Croissance du traditionalisme en Bretagne
Selon un article de Ouest-France, dans toute la Bretagne et en Loire-Atlantique, les traditionalistes catholiques, quelle que soit la tendance (l’article va même jusqu’à recenser les lieux sédévacantistes et un autre article est consacré à un prêtre de cette mouvance), rencontrent un grand succès. Ils sont près de 10 000 fidèles à fréquenter, au moins une fois par mois, l’un des quarante lieux où sont célébrées des messes selon le rite traditionnel. Paul Airiau, historien des religions, commente :
« Certes, si on compare ces chiffres avec le nombre total de catholiques, les traditionalistes restent clairement minoritaires. Mais on ne peut contester une hausse spectaculaire de fidèles ces cinq dernières années. Et cette tendance n’est pas près de s’interrompre. »
Surtout, l’article n’évoque pas la moyenne d’âge de ces fidèles.
La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X se retrouve ainsi à l’étroit et n’hésite pas à investir dans l’immobilier. De nouvelles églises, comme dans le centre de Nantes (450 places), ou de nouvelles chapelles (Guer, Vannes) sont sorties de terre en quelques mois. Un prêtre de la FSSPX souligne :
« On dit que la nature a horreur du vide. Dans un siècle de tumulte et d’absence de repères, de plus en plus de jeunes assoiffés de spiritualité frappent à notre porte. Avec le rite traditionnel, nous leur proposons une réponse à un besoin fondamental de transcendance. »
Et un prêtre du diocèse de Nantes souligne :
«Arrêtons de nous voiler la face. La synodalité ne fait plus recette. En niant le désarroi de beaucoup de nos fidèles, nous risquons encore une fois de passer à côté du réel. »
Un autre article évoque également la croissance des écoles libres. La mouvance ex-Ecclesia Dei comprend sept écoles et la FSSPX huit écoles. À ces 1 700 élèves, il faut ajouter les quelque 300 enfants instruits dans leur famille et qui suivent des cours par correspondance.
L’abbé Benoît de Jorda, supérieur du district de France de la FSSPX, explique :
« L’œuvre des écoles vraiment catholiques est primordiale pour l’avenir de la chrétienté. » « À quoi bon construire à grands frais des églises, si demain elles se trouvaient vides, faute de paroissiens… C’est principalement de l’école catholique que nous pourrons espérer les pères et mères de famille de demain, les laïcs et militants de demain, et plus simplement encore les fidèles de demain… »
Laurence Trochu vous invite à la convention organisée par l’Alliance des conservateurs le 1er février
Vidéo de Laurence Trochu, présidente du Mouvement conservateur, invitant à la convention sur le travail organisée jeudi 1er février après-midi par Via, le Mouvement conservateur et le CNIP (avec le soutien de la revue Le nouveau conservateur):
Pour s’inscrire, c’est ici.
Des membres d’une agence de l’ONU, l’Unrwa, ont participé à l’organisation du massacre du 7 octobre
Des membres de l’agence sont soupçonnés d’avoir participé à l’organisation du massacre du 7 octobre en Israël. L’Unrwa s’est séparée de douze employés accusés d’être impliqués dans l’attaque du Hamas.
L’Unrwa (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) est une agence de l’ONU destinée à venir en aide aux réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza. Mais également en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie. Elle a été créée en décembre 1949 par l’Assemblée générale de l’ONU après le premier conflit arabo-israélien qui avait éclaté au lendemain de la création d’Israël, en mai 1948.
L’affaire a été révélée vendredi. Après plusieurs pays ont pris la décision de suspendre leurs aides financières. La France a annoncé ce dimanche avoir pris cette décision, emboitant le pas des Etats-Unis, de l’Italie, du Canada, de l’Australie, du Royaume-Uni, de la Finlande et de l’Allemagne. Paris avait versé 60 millions d’euros à l’Unrwa en 2023.
Baptême des personnes «transsexuelles» : ce que dit en réalité Saint Thomas d’Aquin
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Début novembre 2023, le monde catholique a été surpris par cette nouvelle venant du Vatican sur la possibilité du baptême des personnes «transsexuellles». Et dans le texte du Dicastère pour la Doctrine de la Foi on citait deux textes de Saint Thomas d’Aquin pour justifier cette possibilité. Au moment où l’on se rappelle de la naissance de Saint Thomas d’Aquin (28 janvier) et où l’on se rappelle aussi des 750 ans de sa mort (7 mars 2024), il est important d’expliquer ce qu’il a dit concernant le baptême de certains pécheurs, en tenant compte des éclaircissements du cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
La première citation provient du «Commentaire du livre des Sentences de Pierre Lombard» (I Sent IV, 4,3,2,3):
«Réponse à la sous-question 3
Par le baptême, un caractère est imprimé, qui est la cause immédiate disposant à la grâce. C’est pourquoi, puisque la feinte n’enlève pas le caractère, une fois la feinte écartée, laquelle empêchait l’effet du caractère, le caractère, qui est présent dans l’âme, commence à avoir son effet. Et ainsi, le baptême, une fois la feinte écartée, obtient son effet. «
En fait, cette réponse de Saint Thomas d’Aquin correspond à une question posée plus haut dans le texte : «Sous-question 3 – [Le sacrement obtient-il son effet lorsque la feinte disparaît ?]».
Et cela fait partie d’un article consacré à une question sur la baptême : «Article 2 – Est-ce qu’une indisposition de la volonté humaine peut empêcher l’effet du baptême ?», dans la «Question 3 – [Sur ceux qui reçoivent le baptême]», dans la «Distinction 4 – [L’effet du baptême pour ceux qui le reçoivent]», le tout étant dans la partie du livre IV du «Commentaire du livre des Sentences de Pierre Lombard» consacrée au baptême.
Ce qui est traité dans la passage cité, c’est le cas de la personne qui se présente au baptême et qui commet le péché de fiction, c’est-à-dire qu’elle ne se repent pas de ses péchés, par exemple, mais qui fait semblant de le faire. Si elle est baptisée, le caractère «qui est la cause immédiate disposant à la grâce» est quand même imprimé, même si dans un premier temps son effet est empêché par la feinte. Mais quand la feinte disparaît, le caractère commence à déployer son effet.
Le deuxième passage provient de la «Somme Théologique» («Summa Theologiae», III, q. 69 a. 9 ad 1 III, q. 69 a. 9 ad 1):
«- Dans un autre sens on dira que quelqu’un est baptisé dans le Christ s’il reçoit le sacrement du Christ. Et ainsi tous les baptisés le revêtent en étant configurés à lui par le caractère, mais non de cette conformité qui vient de la grâce.»
Ce passage fait partie de l’article 9 intitulé «La “fiction” empêche-t-elle l’effet du baptême ?» et qui fait partie à son tour de la question 69 : «Les effets du baptême», dans la partie du livre III de la «Somme Théologique» consacrée au baptême.
Comme dans le passage du «Commentaire du livre des Sentences de Pierre Lombard», Saint Thomas d’Aquin traite la question de la personne qui commet le péché de fiction. Et dans ce cas, la personne est revêtue du Christ, elle reçoit le caractère, mais il manque la conformité qui vient de la grâce.
Comme on le voit, Saint Thomas d’Aquin s’occupe dans les deux passages de personnes qui commettent le péché de fiction. Et ce péché ne peut arriver que si la personne ne dit pas la vérité à ceux qui vont se charger de sa formation et de son baptême sur ses intentions.
Et Saint Thomas d’Aquin précise avant la deuxième citation («Summa Theologiae», III, q. 68 a. 4 ), comme le rappelle le cardinal Müller, que ceux qui ont l’intention de demeurer dans le péché, ne peuvent pas être baptisés :
«Mais quand un homme se présente à l’ablution baptismale, cela signifie qu’il se dispose à la purification intérieure. Or ce n’est pas le cas pour celui qui a le propos de demeurer dans son péché. Il est donc clair qu’à des pécheurs de cette sorte on ne doit pas administrer le baptême.»
En cela Saint Thomas d’Aquin suit la tradition et la pratique dont parlait déjà la «Tradition Apostolique» du IIIe siècle (dans les parties 15 et 16) citée par le cardinal Müller : il y a des critères pour déterminer si une personne peut être baptisée.
Il est bien clair que Saint Thomas fait référence à ceux qui, de manière visible, n’ont pas l’intention de renoncer au péché. Et c’est justement le cas d’une bonne partie des personnes «transsexuelles». Si un prêtre voit que la personne est «transsexuelle», ou si la personne le dit elle-même, alors selon la tradition continue et selon Saint Thomas d’Aquin, elle ne peut pas être baptisée.
En fait ce que dit Saint Thomas d’Aquin dans les 2 citations du texte du Dicastère pour la Doctrine de la Foi correspond seulement au cas où un prêtre serait confronté, par exemple, à un homme habillé et maquillé comme une femme, avec des cheveux longs, se disant «femme», sans que ledit prêtre puisse avoir connaissance de la vérité. Il y aurait le péché de fiction dans cette situation. En cas de baptême, cette personne aurait le caractère dont on parle plus haut, et en cas de repentance, ce caractère déploierait son effet.
Mais si la personne se dit «transsexuelle» ou si le prêtre voit clairement que la personne est «transsexuelle», alors selon Saint Thomas d’Aquin et selon la Tradition continue, il ne peut pas baptiser cette personne.
Comme on le voit aussi, le rôle des personnes responsables du baptême est important. Il doivent se servir de critères précis pour déterminer si la personne peut être baptisée ou non.
Mais justement, ce rôle des responsables du baptême est critiqué par le pape François qui a dit que l’Eglise n’est pas un “poste de douane”, comme le rappelle aussi le Cardinal Müller. Et c’est pour cela que dans le texte signé par le cardinal Fernández, et approuvé par le pape François, le rôle du responsable du baptême est réduit : il n’a pas à appliquer les critères. Dans ce texte on fait comme si le cas du pécheur visible qui veut se faire baptiser était le même que celui du pécheur qui fait semblant de s’être converti.
Tout cela montre encore une fois qu’il faut éviter de réaliser de tels baptêmes, quand la personne est visiblement «transsexuelle» ou quand elle l’avoue elle-même. Cela ne peut causer que de la confusion.
Rattrappée par le réel
Farouchement opposée à la loi immigration adoptée fin décembre, la Ville de Paris a annoncé ouvrir les portes de l’Hôtel de Ville aux Parisiens ce samedi 27 janvier, de 13h45 à 17 heures.
« En réponse à l’adoption de la loi immigration, la Ville de Paris réaffirme son identité et son attachement aux valeurs d’accueil et d’intégration ».
Elle a organisé un après-midi de débat autour des dispositions de cette loi immigration, qui prévoit également une cérémonie en présence de Parisiens nouvellement naturalisés. Les débats se tenaient en présence des sénateurs Marie-Pierre de la Gontrie et Ian Brossat, ainsi que de l’avocate Me Laurence Roques, ancienne présidente de la Commission Libertés et Droits de l’Homme et Delphine Rouilleaut, directrice générale de France Terre d’Asile.
À partir de 15 heures, les Parisiens naturalisés fin 2023 étaient invités avec leurs proches à une cérémonie d’accueil en présence du maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, de ses adjoints, des maires d’arrondissement et de « grands témoins incarnant la richesse et la diversité des Parisiens issus de l’immigration », est-il précisé dans le communiqué.
Les portes de la mairie ont été refermées brutalement suite à l’irruption de dizaines de migrants réclamant un logement…
La réunion autour de @Anne_Hidalgo a été interrompue suite à des échanges tendus avec des habitants solidaires qui réclament des hébergements pour ces jeunes qui dorment à 200m de là. Ils sont des centaines. Négociations en cours pour héberger les jeunes présents. #Paris2024 pic.twitter.com/XHYrwOTcyF
— Oyraad (@oyraad) January 27, 2024
Il serait peut-être temps d’envoyer des immigrés squatter le Conseil constitutionnel…
Il est temps de revenir au bon sens paysan!
Communiqué de Jean-Frédéric Poisson, président de Via, et Pierre Tixier, président de Via 69:
La colère actuelle des agriculteurs français est en lien direct avec les décisions prises par l’Union Européenne dans le dos des peuples.
La hausse des prix des carburants, de l’alimentation animale, des engrais azotés, sont les conséquences des sanctions imposées à la Russie par l’UE sans débat parlementaire sur leurs pertinences.
Les directives européennes et les traités de libre échange internationaux de produits ne respectant pas les mêmes normes environnementales empêchent les agriculteurs d’avoir un revenu décent, en France et dans d’autres pays.
Il est temps de revenir au « bon sens paysan » et de libérer l’agriculture, jouet de la commission européenne technocratique, pour assurer une alimentation de qualité pour la santé et en quantité pour notre souveraineté alimentaire.
C’est l’ambition que nous partageons pour la France.
La Chrétienté est un appel à vivre en tant que catholique dans le monde
Extrait d’un entretien donné par l’abbé Raffray (Institut du Bon Pasteur) dans Valeurs Actuelles :
Vous parlez régulièrement d’enracinement et d’identité comme d’une nécessité pour un catholique. Cela est-il compatible avec le message d’universalité de l’Eglise ?
Oui, car l’universalité que prêche l’Église est surnaturelle. L’Église n’est pas une ONG qui travaille à l’entente entre les peuples ou à la fraternité humaine. L’enseignement du Christ est un message de conversion et de Salut surnaturel : Dieu s’est fait homme pour nous sauver du péché, non pas dans ce monde mais dans l’éternité. L’universalité de la Charité ne se réalise donc pas sur Terre mais seulement au Ciel. La spiritualité chrétienne consiste, en ce sens, à affirmer que chaque homme, dans son pays, avec sa culture et ses particularités, est appelé à devenir chrétien, sans que cela détruise ou annihile son identité. Cette position a toujours été celle de l’Eglise. Dans le quatrième commandement, il est écrit : « tu honoreras ton père et ta mère afin d’avoir longue vie sur la terre que le Seigneur ton Dieu te donne ». Et selon le Catéchisme de l’Église Catholique, honorer son père et sa mère, c’est aussi honorer sa mère patrie, son pays. C’est donc un devoir pour tout chrétien de défendre sa patrie contre ses ennemis. Le patriotisme n’est pas du tout incompatible avec la foi chrétienne, au contraire.
Vous invitez la jeunesse à un combat spirituel pour une nouvelle Chrétienté, que doit-elle faire concrètement ?
Avec cette notion de Chrétienté, on m’a souvent reproché d’être un nostalgique du passé. Au contraire, la Chrétienté est un appel à vivre en tant que catholique dans le monde d’aujourd’hui, non pas comme nos ancêtres ont vécu, mais d’une façon adaptée à notre époque. Concrètement, je dis donc aux jeunes : si tu veux changer le monde, commence par te changer toi-même ! Être chrétien, cela consiste essentiellement à développer les vertus chrétiennes dans sa vie quotidienne, et pour l’amour du Christ : le don de soi, l’esprit de sacrifice, la générosité, la justice, le regard bienveillant sur les autres.
Pensez-vous que votre message peut infuser auprès de la jeunesse, alors que les racines chrétiennes sont invisibilisées ?
C’est dans les persécutions que l’Église naît et grandit. Les attaques que nous subissons en France et dans tout l’Occident pour effacer toutes les références à la Chrétienté ont finalement pour effet de réveiller une partie de la population. De nombreux jeunes n’en peuvent plus de voir supprimé ce qui fait leur culture et leur identité. Les crises que nous vivons actuellement (par exemple le Covid ou le danger que représentent l’immigration massive et l’Islam) réveillent les consciences. Beaucoup se rendent compte que nous sommes les héritiers d’une civilisation qu’il est urgent de défendre avant qu’elle ne disparaisse. Et quand on est chrétien, on croit que c’est lorsque tout semble perdu que Dieu est victorieux, comme le Christ sur la Croix : ces temps d’épreuves qui touchent la France aujourd’hui sont donc permises pour que renaisse une Chrétienté nouvelle, plus fidèle au Christ, une Chrétienté vaillante et valeureuse.
En Quête d’esprit : de l’islam au Christ, un parcours difficile
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent
- Le Père Adrien MAMADOU SAWADOGO
- Djamila-Marie, convertie au catholicisme
- Thibault VAN DEN BOSSCHE, chargé de plaidoyer à l’ECLJ
Turquie : un homme tué en pleine messe
Un homme a été tué dimanche lorsque deux assaillants masqués ont ouvert le feu, le visant apparemment, en pleine messe dans une église catholique d’Istanbul, avant de prendre la fuite.
L’attaque est survenue à l’église Santa Maria, dans le quartier Sariyer sur la rive européenne d’Istanbul.
Michel Onfray catholique : une conversion impossible ?
Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :
La récente remise en cause de l’historicité de Jésus par Michel Onfray a fait railler à son sujet, jusque dans les rangs des catholiques. Mais celui qui se proclame athée impénitent est-il si éloigné du christianisme ?
C’était jeudi dernier. La Tradition liturgique n’en a pas fait une solennité par hasard. La Conversion de Saint Paul, célébrée le 25 janvier dans le Missel Romain, ne fête pas seulement un évènement saisissant : le fameux renversement radical de Saül de Tarse qui deviendra Paul, Apôtre des Nations. En faisant mémoire d’un tel fait, l’Eglise cherche aussi (et sans doute d’abord) à honorer un précieux mouvement. Celui d’une âme acceptant de se laisser saisir par Dieu. Le chemin de Damas, qui débouchera sur le boulevard inattendu de l’évangélisation de la gentilité, reste encore aujourd’hui le modèle par excellence d’une conversion. A savoir : un bouleversement constitutif, s’accompagnant toujours de son lot de surprises.
Mais pourquoi donc se convertir ? Pourquoi enclencher un mouvement si décisif, et qui engage tout son être ? S’interroger sur la nature et le motif d’une conversion authentique doit pousser l’observateur honnête à s’arrêter sur la première question, essentielle et fondatrice, du catéchisme :« Pourquoi Dieu a-t-il créé l’homme ? ». La réponse, tout à fait cruciale et qui irrigue les suivantes, déclare :
« Dans un dessein de pure bonté, Dieu a librement créé l’homme pour le rendre participant à sa vie bienheureuse ».
Ainsi, se convertir au catholicisme revient à prendre conscience que chaque homme – et donc soi-même – a été créé pour connaître, aimer et servir Dieu, en vue de le rejoindre dans l’éternité. Trois verbes, en forme de triptyque, qui s’éclairent, s’expliquent et se pénètrent.
Sous ce regard, est-il raisonnable d’imaginer Michel Onfray se convertir un jour au catholicisme ? En commentant dans Le Figaro son dernier ouvrage, Théorie de Jésus, dans lequel l’auteur nie l’historicité du Christ, Eugénie Bastié soulignait le paradoxe d’un homme « qui a plus lu la patristique que la plupart de nos évêques ». Et la journaliste d’appuyer : « Les catholiques qui le prennent pour un ennemi n’ont rien compris ». Je partage son avis. D’abord parce qu’un baptisé n’a pas d’ennemis au sens propre. Il n’a que des âmes à aimer, à guider et à sauver. A corriger si nécessaire. Ensuite parce qu’à lire les commentaires acerbes émanant de certains milieux catholiques, on aurait presque l’impression qu’il ne faudrait surtout pas qu’un Michel Onfray se convertisse. Il semble en effet préférable de grincer sur son cas. « Les traditionalistes s’en sont fait une mascotte (Onfray ayant notamment chanté les vertus de la messe en latin ou était saisi par la vie de l’abbaye de Lagrasse où vivent des religieux attachés à l’antique liturgie) or, après ses théories fumeuses sur Jésus, tel est pris qui croyait prendre ! » moquent-ils. Quelle édifiante sollicitude…
« Se convertir » pose la question de l’intensité de son orientation à Dieu
« Malheur à moi si je n’annonce pas l’évangile ! »s’exclame saint Paul dans l’une de ses épîtres. Convertir son prochain consiste au premier chef à l’aider à « se tourner vers ». Le degré d’une conversion, son authenticité en quelque sorte, pourrait ainsi se mesurer à la droiture, à l’intensité de cette orientation. Loin d’une simple esthétique spirituelle, il s’agit plus largement, d’introduire dans son existence de nouvelles et formidables perspectives. Guy de Larigaudie parlera du “beau jeu de la vie”. Suis-je véritablement tourné vers le Seigneur ? Mon attachement au Christ a-t-il besoin d’être davantage déterminé ? Le chrétien observant est convaincu qu’une vie vécue en plénitude ne peut se réaliserque dans la colonisation de tout son être aux principes de l’Evangile.
Cette colonisation représente le travail d’une vie. Pour soi-même et pour chacun. Un inlassable ouvrage, jamais terminé. Tel le laboureur en son champ, l’âme en soif de moisson se doit de revenir continuellement à la désagréable corvée du désherbage, de l’extraction des pierres qui empêchent le sol de porter du fruit. En somme, filtrer sans cesse sur le tamis de sa vie, l’essentiel du superflu. Irriguer la terre de son âme au moyen de la prière, du don de soi et des sacrements. Être et durer, jusqu’à parvenir à ressembler au « serviteur, bon et fidèle » apte à entrer au terme de sa vie« dans la joie de son Maître » (Matthieu 25, 21).
Connaître, aimer et servir Dieu : le but de la vie chrétienne.
Le premier palier d’une conversion réside ainsi dans la connaissance ou une redécouverte – mais plus intégrale et précise – de ce qu’est Dieu. Ne pouvant aimer ce que l’on ne connaît pas, un médiateur est nécessaire. Un ami de faculté, un collègue de travail, un cousin, un voisin, un prêtre croisé au hasard d’une rue : la découverte de Dieu, comme l’ascension d’un sommet, s’accompagne habituellement d’un guide oud’une rencontre inespérée. L’histoire des grandes conversions en témoigne : le jeune Augustin avec Ambroise de Milan, Charles de Foucauld avec l’abbé Huvelin, André Frossard avec le Saint-Sacrement, Claudel avec le chant du Magnificat à l’heure de Noël.
Ces médiations, l’Histoire les retient plus ou moins au regard de la postérité des personnages concernés. Pourtant, elles interviennent dans la vie intérieure de chacun, mystérieusement. A qui sait lire les signes qui se trament danssa vie, la Foi enseigne que ce chemin de conversion est offert à tous, d’une façon ou d’une autre, à un moment ou un autre. Une cathédrale, un visage, une cérémonie, une épreuve, une expérience de grâce, quelque soient les événements, le lieu, les personnes ou l’atmosphère, nul n’est appelé à rencontrer Dieu d’une façon totalement abstraite.
« Dans la barque de l’Eglise, ambitionner de devenir le capitaine de son âme oblige à se muer en mousse. »
Connaître les choses sur le monde d’en haut donc, mais aussi apprendre à les aimer. Se convertir ne saurait en effet consister seulement à mesurer la grandeur de Dieu ou saisir l’harmonie de son enseignement. Encore faut-il se situer en acte par rapport à l’une et l’autre. La grandeur de Dieu fait reconnaître sa petitesse et le vif honneur d’être aimé par infiniment plus grand que soi. L’harmonie de son enseignement engage à adhérer en vérité à un style de vie intégral. « Ils ont surpris le grand secret qui est d’être naturel en devenant parfait » écrivait Charles Maurras à propos des Grecs qui ont construit l’Acropole. Il en est de même pour l’âme en quête de Dieu : imiter l’être aimé en devenantsouverainement aimable, sans tapage et ni artifice. Etre surnaturel… naturellement.
La conversion, enfin, se traduit dans un dernier mouvement. Celui du service. Se convertir, c’est accepter de suivre le Maître jusqu’au bout. Dans la barque de l’Eglise, ambitionner de devenir le capitaine de son âme oblige à se muer en mousse. « Le fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie » (Matthieu 20, 28).Tel est l’aboutissement d’une conversion véritable.
Ce cheminement libre réclame néanmoins de se désengager des logiques mondaines.
« Ne savez-vous pas que l’amitié avec le monde, c’est l’inimitié contre Dieu ? Quiconque veut être ami du monde, se rend ennemi de Dieu. » (Jacques 4, 4).
Aussi le converti, avec l’usage de sa raison et de son cœur, se trouve confronté à faire un choix. La formule du Père de Chivré, dominicain du siècle dernier le résume très bien :
« Se fiancer avec la vérité, c’est se condamner au divorce avec beaucoup d’hommes ».
Pour Michel Onfray comme pour tout un chacun, on comprend que cette éventualité puisse refroidir. Aux catholiques de conviction de leur montrer que cela se vit très bien et… que seule la vérité rend pleinement libre.
La Hongrie, le dernier Etat chrétien d’Europe ?
D’Antoine de Lacoste dans Fideliter :
La Hongrie est, à l’origine, le pays des Magyars. Ce peuple, venu des steppes d’Asie centrale, n’était pas turcoman comme tant d’autres, mais finno-ougrien. Cela donne une grande originalité à sa langue, à nulle autre pareille. Seul le finnois peut s’y apparenter.
Il se fixa en Europe centrale et fut à l’origine de la création de la Hongrie. Les Hongrois ne sont donc pas, faut-il le rappeler, des descendants d’Attila et de ses guerriers comme le prétendent parfois certains, y compris en Hongrie. La rue Attila (Attila ut) que l’on emprunte à Budapest, à l’étonnement du voyageur occidental, ne doit pas faire illusion.
CONVERSION ET COURONNEMENT DE SAINT ETIENNE
C’est un certain Árpád qui devint chef des tribus magyars vers l’an 900. Un siècle plus tard, son descendant Etienne se fit baptiser. Le pape Sylvestre II le couronna roi de Hongrie en l’an mille. Etienne fut ensuite canonisé et est aujourd’hui le saint patron de la Hongrie.
Le pays connut alors une grande période chrétienne. Plusieurs souverains furent canonisés et beaucoup se signalèrent par leur zèle chrétien. André II fut par exemple un des chefs de la Cinquième croisade. C’est d’ailleurs lui qui concéda en 1222 la Bulle d’or à la noblesse hongroise, afin de pérenniser une alliance nécessaire à la stabilité du royaume.
La sainte la plus emblématique de toute cette période fut Sainte Elizabeth de Hongrie. Fille d’André II, elle vécut en Allemagne après son mariage avec Louis IV de Thuringe et eut trois enfants (dont une fille sera bienheureuse). Veuve à 20 ans, elle se dévoua pour les pauvres et s’inspira de la règle franciscaine pour sa vie personnelle. Sa tombe à Marbourg est l’objet d’importants pèlerinages.
Notons, pour être complet que notre apôtre des Gaules, Saint Martin, était d’origine hongroise. Il y a encore des pèlerins qui partent de sa ville natale, Szombathely, et marchent jusqu’à Poitiers ou Tours. Le pèlerinage s’étale généralement sur plusieurs années.
Les invasions mongoles du XIIIe siècle mirent hélas un terme à cet âge d’or chrétien de la Hongrie. La « Horde d’or » de Gengis Khan fut finalement chassée et des souverains entreprirent de reconstruire le pays, comme Charles Ier Robert d’Anjou (1308-1342).
Mais la poussée de l’Empire ottoman commença à peser sur les marches du sud du royaume. Une première défaite inquiétante frappa l’armée hongroise en 1396 à Nicopolis et le roi Sigismond Ier s’enfuit au soir de la bataille. Les Ottomans s’étaient dangereusement rapprochés.
Le XVe siècle fut à nouveau une période heureuse. Deux grands souverains, qui sont encore au Panthéon des héros hongrois, exercèrent de beaux règnes : János Hunyadi (1407-1456) et Mathias Corvin (1458-1490). Ils bâtirent et firent venir de grands artistes de toute l’Europe, notamment des peintres italiens. C’est après la mort de Corvin que La Hongrie chrétienne sombra dans le malheur.
LA NUIT OTTOMANE
En 1526, la grande armée hongroise fut lourdement défaite à la bataille de Mohács. Le roi Louis II y trouva la mort et la nuit ottomane s’abattit sur le vieux royaume chrétien. La Hongrie fut dépecée et vassalisée. Au centre, au sud et à l’est se trouvaient les Ottomans ou leurs alliés. Mais à l’ouest les Habsbourg se rapprochaient et devinrent à la fois les libérateurs de la Hongrie mais aussi leur autoritaire suzerain.
La libération prit du temps, la puissance militaire de l’Empire ottoman étant alors considérable. Son échec devant Vienne (un de ses deux objectifs majeurs avec Rome) en 1683, déclencha le début du déclin.
En 1686, Charles V de Lorraine, libéra Buda après de rudes combats. Rappelons à ce propos que Budapest, capitale de la Hongrie, est l’adjonction de Buda et de Pest, deux villes distinctes à l’origine. Une lente reconquête autrichienne s’ensuivit et en 1697 un autre prince au service des Habsbourg, Eugène de Savoie, battit les Turcs à Zenta. Cette fois, c’était une victoire décisive et pour l’Empire ottoman, le début d’une longue agonie.
Libéré du joug musulman, le nationalisme hongrois se porta alors contre les Habsbourg. Le prince François Rákóczi en fut le chef emblématique au début du XVIIIe siècle. Vaincu en 1711, les Habsbourg l’épargnèrent et il fut condamné à l’exil.
REPUBLIQUE ET FRANC-MACONNERIE
Les Hongrois se résignèrent un certain temps à cette dépendance autrichienne jusqu’à ce qu’éclate la révolution de 1848.
Il faut noter que, dans les trois siècles précédents, deux influences néfastes se développèrent en Hongrie : le protestantisme tout d’abord puis, plus tard la franc-maçonnerie. Le protestantisme se répandit à la faveur de la Guerre de trente ans (1618-1648), à cause des princes allemands géographiquement très proches. Le calvinisme en fut son fer de lance et il reste vivace aujourd’hui.
Quant à la franc-maçonnerie, elle se développa sous l’influence de quelques aristocrates, souvent protestants d’ailleurs, qui répandirent leurs idées néfastes dans la haute société hongroise.
Les révolutions de 1848 qui submergèrent l’Europe n’épargnèrent pas la Hongrie. Une révolte se produisit et les députés hongrois, jusqu’alors dépendants de Vienne, proclamèrent à la fois l’indépendance et l’avènement de la république. Le personnage emblématique de cette révolution fut le franc-maçon Lajos Kossuth dont la statue trône devant le parlement de Budapest.
Les Habsbourg réagirent et envoyèrent une armée combattre les insurgés. Mais la valeur militaire des Hongrois est proverbiale et, devant les difficultés rencontrées, Vienne appela la Russie à son secours. Le Tsar Nicolas Ier accepta de fournir son aide au nom de la lutte contre les idées révolutionnaires. Pris entre deux feux, les Hongrois furent finalement vaincus à la bataille d’Arad. Les Habsbourg commirent alors une grave faute politique en faisant fusiller les 13 généraux hongrois qui s’étaient rendus. Ce n’était guère glorieux et cela ne contribua pas à améliorer les relations entre l’Empire et les Hongrois.
LE COMPROMIS DE 1867
L’arrivée au pouvoir d’un nouvel empereur, le jeune François-Joseph, provoqua un changement radical et bénéfique dans les relations entre les deux peuples. Après de longues négociations avec une partie de la classe politique hongroise, la plus encline à une réconciliation avec l’Autriche, un accord fut finalement signé en 1867. On l’appela « le compromis de 1867 ».
Il donna une large autonomie à la Hongrie, en dehors des finances et des affaires étrangères. Et, symbole très fort, l’empereur d’Autriche devint en même temps roi de Hongrie et devait se faire couronner à Budapest après l’avoir été à Vienne. L’Empire devint l’Empire austro-hongrois et le patriotisme du peuple hongrois était ainsi honoré. De toutes les minorités du vaste empire, la Hongrie fut la seule ainsi mise en avant et sa fidélité à Vienne fut alors sans faille.
Sur cette période, on peut lire la remarquable trilogie romanesque ( si bien écrite) de Miklós Banffy, Vos jours sont comptés, Vous étiez trop légers, Que le vent vous emporte. Beaux titres inspirés du célèbre Mane, Tecel, Fares raconté dans l’Ancien Testament, au Livre de Daniel.
La si funeste guerre de 14 sonna le glas de cet ensemble harmonieux. Malgré les efforts désespérés de Charles Ier, dernier empereur d’Autriche et dernier roi de Hongrie, ses propositions de paix séparée furent rejetées avec mépris par la France figée par la voix de Clemenceau dans son sectarisme anti-chrétien.
En 1918, la défaite de l’Empire fut actée. Charles et Zita, ce couple impérial et royal si attachant, fut condamné à l’exil. Charles mourut de chagrin peu de temps après et Zita éduqua courageusement et chrétiennement ses nombreux enfants.Ainsi mourut ce bel empire.
Les francs-maçons relevèrent la tête et Mihály Károlyi fut porté à la tête de la nouvelle république proclamée. Encouragés par la révolution bolchévique triomphante, les communistes hongrois réussirent un coup de force et prirent le pouvoir à Budapest. Leur chef était Béla Kun et, comme il se doit, il ordonna de nombreux actes sanguinaires. Heureusement, les communistes ne parvinrent jamais à étendre leur pouvoir au-delà de la capitale. Finalement, une alliance militaire improbable composée de militaires hongrois, tchèques, serbes et français chassèrent les communistes. Il ne resta d’eux qu’une triste et sanglante parenthèse.
LA SPOLIATION DU TRAITE DU TRIANON
Pendant ce temps, les puissances alliées travaillèrent activement au démantèlement de l’Empire austro-hongrois. En 1920 le Traité du trianon fut signé à Versailles. Le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » si invoqué en de multiples circonstances, fut dénié aux Hongrois. Plusieurs millions d’entre eux furent rattachés de force à la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie (la Hongrie perdit ainsi son accès à la mer), l’Autriche (qui n’avait rien demandé) et surtout la Roumanie qui récupéra plus de 100 000 km2 de territoires. L’Autriche fut ensuite le seul pays à accepter un referendum pour la ville de Sopron qui choisit massivement de revenir à la mère patrie hongroise. Au total, la Hongrie perdit les deux tiers de son territoire, passant de 325 000 km2 à 93 000 km2.
Ce traité du Trianon fut un traumatisme terrible pour la Hongrie qui y perdit les deux-tiers de son territoire. Depuis la chute du communisme, la Hongrie ne cesse de réclamer la révision de ce traité, en vain bien sûr. Des manifestations périodiques ont lieu à Budapest réclamant le retour des provinces perdues. Les hasards de l’histoire firent qu’une forte minorité hongroise habite aujourd’hui dans l’ouest de l’Ukraine. Elle est systématiquement brimée et l’enseignement de la langue hongroise y est régulièrement remis en cause par le sectarisme du pouvoir de Kiev.
Les errements de l’après-guerre appelaient une remise en ordre. Ce fut l’amiral Miklós Horthy qui s’en chargea. Chrétien convaincu, monarchiste, il remporta les élections de 1920. Il refusa d’en devenir le président et exigea d’en être le régent afin de permettre un éventuel retour de la monarchie. Son gouvernement autoritaire ramena le calme dans un pays ruiné par la guerre et assommé par le traité du Trianon.
Allié des Allemands pendant la seconde guerre mondiale, Horthy mécontenta Hitler dans son peu d’empressement à appliquer les principes raciaux du IIIe Reich. Déposé puis arrêté par les Allemands, il sera finalement libéré par les Américains et finira sa vie en exil au Portugal, accueilli par Salazar.
Malheureusement pour la Hongrie, Budapest se trouva sur le chemin de l’Armée rouge en route vers l’Allemagne. Le siège de la capitale dura plusieurs semaines et, à l’issue de terribles combats, les Soviétiques entrèrent dans la ville dévastée et installèrent, comme dans toute l’Europe de l’Est, un gouvernement communiste. La faucille et le marteau ornèrent désormais le drapeau tricolore hongrois.
LA TRAGEDIE DE 1956
Mais la Hongrie ne se laisse pas facilement réduire en servitude comme l’a prouvé toute son histoire. En 1956, à la faveur d’un premier ministre moins totalitaire, Imre Nagy, les habitants de Budapest su ruèrent dans la brèche et réclamèrent plus de liberté. L’insurrection pris de l’ampleur, des membres de l’AVO, la police secrète, furent lynchés et la rue pris le pouvoir. Nagy commit alors une faute politique majeure : il annonça la sortie de la Hongrie du Pacte de Varsovie. Jusque-là, les Soviétiques étaient restés discrets. Mais la sortie de l’alliance militaire communiste, architecture de sécurité essentielle face à l’OTAN, était le chiffon rouge qu’il ne fallait pas agiter.
Le 4 novembre, les chars soviétiques envahirent la Hongrie et, malgré une résistance héroïque, Budapest tomba en quelques jours. Les combats firent 2500 morts côté hongrois, 13 000 suspects furent arrêtés et au moins 200 000 choisirent le chemin de l’exil. Le malheureux Nagy fut pendu à la sauvette. Contrairement à une idée reçue, il ne semble pas que ce soient les Soviétiques qui aient procédé à cette sordide exécution mais plutôt János Kádár, le chef du parti communiste hongrois, désireux de se débarrasser d’un rival très populaire.
LE COMMUNISME GOULASH
C’est ce même Kádár qui dirigea ensuite la Hongrie jusqu’en 1988, l’ordre communiste étant restauré. Contrairement aux craintes de la population, sa gestion fut assez tempérée. Il accepta l’émergence d’un secteur privé, usa d’une répression mesurée et mis fin aux persécutions religieuses. Le clergé hongrois se divisa à cette occasion : une partie s’accommoda du régime affirmant que l’essentiel était de pouvoir donner les sacrements aux fidèles tandis que d’autres refusèrent tout compromis. Le célèbre et héroïque cardinal Mindszenty qui fut affreusement torturé après la guerre, réfugié à l’ambassade américaine depuis 1956, fut de ceux-là.
Le communisme de Kádár fut donc un mélange de principes communistes et de pragmatisme à tel point qu’on l’appela le « communisme goulash », du nom d’une recette de cuisine qui mélange beaucoup d’ingrédients. La Hongrie fut une oasis au sein de ce monde communiste si triste et si gris. Beaucoup d’Allemands de l’Est par exemple, qui ne pouvaient quitter leur pays qu’en allant dans un « pays frère », prirent ainsi l’habitude de passer leurs vacances en Hongrie.
Peu avant la chute du Mur en 1989, la Hongrie fut le premier pays à laisser entendre que ses gardes-frontières ne tireraient pas sur ceux qui souhaiteraient franchir illégalement la frontière vers l’Autriche. Au printemps, la ligne budgétaire d’entretien de la frontière avec l’Autriche, au coût exorbitant, fut rayé d’un trait de plume. Puis, le 27 juin, les deux ministres des affaires étrangères autrichien et hongrois découpèrent à la cisaille quelques barbelés obsolètes devant les caméras du monde entier. Le 19 août 1989 enfin, plusieurs centaines d’Allemands de l’Est organisèrent un pique-nique géant le long de la frontière autrichienne. Un mouvement de foule se produisit, les gardes-frontières hongrois regardèrent ailleurs et ce fut le début d’une ruée vers l’Autriche qui ne fit que s’amplifier au fil des semaines. Cette journée mémorable fut appelée « le pique-nique des Allemands de l’Est ». Le Mur tomba le 9 novembre suivant comme un fruit mur. La Hongrie avait ouvert la voie.
Tout le système, vermoulu, s’effondra et les premières élections libres se déroulèrent en 1990 et portèrent au pouvoir une coalition centriste.
C’est alors qu’un jeune étudiant fit ses premiers pas en politique à Budapest. Il s’appelait Viktor Orbán et avec quelques amis, créa un parti, le Fidesz. La doctrine de ce petit parti n’avait qu’un lointain rapport avec celle d’aujourd’hui. Protestant non pratiquant, plutôt libertaire, rien ne laissait prévoir que Viktor Orbán évoluerait vers un nationalisme chrétien qui séduirait le peuple hongrois, à l’exception de celui de Budapest, très occidentalisé.
ORBAN ET SON CHEMIN CHRETIEN
Vainqueur des élections en 1998, sans doute encore trop jeune, il ne sut pas se faire réélire et connut deux échecs en 2002 et 2006. Enfin vainqueur en 2010, il sut cette fois convaincre les Hongrois et fut constamment et largement réélu en 2014, 2018 et 2022.
Son évolution personnelle se fit progressivement mais l’on peut sans risque y voir l’influence bénéfique de son épouse catholique avec qui il a eu cinq enfants.
La constitution de 2012 fut le premier signe officiel de cette adhésion de Viktor Orbán au christianisme. Il y est question de la responsabilité des élus devant Dieu, du rôle du christianisme dans la préservation de la nation ou du rappel de la définition du mariage comme étant l’union entre un homme et une femme.
Depuis, Orbán a multiplié dans ses discours les références à Dieu et au christianisme. Il n’a pas osé interdire l’avortement mais, en septembre 2022, a publié un décret obligeant toute femme voulant se faire avorter à écouter d’abord le cœur du fœtus. L’avortement reste donc malheureusement possible pendant les 12 premières semaines de grossesse (14 semaines en France).
Un autre combat majeur mené par Orbán fut la mise au ban de Soros, de son université et de ses réseaux. Il axa même une grande partie de sa campagne électorale de 2018 sur ce sujet. Des affiches « Stop Soros » recouvrirent les murs de toutes les villes hongroises. Les instances européennes se déchaînèrent contre lui, en vain. Orbán ne céda rien et en profita même pour développer son concept de « démocratie illibérale ». Pour se venger, Ursula von der Layen a bloqué, en toute illégalité, des milliards d’aides dues à la Hongrie. Le bras de fer est permanent contre le totalitarisme bruxellois.
Seul dirigeant libre d’Europe, il continue à entretenir d’excellentes relations avec Vladimr Poutine et a refusé de livrer la moindre arme à l’Ukraine. Son argument est imparable : toute arme envoyée à l’Ukraine ne fait que prolonger une guerre que les Russes gagneront de toutes façons.
Le chemin emprunté par Viktor Orbán est unique en Europe. Ses réélections successives démontrent que certains peuples peuvent accepter que ses dirigeants déclarent haut et fort agir sous le regard de Dieu. Il est vrai que le glorieux passé chrétien hongrois, encore très présent dans la mémoire collective hongroise, a joué un rôle important. La dévotion à Saint Etienne reste vive. Le 20 août 2023, à l’occasion de la fête du Saint, une immense croix lumineuse, élaborée à partir de drones, a scintillé dans le ciel de Budapest, visible par tous les habitants. Un beau témoignage.
Antoine de Lacoste
La vie de la mère et celle de l’enfant pèsent cent fois plus lourd que le droit de faire ce que l’on veut
Notre ami Daniel Rabourdin, réalisateur catholique (La Rébellion cachée, Promesse) nous adresse ce texte à propos de la constitutionnalisation de l’avortement:
Une partie de la France veut glisser dans la constitution le droit de tuer les enfants qui ne sont pas encore nés.
Presque personne ne dit quoi que ce soit. Sait-on pourquoi tant de prêtres restent muets ? Vraiment… La plupart se défilent. On se chamaille pour des broutilles… et les sans défense sont disséqués… Il faut dire les mots, il faut voir les salles.
Je ne veux pas être associé à cet officialisation et je conseille à ceux qui comprennent de s’en départager ouvertement.
Le prétexte est le droit de certaines femmes de faire ce qu’elles veulent de leurs corps. La plupart ne savent pas ce qu’elles font. La sagesse voit que cela entraîne la fin d’un bébé et la fin de l’enfant d’un papa qui l’aime déjà.
Dans la balance, tout le monde sait que la vie de la mère ainsi que la vie de l’enfant pèsent cent fois plus lourd que le droit de faire ce que l’on veut. Ainsi comprend tout le monde quand une maman enceinte est sauvée d’un accident de la route. Ainsi comprend la sœur aînée qui parle à son petit frère dans le ventre de Maman.
Je ne sais pas s’il y aura un péché plus grand que cet acte doublé d’orgueil. Quel animal tue ses petits puis va se vanter au monde ?
C’est comme si cette classe manipulatrice voulait le clamer devant l’Eternel. Une grimace au Créateur…
Les influenceurs au pouvoir que sont une majorité des politiciens, journalistes, éducateurs, gens de la “culture”, ceux qui nous hypnotisent veulent que notre nation se déclare infanticide…
Le peuple doit se réveiller à ce que l’on veut faire en son nom, s’opposer et se désolidariser. Maintenant.
La plupart du temps, je ne pense pas aux tout petits. Mais tous ceux qui sont nés et que je croise m’émerveillent. Cela remplit de bonheur de voir la tendresse des mamans et des papas, n’est-ce pas ?
Je ne suis pas superstitieux non plus. Mais en y réfléchissant, on peut prévoir que cela ne pourrait qu’entraîner une immense misère sur un pays qui souffre déjà tellement. Si l’on est mystique, on visualise les conséquences.
On dit souvent : « dire qu’il fut un temps où des êtres humains étaient mis en esclavage… » On dit parfois : « Il fut un temps où les Spartes jetaient leurs enfants non voulus des falaises… » On dira un jour: « Il fut un temps où la France déclarait : nous pouvons dissoudre nos enfants si nous n’en voulons pas. »
J’ai du mal à dire les vrais mots et vous à les écrire. On nous empêche d’y penser en inventant les sigles (IVG). Mais si les mots gênent et qu’on les remplace, c’est peut-être que c’est vrai.
Logiquement, le chemin vers la paix passera par des réparations nationales, que ce soit dans cinq ans ou dans un siècle.
Car, chez les avorteurs, combien de larmes amères, de cœurs brisés? Il est normal qu’ils soient véhéments à faire dire aux lois que tout va bien.
Je pense à eux… J’aimerais qu’ils sachent qu’ils peuvent repartir à zéro, se racheter, se précipiter pour sauver les autres enfants. « Ne pleure plus, Rachel… »
Pour tous les héros en herbe, je sens que c’est la plus belle des causes. Ils sont la voix de tous leurs copains de classe qui n’ont pu respirer sur terre. Passer de marcher dans la rue à devenir avocats, parents adoptifs et gens de culture pour ramener un pays à la raison… C’est leur ordre de marche, leur mission ! Ils ont pour amis des millions d’anges au ciel.
Découvrir et approfondir la Sainte Ecriture
Les éditions Téqui ont édité une version révisée de la Bible du chanoine Crampon. Nous avons interrogé Fr Bernard-Marie, ofs, docteur en théologie et philosophie, diplômé de langues bibliques, et auteur de cette oeuvre colossale de révision:
Pourquoi avoir fait le choix de republier la Bible Crampon, alors qu’il existe de nombreuses traductions françaises accessibles de la Bible ?
Dans l’Église catholique francophone, toute la première partie du XXe siècle a été fortement marquée par la traduction biblique du Chanoine Crampon publiée en un volume en 1905 et plusieurs fois revue (1923, 1938, 1960). Contrairement aux bibles catholiques précédentes réalisées à partir de la seule version latine de saint Jérôme, après les protestants Olivetan (1535) et Louis Sgond (1880), le Chanoine Crampon entreprit en 1894 de revenir aux textes originaux hébreux, araméens et grecs, ce qui, en milieu catholique, était alors une démarche très moderne, à la fois scientifique et œcuménique. Néanmoins, à partir des années 1950, l’épiscopat français estima que cette traduction était, pour un large usage pastoral, un peu trop littérale et parfois trop rugueuse (cf. Lc 2, 29 dans l’édition de 1923 : « Maintenant, ô Maître, vous laissez partir votre serviteur »). C’est ce qui explique le succès de la Bible de Jérusalem (la « B.J. »), arrivée en un volume sur le marché en 1956, et plusieurs fois revue et rééditée (1973, 1998). Cette dernière traduction, sous la direction de l’Ecole biblique dominicaine de Jérusalem, influença directement la traduction œcuménique qui suivit en 1972, la célèbre T.O.B. Alors, si ces traductions nouvelles sont bien lisibles et exactes, pourquoi revenir à Crampon ? Tout simplement parce que tout progrès entraîne souvent un recul sur un autre plan. La B.J. et la T.O.B. constituent un ensemble très riche, mais qui obéit à des impératifs qui n’étaient pas toujours ceux de Crampon. Sa traduction à lui est certes moins littéraire et moins audible en lecture publique, mais elle est plus littérale, donc généralement plus fidèle. De plus, contrairement à l’exégèse moderne très protestantisante, qui favorise la leçon brève (lectio brevior) comme étant presque toujours la plus probable, Crampon favorise la leçon longue et plus difficile (lectio difficilior), celle qui fait droit aux variantes longues et pleines d’enseignement spirituel. A cet égard, on peut par exemple relire la finale du verset de Jn 3, 13 : « Or nul n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est au ciel ». Cette traduction longue, qui est aussi dans la Vulgate et dans quelques bons manuscrits non-alexandrins, n’apparaît pas dans la traduction officielle de la Liturgie ni dans la B.J. C’est dommage, car on se prive alors d’un ajout probablement authentique, qui jette une subtile lumière sur l’insondable mystère trinitaire. Autre exemple pris en Lc 1, 29 : « Marie, l’ayant vu [l’ange Gabriel], fut troublée de sa parole ». Ce bref ajout sur la vue de l’ange est instructif, car il souligne une grande différence entre Marie et son parent Zacharie. A la vue du même ange, celui-ci avait été troublé (Lc 1, 12), alors qu’à la Visitation, ce n’est pas l’ange et sa vue qui troublent Marie, mais seulement la parole qu’il vient de lui adresser en la nommant d’un nom nouveau jamais porté jusqu’ici : « Je te salue, Pleine de grâce ! » (kaïré kékharitôménê).
Enfin, la version Crampon est également très prisée pour ses notes très fouillées, à la fois de grande qualité exégétique, mais toujours bien lisibles. La révision de 2023 a tenu compte des découvertes de Qumrân, du monastères sainte Catherine du Sinaï et des récentes découvertes archéologiques. Les notes citent généralement les variantes des versions anciennes (Septante, Vulgate, Peshitta) et un certain nombre sont totalemetn nouvelles (30 % pour le N.T.). Est-il besoin de rappeler que cette bible est catholique, qu’elle contient donc, contrairement aux bibles protestantes, les livres saints rédigés directement en grec pour l’Ancien Testament (Judith, Sagesse, Siracide, etc.). Voilà pourquoi ce travail fut encouragé dès 2001 par le Cardinal Ratzinger, futur Pape Benoît XVI (voir en Introduction sa lettre au réviseur, fr. Bernard-Marie). Précisons enfin que cette bible est revêtue de l’Imprimatur de la Conférence des évêques de France.
Par rapport à la première édition, voici cent ans, quelles sont les différences de cette nouvelle version ?
Comme il est indiqué dans les deux avant-propos de cette nouvelle édition, la révision 2023 du texte de 1923 apporte un certain nombre d’éléments nouveaux ou actualisés. Le texte a été soigneusement toiletté (suppression des coquilles, nouveaux sous-titres) et le vocabulaire modernisé quand il y avait risque d’erreur d’interprétation (cf. Gn 29, 11 « Et Jacob baisa Rachel » rendu désormais par : « Et Jacob embrassa Rachel »). Suivant l’usage des langues anciennes qu’ont repris toutes les bibles actuelles, le tutoiement a été généralisé. De plus, fidèle aux directives de la Congrégation romaine du Culte divin, l’éditeur a choisi de ne plus citer le Tétragramme divin sous sa forme ancienne et assez discutable de Yahvé, mais sous l’appellation de SEIGNEUR en lettres majuscules. Il est à noter que cet usage, qui respecte mieux la sensibilité juive, est également suivi par toutes les bibles protestantes, par la T.O.B., la Bible de la Liturgie et par toutes les versions anciennes : Yahvé/SEIGNEUR est appelé Théos dans les Septante grecques, Elahâ dans la Peshitta syriaque et Dominus dans la Vulgate latine. Toutes les Annexes ont été revues et amplifiées. On appréciera notamment la Présentation des 73 livres bibliques (A.T. et N.T.) avec, en finale, un lexique des mots symboliques utilisés dans l’Apocalypse. Il s’agit là d’un ajout original du réviseur, une clé non seulement du passé, mais aussi de l’avenir surnaturel de toute l’humanité.
On lit parfois que le chanoine Crampon a réalisé à la fois la première traduction “grand public” et une traduction scientifique. Comment est-ce possible ?
En fait, la première traduction biblique « grand public » fut celle en latin de saint Jérôme à la fin du IVe siècle. Il s’agissait de la Vulgate, c.-à-d. la « Pour le peuple ». A la fin du XIXe siècle, dans le sillage du protestant Louis Segond, le Chanoine Crampon fut le premier bibliste catholique francophone à proposer une traduction intégrale de la Bible réalisée directement à partir des textes originaux. Sa traduction se voulait littérale et fidèle, mais lisible par tous, d’où un réel effort pour n’utiliser que des termes connus par tous et pour rédiger des notes à la fois scientifiques, mais en même temps pédagogiques et toujours conformes à la foi catholique.
Que diriez-vous à un catholique hésitant à se lancer dans cet impressionnant océan qu’est la Sainte Ecriture ?
Pour l’encourager, on pourrait lui rappeler cette belle parole de saint Jérôme : « Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ », et celle-ci de son contemporain saint Augustin : « La Bible est basse d’entrée, mais élevée et spacieuse pour qui consent à y avancer. ». Enfin, plus près de nous, il faudrait lui faire connaître cet encouragement du Concile Vatican II : « Toute la prédication ecclésiale, comme la religion chrétienne elle-même, doit être nourrie et régie par la sainte Écriture » (Dei Verbum, § 21). Ajoutons que même si l’on peut lire et prier seul, mieux vaut, quand on le peut, se faire conseiller par un plus pieux et plus savant que soi dans l’approche de la Parole de Dieu. Le Pape Pie XII, dans son encyclique Divino afflante Spiritu (1943), insistait sur ce point : l’Écriture doit être lue en esprit et vérité (Jn 4, 24), à la lumière de la Tradition ecclésiale et jamais de façon charnelle, littéraliste et individualiste.
Quelles relations voyez-vous entre la lecture personnelle de la Bible et sa lecture en Église, notamment dans la Liturgie?
Le Concile Vatican II a recommandé à tout chrétien « la lecture fréquente des divines Écritures » (Dei Verbum, § 25), ce qui doit normalement se pratiquer à petites doses quotidiennes dans l’exercice de la méditation scripturaire personnelle, de la prière de quelques psaumes appropriés au temps liturgique, et aussi, si on le peut, de la participation à la grande prière liturgique de l’Église, notamment par l’Eucharistie et le chant de la Prière des Heures.
Quelle est la richesse de la Bible et son actualité ?
La richesse de la Bible est celle des 73 livres qui la composent : des textes aussi bien historiques que poétiques, sapientiaux que juridiques, des textes à lire, à réciter, à méditer ou à chanter. Dans l’Ancien Testament, on trouve de nombreux oracles prophétiques et des récits d’actions courageuses et saintes, qui préfigurent, préparent et désignent le Christ comme l’alpha et l’oméga salvateur, le Verbe divin incarné vers lequel tout converge. Et dans le Nouveau nous est relatée sa vie terrestre : comment ne pas vouloir la connaître toujours mieux ?Bref, la Bible est une bibliothèque où l’humain travaillé par la grâce est partout présent, un terreau que l’Esprit divin vient toucher, interpeller et souvent habiter de l’intérieur, pour l’élever jusqu’à Dieu. Repérer dans une Bible bien traduite – comme nous l’espérons de la nouvelle Crampon – cette discrète présence de Dieu tout au long des récits et témoignages, c’est s’exercer à faire de même dans sa propre vie qui, par la foi et la grâce, peut aussi devenir une histoire sainte de grande actualité.
Colloque de l’Alliance des conservateurs sur le travail
Vidéo de présentation de Jean-Frédéric Poisson, président de Via, présentant la convention sur le travail organisée jeudi 1er février après-midi par Via, le Mouvement conservateur et le CNIP (avec le soutien de la revue Le nouveau conservateur):
Pour s’inscrire, c’est ici.
Terres de Mission : Pas de liberté religieuse pour les cathos ?
Terres de Mission reçoit Nicolas Bauer, juriste à l’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice), à propos de la récente décision (ou plutôt absence de décision !) de la Cour européenne des droits de l’Homme dans l’affaire des profanations d’hosties à Pampelune.
Puis, Pierre Henri-Rousseau, peintre, présente sa vision de l’art sacré et de son travail.
Enfin, Guillaume de Thieulloy recense quelques ouvrages: “Les métamorphoses de la synodalité” de Carlo Fantappié (Artège), “La primauté de la foi sur l’obéissance au Pape du P. Paul Cocard” (DMM), “Après la Chrétienté”, actes de l’université d’été 2013 de Renaissance catholique, et “Théologies en débat” de Sylvio Hermann de Franceschi (Honoré Champion).
La Traversaine de Marie en Vendée
La Traversaine de Marie est une marche autour de la Vendée qui aura lieu l’été prochain, du lundi 15 juillet au jeudi 22 août 2024.
Elle fait suite à la Troménie de Marie qui a eu lieu autour de la Bretagne en 2022.
Les marcheurs suivront, pendant un ou plusieurs jours de leur choix, sur une ou plusieurs étapes, une grande statue de Notre Dame de France, transportée sur une calèche tirée par un cheval.
La marche de la Traversaine de Marie fera le tour du diocèse en près de six semaines, de Maillezais à Luçon. Elle a pour but de prier pour la France, et permettra de redécouvrir le patrimoine spirituel, historique et artistique local.
Mgr François Jacolin, évêque de Luçon, accorde sa bénédiction à tous les bénévoles et marcheurs de la Traversaine de Marie.
Evangélisation : il n’existe pas de conversion d’un peuple sans soutien, ou a minima neutralité bienveillante, des pouvoirs publics
Extrait d’une tribune de Jean-Pierre Maugendre, directeur général de Renaissance catholique, dans L’Homme Nouveau :
Répondant à la question d’un séminariste sur le problème que constitueraient les traditionalistes, Mgr de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France répondait le 2 décembre dernier :
« Le décret de Vatican II sur la liberté religieuse est très clair. Le Christ n’est pas venu bâtir des nations catholiques mais il est venu fonder l’Église. Ce n’est pas la même chose. À force de traîner la nostalgie d’un État catholique, on perd notre énergie pour l’évangélisation. »
Lointain écho d’une déclaration d’un de ses prédécesseurs à la tête de la CEF, le cardinal Etchegaray, archevêque de Marseille :
« Après l’État chrétien, dont la déclaration conciliaire sonne le glas, après l’État athée qui en est l’exacte et aussi intolérable antithèse, l’État laïc, neutre, passif et inengagé, a été certes un progrès. »
Comme le note Chantal Delsol :
« L’Église a honte de la chrétienté comme pouvoir et comme contrainte et elle aspire à d’autres formes d’existence. »
La fin de la chrétienté apparaît alors non seulement comme un fait, mais aussi comme un bienfait. Cet avis cependant n’est pas général. Il se heurte en particulier à deux objections majeures.
Tout d’abord une objection doctrinale. Dans son encyclique Quas Primas du 11 décembre 1925 sur la royauté sociale du Christ, le pape Pie XI invitait « les hommes et les sociétés » à « reconnaître en particulier et en public le pouvoir royal du Christ ». Il n’est pas là question d’État « neutre et inengagé », bien au contraire. Nous laissons les spécialistes se pencher sur la continuité entre la déclaration conciliaire sur la liberté religieuse Dignitatis humanae et cette encyclique dont nous célébrerons le centenaire de la publication l’année prochaine…
Ensuite une objection pratique : c’est à la suite de leurs princes et gouvernants (Constantin, Clovis, Charlemagne, Vladimir, Étienne, etc.) que les peuples sont entrés, en masse, dans l’Église. Les faits sont peut-être cruels mais incontournables : il n’existe pas de conversion d’un peuple au christianisme sans soutien, ou a minima neutralité bienveillante, des pouvoirs publics. La situation du catholicisme en Asie est à cet égard très éclairante : le catholicisme est très présent dans les pays historique – ment et politiquement liés au christia – nisme (Philippines, Vietnam), mais marginal dans les pays où les pouvoirs publics se sont opposés à son développement (Chine, Japon).
“J’ai été converti par la messe traditionnelle”
A l’occasion du colloque sur la messe traditionnelle, une Table ronde a été donnée le samedi 23 septembre, à la Maison de la chimie – Paris, animée par Olivier Frèrejacques :
Dimanche de la Septuagésime
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Le Temps de la Septuagésime marque un tournant important dans l’année liturgique et dont la première partie, la plus courte, le cycle de l’Incarnation, est maintenant terminée en ce dimanche. Nous abordons maintenant la deuxième partie, de beaucoup la plus longue, le cycle de la Rédemption ; et nous commençons à tourner nos regards vers la fête de Pâques, dont le temps de la Septuagésime, où nous sommes désormais, constitue la préparation du Carême.
Ce Temps comprend trois dimanches appelés Septuagésime, Sexagésime et Quinquagésime, ce qui veut dire soixante-dixième, soixantième et cinquantième jour avant Pâques. Ces désignations sont évidemment très approximatives, puisque les semaines ne sont pas de dix jours et que ces dimanches se situent exactement soixante trois, cinquante six et quarante neuf jours avant Pâques. Mais le chiffre de soixante-dix est beaucoup plus symbolique que mathématiquement exact. Il évoque les soixante-dix années de captivité du peuple d’Israël à Babylone, figure de la captivité où le péché nous retient ici-bas, et dont le temps de la Septuagésime nous invite à reconnaître la gravité avant le grand combat du Carême et la délivrance de Pâques. Ce n’est pas encore un temps de pénitence comme le Carême, mais c’est déjà un temps austère et cette austérité se traduit dans la liturgie par les ornements violets que revêt le célébrant, par la suppression du Gloria in excelsis Deo, le chant des Anges, et surtout par la suppression totale de l’Alléluia que nous ne retrouverons qu’à la Vigile pascale.
► Introït : Circumdederunt
Le chant de l’Introït du dimanche de la Septuagésime résume parfaitement en trois phrases les sentiments que l’Église veut nous inspirer durant ce temps liturgique : il est extrait du psaume 17, chant d’action de grâce du roi David, qui rappelle les épreuves dramatiques par lesquelles il est passé, la confiance qu’il a toujours gardée dans le Seigneur et la délivrance qu’il en a finalement reçu.
Première phrase :
Circumdederunt me gemitus mortis, dolores inferni circumdederunt me.
Les gémissements de la mort m’ont environné, les douleurs de l’enfer m’ont environné.
L’évocation du péché et de la misère dans laquelle il nous a plongés est traduite ici par une mélodie tourmentée, en particulier le deuxième circumdederunt me est entortillé comme les lacets dans lesquels l’esprit infernal nous tient prisonniers.
Deuxième phrase :
Et in tribulatione mea invocavi Dominum.
Mais au milieu de ma détresse, j’ai invoqué le Seigneur.
Ici le calme est revenu, c’est la confiance qui s’exprime avec un bel élan sur le mot invocavi.
Troisième phrase :
Et exaudivit de templo sancto suo vocem meam.
Et de son saint Temple, il a exaucé ma voix.
Le saint Temple de Dieu désigne ici le ciel d’où il exauce notre prière, et c’est la joie et la reconnaissance qui s’expriment dans cette dernière phrase d’une façon calme et bien affirmée. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 17 exprimant la reconnaissance de David :
Diligam te Domine, fortitudo mea : Dominus firmamentum meum, et refugium meum, et liberator meus.
Je vous aime Seigneur qui êtes ma force, mon soutien, mon refuge et mon libérateur.
L’introït de ce dimanche de la Septuagésime est un des rares introïts des dimanches, parmi le répertoire de la forme extraordinaire, à n’avoir pas été repris dans celui de la forme ordinaire. Il se trouve relégué seulement au samedi de la 4e semaine de Carême. Son texte, tiré du psaume 17, a peut-être été jugé trop sombre, au moins dans sa première partie, avec l’évocation des gémissements de la mort et des douleurs de l’enfer. (Un moine de Triors in “L’Homme nouveau” du 17 février 2014)
► Graduel : Adjutor
Le chant du Graduel du dimanche de la Septuagésime est assez exceptionnel, d’abord par ses dimensions : c’est un des plus longs du répertoire et sa mélodie s’étend du “do grave” au “fa aigu”, avec un va-et-vient continuel entre les parties basses et les partie élevées, ensuite par l’originalité de cette mélodie qui n’est pas faite, comme celle de la plupart des autres Graduels, de formules qui reviennent régulièrement. On en trouve quelques unes, mais assez peu. Le texte est tiré du psaume 9, chant de louange au Seigneur, protecteur des malheureux et défenseur des opprimés. On retrouve ici, comme dans l’Introït, la confiance des victimes du péché et de ses conséquences, exprimée avec de grands élans allant presque jusqu’à la véhémence.
Première partie :
Adjutor in opportunitatibus, in tribulatione : sperent in te, qui noverunt te : quoniam non derelinquis quærentes te, Domine.
Vous êtes le secours du malheureux dans les nécessités et dans la détresse : qu’ils espèrent en vous ceux qui vous connaissent, car vous n’abandonnez pas ceux qui vous cherchent, Seigneur.
Deuxième partie :
Quoniam non in finem oblivio erit pauperis : patientia pauperum non peribit in æternum : exsurge, Domine, non prævaleat homo.
Car le malheureux ne sera pas oublié jusqu’à la fin. La patience des malheureux ne sera pas déçue éternellement. Levez-vous Seigneur, que l’homme ne l’emporte pas.
L’homme dont il est question dans le psaume c’est le païen, celui qui ne reconnait pas le vrai Dieu et persécute ses fidèles. Il représente pour nous les ennemis de notre âme qui nous tiennent captifs ici-bas.
► Trait : De profundis
Au temps de la Septuagésime comme pendant le Carême, l’Alléluia est supprimé et remplacé par un Trait, un chant qui se chante d’un trait. C’est une psalmodie directe sans antienne, très ornée certes, avec beaucoup de vocalises, mais où l’on retrouve des éléments de la psalmodie avec ses formules d’intonation et de cadences qui reviennent régulièrement. Ces mêmes formules peuvent donc s’adresser à des textes différents, mais ici l’adaptation est parfaite. Le texte du Trait d’aujourd’hui est bien connu, puisqu’il s’agit des quatre premiers versets du psaume 129, De profundis, que l’on rencontre assez souvent dans la liturgie, notamment dans celle des défunts. Ils expriment très bien les sentiments du temps de la Septuagésime : du fond de notre misère nous nous tournons vers le Seigneur avec une grande espérance.
De profundis clamavi ad te, Domine : Domine, exaudi vocem meam. Fiant aures tuæ intendentes in orationem servi tui. Si iniquitates observaveris, Domine : Domine, quis sustinebit ? Quia apud te propitiatio est, et propter legem tuam sustinui te, Domine.
Du fond de l’abîme, je crie vers vous, Seigneur : Seigneur, écoutez ma voix. Que vos oreilles se fassent attentives à la prière de votre serviteur. Si vous considérez nos péchés, Seigneur, Seigneur qui subsistera ? Mais auprès de vous est le pardon, et à cause de votre promesse, j’ai confiance en vous, Seigneur.
► Offertoire : Bonum est
Comme c’est souvent le cas dans les Offertoires, celui du dimanche de la Septuagésime est assez différent des autres chants de cette messe. Il est plus intérieur, recueilli et contemplatif. Le texte est le début du psaume 91, chant de louange au Seigneur qui protège les bons et punit les méchants :
Bonum est confiteri Domino, et psallere nomini tuo, Altissime.
Il est bon de louer le Seigneur et de chanter un psaume à votre nom, O Très Haut.
On remarquera comment ce texte passe dans la même phrase de la deuxième à la troisième personne, ce qui arrive assez souvent dans les psaumes. Ce bonheur de louer Dieu s’appuie évidemment sur la confiance et la reconnaissance exprimées dans les autres chants de la messe. La mélodie le traduit d’une manière douce et paisible, mais affirmative.
► Communion : Illumina
Nous retrouvons dans la Communion du dimanche de la Septuagésime la prière suppliante mais confiante du pécheur du fond de sa misère. Elle est tirée du psaume 30, qui revient souvent dans la liturgie. C’est un de ceux où le roi David exprime le mieux son abandon total à la divine providence. C’est le psaume de l’In manus tuas.
Illumina faciem tuam super servum tuum, et salvum me fac in tua misericordia : Domine, non confundar, quoniam invocavi te.
Faites briller votre visage sur votre serviteur et sauvez moi dans votre miséricorde. Seigneur, que je ne sois pas confondu parce que je vous ai invoqué.
” Faites briller votre visage “, cela veut dire soyez favorable à ma demande. Lorsqu’on adresse une demande à quelqu’un, si l’on voit son visage s’éclairer d’un beau sourire c’est qu’il va nous répondre favorablement, mais si l’on voit son visage s’assombrir c’est le contraire. Cette première phrase est une prière très humble qui se tient totalement dans le grave comme prosternée ; la deuxième phrase au contraire s’élève en un grand élan suppliant mais plein de confiance en la divine miséricorde, et la troisième phrase revient dans le grave pour une cadence paisible.
Mgr Baumgarten, évêque du Puy-en-Velay : “Je ne me sens pas à même de bénir des couples homosexuels”
Mgr Baumgarten, évêque du Puy-en-Velay, évoque dans L’Eveil la déclaration “Fiducia supplicans” :
« Je n’ai pas souhaité intervenir dans le débat, estimant que lorsque le pape s’exprime à travers ses conseillers, on n’a pas à commenter. J’ai demandé aux prêtres d’être respectueux de tout ce qui nous vient de Rome. Pour moi, l’essentiel n’est pas tant de bénir ou de ne pas bénir, mais d’accueillir et d’accompagner comme le pape François l’avait dit dans ses encycliques précédentes. Nous devons être à l’écoute de ce que les gens vivent, essayer de comprendre leurs aspirations ».
« La bénédiction ne pourrait venir que s’il y a accueil. Pour l’instant, je ne sens pas à même de bénir des couples homosexuels », « chaque personne a sa place dans l’Église quand elle écoute ce que dit l’Église ». « Bénir c’est dire du bien. La question est de savoir si l’on peut dire du bien de tout ou pas. On peut dire du bien de toute personne, après, est-ce qu’on peut dire du bien de tout acte ? »
Les Belles figures de l’Histoire : saint Pie X
Saint Pie X, un pape prophétique pour aujourd’hui
Aymeric Pourbaix reçoit Jacques RICHOU, général de réserve, arrière petit-fils de René BAZIN
Grande neuvaine au Petit Roi de Grâce
A suivre en ligne sur le site du sanctuaire de l’Enfant-Jésus de Beaune.

Il est étonnant que les ex-musulmans ne soient pas davantage soutenus et accompagnés au sein de l’Église
D’Aymeric Pourbaix dans France catholique :
Ces dernières années, un certain nombre d’initiatives ont vu le jour dans l’Église en France pour accompagner les musulmans convertis, qui ont choisi le Christ contre toute attente, bien souvent contre leur famille et leur culture. Il s’agit par exemple de Mission Ismérie, ou des Forums Jésus le Messie, dont le prochain événement se déroule le 28 janvier à Versailles.
Il faut s’en réjouir, car de fait, une enquête de l’ECLJ, le Centre européen pour le droit et la justice à Strasbourg, montrait bien en mars 2021 quelles étaient les difficultés de ces hérauts du Christ dans notre société multiculturelle. « Mépris, agressions verbales ou physiques, menaces pouvant aller jusqu’au harcèlement et au rejet de la part de leur communauté d’origine », en particulier chez les femmes. Au point que bien souvent, le déménagement ou la fugue constituent la seule solution pour échapper à la violence, notait encore l’ECLJ, jouant ainsi le rôle de lanceur d’alerte.
Bien sûr on n’ira pas jusqu’à parler de persécutions, comme au Nigeria ou au Nicaragua, par respect pour les chrétiens qui versent leur sang. Même si le pape François lui-même, parlant des persécutions antichrétiennes le 8 janvier dernier, déplorait également une « lente marginalisation » et une exclusion de la vie sociale, « dans des pays traditionnellement chrétiens ».
Et c’est bien de cela qu’il s’agit : une persécution à bas bruit, de faible intensité, dans la mesure où un principe fondamental du droit français n’est pas respecté sur notre propre sol : la liberté religieuse et le droit de changer de religion. Certes ces parcours édifiants ne sont pas (encore) très nombreux : on parle de 300 à 400 baptêmes par an, à comparer aux milliers qui font le chemin dans l’autre sens, et qui se convertissent à l’islam, souvent par souci d’appartenance communautaire.
Dans l’Église ?
C’est la raison pour laquelle il est étonnant que ces ex-musulmans ne soient pas davantage soutenus et accompagnés au sein de l’Église. Au point même de décourager la démarche vers le baptême de ceux qui n’ont pas une force d’âme suffisante, ou rencontré les bonnes personnes sur leur route. Il arrive même que certains retournent vers l’islam face à des catholiques peu sûrs de leur foi en catéchuménat : « au moins, témoigne l’un d’eux, on est sûr qu’ils croient en Dieu ! »
Témoignage douloureux et isolé peut-être, mais qu’il faut entendre ! Entre le dialogue avec les musulmans et l’annonce missionnaire de l’unique salut en Jésus-Christ, c’est le deuxième terme qui doit aujourd’hui être réaffirmé comme un impératif nécessaire.
Sans doute faudrait-il aussi se souvenir qu’au plan de la foi, toutes les religions ne se valent pas, comme l’avait réaffirmé en 2000 la déclaration Dominus Iesus du cardinal Ratzinger. Rappelant le commandement de Jésus d’annoncer l’Évangile au monde entier et de baptiser toutes les nations, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi de l’époque avait tenu à souligner que « les solutions qui envisageraient une action salvifique de Dieu hors de l’unique médiation du Christ seraient contraires à la foi chrétienne et catholique ».
Jonas et Pinocchio
Le Carême approche et pour nous y préparer le dossier thématique du magazine Gloria met en avant la figure du prophète Jonas.
Au sommaire de la partie sur Jonas, découvrez l’histoire du livre de Jonas, le prophète qui refusa sa mission et passa trois jours dans le ventre d’une baleine avant d’obéir à Dieu. D’une certaine manière, Jonas est une préfiguration du Christ. Jésus lui-même l’affirme en évoquant le « signe de Jonas » dans l’Évangile de saint Matthieu. Saviez-vous que Jonas et Pinocchio ont des points communs ? Tous deux ont séjourné dans le ventre d’un monstre marin… et en sont ressortis vivants (et obéissants) !
L’autre côté du magazine nous introduit dans la liturgie des heures, qui n’est pas réservée aux moines.
Le 18 février, l’Église fête sainte Bernadette et Gloria nous emmène à Nevers, la ville où a vécu cette sainte après les apparitions de Notre-Dame à Lourdes.
Enfin, le Père Grégoire Corneloup présente Marcel Van, un religieux vietnamien, dont le procès de béatification est en cours depuis 1997 et auquel il consacre un livre.
Si l’euthanasie est légalisée, beaucoup de patients n’oseront plus aller se faire soigner
Geneviève Bourgeois, gériatre et porte-parole de la Marche pour la vie, a été interrogée dans L’Homme Nouveau. Extrait :

Retour sur le Feiz e Breizh
Le pèlerinage pour la Bretagne : « Le Breton et la foi sont frère et sœur en Bretagne ». 6e édition des 23 & 24 septembre derniers :
Droit d’asile : des associations militantes, d’extrême-gauche, et gavées d’argent public
Philippe Fontana, avocat au barreau de Paris et auteur de La Vérité sur le droit d’asile, a été interrogé par le revue Conflits. Extraits :
[…] La Cimade est l’association la plus politique. La contestation de normes édictées par l’État devant les juridictions est leur plus important volet d’activisme. À l’origine, la Cimade était une association protestante qui s’occupait de ses coreligionnaires chassés d’Alsace-Lorraine par les nazis. Elle s’est transformée en association d’extrême gauche, à preuve lorsque un pasteur, responsable de l’antenne de Marseille a été expulsé du territoire, au début des années 1970. Cette association ne cesse de contester tous les décrets, les arrêtés, etc. Elle a réussi à extraire de la liste des pays considérés comme « sûrs » le Sénégal, le Ghana et le Bénin. Le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés) est tout aussi militant. Il a obtenu, en 1978, l’annulation par le Conseil d’État du décret interdisant le regroupement familial. Ce groupe ne cesse de contester les dispositions qui visent à restreindre l’immigration aujourd’hui.
La liste des pays sûrs est définie par l’Ofpra. Le jeu des associations est de faire du lobbying pour retirer un maximum de pays de la liste des pays « sûrs ». En aucun cas ces associations ne participent directement à l’élaboration de la liste. Mais, la porosité qui existe entre elles et les membres des instances juridictionnelles ou des partis politiques, ainsi que leur intense lobbying, contribuent à faire évoluer la liste. Ces associations ont ainsi un rôle en amont du parcours migratoire.
Ces associations sont très bien intégrées dans les partis politiques de gauche et d’extrême-gauche, ce qui leur donne un accès facile au Parlement européen où elles sont très écoutées. La question de l’immigration est une compétence partagée entre l’UE et les États, donc les associations sont aussi très actives à l’UE. Cela explique tout le mal qu’ont eu la commission, le conseil de l’Europe et le Parlement à discuter ensemble du « pacte asile et immigration ». Le premier avait été initié en 2016 et le deuxième en 2020. Le trilogue est en train d’aboutir. L’un des points d’accord porte sur le fait que la demande d’asile de certaines nationalités soit traitée dans des centres fermés ; celles qui ont moins de 20% d’octroi du statut de réfugié.
Les associations sont aussi influentes au Parlement français. Elles interviennent dès qu’une loi sur l’immigration est débattue, ce qui a été le cas pour la loi Collomb de septembre 1998, la loi de juillet 2015, 2016, 2021, 2023. Dans chacune de ces associations, il y a un responsable du plaidoyer chargé des actions d’influence auprès du monde politique.
Les associations sont très actives dans la rue. Elles prennent la demande d’asile en charge au niveau institutionnel, et animent des groupes entiers qui demandent la régularisation avec les syndicats. Elles organisent aussi des manifestations pour mobiliser les acteurs de la vie politique, comme celle du dimanche 21 janvier.
Ces associations sont internationalistes, mais, paradoxalement, elles gèrent une partie de la demande d’asile. Elles agissent sur l’opinion publique en faisant passer le message clair qu’être opposé à l’immigration était du racisme. Leur action est grave parce qu’elle dévalorise toute personne qui souhaite réguler l’immigration en France.
Quel est le profil de leurs membres ?
Il y a de tout, du simple bénévole aux ex-grands administrateurs, et même d’anciens ministres. Ils ont pratiquement tous un profil militant. Si on prend l’exemple de France terre d’asile, on compte au bureau deux conseillers d’État, dont l’un à la retraite. Najat Vallaud-Belkacem, ministre de 2012 à 2017, en est maintenant la présidente depuis juillet 2022. Pascal Brice, proche de Moscovici et responsable des relations internationales pour la campagne de François Hollande, avait réussi à augmenter le taux d’acceptation des demandes d’asile de 10% à 30% lorsqu’il était patron de l’Ofpra entre 2012 et 2018. Il est maintenant le président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) depuis 2020.
Ce sont des gens qui connaissent parfaitement l’appareil étatique et qui sont des contestataires.
Qui sont les financeurs de ces associations ?
Elles sont largement financées par les fonds publics. Lorsque le demandeur d’asile arrive en France, il est pris en charge par une association qui gère la Structure du premier accueil pour demandeur d’asile (Spada), qui le met en contact avec le guichet unique pour demandeurs d’asile (GUDA). Après son contact avec le GUDA, le demandeur d’asile est placé en centre d’accueil (CADA), géré par une association. Il bénéficie alors d’une allocation spéciale (ADA) versée sur une carte de paiement. Pour remplir sa demande d’asile auprès de l’Ofpra, le demandeur fait appel à une association qui l’aide à construire un discours qui saura toucher l’officier de protection chargé de traiter le dossier. Puis, il est à nouveau aidé par une association devant la cour nationale du droit d’asile. Et si l’asile lui est refusé, il est à nouveau soutenu par une association en attendant son départ de France. Le budget, qui est largement consacré à l’action des associations, (crédits d’engagement ?) était de 1,897 milliards d’euros en 2023.
Peut-on parler de « business du droit d’asile » ?
Bien sûr. Coallia, qui n’est plus une association militante, vit des CADA. Les finances de la Cimade se portent aussi très bien. En 2021, elle comptait 137 salariés contre 103 en 2005. En 2021, son budget était de 18 millions d’euros contre 6,5 millions en 2005. […]
Quelle solution préconisez-vous pour lutter contre ces associations ?
La solution est très simple, il suffit de couper les subventions. Que des personnes militent dans des associations, ce n’est pas discutable, mais il ne faut pas que ce soit fait avec les deniers publics. Ensuite, il faut cesser d’accueillir les demandes d’asile en France, pour limiter la prolifération des CADA sur tout le territoire. Régler le problème est en réalité assez simple, c’est une volonté politique. Il faut bien sûr en discuter avec les États de l’Union européenne puisque la gestion de l’immigration et de l’asile est une compétence partagée avec l’UE, mais l’évolution politique en Europe montre que les choses pourraient changer.
GPA : la mère porteuse refuse d’avortuer
Lu sur Gènéthique :
En 2020, malgré la pression du couple commanditaire, une mère porteuse, active sur Tiktok sous le nom de « Heathyr », a refusé d’avorter. Déjà mère d’une fille, elle s’était inscrite au cours de l’année 2019 dans une agence de gestation par autrui (GPA).
Les futurs parents avec qui elle a été mise en contact souhaitaient des jumeaux, un garçon et une fille. Après avoir noté dans le contrat qu’elle n’aurait pas recours à l’avortement sauf pour une raison médicale, Heathyr est tombée enceinte en février 2020. Or, lors de sa première échographie, les images ont révélé qu’il n’y avait qu’un embryon. Afin de s’en assurer les commanditaires lui ont demandé de réaliser une seconde échographie. Les résultats étaient similaires.
A environ sept ou huit semaines de grossesse, elle a reçu un mail de son référent de l’agence de GPA lui indiquant que le couple souhaitait qu’elle avorte invoquant comme alibi le début de la pandémie de Covid. « Nous ferons une nouvelle tentative lorsque le virus aura disparu » expliquait-il. Stupéfaite, elle s’est opposée à cette demande ne pouvant être poursuivie en justice en raison du contrat qui prévoyait qu’elle n’avorterait que pour une raison médicale. S’en sont suivis des courriels, des appels, des lettres sur les cas de Covid 19 que le père envoyait chaque jour à l’agence. Les avocats des commanditaires ont également essayé de faire signer des documents à Heathyr dans lesquels elle aurait reconnu qu’elle acceptait d’avorter. A 38 semaines de grossesse, le couple exigeait encore qu’elle avorte si elle attrapait le Covid.
« Stressée » par cette situation, la mère porteuse a mené la grossesse à terme et remis l’enfant aux parents qui semblaient avoir changé d’avis.
Virtus : prendre des engagements pour installer de bonnes habitudes dans notre vie
A l’occasion du programme spirituel Virtus, proposé par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre pour le Carême 2024, nous avons interrogé l’abbé Paul Roy :
Votre parcours Virtus commence le 28 janvier alors que le Carême ne commence que le 14 février. Pourquoi ce décalage ?
Dans la tradition de l’Eglise latine, comme également chez nos frères Orientaux, le carême est précédé d’une période de préparation, formant ainsi un « grand carême » en deux étapes : pour permettre de bien profiter des 40 jours qui amènent à Pâques, une période de préparation – un pré-carême de trois semaines – constitue la phase de test et de mise en place.
Vous préconisez notamment des engagements de pénitence de type douche froide ou pas de chocolat. N’est-ce pas un peu du pélagianisme ?
Nous proposons de prendre des engagements dans trois domaines : les deux premiers (prière et formation chrétienne, exercice des vertus) permettront d’installer de bonnes habitudes à conserver dans notre vie, le dernier consiste en une mortification choisie et non-nécessaire : se priver de quelque chose de bon, pour montrer au Seigneur qu’il représente plus pour nous qu’une douche chaude ou une tablette de chocolat, et faire pénitence pour nos fautes et les péchés du monde.
À chaque Carême nous voyons se multiplier les propositions d’accompagnement via les réseaux sociaux dans lesquels il nous est proposé de réduire … nos temps d’écran. N’y a-t-il pas là une contradiction ?
L’écran est le type même de ces réalités que la modernité nous imposent… et qui nous dominent si nous ne prenons pas les moyens de les faire servir à notre bien surnaturel. Virtus propose d’utiliser les possibilités ouvertes par la technologie (formation et communauté en ligne) pour avancer en vertu et en vie spirituelle : pour mieux vivre la vraie vie.
