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À Garbic, le toit d’une église vient de s’effondrer, laissant l’édifice totalement éventré

Depuis trois ans dans le Gers, les signalements sur des bâtiments en péril se multiplient. Et ce qui était prévisible est arrivé à Garbic où le toit de l’église bicentenaire a fini par s’effondrer il y a quelques jours.

Maryelle Vidal, maire de Monferran-Savès-Garbic, souligne :

“Les poutres se sont gorgées d’eau, le toit, on savait très bien qu’il fallait le refaire… Mais malheureusement, pas de fonds”.

La commune doit trouver 200.000 euros pour réparer les dégâts. Une dépense de trop alors qu’elle a déjà une deuxième église à sa charge en centre-ville, sans compter les autres bâtiments communaux.

“On a déjà mis de l’argent en 2023 pour refaire le monument aux morts. On est une commune de 853 habitants. Donc, c’est très compliqué. On est impuissants. Quand on n’a pas les fonds, on est impuissants pour faire quelque chose”.

A 25 kilomètres de là, à Saramon, c’est une tour de l’église qui s’est effondrée en mars. Sans les aides des collectivités et de la Fondation du patrimoine, les travaux n’auraient pas pu commencer.

« Enracinement national et universalisme chrétien ne sont pas incompatibles »

Selon Laurent Dandrieu, auteur de Rome ou Babel, récemment primé par l’Académie des Sciences morales et politiques, l’Eglise catholique promeut aujourd’hui un soutien inconditionnel à l’immigration et dédaigne le souci des peuples de conserver leur identité. Fustigé par certain car consideré comme contraire à l’universalisme catholique, le « Christianisme identitaire » a pourtant toute sa légitimité selon Laurent Dandrieu, qui préfère utiliser le terme de « christianisme enraciné ». Opposer ces deux notions rentrerait en contradiction avec l’essence même du christianisme, religion de l’incarnation. Entretien sur RCF :

Un catholicisme fier, conquérant, décomplexé et traditionnel

Prêtre, professeur, docteur en philosophie, l’abbé Matthieu Raffray est devenu, depuis quelques années, une figure des réseaux sociaux. Il y porte une parole peu entendue : celle d’un catholicisme fier, conquérant, décomplexé et traditionnel. Dans son ouvrage “Le plus grand des combats”, avec des propos recueillis par Pierre Saint-Servant, l’abbé Raffray considère qu’il est urgent de parler, de dire la vérité au monde, de “gueuler” si nécessaire qu’un immense champ d’apostolat s’ouvre aujourd’hui pour l’Eglise en France ! Les défis des décennies à venir sont immenses pour ceux qui ont choisi d’être des hommes debout. Alors que pointe la tentation du découragement, l’abbé Raffray nous invite, à contre courant, à compter sur le trésor immense de la foi, sur la troupe innombrable des héros et des saints qui ont façonné la Chrétienté.

La Relique du crâne de saint Thomas d’Aquin en Ile-de-France

A l’occasion de l’anniversaire de la Mort de Saint Thomas d’Aquin (1274), Paris accueillera le chef de Saint Thomas d’Aquin pour quelques semaines, jusqu’au 16 mars au Collège des Bernardins.

Saint Thomas d’Aquin, patron des étudiants, docteur commun de l’Eglise, est une des figures les plus essentielles de la pensée et de la sainteté chrétiennes d’hier et pour aujourd’hui.

A l’occasion de ces Trois années jubilaires saint Thomas d’Aquin (2023-2025), naissance (1225), mort (1274) et canonisation (1323), la relique du crâne du religieux italien qui était conservé dans le Musée des Jacobins a été retirée de la boîte scellée dans laquelle elle reposait depuis 1974 et déposée dans un nouveau reliquaire réalisé par l’artiste Augustin Frison-Roche. Conservé depuis 1369 dans le couvent des Jacobins à Toulouse, le crâne circule en France et en Europe et pourra ainsi être vénéré à Paris.

Les fidèles catholiques peuvent bénéficier du don de l’indulgence plénière pour la rémission de la peine des péchés pardonnés. Le Père Olivier de Saint-Martin, supérieur du couvent des Dominicains de Toulouse, qui a la garde du reliquaire pendant ces 3 années, explique :

«  A travers la vénération de cette relique, les fidèles peuvent actualiser quelque chose de la grâce reçue par saint Thomas et vivifier leur recherche de Dieu à travers la figure de saint Thomas. »

Une proposition particulièrement adressée aux jeunes et aux étudiants, notamment de l’IPC, de Saint Jean de Passy (où la promotion des 6ème est placée sous le patronage de St Thomas d’Aquin), mais aussi de tout Paris, à Saint-Etienne du Mont qui accueillera tous les étudiants de classes préparatoires de l’enseignement catholique de Paris le samedi 2 mars.

Les Reliques seront aussi exposées au Collège des Bernardins le samedi 16 mars lors du Colloque « Personne et nature chez St Thomas d’Aquin : Théologie trinitaire, christologie, anthropologie et éthique. »

Calendrier des vénérations en région parisienne en 2024 :

  • dans le diocèse de Versailles du 7 au 14 janvier
  • à Paris : ND de l’Assomption du 17 au 21 janvier
  • Saint Jean de Passy le jeudi 18 janvier
  • Saint Thomas d’Aquin du 22 au 24 janvier
  • Saint Roch du 6 au 9 février
  • Institut de Philosophie Comparée du 13 au 15 février
  • Saint Etienne du Mont le 2 mars
  • Collège des Bernardins le 16 mars.
  • dans le diocèse de Nanterre du 12 au 25 octobre.

Le Premier ministre Gabriel Attal, pro-GPA et pro-euthanasie

À 34 ans, l’ancien conseiller du ministre de la Santé Marisol Touraine (2012-2017), apparatchik strauss-khanien puis macroniste de la première heure, participant à la 69e réunion Bilderberg en 2023, est devenu le plus jeune locataire de Matignon de la cinquième République.

Au Parti socialiste depuis 2006 pour soutenir Ségolène Royal, il gravite ensuite autour de Dominique Strauss-Kahn. Après un stage à l’Assemblée nationale auprès de Marisol Touraine, il entre en 2012 dans le cabinet du ministre de la Santé qu’il ne quittera pas pendant cinq ans. Les 110 000 médecins libéraux conservent un souvenir cuisant du passage de Marisol Touraine avec sa loi éponyme et les projets de généralisation du tiers payant obligatoire.

Gabriel Attal devient député LREM des Hauts-de-Seine en 2017 puis est nommé secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse dans le second gouvernement Édouard Philippe (2018). En juillet 2020, Gabriel Attal est nommé secrétaire d’État auprès du Premier ministre Jean Castex, porte-parole du gouvernement, jusqu’en 2022. Pendant l’ubuesque crise sanitaire il dénonce les opposants aux pseudos vaccins :

« Qui emmerde la vie de qui, aujourd’hui ? Qui gâche la vie de nos soignants qui depuis deux ans sont sous l’eau dans nos services de réanimation pour sauver des patients qui aujourd’hui sont essentiellement non vaccinés ? Ce sont ceux qui s’opposent aux vaccins ! »

LGBT assumé, il a soutenu l’extension de la PMA en juin 2021 et n’est pas opposé aujourd’hui la légalisation de la GPA.

En 2021, porte-parole du gouvernement, il avait tancé Mgr de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, qui défendait le secret de la confession, en affirmant : « Il n’y a rien de plus fort que les lois de la République dans notre pays, ça tient en une phrase et c’est très clair. » Et il avait ajouté que le président de la république a demandé au ministre de l’Intérieur de convoquer Mgr de Moulins-Beaufort pour le sommer de s’expliquer.

Alors porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a claironné, dès le lendemain du premier tour de l’élection présidentielle de 2022, que l’euthanasie serait la grande réforme du futur quinquennat…

Il devient ensuite ministre délégué chargé des Comptes publics en mai 2022, dans le gouvernement Élisabeth Borne. Le 20 juillet 2023, Gabriel Attal est nommé ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

Mgr Matthieu Dupont nommé évêque de Laval

Le 9 janvier, le pape François a nommé Mgr Matthieu Dupont évêque de Laval, à la suite du transfert de Mgr Thierry Scherrer au siège de Perpignan. Il était jusqu’à présent doyen de Mantes-la-Jolie (diocèse de Versailles).

L’ordination épiscopale de Mgr Matthieu Dupont a lieu samedi 9 mars à 15h au sanctuaire de Pontmain. Son installation épiscoaple a lieu le dimanche 10 mars à 11h en la cathédrale de Laval.

Né le 11 décembre 1973 à Versailles, il a été ordonné prêtre le 29 juin 2003 à Versailles. Docteur en pharmacie et titulaire d’une licence canonique en théologie, il a été :

  • 2003 Mission d’études à Rome.
  • 2004 Vicaire des paroisses Saint-Martin et Notre-Dame du Val de Sartrouville
  • 2005 Membre du Service diocésain des vocations, Professeur au séminaire diocésain Pierre de Porcaro
  • 2009 Vicaire du groupement paroissial de Montigny-Voisins et prêtre référent pour l’AEP de Saint-Quentin Est
  • 2011 Membre du conseil du supérieur au séminaire diocésain, Enseignant en théologie morale
  • 2012 Adjoint au délégué de l’évêque pour l’accompagnement des séminaristes
  • 2014 Recteur du Séminaire diocésain, Membre du conseil du supérieur et enseignant à la Maison Saint-Jean-Baptiste
  • 2017 Membre du chapitre cathédrale
  • 2023 Doyen du doyenné de Mantes-la-Jolie, Curé du groupement paroissial de Mantes-la-Jolie

Fin de vie : Emmanuel Macron annonce deux projets de lois distincts

Lors de ses voeux auprès des responsables des cultes, reçus à l’Élysée lundi, Emmanuel Macron a annoncé une loi de programmation décennale sur la culture palliative ainsi qu’un autre texte indépendant portant sur l’aide à mourir. Sans préciser de calendrier.

L’ADMD est en rage :

 

Emmanuel Macron a également annoncé un nouvel échange avec les responsables religieux avant la présentation du second projet de loi sur l’aide à mourir.

En 2022, Pierre Moscovici touchait 26 300 € par mois

Un député avait été coupé pour avoir osé le rappeler :

 

Pierre Moscovici, avant d’être premier président de la Cour des comptes, a été socialiste et commissaire européen. Ce petit marquis de la République méprisante envers le peuple a décalé la publication du rapport de la Cour des Comptes sur le coût de l’immigration, afin d’éviter de fournir des billes à la droite lors de l’examen du projet de loi de Gérald Darmanin. Et cela ne l’empêche pas de continuer à cracher à la face des Français :

Joyeux Noël interdit : les consignes de la RATP à son personnel

Guerres de Vendée : « Le maire du Mans ouvre la possibilité d’une réconciliation »

En 2009, des travaux rue des Jacobins au Mans mettaient au jour les ossements de 154 cadavres. Ce n’étaient qu’une infime partie des quelques 2500 hommes, femmes et enfants vendéens, engagés dans la funeste virée de Galerne, massacrés dans les rues du Mans. Le 8 décembre, 230 ans presque jour pour jour après le massacre, une journée d’étude s’est tenue au Mans, réunissant les meilleurs spécialistes des guerres de Vendée. Une journée durant laquelle le maire du Mans Stéphane le Foll a annoncé que ces restes humains pourraient être inhumés là où ils ont été découverts. Une décision « la plus adaptée » selon l’historien Alain Gérard mais aussi « historique » tant le sujet était délicat durant la mandature de l’ancien maire Jean-Claude Boulard.

Alain Gérard a été interrogé sur RCF :

La République tchèque ne veut pas de l’euro

Les responsables politiques tchèques qui débattent de l’adoption de l’euro devraient garder à l’esprit que la situation économique des pays de la zone euro n’est pas très bonne, indique un rapport publié par la Banque nationale tchèque (ČNB). Le rapport souligne qu’aucun progrès n’a été réalisé dans l’approfondissement de l’union économique et monétaire et que l’architecture de la zone euro reste imparfaite. La ČNB prévient également que l’évolution future de l’union monétaire est imprévisible.

« La situation budgétaire de la plupart des pays de la zone euro reste peu glorieuse, les déficits budgétaires dus à la crise du coronavirus ne se résorbant que lentement et les niveaux d’endettement de certains pays atteignant les limites de la viabilité ».

« Il est donc très difficile de déterminer le moment approprié pour l’entrée éventuelle de la République tchèque dans la zone euro et l’impact d’une telle décision sur la République tchèque ».

Le porte-parole du ministère tchèque des Finances a précisé :

« D’une manière générale, les priorités de ce gouvernement comprennent avant tout le redressement des finances publiques, et ce n’est qu’ensuite que le débat sur le calendrier de l’adoption de l’euro pourra commencer ».

Andrej Babiš, chef du parti ANO, qui recueille actuellement 30 % du soutien des électeurs tchèques, a déclaré de son côté :

« Je ne veux pas de l’euro. Le mouvement ANO ne veut pas de l’euro. Il s’agissait à l’origine d’un projet économique qui est devenu politique. Je ne veux pas avoir à garantir les prêts élevés des pays de la zone euro ». « Nous n’avons pas besoin de l’euro ».

Modéré ou radical ?

Adel Sidi Yakoub est suivi par près d’un million de personne sur Tiktok. Il y fait la promotion de l’islam et en particulier des règles qu’il faut respecter pour être “Un bon musulman”. Dans sa dernière vidéo, il explique les interdictions auxquelles sa femme va être soumise :

  • Règle n°1 : Interdiction d’avoir des amis garçons.
  • Règle n°2 :“Interdiction de travailler dans un travail où il y a des hommes” : le jeune homme explique qu’il ne veut “que des femmes” autour de sa femme, et que dans un monde idéal, le travail est fait “à la maison”.
  • Règle n°3 : “Interdiction de partir en voyage sans moi” : pour Adel, les voyages de sa femme avec ses potes “elle oublie”, mais elle aura en cas de force majeure le droit de voyager “avec des hommes de sa famille, c’est tout”.
  • Règle n°4 : “Interdiction de s’habiller avec des habits moulants”, parce que pour Adel “le corps de ma femme il est à moi”.
  • Règle n°5 : “Interdiction de s’exposer sur les réseaux sociaux” : Oui, Adel est influenceur, il gagne sa vie grâce à sa visibilité sur les réseaux sociaux (TikTok, Snapchat), mais quand il s’agit de sa femme : “elle, c’est interdit”.

Une longue liste d’interdictions très contraignantes qui devrait compliquer les recherches de Adel, qui ne semble pas inquiet pour autant. Il trouve d’ailleurs que ses règles sont “très raisonnables”

On attend que les féministes ruent dans les brancards…

Et sinon, pour vous amuser, il y a d’autres débats théologiques importants :

 

Eviter l’appel à la prière musulmane dans nos églises

Suite à l’appel à la prière musulmane dans l’église de la Trinité à Paris, découvert trop tard par le curé, un internaute signale que d’autres manifestations du même genre sont prévues dans d’autres églises :

  • le 21 janvier dans l’église St-Michel – Frœschwiller (67)
  • le 2 février dans la Basilique Saint-Bonaventure de Lyon (69)
  • le 25 mais dans l’église Notre Dame d’Espérance à Saint-Nazaire (44)
  • le 8 juin en l’église Sainte-Madeleine à Nantes (44)

Près de 1000 agressions par jour en moyenne

La rance est toujours orange mécanique… Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), rattaché au ministre de l’Intérieur, esquisse les contours de la violence dans sa « note de conjecture » de janvier 2024. Quasiment tous les indicateurs des violences sont en hausse :

  • les coups et blessures volontaires atteignent le record de 362 000 faits en 2023.
  • Près de 1000 agressions par jour en moyenne.

Il s’agit uniquement des actes signalés aux autorités de police et transmis à la justice, sachant que toutes les victimes ne portent pas plainte.

Depuis 2017, la progression des coups et blessures volontaires a atteint 63 %, de 222 000 par an, contre 362 000 aujourd’hui.

Les violences sexuelles grimpent de 7 % pour dépasser les 87 000 faits signalés, soit une moyenne de 240 faits par jour.

  • Les vols avec armes (armes à feu, armes blanches ou par destination) stagnent autour de 6 500 affaires par an.
  • Les vols violents sans arme diminuent de 9 %, avec 52 000 faits recensés, soit un peu plus de 140 faits par jour.
  • Les vols sans violence poursuivent leur baisse tendancielle, avec environ 632 000 infractions recensées en 2023, soit une baisse de 3 %.
  • On compte un millier d’homicides par an, en incluant les coups et blessures volontaires suivis de mort. Selon le criminologue Alain Bauer, les homicides sont passés de 803 en 2014 (avant les attentats de 2015 et 2016) à 1 033 aujourd’hui, soit une hausse de 28 %.

L’étrange livre du cardinal Fernandez

En 1998, Victor Manuel Fernandez, aujourd’hui préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi et auteur d’une note autorisant les bénédictions des “couples” irréguliers ou homosexuels, a publié un ouvrage actuellement introuvable : La Passion mystique, spiritualité de la sensualité. Tout un programme.

On connaissait déjà ses poèmes érotiques sur le baiser. Dans la première partie du livre, Víctor Manuel Fernández parle des expériences intimes ou sensuelles des saints et des mystiques. Mais les chapitres 7, 8 et 9 de cet ouvrage sont à la limite de la pornographie. Ils sont accessibles ici (19 pages pdf) en espagnol. Pour ceux qui voudraient aller plus loin, je dispose aussi du livre en intégralité ([email protected]). Merci à l’hispanophone qui m’en propose une traduction, publiée ci-dessous. Le texte est cru. Ces exaltations pseudo-spirituelles sont souvent le prétexte à toutes les élucubrations cléricales permettant des doubles vies… A l’heure de la dénonciation des abus sexuels en tout genre, on se demande comment ce prélat a pu devenir cardinal et préfet de l’ex-Saint-Office :

Chapitre 7. Orgasme masculin et féminin

On se demande maintenant si cette expérience mystique, où l’être tout entier est emporté par Dieu, si cette sorte d’« orgasme mystique », est vécue par chacun selon sa sexualité. Autrement dit, si l’homme le vit en tant qu’homme et la femme de manière féminine. Pour cela, regardons d’abord comment les hommes et les femmes vivent l’orgasme, et quelle est la différence entre un orgasme masculin et un orgasme féminin.

Normalement, les femmes, plus que les hommes, considèrent le sexe sans amour comme très insatisfaisant et ont besoin de conditions adéquates pour se sentir sexuellement excitées. Elle est moins attirée que les hommes par le visionnage de photos comportant des scènes sexuelles violentes, des images d’orgies, etc.

Mais cela ne veut pas dire qu’elle se sent moins excitée par la pornographie hardcore, mais plutôt qu’elle l’apprécie et la valorise moins et, dans certains cas, cela suscite la peur.

Elle aime davantage les caresses et les baisers, et a besoin que l’homme joue un peu avant de la pénétrer. Mais lui, en somme, s’intéresse plus au vagin qu’au clitoris.

Aux moments d’orgasme, il émet généralement des grognements agressifs ; elle, un babillage enfantin ou des soupirs.

N’oublions pas que les femmes possèdent un riche plexus veineux autour du vagin, qui maintient une bonne circulation sanguine après l’orgasme. C’est pourquoi elle est généralement insatiable. Elle a besoin de soulager la congestion pelvienne, et en attendant que cela se produise, après l’orgasme, elle peut avoir envie de plus. Les femmes ont besoin de plus de temps, de plus de dévouement ; elle a besoin que l’homme lui donne quelque chose en plus une fois qu’il a atteint sa propre satisfaction. Mais il se sent bien libéré normalement lors de l’éjaculation et il est satisfait et épuisé. Il termine et passe à une autre chose, comme s’il se serait vidé à l’intérieur. Après l’éjaculation, il veut se reposer ou cherche de la tranquillité ailleurs. Elle, en revanche, reste comme coincée, dans un mélange de repos et de joie qui a besoin de la compagnie attentive de l’être aimé. Lorsque l’homme atteint le climax, son intérêt pour elle chute brusquement, il est épuisé, alors qu’elle a plus que jamais besoin de lui. Avant l’éjaculation, il fait un grand effort, et dans le processus vers l’orgasme, il est de plus en plus maître de la situation, jusqu’à ce qu’il arrive un moment où elle cède complètement, cesse d’être maître d’elle même et perd conscience de sa liberté. C’est pourquoi les femmes, au fond, ont peur de la possession totale et n’acceptent pas toujours facilement cet abandon. Elle a un sombre respect pour le pouvoir masculin et est perturbée par la pornographie violente.

L’homme, qui produit constamment du sperme, est capable de profiter d’une pluralité de femmes, tandis que la femme, qui émet peu d’ovules et seulement pendant une certaine période, valorise davantage l’intimité sécurisée. Elle met tout dans chaque enfant qui est en gestation dans son corps ; alors qu’il peut féconder des centaines d’utérus supplémentaires.

Mais n’oublions pas que sur le plan hormonal et psychologique, il n’existe pas de pur mâle ni de pure femelle.

Demandons-nous maintenant si ces particularités des hommes et des femmes pendant l’orgasme se retrouvent également d’une manière ou d’une autre dans la relation mystique avec Dieu.

On pourrait dire que les femmes, parce qu’elles sont plus réceptives, sont aussi plus disposées à se laisser prendre par Dieu, elles sont plus ouvertes à l’expérience religieuse. C’est peut-être la raison pour laquelle les femmes prédominent dans les temples.

Mais dit ainsi, nous affirmerions que l’expérience mystique est typiquement féminine et serait interdite aux caractères nettement masculins. Et précisément cette question nous oblige à repenser ce que nous appelons masculin, et si nous devons réellement identifier le masculin avec la tendance active qui cherche à posséder la femme. Ne connaît-on pas des situations dans lesquelles une femme extrêmement féminine est capable de posséder et de dominer complètement un homme ? Le pape Jean-Paul II, dans son document sur la dignité de la femme, constate une sorte de « supériorité » des femmes en raison de leur capacité à contenir et à soutenir les hommes :

La force morale de la femme, sa force spirituelle, rejoint la conscience du fait que Dieu lui confie l’homme d’une manière spécifique… La femme est forte par la conscience de ce qui lui est confié… Cette conscience et cette vocation fondamentale disent à la femme la dignité qu’elle reçoit de Dieu lui-même, et cela la rend «forte»… devient un soutien irremplaçable et une source de force spirituelle pour les autres qui se rendent compte de l’énergie considérable de son esprit (Mulieris Dignitatem, 30, df).

Jean Boudrillard [sic. Baudrillard, NDMJ] soutenait que l’homme a créé ses institutions et son pouvoir pour contrecarrer les pouvoirs originels supérieurs de la femme, notamment sa fécondité, sa force d’intuition et de séduction et sa persévérance. Donc ça n’a pas l’air sérieux d’affirmer que l’homme est celui qui domine, celui qui tient les rênes.

Mais disons que Dieu a une puissance infinie et une créativité surnaturelle, de sorte qu’il est capable de s’adapter à la psychologie de chaque être humain en particulier et de donner à chacun une expérience  d’amour, une rencontre avec Lui qui l’emmène complètement, corps et âme, sans faire violence aux inclinations propres de leur psychologie féminine ou masculine. Mais une attitude de réceptivité sera toujours nécessaire. En fait, dans tout véritable amour humain, les deux parties, chacune à sa manière, doivent être réceptives. Si l’homme n’est pas réceptif et veut seulement être actif et dominant, il ne peut pas expérimenter pleinement la richesse de l’amour. Dieu utilise donc cet aspect réceptif, qui ne manque pas à l’homme, pour lui faire vivre l’expérience de son amour. En fait, tout homme a fait l’expérience d’être réceptif et dépendant d’une autre personne, lorsqu’il restait serein dans les bras de sa mère. D’un autre côté, il peut aussi arriver qu’une femme, par peur, renie son attitude réceptive et résiste à l’amour divin. C’est pourquoi, répétons-le, quiconque souhaite vivre une expérience pleinement heureuse de l’amour divin doit demander à Dieu la grâce de se laisser aimer. En effet, Carlo Carretto, un homme aux caractéristiques nettement masculines, nous raconte que lors de sa rencontre la plus merveilleuse avec Dieu, il s’est senti comme une petite fille confiante, et cela ne l’a pas dérangé, il ne l’a pas vécu comme une expérience  contraire à ses inclinations les plus profondes, mais plutôt comme quelque chose douce et merveilleuse :

A vingt-trois ans, lorsque Dieu a fait irruption en moi avec son Esprit, ma relation avec lui a complètement changé ma vie… Dieu est intervenu en amoureux. Au début, cela semblait être quelque chose de si beau et de si chaleureux que je le considérais comme une présomption sentimentale… J’avais peur de devenir la proie d’un romantisme bon marché… Mais ce n’était pas comme ça. L’intimité qu’il m’a donnée était si vraie, si forte, qu’elle a laissé des traces, et il les a laissées là où le doute n’était pas possible… Je n’oublierai jamais l’émergence de son Esprit en moi. C’était vraiment l’émergence d’un amant fou, qui me demandait de lui rendre la pareille de toute ma folie… Puis j’ai compris par expérience que chacun de nous, même s’il est masculin, est appelé féminin par Dieu. Quand je suis chez lui avec lui, je me blottis à côté de lui comme une petite fille qui attend tout de lui et sans prétention de tout savoir… Toute la spiritualité de l’homme biblique est féminité : réceptivité, disponibilité, attente, désir de petitesse, service, adoration… Pour une raison quelconque, les femmes sont les plus accessibles à la religion (He buscado y he encontrado, Bs. As., 1985, 59-61.70).

Mais disons plus précisément que dans l’expérience mystique, Dieu touche le centre le plus intime de l’amour et du plaisir, un centre où peu importe que nous soyons un homme ou une femme. Et dans ce centre, nous sommes tous réceptifs et vivons une expérience dans laquelle nous ne sommes pas pleinement maîtres de nous-mêmes. C’est pour cette raison que les scientifiques disent souvent que les différences entre les hommes et les femmes se manifestent dans la phase précédant l’orgasme, mais pas tellement dans l’orgasme lui-même, où les différences entre le féminin et  le masculin ne sont plus aussi claires et semblent disparaître.

Nous pouvons donc dire que dans l’expérience mystique, ce que Dieu touche est un centre d’amour dont l’être humain ne peut que dépendre. Parce que l’être humain n’est pas un dieu tout-puissant, mais une créature, et c’est pourquoi la partie la plus intime de sa réalité est la dépendance, c’est « recevoir » l’être, c’est vivre de Dieu même s’il l’ignore, c’est boire de sa source de vie. Et c’est précisément pour cette raison que, dans l’expérience mystique, l’éminemment actif est Dieu, et la créature, qu’elle soit mâle ou femelle, se plaît à dépendre entièrement du Dieu aimant, à « se laisser aimer » par lui avec confiance. C’est précisément la grande étape spirituelle.

Évidemment, il peut y avoir certaines caractéristiques secondaires qui montrent que l’homme le vit d’une manière différente de la femme, mais cela ne change pas l’essence de l’expérience, où tant le les hommes comme les femmes sont fondamentalement réceptifs. Et c’est seulement parce qu’ils acceptent de recevoir de Lui, de dépendre de son élan d’amour, qu’ils peuvent aussi se sentir actifs, qu’ils peuvent sentir qu’ils participent personnellement et de manière créative à cette expérience d’amour. En même temps, ils expérimentent ce contact divin sans se sentir forcés, car la grâce de Dieu a le pouvoir divin de nous faire accepter son initiative d’amour en toute liberté.

Chapitre 8. Le chemin vers l’orgasme

Tout ce que nous avons vu nous montre que Dieu n’est pas l’ennemi de notre bonheur, qu’il ne mutile pas notre capacité d’aimer, car Il est l’amour, l’amour passionné, l’amour qui fait le bien, qui libère, qui guérit.

Mais nous pouvons nous demander si nous sommes tous appelés à une expérience passionnée de Dieu, comme celles qu’ont vécues les mystiques dont nous avons parlé.

Tout d’abord, il faut dire que tout dépend de ce que Dieu veut donner à chacun. Nous ne pouvons jamais exiger que Dieu se donne à nous d’une manière ou d’une autre, car si nous ne pouvons exiger à personne de se conformer à tous nos désirs, si nous ne pouvons forcer personne à nous aimer d’une manière particulière, encore moins à Dieu. D’un autre côté, nous pouvons voir que Dieu a toujours donné son amour de manières très différentes. Certains saints ont commencé à avoir des expériences enivrantes de Dieu peu de temps après leur conversion, ou lors de la conversion elle-même ; d’autres, comme sainte Thérèse d’Avila , ont réalisé ces expériences après de nombreuses années de sécheresse spirituelle. Sainte Thérèse de Jésus, même si elle se sentait tendrement aimée de Dieu, n’a jamais eu d’expériences très « sensuelles » de son amour, et il semble qu’elle n’ait atteint une joie débordante et passionnée qu’au moment de sa mort, lorsque son visage fut transfiguré et qu’elle a dit ses derniers mots : “Je t’aime, oh mon Dieu, je t’aime !”

Mais nous devons aussi dire que si cette expérience amoureuse et passionnée de la présence de Dieu est quelque chose d’épanouissant , quelque chose qui harmonise et apaise merveilleusement notre affection et notre sensualité, alors nous avons tous au moins le droit de la désirer. Si cette expérience passionnée de Dieu libère notre psychologie de tant de sentiments d’insatisfaction, de tant de blessures que nous avons reçues par manque d’amour, alors nous avons le droit d’aspirer à ce que Dieu nous accorde cette expérience libératrice . Si nous savons que notre émotivité blessée et insatisfaite nous conduit souvent à faire du mal aux autres, à ne pas nous consacrer avec joie au service des autres, alors il nous est permis d’être attirés par cette expérience de Dieu qui nous permettrait d’être plus disponible, plus serein, plus généreux, moins soucieux de nous-mêmes.

Mais avec cela tout n’est pas dit non plus. Parce que nous croyons que Dieu prend en compte le chemin que nous essayons de suivre et veut que nous soyons personnellement impliqués dans notre chemin de libération. L’initiative est toujours de sa grâce ; mais une fois qu’il nous l’a donné, il nous prend tellement au sérieux qu’il nous permet d’apporter un peu de nous-mêmes pour que cette grâce atteigne tous les recoins de notre être. Par exemple, si quelqu’un est malade parce qu’il a une rancune dans son cœur, un manque de pardon envers son père, alors il semble que le simple fait de demander pardon à Dieu et de recevoir sa grâce ne suffit pas à le libérer de ces blessures qui ils le conditionnent. Ce qu’on appelle « coopération » avec la grâce reçue, une prière « adéquate », est également requise.

Une bonne prière est plus que prier un Notre Père demandant à Dieu de me libérer de ma maladie. C’est une prière où j’essaie de guérir, avec la grâce de Dieu, la racine de ma maladie, ce manque de pardon que j’ai envers mon père, par exemple.

Alors, chaque jour, je demande à Dieu la grâce de pouvoir comprendre et pardonner à mon père. Et si je réalise que je ne veux même pas lui pardonner, alors pendant un moment je demande à Dieu la grâce de « vouloir » lui pardonner. Et dans cette mystérieuse combinaison de l’initiative de sa grâce et de mes pauvres tentatives, le moment viendra où surgit spontanément en moi le désir sincère de pardon, puis une forte impulsion pour accorder ce pardon, pour dire, au moins en moi-même : « Papa, je te pardonne et je te remercie parce que tu m’as donné la vie ».

Une fois ce pardon accordé, il est très possible que beaucoup de choses commencent à se résoudre, que la maladie devienne plus supportable et peut-être guérie. Nous voyons alors qu’il existe une « manière » plus appropriée de faire une prière, qui facilite l’action de la grâce dans une dimension de mon être où elle n’est pas encore arrivée.

La même chose peut se produire dans mon expérience de l’amour de Dieu. Il se peut que mon expérience de Dieu soit vraie, même si je la vis au milieu d’une aridité émotionnelle. Il se peut que Dieu me purifie à travers cet abandon sans sentiments ni passion et que ma foi soit très profonde. Mais si en même temps mon affectivité n’est pas saine, cela veut dire que cette expérience n’est pas suffisante. Par exemple, s’il ne me suffit pas pour être fidèle à ma femme, ou pour être heureux dans mon mariage, ou pour vivre mon célibat avec joie, ou pour travailler avec enthousiasme, ou pour bien traiter les autres, cela signifie que la façon dont je trouve Dieu est encore très pauvre.

Je peux alors me demander si je ne suis pas, pour différentes raisons, en train de fuir de l’amour de Dieu ; s’il n’y a pas quelque chose en moi qui me pousse à résister à l’amour de Dieu, à me méfier de lui, etc.

Alors, je peux commencer à lui demander chaque jour de me donner sa grâce pour lui donner cette peur, pour me jeter dans ses bras, pour le laisser entrer là où je ne le lui permets pas.

Quelqu’un pourrait penser qu’en fait, il serait préférable maintenant de profiter de cette courte vie et, en tout cas, de laisser cette expérience de l’amour divin jusqu’après la mort, puisque nous aurons toute l’éternité pour cela. Mais cela est absurde si l’on pense que chaque créature, chaque chose belle de ce monde, si précieuse soit-elle, n’est qu’un pâle reflet de la beauté infinie de Dieu. Lui seul est beau, et les autres choses ne sont belles que dans la mesure où elles reçoivent quelque beauté de cette source infinie qu’est Dieu. C’est pourquoi tous les attraits de ce monde devraient désormais nous élever à la rencontre de la source divine, pour boire à cette source inépuisable de bien et de beauté. Autrement, ce serait comme si nous passions quatre-vingts ans à sentir l’arôme d’une nourriture délicieuse au lieu de nous asseoir à table et de l’apprécier avec plaisir . Mais par ailleurs, attendre la mort pour faire l’expérience de Dieu va à l’encontre de la logique de l’amour. Aucune personne véritablement amoureuse ne serait capable de passer quatre-vingts ans à essayer d’autres plaisirs et de laisser à plus tard l’étreinte merveilleuse de l’être aimé. Tout simplement Il ne serait pas capable de supporter l’attente, ces années lui sembleraient éternelles, et toutes les autres beautés ne le satisferaient jamais, elles ne feraient qu’éveiller de plus en plus sa soif de l’embrasser. Il en va de même pour ceux qui ont goûté à l’amour divin, comme saint Augustin, saint François d’Assise, etc.

Cela ne veut pas dire que Dieu me donnera bientôt l’expérience d’Angèle de Foligno ou les blessures de saint François d’Assise. Il me donnera ce dont mon cœur a besoin et ce qu’il veut me donner librement. Il existe également des tempéraments naturellement mieux prédisposés à ce type d’expériences et d’autres qui le sont moins. Mais il est très possible qu’en suivant un chemin adéquat, nous puissions tous vivre une expérience plus complète de l’amour de Dieu, une expérience qui guérit notre affectivité malade, notre émotivité blessée, qui nous rend plus joyeux dans notre dévouement quotidien, qui nous rend plus libres et heureux.

Mais cela ne veut pas nécessairement dire que cette expérience joyeuse de l’amour divin, si j’y parviens, me libérera de toutes mes faiblesses psychologiques. Cela ne veut pas dire, par exemple, qu’un homosexuel cessera nécessairement d’être homosexuel. Rappelons-nous que la grâce de Dieu peut coexister avec les faiblesses et aussi avec les péchés, lorsqu’il existe un conditionnement très fort. Dans ces cas-là, la personne peut faire des choses qui sont objectivement pécheresses, mais sans être coupable et sans perdre la grâce de Dieu ni l’expérience de son amour. Voyons comment le dit le Catéchisme de l’Église catholique :

L’imputabilité et la responsabilité d’un acte peuvent être diminuées et même supprimées en raison de l’ignorance, de l’inadvertance, de la violence, de la peur, des habitudes, des affections désordonnées et d’autres facteurs psychiques et sociaux ( CEC 1735).

Il peut y avoir une religieuse qui doit faire de grands sacrifices pour être fidèle à sa virginité, parce que sa psychologie a de forts conditionnements dans cet ordre, et pourtant, en même temps, vivre une belle expérience de l’amour de Dieu qui est très authentique , ce qui la rend heureuse.

Disons enfin que, pour vivre une expérience joyeuse et passionnée de l’amour divin, il existe une coopération extrêmement importante : les actes d’amour envers le frère. Chaque acte généreux, chaque service d’amour que nous rendons aux autres nous assure que notre expérience de Dieu est sur la bonne voie. Voici ce que dit la Bible :

Celui qui aime son frère marche dans la lumière et ne trébuche pas. Mais celui qui n’aime pas son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, il ne sait pas où il va, parce que les ténèbres l’ont rendu aveugle (1 Jn 2, 10-11).

De plus, tout acte d’amour sincère envers notre frère ouvre notre cœur, l’adoucit et le libère de l’égoïsme. Et ainsi le cœur est mieux disposé à se laisser aimer par Dieu.

C’est pourquoi saint Bonaventure disait que les œuvres de miséricorde facilitent la contemplation divine et nous préparent à aimer pleinement Dieu :

Il y a une certaine action qui, unie à la contemplation, ne l’empêche pas, mais la rend plutôt plus facile, comme les œuvres de miséricorde et de piété (IV Envoyé ., 37,1, 3, ad 6) .

Celui qui veut être un parfait amoureux de Dieu doit s’exercer avant tout dans l’amour du prochain (III Sent ., 27, 2 , 4 ).

En ce sens, il est bon de noter que, lorsque la Bible parle de Dieu comme époux, elle ne se réfère pas au Seigneur comme époux du cœur de chaque être humain, mais comme époux de son peuple ou de l’Église (Os 2,21-25 ; Eph 5,25 ; Apo 21,2-3). Cela signifie que je ne peux vivre une expérience authentique et passionnée de l’amour de Dieu que si je me sens partie de son Peuple , si je rejoins son Église, si je ne m’isole pas et ne me sépare pas des autres.

chapitre 9. DIEU dans l’ orgasme du couple.

Jusqu’à présent, nous avons parlé de la possibilité d’atteindre une sorte d’orgasme épanouissant dans notre relation avec Dieu ; ce qui n’implique pas tant de modifications physiques, mais simplement que Dieu parvient à toucher le centre âme-corporel du plaisir, de sorte qu’une satisfaction qui englobe la personne entière soit ressentie. Cela nous amène à une autre conséquence importante : cela nous invite à découvrir que, si Dieu peut être présent à ce niveau de notre existence, il peut aussi être présent lorsque deux êtres humains s’aiment et atteignent l’orgasme ; et cet orgasme, vécu en présence de Dieu, peut aussi être un acte sublime d’adoration de Dieu.

Cela est certain si l’on part d’un postulat élémentaire : Dieu aime le bonheur de l’homme, c’est donc aussi un acte d’adoration envers Dieu que de vivre un moment de bonheur.

Certains textes de la Bible confirment cette vérité :

Il n’y a pas de plus grand bonheur pour l’homme que de manger, de boire et de s’amuser au milieu de sa fatigue. Je vois que cela vient aussi de la main de Dieu, puisque quiconque mange et boit, cela vient de Dieu ( Eccl 2, 24-25).

Que chacun mange, boive et s’amuse au milieu de ses soucis. C’est un don de Dieu ( Ecc 11,8).

Fils, traite-toi bien avec ce que tu as… Ne te prive pas de passer une bonne journée, ne manque de satisfaire aucun désir légitime ( Sir 14,11.14).

On voit ainsi que le plaisir est aussi quelque chose de religieux, car « c’est un don de Dieu ». Ainsi, celui qui est capable de jouir de la présence de Dieu peut plus facilement prendre conscience de l’amour de Dieu et ainsi s’ouvrir à l’amour des autres. Celui qui n’est pas capable de jouir des plaisirs de la vie, parce qu’il ne s’aime pas et ne s’accepte pas, sera difficilement capable d’aimer généreusement les autres. C’est pourquoi la Bible dit :

Celui qui est mauvais envers lui-même ne peut être bon envers personne. Il ne trouve pas de contentement au milieu des trésors. Personne n’est pire que celui qui se torture ( Sir 14, 5-6).

Nous pouvons donc dire que nous plaisons à Dieu et que nous l’adorons lorsque nous sommes capables de jouir des petits plaisirs légitimes de la vie. Ainsi, nous n’avons pas besoin d’échapper ou de nous cacher de Dieu lorsque nous jouissons, car c’est lui qui « a créé toutes choses pour que nous puissions en jouir » (1 Tim 6, 17). Lisons, par exemple, l’éloge du vin dans la Bible :

Le vin est comme la vie pour l’homme, si on le boit avec mesure. Qu’est-ce que la vie pour ceux qui n’ont pas de vin , créé pour la joie des hommes ? C’est la joie du cœur et le contentement de l’âme… ( Sir 31, 27-28).

Tout cela peut aussi être dit du plaisir sexuel, créé par Dieu pour le bonheur de l’homme. Pour cette raison, dans la même Bible, nous trouvons des louanges pour le corps de la femme, comme celles-ci :

Comme tu es belle, comme tu es charmante, ô amour, ô fille des délices ! Votre taille est comme un palmier et vos seins sont comme des grappes. C’est pourquoi, comme je l’ai déjà dit, je grimperai sur le palmier et je prendrai ces grappes ( Cant 7,79).

De plus, le plaisir sexuel a une noblesse particulière par rapport aux autres plaisirs du corps, car le plaisir sexuel se vit à deux, se partage et peut être une merveilleuse expression d’amour. Mais c’est précisément pour cette raison que le plaisir sexuel peut perdre toute sa beauté lorsqu’il n’est qu’une recherche de satisfaction personnelle et que l’autre n’est pas pris en compte, lorsque l’autre n’est utilisé que pour le bénéfice personnel de chacun.

Le fait est qu’un être humain n’est pas une assiette de nourriture ou un verre de vin. Il est sacré et ne peut être utilisé, mais doit être un objet d’amour.

Quand le plaisir sexuel s’obtient dans un acte d’amour, quand ceux qui font l’amour sont deux personnes qui s’aiment, qui s’accompagnent, qui s’entraident, qui ont décidé devant Dieu de tout partager pour toujours et malgré tout, alors le plaisir sexuel est aussi un acte d’adoration envers Dieu, qui aime le bonheur de ceux qui s’aiment. Dans cette rencontre d’amour, chacun ne recherche pas à tout prix son propre plaisir, mais traite l’autre avec une délicatesse et une tendresse qui reflètent l’amour divin, cherchant à ce que l’autre jouisse aussi le plus possible et soit immensément heureux. Ainsi, le plaisir de l’orgasme devient un avant-goût de la merveilleuse fête de l’amour qu’est le paradis. Parce qu’il n’y a rien qui anticipe mieux le ciel qu’un acte de charité.

Il faut donc dire que Dieu n’aime pas l’attitude de certaines personnes faussement spirituelles qui refusent en permanence toute relation sexuelle avec leur conjoint, sous prétexte qu’elles recherchent un amour plus « parfait ». Car c’est précisément l’union sexuelle, en tant qu’expression de l’amour, qui manifeste le mieux l’amour des époux, celle qui le protège le mieux et qui le fait le plus grandir. Le Concile Vatican II le disait déjà :

Cet amour, associant à la fois l’humain et le divin, conduit les époux au don libre et mutuel d’eux-mêmes, se manifestant par des sentiments et des actes de tendresse, et imprègne toute la vie… Cet amour s’exprime et se perfectionne particulièrement avec le acte matrimonial ( Gaudium et Spes , 49).

Le plaisir sexuel n’entrave ni la spiritualité ni la contemplation, car si l’union sexuelle est un acte d’amour, elle ne fait qu’ouvrir le cœur, et facilite ainsi la contemplation de Dieu. Saint Bonaventure disait déjà que « nul n’arrive à la contemplation s’il ne s’exerce dans l’amour des autres » (III S. , 27, 2, 4 ; IV S. , 37, 1, 3, ad 6), et selon saint Thomas d’Aquin « l’affection humaine s’épanouit avec le plaisir » (Summa Th ., I- IIae , 31, 3).

C’est la mentalité grecque qui a influencé négativement le christianisme, lui transmettant un certain mépris du corps. Les Grecs n’avaient pas une vision de l’homme aussi unitaire que celle de la Bible ; ils comprenaient plutôt que l’homme était constitué de deux « parties », l’âme et le corps. Pour cette raison, ils passèrent facilement de l’exaltation du corps à son mépris total. S’ils étaient dédiés au corps, le corps était tout ; s’ils se consacraient aux choses spirituelles, ils méprisaient tout ce qui concernait le corps. Lorsque cette mentalité grecque a influencé le christianisme, elle a produit l’idée que pour être plus « spirituel », il fallait mépriser le corps. Cependant, nous savons que les pires péchés, comme l’orgueil ou la haine, ne sont pas exactement des péchés liés au corps ; ils sont plutôt « spirituels » ; et nous savons aussi que le corps intervient aussi dans les plus grandes œuvres d’amour et de dévouement.

Évidemment, nous ne voulons pas dire que tout ce qui concerne le corps est sacré, car un couple peut retirer au sexe son but le plus précieux, et les amants peuvent devenir simplement deux égocentriques qui se masturbent. De plus, le sexe ne devrait être qu’une partie de la vie du couple, une manière agréable d’exprimer son amour et de se rendre heureux ; le sexe pour le sexe est une façon de rester dans l’adolescence et le manque de maturation. Le sexe juste pour le sexe est en fait la forme de sexualité la plus courante chez les adolescents qui se masturbent, car dans la masturbation ils obtiennent du plaisir et échappent à l’engagement envers les autres, ils se protègent des autres et ne donnent rien d’eux-mêmes. Il reste ainsi lié à ses parents et ne sort pas de la coquille familiale. La même chose arrive à ceux qui changent constamment de partenaire et échappent ainsi à leur engagement émotionnel. Et c’est finalement ce que propose la publicité : orner son propre corps et l’entourer de choses impressionnantes pour obtenir des objets de plaisir ; c’est ainsi que le corps est dépouillé de sa dignité d’instrument et d’expression de l’amour.

Pour que le sexe ne soit pas seulement une manière de se servir et de se consommer, il est essentiel que le couple ait d’autres préoccupations et, surtout, que l’amour mutuel s’ouvre pour rechercher ensemble le bonheur des autres. Se battre ensemble pour quelque chose, sortir de l’enfermement étouffant des deux, évite au plaisir de tomber malade ou de mourir, car ainsi le cœur reste ouvert. En effet, à l’image chrétienne de Dieu, l’amour entre Dieu le Père et son Fils s’ouvre nécessairement à une troisième personne, le Saint-Esprit. Ainsi, tout amour authentique de couple, source des meilleurs plaisirs, est ouvert aux autres. Le plaisir qui non seulement produit une décharge momentanée, mais qui planifie et donne également le bonheur, est ce qui est uni à l’amour, et l’amour est la vraie sainteté.

Et le plaisir est tellement lié à la sainteté que, selon saint Thomas, si l’homme était libre du péché, il y aurait bien plus de plaisir dans les relations sexuelles ( Somme Th., 1, 98, 2).

Ainsi, dans la mentalité de saint Thomas, la relation sexuelle dans le mariage n’est plus un « péché permis », comme le disaient certains saints Pères de l’Église, mais elle peut aussi être un acte méritoire, qui fait grandir la perfection d’un être humain. aux yeux de Dieu. Il est intéressant de découvrir comment, dans d’autres religions, il existe également une profonde appréciation du plaisir sexuel. Danielou , à partir d’une analyse du shivaïsme, fait la réflexion suivante :

La joie est le reflet de l’état de perfection, de l’état divin. L’homme oublie un instant ses intérêts, ses problèmes, ses devoirs, et participe au sentiment de bonheur qui est sa vraie nature, sa nature immortelle… On atteint mille fois plus facilement la perfection intérieure – dit cette ancienne religion – par la expérience de la joie des corps qu’à travers les austérités. De l’union érotique à l’union mystique il y a un pas facile à franchir (La sculpture érotique , Paris 1973,15 ) .

Et un vénérable théologien égyptien du XVe siècle a rendu à Dieu la louange suivante :

Louange à Allah, qui affermit les pénis aussi durs et droits que des lances pour faire la guerre aux vagins (Al Sonuouti ).

N’oublions pas que la sexualité humaine fait partie de l’œuvre la plus parfaite de Dieu, celle du dernier jour, où Dieu, en contemplant ce qu’il a fait, « vit que c’était très bon » ( Gn 1, 31).

Séparer Dieu du plaisir, c’est renoncer à vivre une expérience libératrice de l’amour divin. Vouloir se cacher de Dieu lorsque nous éprouvons du plaisir, comme cette femme qui cachait le crucifix lorsqu’elle avait des relations avec son mari, c’est croire en un faux Dieu qui, au lieu de nous aider à vivre, devient un persécuteur qui déteste notre joie.

Tout comme un artiste peut offrir à Dieu, avec une immense tendresse, une merveilleuse œuvre d’art qu’il a réussi à créer, de même un couple peut offrir à Dieu un bel acte d’amour dans lequel ils parviennent à déborder de plaisir et de gratitude, se faisant mutuellement heureux. Dieu jouit aussi avec nous; Il est le plus merveilleux des poètes, car leur inspiration est aussi le reflet de la sublime poésie de Dieu.

Pour une raison quelconque, lorsque les poètes ne trouvent plus de mots pour parler des excès de leur amour, ils utilisent des mots à fort contenu religieux. Par exemple, le mot « grâce » est l’un des termes les plus sacrés de la théologie chrétienne, car il exprime l’amour totalement libre de Dieu, qui ne peut être mérité ou acheté avec rien; qui ne peut être reçu que comme un don divin. Lorsque Pablo Neruda a voulu parler de ce que signifiait pour lui le corps de sa femme bien-aimée, il a dû recourir à ce mot :

Corps de ma femme,

Je persisterai dans ta grâce.

Ma soif, mon désir illimité…

(Poème 1).

La prière de l’Eglise ne peut jamais être détournée pour devenir une légitimation du péché, de la structure de péché ou même de l’occasion prochaine du péché

Le cardinal Robert Sarah a confié à Settimo Cielo la réflexion qui suit sur l’état actuel de confusion dans l’Église, avec un « scandale des petits » encore aggravé par la récente déclaration du Dicastère pour la doctrine de la foi « Fiducia supplicans », un scandale dont, comme l’a dit Jésus, seule « la vérité nous rendra libres » (Jn 8, 32) :

Rome, le 6 janvier 2024, en la fête de l’Epiphanie du Seigneur

A Noël, le Prince de la Paix s’est fait homme pour nous. A tout homme de bonne volonté, il apporte la paix qui vient du Ciel. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, mais ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne » (Jean 14, 27). La paix que Jésus nous apporte n’est pas un nuage creux, elle n’est pas la paix mondaine qui n’est souvent qu’un compromis ambigu, négocié entre les intérêts et les mensonges des uns et des autres. La paix de Dieu est vérité. « La vérité est la force de la paix parce qu’elle révèle et opère l’unité de l’homme avec Dieu, avec lui-même, avec les autres. La vérité affermit la paix et construit la paix », enseignait saint Jean-Paul II [1]. La Vérité faite chair est venue habiter au milieu des hommes. Sa lumière ne trouble pas. Sa parole ne sème pas la confusion et le désordre, mais elle révèle la réalité de toute chose. Il EST la vérité et par conséquent il est « signe de contradiction » et « dévoile les pensées d’un grand nombre de cœurs » (Luc 2, 34).

La vérité est la première des miséricordes que Jésus offre au pécheur. Saurons-nous à notre tour faire œuvre de miséricorde dans la vérité ? Le risque est grand pour nous de chercher la paix du monde, la popularité mondaine qui s’achète au prix du mensonge, de l’ambiguïté et du silence complice.

Cette paix du monde est fausse et superficielle. Car le mensonge, la compromission et la confusion engendrent la division, le soupçon et la guerre entre frères. Le Pape François le rappelait il y a peu : « Diable signifie “diviseur”. Le diable veut toujours créer la division. » [2] Le diable divise parce que « il n’y a pas de vérité en lui : quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu’il est menteur et père du mensonge » (Jean 8, 44).

Précisément, la confusion, le manque de clarté et de vérité et la division ont troublé et assombri la fête de Noël cette année. Certains médias prétendent que l’Eglise catholique encouragerait la bénédiction des unions de personnes du même sexe. Ils mentent. Ils font l’œuvre du diviseur. Certains évêques vont dans le même sens, ils sèment le doute et le scandale dans les âmes de foi en prétendant bénir les unions homosexuelles comme si elles étaient légitimes, conformes à la nature créée par Dieu, comme si elles pouvaient conduire à la sainteté et au bonheur humain. Ils ne font qu’engendrer erreur, scandale, doutes et déceptions. Ces Evêques ignorent ou oublient l’avertissement sévère de Jésus contre ceux qui scandalisent les petits :

« Si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux qu’on lui suspende au cou une meule de moulin et qu’on le jette au fond de la mer » (Mt 18, 6).

Une récente déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, publiée avec l’approbation du Pape François, n’a pas su corriger ces erreurs et faire œuvre de vérité. Bien plus, par son manque de clarté, elle n’a fait qu’amplifier le trouble qui règne dans les cœurs et certains s’en sont même emparé pour appuyer leur tentative de manipulation.

Que faire face à la confusion qu’a semée le diviseur jusqu’au sein de l’Eglise ? :

« On ne discute pas avec le diable ! -disait le Pape François. On ne négocie pas, on ne dialogue pas ; on ne le vainc pas en négociant avec lui. Nous vainquons le diable en lui opposant avec foi la Parole divine. Ainsi, Jésus nous apprend à défendre l’unité avec Dieu et entre nous contre les attaques du diviseur. La Parole divine est la réponse de Jésus à la tentation du diable. »

Dans la logique de cet enseignement du Pape François, nous aussi, ne discutons pas avec le diviseur. N’entrons pas en discussion avec la Déclaration “Fiducia supplicans”, ni avec les diverses récupérations que l’on a vu se multiplier. Répondons simplement par la Parole de Dieu et par le Magistère et l’enseignement traditionnel de l’Eglise.

Pour garder la paix et l’unité dans la vérité, osons refuser de discuter avec le diviseur, osons répondre à la confusion par la parole de Dieu. Car

« vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4,12).

Comme Jésus face à la samaritaine osons dire la vérité. « Tu as raison de dire : je n’ai point de mari car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu dis vrai. » (Jean 4, 18) Que dire à des personnes engagées dans des unions homosexuelles ? Comme Jésus, osons la première des miséricordes : la vérité objective des actes.

Avec le Catéchisme de l’Eglise catholique (2357), nous pouvons donc affirmer :

« L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés » (CDF, décl. “Persona humana” 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas. »

Toute approche pastorale qui ne rappellerait pas cette vérité objective manquerait à la première œuvre de miséricorde qui est le don de la vérité. Cette objectivité de la vérité n’est pas contraire avec l’attention portée à l’intention subjective des personnes. Mais l’enseignement magistral et définitif de saint Jean-Paul II doit être ici rappelé :

« Il convient de considérer avec attention le rapport exact qui existe entre la liberté et la nature humaine et, en particulier, la place du corps humain du point de vue de la loi naturelle. (…)

« La personne, comprenant son corps, est entièrement confiée à elle-même, et c’est dans l’unité de l’âme et du corps qu’elle est le sujet de ses actes moraux. Grâce à la lumière de la raison et au soutien de la vertu, la personne découvre en son corps les signes annonciateurs, l’expression et la promesse du don de soi, en conformité avec le sage dessein du Créateur. (…)

« Une doctrine qui dissocie l’acte moral des dimensions corporelles de son exercice est contraire aux enseignements de la Sainte Ecriture et de la Tradition : une telle doctrine fait revivre, sous des formes nouvelles, certaines erreurs anciennes que l’Eglise a toujours combattues, car elles réduisent la personne humaine à une liberté ‘spirituelle’ purement formelle. Cette réduction méconnaît la signification morale du corps et des comportements qui s’y rattachent (cf. 1 Co 6, 19). L’Apôtre Paul déclare que n’hériteront du Royaume de Dieu ‘ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu’ivrognes, insulteurs ou rapaces’ (1 Co 6, 9-10). Cette condamnation, formellement exprimée par le Concile de Trente met au nombre des ‘péchés mortels’, ou des ‘pratiques infâmes’, certains comportements spécifiques dont l’acceptation volontaire empêche les croyants d’avoir part à l’héritage promis. En effet, le corps et l’âme sont indissociables : dans la personne, dans l’agent volontaire et dans l’acte délibéré, ils demeurent ou se perdent ensemble. » (“Veritatis splendor” 48-49)

Mais un disciple de Jésus ne saurait s’en tenir là. Face à la femme adultère, Jésus fait œuvre de pardon dans la vérité : « Moi non plus je ne te condamne pas, va et désormais ne pêche plus. » (Jean 8, 11) Il offre un chemin de conversion, de vie dans la vérité.

La Déclaration “Fiducia supplicans” écrit que la bénédiction est au contraire destinée aux personnes qui « demandent que tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations soit investi, guéri et élevé par la présence de l’Esprit Saint » (n. 31). Mais qu’y a-t-il de bon, de vrai et d’humainement valable dans une relation homosexuelle, définie par les Saintes Ecritures et la Tradition comme une dépravation grave et « intrinsèquement désordonnée » ? Comment un tel écrit peut-il correspondre au Livre de la Sagesse qui affirme : « Les pensées tortueuses éloignent de Dieu, et, mise à l’épreuve, la Puissance confond les insensés. Non, la Sagesse n’entre pas dans une âme malfaisante, elle n’habite pas dans un corps tributaire du péché. Car l’Esprit Saint, l’éducateur, fuit la fourberie » (Sg 1,3-5). L’unique chose à demander aux personnes qui vivent une relation contre nature, c’est de se convertir et de se conformer à la Parole de Dieu.

Avec le Catéchisme de l’Eglise catholique (2358-2359), nous pouvons préciser davantage en disant :

« Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition. Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne. »

Comme le rappelait Benoît XVI, « en tant qu’êtres humains, les personnes homosexuelles méritent le respect (…) ; elles ne doivent pas être rejetés à cause de cela. Le respect de l’être humain est tout à fait fondamental et décisif. Mais cela ne signifie pas que l’homosexualité soit juste pour autant. Elle reste quelque chose qui s’oppose radicalement à l’essence même de ce que Dieu a voulu à l’origine. »

La Parole de Dieu transmise par la Sainte Ecriture et la Tradition est donc le seul fondement solide, le seul fondement de vérité sur lequel chaque Conférence épiscopale doit pouvoir bâtir une pastorale de miséricorde et de vérité envers les personnes homosexuelles. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique nous en offre une puissante synthèse, il répond au désir du Concile Vatican II « d’amener tous les hommes, par le resplendissement de la vérité de l’Evangile, à rechercher et à recevoir l’amour du Christ qui est au-dessus de tout. » [4]

Il me faut remercier les Conférences épiscopales qui ont déjà fait ce travail de vérité en particulier celles du Cameroun, du Tchad, du Nigéria, etc., dont je partage et fais miennes les décisions et l’opposition ferme à la Déclaration “Fiducia supplicans”. Il faut encourager les autres Conférences Episcopales nationales ou régionales et chaque évêque à faire de même. Faisant ainsi, on ne s’oppose pas au Pape François, mais on s’oppose fermement et radicalement à une hérésie qui mine gravement l’Eglise, Corps du Christ, parce que contraire à la foi catholique et à la Tradition.

Benoit XVI soulignait que « la notion de “mariage homosexuel” est en contradiction avec toutes les cultures de l’humanité qui se sont succédé jusqu’à ce jour et signifie donc une révolution culturelle qui s’oppose à toute la tradition de l’humanité jusqu’à ce jour ». Je crois que l’Eglise d’Afrique en a une très vive conscience. Elle n’oublie pas la mission essentielle que les derniers Papes lui ont confiée. Le Pape Paul VI, s’adressant aux Evêques africains réunis à Kampala, en 1969, a déclaré : « Nova Patria Christi Africa : La Nouvelle Patrie du Christ, c’est l’Afrique ». Le Pape Benoît XVI a, à deux reprises, confié à l’Afrique une mission énorme : celle d’être le poumon spirituel de l’humanité à cause des richesses humaines et spirituelles inouïes de ses enfants, de ses cultures. Il disait dans son homélie du 4 octobre 2009 : « L’Afrique représente un immense « poumon » spirituel, pour une humanité qui semble en crise de foi et d’espérance. Mais ce « poumon » peut aussi tomber malade. Et, à l’heure actuelle, au moins deux pathologies dangereuses sont en train de l’attaquer : avant tout, une maladie déjà diffusée dans le monde occidental, à savoir le matérialisme pratique, associé à la pensée relativiste et nihiliste […] Le soi-disant « premier » monde a parfois exporté et continue d’exporter des déchets spirituels toxiques qui contaminent les populations des autres continents, parmi lesquels justement les populations africaines » [5].

Jean-Paul II a rappelé aux Africains qu’ils doivent participer à la souffrance et à la Passion du Christ pour le salut de l’humanité, « car le nom de chaque africain est inscrit sur les Paumes crucifiées du Christ » [6].

Sa mission providentielle aujourd’hui est peut-être de rappeler à l’Occident que l’homme n’est rien sans la femme, la femme n’est rien sans l’homme et les deux ne sont rien sans ce troisième élément qu’est l’enfant. Saint Paul VI avait souligné « l’apport irremplaçable des valeurs traditionnelles de ce continent : la vision spirituelle de la vie, le respect pour la dignité humaine, le sens de la famille et de la communauté » (“Africae terrarum” 8-12). L’Eglise en Afrique vit de cet héritage. A cause du Christ et par la fidélité à son enseignement et à sa leçon de vie, il lui est impossible d’accepter des idéologies inhumaines promues par un Occident déchristianisé et décadent.

L’Afrique a une conscience vive du nécessaire respect de la nature créée par Dieu. Il ne s’agit pas d’ouverture d’esprit et de progrès sociétal comme le prétendent les médias occidentaux. Il s’agit de savoir si nos corps sexués sont le don de la sagesse du Créateur ou bien une réalité sans signification, voire artificielle. Mais ici encore Benoît XVI nous avertit : « Lorsque l’on renonce à l’idée de la création, on renonce à la grandeur de l’homme. » L’Eglise d’Afrique a porté avec force la défense de la dignité de l’homme et de la femme créés par Dieu au dernier synode. Sa voix est souvent ignorée, méprisée ou considérée comme excessive par ceux qui n’ont pour unique obsession que de complaire aux lobbys occidentaux.

L’Eglise d’Afrique est la voix des pauvres, des simples et des petits. Elle est chargée de clamer la Parole de Dieu face à des chrétiens d’Occident qui, parce qu’ils sont riches, dotés de compétences multiples en philosophie, en sciences théologiques, bibliques, canoniques, se croient évolués, modernes et sages de la sagesse du monde. Mais « la folie de Dieu est plus sage que les hommes » (1Cor 1, 25). Il n’est donc pas surprenant que les évêques d’Afrique, dans leur pauvreté, soient aujourd’hui les héraults de cette vérité divine face à la puissance et à la richesse de certains épiscopats d’Occident. Car « ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort. Ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune chair n’aille se glorifier devant Dieu » (1Cor 1, 27-28). Mais osera-t-on les écouter lors de la prochaine session du Synode sur la synodalité ? Ou doit-on croire que, malgré les promesses d’écoute et de respect, il ne sera tenu aucun compte de leurs avertissements comme on le voit aujourd’hui ? « Méfiez-vous des hommes » (Mt 10, 22), dit le Seigneur Jésus, car toute cette confusion, suscitée par la Déclaration “Fiducia supplicans”, pourrait réapparaître sous d’autres formulations plus subtiles et plus cachées à la seconde Session du Synode sur la synodalité, en 2024, ou dans le texte de ceux qui aident le Saint-Père à rédiger l’Exhortation Apostolique Post-synodale. Satan n’a-t-il pas tenté le Seigneur Jésus par trois fois ? Il nous faudra être vigilants avec les manipulations et les projets que certains préparent déjà pour cette prochaine session du Synode.

Chaque successeur des apôtres doit oser prendre au sérieux les paroles de Jésus : « Que votre parole soit oui si c’est oui, non si c’est non. Tout ce qu’on ajoute vient du Mauvais » (Mt 5, 35). Le Catéchisme de l’Eglise catholique nous donne l’exemple d’une telle parole claire, tranchante et courageuse. Toute autre voie serait immanquablement tronquée, ambiguë et trompeuse. Nous entendons en ce moment tant de discours si subtils et contournés qu’ils finissent par tomber sous cette malédiction prononcée par Jésus : « Tout le reste vient du Mauvais ». On invente de nouveaux sens aux mots, on contredit, on falsifie l’Ecriture en affirmant y être fidèle. On finit par ne plus servir la vérité.

Aussi, permettez-moi de ne pas tomber dans de vaines arguties à propos du sens du mot bénédiction. Il est évident que l’on peut prier pour le pécheur, il est évident que l’on peut demander à Dieu sa conversion. Il est évident que l’on peut bénir l’homme qui, peu à peu, se tourne vers Dieu pour demander humblement une grâce de changement vrai et radical de sa vie. La prière de l’Eglise n’est refusée à personne. Mais elle ne peut jamais être détournée pour devenir une légitimation du péché, de la structure de péché ou même de l’occasion prochaine du péché. Le cœur contrit et pénitent, même s’il est encore loin de la sainteté, doit être béni. Mais souvenons-nous que, devant le refus de conversion et l’endurcissement, nulle parole de bénédiction ne sort de la bouche de saint Paul mais plutôt cet avertissement :

« Avec ton cœur endurci, qui ne veut pas se convertir, tu accumules la colère contre toi pour ce jour de colère, où sera révélé le juste jugement de Dieu, lui qui rendra à chacun selon ses œuvres » (Rm 2, 5-6).

Il nous appartient d’être fidèles à celui qui nous a dit : « Je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix » (Jean 18, 37). Il nous appartient comme évêques, comme prêtres, comme baptisés de rendre témoignage à notre tour à la vérité. Si nous n’osons pas être fidèles à la parole de Dieu, non seulement nous le trahissons, mais nous trahissons aussi ceux auxquelles nous nous adressons. La liberté que nous avons à apporter aux personnes vivant au sein d’unions homosexuelles réside dans la vérité de la parole de Dieu. Comment oserions-nous leur faire croire qu’il serait bon et voulu par Dieu qu’elles demeurent dans la prison de leur péché ?

« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, alors vous connaitrez la vérité et la vérité vous rendra libres » (Jean 8, 31-32).

N’ayons donc pas peur si nous ne sommes pas compris et approuvés par le monde. Jésus nous l’a dit : « le monde me hait parce que je rends témoignage que ses œuvres sont mauvaises » (Jean 7, 7). Seuls ceux qui appartiennent à la vérité peuvent entendre sa voix. Il ne nous appartient pas d’être approuvés et de faire l’unanimité.
Souvenons-nous du grave avertissement du Pape François au seuil de son pontificat :

« Nous pouvons marcher comme nous voulons, nous pouvons édifier de nombreuses choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, cela ne va pas. Nous deviendrons une ONG humanitaire, mais non pas l’Église, Épouse du Seigneur… Quand on n’édifie pas sur les pierres qu’est ce qui arrive ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils font des châteaux de sable, tout s’écroule, c’est sans consistance. Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable ». Quand on ne confesse pas Jésus Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon » (14 mars 2013).

Un mot du Christ nous jugera : « Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu. Et vous, si vous n’écoutez pas, c’est que vous n’êtes pas de Dieu » (Jean 8, 47).

Vers un instrument juridique interdisant la pratique de la gestation pour autrui

C’est avec joie que la Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe (FAFCE) fait écho aux paroles prononcées ce matin par le Pape François, dans son discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, appelant à une interdiction universelle de la gestation pour autrui :

“Je trouve regrettable la pratique dite de la mère porteuse, qui lèse gravement la dignité de la femme et de l’enfant. Elle est fondée sur l’exploitation d’une situation de nécessité matérielle de la mère. Un enfant est toujours un cadeau et jamais l’objet d’un contrat. Je souhaite donc un engagement de la Communauté internationale pour interdire cette pratique au niveau universel”.

Les 5 et 6 avril prochains, à Rome, une conférence internationale sera dédiée à la Déclaration de Casablanca, qui vise à offrir à tous les États un instrument juridique interdisant la pratique de la gestation pour autrui. Vincenzo Bassi, Président de la FAFCE, signataire de la dite Déclaration, affirme :

“Depuis plusieurs années, les associations familiales catholiques en Europe sont en première ligne pour protéger les enfants et les femmes contre toute tentative de légitimiser cette pratique et nous continuerons à travailler avec les nombreuses personnes et organisations, diverses et variées, qui soutiennent la déclaration de Casablanca. Grâce aussi à l’invitation du Pape François, il est grand temps de commencer une concrète réflexion internationale au niveau des Etats”.

Le Pape François avait déjà condamné la pratique de la GPA, pour la première fois d’une manière aussi explicite, lors de son audience avec les membres du Conseil de Présidence de la FAFCE, en 2022. L’appel lancé aujourd’hui a la spécificité de promouvoir une convention internationale pour l’abolition de la gpa. Il rentre dans le plus ample discours fait au Corps diplomatique, comme chaque année, où le Saint-Père rappelle l’importance de travailler pour la paix et les défis les plus importants de l’humanité aujourd’hui.

La voie de la paix exige le respect de la vie de l’enfant à naître dans le sein de la mère

Lundi 8 janvier, le Pape reçevait en Audience les représentants de 184 pays, du Corps Diplomatique près le Saint-Siège. A cette occasion, il a parlé du respect de la vie, de la GPA et du gender en ces termes :

“La voie de la paix exige le respect de la vie, de toute vie humaine, à partir de celle de l’enfant à naître dans le sein de la mère, qui ne peut être supprimée, ni devenir objet de marchandage. À cet égard, je trouve regrettable la pratique de la dite mère porteuse, qui lèse gravement la dignité de la femme et de l’enfant. Elle est fondée sur l’exploitation d’une situation de nécessité matérielle de la mère. Un enfant est toujours un cadeau et jamais l’objet d’un contrat. Je souhaite donc un engagement de la Communauté internationale pour interdire cette pratique au niveau universel. À chaque moment de son existence, la vie humaine doit être préservée et protégée, tandis que je constate avec regret, en particulier en Occident, la diffusion persistante d’une culture de la mort qui, au nom d’une fausse piété, rejette les enfants, les personnes âgées et les malades.

La voie de la paix exige le respect des droits humains, selon la formulation, simple mais claire, contenue dans la Déclaration Universelle des Droits Humains dont nous venons de célébrer le 75èmeanniversaire. Il s’agit de principes rationnellement évidents et communément acceptés. Malheureusement, les tentatives tentées ces dernières décennies d’introduire de nouveaux droits qui ne sont pas pleinement importants par rapport à ceux initialement définis et pas toujours acceptables, ont suscité des colonisations idéologiques, parmi lesquels la théorie du genre joue un rôle central, qui est très dangereuse parce qu’elle efface les différences dans la prétention de rendre tous égaux. Ces colonisations idéologiques provoquent des blessures et des divisions entre les États, au lieu de favoriser l’édification de la paix.”

Les députés RN s’opposent à la dépose des vitraux de Viollet-le-Duc

Communiqué du député RN Julien Odoul :

Mercredi 13 décembre, dans le cadre du groupe de travail chargé du suivi de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris que co-préside le député Julien Odoul, la commission des affaires culturelles et de l’éducation a auditionné Monsieur Philippe Jost, qui a succédé au général Jean-Louis Georgelin à la présidence de l’établissement public « Rebâtir Notre-Dame de Paris ».

Durant cette audition, Julien Odoul a interrogé Monsieur Jost sur les récentes déclarations du Président de la République. En effet, lors de sa visite de chantier le 8 décembre dernier, Emmanuel Macron a annoncé l’organisation d’un concours de vitraux contemporains pour « porter la marque du XXIe siècle » dans la cathédrale et remplacer les vitraux originaux de Viollet-le-Duc. Dans le prolongement de cette annonce scandaleuse et inquiétante, Monsieur Philippe Jost ne s’est pas montré très rassurant, en déclarant que :

« la ligne choisie consiste à ce que la cathédrale doit vivre chaque siècle depuis le début de sa construction et apporter sa marque, pourquoi pas le XXIème siècle ».

L’annonce macroniste a révolté légitimement les amoureux de notre patrimoine, déjà échaudés par les premiers débats sur la reconstruction de la flèche, qui ont immédiatement initié une pétition. Par cette décision, le Président de la République méprise également la convention de Venise signée avec la France en 1964, rendant impossible toute dépose des vitraux ainsi que leur remplacement par des œuvres modernes.

Si la cathédrale Notre-Dame de Paris retrouve sa splendeur jour après jour grâce au travail remarquable de tous les artisans, compagnons, architectes, charpentiers, etc., il n’est pas envisageable de la voir dénaturer et défigurer par des vitraux contemporains, nouvelle lubie déconstructrice d’Emmanuel Macron.

Les députés du groupe Rassemblement National rappellent leur attachement à la promesse de reconstruire la cathédrale à l’identique et s’opposent catégoriquement à la dépose des vitraux de Viollet-le-Duc. Ils soutiennent la pétition qui rassemble tous ceux qui sont attachés à la préservation de notre héritage, de notre culture et de notre identité.

La préférence sénégalaise du CROUS de Bordeaux

Cet article de Libération date de fin août 2023.

Et ce tweet du Crous de Bordeaux date de vendredi :

 

Fiducia Supplicans : Le salut des âmes intéresse-t-il encore quelqu’un ? 

Gaëtan Poisson, auteur d’un ouvrage sur L’homosexualité au risque de la foi – Le témoignage d’un gay qui défend l’Église, ayant fait le choix de la chasteté dans la continence, a témoigné de la libération d’un homme d’une hypersexualisation imposée par les LGBT. Il réagit à son tour sur la déclaration Fiducia Supplicans. Extrait :

[…] Au vu des évolutions sociétales fulgurantes et de la situation de plus en plus douloureuse dans laquelle vivent la plupart des ménages modernes, une nouvelle question pourrait se poser : les prêtres doivent-ils toujours, forcément, bénir les unions et les couples, quelle que soit leur situation de vie (concubinage, couple libre mais plus ou moins addict, couple hétéro immature, couple homosexuel actif, couple homosensible, etc ?) J’entends déjà les cris d’orfraie… Mais les amis, n’est-il pas primordial, chez tout prêtre enrôlé, de faire entrer en ligne de compte la matérialité du projet visé par tous ces couples en question ? Quelle valeur pourrait avoir une bénédiction qui serait obligeamment automatique ? On nous objectera que Fiducia Supplicans demande aux prêtres un discernement adapté à chaque cas. On sait ce qu’il en sera dans les faits.

Le nouvel arc-en-ciel des mille et une situations maritales, de concubinages, et d’associations plus ou moins sentimentales requiert-il du prêtre un service de caisse-enregistreuse ? Ma pauvre conscience me fait penser que non. Certes, l’Eglise ne saurait, sans renier son saint ministère, écarter de ses dons et de sa protection le moindre frère humain, quel qu’il soit. En revanche il est curieux d’exiger, avec une impatience de client, la livraison d’un service qui coïnciderait forcément à l’état des lieux de notre couple…

« Bénissez-nous, mon père, car c’est la loi ». Belle réplique pour un film d’Audiard ! La requête morale est désormais bien ancrée du côté des tourtereaux de tous plumages, et non plus du prêtre, qui se trouve désormais écrasé entre deux instances supérieures : l’exigence commune, dernière version en date de la Common decency… et la vigilance de l’Eglise institutionnelle, missionnée précisément pour réguler ce qui doit l’être en matière de sentiments religieux.

On pouvait le craindre, et naturellement, c’est arrivé très vite : à peine la note du Vatican émise, des associations militantes sont montées au créneau pour manifester sur un ton mi-figue mi-raisin leur aigreur : certes, cette annonce constituerait une certaine avancée, mais la doctrine vis-à-vis des homosexuels en reste au point mort :

« Si ce changement est bienvenu, cela ne rassurera pas les catholiques qui se voient sans cesse rappelés à leur état de péché » (Tribune collective, Le Monde, 28 décembre 2023)

Quel que soit l’angle qu’on prenne en compte, il semble que Fiducia Supplicans pose question : le secours réel qu’elle apporte en faveur de la considération de la personne homosexuelle est immédiatement sectionné par les revers polémiques induits : la décision sent l’agenda, l’os à ronger, le jésuitisme, l’arbitrage maladroit. Si la bénédiction est indiscutablement offerte à quiconque, qu’il soit hétéro ou homosensible, l’ouverture d’une possibilité de bénédiction adressée à des couples non « réglementaires », précisément pour les sortir de leurs insuffisances morales, relèverait d’une extrême contradiction : on pourrait presque y voir, au bout de la philosophie du texte, une bénédiction visant à délier charnellement le couple qui la requiert. Une ségrégation réelle contre les personnes homosexuelles pourra dès lors être pointée, alors même que le Vatican souhaitait, avec cette déclaration, prouver le contraire aux yeux du monde.

Déjà, nombre de catholiques s’interrogent : par quel miracle la doctrine catholique vient-elle de changer ? Quelles que soient les assurances de continuité doctrinale martelées par le nouveau préfet pour la Doctrine de la Foi, il n’empêche que tous ses prédécesseurs avaient refusé la possibilité de bénédiction pour des couples jugés irréguliers. Or, c’est précisément quelques mois suite à sa nomination le 1er juillet 2023, que Mgr Víctor Manuel Fernández émet ce document. En d’autres termes, ce que le cardinal Luis Francisco Ladaria Ferrer n’a jamais pu faire, le nouveau préfet, l’évêque Víctor Manuel Fernández pourrait soudain l’accomplir : d’où cet étrange parfum de miracle, qui coïncide providentiellement à l’agenda politique de François. D’où, enfin, cette question dérangeante : n’y aurait-il pas là un certain arrangement idéologique au détriment du bien des âmes ? Laissons ce point en suspens, puisque nous serions bien en peine de l’éclairer. Simplement, remarquons qu’il serait grand temps pour l’Eglise de se rendre plus indépendante face aux pressions réactionnaires ou progressistes qui s’accumulent contre elle et en elle. Qu’on se le dise, la politique du « en même temps » ne sera jamais une théophanie. En revanche, l’Évangile nous éclairera toujours :

« Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin. » (Mat. 5,37)

Gardons à l’esprit ce sévère avertissement, sans pour autant sombrer dans le vertige paranoïaque. Ce que nos Écritures nous rappellent, c’est qu’on ne joue pas avec les âmes, quel qu’en soit le motif ou la bonne intention. L’Eglise n’a pas tous les pouvoirs sur cette terre, elle devrait se garder de toute tentation d’hubris : toute personne, qu’elle soit hétéro ou homosensible est le reflet de l’image de Dieu, sainte à ce titre. C’est à ce titre qu’elle peut bénir chacun individuellement, ou les couples selon la tradition multiséculaire de la Bible.

Ne soyons pas dupes : ce texte permettra à de nombreux prélats et prêtres d’accomplir plus aisément les petites libertés qu’ils prennent déjà avec la règle. Nous l’avons vu avec l’ouverture prophétique de Vatican II, dont la réception par les clergés nationaux fut grevée d’excès interprétatifs très dommageables. Toutes proportions gardées, il se produira la même chose avec Fiducia Supplicans.

J’en terminerai par une petite anecdote personnelle : un jour, lors d’une conférence, un monsieur m’a demandé s’il existait un lobby LGBT au Vatican. J’avoue avoir été pris de cours, et je me souviens avoir répondu que je n’en savais rien, bien qu’effectivement le Pape Benoît XVI avait lui-même évoqué l’existence de ce lobby. Aujourd’hui, en reconsidérant cette énigme, je dois bien reconnaître que je ne suis plus aussi sûr de mon incertitude : il existe manifestement des groupes de pression LGBT non seulement hors, mais aussi à l’intérieur du Vatican. L’ennui étant que l’agenda de ces personnes privilégie des impératifs sociétaux au détriment du primat spirituel. Or, c’est bien à ce primat que l’Eglise est chargée de se référer toujours, sans pour autant fermer son poing devant l’infinie diversité de ses enfants.

Le salut des âmes intéresse-t-il encore quelqu’un ?

Les âmes ont soif de connaître Notre-Seigneur Jésus-Christ

Les éditions Clovis viennent de rééditer un ouvrage sur Le Mystère de Jésus, publié une première fois en 1995. Il s’agit d’une série de conférences-méditations de Mgr Lefebvre sur cet abîme insondable de la perfection et de la charité qu’est le Fils premier-né du Père, le Verbe de Dieu incarné, Jésus-Christ né de la Vierge Marie. En vingt-neuf méditations d’une grande profondeur, nourries aux meilleures sources de la sainte Écriture, de la théologie spirituelle et de la piété aimante, nous pénétrons dans l’intimité du Rédempteur, dans son esprit, dans ses désirs, dans l’amour brûlant qu’il porte à son Père, dans sa soif du salut des âmes. Un livre pour mieux goûter, dans l’oraison, cette saisissante phrase de l’Évangile :

« La vie éternelle, c’est qu’ils vous connaissent, vous le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ. » (Jn 17, 3)

L’évêque missionnaire déclarait notamment :

Il faut peut-être avoir été en contact avec des populations païennes pour mesurer toute ce que Notre-Seigneur a apporté à notre société. Sur les treize ans que j’ai passés au Gabon, j’ai été dans la brousse pendant sept années. J’ai eu ainsi l’occasion de parler à ces païens dans leur langue, pour leur enseigner l’Evangile et leur faire découvrir et approcher Notre-Seigneur. On ne peut pas imaginer l’impact que pouvait avoir sur ces âmes absolument incultes, qui ne savaient ni lire ni écrire, le fait de parler de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de parler de la croix de Notre-Seigneur. C’est bien ce que dit saint Paul  : c’est cela dont ils avaient besoin et qu’ils attendaient.

De même, à l’occasion de visites dans les oasis au Sahara, j’ai eu des contacts avec des populations musulmanes. Je suis allé dans les écoles organisées par les Pères Blancs ou par les Soeurs Blanches. Qu’est-ce qui intéressait les enfants ? C’était de leur parler de religion, de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Quand on abordait d’autres sujets, ils étaient distraits ; dès qu’on leur parlait de religion, leurs petits yeux s’éveillaient et ils étaient attentifs.

Cela pourrait prêter à étonnement. Mais non, après tout c’est bien naturel. Notre-Seigneur est leur Dieu, leur Créateur, et il n’est pas possible qu’il n’y ait pas une affinité entre celui qui les a créés, celui qui les a rachetés et eux, entre leur Créateur et leurs âmes. Par conséquent, le fait de parler de Notre-Seigneur à ces âmes les captivait immédiatement.

Epstein et le monde de l’eugénisme, de l’évolutionnisme et du transhumanisme

Le financier milliardaire Jeffrey Epstein, retrouvé suicidé dans sa cellule, a exploité sexuellement et abusé de dizaines de mineures dans ses résidences de Manhattan, à New York, et de Palm Beach, en Floride, entre autres lieux.

Un aspect de la vie d’Epstein semble toutefois incongru. Il s’est entouré d’éminents scientifiques, de professeurs de Harvard, de multiples lauréats du prix Nobel, d’auteurs, presque exclusivement des hommes. Il organisait des dîners dans son appartement à Manhattan et invitait un mélange de scientifiques de premier plan et de personnes issues du monde de la mode et du mannequinat. Un scientifique, qui a préféré garder l’anonymat, a déclaré qu’il n’y avait pratiquement aucune interaction entre ces deux groupes d’invités. “Parfois, il se tournait vers sa gauche et posait des questions scientifiques. Puis il se tournait vers sa droite et demandait au mannequin de lui montrer son portfolio”. Une jeune “collaboratrice” est apparue au milieu de l’un de ces dîners pour masser la nuque d’Epstein pendant qu’il parlait. Lorsqu’il a rassemblé 21 physiciens sur son île privée pour une réunion sur la gravité en 2006, il aurait été accompagné en permanence par trois ou quatre jeunes femmes. Il a également rencontré de nombreux scientifiques lors d’une réunion annuelle organisée par John Brockman, un agent littéraire qui représentait des auteurs scientifiques célèbres tels que Stephen Hawking et Jared Diamond. Le physicien Murray Gell-Mann, lauréat du prix Nobel, a remercié Epstein pour son soutien financier dans la section des remerciements de son livre de 1995, The Quark and the Jaguar (Le quark et le jaguar).

Selon le New York Times, une liste partielle des plus grands noms scientifiques dans l’orbite d’Epstein comprend “le physicien théoricien et auteur de best-sellers Stephen Hawking ; le paléontologue et biologiste évolutionniste Stephen Jay Gould ; Oliver Sacks, neurologue et auteur de best-sellers ; George M Church, ingénieur moléculaire qui a travaillé à l’identification des gènes qui pourraient être modifiés pour créer des humains supérieurs ; et le physicien théoricien du MIT Frank Wilczek, lauréat du prix Nobel”.

Epstein se qualifiait lui-même de “philanthrope de la science” et faisait des dons généreux à des organisations prestigieuses telles que Harvard, le MIT et l’Institut de Santa Fe. À un moment donné, il aurait donné jusqu’à 20 millions de dollars par an pour financer des scientifiques.

Le New York Times s’est penché sur les convictions scientifiques d’Epstein dans un article de 2019 intitulé “Jeffrey Epstein Hoped to Seed Human Race With His DNA” (Jeffrey Epstein espérait ensemencer l’espèce humaine avec son ADN). Les journalistes du Times ont découvert qu’Epstein était apparemment obsédé par le “transhumanisme”, la croyance selon laquelle l’espèce humaine peut être délibérément avancée grâce à des percées technologiques, telles que le génie génétique et l’intelligence artificielle. Dans sa forme la plus bénigne, le transhumanisme est une croyance selon laquelle les problèmes de l’humanité peuvent être améliorés, voire dépassés, grâce à des technologies telles que la cybernétique et l’intelligence artificielle – mais dans sa forme la plus maligne, le transhumanisme s’apparente à l’eugénisme.

L’eugénisme est la croyance selon laquelle l’humanité peut être améliorée par la reproduction contrôlée, en sélectionnant les traits préférés et en minimisant les traits moins souhaitables. Alan Dershowitz, professeur émérite de droit à Harvard et ancien avocat d’Epstein, a déclaré dans l’enquête du New York Times qu’Epstein orientait parfois les conversations sur la manière d’améliorer génétiquement la race humaine.

Epstein aurait été fasciné et inspiré par le Repository for Germinal Choice, fondé à Escondido, en Californie, en 1980 par Robert K. Graham, un eugéniste avoué et un magnat qui s’est enrichi en développant des verres de lunettes incassables. L’objectif de Graham était de “renforcer le patrimoine génétique humain” et il y parviendrait grâce au Repository, une banque de sperme dont tous les donneurs étaient des lauréats du prix Nobel. C’est du moins ce qui était censé fonctionner : selon un article paru en 2001 dans Slate, Graham n’a jamais convaincu que trois ou cinq personnes (les histoires varient) de contribuer réellement, et le Repository a fermé ses portes en 1999.

Mais Epstein a apparemment été séduit par l’idée. Dans sa version, cependant, plutôt qu’une bande d’universitaires diplômés, c’est lui qui “renforcerait le patrimoine génétique”. Dès le début des années 2000, il aurait dit à plusieurs personnes qu’il voulait féconder autant de femmes que possible pour distribuer ses gènes le plus largement possible. Plusieurs connaissances ont déclaré au New York Times qu’Epstein avait mentionné l’utilisation de son vaste ranch du Nouveau-Mexique comme base d’opérations, et au moins une personne a déclaré qu’il prévoyait de féconder jusqu’à 20 femmes à la fois.

Pour alléger sa facture d’électricité, l’ONU ferme

Voilà un bon exemple à suivre par certaines de nos administrations… Faute de liquidités, l’ONU prolonge la fermeture de son siège genevois. Cette mesure inédite, précédemment décidée pour la période du 20 décembre au 7 janvier, sera finalement étendue jusqu’au 12 janvier. L’organisation internationale souhaite de la sorte alléger sa facture d’électricité.

Le déficit de l’ONU est en grande partie dû au défaut de cotisations de ses membres: 52 des 193 pays finançant l’institution ne seraient pas à jour dans leurs paiements.

Comment vivre à proximité d’un point de deal ?

La mairie de Grenoble vous apprend à vivre avec les dealers afin que vous appreniez enfin à vivre la mixité sociale… :

Donald Trump ridiculise Macron

Lors d’un meeting :

 

Face au monde moderne, quelle réponse pour un catholique?

C’est le thème d’une conférence donnée par Stanislas Berton en fin d’année dernière à Versailles :

La culture, au service du Bien Commun

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

« Ah ! qu’il est bon, qu’il est agréable pour des frères d’habiter ensemble ! » Cette exclamation du premier verset du psaume 133 traduit bien lambiance engageante qui doit régner dans une communauté d’hommes. Vivre ensemble ne peut suffire. Il faut encore que les membres de la société humaine prennent plaisir à vivre ensemble. Tout le véritable enjeu de la culture et la nécessité de sa transmission résident là. Si la nature sociale de l’homme est un fait – « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Gn 2, 18) – il faut encore que cette vie en société lui devienne « bonne » et « agréable », pour reprendre les adjectifs du psalmiste. « Habiter ensemble » certes, mais en construisant, consolidant et préservant des « espaces de paix et de sociabilité » selon l’expression de l’historien Pierre Chaunu. C’est à ce prix seulement que la bonté naturelle de la sociabilisation garantira d’être profitable. « Vivre ensemble » par nature et « prendre plaisir à vivre ensemble » par culture. Le chrétien ajoutera « se consumer pour l’ensemble » par grâce. « Seul », l’homme ne saurait parvenir à s’accomplir totalement. En cela, la culture de l’Evangile introduit un changement radical dans les relations humaines et élargit considérablement leurs perspectives. L’homme ne trouve pas sa raison d’être en existant seulement « avec quelqu’un ». Plus profondément, plus complètement, il donne à sa vie une plénitude inédite en existant « pour quelqu’un ».

De Cicéron à Jacqueline de Romilly

Arrêtons-nous quelques instants sur le terme de « culture ». Du latin « cultura », ce mot correspond à la fois à la « culture de la terre » (l’agriculture) mais aussi au « culte des ancêtres » (la piété filiale). Ainsi, la matrice originelle du mot « culture » se réfère à la terre et aux morts. Faire fructifier la première, en même temps que se souvenir avec respect de ceux qui l’ont travaillée avant nous. « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi t’en glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? » s’interrogeait déjà saint Paul (1 Cor 4, 7).

Dans ses Tusculanes, Cicéron constatait : « Un champ si fertile qu’il soit ne peut être productif sans culture et c’est la même chose pour l’âme sans enseignement. Or la culture de l’âme, c’est la sagesse. » Par sagesse, il faut entendre tout ce qui se dégage des passions, des inquiétudes, des pertes de temps pour connaître le vrai, le beau, le bien. Aux yeux de Cicéron, à la culture correspondent donc l’enseignement, la formation, l’éducation qui vont extirper en nous les vices et permettre à notre nature humaine de développer toutes ses potentialités en accueillant la vérité.

Notre filiation nous fait naître, sans mérite de notre part,dans un peuple déterminé, sur un continent déterminé, dans une province, un milieu, une famille, qui ont eux-mêmes un passé, des traditions, des usages, une langue, une manière de concevoir l’existence. De tout cela, nous héritons. La filiation nous fait aussi grandir sur une terre particulière, dans des paysages, dans des bruits, dans des odeurs qui vont impressionner notre sensibilité. La liste des réalités qui interviennent dans notre construction personnelle et qui nous constituent pourrait être longue. Une chose est certaine : notre âme, cultivée par l’éducation selon le mot de Cicéron, reçoit de ce labourage intérieur une conception du vrai, du beau et du bien. Cette culture de l’âme se réalise dans des conditionnements liés à notre filiation, à celle qu’ont reçue nos parents, et ainsi de suite. L’universel, qui serait inaccessible sans la culture, nous est rendu sensible à travers les médiations propres à notre environnement.

A l’école des Grecs, Cicéron souligne ainsi que nous ne pouvons devenir ce que nous sommes qu’au terme d’un effort, d’une transmission. « On ne naît pas homme, enseignait Jacqueline de Romilly, on le devient avec peine en cultivant l’amour de la liberté, la passion de la justice et le respect de la vie humaine. » Il n’est pas inutile de rappeler que la peine est attachée à toute culture de la terre : semer la bonne graine, récolter la moisson, moudre le blé réclament de l’énergie, de l’attention, de la ténacité. De même, attendre de l’école qu’elle ne soit qu’un lieu de bien-être serait se méprendre sur la réalité de notre nature humaine blessée. Acquérir des repères, bien user de la langue française ou jongler avec agilité entre tables de multiplications, verbes irréguliers anglais et déclinaisons latines nécessitent forcément… des efforts.

« Profondément, la culture relève du domaine de l’être »

Cependant, la culture n’est pas, comme l’entend Cicéron seulement une action. Cette culture de l’âme qui permet d’accéder au vrai, au beau, au bien, est aussi un filtre. Par « filtre », on entend tous les particularismes à travers lesquels nous ont été proposés le vrai, le beau et le bien. Ces particularismes sont évidemment des mœurs, des œuvres de l’esprit – œuvres littéraires, œuvres philosophiques – qui ont pu nous édifier. C’est encore une histoire qui est la nôtre, une géographie au sein de laquelle nous avons grandi. Tous ces particularismes vont considérablement conditionner notre être. Lors d’une conférence organisée par Les Eveilleurs en 2017 sur le thème « Le multiculturalisme menace-t-il notre civilisation ? », le directeur du Figaro Histoire, Michel De Jaeghere, remarquait : « Un enfant qui est élevé aujourd’hui en Afghanistan, dans une famille polygame, dans l’idéal du djihad, par la seule lecture éventuelle du Coran ne donnera pas le même homme qu’un méditerranéen lisant Homère ou Corneille dans une famille chrétienne, non plus qu’un adolescent écoutant du Métal en regardant les films de Tarantino dans une barre de HLM. »

Mais alors, en quoi la culture révèle-t-elle son caractère décisif ? Parce que, justement, elle n’est pas du domaine de l’avoir. Par « culture », on se méprendrait à entendre d’abord et en premier lieu une accumulation de connaissances. Profondément, la culture relève du domaine de l’être. C’est ce qui explique sa dimension essentielle dans notre quête d’absolu et rend hasardeux l’idée même de sociétés multiculturelles. Dimension essentielle dans notre quête d’absolu parce que la culture judéo-chrétienne invite à se dépouiller du vieil homme, le « barbare », pour revêtir l’homme nouveau, le « disciple », celui dont le cœur, l’esprit et l’âme se laissent labourer par l’Evangile. Rend hasardeux l’idée même de sociétés multiculturelles car il y a utopie à faire vivre ensemble, en communauté, des personnes qui, n’ayant pas reçu l’accès à l’universel à travers les mêmes particularismes, n’ont pas le même langage pas la même conception du vrai, du beau et du bien. Et comment pourraient-ils dès lors s’entendre sur un Bien Commun, puisque précisément leur caractère est ne pas avoir l’idée du bien en commun ?

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