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Une fausse réponse au discours de Benoît XVI à Ratisbonne

200906_ratisbonne Libération offre une tribune à un chercheur au CNRS, Albert Levy, qui a le mérite de répondre au discours de Ratisbonne en se concentrant sur le coeur du propos du Pape : le rapport de la raison et de la foi, qu’on oppose à tort.

Mais Albert Levy se trompe en transposant l’opposition entre foi et raison à l’intérieur de la raison elle-même :

Nous avons affaire, avec [la foi et la raison], à deux voies différentes d’accès à la vérité, à deux attitudes distinctes devant la connaissance, deux modalités cognitives opposées, voire inconciliables : l’une, la raison, implique des opérations de type scientifique basées sur la vérification empirique, l’observation clinique, elle vise la production d’un « savoir », l’autre, la foi, s’appuie sur des actions de type fiduciaire (confiance entre personnes), sur la persuasion rhétorique, et vise la construction d’un « croire ».

Quoiqu’il en dise, l’auteur sépare donc bien la science et la foi, et nie l’unité qu’il y a entre la connaissance de la nature créée par Dieu et la connaissance de la révélation de ce même Dieu.

L’affirmation de cette séparation conduit l’auteur à prétendre que si le catholicisme a aujourd’hui intégré les « catégories » de la raison, ce serait à cause de sa confrontation à cette rationalité occidentale.

En Occident, c’est surtout le combat politique pour la laïcité, qui a abouti à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et le développement de la sécularisation de la société avec l’essor d’une culture profane, qui ont contraint le Catholicisme à changer et à recourir au "logos" : Vatican II (1965) fut, à ce titre, un moment exemplaire de confrontation de l’Eglise avec la modernité.

Dire que les chrétiens adhèrent à la raison sous une pression externe est absurde, puisque le Dieu des chrétiens est lui-même raison (logos). L’article illustre donc précisément les erreurs, partagées par bien des catholiques, qu’a voulu dénoncer Benoît XVI.

Pierre Nicolas

Dakota du Sud : 130 médecins pour l’abolition de l’avortement

Southdakotadocs_2 A trois semaines du référendum, ils appellent à voter "oui" à la loi d’abolition. Et 130, ce n’est pas rien dans un Etat de 750.000 habitants. Plusieurs dizaines d’entre eux ont même participé à une campagne de spots télévisuels (ici) rappelant que "l’avortement fait s’arrêter un coeur qui bat".

Henri Védas

Le Cardinal Lustiger malade

Le Figaro nous apprend la grave maladie du Cardinal Lustiger. Qu’il soit assuré de nos prières.

Pierre Nicolas

Bernard Antony et les ruptures de jeûne

Sur son blog, Bernard Antony réagit sur un ton ironique à la nouvelle mode de la classe politico-religieuse qui consiste à aller rompre le jeûne du Ramadan :

"Notez bien qu’il est tout de même plus facile de partager une rupture de jeûne que le jeûne lui-même. Par ma part, j’invite d’ailleurs souvent quelques amis à partager l’une ou l’autre de mes 2 ou 3 ruptures de jeûne quotidiennes […]. On le voit, la laïcité se fait compréhensive, on n’est plus au temps où les «frères» au tablier en peau de cochon mangeaient du lard le Vendredi Saint.[…]

Le ministre des Affaires Etrangères a même désormais, on le sait, recruté des cuisiniers hallal pour les uns, casher pour les autres, les chrétiens pouvant eux, manger ou être mangés à toutes les sauces, sans que l’on s’avise d’ailleurs beaucoup de jeûner avec eux pour le Carême. Encore une fois, il est plus facile de partager la rupture de jeûne que le jeûne lui-même.

[…] En revanche, Ségolène et les éléphants Chirac et Sarkozy, M.AM. et Villepin et les autres partageront bien volontiers la mi-carême. Ils aiment tant le carnaval ! La seule qu’on ne voit pas bien dans la fête, c’est Arlette. Elle est un jeûne en elle-même.

Pour en revenir à M. Douste–Blazy si fervent, comme Jacques Chirac, de l’application partout dans le monde des droits de l’homme, il n’a pourtant pas été jusqu’à demander à ses interlocuteurs les nouvelles du sort réservé aux Chrétiens dans leurs pays respectifs. Délicatesse bien sûr. Et c’est ainsi que mieux vaut être musulman à Paris que chrétien en Algérie…."

Michel Janva

Le rappeur Monsieur R en procès

Communiqué de l’AGRIF :

Reconqute_1 "L’ […] AGRIF […] a déposé plainte […] le 24 août 2005 à l’encontre du chanteur de RAP Richard MAKELA dit « MONSIEUR R. » et de certaines paroles d’une chanson intitulée « FranSSe ». Sur les réquisitions conformes du Procureur de la République, le juge d’instruction près le Tribunal de grande instance de Paris vient de renvoyer Richard MAKELA dit Monsieur. R. devant le Tribunal correctionnel de Paris pour les infractions suivantes :

  1. Avoir, étant auteur-interprète de la chanson, par des propos, paroles de chanson comportant une expression outrageante, un terme de mépris ou une invective, injurié un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une nation, en l’espèce les Français, en l’espèce en écrivant : « La France est une garce…la France est une de ces putes de mères qui t’a enfanté » et « FranSSe » ;
  2. Avoir, étant auteur-interprète de la chanson et metteur en scène du clip diffusé sur le site www.Monsieur-R.com, par des propos, paroles d’une chanson interprétée par lui-même, illustrée par un clip, provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une nation, en l’espèce les Français, en l’espèce en écrivant : « n’oublie pas de la baiser jusqu’à l’épuiser, comme une méchante il faut la traiter, mec », propos illustrés par des images de deux femmes nues, blanches, tenant un drapeau français et par des images brouillées mais reconnaissables d’actes sexuels."

MJ

Les sociétés sans religion sont incapables

Benoît XVI a déploré la généralisation en occident d’une culture "qui voudrait se poser comme universelle et autosuffisante" mais qui ne sait pas "instaurer un vrai dialogue avec les autres cultures, dans lesquelles la dimension religieuse est fortement présente". Ces sociétés ne peuvent pas non plus répondre "aux questions fondamentales sur le sens et la dimension de notre vie" que se posent ses habitants. Benoît XVI a souligné "la gravité du risque de se couper des racines chrétiennes de notre civilisation".

Il s’est réjoui que ce constat soit aujourd’hui partagé, notamment en Italie, par "de nombreux et importants hommes de culture, y compris par ceux qui ne partagent pas notre foi ou ne la pratiquent pas". "L’Eglise et les catholiques italiens doivent saisir cette grande opportunité". Le pape faisait ainsi allusion au courant intellectuel surnommé en Italie les "athées dévôts", intellectuels qui se tournent de plus en plus vers l’Eglise catholique, la mieux à même selon eux de défendre les valeurs européennes. La journaliste Oriana Fallaci, récemment décédée, était une figure emblématique de ce courant.

Michel Janva

Analyse du message des évêques

…par Yves Daoudal. Cette très intéressante analyse explicite notamment le titre du document épiscopal, "Qu’as-tu fait de ton frère ?":

"Le message commence par « l’appel de Dieu la conscience de l’homme » : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » Les évêques auraient pu rappeler (car qui aujourd’hui connaît la Genèse  ?) qu’il s’agit en fait de l’acte d’accusation de Caïn qui vient de tuer son frère Abel. Cela donne au propos un sens très fort : comment as-tu pu tuer ton frère ?"

Michel Janva

Combattre toute loi contre la famille

Benoît XVI a appelé à Vérone (nord de l’Italie) l’Eglise catholique italienne à combattre avec "détermination" toute loi qui affaiblirait la famille, au moment où des parlementaires réclament la reconnaissance des couples non mariés quel que soit leur sexe. Le pape, qui s’exprimait devant le congrès de l’Eglise italienne, a appelé les catholiques à "affronter avec détermination et clarté le risque de choix politiques et législatifs contredisant les valeurs fondamentales" de la nature humaine. Il faut "éviter d’introduire dans l’organisation publique d’autres formes d’union qui contribueraient à déstabiliser" la famille fondée sur le mariage.

Le pape a rendu hommage au "témoignage ouvert et courageux que donnent l’Eglise et les catholiques italiens" sur ce sujet en soulignant qu’il est également "un service utile et stimulant pour les autres nations".

Michel Janva

Les archives secrètes du Vatican

…ne sont pas secrètes. Il s’agit en fait des documents personnels du Souverain Pontife, lequel peut décider ou non de la communication publique des fonds.

MJ

Alternative Libérale n’aime pas les catholiques

On a déjà fait remarquer que les propositions d’AL s’opposent frontalement à la doctrine sociale de l’Eglise, voilà que nous apprenons que les dirigeants d’AL critiquent sévèrement l’attitude des catholiques dans l’affaire de la profanation de la chapelle du château de Versailles. Aurélien Veron, l’un des vice-présidents :

"Les sauvageons qui se sont ainsi comportés en voyous sont catholiques, blancs et propres sur eux. Mais nous le savons tous, les salauds n’ont pas une couleur de peau ni une religion ou une idéologie particulière. Dans le domaine de la violence et de l’intolérance, point de monopole de fait. En tout cas, ce petit rappel des méthodes de catholiques intégristes devrait faire réfléchir le Vatican, au moment où celui-ci souhaite réintégrer les fidèles Lefèbvristes et la Fraternité (on rigole !) Saint-Pie X dans son giron."

Le Conservateur "pense que M.Veron illustre bien la face cachée d’Alternative Libérale : ultra-libérale au point d’être ultra-progressiste sur tous les sujets de société". Pour notre part, nous ignorions que Mgr Aumonier, l’évêque de Versailles qui a réagi explicitement sur cette affaire, ainsi que le maire étaient membres de ladite Fraternité…

Michel Janva

Lyon : communiqué de la Fraternité Saint-Pierre

Suite aux difficultés rencontrées à Lyon par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, le supérieur du district de France, l’abbé Ribeton, publie un communiqué.

Michel Janva

Education homosexuelle à l’école

Un groupe chrétien britannique fait reculer le lobby gay sur l’école. Mais rien n’est encore gagné.

MJ

Avortement et euthanasie, prioritaires dans le choix du vote

L’évêque catholique de London (Ontario), Mgr Ronald Fabbro, a déclaré que le Pape avait encouragé les évêques canadiens en visite ad limina à parler fortement sur les questions du respect de la vie et de la famille, et à refuser de se taire. Mgr Fabbro a affirmé que les catholiques qui justifient l’avortement au nom de la conscience ne sont pas intellectuellement honnêtes.

Il a précisé que la question de l’avortement et de l’euthanasie était déterminante, bien plus que celle de la peine de mort ou de l’engagement (ou non) dans une guerre :

"Je pense donc que nous devons prendre soin d’indiquer qu’il s’agit d’une priorité : une priorité à l’instant de voter."

Michel Janva

Le programme de Le Pen

Le Figaro nous rappelle que la publication du programme présidentiel du candidat Le Pen n’est pas pour tout de suite :

"Le développement du programme se fera en trois temps : quelques « mesures phares » seront présentées par Jean-Marie Le Pen lors de la convention présidentielle du Bourget, les 10,11 et 12 novembre prochains. Le programme présidentiel proprement dit sera prêt et exposé par le candidat à la convention présidentielle de Lille en février 2007. Il s’y ajoutera un programme de gouvernement, plus détaillé."

Michel Janva

Message des évêques : réactions politiques

Suite au message des évêques en vue des élections de 2007, les politiques français réagissent. Nous avons retenu uniquement les réactions des candidats de droite, mais les lecteurs pourront aller lire ceux du PS et des Verts, qui s’opposent frontalement à la position des évêques sur la famille.

Valérie Pécresse, porte-parole de l’UMP, est ambigüe puisqu’on sait que Sarkozy veut proposer des unions homosexuelles, distinctes du mariage, mais qui y ressemblent étrangement :

"[L]es trois thématiques mises en avant sont au cœur des engagements que devraient prendre les candidats en 2007. Sur la famille, l’opposition en filigrane au mariage homosexuel est conforme au projet de l’UMP. […] Sur l’immigration, la société française est trop fragile pour accueillir toute la misère du monde, même si nous devons recevoir avec humanité les étrangers sur notre sol."

Marielle de Sarnez, vice-présidente de l’UDF, reste évasive (on se rappelle que Bayrou s’est prononcé pour le ‘mariage’ homosexuel) :

"Ce qu’ils attendent, justement, c’est qu’on renouvelle l’action politique, et qu’on la fonde sur le bien commun. Vouloir le bien commun, aujourd’hui plus que jamais, c’est une idée neuve."

Jean-Marie Le Pen, président du Front national, critique l’approche des évêques sur l’immigration et la mondialisation, mais ne revient pas sur le sujet, prioritaire, de la famille (mais qui ne dit mot consent) :

"Si nous tenons la mondialisation pour un phénomène en grande partie incontournable, nous sommes, au FN, des adversaires du mondialisme, théorie selon laquelle la mondialisation serait en elle-même bénéfique. Sur l’immigration, les évêques disent : «Il convient de prendre notre juste part à l’accueil (du migrant). Et juste, ici, veut dire de façon généreuse.» J’estime pour ma part que nous avons été largement généreux, et même trop. La preuve, c’est que nous sommes dans l’incapacité de fournir à ces migrants ce que la générosité pourrait nous contraindre à faire.

[…] Par ailleurs, et contrairement aux évêques, je suis favorable au renvoi de tous les clandestins. Parce que la loi doit être respectée. La priorité d’un gouvernement national, c’est défendre l’intérêt de ses nationaux. Ce qui n’exclut pas la solidarité avec les autres peuples du monde, via l’aide au développement, par exemple."

Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, adopte la même attitude :

«Les évêques rappellent les grands principes qui doivent guider l’action politique, comme la recherche du bien commun par-delà les intérêts particuliers, la nécessité de préserver la famille, «cellule de base de la communauté humaine», etc. […] Mais [la parole religieuse] n’est légitime que si elle reste à sa place, soit celle des principes. […]

Si les évêques sont dans leur rôle lorsqu’ils rappellent les principes, ils ne le sont plus lorsqu’ils en dictent les modalités pratiques. En estimant, par exemple, que «les transferts de souveraineté» sont un état de fait ; qu’il faudra, au niveau européen, «promouvoir une certaine harmonisation fiscale et sociale» ; ou qu’il nous est "impossible de renvoyer tous les clandestins», ils sortent de leur rôle et empiètent sur la sphère politique."

Michel Janva

Y aura-t-il un candidat issu de l’UMP face à un député sortant MPF ?

Libération revient sur la décision de l’UMP de ne pas présenter de candidats aux législatives contre les deux députés sortants MPF en Vendée (évoquée ici).

Philippe de Villiers nie que cette décision ait donné lieu à un accord :  "Il ne faut pas confondre accord et carence. L’UMP n’a pas de candidat à [m’]opposer dans ces circonscriptions. C’est une finasserie UMP pour [le] gêner, pour faire croire à un accord".

Mourad Ghazli, un judoka, membre du Parti radical (associé à l’UMP), annonce qu’il se présentera à titre personnel contre l’un de ces sortants pour dénoncer un "pacte" entre Villiers et Sarkozy.

Sans doute pas de quoi inquiéter Villiers : "Dans les deux circonscriptions de Vendée, je ne crains rien."

Henri Védas

Suite de l’affaire Redeker : remise en liberté du suspect

L’auteur des menaces de mort envoyées via sa messagerie internet à Robert Redeker, le professeur de philosophie toulousain, a été remis en liberté aujourd’hui. Libéré contre l’avis du Parquet d’Orléans, l’homme est un musulman pratiquant qui aurait agit seul.

On pourra admirer l’absurdité de la situation : l’auteur des menaces circule librement en France tandis que le menacé continue de vivre caché.

Michel Janva

Restera-t-il des chrétiens en Irak ?

Tous les prétextes sont bons pour les djihadistes, et le dernier en date est le discours du pape Benoit XVI à Ratisbonne. Les violences interconfessionnelles entre sunnites et chiites laissaient pourtant espérer que la communauté chrétienne serait épargnée. Il n’en est malheureusement rien : les communautés sunnites et chiites ne semblent unies que sur un seul point : la haine vouée à leurs compatriotes chrétiens. L’Irak est pourtant l’un des plus anciens foyers de la chrétienté -bien avant l’arrivée de l’islam- et les références bibliques à ce pays sont nombreuses. Les Chaldéens et les Assyriens continuent d’ailleurs de prier en araméen, la langue de NSJC. Alors que sous Saddam Hussein le million de chrétiens d’Irak vivait en paix avec les musulmans, on assiste aujourd’hui à une véritable hémorragie. Les estimations sur l’importance de ce mouvement restent toutefois imprécises puisqu’elles oscillent entre 10000 et 100000 personnes.

Plusieurs groupes ont menacé de tuer tous les chrétiens d’Irak si le pape ne faisait pas d’excuses publiques. Dernières victimes en date : le père Paulos Iskander, un prêtre assyrien enlevé le 9 octobre et décapité deux jours plus tard ,et un jeune garçon de 14 ans crucifié (!) à Albasra, dans le nord du pays.

Quant aux médias, ils brillent par leur silence sur ce sujet.

Michel Janva

Bras de fer sur les méthodes de lecture

Le Figaro revient ce matin sur l’imposition de la méthode syllabique pour l’apprentissage de la lecture à l’école. La polémique fait rage : SOS éducation demande aux parents de dénoncer les instituteurs qui n’utilisent pas la méthode syllabique, tandis que des inspecteurs font grève pour soutenir l’un des leurs qui a critiqué le ministre.

Quelles que soient les – évidentes – vertus de cette méthode d’apprentissage, on peut trouver gênante la manière dont a procédé le ministre (voir aussi ici). Il n’a pas incité les professeurs à utiliser la meilleure méthode, mais cherche à l’imposer, ce qui crée un dangereux précédent. Jusqu’ici en effet, au nom de la liberté pédagogique, les professeurs n’étaient pas tenus à une méthode mais au résultat. Si le ministre est maintenant en droit d’imposer ses choix dans ce domaine, pourquoi ne le ferait-il pas demain pour l’histoire, les œuvres « étudiables » ou non en Lettres, la philosophie etc. ?

Il eût été préférable d’imposer l’enseignement de la méthode syllabique dans les IUFM et dans les différentes formations pour instituteurs pour en montrer le bien fondé et les fruits, plutôt que de conduire à cette crispation qui risque fort de condamner pour longtemps la méthode syllabique, notamment si la gauche venait à remporter les prochaines élections.

Pierre Nicolas

Vers une Europe plus religieuse ?

Prospect_1Le magazine britannique Prospect (l’équivalent, intellectuellement et politiquement, du Nouvel Obs – mais mensuel) consacre ce mois-ci son article de couverture à la perspective d’une Europe plus religieuse à la fin du XXIe siècle.

La thèse de l’auteur, l’universitaire Eric Kaufmann, est que la proportion de croyants dans la société va tendre à augmenter du fait du différentiel de fécondité entre les familles croyantes et non-croyantes.

Ce différentiel n’est pas nouveau, mais Kaufmann prend en compte trois faits qui le sont :

  • l’immigration musulmane, bien sûr, qui pourrait constituer un tiers de la population de grands pays européens au milieu du siècle;
  • un moindre taux de "défection" que par le passé parmi les enfants issus de familles croyantes – défections qui annulaient jusqu’ici le différentiel démographique;
  • la renaissance d’une identité chrétienne en réaction à l’Islam – Kaufmann cite le recensement britannique de 2001, qui montre que plus il y a de musulmans dans un quartier, plus le reste de la population tend à se définir comme "chrétien" plutôt que "sans religion".

L’auteur, dont la démarche est sociologique et non spirituelle, ne confond pas cette "identité chrétienne" avec la Foi – mais dit avec raison que l’une peut mener à l’autre.

Kaufmann conclut par une analyse des conséquences politiques de cette évolution. Elle devrait, comme la religiosité américaine, favoriser les partis conservateurs, mais ces derniers sont devant une alternative.

Beaucoup se jouera sur le choix que feront les partis conservateurs : opteront-ils pour un programme qui s’adresse aux croyants à travers les frontières ethniques, ou mobiliseront-ils une majorité blanche nationaliste traversant la division croyants/non croyants ?

Henri Védas

4e concours de légende : les résultats

Voici les résultats du 4e concours de légende. La photo à légender était celle-ci :

Très forte participation pour cette 4ème édition.

D’abord une mention spéciale pour une entrée remarquée dans le concours
:
"Et je m’engage, si nous sommes réélus, à ce que tous les collégiens
et lycéens de France soient familiarisés avec ce nouvel outil
pédagogique." (Jeanne Smits)

6ème : "Après son dernier livre dernier livre "promis, j’arrête la langue de bois", Jean-François Copé présente "promis, j’arrête la gueule de bois" !" (MC)

5ème : "Nous allons à présent procéder à l’interpellation proprement dite du sauvageon écarlate sans papier derrière moi." (OS)

4ème : "Hé, les gars, on est sage : celui-là, il ne faut pas le brûler !" (AD)

3ème : "une partie de flipper permettra de départager les candidats à l’investiture UMP… et gare aux trop petits !" (D No)

2ème : "C’est bien au coeur de cette machine que les données modélisées de notre économie sont soumises à un filtre Hodrick Prescott et à une approche par les vecteurs autorégressifs structurels.  A la sortie, les faits stylisés de notre économie, revenu national et output gap. Parce que l’économie n’est pas un jeu." (JB)

1er : "La bille, c’est le CRS. Les manettes, c’est pour les jeunes du 9-3. Notez que la bille retourne dans son trou et que les manettes sont toujours là !" (D)

Félicitations à l’heureux gagnant !

Le Salon Beige

Le FN confus sur la culture de mort

Dans un entretien avec 5 years later, il apparaîtrait que Le Pen ne serait ni un candidat pro-vie, ni un candidat pro-famille. On ignore qui a répondu au questionnaire [il s’agit en fait d’un membre du pôle communication du FN. NDMJ]. De plus, Le Pen a toujours pris soin de distinguer son programme présidentiel de celui du FN et, ici, il semble que ce soit le programme du FN qui soit évoqué, mais pourtant pas celui que l’on peut trouver sur son site internet. Ce qui ajoute à la confusion. Parmi les questions abordées, nous avons retenu celles traitant de l’homosexualité et de l’avortement.

Homosexualité :

"Le Front National n’est pas le parti d’une communauté particulière, sinon la communauté française. […] Nous pensons cependant que c’est là un trait particulier de l’identité de chacun – parmi tant d’autres – qui fait partie de la sphère privée et qu’il n’est ni nécessaire, ni souhaitable d’introduire dans la sphère publique. Au cas contraire nous menacerions des pans fondamentaux de notre société, au nombre desquels la famille."

Si l’homosexualité n’est pas tout à fait un "trait particulier de l’identité", il est affirmé clairement que les revendications gays menacent la famille. Et après avoir rappelé que les revendications du lobby gay n’ont donc "pas à être reconnue par l’Etat, en aucune façon", la suite se veut plus ambigüe au point de contredire ce qui vient d’être dit :

"Cependant, plusieurs personnalités du Front National [lesquelles ? ] souhaitent, par exemple, des améliorations au PACS qui permettront de rapprocher les droits fiscaux pour les couples pacsés de ceux des couples mariés, notamment concernant le patrimoine et la filiation."

Avortement :

"Notre programme contient en effet l’abrogation des dispositions législatives – les lois [V]eil – sur l’interruption volontaire de grossesse – donc l’avortement. Nous y sommes opposés en ce que l’embryon constitue à notre sens un être humain en devenir, en période de formation et d’autant plus vulnérable, qu’il est donc d’autant plus nécessaire de protéger."

La position sur l’avortement semble claire et sans appel. Et bien pas du tout :


"Cela ne veut pas dire que nous soyons opposés à toute interruption de grossesse. Il est bien évident que dans notre approche de ce thème sensible, nous prendrions en compte un certain nombre de situations délicates, tels les cas de malformation du fœtus ou de maladies génétiques, ceux de viol, ceux où la vie de la mère est menacée, sans compter toutes les situations trop spécifiques pour qu’on leur applique une règle générale."

La suite est encore plus confuse, puisque du libéralisme le plus destructeur ("Surtout, à notre sens, il est évident que c’est la liberté de chacun qui, in fine, doit primer"), on passe à une restriction qui tombe comme un cheveu sur la soupe ("pour qu’un avortement clinique ait lieu, nous demanderions à ce que la nécessité en soit prouvée"), pour terminer avec un couplet mêlant allègrement avortement, contraception, financement des IVG, sexualité débridée et enseignement scolaire !

Ces déclarations, si elles ont existé, ne répondent pas aux questions posées et dans l’absolu, nous préférons attendre le programme définitif de Jean-Marie Le Pen, qui aurait d’ailleurs rappelé samedi sur Canal+ que, au sujet de l’avortement, il n’avait pas changé d’avis mais qu’il considérait que "ce n’est pas le danger principal".

Michel Janva

Elections françaises : message des évêques

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié aujourd’hui un message de 12 pages destiné aux communautés catholiques, aux responsables politiques et à l’opinion publique, en vue des prochaines élections présidentielle et législatives.

En introduction, le texte rappelle la finalité de la doctrine sociale de l’Eglise :

"À la veille de voter, il nous semble particulièrement important, afin d’éviter tout malentendu, de réfléchir ensemble à ce que nous demandons aux responsables politiques. [V]oter, c’est participer à l’amélioration de la vie ensemble, ce que l’enseignement social de l’Église appelle le bien commun universel. Au-delà des intérêts privés, le service du bien commun vise à faire progresser la société. […]"

Viennent ensuite les sujets retenus :

"Parmi bien d’autres, nous souhaitons attirer l’attention sur trois chantiers essentiels. […] La famille est la cellule de base de la communauté humaine. […] Comment construire la confiance si la société accepte l’exclusion des plus faibles, depuis la pratique de l’avortement jusqu’à la tentation de l’euthanasie ? […] Le message de l’Église veut s’adresser à la conscience de chacun : il appelle à bâtir des familles stables, fondées sur des couples, unissant un homme et une femme, qui prennent le temps de se préparer à leurs responsabilités d’époux et de parents. Soutenir la famille, c’est d’abord garder au mariage son caractère unique d’union acceptée librement, ouverte à la procréation et institutionnellement reconnue."

Parmi les difficultés rencontrées par les famille, le texte évoque le logement. Il n’est pas fait mention du problème, essentiel, de la liberté des parents dans l’éducation de leurs enfants. C’est fort regrettable, d’autant qu’un évêque venait justement de s’exprimer sur ce sujet. Il n’empêche que la priorité donnée à la famille oblige les catholiques à se prononcer prioritairement pour le ou les candidats qui manifesteront explicitement leur attachement et leur soutien politique à la famille.

Après la famille, les "principaux chantiers de la fraternité" qui sont développés sont "le travail et l’emploi", rappelant "qu’il n’existe pas de bonne économie sans le respect des personnes", puis "la mondialisation et l’immigration".

Michel Janva

Voyous d’Orléans : l’impunité totale

Une trentaine de jeunes de 13 à 16 ans ont à incendié 8 poubelles puis 4 voitures cette  nuit dans le quartier de La Source à Orléans. Ils ont ensuite caillassé un fourgon de police et une dizaine de voitures garés sur le parking attenant au commissariat du quartier. La moitié des véhicules appartiennent à des fonctionnaires de police. Les voyous s’en sont ensuite pris à une rame de tramway, blessant à la tête un agent de sécurité. Une quarantaine de policiers en tenue anti-émeute sont intervenus pour disperser les jeunes. Un seul jeune homme a été interpellé.

Michel Janva

Immigration, l’exemple espagnol

Après les milliers de régularisations qui n’avaient pas enrayées la vague massive d’immigration, l’Espagne a décidé de fermer ses frontières. Les clandestins sont désormais expulsés : 4000 en un mois. 2 avions décollent chaque jour en direction de Dakar. Les autorités espagnoles ont constaté immédiatement l’efficacité de ces mesures : l’immigration clandestine enregistrée aux Canaries a été divisée par dix en octobre.

Michel Janva (via VoxGalliae)

Le crucifix symbolise les valeurs de l’Italie

C’est l’avis du Conseil d’Etat italien, qui a rejeté le recours d’une Finlandaise vivant en Italie et contestant la présence de crucifix dans le salles de classe italiennes :

"le crucifix peut dans un horizon laïc exprimer de façon symbolique mais adéquate, l’origine religieuse des valeurs de tolérance, de respect réciproque, de valorisation de la personne, d’affirmation de ses droits, de respect pour sa liberté, d’autonomie de la conscience morale à l’égard de l’autorité, de solidarité humaine, de refus de toute discrimination qui caractérisent la civilisation italienne".

MJ (via Bafweb)

Le MRAP se casse les dents sur Philippe de Villiers

Philippe de Villiers se présentera vendredi à Bobigny pour répondre de "provocation à la discrimination nationale, raciale et religieuse". Mais Gérard Taïeb, nouvel avocat du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), a préféré "à regret" demander le désistement de l’association, première partie civile à l’origine des poursuites. En effet, dans leur citation directe, le Mrap, comme le Conseil islamique Rhône-Alpes Mosquée de Lyon, ont cité un mauvais alinéa de l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, ignorant une modification de leur numérotation. En raison de la prescription (un an) entourant les délits de presse, une reprise des poursuites serait en outre impossible.

Ces deux associations, rejointes par la Ligue islamique mondiale, avaient cité à comparaître Philippe de Villiers pour les propos tenus le 16 juillet 2005 sur TF1, après le premier attentat de Londres. Le président du MPF avait déclaré à l’antenne :

"Nous savons que la troisième guerre mondiale est déclarée (…) nous ne pouvons pas continuer à assister impuissants à l’islamisation progressive de la société française".

Pour Villiers, les associations "ont eu peur du débat". Confirmant sa présence vendredi au tribunal, il espère malgré tout

"une confrontation au fond avec ceux qui m’ont traîné en justice. J’y maintiendrai mes propos. Depuis, tous les événements m’ont donné raison. C’est en désignant les fauteurs de haine, d’attentat, qu’on établit les conditions de la paix. Tous les musulmans ne sont pas des islamistes bien sûr, mais tous les islamistes se réclament de l’Islam".

Michel Janva

Islam : les nouveaux fanatiques

Un phénomène récent inquiète les services de renseignement : du jour au lendemain, des jeunes glissent vers le fanatisme. Pour la seule Ile-de-France, plusieurs dizaines de jeunes islamistes sont signalés chaque année. Ces jeunes fanatiques basculent parfois dès l’adolescence après être nés dans le pays où leurs parents ont immigré. La grande majorité jouit de la nationalité de leur pays de résidence par la naissance ou par naturalisation. Les convertis ne sont également pas rares.

Les jeunes islamistes du groupe dit «des Buttes-Chaumont», démantelé par la DST l’an dernier, étaient âgés de 18 à 20 ans. Ceux d’une autre bande installée en Seine-Saint-Denis avaient tous une petite vingtaine d’années. Arrêtée au Danemark le mois dernier, une cellule ­regroupait des membres âgés d’à peine 17 ans et un autre noyau radical démantelé en octobre 2005, toujours au Danemark, était constitué de militants de 16 à 22 ans.

Les islamistes suivaient un parcours connu avec des points de rassemblement (mosquées londoniennes, associations, activités militantes…). Les nouveaux fanatiques constituent des communautés autarciques, se radicalisent seuls et très rapidement, grâce notamment à Internet. Beaucoup de ces jeunes se contentent de devenir des islamistes en perfectionnant leur connaissance de l’arabe ou de l’islam. D’autres choisissent la voie du djihad en partant vers l’Irak. Certains veulent frapper au coeur de leur pays. Avec, dans ces deux derniers cas, une absence de contacts avec des organisations terroristes et une absence de moyens.

Michel Janva

Mégret condamnés

Bruno Mégret, président du Mouvement national républicain, et son épouse Catherine ont été condamnés mercredi par le tribunal correctionnel de Marseille à un an d’inéligibilité et huit mois de prison avec sursis pour détournement de fonds publics à la mairie de Vitrolles. Les époux Mégret ont également été condamnés à 8000€ d’amende chacun. Mégret a indiqué à la sortie de l’audience qu’il ferait appel :

"Je fais appel. Ce sera suspensif et je serai candidat aux élections présidentielle et législatives de 2007. Ce n’est pas une décision de justice mais un règlement de compte politique. Je suis condamné aussi sévèrement que M. Juppé qui a détourné 1,6M€ et qui n’a rien remboursé".

Il leur était reproché d’avoir envoyé à des milliers d’exemplaires, alors que Mme était maire de Vitrolles (1997-2002), 4 courriers, sur les deniers de la municipalité, destinés à la propagande du MNR.

Michel Janva