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« L’islam peut-il être tolérant ? ». Le courage de Me Malka n’est pas le gage d’une complète clairvoyance

Le FigaroVox a proposé  le 20 janvier un entretien avec Maître Richard Malka (avocat, entre autres, de Charlie Hebdo) et M. Rémi Brague, philosophe et érudit en langues et religions moyen-orientales. Le sujet ? « L’islam peut-il être tolérant ? ».

On ne peut douter du courage de M.Malka. A la question du FigaroVox

« vous citez dans votre livre Voltaire qui qualifie le christianisme de “religion la plus ridicule, la plus absurde, la plus sanguinaire qui ait jamais infecté le monde”. Est-ce qu’on pourrait dire ça de l’islam aujourd’hui ? »,

M.Malka répond :

« Ce serait très difficile d’avoir de tels mots dans le débat public aujourd’hui, mais c’est parfaitement licite. Personnellement, je n’ai aucun problème à ce que l’on tienne ces propos. Encore une fois, la critique des croyances est libre ».

Mais il reste, de façon intéressante, que cet entretien met clairement à jour les présupposés (on pourrait dire aussi bien les préjugés ou les idées-reçues) de M.Malka quant à la nature de l’islam et qui tous concourent étrangement à présenter l’islam sous un jour naïvement aimable.

Premier présupposé : l’islamisme, cépaçalislam. Me Malka :

« L’islamisme est le cancer de l’islam. Il faut dire les choses telles qu’elles sont. Depuis les débuts de l’islam, il y a toujours eu deux visions qui se sont affrontées. Il y a une vision plaçant la liberté de l’homme et la raison au centre de la religion, c’est l’islam des premiers siècles, du savoir, de la connaissance, des grands philosophes, pendant que l’Occident était, lui, dans l’obscurantisme. Mais il y a aussi un islam littéraliste, qui refuse l’interprétation des textes et pense que le Coran est incréé, qu’il s’agit des paroles de Dieu lui-même et non de son Prophète et dans ce cas, c’est une parole figée à tout jamais. C’est un islam de la soumission, de l’obéissance, du refus de la raison ».

Deuxième présupposé : on trouve toujours une secte [mot utilisé par les musulmans eux-mêmes] pour justifier de la bonté potentielle de l’islam. Dans le cas de Me Malka, ce sont les mutazilites :

« Vous mettez le doigt sur une controverse fondamentale, entre ceux qui considèrent que le Coran est immuable et ceux qui se laissent une marge d’interprétation. Les hanbalites, qui ont enfanté des wahhabites et des salafistes, avaient une conception figée des écritures saintes, alors que la première école de l’islam, les mutazilites, refusait de considérer le Coran comme incréé, puisque passé par la médiation d’un homme, Mahomet. Nous ne sommes jamais sortis de cette discorde initiale ».

Troisième présupposé : « le texte du Coran ne pose pas de problème » [sic] :

« Une religion n’est que ce qu’en font les hommes. Je ne crois pas du tout que ce soit le texte du Coran qui pose problème plus qu’un autre. »

Quatrième présupposé : à tout prendre, le christianisme, c’est à peine mieux que l’islam :

« Si l’on prend le christianisme, c’est une religion beaucoup plus pacifique que les deux autres monothéismes ; la Bible est un texte de paix et d’amour. Sauf que ça a quand même donné l’Inquisition, les guerres de Religion, l’évangélisation forcée… en partant d’un texte pacifique ».

Cinquième présupposé : il y a toujours quelque chose de bon à trouver dans le Coran :

« Concernant le Jihad comme obligation, il faut bien rappeler que le Coran dit tout et son contraire, et assume ces contradictions. Certes, il y a le verset de l’épée, mais il est aussi écrit “Il n’y a nulle contrainte en religion” et “Si Dieu avait voulu que tout le monde croie, tout le monde aurait cru, qui es-tu, toi, pour contraindre les gens à croire?”. Il y a donc deux corans, un coran plus pacifique, celui de la Mecque, et un plus belliqueux, celui de Médine. Ce sont les hommes qui sont à l’origine de ces contradictions. Et les musulmans peuvent se référer à une partie comme à l’autre. »

Sixième présupposé : il y a une possibilité d’un islam des lumières (dans son Traité sur l’intolérance, Me Malka oppose un islam des lumières et un islam des ténèbres).  Me Malka :

« C’est un espoir et il ne faut jamais abandonner l’espoir… Des millions de musulmans ne se sentent pas représentés dans cet islam littéraliste, rigoriste, des Frères musulmans ou des salafistes. On peut espérer, en France, pays universaliste et républicain, une petite étincelle qui réinventerait l’islam. Il suffit de choisir une autre lecture du Coran, comme beaucoup le font déjà ».

Reprenons chacun de ces présupposés à la lumière en particulier des précisions apportées par M.Brague :

  • l’islamisme, cépaçalislam. M.Brague répond :

« Je dois avouer un certain agacement lorsque l’on me dit «il n’y a pas un quelque chose, mais des quelque chose», c’est une manière de botter en touche et de se permettre un choix là où les choses sont bien plus compliquées. Si l’on parle des philosophes, c’est quand même Averroès qui a écrit «il faut tuer les hérétiques», et pas dans une œuvre juridique mais philosophique. Ibn Arabi semble partager dans ses écrits la vision édulcorée de l’islam que Richard Malka décrit, mais lorsqu’il est consulté en tant que juriste, il insiste pour que l’on applique de manière très stricte des règles qui ont explicitement pour but de maintenir les communautés non musulmanes vivant en territoire musulman dans une sorte d’humiliation permanente. Il n’y a donc pas deux conceptions hétérogènes… La différence est assez difficile à tracer entre islam et islamisme, c’est une différence de degré plutôt que de nature. L’islamisme est un islam impatient, et l’islam un islamisme patient. Mais je me demande si le but dernier ne serait pas le même pour les deux».

  • On trouve toujours une secte pour justifier de la bonté potentielle de l’islam. Il faut reconnaître qu’en général, ce rôle de « good cop» (le flic sympa) est joué par les soufis, [vision également recadrée par l’islamologue Mme Urvoy :

«la douceur du soufisme, souvent présenté comme « l’antidote à l’islamisme et comme le visage spirituel et tolérant de l’islam, où chacun peut se tailler un islam à sa mesure et qui pourtant tel qu’il a toujours été pratiqué, s’accorde parfaitement avec les préceptes coraniques qui prescrivent à la Umma, soufis y compris, de soumettre et d’inférioriser les non-croyants » (Marie-Thérèse Urvoy , Islam et islamisme. Frères ennemis ou frères siamois, Artège 2021 p.134)?]. Ici M.Brague pulvérise aussi la vision idyllique qu’a Me Malka des mutazilites : « Il faut préciser que les mutazilites n’étaient pas non plus des enfants de chœur, ils étaient partisans de la liberté métaphysique pour que l’homme puisse être récompensé et condamné justement. Mais ils n’hésitaient pas à envoyer leurs adversaires devant les CCS, les compagnies califales de sécurité. »

  • « Le texte du Coran ne pose pas de problème». M.Brague répond à M. Malka :

« Vous dites que le Coran assume lui-même ses contradictions, pourtant on lit à la sourate 4 verset 84: «S’il y avait des contradictions dans le Coran, cela prouverait qu’il ne vient pas de Dieu» Deuxièmement, pour répondre aux contradictions du Coran, on peut appliquer la théorie de l’abrogation qui donne l’avantage au verset révélé le plus tard. Donc l’existence de ces ambivalences ne pose aucun problème aux musulmans, il suffit d’appliquer ce principe. Il y a un verset qui dit «ce n’est pas bien de boire, ne venez pas ivre à la prière», un deuxième affirme «vous devriez ne pas boire», et enfin un troisième proclame «il est interdit de boire». Et c’est le dernier verset qui fait force de loi, les musulmans ne boivent pas d’alcool. »

  • A tout prendre, le christianisme, c’est à peine mieux que l’islam. M.Brague répond :

« On peut aisément montrer que l’inquisiteur Torquemada a trahi l’Évangile, mais bien moins facilement que Daechtrahit le Coran. Et il faut voir la difficulté qu’ont eue les gens d’al-Azhar [université au Caire, l’un des centres sunnites majeurs] à émettre une condamnation envers les djihadistes, parce que Daech leur disait «lisez la biographie du Prophète, c’est exactement ce que nous faisons». On peut citer l’exemple du malheureux pilote jordanien qui a été brûlé vif par Daech, et là il y a eu une discussion avec les gens d’al-Azhar qui ont dit «non, il fallait juste lui couper une main et un pied, seul Dieu brûle les pécheurs en enfer». Daech a donc répondu qu’un compagnon du Prophète avait brûlé vif ses adversaires, et que ça ne pouvait donc pas être entièrement mauvais. Au contraire, il est bien plus difficile de justifier les croisades par l’Évangile. De plus, les croisades sont un fait historique daté, alors que le djihad est une obligation permanente, qui n’est pas située dans le temps et peut prendre différentes formes, pacifiques ou non. C’est une obligation qui est censée venir de Dieu, car le Coran, pour les musulmans, a pour auteur Dieu. »

  • Il y a toujours quelque chose de bon à trouver dans le Coran. Là, c’est vrai. Dans les plus de 6000 versets du Coran, il faut reconnaître que la très large majorité ne sont pas des appels à la violence ni au meurtre ; et que certains peuvent même, pour ceux qui y seraient sensibles, avoir une certaine poésie. Mais le problème vient bien des versets ceux qui sont des appels à la violence voire au meurtre. Et c’est un phénomène étrange de constater comme ceux-ci sont facilement escamotés, alors qu’ils viennent concrètement et directement contaminer tout le reste. Un peu comme si, quand vous achetez un plateau de fruits au marché et qu’on vous en propose un avec des fruits sains et des fruits pourris, non seulement vous ne vous préoccupiez pas des fruits pourris mais bien plus vous vous sentiez obligé de vous extasier devant la beauté des fruits sains. Ou bien comme, au moment de signer un contrat, vous ne regardiez que les clauses favorables en fermant obstinément les yeux sur la petite clause en bas de page qui, à coup sûr, vous expose au sort le plus grave. A-t-on jamais vu faire ça ?

 

  • Il y a une possibilité d’un islam des lumières. Là, ce n’est même plus un préjugé, c’est un acte de foi total et irrationnel. Car, comme l’indique Me Malka lui-même :

« Mais l’évolution actuelle de l’islam est assez négative, du fait de l’influence du wahhabisme. L’Arabie saoudite et le Qatar financent beaucoup de mosquées et d’associations à travers le monde, avec une volonté d’interférer dans ces pays. On a, malgré tout, vu un basculement ces derniers mois en Iran, et on peut espérer que la première lueur d’espoir viendra de là. Cependant, on ne peut nier un raidissement de l’islam partout dans le monde depuis cinquante ans. »

Comme le remarque Me Malka, qui a l’argent ?

Reste une différence d’appréciation que nous avons avec M.Brague quant aux responsabilités des musulmans eux-mêmes face aux textes sacrés. M.Brague dit :

«On a tous les droits pour critiquer les religions et idéologies, mais pas les communautés à raison de leur religion… Quant à la situation actuelle, il y a effectivement quantité de musulmans qui regardent leur propre islam avec des yeux qui ne sont pas ceux de Chimène, et qui n’hésitent pas à critiquer les dérives radicales. Seulement, il faudrait que des non-musulmans les soutiennent au lieu de se taire par crainte d’être traité d’islamophobe. La balle est dans notre camp ».

C’est André Versaille qui, dans son livre Les Musulmans ne sont pas des bébés phoques remarquait :

“Edwy Plenel [ à l’occasion de la sortie en 2016 de son livre “Pour les musulmans”] parle des musulmans comme d’une masse compacte composée de victimes indistinctes qu’il est urgent de protéger comme une espèce zoologique menacée. On a le sentiment d’entendre Brigitte Bardot parler des bébés phoques…”

Et peut-être plus clairement encore, au moment du procès des complices des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher ainsi que de l’affaire Mila, Aurélien Marq osait (dans Causeur le 16 septembre 2020) poser la question de la responsabilité du musulman face au contenu de sa religion, en partant du principe qu’

« il y a dans cette volonté de déresponsabilisation des musulmans un terrible mépris. Comme s’ils étaient ontologiquement incapables d’exercer leur liberté de conscience, incapables de choisir une religion, seulement bons à se plier passivement à celle qu’ils ont héritée de leurs parents…  Les musulmans ne seraient-ils pas responsables du choix de leur religion ?… Être musulman, choisir d’être musulman, c’est donc choisir consciemment d’adhérer à la seule religion au monde au nom de laquelle l’apostasie [et M.Marq aurait pu également parler du sort de tous les « corrupteurs », voir sourate 5 verset 33], l’athéisme, le blasphème et l’homosexualité soient légalement punis de mort. Être musulman en France, c’est choisir en toute connaissance de cause d’adhérer à la seule religion au nom de laquelle une de nos concitoyennes est soumise à des dizaines de milliers de menaces de viol et de mort. Interroger ce choix, critiquer ce choix et critiquer ceux qui le font ne doivent pas être des tabous. »

M.Marq en appelle donc aux musulmans :

« Faire aujourd’hui le choix de l’islam oblige au minimum à lutter contre tout ce qui dans cette religion en fait un danger pour le reste du monde: poison de la tentation théocratique et totalitaire, mais aussi poison plus insidieux de cette autre tentation que sont la fuite et le déni. Le “cépaçalislam” qui, mêlé à une forme de solidarité clanique, permet si facilement aux fanatiques de s’abriter au sein de l’Oumma. Dans la situation actuelle, le silence de la majorité silencieuse est un silence complice, et ce n’est plus acceptable. »

La balle semble bien être d’abord dans leur camp.

La théologie politique de Benoît XVI

La Nef consacre son numéro du mois de février au défunt pape Benoît XVI. Parmi les nombreux contributeurs, Mgr Matthieu Rougé, évêque du diocèse de Nanterre, évoque les réflexions de Joseph Ratzinger sur les fondements éthiques de la politique. Extrait :

[…] Joseph Ratzinger n’avait pas une conception maximaliste de la politique : « la politique n’instaure pas le Royaume de Dieu, mais elle doit sûrement se préoccuper d’assurer un règne de l’homme qui soit juste ». Il met en garde contre l’intrusion indiscrète du religieux dans le champ politique : « un messianisme eschatologico-révolutionnaire enthousiaste est absolument étranger au Nouveau Testament ». Il souligne surtout que « la politique est le lieu de la raison », une raison qui n’est pas seulement capacité technique mais aussi faculté éthique, d’autant plus ajustée qu’elle se laisse purifier et éclairer par la foi, en amont du champ de ses décisions.

On se rappelle que le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi publia en 2002 une « note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique » que beaucoup ont reçue comme particulièrement stimulante. Le futur pape y mentionnait des « exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer », et y soulignait la légitimité de l’implication des catholiques dans le débat et la responsabilité démocratiques : « La promotion en conscience du bien commun de la société politique n’a rien à voir avec le “confessionnalisme” ou l’intolérance religieuse. » Défendre des positions politiques que la foi a aidé la raison à discerner ne porte pas atteinte à une juste laïcité.

En janvier 2004, à peine plus d’un an avant son élection au Siège de Pierre, le « professeur » Ratzinger a mené un débat mémorable, devant l’Académie catholique de Bavière, avec le grand philosophe agnostique Jürgen Habermas. Celui-ci avait conclu son intervention par une forte déclaration que beaucoup pourraient méditer aujourd’hui:

« La neutralité du pouvoir d’État quant aux conceptions du monde, qui garantit des libertés éthiques pour chaque citoyen, est incompatible avec l’universalisation politique d’une vision du monde sécularisée. Des citoyens sécularisés, quand ils assument leur rôle de citoyens, n’ont le droit ni de dénier à des images religieuses du monde un potentiel de vérité présent en elles ni de contester à leurs concitoyens croyants le droit d’apporter, dans un langage religieux, leur contribution aux débats publics ».

La réponse du préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi au maître de « l’éthique de la discussion » porte un titre programmatique de l’ensemble de ses contributions dans le champ politique: « Ce qui tient le monde ensemble. Les fondements moraux pré politiques d’une société libérale ». Il conclut son intervention, en défendant, d’accord avec Jürgen Habermas, « une forme nécessaire de corrélation entre raison et foi, raison et religion, appelées à une purification et une régénération mutuelles ». Si cette complémentarité est prise au sérieux,

« pourra naître un processus où en fin de compte les valeurs et les normes, connues ou intuitionnés d’une manière ou d’une autre par tous les hommes, gagneront une nouvelle force de rayonnement; ce qui maintient ensemble le monde retrouvera de la sorte une vigueur nouvelle ».

Une fois devenu pape, Benoît XVI a poursuivi sa réflexion d’enseignant et de chercheur au gré des circonstances et des auditoires. À Westminster, le père de tous les parlements, il s’est inter- rogé sur les « fondements éthiques du discours civil »:

« Si les principes moraux qui sont sous-jacents au processus démocratique ne sont eux-mêmes déterminés par rien de plus solide qu’un consensus social, alors la fragilité du processus ne devient que trop évidente – là est le véritable défi pour la démocratie. »

Au Reichstag à Berlin, lieu emblématique du triomphe de la démocratie sur les totalitarismes nazi et communiste, le pape a repris ce questionnement avec gravité:

« Là où la domination exclusive de la raison positiviste est en vigueur, les sources classiques de connaissance de l’ethos et du droit sont mises hors-jeu. C’est une situation dramatique qui nous intéresse tous et sur laquelle une discussion publique est nécessaire. »

Dans son œuvre proprement magistérielle, le successeur de Jean-Paul II est revenu à plusieurs reprises sur la question politique. Vers la fin de son exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis, il insiste sur le thème de la « cohérence eucharistique » :

« Le culte agréable à Dieu n’est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales […]. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s’impose avec une exigence particulière pour ceux qui […] doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d’éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables » (Sacramentum Caritatis 83).

On a beaucoup glosé sur ces valeurs « non négociables », soit pour les déclarer illégitimes dans le champ de la pure négociation que constituerait l’espace politique, soit en les isolant du « bien commun sous toutes ses formes » mentionné par Benoît XVI après le respect de la vie, de la famille et de la liberté éducative. On en a parfois fait l’alpha et l’oméga de son Magistère social, en négligeant, par exemple, les insistances caritatives de l’encyclique Dieu est amour ou écologiques de L’amour dans la vérité. La juste dialectique de la raison et de la foi devrait pourtant dissuader de transformer un thème particulier, même décisif, en idéologie, tout en conduisant à expliciter les fondements nécessaires de la vie en société, d’autant mieux honorés qu’ils sont situés rationnellement dans l’ensemble des questions confiées au discernement politique. […]

Loi pro-mort au Minnesota

Les sénateurs du Minnesota ont adopté de justesse, par 34 voix contre 33, un texte de loi qui supprime toute restriction sur l’avortement : on peut tuer le fœtus jusqu’à la naissance, y compris par démembrement, pour n’importe quelle raison ou sans raison.

Le texte avait été voté par les députés par 69 voix contre 65. Il devrait être signé par le gouverneur Tim Walz, qui a un score de 100% dans le classement du Planning familial.

Bientôt une loi pour légaliser l’infanticide ?

Avortement : la proposition de révision constitutionnelle menace la liberté de conscience

Plusieurs juristes, dont Guillaume Drago et Gregor Puppinck, alertent dans Le Figaro sur les conséquences de l’éventuelle introduction du droit à l’avortement dans la Constitution. Extraits :

Le 1er février, le Sénat se prononcera sur la proposition d’introduire le «droit à l’IVG» dans la Constitution en ajoutant un nouvel article 66-2 ainsi rédigé : «La loi garantit l’effectivité et l’égal accès au droit à l’interruption volontaire de grossesse». Si cette proposition, en elle-même, ne va pas modifier les conditions d’accès à l’interruption volontaire de grossesse, elle a cependant pour effet direct de menacer la liberté de conscience du personnel médical et de restreindre la liberté d’expression. Les sénateurs doivent être avertis de cette menace bien réelle.

À deux reprises déjà, en 2018 et 2020, des députés et sénateurs écologistes et socialistes ont entrepris de supprimer la clause de conscience à l’IVG. D’après l’exposé des motifs de la proposition de loi de 2020, il s’agissait pour eux, en la faisant disparaître «de pallier la stigmatisation [des femmes] et les difficultés d’accès à l’IVG engendrées par cette […] clause de conscience». Ces tentatives se sont heurtées à l’opposition des syndicats de gynécologues et obstétriciens, ainsi que celle du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), qui a estimé, dans son avis du 8 décembre 2020, que «la clause de conscience spécifique souligne la singularité de l’acte médical que représente l’IVG» et devrait être maintenue, tant pour des raisons éthiques que pratiques. Ces deux tentatives furent ainsi repoussées par le législateur.

Cette fois, c’est d’une façon indirecte et beaucoup plus discrète, mais tout aussi dangereuse, que la proposition de révision constitutionnelle menace la liberté de conscience. En effet, en engageant l’État à garantir «l’effectivité» de l’accès à l’IVG, elle fait obligation au législateur et à l’administration de supprimer les obstacles faisant entrave à l’IVG. Or, l’objection de conscience est présentée, par les promoteurs de l’avortement, comme le principal de ces obstacles en France.

Une fois reconnu le droit constitutionnel à l’accès effectif à l’IVG, que deviendrait la clause de conscience qui n’a qu’une valeur légale ? Il deviendrait possible de justifier sa suppression au nom de l’objectif constitutionnel d’effectivité de l’accès à l’avortement. Cela pourrait être réalisé par le Parlement, par l’abrogation de la clause, ou par une question prioritaire de constitutionnalité adressée au Conseil constitutionnel à l’occasion d’une affaire introduite contre un médecin objecteur. […]

Catholique “pratiquant”

Quand on lit l’expression “catholique pratiquant” dans la presse, on ne sait jamais vraiment à quoi cela correspond. Déjà, un catholique non-pratiquant, à moins d’être un catholique enfermé dans une geôle chinoise, c’est certainement un oxymore (imaginez un nudiste non-pratiquant…). Bien souvent, le “catholique pratiquant” de notre presse nationale désigne le chrétien qui va de temps en temps à la messe, disons une fois par mois, voir moins.

Les chercheurs du Center for Applied Research in the Apostolate (CARA) – Centre de recherche appliquée sur l’apostolat – de l’université de Georgetown à Washington, ont récemment publié une étude sur la pratique dominicale au sein de l’Eglise catholique dans le monde. Les universitaires ont utilisé les données du World Values Survey (WVS), une étude internationale sur la croyance religieuse menée depuis des décennies, pour examiner 36 pays à forte population catholique. Ils ont classé ces pays selon le pourcentage de catholiques déclarant assister à la messe chaque semaine ou plus, à l’exclusion des mariages, des funérailles et des baptêmes. Voici les résultats :

Au-dessus de 50 %

  • Nigeria : 94 % des catholiques du pays disent assister à la messe au moins une fois par semaine.
  • Kenya : 73 %,
  • Liban : 69 %
  • Philippines : 56 %,
  • Colombie : 54 %,
  • Pologne : 52 %
  • Equateur : 50 %

Entre 25 et 50 %

  • Bosnie : 48 %
  • Mexique : 47 %
  • Nicaragua : 45 %
  • Bolivie : 42 %
  • Slovaquie : 40 %
  • Italie : 34 %
  • Pérou : 33 %
  • Venezuela : 30 %
  • Albanie : 29 %
  • Espagne : 27 %
  • Croatie : 27%
  • Nouvelle-Zélande : 25%
  • Royaume-Uni : 25 %

Au-dessous de 25 %

  • Hongrie : 24%
  • Slovénie : 24 %
  • Uruguay : 23 %,
  • Australie : 21%
  • Argentine : 21 %
  • Portugal : 20%
  • Tchéquie : 20 %
  • Autriche : 17 %
  • Etats-Unis : 17%
  • Lituanie : 16 %,
  • Allemagne : 14%
  • Canada : 14 %,
  • Lettonie : 11%
  • Suisse : 11 %,
  • Brésil : 8%
  • France : 8 %
  • Pays-Bas : 7 %

En France, plus 70 % de catholiques se considèrent « religieux », pour 8% qui assistent effectivement à la messe dominicale. Les deux seuls pays où la corrélation est vraie sont le Nigéria et le Liban.

Tout augmente, même les crimes et délits

La quasi-totalité des crimes et délits ont augmenté en 2022, selon le bilan du service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI) :

  • Les violences intrafamiliales (+17%)
  • les violences sexuelles sexuelles (+11%)
  • les coups et blessures volontaires hors du cadre familial (+14%)
  • les escroqueries (+8%)
  • Les homicides (948, soit 69 victimes de plus qu’en 2021)
  • Les cambriolages de logements (+11%)
  • les vols de véhicules (+9%)
  • Le nombre de mis en cause pour usage de stupéfiants (+13%, après +38% en 2021)
  • Le nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants est également en hausse (+4%, après +13% en 2021).
  • seuls les vols violents sans arme sont en baisse (-4%)

 

La présidente de l’Assemblée nationale met la pression pour l’euthanasie

La présidente de l’Assemblée nationale Mme Braun-Pivet, qui avait voté en faveur de la proposition de loi sur l’euthanasie lors de la précédente mandature, a fait le vœu qu’une loi sur l’euthanasie voie le jour en 2023. Elle a fait sa déclaration devant la presse, alors que le sujet d’actualité concerne les retraites. Les retraités auront donc le choix entre travailler plus longtemps ou choisir le suicide…

La Convention citoyenne planche sur le sujet depuis le 9 décembre et jusqu’au 19 mars.

Une mission d’évaluation de la loi Claeys-Leonetti, autorisant la sédation profonde et continue jusqu’au décès, présidée par le député (Démocrate pro-euthanasie) de Charente-Maritime Olivier Falorni devait rendre ses travaux le 26 janvier.

Mme Braun-Pivet a déclaré :

“Nous regarderons très attentivement leurs travaux”, et après, “ce sera au gouvernement de décider s’il souhaite présenter un projet de loi et quand”.

Dans le cas contraire, une proposition de loi pourrait être déposée.

“J’espère que nous pourrons aboutir”.

Face tu meurs, pile tu crèves.

Pour voir Louis de Funès, il fallait aller à la messe

A l’occasion des 40 ans du décès de Louis de Funès, Ouest-France lui rend hommage :

Lorsqu’il était au Cellier, entre deux tournages éprouvants, Louis de Funès recherchait calme, paix et repos dans sa vaste propriété du château de Clermont. « Il y avait toutefois un jour où les curieux étaient sûrs de l’apercevoir : le dimanche à l’heure de la messe. Comme de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises ! » Voici ce qu’écrivait l’un de nos confrères journaliste à Ouest-France au lendemain de la mort de l’acteur, il y a quarante ans.

« Louis de Funès avait une foi profonde et vivante, confirmait l’abbé Émile Maurice, curé du Cellier jusqu’en 1984 et interrogé le 28 janvier 1983. Jésus était pour lui la source de son enthousiasme et de sa jeunesse. Il participait aux processions du 15 août et de la Fête-Dieu. Si la France perd un grand artiste, moi je perds un paroissien fidèle et un ami. »

[…] Exemple avec ce témoignage d’Olivier de Funès dans le livre Ne parlez pas trop de moi les enfants ! paru en 2005 aux éditions Cherche midi : « En rentrant, nous passions par le côté ouest du parc (du château de Clermont, N.D.L.R.) pour nous arrêter devant la statue de la Vierge, qui veillait depuis un siècle au creux de son rocher. Mon père la regardait avec l’humilité d’un premier communiant… »

« Louis de Funès était croyant depuis son enfance, reprend Aloïs Robinard. Sa mère désirait même qu’il devienne curé ! Heureusement, il a fait un autre choix. Sinon, le comédien qu’il a été n’aurait pas existé. »

Visite du pape au Soudan du Sud : une clarification face à l’homosexualisme ?

Le pape François effectue un voyage apostolique en République Démocratique du Congo et au Soudan du Sud du 31 janvier au 5 février. Or, les propos qu’il a tenu le 24 janvier dans la presse ne passent pas au Soudan du Sud. Dans cet entretien, le Pape a déclaré que « l’homosexualité n’est pas un crime » et qu’il est donc « injuste » que « plus de 50 pays » la condamnent et la punissent, parmi lesquels « dix ou douze, plus ou moins », carrément par la peine de mort. Et donc, les évêques de ces pays doivent réagir contre ces lois et la culture qui les produit. Le fait que le pape déclare que les « actes homosexuels » sont un péché avait choqué le P. James Martin, qui a demandé à François de clarifier son propos. François a répondu par courrier, dans lequel il répète que « la criminalisation n’est ni bonne ni juste », et que lorsqu’il parle de péché il se « réfère simplement à l’enseignement moral catholique, qui dit que tout acte sexuel en dehors du mariage est un péché », étant entendu que l’on doit « toujours considérer les circonstances, qui peuvent diminuer ou éliminer une faute ». Et il insiste :

« J’aurais dû dire : ”c’est un péché, comme tout acte sexuel en dehors du mariage”.»

C’est terriblement ambigu, car les actes sexuels contre nature ne sont pas « comme tout acte sexuel en dehors du mariage ». C’est très clair dans la Bible, très explicite dans saint Paul, et ce l’est pour quiconque n’a pas encore sombré dans l’idéologie de la perversion contemporaine.

Au Soudan du Sud, l’homosexualité constitue un délit punissable jusqu’à 14 ans de prison. Vendredi 27 janvier, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion de cabinet présidée par le président Salva Kiir, le ministre de l’information Michael Makuei Lueth a déclaré :

« Si lui, le Pape, vient ici nous dire que le mariage entre personnes de même sexe, l’homosexualité est légale, nous dirons non ».

« Dieu ne s’est pas trompé ». « Il a créé l’homme et la femme et leur a dit de se marier l’un à l’autre et de peupler la terre. Deux partenaires du même sexe peuvent-il faire naître quoi que ce soit ? Notre constitution est très claire et dit que le mariage est pour les personnes de sexes différents et que chaque mariage homosexuel est un crime, c’est un crime constitutionnel ».

Lors de la visite du président Salva Kiir et du vice-président Riek Lachar au Vatican en avril 2019, pour une retraite spirituelle, le Pape s’était incliné jusqu’à leur baiser les pieds à tous deux. Ces deux représentants, appartenant à des tribus rivales, étaient en guerre et la guerre s’était poursuivi les années suivantes.

Sur l’homosexualité, l’Église anglicane est fortement divisée : au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, ceux qui veulent faire tomber tous les tabous et bénir à l’église les mariages entre personnes de même sexe dominent. Cependant, en Afrique, où vivent trois quart des anglicans du monde entier, l’opposition est très forte et empêche qu’une décision partagée soit prise. Or le primat de l’Église anglicane Justin Welby et le modérateur de l’Église presbytérienne d’Écosse Iain Greeshields, seront du voyage. Le 5 février, lors de la conférence de presse prévue dans l’avion de retour à Rome, le Pape François aura à ses côtés Welby et Greenshields.

La dépénalisation de l’euthanasie rejetée par la Cour constitutionnelle

Au Portugal :

La Cour constitutionnelle portugaise a rejeté pour la deuxième fois lundi une loi autorisant l’euthanasie, pointant une « intolérable imprécision » dans sa rédaction et renvoyant le texte au Parlement. Les juges du tribunal ont estimé que le texte ne définit pas clairement la « souffrance de grande intensité » pouvant ouvrir la voie à une « mort médicalement assistée ».

La Cour constitutionnelle avait déjà rejeté cette loi en mars 2021, jugeant déjà à l’époque qu’elle employait des termes trop imprécis.

Le président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa, avait saisi la Cour constitutionnelle début janvier. Catholique et ancien professeur de droit, Rebelo de Sousa avait opposé son véto à une précédente version de la loi.

Une chapelle au coeur de La Part-Dieu à Lyon

Une chapelle vient d’ouvrir, avec également des espaces de travail. Le diocèse de Lyon souhaite marquer la présence de l’Église dans ce quartier en pleine mutation, avec l’ambition de proposer un centre spirituel à proximité du « hub » Part-Dieu. Il vise à créer un espace spirituel ouvert sur le monde du travail.

« Une dérive totalitaire de notre démocratie libérale ? »

Bertrand Souchard, né en 1965, docteur en philosophie et maître en théologie, professeur de philosophie au lycée Ampère, et ancien professeur à l’Université catholique de Lyon, a donné une conférence à l’académie Saint Benoit, le 5 décembre 2022. La conférence (pdf 40 pages) est accessible sur ce lien.

Extrait :

[…] La crise sanitaire liée au covid a bouleversé les pays du monde entier, particulièrement ceux de l’Occident. L’Afrique, l’Inde et l’Asie (hors de la Chine) globalement, n’ont pas suivi la politique occidentale ou ont fait machine arrière. A cette occasion la question est de savoir si notre démocratie libérale n’a pas dérivé vers une tendance totalitaire. Michel Schooyans, professeur à l’université catholique de Louvain a publié en 1991 La dérive totalitaire du libéralisme. Son analyse est une critique du libéralisme économique. Le titre de notre propos Une dérive totalitaire de notre démocratie libérale ? emprunte sa formulation à cet auteur en se centrant sur une analyse politique. Après les deux ans de crise sanitaire, il s’agit de réfléchir politiquement à notre démocratie.

Pourquoi les démocraties occidentales peuvent-elles prendre un tournant totalitaire ? Certes, entre les deux nous avons une apparente opposition. Du point de vue de la terreur, des massacres et des camps de la mort, les deux totalitarismes du XXe siècle semblent encore à ce jour inégalés. La démocratie américaine a vaincu les totalitarismes communiste et nazi. Les cultes de la personnalité de Staline et d’Hitler n’ont pas eu d’équivalent parmi les nombreuses idoles de nos sociétés postmodernes. Pourtant, nous avons vu un rapprochement entre les deux eu égard à nos quatre critères : irascible, négations de la liberté, de la vérité et de Dieu. Avec la crise sanitaire, les caractéristiques du totalitarisme sont devenues plus explicites dans les « démocraties libérales ». Les tendances totalitaires de la crise sanitaire sont-elles une parenthèse ou la réinitialisation vers un monde nouveau ? « Beaucoup d’entre nous se demandent quand les choses reviendront à la normale. Pour faire court, la réponse est : jamais » nous dit Klaus Schwab. Penser qu’il n’y aura pas de retour en arrière, c’est s’inscrire dans le temps long et non penser vivre un épisode momentané, malgré l’idée d’une grande réinitialisation qui ferait table rase du passé. Si tout cela doit perdurer dans le futur, c’est que des prémices s’enracinent dans le passé. Le basculement ne vient pas de nulle part. Reprenons les quatre points en voyant leur enracinement.

L’irascible est une dimension humaine et politique à laquelle on ne peut pas échapper. Un état de nature qui serait pacifique est une chimère. Le libéralisme économique est bien une guerre, une lutte de tous contre tous selon la formule de Hobbes. Le tragique et la mort sont un élément de l’humanité, même si le progressisme voudrait refuser l’entropie du chaos, oublier la mort et préférer la néguentropie immanente du meilleur et de l’ordre. Chasser le naturel de la violence et il revient au galop par la peur, la crainte, la contrainte, l’oppression étatique.

La « démocratie libérale » progresse dans le contrôle de la population et régresse dans la liberté politique: gouvernement d’une élite, confusion des pouvoirs, souveraineté populaire entre parenthèses, refus des référendums et de la participation. Mais de quelle liberté parlons-nous ? N’est-ce pas une vision particulière de la liberté qui engendre cette dérive ? C’est ce qu’affirme Patrick Deen. La liberté du libéralisme est un désir infini, sans obstacles et sans limite. Elle serait naturelle et elle perçoit la nature et les autres hommes comme des obstacles. En fait la liberté dans le sens plus classique est une libération du vice et une nécessité de la vertu. Elle n’existe que par le déploiement et la discipline de la culture. Les bonnes habitudes s’enracinent avec autrui dans la famille, l’école, la religion. Ajoutons que l’individualisme du libéralisme est une atomisation de l’individu qui peut mieux se fondre dans les masses. Cette homogénéisation provoque le besoin d’une intervention de l’État, seul capable de protéger l’individu. Pourtant je suis moi-même, non par auto-construction solitaire, mais par un autre. La singularité de la personne est toujours relationnelle. Ainsi la liberté selon le libéralisme entraine l’esclavage des désirs et le renforcement de la contrainte de l’État.

L’idéologie et la propagande ne sont pas absentes. La raison instrumentale est primat de l’économie et de la technique, matérialiste, calcul, recherche de l’efficacité. Elle serait l’idéologie implicite de la démocratie libérale. Elle devient une servitude parce qu’elle confond les moyens et la fin. Elle devient l’esclave de l’outil et elle perd le sens et le but. La quête de la vérité disparait au profit de l’idéologie du progrès et de la transformation. Les conditions matérielles absorbent les forces de l’esprit. La raison calculante, les dispositifs annihilent la pensée gratuite et méditante. Et parce que les échanges économiques sont mondialisés et la techonologie universelle, la démocratie libérale est mondialiste accomplissant la dimension totalisante des régimes totalitaires.

Enfin les négations postchrétiennes de Dieu n’ont rien à envier, actuellement, à leurs aînées. L’absence d’obéissance à Dieu implique le renforcement d’une obéissance à l’État. Au fond le problème n’est pas de savoir si nous avons une démocratie (le peuple souverain), une aristocratie (une élite au pouvoir) ou une monarchie. En un sens la république française est un peu des trois : il y a quand même des élections ; Paris, les grands corps de l’État et les grandes écoles sont importants et le président est tout puissant. Mais la question est de savoir si est reconnue la place de Dieu. L’occident postchrétien est dans une forme d’apostasie. En France le laïcisme, à savoir la séparation de l’État et de la religion, a tendance à remplacer  la laïcité, c’est-à-dire la distinction du pouvoir politique et de l’Église. Si le covidisme qui a imposé un « vaccin » ne revient pas, d’autres négations de la liberté et de la vérité comme religions immanentes pourront se développer. L’inclusion (le wokisme), une vision tronquée de l’écologie et une confiance dans la technologie sont mises en avant par Klaus Schwab pour réinitialiser le monde.

Si la démocratie d’aujourd’hui et le totalitarisme semblent des contraires, ils seraient en fait les opposés d’un même genre, prêt à se ressembler dans l’irascible, la négation de la liberté, de la vérité et de Dieu.

La baisse du nombre de mariages en France illustre parfaitement le Suicide français

France Info a interrogé le sociologue Jean Viard sur le fait qu’une majorité de Français ne veulent plus se marier. Ses réponses ont terrifiantes. Et, outre le problème moral, il aborde les sujets que les politiques n’osent plus aborder : augmentation du prix de l’immobilier, financement des retraites.

franceinfo : Comment vous expliquez ce paradoxe ? Moins de mariages, mais on cherche quand même à officialiser sa relation…

Jean Viard : Alors il y a une augmentation des Pacs, le pacte civil de solidarité, c’est vrai. Mais le mouvement de fond, c’est quand même effectivement, qu’on sépare la vie privée sous la couette, les bébés et les institutions, c’est ça qui se passe. Il y a en gros 60% des enfants qui naissent aujourd’hui hors mariage. Il y a, par exemple, en Île-de-France, à Paris, un mariage sur deux qui se défait avant cinq ans. Donc, on est sur un nouveau modèle de vie où en gros, le mariage n’est pas la première étape (…)

Ça veut dire que ça relève du fait qu’on sort du cadre institutionnel. On est une société de liberté individuelle. C’est vrai pour la vie privée, c’est vrai pour la vie démocratique. On ne va voter, que si on est intéressé. Et moi souvent, je compare le taux d’abstention et les bébés au mariage. On va dire, ça n’a rien à voir, mais ça nous dit quelque chose d’une société d’autonomie de l’individu, qui est donc une société qui s’est déconstruite avec ses grands groupes (…)

Est-ce que c’est aussi quelque part une remise en question du couple, si on voit plus large ?  

La vérité, c’est qu’on va vers une société d’individus qui vivent seuls. On a une explosion du célibat. On le voit aussi partout à Paris, la moitié, à peu près des logements, sont occupés par des personnes seules (…)

D’abord, il y a 30% des jeunes filles qui disent qu’elles ne veulent plus faire d’enfant, 37% des jeunes filles diplômées, à cause de la crise climatique. Elles se disent, mais dans quel monde je vais mettre mon bébé ?

Ça, c’est un enjeu majeur parce qu’on peut toujours discuter des retraites. Mais si on ne fait pas de bébés, il n’y a pas de cotisations et dans le contexte actuel, il faut mettre tout ça sur la table. 

Une enquête terrible

Une enquête de 730 pages, réalisée à la demande de l’Ordre dominicain, afin d’évaluer sa responsabilité dans l’affaire des frères Thomas et Marie-Dominique Philippe, condamnés par Rome en 1956 et 1957, et qui ont pourtant pu poursuivre leurs abus spirituels et sexuels pendant plus d’un demi-siècle, de fonder une véritable nébuleuse, dont le plus connu d’entre eux est Jean Vanier, sort en librairie.

Deux historiens, un psychiatre et une psychanalyste, une sociologue et une théologienne, membres de la commission d’étude mandatée par l’Arche pour enquêter sur Jean Vanier, viennent de publier de leur côté un rapport de près de 900 pages, accessible en ligne. Jusqu’à la mort du père Philippe en 1993, Jean Vanier conservera une fidélité et une soumission totales au dominicain, mais aussi à ses dérives érotico-mystiques au point d’en devenir le complice, le perpétuateur et le successeur. Ils démontrent les mécanismes que ces derniers ont employés pour abuser spirituellement et sexuellement de nombreuses femmes entre 1950 et le début des années 2000.

C’est un autre Philippe, qui n’a aucun lien de parenté avec les deux autres, dominicain et commissaire au Saint-Office, qui enquête en 1952 sur Thomas Philippe. Il permet la condamnation des frères Thomas et Marie-Dominique Philippe en 1956 et 1957, et s’est battu pour empêcher la réhabilitation du premier. Mais le deuxième l’a été grâce à la protection du Maître de l’Ordre.

Paul Philippe, alors visiteur religieux, découvre avec horreur l’envers de la dévotion inculquée par Thomas, qui est écarté de la direction de l’Eau vive, le centre spirituel qu’il a fondé. Il cherche à comprendre. Il parle avec des psychiatres. Bientôt, il penche pour la folie. Le témoignage du père Guérard des Lauriers, professeur de métaphysique et de philosophie des sciences au Saulchoir, atteste au commissaire du Saint-Office de faits gravissimes que lui a confiés une moniale, ancienne favorite de Thomas Philippe. Il évoque des attouchements, des baisers sur les parties sexuelles, que le dominicain qualifie de « secret pour les petits enfants de la T.S. Vierge ». Les « initiées » auraient juré le secret avec ordre de mentir « pour la T.S. Vierge » dans les visites canoniques. L’une d’elles aurait avorté d’un enfant conçu lors de ces séances et le mort-né aurait été vénéré par les « initiées ». Le commissaire reprend son enquête et les témoignages sont terribles. Après avoir fait condamner le père Thomas Philippe, qui perd tous les pouvoirs liés à son ministère, Paul Philippe organise dans la foulée le procès de Marie-Dominique Philippe, qui se voit sanctionné en 1957.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là car les deux frères tentent et réussissent plus ou moins à se faire réhabiliter. L’historien écrit :

« Ce qui amène à la situation de la fin des années 1970, où, dans un rapport circonstancié, [Paul Philippe] décrit ce qui se passe depuis des décennies entre Thomas Philippe, Jean Vanier et leurs disciples, mais plus personne ne l’écoute car il n’incarne plus que la répression d’avant le Concile. »

Le cardinal Paul Philippe parviendra à bloquer les demandes d’ordination de Jean Vanier puis décède en 1984 à Rome. À partir de ce moment, plus aucun garde-fou n’existera.

L’universitaire qui considère ses étudiants “ayant voté Zemmour comme des bêtes à abattre” est un maire LFI

Quand on vous dit qu’il existe un grand endoctrinement dans l’enseignement et un deux poids deux mesures. L’extrême gauche se croit tout permis car elle n’est pas combattue :

Rififi dans le Landernau universitaire parisien : un professeur d’histoire de Paris I aurait été pris la main dans le sac de son intolérance haineuse. Selon plusieurs témoignages, celui-ci aurait déclaré : « Si certains étudiants ont voté Macron, Ciotti, Le Pen ou même Roussel, je les respecte bien peu… mais si certains ont voté Zemmour, je les considère comme des bêtes à abattre. » Vous avez bien lu : « comme des bêtes à abattre » (…)

Mathis Gachon, le responsable du syndicat étudiant UNI à Paris I, raconte qu’à ces mots, quelques regards se sont tournés vers un étudiant dont le vote pour Reconquête est connu. Mais, précise Mathis Gachon, cette phrase ne semblait pas dirigée contre lui. Alerté par un étudiant du cours de ce professeur, l’UNI ne souhaite pas révéler le nom de ce dernier, professeur à la carrière très installée, très institutionnelle et militant de La France insoumise, pour des raisons de sécurité.

Lundi après-midi, Mathis Gachon alerte, via les réseaux sociaux, sur la gravité de ce qu’il considère ni plus ni moins comme un « appel au meurtre ». En parallèle, il envoie un courriel à la présidente d’université « pour lui signaler la situation et lui demander de mener une enquête et de sanctionner le professeur » : « On ne peut pas laisser passer une telle déclaration sans que le professeur ne soit sanctionné » s’indigne-t-il. Jeudi dans l’après-midi, le jeune homme n’avait toujours pas reçu de réponse de la présidente d’université.

La prise de parole de gauche est-elle donc si rare à l’université qu’elle doive être signalée ? « Des prises de position de gauche surviennent souvent, sourit-il, à Paris I, le corps enseignant est quand même globalement de gauche, mais une phrase violente comme celle-là, non, jamais. C’est pour cela que nous avons réagi, là, nous sommes devant un appel au meurtre, c’était impossible de laisser passer. »

On sait désormais que cet universitaire notoire, maître de conférences à l’université Paris-I- Panthéon-Sorbonne, s’appelle François Lafon,  qu’il est maire d’une petite commune d’Ariège, Lercoul, et qu’il avait été désigné tête de liste de l’Ariège La France Insoumise aux élections régionales de 2021 en Occitanie.

Une partie des conseillers municipaux de Lercoul ont immédiatement demandé sa démission :

 

“L’IVG n’est pas menacé ; la natalité, si.”

Jean-Frédéric Poisson a écrit aux sénateurs :

Election du nouveau conseil de l’Ordre de Malte

Présidé par le Lieutenant de Grand Maître Fra’ John Dunlap et par le cardinal Silvano Maria Tomasi, délégué spécial du pape, le Chapitre Général extraordinaire a élu tous les membres du Souverain Conseil qui resteront en fonction pour six ans.

  • le Grand Commandeur Fra’ Emmanuel Rousseau,
  • le Grand Chancelier Riccardo Paternò di Montecupo,
  • le Grand Hospitalier Fra’ Alessandro de Franciscis
  • le Receveur du Commun Trésor Fabrizio Colonna

Ont été élus comme Conseillers du Souverain Conseil :

  • Fra’ João Augusto Esquivel Freire de Andrade,
  • Fra’ Roberto Viazzo,
  • Fra’ John Eidinow,
  • Fra’ Mathieu Dupont,
  • Fra’ Richard J. Wolff,
  • Francis Joseph McCarthy,
  • Michael Grace,
  • Clemente Riva Sanseverino,
  • Josef Blotz.

À l’issue de l’élection, les membres du Souverain Conseil ont prêté serment, entrant ainsi dans la plénitude de leurs pouvoirs.

Le Lieutenant de Grand Maître, Fra’ John Dunlap, a exprimé sa satisfaction pour la conclusion des travaux :

« Je suis certain que le nouveau Souverain Conseil saura être stratégique face aux grands défis médicaux, sociaux, humanitaires et spirituels qui se présentent à nous dans les 120 pays où nous sommes présents. J’adresse aux nouveaux élus mes meilleurs vœux de succès pour leur importante charge au service de la mission de l’Ordre de Malte. »

Le sénateur LR Philippe Bas à la remorque de la culture de mort ?

Le sénateur (LR) de la Manche Philippe Bas propose une solution alternative pour graver l’avortement dans la Constitution. Il a déposé vendredi un amendement pour réécrire la proposition de loi constitutionnelle, qui sera examinée mercredi dans l’hémicycle du Sénat, dans le cadre de la “niche” réservée au groupe socialiste.

Au lieu d’ajouter un article 66-2 disposant que “la loi garantit l’effectivité et l’égal accès au droit à l’interruption volontaire de grossesse”, l’ancien président de la commission des Lois, ancien secrétaire général de l’Elysée et ancien collaborateur de Simone Veil propose d’ajouter “après le dix-septième alinéa de l’article 34 de la Constitution” un alinéa prévoyant que

“la loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse”.

Son amendement “vise à consacrer la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse”, liberté “déjà reconnue par la décision du Conseil constitutionnel du 27 juin 2001, qui lui a donné valeur constitutionnelle”. “L’inscription dans la Constitution de cette liberté viendrait parachever l’évolution ainsi engagée”, résume le sénateur.

“L’amendement prend soin de préserver la possibilité pour le législateur de faire évoluer le régime de l’interruption volontaire de grossesse, comme il l’a fait à de nombreuses reprises depuis 1975 par des modifications qui ont notamment allongé le délai de recours à l’interruption volontaire de grossesse, supprimé la condition de détresse, facilité l’accès des femmes mineures à l’interruption volontaire de grossesse et organisé sa prise en charge par l’assurance maladie”, tout en ayant “pour effet d’interdire toute possibilité de suppression par la loi de la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse ainsi que toute réforme législative qui aurait pour effet de porter gravement atteinte à cette liberté”.

Cela étant, cet amendement pourrait aussi bien être une méthode tordue pour planter la constitutionnalisation, puisqu’il faut que les deux chambres votent en termes conformes et ceci ne serait pas conforme au texte voté par l’Assemblée nationale.

Euthanasie : la France veut-elle s’inspirer de la Suisse ?

Vendredi, les deux ministres en charge du débat sur l’euthanasie, Agnès Firmin Le Bodo et Olivier Véran, se sont rendus à Genève pour un « voyage d’observation ». Un groupe de députés et de sénateurs était également avec eux.

Pour avoir recours à l’assistance au suicide, par l’intermédiaire d’une association, certaines conditions doivent être réunies :

  • disposer de sa capacité de discernement,
  • formuler librement sa demande,
  • être atteinte « soit d’une maladie incurable, soit de souffrances intolérables, soit de polypathologies invalidantes liées à l’âge »,
  • être à même de s’administrer soi-même la dose létale.

En 2019, environ 1 200 personnes ont eu recours au suicide assisté dans le canton de Genève, ce qui représente 2 % des décès.

Olivier Véran a indiqué :

« Toutes les options sont sur la table »

Après cette visite, Agnès Firmin Le Bodo a prévu de se rendre dans trois autres pays : la Belgique en février, puis sans doute l’Italie, où des débats sont en cours, et l’Espagne, qui a légalisé l’euthanasie en 2021.

Il faut des lois pour protéger les enfants des idéologues du genre

Des lois pour défendre le bon sens, face à la folie. Samedi 28 janvier, le gouverneur républicain de l’Utah, Spencer Cox, a signé une loi interdisant les chirurgies de changement de sexe ainsi que les traitements hormonaux pour les mineurs n’ayant pas reçu de « diagnostic de dysphorie de genre ». Une mesure approuvée par le Sénat la veille.

Cette loi, soutenue par le sénateur Mike Kennedy, ne concerne que les nouveaux patients. Elle ne s’applique pas aux jeunes auxquels on administre déjà des hormones.

En revanche, elle exige du ministère de la Santé et des Services sociaux de l’Etat qu’il procède à un

« examen systémique des preuves médicales concernant les traitements hormonaux des transsexuels et fournisse des recommandations à l’Assemblée législative ».

Cette décision intervient au moment où 18 autres Etats envisagent d’adopter des projets de loi similaires concernant les jeunes qui se déclarent transgenres

3 législatives partielles : le RN perd un député

La candidate Renaissance Laure Miller a été élue députée de la 2e circonscription de la Marne dimanche 29 janvier avec 51,8 %, devançant la candidate du Rassemblement national Anne-Sophie Frigout, en tête à l’issue du premier tour et dont l’élection avait été annulée.

René Pilato a été élu député sous les couleurs de la Nupes dans la première circonscription de Charente. En juin dernier, il avait échoué à 24 voix du député sortant de la majorité présidentielle, Thomas Mesnier, porte-parole d’Horizons, mais l’élection a été annulée en raison d’un grand nombre d’irrégularités dans le vote.

Dans la huitième circonscription du Pas-de-Calais, Bertrand Petit (divers gauche), dont l’élection avait été annulée, l’a emporté avec environ 66 % des voix face à Auguste Evrard (RN).

Pourquoi la France vieillit ?

VA+ aborde le sujet de la démographie :

Une hérésie aussi mortelle que banalisée

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Loué soit “Jésus, qui nous délivre de la Colère qui vient ! (1 Th 1.10)”

Je voudrais aujourd’hui vous présenter une hérésie qui se répand du haut en bas de l’Eglise à la vitesse grand V. Elle prétend rendre compte de la façon dont peuvent être sauvés ceux qui ne connaissent pas Jésus, mais finalement, elle concerne le salut des chrétiens eux-mêmes, car il n’y a pas de raison que les chrétiens soient privés d’une rencontre avec Jésus leur offrant dans la mort son salut éternel ! Je vais me servir pour cela de la prédication du père Daniel-Ange, donnée au Couvent Saint Antoine des Franciscains à BRUXELLES au mois de novembre 2022. Je commenterai ensuite, pas à pas, l’extrait que voici :

Le père Daniel-Ange reprend ici une hérésie enseignée par le père Edouard-Marie Gallez, selon laquelle les non-chrétiens trouvent le salut dans la mort en raison du fait que Jésus y serait encore pour le leur proposer, après y être descendu le samedi saint. Or, non seulement une fois mort, on ne peut plus se sauver, raison pour laquelle Jésus nous demande de vivre en état de grâce : « Veillez donc, dit-Il, car vous ne savez pas quand viendra le maître de la maison, le soir, à minuit, au chant du coq, ou le matin, de peur que, venant à l’improviste, il ne vous trouve endormis. Ce que Je vous dis là, Je le dis à tous : Veillez ! (Mc 13.35-37) » Ces paroles n’auraient évidemment aucun sens s’il était encore possible de faire son salut une fois mort ! Mais le Credo nous fait encore professer que le Christ est ressuscité des morts, c’est-à-dire que Son âme, unie à Son corps, est sortie du séjour des morts et ne s’y trouve donc plus pour soi-disant proposer le salut à qui en veut ! Qu’est donc allé faire Jésus au séjour des morts le Samedi Saint ? Le Catéchisme l’enseigne : Jésus est descendu au séjour des morts non pour y prêcher l’appel à la conversion, « non pour y délivrer les damnés » dit le Catéchisme (CEC n°633), mais pour y annoncer aux « justes qui L’y avaient précédé (ibid.) » la bonne nouvelle de leur Rédemption qu’Il venait de réaliser. Cette Bonne Nouvelle, les justes parmi eux l’avaient espérée durant leur vie terrestre, et cela avait précisément fait d’eux des justes. Et tandis donc que Jésus leur ouvrait le Paradis (cf. Lc 23.43), Il créait l’Enfer éternel pour les autres, ceux qui n’avaient pas aimé la vérité plus que le mensonge, la justice plus que l’injustice, Dieu plus qu’eux-mêmes. Mais encore, sanctifiant par Sa présence le séjour des morts, Jésus en a fait le lieu de purification ultime pour les âmes assurées de leur salut mais encore imparfaitement purifiées à l’heure de leur mort, lieu que l’on appelle « Purgatoire ». Jésus a donc vidé les enfers le samedi saint, en sorte que n’existant plus, ils ont laissé place au Paradis, au Purgatoire et à l’Enfer. Voilà ce que Jésus a fait le Samedi Saint. En aucun cas, la mort n’est un temps de possible conversion. La parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare le montre d’ailleurs fort bien.

Il faut comprendre que, de même que la mission terrestre de Jésus était limitée aux brebis perdues d’Israël (Mt 15.24), Sa mission aux enfers a eu des limites : celles imposées par Sa résurrection. Pas plus que Jésus ne continue à évangéliser les Juifs au Temple de Jérusalem, ou la Samaritaine au bord du puits de Jacob, Il ne continue Sa mission auprès des défunts ! Par Sa descente au séjour des morts, Jésus a fait parvenir Son salut aux âmes d’avant le temps de Sa venue. Il n’a oublié personne. Mais cette annonce est maintenant terminée, car désormais, enseigne le Catéchisme, chacun reçoit « dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification, soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du Ciel, soit pour se damner immédiatement et pour toujours (CEC n°1021-1022) ». Immédiatement et pour toujours. Dès sa mort. C’est clair ! L’Église n’a jamais enseigné un séjour illimité de Jésus dans la mort pour y offrir à tous le salut. C’est là une très dangereuse hérésie comme je vais le montrer.

Deuxième extrait

Cette parole de Jésus, tirée du chapitre 5 de l’Evangile selon saint Jean, annonce que tous les morts ressusciteront à la fin du monde, lorsque Jésus ouvrira les assises du Jugement dernier. Il ne s’agit donc pas du jugement particulier de chacun à l’heure de sa mort. Le père Daniel-Ange fait là preuve de confusion : le jugement dernier n’est pas le jugement particulier. Pourquoi tout n’est-il pas réglé avec le jugement particulier, vous demandez-vous peut-être ? Eh bien tout simplement parce que les conséquences de nos actes ne peuvent être toutes connues à l’heure de notre mort. Par exemple, le mal qu’a fait Hitler continue à se répandre, aussi faut-il attendre la fin du monde pour en établir la mesure complète.

Troisième extrait

Oui, à la mort tout homme vit une rencontre personnelle avec Jésus, mais avec Jésus juge, comme l’enseigne le Catéchisme : « La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine. » C’est donc bien clair : on ne peut plus choisir la grâce du salut. Le Catéchisme poursuit : « C’est alors la rétribution immédiate pour chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi. (…) Chacun reçoit alors dans son âme immortelle sa rétribution éternelle en un jugement particulier, soit pour entrer immédiatement au Purgatoire, soit pour entrer immédiatement au Paradis, soit pour se damner immédiatement pour toujours. (Cf. CEC 1021-1022) »

Quatrième extrait

Oui, Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, mais soient sauvés pendant la vie qu’Il leur donne ici-bas, car il n’y en a pas d’autre. Après cette vie, c’est la vie éternelle. Il n’y a pas une autre vie qui prolongerait celle-ci et pendant laquelle il serait encore possible de faire son salut. Comme le dit saint Paul : « Au temps favorable je t’ai exaucé, Au jour du salut je t’ai secouru. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. (2 Co 6.2) »C’est pourquoi il demande : « Faites votre salut avec crainte et tremblement. (Ph 2.12) »Mais qui fera son salut avec crainte et tremblement s’il peut encore le faire dans la mort ?

Sixième extrait

Bien sûr que le projet Dieu ne peut pas mentir, mais il est faux et mensonger d’en déduire que « la seule solution [extrait] » serait une rencontre dans la mort avec Jésus qui donnerait alors le choix d’aller au Paradis avec Lui. Le Catéchisme de l’Eglise et toute la foi de l’Eglise depuis deux mille ans enseigne le contraire. Remarquons déjà que la damnation de la multitude des âmes – que Jésus a par ailleurs annoncée (Lc 13.24) -, n’est pas en soi plus scandaleuse que celle d’une seule âme. C’est pourquoi aujourd’hui quasiment plus personne n’est capable de dire que Judas est en Enfer – ce que je prouve dans mon ouvrage « Judas est-il en Enfer ? ». En fait, ceux qui refusent de croire à la damnation probable de la multitude des âmes, imaginent que si la multitude est sauvée, alors ils auront plus de chances d’être eux-mêmes sauvés. Or, pensant que leur salut est une affaire de nombre, de quantité, de proportion, ils s’en rendent indignes, puisqu’ils ne fondent pas alors leur salut sur une relation personnelle avec Dieu (Jn 17.3), seule pourtant à même de fonder leur assurance pour ne pas craindre (2 Tm 4.8 ; 1 P 5.1). S’ils sont un jour perdus, que leur importera en effet le nombre des élus ?! Pourquoi les vierges folles ne purent-elles pas entrer dans la salle des noces ? Parce qu’elles n’avaient pas acquis cette connaissance amoureuse, personnelle, de Dieu, figurée par l’huile absente de leurs lampes. Si les vierges sages ne purent pas partager la leur avec elles, c’est bien parce que cette connaissance est précisément et éminemment personnelle. Le défaut de relation personnelle et amoureuse avec Dieu est précisément la raison pour laquelle, à l’heure de leur mort, les damnés entendent Jésus leur dire : « Je ne vous connais pas (Mt 25.1-12 ; Lc 17.34-35 ; Jn 17.3) ». Ceux donc qui désespèrent de leur salut parce que peu seront sauvés, me font penser à ces hypocrites et ces lâches qui se faufilent incognito dans les foules anonymes pour accéder là où ils n’oseraient aller seul et à découvert … Or, comme le dit la parabole, Dieu n’entretient pas de relation avec des êtres impersonnels.

Bref, le père Daniel-Ange devrait se dire qu’il n’est sûrement pas le premier dans l’Eglise à se poser la question du salut des païens, et se rappeler l’enseignement de l’Eglise à ce sujet, pour pouvoir l’enseigner à son tour, comme c’est son devoir. Et quel est cet enseignement, sinon celui du Christ, qui a proclamé salutaire l’observation de la loi naturelle ? C’est pourquoi Il dit au jeune homme riche : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements : Tu ne commettras point de meurtre ; Tu ne commettras point d’adultère ; Tu ne voleras point ; Tu ne mentiras point ; Honore ton père et ta mère. (Mt 19.17) » A sa suite le bienheureux pape Pie IX professe : « Ceux qui souffrent d’une ignorance invincible [« invincible », c’est-à-dire « non-coupable » … car il y a des ignorances coupables] Ceux [donc] qui souffrent d’une ignorance invincible concernant notre très sainte religion, mais observent avec soin la loi naturelle et ses préceptes, gravés par Dieu dans le cœur de tous [de tous…], et qui sont disposés à obéir à Dieu, et mènent ainsi une vie honnête et droite, peuvent, avec l’aide de la lumière et de la grâce divines, acquérir la vie éternelle ; car Dieu (…) ne permet pas que quelqu’un soit puni des supplices éternels sans être coupable de quelque faute volontaire. (Quanto conficiamur moerore, DZ 2866) » Le concile Vatican II ne dit pas autre chose : « Ceux qui, sans faute de leur part, [sans faute de leur part], ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et, sous l’influence de Sa grâce, s’efforcent d’agir de façon à accomplir Sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel. (LG 16) » En conséquence, l’observation de la loi naturelle, pour les païens comme pour les chrétiens, possède une valeur salvifique, et est un moyen obligatoire de salut. C’est ainsi qu’au dernier jour, bien que n’ayant pas connu Jésus-Christ, les païens seront jugés sur leur relation avec leur prochain, car le Christ considère comme fait à Lui-même ce que nous faisons à autrui, tant Il aime chacun d’entre nous. C’est ce qu’il enseigne par exemple au chapitre 25 de l’Évangile selon saint Matthieu (cf. Mt 25.31-46). Prétendre qu’il y aurait une nécessité pour qui n’a pas connu Jésus sur terre à Le rencontrer dans la mort, comme si sa vie n’avait servi à rien, est donc une imposture, une horrible hérésie ! « Du jugement dont vous jugez on vous jugera, dit le Christ, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. (Mt 7.2) » Ainsi, tout homme se juge lui-même durant sa vie terrestre, en fonction de son rapport à la vérité, qu’il est tenu de chercher (Humanae dignitatis n°1), et en fonction de son rapport au prochain, qu’il est tenu d’aimer, pour l’amour de Dieu, c’est-à-dire comme Jésus nous a aimés (Lc 18.9 ; 1 Jn 3.18-19).

Septième extrait

Le père Daniel-Ange tente maintenant de justifier le devoir missionnaire de l’Eglise à l’aune de l’hérésie du salut dans la mort. Pas facile ! Car, à quoi bon tout quitter pour aller évangéliser les terres lointaines – comme l’ont fait depuis deux mille ans les Apôtres et les missionnaires -, si les gens trouvent le salut dans leur mort ? A quoi bon les souffrances des martyrs ? A quoi bon faire pénitence, et finalement, même, cesser de pécher ? La réponse que donne le père Daniel-Ange est que la vie est plus heureuse ici-bas lorsque l’on connaît Jésus… Or, outre qu’il n’est pas sûr que nombre de martyrs auraient souffert ce qu’ils ont souffert s’ils avaient su qu’ils pouvaient s’en tirer à meilleurs frais, l’Evangile n’a jamais été une formule pour bien vivre ici-bas, mais il est l’appel à la conversion pour recevoir le pardon des péchés et le don du Saint-Esprit (Mc 3.29 ; Lc 24.47 ; Ac 2.38 ; 5.31-32 ; 10.43-44 ; 26.18). On est bien loin du sentimentalisme, et du confort psychologique ! Quant à dire que la connaissance du Christ permettrait de « préparer l’instant de notre passage », il faut reconnaître que d’autres le préparent sans être chrétiens, et d’ailleurs, à quoi bon cette préparation, si pour « tous, quelle que soit sa culture, sa nation, son époque, sa religion », il sera encore temps de faire le choix définitif dans la mort ?

Huitième extrait

Le père Daniel-Ange extrapole un événement de l’histoire humaine du Christ : sa descente au séjour des morts du vendredi saint au soir jusqu’au petit matin du dimanche, pour en faire un événement extratemporel, c’est-à-dire un mythe. Comme je l’ai expliqué, Jésus est ressuscité et n’est donc plus au séjour des morts, qui n’existe plus depuis que Jésus a ouvert les portes du Paradis, et celles de l’Enfer pour les rebelles qui meurent en état de péché mortel, et celles du Purgatoire pour ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés.

Neuvième extrait

Ce n’est pas beau ça ? Plus besoin de conversion en cette vie ! Même sans pénitence, les pécheurs vont au Paradis ! C’est sûr qu’un tel évangile ne peut que rencontrer du succès ! Continuez donc à pécher, braves gens, c’est le Diable qui régale, et s’occupe de tout ! Non, nous n’avons pas besoin d’un évangile extraordinaire. Celui que nous avons reçu nous suffit. Saint Paul nous a mis en garde contre les annonces extraordinaires : « Si nous-même, si même un ange venu du Ciel vous annonçait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit ! Nous vous l’avons déjà dit, et je le répète : si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit ! (Ga 1.8-9) »

Dixième extrait

Voilà la raison qui a motivé l’invention de ce nouvel évangile : la damnation des pécheurs … Comme si la perspective de la damnation d’une multitude d’âmes avait été ignorée par Jésus, qui l’a si souvent annoncée, comme par exemple en ces versets : « Beaucoup sont appelés mais peu sont élus. (Mt 22.14) » ; « Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s’y engouffrent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent. (Mt 7.13-14) » La Petite Thérèse voyait les âmes tomber en Enfer comme des flocons de neige en hiver ! (Lettre de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la sainte Face à sa sœur Céline, le 14 juillet 1889) Ce n’est pas sans raison que Jésus demande de renoncer à tout et à tous pour Le suivre…

Onzième extrait

Cette espérance n’est pas formidable, elle est démoniaque, car si les apostats, les renégats, les persécuteurs de l’Eglise, les blasphémateurs, sont dans la communauté des croyants, aussi bien sur terre qu’au Ciel, alors, pécher est sans conséquence, la liberté n’existe pas, la foi ne sert à rien, la sainteté est l’équivalent de la scélératesse, et le devoir d’excommunication donné par Jésus à Son Eglise (Mt 18.17 ; Jn 20.21-23) est sans objet ! Certes, que le pape enseigne cela est d’une grande tristesse, mais pour ne pas s’en scandaliser, il faut se rappeler que le Pape n’est pas nécessairement infaillible lorsqu’il ouvre la bouche. Croire que tout le monde ira au Paradis est contraire à la foi catholique, et l’enseigner mérite l’Enfer. Si, parce que Dieu est si bon, nous allions tous au Paradis, croyants et non-croyants, saints et pécheurs, quel salut apporterait l’Évangile ? Bien loin de nuire, par une vision dite pessimiste, à la qualité de la vie et de l’apostolat, annoncer que nous allons tous en Enfer si nous ne nous convertissons pas, fait bien plutôt jaillir une source de JOIE ABSOLUE (Jn 15.11 ; 16.22), celle que cherche désespérément l’humanité, et que Jésus lui a donnée par ces mots : « Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche ! (Mt 4.17) » Mais : « Repentez-vous ! ». Car sinon, vous ne pourrez pas entrer dans le Royaume des Cieux… et finirez donc en Enfer !

Bref, s’il est vrai que tout homme peut faire son salut dans la mort, alors :

L’arbre ne tombe plus du côté où il penche, et Jésus S’est ridiculisé en appelant à veiller pour ne pas être surpris par la mort (Mt 24.36 ; Mc 13.33,35,37). En effet, pour cette théorie, la mort n’arrive jamais de façon inopinée, inattendue, malheureuse.

Notre Seigneur est un sadique ayant envoyé pendant deux mille ans des missionnaires se faire massacrer pour rien, troubler la tranquillité de foules et de nations entières pour rien (Mt 28.18-19).
Si le salut s’acquiert dans la mort, alors la vie terrestre perd son sens et sa valeur.
Le saint et le pécheur se retrouvent au même point, et la justice est bafouée (Lc 13.1-5).
La liberté humaine, qui ne s’acquiert qu’à travers la répétition d’actes vertueux et méritoires, est ruinée.
L’âme fait son choix décisif dans la condition des anges, ce qu’elle n’est pas.
L’unité substantielle de l’être humain composé d’une âme et d’un corps est occultée.
La mort n’est plus, dans l’ordre naturel, le plus grand mal qui soit, mais est le seul bien véritable qui permet de choisir la vie éternelle !
Qui serait assez fou pour refuser le Paradis au moment où il n’a aucun autre bien à désirer, mais l’Enfer à éviter ? Quelle peut être la valeur d’un tel choix ?
Alors que les vivants doivent payer si cher leur salut, quels sacrifices les défunts peuvent-ils offrir ?
Si le péché ne damne pas, pourquoi préférer se couper la main ou s’arracher les yeux pour l’éviter (Mt 18.8-9) ?
Quelle est la valeur de la foi qui, à travers les ombres de ce monde, discerne la Présence de Dieu, Le reconnaît en Sa parole, et L’aime jusqu’au don de soi ?
Si la mort est le temps idéal pour choisir son éternité, quand ce choix sera-t-il réellement définitif ? Ne peut-on pas, là encore, se tromper, regretter et recommencer, ou, dans cette crainte, attendre … indéfiniment ? En vérité, on est soit mort, soit vivant. Il n’y a pas d’état intermédiaire.
La théorie du salut dans la mort rejette le dogme du jugement particulier, le ramenant au choix que l’âme fait elle-même de sa destinée …
Si le salut se joue dans la mort, alors il n’y a pas de nécessité à évangéliser, ni même de raison que Jésus Se soit incarné. L’Évangile qui proclame le contraire est donc faux, et l’Église pendant deux mille ans a trompé le monde.

Comment expliquer que l’Eglise ait enseigné pendant des siècles que mourir en état de péché mortel conduit en Enfer, si son enseignement dogmatique est infaillible ?
Je rappelle que rejeter un seul dogme, c’est ne plus avoir la foi du tout, car la foi est ce mouvement de confiance par lequel on croit ce que Dieu dit parce que Dieu ne peut ni se tromper ni nous tromper, en sorte que l’on croit tout ce que Dieu dit parce que c’est Dieu qui le dit. Croire à tout ce qu’il dit sauf ne serait-ce qu’à un seul dogme, c’est donc tenir pour vrai ce que Dieu dit non en raison de ce mouvement de confiance, mais parce que la raison humaine le juge crédible, se plaçant ainsi au-dessus de celle de Dieu …

Jésus ne Se manifestera pas à la fin de la vie en tant que Sauveur, mais en tant que Juge (Mt 25.31-46 ; Lc 12.58-59 ; Jn 5.22 ; 2 Tm 4.8 ; He 12.23 ; Jc 4.12 ; 5.9 ; 1 P 1.17 ; 2.23 ; Ap 19.11). « Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier … (CÉC n°1022) » On comprend que cette hérésie ait du succès, car en détruisant le sens véritable de la mort, elle minimise les atteintes au respect de la vie humaine promues par la culture de mort ; et en niant le jugement particulier, elle rend inutile la conversion, et conduit ainsi les âmes en Enfer où les attend le Diable …

Si les gens savaient qu’ils vont en Enfer, ils changeraient de vie !

Après Charette, un film sur Henri de La Rochejaquelein ?

Les éditions Chiré viennent de rééditer, avec une préface de Philippe de Villiers, une excellente biographie d’Henri de La Rochejaquelein, qui se lit comme un roman. Ce livre du baron de La Tousche d’Avrigny a été publié la première fois en 1948 sous le titre Monsieur Henri. Cet ouvrage, réédité plusieurs fois, est un véritable monument à la gloire du jeune généralissime (1772-1794).

Véritable épopée, ce livre de Jean de La Tousche, chartiste émérite et spécialiste du monde médiéval, retrace la première guerre de Vendée. C’est un récit incarné : l’auteur a connu les contrées où il a suivi le jeune chef héroïque et restitue la véritable figure de celui que les paysans de Vendée appelaient avec une affectueuse familiarité « Monsieur Henri ». Il rend hommage à son intelligence, à ses talents militaires, qui ne le cédaient point à sa bravoure chevaleresque.

Henri de La Rochejaquelein a fait ses études à l’école royale militaire de Sorèze de 1782 à 1785. À la sortie de l’école, il entre dans le régiment Royal-Pologne cavalerie, acheté par son père. La Révolution l’ayant surpris dès l’âge de seize ans, il ne suit pas son père dans l’émigration vers l’Allemagne. Il refuse en 1791 de prêter le serment que l’Assemblée constituante exige des officiers et démissionne. Il choisit de défendre le trône dans la Garde constitutionnelle de Louis XVI où il est appelé en 1791. Lors de l’assaut du palais des Tuileries par les révolutionnaires, il combat pour défendre le roi, en tant que deuxième lieutenant de la Garde. Cette journée du 10 août 1792 trompe ses espérances, alors que Louis XVI demande à sa Garde de pas combattre. Fuyant la capitale, il dit : « J’irai dans ma province, et bientôt l’on entendra parler de moi. »

Cette guerre de Vendée connut malheureusement la division des chefs et l’auteur ne l’élude pas. Après Thouars, Saumur ouvrit la porte à une marche sur Paris, qui aurait pu anéantir la Révolution dite française. Napoléon l’a reconnu “Rien n’eût arrêté la marche triomphale des armées royales”. Mais Henri de La Rochejaquelein et Stofflet ne furent pas suivis et les paysans vendéens étaient avant tout attachés à leur province, pour oser s’aventurer dans des régions inconnues. Après les morts de Bonchamps puis de Lescure, Monsieur Henri devient généralissime de la  grande armée catholique et royale. Après la virée de Galerie, il est tué à bout portant le , à 21 ans près de Cholet.

L’instrumentalisation politique de l’Histoire

La commémoration du 80ème anniversaire de la « rafle du vel d’hiv » le 17 juillet 2022, a donné lieu à un exemple édifiant d’instrumentalisation politique de l’Histoire. En réaction, Jean-Marc Berlière, historien de la police en France, Emmanuel de Chambost, ingénieur, et René Fiévet, économiste et diplômé en Histoire, qui travaillent en particulier sur les années 1940 à 1945 au sein de l’association HSCO (Pour une Histoire scientifique et Critique de l’Occupation), viennent de publier une Histoire d’une falsification, Vichy et la shoah dans l’Histoire officielle et le discours commémoratif. La polémique sur l’attitude de Vichy face à l’occupant nazi a resurgi l’an dernier, lorsqu’Eric Zemmour est revenu dessus, rappelant à la suite du rabbin Alain Michel, que Vichy avait cherché à sauver les juifs français en livrant les juifs étrangers. Les auteurs retracent le matraquage médiatique contre le candidat et dénoncent l’instrumentalisation politique de cette histoire.

Après une remise en place des principaux éléments de l’Histoire, et notamment l’affaire de la rafle du vel d’hiv, ils décryptent le discours de certains historiens, devenus plus idéologues, pour terminer avec l’évolution du discours présidentiel, de Mitterrand à Macron visant à accuser la France. Devant le flot d’approximations, d’affirmations erronées jusqu’au plus haut niveau de l’État, et notamment à l’occasion du discours d’Emmanuel Macron en juillet 2022, mais aussi celui qu’avait prononcé benoîtement Jacques Chirac en 1995, les auteurs ont souhaité redonner sa complexité à une question qu’on ne saurait réduire à une initiative purement vichyste, au point d’effacer les circonstances -la défaite, l’armistice, l’occupation- et le rôle essentiel de l’occupant nazi quasiment absent des discours officiels. D’un côté nos dirigeants expliquent que Vichy ce n’est pas la France, tout en déclarant par ailleurs que Vichy a collaboré à l’extermination des juifs, pour aboutir au curieux syllogisme selon lequel la France porte une part de responsabilité dans la solution finale.

Et les auteurs écrivent :

Examinons cela avec un peu de recul, et posons-nous la question : qu’est-ce qu’un grand historien français dans la France d’aujourd’hui ? C’est un historien qui peut venir dans un studio de radio ou sur un plateau de télévision et raconter n’importe quoi sur un sujet qu’il ne connaît pas, étant absolument certain que personne n’osera le contredire. Quand vous atteint ce stade ultime dans l’exercice de cette profession, vous pouvez, avec beaucoup de chances de succès, présenter votre candidature à un fauteuil de l’Académie française.

Vaincre ou mourir, la fin de l’omerta

D’Henry Renoul pour Le Salon beige :

Il y a les cinéphiles techniques et avertis qui regardent autant les angles de prises de vues, la qualité du son et de la musique, la variété des images et des scènes, l’éclairage du visage des acteurs que l’histoire qui est racontée dans un film.

Il y a ceux qui connaissent mieux l’histoire du personnage mis en scène que le scénariste. Il y a ceux qui pensent que le contexte historique est manquant, sinon faiblement évoqué. Il y a ceux qui auraient préféré une romance d’amour éventuellement impossible entre le héros et une jeune et jolie fille pour faire vibrer les cœurs. Il y a ceux qui regrettent qu’on ne parle pas assez d’eux.

Et puis il y a les spectateurs qui se souviennent que cette histoire a été occultée pendant presque deux siècles, que les associations méritantes, quelquefois l’Église ont maintenu la mémoire de l’épopée des Géants de la Vendée et la répression génocidaire de toute une population insoumise au bonheur promis par la République en 1793. Ceux-là se réjouissent de la sortie de ce film puyfolais « Vaincre ou Mourir » qui, autour de Charette « Roi de la Vendée » raconte dans les détails historiquement incontestables le soulèvement vendéen « pour Dieu et pour le Roy ».

L’omerta est levée, à la fureur des robespierristes révolutionnaires qui avaient tout fait pour que cette tache originelle de la République, contraire aux valeurs républicaines âprement défendues, ne soit pas enseignée dans les écoles et universités françaises, et s’oublie. Aujourd’hui, à grand coup de Une de journaux et de prises de position de journalistes militants, le génocide vendéen est contesté alors qu’il est dorénavant juridiquement quasi reconnu.

Merci aux historiens qui ont risqué leur carrière, aux associations qui maintiennent tels des « Manants du Roy » et aux créateurs de spectacles et de films beaux, biens et vrais !

Résistance vendéenne : une guerre de Religion ?

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent

  • Philippe de Villiers, ancien ministre, fondateur du Puy du Fou
  • Philippe Pichot-Bravard, docteur en histoire, spécialiste de l’Ancien Régime

Philippe de Villiers a déclaré qu’

On trouve dans le soulèvement vendéen des valeurs fondatrices de notre civilisation : le pardon, le panache et l’esprit des traditions qui nous éloignent de la table rase de l’homme générique et de la fabrique de l’homme de sable.

“Les Vendéens n’ont pas été exterminés pour ce qu’ils ont fait mais pour ce qu’ils étaient. Je demande au Président de la République Emmanuel Macron, qui cherche à unir les mémoires, de reconnaître ce génocide. Il n’y a jamais eu de sépulture.”

 

“Sans la foi, la politique est très effrayante. Si vous n’avez pas la foi, vous voudrez créer le paradis sur terre”.

Rod Dreher a emmené quelques journalistes rencontrer Viktor Orban à Budapest. Extrait de son compte-rendu :

J’ai interrogé le premier ministre, calviniste, sur sa conviction que la régénération de la civilisation occidentale passe par le rétablissement de la foi chrétienne.

“Le christianisme ne peut pas être régénéré par la politique”, a-t-il déclaré, ajoutant que la foi est toujours, en fin de compte, une question de conversion du cœur d’un individu. Pourtant, il a ajouté que si les chrétiens ne se réveillent pas et ne résistent pas aux tendances culturelles qui les emportent, la foi va disparaître.

“Le meilleur espoir aujourd’hui, ce sont les orthodoxes”, a-t-il dit. “Ils ne discutent pas, mais ils croient. Nous [protestants et catholiques], nous disputons sans cesse.”

Orban a poursuivi en qualifiant les chrétiens orthodoxes de “réserve la plus importante” pour que les chrétiens de l’Ouest retrouvent leur assise religieuse.

À propos de l’état lamentable de la vie religieuse en Hongrie, où relativement peu de gens vont à l’église, le premier ministre a déclaré : “Nous ne nous faisons pas d’illusions sur ce à quoi nous ressemblons.” Pourtant, si l’Europe veut survivre, elle doit revenir à la foi qui a créé l’ordre sacré sur lequel s’est construite sa civilisation, estime Viktor Orban.

“Mon analyse est que cette structure sociale construite au cours des trente dernières années est totalement contraire à la nature humaine”, a-t-il déclaré. “Elle est vouée à s’effondrer, mais, espérons-le, pas à la manière d’Armageddon”.

Si l’hégémonie de l’idéologie du genre et des autres manifestations de la folie progressiste peut être brisée rapidement, alors “le retour à la tradition sera beaucoup plus rapide que nous ne pouvons l’imaginer. Mais d’abord, nous devons les écraser politiquement”.

Poursuivant sur l’intersection de la religion et de la politique, M. Orban a déclaré qu’il ne comprenait pas comment on pouvait être un leader politique conservateur sans être une personne de foi réelle. Ce n’est pas une coïncidence, a-t-il dit, que la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne mènent le combat pour défendre les valeurs traditionnelles en Europe. Elles font partie d’une Europe qui a été moins touchée par la modernité corrosive.

Le principal conseiller politique du Premier ministre, Balazs Orban (aucun lien de parenté), est intervenu en disant : “Sans la foi, la politique est très effrayante. Si vous n’avez pas la foi, vous voudrez créer le paradis sur terre”.

Le Premier ministre a déclaré que les hommes politiques peuvent donner aux gens une meilleure vie matérielle, mais que ce n’est pas leur rôle de leur donner une vie heureuse.

Nous avons brièvement parlé de son voyage à Rome pour rendre hommage à Benoît XVI lors de la veillée funèbre de l’ancien pape. M. Orban a déclaré que les calvinistes hongrois reconnaissent que le catholicisme est absolument vital pour l’avenir du christianisme, et que si l’Église catholique est faible, c’est mauvais pour tous les chrétiens. Il est revenu sur l’importance du renouveau religieux pour le renouveau civilisationnel, et a déclaré que c’était la raison pour laquelle il aimait rendre visite aux chefs religieux partout où il voyageait.

Plus de 300 personnes pour défendre la statue de La Flotte-en-ré

Stop ça suffit hurle dans un haut parleur le vice-président de “Touche pas à ma statue”. “Arrêtez de toucher à nos statues, arrêtez de toucher à notre pays, arrêtez de toucher à nos racines, arrêtez de toucher à nos valeurs“.

Action du Collectif Némésis contre la journée internationale du hijab

Une cinquantaine de militantes se sont réunies devant le Sacré-Coeur de Montmartre, la moitié en robe et l’autre moitié en hijab, derrière la bannière “Quelle civilisation voulez-vous ?” :

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