La publication d’un rapport de la Cour des Comptes retardée pour éviter toute interférence avec la loi Darmanin
Maintenant que la loi Darmanin est votée, et contestée devant le Conseil constitutionnel, le rapport de la Cour des Comptes peut donc être publié (lire la synthèse). Il dévoile que le coût annuel de la politique de lutte contre l’immigration irrégulière en France s’élève à 1,8 milliard d’euros. Une politique portée à 80% par le ministère de l’Intérieur.
Pierre Moscovici, le premier président de la Cour, a déclaré ce jeudi qu’il assumait ce choix personnel de retarder la publication du document.
«Je ne souhaitais que cette publication puisse interférer en quoi que ce soit avec le débat politique».
Les magistrats livrent le nombre de 439 000 bénéficiaires de l’aide médicale d’État (AME) en juin 2023, mais que cette estimation «présente de nombreuses limites». Autrement dit, le nombre de clandestins est sans doute bien supérieur. Le ministre de l’Intérieur avait évoqué, lui, devant le Sénat, une fourchette «entre 600 000 et 900 000» personnes.
Les administrations et juridictions chargées de ce contentieux sont «saturées». Le nombre des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) a augmenté de 60% en quelques années. La Cour parle de 447 257 OQTF prononcées entre 2019 et 2022.
La Cour constate que le cadre législatif de la lutte contre l’immigration irrégulière est particulièrement mouvant : il a connu 133 modifications en moins de dix ans. Les services administratifs et les juridictions chargés de la gestion des étrangers en situation irrégulière peinent à remplir leurs missions, du fait de leur manque de moyens.


Il semble bien y avoir un lien entre toutes ces affaires…
Toulouse (31) : l’agresseur présumé d’une joggeuse qui a échappé à un viol dans le parc du Barry s’est rendu à la police dans un commissariat de Marseille ; il s’agit d’un migrant clandestin sous OQTFhttps://t.co/TrxNmA85B7 pic.twitter.com/WobpuFS79E
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Seulement 48 heures que la peine en semi-liberté de Oualid A., connu pour exhibitionnisme et agression sexuelle, est terminée… il récidive en se masturbant devant une femme et son bébé dans un train du Val-d’Oisehttps://t.co/2fCbVr5AJT pic.twitter.com/W9B7sJ2GlJ
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Ozoir-la-Ferrière (77) : une femme de 75 ans violée chez elle au matin du Nouvel An, son mari handicapé n’a pas pu intervenir. Un migrant clandestin congolais placé en garde à vue, puis libéré et placé en CRA (MàJ)https://t.co/eNdZ28xa0p pic.twitter.com/pjR7SDZu6G
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Paris : une fillette de 7 ans agressée sexuellement dans les Jardins du Trocadéro par un migrant afghan ; : « Ces gens-là qu’ils soient dégagés du territoire » – le père de la victime témoigne (MàJ : 18 mois ferme pour Babhtyar)https://t.co/7DJ1PF2Q2I pic.twitter.com/5qRb775iY8
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Paris : un clandestin algérien sous une OQTF interpellé pour le viol d’une jeune femme dans un bar du 18e arrondissementhttps://t.co/8KGwFMnUh2 pic.twitter.com/SOBG5WNx7A
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Nice : un Tunisien en situation irrégulière et armé d’un couteau, agresse sexuellement une femme et blesse deux policiershttps://t.co/Y35mrYNkYp pic.twitter.com/WFb9W9TZl3
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Caen (14) : Lola R., 18 ans, dit avoir été violée à trois reprises, le 24 décembre dernier, par Gebru Hailemariam, un migrant éthiopienhttps://t.co/UUHwZWdTHe pic.twitter.com/qDNiT7d1PH
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Paris : un agresseur sexuel arrêté dans le métro à Châtelet. Il s’agit d’un migrant clandestin algérien. Il a aussi tenté de poignarder un passant qui tentait de secourir la victime.https://t.co/bIjUFlFnrq pic.twitter.com/S94Jlzzd8e
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Cette déclaration a été erronée dans la forme et dans le fond
Mgr Munilla évêque d’Orihuela-Alicante (Espagne) souligne que
“le mauvais accueil qu’a reçu le document sur les bénédictions du Vatican, avec tant de réactions critiques, est impressionnant. Nous n’avons jamais rien vu de tel au sein de l’Église. Il y a pratiquement vingt conférences épiscopales qui se sont déjà prononcées contre cette déclaration, à un degré plus ou moins important, beaucoup d’entre elles africaines, mais aussi certaines d’Europe de l’Est et d’Amérique”.
“En outre, de nombreux cardinaux et évêques, dont moi-même, se sont exprimés de manière critique. C’est déjà très frappant, nous n’étions pas habitués à une telle chose au sein de l’Église”.
Monseigneur José Ignacio Munilla affirme ouvertement qu’une telle réception ne peut s’expliquer que parce qu’il s’agit d’une erreur. Cette déclaration a été erronée dans la forme et dans le fond.
Mgr Marc Aillet, ciblé par le lobby LGBT
La longue note de Mgr Marc Aillet à propos de la déclaration Fiducia supplicans a provoqué l’ire du lobby LGBT, lequel n’a, à ma connaisance, pas réagi aux nombreuses déclarations d’évêques africains… Appeler à la conversion choque le lobby LGBT, qui estime que l’homosexualité est une fatalité dont l’homme ne peut pas se libérer…
L’association SOS Homophobie estime que la déclaration de l’évêque de Bayonne légitime les «thérapies de conversion ». Ces pratiques, pénalisées depuis 2022, visent à guérir les personnes homosexuelles par des interventions de toutes sortes, physiques, psychologiques ou psychanalytiques.
«C’est une forme d’injonction à modifier son orientation sexuelle comme si c’était un choix».
Le lobby LGBT, en niant la liberté des personnes, les enferme dans cette catégorie. Au lieu d’être des hommes ou des femmes, ils deviennent ainsi des “homosexuels”, comme si cela était marqué de façon indélébile dans leur ADN. Il est dommage d’ailleurs que certains catholiques reprennent cette terminologie viciée, refusant ainsi la grâce divine ou posant des limite à l’efficacité de la grâce. Le procès intenté pour “homophobie” par ce lobby au Salon beige entre dans cette stratégie de harcèlement visant à faire taire toute opposition sur ce sujet et, même, à obliger l’Eglise à modifier son enseignement.
Mgr Aillet écrivait simplement :
je les invite, si les personnes le demandent, à leur donner une bénédiction, à condition que ce soit à chaque personne individuellement, en les appelant à la conversion et en les invitant à demander le secours de la grâce que le Seigneur accorde à tous ceux qui le lui demandent pour conformer leur vie à la Volonté de Dieu ».
Interrogé sur la réaction de SOS Homophobie, le diocèse a simplement expliqué qu’il s’agissait «d’un appel à la conversion de Jésus dans l’Évangile», en référence à l’Évangile selon Saint (1,15) : «Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.» Joint par La Croix, Mgr Marc Aillet dénonce une interprétation erronée de ses propos. « Il n’est en aucun cas question d’appeler à la mise en oeuvre de thérapies de conversion ». Il rappelle que sa recommandation s’adresse d’ailleurs aux couples de même sexe comme aux couples en situation irrégulière.
« L’Église appelle forcément la personne à la conversion mais pas en ce qui concerne son orientation sexuelle. Il s’agit de la conversion à la foi, un appel que le Seigneur adresse à tous, à conformer sa vie à la Parole de Dieu. »
Mgr Aillet explique :
« Tout chrétien qui veut suivre le Christ doit essayer de conformer sa vie à l’Évangile et d’être à son écoute le mieux possible. J’invite donc à un dialogue pastoral pour essayer d’éclairer avec ce que l’Église nous enseigne de l’amour et de la sexualité. Elle dit à toute personne qui ne s’inscrit pas dans le sacrement du mariage, qu’elle est invitée à la chasteté (ce qui ne concerne donc pas uniquement les personnes homosexuelles). Mais il ne s’agit pas de contrôler la vie des gens ou d’employer des méthodes de coercition pour forcer les personnes à changer leur orientation. Il ne s’agit pas de juger mais de proposer un chemin de vie chrétienne. »
« Les personnes qui s’adonnent aux pratiques homosexuelles, sont appelées à la conversion»
La Conférence épiscopale du Bénin a publié une déclaration dimanche 31 décembre, en réaction à la Déclaration du Dicastère de la Doctrine de la Foi Fiducia Supplicans :
« L’homosexualité est contraire au dessein de Dieu et représente un acte désordonné et intrinsèquement mauvais ». « La Parole de Dieu et, par conséquent, l’Eglise, n’autorisent ni l’homosexualité ni l’union entre deux personnes de même sexe ».
« Les personnes qui s’adonnent aux pratiques homosexuelles, sont appelées à la conversion. Pour cette cause, elles doivent être aidées et accompagnées ».
A travers une déclaration dimanche 31 décembre 2023, les évêques du Bénin ont exhorté les prêtres, qu’ils relèvent d’un diocèse ou de passage au Bénin, à
« s’abstenir de toute forme de bénédiction aux couples de même sexe et aux couples en situation irrégulière ».
Persécution de l’Eglise catholique au Nicaragua
Au moins 14 prêtres catholiques ont été arrêtés au Nicaragua depuis le 20 décembre dans le cadre d’une vague d’interpellations d’ecclésiastiques. Le premier de cette série, arrêté le 20 décembre, est l’évêque de Siuna, Mgr Isidoro Mora. C’est le second évêque emprisonné, avec Monseigneur Rolando Alvarez, détenu depuis août 2022. Il a été condamné en février à 26 ans de prison pour trahison. Il a préféré la prison à l’exil, refusant de partir pour les États-Unis avec 222 prisonniers politiques expulsés et déchus de leur nationalité nicaraguayenne.
Le pape François a dit lundi place Saint-Pierre suivre “avec une profonde préoccupation ce qui se passe au Nicaragua, où des évêques et des prêtres ont été privés de leur liberté”.
Au Nicaragua, près de la moitié des 6,3 millions d’habitants sont catholiques.
Le président Daniel Ortega, un ancien guérillero au pouvoir depuis 2007, est en conflit avec l’Église catholique. Le Vatican a fermé en mars son ambassade et le pape François a qualifié de “dictature grossière” le gouvernement d’Ortega.
Euthanasie : la France comme Cuba ?
Le 22 décembre, Cuba a légalisé l’euthanasie. La mesure a été adoptée par l’Assemblée nationale du pays dans le cadre d’une loi mettant à jour le « cadre juridique du système de santé universel et gratuit de la nation ». La version finale du texte indique que
« le droit des personnes à une mort digne est reconnu dans les décisions de fin de vie, qui peuvent inclure la limitation de l’effort thérapeutique, les soins continus ou palliatifs, et les procédures qui mettent fin à la vie ».
Source : Gènéthique
Fiducia supplicans “porte atteinte à la communion de l’Église”
Monseigneur Rafael Escudero López Brea, évêque espagnol de la prélature de Moyobamba au Pérou, a écrit une lettre sur la déclaration Fiducia supplicans :
“Face à la confusion sans précédent provoquée par la déclaration Fiducia supplicans parmi le clergé et de nombreux fidèles de cette prélature et dans de nombreuses régions du monde catholique, j’ai pris quelques jours de prière et de réflexion pour répondre avec calme et sérénité”.
Mgr Escudero López maintient que “la Déclaration permet de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe” et, de manière très confuse, insiste sur le fait que ces bénédictions sont faites “sans valider officiellement leur statut ni modifier de quelque manière que ce soit l’enseignement pérenne de l’Église sur le mariage”, précisant que le mariage est l’union stable d’un homme et d’une femme bénis par le sacrement”.
En termes très clairs, l’évêque déclare que
“ce document porte atteinte à la communion de l’Église, puisque de telles bénédictions contredisent directement et gravement la Révélation divine et la doctrine et la pratique ininterrompues de l’Église catholique, y compris le magistère récent du pape François, ce qui explique pourquoi il n’y a aucune citation dans l’ensemble de la déclaration qui s’appuie sur le magistère antérieur”.
“Bénir des couples en situation irrégulière et des couples de même sexe est un grave abus du Très Saint Nom de Dieu, qui est invoqué sur une union objectivement pécheresse de fornication, d’adultère, ou pire encore d’activité homosexuelle”.
“De plus, dans ce dernier cas, il faut souligner que “les actes homosexuels sont désordonnés et surtout contraires à la loi naturelle” (Catéchisme de l’Église catholique n. 2357). Dieu ne bénit jamais le péché. Dieu ne se contredit pas. Dieu ne nous ment pas. Dieu, qui aime toujours inconditionnellement le pécheur, cherche donc son repentir, sa conversion et sa vie. Dieu veut le bien de tous”.
Mgr Rafael Escudero López Brea explique que
“la présente Déclaration fait une distinction entre les bénédictions liturgiques et les bénédictions pastorales et permet aux couples, mais pas aux unions, d’être bénis avec des “bénédictions pastorales””. “Cette distinction nous laisse perplexes et confus, car l’acte de bénédiction, qu’il soit accompli dans une assemblée liturgique ou en privé, donné par un ministre, est toujours une bénédiction, de même nature. Bénir un couple, c’est bénir l’union qui existe entre eux, il n’y a pas de façon logique et réelle de séparer l’un de l’autre, sinon pourquoi demanderaient-ils une bénédiction ensemble et pas deux séparément ? Bien que le Dicastère pour la doctrine de la foi insiste sur le fait qu’il s’agit d’une déclaration “claire”, la vérité est qu’elle continue à générer une énorme confusion non seulement parmi les fidèles mais aussi parmi de plus en plus d’évêques à travers le monde.
“Le problème sous-jacent est beaucoup plus grave, et quelques frères dans l’épiscopat et des prêtres, contrevenant à la moralité objective de l’Écriture Sainte et de la Tradition Sacrée, ont depuis longtemps confondu le peuple de Dieu avec la bénédiction indiscriminée de ces unions objectivement désordonnées et donc pécheresses, commettant ainsi un horrible sacrilège”.
Dans sa lettre, Mgr López Escudero insiste sur “le manque de clarté du document” et c’est pourquoi il encourage à
“suivre la pratique ininterrompue de l’Église jusqu’à présent, qui consiste à bénir toute personne qui demande une bénédiction, et non les couples de même sexe ou les personnes en situation irrégulière”.
“L’Église bénit les pécheurs, mais jamais leur péché ou leur relation pécheresse”, explique l’évêque originaire de Tolède. En ce sens, il souligne que
“notre charité pastorale envers ceux qui sont en situation de péché nous oblige à les appeler à la conversion. Tout pécheur sincèrement repenti et ayant la ferme intention de cesser de pécher et de mettre fin à sa situation publique de péché (comme, par exemple, la cohabitation en dehors d’un mariage canoniquement valide ou l’union homosexuelle), peut recevoir une bénédiction et, mieux encore, l’absolution sacramentelle et la Sainte Communion”.
Avec beaucoup de clarté et de force, l’évêque demande aux prêtres et aux fidèles laïcs
“de ne pas minimiser les conséquences destructrices et profondes résultant de cet effort de certains hiérarques de l’Église pour légitimer de telles bénédictions, dans certains cas avec de bonnes intentions et dans d’autres, comme beaucoup l’ont démontré, avec l’intention de détruire le dépôt sacré de la tradition de l’Église”.
“Le jour de mon ordination épiscopale, j’ai juré solennellement de “préserver le dépôt de la foi dans sa pureté et son intégrité, conformément à la Tradition toujours et partout observée dans l’Église depuis le temps des Apôtres”.
Pour toutes ces raisons, l’évêque a interdit aux prêtres de la prélature de Moyobamba de bénir des couples en situation irrégulière ou des couples de même sexe. Mgr López Escudero recommande à
“ceux qui se sentent attirés par le même sexe ou qui vivent dans une union homosexuelle ou irrégulière de s’approcher du Christ par la prière, l’écoute de la Parole, le jeûne, la pénitence et l’aide de la Vierge Marie en vue de leur conversion et de profiter de l’opportunité de conversion que Dieu leur offre pour une vie plus heureuse et l’obtention de la vie éternelle”.
Le prélat conclut sa lettre en demandant aux prêtres et aux fidèles de la prélature de continuer à cultiver
“leur union filiale avec l’actuel Pontife de la Sainte Église de Dieu, le Pape François, ceux qui l’ont précédé et ceux qui viendront. C’est cette communion qui me pousse à souscrire ces lettres”.
Lettre à Michel Onfray
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Lettre à Michel Onfray sur l’existence de Jésus
« Ce que tu as caché aux sages et aux savants,
et à Michel Onfray, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25-27)
Monsieur Onfray,
Vous me faites de la peine. Alors que je viens de finir votre formidable numéro hors-série sur le général de Gaulle, je tombe à la renverse en lisant que vous réfutez l’existence de Jésus-Christ. Quelle prétention, quel orgueil ! Et quelle mouche vous a piqué ?
Est-ce que votre grand De Gaulle serait un naïf ? Savez-vous que c’est sa grande foi en Jésus-Christ, autant qu’en la France, qui lui a permis de réaliser l’impossible ? Et Jeanne d’Arc, c’est du roman ? Tous les documents de son procès sont là.
Nous avons plus de preuves et de documents sur l’existence de Jésus que sur n’importe quel grand empereur et n’importe quel grand personnage de l’histoire. Même la science et les archéologues confirment régulièrement la véracité de ce que nous apprennent les Écritures bibliques.
Mon grand-père, plein de bon sens, me disait : « Méfie-toi des gens trop intelligents ». Et Jésus déclarait déjà : « Vous me demandez des signes, des preuves, mais si vous ne voulez pas croire, vous ne croirez pas ».
Rien de nouveau, donc, sur cette Terre. Lors de l’Ascension du Christ, le saviez-vous, un témoin aurait finalement refusé de l’avoir vu.
Alors, Michel Onfray, est-ce que votre ascension dans la connaissance vous a fait exploser le cerveau en vol ? Attention, n’allez pas trop haut, vous risquez de manquer d’oxygène. Faites dégonfler votre tête ou vos chevilles et redescendez vite de votre piédestal, rabaissez-vous, comme disait aussi le Christ. « Et vous serez élevé ».
Et si vous commenciez par lire les grands spécialistes de la question, comme Jean-Christian Petitfils. Ou Jean-Marie Salamito. Ou tant d’autres. Est-ce que des génies de la science comme Blaise Pascal ou Léonard de Vinci étaient en même temps des crédules ? Ce dernier a inventé l’avion 5 siècles avant son existence.
« Contradiction entre les Évangiles », dites-vous ! Installez juste ces évangélistes autour d’un pot de fleurs. Ils vont tous avoir une vue différente et pourtant ils voient le même pot. Ce qui confirme la complémentarité logique des Évangiles.
La prochaine fois, merci de nous expliquer les dizaines et les centaines de miracles et de guérisons que la science n’explique pas, comme la bilocation ou les stigmates des plaies du Christ crucifié. Le Padre Pio a été vu par de nombreux témoins à des endroits différents à la fois (phénomène de la bilocation). Ces faits analysés et vérifiés démontrent tout simplement que Jésus n’a pas seulement existé mais qu’il existe toujours !
Et si vous en faisiez un livre pour répondre point par point à Jean-Christophe Petitfils ou Didier van Cauwelaert. Lisez donc « L’insolence des miracles » ! Vous y verrez encore comment De Gaulle, encore lui, a décoré en 1945 l’extraordinaire soeur Yvonne-Aimée pour ses actions bienfaitrices surnaturelles. On est pressé de vous lire.
Isidore
Le pape semble préparer les esprits à l’abrogation de Traditionis Custodes…
Je ne vois pas comment interpréter autrement l’intention de prière du Souverain pontife pour le mois de janvier :
Pour le don de la diversité au sein de l’Église
Prions pour que l’Esprit nous aide à reconnaître les divers charismes dans la communauté chrétienne et à découvrir la richesse des différentes traditions rituelles au sein de l’Église catholique.
#PrionsEnsemble pour que l’Esprit nous aide à reconnaître le don des différents charismes au sein des communautés chrétiennes et à découvrir la richesse des différentes traditions rituelles au sein de l’Église catholique. #IntentiondePrière #ClickToPray pic.twitter.com/XJxv1wmQ9H
— Pape François (@Pontifex_fr) January 2, 2024
Un réveillon “sans incident majeur”
Les personnes poignardées cette nuit-là sont heureuses d’apprendre qu’il n’y a pas eu d’incident majeur…
- Un homme poignardé à Grandvillars.
- Un homme poignardé à Châlons.
- Un jeune de 18 ans poignardé à Raismes.
- Un jeune a reçu un coup de couteau à la gorge à Grenoble
- Deux femmes poignardées en Isère dont une est gravement blessée.
- Un homme poignardé à mort dans l’Oise
- Un homme a été poignardé à plusieurs reprises au thorax, aux jambes et à l’abdomen, par deux agresseurs, à Paris sur le pont de Bir Hakeim
C’est un suicide démocratique auquel nous assistons : avortement, mariage homosexuel et demain, bien sûr, euthanasie
Renaissance catholique diffuse le texte de la dernière conférence de Patrick Buisson, lors de la fête du Livre, début décembre :
Chers amis,
Il y a un moment où, quoiqu’il nous en coûte, il faut savoir s’incliner devant les miracles du progrès. Deux siècles d’émancipation, deux siècles pendant lesquels on aura appris à l’homme à ne plus disposer de lui-même pour autre chose que lui-même. Deux siècles de Lumières ont débouché sur cette bonne nouvelle : l’humanité a enfin acquis les moyens techniques d’un suicide collectif.
Les moyens d’un suicide collectif
Ces moyens sont au nombre de trois :
- Primo, les effets de l’activité humaine sur l’environnement qui pourraient, nous dit-on, aboutir à une situation telle que la vie sur terre risque de devenir impossible.
- Deuzio, depuis la découverte de l’énergie nucléaire, l’humanité s’est dotée de la capacité de s’anéantir par une guerre atomique.
- Tertio, avec la mise en circulation massive des techniques contraceptives puis abortives modernes, chaque génération est désormais en situation de décider s’il y aura une génération suivante ou non.
Je sais bien qu’il est de bon ton dans certains milieux – les nôtres par exemple – d’opposer une élite corrompue et pervertie à un peuple opprimé et innocent, à un peuple exonéré de toute responsabilité dans ce qui lui arrive. C’est ce que j’appellerai l’un de ces produits manufacturés de la non pensée populiste. Comme si les peuples n’avaient pas les élites qu’ils méritent ! Renan disait dans sa célèbre conférence de la Sorbonne en 1882 : « L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours ». Les résultats de ces plébiscites sont aujourd’hui implacables : c’est un suicide démocratique auquel nous assistons.
Depuis le milieu des années 60, les Français ont fait progressivement le choix d’arrêter la reprogrammation de la vie. Comme l’a observé le grand historien Pierre Chaunu, le crach de la foi a été l’élément psychologique central du collapsus démographique. Tous les anthropologues vous le diront, la foi est la célébration de la fertilité, l’exaltation du génératif. Il y a là une corrélation absolue : la crise de la reproduction de la vie aura été la conséquence de la crise de la reproduction des systèmes de sens qui lui donnaient une signification, les grands systèmes qu’ils soient spirituels ou politiques. « La descente du religieux par l’ascenseur, écrit Chaunu, a entraîné une descente de la vie d’abord par l’escalier puis la tête la première par la fenêtre. » Dans les années qui ont immédiatement suivi le Concile, les Français, comme l’indiquent toutes les enquêtes de l’opinion, ont cessé non seulement de pratiquer mais aussi de croire dans un au-delà après la mort. Ils sont majoritairement devenus des sociétaires du néant, des sans-abris transcendantaux. En désertant l’espérance chrétienne, ils ont également rejeté la vie. En effet, brusquement, les années 1964-1965 mettent fin à la prodigieuse dynamique du baby-boom amorcée dès 1942. Un cycle s’achève alors dans la fermentation de changements majeurs : prééminence de l’affectif sur le collectif, primat du socio-culturel sur le biologique, dissolution du sens de la continuité historique qui laisse place à l’impérialisme du moi. « Je prends mes désirs pour la réalité car je crois en la réalité de mes désirs ». Tel était le slogan de mai 1968. Ce fut l’instant du malheur.
Avec la loi Neuwirth et la loi Veil, la machine s’emballe. En moins de 10 ans, le taux de fécondité par femme dégringole de 2,9 à 1,9. Jusque-là, les couples obtenaient à peu près le nombre d’enfant qu’ils désiraient. A partir de la fin des années 70, ils ne parviennent plus à réaliser leur désir profond de descendance. 1,9 enfants obtenus pour 2,5 enfants désirés. L’implacable mécanisme du plébiscite à l’envers dont je parlais tout à l’heure s’enclenche. Le taux de fécondité passe en-dessous du seuil de renouvellement des générations, à partir de 1975.
Délivré de toute finalité collective, de tout destin communautaire, l’enfant n’est plus cet investissement sur le temps visant à une reprogrammation de l’héritage, il n’est plus cette quête d’une surdurée, cette quête d’un au-delà qui transcendait les destinées individuelles, mais au mieux un enfant-objet, le signe d’une vie de couple réussie. Tout est prêt pour le grand remplacement. Le mot n’existe pas encore, mais la menace d’un effondrement démographique de la nation française, couplée à un transfert de fécondité vers les populations immigrées aura été la référence commune de nombreux députés gaullistes qui interviendront à la tribune de l’Assemblée lors du débat sur la loi Veil.
Ce spectre du grand remplacement culturel et ethnique, qui ferait, selon le mot De Gaulle, de Colombey-les-Deux-Eglises “Colombey-les-Deux-Mosquées”, est le fil rouge qu’on retrouve tout au long des débats. Par exemple avec Michel Debré, qui dénonce avec la loi Veil une erreur historique, monumentale : « Cette loi expose la France au risque de diminuer et de vieillir alors que d’autres peuples à nos portes croissent et rajeunissent. » (Assemblée Nationale, deuxième séance du 27 novembre 1974). Avec la prophétie d’Hector Rolland, un député gaulliste : « La France a décolonisé. Elle est en train de se donner, avec cette loi, les moyens de se faire coloniser » en empêchant la perpétuation de la race. (Assemblée Nationale, troisième séance du 27 novembre 1974). En écho au Camp des Saints, célèbre fiction de Jean Raspail qui paraît à la même époque, l’économiste Alfred Sauvy, qui à l’époque est titulaire de la chaire de démographique sociale au Collège de France écrit : « Le pays qui recourrait systématiquement à l’immigration risquerait non seulement une révolte de ces mercenaires en situation inférieure mais probablement une sorte de décomposition par perte du sens de la vie. » (Automne 1973) Nous y sommes !
Suprême ironie de l’histoire, c’est ce même Sauvy qui en annonçant une submersion de l’Europe en 1974, notait que la pilule, conçue pour arrêter la prolifération des peuples pauvres du Tiers-monde aura eu pour conséquence d’entraîner la stérilité volontaire des pays riches. Car telle est bien l’histoire ! La conclusion qui s’impose à lui comme elle doit aujourd’hui s’imposer à nous : un peuple qui sous-traite la fabrication d’enfants aux populations immigrées et n’a plus la volonté de se reproduire et de reprogrammer la vie est un peuple qui consent à être remplacé et à sortir de l’histoire. Il en porte, quelque soient ses excuses par ailleurs, la responsabilité historique.
L’Islam n’est pas la cause de nos malheurs
L’urgence commande de cesser de nous mentir. Non ce n’est pas la faute de l’Islam si nos églises se sont vidées, non ce n’est pas la faute de l’Islam si les Français ont cessé de se reproduire. Tout indique que ce pays réel, ce pays fantasmé dont nous aimions à célébrer hier le plébiscite quotidien en faveur de la nation, ce pays-là n’existe plus ! Et il ne peut renaître que s’il prend conscience des causes profondes de sa décomposition. Je lisais cette semaine dans la presse que 90% des Français, selon un sondage Harris Interactive, se déclarent aujourd’hui favorables à l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution. Et savez-vous dans quel électorat le score d’adhésion à cette idée est le plus élevé ? Celui de la France Insoumise ? Non. Celui du Rassemblement National ! 91% à l’unisson de Marine Le Pen adhérent à cette idée, confirmant d’ailleurs la métamorphose sociologique et idéologique de cet électorat, qui passe du statut de “peuple-nation” à celui de “peuple-classe”, selon une conception purement et exclusivement matérialiste. Ainsi donc, la France s’apprête à inscrire dans la loi suprême ce qui est à l’origine de son déclin. Nous nous apprêtons à faire de notre sortie de l’histoire un principe de vie commune.
Les lois Neuwirth et Veil sur la pilule, car il y a eu une loi Veil sur la pilule qui remboursait cette dernière, en 1974, votées officiellement pour être un remède à l’avortement, se sont révélées être en réalité leur avant-propos. La loi Veil qui voulait que l’IVG reste une exception, un ultime recours, a ouvert la voie comme le prophétisait Jean Foyer en 1974, à l’avortement de masse, à l’avortement sans limite. Jamais politique publique n’aura connu un aussi cinglant échec par rapport à ses objectifs initiaux. Jamais un tel fiasco n’aura été aussi bruyamment louangé, vous l’entendez de toute part. En sacralisant ce nouvel ordre moral, nous avons sacralisé la triade de notre suicide collectif : avortement, mariage homosexuel et demain, bien sûr, euthanasie.
Ce plébiscite n’est ni plus ni moins un non à l’avenir, un refus de la vie et de la continuité historique, la consécration d’une culture de mort, le droit à une mort autodéterminée. Voilà donc le stade terminal de l’émancipation promise ! L’homme non plus seulement émancipé de la nature mais aussi émancipé de la vie. Viva la muerte ! Tel est l’aboutissement des Lumières, tel est le cri de ralliement que nous propose la modernité, telle est notre nouvelle signature civilisationnelle.
Dans ces conditions, il est parfaitement abusif de parler, comme vous l’entendez dès que vous ouvrez aujourd’hui le moindre média audiovisuel, de guerre de civilisation à propos de la situation que nous vivons. Ce qu’on nous propose de défendre face à l’Islam, ce n’est plus la civilisation traditionnelle de l’Occident, c’est une non-civilisation, une décivilisation, pour macronner, pour parler comme Macron. La religion, ce sont les murs porteurs d’une civilisation : retirez-les et tout l’édifice s’effondre. La part de sacré que contient le nouvel Islam en France nous est devenue complètement étrangère, si bien qu’il y a dans une certaine détestation de l’Islam, il faut bien le reconnaître, un violent rejet de vertus dont ce dernier s’est fait le conservatoire et que nous avons perdues en cours de route : abnégation, sacrifice de soi, sens de la communauté.
Une civilisation n’est forte que de ses martyrs
D’une certaine manière, l’Islam est le miroir de notre déclin, de notre apostasie générale. Il nous renvoie l’image de ce que nous ne sommes plus. Ceux qui ne sont pas capables de croire trouvent toujours incompréhensible et déraisonnable la religion des autres. Une civilisation n’est forte que de ses martyrs, de ceux qui acceptent à un moment de se sacrifier pour elle. Pour le comprendre, il suffit de relire Sénèque : « Quiconque néglige sa vie est maître de la vôtre ». Ben Laden ne disait pas autre chose lorsqu’il proclamait : « Nous vaincrons l’Occident car nous aimons autant la mort que vous aimez la vie ».
Qu’avons-nous à opposer à l’Islam dans cette soi-disant guerre de civilisation ? Qu’avons-nous à opposer à la nuit islamiste hormis l’obscénité marchande, la laïcité et le droit au blasphème, le gauchisme culturel et l’idéologie du genre ? Ceux qui vaticinent et semblent en appeler à un scénario de guerre civile sont des inconscients et des irresponsables. Qui voudra mourir demain pour le drapeau arc-en-ciel ? Car notez-le, la République, qui reconnaît le droit au blasphème quand il s’agit de Dieu, a créé un nouveau périmètre du sacré, une sorte de religion civile pour tout ce qui concerne les droits des minorités. Là, non seulement le blasphème est interdit mais il est sévèrement sanctionné à travers tout l’arsenal dispositif que le législateur a institué à l’encontre des blasphèmes attentatoires aux valeurs de la République. Ces chères valeurs de la République ! A ces soi-disant valeurs, il accordé une protection qu’il refuse aux religions monothéistes. Cela s’appelle la loi Pleven, la loi Gayssot, la loi Taubira sur la traite des noirs et l’esclavage, la loi Raffarin sur l’homophobie, j’en passe et des meilleures.
C’est donc ça le nouveau sacré qu’on nous propose de défendre ?! Chers amis, soyez-en persuadés : si nous n’avons que le string à opposer au voile, alors nous sommes perdus. Si nous n’avons que Houellebecq à opposer à l’Islam, alors nous sommes moribonds. Si nous n’avons que Mila à opposer au tchador, alors nous sommes finis. Si nous n’avons que le nihilisme à opposer au salafisme, alors nous sommes morts.
La pandémie a eu au moins un mérite : elle est venue nous rappeler, à travers la panique qui s’est emparée de la société civile, que le besoin irrépressible des hommes ne tient ni à la demande d’ordre, ni à la demande de justice, mais à la demande de signification, à la demande de sens. Les hommes veulent qu’on les ravitaille en espérance ou en utopie, en raisons de vivre et ce qui est plus difficile encore, en raisons de mourir.
La sortie de la religion
Depuis les travaux de Marcel Gauchet, adoptés dans l’enthousiasme par l’ensemble de la doxa, la sortie de la religion, entendue non comme la fin des croyances individuelles mais comme la fin de la capacité du religieux à structurer la société et la politique ; tout le monde est d’accord là-dessus. Or ce point de vue me paraît devoir être tempéré par quelque chose dont on ne parle jamais, à savoir, ce qui est finalement le pendant de la sortie de la religion et notamment du catholicisme, la crise de l’athéisme. Personne n’en parle, mais la déchristianisation s’accompagne d’une crise profonde de la France laïque qui était jusqu’à présent par l’existence du catholicisme comme religion dominante préservé de la question ultime. A partir des années 90 émerge effectivement le problème fondamental de l’incroyance qu’on peut résumer en une phrase : l’inexistence de Dieu ne résout pas le problème des fins dernières de l’existence humaine. L’athéisme ne débouche que sur un monde dépourvu de sens et une espèce humaine sans projet. Pour la première fois, la France laïque doit vivre dans l’absolu d’un monde sans Dieu, privée qu’elle est de la ressource morale et psychologique que constituait le catholicisme. Il n’y a plus d’ennemi en face. En d’autres termes, l’athéisme se trouve face à lui-même, c’est-à-dire confronté au vide. Longtemps, on a pu croire que les idéologies politiques modernes allaient pouvoir se substituer durablement aux croyances religieuses. Ce n’est pas ce qui est arrivé : on a vu, dans la France des années 1970 que la chute du parti communiste a suivi celle de la pratique religieuse.
Quand Bernanos peu avant sa mort en 1948, disait que ce n’était pas tant l’Etat que la société qui se dissolvait, et que pour refaire la France, il fallait d’abord refaire des Français, il voyait bien que la politique n’était qu’un instrument de redressement illusoire. N’en déplaisent aux adeptes de la sortie du religieux, l’humanité a toujours eu deux cordes à son arc. Lorsque les idéologiques politiques n’ont plus rien de religieux, lorsqu’elles ne sont plus capables de fournir autre chose qu’un opium frelaté, un opium de mauvaise qualité, ce sont les croyances religieuses qui se repolitisent.
Pas de société sans un sacré partagé
On le voit aujourd’hui avec l’Islam qui nous démontre chaque jour qu’on ne fait pas société, on ne fait pas communauté, sans un sacré partagé. C’est Régis Debray qui dans un de ses derniers livres écrivait : « Les croyances religieuses d’hier supposaient l’autorité du passé, parce que le Sauveur, le Messie, le Prophète sont dernière nous, tandis que les croyances politiques transfèrent l’autorité au futur où nous attendent bonheur, liberté et justice » – l’âge d’or.
Avez-vous remarqué, chers amis, que c’est l’espérance qui mobilise, qui galvanise ? C’est toujours un passé à faire revenir. Pour les catholiques, c’est le retour du Christ ; pour les musulmans, c’est l’Islam de Médine ; pour les communistes, c’est le communisme primitif.
Simone Weil avait fait elle aussi ce constat : « D’où nous viendra la renaissance, à nous qui avons souillé et vidé tout le globe terrestre ? Du passé seul, si nous l’aimons. » (La Pesanteur et la Grâce, 1942). Non le passé comme nostalgie stérile mais comme énergie accumulée, ressource de l’imaginaire, matériau de création ; non le passé comme lieu de repentance et de culpabilité, mais comme bouclier de protection contre tout ce que cette époque sans limite charrie de hideux, d’inhumain et de déraisonnable.
Regardez, écoutez autour de vous : pandémie, retour de la guerre, retour du tragique, fin de la société d’abondance. Jamais l’histoire qu’on disait achevée n’aura autant frappé à nos portes que ces dernières années. De ce retour de l’histoire, nous pouvons légitiment espérer un retour de notre histoire. Une histoire vécue ne se ressasse pas. Elle est une réserve de sagesse, une certitude exemplaire, une action génératrice d’actions. Dans les hautes civilisations, l’histoire a toujours été souveraine remembrance. Elle s’établit non sur ce qui se passe ou sur ce qui sera, mais sur l’éternité. N’en doutez pas, face à l’Islam, il ne peut y avoir de résistance temporelle victorieuse sans résistance spirituelle. Le préfixe « arché » nous le dit et comme l’indique un philologue, il signifie étymologiquement « ce qui commence et ce qui commande ». L’archaïsme ne désigne pas une chose en allée, mais une chose en attente ; non le dépassé mais le refoulé, non l’enseveli, mais le guetteur ; non l’endormi, mais le veilleur.
Chers amis, n’en doutons pas, notre salut, notre chance de renaissance est suspendue à l’intelligence de ce que nous avons été et que nous ne sommes plus.
Immigration : beaucoup de bruit pour rien
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
Nous ne sommes pas encore sortis du feuilleton à rebondissements produit par Gérald Darmanin sur le projet de loi immigration – puisque le Conseil constitutionnel doit encore donner son avis (et la plupart des commentateurs s’attendent à ce qu’il censure certaines dispositions dites « fermes »).
Mais, d’ores et déjà, nous pouvons tirer un premier bilan de cette tragi-comédie.
Le premier élément de ce bilan est que la majorité est bel et bien minoritaire au parlement. Nous le savions, mais les oppositions n’ayant pas souvent réussi à se mettre d’accord pour le manifester, cela n’avait eu jusqu’ici que peu de conséquences.
Qu’en déduira Emmanuel Macron ? Nous n’en savons rien.
Si une nouvelle humiliation analogue à cette motion de rejet advenait, il est en tout cas possible qu’il envisage sérieusement la dissolution.
Auquel cas deux possibilités pourraient se dessiner. La première consisterait à imposer une cohabitation qui rendrait la nouvelle majorité comptable du bilan pour le moins terne de la Macronie. La seconde consisterait à créer une majorité élargie. Il n’est pas certain que cela soit possible ; il est moins certain encore que cette coalition emporte la majorité ; mais il est sûr que l’on ne pourrait pas faire de plus beau cadeau à LFI et au RN, probablement les seuls partis exclus de cette coalition.
Le deuxième élément de ce bilan est que la caste jacassante a un talent exceptionnel pour dramatiser des événements assez médiocres. Il faut beaucoup d’imagination pour supposer que cette loi, même si elle n’était pas censurée, changerait grand-chose à la politique (ou plutôt l’absence de politique) migratoire de la France.
Le numéro de la gauche appelant à la désobéissance civile peut éventuellement convaincre les journalistes complaisants que cette loi est, dixit M. Darmanin, « la plus ferme depuis des décennies », mais pas occulter la réalité : cette loi change peu les conditions d’immigration. Elle n’empêchera pas l’entrée annuelle de près de 500 000 immigrés dans notre pays ni la France de demeurer le plus attractif des pays développés pour l’immigration d’assistanat.
Je suis d’ailleurs fasciné de voir que tout le monde parle de l’importance de l’immigration pour notre économie, sans noter que nous avons des millions de chômeurs et que le taux de chômage des immigrés présents sur notre sol est deux fois supérieur à celui des Français !
On voit mal comment accueillir toujours plus d’immigrés pourrait apporter quoi que ce soit à l’économie française.
Mais le plus étonnant dans ce bilan est l’unanimité avec laquelle chacun s’est félicité de sa victoire.
Jean-Frédéric Poisson, le courageux président de Via, a écrit que tout le monde (à droite) avait perdu au vote de cette loi. Cela me semble plus proche de la réalité que les cocoricos entendus sur bon nombre de travées de l’hémicycle.
La majorité macroniste a explosé. Les LR ont eu bien du mal à se dégager une ligne commune et, bien que le texte final leur doive beaucoup, leurs électeurs se départiront difficilement d’une impression de « Tout ça pour ça ! ». Quant au RN, à supposer qu’il ait effectivement emporté une « victoire idéologique » comme il s’en est félicité, il a surtout subi l’inquiétant précédent d’être exclu de la représentation nationale par les comptes d’apothicaire d’Emmanuel Macron – montrant ainsi les limites de la « dédiabolisation ».
Au final, la société française est plus fracturée que jamais et ses dirigeants moins préoccupés que jamais par le sort du peuple français.
Ezéchiel et les exilés de la maison d’Israël
Michael D. O’Brien, né en 1948, un écrivain catholique à succès, artiste, essayiste et conférencier, vit à Ontario, au Canada, et est marié et père de six enfants. Ses romans, comme Une île au coeur du monde (2011), L’odyssée du père (2013), Étrangers et de passage (2017) ou Le phare (2021), tont été traduits dans une dizaine de langues. Le plus célèbre, Père Elijah : une apocalypse, a également été adapté en bande dessinée.
Dans cette fresque historique, dont le titre est tiré du psaume 136, Au bord des fleuves de Babylone (nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion), l’auteur livre un récit émouvant sur la mystérieuse figure du prophète Ézékiel, de son enfance à son service dans le Temple jusqu’à la captivité babylonienne, qui dura plus de 70 ans. Maçon, garçon simple et timide, Ézékiel n’est pas encore prêtre et ses visions n’ont pas commencé. Il s’affermit au milieu des exilés juifs qui luttent pour construire leur propre ville, pour rester fidèles à l’alliance de Dieu sans le Temple ni holocauste, et pour discerner les forces qui menacent de les diviser et d’éroder leur foi. Sa mission consistera à rallier son peuple à Dieu afin de le sauver, avant tout, de la destruction intérieure. O’Brien révèle un pan méconnu de l’histoire antique, mais aussi le lien profond qui unit la destinée du peuple d’Israël réduit en esclavage et celle des chrétiens d’aujourd’hui. Au bord des fleuves de Babylone, la puissance de la vie et de la foi transcende les ténèbres du monde. Le roman s’achève avec le début de la vision du prophète, racontée dans le début du Livre d’Ezéchiel.
En exil, les juifs, privés des rouleaux de la Torah, récitent de mémoire la Sainte Ecriture et les anciens enseignent la loi de Moïse aux exilés. Mais il se trouve des hérétiques pour réinterpréter la loi sacrée et certaines pages du roman présentent une actualité certaine :
C’est la voie d’une nouvelle compréhension, que nous offrons. C’est une nouvelle révélation. Nous ne nions pas les vérités du passé, mais nous voyons les limites de notre peuple qui vivait à cette époque. Ils ont vu des signe inhabituels et lésons interprétés du mieux qu’ils ont pu.
Et le mont Sinaï ? La voix du Seigneur y a transmis les dix commandements à Moïse et les tables ont été gravées par le doigt de Dieu.
C’est Moïse qui a écrit les tables.
Quoi ? murmure Siméon. Secoué, il recule.
“Je ne veux pas vous offenser, Siméon, mais essayez de comprendre qu’il s’agit d’un symbole, ce doigt de Dieu, une figure de style que Moïse a utilisée pour raconter ce qui lui est venu à l’esprit, une inspiration, si l’on veut.”
Les anciens sont tellement abasourdis que sur le coup, aucun d’entre eux n’est capable de prendre la parole.
“Les commandements doivent être compris sous un jour nouveau, poursuit le professeur avec douceur. Les jours où la vie est régie par les “doit” et les “ne doit pas” sont révolus. Aujourd’hui commence une nouvelle ère où tous les hommes seront libres de décider comment utiliser leur amour et leurs énergies.”
C’est là une pensée étrange; Qu’entend-il par “libre de décider” ? Que nous-mêmes pouvons juger ce qui est péché et ce qui ne l’est pas ? Puis il me vient à l’esprit que c’est peut-être cela même qui pousse ces enseignants à la distorsion.
Damnatio memoriae du pontificat de Joseph Ratzinger
Un an après la mort de Benoît XVI, il a été demandé au maître des célébrations liturgiques papales et au personnel de la sacristie papale : “Enlevez les armoiries de Benoît XVI des chasubles”.
C’est ainsi que les chasubles (des quatre couleurs liturgiques) ont été envoyées chez le tailleur pour remplacer les armoiries du défunt pontife.
Pourtant, tous les autres vêtements portant les armoiries de saint Paul VI, saint Jean XXIII ou saint Jean-Paul II se trouvent tous dans la sacristie pontificale et personne n’a jamais osé y toucher.
D’un point de vue économique, il s’agit aussi d’une dépense insensée. Il aurait été moins coûteux d’acheter des chasubles sans armoiries ou avec les armoiries du souverain pontife. Pourquoi donc procéder encore à cette damnatio memoriae du pontificat de Joseph Ratzinger ?
Le « Noël noir » nigérian
Le Point s’inquiète pour les chrétiens du Nigéria et d’ailleurs :
Le massacre de près de 200 chrétiens les 24 et 25 décembre au Nigeria a ému peu de monde en dehors des communautés décimées. Et pourtant, le « Noël noir » nigérian n’était pas un événement isolé, mais, au contraire, un signe des temps. Il a marqué le sinistre point culminant d’une année 2023 où les discriminations, les persécutions et les violences frappant ceux qui se réclament du Christ ont atteint un niveau inédit dans le monde.
Pays le plus peuplé d’Afrique avec 215 millions d’habitants, puissance pétrolière, démocratie imparfaite, le Nigeria est aussi une mosaïque ethnico-religieuse. Une insurrection djihadiste dans le Nord-Est, orchestrée par les terroristes de Boko Haram et de l’État islamique, a fait, depuis quinze ans, au moins 40 000 tués, musulmans modérés, chrétiens et animistes. L’insécurité s’étend peu à peu dans d’autres régions, notamment dans l’État du Plateau (centre), où des miliciens peuls ont perpétré la tuerie de Noël.
Les motivations djihadistes et antichrétiennes des bourreaux font peu de doute. La rivalité pour la terre entre éleveurs de bétail peuls et villageois chrétiens, aiguisée par le changement climatique qui accélère la désertification, a sans doute contribué à alimenter les tensions – cependant, elle ne les excuse en rien. Les victimes du dernier massacre n’ont pas été tuées à cause du réchauffement, mais bien parce qu’elles étaient chrétiennes.
Dans les années 1960, la ségrégation dont souffraient les chrétiens Ibos les avait conduits à proclamer l’indépendance de l’État du Biafra, dans le sud-ouest du Nigeria, avec le soutien de la France du général de Gaulle. La guerre abominable qui avait suivi avait causé 1 million de morts au bas mot, jusqu’à la défaite des sécessionnistes. Depuis lors, la cohabitation est tendue entre les fidèles des deux religions. Mais ces dernières années, à mesure que les djihadistes étendaient leur funeste influence, les incidents antichrétiens se multipliaient comme jamais. L’ONG nigériane InterSociety chiffre à quelque 4 500 le nombre de chrétiens tués en 2023 dans le pays. Les exemples sont légion, comme ce séminariste catholique, Na’aman Danlami, brûlé vif par des miliciens peuls le 7 septembre dernier. […]
“Un signe d’espérance au sein de l’immense déréliction d’un troupeau des fidèles qui a souvent l’impression d’être sans pasteurs”
De l’abbé Claude Barthe, dans Res Novae :
Du mal, Dieu peut providentiellement faire surgir un plus grand bien. La déclaration Fiducia supplicans du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, affirmant dans son n. 31 qu’« il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe » a créé une situation nouvelle : un nombre important d’évêques dans le monde, parfois des épiscopats entiers, ont fait savoir qu’ils ne recevaient pas cet enseignement officiel en rupture avec l’enseignement pérenne de l’Église et ont interdit à leurs prêtres de procéder à de telles bénédictions. C’est un signe d’espérance au sein de l’immense déréliction d’un troupeau des fidèles qui a souvent l’impression d’être sans pasteurs.
Deux remarques s’imposent :
1°/ On note que beaucoup de réactions épiscopales interdisent seulement à leur prêtres de bénir des couples homosexuels.
Cependant, il faut prendre garde au fait que refuser la bénédiction des couples de même sexe – qui causent assurément un très grand scandale – sans s’exprimer sur la bénédiction des couples irréguliers, tend à légitimer de facto ces « remariages ». Or, la demande de cette bénédiction, ou d’une prière, est de très loin la plus fréquente dans les paroisses. C’est à elle surtout que sont confrontés les curés. Un nombre non négligeable d’entre eux acceptent de bénir les couples irréguliers dans un cadre familial ou même à l’église sans être condamnés ni même rappelés à l’ordre. Il faut donc saluer les réactions épiscopales, comme celle de l’épiscopat de Hongrie, qui visent tant les bénédictions de couples du même sexe que celles des couples non mariés validement.
2°/ On constate ainsi, à l’occasion de ces déclarations épiscopales, que les atteintes à la doctrine morale de l’Église provoquent plus aisément de salutaires réactions que d’autres infléchissements doctrinaux, comme ceux qu’on a pu noter à l’occasion du concile Vatican II et qui ont été confirmés par l’enseignement postérieur.
Pourtant, les bouleversements de l’ecclésiologie, tels que la doctrine de la liberté religieuse ou celle de l’œcuménisme, ont été de bien plus grande conséquence du point de vue de la compréhension que l’Église a d’elle-même et de sa mission que la déclaration Fiducia supplicans ou que l’exhortation Amoris lætitia.
Ce sont d’ailleurs ces inflexions ecclésiologiques majeures qui ont permis ensuite, comme une deuxième étape, celles concernant la morale, dans la mesure où elles ont ouvert la possibilité d’un enseignement officiel qui ne s’estime pas obligé à une cohérence rigoureuse avec le magistère antérieur.
Ces deux points précisés, il faut saluer dans l’action de grâces le fait que, pour la première fois depuis Vatican II, des cardinaux et des évêques en exercice ont publiquement protesté contre un enseignement officiel qui n’est pas en adéquation avec la transmission ininterrompue de la Révélation par le magistère de l’Église
Le député Gouffier, fanatique de l’avortement, rapporteur du projet de loi constitutionnelle sur l’IVG
Le député du Val-de-Marne Guillaume Gouffier, membre groupe Renaissance, a été désigné par la commission des Lois rapporteur du projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
Le texte sera examiné en commission le 17 janvier, puis le 24 janvier dans l’hémicycle, 3 jours après la Marche pour la vie à Paris, avant d’être transmis au Sénat où il sera inscrit à l’ordre du jour de la séance publique le 26 février.
Le Parlement devrait être réuni en Congrès dès le 5 mars.
Le député Gouffier s’était déjà fait connaître à l’Assemblée à l’été 2020 pour ajouter “la détresse psychosociale” d’une femme pour justifier le recours à l’interruption médicale de grossesse, qui permet l’avortement jusqu’à la naissance. La même année, il avait demandé la suppression du délai de réflexion après l’entretien psychosocial qui peut être demandé par chaque femme lors d’un parcours d’IVG. A l’assemblée, il est encore intervenu récemment sur ce sujet :
Face aux conservatismes qui montent dans le monde et en France, la constitutionalisation de l’#IVG est un signal fort et une nécessité pour garantir cette liberté fondamentale.
J’interrogeais @E_DupondM sur le calendrier de ce texte et la philosophie de sa rédaction@DeputesRE https://t.co/tMKWywFhmz
— Guillaume Gouffier (@G_GouffierCha) December 12, 2023
Engagement pris, engagement tenu. Le projet de loi constitutionnelle sur l’inscription de l’IVG dans notre constitution a bien été présenté en Conseil des ministres. Une avancée que je salue. Un texte majeur pour protéger ce droit fondamental, pour l’égalité, pour la démocratie. https://t.co/rq5AqG8qVy
— Guillaume Gouffier (@G_GouffierCha) December 12, 2023
“Il n’y a jamais eu autant de monde à l’église à Trappes”
L’équipe de Boulevard Voltaire a interrogé le 06 décembre dernier le Père Étienne Guillet, curé de Trappes, en marge d’un reportage sur la question de l’islamisation ou non de la ville. Fier de sa communauté bien vivante et engagée, oeuvrant aux solidarités et traditions, le curé de Trappes nous donne une note d’espérance chrétienne :
L’Estonie dénature le mariage
À partir du 1er janvier 2024, le mariage entre personnes de même sexe est légal en vertu de la loi estonienne. Cette loi avait été adoptée le 20 juin et elle entre en vigueur en ce début d’année. Le ministre de la protection sociale, Signe Riisalo, a déclaré :
“Les lois apportent de la clarté et influencent nos attitudes. J’espère que les craintes infondées s’estomperont et que les détracteurs de cette décision se rendront compte que ce n’est pas quelque chose qui est enlevé, mais quelque chose de très important qui est ajouté pour beaucoup d’entre nous”.
C’est une mensonge. Deux personnes de même sexe ne sont pas placées dans une situation semblable à celle d’un couple formé d’un homme et une femme, pour cette raison fondamentale qu’elles ne peuvent pas concevoir ensemble un enfant. Au nom de l’égalité entre les couples, on crée une inégalité profonde entre les enfants.
Pologne : après la réforme des médias, celle du système de financement de l’Eglise
Le nouveau gouvernement polonais de centre-gauche prévoit une réforme globale du financement de l’Eglise. Le Premier ministre a déclaré que le financement des communautés religieuses se ferait sur une base volontaire. L’Etat ne devrait plus payer les retraites et les assurances sociales des membres du clergé.
Cinq ministres sont chargés de préparer la modification du système de financement ou fonds de l’Eglise. La réforme part du principe que les membres sont responsables de leurs églises. La décision de payer les communautés religieuses doit revenir « aux croyants et non à l’Etat ».
En 2023, l’Etat polonais a versé une somme de près de 50 millions d’euros au fonds de l’Eglise. Ce fonds a été créé en 1950 pour compenser l’expropriation des communautés religieuses de l’époque. Ce fonds sert à payer les cotisations de retraite et autres assurances sociales d’une grande partie du clergé de toutes confessions ainsi que les frais d’entretien des églises.
Il n’y a pas d’impôt ecclésiastique en Pologne. Pour le reste, les diverses confessions se financent principalement par des collectes et des dons.
Le parti libéral de Donald Tusk, la Plateforme civique, avait promis lors de la campagne électorale de supprimer le fonds ecclésiastique, tout comme ses partenaires actuels au gouvernement, l’Alliance de gauche et le parti Pologne 2050.
Fin décembre, le nouveau gouvernement a provoqué une purge dans les médias polonais.
Une réponse à Fiducia Supplicans : la solution mariale
Pour ceux qui ne peuvent pas sortir immédiatement d’une situation objectivement pécheresse, il existe une voie qui a permis de résoudre de nombreuses situations pastorales difficiles : la “solution mariale”. Un moine bénédictin explique pour La Nuova Bussola en quoi elle consiste.
Il arrive que des âmes, dans des situations morales difficiles et presque impossibles, se rendent dans un monastère à la recherche d’une solution. Il y a, je crois, un instinct profondément catholique, qui remonte à l’époque des Pères du désert, qui pousse les âmes vivant dans la tempête à chercher un port monastique ou à chercher un moine, en disant : “Père, donne-moi une parole”. La première chose que je dis à ces âmes est ce que notre père saint Benoît dit à la fin du chapitre IV de la Sainte Règle : Et de Dei misericordia numquam desperare, “Ne désespérez jamais de la miséricorde de Dieu”. J’invite ces âmes à poser fréquemment des actes d’espérance. Les Psaumes sont pleins de ces actes d’espérance. Une magnifique antienne d’offertoire du psaume 30 me vient à l’esprit :
In te speravi, Domine : dixi : Tu es Deus meus, in manibus tuis tempora mea (Psaume 30, 15-16).
En toi j’ai mis mon espérance, Seigneur. J’ai dit : Tu es mon Dieu, mes temps sont entre tes mains.
In manibus tuis tempora mea ! Cela signifie bien sûr : “Chaque instant de ma vie, chaque situation, toutes les circonstances de mes luttes, tous mes désirs, tous mes progrès et toutes mes rechutes sont entre Tes mains. Rien de ce qui est à moi ne T’es inconnu. Tu sais tout. Tu vois tout. Je place mon espoir en Toi comme une ancre dans la mer. Souvent dans ma vie, je me suis surpris à répéter à Notre Seigneur : Tu es Deus meus, in manibus tuis tempora mea ! “Tu es mon Dieu, mon temps est entre tes mains.
Il y a des âmes qui, à certains moments de leur vie, ne peuvent pas faire un seul grand pas en avant. À ceux-là, je dis : “Permets-toi de faire le plus petit pas, en t’appuyant sur la grâce divine. C’est le plus petit pas, fait par ceux qui sont faibles, en difficulté, pressés par des circonstances qui semblent impossibles, qui enchante le cœur de Dieu. Après un petit pas, un autre suivra, puis un autre et encore un autre. Finalement, le jour vient où, en regardant en arrière, l’homme voit qu’en étant fidèle à la grâce dans les petites choses, il a parcouru une grande distance.
Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. En effet, à quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier s’il se perd et se ruine lui-même ? (Luc 9:23-25)
Il n’est pas un chrétien qui n’ait été confronté à des choix douloureux et coûteux. Certains choix peuvent, à première vue, sembler décourageants, voire impossibles. Les grands choix qui changent la vie commencent cependant par un petit pas initial et par des mains tendues vers le même Jésus qui a appelé Pierre à marcher vers lui sur l’eau.
Mais aussitôt Jésus se tourna vers eux et leur dit : “Prenez courage, c’est moi, n’ayez pas peur”. Pierre répondit : “Seigneur, si c’est toi, ordonne-moi de venir à toi sur les eaux”. Et il dit : “Viens. Pierre sortit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la violence du vent, il eut peur et, comme il commençait à s’enfoncer, il s’écria : “Seigneur, sauve-moi !” Jésus étendit aussitôt la main, le saisit et lui dit : “Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?” (Matthieu 14:27-31).
Le grand écrivain catholique Julien Green (1900-1998) a passé une grande partie de sa très longue vie sous l’emprise d’une attirance pour le même sexe. À l’âge de 19 ans, il a brièvement envisagé la vie bénédictine, mais n’est jamais devenu moine. À la fin de sa longue vie, cependant, l’amour du Christ l’a emporté. C’est grâce à l’intercession de la religieuse et mystique française Yvonne-Aimée de Jésus (1901-1951) que Green a finalement pu choisir l’amour du Christ plutôt que tous les autres amours qui avaient fragmenté son cœur et l’avaient laissé insatisfait, vide et triste. […]
Dans le sillage de la Déclaration de Confiance Supplicans, on écrit beaucoup sur les situations pastorales difficiles. Il faut aider les âmes à sortir du péché en faisant un petit pas après l’autre, en faisant toujours confiance à la grâce de Notre Seigneur et en ne désespérant jamais de sa miséricorde. Les situations pastorales difficiles ne sont pas nouvelles. En fait, elles sont aussi anciennes que notre mère l’Église elle-même. Il n’a jamais été facile de suivre Notre Seigneur Jésus-Christ.
L’homme qui cherche à sauver sa vie la perdra ; l’homme qui perdra sa vie à cause de moi la gagnera. (Matthieu 16:25)
Pour ceux qui tombent en chemin, il y a le sacrement de pénitence. Et pour ceux qui ne peuvent pas sortir immédiatement d’une situation objectivement pécheresse et qui veulent néanmoins suivre le Christ, même à distance (cf. Matthieu 26, 58), il y a une autre solution. Cette autre solution a prouvé à maintes reprises qu’elle pouvait résoudre les situations pastorales les plus difficiles et rendre possibles des choses que presque tout le monde, et de tous côtés, jugeait impraticables, voire impossibles. “Car rien n’est impossible à Dieu” (Luc 1,37). Cette autre solution, je l’ai rencontrée il y a près de cinquante ans, lors d’une retraite en France qui a changé ma vie. Je l’appellerai “la solution mariale”.
Le prédicateur de la retraite était un prêtre âgé, connu pour sa fidélité inébranlable à la doctrine traditionnelle de l’Église et pour sa sagesse, sa piété et sa longue expérience dans la conduite des âmes. Le Père F. a parlé, à un moment donné, du drame douloureux des personnes qui vivaient dans l’adultère ou d’autres types d’unions irrégulières ou enfermées dans des schémas de vice, des personnes qui, malgré un désir sincère et souvent douloureux de revenir aux sacrements, se trouvaient incapables de rompre les liens de la relation pécheresse ou de renoncer à l’occasion proche du péché.
Je me souviens encore de l’histoire que le Père F. a racontée : il s’agissait d’un homme et d’une femme catholiques, tous deux encore mariés à leurs épouses respectives, qui pendant de nombreuses années avaient vécu ensemble dans un état objectif de péché, tout en cherchant un moyen de revenir aux Sacrements. Le Père F. leur a dit que tant qu’ils resteraient ensemble, vivant comme mari et femme, ils ne pourraient pas s’approcher des sacrements. Sentant leur douleur et ne voulant pas les laisser sans espoir, le Père F. a proposé une autre solution. Il demande aux “époux” s’ils veulent suivre sa proposition. Les “époux”, sincères et généreux, promettent de faire tout ce qui leur sera demandé.
Le Père F. demanda au couple malheureux de se rendre dans une certaine église, un certain samedi matin, et de le rencontrer à l’autel de la Sainte Vierge Marie. Le couple se présenta devant l’autel de la Bienheureuse Vierge Marie à l’heure convenue ; le Père F. leur dit qu’il offrirait la Sainte Messe en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie, lui demandant d’intervenir dans leur situation difficile de la manière que son Cœur Immaculé jugerait opportune. Le couple, quant à lui, s’est contenté d’assister à la messe. Ils ont tous deux pleuré amèrement pendant la messe, joignant en quelque sorte leurs larmes à la goutte d’eau mélangée au vin dans le calice.
A la fin de la messe, le Père F. a demandé au couple de lui promettre trois choses : 1) d’assister fidèlement à la Sainte Messe tous les dimanches et jours de fête sans, bien sûr, recevoir la Sainte Communion ; 2) de se consacrer à la Bienheureuse Vierge Marie et, en signe de consécration, de porter la Médaille Miraculeuse ; 3) de prier le Rosaire ensemble tous les soirs. Le couple promit de faire ces trois choses. En l’espace d’un an, tous les obstacles à leur retour aux sacrements ont été levés d’une manière qui a impressionné le couple et tous ceux qui les connaissaient, d’une manière qui n’était rien de moins que miraculeuse. Ils ont pu prendre un nouveau départ. La Bienheureuse Vierge Marie, Médiatrice de toutes les grâces, leur a obtenu toutes les grâces dont ils avaient besoin pour avancer dans le repentir et la conformité parfaite aux enseignements de son Fils et aux lois de l’Église. L’histoire semble sortir tout droit des pages du livre Les gloires de Marie de Saint Alphonse.
Le Père F. a dit qu’il y avait beaucoup d’autres cas de miracles de grâces similaires dans des situations pastorales difficiles, simplement parce qu’il avait proposé la solution mariale et que les termes de la proposition avaient été acceptés. La solution mariale n’est qu’une façon de mettre en pratique ce que saint Alphonse enseigne dans sa merveilleuse brochure Del gran mezzo della preghiera. (…)
Dans toutes les discussions sur la controverse suscitée par la Déclaration Fiducia Supplicans, je suis frappé par le peu de choses qui sont dites sur la grâce, la Vierge Marie et la prière. Il n’y a qu’une seule solution aux situations pastorales difficiles, et cette solution, c’est la grâce. La grâce s’obtient par la prière, et la prière est à la portée de toute âme. Il y a des âmes pour qui les mots de l’Acte de douleur vont de travers, mais qui peuvent murmurer un Ave Maria. Que ces âmes le fassent très souvent. Marie, Médiatrice de toutes les grâces, ne refusera pas la grâce de la contrition à ceux qui, ne pouvant faire plus, invoquent simplement son nom.
Il est dommage que le magnifique texte de saint Bernard, Respice Stellam, Voca Mariam, ne soit presque jamais cité par ceux qui s’occupent des âmes dans des situations pastorales difficiles. Après tout, la solution mariale n’est peut-être pas seulement la meilleure solution, mais la seule.
Pourquoi perdre autant de temps à médire des autres, sous le fallacieux prétexte de dénoncer le mal, de vouloir la victoire du bien ?
Le père Jean-François Thomas, jésuite au verbe clair, vient de publier un nouvel ouvrage pour méditer sur les vertus. À l’heure de toutes les déconstructions, la vertu par son étymologie même (dérivé du latin vir, homme), incarne une puissance virile de résistance à l’effondrement de notre civilisation. Le père Jean-François Thomas éveille ici ses lecteurs aux sept vertus chrétiennes : vertus cardinales héritées d’Aristote, justice, prudence, force, tempérance ; vertus théologales, foi, espérance, charité. À la base de la liberté, il place les vertus morales puis celles, intellectuelles, qui fondent le sens commun et l’ordre social. Ses méditations nourries de sagesse grecque, de réflexions philosophiques, d’écrits des Pères de l’Église et des saints, s’inspirent aussi de l’intuition des plus grands artistes, poètes et écrivains, sans oublier d’aborder les vices les plus destructeurs de notre temps, tels quel l’envie ou la médisance :
Le Français, depuis la révolution de 1789 (et toutes celles qui ont suivi), a été modelé par l’envie. Dans De la Démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville a bien analysé que l’envie est le poison de cet âge démocratique puisque la moindre différence est considérée comme une inégalité criante et inacceptable. Auparavant, Dieu et le Roi pouvaient être imités. Désormais ils ont été tués et les hommes s’entredéchirent pour acquérir ce que les autres ont et sont. L’envie devient le centre et le moteur de leurs relations. Nous y sommes, et plongés jusqu’au coup, encore davantage par la mondialisation en cours qui est tout sauf un épisode hasardeux puisqu’elle est mise en place par les empoisonneurs démocratiques de la consommation de masse.
Et sur la médisance :
Des êtres sont détruits par la rumeur diffusée, rumeur lâche puisque celui qui en est l’auteur avance à visage masqué, se gardant bien de s’exposer ou de se faire connaître. […] Elle dissout toute charité et habitue l’âme à ne visiter que les bourbiers. Certains êtres s’y complaisent, y compris, ceux qui prétendent ne demeurer que dans la lumière. […] Saint Thomas va encore plus loin en précisant que la médisance est une diffamation poussée à l’extrême, de façon vicieuse, puisqu’elle cherche à diviser les amis. La diffamation qui sème le trouble dans l’esprit d’un ami vis-à-vis de son ami, qui provoque la rupture, qui détruit ces liens uniques, est médisance […] La perte de ses amis par celui qui est diffamé et objet de médisance est une mort pire que celle de la perte de sa réputation aux yeux d’étrangers. Depuis Aristote, l’amitié a été louée comme un des biens les plus précieux […] Pourquoi perdre autant de temps, et son intégrité, et son honneur, à médire des autres, sous le fallacieux prétexte de dénoncer le mal, de vouloir la victoire du bien ? […] La jalousie est donc un moteur essentiel de la diffamation et de la médisance. Celui qui fait ainsi marcher sa langue est un impuissant de l’existence qui a besoin de phagocyter les autres afin de se persuader qu’il est quelque chose. […] Voilà pourquoi les pires médisants se trouvent souvent dans le cercle des amis proches […]
Le 21 janvier 2024 : montrer que tous ne se sont pas tus
D’Elisabeth Geoffroy dans La Nef, à propos de la constitutionnalisation de l’avortement :
[…] C’est peut-être là que nous avons un rôle à jouer. Un rôle tout modeste, tout petit, minuscule. Un rôle qui ne peut pas même s’enorgueillir d’avoir du panache et fière allure. Un rôle sans atours, sans séduction, qui a le goût tranchant de la juste chose à faire et la froideur austère du devoir à accomplir. Un rôle qui touche à l’élémentaire : témoigner que la France ne se partageait pas seulement entre les partisans de la constitutionnalisation et les indifférents, montrer que tous ne se sont pas tus. C’est cela que permettra la Marche pour la vie du 21 janvier prochain, empêcher que les livres d’histoire puissent raconter sans nuance aucune : « Et le combat cessa faute de combattants. »
Peut-être une part de l’honneur de la France se joue-t-elle dans cette marche qui rassemble quelques milliers de personnes. Et face à cet enjeu, peu importent les chiffres. D’ailleurs, quand il faut témoigner et garder vive une fragile lueur, celle du respect que manifeste envers la vie celui qui n’a pas déserté la terre du doute dont nous parlions, alors les calculs nous ennuient et l’utilitarisme déguisé en pragmatisme politique nous assomme. Nous n’avons pas le devoir d’être nombreux (même si nous aimerions l’être). Nous avons le devoir de répondre présents, et le devoir d’être doux, délicats, fins dans la discussion, car de détresse humaine il peut vraiment s’agir. Nous avons le devoir « non pas de vous le faire croire, mais simplement de vous le dire ».
Abbaye Notre-Dame des Neiges : les huit religieuses cisterciennes ouvrent un noviciat
Un an après leur arrivée, le premier décembre 2022, la communauté des religieuses cisterciennes de Notre-Dame des Neiges s’agrandit, de 8 à 12, dont quatre postulantes au sein du noviciat qui vient d’ouvrir.
Les moines cisterciens trop peu nombreux – ils n’étaient plus que quatre – avaient pris la décision de quitter Notre-Dame-des-Neiges pour s’établir dans d’autres communautés à l’automne 2022.
Heureusement que la nuit du 31 décembre a été “calme”
Gérald Darmanin s’est félicité d’une “nuit calme”. BFM a évoqué des festivités qui “se sont bien déroulées”.
95 000 policiers, gendarmes et militaires étaient mobilisés. Pour surveiller les groupes « d’ultra droite » qui ont été dissous ?
Le bilan officiel s’élève à 381 interpellations, 745 véhicules incendiés, et une quarantaine de policiers blessés. Darmanin annonce “une baisse de 10%” par rapport au 1er janvier 2023. Mais, le 1er janvier 2023, il annonçait 690 voitures brûlées…
Pour la nuit du 31 décembre un dispositif exceptionnel sera mis en place, comprenant 90 000 policiers et gendarmes, 35 000 sapeurs-pompiers et 5 000 militaires de Sentinelle. Merci à eux pour leur mobilisation et pour cette nuit de travail loin de leurs familles. pic.twitter.com/dK9VWl3bcJ
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) December 29, 2023
Pour avoir un bref état des lieux des zones de conflit, inutile de chercher sur BFM, il faut plutôt regarder sur FDesouche…
Des chanoines insérés pleinement dans la vie diocésaine, avec leur charisme propre
Le père abbé de l’abbaye de Lagrasse a été interrogé dans le numéro de La Nef de janvier. Extraits:
Vous avez depuis peu un nouvel évêque à Carcassonne : quelle est votre place dans le diocèse ?
Nous avons la grâce de vivre une relation filiale et confiante avec notre évêque, Mgr Bruno Valentin. Il nous encourage à nous insérer pleinement dans la vie diocésaine, tels que nous sommes, avec notre charisme propre ; c’est une grande joie pour nous. Le 7 octobre dernier, à l’issue de la messe des ordinations sacerdotales de deux frères, il déclarait :
« C’est une justice que nous devons à Dieu, les uns comme les autres, de comprendre la façon dont Il conduit notre Diocèse, de comprendre la présence de votre abbaye comme un don de Dieu, de nous disposer ainsi à nous laisser surprendre par la façon dont Dieu dans sa magnificence veut continuer à veiller sur notre diocèse. »
La restauration de l’abbaye de Lagrasse n’est pas achevée : quels grands travaux entreprenez-vous ? Les travaux sont-ils pour vous juste une épreuve ou portent-ils en eux-mêmes une fécondité ?
Commencée dès notre arrivée en 2004, la restauration de l’abbaye est loin d’être achevée. Après les toitures, le cloître du XVIIIe siècle et le clocher du XVIe siècle, nous relevons en ce moment le bras sud de notre transept, un bijou d’art roman. Les fruits d’un tel projet sont multiples. J’en compte au moins quatre : architectural, pastoral, économique et spirituel. Nous allons redonner à notre abbatiale une unité perdue depuis deux siècles ; car le clocher et la nef vont être enfin réunis par le bras du transept. Nous pourrons aussi accueillir plus de fidèles, actuellement cantonnés devant des écrans. Restaurer un tel monument semblait fou initialement et peu y croyaient. Or depuis des années, le chantier de restauration entretient de l’emploi dans notre région.
Un vrai miracle, oui : une abbaye sécularisée retrouve son âme religieuse. Cette restauration nous a enracinés dans un héritage vieux de 1200 ans, legs vraiment exigeant – nous cherchons des financements ! – mais c’est une mission enthousiasmante.
Votre communauté a connu une épreuve difficile avec votre premier supérieur : que pouvez-vous nous en dire ?
Le Père Wladimir a été nommé Père Abbé par Rome en 1997. Peu à peu, il est entré dans un mode de gouvernement abusif. En 2006, plusieurs frères ont fait appel à Mgr Alain Planet, l’évêque de Carcassonne, qui a demandé au Père Wladimir de démissionner. Il a accepté, invoquant des « raisons de santé », masquant en cela le véritable problème : une double vie, de nombreux abus d’autorité, des comportements manipulateurs pouvant aller jusqu’à l’emprise. Deux frères ont fait état de sollicitations contre le vœu de chasteté et de tentatives de corruption des mœurs.
En 2009, un procès canonique a été ouvert, où l’abbaye s’est portée tierce partie et a proposé à chaque membre de témoigner. Au terme de cette procédure, en 2012, le Père Wladimir a été reconnu coupable d’abus d’autorité et de fautes contre la chasteté, et a été renvoyé de la communauté. Il a fini sa vie dans un monastère de stricte clôture, dans la pénitence. Il est décédé en 2023.
Être en pleine vérité sur ces questions d’abus me paraît nécessaire. Les conclusions du procès en 2012 constituent pour nous une base certaine, objective. Les personnes qui ont souffert de mon prédécesseur ont approuvé ces conclusions et ont fait le choix, avec l’aide de juristes, de ne pas porter plainte devant la justice civile. Si l’une ou l’autre souhaite une requalification de ce qu’elle a subi, nous sommes prêts à l’aider dans la mesure de nos possibilités, pour la justice et la vérité.
Quelles leçons en tirez-vous ? Comment surmonter de telles crises internes ?
Pour nous, cette découverte a été un choc. Nous avons pris conscience que nous avions pu vivre en nous isolant parfois du regard et du contrôle des autorités ecclésiales. Grâce à l’intervention forte et bienveillante de Mgr Planet, puis du cardinal Panafieu et de diverses figures ecclésiastiques, nous avons mieux expérimenté la sollicitude maternelle de l’Église.
Depuis, nous avons mis en place des visites canoniques régulières, développé nos liens avec les autres communautés canoniales. Le TRP Wouters, Abbé général des Prémontrés, est devenu notre Supérieur extérieur. Tous ces liens contribuent à rompre ce que le pape François nomme l’auto-référentialité, un danger à la fois humain et spirituel.
Il nous a fallu aussi travailler pour guérir, puis pour prévenir le danger de telles dérives, et nous y travaillons encore, avec des psychologues, des juristes, des canonistes, des théologiens, etc. Aujourd’hui, nous tâchons de poursuivre sereinement notre mission sans occulter notre histoire. Ces souffrances ont laissé des traces dans les cœurs, mais elles ont été aussi une source de grâces, invitant à l’humilité, à un plus grand amour de l’Église, à un sens plus profond de la miséricorde. Pour nous tous, la présence protectrice de Marie, à qui nous sommes consacrés, a été une évidence pendant ce chemin de purification.
Quel regard, nous autres laïcs, devons-nous porter sur toutes les crises qui ont touché nombre de communautés religieuses ces dernières années, ainsi que trop de prêtres convaincus d’abus ?
Les années de la fin du XXe siècle ont été caractérisées par une grande confusion et une profonde crise de la paternité. Dans ce contexte, les laïcs ont cherché des prêtres qui soient des pères ; ils ont admiré, parfois sans mesure, des figures sacerdotales qui se détachaient dans une atmosphère de doute généralisé. Les psychologies faibles de certains prêtres n’ont pas résisté, sombrant dans cette perversion de la paternité qu’est la manipulation narcissique. Tout cela dans un climat d’abandon de règles du Droit ou de la prudence, dans l’isolement des communautés vis-à-vis de la hiérarchie.
Les laïcs ont un rôle à jouer : qu’ils ne regardent pas le prêtre comme un homme exceptionnel, mais considèrent plutôt le Christ agissant en un homme ordinaire ! Les prêtres ont besoin de prières, mais aussi d’amitié et de correction fraternelle. Saint Augustin voyait aussi autour de lui bien des scandales touchant prêtres ou prélats. Il écrivait ainsi à une laïque révoltée :
« C’est notre Pasteur lui-même qui veut que nous demeurions dans l’unité, et que, blessés par les scandales de ceux qui sont la paille, nous n’abandonnions point l’aire du Seigneur. »
[…]
Comment vivez-vous votre attachement à l’ancien Ordo Missae ? Comment voyez-vous l’avenir de cette douloureuse question liturgique ?
Benoît XVI a affirmé avec force que la présence vivante de la liturgie antique était une grâce pour toute l’Église. Il était persuadé que le missel dit « de saint Pie V » pouvait être célébré dans l’esprit de la constitution Sacrosanctum concilium, du concile Vatican II. Pour lui, les deux formes de la liturgie romaine peuvent s’enrichir mutuellement, constituer deux expressions d’une unique théologie de l’Église et de l’Eucharistie. Nous avons fait nôtres sans réserve ces perspectives.
Je me pose la question : n’avons-nous pas été trop timorés pour mettre en œuvre l’enrichissement mutuel ? Une chose me paraît certaine : la situation actuelle issue du motu proprio Traditionis custodes engendre trop de divisions et de souffrances, chez nombre de fidèles et de prêtres diocésains. Comment travailler pour sortir de ce malaise ? Je suis persuadé que l’isolement du monde liturgique traditionnel n’est pas une bonne solution. Car si les deux formes ne sont pas deux mondes hermétiques l’un à l’autre, on ne peut se regarder comme des étrangers. L’avenir nous imposera certainement d’élargir notre regard et de sortir de la logique étroite de la guerre des missels, pour revenir aux fondamentaux de la liturgie. En ce domaine, Benoît XVI nous a légué des trésors à méditer aujourd’hui encore.
Certains traditionalistes ont eu dans le passé un rapport ambigu avec l’autorité, pensons à la Fraternité Saint-Pie X, et cela n’a pas bien tourné : qu’est-ce qu’une saine obéissance dans l’Église ?
Ce n’est pas nous qui sauvons l’Église, c’est l’Église qui nous sauve ! En commentant la moindre déclaration orale d’un évêque ou du pape, les réseaux sociaux sèment la confusion. Le pape peut-il enseigner avec autorité autre chose que la foi reçue du Christ ? Qu’avons-nous à craindre ? Pour le reste nous pouvons plus ou moins apprécier ses déclarations quotidiennes, ses homélies ou ses interviews. Mais quoi qu’il arrive, nous devons les recevoir en fils de l’Église, les comprenant en continuité avec l’enseignement pérenne de tous les papes. Sans cette herméneutique de continuité, nous risquons de tomber dans une vision politique et dialectique de l’Église, de ne plus la recevoir comme un mystère de grâce, comme un sacrement de l’union de Dieu avec les hommes.
Pourriez-vous nous dire un mot de votre fondation de Pau : pourquoi cette fondation ? Où en êtes-vous ?
Avec l’accord de Mgr Aillet, j’ai en effet érigé un prieuré à Pau le 15 septembre dernier. Nous étions 39 à l’abbaye et nous voulions fonder une maison pour y déployer la vie canoniale. Mgr Aillet nous appelle à Pau pour développer un projet aux multiples facettes. Le prieuré sera dans un écosystème comprenant un centre diocésain, un foyer d’étudiants, une maison des familles. Tout cela est en cours de construction tant sur le plan humain que matériel.
Quatre frères, qui sont déjà sur place, y mènent la vie religieuse et seront rejoints par trois autres dès que l’avancement des travaux le permettra. Ils ont reçu un accueil très fraternel de la part de l’évêque, des prêtres et des laïcs. Si notre arrivée a pu effrayer certains, ce que je comprends, l’essentiel est que se nouent peu à peu de vraies relations de charité, d’amitié. Pour saint Augustin, c’est la charité qui rend Dieu visible et comme expérimentable. C’est la mission de nos frères à Pau ; ceux-ci restent par ailleurs membres de l’abbaye de Lagrasse, dans un prieuré qui n’a pas vocation à devenir indépendant.
Cette fondation est un défi, qui se voudrait aussi un signe d’espérance : l’Église est vivante. Je suis dans la gratitude pour l’aide de tant d’amis et bienfaiteurs, par qui notre abbaye peut croître peu à peu et servir l’Église.
Le sergent Flamme face à Janus
L’auteur, capitaine Caval, a été officier à la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris (BSPP) pendant plus de dix ans. La Conspiration Janus est la suite de Code Delta (t.1), des Cités interdites (t.2), de L’Affaire Vladimir (t.3), de Place Vendôme (t.4), de Feu Sacré (t.5), et de Confidentiel Défense (t.6), les aventures du sergent Flamme, sous-officier de la BSPP.
Dans ce nouveau roman, le sergent Flamme se retrouve aux prises avec une organisation destinée à détruire spirituellement le monde, propageant une laïcité agressive, la théorie du genre et bien d’autres idéologies mortifères destinées à saper la civilisation chrétienne. De Paris à Bagdad, en passant par Rome où li découvre une mystérieuse confrérie, le sergent Flamme affronte le feu, de mystérieux terroristes, et cette organisation mafieuse. Un roman qui passionnera adolescents et adultes.
Le Salon beige vous souhaite une belle année 2024
Que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises, et avec le projet de loi sur l’euthanasie et la constitutionnalisation de l’avortement, on ne peut pas dire que les nouvelles soient spécialement réjouissantes, nous avançons résolument “malgré fatigues et contradictions, sur le chemin qui mène droitement à la maison du Père“. Car nous savons que la Bonne nouvelle ne réside pas dans l’actualité, avec ses émeutes ou les avancées de la culture de mort, mais qu’elle nous a été annoncée il y a quelques deux mille ans par Celui qui est le chemin, la vérité et la vie, c’est Lui notre roc qui nous anime et nous permet de nous dépenser sans attendre d’autre récompense, que celle de savoir que nous faisons Sa Sainte Volonté.
La rédaction du Salon beige souhaite une belle et sainte année 2024 à tous ses lecteurs et à leurs familles, sous la protection du Sacré-Coeur, de Notre-Dame et de l’Archange Saint Michel.
5 versets bibliques pour accompagner nos bonnes résolutions de 2024
Comme chaque année, le mois de janvier est l’occasion de prendre de bonnes résolutions pour l’année qui commence. Même si elles sont prises avec la meilleure volonté du monde, il est souvent bien difficile de les honorer pendant 12 mois. Mais, en les confiant au Seigneur et en nous appuyant sur sa Parole, ces résolutions – comme les graines semées en terre fertile – peuvent alors donner de beaux fruits.
Voici 5 idées, s’appuyant sur des versets bibliques, pour une bonne et sainte année :
1 – Confier chacun de nos projets à Dieu
“Remets ton action au Seigneur, et tes projets réussiront.” (Proverbes 16, 3)
Cette année, pensons à confier chacun de nos projets – qu’ils soient personnels, familiaux, professionnels ou autres – au Seigneur. Qu’il soit notre maître d’œuvre en tout et nous serons assurés d’agir selon sa volonté.
2 – Regarder l’avenir avec confiance
“Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides.” (Isaïe 43, 18-19)
Stop aux regrets ou aux ruminations sur ce qui n’est plus. Prenons la résolution d’accueillir les événements avec confiance et espérance cette année. Le Seigneur y a caché de nombreuses grâces, n’en doutons pas.
3- Cultiver la gratitude
“Rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus.” (1 Thessaloniciens 5, 18)
Pourquoi ne pas adopter une petite habitude-gratitude cette année ? Comme penser à remercier Dieu, chaque soir, pour 3 grâces reçues dans la journée ou chaque matin, en ouvrant les yeux, commencer par remercier Dieu pour ce jour qu’il nous offre … Une petite habitude vertueuse qui transformera notre année !
4- Dire une parole bienfaisante par jour
“ Les paroles aimables sont un rayon de miel : douces au palais, elles redonnent des forces.” (Proverbes 16, 24)
Les occasions de communiquer ne manquent pas dans une journée, que cela soit verbalement, par mail, à travers les réseaux sociaux. Cette année, nous pouvons décider de nous assurer qu’au moins une fois chaque jour, notre parole soit profondément bienveillante. Aujourd’hui, à qui offrirons-nous une parole d’encouragement, de réconfort, de soutien ou d’admiration ?
5- Prendre soin de nous
“Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?” (1 Corinthiens 3, 16)
Comment cette année pouvons nous rendre gloire à Dieu dans notre corps ? Exercice physique, alimentation plus saine … En choisissant quelque chose de simple, à notre portée et en le confiant à Dieu, nous pouvons adopter petit à petit une habitude pour nous permettre de nous sentir bien, ou mieux cette année, dans ce corps que Dieu nous a donné.
Très bonne année 2024 !
Alice Ollivier pour Hozana.org
