L’étrange livre du cardinal Fernandez
En 1998, Victor Manuel Fernandez, aujourd’hui préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi et auteur d’une note autorisant les bénédictions des “couples” irréguliers ou homosexuels, a publié un ouvrage actuellement introuvable : La Passion mystique, spiritualité de la sensualité. Tout un programme.
On connaissait déjà ses poèmes érotiques sur le baiser. Dans la première partie du livre, Víctor Manuel Fernández parle des expériences intimes ou sensuelles des saints et des mystiques. Mais les chapitres 7, 8 et 9 de cet ouvrage sont à la limite de la pornographie. Ils sont accessibles ici (19 pages pdf) en espagnol. Pour ceux qui voudraient aller plus loin, je dispose aussi du livre en intégralité ([email protected]). Merci à l’hispanophone qui m’en propose une traduction, publiée ci-dessous. Le texte est cru. Ces exaltations pseudo-spirituelles sont souvent le prétexte à toutes les élucubrations cléricales permettant des doubles vies… A l’heure de la dénonciation des abus sexuels en tout genre, on se demande comment ce prélat a pu devenir cardinal et préfet de l’ex-Saint-Office :
Chapitre 7. Orgasme masculin et féminin
On se demande maintenant si cette expérience mystique, où l’être tout entier est emporté par Dieu, si cette sorte d’« orgasme mystique », est vécue par chacun selon sa sexualité. Autrement dit, si l’homme le vit en tant qu’homme et la femme de manière féminine. Pour cela, regardons d’abord comment les hommes et les femmes vivent l’orgasme, et quelle est la différence entre un orgasme masculin et un orgasme féminin.
Normalement, les femmes, plus que les hommes, considèrent le sexe sans amour comme très insatisfaisant et ont besoin de conditions adéquates pour se sentir sexuellement excitées. Elle est moins attirée que les hommes par le visionnage de photos comportant des scènes sexuelles violentes, des images d’orgies, etc.
Mais cela ne veut pas dire qu’elle se sent moins excitée par la pornographie hardcore, mais plutôt qu’elle l’apprécie et la valorise moins et, dans certains cas, cela suscite la peur.
Elle aime davantage les caresses et les baisers, et a besoin que l’homme joue un peu avant de la pénétrer. Mais lui, en somme, s’intéresse plus au vagin qu’au clitoris.
Aux moments d’orgasme, il émet généralement des grognements agressifs ; elle, un babillage enfantin ou des soupirs.
N’oublions pas que les femmes possèdent un riche plexus veineux autour du vagin, qui maintient une bonne circulation sanguine après l’orgasme. C’est pourquoi elle est généralement insatiable. Elle a besoin de soulager la congestion pelvienne, et en attendant que cela se produise, après l’orgasme, elle peut avoir envie de plus. Les femmes ont besoin de plus de temps, de plus de dévouement ; elle a besoin que l’homme lui donne quelque chose en plus une fois qu’il a atteint sa propre satisfaction. Mais il se sent bien libéré normalement lors de l’éjaculation et il est satisfait et épuisé. Il termine et passe à une autre chose, comme s’il se serait vidé à l’intérieur. Après l’éjaculation, il veut se reposer ou cherche de la tranquillité ailleurs. Elle, en revanche, reste comme coincée, dans un mélange de repos et de joie qui a besoin de la compagnie attentive de l’être aimé. Lorsque l’homme atteint le climax, son intérêt pour elle chute brusquement, il est épuisé, alors qu’elle a plus que jamais besoin de lui. Avant l’éjaculation, il fait un grand effort, et dans le processus vers l’orgasme, il est de plus en plus maître de la situation, jusqu’à ce qu’il arrive un moment où elle cède complètement, cesse d’être maître d’elle même et perd conscience de sa liberté. C’est pourquoi les femmes, au fond, ont peur de la possession totale et n’acceptent pas toujours facilement cet abandon. Elle a un sombre respect pour le pouvoir masculin et est perturbée par la pornographie violente.
L’homme, qui produit constamment du sperme, est capable de profiter d’une pluralité de femmes, tandis que la femme, qui émet peu d’ovules et seulement pendant une certaine période, valorise davantage l’intimité sécurisée. Elle met tout dans chaque enfant qui est en gestation dans son corps ; alors qu’il peut féconder des centaines d’utérus supplémentaires.
Mais n’oublions pas que sur le plan hormonal et psychologique, il n’existe pas de pur mâle ni de pure femelle.
Demandons-nous maintenant si ces particularités des hommes et des femmes pendant l’orgasme se retrouvent également d’une manière ou d’une autre dans la relation mystique avec Dieu.
On pourrait dire que les femmes, parce qu’elles sont plus réceptives, sont aussi plus disposées à se laisser prendre par Dieu, elles sont plus ouvertes à l’expérience religieuse. C’est peut-être la raison pour laquelle les femmes prédominent dans les temples.
Mais dit ainsi, nous affirmerions que l’expérience mystique est typiquement féminine et serait interdite aux caractères nettement masculins. Et précisément cette question nous oblige à repenser ce que nous appelons masculin, et si nous devons réellement identifier le masculin avec la tendance active qui cherche à posséder la femme. Ne connaît-on pas des situations dans lesquelles une femme extrêmement féminine est capable de posséder et de dominer complètement un homme ? Le pape Jean-Paul II, dans son document sur la dignité de la femme, constate une sorte de « supériorité » des femmes en raison de leur capacité à contenir et à soutenir les hommes :
La force morale de la femme, sa force spirituelle, rejoint la conscience du fait que Dieu lui confie l’homme d’une manière spécifique… La femme est forte par la conscience de ce qui lui est confié… Cette conscience et cette vocation fondamentale disent à la femme la dignité qu’elle reçoit de Dieu lui-même, et cela la rend «forte»… devient un soutien irremplaçable et une source de force spirituelle pour les autres qui se rendent compte de l’énergie considérable de son esprit (Mulieris Dignitatem, 30, df).
Jean Boudrillard [sic. Baudrillard, NDMJ] soutenait que l’homme a créé ses institutions et son pouvoir pour contrecarrer les pouvoirs originels supérieurs de la femme, notamment sa fécondité, sa force d’intuition et de séduction et sa persévérance. Donc ça n’a pas l’air sérieux d’affirmer que l’homme est celui qui domine, celui qui tient les rênes.
Mais disons que Dieu a une puissance infinie et une créativité surnaturelle, de sorte qu’il est capable de s’adapter à la psychologie de chaque être humain en particulier et de donner à chacun une expérience d’amour, une rencontre avec Lui qui l’emmène complètement, corps et âme, sans faire violence aux inclinations propres de leur psychologie féminine ou masculine. Mais une attitude de réceptivité sera toujours nécessaire. En fait, dans tout véritable amour humain, les deux parties, chacune à sa manière, doivent être réceptives. Si l’homme n’est pas réceptif et veut seulement être actif et dominant, il ne peut pas expérimenter pleinement la richesse de l’amour. Dieu utilise donc cet aspect réceptif, qui ne manque pas à l’homme, pour lui faire vivre l’expérience de son amour. En fait, tout homme a fait l’expérience d’être réceptif et dépendant d’une autre personne, lorsqu’il restait serein dans les bras de sa mère. D’un autre côté, il peut aussi arriver qu’une femme, par peur, renie son attitude réceptive et résiste à l’amour divin. C’est pourquoi, répétons-le, quiconque souhaite vivre une expérience pleinement heureuse de l’amour divin doit demander à Dieu la grâce de se laisser aimer. En effet, Carlo Carretto, un homme aux caractéristiques nettement masculines, nous raconte que lors de sa rencontre la plus merveilleuse avec Dieu, il s’est senti comme une petite fille confiante, et cela ne l’a pas dérangé, il ne l’a pas vécu comme une expérience contraire à ses inclinations les plus profondes, mais plutôt comme quelque chose douce et merveilleuse :
A vingt-trois ans, lorsque Dieu a fait irruption en moi avec son Esprit, ma relation avec lui a complètement changé ma vie… Dieu est intervenu en amoureux. Au début, cela semblait être quelque chose de si beau et de si chaleureux que je le considérais comme une présomption sentimentale… J’avais peur de devenir la proie d’un romantisme bon marché… Mais ce n’était pas comme ça. L’intimité qu’il m’a donnée était si vraie, si forte, qu’elle a laissé des traces, et il les a laissées là où le doute n’était pas possible… Je n’oublierai jamais l’émergence de son Esprit en moi. C’était vraiment l’émergence d’un amant fou, qui me demandait de lui rendre la pareille de toute ma folie… Puis j’ai compris par expérience que chacun de nous, même s’il est masculin, est appelé féminin par Dieu. Quand je suis chez lui avec lui, je me blottis à côté de lui comme une petite fille qui attend tout de lui et sans prétention de tout savoir… Toute la spiritualité de l’homme biblique est féminité : réceptivité, disponibilité, attente, désir de petitesse, service, adoration… Pour une raison quelconque, les femmes sont les plus accessibles à la religion (He buscado y he encontrado, Bs. As., 1985, 59-61.70).
Mais disons plus précisément que dans l’expérience mystique, Dieu touche le centre le plus intime de l’amour et du plaisir, un centre où peu importe que nous soyons un homme ou une femme. Et dans ce centre, nous sommes tous réceptifs et vivons une expérience dans laquelle nous ne sommes pas pleinement maîtres de nous-mêmes. C’est pour cette raison que les scientifiques disent souvent que les différences entre les hommes et les femmes se manifestent dans la phase précédant l’orgasme, mais pas tellement dans l’orgasme lui-même, où les différences entre le féminin et le masculin ne sont plus aussi claires et semblent disparaître.
Nous pouvons donc dire que dans l’expérience mystique, ce que Dieu touche est un centre d’amour dont l’être humain ne peut que dépendre. Parce que l’être humain n’est pas un dieu tout-puissant, mais une créature, et c’est pourquoi la partie la plus intime de sa réalité est la dépendance, c’est « recevoir » l’être, c’est vivre de Dieu même s’il l’ignore, c’est boire de sa source de vie. Et c’est précisément pour cette raison que, dans l’expérience mystique, l’éminemment actif est Dieu, et la créature, qu’elle soit mâle ou femelle, se plaît à dépendre entièrement du Dieu aimant, à « se laisser aimer » par lui avec confiance. C’est précisément la grande étape spirituelle.
Évidemment, il peut y avoir certaines caractéristiques secondaires qui montrent que l’homme le vit d’une manière différente de la femme, mais cela ne change pas l’essence de l’expérience, où tant le les hommes comme les femmes sont fondamentalement réceptifs. Et c’est seulement parce qu’ils acceptent de recevoir de Lui, de dépendre de son élan d’amour, qu’ils peuvent aussi se sentir actifs, qu’ils peuvent sentir qu’ils participent personnellement et de manière créative à cette expérience d’amour. En même temps, ils expérimentent ce contact divin sans se sentir forcés, car la grâce de Dieu a le pouvoir divin de nous faire accepter son initiative d’amour en toute liberté.
Chapitre 8. Le chemin vers l’orgasme
Tout ce que nous avons vu nous montre que Dieu n’est pas l’ennemi de notre bonheur, qu’il ne mutile pas notre capacité d’aimer, car Il est l’amour, l’amour passionné, l’amour qui fait le bien, qui libère, qui guérit.
Mais nous pouvons nous demander si nous sommes tous appelés à une expérience passionnée de Dieu, comme celles qu’ont vécues les mystiques dont nous avons parlé.
Tout d’abord, il faut dire que tout dépend de ce que Dieu veut donner à chacun. Nous ne pouvons jamais exiger que Dieu se donne à nous d’une manière ou d’une autre, car si nous ne pouvons exiger à personne de se conformer à tous nos désirs, si nous ne pouvons forcer personne à nous aimer d’une manière particulière, encore moins à Dieu. D’un autre côté, nous pouvons voir que Dieu a toujours donné son amour de manières très différentes. Certains saints ont commencé à avoir des expériences enivrantes de Dieu peu de temps après leur conversion, ou lors de la conversion elle-même ; d’autres, comme sainte Thérèse d’Avila , ont réalisé ces expériences après de nombreuses années de sécheresse spirituelle. Sainte Thérèse de Jésus, même si elle se sentait tendrement aimée de Dieu, n’a jamais eu d’expériences très « sensuelles » de son amour, et il semble qu’elle n’ait atteint une joie débordante et passionnée qu’au moment de sa mort, lorsque son visage fut transfiguré et qu’elle a dit ses derniers mots : “Je t’aime, oh mon Dieu, je t’aime !”
Mais nous devons aussi dire que si cette expérience amoureuse et passionnée de la présence de Dieu est quelque chose d’épanouissant , quelque chose qui harmonise et apaise merveilleusement notre affection et notre sensualité, alors nous avons tous au moins le droit de la désirer. Si cette expérience passionnée de Dieu libère notre psychologie de tant de sentiments d’insatisfaction, de tant de blessures que nous avons reçues par manque d’amour, alors nous avons le droit d’aspirer à ce que Dieu nous accorde cette expérience libératrice . Si nous savons que notre émotivité blessée et insatisfaite nous conduit souvent à faire du mal aux autres, à ne pas nous consacrer avec joie au service des autres, alors il nous est permis d’être attirés par cette expérience de Dieu qui nous permettrait d’être plus disponible, plus serein, plus généreux, moins soucieux de nous-mêmes.
Mais avec cela tout n’est pas dit non plus. Parce que nous croyons que Dieu prend en compte le chemin que nous essayons de suivre et veut que nous soyons personnellement impliqués dans notre chemin de libération. L’initiative est toujours de sa grâce ; mais une fois qu’il nous l’a donné, il nous prend tellement au sérieux qu’il nous permet d’apporter un peu de nous-mêmes pour que cette grâce atteigne tous les recoins de notre être. Par exemple, si quelqu’un est malade parce qu’il a une rancune dans son cœur, un manque de pardon envers son père, alors il semble que le simple fait de demander pardon à Dieu et de recevoir sa grâce ne suffit pas à le libérer de ces blessures qui ils le conditionnent. Ce qu’on appelle « coopération » avec la grâce reçue, une prière « adéquate », est également requise.
Une bonne prière est plus que prier un Notre Père demandant à Dieu de me libérer de ma maladie. C’est une prière où j’essaie de guérir, avec la grâce de Dieu, la racine de ma maladie, ce manque de pardon que j’ai envers mon père, par exemple.
Alors, chaque jour, je demande à Dieu la grâce de pouvoir comprendre et pardonner à mon père. Et si je réalise que je ne veux même pas lui pardonner, alors pendant un moment je demande à Dieu la grâce de « vouloir » lui pardonner. Et dans cette mystérieuse combinaison de l’initiative de sa grâce et de mes pauvres tentatives, le moment viendra où surgit spontanément en moi le désir sincère de pardon, puis une forte impulsion pour accorder ce pardon, pour dire, au moins en moi-même : « Papa, je te pardonne et je te remercie parce que tu m’as donné la vie ».
Une fois ce pardon accordé, il est très possible que beaucoup de choses commencent à se résoudre, que la maladie devienne plus supportable et peut-être guérie. Nous voyons alors qu’il existe une « manière » plus appropriée de faire une prière, qui facilite l’action de la grâce dans une dimension de mon être où elle n’est pas encore arrivée.
La même chose peut se produire dans mon expérience de l’amour de Dieu. Il se peut que mon expérience de Dieu soit vraie, même si je la vis au milieu d’une aridité émotionnelle. Il se peut que Dieu me purifie à travers cet abandon sans sentiments ni passion et que ma foi soit très profonde. Mais si en même temps mon affectivité n’est pas saine, cela veut dire que cette expérience n’est pas suffisante. Par exemple, s’il ne me suffit pas pour être fidèle à ma femme, ou pour être heureux dans mon mariage, ou pour vivre mon célibat avec joie, ou pour travailler avec enthousiasme, ou pour bien traiter les autres, cela signifie que la façon dont je trouve Dieu est encore très pauvre.
Je peux alors me demander si je ne suis pas, pour différentes raisons, en train de fuir de l’amour de Dieu ; s’il n’y a pas quelque chose en moi qui me pousse à résister à l’amour de Dieu, à me méfier de lui, etc.
Alors, je peux commencer à lui demander chaque jour de me donner sa grâce pour lui donner cette peur, pour me jeter dans ses bras, pour le laisser entrer là où je ne le lui permets pas.
Quelqu’un pourrait penser qu’en fait, il serait préférable maintenant de profiter de cette courte vie et, en tout cas, de laisser cette expérience de l’amour divin jusqu’après la mort, puisque nous aurons toute l’éternité pour cela. Mais cela est absurde si l’on pense que chaque créature, chaque chose belle de ce monde, si précieuse soit-elle, n’est qu’un pâle reflet de la beauté infinie de Dieu. Lui seul est beau, et les autres choses ne sont belles que dans la mesure où elles reçoivent quelque beauté de cette source infinie qu’est Dieu. C’est pourquoi tous les attraits de ce monde devraient désormais nous élever à la rencontre de la source divine, pour boire à cette source inépuisable de bien et de beauté. Autrement, ce serait comme si nous passions quatre-vingts ans à sentir l’arôme d’une nourriture délicieuse au lieu de nous asseoir à table et de l’apprécier avec plaisir . Mais par ailleurs, attendre la mort pour faire l’expérience de Dieu va à l’encontre de la logique de l’amour. Aucune personne véritablement amoureuse ne serait capable de passer quatre-vingts ans à essayer d’autres plaisirs et de laisser à plus tard l’étreinte merveilleuse de l’être aimé. Tout simplement Il ne serait pas capable de supporter l’attente, ces années lui sembleraient éternelles, et toutes les autres beautés ne le satisferaient jamais, elles ne feraient qu’éveiller de plus en plus sa soif de l’embrasser. Il en va de même pour ceux qui ont goûté à l’amour divin, comme saint Augustin, saint François d’Assise, etc.
Cela ne veut pas dire que Dieu me donnera bientôt l’expérience d’Angèle de Foligno ou les blessures de saint François d’Assise. Il me donnera ce dont mon cœur a besoin et ce qu’il veut me donner librement. Il existe également des tempéraments naturellement mieux prédisposés à ce type d’expériences et d’autres qui le sont moins. Mais il est très possible qu’en suivant un chemin adéquat, nous puissions tous vivre une expérience plus complète de l’amour de Dieu, une expérience qui guérit notre affectivité malade, notre émotivité blessée, qui nous rend plus joyeux dans notre dévouement quotidien, qui nous rend plus libres et heureux.
Mais cela ne veut pas nécessairement dire que cette expérience joyeuse de l’amour divin, si j’y parviens, me libérera de toutes mes faiblesses psychologiques. Cela ne veut pas dire, par exemple, qu’un homosexuel cessera nécessairement d’être homosexuel. Rappelons-nous que la grâce de Dieu peut coexister avec les faiblesses et aussi avec les péchés, lorsqu’il existe un conditionnement très fort. Dans ces cas-là, la personne peut faire des choses qui sont objectivement pécheresses, mais sans être coupable et sans perdre la grâce de Dieu ni l’expérience de son amour. Voyons comment le dit le Catéchisme de l’Église catholique :
L’imputabilité et la responsabilité d’un acte peuvent être diminuées et même supprimées en raison de l’ignorance, de l’inadvertance, de la violence, de la peur, des habitudes, des affections désordonnées et d’autres facteurs psychiques et sociaux ( CEC 1735).
Il peut y avoir une religieuse qui doit faire de grands sacrifices pour être fidèle à sa virginité, parce que sa psychologie a de forts conditionnements dans cet ordre, et pourtant, en même temps, vivre une belle expérience de l’amour de Dieu qui est très authentique , ce qui la rend heureuse.
Disons enfin que, pour vivre une expérience joyeuse et passionnée de l’amour divin, il existe une coopération extrêmement importante : les actes d’amour envers le frère. Chaque acte généreux, chaque service d’amour que nous rendons aux autres nous assure que notre expérience de Dieu est sur la bonne voie. Voici ce que dit la Bible :
Celui qui aime son frère marche dans la lumière et ne trébuche pas. Mais celui qui n’aime pas son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, il ne sait pas où il va, parce que les ténèbres l’ont rendu aveugle (1 Jn 2, 10-11).
De plus, tout acte d’amour sincère envers notre frère ouvre notre cœur, l’adoucit et le libère de l’égoïsme. Et ainsi le cœur est mieux disposé à se laisser aimer par Dieu.
C’est pourquoi saint Bonaventure disait que les œuvres de miséricorde facilitent la contemplation divine et nous préparent à aimer pleinement Dieu :
Il y a une certaine action qui, unie à la contemplation, ne l’empêche pas, mais la rend plutôt plus facile, comme les œuvres de miséricorde et de piété (IV Envoyé ., 37,1, 3, ad 6) .
Celui qui veut être un parfait amoureux de Dieu doit s’exercer avant tout dans l’amour du prochain (III Sent ., 27, 2 , 4 ).
En ce sens, il est bon de noter que, lorsque la Bible parle de Dieu comme époux, elle ne se réfère pas au Seigneur comme époux du cœur de chaque être humain, mais comme époux de son peuple ou de l’Église (Os 2,21-25 ; Eph 5,25 ; Apo 21,2-3). Cela signifie que je ne peux vivre une expérience authentique et passionnée de l’amour de Dieu que si je me sens partie de son Peuple , si je rejoins son Église, si je ne m’isole pas et ne me sépare pas des autres.
chapitre 9. DIEU dans l’ orgasme du couple.
Jusqu’à présent, nous avons parlé de la possibilité d’atteindre une sorte d’orgasme épanouissant dans notre relation avec Dieu ; ce qui n’implique pas tant de modifications physiques, mais simplement que Dieu parvient à toucher le centre âme-corporel du plaisir, de sorte qu’une satisfaction qui englobe la personne entière soit ressentie. Cela nous amène à une autre conséquence importante : cela nous invite à découvrir que, si Dieu peut être présent à ce niveau de notre existence, il peut aussi être présent lorsque deux êtres humains s’aiment et atteignent l’orgasme ; et cet orgasme, vécu en présence de Dieu, peut aussi être un acte sublime d’adoration de Dieu.
Cela est certain si l’on part d’un postulat élémentaire : Dieu aime le bonheur de l’homme, c’est donc aussi un acte d’adoration envers Dieu que de vivre un moment de bonheur.
Certains textes de la Bible confirment cette vérité :
Il n’y a pas de plus grand bonheur pour l’homme que de manger, de boire et de s’amuser au milieu de sa fatigue. Je vois que cela vient aussi de la main de Dieu, puisque quiconque mange et boit, cela vient de Dieu ( Eccl 2, 24-25).
Que chacun mange, boive et s’amuse au milieu de ses soucis. C’est un don de Dieu ( Ecc 11,8).
Fils, traite-toi bien avec ce que tu as… Ne te prive pas de passer une bonne journée, ne manque de satisfaire aucun désir légitime ( Sir 14,11.14).
On voit ainsi que le plaisir est aussi quelque chose de religieux, car « c’est un don de Dieu ». Ainsi, celui qui est capable de jouir de la présence de Dieu peut plus facilement prendre conscience de l’amour de Dieu et ainsi s’ouvrir à l’amour des autres. Celui qui n’est pas capable de jouir des plaisirs de la vie, parce qu’il ne s’aime pas et ne s’accepte pas, sera difficilement capable d’aimer généreusement les autres. C’est pourquoi la Bible dit :
Celui qui est mauvais envers lui-même ne peut être bon envers personne. Il ne trouve pas de contentement au milieu des trésors. Personne n’est pire que celui qui se torture ( Sir 14, 5-6).
Nous pouvons donc dire que nous plaisons à Dieu et que nous l’adorons lorsque nous sommes capables de jouir des petits plaisirs légitimes de la vie. Ainsi, nous n’avons pas besoin d’échapper ou de nous cacher de Dieu lorsque nous jouissons, car c’est lui qui « a créé toutes choses pour que nous puissions en jouir » (1 Tim 6, 17). Lisons, par exemple, l’éloge du vin dans la Bible :
Le vin est comme la vie pour l’homme, si on le boit avec mesure. Qu’est-ce que la vie pour ceux qui n’ont pas de vin , créé pour la joie des hommes ? C’est la joie du cœur et le contentement de l’âme… ( Sir 31, 27-28).
Tout cela peut aussi être dit du plaisir sexuel, créé par Dieu pour le bonheur de l’homme. Pour cette raison, dans la même Bible, nous trouvons des louanges pour le corps de la femme, comme celles-ci :
Comme tu es belle, comme tu es charmante, ô amour, ô fille des délices ! Votre taille est comme un palmier et vos seins sont comme des grappes. C’est pourquoi, comme je l’ai déjà dit, je grimperai sur le palmier et je prendrai ces grappes ( Cant 7,79).
De plus, le plaisir sexuel a une noblesse particulière par rapport aux autres plaisirs du corps, car le plaisir sexuel se vit à deux, se partage et peut être une merveilleuse expression d’amour. Mais c’est précisément pour cette raison que le plaisir sexuel peut perdre toute sa beauté lorsqu’il n’est qu’une recherche de satisfaction personnelle et que l’autre n’est pas pris en compte, lorsque l’autre n’est utilisé que pour le bénéfice personnel de chacun.
Le fait est qu’un être humain n’est pas une assiette de nourriture ou un verre de vin. Il est sacré et ne peut être utilisé, mais doit être un objet d’amour.
Quand le plaisir sexuel s’obtient dans un acte d’amour, quand ceux qui font l’amour sont deux personnes qui s’aiment, qui s’accompagnent, qui s’entraident, qui ont décidé devant Dieu de tout partager pour toujours et malgré tout, alors le plaisir sexuel est aussi un acte d’adoration envers Dieu, qui aime le bonheur de ceux qui s’aiment. Dans cette rencontre d’amour, chacun ne recherche pas à tout prix son propre plaisir, mais traite l’autre avec une délicatesse et une tendresse qui reflètent l’amour divin, cherchant à ce que l’autre jouisse aussi le plus possible et soit immensément heureux. Ainsi, le plaisir de l’orgasme devient un avant-goût de la merveilleuse fête de l’amour qu’est le paradis. Parce qu’il n’y a rien qui anticipe mieux le ciel qu’un acte de charité.
Il faut donc dire que Dieu n’aime pas l’attitude de certaines personnes faussement spirituelles qui refusent en permanence toute relation sexuelle avec leur conjoint, sous prétexte qu’elles recherchent un amour plus « parfait ». Car c’est précisément l’union sexuelle, en tant qu’expression de l’amour, qui manifeste le mieux l’amour des époux, celle qui le protège le mieux et qui le fait le plus grandir. Le Concile Vatican II le disait déjà :
Cet amour, associant à la fois l’humain et le divin, conduit les époux au don libre et mutuel d’eux-mêmes, se manifestant par des sentiments et des actes de tendresse, et imprègne toute la vie… Cet amour s’exprime et se perfectionne particulièrement avec le acte matrimonial ( Gaudium et Spes , 49).
Le plaisir sexuel n’entrave ni la spiritualité ni la contemplation, car si l’union sexuelle est un acte d’amour, elle ne fait qu’ouvrir le cœur, et facilite ainsi la contemplation de Dieu. Saint Bonaventure disait déjà que « nul n’arrive à la contemplation s’il ne s’exerce dans l’amour des autres » (III S. , 27, 2, 4 ; IV S. , 37, 1, 3, ad 6), et selon saint Thomas d’Aquin « l’affection humaine s’épanouit avec le plaisir » (Summa Th ., I- IIae , 31, 3).
C’est la mentalité grecque qui a influencé négativement le christianisme, lui transmettant un certain mépris du corps. Les Grecs n’avaient pas une vision de l’homme aussi unitaire que celle de la Bible ; ils comprenaient plutôt que l’homme était constitué de deux « parties », l’âme et le corps. Pour cette raison, ils passèrent facilement de l’exaltation du corps à son mépris total. S’ils étaient dédiés au corps, le corps était tout ; s’ils se consacraient aux choses spirituelles, ils méprisaient tout ce qui concernait le corps. Lorsque cette mentalité grecque a influencé le christianisme, elle a produit l’idée que pour être plus « spirituel », il fallait mépriser le corps. Cependant, nous savons que les pires péchés, comme l’orgueil ou la haine, ne sont pas exactement des péchés liés au corps ; ils sont plutôt « spirituels » ; et nous savons aussi que le corps intervient aussi dans les plus grandes œuvres d’amour et de dévouement.
Évidemment, nous ne voulons pas dire que tout ce qui concerne le corps est sacré, car un couple peut retirer au sexe son but le plus précieux, et les amants peuvent devenir simplement deux égocentriques qui se masturbent. De plus, le sexe ne devrait être qu’une partie de la vie du couple, une manière agréable d’exprimer son amour et de se rendre heureux ; le sexe pour le sexe est une façon de rester dans l’adolescence et le manque de maturation. Le sexe juste pour le sexe est en fait la forme de sexualité la plus courante chez les adolescents qui se masturbent, car dans la masturbation ils obtiennent du plaisir et échappent à l’engagement envers les autres, ils se protègent des autres et ne donnent rien d’eux-mêmes. Il reste ainsi lié à ses parents et ne sort pas de la coquille familiale. La même chose arrive à ceux qui changent constamment de partenaire et échappent ainsi à leur engagement émotionnel. Et c’est finalement ce que propose la publicité : orner son propre corps et l’entourer de choses impressionnantes pour obtenir des objets de plaisir ; c’est ainsi que le corps est dépouillé de sa dignité d’instrument et d’expression de l’amour.
Pour que le sexe ne soit pas seulement une manière de se servir et de se consommer, il est essentiel que le couple ait d’autres préoccupations et, surtout, que l’amour mutuel s’ouvre pour rechercher ensemble le bonheur des autres. Se battre ensemble pour quelque chose, sortir de l’enfermement étouffant des deux, évite au plaisir de tomber malade ou de mourir, car ainsi le cœur reste ouvert. En effet, à l’image chrétienne de Dieu, l’amour entre Dieu le Père et son Fils s’ouvre nécessairement à une troisième personne, le Saint-Esprit. Ainsi, tout amour authentique de couple, source des meilleurs plaisirs, est ouvert aux autres. Le plaisir qui non seulement produit une décharge momentanée, mais qui planifie et donne également le bonheur, est ce qui est uni à l’amour, et l’amour est la vraie sainteté.
Et le plaisir est tellement lié à la sainteté que, selon saint Thomas, si l’homme était libre du péché, il y aurait bien plus de plaisir dans les relations sexuelles ( Somme Th., 1, 98, 2).
Ainsi, dans la mentalité de saint Thomas, la relation sexuelle dans le mariage n’est plus un « péché permis », comme le disaient certains saints Pères de l’Église, mais elle peut aussi être un acte méritoire, qui fait grandir la perfection d’un être humain. aux yeux de Dieu. Il est intéressant de découvrir comment, dans d’autres religions, il existe également une profonde appréciation du plaisir sexuel. Danielou , à partir d’une analyse du shivaïsme, fait la réflexion suivante :
La joie est le reflet de l’état de perfection, de l’état divin. L’homme oublie un instant ses intérêts, ses problèmes, ses devoirs, et participe au sentiment de bonheur qui est sa vraie nature, sa nature immortelle… On atteint mille fois plus facilement la perfection intérieure – dit cette ancienne religion – par la expérience de la joie des corps qu’à travers les austérités. De l’union érotique à l’union mystique il y a un pas facile à franchir (La sculpture érotique , Paris 1973,15 ) .
Et un vénérable théologien égyptien du XVe siècle a rendu à Dieu la louange suivante :
Louange à Allah, qui affermit les pénis aussi durs et droits que des lances pour faire la guerre aux vagins (Al Sonuouti ).
N’oublions pas que la sexualité humaine fait partie de l’œuvre la plus parfaite de Dieu, celle du dernier jour, où Dieu, en contemplant ce qu’il a fait, « vit que c’était très bon » ( Gn 1, 31).
Séparer Dieu du plaisir, c’est renoncer à vivre une expérience libératrice de l’amour divin. Vouloir se cacher de Dieu lorsque nous éprouvons du plaisir, comme cette femme qui cachait le crucifix lorsqu’elle avait des relations avec son mari, c’est croire en un faux Dieu qui, au lieu de nous aider à vivre, devient un persécuteur qui déteste notre joie.
Tout comme un artiste peut offrir à Dieu, avec une immense tendresse, une merveilleuse œuvre d’art qu’il a réussi à créer, de même un couple peut offrir à Dieu un bel acte d’amour dans lequel ils parviennent à déborder de plaisir et de gratitude, se faisant mutuellement heureux. Dieu jouit aussi avec nous; Il est le plus merveilleux des poètes, car leur inspiration est aussi le reflet de la sublime poésie de Dieu.
Pour une raison quelconque, lorsque les poètes ne trouvent plus de mots pour parler des excès de leur amour, ils utilisent des mots à fort contenu religieux. Par exemple, le mot « grâce » est l’un des termes les plus sacrés de la théologie chrétienne, car il exprime l’amour totalement libre de Dieu, qui ne peut être mérité ou acheté avec rien; qui ne peut être reçu que comme un don divin. Lorsque Pablo Neruda a voulu parler de ce que signifiait pour lui le corps de sa femme bien-aimée, il a dû recourir à ce mot :
Corps de ma femme,
Je persisterai dans ta grâce.
Ma soif, mon désir illimité…
(Poème 1).
La prière de l’Eglise ne peut jamais être détournée pour devenir une légitimation du péché, de la structure de péché ou même de l’occasion prochaine du péché
Le cardinal Robert Sarah a confié à Settimo Cielo la réflexion qui suit sur l’état actuel de confusion dans l’Église, avec un « scandale des petits » encore aggravé par la récente déclaration du Dicastère pour la doctrine de la foi « Fiducia supplicans », un scandale dont, comme l’a dit Jésus, seule « la vérité nous rendra libres » (Jn 8, 32) :
Rome, le 6 janvier 2024, en la fête de l’Epiphanie du Seigneur
A Noël, le Prince de la Paix s’est fait homme pour nous. A tout homme de bonne volonté, il apporte la paix qui vient du Ciel. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, mais ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne » (Jean 14, 27). La paix que Jésus nous apporte n’est pas un nuage creux, elle n’est pas la paix mondaine qui n’est souvent qu’un compromis ambigu, négocié entre les intérêts et les mensonges des uns et des autres. La paix de Dieu est vérité. « La vérité est la force de la paix parce qu’elle révèle et opère l’unité de l’homme avec Dieu, avec lui-même, avec les autres. La vérité affermit la paix et construit la paix », enseignait saint Jean-Paul II [1]. La Vérité faite chair est venue habiter au milieu des hommes. Sa lumière ne trouble pas. Sa parole ne sème pas la confusion et le désordre, mais elle révèle la réalité de toute chose. Il EST la vérité et par conséquent il est « signe de contradiction » et « dévoile les pensées d’un grand nombre de cœurs » (Luc 2, 34).
La vérité est la première des miséricordes que Jésus offre au pécheur. Saurons-nous à notre tour faire œuvre de miséricorde dans la vérité ? Le risque est grand pour nous de chercher la paix du monde, la popularité mondaine qui s’achète au prix du mensonge, de l’ambiguïté et du silence complice.
Cette paix du monde est fausse et superficielle. Car le mensonge, la compromission et la confusion engendrent la division, le soupçon et la guerre entre frères. Le Pape François le rappelait il y a peu : « Diable signifie “diviseur”. Le diable veut toujours créer la division. » [2] Le diable divise parce que « il n’y a pas de vérité en lui : quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu’il est menteur et père du mensonge » (Jean 8, 44).
Précisément, la confusion, le manque de clarté et de vérité et la division ont troublé et assombri la fête de Noël cette année. Certains médias prétendent que l’Eglise catholique encouragerait la bénédiction des unions de personnes du même sexe. Ils mentent. Ils font l’œuvre du diviseur. Certains évêques vont dans le même sens, ils sèment le doute et le scandale dans les âmes de foi en prétendant bénir les unions homosexuelles comme si elles étaient légitimes, conformes à la nature créée par Dieu, comme si elles pouvaient conduire à la sainteté et au bonheur humain. Ils ne font qu’engendrer erreur, scandale, doutes et déceptions. Ces Evêques ignorent ou oublient l’avertissement sévère de Jésus contre ceux qui scandalisent les petits :
« Si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux qu’on lui suspende au cou une meule de moulin et qu’on le jette au fond de la mer » (Mt 18, 6).
Une récente déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, publiée avec l’approbation du Pape François, n’a pas su corriger ces erreurs et faire œuvre de vérité. Bien plus, par son manque de clarté, elle n’a fait qu’amplifier le trouble qui règne dans les cœurs et certains s’en sont même emparé pour appuyer leur tentative de manipulation.
Que faire face à la confusion qu’a semée le diviseur jusqu’au sein de l’Eglise ? :
« On ne discute pas avec le diable ! -disait le Pape François. On ne négocie pas, on ne dialogue pas ; on ne le vainc pas en négociant avec lui. Nous vainquons le diable en lui opposant avec foi la Parole divine. Ainsi, Jésus nous apprend à défendre l’unité avec Dieu et entre nous contre les attaques du diviseur. La Parole divine est la réponse de Jésus à la tentation du diable. »
Dans la logique de cet enseignement du Pape François, nous aussi, ne discutons pas avec le diviseur. N’entrons pas en discussion avec la Déclaration “Fiducia supplicans”, ni avec les diverses récupérations que l’on a vu se multiplier. Répondons simplement par la Parole de Dieu et par le Magistère et l’enseignement traditionnel de l’Eglise.
Pour garder la paix et l’unité dans la vérité, osons refuser de discuter avec le diviseur, osons répondre à la confusion par la parole de Dieu. Car
« vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4,12).
Comme Jésus face à la samaritaine osons dire la vérité. « Tu as raison de dire : je n’ai point de mari car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu dis vrai. » (Jean 4, 18) Que dire à des personnes engagées dans des unions homosexuelles ? Comme Jésus, osons la première des miséricordes : la vérité objective des actes.
Avec le Catéchisme de l’Eglise catholique (2357), nous pouvons donc affirmer :
« L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés » (CDF, décl. “Persona humana” 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas. »
Toute approche pastorale qui ne rappellerait pas cette vérité objective manquerait à la première œuvre de miséricorde qui est le don de la vérité. Cette objectivité de la vérité n’est pas contraire avec l’attention portée à l’intention subjective des personnes. Mais l’enseignement magistral et définitif de saint Jean-Paul II doit être ici rappelé :
« Il convient de considérer avec attention le rapport exact qui existe entre la liberté et la nature humaine et, en particulier, la place du corps humain du point de vue de la loi naturelle. (…)
« La personne, comprenant son corps, est entièrement confiée à elle-même, et c’est dans l’unité de l’âme et du corps qu’elle est le sujet de ses actes moraux. Grâce à la lumière de la raison et au soutien de la vertu, la personne découvre en son corps les signes annonciateurs, l’expression et la promesse du don de soi, en conformité avec le sage dessein du Créateur. (…)
« Une doctrine qui dissocie l’acte moral des dimensions corporelles de son exercice est contraire aux enseignements de la Sainte Ecriture et de la Tradition : une telle doctrine fait revivre, sous des formes nouvelles, certaines erreurs anciennes que l’Eglise a toujours combattues, car elles réduisent la personne humaine à une liberté ‘spirituelle’ purement formelle. Cette réduction méconnaît la signification morale du corps et des comportements qui s’y rattachent (cf. 1 Co 6, 19). L’Apôtre Paul déclare que n’hériteront du Royaume de Dieu ‘ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu’ivrognes, insulteurs ou rapaces’ (1 Co 6, 9-10). Cette condamnation, formellement exprimée par le Concile de Trente met au nombre des ‘péchés mortels’, ou des ‘pratiques infâmes’, certains comportements spécifiques dont l’acceptation volontaire empêche les croyants d’avoir part à l’héritage promis. En effet, le corps et l’âme sont indissociables : dans la personne, dans l’agent volontaire et dans l’acte délibéré, ils demeurent ou se perdent ensemble. » (“Veritatis splendor” 48-49)
Mais un disciple de Jésus ne saurait s’en tenir là. Face à la femme adultère, Jésus fait œuvre de pardon dans la vérité : « Moi non plus je ne te condamne pas, va et désormais ne pêche plus. » (Jean 8, 11) Il offre un chemin de conversion, de vie dans la vérité.
La Déclaration “Fiducia supplicans” écrit que la bénédiction est au contraire destinée aux personnes qui « demandent que tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations soit investi, guéri et élevé par la présence de l’Esprit Saint » (n. 31). Mais qu’y a-t-il de bon, de vrai et d’humainement valable dans une relation homosexuelle, définie par les Saintes Ecritures et la Tradition comme une dépravation grave et « intrinsèquement désordonnée » ? Comment un tel écrit peut-il correspondre au Livre de la Sagesse qui affirme : « Les pensées tortueuses éloignent de Dieu, et, mise à l’épreuve, la Puissance confond les insensés. Non, la Sagesse n’entre pas dans une âme malfaisante, elle n’habite pas dans un corps tributaire du péché. Car l’Esprit Saint, l’éducateur, fuit la fourberie » (Sg 1,3-5). L’unique chose à demander aux personnes qui vivent une relation contre nature, c’est de se convertir et de se conformer à la Parole de Dieu.
Avec le Catéchisme de l’Eglise catholique (2358-2359), nous pouvons préciser davantage en disant :
« Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition. Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne. »
Comme le rappelait Benoît XVI, « en tant qu’êtres humains, les personnes homosexuelles méritent le respect (…) ; elles ne doivent pas être rejetés à cause de cela. Le respect de l’être humain est tout à fait fondamental et décisif. Mais cela ne signifie pas que l’homosexualité soit juste pour autant. Elle reste quelque chose qui s’oppose radicalement à l’essence même de ce que Dieu a voulu à l’origine. »
La Parole de Dieu transmise par la Sainte Ecriture et la Tradition est donc le seul fondement solide, le seul fondement de vérité sur lequel chaque Conférence épiscopale doit pouvoir bâtir une pastorale de miséricorde et de vérité envers les personnes homosexuelles. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique nous en offre une puissante synthèse, il répond au désir du Concile Vatican II « d’amener tous les hommes, par le resplendissement de la vérité de l’Evangile, à rechercher et à recevoir l’amour du Christ qui est au-dessus de tout. » [4]
Il me faut remercier les Conférences épiscopales qui ont déjà fait ce travail de vérité en particulier celles du Cameroun, du Tchad, du Nigéria, etc., dont je partage et fais miennes les décisions et l’opposition ferme à la Déclaration “Fiducia supplicans”. Il faut encourager les autres Conférences Episcopales nationales ou régionales et chaque évêque à faire de même. Faisant ainsi, on ne s’oppose pas au Pape François, mais on s’oppose fermement et radicalement à une hérésie qui mine gravement l’Eglise, Corps du Christ, parce que contraire à la foi catholique et à la Tradition.
Benoit XVI soulignait que « la notion de “mariage homosexuel” est en contradiction avec toutes les cultures de l’humanité qui se sont succédé jusqu’à ce jour et signifie donc une révolution culturelle qui s’oppose à toute la tradition de l’humanité jusqu’à ce jour ». Je crois que l’Eglise d’Afrique en a une très vive conscience. Elle n’oublie pas la mission essentielle que les derniers Papes lui ont confiée. Le Pape Paul VI, s’adressant aux Evêques africains réunis à Kampala, en 1969, a déclaré : « Nova Patria Christi Africa : La Nouvelle Patrie du Christ, c’est l’Afrique ». Le Pape Benoît XVI a, à deux reprises, confié à l’Afrique une mission énorme : celle d’être le poumon spirituel de l’humanité à cause des richesses humaines et spirituelles inouïes de ses enfants, de ses cultures. Il disait dans son homélie du 4 octobre 2009 : « L’Afrique représente un immense « poumon » spirituel, pour une humanité qui semble en crise de foi et d’espérance. Mais ce « poumon » peut aussi tomber malade. Et, à l’heure actuelle, au moins deux pathologies dangereuses sont en train de l’attaquer : avant tout, une maladie déjà diffusée dans le monde occidental, à savoir le matérialisme pratique, associé à la pensée relativiste et nihiliste […] Le soi-disant « premier » monde a parfois exporté et continue d’exporter des déchets spirituels toxiques qui contaminent les populations des autres continents, parmi lesquels justement les populations africaines » [5].
Jean-Paul II a rappelé aux Africains qu’ils doivent participer à la souffrance et à la Passion du Christ pour le salut de l’humanité, « car le nom de chaque africain est inscrit sur les Paumes crucifiées du Christ » [6].
Sa mission providentielle aujourd’hui est peut-être de rappeler à l’Occident que l’homme n’est rien sans la femme, la femme n’est rien sans l’homme et les deux ne sont rien sans ce troisième élément qu’est l’enfant. Saint Paul VI avait souligné « l’apport irremplaçable des valeurs traditionnelles de ce continent : la vision spirituelle de la vie, le respect pour la dignité humaine, le sens de la famille et de la communauté » (“Africae terrarum” 8-12). L’Eglise en Afrique vit de cet héritage. A cause du Christ et par la fidélité à son enseignement et à sa leçon de vie, il lui est impossible d’accepter des idéologies inhumaines promues par un Occident déchristianisé et décadent.
L’Afrique a une conscience vive du nécessaire respect de la nature créée par Dieu. Il ne s’agit pas d’ouverture d’esprit et de progrès sociétal comme le prétendent les médias occidentaux. Il s’agit de savoir si nos corps sexués sont le don de la sagesse du Créateur ou bien une réalité sans signification, voire artificielle. Mais ici encore Benoît XVI nous avertit : « Lorsque l’on renonce à l’idée de la création, on renonce à la grandeur de l’homme. » L’Eglise d’Afrique a porté avec force la défense de la dignité de l’homme et de la femme créés par Dieu au dernier synode. Sa voix est souvent ignorée, méprisée ou considérée comme excessive par ceux qui n’ont pour unique obsession que de complaire aux lobbys occidentaux.
L’Eglise d’Afrique est la voix des pauvres, des simples et des petits. Elle est chargée de clamer la Parole de Dieu face à des chrétiens d’Occident qui, parce qu’ils sont riches, dotés de compétences multiples en philosophie, en sciences théologiques, bibliques, canoniques, se croient évolués, modernes et sages de la sagesse du monde. Mais « la folie de Dieu est plus sage que les hommes » (1Cor 1, 25). Il n’est donc pas surprenant que les évêques d’Afrique, dans leur pauvreté, soient aujourd’hui les héraults de cette vérité divine face à la puissance et à la richesse de certains épiscopats d’Occident. Car « ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort. Ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune chair n’aille se glorifier devant Dieu » (1Cor 1, 27-28). Mais osera-t-on les écouter lors de la prochaine session du Synode sur la synodalité ? Ou doit-on croire que, malgré les promesses d’écoute et de respect, il ne sera tenu aucun compte de leurs avertissements comme on le voit aujourd’hui ? « Méfiez-vous des hommes » (Mt 10, 22), dit le Seigneur Jésus, car toute cette confusion, suscitée par la Déclaration “Fiducia supplicans”, pourrait réapparaître sous d’autres formulations plus subtiles et plus cachées à la seconde Session du Synode sur la synodalité, en 2024, ou dans le texte de ceux qui aident le Saint-Père à rédiger l’Exhortation Apostolique Post-synodale. Satan n’a-t-il pas tenté le Seigneur Jésus par trois fois ? Il nous faudra être vigilants avec les manipulations et les projets que certains préparent déjà pour cette prochaine session du Synode.
Chaque successeur des apôtres doit oser prendre au sérieux les paroles de Jésus : « Que votre parole soit oui si c’est oui, non si c’est non. Tout ce qu’on ajoute vient du Mauvais » (Mt 5, 35). Le Catéchisme de l’Eglise catholique nous donne l’exemple d’une telle parole claire, tranchante et courageuse. Toute autre voie serait immanquablement tronquée, ambiguë et trompeuse. Nous entendons en ce moment tant de discours si subtils et contournés qu’ils finissent par tomber sous cette malédiction prononcée par Jésus : « Tout le reste vient du Mauvais ». On invente de nouveaux sens aux mots, on contredit, on falsifie l’Ecriture en affirmant y être fidèle. On finit par ne plus servir la vérité.
Aussi, permettez-moi de ne pas tomber dans de vaines arguties à propos du sens du mot bénédiction. Il est évident que l’on peut prier pour le pécheur, il est évident que l’on peut demander à Dieu sa conversion. Il est évident que l’on peut bénir l’homme qui, peu à peu, se tourne vers Dieu pour demander humblement une grâce de changement vrai et radical de sa vie. La prière de l’Eglise n’est refusée à personne. Mais elle ne peut jamais être détournée pour devenir une légitimation du péché, de la structure de péché ou même de l’occasion prochaine du péché. Le cœur contrit et pénitent, même s’il est encore loin de la sainteté, doit être béni. Mais souvenons-nous que, devant le refus de conversion et l’endurcissement, nulle parole de bénédiction ne sort de la bouche de saint Paul mais plutôt cet avertissement :
« Avec ton cœur endurci, qui ne veut pas se convertir, tu accumules la colère contre toi pour ce jour de colère, où sera révélé le juste jugement de Dieu, lui qui rendra à chacun selon ses œuvres » (Rm 2, 5-6).
Il nous appartient d’être fidèles à celui qui nous a dit : « Je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix » (Jean 18, 37). Il nous appartient comme évêques, comme prêtres, comme baptisés de rendre témoignage à notre tour à la vérité. Si nous n’osons pas être fidèles à la parole de Dieu, non seulement nous le trahissons, mais nous trahissons aussi ceux auxquelles nous nous adressons. La liberté que nous avons à apporter aux personnes vivant au sein d’unions homosexuelles réside dans la vérité de la parole de Dieu. Comment oserions-nous leur faire croire qu’il serait bon et voulu par Dieu qu’elles demeurent dans la prison de leur péché ?
« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, alors vous connaitrez la vérité et la vérité vous rendra libres » (Jean 8, 31-32).
N’ayons donc pas peur si nous ne sommes pas compris et approuvés par le monde. Jésus nous l’a dit : « le monde me hait parce que je rends témoignage que ses œuvres sont mauvaises » (Jean 7, 7). Seuls ceux qui appartiennent à la vérité peuvent entendre sa voix. Il ne nous appartient pas d’être approuvés et de faire l’unanimité.
Souvenons-nous du grave avertissement du Pape François au seuil de son pontificat :
« Nous pouvons marcher comme nous voulons, nous pouvons édifier de nombreuses choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, cela ne va pas. Nous deviendrons une ONG humanitaire, mais non pas l’Église, Épouse du Seigneur… Quand on n’édifie pas sur les pierres qu’est ce qui arrive ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils font des châteaux de sable, tout s’écroule, c’est sans consistance. Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable ». Quand on ne confesse pas Jésus Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon » (14 mars 2013).
Un mot du Christ nous jugera : « Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu. Et vous, si vous n’écoutez pas, c’est que vous n’êtes pas de Dieu » (Jean 8, 47).
Vers un instrument juridique interdisant la pratique de la gestation pour autrui
C’est avec joie que la Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe (FAFCE) fait écho aux paroles prononcées ce matin par le Pape François, dans son discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, appelant à une interdiction universelle de la gestation pour autrui :
“Je trouve regrettable la pratique dite de la mère porteuse, qui lèse gravement la dignité de la femme et de l’enfant. Elle est fondée sur l’exploitation d’une situation de nécessité matérielle de la mère. Un enfant est toujours un cadeau et jamais l’objet d’un contrat. Je souhaite donc un engagement de la Communauté internationale pour interdire cette pratique au niveau universel”.
Les 5 et 6 avril prochains, à Rome, une conférence internationale sera dédiée à la Déclaration de Casablanca, qui vise à offrir à tous les États un instrument juridique interdisant la pratique de la gestation pour autrui. Vincenzo Bassi, Président de la FAFCE, signataire de la dite Déclaration, affirme :
“Depuis plusieurs années, les associations familiales catholiques en Europe sont en première ligne pour protéger les enfants et les femmes contre toute tentative de légitimiser cette pratique et nous continuerons à travailler avec les nombreuses personnes et organisations, diverses et variées, qui soutiennent la déclaration de Casablanca. Grâce aussi à l’invitation du Pape François, il est grand temps de commencer une concrète réflexion internationale au niveau des Etats”.
Le Pape François avait déjà condamné la pratique de la GPA, pour la première fois d’une manière aussi explicite, lors de son audience avec les membres du Conseil de Présidence de la FAFCE, en 2022. L’appel lancé aujourd’hui a la spécificité de promouvoir une convention internationale pour l’abolition de la gpa. Il rentre dans le plus ample discours fait au Corps diplomatique, comme chaque année, où le Saint-Père rappelle l’importance de travailler pour la paix et les défis les plus importants de l’humanité aujourd’hui.
La voie de la paix exige le respect de la vie de l’enfant à naître dans le sein de la mère
Lundi 8 janvier, le Pape reçevait en Audience les représentants de 184 pays, du Corps Diplomatique près le Saint-Siège. A cette occasion, il a parlé du respect de la vie, de la GPA et du gender en ces termes :
“La voie de la paix exige le respect de la vie, de toute vie humaine, à partir de celle de l’enfant à naître dans le sein de la mère, qui ne peut être supprimée, ni devenir objet de marchandage. À cet égard, je trouve regrettable la pratique de la dite mère porteuse, qui lèse gravement la dignité de la femme et de l’enfant. Elle est fondée sur l’exploitation d’une situation de nécessité matérielle de la mère. Un enfant est toujours un cadeau et jamais l’objet d’un contrat. Je souhaite donc un engagement de la Communauté internationale pour interdire cette pratique au niveau universel. À chaque moment de son existence, la vie humaine doit être préservée et protégée, tandis que je constate avec regret, en particulier en Occident, la diffusion persistante d’une culture de la mort qui, au nom d’une fausse piété, rejette les enfants, les personnes âgées et les malades.
La voie de la paix exige le respect des droits humains, selon la formulation, simple mais claire, contenue dans la Déclaration Universelle des Droits Humains dont nous venons de célébrer le 75èmeanniversaire. Il s’agit de principes rationnellement évidents et communément acceptés. Malheureusement, les tentatives tentées ces dernières décennies d’introduire de nouveaux droits qui ne sont pas pleinement importants par rapport à ceux initialement définis et pas toujours acceptables, ont suscité des colonisations idéologiques, parmi lesquels la théorie du genre joue un rôle central, qui est très dangereuse parce qu’elle efface les différences dans la prétention de rendre tous égaux. Ces colonisations idéologiques provoquent des blessures et des divisions entre les États, au lieu de favoriser l’édification de la paix.”
Les députés RN s’opposent à la dépose des vitraux de Viollet-le-Duc
Communiqué du député RN Julien Odoul :
Mercredi 13 décembre, dans le cadre du groupe de travail chargé du suivi de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris que co-préside le député Julien Odoul, la commission des affaires culturelles et de l’éducation a auditionné Monsieur Philippe Jost, qui a succédé au général Jean-Louis Georgelin à la présidence de l’établissement public « Rebâtir Notre-Dame de Paris ».
Durant cette audition, Julien Odoul a interrogé Monsieur Jost sur les récentes déclarations du Président de la République. En effet, lors de sa visite de chantier le 8 décembre dernier, Emmanuel Macron a annoncé l’organisation d’un concours de vitraux contemporains pour « porter la marque du XXIe siècle » dans la cathédrale et remplacer les vitraux originaux de Viollet-le-Duc. Dans le prolongement de cette annonce scandaleuse et inquiétante, Monsieur Philippe Jost ne s’est pas montré très rassurant, en déclarant que :
« la ligne choisie consiste à ce que la cathédrale doit vivre chaque siècle depuis le début de sa construction et apporter sa marque, pourquoi pas le XXIème siècle ».
L’annonce macroniste a révolté légitimement les amoureux de notre patrimoine, déjà échaudés par les premiers débats sur la reconstruction de la flèche, qui ont immédiatement initié une pétition. Par cette décision, le Président de la République méprise également la convention de Venise signée avec la France en 1964, rendant impossible toute dépose des vitraux ainsi que leur remplacement par des œuvres modernes.
Si la cathédrale Notre-Dame de Paris retrouve sa splendeur jour après jour grâce au travail remarquable de tous les artisans, compagnons, architectes, charpentiers, etc., il n’est pas envisageable de la voir dénaturer et défigurer par des vitraux contemporains, nouvelle lubie déconstructrice d’Emmanuel Macron.
Les députés du groupe Rassemblement National rappellent leur attachement à la promesse de reconstruire la cathédrale à l’identique et s’opposent catégoriquement à la dépose des vitraux de Viollet-le-Duc. Ils soutiennent la pétition qui rassemble tous ceux qui sont attachés à la préservation de notre héritage, de notre culture et de notre identité.
La préférence sénégalaise du CROUS de Bordeaux
Cet article de Libération date de fin août 2023.

Et ce tweet du Crous de Bordeaux date de vendredi :
Dans le cadre de cette collaboration, le Crous de Bordeaux-Aquitaine réserve des places prioritaires sur son parc de logements pour les étudiants sénégalais bénéficiaires ou futurs bénéficiaires d’une allocation d’études gouvernementale. 3/5 pic.twitter.com/yexhvhJpzQ
— Crous de Bordeaux-Aquitaine (@Crous_Bordeaux) January 5, 2024
Fiducia Supplicans : Le salut des âmes intéresse-t-il encore quelqu’un ?
Gaëtan Poisson, auteur d’un ouvrage sur L’homosexualité au risque de la foi – Le témoignage d’un gay qui défend l’Église, ayant fait le choix de la chasteté dans la continence, a témoigné de la libération d’un homme d’une hypersexualisation imposée par les LGBT. Il réagit à son tour sur la déclaration Fiducia Supplicans. Extrait :
[…] Au vu des évolutions sociétales fulgurantes et de la situation de plus en plus douloureuse dans laquelle vivent la plupart des ménages modernes, une nouvelle question pourrait se poser : les prêtres doivent-ils toujours, forcément, bénir les unions et les couples, quelle que soit leur situation de vie (concubinage, couple libre mais plus ou moins addict, couple hétéro immature, couple homosexuel actif, couple homosensible, etc ?) J’entends déjà les cris d’orfraie… Mais les amis, n’est-il pas primordial, chez tout prêtre enrôlé, de faire entrer en ligne de compte la matérialité du projet visé par tous ces couples en question ? Quelle valeur pourrait avoir une bénédiction qui serait obligeamment automatique ? On nous objectera que Fiducia Supplicans demande aux prêtres un discernement adapté à chaque cas. On sait ce qu’il en sera dans les faits.
Le nouvel arc-en-ciel des mille et une situations maritales, de concubinages, et d’associations plus ou moins sentimentales requiert-il du prêtre un service de caisse-enregistreuse ? Ma pauvre conscience me fait penser que non. Certes, l’Eglise ne saurait, sans renier son saint ministère, écarter de ses dons et de sa protection le moindre frère humain, quel qu’il soit. En revanche il est curieux d’exiger, avec une impatience de client, la livraison d’un service qui coïnciderait forcément à l’état des lieux de notre couple…
« Bénissez-nous, mon père, car c’est la loi ». Belle réplique pour un film d’Audiard ! La requête morale est désormais bien ancrée du côté des tourtereaux de tous plumages, et non plus du prêtre, qui se trouve désormais écrasé entre deux instances supérieures : l’exigence commune, dernière version en date de la Common decency… et la vigilance de l’Eglise institutionnelle, missionnée précisément pour réguler ce qui doit l’être en matière de sentiments religieux.
On pouvait le craindre, et naturellement, c’est arrivé très vite : à peine la note du Vatican émise, des associations militantes sont montées au créneau pour manifester sur un ton mi-figue mi-raisin leur aigreur : certes, cette annonce constituerait une certaine avancée, mais la doctrine vis-à-vis des homosexuels en reste au point mort :
« Si ce changement est bienvenu, cela ne rassurera pas les catholiques qui se voient sans cesse rappelés à leur état de péché » (Tribune collective, Le Monde, 28 décembre 2023)
Quel que soit l’angle qu’on prenne en compte, il semble que Fiducia Supplicans pose question : le secours réel qu’elle apporte en faveur de la considération de la personne homosexuelle est immédiatement sectionné par les revers polémiques induits : la décision sent l’agenda, l’os à ronger, le jésuitisme, l’arbitrage maladroit. Si la bénédiction est indiscutablement offerte à quiconque, qu’il soit hétéro ou homosensible, l’ouverture d’une possibilité de bénédiction adressée à des couples non « réglementaires », précisément pour les sortir de leurs insuffisances morales, relèverait d’une extrême contradiction : on pourrait presque y voir, au bout de la philosophie du texte, une bénédiction visant à délier charnellement le couple qui la requiert. Une ségrégation réelle contre les personnes homosexuelles pourra dès lors être pointée, alors même que le Vatican souhaitait, avec cette déclaration, prouver le contraire aux yeux du monde.
Déjà, nombre de catholiques s’interrogent : par quel miracle la doctrine catholique vient-elle de changer ? Quelles que soient les assurances de continuité doctrinale martelées par le nouveau préfet pour la Doctrine de la Foi, il n’empêche que tous ses prédécesseurs avaient refusé la possibilité de bénédiction pour des couples jugés irréguliers. Or, c’est précisément quelques mois suite à sa nomination le 1er juillet 2023, que Mgr Víctor Manuel Fernández émet ce document. En d’autres termes, ce que le cardinal Luis Francisco Ladaria Ferrer n’a jamais pu faire, le nouveau préfet, l’évêque Víctor Manuel Fernández pourrait soudain l’accomplir : d’où cet étrange parfum de miracle, qui coïncide providentiellement à l’agenda politique de François. D’où, enfin, cette question dérangeante : n’y aurait-il pas là un certain arrangement idéologique au détriment du bien des âmes ? Laissons ce point en suspens, puisque nous serions bien en peine de l’éclairer. Simplement, remarquons qu’il serait grand temps pour l’Eglise de se rendre plus indépendante face aux pressions réactionnaires ou progressistes qui s’accumulent contre elle et en elle. Qu’on se le dise, la politique du « en même temps » ne sera jamais une théophanie. En revanche, l’Évangile nous éclairera toujours :
« Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin. » (Mat. 5,37)
Gardons à l’esprit ce sévère avertissement, sans pour autant sombrer dans le vertige paranoïaque. Ce que nos Écritures nous rappellent, c’est qu’on ne joue pas avec les âmes, quel qu’en soit le motif ou la bonne intention. L’Eglise n’a pas tous les pouvoirs sur cette terre, elle devrait se garder de toute tentation d’hubris : toute personne, qu’elle soit hétéro ou homosensible est le reflet de l’image de Dieu, sainte à ce titre. C’est à ce titre qu’elle peut bénir chacun individuellement, ou les couples selon la tradition multiséculaire de la Bible.
Ne soyons pas dupes : ce texte permettra à de nombreux prélats et prêtres d’accomplir plus aisément les petites libertés qu’ils prennent déjà avec la règle. Nous l’avons vu avec l’ouverture prophétique de Vatican II, dont la réception par les clergés nationaux fut grevée d’excès interprétatifs très dommageables. Toutes proportions gardées, il se produira la même chose avec Fiducia Supplicans.
J’en terminerai par une petite anecdote personnelle : un jour, lors d’une conférence, un monsieur m’a demandé s’il existait un lobby LGBT au Vatican. J’avoue avoir été pris de cours, et je me souviens avoir répondu que je n’en savais rien, bien qu’effectivement le Pape Benoît XVI avait lui-même évoqué l’existence de ce lobby. Aujourd’hui, en reconsidérant cette énigme, je dois bien reconnaître que je ne suis plus aussi sûr de mon incertitude : il existe manifestement des groupes de pression LGBT non seulement hors, mais aussi à l’intérieur du Vatican. L’ennui étant que l’agenda de ces personnes privilégie des impératifs sociétaux au détriment du primat spirituel. Or, c’est bien à ce primat que l’Eglise est chargée de se référer toujours, sans pour autant fermer son poing devant l’infinie diversité de ses enfants.
Le salut des âmes intéresse-t-il encore quelqu’un ?
Les âmes ont soif de connaître Notre-Seigneur Jésus-Christ
Les éditions Clovis viennent de rééditer un ouvrage sur Le Mystère de Jésus, publié une première fois en 1995. Il s’agit d’une série de conférences-méditations de Mgr Lefebvre sur cet abîme insondable de la perfection et de la charité qu’est le Fils premier-né du Père, le Verbe de Dieu incarné, Jésus-Christ né de la Vierge Marie. En vingt-neuf méditations d’une grande profondeur, nourries aux meilleures sources de la sainte Écriture, de la théologie spirituelle et de la piété aimante, nous pénétrons dans l’intimité du Rédempteur, dans son esprit, dans ses désirs, dans l’amour brûlant qu’il porte à son Père, dans sa soif du salut des âmes. Un livre pour mieux goûter, dans l’oraison, cette saisissante phrase de l’Évangile :
« La vie éternelle, c’est qu’ils vous connaissent, vous le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ. » (Jn 17, 3)
L’évêque missionnaire déclarait notamment :
Il faut peut-être avoir été en contact avec des populations païennes pour mesurer toute ce que Notre-Seigneur a apporté à notre société. Sur les treize ans que j’ai passés au Gabon, j’ai été dans la brousse pendant sept années. J’ai eu ainsi l’occasion de parler à ces païens dans leur langue, pour leur enseigner l’Evangile et leur faire découvrir et approcher Notre-Seigneur. On ne peut pas imaginer l’impact que pouvait avoir sur ces âmes absolument incultes, qui ne savaient ni lire ni écrire, le fait de parler de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de parler de la croix de Notre-Seigneur. C’est bien ce que dit saint Paul : c’est cela dont ils avaient besoin et qu’ils attendaient.
De même, à l’occasion de visites dans les oasis au Sahara, j’ai eu des contacts avec des populations musulmanes. Je suis allé dans les écoles organisées par les Pères Blancs ou par les Soeurs Blanches. Qu’est-ce qui intéressait les enfants ? C’était de leur parler de religion, de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Quand on abordait d’autres sujets, ils étaient distraits ; dès qu’on leur parlait de religion, leurs petits yeux s’éveillaient et ils étaient attentifs.
Cela pourrait prêter à étonnement. Mais non, après tout c’est bien naturel. Notre-Seigneur est leur Dieu, leur Créateur, et il n’est pas possible qu’il n’y ait pas une affinité entre celui qui les a créés, celui qui les a rachetés et eux, entre leur Créateur et leurs âmes. Par conséquent, le fait de parler de Notre-Seigneur à ces âmes les captivait immédiatement.
Epstein et le monde de l’eugénisme, de l’évolutionnisme et du transhumanisme
Le financier milliardaire Jeffrey Epstein, retrouvé suicidé dans sa cellule, a exploité sexuellement et abusé de dizaines de mineures dans ses résidences de Manhattan, à New York, et de Palm Beach, en Floride, entre autres lieux.
Un aspect de la vie d’Epstein semble toutefois incongru. Il s’est entouré d’éminents scientifiques, de professeurs de Harvard, de multiples lauréats du prix Nobel, d’auteurs, presque exclusivement des hommes. Il organisait des dîners dans son appartement à Manhattan et invitait un mélange de scientifiques de premier plan et de personnes issues du monde de la mode et du mannequinat. Un scientifique, qui a préféré garder l’anonymat, a déclaré qu’il n’y avait pratiquement aucune interaction entre ces deux groupes d’invités. “Parfois, il se tournait vers sa gauche et posait des questions scientifiques. Puis il se tournait vers sa droite et demandait au mannequin de lui montrer son portfolio”. Une jeune “collaboratrice” est apparue au milieu de l’un de ces dîners pour masser la nuque d’Epstein pendant qu’il parlait. Lorsqu’il a rassemblé 21 physiciens sur son île privée pour une réunion sur la gravité en 2006, il aurait été accompagné en permanence par trois ou quatre jeunes femmes. Il a également rencontré de nombreux scientifiques lors d’une réunion annuelle organisée par John Brockman, un agent littéraire qui représentait des auteurs scientifiques célèbres tels que Stephen Hawking et Jared Diamond. Le physicien Murray Gell-Mann, lauréat du prix Nobel, a remercié Epstein pour son soutien financier dans la section des remerciements de son livre de 1995, The Quark and the Jaguar (Le quark et le jaguar).
Selon le New York Times, une liste partielle des plus grands noms scientifiques dans l’orbite d’Epstein comprend “le physicien théoricien et auteur de best-sellers Stephen Hawking ; le paléontologue et biologiste évolutionniste Stephen Jay Gould ; Oliver Sacks, neurologue et auteur de best-sellers ; George M Church, ingénieur moléculaire qui a travaillé à l’identification des gènes qui pourraient être modifiés pour créer des humains supérieurs ; et le physicien théoricien du MIT Frank Wilczek, lauréat du prix Nobel”.
Epstein se qualifiait lui-même de “philanthrope de la science” et faisait des dons généreux à des organisations prestigieuses telles que Harvard, le MIT et l’Institut de Santa Fe. À un moment donné, il aurait donné jusqu’à 20 millions de dollars par an pour financer des scientifiques.
Le New York Times s’est penché sur les convictions scientifiques d’Epstein dans un article de 2019 intitulé “Jeffrey Epstein Hoped to Seed Human Race With His DNA” (Jeffrey Epstein espérait ensemencer l’espèce humaine avec son ADN). Les journalistes du Times ont découvert qu’Epstein était apparemment obsédé par le “transhumanisme”, la croyance selon laquelle l’espèce humaine peut être délibérément avancée grâce à des percées technologiques, telles que le génie génétique et l’intelligence artificielle. Dans sa forme la plus bénigne, le transhumanisme est une croyance selon laquelle les problèmes de l’humanité peuvent être améliorés, voire dépassés, grâce à des technologies telles que la cybernétique et l’intelligence artificielle – mais dans sa forme la plus maligne, le transhumanisme s’apparente à l’eugénisme.
L’eugénisme est la croyance selon laquelle l’humanité peut être améliorée par la reproduction contrôlée, en sélectionnant les traits préférés et en minimisant les traits moins souhaitables. Alan Dershowitz, professeur émérite de droit à Harvard et ancien avocat d’Epstein, a déclaré dans l’enquête du New York Times qu’Epstein orientait parfois les conversations sur la manière d’améliorer génétiquement la race humaine.
Epstein aurait été fasciné et inspiré par le Repository for Germinal Choice, fondé à Escondido, en Californie, en 1980 par Robert K. Graham, un eugéniste avoué et un magnat qui s’est enrichi en développant des verres de lunettes incassables. L’objectif de Graham était de “renforcer le patrimoine génétique humain” et il y parviendrait grâce au Repository, une banque de sperme dont tous les donneurs étaient des lauréats du prix Nobel. C’est du moins ce qui était censé fonctionner : selon un article paru en 2001 dans Slate, Graham n’a jamais convaincu que trois ou cinq personnes (les histoires varient) de contribuer réellement, et le Repository a fermé ses portes en 1999.
Mais Epstein a apparemment été séduit par l’idée. Dans sa version, cependant, plutôt qu’une bande d’universitaires diplômés, c’est lui qui “renforcerait le patrimoine génétique”. Dès le début des années 2000, il aurait dit à plusieurs personnes qu’il voulait féconder autant de femmes que possible pour distribuer ses gènes le plus largement possible. Plusieurs connaissances ont déclaré au New York Times qu’Epstein avait mentionné l’utilisation de son vaste ranch du Nouveau-Mexique comme base d’opérations, et au moins une personne a déclaré qu’il prévoyait de féconder jusqu’à 20 femmes à la fois.
Pour alléger sa facture d’électricité, l’ONU ferme
Voilà un bon exemple à suivre par certaines de nos administrations… Faute de liquidités, l’ONU prolonge la fermeture de son siège genevois. Cette mesure inédite, précédemment décidée pour la période du 20 décembre au 7 janvier, sera finalement étendue jusqu’au 12 janvier. L’organisation internationale souhaite de la sorte alléger sa facture d’électricité.
Le déficit de l’ONU est en grande partie dû au défaut de cotisations de ses membres: 52 des 193 pays finançant l’institution ne seraient pas à jour dans leurs paiements.
Comment vivre à proximité d’un point de deal ?
La mairie de Grenoble vous apprend à vivre avec les dealers afin que vous appreniez enfin à vivre la mixité sociale… :

Donald Trump ridiculise Macron
Lors d’un meeting :
Donald Trump imite Emmanuel Macron lors d’un meeting dans l’Iowa, aux États-Unis pic.twitter.com/0fUT1Scyn5
— BFMTV (@BFMTV) January 7, 2024
Face au monde moderne, quelle réponse pour un catholique?
C’est le thème d’une conférence donnée par Stanislas Berton en fin d’année dernière à Versailles :
La culture, au service du Bien Commun
Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :
« Ah ! qu’il est bon, qu’il est agréable pour des frères d’habiter ensemble ! » Cette exclamation du premier verset du psaume 133 traduit bien l’ambiance engageante qui doit régner dans une communauté d’hommes. Vivre ensemble ne peut suffire. Il faut encore que les membres de la société humaine prennent plaisir à vivre ensemble. Tout le véritable enjeu de la culture et la nécessité de sa transmission résident là. Si la nature sociale de l’homme est un fait – « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Gn 2, 18) – il faut encore que cette vie en société lui devienne « bonne » et « agréable », pour reprendre les adjectifs du psalmiste. « Habiter ensemble » certes, mais en construisant, consolidant et préservant des « espaces de paix et de sociabilité » selon l’expression de l’historien Pierre Chaunu. C’est à ce prix seulement que la bonté naturelle de la sociabilisation garantira d’être profitable. « Vivre ensemble » par nature et « prendre plaisir à vivre ensemble » par culture. Le chrétien ajoutera « se consumer pour l’ensemble » par grâce. « Seul », l’homme ne saurait parvenir à s’accomplir totalement. En cela, la culture de l’Evangile introduit un changement radical dans les relations humaines et élargit considérablement leurs perspectives. L’homme ne trouve pas sa raison d’être en existant seulement « avec quelqu’un ». Plus profondément, plus complètement, il donne à sa vie une plénitude inédite en existant « pour quelqu’un ».
De Cicéron à Jacqueline de Romilly
Arrêtons-nous quelques instants sur le terme de « culture ». Du latin « cultura », ce mot correspond à la fois à la « culture de la terre » (l’agriculture) mais aussi au « culte des ancêtres » (la piété filiale). Ainsi, la matrice originelle du mot « culture » se réfère à la terre et aux morts. Faire fructifier la première, en même temps que se souvenir avec respect de ceux qui l’ont travaillée avant nous. « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi t’en glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? » s’interrogeait déjà saint Paul (1 Cor 4, 7).
Dans ses Tusculanes, Cicéron constatait : « Un champ si fertile qu’il soit ne peut être productif sans culture et c’est la même chose pour l’âme sans enseignement. Or la culture de l’âme, c’est la sagesse. » Par sagesse, il faut entendre tout ce qui se dégage des passions, des inquiétudes, des pertes de temps pour connaître le vrai, le beau, le bien. Aux yeux de Cicéron, à la culture correspondent donc l’enseignement, la formation, l’éducation qui vont extirper en nous les vices et permettre à notre nature humaine de développer toutes ses potentialités en accueillant la vérité.
Notre filiation nous fait naître, sans mérite de notre part,dans un peuple déterminé, sur un continent déterminé, dans une province, un milieu, une famille, qui ont eux-mêmes un passé, des traditions, des usages, une langue, une manière de concevoir l’existence. De tout cela, nous héritons. La filiation nous fait aussi grandir sur une terre particulière, dans des paysages, dans des bruits, dans des odeurs qui vont impressionner notre sensibilité. La liste des réalités qui interviennent dans notre construction personnelle et qui nous constituent pourrait être longue. Une chose est certaine : notre âme, cultivée par l’éducation selon le mot de Cicéron, reçoit de ce labourage intérieur une conception du vrai, du beau et du bien. Cette culture de l’âme se réalise dans des conditionnements liés à notre filiation, à celle qu’ont reçue nos parents, et ainsi de suite. L’universel, qui serait inaccessible sans la culture, nous est rendu sensible à travers les médiations propres à notre environnement.
A l’école des Grecs, Cicéron souligne ainsi que nous ne pouvons devenir ce que nous sommes qu’au terme d’un effort, d’une transmission. « On ne naît pas homme, enseignait Jacqueline de Romilly, on le devient avec peine en cultivant l’amour de la liberté, la passion de la justice et le respect de la vie humaine. » Il n’est pas inutile de rappeler que la peine est attachée à toute culture de la terre : semer la bonne graine, récolter la moisson, moudre le blé réclament de l’énergie, de l’attention, de la ténacité. De même, attendre de l’école qu’elle ne soit qu’un lieu de bien-être serait se méprendre sur la réalité de notre nature humaine blessée. Acquérir des repères, bien user de la langue française ou jongler avec agilité entre tables de multiplications, verbes irréguliers anglais et déclinaisons latines nécessitent forcément… des efforts.
« Profondément, la culture relève du domaine de l’être »
Cependant, la culture n’est pas, comme l’entend Cicéron seulement une action. Cette culture de l’âme qui permet d’accéder au vrai, au beau, au bien, est aussi un filtre. Par « filtre », on entend tous les particularismes à travers lesquels nous ont été proposés le vrai, le beau et le bien. Ces particularismes sont évidemment des mœurs, des œuvres de l’esprit – œuvres littéraires, œuvres philosophiques – qui ont pu nous édifier. C’est encore une histoire qui est la nôtre, une géographie au sein de laquelle nous avons grandi. Tous ces particularismes vont considérablement conditionner notre être. Lors d’une conférence organisée par Les Eveilleurs en 2017 sur le thème « Le multiculturalisme menace-t-il notre civilisation ? », le directeur du Figaro Histoire, Michel De Jaeghere, remarquait : « Un enfant qui est élevé aujourd’hui en Afghanistan, dans une famille polygame, dans l’idéal du djihad, par la seule lecture éventuelle du Coran ne donnera pas le même homme qu’un méditerranéen lisant Homère ou Corneille dans une famille chrétienne, non plus qu’un adolescent écoutant du Métal en regardant les films de Tarantino dans une barre de HLM. »
Mais alors, en quoi la culture révèle-t-elle son caractère décisif ? Parce que, justement, elle n’est pas du domaine de l’avoir. Par « culture », on se méprendrait à entendre d’abord et en premier lieu une accumulation de connaissances. Profondément, la culture relève du domaine de l’être. C’est ce qui explique sa dimension essentielle dans notre quête d’absolu et rend hasardeux l’idée même de sociétés multiculturelles. Dimension essentielle dans notre quête d’absolu parce que la culture judéo-chrétienne invite à se dépouiller du vieil homme, le « barbare », pour revêtir l’homme nouveau, le « disciple », celui dont le cœur, l’esprit et l’âme se laissent labourer par l’Evangile. Rend hasardeux l’idée même de sociétés multiculturelles car il y a utopie à faire vivre ensemble, en communauté, des personnes qui, n’ayant pas reçu l’accès à l’universel à travers les mêmes particularismes, n’ont pas le même langage pas la même conception du vrai, du beau et du bien. Et comment pourraient-ils dès lors s’entendre sur un Bien Commun, puisque précisément leur caractère est ne pas avoir l’idée du bien en commun ?
En quête d’esprit : les rois mages
Aymeric Pourbaix reçoit
- Père Xavier GERON, aumônier de l’abbaye du Pesquié
- Père Guillaume de MENTHIÈRE, curé de paroisse à Paris
- Janvier HONGLA, co-fondateur de l’association FIDE
Terres de Mission : Le testament spirituel de Patrick Buisson
Eglise universelle : Déclaration Fiducia supplicans sur la bénédiction de couples homosexuels ou en situation irrégulière
Le 18 décembre, le Saint-Siège publiait un texte approuvé par le pape permettant dans certaines circonstances la bénédiction de couples homosexuels ou en situation irrégulière. L’abbé Alain Lorans commente ce texte et explique en quoi il est en rupture avec toute la Tradition de l’Eglise suscitant des oppositions comme on n’en avait plus vues face à un acte du pape depuis la publication d’Humanae Vitae en 1968.
Eglise en France : Le testament intellectuel de Patrick Buisson
Le 10 décembre, Patrick Buisson prenait pour la dernière fois la parole en public à l’occasion de la fête du livre de Renaissance Catholique. Interrogé par Martial Bild, Jean-Pierre Maugendre présente les points majeurs de cette réflexion de haute tenue : les moyens d’un suicide collectif de l’humanité, l’Islam n’est pas la cause de nos maux mais son révélateur, il n’y a pas de société sans sacré partagé, etc.
Eglise en Marche : Marche pour la vie du 21 janvier 2024
Face aux projets de constitutionnali
Fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Omnes de Saba vénient, aurum et thus deferéntes et laudem Dómino annuntiántes
Tous ceux de Saba viendront offrir l’or et l’encens en chantant les louanges du Seigneur. Isaïe 60,6
Nous sommes au Temps de Noël liturgiquement parlant (Tempus natalícum). Il se poursuivra jusqu’au 13 janvier inclus. Mais cette période est elle-même sous-divisée en deux Temps.
– le Temps de la Nativité (Tempus nativitátis) qui va des 1res Vêpres de Noël à None du 5 janvier inclus.
– le Temps de l’Épiphanie qui court des Ires Vêpres de l’Épiphanie du Seigneur, le 5 janvier, au 13 janvier inclus.
La Vigile de l’Épiphanie a été supprimée en 1955 mais l’on célèbre le 5 janvier les Ires Vêpres de la grande fête du 6 janvier, fête de 1re classe (ornements blancs).
C’est donc ce samedi 6 que les Rois Mages prennent place dans nos crèches.
Dans l’Ordo de 1962, la solennisation de la fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur, a été fixée, lors du Concordat de 1801, au dimanche qui suit le 6 janvier quand cette date n’est pas un dimanche, soit cette année 2024 le dimanche 7 janvier. C’était autrefois fête d’obligation en France, comme c’est encore le cas en certains pays. Le nouvel ordo de 1970 célèbre toujours la fête le premier dimanche de janvier.
Magi vidéntes stellam, dixérunt ad ínvicem :
Les Mages, voyant l’étoile, se dirent l’un à l’autreHoc signum magni Regis est :
Voici le signe du grand RoiEámus et inquirámus eum, et offerámus ei múnera, aurum, thus et myrrham, allelúia
Allons, et cherchons-le ; offrons-lui en présent, l’or, l’encens et la myrrhe, alléluia.
La fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur est une des plus anciennes fêtes de l’année liturgique, fixée au 6 janvier depuis la plus haute antiquité. Elle se célébrait en Orient dès le IIIe siècle et elle pénétra en Occident vers la fin du IVe siècle. Le mot Épiphanie signifie : manifestation. Comme à Noël c’est le mystère d’un Dieu qui se rend visible, mais ce n’est plus aux Juifs seulement qu’il se montre : C’est aux Gentils qu’en ce jour Dieu révèle son Fils (Oraison). Et Isaïe aperçoit, en une vision grandiose, l’Église figurée par Jérusalem, où affluent les rois et les nations, la multitude des peuples qui habitent le bord des mers et la force des Gentils. Ils viennent de loin avec leurs nombreuses caravanes en chantant les louanges du Seigneur et en lui apportant de l’or et de l’encens (Épître). Les rois de la terre adoreront Dieu et les nations lui seront soumises (Offertoire). L’Évangile montre la réalisation de cette prophétie. Alors que Noël célébrait l’hymen de la divinité avec l’humanité du Christ, l’Épiphanie célèbre l’union mystique des âmes avec Jésus. Aujourd’hui, dit la liturgie, en unissant cette fête à celle du jour Octave et du 2e dimanche après l’Épiphanie, aujourd’hui l’Église est unie à son céleste Époux, car le Christ a lavé ses crimes dans le Jourdain, les Mages accourent avec leurs présents aux noces royales et les convives boivent avec joie l’eau transformée en vin. Alléluia. C’est à Saint-Pierre, où se trouvent les reliques du chef de l’Église, que la liturgie célèbre l’entrée des païens dans l’Église. Reconnaissons dans les Mages adorateurs les prémices de notre vocation et de notre foi, et célébrons avec des cœurs pleins de joie les débuts de cette heureuse espérance : car, dès ce moment, nous avons commencé à entrer dans l’héritage céleste (Saint Léon, Matines).
Les textes de la messe insistent surtout sur le premier épisode de cette manifestation : la visite des Mages à Bethléem. Mais les textes de l’office de cette fête, particulièrement l’hymne et l’antienne à Magnificat des deuxièmes Vêpres, nous rappellent que cette manifestation s’est accomplie à l’occasion de trois événements : l’adoration des mages que nous commémorons aujourd’hui, le baptême de Notre Seigneur dans le Jourdain qui sera célébré le 13 janvier, jour octave de l’Épiphanie, et le miracle des noces de Cana que nous retrouverons le deuxième dimanche après l’Épiphanie.
L’Épiphanie c’est donc l’entrée solennelle du Christ Roi dans le monde. C’est ce qu’exprime le chant de l’Introït, dont le texte n’est pas littéralement scripturaire mais s’inspire de passages des prophètes de l’ancien testament, et dont la mélodie est peu développée et presque horizontale, mais très solennelle et assez hiératique.
►Introït : Ecce advenit
Ecce advenit dominator Dominus : et regnum in manu ejus, et potestas, et imperium.
Voici que vient le Seigneur souverain ; il a dans sa main la royauté, la puissance et l’empire.
C‘est bien lui le Roi. On appelle couramment l’Épiphanie la fête des rois. On parle des rois mages. En fait l’Évangile ne parle pas de rois ; il dit seulement : des mages d’Orient. C’était probablement des prêtres des religions païennes orientales, de savants et aussi de puissants personnages, car dans leur pays à cette époque le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel étaient plus ou moins confondus. Leur caravane était certainement imposante, et son arrivée à Jérusalem a causé un grand émoi. Mais le seul vrai roi c’est le petit enfant, c’est Lui qu’ils viennent adorer. C’est Lui également le Roi que chante le psaume 71, grand psaume messianique que nous retrouverons à l’Offertoire et dont le premier verset accompagne cet Introït :
Deus judicium tuum Regi da : et justitiam tuam Filio Regis.
Seigneur donnez au Roi votre jugement et au fils du Roi votre justice.
►Graduel : Omnes de Saba
Le texte du Graduel de l’Épiphanie est tiré du prophète Isaïe, et plus précisément du passage qui est lu à la messe, juste avant ce chant. C’est d’ailleurs un des rares cas dans la liturgie où le Graduel est tiré de la lecture précédente et c’est aussi un des rares cas, dans les messes des dimanches et fêtes, où cette lecture est tirée de l’Ancien Testament. Pour bien comprendre ce chant, le mieux est de lire en entier ce texte d’Isaïe, qui n’est pas long et qui est magnifique.
” Lève-toi Jérusalem, sois illuminée, car elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Car voici que les ténèbres couvriront la terre, et les peuples seront dans l’obscurité : mais le Seigneur se lèvera sur toi et sa gloire paraîtra en toi. Les nations marcheront à ta lumière et les rois à la splendeur de ton aurore. Lève les yeux autour de toi et regarde : tous ceux-ci sont rassemblés, ils sont venus vers toi. Tes fils sont venus de loin et tes filles surgissent à leurs côtés. Alors tu verras et tu seras comblée, tu seras émerveillée et ton cœur se dilatera quand les richesses de la mer afflueront vers toi et que la puissance des nations viendra à toi. Une foule de chameaux t’envahira, des dromadaires de Madian et de Epha : tous viendront de Saba, apportant l’or et l’encens et proclamant la louange du Seigneur. “
La première partie du Graduel reprend la dernière phrase de ce texte qui annonce d’une façon précise la visite des mages ; même l’or et l’encens sont mentionnés.
Omnes de Saba venient, aurum et thus deferentes, et laudem Domino annuntiantes.
La deuxième partie, au contraire, reprend la première phrase du texte :
Surge et illuminare Jérusalem : quia gloria Domini super te orta est.
Cette Jérusalem nouvelle qui est ainsi glorifiée, c’est évidemment l’Église qui voit affluer vers elle les peuples de toutes races et de toutes langues. On remarquera au début de la deuxième partie l’accent très prononcé de surge, puis la grande montée de illuminare, avant la descente en douceur sur Jerusalem et de nouveau un grand crescendo sur Domini.
►Alléluia : Vidimus Stellam
Si le texte du Graduel de l’Épiphanie était tiré de la lecture qui le précédait, le verset de l’Alléluia au contraire est tiré de l’Évangile qui le suit.
Vidimus stellam ejus in oriente, et venimus cum muneribus adorare Dominum.
Nous avons vu son étoile en orient et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Ce sont les paroles des mages au roi Hérode en arrivant à Jérusalem. La mélodie est la même que celle de l’Alléluia du jour de Noël, qui parlait déjà d’une grande lumière descendue sur la terre, et qui invitait tous les peuples éclairés par cette lumière à venir adorer le Seigneur. Aujourd’hui les mages représentant toutes les nations répondent à cette invitation. Cette mélodie elle-même est lumineuse. Elle exprime bien la joie et la reconnaissance de tous ces peuples qui ont reçu la révélation du Sauveur et qui ont tout quitté pour aller L’adorer.
►Offertoire : Reges Tharsis
Le texte de l’Offertoire de l’Épiphanie est tiré du psaume 71, dont nous avons déjà trouvé le début comme verset de l’Introït, et qui est un des grands psaumes messianiques. Il chante la gloire du roi d’Israël, probablement Salomon, à qui tous les rois environnants venaient rendre hommage. On se souvient de l’épisode de la reine de Saba qui est ici mentionné.
Reges Tharsis et insulæ munera offerent : reges Arabum et Saba dona adducent : et adorabunt eum omnes reges terræ, omnes gentes servient ei.
Les rois de Tharse et des îles offriront des présents : les rois d’Arabie et de Saba apporteront des dons. Tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations Le serviront.
Le roi d’Israël est comme toujours la figure du Messie à qui tous les rois et les peuples du monde entier doivent se soumettre. Les mages d’Orient dont parle l’Évangile ont été les premiers à les représenter. La mélodie comme celle du Graduel exprime une joie bien affirmée. Ses ondulations évoquent très bien la grande procession des peuples en marche vers le Sauveur.
►Communion : Vidimus stellam
Lous retrouvons dans l’antienne de Communion de l’Épiphanie le même texte qu’à l’Alléluia, tiré de l’Évangile du jour.
Vidimus stellam ejus in Oriente, et venimus cum muneribus adorare Dominum.
Nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Mais la mélodie donne ici à cette antienne assez courte un caractère différent de celui du verset de l’Alléluia, plus intime, plein d’une joie douce et légère. C’est le chant de l’âme qui a reçu la lumière d’en haut et, pleine de reconnaissance, s’empresse d’aller adorer Celui qui la lui a envoyée et se mettre à son service. Cette petite pièce finement ciselée se termine par les mots adorare Dominum très contemplatifs.
Voici que vient le Seigneur souverain ; il a dans sa main la royauté, la puissance et l’empire.
«On peut réussir sa scolarité et devenir mère. »
Le Figaro publie un article sur des lycéennes ou étudiantes qui font le choix de garder leur enfant et de ne pas avorter :
Si en France, l’âge moyen des jeunes mamans est de 31 ans, de nombreuses lycéennes ou étudiantes accueillent leur premier enfant en plein milieu de leur cursus scolaire. La grossesse, souvent imprévue, et l’accouchement, poussent généralement les élèves à interrompre leurs études. Mais d’autres font le choix de s’accrocher pour obtenir leur diplôme.
Interdiction quasi-totale de l’avortement dans l’Idaho
La Cour suprême des Etats-Unis a rétabli vendredi l’interdiction quasi-totale de l’avortement dans l’Idaho en attendant d’examiner une demande d’appel contre la mesure.
L’Idaho autorise l’avortement seulement en cas de danger imminent de mort pour la femme enceinte.
Un juge fédéral avait émis une injonction préliminaire en août 2022 qui suspendait la loi de cet Etat, arguant qu’elle mettait les médecins dans une position délicate. L’administration Biden a déposé un recours contre l’Etat de l’Idaho, avançant que cette loi entrait en conflit avec une loi fédérale qui exige des hôpitaux recevant des fonds publics fédéraux qu’ils fournissent des soins d’urgence, y compris l’avortement, dans les cas graves mais pas nécessairement fatals.
Louis XIV et Jeanne d’Arc ont un lien avec l’Epiphanie
A découvrir en regardant l’émission d’hier sur CNews, Face à Philippe de Villiers :
GPA : À l’heure où l’on dénonce plus que jamais les violences faites aux femmes, comment accepter cette aliénation du corps féminin ?
René Frydman, le « père » du premier bébé français conçu par fécondation in vitro (FIV) en 1982, découvre comme un savant fou, les excès de ses prouesses… : gestation pour autrui, accouchement de femmes ménopausées, conception d’enfants après la mort du père ou dotés de trois mères… Il dénonce le désir d’enfant dans son nouveau livre, La Tyrannie de la reproduction. Extrait d’un entretien au Point :
La mondialisation et la commercialisation de la procréation médicalement assistée [PMA], la médiatisation surtout de cas de grossesses extrêmes ou de gestations pour autrui présentées comme idylliques leur donnent hélas l’illusion que tout est possible. Leur désir d’enfant s’est mué en « droit », et une pression formidable s’exerce sur les médecins. Or un médecin doit pouvoir dire non, faire entendre que tout n’est pas possible… Et rappeler la réalité : 50 % des patients qui entreprennent un parcours de FIV, y compris avec donneurs, n’auront pas d’enfant.
Vous est-il arrivé de refuser des demandes qui étaient pourtant dans le cadre de la loi ?
Bien sûr. Nous exerçons une médecine complexe, car c’est une médecine du désir. Tous les centres de PMA ont eu au moins un cas de patiente qui, tombée enceinte après plusieurs FIV, demandait finalement une IVG : c’est dire si le désir d’enfant est parfois ambivalent. La facilité, en tant que médecin, est de ne se poser aucune question. Pourtant, notre devoir est d’exprimer nos doutes ou d’imposer un temps de réflexion lorsque nous décelons des situations de fragilité, des conditions délétères pour l’enfant à naître ou une forme d’acharnement. Il faut aussi parfois aider les patients à renoncer. J’ai souvent entendu des soupirs de soulagement quand, dans mon cabinet, je suggérais à des couples, usés par les tentatives infructueuses, de s’arrêter…
Vous restez foncièrement opposé à la gestation pour autrui : pourquoi ?
À l’heure où l’on dénonce plus que jamais les violences faites aux femmes, comment accepter cette commercialisation, cette aliénation du corps féminin ? Peu de médecins de la reproduction font aussi des accouchements, mais j’ai, pour ma part, accouché plus de 3 000 femmes, et je ne me suis jamais lassé d’assister à cette rencontre extraordinaire entre l’enfant et celle qui l’a porté pendant neuf mois. Il m’est d’ailleurs arrivé d’accoucher des mères porteuses, et cette séparation financée par d’autres, ce processus commercial qui, quels que soient les risques, met à distance le bébé et la mère m’a paru terrible… […]
Novembre dernier : « IVG » : Les états d’âme d’un bourreau ou d’un abuseur…
De Rémi Fontaine pour Le Salon beige :
Il n’y a pas qu’envers l’euthanasie que les médecins et les soignants dans leur grande majorité s’offusquent du « geste » qu’on veut leur imposer légalement au mépris du serment d’Hippocrate. Contre l’avortement qu’on s’apprête à « sacraliser » dans la Constitution et qu’on fait maintenant commettre aux sages-femmes, les mêmes médecins et soignants disent souvent leur « ressenti ». À l’approche de la Marche pour la Vie, rappel d’une confession de l’un d’entre eux il y a déjà près de vingt ans…
C’est le témoignage d’un gynécologue obstétricien à la clinique Ambroise-Paré de Toulouse. Dans le magazine du Syndicat national des gynécologues (en 2005), Jean Thévenot raconte ses « obligations » et ses états d’âme à travers l’histoire de Paul et Marie qui, tout à la joie d’attendre leur premier enfant, apprennent qu’il s’agit d’un bébé trisomique. Il rappelle les différentes étapes qui l’entraînent à proposer aux parents une première prise de sang à la 15e semaine de grossesse, puis une amniocentèse et enfin… une interruption (“médicale”) de grossesse (IMG). Avec la question angoissée de la maman par rapport à cette “intervention” : « Docteur, il va souffrir mon bébé ? » Il avoue que chaque jour il prescrit une bonne dizaine de tests de dépistage, fait une ou deux amniocentèses. Et 5 ou 6 fois par an, il passe l’horrible coup de téléphone aux parents qui tue aussi bien « l’enfant à venir, l’insouciance des jeunes parents, l’insouciance de ses jeunes années d’obstétricien… »
Il raconte comment le médecin devient ainsi aujourd’hui « le bourreau des temps modernes qui donne autant la vie que la mort ». Il reconnaît en effet qu’il fait partie des rares citoyens à pouvoir délivrer la peine capitale. Mais en droit : « Ce n’est pas la peine de mort parce que, comme le fœtus n’est pas légalement une personne, il ne vit pas ; on peut donc faire des fœticides tranquilles ; la loi est avec nous. » Reste à ses yeux que seuls les législateurs ont la conscience en paix, car « au moment où je fais le fœticide, moi je ne suis pas tranquille »… Et de regretter ses années de jeune médecin où il n’avait pas d’états d’âme comme ceux qui le poursuivent quotidiennement aujourd’hui, enviant ceux pour qui il n’y a pas de problèmes : soit qu’ils ne fassent pas d’avortement par conviction, soit qu’ils le considèrent comme un acte technique comparable aux autres. Mais y en a-t-il vraiment en conscience ? On assiste en fait chez les médecins avortueurs à un syndrome psychologique, post-traumatique, analogue à celui que connaissent tôt ou tard les mères après leur avortement.
On se souvient peut-être d’une fameuse émission télévisée (Transit) à ce sujet il y a bien longtemps sur Arte, où les médecins qui tuent s’étaient “lâchés”, avant même la loi Aubry les contraignant davantage à délivrer la mort. Comparant aussi leur “métier” avec “le geste” du bourreau, reconnaissant avec dégoût qu’il s’agissait d’un “sale boulot” antinomique avec leur préoccupation de sauvegarder les petits et de surveiller les grossesses à risque. Un boulot qu’ils ne voulaient plus faire, même moyennant statut et finances comme des tueurs à gage (selon un mot repris par le pape François) : « Il arrive un moment où l’on en a marre de voir passer des jambes et des bras à travers un tuyau d’aspiration… »
Jean Thevenot déplore également pour sa part que l’on protège davantage les palombes dans le Sud de la France que l’enfant (trisomique) dans le ventre de sa mère : « Y a-t-il des sous-hommes qu’il faut éliminer ou qu’il ne faut pas laisser vivre ? » Il se met à la place de l’enfant trisomique : « Si c’était moi le petit trisomique, accepterais-je que d’autres choisissent pour moi que je ne devrais pas vivre ? » Et il décrit l’IMG, l’émotion ressentie « en salle de naissance » devant l’arrivée de ce petit bonhomme de 150 à 200 grammes « mais qui reste un modèle réduit de l’humain que je suis »… « La loi c’est la loi, mais au niveau des tripes, c’est difficile », reconnaissait un autre avorteur de la première heure après la loi Aubry. Dur métier de bourreau en effet ! Sauf que, si « le geste » reste matériellement le même, l’analogie a ses limites : le bourreau, fait pour exécuter, était censé châtier un criminel gravement coupable aux yeux de la justice ; le médecin, fait pour sauver la vie, doit se transformer en bourreau pour assassiner légalement un innocent « de trop » aux yeux de la culture de mort. On comprend assurément la difficulté « au niveau des tripes » et le syndrome que cela peut engendrer…
D’autant plus qu’à la vue des images saisissantes du « fœtus au sourire », du Cri silencieux ou de la « main de l’espoir », on peut aussi prolonger les similitudes, malgré leurs limites également (comparaison n’est pas raison). Mais quelle différence au fond entre les pédomaniaques, abuseurs d’enfants de tout acabit – ceux qui commettent « le crime de scandaliser les petits enfants » (Matthieu, XVIII) – et ces avortueurs sans scrupule auxquels on peut ajouter les chercheurs sans conscience mais aussi et surtout les membres du Comité d’éthique et enfin les législateurs qui permettent ces « gestes » horribles et les tortures qui vont avec ? Quelle différence en effet alors qu’ils considèrent TOUS l’enfant à naître ou né comme un matériel disponible, un « petit Chose » insignifiant, enfant-objet, esclave sexuel ou scientifique, abusant de son innocence sacrée pour son plaisir ou d’autres fins fallacieuses, allant donc jusqu’à pouvoir le tuer au nom d’une funeste et terrible idéologie matérialiste, nominaliste et individualiste ? En réveillant sa conscience morale, comme ce gynécologue, il serait temps de comprendre pour nos contemporains, que le désir individuel, bien ou mal intentionné, n’est pas la mesure de toutes choses. La personne humaine, créée « homme et femme » dépend (sur)naturellement de réalités qui lui sont supérieures, transcendantes, inscrites au fond de son cœur et transmises plus ou moins bien par les vraies civilisations : « Tu ne tueras pas ! »
Rémi Fontaine (d’après Le Livre noir de la culture de mort, Renaissance catholique, 2007). Cf. aussi :
L’appel à la prière musulmane dans l’église de la Trinité à Paris
C’était le 11 novembre dernier. La paroisse de la Trinité a été leurrée par les organisateurs du concert et a exprimé ensuite son mécontentement et son opposition à ce qui s’était passé durant ce concert. Voici ce que déclare le curé :
[…] Après enquête interne, voici les faits. Le 11 novembre 2023 a effectivement eu lieu au sein de l’église de la Sainte-Trinité un concert avec près de 200 artistes placés sous la direction de Mme
Evelyne Schwab. Le programme était une « Messe pour la paix » intitulée « L’homme armé » et composée par Karl Jenkins (1944-). Ce concert a bien été validé l’année dernière par la personne alors responsable des concerts que nous accueillons ponctuellement dans notre édifice. Nous avons pour règle de n’accueillir que des programmes de musique sacrée chrétienne compatibles avec le caractère cultuel de l’édifice. L’« Homme armé » est une mélodie populaire du XVe s. ayant souvent été utilisée pour mettre en musique les textes de l’ordinaire de la messe. Notre responsable des concerts ignorait l’étonnante structure de cette « messe » composée en 1999 par le musicien gallois Karl Jenkins à la mémoire des victimes du conflit dans les Balkans : en plus de l’ordinaire de la messe et d’extraits de psaumes et du livre de l’apocalypse, le texte de cette « messe » comporte aussi « l’appel à la prière » des musulmans, des textes profanes de Rudyard Kipling, d’Alfred Lord Tennyson et d’un survivant d’Hiroshima…
[…] Cependant, comme curé de la Trinité, si j’avais été personnellement informé que le programme de cette « Messe » de Karl Jenkins intégrait le chant de l’« Adhan » par le musicien nantais Yassine Hawa, j’aurais refusé sans hésitation d’accueillir ce concert dans l’église placée sous ma responsabilité. Le texte chanté est en effet en contradiction obvie avec la foi chrétienne et n’avait donc pas sa place dans notre église, même à l’occasion d’un évènement musical. Affirmer cela, ce n’est pas renoncer à la recherche de la paix par le dialogue, ce n’est pas non plus manquer de bienveillance envers les croyants d’autres religions, c’est au contraire se garder du « relativisme » qui, « sous le couvert d’une prétendue tolérance », s’avère au final être un obstacle à un
dialogue constructif et fécond (cf. FRANÇOIS, encyclique Fratelli tutti). Ayant moi-même été choqué en découvrant la séquence vidéo – sentiment renforcé par sa présentation et les commentaires –, je comprends très bien que certains fidèles puissent l’être en découvrant à leur tour les images d’un évènement qui n’aurait jamais dû avoir lieu si toutes les vérifications préalables avaient été correctement faites. […]
L’appel à la priere retentit
dans une égliseL’appel à la prière musulmane retentit dans l’église de la Trinité à Paris pic.twitter.com/DPFJHwh5Uz
— Babin Frank (@BabinFrank1) January 6, 2024
Une application pour sécuriser l’entrée des églises
L’application mobile Sésame, expérimentée par la Fondation du patrimoine, devrait permettre de protéger les églises des dégradations, des vols ou des risques d’incendie. Jean-Christophe Bonnard, délégué régional de la Fondation du patrimoine, déclare dans Le Journal du Centre :
« Le projet consiste à installer des serrures connectées dans les sites patrimoniaux, essentiellement des lieux de cultes (églises, temples, synagogues) normalement fermés au public et non gardiennés ». « L’idée est de protéger ces sites des dégradations, des vols ou des risques d’incendie, et d’en permettre la visite. »
Le visiteur devra installer l’application Sésame sur son smartphone. L’inscription nécessite de fournir sa pièce d’identité et ses coordonnées bancaires. Arrivé devant l’édifice, il pourra observer l’installation d’un QR code et d’une serrure connectée sur la porte d’accès.
« Elle est couplée avec un système de télésurveillance, qui se coupe automatiquement quand on débloque la serrure ».
Lorsqu’il scanne le QR code, le visiteur reçoit un code éphémère à quatre chiffres à composer sur le digicode.
« Il faut refermer derrière soi. La visite dure une heure maximum. Après, une alerte se déclenche et le télésurveilleur va faire une levée de doute et envoyer un rondier. »
Dans la Nièvre, deux églises sont équipées de ce dispositif, pour le moment expérimental.
La consécration de la France au Sacré-Coeur
Dans son numéro consacré au Sacré-Coeur, France catholique consacré un article à la consécration de la France au Sacré-Coeur, par Anne Bernet :

Michael D. O’Brien dans le magazine Gloria
Le magazine Gloria commence la nouvelle année avec la publication d’un entretien avec article Michael D. O’Brien, auteur du Père Elijah, une apocalypse, vendu à plus de 250 000 exemplaires. Il présente son nouveau roman Au bord des fleuves de Babylone.
On sait peu de chose sur Ézéchiel : il a été déporté en 597 avant Jésus-Christ, lorsque Babylone soumit Jérusalem, et a vécu en exil. À partir de là, Michael D. O’Brien écrit un roman historique qui nous raconte la vie d’Ézéchiel, par la voix du personnage lui-même, depuis ses 12 ans jusqu’à ses 30 ans. Ézéchiel, dont le nom signifie « Dieu rend fort », est un jeune berger au début du récit. Timide et pieux, il quitte son village pour rejoindre le Temple de Jérusalem, où il va étudier en vue de devenir prêtre. Il se rend compte que le péché est partout et que les serviteurs de Dieu préfèrent leurs propres intérêts à ceux du Seigneur. Il est également troublé par la menace de Babylone qui se rapproche de jour en jour. Avec des milliers d’autres Israélites, il est conduit en déportation. « Au bord des fleuves de Babylone », il soutient les exilés et reste fidèle à Dieu malgré l’esclavage. Ce beau roman raconte la vocation d’Ézéchiel, c’est-à-dire ce qui a eu lieu (d’après le romancier !) avant les prophéties qui figurent dans la Bible. Le roman est très intéressant sur le plan historique, et, comme toujours avec les livres de Michael D. O’Brien, très riche spirituellement pour le lecteur.
Le Gloria du mois de janvier est consacré à Rome et au baptême de Jésus.
La macronerie c’est déjà du passé !
Emmanuel Macron a donc rendu hommage au fédéraliste qu’était Jacques Delors. Aujourd’hui 5 janvier 2024. Mais l’équipe de communication de l’Elysée a indiqué 2023 sur le pupitre :

Obsèques de Jacques Delors : l’Europe enterre la France
Il y a 5 jours, le président présentait ses voeux devant de nombreux drapeaux, reléguant la France. Aujourd’hui, aux Invalides un drapeau européen est déployé devant le cercueil de Jacques Delors (RIP) recouvert du drapeau français. Symbole de la fin de la souveraineté française, prônée par le fédéraliste Jacques Delors.
“L’espérance européenne” dont Monnet puis Delors et Juncker ont été les artisans, est une organisation dans laquelle nos nations abandonnent, au mépris du principe de subsidiarité, des morceaux de leurs souverainetés à un collège de technocrates supposés agir en vue de l’intérêt supérieur de l’Europe. Son but proclamé est la paix perpétuelle entre nos peuples et une prospérité partagée équitablement entre tous. Malgré et même grâce aux crises. Dans son ouvrage sur le mensonge de la construction de l’Union européenne, Philippe de Villiers écrit :
Chaque crise engendrée par l’intégration ne promet d’être résolue que par un surcroît d’intégration. Euro, migrations, commerce : plus on ouvre les frontières, plus on multiplie la méfiance et les difficultés entre pays différents embarqués ensemble, plus il faut alors règlementer et donc transférer de pouvoirs vers des organes supranationaux. Sur chaque sujet, c’est le même cycle infernal. Il n’est pas accidentel. C’est la stratégie du gouvernement par le chaos. Jacques Delors l’a théorisée sous le nom de “crise bénéfique”, selon laquelle chaque crise est une bonne raison de franchir un nouveau pas vers plus de supranationalité.
Le père de l’Union monétaire européenne fut Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne de 1985 à 1995. C’est sous son mandat que s’affirme la dérive qui voit le président de la Commission apparaître comme un chef de gouvernement dans les sommets internationaux. C’est aussi durant sa présidence que se multiplient les accords et traités qui tendent à transformer les communautés européennes en ensemble étatique : Schengen abolissant les frontières internes de l’UE (1985), Acte unique européen créant « le grand marché unique » (1986), traité de Maastricht en 1992 qui crée la monnaie unique et dépouille les États de leur souveraineté monétaire. Il avait très bien compris que l’on ne peut pas avoir d’union monétaire viable sans union fiscale, et pas d’union fiscale sans union politique. Il jugeait le traité de Lisbonne pas assez fédéral. D’où la proposition, formulée dans le rapport de la Commission européenne de juin 2015, surnommé « Rapport des cinq présidents », de mettre en place un seul ministre et un seul ministère des finances pour l’ensemble de la zone euro d’ici à 2025…
En 2015, alors que les critiques contre le traité de Schengen fusaient déjà, c’est encore Jacques Delors qui vient défendre ce texte imposé aux peuples de l’Union européenne sans leur accord. Avec tous les poncifs du genre sans l’Union européenne, un pays reste inefficace, il y a une crise, donc il faut plus d’Europe… Il restera le fossoyeur de la souveraineté française.

