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En quête d’esprit : les rois mages

Aymeric Pourbaix reçoit

  • Père Xavier GERON, aumônier de l’abbaye du Pesquié
  • Père Guillaume de MENTHIÈRE, curé de paroisse à Paris
  • Janvier HONGLA, co-fondateur de l’association FIDE

Terres de Mission : Le testament spirituel de Patrick Buisson

Eglise universelle : Déclaration Fiducia supplicans sur la bénédiction de couples homosexuels ou en situation irrégulière

Le 18 décembre, le Saint-Siège publiait un texte approuvé par le pape permettant dans certaines circonstances la bénédiction de couples homosexuels ou en situation irrégulière. L’abbé Alain Lorans commente ce texte et explique en quoi il est en rupture avec toute la Tradition de l’Eglise suscitant des oppositions comme on n’en avait plus vues face à un acte du pape depuis la publication d’Humanae Vitae en 1968.

Eglise en France : Le testament intellectuel de Patrick Buisson

Le 10 décembre, Patrick Buisson prenait pour la dernière fois la parole en public à l’occasion de la fête du livre de Renaissance Catholique. Interrogé par Martial Bild, Jean-Pierre Maugendre présente les points majeurs de cette réflexion de haute tenue : les moyens d’un suicide collectif de l’humanité, l’Islam n’est pas la cause de nos maux mais son révélateur, il n’y a pas de société sans sacré partagé, etc.

Eglise en Marche : Marche pour la vie du 21 janvier 2024

Face aux projets de constitutionnalisation de l’avortement et de légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté aura lieu le dimanche 21 janvier une nouvelle Marche Pour la Vie. Directeur de la communication de la Marche, Paul Valadier, en présente le contexte et les enjeux.

Fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Omnes de Saba vénient, aurum et thus deferéntes et laudem Dómino annuntiántes
Tous ceux de Saba viendront offrir l’or et l’encens en chantant les louanges du Seigneur. Isaïe 60,6

Nous sommes au Temps de Noël liturgiquement parlant (Tempus natalícum). Il se poursuivra jusqu’au 13 janvier inclus. Mais cette période est elle-même sous-divisée en deux Temps.
– le Temps de la Nativité (Tempus nativitátis) qui va des 1res Vêpres de Noël à None du 5 janvier inclus.
– le Temps de l’Épiphanie qui court des Ires Vêpres de l’Épiphanie du Seigneur, le 5 janvier, au 13 janvier inclus.
La Vigile de l’Épiphanie a été  supprimée en 1955 mais l’on célèbre le 5 janvier les Ires Vêpres de la grande fête du 6 janvier, fête de 1re classe (ornements blancs).
C’est donc ce samedi 6 que les Rois Mages prennent place dans nos crèches.

Dans l’Ordo de 1962, la solennisation de la fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur, a été fixée, lors du Concordat de 1801, au dimanche qui suit le 6 janvier quand cette date n’est pas un dimanche, soit cette année 2024 le dimanche 7 janvier. C’était autrefois fête d’obligation en France, comme c’est encore le cas en certains pays. Le nouvel ordo de 1970 célèbre toujours la fête le premier dimanche de janvier.

Magi vidéntes stellam, dixérunt ad ínvicem :
Les Mages, voyant l’étoile, se dirent l’un à l’autre

Hoc signum magni Regis est :
Voici le signe du grand Roi

Eámus et inquirámus eum, et offerámus ei múnera, aurum, thus et myrrham, allelúia
Allons, et cherchons-le ; offrons-lui en présent, l’or, l’encens et la myrrhe, alléluia.

La fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur est une des plus anciennes fêtes de l’année liturgique, fixée au 6 janvier depuis la plus haute antiquité. Elle se célébrait en Orient dès le IIIe siècle et elle pénétra en Occident vers la fin du  IVe siècle. Le mot Épiphanie signifie : manifestation. Comme à Noël c’est le mystère d’un Dieu qui se rend visible, mais ce n’est plus aux Juifs seulement qu’il se montre : C’est aux Gentils qu’en ce jour Dieu révèle son Fils (Oraison). Et Isaïe aperçoit, en une vision grandiose, l’Église figurée par Jérusalem, où affluent les rois et les nations, la multitude des peuples qui habitent le bord des mers et la force des Gentils. Ils viennent de loin avec leurs nombreuses caravanes en chantant les louanges du Seigneur et en lui apportant de l’or et de l’encens (Épître). Les rois de la terre adoreront Dieu et les nations lui seront soumises (Offertoire). L’Évangile montre la réalisation de cette prophétie. Alors que Noël célébrait l’hymen de la divinité avec l’humanité du Christ, l’Épiphanie célèbre l’union mystique des âmes avec Jésus. Aujourd’hui, dit la liturgie, en unissant cette fête à celle du jour Octave et du 2e dimanche après l’Épiphanie, aujourd’hui l’Église est unie à son céleste Époux, car le Christ a lavé ses crimes dans le Jourdain, les Mages accourent avec leurs présents aux noces royales et les convives boivent avec joie l’eau transformée en vin. Alléluia. C’est à Saint-Pierre, où se trouvent les reliques du chef de l’Église, que la liturgie célèbre l’entrée des païens dans l’Église. Reconnaissons dans les Mages adorateurs les prémices de notre vocation et de notre foi, et célébrons avec des cœurs pleins de joie les débuts de cette heureuse espérance : car, dès ce moment, nous avons commencé à entrer dans l’héritage céleste (Saint Léon, Matines).

Les textes de la messe insistent surtout sur le premier épisode de cette manifestation : la visite des Mages à Bethléem. Mais les textes de l’office de cette fête, particulièrement l’hymne et l’antienne à Magnificat des deuxièmes Vêpres, nous rappellent que cette manifestation s’est accomplie à l’occasion de trois événements : l’adoration des mages que nous commémorons aujourd’hui, le baptême de Notre Seigneur dans le Jourdain qui sera célébré le 13 janvier, jour octave de l’Épiphanie, et le miracle des noces de Cana que nous retrouverons le deuxième dimanche après l’Épiphanie.

L’Épiphanie c’est donc l’entrée solennelle du Christ Roi dans le monde. C’est ce qu’exprime le chant de l’Introït, dont le texte n’est pas littéralement scripturaire mais s’inspire de passages des prophètes de l’ancien testament, et dont la mélodie est peu développée et presque horizontale, mais très solennelle et assez hiératique.

Introït : Ecce advenit

Ecce advenit dominator Dominus : et regnum in manu ejus, et potestas, et imperium.
Voici que vient le Seigneur souverain ; il a dans sa main la royauté, la puissance et l’empire.

C‘est bien lui le Roi. On appelle couramment l’Épiphanie la fête des rois. On parle des rois mages. En fait l’Évangile ne parle pas de rois ; il dit seulement : des mages d’Orient. C’était probablement des prêtres des religions païennes orientales, de savants et aussi de puissants personnages, car dans leur pays à cette époque le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel étaient plus ou moins confondus. Leur caravane était certainement imposante, et son arrivée à Jérusalem a causé un grand émoi. Mais le seul vrai roi c’est le petit enfant, c’est Lui qu’ils viennent adorer. C’est Lui également le Roi que chante le psaume 71, grand psaume messianique que nous retrouverons à l’Offertoire et dont le premier verset accompagne cet Introït :

Deus judicium tuum Regi da : et justitiam tuam Filio Regis.
Seigneur donnez au Roi votre jugement et au fils du Roi votre justice.

Graduel : Omnes de Saba

Le texte du Graduel de l’Épiphanie est tiré du prophète Isaïe, et plus précisément du passage qui est lu à la messe, juste avant ce chant. C’est d’ailleurs un des rares cas dans la liturgie où le Graduel est tiré de la lecture précédente et c’est aussi un des rares cas, dans les messes des dimanches et fêtes, où cette lecture est tirée de l’Ancien Testament. Pour bien comprendre ce chant, le mieux est de lire en entier ce texte d’Isaïe, qui n’est pas long et qui est magnifique.

” Lève-toi Jérusalem, sois illuminée, car elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Car voici que les ténèbres couvriront la terre, et les peuples seront dans l’obscurité : mais le Seigneur se lèvera sur toi et sa gloire paraîtra en toi. Les nations marcheront à ta lumière et les rois à la splendeur de ton aurore. Lève les yeux autour de toi et regarde : tous ceux-ci sont rassemblés, ils sont venus vers toi. Tes fils sont venus de loin et tes filles surgissent à leurs côtés. Alors tu verras et tu seras comblée, tu seras émerveillée et ton cœur se dilatera quand les richesses de la mer afflueront vers toi et que la puissance des nations viendra à toi. Une foule de chameaux t’envahira, des dromadaires de Madian et de Epha : tous viendront de Saba, apportant l’or et l’encens et proclamant la louange du Seigneur. “

La première partie du Graduel reprend la dernière phrase de ce texte qui annonce d’une façon précise la visite des mages ; même l’or et l’encens sont mentionnés.

Omnes de Saba venient, aurum et thus deferentes, et laudem Domino annuntiantes.

La deuxième partie, au contraire, reprend la première phrase du texte :

Surge et illuminare Jérusalem : quia gloria Domini super te orta est.

Cette Jérusalem nouvelle qui est ainsi glorifiée, c’est évidemment l’Église qui voit affluer vers elle les peuples de toutes races et de toutes langues. On remarquera au début de la deuxième partie l’accent très prononcé de surge, puis la grande montée de illuminare, avant la descente en douceur sur Jerusalem et de nouveau un grand crescendo sur Domini.

Alléluia : Vidimus Stellam

Si le texte du Graduel de l’Épiphanie était tiré de la lecture qui le précédait, le verset de l’Alléluia au contraire est tiré de l’Évangile qui le suit.

Vidimus stellam ejus in oriente, et venimus cum muneribus adorare Dominum.
Nous avons vu son étoile en orient et nous sommes venus adorer le Seigneur.

Ce sont les paroles des mages au roi Hérode en arrivant à Jérusalem. La mélodie est la même que celle de l’Alléluia du jour de Noël, qui parlait déjà d’une grande lumière descendue sur la terre, et qui invitait tous les peuples éclairés par cette lumière à venir adorer le Seigneur. Aujourd’hui les mages représentant toutes les nations répondent à cette invitation. Cette mélodie elle-même est lumineuse. Elle exprime bien la joie et la reconnaissance de tous ces peuples qui ont reçu la révélation du Sauveur et qui ont tout quitté pour aller L’adorer.

Offertoire : Reges Tharsis

Le texte de l’Offertoire de l’Épiphanie est tiré du psaume 71, dont nous avons déjà trouvé le début comme verset de l’Introït, et qui est un des grands psaumes messianiques. Il chante la gloire du roi d’Israël, probablement Salomon, à qui tous les rois environnants venaient rendre hommage. On se souvient de l’épisode de la reine de Saba qui est ici mentionné.

Reges Tharsis et insulæ munera offerent : reges Arabum et Saba dona adducent : et adorabunt eum omnes reges terræ, omnes gentes servient ei.

Les rois de Tharse et des îles offriront des présents : les rois d’Arabie et de Saba apporteront des dons. Tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations Le serviront.

Le roi d’Israël est comme toujours la figure du Messie à qui tous les rois et les peuples du monde entier doivent se soumettre. Les mages d’Orient dont parle l’Évangile ont été les premiers à les représenter. La mélodie comme celle du Graduel exprime une joie bien affirmée. Ses ondulations évoquent très bien la grande procession des peuples en marche vers le Sauveur.

Communion : Vidimus stellam

Lous retrouvons dans l’antienne de Communion de l’Épiphanie le même texte qu’à l’Alléluia, tiré de l’Évangile du jour.

Vidimus stellam ejus in Oriente, et venimus cum muneribus adorare Dominum.
Nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus adorer le Seigneur.

Mais la mélodie donne ici à cette antienne assez courte un caractère différent de celui du verset de l’Alléluia, plus intime, plein d’une joie douce et légère. C’est le chant de l’âme qui a reçu la lumière d’en haut et, pleine de reconnaissance, s’empresse d’aller adorer Celui qui la lui a envoyée et se mettre à son service. Cette petite pièce finement ciselée se termine par les mots adorare Dominum très contemplatifs.

Voici que vient le Seigneur souverain ; il a dans sa main la royauté, la puissance et l’empire.

«On peut réussir sa scolarité et devenir mère. »

Le Figaro publie un article sur des lycéennes ou étudiantes qui font le choix de garder leur enfant et de ne pas avorter :

Si en France, l’âge moyen des jeunes mamans est de 31 ans, de nombreuses lycéennes ou étudiantes accueillent leur premier enfant en plein milieu de leur cursus scolaire. La grossesse, souvent imprévue, et l’accouchement, poussent généralement les élèves à interrompre leurs études. Mais d’autres font le choix de s’accrocher pour obtenir leur diplôme.

Interdiction quasi-totale de l’avortement dans l’Idaho

La Cour suprême des Etats-Unis a rétabli vendredi l’interdiction quasi-totale de l’avortement dans l’Idaho en attendant d’examiner une demande d’appel contre la mesure.

L’Idaho autorise l’avortement seulement en cas de danger imminent de mort pour la femme enceinte.

Un juge fédéral avait émis une injonction préliminaire en août 2022 qui suspendait la loi de cet Etat, arguant qu’elle mettait les médecins dans une position délicate. L’administration Biden a déposé un recours contre l’Etat de l’Idaho, avançant que cette loi entrait en conflit avec une loi fédérale qui exige des hôpitaux recevant des fonds publics fédéraux qu’ils fournissent des soins d’urgence, y compris l’avortement, dans les cas graves mais pas nécessairement fatals.

Louis XIV et Jeanne d’Arc ont un lien avec l’Epiphanie

A découvrir en regardant l’émission d’hier sur CNews, Face à Philippe de Villiers :

GPA : À l’heure où l’on dénonce plus que jamais les violences faites aux femmes, comment accepter cette aliénation du corps féminin ?

René Frydman, le « père » du premier bébé français conçu par fécondation in vitro (FIV) en 1982, découvre comme un savant fou, les excès de ses prouesses… : gestation pour autrui, accouchement de femmes ménopausées, conception d’enfants après la mort du père ou dotés de trois mères… Il dénonce le désir d’enfant dans son nouveau livre, La Tyrannie de la reproduction. Extrait d’un entretien au Point :

La mondialisation et la commercialisation de la procréation médicalement assistée [PMA], la médiatisation surtout de cas de grossesses extrêmes ou de gestations pour autrui présentées comme idylliques leur donnent hélas l’illusion que tout est possible. Leur désir d’enfant s’est mué en « droit », et une pression formidable s’exerce sur les médecins. Or un médecin doit pouvoir dire non, faire entendre que tout n’est pas possible… Et rappeler la réalité : 50 % des patients qui entreprennent un parcours de FIV, y compris avec donneurs, n’auront pas d’enfant.

Vous est-il arrivé de refuser des demandes qui étaient pourtant dans le cadre de la loi ?

Bien sûr. Nous exerçons une médecine complexe, car c’est une médecine du désir. Tous les centres de PMA ont eu au moins un cas de patiente qui, tombée enceinte après plusieurs FIV, demandait finalement une IVG : c’est dire si le désir d’enfant est parfois ambivalent. La facilité, en tant que médecin, est de ne se poser aucune question. Pourtant, notre devoir est d’exprimer nos doutes ou d’imposer un temps de réflexion lorsque nous décelons des situations de fragilité, des conditions délétères pour l’enfant à naître ou une forme d’acharnement. Il faut aussi parfois aider les patients à renoncer. J’ai souvent entendu des soupirs de soulagement quand, dans mon cabinet, je suggérais à des couples, usés par les tentatives infructueuses, de s’arrêter…

Vous restez foncièrement opposé à la gestation pour autrui : pourquoi ?

À l’heure où l’on dénonce plus que jamais les violences faites aux femmes, comment accepter cette commercialisation, cette aliénation du corps féminin ? Peu de médecins de la reproduction font aussi des accouchements, mais j’ai, pour ma part, accouché plus de 3 000 femmes, et je ne me suis jamais lassé d’assister à cette rencontre extraordinaire entre l’enfant et celle qui l’a porté pendant neuf mois. Il m’est d’ailleurs arrivé d’accoucher des mères porteuses, et cette séparation financée par d’autres, ce processus commercial qui, quels que soient les risques, met à distance le bébé et la mère m’a paru terrible… […]

Novembre dernier : « IVG » : Les états d’âme d’un bourreau ou d’un abuseur…

De Rémi Fontaine pour Le Salon beige :

Il n’y a pas qu’envers l’euthanasie que les médecins et les soignants dans leur grande majorité s’offusquent du « geste » qu’on veut leur imposer légalement au mépris du serment d’Hippocrate. Contre l’avortement qu’on s’apprête à « sacraliser » dans la Constitution et qu’on fait maintenant commettre aux sages-femmes, les mêmes médecins et soignants disent souvent leur « ressenti ». À l’approche de la Marche pour la Vie, rappel d’une confession de l’un d’entre eux il y a déjà près de vingt ans…

C’est le témoignage d’un gynécologue obstétricien à la clinique Ambroise-Paré de Toulouse. Dans le magazine du Syndicat national des gynécologues (en 2005), Jean Thévenot raconte ses « obligations » et ses états d’âme à travers l’histoire de Paul et Marie qui, tout à la joie d’attendre leur premier enfant, apprennent qu’il s’agit d’un bébé trisomique. Il rappelle les différentes étapes qui l’entraînent à proposer aux parents une première prise de sang à la 15e semaine de grossesse, puis une amniocentèse et enfin… une interruption (“médicale”) de grossesse (IMG). Avec la question angoissée de la maman par rapport à cette “intervention” : « Docteur, il va souffrir mon bébé ? » Il avoue que chaque jour il prescrit une bonne dizaine de tests de dépistage, fait une ou deux amniocentèses. Et 5 ou 6 fois par an, il passe l’horrible coup de téléphone aux parents qui tue aussi bien « l’enfant à venir, l’insouciance des jeunes parents, l’insouciance de ses jeunes années d’obstétricien… »

Il raconte comment le médecin devient ainsi aujourd’hui « le bourreau des temps modernes qui donne autant la vie que la mort ». Il reconnaît en effet qu’il fait partie des rares citoyens à pouvoir délivrer la peine capitale. Mais en droit : « Ce n’est pas la peine de mort parce que, comme le fœtus n’est pas légalement une personne, il ne vit pas ; on peut donc faire des fœticides tranquilles ; la loi est avec nous. » Reste à ses yeux que seuls les législateurs ont la conscience en paix, car « au moment où je fais le fœticide, moi je ne suis pas tranquille »… Et de regretter ses années de jeune médecin où il n’avait pas d’états d’âme comme ceux qui le poursuivent quotidiennement aujourd’hui, enviant ceux pour qui il n’y a pas de problèmes : soit qu’ils ne fassent pas d’avortement par conviction, soit qu’ils le considèrent comme un acte technique comparable aux autres. Mais y en a-t-il vraiment en conscience ? On assiste en fait chez les médecins avortueurs à un syndrome psychologique, post-traumatique, analogue à celui que connaissent tôt ou tard les mères après leur avortement.

On se souvient peut-être d’une fameuse émission télévisée (Transit) à ce sujet il y a bien longtemps sur Arte, où les médecins qui tuent s’étaient “lâchés”, avant même la loi Aubry les contraignant davantage à délivrer la mort. Comparant aussi leur “métier” avec “le geste” du bourreau, reconnaissant avec dégoût qu’il s’agissait d’un “sale boulot” antinomique avec leur préoccupation de sauvegarder les petits et de surveiller les grossesses à risque. Un boulot qu’ils ne voulaient plus faire, même moyennant statut et finances comme des tueurs à gage (selon un mot repris par le pape François) : « Il arrive un moment où l’on en a marre de voir passer des jambes et des bras à travers un tuyau d’aspiration… »

Jean Thevenot déplore également pour sa part que l’on protège davantage les palombes dans le Sud de la France que l’enfant (trisomique) dans le ventre de sa mère : « Y a-t-il des sous-hommes qu’il faut éliminer ou qu’il ne faut pas laisser vivre ? » Il se met à la place de l’enfant trisomique : « Si c’était moi le petit trisomique, accepterais-je que d’autres choisissent pour moi que je ne devrais pas vivre ? » Et il décrit l’IMG, l’émotion ressentie « en salle de naissance » devant l’arrivée de ce petit bonhomme de 150 à 200 grammes « mais qui reste un modèle réduit de l’humain que je suis » « La loi c’est la loi, mais au niveau des tripes, c’est difficile », reconnaissait un autre avorteur de la première heure après la loi Aubry. Dur métier de bourreau en effet ! Sauf que, si « le geste » reste matériellement le même, l’analogie a ses limites : le bourreau, fait pour exécuter, était censé châtier un criminel gravement coupable aux yeux de la justice ; le médecin, fait pour sauver la vie, doit se transformer en bourreau pour assassiner légalement un innocent « de trop » aux yeux de la culture de mort. On comprend assurément la difficulté « au niveau des tripes » et le syndrome que cela peut engendrer…

D’autant plus qu’à la vue des images saisissantes du « fœtus au sourire », du Cri silencieux ou de la « main de l’espoir », on peut aussi prolonger les similitudes, malgré leurs limites également (comparaison n’est pas raison). Mais quelle différence au fond entre les pédomaniaques, abuseurs d’enfants de tout acabit – ceux qui commettent « le crime de scandaliser les petits enfants » (Matthieu, XVIII) – et ces avortueurs sans scrupule auxquels on peut ajouter les chercheurs sans conscience mais aussi et surtout les membres du Comité d’éthique et enfin les législateurs qui permettent ces « gestes » horribles et les tortures qui vont avec ? Quelle différence en effet alors qu’ils considèrent TOUS l’enfant à naître ou né comme un matériel disponible, un « petit Chose » insignifiant, enfant-objet, esclave sexuel ou scientifique, abusant de son innocence sacrée pour son plaisir ou d’autres fins fallacieuses, allant donc jusqu’à pouvoir le tuer au nom d’une funeste et terrible idéologie matérialiste, nominaliste et individualiste ? En réveillant sa conscience morale, comme ce gynécologue, il serait temps de comprendre pour nos contemporains, que le désir individuel, bien ou mal intentionné, n’est pas la mesure de toutes choses. La personne humaine, créée « homme et femme » dépend (sur)naturellement de réalités qui lui sont supérieures, transcendantes, inscrites au fond de son cœur et transmises plus ou moins bien par les vraies civilisations : « Tu ne tueras pas ! »

Rémi Fontaine (d’après Le Livre noir de la culture de mort, Renaissance catholique, 2007). Cf. aussi :

https://lesalonbeige.fr/ivg-mes-amis-au-secours/

https://lesalonbeige.fr/meditation-pour-ce-temps-de-la-passion-non-nous-navons-pas-de-roi-que-cesar-ou-macron/

L’appel à la prière musulmane dans l’église de la Trinité à Paris

C’était le 11 novembre dernier. La paroisse de la Trinité a été leurrée par les organisateurs du concert et a exprimé ensuite son mécontentement et son opposition à ce qui s’était passé durant ce concert. Voici ce que déclare le curé :

[…] Après enquête interne, voici les faits. Le 11 novembre 2023 a effectivement eu lieu au sein de l’église de la Sainte-Trinité un concert avec près de 200 artistes placés sous la direction de Mme
Evelyne Schwab. Le programme était une « Messe pour la paix » intitulée « L’homme armé » et composée par Karl Jenkins (1944-). Ce concert a bien été validé l’année dernière par la personne alors responsable des concerts que nous accueillons ponctuellement dans notre édifice. Nous avons pour règle de n’accueillir que des programmes de musique sacrée chrétienne compatibles avec le caractère cultuel de l’édifice. L’« Homme armé » est une mélodie populaire du XVe s. ayant souvent été utilisée pour mettre en musique les textes de l’ordinaire de la messe. Notre responsable des concerts ignorait l’étonnante structure de cette « messe » composée en 1999 par le musicien gallois Karl Jenkins à la mémoire des victimes du conflit dans les Balkans : en plus de l’ordinaire de la messe et d’extraits de psaumes et du livre de l’apocalypse, le texte de cette « messe » comporte aussi « l’appel à la prière » des musulmans, des textes profanes de Rudyard Kipling, d’Alfred Lord Tennyson et d’un survivant d’Hiroshima…

[…] Cependant, comme curé de la Trinité, si j’avais été personnellement informé que le programme de cette « Messe » de Karl Jenkins intégrait le chant de l’« Adhan » par le musicien nantais Yassine Hawa, j’aurais refusé sans hésitation d’accueillir ce concert dans l’église placée sous ma responsabilité. Le texte chanté est en effet en contradiction obvie avec la foi chrétienne et n’avait donc pas sa place dans notre église, même à l’occasion d’un évènement musical. Affirmer cela, ce n’est pas renoncer à la recherche de la paix par le dialogue, ce n’est pas non plus manquer de bienveillance envers les croyants d’autres religions, c’est au contraire se garder du « relativisme » qui, « sous le couvert d’une prétendue tolérance », s’avère au final être un obstacle à un
dialogue constructif et fécond (cf. FRANÇOIS, encyclique Fratelli tutti). Ayant moi-même été choqué en découvrant la séquence vidéo – sentiment renforcé par sa présentation et les commentaires –, je comprends très bien que certains fidèles puissent l’être en découvrant à leur tour les images d’un évènement qui n’aurait jamais dû avoir lieu si toutes les vérifications préalables avaient été correctement faites. […]

 

Une application pour sécuriser l’entrée des églises

L’application mobile Sésame, expérimentée par la Fondation du patrimoine, devrait permettre de protéger les églises des dégradations, des vols ou des risques d’incendie. Jean-Christophe Bonnard, délégué régional de la Fondation du patrimoine, déclare dans Le Journal du Centre :

« Le projet consiste à installer des serrures connectées dans les sites patrimoniaux, essentiellement des lieux de cultes (églises, temples, synagogues) normalement fermés au public et non gardiennés ». « L’idée est de protéger ces sites des dégradations, des vols ou des risques d’incendie, et d’en permettre la visite. »

Le visiteur devra installer l’application Sésame sur son smartphone. L’inscription nécessite de fournir sa pièce d’identité et ses coordonnées bancaires. Arrivé devant l’édifice, il pourra observer l’installation d’un QR code et d’une serrure connectée sur la porte d’accès.

« Elle est couplée avec un système de télésurveillance, qui se coupe automatiquement quand on débloque la serrure ».

Lorsqu’il scanne le QR code, le visiteur reçoit un code éphémère à quatre chiffres à composer sur le digicode.

« Il faut refermer derrière soi. La visite dure une heure maximum. Après, une alerte se déclenche et le télésurveilleur va faire une levée de doute et envoyer un rondier. »

Dans la Nièvre, deux églises sont équipées de ce dispositif, pour le moment expérimental.

La consécration de la France au Sacré-Coeur

Dans son numéro consacré au Sacré-Coeur, France catholique consacré un article à la consécration de la France au Sacré-Coeur, par Anne Bernet :

Michael D. O’Brien dans le magazine Gloria

Le magazine Gloria commence la nouvelle année avec la publication d’un entretien avec article Michael D. O’Brien, auteur du Père Elijah, une apocalypse, vendu à plus de 250 000 exemplaires. Il présente son nouveau roman Au bord des fleuves de Babylone.

On sait peu de chose sur Ézéchiel : il a été déporté en 597 avant Jésus-Christ, lorsque Babylone soumit Jérusalem, et a vécu en exil. À partir de là, Michael D. O’Brien écrit un roman historique qui nous raconte la vie d’Ézéchiel, par la voix du personnage lui-même, depuis ses 12 ans jusqu’à ses 30 ans. Ézéchiel, dont le nom signifie « Dieu rend fort », est un jeune berger au début du récit. Timide et pieux, il quitte son village pour rejoindre le Temple de Jérusalem, où il va étudier en vue de devenir prêtre. Il se rend compte que le péché est partout et que les serviteurs de Dieu préfèrent leurs propres intérêts à ceux du Seigneur. Il est également troublé par la menace de Babylone qui se rapproche de jour en jour. Avec des milliers d’autres Israélites, il est conduit en déportation. « Au bord des fleuves de Babylone », il soutient les exilés et reste fidèle à Dieu malgré l’esclavage. Ce beau roman raconte la vocation d’Ézéchiel, c’est-à-dire ce qui a eu lieu (d’après le romancier !) avant les prophéties qui figurent dans la Bible. Le roman est très intéressant sur le plan historique, et, comme toujours avec les livres de Michael D. O’Brien, très riche spirituellement pour le lecteur.

Le Gloria du mois de janvier est consacré à Rome et au baptême de Jésus.

La macronerie c’est déjà du passé !

Emmanuel Macron a donc rendu hommage au fédéraliste qu’était Jacques Delors. Aujourd’hui 5 janvier 2024. Mais l’équipe de communication de l’Elysée a indiqué 2023 sur le pupitre :

Obsèques de Jacques Delors : l’Europe enterre la France

Il y a 5 jours, le président présentait ses voeux devant de nombreux drapeaux, reléguant la France. Aujourd’hui, aux Invalides un drapeau européen est déployé devant le cercueil de Jacques Delors (RIP) recouvert du drapeau français. Symbole de la fin de la souveraineté française, prônée par le fédéraliste Jacques Delors.

L’espérance européenne” dont Monnet puis Delors et Juncker ont été les artisans, est une organisation dans laquelle nos nations abandonnent, au mépris du principe de subsidiarité, des morceaux de leurs souverainetés à un collège de technocrates supposés agir en vue de l’intérêt supérieur de l’Europe. Son but proclamé est la paix perpétuelle entre nos peuples et une prospérité partagée équitablement entre tous. Malgré et même grâce aux crises. Dans son ouvrage sur le mensonge de la construction de l’Union européenne, Philippe de Villiers écrit :

Chaque crise engendrée par l’intégration ne promet d’être résolue que par un surcroît d’intégration. Euro, migrations, commerce : plus on ouvre les frontières, plus on multiplie la méfiance et les difficultés entre pays différents embarqués ensemble, plus il faut alors règlementer et donc transférer de pouvoirs vers des organes supranationaux. Sur chaque sujet, c’est le même cycle infernal. Il n’est pas accidentel. C’est la stratégie du gouvernement par le chaos. Jacques Delors l’a théorisée sous le nom de “crise bénéfique”, selon laquelle chaque crise est une bonne raison de franchir un nouveau pas vers plus de supranationalité.

Le père de l’Union monétaire européenne fut Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne de 1985 à 1995. C’est sous son mandat que s’affirme la dérive qui voit le président de la Commission apparaître comme un chef de gouvernement dans les sommets internationaux. C’est aussi durant sa présidence que se multiplient les accords et traités qui tendent à transformer les communautés européennes en ensemble étatique : Schengen abolissant les frontières internes de l’UE (1985), Acte unique européen créant « le grand marché unique » (1986), traité de Maastricht en 1992 qui crée la monnaie unique et dépouille les États de leur souveraineté monétaire. Il avait très bien compris que l’on ne peut pas avoir d’union monétaire viable sans union fiscale, et pas d’union fiscale sans union politique. Il jugeait le traité de Lisbonne pas assez fédéral. D’où la proposition, formulée dans le rapport de la Commission européenne de juin 2015, surnommé « Rapport des cinq présidents », de mettre en place un seul ministre et un seul ministère des finances pour l’ensemble de la zone euro d’ici à 2025…

En 2015, alors que les critiques contre le traité de Schengen fusaient déjà, c’est encore Jacques Delors qui vient défendre ce texte imposé aux peuples de l’Union européenne sans leur accord. Avec tous les poncifs du genre sans l’Union européenne, un pays reste inefficace, il y a une crise, donc il faut plus d’Europe… Il restera le fossoyeur de la souveraineté française.

Selon le cardinal Fernandez, la proposition de Fiducia Supplicans est de bénir les couples irréguliers, mais la nouveauté du document n’est pas de bénir les couples irréguliers

Sur la NBQ, Luisella Scrosatti décrypte le communiqué surréaliste du Dicastère pour la doctrine de la foi, visant à justifier Fiducia Supplicans. Extrait de la traduction de Benoît et moi :

[…] Et de fait, face aux évêques africains, qui ne veulent pas entendre parler d’unions de couples irréguliers ou homosexuels, et face aux Allemands, qui veulent au contraire bénir ces mêmes couples, Fernández parvient à écrire noir sur blanc un chef-d’œuvre de contradiction.

Dans la section 2 (« Réception pratique »), il écrit:

« La Déclaration contient la proposition de bénédictions pastorales brèves et simples (non liturgiques ou ritualisées) de couples irréguliers (et non d’unions) ».

Dans la section 4 (« La véritable nouveauté du document »), il affirme exactement le contraire :

« La véritable nouveauté de cette Déclaration, celle qui exige un généreux effort de réception et dont personne ne devrait se déclarer exclu, n’est pas la possibilité de bénir les couples irréguliers ».

Donc, la proposition est de bénir les couples irréguliers, mais la nouveauté du document n’est pas de bénir les couples irréguliers. C’est clair, non ?

De son côté, Gabrielle Vialla écrit :

Suite à ma dernière lettre, quelques prêtres ont réagi à ma réaction à chaud sur la déclaration « Fiducia supplicans ». L’un d’eux, en désaccord avec moi, m’a fait un reproche qui m’a légèrement ébranlée. Il m’a dit que je considérais trop l’Église comme Magistra et pas assez comme Mater.

Certes, nous avons tous une maman, mais il se trouve que le regard est différent quand on l’est soi-même. Étant une mère bien limitée et imparfaite depuis un quart de siècle (un siècle en cumulé), j’ai pu réfléchir à ce qu’est une bonne mère, afin de m’encourager au bien. L’analogie ne doit pas être poussée à l’extrême mais elle est instructive. Laissez-moi vous en dire quelques mots, avec peut-être l’avertissement que la transposition avec des événements récents n’est pas à prendre au premier degré.

La mère de famille donne beaucoup d’elle-même. Elle voit disparaître son corps de jeune fille, pour porter ses enfants non sans peine et sans fatigue, bien qu’elle se réjouisse d’avoir ses enfants. Elle les nourrit et les élève. Rien ne lui est indifférent. Elle veut être proche de son enfant quand il souffre. Même lorsqu’elle est très optimiste sur la nature humaine, elle sait qu’il faut quelques règles dans la maison. Ne serait-ce que pour sa propre survie. La bonne mère ne peut donner des instructions de telle façon que la moitié des enfants prenne la direction opposée de l’autre moitié. L’ambiance qui en découlerait deviendrait vite exécrable. Certes, il est fréquent dans les familles que la discipline vis-à-vis des benjamins soit plus souple que vis-à-vis des aînés, mais les règles fondamentales ne changent pas. S’il n’était pas possible d’écrire sur les murs en 2021, cela le restera en 2024. Son discours peut s’adapter à ses enfants dans la forme ou le ton mais comme bonne Mère, elle ne saurait se contredire. Elle sait d’ailleurs que les injonctions contradictoires sont très mauvaises pour les enfants. Aujourd’hui, elle a même les connaissances des neurosciences pour le savoir.

La bonne mère est présente pour chacun. Oh elle écoute mais elle répond aussi. Ce n’est pas un distributeur de nourriture, ni de plaisirs. C’est une personne qui aime ; elle reçoit chacun dans une relation unique, irremplaçable avec des joies et des peines. Lorsqu’elle s’adresse à tous, elle s’assure que les plus jeunes ont compris. Elle ne légifère pas sur tout[1]. Ce serait étouffant. Elle laisse de la latitude à chacun. Elle ne peut pas prévoir toutes les situations que ses enfants auront à affronter. Elle a l’espérance qu’avec l’exemple et l’instruction qu’elle leur donne, ils sauront toujours écouter leur conscience, revenir à ce qu’elle a toujours enseigné.

Si par malheur, l’un d’eux s’égare, la bonne mère supplie Dieu pour lui. Elle égrène son chapelet et fait des sacrifices. Lorsque ce petit revient la voir, pensez-vous qu’elle commence par lui demander « As-tu fait une belle découverte pendant ta fugue ? » Elle le supplie plutôt « Mon enfant, je m’inquiète pour toi. Reviens à la maison. Ici, tu es chez toi. La nourriture est abondante et gratuite. »

Si par un malheur plus grand encore, son enfant ne respecte plus sa maison et revendique d’y vivre à sa manière à lui, elle se montre ferme « Tu es toujours mon enfant mais tu scandalises tes frères et sœurs. Pars vite avant que ton père ne revienne et que sa colère ne s’aggrave plus fortement contre toi. Reviens quand enfin tu auras décidé de ne plus te moquer de nous ». La bonne mère retournera à ses larmes et à ses supplications.

Le fils aîné rend compte de ses décisions. S’il venait à instaurer dans la maison une nouveauté qui divise les enfants, la bonne Mère pleure encore. Elle espère dans la prière, elle rappelle à tous de prier pour le fils aîné et de continuer à l’aimer. De nouveau, elle exhorte sans cesse chacun à être ce que Dieu attend de lui. Dans l’épreuve, elle maintient. « Elle rayonne de force et retrousse ses manches ! Elle s’assure de la bonne marche des affaires, sa lampe ne s’éteint pas de la nuit. » (Prov 31, 17-18)[2]

Oui, l’Église est Mère. Et justement, grâce à l’analogie de la mère de famille ou de la femme forte[3], tout un chacun peut comprendre qui elle est. Cela demande toutefois de refuser une idée facile mais faussée où la maternité serait doucereuse, peu exigeante. La bonne mère nous parle certes de ses enfants mais bien plus vite que je ne l’ai fait (pour garder un certain suspense), elle nous conduit à son Époux ! Elle est fidèle et vit des Noces de l’Agneau. Elle parle comme Lui. Lui dont nous avons les mots dans les Évangiles. Sainte, elle attend le retour de l’Époux. « Ses fils, debout, la disent bienheureuse et son mari fait sa louange. » (Prov 31, 28)

Gabrielle Vialla

[1] « L’Église ne se prononce que lorsque c’est nécessaire. Et quand elle établit en maîtresse de vérité une donnée générale, les théologiens sont mis alors à la tâche et doivent expliquer concrètement ce qu’elle a voulu dire ; ils le font par l’interprétation littérale, par l’étude des circonstances, par la reconnaissance des exceptions, afin de rendre la décision aussi tolérable que faire se peut et de laisser le moins de tentation possible aux esprits obstinés, indépendants ou mal instruits. » Card. J.H. Newman, Lettre au Duc de Norfolk

[2] Saint Augustin explique la nuit ainsi : « La nuit désigne les tribulations. Pendant la nuit, elle sert de modèle. Elle enseigne par ses actes le devoir qu’elle a tracé… » (sermon 37)

[3] Le sermon 37 de saint Augustin a pour titre La femme forte ou l’Église Catholique. (on peut le retrouver sur internet)

Arrestation d’un évêque en Chine

Mgr Shao Zhumin de Wenzhou (61 ans) a été une nouvelle fois arrêté pour son refus de s’aligner sur l’Association patriotique catholique, contrôlée par l’État. Il avait déjà été emprisonné plusieurs fois, dont la dernière fois début 2023. Lors des festivités, l’évêque Shao est régulièrement placé en garde à vue pour l’empêcher d’animer des célébrations publiques. Cette année, cependant, les choses se sont passées un peu différemment. Quelques jours avant Noël, le 16 décembre, Mgr Shao a été emmené par les forces de sécurité, avant d’être relâché deux jours plus tard. Puis, les 24 et 25 décembre, il a été emmené dans le comté de Taishun pour l’empêcher de célébrer la messe de Noël, mais il a tout de même déclaré avoir passé l’un des Noëls les plus paisibles de sa vie.

Ordonné évêque coadjuteur avec mandat papal en 2011, il n’est pas reconnu par les autorités pour avoir refusé d’adhérer à l’Association patriotique. Depuis la mort de son prédécesseur en 2016, il est empêché d’exercer son ministère dans l’une des plus anciennes et des plus importantes communautés catholiques de Chine. Le gouvernement a placé à la tête du diocèse un membre de l’Association patriotique catholique chinoise, le père Ma Xianshi.

Son arrestation est intervenue à la suite d’une lettre que l’évêque Shao a adressée au père Ma le 31 décembre, estimant en conscience qu’il devait protester contre les décisions concernant le diocèse prises sans son autorité.

Selon le droit de l’Eglise, il est nécessaire d’être ordonné personnellement par l’évêque du diocèse ou d’avoir une procuration de sa part. Conformément au code de droit canonique, toute personne qui reçoit les ordres sacrés de quelqu’un qui n’a pas le pouvoir légitime d’ordonner est automatiquement suspendue.

La lettre semble avoir provoqué une forte réaction de la part des organes “officiels” de l’Église à Wenzhou, qui seraient à l’origine de l’arrestation de l’évêque Shao.

“On lui a ordonné de prendre des vêtements pour le printemps, l’été, l’automne et l’hiver”, a déclaré une source.

“Cela suggère que sa situation n’est pas prometteuse et qu’il sera probablement détenu pendant une longue période. Les fidèles sont inquiets car ils ne savent même pas où il sera détenu”.

Mgr François Durand, nouvel évêque de Valence

Le pape François a nommé ce jour Monseigneur François Durand évêque de Valence. Il était jusque-là vicaire général du diocèse de Mende.

Huit mois après le départ de Monseigneur Pierre-Yves Michel dans le diocèse de Nancy et Toul, le pape François a nommé ce vendredi 5 janvier le 93e évêque du diocèse de Valence. Âgé de 50 ans, le Père François Durand sera ordonné évêque le 10 mars à Valence.

Ordonné prêtre en 2002 dans le diocèse de Mende, il est vicaire général de ce même diocèse depuis dix ans avec un intermède d’une année en tant qu’administrateur diocésain de 2018 à 2019.

La Drôme a une place particulière dans le ministère de ce natif du Puy-en-Velay puisque c’est à l’abbaye d’Aiguebelle qu’il a vécu la retraite précédant son ordination sacerdotale.

« Cette terre ne m’est pas complètement inconnue, tant par ses paysages que par plusieurs visages. Croyez bien que c’est dans une large et généreuse confiance que je viens vers vous, pour vous aimer et vous servir. A vous tous, je dis ma proximité et ma communion.  « Qu’ils soient un pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Cette prière, adressée par Jésus à son Père au cœur même de sa Pâque, sera ma devise épiscopale. Elle nous exhorte tous à la mission, la mission qui favorise le dynamisme de la communion ».

Mgr Durand est diplômé de l’INSA, à Lyon, ingénieur en Physique des Matériaux. Il possède aussi un doctorat de théologie à l’université catholique de Lyon. Il a été professeur à la faculté de théologie de l’Université catholique de Lyon et formateur pour les candidats au diaconat permanent.

Le ministre de la Santé visite l’Institut Lejeune et découvre la haine des militants pro-mort

Ayant visité l’Institut Jérôme Lejeune, Agnès Firmin Le Bodo a vu, sous son tweet, un déferlement de haine :

 

Elle a du se justifier et rappeler ses positions en faveur de cette culture de mort :

Mais ce n’est pas suffisant et elle doit en rajouter :

Un pays ne peut pas promouvoir à la fois l’avortement et la natalité

Alors que le gouvernement veut constitutionnaliser l’avortement, le nombre de naissances a reculé de 6,8% en France entre janvier et novembre 2023 par rapport à la même période l’année précédente, selon des statistiques de l’Insee publiées jeudi, et pourrait ainsi atteindre un nouveau plus bas historique sur l’ensemble de l’année.

On compte ainsi 45 000 naissances de moins sur cette période par rapport à 2022, portant le nombre de naissances sur les onze premiers mois 2023 à 621 691.

Sur l’ensemble de 2023, le nombre de naissances devrait atteindre un nouveau plus bas historique. L’année 2022 avait vu la naissance de 726 000 bébés en France, un nombre en recul de 2,2% par rapport à 2021. Il s’agissait déjà du nombre de naissances le plus faible depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Sur le seul mois de novembre 2023, 56 297 bébés ont vu le jour, soit 5,1% de moins qu’un an plus tôt. Il s’agit du 17e mois consécutif de recul, lorsqu’on compare mois par mois à la même période de l’année précédente.

Cette baisse des naissances sur onze mois entre 2022 et 2023 s’observe dans toutes les régions, sans exception.

« C’est la foi que portait en lui Arnaud Beltrame qui m’a amenée à trouver Dieu»

Arnaud Beltrame est mort il y a cinq ans, à Trèbes, face à un terroriste islamiste, en échangeant sa vie avec celle d’une caissière. Celle-ci s’est confiée au Figaro. Extrait :

[…] Au lendemain de l’attentat, Julie demande à voir le corps d’Arnaud Beltrame. Elle découvre un visage « marqué par les luttes qu’il a menées pour rester en vie». Julie pose sa main sur sa poitrine et fait une promesse.

« Dans mes tripes, je sens une rage qui me tenaille, la colère d’avoir perdu une vie si précieuse pour l’humanité, d’avoir perdu un homme si honorable. Je lui dis que j’essayerai de me montrer digne de la vie qu’il a protégée en risquant la sienne ».

Quelques jours plus tard, Julie reçoit une lettre de Marielle Beltrame, l’épouse d’Arnaud Beltrame. « Marielle…», soupire-t-elle aujourd’hui, triturant avec agitation sa médaille miraculeuse. Son visage se crispe, sa bouche se tord. La douleur est là, intacte. « Marielle est une femme pour laquelle j’ai beaucoup de respect. Je n’ose même pas imaginer ce qu’elle ressent…Nous avons un lien… particulier», poursuit-elle, tentant de reprendre ses esprits.

« Dans sa lettre, elle me disait que je ne devais pas me sentir coupable. Que c’était le métier d’Arnaud de faire face à ce type de risques. Qu’il avait toujours été très attaché à la notion du devoir».

Durant un an, Julie n’a pas su comment répondre à cette lettre.

Les mois qui suivirent l’attentat, Julie fut sur le qui-vive. En état d’alerte permanent. Elle élabore des stratégies pour éviter d’être de nouveau la cible d’un terroriste. Elle porte des habits passe-partout. Des chaussures qui accrochent bien le sol. Elle préfère les marchés et les magasins bio aux grandes surfaces.

Julie n’est plus vraiment Julie. Elle est désormais « la caissière de Trèbes». Ou « l’otage du Super U », c’est selon. Enfermée dans ce statut, condamnée à vivre avec cette étiquette qui lui colle à la peau et qu’elle aimerait bien arracher. « Parfois j’ai l’impression qu’on me pointe du doigt et qu’on me dit : “oh, regarde, un otage!” », dit-elle mimant un enfant qui pointerait du doigt un singe dans un zoo.

Mais dans ce quotidien rempli de peurs et d’angoisses, une lumière apparaît. Celle de la foi. Avant, Julie était « une athée dure-dure», assure-t-elle, le sourire aux lèvres. « Dieu est arrivé dans ma vie comme les cailloux du petit Poucet, de manière discrète», rapporte-t-elle, lumineuse tout à coup. Des amis qui se convertissent, une médaille miraculeuse de la rue du Bac qu’on lui offre, une rencontre avec un prêtre, une messe à l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse…

« C’est la foi que portait en lui Arnaud Beltrame qui m’a amenée à trouver Dieu , explique Julie, je me suis dit que, si cet homme d’exception croyait en Dieu, alors il fallait que j’aille voir ce qu’il en était».

Julie se met à fréquenter une paroisse. Elle participe à des dîners, des échanges, des prières. Elle y rencontre son futur mari, Jacques. Un homme costaud qui arbore une large moustache blanche à la Tarass Boulba. Un homme qui la protège mais qui, derrière son allure de colosse, cache un bon vivant jovial, d’une bonhomie désarmante.

Julie s’est ensuite engagée dans le catéchuménat pour se préparer au baptême. Elle est baptisée en avril 2023, à Pâques. « Il n’y a pas eu de miracle radical, pas de guérison aussi spectaculaire que subite. Je ne fais pas partie de ces miraculés subitement guéris», souligne-t-elle. Car depuis l’attentat, sa vie est un chaos. Il y a les médicaments, les injonctions des uns et des autres à aller mieux, sa séparation avec son premier mari « qui n’a pas supporté que je me laisse aller», la mort de son père, atteint d’un cancer, le marathon des psychologues et psychiatres, le traitement « scandaleux» par le Fonds de garantie des victimes, la paperasse, les démarches…

Un matin, à la messe, Julie décide de lâcher prise. « Je prie comme je n’ai jamais prié auparavant. Je convoque Arnaud, mon père, mes ancêtres… Seule dans ma petite barque. Je dépose armes et rames, rapporte-t-elle dans son livre, Je me disais :“Mais ce n’est pas possible, Arnaud ne m’a pas sauvée pour que je m’écroule quatre ans après, pour que je vive cet enfer” ». Alors Julie s’est relevée.

« J’ai une dette envers lui. Je me dois de donner tout ce que j’ai comme amour. C’est pour cela que je prie. La prière me ramène vers la lumière».

[…]

Grand remplacement : en Bretagne aussi

Pour son premier numéro de l’année 2024, le Peuple breton, magazine mensuel qui fête ses 60 ans d’existence, a choisi de mettre en couverture un gamin habillé d’une veste traditionnelle bretonne en tenant à la main un drapeau breton aussi grand que lui. Le cliché est accompagné de la manchette «Un peuple vivant». Et à l’intérieur du journal :

« Nuit calme » : c’est le “Tout va très bien Madame la Marquise” de Darmanin

« Nuit calme », c’était une tisane pour grand-mère, c’est désormais la formule pour décrire une nuit avec plus de 700 voitures brûlées, des attaques aux couteaux dans l’Oise, l’Isère ou à Paris. Des automobilistes agressés dans la rue à Limoges. Un magasin détruit à Honfleur.”

 

“Les commandements du Seigneur sont justes, ils réjouissent le cœur ; les commandements du Seigneur sont clairs, ils éclairent les yeux”

La situation étant explosive, le dicastère pour la doctrine de la foi publie un « communiqué de presse pour aider à clarifier la réception de Fiducia supplicans », avec notamment notamment un exemple de prière de bénédiction… en dix ou quinze secondes. La confusion s’ajoute à la confusion. Pour Jean-Marie Guénois, c’est un recul du pape, qui fait suite à la levée de boucliers puisqu’il laisse la liberté aux évêques de ne pas appliquer cette note.

Selon Luisella Scrosati dans La Nuova Bussola, Fiducia supplicans ne fait que couronner la soi-disant “via caritatis”, qui s’illusionne en croyant sauver le pécheur en excusant le péché. Une vieille erreur déjà dénoncée par Pascal.

La bénédiction des couples “irréguliers” et des concubins homosexuels constitue le couronnement de la démarche d’une grande partie de la théologie morale, depuis plusieurs décennies, ainsi que la trame, même pas trop cachée, d’Amoris Lætitia (AL). FS, à y regarder de plus près, n’est rien d’autre qu’une extension de ce qu’AL, dans l’interprétation “authentique” qu’en donne le pape dans sa lettre aux évêques de Buenos Aires (et de qui d’autre ?), permettait déjà : l’accès à la vie sacramentelle pour les couples vivant ensemble more uxorio. A la base de cette permission, ce que le pape François a baptisé la “via caritatis” (cf. AL 306), qui n’est en réalité qu’une sorte de “plan B” à mettre en œuvre “face à ceux qui ont des difficultés à vivre pleinement la loi divine”. C’est la voie des “manières possibles de répondre à Dieu” (AL 305), de l’archaïque et dévastateur “bien possible” (AL 308).

Mais qu’est-ce que cette “via caritatis” ? Ce n’est rien d’autre que la vieille morale jésuite (du jésuitisme décadent) qui écœurait Blaise Pascal et que ce brillant esprit, dans la sixième des dix-huit “Lettres provinciales”, avait si bien résumée : “on ne pèche plus, tandis qu’auparavant on péchait : iam non peccant, licet ante peccaverint”. Un nouveau “miracle” (médiocre) qui ne convertit pas le pécheur, mais le péché, et qui implique une conception de la loi de Dieu comme un obstacle rigide à éviter, un lourd fardeau à alléger, une pilule amère à adoucir. En somme, le bon Dieu nous a ménagés, mais c’est nous, plus miséricordieux que lui, qui nous occupons de cette faille dans sa loi.

Rien n’échappe à notre prévoyance”, s’exclame l’interlocuteur jésuite de la lettre, convaincu que cet adoucissement progressif de la morale est nécessaire en raison de la corruption généralisée des “hommes d’aujourd’hui” (cette catégorie idéale intemporelle de toute subversion !), qui, “ne pouvant les faire venir à nous, doivent aller à leur rencontre ; sinon ils nous abandonneraient ; pire encore, ils se laisseraient complètement aller”. Le berger prévoyant, bon et miséricordieux est plus concret et efficace que la grâce divine qui, après tout, ne se révèle pas toujours si prompte à venir en aide à l’homme. Ainsi, “sans toutefois heurter la vérité”, tient à souligner le jésuite dans sa lettre, il faut trouver une voie plus douce et moins rude que celle empruntée par les amoureux de l’intégrité de la loi. “Le projet fondamental de notre Compagnie [de la Compagnie de Jésus, ndlr] pour le bien de la religion est de ne rejeter personne pour ne pas désespérer”, conclut le jésuite avec bonhomie.

“Rien n’échappe à notre miséricorde”, a rétorqué aujourd’hui le pape François. Tout le monde, tout le monde” doit entrer dans l’Eglise ; “l’homme d’aujourd’hui” est accablé par des circonstances qui constituent des circonstances atténuantes de la responsabilité personnelle comme “l’immaturité affective, la force des habitudes contractées, l’état d’angoisse ou d’autres facteurs psychiques ou sociaux” (AL 302). Des circonstances tellement atténuantes qu’elles vident le commandement divin de son sens concret. Malheur au pasteur, insiste François, qui se sent “satisfait d’appliquer les lois morales à ceux qui vivent dans des situations “irrégulières”, comme s’il s’agissait de pierres jetées sur la vie des gens” (AL 305), devenant ainsi la cause de l’éloignement des gens et de leur désespoir. FS bénit – littéralement – cette approche et la sanctionne universellement, à travers l’acte sacerdotal le plus simple et le plus répandu. Qui, malgré le refrain rassurant qu’on ne change pas de doctrine – “sans toutefois heurter la vérité” ! – réalise plastiquement la grande maxime dénoncée par Pascal : “on ne pèche plus, alors qu’avant on péchait”. Précisément parce qu’on bénit aujourd’hui ce qu’on ne pouvait pas bénir avant.

Car, il faut bien le dire, malgré la tentative du pape François de tirer Pascal de son côté avec la lettre apostolique de l’an dernier, la critique du génie français va droit au cœur de ce pontificat. Celui-ci réinterprète la justification du pécheur à sa manière : de “rendre le pécheur juste”, par l’œuvre de la grâce divine, à le justifier, en dissolvant son imputabilité. Pour la théologie catholique, la grâce rend juste parce qu’elle guérit en profondeur, redonne vigueur à la pénitence, nourrit les vertus ; pour la nouvelle morale en action, il s’agit de laisser le pécheur dans la fange, de l’illusionner pour couvrir le mal réel par un bien possible, d’apaiser par une belle bénédiction, voire par l’admission à la vie sacramentelle, une conscience qui a plutôt besoin d’être ébranlée.

Le pécheur est ainsi “justifié” par le changement des mots, par la recherche d’excuses infinies, par des sophismes qui n’ont d’autre but que d’adoucir une prétendue rigidité de la loi. Un renversement brutal de la manière dont la foi chrétienne, enracinée dans l’ancienne alliance, a toujours compris et vécu la loi de Dieu : un joug qui libère, un fardeau qui soulève, une nourriture amère qui guérit. La Règle de saint Benoît, qui a forgé la chrétienté latine, exprime avec une profonde sagesse la dynamique de la loi de Dieu qui guide vers le salut : “Si (…) quelque chose d’un peu plus rigoureux (paululum restrictius) est introduit, ne te laisse pas immédiatement saisir par la peur et ne t’écarte pas du chemin du salut, un chemin qui ne peut qu’être étroit au début. Si tu avances (…) ton cœur se dilatera et tu courras sur le chemin des commandements de Dieu avec une indicible douceur d’amour” (RB, Prologue, 47-49).

En effet, lorsqu’on persévère à implorer le Seigneur pour qu’il vienne à notre secours, afin que nous l’aimions en accomplissant ses commandements, la grâce arrive, entre dans les recoins étroits de notre cœur rétréci et le guérit, jusqu’à ce qu’il s’élargisse démesurément. Alors, vraiment, “on ne pèche plus, alors qu’avant on péchait”, parce que l’homme est guéri. C’est la via veritatis et la via orationis et pœnitentiæ qui conduisent à l’authentique via caritatis, et non les artifices, ajustements jésuites médiocres et présomptueux.

Non pas ces artifices, mais les commandements de Dieu et sa grâce dont l’homme a besoin. Car c’est seulement de cela que parle l’Apocalypse : “La loi du Seigneur est parfaite, elle rafraîchit l’âme (…). Les commandements du Seigneur sont justes, ils réjouissent le cœur ; les commandements du Seigneur sont clairs, ils éclairent les yeux” (Ps 19,8-9).

Décevant Michel Onfray

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Cher Monsieur Onfray,

Je me permets de vous adresser une lettre ouverte que vous ne lirez probablement jamais !

Car vous m’avez déçu !

Vous avez d’une façon générale un côté flamboyant dans vos écrits et vos interventions publiques, ce qui vous a valu en son temps, moins maintenant, l’honneur des gazettes. Non pas tant dans la forme, mais surtout dans le fond. Vous pourfendez les bien-pensants avec une plume et un verbe que d’aucuns vous envient. En l’état je ne juge pas de vos idées, vous défendez une certaine vision du monde et avez le mérite de la constance. Là où les politiciens ne sont que girouettes suivant le sens du vent populaire sous prétexte de démocratie, vous, vous ne déviez pas de votre vérité. Cette posture qui vous honore vous vaut aujourd’hui d’être voué aux gémonies par vos camarades d’hier ! Ces gens, qui se pensent de gauche, ont cru en vous, mais ils n’ont pas compris votre exigence intellectuelle appelant à la conversion. Ils attendaient un combattant, un nouveau Jules Ferry, et finalement ils vous ont vu avancer sur un chemin bien trop rigoureux pour eux… Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Vous m’avez déçu, car si je connais votre athéisme militant, je lui reconnaissais bien volontiers une certaine assise philosophique, et pas certains aspects un raisonnement qui appelait discussion. Sur le principe de la disputatio tel que pratiqué par la scolastique médiévale dans les universités, un temps probablement plus intellectuel que le nôtre. En effet, j’ai trouvé votre dernier ouvrage « Théorie de Jésus », bien pauvre ! Vous militez pour le camp de la cause mythiste contre toute évidence, grand bien vous fasse. Mais au moins, tâchez de le faire sur des bases solides et opposables. Là, vous extrapolez, vous faites preuve de mauvaise foi, et surtout vous usez de votre intelligence pour tordre des concepts afin d’amener le lecteur là où vous le souhaitez. Est-ce bien de votre niveau ?

Ma lettre n’a pas pour but de vous faire changer d’avis, d’une part je n’en ai cure, et d’autre part s’Il vous en juge digne, celui que vous cherchez vous fera signe quand Il le jugera opportun… Je n’irai donc pas argumenter point à point votre pensée, c’est inutile. Nonobstant cette position, je souhaite tout de même, afin de mettre en lumière une malhonnêteté intellectuelle en la matière, parler du début de votre premier chapitre, où vous comparez Jésus de Nazareth, au père Noël. Voilà donc comment vous ouvrez le feu, par un argumentaire digne d’un collégien ! Je suis déçu… Si Saint-Nicolas a bien existé, le père Noël rouge, blanc, et débonnaire, est une invention marketing d’un géant agroalimentaire dans les années 1950. Vous ne pouvez l’ignorer, tout comme vous ne pouvez nier l’existence de l’évêque Nicolas né au début du troisième siècle. Quoique visiblement, cela vous est possible. Bref, parler d’un personnage de fiction comme biais de comparaison avec le Jésus historique est pour le moins incongru, et relève du sophisme. Je suis déçu de cette introduction qui en fait résume assez bien l’ensemble de votre ouvrage. Car par la suite, vous nous emmenez sur le chemin du « codage », dit autrement, vous faites du récit de la vie du Christ une métaphore. Une gigantesque métaphore où rien n’est vrai, mais tout n’est que message… Et sur quoi fondez-vous ces assertions ? Sur votre ressenti, votre imagination. Dès lors une dichotomie se fait jour : la vie monastique vous attire, mais vous croyez en Jésus comme idée. Ainsi, comme vous l’écrivez, Lucrèce remplacera Jésus. A défaut d’épouser la théologie, la philosophie deviendra votre maîtresse. Mais, ces deux femmes ne sont-elles pas les deux faces d’une même pièce ?

Quand mes contemporains me demandent des preuves de l’existence de Dieu (donc de Jésus), bien que prétendant disposer d’un peu de savoir apologétique, je sais que cette question relève d’un appel à l’aide dans une quête spirituelle. Aussi, je me contente de demander alors à mon interlocuteur de me prouver qu’Il n’existe pas. Aussi, cher monsieur Onfray, j’attends, nous attendons, de votre part, de votre intelligence, des sources factuelles et opposables à la non-existence du personnage historique Jésus. En l’état, je suis déçu de votre argumentaire, il ne peut que convaincre les athées. En toute modestie, et en qualité de lecteur, je vous demande de bien vouloir remettre votre ouvrage sur la table !

Croyants et non-croyants, nous sommes tous en quête. En quête du Royaume pour les premiers, et de la vérité pour les seconds. Mais, nier l’existence d’un fait n’a jamais permis d’apporter une réponse à cette quête. Dieu vous a manifestement déçu, aussi, il vous semble plus simple de le comparer au père Noël, car on ne peut être déçu par ce qui n’existe pas. Ainsi rassuré, ce dossier pourra être soigneusement rangé dans le tiroir des mythes, en compagnie de Zeus, Râ et Enki. Jusqu’à ce que, dans un moment de doute, vous ne le ressortiez, afin d’écrire un nième livre sur la non-existence de Jésus. N’est-il pas étrange que vous vous intéressiez ainsi autant à un être qui selon vous n’a pas de réalité ? Qui doit être convaincu, vous, ou votre public ?

Croyez bien que ma charité toute chrétienne vous accompagne dans votre quête, je vous porte régulièrement dans mes prières.

Bien à vous.

Jacques Laurentie

Ouvrages parus:

Un autre son de cloche
Face aux miracles
Climat de peur

L’année commence bien sur le front de la lutte contre la pornographie

Selon l’ECLJ :

Vous le savez, l’ECLJ s’est engagé dans la lutte contre le fléau de la pornographie. À ce titre, nous avons milité pour que la Commission européenne soumette les grands sites pornographiques au contrôle renforcé prévu par le Règlement européen sur les services numériques. C’est maintenant chose faite concernant trois grandes plateformes pornographiques ! L’ECLJ s’en réjouit et s’en félicite, mais va militer pour étendre ce contrôle renforcé à d’autres de ces sites.

Adopté en octobre 2022, ce Règlement sur les services numériques a pour objectif de « garantir un environnement en ligne sûr et responsable » et de « mettre en pratique le principe selon lequel ce qui est illégal hors ligne est illégal en ligne ». Il prévoit que les sites internet ayant au moins 45 millions d’utilisateurs par mois dans l’Union européenne puissent être soumis à des obligations et un contrôle renforcés. La liste de ces « très grandes plateformes en ligne » est dressée et mise à jour régulièrement par la Commission européenne. La première liste, publiée le 25 avril 2023, comptait des sites tels que Amazon, Facebook, Google ou YouTube.

C’est dans le cadre d’une première mise à jour que la Commission vient d’ajouter trois plateformes pornographiques majeures à cette liste.

D’une manière générale, ce Règlement doit permettre de faire retirer massivement et rapidement des contenus illicites, en particulier lorsque ces derniers sont signalés par des « signaleurs de confiance ». Il fait aussi obligation aux sites de désigner un représentant légal dans l’Union européenne, ce qui devrait permettre d’engager plus facilement la responsabilité d’acteurs malfaisants qui se cachent actuellement derrière des structures opaques.

Le Règlement oblige en outre les « très grandes plateformes en ligne » à, entre autres, évaluer chaque année les risques systémiques causés par leurs activités. Parmi ces risques figurent « la diffusion de contenus illicites », « tout effet négatif réel ou prévisible pour l’exercice des droits fondamentaux […] relatifs aux droits de l’enfant », ou encore « tout effet négatif réel ou prévisible lié aux violences sexistes et à la protection de la santé publique et des mineurs et les conséquences négatives graves sur le bien-être physique et mental des personnes ». Le Règlement fait aussi obligation aux sites d’adopter en conséquence des « mesures d’atténuation raisonnables, proportionnées et efficaces, adaptées aux risques systémiques spécifiques ». Cela peut inclure notamment « j) l’adoption de mesures ciblées visant à protéger les droits de l’enfant, y compris la vérification de l’âge et des outils de contrôle parental […] ». En cas d’infraction au Règlement, les sanctions et obligations ne sont pas négligeables.

Ainsi, alors que l’accès des mineurs à la pornographie est interdit dans le monde réel, l’application de ce Règlement aux sites pornographiques devrait permettre de protéger davantage les enfants contre l’exposition aux contenus de cette nature sur internet. De plus en plus d’enfants en sont actuellement victimes, de manière de plus en plus précoce et au prix de graves conséquences psychiques et comportementales.

L’inscription de trois grandes plateformes pornographiques parmi les sites soumis aux obligations renforcées prévues par cette règlementation européenne est une première victoire.

Puisse l’année 2024 qui commence en compter de nombreuses autres !

Fiducia supplicans : les évêques de l’Ouest plaident pour une bénédiction individuelle

Dans une note en 4 points, les évêques de l’Ouest (Rennes,Vannes, Angers, Quimper, Luçon, Saint-Brieuc, Nantes, Le Mans, Laval) écrivent notamment :

Dans notre société où le mariage a été banalisé en devenant une notion de droit civil qui ignore la spécificité fondatrice de la différence sexuelle, nous avons la mission d’affirmer de façon prophétique, « avec douceur et respect » (1 P 3,16), la grande beauté du dessein de Dieu qui créa l’être humain, homme et femme, et que le Christ a rappelé. Dans ce contexte, il est donc juste, comme le souligne la Déclaration, de ne pas contribuer à créer de la « confusion » (n. 4, 5, 30, 31, 39) ou du « scandale » (n. 30, 39). C’est pourquoi, il est opportun de bénir de façon spontanée, individuellement, chacune des deux personnes formant un couple, quelle que soit leur orientation sexuelle, qui demandent la bénédiction de Dieu avec humilité et dans le désir de se conformer de plus en plus à sa sainte volonté.

Les papes et la France : 2ème tentative de reconstitution de l’Empire romain d’occident

Voici le cinquième épisode de la saga du Père Viot sur la papes et la France. Le Xième siècle est ici balayé, avec la constitution du Saint Empire romain Germanique en pleine réforme grégorienne. On y rappelle les relations souvent houleuses entre les différents empereurs et les papes dans la querelle des investitures.

Les différentes étapes de la vie monastique

Peut-être avez-vous déjà remarqué que certaines soeurs contemplatives sont habillées en civil, d’autres avec un voile blanc et d’autres encore avec un voile noir… Comme vous vous en doutez, cela symbolise leur parcours dans la vie monastique : la tenue change à chaque étape de la vie religieuse ! Loin de parler dress-code, dans cet article, Divine Box vous redonne les grandes lignes des étapes de la vie monastique. Que celui qui a des oreilles, qu’il entende !

Les différentes étapes de la vie religieuse : de postulante à professe solennelle © Matthieu Devred, pour l’abbaye de Boulaur

La première étape : aspirant [plusieurs mois]

Pour répondre à un appel à la vie monastique, un candidat est d’abord “aspirant”. Pour découvrir la réalité de la vie religieuse et discerner sa vocation, la personne peut alors faire une ou plusieurs retraites dans le monastère.

Ensuite, la logique appelle à faire des “stages” au sein de la communauté, en général d’un mois. Véritablement au sein de la communauté, la personne vit donc un premier temps d’observation un poil plus concret, guidée par la maîtresse des novices !

D’aspirant à postulant [1 an]

Après un ou plusieurs stage(s), si l’aspirante (ou regardante) s’en sent appelée, elle peut solliciter son entrée dans la communauté en tant que postulante ! La durée est libre, mais grosso modo, comptez un an.

Pour préparer un potentiel engagement total, on quitte alors son travail, ses occupations et ses proches. Sur place, la postulante porte généralement un signe distinctif qui montre qu’elle chemine : un voile bleu chez certaines bénédictines, une jupe longue bleu marine chez certaines cisterciennes etc…

Ici au postulat, la formation monastique commence, c’est du sérieux ! Cela peut être sur la règle de saint Benoît, sur l’organisation de la communauté, sur la Bible etc… Avec l’accompagnement bienveillant de la maîtresse des novices, qui aide à la formation et au discernement !

Une postulante à l’abbaye d’Échourgnac © Abbaye d’Échourgnac

Le noviciat : apprendre à vivre comme un chercheur de Dieu [2 ans]

Après le temps du postulat, on peut rentrer au noviciat ! Cette étape est marquée par l’émouvante cérémonie de “vêture”, où la future moniale reçoit l’habit de la communauté, de la main de la mère abbesse. Cet habit est provisoire : par exemple, chez les cisterciennes, la novice aura un voile blanc (et non pas noir) et un scapulaire blanc (et non pas noir).

Habituellement, cette étape est aussi marquée par le choix du prénom (qui peut varier du prénom de baptême, mais ce n’est pas obligatoire), et l’ajout du préfixe « soeur ».

Ensuite, pendant environ deux ans (durée du noviciat canonique), la novice chemine vers ses voeux temporaires. Pour cela, s’intensifient la formation spirituelle, la vie de prière et de travail, et la vie communautaire !

Cérémonie de prise d’habit où une novice revêt un voile blanc © Monastère de Thiais

Le profès temporaire : une première promesse [3 à 6 ans]

Dans la vie monastique, un « novice » devient « profès temporaire » dès qu’il a prononcé ses vœux temporaires. Il s’engage alors à vivre pleinement dans la communauté pour une durée de trois à six ans.

Habituellement les vœux religieux sont : pauvreté, chasteté, et obéissance à son supérieur. Il y a de nombreux cas particulier selon les congrégations, mais pour ceux qui suivent la règle de saint Benoît (bénédictins, cisterciens et trappistes), la formulation est la suivante :

  • voeu de conversion des mœurs, qui incluent les vœux de pauvreté et de chasteté
  • voeu d’obéissance à son supérieur
  • voeu de stabilité dans le même monastère

A cette étape, la professe temporaire est aussi plus investie dans la vie du monastère avec certaines responsabilités comme travailler à la cuisine ou dans un atelier. Certains signes distinctifs marquent cette étape : chez certaines cisterciennes par exemple, la professe reçoit  la ceinture de cuir et le scapulaire noir !

Cérémonie de profès temporaire chez les Soeurs Apostoliques de Saint Jean © Soeurs Apostoliques de Saint Jean

Le profès solennel : la consécration de sa vie à Dieu [9+ ans dans la communauté]

Après la profession temporaire, place à la profession solennelle : le frère ou la sœur renouvelle alors ses vœux monastiques pour toute sa vie ! Cette cérémonie est évidemment fêtée en grande pompe avec les amis, la famille et souvent même un prélat (évêque ou père abbé).

La professe solennelle reçoit enfin l’habit de la communauté au complet. Chez les cisterciennes par exemple, la soeur reçoit alors le voile noir (sur la tête), ainsi que la coule, ce grand vêtement liturgique ample.

Par la même occasion, elle reçoit une charge fixe comme par exemple sœur portière, qui pourra évoluer avec le temps. Et, faisant désormais partie intégrante de la communauté, elle aura voix au chapitre !

Profession solennelle de soeur M.-T., abbaye dominicaine du New Jersey © Slate Fr

Conclusion

Et voilà, vous savez désormais quelles sont les étapes pour devenir un moine ou une moniale, si vous en ressentez l’appel ! Pour en savoir plus, et maîtriser toutes les nuances, cliquez ici pour tout savoir sur les étapes de la vie monastique.

Et si vous voulez commencer par découvrir les abbayes grâce au fruit de leur travail, faites un tour du côté de Divine Box, le spécialiste des produits monastiques et des bières trappistes !

Il est rare dans l’histoire de l’Église qu’un texte approuvé par l’autorité suprême suscite une telle opposition

De Jean-Pierre Maugendre sur Renaissance catholique :

Comme l’ont observé nos amis de l’Entente catholique de Bretagne il faut convenir que les humoristes de la curie romaine manient l’ironie avec une remarquable dextérité. Quand un texte s’attaque à la Tradition de l’Église ils l’intitulent Traditionis custodes, gardiens de la tradition, quand un autre document érode la confiance que l’on peut avoir en l’Église romaine et dans le magistère pontifical ils l’intitulent Fiducia, la confiance.

De multiples protestations

Ainsi donc le 18 décembre 2023 le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a publié, sous la signature du cardinal Victor Manuel Fernandez, une déclaration, Fiducia supplicans, approuvée par le pape François. Ce document prévoit essentiellement que les couples homosexuels ou en situation irrégulière puissent bénéficier, dans certaines circonstances, d’une bénédiction « non ritualisée et spontanée ». Ce texte a déclenché de très nombreuses protestations de cardinaux, d’évêques, de conférences épiscopales. Citons le cardinal Müller, ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi et à ce titre prédécesseur de Mgr Fernandez, qualifiant ce texte de « blasphème », NNSS Peta et Schneider de l’archidiocèse d’Astana au Kazakhstan affirmant, quant à eux, que « le pape François (…) ne marche pas droit selon la vérité de l’Évangile », de nombreuses conférences épiscopales en Afrique (Côte d’Ivoire, Cameroun, Zambie, Kenya, Malawi, etc.) et en Europe de l’Est (Pologne, Hongrie, Ukraine) notifiant qu’elles n’appliqueraient pas ce texte. En France la seule réaction connue à ce jour est celle de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar, Oloron qui, dans un communiqué, a précisé qu’il interdisait les bénédictions de couples mais autorisait les bénédictions personnelles des personnes concernées. Il est rare dans l’histoire de l’Église qu’un texte approuvé par l’autorité suprême suscite une telle opposition. Le seul précédent est sans doute la bronca provoquée par la publication de l’encyclique Humanae Vitae (25 juillet 1968) de Paul VI sur la régulation des naissances. Le pape fut d’ailleurs à ce point traumatisé qu’après avoir publié sept encycliques en quatre années (1964-1968) il n’en publia plus une seule durant les dix années suivantes de son pontificat jusqu’à sa mort en 1978. Le pape François aura-t-il cette sagesse ? Rien n’est moins sûr car il apparaît que les qualités d’habile « politique » que chacun s’accordait à lui reconnaître ont été là totalement prises en défaut. L’ampleur et la vigueur des protestations sont très importantes en particulier dans l’épiscopat africain. Or l’Afrique est le continent qui porte la croissance numérique du nombre de catholiques dans le monde. On peut penser que lors du prochain conclave les papabili qui se recommanderont du pape François ou apparaîtront dans sa filiation intellectuelle et spirituelle partiront avec le handicap d’avoir contre eux les 19 cardinaux africains sur 132 électeurs. Ironie de l’histoire, le pape des « périphéries » risque de voir son héritage mis à mal par les représentants des « périphéries » en question.

Des objections de fond

Sur le fond, les objections à ce texte sont nombreuses et de nature diverse.

Notons tout d’abord que toute « nouveauté » dans l’Église doit, par nature, être accueillie avec une extrême circonspection. Il s’agit de l’Église du Christ et non celle de Pierre, Paul ou Jacques. La révélation se clôt à la mort du dernier apôtre et on a peine à croire que pendant 2 000 ans l’Église aurait méconnu des pratiques pastorales particulièrement fécondes et porteuses de grâces.

Ensuite, mettre sur le même plan des unions certes irrégulières mais conformes à la nature et des unions contre-nature est une incongruité doctrinale et pastorale.

Bénir des couples et non des personnes sans prétendre pourtant donner aucune légitimité à ces couples, c’est nous prendre pour des zozos. Cela rappelle les subtilités de la réunion d’Assise : ne pas confondre prier ensemble et être ensemble pour prier !

Quelle est la crédibilité d’une institution qui déclarait le 15 mars 2021, il y a un peu moins de trois ans, par la voix du cardinal Ladaria, prédécesseur du cardinal Fernandez : « Il n’est pas licite de donner une bénédiction aux unions de personnes du même sexe », et qui professe aujourd’hui la position contraire ?

Enfin on peut s’interroger sur la nature du message envoyé aux personnes qui s’efforcent de vivre leurs tendances homosexuelles dans la chasteté ou de rester intégralement fidèles à leur unique conjoint dans le respect des saintes lois du mariage.

Quant aux personnes bénéficiant de cette bénédiction n’est-ce pas une tromperie d’une rare gravité que de ne pas les inciter, par cette bénédiction même, à sortir d’une situation qui objectivement met en péril leur salut éternel ? N’est-ce pas, d’ailleurs, l’acte le plus grave contre la charité que de ne pas rappeler au pécheur qu’il met ainsi, par sa pertinacité dans le péché, son âme en danger de mort éternelle ?

Juger l’arbre à ses fruits

Comme toujours, conformément aux paroles de l’Écriture, il convient de juger l’arbre à ses fruits. Le pape François a fait le choix de négliger, voire mépriser ceux que Joseph Malègue qualifiait de « classes moyennes du salut ». C’est-à-dire les chrétiens médiocres que nous sommes qui s’efforcent, bon an mal an, de respecter les commandements de Dieu et de l’Église, tombent mais se relèvent sans prétendre au statut iconique de pécheurs publics portés par les courants dominants des valeurs du monde. Qui niera d’ailleurs qu’à l’heure du triomphe du polyamour et à celle de l’omnipotence du lobby LGBT ce texte pontifical semble bien en phase avec les valeurs fondatrices de la société moderne ? Les médias partisans de ce que Jean-Paul II appelait la culture de mort s’en sont d’ailleurs réjouis. Dis-moi qui te loue, je te dirai qui tu es ! Après dix années de pontificat il semble d’autre part légitime de s’interroger sur les résultats concrets de cette nouvelle orientation pastorale. Les fruits n’en apparaissent pas évidents.

Enfin nous livrerons au Saint-Père cette réflexion un peu désabusée de l’historien Alain Besançon, ancien membre du Parti Communiste français et revenu au catholicisme, décédé le 8 juillet dernier : « Il a pu paraître beau et même sublime de se proclamer « évêque des autres ». « Evêque des siens » pour être moins sublime et plus humble, est un éloge qui vaut la peine d’être recherché ».

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