De nombreuses photos (https://www.instagram.com/p/DZIBnqLElAT?img_index=2) de ce qui a tout l’air d’un mariage laïque dans l’abbatiale du Mont-Saint-Michel ont récemment eu un grand succès sur les réseaux sociaux. Il est clair que ces photos du mariage de la mannequin chinoise Ming Xi sont très réussies, mais elles posent une question plus profonde : comment est-il possible de faire ce type de cérémonie dans le lieu le plus sacré du Mont-Saint-Michel ? On ne parle pas de la terrasse de l’abbatiale, voire du cloître, mais bien de l’abbatiale elle-même. Abbatiale dans laquelle est célébrée chaque jour la messe ainsi que les offices de la Fraternité Monastique de Jérusalem. Abbatiale qui est pourtant refusée aux couples catholiques qui souhaitent s’y marier au prétexte qu’il s’agit d’un musée tenu par l’Etat.
Comme toutes les églises françaises de l’époque, l’abbatiale du Mont-Saint-Michel a été spoliée par l’Etat à la Révolution. L’abbaye est aujourd’hui cogérée par le Centre des Monuments Nationaux et l’Établissement public du Mont-Saint-Michel. On découvre sur son site (https://www.abbaye-mont-saint-michel.fr/privatisation/evenements-professionnels-cocktails-seminaires) qu’il est possible de louer l’abbatiale entre 18h et 21h à partir de 3 000 €. Pour y faire quoi et dans quel cadre ? La grille tarifaire précise « Abbatiale 600 m² : 450 personnes assises en concert uniquement ». Manifestement l’option mariage laïque est aussi possible. Quelles autres étrangetés peut-on aussi y faire ? Les concerts respectent-ils les règles de la Conférence des Evêques de France (https://liturgie.catholique.fr/bibliotheque/textes-de-reference/textes-canoniques-et-juridiques/4366-a-propos-concerts-eglises/) ? Non plus, comme en témoigne ce programme de 2024 (https://www.abbaye-mont-saint-michel.fr/agenda/festival-de-musique-du-mont-saint-michel-et-sa-baie-via-aeterna). On rappelle que le document romain de 1987 :
« Il n’est pas légitime de programmer dans une église l’exécution d’une musique qui n’est pas d’inspiration religieuse et qui a été composée pour être exécutée dans des contextes profanes précis, qu’elle soit classique ou contemporaine, d’un haut niveau ou populaire : cela ne respecterait ni le caractère sacré de l’église ni l’œuvre musicale elle-même, qui serait exécutée dans un contexte qui ne lui est pas naturel. »
Pourtant, l’établissement public du Mont-Saint-Michel dispose d’un conseil d’orientation pour le gouverner, composé de membres religieux comme le stipule le Décret n° 2019-1338 du 11 décembre 2019 (article 14 https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039492071/2026-03-03) et le précise sa plaquette institutionnelle (https://montsaintmichel.gouv.fr/medias/1-mont-saint-michel-plaquette-institutionelle-web-9798.pdf). A quoi sert ce conseil d’orientation si la sacralité de l’abbatiale n’est même pas respectée ? De quel droit les gérants de ce monument se permettent-t-ils de piétiner la raison d’être même de ce lieu ? Peut-on faire de l’argent à n’importe quelles conditions ? Tant qu’à générer des revenus, pourquoi des fiancés catholiques ne pourraient-ils pas s’y marier ? Cela respecterait au moins l’abbatiale.
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