Désinformation de La Croix
Elisa Perrigueur a pondu un article qui est tissu d'âneries (concernant un soi-disant projet de loi autorisant l'assassinat des médecins pratiquant des avortements !) pompées exclusivement dans Mother Jones, une sorte de Charlie Hebdo américain.
Ce projet (abandonné, d'ailleurs) se serait contenté d'étendre la légitime défense à l'enfant (Mme X est enceinte, elle est agressée par Y qui cherche à tuer bébé X, Mr X peut user de la force létale pour contrer Y comme si Y menacait la vie de Mme X). Prendre prétexte de ce cas précis pour dire que l'on va pouvoir tuer le médecin pratiquant un avortement, c'est de la pure désinformation. Pas glorieux pour La Croix. Mais pour un quotidien qui n'hésite pas à recruter dans son équipe une militante extrêmiste de l'avortement, ce n'est pas étonnant.
4e mesure: l’éclairage d’Alain Dumait
Alain Dumait (site), ancien maire du IIe arrondissement de Paris et fondateur de l'association Contribuables Associés, nous livre son avis sur la 4e mesure de M. Billot de Lochner, débattue ci-dessous.
François Billot de Lochner propose de rétablir un budget de l’Etat en équilibre sur cinq ans et donc de réduire la dette publique extérieure qui est actuellement de 1700 milliards d’euros (pour l’ensemble de la sphère publique).
Cet objectif est judicieux. Encore faut-il dire comment il sera atteint. L’auteur du programme avance trois pistes :
• Réduction du train de vie de l’Etat. C’est excellent ! Mais plutôt symbolique que massif. Au mieux on économisera deux milliards d’euros…
• Raboter les niches fiscales. C’est en effet possible. Le potentiel est encore supérieur à 50 milliards d’euros. Mais il faut bien voir qu’il s’agit-là d’augmentations des prélèvements, nonobstant la fallacieuse appellation de «dépense fiscale» utilisée par les technocrates de la rue de Bercy. Retirer un avantage pour une catégorie spécifique de contribuables, fut-elle honnie, est d’abord et avant tout, au moins pour cette catégorie, une augmentation d’impôt.
• Augmenter «légèrement» la TVA. Comme la TVA est déjà chez nous plus élevée qu’ailleurs, quelques pays de l’Europe du nord exceptés, nous gagnerions ainsi une nouvelle et funeste place de champions…
L’association Contribuables Associés propose pour sa part qu’aucune augmentation d’impôts (taux et bases) ne soit pratiquée pendant cette période de cinq ans et que la totalité de l’effort porte sur des réductions de dépenses, annoncées clairement avant l’élection présidentielle.
Quelques pistes :
– Réduire le nombre de fonctionnaires.
– Réduire les aides et les subventions aux entreprises et aux associations.
– Mettre fin au laxisme de l’immigration.
– Aider moins l’Outre-mer.
– Responsabiliser les collectivités locales.
– Sauver la protection sociale en distinguant assistance ou solidarité.
– Repenser notre système de retraites en distinguant deux piliers : un régime de base universel par répartition et par point et un régime complémentaire par capitalisation.
Des chiffrages de ces propositions sont disponibles sur www.contribuables.org et www.lecri.fr
Le sondage sur cette 4e mesure se poursuit jusqu'à demain, vendredi.
Soigner les malades
Voici le thème de l'émission de Dieu Merci ! de vendredi 9h, suite à la Jounrée mondiale des malades du 11 février dernier :
"Soigner, aimer, accompagner."
Le soin des malades, l’accompagnement des mourants, se réduisent bien souvent à des actes purement techniques. Mais l’amour et l’humanité se révèlent de puissants principes thérapeutiques. Trop souvent oubliés.
Invités: Marie de Hennezel et Bertrand Vergely.
Prier dans la rue relève de l’ordre public et non de la laïcité
Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), pose correctement le sujet à propos du débat annoncé par l'UMP sur les cultes dans la République laïque :
"On pose d'emblée que la religion fait partie de la sphère privée, alors qu'on n'abandonne pas sa religion à la porte du temple, de l'église ou de la mosquée. […] Tous les citoyens ont des convictions qui les font agir et parler, ils n'ont pas à s'en cacher."
"En fait, le débat tourne autour des prières dans la rue, et dans ce cas ce qui est en cause c'est l'ordre public. Si on veut les interdire, c'est au titre du trouble à l'ordre public, pas au titre de la laïcité, ou alors il faut aussi interdire les processions catholiques".
Effectivement : les processions et pèlerinages font l'objet de déclarations en préfecture. Le droit de manifester prend alors le pas sur le "trouble à l'ordre public". Les prières musulmanes dans la rue sont hebdomadaires et, à ma connaissance, ne font pas l'objet d'autorisations. A ce titre, ce sont des manifestations illégales.
Incohérence de la loi de bioéthique adoptée à l’Assemblée nationale
Dénoncée par la Fondation de Service Politique :
"Tous les députés ont déclaré leur attachement au respect de la dignité de tout être humain, vite oublié au moment du vote :
Où est la dignité de l’être humain lorsque, tout en maintenant le principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, explique que les dérogations ne freineront pas cette recherche ?
Où est le respect de la dignité du nouveau-né avec le transfert post mortem d’un embryon chez une femme veuve, ce qui revient à donner délibérément naissance à un orphelin de père ?
Où est le respect de la dignité de l’enfant à qui on refuse de connaître ses origines au motif que la filiation sociale est plus importante que la filiation biologique ?
Où est la dignité des pères et mères qui s’engagent dans le mariage si l’assistance médicale à la procréation est ouverte aux pacsés et aux concubins de sexes différents sans justificatif d’un minimum de vie commune, alors que ces couples n’ont pas la stabilité des couples mariés, ce qui revient à faire de l’enfant un simple objet de désir ?
Où est le respect de la vie quand on continue de produire de multiples embryons pour l’AMP, afin de constituer des réserves de matériaux de recherche ?
Où est la dignité de l’enfant handicapé sur qui pèse le couperet de l’élimination avant sa naissance ?"
Islam : pas de débat sur le voile ou le halal, juste les mosquées et les imams
Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a réagi à l'annonce d'un débat en avril sur l'exercice des cultes en France et a prévenu :
"Regarder la place des religions dans la République est un souhait louable, et il est vrai que l'islam a des spécificités, qu'il faut se pencher sur la construction de mosquées et la formation des imams. […] Mais au-delà de ces spécificités, nous ne voulons pas que le débat se focalise sur le port du voile intégral ou les menus halal dans les cantines, il faut avancer, particulièrement à propos des lieux de culte".
Symposium « 12 mesures »: 4e mesure
Présentation de la 4e mesure par François Billot de Lochner:
La France se trouve dans une situation financière désastreuse, que seule l’application de mesures courageuses permettra de résorber. De l’ordre de 1700 milliards d’euros, sa dette publique compromet très gravement l’avenir de notre pays. Le déficit public « structurel », indépendamment des effets de la crise, est de l’ordre de 50 milliards d’euros. L’objectif doit être de revenir à l’équilibre d’ici à 2016, et à un excédent dès 2017 afin de commencer à rembourser la dette publique.
Les recettes globales devront être majorées d’environ 20 milliards d’euros chaque année par une TVA passant de 19,6 à 21,2 % pour le taux normal (et de 5,5 à 6,5 % pour le taux réduit), et une réduction de 10 % des niches fiscales.
Le rythme de diminution des dépenses devra, lui, être de 7 à 8 milliards d’euros par an, obtenus notamment par la poursuite systématique de la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et des efforts parallèles touchant aux dépenses de fonctionnement et d’investissement. Enfin, deux fonds seront créés, l’un regroupant les activités économiques d’Etat, l’autre son patrimoine immobilier, qui seront cédés en partie à des investisseurs privés, la recette de ces opérations étant affectés au remboursement de la dette publique.
François Billot de Lochner est l’auteur de 12 mesures pour 2012 et l’initiateur d’Audace 2012.
Commentaire du Salon Beige (Nota: exceptionnellement, vos blogueurs commentent eux-mêmes cette mesure, le contributeur extérieur sollicité n’ayant pu nous faire parvenir son avis.)
Nous partageons le constat de M. Billot de Lochner: la dette publique, et plus précisément la dette de l’Etat, a atteint un niveau intolérable. Son caractere attentatoire au Bien commun est illustré par le fait que la seule charge de cette dette est actuellement le deuxième poste budgétaire de l’Etat.
Nous ne pouvons toutefois dire « oui » à cette mesure qu’avec de fortes réserves.
Notre première réserve porte sur le fait qu’elle ne met pas en place un mécanisme permanent pour parvenir à l’équilibre budgétaire: elle repose sur la bonne volonté du politique budget après budget, ce qui décevra forcément. Des pistes existent pourtant, par exemple faire adopter dès 2012 un amendement à la Constitution imposant qu’à l’horizon 2016 les budgets votés soient au minimum à l’équilibre, au regard de prévisions économiques déterminées par un organisme indépendant. Une clause de sauvegarde pourrait permettre de contourner cette règle en cas de crise grave (crash, guerre…).
Notre seconde réserve porte sur le fait que la voie proposée pour le retour à l’équilibre repose à parts presque égales sur la baisse des dépenses et la hausse des prélèvements. Or le taux des prélèvements en France est déja trop élevé. L’Etat doit aligner ses dépenses sur ses recettes (comme le ferait un père de famille), et non « couper la poire en deux ». Pour résorber la dette, l’Etat peut et doit réduire, déléguer voire abandonner des pans entiers de son activité: aujourd’hui, moins d’un quart de son budget est affecté à des missions régaliennes.
Le Salon Beige
Un débat sur l’islam pour financer publiquement de nouvelles mosquées
Le débat sur l'islam, notamment pour lutter contre les prières des musulmans dans la rue, n'est même pas commencé, que le subterfuge apparaît :
"ce matin sur RMC et BFM, chez Bourdin, Benoist Apparu (UMP, secrétaire d'Etat au logement) a clairement annoncé la couleur : il faut modifier la loi de 1905 pour financer la construction de mosquées avec l'argent public."
Le livre noir des gaspillages des Contribuables associés
… en avant-première dans Valeurs actuelles. Extraits :
"La Cité nationale de l’histoire de l’immigration a ouvert ses portes au public en octobre 2007. Sa vocation : «changer le regard sur l’immigration». […] Placée sous quadruple tutelle ministérielle (Culture, Intérieur, Éducation nationale et Recherche), elle coûte cher – plus de 20 millions d’euros de travaux et 7,2 millions d’euros de budget annuel – et ne fait pas recette : 85 000 personnes sont venues en 2009 – moins qu’en 2008 –, surtout des scolaires, et 80% du public est entré gratuitement."
"La chambre régionale des comptes (CRC) d’Île-de-France a enquêté sur la gestion des ressources humaines de la Mairie de Paris depuis 2002. Cette enquête fait état d’irrégularités, notamment dans le versement de primes et les rémunérations. Cette prime s’échelonne de 30 000 à 40 000 euros. […] Le volume global de la prime dite départementale est passé de 5 millions d’euros en 2002 à près de 13 millions en 2009. 162 bénéficiaires en 2002 ; 7 200 en 2009. Quarante-quatre fois plus !"
"Composée des quinze juges (chargés de juger les infractions commises par les membres du gouvernement pendant l’exercice de leurs fonctions), la Cour de justice de la République (CJR) paie un loyer annuel de 487 000 euros, soit plus de 40 000 euros par mois. Elle compte une vingtaine de fonctionnaires."
"Au moindre problème, [l’État] crée des commissions et autres instances consultatives dites comités Théodule. […] Un document annexe au projet de loi de finances 2011 les recense : 575 en 2009, 697 en 2010. Dans leur immense majorité, les instances “omettent” de transmettre leur budget. Celui-ci est estimé à plus de 25 millions d’euros au total. […] Entre juin 2006 et décembre 2008 […], dix instances consultatives ont été créées par la loi et trente-deux par décret, dont le Haut Conseil du dialogue social, le Conseil consultatif des populations amérindiennes, la Commission images de la diversité…"
"Le nom de la région comportait un trait d’union, entre Rhône et Alpes, qu’a voulu supprimer Jean-Jack Queyranne, peu après son élection à la présidence. Il a envoyé le vieux logo (datant de quatre ans !) aux oubliettes, et en a commandé un tout neuf [dont la] conception est revenue à 73 000 euros. La campagne de communication lancée pour célébrer sa naissance a coûté 850 000 euros. Le remplacement de l’ancien logo sur les wagons des TER et sur le fronton des lycées a mobilisé au bas mot 300 000 euros. Au total, la région Rhône-Alpes aura donc dépensé 1,3 million d’euros."
L’application des peines est le problème judiciaire en France
Le député UMP Jean-Paul Garraud, qui fut juge, explique dans Valeurs actuelles le problème de la justice en France :
"Certains juges, c’est vrai, sont dans l’idéologie. Mais ils sont très peu nombreux. On ne peut en tirer aucune généralité. Ce que l’on assimile à du laxisme ne vient pas, en réalité, des peines prononcées mais de leur application. Examinons un cas réel. Il y a un peu plus d’un mois, dans une ville de Bretagne, deux hommes, dans un tabac, braquent le buraliste et partent avec la caisse. Ils sont arrêtés peu après. Il s’avère que ce sont des récidivistes. Les braqueurs sont présentés au tribunal en comparution immédiate et écopent d’une peine de prison, en partie ferme. Mais ils sortent libres de l’audience. Et le lendemain ils sont à nouveau dans la rue. Ce qui peut paraître incompréhensible.
Que s’est-il passé dans cette affaire ? Les faits, pour commencer. Un braquage à deux, avec une arme, c’est un crime. Très exactement un vol à main armée en réunion qui, en droit, est passible de la cour d’assises. Mais il n’est pas envisageable de réunir une cour d’assises pour des faits aussi simples. La procédure est bien trop lourde et coûteuse. Viennent ensuite le jugement et le prononcé d’une peine de prison. Pourquoi les prévenus ne vont-ils pas en prison ? Parce que la peine n’est pas exécutée immédiatement, qu’il n’y a pas de mandat de dépôt à l’audience ou même exécution provisoire. Pour le moins, les deux hommes devraient être convoqués sans délai. En réalité, la peine ne sera mise à exécution que dans plusieurs mois. Si elle est mise à exécution un jour !
C’est comme cela que 127 000 peines de prison ne sont pas exécutées, actuellement, en France. Laxisme ? Si demain on décide d’exécuter l’ensemble des peines, comment fait-on, avec 56 000 places de prison et déjà 61 000 détenus ? Alors on contourne le problème en accentuant les aménagements de peine, les alternatives à l’incarcération, les rappels à la loi. […] Actuellement, certaines infractions ne sont même plus poursuivies, comme l’usage simple de stupéfiants ou le séjour irrégulier en France. […] Le corps judiciaire a le souci d’arriver à faire tourner la machine. Si demain il respecte la loi à la lettre, en réunissant une cour d’assises pour un simple braquage, en poursuivant toutes les infractions, en exécutant effectivement toutes les peines, on bloquerait immédiatement la machine judiciaire. Les juges, au jour le jour, essaient de composer avec cette réalité et ces contraintes. Avec le sentiment que le pouvoir politique ne les comprend pas."
Il y a tout de même certaines affaires pour lesquelles les juges entendent appliquer la loi.
UE : les Etats membres doivent disposer d’une législation qui permette l’immigration
Dans un avis, consultable sur le journal officiel de l’Union Européenne en date du 15/02/2011, le Comité économique et social européen (si vous ne saviez pas qu'il existait, vous voilà informés) a formulé de grandes orientations relatives au “rôle de l’immigration légale dans le contexte de défi démographique qui connait l’Europe.” Extraits :
"l’UE et les États membres doivent disposer d’une législation ouverte qui permette une immigration pour raisons de travail au travers de canaux légaux et transparents, tant pour les travailleurs hautement qualifiés que pour les activités moins qualifiées. […]
L’immigration est le principal facteur d’augmentation de la population de l’UE pour la période 1999–2008. L’apport de l’immigration nette à la population de l’UE s’élève à près de 15 millions d’habitants".
A rapprocher de l'inertie de l'UE sur le débarquement de Tunisiens à Lampedusa.
La gestion financière de la Fondation de Nicolas Hulot épinglée
Un rapport parlementaire, remis le 2 février, épingle la Fondation Nicolas Hulot (FNH), mais aussi Good Planet, présidée par Yann Arthus-Bertrand, et France nature environnement (FNE).
"Des liens troubles existent avec les grandes entreprises qui les financent, voire qui siègent à leur conseil d’administration – certaines directement concernées par les politiques publiques en matière d’environnement. […] La composition du conseil d’administration de la fondation Nicolas Hulot pose d’autres questions. Trois entreprises y occupent un siège : TF1, EDF et L’Oréal. Ceci ne pose, en soi, aucune difficulté […]. Néanmoins, les activités particulières de ces groupes semblent problématiques sans les dimensions environnementales. EDF est une entreprise de pointe dans le secteur nucléaire. Quant à L’Oréal, elle est classée parmi les groupes de cosmétiques dont les produits font l’objet de test sur les animaux, au grand désarroi des opposants à la vivisection. Dès lors, comment interpréter, par exemple, la position très mesurée de Nicolas Hulot sur l’énergie nucléaire ? Quel poids donner à sa parole sur les activités principales de ses deux administrateurs, dont vos rapporteurs ont appris que l’un d’eux finance la fondation à hauteur de 10% de ses ressources? […] Nous avons appris que Yann Arthus-Bertrand, président de la fondation Goodplanet, soutient l’organisation de la coupe du monde de football de 2022 au Qatar, gâchis énergétique […]. Le Qatar a par ailleurs financé la traduction en arabe de son film Home. […]
Les organismes entendus par vos rapporteurs ont subi le mouvement de professionnalisation qu’a connu le monde associatif au cours des deux dernières décennies. La multiplication des permanents […] aboutit à des frais de fonctionnement importants. La LPO a fait part de sa volonté de plafonner sa masse salariale à 45% de son budget. Pour la fondation Nicolas Hulot, le taux est supérieur à 50%. Quant à France Nature Environnement, les charges de personnels atteignent 1,6 million d’euros pour un budget de 2,7 millions d’euros, soit près de 60%.»
Le rôle des photos chocs
Bouches édentées, gorges enkystées et autres poumons rongés par le cancer font leur apparition sur les paquets de cigarettes. Ces images chocs deviendront la norme le 20 avril. Le ministère de la Santé a en effet signé un arrêté pour que ces photos couleurs accompagnées d'une formule percutante occupent au moins 40% de la face arrière du paquet. Une étude de Karine Gallopel-Morvan sur l'effet de ces avertissements sanitaires visuels, financée par l'INCa (Institut national du cancer), estime :
«Les images semblent plus efficaces que les mots pour toucher les individus».
À ceux qui s'offusquent de l'arrivée de ces photos repoussantes, Joseph Osman, directeur de l'OFT (Office français de prévention du tabagisme), répond que la mort de plus de 66.000 personnes en France tous les ans à cause du tabac est autrement plus révoltante.
Voilà qui relance, sur un tout autre sujet, le rôle des photos de bébés avortés (il y en a ici, attention, photos très choquantes).
Le Sida baisse au Zimbabwe, et ce n’est pas grâce au préservatif
Jeanne Smits rapporte que le Zimbabwe a connu une baisse spectaculaire de l'épidémie du Sida : – 50 % entre 1997 et 2007.
"Et ce n'est pas par le biais de la distribution de préservatifs que ce résultat excellent a été obtenu, mais par la crainte qu'inspire le virus et par le changement des comportements. […] Ce sont donc «l'éducation» et «l'information» qui ont le plus joué, poussant les hommes à réduire – apparemment fortement – le nombre de leurs parternaires sexuels extra-maritaux et les rapports occasionnels. […] Les auteurs de l'étude soulignent même que les bons résultats sont liés au bon niveau de formation de la population et à la solide tradition du mariage qui y est établie. (Il faudrait préciser que 70 % de la population adhère au catholicisme, à l'anglicanisme ou au méthodisme.) […]
Abstinence et fidélité sont donc les moteurs de ce remarquable retournement, deux mots qui doivent écorcher la plume de la moyenne des journalistes puisqu'on ne les retrouve pas ou dans les comptes-rendus francophones de cette bonne nouvelle qui, il est vrai, met à mal la doctrine du tout-préservatif. […]"
Nous aurons l'occasion d'en reparler très prochainement à l'occasion de la publication d'un ouvrage en français sur le sujet.
Le Pacs : halal ou haram ?
Les questions entourant la validité du Pacs dans le droit islamique sont nombreuses. Boubaker El Hadj Amor, président de la communauté musulmane de Poitiers et président du CRCM Poitou-Charentes, explique :
"Les difficultés sont nombreuses. Il n’y a pas d’héritage en cas de décès, pas de pension en cas de séparation et pas de reconnaissance de la filiation en cas de naissance (l’homme du couple pacsé doit reconnaître l’enfant qui naît alors que la filiation est établie automatiquement dans un mariage). Les enfants sont alors considérés comme naturels mais pas légitimes".
En revanche, les démarches pour la séparation sont faciles, ce qui constitue pour Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, un avantage «conforme à l’éthique musulmane». Mais pour El Hadj Amor :
"Le PACS n’offre pas les mêmes degrés de protection que le mariage civil, il ne peut donc être pris sur le plan de la légalité musulmane comme un mariage. La simple cérémonie faite à la mosquée ne peut aussi être considérée comme un acte de mariage dans sa plénitude, car trop peu de garanties sont données aux deux parties".
Surtout, le PACS n'est pas reconnu comme un acte de mariage dans les pays musulmans, ce qui pose un problème certain pour les couples binationaux. Néanmoins, pour Tareq Oubrou :
"Le PACS est une option envisageable, mais c’est au couple de peser les pour ou les contre et de connaître les conséquences qu’il peut entraîner, notamment en ce qui concerne la filiation. Dans tous les cas, il doit décider de la meilleure façon de se voir garantir ses droits et ses devoirs".
L’islam au menu de la campagne de 2012
Une convention de l'UMP se tiendra le 5 avril sur la laïcité et la place des religions, et notamment de l'islam. Hier, le président a reçu les députés UMP à l'Elysée et a dénoncé "un décalage croissant entre les médias et les préoccupations des Français" sur les questions de l'islam et de la laïcité.
"Les racistes d'hier sont devenus les populistes d'aujourd'hui. Notre formation politique, puis le Parlement doivent s'occuper de ces sujets. Quelles sont les limites que nous mettons à l'islam? Il n'est pas question d'avoir une société française qui subirait un islam en France. Nous sommes une société laïque. Dans un pays laïque, il ne doit pas y avoir d'appels à la prière. Il faut aboutir à un corpus idéologique sur la place des religions en 2011".
Selon un participant anonyme à la réunion, "l'islam sera un sujet phare de la présidentielle". Le problème, c'est que l'UMP est déjà au pouvoir. A ce titre, plutôt de cumuler déclarations, conventions et autres commissions, le président serait bien inspiré d'agir. Il n'y a pas besoin de loi supplémentaire ou de débat électoral pour régler la circulation les rues occupées le vendredi par la prière.
Les cartons rouges de la Cour des comptes
Pour la première fois, la Cour des comptes décerne dans son rapport annuel 2011 une série de cartons rouges aux organismes qui persistent à ignorer ses recommandations.
Le port de Marseille fait partie des alertes. Le rapport pointerait une "situation de blocage social" au sein du premier port français, à l'origine de son "déclin". En ligne de mire, le temps de travail des salariés du port. Conducteurs de grues et de portiques n'effectueraient que 12 heures de travail hebdomadaire effectif à Marseille, pour une rémunération comprise entre 3.500 et 4.500 euros nets, gonflée par des "gratifications illégales".
D'autres cartons rouges seront décernés à "Chorus", le système de gestion des finances de l'Etat mais aussi à ses systèmes d'information financière ou au Centre national de la fonction publique territoriale.
Les sages de la rue Cambon décerneront quelques cartons jaunes, notamment au Centre national de la Recherche scientifique.
Affaire Cassez : Sed Contra publie le témoignage de la victime
Huges Kéraly rapporteles propos de la principale victime, qui d'adresse aux Français. Extraits :
"Je m’appelle Cristina Rios Valladares, je suis Mexicaine, et vous autres amis Français (vosotros amigos franceses) ne me connaissez pas. J’ai pourtant tenu un petit rôle – un rôle quand même où je risquais ma vie et celle de mon fragile Cristian – dans une affaire qui enflamme aujourd’hui toutes les autorités publiques de votre beau pays, et met le mien au ban des nations ! […]
«J’ai dit aussi aux policiers puis aux magistrats qu’une voix de jeune femme, avec un fort accent français, était de la partie. On a l’oreille très fine, en captivité, on a peur de tout et de rien … J’ai précisé que cette femme se disputait souvent avec le Chef de la bande quand celui-ci me “courtisait” ! Je l’ai raconté parce que je l’ai subi, mais nous avions mon fils et moi les yeux bandés presque en permanence, et je serai bien incapable aujourd’hui de préciser combien de fois ce fut le Chef, combien de fois ce fut la femme française ou un autre comparse en cagoule qui est venu nous nourrir, nous administrer des calmants ou nous maltraiter. Je sais seulement que mon petit Cristian, dans une chambre à côté, recevait beaucoup de claques (bofetadas), parce qu’il ne cessait pas de geindre ou de crier.«J’ai expliqué tout cela et vous n’en savez rien, amis de France, parce que la presse, les élus et le gouvernement de votre pays – depuis le début – ne s’intéressent qu’au grand malheur de celle dont la voix aigre et malveillante me réveille encore dans la nuit : Florence Cassez. On raconte aujourd’hui que cette femme qui s’occupait de nous “ne pouvait absolument pas être la concubine (novia) du Chef”, parce qu’elle s’était mise voyez-vous à le détester, au point de faire “chambre à part dans le ranch” ! Mais si une autre femme française habitait Las Chinitas, et que ce n’était pas Florence Cassez, pourquoi personne ne l’a-t-il jamais recherchée ?"
L’ex-préfet Girot de Langlade fait condamner Mouloud Aounit
Le président du Mrap, Mouloud Aounit, a été condamné pour avoir porté atteinte à la présomption d’innocence de l’ancien préfet Paul Girot de Langlade, qu’il avait qualifié dans Le Monde de “multirécidiviste de l’insulte”.
Christianophobie au Québec : le maire de Saguenay va en appel
Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, portera en appel le jugement rendu vendredi dernier par le Tribunal des droits de la personne, qui interdit la récitation de la prière avant les séances du conseil municipal et qui demande le retrait des symboles religieux de l'hôtel de ville.
En conférence de presse, il affirme :
"C'est probablement la première fois dans l'histoire du monde qu'un maire est arrêté de faire la prière et est puni pour l'avoir récitée."
Absence des députés lors du vote de la loi bioéthique : le PCD ne s’explique pas
Le PCD, dont les deux députés étaient absents lors du vote de la loi bioéthique, publie un communiqué :
"Le PCD, engagé depuis le début dans les Etats Généraux de la bioéthique, manifeste sa satisfaction de voir certaines évolutions amendées par les députés lors du vote en première lecture […].
Cependant, le PCD regrette que le texte entérine certains des dysfonctionnements de la précédente loi, tant en matière de diagnostic pré-implantatoire que de poursuite des recherches sur l'embryon, alors que tout laisse aujourd'hui à penser que d'autres voies de recherche, dénuée de risque éthique, sont possibles. Concernant les mesures sur le diagnostic prénatal et l'information éclairée apportée aux femmes, le texte ne pose aucune des vraies questions concernant les risques psychologiques liés à l'avortement ni ne prévoit d'éléments de recherche en matière de santé mentale pour les femmes. Le PCD regrette également que les droits des enfants issus des dons de gamètes, à connaître leur origine, ne soit pas reconnus, créant ainsi de nouvelles discriminations. Face à un tel bilan contrasté, le PCD restera vigilant sur la suite des débats au Sénat, tant pour que soit maintenus et mis en œuvre les engagements qui lui paraissent positifs, que pour demander la remise en cause des pratiques contraires au respect de la dignité humaine, au premier rang desquelles la recherche sur l'embryon."
Etre absent au moment du vote, est-ce être "vigilant" ?
L’armée mexicaine est en France
Non, ce n'est pas la suite du différend diplomatique lié à l'affaire Florence Cassez. Jean-François Copé avait annoncé la nomination prochaine d'une "armée de secrétaires nationaux" de l'UMP. Il vient de présenter son équipe : une « petite cinquantaine de conseillers politiques », et "quelque 200 secrétaires nationaux qui couvrent tout le champ du débat public". Copé a revendiqué le concept d’"armée mexicaine"…
Le combat des députés pro-vie a permis quelques inflexions
Après avoir rendu hommage aux 15 députés UMP et aux 2 députés MPF qui ont voté contre la loi bioéthique, Pierre-Olivier Arduin écrit :
"Dans la nuit de jeudi à vendredi 11 février, ce sont ces députés qui ont croisé le fer jusqu’à 4 heures du matin avec une abnégation qui force le respect, sans rien lâcher, souvent contre leur propre camp, pour faire inscrire dans le projet de loi l’interdiction stricte de toute recherche sur l’embryon. N’y parvenant pas, ils se sont ensuite rabattus sur une seconde option, en essayant de faire accepter à leurs collègues une clause de revoyure pour marquer le caractère provisoire de la recherche. N’était-ce pas le minimum éthique que nous étions en droit d’attendre de la majorité ?
Pris entre deux feux, après un dernier coup de théâtre suscité par l’interruption de séance du ministre de la santé Xavier Bertrand, certains ont dû se rallier après 3h du matin au maintien du système dérogatoire préconisé par le gouvernement. Et ce pour empêcher la libéralisation complète de la recherche demandée par l’opposition, un choix catastrophique qui n’a été alors écarté que d’une petite voix. Récompensant la pugnacité de ces députés qui n’ont eu de cesse dans l’ensemble des débats et sur tous les sujets de promouvoir une éthique du respect de la vie, quelques inflexions ont pu toutefois être adoptées de justesse.
Ainsi est-il instauré une clause de conscience grâce à laquelle nul chercheur, médecin, auxiliaire médical, ingénieur ou technicien ne sera tenu de participer à quelque titre que ce soit à des recherches sur l’embryon ou les cellules qui en sont dérivées. De même le texte précise-t-il que devront être favorisées les recherches alternatives ne détruisant pas l’embryon, que l’Agence de la biomédecine aura désormais l’obligation de fournir annuellement un bilan comparatif des avancées en matière de cellules souches — ce qu’elle s’est toujours refusé à faire pour des raisons idéologiques — et sera dorénavant contrainte de motiver les autorisations accordées.
On espère bien sûr que le Sénat confirmera en seconde lecture ces quelques mesures de progrès obtenues de haute lutte, on espère surtout qu’il améliorera significativement le projet de loi pour le rendre plus protecteur de la vie humaine à son début."
Sous la gauche, quand les députés RPR votaient déjà pour la recherche sur les embryons
Hier, lors du vote de la loi bioéthique, le député PS Alain Claeys a éclairé la mémoire de certains :
"Je rappelle à la majorité actuelle que, sous une autre majorité, en janvier 2002, il y a eu un vote sur les lois bioéthiques. Ce n’était pas le groupe UMP, à l’époque, c’était le groupe RPR. Cinquante députés ont voté très simplement, très clairement, pour l’autorisation de la recherche sur les cellules souches embryonnaires avec encadrement. Parmi eux figuraient Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé, Philippe Séguin, Roselyne Bachelot, Christian Jacob et le président Bernard Accoyer."
L’examen du texte au Sénat aura lieu en juin prochain, avant de revenir sans doute à l'Assemblée pour son adoption définitive. Il faudra veiller à rééquilibrer ce projet dans le sens des recherches éthiques, afin qu'il soit davantage protecteur des droits de l’enfant et de tout être humain contre l’instrumentalisation. Il faudra ausi veiller au maintien des amendements positifs et éviter deux transgressions majeures : les mères porteuses et l'accès à la fécondation in vitro pour homosexuels.
« Demandons à Dieu de nous aider à être saints »
Au cours de l'audience générale, le Saint-Père a tracé le portrait de saint Jean de la Croix, "ami spirituel de sainte Thérèse d'Avila, qui réforma avec elle le Carmel, et qui a été proclamé par Pie XI en 1926 Docteur de l'Eglise". Benoît XVI a rappelé que saint Jean de la Croix est
"considéré comme l'un des poètes lyriques majeurs de la littérature espagnole. Ses oeuvres principales sont Montée au Mont Carmel, Nuit obscure, Le cantique spirituel, La vive flamme de l'amour. Dans le cantique, il présente un chemin de purification de l'âme… Dans la flamme il poursuit ce projet, décrivant en détail l'état de l'union transformatrice avec Dieu… La Montée au Mont Carmel est un itinéraire spirituel centré sur la purification progressive de l'âme, nécessaire pour atteindre le sommet de la perfection chrétienne que le Mont Carmel symbolise".
"Nuit obscure décrit l'aspect passif de l'intervention divine dans le processus de purification de l'âme. L'effort humain est de fait incapable de parvenir seul à la racine des mauvaises inclinations et habitudes. Il ne peut que les freiner, sans pouvoir les déraciner car pour ce la personne a besoin de l'action de Dieu qui, seul, peut purifier radicalement l'esprit en le disposant à s'unir à lui".
"Le rythme croissant de la foi, de l'espérance et de la charité, va de pair avec l'action purificatrice et la progressive union à Dieu, jusqu'à s'y conformer totalement. Parvenu à ce but, l'âme est immergée dans la vie trinitaire… C'est pourquoi Jean de la Croix soutient que qu'il n'y a pas de véritable union avec Dieu qui ne culmine dans la fusion trinitaire".
"Cheminer avec le Christ n'est pas un poids supplémentaire à celui déjà pesant de notre vie… C'est une chose totalement distincte, une lumière et une force qui nous aide à porter le poids de l'existence. Se laisser aimer par le Christ est la lumière qui nous soutient dans l'avancée quotidienne vers la sainteté, qui est un processus personnel ardu… Demandons à Dieu de nous aider à être saints, à nous laisser aimer, car c'est la vocation même de chacun de nous".
Chronique de la récidive
Il venait de purger 12 ans de prison pour agression sexuelle sur mineur à Arras. Sa dangerosité avait été signalée dès sa sortie de prison. 2 mois après sa libération en décembre, il aurait récidivé deux fois, contre deux hommes.
A sa sortie de prison en décembre, après avoir purgé la totalité de sa peine, il avait décliné tout suivi, même psychologique.
La grande mosquée de Marseille au point mort
La première pierre a été posée en mai 2010. Depuis, plus rien : les conflits entre musulmans de différentes obédiences et nationalités plombent le projet. On ne s'en plaindra pas.
Addendum 18h42 : Le MNR communique sur le sujet
A la suite du pourvoi déposé le 30 juillet 2010 par Hubert Savon, Secrétaire général du MNR, auprès du Conseil d'Etat, demandant l'annulation de l'ordonnance rendue le 25 octobre 2010 par la Cour Administrative d'Appel de Marseille, ordonnance rejetant la requête qu'il avait déposée pour demander l'annulation du permis de construire une grande mosquée à Marseille, le Conseil d'Etat lui a donné raison et a demandé à la Cour Admnistrative d'Appel de rejuger l'ordonnance du 25 octobre. Cette affaire sera donc rejugée par cette Cour le 3 mars 2011.
Si on se marie avec un mineur, il n’y a pas de pédophilie !
Lu sur le blog d'Yves Daoudal :
"L’Autrichienne Elisabeth Sabaditsch-Wolff, poursuivie pour incitation à la haine après une conférence sur l’islam, a été condamnée hier à une amende de 480 euros pour diffamation envers Mahomet. Sic. Le tribunal a jugé que le respect de la liberté d’expression ne permettait pas de la condamner pour incitation à la haine, mais que ses propos envers Mahomet étaient diffamatoires. Elisabeth Sabaditsch-Wolff avait traité Mahomet de pédophile. Le jugement est un chef-d’œuvre :
«Certes, Mahomet se maria avec Aïcha alors qu’elle avait 6 ans, et le mariage fut consommé quand elle eut 9 ans. Mais la pédophilie est une orientation sexuelle qui s’exerce entièrement ou principalement envers des enfants mineurs. Cela ne s’applique pas à Mahomet, parce qu’il était toujours marié à Aïcha lorsque celle-ci eut 18 ans. Par conséquent Mahomet n’était pas un pédophile, et l’accusation est malveillante.»
Où va l’Armée française ?
C'est le thème du dernier dossier du Spectacle du Monde. Extrait :
"A-t-il jamais existé, dans l’histoire, autant de disproportions entre ce qui est demandé aux militaires, qu’on voit, pêle-mêle, risquer leur vie pour séparer des belligérants, nettoyer les plages souillées par le pétrole, charrier les monceaux d’ordures provoqués par la grève des éboueurs marseillais, et ce qu’on attend des civils ? Entre ceux qui « servent » la collectivité sans rien attendre en retour et ceux qui « se servent », le fossé, de fait, n’a jamais été aussi béant.
Nul n’est jamais entré dans l’armée pour s’enrichir, mais jamais, non plus, la notion de service n’aura été tant piétinée que par le triomphe des «valeurs» marchandes au terme desquelles tout a un prix. Tout, sauf le désintéressement dont la cote est décidément au plus bas. […]
Peut-on en dire autant du sous-officier de 2011, payé 2500 euros par mois pour risquer sa vie en Afghanistan et découvrant qu’en quelques clics, un trader peut gagner pour lui-même plusieurs dizaines de millions et, en prime, déstabiliser des Etats, cependant que la Marseillaise, qu’on ne chante plus guère que dans les stades, honore en priorité les vedettes éructantes du ballon rond, couvertes d’or et de scandale ? La différence avec 1815, et même 1914, c’est que la gloire a déserté l’esprit de sacrifice pour s’investir tout entière dans le monde des affaires, dont fait aussi partie le sport. C’est là sans doute qu’en dernière analyse, il faut chercher la cause du grand malaise de la fonction militaire. Et de quelques larmes secrètes, quand il est demandé à des chefs d’économiser encore, d’économiser toujours, pour que vive la France."
