La monarchie se révèle être d’une modernité criante face aux problèmes actuels
De Louis de Bourbon, duc d’Anjou :
Le printemps s’ouvre sur la fête de Pâques, porteuse d’un message d’espoir contenu au cœur de la religion catholique, et qui délivre une espérance universelle, promise à tous les peuples en général et à chaque homme en particulier. Elle nous pousse à croire qu’après chaque crépuscule, après chaque nuit, si longue et pénible soit-elle, une aube revient, plus éclatante à chaque fois. Croyant ou non, n’avons-nous tous pas besoin d’un tel message, d’un tel espoir dans des temps qui peuvent nous apparaître bien difficiles ?
Néanmoins, l’espérance ne naît pas de nulle part. Il faut des forces vives, des actions authentiques et de véritables réalisations pour la susciter et lui donner sa force. Ainsi, notre chère France peut retrouver la force qu’elle semble avoir perdue seulement si des hommes et des femmes sont résolus à agir et à adopter des comportements moraux authentiques mus par la recherche du bien commun et de la justice. La crise sociale et les revers diplomatiques que la France essuie manifestent les difficultés du pouvoir à y parvenir. N’est-il pas temps de renouer avec un système capable de les guider sur cette voie ô combien nécessaire ?
Héritier d’une tradition millénaire, je sais au plus profond de moi qu’il n’y a pas de crise, pas de situation politique que la France n’ait su surmonter. Et une fois encore, je suis convaincu qu’existent des solutions pour bâtir l’avenir de notre pays dès lors qu’il n’est pas guidé par l’idéologie, mais abordé en termes de réalités, celles des hommes et du sol, et dans cette recherche du bien commun.
Sur le plan international, alors que la guerre s’étend des portes de l’Europe à de multiples territoires, il devient chaque jour plus nécessaire que la France s’impose à nouveau en puissance médiatrice, capable de faire revenir une paix à laquelle nous aspirons tous. Cette paix à construire ne doit pas être seulement une cessation des opérations militaires, mais également une véritable entreprise de justice et de vérité, fondée sur les leçons du passé ainsi que sur la volonté profonde de bâtir un avenir pacifique. Plus que tout autre continent, l’Europe sait à quel point des paix qui s’écartent de ces principes ne sont que des cendres sous lesquelles couvent des braises ardentes promptes à se rallumer.
Or, il est du devoir de notre pays d’être cette puissance diplomatique influente, capable d’apporter la paix là où les évènements l’imposent. Cela est aussi essentiel à la France qu’aux autres nations du monde. Sur le plan social, le dialogue basé sur un réel désir d’écoute et de compréhension, semble plus que jamais être la solution la plus constructive face aux démonstrations d’autoritarisme qui développent des rancœurs et cristallisent les antagonismes. Et il ne me semble pas vain de répéter que les gouvernants ne doivent jamais perdre de vue le bien de leurs peuples. Ces derniers ne sont ni à ignorer, ni à brusquer mais à écouter et à comprendre. Aucune pression, si puissante soit-elle, ne doit surseoir à ce principe. Et pourtant, cette fameuse réforme des retraites apparaît comme étant plus motivée par des logiques comptables que par un réel souci du bien commun.
Une fois de plus, la monarchie se révèle être, en creux, d’une modernité criante face aux problèmes actuels. De fait, le roi n’est l’homme d’aucun parti, d’aucun lobby, notamment financier, puisqu’il ne doit son trône à personne si ce n’est à sa naissance et à la providence. Cette autorité conférée qui échappe aux trafics des hommes, est la garantie d’une politique complètement indépendante, tournée vers le seul bien des peuples et du pays. Grâce à ce principe, la monarchie a toujours tenté d’apporter les remèdes aux maux sociaux qui rongeaient notre pays à différentes époques, du Livre des Métiers de Saint Louis aux préoccupations sociales de Charles X pour la classe ouvrière en formation. Et même en exil, les aînés de la maison de Bourbon ont eu soin d’être attentifs à la question sociale en France. Mon ancêtre, le Comte de Chambord (1820-1883) avait, ainsi, plus que bien des hommes politiques de son temps, senti la nécessité de protéger le peuple français des dangers de la société matérialiste et libérale qui se mettait en place.
En 2018, j’avais déjà soutenu la profonde détresse du peuple français exprimée dans le mouvement social d’alors devant lequel le pouvoir est demeuré aveugle, cherchant des règlements uniquement matériels alors que les Français attendaient également de la considération. Aujourd’hui, je réitère ma profonde solidarité avec ceux qui souffrent, qui se sentent abandonnés et négligés. La violence à l’œuvre est évidemment à condamner, mais n’est-elle pas la manifestation profonde d’un dysfonctionnement majeur des institutions démocratiques qui auraient dû permettre de canaliser une violence symbolique sans laisser libre place aux voyous qui ne sont là que pour semer le chaos ?
La France a, par le passé, séduit bien des fois les autres pays en matière de politique sociale. Durant la deuxième moitié du XXe siècle, elle était d’ailleurs devenue une référence, tant son système social démontrait son efficacité en matière de soins, de prévoyance et d’assistance. J’ose même dire que la politique sociale française fait désormais partie des emblèmes et des fiertés de notre pays et qu’elle est constitutive de son identité contemporaine. Il ne faut donc pas laisser dépérir cet héritage. À nouveau, les Français ont besoin d’une politique sociale pour le XXIe siècle, basée sur le long terme et sur les réalités de notre époque, et non de mesures vexatoires et expéditives. Tout est une question de volonté partagée.
Les troubles autour de la réforme des retraites ne sont sûrement qu’un prétexte à une protestation d’une portée plus générale de nos compatriotes qui souffrent de vivre dans un système qui n’est plus adapté aux conditions économiques et sociales du siècle qui s’ouvre. Il est un devoir impérieux d’assurer à tous les Français qui travaillent les conditions nécessaires d’une subsistance digne qui prend en compte les nouvelles réalités qui s’écrivent tant en termes de mondialisation des échanges que d’innovations technologiques qui en sont encore à leurs balbutiements, et que de transformation dans le rapport au travail. Il s’agit seulement ici d’une œuvre de justice qu’un État doit à son peuple.
Il est temps que la France retrouve, en puisant dans le meilleur des racines de son histoire, la volonté d’agir pour construire un avenir qui lui soit à la fois plus favorable au plan social comme à l’échelle internationale. C’est à ces conditions que la France contribuera à nouveau à façonner les destinées du monde. Que la fête de Pâques soit l’occasion de redonner l’espérance que je désire ardemment voir animer le cœur de chaque Français.
Près de 30 000 chapelets pour la vie
Beau succès de la nouvelle association Va Vis prie :
Voilà près de 2 semaines que nous avons commencé à former une grande communauté de prière pour la Vie. Vous êtes de plus en plus nombreux à prier avec nous chaque jour le chapelet, et à faire dire des messes. Soyez-en remerciés !
Ce sont déjà 29140 chapelets qui ont été récités à nos intentions.
Jésus est mort sur la Croix pour Amour pour nous. Répondons à son Amour infini : prions pour la Vie.
OBJECTIF 35000
En ce week-end de Pâques, dans les communautés, au sein des Monastères, dans nos paroisses, en famille, sur la route pour rejoindre les nôtres, intensifions nos prières, récitons nos chapelets et faisons-les comptabiliser sur notre site.
Le député Horizons Pierre Henriet élu à la tête de la Fraternelle Parlementaire
La Fraternelle Parlementaire réunit les parlementaires initiés dans une loge maçonnique, de quelque parti qu’ils soient (sauf du RN et de LFI). Elle était présidée depuis 2017 par le sénateur LR Christophe-André Frassa. Le député de Vendée Pierre Henriet, élu d’Horizons et membre du groupe Renaissance, affilié au Grand-Orient de France, en est le nouveau patron. Titulaire d’un master en philosophie des sciences, il a rédigé une thèse sur les nanotechnologies. Il est également président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).
Cette Fraternelle agit comme un lobby qui traverse tous les groupes, sur des sujets cruciaux comme la bioéthique, l’euthanasie, la laïcité ou la réforme des institutions. Sur son compte Twitter, Henriet s’affiche comme « Républicain universaliste »…
M comme Miséricorde
Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:
Le site mizane.info, « site d’information, d’éclairage et de décryptage consacré à l’islam et au monde musulman », propose une conférence de 28 minutes au titre alléchant: l’islam est-il une religion d’amour ?
… M. Bajrafil commence par souligner l’importance de la matrice : « L’homme a été créé dans et pour l’amour. Ce n’est pas un hasard que la chose la plus importante dans la vie de l’homme est la chaleur maternelle. La matrice. La chose la plus importante du capital humain, l’amour… [dans le Coran figure] 113 fois le terme ou l’expression “au nom de Dieu le clément, le très miséricordieux.” En arabe, clémence et miséricorde sont toutes les deux extraites de la matrice. La matrice sans quoi elle ne viendrait pas à la vie. La matrice indiscutablement le lieu de protection, l’enveloppe la plus importante dans la vie de l’homme… »
… « Le prophète voit sa belle-sœur: C’est recueilli dans plusieurs récits. Quand il la voyait, il se levait et étalait son écharpe pour que la sœur de son amour s’asseoit. Lui-même était une boule d’amour. » M. Bajrafil ajoute même un troisième passage tout aussi exemplaire: « Une autre fois, on a fracassé la tête de Mahomet, il était ensanglanté. On est venu lui dire: ô toi messager de Dieu, prie Dieu contre eux. Et il a répondu: “Je n’ai pas été envoyé médisant, maudissant, insultant.” Est-ce qu’on veut un amour au-delà de ça ? » … Son envoi final est « Soyez au nom de l’islam des boules d’amour et de miséricorde. »
Boule d’amour, Mahomet est miséricordieux. Et quel est l’effet de sa miséricorde? Epargner la vie, autrement dit ne pas exécuter … En effet, l’islam a ceci de particulier comme religion que la première manifestation de la miséricorde (la seule?), c’est en fait accepter de ne pas tuer. On connait plus fraternel. À titre d’illustration, nous citerons aussi cet extrait d’un article du philosophe M. R.Brague, Le pouvoir en islam: « Seul Mahomet a osé revendiquer une association au pouvoir divin… Les miracles par lesquels Mahomet authentifie sa mission sont avant tout des signes de puissance. Ces pouvoirs se concrétisent éventuellement par des destructions. À la différence du Christ des Évangiles rendant la vue aux aveugles et le mouvement aux paralytiques, aucun des prodiges attribués à Mahomet ne consiste en une guérison. Au contraire, sa biographie rapporte qu’il aurait miraculeusement provoqué la mort de ses adversaires en suscitant ou réactivant des blessures ou maladies ».
(Extrait de « L’islam, une religion d’amour? Théologie en mode Michel Audiard » – Le 18 mars 2021)
La décision du Conseil d’Etat du Vendredi Saint
Ce 7 avril, le Conseil d’État rejette le pourvoi de la ville des Sables-d’Olonne, qui va devoir démonter sa statue Saint-Michel. Au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le Conseil d’Etat n’a pas admis le pourvoi de la ville. La sculpture avait été installée en 2018 sur une place publique, devant l’église du même nom. La fédération de Vendée de la libre pensée avait alors saisi la justice. Le tribunal administratif, puis la cour administrative d’appel avaient déjà demandé à la ville de déplacer cette statue.
Le maire DVD Yannick Moreau déclare :
« En tant que maire, je ne contesterai pas la décision de justice. Notre statue est appelée à être déboulonnée, mais la volonté et la votation des Sablais seront respectées : nous trouverons une solution pour qu’elle reste devant l’église Saint-Michel ».
En mars 2022 la ville avait organisé un référendum où 94, % des 4593 votants avait soutenu le maintien de la statue sur la place.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Les Impropères (première partie)
La liturgie du Vendredi saint est un sommet de l’année et les chants sont à la hauteur de l’événement commémoré. Voyons un des moments les plus importants, juste après l’Adoration de la Croix, les Impropères. Nous nous basons sur deux ouvrages édités par Solesmes : le Graduale Romanum de 1979 et le Missel grégorien de 1984. Les textes sont dans la langue de l’Église, le latin.
Les Impropères, en latin Improperia, du mot latin improperium, sont les « reproches » que le Messie adresse à son peuple ingrat qui, malgré toutes les faveurs accordées par Dieu, et en particulier pour l’avoir délivré de la servitude en Égypte et l’avoir conduit sain et sauf dans la Terre promise, lui a infligé les ignominies de la Passion. C’est un émouvant dialogue entre Dieu et le monde, entre le divin Crucifié et ceux qui le livrent au supplice.
A chaque fois, un bienfait de Dieu dans l’Exode est mis en contraste de façon saisissante avec un épisode de la Passion. Le texte est issu de l’Église syrienne antique (d’où la présence le la langue grecque) et a été conservé dans la liturgie romaine.
La 1ère partie commence par l’antienne Pópule meus, sur une mélodie plaintive, remontant à une haute antiquité. Il s’inspire du IVe Livre d’Esdras.
Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.
Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.
Elle est suivie du verset :
Quia edúxi te de terra Ægýpti : parásti Crucem Salvatóri tuo.
T’ai-je fait sortir du pays d’Égypte pour qu’à ton Sauveur tu fasses une croix ?
Puis alternativement le chœur chante le Trisagion ou triple invocation au Dieu trois fois saint, en grec et en latin.
| Agios o TheosSanctus Deus Agios ischyrós Sanctus fortis Agios athánatos, eléison imás. Sanctus immortális, miserére nóbis |
Dieu SaintDieu Saint Saint et fort Saint et fort Saint immortel, ayez pitié de nous. Saint immortel, ayez pitié de nous. |
Ensuite deux voix du 1er chœur chantent :
Quia edúxi te per desértum quadragínta annis…
Est-ce parce que je t’ai conduit dans le désert pendant quarante ans, que je t’ai nourri de la manne et que je t’ai fait entrer dans une terre excellente que tu as préparé une Croix à ton Sauveur ?
Et les deux chœurs reprennent alternativement Agios o Theos, etc.
*****
Les Impropères (deuxième partie)
La seconde partie des Impropères (ou petits Impropères) se poursuit par des petits versets psalmodiés sur une mélodie très simple. C’est toujours Notre Seigneur qui s’adresse à son peuple, et chaque verset comporte deux phrases commençant par « ego » = moi et « et tu » = et toi, suivies par la reprise de l’antienne du début, Pópule meus, véritable refrain de tous ces Impropères, avec cette envoûtante mélodie, grave, triste, mais pénétrée de tendresse.
Dieu rappelle tous les bienfaits qu’il a accomplis et rappelle toutes les indignités dont il a été accablé. Les chantres de Solesmes n’ont retenu que 4 des 9 versets qui peuvent être chantés :
Ego propter te flagellávi Ægýptum cum primogénitis suis : et tu me flagellátum tradidísti.
J’ai frappé, à cause de toi, l’Égypte avec ses premiers-nés, et tu m’as livré pour être flagellé.Ego edúxi te de Ægýpto, demérso Pharaóne in Mare Rubrum : et tu me tradidísti princípibus sacerdótum.
Pour te tirer de l’Égypte, j’ai englouti Pharaon dans la mer Rouge, et tu m’as livré aux princes des prêtres.Ego ante te apérui mare : et tu aperuísti láncea latus meum.
Je t’ai ouvert un passage à travers les flots, et tu m’as ou vert le côté avec une lance.Ego ante te præívi in colúmna nubis : et tu me duxísti ad prætórium Piláti.
J’ai marché devant toi comme une colonne lumineuse, et tu m’as mené au prétoire de Pilate.
*****
La fonction liturgique de l’après-midi du Vendredi saint se poursuit avec l’antienne Crucem tuam, ancien chant byzantin :
Nous adorons votre Croix, Seigneur, et nous louons et glorifions votre sainte résurrection, car c’est par ce bois que la joie s’est répandue dans l’univers entier.
Puis c’est le début du verset du psaume 66 Deus misereátur nostri qui sera psalmodié avant la reprise de l’antienne :
Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse, que la lumière de sa face brille sur nous et qu’il ait pitié de nous.
*****
La dernière partie des Impropères commence par une antienne.
Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis….
Croix fidèle, arbre unique, noble entre tous ! Nulle forêt n’en produit de tel par ses feuilles, ses fleurs et ses fruits !Dulce lignum, dulces clavos, dulce pondus sústinet.
Douceur du bois, qui d’un doux clou, porte un si doux fardeau.
Puis l’on chante l’hymne Pange língua gloriósi dont les paroles sont de Venance Fortunat, à ne pas confondre avec l’autre Pange língua que Saint Thomas d’Aquin composa pour la Fête-Dieu.
Pange, língua, gloriósi prœlium certáminis….
Chante, ma langue, le combat, la glorieuse lutte ; dis le noble triomphe du trophée de la Croix : le rédempteur du monde, immolé, est vainqueur.
« Pour le Vendredi saint, le site de Bpost annonce que les bureaux resteront fermés »
On aurait pu penser à une autre raison de fermeture, mais c’est annoncé en toute lettre sur ce quotidien belge.
Tous les guichets de poste sont fermés ce vendredi. […] En ce qui concerne les banques, elles sont également fermées ce vendredi […]
Sur l’islam de Rémi Brague
Oserons-nous dire que nous avons été un chouïa déçu par le dernier livre de M.Rémi Brague (SUR L’ISLAM, Gallimard, 2023) ? Nous aurions voulu avoir une somme. Mais ce n’est pas le cas. C’est vrai, le livre fait déjà 385 pages. Mais il faut retirer 45 pages d’une bibliographie savante doublée à peu près par une cinquantaine de pages de notes infrapaginales, peu loquaces (essentiellement là encore des références bibliographiques très peu commentées) à l’exception de sa note 4 page 277 louant la perspicacité de M.Alain Besançon ce qui nous a fait plaisir. In fine, 270 pages. En sachant bien sûr que qualité et quantité sont deux choses différentes. Mais il y a tellement à dire sur le sujet, surtout quand on sait toutes les connaissances que l’auteur a de ces choses et sa liberté de ton qu’on ressent comme un regret.
Quelques remarques générales tout d’abord sur cette liberté de ton. M.Brague est un engagé. Son livre est rédigé à la première personne du singulier et ne rechigne ni à l’humour, ni à l’approche directe. Après avoir distingué entre quatre sens donné au mot « islam » (Attitude d’entier abandon entre les mains de Dieu ; religion qui fut prêchée par Mahomet ; Civilisation : « Géographiquement, l’Islam est le « domaine pacifié » (dàr as-salàm), celui des pays musulmans qui s’oppose au « domaine de la guerre » (dàr al-harb) qui l’entoure et qui comporte tous les pays non encore conquis par l’islam » (p 29) ; Ensemble des peuples qui ont été marqués par l’islam comme religion et qui ont hérité de la civilisation islamique), après avoir convenu d’écrire islam pour parler de la religion, Islam pour parler de la civilisation, il commence par un premier chapitre consacré à l’islamophobie, n’aboutissant pas à la pirouette habituelle (genre : moins islamophobe que moi tu meurs) mais à une question intéressante :
« Je me permets donc d’indiquer à ceux qui seraient tentés de me traiter, moi ou d’autres, d’ « islamophobe », de me reprocher ou de nous reprocher de ne pas aimer l’islam, un remède autrement efficace : donnez-nous des raisons de l’aimer ! » (p. 23).
Il s’interroge aussi sur le « vrai islam », sur « l’ankylose de l’islam » (sa conclusion), sur la « légende d’un apport décisif » à propos de l’influence exercée sur l’Europe complétée par un chapitre sur « la réalité de la transmission ».
Grâce à son érudition, il apporte des précisions utiles sur quelques versets fréquemment utilisés :
« Les hadiths les plus fréquemment cités ne sont pas ceux dont l’authenticité est la plus sûre. Ainsi, tout le monde connaît, parce qu’on le cite sans arrêt, le hadith qui distingue du petit jihad, le combat par les armes contre les impies, le grand jihad qui est le combat spirituel contre ses propres passions. Or, ce hadith ne figure dans aucun des six recueils classiques du sunnisme et n’est attesté que chez certains mystiques soufis, à partir du IXème siècle. Il n’a donc pas été considéré comme normatif, comme une source de droit » (p. 54).
De la même façon, il débat (et contredit la version communément acceptée) du verset II, 256 : « Il n’y a pas de contrainte dans la religion », concluant après exégèse et références à des auteurs autorisés que
« rien dans tout cela ne s’approche donc de ce que, par anachronisme, nous appelons « tolérance » » (p. 165).
Deux chapitres substantiels, et pour ce qui nous concerne d’apport neuf, sont ensuite consacrés à La sharia d’une part (pp 106-135) et à La raison d’autre part (pp 135-150).
Pour ce qui concerne la sharia, un point de départ : « Ce qui constitue le cœur même de l’islam, c’est le droit » (p. 111). M.Brague constate ensuite qu’il y a
« indécision des sources islamiques sur la forme de gouvernement souhaitable [qui] a une conséquence éminemment positive : rien en elles ne s’oppose à ce que le monde islamique, pour l’instant dominé par des monarques ou des « hommes forts », n’évolue vers une forme républicaine » (p. 114).
Le qualificatif braguien d’ « éminemment positive » nous paraît un rien exagéré, semblant vouloir louer une compatibilité potentielle entre un régime islamique et la République (sous-entendu : modèle français) alors que le régime iranien par exemple, également républicain, devrait nous inciter à quelque prudence.
Philosophe de formation et de métier, M.Brague constate que
« la philosophie resta une activité marginale dans le monde islamique… En terre d’islam, la philosophie ne devint jamais une institution sociale. Cette institutionnalisation eut lieu en Europe, avec les universités, phénomène qui n’a jamais existé en terre d’islam ou dans le monde byzantin. En effet, les écoles supérieures (madrasas) fondées par divers personnages influents étaient avant tout des écoles de droit islamique et l’on n’y enseignait pas les sciences profanes, sauf parfois la médecine… Dans l’Europe latine, tout étudiant qui souhaitait se lancer dans une carrière de médecin, de juriste ou de théologien devait tout d’abord passer par plusieurs années d’apprentissage des arts libéraux, parmi lesquels se trouvaient de gros morceaux de philosophie… Nous sommes déjà au cœur du sujet car le concept de base de l’entreprise philosophique, le concept sur lequel elle se fonde, est justement le concept de nature. Avec lui, les choses sont supposées posséder une nature stable susceptible d’être saisie et exprimée par l’intelligence » (pp 116 – 117).
Puis que
« l’islam est assez mal à l’aise avec l’idée de nature. Le Coran a tendance à attribuer directement à Dieu tout ce qui arrive dans le monde, non seulement ce qu’Il a créé au commencement, mais ce qui continue à se produire… « Nature » n’est pas un concept que les penseurs musulmans aiment utiliser… L’islam craint en effet que la nature puisse être considérée comme une sorte de divinité rivale (pp 119-120) ».
Et l’auteur de constater ensuite que l’islam préfère parler de « statut » plutôt que de « nature » :
« Ce qui fait qu’un homme est un homme, ce n’est pas une constitution naturelle, perdurant en toute circonstance ; mais c’est un statut précis que l’intention divine lui a attribué pour un moment déterminé » (p. 121).
Pour ce qui concerne la raison,
« ce qui est propre à l’islam et qui en rend malaisée la compréhension pour un esprit habitué aux catégories occidentales, c’est que la raison puisse y être déclarée incompétente non seulement dans les hauteurs sublimes du contact avec Dieu mais encore au plan inférieur de la vie quotidienne, telle qu’elle cherche à s’orienter vers le bien en cherchant des règles morales. Pour un non-musulman, ce chassé-croisé constitue un paradoxe. En islam, la raison ne peut pas être la source de l’obligation juridique » (pp 140-141).
S’enchaînent ensuite cinq chapitres dont les titres sont à eux seuls assez évocateurs des visées de l’islam : Le but dernier de l’islam, Les conquêtes, Conquêtes et conversions, Le jihad, Les moyens patients (dont la terreur et la natalité). Tout un programme.
Pour ce qui concerne le but dernier de l’islam :
« La thèse centrale de ce chapitre est que le but dernier de l’islam n’est nullement la violence… Pour l’islam, il s’agit d’établir le règne de Dieu sur la terre par l’intervention d’agents de chair et d’os… C’est d’assurer la souveraineté exclusive de Dieu sur la communauté humaine, plus précisément à faire valoir les droits légitimes de Dieu » (pp. 151-152 ; et rappelé encore p. 198 : « le but de l’islam est le règne universel de la Loi divine »).
Et plus loin :
« Il est important de rappeler avec force que la domination recherchée est celle de Dieu et de sa Loi, et que ce n’est qu’indirectement qu’elle est celle de ceux qui adhèrent à ladite Loi sur ceux qui ne s’y sont pas encore soumis. Le désir de dominer n’est pas celui des musulmans mais celui de l’islam. Selon un hadit, « l’islam doit dominer et n’être pas dominé »… Cette situation fait échapper le mode islamique de la domination aux catégories habituelles de la philosophie politique. Celle-ci, depuis l’origine grecque chez Platon et Aristote, classe les régimes selon le nombre et la qualité morale des gouvernants… Pour l’islam, aucune de ces deux questions n’a lieu d’être posée. Le gouvernement n’est pas celui d’êtres humains, mais celui de la Loi, laquelle exprime la volonté de Dieu seul » (pp 158-159).
Pour ce qui concerne le jihad,
« en principe, la guerre est interdite entre musulmans. Le jihad proprement dit, en revanche, qui combat les non-musulmans est une obligation. Mais cette obligation est dite « de suffisance » (certaines obligations n’ont pas besoin d’être accomplies par chaque musulman pris individuellement. Il suffit qu’un certain nombre s’y livrent pour que la communauté entière soit considérée comme ayant satisfait à ses devoirs)… Il suffit qu’un certain nombre de musulmans exercent le jihad pour que le reste de la communauté puisse s’en abstenir, au besoin en finançant les combattants, mais sans devoir prendre les armes eux-mêmes » (pp 200-201).
Et M.Brague fait référence à deux versets bien connus du Coran : Le verset IX, 29, qui figure dans la dernière sourate révélée et dont, à ce titre, « les dispositions législatives abrogent donc toutes les précédentes », celles dont le texte les contredit (p. 17) : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains en état d’humiliation » ; le deuxième étant appelé le « Verset du sabre », le cinquième de la même sourate IX décidément particulièrement fraternelle :
« Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salât a acquittent la Zakât, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux ».
Et c’est là que nous trouvons aussi quelque insuffisance au livre de M.Brague. Il a beau expliquer que l’islam porte une « injonction de combattre les infidèles mais pas de commandement visant clairement à l’expansion » (p. 171) et que le but dernier de l’islam n’est pas la violence, comme une sorte d’exonération, nous n’en sortons pas plus rassurés pour autant en considérant la praxis islamique usuelle. Il manque, pensons-nous, une réflexion centrée sur cette notion de violence (évoquée de façon parcellaire à de multiples endroits) et sur la notion de meurtre qui plane continuellement dans les écrits sacrés et discours musulmans. Après tout, peut-être M.Brague aurait-il pu discuter de la référence usée par le Pape Benoît XVI lors de sa fameuse leçon universitaire à Ratisbonne en 2006 et de la controverse qui s’en était suivie : le Pape avait fait référence à une de ses lectures récentes rapportant une partie du dialogue entre l’empereur byzantin Manuel II Paélologue et un Persan cultivé, dialogue annoté ensuite par l’empereur au moment même où Constantinople était assiégée par les… musulmans (pacifiques bien sûr). Dans ce dialogue, l’empereur aborde le thème du djihad et dit à son interlocuteur:
« Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait ».
On se rappelle l’onde de violence qui avait parcouru le monde musulman (phraséologie convenue et exacte qui est à elle seule toute une illustration…). Alors le déjà-cité : « Il est important de rappeler avec force que la domination recherchée est celle de Dieu et de sa Loi, et que ce n’est qu’indirectement qu’elle est celle de ceux qui adhèrent à ladite Loi sur ceux qui ne s’y sont pas encore soumis. Le désir de dominer n’est pas celui des musulmans mais celui de l’islam » nous donne à penser que l’indirect est déjà amplement suffisant….
De plus, on trouve dans le texte de M.Brague quelques annotations qui auraient été facilement utilisables dans cette discussion sur la notion de violence et qui, presque pire, donnent au-delà à penser que la vue du monde (on se rappelle la distinction originelle entre domaine pacifié et domaine de la guerre, tout un programme en peu de mots), la compréhension du monde qu’ont les musulmans, en fonction de leur référentiel essentiellement coranique, sont parfaitement antinomiques avec la possibilité de coexistence avec d’autres fois, d’autres pensées sur le monde. Donnons quelques exemples (leur extraction du texte ne nous semble pas trahir la pensée de M.Brague) :
- « Si un commandement se trouve dans les sources autorisées, Coran ou traditions sur le Prophète (sunna), il partage l’éternité de Dieu qui l’a créé. En conséquence, il pourra toujours être réactivé pour peu que les circonstances s’y prêtent, quand bien même son application aurait été dormante pendant des siècles. Il en est ainsi du califat et du jihad» (p. 38)
- « Ce qui n’existe pas dans l’islam, c’est une forme déterminée du clergé, à savoir justement sa forme chrétienne… Une conséquence importante de cette absence de notion d’Eglise mérite d’être soulignée : aucune tentative de « sécularisation » d’une société islamique n’aura à sa disposition une institution au sein de laquelle elle pourrait reléguer la « religion » pour en libérer le domaine public» (pp 62-63)
- « L’islam est censé être enraciné dans la scène que rapporte le Coran et qui s’est passée avant l’histoire, voire avant la création du monde (VII, 172-173). De la sorte, tout non-musulman est objectivement un apostat, un traître par rapport à cette profession de foi seule vraiment initiale » (p. 87)
- Au chapitre sur la sharia : « une autre conséquence de l’absence de l’idée d’une loi naturelle est que, au moins en principe, il n’existe pas de règles communes qui vaudraient pour les musulmans et les « infidèles »… La première conséquence est un renversement de perspective qui fait obstacle à la compréhension mutuelle entre musulmans et non-musulmans, là où il s’agit de porter un jugement de nature morale sur un comportement. Le non-musulman a coutume d’apprécier ledit comportement à partir de principes moraux qu’il considère comme universels. Par suite, il jugera en particulier certaines actions de Mahomet comme invalidant, sinon directement sa prétention au statut de prophète, du moins sa respectabilité… En revanche, le musulman raisonnera à l’inverse. Il prendra comme point de départ incontestable que Mahomet était le Prophète choisi et « purifié » par Dieu. Il sera donc le « bel exemple » que Dieu recommande de suivre. En conséquence, aucune de ses actions ne saurait avoir été mauvaise. » (p. 130)
- Et autre conséquence : « Puisque le droit trouve sa source dans les commandements de Dieu, il est impossible à ceux qui adhèrent à la vraie religion de Dieu, à savoir l’islam, d’admettre la légitimité des droits des incroyants. De ce fait, leurs possessions de fait ne leur appartiennent pas vraiment comme des propriétés authentiques » (p. 132)
- Sans compter que : « l’islam se comprend soi-même comme étant la seule religion vraie, qui a absorbé en elle la vérité de toutes les autres, et la seule qui contiennent les justes règles du bien et du mal. En conséquence, sera bien ce qui contribue à son expansion, mal ce qui l’inhibe. On pourra donc mentir au non-musulman, dissimuler sa propre adhésion, voire passer sous silence certaines exigences de la sharia, pourvu que ce soit pour favoriser le passage à l’islam de celui qu’on a le devoir de convertir. Ce sera d’ailleurs pour son bien, puisqu’il s’agit de lui éviter l’enfer» (p. 133).
- Et enfin, pour couronner le tout et expliciter la lecture de certains versets du Coran : « En ce qui concerne l’islam, et dans les principes, il convient de se demander ce que l’on entend exactement par une « agression contre l’islam » et qui est juge du caractère offensif d’une attitude. Pour beaucoup, le simple fait de refuser à plusieurs reprises la proposition d’embrasser l’islam constitue déjà une agression» (Chapitre sur le jihad, p. 208).
Une conséquence de tout ceci aura au moins été clairement exprimée par M.Brague : « l’inanité du soi-disant dialogue inter-religieux entre chrétiens et musulmans, qui se paie de mots présents dans les trois traditions religieuses et dont le sens peut-être très différent, voire carrément opposé de l’une à l’autre » (p. 73), opinion dans laquelle il rejoint M. Alain Besançon.
Dernier regret concernant quelques fins de chapitres parfois un peu décevantes ; nous les aurions aimées plus charpentées, plus conclusives. Il en va ainsi par exemple des conclusions des chapitres sur le but dernier de l’islam et sur le jihad qui ne sont que des commentaires très spécifiques sur des citations très spécifiques également. Il en va un peu de même de la conclusion générale. Nous espérons qu’il y aura un complément pour tirer profit au mieux de la pensée, des connaissances et de la liberté de ton de M.Brague. Nous sommes demandeurs.
Psychiatrie ? les démons et la possession démoniaque sont des phénomènes réels
Dans un livre publié pour la première fois à l’automne 2020, Demonic Foes : My Twenty-Five Years as a Psychiatrist Investigating Possessions, Diabolic Attacks, and the Paranormal (Ennemis démoniaques : Mes vingt-cinq années de psychiatrie à enquêter sur les possessions, les attaques diaboliques et le paranormal), le Dr Richard Gallagher, professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de New York et psychanalyste à la faculté de l’université de Columbia, présente des conclusions tirées de sa carrière de plusieurs dizaines d’années pour montrer que les démons et la possession démoniaque sont des phénomènes réels. Il est interrogé dans The Christian Post :
D’après mon expérience, l’idée de possession démoniaque est si controversée et si souvent mal comprise que je veux d’emblée établir une certaine plausibilité scientifique de la notion en même temps que ma bonne foi.
Les réactions typiques à ce sujet reflètent la polarisation de notre pays. Bien que la croyance dans les esprits maléfiques soit largement répandue aux États-Unis et dans le monde entier, certaines personnes trouvent le sujet farfelu, voire stupide. D’autres, en revanche, voient le diable partout. C’est pourquoi je détaille ici mon histoire personnelle et souligne la crédibilité des possessions, tout en proposant quelques réflexions sur les exagérations et les abus.
Gallagher, qui est catholique, est le plus ancien membre américain de l’Association internationale des exorcistes, qui se réunit tous les deux ans en Italie. Il commence son récit par l’histoire d’une adoratrice du diable, Julia, dont il a conclu qu’elle était possédée après qu’un exorciste de l’Église catholique la lui a amenée pour qu’il l’évalue avant de tenter un exorcisme.
« Avant de rencontrer Julia, j’avais déjà vu environ huit ou neuf cas de ce que je considère comme des possessions totales. Je les définis comme des cas où le mauvais esprit prend complètement le contrôle de quelqu’un, de telle sorte que la victime a des périodes où elle ne se souvient pas de ces épisodes ». « Depuis, j’ai vu des dizaines d’autres possessions de ce type et un nombre bien plus élevé de cas d’oppression, qui sont bien plus fréquents que les possessions. En raison de mon implication dans l’Association internationale des exorcistes, j’ai entendu parler de centaines d’autres cas de chaque type, mais cela ne veut pas dire qu’il s’agit de conditions rares, comme je le sais toujours. »
Gallagher met en avant des histoires concernant la manifestation de pouvoirs démoniaques tels que la lévitation et la vision à distance, où des personnes possédées comme Julia peuvent, par exemple, communiquer ce que fait quelqu’un et où il le fait, bien qu’elles se trouvent à une centaine de kilomètres de distance.
« Julia m’a démontré très clairement qu’elle pouvait voir, par exemple, l’exorciste en chef à distance [même s’il] se trouvait à 160 km ».
Gallagher a expliqué que, bien qu’il reste attaché à la science, il a constaté que toutes les connaissances ne peuvent pas être expliquées par la science.
« Je tiens à souligner dans tout ce que j’écris et dis que je suis attaché à la science, que la méthodologie scientifique a immensément aidé la race humaine ». « Mais toutes les connaissances ne peuvent pas être vérifiées par des expériences en laboratoire et ce genre de choses. La plupart des connaissances dont nous parlons lorsque nous évoquons les vérités religieuses, et certainement ce domaine du démoniaque, sont essentiellement des connaissances historiques. Il s’agit d’observations et les observations sur des faits historiques peuvent être vraies ou fausses, en fonction de la crédibilité du témoin, en fonction de la manière dont les rapports sur ces phénomènes semblent raisonnables ». « Mais cela ne veut pas dire que ce n’est pas scientifique parce que c’est historique. »
Bien qu’il existe des preuves de la réalité des démons et de la possession démoniaque, il convient de faire preuve de prudence lorsque l’on aborde le sujet afin d’éviter l’hystérie et les idées fausses.
« Malheureusement, il y a des gens dans ce pays… il y a beaucoup de gens qui rejettent simplement l’idée. Mais il y a aussi des gens dans ce pays qui exagèrent sa prévalence ». « La possession elle-même est la forme la plus intense d’attaque démoniaque, et elle est rare. Par conséquent, toute personne qui voit des cas de possession partout se trompe. Ce que certaines personnes qui exagèrent la prévalence du phénomène confondent avec la possession, ce sont des choses comme les maladies, en particulier les maladies mentales, surtout dans le monde d’aujourd’hui ».
« Dans le passé, il a pu y avoir une confusion avec certaines maladies neurologiques étranges comme la maladie de Tourette, certaines formes d’épilepsie du lobe temporal, l’épilepsie, ce genre de choses. La plupart de ces maladies neurologiques et autres sont mieux comprises dans le monde d’aujourd’hui comme ayant une base cérébrale, mais il y a encore pas mal de gens, parfois parmi les chrétiens les moins informés, qui interprètent certaines formes de maladies mentales comme démoniaques ».
« Je pense que c’est une erreur. Les conditions qui sont le plus souvent confondues avec la possession dans certaines sous-cultures chrétiennes sont des troubles psychotiques tels que la schizophrénie, où les gens prétendent qu’ils entendent des voix de démons et d’autres choses. Or, il s’agit là d’événements cérébraux, d’expériences hallucinatoires. Ce n’est pas, ce n’est pas de la possession ».
« D’autres personnes ont mal interprété ce qu’on appelle le trouble dissociatif de l’identité, qui s’appelait autrefois le trouble de la personnalité multiple, où il peut y avoir une personnalité maléfique, voire une personnalité d’apparence démoniaque, mais qui doit toujours être reconnue comme un trouble psychologique, et non comme une possession. Et puis il y a des gens qui ont des pulsions maléfiques très fortes ».
Une municipalité en lien avec l’islamisme
Le lundi 3 avril, Jean-Eudes Gannat est passé devant le Tribunal judiciaire d’Angers pour diffamation. Il lui est reproché d’avoir affirmé dans une vidéo datant de novembre 2021 :
« Il y a des gens, au conseil municipal de Trélazé, qui sont des chevaux de Troie de l’islamisme. »
Izzet Albayrak, adjoint au maire de la commune (située dans le Maine-et-Loire) et président de l’Union des entrepreneurs franco-turcs a décidé de porter plainte.
Pourtant, les accusations adressées à l’encontre de M. Albayrak et de plusieurs membres du conseil municipal ne sont pas sans fondement. Le conseil municipal de Trélazé a par exemple voté une subvention de 40 000 € à l’Association Culturelle des Musulmans de Trélazé (ACMT), association qui a soutenu Hassan Iquioussen, l’imam frériste expulsé pour avoir fait l’apologie d’Oussama Ben Laden.
Radouane Frikache, un autre conseiller municipal de Trélazé, organisait en 2013 une conférence sur l’islam avec Marwan Muhammad, président du CCIF, organisation dissoute pour ses liens avec la mouvance islamiste, et Hassan Iquioussen.
En première instance, le procureur de la République a rappelé que Monsieur Gannat risquait jusqu’à 45 000 € d’amende. L’Association de Soutien aux Lanceurs d’Alerte soutient ce lanceur d’alerte jusqu’au délibéré, le 24 avril et au-delà s’il souhaite faire appel. Il est possible de les aider à financer les frais de justice.
Nouvelle loi pro-vie en Floride
Une proposition de loi a été adoptée lundi par le sénat de Floride, visant à interdire tout avortement au-delà de six semaines. La loi doit encore passer devant la chambre des représentants de l’État, dominée par les Républicains, avant d’atterrir sur le bureau du gouverneur républicain Ron DeSantis.
Ce texte prévoit également d’interdire la prescription de pilule abortive via téléconsultation et de poursuivre au pénal les médecins qui aideraient les femmes à avorter.
Une loi votée l’an dernier interdit déjà l’avortement au-delà de 15 semaines de grossesse.
I-Média – Trump inculpé : l’ombre de Soros ?
Cette semaine dans I-Média, Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin ouvrent le bal avec la météo de l’info, et l’air sera plutôt léger et frivole avec le secrétaire d’État Marlène Schiappa, à la une du magazine Playboy.
On continue avec la traditionnelle image du jour : la comparution de Trump devant un tribunal de New York, une grande première pour un ancien président des Etats-Unis.
Puis pour le dossier du jour, nouvelle étude de l’INSEE qui illustre la situation des immigrés et des descendants d’immigrés en France.
Et puis il sera temps de passer aux pastilles de l’information !
Sans oublier un « Portrait piquant » de Xavier Niel, un homme de média totalement incontournable pour comprendre les enjeux de la presse.
La crise du sacerdoce n’est au fond qu’une crise de foi
Extrait de l’éditorial de Philippe Maxence dans L’Homme Nouveau :
[…] Parmi les nombreuses ruptures avec la Tradition de l’Église, les conclusions du synode allemand ont avancé une nouvelle fois la possibilité du mariage des prêtres. Comme un serpent de mer, cette idée hétérodoxe ne cesse d’être proposée comme devant résoudre la crise des vocations.
Jusqu’à la fin du monde, il faudra certainement rappeler qu’il n’y a pas d’autre prêtre possible que configuré au Christ.
Mais, à côté de ce rappel et de toutes ses conséquences, il n’est pas inutile de se plonger aussi dans… la littérature anglaise. Je relisais récemment l’un des volumes des Chroniques du Barsetshire, ce comté imaginaire né sous la plume d’Anthony Trollope (1815-1882).
Dans le roman intitulé Les Tours de Barchester, Trollope met en scène un ensemble de personnages de l’Église anglicane, depuis l’évêque Proudie jusqu’à son chapelain, M. Slope, en passant par l’archidiacre Grantly et d’autres membres du clergé. Comme il se doit, tous ces ecclésiastiques sont mariés ou comptent bien l’être un jour ou l’autre.
Et c’est ainsi que sans le vouloir, l’auteur met en lumière bien des aspects négatifs du mariage des prêtres, que l’on s’évertue à nous proposer comme une solution, par négation de la Tradition de l’Église, mais sans même voir les aspects strictement humains de cette proposition.
L’évêque Proudie est en effet sous la domination de son épouse qui assume pleinement à sa place le rôle de tête du diocèse. Son chapelain, pour entrer dans les bonnes grâces d’une femme convoitée, n’hésite pas à intriguer pour qu’un poste échoie au père, ecclésiastique lui aussi, de celle-ci. Enfin, à peine nommé à la tête d’une paroisse, un jeune clerc vit le drame intérieur d’un amoureux qui n’ose déclarer sa flamme plutôt que de s’occuper de ses ouailles.
Des situations très terre à terre et qui éloignent toujours plus des réalités spirituelles des hommes normalement dévoués à Dieu et aux âmes.
Seigneur, à qui irions-nous ?
La crise du sacerdoce n’est au fond qu’une crise de foi. La nôtre, trop tiède, trop mondanisée, pas assez tournée vers le Christ. […]
« Nous aurons à justifier notre volonté de vivre »
Christophe Régnier, Françoise Bourlière et Christèle Périsse, touchés par une grave maladie, signent une tribune contre l’euthanasie dans Le Figaro :
Nous, malades, prenons la parole en faveur des soins palliatifs et d’accompagnement, qui soulagent la douleur, et appelons à refuser l’euthanasie (ou sa version préliminaire, le suicide assisté), parce qu’elle accroîtrait, au lieu de les réduire, la souffrance et l’injustice. Nous avons l’expérience de la maladie, nous savons combien dès l’annonce du diagnostic autre chose commence et qui n’est pas ce qu’on croit. Nous savons ce qui aide le malade et ce qui lui nuit. Lanceurs d’alerte, nous mettons en garde contre la double mystification qui pèse sur le débat : le problème tel qu’il est posé exprime une méconnaissance de bien-portant, et sa présentation dissimule la réalité économique.
On parle d’un « droit de mourir dans la dignité ». Ceux qui parlent ainsi ne sont pas amis des malades. Cela revient à dire à ceux qui souffrent : vivre dans votre état est indigne, ayez la dignité
de mourir. Entendons Philippe Pozzo di Borgo, modèle du film Intouchables :
«Vous ne vous rendez pas compte du désastre que provoque chez les personnes qui se débattent avec des vies
difficiles votre soutien à l’euthanasie ou au suicide assisté comme des morts « libres, dignes et courageuses ».
Les faits incontestés sont que presque personne n’a envie de mourir, jeune ou vieux, malade ou bien-portant, et les malades moins que les autres, figurez-vous, car la maladie mortelle est une puissante incitation positive à vivre, qu’il ne faut pas ramener à la peur de la mort, alors que le bienportant, s’imaginant que la maladie est tout le contraire de la vie, déclare parfois, de loin, qu’il lui préférera la mort. Le prétendre n’est pas plus sérieux que ces gens jeunes qui déclarent ne pas souhaiter vieillir. Quand vous serez très malades, un désir de vivre qui exprime la vie et non la peur de la mort vous fera accepter des peines dont le bien-portant s’imagine qu’il leur préférerait la mort.
Comprenez que lorsque le malade déclare : « Je n’en peux plus, je voudrais mourir », ce langage indirect est pour lui la seule façon de dire « vous me laissez trop seul », « tu ne viens pas me voir assez souvent », « est-ce que tu tiens à moi ? ». La loi qu’on prépare lui fera rentrer ces paroles dans la gorge et, en le forçant à ce choix faussement libre qu’il ne demande pas, l’enfermera dans la solitude. L’euthanasie ne sera pas obligatoire, mais la situation du malade dépendant sera renversée : nous aurons à justifier notre volonté de vivre, devant nous-mêmes comme devant notre famille et la société. Demander à vivre deviendra égoïste, vouloir vivre sera se mettre dans son tort. […]
Messe vespérale du Jeudi saint « In Cæna Dómini »
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Le graduel de la Messe vespérale du Jeudi saint exalte le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens dont vous pourrez lire le texte et sa traduction plus bas juste après l’Introït. Ce graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième est ajouté mórtem aútem crúcis, et le troisième l’on entend la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties.
Introït : Nos autem
La messe vespérale du Jeudi saint commémore, on le sait, l’institution de la Sainte Eucharistie et du Sacerdoce. L’Introït et le Graduel de cette messe nous montrent le lien étroit qui existe entre la messe et la Croix, lien que nous avons trouvé en sens inverse dans la Communion du dimanche de la Passion. La première phrase de l’Introït est empruntée à l’Épître de saint Paul aux Galates, dans la conclusion de cette lettre, et la suite a été ajoutée par l’Église.
Nos autem gloriari oportet in cruce Domini nostri Jesu Christi : in quo est salus, vita et resurrectio nostra : per quem salvati, et liberati sumus.
Pour nous il faut nous glorifier dans la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est notre salut, notre vie et notre résurrection, et par qui nous avons été sauvés et délivrés.
La mélodie est, comme il convient, assez triomphale, pleine d’ardeur mystique et de ferveur, avec un beau crescendo dans la première phrase vers Domini nostri, qui se renouvelle dans la deuxième phrase vers vita. La troisième phrase est plus calme et contemplative. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 66, petit psaume messianique annonçant la conversion de tous les peuples, ce qui sera un des fruits du sacrifice de la croix :
Deus misereatur nostri, et benedicat nobis : illuminet vultum suum super nos, et miseratur nostri.
Que Dieu ait pitié de nous et nous bénisse, qu’il fasse briller sur nous son visage et ait pitié de nous.
Graduel : Christus factus est
Comme l’Introït, le Graduel de la messe vespérale du Jeudi saint exalte aussi le sacrifice du Christ sur la Croix, et son texte est également de saint Paul, ce qui est pourtant assez rare dans les chants de la messe. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens :
Christus factus est pro nobis obediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exsaltavit illum, et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.
Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom.
Ce Graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième on ajoute mortem autem crucis, et le troisième on ajoute la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce Graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres Graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties. La première est sombre et grave surtout le mot crucis qui s’enfonce dans les profondeurs. La deuxième, au contraire s’élève dans les hauteurs avec enthousiasme, particulièrement la grande vocalise aérienne ornant le mot illum, pronom qui désigne le Christ.
Ajoutons que cette messe ne comporte qu’un chant entre l’Épître et l’Évangile. Il n’y a donc pas d’Alléluia, bien entendu, mais il n’y a pas non plus de Trait.
Offertoire : Dextera Domini
Ce chant d’Offertoire était déjà celui du troisième dimanche après l’Épiphanie et l’on pourra s’y reporter. Ajoutons seulement qu’il est placé aujourd’hui dans la bouche du Christ, qui y rend grâce par avance à son Père pour la victoire de la résurrection, déjà mentionnée dans l’Introït. Le psaume 117 d’où est tiré ce chant est d’ailleurs, nous le verrons, le psaume pascal par excellence.
Communion : Dominus Jesus
Le chant de Communion de la messe vespérale du Jeudi saint est tiré de l’Évangile qui est lu à cette messe, celui du lavement des pieds, au chapitre 13 de saint Jean.
Dominus Jesus, postquam cenavit cum discipulis suis, lavit pedes eorum, et ait illis : Scitis quid fecerim vobis, ego Dominus et Magister ? Exemplum dedi vobis, ut et vos ita faciatis.
Le Seigneur Jésus, après avoir pris le repas avec ses disciples, leur lava les pieds et leur dit : Savez-vous ce que je viens de faire pour vous, moi qui suis votre Seigneur et Maître ? Je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez de même.
Après avoir lu les paroles de l’institution de l’Eucharistie dans l’Épître de saint Paul aux Corinthiens, l’Église a voulu retenir, pour être lue à l’Évangile de cette messe, cette sublime leçon d’humilité et de charité, qui en éclaire toute la signification. La mélodie de ce chant est un simple récitatif, assez régulier ; seul le mot Scitis au moment où le Christ prend la parole, est souligné par une belle montée expressive.
C’est un cas Binet
Au nom de la liberté d’expression, la nouvelle patronne de la CGT refuse de répondre à un média :
Sophie Binet : «Je ne souhaite pas répondre à CNEWS» pic.twitter.com/KyKB3VgZLu
— CNEWS (@CNEWS) April 6, 2023
La CEDH affirme qu’un papa est un père et qu’une maman est une mère
Le 4 avril, la CEDH a rendu deux arrêts similaires, A.H. et autres c. Allemagne et O.H. et G.H. c. Allemagne, estimant que le refus d’inscrire en tant que mère une femme transgenre, ou celui d’enregistrer comme père un homme transgenre qui a accouché, ne violait pas le droit à la vie privée.
Dans la première affaire, une femme transgenre souhaitait être reconnue comme mère alors que ses gamètes mâles avaient été utilisés pour concevoir l’enfant. Une demande rejetée par l’officier d’état civil le 15 juillet 2015, puis en première instance le 11 janvier 2016, par la Cour fédérale de justice ensuite le 29 novembre 2017, et enfin par la Cour constitutionnelle fédérale le 9 août 2019.
Dans la seconde décision, la CEDH se fonde sur la même loi allemande. Dans cette affaire, il s’agit d’un homme transgenre qui souhaite être inscrit comme père de l’enfant, après lui avoir donné naissance en 2013. Il avait changé de genre en 2011.
Dans les deux arrêts, le lien de filiation n’ayant pas été mis en cause, la Cour conclut que l’article 8 de la Convention sur le droit à la vie privée n’a pas été violé.
Mgr Pierre-Yves Michel nommé à Nancy
Mgr Pierre-Yves Michel est nommé ce jeudi 6 avril évêque de Nancy. Il était depuis 2014 évêque de Valence. Il succède à Mgr Jean-Louis Papin.
De retour d’Arabie Saoudite, le ministre de la culture très préoccupé par les menaces que subit Bilal Hassani
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Alors que le chanteur déguisé en femme a décidé d’annuler son concert dans une église, le ministre de la Culture Rima Abdul Malak s’est dite mercredi soir, au micro de France Inter, « très préoccupée » par « les menaces, les attaques » que subit Bilal Hassani. « Ces attaques contre Bilal Hassani, ce sont ni plus ni moins des attaques homophobes, des attaques transphobes. C’est la haine de tout ce qui se rapproche de l’univers queer », a t’elle estimé.
Cette intervention intervient moins d’un mois après le retour du ministre franco-libanaise au royaume d’Arabie Saoudite. Le 12 mars dernier, le Ministre de la culture Rima Abdul Malak s’est rendu en « Arabie heureuse » à l’occasion d’un accord signé entre le Centre Pompidou avec la commission royale pour Al-Ula, une alliance stratégique qui confirme le « soft power » initié par l’Arabie Saoudite depuis quelques années.
Depuis l’arrivée au pouvoir en 2017 de Mohammed ben Salmane, le taux d’exécutions a doublé. Il y a eu 147 exécutions de condamnés à mort l’année dernière, dont certains mineurs au moment des faits. Les familles ne sont pas prévenues des exécutions et elles ne savent pas où se trouvent les corps. Est-ce que Rima Abdul-Malak y a pensé en dinant avec les officiels saoudiens ?
L’homosexualité est un délit passible de la peine capitale en Arabie saoudite, connue pour son interprétation stricte de la charia, la loi islamique. En avril, le royaume avait déclaré avoir demandé à Disney de supprimer les « références LGBTQ » du film de Marvel Doctor Strange in the Multiverse of Madness, ce qui lui avait été refusé. Le film n’avait finalement pas été projeté dans le pays.
Les autorités saoudiennes ont saisi des jouets et des vêtements aux « couleurs de l’homosexualité », jugés « contraires à la foi musulmane » dans des magasins de la capitale Riyad, ont rapporté les médias d’Etat. La monarchie du Golfe a fait ces dernières années la promotion de réformes sociales visant à donner une image plus libérale au monde et à sa jeunesse, mais le conservatisme religieux et la répression politique restent très importants. « Nous contrôlons les produits contraires à la foi musulmane et la morale publique et qui affichent les couleurs de l’homosexualité, en ciblant la jeune génération », a déclaré un responsable du ministère du Commerce.
Pourquoi Bilal Hassani a voulu se « produire » dans un bâtiment produit par la culture religieuse occidentale demeure une question sans réponse. Pourquoi le ministre qui le défend va signer de juteux accords commerciaux avec un des pays les plus homophobes du monde en est une autre.
Genève : l’interdiction d’une procession viole la liberté de conscience
Une paroisse de la Fraternité St-Pierre basée à Genève avait sollicité l’autorisation d’organiser une procession de la Fête-Dieu en juin 2022.
Le Département de la sécurité (DSPS) avait refusé la manifestation car il s’agirait d’une atteinte grave à la liberté et aux droits d’autrui à la neutralité cultuelle du domaine public. La paroisse avait fait recours contre cette décision auprès de la Chambre administrative de la Cour de justice.
Dans un arrêt rendu public le 31 mars 2023, la Chambre a conclu que ce refus violait le principe de proportionnalité et la liberté de conscience et de croyance.
La dé-dollarisation du monde, un mouvement irréversible
Dans Le Figaro, Renaud Girard estime que la fin de la domination du dollar est en cours
[…] la crise financière internationale de 2008 renforça paradoxalement le dollar. Dans une conférence de presse de mars 2009, Barack Obama prédit que le dollar conserverait sa domination dans les échanges et les réserves de la planète. Son argument n’était pas économique mais politique : « Car l’Amérique a le régime le plus stable et le plus transparent du monde! » Tout le monde comprend en effet comment fonctionne le budget, la Réserve fédérale et le système financier américains alors que leurs équivalents chinois apparaissent opaques. Le dollar reste la devise refuge par excellence. Quand il y a une crise financière mondiale, les investisseurs se réfugient sur le dollar, même si la crise est d’origine américaine. C’est ce qui s’est passé en 2008-2009, où le dollar s’est réévalué par rapport à l’euro et au yen. Aujourd’hui, il représente encore 59 % des réserves mondiales de change (contre 72 % en 1999).
Mais, en transformant leur monnaie en arme de pression politique, les Américains ont, sans le vouloir, entamé un mouvement mondial de destitution du roi dollar.
En 2014 la BNP dut payer 9 milliards de dollars d’amende aux États-Unis pour avoir, légalement au regard des droits européens et français, financé (en dollars) des exportations depuis Cuba, le Soudan et l’Iran. Mais ces trois pays étaient sous embargo américain. Comme la compensation s’est faite à New York sur le compte de la BNP (une écriture électronique d’un millionième de seconde), la justice américaine s’est déclarée territorialement compétente. Voilà comment les Américains ont imposé leur droit aux autres pays de la planète. Et les sociétés européennes ont dû s’y conformer, comme on l’a vu lorsqu’elles quittèrent l’Iran en 2018, après que Trump eut unilatéralement dénoncé l’accord nucléaire de Vienne de 2015.
L’étape suivante de la « weaponisation » du dollar fut, en 2022, après l’agression de la Russie contre l’Ukraine, le gel des réserves de change de la banque centrale russe libellées en dollars. Les dirigeants non-occidentaux se sont alors dit : « Si je suis en guerre avec un voisin et que ce conflit ne plaît pas à Washington, je peux perdre brutalement une grande partie de mes réserves de change. Je vais donc diminuer drastiquement mon commerce en dollars. » C’est ce que fait désormais la Russie, mais aussi l’Arabie saoudite. Sa dernière facture pétrolière à la Chine a été libellée en renminbi (dont le marché offshore atteint déjà l’équivalent de 200 milliards de dollars).
Qui plus est, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) envisagent de créer leur propre monnaie pour financer leurs échanges. La Chine a déjà mis au point son propre système de règlements électroniques interbancaires. Il offre une alternative au système Swift, coopérative contrôlée par les Occidentaux.
La dé-dollarisation du monde ne s’achèvera pas du jour au lendemain. Mais c’est clairement un mouvement irréversible.
Le terroriste Jean-Marc Rouillan plus honorable que le philosophe Sylviane Agacinski
Le député LR Patrick Hetzel a interrogé le 4 avril Sylvie Retailleau, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, à propos de l’étrange conception de la liberté d’expression de l’université Bordeaux-Montaigne :
Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il y a quelques mois, madame la ministre, la présidence de l’université Bordeaux-Montaigne a interdit de parole Mme Sylviane Agacinski, philosophe, estimant que son intervention créerait un risque de trouble à l’ordre public.
Mme Émilie Bonnivard : Incroyable !
M. Patrick Hetzel : La semaine dernière, la même présidence laissait s’exprimer au sein de l’université M. Jean-Marc Rouillan, condamné pour apologie du terrorisme et pour deux assassinats à caractère terroriste.
M. Olivier Marleix : Quelle honte !
M. Vincent Descoeur : Scandaleux ! Nous sommes sur Mars !
M. Patrick Hetzel : Dans une interview, il avait ainsi déclaré au sujet des frères Kouachi : « J’en ai marre des poncifs antiterroristes […]. Moi je les ai trouvés très courageux […]. » Tout cela est pour le moins choquant : je n’ose imaginer, madame la ministre, que vous combattiez la philosophie et protégiez le terrorisme. Vous assurez la tutelle des universités ; vous avez mission de garantir qu’elles respectent la légalité ;…
M. Maxime Minot :Eh oui !
M. Bruno Bilde : Évidemment !
M. Patrick Hetzel :…mais étrangement, à ce sujet, on ne vous a pas entendue. Ma question sera donc double : pourquoi ce silence assourdissant, et que comptez-vous faire en vue de combattre cette inacceptable inversion des valeurs ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs du groupe RN. – Mme Blandine Brocard applaudit également.)
Mme la présidente :La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Mme Sylvie Retailleau, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche : Comme vous l’avez évoqué, monsieur Hetzel – vous êtes bien placé pour le savoir –, l’autonomie des universités constitue un fait historique,…
M. Vincent Descoeur : Cela n’autorise pas tout ! Il y a aussi la loi !
Mme Sylvie Retailleau : …qui ne leur permet cependant pas tout. Lorsqu’on ne s’exprime pas, on travaille : on œuvre afin de maintenir le calme, d’éviter les blocus, de conserver aux universités leur liberté académique, aux étudiants et aux personnels le droit d’y accéder. (Exclamations continues sur les bancs du groupe LR.)
M. Pierre Cordier : Deux poids, deux mesures !
Mme Sylvie Retailleau :Je le répète, c’est un travail que nous accomplissons quotidiennement pour nos étudiants. (Mme Émilie Bonnivard s’exclame.)
M. Fabien Di Filippo :Vous êtes la ministre des repas au Crous !
Mme la présidente :S’il vous plaît, chers collègues !
M. Fabien Di Filippo : Répondez sur le fond, madame la ministre !
Mme Sylvie Retailleau : Puisque ces sujets vous intéressent, voyez ce que nous venons de faire concernant les bourses, les récentes annonces touchant les universités ! (Huées sur les bancs du groupe LR.)
M. Pierre Cordier : Quelle médiocrité !
M. Fabien Di Filippo :C’est honteux !
M. Vincent Descoeur :La question ne portait pas sur les menus du Crous. Vous devriez prendre des sanctions, madame la ministre !
Mme la présidente : La parole est à M. Patrick Hetzel.
M. Patrick Hetzel : Madame la ministre, votre réponse est incroyable. Avez-vous bien conscience que la même université interdit à Mme Agacinski de s’exprimer dans son enceinte…
M. Maxime Minot : Eh oui !
M. Patrick Hetzel : …sans que personne trouve à redire à cette décision inquiétante, et entérine l’apologie du terrorisme, ce qui ne semble pas vous déranger ? (Exclamations et applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.)
M. Maxime Minot :C’est hallucinant ! Démission !
M. Patrick Hetzel : En tant que ministre de l’enseignement supérieur, il vous revient, encore une fois, de vous assurer que la liberté académique, que nous devons évidemment défendre, ne franchisse pas les bornes de la légalité !
Mme la présidente : Merci, cher collègue.
M. Patrick Hetzel :Vous-même avez pu constater que, trois jours après les faits dont je vous parle, l’université Bordeaux-Montaigne était fermée pour plusieurs mois à la suite de dégradations massives. Tout cela est intolérable ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs du groupe RN.)
Le Charnier de la République
L’historien Joachim Bouflet vient de publier un ouvrage sur la Grande Terreur à Paris (juin-juillet 1794), intitulé Le Charnier de la République. Un ouvrage à mettre entre les mains des robespierristes mais aussi de ceux qui prennent à la légère le retour de l’extrême-gauche à l’Assemblée nationale. Cet épisode a été marqué par l’exécution à Paris, place du Trône Renversé – aujourd’hui place de la Nation -, de plus de 1300 personnes en six semaines. L’auteur raconte les jugements expéditifs d’accusés sans défense pris par le tribunal révolutionnaire présidé par le terrible Fouquier-Tinville. Il est le père de ceux qui diabolisent et condamnent sans procès des opposants politiques, voire toute personne qui ne pense pas correctement.
Ces exécutions en masse ont nécessité le creusement de fosses communes pour recevoir les corps des victimes, véritables charniers institutionnalisés dont les pouvoirs publics ont tenté en vain d’effacer la mémoire, avant qu’ils deviennent un cimetière privé : le cimetière de Picpus. Nombreux sont ceux qui ont été mis à mort pour leur fidélité à la religion et à la foi de leurs ancêtres, comme les bienheureuses carmélites de Compiègne, mais aussi dix-huit autres serviteurs de Dieu ainsi qu’une multitude de martyrs. Ces pages rendent hommage à ces chrétiens héroïques envers lesquels la République n’a jamais fait de mea culpa. Nombre de laïcs ont été envoyés à l’échafaud comme « fanatiques », et l’on sait que ce terme revêt une haine de la foi catholique. Ainsi Elisabeth Minet, couturière de 46 ans, arrêtée car elle a « cherché à réveiller le fanatisme en colportant et mettant en vente des figures superstitieuses ». Son crime ? Faire commerce de figurines de la Vierge et des saints. Taxée de fanatisme par le tribunal, elle réplique :
« Je ne connais pas de loi qui ait ordonné de faire disparaître tous ces objets ; je vous avoue que je voulais pour ma satisfaction avoir une figure de la bonne Vierge, parce que je suis attachée à la divinité ».
Cette naïve profession de foi suffit à la faire transférer à la Conciergerie, d’où elle ne sort que pour être menée à la guillotine le 16 juin 1794.
Une majorité pro-mort à la Cour Suprême de l’Etat du Wisconsin
Le Wisconsin fait partie des Etats qui ont fortement restreint l’avortement depuis la décision de la Cour Suprême. Les cliniques offrant l’avortement avaient temporairement arrêté de fournir leurs services de mort en raison d’une vieille loi qui interdit totalement les avortements.
Mais les électeurs du Wisconsin ont élu mardi la progressiste Janet Protasiewicz à la Cour suprême de cet État du nord des États-Unis. Avec cette victoire élection, la haute institution du Wisconsin compte désormais quatre juges progressistes contre trois conservateurs.
L’élection était considérée comme l’une des plus importantes de l’année aux États-Unis, car de son résultat dépendrait le sort du droit à l’avortement dans cet État.
La loi bannissant l’avortement au Wisconsin, datant de 1849, devrait être examinée dans les mois à venir par la Cour suprême de cet État.
Patrick Buisson : « Le RN n’arrivera jamais au pouvoir tant que Marine Le Pen en sera la candidate »
Analyse et perspectives électorales par Patrick Buisson [source] :
« Pour l’essayiste Patrick Buisson, les chances de voir la fille Le Pen à l’Élysée sont quasi-nulles, voire nulles tout court. Interrogé par nos confrères du Point à l’occasion de la sortie de son livre Décadanse (éditions Albin Michel) le 13 avril prochain, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012 estime que «Marine Le Pen ne peut pas gagner», car désormais confrontée à un barrage «plus étanche que le front républicain: (celui) des retraités».
Ce dernier compte 17 millions d’électeurs, «33% des inscrits mais 45% des votants au second tour de la présidentielle, dont trois sur quatre ont rejeté l’ancienne présidente du RN», indique-t-il. Et d’ajouter: «Notre système de retraite par répartition est une machine à transformer les progressistes en conservateurs. Les boomers qui se positionnaient pour 42 % à gauche en 2002 ne sont plus que 28 % à le faire en 2022. Entre-temps, ils sont devenus des retraités.»
Alors que «Marine Le Pen est la dernière à brandir le fétiche archéo-marxiste de la lutte des classes – alors que même Mélenchon s’est rallié aux luttes intersectionnelles», selon le politologue, le «nom Le Pen» évoquerait chez les retraités un «imaginaire d’embrasement général, avec l’explosion des banlieues, de chaos économique, et, maintenant, de guerre sociale avec sa stratégie “classe contre classe“». Ainsi, pour Patrick Buisson, le «plafond (de Le Pen) n’est plus de verre, mais en béton armé.»
Le RN n’aurait également que peu profité des dernières élections législatives, avance-t-il, puisqu’elles ont été la preuve que «Le Pen n’avait plus le monopole de l’opposition» et de l’«antimacronisme», en raison de la percée de la Nupes. Face à l’alliance de gauche, où règne une «dérive zadiste» d’après Patrick Buisson, Marine Le Pen «fait le pari de la respectabilité». Or, «l’antiparlementarisme ne fera pas de tri», analyse-t-il. Et de cingler: «Le RN n’arrivera jamais au pouvoir tant que Marine Le Pen en sera la candidate. Il n’en sera peut-être pas de même le jour où il se trouvera un nouveau champion.»
Samedi Saint : provocation antireligieuse de l’extrême-gauche à Saint Pierre de Colombier
Alors que la Famille Missionnaire de Notre Dame vient de remporter deux victoires judiciaires importantes dans le cadre de son projet de construction, l’extrême gauche écologiste et radicale ardéchoise s’apprête à manifester autour de l’église et de la communauté le samedi 8 avril, Samedi Saint, date qui n’est pas choisie au hasard car de nombreux pèlerins viendront pour le Tridium Pascal.
L’appel à manifester est relayé par tout ce que l’Ardèche compte de mouvements d’extrême gauche les plus radicaux mais aussi les plus confidentiels. Au total, 30 associations ou partis appellent à cette provocation antireligieuse. Ce qui est rassurant pour la démocratie, c’est que si 200 à 300 personnes sont attendues, cela ne représente en moyenne qu’entre 6 et 10 personnes par association.
L’appel à manifester vaut le détour :
« (…) Ne laissons pas des religieux d’extrême-droite détruire la vallée de la Bourges ! En Ardèche, à Saint-Pierre de Colombier, une congrégation religieuse ultra-réacs menace de bétonniser plus de 35000 m2 d’espace naturel remarquable (…) Nous dénonçons le caractère liberticide, sectaire, homophobe, sexiste, raciste… des porteurs du projet et une totale aberration écologique et démocratique (…)
En outre, la « Famille Missionnaire de Notre Dame » est une congrégation catholique ultra-traditionnaliste. Il n’y a qu’à aller sur leur site pour découvrir leurs penchants idéologiques : Cette communauté se dit contre l’avortement et la contraception. Elle est favorable à une éducation stricte des enfants et considère les homosexuels comme des êtres « déviants » qu’il faut « soigner ». Elle est également ouvertement anti-islam, et prosélyte. Leurs principaux soutiens sont des groupuscules d’extrême droite fascistes, violents, antisémites et anti-écolos tel que le « Salon Beige » (…). Enfin, bien qu’ils ne vivent pas au village, ces religieux ont réussi à s’accaparer massivement les urnes pour élire leur maire et faire passer en force ce funeste projet (…)
Ami·es écologistes, zadistes, militant·es antifascistes, paysan·nes et à tous ceux et celles qui considèrent qu’il faut d’urgence mettre fin à la bétonisation de la nature, à la violence d’état et aux idées d’extrême droite. »
Le collectif « Pour notre vallée, la Bourges » qui défend le projet et soutient la communauté a exprimé son inquiétude et a communiqué sur ce sujet, sans doute pour alerter les autorités publiques des risques à l’ordre public probables :
Les organisateurs savent très bien que ce jour là plusieurs centaines de personnes seront présentes dans le village pour participer au « Triduum Pascal » qu’organise chaque année la FMND (…). Ces pèlerins viennent prier et se recueillir dans le calme, souvent en silence, loin du tumulte du monde. Ce temps de retraite est attendu par ces catholiques qui, bien souvent, n’ont pas le temps ni la possibilité dans leurs paroisses de se recueillir comme ils le souhaiteraient.
Mais cette année, ils devront subir les « déambulations » des opposants dans le village. Il est permis de penser que des dérapages auront lieu sous la forme de moqueries, de provocations, d’insultes ou de graffitis sur les murs comme cela s’est déjà produit à plusieurs reprises : haie d’honneur avec poings levés pour la sortie de la messe, pancarte « vos mères auraient dû avorter » devant la statue de Notre Dame des Neiges, inscriptions sur des murs et des ouvrages « non aux cathos intégristes » et « Dieu est mort » (…). Il est impensable qu’au même moment, dans le si petit village de Saint Pierre de Colombier, plusieurs centaines de pèlerins et de manifestants, dont les idées sont totalement opposées, puissent se croiser sans heurts.
Il est évident que ce rassemblement du 8 avril est une folie et il convient d’indiquer que l’association « pour l’avenir de la Bourges », organisatrice de la journée, s’est rendu coupable d’une provocation en ayant choisi cette date ; sa responsabilité sera écrasante en cas d’incidents fâcheux. [source]
« L’affaire est menée avec sérieux et une mobilisation conséquente est attendue (…) Mais hormis quelques retraités consacrant leur temps libre à s’indigner et de jeunes néo ruraux déstructurés tentant de s’enraciner en Ardèche, il est peu probable que les « amis de la Bourges » reçoivent de nombreux soutiens ; de fait, nous pouvons attester que la grande majorité des habitants de la vallée de la Bourges et des villages voisins est excédée par ce qui se passe à Saint Pierre de Colombier et ne supporte plus qu’une minorité d’agitateurs cherche à bloquer un projet légal, source de profits.
Ces personnes de bon sens sont offusquées par le fait que le village fasse régulièrement la une des journaux locaux, l’hebdomadaire La Tribune en particulier dont la ligne éditoriale est scandaleusement partiale, sans parler des médias nationaux (le dernier reportage de France Inter est à cet égard un monument de désinformation et de médiocrité). Le ras-le-bol est palpable et la mouvance gauchiste locale est de plus en plus montrée du doigt, ce qui est somme toute rassurant. »
Le JDD nous apprend par ailleurs que Saint Pierre de Colombier fait partie des 42 sites sous surveillance du gouvernement au titre des foyers de contestation possible par les mouvements radicaux :
Ce sont 42 sites considérés comme des foyers de contestation plus ou moins chauds, mais que les préfectures surveillent comme le lait sur le feu. Face à la montée des tensions autour de projets d’infrastructures (parcs éoliens, axes autoroutiers, futur mégaméthaniseur…), le gouvernement a dressé pour la première fois une carte des endroits où les manifestations pourraient dégénérer et les luttes, s’agréger. « Les contestations se renforcent et de manière violente », justifie-t-on Place Beauvau (…)
Localement, le renseignement territorial scrute les mobilisations organisées par des mouvements anarchistes et écologistes, tels Les Soulèvements de la Terre – dont Gérald Darmanin a demandé la dissolution –, Extinction Rebellion ou encore Bassines non merci. »
Merci de bien prier pour la FMND et les pèlerins et pour que cette journée du Samedi Saint puisse se dérouler dans le calme et permettre le recueillement dans l’attente de la Résurrection.
N’hésitez pas à soutenir ce projet de construction en effectuant un don sur cette page dédiée et en visitant le site du collectif de soutien au projet et en le faisant connaître autour de vous.
L’art de la dispute à la française est encore possible
Le 13 avril, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles organise Le Grand Débat des Valeurs au Palais des Sports.
- Lors de cette soirée, interviendront notamment Christine Kelly et Mathieu Bock-Côté.
- Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, débattra face au journaliste Hugo Clément puis face à l’économiste Olivier Babeau.
- François-Xavier Bellamy, eurodéputé Les Républicains, débattra face à l’ancien Premier ministre Manuel Valls.
- Stanislas Rigault, président de Génération Z, débattra face à l’avocat Charles Consigny.
Nous avons interrogé Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction, pour en savoir plus :
Pourquoi organiser maintenant ce grand débat ?
Nous avons particulièrement regretté, l’année dernière, que l’élection présidentielle se déroule sans réels débats, et que la plupart des candidats, le futur vainqueur en tête, refusent de se confronter. Un an plus tard, chacun peut constater que le débat public, particulièrement à l’Assemblée nationale, se caractérise par des invectives, des chasses à l’hommes et des indignations stériles, et que ce n’est guère plus glorieux. Valeurs actuelles refuse de se résigner à cette défaite de l’esprit, et nous souhaitons avec cet évènement hors du commun démontrer que l’art de la dispute à la française existe toujours, que le débat d’idées est encore possible.
Et nous avons une seconde motivation, plus personnelle : il y a quelques mois, nos lecteurs se sont mobilisés pour nous sortir d’une mauvaise passe. À travers la campagne la campagne de mobilisation #JeSuisLàPourVA, où 10 000 abonnés nous ont rejoint, notre public nous a donné le nouvel élan qu’il nous manquait et la force pour continuer à défendre nos convictions. Nous voulions donc organiser une fête pour les remercier, et cette soirée sera largement consacrée également aux échanges et aux rencontres, autour d’un verre, avec ceux à qui nous devons notre indépendance.
Au-delà des personnalités annoncées, quels seront les thèmes de la soirée ?
Différents débats entre des personnalités politiques et médiatiques sont prévus lors de la première partie de soirée, parfois sur des thèmes sur lesquels nous ne sommes pas forcément attendus. Nous parlerons par exemple d’écologie avec Hugo Clément, et nous prendrons le temps de parler de biodiversité ou des difficultés rencontrées par les pêcheurs. Jordan Bardella évoquera le thème de l’intelligence artificielle et de ChatGPT. Stanislas Rigault et Charles Consigny débattront autour de l’avenir de la droite et Christine Kelly se confiera lors d’une intervention plus personnelle. Et la liste des invitations n’est pas figée, il y aura sans doute encore des surprises !
N’y avait-il personne d’autre à gauche pour participer ? Les mauvaises langues diront que Manuel Valls en profite pour revenir dans l’actualité. Les membres de la NUPES refuseraient-ils le débat ?
Nous avons envoyé plusieurs dizaines d’invitations à des personnalités de gauche, beaucoup sont restées sans réponse mais quelques personnalités ont eu la politesse de nous répondre. Il y a des négociations, certaines aboutissent, d’autres pas, c’est le lot et l’exigence de l’organisation de ce type d’évènements. Un petit secret : nous étions en discussions avancées avec un député de la NUPES, malheureusement le refus d’une personnalité de droite a annulé cette rencontre…
Concernant Manuel Valls, il n’a pas eu besoin de Valeurs actuelles pour être récemment invité sur plusieurs plateaux TV. L’annonce de sa venue a surpris plusieurs personnes mais nous voulions des personnalités qui surprennent et qui ne sont pas de notre bord politique. Même s’il y a de nombreux points de désaccords (son attitude lors de la Manif Pour Tous, entre autres), il a accepté de venir se confronter à François-Xavier Bellamy devant notre public qui, nous l’espérons réellement, saura lui reconnaître ce courage. S’il n’y avait pas d’invités de gauche, nous serions entre nous et cela s’appellerait une réunion de famille, pas un débat.
Provocation annulée
Voilà une provocation, pendant la Semaine Sainte, qui fait plouf. Même si l’église est désacralisée, le concert de Bilal Hassani, ex-candidat de la France à l’Eurovision, apparaissait comme une provocation (le chanteur est habitué des scènes limite pornos), destinée à faire parler d’elle. C’est à moitié réussi : si la provocation a en effet fait parler, elle n’a pas pour autant remplie les salles.
Le producteur justifie l’annulation par des menaces reçues. La réalité semble plus pratique : la tournée de Bilal Hassani est un bide et il convient de limiter les frais…
