S’émerveiller du miracle de l’origine de la vie
Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :
Laurent Voulzy le chante d’une manière si apaisante que nous aurions tort de ne pas le croire : oui, nous avons tous des lieux, des mélodies, des parfums, des textes, des saveurs « qui nous collent encore au cœur et au corps ». Au cours de notre vie, toutes ces découvertes – qui furent autant de rencontres – participent de ce que nous sommes aujourd’hui.
Que l’on débute ses études sur les bancs d’une faculté ou que l’on poursuive une mandature au cœur d’une assemblée, nous devrions de temps à autre enrouler le fil de notre existence comme on remonte un fleuve jusqu’à sa source, et revenir goûter à ces univers qui nous ont façonnés, construits et charpentés. Le parc de son enfance, les anecdotes de sa grand-mère, l’odeur de sa maison, les premières larmes sur un livre, les apéritifs près de la cheminée : la farandole de nos souvenirs constitue un coffre ouvert et dévoile un trésor dans lequel nous pouvons puiser encore et toujours.
Au bénéfice de nous-mêmes certes, mais aussi de ceux qui nous entourent et, mieux, dont nous pourrions avoir la charge. En effet, ces impressions du passé, bien loin d’être appelées à rester en surface, voire de nous importuner tel le sparadrap du capitaine Hadock, nous invitent à une forme de reconnaissance. Elles appartiennent à celles qui nous habitent en profondeur.
Si nous savons les garder chevillées à l’âme, les années auront beau passer, elles seront en mesure de nous suivre, de nous tenir par la main. Mieux encore, si nous savons y revenir souvent, elles peuvent être en mesure de nous bonifier.
« S’émerveiller du miracle de son origine »
Raison de plus pour ceux qui ont vocation à servir les âmes, les intelligences et les cœurs, de s’attacher à offrir, à transmettre des repères sains propres à accompagner toute une vie. A l’image du cycle liturgique qui se propose de nous faire progresser dans la vertu en repassant sous nos yeux les mêmes textes sacrés et mystères divins, comme il est souhaitable que nous ayons dans notre bibliothèque intérieure des écrits de référence que nous relirions sans cesse.
Le petit prince et son renard, les carmélites et leur dialogue, La Fontaine et ses fables, Cyrano et son panache : voilà de quoi vivifier une âme !
Mais méditer sur sa vie pour mieux jouir de ses richesses, c’est encore s’émerveiller du miracle de son origine. En faire l’économie serait l’aveu sinon d’une incohérence, au moins d’un manque de lucidité. « Au commencement il y a un message, ce message est dans la vie, ce message est la vie. » Le bien-aimé professeur Jérôme Lejeune débutait ainsi sa fabuleuse histoire de Tom Pouce.
En quelques trente lignes, le chercheur décrivait, sous la forme d’une comptine emplie de tendresse, les balbutiements de la conception humaine. Il livrait surtout une leçon magistrale de vie, vérifiant par là ce que le poète irlandais Oscar Wilde résumait fort bien avant lui : « Les choses les plus mystérieuses dans le monde ne résident pas tant dans ce qu’il y a d’invisible mais dans ce qu’il y a de visible ».
Ce texte, fort, ciselé, grave en même temps que délicieux, s’intercalera opportunément entre ceux de Saint-Exupéry et de Bernanos dans nos rayonnages fondateurs. On y retrouve toute la précision du scientifique, la sagesse du professeur, la douceur engageante du personnage et la finesse d’un ami de Dieu. Avouons que le cocktail est avantageux.
Du cancer des poncifs à la grande peur des bien-pensants
Alors que l’Assemblée nationale a voté le 30 janvier dernier l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution, le président du Sénat, Gérard Larcher, faisait part de ses réserves. A sa manière. A la manière de la droite depuis sa peur culturelle (qui n’a rien à envier à la peur des évêques dont la voix a quasiment disparu dans le débat public). Une manière qui prouve la déliquescence du débat en France dès qu’il touche des sujets éthiques ou moraux.
Le cancer des poncifs empêche toute réflexion sur ces sujets, la peur des bien-pensants sclérose toute sortie sabre au clair. Emettre une réserve sur la constitutionnalisation de l’avortement ? Certes, la chose est permise mais sans avoir donné néanmoins dans un premier temps trois coups d’encensoir à la loi Veil… « L’IVG n’est pas menacée. Croyez-moi, je me battrai pour qu’il soit maintenu. Mais je pense que la Constitution n’est pas un catalogue de droits sociaux et sociétaux », argumentait le président du Sénat.
Pour Charles Péguy : « Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. » A son école, le professeur Lejeune fut habité de cette flamme d’intelligence et de ce courage tranquille qui manque tant aujourd’hui au débat d’idées aujourd’hui. Le généticien affirma en son temps ce qu’il voyait, ce qu’il saisissait, ce qu’il observait à travers les lunettes de son microscope.
Il refusa, pour l’honneur de la vérité, de se mentir à lui-même. Dût-il en perdre le Nobel. Il s’engagea donc. Il insista le calme et la sérénité de convictions imperturbables parce qu’enracinées dans la contemplation du réel.
« Chacun de nous a été un Tom Pouce dans le ventre de sa mère, écrit-il, et les femmes ont toujours su qu’il y avait une sorte de contrée souterraine, une sorte d’abri voûté avec une lueur rougeâtre et un bruit rythmé dans lequel de tout petits humains menaient une vie étrange et merveilleuse. Telle est notre histoire. »
Le professeur Jérôme Lejeune savait qu’il décrivait l’évidence, mais les pédagogues comme les avocats ne l’ignorent pas, c’est elle qui est la plus redoutable à défendre. La vie naissante aussi.
Les règles infernales qui asphyxient les paysans
Dans Politique Magazine, François Schwerer analyse la crise paysanne :

En Quête d’esprit : La chandeleur, une fête de la lumière
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :
- Sœur Élise, petite sœur des pauvres
- Père Philippe LEFÈBVRE, dominicain et bibliste
- Daniel-Odon HUREL, historien, chercheur au CNRS
Guillaume Peltier et Nicolas Bay figureront sur la liste Reconquête pour les européennes
Marion Maréchal confirme dans un communiqué l’information donnée par le JDD mais aucune information n’a filtré sur le nom des colistières qui bénéficieront notamment des places 3 et 5 (Agnès Marion ? Laurence Trochu ? Sarah Knafo ?) :
Guillaume Peltier et Nicolas Bay annoncent au JDD qu’ils seront respectivement deuxième et quatrième de la liste portée par Marion Maréchal aux élections européennes du 9 juin prochain.
Les deux hommes, complices depuis la fondation du mouvement Jeunesse Action Chrétienté (JAC) en 1996, apportent chacun leur expertise. Peltier, le stratège de droite, s’est fixé pour mission de reconquérir les électeurs désabusés de son ancien parti. « Parmi les dirigeants LR de ces dernières années, beaucoup se vendent à la découpe à Macron et trahissent leurs électeurs, alors que Guillaume a refusé la facilité et la lâcheté et maintient le cap des idées et des valeurs d’une vraie droite », loue Nicolas Bay.
De son côté, Bay se concentre sur la consolidation de la campagne grâce à son réseau étendu. « L’expérience de Nicolas et ses réseaux européens seront indispensables », réplique Peltier. Dans les coulisses, Bay a intensifié ses démarches pour intégrer Reconquête au groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE), où figurent déjà des personnalités politiques influentes telles que Giorgia Meloni, Viktor Orbán et Santiago Abascal. Cette intégration, qui semble presque acquise, devrait être officialisée dans les semaines à venir (…)
Le 10 mars marquera un jalon important dans sa campagne, avec l’organisation de son premier grand meeting, prévu au Palais des Sports de Paris (…) Au cœur de la stratégie du mouvement, la popularité de Marion Maréchal est un atout majeur. Guillaume Peltier souligne cette force : « Marion possède l’atout unique de conserver l’estime des électeurs du Rassemblement national tout en étant perçue comme crédible par ceux des Républicains. » Sa position, moins étatiste que le RN mais plus affirmée que les Républicains sur les questions de souveraineté, semble être un équilibre stratégique. Peltier gage que l’image de Marion Maréchal plaît à un électorat plus « tradi ».
Par ailleurs, Marion Maréchal n’a pas peur de soutenir le projet de remigration porté par Eric Zemmour pendant la présidentielle et envisagé par l’AfD en Allemagne : une façon de montrer à sa tante (qui s’est offusquée de ce projet et qui a marqué son désaccord avec l’AfD) que Reconquête assume les fondamentaux politique du Front national…
Interrogée sur la polémique sur la "remigration" qui secoue le parti d'extrême droite AfD en Allemagne, @MarionMarechal rappelle que Reconquête est favorable au "renvoi des personnes qui n'ont rien à faire sur notre sol ou qui représentent un danger" #QuestionsPol pic.twitter.com/ylsteNT6Pd
— France Inter (@franceinter) February 4, 2024
Fiducia supplicans : “Je n’ai jamais vu un document du Saint-Office être bombardé de la sorte”
La Vie interroge Massimo Faggioli, historien des religions à propos des nombreuses réctions hostiles à Fiducia supplicans :
Une nouvelle forme d’opposition au pape François est-elle en train d’émerger ?
(…) il s’agit d’un moment très délicat de son pontificat, car , pour la première fois depuis 10 ans, le pape François pouvait rédiger des documents et légiférer avec un cardinal proche de sa sensibilité Victor Manuel Fernandez, qu’il a nommé en assortissant son choix d’une lettre de mission personnelle. Ses prédécesseurs étaient marqués par une sensibilité différente, plus proche de celle de Joseph Ratzinger. Avec Fernandez, il pouvait aller plus loin dans la mise en œuvre de sa vision des choses, et le premier test ne s’est pas très bien passé.
Étonnamment, il y a eu assez peu de réactions d’opposition au document dans l’épiscopat américain…
C’est effectivement un constat intéressant. Aux États-Unis, l’opposition au pape François a commencé dès le début de son pontificat. Un mouvement assez large a commencé à se structurer, porté par des intellectuels, quelques évêques et quelques cardinaux, une grande partie du clergé américain et surtout des laïcs dotés d’importants leviers financiers. Des équivalents américains de Vincent Bolloré, mais bien plus nombreux et organisés. Ainsi, après la publication de ce document sur les bénédictions homosexuelles, il n’y a pas eu de grand tollé, parce que ceux qui auraient pu s’y opposer sont occupés à mener une stratégie différente.
Ils travaillent sous la surface de l’eau, ils créent de nouvelles écoles, des centres de formations et des universités. Ils financent des médias catholiques et travaillent à l’après-François. De la même manière, en Europe de l’Est, en Pologne, en Ukraine, en Hongrie, cette affaire de bénédictions vient renforcer des mouvements de fond silencieux très stratégiques, où les regards sont déjà tournés vers la prochaine étape : le conclave et l’élection du prochain pape. Dans ce contexte, il n’est pas à exclure que le prochain conclave, et donc des cardinaux choisis par François, élisent un conservateur ou un ultraconservateur.
Une nouvelle forme d’opposition silencieuse, donc ?
Oui, un certain nombre d’évêques, de prêtres et de théologiens ont cessé de dire les choses en public et de s’opposer frontalement à François. Aux États-Unis, certains évêques et cardinaux craignent que ce pontificat ne devienne une sorte de papauté fantôme dans le pays, au sens d’un pape que l’on aurait cessé d’écouter. La manière dont certaines des dernières mesures ont été prises n’a pas aidé. Si Fiducia Supplicans avait été publié à la fin du synode, elle aurait eu davantage de légitimité. La situation est donc très compliquée. Je n’ai jamais vu un document du Saint-Office être bombardé de la sorte. Et ces réactions pourraient changer la dynamique au Synode en donnant aux gens l’impression que quoi que disent les participants, tout sera décidé à la fin par le Vatican et le pape. Pour la synodalité, c’est un passage délicat. Mais pas seulement.
Depuis quelques années déjà, François s’appuie davantage sur ses contacts personnels pour s’informer et prendre ensuite des décisions, en contournant le système institutionnel, le collège des cardinaux, les services diplomatiques… Au moment où le Dicastère pour la doctrine de la foi publiait sa note, le Conseil de cardinaux (C9) tenait une réunion à Rome sur un autre thème. Et comment le Dicastère pour la liturgie a-t-il été impliqué, dans la mesure où cette note porte sur la nature des bénédictions ? Par ailleurs, dans sa nouvelle constitution de la Curie, le pape a placé l’évangélisation avant la doctrine de la foi, qui, ces jours-ci, est placée sous les feux des projecteurs. Quel est le sens de tout cela ? Chacun semble jouer sa propre partition de son côté et cette manière de faire isole le pape dans son gouvernement (…)”
La France doit détruire 27 millions de pièces de monnaie sur ordre de Bruxelles
Un bel exemple de l’alliance entre de haut-fonctionnaires français imbus de leur personne et la dictature technocratique de l’Union européenne bruxelloise. Tout ce dont il faudrait que la France se débarrasse :
La source évoque une décision du PDG de l’établissement Marc Schwartz qui, semble-t-il, aurait été porté par la tentation de présenter le nouveau design des pièces au Ministre de l’Économie en visite au sein de l’établissement le 7 décembre dernier. Pour être au rendez-vous, les ouvriers de la Monnaie de Paris ont même été contraints de faire « les « trois-huit », quatre jours d’affilée fin novembre », avant d’avoir « le retour de la DG ECFIN (affaires économiques et financières) de la Commission européenne, qui a la haute main sur la validation des pièces et billets en euros ».
Ce retour, arrivé le 1ᵉʳ décembre 2023, soit à une semaine de la visite de Bruno Le Maire, s’est avéré négatif, puisque le nouveau design français fut refusé par l’Europe pour « des étoiles peu lisibles sur la face représentant le continent européen. Un affront impardonnable s’agissant du symbole de l’Union européenne ! », explique la source. La Monnaie de Paris a dû alors détruire les 27 millions de pièces pour les refrapper à nouveau. Une opération dont le coût est estimé entre 700 000 et 1,2 million d’euros sur le budget de l’établissement public.
Il n’y aura sans doute aucune sanction pour le PDG de la Monnaie de Paris…
Libération réussit à faire annuler un rassemblement diocésain avec Mgr Rey sur le thème de la laïcité
Les méthodes de l’extrême gauche wokiste sont connues mais fonctionnent très bien. A Marseille, le Syndicat de la Famille et Ludivine de la Rochère n’ont pas cédé aux injonctions de la gauche locale. A Toulon, c’est l’inverse. Il a suffit d’un petit article de Libération pour faire reculer le diocèse :
L’évêque Dominique Rey, célèbre pour ses positions ultra-réac et soutien affiché de Marion Maréchal (Reconquête), s’apprête à «sensibiliser» aux questions de laïcité tous les enseignants et personnels des établissements scolaires sous contrat du diocèse du Var. Selon nos informations, l’événement, obligatoire, est prévu au Zénith de Toulon le 13 mars. «A ma connaissance, c’est la première fois qu’un rassemblement de ce type, et à plus forte raison sur ce sujet, est organisé dans le Var», commente Xavier Pion, le directeur diocésain de l’enseignement catholique du département. Il table sur «1 800 personnes, si tout le monde se déplace».
Dans la foulée, France 3 ajoute sa petite pression sur le rectorat de l’enseignement public :
Joint par France 3 Côte d’Azur, le rectorat de l’académie de Nice (en charge du secteur de Toulon également) précise : “Nous découvrons cet événement par les médias. Nous allons immédiatement prendre contact avec l’autorité diocésaine pour obtenir des précisions sur son objet et son lien avec la formation des enseignants des établissements concernés. Nous sommes évidemment très attentifs au respect des valeurs de la République dans le cadre des formations dispensées aux enseignants affectés dans des établissements privés sous contrat“.
A peine quelques jours après ces deux articles, la direction de l’enseignement diocésain renonce et cède devant cette pression gauchiste :
Afin de demeurer dans une attitude d’écoute et d’apaisement après la parution dans la presse, à la date du 30 janvier 2024, d’un article à charge contre la journée de sensibilisation « Regards sur la laïcité » du 13 mars organisée par la Direction diocésaine de l’Enseignement Catholique du Var, la décision a été prise d’annuler l’événement (…)
En faisant le choix de cette annulation, nous souhaitons garantir la sérénité nécessaire à nos communautés éducatives dans l’exercice de leur mission auprès des jeunes qui leur sont confiés par les familles. Conscients de nos obligations contractuelles avec l’État et fidèles à nos engagements, nous proposerons ultérieurement de nouvelles solutions d’accompagnement.
Faire définitivement taire Mgr Rey était sans doute un des objectifs de Rome. Libération lui prête donc main forte…
Le carême au quotidien
Prêtre de la FSSPX, l’abbé Patrick Troadec a déjà publié chez Via Romana une quinzaine de livrets pour méditer avec les saints et les temps de l’année liturgique. Il récidive avec ce petit guide spirituel pour le temps du Carême.
Chaque jour, les fidèles pourront lire une courte méditation d’une page environ sur une phrase de l’Evangile du jour, afin de leur permettre de sonder la profondeur des textes liturgiques, d’élever leur esprit et leur cœur vers Dieu, et de se purifier au contact du divin Maître. Suivent une ou deux prières, deux pensées et quelques résolutions, soit deux pages pour chaque jour du carême.
Accessible à tous, ce livret peut être utilisé par les personnes seules ou en famille et les enfants pourront s’en servir dès l’âge de dix-douze ans.
Le livret couvre la période du mercredi des Cendres au samedi après Pâques, à laquelle il faut ajouter les fêtes de saint Joseph et de l’Annonciation.
Terres de Mission – Suicide assisté : l’opposition des soignants
Eglise universelle : Suicide assisté, un médecin témoigne
Médecin gériatre en hôpital, Geneviève Bourgeois est aussi porte-parole de La Marche Pour La vie. Elle témoigne de son métier qui est d’accompagner les personnes âgées, parfois jusqu’au grand passage. Elle explique pourquoi 88% des soignants sont opposés à la loi sur le suicide assisté et en quoi il est incompatible avec les soins palliatifs
Eglise en France : Le linceul de Turin – Enquête sur une énigme
L’abbé Bertrand Labouche vient de publier, aux Editions Géorama, un passionnant, agréablement illustré et très argumenté petit livre sur la pièce archéologique la plus étudiée au monde : “Le linceul de Turin – Enquête sur une énigme”. L’argumentation scientifique est implacable sur la datation du tissu, sa provenance, les supplices vécus par l'”homme du linceul”, la mystérieuse impression de l’image, etc.
Eglise en Marche : Capital social
Rédacteur en chef de la revue trimestrielle Capital Social, Joseph Thouvenel, nous présente cette aventure commencée en juin 2022 sous la fière devise: “Ni finance folle, ni lutte des classes, l’humain”. La réponse de l’Eglise face aux divers matérialismes qui ne voient dans l’homme qu’un producteur ou un consommateur.
“Changer la forme d’un Sacrement ou sa matière est toujours un acte gravement illicite et mérite une punition exemplaire”
Dans une note parue vendredi 2 février, le Dicastère pour la Doctrine de la foi revient sur la validité des sacrements et rappelle que les ministres ne sont pas autorisés à modifier les rites de leur propre chef. Sur les punitions exemplaires qui seront infligés aux ministres qui modifieraient la forme ou la matière d’un sacrement, il est permis d’être sceptique… Voici la texte traduit par nos soins :
Déjà lors de l’Assemblée plénière du Dicastère en janvier 2022, les cardinaux et les évêques membres avaient exprimé leur préoccupation face à la multiplication des situations dans lesquelles l’invalidité des sacrements célébrés avait été constatée. Les graves modifications apportées à la matière ou à la forme des Sacrements, rendant leur célébration nulle et non avenue, avaient alors conduit à la nécessité de retrouver les personnes concernées pour répéter le rite du Baptême ou de la Confirmation, et un nombre important de fidèles avaient à juste titre exprimé leur mécontentement. Par exemple, au lieu d’utiliser la formule établie pour le baptême, des formules telles que : “Je te baptise au nom du Créateur…” et “Au nom de ton père et de ta mère… nous te baptisons” ont été utilisées. Les prêtres se trouvaient également dans une situation aussi grave. Ces derniers, ayant été baptisés avec des formules de ce type, ont douloureusement découvert l’invalidité de leur ordination et des sacrements célébrés jusqu’alors.
Alors que dans d’autres domaines de l’action pastorale de l’Église il y a une large place pour la créativité, une telle inventivité dans le domaine de la célébration des Sacrements se transforme plutôt en une “volonté manipulatrice” et ne peut donc pas être invoquée[1]. Changer la forme d’un Sacrement ou sa matière est donc toujours un acte gravement illicite et mérite une punition exemplaire, précisément parce que de tels gestes arbitraires sont en mesure de produire un grave préjudice pour le peuple fidèle de Dieu.
Dans le discours qu’il a adressé à notre dicastère lors de la récente Assemblée plénière du 26 janvier 2024, le Saint-Père a rappelé que “grâce aux sacrements, les croyants deviennent capables de prophétie et de témoignage. Et notre époque a un besoin particulièrement urgent de prophètes de la vie nouvelle et de témoins de la charité : aimons donc et faisons aimer la beauté et la force salvatrice des Sacrements ! Dans ce contexte, il a également souligné que “les ministres doivent faire preuve d’un soin particulier dans leur administration et dans la divulgation aux fidèles des trésors de grâce qu’ils communiquent”[2].
Ainsi, d’une part, le Saint-Père nous invite à agir de manière à ce que les fidèles puissent s’approcher avec fruit des sacrements et, d’autre part, il insiste fortement sur l’appel à un “soin particulier” dans leur administration.
Nous, ministres, devons donc surmonter la tentation de nous sentir propriétaires de l’Église. Nous devons au contraire devenir très réceptifs à un don qui se présente à nous : non seulement le don de la vie ou de la grâce, mais aussi les trésors des sacrements qui nous sont confiés par notre Mère l’Église. Ils ne nous appartiennent pas ! Et les fidèles ont le droit, à leur tour, de les recevoir comme l’Église en dispose : c’est ainsi que leur célébration correspond à l’intention de Jésus et rend l’événement pascal pertinent et efficace.
En respectant religieusement, en tant que ministres, ce que l’Église a établi concernant la matière et la forme de chaque sacrement, nous manifestons devant la communauté la vérité selon laquelle ” la Tête de l’Église, et donc le véritable président de la célébration, est le Christ seul “[3] La Note que nous présentons ici ne traite pas du sujet de la célébration.
La Note que nous présentons ici ne traite donc pas d’une question purement technique ou même “rigoriste”. En la publiant, le Dicastère entend avant tout exprimer lumineusement la priorité de l’action de Dieu et sauvegarder humblement l’unité du Corps du Christ qu’est l’Église dans ses gestes les plus sacrés.
Puisse ce Document, approuvé à l’unanimité le 25 janvier 2024 par les membres du Dicastère réunis en Assemblée plénière, puis par le Saint-Père François lui-même, renouveler chez tous les ministres de l’Église la pleine conscience de ce que le Christ nous a dit : “Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis” (Jn 15, 16).
Víctor Manuel Card. FERNÁNDEZ
Préfet
Introduction
1. Par des événements et des paroles intimement liés, Dieu révèle et met en œuvre son projet de salut pour tout homme et toute femme destinés à la communion avec lui[4] ; cette relation salvifique se réalise effectivement dans l’action liturgique, où l’annonce du salut, qui résonne dans la Parole proclamée, trouve son accomplissement dans les gestes sacramentels. Ceux-ci, en effet, rendent présente dans l’histoire humaine l’action salvifique de Dieu, qui culmine dans la Pâque du Christ. La force rédemptrice de ces gestes donne une continuité à l’histoire du salut que Dieu accomplit dans le temps.
Institués par le Christ, les sacrements sont donc des actions qui réalisent, par des signes sensibles, l’expérience vivante du mystère du salut, permettant à l’homme de participer à la vie divine. Ils sont les “chefs-d’œuvre de Dieu” dans l’Alliance nouvelle et éternelle, des forces qui sortent du corps du Christ, des actions de l’Esprit à l’œuvre dans son corps qui est l’Église[5].
C’est pourquoi l’Église, dans la liturgie, célèbre avec un amour et une vénération fidèles les sacrements que le Christ lui-même lui a confiés, afin qu’elle les garde comme un héritage précieux et comme la source de sa vie et de sa mission.
2. Malheureusement, il faut constater que les célébrations liturgiques, en particulier celles des Sacrements, ne se déroulent pas toujours dans la pleine fidélité aux rites prescrits par l’Église. Ce Dicastère est intervenu à plusieurs reprises pour dissiper des doutes sur la validité de Sacrements célébrés, au sein du Rite romain, dans la non-observance des normes liturgiques, devant parfois conclure par une pénible réponse négative, constatant, dans ces cas, que les fidèles ont été privés de ce qui leur est dû, “c’est-à-dire du Mystère pascal célébré selon le mode rituel que l’Église établit”. [À titre d’exemple, on peut citer les célébrations baptismales au cours desquelles la formule sacramentelle a été modifiée dans l’un de ses éléments essentiels, rendant le sacrement caduc et compromettant ainsi le futur parcours sacramentel des fidèles pour lesquels, avec de graves inconvénients, il a fallu répéter la célébration non seulement du Baptême, mais aussi des sacrements reçus par la suite[7].
3. Dans certaines circonstances, on peut observer la bonne foi de certains ministres qui, par inadvertance ou poussés par des motivations pastorales sincères, célèbrent les sacrements en modifiant les formules et les rites essentiels établis par l’Église, peut-être pour les rendre, à leur avis, plus adaptés et plus compréhensibles. Souvent, cependant, “le recours à la motivation pastorale masque, même inconsciemment, une dérive subjectiviste et une volonté manipulatrice”[8] De cette manière, un vide formatif se manifeste également, surtout en ce qui concerne la prise de conscience de la valeur de l’action symbolique, trait essentiel de l’acte liturgico-sacramentel.
4. Afin d’aider les évêques dans leur tâche de promoteurs et de gardiens de la vie liturgique des Églises particulières qui leur sont confiées, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi entend offrir dans cette Note quelques éléments de caractère doctrinal pour discerner la validité de la célébration des sacrements, en prêtant également attention à certains aspects disciplinaires et pastoraux.
5. L’objectif de ce document s’applique également à l’Église catholique dans son ensemble. Cependant, les arguments théologiques qui l’inspirent recourent parfois à des catégories propres à la tradition latine. Il est donc confié au Synode ou à l’assemblée des Hiérarques de chaque Église catholique orientale d’adapter dûment les indications de ce document, en utilisant leur propre langage théologique, là où il diffère de celui qui est utilisé dans le texte. Le résultat sera ensuite soumis, avant la publication, à l’approbation du Dicastère pour la Doctrine de la Foi.
I. L’Église est reçue et exprimée dans les sacrements
6. Le Concile Vatican II renvoie analogiquement la notion de sacrement à l’Église tout entière. En particulier, lorsqu’il affirme dans la Constitution sur la sainte liturgie que ” du côté du Christ endormi sur la croix a jailli l’admirable Sacrement de toute l’Église ” (9), il renvoie à la lecture typologique, chère aux Pères, du rapport entre le Christ et Adam (10) ; le texte conciliaire évoque l’affirmation bien connue de saint Augustin (11), qui explique : ” Adam dort pour qu’Ève soit formée ; le Christ meurt pour que l’Église soit formée “. Du côté d’Adam endormi se forme Ève ; du côté du Christ mort sur la croix, frappé par la lance, jaillissent les sacrements par lesquels se forme l’Église”[12].
7. La Constitution dogmatique sur l’Église réaffirme que l’Église est ” dans le Christ sacrement, c’est-à-dire signe et instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain ” (13) et que cela se réalise avant tout à travers les sacrements, dans chacun desquels la nature sacramentelle de l’Église, Corps du Christ, se réalise à sa manière. La connotation de l’Église comme sacrement universel du salut “montre comment l’économie sacramentelle détermine en définitive la manière dont le Christ, unique Sauveur, par l’Esprit, rejoint notre existence dans la spécificité de ses circonstances. L’Église reçoit et en même temps s’exprime dans les sept sacrements, par lesquels la grâce de Dieu influence concrètement l’existence des fidèles, de sorte que toute vie, rachetée par le Christ, devienne un culte agréable à Dieu”[14].
8. C’est précisément en constituant l’Église comme son Corps mystique que le Christ fait participer les croyants à sa propre vie, en les unissant à sa mort et à sa résurrection d’une manière réelle et obscure à travers les sacrements[15] La puissance sanctifiante de l’Esprit Saint agit en effet dans les fidèles à travers les signes sacramentels[16], faisant d’eux les pierres vivantes d’un édifice spirituel, fondé sur la pierre angulaire qu’est le Christ Seigneur[17], et les constituant en peuple sacerdotal, participant à l’unique sacerdoce du Christ[18].
9. Les sept gestes vivifiants, que le Concile de Trente a solennellement déclarés d’institution divine (19), constituent donc un lieu privilégié de rencontre avec le Christ Seigneur qui accorde sa grâce et qui, à travers les paroles et les actes rituels de l’Église, nourrit et fortifie la foi (20) ; c’est dans l’Eucharistie et dans tous les autres sacrements que ” nous est garantie la possibilité de rencontrer le Seigneur Jésus et d’être atteints par la puissance de sa Pâque ” (21).
10. Consciente de cela, l’Église, depuis ses origines, a pris un soin particulier des sources auxquelles elle puise la force vitale de son existence et de son témoignage : la Parole de Dieu, attestée par les Saintes Écritures et la Tradition, et les Sacrements, célébrés dans la liturgie, par lesquels elle est continuellement ramenée au mystère de la Pâque du Christ[22].
Les interventions du Magistère en matière sacramentelle ont toujours été motivées par le souci fondamental de la fidélité au mystère célébré. En effet, l’Église a le devoir d’assurer la priorité de l’action de Dieu et de sauvegarder l’unité du Corps du Christ dans ces actions qui n’ont pas d’égal parce qu’elles sont sacrées “par excellence” avec une efficacité garantie par l’action sacerdotale du Christ[23].
II. L’Église garde et est gardée par les sacrements
11. L’Église est ” ministre ” des sacrements, elle n’en est pas la maîtresse[24] : en les célébrant, elle en reçoit elle-même la grâce, elle les garde et elle est gardée par eux. La potestas qu’elle peut exercer à l’égard des sacrements est analogue à celle qu’elle possède à l’égard de l’Écriture Sainte. Dans cette dernière, l’Église reconnaît la Parole de Dieu, mise par écrit sous l’inspiration de l’Esprit Saint, établissant le canon des livres sacrés. De même, l’Église, assistée par l’Esprit Saint, reconnaît les signes sacrés par lesquels le Christ accorde la grâce qui émane de la Pâque, en déterminant leur nombre et en indiquant, pour chacun d’eux, les éléments essentiels.
Ce faisant, l’Église est consciente qu’administrer la grâce de Dieu ne signifie pas se l’approprier, mais se faire l’instrument de l’Esprit pour transmettre le don du Christ pascal. Elle sait en particulier que sa potestas à l’égard des sacrements s’arrête à leur substance[26] : de même que dans la prédication l’Église doit toujours annoncer fidèlement l’Évangile du Christ mort et ressuscité, de même dans les gestes sacramentels elle doit conserver les gestes salvifiques que Jésus lui a confiés[27].
12. Il est vrai que l’Église n’a pas toujours indiqué de façon univoque les gestes et les paroles en lesquels consiste cette substance divinitus instituta. Pour tous les sacrements, en tout cas, apparaissent fondamentaux les éléments que le Magistère de l’Église, à l’écoute du sensus fidei du Peuple de Dieu et en dialogue avec la théologie, a appelés matière et forme, auxquels s’ajoute l’intention du ministre.
13. La matière du sacrement consiste en l’action humaine par laquelle le Christ agit. Il s’agit tantôt d’un élément matériel (eau, pain, vin, huile), tantôt d’un geste particulièrement éloquent (signe de croix, imposition des mains, immersion, infusion, consentement, onction). Cette corporéité apparaît indispensable parce qu’elle enracine le Sacrement non seulement dans l’histoire humaine, mais aussi, plus fondamentalement, dans l’ordre symbolique de la Création et le ramène au mystère de l’Incarnation du Verbe et de la Rédemption opérée par Lui[27].
14. La forme du sacrement est constituée par la parole, qui donne un sens transcendant à la matière, transfigurant le sens ordinaire de l’élément matériel et le sens purement humain de l’action accomplie. Cette parole s’inspire toujours, à des degrés divers, de la Sainte Écriture,[28] s’enracine dans la Tradition vivante de l’Église et a été définie avec autorité par le Magistère de l’Église au terme d’un discernement attentif,[29].
15. La matière et la forme, en raison de leur enracinement dans l’Écriture et la Tradition, n’ont jamais dépendu ni ne peuvent dépendre de la volonté de l’individu ou de la communauté individuelle. À leur égard, en effet, la tâche de l’Église n’est pas de les déterminer selon la volonté ou l’arbitraire de qui que ce soit, mais, en sauvegardant la substance des Sacrements (salva illorum substantia) “[30], de les indiquer avec autorité, dans la docilité à l’action de l’Esprit.
Pour certains Sacrements, la matière et la forme apparaissent substantiellement définies dès l’origine, de sorte que leur fondation par le Christ est immédiate ; pour d’autres, la définition des éléments essentiels ne s’est précisée qu’au cours d’une histoire complexe, parfois non sans une évolution significative.
16. À cet égard, on ne peut ignorer que, lorsque l’Église intervient dans la détermination des éléments constitutifs du sacrement, elle agit toujours en s’enracinant dans la Tradition, afin de mieux exprimer la grâce conférée par le sacrement.
C’est dans ce contexte que la réforme liturgique des Sacrements, qui s’est déroulée selon les principes du Concile Vatican II, a demandé une révision des rites de telle sorte qu’ils expriment plus clairement les saintes réalités qu’ils signifient et produisent[31] L’Église, avec son magistère en matière sacramentelle, exerce sa potestas dans le sillage de cette Tradition vivante “qui vient des Apôtres et progresse dans l’Église avec l’assistance de l’Esprit Saint”[32].
Reconnaissant donc, sous l’action de l’Esprit, le caractère sacramentel de certains rites, l’Église les a considérés comme correspondant à l’intention de Jésus de rendre actuel et partageable l’événement pascal[33].
17. Pour tous les sacrements, en tout cas, l’observance de la matière et de la forme a toujours été requise pour la validité de la célébration, sachant que des modifications arbitraires de l’une et/ou de l’autre – dont la gravité et la force invalidante doivent être vérifiées à chaque fois – compromettent l’efficacité de l’effusion de la grâce sacramentelle, au détriment évident des fidèles[34]. [La matière et la forme, résumées dans le Code de droit canonique (35), sont établies dans les livres liturgiques promulgués par l’autorité compétente, qui doivent donc être fidèlement observés, sans “rien ajouter, rien retrancher, rien changer” (36).
18. L’intention du ministre qui célèbre le sacrement est liée à la matière et à la forme. Il est clair qu’ici le thème de l’intention doit être distingué de celui de la foi personnelle et de la condition morale du ministre, qui n’affectent pas la validité du don de la grâce (37) ; il doit en effet avoir “l’intention de faire au moins ce que fait l’Église” (38), ce qui fait de l’action sacramentelle un acte vraiment humain, éloigné de tout automatisme, et un acte pleinement ecclésial, éloigné de l’arbitraire d’un individu. En outre, puisque ce que fait l’Église n’est rien d’autre que ce que le Christ a institué (39), l’intention aussi, avec la matière et la forme, contribue à faire de l’action sacramentelle un prolongement de l’œuvre salvifique du Seigneur.
Matière, forme et intention sont intrinsèquement unies : elles sont intégrées dans l’action sacramentelle de telle sorte que l’intention devient le principe unificateur de la matière et de la forme, en les transformant en un signe sacré par lequel la grâce est conférée ex opere operato[40].
19. A la différence de la matière et de la forme, qui représentent l’élément sensible et objectif du Sacrement, l’intention du ministre – avec la disposition du destinataire – en représente l’élément intérieur et subjectif. Elle tend cependant, de par sa nature, à se manifester aussi à l’extérieur, à travers l’observance du rite établi par l’Église, de sorte que l’altération grave des éléments essentiels introduit aussi un doute sur l’intention réelle du ministre, invalidant ainsi la validité du Sacrement célébré[41]. En principe, en effet, l’intention de faire ce que fait l’Église s’exprime dans l’emploi de la matière et de la forme que l’Église a établies[42].
20. Matière, forme et intention sont toujours placées dans le contexte de la célébration liturgique, qui ne constitue pas un ornement cérémoniel des sacrements, ni même une introduction didactique à la réalité qui s’accomplit, mais qui est dans son ensemble l’événement dans lequel se poursuit la rencontre personnelle et communautaire entre Dieu et nous, dans le Christ et dans l’Esprit Saint, rencontre dans laquelle, par la médiation des signes sensibles, “la gloire parfaite est rendue à Dieu et les hommes sont sanctifiés”,[43].
La sollicitude nécessaire pour les éléments essentiels des Sacrements, dont dépend leur validité, doit donc être en harmonie avec le soin et le respect de l’ensemble de la célébration, dans laquelle le sens et les effets des Sacrements sont rendus pleinement intelligibles par une multiplicité de gestes et de paroles, favorisant ainsi l’actuosa participatio des fidèles[44].
21. La liturgie elle-même permet cette variété qui préserve l’Église d’une “uniformité rigide” (45) ; c’est pourquoi le Concile Vatican II a décrété que, “sans préjudice de l’unité substantielle du rite romain, même dans la révision des livres liturgiques, il faut laisser une place à la légitime diversité et à l’adaptation aux diverses ethnies, régions, peuples, surtout dans les missions” (46).
En vertu de cela, la réforme liturgique voulue par le Concile Vatican II a non seulement autorisé les Conférences épiscopales à introduire des adaptations générales à l’editio typica latine, mais elle a aussi prévu la possibilité d’adaptations particulières par le ministre de la célébration, dans le seul but de répondre aux besoins pastoraux et spirituels des fidèles.
22. Toutefois, pour que la variété “ne nuise pas à l’unité, mais au contraire la serve”, [47] il reste clair que, en dehors des cas expressément indiqués dans les livres liturgiques, “la réglementation de la sainte Liturgie est du ressort exclusif de l’autorité de l’Église”, [48] qui réside, selon les circonstances, dans l’évêque, dans l’assemblée épiscopale territoriale, dans le Siège Apostolique.
Il est clair, en effet, que “modifier de sa propre initiative la forme de célébration d’un sacrement ne constitue pas un simple abus liturgique, comme une transgression d’une norme positive, mais une blessure infligée à la fois à la communion ecclésiale et à la reconnaissabilité de l’action du Christ, qui, dans les cas les plus graves, rend invalide le sacrement lui-même, parce que la nature de l’action ministérielle exige que l’on transmette avec fidélité ce que l’on a reçu (cf. 1 Co 15, 3)”[49].
III. La présidence liturgique et l’art de célébrer
23. Le Concile Vatican II et le Magistère postconciliaire permettent de donner au ministère de la présidence liturgique sa juste signification théologique. L’évêque et ses collaborateurs président les célébrations liturgiques, qui culminent dans l’Eucharistie, ” source et sommet de toute la vie chrétienne ” (50), in persona Christi (Capitis) et nomine Ecclesiae. Dans les deux cas, il s’agit de formules qui – bien qu’avec quelques variantes – sont bien attestées par la Tradition[51].
24. La formule in persona Christi (52) signifie que le prêtre représente le Christ lui-même dans l’événement de la célébration. Cela se réalise de façon culminante lorsque, dans la consécration eucharistique, il prononce les paroles du Seigneur avec la même efficacité, en identifiant, en vertu de l’Esprit Saint, sa propre personne à celle du Christ. Lorsque le Concile précise ensuite que les presbytres président l’Eucharistie in persona Christi Capitis (53), il n’entend pas souscrire à une conception selon laquelle le ministre disposerait, en tant que ” chef “, d’un pouvoir qu’il exercerait de façon arbitraire. La Tête de l’Église, et donc le véritable président de la célébration, est le Christ seul. Il est ” la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église ” (Col 1, 18), dans la mesure où il la fait sortir de son sein, la nourrit et en prend soin, l’aimant jusqu’à se donner pour elle (cf. Ep 5, 25.29 ; Jn 10, 11). La potestas du ministre est une diakonia, comme le Christ lui-même l’enseigne aux disciples dans le contexte de la dernière Cène (cf. Lc 22, 25-27 ; Jn 13, 1-20). Ceux qui, en vertu de la grâce sacramentelle, sont configurés à Lui, partageant l’autorité avec laquelle il guide et sanctifie son peuple, sont donc appelés, dans la liturgie et dans tout le ministère pastoral, à se conformer à la même logique, ayant été constitués pasteurs non pour dominer le troupeau, mais pour le servir selon le modèle du Christ, le bon Pasteur des brebis (cf. 1 P 5, 3 ; Jn 10, 11, 14)[54].
25. En même temps, le ministre qui préside la célébration agit nomine Ecclesiae (55), formule qui indique clairement que, s’il présente le Christ Tête devant son Corps qui est l’Église, il présente aussi devant sa propre Tête ce Corps, ou plutôt cette Épouse, en tant que sujet intégral de la célébration, le Peuple tout-priarcal au nom duquel le ministre parle et agit (56). En outre, s’il est vrai que “quand on baptise, c’est le Christ lui-même qui baptise”,[57] il en est de même pour le fait que “l’Église, quand elle célèbre un sacrement, agit comme un Corps qui agit inséparablement de sa Tête, dans la mesure où c’est le Christ Tête qui agit dans le Corps ecclésial engendré par Lui dans le mystère de Pâques”[58]. [Cela met en évidence l’ordination réciproque entre le sacerdoce baptismal et le sacerdoce ministériel, [59] permettant de comprendre que le second existe au service du premier, et précisément pour cette raison – comme nous l’avons vu – dans le ministre qui célèbre les sacrements, l’intention de faire ce que fait l’Église ne peut jamais faire défaut.
26. La fonction double et combinée exprimée par les formules in persona Christi – nomine Ecclesiae, et la relation réciproque et féconde entre le sacerdoce baptismal et le sacerdoce ministériel, jointes à la conscience que les éléments essentiels pour la validité des sacrements doivent être considérés dans leur contexte propre, c’est-à-dire l’action liturgique, rendront le ministre toujours plus conscient que “les actions liturgiques ne sont pas des actions privées mais des célébrations de l’Église”. c’est-à-dire l’action liturgique, rendra le ministre toujours plus conscient que “les actions liturgiques ne sont pas des actions privées mais des célébrations de l’Église”, des actions qui, même dans la “diversité des états, des charges et des participations actives”, “appartiennent à tout le Corps de l’Église, le manifestent et l’impliquent”[60]. [C’est précisément pour cette raison que le ministre doit comprendre que l’authentique ars celebrandi est celui qui respecte et exalte la primauté du Christ et l’actuosa participatio de toute l’assemblée liturgique, même à travers l’humble obéissance aux normes liturgiques (61).
27. Il semble toujours plus urgent de mûrir un art de la célébration qui, à distance d’un rubricage rigide et d’une fantaisie débridée, conduise à une discipline à respecter, précisément pour être d’authentiques disciples : “Il ne s’agit pas de devoir suivre une étiquette liturgique : il s’agit plutôt d’une “discipline” – au sens où l’entend Guardini – qui, si elle est observée avec authenticité, nous forme : ce sont des gestes et des paroles qui mettent de l’ordre dans notre monde intérieur, en nous faisant vivre des sentiments, des attitudes, des comportements”[62]. Ils ne sont pas l’énonciation d’un idéal auquel on cherche à s’inspirer, mais une action qui engage le corps dans sa totalité, c’est-à-dire dans son unité d’âme et de corps”[62].
Conclusion
28 “Nous […] avons ce trésor dans des vases d’argile, afin qu’il apparaisse que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous” (2Cor 4,7). L’antithèse utilisée par l’apôtre pour souligner comment la sublimité de la puissance de Dieu est révélée par la faiblesse de son ministère de proclamateur décrit bien ce qui se passe dans les sacrements. Toute l’Église est appelée à sauvegarder la richesse qu’ils contiennent, afin que la primauté de l’action salvifique de Dieu dans l’histoire ne soit jamais obscurcie, même dans la fragile médiation des signes et des gestes propres à la nature humaine.
29. La virtus opérante dans les sacrements façonne le visage de l’Église, lui permettant de transmettre le don du salut que le Christ mort et ressuscité, dans son Esprit, veut partager avec tout homme. Dans l’Église, ce grand trésor est confié en particulier à ses ministres, afin qu’en tant que “serviteurs attentifs” du peuple de Dieu, ils le nourrissent de l’abondance de la Parole et le sanctifient par la grâce des Sacrements. Il leur revient d’abord de veiller à ce que “la beauté de la célébration du christianisme” reste vivante et ne soit pas “défigurée par une compréhension superficielle et réductrice de sa valeur ou, pire encore, par son instrumentalisation au service d’une vision idéologique, quelle qu’elle soit”[63].
Ce n’est qu’ainsi que l’Église peut, jour après jour, “croître dans la connaissance du mystère du Christ, en plongeant […] sa vie dans le mystère de sa Pâque, dans l’attente de son retour”[64].
Le Souverain Pontife François, lors de l’audience accordée au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi soussigné, le 31 janvier 2024, a approuvé cette Note, décidée lors de la Session plénière de ce Dicastère, et en a ordonné la publication.
Donné à Rome, au siège du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 2 février 2024, en la fête de la Présentation du Seigneur.
La mairie socialiste du 10ᵉ arrondissement tente d’interdire la cérémonie des Bobards d’Or
Dans un communiqué daté du 28 janvier, le maire socialiste du 10ᵉ arrondissement Alexandra Cordebard appelle le Théâtre du Gymnase Marie Bell à interdire la prochaine cérémonie des Bobards d’Or, organisé dans ce théâtre depuis plus de 8 ans.
La cérémonie (parodique) des Bobards d’Or distingue, chaque printemps, les journalistes et les médias qui n’hésitent pas à mentir délibérément pour servir le politiquement correct. Elle est organisée depuis 2010 par l’association Polémia. L’édition 2024 se tiendra le 5 mars avec une nouveauté : les mensonges des personnalités politiques, répercutés dans leurs médias alliés, seront présentés au public.
Les organisations du 10e et sa maire, @ACORDEBARD disent NON à la cérémonie d’extrême-droite des bobards d’Or dans notre arrondissement. Cette soirée accueillie par le @Theatre_Gymnase est un danger pour nos valeurs de fraternité et d’égalité : elle doit être annulée ! pic.twitter.com/uKk7ikRcEw
— L’ACORT (@ACORT5) January 30, 2024
Ce communiqué diffamatoire d’Alexandra Cordebard reprend un certain nombre de mensonges que les bobardeurs professionnels ont répandu depuis des années. Bien loin des fantasmes, la réalité est tout autre : jamais Polémia n’a été poursuivi pour des propos qui tombent sous le coup de la loi.
Suite à ce communiqué, le Théâtre du Gymnase Marie Bell à décidé de refuser d’accueillir l’événement alors même que la salle a déjà été réservée et entièrement réglée.
Pour la 15ᵉ année consécutive, la cérémonie des Bobards aura lieu ! Rendez-vous le 5 mars prochain pour démasquer les propagandistes du système médiatique et leurs complices !
Le programme Erasmus permet de financer la propagande LGBTXYZ
“Erasmus+” est le programme de l’Union européenne pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport en Europe. Doté d’un budget de plus de 26 milliards d’euros pour sept ans (2021-2027), il concerne plus de 4 millions de participants et met fortement l’accent sur l’inclusion sociale, la transition verte et numérique et la promotion de la participation des jeunes à la vie démocratique, ou plutôt, comme le dit la première page du site web dédié, “Erasmus+ enrichit les vies, ouvre les esprits”. Eh bien, en parfaite adéquation avec les indications du Parlement et la Résolution 2021/2557 votée le 11.03.2021, la proclamation de l’Europe comme ” zone de liberté LGBTQ “, également pour cette année 2024, le programme ” Erasmus+ ” voit ostensiblement des projets financés pour promouvoir le transgendrisme et la dépravation sexuelle, ce qui, selon les mandarins européens, peut ouvrir l’esprit des enfants et des jeunes du continent.
Sur le site web de la Commission européenne, il est possible de rechercher les projets Erasmus+ achevés et en cours. En saisissant le filtre de recherche “LGBTI+”, on peut trouver 210 projets achevés au cours des dernières années et 51 en cours. Parmi les projets en cours, il y a au moins 21 projets qui reçoivent un financement substantiel de l’UE et qui se concentrent fortement sur la promotion explicite de l’idéologie LGBTQ+. Grâce à cette simple recherche, il s’avère que le financement total que les 21 projets actuels reçoivent s’élève à 2 429 266 euros, tous issus du budget de l’UE.
Le projet consacré au “DragTivism”, c’est-à-dire à l’utilisation par un homme de vêtements flamboyants et d’un maquillage lourd pour imiter et exagérer les significations du genre féminin, s’adresse aux jeunes adultes. DragTivism, également financé par des fonds de l’UE, de 2021 à aujourd’hui avec des montants allant de 25 à 32 000 euros par an, partage sur ses médias sociaux ses initiatives et les commentaires des participants “du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de la Grèce et de la Slovaquie” et d’autres pays européens, y compris des “étudiants” qui ont été formés “en développant une personnalité drag et en apprenant des compétences drag, les jeunes seront en mesure de transférer les compétences qu’ils ont acquises dans leur vie quotidienne”.
Le projet “Training to Raise Awareness and Inclusion of Transgender” (TRAIT), financé à hauteur de 250 000 euros, vise à “atteindre les objectifs spécifiques suivants : accroître les connaissances et les compétences des professionnels sur la question des LGBTQ+ ; parvenir à la description d’unités de résultats d’apprentissage qui peuvent être évaluées et utilisées dans la description et l’évaluation des profils professionnels ; réduire la victimisation secondaire, les préjugés, les stéréotypes et la discrimination ; accroître la sensibilisation du public aux besoins des LGBTQ+”.
Le projet “GAMe-based tools to Foster an INtegrative model for early Gender Equality Education”, financé à hauteur de 361 000 euros et visant à promouvoir l’attention portée à la diversité des genres, un défi dans le système éducatif actuel en Europe, s’adresse aux familles, aux enseignants, aux experts des jeux et des questions LGBTI et aux enfants âgés de 9 à 15 ans et implique des institutions et des associations d’Espagne, de République tchèque et de Roumanie.
Le projet “LGBTIQ Youth affirmative mental health approaches”, financé à hauteur de 242 000 euros, implique des associations et des lobbies de Hongrie, d’Irlande, de Grèce et du Monténégro et vise à “améliorer la qualité de la santé mentale des jeunes LGBTIQ… et à renforcer les capacités des organisations dans le domaine de la santé mentale des LGBTIQ”.
Le projet “Promouvoir l’éducation pluraliste dans les universités européennes pour combattre la discrimination invisible liée aux LGBTQ+”, financé à hauteur de 250 000 euros, implique la Pologne, la Lituanie, la Grèce et l’Université de Sienne en tant que coordinateur du projet, dans le but de “promouvoir une culture capable de contrer l’homophobie ou la transphobie invisibles et de promouvoir une culture des différences ; de produire un changement culturel, non seulement en travaillant avec le groupe spécifique, mais en agissant sur les raisons structurelles qui ont causé le malaise” en responsabilisant les étudiants et l’ensemble de la communauté universitaire.
Enfin, un autre projet, le “Pride Network Lead”, financé à hauteur de 250 000 euros et impliquant la Pologne, la Grèce, l’Espagne et l’Académie IRSEI de Palerme, a pour objectif de “créer, promouvoir et tester une nouvelle norme pour le rôle professionnel de “Pride Network Lead”, qui soutiendra l’inclusion des personnes LGBTQ+ dans l’environnement de travail et favorisera l’ouverture à la diversité et à l’inclusion au sein des organisations”.
Les jeunes doivent lire le catéchisme pour rencontrer Jésus et y trouver des réponses
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Voici une nouvelle qui est passée inaperçue dans les médias catholiques depuis le 22 janvier 2024: à présent, même le pape François défend l’étude du Catéchisme de l’Eglise Catholique!
Et il faut bien analyser ce qu’il dit en présentant la nouvelle version pour les jeunes appelée “Youcat”, entre autres:
- On lit le catéchisme pour se rapprocher de Jésus.
- Dans le catéchisme on trouve des réponses pour la vie chrétienne de tous les jours.
- La lecture du catéchisme permet de vivre l’expérience de la vie chrétienne
En fait le pape ne fait là que reprendre la tradition continue concernant les catéchismes depuis des siècles.
Tout cela était très clair pendant des siècles, mais malheureusement pendant plusieurs décennies depuis les années 1960 certains ont coupé le catéchisme de la rencontre avec Jésus et de l’expérience chrétienne. C’est ainsi qu’ils disaient que l’important c’est de rencontrer Jésus et que le travail intellectuel (étude du catéchisme, etc. ) n’était pas très important. Ils parlaient d'”expérience” en la coupant de la partie intellectuelle. Ils mettaient trop l’accent sur le questionnement en faisant passer les réponses pour des éléments étouffants… Cela s’est vu notamment dans certaines “communautés nouvelles” et cela a perturbé plusieurs générations de jeunes. Beaucoup de médias catholiques sont devenues aussi allergiques, ces dernières décennies, à tout ce qui rappelle le catéchisme, les dogmes, etc. C’est peut-être pour cela qu’elles ne présentent pas cette nouvelle. A présent les dégâts sont énormes et beaucoup d’adultes ne comprennent pas toujours, à cause de cela, pourquoi il est important de lire le catéchisme…
Enfin, cette période sombre concernant le catéchisme touche à sa fin. Les adultes doivent aussi lire le Catéchisme de l’Eglise Catholique dans sa version complète, du moins ceux qui ont pu faire des études poussées (lycée, collège suisse, gymnase, université, etc.).
Le Conseil d’Etat reconnaît à l’Église le droit de refuser l’effacement du registre des baptêmes
Dans une décision rendue vendredi 2 février, le Conseil d’État a rejeté la requête d’une personne demandant au diocèse d’Angers de retirer son nom du registre des baptêmes. Extrait de la décision :
[…]
7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que les registres des baptêmes tenus par l’Eglise catholique sont destinés à conserver la trace d’un événement qui, pour elle, constitue l’entrée dans la communauté chrétienne. Le baptême, qui est la condition requise par l’Eglise catholique pour accéder notamment au mariage, ne peut être reçu, selon la foi catholique et l’organisation interne propre à ce culte, qu’une seule fois dans la vie d’une personne, exigence à laquelle pourrait faire obstacle l’effacement définitif de l’enregistrement du baptême dans l’hypothèse où l’intéressé, après avoir obtenu cet effacement, souhaiterait réintégrer la communauté chrétienne et notamment se marier religieusement. La personne baptisée qui entend faire valoir sa volonté de renoncer à tout lien avec la religion catholique peut obtenir que soit apposée sur le registre des baptêmes une mention en ce sens. Il ressort également des pièces du dossier que les registres des baptêmes tenus par l’Eglise catholique sont des documents non dématérialisés, dont les données ne sont accessibles qu’aux intéressés pour les mentions qui les concernent, ainsi qu’aux ministres du culte et aux personnes oeuvrant sous leur autorité, aux seules fins du suivi du parcours religieux des personnes baptisées et de l’établissement éventuel d’actes ultérieurs dans le cadre de l’administration du culte catholique. Ces données ne sont pas accessibles à des tiers et les registres sont conservés dans un lieu clos, avant, au terme d’un délai de 120 ans, d’être versés aux archives historiques du diocèse.
8. Il résulte de ce qui précède que la mention de données personnelles sur le registre des baptêmes, relatives à l’état civil, à la filiation et aux coordonnées de la personne baptisée, qui trouve sa justification dans l’objet même de ce document, ne constitue pas un traitement illicite au regard des dispositions du d) du paragraphe 2 de l’article 9 du RGPD et que la conservation des données ainsi collectées durant une période ne s’achevant qu’après le décès de la personne concernée est nécessaire au regard des finalités de ce traitement. Il ne peut donc être fait droit à une demande d’effacement de ces données sur le fondement des dispositions des a) ou d) du paragraphe 1 de l’article 17 du RGPD. En outre, dès lors que la mention de ces données personnelles sur le registre des baptêmes n’est pas fondée sur le consentement de la personne baptisée au sens du a) du paragraphe 1 de l’article 6 de ce règlement, cité au point 5, notion reprise au a) du paragraphe 2 de l’article 9 du même texte, il ne peut davantage être fait droit à une demande d’effacement de ces données sur le fondement des dispositions du b) du paragraphe 1 de l’article 17 du RGPD relatives au retrait du consentement.
9. S’il résulte des dispositions combinées du c) du paragraphe 1 de l’article 17 et de celles du paragraphe 1 de l’article 21 du RGPD que la personne concernée a le droit d’obtenir du responsable du traitement l’effacement de données à caractère personnel la concernant lorsqu’elle s’oppose au traitement pour des raisons tenant à sa situation particulière, et qu’il n’existe pas de motif légitime impérieux pour le traitement prévalant sur ses intérêts et ses droits et libertés, l’intérêt qui s’attache, pour l’Eglise catholique, à la conservation des données personnelles relatives au baptême figurant dans le registre, doit être regardé comme un motif légitime impérieux, prévalant sur l’intérêt moral du demandeur à demander que ces données soient définitivement effacées, eu égard, d’une part, à l’objet du registre des baptêmes et aux conditions dans lesquelles il est susceptible d’être consulté, tels qu’exposés au point 7, ainsi que, d’autre part, à la faculté ouverte à toute personne baptisée de faire apposer sur le registre une mention faisant état de sa décision de renoncer à tout lien avec la religion catholique.
10. Il résulte de ce qui précède que la CNIL, dont la décision est suffisamment motivée, n’a pas entaché sa décision d’erreur de droit ni d’erreur d’appréciation en considérant qu’aucun des motifs d’effacement prévus par le paragraphe 1 de l’article 17 du RGPD ne trouvait à s’appliquer. En outre, si elle a fait état, dans les motifs de sa décision, d’une jurisprudence du juge judiciaire antérieure à l’entrée en vigueur du RGPD, elle ne saurait être regardée comme s’étant estimant liée par celle-ci, dès lors que, comme il a été indiqué, c’est en se fondant sur les dispositions du RGPD qu’elle a procédé à l’examen de la demande d’effacement formulée par M. B….
11. En second lieu, la CNIL n’a pas davantage entaché sa décision d’erreur de droit ni d’erreur d’appréciation en estimant que l’exercice du droit d’opposition prévu par l’article 21 du RGPD pouvait être satisfait, eu égard à la nature du registre des baptêmes tenu par l’Eglise catholique, par l’ajout d’une mention, en marge de ce registre, exprimant la volonté de l’intéressé de renoncer à tout lien avec l’Eglise catholique.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B… n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision du 2 décembre 2021 par laquelle la présidente de la CNIL a procédé à la clôture de sa plainte. Ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par suite, qu’être rejetées.
Dimanche de la Sexagésime
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Le semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : elle fut piétinée, et les oiseaux du ciel la mangèrent. … (Saint Luc 8)
Ce dimanche est le deuxième du temps de la Septuagésime, et l’on y retrouve les sentiments de ce temps : conscience de la gravité de nos péchés et du besoin que nous avons du Rédempteur. Mais les chants de ce dimanche de la Sexagésime expriment notre misère d’une façon intense, presque angoissée, particulièrement les trois premiers chants : Introït, Graduel et Trait, qui sont de grandes supplications collectives.
► Introït : Exsúrge
Le texte de l’Introït de ce dimanche de la sexagésime est extrait du psaume 44, dans lequel le peuple d’Israël commence par rappeler tous les bienfaits dont le Seigneur l’a comblé dans le passé, puis il y oppose la triste situation dans laquelle il se trouve présentement, se demandant si Dieu a oublié son peuple ou l’a rejeté à cause de ses fautes, et il se termine par cet appel suppliant :
Exsúrge, quare obdórmis Dómine
Levez-vous, pourquoi dormez-vous Seigneur ?Exsúrge, et ne repéllas in finem.
Levez-vous, et ne nous repoussez pas à jamais.
L’on songe bien sûr à l’Évangile de la tempête apaisée. Dieu semble dormir quand sa providence permet pour quelque temps que ses ennemis triomphent.
Puis le texte du psaume poursuit :
Quare fáciem tuam avértis, oblivísceris tribulatiónem nostram ?
Pourquoi détourner votre visage ? Oubliez-vous notre détresse ?Adhǽsit in terra venter noster exsúrge.
Notre ventre est collé à terre.Dómine, adjúva nos, et líbera nos.
Levez-vous Seigneur, secourez-nous et délivrez-nous.
La première phrase fait évidemment penser à l’Évangile de la tempête apaisée et à l’appel angoissé des apôtres à Notre Seigneur dormant dans la barque.
Il n’est pas besoin de souligner à quel point ce texte est d’actualité. La mélodie le suit pas à pas, en exprimant toutes les inflexions avec sobriété mais intensité. La première phrase monte progressivement du premier encore timide jusqu’au deuxième, plus appuyé, avant de redescendre avec une sorte d’accablement. Même courbe dans la deuxième phrase qui s’achève au grave avec le sombre : Nous sommes prostrés et ne pouvons nous relever. Puis le dernier s’élève, très dépouillé mais suppliant. Le verset est le début du psaume qui rappelle au Seigneur ses bienfaits passés.
Le verset est le début du psaume qui rappelle au Seigneur ses bienfaits passés.
Deus, áuribus nostris audívimus : patres nostri annuntiavérunt nobis.
Ô Dieu nous l’avons entendu de nos oreilles, nos pères nous l’ont raconté.
► Graduel : Sciant gentes
Comme celui de l’Introït, le texte du Graduel du dimanche de la Sexagésime est encore une prière collective. Il est tiré, ici, du psaume 82, dans lequel le peuple d’Israël lance un appel à la toute puissance divine pour qu’elle le délivre de ses ennemis, ceux qui refusent de reconnaître le seul vrai Dieu et de se soumettre à lui, ceux que le texte appelle, les nations païennes.
Sciant gentes quóniam nomen tibi Deus : tu solus Altíssimus super omnem terram.
Que les nations sachent que votre nom est Dieu, vous seul êtes le Très-Haut sur toute la terreDeus meus, pone illos ut rotam, et sicut stípulam ante fáciem venti.
Mon Dieu, faites-les tourner comme une roue, qu’ils soient emportés par le vent comme un fétu de paille.
Ces paroles s’appliquent particulièrement aujourd’hui à tous ceux qui veulent bâtir un monde sans Dieu et s’opposer à sa loi. Mais en ce temps de la Septuagésime, elles s’appliquent aussi aux ennemis de notre âme qui nous tiennent captifs du péché. Nous demandons au souffle de l’Esprit Saint de les balayer et de les emporter au loin. La mélodie est ample et solennelle avec de grandes vocalises. On remarquera surtout dans la deuxième partie, celle du mot qui s’élève dans l’aigu d’une façon exceptionnelle.
► Trait : Commovísti
Comme dimanche dernier, et comme il en sera ainsi jusqu’à Pâques, le Graduel du dimanche de la Sexagésime n’est pas suivi d’un Alléluia, mais d’un Trait, composé de plusieurs versets sur une psalmodie très ornée. Celui de ce dimanche comporte trois versets tirés du psaume 59. Comme ceux de l’Introït et du Graduel c’est une prière suppliante du peuple d’Israël envahi et persécuté par ses ennemis.
Commovísti, Dómine, terram, et conturbásti eam.
Seigneur, vous avez ébranlé la terre et vous l’avez bouleversée.Sana contritiónes ejus, quia mota est.
Guérissez ses blessures car elle est ébranlée.Ut fugiant a facie arcus, ut liberéntur elécti tui.
Que vos élus échappent aux traits de l’arc qu’ils soient délivrés !
Lorsque le texte de ce psaume parle de la terre, il s’agit du pays d’Israël et surtout de ses habitants. On peut dire de cette prière, comme de celle du Graduel, qu’elle s’applique tout à fait à la situation de l’Église et de notre pays, mais elle s’applique aussi à notre âme blessée par le péché dont nous supplions le Seigneur de nous délivrer. La mélodie est faite de formules habituelles aux Traits ; on en retrouve quelques-unes unes qui figuraient déjà dans celui de dimanche dernier, mais d’autres ont été choisies les plus développées et aussi, spécialement dans le deuxième verset, parmi les plus tourmentées.
► Offertoire : Pérfice
Les deux derniers chants du propre de la messe du dimanche de la Sexagésime, l’Offertoire et l’antienne de Communion, sont nettement différents des trois premiers. Nous n’y retrouverons plus les appels suppliants du peuple de Dieu dans sa détresse, ce sont au contraire des prières personnelles pleines de confiance.
Le texte de l’Offertoire est tiré du psaume 16, prière du juste, celui qui accomplit fidèlement la volonté de Dieu et fait valoir cette qualité pour obtenir d’être exaucé. En ce temps de la Septuagésime, même si nous nous efforçons d’être fidèles, nous prenons conscience de la fragilité de notre démarche et demandons au Seigneur qu’il nous soutienne dans cette voie.
Pérfice gressus meos in sémitis tuis, ut non moveántur vestígia mea
Affermissez mes pas dans vos sentiers afin que ma démarche ne soit pas ébranlée.Inclína aurem tuam, et exáudi verba mea : mirífica misericórdias tuas, qui salvos facis sperántes in te, Dómine.
Cette demande s’exprime par une mélodie très calme et contemplative, comme c’est souvent le cas des Offertoires, avec de nombreuses notes longues qui lui donnent un certain caractère d’immobilité marquant l’assurance du juste dans l’observation de la Loi de Dieu, mais elle est en même temps très expressive avec des accents bien soulignés.
► Communion : Introíbo
Comme l’Offertoire, l’antienne de Communion du dimanche de la Sexagésime est une prière personnelle, et non seulement on n’y retrouve pas la supplication et l’angoisse des premières pièces de la messe, mais cette petite antienne est même plutôt joyeuse. Le texte est bien connu puisqu’il est tiré du psaume 42 que le prêtre récite au début de la messe.
Introíbo ad altáre Dei, ad Deum qui lætíficat juventútem meam.
Je m’avancerai vers l’autel de Dieu, vers Dieu qui réjouit ma jeunesse.
Cependant, il ne faut pas s’y tromper, ce psaume 42, qui n’est d’ailleurs que la suite du psaume 41, est la prière d’un malheureux exilé au milieu d’un peuple impie. Il se souvient de Jérusalem et des magnifiques cérémonies du Temple qui faisaient sa joie dans sa jeunesse, et il aspire à les retrouver. De même en ce temps de la Septuagésime, et de façon générale au milieu du monde impie où nous nous trouvons, et du péché qui nous enserre, nous aspirons à retrouver la jeunesse spirituelle dans la patrie céleste. C’est cet espoir qu’exprime la mélodie de cette antienne, joyeuse et affirmative. Ainsi s’achève la belle progression des chants de ce dimanche, depuis les appels angoissés de l’Introït jusqu’à la confiance et l’espérance finale.
Une analyse de Fiducia Supplicans
Un Docteur en théologie nous adresse cette analyse de Fiducia Supplicans:
Fiducia supplicans présente de nombreux problèmes, intrinsèques et extrisèques.
Sur le plan intrinsèque
- La première difficulté est la confusion entre « couple » et « union ». Est-ce la même chose ? Le texte dispose-t-il de bénir les couples ou les unions ? Il manque de clarté. Est-ce la même chose de se présenter pour demander une bénédiction quand on est un jeune homme et une jeune femme qui envisagent vaguement de peut-être se marier un jour, des concubins qui entendent le rester, des divorcés engagés dans une autre relation ou deux homosexuels ? Dans quel cas est-on un « couple », une « union » ?
- Deuxième difficulté, aux n° 15 et 16. Dans les exemples scripturaires de bénédiction donnés, à aucun moment, un couple illégitime n’est béni dans ces exemples. Il n’est même pas dit que Pharaon est dans cette situation. Donc en déduire la bénédiction des couples irréguliers est un saut théologique non étayé. En revanche, une foule de péricopes ne « disent pas du bien » (c’est bien le sens de « bénédiction ») du tout de ces relations irrégulières : cf. Gn 19, 1-29 ; Ac 15, 20 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10; etc.
- Au contraire, le Christ ne bénit pas les unions illégitimes : 1) Il dit bien « Va et ne pêche plus » à la femme adultère (Jn 8, 11) et 2) pointe bien, avec délicatesse mais clairement, la situation de la Samaritaine (Jn 4, 17-18). 3) Et quant aux malédictions aux villes du Lac (Mt 11, 23), le fait qu’Il les juge dans une situation pire que Sodome, indique bien que celle de Sodome est mauvaise à ses yeux. Sinon, la comparaison avec les villes du Lac ne voudrait plus rien dire.
- Au n° 28, le fait que personne ne soit exclu d’une bénédiction s’il ne se repent pas n’est pas étayé. Pourquoi, alors, le Pape François a-t-il décidé d’excommunier les membres de la Mafia ? Ne doivent-ils pas plutôt être bénis même s’ils n’abandonnent pas leurs conduites criminelles ? Ils peuvent être très pieux à leur façon (cf. par exemple, le film La Vierge des tueurs).
- Et, de toute façon, l’exemple des personnes âgées n’apporte rien : le texte précise bien que c’est la personne âgée qui est bénie, quel rapport avec les couples irréguliers ?
- Au n° 31, on ne voit pas comment « les relations humaines puissent mûrir et grandir dans la fidélité au message de l’Evangile, se libérer de leurs imperfections et de leurs fragilités » sans y mettre fin, puisque ce sont les relations en question elles-mêmes qui sont problématiques. La prière est donc bien plus une demande de libération que de bénédiction. La prière de guérison intérieure, ça existe, ce n’est pas la bénédiction d’un couple.
- N° 36 : qu’est-ce qu’ un « acte semi-liturgique » ? Il est liturgique ou il ne l’est pas.
- N° 38 : là aussi, la distinction entre bénédiction liturgique et non-liturgique est fallacieuse. Bien sûr que des bénédictions se font sans rituel. Mais cela ne les différencie pas de celles avec rituel. Prenons l’exemple de la bénédiction des pèlerins. Il existe un rituel et, sur le Chemin de Compostelle, il est souvent utilisé pour bénir les pèlerins. Mais quand je pars de chez moi et que je demande au prêtre de me bénir, le prêtre n’a quasiment jamais le rituel sous la main. Il fait une bénédiction « non liturgique ». Pour autant, dans les deux cas, c’est toujours une bénédiction de pèlerin et le pèlerin est autant béni dans un cas que dans l’autre.
- Sur les 31 notes du texte, seules 4 ne sont pas issues de François ou de réponses aux dubia récentes. Moins de 13% du texte se réfère donc au Magistère de l’Eglise en dehors de celui de François. Valeurs actuelles du 4/1/24 peut donc à bon droit parler d’un magistère « auto-référencé » sans enracinement dans le dépôt de la foi transmis dans l’Enseignement de l’Eglise.
Sur le plan extrinsèque
- Les évêques de certains pays d’Afrique font savoir que bénir des « couples » (ou paires) homosexuels les mettrait en porte-à-faux avec la législation répressive de leur pays et Fernandez prétend le prendre en compte. Mais l’inverse est aussi vrai dans les pays occidentaux. Bien que présentée comme facultative, comment cette bénédiction pourrait-elle être refusée ? Le ministre qui la refuserait pourrait être poursuivi devant les juridictions profanes pour discrimination et il ne pourrait même plus se défendre en arguant l’interdiction de sa religion. On risque de voir les testings se multiplier pour piéger les prêtres. Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi est en train d’organiser la persécution de ses propres prêtres.
- A l’inverse, si on se met un peu à la place des couples irréguliers en question, le texte parait insultant. Il semble instituer une bénédiction en mode dégradé, au rabais, « en 10 secondes » (Fernandez). Ils peuvent se sentir fondés à réclamer une « vraie » bénédiction, « liturgique ». La seule réponse cohérente est de refuser de bénir la situation tout court en rappelant la Doctrine, pas de faire une bénédiction dégradée.
- L’impression peut même être donnée de réduire la bénédiction à un acte purement formel, vide de sens, qu’on peut « aménager » pour satisfaire au mieux le naïf qui y croit.
- Il est aussi curieux de voir surgir un texte qui fait fi des conclusions de 2 synodes (sur la synodalité et sur la famille), qui ont refusé explicitement les bénédictions des couples homosexuels, sans faire de distinctions spécieuses entre bénédictions « liturgiques » et « pastorales ». Un soupçon de cléricalisme et d’absence de synodalité en devient légitime.
- Enfin, on pourrait se rappeler qu’il est arrivé qu’un Pape signe un texte contraire à la foi catholique. Il s’agit d’Honorius Ier et de ses errements sur la double volonté du Christ (cf. https://reponses-catholiques.fr/un-pape-heretique/ pour un résumé du problème). Il semblerait bien qu’il s’agissait d’un compromis bancal qu’il aurait signé un peu trop vite, en se laissant abuser. Sans doute qu’une étude plus fine de Fiducia supplicans permettrait de discerner en quoi le Pape François a bien été fidèle au dépôt de la foi mais a validé un document de compromis dont les failles ne lui ont pas été clairement montrées.
Les Belles figures de l’Histoire : Saint Bernard, un moine bâtisseur
Aymeric Pourbaix reçoit le père Jean-François Thomas :
Déjà 100 investisseurs engagés ! Rejoignez l’aventure des Mères
« Une finance de visage à visage » qui allie sens et rendement. C’est ce que propose l’entreprise CredoLending, agrée et spécialisée dans le financement de projets Chrétiens au service du Bien Commun.
En ce début d’année 2024, l’équipe de CredoLending accompagne les Dominicaines enseignantes de Fanjeaux dans une levée de fonds de 3 M€ pour l’agrandissement du Cours Sainte Clotilde (78), établissement pour jeunes filles (maternelle à terminale) située entre Paris et Versailles qui connait un véritable succès (42% de Mentions Très Bien) !
Portées par le succès de leur enseignement, les religieuses souhaitent, aujourd’hui répondre aux fortes demandes d’inscriptions et augmenter leurs effectifs pour atteindre 220 élèves en construisant un nouveau bâtiment de 14 classes au cœur du parc du Château de Ternay, ancienne maison du dramaturge Sasha Guitry qu’elles ont rachetée en 2015.
Ce projet ambitieux de construction s’inscrit également dans une réhabilitation globale du parc de la propriété : plus de 132 arbres seront replantés !
La mission d’éducation des Dominicaines enseignantes de Fanjeaux a débuté en 1975 et n’a cessé de se développer depuis. En près de cinquante ans, les Dominicaines se développent et lancent 21 fondations dans 4 pays (France, États-Unis, Suisse, Allemagne). Elles sont aujourd’hui 257 sœurs, dont 23 novices, et accompagnent 2 577 élèves du Primaire au Secondaire.
Avec une réussite de 100% au baccalauréat, les élèves du Cours Sainte Clotilde (78) démontrent l’excellence, la rigueur et la qualité de l’enseignement dispensé par les Dominicaines. Leur mission est un dévouement de tous les instants pour le bien commun auquel vous pouvez participer.
CredoLending vous donne l’opportunité de devenir prêteur pour les mères enseignantes de Fanjeaux dans le cadre d’un prêt participatif rémunéré.
Le prêt sera remboursé par les ressources financières de leurs activités d’enseignement et par leur fonds de dotation Ad Lucem.
Souhaitez-vous accompagner les Mères dans ce projet et faire fructifier votre épargne au service de cette œuvre éducative ?
Pour s’informer et investir au profit de ce projet, cliquez ici :
https://www.credofunding.fr/fr/cours-sainte-clotilde-dominicaines-fanjeaux
Nous courons après quatre souverainetés perdues : industrielle, juridique, énergétique et agricole
Emission Face à Philippe de Villiers du 2 février :
Les tensions grandissent entre Paris et Moscou
Selon l’accord finalisé, l’Ukraine bénéficiera d’un soutien financier de 50 milliards d’euros de 2024 à 2027. Les versements annuels seront effectués, répondant ainsi aux exigences de la Hongrie, qui avait d’abord manifesté son opposition à l’octroi d’aide au gouvernement de Kiev. De cette somme, 17 milliards d’euros seront attribués sous forme de dons, et les 33 milliards d’euros restants seront accordés en prêts.
En même temps, on apprend que deux volontaires français d’une association protestante ont été tués et trois autres blessés par une frappe russe en Ukraine. L’attaque a eu lieu à Beryslav, près du Dniepr, où un drone a attaqué le groupe de volontaires en opération. Le communiqué de l’ONG suisse qui dispose d’une cinquantaine d’employés (Ukrainiens et expatriés) pour ses opérations dans le sud et l’est de l’Ukraine et dont le bureau principal est installé à Odessa, précise :
“Un groupe de collaboratrices et de collaborateurs a été attaqué (…) durant une intervention humanitaire. À cette occasion, deux des collègues estimés de l’équipe ont perdu la vie tragiquement et d’autres collaboratrices et collaborateurs ont été blessés”.
L’un des deux Français tués serait un agent de sécurité d’origine biélorusse et de nationalité française après avoir passé 15 ans dans la Légion étrangère (1996-2011) dont le 3e REI. Il serait d’ailleurs toujours domicilié à Calvi…
❗️Le Ministre français des Affaires étrangères a confirmé la mort de deux Français en Ukraine, qui seraient des travailleurs humanitaires. Trois autres ont été blessés, a-t-il précisé.
Plus tôt, Sergueï Lavrov avait déclaré lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU que… pic.twitter.com/xOvStMgOo8
— Brainless Partisans 🏴☠️☢️☣️🪆 (@BPartisans) February 2, 2024
Attaque au couteau à Paris gare de Lyon
Une attaque au couteau a eu lieu à la gare de Lyon ce samedi 3 février, aux alentours de 8 heures. Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues, et une personne a été interpellée.
Au moins trois personnes ont été blessées, dont l’une grièvement.
Selon les premiers éléments, l’homme est un homme originaire du Mali, né en 1992, qui a présenté aux policiers un permis de conduire italien.
Apprêtez-vous à découvrir la Saison 4 de THE CHOSEN pour Pâques
La Saison 3 de THE CHOSEN est sortie à Noël dernier en DVD (vous pouvez commander le coffret ici). Elle est également disponible sur Saje+. Saje travaille actuellement sur le doublage de la Saison 4. Voici la bande-annonce en français de cette nouvelle saison qui prend une tournure plus dramatique :
Le chef de l’État portugais oppose son veto à la loi sur l’identité de genre dans les écoles
Le Président de la République Marcelo Rebelo de Sousa a décidé de renvoyer au Parlement la loi qui permettait aux personnes de choisir un nom sans avoir à s’identifier comme homme ou femme. Il a également mis son veto à la loi sur les mesures à adopter par les écoles pour mettre en œuvre la loi établissant l’autodétermination de l’identité et de l’expression de genre.
En renvoyant cette loi au moment où le Parlement est dissous, Marcelo Rebelo de Sousa “renvoie” cette question à la prochaine législature.
Ce que l’on appelle désormais la “loi sur les toilettes” a également été repoussée à la prochaine législature. Le chef de l’Etat estime que le texte
“ne respecte pas suffisamment le rôle des parents, des tuteurs, des représentants légaux et des associations formées par eux, ni ne clarifie les différentes situations en fonction de l’âge”.
Le Président de la République renvoie ce sujet afin que la future Assemblée puisse
“envisager d’introduire plus de réalisme dans une matière où il ne sert à rien d’affirmer des principes qui se heurtent, par leur géométrie abstraite, aux personnes, aux familles et aux écoles au lieu de les gagner à leur cause, dans une école qui est de plus en plus multiculturelle dans le Portugal d’aujourd’hui”.
Monseigneur Guillibert et l’approbation des associations diocésaines par Pie XI
A l’occasion du centenaire de Maximam gravissimamque (18 janvier 1924), les Archives diocésaines du diocèse de Toulon reviennent sur la réception à Fréjus-Toulon de cette Encyclique approuvant les associations diocésaines que les évêques se voyaient désormais autorisés par Pie XI à créer dans leurs diocèses. Si Monseigneur Guillibert se réjouit de la pacification religieuse que permettait cet accord entre le Vatican et la République française, l’évêque de Fréjus sacré à Rome par saint Pie X en 1906, n’en restait pas moins prudent vis-à-vis d’un Etat se revendiquant toujours profondément laïc. Il avait d’ailleurs envoyé au Pape en décembre 1922 un mémoire confidentiel défavorable à l’option des associations diocèses alors en négociation avec la France. De même, Pie XI encourageant, sans les contraindre, les évêques à créer leurs associations diocésaines, celle de Fréjus-Toulon ne fut fondée qu’après la mort de Monseigneur Guillibert.
Emission Mémoire Diocésaine (RCF-Méditerranée) du 31 janvier 2024 sur la réception de l’Encyclique Maximam gravissimamque (18 janvier 1924) dans le diocèse de Fréjus-Toulon à travers les archives et périodiques diocésains
De la liberté religieuse : Vouloir que l’État moderne se soumette à l’ordre naturel n’est-il pas utopique ?
De l’abbé Claude Barthe à propos d’un ouvrage récent de François Huguenin :
Comment est-on passé dans l’Église du rejet de la liberté religieuse à son acceptation ? C’est le sujet de l’ouvrage de François Huguenin, La grande conversion. L’Église et la liberté de la Révolution à nos jours[1]. Brillante explicitation sur cinq cents pages d’un changement de cap. Peut-être que sa focalisation sur la liberté, sauf les pages consacrées à l’évolution de la question du salut, donne-t-elle l’impression que le retournement de Vatican II se réduit à ce point. En fait, l’adoption de la liberté religieuse s’intègre à un infléchissement de l’ecclésiologie consistant à voir hors de l’Église catholique des communautés surnaturelles secondes en quelque sorte. D’où l’œcuménisme, qui accorde une « communion imparfaite » aux séparés, le dialogue interreligieux fondé sur un « respect sincère » des autres religions, et la liberté religieuse qui rend obsolète l’idée d’un État défenseur de l’unique Église. Cet anti-exclusivisme est clairement d’inspiration libérale, via le protestantisme où chaque Église se considère comme la plus parfaite sans cependant prétendre s’identifier totalement à l’unique Église du Christ.
Vatican II et l’État catholique
Disons tout de suite que la virulence des débats sur la liberté religieuse lors de Vatican II s’explique par le fait que la doctrine subvertie était alors connue de tous et qu’elle animait encore, tant bien que mal, un certain nombre d’entités politiques, étatiques ou militantes. Réactiver ces débats aujourd’hui paraît en revanche lunaire, car il paraît désormais évident, dans le catholicisme postconciliaire, que les rapports du politique et du religieux ne peuvent avoir lieu qu’au sein de la laïcité des instances nationales et internationales.
Pour traiter donc de cette question de la liberté religieuse, qui relève du droit public de l’Église, il convient d’avoir à l’esprit ce qu’elle disait de la « constitution chrétienne des États » (Immortale Dei de Léon XIII du 1er novembre 1885). Son discours traditionnel sur les Cités politiques selon le droit naturel était à deux niveaux : il portait sur ces États qui, avant même la connaissance de la Révélation, avaient ou ont une pleine légitimité dans la mesure où ils tendent au « vivre bien » des citoyens, mais auxquels l’adhésion à l’Évangile confère un « baptême » qui souligne le caractère sacré du pouvoir de leurs magistrats (doctrine du Christ-Roi), et les oblige en retour à des obligations envers la vérité de la Révélation.
Certes, les Cités antiques ont rarement ressemblé à celle de Salente, dans Les aventures de Télémaque, et les princes ou chefs d’États chrétiens ont trop peu pratiqué une imitation de saint Louis, les chefs de guerre, de sainte Jeanne d’Arc, et les ministres des finances, de saint Éloi. Pour autant, en ce monde marqué par le péché, les principes élaborés par la tradition d’Aristote, et plus largement de la philosophie grecque, reprise par saint Thomas et toute la théologie subséquente, notamment des XVIIe et XVIIIe siècles, ne relèvent pas plus de l’utopie que l’énoncé des béatitudes. Gouverner sagement est l’idéal auquel devraient se conformer tous chefs de peuples, ce qui, dans le monde qui a reçu la Révélation, veut dire gouverner selon l’inspiration chrétienne, en tentant plus largement d’organiser une paix de Dieu entre les nations « baptisées ».
Cet idéal, aujourd’hui évacué, de chrétienté et dont le vide est comblé par un mondialisme humaniste, peut se comparer à la surélévation de cette institution naturelle qu’est le mariage à la dignité de sacrement. L’analogie étant imparfaite, car les Cités chrétiennes ne naissent pas, comme la société des époux, d’un acte sacramentel. Mais comme une famille devient chrétienne, ont été « baptisées » ces sociétés qui sont ontologiquement premières pour l’homme, animal politique, par la profession de foi de leurs peuples et de leurs magistrats. Chacune, sans être marquée par un caractère, est comme refondée par cette profession de foi, sans laquelle désormais elle n’est plus elle-même. Chrétienne reste la France, notre mère charnelle et spirituelle, terre de saints, couverte d’un manteau d’églises et de cathédrales, toujours fille aînée de l’Église, aussi défigurée qu’elle soit par le masque laïque dont on l’a affublée.
À l’encontre de cela, de manière apparemment annexe mais en réalité fondamentale, est venu le n. 2 de la déclaration Dignitatis humanæ de Vatican II : « Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. »
Que nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience en matière religieuse ne pose pas de problème. Rien, en effet, n’autorise à contraindre les consciences d’accepter la foi divinement révélée, tout simplement parce qu’un acte de foi ne peut être qu’un acte propre d’une âme surélevée par la grâce. L’Église a toujours enseigné que personne ne peut être « amené malgré lui à embrasser la foi catholique[2]. » Et bien évidemment, ne pose aucun problème, au contraire, l’affirmation que nul ne soit empêché d’exprimer la vérité chrétienne : cela relève en fait de la liberté de l’Église, à laquelle participe chaque catholique.
Ce qui fait difficulté est le droit d’agir en public selon sa conscience lorsque celle-ci est dans l’erreur. Autrement dit le droit de diffuser l’erreur au même titre que la vérité. Sans doute, bien avant Internet, les déviations morales, erreurs, hérésies, mensonges se répandaient dans toutes les sociétés chrétiennes. Mais elles étaient frappées, d’une manière ou d’une autre, censure, coaction, du sceau de l’illégitimité. Au reste, que l’erreur soit connue en même temps que contredite et combattue est assurément chose bonne et nécessaire : philosophie et théologie ont toujours vécu dans d’indispensables controverses. Mais pas plus que des parents chrétiens ne sauraient laisser accéder des doctrines erronées à l’esprit de leurs enfants à égalité avec celles leur apportant le pain de la vérité, pas davantage les magistrats d’une Cité faisant profession de catholicisme ne le doivent pour les citoyens dont ils ont la charge. Ils remplissent au mieux ce devoir en développant leur capacité critique de combattre les erreurs. Ce qui est, tout au contraire du laisser-faire laisser passer, une vraie manière de les traiter en adultes libres et forts.
Contre quoi vient l’affirmation découlant du n. 2 de Dignitatis humanæ qui veut qu’en toute hypothèse les hommes ne puissent jamais être empêchés par un pouvoir humain – et donc spécialement le pouvoir souverain de l’État – d’exprimer publiquement une erreur religieuse que leur dicte leur conscience erronée. La déclaration conciliaire précise que cette expression ne doit pas dépasser de « justes limites » (justes limites dont l’État déciderait qu’elles ont été franchies, par exemple, en Occident, par la polygamie, en Afrique par la sodomie, etc.), ce qui ne change rien au principe : un État qui fait profession de catholicisme ne peut plus interdire – frapper d’illégitimité – le culte public, l’expression et la diffusion publique d’erreurs contre la foi ou contre les mœurs.
L’obligation de permettre (ne pas empêcher) à égalité la diffusion paisible du vrai et du faux, qui pèse désormais sur l’État, revient à consacrer sa neutralité religieuse intrinsèque. Selon Dignitatis humanæ, même si l’État se disait catholique, il devrait tout de même accorder des droits identiques à toutes les religions. Ce que confirme le n. 6 de la déclaration, qui fait de l’État catholique, au même titre qu’un État anglican, luthérien, musulman, etc., une sorte de singularité dépassée: « Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent certains peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la Cité à une communauté religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et sauvegardé. »
De la sorte, Vatican II a écarté comme obsolète cette doctrine rappelée depuis la Révolution par le magistère pontifical avec une force comme désespérée : le pouvoir civil ne peut pas se montrer indifférent vis-à-vis de la vraie religion. Car, comme la famille, comme toute société naturelle, la Cité ne saurait être athée. Elle doit donc honorer et vénérer Dieu, ce qui, depuis la prédication de l’Évangile, pour les peuples qui l’ont entendue, se fait selon le culte rendu dans et par l’Église du Christ[3]. Par le fait, la puissance civile doit garantir à l’Église une pleine liberté pour remplir sa mission, liberté qui n’est autre que celle du Christ et de l’Évangile.
Tel est le principe, que son exception, la tolérance civile, fait mieux encore comprendre. On prend ici le terme de tolérance dans le sens classique et non dans celui de Locke[4] : tolérer c’est souffrir un mal, parce qu’on ne peut pas ou qu’on ne veut pas l’empêcher, car sa répression créerait de grands troubles, mais qui jamais, même par prescription, ne deviendra un bien. La tolérance civile est ainsi le fait de l’État vis-à-vis de divers maux qui peuvent se propager publiquement parmi les citoyens, spécialement en matière de doctrine religieuse ou morale. Le discours Ci riesce de Pie XII du 6 décembre 1953 (assez surréaliste au reste, dans la mesure où il traite de communautés internationales, de type ONU, UNESCO, censées aptes à se conformer au droit naturel) en contient une formulation précise : « « Dans le champ du monde, laissez croître la zizanie avec la bonne semence à cause du froment » (Mt 13, 24-30). Le devoir de réprimer les déviations morales et religieuses ne peut donc être une norme ultime d’action. Il doit être subordonné à des normes plus hautes et plus générales qui, dans certaines circonstances, permettent et même font apparaître comme le parti le meilleur celui de ne pas empêcher l’erreur, pour promouvoir un plus grand bien. […Ce qui se résume en deux principes :] Premièrement : ce qui ne répond pas à la vérité et à la loi morale n’a objectivement aucun droit à l’existence, ni à la propagande, ni à l’action. Deuxièmement : le fait de ne pas l’empêcher par le moyen des lois de l’État et de dispositions coercitives peut néanmoins se justifier dans l’intérêt d’un bien supérieur et plus vaste[5]. »
Un magistère pontifical de combat
François Huguenin décrit et commente les principaux actes du magistère pontifical depuis la Révolution opposés à la liberté, du moins selon son point de vue (il convient lui-même que Libertas de Léon XIII affirme au contraire que ce magistère est au service de la vraie liberté). La violence congénitale qui fut celle de la Révolution, avant même la Terreur, expliquerait largement la véhémence des condamnations, comme par exemple chez Grégoire XVI : « De cette source empoisonnée de l’indifférentisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire qu’on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience, erreur des plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l’Église et de l’État t, va se répandant de toutes parts, et que certains hommes, par un excès d’impudence, ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion[6]. » Excès oratoire ? Force est cependant de constater que ce discours décrit ce que nous avons sous les yeux près de deux cents ans après, à savoir les législations criminelles et contre-nature qu’en viennent à élaborer les sociétés libérales en leur dernier état de décomposition. En fait, la violence révolutionnaire radicale, destructrice de la Cité naturelle et chrétienne, avant d’être celle de la guillotine, a été incluse dans les Droits de l’Homme, qui font que le pouvoir n’émane plus de Dieu, comme l’affirme saint Paul (Rm 13, 1), car « le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation » (art. 3 de la Déclaration), et que la loi, « expression de la volonté générale » (art. 6), est par le fait décrochée de sa référence à la loi divine.
C’est d’ailleurs très justement que F. Huguenin insiste sur le fait que les textes pontificaux de condamnation de la liberté, ceux de Pie IX par exemple, ne visaient pas les libéraux extérieurs à l’Église, mais bien les libéraux catholiques ou proches du catholicisme, hommes modérés, comme Montalembert ou Tocqueville, dont le propos, tout mesuré qu’il ait été, n’en était pas moins une défense de la liberté moderne.
Ce que ne prennent pas en compte, en revanche, ni François Huguenin, ni ces catholiques libéraux (ni même, paradoxalement les papes d’avant Vatican II dans leur diplomatie de conciliation qui a semblé parfois prête à tout pour obtenir la liberté de culte, du sacre de Napoléon aux consignes de Ralliement), c’est la nature de l’État nouveau fondé sur ce que Léon XIII qualifie dans Immortale Dei de « droit nouveau », où « l’autorité publique n’est que la volonté du peuple, lequel, ne dépendant que de lui-même, est aussi le seul à se commander. » Ce « droit nouveau » est à ce point subversif du droit naturel que la catégorie classique de tyrannie, qui qualifie le gouvernement substituant un bien particulier au bien commun, n’est pas vraiment adaptée à cette situation complètement nouvelle créée par la Révolution, où les notions de « bien commun » et de « légitimité » en leur sens classique ne sont plus adéquates.
Le retournement est d’autant plus manifeste que l’État, auquel s’est substituée cette nouvelle forme de gouvernement des peuples, était chrétien. De sorte que l’État nouveau évacue tant la référence à la loi naturelle que la confession chrétienne qui soutenait et sacralisait cette référence. Confession catholique exclusive, dans le principe, de toute publicité donnée à l’erreur, même si le principe admettait de larges tolérances. La marque originelle de l’État moderne, fût-il tolérant vis-à-vis du catholicisme et professant une « laïcité positive », voire même intégrant encore dans sa législation un certain respect de l’ordre naturel en raison de l’état de l’opinion publique, est le rejet de principe de la souveraineté sans partage du Christ : « Nous ne voulons pas que celui-là règne sur nous » (Lc 19, 14). Rejet d’autant plus radical que l’ultramodernité a amené une seconde vague de sécularisation, qui a pour ainsi dire sécularisé la modernité elle-même en s’attaquant aux réalités naturelles qu’elle avait encore conservées mais en les réinterprétant à sa manière, État, nation, et même nature et raison.
La doctrine du Christ-Roi
François Huguenin évoque, mais sans lui donner l’importance considérable qu’elle a eu, l’encyclique Quas Primas de Pie XI du 11 décembre 1925, sur la royauté politique et institutionnelle du Christ. Au XXe siècle, elle a servi de référence pour la résistance contre l’État moderne et d’objet d’approfondissement théologique pour les dernières générations des tenants de la doctrine romaine contre-révolutionnaire.
Quas primas développait au fond une théologie politique christocentrique : les gouvernants tiennent leur pouvoir de Dieu (Rm 13, 1), lequel a remis toutes choses au Christ (1 Co 15, 27), si bien que, du point de vue civil, ils sont les représentants de Jésus-Christ, comme les évêques et le pape le sont du point de vue religieux. Dans la mesure, bien entendu, où ils servent le bien commun. Le pouvoir du Christ en son humanité sur tous les hommes et toutes les sociétés humaines, explique l’encyclique, est la conséquence de l’union de la nature humaine et de la nature divine du Christ dans la Personne du Verbe, l’union hypostatique, et est aussi la conséquence de sa conquête par sa mort sur la Croix des âmes de tous les hommes. De ce fait, princes et magistrats, dont l’autorité découle de celle du Christ Homme-Dieu et Rédempteur, sont revêtus d’un caractère christique qui fait prendre tout son sens au droit divin.
Ceci éclaire le fait qu’il existe une certaine analogie entre la notion de bien commun naturel et celle, d’ordre surnaturel qui se déploie dans la communion du Corps mystique. Ernst Kantorowicz, dans Les deux corps du Roi[7] relève que des relations réciproques entre Église et État permettaient au Moyen Âge des emprunts dans les symboles de l’un et l’autre pouvoir, faisant que le sacerdotium avait une allure impériale et le regnum un aspect religieux. Si bien que l’ensemble des citoyens était aussi désigné comme Corpus mysticum. En effet, même si la communauté constituant un État – fût-il l’empire chrétien – n’a pas les dimensions universelles de l’Église, elle est à son échelle et dans son ordre, un corps qui est blessé par les fautes civiques, injustices, rébellions des citoyens, comme il est enrichi par leur vertu. L’amitié qui lie les citoyens (comme la charité qui joint les membres de l’Église), fondement du patriotisme, a sa plus haute manifestation dans le sacrifice de sa vie pour le corps de l’État tout entier.
Cependant, il est souvent arrivé et il peut arriver, même après la diffusion de l’Évangile, que la majeure partie des citoyens et les gouvernants ne professent pas la foi catholique, ou bien ne connaissent pas le fait de la Révélation. Il reste à ce pouvoir civil non catholique à se conformer aux préceptes de la loi naturelle, que peut, dans l’idéal, lui rappeler l’Église, à laquelle il devait laisser pleine et entière liberté. On pense à l’attitude d’un certain nombre de pouvoirs païens vis-à-vis du catholicisme.
C’est en somme dans ce dernier contexte que se placent les développements du P. Louis-Marie de Blignières dans son article : « Le Christ-roi et la liberté religieuse. La royauté sociale du Christ, doctrine périmée ou pérenne ? »[8], où il explique que « si la loi divine requiert le principe d’une reconnaissance sociale et communautaire de la vraie religion, elle n’exige pas une expression particulière de cette reconnaissance (par exemple dans des constitutions écrites ou des concordats). Dans une société qui ne jouit pas de l’unité de croyance dans la foi catholique, la loi divine exige que les chrétiens (et les hommes de bonne volonté) aient le souci de travailler à ce que la société civile honore la loi naturelle et qu’elle donne à l’Église la possibilité de prêcher l’ordre surnaturel. » Il faut malheureusement considérer que nous ne sommes pas aujourd’hui dans une société païenne « classique », mais dans une société laïque, qui peut d’ailleurs éventuellement respecter encore certains préceptes de la loi naturelle[9].
La Note doctrinale sur certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 24 novembre 2002, représente bien la pensée romaine d’après Vatican II sur la démocratie moderne, qui n’intègre pas le fait qu’elle soit une société d’apostasie. D’une part, elle présente la laïcité et la non-confessionnalité de l’État comme des évidences : « La promotion en conscience du bien commun de la société politique n’a rien à voir avec le “confessionnalisme” ou l’intolérance religieuse » (n. 6). Et pourtant, d’autre part, elle voudrait que l’État démocratique respectât la morale naturelle : « Pour la doctrine morale catholique, la laïcité, comprise comme autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse et ecclésiastique – mais pas par rapport à la sphère morale [c’est nous qui soulignons] –, est une valeur acquise et reconnue par l’Église, et elle appartient au patrimoine de civilisation déjà atteint. » C’est postuler que la démocratie moderne est faite pour se soumettre à la loi naturelle (en fait à une partie de la loi naturelle, car le devoir pour l’État de rendre à Dieu est de droit naturel), ce que précisément cette démocratie ne fait qu’accidentellement. L’enseignement politique postconciliaire, au moins jusqu’au pape François, s’intègre au projet bien connu de la correction de l’effet (lutter contre les mauvaises lois morales), sans remonter à la cause (un autre type de légitimité qui ignore la loi de Dieu), dans la ligne des directives données par Léon XIII aux catholiques français les engageant à accepter le régime nouveau pour en corriger les lois[10].
L’effort inefficace de l’herméneutique de réforme dans la continuité
La pensée du P. de Blignières résume très justement la royauté sociale du Christ, comme « le rayonnement temporel de l’Incarnation ». Mais il se place sur une ligne de crête très ratzinguérienne. Selon lui la déclaration conciliaire sur la liberté religieuse ne contredit en rien la doctrine du Christ-Roi. Pourtant le caractère exclusif dans le principe – sous réserve, encore une fois, de toutes les tolérances possibles – du droit qu’ont ceux qui expriment la vérité et le bien moral à être librement diffusés dans l’espace public, est contredit par l’affirmation que nul ne peut être empêché d’agir en public, dans de justes limites, en conscience.
Dans son discours bien connu à la Curie du 22 décembre 2005, Benoît XVI distinguait comme on sait deux interprétations de la réforme conciliaire, « l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture », qu’il estimait néfaste, et « l’herméneutique de la réforme ou du renouveau dans la continuité », qu’il faisait sienne. Benoît XVI défendait, en somme, son interprétation du Concile sur deux fronts : contre l’interprétation « progressiste », mais aussi contre les opposants au Concile (la minorité conciliaire et les traditionalistes).
Et il donnait comme exemple Dignitatis humanæ : « Il fallait définir [lors du Concile] de façon nouvelle le rapport entre Église et État moderne », ce qui fut fait en adoptant « à travers le Décret sur la liberté religieuse un principe essentiel de l’État moderne. » Le pape évoquait les condamnations radicales du libéralisme par les papes qui avaient précédé Vatican II, mais, expliquait-il, ce libéralisme avait changé. Il n’était pas nécessairement antireligieux, car la science moderne était devenue plus modeste dans l’affirmation de sa capacité d’expliquer le monde. Du coup, la laïcité de l’État moderne, plus neutre qu’hostile si on veut, sur le modèle de l’État américain, était devenue plus acceptable. Des hommes d’État catholiques [comprendre les démocrates-chrétiens allemands et italiens des années 50 à 70 du XXe siècle] avaient démontré qu’il pouvait exister un État laïc, respectant l’éthique naturelle. Sauf, encore une fois, que la reconnaissance de Dieu et le culte devant lui être rendu par l’État en font aussi partie[11].
On peut de là, soit appuyer sur l’aspect de « réforme » de l’« herméneutique de réforme dans la continuité », soit appuyer sur son aspect de « continuité ». François Huguenin est dans le premier cas, soulignant que si Benoît XVI, dans ce discours, affirme que Dignitatis humanæ ne contredit pas la foi de l’Église (la déclaration conciliaire, dans son n. 1, rappelle en effet « la doctrine catholique traditionnelle au sujet du devoir moral de l’homme et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ »), il admet bien qu’« ont été corrigées certaines décisions historiques » des papes antérieurs.
Le P. Basile Valuet, à l’inverse, insiste sur la continuité de cette herméneutique avec sa thèse résumée dans : Le droit à la liberté religieuse dans la tradition de l’Église[12].François Huguenin épingle le P. Valuet, qui explique le fait qu’on soit passé de la tolérance pour la diffusion de l’erreur au droit à cette diffusion en affirmant que la liberté religieuse est un « droit à la tolérance ». Mais François Huguenin lui-même ne procède-t-il pas à un tour de passe-passe en affirmant que la liberté religieuse est une rupture sans en être une : non pas une rupture doctrinale, mais une rupture politique ? Car il faut selon lui distinguer « entre ce qui relève de la foi et ce qui relève de l’ethos, qui est le caractère, la manière d’être, l’ensemble des comportements habituels d’un individu ou d’un groupe ». Dignitatis humanæ « met en cause, non pas la foi de l’Église, identique et immuable, mais son rapport au politique, sa manière d’être vis-à-vis du pouvoir civil, sa manière d’envisager les relations entre celui-ci et les individus[13]. » Solution qui peut sembler un artifice, mais qui reprend au fond sur un autre mode plus ou moins superposable, la distinction de Jean XXIII puis de Vatican II lui-même entre enseignement dogmatique et enseignement pastoral.
Sauf que les papes d’avant disaient expressément qu’ils parlaient doctrinalement des liens entre politique et religieux. Ainsi, Léon XIII dans Immortale Dei : « La première de toutes [les facilités que l’État doit fournir aux citoyens pour aller vers leur fin] consiste à faire respecter la sainte et inviolable observance de la religion, dont les devoirs unissent l’homme à Dieu. […] Dans sa Lettre-Encyclique Mirari vos, du 15 août 1832, Grégoire XVI, avec une grande autorité doctrinale [c’est nous qui soulignons], a repoussé ce que l’on avançait dès lors, qu’en fait de religion, il n’y a pas de choix à faire : que chacun ne relève que de sa conscience et peut, en outre, publier ce qu’il pense. »
* * *
Le fait est que la Cité chrétienne a disparu de la surface de la terre et toute réflexion sur son rétablissement, fût-il très lointain, paraît relever de l’utopie. D’autant que le catholicisme lui-même est devenu comme étranger au monde contemporain.
Mais vouloir que l’État moderne se soumette à l’ordre naturel n’est-il pas aussi utopique ? On s’accordera sur le fait que si cette société est un désordre institutionnalisé, le chrétien qui y est immergé, tout en organisant une survie religieuse et familiale, en même temps qu’une transmission, peut chercher avec prudence à peser sur certains leviers sociaux, politiques. Mais on s’accordera aussi sur le fait que vouloir la fin du désordre relève d’un changement de nature et pas seulement de degré dans l’ordre des choses.
D’ailleurs, une déstabilisation du désordre établi peut bien advenir plus rapidement qu’on ne le pense, du seul fait que la désintégration de l’ordre naturel, économique, social, familial, auquel s’emploie systématiquement la société politique moderne, est par elle-même suicidaire. Ce qui ne veut pas dire qu’un effondrement général toujours possible engendrera comme par miracle une sortie des régimes modernes. Si l’Église divine a besoin des hommes, notamment de pasteurs dignes de ce nom, à combien plus forte raison la Cité des hommes a-t-elle besoin d’hommes pour la relever et la conduire. Peut-être d’ailleurs que la Cité des hommes a elle aussi besoin préalablement d’évêques pour la sortir d’un coma prolongé, tout comme à l’époque de l’effondrement de l’empire romain, mais d’une tout autre manière. En cela aussi, ne faut-il pas espérer contre toute espérance ?
Abbé Claude Barthe
[1] Cerf, 2023.
[2] Pie XII, Mystici Corporis.
[3] « C’est un devoir [rendre culte à l’unique vrai Dieu] qui oblige en premier lieu les hommes pris en particulier, mais c’est aussi un devoir collectif de toute la communauté humaine basée sur des liens sociaux réciproques, parce qu’elle aussi dépend de l’autorité suprême de Dieu » (Pie XII, Mediator Dei).
[4] Dans sa Lettre sur la tolérance, John Locke dégage l’État de tout devoir religieux, sauf celui d’assurer la liberté à toutes les religions, et aussi de réprouver l’athéisme (et le catholicisme !). Cette conception de la tolérance a largement été adoptée par le catholicisme américain. Son influence, représentée à Vatican II par celle du théologien jésuite John Courtney Murray, a été considérable.
[5] Dans tout ce qui est dit ici de l’État, on pourrait donner de nombreuses références dans le magistère pontificat de Pie VI à Pie XII. C’est volontairement que nous indiquons les derniers témoignages sur cette doctrine.
[6] Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832.
[7] Gallimard, 1989.
[8] Claves, 24 décembre 2023, Le Christ roi et la liberté religieuse – Claves.
[9] Voire y être forcée par la rue, ce qui est rarissime, comme lors du retrait de la loi Savary, restreignant la liberté des écoles catholiques, en 1984.
[10] Léon XIII, Au milieu des sollicitudes, du 16 février 1892.
[11] Le Catéchisme de l’Église catholique, au n. 2105, parle bien du devoir pour les hommes et les sociétés de rendre à Dieu « un culte authentique » à l’égard de « la vraie religion et de l’unique Église du Christ » (DH 1). Mais le contenu du flacon ne répond pas à l’étiquette. Le CEC baptise « culte » l’évangélisation par laquelle peut être obtenue une imprégnation d’esprit chrétien des institutions : « En évangélisant sans cesse les hommes, l’Église travaille à ce qu’ils puissent « pénétrer d’esprit chrétien les mentalités et les mœurs, les lois et les structures de la communauté où ils vivent » (Apostolicam actuositatem, n. 10). Le devoir social des chrétiens est de respecter et d’éveiller en chaque homme l’amour du vrai et du bien. Il leur demande de faire connaître le culte de l’unique vraie religion qui subsiste dans l’Église catholique et apostolique (cf. DH 1). […] L’Église manifeste ainsi la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines. »
[12] Éditions Sainte-Madeleine, 2005.
[13] La grande conversion, op. cit., pp. 377 et 378.
[1] Le présent article est simultanément publié sur les sites de L’Homme nouveau et de Res Novæ.
La plante de l’abbaye de Maylis, aussi fameuse que mystérieuse
Peut-être connaissez-vous ou avez-vous déjà lu quelques lignes sur l’abbaye de Maylis dans les Landes… Mais avez-vous déjà entendu parler de leur fameuse “tisane de Maylis” ? Les moines cultivent en effet sur place une plante étonnante, depuis 1959, qu’ils transforment notamment en tisane pour profiter de ses bienfaits. Mais quels sont-ils ? Quelle est l’histoire de cette plante ? Montez avec Divine Box, direction les Landes, pour découvrir tout ça !
L’abbaye de Maylis en 1 minute
C’est dans les Landes que se déroule l’histoire de l’abbaye de Maylis. Au cœur de la Chalosse, un sanctuaire marial se dresse en effet ici depuis le XIVe siècle ! Au fil du temps, le lieu a connu plusieurs guerres de Religion puis la Révolution française en 1789. Le lieu est alors mis à sac, puis laissé à l’abandon jusqu’en 1857, date à laquelle une communauté de prêtres a décidé de s’y installer pour y donner un nouveau souffle !
Puis, en 1946, la communauté de Tourtarel déménage pour s’installer définitivement à Maylis. Le monastère s’élèvera très vite au rang d’abbaye, en 1948. C’est le début d’un nouveau rayonnement pour le sanctuaire !
Actuellement, une dizaine de moines vit à l’abbaye de Maylis et suit donc la règle de saint Benoît : prie et travaille (« Ora et labora »). Petite subtilité : ils sont “olivétains”, l’une des trois grandes congrégations bénédictines (avec Solesmes et Subiaco-Mont-Cassin), et ont donc un habit blanc ! Ils chantent sept offices quotidiennement, dont un premier (les Vigiles) qui commence à 5h20 du matin. Et entre temps ces temps de prière en communauté, les moines travaillent de leurs mains pour subvenir à leurs besoin, notamment en produisant de la cire (pour meubles et parquets) et de la tisane dépurative !

Les bénédictins olivétains de Maylis en pleine Messe © Divine Box
Une plante merveilleuse !
La plante de Maylis, ou “Lépidium Latifolium” (nom scientifique), est en réalité déjà connue depuis bien longtemps. Sainte Hildegarde en parlait notamment en ces termes élogieux au XIIe siècle : « ce qu’il contient d’aigre et d’amer n’attaque pas l’homme à l’intérieur, mais le guérit. Un homme qui a un cœur faible et un estomac malade mangera le Lepidium cru et il le fortifiera. De même, celui qui est triste retrouvera sa joie. Si on le mange, il guérit les yeux et les rend limpides ». Rien que ça !
A Maylis en tout cas, tout commence en 1952 : « dans votre enclos, il y a une fortune » annonce alors un vieil homme de passage chez les moines. Après des discussions, la communauté se décide finalement à cultiver cette plante, apparemment anodine. Et quelques années plus tard, la plante va faire parler d’elle : en 1958, un ami du monastère parle au père Emmanuel de douleurs aiguës provoquées par des coliques néphrétiques. Le frère prépare alors une décoction à base de la plante à son ami. Celui-ci est guéri deux jours après. Le Père Emmanuel aimait plaisanter à ce sujet : « Depuis ce jour, je crois en deux choses : en Dieu bien sûr, et en la plante de Maylis ! ». Et c’est donc depuis 1959 que les moines de Maylis commercialisent la plante !
Côté fabrication, les moines font tout à la main, de la plantation jusqu’au triage, en passant par le repiquage, la récolte et le séchage. La marque MONASTIC, présente sur les emballages, certifie d’ailleurs cette authenticité monastique. Seul le conditionnement est réalisé en partie par un ESAT employant des personnes en situation de handicap.

Frère B. en plein repiquage de la plante de Maylis © Divine Box
Les nombreux bienfaits de la tisane de Maylis
La tisane de Maylis n’est pas tant réputée pour son goût, mais plutôt pour ses nombreuses vertus drainantes et détoxifiantes. Elle participe en effet au bon fonctionnement digestif (intestins), biliaire (foie), rénal (reins) et urinaire. Les frères aiment aussi rappeler que la plante possède des propriétés bénéfiques pour la peau, aide à éliminer l’acide urique (déchets du corps humain) et soulage les courbatures.
Pourtant, ironie du sort, impossible de justifier les vertus de la plante grâce à des analyses ! « Nous avons tenté à plusieurs reprises de faire des analyses de la composition de la plante, mais à chaque fois, un événement s’est produit qui nous en a empêché » explique frère J. avec amusement…
En tisane ou en gélules, la plante de Maylis peut se prendre tout au long de l’année, mais elle est recommandée en particulier pendant l’hiver, ou lors des changements de saison, au printemps et à l’automne. Pour une cure de tisane de Maylis de 18 jours, prendre une tasse par jour pendant les trois premiers jours de la cure, puis trois tasses par jour pendant quinze jours. Si besoin, cliquez ici pour lire le guide d’utilisation de la plante de Maylis.

La plante de Maylis existe aussi en gélules © Abbaye de Maylis
En savoir plus
Pour trouver la tisane et les autres produits de l’abbaye de Maylis (comme la cire du Bénédit et la cire du père Fulgence), vous pouvez vous rendre sur place et en profiter pour passer le bonjour aux moines et partager un office avec eux ! Voici leur adresse : Abbaye Notre-Dame, 455 avenue Chalosse, 40250 Maylis. Sinon vous pouvez retrouver en ligne les produits de l’abbaye de Maylis chez Divine Box.
“Aucune vie n’est trop frêle, trop insignifiante pour être ignorée dans le plan du salut par son Créateur et Sauveur.”
Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, prononcée ce matin :
Chers Frères et Sœurs,
Mes très chers Fils,
C’est le 2 février 1997 qu’à l’initiative de saint JeanPaul II, eut lieu la première Journée de la vie consacrée, à la suite notamment de l’exhortation apostolique post-synodale Vita consecrata publiée en la fête de l’Annonciation, le 25 mars, un an plus tôt. Le Pape polonais assignait à cette journée un triple but :
- remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée qui enrichit et réjouit l’Église,
- faire mieux connaître et apprécier cette vie, mémoire vivante du Fils appartenant totalement au Père,
- inviter les personnes consacrées à célébrer les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles, à réfléchir sur le don reçu, à découvrir, dans un regard de foi toujours plus pur, le rayonnement de la beauté divine diffusé par l’Esprit dans leur forme de vie, et à prendre conscience de leur mission incomparable dans l’Église pour la vie du monde.
En choisissant ce jour, le saint Pape ne faisait qu’institutionnaliser un usage, vieux déjà de plusieurs décennies ; des religieux et religieuses se rassemblant traditionnellement autour du pape et
des évêques en ce jour. Citons un peu longuement le message du Pape à l’occasion de cette première journée :
Dans la scène évangélique est révélé le mystère de Jésus, le Consacré du Père, venu dans le monde pour accomplir sa volonté. (cf He 10,5-7) Le vieillard Syméon le proclame “Lumière pour éclairer les nations païennes”, et par ses paroles prophétiques, annonce l’offrande plénière de Jésus à son Père, et sa victoire finale. (cf Lc 2, 32-35) Marie, la Mère de Jésus, s’associe par le même mouvement d’oblation à la présentation du Christ. Une fois encore est manifestée l’union permanente du Fils et de sa Mère dans leur offrande unique et totale pour le salut du monde.
La Présentation de Jésus au temple est une éloquente icône du don total de soi pour tous ceux qui ont été appelés à reproduire dans l’Église et dans le monde, par les conseils évangéliques, “les traits caractéristiques de Jésus chaste, pauvre et obéissant.” (Vita consecrata 1) La Vierge Marie qui porte Jésus au temple et l’offre au Seigneur, exprime très bien l’attitude de l’Église qui continue d’offrir ses fils et ses filles au Père et les associe à l’unique oblation du Christ, cause et modèle de toute consécration dans l’Église. (Message du 6 janvier 1997)
Dans la pensée du Saint-Père, le consacré conduit sa vie à l’image du Christ, le Consacré du Père. Il se place dans les mains de l’Église, qui offre cette vie au Père et l’associe à l’unique
oblation du Christ. La fête de ce jour nous renvoie au jour de l’Annonciation, au Fiat prononcé par la Vierge Marie et qui est l’icône de chacun de nos propres Fiat. Dans un monde où la lutte semble le meilleur moyen d’affirmer son existence, il n’est plus évident de consentir au Oui libérateur ; au Oui qui ouvre à la communion avec Celui qui est source de la vraie vie. Les paroles d’Élisabeth à Marie lors de la Visitation prennent une clarté nouvelle :
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. (Lc 1,45)
Le premier acte de l’âme consacrée est de croire, de consentir au plan de Dieu sur sa vie et d’accepter de donner radicalement celle-ci.
Du cœur offert de Marie naît un cantique dont l’Église s’est souvenu et qu’elle redit chaque jour à la fin de l’office des vêpres : le Magnificat. Oui, Dieu se penche sur chaque vie offerte et fait des merveilles pour chacun de ses serviteurs. L’épisode de la Présentation au Temple repris dans son ensemble, ne fait que confirmer cela. Alors que Joseph et Marie s’approchent du Temple pour obéir au rite imposé par la loi, voici qu’un vieillard du nom de Syméon, et qu’une femme prophète, Anne, viennent à eux ; rencontre improbable au milieu d’une foule d’anonymes, rencontre nécessaire à l’accomplissement d’une promesse. Syméon avait en effet « reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. » (Lc 2,26) Dieu est toujours fidèle.
Au moment où notre pays se prépare à légiférer sur l’avortement et sur l’euthanasie, soulignons comment Dieu se penche sur deux vieillards qui consacrent leur vie autour du Temple, le lieu
de la rencontre avec Dieu, le lieu de l’offrande et le lieu de la bénédiction. N’oublions pas que c’est un enfant qui les convoque en ce lieu. Aucune vie n’est trop frêle, trop insignifiante pour
être ignorée dans le plan du salut par son Créateur et Sauveur.
Mais quelle est la première des merveilles que Dieu fait à l’âme consacrée, si ce n’est le don de sa vie, le don de l’Esprit ? Ainsi l’ange Gabriel commence-t-il par annoncer à Zacharie au
sujet de Jean-Baptiste : « Il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère. » (Lc 1,15) Il salue ensuite Marie comme la « comblée de grâce » et reconnaît : « Le Seigneur est avec toi ».
À Marie qui l’interroge sur sa conception, il répond : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » (Lc 1,35) Lors de la Visitation, Élisabeth, elle
aussi, est remplie de l’Esprit-Saint après que l’enfant a tressailli en elle. (Lc 1,41) C’est rempli de l’Esprit-Saint que Zacharie prononce les paroles prophétiques du Benedictus. (Lc 1,67)
Syméon était de ces âmes. Il « attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. » (Lc 2,25) Sous l’action de ce même Esprit, il vint au Temple. (Lc 2,27) C’est enfin sous la motion
de l’Esprit qu’il prophétise :
Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. (Lc 2,34-35)
Anne prophétise également, proclamant les louanges de Dieu et parlant de l’Enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. (cf Lc 2,38)
Mais l’appel reçu par Syméon et Anne à venir à la rencontre du Seigneur, ne s’adresse pas, encore aujourd’hui, qu’aux seuls religieux. C’est toute âme, et en particulier toute âme baptisée,
qui est appelée à se mettre en route vers son Seigneur. Nulle âme ne ressortira indemne de la rencontre, de l’accueil de son Seigneur.
Implorons par l’intercession de Marie pour les communautés religieuses le don de vocations ; demandons au Seigneur la grâce de la persévérance dans la fidélité pour les consacrés, afin que le Benedictus et le Magnificat continuent de retentir à travers des vies totalement données, et que la grâce de Dieu rayonne sur le monde. Amen.
L’extrême gauche tente d’agresser le Syndicat de la famille à Marseille
A l’appel de divers lobbies LGBTXYZ et d’élus dont deux adjoints au maire, Sophie Roques, adjointe au maire de Marseille chargée de l’état civil, et Théo Challande Névoret, adjoint au maire de Marseille en charge notamment de la lutte contre les discriminations, une centaine de voyous ont manifesté à Marseille contre Ludovine de La Rochère, venue faire une conférence sur « Le wokisme, un danger pour la famille ? ».
C’est la violence qui primait : ils aspergeaient de farine et de bière les personnes qui osaient vouloir entrer et les insultaient. Sous le regard bienveillant de la police.
Vous affichez la “démocratie” comme votre valeur cardinale sur votre profil X… mais vos paroles et vos actes sont l’exact contraire.
Tout comme votre “lutte contre les discriminations” qui vous conduit à insulter, exclure, discriminer. https://t.co/4qGcq4DlGv
— Le Syndicat de la Famille (@SyndicatFamille) February 2, 2024
Ludovine de La Rochère n’a pas froid aux yeux :
«Je ne céderai pas face à cette pression inacceptable».
«Nous avons déjà éprouvé des difficultés et reçu des insultes par le passé. Mais c’est la première fois qu’il y a des élus municipaux et des partis politiques qui déclarent que ma venue est indue». «On sait bien que c’est le fait d’une minorité agissante, qui refuse tout dialogue et toute forme de liberté d’expression. Toutes ces organisations sont absolument intolérantes. Je crois que c’est l’une de leurs caractéristiques».
Vers un “permis de tuer” constitutionnel
Communiqué de Cécile Edel, présidente de Choisir la vie :
C’est une nouvelle date à marquer d’une pierre noire, dans la chronologie mortifère du droit français à l’avortement. Le 30 janvier, l’Assemblée Nationale a approuvé en première lecture l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution française.
Les termes votés sont ceux de “Liberté garantie” pour les femmes d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse. Elles sont déjà plus de 230 000 à y avoir recours chaque année en France, où ce “droit” s’est déployé à la faveur de nombreux textes législatifs, toujours plus Permissifs.
Les débats sur ce nouveau projet sont nombreux, tant sur le plan éthique que sur le plan du Droit stricto sensu. La pertinence d’une telle mention dans la constitution est d’ailleurs largement contestée.
Fidèle à ses convictions et aux principes qui sous-tendent son action, l’association Choisir la Vie, veut souligner la plus grave des transgressions éthiques que cet examen de loi annonce.
La Liberté d’éliminer un être humain garantie par la Constitution.
Malgré toutes les souffrances de tant de femmes et la violence d’une telle vérité, il est de notre devoir de ne pas la nier. Il ne s’agit pas ici de condamner mais de chercher à éviter que notre pays s’enfonce dans cette voie mortifère et autodestructrice.
L’idéologie dominante nie contre toutes les évidences scientifiques et empiriques que l’embryon et le foetus sont déjà des vies humaines. Le législateur s’apprête donc purement et simplement à inscrire la liberté de tuer les plus fragiles de nos semblables dans la Constitution.
Que dire de plus, sinon que ce droit de vie ou de mort serait un terrible “contresens constitutionnel”, révélateur du lâche consentement de nos élites diligentes, enfermés dans une idéologie dont les déploiements sont purement et simplement totalitaires.
Le texte doit encore être adopté dans les mêmes termes au Sénat, avant la réunion d’un Congrès pour entériner la réforme constitutionnelle.
