvoir la discrimination et l’incitation à la haine contre l’islam. Le parquet de Malaga requiert trois ans de prison ferme et huit ans d’interdiction d’enseignement.
Le procès s’est tenu le 1er octobre 2025. Après une quinzaine de jours, la décision est tombée : la Cour a estimé que les éléments objectifs du délit n’étaient pas réunis, « aussi méprisable et pervers que soit le message », ont ajouté les magistrats.
Le P. Ballester dénonce un « climat de terreur » destiné à faire taire les dissidents. « Ils veulent faire un exemple pour que les autres s’auto-censurent ».
« Mes déclarations n’ont jamais été discriminatoires ou haineuses et avaient pour but d’alerter les fidèles sur les menaces qui pèsent contre le christianisme, sans viser les individus. »
La Conférence des évêques d’Espagne n’a publié aucune déclaration, et l’archidiocèse de Barcelone opte pour un « silence discret ».
La messe : un trésor remarquablement expliqué en série vidéo
Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :
Le site Claves – « les clefs » en latin – vient de lancer une série de vidéos ouvrant les portes sur la messe catholique. Produite par les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre pour mieux en expliquer les mystères, la qualité du texte et des images impressionne. Véritable fresque historique, esthétique, culturelle et spirituelle de la messe, la pédagogie en est le chef d’orchestre pour un résultat bluffant !
Qui n’a jamais rêvé d’explorer le monde avec Jules Verne ou Sylvain Tesson ? D’apprendre le football avec Platini ou Zidane ? La musique avec Karajan ou Morricone ? Le charme des tutoriels en ligne réside dans la possibilité de convoquer chez soi les meilleurs pour découvrir, à leur suite, les sentiers que l’on n’a soi-même pas encore battus. Tel grand chef nous apprend à faire des cocktails, tel as de la boite à outils nous initie au bricolage, tel chanteur célèbre nous familiarise avec les accords d’une guitare. Ainsi, le parcours La messe, trésor de la foi dévoile les richesses de la liturgie de la messe tridentine. En compagnie des meilleurs auteurs spirituels, des commentaires de papes, des témoignages de saints, d’écrits de pères de l’Eglise, de références au patrimoine architectural, ornemental ou musical de la tradition ecclésiale, de liens avec la liturgie juive de l’Ancien Testament, cette série singulière ouvre l’accès à une connaissance inouïe de la messe. Dans la droite ligne du concile Vatican II, les vidéos réalisées avec soin par les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre sont ainsi mues par une unique ambition : rendre plus accessible le message de l’Eglise.
La profondeur et la beauté confondantes des rites séculaires de la messe
D’une petite dizaine de minutes – un nouvel épisode (sur un total de 25) est mis en ligne chaque mercredi depuis la mi-septembre – les vidéos de la série La messe, trésor de la foi proposées par Claves viennent heureusement combler un vide. Dans une mise en scène léchée, il est donné aux spectateurs de suivre, pas à pas, le prêtre dans la célébration des saints mystères. Mieux, tenu par la main, le public se trouve accompagné comme jamais par une foule d’explications et d’éclaircissements sur ce qui peut paraître, de prime abord, innocent ou suranné, mais qui possède en réalité une charge symbolique formidable.
Alors que depuis près d’un siècle le phénomène de la « paganisation des masses » semble irrésistible en Occident, la révolution numérique des années 2010 conjointe à la démocratisation des moyens digitaux permet désormais de réaliser films, supports et autres shorts ou réels sur les réseaux avec une virtuosité qui, autrefois, n’était réservée qu’à des professionnels du cinéma. Forts de ce constat, les amoureux de la messe latine et grégorienne auraient tort de passer à côté de ces progrès techniques quand il s’agit de diffuser la profondeur et la beauté confondantes des rites séculaires de la messe.
Entrer dans la messe comme on ne l’avait jamais vue : par le Ciel !
Qu’est-ce donc que la messe ? Le catéchisme de l’Eglise catholique la définit à la fois comme la source et le sommet de la vie chrétienne. Dit autrement, un catholique, c’est d’abord quelqu’un qui va à la messe, parce qu’il en comprend le sens et qu’il souhaite en vivre. Du reste, l’expression “catholique non pratiquant” relève du même non-sens que l’évocation d’un “parachutiste non pratiquant”. Ce qui fait le parachutiste, c’est justement qu’il saute en parachute, qu’il en comprend la technique et qu’il savoure ses chutes libres ! Ne point pratiquer ce dont on se prévaut pourtant, quelle incohérence et quelle impasse !
Des générations de petits chrétiens ont en effet appris au catéchisme du mercredi que, depuis le fait historique du Golgotha et jusqu’à la fin des temps, la sainte messe renouvelle le sacrifice du Christ mort sur la croix. Ce sacrifice, il l’avait d’ailleurs lui-même préfiguré lors du fameux dernier repas, la sainte cène du Jeudi Saint. Ce point est notablement oublié aujourd’hui. Or comprendre la messe n’appartient pas au domaine du superficiel. Posséder une plus grande intelligence de ce qu’accomplit le prêtre sur l’autel, dans les églises du monde entier, est un véritable enjeu pour la qualité du maintien et de la transmission de la foi. Un vieil adage médiéval affirmait « Lex orandi, lex credendi » : la loi de la prière fixe la loi de la foi. Ce qui se passe de surnaturel dans le mystère de la messe se trouve comme signifié par les rites extérieurs qui se déploient sous les yeux des fidèles. Cet ensemble de signes, de prières, de gestes et de paroles, comme un écrin entourant un joyau, vient en rehausser l’éclat. Oui, la manière dont on prie oriente la façon dont on croit. Aussi, mieux comprendre les cérémonies de la messe conduit à se laisser non seulement porter par elles, mais mieux encore à s’élever et s’extraire des oripeaux du monde. De ce fait, la série vidéo réalisée par Claves offre l’immense mérite d’entrer dans la messe comme on ne l’avait jamais vue : par le Ciel. Car ce qui impressionne, c’est la profusion de détails, dans la veine du livre de l’abbé Claude Barthe La messe une forêt de symboles (Via Romana), qui est explicitée. Une exposition éblouissante qui donne à saisir l’insondable enracinement des rites dont la tradition de l’Eglise peut seule se prévaloir.
La vitalité de la Tradition, une réponse par le haut à l’islam
Dans son livre publié tout récemment, Adieu Souleyman (Nour Al Aalam), Bruno Guillot, ancien imam repenti de l’islam, raconte son enfance en Belgique et combien les églises lui semblaient froides, les liturgies résolument plates, les homélies particulièrement insignifiantes et le message démesurément horizontal. Ce parcours vidéo de Claves, tout à l’inverse, parce qu’il plonge le spectateur dans le développement organique de la liturgie, montre la vitalité de l’enseignement constant de l’Eglise.
Au XIXe siècle, le curé d’Ars, humble prêtre du pays lyonnais dont le rayonnement fut prodigieux, avait prédit : « Enlevez un prêtre d’une paroisse et revenez vingt ans plus tard, ils adoreront les bêtes ! ». Nous y sommes. A l’heure où l’image des ministres du Christ ne cesse d’être dégradée par les scandales liés à certains d’entre eux, mais aussi par un appareil médiatique trop heureux de trouver un bouc émissaire pour mieux s’exonérer de faire son propre examen de conscience, cette série pédagogique redore le blason du sacerdoce catholique et du culte que la messe rend à Dieu. Et qui sait si ces épisodes vidéo éveilleront chez de jeunes garçons un appétit jusqu’ici inconnu : celui de se mettre au service de l’Eglise en célébrant une liturgie verticale et soignée. Et en partageant autour d’eux le véritable trésor de la foi qu’est la messe catholique.
«Cet événement odieux apparaît bel et bien comme un signe funeste : celui du lent démembrement mémoriel de la France»
Louis de Bourbon, duc d’Anjou, réagit au vol des bijoux au Louvre :
«Le vol commis hier au Louvre n’est ni une crise politique, ni une crise économique ou sociale. C’est une crise morale». «Ce vol spectaculaire par sa méthode comme par son objet a une dimension symbolique importante. Notre patrimoine commun, ce fruit de l’alliance entre le goût de l’élite d’une époque et du savoir-faire admirable du peuple français disparaît ici, peut-être à jamais».
Certaines pierres dataient de l’époque de Mazarin ou ont été portées par la reine Marie-Antoinette avant son exécution brutale sous la Révolution.
«Par le passé, il m’est arrivé bien des fois de prendre la parole afin d’alerter les autorités publiques et le peuple français sur la menace que constitue le fait de négliger notre histoire et de ne pas entretenir notre mémoire commune dans ce qu’elles ont de plus incarné : notre patrimoine». «La culture française, l’enseignement et la recherche sont bradés. Logiques comptables ? Raisonnement post-national ? Émancipation à tout crin ? En tout cas, la dette française est là pour nous prouver, si besoin en était, que les économies faites sur notre patrimoine n’ont pas pour autant aidé la France à se sortir du marasme financier dans lequel nous nous trouvons».
«La classe politique porte une responsabilité énorme dans la dilapidation de nos trésors français». «Elle devra rendre des comptes à notre génération et aux futures à qui elle transmettra des ruines et des cendres». «Cet événement odieux apparaît bel et bien comme un signe funeste : celui du lent démembrement mémoriel de la France».
«Plus que jamais le patrimoine doit être l’objet de nos soins, de nos attentions. Nous devons le protéger et le rendre vivant afin qu’il incarne de manière manifeste notre Histoire, et qu’il continue d’être source de saines inspirations. Rien de solide ne pourra être bâti sans ce socle historique si nécessaire aux pays et à leurs peuples».
Le bilan des premiers mois de Léon XIV
Cinq mois après élection de Léon XIV, les invités de Philippe Maxence dressent un premier bilan de l’action du nouveau souverain pontife, qui reste encore énigmatique aux yeux de beaucoup de catholiques. Sa première exhortation apostolique, Dilexi te, consacrée à la pauvreté, permet-elle de lever un coin du voile ?
L’abbé Grégoire Celier, l’abbé Marc Guelfucci, Jean-Pierre Maugendre et Richard de Seze apportent plusieurs éléments pour saisir l’action du pape Léon XIV et comprendre l’importance de sa première exhortation apostolique, Dilexi te. Tout cela, sans langue de bois ni langue de buis.
En fin d’émission, Philippe Maxence présente aussi la réédition enrichie d’annexes du Grand catéchisme de saint Pie X, dans un format de poche, extrêmement pratique. Un condensé, toujours indispensable, des grandes données de la foi catholique, pour le prix dérisoire de 10 €.
3000€ la vente d’embryon
De SOS Mamans, ce message terrible :
Malheureusement encore une fois : âmes sensibles s’abstenir ! Nous avons 30 ans d’expérience dans le sauvetage des bébés, mais là nous restons atterrés.
Voici R., une jeune fille que nous suivions déjà, puisque nous avions sauvé tout récemment son bébé en gestation.
Nous l’approchons pour avoir des nouvelles, mais cette fois-ci elle est comme distante, non intéressée. En insistant, elle nous avoue qu’elle a “trop de dettes”, en fait 1500 Euro.
Et un peu plus tard : “Je ne peux pas continuer ma grossesse”. Et encore : “Je vais vendre mon embryon pour 3000 €, cela me soulagera énormément, mais j’ai un problème.”
Nous connaissions déjà un peu ces situations, mais là c’est glaçant : elle nous esquisse au crayon un petit tableau avec 2 colonnes verticales “H” et “F”, puis 4 ou 5 colonnes horizontales avec “2 mois”, “3 m”, “4m” etc. Dans le carré “H” “3 m”, elle écrit “3000 €”, et dans le suivant (4 m) : “4000 €”. Un tableau de vente des embryons ! Elle poursuit : “J’aimerais bien attendre un peu pour avoir les 4000 € au 4e mois, mais là je n’en peux plus, on me presse de rembourser. Je dois trouver de l’argent tout de suite, tant pis pour les 4000 €…”
L’horreur absolue ! Nous avons beau lui dire qu’une telle vente ne serait pas seulement illégale en France, mais mène à l’enfer éternel pour elle-même. Rien à faire. Elle ne croit pas en Dieu. Elle n’a que sa dette en tête. Nous négocions le sauvetage du bébé en lui proposant 1000€ tout de suite, puis 1000 en novembre et 1000 en décembre. En plus un papier par lequel elle s’engage à garder son bébé. Elle accepte. Deo gratias. Dieu fera le reste en lui suscitant un coeur de maman, comme les bébés savent le faire admirablement.
Permettez-nous une réflexion après cette expérience horrible.
Où allons-nous? Nous avons découvert un marché obscur et abject qui devient de plus en plus attirant pour les jeunes femmes enceintes en se répandant localement comme un feu de forêt. Imaginez-vous, le tableau contient aussi les “prix” pour “coeur”, “cordon ombilical”, “entier vivant”… Qui organise cela ? Qui prélève ces embryons ? Où ? Qui est l’utilisateur final ? Pour quoi faire ? C’est le marché pervers du diable. Le plus cynique et hypocrite dans cela, c’est l’État, qui n’hésite pas à institualiser, solenniser, constitutionnaliser et même rembourser la main scélérate qui s’introduit dans l’utérus pour découper en morceaux la VIE innocente à peine conçue. Qu’il ne s’érige pas maintenant en baudruche moralisatrice pour condamner certaines pratiques qui découlent tout droit de son mépris affiché des embryons ! Jésus a déjà jugé les responsables : “Ils sont des tombeaux vides, peints en blanc.” Et Pie X : “Le cri des innocents monte jusqu’au ciel !”
Combien de fois nous l’avons dit : vu d’en haut, cela doit être horrible de contempler notre terre couverte d’une couche de sang des bébés, sur tous les continents.
Soyons du côté de la VIE, du côté de notre Bon Dieu Créateur ! Oui, nos donateurs sont du bon côté. Par leur prières et leurs oboles, ils aident à sauver des vies naissantes, en se distançant ainsi clairement des “insensés” dont parlait Jésus.
Condamné pour n’avoir pas détecté le trisomie d’un bébé
Le couple a affirmé à la justice avoir perdu des gains professionnels pour s’occuper de leur enfant handicapé. La Cour de cassation leur a donné raison.
Le médecin échographiste qui n’avait pas diagnostiqué la trisomie 21 d’un enfant durant la grossesse a dû indemniser ses parents à hauteur de 3000 euros, notamment car ils ont dû réduire leur activité professionnelle pour s’en occuper, a confirmé la Cour de cassation.
La Cour avait été saisie par le médecin, qui contestait le montant des sommes accordées aux parents pour leur préjudice.
L’enfant a été diagnostiqué comme atteint de trisomie 21 à la naissance. Les parents auraient sans doute préféré l’exterminer, conformément à l’eugénisme ambiant.
La mère a dû prendre un congé parental de la naissance jusqu’aux quatre ans de l’enfant. Puis elle a repris un emploi à temps partiel moins qualifié, ce qui a occasionné une perte de revenus. Le père a lui aussi subi une perte de revenus pour s’occuper de son enfant. La Cour de cassation a estimé le 15 octobre que
«le préjudice des parents ouvrant droit à réparation (…) peut inclure des pertes de gains professionnels et une incidence professionnelle lorsqu’ils se trouvent contraints, pour prendre en charge leur enfant handicapé, de cesser ou modifier leur activité professionnelle».
Clause de conscience en péril : le Collège des gynécologues cède-t-il à la pression militante ?
Depuis le 18 juillet 2025, le CNGOF propose la suppression de la clause de conscience spécifique au refus de partiquer l’ivg, assortie d’un renforcement de l’obligation d’adressage dans les plus brefs délais vers un soignant pratiquant l’IVG.
Cette clause protégeant l’intégrité morale de nos médecins, serait, selon ses détracteurs, “juridiquement superflue”, puisqu’il existe déjà une clause de conscience générale.
Cette demande ne serait pas plutôt née d’un acharnement militant que d’une réflexion apaisée ?
Le constat est que depuis la légalisation de l’avortement, on s’acharne à déshumaniser l’enfant à naître.
Cet être innocent et sans défense est devenu méprisable, détruisable en toute bonne conscience s’il n’est pas désiré comme on attend son cadeau de noël…
Mais pour certains, cela n’est pas assez…
Le CNGOF affirme que cette clause spéciale protégeant le droit de liberté de conscience des médecins, « stigmatise » l’accès à l’IVG.
Mais si tel est le cas, ne serait-il pas tout aussi aisé d’affirmer que le simple droit de ne pas pratiquer l’acte devient, lui aussi, « stigmatisant » et, en toute logique, de supprimer purement et simplement ce droit ?
Selon le “baromètre IVG” du Planning familial, la clause de conscience spécifique serait un frein culpabilisant ” à ne pas sous-estimer “.
Cette culpabilisation ne stoppe pas l’augmentation des ivg, mais ce qui les exaspère vraiment, c’est qu’un médecin puisse, en conscience, refuser de considérer l’IVG comme un soin.
C’est bien là le cœur du problème : ce que redoutent (et détestent) les militants qui œuvrent pour de telle propositions liberticides, n’est pas tant l’existence de la clause en elle-même, que la possibilité même de refuser l’acte.
La suppression de la clause spécifique apparaît donc comme une première étape pour contester, demain, la clause de conscience générale sensée protéger encore la liberté de conscience des médecins.
On retrouve ici le même mécanisme que dans les lois sur l’aide à mourir : au départ, des garanties très strictes, un cadre présenté comme exceptionnel ; puis, à mesure que les barrières tombent, une banalisation progressive, comme l’ont montré les expériences belge ou québécoise.
Derrière les discours de « compassion » ou de « lutte contre la stigmatisation », il s’agit en réalité d’effacer peu à peu toute limite à des pratiques qui mettent fin à la vie.
D’abord, on a supprimé le délai de réflexion avant l’avortement : tant pis pour celles qui doutent, qui auraient eu besoin d’un temps pour choisir en paix.
Puis, on a allongé le délai pour se faire avorter — mais cela, semble-t-il, ne suffit pas encore.
Au lieu de s’attaquer aux causes réelles qui poussent tant de femmes à avorter — précarité, pressions de l’entourage, manque de soutien — le Collège des gynécologues préfère brandir de grands principes.
La prévention, pourtant essentielle, est reléguée au second plan, car elle est moins spectaculaire que les discours complaisants.
Or prétendre que chaque IVG est le fruit d’un choix libre et éclairé revient à ignorer la souffrance de celles qui n’y recourent que par dépit ou contrainte.
Favoriser toujours plus d’avortements, ce n’est pas « libérer » les femmes : c’est masquer l’absence de véritables alternatives.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
L’Université catholique doit sans cesse se faire prévaloir d’un droit à l’existence et à l’autonomie
L’Université catholique de l’Ouest (UCO) a décidé de se séparer du Fonds John Henry Newman, au motif qu’il comptait le Fonds du bien commun parmi ses mécènes. Dominique Vermersch, recteur émérite de l’UCO et président du Fonds John Henry Newman, regrette cette décision dans une tribune publiée dans Le Figaro :
Le 15 novembre prochain, les cinq instituts et universités catholiques (les Cathos) entreront dans le 150e anniversaire de leur fondation, engagée sitôt adoptée la loi du 12 juillet 1875 sur la liberté de l’enseignement supérieur. Cette restauration de la liberté académique, suite à son abolition lors de la Révolution, fut fortement écornée dès 1880 avec l’interdiction pour les Cathos de prendre le titre d’Université et d’attribuer des grades de leur propre chef… Une exception mondiale détenue par la France qui excelle parfois à légiférer pour empêcher les êtres et les choses de vivre et de s’appeler par leur nom. Qu’à cela ne tienne, c’est par l’inauguration de l’Université catholique d’Angers que le coup d’envoi des Cathos fut donné le 15 novembre 1875 par Mgr Freppel. Alsacien d’origine (depuis 4 ans, l’Alsace est alors allemande), l’évêque d’Angers consacrera toute son énergie et tous ses biens à ce qui est devenu aujourd’hui l’Université catholique de l’Ouest (UCO), avec ses 13.000 étudiants répartis sur dix campus, d’Angers à Nantes en passant par Brest et Tahiti.
150 ans d’Esprit libre est l’accroche choisie par l’UCO pour célébrer cet anniversaire… Accroche de circonstance puisque sous la pression d’une cabale médiatique malignement orchestrée, l’institution a décidé de se délester du Fonds de dotation qu’elle-même avait contribué à créer : le Fonds John Henry Newman ; et ce, au motif que celui-ci incluait le Fonds du bien commun (FdBC) comme l’un de ses mécènes. Certes, il faut un peu de bon sens et du courage pour dénoncer l’actuelle chasse à l’homme qui a pris pour cible l’initiateur du FdBC ; mais le dommage symbolique dans cette affaire est aussi à l’encontre de St John Henry Newman, docteur de la conscience morale, principal inspirateur de la tâche universitaire catholique… et proclamé le 1er novembre prochain Docteur de l’Église par le pape Léon XIV.
Avec raison, cette malheureuse cabale médiatique pourrait se résumer par la sentence énoncée en 1733 par l’écrivain irlandais Jonathan Swift, ô combien actualisable à l’ère des réseaux sociaux : « Le mensonge vole, et la vérité ne le suit qu’en boitant, de sorte que, lorsque les hommes sont détrompés, il est trop tard ; la farce est finie et la fable a fait son effet. » Mais parce qu’en effet il est question de vérité (mot tabou), notre raison alliée à la foi fournit un autre écho de cet épisode : celui d’un kairos, d’une mise à l’épreuve impromptue du corps universitaire à l’école de la vérité. Cette épreuve révèle et relève de la vocation fondamentale de toute Université : garantir sa liberté de recherche et d’enseignement. Et quelle est cette vocation, si ce n’est d’apparier liberté et vérité sur les chemins de la connaissance, de l’apprentissage des savoirs, avec et sous le regard avisé des jeunes consciences et intelligences étudiantes. « Vérité et liberté, en effet, vont de pair ou bien elles périssent misérablement ensemble » rappelait Jean-Paul II dans l’Encyclique Fides et ratio ; brandir l’une sans l’autre s’avère in fine mensonger, et le saint pontife en savait quelque chose ! Autrement dit, chercher et se laisser saisir par le vrai découle d’une préoccupation éthique – l’apprentissage de la liberté – qui s’en nourrit en retour. C’est cela même qui constitue la vie universitaire, une vie reçue du rapport que l’Université entretient avec la vérité : la liberté en est un fruit, pour l’institution elle-même, mais aussi et surtout pour les étudiants qui lui sont confiés. Car il s’agit en définitive de former des êtres libres et responsables.
De fait, l’histoire des Universités (catholiques ou non) est émaillée de rendez-vous manqués, de kairos qui n’ont pu être pleinement saisis ; et c’est probablement pour cette raison que le cardinal Lustiger me confiait, voilà plus de vingt-cinq ans déjà, que les Cathos en France étaient selon lui irréformables ! Pour autant, la Providence continue de veiller, ces kairos inaperçus s’avérant toujours riches d’enseignement. Tel l’exemple de John Henry Newman, nommé en 1854 recteur fondateur de l’Université catholique d’Irlande, établie sur l’initiative du cardinal Cullen, archevêque de Dublin. L’expérience fut de courte durée (4 ans), Cullen jugeant Newman trop indépendant… du pouvoir ecclésiastique ! C’est pourtant durant cette même période que l’anglican passé au catholicisme donna sa célèbre série de conférences collectées dans The idea of a university, ouvrage devenu pierre angulaire du magistère ecclésial concernant la question universitaire. Permettez-moi un dernier exemple encore plus savoureux avec les propos suivants : « Certes, La Sapienza était autrefois l’Université du pape, mais aujourd’hui c’est une Université laïque avec l’autonomie qui, en fonction du concept même de sa fondation, a toujours fait partie de la nature de l’Université, laquelle doit exclusivement être liée à l’autorité de la vérité. C’est dans sa liberté à l’égard de toute autorité politique et ecclésiastique que l’Université trouve sa fonction particulière, même pour la société moderne, qui a besoin d’une institution de ce genre ». De qui sont ces propos ? Des enseignants et étudiants protestant, au nom de la laïcité, à la venue de Benoit XVI prévue le 17 janvier 2008 à La Sapienza de Rome ? Non, ces propos sont en fait ceux du pape lui-même qui a préféré ne pas s’y rendre… tout en lui communiquant le texte de sa leçon magistrale de laïcité ! Bref, seule la tâche de se lier à l’autorité de la vérité elle-même peut véritablement libérer l’Université du brouhaha tant politique, médiatique qu’ecclésiastique ; telle est sa vocation ; tel est le courage qui lui est demandé.
De tout cela, il en résulte que l’Université catholique doit sans cesse se faire prévaloir d’un droit à l’existence et à l’autonomie. Le monopole d’État de collation des grades est à ce propos emblématique. Les Universités publiques en recevant délégation, celles-ci capturent la rente inhérente à toute situation de monopole, sous la forme de frais de conventionnement facturés aux universités catholiques ; ces frais représentent jusqu’à 20% de la subvention publique allouée à ces dernières. Et malgré cela, quand le nouveau Secrétaire général de l’enseignement catholique se prévalait récemment et à juste titre qu’un élève de l’Enseignement catholique coûte 50% moins cher au contribuable qu’un élève du public…, le rapport est plutôt d’un à dix par étudiant pour les Universités catholiques. CQFD.
Ceci posé, l’autonomie universitaire se joue encore ailleurs et, cette fois, de manière décisive. Des sciences empirico-formelles aux sciences humaines et sociales, la formation de docteurs, futurs enseignants, constitue le cœur du réacteur de l’Université, autrement dit la capacité de celle-ci à se perpétuer. C’est en effet en son sein qu’émergent de nouvelles forma mentis, que se structurent des courants de pensée inédits et que se façonnent les idéologies à venir, pour le meilleur comme pour le pire. Celles-ci imposent fréquemment leur marque de fabrique dans les orientations et méthodologies de recherche ; ce qui se retrouve de facto dans le recrutement des futurs enseignants chercheurs. Les thématiques de recherche et donc d’enseignement qui se permettent, ne serait-ce qu’un « petit pas de côté », s’avèrent dès lors doublement ostracisées.
Il n’est pas étonnant dès lors que la catholicité de l’Université soit entrée d’une certaine manière en résistance. Celle-ci se cristallise désormais dans des consciences enseignantes et étudiantes, dans des vies offertes qui donnent précisément chair et vie à ce rapport existentiel entre liberté et vérité. Espérons qu’elles puissent être soutenues – sans crainte d’être dénoncées – au sein d’humbles collégialités, inspirées par notre docteur de la conscience morale, St John Henry Newman. Tel est ce à quoi souhaite se rendre toujours disponible le Fonds de dotation John Henry Newman.
Oui, « Vérité et liberté, en effet, vont de pair ou bien elles périssent misérablement ensemble » ; en définitive, le chemin de l’Université catholique ne peut être autre que celui du fils prodigue (Lc 15, 11-32), de cette raison prodigue toujours tentée de quitter la demeure sapientielle pour une aventure périlleuse mais qui peut s’avérer salutaire. À charge alors pour l’institution universitaire catholique, non pas d’imposer la foi ou quoi que ce soit d’autre, mais d’en appeler, humblement et sans tapage, au courage de la vérité, dans cette quête insatiable qui réjouit le cœur humain.
Grand remplacement dans les associations de parents d’élèves ?
Mediapart s’inquiète car plusieurs associations de parents d’élèves (APE), locales ou nationales, connaissent les vertus du remplacement par des militants de droite, notamment dans le sud de la France.
Estelle Roudier figure dans le nouvel organigramme de la Peep (fédération des Parents d’élèves de l’enseignement public) du Gard. Fille du fondateur de la Ligue du Midi, Estelle Roudier a compté parmi les fidèles d’Éric Zemmour lors de la dernière élection présidentielle. Membre active du bureau de Reconquête dans le Gard, elle avait été personnellement remerciée par Éric Zemmour « pour son accueil », après un repas et un meeting organisés près de Nîmes. Estelle Roudier vient d’être nommée au Conseil national des associations éducatives complémentaires à l’Éducation nationale. Au nom de la Peep, elle peut donc siéger dans le seul organisme ministériel chargé de délivrer les agréments aux associations qui interviennent en milieu scolaire, et notamment pour les fameuses sessions d’éducation à la vie affective.
À Gignac, dans l’Hérault, Amélie Drevet est une militante FN (puis RN) de longue date. Adhérente à la FCPE depuis cinq ans, elle avait l’intention de se représenter au conseil d’école, mais l’association locale l’a exclue.
À Aniane, à 5 kilomètres, une ex-militante de Génération identitaire a tenté d’intégrer la FCPE en 2022.
Leur république ne protège plus rien
Communiqué de Yann BALY, Président de Chrétienté-Solidarité
Des enfants assassinés sous le couteau des nouveaux barbares aux joyaux dérobés du Louvre, l’État ne protège plus rien en France. Pire ! Par sa léthargie endémique et son inaction coupable, il est devenu un danger pour les honnêtes gens.
Écrin du prestige national et vitrine de la magnificence française, le Louvre est désormais le triste symbole d’une France ouverte aux quatre vents, où chacun peut entrer pour se servir en humiliant notre peuple.
Ce sont des joyaux de l’ancienne monarchie et des pièces remarquables du Second Empire qui ont été dérobées hier. Ils ont évidemment plus de valeur que le drapeau de Valmy et la clé de la Bastille, que le chapeau de Camille Chautemps ou le képi du général De Gaulle…
« Quand il n’y a plus de Patrie, on se contente du patrimoine », écrivait Jean de Viguerie dans son maître-livre Les Deux Patries.
Leur république, après avoir bien amoché la Patrie, est en train de détruire notre patrimoine.
Après tout, n’y a-t-il pas meilleur gardien des bijoux de la Couronne qu’une monarchie qui les protégerait d’autant mieux qu’ils sont des trésors familiaux ? N’y a-t-il pas mieux qu’un monarque, indépendant des coteries, placé au-dessus de la mêlée politicienne, pour assurer la continuité de l’État et la stabilité des institutions ?
Face à l’incurie politique qui menace la France et devant le vol du Louvre qui humilie la Nation française, il est peut-être temps de se poser, paisiblement mais sérieusement, la question de la nature du régime.
Après une trentaine de vols dans des églises, 3 hommes arrêtés
Les deux auteurs présumés d’une trentaine de vols et de dégradations dans des églises du nord de la France, ainsi qu’un receleur présumé, ont été interpellés mercredi dans l’Aisne.
Les auteurs présumés ont volé «des calices, ciboires, patènes, ostensoirs, châsses et autres objets de culte revêtant une forte valeur morale et religieuse». Ils ont dégradé des portes de sacristies et des tabernacles. Les deux auteurs présumés des vols, âgés de 28 et 34 ans, ainsi qu’un receleur présumé âgé de 73 ans, ont été placés sous contrôle judiciaire et doivent être jugés le 9 décembre.
«Les enquêteurs ont pu découvrir lors des interpellations de nombreux objets religieux, dont certains d’ores et déjà formellement identifiés comme provenant des vols», selon la préfecture.
Durant le «circuit d’écoulement des objets», certains «ont été brisés ou fondus», selon le parquet.
Le spectaculaire cambriolage au musée du Louvre n’est pas le fruit du hasard
Ce dimanche 19 octobre, au moment de son ouverture, le musée du Louvre a connu un vol par effraction dans la galerie d’Apollon qui abrite la collection royale de gemmes et les diamants de la Couronne. Deux vitrines de haute sécurité ont été prises pour cible et huit objets d’une valeur patrimoniale inestimable ont été dérobés dont :
- Diadème de la parure de la reine Marie-Amélie et de la Reine Hortense ;
- Collier de la parure de saphirs de la reine Marie-Amélie et de la Reine Hortense ;
- Boucle d’oreille, d’une paire de la parure de saphirs de la reine Marie-Amélie et de la Reine Hortense ;
- Collier en émeraudes de la parure de Marie-Louise ;
- Paire de boucles d’oreilles en émeraudes de la parure de Marie-Louise ;
- Broche dite broche reliquaire ;
- Diadème de l’Impératrice Eugénie ;
- Grand noeud de corsage de l’impératrice Eugénie (broche).
Les malfaiteurs ont pénétré dans le musée en utilisant une nacelle sur un camion, armés d’une disqueuse ils ont ouvert des vitrines puis ont abandonné dans leur fuite la couronne de l’impératrice Eugénie dont l’état est en cours d’examen.
Un rapport explosif adressé au ministre de la Culture en janvier dernier dévoilait l’état alarmant du Louvre. Dans cette note confidentielle, datée du 13 janvier, Laurence des Cars, la présidente du musée parisien, alerte sur une «multiplication d’avaries» et souligne la nécessité de grands travaux. En mars, on apprenait que la présidente du Louvre avait préféré dépenser l’argent du musée pour réaliser une cuisine à 500 000€ :

Emmanuel Macron s’était rendu au musée le 28 janvier pour y annoncer un vaste plan de modernisation. Mais la priorité c’était de pouvoir sa baigner dans la Seine, quoi qu’il en coûte…
Selon Didier Rykner, journaliste et fondateur du magazine La Tribune de l’art :
« l’alarme liée à la porte-fenêtre par laquelle les cambrioleurs sont rentrés était hors-service le mois dernier. Elle avait été coupée suite à des déclenchements intempestifs. »
Enfin, ce n’est pas une première :
- le 3 septembre 2025, le musée Adrien-Dubouché de Limoges se fait voler des pièces de porcelaine rares, estimées à 9,5 millions d’euros
- dans la nuit du 15 au 16 septembre 2025, des malfaiteurs dérobent 6 kg de pépites d’or (600 000 €) au Muséum d’Histoire Naturelle, à Paris.
- en novembre 2024, c’est le trésor national du musée du Hiéron qui avait été volé
Profanation à l’église de Saint-Hilaire-du-Harcouët (50)
Une statue du Sacré-Cœur de Jésus d’1m70 et de près de 40kg a été détruite en mille morceaux.
Vendredi 17 octobre, le père Lemieux, venu fermer l’église de Saint-Hilaire vers 19h, a constaté ces dégradations. Il s’agit de la seule statue détruite dans cette église qui en compte pourtant plusieurs.
Gascogne : pèlerinage Arrebastir vers Lourdes
Environ 500 pèlerins ont participé au pèlerinage traditionnel Arresbastir vers Lourdes, qui a commencé hier au bivouac avec une veillée et une adoration. Les pèlerins ont rejoint Loufrs où ils ont assisté à la messe dans la basilique supérieure, célébrée par l’abbé Cayla (FSSP), assisté d’un diacre de l’Institut du Bon Pasteur et d’un sous-diacre de l’Institut du Chris-Roi.


“La classe politique – l’ensemble des partis confondus – ne croit plus vraiment en la France”
Extrait de l’entretien donné par Philippe de Villiers dans le JDD à propos de son ouvrage Populicide :
Que s’est-il passé, selon vous, dans la tête de nos élites pour qu’elles laissent faire – ou qu’elles accompagnent – ce déclin que vous décrivez ?
Tout est dit dans L’Étrange Défaite de Marc Bloch. Je me souviens d’un jour où mon père m’a dit : « Si tu veux savoir quoi penser, garde à ton chevet L’Étrange Défaite de Marc Bloch. » Il m’avait lu cette phrase qu’il avait soulignée : « Le drame de nos chefs en juin 1940, c’est qu’ils ne croyaient plus en la France. » Cette phrase fait écho à un mot célèbre de Fustel de Coulanges qui, quelques jours avant de mourir, en 1889, s’adressa aux Français en leur disant : « Vous avez perdu le fil de vos affections. » Voilà, tout est dit. Depuis Maastricht, la classe politique – l’ensemble des partis confondus – ne croit plus vraiment en la France. Elle l’aime encore, peut-être, mais comme on aime un souvenir perdu : une tendresse affectée, le cœur résigné et l’esprit distrait. Nous avons perdu deux choses : les clés de la maison et les murs porteurs. Les clés de la maison, c’est la souveraineté. Ce ne sont plus les Français qui décident pour la France. La France est devenue un protectorat, c’est-à-dire un pays qui se laisse conduire par d’autres. Le pouvoir est ailleurs. Et quand le pouvoir n’a plus le pouvoir, les hommes politiques deviennent des ludions et des histrions. Ils font du nominalisme orwellien. Deuxièmement, on a démoli les murs porteurs, c’est-à-dire toutes les références communes sans lesquelles une société ne peut ni tenir debout, ni transmettre, ni donner à ses enfants le goût de vivre, de survivre et d’espérer.
La loi sur l’euthanasie repoussée en 2026
Dans les prochaines semaines, les sénateurs devront travailler sur un programme bien chargé. Mais parmi les nombreux textes inscrits à l’ordre du jour de la Chambre haute d’ici au 6 novembre, aucune trace des deux propositions de loi sur la fin de vie – l’une visant à « garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs » ; l’autre, bien moins consensuel, à ouvrir un « droit à l’aide à mourir ».
Toutes deux ont été adoptées fin mai en première lecture à l’Assemblée nationale. Initialement, elles devaient donc être examinées au Sénat à partir de début octobre.
Mardi 14 octobre, la conférence des présidents du Sénat a finalement renoncé à mettre les propositions de loi sur la fin de vie au plus vite à l’agenda. Un des participants à la réunion, interrogé par l’AFP, a raconté que le nouveau ministre des Relations avec le Parlement, l’ex-député (Liot) Laurent Panifous, s’était dit « personnellement attaché » à leur examen, tout en mentionnant que celui-ci était « reporté » en raison du « contexte budgétaire ».
Il est vrai que les examens des projets de loi de finances (PLF) et du financement de la Sécurité sociale (PLFSS) vont occuper les sénateurs à partir de mi-novembre. Les débats devraient s’étirer jusqu’à la fin de l’année, le budget devant être adopté à tout prix avant le 31 décembre.
L’examen des deux projets est donc repoussé en 2026…
Convertis de l’islam : une soif de Dieu qui réveille
Aymeric Pourbaix reçoit :
- l’abbe Dedieu, curé d’une paroisse missionnaire et auteur de “Être parrain ou marraine” (Éditions Artège Le Sénevé)
- 𝐁𝐫𝐮𝐧𝐨 𝐆𝐔𝐈𝐋𝐋𝐎𝐓, ex-imam salafiste et auteur de “Adieu Soulayman”
- 𝐕𝐢𝐧𝐜𝐞𝐧𝐭 𝐍𝐄𝐘𝐌𝐎𝐍, directeur de Mission Ismerie
Terres de Mission – Georges de La Tour : ombres et lumières
Eglise universelle : La messe, trésor de foi
Depuis septembre 2025, la chaîne YouTube du site Claves diffuse chaque semaine un épisode de 10′, d’une série de 23, consacrée à l’explication et à l’histoire de la messe. L’abbé Jean de Massia nous présente cette initiative d’une grande qualité visuelle, pédagogique et doctrinale. Chacun y découvrira de nouvelles merveilles sur le mystère de la messe. Pour aimer, il faut connaître.
Eglise en France : Georges de La Tour. Ombres et lumières
A l’occasion de l’exposition au musée Jacquemart-André à Paris du 11 septembre au 25 janvier “Georges de La Tour – Entre ombre et lumière”, Isabelle Schmitz, directrice adjointe de la rédaction des Hors-Série du Figaro, nous présente ce numéro : “Georges de La Tour – Ombres et lumières”. Un régal pour les yeux et un délice pour l’intelligence. Une superbe iconographie au service du peintre de la condition humaine et du partage des âmes entre grâce et déréliction.
Eglise en Marche : A l’automne, les pèlerinages poussent comme des champignons
Dans la filiation spirituelle et intellectuelle du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté se multiplient en France et à l’étranger les pèlerinages qui se reconnaissent dans la devise : Tradition – Chrétienté – Mission. Jean de Tauriers, délégué général, nous présente un tableau de ces initiatives, en France : Feiz e Breizh (Bretagne), Nosto fe (Provence), Arrebastir (Bigorre), Dex Aïe (Normandie), etc. et à l’étranger : Covadonga (Espagne), Lujan (Argentine).
De l’importance de la Théologie Naturelle pour l’Église
A l’heure où l’on célèbre les 800 ans de la naissance de Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), il est important de rappeler l’importance de la théologie naturelle ou théologie philosophique ou théodicée. Il s’agit de «la science de Dieu, acquise à la lumière de la raison» (Cf. Farges, A. et Barbedette, D., «Cours de philosophie scolastique», T. II, Berche et Tralin Libraires, Paris, 1905, p. 241). Cette science s’acquiert, entre autres, grâce à l’observation de la nature qui nous conduit à l’affirmation de l’existence de Dieu. Et malheureusement, pour diverses raisons que nous verrons plus loin, cette science a été délaissée durant ces dernières décennies par une bonne partie des catholiques.
Et pourtant l’Église reconnaît la capacité de l’homme à connaître Dieu grâce à raison naturelle. Dans le §36 du Catéchisme on lit :
«” La Sainte Église, notre mère, tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à partir des choses créées ” (Cc. Vatican I : DS 3004 ; cf. 3026 ; DV 6). Sans cette capacité, l’homme ne pourrait accueillir la révélation de Dieu. L’homme a cette capacité parce qu’il est créé ” à l’image de Dieu ” (Gn 1, 27). «
Cet enseignement du Catéchisme a des liens avec ce qu’écrivaient déjà Saint Paul et Saint Augustin. Le §32 du Catéchisme nous enseigne :
«Le monde : A partir du mouvement et du devenir, de la contingence, de l’ordre et de la beauté du monde, on peut connaître Dieu comme origine et fin de l’univers.
S. Paul affirme au sujet des païens : ” Ce qu’on peut connaître de Dieu est pour eux manifeste : Dieu en effet le leur a manifesté. Ce qu’il y a d’invisible depuis la création du monde se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité ” (Rm 1, 19-20 ; cf. Ac 14, 15. 17 ; 17, 27-28 ; Sg 13, 1-9).
Et S. Augustin : ” Interroge la beauté de la terre, interroge la beauté de la mer, interroge la beauté de l’air qui se dilate et se diffuse, interroge la beauté du ciel (…) interroge toutes ces réalités. Toutes te répondent : Vois, nous sommes belles. Leur beauté est une profession (confessio). Ces beautés sujettes au changement, qui les a faites sinon le Beau (Pulcher), non sujet au changement ? ” (Serm. 241, 2 : PL 38, 1134).
«A cours des siècles, la théologie naturelle s’est beaucoup développée, notamment grâce aux apports de Saint Thomas d’Aquin dans sa «Somme contre les Gentils» et sa «Somme Théologique». Et pendant des siècles son enseignement a été transmis aux prêtres et laïcs, surtout dans les universités.
Suite à des événements comme la Révolution Française, la théologie naturelle n’a plus été enseignée dans les universités laïques. Elle s’est maintenue dans les universités et instituts catholiques. Cet enseignement était obligatoire pour les prêtres et théologiens jusqu’au Concile Vatican II.
Or, il y a eu un malentendu suite au Concile Vatican II. Quoiqu’il y avait plus de liberté après, cela ne voulait pas dire qu’il fallait abandonner complètement l’enseignement de Saint Thomas d’Aquin. D’ailleurs la déclaration «Optatam Totius» sur la formation des prêtres rappelait que pour la théologie il fallait continuer avec «Saint Thomas pour maître» (§16). Et pour Saint Thomas d’Aquin la théologie naturelle était très importante.
Et Saint Jean-Paul II rappelait cela dans «Fides et Ratio», §61 :
«Si, en diverses circonstances, il a été nécessaire d’intervenir sur ce thème, en réaffirmant aussi la valeur des intuitions du Docteur Angélique et en insistant sur l’assimilation de sa pensée, cela a souvent été lié au fait que les directives du Magistère n’ont pas toujours été observées avec la disponibilité souhaitée. Dans beaucoup d’écoles catholiques, au cours des années qui suivirent le Concile Vatican II, on a pu remarquer à ce sujet un certain étiolement dû à une estime moindre, non seulement de la philosophie scolastique, mais plus généralement de l’étude même de la philosophie. Avec étonnement et à regret, je dois constater qu’un certain nombre de théologiens partagent ce désintérêt pour l’étude de la philosophie. «
La situation est telle qu’actuellement beaucoup de prêtres et théologiens n’ont pas beaucoup étudié la philosophie naturelle, qui est importante pour donner des raisons de notre espérance, comme l’écrivait Saint Pierre dans sa première épître (1P 3:15, Bible de Jérusalem) : «Au contraire, sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous.». Et comme ils ne l’ont pas beaucoup étudiée, beaucoup ne vont justement pas l’encourager auprès des laïcs.
Par contre, comme beaucoup l’ont remarqué, la philosophie naturelle a été beaucoup étudiée par des philosophes qui se sont spécialisés en philosophie médiévale ou qui ont beaucoup étudié l’oeuvre de Saint Thomas d’Aquin, en suivant toutes les parties nécessaires à sa compréhension : logique, cosmologie, psychologie, métaphysique, etc.
En ces temps où beaucoup demandent des raisons de notre espérance, il est important que les laïcs s’intéressent à la théologie naturelle comme le demande la Bible et le Catéchisme. Pour cela ils doivent s’adresser aux prêtres qui ont étudié la philosophie de Saint Thomas d’Aquin, ou aux laïcs qui l’ont étudiée.
Jaime V. Torres-Heredia Julca
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Dix-neuvième dimanche après la Pentecôte : “beaucoup sont appelés, mais peu élus”
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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► Introït : Salus populi
Les chants du propre de la messe du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte sont tous tirés des psaumes, à l’exception cette fois de l’Introït, qui est d’ailleurs assez exceptionnel.
C’est le seul Introït de tous les dimanches de l’année dont le texte ne soit pas strictement scripturaire, bien qu’on trouve des textes voisins en de nombreux passages de la Sainte Écriture. Ensuite, c’est un des rares Introïts (il n’y en a que deux ou trois) où c’est Dieu qui parle ; la plupart des autres étant des prières que nous adressons au Seigneur ou des affirmations de notre adoration ou de notre confiance.
Salus populi ego sum, dicit Dominus : de quacumque tribulatione clamaverint ad me, exaudiam eos : et ero illorum Dominus in perpetuum.
Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur. De quelque détresse qu’ils crient vers Moi, je les exaucerai, et Je serai pour eux le Seigneur à jamais.
On voit que Dieu parle ici en des termes très consolants et très encourageants pour le peuple élu et à travers lui pour nous tous qui en sommes les héritiers, nous incitant à une prière confiante, quelles que soient les épreuves que nous avons à traverser. En ces derniers dimanches de l’année liturgique, marqués par l’approche de la fin du monde qui sera un temps d’épreuves (nous nous en apercevons déjà), Il nous invite à la patience et à la persévérance finale. La mélodie de cet Introït est très douce. Le Seigneur nous parle ici avec la tendresse d’un père pour ses enfants. Cependant la deuxième phrase, très affirmative, a davantage de mouvement avec trois cadences qui se répètent pleines d’assurance. On retrouve la douceur dans la dernière phrase avec la calme descente de Dominus et la belle montée contemplative de in perpetuum. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 77, dans lequel le psalmiste raconte au peuple d’Israël toutes les merveilles que le Seigneur a accomplies en sa faveur, malgré ses infidélités :
Attendite popule meus legem meam : inclinate aurem vestram in verba oris mei.
Mon peuple, soyez attentif à mon enseignement, Tendez l’oreille aux paroles de ma bouche.
► Graduel : Dirigatur
Le texte du Graduel du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 140, prière suppliante de David entouré d’ennemis et levant les mains vers le ciel pour supplier le Seigneur.
Dirigatur oratio mea sicut incensum in conspectu tuo, Domine.
Elevatio manuum mearum sacrificium vespertinum.
Que ma prière monte comme l’encens en votre présence, Seigneur, et que mes mains de lèvent comme un sacrifice du soir.
Le sacrifice du soir chez les hébreux était précisément le sacrifice de l’encens, dont la fumée s’élevant vers le ciel est une belle image de notre prière montant vers Dieu. Comme David et comme le prêtre à l’autel, nous pouvons répéter ces paroles exprimant l’intensité des demandes que nous adressons à Dieu. La mélodie très expressive évoque bien cette prière qui monte vers Dieu comme la fumée de l’encens, par une grande montée progressive culminant sur l’accent du mot incensum planant dans les hauteurs, puis elle redescend calmement s’abaissant en une profonde adoration sur le mot Domine. La deuxième partie comprend encore deux grandes montées à l’aigu souples et élégantes, puis la dernière phrase évoque le sacrifice du soir de façon plus grave et paisible quoique suppliante.
► Alléluia : Confitemini
Nous retrouvons dans l’Alléluia du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte le premier verset d’un psaume, comme pour presque tous les Alléluias de ce temps liturgique avec quelques exceptions comme celui de dimanche dernier. Et nous retrouvons également comme pour la plupart de ces Alléluias un chant de louange et d’acclamation au Seigneur pour sa bonté et sa toute puissance. C’est ici le début du psaume 104, grand cantique d’action de grâces, reprenant tous les bienfaits dont le Seigneur a comblé son peuple tout au long de son histoire.
Confitemini Domino, et invocate nomen ejus : annuntiate inter gentes opera ejus.
Célébrez le Seigneur et louez son nom, Annoncez ses œuvres parmi les nations.
La mélodie de l’Alléluia courte et ramassée se termine par une grande montée à l’aigu très enthousiaste. Le verset léger, joyeux et plein d’allant se conclut également par cette finale.
► Offertoire : Si ambulavero
Le texte de l’Offertoire du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 137, chant d’action de grâces de David, exprimant sa reconnaissance au Seigneur qui l’a toujours protégé.
Si ambulavero in medio tribulationis, vivificabis me, Domine : et super iram inimicorum meorum extendes manum tuam, et salvum me fecit dextera tua.
Même si je m’avance au milieu des dangers, vous me gardez en vie, Seigneur. Vous étendez la main au-dessus de mes ennemis en fureur et votre droite me sauve.
C’est une prière magnifique, pleine de reconnaissance et de confiance, avec la belle image de la main du Seigneur étendue au-dessus de nous pour nous protéger. Nous l’invoquons en cette fin d’année liturgique, tournée vers la fin des temps, pour nous préparer à affronter le jugement dernier. La mélodie très développée est d’un bout à l’autre très affirmative et pleine d’assurance. On retrouve à la troisième phrase sur les mots extendes manum tuam une mélodie de l’Offertoire Angelus Domini du dimanche de Quasimodo. Elle décrivait alors l’ange du Seigneur descendant du ciel pour annoncer la Résurrection ; ses belles courbes très élégantes évoquent maintenant la protection qui nous vient aussi du ciel. Enfin on remarquera pour finir les longues tenues répétées représentant la droite du Seigneur étendue au-dessus de nous.
► Communion : Tu mandasti
L‘antienne de Communion du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte, comme celle des deux dimanches suivants, est tirée du psaume 118, souvent utilisé dans la liturgie et particulièrement à cette période de l’année. C’était déjà celui de l’Introït du dix-septième dimanche, il y a deux semaines. On sait qu’il est le plus long du psautier, entièrement consacré à une méditation prolongée sur la loi de Dieu, sa volonté et le bonheur que l’on éprouve à s’y soumettre. Cette loi divine y est désignée par une dizaine de substantifs, à peu près synonymes, qui reviennent presque sans exception dans chacun des 176 versets du psaume, et que l’on peut traduire par loi, enseignement, commandement, ordonnance, précepte, etc. L’antienne d’aujourd’hui est prise dans les premiers versets du psaume :
Tu mandasti mandata tua custodiri nimis : utinam dirigantur viæ meæ, ad custodiendas justificationes tuas.
Vous avez commandé d’observer totalement vos commandements. Faites que mes voies soient dirigées vers l’observation de vos préceptes.
En ces jours où nous méditons sur la fin des temps, ou tout au moins sur la fin de notre vie, qui approche, quel que soit notre âge, nous prions pour que notre conduite demeure jusqu’au bout fidèle à la volonté divine. La mélodie de cette antienne est simple et légère, pleine de délicatesse avec des accents bien soulignés. Elle se fait plus suppliante dans la deuxième phrase, se terminant par un balancement répété autour des mêmes notes qui reviennent avec une insistance de plus en plus marquée.
« “Dieu premier servi” est la devise sur laquelle ils ont bâti toute leur existence »
Message du pape Léon XIV à l’occasion du 10e anniversaire de la canonisation des saints Louis et Zélie Martin :
À Son Excellence Monseigneur Bruno Feillet
Évêque de Séez
Je suis heureux de vous rejoindre par la pensée et la prière, ainsi que tout le clergé et le peuple fidèle réuni, alors que vous célébrez le 10ème anniversaire de la Canonisation de Louis et Zélie Martin, sur les lieux mêmes où ils se sont sanctifiés dans leur vie conjugale. Premier couple en tant que tel à avoir été canonisé, cet évènement revêt une particulière importance puisqu’il met en relief le mariage comme chemin de sainteté. Parmi les vocations auxquelles les hommes et les femmes sont appelés par Dieu, le mariage est des plus nobles et des plus élevées. « Louis et Zélie ont compris qu’ils pouvaient se sanctifier non pas malgré le mariage mais à travers, dans et par le mariage, et que leurs épousailles devaient être considérées comme le point de départ d’une montée à deux » (Card. Martins, Homélie de Béatification). Le Saint Couple d’Alençon est donc un lumineux et enthousiasmant modèle pour les âmes généreuses qui se sont engagées dans cette voie, ou qui ont le projet de le faire, avec le désir sincère de mener une vie belle et bonne sous le regard du Seigneur, dans la joie comme dans l’épreuve.
Je forme ainsi le vœu que cet anniversaire soit une occasion de faire mieux connaître la vie et les mérites de ces époux et parents incomparables, afin que les familles, si chères au cœur de Dieu mais aussi parfois si fragiles et éprouvées, puissent trouver auprès d’eux, en toutes circonstances, le soutien et les grâces nécessaires pour continuer la route.
Louis et Zélie n’ont pas mis en œuvre leur volonté de devenir des saints et d’éduquer leurs enfants à la sainteté en se retirant du monde. Ils ont assumé leur devoir d’état dans l’ordinaire de la vie de tous les jours ; ils font partie de cette foule immense des saints de la porte d’à côté dont a souvent parlé le Pape François. Il n’est pas difficile aux pèlerins se rendant à Alençon – qui en conserve l’émouvante mémoire – de saisir le cadre concret et quotidien dans lequel les parents Martin ont vécu, engagés qu’ils étaient dans la société normande de leur époque à travers leur paroisse, leurs activités professionnelles, leurs œuvres caritatives, leurs cercles de relations amicales et, bien sûr, leur vie en famille. Cependant il ne faut pas s’y tromper : cette vie “ordinaire” en apparence était habitée d’une présence pour le moins “extraordinaire” de Dieu qui en était le centre absolu. “Dieu premier servi” est la devise sur laquelle ils ont bâti toute leur existence.
Voici donc le modèle de couple que la Sainte Église présente aux jeunes qui souhaitent – peut-être avec hésitation – se lancer dans une si belle aventure : modèle de fidélité et d’attention à l’autre, modèle de ferveur et de persévérance dans la foi, d’éducation chrétienne des enfants, de générosité dans l’exercice de la charité et de justice sociale ; modèle aussi de confiance dans l’épreuve… Mais surtout, ce couple exemplaire témoigne du bonheur ineffable et de la joie profonde que Dieu accorde, dès ici-bas et pour l’éternité, à ceux qui s’engagent sur ce chemin de fidélité et de fécondité. En ces temps troublés et désorientés, où tant de contre-modèles d’unions, souvent passagères, individualistes et égoïstes, aux fruits amers et décevants, sont présentés aux jeunes, la famille telle que le Créateur l’a voulue pourrait sembler périmée et ennuyeuse. Louis et Zélie Martin témoignent qu’il n’en est rien : ils ont été heureux – profondément heureux ! – en donnant la vie, en rayonnant et transmettant la foi, en voyant leurs filles grandir et s’épanouir sous le regard du Seigneur. Quel bonheur que celui de se réunir le dimanche après la messe, autour de la table où Jésus est le premier invité et partage les joies, les peines, les projets et les espérances de chacun ! Quel bonheur que celui de ces moments de prières en commun, de ces jours de fête, de ces événements familiaux qui marquent le temps ! Mais aussi quel réconfort d’être ensemble dans l’épreuve, unis à la Croix du Christ lorsqu’elle se présente ; et enfin quelle espérance de se retrouver un jour réunis dans la gloire du ciel !
Chers couples, je vous invite à persévérer courageusement sur la voie, parfois difficile et laborieuse, mais lumineuse, que vous avez entreprise. Avant tout, mettez Jésus au centre de vos familles, de vos activités et de vos choix. Faites découvrir à vos enfants son amour et sa tendresse sans limites, et efforcez-vous de Le faire aimer en retour comme Il le mérite : voilà la grande leçon que Louis et Zélie nous donnent pour aujourd’hui, et dont l’Église et le monde ont tellement besoin. Comment Thérèse aurait-elle pu tant aimer Jésus et Marie – et ensuite nous transmettre une si belle doctrine – si elle ne l’avait appris de ses saints parents dès son plus jeune âge ?
Je vous confie toutes, chères familles, à la protection de Louis et Zélie Martin et de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Implorant pour vous l’intercession de la Vierge Marie, je vous accorde, de grand cœur, ainsi qu’à vous, Excellence, et à toutes les personnes présentes, la Bénédiction Apostolique.
Le délitement de l’anglicanisme
Dans France catholique, Gérard Leclerc met en relation, la récente nomination de Sarah Mullally, archevêque de Cantorbéry, c’est-à-dire primat d’Angleterre et chef spirituel de l’Église anglicane et la proclamation du cardinal John Henry Newman au titre de docteur de l’Église, le 1er novembre :
Le rapprochement s’impose d’autant plus qu’il s’agit du destin de l’anglicanisme, qui depuis la rupture opérée avec l’Église catholique romaine par le roi Henry VIII au XVIe siècle, n’a cessé d’osciller doctrinalement entre ses sources catholiques et l’attrait du protestantisme. Ce qui est certain, c’est que l’avènement d’une femme mariée à la tête de l’Église d’Angleterre signifie un éloignement décisif à l’égard du catholicisme ainsi que de l’orthodoxie.
Le témoignage du saint cardinal Newman apparaît si important à ce propos qu’il pose la question de fond, celle qui explique comment depuis plusieurs décennies l’anglicanisme a définitivement rompu avec la rectitude doctrinale dont il se prévalait dans le cadre de son insularité. Et de ce point de vue, c’est une grande désillusion. Car il y avait des motifs d’espérer dans le cadre du dialogue œcuménique, ainsi que le soulignait le Père Louis Bouyer. Ce n’est pas rien que Newman soit parti de cette tradition dans ce qu’elle avait de plus incontestable et que le mouvement d’Oxford avait repris pour l’amener au degré le plus conforme à la grande tradition chrétienne. C’est ce qui devait conduire l’auteur de L’Essai sur le développement du dogme à se convertir à la foi catholique. Non pas à la façon d’un désaveu de son passé et de son attachement à son héritage mais comme un approfondissement. Un approfondissement dans le sillage de ce développement.
Malheureusement, nous n’en sommes plus là. Nous ne sommes plus dans le climat du mouvement d’Oxford du XIXe siècle, qui signifiait un réel réveil spirituel. Nous n’en sommes même plus à l’heure ou l’ancien primat de l’anglicanisme, Michael Ramsey, poursuivait cet élan dans un effort théologique. Ce qui a prévalu, c’est ce que Maurice Clavel appelait un «ralliement au monde», du fait d’une volonté de se rapprocher de l’évolution de la société et de la transformation de ses mœurs. De là la transgression du caractère masculin du sacerdoce pour satisfaire aux revendications féministes, ainsi que la normalisation de l’homosexualité désormais admise jusque dans les rangs du clergé et de l’épiscopat. Et cela, en dépit de la résistance d’une partie importante de la confession anglicane, notamment en Afrique : le primat du Nigeria a même déclaré que cette élection était « une confirmation que le monde anglican ne peut plus reconnaître le leadership de l’Église d’Angleterre et de l’archevêque de Canterbury ».
Est-ce à dire qu’une telle «ouverture» marque une quelconque adhésion d’une population séduite par cet alignement de l’Église sur le monde? C’est plus que douteux. La déchristianisation de l’Angleterre n’a fait que s’accélérer avec un déclin de l’anglicanisme, qui apparaissait si fatal à un primat de Cantorbéry qu’il annonçait sa proche disparition. On doit signaler aussi l’adhésion à l’Église catholique d’un grand nombre de ministres anglicans, accueillis par Benoît XVI pour répondre à leur situation particulière. Enfin, il faut noter les réels progrès du catholicisme en Angleterre qui apparaît notamment dans la pratique religieuse. D’ores et déjà, le nombre de catholiques pratiquants dépasse le nombre d’anglicans pratiquants, alors que le nombre de baptisés anglicans est très supérieur au nombre de baptisés catholiques – 25 millions pour 4,2 millions. Des chiffres qui font réfléchir au même titre que des conversions qui atteignent jusqu’à la cour de Buckingham.
Islamisation du Tchad
Plusieurs associations chrétiennes du Tchad alertent sur une monopolisation croissante des institutions publiques par l’islam, un phénomène qui exerce une pression grandissante sur le christianisme dans ce pays d’Afrique centrale qui compte environ 55% de musulmans et 40 à 45% de chrétiens, pour une population totale évaluée à 19 millions de personnes.
Dans une lettre ouverte adressée au président Mahamat Idriss Déby Itno en septembre 2025, les représentants de plusieurs associations chrétiennes – Union des femmes catholiques, Young Men’s Christian Association, Jeunesse étudiante chrétienne, et de nombreuses paroisses catholiques – dénoncent
« l’empreinte croissante d’une unique confession religieuse dans les institutions de la République ».
Cette islamisation passe par la construction de mosquées au sein d’institutions publiques, l’implication accrue du gouvernement dans l’organisation du Hajj – pèlerinage à la Mecque – limitation des discours officiels aux seules fêtes religieuses musulmanes.
Les signataires mettent également en lumière des décennies d’attaques contre les responsables de l’Eglise catholique et les symboles chrétiens, souvent perpétrées, selon eux, « dans la plus grande indifférence de la part des autorités ». Parmi les incidents cités figure une agression en 2021 perpétrée par les forces de sécurité contre la paroisse Bienheureux Isidore Bakanja à N’Djaména, capitale du pays. L’église a été profanée et le curé de la paroisse, le père Simon-Pierre Madou, a été verbalement harcelé alors qu’il tentait de filmer l’incident. L’archevêque de N’Djaména, Mgr Goethe Edmond Djitangar, avait alors dénoncé une violation de la Constitution, tout en déplorant l’absence d’arrestations ou de poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs.
Les observateurs rapportent que les dégradations d’églises, les menaces contre les évêques et les prêtres, et même les assassinats de chrétiens sont devenus, au fil des années, des événements fréquents et banalisés.
Aussi les associations chrétiennes déplorent « l’effacement progressif des chrétiens de la sphère publique », rappelant que les chrétiens sont rarement nommés à des postes d’autorité, qu’ils bénéficient peu des bourses ou des contrats publics, et qu’ils subissent des discriminations dans le commerce et l’accès à la terre.
Pour l’Eglise, le gouvernement demeure le grand responsable de la situation, d’où neuf recommandations faites aux autorités afin d’apaiser les tensions. Parmi celles-ci : un audit de la représentation religieuse dans l’administration, le respect strict de la neutralité religieuse de l’Etat, une garantie de la sécurité pour les lieux de culte, et la mise en place d’un programme dit de « réconciliation et de coexistence ».
Soutenir la maternité – Extrait de la conférence au Parlement européen
Le Parlement européen entame un débat sur l’avortement, à l’occasion de l’initiative citoyenne européenne « My Voice My Choice ». Dans ce contexte, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a coorganisé avec la fédération « One of us » une conférence le 15 octobre. Cet événement était sponsorisé par les groupes politiques PPE et ECR. Deux commissaires et huit députés européens ont pris la parole, ainsi que six femmes témoignant de leur expérience personnelle de l’avortement. Nicolas Bauer, chargé de plaidoyer à l’ECLJ, est intervenu pour appeler l’Union européenne à exercer pleinement ses compétences en matière de soutien à la maternité.
Pareil crime pose la question du rétablissement de la peine de mort
Bernard Antony, président de l’AGRIF, directeur de la revue Reconquête, fondateur de Chrétienté-Solidarité, communique :
De la barbarie algérienne en France
A Marseille, ce dernier mercredi, les Galeries Lafayette ont été la cible d’une incroyable razzia par toute une faune à l’évidence « culturellement maghrébine ». Les vidéos en notre possession montrent que tous les stands de vêtements, de chaussures, de parfums ont été systématiquement pillés alors que des « fatmas » étaient assises, accroupies sous leurs voiles en attendant tranquillement la fin des pillages.
Cependant, notre compatriote, le grand écrivain franco-algérien Boualem Sansal, atteint d’un cancer, demeure reclus dans une geôle du pouvoir barbaresque du président Tebboune qui le fit incarcérer l’an dernier à sa descente à Alger d’un avion en provenance de Paris.
Sur les pillages de Marseille, le durable silence médiatique depuis trois jours est accablant. On ne saurait hélas s’en étonner alors que l’incurie du gouvernement Macron-Lecornu apparaît désormais comme un phénomène général.
Néanmoins, de pareils faits délictueux significatifs de l’ensauvagement immigrationniste de notre société ne sont rien en regard de l’infinie atrocité du crime sadique perpétré à Paris le 14 octobre 2022 par l’algérienne Dahbia Benkired, tortionnaire de la petite fille Lola Daviet-Ropital.
Le procès pour juger de cette immense criminelle a commencé ce vendredi à la Cour d’assise de Paris.
Selon le droit actuel, Dahbia Benkired encourt bien sûr la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre qu’elle a commis sur une enfant de moins de 15 ans, subissant tortures, viol et actes de barbarie d’une infinie cruauté, bâillonnée, étouffée, asphyxiée par du ruban adhésif. Pareil crime pose évidemment la question du rétablissement de la peine de mort pour des assassins tels que Dahbia Benkired s’étant dépossédés de leur humanité. C’est ce qu’avait notamment développé le grand écrivain catholique, le Père Bruckberger, « l’aumônier de la Résistance ».
Christ-Roi : c’était une illusion de prétendre construire une société sans Dieu
À l’occasion du centenaire de la publication par le pape Pie XI de l’encyclique Quas Primas sur le Christ-Roi, Ichtus, en partenariat notamment avec La Nef, organise un colloque consacré à l’actualité de la royauté sociale du Christ, le samedi 22 novembre 2025 à Paris. Guillaume de Prémare, délégué général d’Ichtus et rédacteur en chef de la revue Permanences, a été interrogé dans La Nef. Extrait :
[…] L’objectif de ce colloque est très actuel : il vise à éclairer l’action et les buts des catholiques engagés dans les grandes affaires de notre temps. À cet égard, la notion de royauté sociale du Christ peut et doit être actualisée parce que le constat des impasses de la sécularisation donne, d’une certaine manière, raison à Pie XI. Celui-ci a voulu nous avertir que c’était une illusion de prétendre construire une société sans Dieu.
Cet avertissement n’a pas été entendu et la Modernité a triomphé. Ce triomphe serait-il illusoire ?
Les peuples d’Europe de l’Ouest – après avoir ignoré la visée ultime de la chose politique et oublié ce qui construit et conserve les sociétés – paraissent livrés à l’angoisse et à l’incertitude, sans Dieu, sans racines, sans véritables perspectives terrestres et sans espérance surnaturelle. Nous avons basculé dans une forme de dissociété qui ne sait plus s’appuyer sur ce que l’on nomme désormais « les communs ». Le moment est venu de penser de nouveau ce que pourrait signifier aujourd’hui le règne social du Christ, ce que pourrait être une société chrétienne, une société imprégnée par l’Évangile. Nous le devons à nous-mêmes, en tant que catholiques engagés dans la vie civique ; et nous le devons à nos contemporains qui, sans forcément s’en rendre compte, sont en quelque sorte orphelins de leur religion.
Précisément, l’idée d’une société chrétienne paraît aujourd’hui inaccessible. Ne craignez-vous pas de formuler une question qui ne se pose pas pour l’immense majorité de nos contemporains ?
Certainement, la manière d’aborder Quas Primas ne peut se résumer à affirmer des principes irréalistes et inaudibles pour nos contemporains. Qui pourrait aujourd’hui surgir de manière crédible dans l’agora et affirmer tout de go que le remède à nos maux est la constitution d’un État catholique et la restauration d’une chrétienté ? L’actualisation de la notion de Christ-Roi ne saurait ignorer le contexte historique que nous vivons, les contraintes prudentielles et une certaine gradualité. Le pape Pie XI lui-même a montré que la politique était un espace de négociation en affirmant, d’un côté, des grands principes, et en pratiquant, de l’autre côté, une politique des concordats très pragmatique. Cependant, je pense qu’il est nécessaire que les catholiques sortent d’une certaine pusillanimité sur la question religieuse en tant qu’enjeu de nature publique. […]
