Euthanasie : Mettre le pied dans la porte et étendre la loi chaque année
Stratégie expliquée par le Professeur Jean Louis Touraine à propos de l’euthanasie, et qui a bien fonctionné concernant l’avortement :
La théorie du pied dans la porte en 1’30.
Professeur Jean Louis Touraine. AG de l’association Le Choix.30/11/2024 pic.twitter.com/CGpS0vbDFb— Claire Fourcade (@clairefourcade3) May 3, 2025
L’histoire des garde-fous a toujours été du bla-bla pour endormir l’adversaire.
Il y a un mois, j’étais « otage » du Hezbollah
Par Antoine Bordier, auteur de la trilogie Arthur, le petit prince
Cette mésaventure s’est déroulée à Tyr, dans un quartier défiguré par les frappes chirurgicales de Tsahal. Pris pour un espion, molesté, ma vie a été mise entre parenthèse par la milice du Hezbollah. Je me suis, après, plongé dans les années noires des Otages français du Liban, auxquels je veux rendre hommage ici. Ces noms étaient à la une (ou presque) : Christian Joubert, Marcel Fontaine et Marcel Carton, Gilles Sidney Peyroles, Michel Seurat et Jean-Paul Kauffmann, Aurel Cornéa, Georges Hansen, Jean-Louis Normandin et Philippe Rochot. Le dernier sera Roger Auque. Il y a 40 ans, entre 1984 et 1991, la vie de ces 11 otages français – sur une quarantaine au total – rythmait les actualités. Immersion en eaux troubles.
Nous sommes le week-end des 5 et 6 avril 2025. Pour la première fois, depuis le 7 octobre 2023, je me rends dans une région qui est totalement déconseillée par la diplomatie française. J’en suis conscient, je sais que je prends des risques, que j’espère limités. Limités, car les frappes d’Israël, qui ne respecte pas le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, sont très ciblées. Ou presque. En outre, je ne suis pas seul, je suis accompagné d’un guide francophone qui connait bien la région comme sa poche, pour y vivre en partie.
A une semaine de la fête des Rameaux pour les chrétiens, qui représentent entre 30 et 33% de la population du Liban, ceux du sud que nous allons rencontrer sont en pleins préparatifs. Ils sont disséminés entre les gouvernorats du Liban-Sud et de Nabatieh. Les villes principales du Liban-Sud sont Jezzine, Saida, Sour et Tyr. Celles de Nabatieh se nomment Bent Jbeil, Hasbaiya, Marjaayoun et Nabatieh. La population globale y est estimée à 650 000 habitants (sur une population globale de 5,1 millions), dont plus ou moins 110 000 chrétiens.
Notre premier objectif est de nous rendre à Maghdouché, une petite ville sur les hauteurs, entre Saida (Sidon) et Tyr, située à 50 km au sud de Beyrouth. Phénicienne, avant de devenir chrétienne, elle est connue pour son sanctuaire marial juché sur une colline à 300 mètres d’altitude, et ses grottes, où auraient séjourné la Vierge Marie et ses amies, attendant Jésus qui évangélisait la région avec ses disciples.

A Tyr, dans l’ancienne capitale
Direction, plus au sud, vers Tyr. Les paysages regorgent de soleil et de paysages à couper le souffle. Mon guide, tel un conteur, transforme la petite voiture bleue à machine à remonter le temps : « Le Liban est un vieux pays. Ici, vous êtes dans le berceau de l’humanité, dans le lit des civilisations. Notre pays a 9 000 ans d’histoire. Il nous reste des textes, des traces, des vestiges qui nous expliquent qui nous sommes. Des experts, des scientifiques ont fait des prélèvements d’ADN sur des squelettes. Et, nos origines remontent à 7 000 ans avant Jésus-Christ. Nous sommes des Cananéens. Nous sommes, également des Phéniciens et des Tyriens. Là les périodes oscillent entre 2 500 et 500 avant Jésus-Christ. Le Royaume de Tyr s’étendait entre Sidon et le Mont Carmel… » Difficile de l’arrêter. Dans cette capitale phénicienne vivait 1 million de personnes !
Avant d’y arriver, des kilomètres de bananeraies s’étalent entre terre et mer. La presqu’île de Tyr apparaît au loin, lumineuse, presque majestueuse. Le guide se gare au niveau du vieux port de pêche. Nous sommes dans le quartier des grecs-melkites-catholiques, des maronites et des orthodoxes. Le lendemain, nous retrouverons l’évêque Mgr Georges Iskandar, et sa sœur, la juge Hélène Iskandar. Elle est très connue au Liban. Notamment, parce qu’à la veille de prendre sa retraite, en janvier dernier, en tant que Directrice du contentieux de l’État, elle a présenté, une plainte au TGI de Beyrouth contre l’ex-gouverneur (en prison) Riad Salamé, le titulaire du poste par intérim Wassim Manssouri, et une dizaine de membres de la Banque du Liban (BDL). Ainsi va le Liban, balloté entre de multiples crises.
Nous dormons à l’hôtel Al-Fanar, vidé de ses touristes à cause de la guerre.
Pris en « otage » ?
Le dimanche 6, nous repartons dans l’après-midi vers Beyrouth. Le guide décide de longer la corniche de la presqu’île, en plein quartier chiite. Dehors, l’ambiance est incroyable, presque festive. Les gens se promènent en famille le long de la mer. On se croirait, dans les années 80, à Nice, sur la promenade des Anglais. Cette ambiance dénote par rapport aux immeubles du front de mer, défigurés par les frappes des drones israéliens. Je prends quelques vidéos et photos de ceux qui ont des trous béants, indiquant la précision du tir à l’étage près. Puis, mon guide décide de faire demi-tour et d’entrer dans un quartier qui longe l’hippodrome et le site archéologique, « pour aller voir les dernières frappes ». Là, il s’arrête au pied d’un immeuble totalement détruit. Il n’y a plus qu’un monticule de gravats et de béton, de barres d’acier désarticulées. Je descends pour faire quelques photos, pas plus d’une minute. Je m’éloigne de 10 mètres, puis, je retourne vers la voiture. Le guide est resté à l’intérieur. Avant de remonter, je suis interpellé par un passant. Je me retourne vers un jeune homme de 25 ans, qui visiblement me suivait. Il m’a vu prendre des photos et me dit que c’est interdit. Il me tutoie et me parle en français. « Je suis franco-libanais. C’est interdit de prendre des photos et des vidéos ». Le chauffeur sort et discute en arabe avec lui. Puis, les deux restent silencieux. Le jeune tapote sur son portable et semble envoyer des messages. Je dis à mon guide que nous repartons. « Non, nous restons. C’est le Hezbollah. » Le jeune, qui était seul, me retient avec la collaboration du guide… Je blêmis. Et remonte dans la voiture, laissée ouverte.
La milice arrive…
10 mn plus tard, une demi-douzaine de miliciens arrivent. Je ressors de la voiture. Ils nous encerclent. C’est vraiment le Hezbollah. Mon guide me dit qu’une personne de la municipalité va venir. Il rajoute : « Ils sont armés. On ne peut pas partir. » C’est trop tard. Il fallait partir tout de suite et ne pas collaborer avec le jeune.
Le type de la municipalité, coiffé d’une casquette, finit par se pointer 15 longues minutes plus tard. Il s’adresse à moi. Je suis remonté dans la voiture, le guide est resté à l’extérieur. L’homme à la casquette me parle en anglais : « Give me your phone and your passeport ». Je lui réponds : « Who are you ?». Il ne me répond pas, devient agressif et essaye à plusieurs reprises de prendre mon téléphone et d’ouvrir la porte de la voiture, la fenêtre étant restée ouverte. La voiture n’est pas sécurisée. Un autre type louche, les cheveux en bataille, le visage marqué, bloque l’autre portière, prêt à intervenir et à faire le coup de main. Il ressemble à un assassin des séries noires.
C’est l’engrenage
A force d’être molesté, le guide se mettant de leur côté me réclame, à son tour, de vive voix, mon passeport et mon téléphone. Je cède, paniqué, et finit par leur donner, voyant que l’engrenage de l’agression risque de déraper vraiment. Là, leur chef (l’homme à la casquette) supprime mes photos et vidéos et prend mon passeport en photographie. Il me demande sous la menace de m’éloigner, car je suis ressorti de la voiture. Une demi-heure plus tard arrive un policier de la municipalité. Il ne récupère pas tout de suite mon téléphone et mon passeport. Je vois l’homme à la casquette passer plusieurs coups de téléphone une cinquante de mètres plus loin. Il fait les 100 pas dans un terrain vague. Il appelle sans doute sa hiérarchie. Deux hommes du Hezbollah sont restés proches de la voiture. Je ressors et pars marcher un peu vers l’hippodrome. Ils essaient de me barrer la route. Je les évite et l’un d’eux ramasse un bâton par terre. Mon guide revient vers moi. Il me rassure en me disant que la situation va s’améliorer dans 2 minutes. Les minutes passent… interminables. Puis, il me dit : “1 minute”. Cela a duré, en tout, près de 3 heures. Au fil des heures, je blêmis de plus en plus.
Avant qu’ils me prennent mon téléphone, j’ai pu envoyer des messages de SOS à quelques personnes sur Tyr, et sur Beyrouth.
Finalement, le policier récupère mon passeport et mon téléphone. Puis, le guide me dit que nous allons à la sûreté générale de Tyr. Avant de repartir, le chef de la milice et ses sbires fouillent la voiture et nos bagages. En fouillant le bagage du guide, je comprends que celui-ci leur dit : “C’est le mien…”. Ils le fouillent quand même.
A la sûreté, les responsables s’excusent : « Nous nous excusons. Nous vous souhaitons un bon séjour. Vous êtes le bienvenu au Liban. » L’échange est rapide, en anglais. Je leur demande, retrouvant ma “liberté” : « Est-ce que j’avais le droit de prendre des photos et des vidéos ? » Ils me répondent : « Oui, vous pouvez prendre toutes les photos et vidéos que vous voulez ». Et, je leur dis : « Ce n’est pas à moi qu’il faut le dire, c’est à eux ! ».
Nous rentrons sur Beyrouth. Je suis “libre” ou presque. Plus tard, quelqu’un que j’avais rencontré la veille, à Tyr, me dira : « L’important c’est que tu es sauf ».

1984-1991 : les 11 otages français
Remontons le fil du temps… des otages du Liban.
Le 15 février 1984, Christian Joubert, qui travaille pour le compte de la société Bornhauser-Molinari est enlevé alors qu’il sort de l’ambassade de France. Il sera libéré le 15 avril, dans l’indifférence la plus totale. Il est l’un des grands oubliés de la République. Il avait témoigné : « Je portais un bandeau sur les yeux et on me réveillait le matin en manipulant un pistolet automatique tout près des oreilles : Clic clac ». Il est décédé en 2014, à la suite d’une longue maladie. Il est le premier otage français du Hezbollah, du Jihad islamique.
Le 22 mars 1985, c’est au tour de Marcel Carton et de Marcel Fontaine, deux diplomates, d’être enlevés par les « partisans de Dieu ». Ils seront libérés le 4 mai 1988.
Le lendemain, c’est Gilles Sidney Peyroles, directeur du centre culturel français de Tripoli, dans le nord du Liban, qui est kidnappé le 23 mars 1985. La liste des otages s’allonge… Il est libéré le 2 avril 1985.
Le 22 mai 1985, Jean-Paul Kauffmann, journaliste de la presse écrite, est en compagnie du chercheur Michel Seurat, lorsque les deux hommes sont enlevés. Michel Seurat, malade, meurt en captivité le 5 ou 6 mars 1986.
Deux jours après, le 8 mars, Aurel Cornéa, Georges Hansen, Jean-Louis Normandin et Philippe Rochot, 4 journalistes d’Antenne 2, sont, à leur tour, kidnappés. Georges Hansen et Philippe Rochot seront libérés le 20 juin 1986, les autres le 24 décembre 1986 et le 27 novembre 1987.
A partir du 29 mars 1986, telle une litanie, au journal télévisé de 20 heures est rappelé la liste des otages et leur durée de détention. Une détention sans fin…
Du 13 janvier au 27 novembre 1987, le dernier otage français s’appelle Roger Auque, un journaliste accusé de travailler pour la DGSE.
Jean-Paul Kauffmann, Marcel Carton et Marcel Fontaine sont libérés à Beyrouth le 4 mai 1988. Ils sont accueillis le lendemain à l’aéroport de Villacoublay par Jacques Chirac et Charles Pasqua. Un mystère demeure : leur libération a-t-elle été retardée dans le but de servir à des fins politiques ? A des fins politiques ? Oui, dans le cadre du second tour des élections présidentielles, qui voient s’opposer François Mitterrand à Jacques Chirac. Auraient-ils pu être libérés plus tôt ?

©International Pictures/MAXPPP ;
Files Photo of the French hostage Michel SEURAT
this photos taken in his home in Beirut before kidnapping in Beirut 1985.
M comme Michel Seurat
Cette personnalité est une belle figure de la sociologie et de la recherche académique. Michel est né à Bizerte, en Tunisie, le 14 août 1947. Trente ans plus tard, il s’installe définitivement à Beyrouth en 1974, où il enseigne l’histoire à l’Ecole supérieure des lettres de Beyrouth. En 1979, il épouse Marie Maamar Bachi, une romancière d’Alep. En 1981, il intègre le CNRS et continue ses travaux sur l’islam, le Moyen-Orient et la politique.
Il est, donc, enlevé le 22 mai 1985 à Beyrouth, en compagnie de Jean-Paul Kauffmann. Il tombe, hélas, malade en captivité. Sa lente agonie se terminera le 5 ou 6 mars 1986.
Relisons le témoignage de Jean-Paul Kauffmann : « [Pour moi] les premières semaines de détention furent affreuses. Michel, lui, était tout-à-fait… il prenait les choses avec une certaine philosophie. Il prenait des notes, il écrivait, etc. Il disait : ” Moi, tu sais, je suis prêt à attendre 3 ans pour revoir mes 2 filles “. Mais, je lui disais : ” 3 ans, mais, tu es fou. Tu te rends compte “. Et, finalement, c’est lui qui a disparu. La dernière fois, nous l’avons vu le 28 décembre 1985. Il n’arrivait plus à tenir debout… Il toussait effroyablement. C’était terrible… Il aurait pu mourir auprès des siens. Et, il est mort tout seul… »
Jean-Paul Kauffmann finit son témoignage en parlant des conditions de détention par cette phrase qui veut tout dire : « On était enchaîné. Mais, on s’y habitue, on ne revient pas des camps de la mort. »
Le Hezbollah et les chrétiens ?
Ce « parti d’Allah », que certains appellent « les fous de Dieu », est né en 1982, en réponse à l’invasion du Liban par Israël. Il est accusé, avec le Jihad islamique et d’autres factions comme l’Organisation de la justice révolutionnaire (OJR), d’être responsable de la prise d’otages des 11 Français et de nombreux autres. A son actif mortifère, il faudrait ajouter de nombreux attentats comme ceux du 23 octobre 1983, à Beyrouth, en pleine guerre du Liban (1975-1990), qui ont fait 305 victimes, dont les 58 militaires français.
Dans les rues de Beyrouth ouest et sud, et dans tout le sud du Liban, le drapeau du Hezbollah flotte, plus que jamais, aux 4 vents. Il ne passe pas inaperçu et symbolise plus que n’importe quel emblème son action, son idéologie et sa ligne politique : sur fond jaune, est inscrit « Hezbollah », en arabe. Le mot se déplie accompagné d’une kalachnikov surmontée d’un extrait du Coran écrit en rouge : فإن حزب الله هم الغالبون . Ce qui veut dire : « [Et quiconque prend pour alliés Allah, Son messager et les croyants, réussira] car c’est le parti d’Allah qui sera victorieux. ». En bas, on trouve en écriture rouge المقاومة الإسلامية في لبنان : « la résistance islamique au Liban ». Le globe terrestre, le rameau, le poing tenant une AK-47 sont directement liés aux Gardiens de la révolution islamique d’Iran.
Le Hezbollah a, donc, du sang, beaucoup de sang sur les mains. C’est pour cela qu’il est considéré par beaucoup de pays comme une organisation terroriste. Un petit bémol néanmoins, et cette petite nuance a son importance au Liban : lors du Printemps arabe en Syrie (à partir de 2011) Daech a essayé d’envahir à plusieurs reprises le nord du Liban ; et a attaqué des villages chrétiens. « Certains ont été défendus par la milice du Hezbollah », avouent des chrétiens de Tyr et de Beyrouth.
Le Hezbollah en France et en Europe
La France, de son côté, considère le Hezbollah comme un parti politique et sa branche armée, sa milice (à laquelle j’ai eue à faire), comme une organisation terroriste.
D’ailleurs, récemment, Emmanuel Macron, en janvier dernier, n’appelait-il pas ce parti chiite à « faciliter le consensus » politique au Liban pour l’élection du président libanais ? Depuis, le Liban, après deux ans de vacance et de crise institutionnelle, a élu Joseph Aoun à la tête du Pays du Cèdre.
Un « en même temps » opportun, qui dérange et qui ne plait pas à tout le monde. Il pose question.
D’autant plus qu’en France et en Europe, il n’en reste pas moins que les services de sécurité sont sur le qui-vive. Depuis un an, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne et en France, des opérations clandestines menées par « un réseau de soutien logistique au Hezbollah » étaient dans le collimateur des cellules et des parquets anti-terroristes. Selon certaines sources, comme celle du Figaro, « ce réseau s’adonnait à l’achat de matériel pour la fabrication de drones… L’ensemble des éléments acquis auraient pu permettre la fabrication de plusieurs centaines, peut-être jusqu’à un millier, d’engins de mort. » Attention danger !
Le rôle de l’ambassade et du consulat de France
De mon côté, dans les jours qui suivirent « mon 6 avril », j’ai contacté l’ambassade et le consulat de France, pour savoir s’ils pouvaient m’aider d’une façon ou d’une autre. 12 jours plus tard, je rencontrais le Consul, Monsieur Eric Amblard, arrivé au Liban en septembre 2024. Depuis, nous continuons nos échanges.
A ce jour, je reste, néanmoins, déçu par leurs services. Certes, ils m’ont reçu pendant plus d’une heure (le consul était accompagné de 3 fonctionnaires). Ils m’ont écouté. Mais, ils m’ont surtout posé beaucoup de questions. Ils m’ont, également, donné quelques informations : il y aurait « 50 000 franco-libanais vivant dans le sud du Liban ». Ce qui voudrait dire que la moitié d’entre-eux, voire plus, sont plus ou moins proches du Hezbollah. Le jeune franco-libanais qui m’a agressé et qui à la fin de ma prise d’otage m’a menacé en disant : « Si on te revoit dans le quartier, on te casse la tête » est l’un d’eux.
Une autre information, passée sous les radars médiatiques : je ne serais pas le premier – toujours selon la diplomatie française – à avoir subi une telle mésaventure, qui aurait pu mal se terminer. « D’autres Français l’ont vécue ».
Au final, sur le sujet d’un dépôt de plainte éventuel contre X, ils peuvent m’accompagner sur Beyrouth mais pas sur Tyr. Le Consul avoue qu’il ne s’est pas encore rendu dans le sud du Liban. Déposer plainte à Tyr ? La plupart des avocats contactés me le déconseillent. En outre, tous s’accordent pour me dire que « la gendarmerie, la municipalité, la police et la sûreté générale sont aux mains du… Hezbollah » !
Un Etat dans l’Etat…
Austin TICE, le dernier otage
Si au Liban, il n’y a plus d’otage, en Syrie, c’est autre chose. Austin Tice est le dernier otage de la région. Arrêté le 13 août 2012, le photo-journaliste américain serait toujours en vie. Sa maman, Debra Tice, a tenu en janvier dernier une conférence de presse à Damas, organisée par l’ONG Hostage Aid Worldwide. Elle a dit que le nouveau pouvoir était « déterminé » à retrouver son fils.
« J’ai eu le privilège de rencontrer les nouveaux dirigeants de la Syrie », a-t-elle ajouté, en pleine conférence. « J’ai été ravie d’apprendre qu’ils (étaient) déterminés à ramener mon fils. »
Au moment où j’écris ces quelques lignes, le Liban, Beyrouth et sa banlieue, ainsi que le Liban-Sud et Tyr, sont de nouveau bombardés par Israël.
Alors qu’il n’y a plus d’otages au Liban, le Liban, par endroit, vit une guerre sans fin. Espérons la Paix. Vite la Paix pour Tous !
Antoine Bordier, auteur de la trilogie Arthur, le petit prince (d’Arménie, du Liban, d’Egypte).
Terres de Mission : Bilan d’un pontificat et défis à relever
Eglise universelle : In memoriam, le pape François
A l’occasion du décès du pape François le 21 avril, l’abbé Barthe revient sur les axes majeurs d’action de ce pontificat ainsi que sur les éléments de bilan qui peuvent être dressés. Il présente les principaux acteurs du conclave à venir ainsi que les défis que le nouveau souverain pontife aura à relever.
Eglise en France : IRVIN : former des jeunes à la vie active
Irvin, racine en breton, est un centre de formation à la vie active. Fondée il y a 15 ans par un ancien légionnaire, Patrice Valentin, aujourd’hui engagé dans le génie écologique, cette association aide des jeunes à se reconstruire au contact de la nature, dans l’exigence, la mixité sociale et l’anonymat. Jacques Bert nous présente cette œuvre au service de la jeunesse perdue de France.
Eglise en Marche : Pèlerinage de Saint-Malo au Mont-Saint-Michel
En partenariat avec la Communauté Saint-Martin, qui assure la présence spirituelle à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, il est organisé un pèlerinage de 4 jours de Saint-Malo au Mont-Saint-Michel du 8 au 11 mai. Brieuc Clerc, président de l’association organisatrice, nous présente les raisons de cette démarche ainsi que les modalités pratiques d’inscription.
De mauvaise foi : En salle à partir du 7 mai, ce film est une comédie, drôle et pas méchante, qui nous plonge dans l’univers, surprenant pour le néophyte, des sessions de la communauté de l’Emmanuel à Paray-le-Monial.
Conversion à la chapelle des Franciscaines à Saint-Germain-en-Laye
Cyril Farret d’Astiès relaie le témoignage d’une conversion :
Depuis deux ans la messe traditionnelle est célébrée chaque dimanche et fête d’obligation à 11h30 à la chapelle des Franciscaines à Saint-Germain-en-Laye (excepté juillet et août) après un accord passé entre des fidèles et le diocèse.
Comme de plus en plus d’adultes en France depuis quelques temps, un fidèle a été baptisé cette année lors de la vigile pascale dans une autre église (la semaine sainte n’est pas assurée pour l’instant aux Franciscaines). Il livre son témoignage emblématique dans la lettre mensuelle de l’association Les Franciscaines (disponible sur demande à [email protected] ) :
Âgé de 25 ans et originaire de Toulouse, je suis né d’un père certes baptisé, mais non pratiquant, et d’une mère musulmane, qui m’a donné, par la grâce de Dieu, un frère jumeau, lui aussi musulman. Peu de choses me prédisposaient donc à demander le baptême. J’étais incroyant aussi loin que je m’en souvienne et j’ai toujours perçu les religions comme irrationnelles, dénuées de sens et pleines de contradictions.
Mon cheminement vers le baptême a commencé durant l’été précédant ma dernière année de Master en droit du travail. Cet été là, j’ai fait un constat : mes grands-parents et arrière-grands-parents étaient tous catholiques (du moins du côté paternel), et la société française elle-même était profondément marquée par le catholicisme. Pourquoi donc étais-je si éloigné de cette religion, comme étranger à elle ?
J’ai alors entamé des recherches sur la foi catholique. Je me suis aperçu qu’un esprit cartésien comme le mien ne pouvait qu’y adhérer, tant sa cohérence et sa vérité peuvent être démontrées. Je pense notamment à l’existence historique de Notre Seigneur Jésus-Christ, à la fiabilité de la Sainte Écriture d’un point de vue historique, à l’identité bien connue des auteurs des quatre Évangiles, aux nombreux miracles attestés, à la vie des saints, et à la mort en martyre des apôtres etc.
C’est notamment le livre Soyez rationnels, devenez catholiques de Matthieu Lavagna qui m’a conforté dans la conviction que la religion catholique est la seule et unique religion.
En mars 2024, je suis monté à Paris pour un stage de fin d’études. En avril de la même année, j’ai poussé pour la première fois les portes de la chapelle des Franciscaines à Saint-Germain-en-Laye. Je ne connaissais rien de cette chapelle, ni de ce que j’allais y trouver, sinon une chose : la messe tridentine, celle que mes ancêtres avaient connue, aimée, et à laquelle ils avaient participé durant des siècles. C’est précisément cette tradition qui m’attirait. Non pas par goût du passé ou par esthétique (même si la beauté de cette liturgie m’a profondément touché), mais parce qu’elle portait en elle un témoignage de continuité, de fidélité et d’universalité que je cherchais tant.
C’est dans ce cadre que j’ai eu la grâce d’assister à ma première messe. Cette rencontre avec Notre Seigneur, réellement présent dans la Sainte Eucharistie, a scellé mon désir de recevoir le baptême.
Si je devais dire une seule chose à quelqu’un qui ignore tout du Christ, je me contenterais de paraphraser le titre du livre qui m’a tant aidé : Soyez rationnels, devenez catholiques.
Un hymne à la vie par les Petites Sœurs des Maternités Catholiques
Les Petites Sœurs des Maternités Catholiques sont des religieuses qui œuvrent au service de la vie naissante et de la famille, dans le quotidien de leurs différents lieux de mission et en particulier dans leurs maternités.
Pour témoigner de la beauté et de la grandeur de chaque vie humaine, les Petites Sœurs des Maternités Catholiques viennent de réaliser un clip, avec le concours de l’agence Cifral. Son nom porte un message : « Un mystère si précieux ». Elles témoignent :
« La vie est un don si merveilleux de Dieu que nous avons donné nos vies pour elle, à travers notre consécration religieuse ».
« Dans un monde qui a du mal à croire à la beauté de la vie, de l’amour humain, de l’accueil d’un enfant, nous souhaitions :
- Inviter le monde à une espérance : la vie est précieuse
- Dire à chacun : tu as du prix aux yeux de Dieu et à nos yeux
- Offrir ainsi une raison d’espérer et de retrouver confiance en la famille et la vie.
Ce clip est aussi un hommage à tous ceux qui nous aident, dans nos établissements, à servir la vie et la famille au quotidien : soignants, administratifs, services techniques, bénévoles, administrateurs, bienfaiteurs… : toute une chaine humaine qui voudrait rappeler à notre société que prendre soin de la vie et de la famille est une mission pour tous… car chacun de nous un jour a été accueilli, soigné, aimé… parce que chacun est unique, à l’image et à la ressemblance de Dieu. Ce clip a pu être réalisé avec la participation des parents présents dans nos maternités : il est aussi un Merci à toutes les mamans et tous les papas qui donnent la vie. Nous leur redisons notre proximité dans leurs joies et aussi dans leurs larmes, car la vie est belle et fragile. C’est le désir de mettre nos vies au service de la vie qui est au commencement de notre appel. »
Pour les besoins du tournage, seules deux de leurs maternités sur trois ont été sollicitées, le rayonnement de leur mission dépasse le seul cadre de la maternité, tant en France qu’au Sénégal.
Le clip sortira le 31 mai 2025 sur YouTube, sur le site internet et la page Instagram de la congrégation.
“Seule une identité bien enracinée permet la souplesse, l’adaptation, la vie”
L’abbaye de Sept-Fons a élu son nouveau Père Abbé en août 2024. Dom Thomas Getti a été interrogé dans La Nef du mois de mai. Extrait :
[…] La crise actuelle de la vie religieuse en Occident est multiforme, à l’image des évolutions profondes de notre civilisation. Deux éléments me paraissent particulièrement décisifs : la question de l’identité et celle de la transmission. Toute vie humaine, y compris la vie monastique, est fragile et complexe. Elle suppose une conscience claire de ce que l’on est et de ce que l’on veut vivre. Aujourd’hui, on tend parfois à confondre identité et rigidité. En réalité, c’est l’inverse: seule une identité bien enracinée permet la souplesse, l’adaptation, la vie. À défaut, on risque de se crisper sur des détails et de perdre de vue l’essentiel. Cette identité suppose une transmission vivante: avoir quelque chose à transmettre, savoir le transmettre, et être capable de le recevoir. C’est un défi majeur à notre époque. Quant à l’exigence de notre Règle, elle ne rebute guère les candidats. Ceux-ci ont souvent déjà rencontré les exigences de la vie ordinaire, et seraient plutôt surpris de ne pas en trouver ici. L’important est que les exigences soient justes, et que leur finalité soit claire. Le seul « secret » est peut-être celui-ci: garder la conscience vive de la finalité poursuivie, et faire confiance à Dieu, qui appelle et donne ce qu’il faut pour répondre à son appel, quelles que soient nos pauvretés. […]
Vœu du cardinal Müller : «Que le nouveau Pape contrecarre le lobby gay»
En ce moment où le Conclave approche, il faut saluer l’appel du cardinal Gerhard Müller à freiner les avancées de ceux qui veulent faire accepter, au sein de l’Église, des pratiques qui sont en réalité des actes peccamineux. Et cela doit être aussi la tâche du nouveau Pape, comme il le souhaite. Il l’a fait lors d’une interview qui a été publiée lundi 28 avril 2025 par le journal italien La Stampa.
Le cardinal Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, souhaite que le nouveau Pape ait une foi forte, qu’il ait de l’autorité, qu’il soit ferme, respectueux. Il souhaite aussi que le Pape soit fort en matière de doctrine, indépendant face aux pressions, «déterminé à contrecarrer les lobbies idéologiques, y compris celle gay».
Il est important de rappeler tout cela au moment où il y a, effectivement, au sein de l’Église, une pression plus grande pour faire accepter certaines pratiques. Et il faut déplorer justement que ces dernières années il n’y ait pas eu de lutte claire contre ces pratiques. Ces dernières années on a vu beaucoup d’agents pastoraux, de prêtres, d’évêques et même de cardinaux suivre les injonctions du «lobby gay» mentionné par le cardinal Müller. Cette situation a créé énormément de confusion au sein du catholicisme.
Comme l’explique le cardinal Müller, il ne s’agit pas d’une lutte entre des «conservateurs» et des «progressistes». Il s’agit de protéger et de transmettre la saine doctrine reçue des Apôtres, le Magistère authentique, etc. Il s’agit aussi notamment de suivre les enseignements de la Bible en matière de morale sexuelle. Et d’ailleurs on observe une continuité de l’enseignement sur l’homosexualité entre l’Ancien et le Nouveau Testament.
Continuons à prier pour l’Église et pour que nous puissions avoir un Pape fort en matière de doctrine, comme le souhaite le cardinal Müller.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
René Laurentin, Lumen gentium et le « minimalisme marial »
Voici un texte de Karen Darantière, organisatrice du colloque sur la co-rédemption de la sainte Vierge, organisé fin mai à Paris, avec la participation de Mgr Schneider :
Une question de vérité doctrinale et non de diplomatie œcuménique
Dans son livre polémique, La question mariale, publié en plein Concile, en 1963, dans le but de combattre le mouvement marial qui espérait la proclamation du dogme de la Médiation de toutes grâces, René Laurentin affirme explicitement que « la question mariale » est une question fondamentale de vérité doctrinale et non de simple conciliation œcuménique. Il dit explicitement qu’il ne s’agit pas d’une simple minimisation du mystère marial uniquement dans le but de concilier la bienveillance des protestants, tout en maintenant au fond la vraie doctrine, mais que c’est au contraire un problème de fond, interne au catholicisme, c’est-à-dire un problème doctrinal à résoudre à l’intérieur de l’Église avant toute tentative de réconciliation avec ceux que l’on désigne sous le nom de « frères séparés ». C’est René Laurentin lui-même, qui est en grande partie responsable de la minoration de la doctrine mariale dans Lumen gentium, qui affirme qu’il ne s’agit pas de simple diplomatie œcuménique, mais de doctrine catholique ; et il exprime le regret que beaucoup de gens pensent à tort le contraire. Ainsi, il écrit à propos de ce qu’il appelle une « fausse optique » à ce sujet :
Selon une opinion aujourd’hui répandue, « le problème marial », c’est essentiellement un problème œcuménique. Faut-il en rabattre pour favoriser la réconciliation avec les protestants ? Toute autre est la question critique qui s’est imposée progressivement à mon attention : une question essentiellement intérieure au catholicisme. Résoudre cette question, c’est un préalable nécessaire à toute démarche œcuménique lucide en matière mariale. [1]
Alors, quelles sont, selon Laurentin, les points de doctrine mariale qui posent problème ? Les points litigieux sont ceux de la médiation et de la corédemption de Notre Dame.
Lumen gentium et la notion de « médiation »
Laurentin a grandement contribué à ce que la doctrine de la médiation universelle des grâces soit diminuée, autant que possible, dans Lumen gentium, et le passage suivant est attribué spécialement à son intervention efficace :
La bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ. (Lumen gentium n° 62)
En quoi est-ce que ce passage minimise la médiation universelle des grâces? Cette doctrine traditionnelle est affaiblie parce que dans ce passage, Lumen gentium :
- noie le titre de « médiatrice » parmi d’autres, l’attribuant à Marie comme un titre honorifique parmi d’autres, sans qu’aucune signification lui soit attribuée, permettant des interprétations aussi bien « minimalistes » (hétérodoxes) que « maximalistes » (traditionnelles) ;
- omet la notion d’universalité, en désignant Marie comme « médiatrice » tout court, sans ajouter « de toutes grâces » ;
- affirme que, dans un sens affaibli, Marie est ainsi invoquée, non pas par l’Église, mais seulement dans l’Église ;
- rejette la demande d’un grand nombre de Pères conciliaires de modifier ce passage, en remplaçant « in Ecclesia » par « ab Ecclesia »[2] ;
- est interprétée par Jean-Paul II lui-même comme étant ouverte à des interprétations « maximalistes » ou « minimalistes » : « Le chapitre 8 de Lumen gentium rappelle [le titre] de « médiatrice ». Toutefois on prit soin de ne l’attacher à aucune théologie particulière de la médiation, mais de l’ajouter uniquement aux autres titres reconnus à Marie[3]» ;
- n’indique pas la signification de la médiation, mais seulement ses limites, c’est-à-dire qu’en omettant sa substance, et en n’en inspirant que la peur de dépasser la limite, ce passage laisse dans l’esprit un vide de sens quant à l’essence de cette médiation. C’est comme si l’on marquait les frontières d’un pays, au-delà desquelles il ne faut pas s’aventurer, sans évoquer les merveilleux paysages qui se trouvent à l’intérieur même du pays.
Lumen gentium et la notion de « corédemption »
Le terme « corédemption » étant absent, comme on le sait, de Lumen gentium, peut-on néanmoins dire que la doctrine y est malgré l’absence du mot ? Le terme qu’emploie Lumen gentium est celui de la coopération de Notre Dame à la Rédemption, mais encore une fois, de manière à lui insuffler un sens affaibli. Il convient de considérer brièvement cette doctrine traditionnelle avant d’évoquer la minimisation opérée par Lumen gentium.
Un développement doctrinal organique de Grignion de Montfort à Pie X
Depuis les premiers siècles de l’Église, la doctrine de la coopération de Marie à l’œuvre salvifique du Christ a connu un développement organique et homogène, atteignant un sommet spirituel admirable chez saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qui appelle la Sainte Mère de Dieu « la réparatrice du genre humain », ce qui est l’équivalent de Corédemptrice :
Telle est la volonté du Très-Haut, qui exalte les humbles, que le Ciel, la terre et les enfers plient, bon gré mal gré, aux commandements de l’humble Marie, qu’il a faite la souveraine du ciel et de la terre, la générale de ses armées, la trésorière de ses trésors, la dispensatrice de ses grâces, l’ouvrière de ses grandes merveilles, la réparatrice du genre humain, la médiatrice des hommes, l’exterminatrice des ennemis de Dieu et la fidèle compagne de ses grandeurs et de ses triomphes. (Traité de la Vraie Dévotion, n°29)
Saint Louis-Marie parle du mystère de la coopération de la Vierge Marie à l’œuvre de la Rédemption qui, selon la divine volonté, est active et efficace, et qui se manifeste par sa participation aux mêmes actes rédempteurs accomplis par son divin Fils. Il évoque la médiation de la Vierge Marie tant dans l’acquisition des grâces, comme « réparatrice », que dans leur distribution, comme « dispensatrice ».
Saint Pie X, reprenant la doctrine montfortaine et lui accordant une valeur magistérielle, la développe et l’explicite dans l’Encyclique Ad diem illum :
Quand vint pour Jésus l’heure suprême, on vit la Vierge debout auprès de la croix, … participant tellement à ses douleurs que de prendre sur elle les tourments qu’il endurait lui eût paru, si la chose eût été possible, infiniment préférable. La conséquence de cette communauté de sentiments et de souffrances entre Marie et Jésus, c’est que Marie mérita très légitimement de devenir la réparatrice de l’humanité déchue, et, partant, la dispensatrice de tous les trésors que Jésus nous a acquis par sa mort et par son sang … Du fait que Marie l’emporte sur tous en sainteté et en union avec Jésus-Christ et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la Rédemption, elle nous mérite de congruo (de convenance), comme disent les théologiens, ce que le Christ Jésus nous a mérité de condigno (de plein droit), et elle est le ministre suprême de la dispensation des grâces.
La clarté thomiste du Père Réginald Garrigou-Lagrange
L’éminent théologien thomiste que fut le Père Réginald Garrigou-Lagrange, o.p., explique clairement cette doctrine enseignée par saint Pie X dans son ouvrage La Mère du Sauveur, et de notre vie intérieure, où il affirme d’abord que Marie participe à l’acquisition des grâces du salut :
Ce n’est pas seulement au ciel que la Sainte Vierge exerce ses fonctions de médiatrice des grâces, elle les a déjà exercées sur la terre, selon l’expression reçue, « pour l’acquisition de ces grâces », en coopérant à notre rédemption, par le mérite et la satisfaction.[4]
Ensuite, il indique comment elle participa à l’acquisition des grâces salvifiques, en expliquant la notion de mérite telle que l’emploie saint Pie X :
Au-dessous des mérites infinis du Christ, qui seul peut en stricte justice nous mériter le salut … il y a le mérite de convenance de congruo proprie, fondé sur les droits de l’amitié, et qui est encore un mérite proprement dit, qui suppose l’état de grâce et la charité. (Ibid., p. 210)
Il précise que cette distinction théologique entre le mérite de convenance de la Vierge et celui de stricte justice du Christ est de source vénérable : « à partir surtout du XVIème siècle, les théologiens enseignent communément de façon explicite que ce que le Christ nous a mérité de condigno, la Sainte Vierge nous l’a mérité d’un mérite de convenance, de congruo proprie. » (Ibid., p. 211) Puis, il précise que son mérite s’applique à l’acquisition et à la dispensation de toutes les grâces sans exception :
La Sainte Vierge a pu ainsi nous mériter non seulement quelques grâces, mais toutes et chacune, et … elle ne nous en a pas seulement mérité l’application mais l’acquisition, car elle a été unie au Christ rédempteur dans l’acte même de la rédemption ici-bas, avant d’intercéder pour nous au ciel. (Ibid., p. 212)
Ensuite, il explique plus précisément pourquoi Notre-Dame mérite, de convenance, toutes les grâces. Il formule la question : « Quelle est l’extension de ce mérite de convenance de Marie pour nous ? », à laquelle il répond :
Comme elle a été associée à toute l’œuvre rédemptrice du Christ et comme … tout ce que le Christ nous a mérité de condigno, Marie nous l’a mérité de congruo, comme enfin Pie X, sanctionnant cette doctrine, n’y met pas de restriction, il suffit de se rappeler ce que Jésus nous a mérité. Or Jésus nous a mérité en justice toutes les grâces suffisantes nécessaires pour que tous les hommes puissent réellement observer les préceptes, … toutes les grâces efficaces suivies … de l’accomplissement effectif de la volonté divine, et enfin Jésus a mérité aux élus tous les effets de leur prédestination : la vocation chrétienne, la justification, la persévérance finale et la glorification ou la vie éternelle. Il suit de là que Marie nous a mérité d’un mérite de convenance toutes ces grâces, et qu’au ciel elle en demande l’application et les distribue. (Ibid., p. 213-214)
Et enfin, il explique que sur ce mérite de convenance se fonde la satisfaction de convenance par laquelle, en subordination au mérite de stricte justice et à la satisfaction infinie du Christ, la Sainte Vierge participa à la réparation et à l’expiation des péchés du genre humain. Ainsi, à la question : « Comment a-t-elle satisfait pour nous ? », il répond :
L’œuvre méritoire devient satisfactoire ou réparatrice et expiatrice, lorsqu’elle a quelque chose d’afflictif ou de pénible, et Jésus, en offrant sa vie au milieu des plus grandes souffrances physiques et morales, a offert dès lors à son Père une satisfaction d’une valeur infinie et surabondante. Lui seul pouvait ainsi satisfaire pleinement en stricte justice, car la valeur de la satisfaction comme celle du mérite provient de l’excellence de la personne qui, en Jésus, a une dignité infinie. Mais à la satisfaction parfaite du Sauveur a pu s’ajouter une satisfaction de convenance, comme à son mérite s’est ajouté un mérite de convenance. (Ibid., p. 217)
Après avoir expliqué le sens du passage d’Ad diem illum de saint Pie X concernant la valeur méritoire et satisfactoire de la coopération de Notre-Dame à l’œuvre salvifique de son Fils, Garrigou-Lagrange cite la Lettre apostolique Inter Sodalicia, de Benoît XV, qui dit :
Elle souffrit en effet et mourut presque avec son Fils souffrant et mourant, elle abdiqua ses droits maternels pour le salut des hommes, et autant qu’il lui appartenait, immola son Fils pour apaiser la justice de Dieu, si bien qu’on peut justement dire qu’elle a, avec le Christ, racheté le genre humain.
Dire qu’«autant qu’il lui appartenait, [elle] immola son Fils pour apaiser la justice de Dieu », c’est dire qu’elle a participé à l’immolation de la victime, d’abord en rendant le sacrifice possible par son Fiat, en fournissant le corps et le sang au Christ ; puis en préparant la victime, en la gardant et en la nourrissant ; et enfin, surtout, en l’offrant en sacrifice au Père sur le Calvaire, de sorte que l’on peut dire que sa coopération est de la nature d’un sacrifice. Et dire qu’« elle a racheté, avec le Christ, le genre humain », comme le dit Garrigou-Lagrange, « c’est l’équivalent du titre de corédemptrice. » (Ibid., p. 219) Ainsi, la coopération de la Sainte Vierge à l’œuvre salvifique de son divin Fils est de nature méritoire, satisfactoire, sacrificatoire, et corédemptrice.
Une régression doctrinale nette et volontaire dans Lumen gentium
On voit bien un développement doctrinal homogène et organique depuis saint Louis-Marie Grignion de Montfort jusqu’aux papes saint Pie X et Benoît XV. Or, contrairement à ce qu’enseignent ces papes, que Garrigou-Lagrange explique avec clarté, toute notion de mérite, de satisfaction, de sacrifice ou de rachat, en un mot, toute notion de corédemption de la part de Notre-Dame est entièrement absente de Lumen gentium qui, à la place, ne parle que d’une simple « coopération » qui, même si on la dit « singulière », est bien affaiblie, puisque sans notion de mérite effectif, ni de satisfaction, ni de rachat. Ainsi, Lumen gentium dit : « elle a coopéré à l’œuvre du Sauveur selon un mode tout à fait particulier par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. » (n° 61) Autrement dit, selon ce passage, sa coopération se limite à un assentiment intérieur à l’œuvre de son Fils par les vertus cachées de foi, obéissance et espérance, sans qu’il y ait un seul mot pour désigner une quelconque efficacité propre à la Sainte Vierge qui serait le fruit de cette coopération. De même, Lumen gentium dit ailleurs que : « la bienheureuse Vierge avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l’union avec son Fils jusqu’à la croix où, … associée d’un cœur maternel à son sacrifice, [et] donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour. » (n° 58) Ce passage parle d’un simple consentement à l’immolation, c’est-à-dire d’un assentiment intérieur par les vertus théologales, alors que Benoît XV dit qu’elle « immola son Fils pour apaiser la justice de Dieu », coopérant au sacrifice du Christ comme seule la Mère de Dieu pouvait le faire. Par conséquent, si l’on compare ces deux passages de Lumen gentium aux enseignements précédents de saint Pie X ou de Benoît XV, il est clair comme le jour qu’il s’agit non d’un développement, mais d’une régression doctrinale nette, et d’une régression non accidentelle, mais volontaire.
Les stratégies de René Laurentin pour masquer la régression doctrinale
La stratégie du juste milieu
René Laurentin, devenu adversaire de la corédemption et de la médiation, a joué un rôle significatif en manœuvrant avec succès afin de minimiser la doctrine mariale dans Lumen gentium. Comment a-t-il réussi dans ses efforts de minoration de la doctrine mariale ? Par le recours à ce que l’on pourrait appeler « la stratégie du juste milieu », qu’il emploie habilement dans La question mariale, ce pamphlet virulent, publié en plein Concile, contre la doctrine traditionnelle de la médiation et de la corédemption.
Cette stratégie consiste à s’entourer de deux extrêmes pour apparaître au juste milieu entre les deux, alors qu’en réalité au moins l’un des deux extrêmes est un postiche, une sorte de fausse fenêtre placée artificiellement, comme le font les architectes pour donner de l’équilibre et de la symétrie à une façade. Le postiche, dans ce cas, c’est la doctrine dite « maximaliste » que Laurentin veut combattre, qui, en réalité, n’a rien d’extrême, puisqu’elle est simplement une doctrine catholique traditionnelle telle que l’enseignent saint Louis-Marie Grignion de Montfort et saint Pie X. En revanche, la doctrine dite « minimaliste », celle à laquelle Laurentin adhère, qui est en réalité hétérodoxe (tendant vers le protestantisme, voire vers le modernisme), est la seule qui soit véritablement extrême.
Comment Laurentin applique-t-il donc cette stratégie dans La question mariale ? Et tout d’abord, comment arrive-t-il à présenter ceux qui adhèrent à la doctrine traditionnelle, qualifiée de « maximaliste », sous un mauvais jour, comme extrémistes ? Il le fait non en critiquant leur doctrine, à laquelle il ne touche que très superficiellement, mais en examinant le mouvement marial comme phénomène, et en brossant un portrait psychologique de ceux qui y adhèrent. Et en réalité, ce n’est pas un portrait, mais plutôt une caricature qu’il esquisse.
Il présente le mouvement marial comme un phénomène novateur, susceptible d’« exagérations », de « déviations » (p. 24), d’une « intensité fiévreuse », voire « pathologique » (p. 37), non comme un développement organique de la doctrine mariale. Au contraire, il présente les « minimalistes » sous un beau jour, comme étant « soucieu[x] de rigueur, de distinctions précises, d’objectivité » (p. 69), comme cultivant « une attitude spéculative, sans autre souci que la perception de la vérité révélée » (p. 76). Il est regrettable qu’il n’en donne pas l’exemple dans cet ouvrage qui, plutôt qu’une œuvre sérieuse de théologie, est une sorte de pamphlet acerbe qui semble n’avoir pour but que de ridiculiser l’adversaire. En effet, les « maximalistes » seraient coupables d’«affectivité subjective » (p. 75) et d’« extrapolations superfétatoires ou falsifiantes » (p. 76). Il dénigre ceux qui adhèrent à la doctrine « maximaliste » comme étant susceptibles « d’abus de la dévotion mariale » qui « relèvent de l’assouvissement affectif d’une tendance infantile » (p. 90). Or, tout en les accablant d’épithètes désobligeantes, il ne justifie en rien son abondant flot de propos péjoratifs : il n’apporte aucune pièce à conviction. C’est comme s’il n’avait aucune connaissance de l’ouvrage de Garrigou-Lagrange.
Au milieu de tous ces propos, dont le but est de brosser un portrait défavorable de l’adversaire et de présenter sa propre position sous un jour favorable, Laurentin révèle tout à coup « la différence la plus profonde » entre les deux positions, et qui, en fait, est d’ordre doctrinal : selon lui, insister sur « la suprématie de Marie à l’égard des créatures, et sa vertigineuse participation à la divinité de son Fils », en indiquant l’analogie entre les mystères de Marie et ceux de son Fils, ce serait porter atteinte à « la transcendance du Christ, [à] la primauté incommensurable de sa divinité, qu’il faut éviter de noyer ou de minimiser » (p. 78). Autrement dit, l’objection doctrinale qui se cache au milieu d’une avalanche de propos désobligeants, c’est tout simplement la même que tant de saints ont rejetée avec véhémence, comme saint Alphonse de Liguori qui, citant lui-même un autre docteur de l’Église, dit : « Non, non, s’écrie saint Bernard, qu’on ne s’imagine pas obscurcir la gloire du Fils en louant beaucoup la Mère, car “plus on honore la Mère, plus on loue le Fils”. » [5]
Alors que, manifestement, Laurentin se tient résolument du côté des « minimalistes » du point de vue doctrinal, quel est, au juste, le juste milieu, la « via aurea », qu’il propose d’adopter ? Tout en se présentant sous le jour favorable de l’homme pondéré, évitant les extrêmes, situé au juste milieu, il ne se distingue en réalité des « minimalistes » qu’en se montrant favorable à la dévotion mariale, mais tout en restant hostile à la doctrine mariale qui sous-tend cette dévotion. Il s’agit donc de maintenir la doctrine « minimaliste » tout en accueillant la dévotion mariale, évitant d’être comme « certains esprits [qui] se croient obligés de bouder Lourdes. » (p. 126). Par la suite, et « jusqu’à la fin, devenu aussi maximaliste en apparitions mariales qu’il était minimaliste en doctrine mariale, il rejeta la corédemption et la médiation des grâces. »[6] En effet, Laurentin a maintenu ce « minimalisme » doctrinal dans les décennies qui ont suivi le Concile et jusqu’à la fin de sa vie. En 1994, il écrit ceci : « Le Concile à délibérément évité cette formule. Il a craint, à juste titre, d’obscurcir le fait que le Christ est le « seul Médiateur » (1 Tm, 2, 5), le seul Rédempteur. »[7] Puis, en 2009, il réitère son hostilité à l’égard de l’idée d’attribuer le titre de Corédemptrice à la Sainte Vierge et affirme que ce titre « conviendrait d’abord et en rigueur de termes à l’Esprit Saint ».[8]
Bref, en se présentant comme au juste milieu, Laurentin ne rectifie nullement sa doctrine « minimaliste », même s’il présente sa position comme distincte de celle-ci, puisqu’au fond sa doctrine ne change pas. La seule chose qui change, c’est qu’il se montre bienveillant envers les pratiques de dévotion mariale, et spécialement envers toutes les apparitions mariales (vraies ou douteuses), tout en restant hostile à la doctrine qui fonde ces dévotions. Autrement dit, sa doctrine « minimaliste » est voilée derrière une façade de dévotions, ce qui permet de mieux propager cette doctrine nocive, en l’enveloppant dans des pratiques de piété. Sa tactique consiste, en somme, à paraître modéré en se montrant favorable à la dévotion mariale, pour pouvoir accuser les catholiques d’extrémisme en raison de leur adhésion à la vraie doctrine mariale.
La stratégie du « flatus vocis »
En plus de la stratégie du juste milieu, qu’il emploie tout au long de ce livre, Laurentin suggère implicitement, dans un bref passage de ce même livre, une autre stratégie possible dans le combat à mener contre la doctrine de la corédemption : celle consistant non à rejeter, mais au contraire à adopter le titre de « corédemptrice », mais en le réduisant presqu’à un pur flatus vocis. En effet, il semble suggérer que l’on pourrait éviter d’écarter le titre de « Corédemptrice », pourvu que l’on écarte la doctrine traditionnelle qui sous-tend ce titre. Autrement dit, il semble prêt à concéder le titre si l’on accepte d’abandonner la doctrine qui le justifie, c’est-à-dire toute notion de mérite de convenance, comme l’enseigne saint Pie X, ou de rachat comme l’enseigne Benoît XV, et si l’on se contente d’une simple « coopération », même « singulière ». Ainsi ce titre serait réduit presqu’à un pur nominalisme, quasiment à une sorte de flatus vocis, ce dont Laurentin se défend, mais auquel ses propos n’échappent guère. Ainsi il critique, en les accusant de céder à une « tentation rationaliste », ceux qui diraient ceci : « Marie est corédemptrice, cela ne serait pas vrai si elle n’a pas opéré efficacement la Rédemption de par son activité propre. Qui ne reconnaît pas cela nie en fait la corédemption. » (Ibid., p. 124) Or, réduire la corédemption à une simple coopération, qui se limiterait à un simple assentiment intérieur, sans notion d’efficacité propre qui serait le fruit de cette coopération, c’est bel et bien réduire ce titre à une parole au sens très affaibli.
Malheureusement, il faut avouer que toute tentative de défendre la corédemption en s’appuyant sur l’œuvre de René Laurentin, ou sur Lumen gentium, en y appliquant une sorte d’herméneutique de réforme dans la continuité, en réalité risque fort d’aboutir à ce que Laurentin semble suggérer implicitement, c’est-à-dire à se contenter de la notion de « coopération singulière » en abandonnant toute mention explicite de mérite, de satisfaction, de sacrifice, et de rachat, instrumentalement subordonnés à ceux du Christ, qui sont le fruit de cette coopération et qui seuls donnent un sens plein et véritable à ce titre de corédemptrice.
Laurentin lui-même affirme une « coopération » de la part de Marie, qui, selon lui, est tout à fait « singulière », mais tout en niant la doctrine de la corédemption telle que l’entend saint Pie X et ceux qu’il nomme « maximalistes ». Pour Laurentin, la « singularité » de la Sainte Vierge se mesure non selon sa ressemblance avec le Christ dans ses mystères, mais selon sa ressemblance avec les autres membres de l’Église, dont elle n’est qu’un membre éminent :
Ainsi la « singularité », « l’éminence » qui caractérisent la Vierge se dégagent sur la base de sa ressemblance fondamentale avec les autres hommes, avec les autres rachetés. Et il n’est pas sans intérêt de détailler ce principe-là, en disant, par exemple : La Vierge Marie réalise les traits spécifiques de la nature humaine comme toute autre créature humaine, identiquement. Elle réalise les traits spécifiques de la féminité, comme toute autre femme. Si sa grâce atteint à une plénitude hors pair, elle est de même espèce que la grâce des autres rachetés : elle est pareillement une participation à l’être et à la vie même de Dieu ; elle s’exerce par les mêmes vertus théologales. Et tout cela procède en Marie comme dans les autres, d’un don gratuit de Dieu. (Ibid., p. 122)
Femme éminente, mais simple femme tout de même. Laurentin ne nie pas « une certaine coopération de la Vierge à l’œuvre de la Rédemption », mais il précise qu’« on n’en peut rien tirer de précis » (Ibid., p. 119), ni répondre de manière affirmative à la question de savoir si elle a coopéré à l’acquisition des grâces du salut ainsi qu’à leur dispensation. Autrement dit, selon Laurentin, on ne peut affirmer que Marie est Corédemptrice et Médiatrice de toutes grâces.
Restons auprès de la Corédemptrice au Calvaire
Quelle conclusion en tirer sinon que s’appuyer sur la mariologie de René Laurentin pour défendre la corédemption, c’est comme s’appuyer sur Montesquieu pour défendre la monarchie de droit divin ou sur Voltaire pour défendre la Sainte Église ? De même, s’appuyer sur Lumen gentium pour défendre cette doctrine implique, nécessairement, d’ignorer volontairement les omissions ou les minimisations intentionnelles, tout en interprétant le texte appauvri qui en résulte de manière à lui faire dire implicitement ce qu’il omet volontairement de dire explicitement. Ce genre d’herméneutique de la continuité est, comme tout esprit honnête doit l’avouer, tout à fait insatisfaisante. C’est comme poser une belle statue de la Sainte Vierge sur des sables mouvants.
Si la question mariale, si essentielle, pouvait être résolue si facilement, alors le problème ne serait pas si grave après tout. Il est à craindre qu’au fond, cette position, ostensiblement conciliatrice, provient d’une attitude spirituelle, quoique inconsciente, un peu apparentée à celle des apôtres qui ont fui le Calvaire, plutôt que de rester au pied de la Croix avec Notre-Dame, comme le Disciple bien-aimé. Ne faut-il pas à cette heure, qui est l’heure de la Corédemptrice au pied de la Croix, lors de la Passion de la Sainte Mère l’Église, qu’en reconnaissant en vérité toute la gravité de l’état des choses, nous restions fermement et fidèlement à ses côtés, et que nous acceptions de participer à la Compassion crucifiante qu’elle a endurée par amour pour nous et pour notre salut éternel ?
[1] René Laurentin, La question mariale, Éditions du Seuil, 1963, p. 13-14.
[2] Acta synodalia, vol. III, pars VIII, p. 163.
[3] Jean-Paul II, 2 octobre 1997 ; ORLF 2489 (7 octobre 1997), p. 8.
[4] Réginald Garrigou-Lagrange, La Mère du Sauveur, et de notre vie intérieure, Éditions Saint-Rémi, reproduction de l’édition de 1948 (éditions du Cerf), p. 206.
[5] Paraphrase du Salve Regina, chapitre 5.
[6] Défense de la doctrine de la Corédemption de la Sainte Vierge, de l’abbé Claude Barthe, publié le 5 avril 2025 dans Res Novae : https://www.resnovae.fr/defense-doctrine-coredemption/
[7] Marie clé du mystère chrétien, Fayard, Paris 1994, p. 24.
[8] Court traité sur la Vierge Marie: La crise de l’après concile et l’avenir de Marie dans l’Église, sixième édition mise à jour et augmentée, François-Xavier de Guibert Editeur, Paris 2009, p. 145.
Deuxième dimanche après Pâques : Dimanche du Bon Pasteur
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Les sept semaines du temps pascal, jusqu’à la Pentecôte inclusivement, sont consacrées à la joie et à l’action de grâces pour le grand bienfait de la Rédemption, joie qui se traduit principalement dans la liturgie par le mot Alléluia revenant sans cesse dans tous les chants. Cependant en ce deuxième dimanche après Pâques l’expression de cette joie se fait moins extérieure et plus contemplative. Ce dimanche est appelé » Dimanche du Bon Pasteur » en raison de l’Évangile qui est lu en ce jour, et nous allons trouver deux fois dans les chants de cette messe la phrase centrale de cet Évangile » je suis le bon pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent « .
La dévotion à Jésus Rédempteur sous les traits du Bon Pasteur pénétra de bonne heure dans le cœur des premiers fidèles. Abercius, dans son inscription funéraire, parle du Bon Pasteur qui, de ses yeux toujours vigilants, regarde son troupeau.
L’architecture de la messe est d’une belle unité comme vous allez le constater…
Introït : Misericordia Domini
Le texte réunit deux versets du psaume 32 Exsultate justi. Ce psaume est un chant de louange et d’action de grâces à Dieu pour sa toute puissance et sa bonté, dont il énumère toutes les manifestations dans l’univers. Le premier verset se rapporte à la terre, c’est-à-dire toute la création visible, qui chante la magnificence et l’amour infini du Créateur ; le deuxième se rapporte au ciel, c’est-à-dire tout l’univers invisible qui nous entoure, œuvre également de la parole créatrice.
Misericordia Domini plena est terra ; verbo Dei cæli firmati sunt.
La terre est pleine de la miséricorde du Seigneur, et les cieux ont été créés par la parole de Dieu.
La mélodie donne à ce chant d’action de grâces un caractère de joie douce et intime. Le point culminant de cette œuvre d’amour divin est la Rédemption dans laquelle le Bon Pasteur a donné sa vie pour nous, nous accordant la grâce de le connaître et de l’aimer à notre tour, et c’est principalement pour cette grâce que nous exprimons ici notre reconnaissance. Bien entendu cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 32 suivi du Gloria Patri.
Exsultate justi in Domino, rectos decet collaudatio.
Justes, exultez pour le Seigneur car la louange convient aux cœurs droits.
Alléluia : Cognoverunt
Comme pour tous les dimanches du Temps pascal, il n’y a pas aujourd’hui de Graduel, mais deux Alléluias, et comme c’est souvent le cas à cette époque de l’année, les versets de ces deux Alléluias sont tirés de l’Évangile. Celui du premier Alléluia est pris dans l’Évangile des pèlerins d’Emmaüs, à la fin du passage qui a été lu à la messe du lundi de Pâques, lorsque les deux disciples, revenus à Jérusalem, racontent aux apôtres leur rencontre :
Cognoverunt discipuli Dominum Jesum in fractione panis.
Les disciples ont reconnu le Seigneur Jésus à la fraction du pain.
En quoi a consisté exactement cette fraction du pain ? Notre Seigneur a-t-il prononcé les paroles sacrées du Jeudi saint ? Ou bien l’évangéliste a-t-il voulu dire seulement que c’est au moment où ils ont partagé le pain que les yeux des deux disciples s’ouvrirent et qu’ils reconnurent leur compagnon ? On ne peut le savoir avec certitude, mais ce qui compte ici c’est que les disciples ont reconnu le Seigneur, et c’est volontairement que cette phrase a été rapprochée de celle de l’évangile du Bon Pasteur qui sera chantée au deuxième Alléluia :
Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.
On retrouve dans les deux cas le même verbe » connaître « . Nous avons la grâce de connaître le Christ notre rédempteur et nous l’en remercions : c’est le thème principal de ce dimanche. La mélodie exprime cette reconnaissance avec un enthousiasme vibrant ; par trois fois, dans l’Alléluia et dans chacune des deux phrases du verset, elle part du grave et s’élance vers l’aigu en un grand élan, et elle s’y tient joyeusement avant de redescendre doucement vers une cadence mystique et contemplative.
Alléluia : Ego sum pastor
Dans le deuxième Alléluia du deuxième dimanche après Pâques, nous trouvons la phrase de l’Évangile du jour que nous avons déjà citée :
Ego sum pastor bonus, et cognosco oves meas, et cognoscunt me meæ.
Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.
Ici ce ne sont plus les disciples, ce ne sont plus les brebis qui expriment leur reconnaissance, c’est le Bon Pasteur qui parle, et sa voix est douce et pleine de tendresse. On remarquera que la mélodie de l’Alléluia se répète deux fois dans le verset, une fois sur et cognosco oves meas et une fois sur et cognoscunt me meæ, les deux verbes cognosco et cognoscunt se reproduisant identiquement.
Offertoire : Deus, Deus meus
Le chant de l’Offertoire du deuxième dimanche après Pâques est composé de deux versets du psaume 62, qui est la prière d’un exilé. Jour et nuit il veille en pensant à Dieu et à son temple, qu’il espère revoir, et où il aspire à offrir sa prière en levant les mains au ciel.
Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo, et in nomine tuo levabo manus meas.
Dieu, mon Dieu je vous cherche dès l’aurore. En votre nom je lèverai les mains.
En ce dimanche cette prière exprime notre désir de connaître toujours davantage le Bon Pasteur qui est venu nous sauver. La mélodie, comme nous l’avons souvent remarqué pour les Offertoires, est une méditation intérieure et contemplative avec un faible développement et des notes longues très calmes.
Communion : Ego sum pastor
Nous retrouvons dans la Communion du deuxième dimanche après Pâques la phrase centrale de l’Évangile du Bon Pasteur qui formait déjà le texte du deuxième Alléluia.
Ego sum pastor bonus, et cognosco oves meas, et cognoscunt me meæ.
Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.
C’est donc toujours le Bon Pasteur qui parle et sa voix est toujours douce. Mais ici la mélodie est moins développée que dans l’Alléluia ; elle est plus syllabique et suit davantage le texte dont elle souligne toutes les inflexions. Par ailleurs elle possède un caractère plus mystique et contemplatif.
I-Média – Macron, Trump et Zelensky au Vatican : la chaise de la discorde
Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin décryptent l’actualité brûlante, entre diplomatie chaotique, récupérations politiques et dérives médiatiques.
L’image de la semaine nous permet de revenir sur une séquence marquante de l’enterrement du pape François : la rencontre entre Trump et Zelensky, dont Macron semble bel et bien avoir été exclu. Une certaine idée des rapports de force internationaux…
Et puis dans notre dossier, nous reviendrons sur deux faits divers que la gauche s’est empressée de récupérer au nom de la nécessaire lutte contre “l’extrême droite”. Découvrez comment les rédactions minimisent les faits… jusqu’à ce que l’origine des coupables les force à changer de narratif.
A Nantes : le meurtre d’une Française par un adolescent d’origine turque – silence médiatique sur l’immigration.
Dans le Gard : l’assassinat d’un jeune Malien par un Français d’origine bosniaque dans une mosquée – la gauche instrumentalise le drame en criant à l’”islamophobie”.
Le dilemme libéral : jusqu’où peut-on aller au nom de “l’État de droit” ?
Lu dans Conflits à propos des élections en Roumanie, mais qui peut s’appliquer à la France, suite à la condamnation en 1ère instance de Marine Le Pen à une peine d’inéligibilité :
[…] L’année 2024 a été difficile pour les partis libéraux en Occident : victoire de Donald Trump aux États-Unis, élections européennes marquées par une poussée des droites nationales, dissolution de l’Assemblée nationale en France, élections roumaines, etc. Les réactions varient d’un pays à l’autre mais, au niveau européen, l’on regarde d’un œil attentif les outils employés par chacun dans le barrage face à l’« illibéralisme » et à la lame de fond populiste.
Du point de vue des différentes forces libérales – qu’on peut qualifier de pro-européennes, multiculturalistes et attachées à une vision extensive des droits humains –, le populisme de droite est une menace existentielle pour la démocratie. Une large victoire d’un candidat comme Calin Georgescu aurait signé, de leur point de vue, vraisemblablement la fin de la démocratie roumaine. C’est un combat dans lequel chaque élection est un risque de voir le pays sombrer dans l’obscurantisme, l’« illibéralisme » et l’ombre du Kremlin. Partant, l’utilisation de moyens extraordinaires est légitime ; la justice devient un ultime rempart pour sa propre survie.
Le dilemme des libéraux consiste à faire barrage aux souverainistes sans trahir l’État de droit. Dans ces grandes controverses politiques, on le voit, l’instrumentalisation de la justice est acceptée par une partie de la classe politique et de l’opinion. Elle révolte symétriquement ceux qui sont visés. Le risque est important, pour le camp libéral, de voir ces coups de force grossir les rangs populistes, et surtout d’accentuer une colère qui peinera à redescendre. La Roumanie est marquée par la persistance de la corruption et un personnel politique qui peine à se renouveler du côté des grands partis de gouvernement. Le vote Georgescu n’était pas qu’une adhésion tout entière au projet du candidat, mais aussi le symptôme d’un dégagisme particulièrement visible dans les votes de la diaspora roumaine en Europe occidentale.
La Roumanie est un pays qui entre tardivement dans l’ère des poussées populistes. Là où des pays comme la Suède ou l’Italie ont absorbé en partie la vague des années 2010 et où l’on peut observer un moment « post-populiste, selon la formule du politologue Thibault Muzergues, la droite dure roumaine est assez récente comme force sérieuse d’opposition. La riposte judiciaire contre Calin Georgescu a montré à quel point les partis de gouvernement roumains ne s’étaient pas préparés à faire face à ce surgissement.
Enfin, dans cette tendance qui traverse presque toutes les démocraties occidentales, de la mer Noire à l’Atlantique, il est difficile de tirer autre chose qu’une conclusion en demi-teinte, et peu satisfaisante selon laquelle chaque partie est fautive à un moment ou un autre et porte une part de responsabilité dans le marasme qu’elle prétend combattre. Dans ces polémiques et ces controverses, qui fragilisent la démocratie et le corps politique de la nation, la question de la légitimité est au cœur de la tension entre un pouvoir judiciaire qui redéfinit les contours de l’expression démocratique au nom de la loi et des personnalités politiques fortes d’une légitimité « populaire », bien réelle ou parfois artificiellement gonflée, on l’a dit. Il semblerait que, dans cette période cathartique de nos démocraties, l’antagonisme des forces libérales et des forces populistes produise un moment « schmittien » dans lequel chaque partie revendique un type de légitimité qui sauvegarde son existence politique. Le droit contre le peuple : voilà le dilemme dont on peine à voir comment nos pays vont sortir, la Roumanie comme les autres.
12 mai : mobilisation dans plusieurs villes contre la loi sur l’euthanasie
Vendredi 2 mai, l’examen de la proposition de loi pour légaliser le suicide assisté se termine en commission et montre que c’est bel et bien une loi faite par et pour le lobby de l’euthanasie, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.
En effet :
- Le texte créant un « droit à mourir » est large et ne s’appliquerait pas uniquement à « la fin de vie », mais à toute personne malade ;
- Les amendements de bon sens pour protéger les personnes vulnérables, garantir un consentement éclairé et promouvoir les soins palliatifs sont systématiquement
rejetés ; - Le délit d’entrave au suicide assisté est déjà prévu dans la loi et l’ADMD pourra exercer des recours juridiques contre ceux qui voudront « entraver » le suicide d’autrui, y compris les pharmaciens qui refuseraient de préparer le poison.
À partir du 12 mai, les parlementaires examineront deux propositions de loi, l’une sur les soins palliatifs et l’autre sur la fin de vie visant à légaliser le suicide assisté et l’euthanasie.
À l’approche de cette date, il devient urgent de se mobiliser pour rappeler que donner la mort n’est pas un soin. La légalisation de l’euthanasie constituerait une rupture éthique profonde, fragilisant les plus vulnérables et bouleversant la mission du monde médical, déjà bouleversé par l’avortement.
Lundi 12 mai, Alliance VITA organise une mobilisation dans une cinquantaine de villes en France pour réclamer des soins et refuser l’euthanasie. Nous vous invitons à rejoindre l’événement à Paris où dans la ville la plus proche de chez vous.
Le retour de Nigel Farage
Une élection partielle du nord de l’Angleterre a été remportée par Reform UK, le parti dirigé par Nigel Farage, champion du Brexit. Il s’agit d’un revers important pour le parti travailliste au pouvoir et notamment le Premier ministre Keir Starmer.
Nigel Farage, qui a fait campagne sur la lutte contre l’immigration irrégulière, souligne :
“Pour le mouvement, pour le parti, c’est un très, très grand moment”. Cette victoire “prouve que nous sommes désormais le parti d’opposition au gouvernement travailliste”.
Elle confirme la montée de Reform UK et la fragmentation du paysage politique au Royaume-Uni. Après cette victoire dans la circonscription de Runcorn et Helsby, Reform UK détient cinq députés à la chambre des Communes à Westminster, qui compte au total 650 sièges.
Ces élections sont le premier scrutin en Angleterre depuis l’arrivée au pouvoir du Labour, du Premier ministre Keir Starmer, en juillet. Jusqu’ici marginal, Reform UK gagne au moins 600 élus locaux. Reform UK revendique désormais plus d’adhérents que le parti conservateur britannique, le plus vieux parti politique d’Europe.
Selon les enquêtes d’opinion, les Britanniques manifestent une désillusion croissante à l’égard des deux grands partis, préoccupés par le manque de résultats sur la croissance économique, les chiffres de l’immigration clandestine ou des services publics en difficulté.
La montée en puissance de Nigel Farage révèle que la révolution du Brexit n’est pas terminée. Les fractures qui ont mené au vote du Brexit sont toujours présentes et constituent un moteur électoral efficace : la question migratoire, le sentiment d’abandon économique de certaines régions éloignées des centres urbains mondialisés et les questions culturelles (lutte contre le wokisme). Par conséquent, le système bipartisan vole en éclat et l’union des droites au Royaume-Uni devient inévitable.
Le parti de Nigel Farage est en bonne voie pour devenir une alternative crédible aux partis traditionnellement au pouvoir à Londres. Il y travaille en développant une plateforme idéologique et politique sérieuse et non plus seulement contestataire. Reform se mue en parti de gouvernement.
Neuvaine de prière autour de la loi sur la fin de vie
Voici une neuvaine du 4 au 12 mai, pour tout ce qui tourne autour du projet de loi :


Ouverture de l’école Notre Dame des Mariniers : Ensemble, soutenons l’éducation catholique et indépendante !
Chers amis,
Nous avons le plaisir de vous annoncer l’ouverture de l’école primaire Notre Dame des Mariniers au sud de Lyon en septembre prochain.
Placé sous le patronage de la FSSPX, notre école privée hors contrat catholique propose un environnement où chaque enfant peut grandir, apprendre et s’épanouir à son rythme, tout en étant guidé par des principes d’éducation qui ont fait leur preuve.
Notre ambition est d’accueillir d’ici 5 ans une cinquantaine d’élèves de la maternelle au Cm2.
En tant qu’établissement privé hors contrat, nous ne bénéficions d’aucune subvention publique. C’est pourquoi nous faisons appel à votre générosité pour nous aider à poursuivre notre mission éducative. Chaque don, quel que soit son montant, contribue directement à :
• Améliorer nos infrastructures : rénover les classes, aménager des espaces d’apprentissage plus adaptés, acquérir notre matériel pédagogique.
• Renforcer notre offre pédagogique : accueillir davantage d’élèves tout en garantissant un enseignement de qualité, renforcer l’accompagnement spirituel, organiser des activités culturelles et éducatives.
• Soutenir nos projets à long terme : développer de nouveaux projets d’enseignement, offrir des bourses d’étude pour les familles en difficulté financière et garantir un environnement sûr et épanouissant pour tous nos élèves.
Comment nous aider ?
• Faire un don en ligne
• Envoyer un chèque à l’adresse suivante (voir ci-dessus)
• Faire un don en nature ou matériel.
• Par vos prières régulières à l’intention de notre école.
Nous avons tous à cœur de transmettre un savoir, une foi, et un cadre bienveillant aux générations futures. Votre soutien, qu’il soit financier, matériel ou spirituel, fait toute la différence.
Nous vous remercions par avance pour votre générosité et votre engagement à nos côtés. Ensemble, nous pouvons faire grandir cette belle école et offrir à nos enfants l’éducation qu’ils méritent !
Que Dieu vous bénisse et vous garde!
Avec toute notre gratitude.
L’équipe pédagogiqueCet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
L’enseignante qui se disait victime de menaces de mort et de racisme a tout inventé
Une enseignante du lycée Jean-Monnet à Libourne a été placée en garde à vue, mardi, des chefs de «dénonciation mensongère à une autorité judiciaire entraînant des recherches inutiles» et «d’escroquerie aggravée», déclare le procureur de la République de Libourne.
À quatre reprises, depuis le 4 décembre 2023, la suspecte s’était dite victime de menaces de mort et de viol. Violente et raciste, la première missive présentée à l’époque comme la visant indiquait par exemple : «Les Arabes du lycée, on doit les tuer. Je vais les saigner comme les cochons de mon grand-père.» Les deux courriers suivants étaient de teneur similaire.
Lors de la quatrième salve, les menaces de mort et les incitations au viol – toujours ponctuées d’insultes racistes – avaient pris une autre forme… Celle d’un SMS anonyme, envoyé à un étudiant en classe de terminale, qui était incité à relayer sur les réseaux sociaux ces menaces envers sa professeur. Le quatrième message avait pour émetteur une carte SIM prépayée et achetée par le professeur dans un bureau de tabac. Elle refuse d’admettre qu’elle est l’auteur des lettres manuscrites alors que les conclusions de l’expertise graphologique la désignent.
Encore une affaire d’islamophobie bidon.
Concernant l’assassinat d’Aboubakar Cissé, le Malien de 22 ans tué dans la mosquée de La Grand-Combe (Gard) le 25 avril, le procureur de la République de Nîmes a souligné hier :
“Les ressorts pour agir de l’agresseur sont très vite apparus comme profondément personnels : envie de tuer, quelle que soit la cible, et fascination morbide”. “Les faits apparaissent donc à ce stade construits autour d’une envie obsessionnelle de tuer une personne”. « Il s’agit d’un individu ayant agi dans un contexte isolé, sans lien avec une organisation diffusant un discours de terreur. »
Là encore, pas d’islamophobie. L’enquête a mis en lumière une personnalité instable, guidée par une « fascination morbide » et une volonté aveugle de faire du mal. Olivier Hadzovic avait exprimé quelques jours avant son passage à l’acte sa volonté de « violer des femmes » et de « tuer », sans jamais cibler une religion ou une origine en particulier.
A défaut d’oser organiser un référendum, Macron va relancer une inutile convention dite citoyenne
Lors de ses Voeux le 31 décembre 2024, Emmanuel Macron annonçait des conventions citoyennes “sur des sujets déterminants”. Pour rappel, il y en a déjà eu 2 :
- sur le climat (2019-2020), qui n’a servi à rien
- sur la fin de vie (2022-2023), qui n’a pas servi à grand chose, vue la loi qui se profile
Cette fois ce sera sur la question des rythmes scolaires, à partir de juin, “au moins jusqu’à l’automne”.
Emmanuel Macron souhaite que des citoyens soient tirés au sort pour se pencher sur la question des rythmes scolaires, de la durée des journées à l’école, de l’heure d’entrée en cours ou encore sur la question de la durée des vacances pour les écoliers. C’est le Conseil économique, social et environnemental (CESE), missionné par le Premier ministre, qui organisera les débats.
La question de la liberté scolaire ne semble pas l’effleurer.
Emmanuel Macron va présenter sa soumission à l’Eglise de la République
Emmanuel Macron se rendra lundi à la Grande Loge de France pour un discours sur la laïcité, à l’occasion du 120e anniversaire de loi de séparation des Églises et de l’État, adoptée le 9 décembre 1905. La présidence française précise :
«Ce sera encore une fois une façon pour lui de s’inscrire, comme il l’a toujours fait, dans la droite ligne de pères fondateurs de cette loi, à commencer par Aristide Briand, et de rappeler que c’est une loi de liberté et que c’est dans cet état d’esprit qu’il entend que soit commémoré en décembre».
Ce sera la première visite d’un président de la République à la Grande Loge de France, deuxième obédience maçonnique en France après le Grand Orient de France. Elle compte 32 000 membres, contre 55 000 pour le Grand Orient.
Le chef de l’État visitera, dans le 17e arrondissement de Paris, le musée de la Grande Loge, s’entretiendra avec son grand maître, Thierry Zaveroni, avant de prononcer son discours dans le temple Pierre-Brossolette, du nom de l’ancien résistant franc-maçon.
L’hôtel de la Grande Loge de France est un ancien Couvent de la fin du 19° siècle acquis en 1911…
Il a reçu la plus haute distinction de la Légion Etrangère, ce 30 avril 2025. Le Padre, un homme d’exception !
Il y a deux ans, le 30 avril 2023, le padre Lallemand remontait la Voie sacrée portant la main du capitaine Danjou. Il incarnait « Monsieur Légionnaire », la plus prestigieuse distinction de la Légion étrangère.
“La joie de l’âme est dans l’action”. Cette phrase du maréchal Lyautey résume parfaitement le père Lallemand, tant le soldat, le prêtre et l’homme sont intimement mêlés. Cette personnalité hors du commun a consacré sa vie à ses frères d’armes. Voici son témoignage exceptionnel, empli d’espérance.
La guerre, fait partie de l’histoire de l’humanité. A toutes les époques, plus sanglante, plus violente, plus atroce. L’armée fait son devoir ; cet exercice du métier des armes confronte les hommes aux limites de l’humanité. Ils n’en ressortent pas indemnes. L’accompagnement spirituel, au combat comme en temps de paix est un appui « essentiel pour se confronter à l’adversité et affronter les interrogations qui découlent de cet engagement pour la Patrie. Prêtre configuré au Christ, l’« action » du Padre Lallemand n’a pas été qu’une simple présence auprès des hommes
« Son engagement total, à pied, à ski, en parachute lui ont ouvert les portes d’unités ou les aptitudes physiques sont élevées au rang de vertus. ? Mais ce sont surtout ses disponibilités pour tous en toutes circonstances, sa grande humilité et son écoute attentive qui restent dans la mémoire de ceux qui l’ont approché. Son expérience militaire, son courage au combat, et les insignes honneurs qui lui ont été rendus le classent parmi les plus valeureux. Doté d’un esprit combatif forgé au séminaire comme à Cherchell, le Padre fut un officier exemplaire, exigeant pour lui-même, ne se ménageant en rien, s’oubliant pour le service des autres. C’est cet élan qui l’a poussé à tout quitter pour s’engager comme missionnaire au Tchad.
Pour tout assumer de la vie, le Padre a aussi pris sur lui la souffrance et la mort des soldats, des parachutistes et des légionnaires. Il porte en silence et dans la prière la mémoire de ceux qui sont tombés pour la France. Son soutien étendu aux familles est une consolation, une espérance, toujours restée vive. Son audace à Kolwezi, à Beyrouth, comme un défi face à l’ennemi a souvent permis de relancer l’action. Tout cela constitue un poids de tourments, et de peines qu’il porte sans jamais se plaindre.
Ferment de cohésion, frère d’armes devenu frère d’âmes, Le Padre continue son travail à Puyloubier, à Auriol, fidélité absolue aux képis blancs, aux anciens. Solidarité qui se résume vite « Legio Patria Nostra » et l’on pourait dire « Familia nostra ».
Rester droit. Marcher droit. Malgré l ‘âge, le dos, et les blessures d’un « vieux para » qui a crapahuté tant et plus… marcher droit pour rester fidèle pour servir.
Une belle vie qui fait découvrir la grandeur de l’engagement total.
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
Padre, mémoire d’un aumônier militaire. Yannick Lallemand & Frédéric Pons, Editions Taillandier, 304 pages, 21.90 €
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Notre-Dame brille
Les Éveilleurs ont organisé une rencontre inédite réunissant Paule Amblard, historienne de l’art et auteur de Notre-Dame de Paris : les symboles des pierres, Loïc Angleys, apprenti de Notre-Dame , Raphaël de Belleville, charpentier du chantier de restauration, et Henri d’Anselme, auteur de Sur le chemin des cathédrales. Ensemble, ils nous dévoilent les mystères, les symboles et les défis de la restauration de ce Dame de Pierre, la reine des cathédrales !
Interdiction de l’opposition nationale : après la Roumanie et la France, l’Allemagne
Après l’interdiction du favori des sondages de se présenter à la présidentielle en Roumanie, la condamnation de Marine Le Pen en France, le renseignement intérieur allemand classe le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), arrivé deuxième aux dernières élections législatives, et actuellement premier dans les sondages, comme mouvement « extrémiste », ce qui permet de le placer sous surveillance intensive, y compris des communications privées. Ce classement officiel de l’AfD comme parti « extrémiste » va permettre de relancer au Parlement la campagne pour l’interdire.
L’organisme allemande s’intitule l’Office de protection de la Constitution. Sic. Protéger la constitution consiste à empêcher l’opposition de se présenter.
Samedi 3 mai: prions la Vierge Marie d’avoir un saint Pape
C’est le premier samedi du mois. C’est le premier samedi du mois de Marie. Dans quelques jours, le conclave se réunira. C’est le moment de faire ce que la Vierge nous a demandé à Fatima: la communion réparatrice du premier samedi du mois – et d’en profiter pour demain un saint Pape.
Vous pouvez relire l’appel que nous avons publié ici – ou vous rendre sur le site des premiers samedis pour y lire les derniers articles d’actualité, concernant spécialement ce samedi 3 mai.

Fin de vie : un simulacre de débats en Commission des Affaires sociales
Communiqué du Syndicat pour la famille :
Moins de trente amendements ont été adoptés sur plus d’un millier déposés et débattus. Un chiffre qui en dit long sur l’étroitesse du dialogue et la faiblesse du débat engagé.
Difficile de qualifier cette séquence parlementaire de fructueuse ou responsable. Les parlementaires favorables à l’euthanasie et au suicide assisté ont confisqué le débat par un véritable verrouillage idéologique. Alors que l’enjeu du rapport de notre société à la vulnérabilité et à la mort est au cœur de cette proposition de loi, les postures ont pris le pas sur l’écoute réelle, l’argumentation et la recherche de ce qui est effectivement au bénéfice des Français. Ce traitement soulève de sérieuses interrogations. Refuser d’entendre les voix divergentes, c’est refuser le rôle même du Parlement : celui d’un lieu de confrontation démocratique et d’enrichissement des textes pour servir les Français.
Ainsi, contrairement au commentaire du député-rapporteur (et militant pro-euthanasie) Olivier Falorni sur le fait d’avoir débattu « au service des Français », le débat a été confisqué par les partisans de la mort programmée et organisée. Concrètement, au cours du travail de la commission des Affaires sociales, tout a été fait pour aller encore plus loin dans la mise en place d’un véritable système pour rendre la mort délibérée et proactive accessible facilement et rapidement, sans même garantir véritablement que telle soit bien la volonté du patient.
- L’accès a été ouvert le plus largement possible : sur la base des souffrances physiques et/ou psychologiques, du fait d’une affection ou d’un accident.
- Les deux options, euthanasie ou suicide assisté, sont possibles dans tous les cas.
- La demande écrite ou enregistrée pour s’assurer de la volonté du patient n’est pas prévue.
- Le médecin décide seul puisque l’avis qu’il demande à un autre médecin n’impose pas à ce dernier de rencontrer le patient.
- Les recours ne peuvent être faits que par l’intéressé lui-même et non par ses proches. Ils ne sont donc possibles que lorsque le médecin n’a pas accédé à la demande d’une mort délibérée et volontaire.
- Les contrôles ne s’exerceraientt qu’a posteriori, soit après la mort, lorsqu’il n’est plus possible de corriger les faits.
- Le décès serait enregistré comme une mort naturelle !
La création d’un délit d’incitation a été refusé par Olivier Falorni et ses collègues pro-aide à mourir. Pourtant, le risque de pression est parfaitement connue.
La condition préalable d’offrir des unités de soins palliatifs à tous les patients avant d’appliquer la loi sur le suicide assisté et l’euthanasie a également été écartée. C’est l’aveu du choix de la posture idéologique plutôt que celle d’un choix réel des patients en souffrance entre les soins palliatifs et l’accélération de la mort.
Au final, le texte va plus loin encore que la version initiale. En jetant à la poubelle les propositions de bon sens de parlementaires qui cherchaient au moins à protéger les patients de pressions, mortelles en l’occurrence, la Commission des affaires sociales va proposer en séance plénière un texte complètement déséquilibré.
« Le refus systématique des militants de l’euthanasie et du suicide assisté d’entendre les appels de leurs collègues à protéger les patients est un signal très inquiétant. En conséquence, la proposition de loi est aujourd’hui plus transgressive que toutes les législations des pays qui ont autorisé le suicide assisté et/ou l’euthanasie. C’est donc malheureusement la moins protectrice au monde des personnes les plus vulnérables du fait de leurs souffrances » résume Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la Famille.
La loi euthanasie qui sort de commission est gravement empirée par rapport au texte initial
Communiqué d’Alliance Vita :
En commission des affaires sociales, les députés ont adopté la loi rebaptisée la loi relative au droit à l’aide à mourir qui légaliserait sans distinction l’euthanasie et le suicide assisté.
En refusant d’assumer clairement les termes d’« euthanasie » et de « suicide assisté », les auteurs de la proposition de loi contribuent à entretenir une confusion dramatique. Sur un sujet aussi grave, les mots ont un poids éthique et symbolique déterminant : nommer, c’est reconnaître la réalité.
Alors que le projet de loi initial – il y a un an – prétendait répondre à des situations exceptionnelles en fin de vie, les modifications adoptées en élargissent considérablement le champ d’application. En validant l’expression « phase avancée ou terminale », les parlementaires balayent le critère de fin de vie et ouvrent potentiellement l’accès à la mort administrée à des personnes atteintes de maladies chroniques et psychiques.
Plus choquant encore, la capacité à exprimer une volonté libre et éclairée est traitée avec légèreté. Le texte présume ainsi le discernement chez des personnes placées sous tutelle ou souffrant de troubles psychiques, sans obligation d’une évaluation approfondie par un psychologue ou un psychiatre.
Les débats ont montré l’intention réelle de la proposition de loi : faire de l’«aide à mourir » une option médicale parmi d’autres, au même titre que les soins palliatifs.
Le système de soins en France est confronté à de graves carences qui préoccupent les Français, qui le confirment sondage après sondage. La priorité donnée à l’euthanasie dans l’agenda parlementaire relève d’une logique désolante de solidarité à l’envers.
Le rapporteur du texte s’est posé en garant d’un prétendu équilibre, rejetant certains amendements comme celui visant à supprimer le critère du pronostic vital engagé ou celui ouvrant la porte à l’euthanasie aux mineurs ou par anticipation pour les malades d’Alzheimer par exemple. Cet équilibre de façade, destiné à rassurer les tenants d’un cadre strict et les indécis ne saurait masquer la réalité : en levant un interdit fondamental – celui de donner la mort –, ce texte rompt avec la fraternité dont il se revendique et aucune digue qu’il affirme bâtir ne saurait tenir.
Alliance VITA appelle à une grande mobilisation le 12 mai dans toute la France pour réclamer des soins et refuser l’euthanasie.
De quoi nourrir l’antiparlementarisme…
Lu dans L’observatoire parlementaire, publication mensuelle de Liberté politique sur le Parlement :

Conclave : l’inspiration du Saint-Esprit est réelle mais elle n’est pas membre électeur
Du père Jean-François Thomas dans France catholique à propos de l’intervention du Saint-Esprit dans le Conclave :
[…]

[…]

[…]
Contre-enquête de Riaumont pour répondre aux amalgames (suite)
Suite de la première partie diffusée en mars :
L’ouvrage sur l’obscurantisme woke en librairie
Après avoir été déprogrammé par son éditeur, le livre paraît enfin cette semaine aux Presses universitaires de France.
Effet Streisand garanti : suite à la polémique créée par les milieux wokistes, le livre devrait connaître un succès certain.

