Le sacrifice
Auteur d’une Théologie du sacrifice, l’abbé Jean de Massia, FSSP, est interrogé dans France catholique. Extrait :

“Que leurs noms ne soient pas même prononcés parmi vous !
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Mgr Giraud, évêque de Sens-Auxerre et prélat de la Mission de France, dans le journal La Croix du 14.02.2023 a publié un article intitulé « Sur l’homosexualité, le pape François invite à sortir de l’impasse du silence ».
Avant tout, il semble nécessaire de distinguer deux acceptions du terme « homosexualité » :
• Soit le terme désigne le fait d’avoir des tendances homosexuelles, ce qui est une infirmité de notre nature humaine créée par Dieu sexuée en vue de la perpétuation de l’espèce, et dans ce cas, ces tendances n’enlèvent rien à la dignité de la personne, mais peuvent même lui être source de mérite s’il leur résiste.
• Soit le terme désigne le fait de commettre des actes homosexuels, et dans ce cas il s’agit d’un péché contre nature, qui doit être dénoncé comme tel.
Personnellement, je ne vois pas à quel silence le Pape et Mgr Giraud font allusion, tant j’entends au contraire une publicité de plus en plus assourdissante au sujet de l’homosexualité, et d’autant moins faudrait-il se plaindre du silence qu’il a justement été donné par Saint Paul comme prophylaxie en pareil cas :
« Quant à la fornication, à l’impureté sous toutes ses formes, ou encore à la cupidité, que leurs noms ne soient même pas prononcés parmi vous : c’est ce qui sied à des saints. (Ep 5.3) » …
L’article commence par cette phrase :
« Depuis le début de son pontificat, François s’est exprimé à de multiples reprises sur la question de l’homosexualité : « Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? », avait-il répondu à une journaliste, en 2013. »
Ce propos est un modèle du genre en matière de manipulation : l’Évêque présente le Pape comme traitant de l’homosexualité alors qu’il parle d’une personne gay. L’amalgame entre homosexualité et personne sert évidemment à transférer le bien de la personne humaine à l’homosexualité, et sert ainsi à faire admettre l’homosexualité comme une chose bonne, au même titre que la nature humaine, en sorte qu’il faille « abandonner toute tentation de jugement [de qui ? de quoi ? Des homosexuels, ou de l’homosexualité ?], pour lui substituer une attitude d’écoute des personnes telles qu’elles sont. [Dans quel but ? Se contenter d’écouter ?] » Le Seigneur ne nous demande pas de seulement écouter, mais « de réprimander notre prochain pour n’avoir pas la charge de son péché. (Lv 18.17 ; Mt 18.15-17 ; Col 3.16) »
Suite : https://www.islam-et-verite.com/que-leurs-noms-ne-soient-meme-pas-prononces/
Manipulation à la convention citoyenne
Non content de manipuler l’opinion en faisant appel à une convention non élue, il s’avère que la convention elle-même est manipulée. Le Figaro révèle que plus d’une quarantaine de citoyens (environ un quart des 184 qui ont été tirés au sort) ont adressé une lettre au comité de gouvernance de la convention citoyenne et à sa présidente, Claire Thoury, membre du Cese.
Ils expriment leur regret de voir publiés les résultats du vote provisoire en faveur de l’euthanasie :
« Il s’agissait d’un vote sur les idées et non sur l’écriture précise de propositions. Les questions ont pu évoluer pendant la session, pouvant entraîner de la confusion parfois, mais cela n’enlève en rien la valeur et la solidité de nos travaux. »
Le compte rendu publié par le Cese n’évoque pas le consensus qui s’est dégagé parmi les citoyens pour renforcer l’offre des soins palliatifs en France. Un sujet auquel ils ont pourtant accordé « autant d’importance qu’à l’aide médicale à mourir ». Une omission qu’ils ont demandée au comité de gouvernance de rectifier. Sans résultat.
Il y a eu aussi une confusion entre les personnes qui estiment qu’il faudrait faire évoluer le cadre légal sur la fin de vie et les personnes favorables à l’ouverture à l’aide active à mourir.
Certains ont créé un groupe « dissident » pour organiser la contestation :
« Pour le moment, on essaie de faire entendre nos doutes sur certaines des modalités de la consultation. Si ça ne suffit pas, il faudra que l’on prenne les devants ».
Une autre avoue :
« J’ai l’impression que les dés sont pipés. Et je ne suis pas la seule : depuis quelques sessions, disons qu’il y a une gêne qui s’est installée… Alors, à présent, on va réfléchir à se faire entendre autrement. »
« Par moments, j’ai l’impression que c’est de la manipulation. »
Est-ce étonnant ?
« Des citoyens se demandent s’ils ne sont pas manipulés par le Cese, se posent des questions sur l’orientation imposée. Certains d’entre nous pensent que les votes sont conçus pour nous orienter vers l’aide active à mourir. Cela fait passer sous silence tout le travail qui a été fait jusqu’à maintenant pour améliorer la loi actuelle. Il ne reste plus que trois séances et on va encore beaucoup travailler sur l’euthanasie et le suicide assisté, notamment pour des personnes qui n’ont plus la possibilité de s’exprimer… Ces sujets prennent le dessus. »
En attendant vous pouvez organiser une séance chez vous où près de chez vous pour voir le documentaire sur l’euthanasie. Inscrivez-vous ici :
La natalité est la grande oubliée du gouvernement
La natalité est la grande oubliée des politiques du gouvernement. Elle est pourtant cruciale pour la survie de toute nation et permet le renouvellement des générations. Il est urgent de mettre en place des politiques de soutien au maillon essentiel de toute société : la famille ! pic.twitter.com/C7vlmncGeF
— Christophe Bentz (@BentzChristophe) February 28, 2023
Rapport sur la haine anti-chrétienne au Nigéria au premier semestre 2022
Nos amis de l’Observatoire de la christianophobie ont mis en ligne un rapport sur les actes anti-chrétiens commis au Nigéria au premier semestre 2022.
Pour le télécharger, c’est ici.
6 vertus à faire fleurir pour Pâques
Nous sommes entrés dans le temps du Carême depuis le mercredi 22 février, mercredi des Cendres. Le Carême est un temps de conversion et une occasion, pour les chrétiens, de cultiver leur jardin intérieur pour y faire fleurir des vertus.
A travers nos relations aux autres durant cette période, à travers un effort de Carême offert à Dieu, et dans nos temps de prière, nous pouvons, cette année, nous concentrer sur une vertu particulière. Choisissons-en une qui nous fait plus particulièrement défaut et, avec l’aide de l’Esprit de Dieu, laissons-la se développer en nous.
Cela peut être :
- l’humilité : “Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes.” (Philippiens 2, 3)
- la gratitude : “Rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus.” (1 Thessaloniciens 5, 18)
- le courage : “Ne t’ai-je pas commandé : “Sois fort et courageux !” ? Ne crains pas, ne t’effraie pas, car le Seigneur ton Dieu sera avec toi partout où tu iras.” (Josué 1, 7)
- la patience : “Mais je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière, et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair je verrai Dieu.” (Job 19, 25-26)
- l’obéissance : “Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.” (Matthieu 7, 21)
- l’espérance : “Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. * « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. »” (Psaumes 26, 13-14)
Bon Carême à tous !
Alice Ollivier pour Hozana.org
Réflexions autour du vocabulaire médical de Luc l’évangéliste 5/5
Suite et fin de l’article de Franck Jullié sur le choix du vocabulaire utilisé par l’évangéliste saint Luc.
5. Conclusion
L’examen attentif du vocabulaire médical de Luc, en particulier dans l’examen de la fertilité et de la santé génésique, exprime – au-delà de la compréhension technique, une théologie de la médecine, plus encore une théologie du corps et de son salut, une théologie où l’expérience du corps et la restauration de la conscience de sa signification originelle sont fondamentales.
Au-delà de la destruction de la signification du corps dans la pratique contraceptive, porte ouverte à l’avortement, la démarche lucanienne nous invite à rehausser les standards du Serment d’Hippocrate dans un cadre éthique et métaphysique, celui du Décalogue et de la Parole-Loi du Dieu de la Bible43.
C’est sans doute cette vision qui a inspiré les scientifiques, protestants de confession, Erik Odeblad et James B. Brown44, à collaborer avec les médecins John et Evelyn Billings, catholiques, pour apporter les éléments de preuve endocrinologiques et de structuration physico-chimique de la glaire cervicale45 pour constituer le corpus anthropologique de ce que l’histoire connait comme la méthode Billings.
Dans la traversée temporelle de Genèse 2 et 3 s’élaborent pour l’homme et pour la femme, créés à l’image de Dieu, une conscience de la signification de leur corps au creuset de la nudité originelle, puis de la solitude originelle, puis de la découverte de la dimension sponsale du corps, puis de l’expérience de la honte après la chute.
La médecine et ses moyens techniques doivent s’inscrire dans la perspective de la Création, de la Chute et de la Rédemption. La médecine doit s’inscrire dans un cadre théologique qui lui permette la redécouverte et la restauration du sens du corps – dans son expression objective et son vécu subjectif, et de sa santé intégrale.
Franck Jullié, le 30 janvier 2023
Pour lire l’article complet, vous pouvez laisser votre courriel ci-dessous:
Profanation de l’église Saint-Eustache à Paris
Message du curé :
Ce jeudi 2 mars 2023, à l’heure même où la messe quotidienne de 12h30 dans la chapelle de la Vierge était célébrée, une personne a brisé, à coups d’extincteur, la vitre de protection du brocart de l’autel de célébration dans le chœur de notre église. L’ampleur exacte des dégâts reste à cette heure à établir avec plus de précisions. L’auteur est recherché et les intentions de son acte restent inconnues.
Cet autel est au coeur de l’église comme le Christ est au coeur de nos rassemblements et de la vie, si riche, de notre communauté paroissiale. Sa profanation – puisque tel est le nom que porte la violence qu’il a subie – nous touche profondément. Les témoins de la scène en ont été très affectés et nous le sommes avec eux.
Je sais votre attachement à notre église. Je sais aussi tout ce que signifie Saint-Eustache, non seulement pour la communauté qui s’y rassemble de dimanche en dimanche, mais aussi pour tant de gens pour qui le témoignage de cette communauté est significatif et important. Toutes et tous nous partageons la même très vive émotion.
Il me semble utile de préciser que, suite à cette action de malveillance, l’autel ne pourra plus être utilisé jusqu’à ce qu’une célébration de réparation ait eu lieu. Nous vous tiendrons bien sûr informés au plus tôt.
D’ores et déjà je vous remercie de votre soutien et de votre proximité. Nous demeurons en communion les uns avec les autres.
Au-delà de ce moment pénible, la vie de notre paroisse continue dans ce temps de carême et je sais pouvoir compter sur tous et toutes pour que la sérénité et l’esprit de service demeurent pleins et entiers dans le coeur de chacun, de chacune et dans toutes nos équipes.
Yves Trocheris, prêtre de l’Oratoire
« Il n’y a pas le moindre risque ou la moindre chance que l’union des droites se fasse avant 2027 »
Selon Alexis Brezet, directeur du Figaro :
« Il n’y a pas le moindre risque ou la moindre chance que l’union des droites se fasse avant 2027 »
➡️ C’est l’édito politique de @abrezet sur #Europe1 pic.twitter.com/SJkCxZpzKy
— Europe 1 🎧🌍📻 (@Europe1) March 3, 2023
Comment évangéliser aujourd’hui ?
Quelle est la nécessité de l’évangélisation
Les réponses du Club des Hommes en noir avec cette semaine autour de Philippe Maxence, les abbés Barthe et Guelfucci, le père Thomas et Jean-Pierre Maugendre.
A comme Allah Akhbar
Nous commençons une série (alphabétique!) d’extraits de l’excellent livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:
Le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France, www.islamophobie.net), l’organisme qui n’a de cesse de vouloir pénaliser la peur de l’islam pour mieux assurer la censure des consciences, a publié un article sur son site internet ce mardi 16 avril qui ressemble presque à un gag. Au lendemain de l’incendie ayant détruit la charpente et la toiture de Notre-Dame de Paris, cet article s’intitule: «Trois mosquées profanées hier à Rennes ». Commentaire du site: « Les fidèles des mosquées de Rennes sont encore sous le choc. En l’espace d’une nuit, trois lieux de culte musulmans ont été la cible de tags islamophobes et haineux. » …
Le site publie aussi les photos des profanations. On a supposé que le reportage était exhaustif. Où l’on voit sur une première photo un tag sur un mur: « Jésus Akbar »; la deuxième photo montre aussi un tag : l’étoile juive, la croix chrétienne et le croissant musulman rassemblés avec la mention « Non merci »; la troisième, un troisième tag avec un smiley plutôt rigolard et la mention « Go home » Comme un vulgaire tag « US GO HOME » lors de la guerre du Vietnam. Mais, à l’époque, on n’avait pas inventé le smiley… Il faut reconnaître: les tags, ce n’est pas correct, c’est malpropre. Mais « Jésus Akbar »! De la haine à l’état pur. Alors que, c’est sûr, le « Allah Akhbar » prononcé par le musulman Cherif Chekatt lors de son attentat à Strabourg était, lui, fraternel. De même d’ailleurs que le « Allah Akhbar » lancé par la compagne du terroriste musulman de Trèbes lors de son interpellation. Et pensez, ce « Allah Akbar », lancé par les assassins musulmans du Père Hamel quand ils ont chargé les gendarmes en sortant de l’église de Saint-Étienne du Rouvray : fraternel aussi !
(Extrait de “Le site islamophobie.net dénonce la « haine » et verse dans le gag” – 18 avril 2019)
Tuer un bébé n’est « jamais nécessaire » pour sauver la vie de la mère
L’avortement est souvent présenté comme le seul moyen de sauver les femmes enceintes. Cette présentation n’est pas enracinée dans le fait médical.
Le Dr John Bruchalski est le fondateur du cabinet médical confessionnel pro-vie Tepeyac et de l’association à but non lucratif Divine Mercy Care. Il « a pratiqué des avortements en croyant qu’il aidait les femmes » pendant sa formation médicale, mais après un réveil spirituel, il a réalisé que l’avortement n’apportait pas la liberté, la santé et le bonheur aux femmes. Le Dr Bruchalski a cessé de pratiquer des avortements, est revenu à la foi et a ressenti l’appel de Dieu pour démarrer une pratique médicale qui a vraiment aidé les femmes.
Écrivant mardi à The Federalist , Bruchalski atteste que pour toutes les complications graves et potentiellement mortelles auxquelles les femmes peuvent être confrontées pendant la grossesse, « le fœticide intentionnel n’est jamais nécessaire, même dans les pires scénarios », et au lieu de cela,
« l’objectif médical devrait être de prendre soin des deux patients et de les amener tous les deux aussi loin que possible dans la grossesse tant que la mère et le bébé vont bien. »
Il cite l’exemple d’une « rupture prématurée du sac amniotique de la mère à 14 semaines », pour laquelle l’avortement peut être présenté comme une possibilité, mais les deux patients peuvent à la place être traités avec des antibiotiques sous une surveillance étroite. Ils ont alors de bonnes chances de stabilisation. S’il arrive à 22 semaines ou plus, le bébé a de bonnes chances de survivre en dehors de l’utérus.
Il admet que de nombreuses circonstances peuvent nécessiter l’accouchement d’un bébé avant qu’il ne puisse survivre en dehors de l’utérus ou mettre indirectement fin à la vie du bébé, comme la chimiothérapie ou le traitement d’une grossesse extra-utérine, mais souligne le fait que ces traitements ne sont pas un avortement ; ils n’impliquent pas de violence directe et intentionnelle sur l’enfant dans le but de mettre fin à ses jours.
« Ces femmes sont et ont été soigneusement soignées et traitées pour leurs complications de grossesse avant, pendant et après Roe v. Wade ». « Mais les défenseurs de l’avortement veulent que vous pensiez que ces complications sont devenues dangereuses pour les femmes dans l’Amérique post-Roe et doivent donc qu’elles doivent être incluse dans le pseudo « droit » à l’avortement pour lesquels ils se battent, afin de maintenir en vie la culture de l’avortement à la demande. »
« Les avortements électifs deviennent plus dangereux à mesure que la grossesse avance, et c’est à ce moment-là que surviennent la majorité de ces complications de santé. Les avortements après 24 semaines provoquent des déplacements massifs de liquide, ce qui peut pousser la mère à une insuffisance cardiaque, pulmonaire ou rénale. Si la vie de la mère est en danger immédiat, une césarienne dure une heure. Un avortement direct après 24 semaines peut prendre de deux à trois jours. On ne peut pas faire valoir qu’un avortement est nécessaire parce qu’il est plus rapide que l’accouchement. »
Bruchalski cite le Dr Byron Calhoun, un gynécologue-obstétricien de Virginie-Occidentale, qui traite régulièrement de tels cas et convient
« qu’il n’est jamais nécessaire de tuer le bébé pour sauver la vie de la mère ».
L’opinion professionnelle du médecin fait écho à celle du Dr Anthony Levatino , qui a pratiqué plus de 1 200 avortements mais a quitté l’industrie et s’est converti à la cause pro-vie après le décès de sa fille, et du Dr William Lile, conférencier qui gère le site Web ProLifeDoc.
Le spectre des femmes mourant en couches parce qu’on leur a refusé l’avortement est l’un des arguments des militants de l’avortement, qui a pris une importance particulière maintenant que Roe v. Wade n’est plus en vigueur et que les États peuvent interdire directement la pratique.
Rapport sur la christianophobie en France en juillet 2022
Nos confrères de l’Observatoire de la christianophobie ont mis en ligne leur rapport sur les actes anti-chrétiens commis en France en juillet dernier.
Pour le télécharger, c’est ici.
Réflexions autour du vocabulaire médical de Luc l’évangéliste 4/5
Suite de l’article de Franck Jullié sur le choix du vocabulaire utilisé par l’évangéliste saint Luc.
4. Médecine hippocratique ou médecine biblique ?
Zacharie 9:13 :
Car je bande Juda comme un arc; j’arme Éphraïm de sa flèche; je ferai lever tes enfants, ô Sion, contre tes enfants, ô Javan !
Si le Serment d’Hippocrate27 présente des aspects très positifs – « Je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif », il s’inscrit néanmoins dans un ensemble de textes du Corpus hippocratique, en particulier Maladies des femmes et Nature de la femme, qui par les nombreuses recettes abortives décrites et les risques associés, ouvrent des possibilités techniques dans l’esprit de leurs contemporains et créent une brèche dans le respect de l’embryon et du fœtus.
Le Corpus hippocratique fait de nombreuses références détaillées aux produits et techniques abortives, trop nombreuses pour ne pas créer une ambigüité une fois le cadre éthique affaibli.
Si les travaux de l’historienne Marie-Hélène Congourdeau28 sur l’avortement chez les médecins grecs mettent en évidence que le Corpus ne propose pas de façon positive les produits ou techniques abortives, il n’en demeure pas moins que – dans la forme, en creux – cet exposé a préparé pour la suite les positions contraceptives d’un Soranos et abortives d’un Dioscoride.
4.1. Ephèse et l’esprit de Soranos
Lorsque l’on considère le ministère apostolique de Paul et de son proche collaborateur Luc, on mesure l’intensité du combat spirituel et moral porté par l’équipe missionnaire et les églises primitives de Galatie et des villes côtières d’Asie Mineure. Car si Luc a puisé dans le Corpus hippocratique des connaissances, il reste un serviteur du Dieu de la Bible pour qui la vie, dès son commencement (Psaume 139), est sacrée et inviolable. La médecine lucanienne est avant tout un art médical qui s’enracine dans les principes du Décalogue – Tu ne tueras (רצּה, ratsah) pas (Exode 20.13). Cette vision de la médecine se heurte frontalement à la mentalité contraceptive et abortive, aux habitudes culturelles, morales et médicales des habitants de ces régions.
Dans sa lettre aux Galates (5:19-20), Paul exprime cette confrontation :
19 : Φανερὰ δέ ἐστιν τὰ ἔργα τῆς σαρκός, ἅτινά ἐστιν μοιχεία, πορνεία, ἀκαθαρσία, ἀσέλγεια, 20 : εἰδωλολατρεία, φαρμακεία, ἔχθραι, ἔρεις, ζῆλοι, θυμοί, ἐριθεῖαι, διχοστασίαι, αἱρέσεις,
Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont : l’adultère, la fornication, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, les enchantements, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes
Le mot φαρμακεία29 (pharmakeia) désigne initialement celui qui fait usage de plantes médicinales, de drogues ou de poisons, par extension de sens dans le grec tardif, il désigne l’empoisonneur, le sorcier, le magicien. Dans Apocalypse 9.21, l’apôtre Jean dénoncent ceux qui pratiquent φαρμακεία et πορνεία (porneia).
Le texte de Soranos d’Ephèse, Traité des maladies des femmes30 (IIème s.) ne laisse aucune ambiguïté sur la profondeur de la mentalité contraceptive et abortive à Ephèse et dans les populations d’Asie Mineure.
Dans son célèbre chapitre XVII, De l’usage des médicaments déterminant l’avortement, de ceux qui produiront la stérilité ; Quand, et de quelle manière ils devront être employés, le Traité nous dit :
Le remède appelé ἀτόκιον31, sans accouchement, diffère de celui appelé (φθορίου, avortement. Le premier empêche la conception de se faire, le second détruit ce qu’elle a produit, d’où la nécessité d’exposer ce qui a trait à ces deux ordres de moyens. Quelques- uns pensent que ἐκβόλιον, expulsion, signifie la même chose que φθορίου, avortement ; d’autres disent que non, quand il ne s’agit pas de remèdes, mais de quelques chocs (sauts). C’est pourquoi ils soutiennent qu’Hippocrate repoussant l’avortement, et ayant dit dans son livre de la nature de l’enfant : « Je n’enseignerai à aucune un moyen abortif qui a pour effet de détruire le produit de la conception », avait cependant procuré à une danseuse l’expulsiondu produit de la conception par des sauts. Il ne voulait pas procurer la destruction du produit de la conception, puisque la mission du médecin est de protéger ce que crée la nature ; il en est qui ont admis avec joie cette proposition. Il en est qui ont la même opinion sur les remèdes qui causent la stérilité, nous partageons aussi cette idée et, à cet égard, nous voulons dire notre opinion : Il y a des femmes qui, par le fait de la conception, sont mises dans un état dangereux à cause de l’étroitesse du col de l’utérus ou parce que la matrice tout entière est trop petite et ne peut suffire à la nutrition de l’enfant, ou parce qu’à l’orifice de la matrice il existe des condylomes, des fissures ou quelque autre défectuosité de nature telle, qu’il eût été plus utile à la femme de n’avoir pas conçu ; que si, pourtant, elle est enceinte, il serait préférable de tuer le fœtus plutôt que de le couper (pour l’extraire). Comme il serait plus utile pour ces femmes n’eussent pas conçu, il est essentiel de dire ici quels sont les moments les plus favorables à la conception pour que les femmes puissent l’éviter dans l’acte du coït.
.. pour éviter aussi la conception avant le rapprochement, elle enduira le col avec de l’huile rance ou avec du miel, … ou bien un flocon de laine douce sera introduit dans l’orifice utérin, ou bien la femme introduira dans le vagin, avant le coït, un pessaire astringent ayant la propriété de durcir la semence.
…
La conception ayant eu lieu, il faudra, pendant les trente premiers jours, pour la contrarier, faire usage des moyens dont nous avons parlé, pour dissoudre la semence ; marcher beaucoup, supporter les secousses des voitures et sauter, et porter des fardeaux très lourds au-dessus de ses forces. Il faudra faire usage de décoctions diurétiques qui aussi provoquent la menstruation…
Si cela ne suffit pas … elle fera des injections d’huile rance seule, …Si l’avortement tarde à se faire, …
Si la semence n’est pas détruite par les moyens que nous venons d’indiquer, il faudra en employer de plus efficaces et en venir à l’avortement (φθορ𝜄𝛼).
4.2. L’ombre pharmaceutique de Dioscoride
Dioscoride (né au début du Ier s.) avait reçu une éducation en grec à Tarse, ville voisine de son lieu de naissance, la ville d’Anazarbe, dans le Sud-Est de l’Asie Mineure.
Dans son étude sur l’avortement et les abortifs dans la médecine grecque postérieure à Hippocrate32, Marie-Hélène Congourdeau distingue la tradition de médecine populaire à laquelle se rattache Dioscoride et la médecine de tradition hippocratique.
Sur la médecine populaire, elle écrit :
La première tradition nous est moins accessible. Elle existait avant Hippocrate et s’est poursuivie après lui, parallèlement à la médecine savante. Il s’agit de la médecine populaire, qui s’appuie davantage sur des pratiques séculaires que sur l’étude de traités.
On trouve des traces de cette médecine populaire dans les écrits de Dioscoride, qu’il y ait eu accès par interrogations orales ou par consultation de recueils antérieurs. Indépendante de la tradition hippocratique, cette tradition ne semble pas émettre de jugement moral ou déontologique sur des pratiques contraceptives ou abortives fort anciennes. Son seul critère est l’efficacité des recettes.
D’autre part, Dioscoride indique un certain nombre de plantes ou de recettes emménagogues (dont il précise qu’elles déclenchent les règles et les embryons) ou d’expulsifs destinés à faciliter l’accouchement, à expulser les embryons morts ou à faire sortir l’arrière-faix retenu à l’intérieur. Enfin, il indique des abortifs proprement dits, c’est- à-dire des substances ou des compositions qui détruisent (φθείρει) ou tuent (κτείνει) des embryons vivants. Ce faisant, il n’omet pas de signaler le danger de la plupart de ces toxiques : certains « troublent l’esprit » d’autres sont qualifiés de violents33.
Si la médecine de tradition hippocratique a une vision négative de l’avortement, qui plus est exercée dans un cadre éthique strict, elle n’offrait pas une métaphysique capable de neutraliser la dérive de la médecine populaire incarnée par des figures comme celles de Dioscoride ou de Soranos.
D’une certaine façon, le Serment d’Hippocrate est insuffisant dans ses fondements.
La démarche lucanienne, tout en intégrant les précieux éléments de la médecine hippocratique, s’élabore dans une vision Création-Chute-Rédemption où la technique, aspect de la connaissance du monde créé par Dieu, doit s’intégrer dans un ordre créationnel plus large. La médecine s’inscrit ainsi dans un cadre théologique.
4.3. La nécessité d’une théologie de la médecine
Dans son remarquable ouvrage Faith & Wellness: Resisting the State Control of Healthcare by Restoring the Priestly Calling of Doctors34 (Foi & Bien-être : Résister au contrôle de l’État des soins de santé en rétablissant la vocation sacerdotale des médecins), le théologien Rousas John Rushdoony nous rappelle la nécessité d’une théologie de la médecine – non seulement une théologie du corps, mais une théologie de la médecine :
En examinant la profession médicale d’un point de vue chrétien, il apparaît que le travail d’un médecin est étroitement lié à la foi biblique. Dieu est le Créateur de toutes choses, et le monde physique est son œuvre. Le corps de l’homme est destiné à être ressuscité et glorifié, de sorte que tous les hommes doivent considérer leur corps comme une réalité religieuse importante, créé pour servir Dieu, ordonné pour une vie glorieuse et éternelle, mais maintenant temporairement sous les effets néfastes et limitatifs de la chute.
La relation entre la pratique médicale et la foi biblique est essentielle. Le mot même de “salut” indique ce fait : il signifie délivrance, préservation, victoire et santé, à la fois matérielle et temporelle, mais aussi personnelle, nationale et éternelle. Ainsi, la guérison, tant physique que spirituelle, est un ministère.
Dans les Écritures, les deux sont étroitement liés. Quelle que soit l’aide apportée à un homme infecté (c’est-à-dire l’aide médicale), son retour à la plénitude et à la santé était considéré comme un fait religieux. Le prêtre, dans Lévitique 14, déclare l’homme guéri et donc apte à reprendre sa place en tant qu’homme de l’alliance qui prie dans le sanctuaire. Bien avant que la médecine psychosomatique ne soit reconnue, la Bible parlait du lien inséparable entre l’esprit et le corps en matière de santé. Ainsi, Proverbes 17:22 déclare : “Un cœur joyeux fait du bien comme un médicament, mais un esprit brisé dessèche les os”. Et encore : “L’espérance différée rend le cœur malade, mais quand le désir vient, c’est un arbre de vie” (Prov. 13:12). On ne peut échapper à ce fait de l’unité de notre être. Ainsi, la pratique médicale est liée à la foi biblique et constitue un ministère.
…
Il devrait y avoir, dans toutes les écoles de médecine, un cours sur la doctrine biblique du salut et toutes ses ramifications. La médecine psychosomatique ne va pas assez loin. Il y a une dimension religieuse, théologique, dans la guérison et la santé. La négliger, c’est s’attirer des ennuis. Il n’est pas du tout surprenant que la médecine holistique, avec sa profonde implication dans les religions orientales, ait été si influente il y a quelques années ; de nombreux médecins s’y sont engagés parce qu’elle répondait à un besoin de relier la médecine à une vision du monde et de la vie.
…
Mais il faut faire plus. Les séminaires doivent avoir un cours de formation sur la philosophie et la théologie de la pratique médicale et des soins médicaux. Il y a quelques années, un effort dans ce sens a été fait par le Dr Pedro L. Entralgo dans Mind and body, psychosomatic pathology: A short history of the evolution of medical thought. Le Dr Entralgo, alors professeur à la faculté de médecine de l’université de Madrid, y abordait l’histoire de la médecine et ses racines dans les idées religieuses et philosophiques. Contrairement à d’autres chercheurs, il voyait la médecine grecque ancienne dans une impasse qu’elle avait elle-même créée, et le christianisme comme une force de rajeunissement. À ma connaissance, personne n’a donné suite à l’étude du Dr Entralgo. En 1964, Lord Brain, dans Doctors Past and Present, intitulait son chapitre de conclusion “The Need for a Philosophy of Medicine”. Une telle philosophie, disait-il, énoncerait “les principes généraux de la médecine”, mais cela ne suffisait pas. Elle doit également prévoir ” la critique de la médecine et de ses propres principes généraux au moyen des principes plus larges incarnés par la philosophie ” (p. 251). En d’autres termes, s’il n’y a pas de normes reconnues, il ne peut y avoir de critique efficace. Partant de prémisses très différentes des miennes, Lord Brain voyait toujours le même besoin, celui d’un langage philosophique commun au sein de la médecine. Il faut, dit-il, une philosophie de l’organisme et une reconnaissance que la médecine doit avoir une perspective sur “la relation corps-esprit”. Certaines personnes, a-t-il admis, diront :“Pourquoi s’embêter avec des subtilités philosophiques ?” À court terme, cela pourrait faire peu de différence. À long terme, cela ferait “une différence fondamentale, non seulement pour les individus, mais aussi pour l’ensemble d’une culture, que l’esprit soit considéré comme pouvant être expliqué en termes de neurophysiologie ou non” (p. 263).
Une pratique médicale est une philosophie en action. Aussi sérieuse, compétente et professionnelle que soit la pratique, si la philosophie de la médecine est en faillite, la pratique en souffrira à terme.
4.4. La profession médicale comme vocation sacerdotale
Toujours dans ses remarquables articles publiés dans les années 70 et 80 et réunis dans le livre Faith & Wellness, Rousas John Rushdoony écrit :
L’une des difficultés de l’ancienne vision grecque de la médecine, et de la vision moderne également, a été son matérialisme. Ce point de vue a parfois été poussé si loin par certains que, à une occasion, il a été fait référence aux médecins comme à des “mécaniciens remarquables”. Dans un sens très limité, c’est un mécanicien très remarquable, mais tous les mécaniciens ne sont pas des chirurgiens ! Nous ne pouvons pas confondre la partie avec le tout.
L’identité et la nature du médecin sont très confuses à notre époque, comme d’ailleurs la plupart des “images”. Il est donc important d’attirer l’attention sur la signification du médecin dans la tradition biblique et de la raviver. Dans la Bible et la tradition chrétienne, le médecin a un rôle sacerdotal. Son domaine de prédilection, la santé, l’exige. Dans l’héritage hébraïque et chrétien, le médecin, à l’origine un lévite, s’occupe de la santé, et la santé est un aspect du salut. Le mot latin salve a la même signification. Le salut est une santé totale, spirituelle et matérielle ; il signifie, dans sa forme finale, la résurrection du corps ; dans son commencement, la régénération ; et entre les deux, la croissance dans les principes de santé. Par conséquent, pour la foi biblique, le soin du corps est une préoccupation religieuse, et la santé un devoir et une bénédiction divine. L’homme qui s’occupe du corps a donc une vocation sacerdotale, tout comme l’homme qui s’occupe de l’esprit. Le médecin et le pasteur ont tous deux une vocation ou un ministère sacerdotal.
Selon la doctrine biblique de la chute, l’homme tout entier est tombé, et l’homme tout entier est affecté par le péché. Cela signifie que le spirituel n’est pas nécessairement bon. Après tout, Satan est un être purement spirituel ! C’est le néoplatonisme qui a déprécié le physique et exalté à tort le spirituel. La doctrine de la résurrection du corps signifie que la doctrine biblique est la rédemption totale : une nouvelle création est le but, dans le temps et dans l’éternité. La guérison est donc religieuse, qu’elle soit physique ou spirituelle dans ses domaines d’intervention. Les professions de guérisseur, qu’elles soient médicales ou pastorales, sont donc des vocations sacerdotales.
Les communications privilégiées avec un médecin, un prêtre ou un pasteur sont différentes : ce sont des communications religieuses. En nous confessant à un pasteur, nous nous confessons en fait à Dieu par l’intermédiaire de ses serviteurs, et nous recherchons la guérison et la santé spirituelles. En parlant à un médecin, le patient se confesse en ouvrant son être physique à l’examen et, là encore, le but est la guérison et la santé. Dans les deux cas, le but est religieux au sens biblique du terme et fait partie du processus de rédemption. Dans les deux cas, la “confession” est une communication privilégiée et est fermée aux autres hommes, ainsi qu’aux diverses agences de l’homme et de l’État.
La violation de cette communication privilégiée par l’État est religieuse : l’État usurpe la place de Dieu et revendique le droit d’être au courant de tout ce qui se passe entre l’homme et l’homme, et entre l’homme et Dieu, car il prétend être le dieu agissant de ce monde. Il faut donc considérer que l’ingérence de l’État dans l’Église ou la médecine est une question très grave, une question religieuse et une menace pour la liberté de l’homme.
L’aspect sacerdotal et confessionnel de la relation médecin-patient a été négligé, car notre époque est devenue de plus en plus ignorante de son héritage religieux. En dépit de cette ignorance, le caractère religieux du médecin persiste, car il est inhérent à sa vocation. Les gens attendent “quelque chose de plus” d’un médecin et d’un pasteur en vertu de leur vocation.
C’est pourquoi l’avortement est si dommageable pour l’image du médecin. Être bourreau est une fonction légitime et, au fil des siècles, il y a eu des bourreaux de toutes sortes qui étaient des membres normaux et quotidiens de leur société. Toutefois, si un prêtre ou un pasteur avait assumé la fonction de bourreau, la réaction aurait été un choc des plus justifiés et un sentiment d’horreur. La fonction religieuse du prêtre et du pasteur consiste à sauver des hommes, pas à les tuer. Même lorsque le clergé doit fermement approuver une exécution, il ne peut modifier le caractère de sa vocation en devenant un bourreau. La fonction de bourreau, cependant, est légitime et nécessaire au regard de l’Écriture et de son exigence de punition capitale. Il est clair que l’avortement ne l’est pas : il est contraire à la loi biblique (Exode 21:22-23), et c’est un meurtre. Pour ceux dont la vocation est de guérir, tuer est une violation flagrante de leur fonction, et cela laisse des cicatrices psychologiques même chez ceux qui demandent l’avortement. (Quiconque a parlé ou conseillé des femmes qui croient en l’avortement et qui l’ont pratiqué sait que leur attitude envers leur médecin est radicalement différente de celle des mères qui sont contre l’avortement. Ces femmes favorables à l’avortement m’en voudront et m’en veulent, mais elles considèrent leur médecin avec mépris).
La confiance qui est nécessaire au médecin pour réussir dans sa pratique est une confiance religieuse. Une peinture autrefois populaire montrait un médecin de famille près du lit d’un enfant, profondément préoccupé. Ce que beaucoup de gens oublient, lorsqu’ils se souviennent de ce tableau, c’est que le médecin n’est pas présenté comme ayant toutes les réponses. Il est très inquiet en regardant l’enfant, et l’artiste a considéré que c’était là l’essence même du médecin de famille. Il met les enfants au monde, et leur santé est sa préoccupation. Les parents considèrent le médecin avec confiance : il fera tout ce qu’il peut, et personne ne peut faire plus. Le peintre montre le médecin, non pas comme un faiseur de miracles médicaux, mais comme un ami de la famille et un pasteur médical. De plus, il est évident que l’attrait de ce tableau est dû au fait que le médecin a un statut honoré et aimé. Le tableau a une saveur fortement religieuse, et il était très apprécié parce que le médecin était considéré comme un homme ayant une vocation, une vocation essentiellement religieuse.
C’est là, bien sûr, le cœur du problème. Il doit y avoir un retour à une vision biblique de la médecine en tant que vocation, et en tant que vocation sacerdotale et pastorale, mais il doit également y avoir un retour à la foi chrétienne de la part de la population, ou des demandes fausses et déraisonnables seront faites à la médecine.
4.5. Une philosophie biblique de la technique
La médecine est un lieu de savoir, mais aussi un lieu de combat spirituel où s’exprime une vision du monde, de l’homme, et de la technique au service de l’homme.
Un détail, en apparence anecdotique, permet de mesurer l’influence de la philosophie grecque de la technique sur la mentalité hébraïque. Comparons le Texte Massorétique et la Septante dans deux passages très connus :
Genèse 1:28 (TM) : Croissez et multipliez, et remplissez la terre, et l’assujettissez.
Genèse 1:28 (LXX) : Croissez et multipliez, remplissez la terre, et dominez (κατακυριεύσατε) sur elle Genèse 9:1 (TM) : Croissez et multipliez, et remplissez la terre.
Genèse 9:1 (LXX) : Croissez et multipliez, remplissez la terre et dominez (κατακυριεύσατε) sur elle
La reprise du verbe dominer ne figure pas dans le texte massorétique en Genèse 9:1, mais la Septante l’y ajoute abusivement. Or un changement radical est intervenu entre Genèse 1 et Genèse 9, la Chute. Les conditions du mandat de domination sur la Création sont devenues beaucoup plus délicates en raison de la nature pécheresse de l’homme et de sa capacité à détourner la technique de sa finalité originelle, qui est de témoigner de la Gloire de Dieu en étant au service des hommes et de la Création.
Cette addition textuelle de la Septante est assez significative de l’influence de la culture grecque sur la mentalité hébraïque dans sa tendance à maîtriser le monde par la technique, et a consécutivement influencé le christianisme du monde gréco-romain dans son rapport à la technique.
C’est bien l’enjeu des techniques contraceptives exposées par Dioscoride ou Soranos : maîtriser son corps par la technique, ou se maîtriser soi dans la compréhension fine des lois de la création manifestées dans le corps. Organiser sa planification familiale par la technique contraceptive – et au besoin en corriger les aléas par la technique abortive, ou bien l’organiser dans un système bioculturel qui discerne les signes naturels de la fécondité – par exemple les variations du col de l’utérus (dur et sec, mou et humide) et les sensations produites à la vulve par les variations hormonales et l’activité qu’elles déclenchent dans la production et l’évolution de composition de la glaire cervicale (G, L, S, P)35 par les cryptes du cervix36.
Si l’Occident a rompu avec le christianisme authentique et renversé la position historique condamnant la contraception il y a maintenant bientôt un siècle, certaines sociétés nous rappellent que d’autres attitudes bioculturelles sont possibles, en particulier en pratiquant l’allaitement prolongé.
La société des Kung37 du Kalahari n’utilisent pas de contraception et pratique un allaitement fréquent et prolongé. Les femmes ont en moyenne 4,7 enfants. Les naissances sont espacées de 48 mois.
Sheila Kippley38, dans ses publications sur l’allaitement et les méthodes naturelles de planification familiale, rappelle les travaux du Dr Otto Schaefer sur les attitudes bioculturelles des Esquimaux dans leur pratique de l’allaitement prolongé. Le Dr Otto Schaefer39 (1919-2009) est considéré comme l’un des grands pionniers de la médecine arctique.
« Un médecin se distingue de tous les autres par la durée de ses recherches sur l’allaitement et l’espacement naturel des naissances, des années 1950 aux années 1970. Le Dr Otto Schaefer a étudié les taux de conception par allaitement chez les Esquimaux canadiens pendant plus de vingt ans et a montré comment l’allaitement peut avoir un impact sur une nation aussi bien que sur une famille individuelle. Il a conclu que la petite taille de la famille esquimaude traditionnelle était due à une lactation prolongée. Du milieu des années 1950 au milieu des années 1960, il a enregistré une augmentation de 50 % du taux de natalité chez les Esquimaux en raison de la présence de biberons dans les lieux de commerce. “Plus la distance [aux lieux de commerce] était courte, plus ils avaient fréquemment des enfants”. (Schaefer 1971, 15-16)40 Les femmes esquimaudes plus âgées, de 30 à 50 ans, avaient conçu leurs bébés 20 à 30 mois après l’accouchement en raison d’une lactation prolongée, tandis que les femmes plus jeunes, de moins de 30 ans, concevaient 2 à 4 mois après l’accouchement en raison de l’alimentation au biberon et d’une lactation raccourcie. (Schaefer/Hildes 1971, 6)41
A l’inverse, on peut trouver certaines communautés qui, par pruderie excessive, interdisent aux femmes l’allaitement en société et les condamnent de facto à enchaîner les grossesses et possiblement de nombreuses fausses couches, ce jusqu’à épuisement. Certaines habitudes sociales, culturelles et économiques éloignent les femmes de l’allaitement prolongé, et parfois même de l’allaitement tout court dans le recours aux nourrices, les conduisant à des pratiques contraceptives comme seul moyen de planification familiale.
La Bible nous trace une autre perspective, sans pratique contraceptive et valorisant la pratique de l’allaitement prolongé.
Et l’enfant grandit, et fut sevré. Et Abraham fit un grand festin le jour où Isaac fut sevré (Genèse 21:8)
Je n’irai point jusqu’à ce que l’enfant soit sevré ; alors je le mènerai, afin qu’il soit présenté devant l’Éternel, et qu’il y demeure à toujours. Et Elkana, son mari, lui dit : Fais ce qui te semble bon ; demeure jusqu’à ce que tu l’aies sevré. Seulement, que l’Éternel accomplisse sa parole ! Ainsi cette femme demeura, et allaita son fils, jusqu’à ce qu’elle l’eût sevré (1 Samuel 1:22-23)Oui, c’est toi qui m’as tiré du sein de ma mère, et qui m’as fait reposer en paix sur sa mamelle (Psaumes 22:10)
N’ai-je pas soumis et fait taire mon âme, comme un enfant sevré fait envers sa mère ? (Psaumes 131:2)Afin que vous soyez allaités et rassasiés du lait de ses consolations ; afin que vous buviez avec délices de sa glorieuse abondance (Esaïe 66:11)
Puis, quand elle eut sevré Lo-Ruchama, elle conçut et enfanta un fils (Osée 1:8)
Sheila Kippley estime cette période à trois ans42.
A suivre
27 https://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27Hippocrate
28 À propos d’un chapitre des Éphodia : l’avortement chez les médecins grecs https://www.persee.fr/doc/rebyz_0766-5598_1997_num_55_1_1943
29 https://www.lueur.org/bible/strong/pharmakeia-g5331
30 https://ia903103.us.archive.org/22/items/BIUSante_21157/BIUSante_21157.pdf
31 http://ldysinger.stjohnsem.edu/@texts/0130_soranus/02_gyn_60-65.htm
32 À propos d’un chapitre des Éphodia : l’avortement chez les médecins grecs, paragraphe III
33 https://archive.org/details/Dioscorides_Materia_Medica/page/n431/mode/2up
34 https://chalcedon.edu/store/42066-faith-and-wellness
35 https://www.methode-billings.com/sites/default/files/E_Odelblad_decouverte_glaire_cervicale.pdf
36 http://billingsmethod.org/bom/cervix/index_fr.html
37 Timing and Management of Birth among the Kung: Biocultural Interaction in Reproductive Adaptation:
https://anthrosource.onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1525/can.1987.2.1.02a00030
https://www.jstor.org/stable/656392
38 https://www.nfpandmore.org/nfpcomparision.shtml
39 https://journalhosting.ucalgary.ca/index.php/arctic/article/download/64044/47979/183066
40 Schaefer, Otto: “When the Eskimo Comes to Town,” Nutrition Today (November-December 1971) 6:8-16.
41 Health of Igloolik Eskimos and changes with urbanization:
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/0047248473900808
42 https://www.nfpandmore.org/bfscriptural.shtml
Pour lire l’article complet, vous pouvez laisser votre courriel ci-dessous:
I-Média : Victoire par KO de Ron DeSantis sur Disney
Cette semaine dans I-Média, Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin reviennent sur le conflit qui a opposé le lobby LGBT+, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, et le géant du divertissement, Disney. Et dans cette guerre culturelle, le pouvoir médiatique “woke” aura finalement été pourfendu par le pouvoir politique.
L’image du jour, c’est Noël Le Graët évincé par le ministre des sports, Amélie Oudéa-Castéra, élue miss menteuse par les supporters de Liverpool.
Dans la revue de presse, I-Média revient sur les Français racistes et envieux des riches selon Roselyne Bachelot, puis sur le Covid qui serait un incident de laboratoire selon le FBI dans un contexte tendu avec la Chine, mais aussi sur l’ARCOM qui met la pression sur CNews et enfin sur l’Intelligence Artificielle en route pour déclasser le journalisme.
Les religieuses de la Fraternité apostolique bénédictine fuient le centre ville de Nantes en raison de l’insécurité
Elles ont annoncé leur départ de la paroisse Notre-Dame de Nantes, où elles étaient accueillis depuis plus de huit ans.
Elles témoignent de l’impossibilité d’exercer leur mission dans des conditions sereines, exemple à l’appui :
« Mardi dernier encore , lors de mon enseignement à l’église, nous avons dû solliciter l’auditoire pour faire sortir de la rue une personne qui était entrée en état d’ébriété. Et ça sentait le cannabis devant l’église. C’est une triste réalité de notre quotidien.”
“Nous ne sommes pas des « franciscains du Bronx » et nous ne sommes pas censés être des agents de sécurité, bien que nous ayons pris quelques leçons d’« autodéfense. Nous avons non seulement cherché des solutions, mais aussi agi de multiples façons pour essayer de temporiser et de réguler ces problèmes quotidiens. »
« On dit ce qu’on voit. L’insécurité croissante est un fait. »
Chronique des pervers
Plutôt que d’inciter à la chasteté, ce gouvernement pousse à la débauche. Et tente ensuite de trouver des parades aux conséquences :
.@EmmanuelMacron l’a annoncé : nous proposerons à tous les élèves de 5ème, dès la rentrée prochaine, la vaccination contre le papillomavirus. C’est un tournant majeur, pour mieux prévenir la maladie et éradiquer les cancers qu’elle cause en France chaque année. pic.twitter.com/XRoskvPXVu
— François Braun (@FrcsBraun) February 28, 2023
Les enfants de 5e ont 13 ans !
Réflexions autour du vocabulaire médical de Luc l’évangéliste 3/5
Suite de l’article de Franck Jullié sur le choix du vocabulaire utilisé par l’évangéliste saint Luc.
3. Le vocabulaire médical de Luc
Le livre The Medical Language of St. Luke16 (1882) de William Hobart est un examen détaillé du vocabulaire technique médical utilisé par Luc dans ses écrits.
Lorsque Luc parle des paralytiques, il n’utilise pas le mot populaire παραλυτικός utilisé par Matthieu (4:24, 8:6, 9:2) et Marc (2:3-5-9), mais le mot savant παραλελυμένος (Luc 5:18,24 ; Actes 9:33,).
Il est le seul à parler de la guérison d’un hydropique (ὑδρωπικὸς, Luc 14:2).
Il utilise un terme technique médical pour décrire un malade qui se lève, ανακαθιζω (Luc 7:15 et Actes 9:40).
On est émerveillé de la précision de ce vocabulaire pour caractériser le moment de la mort. Luc utilise deux mots différents pour expirer, ἐκψύχω17 (Actes 5:5,1018, Actes 12:23) et ἐκπνέω19 (Luc 23:4620).
Enfin comme le souligne Yves Petrakian21 dans ses réflexions sur le texte de Luc :
La préface de l’évangile, construite sur le type régulier des prologues grecs, offre d’étroites coïncidences avec celles des traités médicaux ; ainsi celui sur l’ancienne médecine, attribué à Hippocrate (460-350 av. J. -C.) : « Que de gens ont entrepris de parler ou d’écrire sur la médecine, etc. », et surtout celui Sur la matière médicale, de Dioscoride, médecin militaire qui devait être originaire de Cilicie comme saint Paul et peut-être son contemporain : « Beaucoup d’anciens et aussi de modernes ayant écrit sur la préparation des remèdes, leurs vertus et la façon de les contrôler, je vais m’efforcer, très cher Horeïos, de t’offrir pour traiter ce sujet un zèle qui ne soit ni vide ni irréfléchi… ».
Cette distinction dans l’observation du phénomène de la mort entre les termes médicaux ἐκψύχω et ἐκπνέω ne doit rien au hasard. La mort de Jésus ἐκπνέω est un phénomène complet et abouti. Mais ἐκψύχω peut exprimer un processus de mort débuté et irréversible mais non achevé, un état de coma.
Revenons au texte biblique Actes 12:23 décrivant la mort d’Hérode :
Παραχρῆμα δὲ ἐπάταξεν αὐτὸν ἄγγελος κυρίου, ἀνθ’ ὧν οὐκ ἔδωκεν δόξαν τῷ θεῷ: καὶ γενόμενος σκωληκόβρωτος, ἐξέψυξεν.
Et à l’instant, un ange du Seigneur le frappa, parce qu’il n’avait pas donné à Dieu la gloire ; et, rongé des vers il expira.
Cet Hérode22 Agrippa 1er dont nous parle Actes 12 est le petit-fils d’Hérode le Grand, auteur du massacre des Innocents, et neveu d’Hérode Antipas, qui fit décapiter Jean le Baptiste et laissa crucifier Jésus. Ce troisième Hérode fut le persécuteur de l’église naissante, exécuta Jacques par décapitation et fit emprisonner Pierre.
La mise en perspective du récit de Luc rapportant la mort de cet Hérode avec le récit qu’en fait l’historien juif Flavius Josèphe dans ses Antiquités juives23 (19, 343-350) donne une profondeur de compréhension à cette triste fin :
[346] II fut saisi d’une subite douleur d’intestins qui, dès le début, fut extrêmement vive. [347] S’élançant donc vers ses amis : « Moi, votre dieu, dit-il, je suis déjà obligé de quitter la vie, car la destinée a immédiatement convaincu de mensonge les paroles que vous venez de prononcer à mon sujet ; et moi, que vous avez appelé immortel, je suis déjà entraîné vers la mort. … » [348] Tout en disant cela, il était torturé par la violence du mal. Il se fit donc porter en hâte au palais et le bruit se répandit partout qu’il allait bientôt mourir. … [350] Après avoir été éprouvé sans arrêt pendant cinq jours par ces douleurs abdominales, il quitta la vie à l’âge de cinquante-trois ans passés et dans la septième année de son règne.
Le même souci de précision n’aurait-il pas dirigé Luc dans le choix du vocabulaire médical pour décrire les situations de stérilité ? Lui qui parle des choses par ordre et « qui les a toutes examinées avec soin » (Luc 1:3).
3.1. La stérilité d’Elisabeth
Considérons le texte en Luc 1 : Luc 1:7
Καὶ οὐκ ἦν αὐτοῖς τέκνον, καθότι ἡ Ἐλισάβετ ἦν στεῖρα, καὶ ἀμφότεροι προβεβηκότες ἐν ταῖς ἡμέραις αὐτῶν ἦσαν.
Et ils n’avaient pas d’enfant, parce qu’Elisabeth était stérile, et qu’ils étaient tous deux avancés en âge.Luc 1:36
Καὶ ἰδού, Ἐλισάβετ ἡ συγγενής σου, καὶ αὐτὴ συνειληφυῖα υἱὸν ἐν γήρει αὐτῆς: καὶ οὗτος μὴν ἕκτος ἐστὶν αὐτῇ τῇ καλουμένῃ στείρᾳ.
Et voici, Elisabeth, ta parente, elle aussi, a conçu un fils en sa vieillesse ; et c’est ici le sixième mois pour celle qui était appelée stérile
Parmi la dizaine de mots possibles, ἄφορος, ἄτοκος, ἄτεκνος, … Luc a choisi στείρα24. Ce mot revêt deux sens possibles, celui de la dureté et celui de la stérilité. C’est cette extension de sens de dureté qui caractérise d’ailleurs cette forme de stérilité. Doit-on y voir un indice clinique ?
Nous savons qu’une des clefs de la fécondité est le col de l’utérus et ses évolutions de sécheresse et d’humidité, de dureté et de souplesse, sous l’effet des hormones. Les variations des taux d’œstrogène et de progestérone au cours du cycle menstruel activent les cryptes du col de l’utérus, aussi appelé cervix, et déclenchent la sécrétion de glaire cervicale25.
Sous l’effet de l’œstrogène, la glaire devient filante et le col se ramollit, ouvrant une fenêtre de fertilité pour la femme. Passé l’ovulation, la production de progestérone entraîne un durcissement du col et une modification de la sécrétion et de la composition de la glaire cervicale, reformant un bouchon au niveau du col et fermant la fenêtre de fertilité du cycle, c’est la période post-ovulatoire. Or il existe une forme de stérilité ou d’hypo-fécondité liée à une mauvaise qualité de glaire, une insuffisance dans le fonctionnement des cryptes cervicales et dans la production de glaire fertile. Les ovulations ont bien lieu, les cycles ne sont pas anovulatoires – ce qui serait une autre forme de stérilité, mais la glaire n’atteint jamais la qualité de composition filante nécessaire pour laisser passer les spermatozoïdes.
Sans être en capacité d’expliquer scientifiquement le lien entre variations de taux d’hormones, constitution de la glaire, évolution de la dureté du col et de son angle au fond du vagin, une femme peut ressentir dans son corps les signes naturels de sa fécondité et de son évolution. Elle peut établir un lien entre l’évolution de la sensation de sécheresse ou d’humidité produite au niveau de sa vulve par la glaire cervicale et discerner un temps particulier dans son corps et dans son cycle féminin.
Une femme exercée, le milieu familial et culturel pouvant être un facteur facilitant dans l’apprentissage, peut discerner l’état général de son col et de la qualité de glaire produite.
Il est à noter par exemple que les jeunes filles qui prennent la pilule dès l’âge de 15 ans ne permettent pas aux cryptes de leur cervix de se développer convenablement, le composé progestatif de la pilule – qu’elle soit composée ou purement progestative, empêchant les amplitudes hormonales favorables à leur croissance en maturité.
Le monde biblique ne semble pas étranger à cette intelligence que les femmes ont, indépendamment de leurs qualités morales, des signes dans leur corps. Les filles de Lot savent discerner le moment favorable de leur fécondité pour coucher avec leur père. (Genèse 19:33-35). N’est-ce pas aussi intéressant de constater entre ces deux sœurs l’effet de synchronicité des cycles de femmes qui vivent très proches, effet mis en évidence par Martha McClintock26 et qui est expliqué par le biais des phéromones.
Il parait difficile d’imaginer qu’une femme comme Elisabeth, une femme pieuse et intelligente, n’ait pas cherché à comprendre les raisons de son infertilité. On ne peut pas exclure l’idée qu’elle ait compris que sa difficulté à concevoir ne venait pas de son incapacité à garder un enfant une fois conçu en faisant une fausse couche, situation évoquée d’ailleurs dans les cas de stérilité du Corpus hippocratique, mais bien d’un problème plus en amont, l’incapacité à garder la semence de son mari et à concevoir, et cela en lien avec l’état dur de son col et trop sec de sa glaire.
On peut aussi penser que sa grossesse, possible à la suite d’une action divine, a suscité en elle une intense expérience d’intériorité corporelle dont elle a pu s’ouvrir à Marie sa cousine ou à d’autres femmes qui comprenaient la nature de ce miracle. Luc, un des plus proches collaborateurs de l’apôtre Paul et témoin direct des premières communautés chrétiennes, médecin réputé et apprécié, s’est trouvé en situation de rencontrer et d’entendre ce témoignage que sa connaissance médicale pouvait analyser. Le mot qu’il a choisi n’est pas le fruit du hasard mais bien celui d’un choix, dans la continuité inspirée de la Septante, στείρα.
A suivre
16 https://archive.org/details/medicalstluke00hoba/page/n11/mode/2up
17 https://www.lueur.org/bible/strong/ekpsucho-g1634
18 Actes 5:5
Ἀκούων δὲ ὁ Ἀνανίας τοὺς λόγους τούτους, πεσὼν ἐξέψυξεν
Ananias, entendant ces paroles, tomba et expira
19 https://www.lueur.org/bible/strong/ekpneo-g1606
20 Luc 23:46
Καὶ φωνήσας φωνῇ μεγάλῃ ὁ Ἰησοῦς εἶπεν, Πάτερ, εἰς χεῖράς σου παραθήσομαι τὸ πνεῦμά μου: καὶ ταῦτα εἰπὼν ἐξέπνευσεν.
Et Jésus, s’écriant d’une voix forte, dit : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et ayant dit cela, il expira.
21 http://yves.petrakian.free.fr/456-bible/westphal/3202.htm
23 http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/juda19.htm
24 https://www.lueur.org/bible/strong/steiros-g4723
25 https://www.methode-billings.com/sites/default/files/E_Odelblad_decouverte_glaire_cervicale.pdf
26 https://en.wikipedia.org/wiki/Martha_McClintock
Pour lire l’article complet, vous pouvez laisser votre courriel ci-dessous:
Reconquête voudrait en finir avec le duo/duel avec Marine Le Pen et le RN.
Lu sur Atlantico :
Changement de paradigme en vue. Eric Zemmour souhaite fuir la perpétuelle comparaison avec Marine Le Pen et la marginalisation à l’extrême droite de l’échiquier politique. Un cadre zemmouriste l’affirme : « On veut en finir avec le duo/duel avec Marine Le Pen et le RN. C’est mortifère pour nous ». Philippe Vardon, ancien lepéniste, précise, sans ambiguïté : « L’objectif de Reconquête! est de remplacer les Républicains ». Le but est clair, incarner la droite à la place de la droite.
Le double choc de la défaite à la présidentielle et aux législatives s’est estompé. L’arrivée de 88 députés RN au Palais Bourbon en juin dernier ? Selon le chef de Reconquête, cela n’empêche absolument pas Emmanuel Macron de mener ses réformes. « Ils passent leur temps à chercher leurs voix pour une motion de censure, une motion référendaire, un projet de loi, un amendement, pointe un cacique du parti zemmourien. Alors qu’en réalité, on attendrait plutôt d’eux qu’ils soient un rempart idéologique contre La France Insoumise et le wokisme ! ». Pour Eric Zemmour et ses proches, Marine Le Pen et ses élus mettent surtout l’accent sur le social, les problèmes de la vie quotidienne, plutôt que sur l’immigration.
Le point de rupture entre le RN et Reconquête a eu lieu au moment de la réforme des retraites. Quand Marine Le Pen affirme vouloir faire échouer le projet d’Emmanuel Macron, Eric Zemmour passe à la télé pour assumer… l’inverse. « Je la voterais, d’abord, parce que c’est ma réforme », déclare-t-il sur BFMTV, début février. Avant d’ajouter : « Je pense que ceux qui sont pour la retraite à 60 ans sont des irresponsables ».
Aujourd’hui, Eric Zemmour poursuit son itinéraire à droite. Et Reconquête! regarde clairement vers LR. En ligne de mire, les européennes de 2024. « Pour cela, il faut aller chercher un électorat qui n’a rien à voir avec le marinisme : les seniors, les urbains, les catégories moyennes et aisées, les chefs d’entreprise. Leurs points communs : être réceptifs aux discours civilisationnel et sur le « grand remplacement » d’Eric Zemmour », précise un élu Reconquête!.
Union des droites : l’interview des « jeunes » qui fâchent les « vieux »
L’Incorrect a réuni les trois responsables des mouvements de jeunesse de LR, du RN et de Reconquête pour un débat qui a duré deux heures et qui a vocation à être publié. Mais sans même être publiée (elle le sera vendredi), l’initiative déchaîne déjà des réactions épidermiques notamment de la part de vieux caciques de LR, qui veulent décidemment continuer à perdre les élections :
Si cette interview, prévue dans le numéro de mars, n’est pas encore disponible, L’Opinion a pu la lire. Et consulter notamment la réponse à la question: “Diriez-vous que vous appartenez au même camp que l’on pourrait qualifier de national et que vous avez plus de points communs que de divergences?”
Pierre-Romain Thionnet, président du Rassemblement national de la jeunesse (RNJ), répond par l’affirmative : “Avec Stanislas (Rigault), nous avons un fond programmatique quasiment identique“, estime-t-il, indiquant ensuite que “pour Guilhem (Carayon), la question est plus une question de génération”. “Je ne me sens pas proche de nombre d’aînés de son parti, mais quand je discute avec lui ou d’autres jeunes LR, j’ai le sentiment que nous appartenons au même camp et que nous parlons le même langage“, détaille l’homme de 28 ans. Et de terminer son propos par un appel à l’union: “Pour ne pas vivre quinze ans de notre vie sous ce régime macronien, j’espère que nous combattrons ensemble“.
Dans l’interview, Guilhem Carayon ne dément pas vraiment les propos de son collègue. Le président des jeunes LR juge que “l’avantage de notre génération de droite est que l’on se connaît tous”. “Nos différends peuvent être clairs mais nous traitons les uns avec les autres avec respect et sans tabou“, estime-t-il. Celui qui a perdu aux dernières législatives dans le Tarn estime que lui et ses deux collègues ont “en commun d’avoir souvent dû affronter les milices d’extrême gauche à l’université, leur intolérance et leur violence“. Pour autant, il “reste convaincu que le candidat de LR sera non seulement le seul capable de remporter une élection présidentielle mais aussi et surtout de relever les défis immenses auxquels est confronté notre pays” (…)
Sans surprise, Stanislas Rigault ne fait pas preuve de la même prudence. Il déclare: “Si des divergences réelles existent, je mets au défi tous les lecteurs de cet entretien croisé de nous classer comme adversaires“. “Au fond, je suis certain que face à l’enjeu de civilisation qui attend notre génération, nous finirons par travailler ensemble, pour gagner ensemble“. Selon le président de Génération Z, “si ce n’est pas la raison, ce sont les dangers qui nous l’imposeront”. En conclusion, il glisse: “Ce dialogue est un premier chemin” (…)
Le vice-président des Républicains, Guilhem Carayon, est particulièrement dans la tourmente. « Inadmissible de mettre en avant des points communs avec les partis d’extrême droite sans parler de ce qui nous différencie d’abord fondamentalement. Ces propos amènent une confusion funeste. Je demande à Éric Ciotti de démettre Guilhem Carayon », a tweeté, notamment, François Durovray, président du conseil départemental de l’Essonne (…)
« Le problème est qu’il n’y a que des représentants de l’extrême droite et que cette interview accrédite l’idée de l’union des droites. C’est Philippe Séguin qui m’a donné envie de faire de la politique : il était un rempart contre l’extrême droite, pas une passerelle », a, pour sa part, déclaré l’ancien député LR Éric Diard.
On se parle et les personnes que vous citez sont des gens avec qui on a tous grandi politiquement, on était dans les mêmes soirées étudiantes et on savait qu’on finirait par se retrouver (…) La France est menacée de disparition, les Français veulent que la France reste la France. Je souhaite que tous les amoureux de la France puissent se rassembler, car s’ils sont unis, nous remporterons la prochaine présidentielle.”
Bravo à eux. Le dialogue entre les jeunes de droite est la première étape avant l’union des droites.@MagLincorrect pic.twitter.com/Oj1ysohqBX
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) March 1, 2023
Abbé Raffray, institut du Bon-Pasteur : “Les évêques doivent faire appel à nos communautés”
L’abbé Raffray est interrogé sur RCF suite au récent rescrit sur la messe traditionnelle :
“Ce rescrit, il faut faire attention, il ne faut pas l’interpréter comme une nouvelle restriction qui serait imposée à la messe traditionnelle, ce que fait ce rescrit c’est simplement limiter le pouvoir de dispense des évêques uniquement sur les nouveaux prêtres qui seraient intéressés par la célébration de la messe traditionnelle, et sur le fait qu’il y a des paroisses qui puissent avoir la célébration de la messe traditionnelle.”
“Tout le reste est tout à fait permis pour les évêques”.
“En raison de nos statuts, nous nous sommes spécialisés dans cette célébration de la forme ancienne. Et donc moi j’en déduis que les évêques doivent faire appel à nos communautés pour ce genre de célébration.”
Retraites : ce gouvernement hait les mères
Dans Le Figaro, Ludovine de La Rochère dénonce :
[L]e gouvernement compte appliquer le nouvel âge de 64 ans à tous les salariés (hors carrière longue), y compris aux mères qui ont travaillé toute leur vie, sans aucune interruption (hors congé de maternité, qui dure quelques semaines) et à temps plein.
La conséquence de cette rigidité sur l’âge de la retraite est qu’une mère aurait donc la totalité des trimestres requis à 61, 62 ou 63 ans (suivant le nombre d’enfants) mais devrait continuer à travailler jusqu’à 64 ans.
Cela revient à supprimer, de facto, leurs trimestres pour enfant à toutes les femmes actives qui ont assuré à la fois l’éducation de leurs enfants et leur vie professionnelle !
Et cela impliquera un nombre de femmes toujours plus important au fil des années puisqu’elles sont de plus en plus nombreuses à travailler sans discontinuer et jusqu’à l’âge de la retraite.
Les jeunes mères seront en outre d’emblée victimes de cette mesure puisque leurs propres mères travailleront plus longtemps et ne seront plus en mesure de les aider lorsque leurs enfants sont petits, c’est-à-dire entièrement dépendants, à l’âge des maladies infantiles et des vacances scolaires longues et à répétition.
Quant à ces mères en fin de carrière, qui auront eu des enfants (lesquels cotisent depuis des années lorsqu’elles arrivent elles-mêmes à l’âge de 60-62 ans) et qui auront travaillé toute leur vie, n’ont-elles pas le droit de se consacrer enfin pleinement à leur famille, de profiter de ce temps, qui peut être merveilleux, avant d’aborder le grand âge ?
Cette réforme est contraire à la nécessité de soutenir la famille et – peut-être plus grave encore – contraire à la reconnaissance que devrait avoir la société vis-à-vis des femmes qui ont des enfants au bénéfice de tous les Français. […]
L’aide active à mourir viole les droits de l’homme
Tribune de Nicolas Bauer, chercheur associé à l’ECLJ, publiée hier dans Le Figaro :

Vous pouvez organiser une séance de projection du documentaire choc sur l’euthanasie en vous inscrivant ici:
Réflexions autour du vocabulaire médical de Luc l’évangéliste 2/5
Suite de l’article de Franck Jullié sur le choix du vocabulaire utilisé par l’évangéliste saint Luc.
2. Le riche vocabulaire obstétrique d’Hippocrate et de la médecine grecque
2.1. Le cas de la stérilité
On soupçonne mal la richesse du vocabulaire médicale hippocratique, en particulier l’extraordinaire lexique du vocabulaire obstétrique. Il suffit de lire le mémoire de 252 pages de Claude Goffart, L’obstétrique et le vocabulaire du grec ancien4, pour se persuader de la profondeur d’observation de cette médecine.
Prenons le cas de la stérilité et de sa description. Il existe plus de dix mots pour la décrire :
- άγονία (Plutarque, Vie de Romulus)5
- άγονέω (Hippocrate, Epidémies II)
- άπαιδίά (Euripide, Ion 512)
- άτεκνία (Platon, De la génération des animaux, III)
- άπαις (Euripe, Ion 485)
- άτεκνος (Sophocle, Electre 164)
- άτοκος (Hippocrate, Airs Eaux Lieux III)
- άφορος (Hippocrate, Maladies des femmes)
- στείρα (Soranos, Maladies des femmes ; Septante, Juges, 1 Samuel, Nouveau Testament, Galates)6
- στέριφος (Hippocrate, Airs Eaux Lieux). Ce mot veut dire à la fois stérile et dur.
- στεροῦμαι (Septante, Siracide 42, 10)7
- στερέω (Septante, Genèse 30.2-3, 1 Samuel 1.5)8
- άτεκνέω (Septante, Osée 9:14)9
Il est intéressant de regarder également des expressions comme celle de 1 Samuel 1:5 dans la Septante :
καὶ κύριος ἀπέκλεισεν τὰ περὶ τὴν μήτραν αὐτῆς·
et le Seigneur avait clos ses entrailles
Littéralement : Le Seigneur ferma les (choses) à côté de sa matrice.
Claude Goffart évoque le sens possible de « Et le Seigneur lui obtura les trompes », ce qui est une cause fréquente de stérilité
Dans son étude sur La stérilité dans la Collection hippocratique : une maladie ?10, Florence Bourbon rappelle que les mots stérile (ἄφορος, ἄτοκος, ἄτεκνος) cités dans le traité de gynécologie hippocratique le plus ancien Nature de la femme, décrivent les femmes qui risquent de rester ἄτεκνοι, « sans avoir d’enfant » ou ἄτοκοι, « sans enfanter » ou ἄφοροι, « sans porter d’enfant ». Cette richesse lexicale reflète autant la variété que la complexité des situations de stérilité observées (Nature de la femme, Maladies des jeunes filles, Femmes stériles).
Cette observation des situations de stérilité s’articule autour d’une description anatomique non moins élaborée. Examinons la description de l’appareil utérin, l’utérus et son col, le cervix dans le Corpus et d’autres textes anciens.
2.2.Précisions anatomiques
L’utérus a une bouche, στόμα (stoma), l’orifice utérin (Hippocrate, Maladies des femmes).
Il a des lèvres, χειλη (cheilê) – le mot désigne les lèvres du col de l’utérus (Aristote, Histoire des animaux).
Il a un col, αυχήν (auchên) ou τράχηλος (trachêlos), le cervix (Maladies des femmes).
Sans compter ces développements dans Nature de la femme11 (21,24) sur la dureté ou l’humidité du col utérin :
21. Ἢν δὲ τὸ στόμα τῶν ὑστερέων σκληρὸν γένηται ἢ ὁ αὐχὴν, τὸν δάκτυλον παρεισάγων, γνώσῃ, καὶ ἐπὴν πρὸς τὸ ἰσχίον ἔωσιν ἀπεστραμμέναι.
(Dureté du col utérin. Obliquité.) Si l’orifice utérin ou le col deviennent durs, vous reconnaîtrez cet état en introduisant le doigt, de même que la déviation de la matrice vers la hanche.
24. Ἢν ὑγρότερον τοῦ καιροῦ τὸ στόμα τῶν ὑστερέων ᾖ, προστιθέναι τὰ δριμέα, ὅκως δηχθῇ, καὶ φλεγμῆναν σκληρὸν γένηται.
(Orifice utérin, trop humide, trop dur.) Si l’orifice des utérus est plus humide qu’il ne convient, on appliquera les substances âcres afin qu’elles mordent et qu’enflammant l’orifice elles le durcissent.
Hippocrate s’intéresse aux nombreuses causes de stérilité féminine dans ses traités Maladies des femmes12 et Des femmes stériles.
Ces préoccupations concernant la stérilité ne doivent pas nous étonner. Simon Byl, dans son texte L’étiologie de la stérilité féminine dans le Corpus hippocratique rappelle : « Si nous voulions définitivement être convaincu de l’importance cruciale de la procréation dans la mentalité antique, nous devrions nous souvenir que l’examen des ex-voto d’Epidaure nous révèle que la stérilité est le fait de 15% des consultants, ce qui représente plus de la moitié des femmes s’étant rendues au temple. Les médecins du Corpus hippocratique, en étudiant la question de la fécondité, répondaient donc en fait à un problème de société.
Au IIIe siècle av. J.C., Hérophile de Chalcédoine13 (330-320 av. J.-C., 260-250 av. J.-C) et Erasistrate14, médecins de l’Ecole alexandrine, font des découvertes majeures concernant les organes génitaux féminins. Hérophile décrit avec précision les ovaires et les trompes de Fallope, qu’il dénomme respectivement « testicules » de femmes (didymoi) et conduits spermatiques, même s’il ne comprend pas encore leur rôle.
Ce corpus ne cessera de s’approfondir comme on l’observe dans les écrits plus tardifs de Soranos d’Ephèse15 (Né en 98).
A suivre
——————
4 https://www.biusante.parisdescartes.fr/ressources/pdf/medicina-goffart.pdf
5 άγονία (Plutarque, Vie de Romulus)
ἁπτόμενος δὲ καὶ καρπῶν ἀφορίαις καὶ θρεμμάτων ἀγονίαις.
elle s’étendit sur les arbres et sur les troupeaux,qu’elle frappa de stérilité
6 στείρα (Soranos, Maladies des femmes ; Septante, Juges, 1 Samuel)
Septante, Juges 13:3
Ἰδοὺ δὴ σὺ στεῖρα καὶ οὐ τέτοκας· καὶ ἐν γαστρὶ ἕξεις καὶ τέξῃ υἱόν.
Femme stérile, toi qui n’avais point enfanté, voilà que tu concevras un fils.
Septante, 1 Samuel 2:5
ὅτι στεῖρα ἔτεκεν ἑπτά, καὶ ἡ πολλὴ ἐν τέκνοις ἠσθένησεν.
Ainsi la stérile a enfanté sept fois, et la féconde (la nombreuse en enfant) a perdu sa fécondité.
Galates 4:27
γέγραπται γάρ, Εὐφράνθητι, στεῖρα, ἡ οὐ τίκτουσα: ῥῆξον καὶ βόησον, ἡ οὐκ ὠδίνουσα: ὅτι πολλὰ τὰ τέκνα τῆς ἐρήμου μᾶλλον ἢ τῆς ἐχούσης τὸν ἄνδρα
Car il est écrit : Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantais point ; éclate et pousse des cris, toi qui n’avais point été en travail d’enfantement, car les enfants de la délaissée seront plus nombreux que les enfants de celle qui a son mari.
7 στεροῦμαι (Septante, Siracide 42:10)
καὶ συνῳκηκυῖα, μήποτε στειρωθῇ.
habitant avec lui, peut-être restera-t-elle stérile.
8 στερέω (Septante, Genèse 30:2-3) Genèse 30:2,3
ἐθυμώθη δὲ Ιακωβ τῇ Ραχηλ καὶ εἶπεν αὐτῇ Μὴ ἀντὶ θεοῦ ἐγώ εἰμι, ὃς ἐστέρησέν σε καρπὸν κοιλίας ;
Jacob, irrité contre Rachel, lui dit : Suis-je l’égal de Dieu, qui t’a privé de fruits de tes entrailles ? Littéralement : Lui qui a privé ton fruit de sein (cavité utérine)
9 άτεκνέω (Septante, Osée 9:14)
δὸς αὐτοῖς μήτραν ἀτεκνοῦσαν καὶ μαστοὺς ξηρούς
Donne-leur un sein stérile et des mamelles taries.
10 https://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_2016_num_129_2_8418
11 http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Hippocrate/naturefemme.htm
12 http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Hippocrate/femmes.htm
13 https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9rophile
14 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89rasistrate
15 https://fr.wikipedia.org/wiki/Soranos_d%27%C3%89ph%C3%A8se
Pour lire l’article complet, vous pouvez laisser votre courriel ci-dessous:
Se confier à saint Joseph
Le 19 mars, les catholiques fêtent saint Joseph, le père nourricier de Jésus. C’est d’ailleurs tout le mois de mars qui est consacré au saint patron de l’Eglise universelle.
Le mois de mars est donc l’occasion de rentrer dans l’intimité de celui qui est avant tout un modèle de sainteté. L’observer nous permet de prendre exemple sur son humilité, son intériorité, son écoute de Dieu (il est plusieurs fois averti par songes de la conduite à mener), sa capacité à se mettre en action (lors de la fuite en Egypte par exemple), sa force tranquille. Il est un modèle proche de nous ; en effet, le plus grand saint de l’Eglise – avec la Vierge Marie – n’est pas un martyr, n’est pas un thaumaturge, n’est pas un évêque. C’est un charpentier silencieux, époux et père doux, qui a accueilli Dieu au cœur même de sa vie.
Le mois de mars est également l’occasion de prier saint Joseph, intercesseur puissant. Joseph a pris soin de Marie et de Jésus dans leurs besoins quotidiens. A lui, sont confiés les soucis et préoccupations matérielles : de logement, de travail, de santé, notamment à travers la prière du Je vous salue Joseph.
Protecteur de la sainte famille, il est également le saint patron de la famille.
En ce mois de mars, confiez votre famille à saint Joseph et découvrez la recette d’une famille heureuse et rayonnante en vous inscrivant dès à présent à cette neuvaine en ligne sur Hozana qui se déroulera du 11 au 19 mars !
Alice Ollivier pour Hozana.org
Réflexions autour du vocabulaire médical de Luc l’évangéliste 1/5
Franck Jullié nous propose cette réflexion sur le choix du vocabulaire utilisé par l’évangéliste saint Luc, notamment pour parler de la stérilité et des possibles indices d’une compréhension à son époque des signes naturels de la fécondité de la femme, signes observés par les méthodes naturelles de régulation des naissances. En raison de sa longueur, cet article sera publié en plusieurs fois.
Sommaire
- La médecine au temps de Luc
- Le riche vocabulaire obstétrique d’Hippocrate et de la médecine grecque
- Le cas de la stérilité
- Précisions anatomiques
- Le vocabulaire médical de Luc
- La stérilité d’Elisabeth
- Médecine hippocratique ou médecine biblique ?
- Ephèse et l’esprit de Soranos
- L’ombre pharmaceutique de Dioscoride
- La nécessité d’une théologie de la médecine
- La profession médicale comme vocation sacerdotale
- Une philosophie biblique de la technique
- Conclusion
1. La médecine au temps de Luc
Dans son ouvrage de 1893, La Médecine au temps de saint Luc1, le docteur et historien biographe Henri Dauchez trace un tableau de la médecine et de son développement au temps de l’évangéliste Luc. Il rappelle l’importance du Corpus hippocratique (Hippocrate, 460 – 377 av JC), une connaissance médicale conservée dans des centres culturels comme la bibliothèque d’Alexandrie et diffusée dans le monde méditerranéen au travers des nombreuses écoles des colonies grecques, en particulier par des médecins grecs sur la côte d’Asie-Mineure.
Pline l’Ancien (Histoire naturelle) rapporte que les élites romaines, en particulier des responsables militaires, sont à l’origine de l’installation de médecins grecs à Rome à la suite de leurs conquêtes en Orient. Certains médecins seront médecins des empereurs et de leur famille, le plus célèbre étant Galien (Pergame 129, Rome 201), médecin de Marc-Aurèle.
L’approche hippocratique est considérée comme une étape de rupture avec la médecine mystico- magique babylonienne par son effort de rationalité2. Hippocrate est un fin observateur des lois naturelles, des phénomènes pathologiques et des réalités psychologiques. Le patient est envisagé comme un tout. Il n’est pas guéri via des formules magiques mais sur la base d’un examen clinique rigoureux et dans le respect d’un art, c’est-à-dire dans le respect de règles précises et dans un cadre éthique, le Serment d’Hippocrate.
Luc est contemporain du célèbre médecin, pharmacologue et botaniste grec Dioscoride3 (né en Cilicie près de Tarse aux environs de 25). Dioscoride dédie son travail sur les plantes médicinales à Areius, un enseignant respecté de Tarse qui l’a encouragé dans son travail. Il pourrait avoir fait ses études médicales à Tarse, à Pergame et Alexandrie.
La tradition rapporte que Luc serait lui aussi né en Cilicie, à Antioche. Les Ecritures nous présentent un médecin cultivé, rompu à la pratique du grec littéraire et maîtrisant le grec hébraïsé de la Septante et de la Synagogue de la diaspora juive. C’est dans ce contexte de culture et de formation médicale imprégnée du Corpus hippocratique que Luc va apprendre la médecine. Compagnon de l’apôtre Paul, il sera aussi ultérieurement un témoin privilégié du premier cercle de l’apôtre et de l’implantation d’églises en Asie-Mineure.
A suivre
————–
1 https://data.bnf.fr/fr/13777116/henri_dauchez/
2 https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Hippocrate-dune-medecine-magique-medecine-rationnelle-2021-11-22-1201186408
3 https://fr.wikipedia.org/wiki/Dioscoride
Pour lire l’article complet, vous pouvez laisser votre courriel ci-dessous:
L’Ukraine est déjà prête à rejoindre l’Union européenne
Cet article intitulé, “On casse les stéréotypes” : en Ukraine, les soldats LGBT+ espèrent la légalisation du mariage homosexuel”, montre que l’Ukraine a compris comment intégrer l’Union européenne…contrairement à la Turquie qui a encore des efforts à faire :
Pacha Iagoyda se bat dans les rangs de l’armée ukrainienne depuis l’invasion russe le 24 février. Il est tireur anti-aérien. Mais s’il lui arrive quelque chose, son compagnon n’aura pas le droit de lui rendre visite à l’hôpital ou de récupérer son corps. En tant que couple de même sexe, ils ne sont pas légalement liés l’un à l’autre selon la loi ukrainienne. Comme de nombreux hommes et femmes homosexuels qui se battent en Ukraine, ils espèrent une future légalisation (…)
Volodymyr Zelensky a indiqué le 2 août qu’il était impossible de modifier la constitution en temps de guerre. Mais il a promis d’étudier la possiblité de mettre en place une “union civile”, qui pourrait servir d’alternative au mariage, afin de garantir le droit de visite aux couples de même sexe, pendant la guerre.
Le Prieuré Saint-Joseph de l’abbaye de Solignac lance son site internet
En 2021, les moines bénédictins de l’abbaye Saint Joseph de Clairval (diocèse de Dijon) ont fondé une nouvelle communauté en reprenant les bâtiments de l’ancienne abbatiale Saint-Pierre-Saint-Paul de Solignac dans le diocèse de Limoges.
Le Prieuré Saint-Joseph de l’abbaye de Solignac accueille désormais ces moines vivant selon la règle de Saint Benoit.
Les moines viennent d’ouvrir leur site internet.
