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Manquant de soins, elle réclame l’euthanasie

Shanna Wouters, une femme belge âgée de 38 ans, est atteinte du syndrome d’Ehlers Danloss, une maladie du tissu conjonctif qui lui cause des douleurs insupportables. Confrontée à un système de santé « défaillant », elle ne « voit pas d’autre solution que de demander l’euthanasie ».

L’état de santé de Shanna s’est fortement dégradé ces dernières années. Elle est désormais dans un fauteuil roulant et reçoit de fortes doses d’analgésiques. L’an dernier, elle a perdu 11 kilos. Elle dort à peine à cause de la douleur. « Je ne peux plus travailler depuis plusieurs années et j’ai besoin chaque jour de soins infirmiers » précise Shanna.

La Belge doit également se battre avec le « système de santé qui est défaillant » .

« J’attends un budget santé depuis des années, mais je n’ai pas ce temps ». « Depuis janvier, je reçois environ 20.000 euros de budget personnel par an. Alors que j’étais sur la liste d’attente depuis 2017, je n’ai obtenu mon budget que cette année ». « Le budget que je reçois est loin d’être suffisant pour répondre à mes besoins réels ».

Face à ces difficultés, Shanna ne voit « plus d’issue ».

« J’aimais beaucoup vivre, mais lorsque vous devez vous battre pour survivre chaque jour, il arrive un moment où cela s’arrête. C’est pourquoi je suis en train de mettre en place les documents nécessaires à mon euthanasie ».

Evidemment, cela coûte moins cher de pousser les malades à l’euthanasie que de s’occuper d’eux…

Source : Gènéthique

Venue du Pape à Marseille : Jean-Pierre Maugendre sur Cnews

Jean-Pierre Maugendre était l’invité de Frédéric Taddei, à propos du discours sur les migrants du pape François à Marseille, sur la chaîne C News. Emission : Les visiteurs du soir – 24 septembre 2023 23h-24h. Intervention à partir de 54mn :

 

Donald Trump plaide pour un compromis sur l’avortement

Malgré son bilan pro-vie extrêmement positif accompli durant son mandat, Donald Trump, de nouveau candidat à la présidence des Etats-Unis, a plaidé pour un compromis sur l’avortement, se démarquant ainsi de l’approche de ses concurrents républicains.

Donald Trump était à Washington, le 15 septembre, pour assister à la soirée annuelle du Family Research Council, une organisation protestante américaine à but non lucratif qui promeut la valeur fondamentale de la vie humaine, de la famille et de la liberté religieuse. Un électorat très courtisé à droite dans la perspective des primaires, lui a réservé un accueil triomphal. A une réserve près : un silence gêné lors d’un passage de son discours, celui consacré à l’avortement.

Un passage interminable, improvisé, souvent nébuleux et contradictoire, mais dont la tonalité générale était une mise en cause de l’approche la plus répressive de l’avortement par les élus et par la base religieuse du Parti républicain. Depuis que la Cour suprême a renvoyé aux Etats le droit d’avorter, ce sujet est au centre des élections.

« Comme le président Ronald Reagan avant moi, je soutiens les trois exceptions pour le viol, l’inceste et la vie de la mère »

En voulant sans doute attirer ainsi les voix des républicains modérés, il risque surtout de s’aliéner celle des pro-vie convaincus.

Il était une foi un prêtre, l’abbé Julien

Nouvelle vidéo de Natalie Saracco. Face aux calomnies et aux médisances contre l’Église et contre ses pasteurs, Natalie riposte en allant à la rencontre des “bergers” auxquels le Christ a confié Son Église.

Les prêtres sont “des mecs biens” ! N’en déplaise à la pensée unique antichrist qui pollue le monde, sa bergerie et ses “moutons”

Invité : Abbé Julien Palcoux (diocèse d’Évreux)

Chili : le Conseil constitutionnel a adopté un article qui « protège la vie de toute personne à naître »

Au Chili, le Conseil constitutionnel a adopté, mercredi 20 septembre, un article qui « protège la vie de toute personne à naître », ainsi qu’un autre consacrant la liberté de conscience.

Chargée de rédiger une nouvelle loi fondamentale, l’assemblée plénière du Conseil constitutionnel discutait les articles et les amendements relatifs au chapitre II concernant les « libertés et droits fondamentaux, garanties et devoirs constitutionnels ».

Le Conseil constitutionnel a approuvé à une large majorité l’article 16.1 du chapitre protégeant la vie de ceux qui ne sont pas encore nés, et interdisant la peine de mort. Parmi les 50 constituants, 33 ont voté pour.  L’amendement qui affirmait que « chaque être humain est une personne » a en revanche été rejeté le vendredi précédent.

Si la future Constitution est approuvée, elle pourrait remettre en cause l’avortement, autorisé depuis 2017 en cas de risque vital pour la femme, de malformation du fœtus et de viol. La fourniture de la pilule du lendemain pourrait elle aussi être remise en cause.

Le Conseil a en outre consacré l’objection de conscience « individuelle et institutionnelle » en lui donnant un statut constitutionnel. L’article a été approuvé par 31 voix pour et 19 contre.

Le projet sera déposé le 7 octobre. La nouvelle Constitution devra ensuite être soumise à référendum le 17 décembre.

Source : Gènéthique

La grâce ne remplace pas la nature : l’art du discernement

Ancien officier, François Bert accompagne ou forme des dirigeants à la prise de décision sur les sujets humains et stratégiques. Fort de cette expérience, il a fondé en 2019 l’École du Discernement au profit des décideurs publics et privés. Il vient de publier un ouvrage sur Le Discernement à l’usage de ceux qui croient qu’être intelligent suffit pour décider. Discerner n’est pas réservé aux chefs d’entreprise, bien entendu, et l’auteur aborde différents cas, y compris au sein de l’Eglise, où le discernement fait défaut. Nous l’avons interrogé :

Vous évoquez dans votre ouvrage sur le discernement le cas de la communauté des Frères de Saint-Jean et l’exemple des bénédictins. Avez-vous déjà été sollicité pour donner des clés de discernement au sein des séminaires et quelles seraient-elles ?

Mon travail concerne aujourd’hui essentiellement les décideurs publics et privés et j’ai néanmoins été sollicité par des communautés sur plusieurs cas de gestion de crise. Le hasard a fait par ailleurs que j’ai rencontré deux directeurs de séminaires qui se sont montrés vivement intéressés par la démarche : le pas n’a pas été encore franchi mais c’est une question de temps.

Je vois trois axes autour desquels conseiller les séminaires, après avoir orienté professionnellement plus de mille personnes, dont beaucoup de futurs ou ex-séminaristes/religieux(ses).

Le premier est celui de la connaissance de soi : j’étudie beaucoup l’articulation entre le moral (la volonté ou, en négatif, le volontarisme), le psychologique (l’identité sociale heureuse ou, en négatif, la blessure) et le fonctionnel (la posture naturelle, le talent, l’ADN et, en négatif, la crampe (l’emploi à rebours de soi)). A ce titre, je peux renseigner les séminaristes et ceux qui les accompagnent sur la base naturelle de leur démarche de fond et ce que peuvent parfois cacher certaines quêtes, qui peuvent être inconsciemment des fuites ou des compensations, des choix par défaut ou faussement libres.

Le deuxième est celui des comportements toxiques : l’univers religieux est un univers de générosité qui aimante les personnalités qui se nourrissent des autres et qui trouvent dans le discours spirituel un champ infini de manipulation. Ces comportements, quand ils sont notamment profondément enracinés, sont détectables. Prendre du temps pour cela évite que des promotions entières soient mis à mal et que des ministères futurs deviennent destructeurs.

Le troisième est celui de la mission future de « gouvernement » de ceux qui seront curés, directeurs de communauté ou évêques. Le discernement humain, opérationnel et stratégique ne s’improvise pas. Il a une part innée, aussi sûrement que ni Saint Paul (le plus brillant), ni Saint Jean (le plus mystique) n’eurent la charge de la direction de l’Eglise mais bien Saint Pierre, moins étincelant mais rempli davantage de bon sens que les deux autres. Ainsi de Saint Thomas d’Aquin qui était bien à la table du roi pour le conseiller mais qui aurait fait un très mauvais roi et de saint Padre Pio qui resta simple frère et prêtre pour le plus grand bonheur des visiteurs de son confessionnal. La première question est : comment sélectionnons-nous les ecclésiastiques dans l’attribution de leur poste ? Plus tôt chacun se connaît dans ses talents propres, plus tôt il rend le meilleur service en étant à la meilleure place : la grâce ne remplace pas la nature. Cela étant posé, la prise de décision s’organise (choix des adjoints et de l’entourage) et s’apprend : c’est le but de mes formations (et du livre…).

Vous abordez aussi le principe de subsidiarité, que vous opposez à l’hypercentralisation française. L’Etat-providence déresponsabilise-t-il par nature ?

Oui, profondément. Il vit sur un sentiment de toute puissance qui est la conséquence de l’avènement des penseurs à la place des chefs, des experts plutôt que des discernants. Le penseur en politique croit que tout procède de ce qu’il prévoit : cela crée trois problèmes. Le premier est qu’il se sent dès lors le besoin d’être le plus complet possible pour se montrer brillant sauf qu’à tout couvrir il indifférencie l’essentiel et le dérisoire et dilapide ses efforts : qui trop embrasse, mal étreint. Le deuxième est qu’il accumule des lignes d’actions sans les prioriser ni les actualiser ; il devient alors non seulement dispersé mais aussi omniprésent, freinant l’action quotidienne d’une multiplicité de procédures qui empoisonnent la vie des Français. Le troisième est que l’hyper-organisation inhibe profondément l’initiative et la motivation des Français : mieux vaut avoir une parcelle de potager à gérer de manière indépendante avec objectifs que de de se faire contrôler tous les jours sur des lignes déjà plantées … Les experts sont convaincus que leur pensée est supérieure à la somme de celles de leurs concitoyens. La légitimité d’un chef n’est pas de savoir mais de permettre. Créer les conditions de l’initiative et de l’autonomie, avec les conditions d’effet à obtenir expliquées dans le livre, c’est se trouver en position d’être réveillé et dépassé tous les matins par un nombre incalculable de propositions et de bonnes volontés.

A propos des multiples initiatives d’obédience catholique destinées à la jeunesse, vous déplorez un certain romantisme stérile. Comment rendre cet activisme efficace ?

L’idée est précisément de passer de l’activisme à l’action, qui s’inscrit dans un temps qui le dépasse (là ou l’activisme est drogué au résultat immédiat) ; elle procède sur le principe de l’embuscade « quatre heures d’attente, deux minutes de feu ». L’action juste procède d’une écoute du lieu où l’on pourra avoir sa meilleure utilité et du moment où il produira son meilleur effet. Qu’on se le dise, il est sain que la jeunesse notamment s’exerce à donner pour des bonnes causes, quitte à ce que ce soit parfois avec excès de générosité. Mais le temps passant, le souci de la victoire doit prendre le pas sur celui de la bonne conscience. Un exemple ? Autant je crois à le vertu profonde des pèlerinages qui, bannières déployées, permettent à la fois une démarche personnelle et collective de ferveur, autant je crois que la vie professionnelle et citoyenne appelle à être fécondée par une action silencieuse davantage que le besoin de témoigner de son appartenance ou d’afficher des étiquettes communautaires. Que de fois ai-je vu des chefs revendiqués catholiques qui n’avaient ni humanité ni discernement, créant même des bandes de privilégiés sur la base de la confession voire de la paroisse au détriment élémentaire de la justice et de la crédibilité opérationnelles. Que d’œuvres sont surinvesties dans le « témoignage » avec le #catho par tous les canaux possibles mais trahissent le message par la réalité de leur vie collective, leur manque patent de charité, leur négligence des constructions humaines. Catholique veut dire universel : c’est un appel à rallier par le comportement avant toute forme de discours, à se rendre serviteur de tous plutôt que militant de quelques-uns. Que les évêques, pendant la crise COVID, appellent à pouvoir continuer à fréquenter les églises est une bonne chose et c’est leur boulot. Qu’une très grande partie de laïcs « s’enchouannent », avec une émotion parfois surjouée à destination d’un cercle endogène, sur la même thématique, est généreux mais a deux limites : celle d’une forte déperdition d’énergie sur un sujet à faible chance de succès et à gravité relative et celle, surtout, de la tentation de se trouver une cause honorable suffisante là où les laïcs sont précisément appelés à servir, sans étendard, la société toute entière : réalité de l’entraide réelle face aux personnes isolées en entreprise et dans sa propre famille, courage des décisions face à certaines situations ubuesques, positionnement, chacun à son niveau d’impact, sur les dérives législatives et sanitaires. Notre société, saturée d’idées et de mobilisation victimaire, a soif de comportements courageux, calmes et rassembleurs. Les idées clivent, le bon sens rallie.

Par ailleurs la réflexion sur l’action juste rejoint le début de l’entretien sur la question de la connaissance de soi et de son corollaire, la construction d’équipe. On ne sert vraiment qu’en étant soi, car alors on apporte au monde ce qui lui manque. 75% des causes d’échec ou de crise des structures politiques, religieuses ou associatives sont d’origine humaine. En regard de cela, quelle part accorde-t-on à l’approche des personnalités, leur combinaison opérationnelle, la prise de décision dans les formations destinées à ceux qui sont censés y avoir part ? Pour ainsi dire aucune, ou vaguement symbolique. On préfère fabriquer des gens qui pensent bien sans se soucier une seconde du juste lieu de leur efficacité ainsi que de l’équipe et des décisions contextuelles qui leur permettront de durer. En quelque sorte on fabrique des docteurs en histoire militaire pour gagner les futures guerres… Equipons plutôt chacun de la manière de comprendre son propre terrain, ses justes combats, sa place attendue, ses compléments humains et les choix qui lui reviennent.

Elections sénatoriales : poussée de la gauche, 3 élus au RN

Si LR, allié aux centristes, reste majoritaire au Sénat, la gauche a progressé hier. Le manque d’implantation de la macronie s’est fait ressentir lors du scrutin. Sonia Backès, seule membre du gouvernement en lice, a été battue au second tour par l’indépendantiste Robert Xowie en Nouvelle-Calédonie, tandis qu’à Paris le camp présidentiel a perdu le seul siège qu’il comptait avec la défaite de Julien Bargeton, sénateur sortant.

Le Rassemblement national compte trois élus : Christopher Szczurek pour le Pas-de-Calais, Aymeric Durox en Seine-et-Marne et Joshua Hochart dans le Nord.

A Paris, la gauche unie remporte huit des douze sièges qui étaient en jeu, faisant notamment entrer dans l’hémicycle l’écologiste Yannick Jadot et le communiste Ian Brossat.

Le groupe PS se stabilise à 64 sièges, les communistes en gagnent deux (17 sièges contre 15 auparavant), les écologistes trois (15 contre 12).

Dans le Val d’Oise, Sébastien Meurant (apparenté LR, soutien d’Eric Zemmour à la dernière présidentielle) est battu.

Les résultats sont ici.

Retour sur la visite du Pape à Marseille : En quête d’esprit

Aymeric Pourbaix revient sur la visite du pape à Marseille, avec Véronique Jacquier, l’abbé Arnaud du Cheyron, diplomate du Saint-Siège, Jean-Marie Guénois, journaliste au Figaro

“Macron destitution” : tentative d’arrestation de David van Hemelryck

Gérald Darmanin n’a rien d’autre à demander aux forces de l’ordre (4 camionnettes tout de même). :

Terres de Mission : Une croix sur le Mont Saint-Michel

Eglise universelle : Le trésor de la sainte messe

Ce superbe album, sous-titré “Le guide complet de la messe en latin”, nous vient des Etats-Unis et a pour objectif de faire découvrir toutes les richesses de la messe romaine traditionnelle. L’abbé Claude Barthe présente ce travail richement illustré, à la fois très abordable par tous et très complet.

Eglise en France : Master-class Science et éthique de la Fondation Lejeune

La Master- Class Jérôme Lejeune s’adresse prioritairement aux personnels de santé de plus en plus confrontés à des choix éthiques parfois très complexes. Directrice de cette Master-class, Aude Dugast en présente les objectifs, le programme et les modalités d’inscription.

Eglise en marche : Une croix pour le Mont Saint-Michel

SOS Calvaires poursuit son inlassable activité, ayant déjà restauré 288 calvaires depuis le début de l’année. Le 30 septembre prochain, c’est une croix au Mont Saint-Michel qui sera de nouveau installée. Directeur général de SOS Calvaires, Alexandre Caillé présente cet événement qui sera précédé d’une traversée à pied de la baie.

Marine Le Pen et la critique de la “construction européenne”

Un lecteur du Salon beige nous adresse cet article à propos du discours de Marine Le Pen à Beaucaire:

La campagne des élections européennes de juin 2024 relance les réflexions sur ce qui est convenu d’appeler la « construction européenne ». Lors des estivales du Rassemblement National, Marine Le Pen a prononcé un discours qui, à la fois, marque sa rentrée politique et nous donne sa vision de l’Union européenne aujourd’hui.

Ce discours de Beaucaire a marqué les esprits puisqu’il a même été repris par certains medias “mainstream” comme BFM-TV car il montre une inflexion dans l’analyse. En un peu moins d’une demi-heure, on peut saisir la pensée de Marine Le Pen et du Rassemblement National (on peut le lire ici).

Déjà en décembre dernier lors d’un colloque « Union européenne : Un Empire contre les Nations » tenu à Paris, des invités comme Emmanuel Lynch et Eric Branca avaient pu nourrir la réflexion des cadres du parti par une vision sans concession. L’Union Européenne est un empire, elle a tous les attributs de la souveraineté et cherche comme tout empire à s’étendre et repousser ses frontières, avait démontré M. Lynch (voir les articles déjà publiés sur le site du SB ou sur le site du mouvement France Libre Vraie Europe). Quant à M. Branca, il avait insisté sur l’analogie qui pouvait être faite entre les structures de l’UE et celle de la défunte URSS. Cliquez sur ce lien pour accéder aux actes du Colloque

Dans son discours de Beaucaire, Marine Le Pen reprend ces idées et affirme que les maux dont nous souffrons ne sont pas le fait de l’Europe mais de l’Union européenne, cet empire qui va à l’encontre du bien des nations. Pour elle, l’Europe devrait être « une coopération entre nations-libres ». Il faut retrouver ce rêve européen fruit de la volonté des peuples et de la diversité des nations.

Ainsi que le soulignait Emmanuel Lynch dans son livre « La Nation Face à l’Empire » publié en 2021, Marine Le Pen nous dit qu’« Être franc c’est être libre ». Elle rappelle que la France peut être une puissance d’équilibre mais doit pour cela retrouver sa souveraineté. Elle souligne la dépossession dont la France a été victime par la jurisprudence des instances de l’UE, par les référendums ignorés et bafoués (référendum sur la constitution européenne de 2005) par nos dirigeants politiques et cet état de « minorité juridique » dans lequel nous plonge l’empire de l’UE auprès de qui on pleure comme un enfant « appelant maman ». Elle appelle à « rassembler tous ceux qui pensent que la France est encore une grande nation, avec une identité millénaire, une culture, un génie, des frontières et une prospérité à conquérir ».

Elle fustige le « dogmatisme concurrentiel inepte » qui est une des armes utilisées par l’UE contre les peuples et les nations. Elle rappelle également que nous devons rester « maîtres de notre politique d’immigration ».

Ce beau discours marque une inflexion très critique de l’Empire de l’Union européenne. Marine Le Pen redonne du souffle au combat pour la liberté des Peuples et des Nations et cherche à provoquer une discussion au parlement européen par le dépôt d’un texte de loi intitulé « Déclaration des Droits des Peuples et des Nations ».

Laurent Dandrieu : pape et migrants, “une forme d’irresponsabilité”

Alors que le pape François quitte Marseille après une messe au stade Vélodrome et une dénonciation de “l’indifférence” des dirigeants européens face aux migrants, Laurent Dandrieu, auteur de “Eglise et immigration, le grand malaise“, aux presses de la Renaissance, décrypte pour Boulevard Voltaire cette position du Saint Père dans un pays frappé par une immigration massive.

“Le pape est dans son rôle quand il considère les migrants comme des personnes, explique Laurent Dandrieu, mais c’est problématique quand il cultive une cécité volontaire sur la dimension collective du phénomène et s’interdit d’en analyser les conséquences économiques, culturelles, sociales et religieuses”.

Appel au rassemblement pour le Haut-Karabagh, jeudi 28 septembre

De Mgr Pascal Gollnisch, Directeur général de L’Œuvre d’Orient :

“Ce qui se passe au Haut-Karabagh est d’une extrême gravité. Des solutions pouvaient être trouvées par le dialogue, par une négociation, par le respect des personnes, le respect du peuple arménien qui a tant souffert au long de son histoire, qui a subi des massacres et un terrible génocide. Et voici que de nouveau la violence se déchaine contre lui, rompant toute possibilité de dialogue, ignorant les appels internationaux à la paix et au respect des peuples.

Ce qui se passe est d’une gravité inouïe pour le peuple arménien bien sûr, en particulier pour ceux qui habitent au Haut-Karabagh, mais c’est d’une gravité pour la civilisation dans laquelle nous sommes, pour notre siècle. Nous ne pouvons pas rester silencieux devant ce drame.

Certes nous n’avons pas beaucoup de moyens, nous n’avons pas une armée à lancer pour les protéger, nous n’avons que nos mains, vides.

J’invite tous les Arméniens, tous les amis de l’Arménie, tous les hommes et les femmes de bonne volonté à se retrouver ce jeudi à 18h au Trocadéro, sur ce parvis des Droits de l’Homme pour un temps de mémoire, un temps de communion avec les Arméniens du Haut-Karabagh”.

Mgr Pascal Gollnisch, Directeur général de L’Œuvre d’Orient

Jeudi 28 septembre 2023 à 18h
Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro

L’évêque n’est pas un quelconque haut-fonctionnaire de l’institution, qui n’aurait plus de vision et de responsabilité ecclésiale

Antoine Bordier a interrogé Marc Fromager, à propos de la situation dans le diocèse de Toulon :

Rappelez-nous ce qu’il se passe dans ce diocèse voisin de la cité phocéenne, à quelques jours de la visite du pape à Marseille, où se rendra Mgr Dominique Rey, l’évêque du diocèse concerné.

Le diocèse de Fréjus-Toulon est un des plus dynamiques de France, notamment, en termes d’initiatives missionnaires, de vision ecclésiale, de vocations sacerdotales et religieuses. L’année dernière pour la première fois, quelques jours avant les ordinations prévues comme d’habitude partout dans l’Eglise, fin juin, tout a été bloqué par le Vatican dans ce diocèse du Var. Cette année encore, il n’y a pas eu d’ordinations, ce qui signifie que les futurs ordinands attendent maintenant depuis deux ans une ordination qui ne vient, toujours, pas et pour laquelle ils sont laissés, ainsi que leurs familles et l’ensemble du diocèse, dans le plus grand désarroi.

C’est un scandale ?

Non, on ne peut pas le dire ainsi. Mais, c’est un sujet important et urgent. Très.

Avant d’entrer davantage dans le sujet, présentez-vous. Qui êtes-vous et pourquoi cette défense des séminaristes, de l’Eglise, vous tient-elle à coeur ?

J’ai toujours travaillé dans et pour l’Eglise. Tout d’abord à la Délégation catholique pour la Coopération, ensuite à la Communauté des Béatitudes, au diocèse de Nîmes, et, puis, j’ai dirigé longtemps l’Aide à l’Eglise en Détresse. Récemment, j’ai lancé la Mission Ismérie. Et, maintenant, je suis chez SOS Chrétiens d’Orient. Cela fait 32 ans que j’ai le privilège de servir l’Eglise.

Presqu’une vie entière, en somme, consacrée à l’Eglise ?

Oui, c’est vrai. Ce n’est pas courant de nos jours. C’est pour cela que j’aime profondément l’Eglise et que je la connais bien. Je rajouterai que, pour parler du sujet plus largement, et sans faire de cléricalisme, tout le monde peut aisément comprendre que la qualité des communautés paroissiales dépend en grande partie de la qualité de service (de la sainteté) des prêtres. Celle-ci ne s’apprend pas, mais on peut imaginer qu’elle soit facilitée et soutenue par une formation de haut vol. Sans les séminaristes, l’avenir de l’Eglise n’existe pas ou difficilement. Les séminaristes concentrent ainsi une partie presque visible de l’avenir de l’Eglise. Cette jeunesse, c’est le trésor le plus précieux de l’Eglise. Nous l’avons vue lors des JMJ de Lisbonne cet été. Cette jeunesse qui se donne à Dieu et aux hommes est belle ! Elle est héroïque, c’est la raison pour laquelle il faut lui apporter le plus grand soin, particulièrement sans doute dans les contrées comme les nôtres où les vocations se sont faites de plus en plus rares.

L’Eglise de France est touchée de plein fouet par la crise des vocations. Les chiffres sont affolants : entre 1945 et 2020, le nombre de prêtres a été divisé par 10. Ils sont, aujourd’hui, plus ou moins 5 000, de moins de 60 ans. Les pratiquants réguliers, eux aussi, sont en berne. Ils ne représentent plus que 2% à 3% de la population française. Est-ce inquiétant ?

Oui, c’est très inquiétant pour notre société qui a été construit sur des fondations chrétiennes. On le constate tous les jours. Notre société perd ses valeurs. Elle perd pied. A commencer par les valeurs familiales. L’Eglise a un rôle important à jouer sur le sujet. Les vocations naissent dans les familles.

Quels sont vos liens avec Mgr Dominique Rey, l’évêque de ce diocèse, qui subit une telle interdiction inédite dans l’histoire de l’Eglise ?

Je connais Mgr Rey depuis un certain nombre d’années. J’ai déjà participé avec lui à quelques voyages au Brésil, lors de la rencontre de communautés dites charismatiques. En Colombie, nous avons rencontré des communautés plutôt traditionnelles. Et au Proche-Orient, pour manifester notre proximité avec nos frères chrétiens d’Orient en grande souffrance, car ils persécutés. Nous avons beaucoup œuvré à leurs côtés. Et, nous continuons à le faire. J’ai, également, eu l’occasion de le rencontrer lors des différents évènements ecclésiaux : comme la Nuit des Témoins, un évènement annuel en soutien des chrétiens persécutés, la French Riviera Institute, etc.

L’année dernière, dans notre enquête publiée le 29 juin, nous faisions référence au communiqué que Mgr Rey publiait : « Dans l’attente des suites de ces échanges en cours avec les dicastères romains, il a été demandé de surseoir aux ordinations diaconales et sacerdotales prévues fin juin. » Combien de temps cette situation pourrait-elle, encore, durer ?

J’aimerais bien le savoir ! Et, je ne suis pas le seul. Tous, nous aimerions le savoir. Le prolongement inédit de cette apparente sanction et l’opacité dans laquelle nous sommes maintenus, quant au dénouement de cette surprenante incrimination, deviennent pesants. Nous ne sommes pas des moutons de panurge. La plupart des laïcs sont impliqués dans l’Eglise, nous finançons l’Eglise. Nous avons droit à des explications.

Certes, il faut croire que le Vatican a ses raisons, qui n’ont pas forcément à être toutes communiquées, mais à l’heure de l’inclusion, de la tolérance et de la charité fraternelle promue universellement par l’Eglise elle-même, un minimum de considération serait le bienvenu pour les fidèles, les séminaristes, les ordinands et leurs familles. N’oublions pas l’évêque qui souffre de cette situation, comme un père de famille qui ne pourrait plus offrir un avenir à ses enfants. Il est tout de même le successeur des apôtres, comme les autres évêques et cardinaux. Il n’est pas un quelconque haut-fonctionnaire de l’institution, qui n’aurait plus de vision et de responsabilité ecclésiale.

Que lui reproche-t-on, finalement, à Mgr Rey, selon vous ?

Aucune idée ! Il faudrait poser la question au saint Père. Certains ont évoqué le trop grand nombre d’ordinations – un comble. Mais on aimerait savoir d’où cela serait-il devenu une infraction ? D’autres avancent le trop grand nombre de vocations étrangères, le manque de discernement. Mais il n’y a pratiquement plus une seule paroisse en France qui n’accueille pas un ou plusieurs prêtres étrangers, la plupart venus d’Afrique. Certains, enfin, allèguent une trop grande bienveillance pour les milieux traditionnels, mais là encore, est-ce contraire au droit Canon ? Ou cela est-il devenu déplacé, voire déplaisant en haut lieu ? Mgr Rey aime l’Eglise et a consacré sa vie à la servir. Ses méthodes sont directes ? Il va très – trop – vite ? Seul celui qui ne fait rien ne fait pas d’erreurs, et encore ! In fine, que lui reproche-t-on ? De mettre en lumière par sa débordante énergie l’immobilisme de beaucoup de ses pairs ? Cela correspond bien à notre époque qui consacre l’éloge de la médiocrité : surtout, ne jamais faire de vagues !

Toujours lors de notre enquête, nous avions interrogé le célèbre Odon Vallet, l’expert-historien des religions. Il nous avait dit : « Quand l’Eglise parle de “ visite fraternelle ”, en réalité il faut comprendre une vraie mésentente entre Rome et Toulon. Mésentente qui peut paraître contradictoire au moment où le pape appelle à l’ouverture, et, à se rendre aux périphéries. Ce que semble faire Mgr Rey. Le pape est pressé de prendre ce genre de décisions, durant les probables derniers mois de son pontificat. » Qu’en pensez-vous ?

Je n’ai pas plus d’informations. Cela étant, si une visite qualifiée de « fraternelle » crée un tel désordre, je ne suis pas certain d’avoir tout compris dans Fratelli Tutti. Autrefois, on disait : « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». Parfois, on a l’impression, aujourd’hui, d’une injonction à la fraternité pour les autres mais pas pour notre prochain, que ce soit d’ailleurs au niveau religieux ou politique.

A quelques jours de la venue du pape François, quelles seraient vos raisons d’espérer en une fin de l’histoire qui se termine bien ? Le pape François, le cardinal Aveline et la Conférence des Evêques de France vont-ils prendre le risque de fermer le séminaire et de pousser à la démission Mgr Rey ? Il y a quelques semaines, lors des Journées Mondiales de la Jeunesse, à Lisbonne, devant 1,5 million de jeunes, le pape ouvrait les bras à tous les jeunes en disant : « Il y a de la place pour tous dans l’Eglise ». Va-t-il les rouvrir pour les jeunes du séminaire ?

On peut l’espérer ! Quoiqu’il en soit, une décision doit être prise. On ne peut pas rester indéfiniment dans ce flou qui ne semble pas très évangélique. « Que votre oui soit oui et que votre non soit non » a-t-on envie de dire.

Cela étant, il est peu probable que le sujet soit à l’ordre du jour lors de la visite du pape. Le saint Père a en effet répété avec insistance qu’il venait à Marseille et pas en France, ce qui semble exclure même les voisins les plus proches.

[Note du rédacteur] Information de dernière minute : selon Odon Vallet, « un entre-deux serait, finalement, trouvé. Et, Mgr Rey ne serait plus poussé à la démission. Un évêque co-adjuteur (NDLR : un adjoint-successeur) serait nommé à ses côtés. » Alors que Mgr Rey fêtera ses 71 ans, le 21 septembre, et qu’il devrait prendre sa retraite dans moins de 4 (pour ses 75 ans), l’obliger de démission serait, effectivement, la plus inopportune des solutions. Admettons, enfin, que les pensées de Dieu sont « impénétrables ». Celles du pape également !

Interview réalisée par Antoine Bordier

Avoir un discours très virulent envers l’immigration ne suffit pas : l’exemple de Meloni en Italie

Analyse d’

[…] Cependant, la position de Meloni a connu une inflexion de plus en plus notable depuis la fin de l’hiver dernier, en adoptant une position beaucoup plus compatible avec les attentes de la Commission européenne. Fin février, elle adoptait par exemple une loi facilitant l’immigration légale dans son pays, poussée par son patronat dénonçant un manque de main d’œuvre. Au printemps, elle soutenait le Pacte asile et immigration proposé de longue date par la Commission, dont la disposition principale consiste en un mécanisme de solidarité des pays européens envers ceux d’entre eux qui sont en première ligne de la vague, avec l’établissement de quotas de migrants à accueillir pour tous. Un tel système soulagerait en effet l’Italie mais crée des frictions au sein des droites nationales européennes, celles de pays intérieurs ne voulant évidemment pas se voir imposer des migrants par l’UE. C’est ainsi que Marine Le Pen s’est montrée particulièrement critique envers son alliée transalpine à cette occasion, dénonçant la mainmise de la Commission sur la Botte, notamment du fait des difficultés économiques de l’Italie qui attend un plan de relance de cent milliards de la part de l’Union.

Enfin, aux côtés de la présidente de la commission Ursula von der Leyen, Meloni a pris la tête d’un plan de négociation avec les pays d’Afrique du Nord et en premier lieu avec la Tunisie. Annoncé en juin et finalisé mi-juillet, le « partenariat global » entre l’Union et la Tunisie prévoit un plan d’aide d’un milliard sur plusieurs années, dont cent millions immédiatement. Le pays nord-africain recevra aussi des aides en nature comme des navires et des radars pour lutter plus efficacement contre l’immigration à ses frontières. En contrepartie, il doit accueillir les migrants refoulés vers ses côtes, même s’ils ne sont pas tunisiens. Quelques jours plus tard, la présidente du Conseil italien a cherché à élargir son initiative en invitant à Rome une batterie de chefs d’État et de responsables comme de nouveau le président de la Tunisie ainsi que ceux des Émirats arabes unis et de la Mauritanie pour étendre ce principe de coopération dans la lutte contre l’immigration illégale. Pompeusement nommée processus de Rome, cette stratégie qui n’a rien de révolutionnaire a le mérite de faire entrer la résolution du problème migratoire dans une perspective d’ensemble qui associe pays du Nord et du Sud.

Résultats marginaux

Ceci étant dit, on peut déplorer que ces négociations négligent l’essentiel. Si s’associer à la Commission peut paraître utile sur le court terme, elle reste le gendarme de l’Union européenne, toujours prête à sanctionner les pays qu’elle juge trop rudes dans leur lutte contre l’immigration. L’architecture intellectuelle de l’UE, fondée sur la centralité des droits humains et non sur la défense et le rayonnement d’une civilisation, interdit toute lutte vigoureuse donc efficace contre le phénomène migratoire. Dans l’impossibilité de changer la philosophie d’ensemble de l’Union, dont la CEDH énonce parfaitement les principes, le meilleur moyen de lutte contre l’immigration illégale semble pour les États de récupérer leur pleine souveraineté en la matière, c’est-à-dire de sortir de facto de l’espace Schengen, avec ou sans révision des traités. Sans prendre le risque de rompre avec Bruxelles, les dirigeants même les plus nationalistes seront condamnés à n’obtenir que des résultats marginaux.

Adveniat : former les intelligences pour aider à la reconstruction de la cité

Animés par le désir d’œuvrer à la Royauté Sociale du Christ, notre objectif est de transmettre la doctrine catholique. Nous voulons former les intelligences pour aider à la reconstruction de la cité.

Pour la 3ième année consécutive, nous lançons donc des cellules de formation à l’action catholique.

Ouverte à tous, cette formation permet d’allier travail de fond et convivialité.

Elle est centrée sur la doctrine du Christ Roi, doctrine énoncée dans l’encyclique Quas Primas par Pie XI en 1925, et merveilleusement explicitée par Jean Ousset dans son ouvrage à destination des laïcs catholiques « Pour qu’Il Règne ».

https://adveniatformation.wordpress.com/home/formation/notre-programme/

Dix-septième dimanche après la Pentecôte, Dimanche de l’amour de Dieu

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Nous célébrons, en ce dimanche 24 septembre, le dix-septième dimanche après la Pentecôte. Il est toutefois possible de chanter la messe de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dont la solennité, facultative, peut se faire en ce dernier dimanche de septembre. Allez ICI pour en écouter les chants et les commentaires.

► Introït : Justus es

Nous abordons avec le dix-septième dimanche après la Pentecôte la dernière partie de ce temps liturgique ; rappelons qu’il représente dans l’année la longue marche de l’Église depuis les Apôtres jusqu’à la fin des temps, et en ces derniers dimanches la pensée de l’Église se tourne de plus en plus vers le retour glorieux du Seigneur et le jugement dernier ; on en avait déjà eu un écho dans le Graduel du seizième dimanche, où une phrase annonçait qu’il paraîtrait dans sa majesté.

Un des thèmes que nous allons retrouver le plus souvent durant cette période, lié à la perspective du Jugement dernier, est celui de la justice et de la miséricorde, les deux attributs divins. C’est précisément le thème de l’Introït de ce dimanche, qui réunit deux versets du psaume 118, la longue méditation sur la loi de Dieu et sa volonté, que nous avons souvent rencontré, et qui reviendra à plusieurs reprises en ces derniers dimanches après la Pentecôte. Ces deux versets, très courts, ne se suivent pas dans le psaume et ont été ici rapprochés intentionnellement :

Justus es, Domine, et rectum judicium tuum; fac cum servo tuo secundum misericordiam tuam.
Vous êtes juste, Seigneur, et votre jugement est droit ; traitez votre serviteur selon votre miséricorde.

La justice et la miséricorde semblent à première vue s’opposer : la justice nous condamne, la miséricorde nous sauve ; nous affirmons la première : justus es…, nous implorons la seconde : fac cum servo tuo… Mais en Dieu la justice et la miséricorde ne font qu’un, l’une ne va pas sans l’autre ; c’est ce qu’exprime la mélodie de cet Introït, très ramassée, qui fait de ces deux phrases littéraires une seule phrase musicale, avec une grande montée qui part en plein élan dès l’intonation et s’élève jusqu’au sommet sur les mots servo tuo, suivie d’une descente calme et progressive.

Le verset de cet Introït est bien entendu le premier du psaume 118 :

Beati immaculati in via, qui ambulant in lege Domini.
Heureux ceux qui s’avancent sans tache dans la voie de la loi du Seigneur.

► Graduel : Beata gens

Comme l’Introït, le Graduel du dix-septième dimanche après la Pentecôte est formé de deux versets de psaume qui ne se suivent pas dans le texte original et ont été ici rapprochés intentionnellement. Il s’agit cette fois du psaume 32, cantique de louange à la bonté et à la toute puissance du créateur, par lequel les Israélites célébraient le bonheur de faire partie du peuple élu :

Beata gens cujus est Dominus Deus eorum, populus, quem elegit in hereditatem sibi. Verbo Domini cæli firmati sunt, et spiritu oris ejus omnis virtus eorum.
Heureuse la nation dont le Seigneur est le Dieu, le peuple qu’il s’est choisi pour héritage. Par la parole du Seigneur les cieux ont été affermis, et par le souffle de sa bouche toute leur puissance.

Il faut entendre ici les cieux au sens cosmique : c’est tout l’univers qui chante son créateur, la parole verbum qui lui donne la vie, et le souffle spiritus qui lui donne la cohésion ; nous reconnaissons ce que le psalmiste annonçait sans le savoir, les trois personnes divines, le créateur, le verbe et l’esprit, et leur toute puissance agissante. Le peuple de Dieu, qui est maintenant l’Église, est également leur œuvre.

Ce Graduel, comme celui du septième dimanche après la Pentecôte, était déjà chanté le mercredi de la quatrième semaine de Carême, appelé férie des grands scrutins, car c’était le jour où l’on désignait dans l’église primitive les catéchumènes qui allaient recevoir le baptême à la Vigile pascale. «  Le peuple que Dieu s’est choisi «, c’était eux, aujourd’hui ce sont tous les baptisés : heureux sommes nous d’en faire partie. Mais on ne peut s’empêcher en chantant ces mots de penser à la France, qui est actuellement si infidèle à sa vocation…

La mélodie exprime bien ce bonheur, cette reconnaissance et cette louange. Si elle ne comporte pas de grandes vocalises, elle est ample et développée, avec des montées pleines d’ardeur et des descentes très calmes. La première partie culmine sur le mot populus, très affirmé ; dans la deuxième partie, la première phrase bondit dès le départ et se tient dans les hauteurs, culminant sur le mot cæli, puis on retrouve les montées et descentes pleines de ferveur.

► Alléluia : Domine exaudi

Le texte de l’Alléluia du dix-septième dimanche après la Pentecôte est encore le premier verset d’un psaume ; il s’agit du psaume 101, auquel le Graduel du dimanche précédent était déjà emprunté. Mais il s’agissait alors d’un passage pris dans la dernière partie du psaume, chant d’espérance du peuple d’Israël exilé, alors que le début est un appel angoissé à l’aide divine :

Domine exaudi orationem meam et clamor meus ad te veniat.
Seigneur exaucez ma prière et que mon cri parvienne jusqu’à vous.

Ce verset est bien connu ; il revient continuellement dans la liturgie, en particulier avant certaines oraisons. Il s’agit d’un appel suppliant comme on en rencontre sans cesse, et il tranche sur les Alléluias des semaines précédentes, acclamations de louange à la majesté et à la toute puissance divine. Comme nous l’avons déjà constaté, un Alléluia n’est pas toujours joyeux.

Cependant la vocalise du mot alléluia, assez courte mais franchissant toute l’octave en une belle courbe élégante, pourrait se prêter à une expression joyeuse. Mais le verset est une supplication intense, culminant sur les deux mots exaudi et meus en deux montées très expressives.

► Offertoire : Oravi

Nous retrouvons dans l’Offertoire du dix-septième dimanche après la Pentecôte un des grands Offertoires de ce temps liturgique qui ne sont pas tirés des psaumes mais d’autres livres de l’Ancien Testament, comme nous en avons déjà trouvé au septième et au douzième dimanche, et nous retrouverons de plus en plus de textes analogues dans les chants du propre de ces derniers dimanches, Offertoires mais aussi Introïts. Ce sont souvent des prières du peuple d’Israël reconnaissant humblement qu’il a mérité par ses péchés les châtiments qui se sont abattus sur lui, et suppliant le Seigneur de le délivrer ; c’est toujours le thème de la justice et de la miséricorde que présentait l’Introït de cette messe.

L’Offertoire de ce dimanche est tiré du livre de Daniel ; nous avions déjà rencontré au septième dimanche la belle prière des trois jeunes Hébreux dans la fournaise, que nous retrouverons à l’Introït du vingtième. Ici c’est Daniel lui-même qui s’adresse au Seigneur en des circonstances analogues ; mais le texte de cet Offertoire ne reprend pas dans cette prière la partie d’humble reconnaissance des péchés, gardant seulement la partie suppliante :

Oravi Deum meum ego Daniel, dicens : Exaudi, Domine, preces servi tui ; illumina faciem tuam super sanctuarium tuum : et propitius intende populum istum, super quem invocatum est nomen tuum, Deus.
Moi, Daniel, j’ai prié mon Dieu en disant : Seigneur, exaucez les prières de votre serviteur ; faites briller votre visage sur votre sanctuaire, et tournez-vous avec bienveillance vers ce peuple sur lequel est invoqué votre nom, O Dieu !

L’expression «  faites briller votre visage «  que l’on rencontre assez souvent dans la Bible (voir la Communion du dimanche de la Septuagésime) signifie : montrez-vous favorable. De plus le texte de Daniel précise : sur votre sanctuaire dévasté, mot qui n’a pas été conservé dans l’Offertoire ; il s’agit donc du temple de Jérusalem abandonné et ruiné, que le peuple hébreu captif aspire à retrouver. Aujourd’hui le «  sanctuaire dévasté «  pour lequel nous prions c’est l’Église en proie à une crise douloureuse, et comme au Graduel nous ne pouvons nous empêcher de penser aussi à la France…

La mélodie de cet Offertoire est très mouvementée. La première phrase, qui n’est qu’un récit introductif, se tient dans le grave, exprimant l’humble attitude de Daniel devant Dieu. La prière proprement dite comporte trois phrases, qui commencent chacune par un grand élan vers l’aigu, plus développé dans la deuxième. La troisième est beaucoup plus longue que les deux autres, et, après l’élan initial à l’aigu, elle revient humblement dans le grave, enveloppant pour finir le nom divin d’une longue vocalise douce et contemplative.

► Communion : Vovete

Le texte de la Communion du dix-septième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 75, cantique d’action de grâces au Seigneur après une grande victoire remportée par le peuple d’Israël sur les rois et les puissants de ce monde qui refusaient de reconnaître le vrai Dieu ; tout le peuple était invité en une grande procession triomphale à venir apporter ses offrandes autour de l’autel en reconnaissance au Dieu tout puissant :

Vovete, et reddite Domino Deo vestro, omnes qui in circuitu ejus affertis munera ; terribili, et ei qui aufert spiritum principum : terribili apud omnes reges terræ.
Faites des vœux et acquittez-les au Seigneur votre Dieu, vous qui l’entourez en apportant vos présents, à ce Dieu redoutable, lui qui enlève la vie aux puissants, redoutable devant tous les rois de la terre.

Au moment de la communion, nous venons aussi en procession nous offrir au Christ qui a emporté la victoire sur Satan et qui nous soutient dans notre combat. La mélodie, solennelle et pleine de mouvement, est vraiment celle d’une procession triomphale. On notera le contraste entre les deux terribili : le premier s’élance hardiment dans l’aigu, où toute la phrase se tient ensuite avec une joyeuse assurance ; le second au contraire amorce une descente de la mélodie dans le grave, pleine d’autorité, avant qu’elle ne remonte avec force pour la cadence finale.

La France, l’Europe ont besoin de la grâce d’un nouveau tressaillement de foi

Homélie du pape à Marseille, ce jour à Marseille :

On raconte dans les Écritures que le roi David, ayant établi son royaume, décida de transporter l’Arche d’Alliance à Jérusalem. Après avoir convoqué le peuple, il se leva et partit pour aller la prendre. Sur le trajet, il dansait devant elle avec le peuple, exultant de joie à la présence du Seigneur (2 S 6, 1-15). C’est avec cette scène en arrière-plan que l’évangéliste Luc nous raconte la visite de Marie à sa cousine Élisabeth : Marie elle aussi se lève et part vers la région de Jérusalem et, lorsqu’elle entre dans la maison d’Élisabeth, l’enfant que celle-ci porte en son sein, tressaille de joie en reconnaissant l’arrivée du Messie, se met à danser comme le fit David devant l’Arche (cf. Lc 1, 39-45).

Marie est donc présentée comme la véritable Arche d’Alliance qui introduit le Seigneur incarné dans le monde. Elle est la jeune Vierge qui va à la rencontre de la vieille femme stérile et, en portant Jésus, elle devient le signe de la visite de Dieu vainqueur de toute stérilité. Elle est la Mère qui monte vers les montagnes de Juda pour nous dire que Dieu se met en route vers nous, pour nous chercher avec son amour et nous faire exulter de joie. C’est Dieu qui se met en route.

Chez ces deux femmes, Marie et Élisabeth, la visite de Dieu se dévoile à l’humanité : l’une est jeune et l’autre âgée, l’une est vierge et l’autre stérile, et pourtant elles sont toutes deux enceintes alors que c’est “impossible”. Telle est l’œuvre de Dieu dans notre vie : Il rend possible même ce qui semble impossible, Il engendre la vie, même dans la stérilité.

Frères et sœurs, demandons-nous avec sincérité de cœur : croyons-nous que Dieu est à l’œuvre dans notre vie ? Croyons-nous que le Seigneur, de manière cachée et souvent imprévisible, agit dans l’histoire, accomplit des merveilles et est à l’œuvre également dans nos sociétés marquées par le sécularisme mondain et par une certaine indifférence religieuse ?

Il y a un moyen de discerner si nous avons cette confiance dans le Seigneur. Quel est ce moyen ? L’Évangile dit que « lorsqu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle » (v.41). Voilà le signe : tressaillir. Celui qui croit, qui prie, qui accueille le Seigneur tressaille dans l’Esprit, sent que quelque chose bouge à l’intérieur, il “danse” de joie. Et je voudrais m’arrêter sur cela : le tressaillement de la foi.

L’expérience de foi provoque avant tout un tressaillement devant la vie. Tressaillir c’est être “touché à l’intérieur”, avoir un frémissement intérieur, sentir que quelque chose bouge dans notre cœur. C’est le contraire d’un cœur plat, froid, installé dans la vie tranquille, qui se blinde dans l’indifférence et devient imperméable, qui s’endurcit, insensible à toute chose et à tout le monde, même au tragique rejet de la vie humaine qui est aujourd’hui refusée à nombre de personnes qui émigrent, à nombre d’enfants qui ne sont pas encore nés, et à nombre de personnes âgées abandonnées. Un cœur froid et plat traîne la vie de manière mécanique, sans passion, sans élan, sans désir. Et on peut tomber malade de tout cela dans notre société européenne : le cynisme, le désenchantement, la résignation, l’incertitude, un sentiment général de tristesse – tout à la fois : la tristesse, cette tristesse dissimulée dans les cœurs -. Quelqu’un les a appelées “passions tristes” : c’est une vie sans tressaillement.

Celui qui est né à la foi, en revanche, reconnaît la présence du Seigneur, comme l’enfant dans le sein d’Élisabeth. Il reconnaît son œuvre dans le fleurissement des jours et il reçoit un regard nouveau pour voir la réalité. Même au milieu des difficultés, des problèmes et des souffrances, il perçoit quotidiennement la visite de Dieu et se sent accompagné et soutenu par Lui. Face au mystère de la vie personnelle et aux défis de la société, celui qui croit connaît un tressaillement, une passion, un rêve à cultiver, un intérêt qui pousse à s’engager personnellement. Maintenant, chacun d’entre nous peut se      demander : est-ce que je ressens ces choses ? Est-ce que j’ai ces     choses ? Celui qui est ainsi sait que le Seigneur est présent en toute chose, qu’il appelle, qu’il invite à témoigner de l’Évangile pour édifier avec douceur, à travers les dons et les charismes reçus, un monde nouveau.

L’expérience de la foi, en plus d’un tressaillement devant la vie, provoque aussi un tressaillement devant le prochain. Dans le mystère de la Visitation, en effet, nous voyons que la visite de Dieu n’a pas lieu à travers des événements célestes extraordinaires, mais dans la simplicité d’une rencontre. Dieu vient sur le seuil d’une maison de famille, dans la tendre étreinte entre deux femmes, dans le croisement de deux grossesses pleines d’émerveillement et d’espérance. Et, dans cette rencontre, il y a la sollicitude de Marie, l’émerveillement d’Élisabeth, la joie du partage.

Rappelons-le toujours, même dans l’Église : Dieu est relation et souvent il nous rend visite à travers des rencontres humaines, quand nous savons nous ouvrir à l’autre, quand il y a un tressaillement pour la vie de ceux qui passent chaque jour à nos côtés et quand notre cœur ne reste pas impassible et insensible devant les blessures de ceux qui sont les plus fragiles. Nos villes métropolitaines, et tant de pays européens comme la France où coexistent des cultures et des religions différentes, sont en ce sens un grand défi contre les exacerbations de l’individualisme, contre les égoïsmes et les fermetures qui produisent solitudes et souffrances. Apprenons de Jésus à éprouver des frémissements pour ceux qui vivent à nos côtés, apprenons de Lui qui, devant les foules fatiguées et épuisées, ressent de la compassion et s’émeut (cf. Mc 6, 34), tressaille de miséricorde devant la chair blessée de ceux qu’il rencontre. Comme l’affirme votre grand saint, Vincent de Paul, « il faut tâcher d’attendrir nos cœurs et de les rendre susceptibles des souffrances et des misères du prochain, et prier Dieu qu’il nous donne le véritable esprit de miséricorde, qui est le propre esprit de Dieu », jusqu’à reconnaître que les pauvres sont « nos seigneurs et maîtres » (Correspondance, entretiens, documents,Paris 1920-25, p. 341 ; pp. 392-393).

Frères, sœurs, je pense aux nombreux “tressaillements” qu’a connus la France, à son histoire riche de sainteté, de culture, d’artistes et de penseurs qui ont passionné tant de générations. Aujourd’hui encore, notre vie, la vie de l’Église, la France, l’Europe ont besoin de cela : de la grâce d’un tressaillement, d’un nouveau tressaillement de foi, de charité et d’espérance. Nous avons besoin de retrouver passion et enthousiasme, de redécouvrir le goût de l’engagement pour la fraternité, d’oser encore le risque de l’amour dans les familles et envers les plus faibles, et de retrouver dans l’Évangile une grâce qui transforme et rend belle la vie.

Regardons Marie qui se dérange en se mettant en route et qui nous enseigne que Dieu est précisément come cela : il nous dérange, il nous met en mouvement, il nous fait “tressaillir”, comme avec Élisabeth. Et nous voulons être des chrétiens qui rencontrent Dieu par la prière et nos frères par l’amour, des chrétiens qui tressaillent, vibrent, accueillent le feu de l’Esprit pour se laisser brûler par les questions d’aujourd’hui, par les défis de la Méditerranée, par le cri des pauvres, par les “saintes utopies” de fraternité et de paix qui attendent d’être réalisées.

Frères et sœurs, avec vous, je prie la Vierge, Notre-Dame de la Garde, de veiller sur votre vie, de garder la France, de garder toute l’Europe, et de nous faire tressaillir dans l’Esprit. Et je voudrais le faire avec les paroles de Paul Claudel :

« Je vois l’église ouverte. […]
Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela :
Que je suis votre fils et que vous êtes là. […]
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes […]
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée ! »

(« La Vierge à midi », Poèmes de Guerre 1914-1916, Paris, 1922).

Immigration : à propos de la visite de François à Marseille en France

Bernard Antony, président de l’AGRIF, fondateur de Chrétienté-Solidarité, directeur de la revue Reconquête, communique :

Les plus indulgents des fidèles catholiques de Provence et de France peuvent certes penser qu’en usant de la formule selon laquelle il ne venait « pas en France mais à Marseille », le pape François a tout simplement voulu exprimer sa reconnaissance de la spécificité historique de notre grande ville française du midi.

Mais, devant son insistance un peu appuyée à distinguer la ville de la nation, d’autres ont pu y voir un trait de cette rouerie dont il s’attribua lui-même la marque (« un poco furbo ») au début de son pontificat.

En l’occurrence, une rouerie à but idéologique un peu regrettable pour considérer Marseille en dehors de son appartenance et de son apport à l’identité française ?

François n’aimerait-il pas la France ainsi que certains l’écrivent ? On veut espérer que ce n’est pas le cas.

Mais fallait-il attendre de ce pontife, marqué par une pensée politique tiers-mondiste non sans empreinte marxiste, qu’il saluerait en la capitale de la Provence la fille de la civilisation dont les phares furent Athènes, Rome et Jérusalem et plus tard, Paris ?

François, on le sait, est venu à Marseille pour exprimer la doctrine de la charité chrétienne sur l’immigration.

Mais la Providence fait que sa venue coïncide avec les affrontements sanglants qui, une fois de plus, secouent le Liban dans le plus grand de ses camps palestiniens que nous connaissons bien, celui d’Aïn el-Héloué, au sud de Beyrouth.

Or, comment ne pas rappeler que le Liban, depuis plus d’un demi-siècle, n’a cessé de payer au prix de dizaines de milliers de victimes son accueil, trop peu contrôlé, de centaines de milliers de réfugiés palestiniens, dont beaucoup se comportèrent ensuite comme d’impitoyables conquérants ?

La charité en politique, très Saint-Père, ne consiste-t-elle pas aussi et d’abord à veiller à ne pas imposer à nos peuples des conditions semblables à celles qui en ont ensanglanté d’autres ?

Comment en particulier ne pas considérer les menaces de l’islamisme terroriste progressant sous le couvert de l’islam ? Cet islam tour à tour « patte blanche » et « mains rouges ».

Ne serait-ce pas le fait d’une gravissime inversion de l’esprit de charité que de ne pas s’inquiéter de ce que peut causer de massacres et de désastres l’acceptation d’immigrations non choisies ?

François, pour sa part, ne s’est-il pas contenté de ramener à Rome (au Vatican ?) quelques immigrés dûment choisis ?

L’Egypte interdit le niqab à l’école

Le débat sur l’habillement des jeunes filles et des femmes musulmanes ne se limite pas à la France ou aux pays européens. La semaine dernière, le ministère égyptien de l’éducation a interdit le port du niqab (le voile qui couvre également le visage, ne laissant que les yeux découverts) dans les écoles publiques et les établissements d’enseignement de l’Azhar. Cette interdiction concerne les étudiantes, mais pas les enseignantes.

Le journal gouvernemental égyptien al-Ahram a tenté de justifier cette décision ministérielle en retraçant brièvement les étapes qui ont conduit à cette décision. En effet, ce n’est pas la première fois que la question du niqab est soulevée en Egypte. Dans les années 1990, le même ministère avait tenté, sans succès, de bannir le voile intégral en l’interdisant à la fois aux enseignants et aux étudiantes, au motif que la dissimulation du visage empêche la communication entre les deux parties. En 2009, le niqab avait également été critiqué par le grand imam de la mosquée al-Azhar de l’époque, Shaykh Sayyid Tantawi, qui avait expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un vêtement imposé par la religion islamique. Cette prise de position lui avait valu d’être accusé de soutenir l’ancien président français Nicolas Sarkozy, qui avait entre-temps déclaré la guerre au niqab en France. Aujourd’hui comme hier, la décision du ministère d’abolir le niqab dans les écoles a été applaudie par certaines personnalités de l’Azhar, dont Ahmed Karima, professeur de jurisprudence comparée, pour qui le voile intégral n’est pas obligatoire mais relève d’un libre choix personnel. Jusqu’à présent, cependant, il n’y a pas eu de réaction de la part du Grand Imam Ahmad al-Tayyib.

Outre l’interdiction du niqab pour les étudiantes, la règle ministérielle réglemente également le port du hijab, le voile qui couvre les cheveux mais laisse le visage découvert. Selon cette disposition, une étudiante peut porter le hijab à condition qu’elle le fasse de son plein gré et que son tuteur en ait été informé.

Pour al-‘Arab, quotidien proche des Emiratis et hostile à l’islamisme, l’interdiction du niqab dans les écoles “est le premier pas dans l’opposition aux salafistes”. L’ancien parlementaire égyptien Muhammad Abu Hamid en appelle aux institutions religieuses officielles, qui devraient jouer leur rôle dans la bataille contre le voile intégral car “le gouvernement ne peut pas mener une bataille sur une question jurisprudentielle sans avoir une couverture religieuse pour la soutenir en apportant des preuves et des indices confirmant l’absence de relation entre le niqab, la pudeur et la charia”. Et il accuse Al-Azhar d’aborder la question du niqab avec “deux poids, deux mesures” : d’une part, il nie l’existence d’une relation entre ce vêtement et la charia et le considère comme une coutume, mais d’autre part, il en autorise le port dans ses facultés.

L’article publié par al-Quds al-Arabi va dans le sens contraire. L’objectif du gouvernement était de s’en prendre aux salafistes. Al-Nur, le principal parti salafiste égyptien, a annoncé qu’il ferait appel à la justice et au parlement égyptiens car la décision “viole la Constitution et la référence à la charia islamique dans l’article 2, ainsi que les articles établissant le devoir de préserver la liberté personnelle”. La décision ministérielle contredit “beaucoup de preuves claires” (adilla), explique un représentant d’al-Nur ; les oulémas sont d’accord pour dire que ce vêtement est licite ; ils sont même divisés sur la question de savoir si le niqab est obligatoire ou non. Cette disposition, explique-t-il, est la dernière d’une série d’attaques, y compris la décision de supprimer les versets coraniques et les hadiths, les récits des prophètes, des messagers et des compagnons du Prophète, des manuels scolaires.

“Dans les pas de la laïcité française”, titrait plutôt al-Jazeera. Le journaliste égyptien Muhammad ‘Abd al-Shakur se moque du ministre de l’éducation, qui pense résoudre les problèmes du système scolaire égyptien en interdisant aux étudiantes de porter le niqab. Se lançant dans une diatribe, le journaliste note que cette décision intervient quelques jours seulement après la décision française d’interdire l’abaya dans les écoles. La France considère que l’État est laïque et que le hijab, le niqab et l’abaya sont contraires à la laïcité ; le ministre égyptien de l’éducation de l’État islamique d’Égypte, ainsi que le pays d’al-Azhar, considèrent-ils que l’Égypte est également laïque au point d’interdire le niqab ? demande al-Shakur avec sarcasme, ajoutant que les problèmes qui affectent les écoles depuis des années demeurent cependant : la surcharge des classes, le manque d’enseignants, la faible qualité de l’enseignement, le problème des leçons privées auxquelles ont recours ceux qui en ont les moyens, et le prix prohibitif des textes étrangers.

“La perspective faussement digne d’une mort douce, en réalité plus salée que les eaux de la mer”

Extrait du discours du pape François, lors de la session conclusive des rencontres méditerranéennes :

Qui écoute les gémissements des personnes âgées isolées qui, au lieu d’être valorisées, sont parquées dans la perspective faussement digne d’une mort douce, en réalité plus salée que les eaux de la mer ? Qui pense aux enfants à naître, rejetés au nom d’un faux droit au progrès, qui est au contraire une régression de l’individu ? Aujourd’hui, nous avons le drame de confondre les enfants avec les petits chiens. Mon secrétaire me disait qu’en passant par la place Saint-Pierre, il avait vu des femmes qui portaient des enfants dans des poussettes… mais ce n’étaient pas des enfants, c’étaient des petits chiens ! Cette confusion nous dit quelque chose de mauvais. Qui regarde avec compassion au-delà de ses frontières pour entendre les cris de douleur qui montent d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ? Combien de personnes vivent plongées dans les violences et souffrent de situations d’injustice et de persécution ! Et je pense à tant de chrétiens, souvent contraints de quitter leur terre ou d’y vivre sans que leurs droits soient reconnus, sans qu’ils jouissent d’une citoyenneté à part entière. S’il vous plaît, engageons-nous pour que ceux qui font partie de la société puissent en devenir les citoyens de plein droit.

Propagande : France Télévision a déjà programmé 2 soirées pro-euthanasie

De l’équipe de Tout mais pas ça :

Le temps de la rentrée est achevé, chacun a dû retrouver les rails de son quotidien, une nouvelle phase du débat sur la fin de vie en France s’amorce.

L’essentiel est connu : le président de la République Emmanuel Macron et deux ministres du gouvernement Borne (Aurélien Rousseau nouveau ministre de la santé, et Agnès Firmin Le Bodo ministre déléguée aux professionnels de santé, chargée du projet) finalisent ces jours-ci la rédaction du texte légalisant l’euthanasie ou le suicide assisté en France.

On connait aussi deux soirées sur France Télévision qui vont être consacrées à promouvoir cette légalisation : mardi prochain 26 septembre (diffusion d’un documentaire sur France 5) et mardi 11 octobre (émission sur France 2). En prime time.

Seule réelle inconnue au moment où ces lignes sont écrites : à quelle date sera inscrite le projet de loi à l’ordre du jour du Parlement, après sa présentation en Conseil des ministres ?

Quel que soit le calendrier (certains pensent que le débat parlementaire est envisagé pour début 2024), notre mobilisation Tout Mais Pas ça ! continue.

Une nouvelle modalité d’engagement citoyen vous sera proposée : une sensibilisation dans la rue, dans les semaines à venir.

L’urgence est à l’organisation.

Jacques Attali découvre les frontières

Jacques Attali a fustigé mercredi soir sur le plateau de C ce soir

«l’idéologie ultralibérale de la concurrence qui a interdit à l’Europe d’avoir une politique industrielle».

En ce sens, il a regretté que l’Europe soit devenue «une passoire» notamment «aux investissements et aux produits étrangers».

«La question des frontières est essentielle. Dans l’idéologie européenne depuis 1958, on a tout fait pour détruire les frontières internes, très bien, mais aussi externes».

Jeudi, il a publié une note sur son blog dénonçant les «lacunes majeures» du projet européen et évoquant «le refus obstiné des pères fondateurs de définir des frontières, et de se donner les moyens de les faire respecter». Face aux accusations d’incohérence, Jacques Attali s’est fendu d’un tweet.

«Si vous faisiez l’effort de me lire, vous sauriez que j’ai toujours défendu l’idée de frontières externes de l’Europe et d’une politique industrielle commune».

Pourtant, comme le relève Marianne , l’écrivain écrivait dans les colonnes du Monde en 1992 plaidait :

«Pour que la démocratie ne soit pas un frein au développement, elle doit être sans frontières sinon on aura la frontière sans la démocratie. Telle est la nouvelle utopie, le nouveau projet de civilisation, démocratie sans frontières, où les institutions n’exigent ni État fort ni frontière limitative.»

En 2015, en pleine crise migratoire, Jacques Attali s’opposait à la renégociation des accords de Schengen en déclarant notamment :

«Quand il s’agit d’avancer, il faut d’abord ne pas reculer dans la réinstallation des frontières, là où on a réussi à les faire disparaître.»

Défense de l’abaya à l’ONU : les experts de l’ONU reçoivent de plus en plus d’argent d’origine islamique

Le 19 septembre, le Secrétaire général des Nations unies, António Gutterres, s’est opposé à l’interdiction de l’abaya à l’école. Le juriste Nicolas Bauer, expert au European Centre for Law and Justice (ECLJ), Nréagit dans Le Figaro :

Devant des représentants des États du monde entier, le Secrétaire général des Nations unies (ONU) a fustigé l’interdiction de l’abaya dans les écoles publiques. António Guterres, Portugais, s’est exprimé en français en ciblant implicitement la France. Il a déclaré:

« Dans certains pays, les femmes et les filles sont punies parce qu’elles portent trop de vêtements. Dans d’autres, parce qu’elles n’en portent pas assez ».

M. Guterres aurait pu préciser que la «punition» pour port de l’abaya dans une école française est disciplinaire, après une phase de «dialogue» avec l’élève, alors qu’une femme non voilée dans une rue iranienne s’expose à dix années de prison.

Le plus haut fonctionnaire de l’ONU a terminé son allocution sur l’abaya par un appel à la révolte, au nom des « droits des femmes»:

« les filles et les femmes défient le patriarcat et triomphent. Je suis à leurs côtés ».

Par ce discours, le Secrétaire général de l’ONU a préféré les formules grandiloquentes à la réalité. Il est factuellement et juridiquement faux d’affirmer qu’en France « les femmes et les filles sont punies parce qu’elles portent trop de vêtements ». Ce n’est le sens ni de la loi de 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques, ni de la récente «note de service» du ministre de l’Éducation nationale sur l’application de cette loi.

Les écolières, les collégiennes et les lycéennes peuvent tout à fait porter des jupes ou des robes longues. La vertu de pudeur peut être exercée librement, par les modes vestimentaires existant en Europe depuis des siècles. Les jeunes filles françaises n’ont pas attendu l’importation de l’abaya pour préserver leur corps et leurs formes.

Il n’est pas non plus question de sanctionner une femme qui porterait «trop de vêtements». La loi n’interdit pas de porter des pulls en laine ou un bonnet dans la cour de récréation.

La question posée par l’abaya n’est pas celle de la longueur de la robe ou de la quantité de vêtements. C’est celle de l’instrumentalisation d’une mode arabe pour promouvoir l’islam au sein des écoles publiques. Le choix vestimentaire de l’abaya est devenu, depuis un peu plus d’un an, une provocation culturelle et religieuse.

C’est à ce phénomène que le gouvernement a voulu répondre en interdisant l’abaya en milieu scolaire. Cette décision n’a rien à voir avec le «patriarcat» que le Secrétaire général de l’ONU appelle à «défier». Il s’agit de mettre un frein à l’islamisation des écoles françaises.

D’autres représentants ou instances de l’ONU avaient déjà critiqué la France pour ses restrictions en matière de vêtements religieux. Le Comité des droits de l’homme de l’ONU a classé ces restrictions parmi ses «principaux sujets de préoccupation et recommandations». Il a aussi donné raison à des femmes portant le niqab dans l’espace public et contestant la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage.

Les experts de l’ONU, qui collectent leurs propres fonds, reçoivent de plus en plus d’argent d’origine islamique, notamment du Qatar. Ces financements dits «extrabudgétaires» influencent le travail de ces experts, comme l’a montré le rapport de l’ECLJ sur «Le financement des experts de l’ONU» (2021).

L’expert mandaté par l’ONU pour promouvoir la liberté de religion, Ahmed Shaheed, avait considéré que les lois françaises sur les vêtements religieux étaient « islamophobes ». Son rapport sur le sujet, intitulé «Combattre l’islamophobie» (2021), reprenait à son compte le «Programme d’action» de la puissante Organisation de la coopération islamique (OCI). M. Shaheed est d’ailleurs l’un des rares experts de l’ONU à refuser de déclarer l’origine de ses financements.

L’OCI, qui regroupe 57 États musulmans, a encore obtenu une victoire politique à l’ONU en juillet 2023. Alors qu’un réfugié irakien avait brûlé un coran en Suède, l’OCI a proposé la tenue d’un débat d’urgence sur « la profanation récurrente du Saint Coran ». Ce débat a abouti au vote d’une résolution du Conseil des droits de l’homme appelant à la sanction de la « profanation du Saint Coran», soit l’équivalent d’un délit de blasphème contre l’islam.

Antonio Gutterres n’est donc pas le premier représentant de l’ONU à relayer la propagande islamiste. Mais en incitant les jeunes filles à résister à l’interdiction de l’abaya, il monte d’un cran. Le gouvernement a le devoir de réagir publiquement à cette attaque.

Une nouvelle retraite, pour mères de famille

Proposée par l’Œuvre des retraites (FSSP) du 27 au 31 octobre, il s’agit des retraites « mater laetitiae », destinées aux mères de famille ayant encore des enfants à élever, les enseignements étant axés sur la sanctification dans et par leur état d’épouse et de maman.

Ces retraites durent 4 petits jours, du vendredi soir au mardi en fin de matinée et sont prêchées par l’abbé Vernier qui organise régulièrement depuis son ordination des récollections pour femmes.

Ces retraites sont conçues comme un temps de ressourcement tant spirituel que physique, d’où un rythme allégé comparé à beaucoup d’autres propositions du même type.

Au programme, chaque jour: Trois enseignements de 55 minutes, messe, temps d’entretien personnel avec le prêtre, table ronde guidée sur des thèmes en lien avec le couple, la famille ou l’éducation.

Inscriptions et plus d’informations pour cette première édition, du 27 au 31 octobre, ici

Le député Caron scolarise son enfant à Versailles et se plaint des fermetures de classes à Paris

Le député Nupes Aymeric Caron, élu du 18e arrondissement de Paris, s’était plaint en février de la fermeture de classes à Paris :

On apprend cette semaine que c’est un peu de sa faute, puisqu’il scolarise son enfant à Versailles, où il se fait remarquer :

Pour la troisième fois depuis le début de l’année, le député de la 18e circonscription de Paris, Aymeric Caron s’est introduit de force dans l’école maternelle de son fils à Versailles pour y déposer son fils en retard. Malgré les injonctions de la directrice, l’élu s’est directement rendu dans la classe de son enfant, une pratique pourtant interdite par le règlement de l’école. Il s’agit du troisième incident de ce type depuis le début de l’année scolaire concernant l’élu Insoumis. Contactée par la directrice de l’école maternelle, la police s’est rendue dans l’école, mais le député avait déjà quitté les lieux. Le personnel déplore une pratique courante de la part du député LFI. L’année dernière déjà, Aymeric Caron s’était à plusieurs reprises introduit de force et illégalement dans l’école.

Secret pontifical : une tentative de contrôle du Synode ?

Nouvelle saison des émissions du Club des Hommes en noir :

Discrimination LGBT à Rennes

La municipalité de Rennes veut « simplifier » les attributions de subventions aux associations sportives… et elle a révisé ses calculs en pratiquant la discrimination LGBT :

« En ce qui concerne le critère des effectifs des pratiquants, la catégorie sexe a laissé place à une catégorie genre qui propose des cases « non-binaire majeur » et « non binaire mineur » en sus des traditionnelles « femme majeur », « femme mineur », « homme majeur » et « homme mineur ». Certains coefficients ont également été revus à la hausse permettant notamment d’attribuer des subventions plus conséquentes aux clubs qui inscriront des filles et des mineurs non binaire »

Les clubs qui déclareront des enfants « non binaires » bénéficieront de plus de subventions que ceux qui déclareront simplement des garçons ou des filles. Il s’agit donc d’une incitation à dire aux enfants de se déclarer « non binaire » et à leur rentrer dans le crâne qu’ils ne sont ni filles ni garçons dès leur plus tendre et innocente enfance.

Voici ce que déclare le conseiller municipal délégué aux sports Frédéric Bourcier  :

« La non binarité est une réalité dans notre société, que est minoritaire, mais nous ne devons pas l’invisibiliser. Nous avons été interpellés par des représentants d’associations sur cette problématique, on sait qu’au niveau national, ça concerne environ 5 % de la population. Je vous propose d‘assumer dans la tranquillité cette discrimination positive sur des enfants. On ne fait pas ce choix par idéologie, on le fait par cohérence. Ça permettra aux structures de pouvoir mieux accueillir ces personnes. Il y aura adaptation des clubs en fonction de ce déclaratif. On se base globalement avec les clubs sur une relation de confiance. »

Les émeutes SRU : la loi Solidarité et renouvellement urbain est fondamentale pour comprendre la diffusion et l’implantation des émeutes

Conflits livre une analyse des émeutes de l’été 2023 :

Les émeutes de 2023 divergent de celles de 2005 sur au moins trois points : elles durèrent moins longtemps, mais furent beaucoup plus violentes ; elles furent le reflet des évolutions migratoires et des conséquences directes de la loi SRU ; elles trouvèrent, pour la première fois, un relais politique à l’Assemblée nationale (LFI) en s’insérant dans une cartographie du clientélisme électoral.

Conflits a décidé d’entreprendre une recherche approfondie sur les causes, le déroulement et les conséquences de cet épisode. Dans ce cadre, nous propose ici quelques réflexions préliminaires sur la base de données factuelles, ainsi que des hypothèses qui seront explorées dans un proche avenir.

Nanterre : un secteur de métropole globale épicentre des émeutes

Pour analyser les émeutes qui se sont produites en France entre le 27 juin (mort de Nahel Merzouk à Nanterre après un refus d’obtempérer) et la première semaine de juillet 2023, il a paru nécessaire de commencer les recherches en se concentrant, par une sorte d’effet de zoom, sur le lieu initial des violences.

Lieu du départ des émeutes et ville principale des affrontements initiaux, Nanterre n’est pas vraiment, aujourd’hui, une ville de banlieue au sens de territoire périphérique et déshérité. Bien au contraire. Située à 7 km de Paris et 10 mn en voiture (hors embouteillage), Nanterre est la préfecture des Hauts-de-Seine (92), département le plus riche de France avec Paris, et voit s’installer sur son territoire de nombreux bureaux et zones d’activités de l’économie mondialisée. C’est un fief du Parti communiste, la mairie étant tenu par le PCF depuis 1944 (le maire actuel, Patrick Jarry, communiste historique, est désormais classé divers gauche). Aux présidentielles de 2022, les résultats électoraux ont été marqués par une très forte abstention qui coïncide avec une très forte adhésion à Jean-Luc Mélenchon. C’est cette situation géographique, économique, sociale et politique qu’il faut avoir à l’esprit pour mieux comprendre le processus des émeutes de juin/juillet 2023.

La cité d’où sont parties les émeutes a été construite par Émile Aillaud entre 1973 et 1981. Elle est aujourd’hui classée comme « Architecture contemporaine remarquable ». Nommée cité Picasso en raison de la rue qui la traverse (par son histoire communiste Nanterre est aussi traversée par l’avenue Lénine et la rue Maurice Thorez), c’est un ensemble de tours disposées dans un espace vert, avec des jeux pour enfants et des terrains de sport. La cité jouxte le parc André Malraux, 25 hectares de verdure, d’espaces herbeux et forestiers, avec de nombreux oiseaux qui en font une réserve ornithologique. Nous sommes donc très loin d’un lieu déshérité et abandonné. Les tours Aillaud sont situées à 500 m à vol d’oiseaux du quartier d’affaires de La Défense, premier quartier d’affaires en Europe. Le Cnit[2] et l’Arena[3] sont accessibles à pied. À quoi s’ajoutent trois gares de RER, trois gares de train et deux stations de métro, qui relient ce quartier à Paris et à l’ouest de l’Île-de-France. D’autant que le quartier de la Défense connait depuis une dizaine d’années une extension vers le sud, si bien que Nanterre est désormais partie intégrante de celui-ci. La nationale qui borde la cité Picasso comprend des immeubles de bureaux et d’habitation, où sont présents de grands groupes internationaux. C’est là aussi que la ville de Puteaux a lancé le réaménagement du quartier des Bergères : les pavillons des années 1930 ont été rasés pour laisser place à des immeubles modernes, spacieux, ouverts, répondant aux dernières normes environnementales. Pour un investissement de 153 millions€.

La ville de Nanterre a annoncé, en février 2023, un réaménagement de la cité Aillaud pour un montant de 230 millions €, soit 70 000 € par appartement. En face d’elle, un théâtre et un complexe culturel sont en train d’être bâtis, pour une somme de 50 millions €. Parler de quartier déshérité ou défavorisé est donc contraire à la réalité de cet espace.

Les émeutes SRU

Peu connue du grand public, la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain, 2000) est pourtant fondamentale pour comprendre la diffusion et l’implantation des émeutes. Petit retour en arrière.

Nous sommes en l’an 2000, sous le gouvernement de Lionel Jospin. Le communiste Jean-Claude Gayssot est alors ministre de l’Équipement et du Logement. C’est lui qui fait écrire et qui défend la loi SRU, adoptée le 14 décembre 2000. Sous des couverts de solidarité et de mixité sociale, cette loi vise d’abord un objectif politique : s’assurer une masse critique d’électeurs dans des communes où la bascule gauche / droite est possible. La « gauche plurielle » (du nom de la coalition électorale de l’époque) est en effet convaincue que les populations des logements sociaux votent pour elle. Imposer 20% de logements sociaux aux communes de plus de 1 500 habitants en Île-de-France et de plus de 3 500 habitants en province, c’est imposer une population qui vote essentiellement pour la coalition au pouvoir. C’est donc garantir une réserve électorale indispensable pour gagner des communes qui sont tangentes. La loi est adoptée en 2000, avec son fameux article 55 qui impose 20% de logements sociaux. Les communes contrevenantes s’exposant à des amendes, au prorata du nombre de logements manquants. Conscients des enjeux démographiques pour l’équilibre politique de leur commune, beaucoup de maires décident de ne pas respecter ces contraintes urbanistiques, estimant qu’il est préférable de payer l’amende plutôt que de supporter les coûts sociaux et financiers d’un grand nombre de logements sociaux. En 2013, l’écologiste Cécile Duflot, alors ministre du Logement de François Hollande, modifie cette loi pour porter le nombre de logements sociaux à 25% du nombre de logements communaux. Elle modifie également les sanctions : les amendes sont relevées, devenant exorbitantes pour les communes et le pouvoir d’urbanisme est retiré aux maires pour être dévolu aux préfets, qui sont alors chargés des constructions. C’est ainsi supprimer une prérogative fondamentale des maires pour l’attribuer aux préfets et donc déroger au suffrage universel et à la volonté des citoyens des communes concernées, qui ne sont plus souverains sur leur urbanisme.

Cette loi pose plusieurs problèmes. Dans un grand nombre de communes, il est impossible de construire de nouveaux logements par manque de foncier disponible, à moins de raser des forêts ou de transformer des pavillons en immeubles. Pour beaucoup de villes situées en régions déprimées, des logements sociaux sont construits, pour répondre au critère des 25%, mais ils ne sont pas habités, ce qui crée un grand stock de logements vacants. Dans les zones tendues, le manque à gagner des logements sociaux est déporté vers les logements classiques, contribuant à amplifier la hausse des prix de l’immobilier, les propriétaires des logements non sociaux payant la location à perte des logements sociaux. La loi SRU est l’une des causes de la très forte inflation des prix du logement dans les métropoles, notamment à Paris et à Lyon. Cette loi est enfin décorrélée de la demande : en Île-de-France, 80% de la population est éligible au logement social. La loi SRU déséquilibre le marché du logement, détruit le micro-climat des communes, modifie le visage des centres-villes.

En parallèle de cette loi, les lois Borloo (2003 et 2004) prévoient notamment la destruction de grands ensembles, avec relogement des populations. Les personnes délogées sont relogées ailleurs, c’est-à-dire essentiellement dans les immeubles SRU construits dans les villes moyennes de la proche région parisienne. On assiste ainsi à une diffusion des populations dites « sensibles », qui quittent les banlieues de l’Île-de-France pour rejoindre les villes moyennes de province. Ces dispositions satisfont pourtant de nombreux maires. Confrontées à la désindustrialisation, ces villes voient leur population diminuer. L’arrivée des populations SRU est une aubaine car elle permet de maintenir le nombre d’habitants, ce qui conditionne les indemnités des élus, et assure aussi les subventions étatiques et les investissements publics. Raison pour laquelle très peu de maires s’y sont opposés. Cette diffusion spatiale des populations explique pourquoi ces émeutes ont touché des villes jusqu’à présent épargnées : Montargis, Laval, Auxerre, Maubeuge, Beauvais, etc. Une répartition spatiale que le Président Macron a dit vouloir poursuivre, estimant que cela était la solution pour déconcentrer les populations (essentiellement issues de l’immigration) et ainsi parvenir à leur « meilleure » répartition. Ce qui devrait faciliter, selon la pensée présidentielle, leur intégration. Répondant à la fois à un opportunisme politique et à un clientélisme électoral, la loi SRU est l’une des causes et des explications de ces émeutes qui ont ébranlé la France.

Les mortiers : l’arme prisée de 2023

C’est au mortier d’artifice que policiers et pompiers ont été accueillis par les émeutiers. Ce qui suppose que des stocks importants ont été constitués avant les émeutes, ce qui implique aussi des moyens financiers pour acquérir les pièces, des lieux pour les stocker, des réseaux pour s’approvisionner. Le mortier d’artifice n’est pas uniquement une arme par destination, il est aussi l’indication de réseaux et d’infrastructures rodés capables d’être mobilisés pour déstabiliser l’ordre légitime. Leur usage systématique suppose également un entraînement et une coordination qui sont extrêmement révélateurs d’un climat pré-insurrectionnel.

Entre le 28 juin et le 11 juillet, ce sont ainsi 4 tonnes de mortiers illégaux qui ont été saisies par la police, dans des magasins du 93, dont 2,7 tonnes saisies à Guichen près de Rennes et 54 000 pièces à Besançon. Les cartons viennent de Chine et d’Europe centrale et transitent par la Belgique pour des coûts de revente non négligeables : 500 € pour 10 mortiers pouvant tirer 380 coups et 100 € pour 10 mortiers pouvant tirer 8 coups. L’argent de la drogue est ici mobilisé pour s’équiper en armement.

Le nombre de saisies a d’ailleurs explosé : 146 kg en 2020 ; 354 kg en 2021 ; 1,5 tonne en 2022 ; 4 tonnes au 15 juillet 2023.

L’épuisement des stocks est l’une des causes de l’arrêt des violences. Les émeutiers n’ont pas basculé dans l’usage d’armes plus dangereuses : fusils à pompe et kalachnikovs, certes présents en grand nombre, mais qui ne sont pas encore utilisés de façon systématique dans les attaques des policiers et des pompiers. Jusqu’à quand ? Cette question est d’autant plus pertinente qu’une composante de « répétition générale » est probablement présente dans cet épisode.

Ces données permettent donc d’entamer une démarche indispensable, consistant à caractériser ces émeutes. Car à côté de la composante principalement criminelle de nombreux actes (pillages, dégradations diverses), un certain nombre d’actions revêtent un caractère évidement politique (attaques aux forces de l’ordre, incendies de mairies et de commissariats de police, etc.). Il est donc aussi capital de comprendre ces évènements dans une logique séquentielle qui partant de phénomènes anomiques (de l’ordre de la criminalité) tend à s’inscrire dans un processus insurrectionnel appelé sans doute à gagner en intensité au cours des prochaines années.

Les recherches que la rédaction de Conflits a engagées sur cet ensemble de faits, n’a donc pas un intérêt exclusivement théorique. Car c’est seulement en comprenant mieux la nature et la diffusion des récentes émeutes que l’on se mettra en état d’évaluer la menace concrète qui pèse sur la paix civile en France dans un avenir plus ou moins proche.

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