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Recours au Conseil d’Etat pour contester la dissolution de l’Alvarium par Gérald Darmanin

L’association l’Alvarium, basée à Angers, qui avait fait l’objet d’une dissolution en Conseil des ministres en novembre à l’initiative du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sur demande du maire d’Angers, Christophe Béchu, conteste sa dissolution, en déposant un recours lundi 17 janvier devant le Conseil d’Etat. L’avocat de l’association dénonce un

« manque de précision des incriminations ou une contestation de leur réalité. Par exemple, rue Thiers à Angers avec l’histoire des banderoles. Dans le décret, figure une présentation erronée. Ils se seraient battus. Dans cette affaire, les membres ont bénéficié d’une relaxe ».

D’après lui, le décret serait largement imprécis, voire erroné.

L’association, dont le principal objet était de venir en aide aux Angevins les plus défavorisés, est prête à aller jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme.

Nostalgie, vraiment?

La Croix publie un article intitulé “Comment le pape François voit les tradis”. On y lit notamment ceci:

Dès 2016, il [le Pape] avait clairement exprimé ses interrogations sur la question. « J’essaie toujours de comprendre ce qui se cache derrière les personnes qui sont trop jeunes pour avoir vécu la liturgie préconciliaire mais la réclament, avait-il ainsi affirmé au jésuite Antonio Spadaro (1). Creusez, creusez, cette rigidité cache toujours quelque chose : l’insécurité, parfois même plus… La rigidité est défensive. Le véritable amour n’est pas rigide. » Un membre de la Curie résume : « Il voit les tradis comme des nostalgiques, mais ne comprend pas que des jeunes le soient. »

De fait, il va devenir compliqué de prétendre plus de 50 ans après la réforme liturgique que des jeunes de moins de 30 ans y soient attachés par nostalgie! Encore quelques années et nous lirons un article expliquant qu’il y a des raisons théologiques d’être attaché à la messe traditionnelle!

Louis VII d’outre-tombe

L’écrivain Frédérik Margerit vient de faire réaliser une mini-réplique en 3D du tombeau de Louis VII, le Pieux (enterré à l’abbaye de Barbeaux près de Melun: l’un des rares capétiens à ne pas avoir reposé à Saint-Denis) détruit lors de la Révolution.

Le pape et le droit propre des religieux

Fondateur et prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier de Chémeré-le-Roi, le Père Louis-Marie de Blignières développe sur le site de L’Homme Nouveau le « droit propre des religieux » dans le nouveau contexte né de la parution du motu proprio Traditonis custodes (la traduction française n’est toujours pas disponible sur le site du Vatican) et des Responsa explicatives. Extrait :

À la suite des récents Responsa de la Congrégation pour le culte divin, comme l’ont fait d’autres supérieurs, j’ai soutenu (Message de Noël du 23 décembre, entrevue dans Présent du 28 décembre) le point de vue que les normes édictées ne nous concernaient pas, du fait que notre droit propre nous garantissait l’usage des quatre livres liturgiques traditionnels. En effet, « une loi universelle ne déroge en aucune manière au droit particulier ou spécial, sauf autre disposition expresse du droit » (CIC, can. 20). Cette importance du droit propre, dans la ligne la plus classique du principe de subsidiarité, de la doctrine sociale de l’Église, et de la pratique canonique, est aujourd’hui gravement méconnue : tant du côté de théologiens progressistes que de certains traditionalistes. C’est un effet conjugué du centralisme presque jacobin des sociétés modernes, d’une philosophie du droit lourdement positiviste et d’une ecclésiologie ultra-romaine, qui voit en l’Église une « monarchie absolue » et dans le Pape une sorte de potentat aux pouvoirs illimités…

C’est ainsi que l’on nous a objecté notamment :

« Le pape peut parfaitement modifier des statuts de communautés ou associations, voire les supprimer, s’il le juge prudentiellement opportun : ces communautés émanent de lui parce que lui ou ses prédécesseurs les ont érigées quand ils l’ont jugé opportun ».

Il n’est en fait pas exact de dire, sans autre précision, que le pape puisse « changer les Constitutions approuvées par lui ». Fondamentalement, la pratique effective des conseils évangéliques est un don qui vient du Christ, et elle constitue un droit des fidèles. L’Église le conserve fidèlement (cf. can. 575).  C’est là un enseignement constant du magistère dès le IVe siècle (cf. Léon 1eDenzinger-Schönmetzer, n°321), jusqu’à Vatican II (Lumen Gentium, n°43, avec des références au magistère de Pie XI et Pie XII) et à l’Exhortation apostolique Vita consecrata  (1996) :

« La profession des conseils évangéliques est une partie intégrante de la vie de l’Église, à laquelle elle donne un élan précieux pour une cohérence évangélique toujours plus grande » (n° 3).

Ensuite, l’organisation canonique de l’observance de ces conseils est requise pour qu’ils constituent un état public de perfection dans l’Église (cf. can. 576). Mais attention ! La hiérarchie ne crée pas les différentes formes de vie religieuse, qui expriment – comme on dit aujourd’hui – divers charismes. Il est contraire à la réalité ecclésiale et historique (et au fond assez monstrueux) de prétendre que ces formes et ces charismes « émanent » de la hiérarchie. Elle les vérifie, elle les améliore, elle en écarte les erreurs éventuelles (comme la pauvreté absolue des franciscains spirituels) ou les pratiques imprudentes ou dangereuses pour la perfection de la vie morale, etc.

Vatican II, sur ce point, a heureusement rappelé la doctrine traditionnelle, qui (peut-être par « papisme » excessif ?) était moins soulignée auparavant. Les Instituts religieux ne sont pas dans leur essence une émanation du pouvoir de juridiction ou du magistère, mais ils viennent de la vie de l’Église.

« Suivant avec docilité les impulsions de l’Esprit-Saint, elle accueille les règles proposées par des hommes ou des femmes de premier ordre et, après leur mise au point plus parfaite, elle leur donne une approbation authentique » (Lumen Gentium n° 45, cf. Perfectæ Caritatis, n° 1).

La hiérarchie discerne et accueille (ou non) ce qui vient des fondateurs, et elle lui donne une approbation qui confère un statut canonique à l’Institut ; mais elle ne le crée pas ex nihilo. Si l’évêque (ou le Souverain Pontife) joue un rôle de « perfectionnant (perfector) » par rapport aux religieux « perfectionnés (perfecti) », comme dit saint Thomas (Somme de théologie, IIa IIæ, q. 184, a. 5), c’est par la vigilance sur la foi et les mœurs. Ils ne créent pas le charisme ni ne se substituent à la « juste autonomie » de l’Institut, qu’ils doivent au contraire protéger (cf. can. 586).

La hiérarchie intervient ensuite, si besoin est, pour que les moyens restent dans la ligne de la finalité (cf. Pastor bonus, art. 107). S’il y a des déviations ou des abus, elle peut nommer un Commissaire, mais celui-ci doit toujours gouverner selon le droit propre de l’Institut (Règle, Constitutions, Directoires…). Si les circonstances font que certains moyens ne sont plus praticables, ou bien ne sont plus efficaces en vue de la fin propre de l’Institut, la hiérarchie peut demander pour cela d’introduire des modifications aux Constitutions. Ainsi celles de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier précisent (n° 3) :

Les moyens pour atteindre notre fin sont, outre le vœu public des conseils évangéliques d’obéissance, de chasteté et de pauvreté, la vie commune avec l’observance régulière selon les usages traditionnels parmi les fils de saint Dominique, la célébration solennelle de la Sainte Liturgie, et l’étude assidue de la science sacrée. Ces moyens ne peuvent être chez nous ni supprimés ni substantiellement modifiés ; toutefois, à l’exception des vœux, ils peuvent être dans une certaine mesure opportunément adaptés selon les exigences des temps et des circonstances, afin d’augmenter leur aptitude à atteindre plus aisément la fin et afin qu’ils jouissent d’une plus grande efficacité.

Il y a donc un « noyau dur » qui doit toujours être respecté. « La pensée des fondateurs et leur projet, que l’autorité ecclésiastique compétente a reconnus concernant la nature, le but, l’esprit et le caractère de l’institut ainsi que ses saines traditions, toutes choses qui constituent le patrimoine de l’institut, doivent être fidèlement maintenues par tous » (can. 578). Dans la discipline actuelle, ce sont les Chapitres généraux des Instituts qui font les modifications et (sauf des cas d’Ordres anciens qui ont le privilège législatif, comme les Frères Prêcheurs) le Saint Siège qui les approuve ou non.

L’Autorité peut aussi, dans des cas très graves (c’est rare, mais ce fut le cas pour les jésuites sous la pression des monarchies au siècle des Lumières…) supprimer l’Institut. Par exemple, si sa fin n’existe plus (les Ordres militaires pour la reconquête de la Terre Sainte), s’il a totalement dévié de son but, ou s’il a commis de graves abus, des crimes… mais elle ne peut changer son patrimoine essentiel et sa finalité.

Il ne faut surtout pas oublier qu’une profession religieuse constitue un contrat entre l’Institut et le profès. Comme tout contrat, il est spécifié par l’objet et il tombe si l’objet est substantiellement modifié. Si le changement des Constitutions porte sur un point substantiel, les sujets ne sont plus tenus par leurs vœux. Pour notre Fraternité, les pédagogies traditionnelles (notamment en liturgie) font clairement partie du patrimoine mentionné dans le Décret d’érection (1988) et les Constitutions approuvées définitivement (1995). […]

Les questions bioéthiques s’invitent à la table de la finance mondiale

La cinquième conférence sur l’investissement confessionnel se tiendra à Genève vendredi 21 janvier 2022.
Des leaders mondiaux interviendront comme à l’accoutumée : Cathie Wood (Ark invest), Nicoletta Acatrinei (Gaf Foundation), Robin John (Eventide), Paul Dembiski (Directeur de l’Observatoire de la finance).
C’est aussi une opportunité d’évangélisation car des sujets majeurs seront abordés : la défense de la vie à naître, la nécessité de la famille et de l’ordre naturel, la lutte contre la pornographie. On peut noter une participation significative des catholiques. Parmi eux :
Mgr Dominique Rey, l’Archiduc Imre de Habsbourg-Lorraine ou encore Guillaume d’Alançon.
Pour connaître la liste des intervenants c’est ici : Conférenciers — Conférence 2022 (gafoundation.world)
Le programme de la journée est consultable ici : Calendrier — Conférence 2022 (gafoundation.world)
Les participants pourront y assister physiquement ou à distance.

Une mise au point d’Aleteia

Le site Aleteia, mis en cause par le site américain Church Militant, vient de publier une mise au point. Comme le Salon beige avait relayé une synthèse du long article de Church Militant traduite par le site Benoit-et-moi, la moindre des corrections consiste à relayer cette mise au point. Vous pourrez la trouver intégralement ici ou en version abrégée ici. En quelques mots, Church Militant accusait un certain nombre de sites internet catholiques, dont Aleteia, qui ont lancé un consortium de « fact checking », d’être financés par Google et de cibler d’autres journalistes catholiques critiques sur le vaccin anti-covid. Je précise en passant qu’Aleteia compte plusieurs rédactions en différentes langues qui ne sont pas toutes exactement sur la même ligne éditoriale (le plus fin connaisseur français du catholicisme américain que j’aie connu, mon vieux camarade Daniel Hamiche, par ailleurs fidèle lecteur de Church Militant, me disait qu’il lisait plus volontiers la version anglaise que la française, mais je ne suis pas assez régulier lecteur de cette version anglaise pour en parler avec la même autorité que lui – mais je dis ça car il est possible qu’une partie du débat tienne à un débat au sein du catholicisme orthodoxe américain et je ne suis pas sûr que nous en comprenions toutes les subtilités de ce côté-ci de l’Atlantique. En tout état de cause, il sera sûrement intéressant de lire la réponse de Church Militant).

Dans cette affaire, deux éléments sont à prendre en compte : la charité et la vérité. Sur le premier point, je présente bien volontiers mes excuses à ceux que nous aurions pu blesser : il y a là incontestablement un manque à la charité fraternelle (dont nous ne sommes pas seuls responsables, j’y reviendrai, mais dont une part de responsabilité nous incombe).

Au sujet de la vérité, je distinguerais là aussi deux éléments : les faits et l’interprétation des faits.

Sur la deuxième, la mise au point d’Aleteia me semble claire : le fait que le consortium catholicfactchecking soit financé par Google n’implique pas de dépendance financière, ni moins encore de dépendance éditoriale. Dont acte. Mon premier mouvement aurait de trancher en sens contraire, ç’aurait été une erreur. Deo gratias !

Mais je me permets de faire remarquer que l’article de Benoît-et-moi relayé par le Salon beige n’a nullement affirmé cette dépendance ; il s’est contenté de poser la question d’un possible conflit d’intérêts. Aleteia répond à la question, et je me réjouis vivement de sa réponse, mais il me semble tout de même que cela n’a rien à voir avec de la calomnie.

Ce qui m’amène au plan des faits – je n’évoque pas tout ici, d’abord parce que je ne connais pas tout de ce débat, et ensuite parce que l’article relayé par le Salon beige n’évoque qu’une partie de celui de Church Militant.

  • Il est dit que c’est un mensonge d’affirmer qu’Aleteia appartient à Média Participations, mais cela me semble plutôt une erreur vénielle : sur le site d’Aleteia, il est écrit :

« A partir de juillet 2015, le groupe français Média-Participations est devenu l’Opérateur industriel d’Aleteia. Media-Participations est un groupe multi-médias franco-belge, spécialisé dans l’édition (plus de 40 éditeurs), la presse (10 magazines), la production audiovisuelle et les sites internet. »

Chacun conviendra, je pense, qu’il ne s’agit donc pas uniquement « d’un actionnaire minoritaire de Aleteia, un parmi la quarantaine d’actionnaires français et étrangers qui détiennent les parts de la Société », comme le dit la mise au point.

  • Il est dit que Church Militant commet un faux témoignage en citant mensongèrement le site de Google News Initiative:

Dans la même phrase qui commence par « Selon son site internet », Church Militant donne une information qui ne figure pas sur le site internet : « dans ce cas, les catholiques ayant des préoccupations morales ou de sécurité concernant l’avortement. »

Mais, si on lit la phrase en question sur le site de Church Militant, on voit bien que le bout de phrase sur les catholiques est un ajout du site et non une citation de Google :

According to its website, the Google project pays journalists to counter “misinformation” on the China-virus jabs “to reach audiences underserved by fact-checking or targeted by misinformation” — in this case, Catholics with moral or safety concerns about the abortion-tainted shots.

Non seulement, les guillemets délimitent la citation, mais le commentaire de Church Militant est introduit par un tiret et l’expression « in this case » qui marquent tous deux une rupture assez peu équivoque. (Accessoirement, on imagine assez mal Google dire publiquement qu’il vise à contrer les catholiques ayant des objections morales à l’avortement !)

  • Church Militant est ensuite accusé de calomnie pour avoir fait « de Aleteia l’équivalent d’un bras de propagande de Pfizer », mais ce n’est pas du tout ainsi que se présente le passage visé : Church Militant relaie les propos d’un moraliste britannique, dont je ne savais rien, mais qui est cité nommément, le Dr Niall McCrae, qui – sans parler d’Aleteia – parle de Reuters Fact Check comme d’un instrument de propagande de Pfizer (j’ignore si la chose est vraie mais, de toute évidence, cela ne peut pas être une calomnie contre Aleteia). Ledit moraliste dit que Reuters Fact Check est l’homologue laïc du consortium catholique de « fact checking ». On peut considérer que le parallèle est outré, mais toutes les attaques sont sur Reuters, pas sur le consortium catholique, ni, moins encore, sur Aleteia.
  • En quelques phrases, voici ce que je retiens principalement de cette mise au point :
    • Aleteia dirige un dispositif catholique de « fact checking » réunissant 35 médias catholiques de toute tendance (le site du consortium dit « headed up »).
    • Ce consortium est financé par Google News Initiative.
    • Ce consortium n’a rien à voir avec Bill Gates, ni avec George Soros (et, en particulier, Aleteia n’a rien à voir avec ces milliardaires « progressistes). Cependant, certains de ces acteurs sont bel et bien financés par l’un ou l’autre (ou les deux), spécialement les plus acquis au lobby LGBT et à la culture de mort – ce qui n’est évidemment pas le cas d’Aleteia –, comme l’Instituto de Salud Global (qui est mentionné sur le site – en espagnol, mais pas en français – comme l’animateur du conseil scientifique du consortium et qui a bien été financé, la chose n’a rien de confidentiel, puisqu’elle est assumée sur le site de l’institut, par l’Open Society Foundation de George Soros et par la fondation Bill et Melinda Gates, les liens ne donnant qu’un exemple et ne prétendant nullement à l’exhaustivité).
    • Aleteia demeure parfaitement indépendant de ce financement par Google et, a fortiori, par Soros ou Gates.

 

Encore une fois, je demande volontiers pardon si l’article que nous avons relayé a pu laisser croire qu’Aleteia était financé par Soros ou, plus grave encore, qu’Aleteia était payé pour attaquer des journalistes pro-vie, faisant le jeu du lobby de l’avortement ou du lobby LGBT.

Personnellement, je n’ai jamais cru à cela. Je n’ai aucun doute sur le fait que la rédaction et les lecteurs d’Aleteia sont massivement pro-vie. Mais j’avoue que je persiste à trouver dangereux de faire du « fact checking » avec Google.

Car, malgré ce que le nom laisse supposer, le « fact-checking » – au sens contemporain du mot – n’est pas la recherche de la vérité, mais l’élimination des discours dissidents. Ayant personnellement fait l’objet d’opérations de « fact checking », je peux témoigner que le souci de la vérité de la part des médias dominants y est particulièrement faible : le principal objectif est de discréditer l’adversaire comme « non professionnel ». Et, là-dessus, j’assume sans problème le fait que la rédaction du Salon beige ne soit pas composée de journalistes professionnels. Notre but est de rappeler lesdits journalistes professionnels à leur déontologie, pas de nous substituer à eux : pour parodier Joseph de Maistre, la réinformation n’est pas une désinformation en sens contraire, mais le contraire de la désinformation ; nous nous contentons donc de suivre l’actualité et les médias, avec notre point de vue totalement partial (et que nous assumons partial).

Je persiste à penser que l’intelligence humaine est ainsi faite que, sans discours dissident, elle est incapable de trouver la vérité. On peut bien sûr regretter qu’au XXIe siècle, des discours aux apparences aussi peu scientifiques que les discours « anti-vax » soient aussi répandus, mais revenez simplement un siècle en arrière et vous comprendrez toute l’utilité de tels poils à gratter. S’il n’y avait pas eu une critique de la théorie de la génération spontanée, très largement dominante au XIXe siècle, Pasteur n’aurait pas pu produire de vaccin et nous serions encore en train de mourir de la rage ou de la variole. Je ne dis évidemment pas que les discours anti-vax sont aussi scientifiques que la critique de la génération spontanée, mais je dis que l’on ne peut répondre à de tels discours que par l’argumentation et non par le matraquage numérique, voire par l’élimination pure et simple de tels discours hors du cercle « républicain » des opinions présentables.

Je crois personnellement que les vaccins sont utiles. Je ne suis pas sûr du tout que les « vaccins » contre le covid soient des vaccins. Et je suis certain que le « passeport vaccinal » est un viol gravissime de nos libertés. Je suis tout prêt à changer d’avis sur l’une ou l’autre de ces affirmations (y compris la troisième bien sûr !), mais je ne le ferai que sur la base d’arguments rationnels ; l’argument d’autorité n’a guère de pris sur moi en dehors du cas de la foi elle-même.

Donc, oui, tout en reconnaissant que le Salon beige a probablement posé trop vite des questions sur une possible collusion qui n’existe pas, je continue à penser que faire du « fact checking » avec Google n’est pas du tout la même chose qu’utiliser Google comme moteur de recherche (voire comme agence de publicité, ce que j’ai moi-même fait naguère sans aucun complexe) : pour chercher la vérité en commun, il vaut mieux avoir une conception commune de la vérité et je ne vois toujours pas comment Aleteia pourrait partager celle de Google.

Parlant de publicité, je me permets une petite digression qui n’est pas sans rapport. Il est fréquent d’entendre dire dans les salles de rédaction parisiennes que la publicité n’a aucune conséquence sur la ligne éditoriale. Voire. Evidemment, Lancôme ou Carrefour ne vont pas siéger au comité de rédaction pour demander que tel article soit rédigé par tel journaliste avec tel angle. Mais qui prétendrait qu’il soit facile de publier un article à charge sur les méthodes de management d’une société dans un journal où la même société ferait de la publicité ? J’ai assisté en personne à la discussion musclée entre un élu local important, présidant aux destinées de plusieurs collectivités locales dotées de millions d’euros de budget de communication (et donc, entre autres, de publicité) et un dirigeant médiatique tout aussi important : l’élu avait été pris à partie dans un grand média et appelait le rédacteur en chef pour lui signifier qu’en conséquence, les budgets publicitaires qu’il contrôlait iraient ailleurs. Il est clair que cela eut de sérieuses conséquences sur la ligne éditoriale dudit média. Encore ne puis-je faire état que de ce que j’ai vu moi-même, et donc d’un appel téléphonique tout ce qu’il y a d’explicite, mais comment douter que certains médias s’auto-censurent pour éviter de tels problèmes avec leurs annonceurs ?

 

Dernier point : la mise au point d’Aleteia parle de correction fraternelle et regrette que l’article de Church Militant (et, en filigrane, celui relayé par le Salon beige) manque à la charité.

J’en tombe volontiers d’accord – en tout cas pour ce qui concerne le Salon beige. Et, encore une fois, j’en demande pardon aux intéressés. Mais pour la correction fraternelle, il faut être deux frères. Pour une raison que j’ignore, une partie au moins de la direction d’Aleteia a choisi de considérer le Salon beige (est-ce moi ? est-ce un rédacteur ? est-ce le profil, réel ou supposé, de nos lecteurs ? je ne sais) comme des ennemis. Je n’en prendrai qu’un exemple (mais j’en ai d’autres en magasin !) : voici quelques années, je discutais avec Mme Lejeune, la veuve du professeur, lors d’un cocktail à la nonciature ; elle voulut me présenter un dirigeant d’Aleteia, mais, à peine celui-ci entendit-il mon nom, qu’il tourna les talons, laissant la pauvre Mme Lejeune un peu désemparée. Ayant un peu l’expérience de ce genre de réactions, je l’ai rassurée sur le fait qu’elle n’y était pour rien. Je dois dire que j’ai une certaine habitude d’être traité en paria dans certains milieux, y compris catholiques (votre serviteur est probablement le seul écrivain catholique à avoir les « honneurs » de deux « fatwas » épiscopales : deux évêques, et non des moindres, ont demandé à mon employeur de me virer au motif que j’avais l’incroyable audace de considérer que la loi Taubira, même votée, demeurait illégitime !), Mais, repensant à l’anecdote, je me suis fait la réflexion qu’il était un peu rude de laisser supposer que toute la bienveillance était du côté d’Aleteia et toute la malveillance du côté du Salon beige ou de Church Militant.

Une telle anecdote n’est évidemment pas une excuse pour avoir manqué à la charité. Mais elle peut être une explication au fait que nous n’ayons pas pu avoir une conversation conforme à l’idéal de la correction fraternelle avec nos confrères.

En tout cas, si je puis tirer un signal positif de cette triste affaire, dans laquelle, encore une fois, nous avons une part de responsabilité, dont je demande bien humblement pardon, j’aimerais que nous en tirions collectivement quelques enseignements. Il me semble, en particulier, qu’il est utile d’avoir plusieurs médias catholiques aux opinions divergentes. Je me réjouis donc bien volontiers non seulement de l’existence d’Aleteia, mais aussi de « La Vie » ou de « La Croix ». Ce que je n’aime pas, c’est le journalisme « chauve-souris » qui prétende à l’indépendance, tout en vivant de l’institution (je dis « chauve-souris » à la façon de La Fontaine : je suis oiseau, voyez mes ailes ; je suis souris, vivent les rats ; ou plutôt, en l’occurrence, je suis le journal officiel de l’Eglise de France, obéissez aux évêques en vous abonnant ; je suis un journal totalement libre, appréciez mon indépendance). Je n’ai aucune objection à l’existence de médias officiels ; je ne suis pas candidat pour les concurrencer. Je n’ai pas davantage d’objection à l’existence de médias sur d’autres lignes que la nôtre ; je tiens trop à notre indépendance pour entraver celle des autres. Et, en l’occurrence, je suis persuadé que la ligne d’Aleteia et celle du Salon beige sont complémentaires et non contradictoires.

De façon générale, nous avons un grave problème dans l’Eglise de France : nous refusons désormais toute forme de débat. Il est vrai que le débat à l’heure du net peut être un peu âpre. Mais il est certain aussi que, si nous refusons le débat, nous refusons la vie et nous sommes tout proches de crever ! Et quand nous voyons ce qu’étaient les controverses au grand XIIIe siècle, nous ne pouvons que constater notre effondrement : Saint Louis résistait publiquement aux injonctions du Pape, saint Thomas polémiquait avec saint Bonaventure ; et pourtant tous ces hommes étaient authentiquement chrétiens et leurs divergences de vues ne les empêchaient pas de reconnaître cette foi commune.

Alors je forme le vœu, pour cette année 2022, que nous soyons assez libres pour débattre et assez charitables pour constater que ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise.

Et que l’on puisse réellement dire, comme le proposent nos confrères (et, j’espère, nos frères) d’Aleteia : Voyez comme ils s’aiment.

Guillaume de Thieulloy

Jérôme Fourquet : anatomie d’une France divisée

Jérôme Fourquet, analyste politique et directeur du département opinions de l’IFOP, dissèque la France qui va se déchirer pour la campagne présidentielle : 1% les plus riches, gilets jaunes, paysages, Amazon, chute de la classe moyenne, base sociologique de Marine Le Pen, Éric Zemmour ou Emmanuel Macron, tout y passe. À voir pour comprendre les enjeux de 2022 :

Le Saint-Siège, les Papes et El-Azhar

D’Annie Laurent dans La Petite Feuille verte :

Depuis le Concile Vatican II (1962-1965), l’Église catholique s’est engagée dans un dialogue interreligieux avec le monde musulman. Pour le Saint-Siège, l’Université-Mosquée d’El-Azhar, située au Caire, doit naturellement occuper une place privilégiée dans ce dialogue, compte tenu de sa prétention à être le représentant universel de l’islam sunnite. Un panorama des attentes placées dans un tel partenariat est nécessaire pour évaluer sa fiabilité dans la durée.

DE PAUL VI À JEAN-PAUL II (1963-2005)

Les premiers contacts entre le Saint-Siège et El-Azhar remontent à 1978. Ils faisaient suite à la visite du président égyptien Anouar El-Sadate à Rome au cours de laquelle, le 13 février 1978, il rencontra Paul VI.

Du 11 au 14 avril suivant, un colloque islamo-chrétien sur le thème « Possibilités de rencontre entre chrétiens et musulmans » se déroula au siège d’El-Azhar, en présence du grand-imam de l’époque Abdel Halim Mahmoud et du cardinal Sergio Pignedoli, président du Secrétariat pour les non-chrétiens créé par le pape en 1964. Le compte-rendu rédigé par le dominicain Jacques Jomier, qui participait à ce colloque, montre les promesses qu’il pouvait annoncer mais aussi l’ampleur des incompréhensions réciproques entre les deux parties.

Ainsi, la conférence intitulée « La foi commune en Dieu entre le christianisme et l’islam » que devait y prononcer le dominicain égyptien Georges Anawati, fondateur de l’Institut dominicain d’Études orientales (IDEO) situé au Caire, fut retirée du programme à la demande des autorités d’El-Azhar, notamment du cheikh Barakat qui lui consacra ensuite une réplique sévère dans la revue de l’institution (février 1979). Il y contestait entre autres la formule « foi commune » qui pouvait laisser croire que le Dieu des musulmans est le même que celui des chrétiens. Or, le P. Anawati ne parlait pas d’équivalence entre les deux religions ; il voulait peut-être rassurer son auditoire musulman quant à son intention non polémique. Sur cet événement, cf. Jacques Jomier, « Réflexions sur la rencontre El-Azhar-Vatican », Islamochristiana, Rome, n° 4, 1978 ; Emmanuel Pisani, Le dialogue islamo-chrétien à l’épreuve : Père Anawati-Dr Barakat, une controverse au vingtième siècle, éd. L’Harmattan, 2014.

Le 27 octobre 1986 se déroula à Assise une « Journée mondiale de prière pour la paix », voulue par Jean-Paul II qui y accueillit des délégués de douze religions, dont des musulmans. Mais El-Azhar ne semble avoir été associée ni à sa préparation ni à son déroulement.

L’inauguration de la Grande Mosquée de Rome, le 21 juin 1995, à l’édification de laquelle le Vatican ne s’était pas opposé (cf. PFV n° 73), conduisit, dès le lendemain, à la formation d’un Comité islamo-catholique de liaison en partenariat avec la Ligue islamique mondiale dont le siège est à Jeddah (Arabie-Séoudite). Ce Comité organisa des réunions dans plusieurs capitales arabes : Le Caire, Rabat, Amman.

Cette initiative devait aboutir à la création d’un « Comité mixte pour le dialogue », entériné par un accord signé au Vatican le 28 mai 1998 entre le cardinal Francis Arinze, président du Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux (CPDI, fondé par Jean-Paul II en 1988 en remplacement du Secrétariat pour les non-chrétiens), et le Cheikh Fawzi El-Zafzaf, président du Comité permanent d’El-Azhar pour le dialogue avec les religions monothéistes (fondé par le grand-imam Mohamed Sayed Tantaoui en 1996).

L’accord prévoyait une réunion annuelle, alternativement à Rome et au Caire. Ses statuts définissent ainsi son objectif :

« Le Comité mixte travaillera à la recherche des valeurs communes, à la promotion de la justice, de la paix et du respect des religions ; il favorisera les échanges sur des sujets d’intérêt commun comme la défense de la dignité de l’homme et de ses droits, la promotion de la connaissance réciproque et du respect mutuel entre les catholiques et les musulmans » (art. 6).

Le voyage en Égypte effectué par Jean-Paul II du 24 au 26 février 2000 dans le cadre du grand Jubilé commémorant le deuxième millénaire de l’avènement du christianisme lui fournit l’occasion de se rendre à El-Azhar pour s’y entretenir avec Tantaoui. Pour la première fois dans l’histoire, un souverain pontife était accueilli en ce lieu. Cf. Michel Lelong, Les papes et l’islam, éd. Alphée, 2009, p. 94-95.

El-Azhar a ensuite participé à une autre rencontre interreligieuse qui se tint à Assise le 25 janvier 2002, une nouvelle fois à l’initiative de Jean-Paul II, suite aux gigantesques attentats commis par des djihadistes à New-York le 11 septembre 2001, mais c’est un fonctionnaire non religieux de cette institution qui a parlé au nom de l’islam devant le pape et des représentants de toutes les religions.

SOUS BENOÎT XVI (2005-2013)

Au cours de ce pontificat, les relations entre le Saint-Siège et El-Azhar ont connu deux moments de crise.

Le malentendu de Ratisbonne

Le 12 septembre 2006, Benoît XVI a prononcé à l’Université de Ratisbonne (Bavière) une conférence sur les rapports entre la foi et la raison. Un passage y montre l’écart doctrinal existant entre le christianisme et l’islam en ce domaine essentiel, notamment la possible légitimation « divine » de la violence selon le Coran. Le pape illustre sa démonstration par un échange entre un empereur byzantin du XIVème siècle, Manuel II Paléologue, et un érudit perse. La citation comporte notamment cette phrase de Manuel :

« Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que du mauvais et de l’inhumain comme ceci, qu’il a prescrit de répandre par l’épée la foi qu’il prêchait ».

Et le pape commente :

« Après s’être prononcé de manière si peu amène, l’empereur explique minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison ».

Dans tout son exposé, il veillait à mentionner les sources et les références des citations choisies mais aussi d’émettre une distance explicite face à elles (Le texte intégral est reproduit dans le livre de Vincent Aucante, Benoît XVI et l’islam, éd. Parole et Silence, 2008, p. 108-118).

Ignorant tout cela et réduisant l’intervention du pape à ce seul passage « sans se soucier d’informer leurs lecteurs sur l’argumentaire du Saint-Père », plusieurs grands médias occidentaux qui lui étaient hostiles (La Repubblica, le New York Times, etc.) l’accusèrent d’attaque délibérée contre l’islam, blâmèrent son « ignorance », le qualifièrent  d’« islamophobe », voire mirent en cause son « infaillibilité pontificale » ; d’autres approuvèrent les violentes critiques émanant du côté musulman mais aussi de certains milieux chrétiens opposés à Benoît XVI (Cf. V. Aucante, op. cit., p. 38-42 ; Christophe Dickès, L’héritage de Benoît XVI, Tallandier, 2017, p. 106-108).

Des critiques émanèrent aussi de la presse dans certains pays musulmans. Au Caire, le quotidien El-Ahram écrivit : « Le pape attribue à tous les musulmans ce qui relève d’une minorité extrémiste » (Paolo Rodari et Andrea Tornielli, Benoît XVI, un pontificat sous les attaques, éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2011, p. 22). Mais El-Azhar ne semble avoir émis aucun commentaire public.

Le souverain pontife s’attacha alors à convaincre les musulmans de sa véritable intention et de son attachement à un dialogue constructif. Il le fit, sans s’excuser, à plusieurs reprises : le 25 septembre 2006, en recevant les ambassadeurs de 21 pays musulmans ; le 13 octobre 2006, en accueillant avec bienveillance la longue lettre que lui adressèrent 38 oulémas (savants) pour apporter leur lecture, à la fois critique et ouverte, des propos tenus à Ratisbonne ; du 28 novembre au 1er décembre 2006, en maintenant son voyage en Turquie où il rencontra des responsables religieux musulmans, malgré les conseils de certains ecclésiastiques qui jugeaient ce déplacement imprudent (cf. M. Lelong, op. cit., p. 124-165).

« Dès que le texte fut vraiment lu et analysé, les réactions de hauts dignitaires musulmans devinrent positives », note Nicolas Diat (L’homme qui ne voulait pas être pape, Albin Michel, 2014, p. 198). De fait, certains d’entre eux virent dans ce discours une invitation opportune, admettant qu’il les plaçait face à leurs responsabilités et pouvait susciter une réflexion au sein de l’islam. Ainsi, le professeur italien d’origine algérienne Khaled Fouad Allam considéra que le pape soulevait « un immense problème quant à la vraie position du Coran par rapport à la violence » (C. Dickès, op. cit., p. 112 ; cf. aussi V. Aucante, op. cit., p. 43-53).

Peut-être encouragé par ces positions, Benoît XVI baptisa, dans la nuit de Pâques 2008, un musulman égyptien converti, Magdi Allam. Il pouvait ainsi illustrer jusqu’où doit aller le respect de la liberté de conscience.

Pour Aucante, en ce qui concerne un « dialogue de raison », « l’originalité de la position de Benoît XVI tient certainement à ce véritable défi intellectuel qu’il lance à l’islam contemporain avec lequel il souhaite pouvoir mieux collaborer » (Op. cit., p. 71).

El-Azhar provoque la rupture

Contrairement à ce qui est généralement cru, ce n’est pas directement la conférence de Ratisbonne qui a entraîné la rupture des relations d’El-Azhar avec le Vatican. Non seulement cette institution ne semble pas avoir émis de protestation publique mais son grand-imam Ahmed El-Tayyeb figure au nombre des 138 signataires musulmans (sunnites et chiites, représentant ensemble 43 nations) d’une nouvelle lettre, « Une parole commune entre vous et nous », que ces derniers adressèrent le 13 octobre 2007 à Benoît XVI ainsi qu’à 26 responsables d’Eglises et communautés chrétiennes (catholiques, orthodoxes et protestantes). Cf. le texte intégral dans V. Aucante, op. cit., p. 144-160.

Ce document fut suivi d’un Forum catholico-musulman organisé à Rome par le CPDI du 4 au 6 novembre 2008 sur le thème « Amour de Dieu, amour du prochain » avec la participation d’experts de chaque religion auxquels Benoît XVI accorda une audience. Selon le Père Maurice Borrmans, islamologue enseignant à Rome, « les débats y furent très francs et même exigeants ». Relatant les rencontres de ce type qui ont suivi en divers lieux du monde, il en relativise néanmoins la portée. Elles « n’ont souvent impliqué, du côté islamique, que des personnes qui s’y impliquaient à titre privé, d’où l’extrême difficulté à voir les recommandations alors émises être concrètement appliquées dans les aires respectives ». En fait, « la lettre des 138 n’a guère eu d’écho auprès des représentants de l’islam religieux officiel » (Dialoguer avec les Musulmans, Téqui, 2011, p. 258, 264, 266).

Pour rompre ses relations avec le Vatican, El-Azhar a saisi l’occasion des regrets émis par le souverain pontife face aux souffrances infligées aux chrétiens dans certaines sociétés dominées par l’islam.

Le 26 octobre 2008, Benoît XVI avait repris l’appel des Patriarches des Églises orientales au sujet des injustices subies par leurs fidèles dans certains pays d’Orient « où les chrétiens sont victimes d’intolérances et de violences cruelles, sont tués, menacés et contraints d’abandonner leurs maisons et d’errer à la recherche d’un refuge ». Mentionnant notamment l’Irak, il demandait aux autorités civiles et religieuses concernées qu’elles assurent une protection adéquate aux chrétiens qui « ne demandent pas de privilèges » mais « désirent vivre dans leur pays, avec leurs concitoyens, comme ils l’ont toujours fait » (Zenit, 26 octobre 2018).

Le 10 janvier 2011, dans son discours au corps diplomatique, le pape évoquait deux récents attentats, l’un contre la cathédrale syriaque-catholique de Bagdad (31 octobre, 58 tués), l’autre contre une église copte à Alexandrie (31 décembre, 21 tués). Il dénonçait « les discriminations, les abus et l’intolérance religieuse qui frappent aujourd’hui en particulier les chrétiens » et ajoutait : « Les paroles ne suffisent pas, il faut l’engagement concret et constant des responsables des nations ». El-Tayyeb avait exprimé son désaccord avec « ce point de vue » qui constitue pour lui « une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures égyptiennes » et avait demandé :

« Pourquoi le pape n’a-t-il pas appelé à la protection des musulmans quand ils se faisaient tuer en Irak ? » (La Croix,21 janvier 2011).

Un prêtre copte-catholique, Yoannis Lahzi Gaïd, avait alors protesté contre ces propos par une lettre ouverte au grand-imam, dans laquelle il écrivait :

« Les massacres que les terroristes commettent contre les chrétiens sont-ils acceptables du point de vue islamique ? Les versets coraniques et leurs arguments doctrinaux se fondent-ils sur la vérité ? Ces terroristes sont-ils vraiment de fidèles musulmans ? […] Respectable Imam, vous auriez dû remercier le Saint-Père pour ses émouvantes condoléances à nos frères coptes, au lieu de condamner ses paroles comme une ingérence. Vous auriez dû tendre la main au Saint-Père, pour soutenir un dialogue pacifique entre les religions, au lieu de rejeter ses déclarations, provoquant contre lui, et évidemment contre tout chrétien, l’exacerbation d’une situation déjà très délicate, et renforçant l’extrémisme » (cité par A. Laurent, L’Homme nouveau, 24 mai 2014).

Cette démarche resta sans suite. Le 20 janvier 2011, Abdel Dayem, secrétaire général de l’Académie des recherches islamiques d’El-Azhar, annonça la suspension sine die du dialogue avec le Vatican. Cette décision, précisait-il, « s’inscrit dans le cadre des réactions contre l’islam réitérées par Benoît XVI. Le pape a répété que les musulmans opprimaient les non-musulmans vivant avec eux au Moyen-Orient » (La Croix, op. cit.). El-Tayyeb confirma la rupture par une déclaration du 15 février suivant : « El-Azhar a tenu tête au Vatican et a gelé tout dialogue avec lui, avec des propos fermes, jusqu’à la rupture » (Stéphane Valter, Fatwas et politique, CNRS Éditions, 2020, p. 107).

La même année, le Père Gaïd fut affecté à la Secrétairerie d’État du Saint-Siège, ce qui lui permettait de servir d’interprète au pape durant ses entretiens avec des personnalités arabophones. En avril 2014, il a été choisi par le pape François pour travailler à son secrétariat particulier. Cette nomination a été bien accueillie par le patriarche copte (orthodoxe) de Jérusalem, Anba Abraham, pour qui

« c’est une bonne chose qu’il [François] ait un conseiller de langue et de culture arabe à ses côtés. Il a les connaissances et la culture nécessaires pour analyser les événements au Moyen-Orient avec sagesse » (cité par A. Laurent, op. cit.).


Depuis son élection en 2013, François entretient une relation personnelle avec El-Tayyeb. Nous verrons dans la prochaine Petite Feuille Verte (n° 87) si cela peut entraîner des changements significatifs de l’islam dans les aspects qui nuisent encore à la paix mondiale.

Annie LAURENT
Déléguée générale de CLARIFIER

Cela fait polémique quand il s’agit de chrétiens, pas de LGBT

Le projet de Monasphère à L’Île-Bouchard en Indre-et-Loire, évoqué hier, susciterait déjà la polémique.

Il y a quelques années, la presse jugeait qu’un projet de «village pour retraités gays» ne devrait pas faire polémique.

Que des chrétiens souhaitent se réunir autour d’un lieu de culte, comme autour d’une oasis, rien de plus normal. Cela ne signifie pas qu’ils se retranchent du monde : à moins de vivre comme une communauté, chaque famille vit naturellement son quotidien dans le monde. Benoît XVI parlait déjà du « courage de créer des îlots, des oasis, puis de grands terrains de culture catholique, dans lesquels vivre les desseins du Créateur ».

« Nous avons besoin d’îles où la foi en Dieu et la simplicité interne du christianisme vivent et rayonnent ; d’oasis, d’arches de Noé dans lesquelles l’homme peut toujours venir se réfugier », Benoît XVI, Lumière du monde

François Ruffin : “mais vos âmes, qu’avez-vous fait de vos âmes ?”

Le député de La France Insoumise évoque la banalité du mal :

Une théologienne britannique, membre d’une commission vaticane, s’oppose publiquement au vaccin

La théologienne britannique Caroline Farey, membre de la commission vaticane sur le diaconat féminin, est l’une des signataires d’une déclaration affirmant que le vaccin contre le Covid-19 est «moralement illicite». Elle a confié le 13 janvier à The Tablet ne pas voir de problème à s’opposer au pape sur cette question.

«En cette période d’exploration du chemin synodal, pensez-vous que le pape veuille que le processus d’écoute soit uniquement réservé à ceux qui partagent son point de vue?»

Son nom figure aux côtés d’une cinquantaine de signataires, dont quatre prélats parmi lesquels Mgr Carlo Maria Viganò. Caroline Farey, philosophe et théologienne travaillant dans le diocèse de Shrewsbury, a approuvé la Déclaration de Bethléem, signée en décembre par trois évêques (Athanasius Schneider, Marian Eleganti, Rene Henry Gracida), un certain nombre de prêtres et diverses personnalités.

Plus de 1000 chapelets publics

L’initiative La France prie prend de l’ampleur. Ce sont plus de 1000 rassemblements qui sont organisés le mercredi pour prier le chapelet en public. Des groupes se sont également organisés les autres jours de la semaine. La liste, sans doute incomplète, est accessible sur cette carte :

Marche pour la vie : le reportage de Valeurs Actuelles

Entretiens avec Aliette Espieux, Nicolas Sévillia, Vivien Hoch, Tugdual Derville, des manifestants :

Grand remplacement : « Dans certains collèges, il n’y a plus d’enfants blancs »

En reportage dans les banlieues depuis dix ans, le journaliste Arthur Frayer-Laleix raconte la fracture ethnique et sociale. Il déclare dans Ouest-France :

Les prisons sont remplies en grande majorité par des jeunes garçons, de 18-25 ans, qui viennent des quartiers défavorisés. Lors d’un reportage, j’ai rencontré d’anciens détenus d’une prison à Villepinte, en Seine-Saint-Denis. L’un y avait retrouvé un copain de CM2. L’autre, un ancien camarade de prison de son frère. En banlieue, tout le monde ne va pas en prison, mais la plupart y ont des amis, des voisins ou des connaissances. […]

La République dit qu’elle ne fait pas de distinction selon les origines. Mais dans certains collèges, il n’y a quasiment pas un enfant blanc. Les habitants des quartiers le déplorent aussi. Le titre du livre, Et les blancs sont partis, est une citation de Sénégalais et Maliens qui s’en plaignent.

L’État a séparé les individus selon leurs origines ?

C’est principalement à cause de l’attribution des logements sociaux par les bailleurs sociaux et les pouvoirs publics, lors des commissions d’attribution de logement. Selon la consonance d’un nom, il peut être simple de connaître l’origine de la personne. En théorie, il est interdit d’attribuer un logement selon la couleur de peau. Dais les faits, c’est largement pratiqué comme l’ont montré des travaux d’universitaires. Dans les tribunaux, des associations comme SOS Racisme font un travail de longue haleine en attaquant des bailleurs sociaux et agents immobiliers ayant des pratiques discriminatoires. On se retrouve donc avec des quartiers très concentrés. […]

Unité des chrétiens? Et si on commençait par notre prochain?

Aujourd’hui commence la semaine pour l’unité des chrétiens, qui est hélas trop souvent une occasion de relativisme, mais qui fut instituée en 1908 par Paul Wattson, ministre épiscopalien qui venait de créer une communauté franciscaine au sein de l’anglicanisme et allait se convertir au catholicisme l’année suivante, pour que l’unité se fasse autour de la chaire de saint Pierre. La semaine se tient traditionnellement du 18 janvier, fête de la chaire de saint Pierre dans le calendrier romain traditionnel, au 25 janvier, fête de la conversion de saint Paul.

Comme chaque année, je m’associerai volontiers à cette prière – sans rêver à une sorte de parlement des confessions chrétiennes qui déterminerait au scrutin majoritaire ce que devraient être la foi et la morale chrétiennes, mais en priant pour qu’autour du siège de saint Pierre, se retrouvent tous ceux qui croient au Dieu trinitaire et au Dieu incarné. Sans renier leurs légitimes traditions, mais en nous soumettant tous à la Vérité révélée par le Fils de Dieu lui-même et transmise par l’unique Eglise catholique.

Mais, comme chaque année, je suis frappé aussi par le fait que certains utilisent leur prétendue ouverture oecuménique pour taper sur leurs frères chrétiens. Je pense évidemment à l’ostracisme qui frappe depuis quelques mois le rite romain traditionnel (pourtant essentiel non seulement au sein même de l’Eglise romaine, mais aussi pour discuter avec les Eglises orientales séparées qui ne comprennent pas que, nous Latins, nous piétinions allègrement notre tradition liturgique). Je pense aussi à ceux qui imposent des fardeaux aux fidèles par une sorte de simonie qui consiste à utiliser une autorité spirituelle pour autre chose que le salut des âmes, et notamment pour parer des atours de la morale chrétienne ce qui relève du libre débat (spécialement en ces temps de délires vaccinaux aux évêques qui refusent l’accès aux sacrements aux non-vaccinés, voire à l’ahurissante déclaration de Justin Welby, archevêque de Canterbory, c’est-à-dire chef spirituel de l’anglicanisme, selon lequel refuser le vaccin contre le covid irait contre le commandement du Christ d’aimer son prochain).

Je précise au passage que tous les échos que j’ai vus en français de la déclaration de Justin Welby traduisent qu’il aurait dit que les non-vaccinés n’étaient pas chrétiens, ce qui n’est pas exactement ce qui ressort de l’article original de Breitbart, qui dit “simplement” (mais c’est déjà insensé!) que refuser le vaccin va contre la morale chrétienne et donc serait un péché.

En tout cas, il me semble que, pour un véritable oecuménisme, il faut plusieurs éléments et au moins ceux-ci:

  • d’abord l’amour de la Vérité (et donc de la Tradition qui nous transmet cette vérité);
  • ensuite un refus de mettre sur le même plan les choix humains (même légitimes) et ladite Vérité;
  • lutter contre ses propres péchés plutôt que battre sa coulpe sur la poitrine des aïeux qui nous ont transmis la foi – ou de nos prochains que nous ne comprenons pas;
  • enfin, un véritable amour du prochain et pas l’espèce de vague solidarité pour le lointain qui en tient lieu dans nos sociétés déchristianisées.

Comme dit l’adage traditionnel: In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas (dans les choses nécessaires – c’est-à-dire la foi et les moeurs – l’unité, dans les choses douteuses la liberté, en tout la charité). Inutile de dire que nous n’avons pas trop d’une semaine par an pour nous conformer à l’objectif!

Guillaume de Thieulloy

Le harcèlement judiciaire contre Eric Zemmour continue

Eric Zemmour vient d’être condamné (provisoirement car il a fait appel), ainsi que le directeur de la publication de CNews, pour complicité de provocation à la haine raciale, respectivement à 10 000 et 3 000€ d’amende, pour avoir déclaré en 2020 à propos des mineurs isolés :

Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent. C’est une invasion permanente […] c’est un problème de politique d’immigration

Eric Zemmour a donc fait appel et dénonce un jugement politique et une volonté de le faire taire :

C’est la condamnation d’un esprit libre par un système judiciaire envahi par les idéologues. Rien que de très tristement habituel, en somme (…) C’est un faux procès qui m’est fait. C’est une querelle sémantique. On me fait un procès sémantique. Pour les Français qui sont volés, agressés, voire violés, parfois tués par des clandestins que l’on appelle mineurs isolés, la sémantique est quelque chose d’assez subalterne (…)

J’ai un agenda judiciaire chargé, car l’on veut me diaboliser. On veut, par la justice, me faire taire, car je suis le seul candidat à l’élection présidentielle à poser cette question majeure de l’immigration, de l’identité de la France et du ‘grand remplacement’. C’est une justice politique, un procès politique. Les Français savent ce qu’ils vivent, ce qu’ils subissent. La vérité est que ces mineurs que l’on dit isolés ne sont pas souvent mineurs et jamais isolés. La position la plus humaine est de rendre ces jeunes à leurs parents. Ils n’ont rien à faire ici”

Concernant l’acharnement judiciaire dont il fait l’objet et qui met en péril la liberté d’expression, la liste des procédures passées ou engagées contre lui est impressionnante. Il faut souligner que sur 8 procédures passées, il a été condamné une seule et unique fois en 2011 car il ne s’était pas pourvu en cassation, refusant ainsi une judiciarisation du débat intellectuel et politique la considérant comme un dévoiement de la démocratie. cela fait au final : 1 condamnation, 4 relaxes, une plainte jugée nulle, une autre classée sans suite et une mise en demeure annulée par le Conseil d’Etat.

Il reste environ 9 affaires en cours. Pour deux d’entre elles, il a été relaxé mais les parties civiles ont fait appel et se sont pourvues en cassation. les autres affaires n’ont pas encore été jugées.

Eric Zemmour est donc plutôt résistant face à ces attaques contrairement à ce qui se répète sur les plateaux de télévision.

Ce florilège démontre néanmoins l’acharnement judiciaire dont Eric Zemmour fait l’objet ce qui représente une véritable atteinte à la liberté d’expression.

Valérie Pécresse (LR) fait voter pour le passe vaccinal et déclare “en même temps” qu’il ne sert à rien

Cela doit vous rappeler quelqu’un :

Luxembourg : manifestation anti-passe violemment réprimée

Interrogée au Parlement luxembourgeois sur le vaccin, Alexandra Henrion-Caude s’est réjouie de la liberté de parole qu’elle a pu avoir dans ce pays, contrairement à la France.

Or, depuis le 15 janvier, le passeport sanitaire est désormais obligatoire au Luxembourg pour aller travailler.

Un lecteur me signale que la manifestation anti-pass à Luxembourg samedi a violemment été prise à partie par les forces de l’ordre. Pendant plus de 4 heures, ils ont enfermé dans le froid une manifestation pacifique d’un millier de personnes violentées, matraquées, interpellées à l’aveugle, avant de relever l’identité de la totalité des manifestants. La presse locale en parle un peu.

Nous, luxembourgeois de sang, de papier, résidents étrangers, travailleurs frontaliers, nous nous insurgeons contre la violence sociale et physique qui s’est emparée des autorités et forces de sécurité de ce pays de tradition pacifique, et en appelons à la solidarité européenne et internationale afin que les protestations légitimes étrangères pleuvent sur ce pays et contraignent ses dirigeants à retrouver modération

Un hameau chrétien à L’île-Bouchard : une aventure inédite !

Contribuer à l’essor et au déploiement d’écosystèmes chrétiens au XXIe siècle : voilà la raison d’être de l’entreprise Monasphère, convaincue de la force prophétique de petites oasis où tous pourront venir goûter une vie imprégnée par la foi.

Monasphère développe en ce moment un projet inédit de 17 maisons à L’île-Bouchard, Sanctuaire Marial et Angélique situé en Touraine. Le lancement est prévu le 17 janvier prochain.

Contact : contact@monasphere.fr

Chers Amis,

Contribuer à l’essor et au déploiement d’écosystèmes chrétiens au XXIe siècle : voilà la raison d’être de Monasphère. A l’heure où tant de structures semblent se distendre, nous sommes convaincus de la force prophétique de lieux où des chrétiens vivent un voisinage fraternel, avec la volonté de transmettre, de rayonner, de constituer des myriades de petites oasis, où chrétiens et non chrétiens pourront venir goûter une vie imprégnée par la foi jusque dans ses structures collectives.

Monasphère développe en ce moment un projet inédit de 17 maisons à L’île-Bouchard, sanctuaire Marial et Angélique situé en Touraine et animé par la Communauté de l’Emmanuel.

Nous y avons conçu un véritable “hameau” avec une place ponctuée d’une halle, un jardin partagé, des jeux pour les enfants… Tout est pensé pour favoriser le voisinage fraternel et la convivialité.

Nous l’avons travaillé avec passion, pour oser des constructions neuves à caractère patrimonial et durable, alliant beauté, autonomie et performance énergétique. Un quartier qui pourrait se confondre avec d’autres quartiers anciens du village, par son architecture basée sur l’urbanité locale. Nous ne sommes pas seulement en train de construire des bâtiments, nous déployons une vision.

Et quel meilleur lieu que L’Île-Bouchard pour un tel projet ? La Vierge nous y parle des familles, de notre pays de France, de l’urgence de la prière. Ce message semble revêtir une étonnante actualité. Des familles se sont déjà implantées sur place, attirées par la force spirituelle du lieu. Avec ce projet, vous pourriez bientôt les rejoindre !

Bienvenue à L’île-Bouchard, sous le voile de la Vierge et à l’ombre de l’Ange” .

L’équipe de Monasphère

Être tenu informé

Ouverture des ventes le 17 janvier 2022.

Le ministre Gérald Darmanin pris en flagrant délire

Le ministre de l’Intérieur a dénoncé le geste d’individus dans la manifestation anti-pass :

En fait, ils applaudissaient :

Les journalistes qui ont diffusé cette intox devraient logiquement être poursuivis en vertu d’une des lois liberticides de Macron :

Enfants handicapés : Si Eric Zemmour avait tort, pourquoi des parents se retranchent en haut d’une grue pour obtenir une place dans un établissement spécialisé ?

La polémique artificielle déclenchée honteusement par la classe politicienne (Marine Le Pen comprise) contre les propos d’Eric Zemmour est différente de toutes les autres. En effet, elle ne se fonde pas sur un sujet politique classique mais sur un sujet sensible qui concerne plusieurs millions de personnes : 380 000 enfants handicapés, ce sont 760 000 parents, des centaines de milliers d’enseignants, d’AESH, de directeurs d’école et de collège…. Ce n’est pas la première fois que les enfants handicapés sont instrumentalisés : on se souviendra de la mise en scène honteuse de Ségolène Royal dans le débat face à Nicolas Sarkozy.

Nous mettrons de côté les attaques politiciennes qui relèvent plus du réflexe pavlovien que du débat de fond. A part quelques témoignages people (Gilbert Montagné ou Philippe Croizon) téléguidées et bien éloignés de la réalité de ce qui se passe aujourd’hui dans les écoles et collèges, et de quelques parents sans doute choqués par la déformation des propos, de très nombreux témoignages sont venus en appui des déclarations d’Eric Zemmour.

Ce qui est décrit dans les médias comme une faute politique ou un dérapage pourrait être au contraire reçu par ces millions de Français concernés comme la preuve de sa sincérité, de sa compétence et du professionnalisme des équipes d’Eric Zemmour.

Les propos d’Eric Zemmour ont été très clairs, sans ambiguïté et tombent sous le coup du bon sens :

Je pense qu’il faut effectivement des établissements spécialisés. Je pense que – sauf les gens qui sont légèrement handicapés, évidemment, qui peuvent rentrer dans la classe […] – l’obsession de l’inclusion est une mauvaise manière faite aux autres enfants et à ces enfants-là, qui sont, les pauvres, complètement dépassés par les autres enfants. Donc je pense qu’il faut effectivement des enseignants spécialisés qui s’en occupent

En effet, si Eric Zemmour avait tort, pourquoi donc des parents enverraient leurs enfants dans des établissements en Belgique faute de trouver des solutions adaptées en France, preuve que l’inclusion en milieu ordinaire n’est pas la SEULE solution ?

Pourquoi 7 000 Français en situation de handicap sont accueillis en Belgique ? [source]

Fin 2018, il y avait 1 436 enfants, adolescents et jeunes adultes accueillis dans des établissements wallons conventionnés par la France – sans compter les familles qui s’expatrient en Belgique pour se rapprocher de l’école de leur enfant. Tous viennent principalement des Hauts-de-France, du Grand Est et d’Île-de-France.

Au 31 décembre 2017, 6 109 personnes handicapées adultes étaient accompagnées par une structure wallonne car, en grande majorité, elles n’avaient pas trouvé de place en France. Il s’agit, pour près de la moitié, de personnes présentant une déficience intellectuelle, puis de personnes portant un handicap psychique (1 417) et ensuite des troubles du spectre autistique pour 800 personnes. Au-delà du manque de places en France, l’accompagnement en Belgique est jugé meilleur par de nombreuses familles.

“Le contribuable finance les structures en Belgique”, alerte Jean Pierre Delelis, père d’adulte handicapé [source]

Cela fait bientôt 5 ans que Jean-Pierre Delelis a du se résoudre à placer son fils, Nicolas, autiste, dans une structure d’accueil spécialisée en Belgique : “J’ai du après beaucoup de recherches dans des établissements régionaux ou nationaux me tourner vers la Belgique. Parce que _c’est la seule solution pour les adultes lourdement handicapés_, qui n’ont pas de places en France“.

En effet, si Eric Zemmour avait tort, pourquoi des parents manifesteraient contre la fermeture, la disparition ou la diminution des moyens accordés aux IME (Instituts médicaux éducatifs) ? Cette tendance est d’ailleurs encouragées par l’ONU qui veut la fermeture des établissements spécialisés en France.

Vers la disparition des IME : des parents alertent en Isère [source]

Ils sont les parents de Léa, Capucine, Mathis, Redouane… Une quinzaine au total qui tentent d’alerter sur la fermeture de nombreuses places en IME dans leur département, l’Isère. Ce collectif rassemble des familles avec des enfants handicapés dans différents établissements (…). Pour se faire entendre, ils descendront dans la rue le 15 décembre 2021, devant les locaux de l’ARS. Cette inquiétude résulte des décisions de l’Etat de changer les modalités d’accueil des enfants en situation de handicap (…)

Ce cap répond à l’objectif d’un accueil en milieu ordinaire, largement encouragé par l’ONU qui, en septembre 2021, a encore une fois exhorté la France, après son audition, à « fermer tous ses établissements » (articles en lien ci-dessous). Si l’ambition d’une société inclusive, hors les murs, semble louable, ils sont nombreux à redouter que cette métamorphose ne se fasse « à marche forcée », sans avoir suffisamment anticipé les solutions alternatives, sans que l’école dite inclusive ne soit en mesure de proposer les accompagnements adaptés aux problématiques du handicap intellectuel.

Fermer tous les établissements: la fermeté de l’ONU exaspère [source]

Depuis 2017 déjà, le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU s’est prononcé de manière très catégorique en faveur de la « fermeture de tous les établissements », y compris des  « ateliers protégés » (ESAT) et des « classes spécialisées au sein de l’école ordinaire » (…) Il dénonce « une législation et des politiques publiques fondées sur le modèle médical et des approches paternalistes du handicap », ainsi que des « milieux ségrégués » (…)

L’Unapei regrette que ce rapport « s’attaque frontalement aux établissements, sans prise en compte de la parole des personnes en situation de handicap qui ont besoin d’un accompagnement continu et de leurs aidants familiaux ». Or l’association rappelle que, dans son réseau, « bon nombre font appel à des aides humaines 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ».

En effet, si Eric Zemmour avait tort, pourquoi des parents se retrancheraient en haut d’une grue pour obtenir une place dans un établissement spécialisé ? Ce type de faits divers est malheureusement récurrent et il s’agit le plus souvent de réclamer une place en établissement spécialisé:

Multiplication des “actions grue” : le cri de détresse des parents d’enfants handicapés [source]

Trois mères au sommet de grues pour alerter sur le handicap à Lille et Strasbourg [source]

Toulouse : à bout, une mère d’enfants handicapés a passé la journée au sommet d’une grue [source]

Dans notre dernier article sur le sujet, nous avions demandé aux lecteurs du Salon beige de nous faire parvenir des témoignages concrets. Nous les publions ci-dessous. Ils sont éloquents :

Merci à M.M. : “Nous sommes donc passés par l’inclusion qui s’est soldée par d’innombrables échecs et de nombreuses souffrances et humiliations car nos enfants avaient besoin d’un établissement spécialisé

Nous sommes parents de quatre enfants dont deux sont handicapés et âgés de 17 et 18 ans. Comme tous les parents d’enfants handicapés, nous avons mis du temps à déceler et diagnostiquer le handicap de nos enfants qui relèvent tous les deux du champ du mental (cérébrolésé pour l’un et troubles psychiatriques pour l’autre se traduisant par de la phobie scolaire). Nous sommes donc passés par l’inclusion (AESH, CLIS puis ULIS) qui s’est soldée par d’innombrables échecs (renvoi pour raison de sécurité, manque de personnel qualifié, classe perturbée) et de nombreuses souffrances et humiliations (enseignants non formés, troubles du comportement mis sur le dos d’un défaut d’éducation…) car nos enfants avaient besoin d’un établissement spécialisé.

Nous nous sommes donc retrouvés à plusieurs reprises sans solution, situation pourtant interdite par la loi RAPT (Réponse Accompagnée Pour Tous – Zéro Solution). Mais une loi ne sert à rien s’il n’existe pas de moyens ou de solution concrète. En plus, lorsque vous déménagez, vous changez de MDPH puisque le handicap est géré par département. Vous vous retrouvez dans une file d’attente interminable pour obtenir des places en établissement spécialisés. Nous avons donc galéré avec des demi-solutions, des moments où nos enfants étaient à la maison ou en hôpital psychiatrique. La psychiatrie pour adolescents est un autre domaine sinistré avec quasiment aucune place disponible, un véritable scandale. Pour montrer l’hypocrisie du système, voici deux anecdotes qui nous ont marquées :

Lors de la rentrée scolaire 2018, nous n’avions toujours aucune solution concrète pour notre fils alors même que nous étions présents dans le département depuis un an. Nous avons donc contacté le numéro vert que le gouvernement avait mis en place pour traiter les cas d’enfants handicapés sans solution. Nous avions vu sur le compte twitter de monsieur Blanquer ce dernier répondre en direct aux parents aux côtés de Sophie Cluzel. Notre cas a été noté deux fois et on nous a promis que nous serions rappelés sous peu. Belle mise en scène de communication car nous n’avons jamais eu la moindre nouvelle. Quand nous voyons madame Cluzel s’offusquer aujourd’hui dans les médias, nous ne pouvons que penser à cette anecdote qui en dit long sur ses arrière-pensées politiciennes…

Plus récemment, nous avons haussé le ton avec l’ARS en menaçant d’aller en Belgique ou de monter en haut d’une grue. Leur réponse nous a laissé sans voix. Ils nous ont répondu honnêtement que les ARS étaient très gênées par cette histoire de Belgique et essayaient de trouver des solutions en priorité pour les parents qui envisagent cette solution. Et pour les parents qui montent dans les grues, les MDPH et ARS leur trouvent une place dans un établissement spécialisé…en l’imposant de force malgré le manque de personnel alors même qu’il y a une liste d’attente. Cela se fait donc au détriment du numéro 1 de la liste qui attend depuis des mois…

Merci à L.D. : “Mes parents ont bien été contents de pouvoir ensuite l’envoyer dans une structure totalement adaptée pour finir sa scolarité

J’ai une petite sœur handicapée née en 1982. Un handicap mental léger, on n’a rien détecté avant la maternelle, où ma sœur a commencé à avoir des retards d’apprentissage. De fait, ma sœur a commencé à suivre une scolarité normale, mais cela ne s’est pas très bien passé dans l’école privée où elle était, car ce n’était pas adaptée aux enfants avec des retards. Puis elle a été placée dans une école publique où il y avait une structure d’accueil un peu plus adaptée. Mais cela n’a pu durer longtemps. Elle n’a jamais pu apprendre à lire. Mes parents ont bien été contents de pouvoir ensuite l’envoyer dans une structure totalement adaptée pour finir sa scolarité. Le sujet de mes parents a toujours été de trouver une structure où ma sœur se sent bien et grâce à la providence nous avons pu trouver de telles structures et maintenant ma sœur est rayonnante dans une de celles-ci, où elle est pourtant une des moins handicapées.
Je suis donc tout à fait favorable à ce que dit Eric Zemmour. Il n’est ni bon pour la classe, ni pour l’élève, qui souffre de sa différence, de vouloir à tout prix viser une inclusion qui n’est pas du tout réaliste. Cette démarche d’inclusion à tout prix est purement idéologique. Elle est d’une part un cas un peu extrême de l’idéologie égalitariste qui sévit dans l’école (pas de classe de niveau), et d’autre part de l’idéologie de non discrimination qui sévit dans la société, car certains parents acceptent mal que leur enfant ne soit pas dans le “circuit normal”. Il faut que ces derniers comprennent que cela sera bien mieux pour leur enfant d’avoir un parcours adapté à leur situation et fassent le deuil de “l’enfant normal”. 

Merci à M.T. : “Et ce n’est bien sûr pas l’école qui peut résoudre ces problèmes multiples, quels que soient la bonne volonté et le dynamisme des enseignants. L’inclusion à l’école est une bonne chose seulement si l’enfant handicapé est en mesure de s’y adapter et de s’y épanouir

En tant que maman d’une petite fille de trois ans souffrant de handicap, je tenais à remercier vivement Madame Agnès Marion pour la justesse de ses mots dans la tribune de Valeurs Actuelles. Le faux procès fait à Monsieur Zemmour suite à ses propos sur l’inclusion des enfants handicapés à l’école est inutile et consternant. Cette polémique stérile ne fait que masquer les réelles difficultés auxquelles sont confrontées les familles d’enfants handicapés : extrême lourdeur administrative, manque cruel de structures adaptées et surtout de professionnels disponibles. Chez les médecins spécialisés, orthophonistes, psychologues, psychomotriciens, les listes d’attente sont longues comme le bras et de nombreux enfants manquent de soins faute de place. Que de temps perdu ! Alors que ce temps est justement d’autant plus précieux dans une situation de handicap et que pour un jeune enfant en souffrance il n’y a pas une seconde à perdre!
Et ce n’est bien sûr pas l’école qui peut résoudre ces problèmes multiples, quels que soient la bonne volonté et le dynamisme des enseignants. L’inclusion à l’école est une bonne chose seulement si l’enfant handicapé est en mesure de s’y adapter et de s’y épanouir. Pour les parents concernés c’est parfois aussi se voiler la face que de vouloir scolariser à tout prix un enfant atypique dans une classe normale en mettant de côte ses difficultés, quitte à générer pour cet enfant de très grandes souffrances et à empêcher tous les autres élèves de progresser.
Je n’ai pas du tout été choquée par les propos de Monsieur Zemmour, je les comprends et je suis d’accord avec lui. La polémique qui s’ensuit avec une surenchère d’indignation me paraît en revanche blessante et malsaine. Monsieur Zemmour a le mérite de mettre le sujet sur la table sans faux-semblants, qu’on lui réponde sur le fond au lieu de jouer les effarouchées.
Quand on a un enfant handicapé, il n’y a justement plus de faux-semblant, plus de paraître. Une fois que le handicap est décelé les médecins doivent dire la vérité aux parents et agir vite. Dire la vérité et agir efficacement, voilà deux qualités qui font décidément défaut à la plupart des candidats à la présidentielle.
Merci à A.C. : “Le véritable irrespect envers ses enfants, c’est de vouloir à tout prix les scolariser, les mettre dans le “même sac” alors que parfois leur santé réclame un rythme plus calme, plus paisible
Je suis maman de cinq enfants et dans cette fratrie nous avons une petite fille de 9 ans atteinte d’une maladie auto-inflammatoire sans diagnostic précis malgré nos allers-retours en divers CHUs dont Necker. Pour résumé, la douleur est son quotidien avec son corps qui s’enflamme de douleurs  et phénomènes en tout genre : articulaires, musculaires, oculaires, abdominales, dermatologiques … Pas de solution à cette douleur, et pas de diagnostic : juste à apprendre à vivre avec (…).
Sauf que, à l’école, il faudrait que la maîtresse puisse autoriser à se coucher, calmer, masser, cette petite fille percluse de douleurs, et au cœur à vif. Et que garder le rythme d’école , fatiguant, pour garder à tout prix une vie comme toute le monde , n’est pas forcément la meilleure solution. Surtout lorsque l’école ou les enseignants ne peuvent ou ne savent pas gérer ce qui, déjà en tant que parents, est difficile à effectuer (…)
Cette petite fille a aussi des difficultés scolaires de compréhension, qui s’accentue forcément lorsque la douleur est trop forte : son CE1 l’épuisa : suivre le rythme, encaisser une journée d’école sans trop se plaindre, et sans avoir maman à qui faire part de ses douleurs, faire ses devoirs, apprendre ses leçons alors que l’épuisement et la douleur réclament un repos… un enfer pour un enfant malade. (…) nous avons décidé de la déscolariser .
Depuis que nous faisons l’école à la maison à notre petite fille, elle peut se reposer lorsque la douleur est trop forte, faire un travail écrit par oral, et se détendre à côté, car l’école à la maison gagne du temps scolaire. Finies les soirées de pleurs, les ongles en sang, et le visage crispé de notre petite fille. Elle retrouve la paix et la joie de sa petite enfance. Alors, le véritable irrespect envers ses enfants, c’est de vouloir à tout prix les scolariser, les mettre dans le “même sac” alors que parfois leur santé réclame un rythme plus calme, plus paisible. Laissons aux parents le choix de savoir ce qui correspond le mieux à leur enfant. Selon chaque cas , les choix pour un enfant malade seront différents. Laissons nous le droit de faire l’école à la maison, aidons matériellement les parents à pouvoir le faire, et laissons de côté ces ridicules polémiques.
Merci à Eric Zemmour de nous donner un peu d’espoir , et merci de sa sincérité si rare dans le monde politique,
Merci à E.D. (AESH) : “Il est impossible de faire du travail sérieux, notre rôle consiste donc uniquement à ce que la classe entière ne soit pas trop perturbée par leur présence et  non plus à faire progresser l’enfant dans ses apprentissages. C’est un désastre.” 
Mère de famille nombreuse et AESH (assistante d’éducation scolaire pour les porteurs de handicaps), je vous donne mon témoignage concernant l’inclusion en milieu scolaire des enfants “porteurs de handicaps”, car dans votre article vous n’évoquez pas les milliers d’AESH que nous sommes et dont le quotidien est justement la gestion de ces enfants-là. Je suis donc AESH contractuelle à l’Education Nationale, donc j’accompagne des élèves porteurs d’handicaps au collège et au lycée  dans leur apprentissage. Ceci en vertu de la loi de 2005 sur l’inclusion pour “l’égalité des chances.”
Cette loi concernant l’inclusion ne me semble pas du tout assez précise, en effet on ne peut mettre dans le même sac toutes les pathologies que ce soit les dyslexiques, dysorthographiques mais aussi les autistes, les enfants trisomiques…. sachant que de plus en plus de pathologies s’additionnent les unes aux autres. A cela il faut rajouter les troubles de l’affectivité liées aux carences éducatives, que nous voyons, hélas de plus en plus fréquentes (…) Les AESH, ex-AVS ne sont pas assez nombreuses. Conclusion ? On nous rajoute des enfants et nous n’avons plus un seul enfant par classe mais parfois 3 ! Il est impossible de faire du travail sérieux, notre rôle consiste donc uniquement à ce que la classe entière ne soit pas trop perturbée par leur présence et  non plus à faire progresser l’enfant dans ses apprentissages. C’est un désastre
Les enseignants ne sont pas formés aux handicaps et donc dépassés par la gestion d’une classe aussi hétérogène et du coup très vite découragésOr nous n’avons pas l’autorisation de mettre des avertissements à l’enfant et il le sait fort bien, c’est donc ces enfants-là qui font la loi dans la classe et font rire tout le monde, dissipent l’attention des bons élèves qui aimeraient travailler… C’est l’enfer ou sinon le cirque, au choix !
Par ailleurs, très peu de réunions ont lieu pour suivre leur “PAI” (projet d’aide individualisée).
Aussi je plaide pour une loi qui revaloriserait nos conditions de travail, augmenterait le nombre d’AESH et surtout les procédures de recrutement (j’ai été recrutée en sept. 2020 mais n’ai pu avoir un poste que 13 mois plus tard….alors que plusieurs enfants étaient en attente.
Cette inclusion ne devrait être possible qu’aux enfants porteurs d’handicaps compatibles avec la vie en classe.
Merci à B.G. (AESH) : “L’inclusion a ses limites et là elle donne des illusions aux parents, elle met en danger des enfants et il n’y a aucun bénéfice pour l’enfant et pour les autres enfants, il y a même des risques importants.”
Depuis presque 3 ans je suis AESH (Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap). J’ai accompagné plusieurs enfants avec différentes formes de handicaps. Sur les 5 enfants, 4 avaient ou ont des troubles autistiques plus ou moins lourds. Pour la majorité l’inclusion est une bonne chose pour l’enfant et pour les autres qui apprennent ainsi la différence.
Depuis la rentrée je m’occupe d’un enfant qui a 7 ans, il ne sait pas parler, ne sait donc pas écrire, lire, la communication est difficile . Il change d’activité toutes les 3 minutes, il joue avec des jeux adaptés pour les enfants ayant 18 mois que j’apporte de chez moi afin de varier avec ce qu’il y a à l’école. Il n’y a aucun projet possible pour lui dans une école.
L’hôpital de jour qui le prenait en charge un jour et demi par semaine vient de fermer car il n’y a plus de médecin.
Au début, cet enfant devait être en CE1, ne pouvant pas être dans sa classe, nous l’avions installé dans un grand placard de rangement puis voyant que cela ne convenait pas nous sommes allés en maternelle et nous passons notre temps entre un couloir et une salle de motricité…. Je suis seule avec lui durant les 2 fois 3 heures qu’il est à l’école et je dois faire de la garderie en veillant qu’il ne se fasse pas mal ni aux autres enfants quand il y en a autour de lui  et essayer de me protéger. Car non seulement il n’est pas à sa place mais en plus il est en souffrance : quand il est en crise, les larmes coulent et il hurle, tape, mord, crache, pince!!!!. Quand cela devient ingérable nous appelons son papa qui vient le chercher dans les 15 minutes. Il n’y a pas un jour, quand il est à l’école, où il ne tape pas, ou  crache. Les enfants sont témoins de toutes ces violences.
L’inclusion a ses limites et là elle donne des illusions aux parents, elle met en danger des enfants et il n’y a aucun bénéfice pour l’enfant et pour les autres enfants, il y a même des risques importants. L’éducation nationale est bien sûr alertée mais je crains que si les parents ne retirent pas leur enfants ou qu’il y ait un drame sur un petit que rien ne se fasse !!!!

Qui est derrière les émeutes du Kazakhstan ?

D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :

La première semaine de janvier a été marquée par des émeutes à la violence inédite au Kazakhstan. L’élément déclencheur a été le relèvement du prix du GPL, qui a doublé en quelques jours à la suite de son déplafonnement.

La presque totalité du pays s’est embrasée, mais c’est à Almaty, la capitale économique, que les violences ont été particulièrement intenses. La plus grande confusion a régné dans les premiers jours. Des observateurs locaux faisaient état de comportements pour le moins erratiques des forces de l’ordre : très répressives à certains endroits, pactisant avec les émeutiers dans d’autres.

Finalement, le président Tokaïev a donné des consignes impitoyables, demandant d’ouvrir le feu « sans avertissement ». Dans le même temps, plusieurs responsables de la sécurité étaient arrêtés. Après un déchaînement de violence réciproque, les forces de l’ordre ont repris la main et les émeutes ont cessé. Plus de deux cents morts sont dénombrés, dont une vingtaine au sein des forces de l’ordre.

Les blindés quadrillent maintenant les villes qui se sont embrasées. Plus de 20.000 émeutiers, selon Tokaïev, ont participé à ce qui ressemble bien à une tentative de coup d’État. Qui est derrière ?

Le Kazakhstan étant un allié traditionnel de la Russie, certains y ont vu la main de l’Amérique, comme en Ukraine ou en Géorgie, il y a quelques années. Mais cette fois, il semble bien que la CIA, assez peu implantée au Kazakhstan, n’y soit pour rien.

La thèse qui se dessine est la tentative d’un coup de force du clan de l’ancien président Nazarbaïev, au pouvoir de 1991 à 2019. Ses proches ont acquis d’immenses fortunes au fil du temps, issues notamment de la manne pétrolière. Le Kazakhstan est un des cinq pays signataires de la Convention sur le statut de le mer Caspienne, qui règle notamment l’exploitation des gisements de pétrole considérables situés sous cette mer de 370.000 km2. Les autres pays sont la Russie, l’Iran, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan.

Parmi ces pays, l’immense Kazakhstan (2,7 millions de km2 et 7.000 km de frontière commune avec la Russie) a toujours été le pays le plus proche de Moscou, qui fermait volontiers les yeux sur le népotisme et la corruption du régime de Nazarbaïev. Ce dernier a tout de même dû passer la main, mais gardait un œil vigilant sur la politique de son successeur.

Selon certaines sources locales, relayées par les médias occidentaux, la cheville ouvrière de la tentative de déstabilisation serait un neveu de Nazarbaïev, Kairat Satybaldy, hommes d’affaires que l’on dit proche des pays du Golfe et… des islamistes kazakhs. Cette hypothèse est tout de même à prendre avec des précautions car les slogans des émeutiers n’ont jamais semblé pencher vers l’islamisme. Toutefois, l’implication du clan Nazarbaïev est avérée.

Dans un premier temps, c’est la Russie qui a apparemment tiré profit de la situation. En effet, dans le cadre de l’Organisation du traité de sécurité collective (OSTC) réunissant la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan, le président Tokaïev a fait appel aux forces russes pour l’aider à rétablir l’ordre. Trois mille soldats ont été aussitôt envoyés et de nombreux blindés russes ont pris position dans plusieurs villes, notamment à Baïkonour, où se situent les pas de tir soviétiques puis russes d’engins spatiaux et de missiles. C’est dire l’importance du Kazakhstan pour la Russie.

Mais dans son discours de reprise en main du 11 janvier, Tokaïev a annoncé le départ des troupes russes, semblant prendre de court son allié. Parallèlement, il a mis en cause le clan Nazarbaïev et l’ancien président lui-même, ce qui est une première. Symboliquement, il a appelé la capitale du pays par son ancien nom, Astana, et non par le nouveau, Noursoultan, prénom de l’ancien président. De nombreux membres des services secrets ont été limogés ou arrêtés, dont leur chef qui avait appelé au départ de Tokaïev.

Celui qui semblait être un pâle successeur de Nazarbaïev a donc profité de cette crise pour s’affirmer. Va-t-il alors modifier les alliances traditionnelles du Kazakhstan, comme le craignent les Russes ? Il s’est en effet rapproché de la Turquie, ces derniers temps, à qui il a même acheté des drones, et Erdoğan rêve d’étendre son influence sur l’Asie centrale. Russes et Turcs vont à nouveau se croiser.

Commémoration du 21 janvier

Communiqué de l’Alliance royale :

L’Alliance royale invite tous ceux qui aiment la France et son histoire à se recueillir le vendredi 21 janvier 2022 à 10h00, place de la Concorde (Paris VIIIe), à l’endroit même où fut assassiné Louis XVI, roi de France et de Navarre.

Programme de la cérémonie :
10h00 – Rassemblement devant la statue de Rouen.
10h05 – Mot du délégué général de l’Alliance royale.
10h20 – Dépôt d’une gerbe de fleurs de lys.
10h30 – Lecture du testament de Louis XVI.
10h45 – Mot du père Jean-François Thomas s.j.
11h00 – Fin de la manifestation.

Ceux qui ne pourraient pas venir sont invités à faire silence ou à se recueillir dans la prière à 10h22, au moment précis de la journée où le roi a été exécuté.

Entretien de Cyrille Henrys, vice-président de l’Alliance royale, pour présenter cet événement sur Radio Courtoisie : https://allianceroyale.fr/21-janvier-2022/

Combattre l’islamisme avec Macron, c’est aussi cohérent que combattre la fraude fiscale avec Jérôme Cahuzac

Connue pour son combat contre l’islamisme, Zineb El Rhazoui a annoncé sur Twitter sa décision de « s’engager pleinement pour le Président Macron et sa réélection ».

Dans Valeurs Actuelles, Grégory Rosse analyse :

Militante des droits de l’homme, plébiscitée par la franc-maçonnerie et les organisations internationales, Zineb El Rhazoui a toujours auréolé son combat contre l’islamisme d’une posture antiraciste, soucieuse de se distinguer de ceux qu’elle nomme « l’extrême droite » et les « racistes ». Alors, pour beaucoup, son soutien annoncé à Emmanuel Macron et à sa ligne politique est incompréhensible. Pis, c’est une trahison. Autant à gauche qu’à droite, il existe des entités à la colonne vertébrale idéologique claire dans lesquelles elle aurait pu se retrouver pour mener un combat politicien, puisque telle semble être sa volonté. Mais se mettre au service du néant idéologique, chantre du « oui, mais », destructeur des identités et grand chambellan de la Davocratie est difficilement compréhensible.

Il y a trois ans, presque jour pour jour, la journaliste la plus menacée de France était l’invitée de Thierry Ardisson sur le plateau des Terriens du dimanche ! Elle y expliquait pourquoi le chef de l’État lui avait ôté le sommeil. Au moment même où elle déposait une gerbe de fleurs au pied des anciens locaux de Charlie hebdo, Emmanuel Macron recevait les représentants du Conseil français du culte musulman, déjà critiqué pour sa forte composante islamiste. « Était-ce un hasard du calendrier ? Était-ce une espèce de cynisme ? Je ne sais pas. Mais, en tout cas, ce jour-là, je me suis sentie comme une Gilet jaune s’il y a une section ès laïcité », déclarait-elle, avant d’ajouter, prudente : « J’ai peut-être un peu compris ce que certains Français veulent dire lorsqu’ils évoquent le mépris du président de la République. »

Le Macroniste Bellatar et la Macroniste Zineb El Rhazoui sont désormais réunis pour le meilleur de l’islamisme, comme le fait remarquer non sans humour le lanceur d’alerte Damien Rieu, Yacine Bellatar ayant souhaité la disparition de Zineb dans un tweet daté du 1er janvier 2020. Sept ans après la tuerie de Charlie Hebdo, Zineb El Rhazoui a donc choisi Emmanuel Macron pour « détruire le fascisme islamique ». C’est à peu près aussi cohérent que combattre la fraude fiscale avec Jérôme Cahuzac.

Les moines et le vin

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent un moine de l’abbaye bénédictine sainte-Madeleine de Barroux et le général Marc Paitier, auteur de “Les vignerons du ciel” :

Moine du Barroux : “C’est un vin qui veut élever les coeurs et qui veut faire partager cette charité que nous vivons avec nos vignerons.”

Marc Paitier : “La vigne et le vin sont une image de la vie, de la condition humaine. La vigne, pour produire du bon vin, c’est beaucoup de travail. L’Homme est lié aussi au travail.”

De nombreuses femmes chrétiennes sont contraintes de se convertir à l’islam

Lu sur IFamNews :

Dans de nombreux pays afro-asiatiques, la violence contre les femmes est motivée par la religion. Le récent rapport de la branche canadienne de la fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse, intitulé Entendez ses cris : L’ enlèvement, la conversion forcée et la victimisation sexuelle des femmes et des filles chrétiennes confirme une tendance déjà connue et terriblement croissante de viols, de mariages forcés et de conversions forcées. Le document détaille des études de cas récurrentes, en s’appuyant notamment sur l’Égypte, l’Irak, la Syrie, le Mozambique, le Nigeria et le Pakistan.

Selon l’Aide à l’Église en Détresse, plus de 70 % des femmes et des filles contraintes au mariage ou à la conversion sont chrétiennes.

“Les auteurs savent que leurs chances d’être condamnés sont considérablement réduites s’ils limitent leurs attaques contre les minorités religieuses”.

Mais, selon le rapport, les cas qui font la une des journaux ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La plupart des victimes ont tendance à garder le silence par crainte de nouvelles représailles. Pour l’Aide à l’Église en Détresse, les cas de femmes persécutées et victimes de chantage pour des raisons religieuses ont toujours été sous-déclarés, principalement en raison de la crainte de faire honte aux victimes et à leurs familles. Outre la stigmatisation sociale, une autre motivation du silence est la peur des représailles : les familles des victimes ont tendance à ne pas parler par crainte de nouvelles violences. En particulier, au Pakistan, où la police et le système judiciaire sont de connivence avec les personnes violentes.

Les tribunaux de connivence avec l’islamisme

Dans les endroits où le christianisme est minoritaire, de nombreuses femmes chrétiennes sont contraintes de se convertir, notamment à l’islam, afin que le fondamentalisme puisse trouver de nouveaux adeptes parmi leurs enfants. Les combattants d’ISIS, par exemple, ont délibérément tenté de maximiser les conversions de femmes chrétiennes en Syrie afin de s’assurer une nouvelle génération de djihadistes. Et au Nigeria, Boko Haram utilise la violence à l’égard des femmes pour provoquer un exode massif des chrétiens du nord du pays.

Qui va les aider ?

Parmi les cas rapportés dans le rapport figure celui de Farah Shaheen, une jeune chrétienne pakistanaise enlevée à l’âge de douze ans, mariée de force puis enchaînée comme une esclave. Lorsque son père a signalé l’incident, la police a refusé de l’écouter et de le signaler. Les experts médicaux du tribunal ont déclaré que la jeune fille était suffisamment âgée pour être légalement mariée ; ils ont donc rejeté le certificat de naissance confirmant qu’elle avait 12 ans au moment de l’enlèvement.

De leur côté, les institutions politiques et judiciaires reflètent les normes culturelles et religieuses de la majorité, et même dans les pays où la shari’a n’est pas officiellement en vigueur, il existe des codes de conduite qui tendent à prévaloir sur le droit civil. Les tribunaux et l’ensemble du système judiciaire sont donc biaisés contre les chrétiens. “Il est très difficile d’être une jeune fille chrétienne dans notre pays”, déclare une victime anonyme, interrogée par l’Aide à l’Église en Détresse. “C’est pourquoi nos filles sont souvent enlevées et les abus qu’elles doivent subir sont trop terribles pour être imaginés. C’est vraiment effrayant. Qui est prêt à nous aider ?”.

Le passeport vaccinal adopté en 3e lecture. En attente de l’avis du Conseil constitutionnel

L’Assemblée nationale a adopté, en 3e lecture, hier après-midi, la loi instaurant un passeport vaccinal pour obliger, sans rendre obligatoire, les Français à se faire injecter de multiples doses d’un produit qui ne protège pas et qui crée des virants en chaîne…

Le détail du scrutin est ici.

  • Nombre de votants : 280
  • Nombre de suffrages exprimés : 273
  • Majorité absolue : 137
  • Pour l’adoption : 215
  • Contre : 58

Côté LR, seuls 5 députés ont voté contre (à noter l’absence de Guillaume Peltier). Chez les non-inscrits, étaient absent le député RN Catherine Pujol ainsi qu’Emmanuelle Ménard (qui avait voté pour lors des deux premières lectures). Les députés non-inscrits présents ont tous voté contre.

Deux saisines du Conseil constitutionnel sont prévues.

  • L’une par les parlementaires socialistes à l’Assemblée nationale et au Sénat.
  • L’autre par le groupe La France insoumise (LFI) avec les députés communistes, libertés et territoires, non-inscrits écologistes, de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), et trois députés Parti socialiste (PS).

Le gouvernement prévoit désormais la promulgation de la loi « d’ici à la fin de semaine ». Dès l’entrée en vigueur du passe vaccinal – qui ne s’appliquera qu’à partir de 16 ans –, il ne sera plus possible de présenter un test négatif pour avoir accès à certains lieux du quotidien, pour pratiquer des activités de loisirs ou utiliser les transports interrégionaux. Seul un schéma vaccinal complet ou un certificat de rétablissement du Covid-19 de moins de six mois seront valable.

Un prêtre devrait-il dire ça ?

À l’occasion de sa centième chronique dans Valeurs Actuelles, le père Danziec s’interroge sur le sens de ses contributions. Y a-t-il une légitimité pour un homme de Dieu à commenter l’actualité ?

En février 1997, dans un recueil qui se savoure comme un bonbon, Philippe Delerm remontait le fil de ses souvenirs d’enfants pour évoquer ses « premières fois », du bruit de la dynamo à l’odeur des pommes, de l’autoroute la nuit à la lecture sur la plage (La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, Gallimard, 1997). Une fois le livre en main, les chapitres s’égrènent comme un chapelet et les pages se tournent comme celles du mille-feuille mis en sketch par Devos. Autrement dit, on n’en perd pas une miette et on ne perd pas son temps.

Du sermon dominical à la chronique hebdomadaire

En mai 2019, Geoffroy Lejeune et Tugdual Denis m’invitaient à décrire l’actualité depuis les fenêtres de mon presbytère. Au service du Club VA, j’étais amené à troquer ma barrette de Don Camillo pour une casquette, plus mystérieuse, de chroniqueur en soutane. Au sermon dominical s’ajoutait dès lors l’exercice d’un papier hebdomadaire. Écouter les pulsations du monde avec un stéthoscope sacerdotal puis délivrer un diagnostic sur son état : l’enjeu était singulier et inédit. 30 mois après, il reste toujours aussi plaisant. Parce que l’heure devait finir par arriver, voici donc venue celle de rédiger un centième papier pour Valeurs actuelles. 100 chroniques. Presque 600 000 signes mis bout à bout. Quelques éditos. Pas mal de tweets. Et deux entretiens.

Depuis plus de deux ans, comme le chantait Jean-Pax, « j’observe, je note et puis j’écris ». Je conjugue la plume et le goupillon. Je passe de la récitation de mon bréviaire à la lecture des brèves. De l’oraison silencieuse dans ma chapelle à la cacophonie des débats à la télévision. Les visites des malades et des paroissiens se succèdent à celles du figaro.fr ou de VA+. Je fréquente des parents déboussolés, j’écoute des adolescents désabusés, je console des personnes isolées et recolle parfois des couples cassés. Je mesure, en miniature, les fractures qui traversent la société. À l’école des maîtres spirituels de l’Église, comme pasteur je médite quotidiennement sur ma mort. Parce que rien ne peut être absolument cloisonné, comme observateur, je me questionne sur la vie de mon prochain et comme chroniqueur, je m’interroge sur l’avenir de mon pays que j’aime tant. Les polémiques récurrentes qui animent la vie de la cité disent quelque chose de l’humanité en croisière. Et force est de constater qu’elle ne s’amuse pas.

Alors, avec ces 100 bougies et après Philippe Delerm, comment ne pas résister, à mon tour, de repasser ma mémoire comme on remonte une horloge. Non pas pour se regarder soi-même comme on s’examinerait le nombril. Ça, non. S’arrêter, certes. Mais davantage pour repartir de l’avant. Regarder en arrière, un peu. Mais seulement pour mieux fixer l’étendue de l’horizon, devant. François de Sales, le saint patron des journalistes – et fêté à la fin du mois de janvier –  observait dans son langage du XVIIe :

« Il n’y a point d’horloge, pour bonne qu’elle soit, qu’il ne faille remonter deux fois le jour, au matin et au soir ; et puis, outre cela, il faut qu’au moins une fois l’année, l’on la démonte de toutes pièces, pour ôter les rouillures qu’elle aura contractées, redresser les pièces forcées et réparer celles qui sont usées. Ainsi celui qui a un vrai soin de son cœur, doit le remonter en Dieu au soir et au matin ; et outre cela, il doit plusieurs fois considérer son état, le redresser et accommoder. Cet exercice réparera les forces abattues par le temps, échauffera le cœur, fera reverdir les bons propos et refleurir les vertus de l’esprit. »

À l’aube de 2022, et à l’approche d’une élection présidentielle sur fond de ce qui semble être une inextinguible crise sanitaire, on distingue dans les paroles du saint évêque des résolutions solides. Réparer les forces abattues, échauffer les enthousiasmes déçus, reverdir une parole politique abîmée et faire refleurir la réflexion : voilà qui tient tout d’un programme de reconquête, si ce dernier mot n’avait aujourd’hui une nouvelle acception.

Et après ces 100 articles ? Lancinante, la question revient, se pose et se repose quant il faut reprendre le clavier et rédiger un papier. Est-ce bien mon rôle de tenir ces chroniques régulières et de donner ainsi un avis sur des sujets qui apparaissent éloignés de la thématique d’une sacristie ? N’y a-t-il pas usurpation, perte de temps, dévoiement ou, tout simplement, une sorte de hors-sujet dangereux plus proche du hors-piste que du hors-jeu ? Et puis, comment ne pas redouter au détour d’un commentaire, l’avis lapidaire qui tombe comme un couperet : « Un prêtre ne devrait pas écrire cela » ?

L’actualité décrite à l’aune de l’Évangile

Grâce à la grande liberté d’écriture qui m’est offerte, j’ai pu traiter une variété de sujets que seule la vie des hommes est en mesure de fournir. Une actualité où se mélangent grandeurs d’âmes et turpitudes, à l’image du bon grain qui se mêle à l’ivraie.

Depuis plus de deux ans, j’ai tenté d’expliquer l’impossible « en même temps » de Macron avec les catholiques de France. J’ai essayé de montrer pourquoi, dès son apparition, l’expression « monde d’après » sentait déjà l’arnaque et la farce. J’ai présenté Stéphane Bern comme un apôtre au service du patrimoine et décrit Zemmour comme un homme de foi. J’ai disserté sur les tenues de Sibeth N’Daye et commenté les homards de François de Rugy. J’ai comparé le défilé du 14 Juillet avec la marche des fiertés pour mieux en exposer le contraste. J’ai parlé de Greta, de Neymar, de Bigard, d’Hanouna et, même, de Camélia Jordana. J’ai cité Cyrano, Jean Ousset, Thibon, le père Calmel, les Charles Péguy et Maurras et, même, Laurent Voulzy, Emmanuel Moire et Michel Sardou. J’ai donné mon point de vue sur l’affaire Griveaux et celle d’Obono. J’ai évoqué avec tendresse la cathédrale de Paris, le Vendée Globe, la bonne chère, les vertus du Moyen Âge, les traditions taurines, le Tour de France et la bataille de Lépante. J’ai rappelé qu’un voile islamique n’a rien à voir avec la guimpe d’une bonne sœur, pas plus que la prière des minarets avec le tintement des cloches, le ramadan avec le carême ou la loi coranique avec l’idéal évangélique. J’ai fustigé le piège de la doxa féministe, les mensonges du progressisme, la bêtise de l’écologisme et l’imposture de la révolution sexuelle. J’ai salué le carton de CNews, la victoire de la famille Lefèvre, la figure de Jeanne d’Arc, la sainte colère des forces de l’ordre, le dévouement du père Olivier Maire et le sacrifice des deux commandos marine Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello.

L’espérance d’en finir avec ce déclin qui nous entoure

Et maintenant ? Les graves enjeux d’ordre civilisationnel ne laissent, à vue humaine, que peu d’espoir. Les baptisés et les amoureux des racines chrétiennes de la France peuvent – et doivent – être infiniment tristes que le monde perde ainsi pied et s’affole. Cette tristesse cependant oblige au sursaut, au risque de devenir stérile sinon délétère. « À force de tout voir, à force de tout supporter, à force de tout tolérer, à force de tout accepter, on finit par tout approuver » écrivait saint Augustin. Que les hommes d’Église eux-mêmes se laissent aller à voguer sur le courant du monde relève d’une posture qui m’apparaît contre-nature et, pour le coup, gravement hors-sujet quant à leur vocation de lanceurs d’alerte. Il ne s’agit pas tant de réconcilier l’Église avec le monde que de réconcilier le monde avec le Christ, de manière in fine à permettre au monde de se réconcilier avec lui-même.

En commentant l’actualité et les affres d’ici-bas à l’aune de l’Évangile, je sais bien avec Soljenitsyne que je n’ai pas la force, tout petit individu que je suis, de m’opposer à l’énorme aveuglement ambiant sur les défis présents et à venir, mais je peux au moins faire en sorte de ne pas être un point de passage de cet aveuglement. Comment ? En disant, à l’invitation de Péguy, ce que je vois. En pressant mon prochain, chose plus difficile, à voir ce qu’il voit. En travaillant, soutenu par une inlassable espérance, à ce que l’on puisse enfin voir autre chose que ce qui nous est proposé de voir depuis trop d’années.

Saint Thomas, apôtre de l’Inde – Terres de Mission

“Terres de mission” reçoit par Skype Marion Duvauchel, auteur de “Saint Thomas apôtre de l’Eurasie”. On connaît bien l’évangélisation du bassin méditerranéen mais beaucoup moins celle qui, avec l’apôtre st Thomas, partit vers l’Est, jusqu’en Inde et même jusqu’en Chine. Marion Duvauchel fait ici un point sur les connaissances de cette évangélisation méconnue.

Puis Aliette Espieux, porte-parole de la Marche pour la Vie (qui a lieu cette année le jour même : le 16 janvier après-midi à Paris) explique pourquoi, au seuil d’une année électorale, il est important de participer à cette marche annuelle.

Enfin, l’abbé Guy Pagès, directeur du site Islam & Vérité, expose la nécessité d’apporter l’Evangile aux musulmans.

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