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Liberté de culte : les catholiques de France manifestent

Notre-Dame de Chrétienté appelle les pèlerins de Chartres à la mobilisation :

Chers pèlerins,

Un grand mouvement se lève en France pour rappeler que nous ne sommes pas que des consommateurs : nous sommes âme et corps !

Selon la loi actuelle, il est aujourd’hui possible de faire ses courses, mais pas de participer à ce qui est le coeur et le sommet de la vie du chrétien : la Messe et l’Eucharistie.

C’est profondément inacceptable.

Notre-Dame de Chrétienté rappelle depuis sa création que la vie est harmonie entre le spirituel et le naturel. Nous appelons donc tous les pèlerins de Chartres à participer aux nombreuses initiatives lancées dans notre pays.

Jésus-Christ n’est pas facultatif‘ !

L’association Pour la messe met à votre disposition un kit détaillant toutes les informations qui pourraient vous être utiles pour organiser un rassemblement près de chez vous.

Depuis dimanche dernier à Nantes, les appels à manifester se multiplient. Voici les prochains rassemblements signalés :

La manifestation, à la demande de la préfecture, est déplacée place Kléber à Strasbourg, à 11h.


La manifestation, à la demande de la préfecture, est déplacée place Bellecour à 17h

INTERDITE

INTERDITE

Manifestation interdite !

 

Lisieux, dimanche à 16h devant la cathédrale Saint Pierre

Dimanche à 18h devant la cathédrale de TOULON

      • Draguignan : parvis de l’église Saint-Michel, dimanche 15 novembre à 16h.
      • Fontainebleau : Place de la République, dimanche 15 novembre à 16h, Rassemblement déclaré en préfecture.
      • La Roche-sur-Yon : Place Napoléon, dimanche 15 novembre à 10h45.
      • Lescar : Parvis de la cathédrale Notre-Dame, dimanche 15 novembre à 10h30.
      • Marseille : Parvis de la Major, dimanche 18h
      • Nantes : place Graslin, dimanche 15 novembre à 10h30.
      • Orléans : dimanche 15 novembre à 17h devant la cathédrale
      • Poitiers : Manifestation (déclarée en préfecture) dimanche prochain à 15h devant la cathédrale.
      • Sens : Parvis de la cathédrale St-Etienne, dimanche 15 novembre à 10h30.
      • Tours : parvis de la cathédrale Saint-Gatien, dimanche 15 novembre à 16h30.
      • Reims : dimanche 15 à 16h30, sur le parvis de la cathédrale de Reims

Coup d’Etat aux Etats-Unis

Dans Les 4 Vérités, Guy Millière dénonce le coup d’Etat en cours :

[…] Le coup d’État vient de loin. La gauche américaine a tenté de prendre le pouvoir dans les années 1945-1950 sous le visage du parti communiste. Elle a échoué. Ses agents ont été démasqués et condamnés. Pendant une décennie aux États-Unis, être communiste a été une marque d’infamie. Se dire socialiste impliquait de se trouver marginalisé.

La gauche américaine a alors décidé d’utiliser une stratégie plus sournoise, empruntée au communiste italien Antonio Gramsci, mais jamais affichée comme communiste: l’infiltration et la prise de contrôle graduelle des institutions infiltrées. Cela a remarquablement fonctionné. La gauche américaine a pris les universités, le secteur de l’enseignement, et depuis ce secteur crucial, la culture, les postes les plus importants de très grandes entreprises, les grands médias, puis le parti démocrate.

Elle a, pour avancer, utilisé les tactiques définies par un homme qui est resté jusqu’à ce jour son maître à penser, Saul Alinsky.

Elle a réussi à s’emparer de la présidence du pays avec l’élection de Barack Obama. Celui-ci a nommé des gens dévoués à la cause dans toutes les institutions du pays, et ces gens constituent ce qu’on appelle aux États-Unis l’État profond. Hillary Clinton devait continuer ce qu’a fait Barack Obama. Donald Trump a été élu en promettant de démanteler l’État profond et de briser l’ infiltration.

Il est devenu l’ennemi à abattre. Les tentatives incessantes de le faire tomber depuis le 8 novembre 2016 ont toutes échoué, jusqu’à l’élection du 3 novembre dernier.

La gauche américaine savait que Donald Trump allait être réélu. Elle a jeté toutes ses forces dans la bataille, et utilisé tous les moyens pour que l’élection soit une imposture et que son candidat l’emporte. Elle a quasiment réussi.

Elle a recouru à la fraude massive, oui, et cela en deux temps. Le premier temps a été l’envoi dans tous les États démocrates de millions de bulletins de vote par correspondance qui, pour nombre d’entre eux, ont été récupérés par des militants démocrates qui en ont fait des bulletins pour le candidat de la gauche.

Cela aurait pu être suffisant, mais pour être sûre de parvenir à ses fins, la gauche américaine a mis en réserve des centaines de milliers de bulletins à utiliser au dernier moment en cas de besoin.

Quand il est apparu que Donald Trump avait gagné, tard le soir le 3 novembre, elle a demandé l’arrêt du comptage des voix dans plusieurs États clés, et ajouté le nombre de bulletins nécessaires pour que Donald Trump perde.

Avant que la gauche américaine tienne les grands médias américains, tout cela aurait été dénoncé, mais la gauche américaine tient aujourd’hui les grands médias américains. Donald Trump se bat, disais-je. Il se bat pour sauver la démocratie américaine, pour la liberté, pour la civilisation occidentale. Il n’est pas sûr de gagner tant la gauche américaine tient d’institutions.

S’ il tombe, les conséquences pour le monde seront effroyables, oui. La civilisation occidentale glissera vers un crépuscule accéléré, oui. Les grands médias français mentent et ne disent pas ce qui doit l’être, non. Ils se conduisent par conséquent en complices du coup d’État.

Evelyne Joslain décrit l’opération :

[…] La nuit du 3novembre, Trump remportait haut la main l’élection. Il avait bien eu sa « vague rouge», les électeurs républicains s’étant déplacés, bravant tous les risques, pour lui assurer une victoire au-delà des marges de contestation possible: dans les votes légaux, 71 millions comptés pour Trump!

Mais, coup de théâtre, vers 3 heures du matin, plusieurs États, simultanément, déclarent «bloquer le comptage», alors même que celui-ci n’était pas terminé. Sous des prétextes louches, plusieurs comtés annoncent « avoir besoin de plus de temps ». On renvoie les assesseurs républicains, mais ceux qui restent malgré tout voient des sacs entiers de votes postaux déferler. Les comptes reprennent et, ô miracle, tous les sacs parvenus, se traduisent en centaines de milliers de votes pour Biden. On nargue cyniquement Trump parce que « bien malin celui qui arrivera à prouver quoi que ce soit ». « Coupable comme l’enfer, libre comme un oiseau », se vantait le terroriste Bill Ayers, auteur du livre qui a fait Obama. Mais les preuves que le camp républicain est censé devoir fournir abondent.

Accepter de s’effacer avec courtoisie devant les malfaiteurs? Hors de question. Le peuple américain attend autre chose de Trump. […]

Quel que soit le résultat, l’Amérique est au bord de la guerre civile. Le monde occidental est divisé entre ceux qui veulent sa disparition, avec la masse impressionnante des idiots utiles, et ceux qui refusent le monde dystopique qu’on leur impose. Même si Trump parvenait à renverser la situation, les concepteurs du « Grand Reset » et tous les gros intérêts rassemblés ont montré leur puissance. Les auteurs de cette escroquerie électorale sont les faussaires de la grosse machine «démocrate » bien sûr, mais aussi leurs complices: les GAFA, les médias, Hollywood, Wall Street, les puissants groupes de pression, le «marécage» qu’est l’État profond, les multinationales américaines et étrangères, les organismes internationaux UE, FMI, ONG, Chine, Iran et jusqu’au Vatican! L’État de droit n’est plus. Une gouvernance mondiale maintenant ou dans quatre ans, après tout, quelle différence?

Dans Valeurs Actuelles, Pierre Rehov ajoute :

d’un côté, les Démocrates, tout en magouillant à un niveau qui dépasse de loin les limites de l’indécence, ont créé, avec BLM et Antifa, un monstre de Frankenstein qui risque de leur échapper, et, de l’autre, la partie du peuple américain qui soutient le président Trump est excédé et près à se battre pour ses droits. J’en déduis que, si le Président Trump démontre la fraude et reste au pouvoir, les Démocrates vont s’arranger pour que la violence explose et si les Démocrates parviennent à voler l’élection il risque d’y avoir du sang. Oui, je crois, hélas, à l’hypothèse d’une guerre civile.

Un drôle de paroissien pour la béatification d’Edmond Michelet

Cinquantenaire de la mort d’Edmond Michelet : tous les chemins mènent à Rome. À condition de passer par Genève et une banque suisse.

1980, le septennat de Valéry Giscard d’Estaing est en phase terminale. L’élection de François Mitterrand se profile. Les nantis craignent pour leur fortune.

Qu’à cela ne tienne ! La banque B conseille à ses clients argentés et même dorés sur tranche de placer leurs valeurs dans sa filiale en Suisse. La direction de la gestion privée est chargée d’allécher les clients en leur facilitant l’opération, ceci moyennant une commission confortable.

R, sous-directeur des relations avec la clientèle, est la cheville ouvrière de ces transferts, aidé de A et de F.

À l’été, un scénario digne de Michel Audiard se met en place. R se rend à Toulouse avec A. À Ramonville Saint-Agne, le propriétaire du château les accueille discrètement. Les trois comparses se dirigent vers la salle de bal. Ils déplacent un meuble, s’agenouillent, soulèvent quelques lames de parquet et sortent un à un 34 sacs de six kilogrammes. À part les trois protagonistes, personne n’a rien vu. Les 34 sacs – plus de 200 kilogrammes – sont répartis dans les coffres de leurs véhicules. Cela prend du temps mais tout se passe bien. Transportés de nuit, les sacs se retrouvent dans les coffres des sous-sols de l’agence de Toulouse de la banque B. Que contiennent-ils ? 35.000 pièces d’or d’une valeur de 29 millions de francs, soit 12 millions d’euros de 2020.

Le magot emprunte ensuite la filière combinée par la banque B : en convoi sécurisé jusqu’à l’aéroport de Blagnac, par avion jusqu’à Paris puis, via Luxembourg et Francfort, dans une banque à Edmonton au Canada. Les pièces d’or sont maintenant en lieu sûr, loin d’une France bientôt dirigée par les socialistes. Au passage, la banque B a prélevé 3 millions de francs. Il n’y a pas de petits bénéfices.

Le 10 novembre 1981, la gauche est au pouvoir, Fabius est au budget. Quatre dirigeants de la banque, dont R, sont inculpés d’infraction à la législation sur les douanes et sur les changes.

Le 19 décembre, F, le fondé de pouvoir, s’estimant déshonoré, lui l’ancien de la division Leclerc, se donne la mort.

Le procès débute le 5 décembre 1983 devant la 11e chambre correctionnelle. R comparaît en tant que « complice, par instructions données et fourniture de moyens, de contrebande de marchandises prohibées, exportation d’or sans autorisation et non-rapatriement de revenus touchés à l’étranger ». Le 24 avril 1983, R est condamné à 15 mois de prison avec sursis. Le président du tribunal n’a pas apprécié que les inculpés présents aient « chargé » le malheureux F qui, suicidé, n’a pu se défendre.

Que pensez-vous qu’il advint de R ?  Après les chemins de Genève, de Luxembourg, de Francfort et d’Edmonton, il a, semble-t-il, trouvé le chemin de Damas et même celui de Rome. À la présidence de l’Institut Culturel Catholique Corrézien, il s’efforce d’obtenir du Vatican la béatification d’Edmond Michelet.

Les voies du Seigneur sont impénétrables.

Mgr Jacques Habert, nommé évêque de Bayeux-Lisieux

Le pape François a nommé ce mardi 10 novembre, Monseigneur Jacques Habert, évêque de Bayeux-Lisieux, suite à l’acceptation de la démission par le pape François de Monseigneur Jean-Claude Boulanger pour raison d’âge. Monseigneur Habert était jusqu’à présent évêque de Séez.

L’Au-Delà et le Salut : la révélation de Notre-Seigneur

Du père Edouard-Marie Gallez :

La foi chrétienne est la foi en Quelqu’un qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». La Vérité est l’un des trois aspects de son mystère qui se dévoile à nous, et adhérer à la Vérité ne se réduit pas à répéter formellement un catalogue de vérités exprimées dans des formules. Les formules, très prisées par l’esprit latin, ne font qu’indiquer, comme un poteau indicateur montre dans quelle direction il faut aller. On n’oubliera pas que, dans le passé, l’Occident a traité d’hérétiques tous les chrétiens d’Orient parce que leurs diverses manières de parler ne correspondent pas exactement aux formules des catalogues latins de vérités à croire. Ce faisant, on a perdu de vue qu’une hérésie n’est pas d’abord une non-conformité à un catalogue des vérités (auxquelles il est facile de faire semblant de se conformer), mais la volonté d’utiliser la Révélation (et la figure de Jésus) en la contrefaisant en fonction d’intérêts ou d’objectifs contraires à la Tradition apostolique et au bien de l’Eglise et du monde. En fait, les critères de la vraie foi ont déjà été donnés par le Nouveau Testament, non seulement parce que Jésus lui-même en a parlé à l’avance, mais parce que les apôtres Pierre, Jean et Jacques, et bien sûr Paul aussi, ont été confrontés aux premières dérives de la foi ‒ et qu’en fait, ce sont toujours les mêmes.

Le danger des formules est particulièrement évident à propos des choses de l’Au-delà, qu’aucune parole humaine ne peut dire adéquatement : nos mots ou nos représentations picturales sont très imparfaits face à ces réalités indicibles. Seules des images peuvent évoquer l’Au-delà, avec toute la prudence nécessaire. Des formules (surtout quand elles sont prises univoquement) n’aboutissent ici qu’à ôter toute crédibilité à la Révélation relative à l’Au-delà, ou pire encore, à des absurdités ou à des affirmations qui détruisent la foi ‒ on va le voir.

Comment donc aborder la Révélation de Notre Seigneur concernant l’Au-delà ?

Si l’on part de l’amalgame entre conversion et positionnement définitif de l’âme, tout est bloqué. On crée cet amalgame en refusant qu’il se passe quelque chose dans l’Au-delà. Dès lors, le sort éternel de tout homme serait fixé sur terre, en particulier lors de son dernier soupir, au moment « t » ‒ d’où la terreur de la dernière pensée qui pourrait anéantir toute une vie de conversion. Puis au moment « t+1 », le défunt se retrouverait instantanément dans l’une des salles de l’Au-Delà : le Ciel éternel pour les Saints, l’Enfer éternel pour les damnés, et le Purgatoire temporaire pour les ni saints ni damnés. Comment donc fonctionne ce transfert supposé instantané ? Des auteurs renommés ont produit autrefois des montagnes de doctes écrits pour le rendre plausible, en faisant appel aux mérites ayant supposément été gagnés (ou non) par le défunt, tout en disant que le salut ne peut être dû qu’à la Grâce ‒ il faut être très docte en effet pour démontrer une chose et son contraire, et faire croire qu’on a tout expliqué. Vu que le peuple chrétien a l’habitude d’être enfumé, il n’est pas difficile de faire appel ensuite à son bon cœur : Dieu est-il si méchant qu’il réserve son salut aux seuls baptisés ? Non, bien sûr, Dieu trouve certainement des moyens de glisser subrepticement un billet pour le Ciel dans la poche de braves musulmans ou de bouddhistes « méritants » ou d’autres encore ‒ un billet équivalant quasiment au baptême chrétien. Nous sommes dans l’hypothèse où il ne se passerait rien dans l’Au-delà.

En fait, trois incompréhensions fondamentales vicient cette hypothèse et ses raisonnements.

  • D’abord concernant le temps (« t » et « t+1 »). De quoi parle-t-on ? Mise en lumière il y a pourtant plus d’un siècle déjà, la relativité du temps terrestre n’est toujours pas prise en compte par les théologiens : ou bien ils projettent le temps terrestre dans l’Au-delà[1], ou bien ils imaginent que l’âme humaine, sortie instantanément du temps (au temps « t »), se retrouve tout à coup dans le non-temps (« t+1 ») mais qu’en même temps (si l’on peut dire), il y aurait quand même un temps à passer au purgatoire (sinon il serait éternel). Comme c’est contradictoire, on dit maintenant qu’il n’y a plus de purgatoire (ni d’Enfer, d’ailleurs) ; le défunt qu’on enterre est envoyé au Ciel, cela évite tous les problèmes et ça fait plaisir à la famille ‒ sauf à ceux qui savent que le défunt était une belle canaille.
  • Ensuite concernant la Rencontre (de Jésus). Comment un positionnement définitif pourrait-il être pris sinon devant Jésus ? Si Dieu donne des billets pour le Ciel à beaucoup durant leur vie terrestre sans qu’ils aient rencontré Jésus, à quoi celui-ci sert-il ? Ceci fait rugir les convertis qui, eux, disent précisément avoir rencontré Jésus, et que cette Rencontre a changé leur vie ! Ils sont embêtants ces convertis : on a beau leur dire que cela ne sert à rien d’être chrétien et que les sacrements sont seulement des occasions de montrer qu’on appartient au club « Eglise », le club des chrétiens conscients de l’être (les autres hommes étant des « chrétiens anonymes », explique Karl Rahner) ; ils croient quand même.
    A la vérité, la théologie occidentale ne sait pas ce qu’est la Rencontre.
  • Enfin concernant le « jugement » dans l’Au-delà, qui n’en est justement pas un.
    Nous parlons ici du concept de « jugement particulier», une expression absente du Nouveau-Testament et créée par la théologie scolastique. Dans le N-T, Jésus ne se présente jamais comme le Juge des personnes particulières ; en revanche, quand il évoque le terme du temps actuel, il parle de lui-même comme du Fils de l’Homme (selon l’expression du Prophète Daniel) qui se manifestera au monde comme Juge, après la manifestation de l’Anti-christ (d’où la nécessité du Jugement). Il ne faut pas tout mélanger. Dans le mystère de la rencontre personnelle avec Jésus, il y a non un jugement mais une confrontation avec la Lumière. La Lumière révèle tout, en particulier le péché (Jn 3, 19-21). Elle est le Christ. On l’accepte ou non. Si on suit le Christ, on passera par lui vers le Père ; si on fuit la Lumière, c’est pour toujours. Ce positionnement commence déjà sur terre un peu ‒ parmi les chrétiens et en marge si l’on peut dire. En effet, une rencontre peut aussi se passer mal, ou commencer bien et finir mal (Jésus a évoqué un « péché contre l’Esprit »). Avant de devenir sataniste, le jeune Karl Marx avait écrit des poèmes chrétiens. En mettant en contact avec Jésus, l’évangélisation entraîne le positionnement. La question : « que deviennent la plupart des hommes qui n’auront pas eu, durant leur vie, la possibilité d’être évangélisés et de se convertir ?[2] » s’en trouve éclairée. La Rencontre qui n’aura pas pu advenir sur la terre prend tout son sens dans l’Au-delà où elle sera plénière : c’est particulièrement pour eux que Jésus est « descendu » « évangéliser » aux « enfers » c’est-à-dire dans le devenir du mystère de la mort (1P 3,19). On comprend alors non seulement 1Jn 3,19-21 (qui affirme que tout homme sera confronté à la Lumière ‒ ce qui n’est possiblement universel que dans l’Au-delà) mais aussi la finale de Marc (16,16) : « Celui qui aura cru et aura été baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné »[3] ; le baptême renvoie à ce qui advient sur terre, mais non la seconde partie de la phrase, où il n’est plus question de baptême (en l’occurrence non reçu). La vie sur terre prépare la Rencontre plénière qui se situe nécessairement dans le mystère de la mort, et le baptême l’anticipe déjà en ce monde.

Ces trois fondements traversent tout l’enseignement du Pape Benoît XVI, réalisant ce qu’il avait demandé lui-même en l’an 2000 dans la déclaration Dominus Iesus, lorsqu’il invitait à parcourir de nouvelles pistes d’investigation… La présente Déclaration intervient dans cette recherche pour rappeler… certains contenus doctrinaux essentiels, qui puissent aider la réflexion théologique à découvrir peu à peu des solutions conformes aux données de la foi et aptes à répondre aux défis de la culture contemporaine” (§3). En fait, dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique (paru en 1992 déjà), il avait exposé de telles solutions qui rejoignent ce que les mystiques ont toujours affirmé et que les NDE ou expériences aux frontières de la mort nous donnent à percevoir de l’Au-delà. Il s’agit en particulier des n° 634 et 635 rédigés par lui-même (ce n’est pas le cas d’autres numéros[4]). Rappelant d’abord que Jésus lui-même est descendu dans le “mystère de la mort” et que par lui “l’évangile a été également annoncé aux morts” (1P 3,19 ; 4,6), le n° 634 constitue, avec le n° 635, le cœur de la section du CEC consacrée à la « Descente aux enfers » :

“La Descente aux enfers est l’accomplissement, jusqu’à la plénitude, de l’annonce évangélique du salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase condensée dans le temps mais immensément vaste dans sa signification réelle d’extension de l’œuvre rédemptrice à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, car tous ceux qui sont sauvés ont été rendus participants de la Rédemption” (n° 634).

De nombreux termes sont à relever. D’abord, c’est le lieu où l’annonce du salut se fait en plénitude. Même si cette annonce de salut a été répandue sur la terre, elle ne touche qu’une minorité, on l’a vu (et elle a même disparu de certains pays). Or, le texte affirme que la descente aux enfers “accomplit” cette plénitude au bénéfice des hommes de “tous les lieux et tous les temps”, donc de tous, et cela dans leur mort ; cet accomplissement est même présenté en rapport avec la “mission messianique de Jésus”. La totalité des hommes de “tous les lieux et tous les temps” est donc touchée par la “mission messianique de Jésus” dans le mystère de sa Descente : en d’autres mots, le vécu divin de sa mort rejoint – ou plus exactement précède – leur propre vécu. Un tel mystère se situe dans un temps autre que le nôtre, ce que le n° 635 appelle la “profondeur du mystère de la mort” :

“Le Christ est donc descendu dans la profondeur de la mort (cf. Mt 12, 24 ; Rm 10,7 ; Ep 4,9) afin que “les morts entendent la voix du Fils de Dieu et que ceux qui l’auront entendue vivent” (Jn 5,25). Jésus, “le Prince de la vie” (Ac 3,15), a “réduit à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et a affranchi tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort” (He 2,14-15). Désormais le Christ ressuscité “détient la clef de la mort et de l’Hadès” (Ap 1,18) et “au nom de Jésus tout genou fléchit au ciel, sur terre et aux enfers” (Ph 2,10)” (n° 635).

Toutes les citations importantes du Nouveau Testament y sont, sauf Jn 3,19-21 qui a été oubliée ‒ mais toutes sont reprises dans Bonne Nouvelle aux défunts, de Françoise Breynaert (préface de Mgr Minnerath, Archevêque de Dijon). Dans le texte préliminaire du CEC (1989) qu’un vent favorable nous a apporté, la seconde phrase de résumé (« En bref ») disait clairement :  “Dans sa mort, le Christ a rejoint mystérieusement tout homme qui meurt, même ceux qui n’ont pas pu croire en lui (cf. 1P 3,18-20 ; 4,6)”. C’est en plus simple et en résumé ce que disent les n° 634 et 635.

Quoi de si difficile à comprendre puisque le vécu de Jésus en son âme « entre » sa mort et sa résurrection possède évidemment une dimension capitale qui ne relève pas de notre chronologie terrestre ? A la suite de la tradition apostolique, toutes les Eglises d’Orient fêtent cette dimension universelle du salut le Samedi Saint (et parfois tous les samedis aussi), et elle est fêtée comme une victoire.

Tandis que chez nous, ce Samedi est un jour vide. Il y a vraiment quelque chose de très gros que notre intellectualisme occidental n’a pas compris ou a oublié.

Pour terminer, il faut souligner combien le refus de prendre en compte la Rencontre de tout homme par Jésus dans l’Au-delà a des conséquences funestes, en particulier dans deux directions.

La première, la « théologie des religions », est un des objets du livre Le malentendu islamo-chrétien (2012), qui aurait pu s’intituler : Pourquoi l’Eglise catholique latine ne comprend-t-elle rien à l’islam ? Comme on l’a vu plus haut, l’idée absurde que Dieu distribuerait son salut un peu partout indépendamment de l’Evangile et des sacrements (donc à l’inverse des paroles de Jésus en Mt 18,18 ou de la finale de Marc déjà citée) conduit nécessairement à dire que Dieu doit utiliser des moyens pour glisser le billet pour le Ciel dans la poche des méritants supposés. Donc, Dieu récompense les valeurs supposément vécues dans l’hindouisme, dans l’islam, dans le bouddhisme, et pourquoi pas dans le satanisme. Ceci veut dire que ces religions seraient aussi des voies de salut. Certes, la « théologie des religions » va tenter de démontrer, par moultes circonvolutions et élucubrations, que ces dons du salut passent quand même par une espèce de Christ. Mais en fin de compte, même si l’on dit (pour paraître encore chrétien) qu’il y a « plus » de salut dans le christianisme qu’ailleurs, « toutes les religions se valent », c’est la conclusion. Au demeurant, l’idée qu’il pourrait exister des demi-saluts est de l’enfumage. Ces enseignements destructeurs désolaient le Cardinal Ratzinger devenu Benoît XVI.

L’autre grande conséquence funeste concerne les parents chrétiens qui ont perdu un enfant en bas âge, avant qu’il ait pu recevoir le baptême. La théologie intellectualiste occidentale (élaborée à partir du Moyen-Âge) leur disait que leur enfant, ils ne le reverront jamais dans l’Au-delà (c’est-à-dire ni au Purgatoire, ni au Ciel). Comment a-t-on pu en arriver à une telle conclusion ? Il s’agit de la question des Limbes dans lesquelles la théologie a décidé de placer les enfants morts sans le baptême avant l’âge de sept ans (à sept ans et un jour, cela ne vaut plus). Comme cette théologie n’a pas osé faire des Limbes une salle à part entière en plus du Purgatoire, elle les a rattachées à l’Enfer, mais à la limite supérieure de celui-ci (d’où le nom de limbae, limites en latin). Qu’est-ce que ces enfants y font ? Vu que, sur terre, ils sont supposés avoir vécu trop peu de temps pour mériter un billet pour le Ciel (mais qu’ils ne méritent pas non plus les souffrances de l’Enfer), ils se retrouvent en quelque sorte sur le toit de la maison « Enfer », occupés à vivre une « béatitude naturelle » (assez ennuyeuse au demeurant). Heureusement, les démons ne montent jamais voir ce qui se passe en haut, car ils sont trop occupés à alimenter la chaudière de la cave qui consume les damnés. Bref, les enfants sont tranquilles. Belle consolation pour les parents…

Toutes ces dérives théologiques qui détruisent ou ridiculisent la foi, Benoît XVI a essayé d’y remédier ; peu l’ont écouté parmi les gens en place, mais les gens simples, eux, ont vu clair. A l’heure où Rome sombre dans les déboires en tout genre, il faut plus que jamais être en communion avec le Pape retiré dans le silence de Castel Gondolfo et qui porte l’Eglise dans sa prière.

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[1] « Le Christ est descendu aux enfers » ‒ ces mots font appel à des images, le verbe descendre suggérant un lieu souterrain et le substantif enfers venant du latin signifiant lieu inférieur. Si on ne les prend pas au pied de la lettre, que signifient-ils alors réellement ? Quel est le genre de « temps » qui caractérise cette « descente » ? Si l’on y projette notre temps à nous, Jésus est mort durant un jour et demi (il « se relève » le troisième jour), mais il ne peut pas monter au Ciel avant l’Ascension, 40 jours après. Donc, il est allé dans la salle d’attente nommée « enfers » d’abord en son âme puis, après la résurrection, avec son corps glorieux et y reste au total 2+40 jours avant d’emmener les élus au Ciel (lors de l’Ascension). Comment Jésus a-t-il passé ce « temps », sans puis avec son corps ? A-t-il joué aux cartes avec les élus ‒ mais pas avec les autres, car, toujours suivant la théologie scolastique, il ne s’est pas adressé aux déméritants destinés à l’Enfer. Mais comment ceux-ci peuvent-ils avoir été jugés déméritants déjà, sans avoir rencontré Jésus ? Qui d’autre que Jésus les aurait jugés et comment ? Ensuite, toujours suivant la théologie scolastique, cette salle d’attente aurait été fermée ou à moitié fermée ‒ disent certains ‒, selon que seuls des justes (c’est-à-dire des méritants), ou tous les justes, ou tous ses résidents méritants et déméritants l’auraient quittée. Mais ceci ne concerne pas les enfants morts en bas âge sans le baptême, qui eux sont supposés n’être ni méritants, ni déméritants ; pour eux, la scolastique a prévu un lieu à part, non pas une salle d’attente mais un lieu définitif (voir plus loin). Doit-on croire tout cela ?

[2] Les causes de cette impossibilité sont multiples : en premier lieu la volonté de ne pas évangéliser de la part de nombreux chrétiens ou de responsables, les obstacles terribles que sont les contrefaçons du christianisme, et enfin des facteurs aléatoires autres, indépendants de la volonté humaine.

[3] On notera que certains imaginent pour eux une salle d’attente afin de reporter le problème du « comment » du salut à plus tard ‒ ce qui est aussi inutile qu’absurde.

[4] Le CEC, dont la première version (1992) était en langue française puisque ce gros travail avait été rédigé en français, était le fruit de plusieurs équipes inégales en qualité, ce qui explique la présence de contradictions et d’imprécisions ; de ces dernières, certaines ont été (mal) corrigées dans les éditions postérieures, d’autres sont restées inchangées. Nous n’ignorons pas que des pinailleurs iront chercher tel numéro pour contredire le Pape Benoît, mais nous considérons que celui-ci est vraiment un guide sûr, à l’inverse d’autres théologiens (dont certains ne croient même pas en la résurrection corporelle de Notre Seigneur).

Addendum : Un lecteur me signale la thèse de doctorat d’un bénédictin de Flavigny à la catho de Toulouse, le père Pius Mary Noonan, L’option finale dans la mort : Réalité ou mythe ? (Téqui, 2016), qui conteste l’étude ci-dessus.

Il n’est pas rare de nos jours d’entendre parler de la mort comme d’un moment de rencontre avec le Christ. Traditionnellement, cette rencontre est présentée comme une comparution devant le Christ-juge dans le contexte du jugement particulier. Cependant, aujourd’hui, on la présente parfois comme un moment d’illumination et de réévaluation de sa vie en vue de prendre une option ultime en faveur de Dieu. Des modèles variés d’une telle hypothèse sont proposés, mais tous éprouvent une difficulté à expliquer quand aurait lieu une telle rencontre. Pour les uns, elle aurait lieu entre la mort clinique et la mort réelle, donc en réalité avant la mort ; pour d’autres, elle serait possible en un « moment d’intensité » qui ne serait ni avant, ni après, mais dans la mort ; enfin, certains pensent qu’elle se passerait dans l’au-delà, après la mort.

Nous estimons que la première solution, même si elle mérite considération, est un domaine fermé à toute investigation rationnelle. Pour la deuxième, nous nous efforçons dans ces pages de démontrer que l’expression dans la mort signifie ni plus ni moins que : après la mort. Quant à la troisième — et donc à la deuxième aussi —, nous voulons montrer qu’elle se trouve en défaut par rapport à l’enseignement de l’Église sur la mort comme fin du status viae, et sur le jugement particulier qui advient in morte.

A lire aussi cet article de l’abbé Pagès.

Une Messe pour dimanche prochain ?

Voici une proposition rédigée par des gens sérieux et validée par des magistrats :

Le décret 2020-1310 du 29 octobre 2020 interdit “tout rassemblement ou réunion” au sein des établissements de culte, “à l’exception des cérémonies funéraires dans la limite de 30 personnes” (art. 47, I).

Mais le décret prévoit explicitement la possibilité de déclarer en préfecture les manifestations sur la voie publique relevant de l’article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure qui vise « tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d’une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique ». Le décret exige seulement dans ce cas le respect des règles sanitaires, masques et distanciation (art. 3, I).

Dès lors, il est possible de déclarer un rassemblement sur la voie publique à l’occasion duquel une Messe pourrait être célébrée. Pour simplifier l’organisation et sécuriser la célébration de la Messe, la configuration suivante est recommandée :

  • Le prêtre célèbre sa Messe dans une église VIDE
  • Les portes de l’église donnant sur le parvis sont grandes ouvertes, avec un bandeau rouge et blanc de travaux qui en interdit l’accès
  • Les laïcs déclarent un rassemblement sur la voie publique sur la place devant l’église (une telle place devant l’église existe dans de nombreuses lieux)
  • Les fidèles assistent ainsi à la Messe de loin.

Cela n’empêche en rien de filmer et diffuser la Messe sur internet pour les personnes qui préfèrent rester chez elles, ce qui permettra aux personnes présentes sur la place dehors de suivre la Messe sur leur téléphone et d’avoir ainsi le son.

Demander à votre curé. Il faut donc commencer par demander à un prêtre de dire la Messe dans les conditions décrites. Lui-même n’a besoin d’aucune autorisation puisque les ministres du culte ont le droit de dire la Messe dans leur église, sans public.

Déclaration de la manifestation. Ensuite, trois personnes (un seul signataire) déclarent la « manifestation » prévue sur la place au préfet de département (et au maire dans les communes sans police d’État). Attention de bien indiquer les mesures concrètes prévues pour garantir le respect des exigences sanitaires. La déclaration est à faire au minimum 3 jours francs avant la date choisie (le mercredi pour le dimanche, attention cette semaine mardi en raison du 11 novembre).

La préfecture délivre le récépissé de déclaration et :

  • soit elle notifie immédiatement au déclarant l’interdiction de la manifestation pour des motifs d’ordre public (possibilité de contester l’arrêté devant le tribunal administratif)
  • soit elle ne dit rien et la manifestation peut alors se tenir en toute légalité.

Attestation. Pour ceux qui sont dans un kilomètre du lieu de la messe, le motif « activité physique » devrait fonctionner, dans le respect d’une heure. Pour tous, rédiger une attestation indiquant le fait de se rendre à une manifestation déclarée dès lors que celle-ci est prévue par le décret.

Remarque. La procédure décrite ci-dessus vise le cas précis d’une manifestation déclarée. De façon générale, le Conseil d’État a dit clairement qu’il est autorisé de se déplacer pour aller prier dans une église et/ou y rencontrer un prêtre, en cochant sur l’attestation la case « motif familial impérieux » (ordonnance du 7 novembre 2020). Il est encore possible de rédiger une attestation indiquant « visite d’un établissement de culte ».

La faillite de l’Education nationale

La faute d’accord d’Emmanuel Macron hier au mémorial de Colombey-les-deux-églises :

Élections américaines : tromperie sur l’un des deux candidats à désigner

De Bernard Antony :

À écouter les commentaires et lire les journaux, on saisit vite aujourd’hui que ce n’est pas exactement l’élection de Joe Biden que visaient les « démocrates » et « progressistes » de la planète mondialiste.

Car il n’y en a, surtout et partout, que pour Kamala Harris, sa vice-présidente.

Dans l’état actuel des choses, c’est d’abord elle, bien plus que Joe, qui a été élue.

Et Joe ne devrait être qu’un président « potiche ». Kamala Harris, nous dit-on, a été élue parce que femme et parce que « noire ». Mais on précise partout : « pour lutter pour les droits des femmes ». Il faut surtout comprendre par là : les droits des femmes selon l’idéologie abortophile et LGBT, et non les droits des femmes à être aidées pour élever leurs enfants.

Le vieux Joe sait bien sûr que ce que l’on attend désormais de lui, c’est qu’il dégage au plus vite de la présidence (s’il y est confirmé) pour que Kamala Harris lui succède. Ce sera la revanche d’Obama. Pas sûr que ce soit bon pour le peuple américain, blancs ou noirs.

Pour mémoire, Kamala Harris est une fanatique de la culture de mort.

 

Pour l’exécutif, la liberté de culte ne serait plus qu’un aspect de la liberté de réunion et vaudrait moins que la liberté de manifestation

Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur de l’European Center for Law and Justice (ECLJ), analyse, dans Valeurs Actuelles, l’ordonnance du Conseil d’État, contre la pleine liberté de culte, rejetant ainsi le recours introduit par la conférence des évêques, des congrégations et des fidèles catholiques :

Un premier constat s’impose : le recul de la connaissance du catholicisme par les autorités publiques, et le choix historique qui en résulte pour les évêques d’attaquer le gouvernement en justice pour défendre leurs libertés. C’est un changement culturel.

Pour le gouvernement, le commerce compte plus que la religion ; et à aucun moment le Conseil d’Etat n’a remis en cause cet axiome. La liberté de culte ne serait plus qu’un aspect de la liberté de réunion et vaudrait moins que la liberté de manifestation qui, elle, demeure autorisée. C’est là une chute considérable car jamais les rédacteurs de la loi de 1905 n’avaient imaginé rabaisser ainsi la liberté de culte. Le droit international place même cette liberté de religion au-dessus des autres libertés en n’y admettant « aucune dérogation », même « dans le cas où un danger public exceptionnel menace l’existence de la nation et est proclamé par un acte officiel ». Etonnamment, le juge a volontairement ignoré cette disposition du Pacte international sur les droits civils et politiques.

Le juge n’a pas davantage relevé l’excès de pouvoir commis par le gouvernement en décidant quelles cérémonies religieuses peuvent être célébrées dans une église (mariage et enterrement avec 6 et 30 personnes respectivement), à l’exclusion des autres (baptêmes, confirmations, ordinations, etc.), ce qui viole manifestement la loi de 1905. La République est censée ignorer les pratiques religieuses.

On peut toutefois savoir gré au Conseil d’Etat d’avoir apporté plusieurs précisions utiles :

Les fidèles peuvent se rendre dans les lieux de culte situés à plus d’un kilomètre et pour une durée supérieure à une heure, en cochant la case « motif familial impérieux ». A cet égard, le juge des référés invite le Gouvernement à corriger le formulaire pour y « expliciter » cette faculté.

Les ministres du culte peuvent recevoir individuellement les fidèles, se rendre à leur domicile et dans les établissements dont ils sont aumôniers pour y exercer leur ministère. Les prêtres catholiques peuvent donc administrer les sacrements à l’église, chez les particuliers, ainsi que dans les écoles, prisons ou hôpitaux, sans être soumis à la limite des six personnes constitutives d’un regroupement lorsque celle-ci ne s’y applique pas.

Les fidèles peuvent aussi se rendre dans les lieux de culte pendant que le prêtre y célèbre la messe à condition d’y éviter « tout regroupement avec des personnes ne partageant pas leur domicile ». Sur ce dernier point, le flou demeure quant aux critères du regroupement. Comme le gouvernement l’a reconnu à l’audience, on peut être plus de six personnes dans une grande église sans créer de regroupement… tout dépend de la taille du lieu de culte. Il est regrettable à cet égard que la France n’ait pas adopté un critère objectif de densité des fidèles par mètre carré, à l’instar de nombreux pays.

Il convient enfin de relativiser la portée de cette décision.

Comme tout référé-liberté, il s’agit d’une décision prise à juge unique, dans l’urgence. Elle n’est pas définitive et ne vaut que « en l’état de l’instruction et à la date de la présente ordonnance ». Ainsi, le juge pourra être ressaisi en référé dès que de nouvelles circonstances pourront être invoquées au soutien de la libération du culte. A cet égard, le juge a souligné que la prorogation de l’état d’urgence sanitaire « suppose l’engagement à bref délai d’une concertation avec l’ensemble des représentants des principaux cultes, destinée à préciser les conditions dans lesquelles ces restrictions pourraient évoluer ». Ce faisant, le juge soutient discrètement la demande des représentants des cultes à être entendus.

Enfin, tout fidèle peut encore saisir le Conseil d’Etat d’un recours en excès de pouvoir contre le décret du 29 octobre 2020 afin que les juges, siégeant cette fois-ci de façon collégiale, tranchent cette question sur le fond. Une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pourrait même se greffer à la procédure. Mais cette procédure prendra plusieurs mois.

En attendant, il demeure possible de déclarer à la préfecture la tenue de manifestations sur les places publiques, pour y réclamer la pleine liberté de culte tout en y célébrant la messe. Les prêtres peuvent aussi célébrer chaque jour des messes de requiem avec trente fidèles, même en l’absence de corps, comme le décret les y autorise.

Les manifestations pour la messe se multiplient

Hier soir, des catholiques se sont réunis devant la cathédrale d’Orléans pour prier.

“Nous sommes des fidèles qui nous disons que ce n’est pas possible que l’accès aux messes publiques soit interdit alors que tant de choses sont autorisées par ailleurs”.

“Cette liberté de culte est importante pour nous, fidèles catholiques. Elle est d’ailleurs inscrite dans la loi de 1905. Pour nous, l’accès à la messe, au sacrement de l’Église, est quelque chose de très important. En tout cas, dans les églises, les règles de distanciation sont respectées. Je ne sais pas s’il y a un endroit où elles sont mieux respectées.”

Outre les rassemblements déjà annoncés à Paris, Bois-Colombes, Bordeaux, Saint-Malo, de nouvelles manifestations sont prévues à

Abandonnée, l’Arménie capitule face à l’Azerbaïdjan

L’Azerbaïdjan et l’Arménie ont signé lundi sous l’égide de la Russie un accord de fin des hostilités dans le conflit du Nagorny Karabakh. Vladimir Poutine a annoncé :

« Le 9 novembre, le président de l’Azerbaïdjan [Ilham] Aliev, le Premier ministre de l’Arménie [Nikol] Pachinian et le président de la Fédération de Russie ont signé une déclaration annonçant un cessez-le-feu total et la fin de toutes les actions militaires dans la zone du conflit ».

Les belligérants gardent au terme de l’accord, « les positions qu’ils occupent ». La Russie déploye 1.960 soldats et 90 blindés pour assurer le respect du texte, qui prévoit notamment que l’Azerbaïdjan reprenne le contrôle de plusieurs districts qui lui échappaient, et le maintien d’un corridor terrestre reliant les territoires encore sous contrôle séparatiste et l’Arménie.

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev s’est félicité d’une « capitulation » de l’Arménie.

« J’avais dit qu’on chasserait [les Arméniens] de nos terres comme des chiens, et nous l’avons fait ».

Dans un communiqué posté sur sa page Facebook, Nikol Pachinian a pour sa part indiqué que sa décision avait été « incroyablement douloureuse pour moi et pour notre peuple ». Peu après, une foule de milliers de manifestants en colère s’est rassemblée aux abords du siège du gouvernement arménien, des centaines d’entre eux pénétrant dans les locaux, brisant des vitres et saccageant des bureaux, notamment une salle de Conseil des ministres. Le siège du Parlement a subi le même sort. « Nikol est un traître », ont scandé les manifestants.

Bernard Antony résume la situation :

  • L’Azerbaïdjan musulman voulant militairement s’emparer du Nagorny-Karabakh, disposant d’un budget militaire sept fois plus important que celui de l’Arménie. L’Azerbaïdjan est une nation principalement turcophone et de religion chiite, étroitement liée à la Turquie qui lui fournit notamment l’appui de son armée de l’air et de ses pilotes. Jusqu’ici, l’Azerbaïdjan, quoique chiite, n’était pas soutenu par l’Iran, qui trouvait plus d’intérêts dans de bons liens avec l’Arménie. Mais l’Iran a rompu avec cette position et, au nom de la solidarité islamique, soutient désormais l’Azerbaïdjan.

  • La Turquie, toujours membre de l’OTAN, a constamment bénéficié du soutien des États-Unis. Rien ne laisse présager que cela pourrait changer. Il en est de même avec l’Allemagne.

  • Israël, on le sait, voit en l’Iran son ennemi majeur. Il n’a pourtant pas, hélas, de scrupules à vendre ses drones meurtriers à cet Azerbaïdjan allié de la Turquie et de l’Iran. Le fait que le peuple arménien ait été, comme le peuple juif, victime d’un terrible génocide n’a pas dissuadé les dirigeants hébreux de procéder à ces ventes. Il est vrai aussi qu’Israël achète à Bakou une grande partie de son pétrole… En regard de cela, les grands principes de solidarité morale qui devraient unir deux nations victimes d’un semblable génocide n’ont pas pesé très lourd.

  • La Russie : quoique l’Arménie ait été une république soviétique et qu’elle demeure dans la sphère russe, y achetant notamment ses armes à ce jour, Vladimir Poutine n’a pas jugé bon de contrebalancer par un soutien militaire aux défenseurs arméniens du Haut-Karabakh l’engagement turc aux côtés de l’Azerbaïdjan.

Pour l’heure donc, le néo-sultan ottoman, le frère musulman Hitlerdogan n’a pas trop à s’en faire ! Il peut continuer, un siècle après, à parachever le génocide arménien. Les solidarités de chrétienté que l’on attendrait ne se manifestent pas pour la première nation christianisée de l’histoire. L’islam se porte bien.

Avortement et COVID 19 : la liste des victimes s’allonge

Communiqué de la Marche pour la vie :

Olivier Véran récidive : le ministre de la santé vient de prendre un nouvel arrêté pour améliorer l’accès à l’avortement pendant la seconde vague de l’épidémie. Les femmes enceintes pourront désormais se faire prescrire à distance une IVG médicamenteuse avec une extension dérogatoire du délai à 7 semaines de grossesse (contre 5 prévues par la loi.)

La Marche pour la Vie implore le gouvernement en pleine guerre contre le covid 19 de résister au virus de la folie. Contre le climat anxiogène de la maladie et de la mort, elle demande au Ministre de la santé de se concentrer sur sa lutte contre le Covid 19 qui produit le même résultat que l’IVG: l’Interruption d’une Vie Gênante, comme l’a dénommé le professeur Jérôme Lejeune.

Face à cette offensive idéologique de grande ampleur, la Marche pour la Vie prépare une mobilisation inédite dont les contours seront précisés dans quelques jours. Elle donne rendez-vous aux français le 17 janvier 2021.

Ils ne pensent qu’à l’avortement

Comme lors du premier confinement, le ministère de Santé autorise, par un arrêté publié au « Journal officiel » ce 8 novembre, l’allongement du délai d’accès à l’avortement.

Les pharmacies peuvent aussi dispenser pour trois mois, des contraceptifs oraux à une femme dont l’ordonnance est expirée depuis plus d’un an, lorsqu’elle ne peut consulter son médecin ou sa sage-femme.

L’arrêté assouplit, comme au printemps, les modalités de réalisation de l’avortement en ville, par des médecins et sages-femmes. Il permet que la première prise des médicaments soit effectuée dans le cadre d’une téléconsultation avec le soignant ; la femme va chercher, sans frais et anonymement, les médicaments auprès d’une pharmacie, à qui aura été envoyée la prescription. Ces IVG médicamenteuses sont autorisées par dérogation jusqu’à la septième semaine de grossesse (9 semaines d’aménorrhée).

Parallèlement, 79 parlementaires appellent, dans une tribune, “le gouvernement à accélérer l’adoption de la proposition de loi sur l’avortement“, votée en 1ère lecture en octobre et allongeant le délai légal de l’avortement de 12 à 14 semaines de grossesse. Cette proposition de loi est bloquée, n’étant pas inscrite à l’ordre du jour au Sénat.

Parmi les parlementaires, essentiellement issus de la gauche PCF, LFI, PS, EELV, LREM, on trouve Erwan Balanant (MoDem) et Stéphane Viry (LR).

Il est interdit d’avoir la messe dans les églises, mais il est possible de manifester en plein air…

Une note, rédigée par plusieurs juristes, circule actuellement pour proposer plusieurs pistes pour assister à la messe sans contrevenir à la loi. Le texte est sur le site de l’Homme Nouveau. Nicolas Bauer a également publié une analyse sur le site de La Nef.

Pour résumer, la déclaration de manifestation étant autorisée (comme à Nantes dimanche matin), on peut imaginer la célébration de messes sur la voie publique déclarées à la préfecture du lieu, en tant que manifestation.

De nombreuses manifestations sont déjà programmées dans les jours à venir. Il reste à trouver des prêtres pour venir y célébrer une messe :

Et bientôt Versailles, Nantes, Meaux, Orléans…

Addendum : une manifestation pour la libération de la messe aura lieu dimanche 15 novembre à 15h30 place de la cathédrale à ST Malo. La manifestation est déclarée. Port du masque et respect des gestes barrière obligatoire.

Novembre 2000 / octobre 2020, deux débats à l’Assemblée nationale pour accroître de deux semaines le délai d’avortement

L’Assemblée nationale à majorité macronienne a voté le 8 octobre 2020, en première lecture, une proposition de loi « collective et transpartisane », avec forte représentation des députés du groupe éphémère Ecologie-Démocratie-Solidarités (EDS, créé au printemps 2020 pour disparaître à l’automne de cette même année) et modifiant la législation sur l’avortement sur deux points majeurs :

  • l’allongement du délai légal de 12 à 14 semaines ;
  • la suppression de la clause d’objection de conscience spécifiquement adossée à cet acte. Cette discussion a occupé deux séances, le matin et l’après-midi de ce 8 octobre.

Le contexte est celui d’un nombre toujours incroyablement élevé des avortements en France (232 000 en 2019) et d’un lamento obligatoire de la part des soutiens de ce texte sur la triste réalité des « droits des femmes » en France enveloppé dans un pathos universaliste parfaitement interprété par le rapporteur du texte, Mme Albane Gaillot (EDS, ex-LaRem) :

« Rien n’est plus précaire que les droits des femmes… En France, le recours à l’interruption volontaire de grossesse est de plus en plus difficile… Nous le savons, nous ne parviendrons pas à faire taire les obscurantismes les plus sombres… Le travail collectif et transpartisan que nous avons mené sur ce texte est un signal important. En dépit de nos appartenances politiques et de nos convictions personnelles, nous nous sommes réunis autour d’un même objectif : faire progresser les droits des femmes et adresser un message fort au monde entier ».

Il se trouve que, au fur et à mesure de la disparition des dispositions de la loi dite « Veil » au profit de la mise en place d’un droit à l’avortement, l’Assemblée nationale avait, les 29 et 30 novembre 2000, déjà discuté des modalités de l’avortement et adopté le passage du délai légal de 10 semaines (celui de la loi de 1975) à douze semaines. Il a paru intéressant de relever quelques ressemblances et différences entre les deux débats.

Une différence évidente : le processus législatif et ses acteurs

En 2020, c’est donc une proposition de loi (PPL) pour le renforcement du droit à l’avortement, présentée par un groupe parlementaire qui a été discutée puis votée. La suite du processus parlementaire de cette PPL est très aléatoire. En 2000, c’est un projet de loi (relatif à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception) qui était examiné, présenté par le gouvernement Jospin représenté par Mme Guigou, alors ministre de l’emploi et de la solidarité. Ce projet de loi a été adopté et le délai légal actuellement est effectivement de 12 semaines.

Le personnel politique est bien sûr différent. 2000, c’était l’époque de M. de Villiers (non-inscrit) et M.Mattei (Démocratie libérale et indépendants) ; c’était aussi celle de Mme Y. Roudy (PS) et de Mme Roselyne Bachelot-Narquin (RPR) déjà très… macronienne :

« Le bilan d’application du texte de 1975 est positif. Ceux qui avaient craint une banalisation de l’avortement se sont trompés : l’IVG n’est pas devenue un moyen de contraception, ni l’expression d’un caprice de femme oisive désireuse de ne pas gâcher ses vacances, encore moins de supprimer un embryon d’un sexe non désiré. Assurer l’accès à l’IVG passe, bien entendu, par les trois mesures principales du projet : l’allongement du délai légal de dix à douze semaines, l’aménagement de l’autorisation parentale pour les mineures, et la dépénalisation de l’information sur l’IVG. Je suis favorable à ces dispositions, même si je considère qu’il eût été possible d’aller plus loin ».

Par contre, les ministres engagés dans les discussions sont identiquement méprisants : d’un côté, Mme Guigou qui disputait à Mme Martine Aubry le titre de ministre le plus méprisant du gouvernement Jospin dans un match de très haut niveau (Mme Elisabeth Guigou : « Les propos de M. de Villiers étaient insultants pour les femmes, ainsi que pour les médecins. On ne peut donc que les traiter par le mépris, et je n’y répondrai pas »), de l’autre, M.Véran qui –on le sait– s’illustre avec brio à peu près chaque jour dans cette même catégorie.

Dans les interventions, les références à de grandes figures tutélaires sont plus contrastées

Au top, bien sûr, Simone Veil, citée à 45 reprises (Mme Gaillot : « Il est difficile d’être réunis ce matin sans penser à ce jour de novembre 1974 où Simone Veil est montée à cette même tribune pour défendre son projet de loi. Il y a quarante-cinq ans, la France a reconnu à toutes les femmes le droit de disposer librement de leur corps ».) ; la « loi Veil » est elle évoquée 86 fois, au cours des deux débats.

Le professeur Nisand est lui aussi fréquemment cité (21 fois) et aussi au cours des deux débats. En 2000, à la fois par le ministre Guigou (« Les décisions prises en 1999 visaient à résoudre les difficultés soulignées par le rapport du professeur Nisand sur les inégalités d’accès à l’IVG dans le secteur public ») et par l’opposition comme Mme Marie-Thérèse Boisseau (tendance UDF) : « Rappelez-vous ce que disait le docteur Nisand : « Quand j’ai évité un avortement, j’ai gagné le salaire d’une année ». En 2020 par M.Hetzel (LR) :

« Aujourd’hui, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, présidé par le professeur Nisand, nous met en garde : en allongeant ce délai, nous allons franchir une ligne rouge ».

Enfin, une grande référence en 2000, Lucien Neuwirth, ancien député et rapporteur de la loi de 1967 sur la contraception, et sa loi qui sont cités 19 fois (Mme Yvette Roudy (PS) : Nous sommes réunis pour adapter au monde nouveau des lois qui, en 1967 et 1975, ont été des textes courageux et audacieux, qui ont conclu un chapitre héroïque de l’histoire des femmes, lorsque celles de ma génération devaient défier l’ordre moral établi ») sont passés aux oubliettes en 2020, remplacés dans le nouveau bestiaire  par l’avocate Gisèle Halimi, citée 8 fois lors de ce dernier débat.

Chacun de ces textes a eu pour objectif d’allonger de deux semaines le délai légal d’avortement. Avec, pour chacun d’entre eux, exactement le même argument :

En 2000 : Mme Elisabeth Guigou :

« L’allongement du délai légal a pour objectif premier d’éviter que des femmes ayant pris la décision d’une IVG soient contraintes, parce qu’elles sont hors délai, de partir à l’étranger ou d’avoir recours à une interruption médicale de grossesse. Selon nos estimations, l’allongement à 12 semaines du délai légal associé aux mesures visant à faciliter l’accès à l’IVG devrait permettre de réduire de plus de 80 % le nombre de femmes hors délai ».

Et, lui faisant écho, en 2020,  Mme Albane Gaillot :

« Nous entendons d’abord agir sur le délai d’IVG, en le portant de douze à quatorze semaines de grossesse ; tel est l’objet de l’article 1er. Chaque année, 3 000 à 5 000 femmes de notre pays sont contraintes de partir avorter à l’étranger du fait du dépassement des délais légaux ».

La question est ensuite débattue de savoir combien de femmes seraient concernées.  En 2000, il y avait un semblant d’unanimité autour du chiffre de 5000 : Mme Martine Lignières-Cassou (PS), rapporteure de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales :

« Pourquoi réviser la loi Veil ? Cinq mille Françaises partent chaque année à l’étranger parce qu’elles ne trouvent pas en France de réponse à leur détresse ».

Et Mme Danielle Bousquet (PS), au nom de la délégation aux droits des femmes :

« Force est de constater aussi que quelque 5 000 femmes, et sans doute davantage, sont dans l’obligation d’aller pratiquer l’IVG dans un pays voisin parce qu’en France elles sont « hors délai ».

C’est, de façon intéressante, le même nombre qui est avancé par les soutiens du texte de 2020, comme Mme Gaillot :

« Je reprends donc mon propos. Pourquoi allonger les délais ? Comme je l’ai dit lors de ma présentation du texte, entre 3 000 et 5 000 femmes se rendent chaque année à l’étranger pour avorter, car les délais légaux sont dépassés en France ».

Ce nombre de 5000 est cependant contesté par M.Véran :

« J’ai entendu certains gynécologues me dire « super ! » : étendre de douze à quatorze semaines le délai au cours duquel il est possible de se faire avorter va éviter à 400 ou 500 femmes d’avoir à se rendre en Espagne ou aux Pays-Bas pour avoir accès à une IVG plus tardive. Le chiffre de 1 000 à 2 000 pour le nombre de femmes qui pourraient être concernées par la mesure m’apparaît très contestable. Par définition, nous n’en avons pas la moindre idée. D’après ce qui m’est remonté des territoires, on parlerait ici plutôt de quelques centaines de femmes, même si l’enjeu est de taille quel que soit le nombre de femmes concernées ».

Alors, les soutiens du texte sont obligés d’en rabattre, commme Mme Battistel (PS) :

« Comme en France, il est vrai que les données ne sont pas très identifiées. Néanmoins, aux Pays-Bas, il nous a été dit que 800 Françaises étaient venues en 2018. S’agissant de la Belgique ou du Royaume-Uni, nous ne disposons pas de chiffres mais en Espagne, le planning familial estime que le nombre dépasse 1 000. Avec une simple addition, ont atteint assez vite les 3 000 femmes évoquées. Non, nous ne pouvons pas annoncer un chiffre avec certitude, mais quand bien même seules 500 femmes seraient concernées, il relèverait de notre responsabilité d’agir pour rendre leur droit effectif ».

Quelque soit le nombre exact, il apparaît qu’il y aura toujours des hors-délai. L’allongement du délai légal est donc une course sans fin. Intervention prémonitoire de Mme Aurillac (RPR) en 2000 :

«  En réalité, vous légiférez pour « résoudre » le cas des 5 000 femmes qui interrompent leur grossesse au-delà de dix semaines. 2 000 de celles-ci avortent entre dix et douze semaines, 3 000 au-delà, souvent parmi les plus démunies, qui n’ont pas bénéficié d’informations suffisantes. Faudra-t-il dans deux ans porter le délai à quinze ou vingt semaines pour suivre la triste réalité ».

Mme Bachelot l’annonçait aussi d’une certaine manière :

« En effet, on ne réglera pas toutes les difficultés et je trouve Mme la ministre de l’emploi bien optimiste quand elle estime que 80 % des femmes aujourd’hui contraintes d’aller à l’étranger seront prises en charge. Le chiffre devrait être plus près de 40 %. Mais il serait incohérent de s’opposer au texte au motif qu’il n’apporte qu’une réponse partielle, puisqu’il constitue malgré tout un progrès ».

Soulignons enfin la plasticité de la pensée de Mme Battistel, partie de 5000, acceptant ensuite l’idée de 500, et finalement s’arrêtant à  quelques dizaines de cas :

« Quant à la bataille de chiffres – 2 000 femmes concernées, 3 000, ou encore 5 000 ? – chacun a son idée et nous ne serons sans doute jamais d’accord, d’autant que nous dépendons de la bonne volonté de nos voisins européens pour obtenir des données. Mais ne seraient-elles que quelques dizaines, cela suffirait ».

Chaque fois, des intervenants soulignent que l’allongement du délai change la pratique de l’acte d’avortement :

En 2000, Jean-François Mattei (actuellement membre de l’Académie nationale de médecine) :

« L’allongement du délai de 15 jours soulève-t-il des problèmes médicaux spécifiques ? Cette question est très controversée dans le milieu médical et beaucoup dépend de la façon dont elle est abordée. En ce qui concerne les dangers encourus par la femme, la réponse est non… En revanche, l’acte opératoire après la 10e semaine est différent parce que l’embryon est devenu foetus. Je ne cherche pas à jouer sur la corde sensible, mais ce changement de nature a des conséquences. Je dirige un centre de diagnostic prénatal depuis 1984 et ces problèmes se posent plusieurs fois par semaine. Si une aspiration simple par canule fine peut être réalisée avant dix semaines parce que l’embryon a une consistance liquide ou gélatineuse, après dix semaines le foetus s’ossifie et il faut une intervention chirurgicale avec anesthésie générale et fragmentation foetale avant aspiration par une canule plus grosse. La compétence requise est différente car le geste peut avoir des conséquences plus graves et la femme doit en être informée ».

Citons la réponse pleine de tact de Mme Dominique Gillot (PS ; secrétaire d’Etat à la santé et aux handicapés) :

« M. Mattei, avec force détails, a voulu démontrer qu’une IVG à douze semaines, ce n’était pas la même chose qu’à dix semaines. J’ai été troublée par ses propos et, n’étant pas médecin, je me suis informée auprès de praticiens expérimentés.  Cessons donc d’évoquer des images qui font peur (Interruptions sur les bancs du groupe du RPR et du groupe UDF). Bien sûr, il y a fractionnement, mais ce n’est pas un découpage ».

En 2020, M.Joachim Son-Forget (Union démocrates radicaux libéraux, et également médecin) :

“Je ne sais pas pourquoi nous ne parvenons pas, dans notre pays, lorsque nous débattons de bioéthique, à comprendre ce qu’on ne voit pas. En l’occurrence, que l’embryon devient fœtus à une période charnière, douze semaines de grossesse. Ce palier n’a pas été déterminé par hasard. On peut se demander si l’embryon est déjà une vie humaine ; certains le pensent, d’autres non. La question devient plus compliquée quand le fœtus mesure plus de dix centimètres et se meut si bien, qu’après quelques semaines, la mère ressent ses mouvements ; et que ce fœtus a un crâne, qu’il faudra écraser pour l’extraire de l’utérus de la femme qui demande une IVG tardive ».

Enfin, M.Hetzel d’ajouter :

« Interrogez aussi le professeur Israël Nisand, qui est rien de moins que le président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Il dit clairement ne pas vouloir aller dans ce sens, comme la quasi-totalité des professionnels. Il y a un changement de nature profond entre douze et quatorze semaines : à quatorze semaines, « la tête du fœtus est ossifiée et il faut l’écraser. Le geste lui-même est donc terrible pour celui qui le fait et pour la patiente ». « Au sein du Collège, j’ai soumis quatre fois au vote cette mesure d’allongement des délais de deux semaines, et elle a chaque fois été refusée à 100 % des votants. » ».

De fait, et paradoxalement pour des gens qui cherchent à accroître le droit à l’avortement, l’allongement de la durée légale de l’IVG à 14 semaines va raréfier le nombre de professionnels de santé susceptibles d’accepter de pratiquer des avortements. C’était déjà souligné en 2000 par Mme Jacqueline Mathieu-Obadia (RPR) :

« J’ai interrogé certains de mes confrères médecins qui pratiquent des IVG. Ils considèrent que l’allongement du délai va à ce point changer les conditions dans lesquelles ils travaillent que certains médecins ne vont plus accepter longtemps de pratiquer des IVG »),

et d’ailleurs, il a été constaté par le Collège national des gynécologues obstétriciens français que 30% des gynécologues avaient alors cessé de participer aux IVG.

Ce sera plus important avec un délai porté à 14 semaines. Même le ministre Véran le souligne :

« D’autres gynécologues m’ont dit que s’ils réalisent actuellement des avortements jusqu’à douze semaines de grossesse, ils ne le feront pas à quatorze semaines. C’est leur droit, leur clause de conscience le leur permet. Et des gynécologues m’ont expliqué que la difficulté qui existe aujourd’hui est de recruter des gynécologues-obstétriciens capables de réaliser des avortements par aspiration entre dix et douze semaines de grossesse. En allongeant le délai de douze à quatorze semaines, nous craignons de susciter une démotivation et qu’il soit plus difficile, demain, de faire en sorte que ces médecins continuent de pratiquer des IVG. Un certain nombre d’entre eux pourraient jeter l’éponge ».

Dans les deux débats, la nature de l’embryon et le sujet du début de la vie sont évoqués :

En 2000, M. Jean-François Mattei :

« Le projet de loi qui nous est soumis aujourd’hui propose de porter de dix à douze semaines le délai légal de l’IVG. Première question, la prolongation de 15 jours de délai de l’IVG pose-t-elle des problèmes moraux supplémentaires concernant l’avortement lui-même ? Pour moi, la réponse est non. Le problème moral posé par l’avortement a été largement débattu et réglé par notre société lors du vote de la loi de 1975, puis de sa rediscussion fin 1979. Dès lors que la loi de 1975 a posé le principe d’une possibilité d’IVG dans certaines conditions, je ne vois pas de différence, soit sur le plan strictement moral, entre un avortement à 8, 10 ou 12 semaines. La vie est un processus continu de la conception à la mort et son interruption revêt la même signification à n’importe quel moment ».

En 2020, après une intervention de Mme Ménard, M.Mélenchon fait dans l’abscons :

« Madame Ménard, vous défendez le droit à la vie : je le comprends, je le respecte. Vous ne pouvez pas prouver davantage que vous avez raison que je ne pourrais prouver que c’est moi qui ai raison. Je pourrais dire pourquoi il est préférable de faire les choix que nous faisons sans jamais me réclamer d’une vérité qui s’imposerait à vous et à moi, sinon que de notre point de vue, celui de l’humanisme qui fait de l’être humain le créateur de lui-même. Ce que nous confrontons, ce sont des points de vue philosophiques. Si vous dites que la vie est un droit sacré dès l’apparition du fœtus, alors il faut interdire tout délai. Si vous dites que vous n’en savez rien, alors vous devez vous reposer sur la liberté de l’être humain de se créer lui-même, celle de la femme en l’occurrence, à laquelle il revient d’apprécier elle-même les limites de sa liberté ».

Cela rappelle un peu l’intervention de M.Jean Rouger (PS) :

« Il s’agit avec ce texte, de favoriser l’exercice d’une des libertés les plus nobles de la personne : celle de la création. C’est la femme qui porte cet honneur et cette responsabilité. ».

Sauf que là, on parle de tuer les fœtus.

Mme C.Autain (LFI) quant à elle pourrait presque être touchée par la grâce, allez savoir :

« Si vous commencez à évoquer un bébé mettant son doigt dans la bouche et à expliquer que l’IVG touche à la vie, alors on peut considérer que la vie existe dès la première minute d’existence du fœtus ».

Autre sujet d’importance: la clause de conscience spécifique incluse dans la loi Veil lors de son adoption

Le sujet n’est en fait pas vraiment un sujet en 2000, même s’il a été évoqué. C’était juste pour préciser que le médecin qui refuse de pratiquer une IVG devra en informer immédiatement l’intéressée et lui communiquer la liste des praticiens susceptibles de réaliser cette intervention.

En 2020 au contraire, la demande de suppression de cette clause en 2020 fait l’objet d’un tir groupé :

Mme Gaillot :

« La suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG va également dans ce sens. Entendons-nous bien, mes chers collègues : nous ne touchons pas à la clause de conscience générale des médecins et des sages-femmes ; en revanche, nous mettons un terme au traitement juridique anachronique dont l’IVG fait encore l’objet ».

Mme Delphine Bagarry (LaRem) :

« La clause de conscience spécifique permet de ranger l’IVG comme un soin à part. Elle permet de garder une vision surannée de l’irresponsabilité féminine face à la sexualité et de ranger l’IVG comme un soin accessoire ou de confort, ou pire, un soin culpabilisant, un soin honteux, un soin que l’on doit cacher ou taire même à sa famille la plus proche. Elle est un témoin législatif du peu de considération que l’on a pour les femmes. Supprimer cette clause, c’est mettre fin à un archaïsme ».

Pour Mme Battistel, la clause de conscience

« est spécifique à l’IVG et ne concerne aucun autre acte médical. De ce fait, non seulement l’IVG n’est pas encore pleinement un droit dans notre pays, mais elle demeure également un acte médical à part, différent de tous les autres. Elle n’a pourtant qu’une seule raison d’être : elle fut inscrite dans le marbre de la loi en guise d’accord politique, afin de faciliter l’adoption de la loi Veil. Elle n’a plus aucune justification aujourd’hui puisque l’IVG est désormais un droit ».

Enfin, Mme Caroline Fiat (LFI) :

« Nous soutiendrons également la suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG. Cette possibilité, surannée et stigmatisante, qu’ont les médecins de refuser à une femme l’avortement sans justification, n’est pas digne de la République. Elle crée une rupture d’égalité, en plus d’une rupture dans la continuité des soins aux conséquences parfois dramatiques. Le corps médical n’a pas à contester la loi au nom de convictions personnelles ».

Anachronisme, archaïsme, vision surannée, stigmatisation : on apprécie la profondeur de l’argumentation. Mais qu’en est-il du doublonnage avec la clause de conscience générale des médecins et sages-femmes évoquée par le rapporteur ? Le diable est dans le détail et l’argument est mensonger pour trois raisons, chacune importante :

Bazin évoque une première différence majeure :

« la clause générale du médecin est de portée plus restreinte que la clause spécifique. Elle commence par le principe suivant : « Quelles que soient les circonstances, la continuité des soins aux malades doit être assurée. » Ce principe limite le pouvoir d’appréciation du médecin dans au moins deux circonstances citées dans le texte : « le cas d’urgence » et « celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité ». Vous le voyez bien, mes chers collègues : ce cadre juridique est plus restrictif et plus contraignant que l’affirmation solennelle selon laquelle « un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse».

M.Hetzel souligne à son tour deux autres différences : tout d’abord, le fait que

« la clause de conscience ne sera plus que réglementaire [i.e. cela signifie qu’il suffit d’un arrêté ministériel pour la modifier], alors qu’elle est pour le moment législative. Or vous connaissez la hiérarchie des normes ». Enfin, « actuellement, la clause de conscience relative à l’IVG s’étend à tous les auxiliaires médicaux, alors que ce n’est pas le cas de la clause générale. Vous allez donc les mettre en difficulté ».

Lors des deux débats, l’union se fait pour organiser les informations à transmettre à la femme voulant avorter toujours à sens unique.

En 2000, il y a une dépénalisation des actions liées « à la propagande et à la publicité pour l’IVG » (Mme Elisabeth Guigou). Il y a aussi une suppression de l’obligation d’entretien préalable, remplacée par une possibilité (à la discrétion de la femme) d’un entretien psycho-social. Pourtant, M. Jean-François Mattei avertissait :

« En tant que généticien, j’ai à reconstruire l’histoire familiale de couples stériles ou ayant donné naissance à un handicapé. Que de fois resurgit dans la mémoire un avortement, apparemment assumé, mais dont le couple saisit alors toutes les implications… dont il saisit toute la portée dans son histoire personnelle. Parfois s’expriment alors des sentiments de regret et de culpabilité mais aussi un reproche : « On ne nous a pas avertis… Si j’avais su ! » ».

En 2020, le levier de l’information est aussi traité par la proposition de loi. Mme Gaillot :

« Le troisième et dernier levier que j’identifierai est celui de l’information. Nous le savons, l’information à propos de l’IVG est fondamentale, et nous entendons contribuer à la renforcer, en prévoyant, d’une part, que les agences régionales de santé publieront un annuaire recensant les professionnels et, d’autre part, que le Gouvernement remettra au Parlement un rapport sur l’application de la législation relative au délit d’entrave ».

L’opposition essaie de proposer une approche moins partiale, comme M.Hetzel.

« Notre objectif à ce stade est que l’information circule et qu’elle soit équilibrée, raison pour laquelle cet amendement vise à compléter le deuxième alinéa de l’article L. 2212-3 du code de la santé publique par la phrase suivante : « Ce dossier guide contient également l’énumération des droits, aides et avantages garantis par la loi aux familles, aux mères, célibataires ou non, et à leurs enfants, ainsi que des possibilités offertes par l’adoption d’un enfant à naître. ». Nous discutions tout à l’heure de la notion de « détresse » : il faut s’assurer que toutes les possibilités ouvertes dans ce cas soient connues, par exemple l’accouchement sous X (Exclamations sur les bancs du groupe FI), qu’il ne convient pas d’écarter complètement. Ne nous enfermons pas dans une vision unilatérale des choses ! »

mais totalement inaudible par une assemblée progressiste.

Equilibre refusé aussi par le ministre M.Véran :

« Si vous posez une question, il est normal que la réponse qu’on vous donne soit en relation avec la question, sans quoi vous allez ailleurs. Du reste, cet ailleurs existe : le site ivg.gouv.fr est très bien fait et un numéro vert national sur la sexualité, la contraception et l’IVG, très bien fait également, a été mis en place par le Planning familial avec le soutien de l’État et traite chaque année  24 000 appels. Ces ressources permettent surtout de fournir de la bonne information »)

et d’autres députés, comme Mme Bagarry :

« Le guide pratique remis aux femmes qui viennent demander une IVG est très bien fait, le ministre nous l’a dit ce matin. Ce document donne en particulier des informations sur la possibilité du choix de pratiquer un IVG, sur les différentes méthodes, sur les méthodes instrumentale ou médicamenteuse, et sur les conditions de remboursement ».

On sait au surplus qu’en Macronie, tout problème est soluble dans un numéro vert.

Information à sens unique, et suppression de tout délai de réflexion : déjà, l’obligation d’un délai de réflexion n’existe plus depuis une révision de 2016. Mais il restait un délai de réflexion après l’entretien psychosocial préalable (lui-même facultatif et actionné uniquement par la femme). C’est encore trop pour M.Guillaume Gouffier-Cha (LaRem) :

« À travers l’article 1er ter, nous proposons la suppression du délai de réflexion après l’entretien psychosocial qui peut être demandé par chaque femme lors d’un parcours d’IVG. Il est entendu que le groupe La République en marche votera pour. Au cours des dernières années ont été supprimés progressivement différents délais qui étaient imposés aux femmes et qui n’avaient au fond qu’un seul objectif : les infantiliser, les contraindre, les culpabiliser en alourdissant la procédure de l’IVG »

et pour Mme Marie-Pierre Rixain (LaRem) :

« C’est une infantilisation. Encore une fois, les femmes, si elles le souhaitent, peuvent réfléchir le temps qu’elles veulent, jusqu’à l’issue du délai légal. L’entretien dont il est question est facultatif. Revenons clairement sur les différentes étapes qui composent la procédure d’IVG et cessons de faire croire aux Français que les délais imposés aux femmes sont des libertés, quand il s’agit uniquement de moyens de les infantiliser ! ».

Certains députés essaient sans succès d’opposer des arguments de bon sens, comme Mme Ménard :

« Puisque la comparaison avec l’achat d’un aspirateur, faite par notre collègue Julien Aubert, ne vous plaît pas, je vous en propose une autre, qui illustre le problème de proportionnalité que poserait la suppression de ce délai : la loi impose deux semaines de réflexion pour un acte de chirurgie esthétique qui, lui, n’engage que vous-même et votre corps, personne d’autre. Mon amendement vise non seulement bien sûr au maintien du délai de deux jours mais aussi au rétablissement du délai de sept jours, comme c’était le cas avant 2016. Du point de vue de la proportionnalité, cela me semble le minimum, sachant que le moindre acte de chirurgie esthétique nécessite un délai de réflexion de quinze jours ».

Au total, d’une loi d’exception, la loi Veil -lors du débat en 2000, Mme Boisseau :

« Je m’inscris en faux contre Mme Aubry comme Mme Guigou, quand elles affirment que nous avons décidé par voie législative de faire de l’avortement un droit. Cette interprétation de la loi Veil est totalement abusive. Nulle part, que ce soit dans les attendus de la loi, dans le débat ou dans l’argumentation de Mme Veil, il n’a été question de droit à l’avortement. Au contraire, le premier article réaffirmait d’entrée de jeu, le droit à la vie dès la conception : « La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie ». La disposition législative proposée était présentée comme une mesure d’exception à un droit fondamental, pas du tout comme un droit universel qu’il faudrait ensuite reconnaître. Il s’agissait, dans un but bien précis de santé publique, d’éviter les avortements clandestins, qui avaient parfois des conséquences dramatiques sur la santé des femmes »,

-la législation sur l’avortement est devenue la légalisation d’un droit et devient, la dérive continuant, la légalisation d’un soin.

En 2000 est votée la dépénalisation de la pratique de l’IVG hors délai par une personne non qualifiée ou ailleurs que dans un centre agréé (article 223-11)) qui est transférée du code pénal au code de la santé publique. La notion de détresse, essentielle dans la loi Veil, est ensuite supprimée en 2014. L’avortement est dorénavant considéré comme un droit ; il devient aussi considéré comme un soin.

Florilège en 2020 :

Mme Muschotti (LaRem) :

« Le parcours d’accès à l’IVG est encore semé de trop nombreux obstacles, qui pourraient pourtant être facilement levés. L’offre de soins est variable ».

Mme Rixain :

« Une femme sur trois avorte en France ; il est temps d’inclure cet acte dans leur parcours de santé, et d’arrêter de les culpabiliser alors que les professionnels de santé sont dédouanés ».

Mme Gaillot :

« J’essaierai d’être brève mais claire. Vous souhaitez à tout prix maintenir le statut à part de l’IVG. Pourtant une femme sur trois y a recours au cours de sa vie ;… c’est un acte de soin comme un autre et, à ce titre, il mérite un traitement identique ».

Et enfin Mme Bagarry :

« Les femmes ne demandent aucun traitement spécifique ; elles demandent simplement l’égalité devant les soins ».

Devenu un soin, l’avortement doit alors bénéficier d’une politique de l’offre élargie au maximum, comme le décrit Mme Bourguignon, ministre délégué :

« A propos des sages-femmes : « À ce titre, elles peuvent, depuis 2016, réaliser des IVG médicamenteuses. Ouvrir une pleine compétence en orthogénie à ces professionnels de santé, qui pratiquent déjà des gestes endo-utérins, peut représenter une vraie opportunité pour renforcer l’accès à l’IVG. Il s’agit de garantir une offre de proximité,en tout point du territoire, quel que soit le terme gestationnel, et de répondre à tous les besoins ».

En clair, malgré les références constantes à son nom soit pour faire consensus soit pour se cacher la réalité, il y a belle lurette que la loi Veil n’est plus qu’un lointain souvenir

D’autant plus qu’entre 2000 et 2020, il y a eu d’autres débats : IVG gratuite en 2013, suppression de la mention de détresse en 2014 déjà évoquée, suppression du délai minimal de réflexion en 2016.

Certains le comprennent, comme en 2000,  P. de Villiers :

« Le troisième problème que pose ce texte est d’ordre juridique. Vous opérez en effet, un renversement complet de notre droit en faisant de l’exception une règle. Ce qui, d’après les attendus de la loi Veil, devrait être le dernier recours devient un acte de convenance acceptable en toute circonstance. Dans la pensée dominante, on est passé d’un moindre mal à un droit absolu. Pourtant, il est indiqué dans la législation actuelle que l’avortement ne constitue pas un droit des femmes. Le principe demeure le respect de la vie. L’avortement ne devrait être qu’une exception, dans des situations de détresse particulière. Non seulement cet objectif de la loi Veil n’est pas atteint, mais votre texte va aggraver la situation ». 

Mais la marque Veil est porteuse, on continue donc de l’utiliser, comme Mme Gillot, secrétaire d’Etat, en  2000 :

« en portant le délai légal de dix à douze semaines, nous n’avons trahi en rien l’esprit de la loi de 1975 : nous n’avons fait que la moderniser, la rendre plus efficace et plus humaine, et l’adapter au progrès de la médecine et de la pharmacologie » ;

comme Mme Agnès Firmin Le Bodo (LaRem) en 2020, qui ne soutient pas la suppression de la clause de conscience :

« Dans cette proposition de loi, il nous est demandé d’approuver l’abolition de la double clause de conscience médicale. Pour ma part, je n’y suis pas favorable. En effet, je pense que cette clause de conscience contribue au juste équilibre établi par la loi Veil ».

Certains dans l’opposition se laissent entraîner : M. Thibault Bazin (LR) arrive encore à dire : « Nous avons cherché, au cours des débats, à préserver l’équilibre de la loi Veil » quand, clairement, il n’y a plus rien à préserver. D’autres sont moins aveuglés, comme M.Nicolas Meizonnet (non-inscrit) :

« Parce que l’avortement, « c’est toujours un drame et cela restera toujours un drame » disait, à juste titre, Simone Veil dans son discours de 1974 à cette même tribune. Elle nous mettait déjà en garde : « l’interruption de grossesse ne peut être que précoce, parce que ses risques physiques et psychiques, qui ne sont jamais nuls, deviennent trop sérieux après la fin de la dixième semaine. » (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.). Depuis, c’est vrai, le délai légal a été porté à douze semaines. Vous voulez, par ce texte, l’allonger à quatorze semaines, mais de nombreux spécialistes vous le disent : plus l’avortement est tardif, plus il est un geste lourd et dangereux, sur le plan tant physique que psychique. Vraiment, je m’interroge : comment peut-on célébrer Simone Veil pour sa loi et, en même temps, trahir tout ce qui la sous-tend ? ».

Et même M.Bourlanges, orateur rare et talentueux du Modem :

« Nous sommes parvenus au terme de cet important débat et je vais vous dire quelque chose qui me tient à coeur. Ceux parmi vous qui me connaissent savent que j’ai passé le meilleur de ma vie politique dans le sillage de Mme Simone Veil. Loin de moi l’idée de dire quelle serait sa position dans ce débat si elle était en vie. Certains peuvent penser qu’elle voterait pour le texte, d’autres qu’elle voterait contre. Ce que je sais, et ce au nom de quoi je parle, c’est qu’un grand nombre de ceux qui se sont alors engagés dans son combat n’approuveraient pas ce texte. C’est mon cas. Le texte défendu par Simone Veil était un texte de nécessité : il fallait permettre aux femmes d’interrompre leur grossesse, leur en donner le droit. C’était nécessaire pour faire cesser des agissements absolument criminels. La loi Veil était une loi d’équilibre : elle disait bien que l’avortement, l’interruption volontaire de grossesse était la pire des solutions à l’exception des autres, la vraie solution étant la contraception. C’était une loi de respect, avec des clauses de conscience qui sont remises en cause aujourd’hui. Je le dis, la loi que vous proposez n’est pas nécessaire, car les femmes jouissent librement du droit d’interrompre leur grossesse. (« Non ! » sur les bancs des groupes EDS et FI.) La loi que vous proposez n’est pas une loi d’équilibre, elle ne favorise pas la contraception, la banalisation de l’interruption volontaire de grossesse y est la règle. Au bout du compte, elle ne respecte pas la conscience puisqu’elle supprime la clause qui y est attachée. Alors non, une grande partie de ceux qui voteront contre ce texte n’ont pas le sentiment d’être infidèles à l’engagement qui était le leur aux côtés de Simone Veil. (Vifs applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem, LR et UDI-I. ».

Avant de conclure, quelques réflexions supplémentaires. L’avortement est-il ou non un acte traumatique pour la femme ? En effet, si l’avortement est un soin, une étape dans un parcours de santé, pourquoi le considérer alors comme quelque chose d’exceptionnel ? C’est par exemple cette interruption quasiment réflexe dans la discussion de 2020 :

Di Filippo (LR) : « Nous pouvons semble-t-il tous nous accorder sur un point : pour le couple ou la femme qui y est confronté, l’avortement est un traumatisme». Il est immédiatement interrompu par un chœur (Mme Bergé (LaRem), Mme Muschotti et Mme Rixain) : « Mais non !»

Pourtant, en 2000, c’est Mme Guigou qui disait :

« Quand il n’y a pas d’autre choix, le recours à l’IVG doit être amélioré. Quelles qu’en soient les raisons, l’IVG est reçue comme une épreuve douloureuse pour les femmes » ;

et Mme Clergeau (PS) :

« L’IVG n’est en rien une solution de facilité ou de confort. C’est un libre choix, mais qui reste toujours douloureux pour les femmes qui doivent s’y résoudre »,

ainsi que Mme Jacquaint (PCF) :

« J’ai écouté Mme la ministre, mais je désire soutenir cet amendement, qui lève les interrogations suscitées par la suppression des deux derniers alinéas de l’article L. 2212-8 du code de la santé publique. L’IVG n’est pas un acte médical anodin. Elle touche à la psychologie, à l’éthique et à la philosophie, et nécessite donc un accompagnement personnalisé et respectueux de la dignité et de la liberté de chaque femme ».

En 2020, M.Breton indique :

« Les 30 septembre et 1er octobre, l’institut de sondage IFOP a posé la question suivante à un panel de Français : « pensez-vous qu’un avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes ? ». 92 % de nos compatriotes répondent positivement ».

Et Mme Bazin-Malgras (LR, favorable à la proposition de loi) :

« Je crois que ce n’est pas la peine d’en rajouter : lorsqu’une femme décide d’avorter, c’est déjà pour elle un acte terrible et elle doit prendre une décision incroyable ».

Quels sont les prochains objectifs des partisans de l’avortement comme droit de la femme ?

Il n’y a guère de limite à la question du délai (on l’a vu par le vote d’un amendement à la loi de révision de la loi de bioéthique permettant l’IMG pour raison psycho-sociale, donc jusqu’au terme de la grossesse. Ces partisans seront obligés de passer par l’IMG parce que le délai de l’IVG finirait par percuter le seuil de viabilité des bébés (« seuil de viabilité sans cesse repoussé en deçà des 180 jours grâce aux progrès de la médecine et de la prise en charge des prématurissimes » souligné par M.Mattei en 2000).

Le combat sur la clause de conscience spécifique est à suivre de près car fondamental malgré l’argument apparemment simple du doublonnage. Et encore plus au fur et à mesure que l’avortement sera présenté comme un soin, et donc comme un dû.

Il y aura enfin une prochaine étape déjà amorcée : la constitutionnalisation du droit à l’IVG. Lors du débat en 2020, Mme Fiat, a demandé par amendement

« la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse, une mesure qui nous tient vraiment à cœur, au groupe de La France insoumise. Je demande donc qu’un rapport gouvernemental soit rendu sur la constitutionnalisation de l’IVG pour que, lors de la prochaine révision constitutionnelle, notre Assemblée soit éclairée ».

Comme le souligne M.Xavier Breton (LR) :

« L’amendement de Mme Fiat qui évoque la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse est très intéressant car il est le révélateur d’une logique. Pour l’instant, Mme la rapporteure lui donne un avis défavorable, mais la mesure est en préparation : c’est la prochaine étape ».

Tout ceci est logique. Après tout, le ministre dit de la Santé, M.Véran, n’a-t-il pas affirmé dans la discussion :

« Le covid-19 n’a pas remis en cause nos valeurs les plus fondamentales et, à ma demande, le ministère s’est pleinement mobilisé pour faciliter l’accès à l’IVG dans les délais ».

Accès à l’IVG donc plus important pour la Macronie que l’accès aux messes, aux réunions familiales, aux livres, aux activités sportives et à autres babioles considérées par l’Etat, en lieu et place des individus, comme non-essentielles.

En 2020, après le vote sur l’ensemble de la proposition de loi modifiant l’équilibre de la loi sur l’avortement, la présidente de l’Assemblée nationale annonce l’ordre du jour de la séance suivant :

« Prochaine séance, ce soir, à vingt-deux heures : Examen de la proposition de loi relative à des premières mesures d’interdiction de certaines pratiques génératrices de souffrances chez les animaux et d’amélioration des conditions de vie de ces derniers ».

Tout est dit quant aux priorités des progressistes.

Nous avons deux mémoires…

De Marion Duvauchel, Professeur de lettres et de philosophie :

Autrefois, du temps où on enseignait encore un peu l’histoire ancienne (en classe de 6ème la séquence sur les grandes civilisations), nos enfants apprenaient le poids de l’Égypte et de la Babylonie dans l’histoire de l’aventure humaine. La Grèce antique pesait lourd dans ces programmes. Dame, nous lui devons beaucoup, pas tout, mais beaucoup. On ignorait à peu près tout de la civilisation indienne. Ce fouillis de dieux, il est vrai, eût sans doute affolé les collégiens : les enseignants plus encore. Au demeurant, rien qu’avec les deux grandes terres aïeules, il y avait de quoi faire, même avant qu’on n’exalte Sumer et l’épopée de Gilgamesh. Surtout, que ce soit conscient ou pas importe peu, cet enseignement autour de ces divinités variées s’accompagnait d’un questionnement sur l’origine des civilisations : comment elles naissent, comment elles meurent.

Avec l’Inde, il faut ajouter : comment elles durent.

Émergée et élaborée en même temps que les vieilles terres aïeules de Mésopotamie et d’Égypte,  cette antique civilisation n’appartient pas comme elles à un passé révolu : l’aventure indienne se poursuit sous nos yeux. Cette pérennité, elle la doit à la tradition. Les textes littéraires sur lesquels se fonde l’ensemble des conceptions indiennes ont été composés à une époque fort ancienne, et transmis oralement pendant une période étonnamment longue avant d’être rédigés. Si des altérations ont pu se produire, elles se manifestaient très lentement, déformant un thème initial par des fioritures, mais conservant pendant des millénaires la trace du thème initial. Les textes bouddhiques participent eux aussi de cette étrange manie d’un motif indéfiniment modulé, ce qui explique une littérature d’une abondance à tomber à la renverse, terriblement répétitive et, avouons-le,  d’un ennui mortel.

Nos civilisations marquées par l’écrit ont oublié qu’avant d’écrire, on parle. Les philosophes diraient dans leur langage savant (ou cuistre) qu’il  y a prédécession ontologique de la parole sur l’écriture. Que ce soit au niveau du petit d’homme comme au niveau d’une société émergente toute civilisation dispose d’abord d’une langue orale, qu’elle peut fixer  par écrit (ou choisir de ne pas fixer), grammaire et tutti quanti. La naissance de l’écriture, on le sait grâce à Jean Bottero, c’est trivial et comptable : on a besoin de calculer, d’enregistrer les stocks, de rédiger un contrat, c’est de l’enregistrement commercial… Et puis vient la poésie, l’ardent désir de constituer un roman du peuple, de la terre, des  rois. Un ardent désir de durer, donc de transmettre. Car nous avons deux mémoires comme disait le généticien Pierre Grasset : la culture doit se reprogrammer, d’où l’importance de cette mémoire culturelle, de plus en plus tributaire de l’écrit.

Mais la part écrite de la transmission, c’est analogiquement comme au théâtre le texte. On transmet par des pratiques, des usages, des faires et des savoir-faire, et puis aussi, avec la part écrite, comme par surcroît. Elle compte, ne nous méprenons pas. Mais elle n’est pas l’essentiel.

Nous avons eu une grande tradition universitaire orientaliste et en particulier indianiste qui a fait entrer l’Inde dans notre épistémè (avec un paquet de myopies et quelques mirages) ; nous avons eu une tradition anthropologique d’africanistes qui ont fait connaître la geste des Dogons du Mali et les techniques d’oralité, de cette palabre africaine dont il faut se  garder de médire : c’est une dimension de la langue  « phatique » tout autant qu’instrumentale.

Comment se fait-il qu’il nous soit si difficile d’admettre que les Évangiles aient pu faire l’objet d’une oralisation et d’une récitation ? Comment se fait-il qu’il nous soit si difficile d’admettre que les Évangiles ont parfaitement pu être composés en araméen par des Araméens, alors même qu’on prétend qu’ils sont des gens frustres à l’exception de Jean ? Des gens simples ne parlent pas la langue de culture, ils ne parlent ni grec ni latin. Comment se fait-il qu’il nous soit impossible de revenir sur la question de ces évangiles prétendument écrits en grec, malgré les travaux de Jean Carmignac, de Claude Tresmontant, et plus récemment, ceux de Pierre Perrier, de Joseph Alichoran et de Jean-François Froger ? Le travail de Pierre Perrier en particulier a permis d’exhumer cette tradition d’oralité qui nous vient du premier christianisme. Cela remet en cause évidemment quelques dogmes qui viennent de siècles d’exégèse protestante, de cet historicisme critique qui n’est qu’une apostasie enveloppée de scientificité universitaire.

Issu d’une religion juive, né en terre orientale où l’on parle l’araméen depuis des siècles, et où l’on parle sans doute encore l’hébreu, le Christ ne s’est pas incarné comme une sorte d’Araméen inculte parmi des Araméens plus incultes encore qu’il aurait choisi précisément pour leur ignorance, garante supposée d’une humilité tout aussi supposée, comme certains prêtres ignorantins nous le racontent le dimanche pendant leurs ahurissantes homélies.

Le langage n’est pas là d’abord parce que les hommes veulent se parler et signer des contrats de mariage ou de vente, le langage est là parce qu’il y a la parole, c’est-à-dire le fait humain par excellence. Le langage est là pour que l’homme entre dans le monde de la signifiance et de la connaissance, à commencer par la connaissance de sa propre nature.

Les Apôtres étaient des hommes sans aucun doute imparfaits, et leur première imperfection, c’est qu’ils ne comprenaient pas toujours bien ce que le Rabbi Yechouah  leur expliquait, ce qui de temps en temps l’a rendu nerveux ou du moins insistant : « comprenez-vous ce que je vous dis » ? Selon toute apparence, ils ne comprenaient pas bien ces histoires de temple qui est mon corps, du moins pas jusqu’à ce qu’arrive l’Auxiliaire chargé du reste de la formation.

L’Inde védique a transmis pendant des millénaires des textes qu’elle tenait pour sacré, les Védas. Une caste de brahmanes (des gens spécialisés dans la gestion de la parole sacrée), a assumé ou s’est arrogée la charge de la transmission de cette lettre révélée, transmise oralement, puis fixée par écrit, en sanscrit disent les spécialistes. Sur ce point, on peut les croire.

Ainsi, la transmission orale constituerait une sorte de monopole des civilisations indiennes et africaines tandis que le monde européen christianisé aurait été incapable de toute éternité de toute mémorisation de textes jugés importants, tellement importants que nous avons nous aussi des spécialistes qui ont la charge de ce dépôt sacré et dont la transmission vient des Apôtres. Oui, nous avons nous aussi, une certain sens de la Transmission.

Les chrétiens d’Orient ont l’évangile dans le cœur, mémorisé depuis l’enfance en se soutenant de techniques tonico-posturales et de gestes liés à la bi-latéralisation du corps humain. Toute la Bible est d’ailleurs rédigée dans un style oral destiné à soutenir cet effort de mémorisation, ce dont les traductions modernes ne rendent pas compte et même qu’elles expurgent avec soin. En son temps, Marcel Jousse avait eu l’intuition de ces gestes mémoriels et avait tenté une anthropologie nouvelle. Si elle n’a pas eu le retentissement qu’elle méritait, ce n’est pas seulement à cause d’une formulation inutilement complexe de ces intuitions pourtant géniales. C’est parce que l’Himalaya de préjugés sur nos textes sacrés à nous, héritage de deux siècles d’exégèse historiciste largement protestante n’a cessé ses ravages.

Les chrétiens d’Orient ont l’Évangile au cœur, enraciné dans leur corporéité même, avec la langue qui y est associé, la langue du Christ. La haine féroce qui s’acharne contre ce peuple héroïque, dernier vestige de la divine Présence incarnée, à travers la langue parlée et les traditions gardées, nous invite à prendre au sérieux la question du Prince de ce monde. Et leur héroïsme rend d’autant plus pathétique la pauvreté de notre christianisme vécu et intériorisé.

Nos enfants chrétiens, eux, – les quelques rares qui vont encore au catéchisme – ont des livres de catéchisme qui s’ouvrent avec le grand cycle de l’évolution depuis le cousin primate jusqu’à l’homme actuel, avec les différentes étapes qui montrent comment il se redresse progressivement. Comment on a pu imprimer en première page ce schéma lamentable, voilà qui devrait nous laisser pantois. Et furieux.

La question de l’évolution est évidemment une affaire intrigante. Et c’est sans doute une des questions les plus redoutables que  celle de l’abîme entre le texte de la Genèse et la fiction scientifique qui rend compte de notre évolution supposée. De fictions scientifiques, les cimetières respectifs de l’histoire des sciences et celle de la philosophie en sont pleins.

Il faut dire aux enfants que devant la question de l’origine « historique » de l’homme, nous n’avons et n’aurons sans doute jamais de réponse claire, et qu’il importe peu de savoir qu’il y a un très ancien squelette qu’une presse stupide s’empresse de proclamer « le premier homme ». Viendra un jour où on trouvera un squelette encore plus ancien qu’on prétendra être le prototype de l’humanité.

La réponse que donne la Genèse, ce sont les principes d’intelligibilité de notre nature humaine, qui ne dépend pas du temps, puisqu’elle vient d’un Dieu créateur. Ou qui ne dépend pas seulement du temps. Notre horizon n’est pas le covid 19, ni la mort biologique qu’on agite devant nos yeux à grand renforts de discours anxiogènes, notre horizon c’est l’Éternité participée : lorsque histoire et création seront entrées dans la plénitude de ce qu’on appelle les « temps ». Alors nous verrons l’histoire telle qu’elle est vraiment, non pas une interminable marche des empires, une effrayante succession de guerres, de royautés, de dynasties, de destructions, d’économies concurrentes, d’histoires des pandémies, des techniques, des grands hommes et des peuples oubliés, mais comme la marche de l’Amour, silencieuse et pourtant royale.

Thomas d’Aquin rappelait que le temps est coextensif à l’Éternité. C’est un mot difficile.

Autrefois, certains propos, certaines formules étaient donnés à méditer dans la nuit de l’intelligence, là où scintille une lumière nouvelle, celle de cet Auxiliaire qui attend que nous voulions bien y pénétrer, dans cette nuit obscure de notre âme immortelle, pour y écouter et y voir ce que le langage humain ne peut nous enseigner quand il est devenu trop pauvre ou trop arrogant. Et que peut-être bien, il n’est pas fait pour nous enseigner.

Nous avons deux mémoires, la mémoire culturelle et la mémoire de l’Éternité. Celle-là, singularisée dans une ou plusieurs langues, dans un pays ou un terroir, dans une généalogie. Elle est précieuse et elle est fragile ; celle-ci, portée par l’histoire d’Israël prolongée de 2000 ans de christianisme et d’histoire ecclésiale, dans une Révélation qu’il revient aux chrétiens de transmettre, par toute leur chair vivante, dans toutes les langues du monde, parce que Celui qui en est l’objet est la Parole vivante, source de toute parole vivante.

Violents combats au Haut-Karabakh où les Arméniens reculent

D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :

Les combats se poursuivent au Haut-Karabakh et l’armée azerbaïdjanaise poursuit sa progression, malgré une farouche résistance arménienne. Sa supériorité en hommes et en matériel lui a permis de pénétrer dans le territoire proprement dit du Haut-Karabakh et de menacer la ville clé de Chouchi (appelée aussi Shushi).

Au début de l’offensive, déclenchée par le sud, le 27 septembre dernier, la progression des agresseurs n’était pas encore trop inquiétante. Elle se déroulait en plaine et dans les territoires annexés par l’Arménie après la fin de la guerre en 1994. Le Haut-Karabakh, stricto sensu, ne semblait pas menacé et l’on se demandait même si c’était vraiment un objectif de l’Azerbaïdjan de le reconquérir alors que cette enclave est presque exclusivement peuplée d’Arméniens.

Mais, galvanisé par le très actif soutien turc, le président Aliev semble maintenant décidé à aller jusqu’au bout. Une double offensive se déploie donc depuis plusieurs jours : tout d’abord vers le corridor de Lachine afin de couper l’enclave de son voisin l’Arménie. La route stratégique n’a pas encore été reprise mais les Azerbaïdjanais sont tout près et elle n’est, en tout cas, plus praticable. Le ravitaillement sera donc plus difficile et s’il reste une autre route au nord, celle-ci est extrêmement dangereuse. Quant aux blessés, ils ne pourront plus être évacués vers Erevan, la capitale de l’Arménie, mais à Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh.

La seconde offensive est plus importante encore : elle vise la ville historique de Chouchi. Située sur les hauteurs, sa chute mettrait la capitale Stepanakert sous le feu de l’artillerie azérie et des redoutables drones généreusement fournis par la Turquie. L’envoyé spécial du Monde décrit des combats violents sur les pentes qui mènent à Chouchi, d’où les fantassins azerbaïdjanais ont pour l’instant été repoussés. Mais pour combien de temps ?

L’écart en matériel est trop important pour être comblé en quelques semaines. Israéliens et Turcs fournissent des armes sophistiquées à l’Azerbaïdjan depuis plusieurs années, tandis que l’Arménie a des armes russes plus anciennes. « Une guerre de retard », commentaient des officiers arméniens inquiets. L’écart en effectifs est essentiel, lui aussi : si tous les hommes du Haut-Karabakh (et de tous âges) sont au front, l’armée arménienne est restée en Arménie, le pays ne pouvant pas déclencher une guerre ouverte avec l’Azerbaïdjan. Il y a 10 millions d’habitants en Azerbaïdjan, tandis que 150.000 Arméniens peuplent le Haut-Karabakh, et si de nombreux volontaires arméniens sont venus prêter main-forte à leurs frères (certains sont même venus de France), cela ne peut évidemment rétablir l’équilibre.

Dans ce contexte, l’attentisme russe laisse perplexe. Certes, un camp de volontaires islamistes syriens en partance pour l’Azerbaïdjan a été anéanti par l’aviation russe dans la province d’Idleb, mais c’est tout (la source syrienne s’est d’ailleurs tarie, ensuite). Poutine et Lavrov (le ministre des Affaires étrangères) privilégient la voie diplomatique, mais les trois cessez-le-feu annoncés depuis un mois sont restés lettre morte.

On comprend bien que Moscou ne veuille pas couper les ponts avec Bakou, ce qui jetterait définitivement l’Azerbaïdjan dans les bras d’Ankara. Peut-être, aussi, que la Russie fait payer aux Arméniens leur intransigeance, puisque depuis 1994, ils refusent de rendre les territoires azéris conquis autour du Haut-Karabakh.

Quoi qu’il en soit, le temps presse et Erdoğan se frotte les mains.

Benoît XVI se porte bien

Mgr Gänswein a accordé un entretien à l’hebdomadaire people Oggi pour démentir certaines rumeurs qui ont circulé sur internet le mois dernier. Traduction par Benoît-et-moi :

« Il y a eu des fake news sur sa santé. Benoît XVI est une personne de 93 ans. Il a la fragilité du corps, sa voix est très faible, mais son esprit est lucide. Chaque jour, il concélèbre la messe, prie, reçoit encore quelques visites, lit, étudie, écoute de la musique et fait sa correspondance. Certainement avec un rythme très paisible ».

« Il se repose plus souvent car ses forces ont diminué, mais il est de bonne humeur et serein. Pour reprendre une image automobile : il est passé de la troisième à la première vitesse. Cependant, après une pause de près de trois mois, il a repris ses promenades avec l’aide du déambulateur dans les jardins du Vatican, lorsque le temps le permet ».

« Et il s’est remis de la fatigue du voyage en Allemagne, à Ratisbonne, où il était en juin dernier pour rendre visite à son frère Georg, décédé ensuite, et du zona, un virus qui a causé de grandes douleurs et qui l’a frappé au tout début du voyage à Ratisbonne »

Le Conseil d’Etat a demandé au Gouvernement de mener sans tarder une concertation avec les représentants des cultes

Les AFC y seront vigilants :

Lundi 2 novembre, avec des évêques, des associations et des particuliers, les Associations Familiales Catholiques ont déposé une requête en référé-liberté devant le Conseil d’Etat pour demander au Gouvernement de permettre aux fidèles de participer aux célébrations publiques du culte.

Jeudi 5 novembre, devant le juge des référés, nous avons plaidé la cause des familles afin qu’elles puissent exercer leur culte, une liberté fondamentale dans notre pays, et y trouver le soutien spirituel dont elles ont plus que jamais besoin.

L’ordonnance rendue ce samedi par le juge des référés du Conseil d’État ne nous donne pas satisfaction, tant les considérations qui la motivent apparaissent juridiquement et factuellement fragiles. Même si le Conseil d’État clarifie les modalités dérogatoires*, notamment pour permettre aux fidèles de se rendre dans un lieu de culte éloigné de plus de 1 km de leur domicile, permettre aux ministres du culte de se rendre au domicile de leurs fidèles et autorise les mariages religieux, il n’autorise toujours pas la reprise des rassemblements communautaires.

Les besoins essentiels ne se limitent pas aux besoins biologiques car ” l’Homme ne vit pas seulement de pain”. Les AFC seront très vigilantes à la demande pressante faite au Gouvernement par le Conseil d’État de mener sans tarder une concertation avec les représentants des cultes, ce qu’il n’avait pas fait à l’occasion de ce second confinement, et que cette concertation permettra de trouver des solutions pour que la liberté de culte soit pleinement respectée.

* Des instructions ont été données pour que les fidèles puissent se déplacer dans le lieu de culte le plus proche de leur domicile ou situé dans un périmètre raisonnable autour de celui-ci en cochant, la case “motif familial impérieux”.

Recomptage des voix en Géorgie

Environ 7200 votes séparent Biden et Trump dans l’Etat de Géorgie.

Le plus haut responsable des élections géorgiennes a dépêché hier une équipe d’enquêteurs après la découverte d’un problème de vote dans le comté de Fulton, qui semble avoir fait pencher la balance en faveur de Biden…

Des observateurs des deux partis politiques sont également présents. Brendan Keefe, enquêteur en chef, a déclaré que le problème «pourrait affecter de manière significative les résultats du vote actuellement en faveur de Biden en Géorgie».

Jeanne Smits a traduit un article de Steve Mosher, publié dans LifeSiteNews, où il dénonce l’utilisation d’escroqueries propres aux « Révolutions de couleur » dans l’actuelle élection présidentielle américaine. Steve Mosher est le premier sociologue américain à avoir pu se rendre en Chine pour constater l’œuvre de la révolution culturelle : il était alors athée et pro-avortement. L’assistance à un avortement forcé l’avait bouleversé ; il s’est converti à la religion catholique et, toujours spécialiste de la Chine, a également fondé le Population Research Institute qui lutte contre les entreprises malthusiennes de contrôle de la population à travers le monde. Extrait de la traduction :

[…] Cela signifie que ce qui vient de se passer n’était pas une élection « normale ».  Il s’agissait plutôt d’une escroquerie planifiée à l’avance, utilisée par les révolutionnaires pour déterminer le nombre de voix dont ils avaient besoin pour faire pencher la balance en leur faveur.  Ce nombre étant désormais connu – dans le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie – des bulletins de vote tardifs ont été « découverts » pour mettre leur candidat en tête. C’est ainsi que la gauche fonctionne dans des endroits comme le Venezuela.  Il ne faut pas qu’elle puisse y réussir ici.

Les forces qui s’opposent à nous sont redoutables.  Je ne parle pas seulement du parti démocrate.  Bien qu’il ait été vidé de sa substance par les socialistes, s’il n’y avait que lui on pourrait s’en occuper.  Non : je parle aussi des mondialistes et de leurs institutions, y compris Wall Street et les principaux médias américains.  Et, bien sûr, je parle des communistes chinois et de leurs nombreuses organisations de façade et de leurs larbins aux États-Unis. Joe Biden est le candidat de compromis de tous ces groupes.

De la même manière, le chaos ne concerne pas seulement le président Trump ; il s’agit de vaincre et de désarmer jusqu’au dernier d’entre nous qui croit en la promesse de l’Amérique en tant que nation souveraine qui défend la vie, protège la liberté et préserve une justice égale devant la loi.  Comme l’a dit le Président, « Ils en ont après vous en réalité.  Je ne fais que les gêner sur le chemin. » […]

Des évêques encouragent les manifestations de catholiques

Dans un tweet, l’évêque de Bayonne salue les différentes manifestations qui ont eu lieu dimanche :


Mgr Valentin, évêque auxiliaire de Versailles, également :

Une nouvelle manifestation est déjà annoncée pour dimanche 15 novembre à Bois-Colombes (92) :

 

Les fausses nouvelles volent en escadrille

Toute la presse relaie une “fake news” de CNN, selon qui Mélania Trump tenterait en privé de convaincre Donald de reconnaître sa défaite à l’élection présidentielle.

Celle-ci a publié un tweet de démenti, mais la presse continue de répandre l’intox.

 fake

La saturation des hôpitaux n’a rien à voir avec la crise de la COVID

C’est même TF1 qui le dit :

 

Bernard Lugan : “A l’unanimité, les députés français bradent le patrimoine inaliénable de nos musées”

Bernard Lugan s’insurge de la restitution d’œuvres d’art aux pays africains :
Le 6 octobre 2020, après avoir été présenté en Conseil des ministres et approuvé à l’unanimité par les commissions de la culture et des affaires étrangères, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité des présents (où étaient les députés du RN et ceux de la « droite de conviction » ?), le scandaleux projet de loi n°3221 sur rapport de M. Yannick Kerlogot, dérogeant au principe d’inaliénabilité du patrimoine national.

Composée de deux articles, cette loi stipule qu’à compter de l’entrée vigueur du texte, 26 œuvres d’art provenant du trésor du grand chef esclavagiste Béhanzin, roi d’Abomey (…) conservés au musée du quai Branly, cesseront de faire partie des Collections nationales.

Or, il faut savoir que ce texte a été présenté en procédure accélérée, en loi d’exception, et non en loi de portée générale, ce qui signifie qu’il ne passera qu’une seule fois devant les deux chambres. Où était donc l’urgence en ces « temps de guerre » contre le terrorisme islamiste et le Covid ?

Cette loi qui déshonore ceux qui l’ont votée mais également ceux qui, par leur absence se sont rendus complices du vote alors qu’ils n’ignoraient pas que sa discussion allait venir en séance, concrétise une promesse unilatérale faite par Emmanuel Macron le 28 novembre 2017 quand, lors d’une visite d’Etat au Burkina Faso, il déclara : « D’ici à cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain à l’Afrique ».

Allant vite en besogne, et en violation flagrante du principe d’inaliénabilité des biens inscrits aux Inventaires nationaux, le 17 novembre 2019, à Dakar, le « sabre d’el-Hadj Omar » fut remis au président sénégalais Macky Sall – d’ethnie toucouleur comme el-Hadj Omar -, par le Premier ministre français Edouard Philippe. Or, cette arme qui, soit dit en passant, n’a rien d’africain puisqu’il s’agit d’un sabre d’infanterie de l’armée française modèle 1821 forgé à Kligenthal, en Alsace, honore la mémoire d’un conquérant « sénégalais » qui mit en coupe réglée et vendit  comme esclaves les ancêtres de 90% de la population de l’actuel Mali…et d’une partie de celle du Burkina Faso…Un beau geste de paix dans l’actuel contexte de jihadisme…

Dans la foulée de sa visite au Burkina Faso, le président Macron  demanda un rapport sur les « restitutions » à Felwine Sarr de l’Université de St-Louis du Sénégal et à Bénédicte Savoy, historienne de l’Art et militante engagée que la sénatrice Catherine Morin-Desailly qui fut présidente de la commission de la culture au Sénat qualifie d’ « activiste ».

Rendu le 23 novembre 2018, le rapport proprement surréaliste tant il est caricatural  par son aveuglement idéologique et son ignorance historique, recense 46.000 (!!!) œuvres africaines qui devraient être « restituées » sur les 90.000 conservées dans les musées français ….

Dans ce rapport, l’on peut lire que « les collections africaines conservées dans les musées occidentaux (sont) une frustration née de la colonisation (… et) une sorte de totem de cette souffrance ». Pour Bénédicte Savoy, toute œuvre d’art africaine conservée en France et plus généralement en Europe est en effet postulée être le produit d’un pillage…

Une telle impudence a entraîné la vive réponse d’Hermann Parzingzer, président de la Fondation du patrimoine prussien qui gère de très nombreuses collections africaines et qui a qualifié le rapport « de jargon dominé par une idéologie d’expiation et de pénitence ».

Cette  présomption de « pillage » va donc contraindre les musées français à démontrer le caractère « légal » des acquisitions. Mais comment établir la traçabilité des achats, des échanges, des commandes datant parfois de plusieurs siècles, et des dons de collectionneurs, ces derniers constituant plus de 50% des collections ? 

Alors que l’on attendait une vive réaction du Sénat, le 4 novembre 2020, ce dernier, tout en protestant, a lui aussi voté à l’unanimité (où étaient les sénateurs RN et ceux de la « droite de conviction ?), se contentant d’amender le texte en changeant simplement le mot « restitution » signifiant « rendre quelque chose que l’on possède indûment » par « retour »… Une grande marque de  « virilité » qui constitue une garantie pour l’avenir de nos musées…

La boite de pandore ayant été imprudemment et idéologiquement ouverte par Emmanuel Macron, cinq pays africains se sont immédiatement engouffrés dans la brèche offerte par la loi, en réclamant dès à présent 13.000 objets qui sont pourtant autant de biens inaliénables du patrimoine français.

Mais plus encore, de nuit, en catimini, quasi clandestinement, la couronne du dais de la reine Ranavalona  conservée au musée de l’Armée depuis 1910 et qui n’est pas une prise de guerre, mais le don d’un particulier, a été « restituée » à Madagascar. Qui avait autorité pour autoriser une telle sortie d’un bien inaliénable inscrit aux Inventaires nationaux ? Qui a donné l’ordre de cette inadmissible spoliation ?

Quelle association habilitée osera porter l’affaire devant les tribunaux afin que toute la lumière soit faite sur ce scandale ? D’autant plus que la convention de l’UNESCO de 1970 concernant les œuvres d’art conservées dans les musées n’est pas rétroactive.

Précision ne manquant pas de « sel », la couronne de la reine Ranavalona, une superbe pièce en vermeil ornée de sept fers de lance représentant les sept maisons princières et surmontée d’un aigle était conservée dans le palais d’Andafiavaratra à Antananarivo… où elle a été volée en 2011…

La « restitution » des œuvres d’art à l’Afrique est donc un gage de pérennité… Nous l’avons d’ailleurs observé avec les manuscrits de Tombouctou détruits par les jihadistes ou avec le pillage des collections du musée de Butare au Rwanda au moment du génocide… Si toutes ces collections avaient été abritées dans des musées européens, elles existeraient encore…

A Versailles, des catholiques se rassemblent devant la cathédrale pour demander la messe

Mgr Valentin, évêque auxiliaire de Versailles, a été aperçu par plusieurs personnes.

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