Le climat qui rend fou
Physicien, professeur émérite à l’Université de Tours, François Gervais a été directeur d’un laboratoire du CNRS (UMR 6157) et expert reviewer des rapports AR5 et AR6 (2022) du GIEC. Ancien conseiller scientifique du Pôle de compétitivité Sciences et Systèmes de l’Energie Electrique (S2E2), il est médaillé du CNRS en thermodynamique et lauréat du Prix Ivan Peyches de l’Académie des sciences.
Il vient de publier un ouvrage sur Le déraisonnement climatique. Selon les calculs du GIEC, la planète s’est réchauffée de 0,4°C depuis 1945, date de l’accélération des émissions de CO2 dues à la combustion de ressources fossiles et, à ce jour, toujours selon les évaluations du GIEC, la France serait responsable d’une hausse annuelle de la température du globe de 0,00007°C. Or, sur la base de ces estimations reconnues, nos dirigeants aiguillonnés par l’ONU ont décidé d’atteindre le « zéro carbone » en 2050, impliquant des bouleversements radicaux de nos modes de vie et en particulier la transition vers le tout électrique, alors que 80% de l’énergie produite aujourd’hui est d’origine fossile. Au-delà de l’interdiction complète des véhicules thermiques, décidée à l’horizon 2035, les réflexions portent désormais, entre autres, sur la limitation du nombre de vols intercontinentaux, sur des restrictions à la consommation de viande, une limitation des constructions de maisons individuelles et bien sûr une démultiplication des installations d’éoliennes et de champs photovoltaïques. Tout ceci financé par de la dette. François Gervais passe en revue, secteur par secteur, les incohérences et les contradictions qui nous conduisent, à brève échéance si nous ne revenons pas à une attitude scientifique normale, vers des lendemains de très grave précarité énergétique.
A propos du fameux “dérèglement” climatique, il souligne que
Parler de dérèglement suppose qu’un ordre établi, justement réglé comme du papier à musique, aurait prévalu de longue date et qu’il serait en passe d’être détérioré. Lorsqu’on observe les trois cent soixante ans d’enregistrement mensuel de température du plus ancien thermomètre du monde, on constate effectivement une hausse de température moyenne depuis le dernier petit âge glaciaire. Le recul des glaciers de montagne initié depuis plus de trois siècles peut s’expliquer par une telle hausse. Le minimum de Maunder observé de 1645 à 1715 était corrélé à une absence prolongée de taches solaires, cause de froid, de mauvaises récoltes et de famines historiquement documentés. En revanche, les fluctuations de températures de part et d’autre de la moyenne ont de tous temps été de fréquence et d’amplitude similaires de sorte que l’on serait bien en peine de discerner un “règlement” et de repérer le début d’un quelconque “dérèglement”.
8 huit après Laudato Si, le pape publie une nouvelle exhortation apostolique, Laudate Deum, un texte de 26 pages dans lequel il ne craint pas d’affirmer :
Nous avons beau essayer de les nier, de les cacher, de les dissimuler ou de les relativiser, les signes du changement climatique sont là, toujours plus évidents. […] Si nous pouvions jusqu’à maintenant connaître quelques vagues de chaleur par an, que se passera-t-il avec une augmentation de la température globale de 1,5 °C, ce dont nous sommes proches ? De telles vagues de chaleur seront beaucoup plus fréquentes et plus intenses. Si l’on dépasse 2 °C, les couches de glace du Groenland fondront complètement et une bonne partie de celles de l’Antarctique, ce qui aura des conséquences énormes et très graves pour tous.
François Gervais écrit pourtant dans son livre :
Les 3000 balises Argos immergées dans tous les océans de la planète, opérationnelles depuis 2002, les laboratoires spécialisés dans la mesure de la température e la Terre, les mesures de températures de la troposphère par satellite, tous concluent à une stagnation, voire une légère diminution, de la température de la planète depuis le pic de 1998. Les sites internet de laboratoires spécialisés, dispersés aux quatre coins du monde, publient les mesures en temps réel, permettant à chacun de vérifier et de suivre l’évolution. Parallèlement, le niveau des océans, qui était monté d’une vingtaine de centimètres au cours du XXe siècle, semble se stabiliser et avec lui le taux de méthane qui, lui, avait doublé.
Le pape écrit aussi, au n°11 de son exhortation :
On ne peut plus douter de l’origine humaine, – “anthropique” – du changement climatique.
Serait-ce un nouveau dogme ? François Gervais rappelle à ceux qui ont la mémoire courte :
Le numéro 633 de juin 1970 de Science & Vie annonçait à la une “Plus de vie dans 50 ans”. 1970 + 50 ans = 2020, c’est le passé récent, aisé à vérifier. “La température de l’atmosphère s’élèvera de 9° durant le prochain demi-siècle et le niveau des eaux de 3 mètres.” A la même époque, dans The Cooling, Lowell Ponte écrivait : “Ce refroidissement a déjà tué des centaines de milliers de personnes. S’il continue, et qu’aucune action vigoureuse n’est entreprise, il va causer une famine mondiale, un chaos mondial, une guerre mondiale et tout ceci pourrait arriver avant l’an 2000.” Le 9 juillet 1971, le Washington Post écrivait : “Dans les cinquante prochaines années, la poussière (comprenez les aérosols) émise dans l’atmosphère par combustion des ressources fossiles va tellement voiler la lumière solaire que la température de la Terre va chuter de 6°. Cinq à dix années d’émissions pourraient être suffisantes pour déclencher un âge glaciaire.”
Témoignage du padre Lallemand, aumônier de la Légion étrangère
Dans le cadre du tournage du film Je m’abandonne à toi, la cinéaste Cheyenne-Marie Carron a réalisé un entretien avec le père Yannick Lallemand, aumônier dans la Légion étrangère :
Louis : un nouveau magazine, pour les hommes
Le magazine Louis est né pour accompagner les hommes dans leur quête existentielle ou spirituelle en proposant un éclairage spécifique sur la façon dont ils peuvent se réaliser et s’accomplir.
Le site internet souhaite accompagner les hommes dans leur vie personnelle (couple, famille), leur travail (faire fructifier les talents, enrichir les compétences, etc.) et leur utilité au service de leur pays (discernement de l’actualité).
- A travers des articles, des interviews et un contenu qui montera en puissance au fur et à mesure que des bonnes plumes collaboreront.
- En décryptant l’actualité, les lecteurs de Louis sauront mieux discerner les grands enjeux pour notre pays.
- En proposant des figures inspirantes (aussi bien les saints que d’autres hommes à la valeur éprouvée).
- En proposant des articles de formation adaptés au charisme masculin et à la vocation masculine.
Louis, comme Louis Martin, le père de Ste Thérèse de Lisieux, dont Dominique Menvielle dresse le portrait :
Loin de l’image doucereuse qu’on pourrait lui coller sans le connaître, Louis Martin était en fait un actif généreux en plus d’être un priant ardent. Contemplatif, certes, mais énergique sportif de Dieu.
Louis Martin était horloger-bijoutier. Le métier idéal pour lui permettre de se tenir tranquillement dans son atelier, à manier minutieusement les petites pièces d’horlogerie ou d’orfèvrerie. Il aime cette atmosphère paisible que la venue de clients ne rompt pas pour autant, tant il est aimable et accueillant.
Un priant ardent, un actif généreux
Son passe-temps favori correspond en tous points à son métier : il s’est acheté un petit enclos en bordure de Sarthe qui lui permet de taquiner le gardon dans la rivière ou de lire, méditer, prier dans la petite tour qu’il s’est aménagée très sobrement. Ses amis l’appellent plaisamment « le martin-pêcheur ». Louis n’est pas un misanthrope, loin de là, il a des amis, de ceux sur lesquels il peut compter, parmi lesquels il choisira les parrains et marraines de ses enfants ; ces amis qu’il retrouve régulièrement autour du curé de sa paroisse pour parler religion, théologie, philosophie, politique, économie, affaires sociales… ou encore autour d’un billard, jeu en lequel il excelle. C’est avec ces mêmes amis qu’il organisera l’adoration nocturne et aussi les conférences de Saint-Vincent-de-Paul. On l’a donc compris, Louis est à la fois un priant ardent et un actif généreux.
On comprend qu’il ait eu le désir d’être moine dans la communauté des religieux du Grand-Saint-Bernard : à 2500 m d’altitude, dans le grand silence qu’impose la nappe neigeuse une partie de l’année, il aurait aimé aussi partir à la recherche des voyageurs perdus en plein brouillard, accompagné des fameux chiens Saint-Bernard.
L’énergique « sportif de Dieu »
Le paisible Louis est en fait un grand sportif. Fils de militaire, il a été élevé parmi les enfants de troupe. A Strasbourg, il s’est montré capable de sauter d’un pont pour sauver un jeune homme de la noyade : il faillit y laisser sa vie, le jeune entravant ses mouvements en s’agrippant désespérément à lui !
Une autre fois, il fut plus rapide que le taureau qui le poursuivit dans un champ, ne lui laissant que le temps d’attraper au vol sa petite Thérèse et son sac de pêche pour se mettre à l’abri ; avec grande habileté, Louis se retournait de temps en temps pour le maintenir à distance en se servant de ses cannes à pêche comme d’une hallebarde.
Ce ne sont pas non plus les kilomètres à pied qui l’arrêtaient, que ce soit pour trouver dans la campagne environnante une nourrice pour sa fille que Zélie ne pouvait allaiter ou, surtout, pour ses pèlerinages.
Sa plus belle trajectoire fut celle de toute sa vie, orientée vers Dieu, son seul but, qui fit de lui l’homme, le père et le saint, nourri de l’Evangile, que cette rubrique veut vous faire connaître.
Euthanasie : les étranges pratiques médicales du docteur Jean Reignier
Interrogé par Libération le 22 septembre, le Dr Jean Reignier, chef du service de réanimation du CHU de Nantes avance qu’un patient peut se considérer en fin de vie très en amont de sa mort théorique et qu’alors l’écoute de celui-ci doit se centrer sur son éventuel « désir d’en finir ». Il avance ainsi que légaliser l’euthanasie et le suicide assisté facilitera grandement son dialogue avec les proches.
En réponse, Cédric de Linage témoigne dans le JDD sur le cas de sa femme Amélie, qui fut patiente du Dr Jean Reignier et qui vit désormais avec un lourd handicap depuis 2014 après avoir survécu quinze jours sans alimentation :
Le parcours de soins chaotique de mon épouse dans le service qu’il dirige en 2014 récuse formellement son analyse : bien au contraire, légaliser l’aide active à mourir ruinerait l’authenticité du dialogue entre les patients, les soignants et les proches, pour ne privilégier que les demandes de mort, voire les suggérer.
J’ai rencontré le Dr Reignier en août 2014. Mon épouse Amélie venait de s’étouffer dans la cuisine en avalant de travers un morceau de viande : manque d’oxygène, arrêt cardiaque, elle est admise en service de réanimation. Son coma évolue en état de mal épileptique. C’est un coma très critique.
Cinq jours seulement après l’accident, l’équipe que dirige ce praticien met fin aux derniers essais médicamenteux inefficients. Je me rends au chevet de ma femme et découvre avec stupeur qu’ils ont arrêté de l’alimenter, sans le moindre avis familial préalable sur ses souhaits en pareille situation, et cela avant même qu’ils m’annoncent qu’il n’y a plus d’espoir, qu’« Amélie ne se réveillera jamais » et que la ventilation artificielle doit être arrêtée.
Je suis d’autant plus frappé par cette précipitation que ces médecins ne semblent pas remarquer les quelques signes d’évolution positive d’Amélie qui va notamment se remettre à respirer naturellement. Pour ma femme, toute vie vaut d’être vécue. Je le sais, elle me l’a toujours dit. Et je le vois, son corps est bel et bien en lutte.
Les différentes rencontres avec l’équipe médicale se succèdent pour me répéter une conclusion présentée comme inéluctable : « vous allez finir par comprendre », « vous avez perdu votre femme ». À cela, le Dr Reignier ajoute de toute son autorité une affirmation sans doute destinée à emporter mon adhésion : « Monsieur, je dois vous le dire : son projet de vie, c’est de mourir ». Sur le coup, cette parole me glace, je suis sans voix. Mais je comprends : il ne laisse plus de place pour son projet de vivre.
Le cadre strict de la procédure collégiale est malmené : avant de prendre sa décision, ce médecin ne s’est même pas interrogé sur les volontés d’Amélie, pourtant claires, et il ne nous a pas laissé le temps de les exposer. L’arrêt d’une alimentation artificielle qui fonctionnait s’est ici présentée comme un fait accompli. Ce fait accompli me précipite dans un trou noir où je ressens toute l’ambivalence qu’exerce la mort sur une fin de vie. Je suis acculé à rassembler toutes mes forces pour dire et redire la volonté d’Amélie de vivre, même handicapée.
Non, la personne de confiance qui s’efforce d’exprimer des directives anticipées contraires à l’orientation personnelle du médecin n’est pas un « Mari à cadrer. Conteste les décisions médicales » comme l’affirme le dossier médical. En fait, questionner la justesse de l’arrêt de soins n’est pas entendable par ce médecin. Le dialogue est à sens unique. Sans doute juge-t-il qu’Amélie porterait probablement un handicap « inacceptable ». Mais est-ce un avis médical ou un avis personnel ?
La réaction à ce type de situation est personnelle, le refus de soins est un droit : mais quand la mort devient inconsciemment un objectif, l’analyse n’est plus aussi objective. Plus personne ne cherche à distinguer les probabilités d’évolution des pseudo-certitudes, plus personne ne différencie une prédiction autoréalisatrice d’un pronostic « inéluctable » ; on ne fait même plus la différence entre une limitation des traitements et leur arrêt total. Sans ma défense acharnée de ses volontés, Amélie serait morte.
Il me faudra 15 jours pour obtenir la reprise de l’alimentation. 15 jours pour être écouté. En soins palliatifs, où Amélie s’est réveillée, ce sera la construction, à tâtons, d’un vrai dialogue éclairé et respectueux entre le patient, la famille et les soignants. La rencontre s’est faite à trois, entre un projet de vie, une situation médicale inédite et le cadre du serment d’Hippocrate. Nous ne demandions rien de plus.
En découvrant ce médecin se faire promoteur de « l’aide active à mourir », je suis stupéfait. Et je comprends mieux pourquoi il a pu à ce point sous-estimer l’effet de sidération qui s’abat sur une famille frappée brutalement par un accident et un pronostic grave. A-t-il seulement compris la violence de la situation ? Cette sidération, cette sorte d’emprise, j’ai mis moi-même quatre années à en sortir complètement avant de pouvoir relire le réel enchaînement des événements.
Dans son interview, le docteur Jean Reignier conseille également la rédaction de directives anticipées très techniques : « Respiration, alimentation artificielles, soutien cardiovasculaire ? Oui/Non ? ». Mais comment ces réponses peuvent aider en pareille situation ? Surtout si la personne de confiance n’est pas écoutée. Pour un dialogue authentique, il faut un peu laisser tomber l’emprise de la blouse blanche et se mettre à hauteur du patient ou du proche.
Ce médecin réclame de dépénaliser toute euthanasie : est-ce pour pouvoir déborder du « cadre strict » sans risque ? Qui pourra demain lui reprocher un « soin » d’euthanasie « non-conforme » d’autres Amélie ?
Amélie porte de nombreuses séquelles, aggravées par sa dénutrition imposée. Lorsqu’elle m’a demandé de lui relire à haute voix ce roman d’anticipation Les assassins sont si gentils, j’ai compris que sa plus profonde blessure n’est pas tant d’avoir été, de nombreux jours, celle qui allait mourir, mais, bien plus encore, de savoir qu’elle a été un jour regardée, ne serait-ce qu’un instant, comme celle qui était indigne de vivre, celle qui devait mourir.
Père Danziec – L’Eglise catholique : du mystère au miracle
Université d’été 2023 de Renaissance Catholique – du 13 au 16 juillet sur le thème : Crises et renouveaux dans l’Eglise. Voici la conférence donnée le 13 juillet par le Père Danziec sur L’Eglise catholique : du mystère au miracle. Le Père Danziec est chroniqueur à Valeurs Actuelles et éditorialiste à L’Homme Nouveau.
La loyauté de saint François d’Assise
Alors que nous fêtons ce 4 octobre saint François d’Assise, les éditions Life ont réédité un petit ouvrage du père Gatien, paru en 1927, sur Saint François d’Assise, sa personnalité, sa spiritualité.
Saint François d’Assise est un immense saint parce qu’il fut totalement consacré à Dame Pauvreté. A l’heure où l’on parle d’écologie, François nous indique la Croix. C’est le seul arbre dont il soit tombé amoureux. La sobriété n’est pas pour lui un nihilisme ou un rejet de la civilisation, c’est un attachement à la plénitude du salut qui nous est donné par le Christ et lui seul. Oui, soyons pauvres avec Saint François pour découvrir la joie parfaite.
L’auteur évoque notamment la loyauté du saint d’Assise :
De la ferveur de son amour, et aussi de son caractère chevaleresque, dérive un autre trait de la piété de saint François : la loyauté. La loyauté lui inspire une horreur instinctive de l’hypocrisie. Elle exige l’harmonie parfaite entre les pensées et les actes, entre la théorie et la pratique, entre l’âme et le corps, entre la vie intime et l’être extérieur.
La science est le prochain champ d’action du totalitarisme
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Charcutage d’adolescentes eu nom de l’idéologie du genre
Des centaines d’adolescentes au Canada ont subi une « chirurgie du haut », autrement dit une double mastectomie, au cours des cinq dernières années.
Selon des données compilées par le Canadian Institute for Health Information, les hospitalisations et les visites en chirurgie ambulatoires pour des mastectomies bilatérales demandées par des femmes se déclarant transgenres sont passées de 536 en 2018-19, à 985 en 2022-23. Sur les 4071 visites au total impliquant des mastectomies ou des réductions mammaires recensées depuis 2018, 602 concernaient des jeunes de 18 ans et moins. Les plus jeunes adolescentes avaient 14 ans.
Par ailleurs, une étude portant sur 174 enfants et adolescents se déclarant transgenres ou non binaires orientés vers dix « cliniques d’identité sexuelle » au Canada a révélé que 34% des enfants nés filles ont été orientés vers une chirurgie du haut. La plupart avaient 15 ou 16 ans au moment de la consultation.
Source : Gènéthique
VA+ a interrogé un jeune adulte qui, influencé par la communauté LGBT, est devenu transgenre. De 2020 à 2023, il prend des hormones pour ressembler à une femme. À quelques semaines d’un premier rendez-vous en vue d’une opération de chirurgie esthétique, il arrête finalement son processus hormonal et se réaffirme comme homme. Il raconte à visage couvert, craignant le terrorisme de la secte LGBT :
Equilibre entre vie professionnelle et vie personnelle
De Bernard Guéry, professeur de philosophie, dans L’Homme Nouveau :
De plus en plus de cadres se plaignent de ne pas parvenir à répondre à la fois aux exigences de la vie professionnelle et personnelle. L’expression anglaise consacrée parle de « work/life balance ». Ma conviction est que les termes dans lesquels le problème est posé aiguillent vers une mauvaise solution. Il se trouve que le terme balance (équilibre) implique une exclusion mutuelle des deux éléments en présence. Comme si le travail ne faisait plus partie de la vie. Dans ces conditions, quel que soit le compromis trouvé, la famille sera toujours un frein à l’évolution professionnelle et le travail sera toujours ce qui arrache l’individu à sa famille.
le travail fait partie de la vie
Au lieu d’équilibre, il est préférable de parler d’intégration entre vie professionnelle et familiale. Cette façon de poser le problème prend acte du fait que le travail fait partie de la vie. Il faut bien voir que ce problème d’intégration entre travail et famille est extrêmement récent à l’échelle de l’humanité. L’activité économique s’est très longtemps majoritairement tenue à l’intérieur du champ familial. L’étymologie nous le dit bien : « éco » fait référence à « oikos », la maison. La famille était « the place to work » par excellence. Il suffit de regarder quelques épisodes de la série Downton Abbey pour voir les dernières survivances de ce mode de vie en Occident. Aujourd’hui, le travail rémunéré est encore minoritaire par rapport à ce que certains philosophes et économistes appellent le « travail fantôme ». Aujourd’hui, on dit qu’un père qui prend son congé paternité arrête de travailler pour quelque temps. C’est un abus de langage. En effet, son travail change de nature, mais l’activité n’est pas moindre. Autrefois, et dans certaines parties du monde aujourd’hui, cette activité domestique représentait la totalité du travail.
Aujourd’hui, entre le travail rémunéré et le travail fantôme, il y a une forte tension qui explique pourquoi l’intégration du travail et de la famille est un problème.
Pour comprendre cette tension, il faut partir du principe que, pour la production de la plupart des biens et services, il est possible de faire soi-même ou de recourir à un dispositif extérieur (technologie, institution, entreprise, etc.). Pour savoir si j’ai de la fièvre, je peux tâter mon pouls ou recourir à un thermomètre. Quand je suis malade, je peux recourir à l’automédication ou aller voir un médecin. Pour sécher mon linge, je peux l’étendre au soleil ou recourir à un sèche-linge. Pour apprendre à lire à mes enfants, je peux leur enseigner moi-même ou bien les envoyer à l’école. Il en va de même depuis l’accouchement, qui peut être à domicile ou médicalisé, jusqu’à l’ensevelissement des morts, pour lequel on peut avoir recours à des pompes funèbres. Une famille, pour se nourrir, se vêtir, se loger, se déplacer, doit pouvoir, en théorie, avoir le choix entre la production autonome de la plupart de ces biens et services et la sous-traitance à des structures industrielles, commerciales et administratives. Dans beaucoup de régions du monde, aujourd’hui, les communautés locales constituées de familles, pourvoient elles-mêmes à la majorité de leurs besoins. Au contraire, dans les pays très développés, les familles ne produisent pas elles-mêmes leur nourriture, sauf quelques herbes aromatiques qui poussent sur le rebord de la fenêtre de l’appartement.
Les valeurs qui régissent le domaine du travail domestique s’appuient en grande partie sur la gratuité du service rendu.
Le philosophe Ivan Illich a mis en lumière la loi de fonctionnement de ces dispositifs extérieurs auxquels nous confions le soin de produire à notre place le bien ou le service en question. Il explique que, passé un certain stade de développement, l’institution se développe de façon autonome, détournant de plus en plus l’énergie qu’on lui octroie pour produire le bien ou le service au profit de son propre fonctionnement. Par exemple, dans certains pays, l’argent donné par les parents au ministère de l’Éducation est utilisé moins pour éduquer les enfants que pour faire fonctionner l’administration éducative.
Enfin, l’institution finit par supprimer toute possibilité de produire en autonomie le bien ou le service en question. Quelle famille élève ses poules pour avoir des œufs ? Quel père de famille sait réparer sa propre maison ? Qui sait coudre, jardiner, réparer un outil ?
la famille dépossédée
Cette loi de fonctionnement des dispositifs hétéronomes engendre donc une force centrifuge qui dépossède la famille de la possibilité de subvenir elle-même à un certain nombre de besoins et qui éloigne de plus en plus le travail rémunéré du travail domestique. Les dispositifs hétéronomes de production requièrent une main-d’œuvre qui ne peut plus être employée à la production directe de biens et de services pour la famille. Le temps passé à travailler pour acheter des œufs ne peut pas être employé à entretenir une basse-cour. Le développement industriel promet de réduire les contraintes de la vie. La réalité c’est que dans, beaucoup de cas, il consiste plutôt à déplacer la contrainte. Dans cette perspective, l’histoire de l’industrialisation peut être lue comme un processus qui exproprie progressivement les capacités d’autonomie de la famille. C’est ainsi que le travail dans le cadre d’un emploi et la vie sont devenus des antagonistes que l’on essaie de réconcilier tant bien que mal.
Une première piste de réflexion consisterait à valoriser le travail domestique dans une double direction. Tout d’abord en le donnant à voir. D’un point de vue culturel, mettre en lumière ce travail domestique permet de relativiser le monopole du travail rémunéré sur la possibilité d’épanouissement personnel. Il y a une évolution culturelle souhaitable vers une valorisation de la capacité du travail domestique à épanouir les personnes. Parfois, une jeune femme éducatrice de rue suscite plus d’admiration que celle qui est éducatrice de ses propres enfants. Pourtant, il me semble qu’il y a un piège dans cette valorisation du travail domestique. Il est tentant, pour le mettre en lumière, de le comptabiliser, pour pouvoir le traduire financièrement. Or cette opération de quantification est plutôt une récupération du travail domestique par la logique du travail rémunéré qu’une valorisation du travail domestique pour ce qu’il est. En effet, les valeurs qui régissent le domaine du travail domestique s’appuient en grande partie sur la gratuité du service rendu. Chiffrer ce service, c’est risquer d’atteindre les valeurs éthiques qui sous-tendent l’activité domestique, un peu comme annoncer le prix qu’a coûté un cadeau que l’on offre risque de supprimer la gratuité du don.
La deuxième direction pour valoriser le travail domestique est de permettre aux familles de se réapproprier les ressources de production de biens et services. Je suis persuadé qu’une politique publique qui met à disposition des particuliers des formations à la culture des légumes, des crédits d’impôt pour acquérir des outils de jardin, qui défiscalise l’achat de petit bétail, serait vraiment innovante pour permettre une réintégration du travail dans la vie familiale.
Enfin, il ne faut pas oublier que la famille est le lieu de l’apprentissage du travail. Le sens du travail bien fait, la créativité, la rigueur, la persévérance, le sens du service rendu, le don de soi et l’esprit d’équipe sont des aptitudes que la famille est la mieux placée pour fournir aux enfants.
Trafic d’enfants, mode d’emploi.
En attendant la sortie de “Sound of Freedom” voici un exemple de documentaire diffusé sur karlzero.tv qui traite du même sujet: le trafic d’enfants. Un voyage éprouvant dans ce monde souterrain où mêmes les bébés sont vendus, tant pour la prostitution que pour leurs organes. Le réalisateur Patryk Vega rencontre une future mère qui a l’intention de vendre son futur enfant à naître, tente de l’en dissuader, et nous montre les mécanismes de commerce effarant, en interviewant ceux qui le pratiquent. Un film dont on ne sort pas indemne. Abominable.
Le Haut-Karabagh sera toujours une terre arménienne
Communiqué de l’Oeuvre d’Orient :
Ce n’est pas parce qu’on en chasse la population que le Haut-Karabagh cesse d’être arménien.
Les Arméniens qui ont fui les soldats azerbaïdjanais n’ont pas volontairement, ni définitivement quitté leurs terres.
Le Conseil de sécurité et toute autre instance onusienne ainsi que les gouvernements de la communauté internationale doivent sécuriser ce territoire du Haut-Karabagh afin :
- de permettre aux Arméniens d’avoir une libre circulation vers le territoire du Haut-Karabagh, d’y retourner s’ils le souhaitent pour récupérer ou prendre soin de l’ensemble de leurs biens.
- d’assurer le respect des droits fondamentaux des Arméniens ayant fait le choix de rester sur place.
- de libérer dans les plus brefs délais les prisonniers ayant été capturés lors de l’attaque éclair du 19 septembre.
- de préserver le patrimoine matériel (maisons, églises, monastères, stèles, croix) et immatériel arménien. L’envoi de la mission d’experts de l’UNESCO doit être autorisé pour l’inventaire des sites du patrimoine.
- de conserver une représentation administrative autonome du Haut-Karabagh.
Il est maintenant essentiel d’assurer le respect de l’intégrité territoriale de la République d’Arménie en protégeant son peuple et ses frontières.
La communauté internationale doit intensifier le soutien à la population arménienne ayant trouvé refuge en Arménie et doit soutenir l’Arménie dans ses capacités d’accueil des déplacés.
Un groupe de travail doit se mettre en place pour étudier les conditions d’avenir de cette population.
Il faudra que la justice soit faite devant le peuple arménien et que les conditions soient remplies pour que ceux qui le désirent puissent retourner sur cette terre qui est la leur.
Nous devons continuer à demander la reconnaissance du génocide de 1915.
C’est le déni de ce génocide qui a engendré les drames et les crimes que nous voyons aujourd’hui.
Moins d’argent pour les soins palliatifs et plus pour l’euthanasie
En Australie, le financement promis pour les soins palliatifs en Nouvelle-Galles du Sud sera réduit de 150 millions de dollars. Le Premier ministre de l’Etat, Chris Minn, a confirmé cette révision budgétaire. Il a indiqué qu’« une partie des 750 millions de dollars promis par l’ancien Gouvernement de coalition pour les soins palliatifs serait transférée au budget général de la santé ».
L’ancien Premier ministre, Dominic Perrottet, personnellement opposé à l’euthanasie, avait décidé de ce budget comme « une contre-mesure importante à l’adoption de lois sur l’euthanasie ». « Je veux avoir le meilleur système de soins palliatifs du pays, voire du monde », ambitionnait-il.
Le Premier ministre a indiqué devoir trouver 98 millions de dollars pour financer « le régime d’aide à la mort volontaire » mis en place par la coalition précédente, sans financement.
Source : Gènéthique
Ecoles : la seule solution est de préserver et d’encourager l’essor des écoles privées et d’en améliorer l’accessibilité
Dans son dernier numéro consacré à l’école, La Nef publie une tribune d’Anne Coffinier, qui propose des solutions à la crise éducative. Extrait :
[…] Et l’Église dans tout cela? Elle sait que l’enseignement catholique est sa meilleure « surface de contact » avec la jeunesse. Elle a mauvaise conscience de s’être spécialisée dans la scolari- sation des bourgeois. C’est peu compatible avec la charité chrétienne, tout de même. Si encore elle mettait toute son énergie à y former une élite spirituelle destinée au service du pays et notamment de ses frères défavorisés? Mais ce n’est pas le cas. L’école catholique est – en général – bien peu élitiste moralement ou politiquement. Elle prépare docilement au bachot de la République, suit toutes les instructions ministé- rielles, et ça lui suffit. Alors sa mauvaise conscience la pousse à faire des gestes: mettre en place une politique de réduction tarifaire, signer ce protocole d’égalité des chances, mettre en place des quotas et sans doute hélas demain, comme elle l’a fait dans d’autres pays, passer certaines de ses écoles à la communauté musulmane au nom de la fraternité.
Pour sortir de cette impasse
Alors comment sortir de cette situation ? Supprimer ou nationaliser les écoles privées, comme en rêve Jean-Luc Mélenchon? Cela reviendrait à couler les bateaux de sauvetage alors que tout porte à croire que le Titanic est condamné. Redresser l’école publique requiert de toute manière 15 ans d’efforts constants et bien organisés. Nos enfants ne peuvent pas attendre. La seule solution de court et moyen termes est de préserver et d’encourager l’essor des écoles privées et d’en améliorer l’accessibilité. C’est parce qu’elles sont injustement payantes qu’elles sont inaccessibles aux familles les plus pauvres. À l’État de prendre en charge les frais de scolarité dans le privé comme il le fait dans le public, et l’affaire sera réglée. Cela n’aurait rien d’immoral. Il peut le faire pour tous en supprimant la carte scolaire obligatoire et en mettant en place un système de financement des établissements publics et privés au prorata du nombre d’élèves qui les choisissent. Ou réserver ses financements aux plus démunis avec un chèque éducation ou un crédit d’impôt sous condition de ressources. Les usagers des écoles privées sont des citoyens à part entière. Ils ont au moins autant droit à la dépense publique que les autres, surtout qu’ils contribuent plus aux impôts que la moyenne.
Le sondage réalisé en mai 2023 par l’IFOP et notre fondation partenaire, la Fondation Kairos pour l’innovation éducative-Institut de France, a montré que 56 % des Français considèrent que « l’État ferait progresser l’égalité des chances en France s’il permettait aux plus défavorisés d’accéder à l’école publique ou privée de leur choix, en prenant en charge tous les frais de scolarité et en supprimant la carte scolaire obligatoire ». C’est très encourageant: l’opinion publique est prête pour cette réforme libératrice. En attendant, l’essor des écoles indépendantes avec 108 ouvertures cette rentrée permet à de plus en plus de familles de trouver une solution immédiate pour leurs enfants, alors que les écoles ordinaires publiques et privées sous contrat laissent terriblement à désirer ou sont déjà saturées.
S’il y a une discrimination financière à faire, ce n’est pas au regard du caractère public ou privé mais au regard de la performance académique de ces écoles. Les financements devraient dépendre de la progression académique des élèves et de leur succès aux examens et évaluations nationaux. Ce qui suppose de rétablir des évaluations et examens de bons niveaux, d’en publier les résultats, et de financer les établissements en fonction des progrès qu’ils ont su faire faire à leurs élèves entre deux évaluations annuelles. Les Anglais publient en toute transparence les résultats aux évaluations de chaque établissement ainsi que les réponses aux enquêtes de satisfaction remplies par les parents sur le site internet de l’organisme d’inspection, l’OSTED. Toute personne peut ainsi choisir l’école de ses enfants en toute connaissance de cause. Finissons-en avec la France des délits d’initiés et des choix contraints.
Bien sûr les bénéficiaires actuels des écoles privées sous contrat ne seront pas favorables aux réformes visant à démocratiser l’accès aux bonnes écoles. Et on les comprend. À l’heure où fument encore les ruines des lycées publics incendiés lors des émeutes de juin dernier, on sait qu’intégrer des enfants issus des « quartiers pauvres » n’est pas la même affaire qu’intégrer le petit Albert Camus dans la classe de l’instituteur Louis Germain.
Une solution sérieuse serait d’admettre sur concours et sur entretien une proportion significative d’enfants issus des quartiers populaires et de forte immigration, pour ne prendre que ceux qui veulent étudier dans le respect de l’établissement qui les accueille. C’est faisable mais il faut oser, à notre époque où l’on taxe d’élitisme toute forme d’exigence et de discipline (sauf en sport). Cela relancerait l’ascenseur social et accroîtrait la justice et la concorde. Cela permettrait de renouveler les élites nationales et de revivifier la méritocratie scolaire. D’aucuns trouveraient encore à dire que cela nuit aux plus mauvais en privant de la tête de classe les mauvais établissements publics. Mais ce serait un moindre mal.
Toujours des stérilisations forcées au Canada ?
Le Gouvernement canadien a déclaré « s’efforce[r] de toute urgence de mettre un terme à la stérilisation forcée des femmes autochtones ». Une « violation des droits de l’homme » et un « délit passible de poursuites ». La police a toutefois indiqué ne pas mener d’enquête criminelle sur une affaire récente en la matière. Un médecin s’est excusé pour sa « conduite non professionnelle » suite à la stérilisation d’une femme inuite.
« Une affaire cruciale pour le Canada »
En 2019, cette résidente de Yellowknife avait subi une intervention chirurgicale destinée à « soulager ses douleurs abdominales ». Le Dr Andrew Kotaska qui l’a opérée l’a stérilisée sans avoir recueilli son consentement, et en dépit des protestations d’autres membres du personnel médical. Elle l’a donc poursuivi en justice.
« Il s’agit d’une affaire cruciale pour le Canada, souligne le Dr Unjali Malhotra, de la First Nations Health Authority en Colombie-Britannique, car elle montre que la stérilisation forcée est toujours pratiquée. » « Il est temps que cette pratique soit considérée comme un crime », plaide-t-elle.
Le Dr Kotaska a présenté des excuses publiques le mois dernier, indiquant qu’il pensait avoir agi dans ce qu’il pensait être « le meilleur intérêt de la femme ».
Des mesures disciplinaires temporaires
Le Gouvernement a de son côté déclaré que toute personne pratiquant une stérilisation forcée pouvait être accusée d’agression. Il appartient à la police de décider s’il y avait lieu d’ouvrir une enquête criminelle.
En l’espèce, aucune plainte n’a été déposée au pénal car la victime reste « traumatisée » d’avoir participé à une enquête de la commission médicale, a précisé son avocat, Me Steven Cooper. Pourtant, pour Lisa Kelly, professeur de droit pénal à la Queen’s university, la victime n’est pas tenue de participer à l’enquête s’il existe d’autres « preuves irréfutables ».
En mai, les autorités médicales des Territoires du Nord-Ouest avaient suspendu l’autorisation d’exercer du Dr Kotaska pour cinq mois. Il a dû payer une partie des frais de procédure et suivre un cours d’éthique. Le médecin entend désormais reprendre son activité « avec humilité ».
Source : Gènéthique
Chronique de l’islamisation
Des parents d’élèves musulmans ont fait pression sur la direction d’un collège de Pau pour qu’il mette à disposition des élèves de quatrième des salles de prières, à l’occasion d’un voyage scolaire de géologie organisé dans les Pyrénées. L’établissement a fini par céder.
Ces parents musulmans – nombreux dans l’établissement – ont exigé la présence de salles de prières sous peine de ne pas participer aux frais de voyages, et ainsi mettre en péril le séjour scolaire.
C’est le collectif Parents Vigilants qui a alerté en premier lieu de cette énième capitulation face à l’offensive islamiste.
Un professeur dénonce :
« C’est le silence absolu du corps professoral ici qui me bouleverse. Nous sommes tétanisés, réduits au silence. Nous suivons comme des moutons ce qu’une direction ne sait même pas de quoi il en retourne. Le sanctuaire de la République dite laïque laisse en son endroit des musulmans effectuer leur culte. Cela en est totalement effrayant et effectivement tétanisant. »
Le Congrès américain tente d’empêcher l’expulsion d’une famille allemande qui pratique l’école à la maison
Une famille de neuf enfants a quitté l’Allemagne pour les Etats-Unis en 2008 afin d’élever ses enfants à la maison, ce qui est impossible en Allemagne où l’école à la maison est punie de graves sanctions pénales. Le père de famille, Uwe Romeike, explique :
“Nous sommes venus ici en 2008 parce que nous étions persécutés par des amendes élevées et menacés d’une peine de prison et de la perte de la garde de nos enfants”. “La police a emmené nos enfants à l’école et c’était une situation insupportable pour nous de rester là.
Bien qu’elle ait obtenu l’asile dans le Tennessee, la famille Romeike a dû mener une bataille juridique acharnée pour rester aux États-Unis, notamment en luttant contre les tentatives d’expulsion de l’administration Obama.
Après avoir perdu leur appel devant la Cour suprême des États-Unis en 2014, ils ont finalement bénéficié d’un répit lorsque le ministère américain de la sécurité intérieure a reporté l’examen de leur dossier, leur permettant de rester dans le Tennessee.
Cependant, ce mois-ci, après neuf ans de vie normale aux États-Unis malgré leur statut de non-citoyens, les Romeike ont eu une mauvaise surprise : un agent de l’immigration leur aurait demandé d’obtenir des passeports et de retourner en Allemagne, où ils risquent d’être condamnés à des sanctions pénales.
Aujourd’hui, les législateurs américains interviennent pour tenter d’empêcher l’expulsion de la famille. Le Congrès étudie un projet de loi visant à protéger cette famille allemande.
Selon la Homeschool Legal Defense Association (HSLDA), qui a lancé une pétition pour aider les Romeike à rester aux États-Unis et dont les avocats travaillent à empêcher l’expulsion, les législateurs du Congrès américain envisagent un projet de loi visant à “accorder aux Romeike un statut permanent de résidents légaux, avec la possibilité d’accéder à la citoyenneté américaine”.
La représentante républicaine du Tennessee, Diana Harshbarger, a présenté cette mesure, HR 5423, le 12 septembre. La commission judiciaire de la Chambre des représentants examine actuellement la proposition de loi. Pour que le projet de loi offre aux Romeike le répit tant espéré, il doit être adopté par la Chambre et le Sénat, puis signé par le président Biden.
Les avortements également en hausse en Espagne
Lu sur Gènéthique :
En Espagne, 98 136 avortements ont été pratiqués en 2022 selon les données publiées par le ministère de la Santé. Ces chiffres représentent une hausse de 9% par rapport à l’année précédente.
Le taux d’avortement s’établit à 11,68 avortements pour 1000 femmes âgées de 15 à 44 ans. Il était de 10,7 en 2021 (cf. France : 234 300 avortements en 2022). Il s’agit du taux le plus élevé depuis 2013 où il avait atteint 11,74. Selon la Direction générale de la santé publique ces chiffres sont « conformes aux fluctuations des taux de 10 à 12 pour mille observées ces dernières années ».
Un tiers des femmes avait déjà avorté
Dans quatre régions, aucun n’avortement n’a été pratiqué dans un hôpital public. Globalement, ce sont 17% des procédures qui y ont lieu – 83% des IVG sont effectuées dans des cliniques privées.
Dans 91% des cas, les femmes ont fait valoir une « demande personnelle » pour mettre fin à leur grossesse. Pour les autres, 6% ont invoqué des « risques graves » pour leur vie ou leur santé, 3% des « anomalies fœtales graves ».
En 2022, 67% des femmes ayant avorté le faisaient pour la première fois. Il s’agissait d’un second avortement pour 22% d’entre elles et 7% avaient déjà avorté deux fois.
Souriez, vous êtes rackettés
“J’ai très envie de les emmerder. Donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça la stratégie. ”
Emmanuel Macron s’essaie au contrôle de vitesse des voitures, en marge de son déplacement dans le Lot-et-Garonne pic.twitter.com/KHaKDxQfPx
— BFMTV (@BFMTV) October 2, 2023
Le Pape répond aux «dubia» des cinq cardinaux
Suite aux 5 questions rendues publiques ce matin, Rome a publié les réponses du pape :
Le Pape François a répondu à cinq questions, des «dubia» ou «doutes» en latin, qui lui ont été adressées en juillet dernier par les cardinaux Walter Brandmüller et Raymond Leo Burke, avec le soutien de trois autres cardinaux, Juan Sandoval Íñiguez, Robert Sarah et Joseph Zen Ze-kiun. Les questions des cardinaux, en italien, et les réponses du Pape, en espagnol, ont été publiées aujourd’hui sur le site du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Vous trouverez ci-dessous le texte et notre traduction en français des réponses du Pape :
1) Dubium sur l’affirmation selon laquelle la Révélation divine devrait être réinterprétée en fonction des changements culturels et anthropologiques en cours.
Suite aux affirmations de certains évêques, qui n’ont été ni corrigées ni rétractées, la question se pose de savoir si la Révélation divine dans l’Église doit être réinterprétée en fonction des changements culturels de notre temps et de la nouvelle vision anthropologique que ces changements promeuvent ; ou si la Révélation divine est contraignante pour toujours, immuable et donc à ne pas contredire, selon ce qui a été dicté au Concile Vatican II et qui stipule qu’à Dieu qui révèle est due «l’obéissance de la foi» (Dei Verbum 5) ; que ce qui est révélé pour le salut de tous doit rester «à jamais intact» et vivant, et être «transmis à toutes les générations» (7) et que le progrès de l’intelligence n’implique aucun changement dans la vérité des choses et des mots, parce que la foi a été «transmise une fois pour toutes» (8), et que le Magistère n’est pas supérieur à la Parole de Dieu, mais n’enseigne que ce qui a été transmis (10).
Réponse du Pape François
Chers frères,
Bien qu’il ne me semble pas toujours prudent de répondre aux questions qui me sont directement adressées, et qu’il me serait impossible de répondre à toutes, dans le cas présent, j’ai jugé opportun de le faire en raison de la proximité du Synode.
Réponse à la première question
a) La réponse dépend du sens que l’on attribue au mot «réinterpréter». S’il est compris comme «mieux interpréter», l’expression est valable. En ce sens, le Concile Vatican II a affirmé qu’il est nécessaire que, par le travail des exégètes – et j’ajouterais, des théologiens – «le jugement de l’Église mûrisse» (Concile œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, 12).
b) Par conséquent, s’il est vrai que la Révélation divine est immuable et toujours contraignante, l’Église doit être humble et reconnaître qu’elle n’épuise jamais son insondable richesse et qu’elle a besoin de grandir dans sa compréhension.
c) Par conséquent, elle grandit aussi dans sa compréhension de ce qu’elle a elle-même affirmé dans son Magistère.
d) Les changements culturels et les nouveaux défis de l’histoire n’altèrent pas la Révélation, mais peuvent nous stimuler à mieux exprimer certains aspects de sa richesse débordante et qui offre toujours plus.
e) Il est inévitable que cela puisse conduire à une meilleure expression de certaines affirmations passées du Magistère, et cela s’est effectivement produit au cours de l’histoire.
f) D’autre part, il est vrai que le Magistère n’est pas supérieur à la Parole de Dieu, mais il est également vrai que tant les textes de l’Écriture que les témoignages de la Tradition ont besoin d’une interprétation qui permette de distinguer leur substance pérenne du conditionnement culturel. Cela est évident, par exemple, dans les textes bibliques (comme Exode 21:20-21) et dans certaines interventions magistérielles qui ont toléré l’esclavage (cf. Nicolas V, Bulle Dum Diversas, 1452). Il ne s’agit pas d’un argument secondaire, vu son lien intime lié à la vérité éternelle de la dignité inaliénable de la personne humaine. Ces textes doivent être interprétés. Il en va de même pour certaines considérations du Nouveau Testament sur les femmes (1 Corinthiens 11 : 3-10 ; 1 Timothée 2 : 11-14) et d’autres textes de l’Écriture et témoignages de la Tradition qui ne peuvent être répétés tels quels aujourd’hui.
g) Il est important de souligner que ce qui ne peut pas changer, c’est ce qui a été révélé «pour le salut de tous» (Concile œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, 7). Par conséquent, l’Église doit constamment discerner ce qui est essentiel pour le salut et ce qui est secondaire ou moins directement lié à ce but. Je souhaite rappeler ce qu’affirmait saint Thomas d’Aquin: «plus on descend dans les détails, plus l’indétermination augmente» (Summa Theologiae 1-1 1, q. 94, art. 4).
h) Enfin, la seule formulation d’une vérité ne pourra jamais être adéquatement comprise si elle est présentée isolément, isolée du contexte riche et harmonieux de l’entière Révélation. La «hiérarchie des vérités» implique également de placer chaque vérité en juste connexion avec des vérités plus centrales et avec l’enseignement de l’Église dans son ensemble. Cela peut enfin éventuellement conduire à différentes manières d’exposer la même doctrine, même si «pour ceux qui rêvent d’une doctrine monolithique défendue par tous sans nuance, cela peut sembler une dispersion imparfaite. Mais en réalité, cette variété aide à mieux manifester et à développer les différents aspects de l’inépuisable richesse de l’Évangile» (Evangelii gaudium, 40). Tout courant théologique comporte des risques, mais aussi des opportunités.
2) Dubium sur l’affirmation que la pratique répandue de bénir les unions de personnes de même sexe est en accord avec la Révélation et le Magistère (CCC 2357).
Selon la Révélation divine, attestée dans la Sainte Écriture, que l’Église «par mandat divin et avec l’assistance de l’Esprit Saint, écoute pieusement, conserve saintement et expose fidèlement» (Dei Verbum IO): «Au commencement», Dieu créa l’homme à son image, il les créa homme et femme et les bénit pour qu’ils soient féconds (cf. Gn 1, 27-28), et pour cette raison l’apôtre Paul enseigne que nier la différence sexuelle est la conséquence de la négation du Créateur (Rm 1, 24-32). La question qui se pose est la suivante: l’Église peut-elle déroger à ce «commencement», en le considérant, contrairement à ce qu’enseigne Veritatis splendor 103, comme un simple idéal, et en acceptant comme «bien possible» des situations objectivement pécheresses, telles que les unions de personnes du même sexe, sans manquer à la doctrine révélée ?
Réponse du Pape François à la deuxième question
a) L’Église a une conception très claire du mariage: une union exclusive, stable et indissoluble entre un homme et une femme, naturellement ouverte à la procréation d’enfants. Seule cette union peut être appelée «mariage». Les autres formes d’union ne le réalisent que «de manière partielle et analogique» (Amoris laetitia 292) et ne peuvent donc pas être strictement appelées «mariage».
b) Ce n’est pas seulement une question de noms, mais la réalité que nous appelons mariage a une constitution essentielle unique qui requiert un nom exclusif, non applicable à d’autres réalités. Elle est sans aucun doute beaucoup plus qu’un simple «idéal».
c) C’est pourquoi l’Église évite tout type de rite ou de sacramentel qui pourrait contredire cette conviction et faire croire que l’on reconnaît comme mariage quelque chose qui ne l’est pas.
d) Cependant, dans nos relations avec les personnes, nous ne devons pas perdre la charité pastorale, qui doit imprégner toutes nos décisions et attitudes. La défense de la vérité objective n’est pas la seule expression de cette charité, qui est aussi faite de bonté, de patience, de compréhension, de tendresse et d’encouragement. Nous ne pouvons donc pas être des juges qui ne font que nier, rejeter, exclure.
e) La prudence pastorale doit donc discerner correctement s’il existe des formes de bénédiction, demandées par une ou plusieurs personnes, qui ne véhiculent pas une conception erronée du mariage. En effet, lorsqu’on demande une bénédiction, on exprime une demande d’aide à Dieu, un appel à pouvoir mieux vivre, une confiance en un Père qui peut nous aider à mieux vivre.
f) D’autre part, bien qu’il existe des situations qui, d’un point de vue objectif, ne sont pas moralement acceptables, la même charité pastorale nous demande de ne pas traiter simplement comme «pécheurs» d’autres personnes dont la culpabilité ou la responsabilité peuvent être atténuées par divers facteurs qui influencent l’imputabilité subjective (cf. saint Jean-Paul II, Reconciliatio et Paenitentia, n. 17).
g) Les décisions qui, dans certaines circonstances, peuvent faire partie de la prudence pastorale ne doivent pas nécessairement devenir une norme. En d’autres termes, il n’est pas opportun qu’un diocèse, une Conférence épiscopale ou toute autre structure ecclésiale autorise constamment et officiellement des procédures ou des rites pour toutes sortes de questions, car tout «ce qui fait partie d’un discernement pratique face à une situation particulière ne peut être élevé au rang de norme», car cela «donnerait lieu à une casuistique insupportable» (Amoris laetitia 304). Le droit canonique ne doit pas et ne peut pas tout couvrir, et les Conférences épiscopales, avec leurs divers documents et protocoles, ne doivent pas non plus l’exiger, car la vie de l’Église passe par de nombreux canaux en plus des canaux normatifs.
3) Dubium sur l’affirmation que la synodalité est une «dimension constitutive de l’Église»(Const.Ap. Episcopalis Communio 6), de sorte que l’Église serait synodale par nature.
Étant donné que le Synode des évêques ne représente pas le Collège des évêques, mais n’est qu’un organe consultatif du Pape, les évêques, en tant que témoins de la foi, ne peuvent pas déléguer leur confession de la vérité, il est demandé si la synodalité peut être le critère régulateur suprême du gouvernement permanent de l’Église sans dénaturer sa structure constitutive voulue par son Fondateur, en fonction de quoi l’autorité suprême et plénière de l’Église est exercée, tant par le Pape en vertu de sa charge, que par le collège des évêques avec son chef le pontife romain (Lumen Gentium 22).
Réponse du pape François à la troisième question
a) Bien que vous reconnaissiez que l’autorité suprême et plénière de l’Église est exercée à la fois par le Pape en vertu de sa charge et par le collège des évêques avec leur chef, le Pontife romain (cf. Concile œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, 22), vous manifestez par ces questions votre besoin de participer, d’exprimer librement votre opinion et de collaborer, demandant ainsi une forme de “synodalité” dans l’exercice de mon ministère.
b) L’Église est un «mystère de communion missionnaire», mais cette communion n’est pas seulement affective ou éthérée, elle implique nécessairement une participation réelle: non seulement la hiérarchie, mais tout le Peuple de Dieu, de différentes manières et à différents niveaux, peut faire entendre sa voix et se sentir partie prenante du cheminement de l’Église. En ce sens, nous pouvons dire que la synodalité, en tant que style et dynamisme, est une dimension essentielle de la vie de l’Église. Saint Jean-Paul II a dit de très belles choses sur ce point dans Novo millennio ineunte.
c) Sacraliser ou imposer une certaine méthodologie synodale qui plaît à un groupe, pour en faire une norme et un chemin obligatoire pour tous, est une chose différente, car cela ne conduirait qu’à “geler” le chemin synodal, en ignorant les différentes caractéristiques des diverses Églises particulières et la richesse bigarrée de l’Église universelle.
4) Dubium sur le soutien des pasteurs et des théologiens à la théorie selon laquelle “la théologie de l’Église a changé” et donc que l’ordination sacerdotale peut être conférée à des femmes.
À la suite des affirmations de certains prélats, qui n’ont été ni corrigées ni rétractées, selon lesquelles la théologie de l’Église et le sens de la messe ont changé avec Vatican II, la question se pose de savoir si le dictat du Concile Vatican II est toujours valable, selon lequel «le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel qui ont en eux une différence essentielle et non seulement en degré» (Lumen Gentium IO) et que les presbytres, en vertu du «pouvoir sacré d’offrir le Sacrifice et de remettre les péchés» (Presbyterorum Ordinis 2), agissent au nom et en la personne du Christ médiateur, par lequel le sacrifice spirituel des fidèles est rendu parfait? Il est demandé également si l’enseignement de la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis de saint Jean-Paul II, qui enseigne comme une vérité à considérer définitive l’impossibilité de conférer l’ordination sacerdotale aux femmes, est toujours valable, de sorte que cet enseignement n’est plus assujetti à des changements ou à la libre discussion des pasteurs ou des théologiens.
Réponse du Pape François à la quatrième question
a) «Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel qui ont entre eux une différence essentielle» (Concile œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, 10). Il n’est pas opportun de défendre une différence de degré qui implique de considérer le sacerdoce commun des fidèles comme quelque chose de “second ordre” ou de moindre valeur (un «degré inférieur»). Les deux formes de sacerdoce s’éclairent et se soutiennent mutuellement.
b) Lorsque saint Jean-Paul II a enseigné qu’il faut affirmer «de façon définitive» qu’il est impossible de conférer l’ordination sacerdotale aux femmes, il n’a en aucun cas dénigré les femmes et conféré le pouvoir suprême aux hommes. Saint Jean-Paul II a également affirmé d’autres choses. Par exemple, que lorsque nous parlons de pouvoir sacerdotal, «Nous sommes dans le concept de la fonction, non de la dignité et de la sainteté». (St Jean-Paul II, Christifideles Laici, 51). Ce sont des mots que nous n’avons pas suffisamment accueillis. Il a aussi clairement affirmé que, bien que seul le prêtre préside l’Eucharistie, les tâches «ne donnent pas lieu à la supériorité de certains sur d’autres» (St Jean Paul II, Christifideles laici, note 190 ; Cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration Inter Insigniores, VI). Il a également affirmé que si la fonction sacerdotale est «hiérarchique», elle ne doit pas être comprise comme une forme de domination, mais comme «totalement ordonnée à la sainteté des membres du Christ» (St Jean Paul II, Mulieris dignitatem, 27). Si l’on ne comprend pas cela et si l’on ne tire pas les conséquences pratiques de ces distinctions, il sera difficile d’accepter que le sacerdoce soit réservé aux seuls hommes et l’on ne pourra pas reconnaître les droits des femmes ni la nécessité pour elles de participer, de diverses manières, à la conduite de l’Église.
c) D’autre part, pour être rigoureux, nous reconnaissons qu’une doctrine claire et faisant autorité sur la nature exacte d’une “déclaration définitive” n’a pas encore été élaborée de manière exhaustive. Il ne s’agit pas d’une définition dogmatique, cependant, elle doit être acceptée par tous. Personne ne peut la contredire publiquement et pourtant elle peut faire l’objet d’études, comme dans le cas de la validité des ordinations dans la Communion anglicane.
5) Dubium au sujet de l’affirmation «le pardon est un droit de l’Homme» et de l’insistance du Saint-Père sur le devoir d’absoudre tout le monde et toujours, de sorte que le repentir ne serait pas une condition nécessaire à l’absolution sacramentelle.
Il est demandé si l’enseignement du Concile de Trente, selon lequel, pour que la confession sacramentelle soit valide, la contrition du pénitent est nécessaire, laquelle consiste à détester le péché commis avec l’intention de ne plus pécher (Session XIV, Chapitre IV : DH 1676), est toujours en vigueur, de sorte que le prêtre doit reporter l’absolution lorsqu’il est clair que cette condition n’est pas remplie.
Réponse du Pape François à la cinquième question
a) Le repentir est nécessaire pour la validité de l’absolution sacramentelle et implique l’intention de ne pas pécher. Mais il n’y a pas de mathématiques ici et je dois vous rappeler une fois de plus que le confessionnal n’est pas un bureau de douane. Nous ne sommes pas des maîtres, mais d’humbles intendants des sacrements qui nourrissent les fidèles, parce que ces dons du Seigneur, plutôt que des reliques à garder, sont des aides de l’Esprit Saint pour la vie des gens.
b) Il y a de nombreuses façons d’exprimer le repentir. Souvent, chez les personnes dont l’estime de soi est très blessée, plaider coupable est une torture cruelle, mais le simple fait de s’approcher de la confession est une expression symbolique du repentir et de la recherche de l’aide divine.
c) Je voudrais également rappeler que «parfois, il nous coûte beaucoup de faire place à l’amour inconditionnel de Dieu dans la pastorale» (Amoris laetitia 311), mais qu’il faut l’apprendre. À la suite de saint Jean-Paul II, je soutiens que nous ne devrions pas exiger des fidèles des intentions de correction trop précises et certaines, qui finissent par devenir abstraites ou même narcissiques, mais même la prévisibilité d’une nouvelle chute «ne porte pas atteinte à l’authenticité de l’intention» (saint Jean-Paul II, Lettre au Card. William W. Baum et aux participants au cours annuel de la Pénitencerie apostolique, 22 mars 1996, 5).
d) Enfin, il doit être clair que toutes les conditions qui sont habituellement posées à l’aveu ne sont généralement pas applicables lorsque la personne se trouve dans une situation d’agonie ou avec des capacités mentales et psychiques très limitées.
Un eurosceptique élu en Slovaquie
Robert Fico a gagné les élections en Slovaquie et il vient d’être nommé Premier ministre. Théoriquement social-démocrate, il est eurosceptique, anti-immigration, anti-LGBT, anti-woke, et « pro-russe » (il est contre la livraison d’armes à l’Ukraine).
Fico avait déjà gouverné entre 2006 et 2018 (avec une interruption de deux ans), et il avait donc participé aux grandes heures du Groupe de Visegrad (Pologne-Tchéquie-Slovaquie-Hongrie) quand celui-ci s’opposait à Bruxelles et esquissait une autre Union européenne respectueuse des nations.
PMA : explosion des demandes de congélation des ovocytes
Les demandes de congélation des ovocytes sans motif médical, pour éventuellement les utiliser plus tard dans le cadre d’une procréation médicalement assistée (PMA), explosent. Vingt mois après sa légalisation, la demande d’autoconservation de gamètes pour raison non médicale ne désemplit pas, avec une « tension spécifique à l’Ile-de-France », confirme la direction générale de la santé.
Cette autoconservation est possible depuis la loi relative à la bioéthique du 2 août 2021, qui élargit la PMA. Jusqu’ici réservée aux raisons médicales pouvant affecter la fertilité, comme un cancer, la préservation d’ovocytes est désormais ouverte à toute femme de 29 à 37 ans, gratuitement (c’est l’Etat qui paie…), pour une utilisation jusqu’à son 45e anniversaire. Seule la conservation dans de l’azote liquide à -196 °C reste à charge, 40 euros par an.
« Je ne veux pas d’enfant pour l’instant, mais je préfère garder mes options ouvertes. J’en ai fait ma priorité de la rentrée. » Marine (le prénom a été modifié [sic]), 32 ans
Harcèlement scolaire : et si les parents cessaient de donner des smartphones à leurs adolescents ?
À Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne, le proviseur du collège lycée privé sous-contrat Saint-Michel a envoyé une lettre aux parents, dans laquelle il écrit qu’il ne se préoccupera pas “des cas de harcèlement pour les enfants qui disposent de smartphones” en indiquant que “les parents qui fournissent à leurs enfants ces appareils doivent en assumer les conséquences”. Un professeur explique :
“Ça peut être choquant parce qu’on peut se dire qu’on ne s’occupe pas des enfants, toutefois, tout ce qui est harcèlement sur les réseaux sociaux, nous n’avons pas la main dessus”.
Le proviseur Yann de Cacqueray a clarifié ses propos :
“Il y a un certain nombre de choses qui sont de notre responsabilité à l’intérieur de l’établissement et si un élève est harcelé par d’autres élèves, il est absolument normal que nous intervenions. Mais, en l’occurrence, sur les réseaux sociaux, il est absolument normal que nous disions aux parents que ces engins-là vont très au-delà de notre compétence”.
Le diocèse, dont l’établissement ne dépend pas (il dépend d’une congrégation), s’est désolidarisé de ce propos…
La Cité de l’Histoire célèbre Victor Hugo
Les 6 et 7 octobre prochains, la Cité de l’Histoire sera le théâtre de deux soirées spéciales, célébrant deux figures marquantes du XIXe siècle français : Victor Hugo et Juliette Drouet (actrice française qui a été la compagne de Victor Hugo pendant près de cinquante ans.).
Soirée 1 – Vendredi 6 octobre à 20h00
Spectacle immersif à 360° “Hugo, l’homme révolution” suivi de la pièce de théâtre en solo “Juliette, Victor Hugo, mon fol amour” jouée par Marie Lussignol.
Soirée 2 – Samedi 7 octobre à 20h00
En plus du spectacle immersif à 360° et de la pièce de théâtre, profitez d’une intervention de Patrick Tudoret, auteur et metteur en scène de la pièce, puis laissez-vous transporter par une conférence de Franck Ferrand sur Victor Hugo, suivi d’un échange convivial autour d’un verre de champagne et de délicieux macarons.
L’ordre naturel ne consiste pas à “construire” la société à partir des individus, mais à faire naître et grandir des personnes dans la piété filiale
Dans Valeurs Actuelles, le père Danziec revient sur la visite du pape à Marseille :
« Les événements ne sont que l’écume des choses, ce qui m’intéresse, c’est la mer ». A l’école du poète Paul Valéry, une semaine après la visite du pape François à Marseille et au-delà de la question dramatique des vagues migratoires, intéressons-nous à ce qui fait une nation. Que seraient en effet les vertus d’accueil et les charmes de la paix, si la conscience des ingrédients qui permettent les unes et garantissent les autres venait à disparaître ? A quoi bon ouvrir des portes, si ces dernières ne sont pas fixées sur des murs porteurs ?
L’identité nationale, loin d’être un gros mot, relève de ces réalités naturelles mises en lumière par Platon, Aristote puis prolongées par toute la scholastique. Jean-Paul II, dans son testament politique Mémoire et identité (Flammarion, 2005) parle de la famille, de la nation et de la patrie comme « des réalités irremplaçables ». La nation représente la grande communauté des hommes unis par des liens divers, mais surtout, précisément par la culture. La nation existe, selon lui, “par” la culture et “pour” la culture. Le pape polonais allait même jusqu’à parler « du droit de la nation au fondement de sa culture et de son avenir ».
Dans son célèbre discours Qu’est-ce qu’une nation ? prononcé à la Sorbonne en 1882, Ernest Renan répondra à cette vaste question avec le génie synthétique propre aux esprits brillants. Sa définition porte encore aujourd’hui à méditation :
« Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire, voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple ».
Oui, la souveraineté fondamentale d’une nation se manifeste dans sa culture et la pérennité de son histoire : « avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore ». La nation représente ce tabernacle institutionnel contenant en son sein un peuple qui, ayant pris conscience de lui, s’aime lui-même et entend exister comme une réalité objective à ses propres yeux. Autrement dit, elle est « une communauté de destin enracinée dans un héritage commun » selon la formule de Taine. La tradition philosophique venue de la Grèce et reprise à son compte par la doctrine sociale catholique a ainsi toujours considéré que les nations sont la dimension naturelle de la vie politique. Le concept de nation correspond aux besoins d’une humanité finie. La communauté morale de l’humanité existe bien mais elle est trop vaste pour s’incarner politiquement dans une philia illimitée. Le catéchisme affirme nettement que seul Dieu, en effet, peut aimer également tous les hommes. L’homme, lui, n’est pas capable de cela. Il ne peut aimer concrètement que son plus proche. Les plus idéalistes trouveront cette limite humaine regrettable mais le réalisme nous fera constater qu’il s’agit d’un défi déjà loin d’être relevé par tous…
Dans une tribune publiée dans Le Figaro, le philosophe Pierre Manent s’est ému, avec la franchise et la précision qu’on lui connaît, du regard politique du pape François sur les migrations dont l’Europe est actuellement la destination principale. « On est frappé par la légèreté avec laquelle le pape François considère les attachements humains. La distinction n’est pas faite entre le devoir de secourir qui est en effet inconditionnel et l’obligation de recevoir dans la citoyenneté qui ne saurait avoir le même caractère ». La perplexité de Pierre Manent se comprend. L’Eglise, dans son enseignement constant, a toujours considéré effectivement que l’ordre naturel ne consistait pas à “construire” la société à partir des individus, en les faisant souscrire à un “contrat social” d’après un “projet de société”, mais à faire naître et grandir des personnes dans la piété filiale, au sein de familles déjà groupées entre elles en une société. La nation est, en réalité, une famille de familles. L’idée du contrat social – et a fortiori du pacte républicain ! – passé entre personnes individuelles et conçu comme fondement et lien de la société politique, en est au contraire destructeur parce qu’il déclasse, relativise, estompe la réalité familiale et la réalité nationale.
Cette vision rousseauiste se retrouve dans le code civil issu de la Révolution et dont Renan, déjà cité plus haut, avait analysé sans concession les insuffisances et limites :
« Un code de lois qui semble avoir été fait pour un citoyen idéal, naissant enfant trouvé et mourant célibataire, où l’homme avisé est l’égoïste qui s’arrange pour avoir le moins de devoirs possibles, ne peut engendrer que faiblesse et petitesse ».
Tout à l’inverse, la piété nationale ne saurait être un revêtement accessoire de la patrie temporelle mais bien plutôt une condition de sa survie. Elle est œuvre de justice et gage de fiertés. Grave danger que de se montrer désinvolte ou indifférent à l’égard du patrimoine moral et intellectuel de sa nation. A faire fi de ses racines, comment ambitionner d’offrir des fruits ? Si l’on n’honore pas, on commence à négliger et l’on court alors le risque de se retrouver désarmé, plus vite qu’on ne le pense, devant la barbarie.
Beaucoup se posent la question si l’on peut encore, si l’on peut toujours, attendre du christianisme les énergies par lesquelles il a tant de fois dans le passé, guéri, voire ressuscité les nations. Cette inquiétude, légitime, mériterait cependant d’être remplacée par une certitude plus stimulante : la continuité historique de la nation française ne passera que par un christianisme retrouvé. Libre à chacun de s’en convaincre. Et, surtout, d’y contribuer.
Lisez et diffusez cette plaquette sur l’euthanasie
Dans la perspective du prochain combat contre la culture de mort (sur l’euthanasie), je vous propose de découvrir ou redécouvrir (et surtout de faire circuler largement) une petite plaquette que nous avions réalisée avec l’Institut France Renaissance et envoyée aux parlementaires en 2015 (quand le sieur Hollande envisageait déjà de légaliser l’euthanasie).
Intitulée “Euthanasie et nazisme”, elle retrace l’histoire et l’idéologie de la fameuse Aktion T4 que les évêques allemands avaient réussi à interrompre par leurs protestations. Elle montre aussi que la principale “nouveauté” nationale-socialiste en matière d’euthanasie fut précisément ce que les bonnes âmes de la culture de mort contemporaine annoncent comme la marque de l’euthanasie “démocratique”: la noté de “mort douce” ou “miséricordieuse”. Tout les autres arguments, notamment celui sur le poids du vieillard ou du handicapé sur la société, étaient déjà utilisés avant. Le génie de la propagande nazie a été de faire de l’euthanasie un “bienfait” pour ses victimes. Pas sûr que la Macronie assume totalement ce funeste compagnonnage…
En tout cas, vous pouvez télécharger la plaquette ici (et, encore une fois, faites suivre le lien au plus de gens possible pour faire connaître cette histoire – et rappeler qu’une résistance spirituelle peut réussir, même face au Moloch de la culture de mort!)
5 questions au pape des cardinaux Brandmüller, Burke, Sandoval, Sarah et Zen
Questions publiées sur Res Novae :
Le 10 juillet 2023, dans le contexte de la préparation de la première assemblée du Synode sur la synodalité, les cardinaux Brandmüller, Burke, Sandoval, Sarah, Zen, ont présenté cinq questions (dubia) au pape François. Ce dernier leur ayant fait une réponse extrêmement vague le 12 juillet, les cinq cardinaux ont alors reformulé leurs questions en demandant au pape une réponse par « oui » ou par « non ».
On trouvera l’entier dossier sur ces échanges sur le site de L’Homme nouveau, au 2 octobre 2023.
Voici les questions des cardinaux :
1 – Est-il possible que l’Église enseigne aujourd’hui des doctrines contraires à celles qu’elle enseignait auparavant en matière de foi et de morale, que ce soit par le Pape ex cathedra, ou selon les définitions d’un Concile œcuménique, ou encore selon le Magistère ordinaire universel des Évêques dispersés dans le monde (cf. Lumen Gentium 25) ?
2 A – Est-il possible que, dans certaines circonstances, un pasteur puisse bénir des unions entre personnes homosexuelles, laissant ainsi entendre que le comportement homosexuel en tant que tel ne serait pas contraire à la loi de Dieu et au cheminement de la personne vers Dieu ?
2 B – L’enseignement constant du Magistère ordinaire universel, selon lequel tout acte sexuel en dehors du mariage, et en particulier les actes homosexuels, constituent un péché objectivement grave contre la loi de Dieu, indépendamment des circonstances dans lesquelles ils ont lieu et de l’intention avec laquelle ils sont accomplis, est-il toujours valable ?
3 – Le Synode des évêques qui se tiendra à Rome, et qui ne comprendra qu’une sélection choisie de pasteurs et de fidèles, exercera-t-il, au sujet des questions doctrinales ou pastorales sur lesquelles il sera appelé à s’exprimer, l’autorité suprême de l’Église, qui appartient exclusivement au Pontife romain et, una cum capite suo, au Collège des Évêques (cf. can. 336 C.I.C.) ?
4 –L’Église pourrait-elle à l’avenir avoir la faculté de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes, contredisant ainsi le fait que la réservation exclusive de ce sacrement à des hommes baptisés appartient à la substance même du sacrement de l’ordre, que l’Église ne peut pas changer ?
5 –Un pénitent peut-il validement recevoir l’absolution sacramentelle si, tout en avouant un péché, il refuse de prendre d’une quelconque manière la résolution de ne pas le commettre à nouveau ?
Walter Cardinal Brandmüller,
Raymond Leo Cardinal Burke,
Juan Cardinal Sandoval Íñiguez,
Robert Cardinal Sarah,
Joseph Cardinal Zen Ze-kiun
La croyance en la réincarnation semble rassurer l’homme et simplifier la réponse au problème du mal
La croyance à la réincarnation est un phénomène de plus en plus ancré aujourd’hui chez des contemporains souvent influencés sans même en être conscients par les religiosités orientales. Claves revient dans deux articles sur cette question actuelle, d’un point de vue philosophique – naturel donc – puis théologique. Extrait :
[…] Au-delà de son impossibilité philosophique, liée au dualisme qui en est le soubassement, la doctrine de la métempsycose est incompatible avec plusieurs éléments incontournables de la doctrine catholique des fins des dernières.
L’Église enseigne invariablement que la mort est la « séparation de l’âme et du corps »[3], au moment de laquelle chaque âme passe par le jugement particulier, qui fixe à jamais son sort : paradis, enfer ou purgatoire, pour les hommes qui n’ont pas suffisamment satisfait au long de leur existence terrestre.
Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification, soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du Ciel, soit pour se damner immédiatement pour toujours[4].
Au contraire, la plupart des versions de la métempsycose affirment la possibilité de plusieurs « chances » à travers des existences successives. Le purgatoire n’a alors plus de raison d’être, puisque le cycle de renaissances assure l’expiation des fautes passées. L’enfer est occulté car la croyance en la réincarnation se veut souvent rassurante, fondée sur l’idée que la vie humaine ne peut se solder par un échec. Quant au paradis, il devient un horizon lointain et évanescent, qui ne concerne que l’âme seule, enfin échappée de la prison de la matière. La résurrection des corps est doublement inconcevable : en raison du dualisme foncier qui sous-tend la métempsycose, et puisque l’âme, jointe successivement à plusieurs corps, ne saurait être réunie à un seul d’entre eux pour l’éternité.
La croyance en la réincarnation procède finalement d’une volonté de simplification face aux mystères de l’au-delà et du mal, mais aussi d’un constat d’impuissance : l’homme demeure finalement livré à lui-même, sans soutien de la grâce il ne peut compter que sur ses propres forces pour avancer vers le bonheur ultime. La conception de la béatitude qui en résulte est à l’avenant : si nous ne gagnons l’éternité que par nous-même, elle demeure à notre niveau, et l’on ne voit pas comment elle serait l’entrée dans un bonheur sans fin, apte à combler infiniment tous nos désirs et nos possibilités.
Autres aspects théologiques du débat
Élargissons la perspective pour terminer, car la question de la réincarnation soulève des questions théologiques bien au-delà de la seule question des fins dernières.
Puisque cette croyance se présente souvent comme une manière de résoudre le problème du mal (ou plutôt de l’éluder, en renvoyant l’explication du mal présent à des existences antérieures ou postérieurs dont nous n’aurions pas conscience), elle touche à la question de la souffrance du juste. Constatant le fait universel (les méchants semblent parfois mieux lotis que les bons : « Pourquoi les méchants vivent-ils? Pourquoi les voit-on vieillir et accroître leur force ? » se demande le vieillard Job[5].}}), les tenants de la métempsycose cherchent à l’interpréter à leur niveau. Ils ne peuvent en tirer qu’une conception fataliste de l’existence : ce que nous sommes est la conséquence d’événements passés dont nous sommes responsables sans en garder le moindre souvenir, et ce que nous serons suivra immanquablement le cours de la vie que nous menons aujourd’hui, sans pourtant que ce lien soit conscient. Au contraire dans la perspective chrétienne la souffrance du juste est un scandale que Dieu ne vient pas atténuer ou faire taire, mais qu’il vit avec nous en la personne souffrante et compatissante de Jésus, victime librement offerte pour nous péchés. Le sacrifice du Christ vient habiter la souffrance humaine et lui donner un sens : même le plus incompréhensible dans notre existence peut trouver valeur et signification en étant offert uniment à lui.
Ajoutons que la théologie des sacrements perd beaucoup de son sens dans le cadre d’une croyance en la réincarnation et dans l’idée d’un éternel recommencement : les dons de Dieu à l’âme la marquent de manière singulière et indélébile (les caractères imprimés par l’âme au baptême, à la confirmation et dans l’ordination sacerdotale ne s’effacent jamais et font que ces sacrements ne peuvent être réitérés) et construisent une relation personnelle et intime du Créateur à la créature. La métempsycose trouve au contraire son cadre dans l’idée d’une fusion ultime de l’âme dans le tout « divin » du cosmos ou du « Brahman, » elle ne colle certainement pas avec la vision d’un Dieu vivant personnel, qui cherche et construit avec chaque personne un dialogue unique. Ajoutons que la vertu en laquelle se manifeste le plus la toute-puissance de Dieu est, selon saint Thomas, la miséricorde[6], or le cycle des réincarnations rend inutile le pardon divin, puisque l’homme s’efforce par lui-même de gravir à nouveau l’échelle dégringolée en tombant dans la matière. Et ainsi le sacrement de pénitence est lui aussi rendu caduc et sans objet.
La théologie catholique implique par ailleurs une profonde dimension historique : c’est dans l’histoire des hommes que Dieu se révèle (la Bible n’est-elle pas une grande histoire, pleine d’histoires ?), et l’existence de chaque personne revêt une profonde dimension personnelle. L’être humain est ce qu’il devient, sa dignité passe du virtuel à l’actuel, elle se construit au fil des décisions qui font sa vie. C’est en ce sens que l’on peut parler d’un véritable progrès de l’âme. La révélation judéo-chrétienne a ainsi fait passer l’humanité de la notion d’un temps cyclique et réversible à celle d’un temps linéaire et irréversible : les Hébreux ont découvert la signification de l’histoire non comme fatalité mais comme épiphanie de Dieu, le monothéisme a apporté avec la notion de salut du temps, qui n’est une prison mais un chemin[7]. Ainsi l’Église – et chacun de ses membres – ne peuvent être compris sans référence au passé et à l’avenir ; l’œuvre de rédemption ne se conçoit que par rapport à un univers antérieur créé par Dieu mais blessé par une catastrophe mystérieuse, mais encore aussi en référence à l’œuvre de l’Esprit qui transforme de l’intérieur les cœurs et anime le corps mystique du Christ, faisant grandir la moisson jusqu’au temps où le Fils de l’homme reviendra pour la seconde parousie.
La réincarnation : ouverture ou fermeture ?
La croyance en la réincarnation semble rassurer l’homme et simplifier la réponse au problème du mal. Elle présente malgré tout des faiblesses insurmontables au regard de la psychologie et de la philosophie, et amène des conclusions inconciliables avec la foi. Quoi qu’il en soit des faits qui semblent parfois l’appuyer, elle ne peut donc être rationnellement admise comme théorie explicative, ni affirmée comme système d’explication du monde.
Que penser de la résurgence de la métempsycose dans certains milieux et religiosités ? Face à un monde matérialiste qui souvent répudie tout sens de la transcendance et de l’au-delà, pourrait-on considérer la croyance en la réincarnation comme une première marche, une idée propre à amener certains esprits de bonne volonté à la vraie foi ? Il importe cependant de demeurer prudent face à ces erreurs qui témoignent d’une vision faussée de la nature humaine, du divin et de la religion en général, erreurs dont l’enfermement est parfois plus ardu à rompre que le vide de l’incroyance n’est difficile à remplir.
Homicide involontaire du fœtus : quand le droit crée l’injustice
Cette tribune de Lucie Pacherie a été initialement publiée par Famille Chrétienne :
L’« affaire Pierre Palmade » fait ressurgir le débat sur le statut juridique des fœtus. Lucie Pacherie, titulaire du certificat d’aptitude à la profession d’avocat, spécialiste en droit de la santé et responsable du plaidoyer France de la Fondation Jérôme Lejeune, dénonce l’injustice du droit à l’égard des enfants à naître décédés du fait d’un accident.
Nouveau rebondissement dans l’« affaire Pierre Palmade », qui a percuté, sous l’emprise de stupéfiants, une voiture qui transportait une femme enceinte de sept mois. L’enfant qu’elle portait est mort du fait de l’accident, le lien de causalité est certain. Mais une deuxième expertise vient cette semaine relativiser les faits puisqu’elle conclut, contrairement à la première, que l’enfant serait mort-né : il n’aurait pas respiré. La conséquence juridique tombe comme un couperet : l’homicide involontaire de l’enfant à naître ne sera pas reconnu (cf. Si l’atteinte par accident à la vie d’un enfant non encore né n’est pas un homicide involontaire, qu’est-ce donc ?). Le drame des parents d’avoir perdu leur enfant par la faute d’un tiers drogué n’aura aucune traduction pénale. Même conclusion pour les parents de Jade, mort-née, cet été. Alors qu’ils sont sur la route de la maternité, à 4 jours du terme, l’accident de voiture dont ils sont victimes tue leur petite fille in utero (cf. Un fœtus meurt dans un accident, « à 4 jours du terme, il n’existe pas »).
Dans ces deux drames, comme dans d’autres qui les ont précédés, l’évidence tragique ne sera pas réprimée. Car l’enfant est un « fœtus », soumis à une jurisprudence « idéologique» qui rend la loi injuste.
Droit versus réalité : l’idéologie de l’avortement est à l’œuvre
S’il fallait le rappeler, l’article L 221-6 du Code pénal incrimine l’homicide involontaire d’« autrui ». Trois décisions de la chambre criminelle de la Cour de cassation, prononcées en 1999, 2001 et 2002, ont considéré que le fœtus qui n’est pas né vivant est exclu du terme « autrui », en raison de deux principes du droit français : « la loi pénale est d’interprétation stricte » et « les dispositions spéciales dérogent aux dispositions générales ». Les juges considèrent ainsi que le fœtus mort-né, n’ayant pas de personnalité juridique, ne peut être protégé par la loi pénale, et qu’il relève de dispositions spéciales (en l’espèce inexistantes) qui le font échapper au droit commun (celui de l’homicide involontaire).
Comme le dit Jean Paulhan, « il est de la nature de l’évidence qu’elle passe inaperçue ». C’est ici un cas de flagrant délit. Qui oserait nier que ces parents ont perdu leur enfant ? Que cet enfant est un « autre » qui ne sera pas ? Qu’il ait respiré ou pas.
En maintenant une telle jurisprudence, les juges piétinent l’évidence. Ils s’accrochent à une logique juridique théorique, gangrenée par l’idéologie de l’avortement. La crainte d’être accusés de remettre en cause l’interruption volontaire de grossesse leur fait perdre tout bon sens. L’enfant à naître gêne. Pire, il est abordé par le prisme de ce prétendu « droit » à l’avortement qui est en fait une exception à la protection de l’être humain dès le commencement de sa vie. L’avortement est devenu une matrice de pensée. Une obsession. La Cour de cassation n’a pu s’en défaire en 2002. Il y a peu de chance qu’elle s’en défasse en 2023 où les revendications persistent. La dernière en date étant l’inscription dans la Constitution.
Quand le droit est injuste, il faut agir
La conséquence de cette jurisprudence tenace depuis plus de 20 ans est double.
Les juges participent à la perte de conscience collective de l’être humain. De l’embryon, à l’adulte, l’être humain qui se développe ne change pas de nature, qu’il naisse ou pas. Il appartient à l’espèce humaine et poursuit dès son origine une croissance continue. La Fondation Jérôme Lejeune ne cesse de le dire et d’agir pour le défendre. Pourquoi le fœtus mort-né échapperait à toute protection pénale quand on sait que l’embryon humain, le fœtus né vivant, les personnes physiques, les personnes morales, les personnes décédées, ou même les animaux en bénéficient ?
Les juges, en créant une dichotomie entre réalité humaine et réalité juridique, engendrent l’injustice. Les victimes de l’accident ne sont pas pénalement des victimes. Le fœtus n’est pas victime puisqu’il n’a pas vécu, donc ses parents non plus. Cette négation est une double peine.
Les mots de Saint Augustin résonnent : « on ne peut tenir pour loi une loi qui n’est pas juste ». Même s’il s’agit, en l’espèce, d’une jurisprudence injuste qui fait loi, l’idée s’applique. On ne peut en rester là. Des juges, courageux, se sont déjà levés en 2014. Le tribunal correctionnel de Tarbes avait pris, dans un drame similaire, une décision respectueuse de la dignité du fœtus mort-né en reconnaissant l’homicide involontaire à son égard. L’auteur de l’accident en était lui-même d’accord, par souci de réparation. Mais le procureur a fait appel (cf. Un fœtus victime d’un homicide involontaire : le Tribunal correctionnel de Tarbes retrouve le chemin du bon sens).
En son temps, un député avait tenté, lui aussi, de mettre fin à l’injustice en proposant un « délit d’interruption involontaire de grossesse ». Cela s’est soldé par un échec pour les mêmes raisons idéologiques. Le législateur a pourtant toute sa place. Il l’a bien fait pour les actes d’enfants nés sans vie, la reconnaissance juridique des fausses couches spontanées, etc. (cf. Le Parlement vote la possibilité de donner un nom de famille aux enfants nés sans vie ; Fausses couches : la proposition de loi définitivement votée).
Aujourd’hui, ce sont les parents de Jade qui s’engagent dans une « bataille judiciaire » pour faire reconnaître l’homicide involontaire de leur enfant. Pour eux-mêmes et pour tous les autres. Ils peuvent faire émerger l’évidence, et rendre au droit la justice.
Italie : une publicité pour l’union des époux provoque une polémique
La gauche y voit une remise en cause du divorce. Voici le spot publicitaire d’un supermarché :
Commentaire d’Andrea Zambrano, traduit par Benoît-et-moi :
L’histoire est la suivante : une petite fille accompagne sa mère dans un supermarché Esselunga et lui demande de mettre une pêche dans le caddie. Quand la petite fille doit se rendre chez son père, dont sa mère est séparée, elle emporte le fruit en disant : « Papa, c’est un cadeau de maman ». Un mensonge, mais qui ravive une étincelle chez le père : « J’aime les pêches, j’appelle maman ce soir pour la remercier ». La publicité conclut : « Il n’y a pas de dépense qui ne soit importante », soulignant le fait que même l’achat d’un fruit insignifiant peut redonner de la valeur à une vie et l’élever.
Et l’affaire ne pouvait manquer d’exploser, avec son cortège de polémiques, car s’il est un dogme intouchable, c’est bien celui du droit au divorce. La gauche fait toujours cela : dès qu’elle voit une présentation de la réalité qui ne correspond pas à son idéologie, elle a toujours recours à la diatribe et à la censure rageuse dans la terrible crainte que quelqu’un remette en question ce qu’elle a décidé être des conquêtes sociales, alors qu’il s’agit plutôt de misères humaines ou guère plus.
En effet, sur les réseaux sociaux, certains ont fait la grimace, avec des messages comme celui-ci : « Ne vous laissez pas abuser, ici le divorce est présenté comme un instrument qui fait souffrir les enfants en les responsabilisant pour le rapprochement de leurs parents, le divorce reste un droit et c’est aux parents de ne pas le faire passer pour un monstre. Idem pour le mariage ».
L’affaire a cependant éclaté quand les journaux mainstream se sont emparés de la nouvelle. Les journaux, avec leur orientation habituelle, ont mis en avant certaines protestations sur les réseaux sociaux, ce qui a donné lieu à une info de ce genre: « Esselunga fait campagne pour les familles traditionnelles de la droite perfide ». Horreur, scandale.
Pour mémoire : la publicité fait partie d’une campagne qui ne compte pour l’instant que ce spot donc d’après ce que nous avons pu apprendre de l’entreprise, il n’y a pas de projet à l’horizon pour une sorte de campagne multi-cibles pour essayer d’intercepter des clients aux valeurs les plus disparates. Nous pouvons donc dire que, de toutes les cibles, Esselunga a décidé de se concentrer non pas tant sur les familles en crise que sur le bien familial en général. Représenter la douleur d’un enfant pour vendre un produit commercial est un choix qui peut être discutable, mais qui est certainement courageux. Le résultat final est plaisant, réaliste, vrai.
Mais aujourd’hui, pour le leader incontesté de la grande distribution, une nécessité se profile à l’horizon : celle de tenir le coup et de ne pas se laisser intimider par la polémique qui monte. Que sais-je, retirer le spot ou – Dieu nous en préserve – créer une publicité réparatrice pour les gays, répétant ainsi le scénario de cette méthode Barilla inaugurée en 2013 quand l’industriel a fait une marche arrière fracassante sur la question homosexuelle à la suite d’une interview de son président [ndt: il avait dans un premier temps fait savoir que pour lui, le mariage était entre un homme et une femme, et avait dû se rétracter et faire amende honorable face aux menaces de boycott de la gauche et du lobby LGBT] .
Le mot d’ordre : résister à l’envie de réparer cet affront à la bien-pensance. Cette fois, en effet, la publicité ne présente pas une famille modèle, contre laquelle un certain milieu progressiste aurait pu se jeter à corps perdu, mais une famille blessée, brisée par une séparation douloureuse. Qui, pourtant, est aussi une minorité, même si elle ne cesse de croître.
Mais c’est une minorité qui n’est pas protégée et qui est vue ici à travers les yeux de l’enfant des deux. Bref, il y a du politiquement incorrect dans cette représentation car il n’y a rien de plus incorrect aujourd’hui que de rappeler que le divorce, avant même d’être un droit, est une grande souffrance, pour les enfants et pour les ex-conjoints. Le placer dans un contexte marketing est un coup de poing à la nouvelle respectabilité qui, à gauche, prétend qu’il ne faut pas parler de certaines choses parce que c’est inconvenant, mais c’est aussi un choix courageux parce que la publicité fonctionne lorsqu’elle est capable d’être un coup de poing dans l’oeil.
Si aujourd’hui le coup de poing dans l’œil est représenté par la famille vue comme un mieux, cela signifie qu’il y a quelqu’un qui a vu dans la crise de la famille un problème à résoudre.
Qui sait pourquoi la polémique n’a pas touché les nombreuses marques qui, ces dernières années, ont confié leurs revendications et leur image à la promotion de nouveaux droits et à la construction du nouveau stéréotype intouchable : celui de l’homosexualité. Pendant des années, nous avons vu des publicités télévisées, des annonces et des campagnes placées sous le signe de la diversité, de l’inclusion et de l’égalité des sexes : Lavazza, McDonalds, Findus, Vodafone. Et puis Ikea, avec sa célèbre campagne « Do it at home ». Au-delà de quelques protestations marginales ou des habituels pro-famille, rien ni personne n’a arrêté l’invasion des messages visant à promouvoir l’homosexualité, la diversité, l’inclusivité dans les consciences.
Aujourd’hui, au contraire, cette publicité nous montre une petite fille qui n’est pas noire, qui est née d’un père et d’une mère, pas d’une mère porteuse, mais d’un acte d’amour entre deux parents hétérosexuels. Et cette enfant a une angoisse qui n’est pas un « écho ». C’est un ver qui la ronge, et qui n’est certes pas de savoir quel est vraiment son sexe, mais de réunir deux personnes qui lui ont donné la vie. Voilà le scandale, cela, il ne faut pas le dire.
Le plus dur commence donc pour Esselunga : résister et défendre le spot La pesca, sans céder aux pressions de la dictature du mainstream.
“La fascination que représente le fait d’être catholique pour beaucoup de gens dans le monde politique et médiatique”
Le député européen François-Xavier Bellamy a été longuement interrogé dans le numéro d’octobre de La Nef. Extrait :
Est-il difficile d’être catholique dans un monde politique où la religion est ignorée, voire caricaturée ou rejetée?
Je suis fasciné par la fascination que représente le fait d’être catholique pour beaucoup de gens dans le monde politique et médiatique. C’est en tous les cas un sujet d’étonnement inépuisable. J’assume paisiblement ma foi, mais je n’en ai jamais fait un étendard. Je ne prétends pas du tout représenter les catholiques en politique – je suis d’ailleurs bien placé pour savoir que leurs choix politiques ne sont pas univoques, et tant mieux! La grande force de la foi chrétienne est justement de n’être jamais réductible à un programme politique. On peut ainsi être authentiquement catholique et avoir des idées très différentes sur la meilleure manière de répondre au défi migratoire, au désendettement du pays ou à la décarbonation de l’industrie. Et c’est sans doute quelque chose qu’il faut défendre aujourd’hui, en particulier dans un moment où se développe en France la pratique musulmane qui, elle, ne connaît pas cette distinction entre le spirituel et le temporel.
Être député européen a-t-il changé votre vision de l’Europe?
J’ai évidemment beaucoup appris, mais je ne crois pas avoir changé radicalement de perspective. Je continue de penser que l’Union européenne est aujourd’hui le synonyme d’une forme de dépossession pour les citoyens des pays européens, dépossession de leur capacité à maîtriser leur destin. Et je crois qu’elle devrait au contraire trouver tout son sens dans le fait de les rendre plus libres et plus maîtres de leur avenir. Pour y parvenir, il faut qu’elle connaisse une remise en cause extrêmement profonde.
Justement, fort de cette expérience de député, pensez-vous qu’un homme politique puisse changer les choses de l’intérieur dans le cadre de l’Union européenne?
Oui : je n’ai pas le sentiment d’avoir passé mon mandat, comme beaucoup de mes collègues d’autres groupes politiques, à consentir ou à commenter ; ce qui rend le mandat au Parlement européen intéressant, c’est qu’avec du travail et la patience qu’il faut pour construire des alliances, il est possible d’agir. Nous avons mené, et parfois gagné, des batailles majeures. Sur l’énergie nucléaire par exemple : nous avons empêché l’asphyxie de la filière nucléaire française par les règlements sur la taxonomie, et je crois pouvoir dire que j’y ai contribué de façon très directe, quand bien même tout le monde me promettait une défaite. On a parfois le sentiment d’assister, impuissants, à la déconstruction de la civilisation sur laquelle l’Europe est pourtant fondée : là aussi, nous avons réussi à mettre des crans d’arrêt importants. Je pense à l’amendement que j’ai déposé – il aura fallu s’y reprendre à plusieurs reprises, c’est toujours dans la durée qu’on gagne les combats – pour interdire à la Commission européenne de financer des campagnes faisant la promotion du hijab. Au-delà du combat contre cette dérive très concrète, cette victoire a permis de renverser une tendance: beaucoup m’ont partagé que, dans les cabinets des commissaires européens, une vigilance est désormais de mise sur le choix de leurs interlocuteurs, de leurs partenariats et leurs engagements. Tant mieux si nous avons pu faire que l’inquiétude change de camp!
Ces sujets sont essentiels, mais il faudra évidemment des ruptures beaucoup plus profondes pour changer significativement l’Union européenne. Et c’est une grande difficulté de l’engagement politique dans notre monde : on a parfois l’impression que nos victoires consistent surtout à éviter le pire, à ralentir la crise. On mène des combats de retardement, on essaie de combler des brèches et d’empêcher que le bateau ne coule trop vite. Ce n’est pas sans importance, bien sûr ; mais pour changer profondément de direction, il faudra plus que le travail parlementaire quotidien. […]
