La loi contre le séparatisme, une loi totalitaire et inutile
Eglise universelle : La loi contre le séparatisme, une loi pour rien
Jean-Frédéric Poisson, président de « Via. La voix du peuple », analyse la loi votée en première lecture par l’Assemblée nationale le 16 février, « contre le séparatisme ». Après avoir rappelé les intentions affichées de ce texte, il en démontre le caractère totalitaire et inutile. Au-delà d’avoir provoqué la levée de bouclier de toutes les autorités religieuses contre lui, ce texte ne traite pas la question de fond qui est celle de la compatibilité de l’islam avec notre civilisation.
Eglise en France : Nouvelle baisse des ordinations sacerdotales en 2020
L’abbé Barthe analyse les données rassemblées par le site laveritedeschiffres.net sur les ordinations sacerdotales de prêtres français en 2020. Le constat est accablant : 91 prêtres français, diocésains ou équivalents, ont été ordonnés dans le même temps où il en décédait de l’ordre de 800. Inexorablement, l’Eglise de France s’achemine vers une Eglise sans prêtre alors que, globalement, l’épiscopat français refuse de remettre à l’ordre du jour les méthodes traditionnelles qui permettent à l’infime minorité des communautés attachées à la Forme Extraordinaire du Rite Romain de fournir 20% des ordinations annuelles.
Eglise en Marche : Le film Saint Augustin en DVD
Grâce à Saje Distribution, le film de Christian Duguay : « Saint Augustin » est disponible en DVD depuis le 26 février. Jean-Damien Bouyer nous présente ce film qui fut un immense succès en Italie – 7 millions de vue sur la RAI – et fournit les informations pour se procurer ce passionnant récit de plus de trois heures dans lequel nous voyons évoluer plusieurs saints, aux profils différents mais tous attachants : Augustin, Monique et Ambroise.
Prières à saint Joseph
L’abbaye Saint-Joseph de Clairval publie, à l’occasion de l’année consacrée à saint Joseph, un recueil de prières intitulé Salut, Gardien du Rédempteur !, illustré par des enluminures réalisées par une moniale de l’Abbaye Notre-Dame de Fidélité à Jouques. On trouve ainsi
- Prières du Pape François
- Litanies de saint Joseph
- Le ‘Souvenez-vous’ à saint Joseph
- A saint Joseph, modèle des travailleurs
- Prière de saint François de Sales
- Pour connaître sa vocation
- Pour les enfants à naître
- Consécration de la famille à Marie et à Joseph
- Pour un malade
- Pour obtenir la pureté
- Pour demander la grâce d’une bonne mort
- Ave Joseph
- Prière pour la France
- En l’honneur des sept douleurs et allégresses de saint Joseph
- Pour une neuvaine
Un outil utile pour aborder le mois de mars, consacré à saint Joseph.
La prière peut-elle changer le monde ?
Aymeric Pourbaix reçoit le père Renaud Saliba, recteur du sanctuaire de Pontmain, Ariane Lamy, paroissienne à l’église Sainte-Cécile à Boulogne-Billancourt, Arnaud de Beauchef, auteur de “L’oraison pour tous“, ainsi que Véronique Jacquier, qui aborde notamment l’exemple de sainte Thérèse d’Avila.
« Eclairs de Sainteté », un site de spiritualité catholique
Un nouveau site internet vient de voir le jour intitulé Eclairs de sainteté. Nous avons interrogé la personne qui l’administre :
Vous avez créé un site internet intitulé “Eclairs de Sainteté”. Que peut-on y trouver ?
« Eclairs de Sainteté » est un site catholique, de spiritualité, proposant régulièrement des extraits d’écrits de saints et de docteurs de l’Eglise, de topos d’abbés, parfois d’homélies, de livres spirituels ou qui élèvent l’âme.
On y trouve une alternance de textes brefs, qui se retiennent facilement, et de textes de fond, plus développés. Avec des saints et grands auteurs spirituels connus (mais des citations parfois peu connues), et d’autres moins, pour les faire connaître.
Pourquoi avoir créé ce nouveau site ?
Encouragée depuis longtemps par un abbé, des amis, ma famille, l’été dernier j’ai lancé une page Facebook, nommée « Eclairs de Sainteté ». En improvisant au départ, puis les idées sont venues très vite. Ce support était alors le plus simple. Récemment, une amie souhaitant déconnecter un peu pendant le Carême, mais regrettant de ne plus pouvoir alors lire ces textes, m’a donné l’idée de créer un site. Tous les textes de la page ont été transférés vers le site, et les deux continuent aujourd’hui de vivre. On y trouve pour le moment environ 180 articles.
Souvent, ce sont des écrits qui m’ont beaucoup aidée et que je connais par coeur. Parfois aussi, des textes que je voudrais à cet instant imprimer davantage dans mon âme. Car comme dit ce cher Saint François de Sales, le troisième et meilleur moyen d’apprendre profondément une chose, est de l’enseigner.
Je prie pour que les textes touchent les lecteurs, éveillent ou ravivent leur désir de Dieu et de Le suivre toujours de plus près.
Quel est le profil de vos lecteurs ? Qui cela intéresse-t-il ?
D’après un récent questionnaire auprès des lecteurs de la page (environ 530 abonnés officiels), environ la moitié d’entre eux va à la messe selon la forme extraordinaire, l’autre moitié selon la forme ordinaire, certains alternant les deux formes. Beaucoup vont à la messe en semaine et le dimanche. La plupart ont entre 20 et 40 ans, mais tous les âges sont représentés. La grande majorité des lecteurs aime et encourage cette alternance de types de textes (brefs ou plus approfondis) et d’auteurs (connus ou à découvrir). Tous remercient.
Ce qui me touche particulièrement : les textes les plus lus et les plus appréciés sont ceux portant sur la confession et la fidélité à la messe.
Comment être informé d’une nouvelle publication ?
Il est possible de s’inscrire sur le site pour recevoir par mail les articles récents. Et de s’abonner à la page Facebook.
Pour m’écrire : [email protected]
Il est encore possible de répondre au bref questionnaire (et ainsi donner des pistes pour d’autres auteurs ou textes) :
Un grand merci aux lecteurs pour leur fidélité et leurs encouragements.
Découvrir l’Action Familiale et Scolaire (2/2)
Extrait d’un exposé historique d’Yves de Lassus, président de l’AFS :
Il y a 70 ans, en 1949, à Saint-Étienne, au cours de son premier congrès, le Centre d’Études Critiques et de Synthèse (CECS) changeait de nom et devenait La Cité catholique d’où naîtra, 26 ans plus tard, l’Action Familiale et Scolaire (AFS). Il est important de connaître cette histoire et de savoir ce que ceux qui nous ont précédés nous ont légué, afin d’en conserver l’esprit pour à notre tour pouvoir le transmettre.
- UN LONG HÉRITAGE CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRE
La naissance de La Cité catholique, puis de l’AFS n’est pas le fruit du hasard. Si La Cité catholique a pu voir le jour en France peu après la deuxième guerre mondiale, c’est qu’elle y a trouvé un terreau particulièrement favorable : l’école contre-révolutionnaire.
C’est en effet en France que ce courant de pensée est né et s’est développé. Car, pendant plus de deux siècles, les catholiques français ont eu à subir plusieurs assauts particulièrement violents qui les ont conduits à développer une capacité de résistance tout à fait exceptionnelle. Si la France est encore aujourd’hui en pointe dans la résistance à la révolution religieuse et politique, c’est parce que, trop souvent hélas, la France a été le laboratoire de cette révolution.
Il n’est pas possible ici de rapporter l’histoire de l’école contre-révolutionnaire en France. Toutefois, pour bien comprendre la génèse de La Cité catholique, il est nécessaire d’en brosser un rapide tableau.
- Les crises françaises
Depuis la fin du XVIIIe siècle, la France fut confrontée à une série de crises qui lui donnèrent l’occasion de développer une solide doctrine contre-révolutionnaire. La première à laquelle elle dut faire face fut particulièrement grave : la Révolution, dite “française”, avec l’abolition de la monarchie.
Puis au siècle suivant, après l’échec de la Restauration, la France connut trois révolutions : la révolution de Juillet en 1830, la révolution de 1848, puis la Commune de Paris en 1871, avec l’avènement de la troisième République. Cette dernière crise fut aggravée en 1883 par le décès sans descendance du comte de Chambord, dernier héritier direct de Louis XIV, ce qui posa de façon aigüe la question de la succession au trône et divisa le monde royaliste.
Ensuite, à la fin du XIXe siècle, survint une crise encore plus grave : par l’encyclique Au milieu des sollicitudes (1892), le pape Léon XIII incitait les catholiques français, dans leur grande majorité monarchistes, à collaborer loyalement avec les institutions républicaines pourvu que soient sauvegardés certains principes fondamentaux en matière, notamment, de liberté d’éducation. Cette crise qui avait pour origine le pape lui-même, eut pour conséquence de créer une division supplémentaire parmi les catholiques les plus fidèles au pape. Car une partie refusa de suivre la demande papale ; par exemple, René de La Tour du Pin refusa le Ralliement alors qu’Albert de Mun l’accepta.
Contrairement à ce qu’espérait Léon XIII, le Ralliement accéléra la dérive laïciste et anticléricale, et certains catholiques passèrent de l’acceptation du système républicain à celui des principes inspirateurs de la Révolution française, comme Marc Sangnier (1873-1950) par exemple.
Au début du XXe siècle, la France souffrait ainsi d’une triple fracture : entre catholiques royalistes et républicains, entre légitimistes et orléanistes, enfin entre l’obéissance ou non au pape. C’est alors qu’intervint une nouvelle crise : la séparation de l’Église et de l’État, véritable machine de guerre contre les catholiques.
Quelques années plus tard, une nouvelle crise grave survint : les sanctions prises par le Vatican contre L’Action française, crise d’autant plus grave que pour la deuxième fois, le coup venait du Saint-Siège et divisa encore une fois les catholiques fidèles à Rome.
Soit sept crises majeures en moins de 150 ans : une tous les 20 ans en moyenne ! On comprend que, confrontés à la nécessité constante de se battre, de prendre en mains la défense de leurs propres affaires et d’assumer l’entretien de leurs prêtres, de leurs églises et chapelles, de leurs écoles, cette série de crises engendra chez les catholiques une réaction vigoureuse conduisant à l’élaboration avec le temps d’un corpus doctrinal exceptionnel.
- Les réactions
Les premiers à réagir furent Joseph de Maistre (1753-1821) et son correspondant et ami Louis de Bonald (1754-1840). Joseph de Maistre peut être qualifié de fondateur de l’école contre-révolutionnaire. Car il fut le premier à désigner le caractère propre de la révolution :
Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra.
Et il émit les premiers éléments pour réagir :
Le rétablissement de la monarchie, que l’on appelle contre-révolution, ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution. (Ibid. p. 216)
Dans L’enjeu, Jean Ousset cite une autre phrase de Joseph de Maistre, malheureusement sans donner la référence :
Elle [la contre-Révolution] doit être le contraire de la Révolution, non une révolution contraire. C’est-à-dire qu’il faut renouer les liens sociaux au lieu de les briser, qu’elle doit exercer une action coordinatrice en sens inverse de l’action désorganisatrice de la Révolution.
Au début du siècle suivant, apparaît une deuxième génération de penseurs contre-révolutionnaires avec en particulier Antoine Blanc de Saint-Bonnet (1815-1880) et surtout le célèbre journaliste Louis Veuillot (1813-1883). Il faut également mentionner le précurseur des catholiques sociaux, Frédéric Le Play (1806-1882). Parmi eux, figurent également des ecclésiastiques : le père Nicolas Deschamps (sj., 1797-1873), Mgr Jean-Joseph Gaume (1802-1879), le cardinal Louis-Édouard Pie (1815-1880), Mgr Charles-Émile Freppel (1827-1891). On pourrait aussi mentionner dom Prosper Guéranger (1805-1875), père abbé du monastère de Solesmes.
Ensuite viennent des disciples de Frédéric Le Play qui tiennent largement compte des thèses contre-révolutionnaires, notamment René de La Tour du Pin (1834-1924) et Albert de Mun (1841-1914). Mais ce ne sont pas les seuls ; on pourrait aussi citer Montalembert, Léon Harmel, … Avec eux, on trouve également des ecclésiastiques, en particulier Mgr Henri Delassus(1836-1921), Mgr Ernest Jouin (1844-1932), le père Paul Benoit (1850-1915), l’abbé Emmanuel Barbier (1851-1925), etc.Mentionnons aussi Charles Maurras (1868-1952) qui, s’il avait perdu la foi, fut malgré tout appelé par St Pie X « un beau défenseur de la foi ».
De leur côté, les papes appuyèrent ce courant de pensée en publiant des encycliques remarquables, tout particulièrement Pie IX(Quanta cura et son annexe le Syllabus…), Léon XIII (Libertas, Immortale Dei, Rerum novarum…), saint Pie X (E suppremi apostolatus, Vehementer, Lettre sur le Sillon…) et Pie XI (Quas primas, Quadragesimo anno…).
Bien sûr, il n’y eut pas que des Français à réagir. On peut citer Edmond Burke (1729-1797) en Angleterre, Juan Donoso Cortès (1809-1853) en Espagne ou Mgr Leo Meurin (sj., 1825-1895) en Allemagne. Mais les Français furent les plus nombreux à réagir.
Voilà donc l’environnement dans lequel baignèrent les fondateurs de la Cité catholique durant leur adolescence.
- JEAN OUSSET ET LA CITÉ CATHOLIQUE
- La jeunesse
Jean Ousset naquit à Porto, au Portugal, le 28 juillet 1914, dans une famille catholique et monarchiste qui soutenait L’Action Française. Ses parents ayant été obligés d’aller travailler à Paris, et estimant l’air de la capitale peu propice à un garçon de santé fragile, ils confièrent l’éducation de leur fils unique à ses grands-parents maternels, également catholiques et monarchistes convaincus, des paysans vivant au village de Montalzat, dans le Quercy. De cette éducation, Ousset gardera toujours un amour de la culture rurale et de la France profonde.
Il fit ses études secondaires au collège St-Elme des dominicains d’Arcachon où il fit la connaissance de Jean Masson (1910-1965), futur fondateur avec lui de La Cité catholique. En 1934, tous deux créèrent un petit groupe de travail à Montalzat sous la tutelle de l’abbé Jean Choulot, curé du village, fervent partisan de L’Action Française, lui aussi, et qui avait réuni dans son presbytère une importante documentation sur l’école contre-révolutionnaire.
À cette époque, le père de Jean Ousset lui trouva un travail dans l’artisanat (fabrication de chapeaux), travail qu’il abandonna bientôt pour se consacrer à sa passion : l’art. Il partit pour Bordeaux suivre des cours de peinture et de sculpture. Puis il fit trois ans de service militaire au sein du 9e bataillon de chasseurs alpins.
- Le groupe Montalzat
Après le service militaire, il reprit contact avec son ami Jean Masson et l’abbé Choulot. Le Groupe de Montalzat, créé en 1934, fut reconstitué. L’abbé Choulot prit en charge la formation doctrinale du groupe, permettant aux discussions de prendre une direction moins anarchique. Le charisme et la fougue du jeune abbé vont orienter le combat des pionniers de La Cité catholique et seront à l’origine des initiatives ultérieures d’Ousset.
Parallèlement, pour gagner sa vie, Jean Ousset travaillait comme ouvrier dans une usine et va découvrir à cette occasion les méthodes de fonctionnement du Parti communiste, sa “dialectique” et son influence sur les ouvriers.
Le 7 mai 1939, au congrès des étudiants d’Action Française de Bordeaux, alors qu’il n’avait que 25 ans, il lut devant un auditoire, où figurait Maurras, un texte sur le thème L’Action Française, école de vérité. Le lendemain, dans le quotidien de L’Action Française, Maurras exprima son enthousiasme pour les qualités du jeune orateur. Ce dernier alla alors voir Maurras à Paris et lui soumit un projet d’école doctrinale pour L’Action Française. Maurras lui répondit que, comme l’indiquait son nom, L’Action Française partait de l’action, non des idées, ajoutant : « Toutefois si vous cherchez une doctrine, soyez certain qu’il n’y a de doctrine vraie que catholique. Si donc vous êtes catholique, ne le soyez pas à moitié ! »
C’est alors qu’avec Jean Masson il décida de consacrer sa vie à l’établissement de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, par un vœu solennel qu’il prononça avec un groupe d’amis devant une statue de la Vierge, à Montalzat, le 15 août suivant. C’était il y a 80 ans.
La guerre dispersa ce premier embryon d’association. Brillant sous-officier, Ousset fut décoré de la croix de guerre, puis fut fait prisonnier en 1940 alors qu’il combattait devant la maison natale de sainte Jeanne d’Arc à Domrémy. Durant sa détention, il fut frappé par l’efficacité des prisonniers communistes pour argumenter et convaincre. Fervent anticommuniste, Ousset en conclut que si la droite et les catholiques disposaient d’une supériorité incontestable sur le plan des idées, les communistes étaient plus efficaces sur le plan de la propagande et de l’action.
Après plusieurs tentatives d’évasion, il fut libéré en 1942 et retourna en France. Ousset adhéra alors au régime du maréchal Philippe Pétain et devint le chef du bureau d’étude du mouvement de jeunesse Jeune légion, structure liée à la Légion française des combattants de Xavier Vallat, un des bras armés du régime de Vichy. À l’époque, il eut pour collègue … François Mitterrand ! Il devint ainsi le principal animateur des journaux du mouvement : Jeune Légion (1942-1943), puis Bastions(1943-1944) où furent publiées les premières ébauches des études diffusées plus tard par la Cité Catholique. Il publia également deux ouvrages politiques : Histoire et génie de la France (1943) et Fondement d’une doctrine (1944).
- La découverte des exercices spirituels
En 1944, grâce une fois de plus à son ami Masson, il fit une rencontre décisive, celle du père François de Paule Vallet (1884-1947), fondateur des Coopérateurs Paroissiaux du Christ-Roi (CPCR), infatigable prêcheur des Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola, qu’il avait ramenés de 30 à 5 jours pour mieux répondre aux exigences des laïcs du XXe siècle.
Le père Vallet était installé depuis 1933 à Chabeuil, dans la Drôme (d’où le nom de “Pères de Chabeuil” souvent donné à sa congrégation). L’une des idées directrices de son œuvre était de rendre au laïcat, par la pratique des exercices spirituels, le sens de ses responsabilités civiques et de l’engager dans l’œuvre d’une restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ. Pour cela, il s’inspirait ouvertement de l’école contre-révolutionnaire.
Après cette rencontre providentielle, Jean Ousset comprit qu’il fallait réaliser « une action civique catholique non seulement par la doctrine professée (intelligence), mais encore par le recours aux sources inépuisables de la force divine (volonté) », autrement dit une réforme intellectuelle et morale. L’œuvre à fonder apporterait la partie intellectuelle et les exercices spirituels du père Vallet la partie spirituelle et morale.
- La création de La Cité catholique
Sous l’impulsion du père Vallet, qui leur avait mieux fait comprendre l’importance de la référence au Christ-Roi, Jean Ousset et Jean Masson reprirent, avec des convictions renforcées, les initiatives amorcées avant la guerre. Après avoir vérifié que rien de semblable n’avait été mis sur pied, ils créèrent une œuvre d’action civique qu’ils appelèrent Centre d’Études Critiques et de Synthèse. Pour Jean Masson, le CECS devait se placer clairement sur « le plan (…) de la contre-Révolution catholique ». La volonté des deux amis était de créer un organisme de laïcs agissant sous leur responsabilité civique à l’avènement d’un ordre social chrétien, grâce au droit reconnu par l’Église à tout catholique de prendre des positions politiques particulières. Il ne s’agissait pas de représenter l’Église mais de s’en faire l’écho « au plan de ces affaires sociales, civiques ou politiques que le naturalisme et le laïcisme révolutionnaire ne cessent de pénétrer ».
Le 29 juillet 1946, ils consacrèrent leur œuvre au Christ-Roi à la basilique de Montmartre, puis à la Sainte Vierge à la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, rue du Bac. La petite équipe s’installa d’abord à Salon-de-Provence où la famille de Masson possèdait une imprimerie. Ils y éditèrent un bulletin qui, au troisième numéro, prit le titre de Verbe, avec unecouverture jaune et blanche, et pour sous-titre Organe de formation civique pour la contre-révolution.
- Les premières années
Au cours des années suivantes et ce jusqu’en 1963, Jean Ousset et son équipe furent toujours très attachés aux retraites de Chabeuil. Car les CPCR diffusaient une doctrine et une spiritualité solidement catholiques et contre-révolutionnaires. Et, tout naturellement, ils encouragaient leurs retraitants à s’affilier à La Cité catholique, seule organisation franchement contre-révolutionnaire de laïcs catholiques en France à l’époque. Les dirigeants de la Cité catholique prirent donc l’habitude de faire des retraites à Chabeuil, et incitaient fortement leurs militants à faire de même. L’œuvre de Jean Ousset et Jean Masson et celle du père Vallet s’appuyaient ainsi l’une sur l’autre, La Cité catholique envoyant des retraitants à Chabeuil, Chabeuil donnant à ces retraitants de meilleures assises surnaturelles et une volonté mieux affermie de se consacrer à la restauration chrétienne de la cité. Ce fut une collaboration exemplaire : chacun restait dans son domaine, les clercs s’abstenant de toute forme de cléricalisme, les laïcs évitant d’”endosser le surplis”.
En 1949, le CECS organisa à Saint-Étienne son premier congrès, au cours duquel il changea de nom pour devenir La Cité catholique. Ce premier congrès ne réunit que 17 participants, mais les suivants connaîtront une progression régulière : 60 à Bordeaux en 1950, 100 à Marseille en 1951, 150 à Dijon en 1953 (le congrès de Nantes en 1952 dut être annulé à cause de l’opposition de l’évêque du lieu), 300 à Angers en 1954, 700 à Poitiers en 1957, entre 1000 et 1500 à Issy-les-Moulinaux en 1960, … avec à chaque fois le soutien de plusieurs évêques français.
À partir de 1952, commença une action particulièrement importante : la publication dans Verbe (du n° 50 – février 1953 au n° 88 – décembre 1957) d’une série d’articles intitulés Pour qu’Il règne sur nous. L’ensemble de ces articles fut ensuite publié en deux tomes intitulés Pour qu’Il règne sur nous… au combat pour la cité catholique. Dossier I (432 pages en 1957) et Dossier II (444 pages en 1958) ; puis en 1959 une version revue et augmentée en un seul tome vit le jour, avec une couverture rouge et intitulé Pour qu’Il règne. Plusieurs autres éditions suivront, notamment en 1970 et 1975, avec à chaque fois une composition légèrement différente.
Outre la publication de Verbe, La Cité catholique agissait également selon un nouveau type d’organisation : les “cellules”, petits cercles d’amis pour étudier la doctrine de l’Église et dont l’idée remontait à l’époque du Groupe de Montalzat.
Par sa revue Verbe, écrit Jean Madiran, par son “cour des cadres”, par ses ouvrages et par ses “congrès”, Jean Ousset a été, pour les générations catholiques d’après-guerre, à la fois un instituteur, un maître à penser, un guide spirituel : au milieu des ténèbres et des contradictions, il fut le gardien de ses frères en Jésus-Christ.
En 1955, Ousset décida de transférer La Cité catholique à Paris, et l’équipe s’installa rue Copernic. Deux ans plus tard, en désaccord sur différents points, Ousset et Masson se séparèrent tout en restant amis, Ousset resta ainsi le seul dirigeant-fondateur aux commandes.
En juillet 1964, La Cité catholique déménagea pour s’installer rue des Renaudes. Ce fut à cette époque que trois des futurs piliers de l’AFS y furent intégrés : Arnaud de Lassus en 1961, Ennemond Beth en 1968 et, un peu plus tard, Louis d’Anselme en 1972.
- Une transformation contestée
À la fin des années 1950, La Cité catholique était en plein essor. Mais arriva alors la crise de la guerre d’Algérie, puis, très vite après, la grande démolition conciliaire et post-conciliaire. Dès 1962, un changement d’orientation se dessina à Chabeuil. Peu à peu, dans les retraites, on vit s’atténuer l’insistance sur la royauté sociale de Notre Seigneur et sur les devoirs civiques des laïcs. Certaines des intuitions fondamentales du père Vallet furent négligées. Et l’extraordinaire efficacité résultant de la collaboration sans confusion entre la Cité catholique et les coopérateurs paroissiaux du Christ-Roi alla en s’amoindrissant au fil des années. Parallèlement, les évêques français se montrèrent de plus en plus ouvertement hostiles à La Cité catholique.
En 1963, Jean Ousset, devant ce constat et reprochant en outre à son œuvre d’être devenue un véritable mouvement, ce qu’il ne voulait pas qu’elle soit, prit la décision d’en modifier les structures jugées trop centralisées, et d’en changer le nom : La Cité catholique devint l’Office international des œuvres de formation civique et d’action doctrinale selon le droit naturel et chrétien, en abrégé L’Office. Ce nom, très long, selon R. de Neuville « se voulait délibérément imprononçable, même par le jeu des initiales, pour que l’on ne puisse plus se ranger derrière une étiquette ».
Cinq ans plus tard, en 1967, le nom fut légèrement modifié : “action doctrinale” fit place à “action culturelle”. Parallèlement, le nom de la revue fut également changé et Verbe devint Permanences. Ces changements furent loin de faire l’unanimité ; notamment Arnaud de Lassus les jugea toujours regrettables, et le recul du temps le conforta dans ce jugement.
- Le développement de l’Office et la création de l’AFS
L’Office poursuivit, sous une étiquette différente, les tâches de La Cité catholique, luttant contre l’esprit de chapelle et jouant un rôle de rassembleur. Voulant que son œuvre ressemble à une association d’associations, Jean Ousset suscita la création de groupes auxiliaires, appelés “satellites”, dont plusieurs sont encore en activité aujourd’hui : Centre d’Études des Entreprises (CEE), Centre d’Études et de Recherches des Cadres (CERC), Secrétariat d’Information et d’Études Familiales (SIDEF), Secrétariat d’Information pour les Collectivités Locales Et Régionales (SICLER), etc.
C’est ainsi que l’Action Familiale et Scolaire (AFS) vit le jour le 1er octobre 1975, par fusion de deux satellites : l’Action Scolaire et le SIDEF, créés respectivement en 1966 et 1967 par Michel Creuzet et Michel de Penfentenyo.
L’équipe de L’Office continua à organiser des congrès en Suisse avec un succès croissant : à Sion en 1964, puis à Lausanne de 1965 à 1977, avec la participation d’orateurs de renom : Gustave Thibon, Jean Madiran, Louis Salleron, les frères Charlier, … 2500 à 4000 personnes se retrouvaient durant trois jours, donnant l’occasion à des animateurs d’œuvres très variées d’harmoniser et de concerter leurs actions. En 1977, un journaliste du quotidien Le Monde constatait : « Trois jours durant, le palais Beaulieu de Lausanne a sans doute renfermé la documentation contre-révolutionnaire la plus importante d’Europe. »
Ces douze années des congrès de Lausanne furent des années de grand rayonnement : nombreux sont ceux qui trouvèrent dans les cellules de L’Office et à Lausanne une formation et une impulsion qui furent décisives pour leur vie ; beaucoup d’œuvres naquirent, soit des cellules, soit des rencontres faites à Lausanne ; et des concertations internationales purent s’opérer au cours de ces congrès qui réunissaient collaborateurs et amis venant d’une quinzaine de pays.
Malheureusement, après le concile Vatican II, L’Office et les groupes d’amis menant le même combat trouvèrent de moins en moins d’appui dans le monde ecclésiastique. Et les difficultés d’ordre religieux, nées du concile Vatican II, allaient être la cause de multiples divisions, en particulier, la promulgation du Novus Ordo Missae, Ousset n’ayant pas voulu prendre position.
- L’essai du “sociabilisme”
Au début des années 1970, Jean Ousset se remit à douter de l’efficacité de son œuvre, jugeant sévèrement d’une part les congrès dont l’organisation prenait, selon lui, trop de temps au détriment du travail de fond, d’autre part les satellites qu’il trouvait trop spécialisés et perdant le sens du combat général.
En 1974, il disparut brusquement : il quitta L’Office, sa famille, ses amis et, sous une fausse identité, il sillonna la France, fit la queue dans les bureaux de placement et accepta divers d’emplois très humbles pour lui permettre, disait-il de « rencontrer, parler, interroger, savoir de près, en direct, où en est le peuple de France ».
Deux ans plus tard, il réapparut et proposa une nouvelle évolution : le sociabilisme, qu’il définissait ainsi :
« Le sociabilisme, n’est pas une manière de convertir les gens à quelque autre système que ce soit. Il a pour but spécifique (très limité) de permettre à des gens de vivre ensemble, même si ces gens ne veulent changer en rien. »
Plusieurs dirigeants de L’Office, notamment Arnaud de Lassus, n’accrochèrent pas avec cette proposition de sociabilisme. Le terme ressemblait trop à ‘socialisme’. Et bien qu’Ousset se soit efforcé d’expliquer qu’il s’agissait d’une action préliminaire, rendue nécessaire par les désastres de l’après-1968, la tentative n’eut guère de succès et s’arrêta au bout de quelques années. Cette époque vit également la fin des grands congrès de Lausanne, le dernier ayant eu lieu en 1977.
III. LA SÉPARATION
Peu après, Ousset et certains dirigeants de L’Office souhaitèrent un remaniement profond de son organisation, lequel créa un climat de tension, au point qu’à la fin de 1979, il fut demandé à trois permanents de démissionner : Michel de Penfentenyo (responsable du SICLER), Ennemond Beth (responsable de l’AFS) et Arnaud de Lassus (responsable des réseaux). Désapprouvant cette mesure, Louis d’Anselme, secrétaire général de L’Office, démissionna lui aussi.
Michel de Penfentenyo décida de poursuivre l’action du SICLER en travaillant chez lui au Chesnay. Les trois autres, ne pouvant plus se rendre rue des Renaudes, prirent l’habitude d’aller dans les locaux du CEE situés avenue Niel, à une cinquantaine de mètres de la rue des Renaudes et essayèrent tant bien que mal de maintenir les activités de l’AFS qui avait à peine quatre ans d’existence. Providentiellement, un mois plus tard, en janvier 1980, le CEE déménagea rue de Logelbach, laissant libre les locaux de l’avenue Niel. L’Action Familiale et Scolaire s’y installa donc définitivement. Alors que jusqu’à présent, elle ne reposait que sur Ennemond Beth, elle se vit dotée du jour au lendemain de bureaux et de trois permanents à temps plein !
De son côté, L’Office poursuivit sa tâche de formation et d’action civiques et culturelles, mais demanda à tous les satellites d’agir désormais en autonomie complète. En 1981, il changea une fois de plus de nom, devenant ICTUS (Institut Culturel et Technique d’Utilité Sociale), puis une autre fois en 1997 pour devenir Centre de formation à l’action civique et culturelle selon le droit naturel et chrétien, pour finalement revenir en 2006 au nom d’ICHTUS, écrit cette fois avec un “h” pour coller à l’orthographe du mot “poisson” en grec.
Petit à petit, les orientations doctrinales et les modes d’action se différencièrent, Ichtus se réfèrant de plus en plus à l’enseignement conciliaire ou post-conciliaire, l’AFS restant indéfectiblement attachée aux enseignements des papes d’avant le concile.
Jean Ousset mourut à Paris dans la nuit du 19 au 20 avril 1994.
IV. LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFS
Ainsi, janvier 1980 vit un changement complet dans le fonctionnement de l’AFS : l’organisme devint totalement autonome, disposant de locaux propres et fort de l’appui de trois permanents : Ennemond Beth, Louis d’Anselme et Arnaud de Lassus. De là date l’essor que nous lui connaissons.
- Le développement des activités
L’AFS développa ses activités dans huit secteurs : la formation civique générale, la défense de la famille, de l’école et de la vie, les catéchismes, la crise dans l’Église, les actions à l’étranger, enfin les stages et sessions de formation. Pour conduire toutes ces actions, l’équipe dut se renforcer. C’est ainsi qu’arrivèrent François Desjars en 1987, Michel Berger en 1989, Michel Desclos le Peley en 1996, André Frament en 1999… La revue s’étoffa et publia de nombreuses brochures, dont la série Connaissance élémentaire.
À ce jour, outre les 267 numéros de la revue, le fond documentaire de l’AFS contient plus de 400 brochures sur des sujets très variés, classés dans une soixantaine de rubriques autour de sept grands thèmes :
- philosophie (métaphysique, idéologie, évolutionnisme, …) ;
- bioéthique (culture de mort, avortement, euthanasie, …) ;
- religion (doctrine sociale, liturgie, histoire de l’Église, modernisme, …) ;
- famille ;
- éducation (autorité, adolescence, enseignement, …) ;
- histoire ;
- politique (doctrine, démocratie, laïcité, FM, mondialisme, …).
Importante source documentaire donc, que de nombreux amis nous demandent de faire vivre.
- L’affaire des catéchismes
Peu après la séparation entre l’AFS et L’Office, éclata en France l’affaire des catéchismes Pierres vivantes, officiellement publiés le 15 avril 1981. S’agissant de l’éducation à la foi, l’AFS était directement concernée et très vite des articles parurent dans la revue remettant fermement en question le bien fondé de cette réforme. Et à partir d’août 1981, pratiquement tous les numéros de la revue abordèrent la question, parfois de façon succincte, mais souvent avec des dossiers de plusieurs pages. Ainsi, dès sa naissance pourrait-on dire, l’AFS eut à combattre très concrètement sur un sujet d’une importance vitale pour la foi, ayant souvent à lutter contre des ecclésiastiques.
L’année suivante, Ennemond Beth et Arnaud de Lassus se rendirent à Rome pour rencontrer le cardinal Oddi, préfet de la Congrégation pour le clergé, et lui remettre un important dossier sur la question. Le cardinal se montra très intéressé, ce d’autant que Mgr Gilson et Mgr Boffet étaient venus lui présenter le projet à l’automne 1980, et qu’il avait demandé d’effectuer plusieurs corrections. Le cardinal, devant l’intérêt du dossier de l’AFS, s’arrangea pour organiser dès le lendemain une entrevue avec le cardinal Ratzinger, qui venait d’être nommé préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Le cardinal Ratzinger se montra lui aussi très intéressé et demanda un dossier complémentaire. Deux semaines plus tard, Ennemond Beth retournait à Rome pour remettre ce dossier au cardinal Ratzinger. Anecdote amusante : dans le compartiment-couchette qu’il occupa, se trouvait également Mgr Boffet qui, cette nuit-là, voyagea sans le savoir avec un de ses principaux détracteurs !
Apparemment la démarche auprès de Rome porta ses fruits, car le cardinal Ratzinger se rendit à Lyon, puis à Paris, les 15 et 16 janvier 1983, pour donner une conférence au cours de laquelle il critiqua sévèrement le nouveau catéchisme des évêques de France, déclarant : « Ce fut une première et grave faute de supprimer le catéchisme et de déclarer “dépassé” le genre même du catéchisme. » Il reprocha le fait « qu’on n’a plus le courage de présenter la foi comme un tout organique en soi, mais seulement comme des reflets choisis d’expériences anthropologiques partielles ».
Pendant les premières années de ce combat, l’AFS eut la chance de bénéficier des lumières d’un personnage exceptionnel : le père Joseph de Sainte Marie, fils de Louis Salleron. Jusqu’à sa mort survenue en 1985, il éclaira les membres de l’AFS non seulement sur les catéchismes en signalant et expliquant les nombreuses erreurs doctrinales qu’ils contenaient, mais aussi sur la nouvelle messe. Plus généralement, il leur fit comprendre la gravité de la crise dans l’Église, et tout spécialement l’étendue de la pénétration du libéralisme dans l’enseignement du Magistère.
- Les développements récents ou en cours
S’il faut transmettre ce que nous avons reçu, il convient aussi d’y apporter notre propre contribution, conformément à l’enseignement de la parabole des talents. C’est pourquoi plusieurs éléments nouveaux ou changements sont apparus récemment. Tout d’abord, grâce au dévouement d’un nouveau collaborateur, la présentation de la revue a été améliorée. Élément nouveau le plus visible, il n’est cependant pas le seul.
3.1. Le rapprochement avec le MCF
Depuis juin 2018, l’AFS et le Mouvement Catholique des Familles (MCF) se partagent les locaux de l’avenue Niel que l’AFS occupait seule depuis 38 ans. En effet, les charges devenaient lourdes à supporter et il convenait de trouver un partenaire pour les partager, ce d’autant plus qu’avec le départ de certains permanents, certains bureaux étaient peu occupés. Mais surtout, les activités des deux organismes concourant chacun à aider les familles, l’un sur le plan financier, l’autre sur le plan intellectuel, se complétaient parfaitement.
3.2. La création du fonds de dotation Frédéric Le Play
Suite à ce rapprochement, les deux présidents de l’AFS et du MCF ont souhaité donner plus de poids aux actions au profit de la famille en créant un fonds de dotation avec pour objectif d’avoir à terme une fondation pour la famille, à l’instar de la fondation pour l’école. Agréé par la préfecture de Paris en mars 2018 sous le nom de Fonds de dotation Frédéric Le Play (FFLP), le fond met en place petit à petit les actions qu’il juge utile pour défendre la famille aujourd’hui : information, soutien juridique, intervention auprès de personnalités, etc.
3.3. La mise en place d’un nouveau site internet
L’important fond documentaire de l’AFS étant jugé sous-employé, il a été décidé de le rendre plus accessible. Pour cela, un nouveau site internet a été mis en place au mois de mai 2019 et propose soit sous forme papier, soit sous forme numérique tous les numéros de la revue et une grande partie des brochures. Actuellement, le quart des brochures est accessible. Petit à petit, les autres brochures sont intégrées au site. À terme, l’essentiel du fond documentaire sera accessible depuis le site.
Outre ces actions, d’autres sont envisagées et pourront voir le jour en fonction des ressources que l’AFS pourra trouver pour les conduire : cours de philosophie par internet à destination des parents pour leurs enfants en Première et Terminale, reprise des relations nouées avec le Canada par Arnaud de Lassus de 1990 à 2005, etc.
V. CONCLUSION : L’AFS AUJOURD’HUI
Quelles conclusions tirer de cette histoire ? Essentiellement trois.
Tout d’abord, une grande humilité. Les actuels dirigeants de l’AFS sont convaincus que « nous ne sommes que des nains juchés sur des épaules de géants ». Ils essayent de faire avec les moyens qu’ils ont, conscients que ceux qui les ont précédés restent des modèles difficiles à égaler. De plus, l’équipe actuelle est peu nombreuse, alors que le travail à faire reste toujours important. Mais Dieu aime les petits nombres et se plaît à aider les faibles.
Ensuite, un dévouement sans faille à l’établissement du règne du Christ-Roi. Ceci conduit à dénoncer les erreurs, rappeler la vérité enseignée par l’Église, et plus concrètement, défendre la Cité, à savoir, pour ce qui concerne l’AFS, défendre la famille et l’école.
Enfin, le souci constant de transmettre fidèlement. L’AFS est l’héritière d’une lignée d’acteurs contre-révolutionnaires et se doit de transmettre leur héritage sans le déformer, en l’adaptant simplement aux conditions de notre époque, plus particulièrement dans ses domaines de prédilection que sont la famille et l’école. Il lui faut donc rester fidèle à l’enseignement de l’Église, notamment des papes de Pie IX à Pie XII. Cet esprit de fidélité a été très bien résumé par Bossuet, dans un texte de référence cher à Arnaud de Lassus :
Lorsqu’il s’agit d’expliquer les principes de la morale chrétienne et les dogmes essentiels de l’Église, tout ce qui ne paraît point dans la tradition de tous les siècles et principalement dans l’antiquité, est dès là non seulement suspect, mais mauvais et condamnable ; et c’est le principal fondement sur lequel tous les saints Pères – et les papes plus que les autres – ont condamné les fausses doctrines, n’y ayant jamais eu rien de plus odieux à l’Église romaine que les nouveautés. Quant aux doctrines nouvelles dont on ne s’est jamais avisé, et qui par conséquent n’ont pas été combattues par les Anciens, il n’y a rien de plus nécessaire que de les rejeter, précisément comme nouvelles et inouïes, la Vérité ne pouvant jamais l’être dans l’Église.
C’est pourquoi, dans chaque brochure ou numéro de la revue, pour présenter les fondements sur lesquels l’AFS s’appuie, il est indiqué : « L’AFS se réfère à l’enseignement CONSTANT de l’Église catholique romaine et se soumet à son autorité légitime. » Et pour que nul n’en ignore, le mot “constant” a été mis en lettres capitales. Ainsi l’AFS espère-t-elle maintenir l’esprit qui avait présidé à la fondation du SIDEF et qui se définissait ainsi en 1966 :
1) Former une élite nouvelle décidée à payer le prix nécessaire à sa propre formation et à l’éducation de son entourage.
2) Organiser une concertation d’ami à ami, de foyer à foyer, pour opposer à la “Machine” un jeu de forces solides, multiformes fondé sur la force même de Celui qui a dit : “Ne craignez rien… j’ai vaincu le monde”.
Le monde sombre dans la folie parce qu’il s’est détourné de Dieu. La corruption des mœurs et des esprits gagne à proportion de la laïcisation de la vie sociale. C’est pourquoi tout espoir de salut doit commencer par un enseignement méthodique des principes. C’est la première condition d’un combat efficace contre les systèmes qui ruinent l’ordre humain et dissolvent, par là-même, la famille.
Nous ne pouvons atteindre “la masse” si nous n’atteignons pas d’abord les cadres naturels de la masse. C’est pourquoi notre intention, dans les débuts, est de toucher surtout ceux qui n’attendent que d’être aidés pour se mettre courageusement au travail.
Semper idem !
Yves de Lassus
Prières pour rencontrer l’autre (en temps de confinement)
Les relations humaines et les rencontres physiques sont fortement affectées et réduites du fait de la situation sanitaire. Mais nous devons cependant saisir toute occasion pour “rencontrer l’autre”, qu’il soit de nos proches ou simplement sur ma route. Le Pape François évoque, dans Fratelli Tutti la “culture de la rencontre”, qu’il nous faut développer.
C’est pourquoi, l’association Priants des campagnes (une initiative pour faire vivre nos églises par la prière fréquente, que nous avons déjà évoqué ici et là) propose un petit livret de prières intitulé “PRIERES pour RENCONTRER L’ AUTRE”. Ce petit livret (15cm x11cm) d’une quarantaine de pages est constitué de courtes prières, qui ont pour but de se préparer à la rencontre du prochain, qu’il soit croyant ou non. La tout est agrémenté de belles illustrations.
Vous pouvez le (ou les) commander par mail en écrivant à Didier Marchaut ([email protected]) qui vous le (ou les) fera parvenir par voie postale, au prix de 5 euros, plus frais de port. Ceux qui l’acquerront pourront aussi susciter de nouvelles commandes en le faisant connaître.
Le produit de la vente de ce livret est entièrement consacré à l’aide à des associations de fidèles et de priants qui ont besoin d’améliorer les conditions d’accueil et de prière dans leur église de campagne afin qu’elle demeure ouverte.
Saint Gérard, apôtre de la Hongrie
En pèlerinage à Venise, le chanoine Gérard Trauchessec a rapporté la vie de saint Gérard Sagredo, moine italien devenu évêque de Csanad en Hongrie au XIe siècle, biographie rédigée en italien en 1900 par Lodovico Crescenzio Dedek, chapelain de la Cour impériale et royale, archiviste de la bibliothèque universitaire de Budapest. C’est cette biographie que publient en français les éditions Via Romana, nous donnant ainsi accès à la vie de l’apôtre de la Hongrie.
Né à Venise en 980, Gérard devient moine puis abbé du monastère bénédictin San Giorgio. Alors qu’il projette d’aller en Terre Sainte, les circonstances le font passer par la Hongrie, où le roi saint Étienne réussit à le retenir pour lui confier l’éducation de son fils Emeric. Ermite puis premier évêque de Csanád, il évangélise les populations, instruisant les fidèles et les invitant à la piété et à la dévotion mariale. Enlevé par les païens avec deux autres évêques, il est lapidé et achevé à coup de lance puis jeté dans le Danube en 1046. Ses reliques ont été récupérées et dispersées entre Venise et la Hongrie.
Fresque orientale, peinture murale, trompe l’œil d’art sacré par Jean-Joseph Chevalier à Ste Maxime
Cette peinture offerte par des pélerins de Terre Sainte à la paroisse de Ste Maxime va servir à rendre présent aux enfants du catéchisme les réalités d’en haut. L’art sacré de Jean-Joseph Chevalier exerce ainsi sa vocation d’évangélisation dans les paroisses qui lui font confiance.
Restant au service de l’Eglise, retrouvez l’artiste sur son site.
Imposer la communion dans la main est injustifié et constitue un grave abus de pouvoir et de cléricalisme
Aldo Maria Vali publie sur son blog une article de Don Frédérico Borteli, prêtre du diocèse de Saint- Marin-Montefeltro, article très précis mais à la fois abordable sur le sujet très sensible du scandale de la communion imposée dans la main dans de nombreux diocèse sous le prétexte fallacieux de la crise sanitaire. La lecture intégrale de cet article est recommandée mais en voici quelques extraits significatifs :
“(…) Suite à la situation sanitaire actuelle liée à la Covid, dans de nombreux endroits, la communion dans la bouche est refusée, ce qui pose de graves difficultés de conscience tant aux fidèles qui souhaitent recevoir l’Eucharistie de cette manière qu’aux prêtres qui souhaitent respecter le droit des fidèles pour communier de cette manière.
L’interdiction de la communion dans la bouche se justifie en se basant sur le fait que cette modalité serait, d’une manière certaine et sans équivoque, plus risquée que la communion à la main pour une contamination par la Covid. Comme nous le verrons, nous n’en avons aucune preuve scientifique objective. Sur le sujet, il y a des opinions contradictoires, comme en effet sur toute la question de la Covid, nous entendons tout et le contraire de tout au sein d’une même communauté scientifique, et on ne voit pas pourquoi les opinions de certains médecins devraient valoir plus que d’autres, seulement parce qu’elles coïncident avec son propre point de vue personnel. Il faut évaluer les choses avec la plus grande objectivité possible.
Tous les médecins conviennent que, selon la littérature scientifique, la Covid se transmet par gouttelettes : en d’autres termes, le coronavirus doit littéralement «prendre son envol» pour pouvoir infecter, et cela peut se produire en éternuant, en toussant et en parlant à voix haute (…) Le professeur Filippo Boscia, président national des médecins catholiques, soutient que ce sont les mains, qui touchent tout, qui sont la partie du corps la plus exposée aux virus et que c’est donc précisément la communion sur la main qui est la plus dangereuse (…) De plus, beaucoup de prêtres remarquent que c’est précisément en distribuant la communion sur la main, très facilement, qu’ils entrent en contact avec la main des fidèles, même s’ils essaient de l’éviter, alors qu’avec la communion en bouche on entre très rarement en contact avec la langue ou les lèvres des fidèles et, si cela se produit, il suffit de procéder à la désinfection des doigts. Par conséquent, c’est précisément la communion sur la main qui est moins sûre d’un point de vue hygiénique.
Vingt et un médecins catholiques autrichiens en juin dernier, se référant aux considérations du professeur Boscia, ont demandé à la conférence de leurs évêques de lever l’interdiction de la communion dans la bouche et la conférence a levé cette interdiction. En septembre dernier, vingt-sept médecins allemands ont également fait la même demande à leur conférence épiscopale (…)
Tout d’abord, on avance que la communion à la main serait une demande obligatoire de l’État pour garantir la santé publique, dont le non-respect entraînerait même des conséquences pénales (…) Il peut y avoir des indications sur l’espacement et l’utilisation des masques, mais certainement pas pour déterminer comment un rite liturgique doit être effectué. En tout cas, selon le dernier document émis par le ministère de l’Intérieur élaboré sur la base du fameux comité technico-scientifique, on ne parle que d’une «recommandation» pour éviter la distribution de la communion dans la bouche. Il n’y a donc absolument aucune obligation et encore moins aucune conséquence pénale à ne pas respecter cette recommandation (…)
Beaucoup soutiennent que les conférences épiscopales régionales et / ou l’évêque diocésain individuel peuvent interdire la communion dans la bouche. Mais est-ce vraiment le cas? Tout d’abord, on peut noter que ces «dispositions» sont pour la plupart de simples communications ou lettres, présentant ainsi des lacunes d’un point de vue formel et juridique et ne peuvent donc en aucune manière abroger ou suspendre la norme générale de la communion dans la bouche. Car c’est précisément le point fondamental: la communion sur la langue est la norme générale qui règle la distribution de l’Eucharistie, solennellement confirmée par le Saint-Siège avec l’Instruction Memoriale Domini du 29 mai 1969. C’est donc le législateur suprême, le Siège apostolique, qui a confirmé la norme générale de la communion dans la bouche. La même instruction prévoit également la possibilité de demander l’indult de communion sur la main, ce qui, d’un point de vue juridique, est une exception à la loi et ne peut donc, par sa nature, devenir la norme générale. Pour cette raison, un évêque de son propre diocèse peut facilement prendre un décret interdisant la communion à la main (comme l’évêque d’Oruro en Colombie l’a fait en 2016), mais il ne peut pas faire le contraire, c’est-à-dire interdire la communion dans la bouche.
Cependant, on fait valoir qu’en cas d’urgence sanitaire, ce qui précède ne s’applique pas. En réalité, il n’y a en fait aucune base légale pour une telle affirmation. De plus, nous avons déjà montré qu’il n’y a aucune preuve scientifique objective pour affirmer que la communion sur la main est plus sûre d’un point de vue hygiénique que la communion dans la bouche. Mais à supposer que cela soit prouvé, seul le législateur suprême, à savoir le Saint-Siège, pourrait changer la norme générale de la communion dans la bouche (et pour le moment il ne l’a pas encore fait). Aucune autorité inférieure ne peut modifier cette norme, par conséquent aucune conférence épiscopale nationale, régionale ou un seul évêque ne peut modifier la norme générale de la communion dans la bouche.
Le canon 838 du Code de droit canonique lui-même est extrêmement important en ce sens, car il rappelle précisément qu’il appartient au Siège apostolique de réglementer la liturgie sacrée, soulignant que l’évêque diocésain peut légiférer en matière liturgique dans les limites de sa compétence. Les conférences épiscopales elles-mêmes ont des limites très spécifiques, établies par le canon 455. Par conséquent, si un évêque ou une conférence épiscopale interdit la communion dans la bouche, même si au lieu de communiqués ou de lettres ils utilisent des décrets (plus corrects du point de vue formel), ils dépassent les limites de leur compétence, commettant un véritable abus de pouvoir. Ces dispositions semblent donc invalides et n’ont aucune force obligatoire, ni pour les prêtres ni pour les autres fidèles (…)
L’actuelle Présentation générale du Missel romain et l’Instruction Redemptionis Sacramentum du 25 mars 2004 confirment clairement et sans équivoque que les fidèles ont toujours le droit de recevoir la communion dans la bouche, même là où la communion à la main est autorisée (…) la rigidité se trouve chez ceux qui veulent forcer à la communion dans la main. En substance, on dit: «Voulez-vous la communion? Ou vous la prenez dans la main, ou rien! ». Félicitations ! Puis nous nous remplissons la bouche de charité et de sensibilité pastorale, de proximité avec les fidèles, et on se vante d’être miséricordieux et compréhensifs. En réalité, cette imposition apparaît ni plus ni moins comme une forme de cléricalisme, jamais aussi combattue qu’à cette époque, mais seulement en paroles. Plusieurs prêtres, malgré leur opposition à la communion dans la main, ne la nient pas et dans la situation actuelle, pour faire face aux difficultés de certains fidèles, déconcertés par tant d’informations contradictoires qu’ils reçoivent, donnent d’abord la communion à ceux qui veulent la communion entre leurs mains et puis à la fin à ceux qui communient dans la bouche. Un peu de bon sens suffit donc. Il me semble que ces prêtres font preuve d’une ouverture beaucoup plus grande que celle de certains nouveaux pharisiens et légalistes. Et au contraire, que fait-on? Ceux qui respectent la liberté de choix des fidèles, avec toute l’attention voulue, sont accusés de désobéissance et, sans aucune base scientifique, d’être irresponsables, de provoquer la propagation du virus, de ne pas se soucier de la santé des gens. Comme nous sommes doués pour déformer la réalité!
Il semble plutôt que, dans la situation actuelle, on ait agi pour porter une ultime attaque à la communion dans la bouche, détestée par beaucoup pour des raisons idéologiques. La preuve en est que certains évêques ont même défini la communion sur la langue comme un abus liturgique, alors qu’en réalité c’est la communion sur la main qui s’est imposée comme un abus liturgique, qui a ensuite été légalisé. Il y a beaucoup de fidèles qui, avant même le début de la pandémie, ont été tournés en dérision, moqués et gravement offensés par leurs pasteurs simplement parce qu’ils voulaient recevoir la communion dans la bouche et à genoux, lesquels ont encore montré ici une charité proverbiale et une grande sensibilité pastorale ! (…)”
C’est arrivé un 27 février…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum.
Alors rappelons-nous :
-
le 27 février: saints du jour français ou en France.
- St Galmier (ou Baldomer), sous-diacre († 650)
Saint Galmier (ou Baldomer) humble forgeron, il fut remarqué par l’abbé de Saint-Just de Lyon. L’archevêque Gandésic l’ordonna sous-diacre et, après sa mort, les miracles fleurirent sur sa tombe.
- Bse Marie de Jésus, vierge, fondatrice et martyre
À Marseille, en 1884, la bienheureuse Marie de Jésus (Marie Deluil Martiny), vierge, qui fonda la Congrégation des « Filles du Cœur de Jésus » et fut blessée à mort par un jardinier pris de folie, achevant ainsi par l’effusion de son sang une vie intimement unie à la Passion du Christ.
-
le 27 février 806 : partage de l’Empire par Charlemagne.
Charlemagne prévoit le partage du Royaume entre ses fils. Charles, Pépin et Louis se voient attribuer des parts équitables du Royaume, mais la mort prématurée des deux premiers laissera Louis seul héritier.
-
le 27 février 1594 : sacre d’Henri IV, Roi de France.
Ce n’est qu’après avoir abjuré le protestantisme, en juillet 1593 en la basilique de St Denis, qu’Henri IV peut revendiquer légitimement la Couronne de France. La Sainte Ligue a gagné. Elle doit maintenant se mettre au service du Roi légitime. Mais la Ligue tient toujours Paris et Reims. Henri IV sait toute l’importance que revêt la cérémonie du sacre. Ce n’est qu’après avoir reçu l’onction du saint chrême qu’il pourra achever de rassembler ses sujets autour de lui.
Henri IV est à Chartres dès le 17 février, où il passe ses journées en prières et en recueillement. La veille de la cérémonie, il se confesse. Le lendemain matin, il entre dans la cathédrale où se pressent le peuple ainsi que les pairs laïcs et ecclésiastiques.
Dans Eglise et Monarchie, Don Besse décrit ainsi la cérémonie du Sacre.
«La France assiste au Sacre de son Roi. Elle a pleine conscience de ce qui se passe devant ses yeux. C’est Jésus-Christ qui va lui donner son souverain. Sa présence est un acte de foi qui s’élève jusqu’à Dieu, source du pouvoir dans les Sociétés… la France entière, Roi et sujets, fait hommage d’elle-même à Dieu, Jésus-Christ. Tous communient à la même pensée catholique qui rayonne sur l’ordre politique et social. Les idées et les sentiments entraînent l’union des cœurs et des esprits. Cette union des âmes concourt nécessairement à l’unité Nationale.»
Puis le Roi prête les serments suivants :
«Je promets de conserver à chacun de vous (les Évêques), et aux Églises qui vous sont confiées, les privilèges canoniques, les droits et la juridiction dont vous jouissez, et de vous protéger et défendre autant que je le pourrai, avec le secours de Dieu, comme il est du devoir d’un Roi, dans son Royaume, de protéger chaque Évêque, et l’Eglise qui est commise à ses soins. »
Et après que le Peuple a accepté le Roi pour son Souverain, celui-ci la main sur l’Évangile :
«Je promets, au nom de Jésus-Christ, au Peuple Chrétien qui m’est soumis :
«Premièrement de faire conserver en tous temps à l’Eglise de Dieu, la paix par le peuple chrétien.
«D’empêcher les personnes de tous rangs de commettre des rapines et des iniquités de quelque nature qu’elles soient.
«De faire observer la justice et la miséricorde dans les jugements, afin que Dieu, qui est la source de la clémence et de la miséricorde, daigne la répandre sur moi et sur vous aussi.
«De m’appliquer sincèrement, et selon mon pouvoir, à expulser de toutes les terres soumises a ma domination les hérétiques nommément condamnés par l’Eglise.
«Je confirme par serment toutes les choses énoncées ci-dessus : Qu’ainsi Dieu et Ses Saints Évangiles me soient en aide».
Le serment lie le souverain à Dieu, dont il est le représentant sur terre. Dieu lui a donné le Royaume ; il promet de le gouverner conformément à ses volontés. Il y a entre eux un contrat. L’Eglise en est le témoin.
[…] «Après le serment, le Roi se prosterne tout de son long, les Évêques, le Clergé, tout le monde fléchit les genoux. Le spectacle est grandiose. C’est la France entière qui est là, suppliante. Le Ciel est entrouvert au-dessus de la Basilique. Dieu, entouré de la Cour de Ses Saints, contemple. Il bénit. C’est la France qu’il bénit en la personne de son Chef. Il lui donne tout ce qui peut rendre son Gouvernement prospère».
Puis, avant de procéder à l’onction sainte, le Prélat consécrateur remet l’épée entre les mains du Roi et dit :
«Prenez cette épée, qui vous est donnée avec la Bénédiction du Seigneur; afin que par elle et par la force de l’Esprit-Saint, vous puissiez résister à tous vos ennemis, et les surmonter, protéger et défendre la sainte Eglise, le Royaume qui vous est confié et le camp du Seigneur, par le secours de Jésus-Christ, le triomphateur invincible. Prenez, dis-je de nos mains consacrées par l’autorité des saints Apôtres, cette épée dont nous vous avons ceint, ainsi qu’on en a ceint les rois, et qui, bénite par notre ministère, est destinée de Dieu pour la défense de Sa sainte Eglise.
Souvenez-vous de celui dont le prophète Daniel a parlé ainsi dans ses psaumes : O vous qui êtes le fort d’Israël ! Prenez votre épée et disposez-vous au combat ;
-
afin que par son secours vous exerciez la justice, vous brisiez la mâchoire des injustes;
-
que vous protégiez et défendiez la sainte Eglise de Dieu et de ses enfants ;
-
que vous n’ayez pas moins d’horreur pour les ennemis secrets du nom chrétien que pour ceux qui le sont ouvertement, et que vous travailliez à les perdre ;
-
que vous protégiez avec bonté les veuves et les orphelins ;
-
que vous répariez les désordres ; que vous conserviez ce qui a été établi ;
-
que vous punissiez l’injustice ;
-
que vous affermissiez tout ce qui a été mis dans l’ordre ;
-
afin que, couvert de gloire par la pratique de toutes ces vertus et faisant régner la justice, vous méritiez de régner avec notre Sauveur, dont vous êtes l’image, et qui règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il».
Et un peu plus loin, en ceignant le Roi de son épée :
«Passe le glaive autour de tes reins, ô très puissant, et souviens-toi que les saints ont vaincu les royaumes, non avec le glaive, mais avec leur foi…»
Puis : «Seigneur, daignez le combler des bénédictions de Votre grâce spirituelle et revêtez-le de la plénitude de Votre puissance. Que la rosée du Ciel, la graisse de la terre, procure dans ses états une abondance de blé, de vin et d’huile, et que par Vos divines largesses la terre soit couverte de fruits pendant de longues années… afin que sous son règne les peuples jouissent de la santé. Qu’il soit le plus puissant des rois… Que pour la suite des siècles, il naisse de lui des Successeurs à son trône». (*)
(*) Don Besse dans Eglise et Monarchie (page 235 à261 Edition Jouve & Cie)
Après le serment royal et la remise de l’épée ont lieu le sacre proprement dit avec le Saint Crème, que les révolutionnaires n’ont pu faire disparaître en 1794, la remise des insignes de justice et de souveraineté, bénédiction de la couronne et le couronnement . Il ne reste plus à Henri qu’à se faire introniser et acclamer par la foule.
Sacré selon des rites immuables qui ont conféré leurs pouvoirs aux Rois de France depuis des siècles, le Roi Henri IV est acclamé par son peuple, qui laisse exploser sa joie.
Les conséquences du sacre d’Henri IV ne se font pas attendre. Rapidement le Parlement de Paris se range à ses côtés, et demande à l’occupant espagnol de quitter la ville. Tout se met en place pour une arrivée triomphale à Paris le 22 mars suivant.
Soulignons qu’en l’abbaye de Marmoutier, près de Tours, une ampoule identique à celle de Reims, contenant l’huile sainte nécessaire au sacre fut trouvée juste avant le Sacre.
Voir les chroniques du 13 décembre sur la naissance du Roi et ses liens avec Notre Dame dès ce jour ; du 14 mai sur son assassinat par Ravaillac ; du 22 mars sur son entrée à Paris et sa visite à Notre Dame où Saint Michel Archange apparaît auprès du Roi aux yeux de tout le peuple français pendant toute la messe ; du 25 juillet sur son abjuration de l’hérésie protestante.
-
le 27 février 1642 : la future colonie canadienne prend à Notre Dame de Paris le nom de « Ville-Marie ».
Des lettres patentes concèdent l’île de Montréal à Jérôme Le Royer, sieur de La Dauversière et Pierre Chevrier de Fancamp, membres fondateurs de la Société de Notre-Dame, et leur confèrent le droit de nommer un gouverneur local, de construire des fortifications. Voir les chroniques du 7 août et du 6 novembre.
-
le 27 février 1658 : une crue de la Seine provoque des inondations à Paris (8,81m à l’échelle du pont de la Tournelle).
-
le 27 février 1718 : la statue de Louis XIV est inaugurée, au Peyrou, à Montpellier.
-
le 27 février 1736 : naissance de René Madec, marin et aventurier breton français, nabab du Grand Mogol
René Madec est un marin et un aventurier, né et mort à Quimper. Issu d’une famille modeste, il s’embarque à 11 ans et navigue sur les bateaux de la Compagnie des Indes. Il participe aux conflits franco-britannique en Inde et crée une armée privée qu’il met au service des princes indiens et du Grand Moghol, qui le fait Nabab. En 1764, il est à la tête d’une armée privée, forte d’environ 1 500 hommes qu’il met au service des rajahs puis du Grand Moghol lui-même. Parallèlement à ses activités guerrières, il commence à se bâtir une fortune colossale.
Son armée compte maintenant 6 000 hommes, il est devenu un des hommes les plus importants et les plus influents de l’Hindustan. Combattant avec les Français contre les Britanniques, il revient au pays après la capitulation.
Débarqué à Lorient, il se rend à Versailles pour remettre à Louis XVI, le rapport du gouverneur Guillaume Léonard de Bellecombe, sur le siège de Pondichéry. Il y apprend que depuis 2 ans (1er janvier 1777), il a le grade de colonel, et qu’il est reçu dans l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il est, peu de temps après, anobli par le Roi. Il meurt d’une chute de cheval.
-
le 27 février 1751 : extension de la colonie de Nouvelle France.
Jacques-Pierre de Taffanel de la Jonquière envoie Pierre-Marie Raimbeau de Simblin construire un fort de traite des fourrures au Lac de la Carpe pour entraver l’influence britannique dans le sud de la Baie d’Hudson.
-
le 27 février 1821 : l’ordonnance sur l’Instruction donne de nouveaux pouvoirs à l’Église.
Les évêques auront la charge de l’inspection des collèges.
-
le 27 février 1822 : à Paris, début de l’éclairage intérieur au gaz, grâce au système Winsor.
-
le 27 février 1848 : création des ateliers nationaux.
Un décret du nouveau gouvernement, sous la pression de Louis Blanc, institue les Ateliers Nationaux, destinés à résorber le chômage en réalisant des grands travaux. Les ouvriers, dont le droit au travail a été reconnu le 25 février, s’inscrivent par milliers au bureau d’embauche : fin juin, ils sont près de cent mille. Un programme de grands travaux est lancé à Paris avec la construction des gares Montparnasse et Saint-Lazare. Ils seront dissous le 21 juin 1848, entraînant une insurrection sanglante.
-
le 27 février 1856 : début du Congrès de Paris, fin de la guerre de Crimée.
Le Congrès Paris, qui rassemble les principaux belligérants de la guerre de Crimée commence Le 30 mars, la France, l’Angleterre et la Russie signent le traité qui consacre l’indépendance de l’Empire ottoman. La Russie renonce à ses prétentions sur la Moldavie et la Bessarabie accepte la neutralisation de la Mer Noire et accorde la libre circulation des navires sur le Danube.
-
le 27 février 1858 : dixième apparition de Notre Dame.
Notre Dame est silencieuse. Sainte Bernadette boit l’eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.
-
le 27 février 1913 : fin du procès de la bande à Bonnot.
En France, le procès de la Bande à Bonnot prend fin avec la condamnation à mort de 4 membres de ce gang qui a terrorisé le pays; ils sont exécutés le 21 avril suivant. Jules Bonnot, le cerveau de la bande, avait été tué par la Garde républicaine le 27 avril 1912, après 5 heures de résistance.
-
le 27 février 1916 : mort à l’ennemi du brigadier Henri Ruellan, le troisième des dix frères Ruellan mobilisés.
Les dix frères Ruellan ce sont:
-
quinze citations dont huit à l’ordre de l’armée,
-
trois médailles militaires,
-
sept croix et Légion d’honneur.
Pourquoi plus de cents ans après la Grande Guerre, « l’éducation nationale », ne parle pas de cette famille comme en 1938 ?
Au départ, il y a Jules Ruellan et Marguerite Huet du Rivau, un couple de fervents catholiques élevés dans l’amour de la France éternelle. De leur foyer naissent dix-huit enfants. Dix frères partent pour le front, six y tombent pour la France, ce qui en fait la fratrie française ayant eu le plus de morts pendant ce conflit. Un septième mourra une dizaine d’années plus tard, victime du gazage subi pendant la guerre.
Ils sont les « les dix frères Ruellan »
La famille Ruellan est une famille bretonne de notables établie à Saint Malo, où Jules, le père, est armateur. Marguerite du Rivau, la mère, est issue d’une ancienne famille aristocrate ayant fait souche en Sarthe. Ce couple de caractère est à la fois gai et engagé.
En 1905, au moment de la loi dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat, Stanislas et André se retrouvent dans une manifestation de protestation. André est jugé pour avoir, d’un coup d’indignation et de colère, frappé… le cheval d’un gendarme. Condamné pour ce crime très grave à seize francs d’amende, il refuse de payer à l’Etat ce qu’il a défendu comme revenant à Dieu et il ne purge son injuste amende que par peine de corps, par journées de prison, et encore ne s’y rend t-il pas de lui-même mais avec escorte de gendarmes…
Xavier, quant à lui, est condamné à six jours d’arrêt à la prison de St Malo pour avoir sans doute trop fermement manifesté sa réprobation à un commissaire chargé de l’exécution des inventaires.
Jean-Berchmans, pour sa part, manifeste à Paris au mois de février 1911 contre une pièce de théâtre d’un auteur qui provoquait le scandale, un déserteur qui le revendiquait. Participant à toutes les manifestations de protestation, six ou sept environ, Berchmans est arrêté à chacune d’entre elles et conduit au poste.
Dans cette famille, tous étaient profondément royalistes. Et de ces royalistes qui s’opposent à la République anticléricale et déjà anti-chrétienne.
Dès le début de la guerre, les treize enfants qui sont encore en vie en 1914 s’engagent chacun selon sa manière. Deux des frères, émigrés en Amérique pour faire affaires, répondent aussitôt à la mobilisation générale. Abandonnant ses affaires après des années d’investissements au moment où elles allaient commencer à porter leur fruit, Stanislas abandonne tout pour rentrer en France. Quant à André, établi en Uruguay, cherche aussitôt à embarquer au plus vite pour rentrer. Tous se mobilisent.
Les trois sœurs répondent également à la mobilisation et revêtent l’habit blanc des infirmières durant toute la guerre.
Dans le journal l’Action françaises, dont les Ruellan sont des abonnés fidèles, la mort de chacun d’eux est rapportée dans la nécrologie. La guerre fait des morts et des orphelins et Charles Maurras fait à plusieurs reprises un appel aux dons à ses lecteurs, qui y répondent très généreusement, pour l’orphelinat dans le bordelais dont s’occupait Madame Xavier Ruellan. Maurras au sujet des Ruellan : « une race de braves qui avec tant de douleurs continuent avec obstination à se battre, à faire le bien, à servir ».
Morts au champ d’honneur :
Adjudant-chef au 3èmebis des zouaves. Mort le 17 février 1915, frappé d’une balle en plein cœur, en portant secours à un camarade. Citation à l’ordre de l’armée, médaille militaire.
Quelque temps avant sa mort, il écrit à sa sœur : « je fais le sacrifice de ma vie à la France. »
Sergent au 7°régiment d’infanterie coloniale, tué le 16 mai 1915. Alors qu’il mène la charge à la tête de sa section, une balle le frappe en plein front dès le début de la bataille de Verdun. Deux citations dont une à l’ordre de l’armée, médaille militaire.
Brigadier au 7° d’artillerie, tué le 27 février 1916 étant enseveli vivant dans sa casemate lors d’un bombardement à Verdun. Citation à l’ordre de la division, médaille militaire.
Capitaine au 308° d’infanterie, tué le 22 novembre 1916. Citation à l’ordre de l’armée, chevalier de la légion d’honneur.
Par son mariage avec Marguerite Denoix de Saint-Marc, Louis est le grand oncle d’un autre grand héros français, le capitaine Hélie Denoix de Saint-Marc. Celui-ci expliquera qu’il découvrit sa vocation militaire par l’exemple de ses oncles Ruellan, dans le pieux souvenir desquels il était entretenu durant sa jeunesse. Louis est le seul des frères tombés qui aura fait souche. Sa situation de père de famille nombreuse pouvait l’exempter de la guerre, dispense offerte qu’il rejeta avec mépris.
Louis laissa six orphelins.
« Si la défense du pays exige de moi le sacrifice ma vie, qu’on redise sans cesse à mes enfants que deux amours terrestres ont partagé ma vie : celui de la France, et celui de ma femme et de mes enfants. »
Voici sa lettre du 21 novembre 1916, adressée à son épouse, lettre qui se révèlera être la dernière. Alors qu’à l’arrière, au Parlement se tiennent des discours défaitistes qui font plus de mal qu’un obus pour le moral des combattants, Louis écrit :
« si chacun y mettait du sien même au simple point de vue moral, s’il y avait vraiment dans le pays une vie nationale dans laquelle toutes les forces matérielles et morales de la France se concentreraient vers la guerre, ce fléau serait abrégé. Il y a encore trop de gens qui vivent en dehors du conflit auquel tous doivent prendre part suivants leur condition et leurs moyens. Ceux que la guerre n’atteint ni dans leurs intérêts, ni dans leurs affections sont portés à la trouver longue uniquement parce qu’elles gênent leur petites habitudes de vie et non pour les souffrances qu’elle engendre au point de vue général. Il y en a même qui souhaitent la prolongation de la guerre car ils n’ont jamais gagné autant d’argent. Ceux-là sont les logiciens de la théorie individualiste. Quelle réforme à apporter dans les mœurs, dans les esprits ? Et si Dieu attendait qu’elle fût accomplie pour nous accorder la victoire, nous risquerions de voir la guerre encore se prolonger de nombreuses années mais la miséricorde divine est infinie et elle s’exerce souvent sur des gens qui n’en sont pas dignes. Nous en fournissons une nouvelle preuve. Si tu savais, et tu le sais car tu me connais, combien ces discussions à la Chambre ces attitudes grotesques des parlementaires nous donnent des nausées au fond de nos tranchées. Les cadavres des Boches nous soulèvent moins le cœur que la lecture des journaux. Quels criminels que ces misérables. Quel inconscient que ce peuple qui les supporte. Il n’est pas possible qu’après tout ce que nous avons enduré, et endureront jusqu’à la paix victorieuse, la situation intérieure se prolonge. On le sent si bien que même dans ces milieux pourris de la politique qu’on réclame un chef mais en faisant tout pour ne pas le trouver. Car il existe et nous savons où il est, d’où il vient et ce qu’il fera. Il renouera la tradition française, il reprendra l’œuvre des rois de France, père du peuple car il est leur descendant, le dépositaire de la recette que seul il peut appliquer. Ici nous ne sommes pas distraits de la situation intérieure, de l’avenir du pays, par le bruit du canon et les préoccupations constantes de la lutte. Nous faisons une guerre totale, c’est-à-dire contre aussi bien l’ennemi de l’intérieur que contre celui de l’extérieur. Notre devoir comporte les deux luttes et si je suis sur la ligne de front depuis le début c’est que ce devoir m’a paru impérieux. Cette idée du devoir, ma chère Marguerite, tu ne peux t’imaginer à quel point la guerre l’a développé en moi et me l’a fait aimer. Tu ne m’en voudras pas de te dire que j’éprouve même un plaisir, une joie intense à songer que je fais tout mon devoir sans en recevoir la moindre récompense. Etre en campagne depuis vingt-huit mois, avoir porté tous ses efforts vers l’accomplissement de son devoir et pouvoir se dire : « je n’ai sollicité aucune faveur, je n’ai reçu aucune récompense en dehors de celles que Dieu m’a données par la conscience que je faisais bien, cela, ma chérie, c’est le rêve pour une âme qui cherche sa récompense non sur la terre de la part des hommes, mais au ciel de la part de Dieu. »
Lieutenant du 23° des chasseurs alpins, tué le 31 mai 1918 d’une balle en plein front alors que, ayant fait coucher ses hommes dangereusement mitraillés, il reste debout pour repérer d’où viennent les tirs qui s’abattent sur sa compagnie. Deux citations dont une à l’ordre de l’armée, chevalier de la Légion d’honneur.
D’abord aumônier et infirmier, après avoir accompagné dans la mort tant de soldats, il emploie de nombreux moyens pour parvenir à combattre en première ligne et parvient finalement à rejoindre le 22° bataillon de chasseurs alpins où il gagne le grade de capitaine. Il saisit l’occasion d’aller au front en prenant la place d’un père de famille. Tué par un éclat d’obus à la tête presque à la fin de la guerre, le 1er octobre 1918. Quatre citations dont deux à l’ordre de l’armée, chevalier de la Légion d’honneur.
« De toute façon, je ne mourrai pas dans mon lit et j’espère bien voir au moins une fois le feu ». S’adressant à ses hommes : « je suis prêt à mourir pour n’importe lequel d’entre vous, mais en revanche je vous demande de m’obéir absolument ».
Lors de sa dernière permission, ayant ressenti que son sacrifice serait accepté par Dieu : « nous ne nous reverrons plus ici-bas. Je sais où je vais aller et ce que je dois faire ».
Morts des suites de la guerre:
Lieutenant du 223° d’artillerie, gazé par les Allemands le 1er mars 1918 à Verdun, il décède des suites de ses blessures le 8 janvier 1930 après des années de douleurs. Citation à l’ordre du corps d’armée, chevalier de la Légion d’honneur.
« Je tâche de donner l’exemple à la patrie. Je sers moi-même la messe le dimanche et j’y communie devant mes hommes sans affectation mais surtout sans crainte. Ne suis-je pas là au milieu des miens ? Que j’ai des défauts, cela ne doit pas leur échapper. Mais que je sois franc et juste, je ne crois pas qu’on puisse le nier. (…) Je fais ce que je peux (à mes hommes) pour leur adoucir une rude campagne mais je suis strict pour le service et la discipline. J’ai peu d’observations à faire et tâche de les faire comme il faut, c’est-à-dire la plupart du temps paternellement mais quelque fois sévèrement quand la discipline est en jeu. C’est rare, mais cela arrive. Les mauvaises têtes, s’il y en a, sont vite convaincues qu’il est de beaucoup préférable d’être bon soldat. »
Il est le seul de la fratrie à ne pas avoir pu combattre au front en raison de son mauvais état de santé, qui s’empire durant les trois années qu’il donne pendant sa mobilisation au point de finir par être réformé à 100%. Il survivra entièrement paralysé pendant plus de vingt ans.
Les survivants :
Capitaine du 247° d’infanterie, détaché à la mission militaire française auprès de l’armée hellénique. Citation à l’ordre de l’armée, chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre. Député d’Ille-et-Vilaine de 1919 à 1924.
«J’ai été obligé de rembarrer certains qui s’en vont raconter que les milieux réactionnaires après avoir voulu la guerre pour en finir avec la République veulent la paix pour que la République ne bénéficient pas de la victoire. Comme si la victoire pouvait être la récompense du régime qui n’a su ni préparer la guerre ni même la prévoir. Ce n’est pas la République qui aura vaincu les Boches, mais la France, toute la France, qui s’est réveillé avec les belles qualités de la race, hardiesse, courage, ténacité, enthousiasme, patriotisme… »
Sous-lieutenant du 129°d’infanterie. Deux citations dont une à l’ordre de l’armée, chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre. Il s’est installé depuis 1907 aux Etats-Unis qu’il quitte avec abnégation pour venir se battre au plus vite comme ses frères restés sur le sol natal.
A l’annonce de l’armistice : « C’est magnifique ! (…) Nos morts ne sont pas tombés en vain et je ne cesse de penser à la joie qui doit dilater tous les cœurs de France, surtout peut-être à l’intérieur où ces pauvres cœurs ont éprouvé tant d’angoisse depuis quatre ans et demi. Saurons-nous assez remercier Dieu nous qui ramenons notre peau au complet après l’avoir vue exposer durant tout ce temps car c’est tout de même miracle de n’y être pas resté. On peut bien le dire maintenant qu’il n’y a plus à craindre de vous faire trembler ».
Tiré du blog de Thierry de Vingt-Hanaps :
http://vingt-hanaps.blogspot.fr/2015/02/la-plus-grande-fratrie-durant-la-grande.html
NB : toutes les citations sont issues des mémoires présentés par M Marc JEAN, chez Cristel éditions, dans son ouvrage : « Les dix frères Ruellan, héros et martyrs. 1914-1918 », 272 p. 22,7€ – ISBN 2-84421-078-4 lien vers le site de l’éditeur
-
le 27 février 1939 : la France reconnaît le régime franquiste.
La France et la Grande-Bretagne reconnaissent, contre la promesse de neutralité en cas de conflit, le régime de Francisco Franco en Espagne. La guerre civile n’est pas encore terminée. Le maréchal Pétain est nommé ambassadeur de France auprès du gouvernement franquiste le 2 mars suivant.
-
le 27 février 1986 : sommet franco-allemand à Paris.
François Mitterrand et Helmut Kohl décident de relancer la coopération stratégique et militaire entre les deux pays.
-
le 27 février 2013 : dernière audience générale pour Benoît XVI.
La dernière audience de Benoît XVI se déroule comme à l’accoutumée, comme si elle ne se situait pas la veille de sa renonciation historique. Le pape donne sa catéchèse comme d’habitude. Toutefois, à son issue, il n’y a pas de « prima fila », compte tenu du trop grand nombre de demandes, on ne voit pas se dérouler la longue file des fidèles souhaitant saluer le pape.
Faute de frontières extérieures, les frontières intérieures se multiplient
À Nîmes, l’école Greorges Bruguier est désormais barricadée par une grille de 3 mètres de haut, pour se prémunir du trafic de drogue en expansion dans le quartier.
C’est la seule solution trouvée par les pouvoirs publics pour assurer leur sécurité.
Une mère de famille explique :
“Mon fils est à l’école ici et il doit s’habituer. Je ne peux plus lui faire coucou pendant la récréation. J’espère que ce mur le protégera, il en avait marre des alarmes, et de se réfugier sous la table.” […]
Le chef d’établissement précise :
“Nos élèves se retrouvent confinés en silence plusieurs jours par semaine depuis le mois de mai, évacués, stressés, ils passent de mauvaises nuits à la suite de cauchemars.”
Les écoles libres sont la solution pour sauver une école rurale en crise
Dans une tribune publiée dans Marianne, Anne Coffinier estime que les écoles hors contrat sont la solution pour sauver une école rurale en crise. Extrait :
Avec le Covid et l’essor de la conscience écologique, nous sommes de plus en plus nombreux à nous sentir une vocation de néo-ruraux. Le luxe, c’est le temps, c’est l’espace, comme dit la publicité. C’est aussi l’air pur et la beauté. Le retour à la terre, au charnel, à l’enracinement, l’écologie et la permaculture, en réaction à ce monde d’arrachement et de virtualisation des relations…. Bien sûr, bien sûr ! Mais la ruralité en 2021, c’est aussi la cohabitation hasardeuse avec ceux qui n’ont jamais quitté leur vallée ou leurs montagnes et qui ne comprennent pas la passion soudaine des citadins à venir jouer les Jean de Florette là où eux-mêmes peinent à vivre et à faire encore société. La grande ruralité, c’est aussi les territoires en forte déprise démographique, où la couverture internet est capricieuse quand elle n’est pas inexistante, où les services publics sont réduits à la portion congrue, la vie culturelle minimaliste, les transports chronophages…
Ce qui est certain, c’est que la grande ruralité n’a pas d’avenir si elle ne trouve pas le moyen de garder ou d’attirer des jeunes familles sur son territoire. Et ça passe d’abord par les écoles. La Fondation Kairos pour l’innovation éducative vient d’organiser un séminaire-action sur ce sujet à l’Institut de France, réunissant des élus ruraux et nationaux, des créateurs et développeurs d’écoles pour identifier les moyens d’assurer l’avenir de l’école rurale.
L’école rurale, et nous n’en sommes peut-être pas assez conscients, est l’archétype même de l’école communale, qui a d’ailleurs été historiquement pensée et conçue pour le monde rural. Aujourd’hui encore, 20% des élèves étudient en ruralité et 34% des écoles en France sont rurales. Pour le chancelier Darcos, président de la Fondation et ancien sénateur de Dordogne,
« l’école rurale est un mythe au sens barthésien du terme de l’histoire française. (…) L’école est conçue comme le lieu scolaire mais aussi le lieu central de la commune. »
C’est dans cette école à classe unique ou multiniveaux que tant d’inventions pédagogiques ont été faites et cette formule pédagogique donne aujourd’hui encore, pour le primaire, de meilleurs résultats que ceux des écoles de centre-ville. En revanche aujourd’hui, à la différence des écoles normales, les INSP ne forment hélas plus à enseigner dans ce type de contexte pédagogique, en classes multiniveaux, avec une forte implication dans la vie communale. Ce sont des traditions fécondes qui sont ici menacées.
Malgré son succès académique et son importance pour la vitalité du village dans son ensemble, les écoles rurales sont fermées à tour de bras, selon une logique de rationalisation budgétaire, l’étape intermédiaire étant souvent le regroupement des enfants en RPI (regroupement pédagogique intercommunal). C’est souvent un drame. Les familles ne sont pas prêtes à faire des kilomètres et finissent par abandonner leur village parce qu’il n’a plus d’école. Ces fermetures ont été décidées unilatéralement par l’Éducation nationale, qui, comme l’explique Max Brisson, sénateur des Hautes-Pyrénées et inspecteur général honoraire de l’éducation nationale, se pense (à tort) comme une administration régalienne et n’a pas la culture de la concertation et de la contractualisation avec les territoires. Comme l’explique David Djaïz, haut fonctionnaire et essayiste, il faudrait faire davantage confiance aux acteurs et davantage coopérer que nous ne le faisons aujourd’hui, et définir les RPI ou la carte scolaire en étroite coordination avec ces élus locaux. Mais, comme le disent les sociologues des organisations Oivier Borraz et Henri Bergeron : « La France est un pays saturé d’organisations mais qui organisera les organisations ? »
Face à ces logiques administratives brutales, des acteurs de terrains se battent pour préserver leurs classes, innover et expérimenter. Encore faut-il que l’État laisse les territoires expérimenter et déroger aux lois générales, comme c’est toléré de la part des territoires de REP+ en banlieues. C’est ce que réclament les élus locaux, tels le député du Loiret, Richard Ramos, ou Valentin Josse, maire et vice-président du conseil départemental de Vendée, qui dit ne rien attendre d’autre de l’État que la latitude nécessaire pour expérimenter au niveau local.
« Je crois au pluralisme des solutions, dit le sénateur Brisson. Il faut sortir donc d’une culture au cordeau et à l’équerre. (…) Faire de vraies conventions issues du terrain et non pas descendant de la rue de Grenelle et imposée aux territoires.(…) La confiance de ces derniers est érodée car les conventions de ruralité ont souvent été le faux nez pour fermer les écoles. »
Et Xavier Darcos, ancien ministre de l’Éducation nationale, d’abonder à ces propos girondins :
« c’est une utopie que de croire qu’on puisse depuis Paris gérer de manière unique et totale l’ensemble du système éducatif. »
Certains élus ont su soulever des montagnes pour innover localement malgré la pesanteur administrative de la capitale. Ainsi Sophie Gargovitch a-t-elle sauvé de la fermeture son école de village en la convertissant son école publique en école Montessori, ce qui a convaincu de nombreuses familles, de nouveaux commerces et professions libérales de venir s’installer chez elle, à Blanquefort-sur-Briolance dans le Lot-et-Garonne… C’est aussi le cas de Tursac en Dordogne.
Mais la plupart des expériences innovantes de redynamisation scolaire de village ruraux se sont réalisées à travers la création d’écoles libres, à l’initiative ou avec le fort soutien de la municipalité.
Le sénateur Max Brisson a souligné lors du colloque de la Fondation Kairos que « la guerre scolaire est un luxe qu’on ne peut pas se payer dans un territoire en grande déprise démographique. » Fonder une école libre est évidemment une solution pragmatique, pour assurer la continuité scolaire, se substituer à l’école publique fermée par l’État, et développer une offre scolaire au plus près des attentes des parents locaux et des atouts du territoire.
C’est ainsi que se sont développées de nombreuses écoles libres associatives à l’instigation directe de maires ruraux déterminés à rouvrir leur école. [Lire la suite]
La Syrie et sa mosaïque d’occupants
D’Antoine de Lacoste dans la revue Méthode :
La Syrie est moins à la mode. Les médias en parlent peu désormais alors que l’importance géopolitique du sujet reste essentielle.
Les pays occidentaux se sont couverts de ridicule pendant des années, attendant avec avidité la chute de Bachar el-Assad et soutenant, faute de mieux, des islamistes dits « modérés ». On apprécie au passage ce délicieux oxymore.
La transformation de cette prétendue guerre civile en laboratoire du jihad international n’a pas fait dévier d’un iota les brillants stratèges américains, français ou anglais. La CIA et les services secrets européens ont continué à fournir des armes à d’improbables milices, tandis que le Qatar et l’Arabie Saoudite arrosaient de dollars tous les chefs de guerre susceptibles d’aider à l’instauration d’une république islamiste sunnite.
L’émergence de Daech a changé la donne. Son occupation d’une bonne partie de la Syrie et de l’Irak a permis aux Etats-Unis d’intervenir directement par les airs et indirectement au sol par le biais des milices kurdes. D’autre part, conscient d’un proche effondrement de l’armée syrienne, la Russie a lancé sa première opération extérieure d’envergure depuis longtemps et, en tout cas, la toute première au Proche-Orient.
La Turquie, sous prétexte de contenir les Kurdes, s’est invitée elle-aussi et si l’on ajoute les Iraniens et les Libanais du Hezbollah, on peut dire que la Syrie détient le triste record du monde de soldats étrangers sur son sol, certains invités, d’autres non.
Les positions des uns et des autres n’ont que peu varié ces derniers mois mais ce ne sera pas toujours le cas et c’est donc le moment d’évaluer la situation.
Les grands vainqueurs de cette terrible guerre, même si elle n’est pas terminée, sont évidemment les Russes. Leur intervention militaire fut remarquablement maîtrisée, tant sur le plan humain que technologique et l’occident qui avait prédit leur enlisement en est pour ses frais. Sur le plan géopolitique, les bénéfices sont considérables. La Russie s’est implantée durablement dans un pays stratégique, a sécurisé Tartous, son unique base navale en Méditerranée et surtout est revenue brillamment dans le concert des grandes nations du monde. Elle a également prouvé qu’elle ne laissait pas tomber ses alliés ce qui constitue un contraste intéressant avec certains.
Mais de nombreux obstacles se dressent sur sa route. Le premier est turc. Erdogan qui voyait avec inquiétude une autonomie kurde s’organiser dans le nord de la Syrie est brutalement intervenu repoussant les FDS (principale milice kurde) au sud et à l’est. Les Américains ont laissé leur allié subir une lourde défaite et ce sont les Russes qui ont dû contraindre Erdogan à s’arrêter.
L’armée turque est également présente dans la province d’Idleb, au nord-ouest, devenue un chaudron islamiste peu banal. Les milices islamistes à la solde d’Ankara cohabitent difficilement avec d’autres milices islamistes livrées à elles-mêmes, en tête desquelles trône l’ex-Front al-Nosra devenu Hayat Tahrir al-Cham, et sa cohorte d’étrangers venus du monde entier (il y a même des Ouïghours). Les Russes ont toléré cela mais ont tout de même aidé l’armée syrienne à récupérer une partie du territoire au sud et à l’ouest début 2020. Cette opération victorieuse a permis à Alep de se libérer des incessantes attaques d’artillerie qu’elle subissait et la réouverture de l’autoroute Damas-Alep, nœud stratégique du pays.
Les relations turco-russes sont complexes, comme vient encore de le montrer l’affaire du Haut-Karabagh. Rivaux, parfois ennemis mais capables de conclure des accords très pragmatiques comme en Libye, Russes et Turcs s’observent en frôlant l’affrontement. Toutefois, malgré sa puissance militaire, il ne semble pas que la Turquie puisse vraiment menacer la prééminence russe en Syrie. Le jour où Poutine décidera de reprendre Idleb, il y a fort à parier qu’Erdogan devra plier bagages.
Ce ne sera pas le cas avec les Américains. S’ils ont lâché les Kurdes dans le nord, ils occupent avec eux l’est de la Syrie, au-delà de l’Euphrate. Le pétrole syrien est ainsi confisqué. Cette occupation, faite au mépris complet du droit international, permet aux Américains de surveiller notamment les mouvements des gardiens de la révolution iraniens, très présents au sud-est, le long de la frontière irakienne. Pour compléter son dispositif, l’armée américaine a construit une base dans le désert, au sud, près de la frontière jordanienne. Appelée al-Tanf, cette base est également faite pour surveiller les mouvements iraniens. Elle abrite accessoirement d’anciens miliciens islamistes passés à la solde des Américains, mais cela ne semble déranger personne aux États-Unis.
Cette occupation-là sera difficile à éliminer.
Les Kurdes quant à eux semblent assurés d’une protection américaine plus fiable que dans le nord en raison de la présence du pétrole. Mais on voit mal comment leur présence peut durer dans une zone qui devient exclusivement arabe au fur et à mesure que l’on descend dans le sud où aucune population kurde n’a jamais vécu. Les incidents sont nombreux. L’occupation kurde est, comme d’habitude, brutale et des attentats sont régulièrement organisés contre les FDS. Et contrairement à ce qui est souvent dit, ce ne sont pas nécessairement des islamistes qui les perpétuent.
Côté syrien, c’est évidemment l’Iran qui joue le rôle le plus important après la Russie. Dès le début de la guerre, des milliers d’Iraniens sont venus aider l’armée syrienne minée par les désertions de ses éléments sunnites. Leur aide a été décisive dans certaines batailles et leurs pertes importantes. De nombreux chiites venus d’Afghanistan sont également présents en Syrie. Le but de l’Iran est bien connu : éviter d’abord que la Syrie ne tombe aux mains des sunnites (ce qui est maintenant acquis) puis renforcer l’axe chiite est-ouest, c’est-à-dire Iran-Syrie-sud du Liban. La religion alaouite des dirigeants syriens est honnie par les sunnites, d’où leur rapprochement pragmatique avec le voisin chiite.
C’est bien sur ordre de l’Iran que le Hezbollah libanais est intervenu en Syrie contre les islamistes sunnites. Aguerris et motivés, les combattants du Hezbollah ont été particulièrement efficaces, chassant notamment Daech des montagnes de l’Anti-Liban. Ils ont participé à toutes les batailles décisives de la guerre, notamment à Alep et dans la Ghoutta (banlieue de Damas).
L’Iran aimerait naturellement tirer les bénéfices de cet investissement qui fut décisif avant l’intervention russe. C’est d’ailleurs le général Soleimani (tué depuis sur ordre de Donald Trump) qui, en août 2015, s’était rendu à Moscou pour convaincre Vladimir Poutine d’intervenir d’urgence. Elle cherche donc à mettre une emprise forte sur la Syrie, ce qui contrarie parfois la Russie. Israël aussi d’ailleurs qui, pour des raisons bien connues, n’accepte pas la présence de militaires iraniens à sa porte. C’est pour cela que de très nombreux raids aériens sont lancés contre les installations logistiques iraniennes dans toute la Syrie. Israël a clairement soutenu les islamistes durant cette guerre, soignant par exemple de très nombreux combattants dans ses hôpitaux. Il n’y a rien d’étonnant à cela : tout régime arabe fort étant un danger potentiel, son affaiblissement, comme en Syrie, ou sa destruction, comme en Irak, sont tout bénéfice. C’est la stratégie du chaos qui a fait ses preuves.
Quant à Daech, ses perspectives sont nulles dorénavant. Certes, de nombreuses cellules dormantes peuvent être réactivées à travers le pays et plusieurs bandes sont encore actives dans le désert, entre Palmyre et Homs d’un côté et Palmyre et Deir ez-Zor de l’autre. Les pertes de l’armée syrienne sont régulières et la configuration du terrain fait que cette guérilla peut se prolonger encore longtemps, d’autant que les éléments étrangers qui se battent encore ne se rendront jamais. Mais c’est une gêne, en aucun cas une réelle menace.
En dépit de tous ces obstacles, c’est donc bien la Russie qui a le plus de cartes en main. Mais si elle a parfaitement réussi à inverser le cours de la guerre, elle est maintenant confrontée à une difficulté de taille : la reconstruction de la Syrie. L’Amérique a récemment renforcé ses sanctions qui n’auront d’autres effets que d’appauvrir un peu plus la population syrienne. Il y a donc un pays que les sanctions américaines n’effraient pas et qui pourrait jouer ce rôle, c’est la Chine. La France pourrait encore jouer ce rôle, entraînant d’autres pays européens derrière elle. Mais pour cela, il faudrait qu’elle retrouve une vertu un peu démodée, le courage.
Tortures, exécutions, destructions : halte à la barbarie anti-arménienne
Solidarité Arménie lance une pétition à l’adresse des acteurs politiques français :
Endeuillée, amputée, appauvrie, seule pour panser ses plaies. Après un bref intérêt médiatique, la nation arménienne est retombée dans l’oubli total.
Plus de 3 mois après le cessez-le-feu, au moins 200 prisonniers de guerre n’ont pas été rendus par l’Azerbaïdjan, et de nombreuses vidéos qui circulent font craindre le pire aux familles des disparus. Tortures, dépeçages de corps humains, exécutions sommaires ; les images sont insoutenables.
Certains civils ayant préféré rester sur leurs terres du Haut-Karabakh ont été eux aussi malmenés ou torturés ; comment ne pas repenser avec effroi à ce vieil homme auquel des soldats azéris ont coupé les oreilles en se filmant avec des rires sadiques ?
Loin d’ignorer ou de condamner cette situation, les autorités turques et azerbaïdjanaises favorisent l’anéantissement du patrimoine arménien et l’installation de jihadistes syriens. Cimetières, khatchkars, églises ; les détériorations ou destructions se multiplient dans le silence de la communauté internationale.
Enfin, en dépit des accords du traité de cessez-le-feu, le territoire arménien est régulièrement victime d’incursions ou de tirs de l’armée azérie.
Alors qu’environ 600 000 arméniens vivent France, dont 400 000 sont nés dans l’hexagone, et que la France et l’Arménie chrétiennes possèdent des relations multiséculaires, nous refusons de laisser cette situation se perpétrer dans l’indifférence.
Nous demandons à nos élus et au chef de l’Etat d’agir enfin contre l’expansionnisme d’Erdogan qui ne cache pas sa volonté de rayer l’Arménie de la carte. La dignité humaine n’a pas de couleur politique. Elle n’est pas négociable !
Halte aux massacres, halte à la barbarie !
Jeux de pouvoirs dans l’Eglise : une religieuse au synode des évêques
Cette semaine, le Club des Hommes en Noir composé des abbés Guelfucci, Celier et Barthe, ainsi que Guillaume de Thieulloy, et dirigé par Philippe Maxence aborde la nomination de Soeur Nathalie Becquart comme sous-secrétaire du Synode des évêques.
Les guerres de Vendée en vitraux
A l’occasion de la sortie d’un beau-livre consacré aux vitraux des guerres de Vendée de nos églises de Vendée, Anjou, Deux-Sèvres et Loire-Atlantique, les deux auteurs de ce livre, Jean-Louis Sarrazin et Nicolas Delahaye, ont été interrogé sur RCF. Ils ont entrepris de dresser un inventaire, magnifiquement illustré, de tous les vitraux de nos églises d’Anjou, de Vendée, des Deux-Sèvres et de Loire-Atlantique relatant cette histoire héroïque et douloureuse. Un beau-livre publié aux éditions Pays et Terroir.
Finalement les messes dominicales sont autorisées à Nice
Nouveau communiqué de Mgr Marceau à la suite de nouvelles informations :
En début d’après-midi, par un appel de M. Gonzalez, Préfet des Alpes-Maritimes, je viens d’apprendre qu’en période de confinement partiel, contrairement à l’annonce officielle de ce matin-même, les messes dominicales pourront finalement se dérouler dans les églises, en respectant strictement les consignes sanitaires en vigueur. J’insiste pour que les prêtres y veillent.
Les fidèles pourront donc participer à la messe dominicale, qui verra sa durée limitée à 30 minutes, afin que la durée du déplacement et de la participation à la messe n’excède pas l’heure de sortie permise. Sur les attestations de sortie, une case réservée au culte sera ajoutée.
Je prends acte avec satisfaction de cette décision de M. le Préfet. Ainsi est respecté l’exercice de la liberté de culte. La communauté chrétienne dans les Alpes-Maritimes est soulagée, les célébrations dominicales étant essentielles à notre vie de foi et au bien de nos âmes. Il est heureux de noter qu’un dialogue noué avec les autorités a permis de trouver une solution équilibrée.
Je fais encore appel à la sagesse, à la modération et à la responsabilité de chacun dans les propos et les comportements, au cœur de cette situation si complexe de notre pays.
Bon chemin de carême à tous.
+ André MARCEAU
Évêque de Nice
Découvrir l’Action Familiale et Scolaire (1/2)
Nous avons interrogé Yves de Lassus, président de l’Action Familiale et Scolaire :
Pouvez-vous nous présenter d’abord ce qu’est l’Action Familiale et Scolaire ?
L’Action Familiale et Scolaire est une association de laïcs désireux de faire connaître et appliquer la doctrine de l’Église notamment en matière politique et sociale.
Elle a été fondée en octobre 1975 par la fusion de deux organismes : l’Action Scolaire et le SIDEF (Secrétariat d’Information et d’Études Familiales), créés respectivement en 1966 et 1967. L’AFS se réfère à l’enseignement CONSTANT de l’Église catholique romaine et se soumet à son autorité légitime. Elle agit en fonction de la marge de liberté dont les laïcs jouissent dans l’Église, spécialement les parents, premiers éducateurs de leurs enfants.
Quel public vise la revue de l’AFS ?
L’AFS s’adresse :
- en premier lieu aux parents et éducateurs soucieux de l’épanouissement de l’intelligence, du cœur et de l’âme des enfants,
- ensuite aux mouvements qui défendent la conception chrétienne de la société, de la famille et de l’école,
- enfin à tous les Français qui veulent garder et transmettre l’amour de l’héritage chrétien de la France.
Est-ce une revue plutôt politique, religieuse, culturelle … ?
L’AFS traite :
- des questions familiales : défense de la famille et de la société, politique familiale, formation religieuse, formation historique, …
- des questions scolaires : liberté d’enseignement, écoles hors contrat, réformes pédagogiques, bon scolaire…
- des questions politiques et sociales : principes politiques d’organisation de la société, justice sociale, idéologies …
C’est donc une revue tout à la fois politique, historique, religieuse, etc. L’objectif est de fournir aux parents tous les éléments dont ils peuvent avoir besoin pour bien éduquer leurs enfants et adolescents.
La revue est bimestrielle avec dans chaque numéro des articles thématiques : religion, histoire, politique familiale – éducation, bioéthique, action politique et sociale, critiques de livres pour adultes, critiques de livres pour enfants.
L’AFS propose également des brochures thématiques en quatre séries : Connaissance Élémentaire, Repères, L’Essentiel et Encycliques. Des stages de formation, des rencontres ou des conférences peuvent également être organisés à la demande.
Comment peut-on se procurer cette revue ?
Pour se procurer la revue ou une brochure, le plus simple est d’aller sur le site de l’AFS : https://www.afs.ovh.
L’Union européenne : une démocratie libérale sous sa forme la plus dégénérée
Dans l’ouvrage déjà évoqué du Polonais Ryszard Legutko la démocratie moderne, l’auteur, qui est élu député européen, aborde l’Union européenne :
L’Union européenne reflète l’ordre et l’esprit de la démocratie libérale sous sa forme la plus dégénérée. Si les aspects les plus forts de la démocratie étaient les élections et leur capacité à changer le gouvernement et ses programmes, l’Union européenne a fait tout son possible pour réduire cette possibilité à son étiage. Il n’existe pas de mécanismes clairs de transfert de pouvoir, ni de manière institutionnalisée permettant aux électeurs d’influer sur la direction que devrait emprunter l’Union européenne. Le parlement de l’UE n’est pas à l’origine de la constitution du gouvernement et ne dispose pas de pouvoirs étendus. En outre, il est probablement le seul organe parlementaire du monde, si l’on fait abstraction de certains régimes communistes ou autoritaires, où il n’existe pas d’opposition. Peu importe qui remporte les élections, les décisions clefs du Parlement européen sont prises par le même cartel politique et la même politique est poursuivie depuis des années. Le gouvernement européen, ou plutôt quelque chose qui ressemble à un gouvernement, c’est-à-dire la Commission européenne, ne résulte pas d’une décision prise par les électeurs, mais reste complètement indépendante de la volonté des électeurs. Les principales fonctions de l’Union européenne sont dirigées par des gens qui n’ont pas été élus et que ne peuvent pas être révoqué par les électeurs, lesquels ne disposent d’aucun outil politique efficace.
Comment donc, à une époque de rhétorique démocratique si omniprésente et si déterminée, a-t-on pu créer une institution aussi antidémocratique ?
Sans attendre d’autre récompense, un roman sur le scoutisme catholique
Christophe de Sansal, Docteur ès Mécanique & Matériaux, ingénieur de formation, vient de publier un roman scout dont le titre est extrait de la prière scoute, Sans attendre d’autre récompense (que celle de savoir que nous faisons Votre Sainte Volonté). Dans ce récit captivant, qui nous entraîne d’un camp scout dans le Vercors aux champs de bataille (bien documentés) de la Seconde Guerre mondiale, l’auteur met en scène des adolescents, avec leur défauts, leurs doutes, leur soif d’idéal, leur fougue et leur amitié, devenus adultes, qui passent des jeux du camp au jeu terrible de la guerre.
L’histoire commence dans les années 1930 pour se terminer durant la première année du conflit contre l’Allemagne. Yves, un adolescent bouillonnant, se jette à corps perdu dans la mystique de l’aventure lorsqu’Henri, chef de patrouille aguerri, lui propose de devenir scout. Durant le camp d’été, il fait la connaissance de Georg, un jeune allemand venu camper en France, car son association scoute connait quelques problèmes avec le nouveau régime allemand… Fougueux et susceptible, Yves montre une ardeur difficilement maîtrisable, qui inquiète son CP. L’adolescent grandit et finit, à force de persévérance, par intégrer le 49ème bataillon de chars de combat, à l’aube de la bataille de France.
Plus qu’un roman historique ou d’aventures, ce roman est une ode au scoutisme catholique, tel qu’il a été introduit en France par le père Sevin. En voici un extrait :
N’être qu’un entraîneur ne suffit pas ! Il faut avoir pensé son entrain et savoir où l’on veut aller. Avez-vous pesé votre action ? Connaissez-vous votre direction ? Vous ne pourrez donner à vos jeunes que ce que vous êtes, or l’homme se définit par ses actes. Je vais vous dire ce qu’est un scout mestre : c’est un apôtre. Il se donne entièrement car, s’il n’a pas tout donné, il n’a rien donné. Mais avant cela il a pris soin de se construire et de se donner un cap. Pour nous autres catholiques, le cap, c’est le Salut. Proposer à vos jeunes des activités plein-air c’est bien ! Leur donner le goût de la bonne action quotidienne c’est essentiel ! Mais la loi scoute est en réalité une application vivante du décalogue pour nos enfants. Vous êtes des apôtres car, dans votre rôle de chef, vous êtes coadjuteurs du Christ pour le salut de leurs âmes.
Les écoles de la République : des mouroirs d’intelligence
De Marion Duvauchel, professeur de lettres et de philosophie :
Il y eut d’abord Claude Allègre, qui détestait les enseignants. On peut remonter plus haut mais je n’y étais pas. Il contribua à ce que la recherche française n’écrive plus qu’en anglais ; il se trompa scientifiquement sur suffisamment de points pour qu’on soit en droit de s’interroger sur la pertinence des distinctions honorifiques qui lui furent conférées, comme en témoigne l’affaire du volcan de la Martinique où l’on n’écouta pas Haroun Tazieff, l’homme de terrain. Pas une journée ne se passait alors sans qu’on placarde en salle des professeurs sa dernière trouvaille sur le corps enseignant. Wikipédia, qui lui accorde une page, répercute quelques-uns de ces propos injurieux qui le firent haïr du corps professoral.
Sous son ministère, l’opposition systématique entre syndicats et pouvoirs publics devint un paradigme politique. Les syndicats finirent par avoir sa peau, c’est-à-dire sa démission. À la fin de sa carrière politique, il passa à l’UMP, ce qui ne doit pas nous étonner.
Il eut quelques bonnes idées, dont celle qui consistait à considérer le lycée comme une charnière vers l’université et non comme un parking de chômeurs. Seulement on sortait d’une réforme du baccalauréat. La réforme des programmes fut alors organisée par des « grands scientifiques », ceux qui sont passés par les grandes écoles et ne connaissent rien aux questions pratiques de l’enseignement. Il y eut un colloque international. On sait la suite, des grèves, des grèves et encore des grèves, et cette fois-ci les lycéens se jetèrent dans la mêlée.
De Jack Lang, pas grand-chose à en dire en dehors de sa pompeuse insignifiance et d’une affaire de pédophilie qu’on finit par enterrer.
Luc Ferry qui lui succéda commença par publier un petit livre sur l’éducation en général et sur son projet éducatif en particulier, opuscule qui déclencha la fureur des enseignants, jusqu’à des autodafés dans certains endroits. C’était pourtant plein de bon sens, et ça allait dans le sens de l’effort et de l’intelligence. Mais le petit livre coûtait quelques euros. Pour l’enrichissement et le prestige du nouveau ministre, on proposait aux enseignants un ouvrage qui vendait des idées qu’ils défendaient ou qu’ils pratiquaient au quotidien. Ça ne passa pas.
Opportuniste de haut vol, Luc Ferry écrit beaucoup, sur l’école, pour la jeunesse : son humanisme, un syncrétisme religieux qui admet un reliquat de christianisme sur fond d’hellénisme et de sagesse métissée se vend bien. C’est une pensée cultivée, habile et souple, sans grande rigueur mais qui met la philosophie à la portée du grand nombre. Moyennant quoi, il peut depuis sa position d’humaniste généraliste, se prononcer sur tout. Il sympathise avec tout, y compris avec le christianisme, mais n’évoque ni l’islam ni le bouddhisme. Il resta deux ans en poste, comme la plupart des ministres, le temps de promouvoir l’interdiction des signes religieux à l’école. Exit les petites croix et les médailles de baptême : cachez ces signes que je ne saurais voir. On découvrit que ses filles étaient inscrites dans une école privée. Ça émut dans les chaumières. Il répondit qu’il souhaitait qu’elles reçoivent un enseignement religieux. Cela ne trompa personne. Il ne fut pas un bon ministre sans être aussi mauvais que les autres. On avait beaucoup réformé, sans grand succès, avec moult protestations et grèves coûteuses: il réforma peu. Il fit bien.
François Fillon précéda Gilles de Robien, qui scandalisa parce qu’il prétendit remettre à l’honneur l’apprentissage de la lecture analytique et, encore une fois, le sens de l’effort. C’était intelligent. Il déplut.
En réalité, il arrivait trop tard. Depuis trop longtemps, les IUFM étaient gangrénés par l’idéologie de Philippe Meyrieu, qui voulait la peau de l’école de Jules Ferry et qui l’écrivait. Les Diafoirus de l’Éducation organisaient la destruction programmée de la filière L. Les autres filières allaient suivre, mais ne le savaient pas encore…
Le mastodonte Allègre qui voulait dégraisser le mammouth se sentait encore un petit peu de pouvoir, à commencer par celui de changer les choses, donc de réformer. Les autres furent plus prudents.
Mais pas Vincent Peillon. C’est que désormais la gauche est bien au pouvoir et sa nomenklatura aussi. Lui, c’est un sophiste adepte de la République de Platon qui voulut imposer la religion de la laïcité, celle qui doit finir l’œuvre entreprise depuis 1789, demeurée inaboutie dans le domaine de la morale et de la spiritualité, toujours entre les mains de l’Église catholique. Il convenait de les leur arracher. Il fallait une nouvelle religion : celle de la laïcité assortie d’un nouveau roman national. Elle était déjà là, mais Peillon va lui donner la consistance que les dogmatiques et les vrais idéologues savent imprimer.
C’est le moment où les scribes inspirés élaborèrent le référentiel de 14 compétences, avec abolition de toute différence entre professeurs et personnels de l’éducation. Le premier travail du professeur est désormais le formatage des esprits en vue de leur adhésion au nouveau culte, « en référence à des principes éthiques qui fondent leur autorité ». Peillon se vanta de cette réforme, soulignant avec sa pompeuse fatuité toutes les iniquités qu’elle faisait disparaître et tous les résultats merveilleux que les enseignants purent en effet vérifier dans leur vie pédagogique quotidienne. La Charte de compétences, toujours en vigueur, constitue l’outil juridico-administratif du modèle républicain qu’il inaugura, mais qui était largement préparé. Cette Charte garantit l’implacable répression de toute liberté pédagogique, l’anéantissement de toute diversité dans les schèmes et pratiques de transmission éducatifs sur fond de du droit des familles de transmettre les grands « patterns » de conduites à leur progéniture. Peillon a accéléré la destruction de cette partie de l’élite de la nation que constitue un corps enseignant différencié, conscient de sa mission spécifique.
Benoît Hamon fut trop insignifiant pour qu’on en dise quoi que ce soit. Le pire était semé. Il suffisait d’attendre. Ce qu’il fit.
Et puis on eut l’inoubliable Nadia Belkacem. On faillit lui devoir le renouveau des ELCO, elle échoua parce qu’on protesta, (moi la première), mais elle réussit à mettre en place le brevet international (en réalité un brevet arabo-musulman), et bien sûr la théorie du genre dont elle fut l’ardente prosélyte. Elle n’avait aucune compétence pédagogique, signe que n’importe quel incompétent peut devenir ministre, pourvu qu’il soit issu de l’immigration. L’islamo-gauchisme dans les lycées, c’est elle.
Enfin Blanquer vint. Lui, connaît l’institution et ses rouages. On n’avait pas réformé depuis longtemps, je veux dire, une réforme lourde et massive. Il brada tout ce qui restait à brader sous prétexte de réforme du baccalauréat. Depuis belle lurette, on n’avait plus de filières mais des niveaux, et tout le monde le savait même si personne ne le disait. Il liquida tout cela en quelques semaines, sans aucune résistance des syndicats, mobilisés sans doute sur des questions plus urgentes. Cela ne lui suffit toujours pas, il veut la peau de ce qui reste d’enseignement encore un peu libre.
Aujourd’hui, le lycée prépare bien à l’université, selon le vœu de Claude Allègre. Des lycéens décervelés et ignares vont remplir les salles des universités de masse voulues par François Mitterrand de funeste mémoire, où ils n’apprendront pas grand chose pour la plupart d’entre eux. Ceux qui s’en sortiront seront ceux qui seront passés par le privée, là où on transmet encore un reliquat de culture française. Et bien sûr les grandes écoles ou les écoles payantes, dont le coût financier garantit au moins à un jeune qu’il pourra aller vendre des voitures chez Peugeot.
Le baccalauréat permettait encore à une partie de cette jeunesse de se mettre au travail en classe de première et de terminale. Ce n’était pas pour la joie d’apprendre, mais en vue de décrocher ce baccalauréat, en deçà duquel on peut aller pointer directement à pôle emploi. Ce n’était jamais qu’un vulgaire bachotage mais c’était toujours mieux que rien.
Depuis peu, nos écoles ne sont plus qu’un énorme désordre où les enseignants s’épuisent à obéir à des instructions sanitaires délirantes et contradictoires.
Cela fait oublier, au moins pour un temps, qu’elles ne sont plus que des mouroirs d’intelligence, générateurs de violences parfois mortelles et d’un ennui tout aussi mortel.
Nice : en plus des référés, une manifestation permettra la célébration de la messe en public
Comme l’AFC de Nice, Civitas a déposé vendredi matin un référé liberté devant le Tribunal Administratif de Nice, rappelant pour l’occasion ses précédentes victoires devant le Conseil d’Etat sur ce même sujet. Toutefois, même si le référé liberté est une procédure urgente, il n’est pas certain que le Tribunal Administratif de Nice statuera avant dimanche matin.
En conséquence, Civitas a donc également déclaré en préfecture de Nice une manifestation publique pour dimanche matin, incluant la célébration de la Sainte Messe, comme le permet la jurisprudence obtenue par Civitas auprès du Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand. Les catholiques pourront donc assister à la Sainte Messe à Nice, célébrée en plein air le dimanche 28 février 2021 à 10 H 00, devant la Cathédrale Sainte-Réparate, place Rossetti.
C’est arrivé un 26 février…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Alors rappelons-nous :
-
le 26 février 1266 : bataille de Bénévent entre Charles d’Anjou et Manfred de Hohenstaufen.
La bataille de Bénévent oppose les « Siciliens » du roi Manfred de Hohenstaufen (fantassins et cavaliers arabes et berbères, chevaliers normands de Sicile, et allemands, mercenaires toscans et lombards), aux Français et Provençaux de Charles d’Anjou. Cette campagne est considérée par l’Eglise comme une croisade, Manfred étant excommunié. Cette bataille donna le royaume de Sicile à l’Angevin.
-
le 26 février 1229 : des bagarres entre les étudiants et les sergents du prévôt de Paris ont lieu à l’occasion du Carnaval.
Il faudra toute la persuasion du Roi Saint Louis pour apaiser cette affaire.
-
le 26 février 1793 : un décret annonce des peines plus sévères contre ceux qui cachent des insermentés.
-
le 26 février 1794 : rapport de Saint-Just à la Convention nationale.
C’est une impressionnante suite d’élucubrations, émanant d’un esprit où le fanatisme le dispute à l’inculture. C’est dans ce discours fleuve que se trouve la grotesque assertion :
“Le bonheur est une idée neuve en Europe”.
Et aussi cette définition si révélatrice :
“Ce qui constitue une République, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé”
(Saint-Just, Œuvres complètes, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, pp. 673 et 659)
-
le 26 février 1794 : premier décret, dit de ventôse, par lequel les biens de tous les suspects sont confisqués.
-
le 26 février 1806 : début de la construction par Chalgrin de l’Arc de Triomphe de l’Etoile.
L’architecte français Jean-François Chalgrin débute la construction de l’arc de triomphe de l’Etoile commandé par Napoléon Ier en honneur de la Grande Armée. De style antique, il en impose par sa taille monumentale : 50 mètres de hauteur et 45 mètres de large. Les travaux sont interrompus à la chute de l’Empire et reprennent en 1825. En 1836, l’arc de triomphe est définitivement achevé et inauguré par Louis-Philippe.
-
le 26 février 1815 : prisonnier sur l’île île d’Elbe, Napoléon songe à rentrer en France.
Ce jour, il s’embarque sur l’Inconstant.
Déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, Napoléon Bonaparte conserve le titre d’Empereur, mais ne règne que sur cette petite île. Le 26 février 1815, Napoléon la quitte à bord de « l’Inconstant », suivi de loin par six autres bâtiments de sa flottille, pouvant transporter environ un millier d’hommes. Ce n’est qu’une fois en mer que Napoléon révèle à ses compagnons le but véritable de son voyage : débarquer en France et marcher sur Paris.
Le débarquement a lieu le 1 mars, dans le Golfe Juan sans rencontrer de résistance. L’Empereur joue sur la stupeur provoquée par son entreprise
-
le 26 février 1821 : décès de Joseph de Maistre, philosophe sarde contre-révolutionnaire
Joseph de Maistre sénateur savoyard depuis 1788, fuit la Savoie en 1792 devant l’avancée des forces révolutionnaires françaises. Il se réfugie à Turin, puis à Lausanne, et enfin en Russie pendant douze ans. Il rentre à Turin en 1817 et devient président de la Chancellerie. Il meurt en 1821.
-
le 26 février 1871 : Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif, signe avec Bismarck à Versailles les préliminaires du traité de paix franco-allemand.
-
le 26 février 1885 : l’Europe se partage le continent africain.
Convoquée le 15 novembre 1884 par le chancelier de Prusse Otto Von Bismarck, la conférence de Berlin s’achève. Les 14 pays européens présents et les Etats-Unis mettent un terme aux conflits coloniaux qui enveniment le continent africain en se le partageant. La fameuse « course aux clocher » a déjà failli provoquer des conflits européens, comme avec l’affaire Fachoda. L’Allemagne, en retard, entend imposer ses règles et rattraper son retard. Le roi des Belges, Léopold II, obtient le Congo à titre personnel, la Grande-Bretagne reçoit un territoire allant du Cap jusqu’au Caire, la France toutes les terres au sud du Sahara et l’Allemagne, une partie de l’Afrique de l’Ouest. La conférence de Berlin décide aussi de la libre circulation des navires marchands sur les fleuves Congo et Niger.
-
le 26 février 1916 : les Allemands occupent le Fort de Douaumont.
-
le 26 février 1991 : le Koweït bientôt libéré.
Au troisième jour de l’offensive alliée, les soldats irakiens se replient en hâte du Koweït en laissant derrière eux armes et véhicules blindés. Le président irakien Saddam Hussein annonce publiquement sur Radio-Bagdad que ses troupes ont commencé à se retirer de l’émirat occupé. Le 28, le président américain George Bush ordonne le cessez-le-feu.
-
le 26 février 2002 : la Cour européenne des droits de l’homme reconnaît le droit, à la France, de refuser l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel.
-
le 26 février 2010 : tempête Xynthia.
Passage de la tempête Xynthia sur l’Europe faisant plusieurs dizaines de morts notamment en France et plus particulièrement dans le département de la Vendée.
Dans une lettre adressée au Congrès des États-Unis, les évêques critiquent le projet de loi sur l’égalité
Une lettre adressée au Congrès et signée par les cinq présidents des commissions de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) pour la liberté religieuse (Cardinal Timothy M. Dolan), Pro-Life (Joseph F. Naumann), le mariage (David A. Konderla), l’éducation catholique (Michael C. Barber) et le développement humain (Paul S. Coakley), indique :
«Nous vous écrivons pour vous faire part de notre soutien aux lois qui protègent la dignité et garantissent le respect des personnes, ainsi que de nos graves préoccupations concernant la loi sur l’égalité».
La loi sur l’égalité voudrait «protéger de la discrimination les personnes qui sont attirées par le même sexe ou dont l’identité sexuelle est discordante», mais la loi,
«représente l’imposition par le Congrès de nouvelles conceptions du “genre” qui divisent les individus et les organisations. Cela inclut la non-reconnaissance des différences sexuelles, en présentant à tort le “genre” uniquement comme une construction sociale».
Rappelant les paroles du Pape François dans Laudato si’ – «une attitude qui prétend effacer la différence sexuelle est malsaine parce qu’elle ne sait plus comment l’affronter»– les cinq évêques américains réitèrent que
«c’est une chose d’être compatissant à la faiblesse humaine et aux complexités de la vie et c’en est une autre d’accepter des idéologies qui tentent de séparer ce qui sont des aspects inséparables de la réalité».
Les prélats énumèrent un certain nombre de violations possibles des droits. Cela causerait beaucoup de dommages juridiques et sociaux car cela «punirait les organisations caritatives religieuses telles que les refuges» et les milliers de personnes qui les utilisent simplement «en raison de leurs croyances sur le mariage et la sexualité».
Un autre point concerne l’exigence de soutenir les «transitions de genre» tout en obligeant
«les contribuables à payer pour les avortements mais aussi les prestataires de soins de santé objecteurs de conscience à les pratiquer, mettant ainsi fin à plus de vies».
La loi entraînerait une discrimination dans la pratique du sport, obligeant les filles à participer à des compétitions entre garçons et hommes et à «partager les vestiaires et les douches avec des hommes biologiques qui prétendent s’identifier comme des femmes».
Il existe également le risque d’exclure des personnes de l’avancement professionnel uniquement en raison de leurs convictions sur le mariage et la sexualité. Enfin, la crainte est d’abroger partiellement la loi sur la restauration de la liberté religieuse.
La CGT en crise
Deux articles nous indiquent que la CGT est au plus mal. A quand l’euthanasie de la centrale marxiste ?
Virginie Gensel-Imbrecht, membre du bureau confédéral de la CGT, a annoncé sa démission dans une lettre datée du 23 février. La syndicaliste, chargée de la com’ et la presse, y dénonce les méthodes de Philippe Martinez et les conflits à répétition avec la direction du syndicat.
Le Canard :

Confinement partiel : L’Association Familiale Catholique de Nice dépose un référé-liberté contre l’interdiction des messes
Une fois de plus la liberté de culte est mise à mal dans notre pays. Hier c’était au niveau national, aujourd’hui au niveau local. Suite au confinement partiel établi dans les Alpes-Maritimes, la Préfecture a confirmé que les célébrations ne pourraient avoir lieu dans plusieurs communes du département les prochains WE. Une fois de plus, l’AFC a engagé le combat pour le respect de nos droits et de notre liberté. Le président de l’AFC de Nice communique :
Nous étions nombreux à croire encore que l’expérience des mois passés inspirerait de justes mesures équilibrées. Flammes de confiance vacillantes bien vite soufflées par des injonctions préfectorales dont la sévérité ne cède manifestement que devant le consumérisme ambiant.
Dans un flou juridique le plus complet, le Préfet des Alpes-Maritimes a en effet annoncé qu’aucune célébration religieuse publique (excepté les obsèques) ne pourrait se dérouler durant les deux week-ends de confinement local.
De fait, le seul arrêté publié à ce jour concernant les établissements recevant du publics (ERP) ne prévoit aucune dérogation pour le libre exercice du culte, liberté fondamentale protégée par la constitution et les traités européens, alors qu’il autorise l’ouverture des garages, des supérettes et ou des magasins de vaporettes !
Un banc sur 2, une jauge maximale, des gestes barrières respectés jusqu’à la modification de la liturgie…les catholiques ont été et sont, depuis des mois, remarquablement responsables et disciplinés. Tous les efforts du Diocèse de Nice, qui encore une fois a tenté de trouver des solutions réalistes, et plus généralement des Catholiques de France sont ignorés et balayés.
Qui aurait cru qu’ils seraient une nouvelle fois infantilisés et humiliés ? Quelle explication rationnelle offrira-t-on aux croyants, eux qui pourront s’entasser dans des magasins le dimanche matin mais pas se recueillir dans leurs églises ?
Dérision, tellement dérisoire…
Inflexible et zélé, l’athéisme républicain prend un tournant anticlérical qui n’est pas sans inquiéter les défenseurs des libertés.
Les chrétiens ont pris leur destin en mains : un référé-liberté vient d’être déposé par l’AFC Nice auprès du tribunal administratif de Nice pour enjoindre au Préfet de respecter la liberté de culte en autorisant les messes, dans le respect des règles sanitaires déjà édictées au niveau national.
Affaire Zecler : la manipulation du site Loopsider démasquée par un policier
Une version et analyse des faits que vous n’avez sans doute vues nulle part :
L’objection de conscience : un droit fondamental menacé ?
A l’occasion de la sortie de son nouveau livre “Objection de conscience et droits de l’homme”, Grégor Puppick répond au site Gènétique et explique les fondements de l’objection de conscience et en quoi il s’agit d’un droit fondamental. Extraits :
(…) De quoi parle-t-on quand on parle d’objection de conscience ?
Il s’agit du refus exprimé par une personne d’accomplir un commandement d’une autorité légitime au motif que cette prescription est contraire à ses convictions. Il s’agit donc d’un refus d’agir contre ses convictions, par exemple d’un refus de tuer, de porter les armes, de sacrifier aux idoles, de confier ses enfants à l’école de la République ou à l’Eglise, de participer à des cours de religion, de se faire vacciner, etc. Il y a objection lorsque la conviction de l’objecteur est suffisamment ferme pour faire obligation de refuser d’accomplir l’acte prescrit. Il y a véritablement objection lorsque l’objecteur est prêt d’une certaine manière à se sacrifier pour rester fidèle aux prescriptions de sa conscience. Cela ne porte donc pas sur les simples opinions personnelles qui peuvent être changeantes (…)
Qu’est-ce qui différencie une objection pour motif moral ou religieux ?
C’est là une distinction importante en fonction de la nature de la conviction qui la motive. Certaines convictions sont d’ordre religieux et d’autres moral. Ainsi, refuser de consommer certains aliments par obéissance à une prescription religieuse peut être à l’origine d’une objection de conscience fondée sur une prescription religieuse. Différemment, une personne qui refuse de pratiquer un avortement peut objecter pour un motif seulement moral. Dans le premier cas, l’objecteur invoque la liberté de conscience et de religion, il souhaite être toléré, tandis que dans le second cas, l’objecteur invoque la justice. Qui est opposable à tous. L’objection de nature morale, fondée sur la justice, a une plus grande force que l’objection exclusivement religieuse.
Est-ce qu’il y a des moments où l’objection de conscience n’est pas juste ?
Bien sûr, il s’agit précisément des objections de nature seulement religieuse qui ne sont pas justes en elles-mêmes, mais seulement par rapport au respect éventuellement dû à la religion en question. Ainsi par exemple, il n’est pas injuste de travailler le dimanche, mais impie.
Il peut aussi arriver qu’une personne invoque un droit à l’objection de confiance sans motif légitime. Cela peut être le cas par exemple d’une personne qui refuse de payer l’impôt au motif qu’elle est antimilitariste. Dans ce cas, il y a trop de distance entre la conviction à l’origine de l’objection et l’acte refusé. Le lien entre les deux doit être suffisamment proche et direct.
Aujourd’hui, l’objection de conscience semble menacée, on parle en France de la supprimer pour l’avortement, elle n’a pas fait l’objet d’une mention spéciale au moment de la loi Claeys-Leonetti. Qu’est-ce qui est en jeu ?
Il n’est question de supprimer l’objection de conscience qu’à propos de l’avortement. L’objectif est double : symbolique et pratique.
Selon les initiateurs de cette proposition de loi, « l’existence d’une telle clause de conscience spécifique conduit à une stigmatisation particulière de l’acte d’IVG, contribuant ainsi à en faire un acte médical à part et participe donc de la culpabilisation des femmes y recourant » ; la suppression de la clause « permettrait de faire progresser le droit à l’IVG et d’en finir avec une vision archaïque d’un acte médical spécifique » (rapport d’information 3343 de l’Assemblée nationale). Cette suppression a donc une finalité symbolique, en ce que l’existence légale de cette clause implique que l’avortement est un acte auquel il est légitime d’objecter. La suppression tend donc à la normalisation morale de l’IVG. Il s’agit d’effacer « la seule survivance » « des restrictions initiales » apportées à l’IVG en 1975, après la suppression de la condition de détresse, du délai de réflexion, du non-remboursement de l’IVG, de l’interdiction de sa publicité, etc.
La suppression de la clause de conscience a aussi une finalité pratique : garantir à long terme la pratique de l’avortement. En effet, de moins en moins de gynécologues acceptent de pratiquer l’avortement – ils ne sont plus que 27,5% et ont en moyenne 61 ans -, à mesure, sans doute, que l’imagerie médicale progresse, d’où la volonté de ces députés, non seulement de réduire le droit à l’objection de conscience, mais aussi de permettre aux sages-femmes de pratiquer des avortements médicamenteux et chirurgicaux à la place des médecins, et de les « revaloriser », c’est-à-dire d’en augmenter la rémunération.
Est-ce que la volonté de supprimer l’objection de conscience n’est pas le signe d’une société devenue intolérante ?
Effectivement. Cette volonté marque un recul de l’organisation libérale de la société de la seconde moitié du 20e siècle. Il s’agit d’imposer une nouvelle normalité immorale en la matière. Lorsque l’avortement a été dépénalisé en 1975, il était bien clair dans les esprits que cette pratique est immorale même si elle devient dépénalisée. L’avortement était toléré. C’est ensuite l’objection de conscience qui fut tolérée, et qu’il est aujourd’hui question de supprimer, tandis que l’avortement est présenté comme un droit fondamental (…)”

(…) De quoi parle-t-on quand on parle d’objection de conscience ?