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Tribune libre

Du Parc des Princes au Stade de France, impressions d’un ancien qui était au Parc des Princers en 1980.

Du Parc des Princes au Stade de France, impressions d’un ancien qui était au Parc des Princers en 1980.

Accueil de Léon XIV en France
Impressions d’un ancien qui était parmi les jeunes au Parc des Princes avec Jean-Paul II en 1980.

Le 1 juin 1980, j’ai eu la chance d’être parmi les jeunes venus accueillir et écouter Jean-Paul II aux Parc des Princes à l’occasion d’un de ses tout premiers voyages, le quatrième dans le monde et le premier en France.

Deux heures durant, nous avons attendu le Pape en chantant l’Alléluia de Taizé que je découvrais à cette occasion. Pour moi, c’est resté « l’Alléluia du Parc des Princes ». À chaque fois que je l’entends, je suis transporté des années en arrière à cette inoubliable soirée avec Jean-Paul II.

Inoubliable et étape fondatrice dans ma vie de chrétien, comme l’ont été ensuite le pèlerinage des routiers Scouts d’Europe à Vézelay et les sessions de l’Emmanuel à Paray-le-Monial.

J’étais subjugué de voir qu’il pouvait y avoir un nombre aussi important de jeunes chrétiens. Nous étions à la fois attentifs et enthousiasme à l’écoute de Jean-Paul II. Nous manifestions notre ferveur et notre communion en l’interrompant très souvent par des applaudissements nourris. Nourri, je l’ai été dans ma foi en réécoutant de multiple fois l’enregistrement de cette soirée.

Cet enthousiasme était manifestement partagé par le Pape car – je l’ai appris bien plus tard – à chaque fois que l’on lui présentait un programme de voyage, il demandait s’il y avait un « Parc des Princes ».
J’ai pu ensuite rencontrer le Pape de la même manière au stade de Gerland à Lyon en 1986 puis à la Meinau à Strasbourg en 1988.

Les images de la rencontre des jeunes avec Léon XIV au Stade de France m’ont rappelé ces moments fondateurs.

Au-delà de la personnalité des Papes et de leurs messages, j’ai été frappé par l’évolution très positive, de l’accueil du Pape et de l’animation de la soirée.
A mon époque, l’animation était très pauvre, avec peu de chants. S’il y avait une très forte communion avec le Pape Jean-Paul II, il n’en était pas de même avec les organisateurs de ces soirées.

A Paris, c’étaient les immenses banderoles de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) qui, dans un style très « grand soir », proclamaient : « Un travailleur vaut tout l’or du monde ».

A Lyon, un spectacle de patronage affligeant, avec un curé d’Ars sautillant et dansant qui fut sifflé par la foule.

A Strasbourg, des questions acides et provoquantes sur l’enseignement de l’Église. Ces questions ne devaient certainement pas bien représenter les jeunes présents car elles furent copieusement huées !

Plus de quarante ans après, quelle heureuse surprise que les images de la veillée de vendredi soir.
Une louange dynamique, joyeuse et fervente, une évocation historique – digne du Puy du Fou – des saints français et des racines chrétiennes de la France, des questions au Pape concernant la foi, comment la vivre et la nourrir.

Cela me rappelle aussi la visite de Jean-Paul II à Reims en 1996. Il avait voulu fêter le 1500ième anniversaire du baptême de Clovis et de la France par Saint Rémi. Il semble que son initiative ait été reçu plutôt froidement par le clergé français.

En effet, nous avions eu une grande messe sur une base aérienne proche de Reims. Le Pape y avait prononcé un sermon sur le baptême en général, sans parler ni de Clovis, ni de la France. Certains disent que ce n’était pas lui qui avait écrit le sermon. Et, merveilleux Jean-Paul II, il avait rattrapé cela en improvisant la conclusion : « et si nous sommes réunis ici, c’est tout de même bien pour célébrer le baptême de Clovis et de la France !»

Quelle évolution depuis avec cette belle et fervente exaltation de la France chrétienne au Stade de France !

Samedi matin, nous nous installons place de l’Étoile. Cela nous ramène treize ans en arrière. Nous sommes passés de l’autre côté de l’Arc de Triomphe, de l’avenue de la Grande Armée aux Champs Élysées. Le 24 mars 2013, nous manifestions contre le mariage homo, nième « évolution sociétale » participant à la dégradation ininterrompue des mœurs depuis un demi-siècle.

Aujourd’hui, même foule, mêmes personnes, mais cette fois, nous puisons à la source en célébrant le Christ vainqueur du mal. Nous rechargeons nos batteries en Espérance, Foi et Charité.

La longue attente se fait paisiblement grâce aux reportages de KTO sur les grands écrans, à la prière de l’Angelus et du chapelet, à la gentillesse, la bienveillance de tous, forces de l’ordre comprises.
Un bémol, les chants de la messe sont sans reliefs et pour la plupart inconnus. Pourtant, la foule est prête à chanter de bon cœur, notamment lorsque l’on entonne le Credo, le Pater Noster et le Salve Regina.

Merci aux organisateurs, merci à l’Église de France, merci à Léon XIV et merci Seigneur pour ce moment revigorant pour notre foi.

Cela avait un air, non de revanche, mais de réparation après l’abominable cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques.

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