La cour d’appel de Toulouse autorise un homme à être reconnu comme la mère de son enfant
Le 9 février, la cour d’appel de Toulouse a reconnu le droit pour un homme qui se prend pour une femme, ayant conçu naturellement un enfant avec sa femme, d’être désignée comme mère dans l’acte de naissance de l’enfant.
Ce couple avait donné naissance à plusieurs enfants. Le dernier a été conçu alors que son géniteur avait (dans son tête et à l’état-civil) changé de sexe, tout en conservant son appareil reproductif masculin. La petite fille est née après le changement d’état civil du mari devenu femme. L’officier de l’état civil avait alors refusé de transcrire sur l’acte de naissance de l’enfant, la reconnaissance de maternité demandée par le père. Seule la mère figurait sur l’état civil de l’enfant. Le couple, soutenu par le lobby LGBT, a saisi la justice, la cour d’appel de Montpellier avait en 2018 ordonné la mention de la mère transgenre sur l’acte de naissance de l’enfant comme « parent biologique ». Mais en 2020, la Cour de cassation a renvoyé l’affaire devant la cour d’appel de Toulouse.
La cour d’appel a considéré que deux filiations maternelles pouvaient être établies.
La Cour qui a pris cette décision ubuesque :

Ludovine de La Rochère a critiqué dans une tribune cet acte de déconstruction anthropologique, contraire à l’intérêt de l’enfant.
En vérité, l’identité sexuelle, la différence des sexes et des générations, les liens familiaux impactent puissamment le psychisme et la construction de la personne et ce, dès le plus jeune âge. C’est même le lot de l’humanité. Pourtant, à cause de ces politiques prétendument favorables au «progrès», l’état civil lui-même fait désormais fi de la réalité humaine. Une régression sans précédent.
Quelle crédibilité peut-on encore accorder aux actes juridiques produits par l’État ? Demain, si cette «mère» souhaite à nouveau «changer» de sexe parce que c’est son «ressenti», sera-t-elle inscrite de nouveau comme homme à l’état civil et comme père sur l’acte de naissance de l’enfant ?
De telles lois, dont résultent des jugements, mais aussi des décrets et circulaires par centaines, rendent confuses l’identité et la filiation des personnes, pour elles-mêmes et pour les autres. Elles vont à l’encontre de la stabilité des repères qui permet de se connaître, d’identifier ses possibilités et ses limites, de faire au mieux avec ce que l’on est. Elles rendent aussi plus difficiles la connaissance et la compréhension de l’autre, ce qui est contraire à la fluidité des relations interpersonnelles, au bon fonctionnement de la société. En prenant un peu de hauteur, il apparaît que la loi et la justice ne sont pas là pour régler des cas particuliers avec des conséquences qui dépassent le cadre individuel et engagent sur la voie d’une déconstruction anthropologique particulièrement violente pour les enfants.
Mais au fond, se préoccupe-t-on vraiment des enfants et des générations à venir ? À chacun d’y réfléchir en conscience…
Le dernier débat de la législature sur le Covid avec une Mathilde Panot (LFI) en grande forme
Après deux ans de covid, l’Assemblée nationale, le 24 février, a connu ce qui aura sans doute été le dernier débat relatif à l’évolution de la situation sanitaire. L’occasion d’un long discours satisfait d’un M. Véran égal à lui-même c’est-à-dire menteur et méprisant. L’occasion pour nous de retenir quelques dernières bribes échangées à propos de ces deux années de folie (au sens strict) que le gouvernement aura organisée au détour d’une pandémie qui n’aura affecté que faiblement la mortalité générale des années 2020 et 2021 (on ne rappellera jamais assez qu’il y a environ 650 000 décès par an en France, de quoi alimenter toutes les litanies salomonesques matin, midi et soir).
Quelques points généraux sont frappants dans les échanges lors de ce débat :
- Absence quasi-totale de remise en question du principe même de la situation de discrimination des citoyens français,fondée sur un état sanitaire (le passe vaccinal comme ausweiss) et alors même que les citoyens discriminés n’ont enfreint aucune obligation légale (il n’y a pas d’obligation vaccinale Covid légale). C’est simplement incroyable.
- L’absence, comme depuis le début, de référence aux médecins généralistes (le terme « généraliste» n’est jamais cité ; l’expression « médecin(e) de ville » n’est citée que quatre fois, dont l’impayable mensonge de M.Véran : « L’hôpital et la médecine de ville ont travaillé main dans la main, le public et le privé se sont parlé ».
- L’absence concomitante de référence à des traitements : quand ce mot «traitement » est évoqué (6 fois ; le mot « vaccin » lui, est évoqué 140 fois !), c’est juste pour souligner qu’il n’y en avait pas et qu’il faudra en développer.
- De même, quand le mot «soin » est utilisé, ce n’est jamais pour évoquer des « soins précoces » mais toujours pour être utilisé dans l’expression « soins critiques » ; illustrant l’hospitalo-centrisme choisi et appliqué depuis le début, où l’art de concentrer la pression la plus forte sur le maillon le plus faible (et encore affaibli pendant ces deux années) !
- Beaucoup d’intervenants, et Monsieur le ministre le premier, se flattent d’avoir beaucoup appris et d’avoir acquis une expérience précieuse (M.Véran : « Une autre priorité consistera à préserver la plus-value que représente l’expérience acquise par celles et ceux qui auront lutté contre ce virus depuis deux ans. Il s’agira de ne pas perdre le savoir-faire acquis. C’est ce qu’on appelle le retour d’expérience, le « retex » : si jamais une nouvelle crise devait survenir, il nous faudra pouvoir faire preuve de réactivité »). Mais pourquoi les croire alors même qu’ils ont superbement ignoré des travaux déjà existants, comme par exemple le rapport de la commission d’enquête sénatoriale du 10 février 2010 « sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le Gouvernement de la grippe A (H1N1)» et dans laquelle, par exemple, figure à la page 84 la proposition n’°11 :
Ce qui donne ainsi quelque saveur à la naïveté de M. Olivier Becht (Groupe Agir ensemble, majorité macronienne) quand il affirme : « Une chose est certaine, rien ne nous préparait à affronter une telle épidémie au niveau mondial ».
- Pour terminer, l’incroyable soumission générale aux injonctions sanitaires comme illustré par ces deux extraits suivants. Julien Borowczyk (LaRem) :
« Finalement, après s’être totalement approprié le concept du passe, les Français ont répondu à l’appel du Président de la République en anticipant leurs doses de rappel avant même l’instauration du passe vaccinal».
Et M. Philippe Vigier (MODEM et apparentés, ajorité macronienne) :
« J’ai vu, en tant que professionnel de santé, combien nos concitoyens étaient demandeurs du passe sanitaire et du passe vaccinal.J’ai vu des jeunes de seize ou dix-sept ans m’expliquer qu’ils se faisaient vacciner pour aller au cinéma avec leurs copains ou pour pratiquer différentes activités. Nous avons permis une liberté vaccinale dès l’âge de seize ans – une nouvelle liberté accordée aux jeunes » !
L’illustration parfaite des amateurs au pouvoir : même les amateurs sont dangereux.
Dans ce débat, ce qui aura peut-être été le plus relevé sur le plan médiatique a été un échange vif entre Mme Martine Wonner et M.Véran.
Dans la discussion, Mme Wonner :
« Vous êtes ici devant la représentation nationale pour affirmer une fois de plus que votre gouvernement a su gérer depuis deux ans pour le bien des Français. Mais qui peut encore croire vos démonstrations itératives ridicules ? Les résultats sont là : souffrance psychique et mal-être des citoyens, précipités pour une grande partie d’entre eux dans une précarité inédite ; destruction massive du système de santé, inégalité d’accès aux soins, disparition programmée de la sécurité sociale ; désastre économique et dette abyssale, au nom d’un « quoi qu’il en coûte » instauré pour maîtriser la révolte sociale. Prétextant le bien, vous avez confiné sans soigner ; prétextant le bien, vous avez déconfiné sans soigner ; prétextant le bien, vous continuez à humilier toute une partie des citoyens en les privant de leur métier, de leur revenu, en les désignant comme coupables d’une fracture sociétale que vous avez vous-même provoquée et qui vous échappe désormais totalement. Le peuple a des doutes quant à la transparence des contrats signés par la Commission européenne avec l’industrie pharmaceutique. Vous avez laissé faire ; le secret défense couvre tout. Mais aujourd’hui, vous ne pouvez plus cacher les conséquences délétères de la politique vaccinale, tant les données portant sur les effets secondaires graves explosent : fausses couches, myocardites, péricardites, maladies auto-immunes, syndrome de Guillain-Barré, cancers multiples, maladie de Creutzfeldt-Jakob, sida,… sans parler des décès, tous les âges étant concernés, même les enfants. Du jamais vu depuis Pasteur ! »
M.Véran, reprend la parole à la fin des interventions de chaque groupe parlementaire :
« Les procès outranciers sur la rupture de l’État de droit et sur l’inconstitutionnalité et les délires complotistes sur le vaccin qui donnerait le sida ou la maladie de Creutzfeldt-Jakob n’ont pas leur place dans l’hémicycle… Le vaccin n’a jamais donné et ne donnera jamais le sida ou la maladie de Creutzfeldt-Jakob ! Chacun ici est couvert, et c’est tout à fait normal, par ce que l’on appelle l’immunité parlementaire et peut s’exprimer librement en sachant que ses propos ne pourront être mis en cause devant la justice. Toutefois, les mandats s’arrêtent un jour et celles et ceux qui continueront de tenir certains propos seront susceptibles de devoir en rendre compte devant la justice. Je le dis pour Mme Wonner ».
Et Mme Wonner reprend la parole dans le cadre de la procédure pour « fait personnel » :
« J’ai été mise en cause personnellement par le ministre. Il m’a insultée et menacée, en prétendant que mon mandat s’arrêterait et que je pourrais me retrouver devant la justice. Dois-je lui rappeler que la première mission des parlementaires est d’évaluer et de contrôler l’action du Gouvernement ? Malheureusement, je suis ici la seule à dénoncer depuis deux ans la manière dont le Gouvernement fait fausse route. Les pathologies provoquées par la vaccination, ce n’est pas moi qui les invente. Les données sont disponibles sur le site français de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ou sur le site américain que vous sembliez ne pas connaître la dernière fois que je l’ai cité ici, monsieur le ministre – je veux parler du VAERS – Vaccine Adverse Event Reporting System ».
Mais la grande et amusante surprise aura été le récapitulatif de gestion de crise asséné par la Présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, en grande forme. LFI aura, dans tous ces débats consacrés à la gestion de la situation sanitaire, souvent été pertinent. Voilà les rappels (un peu longs mais néanmoins utiles) de Mme Panot :
« Une précision pour ceux qui nous écoutent et ne seraient pas habitués : le mot « débattre » prend un sens tout particulier en Macronie. À vrai dire, la République en marche a du mal avec les nuances. Pour elle, un débat en présence de ministres est un concert de louanges, l’hémicycle, une salle de spectacle devant un public conquis. Un discours devient une apologie, une prise de parole un concours de flagornerie et cette tribune un lieu obligé de génuflexion. Si vous voyez des députés applaudir lorsqu’un ministre a une quinte de toux, dresse ses sourcils ou s’approche du micro sans avoir prononcé un mot, n’ayez pas peur, c’est normal.
Olivier Véran, ministre. : Quel mépris pour la représentation nationale, quel mépris pour vos collègues !
Mme Mathilde Panot. : Quand il s’agit d’un débat, a fortiori en matière sanitaire, la même mécanique se met en place. D’abord, un député du groupe La République en marche s’exclame : « Je salue M. le ministre pour son courage. » Un autre enchaîne : « Je pense que nous avons fait ce qu’il fallait pour préserver l’emploi et la santé de nos concitoyens. »
Olivier Véran, ministre. : Mais quel mépris pour les députés !
Mme Mathilde Panot. : Un troisième renchérit : « Grâce à votre action, le taux d’incidence du coronavirus a baissé. ». Et quand vient notre tour et que nous pointons les failles sérieuses de votre politique sanitaire, il nous est rétorqué que nous n’avons pas de propositions, que nous sommes hostiles à la science, que nous détruisons la démocratie et surtout – l’argument ultime, votre préféré, monsieur le ministre – que nous serions favorables à la mort par covid. Et ceci avec une constance qui force l’admiration, collègues, tant il n’est pas un centimètre des chaussures des ministres que vous n’ayez minutieusement ciré. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
Reprenons depuis le début et commençons par l’année 2020.
- 24 janvier : Agnès Buzyn nous assure que les risques de propagation du coronavirus depuis Wuhan sont très faibles.
- 1er février : dans le doute, vous lancez un numéro vert.
- 29 février : vous détournez un Conseil de défense sanitaire pour avaliser l’application de l’article 49, alinéa 3 de la Constitution à la réforme des retraites.
- 6 mars : Emmanuel Macron se rend au théâtre et déclare : « La vie continue, il n’y a aucune raison de modifier nos habitudes de sortie. »
- 16 mars : Jupiter a tonné : six fois, au cours d’une allocution, il déclare que « nous sommes en guerre » et décide d’un confinement généralisé dès le lendemain.
- Au mois de mars, toujours, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dit qu’il faut « tester, tester, tester ». Vous, vous faites passer un projet de loi en urgence pour saccager le code du travail, revenir sur la limite maximale des 48 heures hebdomadaires de travail et modifier le droit aux congés payés.
- En mars encore, pénurie de masques. Mais ce n’est pas grave, car Sibeth Ndiaye nous dit qu’ils sont inutiles si on n’est pas malade, et vous déclarez, monsieur le ministre, que la plupart des soignants contractent le virus en dehors de l’hôpital. Les « premiers de corvée » travaillent non protégés et les « essentiels » de la nation sont les plus mal payés.
- Avril : pénurie de surblouses, pénurie de médicaments dans les hôpitaux. M. Le Drian nous dit que 2 milliards de masques ont été commandés à la Chine et qu’ils arriveront en juin. À ce stade, 0,5 % de la population est testée. Pas grave, car Emmanuel Macron nous dit que tester l’ensemble de la population n’aurait aucun sens.
- 11 mai : déconfinement. La France n’est toujours pas capable de communiquer le nombre exact de tests réalisés sur son territoire. En ce qui concerne la pénurie de masques, Emmanuel Macron répond : « Nous n’avons jamais été en rupture. »
- 18 mai : soixante-dix écoles sont fermées et il n’y a toujours pas de purificateurs d’air dans les classes.
- 3 juillet : le déconfinement est un tel succès que « M. Déconfinement » est promu au rang de Premier ministre.
- 25 septembre : les enseignants ne sont pas considérés comme des cas contacts.
- En octobre, Emmanuel Macron, en visite dans un hôpital, nous dit que la saturation des hôpitaux « n’est pas une question de moyens, mais une question d’organisation ».
- 16 octobre : Jupiter a tonné : couvre-feu ! Toujours pas de recrutement de soignants ni de nouveaux lits. La règle est la suivante : pas plus de six personnes chez soi. Sur votre lieu de travail ou dans le métro, en revanche, même à quarante, ça va.
- Novembre : le projet de loi de finances prévoit 800 millions d’euros d’économies pour l’hôpital public.
- Novembre 2020, toujours : Jean-Michel Blanquer juge inutile et même dangereuse l’installation de purificateurs d’air dans les salles de classe.
- Décembre : 5 700 lits sont supprimés dans les hôpitaux depuis le début de la pandémie.
Plus de 93 000 cancers ne sont pas diagnostiqués pour l’année.
J’en viens à l’année 2021.
- Janvier : grande pagaille. Seules 500 000 doses de vaccin sont reçues sur le million promis par le Premier ministre. De plus, deux tiers des congélateurs de stockage ne fonctionnent pas et les seringues ne sont pas conformes.
- 15 janvier : Jean-Michel Blanquer ment encore. Il parle de 0,03 % de contaminations d’élèves pour justifier l’absence de protocole sanitaire à l’école. Toujours pas de purificateurs d’air dans les classes.
- 22 janvier : vous annoncez au vingt heures, monsieur le ministre, viser 30 millions de vaccinés pour la fin mai. Dans l’après-midi, au Sénat, vous parliez plutôt de 15 millions de vaccinés d’ici à juin. La vaccination est ouverte à 7 millions de personnes, mais le pays n’a que 700 000 doses.
- Fin février, le taux de contamination au covid-19 en France est parmi les plus élevés d’Europe. Pas grave, puisque le Président finira épidémiologiste et qu’il briguera l’agrégation d’immunologie.
- Mars : vous avez fait appel à sept cabinets de conseil privés, en tout, pour la modique somme de 25 millions d’euros. En Île-de-France, 40 % des interventions hospitalières autres que pour cause de covid-19 ont dû être déprogrammées. Les enseignants devront payer le reste à charge de leurs tests salivaires. Toujours pas d’obligation de télétravail du côté des entreprises.
- 26 mars : on approche des 100 000 morts. Emmanuel Macron déclare : « Je n’ai aucun mea culpa à faire, aucun remords, aucun constat d’échec. » Comme d’habitude, Jean-Michel Blanquer ment sur le nombre de tests réalisés dans les écoles primaires.
- Avril : les autotests ne seront disponibles que dans un mois. Vous déclarez, monsieur le ministre, que « l’école n’est pas un foyer infectieux ». Les écoles seront finalement fermées le lendemain. La vaccination promise aux enseignants à partir de la mi ou de la fin avril est repoussée à la mi-juin.
- Fin avril, Jupiter a tonné : levée des restrictions, sans l’avis du Conseil scientifique. Vous maintenez le couvre-feu à dix-neuf heures jusqu’à nouvel ordre, sans aucune preuve de son efficacité.
- 29 avril : le Président de la République l’assure : « Le passe sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. »
- 30 avril : vos collègues députés au Parlement européen rejettent un amendement visant à lever les brevets sur les vaccins contre le covid.
- Juin : 17 millions de masques FFP2 défectueux distribués aux soignants ont été rappelés par votre ministère.
- Juste auparavant, le 31 mai, vous instaurez le passe sanitaire pour les grands rassemblements.
- Juillet : vous étendez le passe sanitaire « qui ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français » aux activités du quotidien. Plus de restaurant, de café, de sport, de culture, de cinéma, citoyens non vaccinés : pour vous, ce sera métro-boulot-dodo.
- 15 octobre : les soignants sans schéma vaccinal complet sont suspendus, ainsi que les pompiers.
Nous arrivons à l’année 2022.
- 1er janvier : Agnès Buzyn est décorée de la Légion d’honneur.
- 2 janvier : les enseignants prennent connaissance du nouveau protocole – qui a changé trois fois – la veille de la rentrée, dans un article payant, tandis que Jean-Michel Blanquer est à Ibiza (Exclamations sur les bancs des groupes LaREM et Dem) .
- 3 janvier : les soignants vaccinés et positifs au covid-19 doivent continuer à travailler, mais les soignants non vaccinés et négatifs en sont toujours empêchés.
Vous connaissez la suite.
- Janvier 2022 : « les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder ».
- 24 janvier : mise en place du passe vaccinal.
- 31 janvier : le CAC40 affiche des mégaprofits de 137 milliards d’euros et 70 milliards de dividendes, mais il y a 10 millions de pauvres, et les profiteurs de crise ne sont toujours pas taxés. Février : les accompagnants d’élèves en situation de handicap, payés 730 euros par mois, reçoivent leurs premiers masques de l’éducation nationale.
Voilà l’histoire de votre gestion de la crise sanitaire. Alors, collègues, gardez vos éloges pour vos foires. Ce que vous appelez abusivement « politique sanitaire » n’aura été qu’une interminable suite de couacs, de mensonges et de décisions hasardeuses. Que nous sortions collectivement la tête de l’eau n’efface pas la noyade. Pagaille avec les masques, bazar avec les tests, désordre dans la campagne de vaccination… vous n’avez rien anticipé et tout piloté à l’aveugle, vous qui avez clochardisé l’État depuis cinq ans, les mêmes qui s’en remettent à des Powerpoint de cabinets de conseil pour gérer notre malheur national.
Nous n’avions pas d’autre choix que d’assister à votre impréparation, puisque le Parlement a été piétiné : ce fut conseil de défense, JT de TF1, photocopie au Parlement et ordonnance ; puis, encore et toujours, conseil de défense, JT de TF1, photocopie au Parlement et ordonnance… Toutes nos propositions passaient à la trappe, la démocratie était devenue du temps perdu.
Pendant deux ans, monsieur le ministre, vous avez navigué à vue et entraîné la population dans votre naufrage. Il est urgent de vous mettre hors d’état de nuire, car en matière sanitaire – et pas seulement – la vérité est celle-ci : vous êtes un danger public. (Applaudissements sur les bancs du groupe FI. – Protestations sur quelques bancs du groupe LaREM.)
Pour terminer, un extrait de l’intervention de M. Pierre Dharréville (encore un député de gauche, PCF) qui résume assez bien l’atmosphère entretenue pendant ces deux années par le gouvernement :
« Le virus a agi comme un amplificateur de toutes les difficultés ; il a affecté toutes les dimensions de nos vies…. Cette épreuve nous a confrontés à la crise de sens que traverse notre société, où tout est trop marchandise, trop performance, trop loi du plus fort, trop loi de l’argent, trop fuite en avant.
… Plutôt que de convaincre, vous avez stigmatisé une partie de la population, contribuant à alimenter des fractures sociales et territoriales déjà bien présentes. Vous avez mobilisé un discours binaire et simpliste, piètre façon de combattre les thèses complotistes. Pour tenir vos objectifs sanitaires, vous avez créé des clivages, là où il fallait plutôt du rassemblement. L’argument du virus a même été utilisé au profit de la réforme des retraites ou de l’assurance chômage, à des fins politiques. Cet usage du contrôle, de la contrainte et de ce qui peut être vécu comme une forme de chantage et d’infantilisation fait appel à des dynamiques qui nous inquiètent pour les perspectives qu’elles tracent pour la société ».
Les amateurs se concentrent maintenant sur la situation en Ukraine. Vivement le 24 avril !
La Famille : parent pauvre de la présidentielle ?
Durant le quinquennat d’Emmanuel Macron, la famille a été la grande absente de la politique présidentielle. Un président sans enfants qui n’a pas l’intention d’innover davantage, si ce n’est en ravageant un peu plus les bases qu’il a déjà bien abattues durant son mandat. Quid des autres candidats ? Qui pour sauver et réinventer la Famille en France ?
A l’approche des élections, il était temps de faire un point dans « Les Femmes et les Enfants d’abord ! » sur les propositions des candidats à la présidentielle. Avec Christine Boutin, ancien ministre et député pro-famille, et François Billot de Lochner, président de « Libertés Politiques », respectivement sur la politique familiale et l’éducation !
Marion Maréchal devrait officialiser son soutien à Eric Zemmour dimanche
Plus de 7.000 personnes sont attendues à Toulon pour ce meeting d’Eric Zemmour, ce port où le journaliste avait commencé la tournée de promotion de son livre.
« C’est l’équivalent du ralliement de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron. Cela a beau être attendu, ça va avoir un effet de déflagration considérable », selon les équipes d’Éric Zemmour.
Malgré quatre ans de relative réserve médiatique, la fondatrice de l’ISSEP a conservé un capital politique quasiment intact. Populaire chez les électeurs LR et RN, elle vante le rassemblement des classes populaires et d’une partie de la bourgeoisie. Une union à droite pour l’emporter.
Le premier cercle de Marion Maréchal a très tôt rejoint Éric Zemmour : l’entrepreneur Gérault Verny, le co-fondateur de l’ISSEP et ancien conseiller régional RN Thibaud Monnier, désormais chargé du maillage territorial du mouvement Reconquête!. Les ex-RN Antoine Mellies et Agnès Marion, l’eurodéputé Nicolas Bay, devenu vice-président exécutif et porte-parole de sa campagne.
Plusieurs sources rapportent le souhait de Marion Maréchal de se voir attribuer quelque 80 investitures pour les législatives.
La guerre au Donbass
Dans l’émission L’Heure des Pros du 1er mars sur Cnews, Anne-Laure Bonnel explique ce qui se passe dans le Donbass :
Le Donbass, cette région à l’est de l’Ukraine, peuplée majoritairement de russophones, où les combats font rage depuis des années sans que l’Occident ne s’indigne :
Dans Le Figaro, Stéphane Courtois écrit :
Dans son discours de guerre du 21 février, Vladimir Poutine a fait une déclaration qui stupéfie l’historien:
«(…) l ’Ukraine contemporaine a été entièrement et complètement créée par la Russie, plus exactement par la Russie communiste, bolchevique. Ce processus a commencé presque immédiatement après la révolution de 1917, et Lénine et ses camarades ont agi de façon vraiment peu délicate avec la Russie: ils ont pris à celle-ci, lui ont arraché, une partie de ses territoires historiques. »
En situant ainsi la naissance de l’Ukraine, il «oublie» que celle-ci avait déjà une existence historique de plus de 1200 ans, quand fut créée la Rus – le premier État slave – dans ce vaste espace qui allait de la mer Baltique à la mer Noire, et compris entre le Dniepr et le Dniestr, avec pour capitale Kiev – alors que Saint-Pétersbourg et Moscou étaient encore dans les limbes. Elle ne fut rattachée de force à l’empire tsariste qu’à la fin du XVIIIe siècle et vit émerger au milieu du XIXe siècle, comme dans toute l’Europe de 1848 et son «printemps des peuples», un puissant mouvement nationaliste autour de sa langue, de sa littérature et de la mémoire des grandes révoltes cosaques contre toute oppression.
Or, évoquant 1917, le «professeur» Poutine «oublie» qu’il y eut deux révolutions en 1917: celle démocratique de Février et celle d’Octobre qui permit à Lénine, le 7 novembre, de créer le premier régime totalitaire de l’histoire. Or l’abdication de Nicolas II, le 15 mars, avait provoqué l’effondrement de l’empire tsariste, connu alors comme «la prison des peuples». Alors que les Russes ethniques ne constituaient que 44 % de sa population, toutes les nationalités s’émancipèrent: Polonais, Finlandais, Estoniens, Lettons, Lituaniens, Bessarabiens, Géorgiens, Arméniens, Azerbaïdjanais. Les Ukrainiens, eux, créèrent dès le 17 mars une Rada – une assemblée, présidée par Mykhaïlo Hrouchevski – qui le 23 juin proclama son autonomie par rapport au gouvernement central. Peu après fut créé un gouvernement autonome dirigé par Volodymyr Vynnytchenko.
Et Lénine ayant instauré, le 8 novembre, le Conseil des commissaires du peuple, la Rada proclama, le 3 décembre, la République populaire d’Ukraine. Lénine réagit avec rage et violence. Il savait que si l’Ukraine échappait à son pouvoir, il perdrait le grenier à blé de l’Europe et une puissante industrie charbonnière et métallurgique. Mais surtout, en marxiste radical, il savait que la puissance du sentiment national ukrainien ferait exploser le principe de la guerre des classes qui commandait toute son action. Il annonça la couleur dès le 5 décembre: «Nous sommes aujourd’hui témoins d’un mouvement national en Ukraine et nous disons: nous sommes partisans sans réserve de la liberté totale, illimitée du peuple ukrainien. (…) Mais nous tendons une main fraternelle aux ouvriers ukrainiens et nous leur dirons: avec vous, nous lutterons contre votre bourgeoisie et contre la nôtre.» Déjà Orwell!
Le 16 décembre, la Rada riposta par un manifeste donnant la terre aux paysans, la journée de huit heures aux ouvriers et l’amnistie politique pour tous. Lénine réagit dans la Pravda du 18 décembre par un «Manifeste au peuple ukrainien» accompagné d’un ultimatum. Après avoir rappelé, pour la galerie, le droit de toutes les nations «de se séparer de la Russie» , il attaquait frontalement dans une superbe «langue de bois»:
« Nous accusons la Rada d’Ukraine de mener, sous le couvert de phrases patriotiques, une politique bourgeoise de double jeu qui s’exprime depuis longtemps par le refus de reconnaître les Soviets et le pouvoir des Soviets en Ukraine (…). Ce double jeu, qui nous empêche de reconnaître la Rada en qualité de représentant plénipotentiaire des masses laborieuses et exploitées de la République d’Ukraine, l’a conduite ces derniers temps à prendre des mesures qui, en fait, suppriment toute possibilité d’entente .»
La conclusion était sans appel:
« Au cas où une réponse satisfaisante à (nos) questions ne serait pas reçue dans les 48 heures, le Conseil des commissaires du peuple considérera la Rada d’Ukraine en état de guerre déclarée contre le pouvoir des Soviets en Russie et en Ukraine. »
Le Sovnarkom s’ingérait grossièrement dans les affaires intérieures de l’Ukraine et accusait la Rada d’être responsable de la guerre qu’il lui déclarait! Un modèle de mensonges, de désinformation et de menaces qui connaîtrait une belle postérité totalitaire. En l’absence de réponse, Lénine fit proclamer à Kharkov, le 25 décembre, une République soviétique d’Ukraine qu’il reconnut à l’instant. Puis des groupes de gardes rouges s’emparèrent de Kiev le 8 février 1918. Ainsi, moins de six semaines après sa prise de pouvoir, le chef bolchevique avait déclaré sa première guerre à une nation dont, publiquement, il reconnaissait le droit à l’indépendance. Toujours Orwell!
Néanmoins, l’Ukraine participa en novembre aux premières élections organisées en Russie au suffrage universel des hommes et des femmes, qui aboutit à la formation de l’Assemblée constituante, réclamée depuis un demi-siècle tant par les démocrates que les révolutionnaires. Celle-ci, réunie à Saint-Pétersbourg le 18 janvier 1918, fut dispersée par la force dès le lendemain, sur ordre personnel de Lénine. En réaction, la Rada proclama le 22 janvier l’indépendance définitive de l’Ukraine, et, le 29 avril, Hrouchevski fut élu président de la République populaire ukrainienne.
À partir de ce moment et jusqu’en 1991, le pouvoir soviétique ne cessa de combattre par une terreur de masse les aspirations nationales des Ukrainiens, essayant, par le fer et par le feu, de l’obliger de se soumettre à l’URSS […]
Opération rare sur le cœur d’un fœtus pour sauver un enfant
Des médecins de la Cleveland Clinic ont pratiqué une intervention chirurgicale complexe pour retirer une tumeur potentiellement mortelle du cœur d’un bébé de 26 semaines dans l’utérus. Dans le communiqué de presse relatif à cette opération rare, le Dr Darrell Case, directeur de la clinique de chirurgie et de soins fœtaux de la Cleveland Clinic, a déclaré :
“Une seule incidence antérieure de poursuite de la grossesse et d’accouchement après une résection de tératome intrapéricardique fœtal est documentée dans la littérature médicale mondiale. Pour autant que nous le sachions, la Cleveland Clinic est le deuxième centre médical universitaire au monde à avoir réalisé avec succès cette chirurgie fœtale avec poursuite de la grossesse et de l’accouchement.”
Pendant l’opération de 3h½, les médecins ont ouvert chirurgicalement l’utérus de la mère et ont sorti les bras de l’enfant en développement pour exposer sa poitrine. Après avoir inséré une perfusion dans le bras de l’enfant, les médecins ont ouvert la poitrine et le péridcarde (membrane recouvrant le cœur) de l’enfant et ont extrait la tumeur du cœur battant de l’enfant. “Dès que la tumeur a été enlevée, la compression de l’oreillette gauche a disparu, et il y a eu un bon flux sanguin qui est presque revenu à la normale”, a déclaré le Dr Hani Najm, qui a dirigé l’équipe chirurgicale. Il a ensuite fermé la poitrine de l’enfant et recousu l’abdomen de la mère. Deux mois et demi plus tard, le bébé Ryan Dillon est entré dans le monde sans complications.
Tout au long du processus, du diagnostic à la chirurgie réussie et à la naissance, et que Ryan soit dans l’utérus ou en dehors, tout le monde l’a considéré comme une vie humaine. C’est ce que les médecins essayaient de sauver. Personne n’a pensé autrement.
Pourtant, dans des États radicaux comme New York et l’Illinois, les médecins auraient pu mettre fin à la vie de Ryan, même à 26 semaines de vie. En effet, ils auraient pu mettre fin à sa vie jusqu’au moment de la naissance.
Ukraine : la mer d’Azov est russe, les négociations de paix reprennent
De Nicolas Hellemme :
Au 1er mars, les forces russes ont repris leur offensive au sud et à l’est de l’Ukraine. Ce soir du 2 mars, les négociations de paix entre les délégations de Russie et d’Ukraine reprennent en Biélorussie, dans la forêt de Belovezje, là même où l’URSS a été dissoute en 1991.
La position russe a été indiquée par le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov en fin d’après-midi : les lignes rouges sur lesquelles la Russie ne cédera pas sont la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine, la reconnaissance de celle-ci du caractère russe de la Crimée – avec l’abandon des prétentions territoriales – et de l’indépendance des républiques de Lougansk et de Donetsk dans les limites des anciennes régions administratives.
Du point de vue militaire, la mer d’Azov est redevenue une mer intérieure russe, et à Marioupol encerclé les troupes de la république de Donetsk (DNR) avancent sur la rive gauche près de l’aciérie Azovstal où se sont retranchés des combattants étrangers et des groupes ultra-nationalistes ukrainiens. Des sources locales précisent que des civils auraient été enlevés et groupés de force dans les bâtiments de l’aciérie pour en faire un bouclier humain et stopper l’offensive.
De l’autre côté de la Crimée, en direction d’Odessa, les troupes russes ont pris hier soir le contrôle de la ville de Kherson, de la gare et du port fluvial. Les queslques 200 civils armés de roquettes et de fusils d’assaut, et la centaine de pillards ont été rapidement mis hors d’état de nuire. Les russes avancent aussi entre Nikolaiev et la centrale nucléaire d’Ukraine du sud (4 réacteurs) et vers Odessa.
Cette nuit et ce matin, des frappes russes ont eu lieu sur des concentrations armées à Kharkov et près de Marioupol, ainsi que sur des sites DCA et des positions d’artillerie qui tiraient sur Kharkov. Des sites militaires des régions de Zaporojie, Krivoj Rog et Kiev ont été visés ainsi que la base de la 95e brigade à Zhitomir – les soldats de cette dernière se sont illustrés dans de nombreux pillages, exécutions sommaires et pogroms dans le Donbass.
Les tours TV de Kiev, Kharkov et Lisitchansk ont aussi été mises hors service par des frappes précises – à Kiev, les autorités ukrainiennes ont tenté de faire croire à des victimes civiles, en apportant sur les lieux des corps de la morgue la plus proche, mais le « fake » a été rapidement éventé par les Ukrainiens eux-mêmes.
A l’est, les troupes de la DNR ont pris le bourg fortifié de Volnovakha où étaient retranchés des ultra-nationalistes du bataillon Aïdar, et les troupes LNR libèrent le nord de l’ancienne région de Lougansk où elles ont pris Svatovo, Novoaïdar et Starobeshevo abandonnés par les troupes ukrainiennes, ainsi qu’un grand nombre de villages.
A l’est de Kiev, les russes ont avancé jusqu’à un axe Kiev – Kharkov qui reste accessible depuis le sud ; les civils commencent à évacuer la ville par plusieurs couloirs humanitaires, même si des maraudeurs et des soldats ukrainiens plus ou moins déserteurs attaquent les civils en fuite – deux familles au moins ont été tuées. Selon les renseignements américains, les pointes des unités russes sont à moins de 10 km au nord et au nord-est de Brovary et de Borispol – dans cette dernière ville se trouve l’aéroport civil de Kiev.
A dix heures au 2 mars, les Russes affirment avoir détruit depuis le 24 février 1502 objectifs militaires ukrainiens et causé 7275 morts à l’armée ukrainienne – qui elle affirme, sans pouvoir le prouver, avoir tué 8500 soldats russes. L’armée russe a aussi détruit depuis le 24 février 62 lances-roquettes multiples, 206 canons, 350 VAB, 58 avions au sol ou en l’air, 46 drones et 336 autres véhicules blindés ou spécialisés.
2 mars 2022, Marie est toujours Reine de France
D’Eric Letty pour Le Salon beige :
« Il est certain, selon un ancien adage, que » le royaume de France » a été appelé le » royaume de Marie « , et cela à juste titre. » C’est en ces termes que, le 2 mars 1922, voilà cent ans aujourd’hui, le pape Pie XI, dans sa lettre apostolique Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam, a rappelé l’attachement particulier qui unit la France à Marie et la Sainte Vierge à la France, depuis des temps très anciens. Dans ce même texte, publié le 2 mars 2022, le Saint-Père proclamait Notre-Dame de l’Assomption patronne principale de la France, et sainte Jeanne d’Arc sa patronne secondaire (Pie XII adjoignit plus tard sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à la Pucelle d’Orléans). Avant Louis XIII, qui remit son sceptre, son royaume et ses peuples à la royauté de Notre-Dame et ordonna que l’Assomption de la Vierge soit fêtée par tout le royaume, Louis XI avait fait de la Reine du Ciel la suzeraine des rois de France.
Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam… C’est sous ce titre qu’un autre pape, saint Jean-Paul II, interpella notre pays, au Bourget, en 1980 : « France, fille aînée de l’Eglise, éducatrice des peuples, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » La question reste plus que jamais d’actualité et ce n’est pas sans anxiété que l’on mesure le chemin supplémentaire accompli par la France sur la voie de l’apostasie depuis que cette question lui a été posée, voilà plus de quarante ans. On parle souvent de la perte de nos racines chrétiennes ; elle n’est que la conséquence de la perte de notre âme. À considérer l’état de notre pays aujourd’hui – dans presque tous les domaines –, on serait tenté de céder au désespoir, ou au fatalisme. L’anniversaire que nous fêtons aujourd’hui est un puissant motif d’espérance. La France peut bien être infidèle et traverser une nuit spirituelle, notre mère du Ciel n’abandonnera pas sa fille aînée et reste fidèle à son royaume.
Eric Letty
Islam et christianisme. Exigence de vérité
Nous sommes malheureusement habitués à ces contacts entre hiérarchie catholique et personnalités musulmanes au cours desquels les deux religions sont mises sur un pied d’égalité. Comme récemment lors de la rencontre le 28 février entre le Pape François et le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz. Le site Saphirnews, spécialisé dans l’actualité sur le fait musulman, expliquait que « Chems-Eddine Hafiz a remis une lettre de sept pages formulant « la nécessité du rapprochement interreligieux, notamment en matières d’éducation et de solidarité, contre la montée des divisions, de l’intolérance et des extrémismes en France et en Europe ».
Au cours de cette longue et fraternelle rencontre, le Pape François a tenu à dire combien les catholiques et les musulmans du monde forment une seule et même communauté humaine, a fait savoir la GMP. Le pape, qui s’est montré particulièrement attristé » par la récente dégradation de la sculpture érigée à Amboise en hommage à l’Emir Abdelkader, a formé le souhait que catholiques et musulmans puissent dorénavant porter la même [sic] voix d’espérance face aux crises du monde contemporain ».
C’est l’éditorial (Islam et christianisme. Exigence de vérité) d’Aymeric Pourbaix, dans le numéro de France Catholique du 18 février 2022, qui place le débat à son bon niveau à propos de la parution d’un livre de Gustave Thibon, Au secours des évidences, qui reprend des textes inédits du philosophe :
« Les attentes sont grandes d’une clarification sur le corpus idéologique islamique qui conduit tant de jeunes au fanatisme… S’il est certain que cette poussée de l’islamisme est une réaction contre le matérialisme ambiant et la religion de l’homme, sans autre horizon que lui-même, il faudra bien que nos dirigeants osent opérer un discernement courageux entre les religions, ne serait-ce que du point de vue de la sécurité publique. Car la religion, disait Thibon, peut être la meilleure ou la pire des choses, qui fait les saints et les martyrs mais aussi les fanatiques et les bourreaux, « selon qu’elle élève l’homme vers Dieu ou qu’elle prostitue Dieu à l’homme ». Ainsi proposait-il un critère de discernement, toujours valable car issu de l’Evangile : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses fruits ». Que vaut en effet un culte qui se dégrade en haine aveugle de l’infidèle ? »
Le Pape François et El-Azhar
Une analyse d’Annie Laurent dans La Petite Feuille Verte :
Rompu à l’initiative d’El-Azhar en janvier 2011 (cf. PFV n° 86), le dialogue entre le Saint-Siège et l’institution sunnite a repris sous le pontificat de François (élu en 2013). Après en avoir rappelé les étapes marquantes, nous en tirerons quelques conclusions.
LE GRAND IMAM À ROME

Le 23 mai 2016, le cheikh Ahmed El-Tayyeb, grand imam d’El-Azhar, s’est rendu à Rome pour sa première rencontre avec le pape François. Au programme de leur échange figuraient
« l’engagement commun des autorités et des fidèles des grandes religions pour la paix dans le monde, le refus de la violence et du terrorisme, la situation des chrétiens dans le contexte des conflits et des tensions au Moyen-Orient, ainsi que leur protection » (L’Osservatore Romano, 23 mai 2016).
A l’issue de l’entretien, El-Tayyeb a déclaré à la presse :
« Aujourd’hui, nous effectuons cette visite pour poursuivre notre mission sacrée qui est la mission des religions : rendre l’être humain heureux où qu’il soit […]. Je crois que le moment est venu pour les représentants des religions monothéistes de participer de manière forte et concrète à donner à l’humanité une nouvelle orientation vers la miséricorde et la paix, afin d’éviter la grande crise dont nous souffrons à présent » (Proche-Orient chrétien, n° 66-2016, p. 388-389).
Le Souverain Pontife semble avoir été impressionné par son visiteur. Quelques jours après, il confiait à un jésuite oriental au cours d’un entretien privé :
« J’ai longuement discuté avec El-Tayyeb. Les musulmans veulent la paix ».
Cette rencontre avait été longuement préparée par le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux (CPDI), alors dirigé par le cardinal Jean-Louis Tauran (+ 2018) dont la position peut se résumer ainsi :
« Toutes les religions ne se valent pas, mais tous les chercheurs de Dieu ont la même dignité » (cité par Jean-Baptiste Noé, François le diplomate, Salvator, 2019, p. 99).
LE PAPE EN ÉGYPTE
Les 28 et 29 avril 2017, François a effectué un voyage officiel au Caire. Sa visite s’est déroulée dans un contexte tendu en raison de la multiplication d’attentats contre les coptes et de l’influence croissante des idéologies islamistes dans la société. Il a prononcé un discours à El-Azhar où se tenaitune Conférence internationale pour la paix organisée par cette institution, avec la participation de dignitaires musulmans et chrétiens. Les mots islam, islamisme et djihadisme ne figuraient pas dans son texte dont l’essentiel portait sur le rappel du passé biblique du pays du Nil et sur l’éducation des jeunes générations (J.-B. Noé, op. cit., p. 118-123). Le pape a aussi déclaré :
« Nous sommes tenus de dénoncer les violations de la dignité humaine et des droits humains, de porter à la lumière les tentatives de justifier toute forme de haine au nom de la religion, et de les condamner comme falsification idolâtre de Dieu : son nom est Saint, il est Dieu de paix, Dieu salam » (Proche-Orient chrétien, n° 67-2017, p. 359-401).

Dans une tribune publiée quelques jours avant, Mgr Michel Chafik, recteur de la Mission copte catholique de Paris, avait présenté l’enjeu de cette visite pontificale. Évoquant la position « ambiguë » d’El-Tayyeb, il y écrivait :
« S’il témoigne, dans ses propos, d’un islam éclairé, ses décisions contredisent trop souvent ses prises de position. Il parle de paix et de liberté religieuse mais sanctionne durement l’apostasie et diffère toujours la réforme religieuse en faveur de laquelle il s’est pourtant engagé. L’ambivalence de son discours explique qu’il soit contesté, tant à l’intérieur par les islamistes radicaux qu’à l’extérieur par les tenants d’un islam modéré » (Le Figaro, 24 avril 2017).
L’ÉVÉNEMENT D’ABOU-DHABI
Le voyage que le pape François a effectué à Abou-Dhabi, capitale des Émirats Arabes Unis (EAU), du 3 au 5 février 2019, restera comme un événement marquant de son pontificat. La Constitution de cette fédération concède aux nombreux émigrés non-musulmans la liberté de culte (les chrétiens y disposent d’une quarantaine d’églises) en leur imposant cependant une totale discrétion. Les EAU sont aussi engagés activement contre l’islamisme. Abou-Dhabi abrite en outre le siège du Conseil des Sages musulmans, un cénacle de religieux et d’experts fondé en mars 2014 et présidé par Ahmed El-Tayyeb.
Le Souverain Pontife y était invité par ce dernier dans le cadre d’une Conférence mondiale sur la fraternité humaine. Quelque 600 personnalités religieuses de différentes confessions, venues de divers horizons, y étaient également présentes.
L’objectif principal de ce déplacement était la signature conjointe par le pape et le grand imam d’une déclaration intitulée La fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune. D’après les confidences de François aux journalistes, sa rédaction aurait été finalisée lors d’un entretien privé avec El-Tayyeb au Vatican le 16 octobre 2018. Le Père Yoannis Lahzi Gaïd, prêtre copte-catholique et secrétaire du pape (cf. PFV n° 86), associé à ce travail, avait alors assuré qu’il existe « une amitié profonde » entre les deux hommes (Agence I.Media, 16 octobre 2018).
Présenté comme une étape majeure sur la voie de l’entente entre chrétiens et musulmans, ce texte soulève plusieurs remarques, à commencer par la forme. El-Azhar et l’Église catholique s’y présentent comme engageant respectivement « les musulmans d’Orient et d’Occident » et « les catholiques d’Orient et d’Occident ». Or, si le successeur de Pierre dispose de l’autorité et de la légitimité nécessaires pour parler au nom de toute l’Église, ce n’est pas le cas du grand imam d’El-Azhar, car l’islam sunnite ne confère à personne une telle prérogative magistérielle (cf. PFV n° 80). L’influence de cette institution au-delà des frontières de l’Égypte n’y change rien, même si à Abou-Dhabi le cérémonial autour de la rencontre avec le pape voulait promouvoir El-Tayyeb comme « le » représentant de l’islam. Cette limite a été soulignée par le Père Jean Druel, directeur de l’Institut dominicain d’études orientales, situé au Caire.
« Cette déclaration commune ne manifeste donc que les opinions d’Ahmed El-Tayyeb. […] Si demain son successeur a un avis différent, il n’est pas tenu de reprendre à son compte les déclarations de ses prédécesseurs. Et à l’extérieur, les fidèles musulmans ne sont évidemment pas soumis à son autorité » (La Croix, 6 février 2019).
Sur le fond, les deux cosignataires énumèrent les nombreux maux dont souffre l’humanité actuelle, en particulier la « conscience humaine anesthésiée et l’éloignement des valeurs religieuses, ainsi que la prépondérance de l’individualisme et des philosophies matérialistes qui divinisent l’homme et mettent les valeurs mondaines et matérielles à la place des principes suprêmes transcendants ». Pour y remédier, ils préconisent d’importantes dispositions, telles que la promotion de la pleine citoyenneté et de la famille, la reconnaissance du droit et de la dignité des femmes, la préservation de la vie, l’éducation saine, l’adhésion aux valeurs morales ainsi que la justice pour tous, la protection des lieux de culte, et même la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action (mais la liberté de conscience en est absente), etc.
Ils condamnent aussi la justification de toutes les formes de violence au nom de Dieu.
« Nous déclarons – fermement – que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas des sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni n’invitent à la violence ou à l’effusion de sang. Ces malheurs sont le fruit de la déviation des enseignements religieux, de l’usage politique des religions et aussi des interprétations de groupes d’hommes de religion qui ont abusé – à certaines phases de l’histoire – de l’influence du sentiment religieux sur les cœurs des hommes pour les conduire à accomplir ce qui n’a rien à voir avec la vérité de la religion ».
Et ils promettent d’œuvrer en vue de « répandre la culture de la tolérance, de la coexistence et de la paix ».
Ces paroles ne sont cependant pas dénuées d’ambiguïté. En effet, si les chrétiens et les musulmans utilisent le même vocabulaire, le contenu des mots tels que paix, justice, famille, morale, tolérance, n’est pas identique dans les deux religions. Sur tous ces aspects, on voit mal comment le fait de considérer « les religions » comme indistinctement porteuses de toutes les vertus ou comment l’attestation de « notre foi commune en Dieu »peuvent apporter de la clarté dans le dialogue (cf. A. Laurent, « François prêche la fraternité », La Nef, n° 312, mars 2019). En outre, le document comporte des engagements contraires aux exigences du Coran, ce qui peut les rendre inapplicables par de nombreux musulmans, comme l’ont fait valoir plusieurs experts catholiques (cf. Père François Jourdan, L’Église dans le monde, n° 193, avril-mai 2019, p. 8 et 9 ; Sami Aldeeb, Site Savoir ou se faire avoir, 11 février 2019).
Parmi eux, certains ont été troublés par l’affirmation selon laquelle « le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains ». Appliqué aux religions, cela « est contraire à la foi catholique », a indiqué le Père dominicain Wojciech Giertych, théologien de la Maison pontificale, niant que le texte lui aurait été soumis pour relecture (National Catholic Register, 6 février 2019).
Lors d’une rencontre avec François à Rome, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (Khazastan), l’a questionné sur ce sujet, puis il a livré l’explication du pape sur le site LifeSiteNews : « La diversité des religions est la volonté permissive de Dieu », à distinguer d’une « volonté positive » (7 mars 2019). Pendant l’audience générale du 3 avril 2019, accédant à la demande de Mgr Schneider, François a clarifié le sens de cette phrase.
« Pourquoi Dieu permet-il qu’il y ait tant de religions ? Dieu a voulu permettre cela : les théologiens de la Scholastique faisaient référence à la voluntas permissiva de Dieu. Il a voulu permettre cette réalité : il y a beaucoup de religions ; certaines naissent de la culture, mais elles regardent toujours le ciel, elles regardent Dieu ».
Par l’affirmation « certaines naissent de la culture », le pape « affirmait discrètement que la religion musulmane n’est pas une religion révélée », souligne Yves Chiron (Françoisphobie, éd. du Cerf, 2020, p. 317-318).
QUEL AVENIR POUR LA DÉCLARATION D’ABOU-DHABI ?
S’exprimant au nom de l’Église catholique et d’El-Azhar, les deux signataires de la Déclaration sur la fraternité humaine se sont engagés à promouvoir les principes énoncés « à tous les niveaux régionaux et internationaux, en préconisant de les traduire en politiques, en décisions, en textes législatifs, en programmes d’étude et matériaux de communication ». Ils ont aussi demandé que le document « devienne objet de recherche et de réflexion dans toutes les écoles, les universités et les instituts de formation ». C’est dans ce but qu’en septembre 2019 a été créé un Haut Comité, co-présidé par le cardinal Miguel Ayuso Guixot, successeur du cardinal Tauran à la tête du CPDI, et par Mohamed Mahmoud Abdel Salam, juge du Conseil d’État égyptien et conseiller d’El-Tayyeb.
Deux mois après, le grand imam s’est rendu au Vatican pour présenter au Souverain Pontife le projet d’un gigantesque complexe interreligieux. Construit sur l’île de Saadiyat, à Abou Dhabi, ce complexe, unique dans la péninsule Arabique, baptisé « Maison de la Famille d’Abraham », réunira une église, une mosquée et une synagogue. Il devrait être inauguré en 2022 et sera géré par un conseil permanent « de la fraternité humaine » (Aleteia, 16 novembre 2019 ; La Croix, 4 février 2021). Pour commémorer l’événement d’Abou Dhabi, le 4 février de chaque année, le pape et le grand imam échangent leurs vœux par vidéo ou téléphone. Par ailleurs, dans son encyclique Fratelli tutti (3 octobre 2020), François fait plusieurs fois mention de son entente avec El-Tayyeb.

Les chrétiens d’Orient ont en général approuvé la Déclaration. Les évêques grecs-catholiques, réunis en assemblée synodale sous la présidence de leur patriarche, Youssef Absi, ont annoncé que le document « deviendra objet d’étude dans les écoles et les instituts théologiques du Patriarcat » et sera diffusé dans les paroisses. Au Liban, le patriarche de l’Église maronite, le cardinal Béchara Boutros Raï, a considéré qu’elle doit devenir une « boussole » pour les écoles catholiques (Agence Fides, 16 septembre 2021).
Deux ans après la signature du document, le P. Jean Druel s’est exprimé sur sa mise en œuvre. « Je ne suis pas certain qu’un travail de fond s’opère. A mon sens, ce type d’événement reste essentiellement symbolique – ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas de valeur. Je constate qu’il y a une vraie difficulté à dépasser les déclarations de principe ». Considérant la nouveauté introduite par François, à savoir l’instauration d’une relation directe entre lui et El-Tayyeb, il constate l’absence « d’effet boule de neige », le grand imam ne s’engageant qu’« en son nom propre », compte tenu de la grande diversité du monde sunnite. Ainsi, bénéficiant « d’une formidable aura dans les milieux azharis », il est « détesté par les Frères musulmans » et il est « presque inconnu » par les Arabes non égyptiens. « Au Maroc, par exemple, El-Azhar ne représente rien » (I. Media, 4 février 2021). Il est vrai que le roi du Maroc portant le titre de « Commandeur des croyants » n’a pas besoin d’autre référence religieuse que la sienne.
POUR CONCLURE
En s’engageant aux côtés du chef de l’Église catholique, El-Tayyeb s’est présenté aux yeux du monde comme détenteur de l’autorité suprême de l’islam sunnite, ce qu’il n’est pas juridiquement et religieusement. Sans doute a-t-il aussi voulu montrer au président Abdel Fattah El-Sissi qu’il se tenait à ses côtés dans sa lutte contre l’islamisme et qu’il répondait positivement à la mission que le raïs lui avait publiquement confiée par son discours du 28 décembre 2014 (cf. PFV n° 82). Ce discours avait été suivi de l’organisation de plusieurs conférences internationales sur des thèmes tels que la citoyenneté, les libertés fondamentales et la paix (cf. PFV n° 85). Toutefois, la ligne d’El-Azhar demeure « antilibérale », note la journaliste Mélinée Le Priol sur la foi d’une enquête auprès de plusieurs spécialistes qui font aussi ressortir la méfiance d’El-Tayyeb envers l’Occident et sa culture (La Croix, 4 février 2022).
Quant au pape François, en entraînant El-Tayyeb à signer avec lui des engagements aussi éloignés des principes de la religion que ce dernier professe, il a peut-être obéi à une subtile stratégie : pressentant que la paix dans le monde dépend aujourd’hui d’une révision structurelle du rapport des musulmans à leurs textes sacrés, pousser l’ambitieux grand imam à agir dans ce sens. L’efficacité serait ainsi visée. A cet égard, le P. Druel rapporte aussi que, pour certains observateurs, « compte tenu de la situation effervescente à l’intérieur du monde sunnite, le pape est peut-être imprudent de privilégier surtout les relations avec El-Azhar au détriment d’autres acteurs » (I. Media, 4 février 2021).
L’avenir dira si cette Déclaration a une valeur autre que symbolique.
La consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, le schisme entre les orthodoxes russes et ukrainiens
Et le pape François avait répondu que ce n’était pas à l’ordre du jour. Le récit de l’affaire est relatée dans un article de juin 2021. Le pape François s’est rendu récemment à l’ambassade russe d’Italie, sans en parler au cardinal Parolin, Secrétaire d’Etat du Saint-Siège.
De son côté le clergé orthodoxe russe appelle à la réconciliation :
Nous, prêtres et diacres de l’Église orthodoxe russe, chacun en son nom propre, lançons un appel à tous ceux dont dépend la fin de la guerre fratricide en Ukraine, avec un appel à la réconciliation et à un cessez-le-feu immédiat. Nous adressons ce message après le dimanche du Jugement dernier et dans l’anticipation du Dimanche du pardon.
Le Jugement Dernier attend chacun d’entre nous. Aucune autorité terrestre, aucun médecin, personne ne nous l’évitera. Soucieux du salut de tous ceux qui se considèrent comme un enfant de l’Église orthodoxe russe, nous ne voulons pas qu’il comparaisse à ce Jugement, portant le lourd fardeau des malédictions proférées par les mères ayant perdu leurs enfants.
Nous pleurons l’épreuve à laquelle nos frères et sœurs ont été injustement soumis en Ukraine. Nous rappelons que la vie de chaque personne est un don inestimable et unique de Dieu, et c’est pourquoi nous souhaitons le retour de tous les soldats – russes et ukrainiens – chez eux et dans leurs familles, sains et saufs. Nous pensons avec amertume à l’abîme que nos enfants et petits-enfants en Russie et en Ukraine devront surmonter pour recouvrer l’amitié des uns avec les autres, pour se respecter et s’aimer mutuellement. Nous respectons la liberté de l’homme donnée par Dieu et croyons que le peuple ukrainien devrait faire son choix de manière indépendante et non sous la menace d’une arme, sans pressions de l’Occident ou de l’Orient.
Dans l’anticipation du Dimanche du pardon, nous rappelons que les portes du Paradis sont ouvertes à quiconque, même à une personne qui a péché lourdement, si elle demande pardon à ceux qu’elle a humiliés, insultés, méprisés, ou à ceux qui ont été tués par ses mains ou sur ses ordres. Il n’y a pas d’autre voie que le pardon et la réconciliation mutuelle. « La voix du sang de ton frère me crie de la terre ; et maintenant sois maudit et chassé de la terre qui a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère», dit Dieu à Caïn, qui était jaloux de son jeune frère. Malheur à toute personne qui se rend compte que ces paroles lui sont adressées personnellement. Aucun appel non violent à la paix et à la fin de la guerre ne devrait être réprimé de force et considéré comme une violation de la loi, car tel est le commandement divin : « Heureux les artisans de paix. »
Nous appelons toutes les parties en conflit au dialogue, car il n’y a pas d’autre alternative. Seule la capacité d’entendre l’autre peut offrir l’espoir d’une sortie de l’abîme dans lequel nos pays ont été jetés en quelques jours seulement. Permettez-vous et permettez-nous à tous d’entrer dans le Carême dans un esprit de foi, d’espérance et d’amour.
Arrêtez la guerre!
Les relations sont difficiles entre les orthodoxes russes et les orthodoxes ukrainiens. Après l’indépendance de l’Ukraine et la chute de l’Union soviétique en 1991, plusieurs courants « orthodoxes » ukrainiens indépendants ont formé des Eglises non reconnues par Moscou, un mouvement largement encouragé par les Etats-Unis… Fin 2018, à la suite de la décision du patriarcat œcuménique de Constantinople d’accorder aux orthodoxes d’Ukraine l’autocéphalie, les différents courants orthodoxes du pays se réunissent dans la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev pour réaliser leur réunification. La création d’un nouveau mouvement autocéphale est actée le 15 décembre 2018. Une décision à travers laquelle le patriarcat de Moscou dénonce un risque majeur de « persécutions massives » contre ses fidèles en Ukraine. Le président ukrainien d’alors, Petro Porochenko, allié des Etats-Unis, y voit quant à lui la « véritable indépendance de l’Ukraine vis-à-vis de Moscou » et l’apparition d’une église « sans Poutine (…) et sans prière pour l’armée russe », ce dont il se félicite. Les marges de manœuvre de la nouvelle Eglise sont toutefois limitées par le patriarcat de Constantinople, car elle n’est qu’une métropole circonscrite au territoire ukrainien et dirigée par le métropolite de Kiev, dont la nomination dépend du patriarche de Constantinople.
Cependant, plus d’un cinquième des fidèles ukrainiens continue de demeurer fidèle au patriarcat de Moscou, qui craint une « persécution massive » de ses fidèles en Ukraine, crainte devenue réalité, selon les Russes. Et donc un motif d’intervenir militairement. Dans son discours du 21 février, visant à justifier l’invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine affirme que Kiev se prépare à la « destruction de l’Eglise orthodoxe ukrainienne rattachée au Patriarcat de Moscou ».
Pour la minorité uniate, principalement située à l’Est du pays, qui a fait le choix courageux de l’unité romaine en 1596, la guerre soulève également de nombreuses inquiétudes : « chaque fois que la Russie a pris, dans l’Histoire, le contrôle de l’Ukraine, l’Eglise catholique ukrainienne a été détruite », rappelle Mariana Karapinka, porte-parole de l’archiéparchie uniate de Philadelphie (Etats-Unis).
Le 27 février, au quatrième jour de l’invasion de l’Ukraine, le patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou a évoqué les événements en cours dans une homélie prononcée à la cathédrale du Christ-Sauveur. Il y a notamment dénoncé des « forces du mal qui combattent l’unité de la Rus’ ». Le fond de cette homélie est un appel à prier pour la paix et pour l’unité de l’Eglise, et spécialement pour le métropolite Onuphre, primat de l’Eglise orthodoxe ukrainienne (EOU), dépendant du patriarcat de Moscou. Les mots du patriarche Cyrille ne peuvent se comprendre sans leur cadre. Celui-ci est d’ailleurs donné un peu plus loin :
« Que le Seigneur préserve la terre russe. Lorsque je dis “russe”, j’emploie l’antique expression de la “Chronique des temps passés” : “L’origine de la terre russe”. Une terre dont font partie aujourd’hui la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie, d’autres tribus et d’autres peuples. »
[…] Beaucoup de gens ne mesurent pas à quel point l’invasion de l’Ukraine est une quête spirituelle pour lui. Le baptême de la Rus est l’événement fondateur de la formation de la psyché religieuse russe, l’église orthodoxe russe fait remonter ses origines jusque-là. C’est pourquoi Poutine n’est pas tellement intéressé par quelques districts à tendance russe à l’est de l’Ukraine. Son objectif, terrifiant, est Kiev lui-même.
Il est né à Leningrad – une ville qui a repris le nom de son saint d’origine – d’une mère chrétienne fervente et d’un père athée. Sa mère l’a baptisé en secret, et il porte toujours la croix de son baptême. Depuis qu’il est devenu président, Poutine s’est présenté comme le véritable défenseur des chrétiens du monde entier, le leader de la Troisième Rome. Son bombardement incessant de Daech, par exemple, a été présenté comme la défense de la patrie historique du christianisme. Et il utilisera typiquement la foi comme un moyen de frapper l’Occident, comme il l’a fait dans ce discours en 2013 :
« Nous voyons que de nombreux pays euro-atlantiques rejettent réellement leurs racines, y compris les valeurs chrétiennes qui constituent la base de la civilisation occidentale. Ils renient les principes moraux et toutes les identités traditionnelles : nationales, culturelles, religieuses et même sexuelles. Ils mettent en œuvre des politiques qui assimilent les familles nombreuses aux partenariats entre personnes de même sexe, la croyance en Dieu à la croyance en Satan. »
Poutine considère que son destin spirituel est la reconstruction de la chrétienté, basée à Moscou. […] Parlant du baptême de masse de Vladimir [au Xe siècle], Poutine a expliqué :
« Son exploit spirituel consistant à adopter l’orthodoxie a prédéterminé la base globale de la culture, de la civilisation et des valeurs humaines qui unissent les peuples de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie. »
Il veut refaire la même chose. Et pour ce faire, il a besoin du retour de Kiev.
« Le choix spirituel fait par saint Vladimir détermine encore largement nos affinités aujourd’hui », écrivait encore Poutine l’année dernière. « Pour reprendre les mots d’Oleg le Prophète à propos de Kiev, « qu’elle soit la mère de toutes les villes russes ». »
À cette intensité religieuse, nous pouvons ajouter une hargneuse politique ecclésiastique. En 2019, la branche ukrainienne de la famille des Églises orthodoxes a déclaré son indépendance de l’Église orthodoxe russe – et le chef nominal de la famille orthodoxe, Bartholomée Ier de Constantinople, l’a soutenue. Le président ukrainien, Petro Porochenko, a décrit cette déclaration comme « une grande victoire de la pieuse nation ukrainienne sur les démons de Moscou, une victoire du bien sur le mal, de la lumière sur les ténèbres ».
L’Église orthodoxe russe a furieusement rejeté cette revendication d’indépendance, déclarant que l’Ukraine appartenait irrévocablement à son « territoire canonique ». Cela a entraîné une scission historique au sein de la famille orthodoxe, l’Église russe rejetant la primauté de Bartholomée et déclarant qu’elle n’était plus en communion avec le reste de la famille orthodoxe. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a dénoncé Bartholomée comme étant un suppôt des Américains. Kirill a même affirmé que la transformation de Sainte-Sophie – à l’origine le siège mondial de l’orthodoxie – en mosquée en 2020 était « une punition de Dieu ». L’Église russe a ensuite procédé à la création de ses propres diocèses dans le monde, notamment en Afrique. « Ils descendent dans la rue avec des affiches disant Merci, Poutine ! Merci, patriarche Kirill ! », c’est ainsi que la machine de propagande de l’Église russe décrit la situation.
Le caractère central de l’Ukraine en général, et de Kiev en particulier, est tel dans l’imagination de l’Église russe qu’elle est prête à rompre l’alliance séculaire de l’orthodoxie. Encore et toujours, il s’agit de l’Ukraine, le site imaginé de l’Église mère de la Rus. […]
Propriété privée et destination universelle des biens
L’Association des économistes catholiques, qui regroupe des acteurs de l’économie française voulant approfondir la réflexion sur l’ensemble des sujets économiques, en lien avec la doctrine sociale de l’Église, vient de publier aux éditions Téqui les actes d’un colloque concernant l’articulation entre propriété et destination universelle des biens.
Fondement de toute économie décentralisée, la propriété est questionnée à chaque époque en termes à la fois permanents et renouvelés, notamment par la doctrine sociale de l’Église. Le colloque tenu en mars 2021 par l’Association des économistes catholiques s’est penché sur cette question cruciale à travers des approches multiples : fondements éthiques et théologiques, relation avec le droit naturel, rôle dans la liberté des personnes ou la subsidiarité, jusqu’à la considération de ses limites et de son rapport avec la destination universelle des biens.
Quelles valeurs motivent les propriétaires – matérialistes ou moralement responsables – pour apprécier des réalités comme le profit ou les échanges ? Dans le cadre du capitalisme actuel, une attention particulière a été donnée à la question de la propriété de l’entreprise (droits et devoirs des actionnaires et des salariés – cf. la loi Pacte), sans oublier la question des biens communs et celles des relations avec l’État.
Evoquant les entreprises familiales, Bernard Largillier écrit que ces entreprises de taille moyenne sont, d’après des études, des structures plus favorables à l’humain, que des entreprises équivalentes à caractère non familial. Et il précise :
Lorsqu’on regarde d’un peu plus près qui sont ces familles (ce que ne font pas les études auxquelles cela n’était pas demandé), on constate qu’elles sont toutes sauf exceptions de culture chrétienne et bien souvent catholiques, le respect n’étant en définitive que la première étape de l’amour du prochain. On retrouve les racines chrétiennes de l’Europe dans nos entreprises familiales, et celles qui s’en écartent périclitent ou se vendent et perdent leur caractère sauf reprise par une autre famille.
A ce sujet, comme il faut choisir entre Dieu et l’argent, il faut choisir entre la priorité à l’humain qui reste au centre de la culture économique européenne et plus particulièrement française et reconnue comme telle, et la priorité à l’argent qui est tout de même la marque de la culture économique anglo-saxonne, plus court-termite avec son « make more money » maintes fois dénoncé et son « business is business ».
La quatrième guerre de Poutine, la plus incertaine, la plus risquée
D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :
En envahissant l’Ukraine, Vladimir Poutine en a surpris plus d’un, à commencer par votre serviteur. Car l’enjeu est immense et les risques considérables pour le président russe comme pour la Russie elle-même.
Certains rappellent qu’il en est tout de même à sa quatrième guerre. C’est un peu exagéré et le contexte était, à chaque fois, bien spécifique, mais toujours en lien avec les frontières russes menacées.
Il y eut d’abord la guerre en Tchétchénie, à l’extrême sud de la Russie. Ce n’est pas lui qui la déclencha mais Boris Eltsine, son prédécesseur, en 1999. L’année suivante, Poutine fut élu président et dut continuer cette guerre difficile. L’armée russe – enfin, ce qu’il en restait – n’avait pu gagner la première guerre de Tchétchénie (1994-1996) sans toutefois la perdre tout à fait. Le traité qui suivit n’empêcha pas les islamistes tchétchènes de multiplier les attaques et attentats sanglants jusqu’à Moscou.
Eltsine, sur les conseils de l’armée, résolut de remettre la main sur cette province dont les islamistes rêvaient de proclamer l’indépendance. La capitale, Grozny, fut prise au bout de quelques semaines mais une longue guérilla s’ensuivit, alimentée notamment par des djihadistes venus de plusieurs pays. Poutine tira les leçons de cette guerre, ce fut le début de la modernisation de l’armée russe.
Puis il y eut la Géorgie, en 2008. Deux régions, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, rattachées à la Géorgie par les Soviétiques, proclamèrent leur autonomie avec le soutien de Moscou. Le président pro-occidental Saakachvili décida, en août 2008, de ramener ces deux petites régions dans l’orbite géorgienne et attaqua l’Ossétie, tuant les premiers combattants ossètes mais aussi plusieurs soldats russes. L’armée géorgienne, entraînée par les Américains, était bien plus nombreuse mais la réaction russe fut foudroyante.
Des milliers d’hommes et de nombreux chars furent envoyés par le tunnel de Roki et la contre-attaque russe mit l’armée géorgienne en déroute. L’Abkhazie et l’Ossétie ont ensuite proclamé leur indépendance, reconnue par Moscou. C’est à cette occasion que les États-Unis, par la voix de Condoleezza Rice, la secrétaire d’État de George Bush, avait évoqué les adhésions à l’OTAN de la Géorgie et de l’Ukraine.
Pendant ce conflit, les chefs d’État ukrainien, polonais et baltes se rendirent à Tbilissi, capitale de la Géorgie, pour soutenir le président Saakachvili, rien ne changea… Des rumeurs annoncèrent un assaut russe vers Tbilissi, mais ce ne fut pas l’option choisie par Poutine. L’armée russe, depuis 2008, protège l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud dont les habitants sont dotés d’un passeport russe.
La troisième guerre n’en n’est pas vraiment une, puisqu’elle ne fit aucun mort. C’était en 2014, en Crimée. Après la révolution de la place Maïdan, à Kiev, qui entraîna la fuite en Russie du président élu et le début de la guerre du Donbass, la Crimée, presque totalement russophone, saisit l’occasion pour proclamer son indépendance puis demander son rattachement à la Russie. Ce ne fut donc pas factuellement une annexion, soit dit en passant.
Une guerre de l’eau cuisante pour la Crimée s’ensuivit. Dépourvue de fleuve, elle dépend du Dniepr, qui coule en Ukraine à qui elle est reliée par un canal. Les autorités ukrainiennes l’ont alors fermé, mettant la Crimée en grande difficulté. Nul doute que la remise en marche de ce canal fera partie des objectifs russes, comme le démontre le spécialiste de la guerre de l’eau, Franck Galland, dans une tribune du Monde.
La quatrième guerre, celle d’Ukraine, est, comme on peut le constater, une suite chronologique assez cohérente de l’affrontement géopolitique entre les États-Unis et la Russie.
Mais la donne est toutefois nouvelle par son ampleur. L’Ukraine n’est ni la Géorgie ni la Crimée. Elle est le deuxième pays d’Europe par sa taille (600.000 km2) et compte 45 millions d’habitants. Certes, l’unanimité n’y règne pas et le pays est clairement coupé en deux, entre l’est et l’ouest. Mais l’incertitude est grande sur les objectifs militaires et politiques de cette invasion.
Poutine, d’une grande prudence depuis 22 ans, a clairement changé de stratégie.
Il faut sauver les femmes d’Ukraine, toutes les femmes d’Ukraine
Communiqué de La Manif Pour Tous :
Pierre, Manuela, Laura,… derrière ces prénoms qui s’affichent à la une de médias français, la honte. Et ils ne sont pas les seuls à se retrouver en Ukraine pour la GPA qu’ils ont payée et à se présenter en victimes. A l’heure où une guerre meurtrière s’abat sur ce pays, leur seule revendication est de récupérer le bébé qu’ils ont commandé et de rentrer se mettre à l’abri en France. Certains vont jusqu’à parler d’un « heureux dénouement », comme pour ces cinq couples argentins qui ont pu quitter l’Ukraine en flamme pour l’Argentine. Et les mères de ces enfants, que sont-elles devenues ?
La GPA exploite et asservit des femmes pauvres, réduites à leurs capacités reproductives, traitées comme une sous-humanité. Le comble de l’horreur est atteint avec le mépris vis-à-vis des mères de ces enfants qui va jusqu’à passer sous silence leur situation, leurs angoisses, leur avenir, elles qui sont restées coincées à Kiev en attendant de livrer les enfants à leurs commanditaires impatients. Pour les clients de ce business de la honte, le cynisme est sans limite. Les femmes qu’ils asservissent ne sont rien pour eux. Ils s’agitent auprès des médias pour rentrer en France sains et saufs, laissant les mères de ces enfants tout juste accouchées en pleine guerre. De leurs côtés, des journalistes naïfs ou militants de la GPA en profitent pour faire de ces commanditaires des victimes qui ont dû aller jusque là bas pour obtenir un enfant et qui attendent systématiquement « trop » longtemps pour obtenir des laissez-passer. Ces militants « oublient » que séparer un enfant de sa mère ne devrait même pas être toléré, pas plus que l’exploitation des femmes, que ce soit en Ukraine, en France ou n’importe où ailleurs.
« La douleur du peuple ukrainien raisonne d’autant plus fort dans nos cœurs que le business sordide et inhumain de la GPA méprise profondément ces femmes. Plus que jamais, nous devons affirmer haut et fort que la dignité des femmes n’a pas de frontière ni de couleur de peau. Nous devons aider les femmes ukrainiennes victimes de la GPA et cela passe par l’abolition universelle de cette pratique infâme » déclare Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous.
Notre foi est eschatologique
Du père Jean-François Thomas, en ce mercredi des cendres :
Les deux pieds dans la septuagésime qui nous a préparés au carême, nous voici sur le seuil de ce dernier, jetant timidement un regard par la porte entrebâillée, pas très enthousiastes pour nous y engager, comme toujours. L’invitation à la prière, à la pénitence et aux œuvres de charité ne nous refroidit pas tant qu’elle nous force surtout à faire face à la réalité de notre vie et à jeter sur le monde un regard glaçant. Saint Bernard de Clairvaux, qui ne prenait guère de pincettes pour nous secouer de notre torpeur d’ancêtres, nous apostrophe ainsi : « Le Seigneur, irrité par nos crimes, semble en quelque façon avoir jugé l’Univers avant le temps dans toute la rigueur de sa justice, comme s’il avait oublié sa miséricorde. » (De consideratione, II. Chap. I ) Nous avons du mal à avaler notre salive lorsque nous entendons cet avertissement. Il est vrai que, contrairement aux hommes de foi du XIe siècle, nous ne sommes guère habitués à être admonestés dans nos habitudes. Soulagés de ne pas vivre dans un siècle de barbarie, baignés par les Lumières qui ont enveloppé notre berceau dès notre premier vagissement, nous sommes cependant assez assurés sur nos jambes la plupart du temps. Les prédicateurs de malheur comme ce moine illuminé n’ont plus cours, nous rassurons-nous à peu de frais. Les hommes d’Église de notre temps ont depuis longtemps abandonné leurs leçons spirituelles pour nous inviter plutôt à faire amis avec ce monde qui nous ouvre les bras. La grande réussite de l’Antéchrist est similaire à celle de son Maître l’Adversaire, à savoir de faire oublier qu’il existe et qu’il est à l’œuvre, parfois sous plusieurs visages à la fois. L’Apôtre que Jésus aimait a bien vu que tous les habitants de la terre, dont le nom n’est pas inscrit dans le livre de vie de l’Agneau, s’agenouilleront devant lui et l’adoreront (Évangile selon saint Jean, XIII. 4, 8).
Au risque de lasser, il est bon de répéter que notre foi est eschatologique, qu’elle ne peut être qu’ainsi et que, si elle évite de l’être, elle tourne le dos à Dieu et sert nécessairement celui qui prétend régner à sa place. Il ne faut point attendre que résonnent à nos oreilles les trompettes du Jugement pour s’en soucier. Des hommes comme Leonardo Castellani ou René Girard ont noté combien la singerie divine de l’Antéchrist est un attrape-nigaud très efficace car elle nous persuade que nous sommes tous des victimes et des innocents. Une des pierres angulaires de l’édifice occidental actuel est bien celle-là : adoration de l’homme par l’homme — mais un homme désormais sur la voie du transhumain et du non « genré » — conduisant à une charité universelle de pacotille. Érick Audouard met le doigt sur cette dérive mondialiste maquillée de christianisme vérolé : « On peut l’observer partout : qu’elles soient étatiques ou terroristes, c’est au nom des victimes que les guerres se font et se justifient ; c’est au nom des victimes que se font non seulement les nouvelles représailles, les nouvelles chasses aux sorcières et les nouveaux lynchages, mais aussi le recyclage de toutes sortes de superstitions et d’idolâtries, de toutes sortes de rites et de coutumes que nous pensions relégués sans retour dans l’ignoble vestiaire des féeries archaïques, tels que l’euthanasie, l’infanticide, l’effacement de la différence sexuelle, etc. » (Comprendre l’Apocalypse ) De mauvaises fées se sont penchées sur nous et « réenchantent » le monde avec ces horribles sortilèges que des siècles de christianisme avaient maîtrisés. La Bête se réveille et il semble bien que la plupart des hommes soient prêts à courber la tête, à s’accommoder de ce règne de soufre.
Nous sommes tous sous barbituriques puissants, acceptant sans broncher d’être pucés, surveillés, enfermés, piqués, surpiqués, masqués, démasqués, au bon vouloir des princes de ce monde mis en place par le vote démocratique des peuples déjà acquis à la cause. Les urnes se remplissent et les dépouillements respectueux des règles ne font que confirmer la victoire éclatante de celui qui mène la danse. Nous avons pris l’habitude d’être dépendants de toutes ces drogues administrées largement et sournoisement par des décennies — maintenant plusieurs siècles — de gavage officiel et organisé. Philippe Muray avait dénoncé en son temps — sans toujours les références chrétiennes — la mise en place d’une société fermée sur elle-même, d’une dictature d’autant plus maléfique qu’elle n’utilise plus les armes classiques et émoussées de la tyrannie. Tout doit être indifférencié, mélangé, « mixisé », tourneboulé, empêchant peu à peu toute pensée claire, toute possibilité de réflexion, toute distinction, tout jugement. Il vaut la peine de citer cette litanie eschatologique d’Armand Robin, mort mystérieusement en 1961 alors qu’il combattait l’hydre communiste :
« On supprimera la Foi/ Au nom de la Lumière,/ Puis on supprimera la lumière.
On supprimera l’Âme/ Au nom de la Raison, / Puis on supprimera la raison.
On supprimera la Charité/ Au nom de la Justice/ Puis on supprimera la justice.
On supprimera l’Amour/ Au nom de la Fraternité,/ Puis on supprimera la fraternité.
On supprimera l’Esprit de Vérité/ Au nom de l’Esprit critique,/ Puis on supprimera l’esprit critique.
On supprimera le Sens du Mot/ Au nom du sens des mots,/ Puis on supprimera le sens des mots.
On supprimera le Sublime/ Au nom de l’Art,/ Puis on supprimera l’art.
On supprimera les Écrits/ Au nom des Commentaires,/ Puis on supprimera les commentaires.
On supprimera le Saint/ Au nom du Génie,/ Puis on supprimera le génie.
On supprimera le Prophète/ Au nom du Poète,/ Puis on supprimera le poète.
On supprimera l’Esprit,/ Au nom de la Matière,/ Puis on supprimera la matière.
Au nom de rien on supprimera l’homme ;/ On supprimera le nom de l’homme ;/ Il n’y aura plus de nom ;/ Nous y sommes. » (Le Programme en quelques siècles)
La lettre de soutien du cardinal Pell au au chef de l’Église gréco-catholique ukrainienne
Dans une lettre du 28 février à l’archevêque Sviatoslav Shevchuk, le cardinal australien écrit :
Avec ces quelques mots et la promesse de mes prières, je vous écris pour vous exprimer mon soutien à vous et à tout votre peuple, et en fait à tout le peuple ukrainien, au moment de cette invasion russe illégale et féroce. Je me joins à vos protestations contre cette injustice, et je regrette également l’absence de soutien pour vous tous dans votre souffrance. Unis par notre foi en Christ le Seigneur, par notre amour de Marie la mère de Dieu, et par notre fraternité en Notre Sainte Mère l’Église catholique.

Depuis le 24 février, Mgr Shevtchouk a envoyé des messages quotidiens depuis Kiev, où il s’abrite avec d’autres sous la cathédrale gréco-catholique de la Résurrection.
Irresponsable
Interrogé sur France Info, Bruno Le Maire a joué les va-t-en guerre :
« Nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie« . « Nous voulons viser le cœur du système russe, nous visons Vladimir Poutine, nous visons les oligarques, mais nous visons aussi toute l’économie russe. Et le peuple russe en paiera aussi les conséquences. On ne sait pas faire autrement. »
« Les sanctions doivent frapper vite, frapper fort et on en voit déjà les effets », « le rouble s’est effondré de 30% », « les réserves de change russe sont en train de fondre comme neige au soleil ». « Le fameux trésor de guerre de Vladimir Poutine est déjà réduit à presque rien. Nous allons donc provoquer l’effondrement de l’économie russe ». « Les sanctions sont efficaces, les sanctions économiques et financières sont mêmes d’une efficacité redoutable ».
Dimitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, a rétorqué sur Twitter :
Un ministre français a dit aujourd'hui qu'ils nous avaient déclaré la guerre économique. Faites attention à votre discours, messieurs ! Et n'oubliez pas que les guerres économiques dans l'histoire de l'humanité se sont souvent transformées en guerres réelles
— Dmitry Medvedev (@MedvedevRussiaE) March 1, 2022
En début d’après-midi, Bruno Le Maire a corrigé son propos :
« Le terme de guerre était inapproprié et ne correspond pas à notre stratégie de désescalade. (…) Nous ne sommes pas en conflit contre le peuple russe ».
Les faucons doivent apprendre où il faut savoir s’arrêter pour ne pas finir dans une apocalypse nucléaire. Il ne s’agit pas ici de la Libye, de la Syrie ni du Mali…
L’Ukraine est devenue le foyer improbable pour les dirigeants de l’Etat Islamique fuyant le califat
Intéressant fil sur Twitter, très bien sourcé, qui révèle notamment que le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy ne rate aucune fête islamique pour chanter les louanges de la communauté musulmane. Depuis qu’il est au pouvoir, les islamistes se sentent pousser des ailes et intensifient les actions de l’islamisation de la société. Est-il réellement prudent d’accueillir des réfugiés ukrainiens ?
2/n- Le président Zelenskiy veut rapatrier les autres jihadistes. L'Ukraine, disait-il le 1er janvier 2021 sur Telegram, «ramènera toujours chez elle tous ses citoyens, quels qu'ils soient et où qu'ils soient en difficulté. C'est un axiome.»… https://t.co/vH8iiZ1I2c pic.twitter.com/IS29BqJlSA
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
4/n- On y apprend qu’il a joué un rôle dans les exécutions des kouffar, les décapitations et les opérations terroristes à l’étranger. Après sa fuite via la Turquie, il vivait tranquilou en Ukraine depuis 2 ans. Il a continué à coordonner les opérations terroristes depuis Kiev… pic.twitter.com/lRbXxGC4c5
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
6/n- Le 29/11/2019, @LaCroix s’est intéressé aux combattants tchétchènes et daghestanais installés en Ukraine, «un choix stratégique» après la chute de DAESH et a titré : «Ces djihadistes du Caucase cachés en Ukraine». Là aussi, la corruption est pointée. https://t.co/2P5GpiWx18 pic.twitter.com/KUK5FtmvHv
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
8/n- En octobre 2021, Katerina Sergatskova @KSergatskova, journaliste ukrainienne et rédactrice en chef du site ZABORONA, a publié le livre «Adieu, l’État islamique: seul l’avenir reste». Après 5 ans d’enquête, elle a présenté de nombreux profils jihadistes installés en Ukraine… pic.twitter.com/QM4ebvkES3
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
10/n- Au-delà de la corruption, il conviendrait de comprendre les autres raisons qui convainquent les jihadistes de faire de l’Ukraine une base de repli stratégique en Europe. Pour ma part, l’islamisme d’atmosphère, soutenu par les autorités, fait le nid du jihadisme… pic.twitter.com/nQEdo3dndH
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
12/n- Dans son livre «Les musulmans et la machine de guerre nazie», paru en 2014, l’historien David Motadel a consacré plus de 44 pages à la collaboration des musulmans du Caucase et ceux de la Crimée avec les armées d’Hitler. Cet épisode peut éclairer des enjeux aujourd’hui… pic.twitter.com/maPNaw0lAy
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
14/n- Il y aurait 1M de musulmans en Ukraine, sans compter les clandestins, sur 44M d’habitants. Certes, 2% de la population mais il s’agit d’une minorité active sur le terrain prosélyte. En 1997, 6 ans après l'indépendance, la branche ukrainienne des Frères musulmans est née… pic.twitter.com/OoI2myfWJp
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
16/n- Cette année, plusieurs villes ukrainiennes ont participé à la «Journée mondiale du Hijab», le #hijabday : Kiev, Lviv, Vinnytsia, Kharkiv, Zaporozhye, Dnipro, Kamenskoye. Les manifestations se déroulent "librement" sur la place publique… https://t.co/ffCRAxKsEp pic.twitter.com/kdB7M3JV6y
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
18/n- L'Ukraine récompense le prosélytisme frérosalafiste, comme en 2021, l’administration de Kiev a décerné le prix «Citoyenne de l’année» à l’islamiste Umm Abdullah, Olena Mironenko (олена мироненко), la femme du Frère musulman jordanien Tareq Sarhan…https://t.co/FDlAVaBEw0 pic.twitter.com/BBEOYiLEOL
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
20/n- Avant l’arrivée au pouvoir de Volodymyr Zelenskiy, les Frères musulmans étaient relativement surveillés, comme en 2018, leur «Centre culturel islamique» à Kiev a été perquisitionné. Depuis l’élection de Zelenskiy, l’étau s’est desserré…https://t.co/znMt8z7b7t pic.twitter.com/tRCbPgeu25
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
22/n- Dans l’armée, il y a des islamistes. Depuis 2016, la nationalité n’est plus requise pour s’y engager. En plus des jihadistes de DAESH, l’Ukraine va-t-il devenir une base jihadiste en Europe comme l'Afghanistan ? L’islamisme d’atmosphère y est déjà…https://t.co/IuEH5zX2lg pic.twitter.com/6B1qe1wRPW
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
24/n- Des questions s’imposent surtout que la France veut armer les ukrainiens. Les USA ont commis l’erreur d’armer les Afghans entre 1979 et 1989. Al-Qaïda est née. On se souvient du 11 septembre. Mêmes fautes en Syrie et en Libye. Va-t-on commettre les mêmes fautes en Ukraine ? pic.twitter.com/C2nAeluiKD
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
26/n- La France ne peut pas faire comme si elle ne savait pas. Elle doit œuvrer pour une paix durable. Elle doit mettre les belligérants devant leurs responsabilités. D’un côté comme de l’autre, là-bas comme ici, l’islamisme d’ambiance et son jihadisme n’est jamais une solution. pic.twitter.com/eZ4A3IlhDK
— LOUIZI Mohamed (Unique compte officiel) (@MohamedLOUIZI) February 28, 2022
Patrick Karam à propos des électeurs bidon de la primaire LR : « Je sais ce que j’ai fait, mais je ne le dirai pas »
Patrick Karam (LR) est un des plus proches conseillers de Valérie Pécresse et était responsable de ses réseaux « communautaires » pour la primaire :

Arnaud Murgia, maire LR de Briançon rejoint Emmanuel Macron (encore un!)
Après Renaud Muselier (voir ici), c’est au tour du maire LR de Briançon, Arnaud Murgia, de rallier Emmanuel Macron et LREM :
Mardi 1er mars, l’élu a en effet annoncé sur BFMTV qu’il se rangeait derrière Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle d’avril, et ce dès le premier tour. Le conseiller départemental affirme « ne plus se reconnaître dans sa famille politique ». Surtout, il porte un coup sévère à Valérie Pécresse, donnée troisième dans la plupart des sondages. S’il lui a donné son parrainage, Arnaud Murgia juge qu’elle « n’est plus en mesure d’être au second tour de l’élection présidentielle ».
Le 10 avril à 20h02, Valérie Pécresse appellera à voter Emmanuel Macron…
Ukraine : plus de télé à Kiev, les Russes avancent toujours à l’est et au sud du pays
De Nicolas Hellemme :
Ce 1er mars, le front ukrainien à l’est du pays et au sud a continué à s’effondrer, tandis que les Russes ont pris le contrôle de presque toutes les côtes de la mer d’Azov (sauf la ville de Marioupol encerclée), et poursuivi leur progression vers Odessa et le centre du pays. Après avoir prévenu les civils, l’armée russe a détruit la tour TV de Kiev d’une seule frappe, bloquant la diffusion des principales chaînes télévisées ukrainiennes.

Ce 1er mars à midi, la mer d’Azov était devenue une mer intérieure russe, avec une poche ukrainienne à Marioupol. Autour, les forces de la république de Donetsk (DNR) et russes s’étaient rejointes, et l’armée DNR avançait aussi dans le bourg de Volnovakha où des unités ukrainiennes étaient cernées depuis la veille.
Au sud de l’Ukraine, les Russes ont pris dans la nuit et la matinée le contrôle de l’aéroport de Kherson, puis dans la journée du centre-ville et de la gare. Deux convois blindés russes ont aussi dépassé Kherson, l’un pour aller vers le centre industriel de Krivoj Rog, l’autre dans la direction de Nikolaiev puis d’Odessa.

A l’est du pays, les combats se sont poursuivis dans Kharkov. Une frappe, dont on ne sait encore si elle est ukrainienne ou russe, a eu lieu sur la préfecture qui abritait les civils armés de roquettes antichar et fusils d’assaut. Au sud-ouest de Kharkov, les forces russes ont poursuivi leur avance vers le Donbass en approchant d’Izioum et de Lozovaya – un groupe armé ukrainien important est retranché et presque cerné dans l’agglomération de Slaviansk et Kramatorsk.
Tout à fait à l’est, les forces de la république de Lougansk (LNR) ont libéré le nord de la région de Lougansk et encerclé les ukrainiens à Svatovo. Elles sont aussi en train de compléter l’encerclerclement de près d’un millier de soldats ukrainiens retranchés dans l’agglomération de Lisitchansk – Severodonetsk, où des positions blindées ont été établies dans des immeubles d’habitation et entre eux.
A 15h30 ce 1er mars, la Russie annonce avoir détruit 1325 objectifs militaires ukrainiens, dont, cette nuit, un dépôt de munitions dans la région de Tcherkassy, une station radar militaire près de Kiev, la tour de contrôle d’un aéroport militaire près de Nikolaiev, un site de lancement de missiles DCA près d’Izmail, sur le Danube. Depuis le début de l’opération, 395 chars ukrainiens ont été détruits, 286 canons autoportés, 59 lances-roquettes multiples, 179 chars et obusiers.
Un premier échange de prisonniers a eu lieu entre les belligérants dans la région de Sumy – un officier russe a été échangé contre 5 soldats et officiers ukrainiens. Plus d’un millier de soldats ukrainiens de diverses unités se sont rendus aux troupes russes ou du Donbass depuis le début des hostilités, et plusieurs milliers d’autres ont déserté – ainsi, les frontières de l’Ukraine avec la Biélorussie et la Russie ne sont quasiment plus gardées.

Général (2S) Desportes : « L’OTAN est une menace. Elle nous donne une illusion de défense et fait baisser nos budgets militaires »
Démonstration du général (2S) Desportes qui laisse pantois les journalistes :
"L'#OTAN a accru les tensions en Europe.
L'OTAN nous donne une illusion de défense et fait baisser nos budgets militaires.
Il est temps de retrouver une souveraineté et une autonomie."
Masterclass du Général Vincent Desportes pic.twitter.com/d13KGtQQ0i— Caisses de grève (@caissesdegreve) February 28, 2022
Eric Zemmour, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan obtiennent plus de 500 parrainages
Ils peuvent donc tous les trois concourir à la présidentielle. Le décompte final se fera vendredi prochain et le nombre de parrainage va donc encore augmenter. A ce jour, Marine Le Pen obtient de justesse 503 signatures d’élus, Nicolas Dupont-Aignan 532 et Eric Zemmour réalise l’exploit d’atteindre 620.
Eric Zemmour est dans une véritable dynamique sur les derniers décomptes en passant de 41 le 19/02, 59 le 22/02, 65 le 24/02 et surtout 205 le 1er mars.
Le ralliement de Stéphane Ravier, la décision de François-Xavier Bellamy et de 6 sénateurs LR de lui apporter leur parrainage ont sans doute été déterminants.

Les adhérents du parti de Florian Philippot se prononcent à plus de 40% en faveur d’Eric Zemmour
Florian Philippot s’étant retiré de la course à la présidentielle faute du nombre suffisant de parrainages avait annoncé qu’il consulterait ses adhérents :
L’ancien numéro 2 du Front National avait alors instauré une consultation interne pour savoir si ses militants (36 500, officiellement) souhaitaient apporter leur soutien à un candidat, et lequel. Deux semaines plus tard, les adhérents des Patriotes se sont majoritairement prononcé en faveur d’Éric Zemmour. Selon le communiqué du mouvement, les résultats du vote accordent 40.46 % à l’option d’un soutien à Zemmour, 28,65 % à Nicolas Dupont-Aignan, 15,81 % à aucun candidat et 6.57 % à Marine Le Pen. Les instances nationales des Patriotes devraient prochainement se réunir pour tirer les leçons de cette consultation.
Le résultat ne paraît guère surprenant, même si le candidat de Reconquête n’a jamais proposé de sortir de l’Union Européenne dans son programme, là où Philippot se présente comme un chantre du Frexit. Zemmour a déjà attiré plusieurs ralliements de la part des déçus de Marine Le Pen, dont fait assurément partie Florian Philippot. En novembre 2021, l’Express annonçait d’ailleurs que son propre frère, Damien Philippot, officiait comme expert des sondages pour l’ancien polémiste.
Même si l’ancien député européen ne représente qu’1 % des voix selon les sondages, ce ralliement est une nouvelle victoire symbolique pour Éric Zemmour.
Crise ukrainienne : analyse du général (2S) Lalanne-Berdouticq
Voici un document rédigé par le général (2S) Lalanne-Berdouticq le 25 février dernier. Ancien directeur de stage à l’Institut des Hautes Études de la Défense nationale (IHEDN), ce général est l’auteur de plusieurs ouvrages mais aussi de plusieurs interventions de haute volée dans le cadre de ses fonctions.
Chers amis, Quelques-uns parmi vous m’ont demandé de leur faire part de mes premières estimations concernant la guerre qui vient d’être déclenchée en Ukraine par l’offensive de l’armée russe le 24 février à 4 heures du matin. Je les remercie de m’avoir conservé leur confiance car je faisais partie de ceux qui, nombreux, ne croyaient pas à une offensive massive sur l’Ukraine tant ses aléas sont grands vus sur le long terme.
Nous verrons rapidement les causes lointaines, les causes proches et ce qu’il me semble important des causes immédiates de cette offensive aux développements et aux imprévisibles conséquences.
*Les causes lointaines*
Nul ne peut contester que l’Ukraine et la Russie, si elles ne sont pas strictement le même pays, sont indissolublement liées par l’histoire. La Russie fut créée à Kiev au IXe siècle après les invasions mongoles et l’on parla d’abord de « Russie kiévienne », des siècles avant de parler de « Russie moscovite ». Un Ukrainien est chez lui en Russie, comme un Russe l’inverse. C’est un fait et Poutine, comme tout Russe pénétré de patriotisme en est convaincu, avec raison.
’Ukraine fut indépendante au sens juridique du terme pendant très peu de temps de sa longue histoire et je me rappelle ce général ukrainien nous faisant à Kiev un exposé sur ses forces armées, alors que je participais à un voyage militaire en 1994. Il nous dit : « Depuis 1991 c’est la troisième fois que l’Ukraine est indépendante. Je ne sais combien de temps elle le restera ; nous verrons ». De fait elle le fut entre 1918 et 1921 suite à une décision de Lénine, une autre fois, nommément, dans les années 1941-43 après l’attaque allemande, et enfin depuis 1991 après la chute de l’URSS. Il se peut donc que cette troisième indépendance ait pris fin le 24 février 2022.
Toujours est-il que, vu de Moscou, Kiev n’est pas une capitale nationale mais la capitale de la première Russie et celle d’une sorte d’État-province intrinsèquement lié à la Russie.
Dernière des causes lointaines de cette guerre : l’effondrement de l’URSS en 1991 conséquence de la chute du Rideau de fer en novembre 1989.
1991 fut vécu par tous les patriotes soviétiques qui pour beaucoup n’étaient en fait que des patriotes russes, comme la plus grande catastrophe du siècle. La « Deuxième puissance du monde », militairement et diplomatiquement parlant, était rayée de la carte et ne comptait plus sur l’échiquier mondial. Cet immense ensemble eurasiatique (qui, ne l’oublions jamais, s’étend sur ONZE fuseaux horaires, de Kaliningrad sur la Baltique au détroit de Behring) allait s’enfoncer dans une crise dont nous n’avons pas mesuré l’insondable profondeur et la dramatique intensité pour les populations russes et associées.
L’Occident de son côté se réjouissait avec raison. En effet, comment ne pas avoir été euphorique, en voyant enfin « l’Europe respirer de ses deux poumons » (selon Jean-Paul II), libérée de l’occupation ou de la tutelle soviétique et renouer avec l’Ouest qui avait quant à lui préservé sa liberté. Polonais, Hongrois, Tchèques et Slovaques, Roumains et Bulgares rejoignirent ensuite plus ou moins rapidement l’Union européenne. Cependant les vainqueurs, tout enivrés de leur succès qui était plus dû à l’effondrement de leur adversaire qu’à leurs propres efforts, se montrèrent incapables de dominer leur sentiment de victoire et humilièrent leur ancien ennemi, Moscou. Tragique erreur.
*Les causes proches*
Sans entrer dans le détail car nous manquons de temps, il convient de se souvenir des conditions de la réorganisation de la nouvelle Europe. Me trouvant à l’École de guerre à cheval sur la « Chute du mur » (89) et les débuts de cette période, j’en ai un souvenir précis.
La terreur des alliés de l’OTAN vainqueur était alors le devenir des moyens de la puissance nucléaire russe déliquescente. Que deviendraient les centaines de missiles sol-sol russes stationnés au Kazakhstan et en Ukraine ? Que deviendraient les centaines de missiles mer-sol des Flottes du Nord et du Pacifique si le pouvoir moscovite s’effondrait complètement ? Il s’agissait de plus de trois mille têtes nucléaires, dont des centaines mégatonniques (puissance de la bombe d’Hiroshima : 20 000 tonnes d’équivalent TNT. Les Russes possédaient en 1991 certaines têtes d’une puissance de 20 MILLIONS de tonnes d’équivalent TNT). Or, si les missiles et leurs têtes étaient stationnés pour certains hors de la nouvelle Confédération des États indépendants, le système de déclenchement et de contrôle des frappes résidait heureusement à Moscou.
C’est donc bien avec Moscou qu’il fallait traiter avant que tout s’effondre (Il se révéla que jamais le contrôle des missiles n’échappa au pouvoir central et qu’aucune tête ne tomba entre des mains indésirables, par exemple des trafiquants internationaux voulant monnayer sa matière fissile. Toute mise en œuvre de ces têtes étant techniquement impossible, la matière fissile aurait pu être utilisée pour confectionner un « bombe sale » irradiant une région après dispersion de cette matière hautement radioactive).
Il fut donc convenu avec Gorbatchev, mais sans qu’un traité en bonne et due forme soit signé, que s’il acceptait de rapatrier ses têtes nucléaires et de démanteler sur place les missiles stationnés à l’extérieur, les Alliés n’étendraient pas ensuite l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie ou de son « Étranger proche », autrement dit de son « glacis vital » tel que conçu par Moscou. Ce glacis vital comprend : les pays baltes, la Biélorussie, l’Ukraine et la Transcaucasie dont entre autres la Géorgie. Il fut de plus convenu que les Occidentaux gratifieraient la Russie d’une sorte de Plan Marshall pour l’aider à se reconstruire.
Or, profitant de l’état de faiblesse extrême de la Russie, les Alliés ne tinrent pas parole et, non contents de leur victoire, ils allèrent jusqu’à humilier gravement leur ancien adversaire et en quelques années tous ces pays sauf l’Ukraine et la Géorgie rejoignirent l’alliance.
Gorbatchev passa la main à Boris Eltsine qui assista à la dissolution de la puissance soviétique redevenue russe. Les industries passèrent entre les mains de bandits sans scrupules, la population creva de faim, l’Armée rouge n’était plus que l’ombre d’elle-même après avoir évacué en bon ordre et sans incidents la totalité de l’Europe orientale anciennement occupée. De retour en Russie, les divisions qui avaient échappé à la dissolution campaient parfois en pleine nature, sans casernement, et devaient nourrir leurs hommes grâce aux potagers et autres culture vivrières organisées par les soldats. Les officiers, seigneurs de l’ancien régime, devaient subsister en vendant leur matériel et parfois leur équipement personnel (J’ai souvenir, lors de ce même voyage en Ukraine de 1994, des officiers et soldats de la Garde venant juste de terminer devant nous une belle démonstration d’ordre serré, puis proposant de nous vendre leurs bottes, leurs ceinturons et autres casquettes de parade. Dramatique !).
La grande Russie était à terre et les Américains ainsi que leurs alliés la frappaient du pied. Aucune aide financière ou économique ne fut organisée. L’ambassadeur américain à Moscou faisait passer des notes comminatoires au ministère russe des Affaires étrangères plusieurs fois par semaine afin que la politique du Kremlin soit favorable aux intérêts de Washington (Témoignage d’un diplomate russe devenu ambassadeur ultérieurement).
En 2000 Vladimir Vladimirovitch Poutine, ancien officier supérieur du KGB arriva au sommet du pouvoir et succéda donc à Eltsine, après que ce dernier eut courageusement résisté à une tentative de coup de force d’une partie de la garnison de Moscou, excédée par la faiblesse de l’État et sa corruption. Les anciens membres des « Organes de force » de l’ex-URSS prirent donc en mains les destinées du pays. Ils étaient, c’est un fait, les seuls à posséder la discipline, la volonté et le patriotisme nécessaires pour mettre un terme à cette chute vers le néant. De plus ils étaient les seuls à connaître la vérité sur la situation de leur pays et celle de l’étranger, vérité inconnue du grand public du temps de l’URSS.
S’en suivit une remise en ordre, lente mais méthodique, menée sans pitié pour certains « oligarques » qui s’étaient trop visiblement enrichis au détriment du bien public. D’autres furent épargnés et retournés, rendus raisonnables à la vue du sort réservé à ceux qui se croyaient suffisamment puissants pour résister aux nouvelles autorités. La prison, le « camp à régime sévère » du côté d’Arkhangelsk, voire la mort « accidentelle » étaient alors le lot des récalcitrants.
Hébétée de souffrances et de privations, la population russe, consultée à plusieurs reprises lors d’élections qui n’avaient pas besoin d’être truquées pour se montrer favorables au pouvoir, se rallia dans ses grandes masses à Poutine et Medvedev, son Premier ministre.
Cependant, non contents d’avoir terrassé le géant, les Alliés mais surtout les Américains, non seulement favorisèrent l’entrée dans l’OTAN des anciens membres extérieurs du Pacte de Varsovie mais s’engagèrent dans le démantèlement de la Yougoslavie. Le pire fut commis en 1999 lors de la campagne du Kosovo sur laquelle nous reviendront car elle est la matrice de la contrattaque russe.
Mieux, les Alliés imaginèrent de changer le régime politique de certains des pays du « glacis vital » russe au nom du « devoir d’ingérence » pour étendre leur propre vision de la démocratie. C’est ainsi que furent favorisées, voire organisées, par les services spéciaux américains et britanniques, les « révolutions de couleur » qui virent arriver au pouvoir, à Kiev mais aussi ailleurs, des hommes favorables à Washington et plutôt hostiles à Moscou. Ainsi, un pouvoir très favorable à l’ouest fut-il élu à la tête de ce pays en 2013 après les « événements de la place du Maïdan » après la « Révolution orange ».
Pour Moscou, les choses ne pouvaient pas durer longtemps ainsi sans réaction.
*Les causes immédiates*
Il se trouve que, saisis du complexe commun aux grandes puissances s’aveuglant elles-mêmes, les États-Unis et leurs alliés ne tinrent pas compte de plusieurs avertissements pourtant clairs et qu’avaient bien distingués de nombreux observateurs, dont l’auteur de ces lignes.
En 2007 le président Poutine avertit le monde en disant au cours d’un discours solennel que la Russie avait terminé de reculer et qu’il faudrait de nouveau compter avec elle.
Malgré des finances encore précaires mais s’appuyant sur ses grandes ressources en gaz, pétrole (la Russie est le troisième producteur mondial depuis la destruction de l’Irak par les Américains) et métaux rares, la Russie, qui avait remis en ordre ses forces armées, commença de mettre en œuvre un ambitieux effort de réarmement. Une nouvelle classe de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) fut, par exemple, mise en chantier. De même des avions de combat de cinquième génération furent-ils mis au point puis construits tandis que les forces terrestres recevaient des matériels de haute qualité, pour certains parfaitement innovants. C’est le cas du système de défense antiaérien S-400, actuellement sans équivalent dans le monde.
Parallèlement, et forts de leur victoire supposée, les alliés, dont la France, baissèrent la garde et désarmèrent (en application de l’irresponsable incitation de M. Fabius à « engranger maintenant les dividendes de la paix », l’armée française se trouva réduite de 350 000 hommes à moins de 120 000, c’est-à-dire la moitié des effectifs dont disposait le roi Louis XV trois siècles auparavant et alors que le pays était passé de 22 millions d’habitants à 65), tout en réduisant drastiquement les budgets consacrés à la recherche et au développement (R&D) d’armements nouveaux. Les Américains, qui avaient « besoin d’ennemis pour faire survivre l’OTAN », s’étaient lancés dans leurs « Guerres folles ». Des Balkans (1995 puis 1999) à l’Afghanistan (2001) ou l’Irak (2003) et malgré les 750 milliards de dollars consacrés chaque année à leurs moyens militaires, ils s’engluèrent sur ces théâtres d’opération où aucune victoire n’était possible.
Ces « guerres folles » leur coûtèrent 6000 milliards de dollars sans parler des pertes humaines chez eux et surtout chez leurs adversaires, chez lesquels ils semèrent une haine inextinguible. Dans le même temps toujours, ils abandonnèrent de facto l’Europe, n’y laissant que 30 000 hommes sur les 220 000 qu’ils y maintenaient en 1991. Leur souci les portait vers l’océan Pacifique et les ambitions chinoises.
*La « jurisprudence Kosovo » (d’après le titre d’un article signé par l’auteur de ces lignes)* C’est là qu’il faut revenir sur l’affaire du Kosovo. Je me rappellerai jusqu’à la fin de mes jours cet entretien avec un colonel serbe de Bosnie en avril 1999, tandis que les avions de la coalition otanienne bombardaient la Serbie et le Kosovo, sans mandat de l’ONU, sans que la Serbie ait attaqué l’un des membres de l’alliance et au motif fallacieux d’un génocide inexistant (pendant 78 jours, avec parfois 800 sorties quotidiennes, avant une invasion terrestre forte de 46 000 hommes. Le dirigeant serbe Milosevic fut ensuite arrêté puis traduit devant une cour de justice internationale qui le condamna à la prison à vie. Il mourut en prison).
J’assumais alors des responsabilités importantes en Bosnie. Ulcéré par ce qui se passait dans son propre pays cet officier avec lequel j’entretenais des relations courtoises malgré nos positions respectives, me dit d’un air où pointait la commisération : « Vous n’avez aucune idée, j’insiste, aucune idée de la manière dont nous, les orthodoxes, allons vous faire payer cette guerre du Kosovo ! Un jour vous allez la payer au centuple ».
Démontrons combien il avait raison.
En août 2008, s’appuyant sur le fait qu’en Géorgie les Ossètes du sud et les Abkhazes, majoritairement russophones, demandaient leur rattachement à la Russie, l’armée de Poutine prit en mains ces deux provinces, déclarées indépendantes et qui demandaient le secours de la Russie. Sans l’intervention du président Sarkozy, certainement décisive, les chars russes auraient pris Tbilissi.
L’OTAN ni aucune autre nation ne réagit militairement à ce coup de force qui s’appuyait sur les mêmes principes que ceux excipés à propos du Kosovo. Ils protestèrent alors violemment au nom des principes qu’ils avaient eux-mêmes violés neuf ans auparavant, mais évidemment sans succès.
En 2014 les Russes récupérèrent la Crimée, dont le port de Sébastopol, siège de leur Flotte de la Mer Noire, leur était vital. Cette province n’avait été cédée par Khrouchtchev à l’Ukraine qu’en 1955 dans le cadre d’une URSS triomphante et sure d’elle-même. La Crimée n’avait jamais été ukrainienne puisqu’avant d’être devenue russe par la conquête de Catherine II, elle était ottomane depuis des siècles. Un referendum organisé par Moscou obtint une majorité écrasante pour son rattachement à la Russie, 85% de la population y étant russophone. La consultation avait été contrôlée sur place par des observateurs étrangers. Jurisprudence Kosovo toujours mais sans effusion de sang cette fois.
Simultanément des partisans séparatistes des deux provinces du Donbass en Ukraine déclenchaient une insurrection dans cette partie du pays très majoritairement peuplée de russophones. Moscou leur apporta un soutien direct, au nom des principes du Kosovo et envoyèrent même des « volontaires civils » appuyer les insurgés.
Les réactions de la « Communauté internationale » ne furent une nouvelle fois que de principe, occupée qu’elle était par des débats internes sybaritiques, et elle se cantonna aux grands principes de droit tel qu’elle le concevait pour les autres.
Des accords de cessez-le-feu furent signés à Minsk en 2014 puis 2020 qui disposaient que les deux soi-disant républiques du Donbass disposeraient d’une autonomie importante par rapport à Kiev, qui y autoriserait entre autres le russe comme langue officielle. Kiev refusa de ratifier ces accords mort-nés et le front se gela autour d’accrochages sporadiques et de tirs d’artillerie de harcèlement qui occasionnèrent des centaines, peut-être des milliers de tués (On parle de 14 000 morts, chiffre absolument invérifiable, comme ceux de nombreux autres conflits).
Devant l’impuissance de la « communauté internationale » à employer la force quand elle l’aurait dû selon ses propres critères, devant le « deux poids deux mesures » des jugements moraux portés sur l’action de la Russie restaurée dans sa puissance, Poutine comprit qu’il avait le champ libre et qu’au demeurant l’OTAN ne ferait pas tuer un soldat pour entraver son action dans son « étranger proche ».
Le 29 septembre 2015 le monde fut stupéfait des événements de Syrie. La Russie y frappa brusquement certaines positions islamistes de toute la puissance de ses missiles (y compris tirés de submersibles à la mer) et de ses avions d’arme. En quelques jours cette action renversa la situation qui prévalait à Damas dont le régime, à bout de souffle, fut sauvé. Non seulement Assad, épuisé, fut conforté, mais l’espoir changea de camp et aussi bien Daech que les islamistes de toute sorte, y compris les soi-disant « modérés » se trouvèrent rapidement en infériorité, voire écrasés. En quelques semaines l’armée et la détermination russes avaient changé le cours de l’histoire. Avec de petits moyens (4000 hommes et moins de 50 avions), les Russes donnaient une leçon de stratégie appliquée aux Américains et à leurs alliés qui étaient engagés sur ce théâtre depuis quatre ans sans résultat décisif. Par ailleurs la marine russe revenait en Méditerranée de manière significative.
Militairement et donc diplomatiquement, la Russie était victorieusement de retour et démontrait de nouveau sa puissance et son intelligence de situation.
Enfin, la déconfiture absolue de l’évacuation de Kaboul par les Américains le 15 août 2021, avec l’abandon en rase campagne de l’armée afghane, d’un matériel énorme, de son gouvernement « démocratiquement élu » et de ses alliés otaniens ou non, finirent de convaincre Poutine que la puissance américaine n’était plus qu’une apparence et que leurs dirigeants étaient dénués du nerf de toute action : le courage, la détermination dans la vision de long terme et l’absence de crainte des pertes humaines.
*La guerre en Ukraine*
Au petit matin du 24 février 2022, le président russe passa outre les avertissements et les menaces de sanctions. Il savait qu’aucun soldat occidental ne viendrait verser son sang pour défendre Marioupol ou même Kiev et ne s’était pas laissé impressionner par les légitimes tentatives d’apaisement prodiguées par le président Macron qu’il humilia au travers d’un protocole digne de la Chine impériale du XVIIe siècle.
Après un discours d’une rare clarté il engagea ses forces sur trois directions stratégiques et avec trois buts concomitants, le centre de gravité du conflit se trouvant à Kiev.
Ses objectifs semblent les suivants :
– Détruire l’appareil militaire ukrainien en vue de « finlandiser » ultérieurement ce pays puisque l’OTAN et les Chancelleries occidentales refusent depuis des années de s’engager à ce que l’Ukraine ne rejoigne pas l’alliance.
– Soutenir les républiques séparatistes du Donbass, dont il a reconnu l’indépendance et qui l’ont « appelé à l’aide », légitimant ainsi en droit international cette intervention, selon une conception cette fois plus solide que la « jurisprudence Kosovo » appliquée jusqu’alors dans le Caucase et en Crimée.
– Enfin et surtout, défaire le pouvoir politique de M. Zelenski, dont il considère qu’il est issu des suites du « coup de force de Maïdan » de 2013, plus ou moins organisé par les services occidentaux.
Il promet également une « dénazification » de l’appareil politique ukrainien, s’appuyant sur le fait que certains des partisans de M. Zelenski appartiendraient à des groupes se réclamant de « l’extrême droite à sympathies nazies » (il y a là une contradiction quand on sait que M. Zelenski est lui-même juif). Ce dernier but sous-entendrait le projet d’une longue occupation du pays et d’une épuration de ses élites.
*L’avenir ?*
Comme le disait un auteur non dénué d’humour, « il est difficile de prévoir l’avenir, surtout quand il s’agit du futur ». Néanmoins on peut s’y risquer.
Nul doute que l’armée russe vaincra la résistance des forces militaires ukrainiennes car le déséquilibre est trop grand entre elles.
Il est encore trop tôt pour être certain que les buts politiques de Poutine seront atteints et qu’il réussira à installer un pouvoir à sa main en Ukraine, dont les sentiments antirusses ont explosé dans toute la partie du pays située à l’ouest du Dniepr.
Enfin il est probable que les « républiques populaires du Donbass » seront durablement détachées de l’Ukraine ne serait-ce que par le poids des Russophones en leur sein.
Quant à savoir si Poutine, qui pourrait bien avoir été saisi de paranoïa suite à ses succès et à la restauration de la puissance russe en vingt ans, n’a pas commis une erreur terrible et mal calculé les conséquences à long terme de cet énorme coup de force en plein continent européen, c’est une autre histoire.
Je pensais quant à moi qu’une invasion violant si outrageusement le droit international et les principes westphaliens et issus des traités post 1945 (que l’affaire du Kosovo violait tous également !) n’aurait pas lieu et qu’il se contenterait d’un appui militaire officiel aux provinces du Donbass en application du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Le coup de semonce me semblait suffisant pour réveiller nos chancelleries qui avaient oublié le tragique de l’histoire et la vertu de la force.
Ce n’est pas le cas et l’on est passé de la semonce au tir direct.
Poutine, homme d’État sans équivalent sur le continent depuis De Gaulle ou Thatcher, sera-t-il un nouveau tyran qu’il faudra un jour abattre au prix d’immenses souffrances, tel un Hitler, ou bien reprendra-t-il ses esprits ?
Ou bien encore, ayant gagné sur tous les plans, la sagesse le saisira-t-elle et se contentera-t-il d’assister aux renoncements d’une Europe désarmée, repentante, envahie de peuples allogènes qui la haïssent, qui se meurt de dénatalité et de consumérisme sans espoir ?
L’avenir le dira. Il a rarement été aussi incertain et peut se révéler très dangereux, voire mortel, si quelque affreux dérapage comme l’histoire en a connus se terminait en échange nucléaire.
Participez à la chaîne de messes pour la France
La Fraternité Saint-Pierre lance une grande chaîne de messes pour la France :
À quelques semaines des échéances électorales, il convient de recentrer le débat et ne pas oublier l’essentiel.
Car la défense des valeurs de l’Évangile doit rester une priorité dans le débat public : la question politique ne peut s’affranchir du respect des valeurs humaines, morales et sociales qui doivent gouverner notre société.
Par ailleurs il faut se souvenir des grands Saints qui ont fait la France afin qu’elle reste fidèle aux promesses de son baptême.
Pour cela, et en se souvenant que « toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas à la sainte messe car elles sont les œuvres des hommes, et que la messe est l’œuvre de Dieu », la Fraternité Saint-Pierre lance une grande chaîne de messes pour la France.
Afin de confier notre pays à Dieu, en présentant la prière la plus parfaite, afin d’obtenir les grâces dont notre pays a besoin,
Associez-vous à la chaîne de messes pour la France !
Les valeurs qui nous distinguent de Poutine…
Selon le chef du MI6 (Secret Intelligence Service) :
Introducing P: “I had to move for the job when I joined #MI6, so I was relieved to find out there was an LGBT+ network group. Through the group I’ve made some great friends in the office, and it’s reassuring to know it’s there for support if I need it.”
— Richard Moore (@ChiefMI6) February 25, 2022
Avec la tragédie et la destruction qui se déroulent de manière si pénible en Ukraine, nous devons nous souvenir des valeurs et des libertés durement acquises qui nous distinguent de Poutine, rien de plus que les droits LGBT+. Reprenons donc notre série de tweets pour marquer #LGBTHM2022. « J’ai dû déménager pour le boulot quand j’ai rejoint le #MI6, donc j’ai été soulagé d’apprendre qu’il y avait un groupe du réseau LGBT+. Grâce au groupe, je me suis fait de très bons amis au bureau, et c’est rassurant de savoir qu’il est là pour me soutenir si j’en ai besoin.
Le pèlerinage de Chartres aura bien lieu à la Pentecôte
Message de Jean de Tauriers, président de l’association Notre-Dame de Chrétienté :
Les pèlerins pourront s’inscrire à partir des Rameaux.
Ceux qui souhaitent faire le pèlerinage dans les équipes soutiens peuvent écrire dès maintenant à [email protected] pour s’inscrire dans les équipes logistique, service d’ordre, clergé-cérémonies ou santé, nécessaires à la réussite de ce 40e pèlerinage de Pentecôte.
Appel du Saint-Synode de l’Église orthodoxe ukrainienne du 28 février
Lu ici :
Bien-aimés en Christ, Évêques, Pères, Frères et Sœurs !
Cher peuple Ukrainien !
C’est avec chagrin et douleur que nous voyons la guerre arrivée sur notre sol ukrainien natal. De dures épreuves nous ont tous frappés. Les combats entre les troupes de la Fédération de Russie et les Forces armées ukrainiennes se poursuivent presque dans toute l’Ukraine, des soldats et des civils meurent, le nombre de réfugiés s’accroît. Placer les armes nucléaires en un état d’alerte élevé remet en question le futur de l’humanité. Dans une situation aussi difficile, nous vous appelons tous à être courageux, à prier et à s’unir pour la défense de notre Patrie.
En nous adressant aujourd’hui à tous , nous voulons témoigner que nous vous respectons et prions pour vous car en risquant votre vie vous témoignez de la façon dont vous pouvez accomplir les paroles de notre Seigneur Jésus-Christ : Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jean 15:13).
Pour notre part, nous confirmons une fois de plus que l’Église orthodoxe d’Ukraine a toujours soutenu et continue de soutenir la souveraineté de l’État et l’intégrité territoriale du pays. Nous partageons pleinement la douleur et la souffrance de notre peuple. En ces jours difficiles des prières intenses s’élèvent dans toutes les églises et monastères de notre Église pour la fin de la guerre et le rétablissement de la paix en Ukraine.
Avec la bénédiction de Sa Béatitude le Métropolite Onuphre les diocèses et les monastères apportent toute l’ assistance possible aux réfugiés et à tous ceux qui ont souffert des hostilités. Nos temples sont ouverts 24 heures sur 24 pour ceux qui ont besoin d’être protégés des bombardements. L’Église orthodoxe d’Ukraine suit sa mission : aider constamment tous ceux qui en ont besoin.
Conscients de notre responsabilité spirituelle, nous nous tournons aujourd’hui vers Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Votre Sainteté! Nous vous demandons d’intensifier votre prière pour le peuple ukrainien qui souffre depuis longtemps, de vous prononcer sur la cessation des effusions de sang fratricides sur le sol ukrainien et d’appeler les dirigeants de la Fédération de Russie à arrêter immédiatement les hostilités qui menacent déjà de se transformer en guerre mondiale.
Nous lançons également un appel au président ukrainien Volodymyr Zelensky et au président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine. Au nom de plusieurs millions de fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine nous vous demandons de faire tout votre possible pour mettre fin à l’affrontement armé entre nos deux peuples frères et lancer un processus de négociations. Cette terrible guerre a déjà porté un coup dur aux relations entre les peuples ukrainien et russe. Si l’effusion de sang n’est pas arrêtée, le gouffre entre nos peuples pourrait subsister à jamais.
Peuple ukrainien, frères et sœurs ! Nous espérons que le bon sens prévaudra et que cette guerre se terminera bientôt. Nous demandons à chacun de vous de maintenir la paix et de ne pas céder aux provocations. Aidez-vous les uns les autres, prenez soin les uns des autres. Il est également important de ne pas attiser l’hostilité. Ce n’est que dans l’unité que réside notre force. Nous prions le Seigneur d’éclairer les dirigeants avec la lumière de Sa grâce. Nous croyons que le Seigneur entendra notre prière et nous pardonnera nos péchés.
Et dans un avenir proche, la paix de Dieu régnera à nouveau sur notre terre ukrainienne bénie !

