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Tribune libre

Philippe de Villiers : la France ne se relèvera que par un petit Reste fidèle

Philippe de Villiers : la France ne se relèvera que par un petit Reste fidèle

« Voici venir le temps des consciences dressées »

Philippe de Villiers avait dit qu’il rangeait sa plume. Il la reprend, et ce n’est pas un caprice d’auteur. Résurrection. Le retour de la France éternelle, qui paraîtra le 7 octobre chez Fayard, naît d’un scrupule qu’il avoue sans fard : a-t-il vraiment fait tout ce qui était en son pouvoir pour lever une cohorte de dissidents, une minorité restauratrice, un noyau de rescapés de la société de connivence qui est en train de nous broyer ? Le livre est déjà en précommande chez Chiré.
https://www.chire.fr/librairie/villiers-philippe-de-resurrection-le-retour-de-la-france-eternelle-p-514228

À ceux qui murmurent que tout est joué, il oppose Foch, courroucé devant un pays à bout de souffle : les victoires ont toujours été remportées par des soldats qui sont allés au-delà de leurs forces. Celui qui gagne, c’est celui qui tient le dernier quart d’heure. L’espérance qu’il appelle n’est donc pas un optimisme de circonstance, ni la consolation un peu molle destinée à se masquer à soi-même et aux autres l’ampleur du mal. C’est l’espérance de ceux qui tiennent encore, alors que le pays se croit déjà perdu.

Sur CNews, le 11 septembre, il a, d’une phrase, signifié son intention : « J’ai écrit ce livre pour le retour de la France éternelle. » Devant ses interlocuteurs hebdomadaires Eliot Deval et Geoffroy Lejeune, il a précisé les choses. Il n’a pas écrit un livre de saison, ni un commentaire de l’actualité. Il a conçu un voyage haletant, tourmenté, au cœur de la France qui désespère et qui espère : un bimillénaire d’espérance française. L’ancienne France a duré. Elle a été dépouillée par ce que Robespierre nommait la France nouvelle, celle des Lumières et de la Révolution. Cette France nouvelle, devenue à son tour une nouvelle ancienne France, a trahi ses promesses. Elle est aujourd’hui recouverte, ou en train de l’être, par « la nouvelle France de Mélenchon ». Puis, plus vite qu’on ne le croit, et c’est ce qu’il promet de nous expliquer dans son nouveau livre, cette dernière sera elle-même recouverte par la France éternelle. https://www.chire.fr/librairie/villiers-philippe-de-resurrection-le-retour-de-la-france-eternelle-p-514228

Car ce ne sont pas les majorités qui font l’histoire. Les civilisations, dit-il, déclinent par masse et se sauvent par poignées aux heures décisives, « quand les institutions sont vides, que les élites ont quitté le forum, quand le nombre lui-même choisit l’insignifiance ». Le destin d’un peuple repose alors sur une minorité salvatrice. Philippe de Villiers lui donne son vrai nom, qui n’est pas un slogan mais un mot d’Écriture : le Petit Reste, capable de descendre sur l’agora pour retourner les insouciants et les abouliques, et sauver le Grand Reste. Il s’agit d’une élite. Il la sent, dit-il : elle est là, elle est toute nouvelle, elle ne triche pas, elle est infiniment plus exigeante que ses aînés, et personne ou presque ne la voit venir. Les majorités, ajoute-t-il, font durer l’Histoire telle qu’elle est, bancale et déconstruite. Ce sont les minoritaires qui la défont et la refont, pour qu’elle retrouve la figure de la France. Ils remettent l’Histoire à l’endroit. Voici venir, écrit-il, le temps des consciences dressées.

Ce que le Puy du Fou a déjà montré

Depuis près d’un demi-siècle, le Puy du Fou est à la fois l’anticipation et l’illustration de cette conviction. Le documentaire Le Puy du Fou raconté par Philippe de Villiers, conçu par Éric Pierrot avec Benoît Lanet, en donne le récit. Il est disponible chez Chiré. https://www.chire.fr/librairie/lanet-benoit-le-puy-du-fou-raconte-par-philippe-de-villiers-dvd-p-509396

Philippe de Villiers y revient à l’enfance, à ces trois mélodies entendues le matin avant l’école : l’Angélus, l’enclume du bourg, le chant du coq. Elles composaient, dit-il, une symphonie intime, restituée l’une des scènes du spectacle. Le reste, il le raconte sans enjoliver. Élève à l’ENA, il s’accorde neuf mois d’ENA buissonnière pour fonder le Puy du Fou. Le 11 mars 1978, monté sur une barrique devant deux cents curieux, aux Épesses, en présence du notaire, il prononce quatre serments : jamais de droits d’auteur pour le créateur, jamais de dividende, jamais de subvention, jamais de brevet extérieur. Il n’est pas venu déposer dans cette ruine un acte de business, mais un acte d’amour. La première du spectacle a lieu le 16 juin 1978.

Cette ruine n’était pas un décor. C’était l’œuvre sinistre du général Turreau, des colonnes infernales et de la Terreur. Il voulait en faire une ruine glorieuse, un requiem pour la Vendée, un hymne à la France, et il ajoute que si Ernest Lavisse, créateur du roman national, revenait aujourd’hui, il ferait le Puy du Fou. Cinquante ans plus tard, les bénévoles sont plus nombreux qu’au premier jour : il en compte 4 600, et la transmission s’est faite, dit-il, à Nicolas de Villiers. Le film montre ainsi, dans la durée d’une vie, ce que le livre va dire : une poignée d’hommes, une mémoire qui ne meurt pas, et le refus de faire de tout cela une affaire pure et simple.

Un reste, mais pas n’importe lequel

Le Petit Reste n’est pas une élite de salon, ni une minorité d’humeur. Dans le livre d’Isaïe, quand Israël a été rasé et que le peuple est devenu comme le sable de la mer, ce n’est pas la foule qui garde la foi : c’est un reste qui revient à Dieu. L’Église, à son tour, n’est pas née d’une majorité. Elle a commencé par douze hommes. L’un a trahi, presque tous ont fui, lorsque le Maître était mort. Au matin de Pâques, la victoire n’était plus à négocier. Elle était donnée. Les hommes n’avaient plus à la fabriquer ; ils avaient à y demeurer fidèles, ou à la refuser.

C’est pourquoi Jeanne, à Poitiers, quand les docteurs lui objectaient que Dieu n’avait pas besoin de gens d’armes, répondit selon le mot que la tradition lui prête : les hommes d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire. Ni le quiétisme qui attend le miracle les bras croisés, ni l’orgueil activiste qui croit sauver la France par ses seules combinaisons. On se bat avec ce que l’on a de meilleur. On n’oublie pas de Qui vient le salut.

La Vendée a perdu militairement. Turreau a passé. Les colonnes infernales ont fait leur œuvre. Deux siècles plus tard, ce n’est pas le rapport du général qui habite le bocage : c’est la mémoire, et une Cinéscénie née d’une ruine. Il y a cent ans, en 1926, au Mexique, les Cristeros prenaient les armes au cri de « ¡Viva Cristo Rey! » contre les lois Calles. La guerre s’acheva en 1929 par des arreglos qui n’étaient pas la victoire des états-majors. Beaucoup furent désarmés, puis frappés. L’apparence est celle d’une défaite. Une fois encore, le Petit Reste n’a pas « gagné » comme on gagne une campagne.

Plusieurs voix, dans la tradition catholique française, ont dit que la France descendrait très bas, puis qu’elle se relèverait, non par le nombre, mais par un reste. L’espérance n’est donc pas une naïveté. Encore faut-il savoir de quel reste l’on parle.

Car il ne suffit pas de tirer l’alarme, ni de crier au secours devant le désastre. Il faut frapper le mal à la racine. Cette racine n’est pas d’abord telle loi récente, tel ministre, telles mœurs. Elle est dans les principes de 1789, dans cette idée subversive que l’ordre se fabrique sans Dieu, que la société naît d’un contrat, que toutes les religions se valent dans la cité, et que le Christ n’a de règne, s’il en a un, que dans le secret des consciences. De là vient, par degrés, tout ce qui défait aujourd’hui la famille, l’école, la cité, la patrie. On peut être une minorité énergique et n’être encore qu’une fraction plus vive du désordre, si l’on reprend, sans le savoir, les maximes mêmes qui ont produit le désastre.

Mgr de Ségur, dans La Révolution expliquée aux jeunes gens, le dit sans détour : la Révolution, c’est la négation légale du règne de Jésus-Christ sur la terre, la destruction sociale de l’Église. Le naturalisme, condamné par le Siège apostolique, est l’âme de 1789. Le cardinal Pie, à Poitiers, a fixé la pierre que l’on a voulu retirer : Jésus-Christ est la pierre angulaire de tout l’édifice social ; lui en moins, tout s’ébranle, tout se divise, tout périt. La question qui agite le monde n’est pas d’homme à homme ; elle est de l’homme à Dieu. Mettre toutes les religions à égalité, c’est proclamer qu’elles ont la même valeur, donc qu’il n’y a pas de Dieu. Louis de Bonald, de son côté, a ruiné l’illusion du contrat : l’homme n’existe que par la société, et il ne peut pas plus donner une constitution à la société politique ou religieuse qu’il ne peut donner la pesanteur aux corps. Joseph de Maistre, en 1814, a vu le piège au moment même où le roi rentrait. Il voulait le roi. Il ne voulait pas le roi plus les principes de 1789. La Charte octroyée par Louis XVIII laissait la Révolution dans le texte. Le souverain revenait ; le principe faux demeurait.

Un Petit Reste qui reprendrait ces principes, fût-ce pour « sauver » la France, ne serait plus un reste. Ce serait le désordre, seulement plus cultivé, plus inquiet, plus patriotique en apparence. La France éternelle ne se relève pas en accommodant 1789. Elle se relève si une minorité, fidèle, refuse le libéralisme à la racine, combat par ses meilleurs moyens, et crie ce que crièrent les Cristeros : Vive le Christ-Roi. Tout le reste, sans cela, n’est qu’agitation.

Nous ne pouvons pas désespérer. Les hommes d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire. Il l’a déjà donnée, une fois pour toutes, au matin de Pâques, et l’Église a commencé avec douze. Il nous demande de ne pas le trahir, d’avoir les bons principes, et de tenir le dernier quart d’heure. Philippe de Villiers affirme sentir venir cette élite, toute nouvelle, qui ne triche pas. Qu’elle soit précisément celle-là : non une minorité d’humeur, mais le reste fidèle, celui qui refuse 1789, qui combat, et qui s’en remet au Christ-Roi. Le 7 octobre, Résurrection paraîtra. Dès aujourd’hui, on peut commander ce livre, ainsi que le documentaire sur le Puy du Fou dont l’œuvre et la réussite anticipent le soulèvement d’espérance du Petit Reste.

Résurrection – Le retour de la France Éternelle : https://www.chire.fr/librairie/villiers-philippe-de-resurrection-le-retour-de-la-france-eternelle-p-514228
Le Puy du Fou raconté par Philippe de Villiers – DVD : https://www.chire.fr/librairie/lanet-benoit-le-puy-du-fou-raconte-par-philippe-de-villiers-dvd-p-509396
La Révolution expliquée aux jeunes gens… et à tous ceux qui veulent enfin comprendre : https://www.chire.fr/librairie/segur-mgr-louis-gaston-de-la-revolution-expliquee-aux-jeunes-gens-et-a-tous-ceux-qui-veulent-enfin-comprendre-p-510671

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