Communiqué du Syndicat de la famille :
En prenant ses fonctions, le Premier ministre s’était engagé à gouverner avec le Parlement et à dépasser les logiques partisanes et idéologiques. Il ne peut aujourd’hui ignorer le message adressé par le Sénat. Persister reviendrait à imposer une réforme qui ne rassemble ni le Parlement, ni le pays, au mépris de l’esprit de dialogue qu’il avait lui-même revendiqué.
Le Premier ministre doit prendre acte du choix exprimé par le Parlement.
Mardi 7 juillet, le Sénat a adopté, par 169 voix contre 164, la motion de rejet préalable de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Pour la troisième fois, la Haute Assemblée refuse d’examiner ce texte. Ce vote confirme les profondes réserves éthiques, médicales et juridiques qu’il continue de susciter.
Ce nouveau rejet, ajouté à la très courte majorité obtenue à l’Assemblée nationale, démontre qu’une réforme d’une telle gravité ne bénéficie d’aucun consensus parlementaire. Plus de 400 parlementaires ont exprimé leur opposition au texte. Une loi qui bouleverse la vocation de la médecine et modifie profondément notre pacte de solidarité ne peut être imposée sur la seule base d’une majorité aussi étroite.
Sur un sujet qui touche à la vie et à la mort, le doute devrait conduire à la prudence, non à l’obstination. La responsabilité du Gouvernement est désormais de mettre un terme à l’examen de cette proposition de loi et d’ouvrir enfin le véritable chantier attendu par les Français : celui du développement des soins palliatifs, de la lutte contre les déserts médicaux, de l’accès aux centres antidouleur et de l’accompagnement des personnes les plus vulnérables.
Le Syndicat de la Famille appelle le Premier ministre à retirer ce texte et à respecter l’esprit de nos institutions. On ne transforme pas le rôle de la médecine, ni le rapport de notre société à la vulnérabilité, sans un large consensus national.
Enfin, le Gouvernement ne peut ignorer que cette réforme est également rejetée par ceux qui auront la responsabilité de l’appliquer. Une immense majorité des soignants, des sociétés savantes, des professionnels des soins palliatifs et des représentants du monde médical, mais aussi de nombreux patients et familles, ont exprimé leurs réserves ou leur opposition à cette légalisation. Gouverner contre le Sénat est une chose. Gouverner contre les soignants en est une autre. Lorsqu’un texte ne convainc ni une chambre du Parlement, ni une part considérable des députés, ni ceux qui consacrent leur vie à accompagner les plus fragiles, il n’est plus temps de passer en force : il est temps d’y renoncer.
