Entrer dans l’oraison avec Marie
Un nouveau livret vient de paraître chez Life éditions : « Entrer dans l’oraison avec Marie ».
Oui, Marie est tellement unie à Jésus que tout en elle est prière… N’est-elle donc pas la mieux placée pour nous apprendre à entrer dans l’oraison, à laisser le silence monter des profondeurs de notre cœur ? « Il n’y a qu’un chemin pour trouver Dieu, c’est la prière. Si on vous dit autre chose, on vous trompe », dit aussi sainte Thérèse d’Avila… Alors, faisons de notre vie une oraison continuelle… et ici-bas nous serons déjà au Ciel.
La neuvaine consiste en une méditation originale pour chaque jour suivie d’une prière originale de consécration à Marie.
Voici quelques extraits :
« O Marie, je peine à faire cesser le bruit qui monte en moi et entre aussi par mes oreilles. Le murmure du monde et les pensées viennent souvent faire le siège de mon âme. Je vous les remets pour que vous les offriez à Jésus et qu’il lave tout dans sa miséricorde. Dites-lui combien j’aspire au silence, à la paix profonde…
Faites de mon âme une maison de silence ; c’est ainsi qu’elle sera une maison d’amour. Si j’avais le malheur de connaître, une fois ou l’autre, l’impossibilité matérielle de réserver un moment à l’oraison, je vous offre cela avec le ferme désir de saisir la première occasion qui s’offre pour vivre ce temps de cœur à cœur. Avec vous je sais qu’une seule parole lancée vers le Ciel avec confiance attire immédiatement la miséricorde de Dieu…
Très Sainte Vierge, je désire prendre ce temps de grâce pour vivre en union avec Dieu, me donner à lui et l’accueillir qui se donne à moi. Vous qui avez embrassé du regard le désert et voyagé dans ces lieux brûlés par le soleil, je veux à mon tour me lancer dans cette traversée pour me détacher de ce qui m’éloigne de l’Amour de Dieu. Que mon cœur s’embrase au contact du Cœur du Christ. »
A faire connaître … disponible en librairie (prix 5,90 euros) ou sur commande par ici.
A propos du « Tout-Miséricordieux »
La qualification de Dieu peut sans doute être considérée comme un point majeur de toute foi.
Sans vouloir faire de la théologie de pointe mais bien plutôt exprimer une foi ordinaire, on peut sans trop se tromper dire deux choses :
- Dans la foi chrétienne, le Christ nous apprend à dire « Notre Père ». Dieu le Père est le premier de la Sainte Trinité, avec le signe de croix : « Au nom du Père… ». Et le Credo commence : Je crois en Dieu le Père…
- Dans la foi musulmane, Dieu a 99 qualificatifs. Le premier est : « le Tout-Miséricordieux » ; le 2èmeest « le Très-Miséricordieux ». Trouve-t-on dans la liste un qualificatif Père ? Non. Rien, nada.
Et maintenant, une question : pourquoi les autorités catholiques, quand elles veulent parler de Dieu à des musulmans, n’emploient-elles que les termes… musulmans ?
Vous voulez quelques exemples ? Allons-y :
- Le plus récent (et le plus hallal) : le 21 avril 2020, le Père Feroldi, grand ordonnateur du SNRM ((Service national de la Conférence des Evêques de France pour les relations avec les musulmans) qui s’extasie quotidiennement devant les beautés de l’islam, a tweeté le 21 avril, à propos du décès d’un imam, qu’il le confiait au « Tout-Miséricordieux ».

- Un peu moins récent : après la diffusion le 25 mars 2020 d’un appel à la prière à partir de la grande mosquée de Lyon et certains de la droite française ayant osé y voir un « appel à la prière islamique» (ce qui était exactement le cas), les responsables religieux juifs et chrétiens de la métropole de Lyon ont publié un communiqué de soutien au recteur de la mosquée. On y lit : « Nous sommes les témoins d’un Dieu miséricordieux qui refuse la haine et qui ouvre les portes sur l’espérance ».
- Plus anciennement, en mai 2019 à l’occasion de la fin du ramadan, l’évêque de Nantes avait appelé sur ses amis musulmans la bénédiction du Dieu, le Tout-Puissant et Miséricordieux après un paragraphe décrivant l’islam comme « enraciné dans les valeurs de la paix, défendant les valeurs de compréhension mutuelle, de fraternité humaine et de coexistence harmonieuse », comme le démontrent si bien chaque jour les attentats musulmans ou les oppressions des minorités religieuses dans les pays musulmans. Tout-Puissant, c’est bien aussi : 8ème dans l’ordre des 99 noms.

Mais il est vrai que l’exemple vient d’en haut. Dans la lettre citée, l’évêque se réfère au document sur la fraternité humaine que venait juste de signer le Pape François après deux voyages dits apostoliques, l’un aux Emirats Arabes Unis (Abou Dabi) du 3 au 5 février 2019, l’autre au Maroc, les 30 et 31 mars.
Le Salon beige avait alors relevé une sorte de schizophrénie sémantique :
- Dans le discours prononcé par le Pape lors de sa rencontre avec les prêtres et les religieux au Maroc, le Christ est cité 5 fois, Jésus 10 fois, 4 fois le mot «Père » et 6 fois le mot « amour » (le mot miséricordieux n’est JAMAIS utilisé) et le Pape définissait être chrétien comme « une rencontre, une rencontre avec Jésus-Christ. Je vous encourage, sans autre désir que de rendre visible la présence et l’amour du Christ qui s’est fait pauvre pour nous pour nous enrichir de sa pauvreté » ;
- A contrario, dans les interventions face à des musulmans et dans les documents signés en commun, ces mots disparaissent quasiment (le Christ : cité une seule fois, lors de la rencontre avec les migrants ; Jésus : 0 fois ; Amour : une seule fois, encore lors de la rencontre avec les migrants, et associé à miséricordieux ; Père est cité 1 fois : « Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu » (Document sur la fraternité)) ; de même d’ailleurs que disparaissait toute annonce de l’Evangile : un seul extrait utilisé, lors de la rencontre inter-religieuse, et qui utilise les mots Loi et Prophète, tellement centraux pour des musulmans : « tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes » (Mt 7, 12).
Par contre, le mot « miséricorde » ou « miséricordieux » est utilisé 7 fois ; en particulier dans l’expression « Le Tout-Puissant, clément et miséricordieux », ou « au nom du Miséricordieux qui nous a créés ».
A quoi peuvent bien servir des voyages dits apostoliques (qui concerne la propagation de la foi chrétienne –Larousse dixit…) pendant lesquels on ne reprend que les termes de ses interlocuteurs musulmans ?
A quoi peut bien servir un dialogue institutionnel entre catholiques et musulmans dans lequel n’apparaissent que les termes de la foi musulmane ?
Sans doute à exactement la même chose que dans les contacts entre la Conférence des évêques de France et le pouvoir exécutif sur le sujet de l’exercice du culte en périodes de confinement et de déconfinement : à rien au mieux. A perdre l’expression de la foi au pire.
Alain Besançon le rappelait en suggérant raisonnablement la recherche de bons rapports entre musulmans et catholiques sur le terrain de la morale commune, des vertus communes, mais en évitant à tout prix de se placer sur le terrain religieux parce que c’est là que commence la confusion.
Discerner sa vocation avec Marie
Un nouveau livret vient de paraître chez Life éditions: « Discerner sa vocation avec Marie » (imprimatur Mgr Aillet).
Au temps des grands choix, lorsque l’heure est venue de confier à Dieu nos attentes, nos projets et nos doutes, la Vierge Marie nous offre ses bras pour nous porter vers la Lumière.
Cette neuvaine est l’occasion privilégiée d’inscrire dans une certaine durée une prière fervente et confiante. Elle veut souligner d’un trait rouge les repères incontournables qui balisent tout chemin de croissance.
Chacun à sa façon est appelé à se les approprier pour grandir dans l’amour, la joie et la paix profonde. Alors, laissons-nous conduire…
La neuvaine consiste en une méditation originale pour chaque jour suivie d’une prière originale de consécration à Marie. A noter que chaque méditation porte sur ces balises essentielles qui aideront sur ce chemin : redécouvrir la prière silencieuse, l’amitié, le don de soi aux pauvres, la confiance, l’importance de l’instant présent, la paix intérieure …
Voici quelques extraits :
« Voyez mon humanité avec ses richesses, reçues de Dieu, ses passions et ses limites. Je désire me présenter au Seigneur tel que je suis, sans honte et comme Il me voit. En effet, je ne peux rien lui cacher car il me connaît mieux que je ne me connais moi-même… »
« Je sais au plus profond de moi-même que j’entendrai la voix du Christ et sa volonté pour ma vie, mariage, célibat consacré, … que si j’accepte d’entrer dans un dépouillement radical. Là, plus de faux-semblant vis-à-vis de moi-même et des autres, seulement un pauvre, moi-même, qui s’en remet à vous pour sa vie. Ainsi, en vérité avec moi-même, je regarderai les autres avec un œil purifié et pourrai nouer de belles amitiés et peut-être plus encore, s’il plaît à Dieu… »
« Oui, je ne désire vivre que pour aimer jusqu’à mourir d’amour et je fais mienne cette parole de Jésus : Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Oui, je ne désire vivre que pour donner ma vie, à chaque instant, pas à pas, goutte à goutte, en union avec Lui. Voilà toute ma joie. Alors j’en suis sûr, ma vocation je l’ai trouvée : vivre chaque minute qui passe comme un immense acte d’amour. »
A faire connaître … disponible en librairie (prix 5,90 euros) ou sur commande par ici.
Touché… coulé
Un étudiant en école de cinéma a réalisé pendant le confinement un clip de 6 minutes basé sur la manipulation des mass médias. Le personnage en noir représente le virus, les médias mais surtout le démon qui agit dans le monde ! :
« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, au Conseil d’Etat, ils seront apaisés. » (Évangile apocryphe)
De l’abbé Michel Viot :
Dans La Croix de ce mercredi 20 mai, le Père Dominique Greiner écrit un éditorial extrêmement dangereux dont, j’espère pour lui, qu’il n’a pas mesuré toutes les conséquences nuisibles. Suivant les méthodes journalistiques de ce monde, il commence déjà par son titre et les deux tiers de son propos, à venir au secours de la victoire, celle du triomphe en France du droit à la liberté de culte. Car n’en déplaise à certains, cette liberté est chère à une très grande majorité de catholiques, comme à l’ensemble des citoyens français. Elle signifie en réalité pour tous, la liberté de croire ou de ne pas croire, le libre choix entre la pratique religieuse et la non pratique. L’éditorialiste peut donc, sans craindre de perdre des lecteurs, aller dans le sens du vent majoritaire qui souffle aujourd’hui, fidèle d’ailleurs en cela à la tradition commerciale de son journal, qui lors de l’affaire Dreyfus, à partir de 1898, revendiqua le titre de journal « le plus antisémite de France », entraînant la grande majorité des catholiques dans le camps des anti dreyfusards. Ce fut une des causes de la séparation des églises et de l’Etat en 1905.
Se serait-il aujourd’hui assagi en défendant l’Eglise qui le fait pourtant vivre ? Non ! Il présente la liberté de culte comme la simple possibilité d’avoir recours à des rites dont il va chercher la définition chez Saint Exupery, les paroles du renard du Petit Prince ! Quel mépris de fait pour le désarroi et la souffrance spirituelle de très nombreux catholiques. Ils n’étaient pas en manque des actes ordinaires de la vie, encadrés, mais permis. Mais ils étaient beaucoup plus normalement affectés par l’interdiction de participer à la messe, rite de participation à la victoire du Christ sur la mort et réception des arrhes de la Vie éternelle. Et ce au moment précis, où dans le monde ordinaire dans lequel on les confinait, la mort semblait triompher partout, en débordant de ses lieux de prédilection que sont les EHPAD et les hôpitaux, pour se sculpter une image sur les visages humains, surtout quand ceux-ci étaient frappés par le deuil. C’est pourquoi la doctrine du rite, que La Croix ose prêter aux catholiques, est abominablement réductrice parce que doctrinalement fausse. Qu’on en juge par sa conclusion :
« Si les croyants sont impatients de retrouver leurs lieux de culte après un long confinement où les heures et les jours ont pu trop se ressembler, c’est parce qu’ils savent que les rites permettent de se réinscrire dans la vie ordinaire. Pour cela ils doivent être libre de pratiquer. » (p 1).
Comment oser écrire dans un journal qui a « l’estampille » catholique, que c’est pour abriter des rites, qui ne font que réinscrire dans la vie ordinaire, que les fidèles catholiques à la suite de nombreux évêques qui se sont exprimés, ont souhaité la réouverture de leurs églises pour la célébration des messes dont ils avaient besoin pour vivre. Cela signifierait, entre autre, que c’est pour organiser de semblables activités qu’on a construit Notre Dame de Paris, et qu’on va dépenser « un pognon dingue » pour la restaurer ?
Page 2 du même journal, article de Christophe Henning titré « Une décision qui embarrasse les responsables religieux ». Ce titre, au flou aguicheur, est en fait justifié par les quelques lignes de conclusion :
« certains ne cachent pas leur crainte qu’une seconde vague passe par les églises, temples, synagogues, ou mosquées. Cela explique-t-il, pour une part, l’attitude des responsables, musulmans, juifs et protestants ? Ceux-ci n’ont jamais réclamé le retour rapide des célébrations publiques et ne se réjouissaient nullement, lundi soir, qu’il intervienne plus vite. ».
Sans tomber dans un complotisme, aussi contagieux que le covid 19, je ne puis m’empêcher de faire le rapprochement avec ce que l’information nationale avait diffusé la veille ! Hasard peut-être ? Au journal de 20h de TF1, il y avait un reportage sur cette affaire, où un rabbin et un imam expliquaient leur grande prudence en préférant maintenir leur lieu de culte fermé, le tout ayant été précédé par des images montrant un prêtre catholique préparant son église à recevoir des fidèles en respectant des mesures sanitaires strictes. L’action médiatique oblige à constater une belle coordination entre ceux qui, obnubilés par le dialogue interreligieux, devenu le bain de siège du relativisme, poussant toujours à oublier les différences qui existent entre les religions, sans pour autant omettre de rappeler ou suggérer que les chrétiens, et les catholiques en particulier, sont des inconscients et des attardés, assez fous pour risquer la mort de nombreux français, au nom de rites qui ne font, selon La Croix, que les ramener à la vie ordinaire !
On peut donc facilement imaginer la fin du roman noir qu’on est en train de nous raconter : la première vague d’épidémie venait, d’après la propagande officielle, de ces enragés évangéliques ! Dans cette logique, il est clair que la seconde viendra de ces fanatiques de catholiques qui n’hésitent pas à sacrifier de nombreuses vies humaines pour satisfaire leur goût maladif des cérémonies et de l’apparat. Mais l’Etat laïc veille, il saura détecter le lieu exact d’où viendra le redémarrage de l’épidémie ! On lui fournit déjà des indices !
Deux autres réactions sont à relever parce qu’elles montrent clairement à l’Etat, comme à l’opinion publique, qu’il est nécessaire, même en se prétendant laïc de s’intéresser de près aux questions spirituelles, si on veut faire vivre en paix des croyants de différentes religions, tout en respectant leur identité et leur liberté.
Monsieur le Grand Rabbin de France a donc bien eu raison de dire pour sa communauté « La date de reprise, même pour la fête de Chavouot, le 28 mai, n’est pas la question. Le seul enjeu est sanitaire. Notre seule obsession est de ne faire courir aucun risque pour les fidèles ». Et le président du Conseil français du culte musulman, tout en se réjouissant du rétablissement de la liberté de culte, a cru, à juste titre, utile de préciser « Aucun responsable de fédération musulmane ne souhaite une réouverture pour la fin du ramadan, le 24 mai, nous visons tous une reprise très progressive du culte. » (Ces propos sont extraits du Figaro du 20 mai dernier).
Je les cite sans malice aucune, mais par le même souci de vérité que le journal qui a eu l’honnêteté de le faire. Les deux représentants des religions précitées se trouvent dans la logique de leur foi.
Chavouot qui commémore la remise de la Torah à Moïse, peut être célébrée dignement par tout juif qui va prier plus intensément ces jours qui entourent cette fête, méditera la Torah, respectera l’usage des gâteaux spéciaux pour cette célébration, fleurira son appartement, et pourquoi pas sa synagogue, en signe de respect, même si personne ne veut y venir, pour éviter tout risque. Et il est très sage de la part des responsables du culte musulman en France, de maintenir fermées leurs mosquées à la fin du ramadan, car je ne vois pas comment ils auraient pu contenir la foule qui s’y serait immanquablement pressée, en tenant compte des règles sanitaires qui vont présider à la possibilité de reprendre les différents cultes publics en France ! La distanciation sociale par exemple. Je ne doute pas par là de la capacité d’organisateurs des uns et des autres. Et je ne sous-estime pas non plus les difficultés qu’auront les catholiques à célébrer la Pentecôte cette année !
Ce sur quoi je veux insister, car cela concerne le présent et l’avenir, c’est qu’il est grand temps de prendre au sérieux les très grandes différences entre les religions pratiquées en France. Au sein de la religion chrétienne, les besoins des fidèles catholiques sont différents des fidèles protestants, mieux, si j’ose dire, au sein même du catholicisme, ce qu’écrit le Père Dominique Greiner dans La Croix sur la fonction du rite est irrecevable par de nombreux prêtres, dont je suis . Et ceci n’est que la partie visible de l’iceberg. Il est plus que temps de faire cesser de tels malentendus. Car on ne peut pas accuser les pouvoirs publics de porter atteinte à la liberté de culte, si on ne leur précise pas la spécificité de ces cultes et leurs besoins aux différences incontournables.
Les nombreux évêques qui ont exprimé leur déception, et très souvent leur indignation (et La Croix aurait dû le rappeler plus fortement), devant le discours que le Premier Ministre a prononcé à l’Assemblée Nationale pour le déconfinement du 11 mai, tout comme les différents groupes ou associations catholiques qui ont déposé plainte devant le Conseil d’Etat, étaient dans leurs droits et accomplissaient leurs devoirs de catholiques. Ce qui s’est passé à cette occasion doit unir les catholiques et non nourrir la division. Laissons au diable ce triste travail !
Que les juifs et les musulmans ressentent autrement cet épisode judiciaire est tout à fait normal, même si, selon moi, ils devraient prendre plus en compte la question de la liberté religieuse. Attention à ne pas trop diviniser le sanitaire ! Qui sait, si en son nom, on ne viendra pas un jour remettre en question la circoncision et l’abattage rituel ? Cela dit, les juifs et les musulmans n’ont pas de sacrements, ni de prêtres. Leur présence dans un lieu consacré à leur culte est importante, sans être essentielle.
La, grande majorité des protestants français donnent la primauté à la Parole de Dieu prêchée, à la prière, et considèrent leurs sacrements comme des symboles. Les catholiques qui se trouvent dans l’esprit de La Croix leur ressemblent beaucoup.
Il n’en va pas de même pour la grande majorité des catholiques, obéissant au Concile Vatican II, expliqué admirablement par le Catéchisme de l’Eglise Catholique, publié en 1992 sur l’ordre du Saint Pape Jean Paul II. Ces chrétiens ne peuvent pas vivre sans la messe, c’est à dire sans recevoir de bouche le vrai Corps et le vrai Sang du Christ. Et par voie de conséquence, pour ces chrétiens, que j’ai l’honneur de servir comme prêtre, une Église sans prêtre est impensable. Et cette Église, pour pouvoir vivre, doit être libre et, à cet effet, être dirigée par des évêques en communion avec le Pape. La dernière fois qu’on avait interdit les messes publiques en France fut en 1794, la période de la Grande Terreur qui donna à la guillotine le nom éloquent de rasoir national. La pauvre année 2020, qui nous annonçait pourtant les commémorations du 1600ème anniversaire de la naissance de Sainte Geneviève et du 100ème anniversaire de la canonisation de Sainte Jeanne d’Arc, deux femmes aussi héroïques dans la sainteté chrétienne que dans leur amour pour leur pays, cette pauvre année 2020 a pris le relais de 1794, et un virus étranger, très vite naturalisé français, a remplacé la vieille machine de mort. L’avenir dira jusqu’où peuvent aller les rapprochements entre 1794 et 2020. Il est vrai qu’en 1793 on avait coupé la tête du Roi, et qu’en 2019 le cœur de la France, le lieu qui l’a vu naître, a été touché aux deux endroits vitaux symbolisant son ancienne puissance. Le feu de l’incendie a frappé l’édifice spirituel, celui du terrorisme le bâtiment emblème de la sécurité de l’Etat !
Ce que fera ou ne fera pas le pouvoir politique, mais il n’est pas seul en cause, aidera à répondre à bien des questions et provoquera immanquablement des changements. Sur le point très précis que j’ai soulevé de la prise en compte des différences religieuses, je ne lui demande pas de privilégier qui que ce soit, mais simplement d’être lucide sur certaines réalités incontournables concernant les religions pratiquées en France, pour lesquelles il ne disposera jamais des pleins pouvoirs et qu’il lui est impossible d’unifier, y compris par des textes de lois identiques pour chacune d’entre elles.
Neuvaine au Saint-Esprit: Jour 1
Dieu n’abandonne pas l’homme pécheur
INVOCATION A L’ESPRIT-SAINT
Viens, Esprit du Seigneur, remplis le cœur de tes fidèles et allume en eux le feu de ton amour.
« Ô très saint et très adorable Esprit, faites-moi entendre Votre douce et aimable voix. Je veux être devant Vous comme une plume légère, afin que votre Souffle m’emporte où Il veut et que je ne Lui oppose jamais la moindre résistance ». (P. François Libermann)
INTRODUCTION À LA PAROLE DE DIEU
Que l’Esprit-Saint nous fasse comprendre et goûter la Parole de Dieu. Nous lisons aujourd’hui le chapitre 3 de la Genèse. Nous prenons conscience que l’humanité est séparée de Dieu, elle n’est plus en communion avec Lui. Mais tout en la laissant à elle-même, Dieu lui a promis une perspective d’avenir heureux : le retour vers Lui.
LA PAROLE DE DIEU (Gn 3)
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” » Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s’en firent des pagnes.
Ils entendirent la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour. L’homme et sa femme allèrent se cacher aux regards du Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin. Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? » Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. »
Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. » Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu viseras son talon. » (…)
MÉDITATION
Dans ce passage du livre de la Genèse, nous voyons que nos premiers parents sont dans une situation de rupture avec Dieu. Ils se cachent. Ils craignent la rencontre avec Dieu, leur créateur. Dieu sanctionne leur transgression. Mais il laisse une porte ouverte vers un avenir heureux : Il dit au Serpent tentateur : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu viseras son talon. Dans la traduction faite par St Jérôme et qui a été la traduction officielle pendant plus de mille ans dans l’Église (la Vulgate), on lisait même : « Je mettrai une hostilité entre toi (serpent) et la femme et elle t’écrasera la tête et tu la viseras au talon. » Ainsi dès le livre de la Genèse, la victoire sur le mal est annoncée et elle arrivera par la Femme que l’Église n’hésite pas à reconnaître en Marie. La défaite de l’humanité s’étant faite à cause du serpent c’est-à-dire de l’esprit du mal, le retour vers Dieu se fera grâce à l’Esprit-Saint.
SILENCE DE COMMUNION AVEC DIEU
Parle Seigneur, ton serviteur écoute. Explique-moi les secrets de la Vie.
PRIERE A MARIE
PRIERE A L’ESPRIT-SAINT
Je prie pour l’Église, le monde, mon entourage et moi-même
Notre Père
Gloire au Père
PS: vous pouvez encore vous inscrire à la neuvaine ici.
Appel à l’union des droites aux municipales : illustration des enjeux à Tarascon
Le gouvernement a annoncé la tenue du second tour des élections municipales le 28 juin, sauf forte dégradation des conditions sanitaires. Nos lecteurs savent tout le mal que nous pensons de cette date, qui ne permettra pas la conduite d’une campagne de second tour dans des conditions satisfaisantes.
Pour autant, notre appel à la fusion des listes de droite qualifiées pour le second tour pour battre la gauche et ses alliés reste plus pressant que jamais. La limite de dépôt des listes étant le 2 juin, il ne reste plus que quelques jours pour éviter des défaites évitables.
Nous avions évoqué en mars le cas de Carpentras, où une victoire reste possible si le candidat divers-droite soutenu par le RN et le candidat soutenu par LR acceptent de fusionner.
A Tarascon évoqué ici, une fusion de deux listes issues de la droite nationale offrirait des chances sérieuses de victoire face au maire sortant prétendument « divers-droite », en réalité allié localement à la gauche.
Avec une abstention de 52,4%, le maire sortant a obtenu 44,7% des suffrages exprimés au premier tour, contre 35,8% pour l’ex-FN Valérie Laupies, soutenue par le CNIP et Robert Ménard, et 19,6% pour le RN Jean-Guillaume Remise.

Pour montrer tout l’enjeu d’une fusion, détaillons des scénarios plausible pour le second tour :
Scénario 1 : les trois listes qualifiées se maintiennent
Typiquement, un tel scénario donnerait lieu à un transfert de voix du candidat de droite nationale le moins bien placé vers le mieux placé. Devant la quasi-impossibilité d’une victoire, on peut s’attendre à une mobilisation médiocre des électeurs de droite nationale.
En prenant en outre en compte une « prime au sortant » due à la crise actuelle, on peut envisager 49% des suffrages exprimés pour le maire sortant, 39% pour la liste Laupies et 12% pour la liste RN.
Avec ce résultat, l’attribution des conseillers municipaux serait :
- 25 conseillers pour la majorité sortante
- 6 conseillers pour la liste Laupies
- 2 conseillers pour la liste RN
Scénario 2 : les listes Laupies et RN fusionnent et remportent la majorité
Dans un scénario où la liste fusionnée obtiendrait 51% des suffrages, et le maire sortant 49%, l’attribution serait :
- 8 conseillers pour la majorité sortante
- 25 pour la liste fusionnée. Cette dernière ayant été répartie au prorata des résultats du 1er tour, 16 seraient issus de la liste Laupies, 9 de la liste RN.
Scénario 3 : les listes Laupies et RN fusionnent et manquent la majorité
Même si les résultats du 1er tour donnent une liste fusionnée clairement favorite, les circonstances particulières de ce scrutin obligent à envisager le cas d’une défaite avec 49% contre 51% pour le maire sortant.
Dans ce cas, les conseillers municipaux seraient :
- 25 pour le maire sortant
- 8 pour la liste fusionnée, soit, toujours au prorata, 5 sièges issus de la liste Laupies, 3 de la liste RN.
Il apparaît que même en cas de défaite d’une liste fusionnée, la liste arrivée 3e remporte davantage de sièges si elle fusionne sur la base des résultats du 1er tour.
En outre, tous les conseillers municipaux de Tarascon étant grands électeurs pour les prochaines sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, on comprend l’enjeu d’une fusion dans la perspective d’une réélection de Stéphane Ravier, seul sénateur RN sortant.

Reprise des cérémonies religieuses publiques
Communiqué du ministre de l’Intérieur :
Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, annonce avoir convenu avec les représentants des cultes des modalités de reprise des cérémonies religieuses.
Depuis le début de la crise sanitaire, les responsables des cultes en France ont fait preuve de réactivité et de responsabilité face à l’épidémie. Si les lieux de culte n’ont jamais été fermés, des restrictions ont dû être imposées pour les cérémonies religieuses alors même que le confinement se déroulait lors de fêtes religieuses particulièrement importantes, notamment pour nos concitoyens chrétiens, juifs et musulmans.
Conscients de cette situation, le Président de la République, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont entretenu un dialogue constant avec les responsables des cultes et dès le 4 mai au Sénat, le Premier ministre annonçait l’intention du Gouvernement de permettre la reprise des cérémonies religieuses, dans le respect des règles sanitaires pour la fin de mois de mai.
Par une décision du 18 mai, le Conseil d’État a jugé que la reprise des cérémonies religieuses pouvait être envisagée sous réserve du respect de règles sanitaires strictes. Ce matin, lors d’une nouvelle réunion de concertation, le ministre de l’Intérieur et les responsables des cultes ont pu s’accorder sur les mesures à prendre pour assurer la sécurité sanitaire de tous.
Ainsi, un décret qui paraîtra dans les prochaines heures et entrera immédiatement en vigueur, prévoit que :
- les lieux de culte seront tenus, comme tous les autres établissements recevant du public, de respecter les gestes barrières ainsi que les mesures de distanciation physique. Le gestionnaire du lieu de culte sera en charge du respect de ces prescriptions ;
- les organisateurs s’assureront du respect de la règle la distanciation physique d’au moins un mètre entre deux personnes, en déterminant ce faisant le seuil maximal de fréquentation. Les organisateurs demeurent évidemment libres de fixer un seuil inférieur ;
- le port d’un masque de protection sera obligatoire lors des cérémonies religieuses ;
- une attention particulière sera portée sur les entrées et les sorties des édifices. Pour chaque lieu de culte, une personne identifiée sera ainsi désignée par l’organisation pour réguler le flux, veiller au nombre de personnes présentes à l’intérieur des bâtiments et éviter les attroupements aux abords de ceux-ci ;
- la désinfection des mains sera obligatoire à l’entrée des lieux de culte.
Les préfets de département pourront interdire l’ouverture ou ordonner la fermeture d’un lieu de culte si ces règles ne sont pas respectées.
Par ailleurs, à ce dispositif nécessaire pour la sécurité sanitaire des fidèles comme des célébrants, viendra s’ajouter l’application de recommandations élaborées par chaque culte et adaptées à leur pratique rituelle.
Si l’objectif d’une reprise généralisée des cérémonies religieuses reste le 3 juin, il sera ainsi possible, dès la publication de ce décret, sous la responsabilité du gestionnaire du site et dans le respect des règles et obligations convenues avec les représentants des cultes, de célébrer à nouveau, progressivement, des offices.
Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, déclare :
« Cette décision est le fruit du dialogue riche et permanent que nous avons entretenus avec les cultes depuis le début de cette crise sanitaire. Nous avons travaillé et trouvé une solution pour permettre la reprise des cérémonies religieuses tout en assurant la protection sanitaire de chacun. Notre volonté de protéger les Français et de limiter la circulation du virus n’a pas changé. Nous avons confiance dans la prudence et la vigilance exemplaires des responsables des cultes. »
Et voici le décret de ce matin :
I. – Le décret n° 2020-548 du 11 mai 2020 susvisé est ainsi modifié :
1° Le III de l’article 10 est remplacé par les dispositions suivantes :
« III. Les établissements de culte relevant du type V sont autorisés à recevoir du public dans le respect des dispositions qui leur sont applicables et dans des conditions de nature à permettre le respect des dispositions de l’article 1er.
« Toute personne de onze ans ou plus qui accède ou demeure dans ces établissements porte un masque de protection répondant aux caractéristiques techniques fixées par l’arrêté conjoint des ministres chargés de la santé et du budget mentionné au K bis de l’article 278-0 bis du code général des impôts. L’obligation du port du masque ne fait pas obstacle à ce que celui-ci soit momentanément retiré pour l’accomplissement des rites qui le nécessitent.
« Le gestionnaire du lieu de culte s’assure à tout moment, et en particulier lors de l’entrée et de la sortie de l’édifice, du respect des dispositions mentionnées au présent III.
« Le préfet de département peut, après mise en demeure restée sans suite, interdire l’accueil du public dans les établissements de culte si les conditions de leur organisation ainsi que les contrôles mis en place ne sont pas de nature à garantir le respect des dispositions mentionnées au présent III. »
Cette crise a montré la nécessité d’apporter de la flexibilité à un système éducatif qui n’en a pas
Alain Bouvier, ancien recteur et rédacteur en chef de la « Revue internationale d’éducation de Sèvres », a été interrogé dans Le Monde sur le déconfinement de notre système scolaire. Extraits :
[…] Pendant cette crise, l’enseignement formel pour tous, par un professeur suivant le programme officiel en présentiel dans sa classe, a de fait disparu au profit de propositions pédagogiques diverses, parfois innovantes, parfois moins, à distance, plus individualisées et moins encadrées. Les familles s’en sont saisies différemment selon les milieux…
Cette fragmentation sans précédent du système éducatif s’incarne aujourd’hui dans les modalités de « retour » à l’école. Les réouvertures d’établissement s’étalent sur plusieurs semaines. Les familles ont le choix de renvoyer ou non leur enfant à l’école. Et selon quatre modalités différentes de scolarisation : tout présentiel, distanciel et présentiel, tout distanciel, et enfin un temps partagé entre les cours et les nouvelles activités périscolaires « 2S2C » (sport, santé, culture, civisme)…
Mais l’individualisation dont vous parlez est exceptionnelle, dans un contexte qui l’est tout autant. Quels peuvent en être les effets à long terme sur l’école ?
Il est bien sûr impossible de dire ce qui restera de ce fonctionnement inédit après la crise. Mais cette situation pose la question des finalités que l’on donne à l’école. Est-elle là, comme certains le défendent, pour son rôle social, pour construire du vivre-ensemble et une culture collective, découvrir l’autre, etc. ? Ou bien sa mission est-elle de se mettre au service de la réalisation des projets de chacun et chacune, individuellement ? Je crois que la crise réactive ce débat historique, dans la mesure où la mission sociale de l’école a été, un temps au moins, mise en difficulté par la fermeture des établissements…
Au-delà de cette question, il est possible que le rôle des familles et le trio « enseignants-élèves-parents » sortent renforcés de la crise. Par la force des choses, l’école française, qui a historiquement mis à l’écart les familles, a dû s’ouvrir aux parents comme jamais, et vice-versa. Je me réjouis de voir que, grâce à cette crise, les apprentissages des élèves ont été mis sur la table de façon visible pour les familles. Les enseignants, souvent habitués à travailler dans le huis clos de leur salle de classe, ont été obligés d’« ouvrir leur porte ». Espérons qu’ils y auront trouvé du plaisir pour continuer à le faire, après la crise, auprès de parents qui s’y seront un peu habitués.
Selon vous, quels sont les autres effets de la crise sur le métier d’enseignant et son image auprès des Français ?
Elle a permis de voir que l’accompagnement des élèves est aussi important que l’enseignement qui leur est donné, et donc mis en avant le rôle pédagogique central à côté des enseignants des autres accompagnants que sont les parents, les CPE, etc. Et la nécessité d’échanger avec les autres professeurs pour partager des pratiques pédagogiques. La crise a donc montré que la pédagogie ne peut être qu’un travail d’équipe. Mais aussi que l’apprentissage doit être en partie individualisé, alors que cela est nié par une partie de la profession depuis cinquante ans, qui explique qu’il n’y a d’apprentissage que collectif, avec la « dynamique » d’un groupe, etc. La situation a prouvé que les deux approches sont complémentaires.
Quant à l’image du métier auprès des Français, si celle-ci s’est détériorée progressivement depuis quarante ans, c’est justement car ce métier n’est pas assez connu, tout étant fait pour qu’il ne le soit pas. Aujourd’hui, c’est peut-être un peu moins le cas qu’il y a deux mois…
Quelles sont selon vous les évolutions souhaitables de l’école après cette crise ?
Cette crise a une nouvelle fois montré la nécessité d’apporter de la flexibilité à un système éducatif qui n’en a pas, entre autres à cause du rôle de ceux que j’appelle les « statuquologues » (certains syndicats, la technocratie intermédiaire de l’éducation nationale, etc.). J’observe d’ailleurs que ceux-ci ont observé une relative « trêve », au moins au début du confinement. Les enseignants ont une nouvelle fois montré que lorsque le cadre se desserrait un peu, ils étaient capables, au moins pour une partie d’entre eux, d’innover et de bien faire leur métier, sans que celui-ci n’ait besoin d’être corseté par une multitude de circulaires tatillonnes arrivant à cadence renforcée de l’administration centrale.
On pourrait donc imaginer, aujourd’hui plus qu’hier, et même si une partie de la corporation n’y est pas favorable, des modes de fonctionnement avec plus de flexibilité et de responsabilité au niveau local, pour les chefs d’établissement et les enseignants. L’école de demain devra faire sa place aussi à une diversité des formes de scolarisation, pour développer des modèles « hybrides » combinant, de manière plus organisée que pendant la crise, temps de classe et travail à distance, comme cela existe dans d’autres pays. Et ce afin de ne pas laisser cette souplesse aux seules structures privées, qui proposent aussi leurs services aux familles.
Les semaines qui viennent, ainsi que la rentrée de septembre, seront déterminantes pour juger de la pertinence des solutions proposées pour faire face à la crise. Est-ce qu’on cherchera immédiatement, en fonction des succès ou des échecs, à revenir à l’uniformisation qui prévalait avant ? C’est une vraie question, qui mériterait, je crois, un débat parlementaire et un nouveau « contrat scolaire » entre les Français et leur école.
Le Puy du Fou accueillera ses visiteurs à partir du jeudi 11 juin, et jusqu’au 1er novembre 2020
Le Président de la République a décidé la réouverture des sites touristiques et parcs à thème en zone verte pour le 2 juin. Compte tenu du délai de préparation logistique impérative qui précède l’ouverture du site, le Puy du Fou accueillera ses visiteurs le jeudi 11 juin, et jusqu’au 1er novembre 2020. Toutes les mesures sanitaires mises en oeuvre par le Puy du Fou pour garantir la sécurité des visiteurs seront définitivement validées d’ici l’ouverture au public, en plein accord avec les services de l’Etat.
Le spectacle nocturne “Les Noces de Feu“, Création Originale 2020, sera programmé à la place de la Cinéscénie, du 13 juin au 18 juillet inclus.
Pour garantir la sécurité de tous, le Puy du Fou met en œuvre une série de mesures fortes :
- Dès leur arrivée au Puy du Fou, les visiteurs sont invités à se stationner sur des parkings spacieux, suivant un plan destiné à éviter le croisement des personnes.
- Dans l’enceinte du site, la circulation des visiteurs est organisée et contrôlée en permanence par la présence de 350 agents sur le terrain, assistés par une surveillance vidéo couvrant la totalité du Puy du Fou.
- L’ensemble des lieux traversés sont constamment désinfectés tout au long de la journée (restaurants, tribunes de spectacles, sanitaires, chambres d’hôtels, navette…).
- Plus de 250 points de distribution de gel hydroalcoolique.
- Equipes en contact avec les visiteurs rigoureusement équipées d’un matériel anti COVID-19 (masques, gants, visières …), et formées aux mesures de sécurité et d’hygiène sanitaire.
- Un médecin et une équipe médicale formés à la détection et à la gestion du COVID 19, sont présents quotidiennement.
- Les accès et sorties des spectacles sont élargis et multipliés afin de préserver la distance physique entre les personnes, et fluidifier le déplacement des visiteurs.
- Le nombre de spectateurs en tribune est drastiquement réduit à chaque représentation, pour respecter la distance physique entre chaque visiteur ou groupe familial.
- La capacité de chaque restaurant traditionnel a été réduite de 50% afin de préserver les distances entre les tables.
- Offre supplémentaire de formules de restauration à emporter.
Dans les circonstances exceptionnelles actuelles, le Puy du Fou accompagne ses visiteurs avec des conditions de réservation d’une très grande flexibilité. Toutes les personnes ayant réservé des billets ou séjours au Puy du Fou pour l’une des dates annulées en raison de la crise sanitaire se verront proposer une solution sur mesure, adaptée à leurs contraintes personnelles et à nos disponibilités. Nos équipes contactent les visiteurs individuellement par ordre chronologique de visite en commençant par les dates les plus proches.
Recommandations du gouvernement pour la reprise du culte public : le seuil d’occupation des églises laissé à l’appréciation des responsables
Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est entretenu vendredi matin avec les principaux responsables des cultes afin de mettre au point un texte de “recommandations”. Un nouveau décret est attendu, pour “application immédiate” et dans lequel il y aura la possibilité de reprendre les célébrations religieuses avec des conditions générales de reprise conformes aux impératifs de sécurité sanitaire.
Sera transférée à chaque culte la responsabilité d’adapter les règles et le calendrier d’ouverture. Parmi les recommandations générales figurent des mesures qui portent sur la distanciation physique (avoir 4 m2 autour de chaque personne), la régulation des flux pour l’entrée et la sortie, l’obligation de désinfection des objets utilisés, le port du masque et la communication envers les fidèles, ont énuméré les participants à la réunion.
En revanche, rien n’est écrit sur la question d’un seuil limite d’occupation d’une église. Ce sera décidé localement et laissé à l’appréciation des organisateurs.
Retrouvez l’analyse d’Eric Zemmour hier soir sur CNews (à partir de 46mn), sur la dichotomie entre les autorités épiscopales et les fidèles :
Cette année le pèlerinage de Chrétienté se fera par chapitre et localement
Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté, répond aux questions d’Anne Le Pape dans Présent. Extraits :
Quelle forme va devoir prendre le Pèlerinage de Chrétienté cette année ?
Dès le début du confinement, nous nous sommes organisés en fonction des annonces du gouvernement. Cette année le pèlerinage se fera par chapitre et localement. Chaque chef de chapitre organise un pèlerinage, une procession, un événement, qui se déroulera dans sa région – en France ou à l’étranger, puisque 15 % environ de nos pèlerins viennent de l’étranger. Nous attendons l’effet du référé-liberté, nous espérons encore avoir pour la Pentecôte l’autorisation de messes publiques.
Combien de pèlerins accueillez-vous habituellement ?
L’an dernier nous avons eu 14 000 personnes à Chartres et 3 000 « anges gardiens », non marcheurs. Le pèlerinage a connu une croissance considérable, d’environ 50 % en cinq ans, la moitié des pèlerins ayant moins de 20 ans.
Nombreux sont ceux cette année qui ont particulièrement soif spirituellement…
Nous en sommes déjà le 21 mai à près de 8 000 inscrits, ce qui est une formidable réponse à notre appel. Nos pèlerins appartiennent à ce que Yann Raison du Cleuziou appelle les « observants », les derniers pratiquants militants, courageux, attachés au monde de la tradition. Les pèlerins seront sans doute encore plus nombreux l’an prochain, pour ces trois jours durant lesquels ont lieu des milliers de confessions, la naissance de vocations, des engagements de fiancés et des conversions. […]
Qui célèbre les messes qui avaient été prévues pour ces trois jours ?
Samedi, l’abbé Fournier, qui a sauvé le Saint-Sacrement lors de l’incendie de Notre-Dame, célèbrera et prêchera à Saint-Sulpice pour la messe diffusée en direct ; dimanche le père de Blignières à Chéméré, et lundi Mgr Descourtieux, de la congrégation pour la doctrine de la foi, à Saint-Pierre de Rome, en la chapelle Sainte-Pétronille…

Calamiteuse gestion du déconfinement et mépris pour les familles
Le 19 mai dernier, l’Assemblée a été le théâtre (c’est le mot!) d’un débat sur le déconfinement. Patrick Hetzel, député LR et excellent connaisseur du système éducatf, a fortement critiqué la gestion calamiteuse du retour en classe:
Au moment de l’annonce du déconfinement pour le lundi 11 mai, les questions en suspens étaient nombreuses. Une semaine après le déconfinement, force est de constater que les interrogations sont hélas encore plus nombreuses, tant les approximations, les à-peu-près et les angles morts sont la règle de conduite gouvernementale. […]
On en trouve des exemples à foison pour ce qui concerne la réouverture des écoles. Le retour en classe des élèves en zone d’éducation prioritaire était à juste titre un argument clé du ministre de l’éducation nationale, qui proclamait urbi et orbi que par ce moyen, on allait faire revenir à l’école ceux qui s’en étaient le plus éloignés pendant le confinement. Or, aujourd’hui, seule une infime minorité de ces élèves sont retournés à l’école, contrairement à ce qu’avait annoncé M. Blanquer. […]
Le constat est simple : vous avez manifestement échoué sur ce point. D’où ma première question : que comptez-vous faire pour y remédier ?
Nous sommes en outre surpris que l’on ne mette pas en place un dispositif d’accompagnement spécifique pour les élèves en difficulté, comme l’avaient prévu Les Républicains. […]
Parmi les cinquante propositions que le groupe Les Républicains avait formulées en vue d’un déconfinement réussi figurait le fait de tester systématiquement et chaque semaine le personnel scolaire, y compris les enseignants, les AVS, auxiliaires de vie scolaire et les AESH, accompagnants des élèves en situation de handicap ; c’est d’ailleurs ce que font les Allemands. Le ministre de l’éducation nationale avait répondu ici même, le 6 mai dernier, en faisant montre d’un profond mépris envers les enseignants, qu’il ne fallait pas gâcher les tests. […]
Cela étant dit, vu que le ministre des solidarités et de la santé nous annonce que les capacités de dépistage ne cessent d’augmenter dans notre pays, quand allez-vous systématiquement tester les enseignants ? […]
Manifestement, contrairement à une autre affirmation assez singulière de M. Blanquer, on court plus de risques en envoyant les enfants à l’école qu’en les gardant à la maison. […]Quant aux lycéens, à six semaines de l’échéance, des centaines de milliers d’élèves de première ignorent encore si l’oral de français sera ou non maintenu. L’attente est de plus en plus difficile pour les intéressés et les familles dont j’ai reçu le témoignage ne goûtent pas vraiment ce que le ministre a dit au Journal du dimanche. Il y affirme, avec brio sans doute, mais avec tout de même là encore une pointe de mépris : « Les élèves me remercieront dans dix ans, en se souvenant de leur lecture de Phèdre durant le confinement ». […]
Pour le moment, les élèves se souviennent d’une seule chose : que le ministre est incapable de donner une réponse à leurs questions légitimes concernant le baccalauréat de français. Aurons-nous ce soir une réponse ferme et définitive ? Encore une fois, les familles de France attendent une réponse : cela devient insupportable!
La réponse d’Aurélien Taquet, secrétaire d’Etat, répondant à la place de Jean-Michel Blanquer, est assez croquignolesque:
Pour finir, monsieur Hetzel, ce n’est pas le ministre de l’éducation nationale qui dit qu’il peut être plus dangereux pour un enfant de rester chez lui que d’aller à l’école dans le contexte actuel. C’est la Société française de pédiatrie. […]
Il existe un risque pédagogique, un risque de décrochage, qu’a évoqué le ministre de l’éducation nationale ; mais il y a aussi un risque social et un risque psychologique. Un risque social, car depuis trois mois, des enfants sont victimes de maltraitance ; il est important d’ouvrir les portes, les fenêtres, et que ces enfants retournent à l’école ! […] Un risque psychologique, car certains enfants ont besoin d’une sociabilité […] qui va au-delà du cercle familial restreint. […] J’ignore si vous êtes père de famille, monsieur Hetzel. Moi, j’ai de jeunes enfants ; je vois bien qu’aujourd’hui, ils ont besoin de retrouver leurs camarades. Par ailleurs, les études scientifiques tendent à prouver – là encore, dans l’attente d’une confirmation, je m’exprime avec beaucoup de prudence – que les enfants sont moins touchés par le covid et le transmettent moins souvent que nous ne l’avions d’abord supposé. Il est donc beaucoup moins risqué pour un enfant d’aller à l’école que de rester chez lui.
C’est sans doute parce que les enfants sont moins touchés par le covid que les écoles ont été fermées en priorité. Mais, surtout, le mépris, voire la haine, du ministre pour les familles soupçonnées d’être des foyers de “maltraitance” – alors que, c’est bien connu, l’Education nationale est extraordinairement protectrice pour les enfants! – est assez saisissante.
CEDH : des terroristes étrangers invoquent les droits de l’homme pour rester en Europe
N’est-il pas paradoxal de voir des terroristes de Daech invoquer les « droits de l’homme » pour être autorisés à rentrer en Europe, ou pour ne pas en être expulsés, alors même qu’ils en détestent la culture et l’ont combattue, au point de se rendre coupables de crimes de guerre et de génocides ? De tels cas se multiplient devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
L’ECLJ est intervenu dans deux d’entre eux, afin de porter une interprétation des droits de l’homme qui ne soit pas naïve, tout en restant ferme sur les principes.
À cette occasion, l’ECLJ vient de publier un nouveau Rapport sur les conditions du retrait de la nationalité des terroristes.
Dans l’une de ces affaires, un ancien combattant de Daech, issu d’un couple mixte danois et tunisien, conteste la déchéance de sa nationalité danoise et son expulsion vers la Tunisie, dont il est ressortissant. Dans l’autre, un Irakien conteste son expulsion vers l’Irak pour avoir organisé le financement d’une organisation terroriste irakienne depuis l’Allemagne, où il vit avec son épouse turque et leurs enfants (de double nationalité allemande et turque).
Par ces affaires, la CEDH doit donc se prononcer sur deux questions importantes :
- Un État européen peut-il retirer sa nationalité puis expulser hors d’Europe un terroriste ayant jusqu’alors une double nationalité ?
- Un État européen peut-il expulser un terroriste étranger ayant fondé une famille binationale sur son territoire ?
Dans ses observations écrites (consultables ici et là), l’ECLJ a notamment rappelé ce en quoi consiste le lien de « nationalité » entre une personne et une nation : elle n’est pas un droit, ni une simple formalité administrative, mais l’expression d’un lien d’appartenance. L’ECLJ a également rappelé les motifs pour lesquels il doit être possible d’expulser un terroriste étranger.
Par leurs actes, les terroristes de Daech brisent eux-mêmes leur lien d’appartenance avec un peuple européen ou manifestent l’inexistence d’un tel lien. Dans leur cas, « la déchéance de la nationalité ne fait que traduire, en droit, une réalité factuelle et matérielle : celle d’une personne qui est étrangère par tout son être » (Bertrand Pauvert, entretien vidéo pour l’ECLJ).
Lorsque les djihadistes ont une seule nationalité, les États européens ne peuvent les en priver que s’il est raisonnable de penser qu’ils peuvent acquérir une autre nationalité (voir CEDH, K2 c. Royaume-Uni, n° 42387/13, 7 février 2017). Le droit international et européen laisse en revanche une large marge d’appréciation aux États pour retirer leur nationalité aux terroristes binationaux, c’est-à-dire disposant déjà d’une autre nationalité.
Pourtant, la déchéance de nationalité est peu utilisée. En France, par exemple, seules 13 déchéances de nationalité ont été prononcées à la suite d’actes de terrorisme en vingt ans (1996 – 2016). Ce choix politique est dangereux. En effet, les djihadistes qui gardent leur nationalité ont un « droit au retour » en Europe, et le droit de ne pas en être expulsés. Au contraire, le retrait de la nationalité des binationaux facilite leur expulsion en tant qu’étrangers. Comme tout étranger, un djihadiste n’a pas un droit à vivre dans un pays dont il n’est pas, ou plus, ressortissant.
Dans ses observations à la Cour européenne, l’ECLJ a précisé que la possibilité pour un État d’expulser des terroristes étrangers poursuit plusieurs objectifs légitimes prévus par la Convention : protéger la sécurité nationale, prévenir de nouvelles infractions pénales du même ordre, ou encore défendre les droits des potentiels victimes. Plus encore, les États ont le devoir de protéger la population contre les menaces terroristes, préservant ainsi des biens communs comme l’ordre public, la concorde nationale ou encore l’esprit civil et civique.
Au-delà des cas d’espèce, l’ECLJ a formulé des propositions à la Cour pour trancher des litiges sur les expulsions d’étrangers criminels.
Certes, la jurisprudence actuelle montre que la CEDH appréhende la situation individuelle des étrangers et de leur famille et le danger qu’ils représentent pour la sécurité. La capacité d’un étranger menacé d’expulsion à s’intégrer est ainsi appréciée. Mais, la capacité de la société à intégrer cet étranger est totalement omise. Or, entre une personne étrangère et une société, la volonté d’intégration doit être mutuelle, à l’image d’un contrat bilatéral.
Après avoir évalué la volonté d’un étranger menacé d’expulsion d’honorer ce contrat, il est important d’évaluer aussi celle de la société. C’est pourquoi, l’ECLJ a proposé à la Cour de compléter sa démarche habituelle, afin d’y intégrer les droits de la société.
“Dernier appel” pour la neuvaine au Saint-Esprit
C’est demain que nous commençons notre neuvaine au Saint-Esprit. Ceux qui veulent nous rejoindre sont les bienvenus ici.
(NB: précisons que la neuvaine commence demain et non le lendemain de l’Ascension comme habituellement car elle finira le jour de la Pentecôte et non la veille.)
Entretien avec Nikola Mirkovic sur la situation au Kosovo
Vous avez publié une bande dessinée sur le Kosovo. Pourquoi?
J’aime beaucoup la BD mais je n’en avais encore jamais réalisé. J’avais déjà écrit un livre sur le Kosovo mais je cherchais un nouveau support pour parler de ce sujet qui me tient à cœur et je m’étais dit que la BD serait intéressante. C’est un moyen de toucher de nouvelles cibles de personnes qui ne connaissent pas l’histoire de la région. Afin de réaliser cette BD, j’ai quand même eu la chance de m’entourer de deux grands noms de la BD que sont Simona Mogavino et Giuseppe Quattrocchi. j’ai beaucoup appris avec eux, ce sont de grands professionnels.
La paix n’est-elle pas revenue dans la région?
Ce n’est pas parce qu’il n’y a plus la guerre que la paix est revenue pour autant. Depuis les bombardements de l’Otan en 1999, plus de 250 000 Serbes ont dû fuir la région et 1 000 Serbes ont été assassinés. Même le rapport sur la situation des droits de l’homme au Kosovo émis par le Secrétariat d’Etat américain en 2019 mentionne un incident tous les deux jours contre les Serbes et l’église orthodoxe serbe au Kosovo.
Il semble que la lutte soit davantage entre Albanais et Serbes qu’entre musulmans et chrétiens. Les chrétiens sont-ils, malgré tout, persécutés au Kosovo?
La lutte de fond est en effet entre la fraction ultra-nationaliste des Albanais et les Serbes mais il est impossible de balayer la dimension religieuse du revers de la main. 150 églises chrétiennes ont été détruites depuis 1999 pendant que 800 mosquées ont été construites au Kosovo. Quand les bombardements de l’Otan se sont arrêtés, Washington a permis aux wahhabites de prendre en main l’éducation religieuse des musulmans. Des millions de pétrodollars ont été déversés dans les communautés musulmanes du Kosovo pour leur montrer le « bon islam ». Cela s’est traduit par une radicalisation des musulmans. Les deux régions européennes qui ont fourni le plus de djihadistes par habitant au Moyen-Orient sont le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine. Deux « Etats » créés par les Etats-Unis dans les années 1990. Cette branche radicale de l’islam veut éliminer les chrétiens des Balkans. Même des Albanais commencent à s’en inquiéter. La persécution des chrétiens est latente dans la société kosovare où les Serbes sont des citoyens de seconde zone. Officiellement, ils ont le droit de pratiquer leur religion mais, dans la vie quotidienne, ils souffrent d’un ostracisme réel qui peut parfois devenir violent.
Que peut faire la France pour faire avancer une paix juste dans cette région et que peuvent faire les Français pour les chrétiens du Kosovo?
Il faut continuer de parler du drame que subissent les Serbes du Kosovo. 20 ans après les bombardements de l’Otan la situation sur place n’est toujours pas réglée et ne s’améliore pas. Il y a 20 ans, nous prêchions dans le vide, personne ne voulait nous croire mais, aujourd’hui, de plus en plus de personnes se rendent compte que la guerre du Kosovo a été le « plus grand bobard du XXe siècle » comme Serge Halimi et Pierre Rimbert l’ont rappelé dans le « Monde diplomatique ». Il faut poursuivre le combat pour faire connaître la vérité et chaque jour qui passe nous engrangeons de nouvelles victoires contre le camp du mensonge. C’est une bataille ardue mais, pour ceux qui croient aux miracles, tout est possible. On peut aussi aider les Serbes sur place en soutenant l’association Solidarité Kosovo qui leur vient en aide depuis 2004 et qui finance des projets de développement durable pour que les Serbes puissent continuer à vivre sur place en sécurité et grâce au travail de leurs mains. Vous pouvez en savoir plus en allant visiter notre site internet www.solidarite-kosovo.org
A commander ici.
Les décisions du pouvoir n’ont pas été considérées politiquement et juridiquement, mais affectivement, comme si l’Église devait voir en l’État une sorte de mère
Benoît Schmitz, normalien, agrégé d’histoire et ancien membre de l’École française de Rome, évoque dans Le Figaro la problématique de l’autorisation du culte public. Extraits :
[…] Les arguments qui ont été avancés mais aussi ceux qui ont été passés sous silence ne laissent toutefois pas de surprendre l’historien qui étudie, dans la longue durée, les relations entre l’Église et l’État. En premier lieu, la communication officielle des instances ecclésiales a mis l’accent sur la blessure que le mépris du gouvernement aurait infligée aux croyants. Selon une pente propre au catholicisme contemporain, enclin au sentimentalisme, les décisions du pouvoir n’ont pas été considérées politiquement et juridiquement, mais affectivement, comme si l’Église devait, comme d’autres groupes et minorités, voir d’abord en l’État une sorte de mère dont il faudrait rechercher désespérément la reconnaissance et l’approbation. De surcroît, une bonne part des réactions épiscopales semble avoir été dictée par le refus de tout conflit avec le pouvoir civil. Aucune condamnation formelle de l’atteinte portée à la liberté de l’Église n’a été prononcée, ce qui pouvait se faire même sans appeler les fidèles à la désobéissance civile. Les voies de recours qu’autorise le droit positif et que viennent de suivre avec succès certaines associations de prêtres ou de citoyens, ainsi qu’un parti politique, n’ont pas même été tentées par les évêques. Enfin, si on a rappelé, à juste titre, la tradition chrétienne de soumission aux pouvoirs publics, on a mis sous le boisseau la doctrine tout aussi chrétienne qui fixe de justes limites au pouvoir de l’État et distingue le pouvoir spirituel du pouvoir temporel. […]
Face aux formes contemporaines de tyrannie, il serait périlleux de ne compter, pour sauvegarder les libertés publiques, que sur les garanties constitutionnelles et les décisions du Conseil constitutionnel et du Conseil d’État, même s’il est heureux pour notre République que ces juridictions aient rendu, en ce temps de déconfinement, plusieurs décisions au rebours des mesures abusives du gouvernement. La résistance aux velléités totalitaires de l’État et de la société dépend d’abord du courage civique et de l’intelligence politique de chaque citoyen. C’est là que nous retrouvons le pouvoir spirituel et ce qu’il peut représenter pour chacun de nous, croyant ou non. Le dualisme propre à la tradition occidentale établit que le pouvoir temporel n’est pas le seul pouvoir. La faculté de dire non, de refuser son consentement et sa participation, à un État dévoyé peut trouver un puissant renfort dans le pouvoir de l’Église. En 1978, le futur Benoît XVI avait exposé l’alternative fondamentale: «ou bien […] on attribue à l’État le pouvoir séculier unique et tout-puissant, ou bien, selon la solution romaine, on érige la papauté en vis-à-vis, à la fois impuissant et puissant, du pouvoir séculier» . Dans la seconde hypothèse, le pouvoir pontifical est un signe de contradiction, «une opposition explicite au pouvoir du monde comme pouvoir unique».
Sans doute vivons-nous un moment d’éclipse du pouvoir spirituel. Mais le propre d’une éclipse est de ne pas durer. Déjà, des pasteurs se sont élevés pour défendre la liberté de culte et, avec elle, les autres libertés publiques. Monseigneur Bernard Ginoux, évêque de Montauban, a par exemple publié le 11 mai 2020 une lettre pastorale où il dénonce «l’atteinte aux droits des fidèles catholiques de participer librement à la messe» , rappelle que la loi civile injuste n’oblige pas, s’inquiète «d’une atteinte aux droits humains fondamentaux qui pourrait entraîner d’autres dérives» et invite ses diocésains à «vivre librement [leur] foi». Encouragés par l’ordonnance du Conseil d’État, d’autres suivront. Et, qui sait? Peut-être l’Église pourrait-elle regagner, en servant ainsi le vrai bien commun, le crédit qu’elle semble avoir perdu auprès des peuples d’Occident.
Un statu quo instable de “l’archipel français”
Interrogé dans Valeurs Actuelles sur la sortie de la crise pandémique, Jérôme Fourquet déclare :
[…] Ce qui est certain, c’est que le jugement des Français est sévère, la confiance en chute libre, bien davantage qu’en Italie ou en Espagne, qui ont pourtant beaucoup souffert, elles aussi. En termes de popularité, Macron est bien en dessous de Conte, par exemple… En dépit des grands appels du genre « Nous sommes en guerre », cette idée de rassemblement derrière le drapeau, cette notion d’union nationale, en vérité, a beaucoup moins bien fonctionné chez nous que chez nos voisins. Déjà très contestés, l’exécutif et la majorité n’ont donc pas du tout capitalisé sur cette crise, bien au contraire. Leur chance est que le balancier qui oscillait traditionnellement de la majorité à l’opposition est lui aussi cassé. Les oppositions n’ont pas prouvé qu’elles auraient été plus pertinentes, plus à la hauteur. Marine Le Pen a conforté ses propres troupes, elle est toujours l’opposante en chef, à 20-25 %, ce qui n’est pas rien mais pas suffisant pour s’imposer. Les écologistes sont les seuls qui peuvent espérer capitaliser, si une partie de la population accepte l’idée que ce qui nous arrive est la preuve qu’ils avaient raison mais ça ne se verra que dans un ou deux ans et encore, ce n’est pas sûr.
Vous ne voyez donc pas les cartes politiques être redistribuées ?
Chacun voit dans cette crise ce qu’il veut y voir : ça ne serait pas arrivé “s’il y avait eu des frontières” (RN) ; “si l’hôpital public n’avait pas été cassé” (PS et LFI) ; “si nos finances publiques étaient saines” (LR) ; “si l’Europe avait été plus intégrée” (les pro-Union européenne) ; “si le monde était plus écolo” (EELV) ; etc. Aucun scénario ne se dessine. Celui de l’union derrière le président n’a pas eu lieu ; l’idée d’un gouvernement de salut public n’a généré de l’appétit que chez quelques personnes qui ne représentent qu’elles-mêmes. Le scénario du dévissage complet ne s’est pas produit, celui voyant l’émergence d’un leader populiste raflant la mise non plus. Je parie sur la persistance du statu quo instable de “l’archipel français”…
États-Unis : les évêques du Minnesota prennent la liberté de reprendre la célébration des messes publiques
Courageux évêques américains :
Dans l’État américain du Minnesota, les évêques catholiques ont décidé d’autoriser la célébration des messes publiques, sans se conformer aux interdictions qui limitent le nombre de participants aux offices religieux. Les évêques ont ainsi permis aux paroisses de leurs diocèses de reprendre les célébrations de messe sans tenir compte de la décision du gouverneur qui interdit les rassemblements religieux qui dépasseraient 10 personnes. Les évêques mettent les pieds dans le plat. Dans un communiqué publié le 20 mai 2020, ils estiment qu’
“un décret qui s’étend si largement qu’il prohibe, par exemple, un rassemblement de onze personnes dans une cathédrale avec une capacités en place de plusieurs centaines de personnes défie la raison”. “En conséquence, nous avons choisi d’aller en avant, en l’absence de tout calendrier spécifique édicté par le gouverneur Walz et son administration. Nous ne pouvons permettre une suspension indéfinie de célébration publique de la masse“.
“La vie de la foi est essentielle”, affirment-ils aussi pour défendre la reprise des célébrations eucharistiques publiques. Les évêques affirment avoir vainement tenté un dialogue avec le gouverneur sans avoir pu obtenir de réponse sous la forme d’un calendrier concret et d’une feuille de route. Aucune proposition pour la reprise du culte ne leur a donc été transmise.
La loi de bioéthique ne sera pas votée avant l’été
Invité de LCI, le patron des députés de la majorité, Gilles Le Gendre, a indiqué qu’il espère « adopter la PMA d’ici la fin du quinquennat », soit mai 2022.
« Avant l’été, c’est impossible, pour une raison de calendrier : nous n’avons plus beaucoup de temps et nous avons des textes importants, très liés à la situation économique d’urgence et à la situation sanitaire d’urgence ; et par ailleurs […] les hémicycles, Sénat et Assemblée nationale, travaillent à effectifs réduits pour respecter les règles sanitaires et pour une loi aussi importante, que l’ensemble des forces politiques ne puissent pas être présent dans l’hémicycle, ça pose un vrai problème ».
Les parlementaires soumis au lobby LGBT se sont indignés. De fait, le COVID-19 doit être homophobe…
Messe : se contenter d’un contact « virtuel » révèle l’état de déshumanisation de notre époque post-moderne
Le Petit Placide diffuse l’homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault :
Eritis mihi testes… usque ad ultimum terræ. Vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre. (Ac 1,8)
Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,
L’événement de l’Ascension vient clôturer le temps de la présence du Seigneur auprès de ses disciples.
Après la résurrection, le Christ était encore apparu de nombreuses fois à ses amis. Mais contrairement aux trois années de la vie publique, il n’était déjà plus tout le temps avec eux de façon sensible et visible. L’Ascension les prive désormais de cette présence. Le temps est donc venu des dernières paroles, de l’ultime envoi en mission. Trois évangélistes, Matthieu, Marc et Luc s’en souviendront. Quant à saint Jean, il n’évoque pas le moment de l’Ascension, puisque les autres en avaient parlé avant lui, mais conclut son évangile par l’épisode de la pêche miraculeuse au bord du lac de Tibériade. Alors que la nuit s’était passée sans rien prendre, les apôtres voient un individu sur le bord. Ils ne le reconnaissent pas. Celui-ci les invite à jeter à nouveau les filets, qui se remplissent. « C’est le Seigneur ! » (Jn 21,7) s’écrit saint Jean. Après le repas de pain et de poissons pris auprès d’un feu de braise, Jésus, par trois fois pose cette question à Pierre : « M’aimes-tu ? » Puis il ajoute : « Sois le berger de mes agneaux… Sois le pasteur de mes brebis… Sois le berger de mes brebis. » (Jn 21,15-18)
Le thème des dernières paroles du Christ est la mission : « Vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre », selon saint Luc ; ou encore, dans l’évangile de saint Marc, « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. » (Mc 16,15) L’écho de ces paroles a traversé les siècles.
Nous les entendons aujourd’hui au cœur d’une actualité confuse. En cohérence avec notre nom de chrétien, avons-nous été, et sommes-nous les témoins du Christ ?
Mais que faut-il pour être témoin ? Le fait d’être témoin est fondé sur une volonté du Christ. Nous venons de l’entendre. C’est lui qui a l’initiative d’envoyer en mission. Ce qui est clair pour les apôtres, vaut de façon analogique pour tous les disciples, pour tous les chrétiens. Dans le cas des apôtres, saint Marc va jusqu’à écrire : « Il en créa douze. » (Mc 3,14) Le même verbe est utilisé dans le livre de la Genèse (Gn 1,1) pour évoquer la création de l’univers ou encore dans le livre d’Isaïe (Is 43,1) pour la création du Peuple d’Israël. Cette nouvelle création est le fruit de la prière du Christ (Lc 6,12-13). C’est de la volonté du Christ et de sa prière que découlent notre droit de témoigner et la force qu’il nous faut pour le faire.
Pour être témoin, il faut aussi avoir rencontré le Christ. Au moment de remplacer Judas, Pierre s’adresse aux frères : Il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu’au jour où il fut enlevé d’auprès de nous. Il faut donc que l’un d’entre eux devienne avec nous témoin de sa résurrection. (Ac 1,21-22)
Pour la plupart d’entre nous, cela fait bien longtemps que nous avons été marqués par le signe de la Croix, au jour de notre baptême. Que reste-t-il de cette première rencontre ? La situation de l’Église dans nos pays de vieille chrétienté ne refléterait-elle pas la réalité de bien des vies spirituelles, profondément déprimées ? Être témoin du Christ, c’est non seulement avoir un jour rencontré la chair et le sang de Jésus à travers les sacrements, mais c’est surtout vivre en authentique communion avec le Seigneur, puisant dans sa chair et son sang la force de poursuivre la route. De cette communion naît un témoignage véridique qui, de façon ultime, s’exprime au cours des persécutions par le martyre.
Aujourd’hui, c’est avec une profonde tristesse qu’on peut lire que l’expérience des Messes virtuelles retransmises par les nouveaux moyens de communication semble satisfaire un nombre non négligeable de chrétiens. Pour certains, ce mode d’assistance à la Messe permettrait de pallier le manque de vocations sacerdotales. Plus profondément, le fait de se contenter ainsi d’un contact « virtuel » révèle l’état de déshumanisation de notre époque post-moderne.
L’individualisme, nouvelle idole, conduit à ignorer l’humanité de l’autre tant qu’il ne m’est pas utile ; et encore se limitera-t-on souvent à le considérer uniquement d’un point de vue fonctionnel. L’avortement, considéré du côté de ses victimes : l’enfant toujours, la femme et les médecins qui l’accomplissent parfois, l’euthanasie, les peuples et les hommes ployant sous le joug du dieu argent, les familles broyées par la guerre intestine des divorces et des abus, en sont des illustrations.
En face, l’épidémie que nous vivons n’est rien. Et le monde se tait, dans la complicité des États qui souvent soutiennent et promeuvent ces situations. Au soir du Jeudi-saint, Jésus se serait-il trompé ? En aurait-il trop fait, trop dit ? Pourquoi ne s’est-il pas borné à affirmer un vague et lointain amour de Dieu pour l’homme ? Non, les disciples ont bien entendu : « Ceci est mon corps, donné pour vous… Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous. » (Lc 22,19-20)
À travers la radio, la télévision ou l’internet, avez-vous communié à la chair et au sang du Christ ? Ces moyens d’assister à la Messe ne peuvent être admissibles que dans le cas d’une réelle incapacité ou d’un empêchement insurmontable. Cela a été le cas depuis de longues semaines. Beaucoup de chrétiens ont vécu ce qui est le quotidien de plusieurs monastères de sœurs cloîtrées, privées de l’eucharistie quotidienne par le manque de prêtres. Puissent-ils tous ressentir la douleur de ces moniales et ne pas s’habituer à des Messes virtuelles !
Répondons au don de l’amour divin. La diminution du nombre des vocations sacerdotales et religieuses et la baisse de l’assistance à la Messe ne sont que la conséquence du refroidissement du cœur humain. Le Christ invite tout homme à le rencontrer dans la communion à sa chair et à son sang. Puissions-nous communier demain plus profondément qu’hier, en nous souvenant des paroles du Seigneur. Prions avec ardeur pour demander des vocations.
À l’image de Marie, « la servante du Seigneur » (Lc 1,38), forts de la présence en nous du Seigneur et de son Esprit, prenons le bâton du pèlerin de la charité pour aller à la rencontre de tout homme, à commencer par le plus proche.
La fête de la Pentecôte promet sur chacun d’entre nous une effusion renouvelée de cet Esprit. Préparons-nous à sa venue en récitant la séquence de la Messe de cette fête : Veni Sancte Spiritus !
Amen, Alleluia.
Reprise des cultes publics : le gouvernement traîne des pieds
C’est ce que relate Jean-Marie Guénois dans Le Figaro.
« Nous travaillons activement » , affirme l’entourage du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, à propos de la révision du décret du 11 mai portant sur le confinement et la liberté de culte, que le Conseil d’État a retoqué ce lundi. Il a ordonné au gouvernement de donner, sous huit jours au plus tard – donc avant le 26 mai -, le feu vert pour la reprise des cultes. Aucune date n’est cependant avancée. Mais Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur en charge des cultes, va consulter les responsables des religions « dans les jours qui viennent » pour recueillir leurs propositions. Et le président de la République prépare une nouvelle visioconférence en début de semaine prochaine avec ces mêmes responsables religieux pour faire le point sur la situation sanitaire, comme prévu lors de leur dernière réunion, le 21 avril dernier.
Mais pourquoi de nouveau consulter les responsables, alors que tous les éléments ont déjà été envoyés ? Mgr Lebrun, archevêque de Rouen, a écrit à Christophe Castaner pour lui rappeler qu’il a déjà tous les éléments en sa possession. Et par conséquent, le gouvernement doit agir rapidement. De son côté, Mgr Brac de La Perrière, évêque de Nevers, n’attend pas le retour du gouvernement : il a déjà demandé à ses prêtres de reprendre les célébrations publiques le 24 mai. Les évêques ont en effet montré au gouvernement qu’ils avaient tous les éléments en main pour respecter les mesures sanitaires et organiser des célébrations publiques. Alors pourquoi attendre ?
Attendre, cela semble être la stratégie du gouvernement, comme l’écrit Jean-Marie Guénois :
Difficile toutefois d’obtenir des informations concrètes sur les mesures en préparation. Quand on interroge l’Hôtel de Matignon, on vous renvoie sur le ministère de l’Intérieur. Lequel vous assure que c’est chez le premier ministre que tout se joue. « On travaille évidemment ensemble » , glisse malicieusement un conseiller, avare de confidences.
Ascension : les fausses nouvelles du quotidien Le Monde
Les journalistes du quotidien dit “de référence” ont la culture religieuse de nos contemporains. Dans un article destiné à expliquer “en huit point”, la fête de l’Ascension aux lecteurs, Ilham Mraizika ose écrire :
Il les quitte physiquement pour s’incarner sous une autre forme, celle de l’Esprit saint dévoilé dix jours plus tard, lors de la Pentecôte.
L’Ascension est célébrée le Jeudi saint depuis le IVe siècle, sur l’initiative du pape Léon Ier le Grand. Selon les traditions, elle est fêtée quarante jours ou cinquante jours après Pâques – soit en même temps que la Pentecôte. Il s’agit d’une fête mobile, elle peut donc être différente selon les calendriers liturgiques catholique et orthodoxe.
Aujourd’hui, le Jeudi saint est férié dans de nombreux pays, comme la France, les Pays-Bas, ou encore l’Indonésie.
Vivement l’article des Décodeurs du Monde !
Sainte fête de l’Ascension !
La croix du Pic Saint-Loup a déjà été hélitreuillée hier pour réparation
Ils sont bien rapides :
La croix du Pic Saint-Loup hélitreuillée ce jour pour réparation après avoir été profanée la semaine dernière par des extrémistes ignorants de la vraie laïcité. Grâce à la Région @occitanie la croix devrait rapidement retrouver sa place et dominer de nouveau la plaine héraultaise pic.twitter.com/LB0T3BwpmL
— Hadrien Lacoste ✏️ (@Hadrien6321) May 20, 2020
Le berger, son chien et le loup
Voici un conte proposé par Alain Toulza :
Il était une fois un berger, gardien de nombreuses brebis que lui avait confiées son tout-puissant Seigneur. Voici qu’un soir de printemps apparut à quelque distance du pacage, un loup féroce autant qu’efflanqué car il n’avait pas trouvé, depuis plusieurs jours, de quoi assouvir sa faim. La vue de ce troupeau lui donna la furieuse envie de s’en gaver incontinent. Mais, l’ayant perçu de loin, le berger, aidé de son gros chien, s’empressa de faire rentrer ses bêtes dans la bergerie toute proche. Et là il s’enferma avec elles, se persuadant qu’une longue attente finirait par lasser le sauvage carnassier avant que le confinement devienne insupportable au troupeau.
Las ! Le temps passait sans que cette échéance espérée laisse paraître une marque de lassitude chez l’ennemi. Ce dernier paraissait, au contraire, miser sur l’affaiblissement moral autant que physique du gardien, tandis que le gros chien, profondément attaché à ses brebis dont il partageait l’existence depuis des années, manifestait de plus en plus le désir d’en découdre avec l’animal sauvage encore à l’affut. Mais son maître, rendu de plus en plus craintif, se persuadait, au contraire, qu’un tel combat s’achèverait par une défaite dans laquelle il risquait lui-même de perdre sa vie. Il lui vint ainsi l’envie d’abandonner plutôt le troupeau, discrètement dès que le loup s’assoupirait un instant.
Cependant, les brebis n’en pouvaient plus d’être privées de leur nourriture dont elles étaient condamnées à se repaître à distance. Elles commençaient à révéler des signes d’énervement et, de façon évidente, elles n’obéissaient qu’avec réticence aux appels au calme que leur prodiguait le berger, semblant prendre conscience du risque que leur faisait courir son incurie.
Soudain, pressés par la masse et n’écoutant plus que leur angoisse de mourir de faim sur place, les deux béliers que comprenait le troupeau se jetèrent sur l’huis et, à coups redoublés de leurs redoutables cornes, le forcèrent à céder avant-même que le berger ait pu intervenir. Ce dernier n’eut pas davantage le loisir d’empêcher son chien de se précipiter sur le loup qui, pris de court par cet assaut imprévu, subit les premières morsures de crocs acérés sans avoir eu le temps de réagir. Affaibli par son long jeûne, la bête ne trouva plus de force que pour s’enfuir de toutes ses pattes.
Dépité par cette victoire à laquelle il n’avait point pris part et feignant d’ignorer le chien que son Seigneur lui avait adjoint – au lieu de le féliciter de son courage -, le berger ne trouva pas mieux que de dire à ses brebis, une fois le calme retrouvé :
« Comme vous, je me réjouis que nous retrouvions notre liberté mais, voyez-vous, il a été quelque peu vain d’user d’agressivité avec le loup et de courir le risque de verser du sang, quand j’étais en passe d’obtenir le même résultat par la patience et l’usure de l’adversaire. »
Amis qui lisez ce conte, méditez ses trois leçons, s’il vous plait :
– Mieux vaut se fier, si vous êtes en danger, à un ami qui a du mordant qu’à un pâtre chargé de votre salut, mais qui se révèle pusillanime et qui hypothèque votre délivrance sur une reculade de l’ennemi.
– N’espérez de celui-là, auquel cet ami a dû de substituer pour vous sauver – aucune gratitude mais, au contraire, davantage de sourde irritation et de mauvaise foi à son égard.
– Si vous êtes en danger, il n’est pas répréhensible de désobéir à qui croit avoir le droit de vous contraindre d’attendre, désarmé, que ce danger passe. C’est même un devoir.
Découvrez l’atelier jazz de l’Académie Musicale de Liesse
Découvrez l’atelier jazz de l’Académie Musicale de Liesse ! Batterie, guitare, basse, trompette, saxophone, piano… Les élèves et leurs professeurs, depuis chez eux, vous ont préparé un morceau jazz-funk : The Chicken de Jaco Pastorius.
Soutenez les jeunes musiciens, qui ont besoin de compléter leur matériel de musique actuelle (don défiscalisable).
L’Académie Musicale de Liesse est un groupe scolaire à horaires aménagés musique (chant et instruments). Du CM1 à la Terminale, les inscriptions sont ouvertes ! Vous voulez en savoir plus ? ▶ Contactez Rachel Poisson dès aujourd’hui pour une rencontre en visioconférence : 0755639096 ou [email protected]
Plus d’informations sur https://www.academiemusicaledeliesse.fr/
N’oubliez pas la neuvaine au Saint-Esprit
Très sainte fête de l’Ascension à tous. Nous vous rappelons que vous êtes toujours chaleureusement invités à vous inscrire à la neuvaine au Saint-Esprit qui commence dans deux jours – pour que des pluies de grâces tombent sur nos personnes, nos familles et notre patrie. Pour s’inscrire, c’est ici.
La commission des lois souhaite que le Gouvernement autorise le déconfinement progressif des lieux de cultes
Communiqué du sénateur Philippe Bas, président de la commission des lois du Sénat :
Dans le cadre de sa mission de suivi de l’état d’urgence, la commission des lois du Sénat, présidée par Philippe Bas (Les Républicains – Manche), a entendu les représentants des cultes catholique, protestant, judaïque et musulman, confrontés aux contraintes imposées par la situation sanitaire. Ces auditions ont démontré que ces acteurs ont su assurer la continuité des activités cultuelles nécessaires à nos concitoyens, malgré l’interdiction générale de se réunir dans les lieux de cultes qui a de facto interdit les cérémonies religieuses autres que les funérailles.
À l’heure du déconfinement progressif de notre pays, le maintien de cette interdiction générale n’est plus souhaitable. La possibilité d’exercer son culte à l’occasion de cérémonies doit être reconnu, en garantissant que cette reprise s’entoure de toutes les précautions sanitaires requises. Les différents cultes y sont prêts, ainsi qu’ils l’ont fait valoir devant la commission des lois.
En ce sens, la commission des lois salue la décision du Conseil d’État qui a enjoint, lundi dernier, au Premier ministre de prendre des mesures sous huitaine permettant un déconfinement progressif pour les lieux de cultes, afin d’assurer une juste proportionnalité entre efficacité des mesures sanitaires et maintien de la liberté de culte.
Alors que plusieurs fêtes religieuses importantes auront lieu dans les prochaines semaines, les représentants des cultes ont insisté devant la commission des lois sur la nécessité de consignes claires et précises de la part des autorités nationales et d’un dialogue suivi avec l’ensemble des acteurs institutionnels. La commission sera particulièrement attentive aux mesures qui seront mises en place par le Gouvernement.
Comme l’indique Philippe Bas,
“Dans le cadre du déconfinement, il importe que les fidèles puissent, de nouveau, retrouver la possibilité de se réunir pour célébrer leur culte, dans des conditions permettant d’éviter tout risque pour leur santé. Cette question ne doit pas pour autant occulter les difficultés que peuvent avoir également les ministres du culte à exercer leurs fonctions d’aumônerie, dans les hôpitaux ou les prisons, et que le déconfinement doit également faciliter.”
