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L'Eglise : Léon XIV

Léon XIV en France : le piège de l’instrumentalisation

Léon XIV en France : le piège de l’instrumentalisation

Tribune publiée sur le JDD :

Faut-il se réjouir de la venue du pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre 2026 ? Oui, certainement, car la venue d’un pape est toujours accompagnée de nombreuses grâces pour les pays qui l’accueillent chaleureusement. C’est à la fois un honneur fait à la France, et un défi lancé pour recevoir dignement le Saint-Père.

Toutefois, ce sera une visite très périlleuse, en raison de son contexte politique et social. Il est à craindre, en effet, que le président Macron et son gouvernement cherchent à se prévaloir publiquement d’une bénédiction apostolique, à quelques mois de l’élection présidentielle, et après avoir gravement bafoué l’enseignement de l’Église sur tant de sujets essentiels. Puisse le Saint Père être bien inspiré et savoir, comme le fit Jean Paul II en 1996, rappeler la France à son devoir de fidélité envers les promesses de son baptême.

La visite du Saint Père, fin-septembre, interviendra quelques jours à peine après la promulgation de la loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. En effet, si le texte est voté définitivement le 15 juillet par l’Assemblée nationale, comme le veut le gouvernement, le Conseil constitutionnel devra alors se prononcer sur le texte dans la deuxième quinzaine du mois d’août, ouvrant alors la voie à sa promulgation. Pourtant, l’article 45 de la Constitution confère au gouvernement le pouvoir de prolonger la navette entre les deux assemblées, et donc de repousser l’examen final du texte. Ce serait sagesse. Mais, lors de sa rencontre avec le pape Léon XIV le 10 avril 2026, le président Macron s’est montré « inflexible » sur sa volonté d’imposer cette loi. Récemment, il a encore confirmé cette inflexibilité auprès du cardinal Aveline. Le président Macron en porte donc toute la responsabilité.

S’il est adopté, ce texte violerait effrontément le commandement divin de l’interdit de tuer. Il exposerait largement les plus fragiles à l’euthanasie et au suicide assisté, et ferait la promotion d’une conception relativiste de la dignité humaine. Il violerait aussi les droits des familles et la conscience des pharmaciens. Il ferait aussi obligation aux établissements catholiques d’accepter ces pratiques en leur sein. Puisse le Saint Père venir visiter de tels établissements en septembre, et les conforter dans la foi !

La visite du pape est annoncée alors que le gouvernement fait peser une autre menace encore sur l’Église. Il a entrepris de renforcer drastiquement son contrôle sur les écoles privées. La lutte contre les violences faites aux enfants est employée comme prétexte pour attenter à la réputation de toutes les écoles catholiques, et pour créer un « Conseil académique de l’enseignement privé ayant vocation à renforcer la capacité de pilotage de l’État ». Autrement dit, « l’enseignement libre » sera encore moins libre, et son « caractère propre » réduit à bien peu de choses. Or, les écoles catholiques sont, avec les paroisses, les principaux lieux d’évangélisation de la France. Priver ces écoles de leur liberté, c’est empêcher l’Église d’accomplir sa mission.

La visite du pape, enfin, interviendra pendant la campagne des élections présidentielles, et pourra difficilement échapper aux récupérations politiques. Il est à parier que ceux-là mêmes qui dénient au Saint Père le droit de critiquer une loi ne manqueront pas de lui attribuer des recommandations de vote.

C’est donc en terrain miné que le Saint Père vient visiter la France. Il lui faudra respecter le protocole tout en évitant de donner l’impression désastreuse de bénir M. Macron et les crimes politiques qu’il a commis. Au contraire. Une parole forte et prophétique est attendue.

Alors que le président Macron est en fin de règne, et que la France déchoit chaque année davantage de sa grandeur passée, un miracle est possible, car c’est du fond de sa détresse que la France a le plus besoin du Christ. « De profondis clamavi ad te Domine ».

Dans cette déchéance et errance d’une France qui a oublié son destin, puisse la venue du pape nous rappeler que notre peuple n’est grand qu’en proportion de sa fidélité au Christ. Ce message sonnerait comme un dernier rappel et avertissement adressé à notre peuple avant son effacement de l’histoire. Puisse le Vicaire du Christ, inspiré par l’Esprit Saint, nous rappeler à la grandeur de notre vocation de Fille aînée de l’Église.

Signataires :

Guillaume Drago, professeur agrégé des facultés de droit, président de l’Institut Famille & République

Geoffroy de Vries, avocat au barreau de Paris, délégué général de l’Institut Famille & République

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune

Grégor Puppinck, directeur général de l’ECLJ Centre Européen pour le Droit et la Justice

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