Pius Madiran, Docteur de la loi naturelle
De Christian Bless, dans Perspectives catholiques :
Jean Madiran ayant consacré, après l’interruption d’Itinéraires, les dernières années de sa vie plus particulièrement au journal quotidien Présent dont il était un des fondateurs et le directeur, son œuvre antérieure a peut-être ainsi été estompée. Il convient d’y revenir. Lorsque dans les années 2010 on lui suggérait d’écrire ses Mémoires, le fondateur d’Itinéraires répondait qu’il avait écrit ce qu’il avait à dire. Nous continuons de penser que nous avons été ainsi privés d’un témoignage unique sur notre époque, tant au plan religieux que politique. L’affirmation d’avoir déjà écrit ce qu’il voulait transmettre ne l’empêchait pas, dans Présent, de poursuivre une lutte sans concession contre les faux-semblants et les mensonges de l’actualité politique et religieuse. Son intelligence lumineuse et sa plume acérée nous aidaient à garder la ligne de crête au milieu de la confusion médiatique et du désordre politicien.
Les éditions Via Romana ont rassemblé ces éditoriaux parus dans Présent sous le titre de Chroniques sous Benoît XVI (2005-2013), en deux volumes, et leur lecture aujourd’hui, avec le recul, révèle, page par page, une acuité d’analyse jamais prise en défaut. Cette lecture place notre actualité en perspective et l’éclaire, malgré l’écoulement du temps. Sans doute serait-il utile de poursuivre ce travail et d’éditer également les contributions du grand chroniqueur antérieures à ces années-là, ce qui nous permettrait d’approfondir cette perspective.
L’hérésie du XXème siècle
La même maison a réédité, en 2018, L’hérésie du XXème siècle, considéré comme le maître livre de Jean Madiran. Ces textes rédigés entre 1967 et 1968, décortiquent dans le détail les déviations conciliaires d’alors, en une analyse qui explique l’évolution de la hiérarchie et de l’ensemble du clergé catholique durant les décennies suivantes, et jusqu’à nos jours. Ces pages implacables, jamais démenties par les événements subséquents parurent donc 2 à 3 années avant la fondation de la FSSPX, qui a désormais dépassé le cap de son 50ème anniversaire, et qui incarnera, dès 1970, la première contestation institutionnelle de cet esprit conciliaire.
La nouvelle édition de L’hérésie du XXème siècle est précédée d’une belle préface de Michel De Jaeghere. En quelques pages, il présente la contribution fondamentale de Jean Madiran, essayiste, philosophe, théologien, pamphlétaire, qui a analysé et dénoncé la religion nouvelle qui s’imposait alors, soit « …un rapport nouveau à la Révélation divine et à la Loi naturelle qui fait fi de leur objectivité » et cette « crise intellectuelle : celle qui avait fait abandonner à l’épiscopat toute référence à la finalité surnaturelle de l’homme … ». Le préfacier poursuit en soulignant que « cette révolution philosophique … mettait en effet entre parenthèses nos obligation envers Dieu comme envers la chaîne de nos devanciers (les quatre premiers commandements) … »
Loi naturelle et piété filiale
Car, « Jean Madiran s’était fait le docteur de la piété filiale », nous rappelle toujours la préface.
Le disciple de Maurras, des frères Charlier, de Péguy, nous a laissé comme une synthèse de sa réflexion, peut-être une sorte de testament intellectuel, en une centaine de pages publiées, en 2002, aux Éditions Sainte-Madeleine sous le titre d’Une civilisation blessée au cœur. L’auteur y rédige la chronique sur « le temps qu’il fait et l’état des lieux ». Chaque chapitre est conclut par une partie didactique.
Le chroniqueur ouvre le livre par une réflexion sur l’envahissement que subit l’Europe, ses causes et ses conséquences, et « le crime contre l’humanité qu’a été une décolonisation dans le mépris de la loi naturelle des sociétés humaines … (cette) décolonisation a été une durable catastrophe mondiale. » Page après page, Madiran approfondit sa réflexion sur les conséquences, à l’intérieur de nos sociétés, de la méconnaissance de la loi naturelle et de la disparition de la vertu de piété filiale par laquelle l’homme se reconnaît débiteur insolvable. Comme toujours chez le chroniqueur, chaque mot porte, dissèque la réalité et les mensonges qui la déforment, éclaire l’intelligence que le tintamarre politicien et médiatique tend à brouiller.
L’éminent intellectuel catholique salué par De Jaeghere, celui qui guettait aux avant-postes avec une lucidité sans pareille et défendit, pied à pied, la messe catholique, le catéchisme romain, la version et l’interprétation traditionnelles de l’Écriture, rappelle cependant avec Péguy « … qu’il ne suffit malheureusement pas d’être catholique. Il faut encore travailler dans le temporel, si on veut arracher l’avenir aux tyrannies temporelles. » Parce que « le surnaturel est couché dans le lit de camp du temporel. » Dans un chapitre de conclusion intitulé Se libérer en esprit, Madiran poursuit une réflexion sur la transmission du patrimoine reçu et les conditions de la renaissance.
Cette loi naturelle est l’empreinte laissée par le Créateur dans son œuvre, elle est la marque de son Être propre, accessible à la raison elle a été révélée dans le Décalogue, elle est le fondement des lois positives et l’on ne saurait s’en libérer sans grave préjudice tant pour l’ordre temporel que pour la foi. Sa négation exprime et fonde un nihilisme, un refus suicidaire de la nature, de l’être même des choses, qui ronge notre pensée et nos sociétés de l’intérieur. Contre cet abandon, Jean Madiran a été le docteur de la loi naturelle explorant son étendue et les conséquences qui en découlent.
Nous ne saurions trop insister sur l’importance de ce livre méconnu qu’il faut lire et relire avec l’attention que l’auteur espérait de son lecteur.
Un hommage pour rendre justice
Poursuivant son introduction au livre de Jean Madiran, Michel De Jaeghere écrit : « … l’un des plus éminents des intellectuels catholiques du XXème siècle aura vécu sa vie d’homme ignoré par les successeurs des apôtres … » A propos de l’œuvre abondante du fondateur de la revue Itinéraires, et pour lui rendre justice, il poursuit : « N’en cherchez pas les recensions dans la presse. L’ampleur de ses vues, le nombre des sujets traités, la profondeur de son approche n’ont, jusqu’au dernier jour, pas désarmé la vigilance muette des censeurs. Il est mort méprisé par les représentants de sa mère, l’Église, négligé par les élites d’un pays dont il avait chanté comme personne le génie, la civilisation, les beautés. »
Voulant rendre justice et hommage à Charles Maurras, auquel il a consacré de nombreuses pages, Jean Madiran écrivait dans le numéro d’Itinéraires d’avril 1968 consacré au Martégual, intitulé Lorsque Maurras eut les 100 ans : « Ce numéro est un hommage à un homme, à une pensée, à un destin dont la place dans notre histoire récente et dans notre histoire présente est artificiellement méconnue par les puissants du jour, par ceux qui gouvernent les cités et par ceux qui gouvernent les âmes, par ceux qui enseignent et par ceux qui manipulent les rumeurs de la renommée. » C’est dans ce même esprit que Perspective catholique veut aujourd’hui rendre un hommage filial au grand philosophe. Henri Charlier disait que l’on vivait une époque d’œuvres cachées.
Michel De Jaeghere nous exhorte dans ce sens : « Il est juste que ceux qui se considèrent comme ses disciples manifestent, à leur tour, leur reconnaissance, rendent public la dette qu’ils ont contractée vis-à-vis de celui qui fut, pour toute une école de pensée, un maître comme il s’en trouve peu dans une vie d’homme. »
En tête du numéro spécial de la revue Itinéraires consacré à Henri et André Charlier, Jean Madiran nous confiait son intention :
« Pour que ceux qui savent prennent le temps de se souvenir et pour que les autres aient l’occasion d’apprendre. »
Meurtre d’Enzo : « La France en a marre. Pourquoi ne parle-t-on pas de mon fils ?»
Quelques jours après la marche blanche organisée en hommage à Enzo, la mère de l’adolescent poignardé dans l’Eure a accordé un entretien au “Figaro“. Extraits :
«Je suis une maman en colère. Il n’y a pas d ‘appel à la vengeance mais je veux que la justice fasse quelque chose ».
« Mon fils n’était pas bagarreur mais il ne se laissait pas faire. Il les a mis au sol mais pour avoir le dernier mot, un des deux jeunes a planté mon fils».
Enzo parvient à courir pendant 150 mètres, jusqu’à une caserne de pompiers.
« Le tueur de mon fils est actuellement en prison mais l’instruction sera longue. Il y a de grandes chances qu’il ressorte avant son jugement». « Imaginer qu’il puisse ressortir avant son jugement est pour moi insupportable. C’est inconcevable qu’il puisse continuer à voir sa famille, ses amis, à faire la fête et à vivre alors qu’il a retiré la vie du mien. Ce n’est pas logique». « Quand on met deux coups de couteau et qu’on cible le cœur, on sait très bien ce qu’on fait et que la personne peut mourir. Pour moi, quand tu sors avec un couteau tu sais que tu vas t’en servir. Tu es tueur, tu restes en prison. Je veux qu’on change la loi pour les mineurs».
« La France en a marre. Pourquoi ne parle-t-on pas de mon fils ? Parce qu’il ne vient pas d’une cité mais d ‘une petite commune de 1400 habitants ? Parce que nous sommes restés dans le respect, le silence et le calme ? Pourquoi notre chef de l’État ne vient pas nous rendre hommage ». « On a tué mon enfant. Je suis une personne discrète mais je ne peux pas rester dans le silence. Quand des jeunes agissent comme ça à 15 ans, c’est qu’il y a un réel problème. Il faut que l’histoire de mon fils serve de leçons».
Soignants : la rougeole remplace-t-elle le Covid ?
Lu sur le blog d’Yves Daoudal :
La Haute autorité de santé, « dont les avis sont généralement suivis par le gouvernement », recommande la vaccination obligatoire des soignants contre la rougeole…
A cause du risque représenté par la maladie en milieu hospitalier, « notamment chez les bébés ». Lesquels bébés sont obligatoirement piqués contre la rougeole depuis 2018…
Faudrait savoir si on croit à la science ou si l’on n’y croit pas…
Bizarrement, la longue dépêche de l’AFP qui nous apprend cette nouvelle absurdité de la dictature soi-disant sanitaire fait le tour de nombreuses maladies contre lesquelles les soignants devraient se faire vacciner, mais n’évoque pas une seule fois le covid…
Le Niger représente le dernier bastion, avec le Tchad, de la présence militaire française au Sahel
Dans un rapport envoyé le jeudi 27 juillet à l’Agence Fides, le P. Mauro Armanino a confirmé que quelques personnes ont été blessées dans la pagaille qui a suivi la déclaration du coup d’Etat du mercredi 26 juillet. Néanmoins, après le coup d’Etat, « tout est calme dans les rues ».
« Il y a moins de circulation sur les routes que d’habitude, aussi parce qu’une tempête est en cours dans la ville, après la tempête de sable ‘habituelle’ qui a obscurci le soleil du matin pendant un certain temps. »
Le P. Armanino indique que certaines des personnes blessées « probablement à la suite des coups de feu tirés par la Garde présidentielle pour dissuader les manifestants autour de la maison du président Bazoum » ont été transférées à l’hôpital national.
Le colonel Amadou Abdramane et neuf autres officiers ont annoncé la destitution du président dans la nuit du 26 juillet, déclarant que cette action visait à
« mettre fin au régime en raison de la détérioration de la situation sécuritaire et de la mauvaise gouvernance ».
Ce coup d’Etat, qui a entraîné la suspension de toutes les activités politiques et la fermeture des frontières, est le septième en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale depuis 2020.
Le missionnaire ajoute quelques considérations sur les causes de la situation actuelle.
« Nous verrons ce qui se passera par la suite », « mais dès à présent, je crois qu’il y a des éléments à prendre en considération ».
« Le démantèlement des partis politiques d’opposition (voulu ou subi…) et la “migration” des députés vers le camp présidentiel, ont réduit l’espace politique institutionnel. Quant à la société civile, elle a été progressivement asservie au “projet” présidentiel, disparaissant en tant qu’entité autonome, critique et propositionnelle.
« L’effacement de la classe intellectuelle, achetée, vendue ou mise aux enchères, a conduit à un déficit de réflexion difficile à combler. La présence de nombreuses armées étrangères, bases comprises, n’est pas forcément appréciée par les populations et les militaires nigériens eux-mêmes. »
Au Niger, la France et les Etats-Unis disposent d’importantes installations militaires avec des bases, des troupes et des drones. L’Union européenne et l’Italie ont également une présence militaire dans le pays, qui est par ailleurs confronté à des mouvements djihadistes en provenance du Mali, du Burkina Faso et du Nigeria.
Un message présumé du chef de la milice Wagner, Evgueni Prigogine, a ravivé les tensions : il affirme que la tentative de coup d’Etat est « une lutte contre les colonisateurs » – entendez les Français – au moment même où se déroule le deuxième sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg.
Pour Paris, le pays est stratégique à la fois parce qu’il représente le dernier bastion, avec le Tchad, de la présence militaire française au Sahel (après le retrait des contingents français du Mali et du Burkina Faso, deux pays où des coups d’Etat militaires ont renversé des gouvernements civils) et en raison des mines d’uranium d’Arlit, qui sont essentielles pour le programme nucléaire français.
La diplomatie féministe et de droits en tout genre de la France (avec nos impôts)
Voici quelques réponses écrites récentes aux questions posées par des députés au gouvernement.
D’une part toujours plus de moyens pour les pays….
“Avec une aide publique au développement (APD) s’élevant à 15,1 milliards d’euros selon les données préliminaires de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), soit 0,56% du revenu national brut (RNB), la France a mis en oeuvre l’engagement du Président de la République d’atteindre 0,55% du RNB consacré à l’APD en 2022 et est devenue le 4e bailleur mondial, passant devant le Royaume-Uni. L’article 2 de la loi de programmation n° 2021 -1031 du 4 août 2021 de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales posait une perspective additionnelle, en prévoyant que la France «s’efforcera d’atteindre 0,7% du revenu national brut en 2025» et des cibles intermédiaires indicatives en ce sens.
Le contexte économique s’étant fortement dégradé depuis les dernières projections de trajectoire, l’atteinte de ce nouvel objectif dès 2025 pourrait être compromise. La dynamique est cependant préservée, avec une augmentation de près de 860 millions d’euros pour la mission budgétaire «aide publique au développement» dans le cadre de la loi de finances pour 2023, soit un accroissement de 17% des crédits par rapport à 2022. Le Conseil présidentiel du développement, réuni par le Président de la République le 5 mai 2023, a été l’occasion de rappeler que la solidarité internationale est une priorité politique majeure pour la France, alors que la pauvreté et les inégalités ont augmenté à l’échelle internationale suite à la pandémie de Covid 19 et aux graves répercussions de la guerre en Ukraine.
Il a ainsi fixé l’objectif d’une augmentation de l’APD française vers le groupe des Pays les moins avancés (PMA), et celui d’une priorité aux pays les plus vulnérables, en particulier ceux qui sont déjà les plus affectés par les effets du dérèglement climatique. Il a aussi insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective, au-delà des financements de l’État, pour répondre aux défis de l’extrême pauvreté et des crises, en premier lieu les crises climatique et environnementale. Nous augmentons également nos crédits d’aide humanitaire, pour passer à 1 milliard d’euros par an d’ici 2025.
Le prochain Comité interministériel pour la coopération internationale et le développement, que présidera la Première ministre, sera chargé d’élaborer une stratégie d’investissement solidaire et durable pour l’allocation de nos financements selon ces orientations, permettant à la fois de relever le niveau d’effort financier de l’État au bénéfice des PMA et des pays vulnérables, et de faire davantage levier sur les investissements privés, notamment pour la sauvegarde des biens publics mondiaux.”
Mais employés dans une diplomatie féministe :
“La France a adopté une diplomatie féministe en 2019 qui prévoit notamment d’appuyer les organisations féministes qui oeuvrent au quotidien pour l’égalité de genre dans leurs pays. Le Président de la République a annoncé, en 2019, la création du Fonds de soutien aux organisations féministes (FSOF), lancé l’année suivante. Après trois ans de mise en oeuvre, le FSOF, principal levier de l’aide publique au développement (APD) bilatérale de la France en faveur de l’égalité de genre, est un outil unique et bien identifié à l’international.
Le pilotage assuré par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) avec l’Agence française de développement (AFD) garantit son efficacité à travers un mécanisme agile de gouvernance. L’engagement initial de 120 millions d’euros sur trois ans (2020-2022) a été dépassé pour atteindre 133 millions d’euros de crédits effectivement alloués sur la période. Ces fonds permettent de financer les activités mais aussi le renforcement des capacités, les coûts de fonctionnement et la mise en réseau des organisations de la société civile (OSC) féministes.
Le FSOF a fait de la France le premier pays financeur des organisations féministes dans les pays du Sud en 2021, avec près de 1 000 organisations soutenues dans 73 pays. Le FSOF s’illustre par la diversité des actions, des thématiques et des organisations soutenues. Il s’est déployé autour de trois actions principales, construites avec la société civile. Le fonds soutient :
- le renforcement des capacités organisationnelles et techniques des OSC féministes ;
- la mise à disposition de financements flexibles adaptés aux besoins des réseaux et des OSC féministes dans leur diversité ;
- l’appui à la mise en réseau et à la participation des OSC féministes des pays en développement aux processus de décisions.
Les actions sont mises en oeuvre sur les sept thématiques prioritaires du Fonds :
- les droits et santé sexuels et reproductifs (DSSR) et l’éducation complète à la sexualité ;
- la lutte contre les discriminations et les violences sexistes et sexuelles, y compris la lutte contre les pratiques néfastes (mutilations génitales, mariages d’enfants et forcés) ;
- l’autonomisation des femmes et leur participation à la vie économique ;
- le leadership social et politique des femmes ;
- l’accès des filles à l’éducation aux niveaux primaire, secondaire et supérieur ;
- l’Agenda «Femmes, Paix et Sécurité» et le rôle des femmes dans les crises ;
- le sujet genre et climat.
Enfin, conformément aux orientations données par la Stratégie internationale d’égalité entre les femmes et les hommes (2018-2022) et la Stratégie internationale en matière de droits et santé sexuels et reproductifs (2023-2027), le FSOF donne priorité à la lutte contre les pratiques néfastes exercées à l’encontre des femmes et des filles et à l’éducation des filles. Un bilan externe à mi-parcours a été réalisé en 2022. Il confirme l’adéquation aux besoins exprimés par les OSC, le déploiement rapide du Fonds et des financements et la diversité des OSC féministes accompagnées, y compris celles éloignées des canaux de financement traditionnels, grâce à la complémentarité avérée des trois canaux.
Enfin, il met l’accent sur la gouvernance efficace et exemplaire du fonds, identifiée comme telle par les parties prenantes. En septembre 2022, la Secrétaire d’État chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux a annoncé son renouvellement en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Lors de son discours du 8 mars dernier, la ministre de l’Europe et des affaires étrangères a acté sa pérennisation ainsi que son amélioration.”
L’engagement de la France en matière de lutte contre le VIH/sida s’inscrit ainsi dans cette approche fondée sur les droits humains et sur l’égalité de genre, reflétée dans les stratégies des organisations et fonds multilatéraux qu’elle soutient. La France est le deuxième contributeur historique du Fonds mondial de lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme, avec près de 7 milliards d’euros versés depuis 2002. Dans sa stratégie 2023-2028, le Fonds mondial, qui représente 30 % des investissements mondiaux de la lutte contre le VIH, s’est engagé à lutter contre les inégalités de genre dans l’ensemble de ses actions, de la conception à l’évaluation de tous ses programmes. La France soutient l’approche transformatrice souhaitée par le Fonds mondial pour les lois, politiques, normes sociales et culturelles, et pratiques discriminatoires qui contribuent aux inégalités de genre et exacerbent les vulnérabilités face au VIH.
La France agit aussi pour l’égalité de genre dans la lutte contre le VIH/Sida à travers l’Initiative, programme représentant désormais 20% de la contribution française au Fonds mondial, mis en oeuvre depuis 2011 par Expertise France sous la tutelle du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) : le genre est un enjeu essentiel de la mise à jour de sa stratégie pour le triennat 2023-2025. Sur la période 2020-2022, 32 % des projets financés par l’Initiative en matière de lutte contre le VIH et les coïnfections VIH/TB étaient sensibles au genre (c’est-à-dire classés CAD1 ou CAD2 selon la méthodologie de l’OCDE), pour un montant global de 25,6 millions d’euros. Depuis la création de l’Initiative, 52,2 millions d’euros ont été engagés pour des projets comportant une composante DSSR dans la lutte contre le VIH et les coïnfections VIH/sida-tuberculose. Ces chiffres sont en constante augmentation et seront encore renforcés à l’avenir.
Des projets phares soutenus par l’Initiative ciblent particulièrement les filles et les jeunes femmes, ainsi que les femmes vivant au sein de communautés marginalisées, telles que les professionnelles du sexe ou les personnes transgenre. Avec plus de 1,8 milliard d’euros de contributions depuis 2006, la France est également le premier financeur d’Unitaid, dont la mission est de développer des solutions innovantes pour prévenir, diagnostiquer et traiter plus rapidement, efficacement et à moindre coût le VIH/sida, la tuberculose, le paludisme et leurs coïnfections. Dans sa stratégie 2023-2027, Unitaid s’engage à réduire les inégalités hommes-femmes dans l’accès aux soins, avec une attention soutenue à la santé maternelle et infantile, et à promouvoir des approches adaptées aux besoins des plus vulnérables comme les femmes, les personnes transgenres, les populations homosexuelles et les femmes enceintes. Dans son portefeuille d’interventions au titre de la lutte contre le VIH , Unitaid cible 5 priorités programmatiques articulées étroitement avec les problématiques de genre, dont le dépistage et le traitement du cancer de col de l’utérus et des infections sexuellement transmissibles.
Le Fonds français Muskoka représente également un engagement emblématique de la diplomatie française pour l’amélioration de la santé et du bien-être des femmes, nouveau-nés, enfants et adolescent (e) s et la reconnaissance de leurs droits : opérant depuis 2011 en Afrique de l’Ouest et Centrale, la France a investi plus de 170 millions d’euros pour ce mécanisme innovant de coordination réunissant l’OMS, ONU femmes, UNFPA et UNICEF. En 2021, le Gouvernement français a réitéré son soutien en s’engageant à hauteur de 10 millions d’euros par an jusqu’à fin 2026 pour ce fonds. N’étant pas limité à la lutte contre le VIH, il y contribue néanmoins chez ces populations particulièrement vulnérables, en travaillant par exemple sur la prévention de la transmission de la mère à l’enfant, la prise en charge du VIH pédiatrique, mais aussi à l’accès à une éducation complète à la sexualité.
Enfin, la France apporte une contribution de 400 000 € par an à ONUSIDA, dont la mission est de coordonner l’action des différentes agences de l’ONU pour lutter contre la pandémie de VIH/sida. Dans le cadre de ses activités, ONUSIDA s’attaque aux dimensions sexo-spécifiques de l’épidémie de VIH en renforçant la mobilisation des femmes dans la riposte au VIH et en intensifiant les interventions pour prévenir la violence à l’égard des femmes. Sur le plan bilatéral, notre APD «genrée» est passée de 29% en 2017 à 47% en 2021. La trajectoire se confirme et ce, malgré les effets de la pandémie qui ont mis à mal ces objectifs au niveau mondial. La loi développement du 4 août 2021 a accru les objectifs d’APD «genrée» de 50% en 2022 à 75% des projets financés d’ici 2025 devant servir l’égalité de genre, dont 20% dédiés principalement à sa promotion.
L’un des instruments clés en est le Fonds de soutien aux organisations féministes (FSOF), doté d’une enveloppe de 120 millions d’euros sur trois ans (2020-2022), que nous venons de renouveler. L’Agence française de développement (AFD) apporte également un financement aux ONG de lutte contre le VIH, avec un accent marqué sur la promotion des DSSR et la lutte contre les inégalités de genre, par le biais de son dispositif «Initiatives OSC», dont bénéficient, entre autres, Coalition PLUS, Solthis, Equipop. L’ensemble des acteurs de notre coopération au développement est mobilisé pour mieux intégrer la dimension du genre dans ses actions, en particulier dans ce secteur clé qu’est la santé.
Ce que les journalistes pensent des tradis
Dans un article à charge contre Mgr Dominique Rey, empêché d’ordonner des prêtres pour la deuxième année, Libération cite votre blogue préféré, qui manipulerait depuis Paris l’évêque de Fréjus-Toulon.
C’est à y perdre son latin : les tradis sont tantôt quantité négligeable et on se demande pourquoi les évêques et les papes s’y intéressent, tantôt tellement puissants que les évêques sont manipulés par eux!
Extraits :
Dans le viseur du Vatican depuis 2021, Dominique Rey est, ces temps-ci, l’homme invisible. Nul ne pouvait dire où le prélat célébrait, le 25 juin, sa messe dominicale. Ailleurs en France, les évêques ordonnaient ce jour-là les nouveaux prêtres. Dans le Var, Rome a sévi et interdit – fait rarissime – à Rey de procéder à ces ordinations en 2022 et 2023. Un camouflet terrible qui a fait éclater la crise au grand jour. «Il n’y a pas eu un mot de compassion pour les séminaristes», s’alarme, dans sa sacristie de l’église Saint-François-de-Paule, à deux pas du port de Toulon, l’abbé Jean-Raphaël Dubrule, directeur traditionaliste des études au séminaire qui célèbre, comme au moins une dizaine de prêtres dans le diocèse, la messe en latin. L’extrême droite catholique, en soutien à Rey, ne désarme pas. Patron du site le Salon beige, Guillaume de Thieulloy a ainsi publié en juin une tribune largement diffusée, une opération montée avec Baptiste Laroche, candidat Reconquête dans le Var lors des législatives de 2022. […]
Au sein de l’Eglise catholique, l’évêque de Toulon est celui aussi qui a brisé les digues avec l’extrême droite en invitant Marion Maréchal-Le Pen à un colloque en 2015. En 2018, il se choisit un directeur de cabinet (un titre un rien pompeux pour un diocèse) aux accointances politiques claires, Yves-Marie Sévillia, ancien assistant parlementaire au Sénat de David Rachline, le maire RN de Fréjus. Sur place, peu de gens connaissent le CV politique de Sévillia. Dans le clergé du Var, «canal historique», on a toujours pensé, par naïveté sans doute, que Rey était instrumentalisé par des officines parisiennes comme le Salon beige ou Riposte catholique.
«Très Saint Père, rendez nous l’Écriture, le catéchisme et la messe»
Ce 31 juillet 2023, nous n’oublions pas le 10eme anniversaire du rappel à Dieu de Jean Madiran. De Père Ipsum, ob, dans Perspective Catholique, site d’information suisse :
Seuls les plus anciens lecteurs de Perspective Catholique se souviennent de cette demande cent fois renouvelée par celui dont nous commémorons ce 31 juillet le dixième anniversaire de la mort, Jean Madiran.
Et pourtant chères jeunes générations, si 16’000 pèlerins ont marché vers Chartres à la dernière Pentecôte, il fallut des maîtres de la trempe de Jean Madiran. Un vrai combattant de la Foi Catholique, un amoureux de la messe ancienne, un défenseur intrépide de la France Catholique.
Pendant toute sa vie, il fut presque un inconnu des médias mais le monde catholique, vraiment catholique, sait ou doit savoir ce qu’il lui doit.
Né en 1920, Jean Arfel (de son vrai nom) va militer très tôt au sein de l’Action Française et fut vite repéré par Charles Maurras en raison de ses rares capacités intellectuelles et morales.
C’est en 1946 qu’il rejoint la célèbre École des Roches repliée à Maslacq et dirigée par l’un des frères Charlier, André. Il y fut professeur de philosophie et eut comme élève le futur fondateur du monastère du Barroux, Gérard Calvet.
Ce dernier entra très jeune à la nouvelle fondation d’En Calcat dans le petit village de Madiran. D’où l’un des pseudonymes de notre auteur, les autres étant aussi des petits villages du Béarn: Lagor ou Castetis.
Toute sa vie, Jean Madiran restera très lié avec le fondateur de l’Abbaye du Barroux où il séjourna de nombreuses fois. Notre auteur fut aussi un grand admirateur de Mgr Marcel Lefebvre. Même si, en 1988, au moment du sacre des quatre évêques, il ne le suivit pas, des années plus tard, à l’occasion de la parution du film consacré à la vie de l’ancien Archevêque de Dakar, le fondateur de la revue Itinéraires précisa sa pensée:
“Moi, à l’époque, je n’étais pas capable de porter un jugement. Aujourd’hui, il m’est difficile de trouver qu’il a eu tort. (…) A l’époque, j’ai refusé de porter un jugement. (…) mais aujourd’hui je pense qu’il est difficile de trouver qu’il ait eu tort à 100%, et même à 50%.”
L’œuvre de Madiran est très importante. Permettez moi de retenir la fondation de la Revue Itinéraires en 1956; cette revue paraîtra dix fois par an avec des collaborations prestigieuses comme celles de Marcel de Corte, du Père Calmel, de Gustave Corsao, d’Henri et André Charlier, Henri Pourrat, de Bryan Hougton et de tant d’autres. Il y dénoncera les attaques du Saint Siège contre la Fraternite Saint Pie X. Il publiera une version du Catéchisme du Concile de Trente et de Saint Pie X.
Cette revue paraîtra jusqu’en 1996 et s’arrêtera faute de financement mais aussi de lecteurs.
L’autre grande fondation de Jean Madiran est celle, avec quatre amis, du quotidien Présent qu’il dirigera d’une main ou plutôt d’une plume de maître. Nous attendions ses éditoriaux avec impatience. Ils étaient précis, ciselés, cinglants souvent. Ses ennemis politiques et religieux n’avaient qu’à bien se tenir. Ils ont été recueillis dans deux volumes sous le titre de Chroniques sous Benoît XVI. Malgré le passage des ans, ces textes conservent tout leur intérêt et ils expliquent bien de nos maux actuels tant politiques que religieux (chez Via Romana, Paris). En un mot, dans le cadre d’un un court article comme celui que nous lui consacrons, Jean Madiran fut un grand penseur, pamphlétaire, combattant du XXe siècle.
Il eut la grâce de vivre les dernières années de sa vie sous le Pontificat de Benoit XVI ; il connut le Motu Proprio du 7 juillet 2007 libéralisant enfin la messe avant le despotique Motu Proprio Traditionis Custodes.
Ses funérailles furent à la mesure de l’incompréhension de l’œuvre de ce géant. Nous étions quelques uns à la Chapelle Notre Dame des Armées pour prier pour l’âme de notre ami et entourer sa veuve si présente auprès de lui surtout pendant les dernières années de sa vie.
Ce fut le successeur du cher Dom Gérard, le TRP Louis-Marie de Geyer d’Orth qui célébra la messe et prononça l’oraison funèbre. Que de la Haut, notre maître et ami veille sur le petit troupeau qui continue à réclamer au Saint Père «Rendez nous l’Écriture, le Catéchisme et la messe».
La messe traditionnelle est bien célébrée aux JMJ
🇨🇵COMMUNIQUÉ
Il est faux de dire que la messe en rite extraordinaire n'a pas sa place aux JMJ. Des messes seront dites quotidiennement en ce rite. pic.twitter.com/hs581aajfl— JMJ Lisbonne 2023 (@JMJFrance) July 30, 2023
Les horaires sont ici.
Chute de pierres à Saint-Sulpice
C’est rassurant…
#StSulpice Une nouvelle chute de pierres s’est produite aujourd’hui, blessant une touriste hollandaise.
Pour éviter des drames, je réitère les mises en garde que j’ai adressées à plusieurs reprises à la Mairie de Paris pour qu’elle entretienne le patrimoine dont elle a la charge. pic.twitter.com/5Z6mWHwXq5— Jean-Pierre Lecoq (@jp_lecoq) July 30, 2023
Les églises de Paris sont prêtes à recevoir les touristes pour les JO 2024 ! L’un d’entre eux a reçu une pierre tombée de l’église Saint-Sulpice et hospitalisé. Un périmètre de « protection » a été instauré… pic.twitter.com/jsS7WR4ZjX
— Didier Rykner (@DidierRykner) July 30, 2023
Qui sont les 21 nouveaux cardinaux ?
Eglise universelle: 21 nouveaux cardinaux
Le pape François a annoncé la convocation d’un consistoire le 30 septembre prochain. 21 nouveaux cardinaux seront alors nommés dont deux Français: Mgr François Bustillo, évêque d’Ajaccio et Mgr Christophe Pierre, nonce apostolique aux USA. L’abbé Barthe, vaticaniste, analyse le sens de ces nominations et la composition du Sacré collège dans lequel les cardinaux nommés par le pape François seront désormais majoritaires.
Eglise en France Jubilé de la Vendée le 2 septembre
Le 2 septembre sera commémorée au mont des Alouettes, à proximité du Puy du Fou, la venue en Vendée de la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, le 18 septembre 1823. Pascal Théry secrétaire de l’association organisatrice, présente cet évènement qui sera honoré de la présence du prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, parent vivant le plus proche de la duchesse d’Angoulême.
Eglise en marche: Pèlerinage Notre dame de Chrétienté à Covadonga
Les 22-23 et 24 juillet a eu lieu d’Oviedo à Covadonga (95 kms), dans les Asturies au nord de l’Espagne, le 3 éme pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté- Espagne. Louis-Martin Fermon a participé à ce pèlerinage. Il nous en présente les caractéristiques ainsi que les points communs et les différences avec le pèlerinage de Pentecôte à Chartres.
Le siège épiscopal de Maillezais à nouveau pourvu
Le diocèse de Maillezais (Vendée) a été créé le 13 août 1317, en même temps que celui de Luçon, par démembrement du diocèse de Poitiers qui, lui-même, avait été jusqu’à la Loire lors de sa création. Il s’appelait alors diocèse de Poitiers et de Rezé. C’est pape Jean XXII, à Avignon, qui signa la bulle de création et donna comme siège épiscopal l’abbaye de Maillezais. Le nouveau diocèse intègre l’archiprêtré d’Ardin, les doyennés de Bressuire, Fontenay-le-Comte, Saint-Laurent-sur-Sèvre et de Vihiers, soit au total 284 paroisses réparties sur un territoire comprenant la partie orientale du Bas-Poitou et les Mauges dans le sud-ouest de l’Anjou.
C’est en 1648 que ce diocèse est annexé par le diocèse de La Rochelle, malgré de nombreuses réticences. Le dernier évêque de Maillezais et le premier évêque de La Rochelle.
Par décision du 9 février 2009, le Vatican (Benoit XVI) a décidé de restaurer le siège épiscopal de Maillezais attribué in partibus à un évêque auxiliaire ou en poste au Saint-Siège. Ceci prend effet en 2017, où le pape François le restaure en tant que siège titulaire. Il est alors attribué à Mgr Antoine Hérouard nommé évêque auxiliaire de Lille, titre que ce dernier conserve jusqu’au 11 février 2022, date à laquelle il est nommé archevêque de Dijon.
Lundi 26 juin 2023, le pape François a nommé Mgr Jean-Pierre Batut, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Toulouse, à la suite de sa démission de sa charge pastorale d’évêque de Blois. Il lui a assigné le siège épiscopal de Maillezais.

La grâce des cathédrales de Vendée: un livre-monument
De Dominique Souchet, Président de l’association des Amis de la cathédrale de Luçon, ancien Député-Maire de Luçon :
La Vendée aurait-elle compté trois cathédrales ?
C’est à cette interrogation que les éditions de La Nuée Bleue entreprennent de répondre en consacrant à la Vendée un volume exceptionnel dans leur prestigieuse collection “La grâce d’une cathédrale”: 47 auteurs, 456 pages grand format, 520 illustrations, 4 kilos…
Ce livre retient en effet trois sites emblématiques, trois hauts-lieux spirituels de la Vendée : Luçon, Maillezais et Saint-Laurent-sur-Sèvre. Les deux premiers sont effectivement ou ont été le siège de cathédrales. Le troisième l’est devenu par “la grâce” de Jean Yole, qui voyait dans les deux impressionnants clochers de la basilique et de la chapelle de la Sagesse les marques indéniables d’une cathédrale.
Ce livre, dont l’iconographie a été particulièrement soignée, faisant l’objet d’une remarquable couverture photographique inédite du talentueux David Fugère, nous fait regarder d’un oeil neuf des lieux que nous croyons connaitre. Pourtant, ce n’est pas seulement un superbe livre d’art. Il évoque certes la grandeur des édifices, la richesse des oeuvres d’art qu’ils possèdent, mais aussi l’intensité de la vie spirituelle, liturgique, entrepreneuriale et sociale dont ils ont été les foyers. A travers blessures et renaissances, ces édifices racontent une longue histoire de fidélité.
Certains chapitres devraient intéresser tout particulièrement les adhérents de “Vendée Militaire”. Je pense en particulier à la remarquable évocation du destin de la cathédrale de Luçon pendant la période révolutionnaire. Le Dr Raymond Wuillaume montre l’incroyable fascination qu’éprouvent les autorités révolutionnaires pour la cathédrale et l’évêché, au point de décréter que c’est là le lieu unique où doivent impérativement être installés tous les organes du nouveau pouvoir.
Je pense encore à l’incroyable destin de René-François Soyer, prêtre réfractaire survivant devenant le premier évêque du diocèse de Luçon recréé, le premier évêque de Vendée après la Révolution. Pierre Legal évoque les multiples tracasseries dont il sera l’objet de la part de la monarchie de Juillet, au moment de la chevauchée de la duchesse de Berry et comment finalement il orchestrera l’incroyable dynamisme vocationnel et bâtisseur qui s’empare de l’ancienne Vendée insurgée et martyrisée.
Je pense aussi à la genèse de la sublime verrière de La Vendée Militaire, dans la basilique de Saint-Laurent, que retrace le grand spécialiste de l’histoire des vitraux qu’est Yves-Jean Riou. Il décrit comment l’architecte Maurice Laurentin et le père Logeais ont fait appel à l’atelier de Charles Mauméjean, dont la notoriété a gagné le monde entier, pour aboutir à ce chef-d’oeuvre posé en 1947 par Roger Degas, verrier à Mortagne. Le livre, somptueusement illustré, le reproduit avec la citation de Judas Maccabée qui l’accompagne.
Pour faire entrer la Vendée dans la collection “La grâce d’une cathédrale”, l’éditeur a dû relier en réalité trois grâces : celle de Luçon incarne la continuité vivante, celle de Maillezais l’audace interrompue et celle de Saint-Laurent le renouveau après l’épreuve. A travers ces trois lieux et ces quatre édifices, le lecteur est invité à parcourir les quatorze siècles d’une histoire religieuse tourmentée et féconde qui ont modelé l’ identité vendéenne.
Trois brefs aperçus de la crise de l’Eglise avant le synode
De Rémi Fontaine pour Le Salon beige :
Vous avez dit « tradiphobe » ?
Pour sourire un peu… quoique ! Prenons le § 2358 du Catéchisme de l’Église catholique et changeons le mot « homosexuelles » par « traditionalistes » :
2358. Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances « traditionalistes » foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve… Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.
Nous aurons l’article possible d’un nouveau catéchisme « synodal » peu respecté, il est vrai, par une nouvelle Église devenue « tradiphobe » !
Bon Samaritain de la Tradition ?
Le vénérable rite romain gisait là blessé avec son peuple de fidèles. Relégué sur le bord du chemin, laissé à la périphérie de l’Église. Moqué, marginalisé, stigmatisé comme « messe en latin », vetus ordo, usus antiquior ! Frappé (de banissement) par un étrange instrument : au mépris de la piété filiale, ses agresseurs s’étaient servis en effet de la nouvelle messe, du novus ordo produit par l’esprit de Vatican II, comme arme par destination contre son pieux et antique usage ainsi que son développement organique in medio Ecclesiae.
Deux souverains et vénérables pontifes étaient déjà passés devant, presque indifférents à son sort inouï, même si le deuxième avait consenti à lui donner quelques premiers soins rapides (indult et motu proprio). Un troisième pontife passant par là, fut profondément ému de son état. Il résolut, motu proprio, de le porter lui-même jusqu’à l’hôpital de campagne où il agissait, donnant à l’hôtelier ce qu’il fallait pour le restaurer et lui rendre son plein droit de cité in corde Ecclesiae. N’était-ce pas là un bon Samaritain, dont le mot signifie gardien : un bon gardien de la Tradition !?
Un quatrième pontife entreprit pourtant, motu proprio, de revenir en arrière, retreignant drastiquement l’œuvre de restauration et de libération de son prédécesseur, voulant faire des évêques non plus de bons gardiens mais de vrais geôliers pour le coup de la Tradition ! Par un singulier « mécanisme de contrôle » qu’il demandait paradoxalement à son nouveau gardien de la Doctrine d’honnir… Si bien qu’au milieu d’une perplexité et obscurité certaines peut retentir à nouveau aujourd’hui l’appel d’Isaïe en l’adressant au Très Haut et Très Bon Gardien de l’Église : « Garde, où en est la nuit ? Garde, où en est la nuit ? »
En trois citations :
« Dieu est sagesse et veut être aimé non seulement avec douceur mais avec sagesse. Bien plus, l’esprit d’erreur gâchera tout zèle si tu négliges la science. Et l’ennemi trompeur n’a pas de moyen plus efficace pour enlever l’amour du cœur de l’homme, que de réussir à le faire marcher dans l’amour, sans précaution et sans être guidé par la raison. » (saint Bernard, Sur le cantique, sermon 19, 7)
« L’hostilité des méchants résonne comme une louange pour notre vie, car elle montre d’une certaine façon notre droiture parce que nous déplaisons à ceux qui n’aiment pas Dieu : en effet, personne ne peut être agréable à la fois à Dieu et aux ennemis de Dieu. Il n’est pas ami de Dieu celui-là qui recherche la complaisance de ceux qui s’opposent à Lui : et celui qui se soumet à la vérité luttera contre ce qui s’oppose à la vérité. » (saint Grégoire, In Ezechielem homiliae, I, 9, 14)
« N’ayant pas obtenu que les hommes pratiquent ce qu’elle enseigne, l’Église actuelle a décidé d’enseigner ce qu’ils pratiquent… Auparavant l’Église absolvait les pécheurs, aujourd’hui elle a résolu d’absoudre les péchés. » (Nicolás Gómez Dávila)
Rémi Fontaine
« L’habit ne fait pas le moine » : 3 origines possibles à cette expression
Vous avez sûrement déjà entendu l’expression « l’habit ne fait pas le moine ». Elle est employée de nos jours pour expliquer que les apparences sont parfois trompeuses, ou pour parler d’une personne dont l’attitude dénote avec la manière dont elle se présente en public ! Mais savez-vous d’où vient cette expression ? En route, Divine Box vous emmène découvrir tout ça !
Une première hypothèse : de faux moines cupides au XIIIe siècle
Pour certains, le Pape Grégoire IX serait à l’origine de l’expression…
Au XIIe siècle, certaines abbayes s’enrichissent alors grandement et de nombreuses personnes sont attirées par cette richesse. Plusieurs opportunistes entrent ainsi dans les ordres afin de profiter de ces richesses, mais sans prononcer de vœux religieux. Le Pape va évidemment condamner le comportement de ces “moines” !
En effet, dans une de ses lettres, intitulée « sermon sur le carême », le Pape écrit que « ce n’est pas à l’habit qu’on reconnaît le moine, mais à l’observation de la règle et à la perfection de sa vie ». Pour la petite histoire, il a adapté une vieille formule latine attribuée au philosophe grec Plutarque (46-125) « barba non facit philosophum », traduisez : « la barbe ne fait pas le philosophe ». Amusant, non ?

Le Pape Grégoire IX en train de confier ses sermons © Compilhistoire
Une deuxième hypothèse : l’épopée de François Grimaldi en 1297
Voici une deuxième origine possible à l’expression « l’habit ne fait pas le moine » : un moine déguisé pour prendre le pouvoir de Monaco en 1297 !
Il s’agit en effet de François Grimaldi, un homme d’État génois qui rêve de gouverner la ville de Monaco ! Il décide, en janvier 1297, de s’introduire dans la ville en se déguisant en moine franciscain. Rassurés par l’habit, les gardes ne vont pas se méfier et c’est ainsi que Grimaldi et ses hommes réussissent à s’introduire et à prendre le pouvoir !
D’ailleurs, c’est en référence à cette ruse de François Grimaldi qu’on trouve sur les armoiries de Monaco « deux Frères Mineurs chevelus, barbus et chaussés, portant chacun une épée levée, debout sur une banderole, avec la devise : Deo Juvante (avec l’aide de Dieu) ».
Et voilà comment une anecdote plus de sept fois centenaire laisse encore des traces : celle d’une expression française, et celle d’un blason !

Statue de François Grimaldi lors de la prise de Monaco © Actualités des Royautés
Une troisième hypothèse : l’habit pour être jugé par l’Église au XIVe siècle
Comme vous le savez, du XIIe siècle au XIVe siècle, l’Église détient un grand pouvoir juridique et juge en majorité les membres du clergé. Elle condamne alors peu à mort et privilégie les peines de prison. La clémence de l’Église est donc bien connue de tous ! De nombreux criminels avertis vont alors se déguiser en moines, pour bénéficier de cette indulgente juridiction !
Or à l’époque, les registres de personnes consacrées n’étaient pas à jour… La fraude était donc facile, et nombreux étaient les faux moines qui portaient l’habit pour éviter un châtiment funeste !
En résumé :
Désormais, vous savez tout sur la signification et les origines de l’expression « l’habit ne fait pas le moine ». Heureusement, aujourd’hui, les moines le sont pour de vrai, peu importe leur habit, qu’ils soient bénédictins, cisterciens, trappistes, annonciades et tant d’autres… Alors pour les soutenir, achetez donc des produits monastiques et des bières trappistes : vous leur donnerez du boulot, et les aiderez à vivre leur vocation monastique de prière et de travail manuel !
Neuvième dimanche après la Pentecôte
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Luc. 19, 41-47. In illo témpore : Cum appropinquáret Jesus Jerúsalem, videns civitátem, flevit super illam…
En ce temps-là, Jésus s’étant approché de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle…Quia domus mea domus oratiónis est. Vos autem fecístis illam speluncam latrónum. Et erat docens cotídie in templo.
Ma maison est une maison de prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. Et il enseignait tous les jours dans le temple.
Les chants du propre de la messe de ce neuvième dimanche après la Pentecôte sont encore extraits des psaumes, à l’exception cette fois de la Communion. A l’inverse des chants du dimanche précédent, c’est le Graduel qui nous fera entendre une acclamation triomphale à la majesté divine, alors que l’Introït et l’Alléluia sont des prières suppliantes.
► Introït : Ecce Deus
Le texte de l’Introït est tiré du psaume 53, composé par David alors qu’il était poursuivi par des ennemis implacables. Mais cet appel au secours est comme toujours plein de confiance dans la protection divine. Ce psaume est utilisé pendant la semaine sainte, où il est mis dans la bouche du Christ. L’Introït de ce jour commence par un verset exprimant la confiance dans le secours du Seigneur, avant d’implorer sa protection.
Ecce Deus adjuvat me, et Dominus susceptor est animæ meæ : averte mala inimicis meis, in veritate tua disperde illos, protector meus Domine.
Voici que Dieu vient à mon secours, le Seigneur est le soutien de mon âme : détournez les maux sur mes ennemis, dans votre fidélité dispersez-les, Seigneur, notre protecteur.
On voit que la première phrase est une affirmation à la troisième personne de notre confiance en Dieu, exprimée par une mélodie joyeuse et pleine d’allant, tandis que la deuxième phrase passe à la deuxième personne, et devient une prière suppliante, marquée par une mélodie plus tourmentée, surtout la cadence en demi-ton de inimicis meis. Mais on retrouve la confiance à la fin avec une belle courbe calme mais pleine d’assurance sur les mots protector meus. Cet Introït est accompagné bien entendu par le premier verset du psaume 53 :
Deus in nomine tuo salvum me fac : et in virtute tua judica me.
Mon Dieu par votre nom sauvez-moi, et par votre puissance faites-moi justice.
► Graduel : Domine Dominus noster
Entre les supplications de l’Introït et de l’Alléluia, nous allons trouver dans le Graduel du neuvième dimanche après la Pentecôte, une exclamation de louange, d’admiration et de reconnaissance pour le créateur et tous ses bienfaits, sur la terre, univers visible, et dans les cieux, univers invisible. C’est le début du psaume huit.
Domine Dominus noster, quam admirabile est nomen tuum in universa terra ! Quoniam elevata est magnificentia tua super cælos !
Seigneur, notre maître, que votre nom est admirable sur toute la terre ; que votre majesté est élevée au-dessus des cieux !
Pour la sixième fois consécutive en ces dimanches après la Pentecôte, la mélodie de ce Graduel utilise le cinquième mode grégorien, avec des formules typiques qui reviennent souvent et se ressemblent plus ou moins. Mais à chaque fois ces mélodies s’adaptent parfaitement au texte qu’elles doivent servir. Ici on n’a pas au départ un grand élan enthousiaste comme dans l’Introït et l’Alléluia de dimanche dernier ; la mélodie de la première phrase reste d’abord grave, calme et horizontale, exprimant une profonde adoration ; puis elle s’élève en un bel élan d’admiration, précisément sur le mot admirabile, et se poursuit en souples ondulations pleines du bonheur de contempler la splendeur divine.
► Alléluia : Eripe me
L’Alléluia du neuvième dimanche après la Pentecôte présente un contraste frappant avec le Graduel de cette messe ainsi qu’avec l’Alléluia Magnus Dominus du dimanche précédent. La plupart des Alléluias de ce temps liturgique sont des chants d’action de grâces et des acclamations enthousiastes et triomphales, mais il y a quelques exceptions. Nous avions rencontré dans l’Alléluia du sixième dimanche une prière suppliante mais pleine de confiance. Nous avons cette fois une supplication intense, presque douloureuse. Un Alléluia n’est pas toujours joyeux.
Le texte est le premier verset du psaume 58. Nous avons déjà remarqué que depuis le cinquième dimanche tous les Alléluias ont pour texte le premier verset d’un psaume, et il en sera ainsi tous les dimanches jusqu’au quatorzième dimanche, sans exception.
Eripe me de inimicis meis, Deus meus : et ab insurgentibus in me libera me.
Arrachez-moi à mes ennemis, mon Dieu et délivrez-moi de ceux qui se dressent contre moi.
Ce verset de psaume, où David demande au Seigneur d’abattre les ennemis qui le harcèlent sans cesse, est très utilisé au temps de la Passion dont il est une sorte de refrain ; il y est bien entendu placé dans la bouche du Christ. En ce temps après la Pentecôte, qui représente la longue marche de l’Église depuis les apôtres jusqu’à la fin des temps, il peut être mis dans la bouche de l’Église, c’est tout à fait d’actualité, ou de chaque âme chrétienne en proie aux épreuves et aux tentations. La mélodie est aussi suppliante que le texte. Elle s’étire comme une longue plainte.
► Offertoire : Justitiæ
Comme cela arrive assez souvent en ce temps après la Pentecôte, nous l’avons déjà constaté au sixième dimanche, et ce sera encore le cas les deux prochains dimanches, l’Offertoire du neuvième dimanche après la Pentecôte est repris à un autre dimanche de l’année. Aujourd’hui nous trouvons celui du troisième dimanche de Carême, méditation aimante et contemplative sur la loi divine et le bonheur qu’il y a à l’observer :
Justitiæ Domini rectæ, lætificantes corda, et dulciora super mel et favum, nam et servus tuus custodiet ea.
Les préceptes du Seigneur sont justes, ils réjouissent les cœurs et sont plus doux qu’un rayon de miel ; aussi votre serviteur les observe-t-il.
Les mots dulciora et ea qui sont au neutre se rapportent au substantif judicia qui figure dans le psaume, mais qui n’est pas repris dans le texte de l’Offertoire. Il est d’ailleurs à peu près synonyme du premier mot de ce texte justitiæ. On notera aussi à la fin, le passage de la troisième à la deuxième personne que l’on rencontre souvent dans les psaumes. Ce texte aurait pu être emprunté au psaume 118, la longue méditation sur la volonté de Dieu et ses commandements que l’on rencontre souvent au cours de l’année liturgique et d’où était tiré l’Offertoire de dimanche dernier.
En fait, celui-ci est pris dans un autre psaume, le psaume 18, dont la deuxième partie résume au contraire les mêmes thèmes en quelques versets très condensés. La mélodie est très calme, paisible et assurée, tournant toujours autour de la même note sur laquelle elle pose notes longues et cadences. Cependant la conclusion est surprenante : au lieu de se terminer sur cette même note, la mélodie descend un demi-ton plus bas, restant en suspens comme un long regard qui ne veut pas finir.
► Communion : Qui manducat
L’Antienne de Communion du neuvième dimanche après la Pentecôte est le seul chant de cette messe dont le texte n’est pas tiré d’un psaume, mais de l’Évangile. Il ne s’agit d’ailleurs pas de l’Évangile du jour, mais d’un passage célèbre du discours sur le pain de vie, dans l’Évangile de saint Jean qui convient particulièrement bien au moment de la Communion. Le nouveau Graduel publié par Solesmes en 1974 a affecté cette Communion à la fête du Saint Sacrement, où elle est également bien à sa place ; le texte figure d’ailleurs dans le verset d’Alléluia de cette fête.
Qui manducat carnem meam, et bibit sanguinem meum, in me manet, et ego in eo, dicit Dominus.
Qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui, dit le Seigneur.
On sait qu’en entendant ces mots, auxquels ils ne comprirent rien, un grand nombre de disciples se scandalisèrent et partirent. Nous qui savons et avons éprouvé la réalité de ces paroles, nous les répétons avec joie et enthousiasme. La mélodie est légère avec un grand élan qui monte vers les mots sanguinem meum. La deuxième phrase et ego in eo est plus calme et intérieure. C’est vraiment le Christ qui nous parle cœur à cœur.
Le Honduras pour la famille et contre l’idéologie du genre
Le 25 juillet, les archevêques honduriens MgrJosé Vicente Nácher (Tegucigalpa) et Mgr Miguel Lenihan (San Pedro Sula) se sont joints à des dizaines de milliers d’autres manifestants pour exhorter le président de la nation à opposer son veto à la la loi sur l’éducation globale pour la prévention des grossesses chez les adolescentes. Cette marche était caractérisée comme une marche contre l’idéologie du genre et en faveur de la famille. “Cette marche soutient la famille, pour protéger nos enfants, fils et filles, ainsi que la vie, a déclaré Mgr Nácher. La famille est là où naît, grandit et se développe la personne, la première [institution] responsable des soins et de l’éducation des enfants”.
Juventutem aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne
Juventutem, qui avait organisé une délégation de jeunes attachés à la messe traditionnelle pour les Journées Mondiales de la Jeunesse depuis 2005, vient de publier un communiqué (version originale en anglais) annonçant sa présence à Lisbonne :
Alors que l’incertitude qui pèse sur la célébration de la liturgie latine traditionnelle empêche une participation à la même échelle que lors des précédentes Journées mondiales de la Jeunesse, Juventutem sera présent à Lisbonne.
Un lieu adéquat a été obtenu dans le centre de la capitale. Des conférences doctrinales et spirituelles, ainsi que des liturgies, auront lieu quotidiennement.
Veuillez noter que Juventutem ne prend aucune inscription d’aucune sorte. Les pèlerins doivent sécuriser leur voyage, leur hébergement, leurs repas et tout autre arrangement de ce type séparément de Juventutem.
Retrouvez-nous à partir du mercredi 2 août de 9h30 à 17h00 et idem les jours suivants au :Palácio dos Duques de Lafões, Calçada do Duque de Lafões 1, 1950-207 Lisbonne, Portugal (En montant la rue, tournez à gauche par les portes vertes, marchez tout droit à travers la cour et entrez dans le bâtiment au fond. Bienvenue !)

Des changements dans la visite du pape à Marseille en septembre
Le programme officiel a été dévoilé ce matin. Le pape François arrivera à Marseille le vendredi 22 septembre dans l’après-midi et non le samedi 23 matin comme initialement prévu. Il quittera la cité Phocéenne le samedi soir, comme programmé. Si ce n’est pas une visite d’État du pape en France, c’est toutefois le président de la République Emmanuel Macron qui l’accueillera à sa descente d’avion.
L’objet de la visite de François à Marseille est un colloque international, dénommé «Rencontres Méditerranéennes» qui regroupe des évêques et des personnalités de tout le bassin méditerranéen visant à créer des liens entre les rives de cette mer pour résoudre une série de questions, dont celle de l’immigration. Cette rencontre se déroulera le samedi à 10h00, dans le palais du Pharo de Marseille.
Trois nouveautés apparaissent dans le programme officiel :
- le Président qui devait simplement accueillir le pape à l’aéroport le samedi matin, le recevra le vendredi à son arrivée mais restera à Marseille pour une rencontre formelle avec photo officielle, échange de cadeaux et entretien. L’Élysée a fait pression pour que ce rendez-vous avec Emmanuel Macron ait lieu ainsi que son accompagnement médiatique.
- François rencontrera des personnes en situation de précarité économique, à l’archevêché, en début de journée, samedi.
- Une prière mariale à Notre-Dame-de-la-Garde, réservée au clergé diocésain, interviendra samedi après-midi. Le pape prononcera une courte allocution.
Le moment de recueillement avec les chefs religieux des autres religions devant le mémorial dédié aux marins et aux migrants perdus en mer, est maintenu.
Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, a réussi à persuader François d’accepter de dire une messe samedi après-midi avant de repartir.
Syrie : deux atouts perdus
De Mgr Nassar, Archevêque Maronite de Damas :
Jadis la force de notre église reposait sur 1) la famille unie et soudée. 2) L’abondance des vocations.
1) La Famille : il est rare de trouver une famille au complet, 12 ans de guerre ont dispersé la famille : le père exilé ou émigré. La maman déprimée ou malade, les enfants à l’étranger chacun dans un pays.
Les grands parents jadis en l’honneur chez eux, ils sont isolés et meurent en silence. La fuite massive du service militaire obligatoire se traduit par le manque des jeunes garçons, situation qui ralentit au maximum les mariages et les naissances donc la baisse démographique, les maisons vides et les Eglises assoiffées de ses fidèles. La famille pilier de la Foi est un atout bien secoué.
2) Les Vocations : l’abondance des vocations fut un facteur lié à la famille, Famille fragilisée le Grand Séminaire suit. Ainsi au lieu de 120 séminaristes en 2019 le nombre en 2023 devient 37 séminaristes seulement. Les noviciats accusent des baisses plus lourdes… Ces deux atouts de taille affaiblis indiquent le pourcentage de l’exode des Chrétiens d’Orient. Les quatre dernières années sont les plus dures, et pour la première fois on sent plus proche le fond de l’abime.
Un Mur de Lamentation : ces deux atouts affaiblis ont envoyé les fidèles vers l’Oratoire des Martyrs pour méditer sur le sens du sacrifice et le don de soi. Aux nombreux martyrs de 1860 à Damas des nouveaux martyrs plus nombreux se sont ajoutés pendant ce si lourd drame qui a déchiré la Syrie depuis 2011…Prières silencieuses arrosées de larmes devant le sens ultime du témoignage Chrétien à la suite du Premier Martyr notre ultime Mur de Lamentation, notre seule Espérance.
+ Samir NASSAR
Archevêque Maronite de Damas
“Ce plan vaccinal, ça pue le totalitarisme”
A propos de Covid, voici un entretien avec le cardiologue Dr Jean Stevens vacciné et victime d’effets indésirables :
Jusqu’à quand les militaires vont-ils être sanctionnés par ces dispositions sanitaires absurdes ?
En février dernier, le député RN Grégoire de Fournas avait interrogé Sébastien Lecornu, ministre des armées, sur les sanctions prises depuis le début de la crise sanitaire de la covid-19 à l’encontre des militaires non vaccinés :
Dans le cadre de la crise sanitaire de la covid-19, l’instruction ministérielle du 29 juillet 2021 n° 509040/ARM/DCSSA/ESSD relative à la vaccination contre la covid-19 dans les armées a ajouté la vaccination contre la covid-19 au calendrier vaccinal dans les armées, conformément à l’article D. 4122-13 du code de la défense qui dispose que le calendrier vaccinal obligatoire des militaires est fixé par instruction du ministre des armées. Or depuis le début de la crise, il est avéré que de nombreux militaires ne s’étant pas fait vaccinés contre la covid-19 ont été, par conséquent, sanctionnés de différentes manières par le biais de décisions d’inaptitude à servir temporairement, de sanctions disciplinaires, de mutations-sanctions, d’impossibilités de se rendre en opération extérieure, de jours d’arrêts forcés, de retards d’avancement et étaient même susceptibles de poursuites pénales dans le cadre de l’application de l’article L. 323-6 du code de justice militaire. Aussi, il demande au ministre de lui communiquer : le nombre de militaires ayant refusé la vaccination contre la covid-19, le nombre total d’entre eux ayant été de fait sanctionnés par les mesures respectives suivantes : impossibilité de partir en opération extérieure (OPEX), impossibilité de servir à la mer, impossibilité d’embarquer sur un bâtiment de la marine nationale, impossibilité de participer ou concourir aux postures permanentes de sauvegarde maritime ou de sureté aérienne, à des mission de service public, ainsi qu’à la dissuasion, ainsi que le nombre d’entre eux ayant été mutés à la suite de leur refus de vaccination et le nombre de ceux ayant quitté les armées pour ce motif. Par ailleurs, alors que la Haute Autorité de santé (HAS) envisage dans son projet d’avis du lundi 20 février 2023, la fin de la vaccination obligatoire chez les soignants et que la situation épidémique en France est marquée par une baisse conséquente du nombre de contaminations et du taux d’incidence justifiant ainsi les dernières restrictions sanitaires, il demande par conséquent s’il envisage d’annuler et d’abroger l’instruction du 29 juillet 2021 dans les plus brefs délais.
Le 11 juillet, le ministre s’est fendu d’une (non) réponse, qui se résume à “des réflexions sont en cours” depuis le 20 février :
La vaccination contre la COVID-19, qui a pour objectif de préserver la santé des personnels, participe au maintien de la capacité opérationnelle des forces armées et formations rattachées et à leur liberté d’action. Elle est prévue par l’instruction ministérielle n° 504783/ARM/DCSSA/SDD du 19 avril 2022 qui rend obligatoire cette vaccination pour tout militaire dans certaines situations, notamment en opération. Tout militaire qui refuse cette vaccination se rend ainsi inapte aux missions pour laquelle celle-ci est obligatoire et ne peut donc y participer. Un militaire durablement inapte à la mission pour laquelle son unité est constituée peut faire l’objet d’une mutation d’office décidée par le commandement pour le bien du service, afin de conserver à son unité sa pleine capacité à honorer son contrat opérationnel. La non-participation à une mission et l’éventuelle mutation ne sont pas des sanctions disciplinaires mais la conséquence d’une inaptitude constatée. En l’absence de motif légitime, le refus de vaccination contre la COVID-19 en amont d’une projection en opération ou d’un déploiement opérationnel est susceptible de justifier une sanction disciplinaire. Toujours individuelle, la sanction disciplinaire vise à punir un militaire ayant commis une infraction au regard du règlement de discipline générale. Elle est arrêtée par le commandement en fonction des circonstances et après une procédure rigoureuse. Les sanctions éventuelles liées à la non-vaccination contre la COVID-19 ont été décidées en prenant en compte les situations individuelles. Dans la mesure où il n’existe pas de suivi systématique des sanctions par leur motif, les armées ne disposent pas de statistiques sur les sanctions disciplinaires liées à la non-vaccination contre la COVID-19. Par ailleurs, les départs anticipés de l’institution sont dus à des facteurs multiples : au regard de la diversité des situations, il n’est pas établi que la non-vaccination à la COVID-19 serait la cause unique d’un départ de l’institution. En tout état de cause, la stratégie vaccinale au sein des armées est régulièrement révisée afin de tenir compte de l’évolution du contexte épidémique et des connaissances scientifiques. A ce titre, à la suite de la parution du projet d’avis rendu par la Haute Autorité de Santé le 20 février 2023, des réflexions sont en cours afin d’évaluer l’opportunité de faire évoluer les recommandations vaccinales pour les militaires.
La Suisse et le soutien aux couples en difficulté
Le conseiller national du Parti évangélique (PEV), Marc Jost, a adressé une demande au Conseil fédéral suisse pour effectuer une enquête sur les services d’accompagnement, de conseil et de thérapie visant à soutenir les couples et à prévenir les ruptures conjugales. Dans sa requête, Jost souligne la difficulté mentale et financière des parents élevant seuls leurs enfants, en particulier les femmes, ainsi que l’impact économique que cela engendre. Le postulat, cosigné par des membres de tous les principaux partis politiques suisses, demande également une estimation des coûts induits par ces séparations. Selon Jost, “des couples sains sont le fondement de la famille et de la société, et il est dans l’intérêt de tous de les renforcer. Les couples en difficulté entraînent, en revanche, des conséquences sociales et économiques négatives”. Il se réfère à des données de l’Office fédéral de la statistique (OFS) de 2021 et à une étude commandée par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) cette année, qui démontrent que les personnes vivant en couple sont financièrement plus à l’aise et généralement plus satisfaites de leur situation que les parents célibataires. Les mères célibataires sont particulièrement exposées au risque de pauvreté et sont plus nombreuses à dépendre de l’aide sociale et à rencontrer des problèmes de santé. Le Conseil fédéral examinera la proposition et devrait rendre son avis d’ici septembre avant sa soumission éventuelle au Parlement pour adoption.
La véritable raison de l’abandon de la philosophie scolastique et de la théologie catholique dans les universités laïques
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A l’heure où l’on célèbre les 700 ans de la canonisation de Saint Thomas d’Aquin, il est important de rappeler que la philosophie qu’il a développée n’a jamais été réfutée en bonne et due forme, comme on pourrait le croire.
Il faut préciser que le choix de la scolastique dans les universités françaises avant 1789 n’était pas le fruit du hasard. En réalité il s’agissait de la continuité de ce qui s’était fait pendant 1500 ans avant les universités européennes. En effet, après Aristote, il s’était développé ce qu’on appelle “l’aristotélisme”, qui avait été développé par des Grecs, des Romains, des Juifs et des Arabes. Cet héritage a été adapté au christianisme par des philosophes et théologiens tels que Saint Albert le Grand et Saint Thomas d’Aquin au XIIe siècle, notamment à l’Université de Paris.
Si l’on suivait le système aristotélicien amélioré au cours des siècles, c’est parce qu’il avait résolu une bonne partie des problèmes qui se posaient depuis les débuts de la philosophie. De plus Saint Thomas d’Aquin avait beaucoup fait pour concilier la raison et la foi, et la théologie catholique était le sommet de la connaissance universitaire.
La mort du Roy de France, Louis XVI, en 1793, a été suivie, dans la même année, par la suppression des universités françaises, qui avaient été créées autour du XIe siècle. Elles ont été rouvertes mais les programmes ont été modifiés. Ce fut donc un acte politique qui s’attaqua à la scolastique et à la théologie.
Malheureusement les révolutionnaires se sont attaqués non seulement au catholicisme mais aussi à la philosophie tout court. En imposant le kantisme et autres philosophies “modernes”, ils ont provoqué une régression dans la pensée philosophique. On est retombés dans des erreurs déjà corrigées par Aristote et les scolastiques: matérialisme, relativisme, etc… Et ils ont privé les universités des bases données par la théologie catholique.
L’année 1793 été marquée par deux décapitations: l’une politique et l’autre intellectuelle. Politiquement cela mena à l’empire, la restauration, et 5 républiques. Intellectuellement, cela mena à deux siècles de désordres où le commerce et les technologies ont pris le dessus, arrivant au XXIe à faire des expériences sur les embryons humains et à vendre des “techniques” de procréation artificielles… Il y a aussi des projets de “suicide assisté”…
Ce désordre conduit certains à penser qu’on pourrait même implanter des puces électroniques dans le cerveau des gens pour améliorer leurs performances…
Mais ces 230 ans désordre vont toucher à leur fin bientôt, soit par la conversion, soit par la Justice Divine dont l’approche est montrée par de nombreux signes… En tout cas demandons à Saint Thomas d’Aquin son intercession pour que les responsables scientifiques, politiques, philosophiques, etc. soient éclairés.
La Bible sous l’emprise des traducteurs
Lu dans Valeurs Actuelles :

Addendum : un lecteur me signale ce site qui permet de comparer 90 traductions de la Bible en français depuis 1530
Nul n’est au-dessus des lois, ni la police, ni le ministre de la justice
Mais contrairement aux policiers, Éric Dupond-Moretti n’a pas été incarcéré dans l’attente de son procès…
Malgré ses huit pourvois, le ministre de la Justice, mis en cause pour prise illégale d’intérêts, sera jugé par la Cour de justice de la République.
L’assemblée plénière de la Cour de cassation a validé la saisine régulière de la commission de l’instruction de la CJR, pour prise illégale d’intérêts. Éric Dupond-Moretti est notamment accusé d’avoir profité de sa fonction de ministre pour régler des comptes avec trois ex-magistrats du Parquet national financier (PNF) et un ex-juge d’instruction monégasque auxquels il s’était opposé dans sa première vie d’avocat.
L’audience devrait se tenir à la fin de cette année ou début 2024.
Le Conseil constitutionnel qui rend fou
Même s’il est squatté, un logement doit être entretenu et son propriétaire ne peut pas être exonéré de cette responsabilité. C’est ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel qui a censuré cette mesure de la loi «anti-squat».
Les «Sages» se sont rangés derrière l’article 1244 du Code civil qui prévoit que «le propriétaire d’un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine, lorsqu’elle est arrivée par une suite du défaut d’entretien ou par le vice de sa construction.» Sic. Qui ira squatter les logements des membres du Conseil constitutionnel ? Ils verront ce que c’est. Pour éviter d’indemniser un squatteur, le propriétaire devra prouver qu’il a été empêché par le squatteur de remplir son obligation d’entretien du logement. Car le propriétaire ne peut pas accéder à son logement, au risque d’être poursuivi pour…violation de domicile…
Le droit à la propriété privée reste gravement entamée.
L’autre Tour de France
David Van Hemelryck a décider de faire le tour de France pour réclamer la destitution de Macron.
Il a également fait une pétition qui récolte déjà 65 000 signatures que je vous invite à signer également ici ⬇️https://t.co/eCyoTPDDwS pic.twitter.com/Vulsg1woXu— Réalité Actuelle (@ReaActuelle) July 28, 2023
L’euthanasie comme levier d’économie budgétaire : le cas canadien
Lu sur Alliance Vita :
Une récente étude publiée sur le site des Presses universitaires de Cambridge s’est penchée sur le dispositif d’euthanasie au Canada, et alerte sur ses impasses.
Intitulée “Les réalités de l’assistance médicale à mourir (AMM) au Canada“, cette étude avait pour objet d’examiner les impacts du programme canadien d’euthanasie et d’analyser les “sauvegardes” permettant d’éviter les dérives. Sa conclusion est inquiétante :
“Le régime canadien d’aide médicale à mourir ne dispose pas des mesures de protection, de la collecte de données et de la surveillance nécessaires pour protéger les Canadiens contre les décès prématurés. Les auteurs ont cerné ces lacunes dans les politiques et ont utilisé des cas d’AMM pour illustrer ces constatations“.
Les auteurs sont des médecins et un juriste, avec une expertise dans le domaine de la bioéthique. Ils ont travaillé à partir des données officielles, et des rapports sur les cas d’euthanasie, ainsi que de la presse et des publications du parlement.
Le système canadien d’euthanasie
Voté en 2016 sous le nom de “C14“, une législation a introduit une exemption à l’interdit de tuer pour les personnes majeures, consentantes, lucides, en cas de maladie ou infirmité avec une “mort naturelle raisonnablement prévisible” (MNRP, en anglais “reasonably foreseeable natural death” (RFND), un déclin irréversible des capacités, et une douleur intolérable (physique ou psychique). Si le suicide assisté est possible, c’est l’euthanasie qui est la forme la plus courante d’administration de la mort.
En 2021, une loi dite “C7” a étendu l’accès en introduisant un régime à deux voies : la voie “C14” et les cas de patients qui ne sont pas proches de leur mort naturelle, incluant donc toutes les personnes avec une infirmité. Un délai de mise en œuvre était prévu pour les personnes souffrant d’une maladie mentale jusqu’à mars 2023. Un nouveau report est voté jusqu’au 17 mars 2024.
Les auteurs rappellent que l’extension prévue par la loi C7 faisait suite à un seul jugement d’un tribunal dans la province de Québec en 2019 qui avait déclaré la disposition de mort naturelle raisonnablement prévisible inconstitutionnelle. Le gouvernement fédéral n’avait pas fait appel de ce jugement. Les auteurs rappellent aussi que “la Cour suprême a explicitement déclaré dans l’affaire Carter (Cour suprême du Canada, 2015) qu’elle ne se prononçait pas sur l’aide médicale à mourir pour la maladie mentale“.
Depuis sa légalisation, les données officielles montrent une hausse continue et forte des cas d’euthanasie : 2% des décès en 2019, 3.3% en 2021 soit 10064 décès. Dans certaines régions, le pourcentage atteint 7%. Par comparaison, en Californie, qui a légalisé le suicide assisté en 2016, on compte 486 cas en 2021, soit environ 0.2% des décès, les populations de ces deux Etats étant proches, ainsi que leur culture.
Résultats de l’étude
Suite à leurs recherches, les auteurs relèvent plusieurs problèmes dans le dispositif canadien actuel.
Des données officielles sans beaucoup de vérifications
Le système de collecte de données repose sur l’auto-déclaration par les praticiens, largement sous le format de cases à cocher. Sachant que pratiquer l’euthanasie en dehors des cas prévus par la loi reste illégal, il est peu probable que les praticiens déclarent d’eux-mêmes des cas non légaux. Bien que le rapport officiel de Santé Canada indique que les patients ayant opté pour l’AMM (assistance médicale à mourir) ont un fort taux d’accès aux soins palliatifs, une étude indépendante sur des patients dans un hôpital de l’Ontario a constaté l’inverse sur l’échantillon de cet hôpital: “Les soins palliatifs offerts aux personnes qui demandent l’aide médicale à mourir sont encore insuffisants“.
Un manque de supervision
L’étude fournit plusieurs exemples de personnes euthanasiées dont les familles n’ont pu avoir accès au dossier médical afin de déterminer si le processus avait bien été respecté. Le témoignage de la famille d’Alan Nichols devant le parlement en 2022 est poignant. Sur le fond, la question est proche de celle pointée du doigt par la CEDH en octobre dernier sur le dispositif belge d’euthanasie : la revue des cas ne peut se faire qu’après le décès, et les conditions d’accès aux dossiers restent difficiles. Comme l’écrivent les auteurs
“le ministre de la Justice a déclaré que la supervision doit être assurée par les membres de la famille qui se plaignent après le fait pour engager des mesures disciplinaires ou des enquêtes policières. Pourtant, les expériences des membres de la famille qui ont essayé de répondre aux préoccupations suggèrent que les cas ne peuvent pas être examinés de manière transparente, et les autorités sanitaires ont invoqué des exceptions de l’intérêt supérieur pour rejeter les demandes d’accès aux dossiers médicaux“.
Une priorisation de l’accès à l’euthanasie qui interroge
Bien que l’arrêt de la Cour suprême n’a pas explicitement créé un “droit de mourir”, la loi C14 dans son préambule insiste sur un accès “universel” à ce processus : “il est souhaitable d’adopter une approche cohérente dans tout le pays en matière d’aide médicale à mourir“. Le risque pointé par l’étude est de prioriser cet accès plutôt qu’un accès à des soins appropriés mais plus couteux. Le Canada, selon une étude de l’OCDE, se situe en dessous de la moyenne des pays membres pour les dépenses publiques sociales. Dans une audition au parlement pour le projet de loi C7, la ministre Carla Qualthrough en charge de l’inclusion des personnes handicapées avait reconnu : “nous savons qu’il y a des régions du pays où il est plus facile d’obtenir l’aide médicale à mourir qu’un fauteuil roulant.” Le cas de Sathya Dhara Kovac est emblématique. Atteinte de SLA, et euthanasiée en octobre 2022, elle a écrit à ses proches :
“En fin de compte, ce n’est pas une maladie génétique qui m’a fait partir, c’était un système …Il y a un besoin désespéré de changement. C’est la maladie qui cause tant de souffrance. Les personnes vulnérables ont besoin d’aide pour survivre. J’aurais pu avoir plus de temps si j’avais eu plus d’aide“.
L’euthanasie comme levier d’économie budgétaire ?
Par ailleurs, un rapport de l’office budgétaire canadien a estimé en 2020 que l’euthanasie pourrait être une source d’économies. Dans des pays vieillissant où les coûts de santé conduisent à des pressions financières sur les comptes publics, on peut s’interroger sur le conflit d’intérêt d’un Etat devant choisir entre le bien-être de ses citoyens et la tentation de faire des économies par la proposition extensible d’une assistance médicale à mourir. Le film Plan 75 en fournit une illustration certes fictionnelle mais crédible.
Proposer l’euthanasie à ceux qui ne l’ont pas demandé ?
La Nouvelle Zélande et un Etat australien (Etat de Victoria) interdisent au personnel médical d’initier une discussion sur l’euthanasie avec leurs patients. A l’inverse, au Canada, l’association canadienne des praticiens de l’AMM a publié des guidances dans laquelle elle estime que les médecins et infirmiers “impliqués dans les processus de planification des soins et de consentement ont l’obligation professionnelle d’amorcer une discussion sur l’aide médicale à mourir si un patient est admissible à l’aide médicale à mourir“. L’étude cite plusieurs cas de personnes à qui on a proposé l’euthanasie quand elles demandaient des ressources ou des accès à des soins. A la lumière des chiffres cités plus haut, le choix pour un praticien d’aborder sans entrave la question de l’AMM avec son patient pourrait ne pas être neutre dans les décisions de celui-ci.
Des difficultés de définition et un accès à l’euthanasie parfois plus rapide que celui des soins
L’étude aborde d’autres difficultés pour tout dispositif dit d’encadrement de la pratique d’une euthanasie :
- La difficulté pour un médecin de pouvoir prédire correctement le “reste à vivre” des patients.
- Les nombreuses études montrant qu’à l’annonce d’une maladie grave, le risque de suicide est élevé mais qu’il baisse ensuite.
- La douleur comme notion qui a une composante psychosociale et renvoie donc à la qualité du soutien -physique, psychique, économique…- proposé par la société et l’entourage. Ainsi, dans certains cas sur le territoire canadien, les délais pour accéder à des soins dépassent les 90 jours nécessaires pour obtenir une euthanasie.
Enfin, l’étude mentionne le risque bien documenté de contagion suicidaire – effet Werther.
Cette revue détaillée du dispositif canadien d’euthanasie et suicide assisté illustre de nouveau l’incapacité “d’encadrer” la pratique de l’euthanasie malgré les moyens administratifs et les déclarations des pouvoirs publics.
Après des nuits de guérilla urbaine, la gauche réussit à faire croire que le problème c’est la police
Les policiers se sentent abandonnés par l’Etat et c’est pourquoi, à défaut de pouvoir se mettre en grève, ils assurent un service minimum en invoquant l’article 562 du code de procédure civile. La déclaration du directeur général de la police nationale pour défendre le policier marseillais mis en examen a provoqué l’hystérie de la gauche, qui brandit des victimes de violences policières, en trouvant des personnes qui, présentes “par hasard” un soir d’émeutes, ont pris un tir de LBD… Emmanuel Macron, qui avait condamné le policier de Nanterre avant son procès, danse sur son « en même temps » et propose de « répartir les difficultés », entendez étendre l’immigration sur tout le territoire.
« Nous sommes face à un séparatisme revendiqué de la part du sommet de la hiérarchie policière, a tweeté le député LFI du Nord David Guiraud. Les policiers frondeurs « sont entrés dans un comportement factieux » a déclaré Antoine Léaument, député LFI de l’Essonne, tandis que Thomas Portes , élu de Saine-Saint-Denis, a dénoncé le « comportement séditieux » des forces l’ordre en grève.
Dans la police, le malaise est profond et constant. Le policier placé en détention provisoire à Marseille n’est ni un délinquant ni un criminel, et des peines alternatives auraient pu être mises en place, comme l’assignation à résidence. Le vice-président LR du Sénat Roger Karoutchi souligne :
« La fronde des policiers est légitime et naturelle, cela fait dix ans que l’institution a l’impression de ne pas être soutenue de manière ferme et définitive par le pouvoir politique. D’autant qu’Emmanuel Macron a accumulé les erreurs de gestion depuis le début de la crise. Les policiers ont eu le sentiment d’être condamnés avant d’être jugés lorsque le chef de l’Etat a déclaré que la mort de Nahel était « inexcusable et inexplicable », alors même que l’enquête n’avait pas débuté ».
La fronde a commencé à se propager à toute la France. Et pour cause. Près de 24% des policiers ont déjà été confrontés à des pensées suicidaires au cours de leur carrière, selon les études de la mutuelle des forces de sécurité (MGP). En 2019, près de cinquante policiers se sont donnés la mort, une hausse de 60 % par rapport à 2018. Selon dernier rapport de la cour des comptes, les démissions ont progressé de 33% dans la police nationale, et de 25% dans la gendarmerie.
Julien Odoul, député Rassemblement national de l’Yonne, dénonce le comportement du chef de l’Etat :
« C’est le en même temps traditionnel qui illustre à la fois la lâcheté et l’impuissance publique. Ne pas décider, ne pas soutenir, et abandonner nos forces de l’ordre, c’est caractéristique du macronisme. Au lieu de proposer une vraie politique de reprise en main des quartiers, l’exécutif propose l’embrasement généralisé, le pourrissement quotidien des Français, avec l’instauration de cet impôt migratoire ».
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin tente de reprendre en main la situation. Alors qu’il visitait un commissariat du 19e arrondissement de Paris, il a déclaré :
« En cette période difficile, je voulais dire aux policiers qu’ils ont été présents, valeureux et courageux ».
Cette prise de parole est intervenue à quelques heures de la réunion organisée à Beauvau avec les syndicats de police. A la sortie de cet entretien, les trois secrétaires généraux des organisations représentatives des gardiens de la paix et gradés, Alliance Police Nationale, Unité SGP Police FO et UNSA Police, se sont dit “satisfaits” . Gérald Darmanin a donné son accord pour la mise en œuvre d’une protection fonctionnelle du policier, mais également juridictionnelle et familiale. Il s’agit pour les fonctionnaires de police d’obtenir un avocat lorsqu’ils sont mis en cause dans des affaires durant leur service, ainsi qu’une prise en charge de leurs frais médicaux et une protection de leur famille, notamment lorsqu’elle doit être relogée comme ce fut le cas dans l’affaire Nahel.
Les syndicats annoncent également avoir obtenu un accord du ministre concernant l’anonymisation complète du policier, afin que leur identité ne puisse être dévoilée, et ainsi éviter que les fonctionnaires ou leur famille puissent faire l’objet de menaces. Les syndicats de policiers souhaitent aussi que les fonctionnaires mis en examen soient placés sous contrôle judiciaire, et non derrière les barreaux. Cette éventuelle modification de la loi devra passer par le parlement.
Mais comment croire les promesses d’un ministre qui explique que ce sont des supporters anglais qui ont attaqué le stade de France, que les émeutiers s’appellent Kevin et Matteo, … ?

