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Benoit XVI: la foi purifie la raison politique

De Thibaud Collin sur le site de la Neuvaine à sainte Jeanne d’Arc :

Benoît XVI n’a eu de cesse de manifester la pertinence de la foi chrétienne pour relever les immenses défis que soulève notre monde contemporain. Depuis quelques décennies la modernité a connu une mutation importante de ce qu’elle reconnaît comme son fondement : la raison. Alors que les Lumières considéraient la raison comme vecteur d’émancipation de la condition humaine et source de progrès moral et politique, force est de constater qu’après Verdun, Auschwitz et Hiroshima, la confiance de la raison en elle-même a laissé place à un doute de plus en plus profond. D’où le refus de certains d’accorder une quelconque légitimité à la raison soit au nom du fondamentalisme religieux, soit au nom du nihilisme. Benoît XVI, dans la continuité de la Tradition et du Magistère récent de l’Eglise, s’est employé à sortir de cette fausse alternative, mortifère pour les sociétés humaines : ou bien la raison absolue et autonome ou bien le chaos des rapports de force. Son diagnostic est que la raison moderne en se coupant de la lumière divine s’est rétrécie et a fini par rejeter hors du champ de la rationalité les questions sur la destinée humaine. Une raison qui se coupe de son enracinement métaphysique et religieux se réduit à sa seule dimension utilitaire et techniciste.

Tel est le dilemme de la raison politique contemporaine qui considère que les choix personnels et collectifs relèvent de valeurs, impossibles à enracinées dans un donné naturel commun. En effet, une valeur ne vaut que pour celui qui l’a choisie. On peut bien invoquer des valeurs collectives, comme en France les « valeurs de la République », mais celle-ci n’ont d’autres fondement qu’un consensus obtenu par une procédure d’abstraction : il s’agit de déterminer le plus petit dénominateur commun à des gens ayant des conceptions du monde différentes. Ainsi les valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité ou de tolérance sont magnifiées mais elles ne sont que des coquilles vides. Le contenu que les législations vont y placer est ployable au gré des majorités, c’est-à-dire au gré de rapports de forces entre groupes sociaux. Le pluralisme de fait des sociétés contemporaines est alors invoqué pour réclamer la neutralité éthique et anthropologique de l’Etat. Ainsi au nom de la revendication illimitée des droits de l’individu, la confusion et l’indétermination croissent, au détriment des plus faibles et des sans-voix. Lorsque l’Eglise critique ce dispositif mental et politique, elle est accusée de faire preuve de dogmatisme et ses arguments sont dévitalisés comme relevant d’une confession religieuse particulière ne pouvant prétendre à un quelconque statut public.

La raison moderne en se coupant de la lumière divine s’est rétrécie et a fini par rejeter hors du champ de la rationalité les questions sur la destinée humaine.

Benoît XVI a magistralement répondu à cette critique en se situant non pas en dehors et contre la raison publique actuelle mais en se mettant à son service de l’intérieur pour qu’elle prenne conscience de son automutilation. Et il a procédé ainsi en retrouvant toute l’ampleur de ce qu’il nomme « la lumière divine de la raison ». Voyons la mise en œuvre d’une telle méthode en se limitant au seul champ de la politique.

Quel est le devoir essentiel du politique si ce n’est l’ordre juste de la société et de l’Etat ? « La justice est le but et donc aussi la mesure intrinsèque de toute politique. Le politique est plus simple qu’une simple technique pour la définition des ordonnancements publics : son origine et sa finalité se trouvent précisément dans la justice, et cela est de nature éthique. » (Deus caritas est, § 28) Or cela nécessite de se poser deux questions. A un niveau pratique et concret : « Comment réaliser la justice ? » ; et à un niveau plus fondamental : « Qu’est-ce que la justice ? » A la seconde question Benoît XVI répond que « pour pouvoir agir de manière droite, la raison doit constamment être purifiée, car son aveuglement éthique, découlant de la tentation de l’intérêt et du pouvoir qui l’éblouissent, est un danger qu’on ne peut jamais totalement éliminer. » Or quelle la principale force purificatrice de la raison ? La foi. Telle est la mission de la doctrine sociale de l’Eglise : « contribuer à la purification de la raison et apporter sa contribution pour faire en sorte que ce qui est juste puisse être ici et maintenant reconnu, et aussi mis en œuvre. » L’Eglise quand elle procède ainsi ne cherche pas à imposer une vision singulière en forçant tous les citoyens à adhérer à une révélation divine. En effet, « la doctrine sociale argumente à partir de la raison et du droit naturel, c’est-à-dire à partir de ce qui est conforme à la nature de tout être humain. (…)

Elle veut servir la formation des consciences dans le domaine politique et contribuer à faire grandir la perception des véritables exigences de la justice, et, en même temps, la disponibilité d’agir en fonction d’elles, même si cela est en opposition avec des situations d’intérêt personnel. »

Comme ces mots résonnent avec une particulière force dans notre contexte national actuel ! Au moment où certains veulent inscrire dans la constitution un prétendu « droit à l’avortement », au moment où le gouvernement a engagé un processus permettant de légaliser l’euthanasie, il est de plus en plus évident que seule la foi peut ouvrir les yeux de la raison obscurcie par les structures de péché, en l’occurrence ici une conception erronée des droits de l’homme. L’avortement et l’euthanasie sont des actes intrinsèquement mauvais. Un tel jugement n’est pas fondé sur une croyance particulière cherchant à s’imposer à tous. Il est un acte de la raison pratique qui a pour critère du juste les biens fondamentaux de la nature de la personne humaine. La logique des intérêts est si puissante que les catholiques ont la responsabilité de lutter contre cet aveuglement. Par la prière et le jeûne. Par l’argumentation et la manifestation.

Demandons à sainte Jeanne d’Arc de nous guider dans cette lutte pour la justice et demandons à Dieu de nous donner sa grâce pour que nous puissions exercer les vertus que Jeanne a elle-même exercées dans sa mission.

Île de Ré : la justice ordonne le démontage d’une statue de la Vierge Marie

La cour administrative d’appel de Bordeaux a ordonné à la commune de La Flotte-en-Ré, sur l’Île de Ré, le déplacement hors du domaine public d’une statue de la Vierge située au milieu d’un carrefour, confirmant une première décision du tribunal administratif de Poitiers. La commune a 6 mois pour réaliser ce transfert.

Cette statue, qui comporte la mention «vœux de guerre», a été réalisée après la Seconde Guerre mondiale pour une famille reconnaissante de voir un père et son fils rentrer vivants du conflit. D’abord exposée dans un jardin privé, elle a ensuite été donnée à la commune qui l’a installée en 1983 à un carrefour. Mais au printemps 2020, la statue est endommagée après avoir été percutée par un automobiliste. La municipalité décide alors de la reconstruire à l’identique, au même emplacement, sur un promontoire. À la suite de cette décision, les laïcards de  la Libre-pensée 17 avaient saisi la justice. Avant 1983, cela ne les dérangeait pas.

Elon Musk dénonce le mythe de la surpopulation

Extrait d’un article de LifeSiteNews du mois de décembre, traduit par un lecteur, à propos du mythe de la surpopulation :

Le Forum Économique Mondial (FEM) a tenté de « contextualiser » [ses théories] après que le milliardaire et nouveau propriétaire de Twitter ait dévoilé sa « philosophie » de surpopulation que [E. Musk] définit comme « la mort de l’humanité ».

Musk a publié cette remarque en réponse à un tweet, mercredi, de Wall Street Silver (WSS) [un forum d’investissement] mettant en lumière ce que l’utilisateur appelle le « programme de dépopulation » du FEM. Le FEM a depuis longtemps fait sienne l’idée que la prétendue « surpopulation » menace la stabilité globale. L’organisation plaide pour un contrôle étendu des naissances et l’accès à l’avortement en vue, prétendument, d’améliorer les conditions de vie, spécialement pour les femmes et jeunes filles du tiers monde.

Le tweet de WSS incluait le court clip d’une primatologiste en vue, Jane Goodall. Elle disait lors du FEM de janvier 2020 que beaucoup de problèmes mondiaux seraient résolus si simplement les taux de population humaine étaient drastiquement plus bas.

« Nous ne pouvons ignorer l’accroissement de la population humaine, car elle sous-tend énormément d’autres problèmes » affirmait-elle à l’organisation [de Davos]. « Tous ces sujets dont nous parlons ne seraient pas un problème si la taille de la population était celle d’il y a 500 ans. »

« Pour information, la population mondiale était alors de 460 millions » pointait WSS mercredi [21 décembre]. La population a atteint 8 Mds le mois dernier. Selon WSS ce n’est pas une « surpopulation » mais un « effondrement de population » imminent et « des taux de natalité bas » qui seront le vrai problème pour le futur du monde.

Musk a réagi au tweet en admettant que la vision de Goodall [que la terre se porterait mieux avec une population beaucoup plus réduite] « est la mort de l’humanité. »

Père de 10 enfants, avec trois femmes successives, Musk a depuis longtemps soutenu que la surpopulation est un mythe. L’an dernier [2021] il définissait les bas taux de natalité comme « l’une des plus grandes menaces contre la civilisation ». « Je ne peux trop insister sur le fait que nous ne somme pas assez nombreux » affirmait-il au Wall Street Journal. […]

Le milliardaire et entrepreneur Elon Musk a encore une fois lancé un avertissement concernant le risque posé par les faibles taux de natalité. Il rejette l’affirmation des « experts » globalistes qui prétendent avec insistance qu’il y a trop de monde sur terre.

Musk a fait les grands titres des médias pour [son achat] de Twitter en vue de restaurer le principe de liberté d’expression sur cette plate-forme. Il a affirmé [mi-avril] qu’en dépit des affirmations des experts et activistes du climat, c’est le faible taux de natalité, et non la surpopulation, qui met en danger le futur de la civilisation.

« La plupart de la population est sous la fausse idée d’une surpopulation mondiale » dit-il à Mathias Döpfner,  PDG de l’éditeur allemand Axel Springer. « Ce n’est pas vrai » affirme le cinquantenaire, créateur de Tesla et Space-X. « La terre peut supporter une population plusieurs fois supérieure à l’actuelle. Et le taux de natalité plonge à une vitesse démentielle. »

Si les US ont maintenu un taux de natalité stable durant les précédentes décennies, il a plongé de 20 % depuis 2007. Chine, Russie, Japon, Brésil, Bangladesh et Indonésie publient également des taux bien en dessous du seuil de remplacement.

Dans ses commentaires [mi-avril] Musk a pulvérisé « les ridicules estimations de population » faites par l’ONU, dont les projections pour 2100 prévoient plus de 10 Mds d’habitants. Selon Musk les estimations doivent être « réactualisées parce qu’elle n’ont vraiment aucun sens. »

Ses avertissements sur le déclin du taux de natalité ne sont pas nouveaux : Musk prédit depuis des années l’effondrement de la civilisation dû à la diminution de la population. L’an dernier il décrivait les faibles taux comme « l’une des pires menaces contre la civilisation. »

Je ne peux pas assez insister sur ce point, il n’y a pas assez de population » disait-il au Wall Street Journal en décembre [2021].

Les avertissements de Musk se font écho d’alertes similaires de Jordan Peterson [professeur de psychologie et auteur renommé] qui a démontré à maintes reprises que la légende de la surpopulation est inexacte et contient même un génocide implicite.

« Cela fait 10 ans que je pense que la plus grande menace des 50 prochaines années est qu’il n’y aura simplement pas assez de monde » confiait-il à Chris Williamson [podcaster] en février. « Cette idée qu’il y a trop de monde pour la planète… il n’existe pas de sous-entendu plus génocidaire que cette affirmation. »

« Alors, que voulez-vous dire par ‘trop de monde’, exactement ? Et qu’est-ce que vous entendez par ‘la planète’ ? Et qu’est-ce que vous proposez pour cela, exactement ? Avortement de masse, c’est votre réponse ? Ou devrions-nous envisager quelque chose de plus radical ? »

Les globalistes utilisent une propagande massive, dans les médias, les écoles et par toutes les agences gouvernementales pour faire croire faussement que le monde est condamné, à moins qu’il y ait beaucoup moins d’hommes.

Elon Musk a recommencé et pulvérisé le Forum Économique Mondial (FEM) sur leur idéologie de surpopulation sur Twitter. Nous ne somme certainement pas d’accord avec Musk sur beaucoup de sujets mais il a réagi avec intelligence aux idées du chouchou du FEM, Jane Goodall, selon laquelle la terre se porterait mieux avec beaucoup moins de population, en rétorquant que [c’est] cette  philosophie [qui] « est la mort de l’humanité ». […]

Avortement dans la Constitution : conférence au Sénat le 23 janvier

Entre le 25 janvier et le 1er février, le Sénat examinera la proposition de loi constitutionnelle de Mathilde Panot (députée La France insoumise) visant à constitutionnaliser un prétendu « droit à l’avortement ».

Ce texte a été adopté par l’Assemblée nationale en ces termes : « La loi garantit l’effectivité et l’égal accès au droit à l’interruption volontaire de grossesse ».

Une telle insertion d’un « droit à l’IVG » dans une Constitution n’a qu’un seul précédent : la Yougoslavie communiste de Tito.

L’ECLJ s’y oppose. L’avortement n’est pas et ne peut pas être l’objet d’un droit, puisqu’il met fin à la vie d’un enfant.

Le 23 janvier, Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ, est invité aux côtés des éminents professeurs de droit, Mme Le Pourhiet et M. Drago, ainsi que de Mme Trochu, à intervenir au Sénat, dans le cadre d’une conférence organisée par le sénateur Stéphane Ravier. Vous êtes les bienvenus à cet événement. Pour participer, il faut vous inscrire avant le 18 janvier 2023 en envoyant vos nom, prénom et fonctions (et pour la presse le nom de votre média) à [email protected]. Il vous faudra présenter une pièce d’identité pour accéder au Palais du Luxembourg.

Lien de causalité entre les injections contre le Covid et les troubles du cycle menstruel

Encore une théorie du complot qui s’avère être juste :

Marine a 32 ans et son rêve de bébé s’est effondré. Pour elle, tout a basculé à l’été 2021 après une deuxième injection de vaccin Pfizer. Elle a choisi de se faire vacciner pour protéger ses deux parents atteints d’un cancer. Mais, quelques jours après, des douleurs effroyables dans le bas-ventre lui font perdre connaissance. Elle saigne abondamment, des caillots de sang de la « taille d’une main » la contraignent à troquer des serviettes hygiéniques contre des couches. Elle n’ose plus sortir. Elle reste alitée des jours, en position fœtale, une bouillotte sur son ventre endolori.

Aux urgences, le verdict tombe : elle est atteinte d’adénomyose, une endométriose de la paroi interne de l’utérus. Elle interroge timidement les médecins qui la prennent en charge sur un possible lien avec la vaccination. « Ça n’a strictement rien à voir ! Il faut cesser avec ces théories fumeuses complotistes ! », se voit-elle rabrouée. Après la troisième dose, Marine n’a plus de règles du tout. La jeune femme, qui rêve d’être maman, s’était lancée dans un parcours PMA. Un autre couperet tombe, plus déchirant encore que des règles hémorragiques : une ménopause précoce, à seulement 32 ans.

Mais les douleurs au ventre, sadiques, ne se taisent pas pour autant. Si aiguës que, un beau jour, elle s’effondre, prise de convulsions. Enchaînant les médecins, on lui détecte, cette fois, une arythmie cardiaque et des kystes au cerveau. Marine traîne ses maux, ses interrogations, ses doutes, ses peurs, seule, sur le lino couinant et froid des hôpitaux. Pour le corps médical, elle est seulement trop « stressée », peut-être un peu « surmenée ». Pour clôturer la valse des spécialistes consultés, un psychiatre la diagnostique même bipolaire, elle qui n’en a pourtant aucun des symptômes.

Combien sont-elles, comme Marine, à se prendre un mur d’inhumanité, sinon de déni du corps médical, en pleine face ? À s’entendre traiter au mieux de « stressées », au pire d’ « hystériques », voire d’abominables « complotistes » ? Combien sont-elles alors à préférer se terrer dans le silence ?

[…] Au printemps dernier, quelque 10 000 cas de troubles du cycle menstruel post-vaccination Covid avaient été remontés par les centres de pharmacovigilance depuis le début de la campagne vaccinale en France. « Un chiffre largement sous-évalué et quel’on peut facilement multiplier par 10 si l’on veut se faire une idée plus précise de la situation ! Les médecins n’ayant tout simplement pas l’envie sinon le temps de s’encombrer de paperasse à chaque eff et indésirable “suspecté” d’être en lien avec le vaccin », nous explique Amine Umlil, pharmacien et responsable de la pharmacovigilance à l’hôpital de Cholet.

Pour se faire une idée du phénomène, deux chercheuses américaines, Kathryn Clancy et Katherine Lee, elles-mêmes aux prises avec des règles hémorragiques post-vaccination, ont publié une étude, en octobre 2021, révélant que 42 % des femmes souffraient de désordres de leur cycle après les injections. Parmi la litanie des pathologies recensées : retour des saignements chez les femmes ménopausées, règles anormalement abondantes, douleurs inhabituelles, perturbations hormonales inexpliquées… […]

Max Guazzini : Splendeur des chants traditionnels catholiques

Max Guazzini, ancien patron du groupe NRJ et du Stade Français, publie « Les chants de Jésus », un disque regroupant 24 chants catholiques traditionnels enregistrés par les 52 chanteurs professionnels de la Schola Regina, sous la direction de Phillipe Nikolov. Il est interrogé par Boulevard Voltaire :

I-Média Victoire à Callac

L’image de la semaine 
Le lanceur d’alerte Damien Rieu a été victime d’une manipulation par un curieux journaliste.

Les Rencontres du Papotin 
Emmanuel Macron, à l’aune de sa redoutée réforme des retraites, ne recule devant rien pour redorer son image et diviser les électeurs. Retour sur une séquence d’un brio redoutable en matière de communication politique.

La revue de presse 

Victoire pour Callac 
Le projet du maire de Callac de repeupler sa bourgade avec des familles de migrants africains semble avoir échoué. Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info, nous explique tout.

Trump et les fichiers Twitter

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La différence et la diversité

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Le philosophe déconstructionniste français Jacques Derrida a beaucoup parlé de la différence en tant que multiplicité mais aussi en tant que différent, dans ce cas écrit par lui différance. La pensée de Derrida est notoirement alambiquée, mais ici il a l’intention de démontrer comment deux mots épelés légèrement différemment se ressemblent lorsqu’ils sont prononcés. Il critique ainsi ce qu’il définit comme le « logocentrisme occidental ». Le philosophe Italien Diego Fusaro commente cette réflexion de Derrida : « Avec son œuvre « silencieuse », la différance marque un écart par rapport à tous ces points, cependant pas sous la forme d’une « opposition », mais d’une altérité excentrique par rapport au système de opposition sur laquelle se gouverne le logocentrisme ». Un philosophe américain, James K.A. Smith, a tenté de réconcilier Derrida avec le christianisme, demandant dans un de ses livres si « le diable vient de Paris ». Maintenant, Paris est si beau que je ne veux pas croire que le diable soit de Paris, mais il y a certainement passé du temps avant de s’installer à Rome.

J’ai commencé par Derrida parce que le thème de la différence est en réalité très important pour notre réflexion et l’opposition qu’évoquait Fusaro ne nous renvoie pas à un logocentrisme, mais au constat nécessaire que A n’est pas B, qu’Aurelio n’est pas Aurelia, que tertium non datur. Vous pouvez être quelque chose ou vous ne pouvez pas l’être. De ce point de vue, on voit combien le thème de la différence est si menacé dans notre culture moderne où il ne correspond pas à un ordre naturel inhérent aux choses mais est soumis à un choix. Nous ne sommes ni des hommes ni des femmes, mais nous choisissons de l’être, c’est le récit qui nous est également communiqué par des penseurs influents et des plateformes médiatiques omniprésentes. De toute évidence, la culture américaine a une influence néfaste dans tout cela, en particulier celle qui vient du monde du divertissement. Prenons la fille de Brad Pitt et Angelina Jolie, qui s’appelle Shiloh. Dans un article d’Alessia Amorosini sur Vanity Fair on lit ceci : « Jusqu’à un certain temps, elle se définissait comme un garçon et voulait être appelée par un prénom masculin. Dans une interview Brad Pitt avait révélé : « Elle veut s’appeler John ou Peter. Nous devons l’appeler John. Si nous essayons de dire « Shi..tu veux », il nous interrompt et je me corrige en disant : « John, tu veux du jus d’orange ? » et alors seulement il me répond». Pendant des années, elle s’est montrée dans des vêtements et des coiffures pour hommes, mais récemment, elle a choisi d’apparaître à la place dans une robe de femme lors de la première d’Eternals (si cela a encore du sens de parler de vêtements qui peuvent être définis comme uniquement masculins et uniquement féminins) ». Maintenant, quand on regarde la photo de cette fille, on voit clairement une belle adolescente, qui a hérité des bons gènes de ses charmants parents et qui peut dire ou penser ce qu’elle veut, mais c’est quand même une fille. Et vous voyez comment le doute s’insinue dans l’article quant à savoir s’il est logique de parler de vêtements pour hommes et pour femmes : c’est certainement le cas, il n’y a aucun doute. Je peux me réveiller demain et décider que j’ai 25 ans, m’habiller comme une personne de 25 ans, parler comme une personne de 25 ans… mais je continuerai d’avoir l’âge que j’ai. La différence délimite, identifie, connote. C’est quelque chose que nous devons embrasser et certainement pas rejeter.

Une autre chose est la diversité, un mot qui est très à la mode aujourd’hui. Par diversité, nous entendons l’acceptation des revendications individuelles, comme celle de ressentir quelque chose plutôt que d’être quelque chose. C’est un mot largement utilisé pour dire que la « diversité » doit nous rendre plus « inclusifs », c’est-à-dire ne pas discriminer selon une vérité objective, comme le catholicisme l’a toujours annoncé, mais nous ouvrir au tout indifférencié sans juger ce qui est bien ou ce qui est mal. Un tel Dieu (qui n’est pas Dieu) semble être celui qui nous est représenté dans la déclaration d’Abu Dhabi qui dit : « Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est l’origine dont découle le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents. C’est pourquoi on condamne le fait de contraindre les gens à adhérer à une certaine religion ou à une certaine culture, comme aussi le fait d’imposer un style de civilisation que les autres n’acceptent pas ». Mais est-il aussi condamné ceux qui recherchent une vérité objective plutôt qu’une vérité subjective et immanentiste ?

Nous promouvons la différence, mais nous faisons attention à ce que nous entendons vraiment par diversité.

L’idéologie du genre promue par la mairie de Lamballe

Une action menée à l’initiative de la délégation VIA des Côtes d’Armor alerte et dénonce l’infiltration du lobby LGBT à la mairie de Lamballe, qui prépare une semaine d’animation à la bibliothèque municipale avec des thèmes plus que discutables :

  • Une exposition sur la BD «Peau d’homme», apologie de la sexualité débridée et transgressive avec un zeste de transsexualité, destinée aux ados;
  • Un spectacle de Drag Queens effaçant l’identité sexuée, adressé aux enfants à partir de 3 ans.

Une pétition est en ligne.

Stanislas Berton : le rejet de l’Occident relativiste est porté par la Chine et la Russie

Interrogé par André Bercoff, Stanislas Berton dénonce le progressisme et rappelle la nécessité pour le peuple français de revenir au catholicisme :

Prière islamique : comment la presse diffuse des fausses nouvelles

Le militant Damien Rieu a publié une photographie présentant une personne musulmane en train de prier dans une salle du Palais de justice de Paris. Il s’agissait en fait d’un piège tendu par un pseudo-journaliste, qui traîne derrière lui une série impressionnante de casseroles. Damien Rieu est interrogé dans VA :

Comment un militant numérique aussi expérimenté que vous a-t-il pu se faire piéger aussi facilement ?

J’ai vérifié le lieu, c’était bien dans une salle du Palais de justice. J’ai vérifié la source, il s’agit d’un journaliste ayant pignon sur rue, collaborant à de grandes rédactions. J’ai vérifié l’authenticité de son compte Twitter. Avec d’autres protagonistes, la presse aurait titré : « Comment un journaliste a créé une fake news pour manipuler un influenceur. »

Le journaliste Cory Le Guen vous a lui-même envoyé la photo avec son compte professionnel. Que pensez-vous de ces méthodes ?

C’est le cœur de l’information. Si le monde journalistique ne dénonce pas ce types de procédés, demain les journalistes ne seront plus simplement les témoins mais aussi les acteurs des informations fictionnelles qu’ils diffuseront. Ces pratiques sont contraires au code de déontologie journalistique. Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation doit mener une enquête. C’est vraiment très grave. J’ai appris depuis que le journaliste auteur de cette manipulation a de graves troubles mythomaniaques, qu’il a fait de la prison après s’être fait passer pour le neveu de Brigitte Macron. Je ne souhaite pas l’accabler, mais la dérive qu’il illustre mérite un vrai débat.

Pourquoi avez-vous décidé de montrer ces images de prières musulmanes ?

Depuis 2013, la mouvance islamiste incite ses ouailles à multiplier ce type de prières dans la rue, sur les lieux de travail, dans les transports en commun… Il existe même des sites islamistes qui les répertorient, comme Al-Kanz. Leur objectif revendiqué est de marquer leur territoire, de visibiliser l’islam pour faire du prosélytisme, d’entraîner des polémiques et, si l’État réagit, en profiter pour se victimiser. On est exactement dans le même registre qu’avec les abayas. L’islamisme se glisse dans le moindre interstice. C’est une stratégie conquérante du pas à pas dont il est impératif que les Français aient connaissance. […]

Mais cela, la presse en parle très peu. Et l’omission est de la désinformation. Pourtant, le site Jepriepartout.com, comme son nom l’indique, incite les Musulmans à pratiquer la prière partout où ils le peuvent car comme le précise son sous-titre « la terre entière est une mosquée ».

Ce n’est pas une fausse nouvelle de Cory Le Guen, mais si la terre est une mosquée, alors il n’y a pas besoin de construire de mosquées…

L’origine monastique de l’expression : « Battre sa coulpe »

« Battre sa coulpe » est une expression tout droit venue du Moyen-Âge. Mais en connaissez-vous son origine et sa signification ? Divine Box arrive à votre secours pour revenir sur les traces de cette étonnante expression.

La règle de Saint Benoît à l’origine de l’expression

Tout débute lors de l’écriture de la règle de Saint Benoît en 529, organisant la vie monastique en communauté. On retrouve au chapitre quatre la notion de pardon entre les frères et la nécessité de « se remettre en paix avant le coucher du soleil ». C’est d’ailleurs au XII siècle que les communautés bénédictines adoptent peu à peu la tradition du « chapitre des coulpes ». Ce dernier consiste à se retrouver entre moines, sous l’autorité du père abbé, et avouer publiquement leurs coulpes, autrement dit leurs fautes, ou leurs péchés envers les frères de la communauté. La tradition était considérée comme capitale pour garder un bon équilibre dans la vie communautaire. C’est comme ça que l’expression « battre sa coulpe » est apparue au XIIe siècle chez les moines bénédictins !

L’usage actuel !

Par la suite, c’est dans le cadre religieux que l’expression est reprise notamment lors de la confession, au moment de reconnaître ses péchés. Au fur et à mesure, le geste de se frapper la poitrine disparaît mais l’expression persiste ! Dans son sens premier, « battre sa coulpe » signifie manifester un regret, admettre sa faute, sa culpabilité. D’ailleurs, le mot « culpabilité » provient du mot latin culpa !

Et voilà, vous savez tout sur cette expression ! Si cet article vous a plu vous pouvez aussi découvrir les origines monastiques de l’expression « avoir voix au chapitre ». Et si les abbayes vous intéressent, pensez à (vous) offrir des produits monastiques !

Doper la natalité pour éviter de recourir à l’immigration

Tandis que la France tente de réformer son régime des retraites sans encourager sa politique familiale, ce qui est un non-sens, la Hongrie encourage la natalité. Depuis le 1er janvier, les femmes hongroises de moins de 30 ans qui décident d’avoir ou d’adopter un enfant ne sont plus soumises à l’impôt sur le revenu. Une mesure qui a un double objectif comme l’explique la secrétaire d’Etat chargée de la famille Agnes Hornung.

« Il s’agit d’encourager la volonté d’avoir un premier enfant. Et ensuite de faire en sorte que les familles hongroises avec enfants aient plus d’argent. »

Il faut dire que les Hongroises ont peu d’enfants : 1,59 de taux de natalité, largement en dessous des 2,1 nécessaires pour renouveler les générations, mais en hausse par rapport à 2010 (1,25).

Le premier ministre hongrois Viktor Orban mise donc sur les aides :

  • 7000 euros pour une voiture de sept places.
  • Un prêt immobilier de plus de 100.000 euros garantis par l’Etat si on s’engage à avoir plus de trois enfants.

KTO arrive à la radio

KTO a été retenue par délibération de l’Arcom ce 11 janvier 2023 comme 26è station sur la fréquence nationale de la radio numérique terrestre.

Vincent Montagne, Président de KTO, a commenté cette information :

« KTO poursuit son déploiement et entame une nouvelle phase de son histoire. Cet accès numérique renforce notre offre de services multimédias. Nous sommes très heureux d’avoir été sélectionnés et impatients de lancer ce nouveau projet. »

On se souvient que par 3 fois, KTO n’avait pas été retenue pour accéder à la TNT, au contraire de chaînes disparues depuis.

L’église Saint-Louis Roi de Champagne-au-Mont-d’Or profanée

Message du curé de la paroisse sur le Forum catholique :

Une triste nouvelle

Hier, mardi 10 janvier 2023, en début d’après-midi, l’église Saint-Louis Roi de Champagne-au-Mont-d’Or a été l’objet d’importantes dégradations.

Les objets présents dans l’église – cierges, livres, vases, etc. – ont été jetés au sol. La crèche installée devant l’autel a été retournée et endommagée. Le chemin de croix et les tableaux du chœur sont pour l’essentiel détruits, de même que deux grands crucifix.

La statue de la Vierge Marie, solidement arrimée au mur, a heureusement tenu bon. L’ambon a été renversé ; l’autel et le tabernacle, en revanche, sont demeurés intacts. Trois des grands vitraux du chœur ont été significativement abîmés.

Sans préjuger des intentions de leur auteur, ces actes, du fait de leur violence et de leur cible, constituent ce que l’Église nomme une profanation : la volonté d’attenter à la sainteté du lieu. L’église Saint-Louis sera bientôt nettoyée, mais la messe n’y sera pas célébrée immédiatement. Un rite pénitentiel sera célébré par Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon, à l’église Saint-Louis de Champagne ce vendredi 13 janvier à 19h30, afin de rendre l’édifice au culte, et de consoler les paroissiens de leur peine. Tous sont invités à s’y joindre.

Dans l’immédiat, nous sommes invités à prier ensemble pour notre communauté paroissiale, pour notre commune et pour l’auteur des faits.

Le mercredi 11 janvier 2023
Père Martin Charcosset,
Curé de l’Ensemble Paroissial Saint Jean-Marie Vianney

Etats-Unis : la Chambre des représentants vote deux textes contre l’avortement

Aux Etats-Unis, la Chambre des représentants, contrôlée désormais par les élus républicains, a adopté mercredi deux textes pro-vie. L’immense majorité des démocrates a voté contre ces mesures.

La première résolution, soutenue par tous les républicains, condamne les attaques menées contre les «établissements, les associations et les églises anti-avortement». Oui : les démocrates n’ont pas voulu condamner ces attaques… Le texte évoque spécifiquement les actes de violence ayant eu lieu à partir du 2 mai 2022, quand une fuite a révélé que la Cour suprême des États-Unis prévoyait de revenir sur Roe vs Wade. La résolution accuse notamment «l’administration Biden de ne pas avoir pris de mesures pour répondre à ces attaques radicales».

Le deuxième texte exige des médecins présents durant un avortement «de prodiguer les soins appropriés» pour essayer de «sauver» le fœtus avorté.

La portée de ces deux textes est toutefois limitée, car ils n’ont aucune chance de passer l’étape du Sénat où les démocrates sont majoritaires.

Tout mais pas ça

La promesse du président de la République Emmanuel Macron de légaliser l’euthanasie ou le suicide assisté, exprimée en septembre, a commencé à se matérialiser en décembre. Une convention citoyenne a débuté ses travaux qui vont se poursuivre jusqu’au printemps.

La remise en question de l’interdit de tuer va s’accentuer dans les mois à venir.

Comment ne pas craindre la légalisation de « l’aide active à mourir » (pour utiliser la terminologie de l’ADMD), qui sera inéluctablement une incitation à mettre à mort des personnes malades et vulnérables ?

En fidélité au professeur Jérôme Lejeune, la Fondation a décidé de s’engager dans ce débat, en lançant une mobilisation comme un cri du cœur : Tout mais pas ça !

Pour interpeller autour de cette question anthropologique majeure, la Fondation a élaboré un documentaire choc avec une agence renommée, qui sortira le 31 janvier. Elle prévoit à partir de février un tour de France de soirées ciné-débat : aidez-nous à le diffuser en organisant une projection près de chez vous !

Visionnez dès maintenant le teaser de ce documentaire, parlez-en à vos proches et rejoignez toutmaispasca.org !

Homélie des obsèques de Pierre Le Morvan

Homélie des funérailles de Pierre Le Morvan, prononcée par le père Louis-Marie de Blignières, prieur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, le 7 janvier :

Chère Françoise, chers amis,

Je réfléchissais aux paroles que je vous adresserais en cette messe de funérailles. Je relisais les textes de la liturgie des défunts. J’ai été touché par le contraste entre notre douleur… et le caractère apaisant des textes de la liturgie. Devant le Saint-Sacrement, une pensée s’est imposée à moi, que je déclinerai en deux facettes. D’abord, il y a un « miracle chrétien ». Ensuite, la vie et la mort du juste est une « entrée dans ce miracle ».

  1. Il y a un « miracle chrétien »

À la mort d’un proche, le drame déchirant de l’existence humaine atteint son paroxysme. Notre vie, comme celle du défunt, a sans doute déjà traversé le pays de la souffrance. Elle a connu la poignante tristesse d’êtres chers disparus, la brûlure de trahisons, l’angoisse du devenir de ceux que nous aimons. Elle a traversé le brouillard des matins de maladie, les jours gris des causes perdues, les soirs de nostalgie des mondes disparus. Mais la mort d’un proche porte la morsure de notre âme à un degré indicible. Un être spirituel, tendrement chéri, un être dont le sourire était plein d’éternité et dont le regard brillait d’un mystère de sagesse complice, un être qui était devenu au fil des années une part de notre âme… comment serait-il disparu pour toujours ?

La mort est l’ouverture d’une porte béante : celle de l’absurde. Par la mort, le chagrin, les pleurs, la blessure inguérissable de l’absence élisent domicile en notre cœur. Ceux qui n’ont pas ouvert (encore) l’œil de la foi ne voient que la noirceur du deuil. Et ils n’ont pas totalement tort : c’est une partie du réel ! Mais est-ce le tout ? Non ! Écoutez, ami incroyant, la douceur de la mélodie grégorienne, qui semble venir d’un autre monde. Laissez-vous saisir par la beauté de ces harmonies pour lesquelles Mozart aurait donné toute son œuvre. Simone Weil ne disait-elle pas : « Une mélodie grégorienne témoigne autant que la mort d’un martyr » ? Relisez les paroles du canon de la messe romaine et le propre de la messe des défunts. Au milieu de notre cœur dévasté, elles font résonner des mots étonnants : « lieu de rafraichissement, de lumière et de paix ; lumière perpétuelle ; joies éternelles ; consolation mutuelle ; béatitude d’une lumière sans fin ; ange porte-étendard qui introduit dans la sainte lumière ; anges qui introduisent au paradis ». Cela aussi, c’est réel. La paix des âmes devant la mort, une paix profonde comme l’océan du mystère de Dieu, une paix qui n’est ni le raidissement volontariste du stoïcisme, ni le déni de réel du matérialisme moderne, ni l’illusion métaphysique du bouddhisme, cela existe ! C’est le « miracle chrétien ».

Le « miracle chrétien », qu’est-ce donc ? C’est le passage d’une sombre confrontation avec l’absurde… à une victoire de la vie, lumineuse et totale ! Oui, il y a une originalité absolue du christianisme : il se présente comme la seule religion qui s’affronte à tout le réel. La seule religion qui prend la mesure de toute souffrance… et de la mort elle-même. La seule religion qui dévoile pleinement le mystère d’iniquité, source du mal : le péché. La seule religion qui dresse sur le monde une machine (l’image est dans saint Ignace d’Antioche) à broyer l’absurde et à le transformer en lumière : la Croix du Christ. Étonnante machine à broyer le mal ! Elle ouvre la porte de la résurrection aux hommes arrachés à l’enfer de l’absurde. « Sang sur la neige. Un innocent qui souffre répand sur le mal la lumière du salut » (Simone Weil).

Le miracle chrétien, c’est un poignant clair-obscur. L’Artiste divin a dessiné, avec le Sang de son Fils, la lumière de la Vie sur le fond des ténèbres angoissantes du mal. Notre regard est guidé par le génie de l’Artiste : du sombre réel qui fait pleurer… au réel de lumière, le réel définitif, qui dilate dans la stupéfaction de la victoire : « Je suis la résurrection et la vie » (Jn 19, 24) !

  1. La vie et la mort du juste est une entrée dans ce miracle

Comment entrer dans ce miracle ? Par l’union à Celui qui en est la source. Notre union au mystère pascal du Christ n’élimine pas la souffrance des hommes, mais elle l’illumine de l’intérieur. Le Christ est le Verbe incarné, il nous touche par la voix de la Vérité, par le contact des sacrements, par la charité de son Église. Et chaque chrétien entre, à sa façon propre, dans ces médiations fondamentales, en fonction de son histoire, de ses qualités et de ses goûts naturels. Sa trajectoire s’enracine dans l’histoire du salut avec ses propres inflexions.

Il me semble que, pour Pierre, on peut parler d’honneur de la Vérité, de noble sensibilité (sacramentelle et artistique) et de catholicité de l’agir.

Honneur de la Vérité

Le Sauveur est le Verbe, la Vérité. C’est d’abord comme Vérité que son mystère atteint les hommes. « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien car je le suis » (Mt 23, 8). Le Christ est d’abord une Voix. C’est la Vérité qui est la forme fondamentale de sa royauté : « Je suis venu en ce monde pour rendre témoignage à la Vérité. Quiconque est de la Vérité écoute ma voix » (Jn 18, 37). Pierre a entendu sa voix, parce qu’au fond de son âme il y avait un sentiment délicat : l’amour du vrai. Il a donné noblement carrière à ce sentiment en une époque où il est peu prisé. Il a vécu en un temps de tyrannie relativiste dans la société, de déconstruction dans l’université, de primat du pastoral chez trop de pasteurs d’âmes. On peut dire qu’il n’a cessé, durant plus d’un demi-siècle, d’honorer ce sentiment et d’approfondir sa connaissance du mystère du Christ et de son rayonnement sur la cité.

Il l’a fait avec courage, sans fuir cet aspect de la Vérité qui est trop mis sous le boisseau par nos contemporains : la haine des erreurs qui fourvoient les hommes (surtout les plus humbles), et le combat contre ces erreurs dans le respect des personnes. La fondation du MJCF (il me disait que, sans lui, il ne saurait pas où il serait aujourd’hui), le travail aux Éditions de la Nouvelle Aurore, la fondation du Centre Henri et André Charlier et celle de Chrétienté-Solidarité, celle de l’AGRIF et du quotidien Présent, la participation aux Compagnons d’Itinéraires, le travail avec l’Office International de la rue des Renaudes, la participation au pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté, le soutien à Laissez-les-vivre et SOS-Tout-Petits, la présidence de l’Association des Amis de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier…

Est-ce un tempérament d’activiste qui rend compte de cette impressionnante série d’engagements ? Non ! Le fil d’or de cette vie, c’est la charité de la Vérité. C’est la conscience aigüe du primat de la doctrine, jointe à une inventivité généreuse et combative, fruit de son sens de l’honneur.

Noble sensibilité sacramentelle et artistique

Le « miracle chrétien » du mystère pascal nous atteint d’abord par la voix de la Vérité. Ensuite il nous touche par le septenaire sacramentel et les incarnations concrètes de la beauté de Dieu. C’est le côté bouleversant de l’incarnation, qui fait le fond du réalisme chrétien, et qui échappe si largement aux protestants et aux modernistes. Le Christ, pour faire de nous d’autres christs, nous touche « physiquement » par le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Ces « mystères sacramentels » ont été révélés par lui, notre Sauveur. Et ils nous atteignent par l’Église, qui entoure les paroles du Sauveur de rites et de cérémonies, de mouvements et de chants, qui les rendront les plus efficientes possibles. On peut dire en ce sens que la liturgie, c’est « la Vérité rendue sensible ». Pierre a été façonné par les sacrements, il a été fidèle à leur grâce. Notamment à celle du sacrement de mariage, qui lui a donné une telle force dans l’aide à sa chère épouse et pour l’éducation de ses enfants.

Il a aussi été profondément sensible à la beauté de la liturgie latine. Son âme de catholique, plein de piété filiale vis-à-vis de « l’être historique de l’Église », lui a fait aimer passionnément ce que notre Mère l’Église nous a légué, et qui constitue un patrimoine indisponible de l’Église latine.

Cela explique son engagement, fort et sage, dans cinquante ans de « combats traditionalistes ». Ces combats ont connu des épisodes musclés comme l’occupation de deux églises. Ils ont revêtu la forme de soutien aux publicistes catholiques comme Jean Madiran, aux pèlerinages de Chartres et de Vivières, et aux Instituts qui inscrivaient dans la durée ces trésors incomparables. On peut dire que c’est grâce à Pierre et à ses semblables que des richesses liturgiques inestimables pour la foi et l’art ont continué et continueront. C’est émouvant pour moi de remarquer que Dieu l’a rappelé à lui si peu de jours après Benoît XVI.

La noble sensibilité de Pierre s’est exprimée aussi de deux autres manières. D’une façon artistique, par sa participation au Chœur Montjoie-Saint-Denis fondé par son très cher ami Jacques Arnould. Elle lui a permis de faire entendre sa voix superbe dans un ensemble sans complexe d’identité, qui met en valeur le patrimoine catholique et français dans divers registres. Et, d’une façon culturelle, par son immense érudition historique et son amour de la chrétienté. Que sont finalement les pays de chrétienté ? Des écrins bâtis autour de la célébration de la Sainte Messe. Des prolongations du mystère de l’incarnation, enracinées dans la « geste » de peuples christianisés, qui chantent le Christ avec leur voix. Et aussi qui défendent les petits avec leurs armes si c’est nécessaire. Si Pierre a aimé des écrivains comme Péguy, Bernanos, La Varende ou Jean de Viguerie, c’est qu’en lui résonnait la beauté de cette « geste » du Christ vécue par des peuples qui l’aiment.

L’amour de la chrétienté, chez Pierre, s’est exprimé en certains actes d’un héroïsme discret. C’est ainsi qu’il a compromis durablement sa santé dans le combat pour la vie. Lors d’une campagne contre l’avortement, il a passé des jours et des nuits dans un local insalubre à imprimer les tracts de la campagne contre le meurtre des tout-petits. Son courage a eu l’élégance de la discrétion, car il était une âme chevaleresque.

Catholicité de l’agir

Le mystère pascal nous fait entrer dans le miracle chrétien par la charité de son Église. C’est un aspect d’une souveraine importance, car la vraie charité dans l’unité de l’Église est présentée par Jésus comme le signe apologétique fondamental. « Afin que tous soient un […] de façon que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21). Oui, le miracle du passage de l’absurde du péché à la victoire du Christ se fait dans la chaude lumière de l’agapè, dans la charité en tant qu’elle fait l’unité de l’Église. Un catholique, comme le nom l’indique, est le contraire d’un homme de parti. Ce n’est pas un sectaire qui vous soûle avec ses arguments pour prouver qu’il a raison.

Je peux témoigner que la conversation avec Pierre était très enrichissante. Car il savait écouter. Il n’abusait pas de son incroyable savoir pour vous assommer. Il avait le sens des nuances et de l’attitude convenable. Il avait cette marque de la vraie intelligence qui est de comprendre les difficultés. Et la marque de la vraie catholicité qui est de toujours agir comme une « partie de l’Église ». Il savait que le Christ a fondé une Église où la communion hiérarchique avec les pasteurs légitimes fait partie du dépôt de la foi. Il avait conscience qu’il y a un vrai danger du « primat du pastoral » à la sauce traditionaliste, où on dit : « Je me fiche des controverses théologiques. J’ai besoin des sacrements tradis, un point c’est tout. »

Pierre était un vrai combattant et le contraire d’un sectaire, qui simplifie les questions à cause du primat d’une efficacité supposée. Il me disait : « En fait, c’est nous qui menons le combat pour la tradition, et non ceux qui se retirent du périmètre visible de l’Église ». Oui, là aussi, il était un vrai noble, c’est-à-dire quelqu’un qui sait « qu’il a plus de devoirs que de droits dans toutes les circonstances de sa vie » (Kéraly). Il avait, quoi qu’il en coûte, la catholicité de l’agir qui ouvre sûrement aux grâces de lucidité et de persévérance.

Conclusion

Chère Françoise, chers amis, Pierre, par sa vie et sa mort, est entré dans le « miracle chrétien ». Est-ce que sa voix singulière s’est tue à jamais ? Non ! Elle résonnera, de façon unique, lorsqu’il entrera dans le Paradis (nous allons prier les anges pour cela), comme on entre dans un concert où chacun a une partition singulière. Comme Dieu connaît toutes les étoiles du firmament et les a faites pour la beauté de l’ensemble du cosmos, il a fait chacun des anges et chacun des hommes pour une mission singulière, unique, irremplaçable. « Je t’ai appelé par ton nom » (Is 45, 4). Il a fait Pierre pour une mission singulière. Mais Pierre lui-même n’en a connu ici-bas qu’une partie. Elle lui sera pleinement dévoilée lorsque, comme nous le demandons à Dieu, il sera admis dans le concert des élus. Là, il recevra son nom d’éternité (Ap 2, 17) dont nous avons deviné quelques-uns des beaux reflets.

Fr. L.-M. de Blignières, prieur de la FSVF

Mis en examen pour vingt-quatre empoisonnements, il reste autorisé à pratiquer la « médecine »

C’est logique, quand tout est fait pour légaliser les « suicides » assistés…

Frédéric Péchier, l’anesthésiste de Besançon, mis en examen en 2019 pour 24 d’empoisonnements et soupçonné d’en avoir commis huit autres, pourra à nouveau pratiquer la médecine. Sa spécialité, l’anesthésie, lui restera interdite, a annoncé mercredi 11 janvier le parquet général de Besançon. Son contrôle judiciaire lui interdisait jusque-là d’exercer la médecine.

Il est soupçonné d’avoir pollué les poches de perfusion de patients de ses collègues pour provoquer des arrêts cardiaques, mais aussi pour discréditer des collègues de cliniques de Besançon avec lesquels il était en conflit.

Décision incompréhensible quand on la rapproche du personnel médical interdit de pratiquer pour avoir refusé les injections du COVID.

La puissance publique reste sourde à toute idée de politique familiale

Editorial très pertinent de Vincent Tremolet de Villers dans le Figaro sur la réforme des retraites:

Callac : abandon du projet d’installation de migrants

Ce mercredi 11 janvier, la municipalité de Callac, village breton de 2 000 habitants, a confirmé l’abandon du projet d’accueil de réfugiés Horizon. C’est l’idée prônée par Emmanuel Macron d’installer les immigrés dans les campagnes qui est ici rejetée :

Accueillir des réfugiés pour redynamiser la commune de Callac et rénover plusieurs sites vacants de cette commune du Centre-Bretagne : telle était l’ambition du projet Horizon, porté par le maire et un fonds d’investissement. Mais ce projet, présenté en avril 2022, ne verra finalement pas le jour. Après de nombreux mois de tension, de tags injurieux, de menaces de mort, émaillés par deux manifestations organisées par les pro et les anti-projet Horizon qui ont nécessité la mobilisation des forces de l‘ordre pour tenir les deux camps à distance.

Le principal enseignement de cette histoire, c’est que la mobilisation militante paye. Eric Zemmour et son parti Reconquête s’étaient fortement mobilisés contre ce projet mortifère. Libération le reconnait...

L’OQTF du jour

Il s’agit de l’agresseur au couteau de la gare du Nord. Il est libyen (ou peut-être algérien) et, comble du comble, le ministre de l’intérieur dit qu’il ne sera pas expulsé :

« L’homme qui a blessé plusieurs personnes à l’arme blanche mercredi à la gare du Nord, dans le 10e arrondissement de Paris, était visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis l’été 2022. Le suspect ne possédait pas de documents d’identité sur lui au moment de son interpellation. Âgé d’une vingtaine d’années, il pourrait s’agir d’un Libyen ou d’un Algérien précise le parquet. Cet individu arrivé en France en 2019 a été confondu par ses empreintes. A priori fiché pour des affaires de droits communs, il était logé en Seine-Saint-Denis et aurait fait de la prison, ce que la justice n’avait pas confirmé mercredi soir. « Nous n’éloignons pas en Libye. En premier lieu compte tenu de l’instabilité du pays. En second lieu parce que nous n’avons pas de canal d’échange pour l’identification des ressortissants », indique le ministère de l’Intérieur « .

Ce matin dans Morandini sur CNews, Jean Messiha s’est attiré les foudres du plateau pour avoir révélé l’information avant tout le monde :

La Famille Missionnaire de Notre Dame participera à la Marche pour la Vie le 22 janvier

Comme depuis de nombreuses années depuis la création de la Marche pour la Vie, la Famille Missionnaire de Notre Dame y participera et encourage ses amis à y aller. Voici son communiqué :

« En cette année 2023, la vie est encore gravement menacée dans notre pays. En effet, il est envisagé en cette année d’inscrire dans la constitution le soi-disant « droit à l’avortement », et de légaliser l’euthanasie. Plus que jamais il est nécessaire de se mobiliser nombreux pour protéger la vie, de sa conception à son terme naturel.

L’Église et l’humanité viennent de perdre un grand serviteur de la vie en la personne de Benoît XVI qui, durant toute sa vie, a été un « coopérateur de la vérité ». Comme le dit à juste titre le communiqué publié par l’Élysée à l’annonce de sa mort, « peu lui importait de ne pas suivre le vent de libéralisation de mai 68, car l’Église avait à ses yeux une mission de contradiction prophétique qu’elle devait assumer avec courage. »

A la suite de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI, la Famille Missionnaire de Notre Dame encourage ses amis à témoigner de l’Évangile de la vie, en participant à la Marche pour la vie qui aura lieu à Paris le dimanche 22 janvier 2023.

Une Messe sera célébrée avec les amis de la Communauté et tous ceux qui désirent s’y joindre le dimanche 22 janvier à 12 h 30 en l’église saint Dominique (20 Rue de la Tombe Issoire, 75014 Paris). Puis nous rejoindrons le départ de la Marche.

En la préparant aussi par la prière, nous confions à Notre Dame des Neiges cette marche au service de la vie, afin qu’elle porte du fruit et prépare un réveil des consciences dans notre pays, la France. »

Qu’est-ce que le christianisme : le livre que Benoît XVI a voulu faire publier après sa mort

Présentation de l’éditeur de ce livre en vente à partir du 20 janvier, en italien :

Dans les années qui ont suivi le Concile Vatican II, le volume Introduction au christianisme a fait connaître au grand public un jeune théologien allemand. Aujourd’hui, à la fin de sa vie et en tant que pape émérite, Benoît XVI lègue cet ouvrage à l’humanité entière pour partager ses dernières réflexions sur quelques thèmes fondamentaux de la religion chrétienne.

Au centre se trouve la miséricorde de Dieu, qui découle d’une passion d’amour envers toute créature. Les prêtres sont au service de Dieu, appelés à se tenir en sa présence et à être les témoins de son amour. Ensuite, il y a les questions du dialogue avec les autres religions, avec les juifs, le peuple de la promesse, avec les confessions chrétiennes, avec le monde. Ce dialogue ne peut cependant pas ignorer les contenus centraux du credo : l’incarnation du Fils de Dieu, la foi en la mort et la résurrection de Jésus, la présence eucharistique, la communion fraternelle dans l’Église, les thèmes centraux de la morale chrétienne.

Comme l’indique le sous-titre, ce volume est presque un testament spirituel, dicté par la sagesse du cœur d’un maître toujours attentif aux attentes et aux espoirs des fidèles. Pendant ses années au monastère Mater Ecclesiae au Vatican, sa présence discrète et sa prière ont été un soutien important pour la vie de l’Église. De là, il observait avec bienveillance la nature, miroir de l’amour de Dieu Créateur, de qui nous venons et vers qui nous sommes dirigés. De là, il s’est tourné vers son pays d’origine, l’Allemagne, vers l’Italie où il a passé une grande partie de sa vie, vers la France qui l’a accueilli dans son Académie, vers l’Europe entière. A ces pays, le pape émérite confie, d’une voix faible mais passionnée, sa demande de ne pas renoncer à l’héritage chrétien, qui est un patrimoine précieux pour toute l’humanité.

De son vivant, Benoît XVI n’a pas toujours été compris. Personne, cependant, n’a pu nier la lucidité de sa pensée et la force de ses arguments, que ce dernier ouvrage rassemble avec brio.

Toutes les informations pour la Marche pour la vie

La Marche pour la vie commencera à 14h, à l’intersection du bd Vaugirard et du bd Pasteur. Nous marcherons jusqu’à la place Vauban, et notre manifestation prendra fin à 17h30.

Des intervenants de qualités seront présents, notamment le Dr Tesson, médecin en soins palliatifs, le Pr Devos, et la sénatrice romaine Lavinia Mennuni !

Prenez votre place dans un car pour le trajet aller-retour !

– Lyon : [email protected]

– Lille : lien d’inscription

– Besançon : [email protected]

– Angers ( + arrêt au Mans) : lien d’inscription

– Arras : lien d’inscription

Comme chaque année, est organisée, le samedi avant la Marche, une veillée de prière pour la vie. Elle aura lieu en l’église St Roch à 20h.

Vous pouvez toujours commander des tracts / autocollants / affiches de la Marche pour la vie 2023 ! Envois en régions et permanences toute la semaine pour des distributions à Paris.

 

M.Haziza et M.Bock-Côté, ou quand la belle et pure conscience de gauche se fait un peu secouer

Frédéric Haziza, journaliste ayant longtemps œuvré sur la Chaîne parlementaire, aime jouer à s’impressionner lui-même pour son charisme de grande figure de la Gôche journalistique moralement pure. Et, en plus, nimbé du halo forcément positif associé au statut d’animateur d’un entretien dominical sur Radio J. Le Salon beige avait déjà relaté une conversation particulièrement suave menée avec Djack Lang.

Il faut avouer que l’échange avec Mathieu Bock-Côté ce 8 janvier 2022 n’a pas eu la même aménité. M.Haziza, qui a quand même rappelé avec la gravité morale qui convenait que –dans ses dix-huit ans- lui-même [M. Haziza, donc] était [déjà !] un « militant antiraciste », n’a cessé de chercher à coincer son interlocuteur dans l’aire de l’extrême-droite. Mais M.Bock-Côté n’est guère complaisant aux manipulations et il semblerait que M.Haziza se soit sans doute senti parfois un peu merdeux comme on dit quand on sent toujours la glèbe.

Deux extraits :

A 40’15’’ :

FH : Est-ce que ça ne vous gêne pas de prendre le travail qu’un ou plusieurs travailleurs français auraient pu occuper pour améliorer leur situation ? [Où l’on note que M.Haziza n’a pas posé la même question à M.Lang –quoique français- mais président apparemment inamovible de l’Institut du monde arabe à plus de 80 ans]

MBC : Peut-être que le métier de philosophe-conservateur est un métier sous tension… Qu’il y ait des travailleurs étrangers dans un pays, c’est normal.

FH : Même s’ils sont blancs ?

MBC : Hein ?

FH : Même s’ils sont blancs ?

MBC : Mais pourquoi vous avez une obsession des races ?

FH : Ce n’est pas une question de race !

 

Et à 43’02’’ :

FH : Qu’est-ce qui est le plus grand danger selon vous, le racisme, le wokisme, l’extrême-droite ou l’extrême-gauche ou autre chose ?

MBC : Oh mon Dieu, c’est d’abord la confusion intellectuelle.

FH : Elle y participe cette émission-là ?

MBC : Euh, c’est-à-dire, les questions que vous posez ? Euh oui, un peu quand même. Je pense qu’un des dangers, c’est la diabolisation de l’interlocuteur, c’est la déqualification de l’adversaire, c’est l’enfermement des uns et des autres dans des catégories biologiques qui servent avant tout à les présenter comme des parias ou des infréquentables.

FH : Vous avez l’impression que c’est ce que j’ai fait depuis le début de cette émission ?

MBC : Bien sûr que si.

FH : Je vous ai présenté comme un paria ?

MBC : C’était le fil conducteur de l’émission. C’est votre angle éditorial.

 

Pas très charitable bien sûr mais c’était quand même un petit plaisir.

Les églises et chapelles de France constituent le « premier musée de France »

Gautier Mornas, directeur du département Art sacré de la Conférence des évêques de France, répond à son tour à Roselyne Bachelot :

[…] nous pouvons établir avec certitude que les églises et chapelles de France constituent le « premier musée de France ». Et donc l’accès le plus immédiat aux œuvres d’art pour tout Français. Pour sa part, le ministère de la Culture atteste que plus de 80 % des 300 000 objets classés ou inscrits sont des objets religieux, souvent conservés dans les églises paroissiales, dont la grande majorité appartient au patrimoine des communes.

Par le travail des Commissions diocésaines d’Art sacré, instances d’Église chargées de dresser l’inventaire du patrimoine artistique des églises, nous savons qu’un tiers des diocèses de France a déjà réalisé cet inventaire, 1/3 est en cours, 1/3 ne l’a pas encore initié, faute de moyens humains et/ou financiers et sans aucun soutien de l’État. Une question centrale, disiez-vous ?

Mais de quel intérêt parle-t-on ? S’il s’agit de son intérêt architectural stylistique, c’est déjà discutable. Car il est facile de décrier le style néogothique comme s’il résumait à lui seul l’architecture de tout le XIXe siècle alors que ce dernier a su accueillir bien des variétés comme le romano-byzantin ou le néoclassique, pour ne citer qu’eux.

Il y a en effet mille et une façons d’envisager l’intérêt que constitue le patrimoine religieux de notre pays. Et le réduire à son inutilité cultuelle – ce pour quoi il a été construit – n’est pas être juste. Car tout le monde le sait bien, les églises de France sont aujourd’hui l’objet d’une véritable « passion nationale » qui, de Journées européennes du patrimoine en Nuit des églises et de visites guidées en collectes pour sa restauration, ne cesse de mobiliser les foules les plus diverses.

L’émotion manifestée lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris en avril 2019, de même que les réactions à chaque dégradation – volontaire ou accidentelle – d’édifice religieux redisent invariablement l’attachement profond et sincère du peuple français à ce patrimoine spécifique.

Les diocèses de France se sont quasiment tous dotés de conventions types pour envisager des usages compatibles avec l’affectation légale et répondre aux besoins qui s’expriment : usages culturels, avec la tenue de concerts, d’expositions, de spectacles de théâtre, de dépôts de bibliothèques ou de médiathèques ; usages d’éducation artistique et culturelle avec les écoles d’orgues ou des classes de chant ; usages sociaux avec l’invention de refuge climatique en cas de fortes chaleurs, l’accueil d’élèves en période de révision d’examen, de clubs d’aînés ou de répétition de chorales ; usages touristiques bien évidemment avec des visites et des centres d’interprétation ; usages caritatifs ou solidaires enfin, pour accueillir les plus démunis, les pèlerins, etc. Pas grand intérêt, disiez-vous ?

Un rapport sénatorial sur l’état du patrimoine religieux français s’est fait l’écho, l’été dernier, de la nécessité de faire des églises de France des lieux de sociabilisation, surtout dans la ruralité délaissée. Le sénateur communiste Pierre Ouzoulias et son homologue LR Anne Ventalon soulignaient aussi l’urgence d’une meilleure protection du patrimoine cultuel des XIXe et XXe siècles, méconnus et déconsidérés, et d’un véritable accompagnement de l’État, démissionnaire jusqu’à aujourd’hui, face à des élus territoriaux livrés à eux-mêmes dans le maquis des subventions et du montage technique des dossiers. […]