Fausse nouvelle de Claude Askolovitch sur France Inter
Dans Le Point, Bérénice Levet lui répond :
« Le Point » a été épinglé par Claude Askolovitch ce jeudi sur France Inter. En cause, le texte de Michel Houellebecq que nous avons publié dans le numéro de cette semaine, jugé « dégueulasse et indigne du Point » par le chroniqueur qui tient la revue de presse quotidienne. Plus graves sont les accusations que Claude Askolovitch prononce à l’encontre du journal, dont il fut le collaborateur : « Houellebecq ment, et Le Point n’en dit rien », ce qui serait « triste pour ce qui nous reste d’idées ». Dans ce texte qui fut sa première réaction aux menaces de plainte pour racisme de la part de la Grande Mosquée, Houellebecq écrit, à propos de Jean-Paul Sartre :
« Mû par une haine de soi justifiée, il a appelé dans un texte demeuré célèbre au meurtre des hommes blancs. »
Le texte en question est la préface des Damnés de la Terre, livre anticolonialiste de Franz Fanon écrit en 1961, relue par le journaliste d’Inter qui estime que « pas un instant il n’appelle au meurtre des hommes blancs ». La philosophe Bérénice Levet a elle aussi relu la préface des Damnés de la Terre. Elle en livre une autre interprétation… Voici son texte.
« En le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre. »
La phrase est bel et bien signée de Jean-Paul Sartre, elle figure dans la préface qu’il écrivit pour Les Damnés de la Terre de Franz Fanon qui paraît en 1961. Données factuelles, que chacun peut vérifier.
Et pourtant. Lorsque Claude Askolovitch, le chroniqueur de la Matinale de France Inter, responsable de la revue de presse, lit la préface du philosophe français, il ne rencontre nulle part d’« hommes blancs » – peut-être un Européen, mais il se gardera bien de le signaler, à moins que, dans son esprit, de l’homme blanc à l’Européen, la conséquence ne saurait être bonne ! –, si bien que le couperet tombe, le journaliste rend, sans appel, son double verdict : Michel Houellebecq ment, et ce avec la complicité de la direction et de la rédaction de l’hebdomadaire Le Point qui publie le texte du romancier et renvoie précisément aux Damnés de la Terre. « Houellebecq ment, et Le Point n’en dit rien. » Et le chroniqueur d’oser (mais on connaît le mot de Michel Audiard) : « Et c’est triste pour ce qui nous reste d’idées. »
Autrement dit, non seulement Claude Askolovitch ment effrontément à l’antenne de la radio « la plus écoutée de France » à cette heure-ci et calomnie publiquement, en toute impunité, et le romancier et une rédaction et sa direction. Mais en plus avec la complicité des deux animateurs de la matinale : ni Nicolas Demorand, maître des relances de la revue de presse, ni Léa Salamé ne s’autoriseront un moindre correctif ; ni l’un ni l’autre ne se risqueront à lui objecter la phrase de Sartre et par là immiscer quelque doute dans l’esprit des auditeurs. Évidemment, on pourra toujours m’opposer l’ignorance de nos journalistes, sinon de la phrase célébrissime de Sartre, du moins sa source, mais enfin qu’on me permette d’être sceptique… nos deux animateurs ont des prétentions légitimes, ils se piquent d’être instruits, cultivés, bref de n’être pas de « simples » journalistes. Où était également Yael Goosz, docteur ès-traque de « fake news » ?
Ce procès est d’autant plus inique que Le Point offre au contraire l’occasion à Michel Houellebecq de déployer une argumentation rigoureuse, totalement étranger à ce « fiel » que lui prête Askolovitch.
Je me demande si ce jour-là, le jeudi 5 janvier 2023, Claude Askolovitch n’a pas franchi une étape nouvelle. Sa revue de presse quotidienne relève tout à la fois, et depuis le début, de la grand-messe et du tribunal. L’homme assène, péremptoire, « ses » vérités, délivre, du haut de sa chaire, ses sentences, plus glaciales les unes que les autres – il aime à jouer les Minos ou les Osiris et expédie sans délai, mais sur un ton toujours suave, toujours velouté, en Enfer qui ne regarde pas l’immigration comme une « richesse pour la France » –, et le chroniqueur de nous bercer de récits plus lénifiants les uns que les autres – qui a la hardiesse d’inquiéter les thèses wokistes, ou de ne pas souscrire à la théorie du genre. « Tout le monde fait le dieu en jugeant, cela est bon ou mauvais », disait Pascal, et Askolovitch aime à se faire le dieu. D’ailleurs, ce jour-là, nous apprenions tout doucettement, comme dirait madame Pernelle dans Tartuffe, que Michel Onfray était passé à l’extrême droite. Je n’invente rien. La tribune d’Askolovitch, car appelons les choses par leur nom, peut être écoutée ou lue, elle est intégralement retranscrite sur le site de France Inter.
On ne demande pas au chroniqueur de s’effacer. Une revue de presse est par définition sélective, son responsable choisit les articles qui lui semble mériter d’être mis en avant, distingués. Lire est un acte subjectif, Et d’ailleurs l’homme aime à se mettre en scène. Affectant une tonalité un brin infantile, le « je » est partout dans sa revue de presse : « j’apprends », « je découvre », « j’aime ». Un « je » qui, toutefois, habilement, disparaît lorsqu’il s’agit de délivrer ses sentences – celles-ci prétendent à l’objectivité parfaite. Si on ne réclame pas la totale neutralité, on exige au moins la fidélité aux écrits et à leurs auteurs.
Comment France Inter, et singulièrement sa matinale, peut oser se caricaturer à ce point ? Jusqu’à quand le service public entend-il se faire l’arbitre de la respectabilité ? Léa Salamé ne prétend-elle pas avoir le goût, peut-être la passion, de la conversation, de la dispute, de la complexité ? Les voix dissidentes sont bannies de France Inter. Relisons John Stuart Mill : des vérités qui ne s’exposent pas à la discussion sont des vérités desséchées. Rappelons avec le philosophe écossais la trouvaille, géniale, de l’Église catholique : l’institutionnalisation de la figure de l’avocat du diable avant toute canonisation des saints. Que France Inter cesse d’avoir peur, et invite à sa table le diable !
XIVe cérémonie des Bobards d’Or
Pour découvrir les plus beaux mensonges des médias, rendez-vous à la cérémonie des Bobards d’Or, le 13 février !
Chaque année, les journalistes attendent la liste des nommés aux Bobards d’Or. Qui se fera épingler pour sa mauvaise foi ? Quel média verra ses mensonges étalés à la face du monde ?
Devant une salle comble (attention places limitées, pensez à vous inscrire), au théâtre du Gymnase à Paris, la cérémonie des Bobards d’Or met fin à l’hégémonie de la presse subventionnée et rend le pouvoir aux Français !
Face aux mensonges médiatiques, la cérémonie des Bobards d’Or est une soupape de sécurité, une occasion de rire du cirque médiatique. D’ailleurs, c’est un peu Mardi Gras, quand les faibles peuvent se moquer des puissants et que les rôles s’inversent. Alors cette année nous vous invitons au Carnaval des folies médiatiques ! Venez partager ce moment d’humour et commencer l’année en faisant un pied de nez aux journalistes du système.
Informations pratiques
Lundi 13 février 2022 à 19h30
Théâtre du Gymnase, 38 Bd de Bonne Nouvelle, 75010 Paris
Liberté d’expression sur internet
En 2016, je relayais une étude de Freedom House constatant le déclin de la liberté d’expression sur internet. On m’informe que cette étude a été mise à jour en octobre dernier.
Au-delà des pays qui censurent toute liberté d’expression, comme la Corée du Nord et la Chine, la Birmanie, l’Afghanistan… intéressons-nous aux pays européens (parmi lesquels on trouve la Turquie…). 18 pays ont interdit ou fermé des sites. Vingt-cinq pays européens ont pris des mesures mais ne bloquent pas encore de sites Web (Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Estonie, Hongrie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pologne, Slovaquie et Slovénie), pour n’en citer que quelques-uns. L’Ukraine restreint la pornographie en ligne, tandis que la Biélorussie et la Turquie interdisent/bloquent totalement le contenu. Les médias politiques sont soumis à des restrictions dans 12 pays. Le Kosovo et le Monténégro ont assoupli la censure des médias politiques cette année. Deux pays censurent fortement les médias politiques : la Biélorussie et la Turquie. Aucun pays européen ne bloque ou n’interdit les réseaux sociaux, mais quatre d’entre eux les restreignent : Biélorussie, Espagne, Turquie et Ukraine. Le Monténégro s’est amélioré en matière de censure des réseaux sociaux, le gouvernement actuel permettant une expression plus libre des opinions personnelles. La Turquie restreint l’utilisation des VPN, tandis que la Biélorussie les interdit totalement. La Turquie est le seul pays européen à restreindre les services de messagerie VoIP. L’application WhatsApp a été interdite en Turquie.
Benoît XVI et l’Eucharistie : communion, amitié et vérité
De Thomas Debesse :
Pendant [les] JMJ à Madrid je me suis posé des questions auxquelles personne à part le pape ne m’a apporté de réponse. Sur le sujet de l’Eucharistie l’enseignement qui m’a été dispensé pendant ces deux semaines en Espagne ne parlait que d’adoration, mais pas de communion. […] il y avait un enseignement que le clergé donnait aux fidèles, mais il n’était pas bienvenu [que le fidèle exprime] un besoin d’enseignement au clergé. […]
Il est bon que l’Église enseigne et encourage la pratique de l’adoration mais si l’eucharistie n’est qu’adoration, alors il n’y a pas de différence avec le protestantisme autre qu’une différence de moyen ou de manière dans la réalisation de la présence. […] Parce que la communion engage des réalités propres l’expérience de l’eucharistie de communion peut changer beaucoup de choses dans cette relation.
Quand j’ai appris la mort de Benoît XVI, je me suis souvenu [qu’il] avait répondu à une question essentielle, […] pour retrouver la réponse, j’ai dû relire l’homélie et là, immédiatement, la réponse m’a sauté aux yeux, en quatre phrases, très simples :
« Il y a comme deux manières distinctes de connaître le Christ qui nous sont présentées. La première consiste dans une connaissance externe caractérisée par l’opinion commune. »
« Mais, la foi n’est pas le fruit de l’effort de l’homme, de sa raison, mais elle est un don de Dieu. […] Elle a son origine dans l’initiative de Dieu. »
Il y a cette connaissance externe de l’eucharistie que l’on présente, que l’on observe, celle dont on peut demander, « qu’est-ce que c’est ? », et il y a la connaissance interne, celle qui prend contact physique avec nous, à l’initiative de Dieu. […] L’eucharistie de communion […] a été présentée par le pape Benoit XVI comme le point culminant de ces JMJ et la première chose dont il faut parler. […]
Benoît XVI parle d’amitié, de relation personnelle, et de connaissance intime et réciproque. Il commente l’évangile de Matthieu au chapitre 16, lorsque Jésus demande à ceux qui l’entourent :
« Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? ». […] Après avoir écouté les réponses, Jésus demande, « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». […] En retour, Jésus dit à Pierre ce que Pierre est pour lui : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ».
Cette réponse est […] aussi la réponse de Jésus à Benoît XVI, qui nous signifie à quel point cette question est actuelle.
Les deux amis Jésus et Pierre répondent donc mutuellement à la question « et pour toi qui suis-je ? ». C’est une relation de connaissance personnelle réciproque entre deux personnes, et de ces deux personnes, l’initiative vient du Christ. Il en est exactement de même de l’eucharistie de communion : c’est une relation de connaissance personnelle réciproque entre deux personnes, et de ces deux personnes, l’initiative vient du Christ.
Il ne s’agit pas seulement de dire « que dit-on de lui » en montrant le Saint Sacrement exposé, mais de nourrir une connaissance interne […]. Une fois nourri de cette connaissance interne de l’eucharistie de communion, ce n’est plus avec une connaissance externe à l’initiative des hommes que l’on adore, mais avec une connaissance interne à l’Initiative de Dieu.
Ainsi le drame d’enseigner l’eucharistie d’adoration sans enseigner l’eucharistie de communion c’est qu’il n’est alors laissé à l’homme qu’une relation externe avec Dieu, rien de plus qu’un « que dit-on de lui ? », et cette relation peut être vécue avec n’importe quelle idole. Si on ne répond pas aux questions « et pour toi qui suis-je, et pour moi qui es-tu ? », on prend le risque d’accueillir chez soi un faux dieu, […] on peut présenter à la dévotion des fidèles et se prosterner devant toutes les idoles du monde, du veau d’or à la Pachamama.
Quand Benoît XVI a dit :
« Chers jeunes, aujourd’hui, le Christ vous pose également la même demande qu’il a faite aux apôtres : “Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?”
», […] J’ai entendu cette invitation à vivre ce questionnement avec le Christ, mais aussi avec le pape, et avec mes amis. J’ai entendu cette invitation à poser et à répondre à cette question, réciproquement comme Jésus et Pierre […] « Pour toi, qui suis-je ? […]
La véritable amitié réclame cette question : « pourquoi m’es-tu fidèle, pourquoi m’aimes-tu, pour toi qui suis-je ? », « pourquoi te suis-je fidèle, pourquoi je t’aime, pour moi qui es-tu ? ». C’est d’ailleurs ce que dit Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à Marie : « je veux te dire pourquoi je t’aime ». En répondant en vérité à ces questions, mutuellement, réciproquement, on peut découvrir la réalité de notre amitié, mais on peut aussi découvrir qu’on est abusé, ou qu’on abuse de son prochain… Que ce soit pour aimer en vérité ou pour guérir ou pour se convertir, pour se découvrir et pour se redécouvrir, il faut poser la question et y répondre.
La réponse ne doit pas seulement être vraie, elle doit être personnelle. […] Alors que la catéchèse officielle des JMJ ne répondait pas à ma question, alors que mon propre évêque ne répondait pas à ma question, alors que le responsable de la pastorale des jeunes qui allait devenir directeur de séminaire et responsable de la formation du futur clergé ne répondait pas à ma question, c’est Benoît XVI, le pape, un Allemand, qui m’a répondu en espagnol, à moi qui suis français.
Si on me pose la question « que dit-on de Benoît XVI ? », je peux répondre « Il est Pierre et sur cette pierre le Christ a bâti son Église ». Mais si Benoît XVI me posait la question à moi, aujourd’hui, « et toi Thomas, que dis-tu, pour toi qui suis-je ? ». J’ai une réponse à lui donner : « tu es quelqu’un qui m’a appris à aimer, à prendre le risque de perdre ce qui m’est cher si cet amour n’est pas vrai »
Christianophobie en Irlande
L’église Saints Peter et Paul de Ballyduff, en Irlande, a été prise pour cible par trois jeunes femmes d’une vingtaine d’années.
L’incident s’est produit vendredi soir, alors que l’église était encore ouverte. On pense qu’elle était inoccupée lorsque le trio est entré, s’est dirigé vers l’autel avant de mettre le feu à la nappe qui le recouvrait.
Et à Cork, les anti-catholiques viennent perturber la messe dominicale :
A church in County Kerry was attacked by arsonists last week
Now this during Sunday Mass in Cork
The anti Catholic rhetoric from politicians and journalists needs to stop immediately pic.twitter.com/R2Q8LuK8cX
— Catholic Arena (@CatholicArena) January 8, 2023
Grenoble : un homme suspecté d’avoir menacé des enfants de chœur d’égorgement
Dimanche, vers 10 h 30, un homme de 57 ans a été interpellé par les policiers grenoblois. Il est suspecté d’avoir menacé de mort des enfants de chœur de la collégiale Saint-André.
Alertés par des paroissiens et disposant du signalement précis de cet homme, des policiers ont interpellé un suspect, placé en garde à vue pour “ Menaces de mort réitérées commises en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion”.
Roselyne Bachelot annonce qu’il va falloir se résoudre à raser des églises
Après avoir volé le patrimoine de l’Eglise en 1789 puis en 1905, l’Etat souhaite se débarrasser des églises confisquées.
Ancienne ministre de la Culture, Roselyne Bachelot annonce qu’on a construit trop d’églises en France et qu’il va falloir se résoudre à en raser (ou à les vendre à des particuliers), en particulier celles du XIXe siècle !pic.twitter.com/m05df32dPv
— Eric Anceau (@Eric_Anceau) January 8, 2023
Devenir bénévole de la Marche pour la vie
La Marche est dans 15 jours et il manque encore 500 bénévoles !
Le service des bénévoles est absolument essentiel pour le maintien et le bon déroulement de la mobilisation.
La Marche pour la vie a besoin de vous pour la logistique, l’animation, et surtout pour la sécurité.
En 2023 soyez des serviteurs de la vie : devenez bénévoles de la Marche pour la vie ! Venez avec vos amis, formez des équipes en notant en commentaire dans votre inscription vos souhaits de coéquipiers !
En étant bénévole le 22 janvier, vous porterez plus haut la voix de ces 220000 enfants empêchés de naître, de ces personnes handicapées ou malades qui sont méprisées, de ceux qu’on ne veut pas entendre !
Une incarnation attirante de l’amour de la Vérité
Extrait de l’hommage rendu par le père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, au pape Benoît XVI, dans L’Homme Nouveau, qui consacre un dossier au sujet du défunt pape :
[…] Ce qui frappe le plus dans le parcours de Benoît XVI, c’est son souci d’ouvrir aux hommes le chemin de la vérité, dans le contexte difficile de la modernité. Pour cela, il a compris les enjeux. Il a mesuré la perte de la dimension métaphysique de l’intelligence. Il a vu le déclin de la théologie de la Création, qui voit dans la nature et le corps humain un message de la sagesse de Dieu.
Cette perspective a animé sa présentation doctrinale de la foi. Depuis les conférences sur la catéchèse à Lyon et Paris en 1983, jusqu’au Catéchisme de l’Église catholique et à son Compendium en 1992 et 2005. Elle explique son insistance sur l’harmonie de la foi et de la raison. De Veritatis Splendor et Fides et Ratio (auxquelles il a collaboré en 1993 et 1998), jusqu’aux discours de Ratisbonne et des Bernardins en 2006 et 2008, en passant par la merveilleuse conférence à la Sorbonne en 1999 sur le christianisme comme religio vera.
Dans notre époque de vacillation et de doute, il a rappelé à une Europe qui sombre dans le nihilisme, la pertinence de la loi naturelle, le respect de l’homme et de la création, et la nécessité de « rendre visible la foi comme l’alternative que le monde attend après la faillite de l’expérience libérale et de celle de type marxiste » (1).
Je me souviens du jour où je lui disais que c’était grâce à l’amour de la Vérité qui transpirait dans ses œuvres, que j’avais retrouvé la communion hiérarchique… Il me semble qu’il y fut sensible.
Merci, Benoît XVI, d’avoir été, pour moi et pour tant d’autres, une incarnation attirante de l’amour de la Vérité. […]
Les belles figures de l’Histoire : Les papes de Saint Pierre à Benoît XVI
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent Christophe Dickès et le père Jean-François Thomas :
Benoît XVI : un Pape remarquable
De Stéphane Buffetaut, élu local et ancien député européen, pour le Salon beige:
A son image, le Pape Benoît XVI s’en est allé discrètement, paisiblement. Ses obsèques célébrées à Rome ont été d’une grande sobriété et son successeur, l’air fatigué et maussade, n’a cité son prédécesseur qu’une fois dans son homélie. Peu importe, Benoît XVI ne recherchait pas les honneurs et certainement pas posthumes, lui qui n’a pas souhaité la présence du Président des Etats-Unis à ses funérailles car ce moment n’est pas celui de l’hypocrisie.
Pape remarquable par son intelligence, reconnue par tous. Brillant théologien et profond philosophe en quête de la vérité, comme le furent les véritables penseurs depuis la Grèce antique. Un de ses grands combats sera celui de démontrer que foi et raison ne sont pas antinomiques, à la suite de Jean-Paul II et de son encyclique « Fides et ratio » (14 juillet 1998). Il développera ce thème, essentiel pour lui, dans plusieurs discours dont ceux de Ratisbonne, de la Sapienza, des Bernardins, ou encore de Nations-Unies. Et, par son encyclique « Caritas in veritate » (29 juin 2009), il démontera que vérité et amour sont indissociables.
Pape remarquable aussi par son humilité, alors même que son intelligence aurait pu lui donner un sentiment de supériorité intellectuelle. Il se définissait lui-même comme « l’humble serviteur des serviteurs de Dieu » ou comme « humble et simple travailleur dans la vigne du Seigneur » (19 avril 2005, loggia de Saint Pierre, après son élection). Or cet homme fut investi des plus hautes responsabilités de l’Eglise catholique, sans jamais les avoir cherchées. Au contraire. Nous sommes là à des années lumières du monde politique qui souvent le combattra.
Pape remarquable par sa volonté de réformer l’Eglise, de la « nettoyer ». Ce fut le cas tant pour les affaires financières que pour celle de mœurs et de pédophilie pour lesquelles il exigea une tolérance zéro.
Pape remarquable enfin dans sa volonté de réconcilier les chrétiens entre eux. Réconciliation bien sûr entre les traditionnalistes et l’Eglise, ceux fidèles à Rome comme ceux séparés de celle-ci à la suite de Mgr Lefebvre. Fracture en vérité incompréhensible car l’esprit peine à comprendre pourquoi la fidélité à un rite vieux de cinq siècles et qui fut celui selon lequel furent ordonnés ou sacrés bien des prêtres et des évêques encore en exercice, a pu susciter une tel rejet de la part de la hiérarchie. Et cette volonté de réconciliation s’est étendue aussi hors de l’Eglise catholique romaine vers les orthodoxes, les anglicans, qui furent accueillis nombreux au sein de l’Eglise, et les protestants. Dans la vérité et non dans l’ambiguïté.
Remarquable aussi fut le déchaînement de mauvaise foi, d’attaques et de critiques dont ce grand Pape fut l’objet. Alors même qu’il n’était « que » Cardinal, il avait été affublé de la qualification de « PanzerKardinal », ce qui suggérait à la fois un caractère intraitable et évoquait le détestable passé de l’Allemagne. Or le ridicule d’un tel surnom est criant pour tous ceux qui l’ont connu, voire simplement rencontré ou approché et qui peuvent témoigner de l’extrême bienveillance, de la douceur, de la bonté et même de la timidité de cet homme issu d’une famille hostile au national-socialisme, mais qui fut enrôlé de force dans les mouvements de jeunesse du régime. Comme ce fut le cas de la jeunesse dans tous les régimes totalitaires, soviétique, maoïste, ou castriste.
L’interprétation malveillante du remarquable discours de Ratisbonne, à propos d’une citation de l’empereur Manuel II Paléologue, présentée avec beaucoup de précautions oratoires par le pape qui en soulignait la rudesse et le contexte historique, est un parfait exemple des manipulations malveillantes dont Benoît XVI fut la victime, y compris de la part de l’appareil du Vatican. Quant aux réactions d’une violence inouïe d’une partie du monde musulman, elles démontrent simplement que l’Empereur byzantin soulevait une vraie question.
Sa mort n’a pas mit fin aux attaques indignes. La sénatrice Vogel a ainsi cru bon de réagir de façon vulgaire et grossière au message du Président de la République aux catholiques de France à l’occasion de la mort du Pape émérite. Faut-il s’en étonner? Lounatcharski, compagnon de Lénine, n’a-t-il pas déclaré un jour : « Ce qu’il nous faut, c’est la haine ». Les marxistes, après avoir fait couler des fleuves de sang, n’ont pas changé et il est si logique qu’ils haïssent ceux qui essaient de suivre, tant bien que mal, Celui qui déclarait « aime ton prochain comme toi-même ».
Benoît XVI s’en est allé. Lui qui avait demandé aux fidèles : « Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups » a subi, plus que d’autres, la fureur de la meute. Il est vrai qu’il avait osé rappeler la condamnation de la franc-maçonnerie et que « la miséricorde du Christ n’est pas une grâce à bon marché, elle ne suppose pas la banalisation du mal ». Pire encore, il avait affirmé que « la vérité est une personne, et c’est par l’amour que l’on parvient jusqu’à elle ». Intolérable pour les relativistes qui considèrent qu’il n’y a pas de vérité, et surtout pas le Christ, et qui, en fin de compte, lui reprochaient avec véhémence d’être un pape catholique ! C’était son devoir et ce fut sa grandeur. Ses derniers mots ont été : « Je t’aime Seigneur ». Ne doutons pas de la réponse.
Courageux et émouvant Said Oujibou
Courageux et émouvant Said Oujibou, membre de @LA_CHREDO, ex musulman converti qui raconte sa rencontre avec Jésus, sa confiance dans le fils de Dieu qui lui a ouvert les yeux. Tant qu'il y aura des Said Oujibou pour témoigner, la chrétienté ne disparaîtra pas! pic.twitter.com/3xYn74s5Wq
— Patrick Karam (@karampatrick) January 6, 2023
Les loges maçonniques prennent en main la 3e session de la pseudo-Convention citoyenne sur l’euthanasie
Au moins, ça évite les risques, les franc-maçons étant tous favorables à l’extermination des personnes âgées. 2h pour les spiritualités non religieuses (« les loges ») et 1h30 pour l’ensemble des religions.
🔔La #ConventionCitoyenne sur la #findevie est de retour pour la Session #3
🗓Découvrez le programme et suivez la Convention tout au long du week-end sur les réseaux du CESE
👀Echanges, débats et rencontres encore une session riche qui s'annonce ! 👇 pic.twitter.com/J9wu3QyeK0
— CESE (@lecese) January 6, 2023
L’autel de l’abbaye de Subiaco, dans l’Arkansas, a été profané
Le jeudi 5 janvier dans l’après-midi, un homme est entré dans l’église abbatiale et a profané l’autel principal. À l’aide d’un marteau, d’une masse ou d’une hache, il a détruit le haut de l’autel et brisé les pierres contenant les reliques. Il a volé less deux reliquaires dans les pierres d’autel. Il s’est ensuite apparemment déplacé vers le tabernacle, a enlevé la croix au sommet, retiré le voile du tabernacle, puis il a été interrompu. Heureusement, le Saint-Sacrement et le tabernacle n’ont pas été endommagés.
Après le départ des policiers, l’homme a décidé de retourner à l’église. Les policiers ont été rappelés et l’homme a été arrêté. Un des reliquaires a été trouvé dans son camion.
En raison de la profanation de l’autel, la communauté va entreprendre la « Prière publique après la profanation d’une église ». Conformément aux prescriptions, l’autel de l’église a été dépouillé et tous les signes habituels de joie et d’allégresse ont été retirés. En raison des dégâts importants subis par l’autel principal, les moines utiliseront un autel portatif jusqu’à ce que les dispositions nécessaires soient prises pour les réparations.
Victoire contre l’islamisme à Avignon
Grâce à l’action conjuguée du sénateur Stéphane Ravier, des élus du RN84 et de la procédure engagée par l’AGRIF, qui a sollicité, auprès du Préfet de Vaucluse, la mise en oeuvre de la procédure prévue par la loi SILT de 2017, la réunion islamiste prévue demain à Avignon a été annulée.
Après les funérailles, le bilan de Benoît XVI
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent
- Gérard Leclerc, essayiste
- Abbé Claude BARTHE, prêtre
- Philippe PICHOT-BRAVARD, historien
Terres de Mission : Hommage à Benoît XVI
Terres de Mission rend hommage à Benoît XVI, récemment inhumé.
Puis, Guillaume de Thieulloy reçoit le philosophe Henri Hude, ancien directeur du centre d’éthique à Saint-Cyr Coëtquidan, pour parler de son dernier ouvrage “Philosophie de la guerre”.
Enfin, Max Guazzini, ancien président de NRJ et du Stade français, évoque sa foi chrétienne.
Se préparer aux JMJ
La prochaine édition des JMJ se tiendra cet été à Lisbonne du 1er au 6 août. Les Journées Mondiales de la Jeunesse qui rassemblent des jeunes de 16 à 35 ans du monde entier ont été initiées par le pape Jean Paul II en 1984. Depuis 16 éditions ont eu lieu dont certaines ont rassemblées plus de 3 millions de jeunes comme ce fut le cas aux JMJ de Rio en 2013. Des jeunes du monde entier répondent donc tous les 2 ou 3 ans à l’appel du pape. Jean Paul II leur rappelait en 2001 que le monde avait besoin d’eux :
« Chers jeunes, vous comprenez bien que l’on n’est “le sel de la terre” et “la lumière du monde” que si l’on tend à la sainteté. Comme je voudrais que ne vienne jamais à manquer dans votre vie cet idéal spirituel élevé ! L’humanité du troisième millénaire a besoin de jeunes forts dans la foi et généreux dans le service de leurs frères. Elle a besoin de jeunes aimant le Christ et son Évangile. » Castel Gandolfo, 19 août 2001
Pour les accompagner sur ce chemin de sainteté, 13 saints patrons ont été choisis pour cette édition des JMJ de Lisbonne : saint Jean Paul II, saint Jean Bosco, saint Vincent, saint Antoine de Padoue, saint Barthélémy des Martyrs, saint Jean de Britto, bienheureuse Jeanne du Portugal, bienheureux Jean Fernandes, bienheureuse Maria Clara de l’Enfant Jésus, bienheureux Pier Giorgio Frassati, bienheureux Marcel Callo, bienheureuse Chiara Badano, bienheureux Carlo Acutis.
Cet événement est aussi mis sous le patronage de Notre Dame de la Visitation, à qui est adressée la prière officielle des JMJ 2023. En effet, le pape François a invité les jeunes à se rassembler avec le verset qui ouvre le récit dela visitation dans l’évangile de saint Luc : « Marie se leva et partit en hâte ». Voilà un beau verset pour commencer avec un élan missionnaire cette nouvelle année !
Pour vous préparer aux JMJ, rejoignez cette communauté de prière sur Hozana pour cheminer dès janvier vers cette belle rencontre grâce à une publication quotidienne !
Alice Ollivier pour Hozana.org
Fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Nous sommes au Temps de Noël liturgiquement parlant (Tempus natalícum). Il se poursuivra jusqu’au 13 janvier inclus. Mais cette période est elle-même sous-divisée en deux Temps.
- le Temps de la Nativité (Tempus nativitátis) qui va des 1res Vêpres de Noël à None du 5 janvier inclus.
- le Temps de l’Épiphanie qui court des Ires Vêpres de l’Épiphanie du Seigneur, le 5 janvier, au 13 janvier inclus.
La Vigile de l’Épiphanie a été supprimée en 1955 mais l’on célèbre le 5 janvier les Ires Vêpres de la grande fête du 6 janvier, fête de 1re classe (ornements blancs). C’est donc ce vendredi 6 que les Rois Mages prennent place dans nos crèches. Dans l’Ordo de 1962, la solennisation de la fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur, a été fixée, lors du Concordat de 1801, au dimanche qui suit le 6 janvier quand cette date n’est pas un dimanche, soit cette année 2023 le dimanche 8 janvier. C’était autrefois fête d’obligation en France, comme c’est encore le cas en certains pays. Le nouvel ordo de 1970 célèbre toujours la fête le premier dimanche de janvier.
La fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur est une des plus anciennes fêtes de l’année liturgique, fixée au 6 janvier depuis la plus haute antiquité. Elle se célébrait en Orient dès le IIIe siècle et elle pénétra en Occident vers la fin du IVe siècle. Le mot Épiphanie signifie : manifestation. Comme à Noël c’est le mystère d’un Dieu qui se rend visible, mais ce n’est plus aux Juifs seulement qu’il se montre : C’est aux Gentils qu’en ce jour Dieu révèle son Fils (Oraison). Et Isaïe aperçoit, en une vision grandiose, l’Église figurée par Jérusalem, où affluent les rois et les nations, la multitude des peuples qui habitent le bord des mers et la force des Gentils. Ils viennent de loin avec leurs nombreuses caravanes en chantant les louanges du Seigneur et en lui apportant de l’or et de l’encens(Épître). Les rois de la terre adoreront Dieu et les nations lui seront soumises (Offertoire). L’Évangile montre la réalisation de cette prophétie. Alors que Noël célébrait l’hymen de la divinité avec l’humanité du Christ, l’Épiphanie célèbre l’union mystique des âmes avec Jésus. Aujourd’hui, dit la liturgie, en unissant cette fête à celle du jour Octave et du 2e dimanche après l’Épiphanie, aujourd’hui l’Église est unie à son céleste Époux, car le Christ a lavé ses crimes dans le Jourdain, les Mages accourent avec leurs présents aux noces royales et les convives boivent avec joie l’eau transformée en vin. Alléluia. C’est à Saint-Pierre, où se trouvent les reliques du chef de l’Église, que la liturgie célèbre l’entrée des païens dans l’Église. Reconnaissons dans les Mages adorateurs les prémices de notre vocation et de notre foi, et célébrons avec des cœurs pleins de joie les débuts de cette heureuse espérance : car, dès ce moment, nous avons commencé à entrer dans l’héritage céleste (Saint Léon, Matines).
Les textes de la messe insistent surtout sur le premier épisode de cette manifestation : la visite des Mages à Bethléem. Mais les textes de l’office de cette fête, particulièrement l’hymne et l’antienne à Magnificat des deuxièmes Vêpres, nous rappellent que cette manifestation s’est accomplie à l’occasion de trois événements : l’adoration des mages que nous commémorons aujourd’hui, le baptême de Notre Seigneur dans le Jourdain qui sera célébré le 13 janvier, jour octave de l’Épiphanie, et le miracle des noces de Cana que nous retrouverons le deuxième dimanche après l’Épiphanie.
L’Épiphanie c’est donc l’entrée solennelle du Christ Roi dans le monde. C’est ce qu’exprime le chant de l’Introït, dont le texte n’est pas littéralement scripturaire mais s’inspire de passages des prophètes de l’ancien testament, et dont la mélodie est peu développée et presque horizontale, mais très solennelle et assez hiératique.
►Introït : Ecce advenit
Ecce advenit dominator Dominus : et regnum in manu ejus, et potestas, et imperium.
Voici que vient le Seigneur souverain ; il a dans sa main la royauté, la puissance et l’empire.
C’est bien lui le Roi. On appelle couramment l’Épiphanie la fête des rois. On parle des rois mages. En fait l’Évangile ne parle pas de rois ; il dit seulement : des mages d’Orient. C’était probablement des prêtres des religions païennes orientales, de savants et aussi de puissants personnages, car dans leur pays à cette époque le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel étaient plus ou moins confondus. Leur caravane était certainement imposante, et son arrivée à Jérusalem a causé un grand émoi. Mais le seul vrai roi c’est le petit enfant, c’est Lui qu’ils viennent adorer. C’est Lui également le Roi que chante le psaume 71, grand psaume messianique que nous retrouverons à l’Offertoire et dont le premier verset accompagne cet Introït :
Deus judicium tuum Regi da : et justitiam tuam Filio Regis.
Seigneur donnez au Roi votre jugement et au fils du Roi votre justice.
►Graduel: Omnes de Saba
Le texte du Graduel de l’Épiphanie est tiré du prophète Isaïe, et plus précisément du passage qui est lu à la messe, juste avant ce chant. C’est d’ailleurs un des rares cas dans la liturgie où le Graduel est tiré de la lecture précédente et c’est aussi un des rares cas, dans les messes des dimanches et fêtes, où cette lecture est tirée de l’Ancien Testament. Pour bien comprendre ce chant, le mieux est de lire en entier ce texte d’Isaïe, qui n’est pas long et qui est magnifique.
” Lève-toi Jérusalem, sois illuminée, car elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Car voici que les ténèbres couvriront la terre, et les peuples seront dans l’obscurité : mais le Seigneur se lèvera sur toi et sa gloire paraîtra en toi. Les nations marcheront à ta lumière et les rois à la splendeur de ton aurore. Lève les yeux autour de toi et regarde : tous ceux-ci sont rassemblés, ils sont venus vers toi. Tes fils sont venus de loin et tes filles surgissent à leurs côtés. Alors tu verras et tu seras comblée, tu seras émerveillée et ton cœur se dilatera quand les richesses de la mer afflueront vers toi et que la puissance des nations viendra à toi. Une foule de chameaux t’envahira, des dromadaires de Madian et de Epha : tous viendront de Saba, apportant l’or et l’encens et proclamant la louange du Seigneur. “
La première partie du Graduel reprend la dernière phrase de ce texte qui annonce d’une façon précise la visite des mages ; même l’or et l’encens sont mentionnés.
Omnes de Saba venient, aurum et thus deferentes, et laudem Domino annuntiantes.
La deuxième partie, au contraire, reprend la première phrase du texte :
Surge et illuminare Jérusalem : quia gloria Domini super te orta est.
Cette Jérusalem nouvelle qui est ainsi glorifiée, c’est évidemment l’Église qui voit affluer vers elle les peuples de toutes races et de toutes langues. On remarquera au début de la deuxième partie l’accent très prononcé de surge, puis la grande montée de illuminare, avant la descente en douceur sur Jerusalem et de nouveau un grand crescendo sur Domini.
►Alléluia : Vidimus Stellam
Si le texte du Graduel de l’Épiphanie était tiré de la lecture qui le précédait, le verset de l’Alléluia au contraire est tiré de l’Évangile qui le suit.
Vidimus stellam ejus in oriente, et venimus cum muneribus adorare Dominum.
Nous avons vu son étoile en orient et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Ce sont les paroles des mages au roi Hérode en arrivant à Jérusalem. La mélodie est la même que celle de l’Alléluia du jour de Noël, qui parlait déjà d’une grande lumière descendue sur la terre, et qui invitait tous les peuples éclairés par cette lumière à venir adorer le Seigneur. Aujourd’hui les mages représentant toutes les nations répondent à cette invitation. Cette mélodie elle-même est lumineuse. Elle exprime bien la joie et la reconnaissance de tous ces peuples qui ont reçu la révélation du Sauveur et qui ont tout quitté pour aller L’adorer.
►Offertoire : Reges Tharsis
Le texte de l’Offertoire de l’Épiphanie est tiré du psaume 71, dont nous avons déjà trouvé le début comme verset de l’Introït, et qui est un des grands psaumes messianiques. Il chante la gloire du roi d’Israël, probablement Salomon, à qui tous les rois environnants venaient rendre hommage. On se souvient de l’épisode de la reine de Saba qui est ici mentionné.
Reges Tharsis et insulæ munera offerent : reges Arabum et Saba dona adducent : et adorabunt eum omnes reges terræ, omnes gentes servient ei.
Les rois de Tharse et des îles offriront des présents : les rois d’Arabie et de Saba apporteront des dons. Tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations Le serviront.
Le roi d’Israël est comme toujours la figure du Messie à qui tous les rois et les peuples du monde entier doivent se soumettre. Les mages d’Orient dont parle l’Évangile ont été les premiers à les représenter. La mélodie comme celle du Graduel exprime une joie bien affirmée. Ses ondulations évoquent très bien la grande procession des peuples en marche vers le Sauveur.
►Communion : Vidimus stellam
Nous retrouvons dans l’antienne de Communion de l’Épiphanie le même texte qu’à l’Alléluia, tiré de l’Évangile du jour.
Vidimus stellam ejus in Oriente, et venimus cum muneribus adorare Dominum.
Nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Mais la mélodie donne ici à cette antienne assez courte un caractère différent de celui du verset de l’Alléluia, plus intime, plein d’une joie douce et légère. C’est le chant de l’âme qui a reçu la lumière d’en haut et, pleine de reconnaissance, s’empresse d’aller adorer Celui qui la lui a envoyée et se mettre à son service. Cette petite pièce finement ciselée se termine par les mots adorare Dominum très contemplatifs.
Voici que vient le Seigneur souverain ; il a dans sa main la royauté, la puissance et l’empire.
L’œuvre de Joseph Ratzinger, une réponse à la crise des sociétés contemporaines, le reflet d’une pensée catholique assumée
Historien de l’Église, auteur d’un ouvrage rsur L’héritage de Benoît XVI, Christophe Dickès considère que Benoît XVI, qu’il compare aux saints Grégoire le Grand et Léon Le Grand, dispose de l’autorité théologique nécessaire pour être reconnu docteur de l’Église :
[…] Chez Benoît XVI, la force, le rayonnement et l’influence étaient de l’ordre de la science et donc de l’intelligence, en tant que cardinal puis en tant que pape. Tel était ce don fécond auquel se mêlaient une très grande douceur et une profonde humilité. Le sens de son œuvre, et notamment de son pontificat, fut de rappeler aux baptisés et au monde l’intelligibilité du mystère chrétien et l’intelligence de la foi, comme Léon le Grand et Grégoire le Grand en leur temps. Dans quel but sinon en vue du bien commun, comme le précise la première lettre de saint Pierre : « Que chacun mette au service des autres le don qu’il a reçu comme de bons dispensateurs de la grâce de Dieu. »
Or l’Église reconnaît un docteur de l’Église pour son autorité exceptionnelle en matière de théologie, sa vie de foi et la sûreté de sa pensée. L’ensemble donne à ses écrits et à son enseignement un poids et une influence dans la doctrine chrétienne. Au regard de l’histoire de l’Église, il serait étonnant qu’une telle œuvre soit amenée à disparaître. Elle pourra, comme bien des œuvres, vivre une éclipse mais il me semble que dans cent ou deux cents ans, l’œuvre de Joseph Ratzinger sera toujours étudiée. Elle sera considérée comme une réponse à la crise des sociétés contemporaines, le reflet d’une pensée catholique assumée à une époque où elle fut remise en cause par des idéologies qui ont voulu produire des esclaves et non des hommes libres.
L’avortement : première cause de mortalité
Les statistiques compilées par Worldometer indiquent que plus de 44 millions d’avortements ont eu lieu dans le monde en 2022. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime ce chiffre à 73 millions.
Si l’on compare les chiffres relatifs à l’avortement à d’autres causes de décès : cancer, VIH/SIDA, accident de la route et suicide, les avortements dépassent de loin toutes les autres causes.
En 2022, on estime que 9,6 millions de personnes sont mortes du cancer, 6 millions du tabagisme, 16 millions de diverses maladies courantes et 2 millions du VIH/sida. Les décès dus au paludisme et à l’alcool sont également conséquents.
Avec 67,1 millions de personnes décédées l’année dernière d’une autre cause que l’avortement et un total de 111 millions de personnes, toutes causes confondues, les avortements ont représenté près de 40 % des décès dans le monde l’année dernière.
Le pourcentage pourrait être encore plus élevé si le chiffre donné par l’OMS est retenu. En effet, entre 73 et 44 millions la différence est de 29 millions qui s’ajouteraient aux 111 officiellement donnés, soit 140 millions. En l’occurrence, le nombre d’avortements dépasserait 50 % des décès comptabilisés sur l’année 2022.
Benoît XVI : l’enterrement d’un « simple pèlerin »
De Charlotte d’Ornellas dans Valeurs Actuelles :
En décidant de renoncer à sa charge pontificale, Benoît XVI avait choisi de ne plus être pape. L’ayant été, il était sorti du collège cardinalice. A la fin de sa vie, il n’était donc ni pape, ni cardinal. Cette situation inédite avait accouché du titre de « pape émérite » sans que l’Église ne sache trop appréhender la chose nouvelle. Du balcon de la résidence d’été du pape, le 28 février 2013, Benoît XVI saluait d’ailleurs la foule de locaux venus le remercier en ces termes :
« A partir de ce soir à huit heures, je ne serai plus souverain pontife de l’Eglise catholique. Je suis simplement un pèlerin qui débute la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre. »
Et c’est en discret pèlerin et en humble serviteur qu’il fut enterré le 5 janvier 2023, sur la place Saint Pierre, à Rome. Il est vrai que la messe était sobre – selon le vœu de Benoît XVI lui-même -, courte, et que le pape François n’a pas jugé nécessaire de s’attarder sur l’apport absolument considérable de son prédécesseur à l’Eglise et à l’humanité tout entière lors de son homélie. Il est vrai aussi que ce choix tranchait avec la chaleur du dernier adieu rendu à Jean-Paul II par Joseph Ratzinger, dix-sept ans plus tôt, sur cette même place Saint Pierre. Mais le recueillement était à son image : silencieux, tout en délicate retenue. Effacé, Benoît XVI l’a été jusqu’à la dernière seconde.
À l’heure de la renonciation, le défunt pape avait poursuivi devant les fidèles :
« je voudrais encore, avec mon cœur, mon amour, ma prière, ma réflexion, toutes mes forces intérieures, travailler pour le bien commun et le bien de l’Eglise et de l’humanité. »
C’est exactement ce qu’il n’a cessé de faire, apportant pendant les huit dernières années de sa vie une humble contribution à la vie de l’Église.
Certains ont été peinés de cette si grande discrétion autour de sa mort, de la volonté assumée par le Vatican de traiter a minima le décès du pape émérite, de l’évidente antithèse entre un François si détaché de son prédécesseur et un Ratzinger élogieux sur le sien. Nombre de fidèles ont ressenti une gêne devant la sobriété choisie : la liturgie est un symbole… Cette tristesse est surtout révélatrice d’une gêne plus profonde. Benoît XVI a été un pape particulièrement attaqué pendant tout son pontificat, à l’extérieur mais surtout à l’intérieur de l’Église. Mais depuis son renoncement, l’hostilité à son égard persistait. Tout le monde se souvient du texte tronqué de Benoît XVI publié par le Vatican à l’occasion de la sortie d’un livre de théologiens, dont certains furent particulièrement hostiles à l’ancien pape ; beaucoup ont en tête le texte de Benoît XVI sur le célibat des prêtres alors que la question semblait posée lors d’un Synode récent qui avait généré des commentaires particulièrement peu amènes ; plus récemment encore, nombre de fidèles ont lu les propos du secrétaire particulier de Ratzinger, Monseigneur Ganswein, rapportant que Benoît XVI avait eu le cœur « brisé » en découvrant le Motu proprio de François souhaitant la fin de l’ancienne messe à laquelle il avait fait une place… C’est sans doute cette gêne-là qui a alimenté la peine de ces fidèles interloqués le jour de l’enterrement.
Un malaise devant les différences palpables de vues entre un pape et son successeur, une gêne à imaginer l’inimitié qui règne parfois dans les couloirs du Vatican, une angoisse devant les ferments de la division que cherche tant le Prince de ce Monde.
Benoît XVI avait choisi le silence de la prière lorsqu’il était attaqué ou contesté, et la précision de l’écrit pour être collaborateur de la Vérité. Nombre de fidèles étaient rassurés de sa présence dans les jardins du Vatican. La fin de cette période inédite de cohabitation papale plonge à nouveau les fidèles dans une ère nouvelle. Dans son testament spirituel rédigé alors qu’il était encore pape, Benoît XVI semblait déjà leur répondre :
« Restez fermes dans la foi ! Ne vous laissez pas troubler ! »
Le cinéma français face à l’Histoire de France
Réalisé par Le Puy du Fou, Vaincre ou mourir raconte l’épopée de Charrette et sort sur les écrans à la fin du mois de janvier. Nicolas de Villiers est interrogé dans L’Incorrect. Extrait :

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Benoît XVI, coopérateur de la vérité
Extrait d’une tribune du cardinal Müller dans L’Homme Nouveau :
[…] L’interprétation correcte de l’enseignement du Concile contre l’appel falsifié à un soi-disant esprit du Concile était alors aussi le mandat principal de son travail en tant que préfet de la Doctrine de la foi. Il s’agit des déclarations sur la sacramentalité du sacerdoce par rapport à la vérité révélée que seul un homme baptisé peut recevoir validement le sacrement d’ordination (évêque, prêtre, diacre). La déclaration Dominus Jesus sur l’unicité du Christ Sauveur et de son Église comme unique sacrement du salut du monde, qui est pleinement et institutionnellement réalisée dans l’Église catholique (Lumen Gentium, 8), est également très importante.
Les deux textes sur la théologie de la libération en Amérique latine, produits à la suite de Gaudium et Spes, sont également d’un rang élevé dans l’histoire de la théologie. La tentative d’approfondissement christologique dans la doctrine sociale de l’Église y est affirmée. L’erreur de réconcilier le christianisme avec la philosophie marxiste est réfutée. Le communisme n’était pas seulement en pratique le plus grand crime contre l’humanité.
Mais c’est bien cette anthropologie athée qui a entraîné inévitablement la destruction de l’être humain, tout comme le transhumanisme est aujourd’hui un déni dévastateur de l’image de Dieu et de la dignité personnelle de l’être humain. Comme le communisme et le fascisme, ses racines sont profondément athées. Dans la lutte contre le relativisme agnostique, Joseph Ratzinger, en tant que préfet de la Doctrine de la foi jusqu’à son pontificat, a toujours souligné que l’antithèse de la vérité est le mensonge.
Il ne faut pas se laisser berner par la promesse que le renoncement à l’affirmation de la vérité de Jésus-Christ conduit à la tolérance de la diversité des vérités subjectives, alors qu’il conduit plutôt à la dictature du relativisme. Nous le voyons dans le règne brutal de la débauche dominante du monde occidental et dans le contrôle absolu inhumain de la pensée et du comportement dans les dictatures asiatiques. Pour nous, la parole du Christ, seul Sauveur du monde, est : « Ainsi, vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean 8, 32). […]
Bilan 2022 : Plus de 100 prêtres et religieuses enlevés, arrêtés ou tués
Au moins 12 prêtres et cinq religieuses ont été assassinés en 2022 alors qu’ils remplissaient leur mission. Le Nigeria est l’un des pays les plus dangereux pour servir l’Eglise, mais la Chine, en Asie, et le Nicaragua, en Amérique latine, ont également connu de nombreux cas de harcèlement.
Deux prêtres enlevés en 2019, le Père Joel Yougbaré, du Burkina Faso, et le Père John Shekwolo, du Nigeria, sont toujours introuvables, ce qui porte à cinq le nombre total de prêtres disparus.
Les cinq religieuses assassinées en 2022 dans l’exercice de leur mission sont Sœur Luisa Dell’Orto, en Haïti, en juin ; Sœurs Mary Daniel Abut et Regina Roba, au Sud-Soudan, en août ; Sœur Mari de Coppi, au Mozambique, en septembre ; et Sœur Marie-Sylvie Vakatsuraki, tuée en octobre, en République démocratique du Congo.
Au cours de la même année, 42 prêtres au total ont été enlevés dans différents pays, dont 36 ont été libérés. Trois des prêtres enlevés au Nigeria ont été assassinés. Au Mali, on ignore toujours où se trouve le missionnaire allemand, le Père Hans-Joachim Lohre enlevé en novembre.
Le Nigeria est le pays où il y a eu le plus d’enlèvements, avec un total de 28 en 2022. Trois d’entre eux ont été enlevés en décembre, mais le pire mois a été juillet, avec sept enlèvements. Le Cameroun suit, avec six enlèvements, dont cinq ont eu lieu au même moment, en septembre, et ont été libérés cinq semaines plus tard.
Haïti est devenu l’un des endroits les plus violents d’Amérique centrale. Cinq prêtres ont été enlevés par des bandits et des gangs au cours de l’année, mais tous ont été libérés depuis.
L’Ethiopie, les Philippines et le Mali ont eu chacun un prêtre enlevé, tous libérés, à l’exception du père Hans-Joachim Lohre au Mali.
Le Nigeria compte également la grande majorité des religieuses enlevées en 2022, soit sept. Une religieuse a été enlevée au Burkina Faso, et une autre au Cameroun, ainsi que les cinq prêtres mentionnés ci-dessus. Heureusement, toutes ces religieuses ont ensuite été libérées par leurs ravisseurs.
Enfin, au moins 32 ecclésiastiques ont été détenus, dans des actes qui s’apparentent à l’intimidation.
Les cas les plus récents concernent quatre prêtres de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne travaillant dans l’Ukraine occupée par la Russie et qui ont été arrêtés dans le cadre de leurs activités pastorales. Deux d’entre eux ont depuis été libérés et « expulsés » vers le territoire ukrainien, mais deux autres restent en détention et pourraient être accusés de terrorisme.
Au Nicaragua, 11 membres du clergé ont été arrêtés ou détenus au cours du conflit qui oppose le gouvernement à l’Eglise catholique. Parmi eux figurent au moins deux séminaristes, un diacre, un évêque et sept prêtres. On signale également des prêtres à qui l’on a interdit de quitter leur paroisse, et au moins 10 ecclésiastiques que le gouvernement a empêchés de rentrer dans le pays.
Un autre cas récent concerne l’emprisonnement d’un évêque et de deux prêtres en Erythrée. Deux mois se sont écoulés depuis leur disparition, sans explications de la part des autorités.
Il est presque impossible de connaître le nombre de prêtres et d’évêques catholiques détenus en Chine en 2022. Selon les informations recueillies par l’AED, les autorités enlèvent à plusieurs reprises des clercs de l’église clandestine pendant un certain temps pour les forcer à rejoindre l’église approuvée par l’Etat. Un exemple est la disparition d’au moins 10 prêtres, tous appartenant à la communauté clandestine de Baoding (Hebei), entre janvier et mai 2022.
Outre ces cas, un prêtre a été arrêté au Myanmar lors de manifestations contre le régime, et plusieurs religieuses et deux diacres ont été arrêtés en Ethiopie lors du conflit du Tigré fin 2021, mais libérés en 2022.
La Cité de l’Histoire ouvre ses portes le 17 janvier
Venez vous immerger au coeur des plus grandes sagas de l’aventure humaine grâce à La Cité de l’Histoire à Paris La Défense.
Cette année, découvrez 3 expériences inédites pour voyager dans le temps grâce à des spectacles et animations technologiques ultra-immersives, petits et grands revivent les grands évènements du passé, rencontrent les figures emblématiques de l’histoire de France.
Trois attractions, un espace entièrement dédié à l’Histoire, le tout imaginé par Franck Ferrand, mis en scène par Thierry Rétif et produit par Amaclio Productions.
Bénéficiez du tarif de lancement à partir de 18,99 € !
La Cité de l’Histoire se situe sous la Grande Arche, 1 parvis de la Défense 92 400 Puteaux
15000€ le bébé
Une jeune femme et son conjoint ont, à deux reprises, vendu leurs bébés à un autre couple via un forum internet.
Ne pouvant avoir d’enfant, ni adopter du fait de sa maladie, une femme a contacté sur un forum internet M., jeune femme de 28 ans, qui a accepté de concevoir et de « porter » l’enfant, puis d’accoucher sous son nom. « Il suffit que je présente votre carte Vitale à l’accueil » lui avait-elle dit. Le 31 mars 2017, M., munie de la carte vitale de l’acheteuse, se rend à la maternité de Grasse pour des « douleurs abdominales liées à sa grossesse ». Une analyse sanguine révèle que le sang de la femme enceinte ne correspond pas à celui de la propriétaire de la carte vitale, atteinte de mucoviscidose et identifiée dans le système de santé. La police est alors appelée. La « mère porteuse », M., prétend être enceinte de son amant, le conjoint de l’acheteuse, qui a, par anticipation, reconnu l’enfant.
Peu de temps après, le 20 avril 2017, M. se présente à l’hôpital de Fourmies, dans le Nord, pour accoucher sous X. Le service se rend compte que l’identité de cette femme est la même que celle de la parturiente qui s’était présentée pour accoucher à Grasse fin mars. Une « gestation par autrui » étant suspectée, le procureur est alerté. M. prétend, cette fois, que l’enfant est son fils et celui de son conjoint. Ils disent vouloir le garder. Début mai, l’acheteuse finit par avouer la vérité aux policiers.
Un travailleur social, qui suit la famille de M., se souvient, de son coté, qu’un an avant la jeune femme avait déjà été enceinte. Tout en prétextant une fausse couche, elle lui avait confié qu’elle avait accouché au profit « d’une amie ». Le concubin avoue à son tour la vérité : ils ont donné naissance en 2016 à une petite fille qui a été « vendue » pour 15 000 € à une femme stérile. Cette fois-ci, la présentation de la carte vitale avait permis à la transaction d’aboutir. L’argent a notamment servi à acheter une voiture, mais aussi une console de jeux et du cannabis.
Une enquête a été ouverte par le juge d’instruction de Laon. Les deux enfants ont été placés, et six personnes ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel. Le « père biologique » et la « mère porteuse » sont poursuivis pour dissimulation d’enfant, les deux couples de « parents d’intention » pour simulation d’enfant et provocation à l’abandon. Le procès devrait avoir lieu fin 2023.
La CEDH valide l’expulsion d’un djihadiste
De Nicolas Bauer, membre de l’ECLJ :
En 2020, l’ECLJ était intervenu dans deux affaires d’expulsion de djihadistes vers leurs pays d’origine, en tant que tierce-partie à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). En février 2022, la première affaire Johansen c. Danemark a été tranchée. La CEDH a validé la privation de nationalité danoise et l’expulsion vers la Tunisie de M. Johansen, revenant de Daech.
Le 15 décembre 2022, la CEDH a annoncé avoir rendu sa décision dans la deuxième affaire : Isam Al-Bayati c. Allemagne. Les juges européens ont validé l’expulsion de M. Al-Bayati vers l’Irak. C’est encore une victoire pour l’ECLJ et pour l’Europe.
Un djihadiste irakien expulsé quinze ans après sa condamnation pénale
M. Al-Bayati, citoyen irakien, a fait l’objet de plusieurs condamnations liées à des activités relevant du terrorisme, en particulier : collectes de fonds, transferts d’argent en Irak, détention d’une arme et possession de cassettes audios appelant au djihad armé. Dans les réseaux terroristes irakiens, il est connu comme le « banquier ». Sa dernière condamnation pénale date de 2006 et la décision d’expulsion de 2009.
Il a alors saisi un tribunal administratif, entraînant plusieurs années de contentieux. Son ultime recours interne, devant le Tribunal constitutionnel fédéral de Karlsruhe, a été déclaré irrecevable en 2018. En mars 2019, c’est à la CEDH qu’il dépose une requête. Ce recours n’étant pas suspensif, l’Allemagne l’a expulsé vers l’Irak en octobre 2021, avec une interdiction de retour pour quinze ans.
La sécurité nationale prime les droits individuels d’Isam Al-Bayati
Le djihadiste avait invoqué, contre son expulsion, l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Marié et père de deux filles, il considérait que cette décision d’expulsion violait son droit à la vie privée et familiale. La décision de la CEDH, publiée le 15 décembre 2022, déclare irrecevable la requête d’Isam Al-Bayati, pour défaut manifeste de fondement.
Les juges européens ont considéré qu’il était légitime de faire primer la sécurité nationale, menacée par les activités terroristes, sur les droits individuels de M. Al-Bayati. La CEDH a également rappelé que les juridictions allemandes, examinant le recours du djihadiste, avait exploré avec lui les possibilités qu’il avait pour poursuivre sa vie de famille en Irak ou dans d’autres pays.
Cette décision de la CEDH soutient l’Allemagne dans l’exercice des fonctions fondamentales de tout État européen : garantir la sécurité et protéger la nation. La possibilité pour un État d’expulser des étrangers constitue un moyen nécessaire pour lui permettre de remplir ces fonctions, a fortiori lorsque ces étrangers ont participé à des activités islamistes et terroristes.
Pour aller plus loin, lire nos observations dans l’affaire Al-Bayati c. Allemagne (n° 12538/19)
Gaspard Proust serait-il devenu l’humoriste officiel de la droite ?
Eugénie Bastié dresse son portrait dans Le Figaro Magazine. Extrait :
[…] Gaspard Proust serait-il devenu l’humoriste officiel de la droite? L’esprit Canal est mort, les nouveaux curés sont progressistes, qu’ils prédisent l’Apocalypse climatique ou conspuent la «concupiscence» des mâles, ce qui a laissé le champ libre au persiflage sur un esprit de sérieux passé à gauche.
«C’est même chiant car c’est trop évident , dit Proust. Moi-même je me lasse. On parle du wokisme tous les jours. Sandrine Rousseau, c’est une Nadine Morano de gauche. Il y a un côté ambulance… parfois j’ai des scrupules. En même temps… je me dis que je ne peux pas laisser passer ça (il soupire) . Je ne sais pas ce qu’ils prennent, ils ne sont jamais fatigués. Ils n’ont jamais honte.»
Serait-il un «anar de droite?» Il n’aime pas l’expression.
«Ça veut souvent dire mec de droite aimé par la gauche. Au fond, je suis un individualiste. C’est le mot liberté qui m’intéresse. J’ai vécu dans un pays de l’Est où l’on nous vendait l’Occident comme une terre où certaines choses, comme la liberté de penser et le droit de propriété, ne seraient jamais remises en question. Quand je vois le pli que ça prend parfois en France, je me dis qu’il y a vingt ans je ne l’aurais pas cru.»
Il se dit pour une liberté d’expression «absolue» :
«On ne peut pas faire la police des cerveaux et des âmes.»
Une vocation d’écrivain
Mais au fond, Proust est-il vraiment un comique? […] «C’est un intellectuel drôle plus qu’un humoriste, dit de lui Geoffroy Lejeune, directeur de Valeurs Actuelles . Chez la plupart des humoristes, le rire est une fin en soi ; chez lui, c’est un moyen pour faire réfléchir à autre chose.» Sa véritable vocation ne serait-elle pas celle d’écrivain?
«J’ai du mal à l’admettre, mais c’est ce que je désire le plus , nous confie-t-il. Mon rêve ça a toujours été la plume. Si j’arrivais à ne vivre que de l’écrit j’aurais réalisé toute mon ambition.»
Gaspard Proust possède plusieurs tiroirs. Derrière la façade d’humoriste, il y a l’écrivain. Et puis au-dessus des livres, il y a la musique classique, une véritable passion. Et puis, au-dessus de la musique il y a… Quand on lui demande quelles sont ses attaches, ses racines profondes, il hésite. «Je vais très peu en Slovénie. C’est le pays de ma langue natale. Je suis très attaché à la Suisse. Mais comment dire… tout ça reste très terrestre.» Il sourit et lève les yeux au ciel.
«Le vrai attachement est là-haut, le reste n’est qu’une étape. Mon projet, au fond, il est là.»
On remarque sur sa poitrine une médaille miraculeuse de la rue du Bac (Paris, 7e), qu’il tripote machinalement. Ce sont des sœurs qui la lui ont offert, un jour qu’il traînait près du Bon Marché.
«Je l’ai rangée dans ma moto, mais j’y pensais assez souvent, un peu comme Bilbo le Hobbit avec l’anneau, tu vois.»
Un jour, il l’a mise autour du cou. C’est peut-être le tiroir le plus secret de Gaspard Proust. Par pudeur, il ne veut pas trop en parler, mais lors d’une messe clandestine, en plein confinement, alors même que l’Église officielle avait décrété la fermeture du culte, il s’est laissé toucher par le Mystère. Depuis, il a saint Augustin sur sa table de chevet. Il laisse parfois entrevoir dans quelques-unes de ses chroniques, cette nouvelle vérité qui le travaille. […]
«Peut-être sais-je mieux que personne pourquoi l’homme est le seul être qui sache rire ; lui seul souffre assez profondément pour avoir été contraint d’inventer le rire. Le plus malheureux, le plus mélancolique de tous les animaux est, comme de juste, le plus gai.»
Quand Mireille Mathieu chantait l’avortement
La chanson « L’anniversaire » de Mireille Mathieu date de 1976 et évoque un avortement, et la femme qui y repense à la date anniversaire.
Cette chanson rejoint une réalité : quand une femme a avorté, cela fait partie de son dossier médical lors d’une grossesse. Or, les sage-femmes constatent très souvent que les femmes connaissent précisément la date de l’avortement. Avec quelquefois des témoignages poignants.
« Ma famille m’a forcée à avorter. Quelque fois, je regarde l’image de l’échographie, et je pense à ce premier enfant. »
Souviens-toi il pleuvait sur ce train d’Amsterdam
Qui allait m’emporter voyageur sans bagage
Tu as lâché ma main et j’ai retenu mes larmes
Le chagrin m’attendait à la fin du voyage
Je revis cet instant dans la ville étrangère
La rue et l’escalier et cette femme en blanc
La porte s’est fermée et j’étais seule sur la Terre
Je ne peux pas oublier c’était il y a un an
Non non l’enfant non
Il n’a pas eu de prénom
Doux doux l’enfant doux
Il n’a pas eu de joujoux
Non non l’enfant non
Il n’a pas eu de prénom
Beau beau l’enfant beau
Il n’a pas eu de berceau
Depuis ce rendez-vous dans la ville étrangère
Mon cœur est une fleur transpercée par un clou
Chaque jour désormais semble un anniversaire
Et le train d’Amsterdam vient déchirer mes nuits
Je rêve à cet enfant et j’ai froid et j’ai honte
Je rêve à cet enfant dont je n’ai pas voulu
Si je ferme les yeux j’entends comme une ronde
C’était il y a un an je ne l’oublierai plus
Blond blond l’enfant blond
Il n’a pas eu de saisons
Adieu l’enfant Dieu
Il n’a pas eu de ciel bleu
Blond blond l’enfant blond
Il n’a pas eu de saisons
Dors dors l’enfant dors
Son berceau c’est mon remord
