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Conflits d’intérêts entre juges et ONG : Nouvelle victoire de l’ECLJ

Communiqué de l’ECLJ :

Cela peut paraître évident ; il aura pourtant fallu quatre années et de rudes débats pour que la Cour européenne des droits de l’homme accepte d’instituer une procédure de récusation de ses juges en cas de conflit d’intérêts. Elle l’a enfin fait, le 22 janvier 2024.

Cette nécessaire modification du Règlement de la Cour fait directement suite à la publication de deux rapports de l’ECLJ.

Le premier, intitulé Les ONG et les Juges de la CEDH publié en 2020, a fait le tour du monde et exposé l’ECLJ à de multiples représailles. Il a révélé qu’au moins 22 des 100 juges permanents de la CEDH sont issus de sept ONG actives à la CEDH, et ont jugé à plus d’une centaine de reprises des affaires introduites par leur propre ONG, se plaçant ainsi en situation manifeste de conflit d’intérêts. Ce rapport a particulièrement fait scandale en ce qu’il révélait que parmi ces ONG, l’Open Society de George Soros est particulièrement présente car pas moins de 12 juges en sont issus, et elle finance en outre les 6 autres ONG dont sont issus les 10 autres juges.

Trois années plus tard, l’ECLJ approfondissait l’étude des dysfonctionnements internes de la CEDH dans un nouveau rapport intitulé L’impartialité de la CEDH – Problèmes et recommandations. Il contient, comme son nom l’indique, une série de recommandations adressées aux États et à la Cour pour renforcer son impartialité. En tête de ces recommandations : l’adoption d’une procédure de récusation. C’est enfin chose faite dans l’article 28 du Règlement de la Cour à présent intitulé « Empêchement et récusation ».

La Cour a en outre adopté une « instruction pratique » de quatre pages sur la récusation des juges, annexée à son Règlement, qui précise la procédure de récusation. Elle a adopté ce faisant deux recommandations supplémentaires de l’ECLJ, l’une visant à permettre aux requérants de connaître à l’avance l’identité des juges susceptibles de trancher leur cause, et l’autre explicitant formellement la possibilité de demander la réouverture d’une affaire après une décision d’irrecevabilité. Une telle possibilité est nécessaire dans le cas notamment où le requérant constaterait qu’un juge ayant prononcé la décision d’irrecevabilité était en situation de conflits d’intérêts. Ce sont là des améliorations sensibles du fonctionnement de la Cour.

L’adoption de ces réformes internes est l’aboutissement d’un long processus accompagnant la publication des rapports et initié notamment par la remise d’une pétition de 60.000 signataires à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Grâce à notre initiative, plusieurs États membres du Conseil de l’Europe ont demandé et obtenu l’institution d’un comité d’experts intergouvernemental chargé, de rédiger un projet de rapport sur les moyens de renforcer l’indépendance et l’impartialité des juges[1]. Grégor Puppinck a participé à ce groupe d’experts.

C’est cette double pression, exercée via l’Assemblée parlementaire et les Gouvernements, qui a convaincu la Cour européenne d’adopter ces réformes. Tout l’enjeu pour le système de la CEDH était de résoudre ce grave problème de conflits d’intérêts sans en reconnaître publiquement l’existence, pour ne pas trop porter atteinte à la crédibilité de la Cour.

L’adoption de cette procédure de récusation en ce mois de janvier 2024 est le changement le plus important obtenu grâce aux rapports de l’ECLJ. Les années précédentes, deux autres réformes avaient été adoptées par la CEDH et faisaient suite elles-aussi à nos recommandations.

Le 2 septembre 2021, la Cour avait adopté une nouvelle « Résolution sur l’éthique judiciaire » renforçant les obligations déontologiques des juges, en particulier leurs obligations d’intégrité, d’indépendance et d’impartialité. En écho au rapport de l’ECLJ, cette résolution fait obligation aux juges d’être indépendants de toute institution, y compris de toute « organisation » et « de toute entité privée », en référence aux ONG et autres fondations. Sur l’impartialité, le texte ajoute l’interdiction explicite de « participer à aucune affaire qui pourrait présenter un intérêt personnel pour eux », renforçant ainsi la prévention des conflits d’intérêts. Les juges doivent en outre s’abstenir « de toute activité, de tout commentaire et de toute association pouvant être interprétés comme étant de nature à nuire à la confiance que le public se doit d’avoir en leur impartialité ».

Le 20 mars 2023, une autre réponse avait été apportée par la CEDH aux rapports de l’ECLJ par la publication d’une « Instruction pratique » sur les tierces interventions. Celle-ci vise à renforcer la transparence de l’action des ONG à la Cour. L’ECLJ avait en effet révélé que des ONG agissent souvent de façon dissimulée, à la fois comme requérante et intervenante dans la même affaire, et cachant leurs liens avec des parties ou avec des juges.

L’ECLJ prend note avec satisfaction de ces réformes internes à la CEDH, et se réjouit que son travail d’alerte porte ainsi des fruits. L’ECLJ rappelle que son intention, dans ce travail d’alerte, a toujours été de servir la justice, et donc le bon fonctionnement de la Cour.

L’ECLJ va poursuivre ce travail d’évaluation du fonctionnement de la CEDH.

En ce sens, l’ECLJ recommande à la Cour de poursuivre ses réformes internes, en imposant notamment la publication par les juges d’une déclaration d’intérêts, et surtout en garantissant enfin la transparence du greffe de la Cour et l’impartialité de ses membres. Cela implique de publier la liste de ses membres, à l’instar de la Cour de Justice de l’Union européenne ou de la Cour interaméricaine des droits de l’homme.

L’ECLJ recommande aussi aux Etats de ne plus proposer de militants issus d’ONG comme juges à la CEDH, mais seulement des magistrats ayant une expérience judiciaire de très haut niveau, et d’appliquer les mêmes règles de sélection à la nomination des juges « ad hoc », c’est-à-dire remplaçants.

Au-delà de ces aspects institutionnels, l’ECLJ va également continuer à agir auprès de la Cour pour que sa jurisprudence soit respectueuse d’une juste interprétation des droits de l’homme et de l’intérêt des peuples.

Nouveau report pour le projet de loi sur l’euthanasie ?

Le projet de loi sur la fin de vie sera-t-il présenté lors du premier semestre 2024 ? Les responsables des principales religions de France ont décidé de mettre le thème à l’ordre du jour d’une conférence de presse qui a eu lieu ce matin à l’université Paris Cité.

Si le sujet a été abordé lors des vœux d’Emmanuel Macron aux autorités religieuses le 8 janvier, le flou persiste : alors que le projet de loi devait être présenté en février, un ministre ne tablait pas sur un examen avant juillet 2024.

Mgr Eric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, a déclaré :

“Nous sommes très prudents sur la nécessité d’une loi. La loi Claeys-Leonetti répondait à beaucoup de nécessités, l’enjeu est de la faire vivre davantage”.

Le Grand rabbin Haïm Korsia a ajouté :

“On a une loi très bien faite, avec un seul défaut: les soins palliatifs ne sont pas assez développés. Mettons-les enfin en place partout et ensuite on verra. On ne peut pas décider que, même dans un cas exceptionnel, on peut donner la mort”.

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, a souligné que

“Dieu nous a donné la vie, c’est lui qui décide à quel moment il doit la reprendre”.

Le président de la fédération protestante de France, Christian Krieger, a plaidé pour des “réponses plus fines” en s’inquiétant de la portée de l’aide active à mourir: il ne faudrait pas

“que ce qui est un droit pour les uns devienne presque un devoir de partir pour les autres”.

Au mois de décembre, Mgr Jordy, vice-président de la CEF, avait publié une tribune dans Le Figaro :

La constitutionnalisation de l’avortement ne sera pas votée si facilement

Deux jours après la Marche pour la vie, le président du Sénat, Gérard Larcher, a déclaré qu’il ne souhaitait pas que l’avortement soit inscrit dans la Constitution, alors que le texte sera débattu mercredi 24 janvier à l’Assemblée nationale.

L’IVG n’est pas menacé dans notre pays (…) Je pense que la Constitution n’est pas un catalogue de droits sociaux et sociétaux

En vue d’une éventuelle adoption par le Congrès du Parlement début mars, le projet de révision constitutionnelle doit être voté dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat.

Politico précise que le président du Sénat n’apprécie pas de se voir imposer un calendrier serré pour l’examen du projet de loi visant à inscrire dans la Constitution la “liberté” de recours à l’avortement. Ainsi une ministre anticipait-elle : “Je sens que cette histoire de date va devenir un problème”.

Invité d’honneur de la cérémonie des voeux du président de la Fédération protestante de France Christian Krieger, hier, Gérard Larcher a fait état de sa “réserve”.

Alors que les députés doivent commencer à examiner le texte demain à l’Assemblée, il est prévu que les sénateurs s’en emparent fin février. Soit très peu de temps avant le 5 mars, date prévue du Congrès, réunion des deux assemblées, nécessaire à l’adoption d’un projet de loi constitutionnel. Gérard Larcher est contrarié. Il veut qu’on respecte le Sénat. Il a l’impression qu’on le met devant le fait accompli.

Bruno Retailleau abonde :

“Ce calendrier suppose que le Sénat adopte docilement la version de l’Assemblée nationale, ce qui a peu de chances d’être le cas.”

Le président du groupe LR au Palais du Luxembourg est opposé à titre personnel à la constitutionnalisation de l’avortement.

Hervé Marseille, patron des sénateurs centristes, juge aussi “idiot” le choix d’annoncer “imprudemment” une date pour réunir le Congrès, “en ayant l’air de dire ‘bon, bah, tout est réglé’”  :

“Je pense que j’ai des amis chez LR qui vont essayer de démontrer qu’il ne faut jamais préjuger de rien.”

La partie priante de la marche pour la vie a enregistré une nouvelle progression

Communiqué de Renaissance catholique :

Dans un contexte dramatique pour la défense de la vie humaine innocente avec les projets de constitutionnalisation de l’avortement et de légalisation du suicide assisté, la Marche pour la Viedu 21 janvier 2024 a été un nouveau succès numérique avec 15 000 participants.

La partie priante de cette marche, en fin de cortège, a enregistré une nouvelle progression du nombre de ses membres.

Le chapelet organisé par SOS Tout-Petits et Renaissance Catholique, dirigé par le père Argouarc’h (Sainte-Croix de Riaumont) et l’abbé Rabany (Fraternité Saint-Pierre) a été récité aux diverses intentions de prière de cette marche :

  • les bébés avortés et donc tués
  • les femmes toujours blessées par ce drame
  • les pères souvent écartés d’une décision qui les concerne directement
  • la France enfin, en état de péché public, et qui, heurtée de plein fouet par un déficit démographique brutal, voit tout simplement remise en cause son existence.

C’est en tremblant que nous pensons au constat de George Orwell, qui n’est pas un père de l’Église : « Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice. »

Signe du terrorisme intellectuel qui règne sur notre pays, pas un seul député, sénateur ou dirigeant politique de premier plan n’était présent à cette marche. Pas plus d’ailleurs qu’un seul évêque de France, plusieurs ayant cependant assuré les organisateurs de leurs prières.

Après la veillée de prières pour la vie organisée le samedi 20 janvier à l’église Saint-Roch, il est apparu important qu’une prière publique de réparation soit menée face au scandale public que constituent les lois qui depuis des décennies s’attaquent à la vie humaine innocente.

Les disciples de celui qui est la « Voie, la Vérité et la Vie » ont chaque jour plus conscience de la dimension eschatologique de ce combat. Est-il insignifiant et anodin que le Président de la République et le Premier ministre, soit les plus hautes autorités de l’État, aient fait le choix public de ne pas être pères (« le poisson pourrit par la tête ») et que la famille ne soit pas même mentionnée parmi les attributions du nouveau gouvernement ?

Alors que les ténèbres recouvrent le monde, la prière publique de réparation et d’intercession n’est pas un refuge : elle est l’arme ultime !

Documentaire sur St Thomas d’Aquin, la sainteté de l’intelligence

Première Diffusion du documentaire : Samedi 28 Janvier à 22h20 sur KTO

Dans le cadre des trois années jubilaires Saint Thomas d’Aquin  – naissance (1225), mort (1274) et canonisation (1323) – et à l’occasion de la fête du Docteur de l’église, samedi 28 janvier, KTO diffusera le premier documentaire réalisé sur sa vie : St Thomas d’Aquin, la sainteté de l’intelligence, réalisé par Jean-Yves Fischbach, en coproduction de Cerigo Films et KTO

De Toulouse à Naples, de Paris à Cologne, en passant par Orvieto et le Monte Cassino, le réalisateur nous invite à suivre les pas de Thomas d’Aquin et découvrir son histoire et sa pensée… En 1244, Thomas entrait, contre l’avis de sa famille, dans l’ordre des prêcheurs de Saint Dominique. Entre Naples, Bologne, Paris, par obéissance pour ses supérieurs, il enseigne dans différentes chairs d’Universités. Son oeuvre majeure, la Somme Théologique qu’il commence en 1268, servira à fonder la pensée théologique de la seconde partie du Moyen Age et lui vaudra le titre de Docteur Commun de l’Eglise. S’il est surtout connu pour ses écrits notamment sur les anges ou l’eucharistie, le documentaire s’intéresse à d’avantage à l’homme et à sa recherche personnelle de Dieu. Qui était-il ? Quelle était son aspiration ultime ? « Grâce à la sagesse de Thomas, j’apprends à aimer Dieu », par petites touches, le réalisateur montre un saint Thomas très personnel, celui qui lui a permis « de passer de l’athéisme à la foi chrétienne. »

DIFFUSIONS :

  • Samedi 28 Janvier à 22h20
  • le lundi 29 janvier à 10:50
  • le mardi 30 janvier à 14:35
  • le mardi 30 janvier à 23:15
  • le dimanche 28 janvier à 22:20
  • le mercredi 31 janvier à 13:12
  • le jeudi 1 février à 12:20
  • le vendredi 2 février à 16:02
  • le samedi 3 février à 8:31

PROCHAINS RDV DES CÉLÉBRATIONS DU CENTENAIRE:

  • A l’Université Toulouse Capitole,

Jeudi 25 et vendredi 26 janvier 2024 (9h-17h30) : Colloque Thomisme et droit, Huit siècles d’histoire. Renseignements et programme : https://www.ut-capitole.fr/accueil/recherche/equipes-et-structures

  • Aux Bernardins à Paris,

Samedi 16 mars 2024 : Journée d’études aux Bernardins : Personne et nature chez saint Thomas d’Aquin (Théologie trinitaire, christologie, anthropologie et éthique) de 9h-18h

  • A Barcelone,

du vendredi 10 au dimanche 12 mai 2024 : Journées d’études Écriture et théologie chez saint Thomas (en partenariat avec l’Institut-Saint-Thomas-d’Aquin de Barcelone).

Conférence de presse et discours à Davos : désordres et dangers de la pensée macronienne

Le 16 janvier 2024, M.Macron a donné une conférence de presse (référencée CP). Décor léché, avec estrade placée très haut (cette estrade qui fut chassée des salles de classe) et siège confortable ayant permis à M.Macron de déployer tout son savoir-faire de mimiques et modulations théâtrales. Il a commencé par un speech introductif puis a répondu à des questions de journalistes, le total pour une durée de 2h20. Le lendemain 17 janvier 2024, M.Macron a délivré un message (référencé DD –discours Davos) aux participants du Forum économique de Davos pendant une vingtaine de minutes (l’échange qui a suivi de questions/réponses en anglais avec superposition de la traduction est quasi-inaudible). Message truffé d’anglicismes : 5 fois le mot cleantech qui sonne tellement mieux que éco-innovations ou technologies vertes ; 16 fois le mot agenda –non pas au sens français de petit carnet prédaté ou d’emploi du temps, mais au sens anglais de programme (« un agenda de soutenabilité », « nous portons un agenda paix et sécurité pour tous »….), d’ordre du jour ; et dans lequel, si les mots France/français sont cités 20 fois, les mots Europe/européens sont cités près de cinquante fois. Le must étant bien sûr de « pousser un agenda européen ». On pourra noter d’ailleurs que sur le site internet élyséen qui rend compte de la présentation de M.Macron à Davos, il est indiqué qu’ensuite le Président est intervenu dans un autre événement appelé « Make it Iconic », organisé par Business France. C’est cool…

Les deux discours sont finalement assez proches : après 6 ans d’activité, M.Macron vient rendre des comptes sur ce qu’il appelle l’exécution de ses engagements. Et, de façon notoirement plus exubérante à Davos qu’à Paris, il admet qu’il a à peu près tout réussi. En particulier au niveau européen. Comme il le dit à Davos en rappelant son engagement à faire beaucoup en Europe pour qu’elle soit plus unie, plus souveraine, plus efficace : « Nous l’avons fait ». En plus, il souligne qu’il est venu pour « vous dire très clairement que non seulement ce qu’on a dit, on l’a fait, mais que ça marche » (DD, 4’10). Dans la conférence de presse, cela devient : « Ce qui fait qu’au moment où je vous parle, oui, nous sommes mieux armés qu’il y a six ans et demi. » Et en particulier, qu’est-ce qu’a ainsi démontré M.Macron ? Il a démontré qu’ « on peut avoir une stratégie de croissance, d’innovation, de création d’emploi, de plus grande souveraineté et de décarbonation, et ça tombe bien parce que, à [ses] yeux, il n’y a pas d’autre modèle pour les grands pays européens » (DD, 6’10). Résumons : « ambition, réforme, investissements et résultats sont donc là » (DD, 6’50). Tout ça dans une ambiance que nous qualifierons de brésilienne. On sait que la devise qui figure sur le drapeau du Brésil est Ordem e Progresso (Ordre et Progrès). Voilà ce que nous a servi M.Macron : dans la conférence de presse (discours préliminaire) : « et c’est vrai depuis le début de notre Troisième République, l’ordre va avec le progrès, ». Et pendant la conférence de presse (réponse à la question de BFM TV sur le RN. CP 1h29) : « Ce qui a fait notre pays, c’est l’ordre et le progrès ». Ou encore : « Je crois très profondément que le progrès va avec une forme d’ordre républicain » (CP, 1h44)

Dans ces presque trois heures de propos, nous n’avons rien eu sur la paix (à l’opposé de la guerre), rien sur l’insécurité quotidienne en France, rien ou quasi rien sur l’islam (hormis deux lignes convenues d’un propos liminaire sur l’islam radical), rien sur les déficits, rien sur la situation de l’agriculture et des agriculteurs ou si peu, juste le temps peut-être d’expliquer que finalement ils sont trop stupides pour se débrouiller sans aide (« l’accompagnement de nos agriculteurs pour les aider justement à améliorer leurs pratique»).

Nous avons par contre –et c’est tout naturel- eu droit à notre quota d’aphorismes comme M.Macron aime les égrener dans ses discours : « Grâce à la planification que nous avons mise en place qui va décarboner beaucoup de secteurs » (DD 6. Une petite planification et hop, on décarbone) ; « nos alliés [sic. Il s’agit sans doute des colonies] africains nous ont aidé pour le débarquement de Provence » (DD, 7’40. M.Macron aime toujours bien insister sur la part africaine de la France) ; « Au moment où les prix reviennent dans la norme, il est légitime qu’il y ait en effet des augmentations » (CP, 30’. A propos de la future augmentation du prix de l’électricité) ; « On va intensifier nos efforts pour pomper » (CP, 1h24, à propos des risques de submersion suite aux inondations dans le Pas-de-Calais) ; « C’est pour ça que moi j’assume de continuer à présider au réel avec un certain sens de l’idéal » (CP, 1h34, à propos du Rassemblement national) ; « C’est comme ça qu’on pourra créer une nation qui se connaît elle-même » (CP, 1h40. Id.) ; « Nous allons tout faire pour essayer de tenir le monde ensemble » (DD, 9’50).

Nous avons bien sûr eu quelques mensonges. A propos du SMIC et de son pouvoir d’achat : « Sur les cinq dernières années, le SMIC a augmenté de 20%. Les smicards ont gagné du pouvoir d’achat…  Un travailleur au SMIC à temps complet a gagné depuis 2017 9% de pouvoir d’achat » (CP, question LCI, 30’). La consultation des données de l’INSEE montre que le SMIC horaire brut est passé de 10,03€ du 1/01/2019 à 11,65 au 1/01/2024, soit 16% d’augmentation. Dans le même temps (toujours l’INSEE), le niveau de prix 100 en début 2019 est passé à 114 en fin 2023, soit une augmentation de 14%. Et l’on sait en plus que le modèle d’évolution de prix utilisé par l’INSEE est largement défavorable à ce qu’est le modèle de dépenses d’une personne au SMIC.

Autre mensonge, de belle facture, à propos de la gestion de la crise covid (CP, 49’. Question sur les déserts médicaux) : [il faut] « faire beaucoup plus travailler ensemble la ville et l’hôpital, comme on l’a fait en période covi». Nous rappelons au lecteur distrait que, justement, la gestion de la crise covid a été caractérisée par le refus de la puissance publique de laisser la médecine de ville travailler comme elle en avait les compétences et l’expérience, et avait concentré les appels directement sur les urgences et les hôpitaux contribuant ainsi à leur désorganisation.

Et au final ? Au final reste le sentiment d’un grand nombre de désordres de la pensée et au-delà de dangers.

Le premier aspect, consubstantiel à tous les discours macroniens, est le danger de dissolution de la France dans une Europe souveraine, c’est sans doute la vraie ligne de force de la pensée macronienne.

Le deuxième désordre de la pensée macronienne tient à des dualités toujours confusément entretenues : la dualité France/République, ou Nation/République (cf dans son propos en conférence de presse : « La famille et l’école, au fond, pour faire des républicains en même temps que pour transmettre des savoirs. »). Les commentateurs ont ainsi relevé l’usage par .Macron du slogan zemmourien « Pour que la France reste la France ». Mais, en même temps, il y a un appel à la Nation focalisé sur l’histoire contemporaine (Résistance et Lumières) : « Voilà pourquoi démocrates, écologistes et républicains se rassemblent autour d’un même projet pour agir au service des Français, et, au fond, avec une ligne simple pour que la France reste la France, pour que la France demeure cette Nation de bon sens, de résistance et des Lumières. » Un peu faiblard comme profondeur historique.

Dans le même ordre de constatation, toujours en réponse à la question sur le RN, M.Macron décrivant ce qui fait voter pour ce parti évoque une « forme de sentiment de dépossession », La Dépossession étant le titre de la dernière œuvre majeure de M. Renaud Camus. Nous prenons plaisir à citer un extrait de sa quatrième de couverture :

« Vertueuse synthèse des grands totalitarismes modernes, le remplacisme global, du producteur devenu consommateur de la Terre, fait gratuitement un produit. Pour garantir son interchangeabilité, il procède à sa liquéfaction avant liquidation. Il n’y faut que sa dépossession : de la race (c’est fait), du sexe (c’est en cours), de la conscience (l’école, la culture et la drogue y pourvoient), de son pays (le Grand Remplacement l’assure). »

La même incohérence caractérise le balancement de M.Macron entre intégration et assimilation. On sait que le Code civil parle d’assimilation. On sait aussi que M.Macron a toujours expliqué que le concept d’assimilation lui déplaisait et qu’il ne pensait qu’intégration. On se rappelle aussi que M. Abdallah Zekri (quand même secrétaire général du Conseil français du culte musulman en juin 2017 avait affirmé à la chaîne de télévision tunisienne Al Janoubia :

« L’intégration, c’est s’intégrer dans un domaine dans un pays dans lequel vous vivez afin que vous puissiez travailler. C’est une intégration sociale. Par conséquent, ça ne pose pas de problème… L’assimilation, c’est la négation de soi, de sa culture, sa civilisation,  ses origines, c’est-à-dire je deviens rien du tout. Je deviens dans le moule, je deviens français. ».

Le journaliste: « Abdallah, là on est dans, dans, dans, même un crime contre l’humanité. On amène quelqu’un à nier… ». Le journaliste est alors interrompu par M.Zekri :

« Voilà. C’est ça l’assimilation, c’est-à-dire vous êtes plus rien, votre passé vous devez l’effacer, vous devez pas être [NDLR : incompréhensible]. Je l’ai dit et je leur ai dit à des employés [NDLR : incompréhensible] : je ne suis pas assimilable. Je suis un poison musulman. Si on veut m’assimiler, celui qui veut m’assimiler, si il me mange, il meurt ».

Or, voilà ce que répond M.Macron à une question de France Télévisions concernant les changements à apporter à l’école pour un « réarmement civique » (CP, 36’). Il fait référence à la différence qu’il lui est déjà arrivé d’évoquer entre société et nation :

« Une société, ce sont des individus libres qui coopèrent, qui s’organisent et caetera. Mais on est plus que ça. On a un supplément d’âme, on a une langue, une histoire, des choses intemporelles qui nous lient et un mystérieux projet commun qui fait que face à l’adversité, on se rassemble pour affronter les événements. Au fond, une nation, ça a quelque chose de spirituel qui nous dépasse et ça s’apprend à travers cette histoire et ces choses symboliques. Il faut retrouver le sens du symbolique ».

On pourrait assez facilement associer nation et assimilation d’un côté, société et intégration de l’autre. Rappelons par exemple que M.Hafiz, grand recteur de la Grande mosquée de Paris, apparaît parfaitement bien intégré, quoique légèrement algérien. De même que le jeune imam M.Nadhir. Ou encore M.Hedji, imam de la mosquée de Nancy. Même M.Iquioussen était parfaitement bien intégré. On ne croira pas ici une seconde que M.Macron s’est converti à l’assimilation.

Et dans cette réflexion sur la nation encore (le mot patrie n’a lui pas été prononcé), le désarroi s’accroit encore quand on constate que, après avoir évoqué « La France sera plus forte dans ce monde de bouleversements si nous sommes d’abord plus unis si nous réapprenons à partager des valeurs, une culture commune », M.Macron décrit alors les premiers moyens en vue d’arriver à cette culture commune : « … le sens du respect dans les salles de classe, dans la rue, dans les transports comme dans les commerces » pour conclure par : … « sur la base de recommandations que feront les experts que j’ai réunis la semaine dernière, nous déterminerons le bon usage des écrans pour nos enfants ». Evidemment la dépressurisation est un peu brutale.

Troisième aspect, troisième désordre de la pensée macronienne : l’indifférence aux déficits et aux dettes. Les discours de M Macron sont pourtant truffés d’investissements mirobolants et toujours à augmenter Mais rien sur les déficits et les dettes : rien sur le déficit du budget (200 milliards d’euros de janvier à novembre 2023 ; rien sur le déficit de la balance commerciale (record de 164 milliards d’euros en 2022 ; sans doute encore plus de 100 milliards d’euros en 2023) ; rien sur la dette publique (de l’ordre de 3100 milliards d’euros). Or, ces dettes sont synonymes de limitations de souveraineté. Bien au contraire, M.Macron continue de plaider pour l’accroissement du mécanisme européen d’endettement : « On a besoin d’avoir une Europe de l’investissement beaucoup plus forte. Tout ce que je vous dis, c’est beaucoup d’argent [sic] ». Et il indique ensuite qu’il faut « peut-être oser des eurobonds sur des priorités » (DD, 16’20). Et c’est vrai qu’aucune question lors de la conférence de presse n’a porté sur ces questions essentielles.

Quatrième désordre de la pensée macronienne : deux erreurs volontaires de diagnostic. La première –et cela a été abondamment relevé- concerne les émeutes urbaines de 2023.

Interrogé par le Figaro (1h06) sur les émeutes, M.Macron fournit son diagnostic :

« J’essaie de qualifier les émeutes qu’on a eu [sic] l’an dernier. Elles ont eu une réponse implacable de l’Etat. La réponse a été implacable [re-sic]. On a voulu dire tout de suite, c’est un problème d’immigration…. Est-ce que c’est un problème d’immigration ? Est-ce que c’est la réalité de ce qu’on a vu sur le terrain ? Non. C’était des jeunes de nationalité française pour une quasi-totalité nés en France. Est-ce qu’il y a un problème d’intégration derrière ? Oui. Pas besoin des émeutes pour le savoir. Oui. Et qui va des deux côtés. Parce qu’on a encore trop d’assignation à résidence et parce qu’on n’a pas été assez rigoureux sur certains points. Et ce qu’on mène en matière de rénovation urbaine, en matière d’éducation, en matière d’accès à la culture, de sport et en matière aussi justement d’opportunités économiques pour moi doit y contribuer. Les émeutes sont intervenues fin juin. C’était beaucoup de très jeunes qui étaient dans les rues. Et c’étaient des jeunes –c’est une erreur qu’on a commise- qui étaient souvent sans école depuis le mois d’avril. Réforme du brevet, réforme du baccalauréat, l’organisation commune, le système tel qu’il marche : plus de classes, l’oisiveté C’étaient des jeunes qui n’avait pas la chance d’avoir des familles qui les emmenaient à la mer, à la montagne, qui justement n’ont pas assez accès à la culture et au sport. Ils s’ennuyaient ».

Ajoutons pour faire bonne mesure que juste après, évoquant des solutions, M.Macron rappelle que la réponse réside dans « on doit réengager avec les familles. Ce qu’on a commencé avec les 1000 premiers jours », ces 1000 premiers jours étant le programme macronien qui court de la grossesse aux deux ans révolus de l’enfant « Parce que c’est une période clef pour le développement de l’enfant, sa santé et celle de l’adulte qu’il deviendra, le Gouvernement a décidé d’en faire une politique prioritaire ». Pas sûr que cela suffise pour les prochaines émeutes urbaines, surtout s’il y a application d’un droit à l’avortement qui serait constitutionnalisé…

Deuxième ordonnance bizarre : pour une relance de la natalité, M.Macron prône la lutte contre l’infertilité. Non pas que le sujet ne soit pas sérieux. On serait d’ailleurs preneur de quelque étude de santé publique à ce sujet et qui intégrerait l’étude des éventuels effets secondaires des vaccins contre le covid. Mais c’est tellement caractéristique d’une part du même attrait de M.Macron pour des projets technologiques et d’autre part de l’étroitesse de sa pensée.

Cinquième aspect : il en faut toujours plus, toujours plus accélérer. C’est en fait la frénésie perpétuelle.

« L’Europe doit avoir un agenda environnemental qui soit plus ambitieux » (DD, 17’10) ; « Nous avons beaucoup fait ces dernières années pour une Europe de la santé, une Europe de la défense, une Europe des technologies et des grands programmes, avec des vrais résultats. Et on pourra y revenir si vous le souhaitez. Nous devons encore aller plus loin sur ce sujet. » (propos liminaire de la conférence de presse).

Et M.Macron de pointer le « risque que l’agenda européen ne va pas suffisamment vite » (DD, 6’), ce qui rend l’année 2024 « décisive ». La tête nous tourne un peu effectivement.

Le sixième désordre est comme un condensé des précédents. Si tout a été bien défini, si tout a été bien exécuté, si les résultats sont là, alors, pourquoi la montée du Rassemblement national ? Pourquoi cette étrange appel à l’aide lancé à Davos (DD, 19’30) :

« Aidez-nous à donner de l’espoir aux classes moyennes Pourquoi toutes les démocraties en Europe vivent des crises ? Parce que les classes moyennes ne sont plus heureuses avec ce qu’on fait. C’est pas que le problème des dirigeants. C’est aussi et surtout le problème de tous les corps constitués et en particulier des entreprises. On doit changer aussi de modèle dans cette révolution complète où nous vivons. Et donc, il faut un agenda de bons emplois, de good jobs [sic] bien payés, c’est la clé de cette Europe sociale ».

Précisons que M.Macron avait aussi dit juste avant aux participants de Davos censés l’écouter et qui devaient bien se marrer : « Il faut que vous nous aidiez à créer plus de good jobs » !

Alors, nous l’avons dit, M.Macron trouve qu’il a déjà tout réussi (sauf peut-être l’oisiveté enfantine). Il le dit encore : « Moi, j’ai beaucoup fait pour qu’on soit plus fort, nous Français en Europe, depuis cinq ans et que notre Europe a beaucoup avancé ». Même en matière de démocratie directe (question France Info, CP 1h49), M.Macron est satisfait de lui-même : « on a beaucoup innové : un grand débat, des conventions citoyennes, une réforme du CESE ». Et le RN continue de progresser dans les intentions de vote ! C’est à n’y plus rien comprendre. D’autant plus que M.Macron ajoute dans son propos liminaire de conférence de presse :

« Au fond, nous devons avoir la force, l’énergie dans ce moment, d’envisager ce que nous n’envisagions plus, d’oser ce que nous n’osons même plus penser, mais retrouver de l’audace. Vous l’avez compris, il s’agit de faire preuve d’efficacité, de briser même certains tabous, de ne pas avoir peur de soulever certains mécontentements au service des Français. »

Même si ces Français votent RN ? Donc, ça va empirer ? Mais comment alors affirmer qu’on va lutter contre le RN jusqu’au dernier quart d’heure comme il l’a bien précisé ? Comment ne pas comprendre qu’il y a peut-être un rapport entre la politique définie et que l’on veut continuer d’accélérer et ces classes moyennes qui ne sont plus heureuses avec ce qui est fait ? Il y a là une aporie qui n’est pas près d’être résolue.

Enfin, le septième désordre tient au conflit en Ukraine. Il s’agit du danger de la guerre. Mais avant de parler de la guerre, parlons de l’armée française. M.Macron en dit : « Il faut une armée forte. C’est notre cas » (CP, 2h05). Et puis, pour démontrer cette capacité et en réponse à une question de TF1-LCI sur le « réarmement des armées » (CP, 2h17),  il fait référence à un déploiement en Roumanie après l’attaque russe en Ukraine et qui doit semble-t-il servir de démonstration sur le fait que « nous n’avons pas de faiblesse ». Quelques informations glanées par-ci, par-là nous apprennent qu’en juillet 2023 « le déploiement français en Roumanie n’a pas encore achevé sa montée en puissance : un millier de soldats y sont installés dans le cadre de sa mission de réassurance ». Est-ce vraiment démonstratif ?

A part cela, M.Macron ne dit rien sur l’efficacité des douze trains de sanctions prises à l’encontre de la Russie par l’Union Européenne, devenue une véritable entreprise ferroviaire. Il ne dit rien sur le sabotage de Nordstream 1 et 2. Au contraire, il fait remonter l’action hostile de la Russie à 2014 : « Vous avez des membres du conseil de sécurité qui ont décidé de ne plus respecter la Charte des Nations Unies. La Russie. Et ça c’est un fait nouveau dans les dix dernières années. Il a commencé en février 2014 » (CP, 2h03. Question BFM TV sur la principale menace pour la France aujourd’hui dans le monde ?). Mais sans évoquer la révolution ukrainienne de février 2014 qui a entraîné le renversement d’un gouvernement pro-russe au profit d’un gouvernement intérimaire et dont les USA se sont vantés d’avoir été les organisateurs ; et sans bien sûr évoquer les Accords de Minsk de 2015, dont M.Hollande et Mme Merkel étaient les garants et dont Mme Merkel a dit ensuite en décembre 2022 (confirmé par M.Hollande) : « Les accords de Minsk ont servi à donner du temps à l’Ukraine. Un temps qu’elle a utilisé pour se renforcer comme on peut le constater aujourd’hui… Et je doute fort qu’à l’époque l’Otan aurait été en capacité d’aider l’Ukraine comme elle le fait aujourd’hui », ce qui était contraire au contenu de ces accords.

M.Macron a une deuxième constante à propos de ce conflit en Ukraine : il ne parle jamais d’effort pour la paix. Il ne parle que de guerre et de battre la Russie. Et cela culmine de façon inquiétante à la fin de sa conférence de presse en réponse à une question de The Economist (2h08) à propos de la signature récente d’un accord bilatéral de sécurité entre le Royaume-Uni et l’Ukraine. Réponse de M.Macron : « Nous sommes en train de finaliser un accord de ce type d’ici quelques semaines, bilatéral ». Il y ajoute « nous allons procéder à des livraisons nouvelles d’armes et de bombes ». Et il finit : « Nous avons très clairement, nous Français et nous Européens, à prendre des décisions nouvelles dans les semaines qui viennent pour ne pas laisser la Russie gagner » (CP, 2h10) et nous ne nous sommes pas sentis rassurés.

Au final, Union européenne sublimée ; confusion volontairement entretenue entre France et République, intégration et assimilation ; croyance continue en l’argent magique ; émeutes urbaines expliquées par l’ennui de jeunes adolescents désoeuvrés ; appel anxiogène pour du « toujours plus toujours plus vite » ; incapacité à articuler une réflexion sur la politique et sur ses effets dévastateurs (sauf à jouer la défausse sur les corps constitués) ; appel continu à la guerre par un M.Macron agissant dans ce domaine en véritable autocrate : tout cela inquiète.

Recevoir pour servir

De Jean-François Chemain pour Le Salon beige :

Si le désespoir nous envahit au spectacle des temps que nous vivons, impuissants que nous nous sentons à empêcher le déferlement de calamités qui, tel un tsunami, paraît balayer ce qui reste de la civilisation à laquelle nous sommes attachés, la lecture deux ouvrages de Rod Dreher, Le Pari bénédictin et Résister au mensonge, peut nous apporter quelque réconfort. La thèse de cet auteur américain d’origine hongroise est en effet que, à l’exemple des bénédictins de l’Ordre clunisien, aux Xe et XIe siècles, un humble et discret travail de collecte et de transmission peut redresser une civilisation. Et que c’est exactement ainsi que, dans les pays de l’Est, les chrétiens ont résisté au communisme. Ora et labora, prie et travaille, telle est la devise des bénédictins.

Se réunir par petits groupes, pour recevoir et transmettre. Les moines par un patient travail de copistes (travail de bénédictin) ont porté aux générations suivantes, et jusqu’à nos jours, les textes des premiers auteurs chrétiens, mais aussi des grands auteurs païens, fondement de ces Humanités dont notre civilisation s’est nourrie. Pas besoin pour cela d’occuper le devant de la scène, ni de se voir « déjà en haut de l’affiche » ! Cluny a donné les grands papes de la renaissance de l’Église, Grégoire VII, l’auteur de la Réforme grégorienne, et Urbain II, qui prêcha la première croisade.

Quant aux « dissidents » de l’ère soviétique, ils se réunissaient clandestinement, en réseaux amicaux et familiaux, pour rédiger et transmettre leurs samizdats. Avec le résultat qu’on connaît quand le travail, fécondé par la prière, permet à un pape comme Jean-Paul II de contribuer à l’effondrement brutal d’un système qu’on croyait invincible.

Recevoir et transmettre, humblement, inlassablement, en espérant contre toute espérance, telle est la leçon que l’Histoire, ancienne et récente, nous donne à nous, croyants chrétiens. Telle est aussi la simple et belle ambition du Lycée Saint-Augustin. Dans la prière et le travail, tous s’y attachent à un devoir de transmission, des enseignants aux élèves, mais aussi des élèves, plus tard, quand ils seront face à leurs responsabilités d’adultes, partout où ils seront placés, à commencer par leur famille, et leur cité.

Merci de nous aider à relever ce défi.

Jean-François Chemain,

Professeur d’Actualité/Géopolitique au Lycée Saint-Augustin (Lyon)

www.lycee-saintaugustin.fr

Stan est un laboratoire de ce que devrait être toute l’école en France

Jean-Robert Pitte, ancien président de La Sorbonne (et ancien élève de Stan), publie une belle et émouvante tribune en défense de son ancien établissement (et, plus généralement en faveur de l’enseignement libre) dans Causeur. Il conclut ainsi:

Que l’on fiche donc la paix à Stanislas et aux établissements d’enseignement privé sous contrat. Ce sont des laboratoires de ce que devrait être toute l’École en France promouvant les valeurs civilisées que sont le travail, l’encadrement intellectuel et affectif individualisé des élèves en lien étroit avec leurs parents, la liberté de penser, l’implication de tous les enseignants dans le projet de l’établissement. Que le message du christianisme inspire beaucoup d’entre eux n’a rien de répréhensible, bien au contraire, d’autant que les enseignements religieux n’y sont plus obligatoires désormais. Malgré cela, des élèves non baptisés et de familles agnostiques, juives ou musulmanes les suivent par curiosité et s’en portent très bien. Il n’y a rien de choquant à ce que, pendant ces heures, on y explique les principes théologiques et moraux qui sont exposés dans le catéchisme de l’Église. C’est le contraire qui serait anormal. La laïcité laïcarde est une absurdité et une petitesse d’esprit hélas trop répandue en France. Que ceux qui en doutent se plongent dans la biographie des pionniers de l’enseignement libre destiné aux pauvres : saint Jean-Baptiste de La Salle ou saint Jean Bosco.

Il ya, hélas, fort à parier que la vraie raison de cet acharnement contre Stanislas soit précisément le fait qu’il s’agit de l’un des derniers établissements où l’on se préoccupe davantage de transmettre que de déconstruire – à rebours des exigences de la gauche radicale, incarnée dans cette affaire par Médiapart.

En Egypte, la Vierge Marie est apparue à Zeitoun entre 1968 et 1970

De notre envoyé spécial en Egypte, Antoine Bordier

Il faut le voir, pour le croire, ce quartier de Zeitoun, à Heliopolis, dans la banlieue du Caire. C’est, là, au-dessus d’une des coupoles de la petite église copte orthodoxe, qui fête cette année le centenaire de la pose de la première pierre de sa construction, en 1924, qu’apparait dans un halo de lumière Notre Dame. Elle est accompagnée de colombes lumineuses, mystérieuses. Marie revient sur sa terre sainte, sur ses pas, sur les pas de la Sainte Famille. Elle ne fuit plus et apporte un message de Paix, pour notre temps, pour chacun d’entre-nous. Eclairage.

« Venez à 19h00, rendez-vous devant l’église copte orthodoxe de l’Archange Saint Michel », le docteur Ihab Kirollos raccroche. Comment ne pas répondre positivement à son invitation ? Il est partant pour servir de guide. Et, quel guide. Pensez : il avait 5 ans lorsque sa maman l’emmène dans ce fameux quartier de Zeitoun, en avril 1968. Depuis, lorsqu’il se rend à l’hôpital où il travaille, il s’y arrête. Il connaît, donc, la route par cœur. Ce chirurgien ophtalmologiste de réputation internationale pourrait s’y rendre, littéralement, les yeux fermés.

« Je m’y rends très souvent », raconte-t-il, au lieu du rendez-vous. Il s’être arrêté devant le poste militaire de sécurité. La sécurité est prise très au sérieux en Egypte. Il y en a partout depuis les derniers attentats contre des églises, en 2017 et en 2019. A l’entrée de chaque église, des barrières métalliques floquées aux couleurs du drapeau égyptien, un poste de police et plusieurs plantons, sont autant de solutions préventives pour pallier au risque potentiel. Si vous êtes un étranger, il vaut mieux avoir votre passeport sur vous. Des portiques de sécurité permettent à la fois de filtrer et de scanner les sacs des personnes qui s’y rendent.

« A Zeitoun, nous allons nous garer avant l’église, et marcher quelques minutes », prévient Ihab. Nous quittons les grandes avenues de 3 à 4 voies pour entrer dans des rues plus étroites. Les rues sont devenues des ruelles au fil des ans. Car la population et leurs voitures ont été multipliées par 2 en 35 ans. Effectivement, sur place, alors que nous nous approchons de Zeitoun, de part et d’autre de la rue Toman Bai, des voitures, rien que des voitures. La double voie n’est plus qu’une voie. Des marchands ambulants, les pieds nus dans leurs maigres sandales, tirent derrière-eux une petite cariole avec son poêle à charbon tout fumant. Des coups de klaxons fusent. La voiture s’arrête. Nous ne sommes plus loin. Le périple va se transformer en pèlerinage.

Une église, des fidèles et des prières

7 mn plus tard, elle est là, belle, lumineuse, toute resplendissante, comme une fiancée parée pour son fiancé. Impossible de passer à côté d’elle et de ne pas la voir. Comme si tous les regards étaient rivés sur elle. Sur la gauche de la rue, l’église des apparitions, floquées des drapeaux de la Vierge Marie, et en face, de l’autre côté,  la cathédrale. « C’est Nasser qui a donné le terrain à la communauté copte orthodoxe, et nous avons construit cette cathédrale. Elle permet d’accueillir près de 4 000 fidèles », explique Ihab, qui a l’air d’être comme un poisson dans l’eau.

Il accélère le pas et passe les portiques de sécurité avec une facilité déconcertante, en saluant le gardien comme s’il le connaissait. La police est dans les parages. Sur le beffroi construit à côté de la cathédrale, une représentation de la Vierge Marie.

Ihabi se retourne : « C’est là sur la petite coupole que la Vierge est apparue. Moi, je ne l’ai pas vu. Mais mes parents oui, ainsi que mes proches. Il y avait tellement de monde. Nous étions parfois près de 50 000 » raconte-t-il, visiblement ému. « J’avais 5 ans, et j’ai perdu la main de ma maman dans cette foule. Je me souviens avoir crié et beaucoup pleuré. Quelques longues minutes après, je suis transporté et quelqu’un me dépose sur le dos de ma mère. C’était elle. Ouf. »

L’église Sainte-Marie est très belle. Jaune et blanche, elle est surmontée de 5 dômes. Elle ressemble à une mariée, vêtue de sa jolie robe blanche. A l’intérieur, l’église est remplie, avec un afflux de personnes qui entrent et qui sortent. Les portes sont grandes ouvertes.

Alors que la nuit est tombée depuis deux heures, le prêtre célèbre l’office du soir. Des cymbales retentissent. Nous sommes au temps du Christ. Les chants sont entonnés, comme autant de louanges qui montent vers le Ciel.

 

La nuit du 2 avril 1968

La petite église, cette nuit-là, va faire l’objet d’une visitation des plus surprenantes. Juste en face d’elle, le gardien de nuit de la société de transport, qui a son propre garage, Abd El-Aziz, vient de remarquer une lueur blanchâtre au-dessus du dôme extérieur droit. Il se met à crier : « Une lumière sur le dôme ! ». Il appelle alors les ouvriers du garage, qui voient la même chose. Ils sont tous en train de regarder cet halo de lumière quand ils voient plus distinctement une jeune femme portant une tunique blanche, recouverte d’un voile bleu-ciel. Elle est  agenouillée en direction de la croix posée sur le ponton de l’église. De confession musulmane, les premiers témoins ne reconnurent pas d’emblée la Vierge Marie. Il leur fallut quelques minutes pour le comprendre. C’était bien elle. Ils crurent même que cette jeune fille était montée jusque là-haut, prête à se suicider. Ils se mirent, alors, à lui crier : « Descendez, descendez, vous allez tomber ». Elle restait impassible, le regard tourné vers la croix.

En bas, la foule commençait à se former, la police arriva. Tous essayèrent de la faire descendre, mais elle ne répondait pas. Alors, sa silhouette changea et devint plus précise. On distinguait mieux sa beauté, ses traits, ses membres, ses habits. Près d’un millier de personnes, chrétiennes et musulmanes, se tenaient, ce matin, vers 2h00, dans la rue. La beauté de la jeune fille augmentait, par moment, elle souriait. « Elle tenait des branches d’olivier à la main. Soudain, une nuée de colombes blanches survola sa tête. C’est à ce moment-là que le tout le monde compris que cette scène était d’origine surnaturelle », raconte Monseigneur Anba Youannes, évêque d’Assiut.

Reconnaissance officielle des apparitions

Dès le samedi 4 mai 1968, alors que les apparitions vont continuer jusqu’au 12 septembre 1970, et durer 893 jours (2 ans, 5 mois et 10 jours), le Pape Cyrille VI, déclarait : « La Résidence Papale affirme avec une foi totale, une grande joie et d’humbles remerciements au Dieu Tout-Puissant, que la Sainte Vierge Marie, la Mère de la Lumière, est apparue de façon claire, stable et pendant plusieurs nuits, pendants de longues durées qui atteignaient parfois plus de deux heures sans interruption, dès le matin du mardi 2 avril 1968 ap. J.-C., qui correspond au 24 baramhat 1684 de l’ère des Martyrs, jusqu’à ce jour, en l’église copte orthodoxe de la Vierge Marie, dans la rue Toman Bay à Zeitoun, sur le chemin de Matareya, au Caire. Il est historiquement prouvé que la Sainte Famille est passée par ce chemin lors de son voyage en Egypte. Que Dieu fasse de cette bénédiction un symbole de paix pour le monde, et de prospérité pour notre chère patrie et notre peuple béni, de qui la prophétie a dit : “ Bénie soit l’Egypte, mon peuple ”. »

Ici, le pape fait référence à la prophétie d’Isaïe, au chapitre 19, verset 25 de son livre : « Bénis soient l’Egypte, mon peuple, Assour, l’ouvrage de mes mains, et Israël, mon héritage. »

Des apparitions multiples et variées

Des centaines d’apparitions vont, ainsi, illuminer le ciel du Caire de 1968 à 1970. Elles sont accompagnées de phénomènes surnaturels, comme des fumées lumineuses d’encens qui se diffusent à partir des coupoles et qui montent vers le ciel, sur une hauteur de 30 à 40 mètres. L’apparition de grandes colombes par 6 ou par 9 qui volent en formation.

La Vierge est apparue sous plusieurs aspects, signifiant, ainsi, qu’elle n’était pas une représentation humaine. « L’une des scènes les plus importantes, évoque le Patriarcat, fut son apparition entre le dôme sud-ouest et le dôme central de l’église. Elle prit la forme d’un corps lumineux, de la taille normale d’une jeune fille et parfois plus grande que la taille normale, et sa tête atteignait le ciel comme si elle venait d’en descendre. Autour de sa tête sainte et de son corps lumineux, il y avait un beau voile argenté, qui paraissait parfois d’une couleur bleu foncé, tandis que tout son corps était d’une lumière souvent de couleur phosphorescente ou bleu clair. »

Des conversions et des guérisons

Ses apparitions sont étonnantes, comme si elles révélaient une sorte de ciel anticipé, une vraie bénédiction, source de conversions. Le docteur Ihab en est convaincu : « La Vierge Marie est venue bénir l’Egypte, tous les Egyptiens, sans exception ». Il est vrai qu’elle apparaît à tous. Et, d’abord à des musulmans. Elle est venue dire : « Vous êtes tous mes enfants ! ». Elle n’offre pas d’or, mais de l’encens. Ce qui est, également, un autre signe de bénédiction, d’élévation. Quoiqu’il en soit, les conversions n’ont pas attendu la fin des apparitions, le 12 septembre 1970, pour pleuvoir comme une pluie de roses sur la vie de certaines personnes. Sur le sujet des conversions, il n’y aucune statistique officielle. Certaines sources évoquent le chiffre de 2 à 3% des personnes venues à Zeitoun. Ce qui ferait des centaines de conversions, voire des milliers.

Si le Patriarcat ne tient pas de statistiques officielles, du côté des guérisons, une équipe ad-hoc les étudie, les documente et les enregistre quand elles sont avérées. Il est bon de citer quelques noms de personnes guéries, alors que la science, la médecine, s’en trouvait incapable : Monsieur Riad Naguib Azer, guéri d’une rupture de la rétine ; Madame Haneya Ghattas, aveugle, retrouve la vue lors d’une apparition de la Vierge à Zeitoun. Elle témoigne, ainsi, auprès du Patriarcat :

« Soudain, j’ai entendu un cri : “ La Vierge est apparue ! ”Je me suis mise à courir sans savoir dans quelle direction, mais je voyais son image lumineuse. […] En cherchant mon chemin dans la foule, j’ai perdu mon bâton. Alors, je me suis mise à le chercher. Et je l’ai vue ! » 

Des apparitions silencieuses ou presque 

Les apparitions de la Vierge Marie sont toutes… silencieuses. Mais, ses silences en disent long. Ses silences sont même, parfois, assourdissants. Surtout si l’on se réfère à l’histoire de l’Egypte. A ce vieux pays antique, des pharaons, des pyramides, des rois et des reines. A ce pays biblique, visité par le Seigneur plusieurs fois. A ce pays du Sinaï, de la Montagne de Dieu, du Mont Horeb. A ce pays, qui a accueilli la Saint Famille plusieurs années. Elle est silencieuse, mais elle apparaît au-dessus d’une église copte. Là, où la Sainte Famille se serait arrêtée, et aurait vécu. Elle vient bénir les coptes et elle pourrait leur avoir dit : « Tenez bon, vous avez du prix à mes yeux ! ». Pour le Pape Chénouda III :

« La Sainte Vierge, “ la belle colombe ”, portant en son sein notre Christ Bien-Aimé nous a annoncé la paix de Dieu accordée à l’homme, la rédemption, la survie et le début d’une nouvelle vie. »

Le docteur des yeux et des âmes ?

 

Le docteur Ihab, qui a plus de 60 ans, a reçu sa vocation à… Zeitoun. Il a un don pour soigner les yeux. Il est l’un des plus réputés de sa génération. Copte orthodoxe, croyant, pratiquant, il repart de Zeitoun après avoir prié en copte et en français. Marié, père de deux garçons qui vivent en Italie, il est devenu diacre. Il est, aussi, un peu le médecin des âmes prenant le temps de la conversation avec ses patients.

Sur les apparitions, il a plein d’anecdotes. Il se souvient que même le Président Nasser a vu la Vierge Marie. Il s’y rendait incognito. Les apparitions ont eu lieu après la terrible défaite de l’Egypte face à Israël, en 1967, lors de la guerre des Six-Jours. En 1973, lors de la guerre du Kipour, l’Egypte retrouve pleinement sa souveraineté. Israël, qui occupait le Sinaï, est vaincu par l’Egypte.

Aujourd’hui, l’Egypte connaît une crise économique et sociale qui voit une partie de sa population s’appauvrir, et une partie de sa jeunesse, de son élite, partir. Avec un taux d’inflation à deux ou trois chiffres, elle subit les effets de la crise endémique, et des guerres qui se multiplient. Le pays est en souffrance, et après les années où il a failli basculer vers l’obscurantisme des Frères musulmans, il a tenu bon. La lumière de Marie est, plus que jamais, là.

Ce soir du 18 janvier 2024, Ihab est aux anges. Il quitte son habit de guide – il est, également, diacre – et peut rentrer avec une certaine fierté chez lui. Chaque semaine, il se rend à l’église de Zeitoun, construite par le père Constantin Moussa, qui assista, lui-aussi, aux apparitions. Ihab rêve depuis longtemps d’une chose : venir à Lourdes, marcher sur les pas de sainte Bernadette et voir la Sainte Vierge, dans la grotte de Massabielle. Il aime l’Immaculée Conception. Espérons que Notre-Dame de Zeitoun réalisera en 2024 son vœu pieux.

Prière à Notre-Dame de Zeitoun

Il nous faut conclure. Mais, ce serait plutôt une invitation à la prière, proposée par l’équipe du magazine La Vierge de Zeitoun.

Bienheureuse…

Bienheureuse es-tu ô Marie, notre mère

Bienheureuse ô toi, la fierté de notre race

Toi, Marie tu es exaltée au-dessus des chérubins

Et honoré ô Marie au-dessus des séraphins

Ton apparition…

Ton apparition dans notre église à Zeitoun

Etait splendide et glorieuse

On l’a vue dans sa forme la plus belle et la plus glorieuse

Une scène qu’aucun stylo ni aucune langue ne peut décrire

En ta présence…

Le coeur respecte et l’esprit obéit

La bouche est bénie et le stylo est sanctifié

Quand nous prononçons ton nom

Nous sommes ravis de la gloire de tes lumières

Grâce à cela…

Nous t’exaltons, ô Mère de Dieu

Nous te bénissons, toi qui as porté la grappe de vie

Bienheureuse es-tu notre Mère compatissante

Bienheureuse es-tu l’olivier.

Reportage réalisé par Antoine Bordier / Copyright photo A. Bordier et Patriarcat Copte Orthodoxe du Caire

La Conférence épiscopale des Pays-Bas rejette Fiducia Supplicans

Dans une déclaration publiée par la Conférence épiscopale des Pays-Bas, les évêques n’autorisent ni les bénédictions ni les prières pour les couples irréguliers qui pourraient être interprétées comme approuvant des modes de vie contraires à l’enseignement moral de l’Église catholique. Ils recommandent plutôt de prier uniquement pour les personnes engagées dans de telles relations, afin d’invoquer l’aide de Dieu pour discerner sa volonté à l’égard de chacune d’entre elles.

“Les évêques néerlandais ne souhaitent pas priver qui que ce soit du soutien et de la puissance de Dieu”.

“Il est possible de faire une prière au sujet de croyants individuels qui vivent dans une relation irrégulière”.

“Ce que l’on demande dans la prière et la manière dont on prie sont importants. Pour une personne vivant une relation irrégulière ou homosexuelle, le ministre ordonné peut dire une simple prière en dehors du contexte d’une célébration de mariage ou d’une célébration de prière.

“Dans cette prière, on peut demander à Dieu force et assistance, en invoquant son Esprit, afin que la personne comprenne la volonté de Dieu pour sa vie et puisse continuer à grandir”.

“Cela montre clairement dans les mots choisis qu’il ne s’agit pas d’une bénédiction ou d’une confirmation d’une relation irrégulière et cela évite également toute confusion avec un mariage qui, selon l’Église catholique, ne peut être conclu qu’entre un homme et une femme.

“De cette manière, la prière peut donner la force de se rapprocher de Dieu et de vivre en accord avec ses desseins pour la création de l’homme et de la femme et du mariage”.

Mgr Rob Mutsaerts a déclaré que Fiducia Supplicans est  “avant tout un document lâche”.

“Il ne s’agit pas d’une expansion de la foi : “Il ne s’agit pas d’un élargissement de la signification des bénédictions, mais d’une modification délibérée de ce qui est un péché.

Il a ajouté que le document “explique les ‘bénédictions’ d’une manière telle qu’elles n’ont plus de signification claire”.

“Donnez un nouveau sens au mot ‘bénédiction’ et vous pourrez en faire n’importe quoi. Le mot magique que l’on sort facilement est ‘pastoral’. Une bénédiction formelle n’est pas autorisée, dit la déclaration, mais une bénédiction spontanée l’est. C’est ce qu’on appelle ‘pastoral’.

“Combien de fois le mot ‘pastoral’ est-il utilisé pour mettre de côté le Magistère, pour opposer la doctrine et la vie, et ensuite pour approuver une vie qui est en désaccord avec la doctrine. La pastorale n’est plus une pastorale de l’âme, elle est devenue sans âme. La doctrine est mise de côté”.

Les évêques néerlandais suivent l’ensemble des dirigeants catholiques d’Afrique qui ont rejeté massivement la bénédiction des unions homosexuelles. Outre les conférences épiscopales africaines et les évêques néerlandais, les conférences épiscopales de Hongrie, de Pologne et du Kazakhstan ont rejeté le document. De même que des évêques du Pérou, de l’Uruguay, du Brésil et de la Suisse.

Jusqu’à présent, le document a été accepté sans critique par les évêques d’Irlande, de Hong Kong, d’Inde, du Portugal, d’Allemagne, de Croatie, de Belgique et d’Autriche. Le cardinal Mauro Gambetti a déclaré au journal italien Il Messaggero que les couples de même sexe pourront recevoir la bénédiction dans la basilique Saint-Pierre, à Rome.

Aux États-Unis, le document a été salué par les évêques, même si, dans quelques cas particuliers, il suscite une forte opposition. En Amérique, au Royaume-Uni et en Australie, ce sont surtout les prêtres qui s’opposent au document, la Confraternité du clergé catholique de chaque pays rejetant explicitement ses dispositions. En Espagne et en Amérique latine, des prêtres ont lancé une pétition demandant au pape d’annuler la Fiducia Supplicans, ce qui a incité le cardinal José Cobo de Madrid à menacer de mesures disciplinaires tout membre du clergé qui la signerait.

« Bénir, c’est encourager à faire le bien »

Les évêques de la province ecclésiastique de Martinique et de Guyane ont publié une note sur Fiducia supplicans :

« Bénir, c’est encourager à faire le bien »

En raison des nombreuses questions du grand public, des fidèles et des pasteurs de notre Eglise, suscitées par les articles de presse et les gros titres parus à la suite de la Déclaration « Fiducia Supplicans » de la Congrégation de la Doctrine de la foi, les évêques et les vicaires généraux de la Province Ecclésiastique des Antilles et de la Guyane veulent clarifier les incompréhensions et donner des pistes claires d’application pour nos Eglises locales. Nous invitons, cependant, tout un chacun à une lecture complète et dépassionnée du document.

Tous les catholiques qui se confessent connaissent bien cette formule rituelle et antique par laquelle le pénitent demande au prêtre de l’entendre en confession : «Bénissez-moi mon Père parce que j’ai péché». Il est évident pour tous que ces bénédictions ne viennent pas bénir les péchés du fidèle, mais au contraire lui donner la force de faire le bien et de se rapprocher de Jésus. Une bénédiction est donc un outil dont dispose l’Eglise pour aider l’Homme à se détourner du mal et à progresser toujours vers le Christ, qui est le Chemin, la Vérité, et la Vie.

A l’instar de nombreuses assemblées d’évêques, nous évêques et vicaires généraux de la Province des Antilles et de la Guyane, déclarons conformément aux principes fondamentaux de Fiducia Supplicans et afin d’éviter toute confusion, que :

– Les ministres de l’Eglise se doivent de bénir, sans condition préalable, toute personne qui demande individuellement une bénédiction spontanée, mais ils ne peuvent conférer de bénédiction à des couples en situation irrégulière ou de même sexe.

– Fidèles à l’Evangile, les pasteurs et les fidèles de l’Eglise s’interdisent de rejeter, de juger ou de discriminer des personnes pour quelque raison que ce soit.

Pour rappel, la déclaration Fiducia Supplicans sur la signification pastorale des bénédictions affirme que « les bénédictions sont un message positif de réconfort, de sollicitude et d’encouragement » (n°19) (…) « pour ceux qui, se reconnaissant indigents et ayant besoin de l’aide (de Dieu), ne revendiquent pas la légitimité de leur propre statut, mais demandent que tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations soit investi, guéri et élevé par la présence de l’Esprit Saint » (n°31). Tout homme, toute femme a droit à la bénédiction de Dieu.

L’Eglise (et aucun chrétien) ne peut se soustraire à cette obligation de Romains 12,14 : « Bénissez, ne maudissez pas. » C’est-à-dire, dites du bien, arrêtez de « mal parler ».

La même déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi déclare aussi explicitement que «sont inadmissibles les rites et les prières qui pourraient créer une confusion entre ce qui est constitutif du mariage, à savoir : une union exclusive, stable et indissoluble entre un homme et une femme, naturellement ouverte à la génération d’enfants, et ce qui le contredit » (n°4) ou encore : « l’Église qui ne reconnait comme légitime que l’union sexuelle dans le mariage n’a pas le pouvoir de donner des bénédictions aux unions entre personnes du même sexe » (n°5). De même, ladite déclaration interdit formellement de « promouvoir ou de prévoir un rituel de bénédiction des couples en situation irrégulière » (n°38).

+ Mgr David MACAIRE, Archevêque de Fort-de-France et Saint-Pierre + Mgr Alain RANSAY, Evêque de Cayenne
+ Mgr Philippe GUIOUGOU, Evêque de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre M. l’abbé Fortuné GIBON, Vicaire Général de Martinique
M. l’abbé Mesmin GAYA, Vicaire Général de Guyane
M. l’abbé Gérard FOUCAN, Vicaire Général de Guadeloupe

La dénaturation du mariage, un tournant dans la défaite de l’Occident

Le démographe Emmanuel Todd avait prédit l’écroulement de l’URSS en 1976 dans son livre “La chute finale“, dans lequel il s’appuyait sur certaines statistiques (hausse du taux de suicide, hausse de la mortalité infantile…) pour montrer la déliquescence de ce système.

Son dernier livre s’appelle “La défaite de l’Occident.

Apolline de Malherbe a reçu le démographe sur BFM. On apprend que, pour Emmanuel Todd, la dénaturation du mariage a été un tournant dans la défaite de l’Occident. Lors de l’entretien, Apolline de Malherbe interroge Emmanuel Todd sur un passage du livre :

“Vous parlez même de l’autorisation du mariage homosexuel comme d’un tournant. C’est pour vous la fin des règles de vie régies par une morale religieuse. Cela a laissé une sorte de vide. C’est une forme de suicide, pour vous.”

A retrouver vers la 9e minute :

Chronique des cinglés : pénurie d’Androtardyl

Le député NUPES Sébastien Peytavie a alerté le ministre de la santé et de la prévention sur les pénuries à répétition d’Androtardyl qui menacent… directement l’accès à la santé et au bien-être des hommes transgenres.

Commercialisé depuis 1955, l’Androtardyl est un traitement hormonal à base de testostérone, prescrit principalement aux personnes transmasculines qui réalisent une transition hormonale. Il n’existe qu’une seule version de ce médicament remboursé en France, celle produite par le laboratoire Bayer. Alors qu’aucun médicament générique n’est non plus disponible, malgré une augmentation de la demande, l’Androtardyl est en proie ces dernières années à des ruptures de stock à répétition, déjà 3 depuis le début de l’année. À Paris, seulement deux pharmacies proposent de l’Androtardyl, selon le site Pharmanity, qui recense les disponibilités des médicaments en pharmacie. Dans la circonscription de M. le député, les habitants de Sarlat doivent parcourir plus d’une heure en voiture pour en bénéficier. Le risque est alors pour les personnes concernées de devoir révéler leur identité de genre à des pharmacies, dont certaines pratiquent ouvertement des refus de délivrer de l’Androtardyl si la carte Vitale comporte toujours le numéro 2 ou pour les ordonnances hors AMM. Si le groupe Bayer prétend que cette rupture est occasionnée par un accroissement des besoins, loin de prendre en compte cette augmentation constante année après année, l’Androtardyl est lui aussi concerné par une gestion à flux tendu des stocks. Ce médicament n’étant plus sous brevet et étant donc à faible rentabilité, Bayer privilégie ses intérêts financiers à la santé des personnes transgenres. L’ANSM et la Société française d’endocrinologie ont elles-mêmes encouragé cette restriction de l’accès à la santé en printemps 2019, en demandant aux pharmaciens de ne délivrer de la testostérone qu’aux personnes souffrant d’un hypogonadisme sévère, excluant de fait les hommes transgenres.

Les alternatives aux injections d’Androtardyl telles que le gel, les comprimés ou les injections moins régulières, sont rares et chères, n’étant pas remboursées par la sécurité sociale. L’Androgel coûte ainsi entre 40 euros et 50 euros par mois, un coût beaucoup trop important pour de nombreuses personnes transgenres, un public particulièrement concerné par la précarité. Les conséquences pour la santé des personnes en déficit de testostérone, telles que les personnes ayant eu une hystérectomie totale et en particulier pour les personnes transmasculines ou intersexes, sont gravissimes. Cela peut non seulement engendrer un dérèglement hormonal, notamment pour les personnes ayant réalisé une chirurgie, ou la réapparition de pathologies gynécologiques, mais les risques qu’un arrêt brutal du traitement font peser sur la santé mentale des personnes transgenres sont profondément inquiétants.

Dans un contexte où le taux de suicide des personnes transgenres est 4 fois supérieur à la population selon Human right campaign et l’Inter-LGBT, M. le député rappelle que l’accès à la testostérone pour les hommes transgenres n’est ni un caprice ni facultatif mais un réel besoin, un besoin de santé. En ce sens, la pénurie d’Androtardyl, organisée par le laboratoire Bayer pour des raisons purement financières, compromet très sérieusement ce droit fondamental qu’est l’accès à la santé pour les personnes transgenres et intersexes.

Dans la lignée des demandes des associations LGBTQ+, M. le député appelle à la prise en charge des autres traitements à base de testostérone, à la création d’un produit générique et à l’inscription de ce traitement hormonal dans la liste des médicaments essentiels. On doit urgemment sortir de la dépendance au bon vouloir du laboratoire Bayer, qui ne voit qu’un intérêt purement économique à la commercialisation de l’Androtardyl, au détriment de l’accès à la santé des personnes transmasculines, intersexes et nécessitant de la testostérone au quotidien. Il souhaiterait ainsi connaître les mesures qu’il envisage afin de sécuriser l’accès aux traitements hormonaux à base de testostérone face aux pénuries à répétition.

Le ministre n’a pas encore répondu…

“Toutes nos misères actuelles trouvent leur source en ce matin froid, gris, terrifiant, du 21 janvier 1793”

Voici le texte lu dimanche place de la Concorde par le R.P. Jean-François Thomas s.j, sur la Place Louis XV (« de la Concorde ») :

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi-soit-il.

Souvenons-nous, avec émotion et non sans frayeur, des mots de Louis XVI à son valet de chambre Cléry le 20 janvier : « Je voudrais que ma mort fît le bonheur des Français et pût écarter les malheurs que je prévois. » Et ceux, plus terribles encore, prononcés alors qu’il était lié à la planche de la guillotine, ici-même, et rapportés par le bourreau Sanson : « Je voudrais que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français. » Le sang du roi ne semble pas avoir fait beaucoup réfléchir les Français sur leur destinée, semblables à cela aux juifs condamnant le Messie lorsque Pilate déclara, se lavant les mains, qu’il était innocent du sang de ce juste : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants » répondit tout le peuple, comme le rapporte l’évangéliste saint Matthieu (XXVII. 24-25).

Dieu ne peut pas inverser le cours de la malédiction qu’un peuple choisit volontairement. Tel est le mystère de la liberté dont Il nous a revêtus, liberté totalement étrangère à celle prônée par la république athée. Prudhomme le girondin écrit dans un numéro des Révolutions de Paris ( n° 185) :

« Un citoyen monta sur la guillotine et, plongeant son bras nu dans le sang de Capet qui s’était amassé en grande abondance, il en prit des caillots plein la main et en aspergea par trois fois la foule des assistants qui se pressaient au pied de l’échafaud pour en recevoir chacun une goutte sur le front. – Frères, disait le citoyen en faisant son aspersion, frères, on nous a menacés que le sang de Louis Capet retomberait sur nos têtes ; eh bien ! qu’il y retombe. »

Horrible geste profanateur et blasphématoire qui se perpétue. Il est rapporté que quelques voix eurent le courage de s’élever contre ce crime :

« Un brave citoyen, voulant retenir la foule, lui adresse ces paroles : – Que faisons-nous, amis ? Les journaux de demain raconteront tout et l’étranger qui les lira nous prendra pour des bêtes féroces altérées de sang. – Du sang d’un despote, nous avons soif ! réplique un autre, le sang de Louis Capet est de l’eau bénite. – Et la foule bat des mains. » (Lettres de volontaires du Maine et Loire, tome III)

Le soir du 21 janvier, la Commune de Paris organisa un bal populaire à l’endroit où le sang du roi avait coulé : il fallait que le peuple fût diaboliquement baptisé en piétinant le sang de cette victime innocente.

Une telle délectation dans le mal ne peut cesser ses effets, à moins d’un repentir et d’une pénitence semblables à ceux des anciens habitants de Ninive à l’appel de Jonas. Il n’en fut rien, il n’en est rien pour la France qui persiste et signe avec une plume trempée dans le sang du roi, depuis plus de deux cents ans. Toutes nos misères actuelles trouvent leur source en ce matin froid, gris, terrifiant, du 21 janvier 1793. Nous sommes garrottés alors que Louis XVI, prisonnier, lié, condamné, était libre car tourné vers le ciel et soucieux du bien de ces sujets infidèles.

Quelques mois plus tard, le P. Pierre de Clorivière – cet ancien et ce futur jésuite, puisqu’il connut la suppression de son Ordre sous Louis XV et fut la cheville ouvrière de sa renaissance sous la Restauration – écrivit un ouvrage prophétique sur l’Apocalypse, jamais publié d’ailleurs. Il y analyse les causes de la Révolution et il y propose des remèdes susceptibles de nous laver du sang que nous avons versé. Il définit la Révolution française comme possédant trois caractères : elle a été subite, elle est grande, elle sera générale.

« Grande dans l’ordre politique, grande dans l’ordre moral, grande surtout dans l’ordre religieux. Par son objet, elle s’étend à tout ; rien n’est respecté, pas même les premiers principes de la loi naturelle ; les idées les plus universelles sont comptées pour rien, et les droits les plus imprescriptibles violés pour en forger de nouveaux. Ces droits nouveaux tendent à la suppression de toute espèce de joug naturel, religieux, divin même, comme à l’abolition de tout pouvoir légitime. Il ne suffira pas d’en avoir prévu la portée, mais lorsqu’elle aura prévalu et que la multitude s’y laissera entraîner, il faudra beaucoup de prudence, de force et de constance. La prudence sera nécessaire pour décliner sagement le danger, la force pour résister à des assauts répétés, la constance pour supporter patiemment les maux dont on doit s’attendre à être envahi de tous côtés. » (Études sur la Révolution)

Ceci fut rédigé en 1793-1794, alors que cette Révolution n’avait pas encore entraîné tous ses effets mauvais.

Le conseil du P. de Clorivière est plus que jamais d’actualité, puisque la république actuelle poursuit l’œuvre de son aïeule, celle qui a dansé ici dans le sang du roi, et de tant d’autres avec et après lui : prudence, force et constance. Appliquer à soi-même ces vertus très chrétiennes afin de se laver des souillures qui nous ont tous éclaboussés. Le mouvement de terreur déclenché en 1789 ne sera terrassé que par la conversion des mœurs et par l’agenouillement.

Dans son Testament, Louis XVI déclare qu’il laisse son âme à Dieu son créateur, et il répéta ces paroles, ultimes, lorsqu’il plaça sa tête sous le couperet : « Je remets mon âme à Dieu », comme l’entendirent les spectateurs les plus rapprochés. Comme le centurion regardant vers la Croix fut saisi par le Christ, homme juste et Fils de Dieu, certains – y compris parmi ses ennemis les plus haineux – reconnurent la sainteté de la mort de Louis XVI. L’ancien procureur-syndic de la Commune, Pierre Manuel, repenti, s’écriera, le 19 janvier : « La mort de Louis XVI sera la mort d’un saint. » (La Révolution de 92, n° 19 janvier 1793) Et Prudhomme, pourtant hostile, ne peut s’empêcher de noter, plein de regret : « Les prêtres et les dévotes qui déjà cherchent sur le calendrier une place à Louis XVI parmi les martyrs, ont fait un rapprochement de son exécution et de la Passion de leur Christ. » (Les Révolutions de Paris, n° 185) Quant au sanguinaire Hébert, il rugit dans Le Père Duchesne (n° 212) : « Le pape va en faire un nouveau saint ; déjà les prêtres achètent ses dépouilles et en font des reliques ; déjà les vieilles dévotes racontent des miracles de ce nouveau saint. » Hélas, les hommes d’Église ont été, eux aussi, gagnés par les idées révolutionnaires et ils ne se soucient guère du sang qui est retombé sur nos têtes. Contemplons ce ciel vers lequel Louis a tourné son dernier regard terrestre et implorons Dieu de nous purifier et de faire renaître notre pays bien-aimé.

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi-soit-il.

P. Jean-François Thomas s.j.

La Fraternité Saint-Pierre vous accompagne pendant le carême

Un bon carême, ça s’organise ! Comme nos anciens ou nos frères orientaux, la liturgie nous invite à entrer dès maintenant dans un « grand carême » : la préparation pour Pâques commence maintenant !

« Virtus » est un parcours de progrès spirituel et de développement des vertus, du dimanche de la Septuagésime (troisième dimanche avant le début du carême) au Triduum Pascal (les offices de la Semaine Sainte), en deux temps :

  • Un « pré-carême » pour installer dans son quotidien les bonnes habitudes qui deviendront des vertus.
  • Le carême, temps de combat et de persévérance pour se laisser renouveler par la grâce et enraciner les dispositions vertueuses.

Et 3 axes :

  • Prière : réaliser qu’il est possible de consacrer une heure par jour au Seigneur, entre le chapelet (20 min), l’entrée dans la vie d’oraison (20 min) et la formation (20 min de lecture, de podcast…).
  • Vertu et équilibre de vie (ce qu’il faut enraciner et installer dans toute notre vie) : une vigilance accrue dans nos rapports aux écrans, au sommeil, à l’alcool, à l’activité manuelle ou physique.
  • Pénitence : jeûne du vendredi, un engagement au choix (par exemple, pas de sucres / chocolat / fromage / viandes / café / cigarette, pas d’achat non nécessaire, ne pas manger entre les repas) ; restant sauve la charité.

En s’abonnant à la chaîne Whatsapp ou Telegram de Claves, vous lancerez chaque matin votre journée avec l’exhortation audio d’un prêtre ; chaque semaine un ensemble de thèmes de formation seront proposés pour nourrir la prière ; à partir du mercredi des cendres, vous rejoindrez le « chemin de carême » avec une méditation de 5 min chaque matin sur un texte de la liturgie.

Suivez la chaîne Claves.org sur WhatsApp ou Telegram

Des solutions pour faire croître la colonne de pèlerins de Chartres

Jean de Tauriers, président de l’association Notre-Dame de Chrétienté, écrit dans l’Appel de Chartres :

[…] Après les intempéries de 2022 nous avons été en 2023 submergés par le nombre des inscrits. Nos bivouacs étaient trop petits, nos colonnes trop longues, les haltes exigües, les arrivées tardives etc. Comment faire face et développer notre pèlerinage ? Comment répondre à toutes ces demandes de France et de l’étranger ? Comment rester missionnaire en sachant répondre aux demandes des pèlerins ?

La première bonne nouvelle de cette année 2024 est que nous avons trouvé des solutions techniques pour accueillir davantage de pèlerins. Il y aura certes une limite à cette croissance mais nous pourrons augmenter significativement le nombre des inscrits. Notre grand chantier en 2024 sera la formation de nos cadres. Nous touchons désormais des pèlerins retrouvant une pratique religieuse ou venant simplement pour rencontrer un prêtre pendant les 3 jours et parfois même des non catholiques. Cette affluence s’explique par la notoriété du pèlerinage, l’effet « réseaux » mais aussi par la ferveur de catholiques qui ne manqueraient pour rien au monde le pèlerinage de Chartres, sans oublier évidemment le plus important : la grâce de Dieu.

Le rendez-vous annuel de nos récollections sera donc essentiel pour la formation de nos cadres (chefs de chapitre, responsables d’équipes, adjoints) afin de leur permettre de s’adapter à la nouvelle situation. La mobilisation lors de ces récollections doit être à la hauteur des enjeux de transmission, nous comptons sur une large participation. J’aimerais également en 2024 que la croissance des Anges gardiens soit très significative. Le développement des pèlerinages de chrétienté dans de nombreux pays doit permettre de consolider cette chaîne de prières qui montre notre unité spirituelle. Aidez-nous à inscrire des pèlerins non marcheurs, en groupe ou en individuel, en France et à l’étranger ([email protected]). Vous avez peut-être remarqué que notre boutique de vente de polos « Gardien de la Tradition » avait été dévalisée pendant les trois jours. Nous réfléchissons à une nouvelle gamme de produits. Nos meilleurs créatifs y travaillent et vous présenteront des innovations. Vous pouvez participer si vous le souhaitez : toutes les idées sont les bienvenues. Qu’aimeriez-vous lire sur les polos 2024 de NDC ? N’hésitez pas à nous écrire ([email protected]). […]

Enfin, 2024 sera une année importante : nous aurons le grand honneur d’accueillir à Gas dès le dimanche soir le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il célébrera la messe du lundi de Pentecôte dans la cathédrale de Chartres. J’ai rencontré très récemment à Rome le cardinal Müller avec l’abbé de Massia, il se fait une joie de découvrir notre pèlerinage. Je remercie en votre nom Monseigneur Christory de nous accueillir dans sa cathédrale. A Paris, Mgr Ulrich a accepté que la messe de départ soit célébrée à Saint Sulpice par l’abbé de Labarre (fssp), Monseigneur Tois donnant l’homélie. Mgr Ulrich a également accepté que la messe d’action de grâce soit célébrée par notre aumônier à sainte Odile le 30 mai 2024. Nous le remercions chaleureusement.

Les autres célébrants du samedi seront :

  • le père Chalufour (osb) à Igny pour les Pastoureaux, Familles, Enfants,
  • l’abbé Le Coq (fssp) le soir à Choisel (nouvelle messe en raison de la deuxième colonne).

et du dimanche :

  • le TRP Augustin-Marie Aubry (fsvf) aux Courlis,
  • le Chanoine Valadier (icrsp) pour le Salut du Saint Sacrement Adultes à Gas,
  • l’abbé Pierre Rineau (fstb) pour le Salut du Saint Sacrement Pastoureaux, Familles, Enfants à Gas.

L’activité de Notre-Dame de Chrétienté continue tout au long de l’année ; nous sommes souvent interrogés sur le monde traditionaliste (ex Ecclelsia Dei), tout particulièrement depuis Traditionis Custodes. Le pèlerinage intrigue par son ampleur, son histoire, son rayonnement. Récemment, contrairement à nos habitudes, nous avons réagi par un courrier adressé à la Conférence des évêques de France aux déclarations tenues lors de la réunion des séminaristes français critiquant une soi-disant « fausse théologie politique » de NDC nuisant, je reprends les termes, à « l’évangélisation ». L’argument choc présenté était le suivant : « Le Christ n’est pas venu bâtir des nations catholiques mais il est venu fonder l’Eglise ». Ces mots mettaient brutalement en cause notre formation qui s’appuie classiquement sur le Magistère de l’Eglise. Certains séminaristes connaissant bien notre pèlerinage se sont étonnés du ton et du fond.

Le sujet (la chrétienté) est d’une grande importance pour NDC car il est au fondement de notre création. Nous avons voulu répondre à l’appel de saint Jean-Paul II au Bourget en 1980 pour rechristianiser notre pays. Ce qui nous est reproché est notre attachement à la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus Christ qui est pourtant un élément de la foi catholique rappelé au Catéchisme de l’Eglise Catholique (articles 2014-2019). Pour mieux comprendre ce sujet, je vous renvoie à un article de Claves sur « la royauté sociale du Christ » et bien sûr aux documents de formation sur notre site (41 années d’archives). Le sujet est si important que nous avons choisi de célébrer en 2025 les 100 ans de l’encyclique Quas Primas de Pie XI. Nous voulons ainsi nous opposer à la stratégie de l’enfouissement des catholiques libéraux, stratégie dont chacun peut apprécier les résultats dans notre société sans Dieu.

Marche pour la vie : le combat commence

Communiqué de la Marche pour la vie, 22 janvier :

Hier, dimanche 21 janvier, près de 15.000 marcheurs ont défilé de la place Saint-Sulpice à la place Denfert-Rochereau pour l’édition 2024 de la Marche pour la vie. Comme chaque année, les jeunes étaient au RDV avec 500 bénévoles et une moyenne d’âge proche de 20 ans. Une Marche joyeuse malgré la gravité des sujets, car nous témoignons de la beauté de la vie humaine qui mérite d’être défendue !

« Avec toutes nos associations partenaires, notre objectif est de prendre soin des plus vulnérables, des enfants à naitre, des femmes enceintes en difficulté, des personnes en fin de vie. Nous ne les abandonnerons pas ! » Discours de Nicolas Tardy-Joubert, président de la Marche pour la vie, pour lancer la manifestation.

Face au projet de constitutionnalisation de l’avortement, qui sera débattu en séance à l’Assemblée Nationale le mercredi 24 janvier, nous avons rappelé hier l’urgence de protéger la vie de l’enfant à naître, et de mettre en place des mesures de prévention et une vraie politique familiale. Notre slogan « IVG = cœurs brisés » inscrit sur les pancartes rappelait également que l’avortement est un acte qui fait souffrir les femmes qui le pratiquent, et que nous devons leur proposer d’autres solutions.

« Accompagner vers la mort pas la donner », « soigner n’est pas tuer »

Nous nous sommes également opposés au projet de légaliser l’euthanasie ou le suicide assisté. « Accompagner la mort plutôt que la provoquer, éliminer les souffrances, plutôt qu’éliminer le souffrant, là est notre vraie vocation » affirmait le Docteur Geneviève Bourgeois, médecin gériatre et porte-parole de la Marche pour la vie.

« Ne désespérez pas, engagez-vous ! Engagez-vous à l’année auprès des structures qui aident les femmes enceintes, engagez-vous auprès des personnes âgées, engagez-vous quotidiennement au service du Bien Commun, afin de montrer au monde entier que oui, administrer la mort ne sera jamais la bonne solution, au contraire ! » Discours d’Aliette Espieux, porte-parole de la Marche pour la vie.

« Ne repartez pas sans vous dire qu’il faut continuer. Car à quoi servirait la Marche pour la vie si vous vous arrêtiez là ? C’est grâce à vous, grâce à votre exemple, votre cohérence de vie, grâce à votre douceur et à votre fermeté, que nos concitoyens retrouveront le sens du respect de la vie. »

C’est sur ces mots que s’est clôturée notre manifestation, qui fut suivie d’un concert pour célébrer la beauté de la vie et encourager ceux qui la défendent.

La Marche pour la vie

La riposte des agriculteurs contre les politiques anti-agricoles de l’UE prend de l’ampleur

Après les formidables manifestations des agriculteurs allemands à Berlin, les agriculteurs français manifesteront à Bruxelles le mercredi 24 janvier. Menée par la Coordination Rurale, une manifestation débutera place du Luxembourg à 15h00.

Ces derniers mois, les agriculteurs de toute l’Europe ont manifesté. Aujourd’hui, c’est au tour des agriculteurs français de se rendre au Parlement européen le mercredi 24 janvier pour protester contre les hausses de taxes et l’augmentation des coûts du carburant et de l’alimentation animale. Leur riposte contre la guerre de l’Union européenne contre l’agriculture fait suite aux manifestations massives des agriculteurs allemands au cours des dernières semaines. Ces manifestations, qui ont culminé devant la porte de Brandebourg à Berlin, ont été retransmises dans le monde entier. Plus de 5 000 tracteurs et 30 000 personnes – dont des transporteurs, des restaurateurs, des chasseurs et des milliers d’Allemands ordinaires – ont participé à la manifestation contre l’attaque permanente contre l’agriculture et le mode de vie rural des Allemands. Un sondage réalisé par l’un des principaux journaux berlinois a révélé que 65 % des personnes interrogées se rangeaient du côté des agriculteurs.

Les manifestations allemandes font suite à des manifestations similaires en Irlande, aux Pays-Bas et en Belgique, pour n’en citer que quelques-unes. Mardi, les agriculteurs français se sont de nouveau mobilisés : plus de 1 000 tracteurs se sont rassemblés à Toulouse pour protester contre les hausses de taxes et l’augmentation des coûts du carburant et de l’alimentation animale.

Les agriculteurs européens se rendent compte que, malgré d’importantes différences entre les pays, leur sort souffre d’un problème commun : l’excès de zèle de l’UE en matière de politiques vertes et son manque d’intérêt, voire son mépris, pour les agriculteurs et les personnes ordinaires qui vivent dans les communautés rurales. Les décrets de l’UE détruisent le mode de vie rural, qu’il s’agisse des restrictions sans cesse croissantes sur l’utilisation des engrais et des pesticides, des exigences insensées de consacrer des terres agricoles à des zones non productives ou de l’énorme fardeau administratif que représente la nécessité de prouver le respect des réglementations environnementales.

Etats-Unis : Ron DeSantis renonce à la primaire et rallie Donald Trump

Ron DeSantis, gouverneur de Floride, a décidé, dimanche 21 janvier, de renoncer à sa candidature à la primaire républicaine, en vue de l’élection présidentielle américaine de novembre 2024, au profit de Donald Trump. Deux jours avant la primaire du New Hampshire, le candidat a apporté son soutien à Donald Trump :

« Il est clair pour moi qu’une majorité d’électeurs des primaires républicaines veulent donner une nouvelle chance à Donald Trump ».

S’il admet avoir eu « des désaccords » avec l’ancien président des Etats-Unis, « notamment lors de la pandémie de coronavirus », le gouverneur de Floride a jugé que Donald Trump était « supérieur à l’actuel titulaire du poste, Joe Biden ». « J’ai signé une promesse de soutien au candidat républicain et je l’honorerai ».

Ron DeSantis laisse Nikki Haley seule rivale de Donald Trump :

« Nous ne pouvons pas revenir à la vieille garde républicaine d’antan, ou à une version reconditionnée et réchauffée d’un capitalisme institutionnel que représente Nikki Haley. »

Nommée par Trump ambassadrice à l’ONU, lors du mandat précédent, Nikki Haley fit preuve de pugnacité. Sikh convertie au christianisme, sa russophobie obsessionnelle la range dans le camp des néoconservateurs.

Un coup d’état démographique se déroule sous nos yeux

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

80 ans. Quasi un siècle. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, jamais le nombre de naissance n’avait été aussi bas. Suite au détricotage de la politique familiale sous le quinquennat de François Hollande, le récent bilan publié par l’Insee confirme une tendance démographique lourde. En cette fin janvier, l’hiver n’est pas seulement à nos balcons, il est démographique. Après le film Trois hommes et un couffin en 1985, doit-on craindre Un enfant et trois sépultures en 2035 ? Selon la formule du démographe Gérard-François Dumont, la France aura bientôt besoin de plus de « cercueils que de berceaux ». Quelle refroidissante perspective.

Pourtant le désir exprimé d’enfants des Françaises se situe bien au-dessus de l’indice de fécondité (2,3 contre 1,6). En 2023, le nombre des naissances sera pourtant passé sous la barre symbolique des 700.000 naissances. « Au-delà de la donnée brute, ce chiffre, bien en deçà du seuil de remplacement des générations (2,1 enfants par femme), est lourd de sens pour notre économie » soulignait une tribune publiée dans Les Echos.

Si la chute des naissance entraîne d’inévitables répercussions sur la vie économique d’un pays, la mise en place d’une politique familiale courageuse se justifie pour trois autres motifs selon Pascale Morinière, présidente des Associations Familiales Catholiques (AFC) : le désir d’enfants des jeunes familles, notre système social fondé sur la solidarité intergénérationnelle et notre capacité à espérer collectivement en l’avenir.

Ce dernier point, capital, mérite un éclairage spécifique. Aux lecteurs du Figaro, Nicolas Pouvreau-Conti, en tant que cofondateur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, offrait une analyse remarquable des chiffres de la natalité en 2023. Selon lui, la question du « combien » gagnerait à ne pas occulter la question du « qui ». En effet, à regarder plus précisément les chiffres de la natalité en France, on observe que près d’un tiers des enfants nés sur le territoire ont désormais au moins un parent né hors de l’Union Européenne. Depuis l’an 2000, le nombre annuel d’enfants nés sur le sol français et issus de deux parents eux-mêmes nés en France a diminué de 22%. Dans le même temps, les naissances issues d’au moins un parent né hors de l’Union Européenne ont augmenté de 40% et celles issues de deux parents nés hors-UE ont augmenté de 72%.

Cette particularité toute française, si elle n’est pas une surprise, laisse tout de même sans voix par sa dimension massive. Cela signifie surtout que la France se trouve aujourd’hui confrontée à des dynamiques de fécondité contradictoires sur son propre sol : « la natalité “native” se contracte fortement, tandis que la natalité issue de l’immigration extra-européenne augmente de manière très significative » explique Nicolas Pouvreau-Conti. Et d’avertir, face à ce diagnostic incontestable :

« Il doit être permis à chacun de s’interroger sur les conséquences d’un tel basculement à long terme, en particulier pour la cohésion de notre société, et d’en tirer les conclusions qui s’imposent en matière de politiques publiques. »

Or en guise de réponse au défi du moment, Philippe de Villiers le soulignera sur CNews, la macronie se pare d’une double ambition mortifère : « Le raccourcissement de la vie par les deux bouts : l’avortement constitutionnel et l’euthanasie ». S’il fallait, suite au bilan de l’Insee, résumer l’irresponsabilité indigente des élus, les tergiversations politiques en pas de canard sur une thématique pourtant cruciale et l’impensé de la question familiale ces dernières années, il n’y aurait qu’à mettre en parallèle deux réactions exprimées par Sandrine Rousseau en moins de 48 heures.

La première, postée sur X le mardi16 janvier, jour de la publication des chiffres de la natalité : « Parce que nous sentons tous et toutes que nous avons un énorme problème d’avenir et que personne au gouvernement ne semble en prendre la mesure ». La deuxième sur la matinale info de TF1, le jeudi 18 janvier : « Nos utérus ne sont pas une affaire d’Etat. Il n’y a pas d’enjeu national à faire des enfants. Les femmes font absolument ce qu’elles veulent ».

« Pour la paix et l’harmonie de demain, peut-on raisonnablement rester aveugle, ou angélique, devant une partition en marche ? »

« Faire ce que l’on veut », donner le primat à l’individu au mépris du bien commun : voilà les tares dont souffre précisément la société postmoderne. Or l’on ne peut rester indifférents devant la réalité factuelle de la chute de la natalité si l’on est habité par le souci authentique de la paix civile et de la sociabilité. Ce bouleversement démographique en cours devrait alerter chacun, notamment les hommes d’Eglise ! Voulons-nous devenir des artisans de paix en favorisant l’harmonie nationale (une unité culturelle autour de mœurs, d’une langue, d’une histoire, de coutumes et de repères partagés) ou nous moquer du réel en vantant les charmes mensongers du multiculturalisme ?

Un trajet en RER D, depuis Paris pour s’enfoncer dans la banlieue, vaut mieux que tous les grands discours. Comment « vivre ensemble » sans bénéficier d’un socle commun permettant de « prendre plaisir à vivre ensemble » se demandait le professeur Pierre Chaunu. Pour la paix et l’harmonie de demain, peut-on raisonnablement rester aveugle, ou angélique, devant une partition en marche ? Aspirons-nous à l’harmonie ou au chaos ? Ces statistiques brutes annoncent de grands déséquilibres.

Un coup d’état démographique se déroule sous nos yeux et il s’agirait de garder le silence ? Jean Anouilh, qui s’est opposé avec force aux folies de l’épuration, écrivait en 1964 que « l’indifférence et la frousse sont les deux maladies qui conduisent aux guerres civiles ». La peur de mettre le doigt sur le sujet préoccupant d’une politique migratoire débridée. L’indifférence à prendre en juste considération le sujet des banlieues et leurs conséquences pratiques (incivilité, violence, islamisation, dédain des devoirs à l’endroit du pays hôte… etc.) qui, contrairement à ce qu’a pu évoquer le Président de la République, ne relèvent pas du simple concours Tik-Tok…

Pour que le corps continue, s’épanouisse et exprime toute sa plénitude, chaque membre est appelé à se sentir responsable du corps tout entier. « Une nation est une âme, un principe spirituel » a pu dire Ernest Renan dans sa fameuse conférence Qu’est-ce qu’une nation ? donnée à la Sorbonne en 1882. Selon lui, cette âme et ce principe spirituel ne font qu’un.

L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs, l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage reçu par chacun.

« Une nation est donc une grande solidarité constituée par le sentiment de sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé. Elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune ».

Dans les psaumes, on trouve ce verset saisissant :« Ah ! qu’il est bon, qu’il est agréable pour des frères d’habiter ensemble ! » (psaume 152, 1). L’expression du Psalmiste « habiter ensemble » ne signifie pas “habiter sous le même toit” ou “se retrouver ensemble à tels moments de la semaine” ou encore “honorer durant l’année, de façon commune, des festivités ou des événements particuliers”. Ce « Habiter ensemble » correspond au socle même de l’unité d’une nation. Il plonge ses racines dans une réalité plus ultime et plus profonde. Disons-le : le bonheur d’une fraternité de sang, d’une fraternité d’arme, de conviction ou de destinée ne réside pas tant dans la durée du temps passé ensemble que dans les dispositions intérieures de ses membres.

En effet, l’union la plus forte qui puisse exister entre les hommes relève de l’intime. Elle est une union intérieure : celle des intelligences, des volontés et des cœurs. Elle est une unité d’âme, celle qui permet de sentir instinctivement ce qu’il faut défendre, transmettre ou entreprendre quand le danger la menace.

Purges au sein du lobby LGBT

Philippe Dubreuil, ex-président du Forum gay et lesbien (FGL) de Lyon, a dû quitter le Centre LGBT, qui fédère plusieurs associations, où il souhaitait être bénévole. La crise entre militants LGBT s’aggrave : exclusions d’associations, fichage de « présumés agresseurs », sanctions pour critique du « wokisme », « mégenrage » ou « utilisation d’un deadname », c’est-à-dire l’utilisation du mauvais pronom ou du prénom de naissance d’une personne trans. Philippe Dubreuil témoigne :

« J’en viens à avoir peur d’être agressé dans les rues de Lyon, c’est terrible. J’ai sombré dans une dépression après mon exclusion. J’étais impliqué depuis tellement d’années dans la vie du Centre et, d’un coup, je me suis retrouvé tout seul. Alors même que je n’ai jamais été violent, insultant ou même dangereux ».

La marche annuelle des fiertés de Lyon se fait désormais en « non-mixité choisie », avec des cortèges réservés uniquement aux personnes « queer racisées », ce qui revient à exclure les personnes blanches. Il y a aussi eu l’exclusion de l’association Flag, lobby LGBT au sein des forces de l’ordre et de la justice. Création d’une « liste noire des connards ».

Depuis que l’association Fiertés en lutte a mis la main sur la gouvernance du Centre LGBT, la machine à purger tourne à plein régime. L’association Body Design a été virée sans préavis. Les allégations de « racisme » ou « d’extrême droite » fleurissent.

Héloïse Collin, coprésidente non-binaire du Centre LGBT et membre de Fiertés en lutte, justifie :

« Les associations membres ainsi que les bureaux du Centre ont, pendant les cinq dernières années, eu des remontées de propos et comportements à caractère transphobe et raciste lors des permanences et événements de ces associations ».

La mairie, dirigée par Grégory Doucet (Europe Écologie-Les Verts), semble embarrassée par ces discordes. En 2022, elle avait proposé d’attribuer au Centre LGBT et à l’association à sa tête le Collectif Fiertés en Luttes les sommes respectives de 15 000 et 2 000 euros.

Manifestation Pro Big Other

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La galaxie gauchiste demande solennellement le retrait du projet de loi immigration « sous la dictée des marchands de haine qui rêvent d’imposer à la France leur projet de “préférence nationale” ».

Une manifestation contre la Loi immigration, à l’étude par le Conseil constitutionnel, se tenait ce dimanche 21 janvier depuis la Place du Trocadéro à 14 heures. 150 autres villes étaient concernées.

Pas moins de 200 donneurs de leçon ont appelé à se mobiliser dans une tribune du 7 janvier, contre la promulgation du texte par le Président. Des manifestations avaient déjà eu lieu dimanche 14 sur le territoire, répondant à l’appel de 400 associations, syndicats et partis politiques.

La rhétorique est toujours la même. Toute déclaration, projet de loi, et même opinion supposée, critiquant l’immigration, la remettant en cause ou l’harmonisant est coupable de racisme. La position victimaire systématiquement adoptée par les minorités et leurs chantres permet une inversion accusatoire et d’échapper au débat de fond. Il n’est jamais mention du coût de l’immigration, de son caractère criminel et islamiste, et du droit des Français. Une égalité de droits avec les immigrés, quels qu’ils soient, est exigée. À ce titre, le respect de ces droits est un appel d’air sans fin.

Les sentinelles des droits des immigrés espèrent influencer la décision finale du président de la République. C’est d’abord le Conseil des « Sages » qui jugera de la constitutionnalité du texte le 25 janvier. Finalement toutes ces gesticulations ne sont-elles pas qu’un théâtre démocratique où le scénario est connu d’avance ?

Effet Macron…

Deux jeunes femmes présentes derrière le président de la République ont dû être évacuées de la scène où Emmanuel Macron s’exprimait lors de ses voeux aux Armées :

Gabriel Attal annonce des séances d’éducation sexuelle à l’école

Plutôt que d’apprendre aux enfants à lire, écrire, compter…

 

Le Premier ministre souhaite que les séances dédiées à cet enseignement aient lieu. A la fin de son intervention devant 150 personnes dans le Rhône, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé samedi 20 janvier qu’un nouveau programme d’éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle s’appliquera dans les établissements scolaires à la rentrée 2024. Il a indiqué avoir mandaté le Conseil supérieur des programmes, qui lui a remis une proposition de programme sur ce sujet avant qu’il quitte le ministère de l’Education nationale. Il va “s’appliquer pour la rentrée”, a-t-il annoncé.

Où est passé le Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique ?

Un ancien chef d’établissement nous propose cet article :

Le silence du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique est assourdissant. Des milliers d’oreilles dans les établissements attendent le son de sa voix depuis quelques jours ! Le temps presse. « Demain pourra toujours causer » comme dit la formule.

Dans l’acharnement médiatique contre le collège parisien dans la tourmente, bon nombre des propos tenus sur les médias ont étalé une parfaite méprise et un parfait mépris de la loi Debré. S’il ne revient pas systématiquement au SGEC de défendre un établissement (et encore..), il lui revient en revanche de défendre le cadre des libertés éducatives qui sont actuellement attaquées et qui regardent les libertés fondamentales de tous les citoyens : liberté scolaire, liberté associative, liberté d’enseignement, liberté religieuse.

On n’a pas entendu le SGEC lorsque le ministère Blanquer a communiqué sa circulaire relative aux élèves dits « transgenres » selon l’abus de langage désormais consacré alors que :

  • Cette circulaire n’a pas rang de contrainte et son caractère facultatif exigeait d’être souligné.
  • Elle ne s’applique pas aux établissements privés qui n’y sont pas cités et cela doit être proclamé.
  • Elle remet en cause l’anthropologie chrétienne au cœur des Projets Éducatifs des établissements.
  • Elle méprise l’intérêt supérieur de l’enfant dont le SGEC se doit d’être le défenseur.

Pire, le SGEC a décidé l’an passé de communiquer cette circulaire en toute schizophrénie dans son guide national sur le sujet. Que votre oui soit oui et votre non, soit non.

On n’a pas entendu non plus le Secrétariat Général lorsque le Conseil à l’Évaluation des Établissements a décidé d’étendre cette évaluation aux établissements privés alors que :

  • Les établissements privés ne sont pas en contrat avec l’état, ce sont leurs classes (art 4 – Loi de 59). Comment peuvent-ils dès lors faire l’objet d’une évaluation par l’État en qualité d’établissement ?
  • Le SGEC a ouvert volontairement le champ éducatif et pastoral pourtant hors contrat au domaine de l’évaluation rendant inintelligibles les limites contractuelles.

Où est la défense des prérogatives de l’autorité de tutelle ecclésiale sur le champ hors contrat de l’établissement ?

On n’a pas entendu non plus le SGEC, lors des attaques sur l’IPS (Indice de Position Sociale) des établissements Catholiques, défendre les élèves et familles ainsi déconsidérées. Méprisant les OGEC et le principe de subsidiarité, le Secrétariat Général a engagé l’Enseignement Catholique (qui n’existe pas comme instance au regard de la loi de 59) dans un protocole, sans consultation des établissements, et sans garantir leur volontariat. Anticiper la baisse démographique en se portant vers les familles les moins aisées ne fait pas un projet éducatif.

On n’entend pas actuellement le SGEC défendre la non mixité, la culture chrétienne obligatoire comme statutaire du Projet éducatif pour tous, la liberté de présenter la pensée chrétienne sur les sujets de bioéthique et rappeler que tout cela est parfaitement légal dans le cadre du statut juridique des Établissements Catholiques. Dès lors, les exhortations à la première annonce, l’évangélisation, la pastorale infusant toutes les dimensions de l’établissement sont des mots creux.

Monsieur Delorme, le compte n’y est pas !

Le SGEC doit rendre des comptes à la Conférence des Évêques de France ! Mais avant tout à l’ensemble des acteurs des communautés éducatives qu’il représente dans les médias.

La loi Debré est une loi d’équilibre. Encore faut-il peser !

Que le SGEC retrouve sa conscience et le courage d’une parole à contre temps. C’est l’heure !

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. »

Un chef d’établissement fraichement à la retraite et qui ne voit pas les choses d’un bon œil.

Ancien délégué académique d’une organisation professionnelle.

Prier pour la conversion d’un proche

A l’occasion de la fête de la conversion de St Paul sur le chemin de Damas le 25 janvier, nous vous proposons de confier vos intentions de prière pour la conversion d’un proche sur cette page Hozana.
Elles seront ensuite toutes déposées à Damas, par l’association SOS Chrétiens d’Orient !
Les personnes qui le souhaitent ont donc jusqu’au 25 janvier pour confier leur intention.

Persécutions antichrétiennes : une année noire

Dans l’émission En Quête d’esprit, Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier recevaient

  • Guillaume GUENNEC, directeur du plaidoyer de Portes Ouvertes
  • Frédéric Pons, géopolitologue
  • Charles de Meyer, président de l’association SOS Chrétiens d’Orient

La Marche pour la vie dans les médias

Ouest-France, BFM (et ), Le Parisien (et ici), Slate, La Croix (et ), CNews, Le Figaro (avec AFP), France Bleu20 Minutes, France Info, Sud Ouest et même Voici ont évoqué La Marche pour la vie de ce jour.

Cette manifestation, toujours aussi dynamique et joyeuse malgré la gravité du sujet, a vu comme chaque année de nombreux jeunes. Parmi les manifestants, nous avons pu voir aussi de nombreuses soutanes. En revanche, les manifestants ont regretté l’absence des évêques de France. Toutefois le compte Twitter de la Conférence des évêques de France avait publié ce matin un appel à prier pour le respect de la vie :

De même il n’y avait aucun parlementaire. Aucun représentant du RN, de LR ni de Reconquête ne s’est manifesté. Il y avait bien Laurence Trochu, présidente du mouvement Conservateur, ainsi que le maire de Montfermeil Xavier Lemoine. Il ne faudra pas se plaindre ensuite si l’électorat catholique et pro-vie ne se mobilise pas.

Le Monde a évoqué la pénurie de médecins en Italie pour pratiquer des avortements.

En Suisse, RTS a cité les propos de Vladimir Poutine, selon qui l’avortement est un problème grave en raison de la crise de la natalité.

TV5 Monde et RFI évoquent la Marche pour la vie à Washington, qui a eu lieu le 19 janvier :

 

 

https://x.com/MarchePourLaVie/status/1749071214558040149?s=20

https://x.com/MarchePourLaVie/status/1749073432434672079?s=20

https://x.com/MarchePourLaVie/status/1749075402998333925?s=20

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