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Un inconnu nommé saint Augustin

Il est l’auteur chrétien qui a inspiré au moins deux papes contemporains. Il est aussi celui qui a créé un genre littéraire, celui des confessions. Converti célèbre, il fut aussi théologien, philosophe, lettré, évêque, maître spirituel, auteur d’une règle religieuse. Ses ouvrages qui datent de l’Antiquité se lisent toujours.

Derrière ce « il » trop imprécis se trouve saint Augustin, l’évêque d’Hippone, l’un des inspirateurs du pape Léon XIV après avoir été l’un des maîtres de Benoît XVI. Autant de raison, pour le temps d’un Club des Hommes en noir, de s’arrêter sur cette immense figure du christianisme qui, à travers le temps, touche l’homme et le chrétien contemporain.

Pour en parler, Philippe Maxence accueille au micro du Club des Hommes en noir le père Augustin-Marie, prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, l’abbé Guillaume de Tanoüarn, l’abbé Hervé Benoît et la journaliste Jeanne Smits.

 

La Consécration de la messe, théologie et liturgie.

Le contenu de cet article a été reproduit sous la forme d’une vidéo consultable ici :

https://youtu.be/-QppBpFDzGY

L’association la Phalange Liturgique, qui vous partage cet article, vous propose aussi sur son site internet des articles semblables, tournant autour des thèmes de la liturgie, de la spiritualité et de la féminité catholique.

La messe est essentiellement un sacrifice pendant lequel le Christ se donne à Dieu le Père à la façon d’un culte. Au centre de la messe culmine cet acte par lequel le sacrifice de la croix, c’est à dire la mort de Jésus, vrai homme et vrai Dieu, est renouvelé mystiquement.

Le rite consécratoire, rend le sacrifice de la croix sacramentellement présent dans la liturgie de la messe.

Il convient surtout pour comprendre la messe, non pas d’en comprendre les cérémonies qui ne sont que le contenant, mais surtout d’en comprendre l’esprit et l’acte, surtout, autour duquel cet esprit gravite.

Il y a deux sacrifices. Le sacrifice de la Croix, c’est la mort de Jésus en l’an 30, mort douloureuse, mort sanglante, la mort de laquelle suit la Résurrection, la mort pendant laquelle les péchés du monde sont expiés.

L’autre sacrifice, c’est celui de l’autel, celui qui se produit à chaque messe. Il n’est pas douloureux, il se produit après la Résurrection.

Ainsi, le Christ hérite déjà de son corps glorieux, donc immortel. Le sacrifice de l’autel peut ainsi se reproduire à l’infini, en tout temps et tout lieu, et pour cause, Jésus ne meurt plus. On parle pourtant de sacrifice. À l’autel, en effet, le sacrifice de la croix est rendu présent, mais d’une manière toute particulière.

Donc le Sacrifice de la Croix est rendu présent d’une manière sacramentelle à l’autel. Alors que le sacrifice de la croix est réalisé d’une manière physique.

Une mort physique réelle, (mystique veut dire réel aussi, mais sous un autre rapport), mais il y a une mort qui est physique, qui est douloureuse, qui est sanglante.

De l’autre côté, il va aussi y avoir un aspect physique à l’autel, mais qui n’est pas immédiatement le Sacrifice.
On pourrait avoir un aspect physique également, physique et mystique, des deux côtés. Physiquement, à l’autel, il y a la transsubstantiation.

Vous avez le corps et le sang qui se trouvent entre les mains du célébrant mais l’essentiel de la messe, ce n’est pas cela.

C’est certes une caractéristique essentielle de la messe, que la consécration et la transsubstantiation se fassent. Mais il faut le rappeler, s’il n’y a pas de sacrifice, s’il n’y a pas de transsubstantiation et le corps de Jésus, ce n’est que la matière du sacrifice.
Le sacrifice de la croix est reproduit d’une manière cependant mystique sur l’autel, mais c’est le même sacrifice. Il n’est pas produit de la même manière, mais c’est le même.

Le sacrifice qui est reproduit ne l’est pas au moyen d’une imitation ou d’un mime. Il y a une unité, une certaine forme d’égalité entre sacrifice de l’autel et sacrifice de la croix.

Il est certain, cependant, qu’il existe une certaine forme de dépendance. Le sacrifice de la croix est le premier dans le temps, évidemment. Et si le sacrifice de la croix n’avait pas été consommé, le sacrifice de l’autel ne pourrait pas être réalisé.

Ce qui fait le sacrifice de la croix, je répète un peu, c’est qu’il est physique, donc sanglant, douloureux, et il occasionne la mort.

À l’autel, le sacrifice est mystique, ainsi il ne peut pas être sanglant et il n’y a pas de mort.
Jésus ne meurt qu’une fois, ensuite c’est par une immolation mystique qu’il se donne en victime.
Une immolation mystique, comme Jésus est mystiquement lié au membre de son corps qui est l’église.

Comme la Bible, bien qu’elle ne contienne que des mots humains, est véritablement, mystiquement, la parole de Dieu agissant dans les âmes.

La notion du Mystique

Mystique et physique sont deux aspects du réel. Mystique ne veut pas dire pas symbolique.

Il y a aussi, à l’autel un symbole du fait que le sacrifice de la croix se retrouve sur l’autel.

D’ailleurs, l’autel est orné d’une croix, qui est son centre, le sacrifice de l’autel signifie aussi le sacrifice qui fut accompli en l’an 30.

Mais dans le même temps, il le reproduit, il l’actualise de sorte à le rendre véritablement réel au moment de la messe.

Le lien qui unit les deux sacrifices relève aussi, le mot important c’est aussi, du souvenir, du mémorial : On se souvient au moment de réaliser ce sacrifice à l’autel, du sacrifice de la croix.

Une erreur, serait de considérer qu’il n’y a que le souvenir et qu’il n’y a pas l’acte. Ça va être quelque chose qu’on entend beaucoup chez les modernistes, chez les protestants surtout (par exemple c’est ce qui exprimé dans la Présentation Générale du missel Romain en 1969, la définition de la messe alors ne faisait référence qu’au mémorial, et pas au sacrifice, sans doute une hérésie par omission, c’était là le point d’achoppement le plus clair dénoncé dans le Bref Examen Critique par les Cardinaux Ottaviani et Bacci, en 1970 ce document a été modifié pour réintégrer heureusement la mention de sacrifice réel).

Le Sacrifice selon matière Matière et Forme

Précisons un peu le propos en distinguant le sacrifice de la messe selon sa matière et sa forme. Un sacrifice consiste en l’oblation, c’est-à-dire l’offrande d’un objet.

L’offrande d’un objet et l’objet qui est offert sont formes et matières du sacrifice.

On doit voir cette dualité :
L’offrande d’un objet, « oblation rei » et « res oblata », la chose offerte.

Donc oblatio rei, ç’est l’acte qu’on pose, l’oblation de la chose.

Res oblata, c’est l’objet qui est offert, donc c’est uniquement la matière. En l’occurrence, la matière du sacrifice c’est la victime. D’un côté la victime, de l’autre l’offrande de la victime.

Pour le sacrifice de la croix particulièrement, on a bien sûr une matière et une forme.
La matière c’est la victime, c’est Jésus. Pas seulement son corps, pas seulement son sang, mais aussi son âme, et donc toute son humanité.

La forme, l’oblatio rei pour le sacrifice de la croix, c’est donc l’offrande de cette victime.
Elle est offerte par une immolation (c’est la mort). La mort c’est l’acte par lequel l’humanité de Jésus est offerte.

On retrouve la même chose dans le sacrifice de l’autel qui reproduit le sacrifice de la Croix.
La victime c’est l’humanité de Jésus Christ, rendue présente de manière mystique. La forme c’est donc l’oblation mystique.

Dans l’aspect physique de la messe, on va donc retrouver au moment d’offrir les oblats, les hosties qui pour l’instant n’ont rien de spécial.

Au moment de la Consécration, l’humanité de Jésus Christ est véritablement présente (et physiquement par la présence réelle et mystiquement par l’actualisation du Sacrifice). Et on va avoir donc les paroles de la consécration qui sont encore l’offrande de cette humanité de Jésus Christ. Noter ainsi que la matière du sacrifice de l’autel ce n’est pas la présence réelle, mais la présence mystique. La présence réelle est physique, en théorie et avec des gros guillemets, la messe pourrait être sans la présence réelle, Jésus aurait pu instituer la messe d’une autre façon, qui ne ferait pas intervenir la transsubstantiation.

Il y a en outre une analogie entre l’aspect physique et l’aspect mystique de la messe. Entre la matière mystique et la matière physique.

L’offrande c’est l’acte, l’objet c’est la victime. Sans l’un ou sans l’autre, il n’y a aucun sacrifice. Le sacrifice ne consiste pas dans une victime. Le sacrifice ne consiste pas en ce que le corps du Christ soit juxtaposé et soit présent à côté du calice, le calice du sang. D’ailleurs c’est une question qui est posée par saint Thomas : « Y a-t-il un sacrifice lorsque les deux espèces, le corps et le sang, sont juxtaposées ? » : Bien sûr que non. Il faut qu’il y ait cet acte qui pourrait-on dire les lie ensemble. Il faut qu’il y ait cette offrande mystique pour rendre la messe efficace.

Une erreur très commune consiste à dire que le but de la messe c’est la transsubstantiation, pour produire la Communion.

Cela nous amène à cette erreur très commune La Consécration rend ainsi présent non seulement le corps et le sang du Christ mais aussi et surtout son oblation.

Avec des guillemets, on pourrait donc dire que la présence mystique et physique du corps de Jésus pendant le sacrifice de l’autel est quelque chose de tout à fait secondaire au rapport de l’acte qui est posé au même moment.

Une erreur très répandue à travers tous les âges chez les modernistes mais aussi beaucoup dans la tradition, serait de considérer la messe comme un pieux rituel où le prêtre exerce son pouvoir de changer le pain au corps et le vin au sang du Christ. Un rite productif de communion, une cérémonie destinée à nous assurer des hosties consacrés pour remplir nos ciboires et garnir nos ostensoirs.

Pourtant, le culte public de la Sainte Réserve Eucharistique n’est pas du tout d’institution divine mais ecclésiastique. Il est à l’origine une réaction aux hérésies de Tanchelin qui affirmait au XIe siècle que les hosties perdaient leur consécration après la messe.

On commence donc à instituer un culte public, avant il n’y avait qu’un culte privé de la Sainte Réserve. Ainsi apparaissent progressivement les tabernacles (la sainte réserve prenait par le passé d’autres formes, par exemple les tours eucharistiques, un orifice perçu dans le mur de l’abside, sur le côté du sanctuaire, et qui n’était donc pas bien visible par les fidèles, et pas proposé à leur adoration) et les processions au saint Sacrement.

« Il n’y a en effet aucune comparaison à établir entre une courte messe basse où le sacrifice même de notre rédemption est rendu présent où le Christ, souverain prêtre, enferme toutes ses énergies adoratrices à la gloire du Père, tout son rayonnement de vie et de sanctification pour nous.
Et un salut ou une procession, si solennel soient-ils, où nous, pauvres pécheurs, couvrons la sainte Hostie de nos humbles adorations humaines, toujours déficientes, si ferventes soient-elles. »
Croegaert

La Place central qu’occupe la Consécration dans l’économie liturgique de la messe

Il n’est pas étonnant dès lors que le rite consécratoire, tel la pierre dans la bague, occupe une place centrale dans l’ « économie liturgique » du sacrifice.
Celle-ci vise nettement à un certain équilibre entre les rites et les formulaires pré et post consécratoires du canon de la messe. Par exemple, la scission (potentielle) du sanctus et du benedictus, avant et après la consécration, entoure celle-ci d’un cadre mélodique homogène.

Encore par la symétrie des deux memento, des vivants avant, et des mort après la Consécration. Des deux diptyques aux listes de saints Communicantes avant la Consécration et Nobis quoque peccatoribus après. Des signations rituelles : pendant le canon 3 + 5 signes de croix avant la Consécration et 5 + 3 après.

Enfin la mise en relief du rite consécratoire lui-même, par les deux élévations accompagnées de sonneries des clochettes, de la cloche, dans le silence impressionnant de la foule, qui interrompt le chant du sanctus et abandonne la station de bout du canon pour la génuflexion et l’adoration.

Bien plus encore, d’une part toute la liturgie de l’Offrande du pain et du vin, jusqu’à la secrète, est subordonnée à la consécration, parce qu’elle en constitue la préparation.
D’autre part, toute la liturgie de la Communion, depuis la fraction jusqu’au post communion, est subordonnée à la consécration, parce qu’elle constitue la participation plénière du célébrant et des fidèles à l’oblation du sacrifice eucharistique qui a lieu en la Consécration.

La liturgie des trois parties essentielles de la messe suit au rapport de leur intensité une sorte de parabole (géométrique), avec l’Offertoire, la Consécration, la Communion. Et tous les artifices liturgiques, toutes les figures de style liturgiques participent à mettre en relief ce moment unique de la Consécration.

Une vidéo produite par l’association qui reprend le contenu de cet article :

https://youtu.be/-QppBpFDzGY

Louis Djeddi, la Phalange LiturgiqueCet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les 3 MA.com pour un Noel en beauté!

Le nouveau site les 3 MA ( www.les3ma.com) vous propose un unvivers d’art et de beauté, inspiré de l’ancien. Veilleuses catholiques pour enfants, bijoux de cérémonies, peinture, dessins…

Nous sommes 3 sœurs qui ont, depuis qu’elles sont toutes petites et grâce à la passion de leurs parents, écumé les salles de ventes aux enchères, rêvé dans les farfouillis de brocantes et appris l’art de la beauté au contact des antiquaires.

Cet émerveillement ne s’est jamais tari.

C’est depuis toujours pour l’homme un salutaire exercice de jouvence, de bonheur, une veine explorée que les ouvriers de l’art veulent sans cesse creuser dans la mine inépuisable et toujours renouvelée du beau. Nos racines auvergnates, nos vacances bretonnes, nos écolages normands, nos sorties vendéennes et nos amis sudistes nous ont appris au fil des ans et des découvertes que la beauté, splendeur du Vrai, n’était pas une niche d’intellectuels ni même le monopole d’une classe.

Elle fait honneur aux plus humbles, aux cachés, aux oubliés souvent, à celui qui a fabriqué cette petite tabatière noyée dans un carton de cartes postales, à celui qui a sculpté la plus fine des marqueteries d’une console de salon un peu reléguée.

En fait, nous avons appris la petite histoire de la grande Histoire de l’art: la beauté qui surgit ici et là intacte, comme une source d’eau vive, nous guettant au détour d’une vieille chaise, d’un bijou de famille, d’une robe de soirée, abîmée, oubliée dans la vénérable poussière du placard de nos grands-mères.

Dans les yeux des enfants que nous étions, ce n’était pas l’étalage ennuyeux d’un monde fossilisé de vieux machins, mais la naissance, par l’exercice de découverte et de contemplation, d’une vertu proprement artistique et presque philosophique dans la plus pure tradition classique: l’amour du vieux, l’amour du temps long, l’amour de ce qui défie la médiocrité et l’obsolescence, l’amour de ce qui demeure, l’amour de la beauté supplémentaire que la patine du temps a apportée, l’amour de la transmission et disons le, un penchant plus romantique parfois, l’amour de la Ruine, l’amour de ce qui n’existera plus, l’amour d’un art perdu par l’arrogance de la modernité, la pitié pour un objet désuet, fatigué, sans emploi.

Alors sans le savoir, de façon empirique, notre imagination enfantine découvrait ce que Péguy apprit plus tard à nos consciences d’adultes, l’esprit des cathédrales: «Dans ce temps-là, on ne gagnait pour ainsi dire rien et pourtant il y avait un honneur incroyable du travail. Le travail était une prière et l’atelier un oratoire. Nous avons connu des ouvriers qui avaient envie de travailler, ils chantaient à l’idée qu’ils allaient travailler. Travailler était leur joie-même, la racine profonde de leur être. Nous avons connu ce soin poussé jusqu’à la perfection, cette piété de l’ouvrage bien fait. J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises, exactement du même esprit, du même cœur et de la même main que ce même peuple avait taillé les cathédrales. Il fallait qu’un bâton de chaise soit bien fait, il ne fallait pas qu’il fut bien fait pour le salaire, il ne fallait pas qu’il fut bien fait pour le patron, il fallait qu’il fut bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même; une tradition venue, montée du plus profond de la race, un honneur voulait que ce bâton de chaise fut bien fait. Toute partie dans la chaise qui ne se voyait pas, était aussi bien faite que ce qui se voyait, c’était le principe même des cathédrales. »

En cette année de réouverture de Notre-Dame, nous sommes fières de vous présenter notre site et de rejoindre le long et beau cortège anonyme des petits artistes que l’histoire oubliera mais qui ont mis leur savoir-faire au service de la promesse que nous vous faisons: de la plus petite paire de boucles d’oreilles à la plus travaillée des robes de mariées, nous travaillerons avec l’esprit des Cathédrales!

Bienvenue sur notre site de sœurs créatrices et dans la brocante virtuelle mais non moins poussiéreuse des trois Ma! www.les3ma.com

La boutique du neuf inspiré de l’ancien…

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Union des droites au Parlement européen

Jeudi, le Parti populaire européen (PPE, droite), la première force de l’hémicycle, à laquelle appartiennent les députés LR, a fait front commun avec la droite nationale pour vider de leur substance deux législations emblématiques du Pacte vert européen.

Sont passés à la trappe le « devoir de vigilance », censé imposer aux multinationales de traquer et combattre les atteintes aux droits humains ou à l’environnement liées à leur activité, et la directive dite « CSRD », qui devait obliger des milliers d’entreprises à déclarer chaque année leurs émissions de CO2, leur gestion des déchets, leurs écarts de rémunération femmes-hommes.

Ces deux textes faisaient l’objet d’une réforme de simplification lancée par la Commission européenne. Une simplification qui a viré au détricotage à la faveur d’une union des droites inédite.

Le puissant groupe conservateur, dont François-Xavier Bellamy (LR) est vice-président, a pactisé avec les Patriotes, dirigés par Jordan Bardella, l’ECR, formation proche de Giorgia Meloni, et L’Europe des nations souveraines, comprenant notamment Sarah Knafo (Reconquête) et l’ AfD allemande.

Jordan Bardella s’est réjouit :

« Sous la pression du groupe du RN, nous avons libéré la majorité des entreprises de contraintes hors sol et nuisibles pour leur compétitivité, et fait plier Ursula von der Leyen . »

Un traumatisme pour les européistes.

Début octobre, les élus LR avaient déjà voté la mention de censure défendue par le RN.

Football : les hommes avec les hommes, et les femmes avec les femmes

Les hommes qui se prennent pour des femmes ne pourront plus prendre part aux compétitions féminines de football en Angleterre « à partir du 1er juin 2025 », a annoncé ce jeudi la fédération anglaise de football.

La fédération écossaise a pris une décision similaire.

Le bon sens revient.

Préparez l’Avent avec les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre

Que célébrons-nous à Noël ? Sans le comprendre, comment bien vivre le parcours d’Avent ? Pour saint Bernard de Clairvaux, Noël n’est pas seulement la commémoration du 1er avènement du Christ dans notre monde, à Bethléem : cette fête est aussi l’annonce de son dernier avènement dans la gloire, à la fin des temps. Plus profondément encore, Noël prépare et réalise en nous un avènement intermédiaire et caché du Sauveur, par la grâce, la prière, la parole…

Jour après jour, au long de l’Avent, rejoignez Hozana et vivez avec les prêtres de Claves la grande préparation à Noël que nous propose l’Eglise : profitez chaque jour d’un court mot spirituel et d’un texte de méditation, pour essayer de consacrer 15 minutes au Seigneur dans la prière.

Avent évangélique avec Chéméré

L’Avent commence bientôt, et c’est un excellent moment pour prendre un nouvel élan dans votre vie spirituelle.

Avec AVENT ÉVANGÉLIQUE, pour chacun des 24 jours de l’AVENT, vous serez accompagnés par les frères de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

Avec une vidéo, une méditation et un défi par jour, vous allez apprendre à suivre les traces de Jésus dans votre vie quotidienne.

Recevez chaque jour une vidéo de 10 min pour vous préparer à Noël

Inscription avant le 1er dimanche de l’Avent (30 novembre)

Les écoles catholiques sont aussi des écoles publiques ! 10 raisons pour cesser d’opposer école catholique et service public

De Guillaume Prévost, secrétaire général de l’enseignement catholique :

1️⃣ Les écoles catholiques sont partie intégrante du service public de l’éducation, dont elles sont l’expression de la diversité garantie par la liberté d’opinion et la liberté de l’enseignement.

2️⃣ Premier acteur de l’économie sociale et solidaire, l’Enseignement catholique constitue un service public associatif, à l’égal de la Croix-rouge ou du Samu social. A ce titre, il répond aux 3 principes du service public : égalité d’accès, continuité et mutabilité.

3️⃣ Le financement public constitue la contrepartie, dans une société pluraliste, de l’existence d’une école laïque, gratuite et obligatoire. A défaut, une école publique monopolistique remettrait gravement en cause la liberté d’opinion des familles.

4️⃣ Les écoles catholiques ne sont associées au service public qu’au titre de leur singularité, appréhendée par la notion de « caractère propre ». Si elles se contentaient de reproduire l’enseignement prodigué dans les écoles laïques, l’administration serait donc fondée à cesser leur financement.

5️⃣ L’égalité des citoyens devant l’impôt implique que toutes les écoles participant au service public soient également financées. La loi prévoit donc la rémunération des enseignants des écoles sous contrat d’association et le versement d’un forfait correspondant au coût de fonctionnement des autres écoles.

6️⃣ Les écoles catholiques sont pourtant massivement sous-financées : leurs élèves coûtent 5.000€ par an au contribuable contre 10.000€ en moyenne. Ce sous-financement écarte les plus modestes, notamment au travers des tarifs subventionnés des cantines ou des transports.

7️⃣ Le projet de loi de finances pour 2026 risque d’accroître cet écart : les moyens alloués aux écoles sous contrat ne représentent que 5% des moyens de remplacement et 10% des créations de postes alors qu’elles accueillent 20% des élèves. Elles sont exclues des moyens de l’Éducation prioritaire et des Territoires éducatifs ruraux.

8️⃣ Les familles pauvres sont ainsi privées d’une liberté de choix pour leur enfant, au mépris des principes républicains. Les études internationales, au premier rang desquelles PISA, montrent pourtant que le premier facteur de réussite des enfants, c’est l’implication de leurs parents dans leur scolarité.

9️⃣ Les écoles catholiques sont ouvertes à tous et entendent prendre toute leur place pour relever le défi éducatif, aux côtés de tous les éducateurs. L’heure n’est pas à des confrontations aussi désuètes et stériles qu’éloignées des besoins concrets des enfants et des familles.

🔟 Nos adversaires ne sont pas nos ennemis et nous aident à porter un regard lucide sur nos manquements. En ce dimanche de la dédicace de Saint-Jean du Latran, souvenons-nous que l’Église ne subsiste pas par la perfection de ses membres, mais par la fidélité au Christ qui ne cesse de nous purifier et de nous relever.

Les romans que les conservateurs veulent que vous lisiez

Un correspondant de The Economist rend compte de sa récente visite au Thomas Aquinas College, en Californie :

Par une matinée pluvieuse d’été, huit étudiants et un professeur étaient assis autour d’une table au Thomas Aquinas College, un établissement catholique situé au nord-ouest de Los Angeles. Ils étaient tous vêtus de façon formelle – les hommes portaient une cravate – et s’adressaient les uns aux autres en les appelant « Monsieur » et « Madame ». Pendant des heures, le groupe a débattu de « L’Ours », le récit de William Faulkner racontant l’histoire d’un jeune chasseur désabusé par les efforts de l’humanité pour soumettre la terre et ses créatures. La scène aurait ravi quiconque désespère de voir les étudiants universitaires ne pas lire, ne pas vouloir lire et ne pas savoir lire.

Cette discussion aurait particulièrement plu aux Américains de droite, et pas seulement parce que l’université Thomas Aquinas compte le corps étudiant le plus conservateur des États-Unis. Car il ne s’agissait pas d’une conversation sur les politiques identitaires déguisée en théorie littéraire : au contraire, les étudiants se sont concentrés sur le texte et ont parlé de peur, de courage, de bonté et d’autres vertus. Ces dernières années, certains conservateurs américains ont consacré beaucoup de temps et d’énergie à interdire les livres qu’ils détestent. D’autres, en revanche, s’efforcent de promouvoir ceux qu’ils aiment. Quels types de romans correspondent à cette vision, et pourquoi ?

Inévitablement, la réponse dépend du conservateur interrogé. George H.W. Bush appréciait « Guerre et Paix » : il affirmait que le vaste roman philosophique de Léon Tolstoï lui avait appris « beaucoup de choses sur la vie ». (Il l’avait sans doute lu avant d’entrer en fonction : un président qui se plonge dans une épopée gargantuesque sur les guerres napoléoniennes pendant son mandat a tendance à déléguer un peu trop facilement.) Greg Abbott, le gouverneur du Texas, a deux livres de prédilection : « La Grève », l’ode à l’individualisme d’Ayn Rand, adorée par une grande partie de la droite ; et « Le Meilleur des mondes », la fable dystopique d’Aldous Huxley qui se déroule dans un futur sans Dieu, sans famille et régi par une planification centralisée (soit le genre de monde que les Républicains aiment à accuser les Démocrates de vouloir créer).

JD Vance, le vice-président, se décrit comme un grand fan du « Seigneur des Anneaux ». La trilogie de J.R.R. Tolkien raconte l’histoire de quatre hobbits – incarnations de la vie rurale anglaise traditionnelle, alors en pleine industrialisation – qui, à contrecœur, se lancent dans une mission pour sauver le monde de Sauron, un sorcier maléfique. Les mémoires de M. Vance, « Hillbilly Elegy » , relatent également la destruction de sa petite ville rurale par des forces qui la dépassaient, dont, ironiquement, la désindustrialisation. Nul doute que M. Vance se perçoive comme un hobbit vertueux prenant les armes à contrecœur pour défendre le mode de vie de son peuple.

Le roman le plus souvent cité lors du sondage informel mené par votre correspondant à Thomas Aquinas était « My Ántonia » de Willa Cather. Publié en 1918, ce livre raconte l’histoire de familles pionnières de fermiers du Nebraska. Son personnage principal est Ántonia Shimerda, à travers le regard de son ami d’enfance, Jim Burden, un orphelin envoyé vivre chez ses grands-parents. C’est un récit sobre et poignant sur le passage à l’âge adulte et les occasions manquées en amour.

L’œuvre de Cather fait l’objet d’un chapitre entier dans un nouvel ouvrage intitulé « Treize romans que les conservateurs adoreront (mais qu’ils n’ont probablement pas lus) ». Christopher Scalia, ancien professeur de littérature et fils du regretté Antonin Scalia, juge à la Cour suprême, y analyse les romans et les leçons qu’ils véhiculent selon lui. Il loue le talent de Cather pour la description et sa capacité à valoriser le travail, le stoïcisme et la vie domestique. Ántonia est pauvre, et sa situation s’aggrave encore après le suicide de son père ; harcelée et trahie par les hommes, elle conquiert son indépendance à force de labeur. Son histoire, explique M. Scalia, illustre « la complexité du rêve américain, la réalité de l’autonomie individuelle et les fruits du travail et du sacrifice ».

M. Scalia est un lecteur trop perspicace pour réduire les romans à des paraboles : il comprend que la bonne fiction procure autant de plaisir que d’instruction, et il examine chacun des treize ouvrages qu’il a sélectionnés séparément. Trois qualités principales se dégagent néanmoins de son analyse.

La première est la foi. Mais plutôt que de choisir une œuvre évidente comme, par exemple, « Le Monde de Narnia », ou une autre œuvre du même genre où les pieux sont récompensés et les impies damnés, il comprend qu’il y a quelque chose d’étrange et de mystérieux dans la croyance religieuse.

Muriel Spark, qui a abandonné son fils, ne semble pas être le choix évident d’un critique littéraire conservateur, censé défendre les valeurs familiales. Pourtant, M. Scalia inclut sa nouvelle de 1963, « Les Filles aux moyens modestes », dans sa sélection, car elle montre que des conversions religieuses profondes et sincères peuvent être suscitées par des expériences autres que des visions célestes ou des statues en pleurs. L’un des personnages de Spark, Nicholas, intellectuel aux penchants anarchistes, est tellement horrifié par l’égoïsme et le vide moral des femmes qu’il rencontre dans le Londres en guerre qu’il part pour Haïti afin de devenir missionnaire. Ceux qui n’apprécient pas la compagnie de leurs compatriotes américains, suggère-t-on, préféreront peut-être celle du Christ.

friction littéraire

La seconde vertu se situe entre la résilience et le refus du victimisme. M. Scalia loue « Leurs yeux regardaient Dieu » (1937) de Zora Neale Hurston pour la ténacité et l’esprit d’entreprise de son héroïne, Janie, déterminée à construire sa vie selon ses propres conditions. De même, il admire le magnifique « Un tournant dans le fleuve » de V.S. Naipaul , publié en 1979. Se déroulant dans un pays africain non identifié, l’histoire suit Salim, un marchand indien musulman, témoin de l’accession de ce pays à l’indépendance. Le roman réfute l’idée simpliste et répandue selon laquelle tous les Africains seraient vertueux parce qu’ils sont opprimés, et tous les Européens ayant vécu en Afrique étaient mauvais et rapaces. Ce livre, affirme M. Scalia, « contribue à contrer la pensée unique qui tend à minimiser les réalisations de la culture occidentale ».

Troisièmement, et enfin, M. Scalia recommande les romans traitant de l’art de vivre en société. (Rand, auteur d’ouvrages didactiques et insipides, n’est pas mentionné ici.) « The Blithedale Romance » (1852) de Nathaniel Hawthorne oppose les idéaux utopiques d’une communauté agricole à l’égoïsme inhérent à la nature humaine. « Evelina » (1778) de Frances Burney illustre l’importance des bonnes manières : pour l’héroïne, fille illégitime d’un noble, la politesse n’est pas une simple convention sociale, mais témoigne d’une « maturité sociale et d’un bon jugement ». La compréhension des codes de la haute société britannique est essentielle à la réussite d’Evelina, qui doit notamment conclure ce mariage si important.

Nombreux sont les lecteurs qui ne partageront pas l’interprétation de M. Scalia — Hurston est elle aussi une figure emblématique du féminisme, et Tolkien compte de nombreux admirateurs à gauche — mais les bons romans se doivent de susciter des débats et des interprétations divergentes. Les conservateurs comme M. Scalia comprennent que la littérature peut encore influencer la société. Comme l’a dit le dramaturge Bertolt Brecht : « L’art n’est pas un miroir tendu à la réalité, mais un marteau pour la façonner. »

Si vous souhaitez également en savoir plus sur une université où les étudiants lisent, veulent lire et peuvent lire, et où ils étudient et discutent des grandes œuvres dans la quête de la sagesse, et non d’un soutien idéologique, alors vous aussi, vous voudrez peut-être visiter le Thomas Aquinas College.

Rome et l’Eglise, phares dans la tempête civilisationnelle

Profitant d’un voyage dans la ville éternelle, organisé par l’agence de voyage Odeia en partenariat avec Valeurs Actuelles, le père Danziec saisit l’occasion pour s’arrêter sur Rome. Une cité pas comme les autres, à la fois mère et éducatrice :

Hélas, la Grèce n’est plus celle de Socrate et de L’école d’Athènes, merveilleusement représentée par Raphaël dans la Chambre de la Signature, au Vatican. Par malheur, Jérusalem n’est plus la Jérusalem du temps du roi David ni celle de Salomon. Depuis longtemps, son Temple a été détruit et “la ville de la paix” peine à décemment porter son nom. Des trois confluents de notre civilisation, seule Rome se présente comme un modèle toujours vivant. Si elle n’est pas première dans l’histoire, elle l’est dans la durée. “L’Urbs” a su dépasser toutes les guerres et les trahisons, les saccages et les pillages, et ce qui est pire encore, les décadences intérieures.

Cousinage moral et patrie idéale

Alors qu’une angoisse civilisationnelle saisit nombre de nos contemporains, comment ne pas trouver dans cette ville sans âge un passé propre à nourrir notre présent, une méditation en mesure de raviver notre espérance ? Les Promenades dans Rome de Stendhal lui laissaient entendre qu’il marchait dans l’histoire comme dans un musée vivant. Oui, Rome a quelque chose d’un cousinage moral : on s’y sent chez soi, on s’y retrouve et l’on peut y communier à quelque chose qui nous parle et nous ressemble. Elle a ce quelque chose de patrie idéale et tient dignement son rang de haut-lieu en capacité de réchauffer les âmes. Il faut dire que « Les Romains sont des Parisiens de bonne humeur ». Derrière cette formule, Jean Cocteau synthétise à merveille l’atmosphère joyeuse et singulière qui règne de l’antique rue dei Coronari jusqu’à la petite place au charme fou, fichée au pied de l’église sainte Barbe, où l’on vient déguster des filetti di Baccala typiquement romains.

« Marc-Aurèle avait un rêve et ce rêve s’appelait Rome » explique le général Maximus dans le film Gladiator. Dès sa fondation, Rome eut l’ambition de devenir cet endroit où les hommes non seulement vivent ensemble mais prennent plaisir à vivre ensemble. Constituer non plus seulement une petite exploitation familiale, une tribu, un village mais une ville. “La ville”. Un terreau d’urbanité et de virtus. Un espace vital de paix et de sociabilité.

Jubilé et grandeur de l’Eglise

Charles Péguy, avec une audace inouïe, n’a pas hésité à parler de la nécessité de Rome dans la destinée temporelle de Dieu. Selon lui, il fallut le préfet pour qu’il y eut l’évêque, les légions servirent sans le savoir de berceau à l’Evangile. « Le soldat mesure la quantité de terre où on parle une langue, où règnent des mœurs, un esprit, une âme, un culte. Le soldat mesure la quantité de terre où un peuple ne meurt pas. » Avant lui, Bossuet avait déjà relevé que le Christ était justement entré dans l’histoire des hommes à l’époque précise où tout cédait à la fortune de César et que l’univers entier vivait en paix sous sa puissance.

Alors que l’Eglise vit son grand jubilé (près de 30 millions de pèlerins se sont rendus à Rome depuis Noël 2024 !), tout manifeste dans la ville combien cette grandeur romaine a pu se maintenir et se poursuivre grâce à l’Eglise. Ne nous y trompons pas cependant : si cette Romanitas vit encore, elle dépasse notoirement la simple notion géographique de la Ville éternelle. Un catholique romain peut être Breton, Texan ou Gabonais, précisément parce que l’esprit de la Rome chrétienne s’étend au-delà des sept collines. On pourra caractériser quatre éléments majeurs qui viennent nourrir cette identité romaine : l’amour filial des baptisés du monde entier à l’endroit du Pontife romain ; la liturgie romaine avec sa pédagogie divine faite de signes, de gestes, de senteurs et de grandeur ; la tradition théologique de l’école romaine enracinée dans l’enseignement de saint Thomas d’Aquin ; et enfin, le modèle artistique romain comme charpente esthétique de la culture et de la foi catholique.

Dans un texte enlevé, Charles Maurras expliquait « être Romain » par tout le positif de son être, par tout ce qu’y joignirent le plaisir, le travail, la pensée, la mémoire, la raison, la science, les arts, la politique et la poésie des hommes vivants et réunis avant lui.

« Par ce trésor dont elle a reçu d’Athènes et transmis le dépôt à notre Paris, Rome signifie sans conteste la civilisation et l’humanité. “Je suis Romain, je suis humain” : deux propositions identiques. »

Venir en pèlerinage à Rome correspond assurément au meilleur bain qui soit : une plongée rafraichissante sur ce qui fît ce que nous sommes. Une remontée de l’intérieur qui donne le goût du dépassement. En 1834, le père Lacordaire décrivait Rome comme « la bienfaitrice du genre humain dans le passé et l’espérance de son avenir », avant d’ajouter : « Elle est la seule grande chose aujourd’hui vivante en Europe. » Il ne croyait pas si bien dire. Un peu de grandeur, c’est cela qui nous manque cruellement.

Le premier Salon du livre de Vendée tient ses promesses

D’Henry Renoul pour Le Salon beige :

Plus d’une vingtaine d’auteurs accueillaient la centaine de visiteurs vendéens de ce Salon du Livre de Noël qui se tenait ce samedi 15 novembre à l’hôtel Kiriad au chef-lieu de la Vendée administrative. L’association « Jubilé de la Vendée » y avait organisé signatures et dédicaces mais également deux conférences à plusieurs voix qui illustraient la phrase de Philippe de Villiers « Vendée, province de l’esprit ». Cette maxime s’applique particulièrement bien à ce département devenu province en annexant le Pays de Retz, le Pays du Loroux-Bottereau, les Mauges, Cholet et le Bocage bressuirais -La Grande Vendée- lors du soulèvement de 1793 contre la République antichrétienne.

Dominique Souchet et Hervé Louboutin

Dominique Souchet, ancien député, et ambassadeur, organisateur à la demande de Philippe de Villiers du bicentenaire de la résistance vendéenne à la Révolution, avec Hervé Louboutin, journaliste et essayiste, ont raconté à deux voix la venue d’Alexandre Soljenitsyne rentrant de son exil, pour l’inauguration du Mémorial de Vendée aux Lucs-sur-Boulogne le 25 septembre 1993. Visite inespérée mais voulue par le grand dissident russe qui voyait en la résistance vendéenne au totalitarisme révolutionnaire français les prémices de la sanglante révolution soviétique.

Reynald Sécher, historien universitaire

Le relais a été pris par Reynald Sécher qui a particulièrement insisté sur ce qu’il fallait comprendre de l’épopée vendéenne et de la volonté républicaine d’exterminer la population, puis de tenter d’en tuer la mémoire « du Génocide-populicide au Mémoricide ». Reynald Sécher a tenu à repréciser que le geste de Bonchamps, magnifiquement mis en scène au Puy du Fou, n’était pas le pardon mais bien le « Grâce aux prisonniers » repris par ses soldats dans « Bonchamps le veut, Bonchamps l’ordonne ». En effet, pour pardonner selon la Foi catholique, faut-il encore que le pardon ait été sollicité.

La Vendée militaire attend cette demande depuis 230 ans !

On notait avec beaucoup d’intérêt parmi les écrivains les présences de Paul Bridiers, Christophe Beaudoin et Bernard Chupin qui présentaient leurs ouvrages et autour de Pascal Théry, le président fondateur, les membres de Jubilé pour la Vendée. Ce premier Salon aura d’autres éditions !

Henry Renoul

Etats-Unis : les Directives éthiques et religieuses pour les services de santé catholiques interdisent les ‘transitions de genre’

Les évêques américains ont adopté la mise à jour des «Directives éthiques et religieuses pour les services de santé catholiques» à une écrasante majorité, le 12 novembre, lors de l’assemblée plénière de la Conférence épiscopale (USCCB).

Cette révision est l’aboutissement d’un processus de plusieurs années destiné à traiter la question des “transitions de genre”. Elaborées en consultation avec des professionnels de la santé et des théologiens, ces directives énoncent des normes éthiques pour les soins de santé à la lumière de l’enseignement de l’Église et fournissent des orientations faisant autorité sur les questions morales rencontrées par les soins de santé catholiques.

Cette septième édition intègre désormais les orientations publiées en 2023 par le Comité doctrinal de l’USCCB, qui interdisaient les interventions chirurgicales ou chimiques visant à changer ou à simuler les caractéristiques sexuelles du corps d’un patient pour celles du sexe opposé.

Les institutions de santé catholiques continueront néanmoins d’accueillir les personnes transgenres avec dignité et respect, conformément à l’enseignement social catholique et à l’obligation morale de servir tout le monde, en particulier ceux qui sont marginalisés.

De fait, la plupart des établissements de soins de santé catholiques n’offrent pas de soins de transition de genre, impliquant des traitements hormonaux, psychologiques et chirurgicaux. Les nouvelles directives officialisent ce mandat.

Mgr James Massa, président du Comité doctrinal de l’USCCB, a expliqué que cette révision comblait une lacune. Ce document est le fruit d’une réflexion et d’un discernement approfondis, avec les commentaires de médecins catholiques, de bioéthiciens et d’organisations de soins de santé. Il s’appuie également sur la déclaration Dignitas Infinita publiée en  2024 par le Dicastère pour la doctrine de la foi du Vatican.

Ce document retrace les fondements bibliques et magistériels de la conception catholique de la dignité humaine comme étant inhérente à toute personne, puisqu’elle découle en fin de compte de la création de l’homme et de la femme «à l’image et à la ressemblance de Dieu» et de la rédemption en Christ.

La déclaration de 35 pages aborde diverses violations graves de la dignité humaine, notamment la pauvreté, la guerre, les menaces pesant sur les migrants, la traite des êtres humains, les abus sexuels, la violence à l’égard des femmes, l’avortement, la maternité de substitution, l’euthanasie et le suicide assisté, la marginalisation des personnes handicapées, la théorie du genre, les interventions de changement de sexe et la violence numérique. Une liste qui n’est pas exhaustive, selon le texte.

Tout en déplorant la violence et la discrimination à l’égard des personnes en proie à des difficultés liées à leur identité sexuelle et de genre, Dignitas Infinita réaffirme l’enseignement de l’Église sur le genre, décrivant la différence sexuelle comme «la plus grande différence possible qui existe entre les êtres vivants», qui chez les humains «devient la source de ce miracle qui ne cesse de nous surprendre : l’arrivée de nouveaux êtres humains dans le monde».

Le Christ-Roi : antidote à la crise politique ?

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • Chanoine 𝐁𝐞𝐧𝐨î𝐭 𝐌𝐄𝐑𝐋𝐘, prêtre de l’Institut du Christ-Roi
  • 𝐓𝐡𝐢𝐛𝐚𝐮𝐝 𝐂𝐎𝐋𝐋𝐈𝐍, enseignant, philosophe et auteur de “Un changement de paradigme dans la morale catholique”
  • 𝐂𝐨𝐫𝐞𝐧𝐭𝐢𝐧 𝐃𝐔𝐆𝐀𝐒𝐓, influenceur et auteur de “Mourir pour la vérité” (ed Via Romana)

A l’aube du 267e pontificat

Ce recueil de textes écrits par Louis Salleron a été conçu pendant la vacance du Saint-Siège, entre le décès de François et l’élection de Léon XIV. Portant le deuil du 266e Pape, la catholicité attendait l’aurore du 267e pontificat. Heures solennelles et intenses de la vie de l’Église qui ne peuvent laisser aucun baptisé indifférent.

Ces articles ont été rédigés par Louis Salleron entre 1958, lors du décès de Pie XII, et 1982. Ces analyses pourraient donc paraître datées, mais, comme le note Sœur Ambroise-Dominique dans son avant-propos, « loin d’être un obstacle leur ancienneté semble accroître leur actualité, tandis que leur hauteur de vue les préserve d’une polémique vaine ». De fait, les sujets abordés par Louis Salleron, crise de l’Eglise, obéissance, légalisme, autorité et pouvoir dans l’Eglise, liturgie, mode des concélébrations, restent d’actualité.

Rivés au Vatican par la pensée, la prière voire la présence, tandis que les cardinaux s’avançaient dans la chapelle Sixtine, prêtaient serment sur l’Évangile, les chrétiens du monde entier s’unissaient au coeur de l’Eglise et attendaient. Quelle meilleure occasion pour réfléchir et méditer sur le mystère de l’Église, pour approfondir notre appartenance à l’Église ? Tel est le but de ce livre.

Dans un texte écrit en 1982, Louis Salleron évoque la religion populaire, aujourd’hui en pleine renaissance avec les pèlerinages, les calvaires, les processions… :

La religion populaire est, pour cette raison [croyance considérée comme une superstition], suspecte aux savants de la théologie qui la croient chargée de survivances païennes, quoiqu’on soit en droit de se demander si la foi “nue” à laquelle ils prétendent est toujours de meilleur aloi que les croyances naturelles baptisées qui sont celles du peuple. Si les villes ont été les premières à accueillir le christianisme, c’est un peu par la force des choses, la communication y étant plus rapide. Mais les “paysans” (pagani) sont les derniers à l’abandonner, soutenus qu’ils sont par la tradition. Le coeur, innombrable, a ses raisons que la raison ne connaît pas.

L’éclosion, l’expansion, la permanence d’une religion, sous son aspect organique de foi, de croyances et de rites, ont des causes pour une part naturelles. Dans tous les domaines, le surnaturel se greffe sur le naturel. On est toujours en droit d’étudier les rapports d’une religion, sans en excepter pour le catholique la religion de sa foi, avec toutes les réalités naturelles qui l’environnent et la pénètrent en tous lieux et en tout temps. L’histoire des religions, la géographie des religions, la sociologie des religions, toutes les sciences physiques et humaines intéressent la foi (tout en présentant des risques évidents à la foi incertaine et à l’intelligence plus ou moins certaine).

Des oeufs à Pâques ? Les quarante heures ? La mi-carême ? Les crêpes à la Chandeleur, etc… Les fêtes chrétiennes : origines, significations et traditions !

Pourquoi offre-t-on des oeufs à Pâques ? Quelle fête majeure est née de la transformation du Panthéon de Rome, un temple dédié à tous les dieux païens ? Comment la prière des “Quarante heures” a-t-elle été instaurée pour ramener la paix en temps de guerre ?
Un livre indispensable pour tous ceux qui désirent non seulement célébrer, mais aussi comprendre l’héritage bimillénaire qui a façonné notre calendrier et notre âme. Une invitation à redécouvrir les racines de notre civilisation chrétienne.

Au fil des siècles, le sens profond de nos fêtes chrétiennes s’est parfois estompé, laissant la place à des coutumes familières dont l’origine véritable nous échappe. Nous célébrons Noël, la Toussaint, ou la Pentecôte, mais connaissons-nous encore le sens profond et la richesse spirituelle qui se cachent derrière chacune d’elle ?

Publié pour la première fois en 1896 et aujourd’hui entièrement recomposé, le Grand livre des fêtes chrétiennes nous invite à un pèlerinage captivant à travers le temps, aux origines de nos traditions religieuses. Des premiers chrétiens célébrant discrètement le dimanche aux grandes solennités qui ont traversé les siècles, cet ouvrage dévoile les racines juives, romaines et populaires de nos célébrations et nous reconnecte avec notre patrimoine spirituel et culturel.

Véritable encyclopédie des fêtes chrétiennes, ce livre explore les principaux temps liturgiques (Avent, Carême, Semaine Sainte…) les grandes fêtes de Notre-Seigneur et de la Vierge e, les célébrations des saints et leurs origines historiques ou encore les coutumes populaires et leur symbolisme chrétien.
Avec une plume qui allie la précision de l’historien à la poésie du croyant, l’auteur s’adresse aussi aux fidèles désireux d’approfondir leur foi qu’aux amoureux d’histoire et de traditions. Il nous rappelle que derrière chaque fête se cache un trésor de sens, une richesse spirituelle parfois oubliée dans notre monde moderne.

Une édition revue et corrigée d’un classique paru en 1896 avec l’approbation originale de Mgr L’évêque de Périgueux.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/histoire-de-l-eglise/29628-le-grand-livre-des-fetes-chretiennes-leurs-origines-significations-et-traditions.html

Le grand livre des fêtes chrétiennes, leurs origines, significations et traditions, Abbé Pradier, 492 pages, Pro Vobis, 29 €

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Terres de Mission : Retour solennel de la messe traditionnelle à saint Pierre de Rome

Eglise universelle : Retour solennel de la messe traditionnelle à Saint Pierre de Rome
A l’occasion du 14ème pèlerinage international Summorum Pontificum à Rome, du 24 au 26 octobre, le cardinal Burke a célébré la messe traditionnelle dans la basilique Saint Pierre de Rome. Président de l’association Coetus, organisatrice de cet événement, Christian Marquant, revient sur le déroulement de ces journées, leurs conséquences et leurs nombreuses retombées médiatiques.

Eglise en France : Les sept sacrements d’hier à aujourd’hui
A l’issue du Concile Vatican II, les rituels des sacrements ont été modifiés afin de mieux s’adapter aux aspirations, supposées, du monde moderne. Théologien et prêtre diocésain, l’abbé Barthe s’attache, dans son nouveau livre, documenté et apaisé, à une mise en regard des rituels traditionnels et réformés de chacun des sept sacrements. Une précieuse mise en perspective.

Eglise en Marche : 16ème Nuit des témoins avec l’AED
Du 14 au 20 novembre auront lieu plusieurs veillées de prière pour les chrétiens persécutés à l’initiative de l’Aide à l’Eglise en Détresse. Thomas Oswald présente ces événements principalement centrés sur les persécutions en Inde, en Iran et au Nigéria, ainsi que le rapport annuel de l’AED sur la liberté religieuse dans le monde.

 

Journées liturgiques de Randol du 21 au 25 février 2026

Pour répondre à une demande du Cardinal Sarah, l’Abbaye Notre Dame de Randol, dans le Puy-de-Dôme, organise régulièrement des “Journées liturgiques”.

La prochaine édition sera du 21 février au soir jusqu’au 25 février 2026.

Pourquoi cette formation ?

La grave crise que nous traversons aujourd’hui vient en particulier d’une grande ignorance du rôle nécessaire de la liturgie comme chemin de salut. Ainsi, le Père Abbé et les moines de l’abbaye Notre-Dame de Randol vous proposent des conférences de fond sur la prière.

Pour qui ?

Pour tous : prêtres, religieux, religieuses, séminaristes, laïcs engagés ou simples fidèles, et bien sûr les familles, désireux d’enraciner leur foi par une connaissance plus approfondie de la liturgie, afin d’en acquérir le goût et l’intelligence, pour la vivre ensuite au quotidien dans le monde.

Quel contenu ?

Les conférences sont fondées sur l’enseignement de l’Église : l’apport du second Concile du Vatican, à travers sa Constitution sur la Liturgie, les textes du Magistère, la réflexion et les débats théologiques contemporains, notamment l’enseignement de Benoît XVI, selon l’«herméneutique de la continuité » qu’il a développée.

Ces conférences se déroulent dans un cadre unique : celui de la vie régulière du monastère, à travers son environnement naturel, sa liturgie et le temps consacré à la prière.

Conférences proposées (sous réserve de modification) :

Une brève histoire de la liturgie.
La liturgie, une échelle tendue entre le Ciel et la terre.
La Messe : célébration du sacrifice du Christ.
Initiation au chant grégorien.
Le beau en liturgie.
Signe et sacrement, mystère et prière.
Art, architectures et objets sacrés.
Le « mouvement liturgique », de Dom Guéranger au second Concile du Vatican.
Les Anges dans la liturgie.
La Messe : participation au sacrifice de l’Église.
Art, signes, symboles et profondeurs spirituelles.
Explication des gestes et symboles de la Messe.
Bible et liturgie.
Temps de discussions
Visite de la sacristie
Le service de la Messe

Pour vous inscrire : https://randol.org/evenements-abbaye-randol-puy-de-dome/

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Vingt-troisième dimanche après la Pentecôte – la résurrection de la fille de Jaïre

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Ce sont les chants de la messe du XXIIIe dimanche après la Pentecôte qui seront répétés le dimanche suivant pour le vingt-quatrième et dernier dimanche après la Pentecôte.
Il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver en cette fin d’année liturgique. Dans le Missel tridentin de 1962, l’Antiphonaire grégorien n’assigne que 24 dimanches à la période qui s’étend de la Pentecôte à l’Avent. Mais comme la durée de ce cycle dépend de la date de Pâques, si l’on a dû omettre quelques dimanches après l’Épiphanie, leurs collectes et lectures sont reprises après le XXIIIe dimanche après la Pentecôte. Les chants de ce dernier dimanche du cycle d’automne sont alors répétés à chacune de ces messes dominicales supplémentaires. Ce ne sera pas le cas cette année car nous avons vingt-quatre dimanches après la Pentecôte. Selon Dom Prosper Guérangerau temps de saint Grégoire, l’Avent étant plus long que de nos jours, ses semaines avançaient dans la partie du Cycle occupée maintenant par les derniers dimanches après la Pentecôte. C’est une des raisons qui expliquent la pénurie de composition des Messes dominicales après la vingt-troisième.

► Introït  Dicit Dominus

Nous avions observé depuis plusieurs semaines que la pensée de l’Église se tournait de plus en plus vers la fin des temps ; c’est la période dans laquelle nous sommes en ce moment, même s’il doit s’écouler un certain nombre de siècles avant le retour du Seigneur, ce que nous ignorons. C’est un temps d’angoisse et d’incertitude, nous nous en apercevons : la foi s’est refroidie sur terre, de faux prophètes surgissent, les hommes sont désemparés. Aussi la liturgie de ces dimanches est-elle pleine d’appels angoissés vers le Seigneur, notamment par l’emploi du psaume 129 De profundis, qui était déjà celui de l’Introït du vingt-deuxième dimanche, et que nous allons retrouver cette fois à l’Alléluia et à l’Offertoire.

Mais en réponse à ces appels nous trouvons aussi des paroles du Seigneur pleines de paix et d’espérance : si nous sommes fidèles, et si nous mettons en lui notre confiance, nous n’aurons rien à craindre. Ainsi dans l’Introït de ce vingt-troisième dimanche, Dieu s’adresse à nous par la bouche du prophète Jérémie, qui se trouve à Jérusalem alors que la plus grande partie du peuple d’Israël est en captivité à Babylone, et le moral de ces captifs n’est évidemment pas brillant ; ils sont tentés par le désespoir, des prophètes de malheur leur annoncent toutes sortes de calamités… Aussi Jérémie s’efforce-t-il de les rassurer et de les inciter à la confiance en Dieu, qui veut leur bien et qui les délivrera, en leur envoyant ce message :

Dicit Dominus : ego cogito cogitationes pacis, et non afflictionis : invocabitis me, et ego exaudiam vos : et reducam captivitatem vestram de cunctis locis.
Voici ce que dit le Seigneur : mes pensées sont des pensées de paix et non de malheur. Vous m’invoquerez et je vous exaucerai, et je ramènerai vos captifs de tous lieux.

Jérémie annonçait ainsi aux exilés leur prochain retour, qu’il prophétisait d’ailleurs d’une façon plus précise dans la suite de ce passage. Ce texte est tout à fait d’actualité : nous aussi nous sommes dans un temps d’épreuves et d’inquiétude, mais le Seigneur nous invite à garder en Lui notre confiance, et il nous délivrera de la captivité du péché qui nous retient prisonniers.

La mélodie de cet Introït est pleine de calme et de paix, avec une certaine solennité : c’est Dieu qui parle. On remarquera le bel élan sur le mot pacis, puis une invitation pressante sur invocabitis me, et beaucoup de douceur sur exaudiam vos, toute la fin étant de plus en plus paisible et assurée.

Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 84, dans lequel le peuple d’Israël remerciait le Seigneur pour le retour de captivité annoncé par Jérémie :

Benedixisti Domine terram tuam : avertisti captivitatem Jacob.
Seigneur, vous avez béni votre terre (c’est-à-dire votre peuple), vous avez ramené Jacob de captivité.

► Graduel : Liberasti nos

Le texte du Graduel du vingt-troisième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 43, dans lequel le peuple d’Israël rappelait à Dieu tous les bienfaits dont il l’avait comblé dans le passé pour le supplier de ne pas l’abandonner maintenant dans sa détresse. Nous avons trouvé cette supplication finale dans l’Introït du dimanche de la Sexagésime ; les deux versets qui figurent ici expriment la reconnaissance et la louange de tout le peuple pour les victoires d’autrefois :

Liberasti nos, Domine, ex affligentibus nos : et eos qui nos oderunt, confudisti. In Deo laudabimur tota die, et nomini tuo confitebimur in sæcula.
Vous nous avez délivrés, Seigneur, de nos persécuteurs, et vous avez confondu ceux qui nous haïssaient. En Dieu nous nous glorifierons tout le jour, et nous célébrerons votre nom à jamais.

Nous pouvons faire nôtres les sentiments de reconnaissance exprimés ici, en nous souvenant des grâces répandues par Dieu sur son Église, sur notre pays, et sur chacun de nous individuellement, et nous y puiserons une plus grande confiance au milieu des épreuves présentes. La deuxième partie nous invite même à prolonger notre regard avec espoir, par-delà le jugement dernier, vers la bienheureuse éternité qui nous attend si nous sommes fidèles.

Cette perspective donne à ce Graduel un caractère de louange joyeuse et enthousiaste, traduite par de grandes vocalises légères montant et descendant avec souplesse et élégance.

► Alléluia De profundis

Après les paroles apaisantes du Seigneur dans l’Introït du vingt-troisième dimanche après la Pentecôte, et dans le Graduel les élans d’enthousiasme et d’espoir des élus enfin délivrés du péché et louant éternellement le Seigneur dans le ciel, nous allons retrouver dans les deux chants suivants de cette messe l’ambiance d’angoisse et d’incertitude de la fin des temps avec le psaume 129 De profundis dont le premier verset constitue le texte de l’Alléluia et de l’Offertoire :

De profundis clamavi ad te, Domine : Domine exaudi vocem meam.
Du fond de l’abîme je crie vers vous, Seigneur, Seigneur écoutez ma voix.

Un Alléluia n’est pas toujours joyeux, nous l’avons déjà vu à propos de celui du dix-septième dimanche, dont celui d’aujourd’hui, texte et mélodie, est très proche, mais plus développé. La vocalise de l’Alléluia est assez longue et très suppliante, avec un motif répété deux fois et amorcé une troisième. Le verset, comme celui du dix-septième dimanche, comporte deux grandes montées très expressives, ici sur les deux verbes clamavi et exaudi, avant de retrouver la longue vocalise de l’Alléluia.

► Offertoire : De profundis

Le texte de l’Offertoire du vingt-troisième dimanche après la Pentecôte est le même que celui du verset alléluiatique, avec cependant une petite différence, le mot vocem étant remplacé par orationem ; au lieu de : écoutez ma voix, on a : exaucez ma prière. Les dons que nous présentons à Dieu doivent être enveloppés du parfum de l’humiliation. Nous offrons à Dieu de suis donis ac datis sans que rien puisse être vraiment nôtre. De plus Dieu n’a pas besoin de nos dons et de nos adorations, mais nous, suprême misère, nous avons un ineffable besoin de Lui.

La mélodie est en rapport avec ce changement ; ce n’est plus comme dans l’Alléluia la voix qui fait entendre sa supplication d’une façon extérieure, intense et vibrante. On a ici une prière encore très expressive, mais plus intérieure et plus retenue, comme c’est d’ailleurs généralement le cas dans les Offertoires. On voit comment la mélodie grégorienne peut donner à un même texte des expressions différentes.

Comme celui du seizième dimanche, cet Offertoire a la forme d’un triptyque, la troisième phrase reprenant identiquement la première ; elles encadrent une deuxième phrase nettement plus longue, avec sur le mot meam une grande vocalise qui semble ne pas vouloir finir.

► Communion : Amen dico vobis

L’antienne pour la Communion est tirée de saint Marc (XI, 24) Il s’agit d’une parole prononcée par Notre Seigneur le Mardi Saint, après l’épisode du figuier stérile et l’allusion à la foi capable de transporter les montagnes, et peu avant l’annonce de la ruine de Jérusalem et de la fin du monde. Mais elle doit être hors de place. Dans l’Antiphonaire grégorien venait le premier verset du psaume 129. « Je vous dis en vérité : Quand vous priez, croyez avec une foi vive que vous obtiendrez ce que vous demandez, et cela vous sera accordé. »

C’est une petite antienne assez courte.

Amen dico vobis, quidquid orantes petitis, credite quia accipietis, et fiet vobis.
En vérité je vous le dis, tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevrez et cela vous arrivera.

C’est donc encore, comme l’Introït, une réponse divine très encourageante aux appels angoissés de cette fin des temps ; mais la mélodie est beaucoup plus légère, c’est un simple petit récitatif où tous les mots sont bien mis en valeur, seule la fin et fiet vobis est une affirmation un peu plus solennelle. Ainsi les chants de cette messe, et ceux de toute l’année liturgique, s’achèvent dans une ambiance de paix, de confiance et d’espérance, où la méditation des textes liturgiques doit toujours nous maintenir, quelles que soient les épreuves que nous avons à traverser.

Jean-Léon Le Prevost, un moine-soldat de la charité

Aymeric Pourbaix reçoit dans Les Belles figues de l’Histoire le père Bertin SANON, Supérieur général des Religieux de Saint-Vincent-de-Paul :

Des fresques du XVIe découvertes à l’église de Cuncy-lès-Varzy (58)

Édifiée au XVIe siècle, l’église Saint-Martin, de style gothique flamboyant, possède une nef voûtée sur croisées d’ogives, deux chapelles et quatre vitraux évoquant le saint patron de la paroisse.

Mais l’église n’a pas été épargnée par les dommages liés à son vieillissement. La rénovation extérieure de l’église s’est ensuivie d’une restauration complète de l’intérieur.  Afin d’échafauder à l’intérieur, il a fallu le vider entièrement, enlever les statues, tableaux, stalles, chaises et bancs (les sièges les plus détériorés seront remplacés). Même les vitraux ont été descendus pour être nettoyés et solidifiés.

Ces travaux ont permis de mettre au jour onze médaillons plus ou moins lisibles, dont une peinture plus nette du XVIe siècle dédiée à Saint-Jacques-de-Compostelle, et des traces d’une peinture murale, de plus de 10 m2 , située dans le transept sud, montrant Saint Michel terrassant le Dragon également du XVIe siècle d’après une restauratrice consultée sur le sujet. Le plafond a également révélé des faux joints anciens et des traces assez particulières de décor.

Victoire de la liberté d’expression contre le ministre Nuñez

Alors qu’il était préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, désormais ministre de l’Intérieur, avait pris la décision d’interdire, de manière parfaitement arbitraire, le 21 mai 2023 une journée d’études organisé par l’Institut Iliade au Pavillon Wagram à Paris consacrée à l’historien Dominique Venner, prix de l’Académie française.

Cette interdiction, motivée par des considérations politiques et une conception abusive de l’« ordre public immatériel », constitue selon l’Institut Iliade une atteinte très grave aux libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, d’association et l’égalité des citoyens devant la loi.

Depuis trois ans, l’Institut Iliade utilise ses ressources financières et humaines, afin de mener ce combat juridique au nom de tous, pour défendre un principe simple : en France et en Europe, terres de libertés, aucune autorité ne doit pouvoir interdire préventivement la libre expression de ses idées en réunion.

Malgré les manœuvres dilatoires de la préfecture de police, le tribunal administratif de Paris vient de rendre son jugement (nᵒ 2316624 / 6-2 du 7 novembre 2025).

C’est une condamnation très sèche de Laurent Nuñez dont l’arrêté d’interdiction est annulé pour avoir été pris sans nécessité, ni proportionnalité, en l’absence de toute menace à l’ordre public matériel comme immatériel. Par ailleurs, le refus du Grand Remplacement et la défense de la civilisation européenne sont considérés comme relevant de l’exercice de la libre expression.

Il s’agit ici d’une jurisprudence essentielle contre la censure politique et les interdictions arbitraires. L’État est condamné à verser 1 800 € à l’Iliade au titre de l’article L. 761-1 du Code de justice administrative.

L’Iliade engage par ailleurs dès maintenant une action en plein contentieux afin d’obtenir le remboursement du débours des frais engagés pour le colloque.

Pour le moment le compte n’y est pas, car en plus des pressions exercées par la Macronie, la fermeture successive des deux comptes en banque risque d’asphyxier l’Institut.

L’Institut Iliade continue le combat devant le juge pénal pour discrimination politique et continuera à dénoncer les interdictions politiques préventives au motif des propos politiques qui pourraient y être tenus et qui déplaisent au pouvoir politique en place, ce que dénonçait l’ouvrage prophétique de Philip K. Dick, Minority Report. Des interdictions politiques, contraires aux libertés publiques, où le pouvoir censeur s’arroge le droit d’interdire a priori un colloque, plutôt que d’en juger les conclusions, et s’arroge le droit de décréter ce qu’il est permis de dire ou de penser sur la politique d’immigration.

Pour l’heure, il reste à espérer que le ministre de l’Intérieur comprendra la sanction subie par l’ancien préfet de police et s’efforcera à l’avenir de respecter la liberté d’expression.

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Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Confiez vos intentions à Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse !

À l’approche de la fête de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, le 27 novembre, Hozana invite ses priants à confier leurs intentions : elles seront déposées à la chapelle de la Rue du Bac, là où la Vierge apparut à sainte Catherine Labouré.

Depuis presque deux siècles, cette médaille est devenue un signe de protection maternelle, un refuge pour les âmes éprouvées, un rappel que notre Mère du Ciel n’abandonne jamais ceux qui l’implorent.

Et les miracles sont nombreux : consolation dans les familles, paix dans les épreuves, guérison physique ou intérieure.

👉 Déposez ici votre intention de prière à Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse : https://urls.fr/fE9oiJ

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Un cadre de LFI dénonce la violence du député antifa Raphael Arnault

“Candidat naturel” de LFI aux prochaines élections municipales à Avignon, Farid Faryssy vient de démissionner du parti après avoir été écarté par les instances nationales. Il porte une attaque en règle contre le député antifa Raphaël Arnault, coupable selon lui, d’avoir instauré un climat interne de violence et d’humiliation.

Dans un communiqué publié mardi 11 novembre, il dénonce “les comportements autoritaires, les pratiques d’intimidation et les violences verbales” que lui inflige son parti, La France Insoumise. Et en particulier celui qui l’incarne à Avignon : Raphaël Arnault.

Ancien socialiste et militant depuis neuf ans au sein de la section d’Avignon, il a porté les couleurs du parti de Jean-Luc Mélenchon lors de plusieurs échéances locales : Municipales de 2020, Législatives de 2022. Lors de la dissolution de 2024, c’est lui encore qui est choisi par les militants. Mais les instances nationales imposent le parachutage de Raphael Arnault, transfuge du Nouveau Parti Anticapitaliste et militant de l’organisation antifa lyonnaise “La jeune garde”. Raphaël Arnault est élu député avec 54.98% des suffrages, ravissant son siège à l’élue RN sortante.

Au lendemain de son élection, Raphaël m’a fait une promesse” se souvient Farid Faryssy. “À moi l’Assemblée Nationale, à toi la candidature à la mairie“.

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. En septembre 2025, le parti choisit d’adouber Mathilde Louvain, la protégée de Raphaël Arnault, récemment installée à Avignon.

Dans son communiqué, l’avocat dénonce un “climat gravement dégradé” au sein du groupe insoumis local depuis l’arrivée à Avignon de Raphaël Arnault. Le député trentenaire est à ses yeux “le principal vecteur [des] violences et [des] divisions qui ont rendu impossible tout travail collectif sincère et apaisé“.

“Il est violent avec ‘les minots’ de Lyon. Il n’y a aucune raison de taper quelqu’un pour des idées politiques”. “Ce sont les mêmes méthodes que les fachos”.

Et l’avocat dénonce un climat de violence que Raphaël Arnault entretiendrait en permanence dans ses relations personnelles : “si tu n’es pas d’accord avec lui, alors tu es un nazi“.

Issu de la communauté maghrébine, Farid Faryssy s’évertue à dépeindre également un Raphaël Arnault qui selon lui “aurait un souci avec l’origine des gens”.

“Je me suis plusieurs fois senti humilié, je ne veux plus être son larbin”. “Il veut bien que les “arabes” le servent, mais ils ne doivent pas prendre de responsabilités”.

France Inter a perdu près d’un demi-million d’auditeurs, en une année

Les chiffres Médiamétrie sont tombés : la radio publique a perdu près d’un demi-million d’auditeurs, en une petite année. Une première baisse depuis quatre ans.

Grâce au nombre de ses émetteurs à travers le territoire et à son absence de publicité, France Inter reste en tête des audiences. Dans un communiqué publié le 13 novembre, Radio France tente de sauver la face.

« Avec 6.738.000 auditeurs quotidiens, France Inter reste première radio de France et de loin. Avec 4.967.000 auditeurs chaque matin, La Grande Matinale de Nicolas Demorand et Sonia Devillers avec Benjamin Duhamel reste, de loin, la matinale la plus écoutée de France. »

En réalité, la fameuse matinale de France Inter est dans le rouge. Le grand rendez-vous – élargi de 7h à 11h – a égaré, sur un an, 220.000 auditeurs. Quand on regarde dans le détail, toutes les tranches sont en baisse : -300.000 pour le 7/9, -360.000 pour le journal de 8 heures, -380.000 pour l’interview de Benjamin Duhamel.

En interne, les langues commencent à se délier. Dans une lettre adressée, mercredi, à la directrice de France Inter Adèle Van Reeth et à la directrice générale de Radio France Sibyle Veil, les instances représentant les différents métiers de France Inter – journalistes, producteurs, techniciens – estiment que leur radio est en train de « perdre son âme »« Nous ne reconnaissons plus la maison que nous aimons », écrivent-ils, très inquiets.

Par ailleurs, si France InterNRJ et Nostalgie sont en baisse, Europe 1 est en croissance, attirant pas moins de 300.000 nouveaux auditeurs.

Un journalisme de tromperie

Un ancien journaliste de la BBC explique comment la chaîne a abandonné le journalisme impartial et pourquoi nous avons besoin d’une révolution de l’information :

Depuis deux semaines, l’actualité britannique est dominée par l’actualité elle-même, la BBC, le service public audiovisuel du pays, étant plongée dans la polémique. Le 3 novembre, le Daily Telegraph a commencé à publier des informations sur le contenu d’une note interne qu’il avait consultée, révélant des preuves accablantes de partialité et de reportages malhonnêtes au sein de la BBC. Trois jours plus tard, le journal publiait l’intégralité de la note, dans laquelle Michael Prescott, conseiller externe auprès du Comité des normes et directives éditoriales (EGSC) de la BBC, exprimait ses « profondes et persistantes inquiétudes concernant la BBC », notamment en ce qui concerne sa couverture de l’élection présidentielle américaine de 2020, des questions de race et de genre, et de la guerre israélo-palestinienne.

La note était adressée au conseil d’administration de la BBC, et dans son introduction, Prescott écrivait :

À mon avis, la direction a systématiquement manqué à son devoir de mettre en œuvre des mesures pour résoudre les problèmes mis en évidence, et a même, dans bien des cas, refusé d’admettre l’existence même du problème.

J’irais même jusqu’à dire que l’attitude de la direction face à des preuves de problèmes graves et systémiques constitue désormais elle-même un problème systémique, ce qui signifie que le Conseil d’administration représente le dernier recours.

Dans une interview accordée à GB News le lendemain de la publication du contenu de la note par le Telegraph, la dirigeante du Parti conservateur, Kemi Badenoch, a déclaré que « des têtes doivent tomber ». Ce qui arriva finalement le 9 novembre, avec la démission du directeur général de la BBC, Tim Davie, et de la directrice de l’information, Deborah Turness. Le président américain Donald Trump réagit à cette nouvelle par un message sur Truth Social , dans lequel il écrit :

« Les plus hauts responsables de la BBC, y compris Tim Davie, le patron, démissionnent tous/sont virés, car ils ont été pris en flagrant délit de falsification de mon excellent (parfait !) discours du 6 janvier. Merci au Telegraph d’avoir dénoncé ces journalistes corrompus. Ce sont des personnes très malhonnêtes qui ont tenté de fausser l’élection présidentielle. »

Il a menacé de poursuivre la BBC pour un milliard de dollars.

Il est vrai que la plupart des critiques adressées à la BBC proviennent de ses concurrents du secteur privé et de la droite politique, qui s’est toujours opposée par principe à un service audiovisuel financé par des fonds publics. Cependant, les preuves de partialité présentées par Prescott sont suffisamment accablantes pour justifier à elles seules l’indignation des détracteurs de la BBC. Dans sa lettre de démission, Turness a tenté d’atténuer les dégâts en expliquant avec nervosité que, bien que « des erreurs aient été commises, je tiens à préciser que les récentes allégations de partialité institutionnelle à BBC News sont fausses ». Il serait toutefois naïf de prendre cette assurance pour argent comptant, car aucun cadre supérieur de la BBC n’admettrait jamais que la chaîne soit partiale. La BBC existe grâce à une Charte royale qui l’oblige à « fournir des informations impartiales pour aider les citoyens à comprendre le monde qui les entoure et à s’y intéresser ». Toute violation de cet impératif mettrait en péril la source unique de financement de la BBC.

En tant qu’ancien journaliste de la BBC et aujourd’hui professeur de journalisme à l’université, je peux vous affirmer que non, le journalisme de la BBC n’est pas impartial, et oui, la chaîne souffre d’un parti pris institutionnel. Ce problème n’est certes pas propre à la BBC, mais comme elle est financée par la redevance audiovisuelle – dont le paiement est obligatoire, que les téléspectateurs apprécient ou non ses programmes – l’accusation de manquement à sa mission de service public est particulièrement préjudiciable. Cette crise pourrait même constituer une menace existentielle pour la BBC, car des députés conservateurs réclament la suppression de la redevance. « L’achat forcé de contenus par le biais de la redevance, sans aucun choix pour le consommateur », a déclaré Ben Spencer, « est un anachronisme analogique à l’ère du numérique. »

La BBC n’a pas toujours été ainsi : les racines de la crise actuelle remontent à des événements survenus au sein de la société dans les années 1990. Ces événements avaient suscité la controverse à l’époque, et il est important de revenir sur cette histoire pour comprendre comment la BBC s’est retrouvée dans cette situation délicate et ce qu’il est possible de faire pour y remédier.

Journalisme victorien

Un journaliste de la BBC débarquant de 1955 grâce à une machine à remonter le temps serait sans doute horrifié par l’état du journalisme à la BBC en 2025. Cela ne signifie pas que tous les journalistes du passé étaient honnêtes – loin de là. Mais ils comprenaient que leur objectif principal était de s’efforcer de dire la vérité au mieux, et cette quête de vérité était structurellement protégée.

Les journalistes ont alors compris que le monde est instable, incertain, complexe et ambigu, et qu’il est donc très difficile d’avoir une certitude absolue. Leur tâche consistait donc à rapporter les faits avec la plus grande exactitude possible et à les distinguer des opinions. Ces dernières devaient être contrebalancées par des opinions contraires afin que le public puisse se forger sa propre opinion. C’est la technique journalistique classique qui consiste à répondre aux questions « qui », « quoi », « quand », « où » et « comment ». La question du « pourquoi » était traitée d’une manière totalement différente, car la réponse relève toujours de l’opinion et de la conjecture.

Cette méthodologie journalistique s’inspirait de la méthode scientifique, une approche systématique d’acquisition de connaissances par l’observation attentive et un scepticisme rigoureux. Elle visait à minimiser les erreurs et les biais en s’appuyant sur la raison et les preuves, et en éliminant les émotions et les préjugés. Elle s’est développée au XIXe siècle, fondée sur les valeurs des Lumières, en partie en réaction à la corruption notoire du journalisme du XVIIIe siècle et au tribalisme du XVIIe siècle, responsables de guerres de religion sanglantes, d’une intolérance généralisée et de la persécution des hérétiques et des sorcières.

Ce journalisme exigeant et soucieux de la vérité a été initié par le Times de Londres sous la direction brillante de Thomas Barnes (de 1817 à sa mort en 1841) et de son successeur, John Thadeus Delane. Il est ensuite devenu la référence en matière de journalisme à travers le monde et a été largement imité. Aux États-Unis, le Chicago Daily News fut l’un des premiers journaux à adopter cette méthode dès son lancement en 1876. Son rédacteur en chef, Melville Stone, comparait cette nouvelle philosophie journalistique à celle d’un « témoin devant un tribunal, tenu de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ». Le journal qui incarnait le mieux cette approche était le New York Times, sous la direction d’Adolph Ochs. En 1896, Ochs promettait de « diffuser l’information impartialement, sans crainte ni favoritisme, sans considération d’appartenance politique… et, à cette fin, d’inviter à un débat intelligent, ouvert à toutes les opinions ».

Ce journalisme victorien classique constituait également le principe directeur des journalistes de la BBC. Dans un essai de 1954 intitulé « Le problème central de la radiodiffusion », le directeur général de la BBC, William Haley, écrivait que le devoir premier d’un journaliste était de « contribuer à l’avènement de la vérité ». Toutes les autres considérations, affirmait-il, telles que divertir, instruire ou améliorer la moralité du public, devaient demeurer secondaires. La recherche de la vérité, déclarait-il lors de la conférence commémorative Lewis Fry qu’il prononça en 1948 , devait être « la loi vivante », et les journalistes devaient « s’y conformer fermement, œuvrer en son honneur, soumettre toute leur conduite à cette exigence et ne reconnaître aucun autre maître. Car si seulement nous voussons une allégeance sans faille au Vrai et au Beau, le troisième élément, le Bien, finira par s’imposer. »

Charles Curran, directeur général de la BBC de 1969 à 1977, affirmait que la mission de la société était de gérer un supermarché de l’information et de proposer un large éventail de faits et d’opinions. Il mettait en garde les journalistes contre le piège de croire qu’ils détiennent la vérité et que leur rôle est d’éclairer ceux qui l’ignorent. Ce serait confondre la fonction d’un journaliste avec celle d’un prêtre. Le rôle des journalistes, expliquait Curran , n’est pas de « prêcher une conduite particulière. Ils ne considèrent pas qu’il leur incombe d’adopter une morale particulière et d’utiliser ensuite le média audiovisuel pour persuader tout le monde de la suivre. »

Dans un article paru en 1979, Curran s’inquiétait particulièrement de ce qu’il percevait comme une nouvelle vague d’activisme qui commençait à se manifester chez les jeunes journalistes. « Les ténèbres de l’intolérance, avertissait-il, commencent à se refermer lorsque les tenants de l’intolérance veulent brûler les pécheurs au lieu de leur pardonner. »

L’essor du journalisme des baby-boomers

Il existait cependant un problème avec le journalisme victorien classique : il avait tendance à être aride et ennuyeux. C’était une conséquence délibérée des précautions élaborées prises pour protéger la recherche de la vérité. Comme le raconta plus tard Richard Baker, premier présentateur du journal télévisé de la BBC , avant 1955, les présentateurs n’étaient même pas autorisés à apparaître à l’écran : « On craignait que nous ne venions perturber le flux de la vérité par des expressions faciales inappropriées », expliqua-t-il. « Les téléspectateurs voyaient donc des images faire l’actualité. » Tout changea avec l’arrivée des baby-boomers, une génération aux goûts, valeurs et priorités radicalement différents dans tous les domaines : musique, mode, morale, politique… et journalisme.

Les baby-boomers aspiraient à l’aventure dans une ère de paix et de prospérité sans précédent, et ils atteignirent l’âge adulte durant une décennie de rébellion culturelle résolument idéaliste et utopique . Lassés du journalisme victorien classique et de sa philosophie d’impartialité, ils étaient animés par un nouvel élan : le désir de rendre le monde meilleur. L’activisme et la contestation étaient à la mode, et les baby-boomers privilégiaient un nouveau style de journalisme engagé, virulent et partisan. Dans les années 1960, des journalistes développèrent la presse underground , une forme de journalisme explosive qui prenait parti, embrassait des idées politiques radicales et affichait sans complexe son mépris des normes du journalisme traditionnel. 

À la fin des années 1980, la génération des baby-boomers accédait à des postes de pouvoir et d’autorité dans le journalisme, et en 1992, un nouveau directeur général arrivait à la BBC. Il s’appelait John Birt et sa mission, qu’il s’était lui-même fixée, était de détruire le modèle victorien classique du journalisme et de le remplacer par un journalisme adapté à la génération des baby-boomers. Ce n’était guère une surprise. Les convictions de Birt sur le journalisme étaient publiques bien avant sa nomination à la tête de la BBC. Entre 1975 et 1976, il publiait, avec son collègue Peter Jay, cinq articles importants dans le London Times . Dans le premier, ils s’attaquaient au cadre journalistique traditionnel « qui, quoi, où, quand, comment », qu’ils jugeaient biaisé et qui, selon eux, entravait la compréhension. La question la plus importante, affirmaient-ils, et celle à laquelle il fallait répondre en premier, était « pourquoi ». Cette approche bouleversait la méthodologie journalistique traditionnelle qui privilégiait le reportage factuel et reléguait les explications et les commentaires aux éditoriaux.

Se contenter de rapporter des faits, affirmaient Birt et Jay, était « insatisfaisant » : « Sans le temps de contextualiser l’information, [cela] ne permet pas au téléspectateur de comprendre comment ces problèmes s’articulent entre eux. Il risque plutôt de se sentir confus et mal à l’aise. » Un reportage sur le chômage, par exemple, devrait s’attacher à expliquer « les véritables causes du chômage ». Ce dont on avait un besoin urgent, disaient-ils, c’était un journalisme qui résolve les problèmes. Dans leur second article, ils s’attaquaient à la distinction journalistique classique entre fait et « analyse de l’actualité ». Il s’agissait, selon eux, de « l’erreur fondamentale, l’erreur la plus répandue. C’est une distinction sans réelle différence. » Ils critiquaient également le journalisme traditionnel qui présentait les événements « comme des histoires isolées, chacune étant un ensemble de “faits” distincts ». Cette approche, soutenaient-ils, était erronée car la vie n’était pas un assemblage complexe d’événements aléatoires ; elle obéissait à des schémas que les experts pouvaient analyser et comprendre.

Pour Birt et Jay, le rôle premier du journaliste était d’identifier et d’expliquer le contexte narratif plus large d’une histoire. L’élaboration de ces récits nécessitait des équipes d’élite de journalistes capables d’aider le grand public à comprendre les problèmes du monde : « des journalistes compétents et instruits, travaillant parfois en équipe et mêlant constamment enquête et analyse, de sorte que les besoins de compréhension orientent l’enquête et que les résultats de l’enquête alimentent l’analyse. » Dans leur dernier article, ils réaffirmaient que le journalisme victorien n’était plus pertinent : « En résumé, la plupart des journalistes, y compris les journalistes de télévision, travaillent selon des concepts obsolètes et confus qui doivent être remplacés par les valeurs d’un journalisme nouveau. »

La révolution proposée par Birt et Jay horrifiât les journalistes chevronnés. Le journaliste de télévision Llew Gardner s’en prit aux auteurs, dénonçant leur arrogance, leur « élitisme insupportable et leur conviction suffisante de tout savoir et d’avoir percé un secret sur le journalisme télévisé, secret que seuls des gens aussi savants qu’eux auraient pu découvrir ». L’une des réactions les plus virulentes au manifeste de Birt-Jay vint de Louis Heren, correspondant étranger du Times , qui leur fit la leçon sur l’importance de l’humilité journalistique. Le travail d’un journaliste, expliqua-t-il, est de s’efforcer de comprendre ce qui se passe et de le rapporter avec la plus grande honnêteté possible. Il n’appartient pas aux journalistes de déterminer les causes des problèmes du monde, ni de dicter comment les résoudre. La raison en est, selon Heren, que les journalistes sont souvent ignorants et n’ont aucun moyen de connaître ces choses.

J’ai constaté que très peu d’observateurs, et même certains des participants aux événements relatés, savaient ce qui s’était réellement passé. Le mieux que l’on puisse espérer était de rédiger un rapport honnête, qui ne trompe pas, et de laisser le reste à des enquêtes ultérieures ou à l’histoire.

La mission de John Birt : expliquer

Après sa prise de fonction à la tête de la BBC, Birt s’est immédiatement lancé dans une croisade contre le journalisme victorien classique et tous ceux qui le pratiquaient. Il a baptisé ce projet « Mission d’explication », dont l’objectif stratégique était de mettre fin à la séparation entre faits et opinions. Dans son autobiographie , il le décrit comme un combat épique de David contre Goliath, dans lequel il s’identifie comme David. Birt déplorait que « la tradition journalistique de la BBC soit globalement descriptive plutôt qu’analytique », et dans ses mémoires, il soutient que la BBC s’accrochait à des valeurs dépassées : « Nombre de journalistes et de producteurs de la BBC semblaient prisonniers de leurs bureaux de l’ouest londonien, inconscients du bouillonnement d’idées qui les entourait. »

Il s’agissait, observe Birt, d’un choc des générations : « Un groupe important – principalement composé de personnes âgées de quarante à cinquante ans – considérait l’actualité comme un processus routinier. Ils couvraient les événements et y réagissaient. Compétents et expérimentés, ils avaient cependant depuis longtemps cessé de se poser des questions. Ils étaient comme englués dans leurs habitudes. » À son arrivée, les pré-baby-boomers réagirent avec un « ressentiment morose… Le cœur de la BBC semblait figé dans les années 1950 et, en tant que personne dont les valeurs et les attitudes s’étaient forgées dans les années 1960, je détonais… Mes vêtements modernes suscitaient aussi, de toute évidence, une grande fascination. »

Birt a inondé BBC News de journalistes de la génération des baby-boomers, dont beaucoup ont été parachutés directement à des postes clés. Il se souvient avoir pourvu « les postes importants de l’équipe en recrutant aussi bien en interne qu’en externe à la BBC, et – au mépris de la tradition – par nomination directe, sans jury d’entretien. J’étais persuadé qu’il nous fallait sauter une ou deux générations pour pourvoir les postes de direction. » Ces nouveaux journalistes chevronnés partageaient tous les valeurs éthiques et politiques de sa génération. Ils ressemblaient même étrangement à des membres de la génération des baby-boomers. L’un d’eux, raconte Birt avec satisfaction, avait l’air d’« un jeune professeur d’université aux idées radicales ».

Birt a réinventé le journalisme à la BBC et introduit une nouvelle méthodologie. Désormais, les scripts étaient rédigés par les journalistes expérimentés de la rédaction, puis des reporters étaient envoyés sur le terrain pour réaliser des interviews et des reportages. Ainsi, la réalité se conformait au récit prédéterminé. Dans son ouvrage « Uncertain Vision » , consacré au passage de Birt à la BBC, Georgina Born décrit une réunion au cours de laquelle Birt a déclaré aux producteurs qu’il souhaitait une préparation et une écriture bien plus poussées. Lorsqu’on lui a demandé quelles émissions d’actualités de la BBC il appréciait, il a répondu : « Franchement, aucune ne me plaît. » Il sous-entendait, explique-t-elle, que la vérité d’un reportage « pouvait être trouvée intellectuellement ».

La construction et la gestion du récit sont devenues les compétences journalistiques les plus importantes. Born rapporte que les journalistes plus âgés se plaignaient de « pressions staliniennes les incitant à adopter la ligne éditoriale de la BBC ». Et comme l’agenda médiatique était de plus en plus élaboré au bureau par des équipes de cadres supérieurs, de nombreux reporters ont commencé à se sentir mal à l’aise. L’un d’eux a admis qu’il ignorait souvent si les informations qu’il rapportait étaient vraies ou non. « C’est bizarre », a-t-il confié à Born ; « on devient une sorte de journaliste virtuel, coincé dans un bureau à retraiter des informations, sans jamais aller sur le terrain, sans vivre ce qu’on rapporte. »

Mais Birt était heureux. Il se voyait comme une rock star du journalisme saccageant sa chambre d’hôtel – une force radicale et destructrice brisant les vieilles règles et les tabous ancestraux. Décrivant son impact sur l’ancienne génération de journalistes de la BBC, il écrivait avec jubilation : « J’étais celui qui a fait voler leur monde en éclats. »

La dernière décennie du XXe siècle a vu la tendance s’accentuer vers un journalisme narratif. Nul n’a mieux incarné ce mouvement que le célèbre reporter britannique Martin Bell. Correspondant aux affaires étrangères de la BBC, Bell était connu pour ses apparitions à l’écran dans son emblématique costume blanc. En 1997, il publia un manifeste où il poussait les idées de Birt jusqu’à leur aboutissement logique. Il aspirait à un nouveau type de journalisme qu’il nommait le « journalisme de l’engagement ». Les journalistes, suggérait-il, ne devaient plus feindre l’impartialité, mais s’engager pour un monde meilleur. Le journalisme libéral victorien, affirmait-il, n’était qu’un « journalisme de spectateur ».

Selon Bell, le journalisme doit être perçu comme une « entreprise morale » guidée par la connaissance du « bien et du mal ». Les journalistes ne doivent pas être neutres ; ils doivent se demander : « En quoi croyons-nous ? » Le rôle d’un journaliste, insistait-il, n’est pas de rapporter les événements de manière impartiale, mais d’intervenir activement.

Aux pratiques impersonnelles du passé, je crois désormais en ce que j’appelle le journalisme de l’engagement. J’entends par là un journalisme qui se soucie autant qu’il sait ; qui est conscient de ses responsabilités ; et qui ne reste pas neutre entre le bien et le mal, le juste et l’injuste, la victime et l’oppresseur.

Où va le journalisme ?

En conséquence de ces évolutions, le journalisme moderne de la BBC souffre aujourd’hui de deux défauts majeurs. Le premier est sa dépendance au récit. Une fois qu’il a déterminé quelles causes il juge bonnes et lesquelles sont mauvaises, ces récits moraux deviennent rapidement des dogmes incontestables auxquels les membres du groupe doivent adhérer. C’est dangereux, car le récit est une drogue extrêmement puissante. L’être humain est un Homo narrans , le singe conteur. Nous avons évolué pour comprendre le monde en termes de récits moraux : le bien contre le mal, nous contre eux. Cette puissante pensée binaire est un héritage de notre passé tribal. Comme l’explique l’écrivain Will Storr dans *The Science of Storytelling * :

Un récit se superpose à notre inconscient, à ce paysage de sentiments, d’instincts et de soupçons encore flous, et lui donne un sens, nous insufflant soudain un sentiment de clarté, de mission, de justesse et de soulagement. Lorsque cela se produit, c’est comme si nous avions découvert une vérité révélée et que nos yeux s’étaient soudainement ouverts.

Dans le contexte d’une salle de rédaction, cela crée un esprit de clan chez les journalistes. Ils adopteront la même vision du monde, la pensée de groupe journalistique s’imposera et le journalisme prendra des allures de vocation quasi religieuse. Remettre en question les convictions fondamentales du groupe sera proscrit. La tyrannie du récit est précisément ce que le journalisme victorien classique et impartial visait à contenir.

Le deuxième défaut majeur de la BBC réside dans le fait que la nécessité de protéger le récit dominant relègue la vérité au second plan. Les implications de ce changement sont profondes. L’idée qu’il est acceptable d’induire les gens en erreur si l’intention est pure est appelée mensonge prosocial et est bien comprise des psychologues cognitifs. Dans le journalisme moderne, le mensonge prosocial consiste à utiliser le journalisme pour influencer et persuader les publics d’adopter des comportements jugés éthiquement corrects. La note de Prescott indique ceci à propos de la gestion par la BBC de la question transgenre :

Il y avait un flot constant d’articles partiaux, généralement des reportages d’actualité, célébrant l’expérience transgenre sans équilibre ni objectivité.

Un exemple typique était l’histoire de Gisele Shaw, un récit dithyrambique d’une lutteuse transgenre qui se sentait « libérée » après avoir fait son coming out.

Cet article, publié le 15 mars 2023, passait sous silence le fait que cette lutteuse, de sexe masculin à la naissance, avait remporté à plusieurs reprises des trophées en participant à des compétitions féminines.

Le Conseil d’administration pourrait prendre note du parcours incontestable d’excellence journalistique novatrice dans ce domaine, celui d’Hannah Barnes de Newsnight, qui a ensuite écrit l’ouvrage de référence sur le traitement médical et les mauvais traitements infligés aux « enfants transgenres ».

Son travail serait aujourd’hui probablement impossible à la BBC, compte tenu de la culture que j’ai décrite plus haut, des changements survenus à Newsnight et de l’absence actuelle de journalistes dédiés à l’émission.

En pratique, cela s’apparente à de la propagande et transforme les journalistes en activistes médiatiques de facto. Dans cette culture journalistique partiale, l’impartialité est rejetée par les journalistes vedettes comme une forme de « biais des deux camps ». Il en résulte un journalisme trompeur qui alimente ce que Prescott appelle un « récit simpliste et déformé ». Sa note de service présente des preuves convaincantes d’un « biais éditorial involontaire » généralisé qui empêche le public de comprendre correctement les enjeux complexes. « La BBC », conclut la note, « doit reconnaître ses problèmes systémiques ; ce n’est qu’à cette condition que le processus de résolution pourra véritablement commencer. »

Le véritable problème de la BBC réside dans le fait qu’elle est prisonnière d’une Charte royale qui l’oblige à l’impartialité, alors qu’elle ne l’est pas. Une solution serait donc d’abolir cette Charte et de permettre à la BBC d’exprimer ouvertement ses opinions et ses partis pris, au même titre que n’importe quel autre média. Une autre option consisterait à entreprendre une contre-révolution au sein de la BBC, d’une ampleur comparable à celle de Birt dans les années 1990, mais cette fois-ci dans le but de restaurer le journalisme victorien classique et le respect des faits.

Il est peu probable que l’une ou l’autre de ces choses se produise prochainement. Un gouvernement travailliste n’est pas près de supprimer la redevance audiovisuelle ni de réformer la Charte royale, et la BBC n’est pas prête à renouer avec un journalisme aride et ennuyeux qui compliquerait encore davantage sa conquête de téléspectateurs sur un marché déjà extrêmement concurrentiel. Après mûre réflexion, la situation restera probablement inchangée pour le moment. Il ne faut pas se prétendre satisfait du statu quo. Au contraire, il est incohérent et confus. Et à mesure que le journalisme évolue, il appartiendra à nous tous – à la société – de décider du type de journalisme que nous souhaitons. Car, en fin de compte, nous obtenons le journalisme que nous méritons.

Le tribunal administratif de Nancy autorise la messe pour le Maréchal Pétain

Le maire de Verdun l’avait interdite par arrêté. Le juge des référés a estimé que cette cérémonie «compte tenu notamment de sa date et du lieu dans lequel elle était organisée, n’était pas, en elle-même, de nature à susciter des troubles à l’ordre public». Il a également jugé «que si l’organisation de la messe avait suscité, postérieurement» à l’arrêté municipal, «des réactions de protestation, les éléments produits par la commune ne permettaient toutefois pas de caractériser, à la date de l’arrêté, l’existence d’un risque de troubles à l’ordre public».

Le tribunal avait été saisi «en urgence» par l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain d’une requête en référé suspension.

Cette association a été autorisée par l’archevêque de Metz à célébrer une messe pour le repos de l’âme du maréchal Pétain et des victimes de toutes les guerres samedi à l’église Saint-Jean-Baptiste de Verdun. Le maire (divers gauche) Samuel Hazard a déploré la décision en soirée dans une vidéo sur ses réseaux sociaux. Il a annoncé qu’il serait présent samedi à 10 heures devant l’église Saint-Jean-Baptiste.

Un petit dispositif de sécurité sera sur place, a indiqué une porte-parole de la préfecture de la Meuse.

Réforme des retraites et démographie

Jean-Didier Lecaillon, professeur d’économie, a été interrogé par Véronique Jacquier dans France catholique, à propos des discussions budgétaires au Parlement, lesquelles font l’impasse sur la famille. Extrait :

Le Parlement européen condamne la pratique de la GPA

Lu sur Gènéthique :

Le 13 novembre, le Parlement européen a adopté sa stratégie en matière d’égalité de genre. De nombreux – et très variés – sujets y sont abordés. Parmi eux : la GPA.

Un mois plus tôt, la Commission des droits des femmes et de l’égalité des genres du Parlement votait la version provisoire de son rapport Gender Equality Strategy 2025. Sans s’être déterminée sur la question de la maternité de substitution. En effet, la Commission avait à la fois adopté un amendement « condamnant la pratique de la GPA » et un autre soutenant la mise en œuvre d’un « certificat européen de parentalité ».

Une prise de conscience au niveau international

Tout en rappelant cette proposition de la Commission européenne, le Parlement a tranché : il « condamne la pratique de la maternité de substitution, qui implique l’exploitation reproductive et l’utilisation du corps des femmes pour des gains financiers ou autres, en particulier s’agissant de femmes particulièrement vulnérables issues de pays tiers ». Le Parlement appelle la Commission à « prendre des mesures pour contribuer à mettre fin à ce phénomène ».

Le 10 octobre, c’est la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes et les filles qui appelait à l’abolition universelle de la GPA lors de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Pour la Déclaration de Casablanca, le constat est clair : « il est temps d’agir ».

Moins de subventions pour la propagande du Planning familial

Le Planning familial du Calvados a perdu, en 2025, la subvention de la Caisse d’allocations familiales. Noémie Sabourin, co-présidente du Planning familial du Calvados, indique :

« La Caf nous versait 5 000 € chaque année. Elle a tout arrêté subitement en 2023. Mais à ce moment-là, nous touchions encore une autre aide de 4 000 € pour un projet spécifique en lien avec la parentalité. »

Projet qui, depuis, s’est arrêté.

En août 2024, l’association reçoit un courrier.

« La Caf nous rappelait que nos activités doivent être menées dans le respect des principes de la neutralité et de la laïcité sans promotion ou critique de convictions personnelles. Ils disaient avoir constaté que notre association ne respectait pas ce principe de neutralité, sans aucune mention de ce qui nous était reproché exactement. »

L’affiche sur l’homme enceint peut-être ?

Au niveau national, nombreux sont les Plannings familiaux soumis à des coupes budgétaires. 

Essentiellement financé par l’Agence régionale de santé et la Direction régionale aux droits des femmes, le Planning familial du Calvados a un budget resserré, l’obligeant à faire des choix :

« De façon globale, on nous sollicite plus que ce qu’on peut répondre. Notamment au niveau des collèges et lycées, on doit dire non à certains parce qu’ils ne rentrent pas dans nos cadres de subventions. On n’en est pas au point de penser à licencier quelqu’un, mais il y a des actions qu’on aurait voulu mettre en place qu’on ne peut pas mettre en place. »

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