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Pologne : le nouveau gouvernement menace gravement les libertés

De Priscille Kulczyk, Chercheur associé au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) :

La presse française et internationale ne parle plus guère de la Pologne depuis le retour de Donald Tusk à la tête du gouvernement le 13 décembre 2023. À la suite des élections législatives d’octobre 2023 dont une coalition de gauche est sortie victorieuse, il a chassé le parti PiS (Droit et Justice) au pouvoir depuis 2015. Il y aurait pourtant beaucoup à dire depuis l’entrée en fonction du nouveau gouvernement car un air de révolution flotte sur la « très catholique » Pologne.

Ces derniers mois, la Pologne vit une sorte de guerre institutionnelle liée à un processus que l’on pourrait qualifier de « déPiSation ». Il correspond à la volonté expressément affichée de la coalition au pouvoir de « demander des comptes » aux gouvernements précédents. Comme l’a affirmé Donald Tusk, « ce ménage après le passage de nos prédécesseurs rappelle l’effort d’Hercule ». Cette détermination à vouloir faire d’une certaine manière table rase du passé se réalise parfois au moyen de procédés flirtant dangereusement avec les limites de la légalité. Il suffit de noter la prise de contrôle musclée sur les médias publics en décembre dernier qui a donné lieu à des purges de journalistes, l’interruption des programmes, le limogeage des présidents de la télévision, de la radio et de l’agence de presse polonaises, cela avec le concours des forces de police et sur la base d’une simple résolution votée par le Sejm. Pour certains, l’anarchie n’est pas loin : sur le ton du sarcasme, on dirait que l’on savait jusque-là l’état de droit menacé en Pologne, puisque cela a été si souvent martelé, mais on ne se doutait pas qu’il le soit à ce point. Pourtant, après des mois de bras de fer entre les institutions de l’Union européenne et la Pologne à ce sujet, c’est tout à coup silence radio du côté de Bruxelles : la mauvaise élève rentre enfin dans le rang, grâce à Donald Tusk qui, en tant qu’ancien président du Conseil européen, a ses amis parmi les puissants de Bruxelles et d’ailleurs.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la révolution culturelle libertaire actuellement en préparation et à laquelle un coup d’accélérateur ne manquera pas d’être donné à la suite des élections locales qui ont eu lieu ce dimanche 7 avril 2024. La Cour européenne des droits de l’homme en a sifflé le coup d’envoi en condamnant coup sur coup la Pologne en matière de reconnaissance des couples de même sexe le 12 décembre 2023, puis deux jours plus tard concernant la question de l’avortement. Le nouveau gouvernement ne manquera pas de se prévaloir d’une telle jurisprudence intervenue à point nommé au moment de son entrée en fonction. C’est ainsi qu’Anna Maria Żukowska, députée du parti Nouvelle Gauche, a assuré que la Gauche cherchera à introduire plusieurs mesures sociétales, au premier rang desquelles figurera l’annulation de l’arrêt du Tribunal Constitutionnel du 22 octobre 2020 qui avait déclarée inconstitutionnelle la disposition de la loi de 1993 autorisant l’avortement eugénique. Selon elle, il s’agira toutefois d’une première étape car la Gauche « ne s’arrêtera pas là ».

Un gouvernement aux personnalités progressistes…

Précisément, le parti Nouvelle Gauche envoie une solide équipe au gouvernement puisque Krzysztof Gawkowski est vice-premier ministre et chargé du Numérique, Dariusz Wieczorek est ministre des Sciences, Katarzyna Kotula est ministre déléguée à l’Egalité et Agnieszka Dziemianowicz-Bąk est à la tête du ministère du Travail, de la Famille et de la Politique sociale. Celles-ci s’étaient toutes deux activement impliquées dans les manifestations de ces dernières années en faveur de l’avortement. C’est également le cas de la nouvelle ministre de l’Education nationale Barbara Nowacka. Se disant athée, elle est surtout connue pour son militantisme en matière d’avortement puisqu’elle a été l’un des fers de lance des manifestations des femmes. La République française d’Emmanuel Macron a d’ailleurs cru bon de distinguer de tels engagements puisque Mme Nowacka a reçu l’insigne de chevalier dans l’Ordre national du Mérite en 2020 « pour son engagement social en faveur de l’égalité hommes-femmes, notamment en faveur des droits des femmes, et des relations avec la France. » L’ambassadeur de France en Pologne n’a pas mâché ses mots au moment de décorer ce « visage reconnu des actions progressistes » : « vous agissez pour protéger les droits acquis et lutter pour une plus grande libéralisation dans le domaine social. Je pense à l’introduction de l’éducation sexuelle, à des actions en faveur des droits reproductifs et à la revendication de l’égalité totale. […] on peut dire que vous agissez de façon exemplaire en promouvant les valeurs que la France défend et promeut dans le monde. » Ses premières mesures projetées ? Limitation des devoirs à la maison, allègement fort controversé des programmes, en particulier celui d’histoire, réduction de la liste des œuvres littéraires polonaises étudiées, ou encore limitation des cours de religion à l’école etc. En revanche, l’éducation sexuelle est à intégrer dans les programmes et il n’est pas anodin que la nouvelle ministre soit entrée en collaboration avec une fondation la promouvant et dont la fondatrice est elle aussi une habituée des marches pro-avortement. Tout cela fit dire à l’ancien Défenseur polonais des droits des enfants Mikołaj Pawlak qu’« Il y a des gens qui tiennent à ce que la société polonaise, les générations suivantes qui passent par les étapes de l’éducation, soient aussi peu développées que possible sur le plan intellectuel, mais le plus abîmées possible et imprégnées d’une pseudo-liberté, assouvissant les instincts les plus bas ».

… et anticléricales

Plusieurs personnalités de ce nouveau gouvernement se distinguent aussi par leur anticléricalisme. Agnieszka Dziemianowicz-Bąk a ainsi fait parler d’elle dès les premiers jours de sa prise de poste en décembre dernier en portant un t-shirt ouvertement anticatholique représentant une femme se protégeant d’une pluie de petites croix sous un parapluie. Quant à Sławomir Nitras, désormais ministre du Sport et du Tourisme, c’est lui qui affirma en août 2021 avoir « le sentiment qu’au cours des six ou sept dernières années, l’Église n’a pas seulement eu trop d’influence, mais elle a en quelque sorte rejeté l’obéissance à l’État, elle a brisé une certaine norme imposée par l’État. […] pour parler franchement, peut-être faudrait-il punir ce comportement, cette rupture d’une certaine convention, d’un certain pacte social ? […] Les catholiques de Pologne deviendront une véritable minorité et devront apprendre à vivre avec. Il est bon que cela se fasse de manière non violente, rationnelle, non pas sur le principe d’une certaine vengeance, mais en admettant que « C’est une punition juste pour ce qui s’est passé ». Nous devons vous amputer de certains privilèges, sinon vous relèverez la tête au cas où les choses changent ». Le Centre pour la protection des droits des chrétiens (Centrum ochrony praw chrzeszcijan) a attaqué en justice l’auteur de ces propos mais a été débouté en avril 2022.

La liste noire des organisations chrétiennes et conservatrices

Est-ce par hasard si cette organisation figure sur le document émanant du ministère de la Culture et du Patrimoine National qui a fuité le 31 janvier 2024 ? Il contient une liste d’une cinquantaine d’associations, fondations, œuvres de charité, think tanks, médias, principalement conservateurs, patriotiques ou d’inspiration chrétienne, au sujet desquels le Département des Instituts Culturels Nationaux demande la transmission de renseignements concernant d’éventuels accords ayant donné lieu à l’attribution de moyens financiers par d’autres institutions étatiques entre 2015 et 2023, c’est-à-dire durant la période où le PiS était au pouvoir. Parmi les organisations figurant sur cette liste, on trouve en outre les noms évocateurs de « Caritas Pologne », « Renouveau charismatique », « Association des psychologues chrétiens », ou encore l’organisation « Ordo Iuris » et ses affiliés l’établissement d’enseignement « Collegium Intermarium » et la « Fondation Education aux Valeurs ». Y figurent également les journaux de droite « Do Rzeczy » et « Sieci », ainsi que la chaine de télévision « Republika ».

La définition constitutionnelle du mariage et la liberté d’expression en danger ?

Dans ces conditions, c’est sans surprise que se dessine la perspective d’évolutions sociétales, à l’instar d’un projet de loi sur les partenariats civils. Annoncé pour ce printemps par la Ministre de l’Egalité, il doit s’agir d’un premier pas vers l’égalité en droit de tous les couples. Toutefois, l’article 18 de la Constitution polonaise protège « le mariage en tant qu’union entre une femme et un homme », ce qui pose la question de la constitutionnalité d’un tel projet. D’ailleurs en 2011, Donald Tusk étant alors Premier ministre, le gouvernement polonais avait précisément invoqué cette disposition constitutionnelle pour exprimer à la Commission européenne son opposition à un projet de règlement européen en matière d’effets patrimoniaux des partenariats enregistrés, arguant que « la seule forme institutionnalisée reconnue d’union entre deux personnes à caractère familial est le mariage (entendu comme l’union d’un homme et d’une femme), et ce au niveau de la Constitution ».

La liberté d’expression est aussi menacée. Dans le but d’interdire le discours de haine, le projet de loi du Ministère de la Justice présenté le 27 mars 2024 prévoit de modifier plusieurs articles du code pénal en matière de définition des circonstances aggravantes (art. 53 §2a), de discrimination (art. 119), d’incitation à la haine publique (art. 256) ou encore d’insulte publique à un groupe de population (art. 257) par l’élargissement des motifs discriminatoires au handicap, à l’âge, au sexe, à l’identité de genre et à l’orientation sexuelle. L’article 256 incriminant l’incitation à la haine publique ne prévoirait alors plus qu’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 3 ans, alors qu’il peut s’agir actuellement d’une amende, d’une peine de restriction de liberté ou d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 2 ans. Si l’opération semble simple, certains s’interrogent toutefois quant à la qualification du « discours de haine », en particulier dans le contexte de la langue polonaise. Comme l’a souligné le député Konrad Berkowicz (membre du parti d’opposition Konfederacja), « On sait ce qu’est la calomnie, la diffamation, l’insulte, l’injure, etc. Mais on ne sait pas, en revanche, ce qu’est le discours de haine, que quelqu’un devra donc définir, et ce sera bien entendu les hommes politiques et les fonctionnaires. […] En pratique, cela ne signifie ni plus ni moins que des poursuites pénales pour l’expression d’opinions qui seraient incompatibles avec une idéologie particulière proche de la nouvelle coalition ». Une telle limitation de la liberté d’expression est un outil permettant de faire taire d’éventuelles voix critiques sur certains sujets.

L’avortement et la contraception sur le devant de la scène

Mais un autre sujet occupe ces derniers mois le devant de la scène : l’avortement et la contraception. Sur ce second point d’abord, le Parlement polonais a adopté début mars 2024 une loi modifiant le droit pharmaceutique et prévoyant l’accès à la pilule du lendemain sans ordonnance à partir de 15 ans. Si la loi polonaise autorise les relations sexuelles entre mineurs de plus de 15 ans, une telle disposition paraît toutefois porter atteinte aux droits des parents et promouvoir une activité sexuelle précoce et irresponsable. Le 29 mars, le Président Andrzej Duda a ainsi refusé de signer cette loi, la renvoyant devant le Parlement. Il a justifié sa décision par « la volonté de respecter les droits constitutionnels et les normes de protection de la santé des enfants » et par le fait que la prise de ces produits aurait été alors autorisée « sans la supervision d’un médecin et en ignorant le rôle et la responsabilité des parents ». Il avait précédemment rappelé que le droit polonais interdit aux personnes de moins de 18 ans l’accès au solarium ou l’achat de boissons énergétiques et que le même principe devrait s’appliquer à la « bombe hormonale » qu’est la pilule du lendemain. De manière contradictoire, il avait toutefois admis n’avoir « aucune objection à ce qu’une fille mineure la prenne, si nécessaire, si telle est la décision de la famille ou des parents, mais que cela se fasse avec le consentement des parents, de la mère ou du père ». À la suite de ce véto, Donald Tusk a réagi sur les réseaux sociaux : « Le président n’a pas saisi l’occasion de se ranger du côté des femmes. Nous mettons en œuvre le plan B. » Ce « plan B » consiste, par voie réglementaire et par référence à la loi sur les services de santé financés par des fonds publics et à la loi sur la profession de pharmacien, à permettre aux pharmaciens d’émettre l’ordonnance nécessaire à la délivrance du produit. La ministre de la Santé Izabela Leszczyna a promis que la pilule du lendemain serait disponible au 1er mai, tous les moyens sont donc bons pour que la promesse soit tenue coûte que coûte.

L’élargissement de l’accès à l’avortement est l’un des projets-phares de la nouvelle coalition au pouvoir. Le 8 mars dernier, le Premier Ministre l’évoquait comme « un débat concernant – nous le croyons – les droits des femmes, ou plutôt je dirais les droits de l’homme, les droits civils fondamentaux, les droits humains, y compris le droit d’une femme à décider de son corps, de sa maternité ». En Pologne, l’avortement est actuellement autorisé en cas de danger pour la vie ou la santé de la mère ou lorsque la grossesse est le résultat d’un viol ou d’un inceste. Mais pas moins de quatre projets législatifs sont discutés au Sejm depuis le 11 avril 2024, le premier ayant été déposé par la Gauche dès le lendemain des élections législatives d’octobre 2023 : il s’agira de légaliser l’avortement à la demande jusqu’à douze semaines de grossesse, voire plus tard dans certains cas.

Une offensive grave sur la liberté de conscience

D’autre part, la liberté de conscience en matière d’avortement pourrait également être menacée. Le 11 mars 2024 a été présenté le projet du ministère de la Santé relatif à la modification du « règlement sur les conditions générales des contrats relatifs à la fourniture de services de santé ». Il prévoit que tout prestataire lié par contrat au Fonds national de santé pour des services dans le domaine de la gynécologie et de l’obstétrique est tenu de réaliser sur place les avortements dans les cas où cela est autorisé par la loi, en s’organisant pour qu’au moins un médecin puisse effectuer l’intervention. Une peine pécuniaire jusqu’à 2 % du montant de l’obligation contractuelle pour chaque violation identifiée, voire une rupture partielle ou totale du contrat entre la structure médicale et l’Etat pourraient sanctionner ces nouvelles obligations. Selon le ministère de la Santé, une telle réglementation s’expliquerait « en raison de l’utilisation abusive de la clause dite de conscience par certains médecins ». Quant à Donald Tusk, il a déclaré le 8 mars dernier que tous les cas d’application de la clause de conscience seront contrôlés et « [attendre] du procureur général qu’il ouvre une enquête d’office sur tous les cas de refus » de pratiquer un avortement. Et le même d’ajouter : « J’insiste : nous n’attendrons pas l’accord ou le désaccord de l’opposition, du président ou même de nos partenaires de coalition. Nous mettrons en œuvre ces décisions sur décision du Premier ministre, des ministres concernés et des institutions compétentes ». De son côté, Mme Kotula, Ministre de l’Egalité, a ainsi assuré « [pouvoir] promettre aujourd’hui que partout où la gauche sera au pouvoir dans les collectivités locales […] il n’y aura certainement pas de clause de conscience ».

De telles dispositions pourraient pourtant s’avérer contraires à la Constitution, eu égard à la décision du Tribunal constitutionnel du 28 mai 1997 (K 26/96) concernant l’inconstitutionnalité de l’avortement à la demande pour des raisons dites sociales et à celle du 7 octobre 2015 (K 12/14) qui avait trait à l’objection de conscience des médecins. Ces décisions avaient été rendues par une formation juridictionnelle non-contestée, contrairement à l’arrêt du 22 octobre 2020 dont la composition de la formation de jugement fait l’objet d’une autre guerre institutionnelle : pour le camp au pouvoir, conforté par la jurisprudence récente de la Cour européenne des droits de l’homme, il ne s’agit pas du « Tribunal constitutionnel » mais du simple « tribunal de Julia Przyłębska » du nom de sa présidente et dont il considère les décisions comme étant invalides. Cela dit, un autre « plan B » a peut-être déjà été préparé…

En tout état de cause, les débats au sujet de l’avortement sont virulents. L’un d’eux, opposant Ewa Zajączkowska-Hernik (Konfederacja) et Wanda Nowicka (Nouvelle Gauche) le 29 janvier 2024, vaut la peine d’être relevé. La première commença par rappeler en substance qu’il n’est pas possible d’appeler « liberté » ce qui consiste à tuer un autre être humain, comme dans le cas de l’avortement où il s’agit dans les faits de tuer l’enfant conçu. La seconde lui demanda de ne pas raconter de « contes idéologiques qui n’ont rien à voir avec la réalité ». Car selon une telle vision, « les femmes doivent être subordonnées à une idéologie parce que ce que vous dites ici à propos des faits, qu’il s’agit, bien-sûr, du meurtre d’enfants etc, imaginez-vous alors que dans toute l’Europe, là où il y a des législations libérales, ces meurtres d’enfants ce serait donc, si je puis dire, une véritable maison de massacre [mordownia], ce que ce n’est absolument pas ». Madame Nowicka ne croyait pas si bien dire… Mais de quel côté est donc l’idéologie ? Le sujet divise jusqu’au sein-même de la coalition au pouvoir. Le parti Troisième Voie est ainsi en faveur de l’organisation d’un référendum sur la question, ce à quoi s’oppose Nouvelle Gauche qui est pressé d’avancer sur le dossier. Le président du Sejm Szymon Hołownia (Troisième Voie) s’en est d’ailleurs attiré les foudres en raison de sa décision de remettre au 11 avril, c’est-à-dire après les élections locales, les discussions à ce sujet initialement prévues début mars.

L’actuel gouvernement polonais paraît ainsi vouloir rattraper en quelques mois ce qu’il considère comme un immense « retard » dans le progrès et dans le sens de l’histoire. Mais pour Bruxelles, il semble que cette révolution culturelle ne soit pas encore assez rapide : c’est ce qui ressort d’une résolution pour l’inclusion du droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne adoptée le 11 avril 2024 au Parlement européen. Ses auteurs y saluent la volonté du nouveau gouvernement de faire évoluer la loi en la matière mais regrettent que les débats au Parlement aient subi un report de cinq semaines. Il est des sujets qui ne peuvent attendre… Espérons que le peuple polonais prendra conscience de la réalité de ce qui se joue sous ses yeux et qu’il aura le courage d’exprimer un désaccord, notamment lors des élections européennes en juin, puis présidentielles en 2025.

Quels sont tes secrets, ô ennéagramme ? (3/10) – Les neuf types tombés du ciel

Suite de la série d’articles de Pierre de Thieulloy, ancien officier et auteur d’ouvrages sur les tempéraments et les humeurs, pour le Salon beige (le 1er article est disponible ici et le second là):

Comme nous l’avons vu précédemment, il y a deux enseignements qui utilisent la figure de l’ennéagramme : la quatrième voie de Gurdjieff et les neufs types de Palmer. Il a été établi, solidement me semble-t-il, qu’il n’y a pas de trace de l’ennéagramme avant Gurdjieff. La figure géométrique de l’ennéagramme serait donc une invention ou trouvaille de Georges Gurdjieff, conservée par Helen Palmer lorsqu’elle étudia – cinquante ans plus tard – les neuf types de personnalité.

D’où vient que ces neuf types de personnalité de Helen Palmer soient demeurés si étroitement associés au sigle de l’ennéagramme ? D’où vient ce caractère quasi-sacré du sigle de l’ennéagramme auquel se rattache les neufs profils décrits par Helen Palmer ?

Trouvaille humaine ou révélation divine ?

En réalité, Helen Palmer n’a pas inventé les neuf personnalités de l’ennéagramme, elle n’a fait que les illustrer et les décrire. On ne trouve qu’une vague évocation de ces neuf types dans l’enseignement de Gurdjieff. Leur première description précise semble provenir d’un Bolivien nommé Oscar Ichazo (1931-2020). Selon ce qu’on peut lire de lui, Ichazo aurait pratiqué l’occultisme, l’ésotérisme, la kabbale, le yi-king, l’alchimie, le chamanisme, la prise de drogue et la fameuse quatrième voie de Gurdjieff.

Ichazo raconte en outre avoir été instruit directement par un ange céleste. En 1964, « il se trouva subitement plongé ainsi qu’il le racontera, dans un coma divin. Cet état d’extase dure sept jours au terme desquels il se réveille, convaincu qu’il doit enseigner la révélation qui lui a été communiquée. »[1] Ichazo enseignera donc et il revendiquera la paternité de ces neuf types de personnalité. En effet, lors de la sortie des deux premiers ouvrages sur le sujet (1984 et 1988), il va attaquer les auteurs en justice pour faire valoir son droit de propriété intellectuelle. Il a donné à ces neufs types les noms suivants : « le ressentiment, la flatterie, le laisser-aller, la mélancolie, l’avarice, la lâcheté, le complot, la vengeance et l’indolence »[2].

Puisque ces neufs types ne sont ni décrits ni nommés dans l’enseignement de Gurdjieff mais qu’ils apparaissent clairement dans celui d’Ichazo nous pouvons en conclure que ce dernier en est le père, comme il l’a lui-même revendiqué. De plus, sauf à considérer Ichazo comme un charlatan – comment pourrait-on alors garder sa doctrine ? – il est établi que la description des neuf types est le fruit non d’une recherche scientifique laborieuse mais d’une révélation angélique. Bons anges ou mauvais anges, c’est une autre question.

Révélation adoptée par trois grands experts

La doctrine que nous connaissons aujourd’hui serait donc le fruit d’une révélation, accueillie et enrichie par trois grands experts : le psychiatre chilien Claudio Naranjo (1932-2019), le père jésuite américain Robert Ochs (1930-2018) et la psychologue américaine Helen Palmer née vers les années 1930.

Un triple regard, médical, religieux et psychologique va se pencher sur le nouveau-né tombé du ciel. Dès 1969 en effet Claudio Naranjo apprend et adopte les neuf types auprès d’Oscar Ichazo. Il leur associe les diverses maladies psychiatriques alors connues. Puis l’année suivante, Naranjo transmet à son tour le bébé à deux nouveaux adeptes : le prêtre jésuite Robert Ochs et la psychologue Helen Palmer. Il va alors être testé d’un côté dans le milieu catholique – dans les séminaires notamment – par le père Ochs. De l’autre côté il va être expérimenté sur plus de mille élèves par Helen Palmer alors professeur de psychologie. Le résultat est enthousiasmant des deux côtés, si bien qu’en 1984 trois religieux, élèves du père Ochs, publient un premier ouvrage et en 1988 Helen Palmer rassemble des milliers de témoignages dans un ouvrage qui atteindra des records de vente : L’ennéagramme, comprendre vous-même et les autres dans votre vie.

Ainsi, l’ennéagramme des personnalités tombé du ciel en 1964 est assez rapidement déclaré viable voire « impeccable », par la médecine, la religion chrétienne et la psychologie moderne. Les chrétiens dans leur emballement semblent cependant avoir oublié un détail important : si communication céleste il y a eu, s’agit-il des bons ou des mauvais anges ? S’agit-il d’une vérité tronquée ou d’une vérité toute entière ?

[1]Anne Lécu, L’ennéagramme n’est ni catho, ni casher, Editions du Cerf, 2023, pages 99 et 100.

[2]Mitchel Pacwa, Dis-moi qui je suis ô ennéagramme, cité par Anne Lécu, ibid. page 106.

Les douze Tribus d’Israël – Histoire des tempéraments

 

Aristocratie du sang et de l’esprit : en memoire du marquis Luigi Coda Nunziante

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Il y a de nombreuses années, j’ai été chef de chœur pour la messe traditionnelle célébrée dans l’église romane de Gesù e Maria. Cette messe a réuni de nombreux protagonistes du traditionalisme catholique romain. Je me souviens d’y avoir rencontré Eric de Saventhem (1919-2005), fondateur de la fédération internationale Una Voce, l’abbé Frank Quoex (1967-2007), liturgiste distingué qui fut aussi brièvement mon directeur spirituel ou encore Wolfgang Waldstein (1928-2023), distingué juriste. Mais il me reste un souvenir particulier du marquis Luigi Coda Nunziante (1930-2015), un aristocrate fortement impliqué dans les combats pour la défense de l’ordre naturel, de la famille et de la tradition. Je pense que tous ceux qui ont connu le marquis seront d’accord avec moi pour rappeler sa grande élégance : il était véritablement l’emblème de ce que l’on peut attendre de ceux qui, dignes de l’aristocratie du sang, comprennent que l’aristocratie du esprit est encore plus importante. C’était une personne chaleureuse et affable, mais sa gentillesse innée suggérait le respect et non une confiance inappropriée. Je connais personnellement des personnes à qui je m’adresse toujours formellement (et vice versa) mais auxquelles je suis néanmoins lié par une profonde affection et amitié.

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Je cite souvent dans ce que j’écris une phrase de Plinio Corrêa de Oliveira (1908-1995), grand penseur brésilien et catholique contre-révolutionnaire, qui fut certainement une grande source d’inspiration pour l’action du marquis Coda Nunziante. Cette phrase dit : « Dieu confie à certaines personnes la mission d’être des symboles. Ils ont une allure, une manière d’être qui correspond à une certaine grâce, accompagnée de la capacité d’exprimer cette grâce avec sensibilité. Ils ont une manière d’être qui rend particulièrement attractives les vertus liées à la grâce. C’est pourquoi ils sont appelés non seulement à le pratiquer d’une manière excellente, mais aussi à le symboliser. » Je trouve que c’est une très belle phrase car elle en dit long sur ce que devrait être l’aspiration de chaque homme et de chaque femme, la nécessité de cultiver ce que le grand penseur chinois Confucius appelait « l’homme supérieur ». Chez des personnes comme le marquis Coda Nunziante, nous avons observé « une allure, une manière d’être qui correspond à une certaine grâce, accompagnée de la capacité d’exprimer avec sensibilité cette grâce ». Malheureusement, tout cela a été aplati dans un égalitarisme à l’américaine (résultat fatal de l’égalité française) dans lequel l’aristocratie n’est pas fondée sur des traditions et des valeurs spirituelles mais sur la capacité d’accumuler de l’argent, se transformant en les produits les plus réussis de le fureur de   l’économie capitaliste.

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La famille, disait-on, était l’un des champs d’action du marquis Coda Nunziante. En rappelant son engagement dans ce sens, et bien plus encore, Antonio Pannullo (Secolo d’Italia) décrit ainsi son parcours : « il a participé activement à toutes les activités de la fondation culturelle Lepanto. En 1987, il fonde et dirige l’association Famiglia Domani, pour laquelle il conçoit et organise des campagnes publiques de défense des valeurs familiales, parmi lesquelles la Marche pour la vie. Avec la princesse Elvina Pallavicini, il fonde l’association Noblesse et Tradition en 1997. Son dernier discours public, comme le rapporte la Corrispondenza Romana, a eu lieu le 9 mars de cette année au Palais Pallavicini, pour commémorer les dix ans de la disparition de la princesse romaine. Sans oublier qu’en 1989 il rejoint Anti 89 pour commémorer les crimes de la Révolution française. Il écrit encore dans ses mémoires Corrispondenza Romana : « C’était un catholique exemplaire et un parfait gentleman formé aux sentiments d’honneur et d’attachement aux valeurs patriotiques et religieuses qu’il savait transmettre à sa famille. Il était marié à la comtesse Gabriella Spalletti Trivelli avec qui il eut cinq enfants et quinze petits-enfants. Nous n’aurions pas pu le dire mieux.” Certes, l’engagement envers l’association Famiglia Domani et sa collaboration avec le Centre Culturel Lepanto du professeur Roberto de Mattei ont été un aspect important de l’activité du marquis, une activité qui a également vu un engagement politique et une carrière militaire.

J’imagine que s’il était encore en vie aujourd’hui, le marquis Coda Nunziante ne serait probablement pas satisfait de l’évolution de la situation dans l’Église et dans la société, et pas seulement en ce qui concerne la famille. Mais je crois qu’il s’inspirerait encore de Plinio Corrêa de Oliveira qui disait : « C’est notre objectif, notre grand idéal. Nous avançons vers la civilisation catholique qui pourrait naître des ruines du monde moderne, tout comme la civilisation médiévale est née des ruines du monde romain. Avançons vers la conquête de cet idéal, avec courage, persévérance, la décision d’affronter et de surmonter tous les obstacles avec lesquels les croisés ont marché vers Jérusalem”. Cela nous décourage certainement de voir autant d’entre nous tomber parmi les ruines, mais j’imagine que ce n’est qu’en regardant vers le haut, ce regard que le marquis a essayé de maintenir tout au long de sa vie, que nous pouvons donner un sens à l’absurdité qui nous entoure malheureusement.

Couvre-feu pour les mineurs : la nouvelle marotte pour ne pas parler d’immigration

Après le maire de Béziers, c’est celui de Nice qui annonce instaurer un couvre-feu pour les mineurs, afin de lutter contre la délinquance. Evidemment, ces maires utilisent les moyens à leur portée pour résoudre les problèmes de violence dans leurs villes, mais le sujet est longuement débattu dans les médias, ce qui permet d’en omettre la cause…

 

C’est le même problème que les attaques contre la laïcité, alors qu’une seule religion pose problème. Comme l’uniforme à l’école, le burkini, le service militaire, les réseaux sociaux…, on évite de parler d’immigration islamiste.

Ce ne sont pas les cambrioleurs qui font les cambriolages, ce sont les portes d’entrée

Selon la Ligue des droits de l’Homme, qui a porté plainte contre le n°3 de la liste de Jordan Bardella, Fabrice Leggeri, ancien patron de l’agence Frontex, pour “complicité de crime contre l’humanité”,  s’il y a des morts à cause de l’immigration, ce n’est pas la faute des passeurs mais des frontières :

Répétez donc après moi :

  • Ce n’est pas de la faute des violeurs si des femmes sont violées, c’est de la faute des femmes qui ne sont pas consentantes.
  • Ce ne sont pas les cambrioleurs qui font les cambriolages, ce sont les portes d’entrée

Le gouvernement a-t-il eu le cynisme de calculer l’économie financière qui serait réalisée avec l’euthanasie et le suicide assisté, au détriment des soins ?

Le député RN Christophe Bentz est membre de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi sur la fin de vie à l’Assemblée nationale. Il est interrogé dans Valeurs Actuelles :

On peine à comprendre les mots employés. « Fin de vie, suicide assisté, euthanasie ». La sémantique est importante. Pour vous, de quoi parle la loi? Du suicide assisté, de la fin de vie, de l’euthanasie ? Sur quoi vous débattez, vous, en tant que député ?

On en vient à se demander, car c’est surtout un projet de loi qui est mensonger. Vous évoquiez le problème sémantique. Il y a bien, dans ce texte, un mensonge sémantique et terminologique par le choix de mots qui ne sont pas conformes à la réalité et à la vérité, tout simplement. Par le choix de l’oxymore « aide à mourir », le gouvernement fait à nouveau preuve de cynisme puisqu’il s’apprête bien à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, mais sans jamais les mentionner. Avec ma collègue Sandrine Dogor-Such, nous avons tous deux suivi la construction du texte au sein du groupe de travail avec l’ancienne ministre Agnès Firmin-Le Bodo, qui portait à l’époque le texte. Au cours d’une de ces réunions, on nous a soudainement annoncé qu’ils retiraient purement et simplement les termes euthanasie et suicide assisté. Tout est fait pour que personne ne sache vraiment de quoi nous parlons. Tout est fait pour manipuler l’opinion. Pourtant nous le savons très bien. Nous avons pleinement conscience des enjeux de ce texte. Mais il y a cette volonté gouvernementale de camoufler volontairement, et j’insiste vraiment là-dessus, les véritables enjeux. Donc, ils mentent aux parlementaires français, ils mentent aux Français dans un débat qui va finalement porter sur quelque chose qui ne dit pas son nom, à aucun moment du texte.

Concrètement, dans ce texte, il y a la possibilité pour un tiers de mettre fin à la vie d’un proche avec quand même des garde-fous ou est-ce que tout cela risque de dériver ?

On se rend compte avec les exemples de nos voisins européens que les garde-fous, un jour ou l’autre, tôt ou tard, ils sautent. On le voit avec la Belgique, on le voit avec la Hollande. Le témoignage de l’ancien contrôleur des cas d’euthanasie aux Pays-Bas, Théo Boer, a alerté à de nombreuses reprises le public français à ce sujet. Il nous a clairement dit « Attention, les garde-fous sauteront. Attention, ne faites pas l’erreur que nous, Hollandais, avons faite ». Je pense qu’il faut savoir écouter et tirer des enseignements des erreurs de nos voisins, surtout quand ils les reconnaissent.

Pour ce qui est du texte français, il prévoit que le suicide assisté soit demandé sur un patient par ce qu’ils appellent « un tiers de confiance ». Un proche pourrait donc injecter une dose létale à son père, sa mère, à son frère, sa sœur, sa grand-mère… Outre l’aspect glauque d’un tel procédé, on se pose la question de la fiabilité du tiers. Et si dans les fratries par exemple, les enfants se divisaient sur le fait de pratiquer ou non une euthanasie sur un parent ? Qui aura le dernier mot ? Et quid des ravages psychologiques postérieurement à un tel acte pour les proches ? Autant d’insurmontables questions. D’ailleurs, je note qu’au début des travaux d’élaboration de ce texte, on nous avait certifié qu’une euthanasie ne pourrait être pratiquée qu’à l’issue d’une décision collégiale du corps médical. Là, le texte prévoit simplement un accord entre deux médecins. Le texte arrive à peine en commission et déjà un garde-fou a sauté ! C’est très préoccupant.

C’est donc Catherine Vautrin, Ministre de la Santé et ancien membre important des Républicains qui portera ce texte. Ce doit être particulier pour vous puisque vous avez, par le passé, partagé de nombreux combats avec elle comme l’opposition au mariage pour tous. Mais vous étiez aussi, si on en croit les anciennes prises de position de la ministre, tous les deux farouchement opposés à l’euthanasie. Comment expliquez-vous son revirement alors que vous vous êtes retrouvé face à elle en commission ?

Je n’arrive pas à l’expliquer, tout simplement. Je ne comprends pas son cheminement personnel. L’audition de ce lundi ne m’en a pas appris davantage que ses déclarations dans les médias. Est-ce qu’elle a évolué en termes de convictions personnelles sur le sujet ? Elle avait un peu botté en touche en disant que, dans l’absolu, on peut toujours évoluer. C’est une espèce de réponse sans réponse. Donc, je ne sais pas. Rien est clair dans cette affaire. Je ne connais pas les ressors profonds des évolutions de Catherine Vautrin. Mais ce revirement a de quoi interpeller évidemment. […]

Est-ce qu’une loi sur l’euthanasie permettrait au fond de faire des économies sur des soins de fin de vie, typiquement des chimiothérapies qui sont des processus médicaux très coûteux, ou en tout cas, s’épargner des investissements dans le secteur des soins palliatifs ?

Je crains que ce soit le cas. Je crains que ce gouvernement ait cette vision purement comptable du soin aux Français et à de la vie humaine. J’ai d’ailleurs posé cette question à Madame Catherine Vautrin hier soir, mais elle a refusé de nous répondre, à deux reprises. Je lui ai demandé s’ils avaient poussé leur cynisme, et j’insiste sur le terme cynisme, jusqu’à calculer l’économie financière qu’ils pourraient faire avec l’euthanasie et le suicide assisté, au détriment des soins pour les affections de longue durée et sur les soins palliatifs. Cette question n’est pas innocente puisque c’est exactement ce qu’on observe en Belgique. On ne peut pas, concernant l’euthanasie, considérer un médecin aujourd’hui comme étant celui qui peut soigner ou tuer, soigner et tuer. On ne peut pas d’une main soigner et de l’autre, provoquer la mort. […]

À la grâce de Dieu de Laurence de Charette emporte le Prix Saint Jean-Paul II pour la Famille, la Vie et l’Amour

L’institut pour la famille en Europe (LIFE) a créé il y a quatre ans le Prix Saint Jean-Paul II pour la Famille, la Vie et l’Amour afin de mettre en lumière des auteurs et artistes qui s’inscrivent dans les pas de saint Jean-Paul II. Il revêt une étonnante actualité puisqu’il est une manière d’être missionnaire à contre-courant de la culture dominante de notre temps.

Il récompense cette année trois livres dans les sections essai-réflexion, témoignage, vie spirituelle, et un film dans la section création artistique.

À la grâce de Dieu de Laurence de Charette, directrice adjointe de la rédaction du Figaro, remporte ce très beau prix dans la catégorie Témoignage.

À travers une magnifique lettre, Laurence de Charette propose au lecteur d’écouter le chant de son âme, à la découverte de l’existence réelle de Dieu : sa personne, la manière dont il s’adresse à chacun – à la fois dans la Bible et aussi au quotidien –, et ce que l’on gagne à le connaître… D’une grande profondeur, tout en douceur et en sensibilité, non sans humour, l’auteur se livre sur cette rencontre avec un Dieu pas si has been ni moraliste que l’on voudrait nous faire croire. Que l’on soit athée, en chemin de conversion ou déjà croyant, le lecteur est amené à ouvrir son cœur pour goûter à la plénitude de sa propre vie… à la grâce de Dieu !

La remise des prix se tiendra mercredi 22 mai 2024 à 18h à la salle Madeleine Delbrêl (dans la crypte de l’église Saint Dominique), dans le 14ème arrondissement de Paris, en présence de Mgr Dominique Rey. Entrée libre.

Transmania : l’expérience de la transidentité est souvent associée à des troubles psychiatriques

Marc Vanguard évoque quelques statistiques, issues du livre Transmania :

Transmania: Enquête sur les dérives de l’idéologie transgenre

 

Prisca Thévenot, porte-parole du gouvernement Macron, défend la GPA

Marion Maréchal a demandé aux deux homosexuels qui viennent d’acheter deux bébés “Où est la maman ?”

 

Elle s’est attirée les foudres de nombreux gauchistes, parmi lesquels Prisca Thévenot, Ministre délégué chargé du Renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement, qui s’est appuyée sur la loi Taubira (laquelle était censée ne pas mener à la vente d’enfants) :

 

Vieille recette LGBT : elle assimile la critique des mères porteuses à de l’homophobie, signe avant-coureur de la légalisation de cette pratique.

Euthanasie : l’Ordre des médecins demande une meilleure protection juridique pour les médecins

Auditionné par la commission spéciale de l’Assemblée nationale sur la fin de vie, le Dr François Arnault, président de l’Ordre des médecins, a demandé à ce que le projet de loi sur l’euthanasie précise mieux la collégialité de la décision et la protection juridique des médecins. Le projet de loi sur la fin de vie doit prévoir une possibilité de décision collégiale (et non seulement de procédure collégiale) sur l’octroi ou non d’une euthanasie.

S’il s’était déjà exprimé sur les grands principes qui doivent guider les médecins dans l’accompagnement des fins de vie, le Dr François Arnault s’était jusqu’à présent gardé de commenter publiquement le projet de loi, dévoilé en Conseil des ministres..

Il est bien permis de manifester contre un « atelier lecture » pour enfants animé par des drag queens

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

Un militant du groupe L’Oriflamme de Rennes qui avait participé à une manifestation dénonçant un « atelier lecture » pour enfants animé par des drag queens à Saint-Senoux (Ille-et-Vilaine) en mai 2023 avait été condamné en première instance à quatre mois de prison ferme et 2.900€ d’amende.

Il a été entièrement relaxé (des quatre chefs d’inculpation) en appel. Au motif qu’il existe un « droit essentiel à la liberté d’expression » qui doit permettre « d’exprimer des opinions ou des idées qui heurtent, choquent ou inquiètent dans les limites fixées par la loi ».

Il est donc néanmoins officiellement « choquant » en France en 2023 de dénoncer des travestis payés pour inciter les enfants à devenir des invertis.

L’Europe des vaccins et de l’avortement : offensive contre Giorgia Meloni

Caroline Nagtegaal-van Doorn, député néerlandais au Parlement européen, membre du groupe Renew, a écrit ce courrier au Premier ministre italien, Giorgia Meloni :

Nous, soussignés, membres du Parlement européen, vous écrivons avec une profonde inquiétude concernant votre proposition d’accorder aux militants anti-avortement l’accès aux centres de planning familial, dans le cadre d’un plan de relance économique financé par l’Union européenne.

La facilité de redressement et de résilience (FRR) a été créée pour faciliter le redressement économique et les réformes après la pandémie. Il ne devrait être utilisé qu’à ces fins et est incompatible avec toute mesure visant à compromettre l’accès à l’avortement médicalisé.

Si le législateur italien adopte cette proposition, les femmes seront soumises à des activistes qui tenteront d’influencer une décision extrêmement difficile. Cela ouvre la porte à l’intimidation des femmes et à la restriction de leurs droits, ce qui entrave clairement le droit d’une femme à l’autodétermination et au libre choix en matière de maternité et d’avortement. Cela pourrait conduire à une augmentation du recours à des méthodes illégales et, surtout, dangereuses pour obtenir un avortement. Il est clair que de tels résultats ne sont dans l’intérêt de personne, y compris de l’enfant à naître.

Nous vous demandons instamment d’annuler cette proposition dans le cadre du plan de relance économique. Toute mesure qui empêche les femmes de prendre des décisions indépendantes est moralement et politiquement injustifiable.

Nous vous demandons de faire ce qui est juste : maintenir le véritable objectif du FRR pour la relance économique et veiller à ce que les femmes aient le droit de prendre des décisions concernant leur corps sans craindre d’être intimidées.

Mathilde Panot convoquée pour «apologie du terrorisme»

Mathilde Panot, tête des députés insoumis, est convoquée par la police dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’un communiqué du groupe parlementaire publié le 7 octobre, jour de l’attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël. Le 7 octobre, le groupe LFI avait publié un texte qui mettait notamment en parallèle l’attaque du Hamas, décrite comme «une offensive armée de forces palestiniennes» et «l’intensification de la politique d’occupation israélienne» dans les territoires palestiniens.

Elle a déclaré :

«C’est la première fois dans toute l’histoire de la Cinquième République qu’une présidente d’un groupe d’opposition à l’Assemblée nationale est convoquée pour un motif aussi grave».

Marine Le Pen et Gilbert Collard avaient été poursuivis pour le même motif pour avoir rediffusé des photos d’exactions de Daesh en 2015 sur les réseaux sociaux. Marine Le Pen avait relayé trois photos en commentant : “Daesh, c’est ça!”, en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu’elle accusait d’avoir “comparé” le groupe terroriste et le Front national lors d’une émission. Gilbert Collard, alors député du Gard, avait relayé le même jour sur ses comptes Facebook et Twitter la photo d’un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire: “Bourdin compare le FN à Daesh: le poids des mots et le choc des bobos!”.

En 2021, le tribunal avait considéré que la diffusion de ces images constituait une réponse “cohérente” de Marine Le Pen à “une attaque polémique”. Par ailleurs, les juges ont estimé que la diffusion ne revêtait “aucun caractère prosélyte dès lors que les images étaient accompagnées des commentaires” rédigés par les élus qui n’ont ainsi pas “banalisé” ou “présenté sous un jour favorable la violence”. Le tribunal a donc relaxé les deux prévenus.

La gestation pour autrui est formellement reconnue par le Parlement européen comme une forme d’exploitation reproductive

Le designer français Simon Porte-Jacquemus et son compagnon Marco Maestri sont devenus papas de jumeaux, probablement d’une mère porteuse et ils s’en vantent sur internet :

Seront-ils poursuivis ?

Aujourd’hui 23 avril, le Parlement européen a voté, avec 563 voix pour et 7 contre, en faveur du projet de révision de la Directive européenne de 2011 sur la traite des êtres humains incluant « l’exploitation de la gestation pour autrui » mais aussi l’adoption illégale et le mariage forcé dans la liste des « eurocrimes ». Désormais la GPA fera partie de la liste « minimum » des actes que les Etats doivent sanctionner comme relevant de la traite des êtres humains.

« En ce qui concerne la traite aux fins de l’exploitation de la gestation pour autrui, la présente directive cible les personnes qui forcent les femmes à être mères porteuses ou qui les amènent à agir ainsi par la ruse »

Dans un communiqué de presse publié le 23 avril, l’association Juristes pour l’enfance a tenu à rappeler que

« la gestation pour autrui est toujours une exploitation de la personne de l’enfant et une atteinte à ses droits ». « Le principe même de la gestation pour autrui, à savoir la commande et la remise d’un enfant, que ce soit à titre rémunéré ou non, est toujours une atteinte à la dignité de l’enfant et à sa filiation ».

La GPA est également « une forme de contrainte, qu’elle soit économique, affective ou familiale » et « une forme de tromperie » pour les mères porteuses.

Les nouvelles dispositions entreront en vigueur 20 jours après leur publication au Journal officiel de l’Union européenne. Puis les Etats membres disposeront de deux ans pour les mettre en œuvre.

Vers la séparation de l’UE et de la franc-maçonnerie ?

Vingt et une obédiences maçonniques européennes ont lancé à Strasbourg un “appel à une Europe des libertés, de la fraternité, de la justice sociale et de la paix”, au moment où “l’idéal européen” et ses “fondements universalistes” sont “en danger” face à

“des courants politiques qui ne cachent pas leur volonté de remettre en question un édifice bâti depuis plusieurs décennies au service de la paix, du droit et de l’émancipation”, des “partis populistes (…) et notamment l’extrême droite”, a fait savoir le Grand Maître du Grand Orient de France Guillaume Trichard.

Elles mentionnent les

“menaces contre la liberté de conscience, la liberté des humains à disposer de leur corps, l’Etat de droit, l’école publique émancipatrice, l’indépendance de la presse” et s’inquiètent de la “montée de la xénophobie, du racisme et de l’antisémitisme”.

Rien que ça.

A défaut de la séparation de l’Etat français et des loges maçonniques, verrons-nous la séparation de l’UE et de la franc-maçonnerie ? Et si les candidats franc-maçons manifestaient publiquement leur appartenance à une loge maçonnique ?

Prix Kairos de la nouvelle école innovante

La Fondation Kairos pour l’innovation éducative-Institut de France vient d’organiser la troisième édition du Prix Kairos de la nouvelle école innovante. Étaient invités à concourir les fondateurs et directeurs d’écoles innovantes existant depuis moins de deux ans c’est-à-dire dont l’établissement ou l’unité pédagogique a été ouvert en septembre 2022 ou septembre 2023. Les candidatures ont été déposées en décembre 2023 et une finale a eu lieu le 9 janvier 2024 en visio. La remise solennelle du prix s’est déroulée le 22 avril au Palais de l’Institut de France.

Il s’agit de donner la visibilité et la reconnaissance qu’elles méritent aux nouvelles écoles ou nouvelles unités au sein d’écoles déjà existantes qui innovent pédagogiquement au service de l’excellence académique (transmission de la culture classique), développent le sens de l’initiative chez les élèves et s’efforcent activement d’accueillir des enfants de tous horizons sociaux.

Pour les écoles à but non lucratif, le premier prix s’élève à 30 000 euros, le second à 8 000 euros.

Attal et l’insécurité : l’échec assuré

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

L’exécutif semble découvrir la réalité de l’insécurité et de la violence de certains mineurs. Gabriel Attal a ainsi présenté un plan de restauration de l’autorité à Viry-Châtillon, là même où un jeune d’origine immigrée a été battu à mort, prétendument pour défendre l’honneur d’une jeune fille à laquelle il avait l’audace de parler malgré l’interdiction des frères de celle-ci. Nous serions tentés de commenter: Mieux vaut tard que jamais. Après Lionel Jospin et son fameux « sentiment d’insécurité », la gauche n’aura finalement mis qu’un quart de siècle à admettre qu’il y avait là un sujet majeur!

Cependant, il convient d’être prudents. Les politiciens nous ont habitués aux paroles jamais suivies d’actes. Ils nous ont aussi accoutumés à des diagnostics seulement à moitié justes et enrobés de communication plus ou moins fumeuse. En l’occurrence, Gabriel Attal nous jette le slogan hollywoodien: « La république contre-attaque. » Mais il n’a pas encore découvert que l’immigration mal intégrée pouvait être pour quelque chose dans la violence. Encore un petit quart de siècle est cela va venir. Patientons!

Le Premier ministre désigne, en revanche, les familles « monoparentales » comme l’une des sources des violences perpétrées par de très jeunes gens et il est bien évident que, sans figure paternelle, beaucoup de jeunes ont du mal à admettre quelque forme d’autorité que ce soit. Mais, si je suis, pour une fois, d’accord avec un dirigeant macroniste sur ce sujet, comment M. Attal peut-il nous expliquer que le centre gauche, dont il est issu, ait tout fait pour détruire la famille et réduire le lien conjugal à un CDD que l’on peut rompre de plus en plus facilement? Ne serait-il pas opportun d’encourager les parents à rester ensemble pour éduquer leurs enfants?

Inutile d’attendre la réponse de M. Attal: nous la connaissons déjà, il nous répondra qu’il défend la liberté individuelle. Soit. On pourra s’étonner que cette mâle défense des libertés s’accompagne si souvent de mesures liberticides (du confinement à la censure sur internet en passant par l’abolition à peu près complète du droit de propriété). Et on pourra aussi s’étonner que cette défense des libertés soit trop souvent une défense de l’irresponsabilité. En l’occurrence, la révolution sexuelle de mai 68 a détruit la famille, mais c’est la société qui paiera les pots cassés. Évidemment avec la violence de jeunes barbares qui n’ont jamais rencontré une seule limite. Mais aussi avec les détresses psychologiques engendrées par tant de divorces (rappelons que la France est le plus grand consommateur mondial de psychotropes). En un mot, ce diagnostic inabouti, adossé à une ferme volonté de cacher les problèmes sous le tapis, m’assure, hélas, que le discours de M. Attal – aussi séduisant qu’il ait pu paraître – restera lettre morte!

Pourquoi tant de jeunes au pèlerinage de Chartres ?

Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté, était l’invité de la matinale Ligne droite ce matin sur Radio courtoisie, afin d’évoquer la 42e édition du pèlerinage de Chartres :

D’après nos informations, il n’y a plus de place dans les Soutiens, qui cherchent seulement un plombier et deux kinésithérapeutes.

Islamo-droitisme

Stéphane Ravier et Marion Maréchal ont signalé à la justice les maires LR qui se sont compromis avec les musulmans :

Les retraités commencent à bouder Macron. Alors ils veulent censurer CNews

C’est ains qu’il faut comprendre cet article de La Tribune :

“La France n’a pas tant changé que ça”…

Bruxelles a marché pour le respect de la vie

Pour la 15e année, une Marche pour la vie a eu lieu à Bruxelles dimanche :

Chiffres maçonniques

 La franc-maçonnerie, toutes obédiences confondues, revendique près de 3 500 membres dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Chiffre invérifiable puisque l’appartenance est secrète :

  • 2000 : nombre de francs-maçons dans le département des Pyrénées-Orientales, selon le catalan Serge Llorca, membre du Grand Orient, qui recense 25 obédiences officielles plus une dizaine d’ateliers isolés, des associations philosophiques et philanthropiques sans obédience. Pour plus de 150 loges et 16 temples officiels, bientôt 17.
  • 1500 : pour l’Aude. Narbonne accueille 35 loges dont 7 du GODF et trois temples. Carcassonne décompte pour sa part une douzaine d’ateliers dont un de Limoux, qui se partagent également trois temples.

Le Groupe de Prière Toulousain “ Saint Louis de France” organise la célébration d’une messe pour la France et la conversion des francs-maçons, le dimanche 28 Avril 2024 à 10h00, en la chapelle St-Jean-Baptiste de Toulouse.

L’Esprit-Saint est à l’œuvre malgré nos faiblesses

De Guillaume d’Alançon, dans la lettre des Accueil Louis & Zélie :

Les milliers de baptisés de la nuit de Pâques, les milliers de pèlerins qui se pressent vers Chartres à la Pentecôte, le boom des écoles catholiques indépendantes… signes par milliers, traces de sa gloire, chantait-on jadis, durant les années 70.

Oui, l’Esprit-Saint est à l’œuvre malgré nos faiblesses. Il va chercher loin, très loin, la brebis égarée. Il la ramène et la cocoone ; il la porte sur son cœur.

En cette année où nous commémorons les 350 ans des apparitions du Sacré-Coeur à Sainte Marguerite-Marie, la France fait l’expérience de la Divine Miséricorde.

La Sainte Vierge répond à ceux qui prient le Rosaire.

Confions-lui nos familles, les Accueils Louis et Zélie, les personnes blessées que nous écoutons. Confions-lui nos prêtres et nos évêques. Confions-lui la belle jeunesse catholique si prometteuse.

Et prions ferme. Dieu nous exauce.

Campagne internationale pour la liberté entière de la liturgie traditionnelle

Cet appel lancé à l’initiative de Renaissance catholique n’est pas une pétition à signer, mais un message à diffuser, éventuellement à reprendre sous toutes formes qui pourront paraître opportunes, et à apporter et expliquer aux cardinaux, évêques et prélats de l’Église universelleSi Renaissance catholique a l’initiative de cette campagne, c’est uniquement pour se faire l’interprète d’un large désir en ce sens qui se manifeste dans l’ensemble du monde catholique. Cette campagne n’est pas la sienne, mais celle de tous ceux qui y participeront, la relayeront, l’amplifieront, chacun à leur manière.

Lutetiae parisiorum, die XXI mensis aprilis, dominica III post Pascha

Être catholique en 2024 n’est pas chose aisée. Une déchristianisation massive se prolonge en Occident à tel point que le catholicisme semble disparaître de l’espace public. Ailleurs, le nombre de chrétiens persécutés pour leur foi ne cesse de croître. L’Eglise semble, de plus, frappée par une crise interne qui se traduit par un recul de la pratique religieuse, une baisse des vocations sacerdotales et religieuses, une moindre pratique sacramentelle et même des dissensions entre prêtres, évêques ou cardinaux hier impensables. Or, parmi les éléments qui peuvent contribuer à la renaissance interne de l’Eglise et à la reprise de son développement missionnaire, il y a d’abord la célébration digne et sainte de sa liturgie, à laquelle peuvent puissamment aider l’exemple et la présence de la liturgie romaine traditionnelle.

Malgré toutes les tentatives qui ont été faites pour la faire disparaître, spécialement au cours du présent pontificat, cette messe continue à vivre, à se répandre, à sanctifier le peuple chrétien qui y accède. Elle produit des fruits évidents de piété, de croissance des vocations, de conversions. Elle attire la jeunesse, est à l’origine de la floraison de maintes œuvres, notamment scolaires, elle s’accompagne d’un solide enseignement catéchétique. Personne ne peut contester qu’elle est un vecteur de conservation et de transmission de la foi et de la pratique religieuse au milieu d’un affaiblissement de la croyance et d’hémorragie des croyants. Par son ancienneté vénérable cette messe peut également se prévaloir d’avoir sanctifié bien des âmes à travers les siècles. Au sein d’autres forces vives qui se manifestent encore dans l’Église, celle que représente cette vie cultuelle attire l’attention par la structuration que lui confère une lex orandi continuée.

On lui a certes donné, ou plutôt on lui a toléré quelques espaces de vie, mais en reprenant trop souvent d’une main ce que l’on concédait de l’autre. Sans jamais cependant parvenir à la faire disparaître.

Depuis la grande dépression de l’immédiat après-Concile, à maintes reprises, pour ranimer la pratique, faire remonter le nombre des vocations sacerdotales et religieuses, tenter de préserver la foi du peuple chrétien, on a tout essayé. Tout, sauf de laisser « faire l’expérience de la tradition », de laisser sa chance à la liturgie dite tridentine. Or, le bon sens demande urgemment aujourd’hui de laisser vivre et prospérer toutes les forces vives dans l’Église et notamment celle-là, qui bénéficie d’un droit plus que millénaire.

Qu’on ne se méprenne pas : le présent appel n’est pas une requête pour l’obtention d’une nouvelle tolérance comme en 1984, en 1988, ni même pour le rétablissement du statut accordé en 2007 par le motu proprio Summorum Pontificum, qui lui reconnaissant en principe un droit a été ramené, de fait, à un régime de permissions chichement accordées.

Simples laïcs il ne nous appartient pas de porter un jugement sur le Concile Vatican II, sa continuité ou discontinuité avec l’enseignement antérieur de l’Eglise, le bien-fondé, ou non, des réformes qui en sont issues, etc. En revanche il convient de défendre et transmettre les moyens que la Providence a utilisés pour permettre à un nombre croissant de catholiques de conserver la foi, d’y grandir ou de la découvrir. La liturgie traditionnelle tient dans cette démarche par sa transcendance, sa beauté, son caractère intemporel, sa sûreté doctrinale, une place essentielle.

C’est pourquoi nous demandons simplement, au titre de la vraie liberté des enfants de Dieu dans l’Église, que soit reconnue la liberté pleine et entière de la liturgie traditionnelle, avec le libre usage de tous ses livres, afin que, sans entrave, dans le rite latin, tous les fidèles puissent en bénéficier et tous les clercs la célébrer.

Jean-Pierre Maugendre, Directeur général de Renaissance Catholique

(Ce texte a été traduit et diffusé en allemand, anglais, espagnol, français, italien, néerlandais et portugais.)

Après la censure, le procès

Suite à l’effet Sreisand concernant le livre “Transmania” (désormais en tête des ventes en ligne), le lobby LGBTQXYZ ne désarme pas et annonce porter plainte contre les auteurs.

Depuis cette annonce, les commentaires des internautes ont abondé sous la publication pour remettre en cause la pertinence de ce geste :

«Citez les propos problématiques ou haineux ? Je n’en ai relevé aucun de mon côté»

«Quels propos ? Où sont les propos haineux ? Vous êtes les nouveaux fascistes ! Dès qu’on va pas dans votre sens il faut censurer, faire taire, etc… c’est quoi la suite ? C’est qui les prochains ?».

L’auteur Dora Moutot a réagi sur X en interpellant directement les internautes :

«SOS Homophobie, association qui a reçu 147.300 euros de la Ville de Paris et 204.950 de la Délégation interministérielle (DILCRAH), utilise L’ARGENT DU CONTRIBUABLE pour attaquer Marguerite Stern et moi pour avoir écrit le livre TRANSMANIA, qui dénonce les dérives de l’idéologie trans». «Ils veulent nous faire taire par tous les moyens. C’est indirectement la Ville de Paris et le gouvernement qui financent donc ce genre d’attaque contre la liberté d’expression et d’information… Prenez-en note, c’est très grave et parlez de ce qui se passe».

Sur le site Amazon, «Transmania» est le premier ouvrage dans les classements des «dernières nouveautés en livre».

Transmania: Enquête sur les dérives de l’idéologie transgenre

 

Refus de marier un OQTF : justice ubuesque

Robert Ménard, le maire de Béziers, sera entendu mardi 23 avril, devant les policiers pour avoir refusé de marier un Algérien qui était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire Français (OQTF).

La mairie de Béziers devait accueillir, le vendredi 7 juillet dernier, le mariage d’une Française et d’un Algérien de 23 ans en situation irrégulière.

“Il a obligation de quitter le territoire et je vais le marier ? Je ne le ferai pas et je ne le ferai pas marier par quelqu’un d’autre”.

“Mardi, je serai devant la police judiciaire pour m’expliquer sur l’OQTF que je n’ai pas voulu marier. À l’heure ou je me dépatouille face à des petites crapules, c’est moi qui vais devoir m’expliquer et dire pourquoi j’ai refusé de marier ce couple. Cet homme qui est normalement obligé de quitter le territoire français et qui ne l’a pas été. Oui, c’est illégal ce que j’ai fait, mais c’est légitime. Personne à Béziers comprendra que je puisse être condamné pour ça. C’est le monde à l’envers. Le type a été expulsé trois jours après. Et on vient me demander des comptes.”

“Mon combat, c’est la normalisation du RN”

Extrait de l’entretien de Jordan Bardella dans le JDD :

[…] Mon combat, c’est la normalisation du RN. Je souhaite que tous les Français qui partagent nos idées, ou du moins notre amour pour la patrie, puissent l’exprimer ouvertement, sans craindre les caricatures ou le prêt-à-penser. Mon objectif est de rendre banal le soutien à un parti politique qui croit dans le destin français et au génie de son peuple. Trop longtemps caricaturés et enfermés dans des cases, je veux nous en libérer. Aujourd’hui, nous sommes la voix de la raison dans un paysage politique où nos adversaires, de gauche comme du gouvernement, ressemblent à des fanatiques ou à des idéologues. Les rencontres de Saint-Denis ont été un moment clé. […]

Comment définissez-vous l’état actuel de notre pays ?

Le premier mal de la France, c’est qu’elle ne s’aime pas suffisamment. Aucun pays ne peut retrouver sa grandeur ni réussir au XXIe siècle, dans un monde de plus en plus incertain, en se reniant. Pour savoir où l’on va, il est essentiel non seulement de connaître nos origines, mais surtout de comprendre qui nous sommes. Au XXIe siècle, les nations qui n’ont pas conscience d’elles-mêmes disparaîtront. Le combat que nous menons, c’est un combat contre l’effacement de la France et donc contre l’effacement de l’Europe. […]

La normalisation ne constitue pas un projet en soi. Comment envisagez-vous de rassembler les Français ? Comment retrouver l’envie de partager une communauté d’esprit de valeurs ?

La normalisation signifie être perçu tel que l’on est réellement, détaché des caricatures, des stéréotypes et du prêt-à-penser qui pèsent sur le RN et les idées que nous défendons. Plus nous nous éloignons de ces caricatures, plus nos convictions et idées sont perçues clairement, et plus le RN progresse. Rien n’est jamais fini pour la France. Les conditions du sursaut et du redressement sont possibles précisément grâce à cette normalisation. En France, pour remporter une élection présidentielle, il faut convaincre tant ceux qui nous soutiennent que ceux qui sont en désaccord avec nous et qui n’ont pas voté pour nous au premier tour. La France valorise la raison : dans une élection à deux tours, le candidat le plus excessif est toujours éliminé. C’est pourquoi je crois fermement en cette stratégie et rejette toute forme de retour en arrière, de provocation. La normalisation est une étape vers la maturité d’un mouvement politique.

Normalisation qui passe par l’abstention voire le soutien à l’avortement…

La Gauche est une religion

De Pascal Praud dans le JDD :

[…] La Gauche est une religion. Si vous n’entendez pas ça, vous ne comprenez rien. La Gauche est une religion. Elle refuse les hérétiques et sont hérétiques toux ceux qui ne pensent pas comme elle. Elle avance le cœur en bandoulière mais elle porte l’excommunication au bord des lèvres. Elle incarne le camp du Bien. Mieux encore, elle est le Bien. Et tant pis si Maastricht déçoit ! Et tant pis si trop d’impôts tuent l’impôt ! Et tant pis si la dette augmente ! Et tant pis si la réforme de l’État attendra !

Ses militants sont des croyants. Ils croient que la laïcité vaincra, que l’islamisme disparaîtra, que la France gagnera. Le réel percute cet idéal. Les Français ne partagent plus le même Dieu, ni les mêmes mœurs et parfois plus la même langue. Peu importe ! L’homme de Gauche, l’immémorial, l’enfant de Jaurès, le fils de Mendes France, l’héritier de Mitterrand, est imperméable à l’évidence. L’utopie suffit.

À la question « Y a-t-il trop d’immigration en France ? », question posée à Raphaël Glucksmann par Jordan Bardella sur France Inter il y a quelques jours lors de leur débat, Glucksmann a répondu : « Votre question est à côté de la plaque ! »

Je me demande parfois qui est à côté de la plaque quand la Gauche sort des recettes que l’expérience a désavouées, quand elle joue retour vers le futur.

Je garde néanmoins une tendresse pour les romantiques de la Bastille. Je les observe comme une espèce protégée entre l’ours polaire et le panda géant, animaux en voie d’extinction qu’il faut soustraire aux vicissitudes de l’existence. […]

Les lacunes de l’étude d’impact du projet de loi sur l’euthanasie

Le 11 avril, dans une lettre adressée à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, Thibault Bazin, Annie Genevard, Justine Gruet, Patrick Hetzel, Philippe Juvin, Frédérique Meunier et Yannick Neuder, sept députés LR et membres de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi sur la fin de vie, ont dénoncé le manque de données chiffrées dans l’étude d’impact du texte.

« Nous n’avons aucun élément chiffré sur le volet soins palliatifs, ni sur le volet “aide à mourir”. Cela aurait mérité l’esquisse d’un ou plusieurs scénarios ».  « C’est l’angle mort du projet de loi sur la fin de vie ».

Ces lacunes « participent au grand flou qui entoure ce texte » déplorent-ils.

« L’évaluation du nombre de Français qui pourraient avoir recours à l’“aide à mourir” est une question centrale ». « Le gouvernement aurait pu donner une projection, avec une estimation basse et une estimation haute ». « Cela l’aurait obligé à être plus explicite sur l’“aide à mourir” ». « Ce que l’on nous présente comme un nouveau modèle français de la fin de vie s’apparente plutôt à un mélange de ce qui se pratique en Suisse et en Belgique. Or le phénomène est loin d’être marginal dans ces deux pays ».

Selon une projection effectuée par la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) en 2023,

« extrapolé à la France, on aurait annuellement avec le système belge 33 350 décès par euthanasie, 4 000 décès par suicide dans le “modèle Oregon” et 10 700 décès par suicide selon le “modèle suisse” ».

« Plusieurs membres de la commission spéciale ont été contactés par des délégués départementaux de la MGEN qui plaident pour “promouvoir une fin de vie libre et choisie” » alerte par ailleurs Patrick Hetzel.

« Leur intérêt pour ce sujet interroge, alors qu’elles assument des dépenses croissantes liées à la dépendance ». « Cette question financière n’est pas totalement absente du débat ».

L’euthanasie « aurait pour conséquence des réductions de dépenses de santé, sans que cet objectif ne soit ouvertement assumé » souligne Yves-Marie Doublet, juriste chargé d’enseignement à l’espace éthique de l’AP-HP.

« A la différence du Canada, où le bureau du directeur parlementaire du budget avait évalué en 2020 les effets budgétaires d’un élargissement du champ de l’“aide médicale à mourir”, l’étude d’impact ne contient aucune information sur la diminution des dépenses d’assurance-maladie et de retraite susceptibles d’être générées par ce projet de loi ».

Enfin, les élus LR déplorent l’absence de chiffrage concernant le développement des soins palliatifs.

 « Le gouvernement s’est engagé oralement sur un plan décennal pour les soins palliatifs qui ne se traduit dans aucune mesure chiffrée et qui ne pourra au mieux recevoir d’application concrète que dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 ». « Aujourd’hui, nous n’avons aucune certitude sur le financement de la stratégie de soins palliatifs ». « Faire des annonces pour la décennie à venir, cela engage potentiellement trois présidents de la République et plusieurs gouvernements. C’est un peu baroque ».

Source : Gènéthique

Elections : un peu de Maths pour MM Bardella (“vote utile” ?) et Bellamy (“PPE” ?)

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Quand les Maths peuvent servir à comprendre les enjeux de l’élection européenne…

Notamment l’objectif affiché : que le PPE ne continue pas à diriger l’UE.

Tout d’abord, Jordan Bardella.

Il nous parle d’un « vote utile », en prétendant : « Les voix qui se porteront sur la liste d’Éric Zemmour et de Marion Maréchal seront des voix perdues ».

Analysons.

Prenons deux exemples simples de résultats possibles le 9 juin. Le premier, un RN à 30%, et Reconquête à 6%. Cela fera 36 députés européens au total (30 + 6). Le deuxième exemple : RN à 32%, et Reconquête à 4%. Cela ne fera que 32 députés européens (32 + 0), car on n’a pas d’élu si l’on n’atteint pas 5%.

Conclusion mathématique : que le RN arrête d’attaquer Reconquête sur cette bêtise du vote utile. Il FAUT que RECONQUETE soit au-dessus de 5%, c’est cela le vote utile.

Ensuite, François-Xavier Bellamy.

Il nous dit qu’il ne soutient pas la merveilleuse Mme Van Der Layen. Mais il est quand même actuellement au PPE… qui la soutient (comprenne qui pourra…).

Question simple à M. Bellamy : s’il manque 6 députés pour la virer, et que le PPE veut la garder, que feront les 6 futurs députés LR ? Resteront-ils avec le PPE, ou bien rejoindront-ils une droite plus forte, avec le RN et Reconquête ?

En d’autres termes, s’il manque une poignée de députés pour avoir une UE plus raisonnable, telle que M. Bellamy prétend la vouloir, que fera-t-il lui-même ? Exclut-il a priori de sortir du PPE ? Exclut-il a priori d’essayer une autre UE, avec les autres partis qui le souhaitent, comme le RN et Reconquête ? Il est important que cette possibilité soit évoquée, et une réponse donnée par le LR : est-ce une option possible, ou exclue par principe ?

L’histoire enseigne en effet que l’avenir peut dépendre d’une poignée de voix (mort de Louis XVI, majorité Chirac en 1986, etc.).

La première « démonstration » mathématique conduit à espérer le plus de voix possibles à Reconquête, pour éviter en effet que leur présence ait été inutile. Sans même parler de leur position utile sur certains sujets sociétaux (IVG etc.).

La seconde « démonstration » vise à ce que les LR clarifient leur position : si leurs quelques députés peuvent permettre de faire émerger une Europe plus sérieuse, le feront-ils ?

[email protected], ancien chroniqueur au quotidien Présent

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