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« Dégagez, on n’entend pas si la police arrive. Vous nous empêchez de travailler »

Mercredi 22 mai, dans le cadre d’une animation proposée par un centre d’action sociale, un trio de chanteurs devait jouer dans le quartier du Blosne à Rennes. Ils ont été expulsés par les dealers, qui jugeaient que la musique pouvait empêcher les guetteurs d’entendre les policiers arriver. Douce France :

« D’habitude, c’est plutôt la police qui nous demande de partir. Mais de la part de dealers, c’est la première fois ». « Une animation musicale autour des langues. On devait jouer quelques morceaux. »

« Ils nous ont insultés et menacés. Ils ne voulaient pas que l’on reste là. L’un d’eux nous a dit : « dégagez, on n’entend pas si la police arrive. Vous nous empêchez de travailler ». » « C’est vraiment la première fois que ça nous arrive et pourtant on a l’habitude de jouer dans la rue. »

« Nous avons alors décidé d’aller jouer près de la station de métro Triangle. Mais en arrivant sur place, on s’est rendu compte qu’il y avait aussi des dealers. Alors nous sommes allés les voir et on leur a demandé si on pouvait jouer là. Eux étaient d’accord. C’est quand même hallucinant comme situation. »

La prison en France, c’est le Club Med

Quelques jours après la mort de deux agents pénitentiaires tués au cours d’une attaque de leur fourgon au péage d’Incarville (Eure), on apprend que des détenus du centre pénitentiaire de Toul (Meurthe-et-Moselle) sont invités le 27 juin à visiter le château de Versailles et à déjeuner dans les jardins.

Très remontés contre cette décision, les syndicats de police expriment leur mécontentement et demandent l’annulation immédiate de cette sortie.

Tony Vallée, le secrétaire départemental du syndicat Un1té, déclare :

«Ce n’est vraiment pas le bon moment». «Le trajet entre la prison et Versailles est long de 350 kilomètres et il faut sécuriser tout le convoi». « Est-ce que c’est vraiment nécessaire de faire 350 kilomètres pour un pique-nique ? »

Ailleurs, des détenus sont invités à faire du surf :

Mohamed Amra, recherché depuis son évasion, bénéficiait aussi de conditions très favorables en détention. Il avait notamment en sa possession un téléphone portable, une chicha et pouvait aussi se faire livrer colis et nourriture. Le tout, en restant en contact avec son réseau. Depuis sa cellule, Mohamed Amra aurait alors été amené à commanditer des enlèvements et séquestrations avec demande de rançon et des extorsions. En novembre 2022, il aurait aussi tenté d’acheter des armes de guerre depuis sa cellule ainsi que des fusils d’assaut « tirant en mode rafale » qu’il négociait au prix de 6.000 euros pièce.

L’encadrement de « l’aide à mourir » est illusoire

L’Assemblée nationale débattra dans l’hémicycle à partir du 27 mai du projet de loi sur la fin de vie, à partir d’un texte profondément remanié par les 70 députés de la commission parlementaire spéciale, qui ouvre considérablement le champ de la loi, en faisant sauter plusieurs critères qui en bornaient l’application. La présidente de la commission, l’ex-ministre de la Santé Agnès Firmin-Le Bodo, a fait part publiquement de ses désaccords. 3412 amendements ont été déposés.

Après débat et vote à l’Assemblée, le texte sera examiné par le Sénat. Le sénateur LR de Vendée, Bruno Retailleau, est interrogé dans Le Point :

Comment réagissez-vous au texte sorti de la commission spéciale de l’Assemblée nationale ?

Tous les cadres ont sauté. Je ne suis pas surpris. J’ai toujours dit que l’encadrement de « l’aide à mourir » était illusoire. En cinq jours, cette commission spéciale a accompli une trajectoire que la Belgique avait mis vingt-deux ans à effectuer, et le Canada huit ans. C’est la démonstration de ce que je dénonce, avec d’autres, depuis le début : à partir du moment où l’on épouse la logique du droit à mourir, les engrenages s’enclenchent et la machine des « droits à » s’emballe pour aller toujours plus loin, franchir toujours plus de limites. C’est ce qui s’est passé.

Le texte va être soumis à un débat parlementaire en hémicycle. Ce n’est pas donc pas celui-ci qui sortira tel quel de l’Assemblée…

Je n’en sais rien. Ce que je sais, en revanche, c’est que, depuis le départ, Emmanuel Macron a fixé une trajectoire en masquant ses intentions. On a biaisé le débat, en tordant les mots, au point de ne pas parler d’euthanasie et de suicide assisté alors que c’est bien cela dont il s’agit. C’est d’une hypocrisie absolue : cachez ces mots que je ne saurais voir ! Quant à la « fraternité » évoquée par Emmanuel Macron, nous sommes dans l’exact inverse. Être fraternel, ce n’est pas donner la mort, mais donner la main, c’est adopter une éthique de la vulnérabilité pour aider les plus fragiles jusqu’au bout, pas les abandonner, seuls, devant une alternative radicale. Un tel texte, s’il est adopté, conduira les plus vulnérables à se poser cette question insupportable : suis-je un fardeau pour mon entourage, pour la société ? Ce serait l’expression d’un individualisme poussé à son extrême limite, où les liens ultimes sont abolis.

Le texte initial prévoyait des verrous pour cantonner le champ d’application du texte. Beaucoup ont sauté en commission spéciale, mais il sera toujours possible de les rétablir…

Il faut évidemment mener le combat. Et je veux saluer nos courageux députés qui, dans cette commission, n’ont rien lâché. Mais les « verrous » dont vous parlez n’en étaient pas, en réalité. Car le but de ce texte n’est pas tant d’abréger les souffrances, ce qui était déjà l’objet de la loi Claeys-Leonetti, mais d’aller un cran plus loin dans la logique progressiste de la revendication prométhéenne d’émancipation. Dans cette perspective, tout garde-fou est perçu comme une restriction, un obstacle à la liberté personnelle qu’il convient d’éliminer. Le seul intérêt que je perçois dans cette commission est qu’elle nous a permis de voir en accéléré ce qui pourrait se passer si un tel texte était adopté, à savoir un enclenchement mécanique inexorable. C’est ce qui s’est passé en Belgique, aux Pays-Bas, au Canada. Au départ, on parle de maladie en phase terminale ; à l’arrivée, on passe à des maladies incurables. Au départ, on cantonne aux adultes ; à l’arrivée, on intègre les enfants. Au départ, seuls les malades disposant de leurs capacités de discernement sont concernés ; à l’arrivée, le droit est ouvert aux handicapés. Dans tous les pays qui ont autorisé simultanément le suicide assisté et l’euthanasie, le second finit par prendre le pas sur le premier. Quant à intégrer dans un même texte les soins palliatifs et l’euthanasie, la pente descendra naturellement vers cette dernière, tellement plus simple, tellement moins chère également. Il existe un « Quality of Death Index » qui mesure la qualité du bien mourir dans chaque pays, et qui montre qu’on meure toujours moins bien dans les pays qui autorisent l’euthanasie. Dans ce classement, la Belgique a été rétrogradée entre 2015 et 2021 de 21 places, et le Canada de 11 places.

La Cour des comptes a souligné que 400 personnes par jour meurent sans soulagement nécessaire en France, que 22 départements ne disposent pas d’unités de soins palliatifs. C’est un vrai scandale.

Même si l’enveloppe allouée est très en deçà des besoins, selon les praticiens, le texte prévoit de développer les soins palliatifs…

Mais il n’y a pas besoin d’une loi pour cela ! Tout est déjà prévu par un texte de 1999. Ce qui manque, surtout, ce sont les moyens. De nouveaux moyens, pas une nouvelle loi : c’est ce que demande une majorité de soignants dans les services concernés. Pourquoi ne sont-ils pas écoutés ? La Cour des comptes a souligné que 400 personnes par jour meurent sans soulagement nécessaire en France, que 22 départements ne disposent pas d’unités de soins palliatifs. C’est un vrai scandale. Alors même que la plus grande crainte des Français, qui motive leur position sur la fin de vie, c’est la souffrance. Tous les spécialistes le disent : quand la souffrance physique et psychologique est apaisée, la demande de mort recule toujours. Le volet sur les soins palliatifs dans ce projet est donc un alibi pour faire passer la pilule. On se donne bonne conscience. Emmanuel Macron est le président qui aura été le plus loin sur le plan sociétal, en promouvant la constitutionnalisation de l’IVG, la PMA pour toutes, et maintenant l’euthanasie. Les dirigeants qui échouent à améliorer le quotidien des Français se réfugient toujours dans le sociétal.

Dans les détails, que reprochez-vous au texte qui sera présenté dans l’hémicycle ?

Ce qui s’est passé dans cette commission spéciale de l’Assemblée nationale est très grave. Dans le texte initial, l’euthanasie n’était autorisée qu’en cas d’impossibilité physique de se donner soi-même la mort. Ce critère a sauté. Désormais, donc, l’euthanasie est une option parmi d’autres, au même niveau que le suicide assisté. Pis, l’euthanasie devient un soin, car elle entre dans le Code de la santé publique. On fait disparaître aussi la notion de « pronostic vital engagé » ; après la commission spéciale, on passe à la notion de phase terminale avancée. Résultat, comme je le soulignais précédemment, on élargit considérablement le périmètre des maladies éligibles, en l’étendant aux maladies dégénératives, aux cancers métastasés. Et les députés veulent créer un délit d’entrave à l’aide à mourir puni de 15 000 euros d’amende. Un anesthésiste qui, demain, réanime quelqu’un qui a souhaité mettre fin à ses jours pourra-t-il être accusé de délit d’entrave ? Tout comme les bénévoles d’associations qui accompagnent des personnes en fin de vie ? Nous sommes dans une rupture anthropologique. Le Conseil d’État avait ainsi mis en garde le gouvernement début avril en disant que ce projet de loi introduisait une double rupture. D’une part, parce qu’il inscrit la fin de vie dans un horizon qui n’est plus celui de la mort imminente. D’autre part, parce qu’il autorise pour la première fois un acte dont l’intention est de donner la mort. Si ce texte est adopté, il sera plus facile de demander la mort que d’accéder à des soins pour être accompagné et soulagé. C’est une conception de la médecine qui aura des répercussions très graves sur l’idée que nous nous faisons de la dignité humaine et, pour le coup, de la fraternité que nous devons aux plus fragiles d’entre nous.

La majorité sénatoriale que vous conduisez fera-t-elle rempart contre le texte ?

Conformément à sa tradition, le Sénat n’examinera pas ce texte sous un biais idéologique, mais en rappelant que derrière la satisfaction de revendications individuelles, nous sommes face à un nouveau projet de société. Chacun a bien évidemment son intime conviction, et je pense pour ma part justement que, dans ces domaines si délicats et si fondamentaux, la loi doit avoir la sagesse de ne pas vouloir prétendre régenter tout ce qui relève de l’intime. La frontière entre la vie est la mort est une zone grise, une zone mystérieuse et parfois difficilement discernable, qu’il faut savoir préserver.

Une proposition de loi pour « encadrer » les transitions de genre chez les mineurs

Le 22 mai, la proposition de loi portée par la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio (LR) visant à encadrer les transitions de genre chez les mineurs a été largement remaniée lors de son examen devant la commission des affaires sociales du Sénat, avant d’être adoptée. Le texte, inspiré des conclusions d’un groupe de travail composé uniquement de sénateurs Les Républicains qui ont publié un rapport de 340 pages, fruit de 67 auditions, sera examiné en séance publique le 28 mai.

Qualifié d’« offensive transphobe » par la gauche et plusieurs associations, le texte envisageait dans sa version initiale d’interdire le recours aux bloqueurs de puberté et les interventions chirurgicales de changement de genre pour les mineurs.

Il prévoit désormais que les bloqueurs de puberté puissent être prescrits au sein de « centres de référence pluridisciplinaires » listés par arrêté et après un suivi médical d’une durée d’au moins deux ans. Il exige également la « vérification par l’équipe médicale de l’absence de contre-indication », ainsi que de « la capacité de discernement du patient ». Des modifications proposées par le sénateur LR Alain Milon qui assure que

« cela permettra aux familles confrontées à ce syndrome de pouvoir avoir à disposition des équipes pluridisciplinaires spécialisées dans le diagnostic et le traitement ». « La nature a horreur du vide. Et rien n’interdit actuellement de pratiquer des chirurgies de réassignations de genre sur des mineurs. En attendant les recommandations de Haute Autorité de Santé (HAS) nous avons besoin d’adopter une loi forte mais avec beaucoup de tolérance, maintenant ».

Les recommandations du groupe de travail mis en place par la Haute Autorité de Santé devraient être présentées dans les mois qui viennent.

L’interdiction des traitements hormonaux et des interventions chirurgicales de changement de genre est, elle, conservée au même titre que l’article 2 qui fixe les sanctions pénales. La violation de ces interdictions pourra entraîner une peine de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, ainsi qu’une peine complémentaire d’interdiction d’exercer pendant dix ans « au plus ».

Malgré les modifications adoptées par la commission, la gauche a continué à manifester sa vive opposition au texte. Les sénateurs de ce bord politique envisagent de déposer une motion de rejet préalable en séance publique.

Source : Gènéthique

Les Français sont fiers de leur identité

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

Le résultat est sans appel. A l’issue d’une large enquête d’opinion publiée début mai, le sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro atteste que les Français sont fiers de leur identité. Ils sont 91 % à se sentir en priorité français contre 8 % européen. Certes, en cas de guerre, un sondé sur deux se déclare prêt à s’engager dans l’armée mais malgré la repentance coutumière à laquelle sont serinées les jeunes générations, et la culture du “nobordisme”, force est de reconnaître que le sentiment de priorité nationale n’a pas dit son dernier mot. Les Français se reconnaissent… Français. Mieux encore, ils aiment leur pays.

Ode amoureuse à la France

En 2022, dans sa comédie Irréductible, Jérôme Commandeur filmait Gérard Depardieu dans un faux JT. Face à Anne-Sophie Lapix, celui qui était encore le Gégé national laissait libre cours à sa mélancolie française dans une scène devenue virale sur les réseaux sociaux :

 « La France est le plus beau royaume après celui du ciel. La France me manque douloureusement comme une part de moi-même. Et vous savez ce qui me manque le plus ? Les odeurs. Ce qui me manque, c’est l’odeur du foin à Châteauroux quand j’étais gamin. Le crottin de cheval bien chaud déposé sur un petit chemin de Normandie. Le petit noir dans une tasse mal lavée au comptoir d’un bouge dans le XIXe à Paris. La France, c’est des pétards qui éclatent les tympans des dames au bal du 14 juillet. C’est une deux-chevaux qui tousse sur un goudron brûlant dans les Cévennes. Les cigales, les marcassins, les goélands. Des petits vieux qui discutent sur un banc en Corse. La France elle est partout. »

Oui, la France est partout, pour qui veut bien se donner la peine de la voir, pour qui a la chance de l’avoir reçue. Un paysage, une mélodie, un héros, un monument. « La France, mère des arts, des armes et des lois » écrivait du Bellay. La France, c’est Clovis et saint Louis, Cyrano et Surcouf, la marquise de Sévigné et Madame Elisabeth, Louis Pasteur et Marie Curie. La France, c’est l’impertinence d’un Clément Marot sous François 1er et celle d’un Coluche sous Mitterrand. C’est Brassens et Sardou, comme elle fut autrefois chansons de gestes et chœurs grégoriens. C’est un salon Louis XV et celui, aujourd’hui, de l’Agriculture. C’est la présentation de la Beauce à Notre-Dame, mise en vers par Péguy et celle d’un nouveau-né à sa famille, mise en poème par Hugo.

La France, c’est un mas provençal, un refuge alpin, un phare armoricain. L’accueil du Nord, la bravoure du Béarn, la joie de la Bourgogne, la douceur angevine. Ce sont les moutons rouges du Roussillon, les cochons culs noir Limousin ou les chèvres de fossés de la Manche.

Alors je cherche et je trouverai, cette France qui me manque tant

Mais aimer la France, cela s’apprend. On apprend à la découvrir. On s’émerveille de l’observer. On ne se lasse pas de la savourer. On pleure ses morts et on honore ses héros, les mères de famille comme les pères de la patrie. Blanche de Castille et Anne de Bretagne. Le chevalier Bayard et le colonel Beltrame. Oui, Gégé avait raison : la France est partout.

Lors d’un récent passage en région parisienne, je goûtais mon bonheur de parrain en emmenant mon filleul de neuf ans dans le parc France Miniature. Situé aux portes des Yvelines, sur un espace de cinq hectares aménagé en forme de carte de France, le parc donne à voir les principaux monuments et sites français, reproduits en miniature à l’échelle 1/30e (117 édifices en tout !). Le soleil était radieux et l’atmosphère engageante. Après une déambulation en Savoie, une escapade sur le port de Saint-Tropez, nous remontions tranquillement vers le Centre sans manquer la gare de Limoges. Situés alors au cœur du parc, bénéficiant tous deux d’une vue à 360°, nous ne voyions émerger de la végétation et des parterres de fleurs qui nous entouraient, que des monuments remplis d’histoire et de prière. Châteaux de Vaux-le Vicomte et de Pompadour, de Chambord et de Versailles, l’abbaye de Sénanque et celle de Fontgombault, la Cathédrale d’Orléans et la basilique de Vézelay. Nous étions doucement cernés par des châteaux et des églises, des donjons et des clochers. Posant ma main sur l’épaule de mon filleul, je balayais cet horizon hexagonal et lui soufflais : « Tu vois Alban, c’est cela la France : les cathédrales et les châteaux, l’Eglise et les Rois. » D’un regard espiègle, il acquiesça, évidemment. Pour ajouter cependant sitôt : « Et la noblesse aussi ! » Avec la spontanéité que lui donnait son jeune âge et l’assurance que lui conférait sa naissance.

Le mot seul me frappa. Il n’avait pas dit « les nobles », il avait dit « la noblesse ». Plus qu’une classe sociale, il avait désigné de ses bientôt dix ans une qualité morale, une attitude spécifique. Celle qui donne à l’expression des choses, à la tenue du cœur, au maintien à table, à l’attitude de l’âme, à la façon de s’exprimer une dimension toute particulière. L’ambition et l’exigence. L’ordre et la discipline. Le dévouement et la franchise. L’élégance et la prévenance. La noblesse oblige dit-on, et en cela elle avait, bien entendu, façonné la France.

« On a volé la France aux Français, depuis qu’on leur a mis dans la tête que la France était uniquement l’œuvre de l’Etat, non la leur, que le seul devoir des bons Français était de faciliter la tâche de l’Etat » écrivait déjà Bernanos dans son journal Les enfants humiliés. A l’heure de TikTok et de la culture rap, la noblesse voilà ce qui sans aucun doute donnerait de nouvelles lettres à la France et la possibilité de réconcilier ses enfants avec son histoire. Ceux qui ont charge des destinées du pays seraient bien inspirés de se rendre à France Miniature et d’y puiser de quoi apprendre à voir la France en grand. Et à la transmettre.

Les revendications du Syndicat de la famille pour les Européennes

En vue des élections européennes de juin 2024, Le Syndicat de La Famille fait connaître aux candidats les revendications suivantes pour la législature 2024-2029. Elles concernent la natalité/démographie, l’éducation, la protection des mineurs, l’exploitation reproductive (GPA) et le respect de la subsidiarité.

Démographie :

Dans son rapport 2020 sur la démographie, la Commission européenne a acté la baisse de la natalité. Mais elle n’a établi aucune ligne directrice pour l’avenir de la démographie européenne. L’Union a pourtant les moyens d’encourager les Etats à agir pour le redressement démographique et ce, en respectant le principe de subsidiarité.

 Le Parlement a un rôle majeur pour que la Commission engage des initiatives législatives concrètes, telles que :

1.  Améliorer les données Eurostat relatives au taux de fertilité, à la composition des foyers et à l’espérance de vie afin de fournir une vue claire et actuelle de la situation démographique dans les États membres.

2.  Établir un classement annuel des États membres selon le principe de la Méthode ouverte de coordination : les politiques familiales nationales seront comparées afin d’évaluer leur impact en termes de progrès ou de régression de la natalité.

3.  Congé de maternité : clarifier l’article 8 de la directive 92/85/CEE du 19 octobre 1992 et augmenter à 16 semaines la durée minimale de congé de maternité recommandée par l’UE.

4.  Congé parental : augmenter nettement la durée minimale recommandée par l’UE, qui est de 4 mois seulement.

5.  Valoriser l’éducation des enfants : reconnaitre et chiffrer la valeur non-marchande de l’activité des parents qui diminuent ou cessent leur activité professionnelle pour élever leur(s) enfant(s), que ce soit la mère ou le père.

6.  Valoriser la solidarité familiale : reconnaitre et chiffrer la valeur non-marchande l’activité des proches aidants.

7.  Faciliter le travail à temps partiel librement choisi.

8.  Agir effectivement pour la fin du harcèlement maternel, conformément à la résolution 2018/2055(INI) du Parlement européen du 11 septembre 2018, afin que les femmes puissent réaliser leur désir d’enfant sans subir ni pression ni conséquences négatives dans leur vie professionnelle.

Éducation :

Les parents ont le droit d’éduquer et d’instruire leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques. Mais l’Union européenne prend des positions et légifère sans respecter ce droit, notamment par ses recommandations en matière d’éducation sexuelle. Elle doit revoir ses pratiques :

9.  Légiférer pour faire respecter l’âge, l’intimité et l’éducation reçue à la maison par les mineurs dans le cadre de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle faite à l’école.

Protection des mineurs :

L’Europe doit protéger les mineurs, conformément à l’article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

Or, volontairement ou involontairement, les mineurs sont confrontés de plus en plus jeunes et fréquemment à des contenu inappropriés en ligne, notamment sur les réseaux sociaux : pornographie, banalisation de la transition sexuelle, violences diverses, harcèlement sexuel, emprise sectaire.

L’Union européenne doit notamment :

10.  Obliger les sites internet de contenu « adultes » à ouvrir leur accès au moyen d’une pièce d’identité attestant de l’âge. C’est techniquement sans difficulté aujourd’hui.

11.  En ce qui concerne les hormones sexuelles utilisées comme bloqueurs de puberté et pour des « réassignations sexuelles », faire respecter l’obligation de suivre les indications correspondant aux autorisations de mises sur le marché, quitte à interdire explicitement ces molécules pour les mineurs hors des indications prévues.

12.  Interdire les actes de chirurgie de « réassignation sexuelle » pour les mineurs, y compris la double mastectomie chez la jeune fille.

Exploitation reproductive :

L’Union européenne, signataire de la Convention d’Istanbul, s’est engagée à lutter contre les violences faites aux femmes.

 La gestation pour autrui (GPA), qui constitue une exploitation reproductive de la femme, a été condamnée plusieurs fois par le Parlement européen. La lutte est néanmoins largement insuffisante comme l’atteste la pratique décomplexée de la Grèce et de Chypre.

L’Union européenne doit assurer une lutte contre toutes formes de GPA, l’exploitation de la femme ne pouvant être ni « encadrée », ni « éthique ». A cette fin :

13.  Reconnaître officiellement toutes formes d’exploitation reproductives comme trafic international d’êtres humains, suivant les recommandations du Parlement européen.

14.  Conformément à l’article 83 § 1 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne, qui concerne les domaines de criminalité particulièrement grave revêtant une dimension transfrontière, adopter une directive établissant des sanctions communes minimales pour les intermédiaires et commanditaires agissant dans le cadre de l’exploitation reproductive.

15.  Soutenir la Déclaration de Casablanca pour l’abolition universelle de la gestation pour autrui.[1]

16.  Décider que l’Union européenne quitte et dénonce le groupe de travail « Filiation/Gestation pour autrui » de la Conférence de La Haye.

18.  Conformément à la Convention d’Oviedo, protéger par une directive les produits issus du corps humain et abandonner le règlement « SoHO », visant à autoriser et réguler le trafic et la commercialisation des produits du corps humain.

Subsidiarité :

Le principe de subsidiarité en matière de droit de la famille s’impose à l’Union européenne du fait des traités établissant ses compétences et celles des États membres. Dans les faits, cette répartition n’est pas toujours respectée.

 L’Union européenne doit viser :

18.  Le respect de la subsidiarité en matière de droit de la famille.

19.  L’arrêt de toutes tentatives visant à imposer aux États un changement de leur droit de la famille.

20.  Le renoncement au « Certificat européen de filiation », non respectueux du principe de subsidiarité et consistant à imposer la reconnaissance de facto de la PMA sans père et de la GPA.

Libération, le journal qui sent les années 70 ?

Quand Libération a besoin d’une image qui sente les années 70… C’est que Libération sent les années 70. Cette vidéo raconte le making-of d’une photo du journal Libération, choisie pour figurer en illustration d’un article sur le pèlerinage de Chartres 2024 de Notre-Dame de Chrétienté.

Si la photo sent les années 70, c’est parce qu’elle a été réalisée selon les moyens des années 70…

Citation :

Après trois jours de marche sous le soleil et la pluie, dans la brume, la boue et les chemins de terre, je me retrouve sur le parvis de la cathédrale de Chartres. Il y a un homme, avec un appareil photo à la main. L’appareil est très rudimentaire, argentique, pas même reflex, avec un viseur sur le côté. Et puis le lendemain, je découvre cet article de Libération, et en illustration de cet article, je vois cette photo…

I-Média – Le succès croissant du pèlerinage de Chartres

Cette semaine dans « I-Média », Jean-Yves Le Gallou et Lucas Chancerelle reviennent dans l’image de la semaine sur le succès croissant du pèlerinage de Chartres, avec le retour à la Foi et la Tradition.

Le dossier du jour est consacré aux différentes thèses possibles pour expliquer la situation en Nouvelle-Calédonie.

Les pastilles de l’info abordent :

  1. Carton rouge : Mandat d’arrêt contre Netanyahou, le loupé de l’AFP
  2. L’idiot du village global : Le petit Duhamel vs Sébastien Chenu (RN)
  3. Décryptage : Agression antisémite, le deux poids deux mesures médiatique
  4. Ça décoiffe : Foot et homophobie ?

Pour conclure, le portrait piquant du jour en partenariat avec l’OJIM est consacré à Benjamin Duhamel, un journaliste qui fait les choses en famille…

Conflits d’intérêt à la HAS: demande de modification du groupe de travail « Parcours de transition des personnes transgenres »

L’association Juristes pour l’enfance demande à la Haute Autorité de Santé la modification du groupe de travail « Parcours de transition des personnes transgenres » :

En 2021, le Ministère des Solidarités et de la santé a confié à la Haute Autorité de Santé (HAS) l’élaboration des recommandations de bonnes pratiques professionnelles concernant l’organisation des parcours de transition médicale pour la prise en charge des personnes « transgenres », dès l’âge de 16 ans.

Le Tribunal Administratif de Montreuil, le 20 février 2024, a ordonné à la HAS la communication de la composition du groupe de travail à Juristes pour l’enfance (décision ICI).

En raison du refus de la HAS d’exécuter ce jugement, Juristes pour l’enfance a dû déduire la composition actuelle probable de ce groupe à partir des informations disponibles sur le site gouvernemental

La liste du site comprend 28 membres : l’examen des profils conduit à craindre que vingt-et-un membres sur les vingt-huit recensés, soit l’immense majorité des membres du groupe de travail, présentent :

  • soit une situation de potentiels conflits d’intérêts,
  • soit un parcours militant permettant de mettre en doute leur neutralité, leur impartialité et leur objectivité.

Le groupe de travail, dans sa globalité, apparaît ainsi particulièrement orienté vers la seule approche trans-affirmative dans la prise en charge des mineurs, et les autres courants scientifiques, particulièrement l’approche prudentielle, semblent en être absents.

Il est temps que le groupe de travail de la HAS reflète la diversité des opinions scientifiques et médicales dans un souci d’objectivité, compte-tenu des récents apports en faveur de l’approche prudentielle que constituent :

  • le rapport du Sénat « La transidentification des mineurs » du 20 mars 2024,
  • le rapport final anglais du Dr Hilary Cass d’avril 2024,
  • la déclaration de la Société européenne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (ESCAP) du 27 avril 2024 prescrivant notamment de ne pas recourir en dehors du milieu de la recherche à des interventions expérimentales aux effets potentiellement irréversibles, ou aux conséquences à long terme inconnues » et appelant à ne pas promouvoir des traitements expérimentaux et inutilement invasifs ayant des effets psychosociaux non prouvés,

Juristes pour l’enfance demande en conséquence à la HAS de modifier la composition du groupe de travail ainsi que celle du groupe de lecture afin d’y inclure l’ensemble des courants scientifiques concernés et d’obtenir ainsi une approche objective et scientifiquement équilibrée, concernant la prise en charge des mineurs de 16 et 17 ans.

L’association demande également que soient examinées soigneusement les situations éventuelles de conflit d’intérêt et que soient écartés les membres qui seraient placés dans une telle situation.

L’ARCOM a encore frappé

CNews vient d’être condamnée par l’Arcom à 50.000 euros d’amendes pour des propos de tenus par Geoffroy Lejeune le 28 septembre 2023 dans « L’Heure des Pros », de « nature à encourager à des comportements discriminatoires ». Le directeur de la rédaction du « Journal du dimanche » avait déclaré en direct que

« la cause de l’antisémitisme (…) comme une partie du trafic de drogues, comme la surpopulation carcérale comme l’abaya comme tout ça » était « la conséquence de l’immigration arabo-musulmane.

Selon l’Arcom,

« Ces propos n’ont fait l’objet d’aucune réaction de la part des autres personnes présentes en plateau ».

Normal puisqu’ils sont justes.

Selon une enquête Ifop/Fondapol 2014, p.21 – « Les musulmans sont deux à trois fois plus nombreux que la moyenne [nationale] à partager des préjugés contre les Juifs. »

Les noms des 10 plus gros trafiquants de drogue en France ne sonnent pas vraiment français.

Marie-France Garaud RIP

Marie-France Garaud, née le 6 mars 1934 est morte le 22 mai 2024 . Elle fut une avocate, haut fonctionnaire et femme politique française. De 1969 à 1974, avec Pierre Juillet, elle est une conseillère du président Georges Pompidou.

Soutien du jeune Jacques Chirac, elle rédige en 1978 l’appel de Cochin contre la droite pro-européenne incarnée par l’Union pour la démocratie française (UDF). Tous deux quittent l’entourage de Jacques Chirac après l’échec relatif du RPR aux élections européennes de 1979. Elle se présente à l’élection présidentielle de 1981, où elle obtient 1,33 % des voix. L’année suivante, elle fonde et prend la présidence de l’Institut international de géopolitique (IIG). Élue sur les listes du Rassemblement pour la France, elle est députée européenne de 1999 à 2004.

Elle est très critique envers Jacques Chirac après l’avoir soutenu. Elle aurait dit : « Je pensais que Jacques Chirac était du marbre dont on fait les statues, il est en fait de la faïence dont on fait les bidets », allusion à Bernadette Chirac, artisane de son éviction et fille de Jean-Louis Chodron de Courcel, le directeur commercial des Émaux de Briare.

Elle jugeait non démocratique le Traité constitutionnel européen rejeté en 2005 et imposé en 2008.

« Elle est tout sauf démocratique. Une Constitution garantit contre l’arbitraire, en assurant à la fois la séparation des pouvoirs et leur contrôle. Celle-ci prolonge l’actuelle confusion et laisse un Parlement européen sans pouvoir réel face à un exécutif puissant et largement irresponsable, centré sur la Commission. »

 

Elle vote pour Marine Le Pen en 2017.

Elle militait en faveur du rétablissement de la peine de mort.

Le jeune italien Carlo Acutis va être canonisé

Le Dicastère pour la cause des saints a présenté un certain nombre de décrets reconnaissant des miracles attribués à des bienheureux.

Un miracle a été attribué à l’intercession du bienheureux Carlo Acutis, laïc italien né en 1991 et décédé en 2006 des suites d’une leucémie.  Passionné d’informatique, il a été surnommé le « geek de Dieu ». Le jour de sa canonisation devrait être annoncé lors d’un prochain consistoire.

Les pèlerins de Chartres avaient justement Carlo Acutis comme saint patron de la journée du lundi.

« Ami pèlerin, sais-tu quelle est ta destinée ? »

Voici l’homélie prononcée par le père Augustin-Marie Aubry, prieur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, le dimanche de Pentecôte devant les milliers de pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté ainsi que les téléspectateurs de CNews :

Venez, Saint-Esprit, envoyez du Ciel
un rayon de votre lumière
pour éclairer nos âmes
sur le mystère de notre destinée !

À vous tous qui êtes au pied de l’autel, à vous tous pèlerins non marcheurs du chapitre des Anges gardiens, à vous tous qui suivez à distance cette messe de Pentecôte du pèlerinage de Chartres, je pose cette question :

Ami pèlerin, sais-tu quelle est ta destinée ?

En partant de Paris hier matin, nous connaissions notre destination : Notre-Dame de Chartres. Et nous savions qu’il nous faudrait marcher, sans nous égarer ni nous décourager, pour atteindre le but. Notre pèlerinage de trois jours est une métaphore de la vie humaine.

La Cité sainte

Le but de notre marche, c’est une cathédrale. Cette cathédrale de pierre représente la Jérusalem céleste, cette Cité que saint Jean a vue et qu’il a décrite dans son Apocalypse : « Je vis la Cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu ; elle s’est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J’entendis alors une voix clamer, du trône : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. » (Ap 21, 2-3)

Le but de notre vie, c’est la Cité sainte. Dans la Cité sainte, Dieu demeure avec les hommes. Et que font les élus en sa présence ? Ils chantent ! Mais que chantent les élus ? Un Sanctus sans cesse renouvelé, un Te Deum avec toute la cour céleste, un Magnificat en chœur avec Notre-Dame, la Reine du Paradis. Ils chantent la gloire de Dieu. Et cette gloire, ils la saisissent enfin, car désormais ils vivent dans la lumière.

Face à face

Au Ciel, la foi et l’espérance disparaissent, il ne reste que la charité, qui anime tout. Dieu se fait connaître : « et nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’Il est » (1 Jn 3, 2). Tu peux regarder le soleil et tu deviens soleil dans la lumière du soleil. « Nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face », écrit saint Paul (1 Co 13, 12). Face à face, voilà ta destinée !

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui nous accompagne pendant cette journée de pèlerinage, a composé un grand poème sur le Ciel, qui résume toute sa doctrine et qui se conclut par ces mots :

« De son amour je veux être embrasée
Je veux Le voir, m’unir à Lui toujours
Voilà mon Ciel…. Voilà ma destinée :
Vivre d’amour !!!…. »

(Vivre d’amour, 26 fév. 1895)

 

Vision de Dieu, union à Dieu : voilà notre destinée !

Danse avec les anges !

Quand le dominicain Fra Angelico représente l’entrée au Paradis, il montre comment les hommes sont accueillis dans la compagnie des Anges. Ils dansent ensemble, dans une aimable farandole : un homme, un ange, un homme, un ange. Qui veut manquer la fête ? Qui est assez sot pour arriver en retard ? Il faut se presser à la porte, ne pas manquer l’entrée dans la salle du festin !

Pèlerin de Chartres, ta destinée, c’est le Ciel. Mais une nouvelle question se pose : ton désir est-il à la hauteur de ta destinée ?

Dignité du chrétien

Ton désir doit se fonder sur deux choses : ce que tu es ; ce que tu veux.
Ce que tu es, je vais te le rappeler. Dieu t’a créé. Il t’a créé à son image et à sa ressemblance. Tu es un fruit de sa sagesse et de sa bonté. Ton âme est immortelle.
Tu es façonné pour l’éternité ! Tu es modelé pour la gloire ! Souviens-toi, chrétien, de ta dignité !

Et maintenant, que veux-tu ? Rentre en toi-même et dis-toi ceci. Les saints du paradis ne sont pas faits d’un autre bois que moi. S’ils ont pu accomplir leur destinée, pourquoi ne le pourrais-je pas ?

Notre désir s’éduque, il s’apprivoise pour lui donner peu à peu la force, l’ampleur, l’envergure du désir qui anime les saints de tous les temps. « Le cœur qui aime, disait Thérèse, travaille avec amour, c’est-à-dire avec ferveur ; il court, il vole, il ne trouve rien d’impossible et rien ne l’arrête. »

Telles sont la grandeur et la force du désir quand il est ouvert à la grâce.

Perversion du désir

Mais tu as aussi en toi le triste pouvoir de faire échouer le plan de Dieu. À la suite du Christ, l’Église a toujours enseigné que le sort éternel des âmes dépend de leur manière d’agir ici-bas. Je cite le Symbole (dit) de saint Athanase, témoin de la foi de l’Église des premiers siècles, spécialement dans la Gaule chrétienne :

« Ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique, et quiconque ne gardera pas cette foi fidèlement et fermement, ne pourra être sauvé. »

Créé libre, tu peux trahir l’amour de Dieu en toi. Quand tu pèches, tu piétines le mystère, tu annules le désir, tu chasses l’Esprit Saint reçu au baptême. Par le péché – injustice, impureté, impiété –, tu défigures en toi l’image. Si ton désir se tourne vers les créatures, alors ta destinée sera sans le Créateur. Si ta vie est pour les créatures, alors ton éternité sera sans le Créateur. Ne pas voir Dieu, manquer pour l’éternité sa destinée véritable…

Pèlerin de Chartres, rallume ton courage. Restaure en toi l’image, sois digne de ta destinée ! Tu crains ta vie passée, la multitude et l’horreur de tes fautes ? Le péché est l’aliment de la miséricorde de Dieu. Aujourd’hui, change ta vie, purifie ton désir. Tourne ton regard, non plus vers les créatures, mais vers le Créateur.

Si nous sommes ici à marcher, c’est que nous avons la certitude d’avoir un chemin à parcourir pour passer du péché à la grâce, de la médiocrité à la ferveur, d’une vie banale à la sainteté.

La vraie question n’est pas de savoir combien nous sommes à marcher sur la route de Chartres, la question est de savoir combien parmi nous seront vraiment convertis à l’arrivée !

Esprit de Pentecôte

Ami pèlerin, que cette Pentecôte soit pour toi l’occasion d’une fervente confession ! Que la contrition rallume en toi le désir de Dieu, le désir de contempler sa face, le désir d’accomplir ta destinée ! Que cette Pentecôte soit pour toi l’occasion d’écouter l’appel de Dieu à son service ! Nous avons besoin d’apôtres pour allumer partout le désir de Dieu.

Immense cohorte, qui marche derrière la croix dans les pas des saints, accompagnée des Anges, si tu restes fidèle à ta vocation de louange, ton chemin de la terre sera ton chemin du ciel. Et le temps de la foi s’achèvera pour toi par la vision de l’adorable Trinité. Notre vraie Patrie, c’est l’éternité !

Fr. Augustin-Marie Aubry, prieur

Le règne du Sacré-Coeur

Geneviève Vignes, coordinatrice depuis plus de quinze ans au siège international de la Garde d’honneur du Sacré-Cœur de Jésus à Paray-le-Monial, reçoit plus de 700 personnes chaque année. Elle constate combien ceux et celles qui franchissent la porte de sa permanence ont faim et soif de Vérité. Le message de Jésus à sainte Marguerite, toujours d’une brûlante actualité, répond bien souvent à leurs attentes spirituelles. Encouragée par ceux qui ne se satisfont pas d’une miséricorde qui ne leur parle pas ou d’une rigueur exacerbée qui les rebute, elle tente dans cet ouvrage préfacé par Mgr Schneider de concilier les deux en reprenant l’essentiel du message pour parler au cœur de chacun.

Aujourd’hui, trop nombreux sont les ministres de Dieu qui pensent que le Sacré-Coeur de Jésus est une dévotion passée et ne fait plus recette auprès des fidèles. Une amie me disait qu’un jour, abordant la dévotion du Sacré-Coeur auprès de son curé, il n’aurait pas réagi de la pire manière si elle lui avait parlé du diable ! C’est dire l’idée qu’on se fait du Sacré-Coeur aujourd’hui !

Concernant le règne du Sacré-Coeur, l’auteur rappelle ce qu’écrivait Léon XIII dans sa Lettre encyclique Annum Sacrum en 1899, sur la Consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus :

Son empire ne s’étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l’Eglise même s’ils sont égarés loin d’elle par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme ; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l’empire du Christ Jésus, c’est, en stricte vérité, l’universalité du genre humain.

L’auteur insiste sur le règne de Notre-Seigneur et évoque l’encyclique de Pie XI Quas Primas qui institue la fête du Christ-Roi.

Quand nous prions le Notre Père, mesurons-nous vraiment ce que nous demandons en exprimant « que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » ?  […] Au-delà des mots qui siéent à nos oreilles, désirons-nous vraiment que Dieu gouverne toute la terre dans toute sa gloire et sa majesté, et que le règne de Dieu en son Fils Jésus Christ se manifeste ? Souhaitons-nous véritablement son triomphe ? […]

Certes, on rétorqueras que des réformes ont été apportées, « relativisant » la Royauté unniverselle du Christ qui ne s’exercerait plus que dans l’Eternité après le jugeme,nt dernier… d’ù sans doute le déplacement de la fête juste avant la Toussaint. Mais quand le Seigneur dit à Marguerite-Marie « Je règnerai malgré mes ennemis », Il ne parle pas de la fin des temps. Ce n’est pas non plus ce que nous demandons dans la prière du Notre Père : « que ton règne vienne », ni dans cette autre oraison formulée non pas au futur mais bien au présent : « car c’est à toi qu’appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. » et dans l’Evangile : « Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j’avais auprès de Toi avant le commencement du monde. » (Jean 17,5) La gloire dont parle Jésus n’est rien d’autre que son éclatante royauté universelle ET éternelle : celle d’hier, d’aujourd’hui, de demain, de toujours !

La solennité du Christ Roi a été promulguée par Pie XI en 1925, et bien qu’elle soit assez contemporaine, on a déjà tendance à en faire une fête de seconde classe.

Sur le discernement, à l’Ecole Thomas More

L’École Thomas More a reçu François Bert, fondateur de Edelweiss RH et de l’École du discernement :

“On ne sert qu’en étant soi. C’est à partir du moment où vous prenez le temps de savoir qui vous êtes, que vous aurez une vision très claire de la contribution qu’on attend de vous.”

Pèlerinage de Chartres : comment expliquer l’incroyable succès de l’édition 2024 ?

Rémi Fontaine, professeur de philosophie, journaliste, historien, cofondateur du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté et auteur de « Chartres t’appelle ! une Pentecôte de Chrétienté« , Anne-Lys Falicon, porte-parole de Notre-Dame de Chrétienté et membre de la logistique, chargée notamment du montage des tentes (une « course contre la montre » puisque les tentes doivent être montées avant l’arrivée des pèlerins…),  et Alexandre Caillé, directeur général de l’association SOS Calvaires, du chapitre Simon de Cyrène, ont été interrogés sur Radio courtoisie :

Etats-Unis : les militants pro-vie persécutés par la justice

Heather Idoni a souffert de nombreux problèmes médicaux au cours de son incarcération, dont un récent accident vasculaire cérébral, mais la juge Colleen Kollar-Kotelly lui a refusé la possibilité de purger sa peine à domicile.

Heather Idoni, militante pro-vie et mère de 15 enfants, a été condamnée par la juge Colleen Kollar-Kotelly à 24 mois de prison pour avoir bloqué l’accès à un centre d’avortement tardif dans la capitale du pays.

À l’automne dernier, Idoni, 59 ans, a été placée en isolement prolongé pendant 22 jours et privée de sommeil, les lumières de sa cellule restant allumées en permanence. Alors qu’elle attendait sa condamnation, elle a été victime d’une attaque cérébrale il y a trois semaines et a dû être transportée d’urgence à l’hôpital. Idoni a précédemment révélé qu’elle est victime d’une négligence médicale flagrante à la prison de D.C. où elle est incarcérée, qui n’a pas administré un médicament essentiel pour son cœur tout en falsifiant son dossier médical.

Mercredi, un jour après l’audience initialement prévue, Idoni a été condamnée à 24 mois de prison. Elle a déjà purgé neuf mois, ce qui lui en laisse 15 à purger. En outre, elle s’est vu refuser la possibilité de purger sa peine par le biais d’une détention à domicile, qu’elle avait demandée en raison des problèmes de santé qu’elle a endurés tout au long de son procès.

Comme LifeSiteNews l’a rapporté, Idoni et les autres pro-vie ont été jugés pour avoir bloqué l’accès à la Washington Surgi-Clinic dans le centre de Washington, lors d’un « sauvetage traditionnel » en octobre 2020. Les « sauvetages » pro-vie, qui étaient nombreux au début du mouvement pro-vie avant que le FACE Act ne devienne une loi fédérale, consistent à entrer physiquement dans les centres d’avortement et à refuser d’en sortir afin de convaincre les femmes de choisir la vie pour leurs bébés (la Washington Surgi-Clinic est également l’endroit où ont été découverts cinq bébés avortés tardivement qui pourraient avoir été tués soit par des procédures illégales d’avortement par naissance partielle, soit après une naissance en vie).

Depuis mai 2022, date à laquelle l’intention de la Cour suprême des États-Unis de renverser l’arrêt Roe v. Wade a été divulguée, « il y a eu au moins 236 attaques contre des églises catholiques et au moins 90 attaques contre des centres de grossesse pro-vie », rapporte le Daily Signal. Pourtant, le ministère de la justice « n’a inculpé que des militants pro-vie pour violation de la loi FACE en 2022, et n’a depuis inculpé que cinq personnes pour violation de la loi FACE en ciblant des centres de grossesse ». Dans le même temps, il a poursuivi avec zèle les incidents impliquant des pro-vie.

Idoni n’est pas la seule à avoir subi des mauvais traitements pendant sa détention, au-delà des accusations et des condamnations elles-mêmes. Jean Marshall, 74 ans, a été privé de vêtements et de chauffage suffisants par un froid hivernal extrême, ce qui lui a valu de contracter une pneumonie qui n’a pas été soignée pendant trois semaines, et on lui a refusé une opération urgente de la hanche. Paulette Harlow, 75 ans, s’est vu refuser l’autorisation d’assister à la messe alors qu’elle était assignée à résidence.

Eric Ciotti soumis au lobby LGBTQXYZ

Il y a 10 ans Pierre-Yves Bournazel (UMP désormais chez Horizons) était considéré comme l’alternative de droite à NKM. Désormais il se soumet au lobby LGBT et est très fier d’avoir porté et voté la création d’un centre d’art LGBTQIA+ dans la capitale.

 

Sam Brownback, ancien « ambassadeur pour la liberté religieuse internationale », piégé sur la fabrication de l’« Eglise orthodoxe d’Ukraine »

Sam Brownback, ancien député, sénateur puis gouverneur du Kansas, et « ambassadeur pour la liberté religieuse internationale » entre 2018 et 2021, a été piégé par les farceurs russes Vovan et Lexus, qui se sont fait passer pour Petro Porochenko. Vovan et Lexus ont voulu l’interroger sur la fabrication de l’« Eglise orthodoxe d’Ukraine », dont il a été la cheville ouvrière quand il était « ambassadeur », auprès de Porochenko et du patriarche de Constantinople.

Au cours de la conversation avec celui qu’il croyait être Porochenko, Brownback a déclaré que si l’aide américaine à l’Ukraine progresse si lentement, c’est en partie parce qu’un certain nombre de républicains sont mécontents des tentatives de Zelensky de détruire l’Église orthodoxe canonique. Il demande de ne pas persécuter ouvertement les croyants afin de « ne pas donner à Moscou un avantage dans les négociations ». Il critique l’arrestation de prêtres pour leurs liens supposés avec le patriarcat de Moscou : les « traîtres » doivent certainement être arrêtés, mais il ne faut pas « donner à Moscou un stimulant religieux » pour poursuivre sa guerre.

Cela dit, il est fier d’avoir aidé l’Ukraine à diviser l’Église, car « c’est important pour la conscience nationale des Ukrainiens ». Cela dit, il craint que « ce soit l’une des raisons pour lesquelles Poutine a déclenché la guerre ».

Il est convaincu que l’Ukraine doit absolument rejoindre l’UE et l’OTAN, mais il admet que de plus en plus de voix s’élèvent aux États-Unis pour reconnaître que l’Ukraine devra renoncer à des territoires russophones. Il conseille au gouvernement ukrainien d’essayer de tenir encore un an jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Trump…

Mieux vaut étrangler un contrôleur que de dénoncer le dérapage d’un journaliste

Le choc des tweets :

Damien Rieu espère bien gagner en appel, comme d’habitude.

Y aurait-il des chrétiens de seconde zone qui méritent moins de charité ?

Loïc Mérian, qui s’est converti au contact du milieu traditionaliste, témoigne dans Famille chrétienne. Extrait :

[…]

[…]

Marion Maréchal : « Le catholicisme structure ma pensée »

Marion Maréchal était interrogée sur Radio Notre Dame. Elle évoque son catholicisme à partir de 6’40’‘ et notamment la doctrine sociale de l’Église et le catéchisme sur le sujet de l’immigration (2241):

2241 Les nations mieux pourvues sont tenues d’accueillir autant que faire se peut l’étranger en quête de la sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine. Les pouvoirs publics veilleront au respect du droit naturel qui place l’hôte sous la protection de ceux qui le reçoivent.

Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption. L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges.

Les sujets sociétaux à partir de 14’30’‘, ses attentes de l’Église catholique et du Pape à partir de 18’35 » et son expérience au pèlerinage de Chartres lors de la première journée (19’55 »).

« Une mentalité thanatophile redoutable dévore insidieusement nos esprits »

Le cardinal Bustillo a signé une tribune dans Le Figaro pour dénoncer la loi sur l’euthanasie. Extrait :

[…] Mais l’homme n’est pas juste un amas de cellules. Il a une âme. Un cœur aussi. Et le combat entre Éros et Thanatos subsiste.

Une mentalité thanatophile redoutable dévore insidieusement nos esprits. Les nouvelles mortifères et angoissantes alarment sans répit nos consciences : la mort de la planète, la mort de la démocratie, la mort de diverses doctrines économiques, la mort de l’intimité, la mort de la liberté, la mort de la religion… L’anxiété nous gagne et nous paralyse en créant un sombre esprit de nécropole.

Presque tout a déjà été dit sur le projet de loi de la fin de la vie. Les motivations bibliques, psychologiques, philosophiques, juridiques et médicales ont été mises en valeur. Les « pour » et les « contre » se sont exprimés avec l’ensemble des arguments possibles. Souvent un vent de caricature règne en classant les uns comme progressistes et les autres comme conservateurs.

Faut-il se centrer sur « la fin » ou sur « la vie » ? Légaliser la fin de la vie par une mort « autorisée » est un échec de notre corps social et de nos politiques. Cela signifie que la qualité de la vie relationnelle et sociale s’est vidée de sa substance. Le célèbre « vivre ensemble » n’existe plus que d’une manière artificielle, à coups de loi préfabriquée et factice. La fraternité et la solidarité avec les plus vulnérables sont devenues une réalité vide. Les forts l’emportent et les faibles disparaissent.

Serions-nous tombés dans la loi de la jungle ? Si les plus petits ne sont pas protégés, peut-on dire qu’une nation soit évoluée ? Notre société – dite civilisée – ayant soigné l’avoir, le pouvoir, le faire et le savoir a oublié de soigner l’être. Et nous voyons des existences fades et creuses trouver quelques échappatoires dans les anxiolytiques ou les drogues. On existe mais on ne vit plus. On marche vers la mort passivement en constatant une crise de l’espérance. L’Occident désenchanté est un huis clos sartrien implacable et morbide.

Il y a quarante ans le président François Mitterrand optait pour « la vie à tout prix » avec l’abolition de la peine de mort en prenant le risque d’aller à contre-courant de l’opinion majoritaire. Aujourd’hui, nous risquons de basculer vers une vie sans prix, une vie à bannir.

Il est grave de constater qu’une loi de fin de vie se prépare mais il est terrifiant de savoir que des personnes puissent imaginer demander la mort à l’État. Pourquoi la mort ? Quels dysfonctionnements personnels et relationnels polluent notre vie pour exiger la mort ? Pourquoi demander un acte létal au lieu d’un acte vital ?

L’Occident a perdu l’esprit pascalien du christianisme qui prêche la vie, l’avenir, l’aventure, le rêve… Qui se lève pour annoncer la charité, l’espérance, la joie ?

[…]

Pervers monstrueux

Ce week-end se tenait à Bobigny le « Family pride festival », financé par la Dilcrah, Barclays, Pierre&Vacances et Chloé. Un spectacle de drags queens « adapté aux enfants » au « regard pur et qui ne trahit pas ».

La place de ces déséquilibrés est dans un asile de fous.

« Ils veulent des pasteurs qui leur parlent de la Croix et les mettent en garde contre le péché »

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Homélie Pentecôte 2024 – Paroisse Saint Pierre de Chennevières sur Marne – Abbé Michel Muel :

Frères et sœurs bien aimés : la Pentecôte c’est l’Espérance, la fête de l’espérance absolue car c’est la Puissance divine qui est à l’œuvre face à la peur et la faiblesse humaine. Lorsque l’Esprit Saint fit irruption sur les apôtres, l’état du monde et de l’Eglise naissante n’était guère brillante. Et pourtant, à partir de ces quelques disciples, le feu divin se répandit à travers le monde diffusant la charité et la grâce dans tous les peuples… Depuis 2000 ans cette Puissance divine renouvelle la face de la terre. C’est pour cela que l’on a l’habitude d’appeler la Pentecôte : l’anti-babel ou la Babel renversée. Souvenons de cet évènement racontée dans la Genèse : ce monstrueux péché d’orgueil qui entraina la malédiction de la division….

Alors qu’au commencement, Dieu construisit ce monde et y insuffla son Esprit, pour y faire régner l’ordre et l’harmonie, l’unité et la paix, l’homme va construire cette fameuse tour, celle de Babel pour se comparer à Dieu, se mesurer à Dieu, l’homme veut par lui-même atteindre le ciel. S’ensuivit alors la confusion, le chaos entre les hommes ! ils ne se comprirent plus. Babel, c’est finalement le fruit de la perversion humaine. Mais Jésus va envoyer l’Esprit, le défenseur qui rendra témoignage. Alors la foi, la Charité, tous les fruits de l’Esprit vont se répandre sur la Terre par l’Eglise et ses saints, comme le décrit st Paul dans la lecture que nous venons d’écouter de la lettre aux Galates.

Dans ce passage, l’Apôtre décrit « un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez ». Comme dans la peinture d’un tableau, l’ombre est nécessaire pour faire ressortir la lumière, ainsi St Paul dénonce toute sorte de péché pour mieux contempler l’œuvre qu’accomplit l’Esprit dans les cœurs : amour, joie, paix, patience… A sa suite, pour mieux voir et discerner l’Esprit-Saint en action aujourd’hui dans les âmes, il nous faut dénoncer l’œuvre de Satan qui agit partout. La nouvelle Babel fait apparaître la nouvelle Pentecôte

Mais quelle est cette nouvelle tour de Babel qui se construit aujourd’hui ? N’est-ce pas cette volonté effrénée de prendre la place de Dieu en toutes choses : tout est mis en place pour déshumaniser l’homme, renverser l’œuvre de Dieu, l’unité et l’harmonie, au profit d’un nouveau totalitarisme : le nouvel ordre mondial ! l’antechrist d’aujourd’hui ! A ce pouvoir, tout est dû ! il lui faut des robots, des hommes standardisés, sans liberté, sans capacité de penser par eux-mêmes. A l’intelligence on substitue la pensée unique ! la rentabilité et le progrès deviennent les valeurs absolues. Cet ordre mondial veut une humanité fusionnée, indifférenciée et soumise. On remplace la relation et l’unité par la fusion, l’égalité devant Dieu par l’égalitarisme contre Dieu. Alors on supprime les peuples, les races, les nations, les cultures, les relations vraies et saines, au profit d’une mondialisation à outrance qui prive l’homme de toute vraie liberté ! On veut maitriser la vie par le clonage, le transhumanisme, la manipulation génétique, et toutes les dérives morales de la culture LGBT. L’homme détruit l’unité en voulant créer l’uniformité et la fusion. On impose l’universel au particulier ! On crée ainsi la religion universelle à laquelle tout doit être soumis. Cette nouvelle religion antichristique a ses prêtres, ses sacrificateurs, ses prédicateurs, ses fidèles Elle a aussi ses dogmes comme « mourir dans la dignité », « le droit de disposer de son corps », ou « le salut de la planète ». Elle impose ses sacrifices humains d’innocents par la loi suprême de l’avortement et par l’Euthanasie. Elle utilise tous les moyens jusqu’au renversement de nos valeurs traditionnelles et chrétiennes. Et nous assistons à la soumission de tous.

Si la Babel ancienne entraina la confusion des langues. Cette Babel moderne entraine le chaos mondial et universel. Mais c’est là que notre espérance renait et avec elle la joie car l’Esprit Saint est à l’œuvre et les signes de son action éclatent à nos yeux de croyants !! Devant le chaos, Dieu intervient toujours en Jésus Christ, qui envoie son Esprit paraclet. Il souffle avec la puissance divine ! il faut ouvrir les yeux de l’âme, ceux de la foi !

Contemplons ce petit cénacle de Jérusalem, l’Esprit de Dieu a vaincu la peur et l’ignorance. Les disciples étaient avec Marie et quand Marie est là l’Esprit-Saint survient de façon étonnante. Marie est toujours là dans les débuts C’est saint Luc qui nous apprend cela. Au début de son évangile, il nous révèle que sous l’ombre de l’Esprit-Saint, le Verbe se fait chair en Marie, elle enfante le Sauveur du monde ! Au début des Actes il nous révèle encore que les disciples étant en prière avec Notre Dame, l’Esprit surgit et Marie va enfanter l’Eglise. L’Eglise alors s’anime et va répandre son feu… La présence de Marie attire le souffle divin pour donner la Vie.

Elle est là notre Espérance aujourd’hui mes chers amis. C’est l’Espérance de Chartres ! En ce week-end de Pentecôte, 18000 jeunes français cheminent et prient avec Marie. Alors oui, une nouvelle Pentecôte est en train de se passer, non pas celle des années postconciliaires, mais celle qui se passe de façon humble et cachée un peu partout dans le cœur des jeunes. Mais à Chartres particulièrement sous le voile de Marie. Car l’Esprit saint semble avoir changé de méthode. Si dans la chambre haute de Jérusalem, l’Esprit souffla sur la tête de l’Eglise, aujourd’hui il semble souffler à la base, sur les jeunes qui sont l’avenir de l’Eglise. Le relèvement de l’Eglise et de la France ne viendra pas de nos élites qu’elles soient politiques ou religieuses mais il viendra d’en bas. De ces jeunes qui n’ont qu’un désir : se laisser conduire dans la Vérité toute entière. Ce qu’ils cherchent, ce n’est pas une religion où tout le monde est gentil, ou on ne parle que de tolérance, « d’église verte » ou de social, ils cherchent la vérité toute entière, pas une demi vérité, ou une doctrine édulcorée qu’on leur sert un peu partout. Ils ne veulent plus de compromission, mais ils attendent une prédication comme celle de Paul aux Galates. Ils veulent l’exigence de la conversion et de la pénitence. Ils veulent des pasteurs qui leur parlent de la Croix et qui les mettent en garde contre le péché et ses conséquences éternelles. Ils veulent être guidés vers l’absolu de la sainteté et du don de soi car ils visent le Ciel. Ils désirent « recevoir en héritage le royaume de Dieu ». Pour cela, ils choisissent l’exigence et l’engagement. Ils veulent vivre la fidélité, la maitrise de soi et la vraie chasteté, fruit de l’Esprit, en menant pour cela le combat spirituel contre les tendances de la chair. Ils veulent une liturgie qui les fasse entrer dans le mystère de Dieu. Ils n’ont pas peur : Voilà la nouvelle Pentecôte, celle dont parlait Jean-Paul II et Benoit XVI. Marie à Chartres ou ailleurs enfante les saints de demain.

Et nous frères et sœurs bien-aimés, la question nous est posée aujourd’hui ! Que choisissons-nous la Pentecôte ou Babel ? Choisissons-nous de réparer l’Eglise en entrant dans ce nouveau souffle de sanctification ? Pour cela crucifions en nous la chair et marchons sous la conduite de l’Esprit.

Abbé Michel Muel

Succès du Congrès international de la Chaire internationale de bioéthique Jérôme Lejeune

La Chaire internationale de bioéthique Jérôme Lejeune a organisé le IIe Congrès international de bioéthique à Rome les 17 et 18 mai, sur le thème « Jérôme Lejeune et les défis de la bioéthique au 21ème siècle ».  Le congrès s’est penché sur l’actualité de la pensée de ce généticien français pionnier de la bioéthique, pour éclairer les défis contemporains de la défense de la vie humaine. 42 organisations académiques internationales ont participé à l’événement, ce qui en fait une référence mondiale dans le domaine de la bioéthique.

L’événement a commencé par un mot de bienvenue de Jean Marie Le-Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune en France, et de Mónica López Barahona, présidente de la Fondation en Espagne et de la Chaire : « À l’occasion du 30e anniversaire de la mort du professeur Lejeune, ce congrès est guidé par plusieurs de ses discours qui, bien qu’ils aient été prononcés il y a des années, sont toujours d’actualité en raison de leur importance pour le respect de la vie et de l’intégrité de l’être humain ». Dans le cadre de cette introduction, Mgr. Robert Barron, évêque du diocèse de Winona-Rochester (Minnesota) et fondateur de Word on Fire Catholic Ministries, a également remercié la Fondation Jérôme Lejeune d’avoir organisé cet événement « pour relever les défis touchant les plus vulnérables, en traçant un chemin pour défendre la dignité de la personne, comme le professeur Lejeune l’a fait en son temps, et en affrontant la présence d’idéologies qui la détruisent et qui sont de plus en plus répandues dans les cultures ».

L’événement a été marqué par la participation d’orateurs américains de renom, tels qu’Orlando Carter Snead, de l’Université de Notre Dame, qui a souligné qu’« il est nécessaire de réimaginer le contexte humain dans lequel la question de l’avortement n’est pas un conflit entre étrangers, mais implique une mère et son enfant » et que « dans la reproduction assistée, l’enfant ne devrait pas être un objet conçu en réponse à l’individualisme humain ». William Sullivan, de l’université de Toronto et chercheur principal au Kennedy Institute of Ethics de l’université de Georgetown, a également participé au débat. Dans sa présentation, il a expliqué que « beaucoup de morts de personnes souffrant d’un handicap intellectuel et de développement sont déterminées par les décisions et les valeurs de personnes et de systèmes autres que celles des personnes concernées et de leurs proches, » et il a ajouté que « beaucoup de ces personnes meurent aussi seules ».

Parmi les sujets abordés, celui de l’embryon à trois parents et des chimères inter-espèces était l’un des plus intéressants. À ce sujet, Maureen L. Condic, de l’université de l’Utah (États-Unis), a déclaré que les chimères animal-humain « ne nous permettent pas de déterminer s’ils sont membres de notre espèce ou non. Par conséquent, les chimères homme-animal ont un statut moral intrinsèquement ambigu et, dans la plupart des cas, ne devraient pas être produites ». Miquel-Ángel Serra, chef d’équipe au Centre d’Études Avancées et au Centre commun de recherche de la Commission européenne, a conclu que « les technologies existantes et émergentes d’amélioration humaine, en particulier pour l’édition du génome, permettent des avancées significatives dans la guérison radicale ou palliative de nombreux patients » et a réfléchi aux risques qui existeraient « si elles étaient appliquées à des humains “normaux” pour les rendre “plus heureux” ou “super-intelligents” ».

Un autre thème majeur abordé a été le transhumanisme, conduit par la directrice académique de la section espagnole de la Chaire, Elena Postigo, qui a souligné que cette tendance « recherche l’humain augmenté, sans réaliser que la personne handicapée nous aide à comprendre que la grandeur de l’être humain ne réside pas dans la perfection génétique ou biopsychique, mais dans une vision intégrale de la personne ».

George Weigel, biographe de Jean-Paul II et membre honoraire du Ethics and Public Policy Center (USA), a également participé à l’événement. Dans son discours, il a évoqué la relation entre le Souverain Pontife et Jérôme Lejeune : « Jean-Paul II a veillé à ce que Lejeune, en devenant l’un des ardents défenseurs de la vie, en particulier des enfants à naître, était prêt à devenir un ‘signe de contradiction’, quelles que soient les pressions exercées par une société permissive ou l’ostracisme dont il a souffert ».

En outre, le congrès a donné lieu à des témoignages de familles, comme celui d’une mère d’un enfant porteur de trisomie 21, qui a été un patient du professeur Lejeune, ainsi que la famille d’Indi Gregory, la jeune fille britannique décédée des suites d’une maladie mitochondriale et admise au Queen’s Medical Center de Nottingham, après avoir été déclarée en phase terminale par les juges du pays.

Le congrès a réuni des experts et des chercheurs en bioéthique venus des États-Unis, d’Asie, d’Amérique latine et d’Europe pour débattre, outre les thèmes susmentionnés, de l’éthique médicale dans le diagnostic prénatal, de la fin de vie, des techniques de procréation artificielle et de la dysphorie de genre chez les mineurs. Les travaux de l’Institut médical Jérôme Lejeune, présent en France, en Espagne et en Argentine, ont également été abordés, en mettant l’accent sur le traitement intégral des maladies intellectuelles d’origine génétique.

Les interventions seront prochainement mises en ligne sur le site du congrès.

Pèlerinage à Chartres : la soif spirituelle des jeunes

Dimanche, dans l’émission En Quête d’esprit sur CNews, Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier recevaient

  • L’Abbé Jean de MASSIA, aumônier général du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté
  • François MENNESSON, étudiant
  • Yaël MORINIÈRE, étudiante

 

Mgr Alexandre de Bucy nommé évêque d’Agen

Le Pape François a nommé évêque d’Agen Monsieur l’Abbé Alexandre de Bucy, prêtre du diocèse de Versailles (il était au séminaire avec Mgr Valentin), à la disposition du diocèse de Pontoise, doyen du Doyenné d’Enghien-Montmorency et curé du groupement paroissial Notre-Dame-de-la-Fraternité.

Message de monseigneur Luc Crepy :

De nouveau, c’est un prêtre de notre diocèse qui est appelé par le pape François à l’épiscopat, nous nous réjouissons de pouvoir ainsi contribuer à la vie de l’Eglise.
Avec le diocèse de Versailles, et tout particulièrement avec le presbyterium, je souhaite à Mgr Alexandre de Bucy un heureux et fécond ministère épiscopal dans le diocèse d’Agen et je l’assure de notre prière fraternelle.
Que l’Esprit de Pentecôte l’accompagne dans sa mission de successeur des apôtres, dans la joie d’annoncer à tous l’Evangile du Christ ressuscité.

Luc CREPY
Évêque de Versailles

Message de monseigneur Alexandre de Bucy :

Chers frères prêtres, chers frères diacres,
Chers frères et sœurs, chers amis

Le pape François me nomme aujourd’hui évêque d’Agen. A l’approche de cette nouvelle mission, je tenais à vous retrouver par ces quelques mots d’action de grâces qui montent de mon cœur pour tout ce que j’ai reçu dans ce beau diocèse de Versailles. J’y ai grandi. J’y ai reçu l’appel à le suivre et à donner ma vie au Christ comme prêtre diocésain.
Mon cœur de prêtre et de pasteur a été façonné au contact de nombreux prêtres, diacres, consacrés, séminaristes et laïcs du diocèse, particulièrement ceux qui m’ont accueilli comme jeune prêtre au Val Fourré et à Gassicourt de Mantes-la-Jolie, mais aussi ceux de Sartrouville, qui m’ont accueilli comme jeune curé, et encore le séminaire de Versailles et tous les jeunes de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne.
Je veux remercier les évêques qui m’ont accompagné sur ce chemin, Mgr Jean-Charles Thomas, qui m’a ordonné diacre et prêtre, Mgr Eric Aumonier, qui m’a fait confiance dans les nombreuses missions reçues de lui mais aussi en m’envoyant comme fidei donum dans le diocèse de San au Mali puis à Pontoise, et enfin Mgr Luc Crepy, qui a toujours été attentif à ce que je vivais en-dehors du diocèse.
Je vous invite tous à venir le dimanche 1er septembre à 14 h 30 pour mon ordination épiscopale en la cathédrale d’Agen.
Priez pour moi  ! Que le Seigneur me donne d’être un pasteur selon son cœur, doux et humble, et qu’il me donne la sagesse  !
N’hésitez pas à passer à Agen, si vous le souhaitez. Je me ferai une joie de vous recevoir, de vous faire découvrir ce beau diocèse et ses nombreuses richesses.
Soyez assurés de mes fidèles prières,

Alexandre de BUCY +

La messe d’installation et d’ordination a lieu le 1er septembre 2024, en la cathédrale Saint-Caprais d’Agen, à 14h30.

De Chartres à Paris, 8000 chercheurs de Dieu

Le pèlerinage de Pentecôte 2024 de Chartres à Paris organisé par la Fraternité Saint-Pie X avait pour thème : « Chercher Dieu avec saint Thomas d’Aquin ».

A Chartres, l’abbé Gonzague Peignot, futur Supérieur de District, a célébré la messe d’envoi. Dimanche, Mgr Bernard Tissier de Mallerais a célébré la messe de Pentecôte au bivouac de Villepreux, puis lundi c’est l’abbé de Jorna, supérieur du district de France de la FSSPX, qui a célébré sur la place Vauban. Les homélies sont en ligne ici.

A l’arrivée à Paris, ce sont environ 8000 pèlerins qui ont processionné dans les rues jusqu’à la place Vauban, avec les unités scoutes en tête :

Photos : La Porte Latine

Le pèlerinage de Chartres et la question pastorale

De Cyril Farret D’Astiès pour Le Salon beige :

Les pèlerinages de Chartres ont rencontré cette année encore un beau succès. Rendons grâce à Dieu et remercions les organisateurs.

L’esprit traditionnel progresse et se diffuse. Traditionis custodes demeure globalement inappliqué quelles que soient les différentes positions des autorités religieuses à l’endroit de l’héritage liturgique commun. Ainsi, l’affaire de Quimper, Dieu merci, demeure un cas relativement isolé. Au-delà de tout ce qui a été dit et écrit, cette réaction empreinte d’un certain cléricalisme (pourtant unanimement dénoncé) est révélatrice de l’incompréhension fondamentale qui divise le catholicisme depuis plusieurs décennies. Cette incompréhension réside en grande partie dans le primat pastoral qui est devenu une fin en soi.

Selon le site de l’Église catholique de France, la pastorale est

« l’activité, née du dynamisme de la foi de l’Église, qui vise à donner à chacun selon ses besoins spirituels. Aujourd’hui se développe, à côté d’une pastorale générale qui définit les grands axes de l’action (dans un diocèse par exemple) des pastorales spécialisées, tourisme, malades, immigrés etc.. ».

Ors, vis-à-vis des catholiques de tradition, il n’est pas toujours envisagé de donner « à chacun selon ses besoins spirituels », il est peu question de prendre en compte « l’activité, née du dynamisme de la foi de l’Église ». Il s’agit parfois d’imposer un modèle pastoral par la force ou par la ruse (l’abbé Amar parle de mesquinerie dans une récente tribune). Et cette pastorale imposée — et par ailleurs souvent faillie — résulte d’une méconnaissance ou d’un déni envers la nécessaire cohérence entre liturgie traditionnelle (qui n’est pas de l’ordre de la pastorale insistons-nous) et les conséquences pédagogiques qui découlent de cette tradition liturgique (type de scoutisme, catéchisme sous forme de questions – réponses, grandes écoles de spiritualité, civilité, modalités des œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles, pédagogies scolaires…).

Ce qui est profondément déroutant c’est que la réforme liturgique avait été menée pour une raison essentiellement pastorale. On voulait en effet modifier le culte par l’idée (conceptuelle, intellectuelle, sociologique…) que l’on se faisait des attentes du peuple. On promettait en échange de cet aggiornamento de faire jaillir un printemps dans l’Église ; on allait voir ce que l’on allait voir !

On a vu.

Sacrosanctum concilium, constitution sur la liturgie et premier document promulgué du concile, annonçait en son numéro 49 :

« C’est pourquoi, afin que le sacrifice de la messe, même par sa forme rituelle, obtienne une pleine efficacité pastorale, le saint Concile, à l’égard des messes qui se célèbrent avec le concours du peuple, surtout les dimanches et fêtes de précepte, décrète (…). »

Les grandes révisions envisagées étaient ensuite précisées (prière universelle, langue vernaculaire, concélébration, communion sous les deux espèces…). Dans un entretien donné au quotidien La Croix à l’occasion des trente ans du nouveau missel, le père Jounel, acteur important de la réforme, insistait sur ce motif pastoral : « J’ai ainsi parcouru la France, à cette époque, pour montrer qu’il s’agissait d’adapter la liturgie aux besoins actuels de la pastorale. » Paul VI lui-même, dans un fameux discours de présentation du nouveau rit le 26 novembre 1969, expliquait ses choix :

« Nous voulons encore une fois vous inviter à réfléchir sur cette nouveauté que constitue le nouveau rite de la messe (…). Et pourquoi ? (…) La réponse semble banale et prosaïque, mais elle est bonne, parce que humaine et apostolique. (…) Plus précieuse est la participation du peuple, de ce peuple d’aujourd’hui, qui veut qu’on lui parle clairement, d’une façon intelligible qu’il puisse traduire dans son langage profane. (…) »

On ne peut que regretter cette perte généralisée du sens liturgique qui, rappelons-le encore et encore, est d’abord et essentiellement un culte. Il semble que cette place prépondérante donnée à la pastorale était très largement partagée au mitant du XXe siècle, ce qui explique certainement le peu d’opposition à la réforme de la Semaine sainte par Pie XII ou la massive approbation de Sacrosanctum concilium en 1963. Le Mouvement liturgique avait si profondément labouré l’Église que plus personne ne semblait faire sienne la compréhension de la liturgie d’abord comme expression de la vertu de religion. C’est d’ailleurs le bénéfice de cette crise que de nous faire redécouvrir le sens profondément surnaturel de la liturgie à rebours d’un matériau pastoral. Mais n’approfondissons pas ici aujourd’hui les questions théologiques qui fondent notre attachement irrévocable à la liturgie traditionnelle, poursuivons sur les conséquences pastorales. Disons simplement que les luttes âpres qui traversent l’Église depuis 60 ans ne peuvent s’expliquer avec la clé de compréhension de la sensibilité ou de la pastorale. L’enjeu est bien plus profond.

Incontestablement cependant, ce sont souvent les aspects extérieurs, les pédagogies traditionnelles de la foi, qui attirent d’abord vers la liturgie traditionnelle. Pourtant, avec le temps, la compréhension plus profonde, plus spirituelle, moins identitaire (ou plus justement identitaire) prennent le dessus au fur et à mesure que la liturgie traditionnelle, par le génie de ses antiques et nobles prières, de ses gestes patinés, du cycle des ans, façonne notre âme de fils de l’Église. Au fur et à mesure que croît la compréhension plus juste de ce qu’est réellement la liturgie (et de tout ce qui en découle, qui en ruisselle, qui en jaillit plus exactement), l’attachement « sensible » cède la place à une véritable spiritualité liturgique que rien ni personne ne peut plus supplanter. Nourris par ce culte public rendu par le Christ à son Père et auquel nous sommes associés par l’Église, déjà initiés à la liturgie céleste, les besoins pastoraux s’effacent, ou restent à leur place fonctionnelle. Mais cette maturité spirituelle ne se décide pas et nous avons besoin pour l’atteindre d’une cohérence pastorale pour irriguer nos vies de baptisés.

Plus de 60 ans après cette révolution pastorale « pour le peuple », fort curieusement, on dénie en certains lieux aux catholiques de tradition la possibilité de vivre d’une pastorale spécifique. L’inversion est telle que les praticiens de la réforme se comportent parfois aujourd’hui en défenseurs inconditionnels de leur idée pastorale comme s’il s’agissait désormais d’une vérité révélée (la dernière et unique d’ailleurs en certains lieux), alors qu’elle n’est au mieux qu’une pédagogie, parfois un management. Non seulement on aimerait grandement comprendre en quoi les rites qui ont été supprimés avec le missel de Paul VI étaient mauvais ou dangereux pour la piété des fidèles et contraires à la Vérité ; mais on aimerait aussi que l’on nous explique pourquoi les pratiques pastorales traditionnelles sont les seules à susciter défiance et suspicion.

Dieu merci, la charité et le pragmatisme prévalent dans bien des diocèses et le Bon Dieu protège la liturgie traditionnelle.