Carême 2020 : prions pour la Vie avec les 40 Days for Life !
Comme à chaque Carême, Riposte Catholique nous invite à rejoindre la chaîne de prière “de l’arrière” aux intentions de la campagne des 40 Jours pour la Vie (40 Days for Life).
Elle se déroulera cette année du 26 février (mercredi des Cendres) au 5 avril (dimanche des Rameaux), et pendant ces quarante jours nous prierons aux intentions des centaines de vigiles qui, aux États-Unis et dans 62 autres pays, vont se relayer jour et nuit et 7 jours sur 7 des milliers de personnes pour prier, le plus souvent devant des avortoirs, afin de faire reculer l’avortement dans le monde.
Depuis son lancement, en 2007, 16 742 enfants à naître ont été sauvés de l’avortement !
Nous invitons chacun d’entre vous à prier quotidiennement chaque jour de cette campagne. Les catholiques sont invités à réciter une dizaine de chapelet (dix Je Vous salue Marie) aux différentes intentions de la campagne. La liste des 40 intentions – accompagnée que 40 passages de la Sainte Écriture, propres à soutenir votre prière et votre méditation – vous sera bien sûr adressée sitôt que vous vous serez inscrit à notre chaîne de prière.
Vous la recevrez en une seule fois dès votre inscription reçue. Vous recevrez, toutefois, une lettre hebdomadaire chaque mercredi de Carême qui fera le point sur les enfants sauvés de l’avortement – selon le compte qu’en fait et que nous transmet le siège des 40 Days for Life – et vous apportera d’autres informations sur le déroulement de la campagne.
Comme pour les années précédentes, nous invitons les participants à faire célébrer des messes aux intentions des 40 Jours pour la Vie. Voyez avec vos paroisses, vos chapelles, vos communautés, des monastères…
Pour vous inscrire, c’est ici.
Victoire de La Manif Pour Tous face à la décision infondée de la Préfecture de police
Tous place Clemenceau pour exiger le retrait du projet de loi bioéthique !

Nous voudrions rendre hommage à tous ceux qui luttent depuis des mois contre ce #PJLBioethique !
Les lignes bougent et c’est grâce à vous ! #PMAsansPere #GPA #MarchonsEnfants pic.twitter.com/b3lij4R1EI
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
Il est temps de vous réveiller Monsieur @EmmanuelMacron, le progrès est de retirer ce projet de loi ! #PMAsansPere #GPA #MarchonsEnfants pic.twitter.com/KpmGjZlCJT
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
Monsieur le Président de la République, dans ces temps de conflits, où votre @gouvernementFR doit passer des lois en France, le temps doit être à l’apaisement ! pic.twitter.com/Nxa2GZkuUI
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
En refusant ce projet de loi, Monsieur le Président, vous allez empêcher que des enfants soient délibérément privés de leur père !#PMAsansPere #GPA #MarchonsEnfants pic.twitter.com/tZRYiXze4I
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
Ce #PJLBioethique porte directement atteinte à la dignité de la femme et de l’enfant. #PMAsansPere #GPA pic.twitter.com/107P5j8uxb
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
Ils disent que c’est la société qui a changé, qu’il faudrait s’adapter.
Nous leur répondons que les besoins du petit enfant sont toujours les mêmes et que la dignité de l’homme ne change pas. pic.twitter.com/7dTaSIZTV0
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
Ils disent que nous sommes contre l’amour et le désir d’enfant.
Nous répondons que l’amour est un don et qu’il n’y a pas de droit à l’enfant.#PMAsansPere #GPA #MarchonsEnfants pic.twitter.com/2BTWfEipzf
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
« La conclusion du tribunal administratif est la suivante : La Manif Pour Tous ne présente pas de risque grave de troubles à l’ordre public, il est enjoint @prefpolice d’autoriser la manifestation ! C’est la première fois que la justice suspend un de ses arrêtés d’interdiction !» pic.twitter.com/XSQhK59tGR
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
.@albdmt : « Si nous sommes là ce soir, c’est inédit ! Nous avons affronté la pluie. Le @prefpolice a interdit cette manifestation.
Notre service juridique a plaidé pour que notre liberté de nous exprimer ne soit pas entravée ! » pic.twitter.com/RUmcIp2H1t
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
Les Français ne sont pas au courant du bouleversement qui est en train de se passer actuellement dans les hémicycles !
Dans ce projet de loi, il y a la #PMAsansPère. L’homme n’est pas qu’un distributeur de sperme ! pic.twitter.com/xgDWD1yW5U
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
Nous sommes là ce soir, nous serons là demain, nous serons là dans les semaines, dans les mois qui viennent, jamais on ne le fera taire ! #PMAsansPere #GPA #MarchonsEnfants pic.twitter.com/sO16ox7cMz
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
#Ludo : « Est-ce que vous avez conscience que vous faites peur ? Regardez tous les camions autour de nous ! L’Élysée a peur de nous !@EmmanuelMacron, nous sommes venus vous demander le retrait du projet de loi bioéthique qui est un summum d’anti éthique. pic.twitter.com/YBvN6EBobz
— La Manif Pour Tous (@LaManifPourTous) February 25, 2020
La parabole anti-mondialiste du coronavirus
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
La crise du coronavirus semble écrite tout exprès pour mieux faire comprendre les maux de notre époque.
Tout d’abord, le virus naît en Chine. L’ancien empire du milieu cumule tous les vices de l’idéologie communiste et du capitalisme irresponsable : l’immense majorité des habitants y est privée des libertés les plus élémentaires, quand quelques-uns sont pourvus de libertés illimitées, sans aucune responsabilité correspondante.
Ce n’est d’ailleurs sans doute pas pour rien que nos oligarques anti-français (politiciens, médias ou financiers) nous chantent régulièrement les louanges de ce régime monstrueux : ils rêvent d’appliquer ce totalitarisme chez nous et s’étonnent de notre manque d’enthousiasme.
Il est possible que le coronavirus provienne des expérimentations des médecins criminels qui pullulent toujours dans les pays totalitaires (le Dr Mengele ne fut ni le premier, ni le dernier de son espèce). Mais il est, en tout cas, certain que le système totalitaire porte une lourde responsabilité dans l’occultation du danger et des réactions erratiques au début de l’épidémie, quand il était encore temps de la juguler. Le Dr Li Wenliang, qui a lancé l’alerte (avant de mourir à son tour de l’épidémie), avait même été réprimandé par l’appareil répressif communiste.
La propagation du virus doit ensuite beaucoup à l’idéologie mondialiste – comme l’a rappelé l’essayiste Arnaud Upinsky (reprenant les principes du grand économiste Maurice Allais, à la fois anti-socialiste et anti-mondialiste) dans une vidéo que nous avons mise en ligne sur le site des « 4 Vérités ». Le mondialisme est, en effet, cette idéologie qui consiste à préférer le lointain au prochain et à piétiner le principe de subsidiarité (pourtant à la fois moralement plus sain et économiquement plus efficace).
Ce mondialisme a conduit à ruiner l’industrie française pour profiter de la main-d’œuvre esclave chinoise. Il saute aux yeux que ce calcul est monstrueux et absurde. Monstrueux parce qu’il encourage les bourreaux communistes et parce qu’il prive de leur dignité les travailleurs français. Absurde parce que la petite économie que nous faisons sur l’achat de produits « made in China » ne compense pas une hausse illimitée de nos impôts et de nos déficits publics.
En d’autres termes, pour que certains financiers occidentaux puissent faire des affaires avec la nomenklatura maoïste, nous condamnons des millions de Français au chômage, des dizaines de millions de Chinois à l’esclavage et, en plus, nous payons cette absurdité de nos deniers publics !
Rappelons qu’en bonne logique, le consommateur devrait être moins important pour l’État que le producteur qui devrait lui-même être moins important que le citoyen, lui-même subordonné à la personne humaine. C’est exactement l’inverse qui se fait dans notre merveilleuse « société de consommation ».
Notre dépendance au marché chinois se paie donc désormais, non plus seulement de notre désindustrialisation, mais aussi d’une épidémie menaçante.
Et, cerise sur le gâteau, l’épidémie sert à tester la résistance de la population aux contraintes autoritaires en Europe même.
Ainsi, depuis quelques jours, une dizaine de villes italiennes sont-elles en quarantaine.
Là aussi, c’est une admirable parabole : le nouveau gouvernement de gauche venait tout juste d’annoncer sa répudiation des mesures anti-immigration prises par Matteo Salvini.
Si nous revenions au bon sens, aux frontières, aux circuits économiques et politiques aussi courts que possible, au principe de subsidiarité, au rejet de l’internationalisme militant, nous serions en bonne voie pour sortir de la crise du coronavirus !
Si je t’oublie, ô Notre-Dame : un hors-série de L’Homme Nouveau
Il y a bientôt un an, Notre-Dame de Paris prenait feu. La cendre est balayée et le grand dallage, mouillé par la pluie, fourmille depuis déjà longtemps de dizaines d’ouvriers, au chevet de la belle Dame de pierre. La vive émotion a laissé la place à une double réflexion. Se concentrer, de manière concrète et déterminée, sur la restauration dans le respect des legs de ceux qui nous ont précédés. Méditer sans limites, par l’esprit et par le cœur, à la signification profonde de ce drame. Il faut tirer parti de Notre-Dame, à la hauteur des flammes qui l’ont dévorée.
L’Homme Nouveau publie un hors-série sur Notre-Dame de Paris, en quatre parties :
- Plongée dans l’Histoire.
- Reconnaître notre Dame.
- Contempler ces merveilles.
- Au chevet de la restauration.
Avec la participation d’historiens et spécialistes de Notre-Dame :
Marc Alibert, Mgr Michel Aupetit, Pauline Barbieux, Anne Bernet, Philippe Bornet, Stéphane Brosseau, Mari-Gwenn Carichon, Matthieu Bock-Côté, Patrick Demouy, Marie-Hélène Didier, Jacques Charles-Gaffiot, Cédric Giraud, Sylvain Gouguenheim, Sophie de Gourcy, Philippe Lefebvre, Jean-Michel Leniaud, Stanislas Muel, Lina Murr Nehmé, Éric Picard, Foulques Picaillon, Philippe Pichot-Bravard, Marie Piloquet, Odile Pinard, Laurent Prades, cardinal Robert Sarah, Régis Singer, Arnaud Timbert, Pascal Tonazzi.
La Manif Pour Tous et les associations partenaires de Marchons Enfants appellent Emmanuel Macron à retirer le projet de loi bioéthique
Dans un communiqué, La Manif Pour Tous indique
Dans un contexte de dissensus et de gronde sociale, La Manif Pour Tous, avec l’ensemble du mouvement associatif réuni sous le label « Marchons Enfants ! », appelle le Président de la République à retirer urgemment le projet de loi qui n’est ni bio, ni éthique.
Suite à l’arrêté d’interdiction pris lundi 24 février après-midi par Didier Lallement, préfet de police de Paris, La Manif Pour Tous a saisi le tribunal administratif en référé liberté : le lieu du rassemblement sera connu à l’issue de l’audience prévue à 15h au tribunal administratif de Paris.
Vous avez dit blasphème ? Quelques considérations comparatives à propos de religions
Suite à ce qui a été appelé l’affaire Mila, suite à la saillie (!) concomitante de Mme Belloubet [lors d’une de leurs manifestations récentes, des avocats chantaient sur l’air de Pirouette/cacahuète : Pirouette, Belloubette – à moins que ce ne fût Pirouette-Belle-ou-Bête..], suite aussi au dossier que l’hebdomadaire France Catholique a de ce fait consacré au blasphème (7 février 2020), il a paru intéressant de rapprocher quelques considérations sur ce sujet concernant judaïsme, catholicisme et islam.
Le blasphème, selon le dictionnaire Larousse, est une parole ou un discours qui outrage la divinité, la religion ou ce qui est considéré comme respectable ou sacré ; le blasphème étant à distinguer du sacrilège : le premier consiste en paroles, le second en actes.
Un article publié en 2012 sur le site du CRIF fournit deux éléments d’une approche juive du blasphème proposée par le rabbin Rivon Krygier. Tout d’abord, c’est une constante évolution vers un adoucissement de la peine préconisée face au blasphème, depuis les temps bibliques pendant lequel le châtiment réservé au blasphème pouvait prendre la forme de la peine capitale la plus infâmante, à savoir la lapidation. On rappellera que la date d’écriture du Lévitique (24,16) est estimée entre -1400 et -1000 avant notre ère, soit entre 1600 et 2000 ans avant le Coran.
Le châtiment encouru va progressivement s’amenuiser, jusqu’au 9ème siècle de notre ère où « on ne parle plus de peine capitale dans les juridictions, mais de hèrèm, de la mise au ban du blasphémateur ». Et encore faut-il qu’il y ait une juridiction juive. Enfin viennent le siècle des Lumières et l’émancipation des juifs au XIXe siècle :
« Pour dire les choses nettement, le blasphème ne fait plus scandale car la sacralité religieuse n’est plus le référentiel commun, le fondement de la société. Dès lors, le discours religieux n’est plus en position d’être imposé mais proposé. Je citerai ici un grand maître du 20° siècle, le rabbin Abraham Isaac Kook : Les véritables justes n’élèvent pas leurs plaintes contre l’iniquité, mais instaurent la justice ; ils n’élèvent pas leurs plaintes contre l’hérésie, mais confortent la foi ; ils n’élèvent pas leurs plaintes contre l’ignorance mais propagent la sagesse ».
Le deuxième élément semble être, au final, une intériorisation de la culpabilité associée au blasphème, un peu comme si la charge de la responsabilité avait basculé vers le juif lui-même :
« Le peuple juif pour sa part s’est habitué à absorber la critique de la religion à travers des formes humoristiques d’autodérision. Et l’humour dédramatise et désamorce les violences. Au fond, en notre temps désormais, la vraie question d’un point de vue religieux n’est pas tant qu’est-ce qui entre dans la définition stricte du blasphème, mais quelle est la réaction adéquate face à ses déclamations diverses. La vraie question n’est pas qui est l’impie ou le profanateur, mais qui est le religieux, celui qui est censé, malgré toutes les faiblesses humaines, porter les valeurs de justice et d’humanité enseignées dans sa religion. On ne force le respect, de Dieu et de la religion, que parce que l’on agit et réagit dans le respect ».
A propos du catholicisme, deux aspects ressortent du dossier proposé par France Catholique.
Le premier est d’ordre théologique et s’appuie sur la Somme Théologique de St Thomas d’Aquin :
Le blasphème est un péché mortel, non pas du point de vue d’une logique de l’interdit ou du tabou, mais parce qu’il sépare l’homme de ce premier principe de vie spirituelle qu’est l’amitié de Dieu. Il porte à son extrême le péché d’infidélité.
Ainsi, le catholicisme ne définit pas un délit, mais un péché. Et cette notion est constante dans la doctrine catholique (La Somme théologique a été écrite au 13èmesiècle).
Le second aspect est l’articulation avec la loi civile. Un Abbé Loiseau commente le fameux « Ne pas haïr son ennemi » et l’attitude des catholiques à l’égard de ce qui est enregistré comme actes antichrétiens : quand le Christ invite à tendre la joue gauche, il invite à renoncer aux réactions passionnelles et à la vengeance personnelle, mais cela n’interdit pas la vertu de justice. Nous devons être capables d’appliquer la justice temporelle quand le droit a été lésé (en usant donc des lois de la République française). Et l’Abbé continue :
« Face à la prolifération des actes de provocation et de haine antichrétienne, nous avons pris dans l’Eglise en France une attitude qui ne me semble pas juste, une espèce de fausse humilité spirituelle, qui devrait nous pousser à toujours courber l’échine et à ne jamais réagir. Bien sûr, le chrétien doit refuser la haine et l’idéologie, mais il a le devoir de dénoncer une culture profondément antichrétienne qui présente deux aspects principaux : un islamisme violent et une idéologie libérale profondément antichrétienne ».
Et l’islam ? On a parlé d’humour juif, y a-t-il un humour musulman ? La réponse est oui. Si, si. En effet, un article du journal La Croix titré : « Que dit l’islam du blasphème ? », commence par la citation suivante de Tareq Obrou, imam à la mosquée de Bordeaux :
« La notion de blasphème n’a pas d’équivalent en islam ».
Et l’humour continue avec un certain Dr Mustafa Baig, enseignant en études islamiques dans une université anglaise, intervenu en 2013 lors d’une table-ronde sur la liberté d’expression et le blasphème à Aix-en-Provence. Dans son intervention, il précise, en cas de blasphème (NDLR : tiens, ça existerait donc ?),
« il est nécessaire que soit en place une autorité détenant le pouvoir exécutoire (nifaaz). Cela n’existe pas dans les territoires non-musulmans. Il n’est donc pas question que les lois islamiques concernant le blasphème soient appliquées ici en Occident ».
Bien évidemment on a couru annoncer ces bonnes nouvelles à Salman Rushdie, Asia Bibi et aux mânes des journalistes de Charlie Hebdo et des policiers chargés de leur protection.
Le blasphème existe bien sûr dans l’islam et est le plus souvent associé à l’apostasie, elle-même passible de la peine de mort selon la charia. Et le blasphème n’est pas du domaine du péché, ni son analyse du domaine du théologien, ni le châtiment du domaine du confesseur : le blasphème est du domaine du délit et son analyse et le châtiment associé du domaine du juriste et du juge.
Donc, il n’y a que dans l’islam que l’acte considéré blasphématoire peut actuellement entraîner quasi-mécaniquement (comme si bien démontré dans l’affaire Mila) passion exacerbée, menaces, violences, exécutions, application de la charia dans les pays islamiques ou demande répétée de loi contre l’islamophobie dans les pays non encore chariatisés.
Et d’ailleurs, Anastasia Colosimo, enseignante en théologie politique, donne une explication parfaitement éclairante dans son livre Les bûchers de la liberté, paru en 2016. Elle y montre comment le blasphème a généralement été un concept récupéré par la politique plutôt qu’un problème théologique grave [NDLR : elle explique aussi de façon intéressante comment la loi Pleven, à la fois par la notion d’appartenance à une religion, et par l’autorisation faite aux associations de porter plainte au nom d’une communauté, a été facteur d’aggravation du communautarisme]. Or, l’islam est tout à la fois une législation et une foi ; une politique et une religion.
De ce fait, il y a, en raison de cette stratégie de l’intimidation par la violence musulmane à l’égard du blasphème, l’usage de plus en plus reconnu de l’autocensure dans nombre de pays occidentaux. Même pas nécessaire de parler de caricatures : en 2006 [NDLR : soit 9 ans avant le massacre de Charlie Hebdo], Abdelwahab Meddeb, écrivain, auteur notamment de La Maladie de l’islam paru en 2002, rapportait la situation suivante dans un article du Monde :
Question : Êtes-vous d’accord avec l’autocensure artistique liée à la peur de représailles extrémistes ?
Réponse d’Abdelwahab Meddeb : « J’en ai été moi-même victime. En France, cet état d’esprit commence à s’installer, ce qui est très grave. Mais il est déjà en acte dans les pays anglo-saxons, en raison de leur tradition multiculturaliste et du politically correct que cela exige.
Je voulais pour mon dernier livre avoir comme couverture une très belle image d’une peinture musulmane du début du XIVe, et qui montre pour la première fois en islam l’image du Prophète. Une très belle image d’un Prophète en pleine méditation philosophique, angoissé, comme le dit le récit traditionnel, quand il reçoit pour la première fois l’ange Gabriel qui va lui dicter le Livre…
Cette peinture est conservée à la bibliothèque de l’université d’Edimbourg, Or voilà que les conservateurs de la bibliothèque ont refusé de nous donner les droits de reproduction. Les raisons qu’ils ont évoquées sont doubles : 1) on ne veut pas recevoir de bombe sur la tête ; 2) nous respectons nos amis musulmans qui n’aiment pas cette image ».
Et qu’en serait-il si l’islam n’était pas une religion de tolérance et de paix…..
Islam et blasphème: suite à l’affaire Mila
Plusieurs affaires récentes défrayant la chronique ont mis en évidence l’importance que l’on accorde au blasphème dans le monde musulman. L’une d’elles a particulièrement retenu l’attention car elle s’est déroulée en France en janvier 2020. Les propos tenus par une adolescente prénommée Mila, qui avait crûment exprimé son aversion pour l’islam, lui ont valu de nombreuses menaces de mort, menaces que le délégué général du Conseil Français du Culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, a semblé approuver. « Cette fille sait très bien ce qu’elle fait. Qui sème le vent récolte la tempête » (Le Figaro, 30 janvier 2020). Ce responsable se situe donc du côté des musulmans pour lesquels le blasphème est passible des plus graves sanctions, tandis que d’autres appellent à la tolérance dans ce domaine.
LE BLASPHÈME DANS LES TEXTES
Le Coran évoque le thème du blasphème sans le nommer.
« Oui, Dieu maudit en ce monde et dans l’autre ceux qui offensent Allah et son Prophète. Il leur prépare un châtiment ignominieux. Ceux qui offensent injustement les croyants et les croyantes se chargent d’une infamie et d’un péché notoire » (33, 57).
Allah n’édicte donc aucune sanction dans l’ordre temporel. Cependant, le droit islamique pallie ce silence, comme l’a montré Mustapha Baig, maître de conférences en études islamiques à l’Université d’Exeter (Royaume-Uni), dans une conférence donnée à Aix-en-Provence le 3 juillet 2013.
« La loi islamique, au cours de son histoire, a prescrit des punitions pour l’insulte envers la religion ».
L’auteur considère que ce principe repose sur le mot arabe tajdif, qui signifie blasphème et que l’on trouve dans le Hadîth (tradition mahométane), « pour signifier le déni ou le refus de reconnaître, le fait d’être ingrat en général ou vis-à-vis des bontés et des bénédictions de Dieu ». Baig précise que « le Prophète Mahomet dit, selon une tradition, que le tadjif est le pire des péchés ».
Les juristes ont tiré de cette tradition une diversité de conséquences. Ainsi, pour l’école hanéfite, la plus importante des quatre écoles juridiques de l’Islam, « le blasphème équivaut à l’apostasie » car « un musulman qui insulte Dieu ou son Prophète devient un non-musulman et l’apostasie peut être punie de mort ». D’autres écoles distinguent cependant entre apostasie et blasphème (M. Baig, op. cit.).
MAHOMET L’INTOUCHABLE
Le plus souvent, l’accusation de blasphème concerne Mahomet, personnage sacré par excellence. Le Coran rapporte les moqueries qu’il subissait de la part de ses compatriotes de La Mecque, tandis qu’ils refusaient de croire à sa mission prophétique, et le soutien qu’il recevait alors d’Allah.
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« Ils disent : “Pourquoi ne nous apporte-t-il pas un miracle de son Seigneur ?” La preuve de ce que contiennent les Ecritures anciennes ne leur est-elle pas venue ? » (20, 133).
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« Ne leur suffit-il pas que Nous ayons fait descendre sur toi le Livre et qu’il leur soit récité ? Il y a certes là une miséricorde et un rappel pour les gens qui croient » (29, 51).
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« Dis-leur : “Je ne prétends pas disposer des trésors d’Allah ni connaître les Mystères, je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m’a été révélé” » (6, 50).
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« Dis : “Je ne suis pas un novateur parmi les messagers d’Allah et je ne sais pas ce que l’on fera de moi et de vous. Je ne fais que suivre ce qui m’a été révélé et ne suis qu’un clair avertisseur” » (46, 9).
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« Votre compagnon n’est pas égaré ; il n’est pas dans l’erreur ; il ne parle pas sous l’empire de la passion » (53, 1).
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« S’ils te traitent d’imposteur, réponds-leur : ”A moi mes actes, à vous les vôtres. Vous n’êtes pas responsables de ce que je fais ni moi de ce que vous faites » (10, 41)
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Mahomet « est le Messager d’Allah et le Sceau des prophètes » (33, 40).
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« Celui qui te hait restera sans postérité » (108, 3).
Cf. aussi : 10, 20 ; 29, 52 ; 17, 59 ; 25, 7-9 ; 11, 12.
Mahomet lui-même ne pouvait supporter les satires et les invectives qui lui étaient adressées. Il n’a pas hésité à faire assassiner pour ce motif plusieurs personnalités de son entourage, entre autres la poétesse Asma bint Marwan, et le vieillard centenaire Abou Afak (Cf. Maxime Rodinson, Mahomet, Seuil, 1961, p. 188-189).
C’est pour protéger la sacralité de Mahomet, auquel Allah donne la qualité de « beau modèle » (Coran 33, 21), qu’il est interdit de le représenter sous la forme de dessins classiques, a fortiori sous la forme de caricatures. Selon le Cheikh Mohammed Nokkari, juriste sunnite libanais, « la jurisprudence a interdit de dessiner le portrait du prophète Mahomet, pour différentes raisons : d’abord, on ne connaît pas à quoi il ressemble ; ensuite, les dessins en général ne sont pas tolérés dans l’islam » (L’Orient-Le-Jour, 2 février 2015).
Pour Nokkari, la raison d’être de l’interdiction des représentations repose principalement sur « la crainte de l’idolâtrie, une coutume combattue assidûment par l’islam, notamment au cours des premiers siècles ». Le chiisme autorise cette pratique, « mais dans des scènes correctes » (Ibid.).
LES VERSETS SATANIQUES
Le 14 février 1989, la question du blasphème contre Mahomet a pris une nouvelle dimension lorsque l’ayatollah Khomeyni, Guide de la révolution iranienne, publia une fatoua (décret religieux) de condamnation à mort contre Salman Rushdie, romancier britannique d’origine indienne, auteur des Versets sataniques, considéré comme blasphématoire. Tout musulman était appelé à exécuter cette sentence, moyennant récompense. Cette fatoua fut soutenue dans le monde entier par des manifestations violentes et meurtrières. En 2005, le successeur de Khomeyni, Ali Khamenei, confirma cette décision. Plusieurs fois augmentée, la récompense a été fixée à 3, 9 millions de dollars en 2016.
Le titre du livre se réfère à la sourate 53 du Coran (versets 19 à 23). Ce passage relate l’attitude de Mahomet qui, à La Mecque, aurait cédé aux sollicitations de Satan l’enjoignant de se prosterner devant trois déesses païennes (El-Lat, El-Uzza et Manât) pour obtenir leur intercession. Par cette entorse au dogme de l’unicité divine, Mahomet aurait espéré attirer les polythéistes à l’islam. La fin du verset 23 corrige l’erreur relative à ces divinités : « Allah ne leur a accordé aucun pouvoir ». Mais les premiers versets ont été maintenus dans le Coran. Sur ce sujet, cf. Olivier Hanne, Mahomet, Ed. Belin, 2013, p. 104-107).
Cela a suscité ce commentaire d’Ibn Warraq, ancien musulman :
« Cet épisode a toujours embarrassé les musulmans qui ont la plus grande peine à croire que le Prophète ait pu faire une telle concession à l’idolâtrie. Il est cependant impossible de l’ignorer si on accepte l’authenticité des documents musulmans […]. Même si Satan lui avait réellement mis ces mots à la bouche, quelle foi pourrions-nous avoir en un homme qui peut être aussi facilement corrompu par l’esprit du mal ? Pourquoi Dieu le laissa-t-il faire ? Comment pouvons-nous être sûrs que d’autres passages ne sont pas inspirés par le diable ? » (Pourquoi je ne suis pas musulman, L’Age d’Homme, 1999, p. 137).
LES NON-MUSULMANS AU REGARD DE LA LOI
Les non-musulmans peuvent-ils être accusés de blasphème lorsqu’ils réfutent l’islam ? « Etant donné que le blasphémateur est exclu de l’appartenance à l’Islam en raison de son acte blasphématoire, un non-musulman ne peut pas recevoir la même sanction : puisqu’il est déjà en dehors de l’Islam, sa faute ne change pas son statut de croyant en non-croyant. Les juristes affirment qu’un blasphème commis par un non-musulman ne violera pas son statut de personne protégée », c’est-à-dire de dhimmi (M. Baig, op. cit. ; cf. la dhimmitude applicable aux juifs et aux chrétiens ; sur ce sujet, cf. A. Laurent, L’islam, Artège, p. 92-96).
Certaines écoles juridiques ont cependant des positions diverses. « S’il s’agit d’un dhimmi, les hanéfites se montrent plutôt indulgents, malékites et chaféites réclamant des châtiments sévères, les hanbalites la mort » (Slimane Zeghidour, Le voile et la bannière, Hachette, 1990, p. 117).
En certains pays, les lois anti-blasphème s’appliquent donc à des non-musulmans.
Au Pakistan
En 1986, cet Etat, signataire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948, a adopté une loi pénalisant le blasphème. « Quiconque aura, par ses paroles ou ses écrits, ou par des représentations ou par toute imputation ou allusion directement ou indirectement profané le nom du Saint Prophète (Que la paix soit sur lui) sera puni de mort ou d’une peine de réclusion à perpétuité assortie d’une amende » (art. 295 C du Code pénal).
Le cas d’Asia Bibi, chrétienne pakistanaise, condamnée à mort sur ce motif en 2010, illustre cette pratique. Son tort n’était même pas d’avoir insulté Mahomet mais d’avoir bu la même eau que ses compagnes de travail musulmanes alors que, dans ce pays, les chrétiens sont considérés comme impurs. Asia Bibi a finalement été acquittée par la Cour suprême en 2019 mais elle a dû s’exiler au Canada avec sa famille. En l’occurrence, la loi anti-blasphème a été utilisée dans le cadre d’un règlement de comptes privés (cf. Enfin libre !,avec Anne-Isabelle Tollet, Ed. du Rocher, 2020).
D’autres chrétiens pakistanais ont été victimes de cette loi, en particulier le ministre des Minorités religieuses, Shahbaz Bhatti, assassiné en 2011 pour avoir demandé son abrogation.
En Egypte
L’écrivain égyptien Alaa El-Aswany regrette que les lois anti-blasphème ne protègent pas ses compatriotes non musulmans.
« En Egypte, l’accusation qui porte le nom de “mépris manifesté à l’égard des religions” ne s’applique qu’à ceux qui s’en prennent à l’islam. Ceux qui s’attaquent aux croyances des coptes, des chiites ou des bahaïs peuvent être bien tranquilles. Ils n’ont absolument pas à craindre d’être poursuivis par la justice. Il y a quelque temps, un jeune copte égyptien, Albert Saber, a mis sur sa page Facebook le film offensant le Prophète. Ses voisins se sont alors rassemblés pour attaquer sa maison et pour l’agresser. Lorsque la mère du citoyen Albert Saber a appelé la police à son secours, celle-ci, au lieu de le protéger, l’a arrêté sous l’inculpation de mépris affiché à l’égard des religions […]. Des millions d’Egyptiens ont vu ce film et l’ont mis sur leur page personnelle et aucun d’entre eux n’a été arrêté. C’est même le cheikh Khaled Abdallah qui, le premier, l’a diffusé sur sa chaîne de télévision, que reçoivent des millions de téléspectateurs. Mais Albert était copte et il était donc permis de le punir d’une façon exemplaire pour la raison la plus futile » (Extrémisme religieux et dictature, Actes Sud, 2011, p. 167-168).
Le même auteur relate ensuite le geste de l’Eglise copte qui a condamné publiquement ce film, sans pour autant calmer la violence des extrémistes.
« Un cheikh dont le nom est Abou Islam a brûlé un évangile et l’a déchiré en public devant les caméras, puis il a déclaré que la prochaine fois il urinerait dessus. Avons-nous le droit après cela d’exiger le respect de ce qui nous est sacré, si nous ne faisons pas la même chose avec les croyances religieuses des autres ? » (Ibid., p. 168).
POUR CONCLURE
Depuis le milieu du XXème siècle, la criminalisation du blasphème connaît un important regain dans l’ensemble du monde musulman, démontre le site Slate (30 mai 2017), citant un rapport de 2014 du Pew Research Center, selon lequel environ 30 des 50 pays qui punissent actuellement le blasphème sont à majorité musulmane.
Pour Slate, l’influence de l’Arabie-Séoudite, avec son idéologie officielle, le wahabisme, se répand bien au-delà de l’espace proche-oriental (Afrique, Asie centrale et du Sud-Est, Indonésie). Selon Kamran Bokhari, analyste au sein de la fondation Geopolitical Futures,
« le wahabisme est, dans les faits, organisé autour de l’idée de blasphème. De ce qu’est le vrai islam – et de ce qui ne l’est pas. A leurs yeux [des Séoudiens], les musulmans qui ne partagent pas leur vision stricte de l’islam blasphèment d’une manière ou d’une autre ».
Mustafa Akyol, intellectuel turc, membre du Freedom Project au Wellesley College, et cité dans cette étude, estime que la fixation sur le blasphème est le symptôme d’un malaise plus général.
« Je pense que les musulmans du monde moderne se sentent menacés, ce qui les rend à la fois agressifs et autoritaires. Par ailleurs, la liberté d’expression est généralement perçue comme un élément culturel imposé ».
La prochaine Petite Feuille Verte (n° 69) présentera les tentatives d’institutions islamiques visant à imposer son application en Occident.
“Le jihadisme français. Quartiers, Syrie, prisons” : et écoles hors-contrat ?
Educ’France a rencontré Hugo Micheron, qui vient de publier “Le jihadisme français. Quartiers, Syrie, prisons”. Il fait parfois référence à certaines “écoles hors contrat”, souvent citées dans le discours politique ces derniers temps au sujet du séparatisme islamiste.
Vous écrivez qu’à l’heure de l’après-Daech, certains jihadistes souhaitent favoriser l’essor des écoles privées hors contrat musulmanes. Quelles distinctions faites-vous entre les différents types d’écoles musulmanes ?
A l’heure de l’effondrement de Daech, les sympathisants du projet de Daech changent de stratégie. D’une logique d’expansion territoriale au Levant, ils passent à une logique de repli et de construction d’entre-soi en Europe et ailleurs. Les écoles privées hors contrat musulmanes, et le rôle que peut jouer l’éducation, peuvent être une composante de ces dynamiques en France. Elles peuvent être des moyens pour endoctriner les enfants dès le plus jeune âge et prévenir tout contact avec les autres enfants et les codes en vigueur dans la société jugée “mécréante”. Une alternative au fait d’organiser la déscolarisation des enfants pour la réorganiser à la maison, à travers le suivi de cours via le Centre National d’Enseignement à Distance par exemple. Les parents filtrent alors eux-mêmes les contenus de l’enseignement à la maison. C’est un mouvement qu’il n’est pas évident de détecter ou de qualifier, car bien évidemment nous parlons de dynamiques très minoritaires mais qui prennent de l’importance depuis cinq ans. De la même façon, certains préféreront inscrire leurs enfants dans des écoles privées qui, elles, sont sous contrat, et dont la ligne se rapproche de celle portée par les Frères musulmans. Il est donc peu pertinent de faire des distinctions entre les types d’écoles qui posent problème. C’est en termes de déscolarisation et de re-scolarisation à l’échelle d’un territoire, et non pas à travers des typologies d’écoles trop statiques qu’il faut raisonner.
Qu’est-ce qui, selon vous, caractérise précisément une école qui prône le jihad ?
Je n’ai pas connaissance d’école dans lesquelles le jihad ait été « prôné »… Les écoles hors contrat présentent plutôt des cursus qui présentent eux-mêmes des orientations religieuses de type “fréristes” ou salafo -fréristes par exemple. Elles sont souvent de petite taille. Parfois, elles violent ouvertement le principe du respect du socle commun des connaissances et s’éloignent des obligations inhérentes à la liberté d’enseignement. Cela peut se traduire par exemple par un enseignement très sélectif de l’histoire, par l’absence d’enseignement de la musique ou de disciplines qui sont précisément là pour favoriser l’épanouissement intellectuel, individuel et artistique… Vous pouvez aussi remarquer un volume horaire anormalement élevé pour l’enseignement du Coran… Il n’y a pas d’école jihadiste, mais des stratégies d’organisation spécifiques des enseignements religieux au sein d’écoles pratiquant des cursus extrêmement restrictifs au regard du socle de connaissances fondamentales requis.
On constate l’échec des pouvoirs publics à fermer certaines écoles musulmanes hors contrat, qui posent problème… Que pouvons-nous faire ? Changer notre droit ?
Sans être un spécialiste des politiques publiques, je crois pouvoir affirmer que la loi Gatel a permis de renforcer les contrôles dans ces écoles. Des efforts peuvent être fournis dans le sens de la formation des inspecteurs pour leur permettre de qualifier les situations auxquelles ils sont confrontés. Sans changer le droit, il est possible donc de renforcer la formation des inspecteurs et inspectrices plus précisément sur des aspects, qui sont par ailleurs, des questions d’ordre public.
Quelles sont, quels seraient les meilleurs moyens de détecter les signes d’endoctrinement ou de radicalisation dans une école ?
J’aurais tendance à répondre qu’il faudrait commencer par s’intéresser d’abord à l’extra-scolaire. Dans les écoles hors contrat ou bien dans des cas de scolarisation à domicile, il faut naturellement s’intéresser à l’environnement éducatif, la pédagogie réellement suivie et au contenu réel des enseignements proposés. Il faut bien sûr avoir en tête qu’on ne scolarise pas des enfants de la même façon dans un deux-pièces comme on fait cours dans une école, c’est-à-dire dans un espace qui organise aussi, à côté de l’enseignement, la sociabilité et l’ouverture sur le monde des enfants…
Vous avez interrogé des jihadistes en prison. Que pouvez-vous nous dire de leur parcours scolaire ?
Leurs parcours scolaires sont très différents les uns des autres. Certains menaient des études à l’université et d’autres ont connu très tôt une situation d’échec scolaire. J’ai aussi rencontré des « décrocheurs » qui, par le biais de l’endoctrinement religieux, se sont mis à lire abondamment les livres de la doctrine wahhabite, et, ce faisant, ont eu le sentiment de dépasser leur propre échec et donc les limites auxquelles ils faisaient face à l’école. Dans ce cas là, la situation est problématique car le processus d’élévation intellectuelle s’est fait par la littérature salafiste et non pas par l’école… Là où l’école échoue, le salafisme peut permettre chez certains élèves, la structuration de l’intellect et il est alors très délicat d’envisager toute marche arrière. […]
Transmettre la beauté du féminin, dans sa complémentarité avec le masculin, dans une culture qui promeut l’indifférenciation
Gabrielle Vialla vient de publier un ouvrage intitulé Bien vivre le cycle féminin, ouvrage pour les jeunes à partir de la puberté, illustré d’aquarelles de Pauline Nitsch. Ce livre, écrit sous forme d’une lettre à ses enfants, aborde le sujet du cycle avec pudeur et profondeur ; au moyen des 4 éléments. Il ne se situe que sur le plan naturel et n’aborde pas les notions de chasteté, régulation des naissances, méthode Billings, bible, magistère, catéchisme, encyclique Humanae vitae… Il ne s’agit pas d’éducation sexuelle et affective mais d’une réponse à deux questions fondamentales :
- Pour la fille : comment se connaître et développer ses talents sans lutter contre le cycle mais en l’accueillant dans selon toutes ses dimensions, positives mais aussi difficiles ?
- Pour le garçon : comment répondre à la saine curiosité sur le thème de la fille, pour gagner en maîtrise de soi, en fermeté vis à vis des sollicitations de la pornographie, et avoir de l’aplomb dans les discussions ?

Gabrielle Vialla a bien voulu répondre aux questions du Salon beige :
Dans votre ouvrage sur le cycle féminin, vous évoquez sa richesse et son impact sur les émotions, l’énergie, les capacités… mais est-ce vrai pour toutes les femmes ? Certaines femmes peuvent-elles ne rien ressentir, tandis que d’autres vivent difficilement leur cycle, avec des moments d’intenses douleurs ?
Chaque femme est unique. Le vécu du cycle est également unique, pour chacune. Pour certaines, l’impact du cycle sur les émotions, l’énergie ou les capacités sera très important ; pour d’autres ce sera moins perceptible. Pour quelques femmes malheureusement, il y a des pathologies comme l’endométriose ou le syndrome des ovaires polykystiques qui rendent le cycle douloureux ou pénible.
Un des objectifs du livre est d’interpeller sur l’impact du cycle au-delà de la douleur et de l’humeur. Ainsi une femme peu émotive, de caractère constant, peut découvrir la richesse des phases de son cycle dans un domaine qu’elle ne soupçonnait pas, comme les arts, la recherche intellectuelle, etc. Beaucoup de femmes ne tiennent pas compte de leur cycle pour leurs activités. Si le féminin cyclique a toujours été implicite mais présent, il est malheureusement nié ou considéré comme néfaste devenu l’installation de la pilule contraceptive qui gomme le cycle. Il y a quelques années, avant les scandales sanitaires, le chiffre de 80 pourcents de femmes d’une classe d’âge sous contraception hormonale avait été atteint.
Aujourd’hui beaucoup de personnes sont en colère d’être femme. La bonne nouvelle c’est que nombreuses aussi sont les mères qui aimeraient proposer quelque chose de positif à leurs filles, même si elles-mêmes n’ont rien reçu de leur propre maman. Ce livre est une modeste contribution pour aider les parents dans un nouveau défi ; celui de transmettre la beauté du féminin, dans sa complémentarité avec le masculin, dans une culture qui promeut l’indifférenciation.
Cet ouvrage est destiné aux adolescents. À partir de quel moment faut-il, selon vous, évoquer ce sujet avec nos enfants ? Sachant qu’ils sont sollicités de plus en plus jeunes, dans l’environnement actuel.
Vous l’avez compris, ce livre est d’abord destiné à la transmission intrafamiliale. C’est aux mères de famille de discerner quand le jeune sera susceptible d’être intéressé. Pour les demoiselles, quand les menstruations sont installées, elles pourront commencer à repérer ce qui y est décrit. J’ai quatre grandes filles et chacune a été sensible à des choses différentes.
Pour les jeunes hommes, le livre répond à la saine curiosité qu’ils peuvent éprouver vis à vis des demoiselles. Certains disent que cette connaissance que leur a transmis leur maman leur donne un certain aplomb et une liberté, face à des camarades grivois qui voudraient les entraîner.
Ce livre est très pudique, il peut trouver sa place dans des bibliothèques de collège, lycée, lieux de retraites, mais aussi dans une salle d’attente de professionnel de santé car il ne se situe que sur le plan naturel. Il peut être conseillé aussi bien par des religieuses et des prêtres, que par des professeurs. En revanche, il ne se substitue pas à l’éducation sexuelle et affective car il ne traite pas des relations d’amitié, ni de l’amour, ni de l’anatomie… Il décrit simplement le temps féminin, riche de 4 phases différentes.
Pensez-vous que le mouvement écologiste actuel, dans sa volonté de dénoncer la pollution de l’environnement, parvienne à remettre en cause la contraception, qui porte atteinte à la nature des femmes ?
Il y a indéniablement une remise en cause profonde des hormones contraceptives.
Les femmes se plaignent de plus en plus ouvertement du poids intolérable qui leur a été imposé par les hormones contraceptives : baisse de libido, dépression, graves soucis de santé… Elle se plaignent aussi, à raison, du silence médical qui ne les a pas prévenues de ces méfaits qu’elles ont supporté quelquefois de longues années avant d’en prendre conscience. Mais l’idéologie de la sexualité sans enfant, sans responsabilité est si forte qu’on continue à prescrire massivement la pilule aux jeunes filles, trop tôt, trop longtemps sans raison médicale.
D’autre part, si le mouvement écologiste réagit au tout hormonal, il est le plus souvent malthusien, favorable à la contraception et à l’avortement.
La contraception change donc seulement de vitrine. Moins de pilules, mais plus de stérilets, plus de contraceptions mécaniques. Par ailleurs, certaines femmes veulent une revanche sur l’homme avec la promotion de la vasectomie et de la contraception masculine. L’écologie ne nous fera pas faire l’économie du travail de la culture de vie. Au contraire ! On a le choix entre une belle écologie intégrale au service de la vie, ou une écologie idolâtrique de la nature où le petit de l’homme est le pire danger…
Donnons à nos jeunes les ressources nécessaires à leur épanouissement personnel et les arguments nécessaires pour influencer leur génération.
« Les lois de bioéthiques ne limitent pas les dérives, elles sont les dérives ».
La fondation Jérôme Lejeune analyse la loi de bioéthique :
2020 marque la troisième révision de la loi de bioéthique. Depuis le début des travaux préparatoires et tout au long des débats parlementaires on entend parler de « bioéthique à la française » tel un fanion de bonne conscience brandi par toutes les tendances pour justifier toutes les transgressions. Cette formule est entérinée et laisse penser que la loi bioéthique de 2020 s’inscrit dans un cadre de protection de la vie humaine qu’elle viendrait parfaire.
Mais qu’est-ce que la « bioéthique à la française » ? Certes, en 1994, la France a été le premier pays au monde à encadrer les techniques scientifiques et médicales en posant des principes forts de protection de la vie humaine (indisponibilité du corps humain, protection de l’être humain dès le commencement de sa vie, gratuité et anonymat du don d’organes etc.). Mais en même temps, cette 1ère loi bioéthique contournait ces principes et instituait une dérive bioéthique majeure : la procréation médicalement assistée, autrement dit la main mise sur l’embryon humain fait ou défait en laboratoire.
Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune, qui suit depuis leur origine les lois de bioéthiques, l’affirme :
« Les lois de bioéthiques ne limitent pas les dérives, elles sont les dérives ».
Au gré des révisions successives, en 2004, 2011, et aujourd’hui en 2020, les lois de bioéthiques françaises régularisent les nouvelles techniques scientifiques et médicales plus qu’elles ne les régulent.
Il n’est donc pas étonnant que la loi bioéthique de 2020, confortée par 15 ans de « moins disant éthique », poursuive le tracé transgressif des lois précédentes et franchisse de nombreuses lignes rouges. Le terrain a été préparé sans que l’opinion publique n’en prenne conscience.
Aujourd’hui il faut réaliser ce que propose la « bioéthique à la française » : modification génétique de l’être humain, expérimentation des chimères animal-homme, création de gamètes artificielles ou de modèles embryonnaires, tri des embryons en fonction de leurs chromosomes, procréation artificielle à la demande, banalisation de l’interruption médicale de grossesse etc.
La secte LREM
Nous avait-on assez chanté les louanges du magnifique esprit d’ouverture de M. Macron et de ses amis? Ils devaient dépasser tous les clivages, unir la droite et à la gauche “en même temps”. On voit ce qu’il en advient quand il s’agit de faire des choix politiques – et oui, même LREM doit parfois choisir! L’inénarrable Buzyn (qui vient d’abandonner – ce qui augure bien de son sens des responsabilités! – la patate chaude de son ministère en pleine crise du coronavirus et alors que la grève la plus longue de l’histoire paralyse toujours nos hôpitaux ruinés par le collectivisme) a “débarqué” des listes LREM pour les municipales à Paris Jérôme Dubus, ancien secrétaire national de l’UMP et conseiller de Paris. Son crime? Avoir publié des tweets favorables à la Manif pour tous et à Eric Zemmour. Toujours l’admirable intolérance des “tolérants”… Au passage, cela montre aussi qu’il ne sert à rien de “draguer” la Macronie, qui est manifestement une secte – et cela pourrait être une leçon pour bien d’autres élus de droite.
L’islamisation des cités est un long processus de remplacement inauguré par l’immigration de travail puis par le regroupement familial
Les territoires conquis de l’islamisme sous la direction de Bernard Rougier, nous plongent au cœur de la crise que connaît aujourd’hui l‘Occident. L’ouvrage est analysé sur Alliance pour la France :
Les Territoires conquis de l’islamisme montrent la création de l’écosystème islamiste et qui résulte du croisement de plusieurs phénomènes.
Le foyer est bien connu. C’est un changement sociologique et ethnique : désindustrialisation, construction de cités de type soviétique ou de cités « radieuses », immigration massive regroupée dans ces cités à loyer modéré, départ du peuple ouvrier, employé ou retraité vers la France périphérique, reconstruction d’une identité communautaire autour de mœurs allogènes, de la religion islamique. L’islamisation des cités est un long processus de remplacement inauguré par l’immigration de travail puis par le regroupement familial entré définitivement dans le droit français par l’arrêt GISTI du Conseil d’État le 8 décembre 1978.
Les politiques publiques ont relayé et servi avec zèle ce multiculturalisme nouveau qui rompait avec la politique assimilationniste : fascination pour le modèle multiculturel anglo-saxon, clientélisme ethno-religieux des mairies, marchandage de voix par des aides aux associations des Frères musulmans ou permis de construction d’écoles ou de mosquées salafistes. Le progressisme social, on le sait, a laissé s’installer cette défrancisation en peau de panthère de la France. La sécession identitaire est préparée par une sécession culturelle, morale dont le mouvement décolonial est le plus actuel stimulateur : selon ce mouvement dit « indigéniste » la France a une « créance » à l’égard des pays arabo-musulmans et africains dont le remplacement, la contre-colonisation inavouée – de plus en plus avouée d’ailleurs – est une sorte de remboursement.
L’identité communautaire doit être affirmée et ce, de manière visible. L’obsession de la visibilité est un trait transversal du livre. C’est là que les pouvoirs se font berner car ils ont une représentation républicaine de la foi religieuse qui peut investir l’espace privé sans se manifester dans l’espace public, la fameuse laïcité sauce républicaine. Or, pour l’Islam, c’est tout le contraire : les vêtements islamiques sont comme les drapeaux, des étendards destinés à marquer le territoire communautaire : le jilbab (vêtement féminin cachant tous le corps sauf le rond du visage) ne tombe par sous le coup de la loi n°2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public (applicable simplement à la burqa et au niqab). Porter le jilbab, on le sent dans de nombreux témoignages, est le moment de transition personnelle vers l’affirmation de la foi et le basculement vers une totale fusion entre l’être social et l’être intérieur que l’idéal républicain s’attache pourtant à séparer.
Le changement de géographie urbaine – la halalisation des quartiers – est caractérisé par une série de marqueurs qui ont insensiblement changé l’environnement culturel des villes investies : boutiques de vêtements religieux, épiceries halal, restaurants kebab, multiplication de l’écriture arabe. Ce changement d’environnement était déjà sensible à la fin des années 1990 avec la prolifération des paraboles dans les cités d’immigration qui représentaient un lien télévisuel mais aussi symbolique avec le pays d’origine comme si le pays d’origine, sa langue, ses images venaient s’inviter de force sur le territoire français. L’halalisation des quartiers est désormais la transformation du paysage français en paysage étranger. C’est une colonisation scripturale, olfactive, visuelle, culturelle et spirituelle qui ne dit pas son nom. Il s’agit pour les imams de construire un « espace public islamiste » avec des réseaux de solidarité, des réseaux économiques (l’ « économie halal ») souvent alimentés par la délinquance, des réseaux religieux.
Un des principes de l’Islam, salafiste notamment, est l’Alliance et le Désaveu conçu par le petit-fils de Mohammed ‘Abd Al-Wahhab (wahabbisme) au XIXème siècle. Sans renoncer aux séductions de la mécréance que représente l’Occident, on ne peut s’allier à Allah ou plutôt se rallier : pour l’Islam toute conversion est une « reconversion » – on retrouve Allah plutôt qu’on ne le trouve. L’Occident est donc perçu comme un espace de perdition. Un des hadiths est clair sur ce point : « Celui qui imite un peuple devient membre de ce peuple » et donc épouse sa mécréance. De fait, la création d’un nouvel entre-soi est une nécessité religieuse qui explique d’ailleurs la « retraditionalisation » de ces sociétés autonomes qui n’ont plus rien en commun avec le Demos français et ses codes. On voit apparaître même une fracture religieuse entre les chibanis « ringardisés », vieux travailleurs émigrés mêlés au Tabligh ou à la mécréance et les jeunes qui adoptent des codes salafistes et souhaitent briser les passerelles d’intégration avec la société mécréante.
La question de la délinquance est fondamentale. Une vulgate de gauche a tendance à vouloir découpler délinquance et religiosité, montrant que le délinquant représente l’impur alors que l’islam salafiste est justement obsédé par la pureté comportementale, corporelle (les ablutions interminables…). Or, à travers la figure de Mohamed Merah, auteur des attentats à Toulouse en mars 2012, ou de Sabri Essid, on voit réapparaître la figure du « salafo-délinquant ». La prédication salafiste est sur ce point très claire : « La vente de stupéfiants aux mécréants (kuffar) est licite (halal) tant qu’elle affaiblit l’ennemi et au besoin finance la cause » !
Il s’agit de créer un environnement « islamiquement pur » par tous les moyens. Fabien Clain dans l’entourage de Mohamed Merah le dit clairement : « structurer l’islam » localement en inscrivant sa forme salafiste dans les activités quotidiennes de la population. On croirait entendre les politiques naïfs ou déjà vendus qui veulent structurer un Islam de France.
Derrière le mythe post-moderne du « vivre ensemble » qui s’adresse essentiellement à la population musulmane, se cache le désir assumé et revendiqué de vivre séparé justement. La question de la solubilité de l’Islam dans la République est un mythe agité par les politiques remplacistes. Le cheikh al-Salwi affirme l’illicéité islamique de la participation électorale. Le raisonnement est simple et exprimé avec netteté par Aya, une jeune femme arrêtée pour faits de terrorisme : « Comment une créature peut-elle se mettre au-dessus de son Créateur et légiférer à sa place alors qu’Il est le Législateur ? ».
La république est haram si l’on pousse le raisonnement. Il existe bien une « Fraternité » dans la conception musulmane. Il s’agit de celle de l’Oumma (« mon frère », les « Frères musulmans ») mais qui n’a strictement rien à voir avec la fraternité républicaine. La fraternité islamique est réunie autour d’un père Allah, la fraternité républicaine est celle construite autour du deuil du Père.
L’Islam demeure une orthopraxie et une théocratie, la seule incarnation politique en phase avec les textes fondateurs. Cette unité réside dans le principe du Tawhîd, affirmation de l’unicité de Dieu (tawhîd al-rubûbiyya) qui doit être mise en actes par l’unicité d’action (tawhîd al-alûhiyya) d’où le continuum absolu entre Allah et la cité, d’où la relation fusionnelle aussi entre la foi et le droit. Au contraire du Tawhîd, le Taghût, l’adoration, en dehors d’Allah, des idoles, des images, d’où le rejet de la télévision, de la musique, de la représentation, de l’Incarnation, de tout ce qui finalement constitue l’essence de la culture occidentale. Les 10 Annulatifs de l’Islam de Mohammed ‘Abd Al-Wahhab au XVIIIème siècle énoncent les principes de cette spiritualité et place une frontière nette entre le monothéïsme supposément unique de l’Islam et le « polythéïsme » de l’Occident, impur parce que pluriel.
La « politique nataliste » n’est pas un gros mot
Le député RN Nicolas Meizonnet, successeur de Gilbert Collard, élu député européen, a effectué ses premiers pas au sein de l’Assemblée, après plusieurs mois de blocages suite à un recours des animalistes (!). Vendredi dernier, il est intervenu dans le débat sur la réforme des retraites pour défendre un amendement rappelant l’importance de la démographie pour l’équilibre du système par répartition. Que n’a-t-il pas osé déclarer :
Permettez-moi, en préambule, de vous dire l’honneur que j’éprouve à m’exprimer pour la première fois dans cet hémicycle, après sept mois d’attente, à un moment que je crois fondamental pour l’avenir des Français et de notre modèle social.
Cet amendement est l’occasion de rappeler le fonctionnement de notre système de retraite par répartition, auquel nous sommes particulièrement attachés, vous le savez, et auquel votre réforme promet de faire énormément de mal. Le système par répartition repose sur le fait que les travailleurs actuels – les cotisants – paient les pensions des retraités actuels. Cela suppose deux conditions : d’une part, les actifs doivent être assez nombreux et d’autre part, ils doivent avoir du travail – cela n’a échappé à personne.
C’est pourquoi nous proposons de rappeler ces deux piliers – natalité et emploi – dans l’article 1er, qui décrit les principes généraux du système de retraite universel. On ne peut pas dire que l’un ou l’autre de ces deux points constitue une priorité des politiques gouvernementales.
M. le président. Quel est l’avis de la commission ?
M. Nicolas Turquois (MODEM), rapporteur. Je salue notre nouveau collègue, même si je ne partage pas les politiques que prône votre mouvement. (« Rien à voir ! » sur les bancs du groupe LR.)
M. Stéphane Viry (LR). Il a été élu par le peuple !
M. Nicolas Turquois, rapporteur. Je salue…
M. Dino Cinieri. C’est incroyable !
M. Nicolas Turquois, rapporteur. Je salue sa prise de parole et j’espère que nous aurons l’occasion de débattre sur le fond. En l’occurrence, monsieur Meizonnet, vous avez rappelé votre attachement au choix d’un modèle par répartition ; nous y sommes également attachés. On assigne de nombreux objectifs au système de retraite, dont la première raison d’être est de servir des retraites à nos concitoyens. Il va de soi que nous sommes favorables à des politiques favorisant l’emploi, car qui dit politique de l’emploi dit meilleure intégration des uns et des autres, mais aussi hausse des cotisations et, de facto, amélioration des retraites servies. En ce qui concerne la natalité, le projet de loi comprend plusieurs mesures relatives à la famille, sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir. Avis défavorable.
M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?
M. Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État. Votre amendement inverse l’ordre des facteurs – emploi et natalité – liés aux objectifs du système de retraite. Vous le savez, des politiques publiques sont conduites en matière d’emploi, et il ne vous a pas échappé que le taux de chômage en France métropolitaine vient de passer sous la barre des 8 % suite à l’action du Gouvernement. Avis défavorable.
M. le président. La parole est à Mme Clémentine Autain.
Mme Clémentine Autain. Je suis très étonnée de la réponse du Gouvernement et du rapporteur. J’ignore si chacun a bien lu l’amendement proposé par notre nouveau collègue – qui prend la suite de M. Collard – et par Marine Le Pen : il s’agit d’inscrire parmi les grands objectifs de la loi que le « choix d’un financement par répartition implique la mise en œuvre de politiques favorables à l’emploi » – jusque-là, tout le monde suit – « et à la natalité ». Pourquoi ne pas y avoir ajouté l’immigration, tout aussi favorable ? En clair, vous tentez d’introduire une visée nataliste dans les grands principes de notre système. Je vous reconnais la cohérence de vos positions. Nous n’avons quasiment pas entendu le son de votre voix en commission spéciale…
M. Nicolas Meizonnet. Je n’étais pas encore député !
M. Philippe Vigier. Pas de fait personnel !
Mme Clémentine Autain. M. Chenu a dû y passer deux heures. C’est la première fois que je vous entends dans l’hémicycle, et c’est pour prôner l’inscription d’un principe nataliste dans les grands principes d’une loi sur les retraites ! Pardonnez-moi, mais nous sommes au XXIe siècle, monsieur !
M. Philippe Michel-Kleisbauer. J’espère que vous vous souviendrez de ces propos !
M. le président. La parole est à M. Stéphane Viry.
M. Stéphane Viry. Il est vrai que cet amendement est dérangeant, mais il soulève une vraie question : dès lors que nous souhaitons un système de retraite par répartition fondé sur la solidarité intergénérationnelle, il faut une démographie soutenue – et des enfants – pour financer le système à terme.
M. Boris Vallaud. Ou un solde migratoire !
M. Stéphane Viry. Un projet de réforme des retraites doit forcément aborder la question des droits familiaux. J’en dis un mot ici, car je crains que nous ne puissions pas aborder le sujet à l’article concerné. Je sais que la préoccupation d’une politique familiale – peut-être à visée nataliste, entre autres – est partagée par d’autres groupes.
Mme Nathalie Elimas. Absolument !
M. Stéphane Viry. Une mission d’information sur l’adaptation de la politique familiale française aux défis de la société du XXIe siècle a été créée : c’est un vrai sujet, qui se télescope avec celui des retraites. On ne saurait plaider en faveur d’un système par répartition sans se soucier des réponses concrètes qui seront apportées. Nous considérons que le Gouvernement, dans sa réponse, est défaillant, et même à côté de la plaque pour ce qui concerne les femmes, les mères, les pensions de réversion. Il n’en demeure pas moins que notre collègue avait le droit de déposer cet amendement. Un dernier mot, monsieur le rapporteur : vous avez une fois de plus commis une maladresse de langage. Notre collègue a été élu par le peuple et est issu du suffrage universel. Nous n’avons pas le droit de caricaturer une femme ou un homme qui exerce sa fonction de député selon ses opinions politiques.
M. Dino Cinieri. Très bien !
M. Stéphane Viry. Il est député de plein droit. Vous avez de nouveau été maladroit, monsieur le rapporteur, et je le déplore.
M. le président. La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan.
M. Nicolas Dupont-Aignan. Chose curieuse : tout le monde parle de répartition, mais il y a deux conditions au bon fonctionnement d’un système par répartition. La première tient à une natalité forte – que nous envient l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, raison pour laquelle il est totalement absurde de suivre les modèles de ces pays. On ne cesse de brandir l’Allemagne en exemple, mais si ce pays a réduit les pensions de ses retraités, c’est parce que son évolution démographique ne permet pas le renouvellement des générations. La France, grâce à sa politique familiale – malheureusement amendée et réduite au cours des deux derniers quinquennats –, possède une démographie forte qui lui permet de fonctionner. Hélas, nous n’avons pas les emplois de l’Allemagne. Tout l’enjeu est précisément de conduire une véritable politique de relocalisation de l’emploi et de protectionnisme intelligent afin de rapatrier le million d’emplois qui manquent, qui permettraient d’équilibrer tous nos systèmes sociaux et d’éviter la réduction permanente des budgets sociaux dont souffrent les Français. Encore une fois, la répartition marche sur deux jambes : une politique de relocalisation de l’emploi et une politique nataliste forte.
M. le président. La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.
Mme Emmanuelle Ménard. Permettez-moi de dire dans cet hémicycle que la « politique nataliste » n’est pas un gros mot ! Il n’y a rien de honteux ! Ce n’est pas parce que nous sommes au XXIe siècle qu’on ne peut pas mener une politique nataliste ! Bien au contraire, il faudra m’expliquer pourquoi on ne pourrait pas le faire ! D’autre part, j’ai bien écouté les réponses du rapporteur et du secrétaire d’État, mais je n’ai rien lu sur les droits familiaux dans votre texte. Je rappelle que l’année dernière, vous avez désindexé de l’inflation certaines pensions, notamment celles de retraite, mais également les allocations familiales.
M. Dino Cinieri. Eh oui !
Mme Emmanuelle Ménard. Vous avez visé deux populations : les retraités et les familles. Nous sommes donc fondés à être préoccupés par votre politique familiale. Enfin, j’aurais aimé un autre accueil pour notre collègue Nicolas Meizonnet, qui a pris pour la première fois la parole dans l’hémicycle :…
M. Nicolas Dupont-Aignan. Très juste !
Mme Emmanuelle Ménard. …en dehors de toute position politique, vous qui en faites des tonnes sur votre tolérance et votre humanisme, vous ne l’avez pas accueilli de manière très chaleureuse. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LR, MODEM et UDI-Agir.) Pour reprendre un terme déjà utilisé dans l’hémicycle, j’ai un peu honte de vous tous.
Chroniques des cinglé.e.s
La liste Rennes en commun pour les élections municipales comportait un colistier mystère. Ce sera symboliquement un chat qui va prendre la place. Une manière de mettre en avant la protection animale. La liste, si elle est déposée ainsi, sera jugée incomplète et irrégulière par la préfecture.« En réalité, un être humain va prêter son nom, mais la présence du chat sur nos supports de communication permet de mettre en avant la question animale totalement ignorée dans cette campagne », explique Félix Boulanger, militant de la France insoumise, codirecteur de campagne.
Le Curé d’Ars disait :
« Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes. »
Vendredi, à la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, à Paris, un restaurant du 6e arrondissement a décidé d’exposer une vache sur le trottoir en face de son établissement. Le restaurateur explique vouloir défendre une race, la Ferrandaise, qui a failli s’éteindre il y a quelques années. Cette opération de communication a provoqué de vives critiques. L’association 30 Millions d’Amis a annoncé avoir effectué un signalement aux autorités vétérinaires.
Morale de l’histoire : les pauvres, eux, peuvent crever sur les trottoirs.
Une dernière chronique pour la route : David Holdsworth et Jason Goupil, originaires de l’Ohio, ont décidé de changer de nom de famille : puisqu’ils se sont fait leur demande en mariage mutuelle sur les bords du lac d’Annecy, et qu’ils sont tombés amoureux de la ville, pourquoi ne pas s’appeler Annecy ? Juste après leur mariage en juillet 2019 et au terme de plusieurs mois de procédures judiciaires et administratives, les voilà maintenant connus sous les noms de Jason et David Annecy.
La mouvance LGBT entrerait par la grande porte à la mairie de Versailles, pour s’occuper de la jeunesse
De Constance Prazel, Déléguée générale de Liberté politique :
Que se passe-t-il donc à Versailles ? La ville bascule-t-elle dans le macronisme libertaire le plus absolu ? Certes, François de Mazières, le maire actuel qui se représente, avait appelé à voter Macron dès connus les résultats du premier tour des présidentielles de 2017, montrant par là qu’il était hautement macron-compatible. Ce qu’il avait confirmé lui-même, dans les colonnes du Journal du Dimanche, juste après les européennes de 2019. Mais aujourd’hui, les choses s’aggravent considérablement !
Quels sont les faits ?
Lors des discussions relatives à la constitution des listes, des informations sérieuses faisaient état du fait que le parti d’Emmanuel Macron, La République en Marche, demandait à François de Mazières, d’évincer de ses équipes le député européen Bellamy. Car pour rendre macron-compatible la liste maziériste, il n’était pas question que celle-ci ait dans ses rangs un représentant d’une pensée de droite, conservatrice sur les sujets sociétaux cruciaux que sont l’avortement, le mariage pour tous, la PMA et la GPA. Mazières obtempéra : exit Bellamy.
Cela dit, Bellamy était jusqu’à présent adjoint à la jeunesse : par qui le remplacer ? La première réunion publique du maire fit tomber les masques : à la tribune intervenaient quatre personnalités éminentes de sa liste, dont Charles Rodwell, pressenti pour remplacer Bellamy.
Mais qui donc est ce Rodwell ? Charles Rodwell est monté en politique dans le sillage de Franck Riester, ex-Républicain, désormais ministre macronien de la Culture, homosexuel revendiqué, pro mariage pour tous, pro PMA pour toutes. Le maire sortant opère ainsi un changement de cap sans équivoque et hautement dramatique : la mouvance LGBT entrerait donc par la grande porte à la mairie de Versailles, pour s’occuper de la jeunesse. Fichtre ! Et quels sont donc les leitmotivs préférés du futur adjoint de Mazières, si celui-ci l’emporte ? Le rapprochement LR-LREM, ou encore la condamnation de la ligne Sens commun. Pour Versailles, une vraie révolution copernicienne !
François de Mazières avait voté le mariage gay “par erreur”, disait-il à l’époque. L’erreur est humaine, nous pouvons évidemment l’admettre. Mais persévérer de telle façon dans l’erreur ne peut que poser un problème fondamental aux analystes attentifs de la vie politique que nous sommes, comme aux versaillais électeurs ! Ne l’oublions pas : l’on peut se tromper, mais persévérer est diabolique !
Dans cette campagne pour les municipales, qui doit être pour nous tous l’occasion privilégiée de montrer, avant la grande échéance de 2022, notre désapprobation à l’égard des orientations hautement problématiques d’Emmanuel Macron, il importe à chacun d’entre nous, et particulièrement aux électeurs de Versailles, de savoir où se trouvent les vrais et les faux amis.
Municipales 2020 : le PCD se désolidarise de la liste indépendante à Toulon
Nous avions évoqué en novembre la candidature de Vincent Maurel, candidat sans étiquette soutenu par le PCD, à la mairie de Toulon. Il est fort probable que ce dernier ne soit finalement pas candidat, suite au départ des membres du PCD (une dizaine).
Dominique Michel, secrétaire départemental du Parti chrétien démocrate, précise que c’est la présence sur la liste d’une jeune femme voilée qui aurait mis le feu aux poudres.
“Vincent Maurel se tourne vers des réseaux communautaristes, sans concertation”.
Ce dernier répond :
“Je veux rassembler et que Toulon soit représentée dans sa diversité”.
Et ajoute “avoir un projet, une vision, dans lesquels Dominique Michel ne rentrait plus“.
“Ses convictions n’allaient pas dans le bon sens et il se disputait déjà avec des membres de l’équipe. Pour le bien du projet et de l’équipe, j’ai tranché. Il a mal pris le fait de ne plus être mon futur premier adjoint.”
Quelques mots de Jean-Paul II : les lieux d’apostolat des laïcs
Il n’est pas difficile aujourd’hui pour les chrétiens d’admettre que tous les membres de l’Église, même les laïcs, peuvent et doivent participer à sa mission de témoin, annonciatrice et porteuse du Christ dans le monde. Cette exigence du Corps mystique du Christ a été répétée par les papes, par le Concile Vatican II, par les Synodes des évêques, en harmonie avec la Sainte Écriture et la Tradition, avec l’expérience des premiers siècles chrétiens, la doctrine des théologiens et l’histoire de la vie pastorale.
Au cours de notre siècle, on n’a pas hésité à parler d ‘”apostolat“, et ce terme et le concept qu’il exprime sont également connus du clergé et des fidèles. Mais le sentiment d’une incertitude qui persiste encore sur les champs de travail dans lesquels s’engager concrètement, et sur les voies à suivre pour respecter cet engagement, est assez fréquent.
a. Le premier domaine de l’apostolat des laïcs au sein de la communauté ecclésiale est la paroisse. […]
Les laïcs peuvent faire beaucoup pour animer la liturgie, pour enseigner le catéchisme, pour les initiatives pastorales et sociales, dans les conseils pastoraux (Jean-Paul II, Christifideles laici , 27). Ils contribuent également indirectement à l’apostolat avec l’aide de l’administration paroissiale.
Il faut que le prêtre ne se sente pas seul, mais puisse compter sur l’apport de compétence, sur le soutien de solidarité, compréhension et dévouement généreux dans les différents secteurs de service au Royaume de Dieu.
b. Un deuxième cercle de besoins, intérêts et possibilités est le diocèse. […]
Les laïcs sont appelés à collaborer aux initiatives diocésaines, fréquentes aujourd’hui, avec des rôles exécutifs, consultatifs, parfois managériaux, selon les indications et les demandes de l’évêque et des instances compétentes, avec générosité et un esprit élevé.
En outre, une aide spécifique est attendue des laïcs
- dans la diffusion des enseignements de l’Évêque diocésain, unis aux autres évêques et surtout au Pape, sur les questions religieuses et sociales auxquelles est confrontée la communauté ecclésiale ;
- pour assurer cadre correct et bonne exécution des problèmes administratifs ;
- dans la gestion des œuvres catéchétiques, culturelles et caritatives que le diocèse établit et gouverne en faveur des frères et sœurs pauvres, etc.
Combien d’autres possibilités de travail fructueux pour ceux qui ont la bonne volonté, le désir de s’engager, l’esprit de sacrifice !
c. Dans une mesure plus large, voire même universelle, les laïcs peuvent et doivent se sentir, comme ils le sont réellement, membres de l’Église catholique, et s’engager à sa croissance, […] en vertu de leur participation à l’office prophétique du Christ. […]
Ils devront reconnaître l’Eglise comme une communauté essentiellement missionnaire, dont tous les membres ont la tâche et la responsabilité de l’évangélisation, d’une évangélisation qui s’étend à toutes les nations, à tous ceux qui – le sachant ou non – ont besoin de Dieu.
Pour remplir cette tâche, une préparation adéquate à la doctrine de la foi et à la méthode pastorale est indispensable, que les laïcs peuvent acquérir dans les instituts de sciences religieuses ou dans des cours spécifiques, ainsi que par l’engagement personnel à étudier la Vérité divine.
Jean-Paul II, Catéchèse du 16 mars 1994, ©Librairie éditrice vaticane
Projet de loi bioéthique : débat apaisé ou débat interdit ? La Manif Pour Tous saisit la justice
Avec l’ensemble du mouvement associatif réuni sous le label « Marchons Enfants ! », La Manif Pour Tous souhaite interpeler le Président de la République sur le projet de loi qui n’est ni bio, ni éthique. Prévu mardi 25 février place Clemenceau, ce rassemblement vient d’être interdit par Didier Lallement, Préfet de police de Paris et franc-maçon. La Manif Pour Tous saisit le tribunal administratif en référé liberté.
Alors que le projet de loi adopté en 1ère lecture au Sénat a sensiblement évolué par rapport à la version votée par les députés, le parcours législatif de ce texte très controversé est encore long. Il doit en effet revenir en séance publique à l’Assemblée nationale fin avril au plus tôt. Parce qu’il contient des mesures polémiques comme la PMA sans père, le projet de loi est loin de faire consensus. Selon une enquête Ifop réalisée en janvier, 51% des Français souhaitent son retrait. L’attente est encore plus marquée chez les jeunes puisque les 2/3 réclament ce retrait.
La décision est dans les mains d’Emmanuel Macron. Le Président de la République a l’occasion de poser un acte d’apaisement social et sociétal. C’est pourquoi les associations mobilisées depuis des mois sous le label « Marchons Enfants !» appellent à un rassemblement mardi 25 février à 19h, place Clemenceau, à Paris, pour demander au Président de la République de tirer les conséquences du dissensus clair qui s’exprime contre ce projet de loi.
Hélas, la volonté de la majorité d’avoir un débat apaisé sur le sujet est foulée au pied par l’arrêté d’interdiction pris aujourd’hui par le Préfet de police de Paris. Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous, dénonce :
« Le débat apaisé devient un débat interdit. Ce n’est pas notre conception du débat démocratique ». « Nous ne nous laisserons pas intimider par cette volonté de nous faire taire. Nous saisissons la justice la justice pour que le mot liberté retrouve sa place au cœur de la République ».
La Manif Pour Tous communiquera en temps réel sur ses canaux de communication pour informer les familles mobilisées et déterminées à défendre le droit des enfants à avoir un père et une mère.
L’avortement, miroir de la crise de l’Occident
À 89 ans, le cardinal Camillo Ruini, discute avec Gaetano Quaglieriello, sénateur italien, professeur d’histoire contemporaine à la Libre université internationale des études sociales de Rome et président de la Fondation Magna Carta, dans un livre en vente depuis le 20 février en Italie. Voici trois passages traduits, dans lesquels le cardinal Ruini aborde la question de l’avortement volontaire.
1. Le courage de l’appeler “homicide”
Dans les cas qui concernent le début de la vie, la revendication de la liberté individuelle est hors de propos, parce que l’on décide non pas de soi-même mais bien d’un autre, l’enfant à naître, à moins de penser que cet enfant à naître ne fasse tout simplement partie du corps de la mère : une absurdité indéfendable puisqu’il dispose de son propre ADN, d’un développement spécifique et qu’il interagit avec la mère, comme cela apparaît toujours plus clairement.
L’alternative serait de penser que l’enfant à naître n’est pas un être humain mais ne pourrait le devenir qu’ensuite (après la naissance ou après la formation du système nerveux, ou après son implantation dans l’utérus…). En réalité il s’agit toujours du même être qui évolue, comme il continue par ailleurs de le faire après la naissance. Sa continuité est avérée, tout comme son caractère distinct de la mère. Il ne s’agit donc jamais d’un « petit animal » d’espèce non humaine. Le supprimer, depuis sa conception c’est-à-dire à partir de la fécondation de l’ovule, revient toujours à supprimer un être humain. C’est pourquoi l’encyclique « Evangelium vitae » de Jean-Paul II n’hésite pas à parler d’homicide et met en garde contre les manipulations du langage qui dissimulent la réalité. Il demande donc d’avoir le courage d’appeler les choses par leur nom : « avortement volontaire » et non par l’expression aseptisée « interruption de grossesse ».
2. Le non à l’avortement à la lumière de la seule raison
Y a-t-il un lien entre l’attaque contre la vie et la crise de l’Occident et de l’humanisme occidental ? Je pense que oui et, afin d’en retrouver les relations, je me réfère à l’encyclique « Evangelium vitae ». […] Elle a été rédigée il y a vingt-cinq ans mais elle semble avoir été écrite aujourd’hui en substance, avec la seule différence qu’à présent, la situation s’est aggravée et que les risques dénoncés à l’époque se sont largement réalisés.
Dans le premier de ses quatre chapitres, « Evangelium vitae » met en évidence les menaces actuelles qui pèsent sur la vie humaine, des menaces que nous connaissons tous. Elle ne se limite pourtant pas à décrire la situation mais elle en examine les causes.
La justification de base des atteintes contre la vie humaine est à rechercher dans la revendication des libertés individuelles : on connaît bien le slogan des années 1970 : « Mon utérus. Mon choix ». Aujourd’hui, toujours sur base de la liberté individuelle, on affirme le droit à la déclaration anticipée de fin de vie et ensuite au suicide assisté, une situation dans laquelle non seulement je décide mais où je contrains également les autres, y compris les médecins, à mon libre choix. […]
Mais il y a une profonde contradiction à la base du mal-être et de la tristesse de notre époque, et donc de cette tendance à nous évader de nous-mêmes et à fuir la réalité. D’une part, la revendication de la liberté et des droits individuels est grande, allant jusqu’à ériger cette liberté en critère absolu de nos choix. D’autre part, le sujet est simplement conçu comme un fruit de l’évolution, une « parcelle de la nature » (Gaudium et spes, 14) qui comme tel ne peut être réellement ni intérieurement libre et responsable et qui ne peut revendiquer aucune centralité ni aucun droit face à la nature qui l’ignore et qui ne se préoccupe pas de lui. Cette contradiction explose de façon dramatique dans des cas comme la mort d’un jeune ou la maladie invalidante, qui semblent privés de sens et totalement inacceptables.
« Evangelium vitae » fait un pas en avant majeur pour sortir de cette contradiction. Pour que la revendication de notre liberté puisse véritablement avoir un sens, il n’est pas nécessaire que Dieu n’existe pas – comme le pense une grande partie de la pensée moderne – mais au contraire que Dieu existe.
En effet, ce n’est que si à l’origine de notre existence il n’y a pas seulement une nature ignorante mais avant tout et surtout une liberté créatrice, que nous pouvons être réellement et intérieurement libres. Et c’est cette grande intuition de Kant, ensuite reprise par Schelling, que l’encyclique propose dans sa propre optique. […] Quand nous réfléchissons sur ce qui rend possible qu’une vie humaine soit réellement libre et ait vraiment un sens, nous nous rendons compte que nous ne pouvons pas nous passer de Dieu. Et pas d’un Dieu quelconque mais de notre Dieu créateur, auteur et fondement de notre vie et de notre liberté.
C’est pourquoi la prétention que nous avons de nous croire les maîtres de la vie et de la mort, la nôtre et même celle des autres, est erronée pour plusieurs raisons. Avant tout parce que la liberté n’est pas quelque chose d’isolé et d’absolu mais qu’elle ne peut exister qu’en relation avec la réalité, c’est-à-dire aux autres et à l’environnement dans lequel nous vivons. Deuxièmement parce que notre vie et notre liberté viennent de Dieu et qu’elles sont intrinsèquement en rapport avec Lui, elles sont liées à Lui et en fin de compte elles dépendent de Lui.
Il est donc illusoire de les considérer comme quelque chose qui n’appartiendrait qu’à nous et dont nous n’avons de compte à rendre à personne : nous devons en répondre devant la réalité que nous sommes, devant la société à laquelle nous appartenons et en fin de compte devant Dieu notre créateur.
Dans le débat public, on ne parle jamais de ce rapport avec Dieu pour éviter l’accusation de défendre la vie pour des raisons religieuses, et il est bon de procéder ainsi. À l’inverse, dans une démarche d’approfondissement, il me semble important de faire référence à cet aspect qui met en lumière les racines mêmes de notre liberté. Celui qui défend la vie sans être croyant peut naturellement ne pas être d’accord : la défense de la vie est certainement possible même en faisant abstraction du rapport avec Dieu.
3. Un « tu ne tueras pas » qui vaut encore plus pour les catholiques
Il faut reproposer l’enseignement d’« Evangelium vitae » avec des arguments rationnels, comme le recommande l’encyclique elle-même, qui s’adresse à tous et qui attire l’attention et la sympathie de tous pour la défense de la vie, sans craindre l’impopularité et sans s’abaisser à des compromis. Mais cette même encyclique s’adresse en premier lieu aux catholiques, à commencer par les évêques, en proposant une vérité qui est valable pour tous mais encore plus particulièrement pour les croyants.
En la publiant, Jean-Paul II voulait poser un acte de la plus haute valeur doctrinale, qui soit le plus contraignant possible pour les croyants. Et il s’agit en effet du document de son pontificat dans lequel il a le plus engagé son magistère, en affirmant que le commandement « Tu ne tueras point » a une valeur absolue quand il se réfère à des personnes innocentes. Cette précision, « innocentes », est importante par rapport à la problématique de la légitime défense, qui peut légitimement mener jusqu’à l’homicide de l’agresseur injuste ainsi que pour la question de la peine de mort, que l’Église exclut aujourd’hui étant donné qu’il est possible de protéger la vie en société sans y recourir, mais qu’elle n’a pas toujours exclu par le passé.
Selon « Evangelium vitae », cette « inviolabilité absolue de la vie humaine innocente est une vérité morale explicitement enseignée par les Saintes Écritures, constamment retenue par la tradition de l’Église et unanimement proposée par son magistère ». Elle est le fruit du sens surnaturel de la foi, suscité et soutenu par l’Esprit Saint, qui « garantit le peuple de Dieu de l’erreur, lorsqu’elle « apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel ». « Par conséquent, avec l’autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses Successeurs, en communion avec tous les évêques de l’Eglise catholique, je confirme que tuer directement et volontairement un être humain innocent est toujours gravement immoral. » (n° 57). Cette formule solennelle exprime une déclaration infaillible et définitive. […] Le Pape utilise le mot « je confirme » – et non « je déclare » – pour souligner qu’il s’agit d’une vérité qui appartenait déjà au patrimoine de la foi catholique. […]
Malheureusement, de nombreux catholiques, même pratiquants, semblent encore ignorer cela : ils soutiennent en fait et ils mettent même en pratique en matière d’avortement des positions incompatibles avec la foi qu’ils professent. […]
Nous pouvons également nous intéresser à ce que nous pouvons qualifier de tournant intra-ecclésial de cette intervention : dans l’encyclique « Veritatis splendor » sortie deux ans plus tôt, le pape avait affirmé qu’il existait des vérités d’ordre moral contenues dans la révélation divine et que le magistère de l’Église pouvait les définir de manière infaillible. Plusieurs théologiens catholiques, d’avis contraire, avaient objecté qu’il n’y avait dans les faits aucune vérité morale sur lequel le magistère soit intervenu de manière infaillible. La prise de position non-réformable de l’encyclique « Evangelium vitae » concernant l’inviolabilité de la vie humaine innocente et en particulier sur l’avortement répond de manière très concrète à ce genre d’objection.
Documentaire sur le Goulag
Un terrible documentaire en 3 parties sur ARTE montrant “Le Goulag” , l’horreur du régime soviétique et de Staline dont les preuves sont données de son implication personnelle à des massacres de masse épouvantables. Avec des témoignages et des archives exceptionnels, cette série déroule, de 1917 à la fin des années 1950, l’histoire du système concentrationnaire soviétique qui constitua le coeur caché de l’empire.
Entretien avec Jean-Frédéric Poisson à propos des municipales
Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien Démocrate, a été reçu au micro de RCF Vaucluse pour parler de l’engagement des catholiques en politique et de la stratégie de son parti aux élections municipales – notamment de son soutien aux candidats d’Union des droites dans le Vaucluse (Bertrand de La Chesnais à Carpentras et Patrice de Camaret à Monteux).
En marche contre la culture
De Benjamin Leduc :
Dans la ville de Valenciennes, dirigée par Jean-Louis Borloo de 1989 à 2002, puis par Dominique Riquet jusqu’en 2012 et depuis par Laurent Degallaix (LREM), la culture est bien malmenée. Cette ville, anciennement appelée l’Athènes du nord, est la patrie de Carpeaux, Ruffin, Pujol, Brasseur, Jonas et tant d’autres. Depuis l’avènement de monsieur Degallaix, de nombreuses activités culturelles ont subis de graves atteintes, énumérons-les.
Le musée des Beaux-Arts, fondé en 1782, avec les œuvres des artistes du valenciennois disposait d’un conservateur d’Etat (donc payé par l’Etat). L’administration Degallaix a préféré nommer un conservateur payé par la ville, et qui ne tient pas compte du passé artistique de la ville. Désormais, le musée met en valeur le même type d’œuvre que n’importe quelle musée, ignorant les artistes locaux qui avaient fondé le musée. L’ancien mont de piété qui avait vocation à devenir une annexe du musée des Beaux-Arts est en train de devenir une résidence privée.
La bibliothèque municipale de Valenciennes qui est le plus grand centre d’archive au nord de Paris a été transformée en médiathèque municipale. La conservatrice d’Etat (qui faisait de la bibliothèque une bibliothèque d’Etat) a été congédiée pour être remplacée par une directrice de bibliothèque payée par la ville. Il est désormais impossible aux chercheurs en histoire de consulter les archives de Valenciennes, là où auparavant, des personnes venaient même des Etats-Unis pour les consulter. La salle des jésuites, anciennement dédiée à la recherche, et que les enfants considèrent comme la bibliothèque de Poudlard, est actuellement dédiée à l’évènementiel, on y célèbre des mariages et des vernissages, mais plus de recherche.
Au niveau des associations à visée culturelles, la municipalité de monsieur Degallaix s’est également bien illustrée, l’adjoint à la culture, monsieur Cappelle, a réussi à se mettre à dos chacune d’entre elles. Ces associations sont pourtant nombreuses sur Valenciennes, nous citerons « Les amis du musée », l’ « Association Généalogique Flandre-Hainaut » ou le « Cercle Archéologique et Historique de Valenciennes et de son arrondissement » (CAHV). Parmi les bassesses à l’encontre du CAHV, nous noterons le comportement déplacé de monsieur Cappelle lors du vernissage d’une exposition en septembre dernier, et l’arrêt brutal de la même exposition annoncé le lendemain. Par la suite, la subvention municipale du CAHV n’a pas été reconduite. Face au tollé, monsieur Degallaix a déclaré qu’il s’agissait d’une erreur et que la dite subvention serait mise à l’ordre du jour du prochain conseil municipal (qui aura lieu bien sûr après les élections municipales). Pour les lecteurs hors du Valenciennois, et qui souhaitent soutenir de telles associations, je vous invite à retrouver la plus proche de chez vous dans l’annuaire du CTHS (https://cths.fr/an/annuaire.php).
Peut-être qu’un musée fondé avant la Révolution, un centre d’archives national ou des sociétés savantes vous semblent plutôt élitistes dans une ville moyenne. L’accès à la culture du plus grand nombre est également mis à mal avec la disparition du bibliobus, qui permettait aux personnes ne pouvant se déplacer d’avoir accès aux ouvrages de la bibliothèque.
Comment expliquer cette marche contre la culture ? Tout est pourtant annoncé dans les propos d’Emmanuel Macron : “Il n’y a pas de culture française. L’art français je ne l’ai jamais vu.”. A partir de là, nous comprendrons aisément le sape des organisations culturelles par les municipalités « En Marche ».
Surpopulation ? débat entre Alain de Benoist et Jean-Pierre Maugendre
Le débat sur la surpopulation, ses causes et ses conséquences fait couler beaucoup d’encre. Les points de vue s’opposent. TVLibertés a donc décidé de vous proposer un débat inédit et particulièrement intéressant entre deux personnalités aux visions apparemment antagonistes : le philosophe-écrivain Alain de Benoist, chantre de la Nouvelle Droite et Jean-Pierre Maugendre, président de la puissante association Renaissance Catholique. Quand l’animateur des “Idées à l’endroit” se confronte à l’un des animateurs de “Terres de Mission”, cela donne un moment de télévision de qualité !
Marseille : Stéphane Ravier (RN) serait largement en tête et le candidat LREM bon dernier…
Ce serait la panique à Matignon :
C’est la première fois que le RN est donné en tête. Pour l’instant c’est un sondage qui circule sous le manteau.
D’après cette enquête officieuse, Stéphane Ravier serait largement en tête au 1er tour avec 25% des intentions de vote devant le Printemps marseillais, qui regroupe plusieurs partis de gauche, donné à 17%. Ils sont suivis par la candidate LR Martine Vassal, qui était jusque-là en pole position, et par le candidat écologiste Sébastien Barle, tous les deux ex-aequo à 15%. L’ancien LR Bruno Gilles, qui se présente sans étiquette, les talonnerait à 14%. L’ex-socialiste Samia Ghali serait à 9%.
Le candidat de la majorité se retrouve en queue de peloton : Yvon Berland est crédité de seulement 5% des intentions de vote. Une catastrophe pour la majorité, au point que Matignon aurait décidé de s’en mêler. Un candidat raconte qu’un émissaire du Premier ministre est venu le voir la semaine dernière pour lui proposer une alliance avec le candidat de LREM.
Le Cas Richard Jewell de Clint Eastwood
De Bruno De Seguins Pazzis :
Atlanta dans l’Etat de Géorgie en 1996. Richard Jewell fait partie de l’équipe chargée de la sécurité des Jeux olympiques d’été. Il est l’un des premiers à découvrir la présence d’une bombe et sauve ainsi plusieurs vies en donnant l’alerte. Mais le héros va bientôt se retrouver suspecté de terrorisme par le FBI. Richard devient alors l’homme le plus détesté du pays…
Avec : Paul Walter Hauser (Richard Jewell), Sam Rockwell (Watson Bryant), Kathy Bates (Barbara “Bobi” Jewell), Jon Hamm (Tom Shaw), Olivia Wilde (Kathy Scruggs), Ian Gomez (l’agent fédéral Dan Bennett), Wayne Duvall (l’examinateur du polygraphe), Dylan Kussman (Bruce Hughes), Mike Pniewski (Brandon Hamm), Nina Arianda (Nadya), Dexter Tillis (un policier), Niko Nicotera (Dave Dutchess), David Shae (Ron Martz), Deja Dee (Alice Hawthorne), Bill Clinton (Lui-même), Alan Heckner (Bill Miller). Scénario : Billy Ray, d’après un article de Marie Brenner pour Vanity Fair et le livre «The Suspect » de Kent Alexander et Kevin Salwen. Directeur de la photographie : Yves Bélanger. Musique : Arturo Sandoval.
Récompenses : Meilleure actrice dans un second rôle pour Kathy Bates et Meilleur espoir pour Paul Walter Hauser aux National Board of Review Awards (2019), Film de l’année aux AFI Awards (2019).
Vérité et Justice…
Pour son 38ème long métrage depuis 1971, Clint Eastwood aurait voulu coller au plus près de l’actualité politico-médiatique, il n’aurait pas fait mieux ! Pourtant, l’histoire de Richard Jewell et de l’attentat aux Jeux Olympiques d’Atlanta de 1996 qu’il transpose à l’écran, est une histoire qui date de presque un demi-siècle. Et c’est à partir d’un article paru en février 1997 dans le magazine Vanity Fair, intitulé « American Tragedy: The Ballad of Richard Jewell » signé par Marie Brenner, une journaliste et écrivain américaine d’investigation, mais aussi du livre écrit par Kent Alexander et Kevin Salwen « The Suspect », que le scénariste Billy Ray (Capitaine Phillips de Paul Greengrass en 2013) en écrit l’adaptation pour le cinéma. Oui, cette histoire vieille de près d’un demi-siècle est d’une actualité confondante, au moins au regard de l’actualité politico-médiatique française. En effet, au travers d’une reconstitution minutieuse, Clint Eastwood jette un regard critique, d’une part sur le rôle néfaste des medias qui peuvent démolir une existence sans le moindre scrupule et ce dans le seul but d’augmenter le tirage d’un journal ou l’audimat d’une radio ou du chaine de télévision, d’autre part sur les méthodes peu orthodoxes des services du FBI, des méthodes pas vraiment à leur honneur, en tous les cas dans ce « cas » Richard Jewell. Cependant, il ne s’agit pas d’un film politique. Clint Eastwood n’est pas Constantin Costa-Gavras et on ne s’en plaindra pas !
Du patriotisme…
Il aime son pays, les Etats-Unis, mais il aime plus que tout la vérité et la justice et pour lui, dire la vérité et rétablir la justice en mettant en évidences les faiblesses de certaines institutions est un service à rendre au pays et une preuve de son patriotisme, si toutefois il avait besoin d’en donner une, car à vrai dire, sa filmographie est une preuve à elle toute seule. Clint Eastwood aime cette Amérique profonde, ces gens simples, honnêtes, humbles, respectueux de l’autorité et des institutions et le regard qu’il pose à cette occasion sur Richard Jewell, comme sur des personnages plus secondaires comme sa mère, Barbara Jewell et l’avocat de Richard Jewell, est un regard qui est un mélange d’admiration et de compassion. Pour autant, il ne condamne pas définitivement ceux qui ont commis des fautes car il est convaincu que l’Amérique et les Américains sont capables de commettre des erreurs, mais capables aussi de les reconnaître et de se réformer. C’est le sens des larmes que verse Kathy Scruggs, la journaliste de l’Atlanta Journal-Constitution prête à tout pour un obtenir un « scoop », même à faire le commerce de ses faveurs (*), ou celui du geste de Dann Bennet, l’agent du FBI, qui vient remettre en mains propres à Richard Jewell le document l’innocentant ou qui également plus tôt dans l’intrigue renvoie dans ses murs Kathy Scruggs qui revient à la charge avec ses faveurs…
Le style Eastwood, son efficacité…
Pour le fonds, c’est à peu près tout, mais c’est largement suffisant pour faire un bon Clint Eastwood car ceci est mis en scène de manière classique mais très efficace, souple la plupart du temps et nerveuse juste lorsqu’il convient. Il réussit particulièrement sa mise en scène dans les séquences les moins spectaculaires (Les interrogatoires au FBI, les séquences dans la maison familiale). La distribution des rôles est exceptionnelle avec ce Paul Walter Hauser quasiment inconnu jusqu’ici (neuf films inconnus en France et BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan de Spike Lee en 2018), dont la ressemblance avec le vrai Richard Jewell est étonnante mais, qui bien au-delà de celle-ci, réussit une composition « bluffante » de l’américain moyen. Il ne faut pas occulter les interprétations de Sam Rockwell (Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance de Martin McDonagh en 2017, Vice d’Adam McKay en 2018), très subtil dans l’attitude hésitante puis convaincue de l’avocat Watson Bryant, également Olivia Wilde (Cowboys et Envahisseurs de Jon Favreau en 2011, Rush de Ron Howard en 2013), ambitieuse et provocatrice, aussi désirable que détestable dans le rôle de Kathy Scruggs et qui fait terriblement penser à certaines journalistes du PAF (Paysage Audiovisuelle Français)… Kathy Bates louangée par la critique excelle en mère très protectrice dans un rôle toutefois plus facile. Mais surtout, la complète réussite de la transposition de ce faits divers réside dans le fait que, bien qu’il connaisse la fin de l’histoire avant d’entrer dans la salle et une fois que la séquence de l’attentat est évacuée dans la toute première partie du film, le spectateur reste « scotché » à son siège pendant plus d’une heure trente, et ceci en raison d’un savant dosage que le réalisateur distille pour faire monter au maximum la tension et l’empathie envers ce modeste héros durant les 88 jours qui séparent l’attentat de l’abandon des poursuites par le FBI. A 90 ans, chapeau l’artiste ! Du très bon Clint Eastwood.
Bruno de Seguins Pazzis
(*) Vérité et justice obligent également à relater qu’une polémique est née du fait de l’Atlanta Journal-Constitution dont la journaliste Kathy Scruggs décédée en 2011, avait joué un rôle décisif à l’époque en ayant « rapidement » établi que Richard Jewell était considéré comme suspect par le FBI. Dans une courte séquence qui se déroule dans un bar, la journaliste est montrée en train de proposer une relation sexuelle à l’agent fédéral Dan Benett, ceci en échange de l’information sur le nom de la personne suspectée par le FBI. En novembre 2019, lors de la sortie du film aux Etats-Unis, L’Atlanta Journal-Constitution a clairement opposé un démenti sur ce fait précis, les collègues de l’époque de Kathy Scruggs en ont fait autant. Kevin Riley, le rédacteur en chef du quotidien a déclaré : «(…) Le portrait de notre reporter est choquant, faux et a été inventé par Hollywood (…) Le film commet exactement le péché dont il accuse les médias: il invente des faits de toutes pièces. » Pour être complet, du côté du FBI, aucune déclaration n’a été faite concernant l’acceptation ou non du « marché » qui lui aurait été proposé par Kathy Scruggs. Impossible donc de conclure sur cette polémique.
Gilbert Collard: La liberté d’expression est mise à mal en France!
Le Salon beige a interrogé Gilbert Collard, eurodéputé RN, à propos du colloque qu’il organise jeudi prochain sur la liberté d’expression.Science et vie après la mort ?
De Bernard Mitjavile :
Les études scientifiques des dernières décennies amènent à reconsidérer l’approche matérialiste selon laquelle la conscience est produite par le cerveau et donc qu’il n’y a pas de pensée ou de conscience chez un patient dans un état de mort cérébrale.
Divers témoignages d’états de conscience lors de coma, de mort clinique et d’inactivité du cerveau
Selon les résultats de l’étude de l’Université de Southampton de 2014, il est possible d’avoir une sensation de conscience plusieurs minutes après l’arrêt du cœur. Selon les scientifiques qui ont mené cette étude, la plus large sur ces cas dans plusieurs pays et pendant quatre ans avec 2.060 patients ayant subi un arrêt cardiaque, près de 40% des survivants ont décrit une sensation étrange de conscience « avec des détails visuels et auditifs précis » correspondant à la réalité après l’arrêt du cœur pendant une période où le cerveau n’était plus irrigué.
Le témoignage d’Angèle Lieby qui raconte dans un livre « Une larme m’a sauvée » comment elle a passé des mois dans le coma en étant pleinement consciente de ce qui se passait autour d’elle, en particulier des réactions des médecins et infirmières et qui a versé une larme quand son médecin a déclaré à son mari qu’elle était « comme un légume » et n’avait pratiquement plus d’activité cérébrale et lui proposait donc une euthanasie pour sa femme, a remis pas mal de choses en questions sur la connaissance du coma. Cette larme l’a sauvée même si le médecin a d’abord cherché à nier sa signification, parlant de réaction physique automatique. Depuis Madame Lieby donne des conférences auprès de médecins réanimateurs ou du personnel soignant, les incitant à traiter avec beaucoup plus de considérations les malades dans le coma et leur parler avec respect.
On peut aussi citer le cas du jeune anglais Martin Pistorius qui dans le coma pendant 12 ans, était conscient de tout comme il le relate dans son livre témoignage « Quand j’étais invisible » (« The ghost boy »).
Les recherches en neurobiologie
A un niveau plus général, les recherches scientifiques des dernières décennies ont amené à sérieusement revoir les preuves avancées pour nier toute conscience en dehors de l’activité cérébrale.
Le paradigme matérialiste du cerveau produisant la pensée et source de la conscience, est remis en question depuis des années par des scientifiques au plus haut niveau dans le domaine de la neurobiologie. Ainsi le lauréat du prix Nobel sir John C. Eccles (anobli par la reine) pour ses travaux sur le cerveau et la neurobiologie déclarait peu avant sa mort (1997)
« Nous devons reconnaître que nous sommes des êtres spirituels dotés d’âmes existant dans un monde spirituel tout autant que des êtres matériels dotés de corps et de cerveaux existant dans un monde matériel ».
Eccles parlait de superstition à propos du « réductionnisme matérialiste » qui prétendait expliquer le monde spirituel par des activités neuronales.
Bien avant Eccles et autres neurobiologistes, le philosophe français Henri Bergson avait bien montré les limites du matérialisme dans ses ouvrages. Dans« Matière et mémoire », il explique que le cerveau est un filtre qui permet de sélectionner les éléments de la mémoire dont on a besoin en fonction de la situation à un moment donné. Selon Bergson, l’action créative, tournée vers le futur permet d’unir les différents aspects de la mémoire mais la mémoire transcende l’espace et n’est pas matérielle. Bergson n’étant pas scientifique de formation bien qu’il ait fait avec beaucoup de rigueur différentes observations sur des personnes atteintes du cerveau ou rassemblé des expériences psychiques bien documentées (par exemple celle de la mère qui voit son fils l’appeler sur un champ de bataille à l’heure même où ce dernier meurt pendant la guerre (discours à la Society of Psychical Research, Londres), ses conclusions n’ont pas été prises au sérieux par le monde scientifique et il aura fallu des scientifiques comme Eccles pour remettre en question le paradigme matérialiste sur le rapport esprit/cerveau.
Aujourd’hui, on a découvert une propriété remarquable du cerveau, sa plasticité, ce qui fait qu’on ne peut plus l’assimiler à un simple ordinateur avec différentes zones pour contrôler différentes fonctions telles que le langage et la motricité du cerveau. On peut citer le cas surprenant révélé cette année d’une jeune femme née il y a 18 ans sans une partie de son cerveau, la totalité de l’hémisphère gauche et suivie dans le cadre d’un projet de recherche de l’université de Chicago depuis l’âge de 14 mois, et qui possède malgré cela des compétences en lecture supérieure à la moyenne et un QI légèrement supérieur à la moyenne. Cela amène à se demander si l’institut du cerveau à Moscou a bien raison de conserver si précieusement le cerveau de Lénine pour essayer de discerner les causes de son intelligence supposée supérieure.
Les recherches en physique quantique
On retrouve cette critique du paradigme matérialiste chez les plus grands chercheurs de la physique quantique. Ainsi le physicien quantique et lauréat du prix Nobel de physique Eugene P. Wigner expliquait qu’une mesure quantique nécessitait un esprit conscient pour être effectuée et insistait que la pensée était première par rapport à la matière.
En remontant plus haut, on peut citer les grands fondateurs de la physique quantique comme Max Plank qui déclarait « je considère la conscience comme fondamentale, je considère la matière comme dérivant de la conscience ».
Les expériences de mort imminente (EMI) ou near death experiences (NDE)
D’autre part, les très nombreuses expériences de mort clinique (NDE ou Near Death Experience en anglais) recensées en Amérique comme en Europe ces dernières décennies depuis le livre du Dr Moody « La vie après la vie » il y a plus de 40 ans ou les travaux auprès de mourants d’Elisabeth Kübler-Ross (« La mort est un nouveau soleil » Pocket 2002) nous ont rappelé la réalité d’un corps et de sens spirituels.
Cette réalité était connue par les mystiques des différentes traditions religieuses ou philosophiques parmi lesquelles on peut citer St Paul parlant dans la deuxième épitre aux Corinthiens d’un voyage qu’il a fait au Paradis en ajoutant simplement « était-ce dans mon corps ou hors de mon corps, je ne sais » ou Platon racontant les expériences d’un soldat revenu à la vie après 12 jours, période durant laquelle il a rencontré des morts et fait différentes expériences semblables aux témoignages modernes de NDE. Les NDE comme ces différents récits parlent d’un corps spirituel pouvant se déplacer indépendamment du corps physique et doté comme lui de sens (vision, odorat, audition, toucher etc..) simplement plus fins, plus aiguisés que nos sens physiques.
Certains comme le philosophe Michel Onfray lors d’une émission « On n’est pas couché » avec le témoignage d’une personne ayant vécu une NDE, nient la valeur de ces expériences, les attribuant à l’action de produits antidouleur ou autres sur le cerveau des patients. Cet argument serait recevable si l’on avait à faire à des expériences subjectives, or ce n’est pas le cas. En effet les personnes revenant d’une NDE témoignent avoir entendu des paroles des médecins dans la pièce où ils étaient ou même ailleurs dans d’autres pièces de l’hôpital dans lesquelles ils disent s’être déplacés avec leur corps spirituel et ces témoignages sont corroborés par les médecins ou infirmières concernées. De même les personnes sortant de coma longs dans lesquelles elles sont restées conscientes, citent des faits, des déclarations ou actions du personnel médical pendant leur coma et parfois leur supposée inactivité cérébrale. Il ne s’agit donc pas d’expériences purement imaginaires et subjectives mais bien de réalités objectives confirmées par de multiples témoignages.
On pourrait rajouter concernant le même Onfray, qu’il a nié dans ses ouvrages l’existence de Dieu et même l’existence historique du Christ, aussi a-t-il fait preuve d’une certaine cohérence en niant l’existence d’une vie après la mort. Ceci dit, ce philosophe a l’air sincère dans ses positions aussi peut-on espérer une évolution car l’évangile nous dit que « celui qui cherche trouve »
Cette remise en question des grandes théories matérialistes sur les rapports entre la matière et l’esprit ou le cerveau et la conscience ouvre la porte à une réflexion plus vaste sur la vie après la mort sans avoir à traîner le boulet d’un matérialisme réducteur rejetant tous les témoignages au nom de la science et adoptant par là même une position anti-scientifique.
Paris : Hidalgo, les Verts et les Marcheurs sont très divisés. La droite unie peut l’emporter
Nouvelles de France a rencontré Serge Federbusch, candidat de l’union des droites à Paris (soutenu notamment par le RN et le PCD) :
Vous êtes candidat aux municipales à paris. Pourquoi ?
Paris, la ville qui possède le patrimoine historique, artistique, architectural et urbain le plus divers au monde est pourtant menacé. Une politique démagogique s’en prend à la beauté de ses avenues, encombre ses rues d’édicules disgracieux et inutiles, l’endette, désorganise ses services publics les plus essentiels comme celui de la propreté, fait monter artificiellement les prix immobiliers ce qui en chasse sa population d’origine au bénéfice de clientèles subventionnées. Et l’éventuelle réélection d’Anne Hidalgo pousserait cette évolution délétère à un paroxysme.
Que reprochez vous au maire sortant ?
Elle se sert de Paris comme d’une rente pour nourrir le système qui l’a créée et qu’elle alimente en retour. Elle est désormais dans une fuite en avant. Puisque sa politique de circulation a échoué que fait elle ? Elle tente d’escamoter le débat sur son bilan en pratiquant la surenchère. Supprimer 60 000 places de stationnement à Paris c’est de facto interdire la circulation automobile.
Quel est le profil de vos têtes de listes dans les différents arrondissements ?
Ce sont tous des femmes et des hommes nouveaux à Paris. Aucun n’est élu sortant, la quasi totalité vient de la société civile et exerce un métier, la plupart du temps dans le secteur privé d’ailleurs. Nous avons aussi une liste jeune avec même des étudiants.
Vous jouez la carte de l’union à droite. Comment cela est il reçu par les électeurs que vous rencontrez ?
Ils l’attendent mais beaucoup sont un peu désespérés. Ils pensent que la réélection d’Hidalgo est inéluctable. Mais je les détrompe et les convaincs : c’est à nouveau une manipulation. Hidalgo a une popularité en réalité très basse pour un maire sortant et, si les listes que je conduis dépassent les 10 % nous pourrons tendre la main aux LR et dans un scrutin proportionnel complexe virer en tête à la fin. Hidalgo, les Verts et les Marcheurs sont très divisés. La droite unie peut l’emporter. Mais pour cela il faut voter pour Aimer Paris qui garantira, si nous sommes suffisamment haut, que les Républicains ne pourront pas trahir leur électorat comme ils le font régulièrement.
Il vous manque encore une poignée de colistiers. Comment peut-on vous aider à boucler votre liste et à réussir cette campagne ?
Il nous manque surtout des femmes ! Vous pouvez tout simplement me joindre à l’adresse mail suivante : [email protected] ou carrément appeler le 0676860844. On ne peut faire plus simple!
Général Dubois, les ELCO ne sont pas un mystère…
De Marion Duvauchel :
Le général Dubois s’est exprimé récemment sur le site Boulevard Voltaire. Et je suis bien d’accord avec lui : les trois mesures du Président Macron sur le séparatisme islamiste reviennent à « beaucoup de bruit pour rien », autrement dit à du vent. Mais parmi ces annonces, il en est une qui pourrait changer largement la donne si elle était appliquée : c’est la suppression des ELCO (enseignements de langue et de culture d’origine).
Or, Général, ces ELCO ne sont pas un mystère du tout. Même que le 13 février 2016, la ministre de l’Éducation, Mme Belkacem de funeste mémoire, en annonçait le renforcement, de ces enseignements « mis en œuvre sur la base d’accords bilatéraux prenant appui sur une directive européenne du 25 juillet 1977 visant à la scolarisation des enfants des travailleurs migrants », avec pour objectif « de valoriser les langues étrangères à l’école ». Ils concernent neuf pays : trois pays méditerranéens de culture chrétienne, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et deux pays d’Europe de l’Est, la Croatie et la Serbie, qui n’ont jamais posé le moindre problème d’intégration ou en termes plus modernes : de communautarisme. Ce sont évidemment les quatre pays musulmans l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Turquie qui mettent en émoi. Et on commence à le dire aujourd’hui même dans la presse autorisée: ce sont les Turcs qui ont été les plus prosélytes dans l’usage de ces dispositifs.
La formule fut lancée en 1980. Dès les années 1985, les cours de LCO relevant de pays du monde musulman passaient pour être le lieu d’une dérive anti-laïque. En 1995, les critiques fusaient, exprimées par des experts et responsables des questions de l’immigration. Le premier répertoire de ces critiques se trouvait en 1985 dans le rapport de Jacques Berque, (islamologue alors réputé et auteur d’une traduction fort poétique du Coran), critiques reprises et accentuées lors des polémiques qui avaient entouré l’« affaire des foulards » à l’automne 1989. Des aménagements techniques avaient été préconisés, que l’on retrouvait pour une part dans le rapport Hussenet en 1990, ainsi que chez les partenaires étrangers du dispositif.
Des personnalités du monde universitaire avaient mis en garde et même récusé ces enseignements. Jacques le Goff, éminent médiéviste, défendait le pragmatisme du Conseil d’État et s’il plaidait pour un aggiornamento de la laïcité il appelait à des « mesures drastiques contre d’autres violations de la charte scolaire ». Et ces violations étaient déjà nombreuses. Olivier Roy, spécialiste des mouvements islamistes de l’Asie centrale et plus largement de la politisation de l’Islam, s’exprimait déjà sur les risques d’une communautarisation des musulmans en France et assurait que des acteurs disparates y concouraient, entre autres des prédicateurs islamistes, souvent étrangers, agents d’un « néo-fondamentalisme » qui posaient des demandes telles que de la nourriture hallal dans les cantines, des dispenses pour les filles dans certaines activités scolaires si elles étaient mixtes, des rythmes quotidiens aménagés pour rendre possibles les prières, etc. Appartenaient à cette catégorie les enseignants de LCO » (le sigle d’alors).
C’était en 1990… Il y a donc trente ans.
Lorsque la ministre Belkacem voulut réactiver le dispositif on pouvait lire dans un texte officiel qu’un programme commun de langue arabe avait été élaboré ». J’ai cherché ce programme, et je ne l’ai jamais trouvé. Quelle « langue arabe » enseignait-on et enseigne t-on depuis plus de trente ans dans le cadre de ces ELCO ? Et quelle langue arabe M. Jack Lang, qui ne rate pas une occasion de se rendre ridicule, veut-il promouvoir ? On aimerait bien le savoir.
L’arabe classique est au Maroc la première langue « étrangère » enseignée à l’école. Personne ne le parle chez soi, ce qui rend les discours du roi, les débats au Parlement, les audiences dans les tribunaux, les informations à la télévision incompréhensibles pour les analphabètes, ou tout simplement ceux qui ne parle que le dialecte local. Enseigner l’arabe classique ce serait comme faire en France du latin la langue officielle. Les Marocains des villes parlent la darija, le dialecte national, avec ses multiples variantes locales, assemblages rudimentaires d’arabe, de français, d’amazigh et d’espagnol qui fait qu’un Marocain est si rarement compris lorsqu’il parle la langue « arabe » au Moyen-Orient (Ali Amar, Mohammed VI, le grand malentendu, Calmann-lévy, 2009, pp. 327-328). Dans ce contexte, l’arabe classique est un instrument de domination sur le peuple marocain et il est probable que la situation soit comparable en Algérie comme en Tunisie (avec la présence plus massive de l’amazigh des Berbères).
Qui trouve urgent d’apprendre la langue pour lire Al-Ta’âlibi, Al-Fârâbî ou Ibn Khaldoun ?
S’il s’agit de l’accueil de migrants, que fait-on des Afghans (il y a plus de quarante langues en Afghanistan), que fait-on des Soudanais, des Libyens ? Que fait-on des Syriens, qui parlent eux aussi l’arabe ? Va t-on élargir le dispositif ? Cela est impossible puisqu’il est fondé sur des accords politiques. Les Syriens chrétiens, nul ne l’ignore, ont trouvé asile dans les pays limitrophes. Pendant la guerre en Syrie, la France a royalement accordé 2000 visas à ces chrétiens d’Orient, au compte-gouttes, pendant qu’elle ouvrait grand ses frontières aux migrants musulmans, (djihadistes compris). Ils sont allés sans aucun doute enrichir les dispositifs des ELCO.
Lorsque Belkacem voulut renforcer les ELCO, on pouvait lire ceci :
« Aujourd’hui, ce sont des enfants qui ne sont pas locuteurs natifs de la langue concernée et s’intègrent progressivement dans l’offre d’enseignement linguistique ».
Outre une syntaxe défaillante, cette prose unique impliquait pour qui sait lire que demain les enfants de France auraient à choisir entre l’offre d’enseignement du serbe, de l’arabe ou du français. On était donc parfaitement en droit d’en déduire que l’objectif était en réalité de promouvoir l’enseignement de la langue et la culture « arabe ». Que je sache, la communauté serbe ne pose pas de souci majeur d’intégration.
Les enseignements de langue et de culture d’origine concernent principalement le premier degré. C’est dans ce cadre qu’un brevet des collèges a été mis en place, avec un enseignement de culture arabe, jamais analysé. Face à ce brevet auquel la magie d’une appellation « brevet international » a conféré un cachet prestigieux, le brevet français fait désormais pâle figure. Lorsque ces mesures nouvelles ont été dénoncées, on a vu apparaître alors des brevets de vietnamien, et même de japonais. Mais aucun programme n’a été publié pour aucun de ces brevets. Car, faut-il le rappeler, un brevet spécifique implique un programme et des enseignants capables de l’assumer et de le transmettre.
Nous le savons, la culture arabe ne se dissocie pas de la religion musulmane. A terme, ces ELCO étaient (et sont sans doute toujours) destinés aussi à l’encadrement idéologique des locuteurs natifs. Autrement dit, aux enfants qui ne sont pas issus de l’immigration. Le vœu de Mme Belkacem n’était rien d’autre que de promouvoir une arabisation et une islamisation des enfants maghrébins pour commencer avant d’élargir aux enfants français
Il n’y a rien de mystérieux dans ces dispositifs, Général.
Depuis quarante ans, cet enseignement n’a fait que renforcer la terrible dissociation dans laquelle les enfants de l’islam (ou de l’islamisme pour les puristes) vivent : entre une religion puritaine qui exclut la raison et la liberté de conscience, et une éducation nationale dont le prétendu apprentissage de l’esprit critique n’enveloppe plus qu’une propagande étatique qui vise le contrôle des esprits. Cette dissociation génère une violence dont nous pouvons aujourd’hui mesurer l’ampleur.
Supprimer les ELCO est une urgence absolue. Il y a donc gros à parier que rien ne sera fait et que cette annonce n’est que l’expression renouvelée de l’impéritie absolue de ce gouvernement et de son Président.
Lorsque M. Blanquer a pris ses fonctions, il s’est bien gardé de poser la question des ELCO. Mme Belkacem avait pris des mesures idéologiques totalement folles. M. Blanquer s’est contenté de transformations pédagogiques.
Ce fut tout aussi désastreux.
Supprimer ce dispositif fonctionnerait par ailleurs comme un solide signal à l’endroit des pays musulmans qui ont ainsi conditionné la jeunesse musulmane, et ce, à un âge où elle est encore extrêmement perméable.
Il faut donc imposer à M. Macron le respect de sa parole. Qu’il supprime les ELCO.
Autorisé, pas autorisé
Autorisé : « Ce n’est pas des bourgeois hétéros catholiques blancs de droite qui ont, seuls, le droit de dire ce qu’il faut récompenser en France » (une actrice dans Télérama à propos de l’académie des César).
César 2020: Corinne Masiero fustige la mainmise “des bourgeois hétéros catholiques blancs de droite” https://t.co/lm3KiWE7Ks pic.twitter.com/Df7YNReLv7
— BFMTV (@BFMTV) February 15, 2020
Pas autorisé et donc attaqué pour « incitation à la haine » : « Vouloir que Paris et Marseille soient dirigées par des maghrébines de confession musulmane, c’est trahir la France, son identité et son histoire » (une élue des Yvelines).
La République est laïque, la France est chrétienne. J’alerte solennellement le @partisocialiste et @lesRepublicains. Vouloir que Paris et Marseille soient dirigées par des maghrébines de confession musulmane, c’est trahir la France, son identité et son Histoire. #Elections2020 🇫🇷 pic.twitter.com/qfFnIPxGmg
— AgnesCerighelli (@AgnesCerighelli) February 16, 2020
Addendum : un lecteur me signale que Rachida Dati est catholique.
Addendum 2 : en fait ce n’est pas si évident, même si elle se rend à la messe. Voir cet article du Figaro.
