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Dissolution de Academia Christiana : le gouvernement s’en prend une fois de plus aux catholiques

Suite à l’annonce de Gérald Darmanin de vouloir dissoudre ce mouvement de formation, Academia Chritiana communique :

Academia Christiana est un institut de formation qui invite les jeunes à s’engager au service du bien commun. Depuis 2013, plus de 2 000 jeunes sont passés par nos universités d’été et séances de formations. Aujourd’hui, ils sont partout engagés pour leur pays à travers leur métier, des associations, en tant qu’élus locaux, enseignants ou artisans.

D’autre part, notre rôle est de transformer en force créatrice la colère et le désespoir d’une jeunesse orpheline. Nous croyons qu’il est plus utile de proposer des solutions que d’en rester à des constats pessimistes. Nous invitons la jeunesse à aimer son pays et son histoire, à fonder des foyers solides, à retrouver une vie spirituelle vivante, à perpétuer nos traditions, à mener une vie saine et à cultiver le sens de l’effort.

La tentative de dissolution annoncée ce soir par le ministre de l’Intérieur est une pierre de plus ajoutée à l’édifice du mensonge. Car il s’agit bien de manipuler l’opinion en criminalisant tout sursaut salutaire au sein de notre peuple.

En voulant nous dissoudre, le gouvernement s’en prend une fois de plus aux catholiques qu’il considère comme des citoyens de seconde zone. Comprenez bien qu’aujourd’hui le gouvernement français a décidé d’interdire toute pensée ou réflexion en dehors de l’idéologie laïciste et matérialiste.

A l’heure où les coups de couteaux fusent matin, midi et soir, la priorité de la République est de dissoudre un institut de formation dont les cadres sont tous d’honnêtes pères et mères de famille.

Quand un gouvernement entrave la liberté d’association et d’expression, quand tout ce qui est jugé contraire à l’idéologie dominante est menacé de censure, quand on condamne à la mort sociale les réfractaires, c’est bien ce qu’on appelle un « système totalitaire ». N’oubliez pas que c’est par la peur que le credo progressiste se maintient au pouvoir.

Academia Christiana ira devant les tribunaux pour contester cette procédure absurde qui manifeste une fois de plus que nous sommes sortis de l’Etat de droit.

Allons-nous vers une forme de dictature ? C’est une question désormais légitime, même si de nombreux intellectuels, comme Jean-Yves Le Gallou, alerte nos milieux depuis longtemps. Cette nouvelle tentative de dissolution est une preuve de plus que toutes les dissolutions sont possibles et que nous assistons avec Darmanin à un tournant autoritaire, sous l’oeil approbateur et sans doute donneur d’ordre de Macron. L’étape suivante sera sans doute un parti politique…qui devrait, comme le fait Eric Zemmour, s’emparer rapidement de ce sujet crucial plutôt que de continuer à travailler sur le pouvoir d’achat.

On devrait se souvenir de ce teste du pasteur Martin Niemöller à propos de la lâcheté des intellectuels allemands au moment de l’accession des nazis au pouvoir et des purges qui ont alors visé leurs ennemis, un groupe après l’autre :

«  Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester.  »

Rassurisme

Lu dans le nouveau numéro de l’Action Familiale et Scolaire :

Les arguments rassurants sur la situation contemporaine de la France ne le sont, hélas, pas vraiment. « Comment ne pas s’estimer heureux de ne pas vivre sous les bombes dans un pays en guerre, prisonnier de régimes totalitaires, ou né dans un pays de pauvreté et de misère ? » Désolé de dire cela, mais, au point où en sont les choses, on se croirait, sous son titre ironique, au spectacle d’Anne Roumanoff Tout va presque bien.

Mettons les choses au point, à partir de réalités constatées. Le cours de l’Histoire comme celui de la vie n’est pas statique mais en mouvement et orienté, avec des points d’aboutissement. Ce n’est pas parce qu’un effondrement n’est pas total et qu’il n’a pas développé jusqu’au bout toutes ses conséquences qu’il n’est pas amorcé et n’est pas en train de se dérouler. Pour apprécier valablement l’avenir d’un pays, le plus essentiel n’est pas le constat de son état présent, mais celui de l’évolution de ses atouts et de ses faiblesses, et leur résultante à terme.

Les exemples sont nombreux de périodes où beaucoup se sentaient rassurés, malgré les signes avant-coureurs perceptibles, alors que leur époque courait à la catastrophe. Quelques échantillons (parmi bien d’autres) :

  • En 1938, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain revenait à Londres en brandissant le texte des accords de Munich devant la foule britannique et déclarait : « It is peace for our time ! » Au même moment au Bourget, une foule enthousiaste faisait un triomphe à Édouard Daladier, considéré comme sauveur de la paix. Il avait enchaîné avec un mâle discours sur ce thème. Précision intéressante à connaître à propos du rassurisme officiel : dans l’avion, voyant l’immense foule amassée pour l’accueillir, il avait eu peur d’être conspué pour avoir cédé devant Hitler, puis, tout étonné d’être acclamé, il avait dit en aparté au ministre qui l’accompagnait : « Les c..s ! »
  • Le 14 juillet 1939, le défilé militaire à Paris avait été spectaculaire et très réussi, donnant une impression de puissance redoutable. Après l’éclat de la grande Exposition universelle de Paris de 1937, beaucoup de gens se sentaient rassurés sur la grandeur française. Les esprits lucides savaient que ce n’était surtout pas le moment d’entrer en guerre contre l’Allemagne qu’on avait laissé réarmer.
  • Au début des années 1970, peu avant son entrée dans un grand cycle de profond malheur historique, qui est loin d’être terminé et s’aggrave encore, le Liban était surnommé “la Suisse du Proche- Orient”.

Remontons plus loin, à plus vaste ou plus petite échelle.

  • Au début du V siècle, l’auteur gallo-romain Rutilius Namatianus rédigeait un grand poème à la gloire de Rome, à la tête d’un empire destiné à être éternel, alors qu’il allait se disloquer de toutes parts.
  • Quant au fameux Titanic, exemple plus ponctuel, néanmoins très instructif et de belle valeur symbolique, non seulement la veille, mais encore quelques quarts d’heure après le choc avec l’iceberg la plupart des passagers ne s’inquiétaient pas vraiment. D’ailleurs, toute la presse avait assuré qu’avec le progrès moderne le navire était “insubmersible”. Il n’y avait que les esprits incurablement chagrins, catastrophistes, voire sombrement complotistes, pour penser qu’il existait encore des risques de naufrage.

Symboliquement aussi, comment ne pas méditer sur le fait qu’un produit à la pointe de la science nautique et de la technique mondiale s’est brisé sur la pureté glacée du monde naturel, dont un prométhéisme moderne et arrogant a tendance à défier les lois …

Charles Darcis

Classement PISA : et si l’Etat s’inspirait des écoles libres ?

Dans Valeurs Actuelles, le père Danziec analyse la baisse historique du niveau des élèves français, évaluée par le récent classement Pisa :

L’étude Pisa sonde depuis plus de 20 ans les performances scolaires des élèves de 15 ans. Devenue une référence mondiale et publiée tous les trois ans, sont ainsi analysées les compétences scientifiques et l’agilité littéraire de quelques 700.000 élèves de 81 pays. On comprend que les résultats soient étudiés avec attention par les décideurs politiques.

Le niveau de la France ? Rien de mirobolant. Le pays de Racine et Molière, de Marie Curie et du Professeur Jérôme Lejeune se situe péniblement au 23e rang, loin derrière l’Estonie, l’Irlande ou la Pologne. Comme lors des précédentes éditions, caracolent en tête les pays d’Asie comme Singapour, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud. Les mathématiques et la compréhension de l’écrit constituent les deux principaux points faibles de l’instruction en France.

Dans son éditorial de vendredi sur les ondes d’Europe 1, Eugénie Bastié livrait son sentiment : « Je crois qu’il serait illusoire de penser que la réussite scolaire des pays asiatiques n’est dû qu’à des systèmes éducatifs performants ». En France des études ont montré que les enfants issus de l’immigration asiatique sont les seuls enfants d’immigrés qui réussissent mieux que les natifs.

Selon la journaliste du Figaro, la question n’est pas d’abord ou principalement une affaire de méthode d’apprentissage. L’explication est à chercher d’une façon plus large. Le sens du devoir, l’amour du travail bien fait, l’inspiration confucéenne qui régissent les mœurs asiatiques peuvent rendre raison de leurs talents scolaires.

Cet écosystème garantissant une scolarité profitable aux jeunes enfants existe en France. Trop peu connues et parfois persécutées, nombre d’écoles indépendantes dites hors-contrat, proposent en effet une éducation libre et intégrale. Une partie de ce que préconise le ministre de l’Education Nationale, Gabriel Attal, s’y pratique déjà.

Ces établissements, coutumiers du vouvoiement, de la blouse ou de l’uniforme, des méthodes classiques qui ont fait leur preuve par le passé, de l’apprentissage chronologique de l’Histoire de France, de l’estrade pour les professeurs et d’un règlement mettant l’accent sur l’ordre et la discipline, ont fini par acquérir une solide réputation. Mais nous aurions tort de nous arrêter à ces seules considérations. Comme pour les pays d’Asie, la réussite scolaire des établissements hors-contrat ne saurait être le fait d’un système éducatif performant.

Pour ces écoles, il convient de regarder au-delà de leurs murs et d’observer l’écosystème qui les entoure. Ces écoles libres ont été créées le plus souvent par des parents déterminés, prêts à affronter l’effort de devoir payer deux fois l’école de leurs enfants. L’école publique qui ne les satisfait pas, par leurs impôts. L’école qu’ils montent courageusement, par leurs deniers. Surtout, désireux de voir leurs enfants confrontés à des repères solides ces parents cherchent une cohérence entre l’éducation transmise à la maison et celle dispensée à l’école.

Ces écoles libres sont, de manière non négligeable, catholiques et enracinées dans la tradition liturgique de l’Eglise. Derrière cette réalité, on trouve des enfants, souvent issus de familles nombreuses, dont le profil relève plus du type « p’tit Gibus » dans La guerre des Boutons que d’un « Titeuf » avachi, désinvolte et gavé d’écrans façon Tik-Tok ou jeux vidéo… Henri, le héros au sac à dos, a fait ses classes dans le hors-contrat et l’on retrouve dans le tissu associatif en général nombre d’anciens élèves de cet univers qui y ont appris le souci des autres et l’engagement militant.

« Toute sagesse commence dans l’émerveillement », enseignait Socrate. Le climat familial reste la plus conséquente des atmosphères pour permettre à un enfant de se construire. On pourra enfiler des blouses aux écoliers, imposer un uniforme aux collégiens, à quoi cela pourrait-il servir si une courageuse réforme morale n’est pas engagée à l’échelle nationale ?

Quels modèles proposons-nous en effet aux enfants ? Leur donne-t-on à rêver de Bayard, de Surcouf, de Jeanne d’Arc, de Blanche de Castille ? Ou préfère-t-on laisser leur innocence à la merci des influenceurs les plus niais, des starlettes les plus éphémères ou des appétits les plus vils ? On pourra imposer aux élèves un règlement strict, les contraindre à des exigences précises, à quoi cela pourrait-il servir si la justice de l’Etat se montre laxiste, les OQTF inappliquées ou la culture de l’excuse professée ?

Deux impensés volontaires expliquent en grande partie le déficit scolaire de la jeunesse française. L’impensé libertaire de Mai 68 et de son héritage. Gustave Thibon l’avait déjà fort bien souligné en son temps : « Tu méprises les règles, les traditions et les dogmes. Tu ne veux imposer aucun cadre doctrinal à ton enfant, à ton disciple… Fort bien ! Tu lui verses à boire un vin précieux, tu oublies simplement de le munir d’une coupe ; qu’est-ce que le vin sans la coupe ? Il ruisselle en vain sur le sol, et le voilà à terre, il produit la pire boue. » La crétinisation par le loisir ou l’humanisation par le savoir ? Deux choix ont fait deux cités…

L’autre impensé concerne la déstructuration de la famille traditionnelle. Le drame de la prolifération des familles monoparentales, le malheur des enfants voués à se balader d’une maison à l’autre une semaine sur deux à l’autre avec cartable et brosse à dent : quelle pitié ! Comment espérer l’épanouissement d’un enfant quand un tel quotidien lui est infligé ? Voilà à quoi a conduit le primat de la volonté propre de ces dernières décennies. La perte du sens des devoirs attachés à son état de vie – et des comptes que nous devrons en rendre dans ce monde comme dans l’autre – a considérablement contribué à une forme d’irresponsabilité ambiante.

Se lamenter sur les conséquences lorsqu’on en chérit les causes, Bossuet en a déjà parlé. « Dieu se rit d’une telle attitude », écrivait le précepteur du Dauphin. Tant que ces deux impensés n’auront pas été résolument traités, nécessairement ni « méthode de Singapour », ni uniforme ne sauront venir à bout de l’incurie actuelle. « Ne pas se cantonner à la surface des choses, mais aller en profondeur », recommandent certains professeurs à leurs élèves.  Voilà justement un principe d’éducation à mettre d’urgence en pratique. Et en haut lieu.

En attendant de dissoudre la France, Darmanin annonce vouloir dissoudre Academia Christiana

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé dimanche qu’il présenterait dans «les semaines qui viennent» en Conseil des ministres la dissolution d’Academia Christiana. Le président du mouvement en a été officiellement informé lundi dernier.

Fondée en 2013 par des jeunes catholiques, Academia Christiana se présente comme un «institut de formation» spirituelle mais aussi physique. Néanmoins, aucune action violente n’est connue de ce groupe. «Il y a au moins trois autres groupes d’ultradroite» dans le viseur des services de renseignement, a aussi déclaré le ministre de l’Intérieur, sans donner de détails. Ce n’est donc pas le danger d’actions violentes qui inquiète le pouvoir mais la formation intellectuelle de la jeunesse de droite. Pour l’empêcher ils sont prêts à tous les mensonges, toutes les compromissions. Cette décision de Darmanin c’est la suite de l’interdiction de l’Instruction en famille, la lutte contre les écoles hors-contrat… Cette dissolution est une insupportable atteinte aux libertés, injustifiable, comme le fut celle de Génération Identitaire. Pendant ce temps-là, des groupes antifa violents et hors la loi sévissent en toute impunité.

Sur Facebook, Victor Aubert, président d’Académie Christiana, a réagi :

J’ai appris la nouvelle lundi dernier. La police, en gros effectif, a frappé à mon domicile et m’a remis la lettre du ministère de l’intérieur devant les yeux apeurés de mes enfants.

J’espère que vous êtes conscients que nous sommes témoins d’une dérive liberticide d’une immense gravité. A l’heure où l’on donne des coups de couteaux matin, midi et soir, le ministère de l’intérieur tente d’interdire aux simples citoyens que nous sommes d’arrêter de penser, de faire réfléchir, et d’inviter à s’engager au service du bien commun.

Actuellement nous travaillons déjà avec un avocat depuis plusieurs jours pour répondre à cette lettre avant que la procédure soit à proprement parler enclenchée et annoncée en conseil des ministres (surement mercredi).

Nous allons tout faire pour nous défendre juridiquement et médiatiquement, car nous n’échapperons pas à une campagne de diffamation et je me battrai pour défendre la vérité.

Je compte sur votre soutien.

Ne vous en faites pas pour moi, j’ai le moral, je suis ultra motivé pour combattre.

L’esprit d’Academia Christiana c’est d’avancer, de ne pas se plaindre et de bâtir.

A l’heure actuelle, toutes nos activités et communications sont maintenues.

Si le destin est contre nous, tant pis pour lui !

Priez bien la Sainte Vierge à laquelle nous avons consacré notre oeuvre cet été.

Surtout, restons bien soudés.

Diocèse de Toulon : les ordinations prévues en janvier

Communiqué du diocèse :

Au terme de la messe au cours de laquelle il a été accueilli comme évêque coadjuteur du diocèse de Fréjus-Toulon, Mgr François Touvet a annoncé, de la part du Cardinal Lazzaro You Heung Sik, Préfet du Dicastère pour le Clergé, que le décret du 28 avril 2022 ajournant les ordinations est désormais révoqué.

C’est une bonne nouvelle, non seulement pour les séminaristes et leurs formateurs, mais aussi pour toute l’Église de Fréjus-Toulon. À la suite de cette décision, ayant largement anticipé le travail de discernement en relation avec le recteur du Séminaire et son équipe, Mgr Touvet procèdera prochainement à l’appel de plusieurs candidats aux ordres sacrés du presbytérat et du diaconat.

Une première célébration d’ordinations aura lieu le dimanche 21 janvier 2024 à 15h30 à la Cathédrale de Toulon. D’autres ordinations suivront dans un calendrier encore à définir. C’est une deuxième bonne nouvelle que chacun pourra accueillir dans la joie et l’action de grâce.

Mgr Dominique Rey et Mgr François Touvet invitent tous les fidèles du diocèse à persévérer dans la prière, l’engagement missionnaire et le service du prochain, tout en préparant leurs cœurs à accueillir le Sauveur qui vient, Jésus-Christ, Fils de Dieu.

Les supporters lyonnais rendent hommage à la sainte Vierge

Ermonia a besoin de vous pour distribuer “Magnificat”, son prochain film !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’association Ermonia lance une campagne Credofunding afin que son prochain film Magnificat sorte dans le cinéma près de chez vous !

Avec plus de 1000 spectateurs conquis à travers la France par Remissio, et les nombreuses demandes de projections reçues, Ermonia a décidé de répondre aux attentes des spectateurs pour Magnificat avec l’objectif de toucher dix fois plus de personnes.

Vous avez jusqu’au 14 janvier pour participer à la campagne ! https://www.credofunding.fr/fr/ermonia

Les dons donnent droit à l’obtention d’un reçu fiscal.

🧩 Quelle que soit la taille de vos dons, ils sont tous d’égale importance et vous serez partie intégrante du succès de Magnificat !

Magnificat, un film sur la générosité en Dieu et pour Dieu.

“Le renoncement de deux jeunes gens qui s’aiment pour suivre la volonté de Dieu”.

Aidez-nous à financer la distribution de ce film et porter le roman le plus spirituel de René Bazin sur grand écran.

• Magnificat, un moyen métrage adapté du roman du même nom de René Bazin

Au cœur du Morbihan, à Muzillac, vit la famille Maguern. Tout jeune, Gildas Maguern a entendu l’appel de Dieu. Mais il n’a rien dit, ni à ses parents, ni à Anna, sa cousine de l’Ile-aux-Moines dont il est épris. Sa vocation de prêtre tarde à se montrer au grand jour, tout à la fois pour des raisons familiales et sentimentales, jusqu’au jour où l’appel aux armes le conduit sur le front où il fait la connaissance d’un prêtre qui discerne sa vocation.

• De la préparation à la distribution du film

– De janvier à août 2023 : préparation du film (recherche des financements, contact des partenaires, location des costumes, repérage des lieux)
– Du 6 au 12 août 2023 : 1 semaine de tournage en Bretagne : 3 lieux de tournage, 60 acteurs et figurants, une dizaine de partenaires.
– De septembre à décembre 2023 : montage du film
– De janvier à mars 2024 : composition de la musique
– De mars à juin 2024 : enregistrement des chants et de la musique
– A partir d’octobre 2024 : distribution du film

• Faire revivre la Bretagne du début du XXe siècle, dans la Grande Guerre

Ce film relate l’histoire d’une famille ancrée dans un territoire à une certaine époque. Il s’agit de mettre en vie la Bretagne du début du XXe siècle, dans la Grande Guerre.

Le film retrace donc les difficultés du temps à travers l’histoire émouvante du protagoniste, qui, pris dans un dilemme de type cornélien saura susciter l’attachement et l’émotion du spectateur.

Notre volonté est d’organiser une distribution à grande échelle sur une cinquantaine de villes pour une centaine de projections dans toute la France.

Paris, Versailles, Nantes, Angers, Bordeaux, Lyon etc.

• Ermonia, des jeunes passionnés par le cinéma, l’histoire, la musique et les arts

Ermonia, est une association de jeunes passionnés par le Cinéma, l’Histoire, la Musique et les arts en général. Née d’une rencontre fusionnelle entre ses talents, elle a pour ambition de faire rayonner le Beau à travers les richesses de la France : son Histoire, sa littérature, son patrimoine.

L’âme d’Ermonia a embrasé des jeunes assoiffés d’idéal, celui du Vrai et du Bien. Elle concilie ainsi la vérité d’un hommage filiale à la modernité technique du cinéma. Elle s’exprime aujourd’hui en redonnant vie au passé pour mieux appréhender le futur.

Après plusieurs courts-métrages, l’Association Ermonia s’apprête à sortir en octobre 2024, Magnificat, un moyen-métrage adapté de l’œuvre du même nom de René Bazin.

• Aidez Ermonia à financer la distribution du film !

Le besoin financier est de 10 000€; un premier palier est fixé à 5 000€.

Voici les différents postes de dépenses :

– Location de salles: 5000 euros.
– Marketing : 1000 euros.
– Communication : 1000 euros.
– Presse : 1000 euros.
– Publicité : 2000 euros.

Terres de Mission: A Saint-Pierre-de-Colombier, l’écologisme contre la croix

Eglise universelle : Jean Madiran (1920-2013) par Yves Chiron

Pour la première fois, un biographe aborde, dans son ensemble, la vie et l’œuvre de Jean Madiran. A la fois écrivain et journaliste de premier plan dans la défense de la foi catholique mais aussi personnalité à certains égards très romanesque. Yves Chiron a conduit, dans un beau geste de piété filiale, un travail qui fera date mettant en valeur un personnage d’une rare intégrité intellectuelle et morale.

Eglise en France : Clochemerle à Saint-Pierre-de-Colombier

Le 17 octobre, la vidéo présentant le placage d’un militant écologiste par une religieuse sur le site des travaux de l’église Notre- Dame des Neiges à Saint-Pierre-de-Colombier (Ardèche) faisait le buzz. Il s’agissait de sauver le réséda de Jacquin, paraît-il en péril malgré toutes les autorisation obtenues pour ces travaux. Supérieur de la Famille Missionnaire de Notre-Dame, le père Bernard-Marie fait le point sur ce dossier, aujourd’hui bloqué par la justice, où se conjuguent anticléricalisme, mauvaise foi et totalitarisme écologique.

Eglise en Marche : Vivent les santons !

Depuis la première crèche imaginée par Saint François d’Assise à Greccio en 1223, les santons sont devenus les compagnons indispensables de l’enfant Jésus à Noël. Juliette Levivier nous présente leur histoire et donc une partie de l’histoire du salut dans deux ouvrages d’actualité : “La crèche et les santons” et “Santons en chœur”.

Les chanoines réguliers de la Mère de Dieu ouvrent un prieuré à Pau

Le 11 octobre, Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne installait officiellement quatre chanoines dans le nouveau prieuré de la rue Montpensier à Pau. Plus de quarante prêtres du Béarn et plus de 400 fidèles avaient tenu à être présents pour accueillir la petite communauté.

Le Père Abbé de Lagrasse avait en effet érigé le nouveau prieuré le 15 septembre et envoyé les Pères Théophane, Michel, Martin et Côme à Pau.

Les « quatre mousquetaires » commencent donc leur nouvelle mission. Ils chantent déjà quotidiennement une partie des offices et la messe dans la belle église de la rue Montpensier. Ils reçoivent aussi les personnes qui viennent y chercher un sacrement ou un accompagnement spirituel. Ils vivent la vie commune, comme à Lagrasse, dans des conditions encore précaires.

En effet, la vaste maison de la rue Montpensier (4000m2 !) doit être entièrement mise en travaux dès janvier. Les frères déménageront alors vers un appartement provisoire.

Le domaine comprendra à terme :

  • Le prieuré des chanoines
  • Le centre diocésain de Pau
  • Un foyer d’étudiants
  • Une maison médicale pour les couples et les familles (Maison Familya)
  • Un restaurant

Les frères devront piloter et animer tout cet écosystème. Il leur revient également de compléter le budget qui n’est pas tout à fait bouclé.

Deuxième dimanche de l’Avent

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

L’Office de ce deuxième dimanche de l’Avent est rempli tout entier des sentiments d’espérance et de joie que donne à l’âme fidèle l’heureuse nouvelle de la prochaine arrivée de celui qui est son Sauveur et son Époux. L’Avènement intérieur, celui qui s’opère dans les âmes, est l’objet presque exclusif des prières de l’Église en ce jour : ouvrons donc nos cœurs, préparons nos lampes, et attendons dans l’allégresse ce cri qui se fera entendre au milieu de la nuit : Gloire à Dieu ! Paix aux hommes ! (Dom Guéranger)

Le temps de l’Avent, qui nous prépare à Noël, se place dans la perspective d’un triple avènement :

– avènement historique, la naissance du Fils de Dieu dans la crèche de Bethléem.
– avènement mystique en nos âmes, avec les grâces propres à la fête de Noël.
– avènement eschatologique, le retour du Seigneur à la fin des temps, non plus comme Sauveur mais comme juge

Les chants de la messe de ce deuxième dimanche sont plus particulièrement tournés vers ce troisième avènement : jour de colère pour les ennemis de Dieu, mais jour d’allégresse pour les élus qui recevront leur récompense. Aussi un autre caractère commun aux chants de cette messe est la joie. Tous les textes parlent d’allégresse, de bonheur, de beauté, ce qui nous rappelle que l’attente de l’Avent est joyeuse car elle est pleine d’espérance. Enfin la plupart de ces textes nous parlent de Jérusalem ou Sion, la montagne sainte, la maison du Seigneur, qui représente l’Église, le peuple de Dieu, mais aussi le ciel auquel nous aspirons, l’Église triomphante. Tout cela se trouve dans l’Introït, dont le texte regroupe plusieurs passages du prophète Isaïe…

► Introït : Populus Sion

Populus Sion, ecce Dominus veniet ad salvandas gentes : et auditas faciet Dominus gloriam vocis suæ, in lætitia cordis vestri.
Peuple de Sion, voici que le Seigneur va venir pour sauver les nations. Le Seigneur fera entendre sa voix glorieuse dans la joie de vos cœurs.

On reconnaît dans la première phrase l’annonce du premier avènement : Dieu qui vient pour sauver tous les peuples, puis dans la deuxième phrase celle du dernier avènement, avec la voix majestueuse du Seigneur dans sa gloire ; enfin la joie de nos cœurs c’est l’avènement mystique dans nos âmes à Noël.

La mélodie, joyeuse et enthousiaste dans son ensemble, est très affirmative dans la première phrase, puis elle culmine avec éclat dans la deuxième, évoquant la voix glorieuse, et elle se termine en une dernière montée très expressive traduisant l’allégresse des élus.
Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 79, un des grands psaumes de l’Avent que nous retrouverons dimanche prochain au Graduel et à l’Alléluia.

Qui regis Isræl, intende : qui deducis velut ovem Ioseph.
Tendez l’oreille Vous qui conduisez Israël et guidez Joseph comme une brebis.

► Graduel : Ex Sion

Le texte du Graduel du deuxième dimanche de l’Avent est tiré du psaume 49 qui est très peu utilisé dans la liturgie ; c’est peut-être même le seul emprunt, que lui font les chants de la messe. Il met en scène de façon grandiose Dieu lui-même venant juger la conduite de son peuple, récompensant les bons et punissant les méchants.

Ex Sion species decoris ejus : Deus manifeste veniet. Congregate illi sanctos ejus, qui ordinaverunt testamentum ejus super sacrificia.
De Sion apparaît l’éclat de sa beauté ; Dieu vient se manifester visiblement.
Rassemblez devant Lui ses fidèles, ceux qui ont conclu alliance avec Lui par des sacrifices
.

Dans ces deux versets nous voyons Dieu venant de Sion, le temple de Jérusalem où il est présent symboliquement, pour juger son peuple d’Israël, avec lequel il a fait alliance sur le Sinaï par le sang des victimes offertes en sacrifice. Dans la liturgie il s’agit évidemment du jugement dernier, quand Dieu viendra du ciel dans sa gloire pour juger tous les hommes rachetés par le sang du Christ.

Ce chant s’applique donc essentiellement au troisième avènement, mais dans la liturgie de l’Avent les trois perspectives sont intimement liées.
La mélodie est très ornée, comme celles de tous les Graduels, avec de grandes vocalises, surtout dans la deuxième partie ; elle est très expressive, pleine de noblesse et de majesté. On ne peut s’empêcher, en entendant toutes les notes répétées sur le mot congregate qui veut dire ” rassemblez “, de penser à la trompette du jugement dernier appelant tous les hommes au grand rassemblement.

Alléluia : Lætatus sum

Contrairement au psaume 49 que l’on trouve dans le Graduel, le psaume 121 dont est tiré le verset de l’Alléluia revient assez souvent dans la liturgie. C’est un de ceux que les hébreux chantaient en montant au temple de Jérusalem pour leur pèlerinage annuel.

Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi: in domum Domini ibimus.
Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur.

Le Temple de Jérusalem, la maison du Seigneur, nous l’avons dit, c’est la figure de l’Église mais c’est surtout ici la figure du ciel, et nous retrouvons encore une fois la perspective du troisième avènement qui doit nous remplir de joie si nous sommes fidèles.
La mélodie de cet Alléluia est originale, ce qui est assez rare en ce début d’année liturgique ; avant la Septuagésime (où l’Alléluia sera suspendu jusqu’à Pâques), la plupart des Alléluias ont des mélodies types, que l’on retrouve à plusieurs reprises dans le répertoire. Cette mélodie exprime la joie d’aller au ciel de manière ample et lyrique, avec de belles courbes pleines de souplesse.

► Offertoire : Deus tu convertens

Comme c’est souvent le cas, l’Offertoire du deuxième dimanche de l’Avent est un peu à part dans les chants de cette messe. On y trouve la joie mais ni Jérusalem ni la fin des temps. En revanche il se situe très bien dans l’ensemble des chants du temps de l’Avent, puisque son texte est tiré du psaume 84, qui était déjà utilisé à l’Alléluia et à la Communion du premier dimanche, et que nous retrouverons à l’Offertoire du troisième dimanche. La deuxième partie de l’Offertoire d’aujourd’hui reprend d’ailleurs exactement le texte de l’Alléluia de dimanche dernier.

Deus tu convertens vivificabis nos, et plebs tua lætabitur in te : ostende nobis, Domine, misericordiam tuam, et salutare tuum da nobis.
Ô Dieu Vous Vous tournerez vers nous pour nous donner la vie, et votre peuple se réjouira en Vous. Montrez-nous Seigneur votre Miséricorde et donnez-nous votre Salut.

Ici la prière de demande suppliant le Seigneur de nous envoyer le Sauveur est précédée d’un acte de confiance et d’espoir dans la joie à venir. Elle est donc pleine d’assurance puisqu’on commence par affirmer qu’on obtiendra ce qu’on a demandé. Cette assurance se traduit par une mélodie très ferme avec de nombreuses notes longues et tenues ; elle est pleine de mouvement, tout en restant dans l’ensemble recueillie et contemplative.

Communion : Jerusalem surge

Le texte du chant de Communion du deuxième dimanche de l’Avent est tiré du prophète Baruch, très peu utilisé dans la liturgie, comme le psaume 49 du Graduel. Baruch était un disciple de Jérémie qui, se trouvant en captivité à Babylone, envoya un message aux habitants de Jérusalem pour leur annoncer le prochain retour des captifs, les invitant à monter sur la montagne pour les voir venir de plus loin ; tel est le bonheur que Dieu leur envoie.

Jerusalem surge, et sta in excelso : et vide jucunditatem quæ veniet tibi a Deo tuo.
Jérusalem lève-toi, tiens-toi sur la hauteur et regarde le bonheur qui vient vers toi de ton Dieu.

Ici encore Jérusalem est la figure de l’Église, le peuple de Dieu qui doit s’élever au-dessus de ses passions et de tout ce qui l’attache à la terre, pour voir venir de loin le bonheur du salut que Dieu va lui envoyer à Noël. On notera pour la troisième fois dans cette messe, après l’Introït et le Graduel, le mot veniet qui est encore un de ces mots clef de l’Avent.
La mélodie commence par un bel élan sur le mot surge, puis se poursuit d’une manière assez solennelle pleine d’une joie contenue.

“La confrontation est proche, l’enchaînement fatal est devant nous et les hommes politiques font mine de l’ignorer”

Emission Face à Philippe de Villiers, du 8 décembre sur CNews :

Attentat d’Arras : 31% des élèves musulmans ne condamnent pas totalement l’attaque contre Dominique Bernard. La confrontation est proche, l’enchaînement fatal est devant nous et les hommes politiques font mine de l’ignorer.

L’immigration est le terreau de l’islam, l’islam est le terreau de l’islamisme, l’islamisme est le terreau du terrorisme. A ne pas voir cet enchaînement, à ne pas savoir le lire, on prend le risque de tout confondre et de ne rien résoudre.

L’Histoire est 3 choses : le nombre, le nombre et le nombre. Quand vous avez une immigration massive que vous ne contrôlez plus, vous êtes impuissants. C’est la situation de la France aujourd’hui : l’impuissance publique !

Les Belles figures de l’Histoire : saint Jean

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent le père Jean-François Thomas :

 

Le Texas est soumis à une attaque permanente des lobbies de la culture de mort

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

Une femme du Texas, Kate Cox, ou plutôt le Centre pour les droits reproductifs de New York, qui se sert d’elle et la « représente », a attaqué l’Etat du Texas pour pouvoir avorter, parce que le fœtus est atteint de trisomie 18 et qu’elle « risque sa vie ». Jeudi, un juge (une militante pro-avortement) lui a donné raison et lui a permis d’avorter. « Il s’agit de soins médicaux urgents. Kate est déjà enceinte de 20 semaines. C’est la raison pour laquelle les gens ne devraient pas supplier d’obtenir des soins médicaux devant un tribunal. »

Le procureur général, Ken Paxton, a aussitôt saisi la Cour suprême de l’Etat, lui demandant de suspendre cette décision. Rappelant que « la loi texane interdit les avortements volontaires », il soulignait que juge avait « abusé de son pouvoir », car « l’expert médical du Texas a estimé que Mme Cox ne remplissait pas les conditions nécessaires pour bénéficier de l’exception médicale ». Et cette décision judiciaire n’empêchera « ni les hôpitaux, ni aucune autre personne, d’être tenus pour responsables au civil et au pénal pour violation des lois texanes sur l’avortement ». Et d’ajouter : « Rien ne peut redonner à l’enfant à naître la vie qui sera ainsi perdue. »

Hier, la Cour suprême, sans surprise, a donné raison à Ken Paxton. La décision est « suspendue », en l’attente de l’examen de la question sur le fond.

LifeSiteNews publie les lettres de deux mères texanes confrontées à un problème similaire.

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L’antenne d’écoute nationale SOS FEMMES ENCEINTES recherche des écoutantes ou écoutants

L’antenne d’écoute nationale SOS FEMMES ENCEINTES, créée en 2009 par Choisir la Vie, recherche des écoutantes ou écoutants pour étoffer son équipe : leur vocation est d’aider les femmes enceintes en grande détresse.

Cette détresse à de multiples visages : solitudes, angoisses, problème conjugaux et surtout de plus en plus la pression pour avorter….

Grâce à l’écoute, au soutien dans la durée, la prière (par un groupe de priantes, de prêtres et de carmélites) et le courage des mamans qui ont repris confiance de nombreux bébés sont nés.

Cette permanence peut se conjuguer avec une vie de maman de petits et grands enfants, avec la possibilité de choisir le créneau horaire qui correspond le mieux à votre disponibilité. Elle a lieu tous les jours de la semaine de 9h à 20h ou plus pour celles qui le souhaitent. Chaque écoutante peut faire part de ses disponibilités (1/2 journée ou journée entière).

Si vous êtes intéressé, appelez ! Un premier contact téléphonique ou de visu aura alors lieu avec la responsable ou une des écoutantes. Une formation (personnelle ou a 2-3) sera ensuite organisée par Video ou à Paris. Vous serez informés de la date exacte.

Nous avons besoin de votre aide! MERCI!

Pour tout contact et information complémentaire: [email protected]

“La forme traditionnelle du rite romain est un témoignage clair et complet des vérités centrales de la foi catholique”

Conférence prononcée par Mgr Schneider le 27 octobre à Rome :

L’Église romaine est la mère et la maîtresse de toutes les autres Églises particulières en raison de la primauté de Saint Pierre et de ses successeurs, les Pontifes romains. Dès le début, l’Église romaine s’est engagée de manière inhérente à conserver et à transmettre dans toute sa vie, tant doctrinale que liturgique, sa fidélité à la tradition ou au principe divin de la tradition. Célèbre est devenue la phrase du pape Étienne Ier (qui régna de 254 à 257) : « Que rien ne soit innové qui n’ait pas été transmis » [ nihil innovetur nisi quod traditum est ](1). Eusèbe de Césarée écrivait dans son Histoire Ecclésiastique que le pape Étienne pensait qu’il ne fallait faire aucune innovation contraire à la tradition qui prévalait depuis le début (2).

Cet esprit éminemment et véritablement traditionnel de l’Église romaine se manifeste dès ses débuts dans la Lettre du pape saint Clément Ier aux Corinthiens. Parlant de la structure hiérarchique de l’Église, notamment des évêques et des diacres, saint Clément la caractérise comme n’étant pas nouvelle comme cela était déjà annoncé par le prophète Isaïe :

« Ce n’était point là une nouveauté : depuis de longs siècles déjà l’Écriture parlait des évêques et des diacres, puisqu’elle dit quelque part : « J’établirai leurs évêques dans la justice et leurs diacres dans la foi (Es 60, 17) » (3).

Le principe de la tradition est d’origine divine et contient comme parties intégrantes l’ordre et la hiérarchie. Dieu lui-même a commandé la manière dont Il veut être publiquement honoré dans le culte, ce qui doit être fait selon un ordre et une hiérarchie établis. Le pape Saint Clément Ier l’explique ainsi :

« Puisque ce sont là des choses évidentes pour nous, puisque nous avons pénétré du regard les profondeurs de la connaissance divine, nous devons faire avec [leur propre] ordre tout ce que le Maître nous a prescrit d’accomplir en des temps déterminés. Or, il nous a prescrit de nous acquitter des offrandes et du service divin, et non pas au hasard et sans ordre, mais en des temps et à des heures fixés. Il a déterminé lui-même par sa décision souveraine à quels endroits et par quels ministres ils doivent s’accomplir, afin que toute chose se fasse saintement selon son bon plaisir, et soit agréable à sa volonté. Donc, ceux qui présentent leurs offrandes aux temps marqués sont bien accueillis par Lui et Il les bénis ; car, à suivre les ordonnances du Maître, ils ne peuvent faillir. Des fonctions particulières ont été conférées au grand-prêtre ; aux prêtres, on a marqué des places spéciales ; aux lévites incombent des services propres ; les laïcs sont liés par des préceptes particuliers aux laïcs » (4).

Le culte public est intrinsèquement traditionnel. C’est-à-dire qu’il doit être accompli selon les normes déjà établies par l’autorité divine et transmises par les ancêtres. L’observance fidèle des normes du culte avait une telle importance que leur inobservation négligente ou l’introduction de nouveautés arbitraires étaient menacées par Dieu dans le Testament de Lod de la peine de mort, comme le disait le pape saint Clément :

« Frères, que chacun d’entre vous, à son rang, plaise à Dieu, par une bonne conscience, avec gravité, sans transgresser les règles imposées à son office (kanon tes leitouorgias). Ce n’est point partout, mes frères, qu’on offre les sacrifices (soit le sacrifice perpétuel, soit le votif, soit celui pour les péchés et les fautes) ; c’est seulement à Jérusalem. Même en cette ville, ce n’est pas en tout lieu qu’on offre, mais en face du sanctuaire, sur l’autel, après que l’offrande a été soigneusement inspectée par le grand-prêtre et les ministres mentionnés plus haut. Ceux qui agissent à l’encontre de l’ordre conforme à la volonté de Dieu sont punis de mort. Vous le voyez, frères, plus haute est la connaissance dont nous avons été jugés dignes, plus grave est le risque que nous encourons » (5).

Ce disant, le pape Saint Clément a voulu dire que si les chrétiens transgressent l’ordre ecclésiastique et liturgique qui leur a été transmis, ils peuvent s’attendre à un jugement plus strict que les juifs de l’Ancienne Alliance.

La vie liturgique de l’Église des premiers siècles était essentiellement caractérisée par la tradition, par la tradition non écrite des Apôtres et de leurs successeurs. L’Église des premiers siècles considérait sa liturgie comme une sorte de continuation de la liturgie divinement et méticuleusement ordonnée de l’Ancien Testament. L’Église ancienne partageait avec la liturgie de l’Ancien Testament les mêmes caractéristiques et attitudes rituelles essentielles, à savoir le grand sentiment de stupeur, de silence, de voilement du mystère des réalités divines à travers un voile réel, à travers une distance locale entre les gens ordinaires et le sanctuaire et le saint des saints, à travers un rite liturgique hiérarchiquement ordonné, à travers la mise en relief et la valorisation de la signification symbolique des gestes et des objets.

Il vaut la peine de citer un passage plus long de saint Basile, où il présente dans son livre sur le Saint-Esprit ce principe traditionnel de la vie liturgique et sacramentelle de l’Église :

« Parmi les doctrines et les proclamations conservées dans l’Église, les unes nous viennent de l’enseignement écrit ; quant aux autres, nous les avons recueillies, transmises dans le secret, de la tradition apostolique ; mais pour la piété, toutes ont la même force. Cela, nul ne peut le contester, pour peu qu’il ait l’expérience des institutions ecclésiastiques. Si l’on tentait en effet de repousser les coutumes non écrites, en prétendant qu’elles n’ont guère de force, sans le vouloir, on s’en prendrait à l’Evangile sur les points essentiels eux-mêmes ; plus grave encore : on ferait de la proclamation un mot vide de sens. Par exemple, pour rappeler ce qui se situe tout à fait au début et qui est d’un usage très courant : marquer du signe de la croix ceux qui espèrent en notre Seigneur Jésus Christ, qui nous l’a enseigné par écrit ? Se tourner vers l’Orient pendant la prière, quelle Écriture nous l’a appris ? Les paroles de l’épiclèse, au moment de la consécration du pain de l’Eucharistie et de la coupe de la Bénédiction, quel est le saint qui nous les a laissées par écrit ? Et pourtant, nous ne nous contentons pas des paroles rapportées par l’Apôtre et l’Évangile ; nous en ajoutons d’autres, avant et après, d’une grande importance pour le mystère et que nous avons reçues de l’enseignement non écrit. Nous bénissons aussi l’eau du baptême, l’huile de l’onction et en outre le baptisé lui-même. D’après quels textes écrits ? N’est-ce pas d’après la tradition gardée secrète et cachée ? Mais quoi ! l’onction d’huile elle-même quelle parole écrite l’a-t-elle enseignée ? La triple immersion (du baptême) d’où vient elle ? Et d’ailleurs tout ce qui entoure le baptême, la renonciation à Satan et à ses anges, de quelle Écriture cela vient-il ? N’est-ce pas de cet enseignement demeuré privé et dont on ne parle pas, que nos pères gardèrent dans un silence exempt d’inquiétude et d’indiscrète curiosité, car ils savaient bien qu’en se taisant, on sauvegarde le caractère sacré des mystères ? Ce qu’il n’est pas permis aux non-initiés de contempler, comment pourrait-il être raisonnable d’en divulguer par écrit l’enseignement ? Que voulait donc le grand Moïse, lorsqu’il établit que toutes les parties du Temple ne seraient pas accessibles à tous ? C’est hors des enceintes sacrées qu’il plaça les profanes ; quant aux premiers parvis, il en réserva l’accès aux plus purs et décida que seuls les Lévites seraient dignes de servir la divinité. Les sacrifices, les holocaustes et tout l’accomplissement du culte, il l’assigna aux prêtres et il n’admit dans le sanctuaire que l’un d’entre eux, choisi entre tous, et non pas tout le temps, car il fixa qu’il n’y entrerait qu’une seule fois par an et à l’heure prescrite, de manière à ce que ce prêtre, en raison du caractère exceptionnel, insolite, de cette visite, contemplât avec effroi le Saint des Saints. Dans sa sagesse, Moïse savait bien qu’on méprise aisément ce dont on a l’habitude et qui est immédiatement accessible, tandis qu’un objet rare, gardé à l’écart, provoque comme naturellement la recherche empressée. De la même manière, les apôtres et les pères – qui ont mis en ordre dès l’origine tout ce qui concerne les Eglises, ont eux aussi conservé aux mystères, dans le silence et le secret, leur caractère sacré. En effet, ce qui parvient aux oreilles du vulgaire n’a plus rien d’un mystère. Et la raison de la tradition des choses non écrites, la voici : empêcher que, négligemment traitée, la science des doctrines ne devienne, sous l’effet de l’habitude, un objet de mépris pour la foule. Car autre chose est une doctrine, autre chose une proclamation. Celle-là, on la tait, tandis que les proclamations se font en public. L’obscurité dont use l’écriture et qui rend difficile à saisir le sens des doctrines est aussi une forme de silence, au bénéfice des lecteurs. Voilà pourquoi, si nous regardons vers l’Orient quand nous prions, nous sommes bien peu à savoir que nous recherchons l’antique patrie, le paradis que Dieu planta en Eden, du côté de l’Orient (Gen 2, 8). C’est debout que nous faisons nos prières, au premier jour de la semaine ; mais la raison, nous ne la savons pas tous. Sans doute est-ce parce que nous qui sommes ressuscités avec le Christ (ou être debout de nouveau, en grec : ἀ νάστασις) et qui devons rechercher les choses d’en haut (Col 3, 1) , nous commémorons, le dimanche qui est le jour du Seigneur, la grâce qui nous fut donnée; mais c’est aussi parce que ce jour-là nous semble être comme l’image du siècle à venir. C’est pourquoi, les jours commençant par lui, il est appelé par Moïse, non pas le premier, mais l’unique : «Il y eut un soir et il y eut un matin et ce fut un jour», dit-il (Gen 1,5), comme si le même jour revenait périodiquement, à maintes reprises. Et certes, ce jour unique, qui est aussi le huitième, représente par lui-même ce jour réellement unique et vraiment huitième dont le psalmiste fait mention dans certains titres de psaumes, c’est-à-dire l’état qui s’instaurera à la suite de ce temps, le jour qui ne cessera pas, qui n’aura ni soir ni lendemain, ce siècle qui ne connaîtra ni fin ni vieillissement. C’est donc une nécessité pour l’Église d’éduquer ceux dont elle est la nourrice à faire debout leurs prières en ce jour-là, afin que le rappel continuel de la vie qui ne finira pas nous empêche de négliger les provisions dont nous aurons besoin pour ce voyage-là. Toute Pentecôte est, elle aussi, un rappel de la résurrection que nous attendons, dans l’éternité. Car ce jour unique et premier dont nous parlions, sept fois multiplié par sept, parachève le total des sept semaines de la sainte Pentecôte. Elle commence en effet par le premier jour et finit par le même, en se déroulant cinquante fois dans l’intervalle, en cinquante jours semblables. Aussi est-elle une imitation de l’éternité, puisque, comme un mouvement circulaire, elle commence et se termine aux mêmes points de repère. Durant cette période, les lois de l’Eglise nous ont appris à préférer la station debout pour la prière ; ainsi est évoquée de façon visible cette émigration de la partie haute de notre esprit, quittant le temps présent pour aller vers le futur. Et chaque fois que nous fléchissons les genoux et nous relevons, nous montrons en acte que le péché nous avait jetés à terre et que l’amour de notre Créateur pour les hommes nous a rappelés au ciel » (6).

Saint Basile a formulé cette vérité fondamentale, à savoir que la tradition des Apôtres se transmet aux autres à travers la forme des rites liturgiques, « in misterio/en mysterio ». L’Église antique considérait la liturgie comme un témoin éminent de la tradition sacrée. En réfutant la position révolutionnaire anti-traditionnelle des chrétiens gnostiques, saint Irénée de Lyon a déclaré que la doctrine catholique « est conforme à l’Eucharistie, et l’Eucharistie à son tour établit la doctrine » (7) de l’Église. La foi de l’Église se manifeste dans la liturgie de manière d’autant plus sûre et fiable que l’origine apostolique est claire, que les rites liturgiques sont répandus et leur position centrale (8) .

La grande valeur de la liturgie, d’abord pour la médiation de la grâce divine, puis aussi pour la connaissance de la foi, a fait qu’il soit un devoir du Magistère de l’Église de veiller à la pureté de la liturgie. Étant donné que de nombreux hérétiques ont modifié la liturgie avec des innovations pour l’adapter à leurs propres vues, l’Église s’est sentie poussée à protéger et à formuler plus soigneusement les vérités de la foi telles qu’elle les a trouvées dans les textes et les rites liturgiques (9). Saint Augustin, par exemple, vérifiait consciencieusement dans les prières liturgiques la pureté de la foi et a rendu cette surveillance liturgique obligatoire également pour les autres évêques. (10).

Saint Vincent de Lérins a formulé les assertions suivantes lorsqu’il racontait la dispute sur la répétition du baptême, question touchant aussi aux lois du culte divin :

« la [vraie]piété n’admet pas d’autre attitude que celle-ci : que toutes choses soient scellées pour les fils dans les termes même de la foi selon laquelle elles ont été transmises à leurs pères ; que nous ne menions pas la religion où il nous plaît, mais bien plutôt que nous la suivions où elle nous mène ; et que le propre de la mesure et de la gravité chrétiennes est, non point de léguer à la postérité ses propres idées, mais de conserver ce qui a été reçu des ancêtres (a maioribus accepta servare). » « On garda l’antiquité, on rejeta la nouveauté » (retenta antiquitas, expulsa novitas) (11).

Dom Prosper Guéranger disait :

« la Liturgie est la tradition même à son plus haut degré de puissance et de solennité » (12).

Le pape Pie XI a fait cette affirmation mémorable :

« pour pénétrer le peuple des vérités de la foi et l’élever ainsi aux joies de la vie intérieure, les solennités annuelles des fêtes liturgiques sont bien plus efficaces que tous les documents, même les plus graves, du magistère ecclésiastique. Ceux-ci n’atteignent, habituellement, que le petit nombre et les plus cultivés, celles-là touchent et instruisent tous les fidèles ; les uns, si l’on peut dire, ne parlent qu’une fois ; les autres le font chaque année et à perpétuité ; et, si les derniers s’adressent surtout à l’intelligence, les premières étendent leur influence salutaire au cœur et à l’intelligence, donc à l’homme tout entier. Composé d’un corps et d’une âme, l’homme a besoin des manifestations solennelles des jours de fête pour être saisi et impressionné ; la variété et la splendeur des cérémonies liturgiques l’imprègnent abondamment des enseignements divins ; il les transforme en sève et en sang, et les fait servir au progrès de sa vie spirituelle » (Encyclique Quas Primas, 17).

Le même Pape a déclaré pendant une audience privée à Dom Bernard Capelle, savant liturgiste bénédictin :

« La liturgie est le principal organe du magistère ordinaire de l’Église. La liturgie, ce n’est pas la didascalie de tel ou tel, mais la didascalie de l’Eglise » (13).

Interrogé par une commission du Vatican pour donner son avis sur la réforme liturgique, Dom Capelle écrivait en 1949 :

« Il me semble que dans la réforme d’une chose aussi sacrée, il vaut mille fois mieux rester en deçà que de risquer d’excéder […] Rien ne doit être changé sauf en cas de nécessité indispensable. Cette règle est des plus sages, car la Liturgie est véritablement un testament et un monument sacré – non pas tant écrit que vivant – de la Tradition, qu’il faut envisager comme un locus de théologie et une source très pure de piété et d’esprit chrétien. Par conséquent : 1. Ce qui sert [bien] à l’heure actuelle est suffisant à moins qu’il ne soit gravement déficient. 2. Seules les nouveautés qui sont nécessaires doivent être introduites, et d’une manière qui soit conforme à la Tradition. 3. Rien ne doit être changé à moins qu’il y ait un gain comparativement important à obtenir. 4. Les pratiques tombées en désuétude doivent être restaurées si leur réintroduction permet de rendre véritablement les rites plus purs et plus intelligibles à l’esprit des fidèles » (14 )

Le principe de tradition dans la liturgie manifeste et protège la foi catholique dans toute sa variété et sa plénitude. La tradition de l’Église, soigneusement entretenue et ayant grandi de manière organique, c’est-à-dire sans aucune rupture, dans la liturgie de l’Église, contribue à faire rayonner la beauté et la plénitude de la foi catholique. Le philosophe catholique Dietrich von Hildebrand, que le pape Pie XII a appelé « Un Docteur de l’Église du XXe siècle », nous a laissé ces observations pertinentes :

« Comme il est faux ainsi de considérer la beauté de l’Église et de la liturgie comme quelque chose qui pourrait nous distraire et nous éloigner du véritable thème des mystères liturgiques vers quelque chose de superficiel ! Ceux qui prétendent que l’Église n’est pas un musée et que l’homme vraiment pieux est indifférent à ces accidents ne font que montrer leur aveuglement quant au grand rôle joué par une expression qui soit adéquate (et belle). En fin de compte, c’est bien un aveuglement à l’égard de la nature humaine elle-même. Bien qu’ils se revendiquent « existentiels », ces personnes restent bien abstraits. Ils oublient que la beauté authentique contient un message spécifique de Dieu qui élève nos âmes. Comme le disait Platon : « À la vue de la beauté, des ailes poussent sur notre âme. » D’ailleurs, la beauté sacrée liée à la Liturgie ne prétend jamais être thématique, comme dans une œuvre d’art ; plutôt, en tant qu’expression, elle joue une fonction de service. Loin d’obscurcir ou de remplacer le thème religieux de la liturgie, elle l’aide à rayonner » (15).

Certains spécialistes de la liturgie du XXe siècle ont inventé arbitrairement une théorie à l’allure hautaine et discriminante, la théorie dite de la « décadence ou de la corruption», par laquelle ils ont fondamentalement porté un coup mortel au principe bimillénaire de la tradition dans la liturgie, en introduisant conceptuellement le principe hérétique de la rupture, par lequel ils essayaient de justifier la création de nouveaux rites liturgiques par des “savants”, ou pour ainsi dire, par des “décisions de fauteuil”. Un sage spécialiste de la liturgie remettait déjà en question cette nouvelle théorie en 1956 en posant cette question : « Pourquoi réduire au XXe siècle devrait-il être une « véritable renaissance liturgique », et une « décadence » il y a sept cents ans ? À moins que nous [ils] possédions le monopole de la vérité ? (16).

C’était avec perspicacité que Dom Prosper Guéranger caractérisait l’hérésie anti-liturgique comme étant une rupture avec la tradition liturgique de l’Église :

« Le premier caractère de l’hérésie antiliturgique est la haine de la Tradition dans les formules du culte divin. On ne saurait contester ce caractère spécial chez tous les hérétiques que nous avons nommés, depuis Vigilance jusqu’à Calvin, et la raison en est facile à expliquer. Tout sectaire voulant introduire une doctrine nouvelle, se trouve infailliblement en présence de la Liturgie, qui est la tradition à sa plus haute puissance, et il ne saurait avoir de repos qu’il n’ait fait taire cette voix, qu’il n’ait déchiré ces pages qui recèlent la foi des siècles passés » (17)

Louis Bouyer a écrit cette remarquable explication à propos du principe essentiel de la tradition dans la liturgie :

« La tradition ne peut être maintenue lorsqu’on introduit des innovations inédites ou des archaïsmes artificiels. Tout progrès sain, ainsi que toute véritable réforme, ne peuvent être effectués que par un processus organique. On ne peut ni ajouter de l’extérieur à la liturgie des éléments totalement étrangers, ni la faire régresser vers une vision idéalisée du passé. On peut, et parfois on doit, soit élaguer, soit enrichir la liturgie, mais il faut toujours rester en contact avec l’organisme vivant qui nous a été transmis par nos ancêtres, et toujours respecter les lois de sa structure et de sa croissance. Aucune innovation ne peut donc être acceptée dans le seul but de créer quelque chose de nouveau, et aucune restauration ne peut être le produit d’un désir d’évasion romantique vers un passé mort. Dans ce cas, il faut que la continuité, l’homogénéité de la tradition soit retenue par l’autorité comme condition sine qua non de la perpétuation de la vie d’une réalité qui n’est pas seulement immensément sacrée mais la vie même du corps mystique » (18).

Johannes Wagner, liturgiste allemand et membre de la Commission liturgique du Concile Vatican II, a fait cette affirmation mémorable :

« L’histoire a prouvé mille fois qu’il n’y a rien de plus dangereux pour une religion, rien n’est plus susceptible de créer le mécontentement, l’incertitude, la division et l’apostasie que l’interférence avec la liturgie et par conséquent avec la sensibilité religieuse » (19).

Le premier dans l’Église qui est tenu à préserver et à défendre le principe de la tradition dans la liturgie, c’est-à-dire sa qualité d’être constante et strictement organique, est le Pape. Louis Bouyer réfutait l’étrange prétention selon laquelle

« l’autorité suprême de l’Église n’est liée par quoi que ce soit et pourrait librement nous donner une liturgie entièrement nouvelle, répondant aux besoins de nos jours, sans aucunement plus se soucier du passé, et que, même ainsi, il ne saurait être question que l’Église soit en train de fabriquer une nouvelle liturgie » (20).

Le cardinal Joseph Ratzinger à son tour, affirmait ceci :

« Après le Concile Vatican II, l’impression est émergée que le pape pouvait vraiment tout faire en matière de liturgique, spécialement s’il agissait sous mandat d’un concile œcuménique. À un moment donné, l’idée du caractère donné de la liturgie, le fait qu’on ne peut pas en faire ce qu’on veut, a disparu de la prise de conscience publique de l’Occident. En revanche, le Concile Vatican I n’avait en aucune façon défini le pape comme un monarque absolu. Au contraire, il l’avait présenté comme le garant de l’obéissance à la Parole révélée. L’autorité du pape est liée par la Tradition de la foi, et cela s’applique aussi à la liturgie. Elle n’est pas « manufacturée » par les autorités. Même le pape ne peut être qu’un humble serviteur de son développement légitime et de son intégrité et identité obligeantes . . . L’autorité du pape n’est pas illimitée ; elle est au service de la Tradition Sacrée. . . La grandeur de la liturgie dépend – nous aurons à le répéter fréquemment – de sa non-spontanéité (Unbeliebigkeit) » (21).

Le Concile œcuménique de Constance (1414 – 1418) a décrit le Pape comme la première personne dans l’Église tenue à garder scrupuleusement non seulement l’intégrité de la foi, mais aussi la tradition de la liturgie, en stipulant cette norme :

« Puisque le pontife romain exerce un si grand pouvoir parmi les mortels, il est bon qu’il soit d’autant plus lié par les liens irréfutables de la foi et par les rites qui doivent être observés en ce qui concerne les sacrements de l’Eglise. C’est pourquoi nous décrétons et ordonnons, afin que la plénitude de la foi puisse briller dans un futur pontife romain avec une singulière splendeur dès les premiers instants où il sera devenu pape, que désormais quiconque sera élu pontife romain fasse en public la confession et profession suivante » (22).

Lors de cette même session, le Concile de Constance décréta que tout pape nouvellement élu devrait faire un serment de foi, proposant la formule suivante, dont nous citons les passages les plus essentiels :

« Moi N. élu pape je professe et promets de cœur et de bouche au Dieu tout-puissant, dont j’entreprends de gouverner l’Eglise avec son secours, et en présence du bienheureux Pierre Prince des apôtres, que tant qu’il plaira au Seigneur de me conserver cette vie fragile, je croirai et tiendrai fermement la foi catholique selon la tradition des apôtres, des conciles généraux et des saints Pères. Je conserverai cette foi tout entière inchangée jusqu’au dernier trait de lettre, et je la confirmerai, la défendrai et la prêcherai jusqu’à donner ma vie et répandre mon sang pour elle, et de même je suivrai et observerai de toutes les manières le rite transmis par les sacrements ecclésiastiques de l’église catholique. »

La forme traditionnelle du rite romain est un témoignage clair et complet des vérités centrales de la foi catholique. Dans le rite traditionnel, aucun élément central du Depositum fidei n’est caché, affaibli ou formulé de manière ambivalente (23). Préserver le précieux trésor de la liturgie traditionnelle fait partie de la préservation du Depositum fidei. L’apôtre Paul avertissait ainsi son disciple : « Ô Timothée, garde le dépôt de la foi qui t’a été confié ! ” (1 Tim 6, 20). Dans une topicalité intemporelle, saint Vincent de Lérins interpréta également cette instruction de l’apôtre dans une dimension liturgique, en disant :

« Qui est aujourd’hui Timothée, sinon soit l’Église universelle, en général, soit spécialement le corps tout entier des chefs de l’Église qui doivent posséder eux-mêmes et verser aux autres la science complète du culte divin ? » (24).

La messe traditionnelle est l’expression formée au fil des millénaires et le garant avéré de cette connaissance intacte du culte de Dieu (25). En effet,

« la Liturgie est la tradition même à son plus haut degré de puissance et de solennité » (26).

Mgr Athanasius Schneider
Éévêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana

1 – S. Cyprien, Ep. 74

2 – Eusebe de Cesarée , Histoire écclesiastique , VII, 3,1

3 – Saint Clément , 1 Epitre. 42, 5

4 – 1 Clem 40,1-5

5 – 1 Clem 41,1-4

6 – Saint Basile de Cesarée – De Spiritu Sancto, 66

7 – Saint Irénée, Contre les heresies 4, 18,5)

8 – cf. Michael Fiedrowicz, Theologie der Kirchenväter. Grundlagen frühchristlicher Glaubensreflexion, Fribourg, 2010, p. 250).

9 – cf. ibid., p. 251

10 – Saint-Augustin, Ep. 54, 6

11- Saint Vincent de Lerins , Commonitorium, 7, 6 et suiv.

12 – Dom Prosper Gueranger, Institutions liturgiques, I, Paris, 1878, p. 3

13 – Résumé textuel de l´audience accordée le 12 décembre 1935 à Dom B. Capelle, Questions liturgiques et paroissiales 21 (1936) p.134

14 – Congr. Sacr. Rituum – Sectio Historica – Memoria sulla reforma liturgica: Supplemento II – Annotazioni alla «Memoria», n° 76, Vatican, 1950, pp. 6 et 9, cité in Alcuin Reid, The Organic Development of the Liturgy. The Principles of Liturgical Reform and their Relation to the Twentieth Century Liturgical Movement Prior to the Second Vatican Council, Farnborough, 2004, pp. 149 et suivs., et San Francisco, 2005, pp. 161 suivs.).

15 – Le Cheval de Troie dans la cité de Dieu, Chicago 1967, p. 198

16 – Stephen J.P. van Dijk, O.F.M., Liturgical Movement Past and Present, The Clergy Review, 41, p. 528

17 – op. cit., p. 397, et Institutions liturgiques 1840-1851. Extraits établis par Jean Vaquié, Vouillé, 1977, p. 107

18 – Louis Bouyer, Liturgy Revived: A Doctrinal Commentary of the Conciliar Constitution on the Liturgy, Londres, 1965, p. 55

19 – Johannes Wagner, Reformation aus Rom, Munich, 1967, p. 42

20 – Louis Bouyer, The Word of God Lives in the Liturgy, in A. Martimort et all., The Liturgy and the Word of God, Collegeville, 1959, p. 65

21 – Joseph Ratzingzer,The Spirit of the Liturgy ( L’esprit de la liturgie), San Francisco, 2000, pp. 165-166

22 – Trente-neuvième session du 9 octobre 1417, ratifiée par le pape Martin V

23 – cf. Michael Fiedrowicz, op. cit., p. 289

24 – Saint Vincent de Lerins, Commonitorium 22, 2

25 – cf. Michael Fiedrowicz, op. cit., pp. 292-293

26 – Dom Prosper Guéranger, Institutions liturgiques, I, Paris, 1878, p. 3

Le dévoiement du culte, cause essentielle de la crise de l’Eglise

Cyril Farret d’Astiès vient de faire paraitre aux Presses de la Délivrance une réédition revue et largement augmentée de son essai sur la liturgie, intitulé La Joie de Dieu. Entretien :

Pourquoi cette nouvelle édition sous un nouveau titre ?

La première édition était parue à l’occasion des cinquante ans du nouveau missel. Elle s’intitulait conjoncturellement « Un heureux anniversaire ? » et a connu deux éditions consécutives. En 2021 était promulgué Traditionis custodes, le motu proprio du pape François destiné à éradiquer non seulement la législation de ses prédécesseurs mais la liturgie traditionnelle elle-même.

La question liturgique qui était devenue presque un sujet de niche dans les années 2010 (plusieurs éditeurs avaient refusé mon manuscrit en raison de l’absence de lecteurs) est redevenu, grâce à la méchanceté du pape François pour paraphraser Jean-Pierre Maugendre, un sujet d’intérêt et d’étude. Plusieurs ouvrages depuis 2021 ont connu une certaine notoriété.

Je me suis donc attelé à reprendre mon travail pour l’approfondir (le nombre de pages a pratiquement doublé) et l’actualiser. Mais je voulais également insister sur un fait positif : notre position fondamentale n’est pas contre la liturgie de Paul VI, notre démarche est orientée vers la diffusion de la liturgie traditionnelle qui est le bien commun de tous les catholiques latins (« Todos, todos, todos ! »). D’où le choix de ce titre de « Joie de Dieu » qui est davantage tourné vers notre Créateur  que contre la réforme liturgique, perfectible à bien des égards.

Comment est structuré votre essai ?

Il est constitué de neuf chapitres qui conduisent par étape le lecteur du constat effroyable de la crise que nous subissons, jusqu’à la description d’une partie des trésors que renferme la liturgie traditionnelle. Dans l’intervalle je propose au lecteur une chronologie détaillée des événements et des textes principaux qui conduisent logiquement du Concile de Vatican II jusqu’àTraditionis custodes. J’aborde également une description factuelle des principales caractéristiques de la réforme de Paul VI, son esprit naturellement, mais surtout sa lettre.

Avec le synode sur la synodalité et bien d’autres aspects du présent pontificat, le problème essentiel n’est-il pas ailleurs aujourd’hui ? La question liturgique est-elle si importante ?

La crise, assurément, touche aujourd’hui tous les aspects de la vie de l’Église. Tout s’effondre, partout : vocations, pratique, catéchisme, morale, art… Et en s’effondrant, le catholicisme emporte avec lui la civilisation. Je ne crois pas cependant que l’effondrement soit imputable au seul pape François. Des historiens et des sociologues de renom et d’origines biens variées voient dans le concile, son contexte, ses décisions et son application l’origine de cette bascule.

La cause première, essentielle, fondamentale de l’effondrement en est le dévoiement du culte. Dieu n’est plus au centre. La préoccupation pastorale, qui est essentiellement communautaire, a conduit les réformateurs à détourner à son profit la prière publique de louange que l’Église offre à Dieu. La célébration face au peuple, qui n’est qu’un aspect de la réforme, en est une manifestation éclatante. La liturgie, évidemment, n’est pas l’unique combat à mener, il est en revanche le plus important car il concerne Dieu Lui-même et le rapport que nous entretenons avec Lui. Tout le reste en découle.

« Nos liturgies sont souvent trop banales et trop bruyantes, trop africaines et moins chrétiennes »

Le cardinal Robert Sarah participait lundi 4 décembre à Dakar à un colloque sur la liturgie. Il a consacré son homélie à ce sujet. Extraits :

« Nous assistons aujourd’hui, surtout en Occident, à un démantèlement des valeurs de la foi et de la piété… et à une destruction des formes de la messe ». « Nous travaillons à saupoudrer la liturgie d’éléments africains, asiatiques, dénaturant ainsi le mystère pascal que nous célébrons, nous mettons tellement l’accent sur ces éléments culturels que nos célébrations durent quelquefois six heures ». « Nos liturgies sont souvent trop banales et trop bruyantes, trop africaines et moins chrétiennes ».

« Si nous regardons la liturgie comme une question pratique d’efficacité pastorale (…), nous risquons de faire de la liturgie une œuvre humaine, un ensemble de cérémonies plus ou moins réussies ». « Puissions-nous suivre cette grande et éclatante étoile qu’a été Joseph Ratzinger, le pape Benoît XVI, le seul savant face à une armée de pseudo-liturgistes ».

« Regardez comment on célèbre la messe aujourd’hui. Nous ne faisons bien souvent que bavarder entre nous. Le prêtre parle, parle, sans laisser de silence. En Afrique nous avons beaucoup de danses, d’applaudissements, mais peut-on danser devant un mort ? »

La proposition de résolution visant à rendre effectifs les soins palliatifs adoptée à l’unanimité

Nous avions évoqué cette résolution ici. Elle a été adoptée à l’unanimité des 90 députés présents.

Un numéro de L’Incorrect pour lutter contre la désinformation sur les Manifs Pour Tous. Entretien avec Ludovine de La Rochère

A l’occasion de la parution d’un numéro Hors Série de L’Incorrect consacré aux Manifs Pour Tous, dans lequel vous pourrez notamment retrouver un entretien avec votre serviteur, nous avons interrogé la figure incontournable de La Manif Pour Tous devenue le Syndicat de la famille, à savoir Ludovine de La Rochère :

Depuis 10 ans la presse glose sur La Manif Pour Tous, certains vont même jusqu’à fantasmer… Le Hors-série de l’Incorrect est-il correct ? Restranscrit-il bien ces 10 années ?

Oui, en l’occurrence, L’Incorrect est tout à fait correct ! Et nous sommes très reconnaissants du travail exceptionnel qui a été fait par ses journalistes. C’est en effet la première fois que la vérité des faits, des positions et des arguments est écrite et publiée. L’Incorrect a en outre travaillé sur le fonds en écrivant en vérité sur les implications de la loi Taubira, rejoignant logiquement ce que nous dénonçons depuis 2012. Les personnes mobilisées, cadres et volontaires, manifestants et soutiens, peuvent être très reconnaissants à L’Incorrect !

Le fait d’avoir un vrai récit de ce pan de l’Histoire de France de ce début de XXIe siècle est en effet vraiment important, par souci de la vérité, mais aussi pour l’avenir.

De fait, la désinformation a été l’arme utilisée à bloc par les militants LGBT, aussi bien associatifs que politiques et médiatiques. Cette désinformation n’a jamais cessé parce qu’il leur fallait justifier leur revendication en nous accusant de mille maux… et mots : « Fachos, extrémistes, homophobes, haineux, radicalisés… ». Toutes ces insanités ne visaient qu’à détourner du fonds, sur lequel ils n’avaient en fait aucun argument face aux nôtres et ce, pour obtenir coûte que coûte le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe. Une fois cela fait, il fallait ensuite légitimer cette loi et l’inscrire comme une évidence dans les esprits.

Tout ce processus de mensonges répétés – que l’on retrouve sur d’autres sujets d’ailleurs – finit inéluctablement, à la longue, par créer des réflexes inconscients dans une partie de l’opinion publique : pour résumer, « être opposé à la loi Taubira, c’est être dans le camp du mal ». Il faut donc une vraie distance vis-à-vis de ces mantras répétés, une bonne capacité de décryptage et un sens profond de la liberté pour réaliser que ce ne sont que des mensonges et assumer de ne pas se laisser entraîner.

Cependant, à force de mensonges plus gros les uns que les autres, politiques et médias en viennent à perdre toute crédibilité. La liberté vis-à-vis d’eux progressent !

Quant à la publication par un média honnête et courageux du vrai récit de ce combat et de ses motifs, elle est fondamentale pour l’avenir aussi : d’abord parce qu’on ne peut laisser transmettre aux générations qui viennent une histoire faussée, ensuite parce que cela sera plus facile pour eux de continuer à contester l’idéologie du genre et tous ses avatars pour les faire tomber – loi Taubira, PMA sans père, GPA, « identité de genre », transitions sexuelles, etc.

Le terme de « contre-révolution » est historiquement marqué. Estimez vous qu’il qualifie le mouvement qui s’est levé en 2013 ?

Il faut se rappeler que Vincent Peillon, l’un des nos opposants les plus virulents, déclarait à l’automne 2012 qu’il fallait reprendre et poursuivre la Révolution française car elle n’aurait pas accompli son œuvre jusqu’au bout.

J’ajoute que nous sommes clairement confrontés aux héritiers du Robespierrisme, que Jean-Luc Mélenchon vénère sans gêne ni restriction. Et justement, JLM est au cœur même de la gauche la plus égalitariste, progressiste et même woke. Or l’idéologie du genre, que nous combattons depuis plus de 10 ans maintenant, est l’un des aspects les plus importants du wokisme.

En 2016, j’ai publié un livre que j’avais intitulé « Familles, je vous aime », notamment pour prendre le contre-pied du fameux « Familles, je vous hais » d’André Gide, qui fut largement repris en Mai 68… des événements eux aussi héritiers de la Révolution. Je note d’ailleurs que le sociologue Gaël Brustier avait intitulé son livre sur La Manif Pour Tous (paru en 2014) : « Le Mai 68 conservateur ».

De fait, j’adhère volontiers à cette vision d’un anti Mai 68. Non seulement parce que nos objectifs sont en effet à l’inverse de ceux de 68, mais aussi parce que, comme 68, je pense que les mobilisations de La Manif Pour Tous ont des fruits très importants, même s’ils ne paraissent pas forcément visibles dans l’instant. Ces fruits sont inverses, évidemment, à ceux de Mai 68.

Pour être plus explicite, l’esprit libertaire et progressiste de Mai 68 a diffusé dans toute la société française, et a largement conduit à la situation actuelle de crise de la famille et de l’éducation, de déliquescence de la société et des institutions, mais cela ne s’est pas fait en un mois : cela s’est fait sur de longues années, par la culture, les médias, le droit, etc. Or, je pense – j’espère vraiment – que l’inverse est en train de se produire. Cela signifie que c’est en partie souterrain pour le moment, mais comme le Hors-série le raconte, des signes en sont d’ores et déjà visibles.

Pour revenir à votre question, le plus beau qualificatif sur La Manif Pour Tous restera pour moi celui du Cardinal Robert Sarah : « La Manif Pour Tous est l’expression du génie du christianisme » !

Lors des Manifs pour tous, Le Salon beige s’est évertué, souvent en direct, à retranscrire ce qui se passait dans la rue, et à pointer les intox de la grosse presse. Pensez-vous que ce combat médiatique est gagné ?

Le Salon beige a été en effet un acteur majeur du combat contre la loi Taubira, ses origines et ses suites, et il le reste aujourd’hui bien sûr. Il a largement contribué à motiver et à mobiliser en informant en temps réel de ce qui se passait, y compris sur les évènements et des actions incroyablement diverses. Je pense aux débats parlementaires, aux rendez-vous politiques, à la pétition CESE, mais aussi aux Veilleurs, aux « courses pour tous », aux « campings pour tous », etc. Je pense encore aux dénonciations des fakenews qui se sont succédé à un rythme effréné ou aux contrôles d’identité et interpellations arbitraires et illégitimes du printemps 2013 et de 2014.

Bien sûr, je pense également aux manifestations de 2014, 2016, 2019, 2020, ainsi qu’au Grenelle de la Famille, aux Universités d’été, aux meetings Questions pour un Président de région, aux documentaires et publications que nous avons produites, aux mobilisations face au salon Désir d’enfants, à nos interventions à la tribune de l’ONU, etc.

En 2012-2013, il est clair que le Salon beige a amplement contribué à rendre la position de Hollande et du Gouvernement beaucoup plus difficile à tenir. « Le Monde » a d’ailleurs estimé, à la fin du quinquennat de François Hollande, que l’ampleur de notre opposition et la longue paralysie du Gouvernement qui a résulté avait largement contribué à lui rendre impossible une nouvelle candidature à la présidentielle.

Sur le plan médiatique, le Salon beige a bouleversé la donne car, pour la première fois, un média était suivi massivement par des personnes agissant au jour le jour dans l’espace public pour faire valoir leurs positions et se faire entendre : ce n’était pas un média mainstream qui était leur aiguillon.

Cela a montré les capacités bien réelles et concrètes des médias alternatifs et celui des réseaux sociaux. Depuis, ces capacités n’ont cessé de se développer. C’est parfois pour le meilleur, comme dans ce cas, mais attention, pas toujours.

Mais les portes de la liberté sont davantage ouvertes maintenant : continuons de le mettre toujours plus à profit pour défendre le bien commun et changer la donne !

Au fond, selon-vous, avec vos retours du terrain, qu’est-ce que les Français retiennent de ces grandes manifestations ? Une vision positive, bon enfant ? Un déferlement de haine ? Une démonstration impressionnante ? Un non-évènement ?…

Il me semble que c’est assez clivé : certains se sont laissés influencer et pensent maintenant que manifester serait violent. Ils se situent, inconsciemment, dans la droite ligne de Valls qui, en 2014, appelaient les familles à ne pas rejoindre les mobilisations de La Manif Pour Tous parce que cela aurait été prétendument dangereux. Certains ont fini par croire à ce type de mantra indéfiniment répété. J’entends d’ailleurs aussi dire que La Manif Pour Tous serait clivante. En réalité, c’est la loi Taubira et l’idéologie du genre qui sont clivantes ! La désinformation a en partie réussi à nous faire porter le chapeau. Et donc, là encore, le Hors-série de L’Incorrect est une très bonne nouvelle.

D’autres sont tout à fait conscients que la violence n’est jamais venue de La Manif Pour Tous et qu’elle ne l’a jamais caractérisée, dans ses actions comme dans ses positions et déclarations. Une majorité de ceux-là sont très reconnaissants du respect voulu des personnes et du bien public. Pour eux, défendre le bien commun impliquait d’être cohérent et donc d’être nous-mêmes respectueux du bien commun.

Cependant, quelques-uns me disent parfois que nous aurions dû aller jusqu’à la violence. C’est omettre que le public mobilisé contre la loi Taubira, la PMA sans père, la GPA… n’est pas violent. L’aurions-nous souhaité et demandé que presque personne n’aurait suivi : il ne faut pas être naïfs là-dessus. D’autre part, ce qui n’est pas su non plus, c’est que lorsqu’un mouvement de foule avait été tenté, par des militants, de l’avenue de la Grande Armée vers les Champs Elysées, plusieurs personnes s’étaient retrouvées très rapidement à terre. Il n’était pas envisageable pour moi de laisser des personnes venues en toute confiance se faire piétiner ! Il y avait des femmes enceintes, des enfants, des personnes âgées… J’ai demandé à tous les volontaires de tenir leur poste, et je l’assume.

On peut décider soi-même de mourir pour la cause qu’on défend, mais on ne peut pas l’imposer à d’autres de son propre chef et dans leur dos !

La Manif Pour Tous, et maintenant Le Syndicat de la Famille, ce sont ainsi des milliers de faits, d’actions, de décisions, d’anecdotes, d’histoires dans l’Histoire… Il faut lire le Hors-série et aussi, l’offrir à tout son entourage. Voilà un cadeau de Noël intelligent… et pour seulement 15,80 € !

Retrouvez en vidéo ce beau projet des Dominicaines enseignantes de Fanjeaux

Niché au cœur du grand parc de Versailles et de Fontenay, le « pays des Fontaines », le domaine de Ternay est un havre de paix disposant d’un parc verdoyant au style français et anglais qui fut pavillon de chasse de Louis XV, domaine royal en 1770 puis maison du célèbre dramaturge Sacha Guitry. Sensibles à cet héritage et fidèles à leurs missions de préservation du patrimoine et de transmission de l’Évangile, les Dominicaines de Fanjeaux rachètent ce lieu chargé d’Histoire en 2015 pour en faire une nouvelle école pour jeunes :

La restauration du transept de l’abbaye de Lagrasse

Lancée au début de l’été, la restauration du bras sud du transept roman avance à grand pas. La première phase de travaux a été impressionnante. Après la préparation de la zone, avec notamment l’installation d’une grue, une dalle de béton a été coulée sur le sol de la ruine. Les ouvriers y ont élevé des échafaudages sur toute la surface. Ils ont pu ainsi déposer le mur de séparation du 19ème siècle, et réunir le transept avec le bas-côté de l’église. Ils commencent maintenant à assainir et reprendre la maçonnerie.

Laissons le Père Hilaire, responsable des travaux, et Patrick Bizeul, le chef d’équipe des maçons, nous faire le point de la situation :

Dans les prochains mois, les maçons continueront à élever les murs. Ils rétabliront aussi les arcs en travers du transept, en s’aidant de cintres sur lesquels poser les pierres. Alors, ils pourront enfin recouvrir le bâtiment, à ciel ouvert depuis des siècles.

Rappel: salons du livre

Plusieurs de nos amis organisent ce week-end des salons du livre:

Notre-Dame de Paris retrouve sa croix sur sa flèche

Si la cathédrale est reconstruite à l’identique, le chef de l’État, visitant le chantier ce matin, a annoncé qu’un concours allait être lancé pour la réalisation de « six vitraux contemporains » afin de « marquer du XXIe siècle » la restauration de la cathédrale.

Dans une lettre envoyée cette semaine, Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, lui avait confirmé son « souhait » de voir l’État commander « une série de six vitraux pour les chapelles latérales sud de la nef ». Ce concours permettrait

« aux artistes contemporains de soumettre, sur la base d’une commande qui va être passée, une œuvre figurative ».

D’autre part, « un musée de l’œuvre de Notre-Dame de Paris » va voir le jour dans les locaux de l’Hôtel-Dieu, sur l’île de la Cité. On y trouvera notamment « le coq qui est tombé le 15 avril ainsi que les vitraux remplacés qui datent de Viollet-le-Duc », a indiqué Emmanuel Macron.

Interrogé sur la possible présence du pape François, lors de la réouverture de la cathédrale le 8 décembre 2024, Emmanuel Macron a répondu :

« Je l’espère. L’invitation est permanente, il est toujours le bienvenu dans notre pays. »

Les valeurs chrétiennes criminalisées en Europe

Thibault van den Bossche, chargé de plaidoyer au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), écrit dans Valeurs Actuelles :

“Pas de place pour la haine en Europe : une Europe unie contre la haine”. La Commission européenne et le haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité ont lancé, le 6 décembre 2023, un appel «à tous les Européens pour agir contre la haine et prôner la tolérance et le respect ». « L’Europe fait face à une augmentation alarmante des discours et crimes de haine, et il apparaît clairement que les communautés juives et musulmanes sont particulièrement touchées. » Et les chrétiens ? Ils repasseront.

Pourtant, en Europe, le nombre de crimes de haine antichrétiens augmente d’année en année, selon l’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination envers les chrétiens en Europe (Oidac Europe). Cette ONG, qui les identifie et les reporte à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), en comptabilise 748 en 2022, contre 519 en 2021, soit une hausse de 44 %. Elle rapporte que l’OSCE en recense 792 sur 34 pays européens en 2022, « faisant des chrétiens le groupe religieux le plus ciblé après les juifs ».

L’Oidac prend en considération les crimes allant des incendies criminels, graffitis, profanations, vols, aux agressions physiques, insultes et menaces et observe que « l’augmentation des cas de vandalisme conduit souvent à une augmentation des cas d’agressions physiques ». L’ONG déplore aussi une augmentation des attaques autour des fêtes chrétiennes telles que Pâques et Noël.

Selon l’Observatoire, la majorité des crimes antichrétiens commis en 2022 relève du vandalisme par des auteurs non identifiés aux motivations non claires (70 %). Toutefois, ceux commis par des groupes organisés deviennent plus visibles, en particulier les crimes en provenance « de groupes politiques d’extrême gauche, tels qu’Antifa, des féministes radicales ou des groupes LGBTIQ », mais aussi « d’extrême droite, des groupes satanistes et des groupes islamistes radicaux ». L’Allemagne subit le plus de crimes antichrétiens (231), suivie de l’Italie (146) et de la France (106).

Des faits antichrétiens sans christianophobie selon les statistiques françaises

En France, les faits antichrétiens ont augmenté de 2021 à 2022 (923 faits, +8 %), selon les données du Service central du renseignement territorial (SCRT), reprises par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans son rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

Les faits antichrétiens en France constituent donc 60 % des faits antireligieux, mais la CNCDH nuance : « Très peu de faits antichrétiens sont véritablement attentatoires à la religion. Il s’agit essentiellement de petite délinquance, tels des larcins dans les édifices religieux, voire de comportements de déséquilibrés, notamment dans les cimetières. » Circulez, il n’y a rien à voir.

Le nombre d’actes antireligieux en général, et antichrétiens en particulier, est largement sous-estimé. La CNCDH reprend l’expression de “chiffre noir”, ou “criminalité cachée”, pour évoquer l’ensemble des actes délictueux qui échappent totalement au radar de la justice, n’étant pas déclarés. L’OIDAC note également que « la sensibilité du sujet et le peu de ressources et d’organisations investies dans le signalement des crimes de haine antichrétiens nous amènent à penser que ce problème reste sous-déclaré ».

Les valeurs chrétiennes criminalisées en Europe

Par ailleurs, l’Oidac pointe le rejet violent des valeurs chrétiennes,

« en particulier les points de vue qui s’écartent des opinions libérales sur les questions morales liées à la protection de la vie, aux relations sexuelles, au mariage ou à la famille. En conséquence, un certain nombre de chrétiens ont fait l’objet d’accusations criminelles et même de poursuites pénales pour avoir exprimé des points de vue conformes aux enseignements moraux dominants de leurs églises respectives ».

Ainsi par exemple, au pays de Galles, on a demandé à un enseignant de faire part de ses convictions chrétiennes au cours d’une discussion confidentielle organisée dans le cadre d’une session de formation obligatoire sur la diversité et la sensibilisation à l’égalité des sexes. L’enseignant a déclaré qu’il pensait que le mariage devait être l’union d’un homme et d’une femme, que la vie commençait dès la conception et qu’il était contre certains aspects de la charia, comme la lapidation à mort des homosexuels. Il a été licencié le lendemain pour “discours de haine”.

De même, des villes comme Manchester ont pu créer des zones tampons autour des cliniques pratiquant l’avortement pour éviter que les femmes qui s’y rendent soient interpelées par des militants pro-vie. Cela a donné lieu à des arrestations ubuesques, comme les deux subies à quelques mois d’intervalle par Isabel Vaughan-Spruce, pour avoir prié en silence et sans aucune pancarte à l’intérieur d’une zone tampon à Birmingham. Les menaces pèsent aussi sur le respect de la clause de conscience du personnel médical chrétien. L’Allemagne projette de rendre obligatoire la pratique de l’avortement dans le cursus des études de médecine.

Les grands principes du Conseil de l’Europe bafoués

Pourtant, dans sa résolution 2036 (2015) “Combattre l’intolérance et la discrimination en Europe, notamment lorsqu’elles visent des chrétiens”, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe appelle de manière tout autant explicite ses États membres « à défendre la liberté de conscience sur le lieu de travail » ainsi que « le droit fondamental à la liberté d’expression en veillant à ce que les lois nationales ne limitent pas abusivement les discours fondés sur des considérations religieuses ».

Finalement, les chrétiens sont priés de ne pas exprimer ou même penser leurs convictions religieuses. La liberté d’expression appartient aux autres, comme à la Femen Éloise Bouton; qui simula, seins nus, l’avortement du Christ par la Sainte Vierge, sur l’autel de l’église de la Madeleine à Paris, en 2013. La France la condamna à un mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende.

Cependant, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), dans son arrêt du 13 octobre 2022, donna raison à la Femen dont la « performance » n’avait que « pour but de véhiculer, dans un lieu de culte symbolique, un message relatif à un débat public et sociétal ». Consterné, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) en vint même à déclarer que « cela devenait une habitude, à la CEDH, de défendre ces attaques proférées dans les églises et contre l’Église ».

Le refus par l’Union européenne d’un coordinateur de la lutte contre la haine antichrétienne

L’ECLJ rappelle avec colère qu’en mars 2022, la Commission européenne a explicitement refusé de désigner un coordinateur en charge de la lutte contre les actes antichrétiens, au prétexte que

« la Commission s’engage à protéger les chrétiens et les membres d’autres groupes religieux de toute persécution au sein de l’Union européenne, ne faisant aucune distinction entre les différents groupes. La Commission ne prévoit pas de stratégie spécifique pour lutter contre la christianophobie ».

Que penser alors de la désignation, en 2015, par cette même Commission d’un coordinateur de la lutte contre l’antisémitisme et de la promotion de la vie juive et d’un coordinateur de la lutte contre la haine antimusulmane ?

Nul besoin de se lancer dans une querelle comparative à propos des faits antireligieux contre telle ou telle religion. Le contexte du conflit entre Israël et le Hamas avec l’explosion des actes antisémites ne s’y prête d’ailleurs guère. Une chose est sûre : l’Union européenne et le Conseil de l’Europe doivent accepter de voir en face la montée tangible des actes antichrétiens et de la christianophobie en Europe, et y remédier.

Une fois n’est pas coutume, l’extrême-gauche défend l’école privée

Les mauvaises langues diront que c’est parce que cette école est musulmane et que rien n’arrêtera les islamo-gauchistes :

 

Le fils de Joe Biden inculpé pour fraude fiscale : une fois de plus, la fake news de la veille devient l’information du jour

Septembre 2019, dans Le Monde : Hunter Biden en Ukraine : fantasmes républicains et vrai mélange des genres

Décembre 2023 : Le fils de Joe Biden inculpé pour fraude fiscale

Cette nouvelle mise en examen signifie qu’Hunter Biden, déjà poursuivi pour détention illégale d’arme, pourrait être jugé deux fois l’an prochain, pendant que son père tente de se faire réélire à la Maison-Blanche.

Avec cette deuxième inculpation au niveau fédéral, le fils du président américainrisque en tout jusqu’à 42 ans derrière les barreaux. Hunter Biden a été inculpé jeudi 7 décembre pour fraude fiscale. Il«a été impliqué dans un montage pour ne pas payer au moins 1,4 million de dollars lors de ses déclarations d’impôts fédéraux» dus pour la période allant de 2016 à 2019, selon l’acte d’accusation. Il «a dépensé des millions de dollars dans un style de vie extravagant au lieu de payer ses impôts», poursuit le document, qui détaille neuf chefs d’accusation, allant de la fraude fiscale aux fausses déclarations. L’ancien avocat et hommes d’affaires a dépensé son argent pour financer sa consommation de drogues, s’offrir la compagnie «d’escorts», des voitures et vêtements de luxe, selon l’acte d’accusation.

Dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968 : 40 députés RN n’ont pas pris part au vote, dont Marine Le Pen.

Après l’étrange amendement facilitant l’emploi de travailleurs clandestins déposé par le RN, le vote pour soutenir la proposition de LR de dénoncer l’accord franco-algérien de 1968 par les autorités françaises était “crucial” selon les propres mots de la députée RN Alexandra Masson, qui se désole que “Nupes et Macronie s’unissent pour bloquer une résolution cruciale”.

Et pourtant ! Et pourtant, il manquait à peine 37 voix pour que cette résolution soit adoptée. C’est un peu moins que le nombre de député du RN (40) qui n’étaient pas présents et n’ont donc pas participé au vote.

Marine Le Pen aura sans doute plein d’arguments techniques pour expliquer cette absence de vote, comme par exemple le fait que toute la NUPES n’était pas là non plus, que cela n’aurait servi à rien car la politique étrangère relève du régalien, que le vote était symbolique et que le RN, lui, travaille dur par ailleurs sur le pouvoir d’achat, prépare l’alternance. Blablabla…

Mais cela montre surtout une chose : par principe, le RN exclue toute forme de coopération avec la droite, que ce soit LR ou Reconquête, y compris sur un sujet “aussi crucial”. Laurence Trochu, présidente du Mouvement conservateur dénonce cette attitude :

“(…) Le groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale avait décidé de mettre au vote la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968. Ce traité accorde aux Algériens des conditions très avantageuses pour l’immigration en France : titres de séjour facilités, regroupement familial simplifié, prises en charge financières favorables, liberté d’immigrer pour des raisons professionnelles…

Force est de constater que plus de 60 ans après son indépendance, l’Algérie vit encore aux crochets de la France. La diaspora algérienne en France y représente autour de 3 millions de personnes. Les Algériens constituent aussi la nationalité étrangère la plus représentée dans les prisons françaises, et 41,6 % des Algériens de plus de 15 ans vivant en France sont chômeurs ou inactifs. C’est là une étonnante conception de l’indépendance (…) Il s’agit donc d’une véritable injustice, d’un anachronisme auquel il est urgent de mettre fin. 

C’est ce que le texte présenté par Les Républicains visait à faire ! Je m’apprêtais, ce soir, à saluer l’union de la droite autour de ce texte qui mettait d’accord tous les partis, du Rassemblement national jusqu’à Horizon d’Edouard Philippe. Mais le texte a été rejeté, et il est capital de comprendre comment. Avec 151 voix contre et 114 pour, il a manqué 36 voix.

Où était Marine Le Pen, Présidente du groupe RN ? Elle n’a pas voté ! Non seulement elle était absente, mais elle n’a pas mobilisé ses élus : sur 88, seuls 48 députés ont exprimé leur voix. Où étaient les 40 autres, qui auraient pu et dû faire basculer le vote ? 

Où était le Rassemblement national, en cette occasion si attendue, dont même le Président de la République craignait le résultat, lui qui avait pris la peine la veille, par voie de presse, de le conjurer en déniant le pouvoir du Parlement ! (…)

Quel sentiment peuvent avoir les Français qui ont porté au Parlement 88 députés du RN, s’ils sont absents le jour d’un vote aussi important ! “

La guerre en Ukraine à un tournant

D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :

Vingt et un mois après le déclenchement de la guerre en Ukraine, le conflit semble être à un tournant. La croisade occidentale lancée contre la Russie sous la houlette de Washington a clairement échoué, et dans tous les domaines.

Economiquement tout d’abord. Les sanctions (nous en sommes à la treizième ou quatorzième vague, on ne sait plus) n’ont eu finalement aucun effet sur l’économie russe. Celle-ci, loin d’être « à genoux » ou d’être « détruite » en dépit de la menace martiale de notre visionnaire ministre de l’économie et des finances, se porte fort bien.  La croissance 2023 devrait atteindre 1,5% contre 0,8% pour l’ensemble de la zone euro et 2024 s’annonce encore mieux.

Le pétrole et le gaz russe se vendent toujours, notamment à la Chine et à l ‘Inde, qui en revend d’ailleurs à l’Europe. Celle-ci se fournit maintenant largement auprès des Etats-Unis, que ça doit bien faire rire, sous forme de GNL hors de prix, obtenu à partir de gaz de schiste, lui-même interdit d’exploitation en France.

Mais comme cela ne suffit pas, surtout à l’Allemagne qui a intelligemment renoncé à l’énergie nucléaire, notre sémillante Ursula von der Layen, autoproclamée présidente de l’Europe, a été faire son marché en Azerbaïdjan, pays très démocratique comme chacun sait : peu importe la morale, il faut bien se chauffer.

La situation n’est guère plus brillante sur le plan diplomatique. La Russie finira seule, nous prédisaient nos experts de plateaux. En réalité, c’est plutôt l’occident qui s’est isolé. Les différents votes à l’ONU sur les condamnations de la Russie ou son exclusion des organismes internationaux reflètent une défiance croissante des pays d’Afrique, d’Asie et même d’Amérique latine.

Les amis de la Russie votent contre bien sûr mais la majorité des autres s’abstiennent ou sont absents au moment du vote. Plus grave, ils rappellent régulièrement aux occidentaux que la guerre en Ukraine est un problème européen qui ne les concerne pas. Les pays africains dénoncent l’intervention en Libye qui a détruit ce pays alors qu’ils s’étaient majoritairement prononcés contre cette folle idée sarkozyenne. Ceux du Proche-Orient évoquent l’agression contre l’Irak où le droit international fut allègrement violé par l’Amérique dont la morale à géométrie variable en agace plus d’un. Les récents évènements de la bande de Gaza et le soutien quasi inconditionnel de l’occident à Israël ne va pas arranger l’ambiance.

Le récent élargissement des BRICS confirme cette tendance structurelle d’un « Sud global » prenant ses distances avec l’occident.

Quant à la situation militaire, c’est pire encore. L’offensive annoncée depuis des mois a été finalement déclenchée début juin pour un résultat à peu près nul sur le plan territorial tout en ayant provoqué des pertes considérables en hommes et en matériel. Les Russes attendaient les malheureux fantassins ukrainiens employés comme chair à canon derrière des lignes de défense remarquablement construites. Les carcasses carbonisées de Bradley américains ou de Léopard allemands jonchant la steppe ont produit un effet dévastateur sur la crédibilité d’une victoire militaire de l’Ukraine, c’est-à-dire au fond de l’OTAN.

La Crimée, objectif annoncé de cette offensive, est absolument inaccessible et ne sera jamais reprise. Chacun le sait maintenant : comment les Russes abandonneraient cette terre russophone qui leur a appartenu pendant des siècles ? De plus, la base navale de Sébastopol est stratégique et la perdre au profit de l’Ukraine serait la donner à l’OTAN. Plus personne ne croit sérieusement aujourd’hui que la Russie perdra la guerre et que l’armée ukrainienne, exsangue et sous perfusion otanienne, plantera bientôt son drapeau à Marioupol, à Donetsk ou à Yalta.

Une nouvelle musique se fait d’ailleurs entendre depuis quelques temps en occident, même chez nos subtils généraux de plateaux.

En Ukraine également, le ton change. Ainsi, le général Valeri Zaloujny, commandant en chef de l’armée ukrainienne, a récemment reconnu que l’offensive était « dans une impasse ». Zelenski a démenti aussitôt et l’incident en dit long sur les tensions qui règnent dans le pays.

Coïncidence ou avertissement ? Quelques jours après cette cacophonie, le commandant Tchastiakov, adjoint du général Zaloujny, était tué chez lui par l’explosion d’une grenade. L’explication officielle est qu’il a reçu des grenades à l’occasion de son anniversaire et que son fils en a fait exploser une en la manipulant. Drôle de cadeau pour une drôle d’explication. L’attentat est évidemment probable, et les yeux se sont tournés vers le pouvoir politique en tension forte avec le pouvoir militaire depuis la défaite de Bakhmout.

C’est dans ce contexte mystérieux que Zelenski a annoncé le report sine die des élections présidentielles prévues pour 2024. Certes, organiser des élections dans un pays en guerre n’est pas chose aisée mais la brutalité de l’annonce a choqué, notamment en occident. L’étoile du héros pâlit lentement mais sûrement. Des manifestations sont maintenant organisées régulièrement en Ukraine dénonçant la corruption ou réclamant des nouvelles de soldats disparus. Les enrôlements forcés se multiplient et des hommes, jusqu’à 60 ans, sont arrêtés brutalement dans la rue, voire dans un bus, puis expédiés sur le front. Le pouvoir suggère maintenant aux femmes de s’engager. Une vidéo russe a circulé, montrant le cadavre d’une Ukrainienne dans une tranchée, avec les commentaires stupéfaits des soldats russes.

Zelenski réclame toujours plus d’armes et elles arrivent moins. Les Etats-Unis, principaux pourvoyeurs, ont leurs propres problèmes internes. La Chambre des représentants, désormais à majorité républicaine, a gelé une aide supplémentaire de 60 milliards qui devait être répartie entre Israël et l’Ukraine : la manœuvre de Biden a échoué et l’ensemble a été reporté à janvier pour de nouvelles discussions. La prochaine livraison de quelques avions F16, annoncée avec autant de publicité que les chars Leopard, ne changera évidemment rien.

Signe des temps : la presse américaine a affirmé que le sabotage du gazoduc sous -marin Nord-Stream 2 était finalement l’œuvre d’un commando ukrainien. Un nommé Roman Tchervinski serait le coordinateur de l’opération. L’homme n’est pas un inconnu puisque son nom a déjà été évoqué dans le cadre de l’organisation d’assassinats sur le territoire russe.

On ne sait si cette énième version est vraie mais les premières accusaient plutôt les Russes qui semblent maintenant innocentés par la bonne presse anglo-saxonne. Il faut tout de même s’arrêter parfois devant ce qu’on essaye de nous faire avaler : les Russes détruisant leur propre gazoduc qui leur a coûté des milliards. Des généraux de plateau ont affirmé cela sans sourciller sur les multiples chaines d’info au message unique. La désinformation c’est distrayant, mais il faudrait tout de même faire un petit effort de crédibilité.

En toute logique, le temps serait venu pour des négociations. Mais les Russes, persuadés que le temps joue en leur faveur, ne sont guère pressés. Une partie des Ukrainiens y serait disposée mais mais pas Zelenski ni son entourage. Quant à Washington, l’embarras y est palpable : Biden veut clôturer cette nouvelle guerre manquée (décidemment !) mais si c’est pour négocier en position de faiblesse, la presse américaine se déchaînera sur le thème : tout ça pour ça ?

Si les élections de 2024 sont annulées en Ukraine, ce ne sera pas le cas aux Etats-Unis qui vont vivre au rythme des primaires et de la campagne électorale à partir de janvier. Cela va prendre quelques mois ce qui va laisser encore un peu de temps à Poutine pour pousser son avantage.

Va-t-on vers la grande défaite de l’OTAN ?

Antoine de Lacoste

« Je ne peux pas dire que les délinquants se sentent français, (…) ils cherchent à répandre la terreur sur les gens vivant dans ces quartiers.»

Marie-Hélène Thoraval, maire de Romans-sur-Isère, était l’invité de Sonia Mabrouk :

 

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