Saint vendredi au Conseil d’Etat…
Communiqué des Juristes pour l’enfance :
L’audience se tiendra au Conseil d’Etat vendredi 7 avril à 15h, en appel contre la décision du juge des référés du TA de Paris rendue mardi 27 mars.
Juristes pour l’enfance demande au Conseil d’Etat de faire cesser l’atteinte grave à l’intérêt supérieur de l’enfant qui résulte de l’exposition publique au Palais de Tokyo à Paris du tableau intitulé « Fuck abstraction » de Miriam Cahn, représentant une fellation imposée par un homme nu en érection à un enfant à genoux et ligoté.
L’association demande au Conseil d’Etat :
- d’ordonner le retrait de ce tableau de l’exposition publique
- ‘ordonner au minimum que cette exposition soit réservée aux adultes
- Par le passé, la littérature a servi de prétexte pour justifier la pédophilie et les plateaux-télé faisaient bon accueil à des pédophiles racontant leurs exploits, sous couvert de littérature. A l’époque, ceux qui dénonçaient cette supercherie étaient conspués alors que, aujourd’hui, leur courage est salué et que la loi pénale exclut toute idée d’un prétendu consentement d’un enfant à un acte sexuel avec un adulte.
Au palais de Tokyo, c’est cette fois la peinture qui sert de prétexte à banaliser la culture du viol d’enfant. L’excuse invoquée d’une intention réelle ou supposée de la dénoncer ne justifie en rien de diffuser des scènes pédo-pornographiques.
Allons-nous encore mettre 30 ans pour réagir? La société doit protéger les enfants immédiatement ».
Au minimum, Juristes pour l’enfance demande que l’exposition soit interdite aux mineurs:
- parce que la loi sanctionne pénalement le fait de diffuser un contenu pornographique accessible à la vue des mineurs (article 227-24 du code pénal).
- parce que la confrontation d’un enfant à un contenu pornographique, d’autant plus violent ici qu’il s’agit d’un viol d’un enfant, constitue un viol psychique, susceptible de produire un effet déséquilibrant sur les jeunes en pleine construction identitaire et sexuelle, avec deux effets principaux: soit un effet d’exacerbation de la dimension sexuelle (menant à l’addiction, comportements désordonnés sur le plan de la sexualité, etc…) ; soit un choc traumatique ensuite inhibiteur de la sexualité, par l’écœurement et l’aversion qui resteront gravés dans la mémoire profonde du jeune en plein essor de lui-même, peu assuré encore dans l’expression de son identité sexuelle et en recherche de « modèles » identificateurs.
Le député RN qui a inauguré une mosquée quitte l’assemblée nationale
Le député Rassemblement national du Vaucluse, Joris Hébrard, va annoncer sa démission de l’Assemblée nationale. Une décision qui semble prise suite à sa participation réjouie, le 17 mars, à l’inauguration d’une mosquée franco-turque dans sa circonscription, au Pontet.
L’initiative a conduit le bureau exécutif du Rassemblement national à sanctionner d’un blâme le député.
Marine Le Pen précise que cette démission n’est d’aucune façon liée à l’inauguration de la mosquée :
« La décision de réintégration des soignants non vaccinés permet à Joris Hébrard de reprendre son métier de kinésithérapeute. Pour des raisons familiales, le rythme de l’Assemblée nationale était compliqué pour lui. Cela l’a décidé de reprendre sa place de maire du Pontet. »
Joris Hébrard réfute le terme de démission. Le maire du Pontet, Patrick Suisse, vient d’annoncer sa démission. Ainsi, Joris Hébrard pourrait redevenir maire et en vertu de la loi sur le non-cumul des mandats, ne pas pouvoir rester parlementaire. C’est sa suppléante, Catherine Jaouen, avocate, qui le remplacerait à l’Assemblée nationale.
Le nouveau sultan d’Ecosse pourrait instaurer une persécution LGBT des chrétiens
Quelques jours après l’élection du nouveau « sultan d’Écosse », Humza Yousaf, proche des islamistes, au poste de Premier ministre, l’esprit antichrétien se révèle comme l’une des caractéristiques du nouveau gouvernement.
L’animosité anti-chrétienne et la volonté de maintenir les privilèges des avorteurs et des conventions et lobbies LGBTI ont refait surface, confirmant les promesses de mettre en place des « zones tampons à l’extérieur des cliniques d’avortement », d’adopter une interdiction totale des « thérapies de conversion » et de « consolider » les droits des LGBTQ+ dans le pays.
Face à ce danger d’interdiction et de censure des chrétiens, tous les responsables des Eglises chrétiennes écossaises ont dû exhorter le gouvernement, le 3 avril, à reconsidérer son projet d’interdiction des « pratiques de conversion », qui pourrait porter atteinte à la liberté religieuse et à la liberté des parents. La lettre réaffirme que la Bible affirme clairement que toutes les personnes sont « faites à l’image et à la ressemblance de Dieu et que, en tant que telles, elles méritent d’être protégées contre les pratiques abusives et coercitives », mais que l’interdiction des « thérapies de conversion » irait bien au-delà de l’interdiction des abus et de la coercition. Au contraire, une telle interdiction criminaliserait tous les chrétiens pour avoir exprimé que
« le seul endroit pour l’activité sexuelle est dans le mariage d’un homme et d’une femme pour la vie, et que Dieu a créé chacun d’entre nous homme ou femme, selon sa volonté parfaite ».
Il est répété aux dirigeants écossais qu’
« en exploitant le langage chrétien de la « conversion », la législation promue par le gouvernement écossais porterait atteinte à un principe central du christianisme lui-même ».
Pour les dirigeants chrétiens écossais, c’est peut-être l’interdiction même de la foi chrétienne qui est le véritable « objectif explicite de nombreux promoteurs de la nouvelle législation ». Rappeler et réaffirmer l’enseignement biblique et chrétien sur la sexualité, confirmé par la biologie et des études médico-scientifiques toujours plus approfondies, n’est ni un abus ni une violence, alors qu' »interdire aux chrétiens d’expliquer l’enseignement de la Bible sur le bon plan de Dieu pour une prospérité humaine vraie et saine » ou « l’attention et les soins pastoraux », serait profondément répressif et constituerait une violation de la liberté de religion.
Pour le sultan à la tête du gouvernement écossais, fier promoteur de la doctrine du genre et des mœurs transgenres, la criminalisation même de chrétiens innocents simplement pour avoir enseigné ce qu’ils vivent et ont toujours enseigné dans leur tradition, dans la doctrine biblique et évangélique, pourrait être un point de fierté et de prestige. Le risque est réel.
Parmi les autres signataires de la lettre, le révérend William Philip a qualifié d' »alarmantes » les recommandations formulées par le « groupe consultatif d’experts » en octobre dernier et mises en œuvre par l’actuelle proposition du gouvernement écossais. Les recommandations/menaces comprennent « la révocation des droits des parents ou des tuteurs » s’ils « sont engagés dans des pratiques de conversion », le retrait « de leur licence professionnelle en tant que chef religieux ou de leur autorisation de travailler en Écosse dans ladite institution, ou le retrait du statut caritatif de l’institution religieuse » si le prêtre, l’évêque ou le chef religieux ne met pas fin à tout enseignement qui « réaffirme également les obligations religieuses et culturelles ».
Que vaut la vie de Marie-Caroline Schurr ?
Alors qu’Emmanuel Macron annonce un projet de loi « fin de vie » d’ici l’été, BV a choisi d’interroger Marie-Caroline Schürr. Cette « consultante en inclusion sociale et développement personnel », auteur du livre « Out of the box – La joie à roulettes » est atteinte d’une maladie génétique rare qui la prive de l’usage de ses jambes et de ses bras. Ce qui ne l’a jamais empêchée de mener à bien bon nombre de projets dont celui de partir seule sur les chemins de Compostelle : 400 km en fauteuil pour « expérimenter de manière très concrète les chemins de la Providence ». Un témoignage choc à méditer pour ceux qui réfléchissent à l’idée de légaliser l’euthanasie.
Plus de 220 contributeurs et plus de 55 000€ collectés pour l’abbaye Sainte-Marie de la Garde, pour son chantier de la Grande Espérance
La campagne de financement participatif se poursuit ! Les témoignages des donateurs sont encourageants :
« C’est une immense joie de soutenir le projet de la construction de l’Abbaye Sainte Marie de la Garde. Depuis 21 ans, installé en Lot et Garonne, quasiment en même temps que les premiers moines, nous avons vu année après année la communauté grandir pour devenir Abbaye indépendante en 2021. Merci pour votre prière, votre signe d’espérance en ce monde qui en a tant besoin. »
« Bravo pour votre confiance dans l’avenir de la chrétienté en construisant une abbaye »« Que Dieu soit avec vous pour votre projet et que perdure la foi catholique et ces moines qui ont fait la France pendant des millénaires »
L’abbaye Sainte-Marie de la Garde est une fondation de l’abbaye bénédictine Sainte-Madeleine du Barroux. Depuis vingt ans, elle est implantée dans le Diocèse d’Agen.
Florissante, la communauté de Sainte-Marie de la Garde lance un grand projet de construction. L’agrandissement est devenu indispensable, tant pour la vie monastique que pour l’accueil des fidèles. Ce développement est le signe que la communauté-fille du Barroux continue de s’enraciner et de rayonner !
Une nouvelle chapelle avec son grand clocher : telle est la première phase d’un ambitieux projet de construction à Sainte-Marie de la Garde.
Situé au centre de la future abbaye, ce bâtiment mettra nos cloches au cœur du monastère. Dans nos campagnes, le son des cloches est aussi le puissant signe d’une vie chrétienne.
Dès ce printemps 2023 commenceront les terrassements nécessaires à cette nouvelle chapelle et à son clocher. Suivront ensuite des travaux plus importants encore… Car notre monastère Sainte-Marie de la Garde ne cesse de grandir depuis 2002. Une première phase de travaux en 2009-2013 a permis d’augmenter la capacité du monastère à une vingtaine de moines.
Plusieurs vocations arrivées depuis, ainsi que notre érection en abbaye en 2021, nous incitent à construire aussi les autres bâtiments manquant encore à ce jour à une abbaye complète : cloître, chapitre, réfectoire, cellules, ateliers et même un jour, une abbatiale… !
Tous nos bâtiments seront construits dans un esprit roman, empreint de simplicité et de noblesse, tout en harmonie et en lumière. Nous faisons appel à des entreprises locales et bâtissons avec des matériaux naturels et durables.
Les dons issus de cette campagne de financement participatif sont destinés au clocher attenant à la chapelle. Nous avons atteint le premier palier symbolique des 50 000€ et espérons atteindre les 75 000€.
Pour toute information et contribuer à cette œuvre d’Espérance, cliquez ici :
Radio France au pèlerinage de Chartres ?
Dans une chronique publiée hier, un journaliste de Radio France s’interroge sur
La grande discrétion des catholiques français
C’est à se demander s’ils n’ont pas disparu de la circulation. On ne les voit plus, on ne les entend plus.
Qui peut-on citer aujourd’hui comme évêque médiatique, comme grand patron qui se revendique chrétien ou comme écrivain fier d’être catholique ? Pas grand monde.
Pourtant, le catholicisme est encore la première religion de notre pays : 29% des Français de 18 à 59 ans s’en réclament, selon les chiffres que l’Insee a publiés la semaine dernière. Mais ces millions de gens n’ont jamais été aussi timides. Notre consœur Sonia Mabrouk, dans son dernier livre, « Reconquérir le sacré », se demande pourquoi tant de chrétiens ont dévitalisé leur religion, comme si l’église n’avait plus sa place au centre du village. Et l’humoriste Gad Elmaleh s’étonnait récemment dans le Figaro Magazine qu’une grande majorité de catholiques ne vive pas sa foi au grand jour.
Comment l’expliquer ?
Il faut reconnaître que ce n’est pas simple de s’assumer catholique en ce moment. De très nombreux croyants sont terrassés – et il y a de quoi – par les horribles scandales sexuels qui secouent l’Eglise. Ils sont un peu désespérés, même s’ils n’y sont pour rien et même si l’écrasante majorité des prêtres sont sans reproche. Je vois aussi une autre raison à cette grande discrétion : c’est la peur de la comparaison avec l’islam. Les musulmans (qui représentent 10% des Français, encore selon l’Insee), ou plus précisément une partie d’entre eux, expriment un certain nombre de revendications dans l’espace public.
La dernière en date, vous l’avez peut-être vue, c’est de pouvoir interrompre les matches de foot pour la rupture du jeune en période de ramadan. Or ce genre de demandes indispose, et c’est un euphémisme, un grand nombre de Français. Du coup, beaucoup de catholiques veulent montrer qu’on peut pratiquer sa religion sans trop se faire remarquer, par exemple en abandonnant les processions traditionnelles. […]
Il y a pourtant encore un certain nombre de processions publiques en France. Il y en avait une lundi dernier dans Paris. Il y en aura d’autres vendredi, avec les chemins de croix. Et suggérons à ce journaliste de venir sur les routes de Chartres à la Pentecôte pour voir une génération nombreuse, qui s’assume, fière d’être catholique… Chaque année on s’y étonne de la grande discrétion des journalistes français
Chronique des cinglés
Nos journalistes découvrent qu’il faut en effet un papa et une maman pour un enfant…
Ils ne sont pas en couple et ont choisi d’avoir un enfant ensemble à Rouen. L’histoire de coparentalité atypique de Florent, homosexuel, et Pascale, hétérosexuelle, est racontée par la journaliste Sixtine Lys dans le podcast Un papa, une maman. En 11 épisodes, disponibles sur les principales plateformes audio, ils livrent un récit à cœur ouvert, touchant et sans concession. […]
Florent est comédien et vidéaste et Pascale musicienne. Elle, approchant la cinquantaine, avait laissé cette idée derrière elle. Lui avait très envie d’être papa. « Pour mes amies hétéros, j’étais une sorte d’option au cas où elles ne trouveraient pas le bon compagnon », raconte Florent. « Ce n’était pas facile à vivre. » Il ne souhaitait pas passer par une gestation pour autrui (GPA), ni par une coparentalité à trois vue à l’œuvre avec son ancien compagnon, qui a eu des enfants avec un couple de femmes. « Je voulais que mon enfant ait un papa et une maman », souligne-t-il.
C’est en le voyant interagir avec « ses enfants de cœur », ceux de son ex, que Pascale a vu un père en Florent et a décidé de se lancer dans cette aventure avec lui. Ils se doutent que leur choix posera question à leur fils, né en mars 2021, et c’est en partie pour cela qu’ils ont accepté de témoigner. […] :
Le « coup de foudre amical » entre Florent et Pascale a muté en la construction d’une famille loin des carcans traditionnels, et par aspect assez proche de celle d’un couple divorcé. Chacun s’occupe de l’enfant un certain nombre de nuitées par mois, avec deux nuitées communes. […]
Un lycée courageux
Le groupe scolaire privé Jean-Paul II de Compiègne est dans l’oeil du cyclone car il défend la vie, à l’image de son patron :
Comme le révèle une enquête de Mediapart et une autre d’AEF info, le directeur de cet établissement catholique de 3200 élèves (du primaire au BTS) a empêché plusieurs classes de visionner des films traitant de l’IVG et de l’homosexualité. Il s’agit des œuvres Simone, le voyage du siècle sorti en 2022 et Rafiki, datant de 2018. Le premier a pourtant été le plus gros succès au box-office français de l’année et le second a été présenté au festival de Cannes.
Le premier film est un succès parce que la plupart des établissements publics y ont emmené leurs élèves. Grossier gonflage des chiffres qui relève de la subvention publique déguisée.
Le proviseur de l’établissement ira même jusqu’à ajouter que l’établissement “prône la vie et pas la mort”, devant plusieurs témoins qui se sont confiés à Mediapart.
Si cette histoire a révolté et choqué de nombreux professeurs au sein de l’établissement, elle n’a malheureusement pas été la seule. En décembre 2022, une autre affaire éclate dans le cadre du dispositif “Lycéens et apprentis au cinéma”. Un événement qui s’inscrit dans la politique de sensibilisation et d’éducation artistique du jeune public conduite par le CNC. Il est alors question que le film Rafiki soit projeté dans l’établissement aux classes de seconde et de première, en parallèle d’un travail effectué en classe. Ce film raconte l’histoire de deux jeunes lycéennes kenyanes, de leur rencontre à la naissance d’une relation amoureuse qui leur attirera les foudres et la violence d’une société conservatrice.
Hors de question pour la direction. Selon l’enquête de Mediapart, le proviseur a jugé que le film “banalisait l’homosexualité » et qu’il susciterait “la controverse” au sein des familles des lycéens.
Pour une fois qu’un lycée catholique n’a pas peur d’aller à contre-courant, il mérite tout notre soutien.
Je vis donc je suis : Protégeons les plus fragiles contre l’euthanasie
Soulager mais pas tuer est un collectif parrainé par Philippe Pozzo di Borgo réunissant professionnels de santé et citoyens. Mobilisé pour le soulagement des douleurs et contre l’acharnement thérapeutique, le collectif milite pour la généralisation d’une véritable culture palliative et contre l’euthanasie et le suicide assisté.
Il y avait hier des dizaines de mobilisations en France. Voici celle de Melun :
Je vis donc je suis ! C’est le nom de la campagne nationale lancée hier par le Collectif Soulager mais pas tuer pour que chacun se sente digne de vivre sa vie jusqu’au bout. C’est aussi la réponse du collectif aux participants à la Convention citoyenne sur la fin de vie qui se sont prononcés en faveur d’une « aide active à mourir ». Et c’est enfin un message adressé au président de la République après qu’il a annoncé un projet loi fin de vie d’ici la fin de l’été.
Matérialisée par des affiches et des tracts invitant à regarder au-delà des vulnérabilités apparentes, cette campagne s’est aussi concrétisée dans la rue. Des chaines humaines se sont ainsi formées dans 40 villes de France pour dire non à l’euthanasie et au suicide assisté et manifester la solidarité dont la société doit faire preuve auprès des plus fragiles.
A Melun, ils étaient Place Gallieni (gare) pour affirmer que personne ne doit avoir à faire preuve de ses capacités, de sa dignité ou de son utilité pour avoir le droit de vivre. Des personnes de toutes conditions, bien portantes ou fragilisées par l’âge, la maladie ou le handicap se sont réunies dans cet événement. Ils manifestent l’importance de chaque maillon pour assurer la résilience de la chaine de solidarité de toute la société. Chacun a toute sa place au cœur de la société. La présence des plus fragiles en son sein est même le signe de son humanité.
Face aux pressions qui s’intensifient pour supprimer l’interdit de tuer, Soulager mais pas tuer appelle à :
- Généraliser l’accès aux soins palliatifs et à la lutte contre la douleur partout en France.
- Réaffirmer une opposition ferme à toute forme de suicide assisté ou d’euthanasie et à la stigmatisation de certaines maladies ou handicaps.
- Faire de la lutte contre la mort sociale des personnes handicapées et de nos aînés une grande cause nationale impliquant toutes les générations.
Pékin organise la réconciliation de l’Iran et de l’Arabie Saoudite
D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :
Les deux éternels rivaux du Proche-Orient ont décidé de rétablir leurs relations diplomatiques. L’affaire est d’importance car tout oppose depuis longtemps l’Iran, la grande puissance chiite à l’Arabie Saoudite, phare mondiale du sunnisme. Mais au-delà du symbole religieux, c’est tout la géopolitique du Proche-Orient qui semble amorcer un virage structurel.
C’est à Pékin que l’annonce a été faite, prenant tout le monde par surprise. Les pourparlers, secrets, duraient depuis plus de deux ans et l’accord doit se finaliser d’ici deux mois pour se traduire symboliquement par la réouverture des deux ambassades fermées depuis 2016. C’est cette année-là que l’Arabie Saoudite avait provoqué la fureur de l’Iran en exécutant le cheik Nimr al-Nimr, chef de la minorité chiite vivant en Arabie Saoudite, entraînant des émeutes à Téhéran devant l’ambassade de Riyad. Les relations diplomatiques entre les deux pays furent rompues dans la foulée.
La situation n’avait ensuite fait qu’empirer et connut même un pic de tension en septembre 2019 lorsque des missiles détruisirent une partie importante des installations d’Aramco, le géant pétrolier saoudien. Les rebelles houthis du Yémen revendiquèrent l’attaque mais chacun avait bien compris que l’Iran était derrière. L’absence de réaction américaine fut un signal pour Riyad : les temps étaient en train de changer et le nouveau dirigeant Mohamed Ben Salman, dit MBS, comprit que son pays ne pouvait plus se contenter de ne regarder que vers Washington.
LE « PARIA » S’EMANCIPE
Ce changement de cap s’imposa plus encore après l’assassinat de Jamal Khashoggi dans les locaux du consulat saoudien d’Istanbul en octobre 2018. Khashoggi était un farouche opposant au régime de Riyad. Réfugié aux Etats-Unis, il tentait d’organiser une alternative à la succession promise à Mohamed Ben Salman, sans grand succès d’ailleurs. Si Trump ne fit pas grand cas de ce meurtre, il n’en fut pas de même de son successeur. Sanglé dans son costume moralisateur, Biden, convaincu par ses services que c’est MBS en personne qui avait donné l’ordre, promit d’en faire un « paria ». Riche idée !
Toute honte bue, il rendit ensuite visite à MBS pendant l’été 2022 en lui demandant d’avoir l’obligeance d’augmenter sa production de pétrole pour faire baisser les cours. La guerre en Ukraine était passée par là. Ce Canossa des sables ne servit à rien : MBS sourit beaucoup et ne promit rien. Quelques jours plus tard, Saoudiens et Russes annoncèrent ensemble une baisse de la production : le Prince héritier n’avait pas oublié l’affront et infligea ce camouflet à Biden.
Les leçons de morale états-uniennes lassent jusqu’à ses plus anciens alliés. Il n’est pas certain en outre que les Américains aient compris la profondeur des changements que MBS compte impulser à son pays. Et cela passe nécessairement par un chemin géopolitique différent. La guerre en Ukraine n’a rien arrangé. La croisade démesurée dans laquelle s’est lancé l’occident indispose le reste du monde qui ne se sent guère concerné par ce conflit européen.
PEKIN S’IMPLANTE AU PROCHE-ORIENT
Dans ce contexte, la Chine a une carte à jouer décisive. Xi a été reçu en grande pompe à Riyad il a quelques semaines et a ensuite rencontré l’ensemble des dirigeants du Golfe. C’est un acheteur de gaz et de pétrole majeur bien évidemment mais c’est aussi pour les pays du Golfe la garantie de relations stables, sans interférence dans les affaires internes d’autrui. L’enjeu est d’autant plus important pour la Chine que MBS n’a pas dit non à de futures transactions libellées en yuan. La dédollarisation des échanges, en particulier énergétiques, fait partie de la stratégie chinoise.
Pékin, ravi de cet accord signé sur ses terres, a souligné la « sagesse et la sincérité » des deux interlocuteurs. Le succès diplomatique est d’autant plus complet que la signature du document est tripartite, la Chine ajoutant la sienne. C’est bien elle la puissance médiatrice.
Les Américains, on s’en doute, n’ont guère apprécié ce coup de tonnerre. Sans oser condamner formellement (comment le pourraient-ils ?), ils ont esquissé une moue dubitative : « Il reste à voir si l’Iran remplira ses obligations liées à l’accord. Ce n’est pas un régime habitué à tenir sa parole. » a indiqué un communiqué de la Maison-Blanche. Ça ou rien…
Certes, il y toujours autant de bases américaines au Proche-Orient et Washington continue de vendre des armes aux pays du Golfe, ce qui n’est pas encore le cas de la Chine. Mais les priorités de Biden, vaincre la Russie en Ukraine et faire reculer la Chine dans le monde, ne sont pas les mêmes que celles du reste du monde, Europe mise à part.
Cela entraîne nécessairement des modifications géopolitiques majeures.
Antoine de Lacoste
L comme Le Musée-mémorial
Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:
« Terrorisme, faire face » : beau programme, titre d’un rapport « remarquable » publié le 7 septembre 2018 et dont s’est servi le Président de la République lors de son discours pour la cérémonie d’hommage national aux victimes du terrorisme, ce 19 septembre.
… Suite aux propositions du rapport, E. Macron a annoncé la création d’un « musée-mémorial du terrorisme ». Au-delà des activités d’archivage, d’espace de réflexion, d’une inscription des noms de toutes les victimes de tous les attentats terroristes (on commence à partir de quand ?), ce musée offrira aussi aux visiteurs « un espace de recueillement qui prendrait la forme d’un jardin du souvenir ». Et là, on se dit: c’est sûr, on va être armé face au terrorisme
(Extrait de « « Terrorisme : faire face. » Vraiment ? » – Le 24 septembre 2018)
Je vis donc je suis : mobilisation dans une quarantaine de villes
Comme annoncé, Soulager mais pas tuer se mobilise dans une quarantaine de villes de France pour sensibiliser les Français sur la fin de vie :
@soulagerpastuer à Grenoble!#jevisdoncjesuis pic.twitter.com/izAUEVscXG
— Gaël BERNARD (@GaelBern) April 4, 2023
#jevisdoncjesuis #Nîmes
Entourons les plus fragiles pour que chacun se sente digne de vivre sa vie… jusqu'au bout.@soulagerpastuer#SoinsPalliatifs pic.twitter.com/hHKFQ4Py9J— Joséphine 😎 4979 (@josephinemd34) April 4, 2023
Pour qu'aucune personne vulnérable ne se sente exclue !@soulagerpastuer #jevisdoncjesuis#Pau pic.twitter.com/IyY74JBcfb
— MaylisTa ☀ 🐞 🌷🌽🌶️ (@maytachon) April 4, 2023
#jevisdoncjesuis #dijon @soulagerpastuer pic.twitter.com/n1yQtr3d71
— Isabelle CUBILLE (@Isasau) April 4, 2023
A Chambery, Mobilisation du collectif interassociatif #Soulagermaispastuer#Jevisdoncjesuis
Non à l’#euthanasie et au #suicideassisté
Oui aux #soinspalliatifsNon à l’acharnement thérapeutique #Chambery pic.twitter.com/wupaFcbuWQ— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
A Colmar, Mobilisation du collectif interassociatif #Soulagermaispastuer
Il faut que chaque personne vulnérable puisse prendre sa place au cœur de la société et que cette dernière lui témoigne que sa vie a toujours de la valeur. #JeVisDoncJeSuis #Colmar pic.twitter.com/3jUcpT7SXP— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
A Lyon, Mobilisation du collectif interassociatif #Soulagermaispastuer
Plus que d’autres, les plus fragiles ont besoin de soutien, de protection, de consolation. Nous affirmons ensemble : je vis donc je suis. #JeVisDoncJeSuis #Lyon pic.twitter.com/bLAbrrxpDn— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
A Pau, Mobilisation du collectif interassociatif #Soulagermaispastuer
Chacun a toute sa place au cœur de la société. #Pau #JeVisDoncJeSuis pic.twitter.com/GEVEd1tYmO— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
#Jevisdoncjesuis
" L'#euthanasie reflète une collectivité qui se délite et démissionne."
Philippe Pozzo di Borgo, Le Promeneur immobile#suicideassisté #préventionsuicide #fragiles #solidarité pic.twitter.com/w2L9HQMYTB— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
#Jevisdoncjesuis
Non à l’#euthanasie et au #suicideassisté
Oui aux #soinspalliatifs
Non à l’acharnement thérapeutique#soulagermaispastuer #paris #trocadéro pic.twitter.com/sHbyZ0q3HE— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
#Jevisdoncjesuis
📣Personne ne doit avoir à faire preuve de ses capacités, de sa #dignité ou de son #utilité pour avoir le droit de vivre.#Handicap, #dépendance ou maladie appellent la #solidarité et non le rejet.#soulagermaispastuer #trocadéro pic.twitter.com/StYdJ9eIGC— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
A Valence, Mobilisation du collectif interassociatif #SoulagerMaisPasTuer
#JeVisDoncJeSuis #Valence pic.twitter.com/OlmcuVXUpe— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
https://twitter.com/soulagerpastuer/status/1643306424309538844?s=20
A Tours, Mobilisation du collectif interassociatif #Soulagermaispastuer#JeVisDoncJeSuis Plus que d’autres, les plus fragiles ont besoin de soutien, de protection, de consolation. Nous affirmons ensemble : je vis donc je suis. #Tours pic.twitter.com/jYZLBKBhe5
— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
A Orléans, Mobilisation du collectif interassociatif #Soulagermaispastuer#Orléans #JeVisDoncJeSuis pic.twitter.com/CFNjJnZqyR
— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
A Annecy, Mobilisation du collectif interassociatif #Soulagermaispastuer#Annecy #JeVisDoncJeSuis
Plus que d’autres, les plus fragiles ont besoin de soutien, de protection, de consolation. Nous affirmons ensemble : je vis donc je suis. pic.twitter.com/HRuZT78T5w— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
📣Mobilisation à #Senlis pour faire entendre la voix des personnes vulnérables contre l'#euthanasie et le suicide assisté.
🫂Tous #solidaires pour aider les plus fragiles d'entre nous à vivre leur vie jusqu'au bout et non à abréger leur vie. pic.twitter.com/ATHmbYoGil— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
Au Puy En Velay, Mobilisation du collectif interassociatif #Soulagermaispastuer
Chacun a toute sa place au cœur de la société ! #PuyEnVelay #JeVisDoncJeSuis pic.twitter.com/A2BaZjQPnb— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
#Jevisdoncjesuis
"Ne voyez-vous pas la pression qui monte quand une société rend éligibles à la mort les plus humiliés, les plus souffrants, les plus isolés, les plus défigurés, les moins résistants à la pitié des autres, et – certains le revendiquent déjà – les plus coûteux ? pic.twitter.com/N8cLQUzWkG— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
A Angers, Mobilisation du collectif interassociatif #Soulagermaispastuer
Chacun a toute sa place au cœur de la société. #Angers #JeVisDoncJeSuis pic.twitter.com/T74OJCNdid— SoulagerMaisPasTuer (@soulagerpastuer) April 4, 2023
Sébastien Chenu : « j’ai défilé pour le mariage gay et combattu La Manif pour tous »
Lundi 3 avril, lors du débat sur la lutte contre le terrorisme d’extrême droite, demandé par le groupe Écologiste-NUPES, le sociologue Erwan Lecoeur, autoproclamé spécialiste de l’extrême droite et de l’écologie politique (il est proche d’EELV), a pointé la bête immonde :
Je vais tenter de dresser, en quelques minutes, un tableau général de ce que j’appelle les ultradroites ou l’extrême droite dangereuse, qui ne correspond pas à l’extrême droite politique. Depuis quelques années, les ultradroites connaissent un regain d’activité et un regain d’intérêt de la part des services de sécurité et de quelques chercheurs, dont je fais partie. […] Plus récemment, le mouvement Reconquête a eu un effet médiatique non négligeable, étudié par les scientifiques. Le projet de M. Le Gallou, que nous qualifierons de mégrétiste, consiste à rassembler les droites et les droites radicales ; il vise à réunir les catholiques traditionalistes et les identitaires, qui s’étaient retrouvés au moment de La Manif pour tous en 2013 – M. Zemmour étant la façade médiatique d’un phénomène plus large existant dans les rues. Les groupes identitaires – Bloc identitaire et Génération identitaire notamment –, dont certains ont été dissous, les groupes historiques – Action française, Civitas et le parti nationaliste français et européen (PNFE), entre autres – et des groupuscules – le groupe union défense (GUD), les Zouaves Paris, Bastion social, etc. – sont présents dans plusieurs villes de France et incarnent une forme d’action. En 2013, La Manif pour tous a été le point de ralliement de plusieurs courants, qui pouvaient être considérés comme radicaux. Il convient donc d’opérer des distinctions entre des mouvements – tels que le Front national, le Rassemblement national et Reconquête –, des groupes identitaires, des groupes historiques et des groupuscules, dont certains connaissent une renaissance – sans jeu de mots.
Le député RN Sébastien Chenu lui a répondu :
Votre description des faits n’est qu’une litanie d’un intérêt souvent relatif et qui, surtout, comporte des amalgames qui me semblent douteux. Voyez-vous, j’ai défilé pour le mariage gay et combattu La Manif pour tous, mais je ne dirais pas que ce mouvement a un lien avec la thématique qui nous occupe, à savoir le terrorisme d’extrême droite. Vous associez ce type de terrorisme à l’homophobie, mais le militant de la cause et de la défense des gays que je reste ne constate pas, à la lecture, chaque année, du rapport de SOS homophobie, que les homosexuels sont victimes de l’extrême droite. Il me semble qu’à la lumière de plusieurs éléments de ce rapport, on ne saurait même oser dire cela. Je rappelle également, au risque d’aller vite, que vous avez fait un parallèle entre le terrorisme et la chaîne CNews, ce qui m’apparaît à nouveau comme un amalgame très douteux. Nous voyons bien que ce débat n’est autre qu’une tribune pour certains.
Fin de vie : la réaction des AFC, sensibiliser les élus
Communiqué des AFC :
Les AFC décident de donner à leurs adhérents mais aussi à tous la possibilité d’agir pour envoyer des lettres aux élus dans le but de les sensibiliser pour ne pas faire évoluer la loi Claeys-Leonetti vers une « aide active à mourir ».
En réaction au rapport de la Convention citoyenne sur la fin de vie rendu ce dimanche 2 avril à Emmanuel Macron, et aux annonces du président de la République du 3 avril, les Associations Familiales Catholiques publient un site d’envoi de lettres aux sénateurs et députés pour engager leurs adhérents à agir contre une possible évolution de la loi Claeys-Leonetti.
Le site a été mis en ligne le vendredi 31 mars en prévision de la conclusion du rapport de la convention. Il permet de choisir entre 3 types de lettres différentes, puis de trouver son député ou ses sénateurs en sélectionnant le département correspondant. Le site propose ensuite d’envoyer la lettre par courriel ou de l’imprimer pour envoi postal. Pascale Morinière, présidente des Associations Familiales Catholiques insiste sur l’urgence de réagir
« L’euthanasie ou le suicide assisté, s’ils venaient à être légalisés, seraient des armes de destruction des liens familiaux.»
Après les premiers retours de la convention en février puis en mars les AFC ont constaté que la question de la famille n’avait été abordée que sous un seul angle :
« Le seul sujet proche qui ait été traité est celui de la personne de confiance. La question familiale n’a jamais été abordée. Ou alors, si, pour envisager de ne pas avertir la famille en cas de demande de suicide assisté ou d’euthanasie ! »
Or pour Pascale Morinière ce sujet est avant tout une question d’ordre familial « notre expérience de la mort est liée à celle de nos proches ». Les AFC décident donc d’agir pour préserver la famille et chaque personne jusque dans ses derniers moments. La solution d’envoi de lettres aux députés et sénateurs a été choisie pour permettre aussi aux non -adhérents de pouvoir se faire entendre.
Le site est unique car il est le seul qui propose une action concrète et citoyenne pour s’opposer à un projet de loi en faveur de l’euthanasie ou du suicide assisté. Il propose trois modèles de lettres, et permet d’agir vite. Plus d’informations sur : https://ensemblepourlavie.afc-france.org/
Envoyer un enfant dans l’artisanat avant le bac est « ultimement transgressif »
Suite au colloque de la Fondation Kairos sur les métiers manuels évoqué ici, Gabrielle Cluzel écrit sur Boulevard Voltaire :
[…] De tables rondes en conférences, devant 200 participants, 30 intervenants se sont succédé, animés de la même passion pour les métiers manuels. La façon dont ils se sont appropriés ces métiers sont diverses : certains sont professionnels, d’autres amateurs, les uns ont pris des chemins de traverse, autodidactes ou formés sur le tard. Les autres, dotés d’une formation académique, ont plongé très jeunes, via les compagnons du devoir, par exemple.
Il est insolite d’entendre, en introduction, la philosophe Chantal Delsol faire l’éloge du travail manuel, en l’occurrence de la couture à laquelle l’ont initiée jadis ses mère et tantes : ces travaux de confection, raconte-t-elle avec une grande simplicité, lui ont procuré beaucoup de joies. Il est touchant d’écouter, en conclusion, l’énarque Anne Coffinier dire toute son admiration pour sa fille, apprentie pâtissière, qui se lève tous les matins à 4 heures. Envoyer un enfant dans l’artisanat avant le bac est « ultimement transgressif », note-t-elle avec humour. Comment lui donner tort ? La Suisse, qui aiguille deux tiers de chaque classe d’âge dans des filières manuelles sans rien hypothéquer de leur réussite future ni entacher leur réputation, n’a pas du tout le même regard, explique Roberto Balzaretti, ambassadeur de Suisse en France.
En creux, dans ce colloque, il y a implicitement le sujet du collège unique, qui garde captive une population douée d’une intelligence de la main et la fait mourir d’ennui sur les bancs de l’école. Il y a aussi la question du sens du travail dans un pays désindustrialisé, mais aussi « désartisanatisé », tout porté sur le tertiaire et qui ne sait créer que pléthore de commerciaux et de sociologues en lieu et place d’indispensables ingénieurs et travailleurs manuels. Notre époque aime l’artiste contemporain, qui crée sui generis, mais beaucoup moins l’artisan, inscrit dans la transmission, l’héritage reçu des pères, l’insertion, avec une humble fierté – ce n’est pas un oxymore – dans une chaîne de savoir-faire, de répétition, toutes choses honnies aujourd’hui.
Osons une hypothèse : les Black Blocs et autres antifas qui occupent les bâtiments de leurs universités revendiqueraient-ils le droit à la paresse et à celui de prendre leur retraite au berceau, rechercheraient-ils une fraternité dans l’action destructrice, si on les avait envoyés dans une filière manuelle fondée sur le collectif et ancrée dans la réalité, autrement plus exigeante que les cursus de sciences molles spéculatives dans lesquels ils ont échoué sans sélection, qui les laisse aussi désœuvrés qu’insatisfaits ?
Un dernier symbole ? Pendant que des étudiants grimés en Black Blocs – à moins que ce ne soit le contraire – brûlent, brisent, cassent, taguent, bloquent, de jeunes artisans, dans l’indifférence médiatique, œuvrent méticuleusement à ce « prodige du gigantesque et du délicat » qu’est la reconstruction à l’identique de Notre-Dame. Avec un peu de chance, peut-être parlera-t-on enfin d’eux quelques minutes, le 15 avril, jour anniversaire de l’incendie ?
Travailler plus et vivre moins
D’Olivier Frèrejacques sur Liberté Politique :
Le président de la république souhaite légaliser l’euthanasie d’ici la fin de l’été. Une annonce sans surprise qui fait suite à la « convention citoyenne », une assemblée de Français tirés au sort. Face à la gronde sociale, le président de la république s’en remet donc à la diversion sociétale.
Convention citoyenne, un gadget idiot
En ayant recours au procédé de la convention citoyenne pour donner une légitimité à la légalisation de l’euthanasie, le président entend montrer une capacité d’écoute. Il faudra en revanche composer avec le milieu médical dans lequel demeurent de nombreuses résistances vis-à-vis de l’idée de donner la mort.
La convention citoyenne se sera illustrée durant ses travaux en se prononçant en faveur de l’euthanasie des mineurs… Une manière de montrer le niveau de réflexion d’un aréopage d’incompétents qui réagissent à l’émotion sans aucun recul. Qui décidera de la mort d’un patient ? Qui pourra attester du maintien de la volonté du patient une fois que celui-ci ne pourra plus communiquer ? Qui décidera demain de mettre fin ou non à la vie d’un enfant ?
L’Ordre des médecins s’est déjà prononcé contre la participation des médecins à ces pratiques euthanasiques. On peut imaginer que demain des entreprises privées s’empareront de cette « tâche ».
Les soins palliatifs condamnés
La solution euthanasique répond à un ensemble d’aspirations tant philosophiques qu’économiques. En mettant fin à la vie d’un patient malade, une économie est réalisée et les mutuelles et assurances auront tôt fait d’intégrer cette donnée dans leurs offres. Si des « garde-fous » verront le jour dans un premier temps, ils disparaîtront car en matière d’éthique, admettre un principe revient à s’exposer aux prolongements « naturels » de ce principe. Les personnes diagnostiquées comme psychologiquement malades, notamment les dépressifs pourront à terme être euthanasiés. De là à envisager une extension du principe aux malades mentaux, il n’y a qu’un pas qui pourra être franchi sans difficulté.
L’autre victime de l’euthanasie est le financement des soins palliatifs. Coûteux et sans intérêt économique direct, ils seront sacrifiés. Les soins palliatifs sont connus depuis plusieurs décennies et pourtant, aucun gouvernement n’a voulu investir massivement dedans. A l’heure où le système de santé s’effondre et où l’épisode covidien a montré des limites matérielles et humaines, il n’est pas dans l’air du temps de payer pour accompagner des mourants dignement dans leurs derniers jours.
De la guerre générationnelle à l’épuration gériatrique
Se joue sous nos yeux depuis quelques années une guerre latente entre jeune et vieux. Si ce conflit n’est pas récent, l’élection d’Emmanuel Macron par un électorat âgé a poussé à son paroxysme le conflit générationnel. Les héritiers de 68 réclament le droit de mourir ou plutôt de se faire tuer à la demande. Ils n’ont ainsi pas le « courage » de sauter d’un pont ou de se tirer une balle et préfèrent faire endosser la responsabilité à un autre. De l’autre côté, il est à craindre que les générations qui bouffent du « boomer » se jettent sur l’occasion pour liquider « papi et mamie » comme disait Jean Castex. Des jeunes générations qui ne pardonnent pas aux anciens d’avoir vécu les Trente Glorieuses et d’avoir accédé à la propriété tout en « détruisant la planète ».
L’euthanasie favorisera ainsi les prédations patrimoniales et donnera lieu à des procès lors desquels l’appât du gain et le glauque se partageront la vedette.
Le retour de l’euthanasie, juste après la réforme des retraites, relève d’un cynisme macronien désormais bien connu de tous. Tomber dans le piège de la légalisation va ouvrir demain la voie aux pires dérives et cela uniquement pour satisfaire le besoin politique immédiat d’un président aux abois…
Fin de vie : la Convention citoyenne n’a pas effectué une seule visite dans un centre de soins palliatifs
L’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy, vice-président exécutif du parti, a été interrogé ce matin sur franceinfo à propos de la fin de vie. Il a évoqué le caractère disons étonnant des méthodes employées par le gouvernement :
« Je m’inquiète beaucoup de l’opacité du processus de cette Convention ». « Cette méthode pose un problème démocratique absolument majeur »,
Il juge cette convention citoyenne « orientée » et que « le vrai débat doit avoir lieu d’abord au Parlement ».
Un débat « orienté », selon le vice-président exécutif LR car « il aurait fallu écouter ceux qui ont la charge de mettre en œuvre » l’aide active à mourir, « les soignants ».
« Il n’y aura pas eu une seule visite dans un centre de soins palliatifs ».
« Tout ceci constitue un basculement pour notre système de soins dans son ensemble(…) l’idée que la mort peut être administrée comme un soin, nous sommes là devant un choix absolument fondamental ». « Quand la souffrance est trop grande, nous devons commencer par nous dire que nous avons échoué ».
Le député européen a pointé « le sujet majeur d’application de la loi existante ».
« il n’y a pas assez de lits de soins palliatifs (…), les deux tiers des personnes qui pourraient avoir besoin de soins palliatifs n’y ont pas accès aujourd’hui ».
« Emmanuel Macron parle de manière très pompeuse d’un modèle français de la fin de vie ». « Je vois qu’il y a deux modèles possibles. Soit effectivement à quelqu’un qui souffre, on répond en venant soigner sa souffrance et aujourd’hui, on a les moyens de soulager la souffrance. Soit on y répond effectivement en lui proposant la mort et quand c’est le cas, on voit très bien à quel point tous les garde-fous disparaissent ».
Pour la semaine sainte, redécouvrir le chant byzantin avec la libanaise Ribale Wehbe
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Née à Beyrouth en 1999 dans une famille de musiciens, la libanaise Ribale Wehbe est spécialisée en chants byzantin et oriental.
La semaine sainte est l’occasion de redécouvrir la profondeur du chant byzantin, tradition chrétienne orientale trouvant son origine dans les cérémonies de la cour impériale de Constantinople, « la deuxième Rome », qu’elles soient religieuses ou profanes.
Au regard des dernières décennies passées marquées par la douleur et l’exil, la diversité des dénominations chrétiennes en Orient, si elle peut nous faire perdre notre latin, nous fait prendre conscience de l’unité par le martyre vécu.
Au pays du cèdre, la communauté des Libanais appartenant à la tradition grecque orthodoxe prie tant en arabe qu’en grec. Une partie de cette communauté s’est placée sous l’autorité du Souverain Pontife, en faisant l’une des Églises orientales de l’Église catholique, au même titre que les Maronites, les Chaldéens ou les Coptes.
OUTrans : le lobby LGBT attaque les médecins
Plusieurs médecins sont poursuivis par l’association OUTrans devant le Conseil départemental de l’ordre pour de prétendus manquements à la déontologie. Il leur est reproché d’avoir dénoncé l’article du site internet de la CAF « Mon enfant est transgenre, comment bien l’accompagner » et d’avoir appelé à la prudence concernant les transitions de genre pour les mineurs compte tenu de la vulnérabilité notamment psychologique de l’enfant et de l’adolescent. 691 médecins signent une lettre ouverte dans Le Figaro pour les soutenir :
Nous avons été informés que nos confrères ont été appelés devant Conseil Départemental de l’Ordre par l’association OUTrans pour de prétendus manquements à la déontologie, une soi-disant désinformation médicale et la promotion de pratiques charlatanes.
Il s’agit à ce jour de : Pr René Frydman, Pr Didier Sicard, Dr Anne-Laure Boch, Dr Claire Squires, Dr Catherine Dolto, Dr Patrick Miller, Dr Christian Flavigny, Dr Manuel Maidenberg, Dr Tristan Garcia-Fons, Pr Jean-Daniel Lallau.
Plus précisément, il leur est reproché d’avoir alerté le Ministre de la Santé dans une lettre ouverte publiée dans le Figaro en date du 16 février dernier , sur un article du site internet de la CAF « mon enfant est transgenre, comment bien l’accompagner » et d’avoir à ce sujet rappelé notamment que :
L’espèce humaine est constituée de deux sexes mâle et femelle, et deux genres, le féminin et le masculin ;
-
- Les préconisations de l’Académie de médecine appelant à la prudence compte-tenu de la vulnérabilité notamment psychologique de l’enfant et de l’adolescent n’y apparaissaient pas ;
- Les dangers que constituent les réseaux sociaux pour les enfants et les adolescents fragiles sont maintenant avérés par de nombreuses études et rapports.
Nous soutenons nos confrères dans l’alerte qu’ils ont lancée.
Ils ont parfaitement joué leur rôle de médecin et en toute conscience en demandant la rédaction d’une nouvelle page du site internet de la CAF qui apporterait des informations nuancées et prudentes.
A la suite de notre lettre ouverte dans la presse, le site de la CAF a modifié cet article en mentionnant désormais la nécessité d’assurer un accompagnement médical et psychologique des enfants et de leurs parents, le risque de surestimation diagnostique et les recommandations de l’Académie de médecine.
Nous ne relevons aucune erreur dans ce qui a été écrit dans la tribune incriminée, ni aucun manquement aux obligations déontologiques de l’ordre des médecins.
Les thèses relayées par l’association OUTrans qui a saisi le Conseil sont infirmées par les récentes études et décisions prises en Suède, Finlande, Royaume-Uni, et dans plus d’une dizaine d’Etats des Etats-Unis notamment.
Nous sommes inquiets de voir qu’une association militante assigne nos confrères en justice pour avoir fait part de leur légitime inquiétude et de leur souci de protéger les enfants de traitements dont les avantages n’ont pas été prouvés.
Il s’agit là de moyens de pression pour bâillonner le débat scientifique et médical sur cette épineuse question de santé publique en contraignant les médecins à ne pas suivre leur conscience professionnelle.
Nouvelle loi pro-vie dans l’Idaho
Lu sur Gènéthique :
Alors que l’Idaho interdit presque tous les avortements, l’Assemblée législative de l’Etat a adopté, le 30 mars, un projet de loi visant à criminaliser le concours apporté aux mineures pour avorter dans d’autres Etats, sans le consentement de leurs parents. La violation de cette mesure serait passible d’une peine pouvant aller de deux à cinq ans de prison.
Le père biologique ou les membres de la famille peuvent poursuivre les praticiens. L’amende pouvant atteindre 20.000 dollars.
Désormais, le projet doit être signé par le gouverneur de l’Etat, Brad Little.
L’idéologie de gauche reste dominante aux plans intellectuel et médiatique
Marc Baudriller a interrogé Jean Sévillia sur Boulevard Voltaire à propos du terrorisme intellectuel. Extrait :
[…] Aujourd’hui comme hier, le terrorisme intellectuel consiste à diaboliser l’adversaire, à lui assigner la figure du Mal. Comme depuis 1945, la figure du Mal, c’est Hitler, on traite donc les adversaires de nazis. Le principe du terrorisme intellectuel est de délégitimiser son adversaire politique en lui ôtant le droit à la parole et en lui collant toutes sortes d’étiquettes. Dans les années 1950, la dominante était le stalinisme, le crime des crimes était d’être anticommuniste. Ensuite, le communisme stalinien a passé. On est passé au marxisme tiers-mondiste, c’était les années Hồ Chi Minh, Fidel Castro, etc., dans les années 1960. À ce moment-là, le criminel était celui qui défendait les Américains ou les Français dans les guerres coloniales. Ensuite, ce fut la crise de Mai 68 et l’adversaire était celui qui était contre le libertarisme. Ensuite, dans les années 1980, c’était la philosophie droit-de-l’hommiste : les intellectuels diabolisaient les adversaires de cette philosophie. Le terrorisme intellectuel évolue en fonction de la dominante idéologique du moment. Le mécanisme est identique : diaboliser l’adversaire pour lui ôter le droit à la parole.
L’idéologie de gauche est-elle toujours aussi dominante aux plans intellectuel et médiatique aujourd’hui ?
Tout à fait. Il y a cinq ou six ans, certains milieux conservateurs pensaient avoir gagné la bataille des idées : c’est une foutaise ! Les conservateurs restent minoritaires dans le monde des idées. Regardez tout le cirque fait autour de CNews : malgré son audience limitée, on en a fait une espèce de monstre.
À l’université, il y a un renouveau du marxisme. On exalte à nouveau Robespierre comme on le faisait il y a cinquante ans. Les schémas dominants intellectuels restent ceux de la gauche, du progressisme, du wokisme, de la cancel culture ou du néo-marxisme. Les poches de résistance sont CNews à la télévision, Boulevard Voltaire sur Internet, et quelques autres sites. […]
Procession de Notre-Dame des Victoires à Notre-Dame de Paris
Le pèlerinage des Pierres vivantes organisait ce soir une procession puis une veillée de prière sur le parvis de Notre-Dame, 4 ans après l’incendie.
🔥Pèlerinage des pierres vivantes, Lundi 3 avril, à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Venez louer, prier, adorer pour préparer la réouverture de Notre-Dame !
19h : Départ de la procession depuis la Basilique Notre-Dame des Victoireshttps://t.co/HrUyHt9S21 pic.twitter.com/73JQGje2mR— Pèlerinage des Pierres Vivantes (@PelePierresV) February 20, 2023
🔴 Le pèlerinage des pierres vivantes organisait ce soir une procession puis une veillée de prière sur le parvis de @notredameparis pour la « reconstruction spirituelle » de la cathédrale, 4 ans après l’incendie.@PelePierresV @dioceseparis #NotreDamedeParis pic.twitter.com/Qo22uff8q4
— Pierre Galan (@Gln_Pierre) April 3, 2023
Veillée Pierres vivantes en ce début de Semaine Sainte.
Près d’un millier de jeunes au pied de Notre Dame, pour s’associer à sa refondation spirituelle. Gratitude pour tous ceux qui œuvrent à sa reconstruction. Moment de louange pour à faire rayonner «une civilisation de l’amour» pic.twitter.com/pyZyfKWP2A— Cathédrale Notre-Dame de Paris (@notredameparis) April 3, 2023
Mobilisation de Soulager mais pas tuer
Communiqué de Soulagner mais pas tuer :
Le dimanche 2 avril, la Convention citoyenne sur la fin de vie a remis ses conclusions au gouvernement. Ce lundi 3 avril, Emmanuel Macron a annoncé vouloir présenter un projet de loi sur la fin de vie avant la fin de l’été.
Plus que jamais, nous avons besoin de vous : Soulager mais pas tuer lance une grande campagne nationale le mardi 4 avril et organise partout en France des mobilisations afin de faire entendre la voix des plus vulnérables et de lutter tous ensemble et nombreux contre l’euthanasie et le suicide assisté.
La dignité des plus fragiles appelle à l’engagement solidaire de tous !
Voici les villes où se tiendront les mobilisations, pour participer, contactez l’adresse mail à côté de la ville :
- Angers [email protected]
- Annecy [email protected]
- Avignon [email protected]
- Bergerac [email protected]
- Bordeaux [email protected]
- Boulogne Saint Omer [email protected]
- Bourg-en-Bresse [email protected]
- Brest [email protected]
- Brive [email protected]
- Chambéry [email protected]
- Chartres [email protected]
- Clermont-Ferrand [email protected]
- Colmar [email protected]
- Dijon [email protected]
- Grenoble [email protected]
- Le Havre [email protected]
- Le Mans [email protected]
- Le Puy-en-Velay [email protected]
- Lille [email protected]
- Lyon [email protected]
- Marseille [email protected]
- Melun [email protected]
- Metz [email protected]
- Montélimar [email protected]
- Nantes [email protected]
- Nîmes [email protected]
- Orléans [email protected]
- Pamiers [email protected]
- Paris [email protected]
- Pau [email protected]
- Reims [email protected]
- Rennes [email protected]
- Senlis [email protected]
- Sens [email protected]
- Strasbourg [email protected]
- Toulouse [email protected]
- Tours [email protected]
- Valence [email protected]
- Vernon [email protected]
L’expression «aide médicale à mourir» utilisée pour ne pas employer « euthanasie », qui renvoie à l’eugénisme et à l’Aktion T4 du nazisme
Dans Le Figaro, le député LR Patrick Hetzel dénonce :
[…] Avec un recul de 20 ans d’application, les législations belge et hollandaise ayant légalisé l’euthanasie se caractérisent par l’opacité et l’irresponsabilité médicale. On ne saurait qualifier des procédures de transparentes, lorsque 30 à 50% des euthanasies pratiquées ne sont pas déclarées comme cela est désormais documenté par des études de médecins belges. On ne saurait soutenir que ces procédures sont encadrées, lorsque de l’aveu même de la commission de contrôle a posteriori belge, «la Commission n’a pas la possibilité d’évaluer la proportion du nombre d’euthanasies déclarées par rapport au nombre d’euthanasies réellement pratiquées ». De leur côté, les Hollandais affichent dans leurs statistiques l’existence d’injections létales chez des patients hors d’état d’exprimer leur volonté à côté des euthanasies légales, ce qui accrédite l’idée de pratiques euthanasiques illégales. Dans ces deux pays, les contrevenants ne risquent rien, puisque le contrôle fonctionne en pratique comme un autocontrôle médical, aucun médecin n’ayant été sanctionné pénalement.
Dans une jurisprudence constante, le Conseil constitutionnel impose au législateur d’adopter des dispositions suffisamment précises et des formules non équivoques. Or par une manipulation sémantique, les promoteurs de l’euthanasie s’abritent derrière l’expression compassionnelle d’«aide médicale à mourir» , pour ne pas employer le terme d’euthanasie, qui renvoie aux théories eugénistes et à l’Aktion T4 du nazisme. Le cas canadien est parlant à ce titre. La loi s’intitule «aide médicale à mourir» mais les statistiques font état de 10.000 euthanasies annuelles pour 7 suicides assistés. Il faut avoir le courage d’appeler les choses par leur nom.
Enfin, il conviendra de dissiper une équivoque savamment entretenue par les promoteurs de l’euthanasie et du suicide assisté. Ces deux formes de mort administrée ne sont en réalité pas compatibles avec les soins palliatifs. Ces derniers obéissent à une logique de solidarité, alors que l’euthanasie et le suicide assisté sont une réponse à une revendication d’autonomie individuelle. L’euthanasie arrête l’accompagnement, interrompt les soins palliatifs, ne soulage pas le patient mais les supprime comme l’a rappelé Jacques Ricot devant la mission de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 6 mars 2023. Les soins palliatifs sont considérés par les lois belge et canadienne comme une alternative de second rang par rapport à l’euthanasie et au suicide assisté. Enfin les classements internationaux de la Belgique et du Canada montrent le recul progressif de l’investissement de la prise en charge de la fin de vie et donc des soins palliatifs dans ces pays. C’est pour cette raison qu’il y a quelque hypocrisie de la part du Comité consultatif national d’éthique à plaider dans son avis 139, au nom de l’égalité des citoyens devant la loi, la nécessité de recourir à l’euthanasie pour les patients ne pouvant s’autoadministrer le suicide assisté. Le devoir de l’État est de garantir d’abord l’égalité d’accès de tous devant les soins palliatifs, comme le veut l’article L 1110-9 du code de la santé publique. Or cette égalité devant la loi est loin d’être assurée. L’État s’est désengagé entre 2018 et 2021 et n’a prévu de verser entre 2021 et 2024 que 171 millions d’euros, montant dérisoire au regard des besoins constatés par la convention. L’exemple autrichien mérite d’être aussi médité. Lors de la légalisation du suicide assisté dans ce pays, en 2021, le gouvernement avait promis une augmentation très substantielle des crédits de soins palliatifs. Pas le premier euro n’a été versé à ce jour.
À la lumière de ces données, on voit bien que les réponses à ces questions difficiles ne pouvaient se résumer à un quiz auquel il convenait de répondre en quinze secondes, en se gardant d’entrer dans les détails et de réfléchir à l’écriture d’un texte, comme ont voulu le faire croire les animateurs de la convention citoyenne. Orienter un débat dans des termes binaires ne pouvait refléter la complexité de ces questions. Les enjeux sociétaux, médicaux, juridiques et philosophiques de la fin de vie et la démocratie participative à laquelle aspirent nos concitoyens méritaient mieux que cela.
Après la réforme des retraites, l’euthanasie
Le même jour, on apprend qu’un enfant atteint de mucoviscidose alerte sur la pénurie de médicaments pouvant le sauver :
« Des médicaments sont quasi introuvables », alerte Maxime, atteint de mucoviscidose
et que Macron veut accélérer sur la fin de vie.
À la suite des conclusions de la convention citoyenne sur la fin de vie, le président de la République Emmanuel Macron a affirmé ce lundi 3 avril vouloir un projet de loi d’ici la fin de l’été 2023.
Dans un rapport publié dimanche, les membres de la convention ont répondu «oui» aux trois quarts à une aide «active à mourir» , en assortissant toutefois leurs positions de restrictions, dont on sait qu’elles sont là pour rassurer les indécis mais qu’elles disparaitront au moment opportun, comme tous les garde-fous sur l’avortement.
Emmanuel Macron a également plaidé pour un «plan décennal national pour la prise en charge de la douleur et pour les soins palliatifs ».
Le temps du changement est venu !
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Cela fait quelques années que les élites mondialistes veulent que vous deveniez le plus minimaliste possible. Les écolos à la petite semaine appliquent à la lettre la bible de Klaus Schwab avec pour unique slogan : « décroissance et minimalisme ».
Tout est fait pour que chaque citadin rêve d’habiter un petit appartement, dans un HLM aux murs végétalisés, avec un balcon où pousseraient deux ou trois plans de tomates rachitiques. Chaque matin, après avoir ingurgité un bol rempli d’un liquide ressemblant à du café, l’heureux citoyen enfourcherait son vélo électrique pour aller travailler. Empreinte carbone oblige, pas de voiture sauf électrique. Les voyages en avion ne seront pas envisagés, et la vie s’écoulera lentement, entre travail et temps libre avec pour seules distractions les jeux vidéo, les émissions de Télé Réalité et les réseaux sociaux consultés toutes les heures dans son portable dernier cri.
Toujours dans le même livre, Klaus Schwab et Thierry Malleret, décrivent exactement à quoi va ressembler le futur alimentaire de chaque être humain vivant sur Terre. Un avenir radieux où la gastronomie aura disparu au profit de la « malbouffe » qui est, malheureusement, de plus en plus plébiscitée dans nos pays dits « civilisés ». Mac Donald, KFC, Subway, Pizzas industrielles, Kebab… Cette bouffe insipide ne vous nourrit pas. Même additionnée de sauces qui ne sont que des « rehausseurs de goûts », les saveurs sont totalement absentes. Et côté nutrition, un zéro pointé. En plus, si vous buvez un Coca-Cola afin de faire passer le hamburger étouffe-chrétien, sachez que la quantité de sucres absorbés va annihiler votre tonus pour quelques heures.
L’abandon du nucléaire civil, à force d’un lobby actif, se poursuit à grande vitesse. Le problème posé par les déchets nucléaires a été résolu. Un bref retour en arrière : à cause de Lionel Jospin, le projet Super Phénix a été totalement abandonné. Pourtant, ce projet allait dans le sens de retraiter les déchets radioactifs, donc d’éviter leur stockage et, de facto, de limiter les risques. La réutilisation de l’uranium 238 qui compose une grande partie du combustible usé dans un surgénérateur – un réacteur à neutrons rapides, dit de 4e génération – est au point. Avec un parc de surgénérateurs et rien qu’avec les stocks de combustible que nous avons actuellement en France, le problème de l’énergie ne se poserait pas avant plusieurs milliers d’années. Mais voilà. Ca ne rapporte rien ou presque et comme d’habitude, le raisonnement ne peut exister qu’en termes de « bénéfices engrangés ». La France a stoppé le projet ASTRID définitivement en 2019. Merci Emmanuel Macron. Ce programme étudiait les réacteurs de quatrième génération, lesquels recyclent les déchets des autres réacteurs. Autrement dit, de l’énergie nucléaire propre assurant notre pays et les autres, d’une énergie sans limite. Mais, cette solution n’arrange pas BlackRock, Vanguard et quelques autres. Il faut vendre à prix d’or des programmes d’énergie inefficaces et polluants.
La majorité de la population des nations occidentales doit désormais obéir à des minorités. La cancel culture, qui veut dire la culture de l’effacement ou de la déconstruction est le bras armé du Wokisme. Tout doit être déconstruit. Ce sont les buts de l’ONU, de l’UE, du FMI, de la CEDH et de toutes les ONG. Vous noterez qu’on en revient toujours aux buts d’une certaine oligarchie internationale financière apatride. Il est à noter que le Wokisme, la théorie du genre et le lobby des LGBTQ+A sont largement promus par des multinationales comme Coca-Cola, l’Oréal et Balenciaga. – La marque Balenciaga accusée de promouvoir la pédopornographie : ce qu’il faut retenir du scandale. FranceSoir. Publié le 04 décembre 2022.- Mais il est à noter aussi que du sommet de l’état en France jusqu’aux municipalités de petites villes, tout est fait pour vous influencer. Drapeaux LGBTQ+A omniprésents dans les publicités, sur les plages – parasols, coupe-vent -, dans les commerces, tout est bon pour mettre l’attention sur ce fanion coloré, comme les passages piétons à Paris !
Une toile, exposée d’une « artiste » suisse, Miriam Cahn, au Palais de Tokyo à Paris, intitulée « Fuck Abstraction » montre un adulte en train de se faire faire une fellation par un enfant. Malgré les explications vaseuses de « l’artiste » et de la direction du Palais de Tokyo, on y voit un adulte nu, sexe en érection, en train de se faire faire une fellation par un enfant nu, agenouillé avec les mains liés dans le dos.
Si « l’artiste » ne voulait pas, selon ses dires, montrer cela, alors pourquoi n’a t-elle pas montré une fellation entre deux adultes ? Extrait de la réponse de la direction du Palais de Tokyo, le 7 mars 2023. Exposition de Miriam Cahn… L’oeuvre « Fuck Abstraction » a fait réagir sur les réseaux sociaux où elle apparait généralement recadrée ce qui entraîne une lecture biaisée. L’artiste représente ici une personne adulte aux mains liées, contrainte à une fellation… Ce ne sont pas des enfants… ». Je vous fais grâce du reste du communiqué. Vu les tailles des deux personnes, c’est sans équivoque. Il y a un adulte et un enfant. Ce Tableau est visible sur le Tweet de Karl Zéro @karlitozero en date du 5 mars 2023. 18:39. Communiqué intégral du Palais de Tokyo visible sur leur compte Twitter. @PalaisdeTokyo 7 mars 2023 19:26
Nos élites de droite comme de gauche sont les valets de pied des « Anglo-Saxons » et de leur hégémonie. Bien rémunérés, super protégés par des FDOs de plus en plus nerveux, nos dirigeants et tous les chefaillons de la république s’emploient activement à la destruction de notre civilisation. Sous des couverts de libertés, cette idéologie soi-disant gauchisante nous mène droit dans le mur. N’oubliez pas que c’est à cause de Jean-Luc Mélenchon, de la NUPES, des abstentionnistes et des syndicats félons, qu’Emmanuel Macron a été réélu. Quant au RN, sa position est loin d’être claire, au vu du débat tiédasse et peu convaincant de sa présidente face à Emmanuel Macron au second tour des présidentielles de 2022.
C’est peut-être de bon ton et à la mode de s’asseoir et d’attendre, en espérant « un monde meilleur ». C’est certainement très bien de ne penser qu’à sa famille, qu’à son travail et à ses vacances, en se disant que le monde pourrait être meilleur qu’il ne l’est, mais qu’on n’est pas si mal en France, etc.
Mais ce sont des démarches qui conduisent, petit à petit, à un suicide personnel, national et international. En effet, qu’on le veuille ou non, toute la population terrestre est en interaction. Ignorer sciemment ou inconsciemment qu’en-dehors de son « pré carré », il y a des guerres, de la famine, de l’illettrisme, de la pauvreté et de la criminalité, n’aide en rien la survie. Ignorer aussi, et c’est très certainement un des points majeurs, qu’il y a un nombre assez conséquent de psychopathes ayant de hautes fonctions dans les gouvernements est suicidaire. Car, en apparence, ils vous veulent du bien, mais leurs actions prouvent le contraire.
À moins d’un grand changement dans la civilisation actuelle, au demeurant fort branlante, nous risquons fort d’être anéanti ou de faire partie d’une population de plus en plus réduite en esclavage.
Notre culture est aujourd’hui au bord de la destruction totale. Victime des coups de boutoirs de la « cancel culture », du « Wokisme », du lobby LGBTQ+, et du lavage de cerveau médiatique et politique, elle est en train de s’effondrer dans une inconsistance abyssale.
Que cette destruction survienne sous la forme d’une ou plusieurs explosions épouvantables, à l’occasion d’un soulèvement politique ou encore par la désagrégation sociale, elle risque de venir, et ce, beaucoup plus rapidement qu’on ne le pense. À moins d’y faire quelque chose.
Il faut regarder autour de soi et observer maintes conditions et situations qui sont autant de signes de déclin, de douleur et de chagrin. Vous savez, au fond de vous-même, que cela ne doit pas être ainsi.
Prétendre, comme une majorité, que tout va bien aujourd’hui, c’est comme attendre que la tornade lancée à plus de 230 km/H vers votre habitation ne la détruise pas. Trop de gens ne connaissent pas grand-chose à propos du pourquoi, une certaine catégorie de la population, ne s’active qu’à détruire son prochain. Et pourtant, une bonne partie de cette catégorie se trouve à la tête de certains pays et occupe de hautes fonctions. Être instruit n’est pas synonyme d’altruisme et de bienveillance. Loin s’en faut.
Si un individu avait une conduite similaire à la conduite, par exemple de notre gouvernement en ce moment et depuis quelque temps, vous l’enfermeriez. Il suffit de regarder les faits. Pas d’écouter le bla-bla, ni de lire le copié/collé des médias. Non, il faut juste regarder les faits et les actions. Est-ce que cela va dans le sens de la survie pour le plus grand nombre ou pas ?
Si chacun d’entre nous se hisse vers des états d’efficacité toujours plus hauts, les choses peuvent changer. Chacun d’entre nous à le pouvoir de dire « Non ». Chacun de nous peut désobéir à des ordres ineptes et contre-survie. La désobéissance civile, face à un gouvernement qui oppresse de plus en plus et qui n’œuvre pas pour la survie de son peuple, est une nécessité.
Les lanceurs d’alerte sont décriés, mis au banc de la société sans pouvoir s’exprimer dans les médias qui sont aux ordres. Mais le bouche à oreille est beaucoup plus puissant qu’on ne l’imagine. Un exemple : malgré l’anti-pub que les médias de masse ont écrit à propos du film « Vaincre ou mourir », malgré le déluge des critiques négatives des médias, ce film caracole à plus de 300 000 entrées.
Le temps du changement est venu. On peut y arriver si de plus en plus de gens disent « Non ». Tout peut s’améliorer. Tout peut changer. Le futur n’est pas écrit.
Claude Janvier.
Écrivain, essayiste. Co-auteur de deux livres avec Jean-Loup Izambert : « Le virus et le président » et « Covid-19, le bilan en 40 questions ». IS Édition. https://www.is-edition.com/
Nouveaux évêques au Mans et à Pointe-à-Pitre
En ce Lundi Saint, le pape a nommé
- Mgr Jean-Pierre Vuillemin (photo), évêque du Mans. Il succède à Mgr Le Saux nommé évêque d’Annecy en juin 2022. Mgr Vuillemin était évêque auxiliaire de Metz depuis 2019.
- Mgr Guiougou évêque de Basse-Terre (Guadeloupe). Il succède à Mgr Riocreux.
Face au wokisme, retrouver l’identité nationale
Bérénice Levet a été interrogée dans La Nef, qui consacre le dossier de ce mois au wokisme, à propos de son essai, Le courage de la dissidence. Extrait :
Vous nous invitez à réinvestir le terrain de l’identité, et même plus, de la narrativité: pourquoi?
En effet, car il est au moins une vérité au cœur du wokisme, que nous serions avisés d’entendre si nous ne voulons pas voir cette idéologie triompher : le besoin humain d’identité, d’appartenance. Le wokisme mord sur l’impasse anthropologique qu’est l’individu-monade autosuffisant, ce mythe moderne. Que proposez-vous à vos « citoyens », nous objecte implicitement le wokisme : des « valeurs » ? La laïcité ? L’Universel? Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Sans histoires, sans épopées, sans grands hommes? Non!
Il m’a semblé urgent de répliquer aux tenants de la « tenaille identitaire », car ils nous vouent à l’échec dans le combat que nous menons contre le wokisme. En renvoyant dos à dos les activistes des « minorités » et les défenseurs, dont je suis, de l’identité nationale, ils commettent une double faute : d’abord ils attestent une profonde méconnaissance de la nature humaine, celle à laquelle je viens de faire allusion, car l’homme, ne leur en déplaise, a besoin (et c’est le génie du catholicisme que de l’avoir compris en accordant une place de choix à l’art) d’imaginaire, de récit, bref d’incarnation. On ne cimente pas un peuple avec des « valeurs » ou avec les droits de l’homme […].
Méconnaissance ensuite qui pourrait s’avérer fatale pour l’avenir de notre civilisation si nous ne réinvestissons pas ce terrain. Car c’est bien le congé donné à l’identité nationale et au récit national (qui n’est pas fatalement roman mais art de mettre en forme et en sens, art du récit haut en couleur…) qui a jeté les individus dans les bras de ces identités en furie. « Ils se sont faits dévots de peur de n’être rien », disait Voltaire, mot définitif, lumière la plus vive qu’on puisse jeter sur ce qui nous arrive selon moi. Dévots, mais aussi femmes, lesbiennes, homosexuels, « transgenres », Noirs, etc., car n’être rien, telle fut la promesse, funestement tenue, du progressisme. Et pour ajouter du piquant à l’intrigue, « victimes » car – et sur ce point, permettez-moi de convoquer Musset en le paraphrasant –, « il est doux de se croire victime quand on n’est que vide et ennuyé ».
Le wokisme est fort de nos faiblesses, d’où l’importance de nous réarmer, de retrouver notre âme, de donner à connaître et à aimer l’esprit français, la personnalité française, terme que je préfère à celui d’identité nationale car personnalité dit tout à la fois, la singularité, mais aussi le caractère, comme on dit d’une personne qu’elle a de la personnalité et donc de la détermination. […]
Le Qatar et la Chine financent des “experts indépendants” de l’Onu
Louis-Marie Bonneau, chercheur associé à l’ECLJ, dévoile dans Valeurs Actuelles :
En juillet 2021, l’ECLJ dénonçait le financement d’expert de l’Onu en dehors de tout contrôle des Nations unies. En effet, en cinq ans, 37 experts des Nations unies avaient touché 11 millions de dollars d’acteurs étatiques et privés (principalement les fondations Open Society et Ford). Depuis, la situation ne s’est pas améliorée, au contraire, l’arrivée de nouveaux financeurs continue de déstabiliser le système international de protection des droits de l’homme en profitant de la porte ouverte par ces fondations et États. Parmi ces nouveaux financeurs, la Chine et le Qatar commencent à investir dans ce système. Alors qu’au Parlement européen, le Qatar a été accusé de corrompre plusieurs députés, à l’Onu la même stratégie semble être mise en œuvre dans un flou juridique et diplomatique qui, jusqu’à présent, n’est pas à même d’empêcher ce phénomène grave de capture de l’institution. L’analyse des données financières accessibles permet de mesurer l’action de ces nouveaux investisseurs.
Entre 2021 et 2022, la Biélorusse Alena Douhan, rapporteur spécial sur l’impact négatif des mesures coercitives unilatérales sur la jouissance des droits de l’homme, déclarait ainsi avoir bénéficié de deux versements du Qatar pour un montant de 50 000 dollars. Avant sa première subvention du Qatar, en 2021, elle déclarait dans un rapport avoir été invitée dans le pays du 1er au 12 novembre 2020 (A/HRC/45/7). Elle prenait alors déjà la défense de ce pays, regrettant l’absence de mécanisme global de protection des droits de l’homme, de responsabilisation et de réparation pour les personnes dont les droits ont été violés par des sanctions unilatérales. Dans le rapport lié à cette visite (A/HRC/48/59/Add.1), elle expliquait que l’objet de ce voyage était d’« évaluer les incidences des sanctions unilatérales infligées à cet État par l’Arabie saoudite, le Bahreïn, l’Égypte et les Émirats arabes unis sur les droits humains des personnes vivant au Qatar, dans les quatre États ayant pris ces sanctions et sur d’autres personnes touchées par ces mesures ». Cette année, elle dénonçait aussi les sanctions visant à fermer l’espace aérien aux vols des compagnies aériennes enregistrées notamment au Qatar (A/76/174/Rev.1). Il est pour le moins étonnant qu’un rapporteur spécial de l’Onu effectue une mission sur le Qatar, financée par ce même pays.
Des versements en forte augmentation
Entre 2020 et 2022, Alena Douhan a aussi bénéficié de 560 000 dollars de la Chine. Dans un rapport de 2020 à l’Assemblée générale des Nations unies (A/75/209), elle dénonçait la politique américaine de sanctions, en particulier vis-à-vis de la Chine. En 2021, le rapporteur spécial regrettait aussi que « les effets considérables que les sanctions secondaires contre les entreprises peuvent avoir sur les droits humains ». Elle citait en particulier le cas de sanctions décidées par les États-Unis en 2020 contre une entreprise chinoise, la China National Electronics Import and Export Corporation : « Étant donné que les produits de l’entreprise sont utilisés pour la défense et la sécurité publiques, les sanctions secondaires qui entravent la capacité de celle-ci à faire des affaires peuvent constituer un obstacle à la protection de certains droits parmi lesquels, in fine, le droit à la vie. » (A/76/174/Rev.1)
Entre 2021 et 2022, Felipe González Morales, rapporteur spécial sur les droits de l’homme des migrants, a également été subventionné à hauteur de 260 000 dollars par la Chine. Il apparaît que ces versements chinois sont en augmentation. En effet, entre 2015 et 2019, la Chine n’avait accordé qu’une subvention de 100 000 dollars, alors qu’entre 2020 et 2023, ce montant est passé à 820 000 dollars. Les versements totaux du Qatar s’élèvent quant à eux à 286 000 dollars entre 2016 et 2022.
Une question nécessairement politisée
Comment les défenseurs occidentaux des droits de l’homme pourraient-ils se plaindre de cette situation, eux qui ont si largement, et de façon incontrôlée, financé, voire acheté, des rapporteurs spéciaux ? Ainsi, par exemple, la Norvège, la Suisse, l’Union européenne, la Corée du Sud, la Finlande, la France, l’Allemagne et l’Espagne ont versé des contributions volontaires préaffectées à certains mandats pour un montant de près de 14 millions de dollars entre 2015 et 2022. De la même façon, en 2015, la Fondation Ford a subventionné Juan Méndez, rapporteur spécial sur la torture, à hauteur de 90 000 dollars en vue de la rédaction d’un rapport sur le genre et la torture. Ce rapport fut publié par l’Onu le 5 janvier 2016 sans qu’à aucun moment le rapporteur fasse référence à la générosité de la Fondation Ford.
Il n’existe pas de critères objectifs permettant de distinguer l’argent d’un “bon” financeur, qui pourrait être accepté, de celui d’un “mauvais”, qui devrait être refusé. Selon l’ancien expert de l’Onu Gabor Rona, la question des soutiens financiers est nécessairement politisée, mais « il n’y a aucun moyen de fixer des critères objectifs autour desquels les États pourraient se rassembler pour déterminer quels États sont sur la liste verte et quels États sont sur la liste rouge ». Quelques pays, universités et fondations, principalement anglo-saxons, ont ouvert la porte à ces financements des experts des Nations unies, tandis que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme fermait les yeux. Il ne faut pas s’étonner, ni se lamenter, de voir à présent la Chine, le Qatar, et pourquoi pas un jour l’Iran et la Corée du Nord, investir financièrement dans les mécanismes internationaux de définition et de protection des droits de l’homme.
Garantir la protection du Conseil des droits de l’homme
Contre ce phénomène, au sujet duquel un ancien rapporteur spécial de l’Onu parlait de « corruption silencieuse », le Conseil des droits de l’homme de l’Onu devrait interdire à tout financeur d’attribuer une subvention à un mandat particulier. Toutes les subventions devraient être proposées sans conditions, directement au Haut-Commissariat, pour qu’il puisse ensuite l’affecter en toute indépendance. Cela serait une première étape afin de garantir une protection plus importante du Conseil des droits de l’homme et de ces influents experts contre les tentatives de capture qui sont aujourd’hui observées.

