Partager cet article

Tribune libre

Et pendant ce temps-là au Synode sur la synodalité… objectif 2028 !

Et pendant ce temps-là au Synode sur la synodalité… objectif 2028 !

Vous croyez que le Synode sur la synodalité est terminé, et qu’on a fini de nous faire marcher ?
Détrompez-vous.

Ce grand chemin ecclésial initié par le pape François cinq années en arrière a accouché d’un rapport de synthèse en octobre 2024 au terme d’un long et coûteux processus où tout le peuple de Dieu a été soit-disant consulté.
Puis, pendant que tout le monde s’imagine que le chemin est fini, 16 groupes de travail sont institués pour approfondir diverses problématiques.
Le langage synodal s’installe dans le discours ecclésial et la mise en pratique du Synode est à l’ordre du jour des diverses rencontres épiscopales. Ce fut le cas du dernier consistoire de juin 2026 autour du pape Léon XIV.
Enfin, nous apprenons qu’un nouvel horizon nous est tracé pour octobre 2028 par la tenue de diverses assemblées :
– premier semestre 2027 : Assemblées d’évaluation diocésaines et éparchiales
– second semestre 2027 : Assemblées d’évaluation nationales ou régionales
– premier quadrimestre 2028 : Assemblées d’évaluation continentales
– octobre 2028 : Assemblée ecclésiale au Vatican

Le programme n’est pas de faire un nouveau « travail », et donc de réfléchir à nouveau en Église, mais de « relancer le chemin » pour qu’il devienne « expérience concrète » dans les Églises, par la « conversation dans l’Esprit ».

https://www.synod.va/en/news/towards-the-ecclesial-assembly-of-october-2028.html

Je vous invite à lire les rapports des 16 groupes de travail qui paraissent en cette année 2026, le soir pour vous endormir :
https://www.synod.va/en/the-synodal-process/phase-3-the-implementation/the-study-groups/final-reports.html
Sans faire de commentaires sur la plupart d’entre eux, j’attirerai simplement votre attention sur le groupe de travail numéro 9 intitulé :
« Critères théologiques et méthodologiques synodaux pour le discernement partagé de questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes »
https://www.synod.va/en/the-synodal-process/phase-3-the-implementation/the-study-groups/final-reports/group-9.html

Le monde d’aujourd’hui suscite des questions nouvelles, et le Synode se laisse interpeller. Dans sa sagesse, il nous explique une méthode pour appréhender ces questions : la conversation dans l’Esprit sans jugement, une écoute mutuelle en vue d’un consensus, la reconnaissance des aspirations au bien que toutes pratiques religieuses expriment, etc.

Et quelles sont les « questions nouvelles » que ce groupe de travail met en avant ? Il y en a deux :
→ les pratiques homosexuelles chez des personnes croyantes,
→ et la non-violence en situation de guerre.

Mais pourquoi ont-ils choisi ces deux questions ?
Il est facile de lister au moins une dizaine de « questions nouvelles » qui mériteraient d’être traitées par l’Église aujourd’hui.
Je peux vous donner des exemples (qui ne sont pas dans le rapport, je précise) : les dilemmes bioéthiques conduisant à des choix exigeants, le boursicotage et les nouvelles formes d’usure, la relecture de la gestion de la crise sanitaire qui nous a divisés et traumatisés, la montée du New-Age et de la magie dans un contexte de méconnaissance du monde angélique, le foisonnement des prophéties qui intéressent les fidèles mais visiblement pas le clergé qui n’a reçu aucune formation à ce sujet, les rencontres et prières par internet en visio et la confusion possible entre réel et virtuel, les projets de retour à la vie rurale et villageoise pour sortir des errances de la modernité, etc, etc.

Les « questions nouvelles » des fidèles ont donc été passées au crible du processus synodal, et voici les grands gagnants : les pratiques homosexuelles et la non-violence.

Le dossier comporte trois témoignages pour accompagner notre réflexion : deux pour l’homosexualité et un pour la non-violence.
Nous sommes conviés à lire le récit de deux croyants catholiques ayant fait le choix de pratiques homosexuelles, et même de « mariage homosexuel » et d’engagement LGBT. Nous découvrons que ce qui compte finalement c’est la confiance en Jésus et l’amour : ces pratiques ne sont donc pas un problème puisque Dieu veut notre bonheur et notre accomplissement.
C’est écrit dans le texte des témoignages. Quant au rapport du groupe de travail, il nous invite à nous laisser interpeller par ces témoignages, et à renoncer à « l’illusion d’une pensée qui prétend s’exercer a priori, sans reconnaître sa dette fondamentale envers les conditions réelles, les processus culturels et la concrétude de l’expérience. »
https://www.synod.va/content/dam/synod/process/implementation/10workinggroups/final-reports/sg9/Testimony-A1-Homosexuality.pdf
https://www.synod.va/content/dam/synod/process/implementation/10workinggroups/final-reports/sg9/Testimony-A2-Homosexuality.pdf

Ils auraient pu contrebalancer cela par des témoignages de croyants ayant entièrement renoncé à toute pratique homosexuelle au cours de leur chemin de foi. Je connais des personnes qui ont des témoignages édifiants à ce sujet : je peux donner des noms. Ce sont des exemples d’irruption de la grâce dans des “conditions réelles, processus culturels et concrétude de l’expérience”.
Mais non, ce n’est pas à l’ordre du jour.

Et voilà. D’ici 2028, nous sommes invités, non pas à débattre à nouveau de ces sujets, puisque la porte de l’interprétation de la Synodalité a été fermée en 2024, mais à mettre en pratique la méthode synodale en méditant sur ces merveilleux rapports des groupes synodaux.
Paix et homosexualité, tout un programme.

« Outre le Document final et les Pistes, les Rapports finaux des Groupes d’Étude institués par le Pape François après la première Session de l’Assemblée accompagnent également le parcours ; ils sont publiés progressivement sur le site www.synod.va. La Secrétairerie Générale du Synode mettra par ailleurs à disposition d’autres matériaux de travail et organisera des rencontres de formation en ligne pour soutenir les responsables du processus dans les Églises locales. »
https://www.synod.va/content/dam/synod/news/2026-05-20_doc_towardsassemblies/2026.05.20_FRA_Communique-de-presse.pdf

Là, franchement, ras-le-bol.
Je vais aller lire saint Cyprien de Carthage, cela va me remonter le moral :
https://www.patristique.org/sites/patristique.org/IMG/pdf/Cyprien.pdf

PS : Vous trouverez aussi ici un article que j’avais écrit au sujet du Synode sur la synodalité en 2024.
https://lesalonbeige.fr/synode-st-jean-chrysostome-utilise-abusivement-pour-rendre-synonymes-eglise-synode-et-marcher-ensemble/

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Partager cet article

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services